

JE, TU, ÎLES…
Île : bulle, ancrage, atome sacré, bout du monde, nombril, micro-patrie, motu, cayo, points de suspension, récif, sanctuaire flottant, mirage, refuge salin, grain de beauté. Voyager dans les îles : larguer les amarres, gagner en légèreté, adopter le barefoot style, habiter l’horizon, resserrer le cercle, croquer le soleil, retrouver le bon flow, vivre sur l’eau.
LES CITÉS DES VOYAGEURS
PARIS 2E
55, rue Sainte-Anne +33 (0)1 42 86 16 00
BORDEAUX
35, rue Thiac +33 (0)5 57 14 01 48
BRUXELLES
23, chaussée de Charleroi +32 (0)2 543 95 50
GENÈVE
19, rue de la Rôtisserie +41 (0)22 519 12 10
GRENOBLE
16, boulevard Gambetta +33 (0)4 76 85 95 90
LAUSANNE
Rue du Grand-Chêne 6 +41 (0)21 519 10 65
LILLE
147, boulevard de la Liberté +33 (0)3 20 06 76 25
LONDRES
First Floor
111 Upper Richmond Road, Putney (SW15 2TL) +44 (0)20 7978 7333
LYON 2E
5, quai Jules-Courmont +33 (0)4 72 56 94 56
MARSEILLE 1ER
25, rue Fort-Notre-Dame +33 (0)4 96 17 89 17
MONTPELLIER
8, rue du Palais des Guilhem +33 (0)4 67 67 96 30
MONTRÉAL
295, rue de la Commune Ouest +(1) 514 722 0909
NANTES
26 ter, boulevard Gabriel Guist’Hau +33 (0)2 40 20 64 30
Directrice de la communication Nathalie Belloir Direction artistique Olivier Romano et Morgane Le Gall
Rédacteurs Baptiste Briand, Éléonore Dubois, Clara Favini, Marion Le Dortz Secrétaire de rédaction Stéphanie Damiot
Coordinatrice fabrication Isabelle Sire Responsable photo Marie Champenois Iconographe Daria Nikitina Photogravure Groupe Santerre Impression Imprimerie Chauveau Édition janvier 2026.
Remerciements Céline Roulleau pour la sélection livres.
NICE
4, rue du Maréchal Joffre +33 (0)4 97 03 64 64
QUÉBEC
540, rue Champlain +(1) 418 651 9191
RENNES
31, rue de la Parcheminerie +33 (0)2 99 79 16 16
ROUEN
17-19, rue de la Vicomte +33 (0)2 32 10 82 50
STRASBOURG
16, rue Sainte-Barbe +33 (0)3 88 15 29 48
TOULOUSE
26, rue des Marchands +33 (0)5 34 31 72 72
ZURICH
Löwenstrasse 11 +41 (0)44 503 52 60
Crédits – Couverture Ain Raadik Photos Esra Geziyor/Pexels, Terence Connors, Lucy Laucht (p. 25) ; Faustine Poidevin-Gros, Cecilia Renard, Les Terrasses, Lucy Laucht, Salva Lopez (p. 30) ; Jessica Sample, Laura Adai/Unsplash, Coco-Mat Eco Residences, F Zeen Boutique Hotel, Umit Okan/Unsplash, Random Institute/Unsplash (p. 42) ; Lucy Laucht, Roberta Sant-Anna/Unsplash, Jérôme Galland, Terence Connors, Cristian/Adobe Stock (pp. 44-45) ; Lucy Laucht, Jackie Cole, Faustine Poidevin-Gros, Esra Geziyor/Pexels, Dabobabo/Adobe Stock, Cecilia Renard (pp. 46-47) ; Jaquis1/Wirestock Creators/Adobe Stock, Dave G Kelly/Getty Images, Terence Connors, Glenn Souer/Unpslash, Rosella Degori, Regos Kornyei/Unsplash (p. 48) Andrane de Barry, Vera Gorbunova/Unsplash, Mark Olsen/Unsplash (p. 51) ; Salva Lopez, Jessica Sample, Dominique Josse/Unsplash, Morgane Le Gall; Reid’s Palace/Belmond Hotel, Osma Harvilahti (p. 64) ; Jake Irish/Unsplash, Jessica Sample, Ave Calvar/Unsplash (p. 67) ; AdobeStock/ 188361182, Damien Gobron/Adobe Stock, Hans Isaacson/Unsplash, Jerome Maas/ Unsplash, Britney Gill, Jessica Sample (p. 74) ; Jordan/Adobe Stock, Didier Marti/Adobe Stock, Britney Gill, Giona Bridler/Gallery Stock (pp. 84-85) ; Carlota Weber Mazuecos, Crispin Jones/ Unsplash, Don Chansiriwong/Adobe Stock, Oke/Unsplash, Cap Karoso (p. 94) ; Ave Calvar/Unsplash, Alexander Kaufmann/Unsplash, Yannick Apollon/Unsplash, Faustine Poidevin-Gros, Jerome Maas/ Unsplash, Colin Meg/Unsplash, Shantihesse/Fotolia, Olivier Romano (pp. 96-97) ; Romain Laprade, The Datai Langkawi, Anson Smart/BG Collection/Gallery Stock, Jess Loiterton/Pexels, Terence Connors, Colin Meg/Unsplash (p. 98) ; Faustine Poidevin-Gros, Morgane Le Gall (p. 101) ; Andrea Illan, Natalia Blauth/Unsplash, Marcello Aquino/Unsplash, Philip Lee Harvey/Gallery Stock, Sugar Beach/Viceroy Resort, Bernd/Adobe Stock (p. 106) ; Vanessa Martin, Hans Isaacson/Unsplash, Philip Lee Harvey/Gallery Stock, Carlota Weber Mazuecos, Ivana Cajina/ Unsplash, Faustine Poidevin-Gros, Steve Simonsen/The New York Times/REDUX-REA, Jonathan Pozniak/Gallery Stock, Fellipe Ditad/Unsplash (pp. 126-127) ; Claire Guarry, Marcus Nilsson/Gallery Stock, Gabrielle Maurer/Unsplash, Faustine Poidevin-Gros, Alexander Mils/Unsplash (p. 128) ; Bruno Martins/Unsplash (p. 129) ; Chris Schalkx, Ave Calvar/Unsplash (p. 131) ; Keith Tanner/Unsplash, Soneva Fushi, One&Only Reetih Rah, Dmitry Spravko/Unsplash, Thomas Boxma/Unsplash, Como Cocoa Island/Martin Morrell, Randy Sebastian/Unsplash, Carlota Weber Mazuecos (pp. 152-153) ; Chris Schalkx, Time + Tide Tsara Komba, Konstantin Kalishko/Adoobe Stock, Pierre-Yves Babelon/Stock Adobe, Tim Bennett/Getty Images, David Bruyndonckx/Unsplash (pp. 164-165) ; LUX* Le Morne, Ludovic Jacome, Franck Grimm/Gallery Stock, Claire Guarry, Carlota Weber Mazuecos, Adobe Hotel/Koumudi Chouhan (p. 166). Voyageurs du Monde S.A. au capital social de 4 468 234 €. 55, rue Sainte-Anne, 75 002 Paris. Tél. : 01 42 86 17 00 RCS Paris 315459016. Immatriculation Atout France IM075100084. Assurance RCP : MMA 14, boulevard Marie-et-Alexandre Oyon, 72030 Le Mans, Cedex 9 – Contrat n° 127 113 949. Garantie financière : Atradius (823 646 252 – RCS Nanterre), 159, rue Anatole France, CS 50118, 92 596 Levallois-Perret Cedex.
“Voyageurs du Monde s’est engagée dans une gestion responsable de ses achats papiers en sélectionnant des papiers fabriqués à partir de fibres et de bois provenant de forêts gérées durablement. Le choix d’éditer notre brochure à l’imprimerie Chauveau, imprimeur écoresponsable, labellisé Imprim’Vert et certifié FSC, s’inscrit dans la continuité de notre engagement en matière de protection de l’environnement. Brochure imprimée avec des encres végétales.”
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ÉDITO
Débarquer sur une île n’est jamais le fruit du hasard – n’en déplaise à Daniel Defoe et Tom Hanks. Chez Voyageurs du Monde, nous restons persuadés que le chemin qui porte à a ronter la distance, l’attente, la traversée d’une mer, d’un souvenir ou d’un désir, est guidé par une histoire individuelle. La raison est simple : ces bouts de terre en marge du monde ont eux-mêmes une personnalité dé nie par leur géographie, leur passé, leur tempo. Parfois, le toponyme indique sans détour ce à quoi s’attendre : la Désirade, l’île Curieuse, La Réunion, la Graciosa, l’île de la Passion… Un langage, une vibration insulaire particulière, qui résonne avec le voyageur que vous êtes. Aux amoureux fuyant le monde, une île-refuge sensuelle ; aux familles hyperactives, une île volcanique ; aux artistes incompris, un îlot brossé de lumière et de vent ; aux indomptables, une forteresse peuplée de rites ; aux noctambules, une île solaire… La liste est in nie. Cette édition rassemble un orilège d’îles du monde, comme autant de rencontres possibles. Ne reste plus qu’à mieux vous connaître pour trouver celles qui vous ressemblent.

JEAN-FRANÇOIS RIAL Pdg de Voyageurs du Monde

îles
Indonésie
Place to Beach : Thaïlande
100 MER DES CARAÏBES
Caraïbes

Versus : La Barbade/Grenade
Jamaïque
Des Caraïbes cachées
130 OCÉAN INDIEN
Versus : Maurice/La Réunion
Madagascar, les îles de l’île
SERVICES
Voyageurs du Monde
Pour bien vous accompagner, d’île en île
RING THE BELL
Livrer un maillot de bain, trouver un gâteau d’anniversaire en forme de poisson-clown…: notre conciergerie répond in situ aux envies et besoins de tous. En plus d’anticiper vos demandes et de suggérer des idées adaptées.
ZÉRO CARBONE
Dans la lutte contre le réchauffement climatique, Voyageurs du Monde agit en contribuant à l’absorption des émissions de CO2, notamment grâce à des opérations de reforestation. Ce qui fait de votre parenthèse paradisiaque un voyage engagé!
LIKE A FRIEND
Un(e) habitant (e) de l’île propose une balade personnalisée et s’adapte selon vos centres d’intérêt. Gastronomie, musique, shopping…, c’est également un moment convivial pour échanger sur la vie locale.
DÉPART SIMPLIFIÉ
Pré-seating; cartes d’embarquement reçues la veille; sur demande, enregistrement de vos bagages à domicile à Paris et dans le 92 (sur vol aller Air France et au départ de CDG uniquement) et transferts… Des formalités en toute fluidité – comme cette paddle session à Antigua.
FAST-TRACK AÉROPORT
Impossible de rater votre départ pour (avec?) Maurice: à Roissy-CDG, sur les vols long-courriers, vous profitez du passage prioritaire (enregistrements, contrôles). Sur demande, notre assistance vous accompagne jusqu’à l’embarquement. Service possible également au retour.
FIXEUR
Destiné à apporter un éclairage pointu (politique, religieux, économique, social) sur la destination, ce correspondant local vous ouvre les arcanes du pays. Pour un voyage ponctué de rencontres rares, obtenues grâce à un solide réseau.
WELCOME!
Arrivée matinale ou départ tardif, Voyageurs négocie avec vos hôtels afin que vous obteniez/conserviez votre chambre à votre convenance. Sur certaines escales, une chambre à la journée peut même être prévue.
ASSURANCE DÉDIÉE
Sur l’eau, dans les airs ou sur terre, notre équipe sait parer les imprévus. En cas de tracas, Voyageurs du Monde s’occupe des démarches à votre place: réactivité, fluidité et “destress” garantis !
RÉSERVATION DE TABLES
Goûter aux meilleurs dim sum thaïlandais, savourer un pa amb oli majorquin?Votre conseiller anticipe et réserve votre table. Des lieux testés et approuvés à retrouver sur l’app et dans le carnet de voyage.
VOYAGE DÉSORGANISÉ
Partir sans réserver, changer d’atoll ou de cap, selon vos envies et ressentis du moment… En lien permanent avec votre conseiller et le service de conciergerie, vous improvisez et inventez votre voyage au jour le jour.
DANS LA POCHE
L’app Voyageurs du Monde reprend ledéroulé de votre voyage, et le détail de vos hébergements. Elle joue les guides malins en compilant des adresses géolocalisées par genre (restaurants, boutiques, musées…).
ACCÈS AU LOUNGE
Avant le hamac et les cocotiers, si votre voyage passe par l’aéroport de CDG (et sur les vols éligibles), le lounge vous est ouvert. Un autre salon peut vous être réservé: les contrôles (police et sûreté) y sont effectués en privé. Enregistrement, cartes d’embarquement, etc., sont organisés pour vous.
WIFI NOMADE
Même sur un motu au milieu du Pacifique, rien n’interdit de communiquer! Voyageurs du Monde met à votre disposition, sur certaines destinations, un mini-routeur wifi (ou une eSIM) pour connecter jusqu’à 5 terminaux au réseau (1GO/jour inclus).
ASSISTANCE 24/24
Jour et nuit, quel que soit le décalage horaire, notre assistance vous aide à trouver une solution –logistique, médicale, administrative, mécanique… Avant le départ, vous pouvez également échanger avec notre médecin Voyageurs du Monde.
Des services toujours plus personnalisés, adaptés et adaptables à chaque instant, renforcés par une gamme d’attentions destinées à vous faciliter le voyage.
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CALENDRIER solaire
L’agenda îlien idéal, non exhaustif, pour voyager à contre-courant.
Janvier
MÉDITERRANÉE
Malte
ATLANTIQUE
Canaries
PACIFIQUE
Okinawa
Hawaï
Galápagos
CARAÏBES
Saint-Martin
Sainte-Lucie
Jamaïque
OCÉAN INDIEN
Maldives
Îles Andaman
Février
ATLANTIQUE
Cap-Vert
CARAÏBES
La Dominique
Saint-Vincentet-les-Grenadines
Barbade
PACIFIQUE
Philippines
OCÉAN INDIEN
Seychelles
Mars
ATLANTIQUE
Madère
CARAÏBES
Antigua
Anguilla
Grenade
PACIFIQUE
Nouvelle-Zélande
Avril
CARAÏBES
Îles Vierges
britanniques
Turks et Caicos
PACIFIQUE
Samoa
Nouvelle-Calédonie
Mai
MÉDITERRANÉE
Îles Ioniennes
Sicile
Pantelleria
CARAÏBES
Guadeloupe
Martinique
Bahamas
PACIFIQUE
Îles Cook
Indonésie
Malaisie (îles)
Juin
MÉDITERRANÉE
Dodécanèse
Îles Éoliennes
CARAÏBES
Saint-Barthélemy
PACIFIQUE
Polynésie française
Vanuatu
Juillet
MÉDITERRANÉE
Ponza
Tremiti
PACIFIQUE
Fidji
Août
OCÉAN INDIEN
Sri Lanka
Madagascar
ATLANTIQUE
Açores
Septembre
MÉDITERRANÉE
Baléares
Crète
Sardaigne
Îles Éoliennes
Corse
Sporades
Octobre
MÉDITERRANÉE
Cyclades
Capri
Chypre
OCÉAN INDIEN
La Réunion
Novembre
OCÉAN INDIEN
Rodrigues
Décembre
OCÉAN INDIEN
Maldives
Maurice
PACIFIQUE
Îles Marquises
CARAÏBES
République dominicaine
UNE ÎLE UN HÔTEL
Autant que la destination, le choix de la villégiature familiale, du cocon amoureux, de la retraite zen, est une étape cruciale. À la fois écrins de rêve et bijoux ra nés, ces adresses bercées par les ots, inondées de turquoise, d’émeraude, et bordées de végétation, promettent nuits et réveils inspirés.


M ajorque, Baléares
CORAZÓN
Point GPS Une finca blottie entre la Tramuntana et la mer, à mi-chemin entre Deià et Sóller. Quel style ! À la fois hôtel et résidence d’artistes, aux intérieurs inspirés évoquant le mouvement d’architecture organique des années 1970. Des lieux fluides, tout en courbes, semant le flou entre les espaces. Chaque chambre est unique, tournée vers les montagnes ou les jardins. Palme(s) d’or Retrouvant son rôle premier, la propriété est couverte de potagers et vergers qui approvisionnent le restaurant en légumes, fruits et herbes fraîches. Résultat : une cuisine indémodable et ensoleillée, se réinventant à chaque récolte. Taillé pour Les artistes et les rêveurs. Devise “Le luxe des choses simples”.
Méditerranée


Salina, Éoliennes
SIGNUM
Point GPS À quelques encablures du port de Santa Marina, un hameau réhabilité sans bousculer la quiétude du littoral. Quel style ! Cet hôtel est une histoire de cœur : un couple natif de l’île est revenu au village pour y créer leur lieu. Des maisons cubiques chaulées, des bougainvilliers en pagaille, une terrasse au panorama généreux sur le Stromboli, une piscine, la mer à quelques pas. Palme(s) d’or Le spa propose un parcours sous les oliviers, de nuit, à la lueur des bougies. Taillé pour Les esthètes discrets. Devise “Farniente al fresco”.
Ibiza, Baléares
LOS ENAMORADOS
Point GPS À l’extrémité nord de l’île, entre une plage et un port de pêche miniatures, bordés de maquis et de criques émeraude. Quel style ! Une interprétation d’Ibiza explosant de créativité et d’objets hétéroclites collectionnés par les propriétaires. Neuf chambres qui invitent à roucouler, mais aussi boutique, bazar, restaurant, yoga, massages ottants. Palme(s) d’or Contrairement à l’amour, ici, chaque objet, du tabouret à la cheminée, peut s’acheter. Taillé pour Les tourtereaux voyageurs. Devise “It’s All about Love”.


Lanzarote, Canaries
BUENAVISTA
Point GPS À l’orée du parc naturel des Volcans. Là où le sol est noir et craquant. La mer semble si loin… et pourtant. Quel style ! Une ancienne nca aux structures cubiques immaculées. Un design minimaliste de matières brutes et teintes naturelles, échos aux paysages lunaires de Lanzarote. Palme(s) d’or Aux salles de bains, dont les baignoires en béton ont vue sur les champs de lave ; au petit déjeuner, en circuit court, délicieux. Taillé pour Les astronautes insulaires. Devise “Fly Me to the Moon”.
Funchal, Madère
REID’S PALACE
Point GPS Au sud de Madère, à anc de falaise au-dessus de l’Atlantique. Quel style ! Ce palace historique créé par un marin écossais à la n du XIXe siècle a retrouvé son aura originelle grâce à une mue habile. Tels Churchill et la Royal Family, on y apprécie un sens très “British” du ra nement et des services haut de gamme. Palme(s) d’or Aux balcons et terrasses grand ouverts sur le large, à la belle piscine et l’afternoon tea. Taillé pour Les amateurs d’hôtellerie de luxe pas bling-bling ; les gourmets en quête d’expériences étoilées. Devise “La vie de palace ou rien”.
Fuerteventura, Canaries
CASA MONTELONGO
Point GPS Dans l’arrière-pays, l’attachant village de La Oliva, blotti au pied du volcan de la Arena. Quel style ! Murs blancs, portes vertes, arches de pierre, mobilier design et heureuses touches de couleur animent cet écrin lumineux aux lignes épurées. La vie dans une page de magazine. Palme(s) d’or Les subtils jeux de lumière, le patio où trône un couloir de nage au bleu magnétique. Taillé pour Les esthètes et slow travellers. Devise “Less Is More”.

Océan Atlantique

Big Island, Hawaï
KONA VILLAGE, A ROSEWOOD RESORT
Point GPS Dressé sur un lieu mythique de la plus grande île de l’archipel, sur la baie de Kahuwai, où débarquèrent les premiers navigateurs polynésiens. Quel style ! L’atmosphère des sixties hawaïennes, ressuscitée avec brio depuis la réouverture. Les bungalows égrainés entre plage et volcans cultivent le style local : bois, osier, palmier tissé, sans jamais tomber dans le cliché. Palme(s) d’or De la douche extérieure au dernier verre sur la terrasse : le bruit des vagues. Taillé pour Les baroudeurs aux pieds tendres. Devise “Mālama i ka ‘āina” (“Prendre soin de la terre”).
© Rosewood Kona Village Resort
Tetiaroa, Polynésie
THE BRANDO
Point GPS Un mythe posé sur le motu privé d’Onetahi, à un jet de coco au nord de Tahiti. Quel style ! La symbiose réussie entre un centre de protection et de recherches environnementales et trentecinq villas conjuguant architecture durable et con dentialité absolue. Palme(s) d’or Les expériences et le service personnalisés, les cocktails du Bob’s Bar et les soins holistiques du Fare Manu, perché dans les arbres, au sein du spa Varua Te Ora. Taillé pour Les hédonistes révoltés. Devise “Nothing but the Stars”.

Océan Paci que

Anambas, Indonésie
BAWAH RESERVE RESORT
Point GPS Dans l’archipel des Anambas, au cœur d’une réserve marine de mille hectares embrassant six îles sauvages ottant entre la péninsule malaise et Bornéo. Quel style ! Un luxe subtil de bois et de lumière qui s’insère avec discrétion dans son environnement naturel. Palme(s) d’or Les mille et une activités proposées aux hôtes, de la plongée aux sorties en bateau, en passant par le beach cinema et les ateliers autour du tissu batik. Taillé pour Les amoureux perfectionnistes. Devise “J’irai où tu iras (quoi que…)”.

Yao Noi, Thaïlande
SIX SENSES
Point GPS Sur l’île méconnue de Yao Noi, dans la très belle baie de Phang Nga, à l’est de Phuket. Quel style ! Des structures à la conception habile qui se fondent dans le décor tout en le préservant, au moyen de matériaux naturels et recyclés et d’éléments issus du monde végétal.
Le luxe en version green Palme(s) d’or Le spa dont les soins (comestibles) sont préparés à partir des produits du jardin, les couchers de soleil, littéralement incroyables. Taillé pour Les optimistes ne renonçant ni au voyage, ni à leurs convictions. Devise “Pince-moi, je rêve”.
Langkawi, Malaisie
THE DATAI
Point GPS Au nord-ouest de l’île, en retrait d’un arc parfait de sable blanc. Quel style ! Fondue dans la végétation, la vision de feu Kerry Hill, ravivée en 2018 par son acolyte Didier Lefort, reste un must de l’hospitalité durable. Palme(s) d’or The Datai Pledge, un fonds de conservation et d’éducation environnementale, livre des expériences guidées par des naturalistes (bain de forêt, observation animale). Et aussi : la Datai Estate Villa, 600 m2, cinq chambres, majordome et chef privé… Taillé pour Se ressourcer. Devise “Vivons heureux, vivons cachés”.
Sumba, Indonésie
CAP KAROSO
Point GPS Dans la région de Kodi, à une heure de vol de Bali, entre la plage et les collines de savane. Quel style ! 44 chambres et 20 villas mixant avec tact l’héritage artisanal et le design contemporain. Une ferme en permaculture approvisionne les cuisines et les soins du spa. Palme(s) d’or L’implication pour tisser des ponts entre la communauté locale et un tourisme naissant, la retraite chamanique. Taillé pour Renouer avec le calme et l’espace. Devise “Wild Wide East”.



H avelock, Andaman
JALAKARA
Point GPS En retrait de l’agitation de Govind Nagar. À une courte virée en scooter, à travers la forêt primaire, du sable blanc de la belle Radhanagar. Quel style ! Perchées sur la colline, entre bananiers et palmiers, trois chambres, trois suites et une villa, nichées sur la canopée. Beauté brute du béton lissé, tuiles moulées du Karnataka, meubles chinés : une rencontre entre architecture moderne et techniques vernaculaires signée Ajith Andagere. Palme(s) d’or La piscine à débordement re étant la végétation, le massage bercé par les bruits de la jungle. Taillé pour Moi Jane, toi Tarzan. Devise “No Shoes, No Blues”.
Río San Juan, République dominicaine

Point GPS Sur la côte nord, à proximité de la petite ville de Cabrera, région encore préservée, aux criques isolées et maisons colorées. Quel style ! L’établissement convoque le meilleur de l’architecture coloniale antillaise. Façades pastel, porches ombragés, intérieurs frais, mobilier vintage Palme(s) d’or Le poisson, livré chaque jour par les pêcheurs des environs ; la longue plage de sable blond, à quelques pas. Taillé pour Les amateurs de voyages dans le temps. Devise “Vamos a la playa”.
PLAYA GRANDE BEACH CLUB

Holbox, Mexique
NOMADE
Point GPS Au bord des eaux cristallines baignant Holbox, joyau de la réserve écologique de Yum Balam aux attributs de paradis originel. Quel style ! Des cabañas de bois posées sur le sable ou perchées dans les arbres se fondant avec grâce dans leur environnement naturel ; une décoration bohème visant l’harmonie du décor et des corps. Palme(s) d’or La conception éco-friendly, les pratiques holistiques, le restaurant, sensible. Taillé pour Les âmes en quête d’apaisement, les yogi(ni)s. Devise “Namaste”.
Océan Indien


Sainte-Marie, Madagascar
VOAARA
Point GPS Satellite discret ottant à l’est de Madagascar, le long d’une longue plage de sable n léchée. Quel style ! Le bohèmechic dans toute sa splendeur… Teintes naturelles, matières brutes, toits de palme. Rotin, coco et bois otté. Et des espaces ouverts sur la mer, turquoise, et la jungle, magnétique. Palme(s) d’or La table du dîner, dressée à même le sable ; les massages, prodigués à quelques pas de l’eau ; la sensation d’être (presque) seuls au monde. Taillé pour Les va-nu-pieds. Devise “Out of O ce”.
Kunfunadhoo, Maldives
SONEVA FUSHI
Point GPS L’un des 1 200 confettis du pays, une île-hôtel couverte de forêt et ourlée de sable n. Quel style ! Des maisons de bois ottant sur l’eau ou posées sur la plage, rendant un bel hommage au luxe balnéaire et à la lumière de l’océan Indien. Palme(s) d’or Les piscines privées, les toits ouvrants pour s’endormir sous le ciel étoilé, les activités conçues pour les petits voyageurs. Taillé pour Les familles à la recherche d’une maison secondaire au paradis. Devise “Luxe, calme et Robinson Crusoé”.
© Voaara

Frégate, Seychelles
FREGATE ISLAND PRIVATE
Point GPS Une île très privée (et entièrement privatisable), refuge exclusif pour happy few et sanctuaire pour les tortues géantes des Seychelles. Quel style ! Une poignée de villas au look tropical chic qui mise sur des matières nobles, de la fraîcheur, et brouille les frontières entre intérieur et extérieur. Palme(s) d’or La vue imprenable sur les hauteurs, le programme environnemental mis en place par l’hôtel (protection des tortues, produits cultivés à 80 % sur l’île, énergie solaire). Taillé pour Les agoraphobes. Devise “Mieux vaut être seul que mal accompagné”.



