Brusk - In Memoriam

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Si, de Brusk, nous connaissions essentiellement les fresques murales et autres œuvres in situ réalisées depuis plus de vingt ans, en France comme à l’étranger, le travail en atelier semble ces dernières années avoir obtenu un tour de faveur. Ainsi, la galerie Laurent Strouk est heureuse de présenter une sélection inédite d’œuvres récentes de l'artiste lyonnais, né en 1976.

De son propre aveu, Brusk serait avant tout un dessinateur ; étiquette que confirment aisément son goût de l’illustration, de la recherche graphique et typographique, l’attention qu’il porte au volume, à la lumière et plus encore aux jeux de clairs-obscurs. Dans ces compositions éclatées, la gestuelle spontanée de l’artiste devient prétexte aux entreprises contrastées des plus audacieuses : il joue du plein et du vide, de la couleur et du noir et blanc, du grand format et de l’attention minutieuse portée à chaque détail. Ces emprunts s’amalgament aux éléments propres à la culture graffiti, au premier rang desquels l’usage de l’aérosol ou la réitération du flow, dans l’enchaînement des lettres et des motifs, qui structure et rythme les superpositions de plans. La facilité avec laquelle Brusk mobilise ces diverses références est l’une des forces de l’artiste et le place dans la lignée des rares peintres issus du graffiti à avoir su tracer un trait d’union entre high et low culture.

Très vite, son style devient immédiatement reconnaissable entre tous. On a coutume de le qualifier de « dripping style ». Pour l’artiste, la coulure ne définit plus un effet de style mais bel et bien une technique à part entière, il la « dompte » afin de créer du mouvement, du relief. Son corollaire, la déchirure, invite pour sa part à désamorcer le motif, afin de l’inscrire dans plus de légèreté et de volatilité. Plus récemment, il poursuit ses investigations autour de la 3D et crée, pour l’exposition, deux sculptures-installations. Nous l’aurons compris, Brusk place l’expérimentation au cœur de son travail, et n’hésite pas à se remettre constamment en jeu.

Les thématiques abordées par l’artiste entrent en résonance avec la dualité formelle évoquée supra : il s’agit cette fois d’opposer l’amour à la mort, l’urbanité à l’animalité, la noblesse de la création à la trivialité de l’actualité. Le tout, bien souvent, au travers du prisme de l’humour, tantôt noir, tantôt fantaisiste. En témoigne la fresque ludique « Giant squid », sorte de calamar mutant, imaginée par l’artiste sur un bâtiment longiligne en bordure de Seine à Rouen, en 2016. Ou bien la façon dont il revisite les chefs-d’oeuvre de l’Histoire de l’art, de la Création d’Adam de Michel-Ange (« Et l’Art créa Dieu », 2013), au Penseur de Rodin (« Rod1 », 2015), sans oublier le clin d’œil Warholien « This isn’t a Warhol Banana », de 2015. Parfois, la critique se fait plus acerbe, et plus engagée. Point d’orgue de l’exposition, la série consacrée aux Réfugiés entame une réflexion sur la manière de sensibiliser au sort souvent injuste réservé à ces populations en Europe. L’artiste s’attache à démontrer que l’art peut modifier notre regard, jouer un rôle politique, et déclencher une dynamique collective de la société, loin de tout a priori.

Alexandra Marini

Entretien BRUSK

Cette exposition réunit un nombre important d’œuvres inédites. Quel en est le fil conducteur ?

Effectivement, il y a une quinzaine de toiles, une vingtaine de dessins noirs et blancs, et deux sculptures/installations créées pour l’occasion. L’idée est de porter un certain regard sur la société. Je tente de faire passer un message, de manière un peu décalée, afin de toucher la sensibilité de chacun. Cette exposition, je ne l’ai pas préméditée et conçue dans son intégralité, plusieurs parties s’entremêlent, et s’entrechoquent parfois. Par contre, chaque thème traité me tient à cœur. J’y intègre mon style graphique, avec ces coulures, ces déchirures, et le graffiti… Cela me permet d’envisager l’actualité sous l’angle de la confrontation, de l’humour — parfois noir — et de mettre le spectateur face à lui-même.

