LM magazine 214_fevrier 2026

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N°214 / FÉVRIER 2026 / GRATUIT

De Bic à MTV en passant par Birmingham

10 – Société

Interview : Frédéric Ferrer

Comment Nicole a tout pété

16 – Portfolio

Fries Vansevenant

26 – Musique

Interview : Bertrand Belin, Ghostwoman, Charlotte de Witte, We Loft Music, Perceval, Peter Doherty, The Boo Radleys, Ashnikko, Georgio, Stella Rose, MYD, Rochelle Jordan, Durand Jones & the Indications, Yann Tiersen, Jeff Tweedy, Adam Green, Bar Italia, Igorrr, Winter Jazz Festival

50 – Écrans

The Mastermind, La Reconquista, Bus de nuit, Promis le ciel, À pied d’œuvre, La Lumière ne meurt jamais, Urchin

56 – Expostion

Événements : Réouverture du LaM PhotoBrussels Festival

Patricia Urquiola, Musées hors frontières, Marie de Hongrie – Art & Pouvoir à la Renaissance, Gregory Crewdson, Clémence Van Lunen, Agenda…

78 – Théâtre & danse

L’Affaire Makropoulos, Marie Stuart, Justices, Quand je serai grande, je serai Patrick Swayze, Youth Is Great, L’Histoire du suppositoire qui voulait échapper à sa destinée, Contes et légendes, Aspirator, Fabrice Eboué, Elena Nagapetyan, Pierre-Emmanuel Barré, Cabaret de curiosités, Agenda…

98 – Le Mot de la fin

MAGAZINE

Direction de la publication

Rédaction en chef

Nicolas Pattou nicolas.pattou@lastrolab.com

Rédaction

info@lm-magazine.com

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Administration

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LM magazine – France & Belgique

28 rue François de Badts

59110 La Madeleine - Ftél : +33 (0)3 62 64 80 09

Direction artistique

Graphisme

Cécile Fauré cecile.faure@lastrolab.com

Couverture

Fries Vansevenant

Oh My www.fries.studio c @fries_vansevenant

Réseaux sociaux

Cécile Fauré

Sophie Desplat

Impression

Tanghe Printing (Comines)

Diffusion C*RED (France / Belgique) ; BHS.media (Bruxelles / Hainaut)

Ont collaboré à ce numéro : Selina Aït Karroum, Thibaut Allemand, Julien Damien, Mathieu Dauchy, Camille Lombardo, Grégory Marouzé, Raphaël Nieuwjaer, Arnaud Stoerkler, Fries Vansevenant et plus si affinités.

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PLAYLIST LM La bande son de la rédaction

LM magazine France & Belgique est édité par la Sarl L’astrolab* - info@lastrolab.com L’astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours

L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales.

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Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement

MONSTRA EN ARTOIS

Pensé comme un écho au Festival international du film d'animation de Lisbonne, Monstra en Artois investit le Casino d'Arras avec une sélection de courts métrages issus de la compétition portugaise. Le Grand Soir de l'Animation aligne ainsi 27 films en cinq heures, dessinant un panorama de la création animée, tels Yuck ! de Loïc Espuche ou Beautiful Men de Nicolas Keppens. Fidèle à son histoire, l'événement ne se contente pas de projeter : il transmet via les restitutions d'ateliers menés sur le territoire et des films d'écoles. Une manifestation à taille humaine, où l'animation se regarde autant qu'elle se pratique.

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION DE LISBONNE À ARRAS

Arras, 06 & 07.02, Casino d'Arras, info : lesateliersdelahalle.fr

QU'EST-CE QU'ON FABRIQUE EN FAMILLE ?

Le temps d'un week-end, l’ancien site minier se transforme en terrain d’exploration artistique. Spectacles dès 6 mois, ateliers créatifs, bar à jeux, coin lecture et douceurs à partager composent une programmation fédératrice. On s’émerveille devant Flaque, ode aquatique à la pluie pour les tout-petits, on se laisse envelopper par Blanc(s), ballet de papier et de musique, ou on philosophe en riant avec Pourquoi un arbre est une poule ?. Un festival ludique et inventif, où créer devient un jeu collectif.

Loos-en-Gohelle, 13 > 15.02, Base 11/19 (Culture commune), info : culturecommune.fr

Beurk
Espuche / Ikki films, Iliade Films
Pourquoi
un arbre est une poule
The Animeros
Jessie Lee & The Alchemists
Jovin Webb
Eddy Smith & The 507
Big Dave and The Dutchmen
Cabana Belgica
Connolly Hayes
Luther Dickinson & Jd Simo
Sergi Estella
Thomas Frank Hopper
Robert Finley
The Buttshakers

FRÉDÉRIC FERRER

■ Souriez, vous réchauffez

Rire de la surchauffe planétaire ?

C'est le pari de Frédéric Ferrer. Ce metteur en scène et géographe propose depuis 2005 des Chroniques du réchauffement aussi rigoureuses que désopilantes. Son dernier épisode, Comment Nicole a tout pété, embarque le public dans un spectacle-débat très participatif autour d'une future mine de lithium en France. Attention, sujet brûlant !

Comment Nicole a tout pété est votre sixième spectacle sur le thème du dérèglement climatique.

Pourtant, la température continue d'augmenter. Un constat d'échec ?

Oui, c'est un échec total, puisque je cherche quand même à engager la lutte contre le réchauffement climatique à travers mes spectacles. Mais paradoxalement, cette crise est une aubaine pour les metteurs en scène : elle offre un tel niveau de bordel dans le monde qu'il y a une foule de sujets à traiter. Un vrai miracle pour les dramaturges.

Vous êtes agrégé de géographie et diplômé en arts du spectacle. N'est-ce pas difficile de conjuguer l'humour avec l'écologie ?

Je pense qu'on peut parler de la bombe atomique avec humour et décalage. C'est Docteur Folamour,

une comédie, qui m'a le plus fait réfléchir au danger de la menace nucléaire. Tous les sujets se prêtent à différents modes d'expression. On peut écrire une tragédie pour parler de la guerre, Charlie Chaplin en a fait un film drôle, Le Dictateur. Moi, je suis à l'aise dans le décalage, c'est mon rapport au monde.

«  Cette crise est une aubaine pour les metteurs en scène »

Dans mes spectacles, l'absurde permet de sortir des discours écologiques trop moralisateurs, qui culpabilisent notre manière d'être et ne donnent, selon moi, pas envie d'agir.

Vous nourrissez vos pièces d'enquêtes de terrain et de données scientifiques. À quoi doit-on s'attendre avec Comment Nicole a tout pété ?

C'est un spectacle-débat inspiré d'une véritable rencontre, organisée par l'État dans l'Allier sur l'ouverture d'une mine de lithium. Une activité lourde et polluante, capable en même temps de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant notre empreinte

carbone par l'essor des mobilités douces. Forcément, il y a des positions locales contre d'autres globales, l'intime contre l'universel. Que se passe-t-il quand de tels enjeux s'invitent dans notre jardin ?

Le spectacle est un condensé subjectif de la vingtaine de réunions qui ont eu lieu et que j'ai suivies. Il se joue autant sur scène que dans la salle, avec par exemple des acteurs qui recueillent les questions du public et s'empressent d'y répondre en interprétant l'un des quarante personnages de la pièce.

Vous êtes connu pour laisser beaucoup de place à l'improvisation. Est-ce toujours le cas ?

Mon théâtre repose sur une écriture très documentée. Tout est vrai, pris au contact du réel. Mais

les acteurs n'ont pas de texte, simplement un ordre d'idées. Ils connaissent les questions qu'ils doivent aborder, pas de quelle manière. Certains moments sont calés, mais c'est vraiment une dramaturgie de l'oralité, une improvisation dirigée.

Le scientifique en vous trouve-t-il que l'humanité est aussi en pleine impro, face au dérèglement climatique ?

Oui ! L'humanité a pris un immense retard dans les décisions qu'elle devait prendre face à cette crise. Elle semble même avoir accepté l'idée d'une augmentation de la température, tout en cherchant encore à savoir quelle limite se fixer. Dans le même temps, des scientifiques travaillent depuis longtemps

© Yannick Blancard

à des scénarios d'adaptation très rigoureux, mais qui ne sont pas appliqués. Comme nous avons enclenché des phénomènes dont on ne mesure pas tous les dangers,

« Le

Théâtre doit déchiffrer le monde »

nous risquons d'aller de surprise en surprise. Et là, il faudra qu'on improvise !

Votre drôle de ''théâtre du climat'' est-il une manière de décaler votre propre éco-anxiété ?

Je ne suis pas vraiment éco-anxieux, je crois qu'il faut continuer de vivre. Je pense surtout que la joie permet d'agir, qu'elle peut jouer le rôle d'un puissant moteur et redéfinir notre manière d'être au monde. Si le théâtre veut rester

un art vivant, il doit questionner le monde qui l'entoure. Mettre en scène les grands bouleversements actuels, c'est aussi une manière de les documenter, de donner à déchiffrer le monde.

En attendant une prise de conscience globale, essayez-vous quand même d'atteindre la neutralité carbone à titre personnel ?

J'essaie d'être plus cohérent qu'hier et qu'avant-hier, mais le chemin est long. Ma voiture fonctionne toujours au pétrole. Je l'utilise de moins en moins.

COMMENT NICOLE A TOUT PÉTÉ (UNE HISTOIRE DE MINE ET DE CLIMAT)

Villeneuve d'Ascq, 04 > 06.03, La Rose des vents, 20h (sauf mer : 19h), 22 > 8 €, larose.fr (voir Le Cabaret de curiosités p. 92, lephenix.fr)

Maubeuge, 10.03, Atelier Renaissance, 20h 10€, surmars.be

FRIES VANSEVENANT

Coupé décalé

Nourri par les dessins animés japonais des années 1990, la culture hiphop et le cinéma, Fries Vansevenant développe depuis plus de vingt ans un univers graphique singulier. Motion designer et illustrateur belge installé à Gand, il compose des portraits où la nostalgie dialogue avec une rigueur formelle assumée. Tout commence à Poperinge, chez ses grands-parents. Devant le Club Dorothée, le jeune Fries découvre Dragon Ball, Goldorak ou Captain Tsubasa, qu’il s’empresse de reproduire. Très vite, le dessin devient un réflexe. À 14 ans, il rejoint donc les arts visuels à Ypres, puis découvre Adobe Illustrator à la fin des années 1990. Subjugué par les possibilités de l’image vectorielle, il poursuit un master en design graphique. Son passage chez Seven Productions (2006–2015) agit comme un accélérateur. Dans cette agence tournée vers les festivals et l’industrie du divertissement, il jongle avec le graphisme, l’illustration et l’animation. Inspiré par Ariel Costa (alias Blink My Brain), il intègre le collage à sa pratique et affirme un style plus audacieux. Aujourd’hui freelance sous le nom fries.studio, il déploie un style immédiatement reconnaissable, mêlant géométrie, collage et fan art. Le processus de création est minutieux mais laisse place à l’accident. Ses portraits rendent hommage aux icônes du hip-hop, du cinéma ou du sport - de Tupac à Biggie, en passant par le Joker. Parallèlement, Fries enseigne le graphisme à l’université, convaincu que la transmission nourrit la pratique. La peinture et le grand format s’imposent désormais comme le prolongement naturel d’un travail qui questionne, depuis ses débuts, la persistance des images de la culture populaire. Nicolas Pattou