BALÉARES: LES QUATRE FANTASTIQUES
Solaires, festives, culturelles, natures : les quatre îles habitées de l’archipel séduisent depuis la nuit des temps. À chacune son identité bien marquée, à adopter selon vos goûts.
MAJORQUE, EN ART MAJEUR
Principale île de l’archipel, Majorque trouve son équilibre entre capitale créative, montagnes sauvages et campagne esthète. De son histoire dense, elle garde les vestiges architecturaux. De l’Almudaina, ancien alcazar musulman et résidence royale d’été, à la cathédrale la Seu (XIVe siècle), deuxième plus grand édi ce chrétien d’Espagne après celle de Séville. Partiellement restaurée par Antoni Gaudí au début du XXe siècle, elle ouvre ses terrasses d’avril à octobre o rant un point de vue unique sur la ville. Autre témoin à ne pas manquer : Can Vivot, un palais seigneurial privé, parfaitement conservé. Le musée Es Baluard symbolise quant à lui le lien indéfectible tissé par l’île entre patrimoine et art. Palma ne cache pas son ambition de devenir capitale culturelle européenne en 2031. Les grands événements se succèdent : Nit de l’Art en septembre, Art Palma Brunch au printemps et les festivals musicaux eurissent. Parmi d’autres phares artistiques, la Fondation Pilar et Joan Miró o re une plongée dans l’œuvre du maître surréaliste catalan. Comme lui, de nombreux artistes et intellectuels européens sont tombés, au l des siècles, sous le charme d’une île naturellement belle. Point d’orgue : la Serra de Tramuntana, au nord-ouest. Dans ces paysages abrupts, l’agriculture en terrasse a trouvé sa place grâce à un ingénieux système d’irrigation nourrissant des trésors : des oliviers centenaires, dont on extrait l’or, notamment au
domaine Son Moragues. Là, on savoure un pa amb oli face au bassin de cette propriété en son temps de l’archiduc Luis Salvador d’Autriche, l’homme à qui Majorque doit beaucoup. Installé à partir de 1867, il étudie l’île sous toutes ses formes et incite les premiers voyageurs à la visiter. Parmi eux, l’histoire retient l’hiver de Frédéric Chopin et George Sand à Valldemossa, et l’attachement à Deià du poète anglais Robert Graves, qui repose pour l’éternité au sommet des falaises. En n, si Majorque se distingue aujourd’hui c’est grâce à de nouveaux havres de paix modelés par des architectes et designers locaux. Là, une ferme abandonnée ressuscitée en retraite au charme monacal : murs chaulés, teintes claires, mobilier organique. Ici, une maison de ville centenaire muée en cocon design. Le tout sans jamais dénaturer l’héritage majorquin.
MINORQUE, LE CHARME DISCRET
À l’ombre de ses voisines, Minorque cultive l’art de rester hors-champ. Classée réserve de biosphère (85 % de son environnement marin est également protégé), l’île dresse dans sa lenteur assumée une forme de modernité. Ici, les chevaux noirs de race minorquine continuent de dé ler à Ciutadella pour la Saint-Jean, mais dans les anciennes demeures de maître, des designers repensent la tradition : sols en marès (la roche propre à l’île), menuiserie locale et lignes épurées dessinent un luxe discret.





© Faustine Poidevin-Gros
© Carlota del Sol
Entre Port Mahon et Ciutadella, les rares routes lent entre des murets de pierre sèche qui bordent les champs de blés et d’oliviers. Dans ce damier agricole, des ncas restaurées abritent aujourd’hui galeries con dentielles, ateliers de céramique et retraites où pratiquer ses asanas face aux vignes, s’initier à la cuisine et l’artisanat locaux. Dressée à l’entrée du port de Mahon, l’Illa del Rei incarne ce dialogue entre patrimoine et esprit contemporain : un ancien hôpital militaire a été transformé par la galerie Hauser & Wirth en centre d’art où la scène internationale croise les savoir-faire minorquins. Sur la côte sud, des chemins de muletiers percent la pinède pour rejoindre les plages de sable blond. Au nord, le parc naturel de S’Albufera d’Es Grau, sanctuaire d’oiseaux migrateurs, rappelle lui l’équilibre fragile que l’île défend. À l’heure du déjeuner, Fornells, village de pêcheurs, récite la recette ancestrale de la soupe de langouste, tandis qu’au dîner, de jeunes chefs composent à partir des produits du terroir. Minorque a décidément trouvé l’alchimie parfaite entre un patrimoine intact, des paysages farouches et une scène créative nourrie de matière brute.
IBIZA, CÔTÉ PILE
Loin de ses clubs iconiques, Ibiza révèle une autre musique. Un hymne à la beauté naturelle, livrée au rythme des criques blanches, des pinèdes et des terres cramoisies. Au l des siècles, Ibosim (littéralement l’île du dieu égyptien Bès) fut un poste stratégique pour les Phéniciens et les Carthaginois, une source d’inspiration pour les peintres et les écrivains au tournant du XXe siècle avant d’être le refuge utopiste des hippies dans les sixties et celui des clubbers depuis les années 1990. Si les plages festives attirent toujours les Européens, mais aussi de plus en plus d’Américains et de Sud-Coréens venus se dire oui, il faut, pour toucher au cœur d’Ibiza, oublier le bruit et le bleu. Grimper sur la colline à l’extrémité sud-ouest, jusqu’à l’église fortiée de Puig de Missa, pousser jusqu’à la nécropole de Puig des Molins, y rencontrer la déesse Tanit. Gagner ensuite le nord agricole, des villages rodés à la vie en autarcie depuis
le XIVe siècle. Là, des ncas posées parmi les oliviers et les amandiers cultivent l’écoresponsabilité de l’art de vivre à l’assiette. On rejoindra plus tard la côte, à l’ouest, dans les eaux calmes de Sa Caleta, Es Xarco ou Sa Pedrera. Une vie d’Ibizois bercée de tranquillité.
FORMENTERA, SIMPLEMENT BELLE
La petite sœur discrète d’Ibiza se gagne en trente minutes de mer. L’Aquabus accoste à La Savina entre les voiliers. Ensuite, déroule une piste bordée de murets qui mène à Sant Francesc Xavier, un bourg blanc où cafés et librairies se partagent la place de l’église. La vie le entre les chiringuito (kiosques de plage), des hébergements aux structures minimalistes, et de discrètes maisons d’architectes à louer. On circule vers l’est plus sauvage à vélo, sur l’ancienne voie verte de la Mola ou sur les sentiers qui mènent aux plages de Migjorn et de Ses Illetes. Lagunes et sable pâle dessinent l’horizon. Les anciens moulins, les varaderos, ces modestes hangars à bateaux, rappellent le goût de cette île pour la simplicité. Ici, les maisons aux murs chaulés et toits plats laissent la part belle aux dunes et aux guiers. À la mer aussi, à perte de vue. •
TO DO LIST
Majorque Passer au studio-atelier de l’artiste américaine
Barbara Weil à Port d’Andratx, se baigner à Punta Negra, Binissa, faire la tournée des caves de Binissalem, visiter le musée Sa Bassa Blanca, la maison des collectionneurs Ben Jakober et Yannick Vu, boire un verre sous le haut plafond du Nobis.
Minorque Remonter le temps dans les palais de Ca n’Oliver et Torre
Saura et plus loin encore sur les sites préhistoriques cyclopéens, faire un stop à la ferme et goûter au fameux fromage Mahon, déjeuner perché à Cap Menorca, observer les étoiles dans des conditions idéales.
Ibiza Prendre un bain d’argile sur la plage d’Es Bol Nou, et un bain turquoise à Cala Mastella, déjeuner local au Can Mussonet, embrasser la diversité de l’Ibiza Pride.
Formentera Grignoter sous les pins de Sa Platgeta, randonner du côté de Barbaria et repérer la maison de Philippe Starck, siroter unmojito dans un chiringuito de plage de Migjorn.
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D’autres idées de voyages dans les Baléares

Majorque à contre-courant
Côte sauvage, ncas et terroirs engagés
Campanet/Capdepera
De l’arrière-pays à la côte, explorer en deux temps et à rythme lent une Mallorca charismatique, sincère et sauvage, consciente de ses atouts naturels et de l’importance de les préserver. Voiture électrique, hôtels eco-friendly, tables locavores, activités outdoor : tout est pensé pour déconnecter et aller à la rencontre de ces (p)artisans d’un retour aux sources de l’île.

Majorque en famille
Palma et l’arrière-pays en adresses secrètes
Palma/Sant Llorenç des Cardassar
Pour s’offrir une escapade insulaire en tribu, nul besoin d’aller chercher la mer aux antipodes paradisiaques. Loin de la foule et des plages bondées, il existe ainsi une Majorque teintée de falaises et de petits villages, de bleus incomparables et de terres douces et ensoleillées, qui font de la plus grande île des Baléares l’une des plus agréables à explorer à tout âge.
Minorque la discrète
Criques isolées et refuges d’esthètes
Port Mahon/Alaior
Première halte dans la capitale. Le centre névralgique de l’île a hérité d’une belle architecture et de charmantes demeures seigneuriales. Ses placettes invitent à arrêter le temps et tapear à la nuit tombée. Puis, on file entre la campagne et la mer, quartiers pris dans une adorable finca. Choix cornélien: explorer le littoral et l’arrière-pays ou bien ne rien faire, vivant oisivement au rythme de la Méditerranée.

Majorque & Minorque en agritourisme
Dans l’intimité des Baléares
Maria de la Salut/Alaior
Aborder les îles sœurs de l’intérieur –là où s’expriment rugosité minérale et lumière soyeuse, odeurs de maquis et de pins ensoleillés –et accéder à leur visage caché. Mettre l’agritourisme en pratique dans d’anciennes fermes rénovées avec goût, conjuguant table inspirée et cultures respectueuses. Ajoutez à cela des voitures électriques et des activités nature: tout pour se mettre au vert.


Ibiza, au calme
Douce campagne et nca bohème
Santa Eulalia
En marge de la saison estivale, Ibiza sait se montrer paisible, intemporelle et sincère. Une main posée sur une pierre chaude, un doigt trempé dans l’huile d’olive, une bouchée franche de pain rustique et de chèvre frais, la lumière du soleil en déclin sur le sable mordoré… Voilà le programme d’une Ibiza rendue aux plaisirs des sens.

Ibiza vintage & amoureux
Retour aux sources de l’île
Santa Eulalia/Portinatx
(Re)découvrir Ibiza, l’île dans l’île, née du meilleur de l’héritage hippie. Un paradis du bien-être sans artifice, une authentique bulle gipsy chic. Là, se cachent de rares refuges d’initiés qui proposent un retour aux sources de l’île. On y cultive l’absence de stress et les légumes du potager, l’art du farniente si ce n’est rêver au jardin, se promener, méditer, s’aimer.


© Olivier Romano
CYCLADES SECRÈTES
Des six mille îles que compte la Grèce, combien concentrent le tourisme ? Suffisamment pour l’encombrement ; trop peu pour circonscrire les archipels grecs. Il existe encore des îles confidentielles, y compris dans les Cyclades. C’est une chance, car de pures splendeurs sont toujours accessibles aux voyageurs perspicaces.
Dans la famille des Cyclades, je voudrais… Ce sont souvent les mêmes noms qui ressortent. Il y a celle où tels amis ont leurs habitudes hors saison, celle où tel chef de renom a ouvert sa dernière adresse, celle dont tout le monde a parlé cet été, celle où telle voisine rêve de vivre sa retraite. Chacun y va de ses arguments : l’une a fait le tour des réseaux quand l’autre reste la mieux desservie ou l’autre encore gure en pole position d’un énième classement des hot spots méditerranéens. Qu’en est-il des voyageurs qui, pour leur prochaine escapade, souhaitent encore légitimement que la plage ne soit pas suraménagée ni bondée, que le rythme de la journée soit dicté par leurs envies, que les chemins soient libres, que les habitants donnent l’impression de vivre chez eux ? Les Cyclades garantissent-elles encore ces conditions ? Oui. Plus partout, mais encore assez souvent. Il su t de bien choisir. Se tourner vers ces îles secrètes ou simplement négligées, parce que trop ceci ou pas assez cela, parce qu’indirectement desservies. Ces Cyclades authentiques, ce sont celles des Grecs avant d’être celles des touristes. Des îles-retraites où le temps s’étire, indi érent aux montres et aux réveils, aimantant discrètement ceux qui s’attardent à ralentir la cadence. Ce sont des
Cyclades contrastées qui ont toutes gardé le calme et le naturel d’un archipel qui n’en nit pas de surprendre – et de séduire.
L’APPEL DU LARGE
Pour se sentir un peu Grec, on se pose d’abord sur le continent. Athènes, porte d’entrée naturelle vers l’archipel, mérite en toutes saisons que l’on s’y attarde. Pour revoir l’Acropole, peut-être au lever du jour cette fois, et pousser jusqu’au nouveau musée. Pour s’aventurer plus loin, dans ces quartiers alternatifs où ça se passe – Metaxourgeío, Kypseli, Exárcheia ou Pangráti – qui débordent de librairies branchées, épiceries colorées, îlots de verdure et murs de gra tis. Ou simplement pour se mettre au rythme de la vie grecque, à grands renforts de café elliniko et de koulouri au sésame.
Très vite, l’appel du large se fait sentir. Nul besoin d’aller bien loin – paradoxalement, ce sont même parfois les îles les plus proches qui sont restées hors de portée des radars touristiques. Rendez-vous au petit port de Lavrio, bien moins fréquenté que celui du Pirée. Le bateau lève l’ancre à 8 heures, dans la douce lumière de l’aurore. Le ferry est une expérience grecque en soi.





© Nurial
Val/Coke Bartrina
Par monts et par vaux, on s’enivre des odeurs de résine, de myrte, de romarin, de lavande. On rallie des sites antiques… Demain, on enfourchera peut-être un vélo électrique pour rejoindre d’autres églises, d’autres ports et le phare historique.
On ne peut gagner les archipels sans emprunter ces transports maritimes qui négocient quotidiennement les horaires avec la météo. Chaque traversée met un dièse au voyage. Ce quelque chose de plus, c’est le vent sur le pont, l’odeur des coursives, les terres qui s’e acent dans la brume et la petite exaltation qui anime tout passager arrivant au port.
KÉA, HÉDONISTE PAR NATURE
Ce port qui pointe justement en face, c’est celui de Kéa. À peine une heure après avoir quitté Lavrio. Alors, pensez si les Athéniens en pro tent ! À cela, avantages et inconvénients. Il y a un peu de monde le week-end. En revanche, comme on ne la fait pas touristique aux habitants de la capitale (qui sont aussi souvent des résidents secondaires), les nuisances inhérentes aux lieux fréquentés par les étrangers nous sont épargnées. Les Athéniens éclairés ne font pas la publicité de Kéa, et on les comprend. On se joint volontiers à eux dans l’esprit d’exclusivité. Relief, végétation, climat, on est bien dans les Cyclades. Quartiers pris au centre de l’île : de la position élevée où l’on se trouve, on jouit d’une vue étendue et scintillante sur la mer. L’hôtel s’apparente à un hameau dont les clients sont
les autochtones ponctuels. Au volant, toutes fenêtres ouvertes pour laisser entrer la brise odorante, on rallie aisément les plages – Koundouros, Otzias, Galiskari, Pisses, Liparo. Kéa regorge de jolies rives sablonneuses où étendre sa fouta, renoncer au parasol à cause du meltem et trouver refuge sous les arbres épars, et en n ouvrir ce livre qui patiente depuis plusieurs mois sur la table de chevet. L’hédonisme est ici une seconde nature. D’autant que, clientèle oblige, on trouve à Ioulída de bonnes tables et partout des vins capiteux.
La randonnée est le complément des bains de mer. Par monts et par vaux, on s’enivre des odeurs de résine, de myrte, de romarin, de lavande. On rallie des sites antiques, comme l’acropole de Carthaea. Les vestiges étant de toutes les époques, on relève que le sister-ship du Titanic, le Britannic, faisant alors fonction de navire-hôpital, a coulé dans les eaux de Kéa en 1916. Pour l’heure, seuls les plongeurs con rmés peuvent descendre sur l’épave. Demain, on enfourchera peut-être un vélo électrique pour rejoindre d’autres églises, d’autres ports et le phare historique. À cet endroit, le coucher de soleil s’a ranchit des lieux communs pour donner une représentation chromatique de grand style.


DE KYTHNOS À SYROS : PLAGES ET ART DE VIVRE
Nouveau rendez-vous au port. Cette fois-ci, ce sont les teintes mordorées du couchant qui accompagnent notre nouvelle traversée. Une heure à nouveau, et voici notre deuxième refuge. L’île de Kythnos, elle, semble s’être préservée toute seule. Ses abords peu profonds ont longtemps empêché les grands bateaux d’y accoster. De ce fait, elle a pris un certain retard touristique, ce qui lui donne de jolis avantages. Quelque chose de frais et de sauvage en émane. L’île n’est pas pour autant née de la dernière pluie : elle a une longue histoire agricole et fut exportatrice d’excellentes céréales – Kythnos alimentait en orge de qualité les brasseries athéniennes. Le paysage le dit encore à qui regarde et hume : il embaume, comme les campagnes longtemps travaillées.
Cette fois-ci, on élit domicile sur la côte ouest, à portée de sandales de la plage d’Episkopi. L’hôtel domine l’anse qu’encadrent de robustes collines. La lèvre de sable gris est engageante, mais que dire du bassin particulier qui prolonge la chambre. Ou de la piscine à débordement que, sous certains angles, seule une nuance de bleu distingue de la mer. Aux heures plus fraîches, on ren le les chaussures de marche et l’on s’en va cheminer sur les sentiers. Une acropole, un aqueduc, les temples d’Apollon, Aphrodite, Asclépios : l’Antiquité a laissé là une empreinte notable. Au loin, on devine Kolona, qu’un cordon de sable coupe en deux. L’élégance faite plage ! À travers la campagne, le long des murets de pierre sèche, on surprend des e uves de thym et de sauge sclarée, on entend butiner les abeilles à l’ouvrage produisant l’une des spécialités locales, le miel de garrigue. Lorsqu’apparaît Apokrousi, la plus grande plage de Kythnos, la baignade est une évidence. Ce soir, on ira faire un tour à Dryopida, au milieu des ateliers de céramique et des opulents bougainvilliers, avant de dîner de eurs de courgette, marathopita et kotsi dans l’une des venelles typiquement cycladiques de Chora, sur fond de jazz cool. Puis le port, à nouveau. L’attente devenue familière, à siroter une citronnade. Le ferry qui arrive, déverse son flot de passagers et exhorte les suivants à embarquer. Ultime destination : l’île de Syros, capitale administrative des Cyclades. Ce type de carte de visite parle rarement à la sensibilité voyageuse. Surtout celle qui entend prendre les chemins buissonniers et ne pas s’embarrasser de formulaires.



Syros
est une île
résolument grecque.
Elle a ses petites rues blanches et jaunes débordant de fleurs, où sont entrouvertes des huisseries bleues, où lézardent des chats paresseux, où filent des deux-roues pétulants. Elle a aussi de bien jolies plages
–Galissas, Kini et Finikas– et une cité étonnante, Ermoúpoli, la ville d’Hermès.
Pourtant, Syros est une île résolument grecque. Elle a ses petites rues blanches et jaunes débordant de eurs, où sont entrouvertes des huisseries bleues, où lézardent des chats paresseux, où lent des deux-roues pétulants. Elle a aussi de bien jolies plages – Galissas, Kini et Finikas – et une cité étonnante, Ermoúpoli, la ville d’Hermès, qui manifeste engagement, enthousiasme et ouverture d’esprit. En logeant sur le port, on sent battre le pouls de l’île. Non loin, le théâtre Apollon, inspiré de la Scala milanaise, marque le couronnement lyrique du boum économique du XIXe siècle. Et puis, Syros a les loukoums, introduits pendant la guerre d’indépendance grecque (1821-1832) qui a vu se réfugier sur l’île de nombreux habitants de Chios et de l’Égée orientale. Désormais, Syros est une île plaisante toute l’année. La belle saison est ce qu’elle est partout dans les Cyclades : chaude, balnéaire et randonneuse. La moins belle, qui n’est jamais que parfois maussade, est celle de la vie sociale et des spectacles, écho d’une civilisation bourgeoise européenne transportée aux portes de l’Orient. Trois ferries, trois îles, trois versions des Cyclades encore con dentielles. Avec, partout, cette vieille tradition hellène
consistant à convertir les voyageurs à un art de vivre sensé, dont on découvre que, s’il implique la mesure, il n’est pas pour autant ennemi des plaisirs. Bien au contraire. Esprit “Grèce forever” et sensibilité contemporaine s’accordent ici de façon étonnante. Les petits ânes, dont la patience est indispensable à l’ombre des vieux oliviers, vous le con rmeraient, s’ils pouvaient parler au lieu de braire. •
LES ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Un vol direct pour gagner Athènes et une liaison rapide en ferry pour rejoindre chacune des trois îles.
Le bon moment L’été pour profiter de Cyclades plus confidentielles. Au printemps et à l’automne pour prendre le contrepied, se mêler aux insulaires et notamment à leurs aînés, et comprendre les choses de l’intérieur.
Durée idéale 3 fois 3 jours pour profiter de chaque île.
Escales Puisque l’on arrive et repart d’Athènes, l’occasion est belle d’y jouer les prolongations. À moins que l’on ne préfère rester îlien: à quelques encablures de Syros, la discrète Tinos joue la carte du marbre et de la gourmandise.
Budget À partir de 3 000 € pour l’ensemble du voyage (vols A/R, traversées, transferts privés, hébergements et temps forts sur chaque île).
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D’autres idées de voyages dans les îles grecques

Des Cyclades préservées
Villages blancs et calme olympien
De Sifnos à Milos
Elles ont en partage l’art de vivre méditerranéen : villa ges blancs qui réverbèrent le soleil d’Égée, vergers de citronniers, vieilles églises, petits ports où dansent les caïques, plages et criques paisibles. On s’y abandonne volontiers au romantisme insulaire, dans deux refuges tout près de l’eau, dont la simplicité invite à se sentir libre et la touche d’élégance à se sentir bien.

Des Ioniennes loin des foules
Une Grèce insulaire et solaire
Céphalonie/Ithaque
L’une plutôt extravertie, à la nature spectaculaire tout en espaces et en reliefs, où viennent encore pondre les tortues caouannes. L’autre à l’authenticité discrète, embaumée des meilleures odeurs de la Méditerranée, ponctuée de plages vraiment libres. On s’enchante de cette complémentarité voisine qui tient aux différences. Et on les quitte heureux, comme Ulysse, d’avoir fait un beau voyage.
La Crète foodie en agritourisme
La terre, la pierre et la mer à l’horizon
Vlatos Kissamos/Angelianá/Kapetanianá
Tremper ses lèvres dans le vin, ses pieds dans l’eau turquoise ; tremper tout entier dans l’art de vivre crétois. En voilà une délicieuse idée qui se traduit aisément en voyage. Un festin gustatif et sensoriel au cœur du terroir, entre mer, montagne et arrière-pays, assorti d’adresses pittoresques, de tables réputées et de rencontres riches de sens.

La Crète et Cythère en demeures de charme
Grand angle, grand bleu Argyroupoli/Kolymvari/Avlemonas
Cap sur la Crète: la plus grande et la plus méridionale des îles grecques vit encore au rythme des récoltes et des clochers. Puis sur Cythère, joyau de l’Attique à la pointe sud du Péloponnèse et île mythique d’Aphrodite. Villages ravissants, cadre intact et eaux limpides vont à ravir à un tête-à-tête grec.


Les Sporades à la belle saison
Grand bain et patrimoine byzantin Skopelos/Alonissos/Skiathos
Les Sporades, littéralement “îles dispersées”, cultivent leur propre identité au large de la Grèce du Nord. Moins domestiquées, moins pelées, moins courues – même en été– que d’autres voisines de la mer Égée. Plus calmes, plus touffues, plus originales. Mais tout autant photogéniques et magnétiques. Une autre déclinaison de la beauté insulaire, tout sauf sporadique.

Dodécanèse/Turquie
Une Méditerranée tournée vers l’Orient
Chios/Rhodes/Alaçati
Des planches à voile de la côte turque aux vergers de Chios et aux remparts de Rhodes, deux semaines pour goûter au meilleur de la Méditerranée orientale, sous l’égide d’Éole. Une authenticité miraculeuse faite de sentiers odorants, de littoral festonné de turquoise et de retraites intimes pour esthètes et voyageurs sensibles. À vivre sans tarder, dans son hédonisme frais.
Refuges insulaires

ALONISSOS
Au nord des Sporades, Alonissos se cache dans un immense parc marin. Criques secrètes, villages authentiques et fonds préservés : une île à chuchoter.
IKARIA
Perdue en mer Égée, Ikaria vit à contretemps : fêtes villageoises, sources chaudes et plages isolées. Ses habitants détiennent un autre secret : celui de la longévité.
ASTYPALÉA
Entre Cyclades et Dodécanèse, un papillon de criques désertes et de villages blancs blottis sous un château vénitien. Durable et peu bâtie, le fruit d’une Grèce discrète.
KASTELLÓRIZO
Face aux côtes turques, Kastellórizo séduit par son port pastel, ses criques rocheuses et sa Grotte Bleue. Une île de poche comme refuge méditerranéen.
ISOLA PARADISO
LORSQUE CULTURE TRANSALPINE ET CARACTÈRE INSULAIRE
NE FONT PLUS QU’UN, CHOISIR SON EXIL DORÉ DEVIENT UN DÉLICIEUX DILEMME.
QUELQUES CLÉS POUR BIEN CHOISIR SON ÎLE ITALIENNE.

Capri
Où ? Au large de la péninsule sorrentine, et au panthéon du glamour italien. Quoi ? The place to be (seen) de l’Italie des sixties, un laboratoire du style ancré dans la littérature et le cinéma Nouvelle Vague. On adore Naviguer à la voile entre les Faraglioni, crapahuter jusqu’à Punta Massullo pour scruter les lignes iconiques de la Casa Malaparte, savourer une pizzetta chez Ciro Oliva, siroter un limoncello et danser jusqu’à l’aube à la Taverna Anema e Core. Quand ? En début d’automne, lorsqu’Anacapri retrouve son calme. On y va avec Des lunettes de soleil oversize et l’art de la nonchalance.

Ischia
Où ? À une petite heure de ferry de Naples, au nord de la baie. Quoi ? Une île jardin, née d’une éruption volcanique, une fresque de collines, de champs d’oliviers et de villages de pêcheurs, réputée depuis l’Antiquité pour ses sources thermales. On adore Flâner entre les magnolias dans la fraîcheur du giardini della Mortella et assister à un concert, se ressourcer dans les eux chaudes de Sorgeto, naviguer jusqu’au Castello Aragonese, savourer un verre de Frassitelli face aux fumerolles. Quand ? Au printemps, cerné des parfums de la végétation. On y va avec Un herbier et une “amie prodigieuse”.
Ponza
Où ? Dans le golfe tyrrhénien, à égale distance de Rome et de Naples. Quoi ? La plus vaste des îles Pontines, un croissant de tuf incrusté de façades acidulées, l’un des secrets les mieux gardés des Romains. On adore L’arrivée au port, le parfum de sfogliatella, embarquer à l’aube vers des criques cachées, confronter l’histoire romaine et la mythologie devant la grotte di Pilato, trinquer au Fieno di Ponza, à Dionysos et à Circé. Quand ? À la n de l’été quand l’île reprend son sou e et que la lumière réchauffe encore le tuf. On y va avec Un dandy romain en week-end.


Les Éoliennes
Où ? Au nord de la Sicile, archipel éparpillé dans la mer Tyrrhénienne. Quoi ? Un collier de lave de sept îles serties de jade, intimes et spectaculaires. Elles ont inspiré la mythologie comme le cinéma d’Ingrid Bergman et Nanni Moretti. On adore Naviguer d’île en île, attendre la nuit profonde et guetter une éruption du Stromboli, nager dans les fumerolles de Vulcano, se perdre dans les ruelles étroites de Panarea, dévorer une pasta con le sarde à Santa Marina Salina. Quand ? Au cœur de l’été mais en bateau, ou pendant les vendanges de la Malvoisie, à Salina. On y va avec Un amour incandescent.
Pantelleria
Où ? Plus proche de la Tunisie que de l’Italie, au sud de la Sicile mais déjà sous in uences africaines. Quoi ? Une perle brute de sable et de lumière, une retraite pour esprits créatifs sou ée par un sirocco qui pousse le génie humain, comme la végétation, à s’adapter. On adore Son austérité somptueuse, la beauté restaurée des dammusi, la couleur de l’eau du Specchio di Venere, marcher le long du trail Khamma bordé de genêts et de chèvrefeuilles. Quand ? En mai, quand les bougainvilliers exultent, que la chaleur et le vent ne culminent pas encore. On y va avec Un nez en quête d’inspiration.