Il est question de thèmes phares de l’actualité, qui plus est au sortir de l’élection présidentielle. Quelle est la part d’engagement dans votre démarche ?

Traiter de la crise des réfugiés ou du réchauffement climatique n’est pas anodin. J’ambitionne de confronter la création, l’amour du dessin, à la dimension triviale, parfois, de l’actualité. La difficulté est de mettre en scène ces deux pans, sans tomber dans le misérabilisme. C’est assez compliqué de jouer sur ces deux tableaux, mais en tant qu’artiste, j’ai la liberté et la chance de pouvoir le faire. En parallèle, j’essaie de répondre présent pour des œuvres caritatives. C’est pour cela qu’une partie des recettes de l’exposition sera reversée à l’association SOS Méditerranée, dont les équipes embarquent sur l’aquarius, afin d’assurer le premier sauvetage des réfugiés, en extrême détresse, entassés sur des bateaux pneumatiques. J’ai un ami érythréen qui a vécu cette triste aventure. Le voyage a duré plus d’un an et il y a perdu son frère, parmi d’autres. On est loin d’imaginer ce que peuvent vivre ces gens. Notre vision est tronquée par les informations. Mon regard sur les réfugiés se veut engagé.

L’engagement est-il toujours un pivot essentiel du graffiti ?

Je dirais qu’il est moins authentique. Acte marginal par le passé, le graffiti est devenu quasi banal. Les acteurs du graffiti aujourd'hui, ce ne sont plus les jeunes de banlieue. On surfe sur cette vague qui s’amplifie. La question en effet est de savoir s’il s’agit toujours d’un acte de revendication ou simplement d’un moyen de communication dont la jeune génération s’empare si bien... Mais en ce qui me concerne, et ce de façon paradoxale, je revendique davantage de choses aujourd'hui via mes toiles qu'à l'époque, sur les murs.

Plus largement, quel regard portez-vous sur l’évolution du graffiti et du street art depuis vos débuts, qui remontent à plus d’une vingtaine d’années ?

Avant le graffiti « se méritait » : il fallait être curieux, il fallait chercher, fouiner, se débrouiller pour trouver des bombes, des magazines, bref, il fallait vraiment en vouloir... Aujourd'hui, tout est à portée de main et les réseaux ont forcément changé la donne. La jeune génération est née et a grandi avec l'art urbain. C'est complètement différent ! Je suis issu de la deuxième génération de graffeurs, il y a eu la première dans les années 80-85 et je suis arrivé dans les années 90-95. Nous, nous l'avons créé, porté. Il y a beaucoup de gens par exemple qui se sont mis à faire du graffiti alors qu'ils n’étaient pas du tout issus du hip hop. Cette famille à laquelle nous appartenions imposait une féérie qu'on ne retrouve plus aujourd'hui, ou alors différemment. Avant le graffiti était ancré dans un territoire précis. Il s'apparentait au travail de la lettre, apprentissage long et difficile. Marquer son nom sur des murs, encore et encore. Essayer de trouver son propre style et le poser à un maximum d'endroits pour être visible et reconnu par nos pairs. Le travail du plein et du vide, du noir et blanc, le flow dans l'enchainement des lettres... On met des années avant d'en concevoir un singulier, immédiatement identifiable. C'est comme une maladie chronique : une fois qu'on l'a attrapée, on ne peut plus s'en défaire. C'est physique, on ne peut pas s'en passer ! On répète, encore et toujours, n'importe où, dans la rue ou sur du papier. Je considère que le phénomène street art est complètement différent : les graffeurs sont des street-artistes mais pas l'inverse. Rien que le fait de graffer est une revendication en soi. Le graffiti c'est un ego-trip, limite mégalo. Le street art est grand public par la force des choses, à portée de tous, absolument pas réservé aux initiés. Il y a beaucoup d'illustrateurs et de dessinateurs qui se sont mis à faire des fresques murales alors qu'ils n'ont jamais conçu une lettre de leur vie. À présent, on constate que le muralisme attire de plus en plus d'artistes : s'approprier un espace urbain, et l'investir, permet de communiquer avec le grand public.

