GG Magazine-01/26 (french)

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GLAMOUR

Julianne Moore

Transgressive avec charme et naturel

Aventure en blanc

Expédition en Antarctique

Hôtel Costes

Le legs de Christian Liaigre

Thaddaeus Ropac

Entretien exclusif avec l’éminent galeriste

No. 1/26

DÉCEMBRE / JANVIER / FÉVRIER

Modèle présenté : Range Rover SV 26MY P550e (550ch CEE) BVA AWD. Consommation de carburant en cycle mixte l/100 km (WLTP) : 2,8 à 3,2.
Land Rover France. 509 016 804 RCS Nanterre.

Chère lectrice , cher lecteur,

Dans l’immobilier, au-delà des matériaux nobles et des emplacements hors pair, le glamour tient aussi à l’art de créer des espaces qui racontent une histoire, des lieux où l’enchantement se cache dans les détails les plus simples. Une maison de ville ancienne aux plafonds en stuc finement travaillés, une villa en bord de mer où la lumière dorée du soleil se reflète sur le sol en marbre ou un appartement de luxe haut perché dont les fenêtres panoramiques encadrent les lumières de la ville comme un précieux tableau. L’élégance, loin d’être accessoire, est alors une posture délibérée qui permet de mettre en valeur la beauté.

Dans cette édition, nous vous invitons à plonger dans un monde dans lequel l’architecture et le design sont le théâtre d’expériences extraordinaires. Vous y découvrirez des demeures dont la situation, l’aménagement et surtout l’incomparable charme vous séduiront. Elles sont le cadre rêvé pour des grandes réceptions, des rencontres et des souvenirs inoubliables. Car la véritable splendeur se déploie là où les espaces ont le pouvoir d’engendrer des moments exceptionnels.

L’hiver, avec ses longues nuits et ses nombreuses fêtes, est la saison idéale pour profiter pleinement d’un intérieur douillet. Des lumières, une table élégante, de la musique qui résonne sous de hauts plafonds – tout cela compose cette ambiance particulière que nous apprécions tant. De tels moments nous offrent l’opportunité de célébrer l’extraordinaire dans notre quotidien, de créer autour de nous une beauté qui nous galvanise.

Laissez-vous émouvoir par des récits qui révèlent la promesse de l’élégance : celle de la beauté, de la joie et d’un souffle d’éternité. Sa magie a le pouvoir de nous faire oublier un instant le passage inéluctable du temps.

Glamour !

Nous sommes heureux, en ce début d’hiver, de vous présenter une édition qui s’accorde si bien avec la période des fêtes. Vous tomberez sous le charme de Julianne Moore, primée aux Oscars. Avec ses interprétations intimes et empathiques, elle bouscule les règles établies d’Hollywood. Christian Aust qui l’a rencontrée à plusieurs reprises, a dressé pour nous le portrait de cette actrice américaine dotée d’une élégance intemporelle. L’ultime grand projet mené par le célèbre architecte d’intérieur Christian Liaigre avant son décès prématuré a été la nouvelle aile de l’hôtel Costes à Paris. Steffi Kammerer a enquêté sur ce projet et évoque ce grand designer, l’un des plus marquants et des plus copiés de notre temps. Rencontrez aussi Thaddaeus Ropac, un des galeristes les plus influents de notre époque, dans l’interview réalisée par Sven Michaelsen à la page 56. Puis, embarquez pour un fabuleux voyage en Antarctique dans le plus grand confort. À la page 30, vous pourrez lire mon reportage sur une croisière de trois semaines dans les glaces éternelles à bord du Hanseatic Nature. Et si après les fêtes le besoin se fait ressentir d’offrir un temps de répit au corps et à l’esprit, je recommande le Medical Health Resort Vivamayr sur le Wörthersee. Vous pourrez lire le récit de mon séjour dans ce centre de cure à la page 64. Je finirai sur une note personnelle : après avoir été vingt années durant rédactrice en chef de GG, j’ai décidé de me consacrer aujourd’hui à de nouveaux projets. C’est avec gratitude et humilité que je vous fais mes adieux. Ce fut un immense plaisir !

Très bonne lecture !

J’ai eu le privilège de diriger 80 éditions de GG. Ci-dessus : mes débuts avec Kelly Killoren Bensimon, autrice lifestyle, en couverture. Ci-contre : il est rare de voir des léopards de mer de près. Lors de mon voyage en Antarctique, nous avons eu la chance d’en apercevoir cinq.

MADE TO TOUCH. DESIGNED TO CONTROL. KNX BUILDING TECHNOLOGY IN LS ZERO IN ALUMINIUM DARK

JUNG.GROUP/LSZERO

PHOTOGRAPHER: MICHAEL SANDMAIER

Sven Michaelsen

Les entretiens de l’auteur hambourgeois avec les grandes figures de la culture contemporaine sont des moments marquants. Il a remporté le Deutscher Reporterpreis à deux reprises. À Salzbourg, Sven Michaelsen a rencontré pour GG Thaddaeus Ropac, l’un des galeristes les plus influents de notre époque. L’autrichien représente des grands artistes comme Anselm Kiefer ou Georg Baselitz et gère d’importantes successions d’artistes – dont celles de Joseph Beuys et d’Andy Warhol (page 56).

Maximilian Stamm

Début 2024, Maximilian Stamm a repris la licence Engel & Völkers à Saint-Moritz. Ancien élève du Lyceum Alpinum Zuoz, il dispose d’un excellent réseau dans l’Engadine et gère notamment la location exclusive de la propriété de la famille Sachs (For Sale, page 70). Auparavant, il dirigeait le Private Office d’Engel & Völkers pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Christian Aust

Journaliste et podcasteur, Christian Aust interviewe depuis de nombreuses années des stars internationales du cinéma, entre autres pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Au cours de sa carrière, il a rencontré Julianne Moore (article à la une, page 40) maintes fois. « Une femme exceptionnelle, pas qu’à l’écran », dit-il.

Aleksandar Rakinic

Aleksandar Rakinic, responsable du marketing global d’Engel & Völkers, joue un rôle moteur auprès de la rédaction de GG. Natif de Berlin, expert en gestion d’entreprise et dans l’art de vivre, il a travaillé pour Zalando et dans le secteur du fitness. À Los Angeles, il a contribué à la création du club de sport exclusif Heimat.

PHOTOS : PETER RIGAUD (1), KLAUS WOLTER / E&V (1)

Cover Story

PLAYGROUND

14 COOL CITY L’hiver, Saint-Moritz se mue en scène cosmopolite où le style, le sport et la haute société brillent sur fond de décor alpin.

16 INTERVIEW Un regard dans les coulisses du fameux Mandarin Oriental, New York – l’une des meilleures adresses à Manhattan.

20 ENGEL & VÖLKERS NEWS Les tendances du marché immobilier.

22 WOMAN Accessoires et vêtements raffinés qui subliment même les journées les plus froides.

24 MAN Inspiration pour design et mode entre fonctionnalité et extravagance.

26 BOOKS & MORE Histoires marquantes d’icônes hollywoodiennes et éclairages sur le monde de la mode.

162 PERSONA L Un nouveau chapitre s’ouvre à Bâle : le Grand Hôtel Les Trois Rois se présente fraîchement rénové, imprégné d’élégance contemporaine.

AT HOME

30 L’ANTARCTIQUE Trois semaines en expédition au royaume des baleines, des manchots et des léopards de mer : une aventure inoubliable à bord du Hanseatic Nature de Hapag-Lloyd Cruises.

40 JULIANNE MOORE Armée d’une grande élégance et d’une détermination discrète, l’actrice lauréate d’un Oscar a redéfini les normes d’Hollywood.

50 HÔTEL COSTES C’est avec l’agrandissement du fameux hôtel parisien que l’illustre créateur d’intérieur Christian Liaigre a mis un point final à l’œuvre de toute une vie.

Woman New Home

56 THADDAEUS ROPAC Le galeriste autrichien représente 76 artistes et successions sur trois continents — de Joseph Beuys à Robert Rauschenberg.

64 VIVAMAYR Le Medical Health Resort sur le Wörthersee propose une régénération hollistique sous contrôle médical. Sa discrétion est appréciée, y compris par le Tout-Hollywood.

FOR SALE ANNONCES IMMOBILIÈRES

70 NEW HOME Un refuge privé dans les montagnes suisses : le chalet Chesa Bellaria surprend par sa richesse artistique.

78 RESIDENTIAL & COMMERCIAL Villas, manoirs et locaux commerciaux – le plus beau de l’immobilier dans le monde.

86 – 117 AMÉRIQUES DU NORD 118 – 121 AMÉRIQUES CENTRALE 122 – 159 EUROPE

ALWAYS

6 WELCOME La préface de ce nouveau numéro.

8 EDITORIAL Glamour !

160 ADDRESSES Noms, adresses et références.

161 STAFF Mentions légales.

L’hiver à Saint-Moritz, le lac gelé accueille un évènement automobile exclusif : lors du International Concours of Elegance, des voitures anciennes défilent dans un décor alpin immaculé.

PLAYGROUND

Sommets et splendeur

Chaque hiver, Saint-Moritz devient une scène mondiale pour le style, le sport, la haute société. Voici quelques adresses et lieux de rencontre emblématiques offrant tous une vue renversante.

Pépites alpines

1 DÉLICES Au N/5 – THE BAR de l’hôtel Grace, le caviar et les huîtres sont accompagnés de cocktails insolites. 2 RELAX La piscine chauffée du légendaire Badrutt’s Palace invite à nager en plein air, même l’hiver. 3 TRADITION La Coupe du monde de polo sur neige, une discipline sportive née ici en 1985, est considérée comme la compétition la plus prestigieuse de son genre. 4 AVENIR L’immeuble eco-friendly Chesa Futura de Norman Foster combine technologies de pointe et construction en bois traditionnelle.

La petite ville située dans l’Engadine est un haut lieu du sport, du design et de l’avant-garde culinaire. Il est rare de voir la magie mondaine se déployer avec autant d’authenticité. C’est ici qu’est né le tourisme hivernal il y a plus de 150 ans. Chaque année, le lac de Saint-Moritz gelé accueille des évènements très attendus comme la Coupe du monde de polo sur neige, le White Turf ou encore le fameux International Concours of Elegance. Pour ce dernier, ce n’est pas la compétition qui prime mais la beauté indémodable des automobiles anciennes : les voitures de collection et de course sélectionnées glissent sur la glace dans un cadre enchanteur. Après une matinée passée sur les pistes parfaitement damées de la Corviglia, le Lunch & Dance du restaurant White Marmot invite à fouler son parquet en chaussures de ski – avec DJ, champagne et vue sublime. Le Paradiso mérite aussi le détour. Ses chaises-longues, ses plaids douillés et ses plateaux de fruits de mer font de la pause de midi dans la neige une expérience inoubliable. À l’écart des domaines skiables, le centre-ville est animé par la haute couture, l’art contemporain et l’art de vivre alpin. La Via Serlas a beau être courte, ses boutiques Dior, Gucci, Louis Vuitton et Bulgari lui permettent de rivaliser avec les rues commerçantes les plus luxueuses du monde. Pour les adeptes de la slow fashion et des produits fabriqués localement, il n’y a pas mieux que la marque engadinoise Lokomotive OOO. Le Super Mountain Market propose aussi du mobilier, de l’art et des vêtements de fabrication artisanale de la région.

Outre les institutions comme le Museum Engiadinais fondé en 1906, plusieurs galeries de renom suscitent l’intérêt : Hauser & Wirth et Vito Schnabel Gallery exposent des artistes

internationaux qui montrent la région des Alpes sous un nouveau jour. Les hôtels également redéfinissent les normes de l’hospitalité, notamment le Badrutt’s Palace dont la flèche emblématique est visible depuis la gare. Avec sa compagnie aérienne interne Palace in the Air, le confort commence avant même l’arrivée. La nuit tombée, la vie trépidante continue dans les bars, les lounges et les clubs branchés de Saint-Moritz. Le Sunny Bar de l’hôtel Kulm est un lieu de rencontre à la fois pour les gens du pays, les créateurs et les touristes internationaux. Le Dracula Club, fondé par Gunter Sachs, est un lieu plus privé, un refuge mythique et éternellement branché aux portes bien gardées. À environ vingt minutes de route de Saint-Moritz se trouve Plaun da Lej, un hameau tranquille au bord du lac de Sils. « Outre le sauna avec vue sur le lac et la possibilité de prendre un bain glacé, ce lieu permet aussi de déguster les fameuses spécialités de poisson », recommande Maximilian Stamm, partenaire sous licence d’Engel & Völkers Wohnen Schweiz AG.

Saint-Moritz ne vit pas de nostalgie, mais d’une interaction constante entre tradition et modernité. Dans ce cadre sans égal, l’élégance est préservée et perpétuée – les rues et les pistes se transforment en podium pour défilé de mode.

Segantini Museum Museum Engiadinais
Chesa Futura
Via Serlas Tour penchée Cresta Run Olympia Bob Run
Stade olympique
Lac de Saint-Moritz The I.C.E.
Café Hanselmann Badrutt's Palace

Une vue phénoménale

Réputé l’un des meilleurs hôtels de la ville, le Mandarin Oriental, New York attire les célébrités. Avec Marcel Thoma, son directeur général, nous avons évoqué le statut emblématique de l’hôtel et quelques souvenirs mémorables.

Vous avez plus de 25 ans d’expérience dans l’hôtellerie de luxe à l’échelle internationale. Qu’est-ce qui compte le plus dans la relation avec une clientèle aussi exigeante ?

Dans les hôtels de luxe à New York, les prix moyens se chiffrent en milliers de dollars. Chaque client qui franchit nos portes a des attentes claires en ce qui concerne le service, l’attention et le rapport qualité-prix. La concurrence est rude. Nos clients ont généralement déjà séjourné dans d’autres hôtels exceptionnels à travers le monde, ils ont matière à comparer. Notre mission est de satisfaire ce niveau d’exigence. Nous organisons régulièrement des formations théoriques et des entraînements pratiques pour notre personnel afin de répondre aux plus hautes attentes.

Comment le Mandarin Oriental se positionne-t-il dans le segment ultra-luxe pour se distinguer de ses concurrents ?

Notre hôtel new-yorkais vient de fêter ses 22 ans et jouit d’un emplacement de premier choix. Notre positionnement est unique – grâce à une vue exceptionnelle, à notre philosophie

du service à l’oriental et à la qualité de l’accueil réservé à nos clients, ici comme partout dans le monde. Comparées à celles de nos concurrents, nos chambres et nos salles de bains sont étonnamment spacieuses.

Quelle signification revêt le glamour pour vous personnellement et pour votre clientèle ?

La plupart de nos hôtels incarnent le glamour – surtout notre hôtel-phare à Bangkok. À peine entré, on perçoit le parfum subtil, l’attitude attentive du personnel, l’harmonie des couleurs et l’ambiance particulière qui y règne. Bien-sûr nos clients contribuent également à créer cette atmosphère élégante. Notre établissement à Manhattan a un caractère bien marqué et possède un charme intemporel. On y croise des stars du cinéma mais ce qui compte vraiment, ce sont les clients en général qui par leur seule présence insufflent du glamour au lieu. C’est merveilleux d’y travailler, on ne sait jamais qui on va rencontrer. Taylor Swift est venue dîner dans l’un de nos restaurants.

Y a-t-il des personnalités célèbres habituées de l’hôtel ?

Marcel Thoma dirige l’hôtel de luxe new-yorkais depuis octobre 2023. La piscine de plus de vingt mètres avec vue sur le fleuve Hudson est la pièce maîtresse du spa au 35e étage.

Bien sûr. Mais nous tenons à préserver la vie privée de nos clients. Certaines célébrités font officiellement partie de nos campagnes de communication, comme l’actrice Michelle Yeoh. New York est une ville où il se passe beaucoup de choses. Hollywood n’est pas loin. Les célébrités veulent être traitées normalement, bénéficier des mêmes services que tout le monde. C’est pour cela qu’elles viennent et restent chez nous. Il est crucial que les choses paraissent normales, même quand elles ne le sont pas tout à fait.

Lors de l’ouverture de l’hôtel en 2003, le New York Times a mentionné la superbe salle de réception. Quels évènements prestigieux accueille-t-elle ?

La salle de réception au 36e étage offre une vue grandiose sur la ville et sur Central Park – II existe très peu de salles aussi imposantes que celle-ci. Nous sommes un hôtel très en vue pour les événements professionnels, les fêtes privées et les galas de bienfaisance. À la veille des élections américaines nous avons accueilli de nombreux meetings politiques. D’anciens présidents come Bill Clinton et Barack Obama ont pris la parole chez nous. Notre hôtel est apprécié par les deux grands partis politiques qui y organisent régulièrement des évènements.

Quels moments aimez-vous vous remémorer ?

Récemment, nous avons accueilli un grand mariage réunissant dans les 500 convives, une fête sensationnelle. Et lors du Met Gala, la fille de

Mukesh Ambani, notre actionnaire majoritaire et l’homme le plus fortuné d’Asie, a présenté sa collection de bijoux ici. Elle était accompagnée d’un ami proche, Shah Rukh Khan, acteur de Bollywood très connu, ce qui a suscité un énorme intérêt.

Quels désirs extravagants vous arrive-t-il de combler chez vos clients ?