À visiter / www.fries.studio ; c @fries_vansevenant

La Fouine

mar. 03 fév. |

Dick Annegarn

Zénith - Lille

jeu. 05 fév. | Théâtre Louis Pasteur - Lille

LINH

sam. 7 fév. |

Yvnnis

Le Splendid - Lille

sam. 7 fév. | La Condition Publique - Roubaix

Scylla & Furax

dim. 08 fév. |

Clara Luciani

mar. 10 fév. |

Georgio

mer. 11 fév. |

L'Aéronef - Lille

Le Zénith - Lille COMPLET

La Condition Publique - Roubaix

Elena Nagapetyan

mer. 11 fév. |

Le Zénith - Lille

jeu. 12 fév. | L’Embarcadère - Boulogne-sur-Mer

sam. 14 fév. |

Justeniels

mer. 11 fév. |

jeu. 12 fév. |

Le Zénith - Amiens

La Bulle Café - Lille

La Bulle Café - Lille

Pierre-emmanuel Barré

12 & 13 fév. | Théâtre Sébastopol - Lille CPLT

Isha & Limsa

jeu. 12 fév. | La Condition Publique - Roubaix

Yuston XIII

jeu. 12 fév. |

Le Splendid - Lille COMPLET

Napalm Death

+Whiplash + The Varukers

dim. 22 fév. |

Le Splendid - Lille

PIAF ! LE SPECTACLE

mar. 24 fév. |

Ajar

jeu. 26 fév. |

L'Embarcadère - Boulogne s/ Mer

La Bulle Café - Lille

Caroline Estremo

ven. 27 fév. | Théâtre Municipal - Denain L.E.J

ven. 27 fév. | Le Splendid - Lille

Aupinard

sam. 28 fév. | Le Splendid - Lille COMPLET

Fabrice Éboué

mar. 03 mars | Le Zénith - Lille DER. PLACES

sam. 28 mars | Le Zénith - Lille jeu. 21 janvier 2027 | Scénéo - Longuenesse ven. 5 fév. 2027 | Le Zénith - Lille

Yasmine Hamdan

mar. 03 mars |

Morrisey

mer. 04 mars |

Ebony

Le Splendid - Lille

Le Zénith - Lille

mer. 04 mars | Le Grand Mix - Tourcoing CPLT

Keroué

ven. 06 mars | Le Flow - Lille

Pierpoljak

sam. 07 mars | The Black Lab - Wasquehal

Samantha Fish

lun. 09 mars | Le Splendid - Lille

Scarlxrd

mar. 10 mars | Le Splendid - Lille

Liv Del Estal

mer. 11 mars |

Julien Lieb

RÉSA:

agauchedelalune.tickandyou.com et dans les points de vente officiels habituels graphisme : hypothese-studio.com

La Bulle Café - Lille

jeu. 12 mars | Le Splendid - Lille DER. PLACES

Disiz

jeu. 12 mars | CPLT. mer. 09 déc. | Le Zenith Lille

La Cond. Publique - Roubaix

The Dead South ven. 13 mars |

La Condition Publique - Roubaix

BERTRAND BELIN

« Le langage est une matière plastique »
Propos recueillis par Mathieu Dauchy
Photos © Héloïse Esquié

■ Entre les lignes

Porté par Watt, son huitième album, Bertrand Belin poursuit un chemin singulier et bat en brèche cette théorie selon laquelle il serait devenu un songwriter électronique. Entre solitude intérieure, plaisir de la scène et recherche de justesse, c'est toujours l'âme humaine que sonde le Breton.

Dans votre nouvel album il est question de solitude. Peut-on se sentir seul quand on fait un métier public ?

Oui, bien sûr. Personne n'est d'ailleurs épargné par la solitude dont je parle. Tout un chacun l'éprouve dans des moments tout à fait ordinaires. Socialement, il vaut mieux cacher ce sentiment et faire bonne figure, au travail par exemple. Il n'empêche qu'on est en confrontation avec quelque chose qui nous fâche, qui ne trouve pas à s'exprimer. Cette solitude laisse entendre un dialogue intérieur, en fait.

On a parlé d'un virage synthétique au détour de votre précédent disque. Sur celui-ci, il y a comme une réconciliation entre synthés et cordes ?

Ça m'étonne un peu parce que sur Persona, il y a trois ans donc, vous trouviez déjà des cordes et des synthés. J'ai déjà opéré cette synthèse

pas mal de fois. Je n'ai pas acheté d'instruments pour faire ce disque, j'ai utilisé les mêmes que d'habitude.

Pensez-vous à la scène lorsque vous composez ?

Oui, bien sûr. J'ai commencé la musique en faisant des concerts. Le disque est secondaire. Depuis mon petit village je pensais qu'il fallait être une superstar pour en enregistrer...

Qu'est-ce qui vous plaît dans la manipulation du langage ?

La matière est plastique, jouissive à manipuler. On a le champ libre, toutes les possibilités devant soi. C'est comme choisir un accord ou des notes. Dans des systèmes codifiés comme le langage ou la musique, la probabilité qu'une phrase n'ait pas été prononcée par un être humain est très grande. Par exemple, il est peu probable que quelqu'un ait déjà dit : "Je vais enfermer Trump dans un poivron et remplir ce poivron de plomb, en route pour l'Adriatique."

Une chanson contient donc de nombreux niveaux de lecture...

En effet, si vous me donnez un livre en chinois, je ne vais pas en tirer grand-chose, à part m'émerveiller devant la qualité graphique

des caractères. Au niveau du sens, de la perception, du sentiment, il ne va rien se passer. Mais si vous me faites écouter une chanson en chinois je vais en recevoir quelque chose grâce à la musique, la tonalité, une façon de dire. Ça fait une différence assez importante.

À la veille d'une tournée, comment choisissez-vous les chansons de votre répertoire ?

D'abord, il y a une prime à la nouveauté, on va donner la priorité au dernier disque. Mais j'ai gardé de la tournée précédente des souvenirs que j'ai envie de retrouver. Certaines chansons très anciennes font donc partie du set. Ce n'est pas une science, plutôt des impressions.

« Je ne réécoute jamais mes disques »

Qu'est-ce qu'un bon concert selon vous ?

Le mot d'ordre, c'est le plaisir. Durant la dernière tournée, il n'y a pas une fois où je suis sorti en me disant qu'il ne s'était rien passé. Mais plus important que mon opinion, c'est l'expérience qu'en retire le public. Moi-même je me rends à des concerts. À partir du moment où quelqu'un se donne un minimum, c'est gagné. C'est aussi une expérience de groupe d'être dans le public.

Vous diriez-vous contemplatif ?

Une vie de tournée permet-elle la contemplation ?

Je ne suis pas contemplatif. Non, je m'assois sur un banc comme chacun de temps en temps, mais pas pour observer le monde avec un calepin. Il suffit de le traverser pour faire des expériences.

Watt est votre huitième album. Quel rapport entretenez-vous aujourd'hui avec vos précédents disques ? Vous arrive-t-il de les réécouter ?

Il m'arrive d'être confronté à la diffusion d'une chanson, parfois ancienne, à la faveur d'un accident chez quelqu'un ou dans un bistrot. Mais je ne réécoute pas mes disques. Je me souviens de chaque virgule et chaque note de musique de tout ce que j'ai fait, c'est dans ma tête. C'est comme une masse, comme un astre qui rayonne, qui m'envoie un peu de lumière...

L'ensemble vous parait-il cohérent ?

Je n'ai pas vraiment une écoute distanciée. Mais cela me paraît bien vivant, jamais répétitif. Certains éléments persistent d'un disque à l'autre - des préoccupations, le timbre de la voix, certaines façons d'envisager la musique - mais j'essaie de créer des formes nouvelles avec des outils de référence : la langue française et les influences musicales anglo-saxonnes de ma jeunesse…

GHOSTWOMAN

L'Union fait la

force

Le rock psychédélique d'Evan Uschenko a trouvé, en la batteuse belge Ille van Dessel, son contrepoint idéal. Intégrée naturellement à son projet solo Ghost Woman, elle a fait bien plus que combler les vides. Comme souvent, tout est une question de rythme – et de rencontre. On dirait qu’Uschenko a toujours su qu’il fallait jouer vite et fort pour s’extraire de sa province de l’Ouest canadien. À Three Hills, Alberta, 3 000 habitants, l'espace ne manque pas mais l’isolement impose de tout faire soi-même. À force d’opiniâtreté, le multi-instrumentiste accouche d’un premier EP de garage rock lo-fi, âpre et enfiévré, avant d’éclaircir le propos dès 2021 avec un premier album plus structuré. En apprivoisant sa rage tout en affinant son sens mélodique, Uschenko s'échappe enfin des plaines canadiennes. La tournée européenne sera décisive. En Belgique, une jeune batteuse lui propose ses services – et ses baguettes. Avec l'arrivée d'Ille van Dessel, Ghost Woman se solidifie en GHOSTWOMAN. Le duo marque l'année 2023 avec deux albums impeccables, où guitares rugueuses et frappes sèches s’équilibrent. Devenu power duo à part entière, sorte de White Stripes brumeux ou de Kills marécageux, GHOSTWOMAN installe une tension poisseuse, braconnant sur les terres des Black Angels (dont la batterie est aussi tenue par une femme, d'ailleurs). La mue s'achève en 2025 avec Welcome to the Civilized World, sommet hypnotique à la production ciselée et aux accents psychédéliques assumés. De retour dans nos contrées, Evan Uschenko sait qu'il doit beaucoup à la Belgique. Mathieu Dauchy Bruxelles, 06.02, Ancienne Belgique, 19h, 21/22€, abconcerts.be Lille, 07.02, L'Aéronef, 20h, 8/5€, aeronef.fr

LA LUNE DES PIRATES

LA LUNE DES PIRATES

01/02 LAURA VEIRS + POLLYANNA

scène de musiques actuelles Tourcoing

07/02 LES NUITS DE L’ALLIGATOR HARLEM GOSPEL TRAVELERS + CELIA WA

SCRATCH MASSIVE + PARABEL 12/02 AFTERWORK GRATUIT WALLNERS 13/02 OPEN MIC SKUUURT 18/02 AFTERWORK GRATUIT SINE.SIX 20/02 REQUIN CHAGRIN + MICHELLE BLADES 21/02 16H LE GOÛTER CONCERT DE ZERZURA LE TEMPS D'UNE LUNE #10 21/02 LE TEMPS D'UNE LUNE

CHARLOTTE DE WITTE

Ondes de choc

Voilà un moment que Charlotte de Witte traîne dans le paysage électronique – quinze ans déjà. On ne reviendra pas sur les nombreuses critiques, pas toujours fondées, dont elle fit l’objet depuis ses débuts : trop jeune, trop jolie, trop bien placée (un père chez EMI, ça aide forcément). Reste que la Gantoise a squatté les DJ-booths du monde entier et, a priori, ce n’est pas pour son joli minois… mais pour son efficacité à retourner un dancefloor en deux temps, trois mouvements. C’est d’ailleurs ce même savoir-faire que l’on retrouve sur son premier album, publié après vingt-cinq EP. Un disque peu surprenant pour qui l’a vue en live ces dernières années. L’œuvre résume son style, en somme : une techno volontiers martiale, trempée dans l’acid et les réminiscences des premières raves anglaises, mais avouons-le, excessivement produite. N’empêche, la patronne du label KNTXT maintient une pulsation addictive, de l’ouverture acid The Realm au breakbeat aérien Higher, de l'écho grégorien Domine jusqu'au point d’orgue After The Fall (avec le timbre légendaire de Lisa Gerrard, alias madame Dead Can Dance). De quoi démontrer que sa réputation n’est plus à faire, ni usurpée. Les mauvaises langues peuvent se taire et lever les bras. Thibaut Allemand Gand, 06 & 07.02, Flanders expo, 20h30, ven : complet ! • sam : 59,99€, flandersexpo.be

WE LOFT MUSIC

Cinq jours, neuf lieux, treize artistes : We Loft Music tire son épingle du jeu au coeur de l'hiver. Créé en 2019 par la Cave aux Poètes, cet "anti-festival" privilégie les formats intimistes, jauges réduites et lieux inattendus. Superpoze et son electronica sophistiquée, ainsi que Cléa Vincent et sa pop délicate, servent de portes d’entrée idéales vers un vaste terrain d’exploration. Jazz pianistique (Mélissa Weikart), dream pop (Attention le tapis prend feu) et electro - de la rêverie (Luxie) à l’obscurité (No Sex Last Night) - composent une sacrée programmation. Mention spéciale à O’O, nouvelle signature "katebushienne" du label InFiné, que l’on attend avec impatience. T.A Roubaix, 04 > 08.02, La Cave aux Poètes, Musée La Piscine, La Condition Publique et divers lieux, divers tarifs (25 € > gratuit) • pass journée 07.02 : 30€, caveauxpoetes.com

PERCEVAL

Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Cette dégaine, déjà : le casque façon Daft Punk du xiiie (siècle), le kilt… Planqué dans son heaume-studio, le Breton aligne des tracks techno tirant sur la trance et affublés de flûtiaux et cornemuses. Sur scène, si l’on est dans de bonnes dispositions, ça peut être cocasse. Profitons-en pour chanter les louanges des quasi-homonymes Courseval, trio tenancier d’un bardcore impeccable, dont les reprises au luth et à la harpe de The Weeknd, A-Ha ou Billie Eilish valent le détour… T.A.