Diriez-vous qu’il existe une spécificité de la scène française ?

Oui, il y a eu un style bien propre aux français et notamment aux parisiens grâce à des artistes comme « Bando » qui ont voyagé à NYC et ont ramené ces influences. Après, de nombreux graffeurs se sont mis à travailler la lettre sur des murs, sans avoir de base de dessin. En ce qui me concerne, c’est totalement différent. Je dessine depuis ma naissance, et le graffiti à la bombe de peinture a été un medium qui m'a permis d'exposer mon dessin sur des murs et de trouver une harmonie entre mon désir de faire et de partager, de prendre possession d'un espace public.

Vous évoquiez le hip hop. Quelle a été la part de la culture hip hop dans votre formation ?

C'est grâce au hip hop que j'en suis venu au graffiti. Ayant grandi dans la grisaille des banlieues, c'est quelque chose qui m'a permis de me découvrir. On était avec nos potes, on écoutait du rap, on regardait les breakers danser sur le parvis de l'Opéra de Lyon et effectivement, il y avait tout un phénomène autour du hip hop qui nous motivait tous, qui nous poussait et nous nourrissait au quotidien. On était toujours à la recherche de fraîcheur et de nouveauté pour aller plus loin et se dépasser. L'influence du hip hop à la base, c'est ça : le dépassement de soi pour aller plus loin sous forme de battles, de « combats », comme une guerre de niveaux, de styles sans cesse en évolution et en progression. La force du hip hop vient de là, dans le fait de se confronter à d'autres et d'appartenir à un même mouvement tout en étant concurrents, à en faire toujours plus : toujours plus haut, plus fort, plus gros, plus stylé ! Ce sont des combats entre différentes branches au sein de la « famille hip hop » qui permettent d'émerger, de grandir d'évoluer et de s'envoler !

Et qu’en est-il de votre formation dite « académique » aux Beaux-Arts ?

À l’époque, le corps enseignant n’appréciait pas le graffiti ! Mais les Beaux-Arts m'ont permis de tester plein de mediums différents (vidéo, sculpture, photo…). Un champ des possibles extraordinaire s'est offert à moi, afin d’exploiter mes compétences et mon savoir-faire en dessin pour ensuite envisager le volume ! Quelle chance ! J'ai toujours travaillé mes dessins en composant avec le clair-obscur un peu comme Rembrandt où les volutes s'entremêlent et la lumière rebondit, réfléchit, réagit sur un corps, un objet, un tissu. En somme, les BeauxArts ne m'ont pas appris à dessiner mais à réfléchir, à prendre du recul sur ce que j'avais envie de faire et sur la façon de le transmettre. J'ai pu me concentrer sur ce qui me correspondait le plus. Aujourd’hui, je peux compter sur un autre regard extérieur : celui de ma femme, Emma, à la fois critique et bienveillante. Elle m’apporte énormément, surtout concernant mon travail à l’atelier de ces dernières années.

L’animal est très présent dans vos œuvres. De quoi est-il la métaphore ?