Il ne s’agit plus tellement d’objets de décoration particuliers dans la chambre. Certains hôtes requièrent leur propre cuisinier ou un repas spécial. Mais ce qui importe le plus aujourd’hui c’est la vie privée et la sécurité. Les gens veulent se sentir à l’aise et ne pas être dérangés.

Les 244 chambres et suites donnent toutes sur le fleuve Hudson ou sur Central Park et conjuguent les origines asiatiques du Mandarin Oriental avec le style occidental. Cette double identité se reflète-t-elle dans l’expérience client ?

Oui, à bien des égards. Nous formons notre personnel au service que nous désirons offrir. La discrétion et l’écoute sont la clé. Mais la sérénité avec laquelle nous nous exécutons, la précision, l’accompagnement du client de la réservation jusqu’à son départ sont tout aussi importants. La diversité culturelle se reflète également dans nos offres : ici nous célébrons aussi bien Thanksgiving que Noël, les fêtes juives ou hindoues.

Quel est votre endroit préféré dans l’hôtel ?

Sans hésitation, notre restaurant MO Lounge au 35e étage, avec vue sur toute la ville – surtout au moment du coucher de soleil.

ENGEL & VÖLKERS

LE MOT DU PDG DU GROUPE

Entre grandeur et bonheur : le luxe en pleine mutation

Le luxe a toujours été le reflet d’une époque – l’expression de courants sociaux, de dynamiques économiques et de l’identité personnelle. Mais jamais encore il n’avait subi une transformation aussi rapide et aussi variée qu’à l’heure actuelle. Tandis qu’au cours des dernières décennies les symboles de statut social étaient mis en avant, nous assistons aujourd’hui à une révolution silencieuse, quasi imperceptible du luxe. Les définitions actuelles ne sont plus liées à la simple manifestation de richesses matérielles. Ce sont les idées qui sont mises en avant : l’authenticité, la recherche de sens et de bien-être. Aujourd’hui, le luxe est ressenti pareillement dans le silence d’une villa sur la Méditerranée que dans la certitude d’avoir contribué au développement durable et à la responsabilité sociale. Le sens et le bien-être sont devenus les nouvelles devises d’un style de vie raffiné. Ces constatations sont régulièrement confirmées par les nombreux échanges personnels que j’ai avec nos conseillers et avec nos clients dans le monde entier.

En même temps, le luxe est un phénomène culturel interprété de manière très différente selon la région où l’on se trouve. Tandis qu’en Europe, on privilégie le luxe discret – qu’on retrouve dans la qualité d’un matériau, la rareté d’un savoir-faire artisanal, la tranquillité d’un paysage ou l’intimité d’une propriété –, aux États-Unis comme au Moyen-Orient, l’exclusivité se caractérise le plus souvent par une archi-

tecture imposante, des voitures sensationnelles ou des mises en scène glamour. Les deux ne sont que des formes d’expression différentes d’un même besoin fondamental : celui de rendre visible et palpable ce que la vie a d’extraordinaire. Engel & Völkers accompagne cette évolution depuis de nombreuses années. En tant que leader mondial dans l’immobilier de luxe, nous ne nous contentons pas de rechercher la beauté et la rareté, nous savons également décrypter les diverses expressions du luxe et de l’exclusivité. Personnalités, entrepreneurs internationaux ou Family Offices, nos clients font confiance à notre expertise en matière de résidences paisibles et d’investissements immobiliers – qu’il s’agisse d’une villa sur la Côte d’Azur, d’une résidence avec vue sur mer à Malibu, d’une maison de campagne en Toscane ou d’un chalet niché dans les sommets enneigés. Partout, nous mettons notre passion pour une qualité de vie élevée et une architecture d’exception au service du désir individuel de nos clients de trouver et acquérir un bien qui reflète leur définition personnelle du luxe et de l’exclusivité.

Avec notre Private Office, nous avons créé dès 2007 une section hautement spécialisée au sein d’Engel & Völkers qui offre à une clientèle internationale fortunée un service sur mesure au plus haut niveau. Les plus grandes fortunes souhaitent de plus en plus que la vente de biens immobiliers de luxe se fasse de manière discrète et non publique. Dans ce

cadre exclusif, nous associons confidentialité absolue et professionnalisme au plus haut niveau afin de permettre à nos clients l’accès à des biens immobiliers exceptionnels qui n’apparaissent nulle part ailleurs sur le marché. Le service personnalisé et le réseau mondial de nos conseillers du Private Office répondent aux plus hautes attentes, sur la base de la confiance, de la discrétion et de l’excellence opérationnelle. Telle est ma conception du luxe contemporain : non pas une démonstration tapageuse mais un choix conscient de ce qui rend la vie plus riche et plus épanouissante. La mutation du luxe implique de se détacher du superficiel pour se tourner vers l’essentiel : la qualité de vie, la liberté, le bien-être. Chez Engel & Völkers nous souhaitons prendre part à cette évolution – dans les lieux les plus convoités du monde et dans le dialogue avec celles et ceux qui ne définissent pas le luxe par la possession mais par un art de vivre.

Cordialement, Jawed Barna

PDG du groupe

Les destinations hivernales les plus exclusives sur la mappemonde d’E&V

Engel & Völkers est présent dans les destinations hivernales les plus renommées du monde — avec des propriétés d’exception à Aspen, d’élégants chalets sur les hauteurs enneigées de Saint-Moritz ou des appartements de luxe à Kitzbühel. Voici les cinq destinations hivernales les plus remarquables du réseau Engel & Völkers.

Classement basé sur les prix au mètre carré les plus élevés pour l’immobilier résidentiel dans les pays où Engel & Völkers est présent.

VAIL, ÉTATS-UNIS (49 000 euros/m²)
3. ASPEN, ÉTATS-UNIS (73 000 euros/m²)
2. SAINT-MORITZ, SUISSE (75 000 euros/m²)

ENGEL & VÖLKERS

UNE VENTE DIGNE D’UN

Engel & Völkers a vendu une propriété extraordinaire dans les montagnes de l’Utah pour plus de 50 millions de dollars — un record absolu pour l’immobilier dans cet État américain. Anecdote : La propriété apparaît dans la récente comédie dramatique

HBO Mountainhead, avec Steve Carell dans le rôle principal, écrite par les scénaristes de Succession

Son aménagement luxueux, avec terrain de basket intérieur, mur d’escalade et télécabine privée, offrait le décor idéal pour ce film sur des milliardaires excentriques de la tech !

LE FACTEUR GLAMOUR D’ENGEL & VÖLKERS

Habituellement les résidences des célébrités restent cachées au public. Néanmoins, de temps à autre, une porte s’ouvre et Engel & Völkers vous offre un aperçu inédit de ces lieux tenus secrets. Comme lors de la vente de la propriété de l’actrice Margot Robbie (1) à Los Angeles, de la villa de luxe de la chanteuse Cher sur l’île de La Gorce à Miami ou de l’emblématique villa Jako du créateur de mode Karl Lagerfeld à Hambourg. Ces biens immobiliers hors du commun offrent alors la découverte d’un monde fascinant où se mêlent design exclusif et contexte historique.

« Lumières, caméra, action ! » Engel & Völkers propose régulièrement à la vente des biens immobiliers fascinants qui servent de décor au cinéma ou à la télévision – par exemple l’île privée de Little Pipe Cay aux Bahamas qui a accueilli les tournages de Pirates des Caraïbes et de James Bond. L’élégant yacht Regina (2) dans Skyfall fait également partie des joyaux cachés du portefeuille d’Engel & Völkers. Un opulent ranch typique (3) situé dans le Nevada a servi au tournage de la série western Bonanza tandis que le salon de réception rouge d’une propriété figurant au catalogue d’Engel & Völkers et située près de Montréal apparaît dans le clip vidéo de la chanson d’Adele Easy On Me (4)

QUESTIONS POUR... 3

L’Engel & Völkers Private Office, c’est quoi ?

Fondé en 2007, le Private Office d’Engel & Völkers offre un service sur mesure destiné aux acheteurs et aux propriétaires de biens immobiliers d’exception dans le monde entier. Nos conseillers sont reconnus pour leur compétence hors pair, une grande discrétion et un service allant bien au-delà de la seule transaction. Notre réseau mondial nous permet de répondre aux exigences élevées de clients qui gèrent d’importants portefeuilles immobiliers touchant à plusieurs marchés.

Qu’est-ce qui importe le plus aux clients du Private Office ?

Nos clients recherchent avant tout la discrétion et un service personnalisé. Ils souhaitent entretenir une relation de confiance authentique et transparente avec leur conseiller. Cela repose sur une approche sur mesure, renforcée par notre excellent réseau mondial. Les transactions les plus complexes et les biens immobiliers les plus extraordinaires peuvent ainsi être gérés de manière efficace et sans obstacles. Quelles tendances observez-vous actuellement dans le segment de marché du Private Office ?

Nous constatons une nette augmentation des investissements fondés sur un choix de vie, comme dans les domaines viticoles ou les propriétés équestres. Par ailleurs, l’intérêt pour la durabilité et les technologies intelligentes ne cesse de croître. On observe également un lien grandissant entre l’immobilier et l’art, avec des résidences qui, outre leur fonction d’habitation, abritent des collections d’art ou sont ellesmêmes considérées comme des chef d’œuvres de l’architecture.

Lara Michaelsen, directrice du Private Office EMEA chez Engel & Völkers

Moments radieux

Des pièces raffinées en rouge et or qui apportent de l’élégance et procurent une sensation de chaleur alors même que les températures sont au plus bas.

1 ASTUCIEUX À première vue, la breloque KitKat d’Anya Hindmarch donne vraiment envie de croquer dedans, 195 €.

2 DYNAMIQUE La base hémisphérique de la lampe de table Dondolina crée un effet dynamique et aérien. Par Pio e Tito Toso pour Zafferano, 170 €.

3 MODULAIRE Le sofa Extra Bold combine design, durabilité et fonctionnalité. De Big-Game et Kvadrat Febrik pour Moustache, à partir de 1 900 €.

4 PAILLETÉ Confère un éclat sans pareil à votre visage : fard à paupières Sequin Crush No. 1 d’Yves Saint Laurent via sephora.fr, 48 €.

5 FÉMININ La chaise Ribbon créée par Nika Zupanc pour Qeeboo, au design métallique brillant, apporte une touche de romantisme à votre déco, 518 €.

6 PRATIQUE Le sac Arcadie Mini en cuir nappa matelassé de Miu Miu est un accessoire tendance, dans un format compact et au relief texturé, 2 050 €.

7 PIÈCE UNIQUE Un petit bout de mer : fabriquée à la main, la sculpture Coral de L‘Objet est incrustée de plus de 8 000 cabochons de corail rouge, 4 500 €.

Angel Schlesser : élégance fonctionnelle et haute couture réunies dans une robe à la coupe asymétrique. Issue de la collection automne-hiver 2025/2026.

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Cool et élégant

Les reflets métalliques et les bordures chromées à angle droit se démarquent dans une clarté glaciale et sont sources d’inspiration pour de scintillantes journées d’hiver.

1 LOVÉ Le vase Vessel en acier sculpté de soft-geometry est doté de deux ouvertures permettant d’y disposer des fleurs, environ 790 €.

2 RAFFINEMENT Alba, le rabot à truffes d’Alessi au design bien pensé offre une prise agréable — l’outil parfait pour recevoir dans les règles de l’art, 99 €.

3 ICÔNE De la taille d’un homme : Another Green Cactus de Gufram est bien plus qu’un porte-manteaux, c’est un objet d’art, prix sur demande (p. s. d.)

4 RACÉ L’Eretic Snowscoot noir de Saint Laurent Rive Droite est idéal pour un plaisir de glisse à grande vitesse et avec style. 1 250 €.

5 INTEMPOREL Le casier à vin chromé WK 410 MODULARI de WK Wohnen est beau à regarder même quand il est vide, 610 €.

6 OBJET D’ART La tapisserie Shape Rugs Carpet de Moooi prend l’apparence d’une peinture abstraite en 3D, 2 597 €.

7 LOOK Ces boutons de manchettes fabriqués main à Anvers, en platine, onyx et diamant ajoutent la touche finale à la tenue de soirée. Baunat, 3 308 €.

Saint Laurent : manteau à carreaux classique avec bottes en cuir extra-hautes. Collection hiver 2025/2026 du directeur artistique Anthony Vaccarello.

SÉRIE

The New Look

L’intrigue de cette série historique repose sur la rivalité entre Coco Chanel et Christian Dior, deux illustres créateurs de mode, pendant et après la Seconde Guerre Mondiale. Basé sur des faits réels, le récit de cette lutte pour les plus belles créations et la suprématie de la haute couture se déroule à Paris. Avec Ben Mendelsohn dans le rôle de Christian Dior et Juliette Binoche dans celui de Coco Chanel, The New Look raconte sur fond dramatique comment ces deux figures de proue ont durablement influencé le secteur de la mode.

Créée par Todd A. Kessler, via Apple TV+

« Hollywood, c’est un endroit où on vous offre mille dollars pour un baiser et cinquante cents pour votre âme. »
MARILYN MONROE

PODCAST

Fashion Neurosis

Le style c’est quoi ? Quel lien y a-t-il entre mode et identité ? Chaque semaine, la créatrice de mode londonienne Bella Freud accueille un ou une invitée pour se pencher sur ces questions. Au cours d’échanges animés, des stars comme Kate Moss, Rick Owens, Cate Blanchett, Lorde ou Christian Louboutin partagent des anecdotes sur leurs looks.

Bella Freud, Spotify/Apple Podcasts

LIVRE

Tina Turner by Peter Lindbergh

Un portrait de la « Queen of Rock ‘n‘ Roll ». Ami de toujours de Tina Turner, Peter Lindbergh, photographe des stars, a accompagné l’icône du rock au fil des années, capturant son énergie sur scène et ailleurs. Ses clichés la montrent chantant, dansant, insouciante — toujours authentique et proche. Ce recueil photographique témoigne non seulement de la vie passionnante de Tina Turner, mais aussi de la profonde amitié qui liait les deux artistes. La préface est écrite par Erwin Bach, l’époux de Tina Turner.

Erwin Bach, Taschen, 60 €

LIVRE

LIFE. Hollywood

Le légendaire magazine américain LIFE dévoile ses archives : rassemblant plus de 600 photographies, dont plus de la moitié sont inédites, ce recueil en deux tomes évoque l’âge d’or d’Hollywood et l’attrait toujours intact de ses icônes — d’Alfred Hitchcock jusqu’à Brigitte Bardot. Un regard sur les plateaux et dans les coulisses de soirées extravagantes et des cérémonies des Oscars.

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Aventure inoubliable en Antarctique : en expédition avec Hapag-Lloyd Cruises, on peut observer des manchots empereurs.

TENUE DE SOIRÉE ÉXIGÉE...

... Comme ces manchots empereurs en smoking. En cette période de fêtes, vous trouverez dans les pages qui suivent des personnalités glamour, des décorations d’intérieur uniques et des voyages qui offrent de nouvelles perspectives.

Glaces éternelles, baleines, phoques, manchots et avec un peu de chance, peut-être même des orques. Trois semaines à bord du navire d’expédition Hanseatic Nature, d’Ushuaïa, direction le cercle polaire antarctique et retour, c’est une véritable aventure. GG a été invité à se joindre à ce voyage inoubliable.

Avec ses 14 millions de kilomètres carrés, le continent le plus méridional de la Terre est deux fois plus grand que l’Australie. 98 pour cent de ses terres sont recouvertes d’une calotte glaciaire de 1,9 kilomètre d’épaisseur en moyenne.

PAR MICHAELA CORDES

NTARCTIQUE VENTURE

Arrivés au point le plus méridional de notre voyage, nous avons pu observer des phoques crabiers qui jouaient à glisser sur la banquise. Ils portent souvent les cicatrices d’attaques de léopards de mer. Cette espèce de phoque, la plus abondante en Antarctique, est capable de plonger jusqu’à 500 mètres de profondeur.

L’île de l’Éléphant est impressionnante avec ses murs de glace d’une centaine de mètres de haut qui s’effondrent dans un bruit assourdissant. Les zodiacs maintiennent une distance de sécurité car de grandes vagues pourraient se former. Ci-dessus : notre navire d’expédition, le Hanseatic Nature, de la flotte Hapag-Lloyd Cruises.

epuis que nous avons largué les amarres à Ushuaïa, la ville la plus méridionale du monde, nous avons parcouru 890 kilomètres. Le thermomètre affiche huit degrés, l’océan d’une teinte noire atteint une profondeur de 700 mètres. Le vent déchaîné fait valser les nuages gris. L’annonce impassible du capitaine résonne dans les haut-parleurs : « La tempête est trop forte pour les îles Malouines. Nous mettons le cap sur la Géorgie du Sud. » Les conditions météorologiques et l’état des glaces déterminent notre route. L’île connue pour la richesse de sa faune, située à l’extrême sud de l’Atlantique sera donc notre première destination. Le Hanseatic Nature mesure 138 mètres. Il peut accueillir 168 passagers et 160 membres d’équipage. Navire d’expédition de la flotte de Hapag-Lloyd, il dispose de la certification glace PC6 et peut naviguer dans des eaux prises par les glaces d’une épaisseur allant jusqu’à 90 centimètres. Le premier soir, je suis attablée avec d’autres passagers. Le soleil brille à travers les fenêtres panoramiques. Rien ne laisse encore présager que les vagues vont bientôt atteindre 4,5 mètres. Cette nuit-là, je dors à peine. Le bateau grince, la houle s’est intensifiée. Le matin, je monte sur le pont, chancelante. L’écume salée rend le sol glis-

sant, l’appli Windfinder annonce des rafales de 48 nœuds. Sous mes pieds, l’océan atteint désormais 7 000 mètres de profondeur. L’eau est à six degrés, le ciel, gris acier. Je me réfugie dans la salle de gym où la musique tente de couvrir le vacarme des vagues. Ce soir-là, les trois restaurants (Lido, Hanseatic et The Hamptons) sont nettement moins fréquentés. De nombreux passagers souffrent du mal de mer. Le médecin de bord fait des piqûres contre la nausée tandis que dehors la mer se déchaîne.