Roubaix, 05.02, La Condition publique, 20h, 27€ laconditionpublique.com, tumetonnesproductions.com

PETER DOHERTY

Ça fait un moment que Peter Doherty ne défraie plus la chronique et vous savez quoi ? Tant mieux. On se souvient du documentaire réalisé par son épouse (Stranger in My Own Skin, 2023), sur ses années toxicomanes : quel boulet, à l’époque ! Heureusement, il reste les chansons. Entouré d’un groupe solide, dont l’ex-Smiths Mike Joyce, l’Anglais égrène ses morceaux d’hier et d’aujourd’hui, des Libertines à Babyshambles en passant par ses albums solo. Oui, le gaillard a le chic pour composer des mélodies et leur donner vie avec un chant pas toujours en place. Punk, folk, pop, Peter Doherty s’est créé une place à lui dans le paysage musical. Un peu à part, mais jamais loin. T.A

Lille, 05.02, L'Aéronef, 20h, 30/23€ aeronef.fr

Anvers, 06.02, Trix, 19h30, 39 > 35,50€ trixonline.be

Courtrai, 08.02, De Kreun, 20h, 40 > 34€ wildewesten.be

THE BOO RADLEYS

Oubliez les deux dernières années et le come-back de Blur, Oasis, Pulp et quelques autres. Le vrai retour de la britpop fut initié dès 2022 avec la parution de Keep on with Falling des Boo Radleys. Jadis signé chez Creation, le groupe demeure éternel second rôle mais signataire d’un fabuleux triptyque (Giant Steps / Wake Up ! / C’mon Kids). Hélas, à part une poignée de mélomanes avertis, le monde s’en ficha. Tant pis pour le monde. Tant mieux pour nous : les revoilà ! T.A.

Béthune, 08.02, Le Poche, 19h, 16/14€ theatre-bethune.fr

©
Roger
Sargent

ASHNIKKO

L'art du débordement

Née en Caroline du Nord, Ashton Nicole Casey a passé son adolescence en Estonie, puis en Lettonie avant de poser ses valises à Londres en 2011. Ballottée de tous côtés, l’Américaine en a fait du chemin ! On vous épargne la révélation TikTok et la bande originale de la deuxième saison d’Arcane pour en venir à l’essentiel : un trop-plein de… tout. De rage, de colère, d’angoisse, de révolte, de formules affutées, de mélodies retorses et d’arrangements frappadingues. Ça bouillonne, ça déborde et la trentenaire n’a manifestement pas envie de se calmer. Des looks plutôt voyants (à côté, Lady Gaga, c’est Anne Sylvestre) et des chansons tapant dans tous les styles : dance, country, reggae, hip- hop… On songe tour à tour à Doja Cat (pour qui elle a écrit), à une Britney radicalisée ou encore à la maison PC Music et à sa regrettée égérie, Sophie, tant ce maelström sonore se moque des hiérarchies. Loin du feu de paille, Ashnikko a publié, l’automne dernier, un troisième album, sans doute le plus abouti – et le plus déstructuré aussi. De quoi confirmer qu’elle compte désormais parmi les figures majeures de la pop contemporaine. Thibaut Allemand Bruxelles, 07.02, La Madeleine, complet !, la-madeleine.be

Concert de restitution AÉRO CAMPUS TOUR

PETER DOHERTY + GUEST

GHOSTWOMAN + CALVIN LOVE

LE VOYAGE EN UKRAINE Exposition + concerts

MYD (Live) + LB AKA LABAT + RONI

LAST TRAIN + GUEST

NOSO + GUEST

YANN TIERSEN + GUEST

P.R2B + GUEST

HUMOUR + BODY HORROR

YONI MAYRAZ + GUEST

BAR ITALIA + GUEST

DELUXE + GUEST

IGORRR + DVNE + THOUGHTCRIMES

Goûter-Concert DITTER

DITTER + GUNER KUNIER

GEORGIO

À 21 ans, il assurait l'unique featuring d'un album de Fauve aujourd’hui oublié. Georgio, lui, a résisté et douze ans plus tard, aligne déjà six LP. Gloria , le dernier en date, marqué par le deuil de son père et porté par un flow sans temps mort, oscille entre boom-bap à l’ancienne (Oasis, en duo avec Bekar) et jazz-funk (Smile, avec Chilly Gonzales). Les velléités de variété sont toujours là, mais que voulez-vous, ça fait partie de son histoire - il a grandi en écoutant NTM et Cabrel, c’est ainsi. En attendant, à l’heure où Orelsan tourne un peu en rond, Georgio fait souffler un vent d’air frais sur le hip-hop français. T.A.

Roubaix, 11.02, La Condition publique, 20h, 32€ laconditionpublique.com, agauchedelalune.com

STELLA ROSE

Zappons le traditionnel soupçon de népotisme, puisque le père de Stella Rose n’est autre que Dave Gahan, figure christique de Depeche Mode, pour nous concentrer sur l’essentiel : un rock en noir et blanc, sur lequel planent les ombres tutélaires de Nick Cave et Patti Smith, Mazzy Star et Chelsea Wolfe. Bref, des chansons peu portées sur la galéjade, mais où électricité et mal-être font bon ménage. Au fait : Stella est signée chez Kro Records. Ça ne s’invente pas. T.A.

Bruges, 08.02, Cactus, 19h30, 18 > 12€ cactusmusic.be

Béthune, 10.02, Le Poche, 20h, 14/12€ theatre-bethune.fr

MYD Dr Feelgood

Quand on se souvient des concerts de Sexual Earthquake In Kobe (un projet franchement improbable, et involontairement comique), on a peine à croire que leur claviériste finirait par produire SCH, Georgio (voir page 38) ou Theophilus London. Et pourtant, tout se tient. De cette première expérience, puis des succès engrangés au sein de Club Cheval, l’un des fers de lance de la maison Bromance, MYD a retenu que le sérieux (apparent) n’était pas son truc. Son premier album jouait d'ailleurs la décontraction : par son titre d’abord (Born A Loser, manière élégante d’écarter toute pression), par ses invités ensuite (Mac DeMarco, diplômé d’un CAP de branleur certifié), par sa musique enfin : une pop solaire, estivale même en hiver, un condensé de coolitude propice au farniente. Peu enclin à se cantonner au repos dominical, le Lillois a changé de braquet sur le joliment nommé Mydnight. Ici, l’ambiance est plus énergique, nourrie de house baléarique. Le Nordiste convoque aussi le Big Beat façon Fatboy Slim ou Chemical Brothers. Un disque taillé pour le live. Idéal pour manipuler des tracks élastiques qui attrapent les hanches et ne les lâchent plus, de minuit à mydi. Thibaut Allemand Lille, 12.02, L'Aéronef, 20h, 27/20€, aeronef.fr

© Alice Moiti é Musique

ROCHELLE JORDAN

Femme de l’ombre, Rochelle Jordan pourrait bien capter la lumière. Aperçue chez Logic1000 ou Jimmy Edgar, co-signataire de Telegraph Ave. avec Childish Gambino, cette Anglaise grandie à Toronto et désormais installée à Los Angeles avait jusque ici livré cinq albums parus dans une quasi-confidentialité. Les choses devraient changer avec Through the Glass , qui mêle house de Chicago, vocaux R&B moderne et fibre pop futuriste. Héritière de Nicolette (cette voix) et d’Aaliyah (ce son) et cousine probable d’Erika de Casier (cette attitude), Rochelle Jordan devrait, on l’espère, briser cette drôle de malédiction. T.A

Bruxelles, 17.02, Botanique, 18h30, 28,5/25,5 €, botanique.be

DURAND JONES & THE INDICATIONS

Loin d’un simple revival, le son de Durand Jones & The Indications se révèle aussi à l’aise dans le space disco que dans le Philly sound. Le tout mâtiné d'une touche personnelle, perceptible sur les quatre albums du groupe originaire de Bloomington (Indiana). Basse élastique, claviers vaporeux et rythmiques ciselées servent d'écrin au baryton de Durand Jones et au falsetto gracile d’Aaron Frazer – les âmes de la situation. T.A.

Bruxelles, 15.02, Ancienne Belgique, complet !, abconcerts.be

YANN TIERSEN

Retour au présent

Les mélodies faussement désuètes de Yann Tiersen lui collent aux basques comme le chewing-gum au capitaine Haddock. Or, depuis des années, le musicien n’a cessé d'explorer de nouveaux territoires. La preuve avec ces concerts alignant set pianistique et électronique défricheuse.

Sur les plateformes d’écoute, prenez la page de Yann Tiersen : sur les dix titres les plus streamés, un seul est paru au xxie siècle. Le reste ? Amélie Poulain, encore et toujours. Frustrant pour un artiste qui, sans jamais se renier, a tourné la page depuis des lustres. Mais rien n'y fait, on résume le multi instrumentiste aux valses nostalgiques de ses premiers albums – il faut dire qu’elles sont jolies, ces valses. Remarquables, pourtant, sont aussi les cadences krautrock parues sous l’alias ESB. Charmantes, également, les envolées modulaires de Kerber. Et passionnantes, enfin, les traversées héroïques de Rathlin from a Distance / The Liquid Hour, aux mélodies cristallines perturbées par des claviers. C’est dans ce dernier double album que le musicien pioche allégrement durant cette tournée. Seul au piano, il rend justice à ses mélopées tombées du ciel. Il cultive aussi la répétition et la ritournelle revêche, au milieu de synthétiseurs antiques, dans un fourbi de câbles et de patches. Loin, très loin du Montmartre sépia, une expérience totale et moderniste.

Thibaut Allemand

Bruxelles, 16.02, Ancienne Belgique, 19h, 36/35€, abconcerts.be Lille, 17.02, L'Aéronef, 20h, 30/23€, aeronef.fr // Seraing, 20.02, OM, 20h, 38€, omconcerts.be

JEFF TWEEDY

Le grand écart

Choisir, c’est renoncer. Alors Jeff Tweedy ne choisit pas. Il mène de front plusieurs carrières : producteur, arrangeur, songwriter, au sein de son groupe Wilco, sous le patronyme Tweedy lorsqu’il joue avec son fils Spencer, et en solitaire, sous… son propre nom. Pas bête.