Bien plus qu'une métaphore, ce qui m'intéresse dans cette thématique, c'est de mettre en scène des animaux en les confrontant à l'urbanité : la nature face à l'urbain. Tous ces animaux ont la forme de l'animal mais ne sont pas à proprement parler constitués de chair, de peau mais plutôt de briques, de murs, recouverts de graffs. Ils donnent vie à ces matériaux qui, tous réunis, reconstituent la figure de l’animal… comme si la ville révélait sa part d'animalité et inversement. Certains animaux sont contraints d’évoluer dans un environnement urbain parce que nous, humains, empiétons sur leur territoire. Ils se font « bouffer » un par un et ne sortiront pas vainqueurs. L'homme est en passe de détruire tout ce qui l'entoure sans penser aux conséquences. Principe de précaution zéro. Vision à très court terme. Et nos générations futures ?

Également, on retrouve cette dichotomie couleur/noir et blanc. Que relate-t-elle ?

J’utilise davantage la couleur depuis une dizaine d’années. Auparavant, j'étais beaucoup plus sur du camaïeu d'une ou deux couleurs, aujourd'hui, j'essaie de mettre un maximum de couleurs. C’est très différent. Le contraste obtenu par le noir et blanc est très intéressant, et assez particulier. Pour la série des réfugiés, l’usage du noir et blanc me semble plus approprié. Cela renforce la puissance de la simplicité, c'est plus percutant, du fait qu'on ne peut guère se laisser « distraire » ou « attendrir » par la couleur. Le noir et blanc confère une certaine gravité, il n’y a aucun filtre, aucun raccourci. On a ces images qui témoignent de l'atrocité d'une réalité, sans aucun détour possible. À nous d'assumer, de la digérer.

En quoi le passage à la 3D est-il révélateur de votre démarche ?

Aujourd’hui je suis très attiré par le volume. J'y accorde autant d'intérêt qu'au détail de mes toiles, qui font mon style, et ma différence. Cela s’inscrit dans la continuité de mon travail pictural, et notamment dans l’importance que j’accorde à la lumière. Elle crée la profondeur et le volume, du coup elle crée la Vie. Le passage au volume me paraît dès lors évident et inévitable. Dans ce travail en 3D, je continue à travailler dans la déchirure et la coulure : cette dernière sert à mettre en scène cet esprit graffiti. Je vais à contre-sens en quelque sorte, ce n'est plus un effet de style, cela devient une technique à part entière : laisser la coulure aller à sa guise me permet de créer en donnant du volume et du relief.

Quelle importance accordez-vous à l’expérimentation dans votre travail et en quoi cela a-t-il déterminé la genèse de votre propre style qualifié de « dripping style » ?

Une partie de mon travail est axée sur la couleur, sur les coulures (« dripping style »). Ce qui m’intéresse, c'est le fait de poser les couleurs d'une façon aléatoire (mais contrôlée), et de les laisser trouver leur propre cheminement, leur manière de s'entremêler, de se mélanger, de se superposer, afin d'obtenir un rendu « accidenté », « accidentel », imprévisible... La « coulure » reste l’un des éléments graphiques propre au « graffiti », elle correspond au rendu de la bombe aérosol, à cela près qu'au lieu de me limiter à un effet de style, j'utilise l'improvisation et l'accident de leurs parcours pour créer, je leur apporte du volume, de la consistance, je les amène à devenir « vivantes », en leur « offrant » une âme. Le lien avec le vent, ou bien encore avec l'eau, me paraît évident. Incontrôlables mais manipulables, indomptables mais apprivoisées, elles circulent à leur guise, se faufilent là où elles peuvent, en créant elles-mêmes leur itinéraire, en composant avec l’environnement et l’espace. On pourrait y voir un lien avec l'être humain, à l'image des masses « populaires », ces foules de gens qui vont d'un point à un autre par différents chemins, chacun à leur manière, suivant leur instinct, faisant preuve d'adaptation, en fonction de leur connaissance du terrain ou même de leurs morphologies... Ma main, par le biais de ma connaissance du medium qu'est la bombe aérosol, parvient à « dompter » la coulure, à « exploiter » sa force, sa taille, son poids, à la maîtriser un court instant pour lui montrer la voie à suivre, tout en la laissant libre de faire ses choix. Ces coulures sont bien plus qu'un style, elle donnent VIE et ÂME à la couleur, sa mise en volume me permet de l'utiliser pour illustrer, pour dessiner ou même pour sculpter ! Elles deviennent presque un « medium » à part entière ! En ce qui concerne les « déchirures », elles évoquent le passage de l'existence à la disparition. La banalité du quotidien, le fait qu'on ne voit plus ce qui nous entoure. Le mélange de la coulure et de la déchirure m'apporte un équilibre pictural en ce sens que les coulures posent la verticalité de mon sujet, une assise et un ancrage au sol, alors que la déchirure permet d'apporter une légèreté, un côté plus volatile, le tout formant une sorte d'osmose correspondant à notre réalité.