Le troisième jour, la météo se calme. Les passagers qui se sentent toujours mal peuvent suivre les rapports quotidiens des débarquements à l’écran depuis leurs cabines. Sur le pont 8, je prends un grand bol d’air frais. À l’observatoire, on propose du thé et du birchermuesli. Je rencontre notre capitaine, Alexander Rabe-Bär, 39 ans, un des plus jeunes de la flotte. « J’ai beaucoup pratiqué la voile quand j’étais petit. Mon beau-père était médecin de bord chez Hapag. Adolescent, j’ai parcouru le monde. Plus tard, j’ai fait des études de sciences nautiques, puis j’ai travaillé six ans sur l’Europa au poste d’officier. » C’est déjà son troisième voyage en Antarctique cette année.

Je suis sur le point de rejoindre ma cabine quand j’entends son annonce dans les haut-parleurs : « Baleines en vue à bâbord ! » Dehors, je vois les fontaines. Des centaines d’animaux, baleines à bosse, rorquals communs et boréals tracent des cercles

Sur l’île de Géorgie du Sud, nous observons des éléphants de mer, pouvant atteindre un poids de quatre tonnes. Chassée jusqu’au 19e siècle pour la production d’huile, l’espèce était presque éteinte. Aujourd’hui, quelque 750 000 individus peuplent l’Antarctique.

« La faune antarctique s’est régénérée. Autrefois, il était rare de voir des baleines, aujourd’hui, on peut observer des fontaines presque tous les jours. »

Au cours de notre voyage, nous rencontrons un grand nombre d’espèces de baleines. Le dernier jour, deux petits rorquals nous suivent de près. Ils peuvent atteindre une longueur de dix mètres et sont connus pour leur grande curiosité.

autour du navire. Une telle concentration d’espèces de cétacés est un spectacle rare, du jamais vu même pour les marins les plus chevronnés, précise le capitaine. Un peu plus tard, on nous invite à sortir devant nos cabines pour célébrer cette singulière expérience avec une coupe de champagne Le lendemain, le soleil perce les nuages et un arc-en-ciel se déploie au-dessus de l’océan. Au loin, j’aperçois la Géorgie du Sud : verdoyante, escarpée, bordée des premiers icebergs. La voix du réalisateur-naturaliste David Attenborough résonne dans ma tête : des millions d’oiseaux marins, 400 000 manchots royaux, quelque cinq millions d’otaries à fourrure. Nous sommes tenus de soigneusement désinfecter chaussures et vêtements. Toute trace de semences ou de terre doit être éliminée. Les défenseurs de la nature ont fourni un effort considérable pour bannir les rats de l’île, mais la grippe aviaire reste une menace. Après une inspection rigoureuse faite par l’équipe sur place, nous sommes autorisés à débarquer.

Nous traversons encore une station de lavage des bottes pour être sûr que nous n’introduisons pas de germes. Pas plus de 100 personnes sont autorisées à débarquer à la fois. Nous sommes divisés en groupes qui démarrent à intervalles réguliers, répartis dans leurs zodiacs. À terre, il est interdit de s’accroupir ou de s’approcher des animaux. Ce système exemplaire suit les règles strictes fixées par l’IAATO (International Association of Antarctica Tour Operators). Ce code de conduite que ses membres doivent respecter s’ils proposent des voyages en Antarctique, vise à protéger l’écosystème fragile et à rendre possible un tourisme durable. Ici s’applique également le traité sur l’Antarctique, signé le 1er décembre 1959, en vigueur depuis 1961. Il stipule que seules les activités pacifiques sont autorisées en Antarctique, y proscrit toute activité militaire et garantit la liberté de la recherche scientifique.

Entre 1904 et 1966, plus de 150 000 baleines ont été tuées et dépecées à Grytviken, une ancienne station baleinière en Géorgie du Sud transformée en musée. Les alentours grouillent d’otaries à fourrure qui se prélassent un peu partout ou nous suivent, curieuses, lors de notre promenade sur l’île.

Le lendemain matin, mon réveil sonne à 5h30. Bien emmitouflée et munie de bottes en caoutchouc et d’un parka fournis par le navire, je suis une des premières à prendre place dans le

On pourrait croire qu’il a été sculpté par l’homme : cet iceberg s’est détaché de l’A23a. Ci-dessous : les excursions quotidiennes en zodiac permettent d’observer la nature de tout près.

Mon cœur palpite quand j’entends la voix du capitaine dans les haut-parleurs

annoncer :

« Nous venons de franchir le cercle polaire antarctique. »

Ci-dessus : c’est seulement durant l’été antarctique — de novembre à mars — que le Hanseatic Nature navigue jusqu’au cercle polaire antarctique. Appartenant à la flotte de Hapag-Lloyd, c’est un navire d’expédition ultramoderne titulaire de la certification glace PC6.

zodiac qui nous conduit à vive allure à travers neige et grisaille à la plaine de Salisbury où vivent quelque 200 000 manchots royaux. Leurs cous orangés brillent à travers la brume. Au milieu de cette colonie s’ébattent des otaries à fourrure et des albatros, les mouettes picorent des charognes. Plus le cou du manchot est rougeâtre, plus il est âgé, nous expliquent les biologues du navire. Ces manchots peuvent mesurer jusqu’à 95 cm. Curieux, ils s’approchent de nous. Des baleines à bosses nous accompagnent sur le trajet retour. L’après-midi, nous arrivons à Fortuna Bay, situé un peu plus à l’est sur la côte de l’île : 20 000 manchots devant un glacier. Le soleil illumine la glace. C’est la Saint-Valentin : le soir, des roses rouges sont offertes aux dames à bord. Le lendemain, nous arrivons à Gold Harbour : des otaries à fourrure soufflent nonchalamment sur le sable, parmi elles quelques manchots papous. Des jeunes phoques se chamaillent. Soudain, un manchot royal s’empêtre dans le varech. Nous l’observons se débattre désespérément jusqu’à ce que les al-

gues se dénouent. L’oiseau reste immobile. Trois de ses compagnons l’ont attendu. Puis, on les voit s’éloigner ensemble. « Nous n’intervenons jamais, même si c’est parfois difficile », nous explique l’équipe d’experts. « Cela perturberait l’équilibre naturel. » L’aprèsmidi, nouvelle sortie en zodiac. Nous découvrons une colonie de gorfous dorés, à la crête de plumes jaunes. Puis, fait exceptionnel, un léopard de mer sort soudain sa tête de l’eau devant nous en soufflant.

Le lendemain matin, l’immense iceberg A23a apparaît devant nous. Visible depuis l’espace, il est aussi grand que l’île de Majorque et s’élève à 200 mètres. Pourtant, seulement un cinquième de sa masse émerge à la surface. Il dérive vers la Géorgie du Sud. Ses eaux de fonte sont si abondantes qu’elles pourraient constituer une menace pour les populations de krill (N.D.L.R. : En septembre dernier, le colosse a diminué de plus de la moitié ; il se désagrège à grande vitesse)

De retour dans ma cabine, Kemylhina, la femme de chambre, originaire des Philippines, me parle de sa fille et me raconte à quel point elle est heureuse de travailler à bord du Hanseatic huit mois dans l’année afin de pouvoir financer ses études à Manille.

Nous atteignons l’île de l’Éléphant sur laquelle Ernest Shackleton, lors de son expédition de 1916, a laissé 23 hommes pour aller chercher du secours. Nous voyons des manchots à jugulaire perchés sur la falaise, des éléphants de mer et un autre léopard

de mer qui apparaît tout près du zodiac, chassant des manchots. La glace craque, des bulles d’air jaillissent entre les fronts de glace qui s’écroulent. Plus tard, un iceberg nous barre la route dans la mer de Weddell. Le capitaine Rabe-Bär change de cap en déclarant calmement : « Nous n’allons pas prendre ce risque. » La nature dicte notre route. Le soir, le soleil couchant est rouge ardent. Je profite du spectacle depuis ma terrasse. Dans un silence absolu, des icebergs teintés de rose défilent devant mes yeux.

À Yankee Harbour, dans les îles Shetland du Sud, nous sommes accueillis par un vent soufflant à 40 nœuds. Manchots à jugulaire, otaries à fourrure, sable de lave noir. Sur l’île de la Déception, nous foulons un volcan effondré sur lequel se trouvait autrefois une station baleinière. Ensuite, les plus téméraires peuvent prendre un bain dans l’eau à trois degrés. Nous nous élançons vers les eaux glaciales en criant. Je m’immerge brièvement, à la sortie de l’eau, je ne sens presque plus mes jambes. L’équipe nous ramène vite au bateau où je me rends directement au superbe spa. Je m’accorde une session sauna prolongée pour bien me réchauffer. Ce soir-là, je m’écroule de fatigue, épuisée, mais comblée.

Nous traversons le chenal

observer des fontaines presque tous les jours. Les populations de manchots, d’otaries et d’autres espèces autochtones ont significativement augmenté. Les otaries à fourrure sont désormais si nombreuses qu’il faut être prudent à la saison de reproduction car elles défendent leur territoire. »

Le moment phare de la journée : un léopard de mer, rare à observer, surgit de l’eau en soufflant juste devant notre zodiac.

Neumayer où nous découvrons des stations de recherche britanniques et argentines abandonnées, figées dans la glace et dans le temps. Le soir, le soleil déploie une fois encore son spectacle céleste rose et doré. Le lendemain nous arrivons à Prospect Point, première étape sur la terre ferme du continent antarctique. Lors de notre sortie, nous voyons des plaques de banquise bondées de manchots papous. Au milieu de cette foule : deux léopards de mer. Soudain nous entendons à travers le talkie-walkie : « L’un d’eux nous a mordus ! »

Trois zodiacs ont été troués et devront être réparés. Le conducteur de notre zodiac est originaire de Hambourg. Il voyage en Antarctique tous les ans depuis 2004. Excepté en 2020, à cause de la pandémie.

« C’était affreux, je me suis senti pris au piège. »

Comment la nature a-t-elle évolué ici au fil des ans ?

« La falaise est plus découverte par endroits. Mais la régénération de la faune est flagrante. Autrefois, il était rare de voir une baleine. Aujourd’hui, on peut

Au cours du dîner, le capitaine annonce que nous venons de franchir le cercle polaire antarctique. Je frissonne. Cette nuit-là, un vent de 45 à 50 nœuds balaye le navire. J’entends siffler des rafales de force dix. Le lendemain nous visitons deux anciennes stations de recherche britanniques et américaines sur l’île Stonington. C’est ici que, pour la toute première fois, deux femmes ont passé l’hiver en Antarctique. Sur le zodiac détrempé, il fait un froid glacial. Nous observons des phoques crabiers (ils sont blancs !) et des manchots. Plus tard, nous débarquons sur l’île Pourquoi-pas. Lors de la visite du glacier, Nadja-Katharina Gerull, biologue à bord m’explique : « Ce ne sont que des mâles qu’on voit là. Ils se remettent de la saison de reproduction. En cette période, les phoques aiment se laisser dériver vers le nord sur des plaques de banquise. Ils retourneront dans leur colonie à la prochaine saison d’accouplement. » Le lendemain matin, un soleil ardent traverse les rideaux de ma cabine. Je les ouvre et un spectacle inouï s’offre à moi : ciel bleu cobalt, montagnes enneigées du continent antarctique et banquise à perte de vue. J’observe des phoques crabiers qui se pourchassent en glissant sur les plaques de banquise. Cette scène captive tous les regards. L’après-midi, réunis à la proue, nous trinquons à l’arrivée au point le plus au sud de notre expédition avec une coupe de champagne. « Il ne manque plus que les orques », dit un passager. Et voici qu’à peine quelques minutes plus tard, nous en apercevons un groupe. Les orques chassent en créant de grandes vagues pour faire tomber leurs proies, par exemple des phoques, de la banquise. Plus tard, on nous propose de visiter la cale à provisions. Christoph Timm, directeur d’hôtel sur les navires d’expédition de Hapag, gère avec son équipe l’ensemble des denrées alimentaires stockées dans la cale. « Comme nous partons en mer pour plus de trois semaines, viandes et poissons sont congelés

À terre, nous découvrons émerveillés
« l’autoroute des manchots », un sentier dans la neige emprunté par les oiseaux pour rejoindre la mer.

Les manchots Adélie (ci-dessus), très futés, vivent sur la banquise épaisse, bâtissent leurs nids à l’aide de petits galets qu’ils adorent se voler les uns aux autres et sont capables de plonger à 175 mètres de profondeur.

mais nous nous sommes ravitaillés en fruits et légumes frais et aussi en viande à Ushuaïa. » À midi, je m’attable avec un couple de pilotes originaires de Francfort qui vit aux États-Unis. C’est la première fois qu’ils entreprennent une croisière de ce type et ils sont ravis. Une autre passagère a longtemps économisé pour faire ce voyage : « Je voulais voir les manchots ! » Les amoureux de la nature et les aventuriers sont nombreux à bord. Peu après, nous apercevons à nouveau des baleines. Je contemple le spectacle en me délectant d’une gaufre chaude avec boule de glace à la vanille et coulis de fruits rouges.

À 16 heures nous amarrons à Jougla Point sur l’île Wiencke, au large du continent. Une colonie de manchots papous avec de nombreux petits vit ici. Les poussins affamés suivent leurs parents en criant. Dans la baie, nous découvrons deux carcasses de baleines bien conservées. Le matin tôt, nous embarquons dans les zodiacs pour nous plonger dans le silence de Paradise Bay. Nous passons devant d’imposants fronts glaciaires. À la fin de l’excursion, on

nous sert du chocolat chaud dans les zodiacs – et du rhum pour qui en veut. Neko Harbour est l’ultime étape. Tandis que nous nous préparons à sortir une dernière fois en zodiac, quelques petits rorquals font surface juste à côté du bateau. À terre, nous découvrons émerveillés « l’autoroute des manchots », un sentier tracé dans la neige, emprunté par les oiseaux pour rejoindre la mer. Plus tard, installés sur le pont, nous observons quelques baleines jusqu’au dernier coucher de soleil spectaculaire – comme si l’Antarctique nous faisait solennellement ses adieux. Les 48 heures restantes, nous empruntons le passage de Drake, l’une des traversées maritimes les plus difficiles. Nous avons la chance d’avoir le « Drake lake » et non le terrible « Drake shake » réputé dangereux par mauvais temps, avec des vagues pouvant atteindre 30 mètres. Lors de la traversée du canal Beagle pour rejoindre Ushuaïa, nous sommes escortés par quelques baleines. Le capitaine nous fait ses adieux en citant des chiffres impressionnants : nous avons parcouru 7 676 kilomètres, consommé 14 400 œufs et 2 400 kilos de viande. En débarquant le lendemain, tristes de nous quitter, nous avons du mal à nous réhabituer au vacarme et à la foule de la ville. Un voyage en Antarctique vous remplit d’humilité et change votre regard sur le monde. Il nous fait réaliser à quel point nous sommes petits et que le privilège d’avoir pu vivre cette aventure est grand !

Une élégance classique : Julianne Moore a tout d’une grande star du cinéma mais elle sait rester naturelle. Pour elle, le style est une question personnelle.
PHOTO : XAVI GORDO / TRUNK ARCHIVE

La charmante REBELLE d’Hollywood

PAR CHRISTIAN AUST
Loin de se conformer aux règles établies, Julianne Moore n’a jamais cessé de créer de nouvelles normes et de repousser les limites, dans le cinéma et dans la mode.

Los Angeles, février 2015. And the Oscar goes to... Julianne Moore! Rayonnante de joie, elle conserve pourtant son air modeste. Sa robe Chanel – créée sur mesure pour elle par Karl Lagerfeld – scintille dans la lumière des projecteurs : elle est brodée de 80 000 paillettes de résine peintes à la main et ornée de fleurs en organza. Julianne Moore embrasse son mari, le réalisateur Bart Freundlich, l’amour de sa vie, une constante émotionnelle. Il l’accompagne jusqu’à la scène. « J’ai lu que remporter un Oscar pouvait augmenter l’espérance de vie de cinq ans », son discours commence par ces mots. « Si c’est vrai, je voudrais vivement remercier l’Académie car mon mari est plus jeune que moi. » Bart, son

du cinéma et les redéfinit. Sa carrière va à l’encontre de toutes les règles tacites d’Hollywood : une percée tardive, des projets exceptionnels dans lesquels on la voit évoluer à 40 ans passés et son attitude sereine face au vieillissement dans un secteur qui glorifie l’éternelle jeunesse. Julianne Moore parvient à nous faire croire que la qualité finit par s’imposer. Elle a travaillé dur pour cela. Grâce à des films comme Boogie Nights, Magnolia, Loin du paradis, A Single Man ou encore Tout va bien ! The Kids Are All Right, elle s’est hissée au rang d’icône du film d’auteur engagé, sans pour autant exclure des incursions régulières dans le cinéma pop-corn, notamment avec Hunger Games ou Kingsman : Le Cercle d’or L’élégance de Julianne Moore est intemporelle. Ses apparitions sur le tapis rouge à Cannes

« Les gens vont au cinéma pour y trouver le reflet de leur vie intérieure. Je me réjouis quand quelqu’un me dit : Merci, je me suis reconnue sur l’écran. »
JULIANNE MOORE

cadet de neuf ans, en bon réalisateur, filme sa femme avec son portable. Les discours de remerciement peuvent paraître terriblement artificiels. Julianne Moore, elle, reste naturelle. À 54 ans, elle reçoit enfin cette distinction tant attendue pour son rôle dans le drame Still Alice où elle incarne une professeure atteinte de la maladie d’Alzheimer. « La meilleure actrice, cela n’existe pas », poursuit-elle, mais sur ce point, on peut ne pas être d’accord avec elle.