Tremiti
Où ? Au large des Pouilles, au cœur du parc national du Gargano, cinq îles éparpillées dans l’Adriatique comme une poignée de lapis-lazuli. Quoi ? Un refuge naturel où les forêts de pins et les falaises de calcaire coi ent des fonds marins exceptionnellement préservés. On adore Plonger sur les sites renommés de Caprara, s’imaginer en Robinson sur San Domino, se perdre à San Nicola dans les mosaïques byzantines de l’abbaye Santa Maria a Mare. Quand ? En juin, sans foule, et lorsque la visibilité sous l’eau atteint plusieurs dizaines de mètres. On y va avec Son brevet de plongée.
SICILE : PLACE TO BEACH
ANIMÉES, SPECTACULAIRES, SAUVAGES : LA SICILE ET SES ÎLES DÉCLINENT
LES PLAISIRS DE LA SPIAGGIA TOUR D’HORIZON.
Baignée par trois mers –Ionienne, Tyrrhénienne, Méditerranée–, pourvue d’un littoral de 1 500 kilomètres, d’une vingtaine d’îles (dont l’archipel des Éoliennes, celui des Égades), la Sicile collectionne les plages. Premier contact avec les lidos, points de rencontre iconiques entre la mer et la ville italienne. À Mondello , au nord de Palerme, les villas Art Nouveau bordent un long croissant de sable blanc piqué de chaises colorées. Dans un style similaire, Cefalù dresse ses parasols sous les façades historiques, et à San Vito Lo Capo , proche de Trapani, le Monte Monaco domine trois kilomètres d’albâtre. Un air de Copacabana, renforcé par les palmiers, les vendeurs de bouées et de granités.
Vient alors l’envie d’horizons plus sauvages. Au bout d’une piste sillonnant entre végétation et falaises, la Riserva Naturale dello Zingaro abrite des criques translucides. Dans ce nord-ouest à l’état brut, Scopello exprime parfaitement la définition sicilienne de la crique. Homère s’en serait inspiré pour décrire la beauté de l’île. Sur la côte sud, à proximité d’Agrigente, la réserve naturelle de Torre Salsa compte parmi les repaires tranquilles des Siciliens qui partagent ce long ruban blond avec les tortues caouanne. L’est de l’île applique la même formule, à savioir pour bronzer au calme, même en plein été : marchez ! Un piquenique, beaucoup d’eau, de bonnes chaussures, et l’on gagne la belle Timpa , au nord de Catane, ou Randello , à l’ouest de Syracuse. Une chose est sûre, la Sicile et ses îles n’envisagent pas la spiaggia plate et monotone, mais plutôt comme un théâtre grandiose taillé dans le roc. Exemple marquant à Scala dei Turchi , “l’escalier des Turcs”, entre Realmonte et Porto Empedocle : des marches géantes de calcaire blanc, sculptées par la mer et le vent, qui plongent doucement dans l’émeraude. Sur Pantelleria, oubliez le sable blanc : à Cala Tramontana , petite baie sertie de roche noire, et Cala Cinque Denti , accessible uniquement par la mer, les fonds volcaniques constituent un terrain de snorkeling idéal. À Favignana, île centrale des Égades, Bue Marino , simple promontoire de roche, rappelle que la plage est avant tout le chemin le plus court vers l’eau.










D’autres idées de voyages sur les îles méditerranéennes

La Corse du nord au sud Terroirs, maquis et belles adresses
Calvi/Corte/Piana/Ajaccio/Levie/Bonifacio
Cet itinéraire complet sillonne les routes de l’île pour mieux prendre le pouls d’une Corse vraie et plurielle, à la fois attachée à ses terres agricoles et à son littoral baigné de soleil. Un road-trip pensé pour faire la plus belle expérience de l’art de vivre et du terroir corses.

Une
Sardaigne confidentielle
Au sud, les pieds dans l’eau
Cagliari/Portoscuso/Santa Maria Navarrese
L’intention première de ce voyage: ralentir et s’accorder une vraie parenthèse. Au programme : un littoral expressif, voire baroque, fait de criques sauvages, d’étendues de sable blanc, d’eaux limpides et de dunes spectaculaires. Et de petites adresses choisies pour leur authenticité et leur hospitalité, si chère au cœur des Sardes.
La Sicile, à part
Une île secrète sous les projecteurs
Palerme/Pantelleria/Trapani
De l’énergie de Palerme à la beauté volcanique de Pantelleria, ce voyage tout en nuances rend hommage à la personnalité bien trempée de la Sicile – et place la discrète Pantelleria sous les projecteurs. À la fois envoûtante et revigorante, la “fille du vent” se décline en falaises escarpées et vignes en terrasses, criques intimistes et cavernes mystérieuses.

Sicile/LesÉgades
Triptyque d’îlots solaires
Favignana/Agrigente/Palerme
En Italie, une île peut en cacher d’autres. À l’image de la Sicile, constellée de confettis de terre dont certains ont véritablement été bénis des dieux. C’est le cas de l’archipel des Égades, triptyque d’îlots solaires baignés par des eaux parfaitement claires, aux reflets turquoise, comme sortis tout droit d’un rêve.


Une Italie
volcanique
Thermes et cratères avec les ados Ischia/Naples/Stromboli/Etna
Complexes, impulsifs; tantôt engourdis, tantôt explosifs : ados et volcans ont fort en commun. Votre tribu prend alors la direction de l’Italie pour se lancer à l’assaut des mythiques cratères de la Botte, du Vésuve à l’Etna, aux côtés de volcanologues francophones privés. Virée dans les thermes et observation des étoiles viennent compléter ce programme éruptif.

Malte en slow life
Palais, petits ports et sable doré
La Valette/Gozo
L’archipel maltais est là, bien en évidence au milieu de la Méditerranée, et on n’y pense pas toujours. Du moins pas forcément pour ce qu’il est: des îles séduisantes au possible, pleines de recoins perdus, de places intimes et de grands monuments, de plages et de vergers. Et partout ce calcaire blanc que l’érosion tourmente, que les hommes taillent pour bâtir et que le soleil pare d’une teinte dorée.
CORSE
Paysages
Maquis et granit abrupt
Mer
Criques cachées
CORSE
Mémoire
Napoléon, bandits d’honneur
Maquis et granit abrupt
Architecture
VSPaysages
CRÈTE
Paysages
Oliviers et reliefs arides
Mer
Plages généreuses
À lire sur la plage
Criques cachées
Mer
Villages de pierre sombre
Montagne contre montagne, maquis contre oliveraies :
Mémoire
Mémoire
CRÈTE
Zeus, Minotaure, palais de Cnossos
Oliviers et reliefs arides
Architecture
Un hiver à Majorque de George Sand (Livre de Poche) Sand et Chopin à Palma… Ce récit reste le meilleur guide écrit sur les Baléares.
Napoléon, bandits d’honneur
Gastronomie
Villages de pierre sombre
Charcuterie, fromages, vins discrets
Charcuterie, fromages, vins discrets
Musique
Polyphonies rugueuses
Polyphonies rugueuses
Identité farouche, insoumise
Culture
Identité farouche, insoumise
Architecture
Gastronomie
la Corse et la Crète jouent dans la même ligue
Musique
méditerranéenne
Culture
mais ne racontent pas la même histoire.
Chypre
La belle inconnue
Concentré de mythes et de paysages diversifiés, l’île d’à peine 10 000 kilomètres carrés entremêle montagnes, vallées, vignes, villages et ruines antiques. Le Tróodos et son mont Olympe offrent des balades entre cèdres, pins noirs et ruines vénitiennes. Le site archéologique de Paphos déploie ses mosaïques de palais antiques au bord de la mer. La plage d’Aphrodite, galets volcaniques et eaux turquoise, garde le rocher où serait née la déesse. Une île en forme d’ode à la beauté.
Éditions
Voyageurs
Destinées à vous éclairer, à retranscrire l’atmosphère particulière de chaque région du monde, nos éditions Grèce, Espagne , Italie et France ne manquent pas d’inspiration sur leurs îles respectives. N’hésitez pas à les consulter en ligne et à commander celles qui vous intéressent sur voyageursdumonde.com
Maisons blanches, héritage vénitien
Plages généreuses
Gastronomie
Zeus, Minotaure, palais de Cnossos
Huile d’olive, diète méditerranéenne
Maisons blanches, héritage vénitien
Huile d’olive, diète méditerranéenne
Musique
Lyra et danses solaires
Lyra et danses solaires
Hospitalité ritualisée (Philoxenia)
Culture
Hospitalité ritualisée (Philoxenia)
L’Art de la joie de Goliarda Sapienza (Le Tripode) La vie mouvementée de Modesta dans l’Italie de Mussolini. Un chef-d’œuvre. Mon île de Melpo Axioti (Cambourakis) Une exilée politique, déchue de sa nationalité, évoque Mykonos, l’île de son enfance.
Citrons acides de Lawrence Durrell (Libretto) Installé à Chypre de 1953 à 1956, l’auteur relate ses expériences pittoresques.
Top ten des îles à combiner
1
Capri/Ischia Glamour minéral
2
Corse/Sardaigne Maquis et gelati
3
Salina/Lipari/ Stromboli Îles effervescentes
4
La Maddalena/ Les Lavezzi Grains de beauté
5
Ponza/Ventotene Vestiges et ascétisme
6
Rhodes/Symi Péloponnèse intimiste
7
Sérifos/ Folégandros/Milos Cyclades en aparté
8
Majorque/Minorque Sierra et criques
9
Malte/Gozo/Comino Citadelle baroque et campagne
10
Crète/Cythère Montagnes blanches et jardin d’Aphrodite
OCÉAN ATLAN TIQUE



CANARIES, GRAINES DE PARADIS
Elles sont lumineuses, spectaculaires et surtout bien di érentes de leur image : les Canaries ont un tempérament de feu. Chacune vit sa vie, entre volcans, étendues sahariennes et parenthèses tropicales. Sous in uence espagnole autant qu’africaine, l’archipel ne demande qu’à dévoiler son intimité.
Canaries. Quel drôle de nom, un nom d’oiseau. Flottant à 150 kilomètres au large du Sahara marocain (ces îles ont rompu les amarres avec l’Afrique pour vivre en toute liberté l’aventure océanienne) et à plus de mille kilomètres de l’Espagne, l’archipel ibère s’y connaît en brouillage de cartes. Vous pensiez vous prélasser à la plage, vous vous retrouvez à crapahuter sur un champ de lave ; vous vous attendiez à croiser des hordes d’Allemands et on vous invite à une méharée dans le désert ; vous imaginiez des stations balnéaires et vous voici attablé dans un chiringuito sur une plage déserte à Pozo Negro. Canaries : on e ace tout et on recommence.
Les huit sœurs espagnoles a chent un certain air de famille avec leurs cousines portugaises des Açores et de Madère dont elles partagent le irt avec les alizés. Mais elles sont plus chaudes, avec une température frôlant la perfection toute l’année. 22° C en moyenne, un éternel
printemps, à deux doigts du tropique du Cancer. De la dorsale méridienne de l’Atlantique, elles ont hérité les volcans, de l’Afrique les déserts, de l’Espagne le caractère extraverti. Des deux derniers, une cuisine généreuse et parfumée. Bref, une sorte d’Andalousie atlantique et insulaire, baignée de culture méditerranéenne.
HUIT ÎLES FOISONNANTES
Urbaine et sauvage, qui cultive le luxe et le charme, les plages célèbres et les pueblos tranquilles, Ténérife résume à elle seule tous les paysages canariens. Au petit matin, promenade dans les bananeraies, visite de La Orotava pour ses grandioses demeures du XVIIe siècle, baignade sur des plages qui hésitent entre sable blanc et sable noir. L’aprèsmidi, balade au Teide, Vésuve espagnol (3718 mètres), pour faire crisser ses pas dans le sable volcanique, se glisser entre les coulées de lave pétri ée et plonger dans des piscines naturelles. Le soir : terrasses, paellas et vins insulaires.







Elle a la préférence du cinéaste espagnol Pedro Almodóvar.
Lanzarote était l’île de l’architecte César Manrique (19191992) qui en parlait comme d’une “œuvre d’art sans cadre et sans limites”. Manrique a sauvé Lanzarote du béton et interdit les panneaux publicitaires, laissant toute la place à l’ahurissant parc national de Timanfaya, et aux zocos, murets creusés dans la pierre ponce en forme de demi-lune pour protéger du vent les pieds de vigne. Le noir charbon des montagnes et le noir d’encre des plages exercent une fascination subtile, quand la blancheur des maisons et les vert anis des palmeraies de l’arrière-pays apportent douceur et fraîcheur.
Striée de dunes orangées, comme un morceau de Sahara dérivant sur l’océan, Fuerteventura a hérité du charme colonial de Las Palmas, capitale de Grande Canarie et petite sœur de La Havane. À ne pas confondre avec La Palma, l’île en forme de cœur, où les amoureux de la nature fondent pour la végétation luxuriante. Mais il faut avouer que l’on a un petit faible pour La Gomera, si tranquille et si verdoyante dans son parc national ; pour La Graciosa, réserve marine qui se découvre à vélo ou en bateau ; et surtout pour El Hierro, monde à part où l’on a
planté des éoliennes dans la lave – le vent fait tourner leurs pales, fournit une énergie qui hisse l’eau sur le anc de la montagne, et lorsque le vent tombe, on laisse l’eau s’écouler dans les turbines d’une usine hydroélectrique. Fiat lux. Simple et génial, à l’image des Canaries. •
TO DO LIST
Fuerteventura Kiter sur l’eau turquoise de Cofete, dévaler les dunes de Corralejo; flâner à Betancuria, l’ancienne capitale; se baigner dans les piscines naturelles d’El Cotillo.
Lanzarote Respirer dans les Jameos del Agua de César Manrique, surfer à Famara, explorer les tunnels de lave de Cueva de los Verdes, savourer un vin volcanique de La Geria.
La Gomera Écouter les siffleurs du silbo dans la vallée de Hermigua, randonner dans les brumes du parc national de Garajonay, naviguer vers les falaises vertigineuses de Los Órganos.
El Hierro Plonger dans la réserve marine de La Restinga aux eaux les plus pures d’Europe; randonner jusqu’au phare de Punta Orchilla, l’ancien bout du monde, méditer au mirador de La Peña.
La Graciosa Pédaler vers Punta del Pobre, pique-niquer sur la plage vierge de La Francesa, photographier les flamants roses de Caleta del Sebo, goûter la langueur d’une île sans voitures ni stress.
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© Salva Lopez, Aleksandra/Unsplash
AÇORES MULTICOLORES
Semées sur l’Atlantique, en retrait des continents, ces “îles Fortunées” ouvrent la voie – et la voix – à une nature puissante. Côte volcanique, forêts opulentes et géothermie délicieuse : envol pour une grappe de terres synonyme de retrouvailles avec les éléments.

FAIAL, L’ÎLE BLEUE
Arriver à Horta en avion a quelque chose de contre-nature, presque hérétique. Depuis plusieurs années, le quatrième port de plaisance du monde est la “terre en vue” des têtes brûlées qui s’élancent outre-Atlantique. Pare-battages sortis, amarres xées, les loups de mer s’acquittent de deux coutumes locales : ajouter leur contribution aux peintures, qui tels des ex-voto, tapissent la digue, et lever le coude au Peter Café Sport. Entre les murs chargés de drapeaux de cette institution, les curieux se mêlent aux marins. Leur Gin do Mar avalé, ils inspectent à l’étage le petit musée de scrimshaw où s’a chent quelques dents de cachalots nement gravées. L’ancienne appellation de Faial – l’île de l’Aventure – prend peu à peu son sens. Le front de mer d’Horta est une petite leçon d’histoire locale, version accélérée. Les églises aux noms comme des tirades illustrent la ferveur portugaise. À côté, le Museu da Horta occupe l’ancien collège jésuite. À défaut de grimper au mât des navires qui mouillent dans la marina, le Monte da Guia, double cratère ajouré par les eaux de la baie de Porto Pim, permet de jauger la cité. Au retour, rencontre avec la Praia do Porto Pim, dont la chevelure est aussi blonde que celle de la Praia do Almoxarife, non loin, est brune. Là-bas, les grains de sable noir se posent en rappel de la nature volcanique et impétueuse des lieux. Après une bonne nuit en quinta, le surnom de Faial – l’île Bleue – commence à prendre racine tandis que le véhicule le sur les routes encadrées de bosquets d’hortensias azurés. À Varadouro et Porto do Comprido, les roches de basalte sombres capturent des fragments de vagues
pour amadouer les baigneurs en formant des piscines naturelles. Dernier jour et ultime show o des éléments : le Cabeço Gordo. Culminant à 1 043 mètres, il enserre une caldeira aux airs d’autre monde.
PICO, L’ÎLE NOIRE
D’outre-tombe, Chateaubriand écrivit, après avoir accosté dans l’archipel au printemps 1791 : “Au fond du tableau, le cône du volcan du Pic, planté sur une coupole de nuages, perçait la perspective aérienne.” Depuis Faial, c’est en bateau que l’on rejoint ce phare dans l’Atlantique, “inutile la nuit… mais toujours imposant”. Culminant à 2 351 mètres, le volcan, omnipotent, défend sa position de toit des Açores – et du Portugal. L’île qui l’accueille n’a eu d’autre choix que d’endosser son nom. Quand les audacieux s’élancent à l’assaut du géant, les sages se contentent de le longer en voiture, lant doux et droit sur dix-neuf kilomètres d’EN3. D’autres empruntent les Caminhos de Santa Luzia, s’amusant à repérer les rilheiros, ornières tracées par les carrioles chargées de vin dans la lave. Car si transformer l’eau en vin relève du miracle, muer des terres hérissées de basalte en vignes fertiles mérite aussi certainement cet honneur. Ainsi, à Criação Velha, les murets sombres tachés de vert ressemblent aux allées d’une Pompéi endormie. Au centre de ce paysage noir, l’ancien moulin à vent se détache tel un coquelicot, ses ailes prêtes à tirer pro t d’une météo versatile. D’autres moulins, vestiges de ce passé agricole, s’agitent sur les côtes. Immanquables avec leur robe écarlate, ils se dressent tels des vigies. Une autre, humaine cette fois, les accompagne.
Faial
Terceira Pico
São Miguel





L’église néogothique de Saint-Nicolas, à Sete Cidades, sur l’île de São Miguel.
Le visage buriné, un local chargé de monitorer le comportement d’une poignée de bateaux a le regard dardé vers la mer. Soudain, les eaux s’ouvrent, autorisant le passage d’un geyser qui retombe en crachin sur une peau grise. Cette in me partie émergée ne laisse pas imaginer le corps géant qui s’étend là-dessous : celui de la baleine bleue, le plus grand animal ayant jamais habité la Terre. Les passagers sont béats et le capitaine du navire sourit de cette nouvelle sortie couronnée de succès : plus tôt eut lieu une rencontre avec un banc de dauphins tachetés, mi-mammifères marins, mi-acrobates. Leur ballet terminé, ils ont regagné les tréfonds des eaux bleues. Les spectateurs, de leur côté, retrouvent leurs quartiers sur la côte, à Madalena, le cou tendu vers une mer qui s’est montrée fort généreuse à leur égard.
TERCEIRA, L’ÎLE LILAS
À trois mille milles nautiques de là, Terceira aurait été ainsi nommée pour avoir été la troisième île de l’archipel appréhendée par les Portugais. Son rang dans cet itinéraire est tout trouvé. Départ pour celle que l’on surnomme Lilac Island. Sur la côte sud, Angra do Heroísmo fait une base de choix. La “crique de l’Héroïsme” s’est attiré les faveurs de

l’Unesco avec une histoire riche intimement liée à la mer et aux grandes explorations. Entre 1766 et 1832, la cité ocie comme capitale de l’archipel. Son port reçoit alors des galions aux cales débordant de soie, d’épices et d’or qu’un puissant réseau d’architecture militaire est chargé de protéger. La forteresse de São João Baptista s’élève toujours, imprenable, face à l’océan. Derrière ses remparts de pierre, une ville au plan en damier peuplée d’édi ces XVIe et XVIIe siècles. Parmi eux, le couvent de São Francisco, l’hôtel de ville, la cathédrale et les di érents palais sont autant de constructions que l’usage veut de saluer.
Le jour suivant, voyage au centre de la Terre. Au beau milieu de l’île, l’Algar do Carvão, façonné par une éruption survenue il y a plus de deux mille ans, est une invitation à plonger 90 mètres sous la surface. Après de premières inspections intrépides à la corde, le site ouvre son gou re au public. Quelques centaines de marches plus tard, les spéléologues en herbe se trouvent cernés de parois blanches aux veines teintées de minéraux. Tombée du ciel, l’eau de pluie dépasse le goulot verdoyant pour venir former des stalactites ou s’éteindre sur le lac qui, au fond de la cavité, se remplit au rythme des ruissellements de la surface.
De cette troupe singulière que forment les Açores, São Miguel est la grande sœur, la meneuse, la figure de proue. Elle clôt l’aventure en grande pompe.
À un kilomètre des côtes, l’îlot Vila Franca do Campo, en éclaireur, annonce la couleur…
Dans cette scène à l’acoustique rare, les gouttes qui s’écrasent sur la pierre jouent un concert improvisé. L’expérience est émouvante, quasi spirituelle. De retour à l’air libre, l’impulsion de partir se recueillir aux Imperios est irrésistible. Ces petites chapelles colorées, façonnées par la main humaine, incarnent un pont entre le monde des dieux et celui des hommes.
SÃO MIGUEL, L’ÎLE VERTE
Un concentré volcanique de 744 kilomètres carrés : de cette troupe singulière que forment les Açores, São Miguel est la grande sœur, la meneuse, la gure de proue. Elle clôt l’aventure en grande pompe. À un kilomètre des côtes, l’îlot Vila Franca do Campo, en éclaireur, annonce la couleur : vert ourlé de bleu et courbes singulières d’une géographie éruptive. De cet ancien volcan a aissé restent les parois hautes enveloppant un cœur coulant. Éteint par les eaux, l’ensemble est serein. C’est une tout autre a aire à Furnas où la terre bouillonne, fume, s’échau e. Il faut être soit fou, soit Açorien pour s’en approcher. Chaque jour, les restaurateurs locaux se succèdent auprès des fumerolles et s’entraident pour extirper de lourdes casseroles du sol. Le cozido das Furnas, plat emblématique de l’archipel, cousin du pot-au-feu, a ni de cuire à la vapeur volcanique durant environ six heures, et peut rejoindre la table des curieux. Après le repas, ces derniers iront eux-mêmes mijoter au jardin botanique Terra Nostra. Derrière les buissons en forme d’animaux et les fougères géantes, un vaste bassin où l’eau en provenance de la source prend peu à peu une teinte fauve, trahissant la présence de minéraux. Dès le XVIIIe siècle, la bourgeoisie se délecte de ces bains chauds (42° C) érigeant à qui mieux mieux des petites cabines pour se changer.
Le corps et le cœur réchau és, on peut s’attaquer à ce gros morceau. Et il y a fort à faire : sur le sable de Ribeira Grande, les vagues déferlent, les surfeurs sur leur dos. Tirées sur des kilomètres en allées bien ordonnées, les plantations, à touche-touche, viennent presque s’y abreuver. Celles de thé sont les seules exploitées en Europe à des ns industrielles ; celles d’ananas parfument l’air et les repas savourés à Ponta Delgada entre les Portas da Cidade et le musée Carlos Machado. Sur la côte sud, mais à l’est en miroir, l’eau jaillit de la canopée en une ne mais puissante cataracte à Salto do Prego. Sur les pierres alentour, la bruine s’est peu à peu muée en mousse. Au crépuscule du voyage, la tristesse de laisser derrière soi cette grappe de terres est réelle. Pourtant, sur les berges du Lagoa das Sete Cidades, abreuvé par les larmes d’une princesse à l’amour contrarié, on choisit plutôt de conscientiser la chance d’avoir appréhendé quelque chose de si beau qu’il est di cile de le quitter. •
LES ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Pour rejoindre Faial, un vol avec escale via Lisbonne. Ensuite, liaisons inter-îles en ferry (entre Faial et Pico notamment); ou par les airs (pour Terceira et São Miguel). Au retour, vol direct depuis Ponta Delgada. Le bon moment Côté pile –et de préférence: l’été.
Côté face: l’hiver, afin de prendre complètement le contrepied.
Dans les deux cas, se préparer à l’intervention des quatre saisons en une journée.
Durée idéale 2 à 3 jours sur chaque île permettront de faire convenablement les introductions. Pour approfondir les choses, il est toujours bon de jouer les prolongations.
Budget 12 jours à partir de 2 500 € par personne (vols, hébergements, véhicules de location et temps forts sur (autour de) chaque île.
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D’autres idées de voyages sur les îles de l’Atlantique

Lanzarote, sauvage et lunaire
Les Canaries en famille
Mácher/San Bartolomé
Chez la doyenne des Canaries, la nature s’exprime sans filtre: les champs de lave alternent avec de longues plages que borde une mer agitée. Avec votre tribu, quartiers pris au sein d’une finca , puis dans une demeure de campagne entourée de vergers. Vol direct, voiture à l’aéroport, adresses familiales : tout a été anticipé.

Tenerife & El Hiero
Des refuges sincères et engagés
Garachico/San Cristóbal de La Laguna
De l’évidence à la confidence, départ pour deux terres canariennes ayant reçu les faveurs de l’Unesco. Distingués, le parc du Teide et le massif de l’Anaga signent un patrimoine brut qui force l’admiration et un engagement local sincère – à découvrir par la terre, chaussures de randonnée aux pieds. Une voiture de location qui transite en ferry, un refuge traditionnel: le voyage est bouclé.
Des Açores au Portugal
Coup double grandeur nature et en famille
Nordeste/Ponta Delgada/Sagres/ Vila Nova de Milfontes/Palmela
Un spectacle en deux actes, l’océan Atlantique pour scène. D’abord, les jungles exubérantes des Açores –São Miguel en guise d’ambassadrice. Puis, transition douce vers le continent et l’Algarve, minérale et ensoleillée. De là, remontée vers l’Alentejo via la sauvage Costa Vicentina.

Madère: un jardin sous les alizés
Une quinta dans les eurs
Funchal
D’imposants camphriers marquent l’entrée de cette quinta blottie dans un jardin aux portes de la capitale. Les intérieurs donnent à voir toute la précision esthétique du siècle qui a vu naître la maison. On ne s’en extrait que pour mieux se laisser émerveiller làdehors : fureter au marché, monter à Monte, prendre les cols d’assaut. Et siroter du bon vin naturel(lement).


À la rencontre du Cap-Vert
De São Vicente à Santo Antão Mindelo/Ribeira das Patas/Vallée de Paúl
Les îles du Cap-Vert n’en font qu’à leur tête, et c’est bien ce qui les rend si attachantes. Mindelo, cité culturelle et cosmopolite, est à l’image de l’île de São Vicente dont elle est le poumon. En face se dresse Santo Antão, son opposée : vaste, haute, verte, sauvage et déchirée. On l’apprivoise en deux temps.