Impossible d’évoquer Jeff Tweedy sans un mot sur Wilco. On se souvient des embûches qui ont accompagné Yankee Hotel Foxtrot (2002), produit par le laborantin Jim O’Rourke. Le label Reprise Records refusa le disque mais laissa les bandes au groupe, qui les refila à la maison Nonesuch, davantage associée aux musiques nouvelles : Reich, Glass, Zorn… Le disque fut un immense succès et reste, aujourd’hui encore, une porte d’entrée idéale pour le néophyte. On y perçoit une œuvre vaste, assise sur des fondations country rock mais s’autorisant des percées krautrock, des embardées jazz ou des furetages synthétiques. C’est avec ce genre d’artistes que ces musiques ancestrales restent vivantes. Ainsi, à l’instar de Neil Young, Jeff Tweedy n’a jamais tranché entre tradition acoustique et modernité électrique, entre folk songs immémoriales et merveilleux boucan infernal. Son dernier (triple) album, Twilight Override enregistré en famille, contient lui aussi son lot de classiques instantanés (dont un Lou Reed Was My Baby-Sitter d’anthologie). Bref, s’il a hissé l’Americana sur les cimes de l’expérimentation, Tweedy demeure ce p’tit gars de Belleville, Illinois, qui ne refuse jamais un coup de main à ses amis, de Mavis Staples à Dry Cleaning. Visez un peu le grand écart. Thibaut Allemand Anvers, 17.02, De Roma, 20h, 37/35€, deroma.be

Urban

Visitor

Cultural

Hotels,

Universities

Libraries

Bicycle

Bus

Indoor

Banners

Amusement

ADAM GREEN Héros malgré lui

A l'aube des années 2000, le cofondateur des Moldy Peaches secoue la scène new-yorkaise aux côtés de Kimya Dawson. Leur folk brinquebalant et franchement loufoque – qu'on appelait alors anti-folk – redéfinit tranquillement les codes de l'indie. Depuis, Adam Green s’est imposé en solo avec une merveille nommée Friends of Mine (2003), un album qui renvoie Burt Bacharach et Neil Hannon jouer à la dînette chez les Polly Pocket. Des chansons orchestrales expédiées en deux minutes trente : un coup d’essai, un coup de génie. S’ensuit une ribambelle de disques où Green, sans toujours retrouver la grâce des débuts, surprend souvent : un duo façon Nancy & Lee avec Binki Shapiro ou la BO foutraque d’Aladdin. Profondément indépendant, ce troubadour urbain en évoque un autre, un certain Jonathan Richman. La parenté saute aux oreilles avec Falling Around, son dernier EP qui semble sorti tout droit de la discographie des Modern Lovers. Sur scène, Green ne garde jamais son sérieux bien longtemps. Attitude typique de ce petit juif new-yorkais qui se demande encore comment tout cela lui est arrivé. Thibaut Allemand Bruxelles, 20.02, Botanique, complet !, botanique.be Liège, 21.02, Reflektor, 20h, 24,50€, reflektor.be

© Devendra Banhart
Musique

BAR ITALIA

Les protégés de Dean Blunt ont pris, avec leur cinquième album au titre clin d’œil à Billy Wilder (Some Like It Hot, 2025) un virage parfaitement maîtrisé. Délaissant les mélodies intimistes et le brouillard shoegaze, le trio britannique plonge tête la première dans un punk rock lettré, regardant autant le Cure des débuts que l’indie rock 90’s. De quoi décontenancer les fans de la première heure, tout en attirant un nouveau public. Une métamorphose au forceps ? Difficile à dire. La réponse viendra sans doute de la scène. On verra si nos anciens timides aux mille complexes ont vaincu leurs démons. T.A

Lille, 24.02, L'Aéronef, complet !, aeronef.fr

Anvers, 25.02, Trix, 19h30, 26/22,50€, trixonline.be

Depuis une vingtaine d’années, Igorrr repousse les limites d’un metal aux confins du thrash, du black, et de bien d’autres étiquettes. Si le le line-up a évolué, on retrouve ce mariage entre growl guttural (pléonasme) et chant lyrique, avec une production très électronique. Igorrr, c’est un peu le pendant français de Secret Chiefs 3 (d’ailleurs, Trey Spruance apparaît sur Amen, 2025) et sur scène, l’ensemble prend des airs de messe noire insensée mais parfaitement maîtrisée. T.A.

Lille, 27.02, L'Aéronef, 20h, 27/20€, aeronef.fr

© Rankin
© Jackie Collins

WINTER JAZZ FESTIVAL

Station libre

Au début du xx e siècle, loin de l'image carte postale, Le TouquetParis-Plage vibrait déjà au rythme du swing, des casinos et des nuits sans sommeil. Ce festival ravive cet esprit frondeur, convoquant le jazz d’hier et d’aujourd’hui sans nostalgie ni révérence excessive.

Tel un pendant d'Atlantic City (New Jersey), la petite station balnéaire Paris-Plage comptait, dans les années 1920, une dizaine d’hôtels de luxe, palaces et autres casinos. Et l'on y servait de l’alcool... De nombreux musiciens américains y firent escale et, dès 1931, l’harmonie municipale se dotait d’une petite formation swing et jazz, la Caddy Harmonie Jazz. Le Winter Jazz Festival, s’il n’en est qu’à sa cinquième édition, s’inscrit donc dans une tradition quasi-centenaire. Le goût du jeu juste et libre demeure intact, à l’image du chanteur et guitariste Raul Midón, ici en quartet après avoir accompagné Bill Withers ou Herbie Hancock. Le jazz, c’est aussi du fantasme, tel Thomas Dutronc se rêvant en manouche, et de la fantaisie, comme en témoignent l’inénarrable Chilly Gonzales ou le trio Emile Londonien, complices, entre autres, de Laurent Bardainne. Et, pour rappeler que le jazz a irrigué le funk, la soul ou le rap, l’immense China Moses présente son dernier album, justement à la croisée de ces styles. Alors, smoking, robe Charleston et fume-cigarette sont facultatifs – mais le goût de la note bleue, lui, semble éternel. Thibaut Allemand

Le Touquet Paris-Plage, 25.02 > 01.03, Palais des Congrès, divers tarifs, jazzautouquet.com

Sélection / 25.02 : Michel Jonasz // 26.02 : China Moses, Thomas Dutronc // 27.02 : Raul Midón, Michel Fugain... // 28.02 : Ferdi, Émile Londonien, Chilly Gonzales // 01.03 : Avishai Cohen quintet

THE MASTERMIND

Se faire une toile

Du vol comme un des beaux-arts ? De L'Affaire Thomas Crown à The Grand Budapest Hotel, le cinéma s'est souvent plu à montrer des braqueurs esthètes, d'une habileté et d'une intelligence étourdissantes. Kelly Reichardt traite le motif à sa manière, modeste et malicieuse. C'était les années 1970, époque bénie où il était encore possible de chouraver deux Gauguin, un Rembrandt et un Picasso sans se prendre la tête. Inspiré par le cambriolage du Worcester Art Museum, la réalisatrice d'Old Joy et First Cow prend le contre-pied du genre. En guise de repérages, des visites en famille. Et pour la planification, une réunion à la cave pendant que le repas mijote. Ce qui intéresse Kelly Reichardt n'est de toute façon pas l'action (la preuve, le vigile roupille) mais ses conséquences. Que faire de ces tableaux – en l'occurence, du peintre abstrait Arthur Dove ? Peut-être d'abord les contempler. James Blaine Mooney (Josh O’Connor) les accroche dans son salon, lui qui n'a jamais pu s'accomplir en tant qu'artiste. Mais la police ne tarde pas à frapper à sa porte. En fuite, le jeune homme croise quelques vrais durs à cuire, et surtout des connaissances passées, qui lui rappelle quelles autres voies sa vie aurait pu emprunter. À la télévision, les échos de la guerre du Vietnam le poursuivent. Pas si simple d'échapper à son époque, quand bien même on traverserait l'existence avec des airs de touriste. Portée par la formidable partition de Rob Mazurek, du groupe de jazz Chicago Underground Trio, The Mastermind s'affirme comme une méditation sur le rapport au présent. Raphaël Nieuwjaer

De Kelly Reichardt, avec Josh O'Connor, Alana Haim, John Magaro... Sortie le 04.02.

LA RECONQUISTA

Tourné en 2016, La Reconquista était demeuré inédit en France. Marquant le début de la fructueuse collaboration entre Jonás Trueba et l'actrice-scénariste

Itsaso Arana ( Eva en août ), le film s'attache aux retrouvailles de Manuela (Arana) et Olmo (Francesco Carril). Que reste-til, quinze années plus tard, des liens amoureux noués à l'adolescence ? Davantage que ce que l'un et l'autre sont d'abord prêts à avouer. La nuit s'ouvre alors comme une parenthèse fragile et intense, propice à interroger les chemins empruntés ou négligés. En dévoilant dans un second mouvement les personnages à l'adolescence, Trueba double l'émergence du sentiment de son souvenir. Tandis que son titre guerrier se teinte d'une coloration proustienne, La Reconquista dépose en nous une émotion tenace.

Raphaël Nieuwjaer

De Jonás Trueba, avec Francesco Carril, Itsaso Arana. En salle.

N121BUS DE NUIT

Le premier long-métrage de Morade Aïssaoui bouscule les codes du "film de banlieue" avec un huis clos haletant. Trois amis d'enfance (Aïssa, Oscar et Simon) montent dans le bus qui les ramène chez eux après une soirée à Paris. Un échange entre passagers dégénère, et la situation bascule... Pour son coup d'essai, Morade Aïssaoui fait preuve d'une maîtrise impressionnante. Dans l'habitacle du bus, il compose un espace étouffant. Le cadre est serré, le tempo millimétré, l'efficacité digne des meilleures séries B américaines. Passagers anonymes, microcosme social : ce bus devient le théâtre d'une mécanique implacable où se joue bien plus qu'une prise d'otage collective. Le réalisateur cartographie les trajectoires personnelles comme un plan urbain où les lignes de vie se croisent au hasard. Grégory Marouzé De Morade Aïssaoui, avec Riadh Belaïche, Bakary Diombera... Sortie 04.02.

PROMIS LE CIEL

Les pieds sur terre

Après Sous les figues, la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri signe un deuxième long-métrage choral qui ausculte avec finesse la condition des migrantes subsahariennes dans la Tunisie d'aujourd'hui. Étoile d'or à Marrakech. Tunis. Marie, Jolie et Naney, trois réfugiées que tout pourrait opposer, partagent le même toit. Quand elles recueillent Kenza, fillette de quatre ans rescapée d'un naufrage, leur équilibre vacille... La séquence inaugurale donne le ton avec ce bain offert à une enfant inconnue, survivante d'un drame invisible. Marie, ancienne journaliste ivoirienne devenue pasteure, a transformé sa maison en église évangélique clandestine. L'arrivée de Kenza la bouleverse : faut-il la garder ou la remettre aux autorités ? Noa (Blamassi Touré, militant des droits humains) saura l'éclairer. Pour Jolie, étudiante hébergée grâce à l'argent paternel, et Naney, jeune mère survivant de trafics, la fillette sonne aussi la fin d'un certain déni. Au-delà de simples portraits croisés, des thématiques âpres surgissent. La réalisatrice dépeint sans détour la crise migratoire en Tunisie – de l'organisation d'un univers parallèle face à l'hostilité ambiante. Entre politique répressive et promesse d'accueil, quel avenir pour ces populations ? C'est une caméra nerveuse qui filme Tunis en perpétuelle tension, loin de l'image figée de la capitale. Debora Lobe Naney, première apparition à l'écran, a raflé plusieurs prix d'interprétation. D'une vitalité sidérante malgré le contexte, le film doit son titre à la chanson du groupe Delgres – même énergie contagieuse. Selina Aït Karroum

D'Erige Sehiri, avec Aïssa Maïga, Laetitia Ky, Debora Lobe Naney, Mohamed Grayaa… En salle.