Julianne Moore est la douce révolutionnaire d’Hollywood. Elle brise sans cesse les normes

ou à Venise sont toujours très attendues, y compris par les critiques de mode. Comme son style souligne toujours sa personnalité, il paraît naturel. Elle est la muse de plusieurs créateurs et entretient des liens étroits avec des maisons de couture telles que Chanel, Givenchy, Dior, Tom Ford et Schiaparelli. Elle présente la haute couture avec la même classe dont elle fait preuve à tout moment dans sa vie. Quand Julianne Moore apparaît devant la caméra, la magie opère. Le résultat à l’écran est magistral. Entre elle et la caméra se tisse une

Elle est la muse rêvée des créateurs de mode et entretient des liens étroits avec des maisons de couture telles que Chanel, Givenchy, Dior, Tom Ford et Schiaparelli.

Au moment de sa percée en tant qu’actrice de caractère,

Julianne Moore a déjà 37 ans.
PHOTO : DAVID ROEMER / TRUNK ARCHIVE

toile d’émotions dense. C’est une expérience cinématographique riche en intimité qui donne naissance à des scènes mémorables. Dans des films comme Loin du paradis ou Still Alice, l’actrice semble si transparente qu’on croit voir jusqu’au plus profond de son âme.

Au fil des années, j’ai interviewé Julianne Moore à maintes reprises. Cependant, l’une de nos rencontres les plus récentes et les plus brèves est sans doute la plus révélatrice parce qu’elle en dit long sur sa personnalité, sous une forme très condensée. Nous sommes au troisième étage du mythique hôtel Carlton sur la Croisette lors du festival de Cannes. Ma femme, qui est aussi ma collègue, et moi sommes en chemin pour un rendez-vous. Devant nous, les portes de l’ascenseur s’ouvrent, une femme affublée d’un chapeau de paille à large bord et

je me demande parfois pourquoi c’est toujours moi qui dois pleurer. On dirait que c’est devenu ma marque de fabrique et que cela fait partie de mon contrat de travail. Le pire c’est quand on me demande de pleurer dans une comédie. Il m’arrive alors de dire aux équipes : Vous n’êtes pas sérieux ! »

C’est précisément en raison de scènes chargées en émotions de ce genre que le public a tendance à projeter ses rêves et ses aspirations sur l’actrice qu’elle est. J’ai voulu savoir si ce fait suscitait chez elle un sentiment positif ou inquiétant. Elle a réfléchi un court instant, puis elle m’a dit : « C’est un sujet fascinant, j’y pense souvent. Car je suis très consciente d’être l’objet de projections intimes de la part des spectateurs, de leurs fantasmes par exemple. Les gens vont au cinéma en quelque sorte pour voir leur

« Quand j’ai découvert le théâtre, cela a été une véritable révélation. Soudain, la voie que je voulais prendre était là, tracée devant moi. »
JULIANNE MOORE

de grandes lunettes de soleil en sort, charismatique mais non identifiable au premier regard. Probablement une vedette du cinéma qui ne souhaite pas être reconnue. Au moment où nous nous engageons dans le couloir de l’hôtel, nous entendons soudain : « Quel plaisir de vous voir ! Quelle heureuse coïncidence ! » C’est Julianne Moore qui nous salue avec tant de gentillesse et d’enthousiasme qu’on pourrait croire que c’est nous qui sommes les stars. Pourtant, cette année-là, elle ne présente même pas de film à Cannes et n’est donc pas « en service ». La chaleur et la cordialité dont elle fait preuve également dans ses interviews semblent sincères. Son rire est contagieux et plutôt surprenant au vu des nombreux rôles tristes qu’elle joue. Pour plaisanter, je lui ai demandé un jour si elle était capable d’estimer combien de litres de larmes elle avait versé devant la caméra au fil de sa carrière. Elle m’a répondu : « En effet,

propre histoire projetée sur grand écran. Et pour moi qui suis actrice, cela implique une lourde responsabilité. Je suis très heureuse quand, à la fin d’un film, on me dit : Merci, c’était moi, là, sur l’écran. »

Du fait que son père travaillait comme juge au sein de l’armée américaine et qu’il était régulièrement muté, la famille déménageait souvent. Julianne devait constamment se réinventer une vie dans des environnements inconnus ce qui lui a fourni une bonne base pour son futur métier. À l’adolescence, elle vivait à Francfort où son père était stationné et elle fréquentait le lycée américain. Elle parle toujours un peu l’allemand et se souvient bien de l’Allemagne comme elle me l’a raconté lors de l’un de nos entretiens : « J’ai adoré le temps passé à Francfort. Je me souviens bien du trajet que je faisais en tramway pour traverser la ville. Les haut-parleurs annonçaient : Nächste

Haltestelle Marbachweg. Je l’ai entendu tant de fois que c’est resté gravé dans ma mémoire. »

À l’origine, elle voulait être médecin. Un projet qu’elle a heureusement abandonné après être montée sur scène plusieurs fois dans le cadre de pièces de théâtres scolaires. Un jour, elle m’a décrit ce moment de sa vie comme une expérience décisive : « J’ai toujours adoré lire. Mais je n’avais aucune idée de ce que je pourrais faire de cette passion pour la lecture. Quand j’ai découvert le théâtre, cela a été une véritable révélation. Soudain la voie que je voulais prendre était là, tracée devant moi – et cela a changé ma vie pour toujours. »

Elle s’inscrit en arts dramatiques au Boston University College of Fine Arts. Son diplôme

phique Amber Waves, elle obtient sa première nomination aux Oscars. À partir de là, elle peut choisir ses rôles. Elle travaille avec de grands réalisateurs comme Todd Haynes, Ridley Scott, Pedro Almodóvar ou encore Tom Ford. Quatre autres nominations aux Oscars s’ensuivent. Elle est aussi sélectionnée dix fois pour les Golden Globes qu’elle remporte à deux reprises. Ses cheveux roux et ses taches de rousseur deviennent son signe distinctif. « Quand j’étais petite, les enfants se moquaient de moi à cause de mes taches de rousseur », se souvient-elle. « Aujourd’hui, cela me fait sourire mais à l’époque, j’en ai souffert. » Son fils Caleb est roux comme elle. Quand il a commencé à être complexé par son apparence, Julianne Moore a décidé d’écrire un livre pour enfant : Freckleface

« Le soutien de ma famille m’aide à maintenir l’équilibre dans ma vie. »
JULIANNE MOORE

en poche, elle s’installe à Manhattan où elle travaille d’abord en tant que serveuse et répond toujours au nom de Julie Anne Smith. Plus tard, elle se fera inscrire au syndicat des acteurs sous le nom d’artiste Julianne Moore. « En réalité, ce n’est pas facile de changer de nom », m’a-t-elle avoué plus tard. « Je n’avais pas envie de le faire mais mon nom était beaucoup trop commun pour une actrice. Moore, c’est le deuxième prénom de mon père. J’ai trouvé ce compromis qui m’a permis de ménager les sentiments de ma famille. »

Elle décroche ses premiers rôles dans l’Off-Broadway, suivis par plusieurs contrats pour des séries télévisées et des productions cinématographiques. Puis, le célèbre réalisateur Robert Altman la découvre dans une adaptation au théâtre du grand classique Oncle Vania d’Anton Tchekhov et lui attribue un rôle dans son film choral Short Cuts . Les critiques commencent à la remarquer. Mais sa véritable percée en tant qu’actrice de caractère se produit alors qu’elle a déjà 37 ans, avec Boogie Nights de Paul Thomas Anderson.

Pour son interprétation de l’actrice pornogra-

Strawberry. Dans cette histoire quasi autobiographique, une petite fille apprend à accepter ses taches de rousseur. Après ce premier livre, sept autres tomes de Freckleface Strawberry ont vu le jour. Puis, Julianne Moore a écrit My Mom is a Foreigner, But Not to Me, un livre très personnel sur sa défunte mère écossaise qui avait émigré aux États-Unis. « Ce livre s’inscrit dans mon travail de deuil », m’expliquait-elle à l’époque.

Que ce soit dans la peau d’une professeure atteinte de la maladie d’Alzheimer dans Still Alice ou dans celle d’une actrice pornographique toxicomane dans Boogie Nights, Julianne Moore explore souvent des abîmes émotionnels. «J’imagine à quel point cela doit être difficile de rentrer chez soi après une journée passée sur un plateau comme celui-ci et de se retrouver seule », dit-elle. « Ce ne serait pas bon pour moi. Le soutien de ma famille m’aide à maintenir l’équilibre dans ma vie. »

Chaque fois que je les vois ensemble, elle et son mari Bart, ils semblent toujours aussi amoureux. Lors d’une interview sur l’un de ses films, j’ai eu l’occasion de mieux le connaître lui aussi. Il a quelque chose d’enfantin et l’opti-

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Aux États-Unis, la vie de Julianne Moore gravite autour de New York – le plus loin possible d’Hollywood.

« Personne ne se réjouit d’avoir des rides.
Mais je trouve que les visages inertes sont bien moins agréables à regarder. »
JULIANNE MOORE

misme d’un adolescent. Julianne Moore l’a rencontré en 1996, lors du tournage de son film Back Home. En 2003, ils se marient. Leurs enfants, Caleb (28 ans) et Liv (23 ans), ont eux aussi choisi des carrières artistiques : leur fils est musicien, tandis que leur fille, après avoir essayé le cinéma et le mannequinat, travaille maintenant dans une grande agence artistique.

La distance que Julianne Moore maintient avec Hollywood et sa vie professionnelle est importante pour son équilibre. Aux États-Unis, elle vit le plus loin possible de Los Angeles – à New York. « Ce métier a quelque chose d’irréel », me confie-t-elle lors de l’un de nos entretiens à Cannes. « Il y a une dimension surréaliste. C’est toujours ce que je ressens au bout de tant d’années. Regardez autour de vous : les films sont déjà intrinsèquement irréalistes, mais la situation dans son ensemble, ma tenue glamour – n’est-ce pas insensé ? Et puis après, je rentre à la maison et j’enfile un jean et un t-shirt. La plupart du temps c’est amusant, mais c’est aus-

si un peu fou. » Sur son compte Instagram, elle publie régulièrement des images d’elle-même non traitées et se montre sans maquillage. Une exception dans un secteur dans lequel les traitements au Botox et la chirurgie esthétique sont la norme. « Évidemment personne ne se réjouit d’avoir des rides », dit-elle. « Mais je ne trouve aucun charme aux visages inertes. J’ai envie de voir des visages vivants, pas des masques. »

C’est exactement cette attitude qui fait de Julianne Moore une icône au-delà des tapis rouges : une femme qui n’associe pas la féminité, l’élégance et la posture à la jeunesse, mais à l’authenticité. Avec son incarnation de Michaela « Kiki » Kell, la femme d’un milliardaire et une stratège mondaine glaciale, dans la série à succès Sirens produite par Netflix, l’actrice âgée de 65 ans séduit actuellement un nouveau public, plus jeune. Julianne Moore continue de tester les limites et nous montre comment vieillir en pleine conscience, sans rien perdre ni de son charisme, ni de son éclat.

Lambris, hauts plafonds, lumière du jour et beaucoup de blanc, le tout contrasté par un élément rouge vif : une ambiance typique du style de Christian Liaigre.

ÉLÉGANCE ET RIGUEUR PARISIENNES

L’agrandissement de l’hôtel

Costes a été l’ultime réalisation de Christian Liaigre. Emblématique du travail de l’illustre architecte d’intérieur, le projet est un monument à sa gloire qui a transformé l’adresse la plus cool de la capitale française en œuvre d’art.

PAR STEFFI KAMMERER

L’entrée de l’hôtel dans la rue de Castiglione : des colonnes claires contrastent avec un relief ornemental sombre – un dialogue typique du vocabulaire esthétique de Christian Liaigre.

PHOTO : ALEX PROFIT

out a commencé devant le portail d’une école à Paris. Deux pères dont les fils sont scolarisés dans la même école primaire, se croisent tous les matins. De quelques mots échangés naît une amitié. L’un compte parmi les architectes d’intérieur les plus influents du monde, l’autre a érigé son hôtel parisien en mythe en quelques années seulement : Christian Liaigre et Jean-Louis Costes, de sept ans son cadet. Tous deux ont un sens aigu de l’ambiance et du détail.

Leur premier projet commun ne s’est pas fait attendre longtemps. En 2009, Liaigre a décoré pour Costes l’élégant restaurant La Société qui s’est vite mué en un lieu de rencontre mondain à Saint-Germain-des-Prés. Sans doute aussi parce que beaucoup s’y rendaient depuis l’autre rive de la Seine où se trouve l’opulent hôtel Costes, un lieu magnétique qui rythme la vie nocturne parisienne depuis son ouverture en 1995. C’est là que se retrouvent stylistes, mannequins, musiciens et stars hollywoodiennes, parfaitement à l’aise dans ce décor d’une sensualité exubérante composé de velours chatoyants, de coussins et de fourrures, baigné d’une lumière tamisée et de parfums intenses. Cette ambiance est l’œuvre du grand architecte d’intérieur Jacques Garcia, promoteur d’une esthétique baroque, diamétralement opposée au minimalisme de Liaigre.

Tous les matins, ils prenaient un café ensemble, a raconté Jean-Louis Costes plus tard. Un jour Christian Liaigre a dit : « JeanLouis, laisse-moi refaire ton hôtel. » Il était depuis longtemps un habitué de la maison. Et Jean-Louis Costes n’a jamais été du genre à se reposer sur ses lauriers. En 2014, il a acheté l’hôtel Lotti, un établissement traditionnel un peu vieillot jouxtant le sien dans la rue de Castiglione. Il souhaitait agrandir son hôtel sans forcément le reproduire à l’identique. Alors, il a tenté un coup d’audace qui aurait pu se solder par un échec si la confiance entre les deux hommes n’avait pas été aussi grande. À l’instar d’un entremetteur qui sait que les contraires s’attirent et forment les unions les plus fortes, Jean-Louis Costes a opté pour le contraste absolu en choisissant Christian

Liaigre, le maître des proportions et de la réduction qui avait déjà fait de l’hôtel The Mercer à Manhattan un emblème de l’hôtellerie. L’influence de Christian Liaigre s’étend bien au-delà de ses projets. L’architecte d’intérieur français a certes décoré des hôtels, des yachts et des résidences privées – pour des personnalités comme Karl Lagerfeld et Calvin Klein – mais il a aussi redéfini le luxe comme quelque chose de discret, dépourvu de tout superflu. Pas d’or, pas d’ostentation. Au lieu de cela, l’accent est mis sur l’harmonie créée par des objets soigneusement disposés, fabriqués à partir des matériaux les plus nobles. Dans les années 1990, quand la plupart des hôtels misaient encore sur le faste, l’approche de Christian Liaigre était révolutionnaire. Depuis, de nombreux courants de l’architecture d’intérieur ont tenté d’imiter son style.

Loin de paraître froides, les décorations épurées de Christian Liaigre sont harmonieuses et légères.

Inspirée des paysages de la côte Atlantique où le décorateur a passé son enfance, sa palette de couleurs nuancées mais riches en contrastes, se compose de tons beiges, marron, kaki et bleu marine, parsemés de touches sombres. De nos jours, le luxe discret est un concept répandu, mais il trouve bel et bien son origine chez Christian Liaigre. Afin d’assurer la pérennité de son style dans le futur, en 2016, il a vendu son studio à un groupe d’investisseurs. Aujourd’hui, la maison Liaigre dispose de bureaux à Paris, Londres et New York.

À l’hôtel Costes, le style Liaigre s’est avéré être le contrepoids idéal à celui de Jacques Garcia. Tandis que ce dernier avait décoré l’immeuble historique avec faste, Christian Liaigre a opté pour l’apaisement. Dans

Christian Liaigre a redéfini la notion du luxe comme quelque

chose de discret.