São Tomé tropicale
Mille nuances de vert, loin des foules
São Tomé City/Neves/Pico de São Tomé/Porto Alegre
Bercé de pluie tropicale et d’influences portugaises, le plus petit des États africains n’a rien à prouver. S’enivrer dans les plantations de cacao, mener une pirogue à travers la mangrove… Aussi riche que ces terres –dans lesquelles on est tenté de prendre racine–, un programme à accomplir “léve léve” (“doucement doucement”).
LES AÇORES
Paysages
Forêts de lauriers, lacs de cratère, cascades
Océan
Rugueux, criques de sable noir
Nature
Baleines, oiseaux marins, hortensias bleus
Architecture
Baroque, villages marins aux toits rouges
Musique
Fado insulaire, saudade océanique
Climat
Quatre saisons par jour
Sports
Rando sur les levadas, canyoning
Période idéale
Juin à septembre
VS
Ils partagent le même océan, un pan d’histoire coloniale portugaise, et sont parfaits pour une escapade depuis l’Europe. Pour le reste, les deux archipels se placent aux antipodes.
LE CAP-VERT
Paysages
Cônes volcaniques, vallées, déserts
Océan
Longues plages blondes, eau à 26 °C
Nature
Tortues marines, poissons tropicaux, baobabs
Architecture
Maisons pastel, héritage portugais tropicalisé
Musique
Morna, voix éternelle de Cesária Évora
Climat
365 jours de soleil, alizés et sécheresse assumée
Sports
Kitesurf, plongée
Période idéale
Novembre à mai
À lire sur la plage
Un cargo pour les Açores de Jean-Yves Loude (Actes Sud) Un écrivainvoyageur embarque pour les Açores, à la découverte de ses habitants.
Nouvel An de Juli Zeh (Actes Sud) En vacances sur l’île de Lanzarote, Henning entreprend à vélo l’ascension harassante d’une montagne. Une plongée obscure dans un trauma d’enfance.
Madère Île pistil
Nombreuses sont les îles qui revendiquent la palme de l’éternel printemps. Madère préfère les démonstrations : des températures oscillant autour des 20°C, été comme hiver, une végétation luxuriante (abondance d’hortensias, de jasmin, d’agapanthes bleues qui débordent des jardins aux marchés de Funchal, forêts de lauriers classées par l’Unesco…). Une douceur de vivre bercée de culture lusophone, entre randonnées le long des levadas qui zèbrent les paysages, et baignades dans les piscines naturelles de Porto Moniz.
Éditions
Voyageurs
Destinées à vous éclairer, à retranscrire l’atmosphère particulière de chaque région du monde, nos éditions Espagne, Portugal et Europe du Nord ne manquent pas d’inspiration sur leurs îles respectives. N’hésitez pas à les consulter en ligne et à commander celles qui vous intéressent sur voyageursdumonde.com
Top ten des plus belles plages des Canaries
1
Playa de Papagayo, Lanzarote Œil jade bordé de falaises
2
Playa El Bollullo, Tenerife Sable noir et rouleaux sauvages
3
Playa de Cofete, Fuerteventura 14km sous les crêtes de la Jandía
4
Playa Montaña Amarilla, La Graciosa Joyau caché par une montagne jaune
5
Famara, Lanzarote Spot de surf tous niveaux, cadre grandiose
6
Playa de las Conchas, La Graciosa Long ruban de sable farine
7
Playa Nogales, La Palma Cadre dramatique, roche noire
8
Playa de la Tejita, Tenerife 1km de liberté sous un dôme rouge
9
Playa del Cabezo, Tenerife L’épicentre du kitesurf
10
Playa de la Caldera, Isla de Lobos La définition du lagon canarien
OCÉAN PACI FIQUE
POLYNÉSIE • PHILIPPINES • FIDJI
INDONÉSIE • THAÏLANDE• HAWAÏ



POLYNÉSIE : CHOISIR SON ÎLE
Une centaine d’îles semées à travers le Paci que Sud sur plus de 2 500 kilomètres. Là, des volcans aux cœurs verts et des nuages chamallows, ici les plus belles plages du monde serties de colliers de coraux : la Polynésie française dé e l’art du choix. Douze pistes pour le rendre presque aussi limpide qu’un lagon.
TAHITI, L’INCONTOURNABLE
Dans l’imaginaire collectif, elle ne fait souvent qu’un avec son archipel. On va “à Tahiti” pour dire “en Polynésie”. Ce n’est pas faux en soi car la principale des îles de la Société est pour tous les voyageurs internationaux l’unique porte d’entrée par les airs. Fière de sa culture ancestrale, énergique à l’image de son marché vibrant aux sons des motos du port et de ses bateaux. Dans le ciel otte le parfum des mangues, les ananas s’étirent comme de mini-soleils, les poissons ouvrent des yeux aussi ronds que les r chantants de la langue polynésienne. Papeete est un tambour vivant. Sortie de son caractère urbain, la presqu’île révèle déjà un autre visage, un avant-goût à la suite du voyage. Vallées profondes, cascades vertigineuses, plages de sable noir et une vague aux allures d’ogre, bénie des surfeurs : Teahupo’o. Décidément, Tahiti mérite plus qu’une simple escale.
MOOREA, REFUGE DES TAHITIENS
L’île-sœur se dresse à 28 kilomètres de Papeete, un trident vert planté dans le lagon. Le refuge privilégié des Tahitiens en quête d’évasion dominicale. Les familles s’y rendent en
ferry, en avion lorsqu’on est pressé – mais le sentiment existe-t-il ici ? À l’est, la baie de Cook garde le secret des pirogues englouties, à l’ouest la baie d’Opunohu encadre le mont Rotui, tapissé d’une épaisse végétation. Un jardin ottant bordé par un lagon ouvert sur le large, une barrière percée de douze passes qui o rent mille possibilités : snorkeling, kayak ou, mieux encore, bouturage de corail. Moorea cultive cette proximité accessible qui en fait le terrain de jeu favori de l’archipel de la Société.
BORA BORA, L’IDYLLIQUE
L’île au nom double incarne le fantasme polynésien absolu : la vie sur pilotis. Un cercle de feu serti par un lagon devenu iconique au l des décennies. Adresses luxueuses, coucher de soleil amboyant, intensité du camaïeu de bleus, sable farine : Bora ou la lune de miel rêvée. Mais à l’image de ce nom double, l’île o re un autre versant sous les pentes du volcan Otemanu : pensions intimistes, pique-nique sur les motus, plongée avec les raies mantas (masque et tuba su sent) : chaque détail cultive l’excellence du “From Bora with Love”



RANGIROA, LA PRÉCIEUSE
À une heure de vol au nord de Papeete se dressent les Tuamotu. Un bien grand mot pour un archipel qui a che une altitude moyenne calée sur zéro. Quand l’eau et la terre ne font qu’un, il faut prendre de la hauteur. Du ciel, Rangiroa dessine une baleine à double narine – métaphore des passes Avatoru et Tiputa qui ouvrent l’accès au deuxième plus grand lagon du monde. Ces chenaux naturels constituent d’exceptionnels spots de plongée où évoluent raies mantas, dauphins, napoléons et requins. Sur terre, on prend la pause sur des sables roses et un verre de Blanc de Corail, rarissime production locale. En trait d’union, la visite d’une ferme perlière révèle les secrets de ces billes nacrées si précieuses, à l’image de Rangiroa.
FAKARAVA, LA FAVORITE DES PLONGEURS
Reconnu réserve de biosphère Unesco en 2016, cet atoll des Tuamotu gure parmi les plus préservés de Polynésie. Deuxième plus vaste après Rangiroa, il abrite un petit millier d’habitants concentré principalement dans le village de Rotoava. Imaginez : cinq poignées de fares, une poste, quelques échoppes… Sous l’eau, c’est une autre histoire, la vie
foisonne, processions de tous formats, toutes couleurs, murs de requins barrant la lumière, tourbillons de barracudas, les de mérous. Les “gros” mènent la danse de l’une des faunes sous-marines les plus intenses de Polynésie. À elles seules, les passes Garuae et Tumakohua assurent le spectacle. Un lagon de plus d’un millier de kilomètres quand la terre émergée n’en représente à peine plus d’une quinzaine. Ici, le bateau reste le meilleur moyen d’aller d’un bout à l’autre de l’atoll.
TAHA’A, L’ÎLE VANILLE
La petite voisine de Raiatea coule une vie tranquille. Perlé de motus propices au farniente, ce cœur en forme de eur a adopté le surnom “d’île Vanille” – elle produit 80 % des gousses polynésiennes, issues de plantations familiales. Une île qui vous mène par le bout du nez sur de beaux sentiers de randonnée. La végétation préservée et des dénivelés doux en font un beau terrain d’expression pour les marcheurs contemplatifs. Le lagon cultive à sa façon l’art de la paresse, des eaux densément peuplées dans lesquelles les napoléons, tortues caouannes et raies aigles évoluent au ralenti. Une autre conception du temps.
© Britney
Gill


RAIATEA, BERCEAU POLYNÉSIEN
Un saut de puce depuis Papeete, un saut dans l’histoire polynésienne. Berceau de la civilisation ma’ohi, l’île abrite de nombreux marae, lieux de culte et de cérémonies minutieusement disposés entre le mont Temehani et la barrière de corail. Le site royal de Taputapuatea est aujourd’hui classé au patrimoine de l’Unesco. Raiatea fut le point de départ de l’expansion polynésienne, grâce à ces navigateurs hors pair partis jusqu’à Hawaï et la Nouvelle-Zélande. Ce parfum originel imprègne encore l’île. Une profondeur historique unique. Autres motivations : caboter en paddle sur la rivière, déambuler dans le jardin botanique ou randonner sur les pentes de l’ancien volcan.
TETIAROA, LUXE DURABLE ET DÉCONNEXION
“More gorgeous than anything I had anticipated” : les mots de Marlon Brando en 1994 résument la fascination exercée par cet atoll. Découvert en 1960 lors du tournage des Révoltés du Bounty, l’endroit conquiert dé nitivement l’acteur qui l’acquiert après quelques péripéties. Revenue dans le giron polynésien, l’île perpétue l’héritage hollywoodien
via The Brando, inauguré en 2014 et classé parmi les hôtels les plus mythiques au monde. Au-delà du luxe durable, l’atoll de six kilomètres carrés s’impose comme refuge ornithologique de première importance. Entouré d’une barrière de corail sans passe, l’endroit cultive cet idéal de déconnexion absolue.
RURUTU, L’ÎLE AUX BALEINES
Une heure et trente minutes de vol depuis Tahiti pour un dépaysement radical. Rurutu, pilier des Australes, se démarque nettement du reste de l’archipel. D’un ancien volcan, elle a gardé des falaises dressées comme une forteresse et un réseau de grottes labyrinthiques. À l’intérieur des terres, les tarodières, quadrillées de chemins et canaux, composent la toile de fond. Entre juillet et octobre, l’île accueille des centaines de baleines à bosse venues de l’Antarctique qui viennent mettre bas en des eaux plus clémentes. Rencontre fascinante, particulièrement lorsqu’elle se vit dans l’eau, suivant des règles strictes pour préserver l’intimité des géants. Un tête-àtête rappelant l’équilibre du monde, une leçon d’humilité.



RAIVAVAE, LA CARTE POSTALE
Écrin vert bouteille flottant à ciel ouvert, sept cents kilomètres au sud de Tahiti, Raivavae défie les cartes postales polynésiennes. Le climat frais est propice aux cultures maraîchères, au taro, aux litchis. La vie glisse comme les pirogues, les chants rebondissent aux quatre coins de l’île. Depuis le sommet du mont Hiro, une vue à 360 degrés. Sur les marae, le silence plane, gardé par des tikis rieurs. Tout autour, les motus offrent autant d’extensions esthétiques à explorer en bateau. Parmi eux, un coup de cœur : Vaiamanu justifie son surnom de “motu piscine”.
NUKU HIVA, TRÉSOR BRUT
Plus vaste île des Marquises, Nuku Hiva en est la capitale. Un bout du monde dressant falaises abruptes et jungles escarpées autour de baies cobalt bordées de plages. Un trésor brut qui se mérite au fil de routes sinueuses et panoramiques. Pour atteindre la cascade de Vaipo – plus haute chute d’eau de Polynésie, jaillissant à 350 mètres du sol –, il faut embarquer puis marcher cinq kilomètres vers l’intérieur de l’île. Le patrimoine culturel est plus accessible : sept cents pétroglyphes, des tohua où résonnent encore chants et danses, des tikis sculptés dans la pierre et le bois. Nuku Hiva offre une plongée authentique dans la culture polynésienne originelle.
HIVA OA, LA FASCINANTE
Paul Gauguin y chercha des couleurs introuvables, Jacques Brel y chanta son dernier soupir. Leurs tombes se serrent sous les amboyants rouges. L’emprise d’Hiva Oa commence en débarquant à Atuona, sur l’Aranui, cargo mixte qui, au rythme des caisses et des chants, se décharge comme un cœur trop plein. Hiva Oa révèle aussi à qui sait s’en saisir la beauté des vallées ouvertes sur l’océan comme des nefs éventrées. Ici gît le cœur culturel de l’île. Entre les tikis géants de Puamau et les falaises qui semblent vouloir engloutir la mer, Hiva Oa est une terre où l’art et la solitude s’étreignent. •
TO DO LIST
Tahiti Flâner sur le marché de Papeete, s’évader vers les vallées intérieures, se laisser guider dans la fabrication du monoï.
Moorea Voguer en pirogue traditionnelle au lever du jour, pédaler le long des baies, grimper les sentiers verts, explorer le massif corallien.
Fakarava Plonger en dérivant dans la passe de Garuae, marcher sur des plages immaculées, se mêler à la vie locale.
Nuku Hiva Arpenter les paepae, tohua et pétroglyphes qui racontent un monde ancien, randonner jusqu’aux cascades dans une nature farouche, écouter les légendes.
Hiva Oa Retracer les pas de Gauguin et de Brel, se lever avec le chant des oiseaux dans les vallées profondes, arpenter les crêtes pour embrasser l’océan, s’offrir le silence de l’île.
Rurutu Attendre le spectacle silencieux des baleines à bosse, glisser entre tanières de grottes et falaises sculptées.
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La Polynésie en famille
Récifs coralliens et motus privés
Tahiti/Moorea/Bora Bora/Taha’a
Malgré la distance, emmener les enfants en Polynésie est une riche idée. Parce que c’est loin, justement, de tout ce qu’ils connaissent. Parce qu’ils apprendront à Tahiti comment prendre soin des tortues et de ce qui les entoure, parce qu’ils adoreront pagayer sur les lagons de Moorea, grimper aux arbres de Bora Bora et croquer les firi firi, beignets au lait de coco.

De Moorea aux îles Sous-le-Vent
Au l de l’eau en pensions de famille
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Derrière les colliers de fleurs, le sens de l’accueil polynésien n’est pas un mythe. Pour vivre cette hospitalité de l’intérieur, on loge ici dans des pensions de famille. Entre deux plongeons, sorties en pirogue et balades dans les champs de pastèques, on retrouve avec plaisir ces refuges où l’on se sent comme chez soi.
Gambier, Société, Tuamotu, Marquises
Le bonheur d’archipel en archipel
Tahiti/Mangareva/Moorea/MataiVa/Hiva Oa
Plutôt que de se cantonner à quelques îles, on voguera volontiers d’archipel en archipel, à condition d’avoir du temps devant soi. Pour, en un seul voyage, apprécier la grande diversité de la région. Mais aussi échanger, plonger aux côtés des raies pastenagues, se perdre dans les forêts de teck et d’acajou…


Une croisière en catamaran privé
Aventure et lagons de rêve
Tahiti/Moorea/Taha’a/Raiatea/Bora Bora
Après une introduction à Tahiti et Moorea, une croisière vous attend sur les eaux céruléennes du Pacifique. Un catamaran tout confort pour maison flottante, on rejoint Raiatea, île du Vent, puis la mythique Bora Bora. Chaque traversée est un moment suspendu, chaque terre abordée la promesse d’un nouvel émerveillement.
Rêver en hôtels d’exception
Belles adresses confidentielles
Tahiti/Moorea/Taha’a
À Tahiti, on loge dans l’un des meilleurs hôtels de Papeete, avec piscine, spa et tables raffinées; puis, à Moorea, dans un authentique –et très beau – fare en bord de lagon. Le voyage se clôt près de Taha’a. Sur l’île, un seul hôtel: le vôtre. Plus exclusif, impossible.


Des Marquises à Bora Bora
À bord de l’Aranui 5
Tahiti/Fakarava/Nuku Hiva/Ua Pou/Ua Huka/ Fatu Hiva/Rangiroa/Bora Bora
Certains bateaux transportent avec eux des mythes. C’est le cas de l’Aranuin qui, depuis quaranteans, assure un lien vital entre les Marquises et le reste du monde. À bord, une place est désormais faite à quelques privilégiés qui jouissent, en plus d’une cabine, de piscine, restaurant, salon de massage… Plus récent et moderne, l’ Aranoa , navire de croisière et de ravitaillement, desservira dès 2027 les îles reculées des Australes.

Maddie Alohilani

ARCHIPEL ARC-EN-CIEL
Le vert pour les rizières qui s’étagent jusqu’au ciel et le duvet des pains de sucre dispersés au large. Le blanc pour les langues de sable qui jouent à cache-cache avec les banca graciles. Le bleu – turquoise, jade, émeraude – de l’eau, omniprésente. Et les couleurs vives des Jeepney autant que le monde sous-marin. Un patchwork irrésistible.
Les Philippines ne sont pas nouvelles sur la mappemonde des voyageurs. Cela fait même plusieurs décennies qu’elles pointent sur le radar des adeptes de plongée ou de surf, des voisins asiatiques en goguette ou des Européens et Américains venus y chercher rizières, sable n et douceur de vivre. Si aujourd’hui, en maints endroits, le paradis originel n’est plus – surfréquentation, développement touristique déraisonné, dégradation des sites –, on peut légitimement penser qu’un archipel qui compte plus desept mille îles a toujours une carte postale à jouer. Un nouvel éden où poser sa serviette loin, bien loin de celle du voisin. Un nouveau récif corallien bariolé où tester son masque mono-hublot spécialement dégoté pour l’occasion. Et de nouvelles initiatives durables portées par des acteurs engagés, qui ont fait de la préservation de leur morceau de terre ou de mer une ligne de conduite. Les Philippines n’ont pas dit leur dernier mot(u). Vol direct pour Manille – treize heures seulement depuis l’Europe. Qui a dit que le bout du monde était inaccessible ? Il est à portée de petites vacances. Même si, celles-ci, on voudra peut-être les prolonger à durée indéterminée. La capitale étou ante dans le rétroviseur, on débute sans attendre le premier volet du voyage. À mesure que l’on s’extirpe de la ville pour gagner les hauteurs de l’île, le bitume cède la place au vert franc du Nord-Luçon. Très vite, le relief se dessine et les rizières avec lui. Première halte tout en couleurs à Baguio, blottie à 1 500 mètres dans la vallée de la Cordillera. Dans l’air frais d’altitude otte l’odeur entêtante des pins mélangée au crachotement des Jeepney, ces Jeep militaires américaines laissées là par les
GI’s et recyclées en taxis bariolés, décorés de grigris et de préceptes religieux peints en lettres capitales.
Nouvelle portion de route spectaculaire – la plus haute du pays – pour atteindre Sagada. De lignes de crête en virages en épingle, on sinue à travers un paysage qui évoque les Mornes Caraïbes : végétation de pins, chênes, arums et bananiers. À l’arrivée, les rizières sont toujours là. Mais ce qui pique notre curiosité, ce sont les cercueils accrochés aux parois des falaises. Ici, les morts ne sont pas enfermés sous terre mais élevés au plus près du paradis. Conciliant animisme et christianisme, le peuple Ifugao perpétue depuis deux millénaires la coutume des secondes funérailles : les cercueils sont suspendus à anc de falaise pour éviter aux défunts d’être dévorés par les animaux sauvages et leur permettre de se rapprocher des esprits de leurs ancêtres. Ce qui n’empêche pas un détour par les profondeurs : frontale, lanterne à gaz et chaussures antidérapantes à l’appui (le guide, lui, s’accommode étonnamment bien de ses tongs), on s’improvise spéléologue dans la grotte de Sumaguing – un monde calcaire de stalactites, stalagmites et piscines souterraines.
DE RIZIÈRES D’ALTITUDE EN JARDINS CORALLIENS
De retour à l’air libre, on accède en n à la région de Banaue. Les rizières en terrasse dessinent le paysage époustou ant des cordillères philippines, épousant les courbes des montagnes, les habillant d’un élégant drapé vert et témoignant du travail séculaire des hommes, de leur obstination à vivre en milieu hostile. L’Unesco fait remonter à deux siècles la création de ces rizières accrochées entre 700 et 1 500 mètres d’altitude.
Busuanga
Siargao





Darren Lawrence/Pexels, Chris Schalkx
Labyrinthe
d’îles
et d’îlots karstiques, de lagons et d’atolls, les paysages de Busuanga sont proches de ceux de Palawan –et de la carte postale, donc–, mais l’île est plus reculée encore. Un masque, un tuba, plouf!
Les terrasses dégringolent en gradins vers des hameaux, tel Banga-an, où se serrent des maisons en bois sur pilotis aux toits de paille. Dans les pas d’une guide née au village, on grimpe, on descend, on grimpe, on descend. Toujours en prenant garde aux traces de boue : “Be careful, ça glisse !” Sur la montre connectée : équivalent 110 étages. Mais le crapahut en vaut la peine. Le spectacle qui se joue devant nous mérite amplement sa place au patrimoine mondial. Avec, en arrière-plan de ce décor domestiqué par l’homme, une forêt dense drapée de fougères arborescentes et de cascades. En contrebas, la vie qui résonne entre chants de coqs et rires d’enfants. L’heure est venue de troquer le vert pour le bleu, les chaussures de marche pour les palmes. Après un passage logistique à Manille, on s’envole à des centaines de kilomètres au sud. L’île de Busuanga prolonge celle de Palawan, longue arête montagneuse posée en mer de Chine, à
l’ouest de l’archipel philippin. Labyrinthe d’îles et d’îlots karstiques, de lagons et d’atolls, les paysages de Busuanga sont proches de ceux de Palawan – et de la carte postale, donc –, mais l’île est plus reculée encore. Un masque, un tuba, plouf ! C’est une explosion de couleurs : des coraux verts, bleus, violets, jaunes, des centaines de poissons, partout. Des bancs de barracudas, des tortues géantes. Il y a même plusieurs épaves de la Seconde Guerre mondiale qui reposent au fond des eaux. Couvertes de jardins coralliens et colonisées par les bancs de mérou, les poissons-lions ou les poissons scorpions, elles attirent les plongeurs du monde entier. L’imposant et pourtant élusif dugong, lui, ne se montre que très rarement à une poignée de bipèdes palmés chanceux. À la surface, les banca, ces pirogues à balancier anquées de otteurs en bambou, lent sur l’eau comme des araignées de mer jusqu’à Coron et ses voluptueuses montagnes.
Siargao
séduit désormais tous les amateurs d’outdoor. L’île rappelle la Bali d’il y a vingtans.
On s’y déplace à vélo, à scooter ou en tuk-tuk, la planche calée sur le rack.
Au fond d’une crique, une volée de marches taillées dans la pierre mène à un vaste lac intérieur couleur jade, dissimulé dans les replis de parois rocheuses dentelées. Le lendemain matin, alors que les pêcheurs remontent leurs lignes après une nuit à traquer les calamars, on savoure le privilège de s’éveiller seul face à la baie et ses pains de sucre échevelés de jungle, les piaillements des calaos à bec blanc s’échappant des falaises sombres, tandis que l’on sirote une eau de coco à même le fruit. Plus tard, c’est à coups nonchalants de pagaie que l’on rejoindra ce banc de sable repéré la veille, chargeant sur le kayak le kit de la robinsonnade réussie – masque toujours, livre corné et pique-nique bien senti.
FLOWER ISLAND, LA QUINTESSENCE DE L’ÎLE DÉSERTE
On la devinait de loin, la curiosité est trop forte. À quelques encablures au sud de Busuanga, voici donc la fameuse Palawan. On en a tant entendu parler que c’est à se demander si l’île a encore de quoi surprendre. Pour éviter toute déconvenue, exit Puerto Princesa et El Nido, victimes de leur succès. Du côté de la bien nommée Flower Island, confetti de corail ottant au large de l’île principale, la magie opère encore. Longues plages de sable n et eaux chaudes foisonnant de vie multicolore, elle incarne la quintessence de l’île déserte. Un sentier permet de faire le tour des lieux en vingt minutes. Ni télévision ni internet, mais un bungalow de bambou à la lisière d’une forêt tropicale, face à la mer turquoise. Loin du monde, ambiance “no news, no shoes”. L’exceptionnelle biodiversité, la richesse du plancton, la propreté des eaux : tout concourt à faire de la zone l’une des premières productrices de perles naturelles au monde. Les plus grands joailliers s’arrachent les gemmes
récoltées ici, dans l’intimité d’un coquillage, au cœur d’un écosystème miraculeusement préservé. Comme les archipels ont ceci d’exceptionnel qu’une île n’y ressemble jamais à une autre, on s’en va voir si l’eau est encore plus bleue à l’est. Cela fait quelque temps déjà que Siargao fait aussi parler d’elle. D’abord spot secret des passionnés de surf – l’île a gagné sa notoriété grâce au surfeur-photographe John Callahan dans les années 1980 et à son emblématique Cloud 9, vague réservée aux riders émérites –, Siargao séduit désormais tous les amateurs d’outdoor. L’île rappelle la Bali d’il y a vingt ans. On s’y déplace à vélo, à scooter ou en tuk-tuk, la planche calée sur le rack. Entre deux baignades ou sessions de glisse, on explore à loisir : kayak sur la Maasin River, balades toisant la forêt de cocotiers et cabotage en quête des petites îles voisines. La quiétude de Daku, Casolian ou Kangbangyo fait un contrepoint à l’animation de Siargao, où résonnent en live tous les types de musique (pourvu qu’elle soit entraînante) dans de petites adresses posées à même le sable. Des sunset spots de rêve où clore la journée les pieds nus et les cheveux gorgés de sel. •
LES ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Des vols directs pour Manille opèrent régulièrement. Sur zone, vols intérieurs et liaisons en bateau prennent le relais et sont fonction des conditions météorologiques.
Le bon moment De novembre à mai! Pour éviter les moussons, profiter des températures les plus clémentes et d’une moindre humidité. Durée idéale Deux semaines pour absorber le décalage horaire et prendre le temps de profiter de chaque île.
Escales Via le monde arabe pour un gap d’atmosphères ou un dragon voisin –Taipei, Hong Kong– pour le gigantisme asiatique.
Budget À partir de 6 500 € (vols A/R, traversées et vols intérieurs, transferts privés, hébergements et temps forts sur chaque île).
Contactez un conseiller Voyageurs du Monde au 01 84 74 37 28

The Birdhouse El Nido, à Palawan, repaire philippin enchanteur.
LES ÎLES DU PACIFIQUE SUD
LEURS NOMS SUFFIRAIENT À PARTIR LES YEUX FERMÉS… MAIS CE SERAIT DOMMAGE, CAR DERRIÈRE LE CLICHÉ ÉLIMÉ DES COCOTIERS ET DES LAGONS, CHACUN DE CES ARCHIPELS AFFICHE UNE IDENTITÉ BIEN TREMPÉE.

Fidji
Où ? À égale distance de l’Australie et de la Polynésie. Loin du tumulte du monde. Quoi ? Un archipel fragmenté, des centaines de confettis brossés de savane, de volcans endormis et de lagons. Un “théâtre ottant” où s’expriment au même diapason la culture ancestrale et l’architecture moderniste tropicale de certains hébergements. On adore La navigation dans les Mamanuca, l’énergie douce de Viti Levu, les plongées sur le Rainbow Reef, les eaux irisées de Modriki Island, le brumisateur géant des cascades de Taveuni, le parfum de la forêt. Quand ? Pendant l’hiver austral, lorsque l’air est tiède et que les cyclones sont loin. On y va avec Un carnet de dessin, une tribu nombreuse.

Vanuatu
Où ? Au large de la Nouvelle-Calédonie, en plein Paci que, un chapelet d’îles étirées du nord au sud, sur 12 000 kilomètres carrés. Quoi ? Éfaté, Tanna, Espiritu Santo, trois sœurs aux caractères di érents. La première est cosmopolite, la seconde ancrée dans ses traditions, la troisième un royaume sous-marin. On adore Prendre pied dans la culture mélanésienne sur Éfaté et le marché de Port-Vila, gravir la pente tranquille du mont Yasur jusqu’au cratère sur Tanna, plonger dans les trous bleus sur Espiritu Santo, mais aussi célébrer la beauté de Champagne Beach et la nature du parc de Vatthe. Quand ? De mai à octobre, quand l’eau ne descend pas en dessous de 25°C. On y va avec Un dictaphone pour capter les polyphonies.

Cook
Où ? À sept heures de vol de la Nouvelle-Zélande, trois heures de la Polynésie, le meilleur de deux mondes. Quoi ? Quinze îles gravitant autour d’un pivot volcanique, Rarotonga, et un atoll parfait, Aitutaki. On adore Quand Avarua, la capitale, s’éveille au rythme du marché, les virées en scooter à travers les champs de taro, la route des ancêtres Ara Metua, entre la montagne et le lagon, les chants échappés des chapelles anglicanes, les vaka polynésiens glissant sur le lagon. Le tampon “One Foot Island” sur le passeport. Quand ? En juillet, pour les célébrations de la constitution des îles. On y va avec La ferme intention d’apprendre en n le ukulélé et celle, cachée, de rapporter un souvenir encré sur la peau.

Samoa
Où ? À l’extrémité ouest du Paci que Sud, à mi-chemin entre Polynésie et Fidji, posée sur la ligne imaginaire de changement de date. Quoi ? Des îles charnières, une nation gardienne de l’âme polynésienne, le dernier refuge de l’écrivain Robert Louis Stevenson. On adore Upolu pour ses bassins d’eau claire, ses forêts épaisses et les cascades de Fuipisia, Sopoaga. Celle, ultraphotogénique, d’Afu Aau sur Savai’i, les tunnels de lave de Laauoleola, le snorkeling avec les tortues autour de l’île d’Apia. Quand ? En septembre et octobre, lorsque la température de l’air rejoint celle de l’eau, 29°C, et que les jours sont longs. On y va avec Un caisson étanche pour son appareil photo, une carte au trésor.

