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Le journal de la SPM | juin 2016 | numéro 2
YĂ©niches : Trente ans aprĂšs les excuses pour lâinjustice commise
AprĂšs les persĂ©cutions et les excuses, il est grand temps dâobtenir la pleine reconnaissance ! Lâhistorien Thomas Huonker revient sur un chapitre particuliĂšrement sombre de lâhistoire suisse et revendique la crĂ©ation dâun mĂ©morial sur le thĂšme des « Enfants de la grand-route ».
ConsidĂ©rĂ©s comme des « Heimatslos » (apatrides), câest ainsi quâon nomme les sans papiers au XIXe siĂšcle, leur prĂ©sence nâest tolĂ©rĂ©e nulle part. ConfinĂ©s dans lâillĂ©galitĂ© â mĂȘme le mariage leur est interdit â ils deviennent la cible des gendarmes et de lâappareil judiciaire. En 1848, lâEtat fĂ©dĂ©ral libĂ©ral et rĂ©volutionnaire reconnaĂźt certains apatrides comme citoyens mais la plupart des cantons et communes sâobstinent Ă refuser en leur sein ces nouveaux citoyens. La naturalisation forcĂ©e, au dĂ©part, câest lâEtat qui force les communes, commence en 1851 pour perdurer durant des dĂ©cennies. Bien souvent, les communes rĂ©ussissent Ă se dĂ©barrasser de ces nouveaux citoyens, non dĂ©sirĂ©s, avec un billet de bateau Ă destination des
30 Jahre
Durant des siĂšcles, les YĂ©niches, tantĂŽt appelĂ©s « vagabonds », tantĂŽt « chaudronniers » ou « Tsiganes », ont Ă©tĂ© persĂ©cutĂ©s, mis en prison et exĂ©cutĂ©s au sein mĂȘme de leur patrie originelle, lâEurope centrale. Le cabinet de lâancienne ConfĂ©dĂ©ration tenait un « Livre des Tsiganes » et dans lâexemplaire de 1781, le greffe rayait soigneusement le nom des « Tsiganes » pendus et dessinait Ă cĂŽtĂ© une petite potence.
KINDER DER LANDSTRASSE