Tout de bleu vêtu. Le style vestimentaire de Christian Liaigre témoignait de la même sobriété que ses décorations.

l’aile de la rue de Castiglione, il a aménagé 35 chambres et suites spacieuses, de 70 à 250 mètres carrés : lambris blancs aux murs, hauts plafonds, beaucoup de lumière naturelle et cette chaleur paisible qui caractérise son travail. Même réduits à l’essentiel, les aménagements de Christian Liaigre ne sont jamais froids, mais au contraire harmonieux et légers. Cela tient aussi aux jeux de lumière qu’il créait et à la manière dont il donnait vie aux matériaux – bois veiné, bronze patiné, cuir ou pierre naturelle. Pour l’agrandissement de l’hôtel, le studio Liaigre a élaboré une série de meubles. Aujourd’hui ces sofas, tables et luminaires sont commercialisés à travers la collection capsule Costes x Liaigre. Un corridor fait la jonction entre la splendeur de l’immeuble ancien et la clarté rigoureuse de l’extension. La transition a quelque chose de cinématographique, c’est un changement de décor entre la nuit et le jour, entre le monde de la séduction et celui de la quiétude. Bertrand Thibouville, l’actuel directeur de la création du studio Liaigre qui a été pendant des années l’un des collaborateurs les plus proches de Christian Liaigre, décrit le fil conducteur du concept de la manière suivante : « Une mise en relation contrastée de l’univers de Luchino Visconti et du monde monastique.

Douce nostalgie et contemplation paisible. » Il raconte que très tôt, Christian Liaigre avait eu l’idée de conférer aux chambres l’aspect d’un hôtel particulier parisien décomposé – fluides et décloisonnées, tout en conservant leur caractère historique.

La rénovation de la nouvelle aile a pris cinq ans. À l’exception de la façade, tout a été démoli. Christian Liaigre a créé une succession d’impressions dans laquelle le bien-être est orchestré par une dramaturgie précise. « Jean-Louis Costes et nous souhaitions que les clients puissent voir l’ensemble de la chambre dès qu’ils franchissent la porte », explique-t-on au studio Liaigre. « Des grandes portes pivotantes permettent de moduler l’espace. Du jamais vu dans un hôtel. Par ailleurs, nous avons disposé les dressings comme de somptueuses vitrines rappelant les boutiques de mode et les bijouteries de la place Vendôme. »

L’entrée principale de l’hôtel, son hall et sa réception ne se trouvent plus rue Saint-Honoré mais dans l’univers Liaigre. Dès qu’on entre, on sent que l’hôtel a changé. Ce n’est que lorsqu’on emprunte le corridor menant à la partie historique qu’on retrouve l’univers d’origine. Ainsi, deux styles distinctifs se côtoient désormais au Costes, se complétant à merveille. Leur synergie ajoute de la grandeur, de la diversité et de la complexité à l’hôtel – c’est là précisément que réside la fascination. Le Costes est une exception dans l’histoire du design : deux grands maîtres ont laissé leur empreinte dans cet hôtel prestigieux, au cœur de leur ville natale. Et ce à Paris, une ville plutôt réticente quand il s’agit de changer ses institutions.

Le « nouveau » Costes a été inauguré fin août 2020, 25 ans jour pour jour après l’ouverture initiale de l’hôtel. Cinq jours plus tard, comme s’il avait attendu l’évènement, Christian Liaigre est décédé, à l’âge de 77 ans.

En lui confiant son hôtel, Jean-Louis Costes avait fait un choix audacieux. Il devait suffisamment bien connaître son ami pour savoir que celui-ci ne compromettrait pas le mythe. Il est d’ailleurs lui-même très peu intervenu. « À quelques restrictions près, Christian Liaigre avait carte blanche », relate Bertrand Thibouville. Et l’histoire continue : depuis le décès du patron, l’équipe du studio Liaigre a aménagé la piscine, le spa et la salle de gym du Costes. Une nouvelle partie de l’hôtel est actuellement en projet.

Christian Liaigre aimait jouer sur la discordance entre les matériaux nobles et bruts. À l’hôtel Costes se mêlent bois aux veinures sombres et cannage naturel, massivité et légèreté.

Thaddaeus Ropac est l’un des galeristes les plus influents du monde. Présents sur trois continents, l’Autrichien et ses équipes représentent 76 artistes et successions, dont celles de Joseph Beuys et d’Andy Warhol. Un entretien à propos de ses réussites, ses échecs et son rôle dans le monde de l’art.

LES COULISSES DU MONDE DE L’ART E

n écoutant Thaddaeus Ropac, un des galeristes les plus notables de notre époque, raconter son parcours d’autodidacte, on pourrait croire que son récit a été mis au point par un service de relations publiques. Dans la famille Ropac, les arts plastiques étaient inexistants. Son père était contrôleur de peaux et cuirs dans plusieurs usines en Carinthie, en Autriche. Quant à lui, faisant sienne la devise « bon à rien mais prêt à tout », en 1982, il se présenta à un poste d’assistant auprès de

Joseph Beuys. Il décrocha un travail non rémunéré « d’assistant de l’assistant adjoint ». Beuys remarquait à peine sa présence, se souvient le galeriste, mais au bout de quelques mois, il eut tout de même « la gentillesse » de lui rédiger un mot de recommandation pour Andy Warhol. Son contenu, gribouillé au feutre sur une serviette, était succinct : « Dear Andy, please meet this talented young man. Joseph. » Quand Thaddaeus Ropac se

PAR SVEN MICHAELSEN

Sculpture Die Elbe de Georg Baselitz issue de la série Dresdner Frauen Thaddaeus Ropac (photo à gauche) a présenté ce bronze recouvert de peinture dans le cadre de l’exposition « adler barfuß » l’été 2024 à Salzbourg.

présenta à la Factory à New York, on lui fit rencontrer Jean-Michel Basquiat le jour même. Peu après, dans sa propre galerie nouvellement fondée, il exposait les dessins de ce dernier. « Plus tard, j’ai demandé à Basquiat pourquoi il avait confié ses dessins à un jeune novice de 22 ans comme moi. Il m’a répondu : Because Andy brought you. » Aujourd’hui, le galeriste dirige une équipe de 150 collaborateurs présents aux quatre coins du globe. Parmi les artistes vivants représentés par sa galerie, on trouve des grands noms comme Anselm Kiefer, Georg Baselitz, Elizabeth Peyton, Tom Sachs, David Salle, Tony Cragg, Alex Katz ou encore Robert Longo.

Cet après-midi-là Thaddaeus Ropac me reçoit à son bureau de la galerie de Salzbourg, devant lui une tasse de thé vert, derrière lui un Baselitz. À la différence de Larry Gagosian, leader du marché mondial de l’art, il donne l’image d’un esthète réservé qui préfère parler

de l’influence de la poésie de Paul Celan sur Anselm Kiefer plutôt que de prix et de profits.

Thaddaeus Ropac, vous êtes autodidacte. Quand avez-vous appris à distinguer Monet de Manet ? À 25 ans je pense. J’ai étudié l’art en remontant le temps à partir de l’époque contemporaine.

Y a-t-il eu une étincelle qui a déclenché votre passion pour l’art ?

Oui, en 1979 devant l’installation Basisraum Nasse Wäsche (Jungfrau) de Joseph Beuys au palais Liechtenstein à Vienne j’ai eu une épiphanie. D’un côté, j’étais irrité car je ne comprenais pas en quoi trois bassines en aluminium, deux tables et un ballot de linge étaient de l’art. D’un autre côté, le fait qu’il y ait des gens qui aient décidé d’exposer une telle chose dans un cadre aussi prestigieux m’intriguait énormément. C’est ce conflit intérieur qui m’a poussé vers le monde de l’art à l’âge de 19 ans.

« Les artistes cherchent à se confronter à un esprit critique qui leur dit s’ils se sont égarés. »

THADDAEUS ROPAC

Quand avez-vous vu Joseph Beuys en chair et en os pour la première fois ?

C’était en 1981, lors d’un évènement organisé par l’université des arts appliqués de Vienne. La salle était bondée, je me tenais debout sur une table. À partir du moment où Beuys est entré dans la salle avec trois ou quatre autres artistes et jusqu’à la fin de la conférence, tous les regards étaient rivés sur lui et sur lui seul. Sa capacité à captiver le public était extraordinaire. Sa voix et son langage corporel lui conféraient une présence incroyable, un charisme rare.

la dernière exposition du vivant de Jean-Michel Basquiat. Quelle impression vous a-t-il fait ?

Sa toxicomanie et son comportement erratique sautaient aux yeux. Aujourd’hui, on oublie que sa carrière a connu des hauts et des bas. Au moment de sa mort le 12 août 1988, sa réputation était au plus bas. Sa célèbre galeriste newyorkaise Mary Boone avait mis fin à leur collaboration et les prix de ses tableaux étaient en chute libre. Le boom Basquiat n’a eu lieu que bien des années plus tard.

Quand vous avez ouvert votre galerie en 1981, Basquiat a été l’un des premiers artistes que vous avez exposés. Comment ses dessins ont-ils été reçus par le public ?

Je n’ai pas pu en vendre un seul. Il faut dire que je n’avais pas vraiment de public non plus. À l’époque, ma galerie se trouvait à l’étage, au-dessus d’un magasin de surplus militaire de l’armée américaine.

Vous est-il arrivé de découvrir un artiste ou estce l’apanage des petites galeries ?

Notre galerie n’est pas constamment à l’affût de nouveaux talents dans les écoles d’art mais évidemment, nous souhaitons découvrir les nouveaux artistes le plus tôt possible avant que nos collègues ne les accaparent. Eva Helene Pade est actuellement la plus jeune de nos artistes. Elle est Danoise, née en 1997 et vit à Paris. Un de nos collaborateurs londoniens l’a découverte dans une exposition collective à Copenhague. Nous avons tous été convaincus sur le champ qu’une grande carrière l’attendait.

Votre célèbre collègue Rudolf Zwirner disait : « On ne comprend vraiment en profondeur que l’art de sa propre génération. » À 65 ans, comprenez-vous l’art des jeunes de 30 ans ?

Exposition organisée à l’occasion des 40 ans de la galerie, avec des œuvres de Joseph Beuys : Rückenstütze eines feingliederigen Menschen (Hasentypus) aus dem 20. Jahrhundert n. Chr., 1971 (vitrine) et Is it about A Bicycle? III, 1982 (tableau). Au mur : portraits de Beuys par Andy Warhol. En bas : Thaddaeus Ropac et Georg Baselitz à Paris.

Comment avez-vous perçu Andy Warhol ? À bien des égards, il était l’opposé de Beuys : réservé et maladroit, il parlait à voix si basse qu’on avait du mal à le suivre. En revanche, le mythe qui l’entourait était grisant. Dès qu’il apparaissait à une exposition ou une soirée coiffé de sa perruque platine, des murmures s’élevaient.

En juillet 1988, vous avez organisé à Salzbourg

Je lui donne raison. Quand nous avons exposé Hito Steyerl à Londres, notre équipe sur place lui a demandé si elle serait d’accord pour s’entretenir avec des jeunes artistes. Elle a accepté et a choisi les artistes elle-même. J’ai assisté à ce colloque et j’avoue que par moments, je ne comprenais pas de quoi on parlait. Quand il s’agit de l’utilisation de langages et de matériaux générés par l’intelligence artificielle dans le domaine de l’art, j’ai souvent du mal à suivre. Je laisse volontiers nos jeunes collaborateurs s’emparer de ces sujets. On ne peut pas jusqu’à un âge avancé sans cesse renouveler sa compréhension de l’art contemporain.

Quel artiste avez-vous reconnu trop tard, à votre grand regret ?

Brice Marden, par exemple. Nous étions amis et voisins sur l’île d’Hydra en Grèce. Il avait 22 ans de plus que moi et appartenait donc à une autre génération. Si j’avais su reconnaître son importance dès le début, je me serais investi plus tôt et plus intensément pour lui. Parfois, des choses nous échappent et par la suite, on regrette ces occasions manquées.

Existe-t-il une œuvre que vous n’avez pas pu acquérir et qui vous hante depuis ?

Étant donné que parallèlement à mon travail de galeriste, je suis aussi collectionneur, c’est une chose qui se produit hélas régulièrement. À peine a-t-on réussi à compenser l’achat manqué d’une œuvre par une belle acquisition qu’une nouvelle déconvenue survient. On a aussi parfois des coups de chance inattendus. Pendant des années, j’ai suivi de près l’une des œuvres maîtresses de Robert Rauschenberg : Rigger, de 1961. Au printemps dernier j’ai enfin réussi à l’acheter.

Quelle est l’œuvre de votre collection qui vous émeut le plus ?

C’est peut-être l’œuvre majeure de ma collection : Blitzschlag mit Lichtschein auf Hirsch de Beuys. J’étais présent lors de l’élaboration de cette œuvre, toutefois pas en tant qu’assistant de Beuys comme on peut souvent le lire. Quand j’étais assistant, j’allais chercher la bière au frigo ou on m’envoyait quelque part acheter de la colle mais je ne participais aucunement aux processus de création. Trente ans plus tard, la veuve de Beuys m’a offert d’acheter la sculpture originale composée de 39 pièces. Je ne m’y attendais pas du tout. La boucle était bouclée : du petit assistant qui logeait dans une auberge de jeunesse, peinant à joindre les deux bouts, j’étais devenu galeriste et collectionneur de Beuys.

Supposons que vous vous rendiez à l’atelier de l’un de vos artistes et que vous n’aimiez pas ce que vous voyez. Le diriez-vous à l’artiste face à face ou délégueriez-vous cette tâche à vos subordonnés ? Je le ferais moi-même. C’est beaucoup plus simple que vous ne croyez. Une confiance mutuelle se forge au fil des années, ce qui permet d’être très franc. Les artistes me demandent généralement très tôt ce que je pense de leurs travaux. Ils ne veulent pas entendre que tout est parfait. Une approbation inconditionnelle les rendrait plutôt suspicieux. Les artistes cherchent à se confronter à un esprit critique

qui leur dit s’ils se sont égarés ou si une œuvre paraît inachevée.

Lorsqu’on a demandé au commissaire d’exposition et directeur de musée Kasper König, combien de temps il lui fallait pour reconnaître une œuvre de grande valeur dans une exposition, il a répondu : « 0,1 seconde. Quand je suis en forme, je peux même la reconnaître avec mon cul. » Et vous, qu’en dites- vous ?

Kasper König a raison. Quand on est habitué à voir une grande quantité d’œuvres d’art, on reconnaît vite ce qui sort du lot. Cela ne se produit pas souvent. Prenez par exemple la Biennale de Venise où l’on voit des centaines d’œuvres. La plupart d’entre elles ne retiennent pas notre attention plus de quelques secondes.

« Dans l’art, les artistes sont toujours les protagonistes. Tôt ou tard, les gens comme moi tombent dans l’oubli. »
THADDAEUS ROPAC

Larry Gagosian, David Zwirner, Iwan Wirth et vous-même, êtes-vous les premiers galeristes de l’histoire de l’art à être plus connus que la plupart des artistes que vous représentez ?

C’est une énorme erreur d’appréciation que je réfute. J’ai étudié les grands galeristes du 20e siècle. Leo Castelli était le plus puissant et influent de tous. Il a découvert des courants artistiques et les a promus dans le monde entier. Après sa mort, en 1999, ses artistes ont plus que jamais gagné en importance tandis que son propre nom s’est progressivement effacé. Qui se souvient aujourd’hui de Daniel-Henry Kahnweiler, le galeriste de Picasso ? Dans l’art, au bout du compte, ce sont toujours les artistes qui sont les protagonistes. Tôt ou tard, les gens comme moi tombent dans l’oubli.

Le rêve de tout grand collectionneur est qu’un musée porte son nom. Aimeriez-vous entrer dans la postérité de cette manière ?

Il est trop tôt pour parler d’un musée. Il faut se garder d’en faire un projet de pure vanité. Ce n’est pas le collectionneur, mais l’art qu’il peut montrer qui importe.

Comment expliquez-vous que David Zwirner, Iwan Wirth et vous-même, qui comptez parmi les plus importants galeristes du monde, soyez tous trois originaires de l’espace germanophone ?

Je m’en étonne et je ne trouve pas d’explication logique à cela. C’est peut-être dû au rayonnement international de l’art allemand. Ici, dans l’espace germanophone, beaucoup n’ont pas conscience de la notoriété mondiale d’un Anselm Kiefer ou d’un Georg Baselitz.

Interrogé sur ce qu’il sauverait d’une maison en feu, un chat ou un Rembrandt, le sculpteur et peintre Alberto Giacometti a répondu sans hésiter « le chat ». Quel choix feriez-vous ?

Je ne vais pas tomber dans ce piège. Toute réponse serait banale et n’apporterait aucun éclairage supplémentaire.

Suite à cela, un des peintres majeurs que je représentais m’a appelé et m’a lancé : « Tu ne m’aimes donc pas ! » Je pouvais le comprendre. C’est blessant d’apprendre que votre propre galeriste ne vous considère pas comme son favori.

La fortune de Gerhard Richter est estimée à 700 millions d’euros. Êtes-vous étonné qu’on puisse devenir aussi riche à l’aide d’un pinceau ? Non, car mesuré au pouvoir d’achat, des artistes comme Rubens, Dürer, van Dyck et Bernini disposaient d’une fortune comparable.

Cela fait 40 ans que vous êtes l’unique propriétaire et patron de votre galerie. Est-il encore permis de vous contredire ?

Dans le cadre de l’exposition « The Loaded Brush », en 2019, Thaddaeus Ropac a présenté 35 œuvres de Roy Lichtenstein à Salzbourg— dont la sculpture Brushstrokes in Flight (1982) et le tableau Artemis and Actaeon (1987).

Contre quel faux pas mettriez-vous en garde un jeune galeriste en devenir ?

Ne pas répondre aux journalistes quand ils demandent quel est son artiste préféré. Je suis tombé dans ce piège une fois il y a des années.