RETOUR AUX SOURCES
Avec plus de 16 000 îles, l’Indonésie est le plus grand archipel du monde. Et l’un des plus magnétiques. L’engouement qu’il suscite se concentre sur une poignée d’îles iconiques – Java, Bali… Heureusement, certains voyageurs trouvent encore au pied des volcans, dans les rizières et sur le sable chaud, ce calme et cette douceur de vivre originels.
L’arrivée à Denpasar est toujours un petit choc. Thermique, bien sûr, mais aussi visuel.
L’imaginaire voyageur se heurte ici à un chaos urbain imprévu, à un tra c monstre, à des rues encombrées aux enseignes criardes. Après une digestion lente, la capitale nous recrache sans crier gare vers la côte est, escortés par un ot ininterrompu de scooters. Déjà, des maisons et warungs (petits restaurants) se détachent les silhouettes des meru, tours à plusieurs toits caractéristiques des temples balinais. Un peu partout, du vert et, en prenant la direction du nord, des cascades, nombreuses.
Ces chemins de traverse mènent à Bangli, village de “l’intérieur” au mode de vie simple. Le regard vagabond se pose sur les rizières qui se déploient tout autour et jusqu’à l’imposant mont Agung, à la fois adoré et craint. Le luxe d’ici se mesure au calme – rare, désormais, sur l’île –, à l’intimité et à la proximité avec la “vraie vie”. Le marché en est la meilleure vitrine et la meilleure introduction à ce qui composera les repas à venir. Du riz, bien sûr, mais aussi du rambutan, cousin du litchi, de la noix de coco, du mangoustan, du jacquier, de la papaye, de l’ananas. Ce qui pousse dans les environs. S’ils cuisinent à l’instinct, les Balinais transmettent avec aisance leur savoir-faire. La recette d’un plat aux arômes subtils de citronnelle, cacahuète ou tamarin ; mais aussi le secret de fabrication des o randes, délicats petits plateaux tressés, garnis de eurs fraîches, d’encens et de sucreries. Les balades débouchent sur des temples parfois millénaires. Celui de Pura Kehen, vieux de plus de huit cents ans, est tout en terrasses. On les gravit tel un pèlerinage, accompagné d’éléphants, de dragons et de tortues de pierre. Dans les cours intérieures, les autels célèbrent Brahma, Vishnou et Shiva. Comme celles des temples et des maisons, les portes de l’école sont ouvertes.
On y croise ceux qui, plus tard, débarrassés de leurs uniformes, courront le long des champs pour donner vie à leurs cerfs-volants, véritable sport national. Le soir, ce sont des dizaines d’oiseaux et dragons de papier qui ondulent en ombres chinoises sur le ciel orangé. Dessous, les rizières s’embrasent.
À L’OMBRE DU MONT AGUNG
Pour rejoindre le littoral, on serpente aux pieds du mont Agung. La route apporte son lot de warungs, temples et arbres en eurs. Chaque bout de terre semble répondre positivement aux incantations silencieuses des cultivateurs. Ce foisonnement nous suit jusqu’à la plage d’Amed, village alangui le long du littoral et l’un des meilleurs spots de plongée de l’île. Sur le sable s’alignent les jungkungs, bateaux traditionnels colorés, et les serviettes de quelques vacanciers bien renseignés. Les enfants se jouent des tours, coulant ici une vie qui ressemble fort à des vacances permanentes. La peau chau ée par le soleil, on se met à l’eau. Sous la surface, dans les baies voisines, a lieu le grand spectacle des éponges, tortues, requins, pieuvres, étoiles de mer et autres raies mantas. On plonge aussi jusqu’à l’USS Liberty, épave d’un cargo américain dont la carcasse est habitée par une captivante faune aquatique. Au crépuscule, on prend la mer aux côtés des pêcheurs. Une fois le mont Agung totalement absorbé par la nuit, on rejoint la plage où, sur le feu, crépite le butin iodé du jour que l’on déguste à la lueur des bougies. Plusieurs heures de route sont nécessaires pour rejoindre Munduk. Les pauses parfont les connaissances en matière de food locale – nasi goreng, tempeh, brochettes sate et gado gado sauce cacahuète. Perché à mille mètres d’altitude, le village domine de sa crête les vallées striées de rizières et de forêts. On se trouve ici loin des itinéraires touristiques.
Munduk
Yogyakarta





Ici et là, quelques joglos, habitations traditionnelles aux toits pointus, poignent parmi les arbres. Certaines, reconverties en petits hôtels, ouvrent leurs chambres aux visiteurs.
Et pour rejoindre lacs et cascades on emprunte les mêmes sentiers que les habitants qui, chaque jour, rejouent le spectacle, intemporel, des petits riens. Les cultivateurs cultivent, les écoliers vont à l’école, les chiens qui n’appartiennent à personne et à tout le monde à la fois trottinent, observent puis s’allongent, laissant ler la matinée. On fait volontiers rimer la sienne avec lecture et salutation au soleil. Dans les plantations, des mains brunies prennent soin des giro iers et de ce précieux café que l’on boit à la source. Les après-midis, emmaillotés de brume, invitent à la puri cation. À l’abri d’un temple gardé secret par les arbres, on se nettoie le corps et l’âme, guidé par les mantras et les bruits de la jungle. Le soir, on opère un délicieux repli introspectif dans l’intimité d’une petite maison de bois. Par chance, le retour à l’aéroport de Denpasar n’est pas teinté de cette nostalgie de n de vacances. Et pour cause, il nous propulse rapidement vers une autre Indonésie nommée Java.
DANS LE CŒUR DE JAVA
C’est à Yogyakarta que bat le cœur culturel de Java. C’est là que les traditions sont les plus présentes, là que la langue javanaise est la plus pure, là que les arts sont les plus vivants, là encore que la spiritualité s’incarne de la manière la plus grandiloquente. “Yogya” est toujours gouvernée par un sultan dont on peut visiter le palais, somptueux, véritable ville dans la ville. Le matin, on âne naturellement du côté du marché de Pasar Kranggan où se mêlent échoppes de vêtements, étals de fruits et légumes et vendeurs ambulants de jajan, douceurs à base de riz collant, sucre et noix
de coco râpée. Le long de Jalan Malioboro, principale artère de la ville, se succèdent les boutiques.
Les rues adjacentes vendent le très local – et très particulier – kopi joss, café aux vertus détoxi antes dans lequel otte un morceau de charbon de bois brûlant. Pour rejoindre le sublime temple shivaïte de Prambanan (Xe siècle), le Sonobudoyo Museum et sa superbe collection d’art javanais, ou le “palais d’eau” de Taman Sari, on saute dans un becak (cyclo-pousse), repérant en chemin bars branchés, tables cosmopolites et ce patrimoine colonial réinventé qui nous loge dans un luxe douillet, à cheval entre les époques.
La route pour Magelang, centre géographique de l’île, est un nécessaire sas entre les univers. Au pied des volcans Merbabu et Sumbing s’étale une région verdoyante où forêts de teck et palmiers liformes s’éveillent régulièrement la tête dans la brume. Ici et là, quelques joglos, habitations traditionnelles aux toits pointus, poignent parmi les arbres. Certaines, reconverties en petits hôtels, ouvrent leurs chambres aux visiteurs. À quelques enjambées des caféiers, on accède au plus grand ensemble bouddhique du monde – et l’un des plus beaux : le temple de Borobudur (VIIIeIXe), conçu comme un mandala géant. Le chemin vers le sommet, où se trouve le stupa central, incarne la voie de l’éveil, chaque terrasse représentant une étape de plus pour atteindre le Nirvana. Richement décorées, elles déploient plus de 2 600 bas-reliefs et près de 500 statues qui content la vie et l’enseignement de Bouddha. La virtuosité des sculpteurs est renversante ; le pèlerinage inoubliable.

Refuges insulaires
LOMBOK
Plantations et rizières, cascades et forêts, temples et palais, la “petite sœur de Bali” n’a rien à envier à la grande. Autour de la caldeira du Rinjani vivotent encore quelques villages sasak dont la langue n’est parlée qu’ici, tandis que, sur la côte, surfeurs et plongeurs communiquent en mille idiomes leur amour pour la mer.
FLORÈS
Elle est faite de versants récalcitrants, de forêts téméraires et de grottes que les humains explorent depuis des milliers d’années. L’animiste Florès est une terre de défis. Et d’apaisement. Les corps s’immergent tour à tour dans la chlorophylle et dans les eaux translucides sous lesquelles pétille un monde foisonnant.
SUMBA
Méconnue des touristes, Sumba affiche une identité forte. Sur ses collines se sont perchés des villages aux toits coniques et aux façades ornées de crânes de buffles. Le bois de santal a donné son nom à un petit cheval qui galope en hordes à travers l’île, à bonne distance des crocodiles : le Sandalwood.
SUMBAWA
Sumbawa rime avec combawa, petit agrume apprécié des cuisines trendy . Sumbawa rime aussi avec Tambora, majestueux volcan qui, en 1815, rappela aux habitants de l’île que la nature ne souffre pas de maître. Les surfeurs attendant la vague au large de la plage de Hu’u semblent eux s’accommoder à merveille de ses petites humeurs.
ROTE
Ambassadrice d’un mode de vie simple, la méridionale Rote est terriblement inspirante. La mer y est au cœur de tout, la pêche et la culture de l’algue nourrissent, le surf défoule. On vit de baignades et de couchers de soleil, sur fond de maisons de bambou et de rites bajaucélébrés à l’ombre des palmiers lontar.
KOMODO
Son nom évoque le célèbre “dragon”, varan pouvant atteindre trois mètres et engloutir un cerf. Il vit ici, entre collines rocailleuses et savane sèche. Un fief aux allures hostiles qui tranche vivement avec les superbes plages blanches et roses, les riches mangroves et les baies enchâssées du reste de l’île.
Si l’on apprécie à sa juste valeur la petite maison sous les palmiers, la piscine et les massages, on revient bien vite à l’essentiel: les merveilles du parc national des Karimunjawa, zone terrestre et marine protégeant plusieurs écosystèmes complémentaires.

Le temple d’Umbul, que l’on rejoint à vélo, aurait, lui, presque des airs de spa sacré. Deux grands bassins de pierre alimentés par une source naturelle rafraîchissent les visiteurs, comme ils accueillaient, certainement en plus grande pompe, les monarques hindouistes du royaume de Mataram. Autour, la moindre promenade est synonyme d’enseignements botaniques. Les grappes rouge-orangé de l’ixora javanica, l’odeur entêtante du bois de santal, les eurs fragiles des orchidées sauvages. Et ces cocotiers qui, au voyageur des terres froides, évoquent inexorablement le sable chaud.
KARIMUNJAWA, UN ARCHIPEL PRÉSERVÉ
Or ce n’est pas à proprement parler sur le littoral javanais que l’on étend sa serviette, mais sur les îles Karimunjawa, secret bien gardé situé à moins d’une heure de Semarang en bateau. Sur les vingt-sept îles de l’archipel, seules sept sont habitées. Pour que le sentiment d’isolement soit à son comble, on pose ses valises sur l’une des plus petites, une terre solaire entourée d’un bleu très clair. La faible profondeur de l’eau jusqu’au récif la grati e d’une limpidité folle. Si l’on apprécie à sa juste valeur la petite maison sous les palmiers, la piscine et les massages, on revient bien vite à l’essentiel : les merveilles du parc national des Karimunjawa,
zone terrestre et marine protégeant plusieurs écosystèmes complémentaires – mangrove de palétuviers, forêt tropicale, herbier marin, récif de corail… Randonnée, kayak, snorkeling et plongée sont autant de moyens d’en apprécier les subtilités esthétiques et la faune qu’ils aimantent. On saute pour cela d’île en île, ralliant en bateau Katang, Burung, Bengkoang ou Menjangan Kecil, saluant au passage requins à pointe noire, tortues imbriquées et poissons-crocodiles. Il faudra, certes, se faire violence pour rentrer, mais le bonheur d’avoir retrouvé un paradis que l’on pensait perdu accompagnera encore quelques temps l’âme voyageuse. •
LES ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Un vol pour Yogyakarta, avec escale à Singapour –une halte bienvenue pour découvrir, le temps de quelques heures ou de quelques jours, cette ville-État fascinante. Le vol retour part, lui, de Jakarta. Le bon moment Idéalement en mai, juin ou septembre, pour éviter les pluies… et les foules.
Durée idéale 16 jours (vols inclus).
Budget À partir de 4 500 €, incluant vols, hébergements, transferts climatisés, activités en privé et conciergerie francophone.
Pour aller plus loin Au début ou à la fin du voyage, faites un saut jusqu’à l’île très exclusive de Bawah, un cadre paradisiaque appartenant à un seul hôtel intimiste. On y vit entre lagon et forêt tropicale, parfaitement isolé du monde –le vrai luxe.
Contactez un conseiller Voyageurs du Monde au 01 84 17 19 12
D’autres idées de voyages en Indonésie

Des îles légendaires avec les ados
Volcans et villas privées
Ubud/Belimbing/Java/Amed/ Sidemen/Jimbaran
Bali a de quoi conquérir les cœurs de tous les âges. Grâce à sa culture riche, sa tropicalité et ses paysages envoûtants où de superbes villas reçoivent les familles en toute intimité. Entre campagne paisible, villages de pêcheurs et spots de surf, on fait un saut à Java pour grimper au sommet du Kawah Ijen –un beau défi à relever tous ensemble.

Java, Bali, Florès en tandem
Douceur de vivre tropicale
Semarang/Magelang/Ubud/ Sidemen/Labuan Bajo
Malgré leur fréquentation, les îles indonésiennes savent encore recevoir les couples en quête de tranquillité. Des cocons hôteliers aux ondes zen invitent à se blottir à l’orée de la forêt tropicale, de la savane, des volcans et des récifs de corail. Le son du gamelan et la ferveur apaisée du bouddhisme font le reste.
Bali, loin des foules
Des îles au naturel
Belimbing/Munduk/Sidemen/Gili Asahan/Lombok
Si elle est désormais sur tous les radars, il subsiste encore à Bali quelques endroits où la vie, entre plantations, cascades et rizières en terrasses, est restée vraie. Gili Asahan, îlot aux plages paradisiaques, sert de trait d’union entre l’île des Dieux et Lombok où la nature terrestre et sousmarine se montre dans le plus simple appareil.

Une croisière aux Raja Ampat
Plongée et randonnées nature
Sorong/Raja Ampat/Birie Island
Les Raja Ampat, aux abords de la Nouvelle-Guinée, ce sont quelque 1 500 îlots flanqués de superbes formations karstiques et d’une riche vie sous-marine. À bord du bateau, en plus de l’équipage, un plongeur certifié et du matériel, pour ne pas en perdre une miette. Clap de fin sur la merveilleuse Birie Island.


Pays Toraja & Sulawesi
Entre montagnes et éden sous-marin
Makassar/Rantepao/Pays Toraja/Manado
Sulawesi (ou Célèbes), à l’est de Bornéo, est certainement la moins connue des plus grandes îles d’Indonésie. Elle déploie un véritable kaléidoscope d’atmosphères, jungles et plages bordées de récifs coralliens. C’est là que se trouve le pays des Torajas, inspirant peuple de la montagne aux maisons sur pilotis et traditions vieilles comme le monde.

Les secrets de Sumba
Ikat, savane îlienne et eaux turquoise
Sidemen/Sumba/Jimbaran
Sumba, île de la Sonde miraculeusement préservée du tourisme, brille par sa sérénité et une énergie particulière, affichant avec discrétion plages immaculées, villages aux toits de chaume et savane où courent les chevaux sauvages. Cela sent bon le bois de santal, le sel et la déconnexion, que l’on parachève sur la côte balinaise.

Perché dans un cocon tropical, au Buahan
– A Banyan Tree Escape, à Ubud.
ÉLIRE LES PLUS BELLES PLAGES
THAÏES ? AUTANT CHERCHER
LE GRAIN DE SABLE LE PLUS ROND SUR L’UNE D’ENTRE ELLES.
MIEUX VAUT DÉROULER QUELQUES
PISTES À SUIVRE SELON VOTRE PROFIL ET VOS ENVIES.
THAÏLANDE : PLACE TO BEACH
La plage thaïlandaise, avant d’être un lieu de farniente , est un théâtre bien vivant : les pêcheurs y réparent leurs filets, embarquent sur leurs longtails , les mamies massent et la jeunesse thaïe joue au sepak takraw (mi-foot, mi-kung fu). Il faut savoir se lever avec le soleil pour capter la lumière douce qui allume le sable de Sunrise Beach sur Koh Lipe, idéal pour un premier bain dans la mer d’Andaman. L’eau à 26° C, la pente progressive, le tapis moelleux : au pays de l’enfant-roi, les plages sont d’immenses terrains de jeux. Parmi elles, Laem Tong sur Koh Phi Phi Don, nichée à l’extrémité nord de l’île, offre une belle alternative à la frénésie des plages principales, pour les familles locales mais aussi voyageuses. Idem avec Chaweng Noi sur Koh Samui, où la baignade est adaptée à tous les âges. À celles et ceux qui aiment comparer la blancheur du sable à la chair de coco, White Sand Beach, sur Koh Chang représente le bon équilibre entre la tranquillité et l’animation minimale de ses petites structures où avaler un pad thaï sur le pouce.
Quant aux amoureux farouches des plages sauvages, le pays réserve encore quelques cachettes, à l’image d’Ao Khao Kwai (aka Buffalo Bay), perdue au nord de Koh Phayam, à la frontière birmane. Atmosphère similaire côté golfe de Thaïlande, sur Koh Tao, avec un écrin abrité de rochers: Tanote Bay. Nominée également dans cette catégorie wild : Khlong Han Beach sur Koh Yao Yai. L’arrivée à travers la forêt tropicale, marquée par une pause à la chute d’eau de Khlong Chao, mérite à elle seule le détour.
Et s’il n’en restait qu’une pour s’éclipser à deux : sans doute se trouve-t-elle sur Koh Jum , caillou romantique au nord de Koh L anta, à moins que la palme ne revienne à Hat Farang sur Koh Mook cachée sous le rideau d’une cocoteraie. Seule raison d’abandonner ces édens sablés: se jeter à l’eau. Là aussi, la compétition est serrée entre les récifs de Koh Nang Yuan ou d’Aow Leuk (Koh Tao) et les eaux cristallines de Ko Poda, dans le parc marin de Mu Koh Phi Phi. Pour mieux juger, il faudrait passer toutes ces plages au peigne fin… et avoir la longévité d’un requin-baleine.










D’autres idées de voyages sur les îles du Paci que

Okinawa: un Japon insoupçonné
Des îles surprenantes
Naha/Miyako-jima/Iriomote/Taketomi-jima/Ishigaki
Bout de Japon subtropical, Okinawa est un archipel où les îles se ressemblent sans être identiques. Il y a l’île Okinawa, lieu de naissance du karaté, et Miyakojima, chapelet d’îlots aux fonds marins remarquables. Il y a Ishigaki, sable et ananas ; Iriomote, jungle et mangroves, et la minuscule Taketomi-jima, charrettes et maisons de corail.

À la découverte d’Hawaï
Un archipel mythique
Honolulu/Kapaa/Kailua Kona/ Volcano National Park/ Hana/ Kaanapali
Tout commence à Honolulu, mythe hawaïen qui évoque, au-delà des chemises à fleurs, un compromis entre ville et lifestyle relax. Sur Kauai, on randonne de vallées en marais, de piscines naturelles en criques sauvages. On surfe, aussi, comme sur Big Island, où l’on se frotte aux raies mantas et aux volcans.
Thaïlande, Malaisie & Singapour
De capitales en îles secrètes
Bangkok/Koh Lipe/Langkawi/ Singapour
Villes exaltantes, culture de la street food, climat tropical, îles à la beauté folle, affables avec ceux qui savent comment les aborder. Au programme, les fameuses koh thaïlandaises, au large de la péninsule de Malacca, mais aussi l’archipel malaisien de Langkawi, aux montagnes tapissées de forêts…

Nouvelle-Zélande & Îles Cook
Au bout du monde, le paradis
Christchurch/Kaikoura/Abel Tasman/Auckland/ Paihia/Aitutaki/Rarotonga
Un périple grand angle de Christchurch à Auckland, via les plages de Kaikoura, les collines du parc national d’Abel Tasman et Paihia, merveilleuse réserve côtière. Les îles Cook, leurs atolls paisibles, leurs reliefs chevelus et leurs retraites aux toits de chaumes sont une conclusion à peine croyable.


Vanuatu & Nouvelle-Calédonie
Une idylle Paci que Nouméa/Port-Vila/Tanna/Île des Pins
Une fois au bout du monde, les distances ne sont plus les mêmes. Et de la Nouvelle-Calédonie au Vanuatu il n’y a qu’un pas. Après Nouméa, au métissage culturel et humain richissime, on rejoint en un coup d’ailes Éfaté, paradis des plongeurs et des rêveurs; puis l’Île des Pins, terre romantique plantée d’arbres élancés.

Les Fidji en famille
Lagons et poissons-clowns
Nadi/Malolo/Savusavu
Qu’elles sont loin, les Fidji, mais qu’elles méritent le voyage ! Même en famille. Malolo, Vanua Levu… : ces îles ont conservé une humanité rare qui se traduit au quotidien par un accueil émouvant et une douceur de vivre palpable. Noix de coco fraîche sur sable fin, rencontre avec la faune sous-marine, en kayak sur le lagon… Ils auront vite oublié les kilomètres.
MAUI
Atmosphère
Volcan endormi, désert, jungle tropicale, littoral varié
Plages
Longs rubans noir, blanc ou rouge, accessibles, Mecque du surf
Dans l’eau
Snorkeling à Molokini, surf, kite, observation des baleines
Sur terre
Randonnée sur le Haleakalā, route panoramique de Hana, golf
Culture
Art contemporain à Paia et Makawao, Makawao et ses paniolos (cow-boys hawaïens), hula
Pour qui Famille, couple privilégiant plage et confort
VSÀ quarante
cinq minutes de vol l’une de l’autre, ces deux-là montrent des visages très di érents de l’archipel d’Hawaï.
Miroir, miroir… Et si le mieux était de ne pas choisir ?
KAUAI
Atmosphère
Vallées profondes, cœur montagneux, à-pics tombants dans l’océan
Plages
Isolées et naturelles, accès parfois difficiles récompensés
Dans l’eau
Kayak sur la Wailua, surf, croisière le long de la Nā Pali Coast
Sur terre
Canyon de Waimea, cascade de Wailua, survol en hélico
Culture
Ville historique de Waimea, sites sacrés et ancestraux, les peintres, sculpteurs, artisans et galeries d’art d’Hanapēpē
Pour qui Épris de nature, cherchant la tranquillité
Les îles Galápagos
Sur les pas de Darwin
Jetés en plein Pacifique, à un millier de kilomètres des côtes équatoriennes, les Galápagos forment un laboratoire à ciel ouvert. Charles Darwin y débarqua en 1835 à bord du Beagle, trouvant dans ces îles volcaniques la matière qui inspira sa théorie de l’évolution. Iguanes marins, tortues géantes, fous à pieds bleus : la faune y règne, indifférente aux hommes. Chaque île est un monde : coulées de lave noire, plages émeraude, mangroves ou volcans actifs. Aujourd’hui encore, voyager ici revient à revivre ce choc originel, entre science et émerveillement.
Éditions
Voyageurs
Destinées à vous éclairer, à retranscrire l’atmosphère particulière de chaque région du monde, nos éditions Polynésie, Australie, États-Unis, Asie du Sud-Est et Indonésie, Japon ne manquent pas d’inspiration sur leurs îles respectives. N’hésitez pas à les consulter en ligne et à commander celles qui vous intéressent sur voyageursdumonde.com
À lire sur la plage
Chroniques de Tahiti – L’arbre à pain de Célestine Hitiura Vaite (10/18) Le quotidien d’une famille des quartiers populaires de Tahiti.
L’Homme-tigre d’Eka Kurniawan (Folio)
Un roman hypnotique avec la nature indonésienne en toile de fond, céleste.
Café Lovely de Rattawut Lapcharoensap (Points) Sept nouvelles poétiques pour sept portraits bariolés de la Thaïlande.
Top ten des spots de surf du Pacifique
1
Waikiki Beach Oahu, Hawaï Historique, idéal pour initier la passion
2
Teahupo’o Tahiti, Polynésie Redoutable, le récif à fleur d’eau
3
Impossibles
Bali, Indonésie Droite rapide et fréquentée, mais pas impossible
4
Greenmount Gold Coast, Australie Alternative à Kirra pour un niveau intermédiaire
5
Natadola Beach Tavarua, Fidji Débuter en douceur, en attendant Cloudbreak
6
Macaronis Mentawai, Indonésie Tubes parfaitement ronds, cadre de rêve
7
Stimpy’s Siargao, Philippines Longue gauche, plus permissive que Cloud 9
8
Occy’s Left Sumba, Indonésie La reine d’une île encore sereine
9
Hickory Bay Akaroa, Nouvelle-Zélande Cadre dramatique, plage noire, falaises et phoques
10
Pea
île de Pâques, Chili Surfer sous l’œil des moai
MER DES CARAÏBES



MAGIE DES TROPIQUES
Les Caraïbes : sous ce nom générique coexistent une multitude de territoires aux histoires et atmosphères singulières. Et si la plage occupe toujours une place centrale, le verso de la carte postale s’écrit de mille et une façons créoles.
ÎLES VIERGES BRITANNIQUES: UN DOUX ÉQUILIBRE
Christophe Colomb les imaginait scintillantes d’or, il n’y trouva que le vert immaculé des forêts labyrinthiques de Tortola, le turquoise des piscines naturelles de Virgin Gorda et l’ivoire de ses plages, les mangroves fourmillantes de Beef Island. Aujourd’hui, les British Virgin Island cultivent un doux équilibre. Ouvert aux yachts, villas de luxe et bains de champagne, mais aussi aux cabanons de bois otté préférant la caresse du ventilateur à l’air conditionné. Ajoutez-y des histoires de pirates et une note de vieil empire british, le bon goût du butternut et du red snapper grillé, le tout rehaussé d’ambiance créole : “It’s a (virgin) paradise!”
SAINTE-LUCIE: LA REINE DE LA FÊTE
Gros Piton et Petit Piton dressés vers le ciel, alternance de plages noires et blondes, jungle volubile qui nourrit les marchés d’épices et de montagnes de gues vertes, papayes, ananas : Sainte-Lucie est une fête ! Toute l’année mais plus intensément encore lors du carnaval de juin/juillet. Au nord, Gros Islet et Castries vibrent au rythme des Friday Nights. L’architecture rappelle l’héritage franco-britannique. À l’ouest, on se ressource dans les bains de boue aux
e ets curateurs après une randonnée sportive jusqu’au sommet du mont Gimie, on bulle avec délectation sur l’anse Cochon ; on se régale de lambi grillé et de pain créole, de poulet jerk et de fruits de l’arbre à pain. À l’est, la forêt humide garde un territoire encore sauvage et des plages qui jouent les pouponnières de tortues.
ANTIGUA: ÉNERGIE CRÉOLE ET CHIC BRITANNIQUE
Une plage pour chaque jour de l’année : l’argument d’Antigua est imparable. La soie blanche de Galley Bay pour se prélasser, la tranquillité bleutée d’Half Moon Bay pour palmer, les rouleaux de Turtle Bay pour surfer, l’animation de Dickenson Bay, la beauté sauvage de Rendezvous Bay… En à peine plus de 150 kilomètres de côtes, l’île répond à toutes les envies sablées. À terre, son cœur balance entre énergie créole et chic britannique. Un agréable mélange de carnavals bigarrés, de cases aux couleurs pastel, de matchs de cricket et de pubs surannés. À St John’s, un musée retrace l’histoire de l’île et de sa voisine, la sauvage Barbuda, qui forment un même État. La région d’English Harbour révèle la richesse de ce passé. En n, le dimanche, il faut grimper sur Shirley Heights, admirer la vue sur la Guadeloupe au rythme du calypso.



