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Le lapin, un animal incompris
Quand on dit qu’on a un lapin comme animal de compagnie, beaucoup de personnes lèvent les yeux au ciel, rigolent ou, pire encore, demandent : « Quand va-t-on le manger ? » Au début, on ne sait pas quoi répondre, on rigole bêtement, alors qu’en fait, c’est blessant… Car les lapins sont des êtres intelligents, malins, curieux, câlins, mais encore victimes de tant de préjugés.
LE LAPIN, UN ANIMAL TROP PEU CONSIDÉRÉ ?
POURQUOI LES LAPINS
ONT-ILS UNE MAUVAISE IMAGE ?
Dans l’esprit collectif, le lapin reste souvent associé à deux images réductrices :
• D’un côté, l’animal d’élevage, destiné à la viande, relégué à un rôle purement utilitaire. Évidemment, son bien-être et sa santé sont mis au second plan, car l’objectif n’est pas de le laisser vivre longtemps en bonne santé.
• De l’autre, le petit animal de compagnie pour enfant, que l’on achète sur un coup de tête dans une animalerie, sans se préoccuper de ses besoins. On le met en cage dans un coin de la chambre, on le considère sans grand intérêt, jusqu’à ce qu’on s’en lasse ou qu’on parte en vacances…
Ces idées sont dépassées mais collent toujours au pompon des lapins, ce qui impacte leur santé physique et leur moral au quotidien.
Par ailleurs, on sous-estime souvent les animaux qu’on connaît mal puisqu’on se raccroche au peu de choses qu’on pense savoir d’eux : les préjugés et les idées reçues. On se base sur des généralités ou des comparaisons avec d’autres animaux (chien et chat généralement).
Ouvrez vos chakras, respirez un bon coup et imaginez… Si je vous dis que votre lapin peut réagir à son prénom, faire ses besoins dans une litière, venir se faire câliner sur le canapé, apprendre des tours, jouer à des jeux de réflexion, avoir des préférences gustatives, dormir avec vous…
Oui, le lapin est un animal extraordinaire, qui mérite une place de choix dans nos cœurs et dans nos foyers.
ET SI ON CASSAIT LES PRÉJUGÉS ?
Les idées reçues poussent les propriétaires à faire des erreurs dès le départ, ce qui a un impact direct sur la santé et le bonheur de leur lapin. Or, sachez que :
• Le lapin n’est pas un rongeur
Eh oui ! C’est un lagomorphe. La différence ? Les rongeurs, comme les rats ou les hamsters, ont quatre incisives alors que le lapin en a six : deux incisives en bas, deux incisives en haut et deux toutes petites dents cachées derrière les dents supérieures.
Cela peut sembler être un détail, mais ça change tout : son alimentation, sa physiologie et ses besoins sont bien différents de ceux d’un rongeur. Et comme le lapin possède des dents qui poussent tout au long de sa vie, il a le besoin naturel de les user en rongeant. En résumé, le lapin ronge, mais n’est pas un rongeur.
• La cage est totalement inadaptée pour les lapins
La cage a un véritable impact négatif sur la santé physique et mentale de nos lapins de compagnie.
Il faut savoir que la cage est l’évolution du clapier d’élevage ; un clapier adapté à nos maisons modernes. En animalerie, l’idée est d’enlever le plus de freins à l’achat afin que vous repartiez avec le fameux lapin. La cage rassure : elle permet d’avoir un lapin qui ne prend pas de place, qui ne fait pas de bêtises et qui ne salit pas… Le rêve pour vous, mais un véritable cauchemar pour votre lapin : la cage ne prend en compte que le côté pratique pour l’humain, sans se préoccuper des besoins du lapin.
Je vous explique un peu plus loin comment avoir un espace pour son lapin adapté à ses besoins, sécurisé et pratique.
• Le lapin n’est pas l’animal idéal pour les enfants
Avec son poil tout doux et sa frimousse adorable, le lapin est souvent considéré comme une peluche vivante et comme l’animal parfait pour un enfant. Malheureusement, c’est tout l’inverse…
Tout d’abord, le lapin est un animal fragile, vif, peu patient, qui aime la douceur et le calme. Vous comprendrez qu’il est loin d’être l’animal idéal pour un enfant qui crie, court, peut être maladroit ou a des difficultés à maîtriser son énergie et sa frustration. Un enfant, souvent sans le vouloir, peut faire mal au lapin : une mauvaise manipulation ou une chute peut avoir de graves conséquences sur sa santé, voire lui être fatale.

À l’inverse, un lapin qui se sent menacé peut se débattre, griffer ou mordre pour se défendre. Ces réactions peuvent effrayer ou blesser les enfants. C’est pourquoi la rencontre entre un lapin et un enfant doit toujours se faire sous la surveillance d’un adulte, dans le respect et la douceur. On ne compte plus le nombre de lapins achetés comme cadeau pour un enfant, sous prétexte qu’ils sont mignons et faciles. Résultat : comme ce n’est pas uniquement une peluche vivante, l’enfant s’en lasse et le lapin finit délaissé, sans soin, et parfois même abandonné.