Bon sang, oui, à n’importe qui. J’exige même qu’on me contredise. À l’échelle mondiale, nous avons 16 directeurs qui participent aux prises de décisions. Récemment, j’ai proposé un artiste pour la galerie dont je pensais qu’il s’intègrerait bien dans l’ensemble. Ma proposition a été balayée. Je l’ai accepté. Je sais que je ne sais pas toujours tout.

Comment pourrais-je m’imposer quand il s’agit d’art provenant de l’Asie du Sud-Est ou de l’Amérique du Sud ? Dans ces domaines, je manque d’expérience.

Vous disposez toutefois d’un droit de véto. Dans quel genre de situation en faites-vous usage ? Si je ne trouve absolument aucun intérêt à une œuvre, je dis à l’artiste : « Désolé, cela ne va pas. » Mais c’est très rare. Une de nos collaboratrices à Londres vient de nous quitter. Avant de venir travailler chez nous, elle avait dirigé un musée pendant quarante ans. Face à la richesse de son expérience, il était évident que son avis valait autant que le mien.

« Quand on est habitué à voir une grande quantité d’œuvres d’art, on reconnaît vite ce qui sort du lot. »
THADDAEUS ROPAC

Antony Gormley, exposition « Umwelt », Salzbourg, 2023, œuvres Earth II et Ravel, 2022 (à gauche). Thaddaeus Ropac devant une peinture d’Alex Katz : Purple Split 2, 2022 (ci-dessus).

Votre galerie organise 35 à 40 expositions par an, entre autres dans des villes lointaines comme Séoul. Êtes-vous impliqué dans chacune d’elles ?

Je ne devrais peut-être pas le dire, mais parfois il m’arrive de découvrir les œuvres au moment du vernissage. Je me sens alors comme un visiteur.

Vous venez d’ouvrir une filiale à Milan. Comment se fait-il que vous n’ayez jamais ouvert de galerie à New York ?

J’aimerais bien être présent outre-Atlantique mais cela exigerait que je sois présent sur place avec toute mon énergie, comme le sont David Zwirner ou Iwan Wirth, par exemple, qui se sont installés à New York tôt dans leur carrière. Je possède un appartement à Manhattan, mais ma vie gravite autour de Paris. Le prix à payer pour changer cela me paraît trop élevé. Je suis probablement trop européen.

L’oligarque russe Roman Abramowitch cache sa collection d’œuvres d’art estimée à un milliard de dollars dans des entrepôts douaniers, les darkrooms du marché mondial de l’art, afin d’échapper aux sanctions internationales. Acceptez-vous encore

de l’argent de la part d’acheteurs russes ou de leurs hommes de paille ?

Nous sommes extrêmement prudents à ce sujet. Les transactions ont été réduites au minimum. Notre service de conformité peut retracer les flux monétaires jusqu’à leur source. C’est fastidieux et cela demande du temps mais c’est grâce à cela justement que les fameux hommes de paille n’existent plus.

Pendant de nombreuses années, le dernier tableau de Picasso était accroché au-dessus du lit de Larry Gagosian. Qu’y a-t-il au-dessus de votre lit dans le château d’Emslieb, votre résidence à Salzbourg ?

L’un des premiers tableaux de la série Helden de Baselitz.

Quelle note vous donneriez-vous en art de vivre ?

Pas une bonne. Je suis galeriste à cent pour cent. Cela implique de renoncer à beaucoup de choses généralement associées à une qualité de vie élevée. Ce que j’ai accompli repose sur du talent, beaucoup de chance et un travail dur qui met le corps à rude épreuve. C’est le prix à payer.

Combien de jours par an êtes-vous en déplacement ?

Environ 180 jours.

Combien de temps passez-vous chaque année dans votre résidence à Hydra ?

Trois jours au mois de juin.

Y a-t-il une phrase dans votre secteur que vous aimeriez bannir du langage tant elle vous déplait ?

Oui : « That’s so inspiring. »

Quelle affirmation à votre sujet ne pouvez-vous plus entendre ?

Que je suis un hôte attentionné.

Comment concluriez-vous votre autobiographie ? L’art continue. Ne croyez pas ceux qui proclament une nouvelle fois la fin de la peinture. La prochaine génération produira des images qui sont aujourd’hui inconcevables. C’est pourquoi dans le monde de l’art, en fin de compte, chacun n’est rien d’autre qu’une note de bas de page.

Achèteriez-vous un portrait de vous-même qui montrerait qui vous étiez avant d’être connu ?

Absolument. Qu’y verrait-on ? Un jeune homme curieux, aux cheveux très longs, naïf et ignorant. Je n’ai aucune crainte à montrer cette facette de moi-même.

DÉTOX SUR LE WÖRTHERSEE

Dans le sud de l’Autriche, là où la fameuse cure F.X. Mayr a vu le jour, les stars hollywoodiennes font aujourd’hui le plein d’énergie. Un séjour au Medical Health Resort Vivamayr.

PAR MICHAELA CORDES

Dehors, le soleil scintille sur les eaux bleu d’encre du Wörthersee, profond de près de 86 mètres. Le brouhaha de la terrasse entre par la fenêtre ouverte tandis que Dr Fink, la médecin, dépose sur ma langue des petites quantités de gluten, d’œuf ou d’autres substances alimentaires. Puis elle me demande de pousser son bras de toutes mes forces. Sur la base de ma réaction musculaire, elle établit mon plan alimentaire pour les jours suivants.

C’est mon premier rendez-vous médical au Medical Health Resort Vivamayr Maria Wörth. Hier soir, on est venu me chercher à l’aéroport de Klagenfurt où je passais devant des étals de bretzels et de chocolat un sourire aux lèvres. Car pour moi, les dix prochains jours le mot d’ordre sera : le renoncement ! Suite à plusieurs voyages avec décalages horaires et à un stress quotidien grandissant, au cours des derniers mois j’ai souffert de problèmes digestifs. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi le programme Prevent & Wellbeing afin de renforcer mes intestins grâce à la cure F.X. Mayr.

Dès l’arrivée, l’ambiance internationale de l’établissement saute aux yeux. Des stars comme Elizabeth Hurley, Chuck Norris, Kate Moss ou Naomi Campbell sont venues ici recharger leurs batteries et attestent des vertus thérapeutiques de la cure. « Nos clients viennent du monde entier », m’explique le directeur, Serhan Güven. « À l’origine, c’était la détoxication classique et la perte de poids qui étaient au premier plan. Aujourd’hui, nos curistes viennent à nous pour des problèmes liés au stress, à l’épuisement ou à la santé mentale. La pression sociale a clairement augmenté. Notre équipe médicale comprend désormais deux psychologues qui affichent constamment complet. »

Je me rends vite compte que je ne suis pas seule avec mes troubles. « Tout le monde a le droit de vieillir en bonne santé », me dit plus tard le médecin-chef Werner Zancolo, en citant le fondateur de la cure F.X. Mayr. « L’intestin détermine comment nous nous sentons. Il est la source de sérotonine par excellence. Lorsque son équilibre est perturbé, cela se ressent notamment au niveau mental. » Son conseil est très simple, mais intelligible : « Manger 15 à 20 fruits et légumes différents par semaine, beaucoup de fibres, intégrer des prébiotiques comme les fibres d’acacia et réduire le stress. » Dans le centre de cure, les journées sont rigoureusement

Les piliers de la cure Vivamayr sur le Wörthersee : quatre saunas, chambres cryogéniques, cabines infrarouges, soins médicaux, une activité physique modérée et de délicieux plats alcalinisants.

rythmées. Je me réveille à 6 heures – avec une magnifique vue sur le lac. Je commence par boire mon concentré de magnésium – plus doux que le fameux sel de Glauber –, puis j’effectue mon soin buccal ayurvédique qui consiste à se rincer la bouche avec de l’huile pendant quelque minutes avant de la recracher. À 8 heures, le petit-déjeuner est servi : sans gluten et sans sucres, conformément aux préceptes du régime anti-candida. En plus de cela, je prends une préparation antiparasitaire. Cela peut paraître curieux mais la médecin m’explique que près de 80 pour cent de la population est touchée par des parasites, souvent sans symptômes apparents. Plus tard, je dois me soumettre à un test de stress sur un vélo stationnaire. Je pédale jusqu’à ce que je sois à bout de souffle, puis on me demande de souffler dans un tube. Le résultat du test confirme ce que je pensais : je suis stressée. Mon corps brûle nettement plus de glucides que de graisses ce qui indique un état de tension constant. On me conseille d’éviter les exercices anaérobies prolongés car ils signalent à mon corps : « Tu es en danger. » Et à long terme, des maladies peuvent apparaître. Après un déjeuner léger et délicieux, une séance d’entraînement respiratoire avec une chanteuse d’opéra professionnelle est au programme. Celle-ci me montre à quel point il est important de bien respirer et m’explique que la voix peut « se rétracter » en cas de mauvaise posture ou de traumatisme et que, lorsque nous parcourons les réseaux sociaux ou travaillons devant un écran, nous respirons souvent très peu ou très superficiellement, sans nous en rendre compte. Elle me montre aussi des exercices pour fortifier ma voix. Au dîner, je rencontre d’autres curistes : deux Canadiennes, une Autrichienne et une Turque – chacune a ses raisons de venir en cure ici. Le jour de mon départ, une fois l’examen final terminé, je jette un dernier regard sur le superbe Wörthersee –et je me sens remplie d’une énergie nouvelle.

PHOTOS : LADYVENOM (2), RZ PHOTOGRAPHIE (1), VIVAMAYR MARIA WÖRTH (1)

Au cœur des sommets enneigés de l’Engadine, à l’heure bleue, le

Coordonné par Inken Becker et Merle Wilkening. Annonces pages 70 – 159.

chalet Chesa Bellaria brille de mille feux.

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PAR MERLE WILKENING
Pour qui veut goûter à la fois aux sports de montagne, à la culture et au design, Chesa Bellaria est un véritable paradis hivernal.

CSous les voûtes, on se retrouve autour de la grande table. Des détails artistiques ajoutent leur note finale au décor.

hesa Bellaria, emblème de l’architecture alpine, trône au beau milieu de la beauté sereine de la vallée de l’Engadine. Ce chalet qui allie charme traditionnel et élégance contemporaine est bien plus qu’une simple habitation – c’est un refuge où le style et le raffinement sont teintés d’esprit d’aventure. Les montagnes de l’Engadine ont toujours attiré les esprits créatifs et visionnaires. Chesa Bellaria appartient à la famille Sachs, connue grâce à l’entrepreneur et collectionneur d’art Gunter Sachs, aujourd’hui décédé, mais dont le nom reste associé, à Saint-Moritz, au glamour et à l’avant-garde. La famille Sachs est intimement liée à l’Engadine, sa région d’origine. Rolf Sachs, le fils, a fait rénover la propriété de fond en comble en y apportant sa touche artistique. Designer, il a su insuffler à ce chalet traditionnel fraîcheur et modernité : des cou-

leurs vives, des matériaux surprenants et des détails ludiques transforment chaque pièce en une scène hivernale accueillante et joyeuse

Avec sa surface habitable de 700 mètres carrés répartis sur quatre étages, le chalet est généreusement conçu pour accueillir famille et amis. Six luxueuses suites et deux chambres supplémentaires pour le personnel ou d’autres invités, offrent un confort hors pair. La maison est disponible à la location de courte ou de longue durée. Les pièces sont baignées de lumière naturelle et réalisées avec de très beaux matériaux. Le cœur de la maison est le salon ouvert, idéal pour les soirées conviviales. Lors des froides journées d’hiver, une imposante cheminée en cuivre donne à la pièce chaleur et caractère tandis que des canapés douillets en laine d’agneau et une table en verre d’Yves Klein jouent la carte de l’élégance.

Les grandes fenêtres et d’élégantes arcades créent une atmosphère propice au bien-être

Détente face aux sommets des Alpes : autour de la maison, la Haute-Engadine déploie ses paysages de conte de fées.

La remarquable cheminée en cuivre et les canapés en laine d’agneau contribuent à l’atmosphère chaleureuse de l’espace salon ouvert.

Dans les combles, le dortoir, avec ses poutres apparentes, est un endroit cosy où les familles aiment se retrouver.

Dans la cuisine spacieuse, des armoires modernes en inox côtoient une étagère rustique en bois pour les ustensiles, créant un intéressant contraste.

ENGEL & VÖLKERS St. Moritz (CH)

Tél. +41 81 837 51 51

E-mail stmoritz@engelvoelkers.com

tout en offrant une vue imprenable sur les sommets environnants.

Dans la cuisine spacieuse, les meubles en acier inoxydable jouxtent des éléments rustiques en bois. Avec son plan ouvert, elle est à la fois belle et fonctionnelle, offrant l’espace parfait pour laisser libre cours à la créativité culinaire et prendre des repas en toute décontraction après une journée riche en aventures.

C’est la remarquable association du charme traditionnel du style engadinois et des éléments de confort modernes qui confère au chalet son cachet unique. L’amour du détail se révèle dans chaque recoin. Les chambres sont décorées dans des tons vifs de bleu, vert et rouge, harmonieusement rehaussés par des notes boisées. Les fenêtres et les baies vitrées coulissantes encadrent le paysage enneigé et mettent en valeur la beauté saisissante

du décor naturel. Les poutres apparentes et le doux éclairage ambiant reflètent particulièrement bien le caractère alpin de la maison. Après avoir passé des heures à dévaler les pistes mondialement connues de la région, le nouvel espace spa, avec ses élégants murs en pierre, son sauna et son hammam, invite à la détente.

À Chesa Bellaria le calme et l’aventure se marient à merveille. Son emplacement privilégié à Silvaplana, à quelques minutes en voiture du célèbre village voisin de Saint-Moritz, permet d’accéder facilement aux offres touristiques exceptionnelles de la région. Une fois sur place, on comprend vite pourquoi Chesa Bellaria n’est pas seulement une magnifique maison, mais une expérience à part entière : un lieu exclusif, imprégné d’art et animé par la force tranquille des montagnes.

Canton des Grisons, Suisse

Prix de la location sur demande

Surface habitable approx. 700 m²

Terrain approx. 22 000 m² E&V ID W-02Y1C3

Saint-Moritz

Arctic One – une villa de prestige tout en élégance et raffinement

Marbella

Azurean Marbella – appartements et penthouses labellisés Destination by Hyatt

Trooz

Maison d’architecte – une œuvre contemporaine au confort inégalé

Maison d’exception signée Ferris Rafauli offrant une intimité absolue sur un vaste terrain de plus d’une acre

Oakville

Clearview

Élégante villa au bord de l’eau avec piscine, ponton et terrains de sport

Ontario, Canada

Prix de vente CAD 6 999 999

Surface habitable approx. 7 100 pieds carrés

Terrain approx. 2,12 acres

E&V ID AM-5092580

Innisfil

ENGEL & VÖLKERS York Region (CA)

Contact Katherine Klaric

Tél. +1 647 984 4141

E-mail katherine.klaric@engelvoelkers.com

Ontario, Canada Prix de vente CAD 4 095 000

Surface habitable approx. 3 156 pieds carrés

Terrain approx. 0,248 acre E&V ID AM-5091559

Architecture moderne près d’une aire protégée

Ontario, Canada

Prix de vente CAD 2 295 000

Surface habitable approx. 3 326 pieds carrés

Terrain approx. 18 686 pieds carrés

E&V ID AM-5091719

Surface habitable approx. 3 078 pieds carrés

Terrain approx. 1,5 acre

E&V ID AM-5092753

Contact Jo-Anne Copeland

Tél. +1 905 301 6677

E-mail jo-anne.copeland@engelvoelkers.com

Canada Prix de vente CAD 5,75 mill.

habitable approx. 4 888 pieds carrés Terrain approx. 0,27 acre E&V ID AM-5085350

Niagara on the Lake

Élégance moderne en région viticole du Niagara

Ontario, Canada

Prix de vente CAD 2 399 000

Surface habitable approx. 3 200 pieds carrés

Terrain approx. 0,5 acre

E&V ID AM-5090623

Bungalow classique en bordure du Sylvia Park ENGEL & VÖLKERS

Contact Dennis Mehravar

Tél. +1 519 800 0080

E-mail dennis.mehravar@engelvoelkers.com

Loft d’exception dans Le Sud-Ouest alliant caractère et sophistication

Québec, Canada

Prix de vente CAD 2,48 mill.

Surface habitable approx. 2 824 pieds carrés

Nombre de pièces 3

E&V ID AM-5083318

Engel & Völkers Montréal – 1451 rue Sherbrooke Ouest – Montréal, QC H3G 2S8 / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Volkers Canada Inc.

ENGEL & VÖLKERS Montréal Outremont (CA)

Contact Manon Garceau & Antoine Julien

Tél. +1 514 830 6593 & +1 514 589 3377

Le Château – matériaux nobles et décor contemporain dans le Golden Square Mile

E-mail manon.garceau@engelvoelkers.com & antoine.julien@engelvoelkers.com

Québec, Canada Prix de vente CAD 1,15 mill. Surface habitable approx. 1 550 pieds carrés

Nombre de chambres 2 E&V ID AM-5092694

Montréal

North Hatley

Propriété privée au cœur d’une nature sublime

Québec, Canada

Prix de vente CAD 4 599 000

Surface habitable approx. 5 539 pieds carrés

Terrain approx. 6,17 acres

E&V ID AM-5081346

ENGEL & VÖLKERS Québec (CA)

La Malbaie

Une merveille architecturale nichée dans la nature à Cap-à-l’Aigle Québec, Canada Prix de vente CAD 4 955 000

Contact Alexandre Boutet, Anne Turcotte & Aurélie Boutet

Tél. +1 418 254 5342

E-mail alexandre.boutet@engelvoelkers.com

Surface habitable approx. 5 574 pieds carrés

Terrain approx. 785 000 pieds carrés E&V ID AM-3207499

Mont-Tremblant

Prestigieux penthouse d’un luxe rare avec accès direct aux pistes

Québec, Canada

Prix de vente CAD 5,7 mill.