SAINT-MARTIN, L’AMICALE
Mi-française, mi-hollandaise, la “Friendly Island” incarne le croisement des langues, des modes de vie, des gastronomies. Elle est partagée entre collines et plages, villas chics et nature préservée. À l’aspect spectaculaire de l’atterrissage sur l’aéroport de Princess Juliana, bordé de plages (Maho, Orient Bay entre autres), elle combine le caractère des petits villages, des marchés et de la gastronomie créole côté français, les casinos et les bars cosmopolites côté hollandais. À Marigot, les fresques colorées du Wall of Art célèbrent la force d’une île durement touchée par l’ouragan Irma en 2017. Saint-Martin s’est relevé, tête haute comme les iguanes de l’îlet Pinel, et elle continue de célébrer les éléments. Depuis le sommet du Fort Saint-Louis, édi é au XVIIIe siècle pour protéger la baie, la vue embrasse les îlots voisins. Le soir, Grand Case s’anime : tables dressées sur le sable, parfum de colombo dans l’air.
MARTINIQUE: CŒUR VOLCANIQUE
Française dans son administration, créole dans son corps, la Martinique allie nature sauvage et profondeur historique. Dans ses coulisses tropicales : la douceur des plages de l’Anse
Madame, Petit Macabou, Baie Coco ou Diamant, la forêt dense, la montagne Pelée (volcan qui réduisit Saint-Pierre en cendres en 1902). Heureusement, certaines choses sont immuables : l’e et du zouk sur le moral, les arômes subtils du rhum, le vert de la végétation qui monte jusqu’aux montagnes. La (bio)diversité du Jardin de Balata, parc botanique de quelque trois hectares, renvoie à celle des paysages : baies escarpées, sable blanc ou noir, richesses des fonds marins. Le sud est plus doux, bordé de villages de pêcheurs et de jardins tropicaux. Ici et là, on parle français ou créole, mais quelle que soit la langue, la bonne humeur antillaise est partout.
TURKS ET CAICOS, ARCHIPEL DE POCHE
Tout ce qui brille attire les célébrités, Turks et Caicos ne fait pas exception. Shakira, les Kardashian posent régulièrement leurs malles sur cet archipel de poche, ponctué d’îles privées comme Parrot Cay et de villas à plusieurs dizaines de millions de dollars. Un succès justi é par sa proximité avec les États-Unis et de sérieux arguments. Passé la beauté éblouissante de ses plages, sorti de la clinquante Providenciales, l’île principale, l’archipel révèle


des havres de tranquillité : North Caicos, Middle Caicos, South Caicos recèlent de plages vierges bordées de mangrove, de récifs coralliens foisonnants et de beautés cachées à l’image des îlots de Three Mary Cays, idéal pour un pique-nique seuls au monde, ou les grottes de Conch Bar, sculptées par l’érosion.
SAINT-VINCENT-ET-LES-GRENADINES:
CONSTELLATION D’EXCEPTION
Archipel de trente-deux îles et îlots posés sur la mer comme une constellation éparpillée, Saint-Vincent-et-les-Grenadines o rent une géographie où la montagne, le ciel et l’océan dialoguent. Les forêts de l’île principale, épaisses et profondes, s’accrochent aux pentes volcaniques ; la Soufrière, toujours active, veille comme un dieu sombre que les randonneurs viennent dé er. Plus bas, Kingstown déroule son jardin botanique, l’un des plus anciens des tropiques, tandis que les Montreal Gardens, tapissés de eurs exubérantes, s’ouvrent comme des clairières lumineuses. Au sud, les Grenadines se dispersent dans la mer des Caraïbes, chacune a son visage : Bequia et ses chantiers de goélettes ; Moustique
et son élégance secrète ; Petit Saint-Vincent, île privée aux cottages de charme ; Union et ses vents propices au kitesurf ; Mayreau, minuscule et hors du temps, et en n les Tobago Cays, sanctuaire marin aux coraux étincelants. •
TO DO LIST
Îles Vierges britanniques À Tortola, crapahuter sur le mont Sage, suivre les tortues le long de Loblolly Beach sur Anegada, paresser sur Little Dix Bay à Virgin Gorda.
Sainte-Lucie Cavaler à flanc de colline, filer en kitesurf sur Savannes Bay, s’enivrer d’épices sur le marché de Castries, et d’un verre de rhum sur Anse Cochon.
Antigua Égrainer les plages, rencontrer la communauté rasta, monter sur les épaules du mont Obama, naviguer de spas en séances de yoga.
Saint-Martin Découvrir l’histoire et les meilleurs points de vue de l’île avec un local, filer en catamaran et barboter à Happy Bay.
Martinique Visiter les rhumeries, flâner dans le domaine d’Émeraude, naviguer au large du Diamant.
Turks et Caicos Méditer à Parrot Cay, s’imaginer en Prince ou Beyoncé, pagayer dans la mangrove.
Saint-Vincent-et-les-Grenadines Explorer les pétroglyphes, découvrir le corail noir d’Anchor Reef, caboter dans les Tobago Cays, marcher dans la forêt humide.
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D’autres idées de voyages dans les Caraïbes

La Martinique
Villa privée et croisière en famille
Le Diamant/Croisière
Après quelques nuits “comme chez soi” dans une villa avec piscine sur les hauteurs du Diamant, on met le cap sur Le Marin. Là, toute la famille embarque à bord d’un catamaran pour caboter le long de la côte ouest. Au programme : farniente et snorkeling parmi les tortues, diodons, poissons-papillons, poissonsperroquets… De beaux moments de partage.

Martinique & Sainte-Lucie
Pitons, plages de rêve et belles adresses
Sainte-Anne/Anse Cochon
Au-delà de leur charme métissé, ce qui unit ces deux belles Antillaises, c’est une hôtellerie pleine de volupté. En Martinique, on loge dans une maison d’hôtes aux accents créoles et à la vue épatante. Sur Sainte-Lucie, on s’installe dans un cottage intimiste et coloré. Sur la terrasse, un hamac dodeline nonchalamment. La table, réputée, est excellente, le spa une merveille.
La
Dominique & Antigua
En hôtellerie haut de gamme
Portsmouth/Antigua
En un voyage on s’envole pour deux îles préservées. La Dominique, île de montagne et de forêt primaire aux eaux peuplées d’êtres fascinants, et Antigua, éden au nuancier féerique planté de palmiers et de petits villages de pêcheurs. On loge tour à tour dans une luxueuse villa des hauteurs, puis dans un bel hôtel les pieds dans l’eau…

Saint-Martin & Anguilla
Aux beaux jours, deux paradis voisins
Saint-Martin/Anguilla
Saint-Martin cultive encore, au nord, calme et sobriété. Une terre où barboter sans limite, où grimper à l’envi aux mornes qui ondulent entre les côtes. Anguilla, que l’on rejoint en bateau, redonne du sens au mot “détente”. Yoga au petit matin, balades à vélo, visites sous-marines… Partout, on est reçu en grande pompe par un luxe insulaire qui se passe d’ostentation.


Turks et Caicos
Retraite et lâcher-prise
Parrot CaY
Île-hôtel paradisiaque, Parrot Cay possède un petit truc en plus: un look bohème-chic dont seule la chaîne Como a le secret. Et un petit truc en moins : le monde. Privée, l’île est réservée à quelques happy few se partageant une poignée de chambres avec vue, un golf, un spa, des tables raffinées et un catamaran prêt à voguer vers d’autres édens.

Sainte-Lucie & Saint-Vincent
Des refuges d’exception
Anse Cochon/Bequia
Lorsque l’on atterrit à Sainte-Lucie, on mesure déjà sa chance, logé dans une adresse à l’abri des regards et de l’ennui. Mais lorsque l’on débarque à Bequia, on sait qu’il s’agit d’un réel privilège. De ceux que seules les petites îles restées sous les radars peuvent accorder, bien que l’eau et la vie y soient encore plus belles qu’ailleurs.

Le charme intemporel du style caribéen d’antan au Playa Grande Beach Club, sur la côte nord dominicaine.
ELEUTHERA J’ÉCRIS TON NOM
Loin de l’agitation des resorts tentaculaires de Nassau, Eleuthera et Harbour Island (“Briland” pour les intimes) sont des édens inespérés pour qui cherche à renouer avec la nature et la spontanéité. Récolter coquillages et noix de coco, barboter avec les tortues, croquer mangues et ananas, dormir comme des bébés en écolodges durables… Autant de petits bonheurs, au goût de liberté, à savourer en famille.

Les ailes de tes projets seront piquées de peutêtre.” La phrase, trop souvent répétée, résonne dans mon esprit de jeune maman. Éclipsés les départs sur un coup de tête, balayés le désert du Wadi Rum, la jungle de Sumatra. Quand nous sautions tous les deux sans ré échir dans une voiture, un train, un avion. Avec une nouvelle passagère de 2 ans et demi, le temps de vol doit être relativement court, le décalage horaire pas trop intense, l’hôtel sécurisé et la destination médicalisée. Sommes-nous condamnés au séjour en resort kids friendly à l’île Maurice ? Doit-on oublier notre esprit d’aventure ? Je refuse de croire qu’il est devenu impossible de trouver une destination qui nous ressemble, que nous pourrions découvrir ensemble, tous les trois. “Vous connaissez les Bahamas ?”, lance le conseiller Voyageurs du Monde. Moue dubitative, regards en coin. Je visualise déjà le resort tentaculaire à Nassau, une ribambelle de touristes rougeauds sirotant des cocktails décorés de parasols en papier. Un mois plus tard nous atterrissons pourtant sur l’archipel. Loin, très loin de l’image que l’on s’en faisait. Dès les premiers kilomètres se dévoile une île brute, mangée d’une mangrove quasi impénétrable. Son nom, Eleuthera,provient du grec ancien eleutheria, signi ant “liberté”. Synchronicité cosmique ? Invitation de l’univers ? Qui sait. L’île est délicate, toute en longueur. Un n barrage contre l’Atlantique, une frontière fragile entre les Bermudes et les Caraïbes. La partie nord d’Eleuthera est reliée au reste de l’île par un simple pont séparant l’océan d’un lagon. Au moindre coup de vent, le pont est fermé et North Eleuthera se retrouve coupée du monde. L’aventure ici est plus primaire, loin de l’agitation touristique. Ce l de terre appartient à une poignée de locaux, à la nature et aux tortues. C’est un lieu pour se réinventer, où tout reste à créer. En 1969, le Beatle Paul McCartney et son épouse
Linda y passent leur lune de miel. À plusieurs reprises dans les années 1970, le Liverpuldien viendra y puiser l’inspiration. Une décennie plus tôt, Eleuthera était déjà le refuge doré de la jet-set hollywoodienne. Elizabeth Taylor, Raymond Burr et Greta Garbo importent au Potlach Club (récemment ressuscité) l’extravagance amboyante de Palm Springs, le chic décadent du Chateau Marmont et les soirées arrosées de Sunset Boulevard. Le tout dans une palette de rose, de corail et de bleu. Les motifs tropicaux et les feuilles de bananiers parent les murs des cottages blanchis à la chaux. Au bord des piscines turquoise, ces happy few se prélassent dans des peacock chairs, vêtus de costumes blancs parfaitement coupés et de robes vaporeuses. L’île devient un royaume de glamour, de décontraction, d’élégance et de nonchalance.
THE OTHER SIDE & THE FARM: PARADIS D’HARMONIE
C’est ici, au septentrion d’Eleuthera, que Ben Simmons et sa femme Charlotte Phelan ont installé leur paradis perdu. Pendant des semaines, ils ont arpenté la jungle, machette à la main, avant de trouver, en 2014, l’endroit idéal : une petite plage, un promontoire rocheux, deux grands arbres Casuarina. Ce qui n’était qu’une petite tente au bord de l’eau pour passer les week-ends se transforme petit à petit en projet plus ambitieux. Ben et Charlotte décident de créer un écolodge alternatif et durable où faire grandir leurs enfants et accueillir les voyageurs au bord de la lagune. Ils l’appellent The Other Side : L’Autre Côté. À l’automne 2024, à une centaine de mètres, ils plantent un deuxième lieu hors du commun : The Farm (La Ferme). Quelques chambres pleines de poésie et de souvenirs de voyages, nichées autour d’un maraîchage en permaculture. C’est dans ce doux éden que nous posons nos valises pour quelques jours, savourant une connexion harmonieuse avec la nature, trop absente de nos vies citadines.





L’Ocean View Club, sur Harbour Island, maison familiale simple et élégante. Idéale pour une digital detox.

Le nuage d’anxiété et de charge mentale s’envole très vite, très loin, grâce au calme de la végétation et la bienveillance des locaux. Tout s’apaise et ralentit. Notre lle elle-même paraît plus légère. Pieds nus, elle sautille (signe ultime de bonne humeur) au milieu du potager, ramasse un escargot, chantonne, montre un palmier et demande “c’est quoi ça ?”
Mon cœur se serre de la voir si épanouie sous les tropiques : elle est tellement plus heureuse qu’à Paris. Je chasse loin de moi ces ré exions stériles, place à l’instant présent.
Dans la vie d’avant, lui et moi aurions choisi de nous prélasser au bord de la piscine, oui mais voilà, notre minidictatrice a un programme qui n’attend pas. Un mètre de hauteur, et tant à voir, à découvrir, à toucher. Il faut ramasser chaque coquillage, bout de corail, noix de coco ; inspecter les fourmilières, interroger les coléoptères, goûter la mangue, l’ananas, croquer dans ce key lime et pourquoi pas dans ce très beau caillou.
Au bord du lagon, nous ramassons du bois otté, idéal pour la construction de notre château de sable ultra sophistiqué, tendons l’oreille aux énormes conches dans lesquelles nous écoutons les rouleaux de l’océan danser. Soudain, une voix stridente s’élève et une petite main ensablée pointe l’eau turquoise : “tortue, tortue !!!” La rencontre me remplit d’une émotion inattendue, certainement décuplée par la joie pure de ma lle. Nous nous retrouvons tous les trois à barboter au milieu d’une famille à carapace. Caresses et
plongeons à leurs côtés. Dernier dîner à la Ferme de Ben. Nous partageons avec son oncle (lui aussi propriétaire d’une ferme, au Canada) les légumes du potager, parfaitement assaisonnés et tellement frais. Un carpaccio de poisson pêché le matin même, des agrumes, pour une pointe d’acidité. Le repas est simple, convivial, exquis. Notre nuit, dèle à cette harmonie, s’étire sur douze heures d’a lée, bercées par le murmure des palmes caressant le toit de chaume de notre cabanon.
L’OCEAN VIEW CLUB: UNE PARENTHÈSE HORS DU TEMPS
Le lendemain matin, cap sur Harbour Island. La traversée dure quelques minutes. Cette petite île d’à peine cinq kilomètres carrés est a ectueusement surnommée “Briland” (contraction de “’bour island”) par ses habitants. Sur ce grain de sable rose posé sur l’eau translucide, nous retrouvons un semblant de civilisation à la vue des maisons coloniales colorées, cernées de végétation tropicale et de bougainvilliers euris, et des voiturettes de golf. Nous sommes reçus dans une maison familiale, qui sous ses airs bohèmes abrite l’histoire d’un petit hôtel qui a fait la renommée de l’île. L’Ocean View Club a été dirigé pendant des années par Pip Simmons, la mère de Ben, avant que ce dernier ne reprenne le ambeau. En 1981, Pip accueille le photographe Bruce Weber lors d’un shooting qui propulse rapidement l’adresse au rang d’incontournable dans le monde de la mode.
Faustine
Poidevin-Gros
Au bord du lagon, nous ramassons du bois flotté, idéal pour la construction de notre château de sable ultra sophistiqué, tendons l’oreille aux énormes conches dans lesquelles nous écoutons les rouleaux de l’océan danser.
Le photographe Gilles Bensimon, les tops Naomi Campbell ou Cindy Crawford y séjournent, savourant l’ambiance décontractée et free spirit “À l’époque, il n’y avait pas beaucoup d’hôtels sur l’île, se souvient Ben, et rien ne ressemblait à cet endroit. Ma mère leur laissait carte blanche. Et elle était ravie de préparer un dîner pour trente personnes à deux heures du matin, si la soirée prenait cette tournure – et c’était souvent le cas.” L’équipe chaleureuse nous installe dans une cabane en amont de la plage. La bicoque semble tout droit sortie du lm culte Le Sauvage, avec Yves Montand et Catherine Deneuve. Rideaux ottant au vent, désordre élégant d’un lieu qui vit, piles de romans dans toutes les langues, frigo rétro, ventilateur à l’ancienne. Ici, pas de télévision ou de wi surpuissant : une véritable parenthèse hors du temps. Et si nous avions trouvé là notre paradis ? Les journées sur Briland ont un goût unique. Sans chercher à s’imposer une digital detox, nous oublions nos téléphones dans notre chambre. Pour parler à qui nalement ? L’essentiel n’est-il pas ici ? Entre nous trois, l’océan, cette nature généreuse et cette simplicité retrouvée ? Au moment où je plonge dans l’eau émeraude, je perçois les éclats de rire des enfants qui jouent sur la plage. Je réalise qu’il existe un véritable fossé entre ce que je croyais être indispensable (les siestes à horaires xes, l’alimentation ultra équi-
librée, l’heure immuable du coucher) et ce qui l’est vraiment : le bonheur désordonné, les sauts dans les vagues et la récolte d’étoiles de mer.
Sur le ferry qui nous emmène vers l’aéroport, les larmes montent. Je ferme les paupières et formule un vœu silencieux, celui de revenir vite, de nous attacher à cette île, d’y écrire une partie de notre histoire familiale. Quelques minutes plus tard, mon portable vibre : notre vol est annulé et notre concierge nous propose de rester à Briland. L’imprévu, la liberté, la spontanéité ne seront plus jamais piqués de peut-être. •
LES ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Avec Air France ou American Airlines, via Miami ou Nassau. Comptez environ 13heures, escales incluses, pour rejoindre Harbour Island depuis Paris.
Le bon moment De décembre à avril, saison sèche, ensoleillée et douce. En juin-juillet, 30°C quotidiens, averses tropicales brèves et bienvenues. Juste avant Noël, Harbour Island est vide: les plages sont à vous.
Bon à savoir Prévoyez quelques dollars pour régler le taxi, puis le ferry entre North Eleuthera et Harbour Island. Dix minutes sur l’eau turquoise, au milieu des pêcheurs, des glacières en plastique et des habitués…
Budget 9jours à partir de 4800€ par personne, incluant vols, hébergements, transferts, activités sur mesure…
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Paysage/ Nature
Plutôt plate, dominée par des plages et jardins tropicaux, la Barbade joue sur ses contrastes: à l’ouest, rivages calmes aux eaux turquoise; à l’est, les vagues creuses de Soup Bowl, à Bathsheba, font la joie des surfeurs. L’intérieur de l’île révèle un autre visage, avec les grottes d’Harrison et les jardins botaniques d’Andromeda, là seulement la flore tropicale se montre docile.
Sur la plage et sous l’eau
Carlisle Bay déploie son sable d’albâtre et ses épaves accessibles aux plongeurs, tandis que Worthing et Rockley réservent des eaux calmes, idéales pour barboter. Les plages accueillent aussi les tortues marines venues pondre. À l’est, lelittoral agité contraste avec les récifs coralliens protégés de la côte caraïbe.
Culture/ Architecture
Bridgetown, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, témoigne de l’époque coloniale avec ses bâtiments en pierre de corail et ses églises anglicanes. Les anciennes plantations rappellent l’histoire du sucre et du rhum, dont la distillerie Mount Gay est l’emblème. La culture “bajan” s’exprime aussi dans le cricket, sport national, et le festival Crop Over, moment fort du calendrier.
LA BARBADE
GRENADE
À UN JET DE NOIX DE COCO L’UN DE L’AUTRE, CES DEUX ÉDENS LIVRENT DEUX VISIONS COMPLÉMENTAIRES DES CARAÏBES.
L’UN EST LISSE ET CORALLIEN, OSCILLE ENTRE ÉNERGIE AFRICAINE ET FLEGME BRITANNIQUE; L’AUTRE EST VOLCANIQUE, CABOSSÉ DE JUNGLE ET BALAYÉ DE PARFUMS D’ÉPICES.
Paysage/ Nature
Grenade se distingue par son relief volcanique accidenté, couvert de forêts humides. Le lac de cratère Grand Étang reflète la végétation des alentours, tandis que les cascades d’Annandale ou de Concord tombent dans des bassins d’eau fraîche. Le mont Sainte-Catherine domine l’île et renforce l’impression d’un paysage plus brut, plus sauvage.
Sur la plage et sous l’eau
Grand Anse, carte postale par excellence, concentre l a vie balnéaire de Grenade. Mais l’île cache des plages plus préservées, telle Levera Beach. Le parc de sculptures sous-marines de Molinière se distingue par ses statues immergées colonisées par les poissons et les coraux. Tortues, raies et bancs tropicaux complètent cette mosaïque foisonnante.
Culture/ Architecture
Rangées en amphithéâtre autour de la baie de Saint-Georges, les maisons colorées dressent leurs toits rouges. Les forts coloniaux veillent toujours sur la mer. Les marchés regorgent d’épices – muscade, cannelle, girofle – qui nourrissent à la fois la cuisine et l’identité culturelle. Le carnaval annuel, rythmé de soca et steelbands, incarne l’énergie créole de l’île.

NATURAL MYSTIC
Les couleurs du drapeau jamaïcain ont déferlé sur le monde en même temps que la musique et la philosophie rasta de Bob Marley. Pourtant, des dizaines d’années plus tard, la Jamaïque reste une sorte de mystère enrobé de sel, de jungle et de good vibes. Un mystère que seul un voyage semble pouvoir élucider.
On se fraye un chemin plus qu’on ne roule dans les rues embouteillées de Kingston. Mais sous le soleil, pas l’ombre d’un agacement.
“Don’t worry, be happy” est un mode de vie, pas un mythe. Cosmopolite et vibrante, la capitale semble concentrer à elle seule toute l’énergie du pays. Principale porte d’entrée de l’île, c’est aussi un passage obligé pour mieux comprendre cette étonnante terre caribéenne où s’est écrite une histoire singulière, imprégnée de musique. Mento, ska, rocksteady, dub, dancehall… Le reggae n’est pas le seul genre à être né ici. Sur Orange Street, dans les e uves de ganja, on remue le passé en fouillant dans le bric-à-brac poussiéreux d’un magasin de disques sous l’œil amusé du patron. Au plafond, quelques vinyles suspendus se balancent dans l’air chaud brassé par le ventilateur devant la gure d’Haïlé Sélassié Ier, messie des rastas. À côté, des centaines de vinyles s’entassent en piles bancales : Ernest Ranglin, Alton Ellis, Junior Tucker… Certains de leurs tubes, remixés, passent encore au Dub Club, institution des hauteurs de la capitale où se retrouvent, chaque dimanche soir, rastas old school et jeunesse branchée. On remonte le temps le long de Hope Road. Devon House, imposante bâtisse coloniale de la n du XVIIIe siècle, n’est pas une énième preuve de domination européenne, on la doit à l’un des premiers milliardaires noirs de Jamaïque. Ses jardins, désormais publics, accueillent tout le monde : promeneurs, familles dévoreuses de glaces et collégiens en uniformes lézardant entre deux cours. Plus loin
se dresse la résidence du Premier ministre et, au fond d’une cour, celle de Bob Marley, reconvertie en musée. Une maison qui nous parle de sa vie d’homme, de rasta, de père, d’ami, d’artiste. Chaque mur vibre encore de son énergie. Tout comme ceux de Trench Town, quartier populaire de Downtown Kingston, de Fleet Street et Water Lane aux éloquentes fresques colorées.
LIFESTYLE RASTAFARI ET ESPION BRITANNIQUE
En chemin pour l’ouest de l’île, on serpente à travers les collines vertes, les champs et les exploitations de canne à sucre nourris par l’humidité et la chaleur tropicales. De vieilles plantations, ouvertes au public, produisent ici du rhum depuis le XVIIIe siècle. Cachées dans les montagnes, quelques fermes vivent encore au rythme du lifestyle rastafari, dans le plus grand respect de la terre. Des fruits on extrait un jus vitaminé, des noix de coco une huile précieuse. Avec le reste de la production, on concocte de merveilleux repas “kilomètre zéro”. De quoi changer un peu de l’ackee à la morue et du callaloo, grands classiques de la gastronomie nationale. Repaire de pirates de la côte ouest, Negril a tout de la carte postale caribéenne : sable farine, eaux turquoise et insouciance balnéaire. Longue d’une dizaine de kilomètres, Seven Mile Beach est, dit-on, l’une des plus belles plages du monde. Si la région a longtemps résisté aux appels aguicheurs du tourisme, digital nomads et autres hipsters en goguette s’invitent désormais sur les transats.
Kingston
Ocho Rios
Negril
Port Royal
Port Antonio
Blue Mountains




© GoldenEye/Brie Williams
© Aline Coquelle

À Oracabessa, l’ancienne propriété du père de James Bond est désormais un hameau de villas bohèmes bordées de jardins tropicaux. Son nom est GoldenEye.
GoldenEye/Brie Williams
Pas de sable au bord du Blue Lagoon, l’une des plus grandes fiertés du pays, mais une côte rocheuse baignée d’eaux enchanteresses. Pas de sable non plus au pied des spectaculaires
Reach Falls, mais des piscines naturelles serties de fougères endémiques, de perroquets noirs…

La vraie tranquillité se trouve entre les falaises de West End où des anses exiguës promettent des baignades solitaires et de belles expéditions aquatiques au-dessus des récifs. En dépit des paquebots qui déversent sur le nord de l’île des foules senteur monoï, le littoral abrite encore l’un des coins les plus glamour de la Jamaïque : Ocho Rios. Là, une retraite pétrie de délicieux anachronismes promet encore le répit aux voyageurs bien renseignés marchant dans les pas de noms auréolés de légende – Marilyn Monroe, Arthur Miller, Errol Flynn, Sean Connery, Winston Churchill. Un nouveau panorama marin, cette fois associé à une atmosphère British d’un autre siècle. Backgammon au bord de la piscine, afternoon tea et croquet sous les cocotiers. Les lumières sont douces, la table ra née, la musique, live, intemporelle. On fait l’expérience du luxe au sens jamaïcain du terme : un service irréprochable teinté d’une décontraction qui a imprégné jusqu’au langage. Ya mon Côté terre, on fait trempette dans les vivi antes chutes de la rivière Dunn qui descendent de rocher en rocher sur un peu plus de six cents mètres. Ursula Andress au pied d’une cascade dans James Bond 007 contre Dr No, c’était ici. Dans les environs plane encore l’ombre de l’espion britannique et de Ian Fleming, son créateur, qui vécut du côté d’Oracabessa. Son ancienne propriété a été convertie en “maison” du bonheur. Un hameau de villas bohèmes avec accès
privilégié à de jolis fonds marins. Les tortues de mer se croisent sous les paddles tandis que l’on glisse jusqu’au spa, posé en bord de lagon. Massages, sunset et vodka martini en l’honneur de 007, jerk chicken et lointaine rumeur de reggae en l’honneur de la Jamaïque.
À 80 kilomètres, Port Antonio, dans la paroisse de Portland, n’est pas un bis repetita. On se frotte ici aux choses du quotidien, aux conversations animées entre les étals du marché, à l’artisanat local, humble et créatif, au réconfort des patties, chaussons de pâte feuilletée garnis de viande, de crevettes ou de légumes. Caraïbes oblige, on ne manque pas d’opportunités de se mettre à l’eau, mais ce ne sont pas nécessairement celles que l’on s’imagine. Pas de sable au bord du Blue Lagoon, l’une des plus grandes ertés du pays, mais une côte rocheuse baignée d’eaux enchanteresses. Pas de sable non plus au pied des spectaculaires Reach Falls, mais des piscines naturelles serties de fougères endémiques, de perroquets noirs et de quelques paci ques cochons sauvages.
On part à l’assaut des montagnes. La voiture avance cahincaha à travers des fougères grandes comme des bouleaux et des bosquets de gingembre géants laissant par moments apparaitre le ux énergique d’un cours d’eau. Les Blue Mountains, verdoyant massif montagneux protégé par un parc national – et par l’Unesco –, ont tendance à bousculer l’imaginaire voyageur.
Au détour d’un virage, unefaçade géorgienne émerge de la végétation, à flanc de coteau. La propriété, construite au XIXe siècle, appartenait autrefois à Chris Blackwell, éminent producteur de musique qui ne manquait pas d’y convier ses amis Bob Marley, Marianne Faithfull, Grace Jones, les Stones.