Propos recueillis par Alexandra Marini

« Ce qui m'INtéresse, c’est de mettre en scène des animaux en les confrontant à l’urbanité, comme si la ville révélait sa part d’animalité et inversement. »

« La rue, c’est une galerie à ciel ouvert. S’approprier l’espace urbain, pratiquer le grand format, se lancer des défis, tout cela m’est essentiel. Ensuite, je remets en scène le vandalisme et l’action du tag dans mon travail en atelier. Une façon de leS détourner et de convoquer un autre regard. »

« J’ai souhaité parler des réfugiés sans filtre, sans raccourci. Ces images témoignent de l’atrocité d’une réalité que renforce l’usage contrasté du noir et blanc. à nous d’assumer, de la digérer. »

« J’oppose l’amour à la mort. Et, face à la dureté de la mort, je travaille ces dessins à l’aquarelle. à cette douceur graphique, s’ajoute celle du geste, celui de l’accouplement de deux êtres, ainsi figés pour l’éternité. »

Je tenais à remercier ceux qui ont participé à cette exposition de près ou de loin.

Et tout particulièrement Laurent Strouk pour cette aventure infernale et extraordinaire qui présage un bel avenir en commun.

Matthieu Valette, Thomas Chassagny et Hervé Tonnard pour leur savoir-faire et leur aide sur les 2 sculptures.

Max Charlin pour sa disponibilité et ses si grandes qualités de photographe et d'ami.

Fabien Didelot pour sa fidélité et son regard sans pareil.

Romain Rilliet et Glose d'Overhead Studio pour la grandeure musicale des teasers.

Et Morgane Roussel pour la tenue du web.

Fred Martin, encore et toujours. L'équipe de la Galerie Laurent Strouk pour leur confiance et leur réactivité.

Ma famille et notamment mes enfants. Et mon aimée, Emma, pour son travail à mes côtés, sa bienveillance et sa patience.

p. 9 : Théâtre Des Celestins, Lyon, 2010, p. 12/13 : Les Docks, Rouen 2016, p. 14/15 : Les Docks, Rouen, 2016

p. 34/35 : Montée De La Grande Côte, Lyon 2014, p. 36/37 : Festival Mister Freeze Avec Kan, Toulouse, 2016

p. 44/45 : Saint-Etienne, 2016

p. 76/77 : Nuit Blanche, Paris, 2014

p. 78 : Vik Muniz escola Vidigal, Rio de Janeiro, 2015

p. 79 : Rio de Janeiro, 2015

8 juin / 15 juillet 2017

Coordination

Marie Laborde

Textes

Alexandra Marini

Graphisme

Catherine Sofia

Photos

Jean-Louis Bellurget

Max Charlin

Jean-Pierre Sageot

Joa Azria

Impression

Agpograf, Barcelone

ISBN 978-2-35906-215-1

Imprimé en Europe

Achevé d’imprimer : mai 2017

Dépot légal : mai 2017

© Galerie Laurent Strouk Paris

© Brusk

© Max Charlin

© Jean-Pierre Sageot

© Joa Azria

2 avenue Matignon

75008 Paris

tél. : 01 40 46 89 06

galerie@laurentstrouk.com www.laurentstrouk.com

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