Surface habitable approx. 6 294 pieds carrés

Nombre de chambres 6

E&V ID AM-5092055

Buena Vista

Superbe maison avec vue sur le lac

ENGEL & VÖLKERS Regina (CA)

Contact Angelique Hansen

Tél. +1 306 729 2717

E-mail regina@engelvoelkers.com

Saskatchewan, Canada Prix de vente CAD 529 900

Surface habitable approx. 2 024 pieds carrés

Terrain approx. 0,6 acre E&V ID AM-5092963

Colombie-Britannique, Canada Prix de vente CAD 14,8 mill.

Surface habitable approx. 5 605 pieds carrés

Terrain approx. 2,49 acres

E&V ID AM-5086878

ENGEL & VÖLKERS Whistler (CA)

Contact Maggi Thornhill (PREC)

Tél. +1 604 905 8199

Whistler

Finitions haut de gamme, design remarquable et un emplacement de rêve

Colombie-Britannique, Canada Prix de vente CAD 9 999 000

Surface habitable approx. 3 495 pieds carrés

Terrain approx. 11 570 pieds carrés E&V ID AM-5078014

E-mail maggi.thornhill@engelvoelkers.com Engel & Völkers Whistler – 4314 Main Street Unit #36 – Whistler, BC V8E 1A8 / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Volkers Canada Inc.

Park City

Appartement rare sur la fameuse Main Street

Utah, États-Unis Prix de vente USD 5 mill.

Surface habitable approx. 2 872 pieds carrés

Nombre de chambres 4 E&V ID AM-5083997

ENGEL & VÖLKERS Jackson Hole (US)

Contact Judy Rogers

Tél. +1 307 699 3356 E-mail judy.rogers@engelvoelkers.com

Dubois

Windbreak Ranch – magnifique propriété équestre avec manège

Wyoming, États-Unis Prix de vente USD 13 252 500

Surface habitable approx. 18 079 pieds carrés

Terrain approx. 257 acres E&V ID AM-5047652

Engel & Völkers Jackson Hole – 155 W. Broadway – Jackson, WY 83001 / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Americas, Inc.

York

Une des plus belles résidences en bord de mer de la région

Maine, États-Unis

Prix de vente USD 2 995 000

Surface habitable approx. 2 394 pieds carrés

Terrain approx. 0,56 acre

E&V ID AM-5093145

& VÖLKERS
Engel & Völkers Portsmouth – 36 Maplewood Ave – Portsmouth, NH 03801 / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Americas, Inc.

Contact Samuel Real

DRE numéro 201240878

Tél. +1 323 533 1277

E-mail sam.real@engelvoelkers.com

Sisters

Demeure ancienne de caractère avec vue sur les montagnes Oregon, États-Unis Prix de vente USD 13 mill.

Surface habitable approx. 9 050 pieds carrés

Terrain approx. 67,53 acres

E&V ID AM-5082741

Terrain

ENGEL & VÖLKERS Brooklyn Cobble Hill (US)

Contact The Brennan Team

Tél. +1 561 906 9809

E-mail thebrennanteam@engelvoelkers.com

Brooklyn

Rare à Park Slope : loft de 25 pieds de largeur avec jardin et vue sur la ville

New York, États-Unis Prix de vente USD 7,25 mill.

Surface habitable approx. 6 500 pieds carrés Nombre de chambres 6 E&V ID AM-5093114

Engel & Völkers Brooklyn Cobble Hill – 221A Court Street – Brooklyn, NY 11201
Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Americas, Inc.

Weston Propriété d’exception à la campagne

Massachusetts, États-Unis Prix de vente USD 7,85 mill.

Surface habitable approx. 11 929 pieds carrés

Terrain approx. 2,02 acres

E&V ID AM-5092403

Engel & Völkers Wellesley – One Abbott Street – Wellesley, MA 02482 / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Americas, Inc.

Beverly Farms

Trésor d’architecture côtière sur la Gold Coast du Massachusetts

ENGEL & VÖLKERS Beverly Farms (US)

Contact Brackett Janis Group

Tél. +1 781 608 7202

E-mail brackettjanisgroup@engelvoelkers.com

Massachusetts, États-Unis Prix de vente USD 9,99 mill.

Surface habitable approx. 9 627 pieds carrés

Terrain approx. 27,23 acres E&V ID AM-5083504

Engel & Völkers Beverly Farms – 723 Hale Street – Beverly Farms, MA 01915 / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Americas, Inc.

Terrain

E&V ID AM-5088045

Annapolis

Superbe maison sur la rivière Spa nichée dans la verdure au bord de l’eau

ENGEL & VÖLKERS Annapolis (US)

Contact Bobbi Farquhar

Tél. +1 301 752 3088

E-mail bobbi.farquhar@engelvoelkers.com

Maryland, États-Unis Prix de vente USD 2,85 mill.

Surface habitable approx. 5 904 pieds carrés

Terrain approx. 12 910 pieds carrés E&V ID AM-5086772

Une maison de famille par excellence

Floride, États-Unis

Prix de vente USD 12,5 mill.

Surface habitable approx. 5 432 pieds carrés

Terrain approx. 0,64 acre

E&V ID AM-5087162

Tél.

E-mail claire.higgins@engelvoelkers.com

Vero Beach

Maison

Terrain

Pompano Beach

Résidences face à l‘océan avec vue grandiose et équipements haut de gamme

États-Unis

ENGEL & VÖLKERS Honolulu

Contact Kay M. Mukaigawa

DRE numéro RB-15914

Tél. +1 808 479 9090

E-mail kay.mukaigawa@engelvoelkers.com

Villa paisible avec piscine et verger sur la côte nord à Waialua Hawaï, États-Unis Prix de vente USD 7,5 mill.

Surface habitable approx. 3 733 pieds carrés

Terrain approx. 91 824 pieds carrés E&V ID AM-5090187

Oahu

Tulum

Casa Chic – calme paradisiaque sur la plage face à la mer turquoise de Tulum

Roo, Mexique Prix de vente USD 8 mill.

Surface habitable approx. 426 m²

Terrain approx. 2 749 m²

E&V ID AM-5092738

Quintana
Engel & Völkers Tulum – Itzamna Mza 26, Lt B88, Aldea Zama – 77760 Tulum, Q.R. / Agence immobilière Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Americas, Inc.

Paradise Island

Appartement de luxe face à la mer au sein de l’Ocean Club

Contact Natasha Vythoulkas

Tél. +1 242 427 1298

E-mail natasha.vythoulkas @engelvoelkers.com

New Providence, Bahamas Prix de vente USD 4,75 mill. Surface habitable approx. 3 175 pieds carrés Nombre de chambres 3 E&V ID AM-5071525 ENGEL & VÖLKERS Bahamas (BS)

Vierges

Terrain approx. 20,75 acres

E&V ID AM-5088104

ENGEL & VÖLKERS Samara (CR)

Contact Dawn Wolfe

Tél. +1 801 649 8849

E-mail dawn.wolfe@engelvoelkers.com

Costa Rica

Villa de luxe face à l’océan Pacifique sur les hauteurs de Playa Carrillo

Guanacaste, Costa Rica Prix de vente USD 2 875 000

Surface habitable approx. 6 860 pieds carrés

Terrain approx. 0,70 acre E&V ID AM-5093216

Engel & Völkers Samara – One Main Street #101 – 50205 Playa Samara / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Americas, Inc.

Majorque

Résidence de luxe avec terrasse et parking dans un ancien palais à Palma

Îles Baléares, Espagne Prix de vente EUR 3,19 mill. Surface habitable approx. 186 m²

Nombre de chambres 2 E&V ID W-02YFTI

D‘Alt Murada Re S.L. – Calle Constitución 7 – 07001 Palma / Agence immobilière – Partenaire franchisé de BalearEV GmbH

ENGEL & VÖLKERS Mallorca Artá (ES)

Tél. +34 971 82 93 39 E-mail arta@engelvoelkers.com

Majorque Finca exceptionnelle près d’Artá

Îles Baléares, Espagne Prix de vente EUR 6,75 mill. Surface habitable approx. 500 m²

Terrain approx. 4 ha E&V ID W-02WG2X

Moraira Un art de vivre élégant et raffiné inspiré d’Ibiza sur la Costa Blanca Alicante, Espagne Prix de vente EUR 1,75 mill. Surface habitable approx.

ENGEL & VÖLKERS Empuriabrava (ES)

Tél. +34 972 50 54 44

E-mail empuriabrava@engelvoelkers.com

Villa de luxe avec quai privé de 15 mètres sur le canal à Empuriabrava

Catalogne, Espagne Prix de vente EUR 1 499 000

Surface habitable approx. 247 m²

Terrain approx. 600 m² E&V ID W-02X6ZD

Costa Brava

Malaga Magnifique villa avec vue panoramique sur la baie

Andalousie, Espagne Prix de vente EUR 7,5 mill.

Surface habitable approx. 1 300 m²

Terrain approx. 3 262 m²

E&V ID W-046P1R ENGEL & VÖLKERS Málaga (ES) Tél. +34 951 95 69 22 E-mail malaga@engelvoelkers.com

Serinter

ENGEL & VÖLKERS Minho (PT)

Tél. +351 253 07 04 78 E-mail minho@engelvoelkers.com

Gerês

Magnifique refuge avec plage privée

Braga, Portugal

Prix de vente EUR 2,2 mill.

Surface habitable approx. 528 m²

Terrain approx. 2 300 m² E&V ID W-04625C

Sá & Diener Imobiliária, Lda – Rua Eça de Queirós 38 – 4700-315 Braga / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Vilamoura Villa de luxe indépendante dans le beau quartier résidentiel de Vila Sol

Algarve, Portugal Prix de vente EUR 2,95 mill.

Surface habitable approx. 511 m²

Terrain approx. 1 172 m²

E&V ID W-046EM1

ENGEL & VÖLKERS Vilamoura (PT) Tél. +351 289 09 34 12 E-mail vilamoura@engelvoelkers.com

Imo. Vilamoura Mediação Imobiliária, Lda. – Avenida Tivoli, Edf. Moura Praia, Loja 7, Vilamoura – 8125-410 Quarteira / Agence immobilière Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

ENGEL & VÖLKERS Albufeira (PT)

Tél. +351 289 57 24 50 E-mail albufeira@engelvoelkers.com

Villa de luxe avec une superbe vue sur la mer à quelques pas de la plage

Algarve, Portugal Prix de vente EUR 4,5 mill.

Surface habitable approx. 648 m²

Terrain approx. 950 m² E&V ID W-030DZ7

Luis Palma Santos Lda. – Estrada de Vale Rabelho – 8200-428 Guia Albufeira / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Albufeira

Kalmthout Villa Holganza – 10 appartements dans un magnifique parc

Anvers, Belgiqu e Prix de vente EUR 495 000 – 1 485 000

Surface habitable approx. 81 – 225 m²

Nombre de chambres 1 – 3

E&V ID W-030BN7 ENGEL & VÖLKERS Heide- Kalmthout (BE) Tél. +32 3 666 00 90 E-mail kalmthout @engelvoelkers.com

EV Antwerpen Noord Bvba – Heidestatiestraat, 53 – 2920 Heide Kalmthout / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

ENGEL & VÖLKERS Leuven (BE)

Tél. +32 16 52 05 66 E-mail leuven@engelvoelkers.com BERSH N.V. –

Glabbeek

Très beau château du 15e siècle dans la campagne belge

Flandre, Belgiqu e Prix de vente EUR 2,3 mill. Surface habitable approx. 1 200 m²

Terrain approx. 17 400 m² E&V ID W-02SAC9

Penthouse en duplex d’exception à Belair

Paris XVI

Appartement d’exception – vue sur la tour Eiffel

ENGEL & VÖLKERS Paris MMC (FR)

Tél. +33 1 45 64 30 30 E-mail paris@engelvoelkers.com

Île-de-France, France Prix de vente EUR 7,5 mill. Surface habitable approx. 303 m² Nombre de pièces 8 E&V ID W-02Y9QT

ENGEL & VÖLKERS St. Moritz (CH)

Tél. +41 81 837 51 51 E-mail stmoritz@engelvoelkers.com

Saint-Moritz-Dorf

Élégant refuge avec une vue à couper le souffle

Grisons, Suisse

Loyer annuel CHF 420 000

Surface habitable approx. 426 m²

Nombre de pièces 7,5 E&V ID W-02Y1CU

EV St. Moritz AG – Via Maistra 39 – 7500 Saint-Moritz / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Wohnen Schweiz AG

ENGEL & VÖLKERS Kitzbühel (AT)

Tél. +43 5356 716 15 E-mail kitzbuehel@engelvoelkers.com

Aurach bei Kitzbühel

Voir la vie du bon côté

Tyrol, Autriche Prix de vente EUR 18,9 mill. Surface habitable approx. 471 m²

Terrain approx. 1 220 m² E&V ID W-02ZA4J

Kappl

Splendide appartement avec terrasse dans un chalet près d’Ischgl

ENGEL & VÖLKERS Baden bei Wien (AT)

Tél. +43 2252 93 18 12

E-mail badenbeiwien@engelvoelkers.com

Brunn am Gebirge

Résidence hors pair – architecture, luxe et emplacement exceptionnels

Basse-Autriche, Autriche Prix de vente EUR 1,99 mill.

Surface habitable approx. 312 m²

Terrain approx. 952 m² E&V ID W-046979

EV Baden GmbH – Pfarrgasse 8/2 – 2500 Baden / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Mörbisch am See

Villa de luxe idéalement située avec vue sur le lac

Burgenland, Autriche Prix de vente EUR 1 149 000

Terrain approx. 599 m²

E&V

Prague

Villa ancienne dans un quartier prestigieux avec vue sur la cité

Prague, République Tchèque Prix de vente EUR 3,4 mill.

ENGEL & VÖLKERS Prague Andel (CZ)

Tél. +420 739 45 34 36

E-mail pragueandel@engelvoelkers.com

Surface habitable approx. 324 m²

Terrain approx. 525 m² E&V ID W-046KE9

Česká EuV Commercial s.r.o. – Plzeňská 3351/19 – 150 00 Prague / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Lac d’iseo

Oasis verte avec piscine et vue sur le lac d’Iseo

Terrain approx. 1 700 m²

E&V ID W-02JYMF

ENGEL & VÖLKERS Desenzano del Garda (IT)

Tél. +39 030 990 73 76

E-mail desenzanodelgarda@engelvoelkers.com

Gardone Riviera

Un joyau intemporel sur le lac de Garde Lombardie, Italie Prix de vente EUR 7 mill.

Surface habitable approx. 723 m²

Terrain approx. 15 000 m²

E&V ID W-04682N

Città

Joyau du passé – un hameau du 14e siècle fidèlement restauré

Ombrie, Italie Prix de vente EUR 4,95 mill.

Surface habitable approx. 1 200 m²

Terrain approx. 32 000 m²

E&V ID W-0307OE ENGEL & VÖLKERS Cortona-Urbino (IT) Tél. +39 0575 434891 E-mail cortona-urbino@engelvoelkers.com

di Castello
Umbria Luxury Real Estate S.r.l. – Via Nazionale, 69 – 52044 Cortona / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Italia S.r.l.

ENGEL & VÖLKERS Sorrento-Ischia (IT)

Tél. +39 081 308 51 06 E-mail sorrento-ischia@engelvoelkers.com

Ischia

Hôtel panoramique dans un cadre paisible et charmant

Campanie, Italie Prix de vente EUR 3 mill.

Surface habitable approx. 1 058 m²

Terrain approx. 6 000 m²

E&V ID W-02YYKR

ELMA S.r.l. – Corso Italia, 250/C – 80067 Sorrento / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Italia S.r.l.

ENGEL & VÖLKERS Taormina-Etna (IT)

Tél. +39 0942 62 00 78 E-mail taormina@engelvoelkers.com

Sicile

Magnifique demeure ancienne dans le centre de Taormine

Sicile, Italie Prix de vente EUR 15 mill.

Surface habitable approx. 560 m²

Nombre de chambres 4 E&V ID W-02RIVM

Deux Real Estate S.p.A. – Piazzetta Salvatore Leone, 2 – 98039 Taormine / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Italia S.r.l.

Sardaigne

Appartement de luxe dans le centre-ville à Cagliari

Sardaigne, Italie

Prix de vente EUR 950 000

Surface habitable approx. 250 m²

Nombre de chambres 2 E&V ID W-02RRGH

ENGEL & VÖLKERS Sud Sardegna (IT) Tél. +39 070 592 32 89 E-mail sudsardegna@engelvoelkers.com

Seventy Seven S.r.l. – Corso Vittorio Emanuele, 6 – 09050 Pula / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Italia S.r.l.

ENGEL & VÖLKERS Villasimius (IT)

Tél. +39 070 592 32 89

E-mail villasimius@engelvoelkers.com

Sardaigne

Villa face à la mer avec couchers de soleil enchanteurs à Villasimius

Sardaigne, Italie Prix de vente EUR 5 mill.