À PIED D'ŒUVRE

Lignes de fuite

Après L’Amour et les Forêts, Valérie Donzelli revient avec À pied d'œuvre. L’occasion pour la cinéaste de dénoncer les dérives de notre société consumériste, à travers le portrait d’un photographe qui décide de changer radicalement de vie. On y retrouve un Bastien Bouillon impressionnant.

Sans avoir l’air d’y toucher, Valérie Donzelli peaufine une œuvre cinématographique forte. Après le drame autobiographique La Guerre est déclarée (co-réalisé avec son ex-compagnon Jérémie Elkaïm), elle ne s’est pas enfermée dans un genre, signant, notamment, une comédie virevoltante (Notre Dame - 2019), une série TV cocasse (Nona et ses filles - 2021), ou une tragédie dénonçant la violence conjugale (L’Amour et les Forêts, en 2023, d’après le best-seller d’Éric Reinhardt). Donzelli transpose aujourd’hui au cinéma le récit autobiographique de Franck Courtès, À pied d’œuvre, grand succès de librairie. Si, comme dans L’Amour et les Forêts, il est encore question de violence, elle s’exerce ici d’une toute autre manière. Dans À pied d’œuvre, Paul Marquet (Bastien Bouillon) abandonne une carrière florissante de photographe, pour écrire un livre et vivre de petits boulots, en rupture avec le "système". Peut-on se mettre en marge de notre société sans en payer le prix ? Sans manichéisme, grâce à une mise en scène dépouillée en accord avec son sujet, la cinéaste livre un film tétanisant, porté par la rage contenue d’un Bastien Bouillon toujours aussi remarquable. Grégory Marouzé

De Valérie Donzelli, Avec Bastien Bouillon, Virginie Ledoyen, Valérie Donzelli. Sortie 04.02.

URCHIN

Prince charmant dans Maléfique : Le pouvoir du mal (Joachim Rønning, 2019) ou mannequin dans Sans filtre (Ruben Östlund, 2022), l'acteur Harris Dickinson se tient pour sa première réalisation à mille lieues des univers qui l'ont fait connaître. Collant aux basques de Mike (Frank Dillane), sa caméra suit les galères de ce jeune homme sans le sou, confronté à l'âpreté de la rue autant qu'à la lourdeur bureaucratique des services sociaux. Rengaine certes connue du cinéma britannique, mais qui trouve sa force dans le fait de ne pas rendre son personnage tout à fait aimable. C'est que Mike semble le jouet de forces qui ne sont pas seulement sociales. Des visions à la Stanley Kubrick ouvrent ainsi certaines trouées métaphysiques. Étonnantes, ces séquences ont aussi quelque chose de (littéralement) régressives.

Raphaël Nieuwjaer

De Harris Dickinson, avec Frank Dillane, Megan Northam. Sortie le 11.02.

LA LUMIÈRE NE MEURT JAMAIS

Pauli est flûtiste classique. Suite à une dépression, il revient vivre chez ses parents. Ce retour l'incite à fréquenter une ancienne camarade de classe, férue de musique expérimentale. Entre rigidité et lâcher-prise, partitions et expérimentations… Voici un concertiste déconcerté, déphasé avec son milieu (familial, professionnel et artistique) et surtout avec lui-même. En se frottant à des esthétiques plus underground va-t-il enfin se libérer ? Après quelques court-métrages primés, l’artiste queer Lauri-Matti Parppei livre un premier long-métrage en forme de manifeste autofictionnel. Il nous entraîne dans sa propre ville natale, Rauma, au sud de la Finlande. Clin d’œil à la chanson des Smiths («  There is a light that never goes out »), le film évoque avec pudeur et justesse la question de la santé psychique des artistes. Selina Aït Karroum

De Lauri-Matti

Parppei, avec Samuel Kujala, Anna Rosaliina Kauno… Sortie le 04.02.
Vue du LaM et de l’extension par Manuelle Gautrand
© Manuelle Gautrand Architecture.
Photo
: F. Iovino

DU LAM

Un musée en mouvement

Après la Rose des vents en fin d’année, une autre institution de Villeneuve d’Ascq s’apprête à rouvrir ses portes : le LaM ! Fermé depuis septembre 2024 pour travaux, le musée niché dans un écrin de verdure, véritable référence de l’art brut en Europe, mais aussi en art moderne et contemporain, dévoile en février une exposition inédite consacrée à Vassily Kandinsky, un parcours permanent renouvelé et bien d’autre surprises...

En 2023, le LaM soufflait ses 40 bougies... avant de fermer ses portes l’année suivante pour une cure de jouvence. Eh oui, à cet âgelà, on s'entretient ! Plus concrètement, ces dix-huit mois de travaux visaient à préserver le patrimoine architectural du bâtiment et à réduire sa facture énergétique. Toitures et façades ont ainsi été restaurées, les célèbres vitrages conçus par Roland Simounet remplacés à l’identique. Mais ce n’est pas tout. Au-delà de ce rafraîchissement, l’objectif est d’offrir une autre expérience muséale, en proposant un LaM « plus accueillant, plus accessible, véritable lieu de vie

et de partage », selon son directeur, Sébastien Faucon, dont l’ambition est «  d’imaginer ensemble de nouvelles manières de faire musée ». Cela passe notamment par un hall repensé, agrémenté d’espaces de détente, meublés par la designeuse écoresponsable Clémence Seilles, avec des créations sur mesure.

Table ouverte – Outre la restauration en pierre bleue de l’allée menant vers le musée, l’ouverture vers l’extérieur a également été

Florent Layden © DR

transformée, avec une vue plus aérée sur le jardin, lequel est enrichi d’espèces d’arbres et d’une nouvelle œuvre, en l’occurrence un pavillon de verre de l’Américain Dan Graham ( Bayonne Pavilion ). Et puis, qui dit lieu de vie dit ? Bonne chère, pardi ! En cela, le LaM inaugure au rezde-chaussée un café-estaminet (façon «  bistrot de quartier  ») et à l’étage un restaurant, le tout sous la houlette d’une figure bien connue de la gastronomie régionale : le chef étoilé Florent Layden. Le "Pigments" (c’est son petit nom) nous invite ainsi à prendre place sur une terrasse panoramique, avec vue imprenable sur le parc de sculptures...

Nouveaux regards – Et côté programmation ? Là aussi, l’équipe du musée joue la carte du renouvellement et de l’expérimentation, en faisant la part belle à de jeunes artistes, invités à produire des œuvres originales. Au printemps, le Malgache Jessy Razafimandimby dévoile pour l’occasion un travail hybride entre sculpture, peinture, performance et marqué par la relation entre humanité et animalité. Désormais gratuit pour les moins de 26 ans (et pour les plus de 65 ans le vendredi après-midi), le LaM met également en valeur sa collection permanente en la régénérant tous les 18 mois, au gré d’expositions inédites (telle Obsession, voir page 60).

On aurait aussi pu vous parler des nouveaux ateliers, des outils numériques, de la végétalisation des patios... mais le mieux, c’est encore de le découvrir, non ? Julien Damien

LaM, RÉOUVERTURE

le 20.02

Villeneuve d’Ascq 1 allée du Musée +33(0)3 20 19 68 68,

Expositions : mar > dim : 11h-19h 11/9€ (grat.-26 ans) musee-lam.fr

Danien Buren, Cabane © NDewitte / LaM

PLANS

RAPPROCHÉS

KANDINSKY

FACE AUX IMAGES

Précurseur de l’art abstrait, Vassily Kandinsky a marqué l’histoire de l’art du xxe siècle. Mais comment a-t-il forgé son esthétique ? Cette exposition inédite, organisée avec le Centre Pompidou, s’intéresse justement à ses sources d’inspiration, en particulier au rapport que le peintre d’origine russe entretenait avec l’image pour nourrir son œuvre, entre photographies, coupures de presse, illustrations scientifiques, cartes postales... On découvre aussi son appétence pour les expériences spirites et sa volonté de coucher sur la toile l’invisible. Construit en cinq sections, ce parcours révèle des archives personnelles de l’artiste, mises en relief avec quelques-unes de ses pièces les plus iconiques, telles que Bleu de ciel, Improvisation 3 ou Avec l’arc noir. 20.02 > 14.06

OBSESSION

Les collections permanentes du LaM comme vous ne les avez jamais vues. Librement inspiré du Musée des obsessions d’Harald Szeemann, ce parcours chronologique renouvelle le regard sur les pièces de l’institution villeneuvoise. Une exposition à part entière qui initie un dialogue entre art brut, art moderne et art contemporain, offrant une balade dans l’histoire de la création. Ici, chaque salle s’apprécie comme «  un univers-monde ». Des célèbres "cabanes" de Daniel Buren aux portraits de Modigliani, des fusils déjantés d’André Robillard aux fresques luxuriantes d’Aloïse Corbaz, en passant par les grandes œuvres de figures de la scène internationale (Annette Messager, William Kentridge, Etal Adnan...), l’heure est au décloisonnement –et à l’émerveillement. À partir du 20.02

Corbaz, Sphinx Othello, vers 1940

Peintures & dessins, 1980-2000

3 oct. 2025 - 5 avril 2026

« Une photographie plurielle, ancrée dans le réel »

PHOTOBRUSSELS FESTIVAL

Le regard vif

Un anniversaire, oui, mais sans regard dans le rétroviseur. Pour sa 10e édition, ce festival choisit l'élan plutôt que la célébration nostalgique. Pendant un mois, 52 expositions investissent Bruxelles, portées par plus de 120 artistes, dont 55 Belges, dessinant une cartographie dense et contrastée de la photographie contemporaine.

Depuis 2016, le PhotoBrussels Festival a patiemment construit un réseau unique, reliant institutions prestigieuses, galeries spécialisées et espaces expérimentaux. Cette diversité de lieux reflète parfaitement l'esprit du festival. Ici, la photographie se découvre au fil des quartiers, image après image, au plus près des pratiques et des publics. Au cœur de ce parcours, The House de Lee Shulman (The Anonymous Project) s’impose comme l’une des expériences marquantes de l’édition. Conçue comme une maison des années 1950, l’exposition plonge le visiteur dans

The Anonymous Project
© Lee Shulman

un album de famille anonyme, à la lisière de la mémoire collective et de la fiction. Accrochées dans cet espace domestique, les images questionnent avec finesse notre rapport au passé, laissant à chacun la liberté d’y projeter sa propre histoire. Changement de registre à Stieglitz 19, Pixy Liao dynamite les conventions avec People in mirror are closer than they appear. Ses autoportraits mis en scène avec son partenaire déplacent les rapports de pouvoir au sein du couple et interrogent les stéréotypes de genre. L’humour et la frontalité de ses images confèrent à l’intime une portée résolument politique.

Autour du monde – Autre ambiance à la Michèle Schoonjans Gallery avec Beyond the Horizon de Scarlett Hooft Graafland. Réalisées en argentique, ses photographies documentent des interventions éphémères dans des paysages extrêmes. Sans artifices numériques, elles invitent à la contemplation et à une réflexion sur notre rapport à la nature. Enfin, à Contretype, Philippe Braquenier joue avec les codes du documentaire dans Earth Not a Globe. En mettant en scène des Flat-Earthers (adeptes de la Terre plate), il ausculte l’autorité de l’image et la fabrication des croyances, pointant avec acuité les dérives de la post-vérité. À dix ans, PhotoBrussels Festival confirme sa singularité en défendant une photographie plurielle, ancrée dans le réel mais toujours prête à le bousculer. Loin de figer son histoire, il préfère le mouvement aux certitudes.