La nature des hauteurs donne ici de drôle de pommes en forme de poires et des plantes aux innombrables vertus. C’est du moins ce que pensent les Maroons, descendants d’esclaves noirs ayant fui les plantations. Le long du Rio Grande gon é par une pluviométrie abondante, on chemine de pont en pont, croisant de temps à autre un bourg indolent dont les maisons, dans l’attente d’être peintes, se renvoient en écho le son tonitruant d’un sound system artisanal. “There’s a natural mystic blowing through the air”, comme chantait Bob… L’altitude, les sols, la pluie et l’ensoleillement créent ici des conditions idéales à l’épanouissement du caféier. Le café AOC des Blue Mountains, l’or de la région, redessine les paysages. Au détour d’un virage, une façade géorgienne émerge de la végétation, à anc de coteau. La propriété, construite au XIXe siècle, appartenait autrefois à Chris Blackwell, éminent producteur de musique qui ne manquait pas d’y convier ses amis Bob Marley, Marianne Faithfull, Grace Jones, les Rolling Stones… Les balcons s’ouvrent sur une immensité verte et vallonnée. La piscine déborde sur l’horizon. Kingston s’o re, extatique, au regard et, une fois la nuit tombée, s’illumine au creux de la vallée. On sirote un rhum au son des standards de ska égrenés par l’orchestre.
En redescendant vers la capitale, c’est avec étonnement que l’on constate le contraste des atmosphères. On tente de se réapproprier le tohu-bohu citadin, le fourmillement des corps et des moteurs. Si l’acclimatation est trop rude, on s’échappe du côté de Port Royal. Ancienne protectrice de la baie aux mœurs décadentes, la presqu’île est désormais le ef de quelques pêcheurs et de familles félines à l’a ût du poisson. Attablé en terrasse dans la douceur du soir, on se frotte une dernière fois à la langueur caribéenne. “Mi soon come”. “Je reviens”. Credo jamaïcain de serveurs a airés et de voyageurs envoûtés. •
LES ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Vol pour Kingston. Sur place, on privilégiera la voiture, synonyme de liberté, de panoramas sauvages et, surtout, d’improvisation. Un esprit qui s’accorde à merveille avec le mode de vie jamaïcain.
Le bon moment De préférence à partir du mois de novembre et jusqu’en juin pour éviter de se retrouver nez à nez avec un ouragan. Décembre, janvier et février étant à privilégier pour apprécier encore plus la chaleur tropicale et les good vibes. Durée idéale 13 jours (vols inclus).
Budget À partir de 4 000 € incluant vols, hébergements, location de voiture, activités en privé et conciergerie francophone.
Contactez un conseiller Voyageurs du Monde au 01 42 86 16 39
© Morgane Le Gall











DANS L’OMBRE DES ÎLES STARS, CELLES-CI COMPOSENT UNE AUTRE CARTE DES CARAÏBES : REFUGES EN MARGE DES FOULES, ELLES RÉCITENT, CHACUNE
À SA MANIÈRE, UNE ODE
À LA TRANQUILLITÉ.
Au sud de l’arc, entre Grenade et SaintVincent, Mayreau , minuscule perle des Grenadines, ne compte qu’un village et une église perchée, mais les eaux turquoise de Salt Whistle Bay, propices au kitesurf, suffisent à l’imposer comme halte initiatique. Sa voisine Bequia, longtemps fief baleinier, déroule l’atmosphère nonchalante de Port Elizabeth et la plage étirée de Princess Margaret, de rares hébergements y cultivent l’art du retrait.
Entre Martinique et Guadeloupe, La Dominique vit paisiblement à l’abri des forêts qui couvrent 60% de son territoire. Une biodiversité rare et de sublimes plages de sable noires, Rosalie Bay en tête. Au sud de l’île Papillon, Les Saintes incarnent l’élégance caribéenne: Terrede-Haut, son Pain de Sucre et les bateaux colorés dans la baie, l’une des plus belles du monde, dominée par le Fort Napoléon. À ses côtés, Marie-Galante, l’île aux cent moulins, marie champs de canne, rhumeries historiques et le sable nacré de la plage de la Feuillère tandis que la température du lagon et le souffle des alizés invitent à s’essayer au wing foil.
À l’est de Grande-Terre, La Désirade, plus austère, allonge son plateau aride avec la plage sauvage de Baie-Mahault comme horizon sans fin. Toujours plus au nord, dans les Îles Vierges britanniques, Anegada rompt avec le volcanisme des alentours : atoll corallien plat, lagon transparent et langoustes servies sur le sable. À quelques milles de là, Cooper Island glisse entre banc de sable et collines, un écolodge qui réinvente le luxe barefoot Enfin, Andros , la grande oubliée des Bahamas malgré sa taille, cache ses trésors entre les mangroves et un Blue Hole mythique, gouffre marin vertigineux qui attire les apnéistes du monde entier. Une beauté à couper le souffle.
DES CARAÏBES CACHÉES
D’autres idées de voyages dans les Caraïbes

Barbade & Grenade
Deux îles pour une romance sur sable n Barbade/Grenade
Esthétique insulaire romantique en diable et promesse d’été éternel, La Barbade et Grenade se prêtent à merveille aux voyages à deux. Tout semble y célébrer l’amour, des eaux turquoise au sable chaud frangé de cocotiers, en passant par les cascades rafraîchissantes, les plantations pleines de charme et les hôtels intimistes. Alors on cabote, on sirote, on vivote. Au nom de l’amour.

Miami & Jamaïque
Palmiers, reggae et ondes caraïbes
Miami/Ocho Rios/Blue Mountains
Quitte à faire escale à Miami, autant aller flâner du côté de Little Havana et de l’arty Wynwood, admirer les façades Art déco et rejoindre un rooftop branché à l’heure du sunset. Cap ensuite sur la Jamaïque. Le même fuseau horaire mais un esprit plus “don’t worry, be happy” palpable sur le sable d’Ocho Rios, foulé par James Bond, et jusqu’aux forêts luxuriantes des Blue Mountains.
Guadeloupe
Tous ensemble au paradis
Le Moule/Vieux Habitants
L’accessibilité de ses trésors naturels fait de la Guadeloupe une destination épatante pour une opération vacances parents-enfants. Profitant d’une logistique hors pair – v ols directs, voiture de location, concierge sur place–, on opte pour deux villas familiales entre forêt tropicale et mer turquoise, avec piscine ou jacuzzi privés, pour vivre entre soi et comme chez soi.

Guadeloupe & Marie-Galante
Belles adresses, charme créole et lagons bleus Petit-Bourg/Marie-Galante/Sainte-Anne
Marie-Galante discrète, préservée, généreuse, entre moulins, plages dorées et douceur de vivre. Une île lumineuse prise ici en sandwich entre deux Guadeloupe : Basse-Terre –mangroves, cascades et villas Art déco– et Grande-Terre –fonds marins en ébullition, kite-surf et massages avec vue.


Saint-Barthélemy
Entre deux plages, le luxe décontracté Grand-Cul-de-Sac
Au nord de la belle Saint-Barth, Grand-Cul-de-Sac est une carte postale. De celles que l’on enverrait à ses amis en espérant que leur parvienne un peu de soleil et quelques effluves de bougainvilliers et d’hibiscus. Mais comment leur décrire avec des mots la bonté de cette terre bénie, et le luxe décontracté de notre hôtel-paradis alangui face à la mer?

République dominicaine
Mi casa es tu casa & villa privée Las Terrenas
En Robinson des temps modernes, on s’installe en famille du côté de Las Terrenas, attachant village de pêcheurs où le temps s’écoule au ralenti. À nous la vie de bohème sur fond de gaité balnéaire, alternant eau de coco, rencontre avec les baleines, kayak, langouste grillée et aventures dans le parc national Los Haitises, sublime écrin de forêt primaire.
ANTIGUA
Paysages
Île corallienne douce, collines sèches et vues d’English Harbour
Plages & sous l’eau “365 plages” de sable blanc, snorkeling facile dans des lagons abrités
Culture & Architecture
Héritage britannique : Nelson’s Dockyard, forts, cricket et carnaval
VS
Antigua la solaire, perle corallienne, face à Sainte-Lucie la volcanique, sculptée de pitons et de brumes tropicales. Deux versions de l’éden caribéen.
SAINTE-LUCIE
Paysages
Relief volcanique spectaculaire, pitons surgissant de la mer
Plages & sous l’eau
Plages dorées ou noires, plongée au pied des pitons, tortues et coraux
Culture & Architecture
Influence franco-britannique : marchés créoles, Castries, festival de jazz

Les Caraïbes en catamaran privé
Cinq jours de cabotage pour dessiner le contour des Îles Vierges britanniques. En ouverture, deux jours sur la belle
Guana Island – le temps d’écumer ses plages secrètes –, avant de voguer vers Jost Van Dyke et ses histoires de pirates, les grottes de Norman Island, les Baths de Virgin Gorda et leurs rochers cathédrales. Entre snorkeling, langoustes grillées sur le sable et navigations courtes, l’archipel se dévoile, escale après escale, dans une liberté rare. Une expérience adaptable selon votre équipage : petits pirates ou bande de copains.
Éditions Voyageurs
Destinées à vous éclairer, à retranscrire l’atmosphère particulière de chaque région du monde, nos éditions ÉtatsUnis et Amérique centrale ne manquent pas d’inspiration sur leurs îles respectives. N’hésitez pas à les consulter en ligne et à commander celles qui vous intéressent sur voyageursdumonde.com
À lire sur la plage
Contes des sages créoles de Patrick Chamoiseau (Seuil) L’auteur martiniquais nous conte l’histoire colonialiste des Antilles.
Sucre noir de Miguel Bonnefoy (Rivages)
Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero.
Top ten des îles à combiner
1
Guana Island/ Virgin Gorda Retraite privée et piscines naturelles de granit
2
Tortola/Jost Van Dyke Montagne luxuriante et ambiance festive de plage
3
Martinique/Dominique Volcanisme actif et nature vierge
4
Guadeloupe/Les Saintes Charme colonial et criques idylliques
5
Saint-Barthélemy/ Saint-Martin Luxe discret et culture franco-créole
6
Sainte-Lucie/ Saint-Vincentet-les-Grenadines Pics jumeaux et voile dans l’archipel
7
Turks et Caicos/ Exumas (Bahamas) Plages immaculées et bancs de sable infinis
8
Grenade/Carriacou Épices, jardins et îlots tranquilles
9
Guadeloupe/Dominique Refuge pour colibris et éden pour naturophiles
10
Barbade/Sainte-Lucie Plages coralliennes et reliefs volcaniques
OCÉAN INDIEN



PROMESSES MASCARINES
C’est avec panache que, il y a quelques millions d’années, le point chaud de La Réunion donna naissance à Maurice puis à Rodrigues – la tribu des Mascareignes. Au sud-ouest de l’océan Indien, rencontre avec deux sœurs qui, derrière une apparence aussi lisse que leurs lagons, dissimulent héritage volcanique et butin de pirate.

LE CHERCHEUR D’OR
ÀTrou aux Biches : point de biches. Sur l’île aux Cerfs : point de cerfs. Sont-ils fous, ces Gaulois qui, débarquant sur l’île au XVIIIe siècle, se sont mis en tête de nommer les localités ? Il est vrai que le soleil tape fort à Maurice. Pourtant, la présence des cervidés n’est pas une légende. Avant les Français, les Hollandais sont les premiers à coloniser le territoire. Dans leurs valises, quelques cerfs de Java qui, non contents de dépasser leur vocation première – servir de gibier de chasse – colonisent largement et durablement Maurice. Le mythique dodo a disparu dans l’intervalle. Coïncidence ou coup d’État organisé des cervidés ? On serait bien tenté d’accuser les Anglais mais ceux-ci ne prirent le contrôle des lieux que cent ans plus tard. Des oiseaux, Maurice en conserve tout de même une belle nuée. Paille-en-queue, cateau vert, foudi rouge, bulbul orphée : les volatiles fournissent, au-delà du plaisir visuel, une bande-son au voyage. Et ils ne sont qu’une page du volumineux imagier mauricien. Sur la plage, les chevaux galopent en décochant des gerbes de sable. Au large, dauphins à long bec et grands dauphins sont engagés dans un concours de saut. Sous la surface en n, poissons-papillons et demoiselles à queue blanche dé lent sur un podium imaginaire, con rmant que la tendance sera aux rayures cet été. Retour aux XVIII-XIXe siècles. Sous la coupe des Français, puis des Anglais, le mot d’ordre semble être d’investir massivement Maurice. Quelques Bretons font évidemment par-
tie du voyage – leur présence est, toutes époques et destinations confondues, un impondérable. C’est ainsi que la famille Le Clézio s’installe à partir de 1856 dans une demeure de planteurs bâtie vingt ans plus tôt : la maison Eurêka. Le clan occupe la bâtisse sur six générations avant que, ruiné, Léon Le Clézio soit contraint de vendre. Stupeur et tremblements. L’homme n’aura de cesse de chercher à se refaire pour racheter le logis familial. Il entreprend alors la quête qu’endosse tout homme désespéré dans l’océan Indien : celle du trésor perdu d’un pirate, carte élimée à l’appui. Son petit- ls, le prix Nobel de littérature J. M. G. Le Clézio, place cette poursuite éperdue au centre de deux de ses romans : Le Chercheur d’or (1985) et Voyage à Rodrigues (1986). Lui-même reste attaché à cette demeure envoûtante qu’il surnomme “Le Boucan”, typique du style créole. Après avoir inspecté les 109 portes et fenêtres de la maison transformée en musée, les amateurs d’architecture s’en vont à Port-Louis voir ce que les bâtisseurs ont fait de plus spirituel. De tous temps, les croyances ont poussé les hommes à se dépasser. Sur les terres cernées de ots, cette foi semble se démultiplier. Au carrefour des continents, elle prend un tour multiculturel. Ainsi, la mosquée de Port-Louis lève une enceinte indienne, créole et islamique autour d’une cour où trône un badamier centenaire. Doyen de l’île, le temple Kaylasson rappelle, avec ses exubérantes stations, la prépondérance sur le sol de la religion hindouiste. Quant à la chapelle de Cap Malheureux qui, avec son toit rouge, amboie au nord sur un ciel implacablement bleu, on ne la présente plus.

L’Eureka House, sur l’île Maurice : l’ancien logis familial des Le Clézio est désormais un musée-maison d’hôtes.




Ôter ses sandales, dérouler sa serviette, positionner stratégiquement sa tête à l’ombre d’un filao.
Enfouir pieds, puis mains, dans le sable brûlant, laisser lesoleil chauffer ce qu’il reste de peau et s’assoupir enfin. Puis, s’éveiller au doux bruit du ressac, se demander si l’on rêve encore, se jeter dans l’eau de mer pour vérifier.
Nus pieds, la serviette posée à l’abri d’un bouquet de veloutiers, le temps s’arrête. Plus loin, un cocotier se penche gentiment au-dessus de ce berceau qu’est la plage, des enfants s’éclaboussent avec les eaux du lagon, les patates de corail a eurent à deux pas du rivage. Après une session paddle dans l’ombre du grand Morne, la faim n’en est pas à tenailler, mais on se restaurerait bien. Vingt minutes plus tard, les délicieux fumets qui s’élèvent des étals donnent au marché des airs de temple ; notre vœu, d’ailleurs, a été exaucé. Les mets – boulettes cousines des dim sum, rougaille et curry – disent toute la diversité qui se lisait déjà sur les façades. Il y a, bien sûr, des épices. Les Mauriciens ont l’art et la manière de “met piment dan la vi” comme dans l’assiette.
VOYAGE À RODRIGUES
Le pirate La Buse a planqué son trésor à Rodrigues, Léon Le Clézio en est persuadé. Il quadrille la petite voisine de Maurice, labourant indi éremment les plaines et les jardins. Autour de ce champ de possibilités de 109 kilomètres carrés, un lagon qui fait trois fois sa taille délimité par une impressionnante muraille de corail. Des snorkeleurs en étoile de mer ottent près de la ceinture, attentifs à ce qui se trame sous la surface. Un chirurgien, un perroquet et un clown entrent dans un bar : voilà le tableau qu’o rent des poissons fort apprêtés. Une tortue s’invite parfois à la fête (en cas de rendez-vous manqué, on pourra tenter sa chance à la réserve qui, sur l’île, leur est consacrée). Dans son étreinte, le récif enserre aussi quelques ravissants îlots, prétextes à de belles
échappées depuis Rodrigues. Îles Crabe, aux Chats, aux Fous : les navigateurs étaient décidément bien inspirés. Celle aux Cocos aurait pu se nommer île aux Oiseaux, un tiers de ce long couloir sablonneux – 1,5 km de long pour 250 m de large – leur étant réservé. Les volatiles ont également conquis l’île aux Sables ; le débarquement y est interdit. Et si le trésor était planqué là, à l’abri de la convoitise humaine ?
Au nord-est de Rodrigues, la côte vient chatouiller les bords du lagon. C’est là que s’enchaînent certaines des plus belles plages de l’île. De prime abord, Baladirou et Pointe Coton séduisent davantage que Gravier ou Anse Fumier. De premières impressions trompeuses : les grains éclatants de celles-ci valent bien les ots indécents de celles-là. Sur l’une ou sur l’autre, même plan d’action : ôter ses sandales, dérouler sa serviette, positionner stratégiquement sa tête à l’ombre d’un lao. Enfouir pieds, puis mains, dans le sable brûlant, laisser le soleil chau er ce qu’il reste de peau et s’assoupir en n. Puis, s’éveiller au doux bruit du ressac, se demander si l’on rêve encore, se jeter dans l’eau de mer pour véri er. Le lendemain, réitérer.
S’activer est une possibilité, pourvu que l’on en ressente l’envie : à Rodrigues, tout est à faire et a aire d’impulsion. Un matin, on se lève avec la certitude que notre place est au marché. Miel, con ture de papaye et achards de légumes encombrent bientôt le panier en osier. L’après-midi, on s’en irait bien explorer. Sans bouder le lagon, s’intéresser à un visage plus discret de l’île, à l’écart des concertations touristiques, est toujours une bonne idée.
Tout est à faire et affaire d’impulsion.
Un matin, on se lève avec la certitude que notre place est au marché. Miel, confiture de papaye et achards de légumes encombrent bientôt le panier en osier. L’après-midi, on s’en irait bien explorer. Sans bouder le lagon, s’intéresser à un visage plus discret de l’île.

À quelques kilomètres du littoral, une plongée dans la Caverne Patate ravive notre instinct de chercheur d’or, enfoui quelque part avec nos membres dans le sable de l’océan Indien. Le tunnel s’enfonce à plus d’un kilomètre dans les entrailles de la terre. Pardi, si nous étions pirates, voilà qui ferait une bonne cachette pour un butin ! Dommage, la visite étant obligatoirement guidée, di cile de s’éloigner du groupe pour partir prospecter. On se contente nalement d’observer les drôles de formes que sculpte patiemment l’eau à une dizaine de mètres de profondeur. La quête inassouvie de l’or d’Olivier Levasseur – le vrai nom du pirate – tombe de nouveau dans l’oubli. Jusqu’à ce que, deux jours plus tard, en dépliant une carte, un nom jaillisse comme une évidence : Trou d’Argent. La langue de sable s’étire, imperturbable, face à l’eau. Son nom est-il une référence aux accents métalliques des ots ou aux pièces étincelantes qu’évoquait le pirate quand il s’écria sur l’échafaud : “Mon trésor à qui saura le prendre !” ? Le mystère demeure. À imaginer les curieux du monde entier prendre la mer pour venir inspecter Rodri-
gues, fouler son rivage, explorer ses terres et s’émerveiller, une idée commence à germer : et si le trésor n’était pas matériel, en réalité ? Car en accostant sur Rodrigues à notre tour, il nous a semblé trouver immédiatement le butin sous nos pieds, sans véritablement l’attendre ni le chercher. Doré, étincelant jusqu’à aveugler : ne serait-ce pas tout simplement ce sable qu’une mer transparente vient lécher ? •
LES ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Vols directs depuis Paris (environ 12h) opérés par Air France et Air Mauritius. L’occasion de potasser (enfin) son guide de voyage. Le bon moment La période d’octobre à décembre, au passage de l’hiver à l’été austral, est particulièrement agréable. Toutefois, dans ce coin de l’océan Indien, le soleil et la chaleur répondent présents toute l’année. Durée idéale D’une Mascareigne à l’autre, six jours pour s’alanguir, rêver, barboter sur l’île Maurice, puis quatre jours pour récidiver à Rodrigues. Budget 13 jours à partir de 3 300 € par personne incluant vols, hébergements, transferts privés et activités dédiées pour chaque île (exploration et dégustation de rhum sur la première; pirogue et spa sur la seconde). Contactez un conseiller Voyageurs du Monde au 01 84 17 70 91


Paysage/ Nature
Maurice déroule unemorphologie douce à l’image de ses mornes élimés, des plantations de canne à sucre, des forêts d’ébène.
ÀChamarel, elle livre ses Terres des Sept Couleurs, une île propice aux balades contemplatives.
Sur la plage et sous l’eau
À l’abri de sa barrière de corail, Maurice étend de longs filets de sable fin aux variations subtiles : des classiques Mont Choisy, Trou au Biche, à l’ouest, à la plus confidentielle
Palmar, à l’est. Le Morne pointe parmi les hauts lieux du kitesurf mondial tandis que la rivière Tamarin invite à glisser en kayak.
Culture/ Cuisine
Fêtes hindoues, chinoises ou musulmanes, la mixité culturelle et religieuse s’exprime à tout-va. On y chante le séga et le bhojpuri dans la même phrase. Le créole mauricien est teinté d’élégance française et d’anglicismes. Biryani, mine frit, dholl puri : dans l’assiette aussi les influences – indiennes, africaines, chinoises –se mélangent et s’équilibrent entre piment, acidité et douceur.
MAURICE
LA RÉUNION
MALGRÉ LEUR PROXIMITÉ, LEURS FORMES MIROIRS, CES ÎLES PHARES DE L’OCÉAN INDIEN DIFFÈRENT EN TOUS POINTS, OU PRESQUE. PAYSAGES VOLCANIQUES ET ÉNERGIE TELLURIQUE DE L’UNE, LANGUEUR SUAVE DE L’AUTRE, ELLES SE REJOIGNENT DANS LA DOUCEUR SUCRÉE DE LA CANNE, FAÇONNANT DES RHUMS À L’IMAGE DE LEUR TERRITOIRE.
Paysage/ Nature
Cilaos, Mafate, Salazie: LaRéunion dresse ses cirques volcaniques vertigineux, des remparts couverts de forêts primaires, auxquels le Piton de la Fournaise imprime encore son souffle. Une terre de feu ténébreuse, taillée pour la randonnée, le canyoning, le parapente.
Sur la plage et sous l’eau
Criques de roche sculptée, sable noir ou blond, vagues puissantes propices aux surfeurs téméraires. Les lagons sont rares, l’Hermitage en est un. L’île offre des plongées spectaculaires le long des tombants et le spectacle précieux des baleines à bosse de juin à octobre.
Culture/ Cuisine
Un brassage des cultures qui s’exprime à la fois dans la musique et les saveurs. Le créole réunionnais, langue rugueuse qui dit la lave, les hauts, les bas et les révoltes, joue avec la cadence du maloya. Côté cuisine: cari, rougail, marmites fumantes pleines d’épices sentent bon la convivialité. Le sacré est diffus aussi : malbar, kabaré, processions catholiques, rites malgaches et croyances populaires.

© Vanessa Martin
SANS FILTRE
Vestiges du continent primordial, les cent quinze îles des Seychelles ont un jour dérivé dans l’océan Indien, gagnant une tranquillité bénéfique à la nature, aux récifs débordants de vie, aux anses sauvages et aux plages étincelantes.
Mahé
Cent quinze îles ? Mais par où commencer ? Eh bien par le commencement : Mahé, port d’entrée et port d’attache pour qui veut rayonner dans l’archipel. On peine parfois à se gurer que les îles sont des pays comme les autres, qu’elles ont des capitales. Dans le cas de Mahé, c’est à double tranchant. Il y a plus de monde ici que sur les autres îles. Cela plaît à certains, moins à d’autres qui s’en vont voir par-delà les mers s’ils trouvent l’apaisement insulaire, le vrai. Pourtant, Mahé est l’une des rares îles à révéler au voyageur un peu de l’histoire des Seychelles.
À Victoria, le National Museum of History revient sur la “découverte” de l’archipel par les explorateurs, sur l’époque coloniale et sur l’indépendance gagnée sur les Britanniques en 1976, sur la construction de la nation, les traditions créoles, etc. Au Sir Selwyn Selwyn-Clarke Market, ce sont les Seychelles du quotidien qui se racontent sur les étals de mangues, petites bananes, papayes, gombos, poisson salé et piments. En s’éloignant de Victoria, après une poignée de virages dans la forêt tropicale, on atteint le point de vue de La Mission, sûrement l’un des plus beaux de l’île si l’on s’y rend le matin pour éviter la brume. La randonnée qui permet d’atteindre le plateau de Copolia n’est pas mal non plus. Elle se fau le dans la jungle du parc national du Morne seychellois, donnant à voir la faune et la ore endémiques, et notamment l’adorable grenouille Gardiner, qui ne mesure pas plus d’un centimètre.
L’arrivée, cinq cents mètres au-dessus de l’eau, est un cadeau : des vues spectaculaires sur les collines émeraude et le bleu profond de l’océan Indien. On n’y tient plus. Depuis le petit port d’Eden Island, on embarque pour une croisière de quelques jours autour de l’île. À bord du catamaran, un skipper, quelques vivres, masques et tubas. Le nécessaire pour caboter d’une anse à l’autre, de Cerf Island à Round Island, dans le parc marin de Sainte-Anne. Les es-
cales sont autant d’opportunités de baignades. Les eaux, d’abord turquoise, se révèlent parfaitement translucides quand on y plonge la main, le pied, puis le corps tout entier. On nage aux côtés de milliers d’écailles qui, sous la surface, scintillent entre coraux et prairies d’herbes marines. Fascinant kaléidoscope. Le soir, au mouillage, le bateau berce de son léger roulis les émotions suscitées par la journée. L’esprit est un peu hébété, le corps délicieusement éreinté par tant de barbotage, de soleil et de vie.
Satellite vert ottant au nord-ouest de Mahé, Silhouette ondoie, tout en collines arborées. On trouve ici des espèces végétales précieuses – près de 2 000 plantes di érentes dont 75 endémiques. Les balades autour du mont Dauban dévoilent forêt primaire, mangrove, liane Pot-à-Eau, ylangylang, bois de santal et bois méduse, essence très rare pouvant atteindre jusqu’à huit mètres de haut. La roussette des Seychelles, chauve-souris au pelage automnal, est ici chez elle. Autour de l’île, les eaux, classées parc national marin, grouillent de poissons et tortues – surtout vers Grand Barbe. On ne sait où donner de la tête.
NOUVEL APPEL DU LAGON
De Mahé, on rejoint La Digue. Depuis le bastingage du ferry, on observe cette terre improbable grossir comme par magie. Loin du développement de l’île-capitale, on pénètre ici dans une véritable miniature des Seychelles, une carte postale tape-à-l’œil. Des palmiers trop verts, du sable trop blanc, une eau trop bleue. Pourtant, ce paradis est bien réel. No lter. Pour s’en convaincre, à défaut de se pincer, on tâte le terrain. Du bout de l’œil, au domaine de l’Union, ef de la matinale Aldabrachelys gigantea, tortue terrestre pouvant mesurer plus de cent-vingt centimètres et vivre plus de cent-vingt ans. Cet ancien domaine colonial produisait du coprah à tour de bras, huile de coco aux mille vertus, et de la vanille.
Silhouette




Constance Ephelia, Vanessa Martin

Volumes généreux, espaces semi-ouverts avec vue sur la mer, la Villa North Island subjugue.
© North Island/Andrew Howard
Silhouette ondoie,
tout en collines arborées. On trouve ici des espèces végétales précieuses –près de 2000 plantes différentes dont 75 endémiques. Les balades autour du mont
Dauban dévoilent forêt primaire, mangrove, liane Pot-à-Eau, ylang-ylang, bois de santal et bois méduse…

Mais aussi au cœur de la réserve ornithologique de l’endémique Veuve noire, alias le tchitrec des Seychelles, qui doit son nom à son plumage bleu-noir d’amant endeuillé. Du bout du pied, ensuite, sur les sentiers grimpant jusqu’au Nid d’Aigle qui culmine à 333 mètres et s’ouvre à 360 degrés. Les semelles foulent le granit, la terre rouge et l’humus meuble de la forêt pour parvenir au sommet et avaler, d’un regard, Praslin, Marianne et Félicité. Nouvel appel du lagon. À bord d’un kayak à fond de verre, on glisse sur les eaux claires de l’Anse Source d’Argent, guettant poissons-papillons, chirurgiens, empereurs ou lapin-marguerite et le très beau baliste-Picasso, artiste des récifs. À sept kilomètres au nord de La Digue, la toute petite île Cocos est cernée de fonds marins exceptionnellement préservés où masque et tuba su sent à observer anguilles, tortues et, parfois, requins-baleines. À vélo, on roule de plage en plage. Eaux limpides, rochers de granit aux courbes douces, sable immaculé, celle de l’Anse
Source d’Argent est l’une des plus belles. Tom Hanks y robinsonna le temps du tournage de Seul au monde (2000). Depuis, c’est l’une des plages les plus photographiées de la planète. Sur Félicité, on envisage l’isolement comme un luxe. Cette île-hôtel proposent à une poignée de privilégiés de déconnecter sur fond de cocoteraie et de côte minérale. On investit une villa exclusive avec piscine. Comme à la maison, ou presque.
ROYAUME DE MANGROVES ET PAILLETTES DE CORAIL
Autre confetti tropical, Praslin ne se trouve qu’à une demi-heure, ourlée de falaises qui furent longtemps l’antre de pirates. Ces Seychelles-là ont la chance d’abriter l’une des plus anciennes forêts primaires, la Vallée de Mai, réserve naturelle d’un peu moins de vingt hectares réinventant un monde originel. Là, pousse une ribambelle de palmiers, dont le coco de mer qui produit la plus grande graine du monde végétal : la bien-nommée coco-fesse, à la forme évocatrice.