Surface habitable approx. 240 m²

Terrain approx. 2 350 m²

E&V ID W-030M4B

Seventy Seven S.r.l. – Via del Mare, 98 – 09049 Villasimius / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Italia S.r.l.

Istrie, Croatie Prix de vente dès EUR 452 793

Terrain jusqu’à approx. 430 m²

E&V ID D-046269

ENGEL & VÖLKERS Berlin Mitte MMC (DE)

Contact Elena Roth

Berlin

Une propriété – deux époques – un style inouï

Tél. +49 30 23 32 00 02 03 E-mail elena.roth@engelvoelkers.com

Répartition de la commission entre l’acheteur et le vendeur conformément à la réglementation légale en vigueur depuis le 23/12/2020.

Berlin, Allemagne Prix de vente EUR 8,85 mill.

Surface habitable approx. 780 m²

Terrain approx. 2 584 m²

E&V ID W-02Y8SK

Engel & Völkers Berlin Mitte GmbH – Lennéstraße 3 – 10785 Berlin / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Eckrehm

Chaumière frisonne avec vue imprenable sur la mer Baltique

Schleswig-Holstein, Allemagne Prix de vente EUR 2,3 mill.

Surface habitable approx. 157 m²

Terrain approx. 2 476 m²

E&V ID W-02RXE3

ENGEL & VÖLKERS Plön (DE) Contact Ingrid Otte

Tél. +49 4522 598 20 20 E-mail ploen@engelvoelkers.com

Répartition de la commission entre l’acheteur et le vendeur conformément à la réglementation légale en vigueur depuis le 23/12/2020.

EuV Wohnen GmbH – Lange Straße 51 – 24306 Plön / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Gremersdorf

Gentilhommière et ses superbes dépendances tout près de la mer Baltique

ENGEL & VÖLKERS Fehmarn (DE)

Contact Jana Haberfelder

Tél. +49 4371 887 90 30 E-mail fehmarn@engelvoelkers.com

Répartition de la commission entre l’acheteur et le vendeur conformément à la réglementation légale en vigueur depuis le 23/12/2020.

Schleswig-Holstein, Allemagne Prix de vente EUR 6,97 mill.

Surface habitable approx. 1 000 m²

Terrain approx. 50 000 m²

E&V ID W-00FBJ4

EuV Wohnen GmbH – Breite Straße 16 – 23769 Fehmarn / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Hambourg

Luxueux loft de cinq pièces idéalement situé au cœur de la ville

Hambourg, Allemagne Prix de vente EUR 2,39 mill.

Surface habitable approx. 180 m²

Nombre de pièces 5

E&V ID W-02ZS5L

ENGEL & VÖLKERS Hamburg MMC (DE) Contact Björn Meins

Tél. +49 176 66 86 23 77 E-mail bjoern.meins@engelvoelkers.com

Répartition de la commission entre l’acheteur et le vendeur conformément à la réglementation légale en vigueur depuis le 23/12/2020.

Engel & Völkers Immobilien Deutschland GmbH – Vancouverstraße 2a – 20457 Hambourg / Agence immobilière Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

ENGEL & VÖLKERS Hamburg Blankenese (DE)

Contact Nicola Labatz

Hambourg

Les trésors de Hambourg – villa d’époque en première ligne sur l’Elbe

Tél. +49 40 987 63 53 33 E-mail elbe@engelvoelkers.com

Répartition de la commission entre l’acheteur et le vendeur conformément à la réglementation légale en vigueur depuis le 23/12/2020.

Hambourg, Allemagne Prix de vente EUR 11 mill.

Surface habitable approx. 478 m²

Terrain approx. 2 900 m² E&V ID W-04670W

Engel & Völkers Immobilien Deutschland GmbH – Blankeneser Bahnhofstraße 9 – 22587 Hambourg / Agence immobilière Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Düsseldorf

La nouvelle définition du luxe urbain

Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne

Prix de vente EUR 4,75 mill.

Surface habitable approx. 248 m²

Nombre de pièces 5

E&V ID W-046FK4

ENGEL & VÖLKERS Rheinland MMC (DE) Contact Nadine Abs Tél. +49 211 58 05 40 E-mail nadine.abs@engelvoelkers.com

Répartition de la commission entre l’acheteur et le vendeur conformément à la réglementation légale en vigueur depuis le 23/12/2020.

Engel & Völkers Immobilien Deutschland GmbH – Hohe Straße 7-9 – 40213 Düsseldorf / Agence immobilière Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Titisee

Propriété ancienne avec accès au lac

ENGEL & VÖLKERS Titisee-Neustadt (DE)

Contact Nico Cytatzky

Tél. +49 7651 800 90 40 E-mail titisee-neustadt@engelvoelkers.com

Répartition de la commission entre l’acheteur et le vendeur conformément à la réglementation légale en vigueur depuis le 23/12/2020.

Bade-Wurtemberg, Allemagne Prix de vente EUR 1,95 mill.

Surface habitable approx. 336 m²

Terrain approx. 872 m²

E&V ID W-02ZK1A

EV Hochrhein GmbH – Jägerstraße 5 – 79822 Titisee-Neustadt / Agence immobilière – Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

Regensburg

Esthétique intemporelle – maison d’architecte de luxe idéalement située

Bavière, Allemagne

Prix de vente EUR 1,95 mill.

Surface habitable approx. 382 m²

Terrain approx. 772 m²

E&V ID W-02XILE

ENGEL & VÖLKERS Regensburg (DE)

Contact Konstantin Heiler

Tél. +49 941 20 00 11 11 E-mail regensburg@engelvoelkers.com

Répartition de la commission entre l’acheteur et le vendeur conformément à la réglementation légale en vigueur depuis le 23/12/2020.

E u. V Regensburger Immobilien GmbH – Rote-Hahnen-Gasse 6 – 93047 Regensburg / Agence immobilière Partenaire franchisé d’Engel & Völkers Residential GmbH

ADDRESSES

CRÉDITS

PHOTOGRAPHIQUES

Erik Madigan Heck / Trunk Archive

WELCOME

EDITORIAL page 8

JULIANNE MOORE, www.imdb.com

HAPAG-LLOYD CRUISES, www.hl-cruises.com

THADDAEUS ROPAC, www.ropac.net

HÔTEL COSTES, www.hotelcostes.com

CHRISTIAN LIAIGRE, www.studioliaigre.com

GRUND GENUG, www.gg-magazine.com

PLAYGROUND

COOL CITY page 14

BADRUTT’S PALACE, www.badruttspalace.com

CHESA FUTURA, www.fosterandpartners.com

N/5 - THE BAR, www.gracehotels.com

SNOW POLO WORLD CUP, www.snowpolo-stmoritz.com

INTERVIEW page 16

MANDARIN ORIENTAL, New York, www.mandarinoriental.com

ENGEL & VÖLKERS

NEWS page 20

ENGEL & VÖLKERS, www.engelvoelkers.com

PRIVATE OFFICE, www.evprivateoffice.com

WOMAN page 22

ANGEL SCHLESSER, www.angelschlesser.com

ANYA HINDMARCH, www.anyahindmarch.com

L‘OBJET, www.l-objet.com

MIU MIU, www.miumiu.com

MOUSTACHE, www.moustache.fr

QEEBOO, www.qeeboo.com

YVES SAINT LAURENT, www.ysl.com

ZAFFERANO, www.zafferanoitalia.com

SEPHORA, www.sephora.fr

MAN page 24

ALESSI, www.alessi.com

BAUNAT, www.baunat.com

GUFRAM, www.gufram.it

MOOOI, www.moooi.com

YVES SAINT LAURENT, www.ysl.com

SOFT-GEOMETRY, www.soft-geometry.com

WK WOHNEN, www.wk-wohnen.de

BOOKS page 26

APPLE PODCASTS, https://podcasts.apple.com

APPLE TV+, https://tv.apple.com

TASCHEN, www.taschen.com

AT HOME

L’ANTARCTIQUE page 30

HAPAG-LLOYD CRUISES, www.hl-cruises.com

JULIANNE MOORE page 40

JULIANNE MOORE, www.imdb.com

HÔTEL COSTES page 50

HÔTEL COSTES, www.hotelcostes.com

LA SOCIÉTÉ, montaignesaintgermain.com/la-societe

JACQUES GARCIA, www.jacquesgarcia.com

CHRISTIAN LIAIGRE, www.studioliaigre.com

THADDAEUS ROPAC page 56

THADDAEUS ROPAC, www.ropac.net

VIVAMAYR page 64

VIVAMAYR, www.vivamayr.com

PERSONAL page 162

LES TROIS ROIS, www.lestroisrois.com

DERNIÈRE MINUTE

Les nuits sont longues, les journées courtes. C’est le moment idéal pour se parer de joyaux qui brillent dans la lumière hivernale ou à la lueur des bougies.

1 Épingle à cravate Panthère de Cartier, or blanc 18 carats, p. s. d., www.cartier.com

2 Boucles d’oreille Happy Butterfly x Mariah Carey, 27 300 €, www.chopard.com

3 Bague Serpenti Viper, or blanc 18 carats, 47 500 €, www.bulgari.com

4 Bague Threads, or blanc et diamants, à partir de 43 000 €, www.graff.com

5 Créoles en platine Inside-out, 11 600 €, www.tiffany.at

6 Montre Patek Philippe Nautilus 5719/1G-001, p. s. d., www.patek.com

7 Piaget Rose Ring, or blanc 18 carats avec 75 brillants, p. s. d., www.piaget.com

8 Bague Le Renard avec diamants et émeraudes, collection Fabergé Treasures, p. s. d., www.faberge.com

paraît quatre fois par an chez l’éditeur GRUND GENUG Verlag und Werbe GmbH

ÉDITEUR

GRUND GENUG Verlag und Werbe GmbH, Vancouverstraße 2a, 20457 Hamburg, Allemagne, représenté par ses gérants, Klaus Manzel et Rainer Klipp

ADRESSE DE LA RÉDACTION

Vancouverstraße 2a, 20457 Hamburg, Allemagne, tél. +49 40 36 13 11 40, fax +49 40 36 13 11 44 info@gg-magazine.com, www.gg-magazine.com

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

Christian Völkers

RÉDACTION Internationale et locale

Rédactrice en chef Michaela Cordes

Secrétaire générale de la rédaction STEFFI KAMMERER steffi.kammerer@icloud.com

Directrice de création CAROLINA MARCHIORI caromarc@mac.com

Directrice artistique MONG TING ZHU mongting.zhu@gg-magazine.com

Maquettes éditions locales ANNA GEHRMANN-PHILIPPI anna.gehrmann-philippi@gg-magazine.com

Chef de service ALEXANDER HALTER alexander.halter@gg-magazine.com

Rédactrice MERLE WILKENING merle.wilkening@gg-magazine.com

Traduction et relecture (parties rédactionnelle et immobilière)

Caroline Rott (ES), Susana Silva Ollet (ES), Catherine B. Fischer (FR), Marie-Christine Fischer (FR), Rachel Kretz (EN), Robert Smales (EN), Katja Iseler (IT), Lara Cortés Fernández et Lektornet GmbH

Ont contribué à ce numéro

Uta Abendroth, Christian Aust, Femke Maleen Fritz, Sven Michaelsen, Asia Orlando, Greta Willenbrock

Responsable au regard du droit de la presse allemand Rainer Klipp ANNONCES PUBLICITAIRES

Responsable de la rubrique des annonces publicitaires HABIB FEROGH, tél. +49 17 02 27 16 38 habib.ferogh@gg-magazine.com

KLAUS RIEMENSCHNEIDER, tél. +49 17 24 91 20 58 extklaus.riemenschneider@gg-magazine.com

France et Benelux VEEBEEZ MEDIA & EVENTS, VALERIE BELLAMY, tél. +33 620 79 49 69 valerie.bellamy@veebeez.com

Espagne PREMIUM MEDIA GLOBAL SERVICES, tél. +34 913 20 65 60 / +34 639 20 31 45 davidd@premiummedia.com.es ; nuriae@premiummedia.com.es États-Unis d’Amérique PRECISION MEDIA GROUP, tél. +1 21 25 16 96 38 gg@precisionmedia.com ; JAN DI NUOSCIO tél. +1 41 53 10 40 71 jandinuoscio@gmail.com

ANNONCES IMMOBILIÈRES PRÉSENTÉES PAR ENGEL & VÖLKERS Éditions internationale et locales

Directrice de la rubrique immobilière INKEN BECKER inken.becker@gg-magazine.com

Maquette Classic éditions locales ANNA GEHRMANN-PHILIPPI anna.gehrmann-philippi@gg-magazine.com

Assistante GABRIELA NÖLLER gabriela.noeller@gg-magazine.com

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Directeur de la publication JUAN-GALO MACI À juan-galo.macia@engelvoelkers.com

Responsable marketing MONTSE LAVILLA montse.lavilla@engelvoelkers.com

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MICHAELA MÖLLENBECK moellenbeck@bertheau-druck.de, INKEN BECKER inken.becker@gg-magazine.com, ALEXANDER HALTER alexander.halter@gg-magazine.com

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IMPRESSION

Éditions internationale et locales

Frank Druck GmbH & Co. KG - une société du groupe Eversfrank -, Industriestraße 20, 24211 Preetz, Allemagne États-Unis d’Amérique

Quad/Graphics Inc., N61 W23044 Harry’s Way, Sussex, Wisconsin, 53089-3995, États-Unis d’Amérique ABONNEMENTS Internationaux

Abonnement annuel (4 numéros, tarif pour l’Europe) : 32 € franco domicile, dont 19 % de TVA (Allemagne : 24 €). L’abonnement est reconductible tacitement pour une durée d’un an s’il n’est pas résilié par écrit au moins six semaines avant son échéance. Toute reproduction du contenu nécessite l’autorisation écrite de l’éditeur. Le contenu rédactionnel a été élaboré avec le plus grand soin. Néanmoins l’éditeur décline toute responsabilité quant à l’exactitude des informations, références et conseils, ainsi que d’éventuelles erreurs d’impression. Les informations (données, description) relatives aux annonces immobilières sont fournies par des tiers et ne sont pas vérifiées par l’éditeur. Aucune responsabilité ne pourra être engagée à l’encontre de l’éditeur ni concernant l’exactitude et l’exhaustivité de ces informations, ni concernant la disponibilité des biens immobiliers présentés. Tous les objets sont soumis au paiement d’une commission, à l’exception de ceux qui sont marqués d’un « P ». ISSN 0941-5203, GG · No. 1/26 · 38e année

DIRECTION

Klaus Manzel et Rainer Klipp

Le prochain numéro de GG paraîtra le 6 mars 2026 www.gg-magazine.com

Au-dessus du bar du restaurant, une somptueuse installation réalisée par les artistes Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger.

Faste royal revisité

Le bureau d’architectes de renom Herzog & de Meuron a en partie remanié le Grand Hôtel Les Trois Rois à Bâle. Le résultat est à la fois élégant et surprenant.

Au terme de deux ans de travaux, l’hôtel urbain dont l’histoire remonte à 1681, entame un nouveau chapitre. À l’intérieur, les architectes bâlois ont créé différents univers esthétiques d’une rare finesse en portant une attention et un soin particuliers aux éléments historiques. « Le Grand Hôtel Les Trois Rois se distingue par son élégante architecture classique qui lui confère un charme français. Le bâtiment sud a été entièrement remanié en s’inspirant précisément du néoclassicisme français, avec l’ajout d’éléments modernes au langage contemporain », explique Jacques Herzog, associé fondateur de Herzog & de Meuron. « Il en résulte des associations de matériaux insolites, des lumières et des couleurs surprenantes. »

Le faste du passé se mêle à une esthétique nouvelle, tout aussi glamour. Dans les suites, les transitions fluides entre les pièces, le mobilier

Le bâtiment sud classé monument historique a été incorporé au Grand Hôtel en 2004.

sur mesure et les alcôves rouge velours créent un contraste inattendu avec l’architecture ancienne. De grands panneaux mobiles aux ornements refaits dans un style contemporain permettent de diviser la salle de banquet située au premier étage et de l’adapter aux célébrations et conférences qu’elle accueille. The Council, le salon à cigares, impressionne par sa hauteur sous plafond qui rappelle celle d’une chapelle. Il est décoré de 570 carreaux de faïence artisanaux, de canapés rouges et de deux cheminées. Les combles abritent le spa Seijaku, un havre de paix d’inspiration japonaise. Des panneaux de papier faits main, inspirés de l’architecture traditionnelle des onsen, des tatamis et des tons de bois chauds composent les zones de repos. Un escalier étroit mène à la terrasse aménagée sur le toit qui offre une superbe vue sur le Rhin et sur les toits de Bâle.

I was a submarine.

U18 – reborn after 40 years on duty

Model U18, ø 44 mm. The anniversary diving watch made from the original steel of the decommissioned submarine U 18. Limited to 1,000 pieces. Could there be anything more fascinating than wearing a piece of German submarine history right on your wrist? Case made from high-strength, seawater-resistant German Submarine Steel that is almost 40 years old. Rotating bezel with TEGIMENT Technology and therefore especially scratch-resistant. Tested based on European diving equipment standards and certified by an independent testing institute: water-resistant and pressure-resistant to a diving depth of 2.000 m (= 200 bar). The dial shows the nautical miles travelled and the model designation, while the back features the silhouette of the legendary Class 206 submarine With solid stainless-steel bracelet. 3.230 EUR. Two-year manufacturer‘s warranty. Good submarines are reborn.

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