Nicolas Pattou

Bruxelles, jusqu'au 22.02, Divers lieux & tarifs, photobrusselsfestival.com

Pixy
Liao

Crewdson

Photographie (extrait) : The Mattress (Cathedral of the Pines) – 2012-2014 – Digital pigment print – 106 x 138,5 cm – Courtesy Gregory Crewdson, Galerie Templon
Tapis
Chenille et Papillon , 2025
© Caroline Dethier

PATRICIA URQUIOLA

Mouvement perpétuel

Avec Patricia Urquiola, rien n’est jamais figé. Née à Oviedo en 1961, formée à Milan, la designeuse a fait de la transformation sa langue maternelle. Depuis plus de vingt ans, elle explore les zones de frottement entre artisanat et industrie, nature et technologie, rigueur et émotion, construisant un univers où les formes ne cessent de muter.

Au CID du Grand-Hornu, Meta-Morphosa déploie cinq années de recherches récentes. Loin d’une rétrospective, l’exposition se présente comme un laboratoire vivant, traversé par les tensions de notre époque : crise écologique, nouvelles matières, nouveaux usages. Dans les écuries immaculées du site, chaque œuvre semble à la fois en train de naître et de se transformer. En poussant la porte, on est plongé au cœur du « récit ». Un champignon géant, Mushmonster, nous accueille, suivi de deux tapisseries monumentales figurant une chenille et un papillon. Le décor est planté : ici, tout évoque la métamorphose. Deux salles se répondent, comme deux états d’un même organisme, l’un encore en devenir, l’autre déjà transfiguré.

État des lieux – Autour, les objets semblent habités. Un grand canapé aux courbes fluides se lit comme un paysage à parcourir plutôt qu’un simple meuble. Non loin, un tapis peuplé de créatures marines, d’insectes ailés et de figures hybrides déploie un bestiaire onirique. Des tabourets laissent pousser des pattes, des surfaces révèlent des morphologies étranges, comme si le vivant s’infiltrait partout. Cette vitalité tient beaucoup au travail sur

« Des matériaux comme des partenaires »
Patricia Urquiola devant Mushmonster, 2025 © Caroline Dethier

la matière. Verre recyclé, plastiques revalorisés, textiles issus de déchets, Patricia Urquiola choisit ses matériaux comme des partenaires. Ils portent une histoire, une texture, une capacité à évoluer. La couleur n’est jamais un simple revêtement. Elle jaillit de la structure même, réagit à la lumière, devient presque une peau.

À fond la forme – Meta-Morphosa défend ainsi une autre idée du design. Il ne s'agit pas de figer des modèles, mais d'accompagner des transitions. Pour l'artiste, concevoir, c’est dialoguer avec un monde instable, fragile et fertile. Entre poésie et responsabilité, ses objets nous rappellent que, comme la chenille devenue papillon, toute forme est susceptible d'en devenir une autre. Nicolas Pattou

Hornu, jusqu'au 26.04, CID mar > dim : 10h-18h, 10/2€ (gratuit -6 ans) cid-grand-hornu.be

« Dialoguer avec un monde instable »
© Caroline Dethier
Tabouret Valencia , 2024
© Caroline Dethier

Un échange de collection entre le Frac Grand Large et les Kunstmuseen Krefeld

MUSÉE HORS FRONTIÈRES Libre-échange

À Dunkerque, les œuvres circulent, les idées voyagent et les musées se répondent. Avec Musées Hors Frontières, le Frac Grand Large approfondit le dialogue engagé avec les Kunstmuseen Krefeld. Une traversée stimulante de plus d’un siècle de création, portée par des œuvres iconiques et des gestes radicaux.

Née d’un échange au long cours entre Dunkerque et Krefeld, l'exposition met en regard deux collections publiques façonnées par des contextes industriels forts. Refusant tout récit chronologique, le parcours s’organise en sections thématiques qui proposent une lecture critique de l’art des xxe et xxie siècles. Des origines de la publicité aux expérimentations du Bauhaus, des avant-gardes des années 1960 aux commandes récentes, l’exposition ausculte les interactions entre création artistique et production industrielle. Archives, pièces historiques et œuvres contemporaines se côtoient, soulignant aussi le rôle fondamental de la collection publique comme outil de mémoire et de transmission. Second volet d’un projet présenté à Krefeld en 2024, Musées Hors Frontières s’inscrit dans la célébration du cinquantenaire du jumelage entre les deux villes. Pensé comme une plateforme d’échange durable, le projet rappelle la vitalité des dialogues artistiques franco-allemands et interroge notre manière d’habiter le monde aujourd’hui - et demain. Camille Lombardo

Dunkerque, jusqu'au 30.08.2026, Frac Grand Large, mer > dim : 14h-18h 8/4€, gratuit (-18 ans), fracgrandlarge-hdf.fr + Croix, Villa Cavrois, mar > dim : 10h-18h, 11 €, gratuit (-18 ans), villa-cavrois.fr

Vannobel, J'adore
la mer , 2020. Collection
Kunstmuseen
Krefeld
©
D.R.
Photo : Dirk Rose

MARIE DE HONGRIE

MARIE DE HONGRIE

Les

coulisses du pouvoir

À Mariemont, une exposition ambitieuse redonne toute sa place à Marie de Hongrie, régente des Pays-Bas au xvie siècle. Œuvres, archives et dispositifs immersifs montrent comment cette figure majeure de la Renaissance envisagea l’art et les festivités comme des instruments de pouvoir au sein de l’empire des Habsbourg.

Longtemps restée dans l’ombre de son frère Charles Quint, Marie de Hongrie s’impose pourtant comme une redoutable stratège. Régente des Pays-Bas de 1531 à 1555, elle gouverne un territoire clé, dans une Europe marquée par les conflits religieux et les tensions dynastiques. Cette exposition pro-

pose une lecture inédite de cette autorité exercée sur la durée. Elle évite le piège du portrait biographique classique et rapporte comment une gouvernante, privée du champ de bataille réservé aux souverains masculins, investit d’autres terrains : la diplomatie, les réseaux et surtout la représentation.

Communication souveraine

Tableaux, tapisseries, manuscrits, monnaies et gravures, issus de plus de quarante institutions européennes, témoignent d'un projet global. Les portraits attribués à Titien ou les paysages de Jan Brueghel illustrent la construction méthodique d’une image impériale destinée à affermir l’autorité des Habsbourg. En contrepoint,

Titien (d’après), Portrait de Marie de Hongrie , après 1548
Décoratifs / Jean Tholance

Brueghel l’Ancien, Vue du château de Mariemont © Musée des Beaux-Arts de Dijon / François Jay

correspondances et documents administratifs révèlent l’envers du décor. On découvre un empire fondé sur l’écrit, la gestion du territoire et la circulation de l’information.

Retour aux sources – Le lien avec le site est organique. En 1546, la régente fait aménager près de Morlanwelz un pavillon de chasse princier auquel elle donne son nom : le "Mont de Marie" - devenu Mariemont. Conçu par l’architecte Jacques Du Brœucq, il ne s'agit pas d'un simple lieu de loisir. Intégré à un réseau de résidences de la cour, aux côtés du palais de Binche, le domaine devient un espace de prestige, le cœur battant d'un théâtre politique. Pour mieux en restituer l'ambiance, la scénographie mise ici sur l’immersion. Des reconstitutions numériques replongent le visiteur dans les festivités de 1549, organisées pour l’intronisation du futur Philippe II (fils de Charles Quint). Les lieux

Marie de Hongrie relative à un navire marchand d’Amsterdam, Bruges, 12 novembre 1545 © Musée royal de Mariemont

disparus reprennent forme. Et le constat s’impose : bien avant l’ère de la communication moderne, Marie de Hongrie avait compris que le pouvoir passait aussi par la mise en scène. Nicolas Pattou

MARIE DE HONGRIE

ART & POUVOIR À LA RENAISSANCE

Morlanwelz, jusqu'au 10.05.2026

Musée royal de Mariemont, mar > dim : 10h-17h 9/4€, gratuit (enfants), musee-mariemont.be

GREGORY CREWDSON

Figure majeure de la photographie contemporaine, l’artiste américain orchestre ici la conclusion d’une trilogie entamée avec Cathedral of the Pines et An Eclipse of Moths. Fidèle à ses mises en scène dignes du cinéma, Crewdson compose des images suspendues, fragments d’un film qui n’existe pas, où l’Amérique moyenne vacille sous des lumières crépusculaires. Intime et politique à la fois, Eveningside glisse vers le noir et blanc, accentuant la distance entre les êtres, la société et ses promesses épuisées. Une exposition troublante, d’une rigueur formelle implacable, qui regarde le déclin sans renoncer à l’idée d’une possible échappée. C.L.

Charleroi, 07.02 > 17.05, Musée de la photographie, mar > ven : 09h-17h, sam & dim : 10h-18h, 8/4€, museephoto.be

CLÉMENCE VAN LUNEN

Intitulée Une joyeuse intranquillité, cette rétrospective retrace près de quarante ans de création. Née à Bruxelles en 1959 et formée à Paris, Clémence Van Lunen a d’abord exploré pierre, bois et matériaux industriels avant de privilégier la terre. Ses séries — paysages chinois, cascades ou fleurs — révèlent une sculpture libre, où la couleur souligne et met la matière en tension. Maquettes, pièces monumentales et œuvres issues de collections contemporaines témoignent d’une démarche généreuse et innovante. C.L.

La Louvière, jusqu'au 01.03, Keramis, mar : 09-17h • mer > dim : 10h-18h 9/3€ (gratuit -18 ans), keramis.be Cl é mence van

Gregory
Crewdson,
Galerie
Templon
Lunen, Curtain C , 2022
© Juliette Agnel

ÉTIENNE POULLE

Tailleur de pierre devenu sculpteur avant d’enseigner à l’École supérieure d’Art et de Design d'Angers, Étienne

Poulle a gardé de ses débuts le goût des matériaux francs, des gestes précis et des histoires taillées dans la durée. À Béthune, il transforme Labanque en terrain de fouilles futuristes. Il érige tentes, Lego ou parpaings en vestiges d’un monde encore vivant. Entre sculpture et architecture, l'artiste angevin révèle comment nos objets ordinaires deviennent les mythes silencieux de demain.

Béthune, jusqu'au 05.04, Labanque, mar > dim : 14h-18h30, 6/3€ (grat. -18 ans), bethunebruay.fr

CARNAVAL DE RIO

Plumes, paillettes et samba : la Province de Liège prend des airs de Rio.

Portée par l’éblouissante collection d’Alain Taillard, l’exposition entraîne le visiteur dans les coulisses du plus mythique des carnavals. Plus de 50 costumes flamboyants (de véritables pièces de haute couture) racontent la ferveur brésilienne, entre artisanat, musique et démesure. Ici, le carnaval n’est pas qu’un spectacle : c’est un un art de vivre qui relie Rio, Binche et Malmedy dans une même explosion de couleurs.

Liège, jusqu'au 15.03, Musée de la vie wallonne, mar > dim : 9h30-18h, 7/5€ provincedeliege.be

VAISSEAU TERRE

EUGÈNE LEROY

C'est l'homme qui a inscrit Tourcoing sur la carte mondiale de la peinture. Comme tous les trois ans, le MUba consacre à Eugène Leroy une grande exposition. Après avoir exploré son héritage et ses liens dans le paysage artistique du xxe siècle, ce nouveau parcours focalise sur les toiles et dessins qu'il a produits entre 1980 et 2000. Une période témoignant d’un épanouissement technique et théorique incontestable.