Si vous songez à adopter un lapin pour occuper et responsabiliser vos enfants, mon rôle est de vous prévenir. D’abord, c’est vous, en tant qu’adulte, qui prendrez l’entière responsabilité de cet animal. C’est vous qui vous en occuperez pendant plus ou moins dix ans, même durant les vacances et quand vos enfants n’en voudront plus. C’est vous qui veillerez à son bonheur et à son bien-être. C’est vous qui paierez les frais relatifs à l’alimentation, l’habitat et la santé.
Il faudra aussi sensibiliser vos enfants au bien-être de ce lapin, aux comportements à adopter avec lui. Et vous devez être intransigeant sur le sujet, car le bonheur de ce lapin, sa santé, ses conditions de vie, sont tout aussi importants que le plaisir de votre enfant à avoir un petit compagnon.
Vous l’aurez compris, le lapin n’est pas l’animal de compagnie idéal pour un jeune enfant. En revanche, il peut parfaitement s’épanouir au sein d’une famille, à condition qu’il soit sous la responsabilité d’un adulte. Le lapin demande de la douceur, de la patience et du respect.
• Le lapin est un animal qui coûte cher
On pense souvent que le lapin est moins onéreux que d’autres animaux, qu’il ne mange que quelques épluchures de légumes et une poignée de granulés, qu’il nécessite peu de soins… La réalité est bien différente !
• Les lapins ont besoin d’une alimentation fraîche, variée et de qualité. Certes, cela reste souvent moins cher que des croquettes pour chien, mais c’est un vrai budget tout de même.
• Il faut du matériel adapté : enclos, litière, jouets, tunnels, cabane… Généralement beaucoup plus que pour un autre animal.
• Et la santé… Oui, un lapin a besoin de soins ; il faut donc l’amener régulièrement chez un vétérinaire NAC. Ces vétérinaires sont spécialisés en nouveaux animaux de compagnie, avec une formation et du matériel adaptés à nos petits compagnons, ce qui peut avoir un coût assez élevé.
Vous pouvez retrouver des informations plus détaillées sur le budget que représente un lapin dans « Quel budget pour un lapin ? », page 89.
• Le lapin demande du temps et de l’attention au quotidien
Si vous voulez créer une belle relation avec votre lapin, il va vous falloir beaucoup de temps, car on ne gagne pas la confiance d’un lapin facilement : vous devez vous armer de patience.
Les lapins ont besoin de sorties et de stimulations au quotidien. Sans oublier l’entretien qui prend également du temps : nettoyage de l’enclos, brossage, préparation de la nourriture…
Vous devrez aussi vous renseigner, lire, regarder des vidéos, discuter avec des vétérinaires spécialisés… afin de démêler le vrai du faux.
Enfin, les produits « pour lapin » vendus en magasin ou sur certains sites Internet non spécialisés ne sont pas du tout adaptés aux lapins ! Il faudra que vous analysiez en détail la composition de chaque aliment que vous donnez à votre lapin.
L’ESSENTIEL À SAVOIR SUR LES LAPINS
ORYCTOLAGUS CUNICULUS, NON CE N’EST PAS UN SORTILÈGE !
Le lapin fait partie de la classe des mammifères et de l’ordre des lagomorphes. Nos lapins domestiques descendent du lapin de garenne européen (Oryctolagus cuniculus), qui vit en groupe dans des terriers sur une grande partie du globe.
Pendant des siècles, le lapin est resté un animal sauvage, chassé ou élevé en semi-liberté. Sa véritable domestication ne remonte qu’à environ mille cinq cents ans ; bien plus tard que celle du chien, du chat ou du cheval. Au fil du temps, les élevages ont commencé à apparaître et se sont répandus en Europe. Les éleveurs ont favorisé la reproduction des lapins les plus dociles, les plus prolifiques, et aux pelages variés. Au xixe siècle, le lapin est devenu un animal d’élevage courant, et les premières races reconnues sont apparues.
Le saviez-vous ?
Les lapins de garenne doivent être protégés. En effet, selon le rapport d’évaluation de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) de 2017, les effectifs de lapins de garenne ont chuté de manière importante depuis plusieurs dizaines d’années. Dans certaines régions françaises, on estime que les populations ont diminué de 50 à 70 % depuis les années 1950, principalement en raison de maladies virales et de la dégradation de leurs habitats. Ces chiffres font que le lapin de garenne est maintenant classé dans les espèces quasi menacées.
Mais c’est seulement au xx e siècle que le lapin a commencé à trouver sa place dans nos foyers comme animal de compagnie. Les races dites « naines » sont apparues dans les années 1950 et ont participé à cette tendance : leur petite taille et leur aspect attendrissant ont séduit de nombreux foyers.
• Les comportements du lapin sauvage
Un autre point essentiel à savoir : les lapins sont des animaux strictement herbivores.
Ce sont des animaux avec peu de moyens de défense, ce qui en fait des proies pour de nombreux prédateurs domestiques ou sauvages : chats, chiens, renards, furets, rapaces nocturnes (chouettes et hiboux), rapaces diurnes (milans, buses), fouines, blaireaux…