Pays de cocagne pour randonneurs, il l’est aussi pour le perroquet noir qui ne vit qu’ici, aux côtés de bulbuls et martinets, geckos et caméléons.
Pays de cocagne pour randonneurs et pour le perroquet noir qui ne vit qu’ici, aux côtés de bulbuls et martinets, geckos et caméléons. Autour de l’île, le littoral, frangé de collines foisonnantes, est parsemé de rochers de granit rose contrastant avec les eaux turquoise. L’Anse Lazio et l’Anse Georgette sont, à cet égard, un pur émerveillement. Du côté de l’Anse Kerlan, ça swingue. Le plus beau golf de l’archipel exhibe, le long de ses dix-huit trous, des panoramas absolument remarquables. Sorte d’extension naturelle de Praslin, l’île Curieuse est un véritable sanctuaire pour les tortues imbriquées et les tortues géantes d’Aldabra à qui l’on envie ce royaume de mangroves et de plages à l’intégrité épatante. Les vestiges d’une léproserie nous rappellent qu’en isolant les malades, l’homme rendit, sans le vouloir, un immense service à la nature. Et puis, il y a ces îles-ovnis qui, en se détachant du continent, ont rebondi encore plus loin, prenant leurs cliques et leurs claques pour aller se perdre dans l’océan Indien. C’est le cas, par exemple, de l’île Alphonse
et de Denis Island, paillettes de corail entourées de spots de plongée étourdissants de beauté. Un éden privé planté delaos et badamiers où quelques chanceux viennent tenir compagnie aux gazouillants shamas, rousserolles et foudis. Les foodies reviennent quant à eux aux choses les plus simples, dévorant sur la plage poulpe et bourgeois grillés directement avec les mains. Une certaine dé nition du paradis. •
LES
ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Vol pour Mahé. On se déplace ensuite essentiellement en ferry inter-îles –petits voyages dans le voyage–, en bateau privé le temps de la croisière et, éventuellement, en avion pour rejoindre certains îlots plus lointains.
Le bon moment Si les Seychelles sont accueillantes quasiment toute l’année, c’est au printemps et à l’automne qu’elles affichent leur plus beau visage.
Durée idéale 12 jours (vols inclus).
Budget À partir de 3 800 € incluant vols, traversées en ferry, croisière, hébergements, activités en privé et conciergerie francophone. Contactez un conseiller Voyageurs du Monde au 01 84 17 70 92

MALDIVES : PLACE TO BEACH
FERMEZ LES YEUX ET IMAGINEZ
LA PLAGE IDÉALE. LA PROBABILITÉ QUE VOTRE ESPRIT VOUS DÉPOSE SUR UN ATOLL MALDIVIEN EST AUSSI GRANDE QUE CELUI-CI EST PETIT. RESTE À RÉSOUDRE UN PROBLÈME : CHOISIR.
Ici plus qu’ailleurs, on ne va pas à la plage, on y vit. Un théâtre de soie blanche saupoudré d’une poignée de villas juchées sur pilotis, le point d’embarquement vers un spot de plongée ou de surf: aux Maldives, la plage est l’essence même du voyage. Mais comment choisir? Si bien souvent l’hébergement dicte le choix de l’île, l’esprit de ses plages est également un repère important. Les voyageurs romantiques trouvent leur bonheur sur le sable doux de Cocoa Island (Malé Sud), ils s’aiment à l’ombre des regards sous la végétation qui borde la plage du Cheval blanc Randheli (atoll de Noonu).
À ceux qui veulent un spectacle éblouissant, cap sur les bancs de sable (é) mouvants de Soneva Jani (toujours Noonu), les quatrekilomètres infinis du Lux filant sur l’atoll Sud d’Ari, le cordon piquant dans les eaux turquoise de Finolhu et le patchwork de bleu d’Amilla, toutes deux dans l’atoll de Baa. Ce chapelet d’îles, au nord de Malé, est aussi l’un des plus sauvages, classé par l’Unesco comme réserve de biosphère. Son voisin direct, l’atoll de Raa, abrite lui aussi des perles rares. Des plages vouées aux romances tranquilles, comme celle du You & Me (Adults Only) , et d’autres dédiées aux amateurs d’art contemporain : sur Muravandhoo , l’hôtel Joali marie la beauté brute de l’île à une série d’installations, d’expositions et d’ateliers. Quand corail et cocotiers dialoguent avec marbre blanc et de bois sculpté. Les fans de plongée ont rendez-vous quant à eux sur l’atoll d’Ari Nord. À partir d’un camp de base luxuriant à tout point de vue, Kandolhu , une île de poche cerclée d’un large anneau d’ivoire. On rayonne ici en dhoni de spot en spot. Maalhos, Thila, Fesdhoo Wreck : tombants, grottes, épaves, royaume des coraux tabulaires, poissons-clowns et tortues. Masque, tuba et palmes garantissent un spectacle éblouissant, qui peut être guidé par un biologiste spécialisé. Dans la même catégorie, l’atoll méridional de Laamu est reconnu pour la richesse de son écosystème marin. Depuis la plage du Six Senses, les plaisirs aquatiques oscillent entre nager au lagon avec les raies et surfer des tubes parfaits.











© Mathieu Richer Mamousse
TROPIQUES EN HÉRITAGE
Forteresse rugissante, champs parfumés, bouddhas dorés : au large des côtes indiennes, l’ancien royaume de Ceylan est devenu Sri Lanka, “l’île resplendissante”. À quelques milles marins, délicieuses et affirmées, les Maldives jouent des prolongations éthérées.
SRI
J’ai trouvé ! Le Sri Lanka !”, déclara-t-il, un air mi-solennel, mi-exalté sur le visage. J’ai esquissé une moue dubitative. Le Sri Lanka ? Voilà qui ne me disait rien – rien qui vaille en tout cas. Déjà des semaines que nous cherchions une destination pour notre prochain voyage. Lui rêvait de surf, de sites historiques mangés par la végétation, d’animaux sauvages. De mon côté, j’avais une image bien précise en tête : mon âme sœur et moi sur une plage immaculée, les grains de sable se mêlant au grain de la peau. “Ça coche toutes les cases, a-t-il enchaîné. Il y a des temples centenaires, des safaris, un train qui le à travers les plantations de thé. Et… – il arborait l’air de celui qui s’apprête à abattre sa carte maîtresse –… C’est juste à côté des Maldives.”
DANS LES PAS D’UN GUIDE PRIVÉ
Et si l’amour n’était pas fait de compromis mais d’associations astucieuses ? Quelques mois après cette révélation, nous nous envolons pour Colombo, capitale d’un pays qui, jusqu’en 1972, se prénommait Ceylan. À l’atterrissage, l’air est chaud, presque vaporeux. Amateur d’architecture, Monsieur a réservé pour la nuit dans le pied-à-terre urbain de Geo rey Bawa (1919-2003), architecte-star sri-lankais, père du modernisme tropical. De là, nous sommes à pied d’œuvre pour explorer la cité.
La capitale tranche admirablement avec le reste du pays ; c’est du moins ce que serinent locaux et voyageurs. Ce que je connais du Sri Lanka, pour l’instant, c’est ça : des rues encombrées de tuk-tuks et de bus amboyants, des projets architecturaux ambitieux… Une ville qui ne doute pas d’elle-même. Le guide papier est resté à l’hôtel : rendez-vous est pris avec un expert. Les sites incontournables – à l’image du populaire Ministry of Crab, spécialisé dans l’assaisonnement des décapodes démesurés –, très peu pour ce local francophone. Renseigné sur nos centres d’intérêt, avide d’entendre nos envies du jour, il concocte un programme aux petits oignons – avec juste ce qu’il faut de curry. Après quelques heures dans les coulisses de Colombo, nous rejoignons les habitants sur de petites chaises en plastique du front de mer. Le sou e du ressac est couvert par le chant saccadé des spatules en métal sur la plaque chau ante. Le fameux kottu roti, roi de la street food sri-lankaise (lamelles de pain, légumes émincés, œuf), est en préparation. Les recommandations de notre astucieux guide nous mènent ensuite à Dambulla, déployée autour d’un imposant bloc de granit. En retrait de la cité, sur les rives du lac de Kandalama, Geo rey Bawa (encore lui) a pensé un “austère palais de jungle” : lobby encastré dans la roche, lianes courant sur les façades, toits chargés de manguiers.
Colombo
Kandalama
Dambulla
Kandy
Polonnâruvâ
Maldives
Arugam Bay

Lunuganga Estate, ancienne résidence de l’architecte-star du Sri Lanka, Geoffrey Bawa.




Direction
la gare, pour Kandy. Les wagons affichent
complet: l’attrait réside autant dans le trajet panoramique à travers champs que dans la précieuse relique conservée au temple de la Dent de la ville d’arrivée.
Signe que l’édi ce s’intègre dans le paysage sans rien déranger, les singes grimpent aux piliers et les martinets nichent dans les couloirs. Dans le secteur, l’histoire du pays a pris des tournants décisifs. Parce qu’il y a fort à dire et encore plus à voir, nous avons sollicité un guide privé francophone. Pédagogue, il prend les choses dans l’ordre. Premier siècle avant J.-C. : le temple et les grottes de Dambulla. Chaussures déposées à l’entrée, épaules couvertes, on s’attaque à ces marches polies par vingt-deux siècles de pèlerinage. Cinquième siècle : le roi parricide Kassyapa érige une forteresse à 180 mètres de hauteur, au sommet du rocher du Lion : Sigirîya. Six cents marches plus tard, nous dominons la jungle, guettant au loin les contreforts du pic d’Adam. Onzième siècle : Polonnâruvâ devient capitale du Sri Lanka après la chute d’Anurâdhapura. Le palais royal, avec ses cinquante pièces, et les superbes bouddhas (debout, assis, couché) du Gal Vihara prennent vie grâce au guide. Mieux vaut être bien accompagnés que seuls, nous en sommes désormais persuadés.
BOIRE LA TASSE
Envol pour la région du thé. La brume abandonne de longues écharpes matinales sur les collines vertes que les cueilleuses animent de leurs allées et venues. En arrièreplan, les monts Knuckles étendent leur bosselage rocheux. À mille mètres d’altitude, les célèbres éléphants sri-lankais ont laissé place aux daims et aux aigles noirs, plus adaptés à ces latitudes. Avec son œil expert, le guide naturaliste les désigne sans sourciller. Il parle anglais mais “yellow-eared bulbul” se traduit “bulbul oreillard” ; “Layard’s parakeet”, “perruche de Layard” ; “mouse-deer”, “chevrotain”. Il est ensuite question de thé. Noir s’entend. Les acteurs d’une petite usine font le point sur l’art et la manière de préparer la feuille pour l’infusion. Le procédé est assez méticuleux. À la n du tour, on boit la tasse, avant de redescendre en pression. Direction la gare, pour Kandy. Les wagons a chent complet : l’attrait réside autant dans le trajet panoramique à travers champs que dans la précieuse relique conservée au temple de la Dent de la ville d’arrivée.


La canine aurait été amenée là, dissimulée dans la chevelure d’une princesse – sacrée épopée. Percussions, encens : les cérémonies sont à la hauteur du standing religieux que le trésor confère à la cité. Retour au plancher des éléphants. Ceux-ci ont largement investi la grande île. Dans le parc de Yala, ils se déplacent en formation serrée. Un (large) pas de côté en révèle la raison : un éléphanteau est venu agrandir le troupeau. Oreilles et trompe battant follement, il est encore un peu gauche, et terriblement attendrissant. Tout à côté, il y a la mer. On rechigne un peu à y aller sachant ce que réserve la suite mais il est bon de savoir qu’au Sri Lanka aussi, le balnéaire est une option. Et solide avec ça : si l’océan Indien n’est pas le paradis des nageurs, les surfeurs, eux, s’en donnent à cœur joie. À Arugam Bay, la plage est in nie, toujours balayée d’une lumière dorée ; les rouleaux longs, réguliers, sculptés par les alizés. Sur le sable comme au village, de faux-airs de Californie : cafés colorés et hamacs suspendus, même décontraction branchée. En remontant la côte, les plages d’Uppuveli et Nilaveli n’ont pas à rougir de leurs couleurs. Depuis la rive de la seconde, on accède au parc
marin de Pigeon Island. Tortues, requins à pointe noire et quelque trois cents espèces de poisson y batifolent tranquillement, des snorkeleurs curieux dans leur sillage. Les adeptes apprécieront. Nous avons, pour notre part, décidé de prendre le large.
PARESSE MAL(A)DIVE
Ouvrez la parenthèse. À mille kilomètres des côtes ceylanaises, les Maldives entrent en scène. En apesanteur sur l’océan Indien, 1 200 pastilles de corail comme autant de promesses d’une échappée tropicale. Déjà les caïques arabes y jetaient l’ancre sur la route du détroit de Malacca ou du Kerala, les boutres venus de Batavia s’arrêtaient pour y faire le plein de fruits et d’eau douce. L’archipel endossa son rôle de refuge bien avant de servir de modèle pour carte postale sur papier glacé. Son chef-lieu à peine foulé, on s’en repart en speedboat ou en hydravion vers l’une de ces îles qui, consacrées à un seul hôtel, ont le luxe d’être entièrement tournées vers le bien-être d’une poignée de visiteurs. Les arbres et les chaumes donnent une ombre propice et douce ; les pontons forment comme des antennes palpant la mer.
© Chris Schalkx
© Carlota Weber Mazuecos


© Carlota Weber Mazuecos

Un massage divin sous une pluie de coco ou une émulsion de papaye. Un cocktail amer, un nouveau bain de mer. Le programme est évident. Quoi que, on peut parfois hésiter entre pool et plage.
Blanc du sable, bleu transparent et changeant de la mer, vert soutenu de la végétation dé nissent un programme par la couleur. Au cœur de l’Indian Ocean, la vie se réduit à sa plus simple expression. Lire, rêver, savourer. Prendre de grandes goulées de cet air sucré typique des tropiques. Dialoguer avec les poissons ou, mieux encore, avec les requins-baleines, géants mouchetés totalement ino ensifs. À la surface, quelques dhoni, ces barques à voile traditionnelles, rappellent l’existence d’une civilisation qui, bientôt, retombe dans un oubli bienheureux.
Un massage divin sous une pluie de coco ou une émulsion de papaye. Un cocktail amer, un nouveau bain de mer. Le programme est évident. Quoi que, on peut parfois hésiter entre pool et plage. Dans les deux cas, la transparence de l’eau, avec insistance, invite à la baignade. Soudain régénérés, on possède l’élan nécessaire pour se lancer dans des tâches plus énergivores. Encore faut-il en avoir l’envie. Monsieur ne tient pas longtemps en place : windsurf, wakeboard, kayak. Pourvu qu’il ne demande pas de participer. Ouf, l’implication semble se limiter à l’observer d’un œil distrait depuis le sable, la
main en visière, avant de retomber dans un état de semiconscience, méditatif ou même pas, le soleil chatouillant la peau. Les gouttes qu’il éparpille un peu partout à son retour fondent rapidement sous ce soleil implacable. Les soucis aussi. Même les pensées ( to do list à rallonge et besognes triviales) n’y résistent pas. Béats, on rechigne à fermer cette parenthèse. Heureusement, une forme de magie opère : l’esprit s’attarde sur l’île longtemps après que le corps s’en soit échappé. •
LES ESSENTIELS POUR PARTIR
Y aller Vol direct (10h) entre Paris et le Sri Lanka. Petit entracte de 1 h 15 dans les airs entre Colombo et Malé, chef-lieu des Maldives. Puis 25minutes de bateau pour rejoindre votre île-hôtel.
Le bon moment De décembre à mars, à la saison sèche. Aux Maldives, cela permet de maximiser l’ensoleillement. Côté Sri Lanka, cela coïncide, dans l’ouest, le sud et les montagnes, à la belle saison.
Durée idéale 7 jours pour embrasser tout ce que le Sri Lanka sait proposer et 4jours pour s’alanguir dans un archipel rêvé.
Budget 13 jours à partir de 4 200 € par personne incluant vols, hébergements, chauffeur privé et guides dédiés pour vos reconnaissances en terre sri-lankaise.
Contactez un conseiller Voyageurs du Monde au 01 83 64 79 39/35
MADAGASCAR : LES ÎLES DE L’ÎLE
ELLES GRAVITENT AUTOUR DE L’ÎLE ROUGE TELLE UNE ARMADA DE POUPÉES GIGOGNES. ICI LONGILIGNES ET SAUVAGES, LÀ, MINUSCULES ET PARADISIAQUES. SIX FAÇONS DE DÉCLINER L’INSULARITÉ MALGACHE.

La plus célèbre Nosy Be
Où ? À huit kilomètres au large de la côte nord-ouest, sous le tropique du Capricorne. Quoi ? La “grande île” des petites îles, capitale o cieuse de l’archipel. Plages blondes, volcans assoupis, plantations de vanille et d’ylang-ylang qui parfument l’air. On adore Les couchers de soleil sur la baie de Hell-Ville, les plongées avec les requins-baleines, la réserve de Lokobe où les lémuriens jouent les acrobates. Quand ? D’avril à novembre, pendant la saison sèche, la mer est un miroir. On y va avec Un nez a ûté pour reconnaître l’ylang-ylang à l’aveugle.

La plus paisible Nosy Boraha
Où ? Au large de la côte est, face à Soanierana Ivongo. Quoi ? Ancien repaire de pirates, aujourd’hui sanctuaire des baleines à bosse. On adore Se perdre dans le cimetière marin de la baie des Forbans, observer les sauts des baleines de juillet à septembre, longer les criques de l’île aux Nattes, minuscule paradis. Quand ? Entre juillet et octobre, la haute saison des baleines. On y va avec Un vieux roman de Robert Louis Stevenson ou de Herman Melville, pour s’imaginer en corsaire.
La plus marine Nosy Tanikely
Où ? À une dizaine de kilomètres de Nosy Be, un confetti sur l’Indien. Quoi ? Réserve marine intégrale, l’aquarium naturel du canal du Mozambique, sanctuaire sous-marin, ni hôtel, ni village, juste une poignée de sentiers et un lagon. On adore L’impression de plonger dans l’air tellement l’eau est claire, longer des plages vierges bordées de palétuviers, pique-niquer sous le phare centenaire. Quand ? Toute l’année, mais la visibilité sous-marine est maximale d’octobre à décembre. On y va avec Un masque, un tuba, un respect religieux pour les coraux.


La plus exotique Nosy Sakatia
Où ? Juste en face de Nosy Be, à dix minutes de bateau. Quoi ? Une île discrète, préservée, tapissée d’orchidées sauvages, de citronniers et d’eucalyptus. On adore Se faire aussi petit que le caméléon local, nager avec les tortues vertes dans les herbiers, crapahuter sur les sentiers jusqu’au coucher de soleil, se poser dans des villages où le temps s’écoule au ralenti. Quand ? Toute l’année, dès que l’envie de fuir l’agitation de Nosy Be se fait sentir. On y va avec Un sac léger, le risque de s’attacher à la barefoot life
La plus préservée Nosy Komba
Où ? Au large de Diego-Suarez (Antsiranana), à un simple bond de Nosy Be. Quoi ? Une île volcanique (son point culminant est l’Antaninaomby, à 622 mètres d'altitude), en forme de dôme, surnommée “l’île aux lémuriens”. On adore Les villages de pêcheurs sans voiture, les pirogues échouées sur la plage, l’ascension jusqu’au sommet pour embrasser tout l’archipel du regard. Quand ? Toute l’année, avec une préférence pour l’intersaison, plus calme. On y va avec Des petits fans de la saga Madagascar.


La plus paradisiaque Nosy Iranja
Où ? À cinquante kilomètres au sud-ouest de Nosy Be, au bout du monde. Quoi ? Deux îlots jumeaux soudés par un cordon de sable blanc de deux kilomètres, un mirage qui s’efface à marée haute. On adore Marcher sur ce ruban de poudre corallienne à marée basse, voir les dauphins escorter les pirogues, attendre la nuit et observer les tortues qui viennent pondre sur les plages. Quand ? D’avril à novembre, quand la mer se fait aquarelle et déroule ses camaïeux de bleus. On y va avec Un boîtier photo étanche, même si on s’était juré de voyager léger.
D’autres idées de voyages sur les îles de l’océan Indien

L’île Maurice en refuge cosy Quiétude insulaire
Poste Lafayette
Sur la côte nord-est, une adresse s’élève face à une petite crique de sable blanc. Les eaux esquissent un va-et-vient, les casuarinas une ombre bienvenue. Déroulant un tapis d’activités –de la pêche aux oursins à l’indétrônable snorkeling–, l’océan fait concurrence à une piscine et un spa régénérants. Une véritable ode au romantisme.

Les Maldives entre amis
Villa sur la plage et croisière privée Maldives
Entre amis, bousculer les a priori en prenant d’assaut un archipel associé aux amoureux pour une aventure en deux temps. Sur la terre, d’abord, avec une île-hôtel enveloppée de récifs et de lagons que l’on rejoint en hydravion. Puis par la mer: navigation à bord d’un dhoni privatisé. Capitaine, steward et chef privés viennent compléter votre joyeux équipage.
La Réunion au sommet
Nature et adresses d’exception
Sainte-Anne/Grande Anse/Saint-Leu
Des hautes terres à l’océan et du Sud sauvage aux forêts primaires, l’hôtellerie réunionnaise à son meilleur. Au sommet d’une colline jaugeant l’océan, accroché aux falaises de Grande Anse, dans une demeure créole ambiance arty: des refuges de haut vol, à l’image de vos activités, entre ascension du piton de la Fournaise et virée en parapente biplace.


Les Seychelles en vogue
Des pépites à vivre Silhouette/Praslin/Félicité
Trois îles, trois adresses folles. À Silhouette, de charmantes maisons créoles dissimulées dans une nature luxuriante. Côté Praslin, un restaurant pointu et quelques volumes aux toits de palme ouverts aux alizés. Enfin, sur l’île-hôtel de Félicité : des villas avec piscine (et butler privé) associées à un spa intégré à de majestueux rochers.
L’Inde du Sud en hiver
De l’ultra cité à la robinsonnade Bombay/Andaman
En préambule, Bombay, sur scène et en coulisses. Porte de l’Inde, gare Victoria, quartier arty de Kala Ghoda : les services d’un chauffeur privé permettent de rayonner en liberté depuis l’hôtel niché dans une ancienne maison coloniale. Puis, envol pour les îles Andaman et installation sous les feuillages. Pour nager, randonner, explorer. Et rêver.


Madagascar avec les enfants
Toutes les merveilles du nord
Tananarive/Antsiranana/Andrafiamena/Ankarana/Nosy Be
Départ en famille. Comme à l’école, on garde un œil sur le programme tout en s’autorisant de belles récrés : fabriquer des cerfs-volants, courir entre les baobabs, s’évader en pirogue. Tsingys et lémuriens donnent un tour ludique aux cours de SVT. Fin de périple à Nosy Be, entre sable et mer richement peuplée.
Les îles Andaman Ultime éden
Au beau milieu du golfe du Bengale, sur un fil tendu entre la côte est de l’Inde – à qui l’archipel appartient — et la Birmanie, les Andaman se dressent comme un dernier éden. L’Inde bat ici en filigrane, adoucie par le rythme insulaire. Accessible uniquement en ferry (ou hydravion), l’île principale d’Havelock donne le ton. La danse des saris sur le petit marché répond à celle de la forêt primaire qui plante ses gigantesques troncs jusqu’à la plage, face à une mer de jade reflétant la canopée. À quelques encablures des plages désertes, une retraite discrète, le Jalakara, mêle à une élégante architecture tropicale, l’art de la discrétion.
La kaze
Comme à la maison
Un grand salon ouvert sur l’océan pour se retrouver, chacun sa chambre pour la tranquillité, une belle terrasse et une piscine à soi : associer le cadre idyllique des îles à la convivialité et l’espace d’une maison privée semble être la bonne équation. En famille ou entre amis, cette solution existe à peu près sur toutes nos destinations de l’Indien : île Maurice, La Réunion, les Seychelles. Des maisons choisies pour leur situation géographique et leur style architectural qui réunissent le meilleur des deux mondes, car on y bénéficie le plus souvent des services d’un grand hôtel, voire mieux : chef à domicile et cours de cuisine à la demande, accès au spa, activités pour les enfants. “Chéri,quandest-cequ’onemménage?”
Éditions
Voyageurs
Destinées à vous éclairer, à retranscrire l’atmosphère particulière de chaque région du monde, nos éditions Inde et Afrique ne manquent pas d’inspiration sur leurs îles respectives. N’hésitez pas à les consulter en ligne et à commander celles qui vous intéressent sur voyageursdumonde.com
À lire sur la plage
Un passage vers le Nord d’Anuk Arudpragasam (10/18)
Un voyage irrésistible au cœur du Sri Lanka actuel, de sa violence et de ses beautés. Immersion d’Emiliano Poddi, (Albin Michel) La réalisatrice Leni Riefenstahl, 101 ans, plonge dans l’eau des Maldives afin de capturer pour la dernière fois la beauté des récifs coralliens.
À combiner
Un pays/une ville + une île
1
Bombay/Andaman Art déco de Kala Ghoda, forêt primaire d’Havelock
2
Le Cap/Maurice
Montagne de la Table et lagon du Morne
3
Oman/Maldives
Après les palais, les dunes du Wahiba et un atoll désert
4
Tanzanie/Maurice
Frissons du Ngorongoro et kitesurf
5
Kerala/ Maldives
Backwaters lovers et île douce
6
Sri Lanka/ Maldives Art bouddhiste et bulle de luxe
7
Kenya/ Seychelles
Réserves mythiques et île Curieuse
8
Dubaï/Seychelles Gratte-ciel et sable fin

PRÉVOIR DE NE RIEN PRÉVOIR
LE VOYAGE DÉSORGANISÉ
Partir sur une île répond souvent à un rêve. Celui d’une plage déserte rien qu’à soi, d’un bungalow pieds dans l’eau, du calme insulaire… Et face à un océan de possibilités, mais également face à un imprévu – de météo, d’avis ou d’envies –, Voyageurs du Monde vous propose de pouvoir décider en temps réel de votre voyage. Pousser plus loin l’exploration des Açores, prolonger de quelques jours vos vacances aux Seychelles, filer plus tôt dans les Cyclades pour fuir la touffeur d’Athènes… En lien permanent avec votre conseiller et le service de conciergerie francophone sur place, vous choisissez au jour le jour la direction et les options – étapes, hébergements, activités – de votre périple. L’inventivité et la capacité d’adaptation à l’écoute de vos émotions.
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