Tourcoing, jusqu'au 05.04, MUba Eugène Leroy, tous les jours sauf mar : 13h-18h 6/4€ (gratuit -18 ans & Tourquennois) muba-tourcoing.fr

Et si la planète la plus mystérieuse de l’univers était la nôtre ? Pour en juger, le Forum des sciences invite à observer la Terre en prenant de la hauteur. Conçue par la Cité de l’espace de Toulouse, le parcours mêle images scientifiques, dispositifs interactifs et récits accessibles à tous. De la beauté fragile de la planète bleue aux traces laissées par l’humain, jusqu’aux scénarios pour demain, quatre parcours immersifs transforment chaque visiteur un explorateur éclairé. Villeneuve d'Ascq, jusqu'au 30.08, Forum des sciences, mer & we : 14h-18h • vacances : mar > ven : 11h-18h • we : 14h-18h, 8 > 4€ (grat. -12 ans), forumdepartementaldessciences.fr

© Annemie Augustijns

L'AFFAIRE MAKROPOULOS

Immortelle randonnée

Et si l’immortalité n’était pas un privilège mais une malédiction ?

Avec L’Affaire Makropoulos, Leoš Janáček signe un opéra vertigineux sur l’usure du temps et la fatigue de vivre. Dans la mise en scène de Kornél Mundruczó, cette fable philosophique se déploie comme une expérience théâtrale d’une rare intensité.

Enrayer le vieillissement pour tromper la mort, l’humanité en rêve perpétuellement. L’Affaire Makropoulos interroge pourtant ce fantasme. Chez Janáček, l’immortalité n’est ni un bienfait ni une chance, mais une impasse existentielle. Inspiré de la pièce de Karel Čapek (1922), cet opéra retrace le destin d’Elina Makropoulos, rendue éternelle à la suite d’une expérience menée par son père alchimiste. Depuis plus de trois siècles, elle traverse l’Europe en changeant d’identités ou d’amants. Lorsqu’elle apparaît sous les traits de la cantatrice Emilia Marty, âgée de 337 ans, sa beauté et sa voix continuent de fasciner. Mais derrière l’éclat de la diva se cache une femme prisonnière d’une existence interminable.

Ultra moderne solitude – Composé à la fin de la vie de Janáček, l’ouvrage figure parmi les sommets de son catalogue. Le compositeur y déploie un langage musical unique, modelé sur les inflexions de la parole. La mise en scène de Kornél Mundruczó inscrit l’action dans un univers teinté de science-fiction. Emilia Marty y apparaît comme une artiste solitaire dont l’immortalité révèle surtout une accumulation de désillusions. À la direction musicale, Dennis Russell Davies poursuit ici son compagnonnage avec Janáček. Et, pour la première fois, Véronique Gens incarne le rôle écrasant d’Emilia Marty. Rarement donnée en France, L’Affaire Makropoulos rappelle avec force que l’éternité, loin de faire rêver, peut devenir le plus implacable des fardeaux.

Lille, 05 > 16.02, Opéra de Lille, lun mar, jeu : 20h, sam : 18h, 75 > 5€, opera-lille.fr

MARIE STUART

Reines de rancœur

Deux femmes puissantes s'affrontent à la cour d'Angleterre, l'une sur le trône, l'autre emprisonnée par la première. En portant sur scène l'histoire vraie de Marie Stuart, Chloé Dabert montre toute la modernité de cette épopée féminine datant d'un demi-millénaire.

Une intrigue royale à la cour d'Angleterre, écrite par un Allemand et adaptée par une Française ? Tel est le parcours de ''Marie Stuart'' de Chloé Dabert. La directrice de la Comédie de Reims porte sur les planches une pièce de Friedrich Schiller parue en 1800, qui transformait en récit à suspense la tragédie vécue par cette souveraine catholique du xvie siècle. Son destin dépasse déjà la fiction : veuve d'un roi de France, la reine d'Écosse Marie Stuart est contrainte à l'abdication en 1567, puis jetée en prison par sa cousine Elisabeth 1re, reine d'Angleterre, qui la considère comme une menace pour son trône et le protestantisme. L'otage de marque finit exécutée en 1587 après dix-neuf ans de captivité, non sans avoir tout tenté pour recouvrer la liberté. Instrumentalisation religieuse, lutte de pouvoir... L'univers dans lequel évolue Marie Stuart résonne avec notre époque. Chloé Dabert y fait écho en plongeant les costumes bouffants de ses comédiens dans une scénographie sombre et clinique. Une immense cage mobile surplombe les débats, comme un piège prêt à se refermer sur les personnages. Cette réécriture haletante de l'histoire voit s'affronter deux héro ï nes dont Chloé Dabert n'oublie pas de montrer les similitudes : toutes deux luttent pour garder leur pouvoir, dans un monde masculin et inhospitalier. Arnaud Stoerkler Béthune, 11 > 13.02, Le Palace, 20h (sauf jeu : 18h30), 10/6 €, comediedebethune.org Lille, 03 > 07.02, Théâtre du Nord, complet !, theatredunord.fr

JUSTICES

Clément Papachristou poursuit un travail exigeant sur l’inclusion, en plaçant cette fois la question de la justice au centre du plateau. Librement inspiré de La Divine Comédie, le spectacle suit Vincent, artiste porteur du syndome de Down, accusé d’un crime et déterminé à être jugé comme n’importe quel citoyen. Refusant l’étiquette d’irresponsabilité pénale, il affronte les figures de l'oppression. Théâtre, chanson et chorégraphie soutiennent une écriture ouverte, mêlant humour et gravité. En donnant toute sa place aux singularités des interprètes, Justices interroge frontalement nos représentations de la responsabilité. C.L.

Mons, 04 & 05.02, Théâtre Le Manège (Mars), 20h, 18 > 5€, surmars.be Bruxelles, 07 > 11.04, Théâtre National, divers horaires, 24 > 10€, theatrenational.be

QUAND JE SERAI GRANDE, JE SERAI PATRICK SWAYZE

Elle a coché toutes les cases : conservatoire, succès collectif, reconnaissance critique. Puis la quarantaine s’invite et avec elle, une impérieuse introspection. Chloé Oliveres y répond seule sur scène pour la première fois en retraçant son histoire amoureuse, nourrie de comédies romantiques et de lectures féministes. Dirty Dancing devient un terrain de jeu critique. Une performance lucide, où la midinette devenue quadragénaire découvre que l’avenir de la femme se conjugue aussi au singulier. C.L.

Armentières, 10.02, Le Vivat, 20h, 21/12 €, levivat.net

Marin
Driguez

waaaoouuhh SAISON

WOOOW

12 FÉVRIER

LE JOURNAL D’UNE

FEMME DE CHAMBRE

Grand Théâtre - 20h30 - THÉÂTRE

6 MARS

MOLIÈRE MALGRÉ LUI...

Grand Théâtre - 20h30 - COMÉDIE

7 MARS

CŒUR DE PIRATE ET KOKOPELI

Gérard-Philipe - 20h30 - POP

YOUTH IS GREAT Éteindre la flemme

Un festival dont les jeunes sont les héros ? C'est le défi de Youth is Great, qui déploie deux semaines entières de théâtre, de rap et de parkour imaginées pour et par les adolescents. L’occasion de se retrouver au Grand Bleu, à Lille, plutôt que de chiller seul devant un écran.

Pourquoi le Grand Bleu s’obstine-t-il, depuis onze ans, à monter un festival en l'honneur d'une jeunesse qui s'éloigne du théâtre ? Parce que le spectacle vivant peut « changer la vie », assure Grégory Vandaële, directeur de cette scène dédiée au jeune public. Durant quinze jours, Youth is Great déroule un programme pluridisciplinaire conçu avec et pour les ados. À la flemme, au repli dans la chambre et au tout-numérique que symbolise le smartphone – ce «  terminal culturel de poche » – le festival oppose des concerts de rap (la Franco-Chinoise Sheng, les Tourquennois 0 degré), un trip sous intelligence artificielle (Génération IA) ou encore une après-midi de parkour au parc Marx-Dormoy.

Tribunal d'enfants – Audacieuse, la manifestation «  associe les jeunes à tous les niveaux » insistent les organisateurs. Des collégiens ont ainsi choisi le ciné-concert belge Blockbuster, qui rejoue la bande-son de 1 400 extraits de films avec des objets du quotidien. D'autres spectacles prennent pour vedettes des lycéens, comme The Trials et Génération IA (conçu par vingt ados du Labo de création du Grand Bleu). On y parle de l'impact des systèmes artificiels sur leur vie, mais aussi d'un tribunal d'enfants jugeant leurs parents pour ne pas avoir sauvé la planète. Car à force de trop chiller... on peut foutre le monde en l'air ! Arnaud Stoerkler

Lille, 23.02 > 07.03, Le Grand Bleu, divers tarifs, legrandbleu.com

Sélection / 23.02 > 27.02 : Labo rap avec 0 degré (stage sur inscription) // 28.02 : Parkour : L'Odyssée des mouvements, Sheng + 0 degré // 03.03 : L'Échappée - Titouan Gosselin (court-métrage) // 04 > 07.03 : Petite sœur - Lucien Fradin // 05.03 : ciné-concert Blockbuster –Collectif Mensuel // 06.03 : Génération IA – Cie Sens Ascensionnels (restitution publique du labo de création) // 07.03 : The Trials - Cie Théâtre du Prisme...

The Trials © Théâtre du Prisme

L'HISTOIRE DU SUPPOSITOIRE QUI VOULAIT

ÉCHAPPER À SA DESTINÉE

Un suppositoire qui parle : l’idée est absurde, donc sérieuse. Alex Vizorek et la metteuse en scène Nathalie Uffner transforment un album jeunesse culotté en comédie musicale pleine d’esprit. Sur scène, Paul, petit médicament promis à une fin peu enviable, rêve d’un autre destin : sentir l’odeur des roses. Dans cette armoire à pharmacie animée, les objets prennent la parole, philosophent, complotent et chantent. Alice on the Roof prête sa voix à la rose narratrice, tandis que Mustii incarne un suppositoire hautement investi. Derrière l’humour et les paillettes, le spectacle glisse une fable existentielle accessible à tous, où l’on parle de liberté, de choix et du droit de s’inventer ailleurs que là où l’on nous attend. Une aventure loufoque, musicale et étonnamment tendre. Camille Lombardo

Uccle, 14.02 > 01.03, Centre culturel, divers horaires, 34,50/22,50€, ttotheatre.com

Alice on the Roof © Lou Verschueren Théâtre & danse

CONTES ET LÉGENDES

Pour sa 25e édition, ce festival célèbre comme jamais l’art de raconter. Plus d’une vingtaine de spectacles invitent petits, ados et adultes à voyager de la mythologie maorie aux terres glacées du Grand Nord, du conte populaire aux récits contemporains. On y découvre une Reine des neiges réinventée par la Cie Princesse Moustache, l’âpre et nécessaire Tues mais têtues de Cécile Pérus, ou encore Ô Janis ! , portrait sensible de l'icône du rock. Musique, théâtre d’ombres, papier et objets enrichissent les récits, tandis que le château du Vert-Bois de Bondues se transforme en maison des contes. Une édition anniversaire généreuse, pensée comme un terrain d’aventures partagées. C.L. Marcq-en-Barœul & alentour, 14.02 > 01.03, info : marcq-en-baroeul.org

ASPIRATOR

La compagnie Happés transforme la poussière en matière à rêver. Deux figures clownesques, engluées dans un monticule gris, voient surgir un aspirateur doté d’une inquiétante autonomie. Objet trivial devenu partenaire de jeu, puis créature dévorante, il ouvre un conte acrobatique à hauteur d’enfance. Mélissa Von Vépy signe ici son premier spectacle jeune public, à la lisière du théâtre d’objet et du cirque aérien. La disparition devient une expérience sensible dès le plus jeune âge. C.L.

Lille, 10.02, Le Prato, 14h30 & 19h, 10/5€ , Vieux-Condé, 14.02, Le Boulon, 17h30, 6€

Reine
des neiges
©
Sacha
Lenormand
© Julie Mouton

opéra de lille

Constellation de printemps

19 février → 14 avril

En Grande salle Au Grand foyer En famille

Les Enfants terribles

Philip Glass

opéra

20 → 26 mars

Terminal Beach

Moritz Ostruschnjak danse

28 février et 1er mars

Partir

Reich, Chostakovitch concert

31 mars

Concerts Heure bleue de 18 h à 19 h

26 février et 2 avril

Concerts Sieste de 13 h à 13 h 45

3 mars et 14 avril

Concert Insomniaque de 21 h à 1 h 30

7 mars

Open Week 10 → 14 mars

Opéra Games

L’Opéra devient le terrain de jeu des petits curieux ! 19 → 23 février

Le Kid concert invité de l’ONL 21 et 23 février

Parcours danse avec le Ballet du Nord 18 mars

Parcours musical avec Attacafa 8 avril

FABRICE EBOUÉ

L'ex-pensionnaire du Jamel Comedy Club revient sur scène avec un spectacle qui regarde l’époque droit dans les yeux. Il y ausculte un paradoxe très actuel, celui d’un monde saturé de liens où la solitude persiste. Couples, familles, petits renoncements du quotidien passent sous son regard acéré. Le jeu est sobre et la scène réduite à l’essentiel. Sans morale ni effet appuyé, Solitudes aligne des situations familières où le rire naît du malaise. Une heure et demie menée par un humoriste qui fait de l’inconfort une forme de lucidité. C.L.

Bruxelles, 07.02, Forest National, 20h, 58/42 € Lille, 03 & 28.03, Zénith, complet !

ELENA NAGAPETYAN

Née en Ouzbékistan, d’origine arménienne, passée par la Russie avant de poser ses valises en France il y a 14 ans, Elena Nagapetyan a vécu plusieurs vies avant de monter sur scène. Longtemps assistante de direction, elle se lance dans le standup après le confinement et s’impose rapidement comme l’une des voix les plus singulières de l’humour actuel. Dans ce premier seule-enscène, elle raconte sans filtre l’exil, la maternité et les paradoxes français, mêlant écriture ciselée et improvisations redoutables. C.L.

Bruxelles, 10.02 + 20.05, Cirque royal, 20h, 44 > 39€ // Lille, 11.02, Zénith, 20h30, 47 > 39€

Amiens, 14.02, Zénith, 20h30, 47 > 39€

PIERRE-EMMANUEL BARRÉ

Il est la preuve vivante que l’on peut encore rire de tout. Le collègue de Guillaume Meurice place en effet le curseur très haut question irrévérence. Tant mieux ! De retour avec le bien nommé Come-Back, le Breton règle ses comptes avec un monde aussi inspirant que désespérant. De la crise climatique aux inégalités entre les sexes, en passant par les violences policières, il n’épargne rien ni personne (surtout pas lui), à coups de saillies acérées, parfois outrancières mais ô combien percutantes. J.D.

Lille, 12 & 13.02, Théâtre Sébastopol, complet ! Béthune, 10.04, Théâtre municipal, complet !

© Julie Mouton

Sélection / 03.03 : Citadelle – M. Lasselin & S. Capelle // 04.03 : Les Histrioniques –Collectif #MeTooThéâtre // 04 & 05.03 : Hurlevent – Maëlle Dequiedt // 05.03 : Comment construire un univers... – Cie Pensée Visible + Ma Maison est noire – Mina Kavani, Polje (DCCC)… // 05 & 06.03 : Maria - Det Kaizen // 06.03 : next / autopsy d'un massacre amoureux - L'ensemble 21, Croire aux fauves – Cie Les arts oseurs, Comment Nicole a tout pété – Cie Vertical Détour, carte blanche à DCCC

Hurlevent ©
Romy Alizee

CABARET DE CURIOSITÉS

L'invisible à découvert

Depuis treize ans, le Cabaret de curiosités cultive l’art de la découverte. Au Phénix de Valenciennes, avec ses partenaires du réseau SUN (Scènes Unies du Nord), le festival s’est forgé une réputation d’éclaireur, révélant des artistes devenus des figures de la scène européenne. En 2026, cette dynamique se prolonge autour d’un mot d’ordre : chérir l’invisible — ce qui échappe aux radars, travaille nos imaginaires et dérange le présent.

Spectres, mémoires enfouies, esprit de résistance : la programmation confronte l’intime et le politique. Hurlevent, mis en scène par Maëlle Dequiedt, en offre une vibrante illustration. À partir du roman d’Emily Brontë, la metteuse en scène flamande compose un théâtre incandescent, traversé par les passions et les fantômes. Portée par cinq interprètes et une partition électro, cette relecture transforme le mythe romantique en expérience sensorielle. Plus frontalement ancré dans le réel, Citadelle revient sur l’affaire des noyés de la Deûle. En croisant enquête, poésie et musique, le spectacle dresse le portrait d'un territoire sous tension, entre relégation sociale et perte de confiance démocratique. Un théâtre de l’écoute qui redonne voix à ceux que l’histoire voudrait effacer.

Objectif lutte – Autre geste coup de poing, Les Histrioniques du collectif #MeTooThéâtre transforme une mobilisation bien réelle en thriller. Témoignages intimes et bravoure burlesque s’y mêlent pour démonter la persistance des violences sexistes dans le spectacle vivant. Enfin, le Cabaret ouvre une fenêtre sur l’Ukraine. Une carte blanche au Dnipro Center for Contemporary Culture accueille des artistes qui continuent de créer malgré la guerre (Le Voyage en Ukraine). Leur présence rappelle que l’art, même sous les bombes, demeure un espace de résistance. C. Lombardo Valenciennes & Hauts-de-France, 03 > 06.03, Le Phénix & divers lieux, 1 spectacle : 10/6€ (sauf Les Histrioniques : 9/6 € • Comment Nicole... : 22 > 8€ • Comment construire un univers… : 12€ • DCCC : gratuit), lephenix.fr

ISRAEL ET MOHAMED

(I. Galván et M. El Khatib) Tout commence par une rencontre et quelques maladresses. Israel Galván, danseur de flamenco iconoclaste, et Mohamed El Khatib, figure du théâtre contemporain, avancent l’un vers l’autre avec curiosité. Tous deux partagent le même tiraillement : des choix artistiques incompris de leurs pères. En croisant archives familiales et échanges de pratiques, ils inventent une "danse documentaire" où l’intime éclaire le politique. Douai, 03 & 04.02, L'Hippodrome, mar : 19h30 • mer : 20h30, 25/14€, tandem-arrasdouai.eu

SONO IO ?

(Danny et Pepijn Ronaldo) Circus Ronaldo signe ici un duo père-fils d’une rare délicatesse. Sur la piste, Danny et Pepijn Ronaldo, sixième et septième générations circassiennes, confrontent souvenirs et désir de transmission. L’un doute, hanté par une gloire passée ; l’autre cherche sa place, entre héritage et émancipation. Porté par la musique et un langage corporel ciselé, le spectacle tisse un pont entre cirque traditionnel et création contemporaine. Ce face-à-face transforme la mémoire familiale en matière vivante. Bruxelles, 31.01 & 01.02, Centre culturel d'Uccle, sam : 19h • dim : 17h, 23/12 €, ccu.be Dunkerque, 10 > 12.02, Bateau Feu, mar : 20h • mer & jeu : 19h, 10 €, lebateaufeu.com

DES NUITS POUR VOIR

LE JOUR

(Cie Allégorie) Voici un solo à fleur de peau, porté par l’équilibriste et contorsionniste Katell Le Brenn. Au plus près du public, elle déroule en mots et en corps son parcours d’artiste, entre blessures, renoncements et renaissances. En quatre temps, la nuit devient territoire d’épreuve autant que de clarté retrouvée. Équilibres sur mains, métamorphoses physiques... Tout concourt à une traversée sensible où le corps fait récit. Un chemin qui passe par l'ombre pour réapprendre à tenir debout. Lille, 04 > 08.02, Le Prato 19h30 sauf dim : 17h, 15/10 €, leprato.fr

À L'OMBRE D'UN VASTE DÉTAIL, HORS TEMPÊTE

(Christian Rizzo) Christian Rizzo signe une pièce où la danse se glisse dans les interstices du temps. Sept interprètes, pris dans une lente circulation de gestes, composent une communauté attentive aux signes qui surgissent quand le monde vacille. L'orgue, la lumière irisée et les mots de l’autrice Célia Houdart s’entrelacent pour façonner une cérémonie presque silencieuse... En jouant avec les ellipses, le chorégraphe poursuit sa recherche sur l’invisible et fait du collectif un refuge poétique, hors du tumulte, mais jamais hors du présent.

Douai, 09 & 10.02, L'Hippodrome, lun : 19h30 • mar : 20h30, 25/14 €, tandem-arrasdouai.eu

LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE

(Octave Mirbeau / Cie ici et maintenant théâtre) L'Œuvre sulfureuse d’Octave Mirbeau trouve ici une résonance troublante. Célestine n’y est ni victime modèle ni héroïne rédemptrice. Observatrice lucide des bassesses bourgeoises, elle finit par en épouser la logique. Autour d’elle gravite une galerie de figures inquiétantes, dont Joseph, incarnation d’un ordre brutal et séduisant. À trois interprètes pour six rôles, la mise en scène de Christine Berg fait surgir un monde où la domination change de camp sans jamais disparaître.

Calais, 12.02, Grand Théâtre, 20h30, 18 > 9 €, spectacle-gtgp.calais.fr

MADAME ARTHUR

ENFLAMME LE 9-9 BIS

Depuis 1946, le cabaret Madame Arthur incarne la liberté créative à Pigalle. L'institution prend la route avec quatre artistes drag pour un tour de France flamboyant. Au menu : une relecture irrévérencieuse des classiques de la chanson. De Piaf à Aya Nakamura en passant par Bowie, l'humour côtoie la virtuosité vocale dans un mélange d'extravagance et d'émotion.

Pour la Saint-Valentin, Madame Arthur célèbre l'amour sous toutes ses formes. Seul, en couple ou en trouple, chacun trouvera sa place !

Oignies, 14.02, 9-9 Bis, 20h, 26/23 € 9-9bis.com

SECRET.S

SOL INVICTUS

(Hervé Koubi) Avec 17 danseurs venus de tous horizons, Hervé Koubi orchestre un hymne à la vie. Il signe un métissage audacieux où la physicalité hip-hop côtoie l'élan classique. Les interprètes virevoltent, rivalisent d'acrobaties avec une joie contagieuse. Sur une partition de Mikael Karlsson et Maxime Bodson, ponctuée de Steve Reich et Beethoven, les corps transcendent les frontières. Pas de discours moralisateur, juste cette évidence : ensemble, on s'élève. Un spectacle généreux qui redonne foi en l'humanité.

La Louvière, 27.02, Théâtre de la Louvière (Central), 20h, 35 > 10 € central-lalouviere.be

(Sébastien Blanc / Alexis Goslain) Un après-midi de finale à Roland-Garros, une porte qui s’ouvre et tout déraille. Fabien accueille comme chaque année ses amis jumeaux, Éric et Jérôme. Un rituel rassurant, jusqu’à l’irruption des non-dits. Portée par une écriture élégante, la pièce dissèque ces secrets qu’on brûle d’avouer… Pierre Pigeolet interprète ces frères opposés, déclenchant un réjouissant chaos. Face à lui, Denis Carpentier incarne avec finesse la victime consentante de cette tempête intime. Bruxelles, 18.02 > 15.03, Théâtre royal des galeries, 20h15 • dim : 15h • 05.03 : 19h, 30 > 12 €, trg.be

comediedebethune.org

Théâtre Royal des Galeries

Pierre Pigeolet

Mise en scène : Alexis Goslain

Scénographie : Francesco Deleo

Costumes : Sophie Malacord

Denis Carpentier

- Sébastien Blanc -

Lumières : Félicien Van Kriekinge

Du 18 février au 15 mars 2026

En coproduction avec La Coop asbl et Shelter Prod avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge

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