JOSĂ VOUILLAMOZ

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DépÎt légal en Suisse en septembre 2025.
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Photographies : © Sedrik Nemeth, sauf mention contraire Graphisme et mise en page : Dédikace et SIR
Impression : Flex, lot 1
ISBN : 978-2-8289-2302-0
© 2025, Ăditions Favre SA, Lausanne, Suisse
La maison dâĂ©dition Favre bĂ©nĂ©ficie dâun soutien structurel de lâOffice fĂ©dĂ©ral de la culture pour les annĂ©es 2021-2025.
Ă lâĂ©tat sauvage, la vigne est une liane. Sa nature est de grimper aux arbres ou sur un autre support pour faire des fleurs. Une fois fĂ©condĂ©es par le vent ou par des petits insectes, les fleurs produisent des fruits au-dessus de la canopĂ©e, dans le but de se faire manger par des oiseaux qui iront dĂ©fĂ©quer les graines plus loin, propageant ainsi lâespĂšce. Il y a environ 10 000 ans, lâHomme a domestiquĂ© cette liane qui constitue aujourdâhui nos vignes, et qui a engendrĂ© tous les cĂ©pages du monde. Pour la cultiver, il faut la tailler rĂ©guliĂšrement. Câest un stress important pour la plante. Sa rĂ©action de survie est par consĂ©quent de produire des fruits pour engendrer une nouvelle gĂ©nĂ©ration : pour lâHomme, câest synonyme de vendanges. Câest pourquoi son nom botanique Vitis vinifera signifie « vigne qui porte le vin ». En effet, la quasi-totalitĂ© des vins du monde sont Ă©laborĂ©s Ă partir de cette espĂšce botanique, Ă lâexception de quelques boissons alcoolisĂ©es issues dâespĂšces amĂ©ricaines (comme Vitis labrusca ou Vitis riparia) que lâon utilise parfois aux Ătats-Unis, mais aussi au Tessin pour Ă©laborer le vin Nostrano.
On estime quâil existe prĂšs de 10 000 cĂ©pages ou variĂ©tĂ©s 1 dans le monde, en comptant les cĂ©pages de cuve (pour faire du vin), les raisins de table et les raisins secs destinĂ©s Ă ĂȘtre mangĂ©s, ainsi que les porte-greffes (hybrides dâespĂšces amĂ©ricaines sur lesquels sont greffĂ©s les cĂ©pages europĂ©ens pour les protĂ©ger du phylloxĂ©ra). Dans notre ouvrage de rĂ©fĂ©rence Wine Grapes (Allen Lane 2012), avec mes co-auteures Jancis Robinson MW2 et Julia Harding MW, nous avons dĂ©nombrĂ© 1368 cĂ©pages cultivĂ©s dans le monde pour faire du vin disponible dans le commerce. En Suisse, on cultive officiellement au moins 320 cĂ©pages (sans compter les cĂ©pages et hybrides Ă lâessai et autres curiositĂ©s) sur environ
1 - Cépage = individu 100% VItis vinifera, variété = individu pas 100% Vitis vinifera
2 - Master of Wine : titre le plus prestigieux dans lâindustrie vitivinicole, dĂ©livrĂ© Ă ce jour Ă seulement 422 personnes de 30 pays diffĂ©rents qui ont passĂ© des examens thĂ©oriques et pratiques dâun trĂšs haut niveau.
15 000 ha, soit 0,2% de la surface mondiale (tableau 1). Parmi ces 320 cĂ©pages, 213 sont admis dans les appellations dâorigine contrĂŽlĂ©e (AOC), allant de 12 Ă 130 cĂ©pages selon les cantons 3 . Câest une diversitĂ© Ă©norme, et peut-ĂȘtre mĂȘme un record du monde. On peut toutefois se demander sâil faut sâen enorgueillir ou sâen alarmer. En effet, la diversitĂ© ne fait pas lâidentitĂ©, ce qui explique lâexpression provocatrice disant que « le vin suisse nâexiste pas » ! En consĂ©quence, les AOC suisses perdent Ă mon sens toute crĂ©dibilitĂ© auprĂšs des consommateurs, et je serais favorable Ă une diminution drastique du nombre de cĂ©pages admis, surtout dans lâoptique dâune adaptation prochaine aux rĂ©glementations europĂ©ennes concernant les appellations dâorigine protĂ©gĂ©es (AOP) et les indications gĂ©ographiques protĂ©gĂ©es (IGP).
Je distingue trois catĂ©gories de cĂ©pages en Suisse : les indigĂšnes qui y sont vraisemblablement nĂ©s, les traditionnels qui y Ă©taient prĂ©sents avant 1900, et les allogĂšnes qui y ont Ă©tĂ© introduits aprĂšs 1900, soit pendant ou aprĂšs la reconstitution des vignobles suite Ă lâĂ©pidĂ©mie du phylloxĂ©ra. Ainsi, 29,5% sont indigĂšnes (94), comprenant 49 hybrides, 14 croisements et 31 cĂ©pages dâorigine spontanĂ©e (que jâappelle « cĂ©pages patrimoniaux »), 8,8% sont traditionnels (28), tandis que 62% des cĂ©pages cultivĂ©s en Suisse sont allogĂšnes (198) (tableau 1).
Tableau 1. Au moins 320 cĂ©pages (dont 15 ne sont que des mutations) sont cultivĂ©s en Suisse sur 14 484 ha, sans compter les hybrides producteurs directs, les cĂ©pages anecdotiques et les cĂ©pages Ă lâessai (le total avoisinerait alors les 400 cĂ©pages). Les 94 cĂ©pages indigĂšnes faisant lâobjet du prĂ©sent ouvrage apparaissent en gras (le total dĂ©passerait largement les 100 cĂ©pages indigĂšnes si lâon incluait les nouveaux croisements et hybrides Ă lâessai). Les surfaces sont tirĂ©es de LâAnnĂ©e viticole 2024, Office fĂ©dĂ©ral de lâagriculture OFAG. Sur ces 320 cĂ©pages, 213 sont autorisĂ©s en appellation dâorigine contrĂŽlĂ©e (AOC). Les cantons avec la plus grande diversitĂ© de cĂ©pages en AOC sont : Zurich (130), Glaris (119), Argovie (109) et Saint-Gall (99). Le Valais, plus grande rĂ©gion viticole du pays, nâarrive quâen douziĂšme position avec 55 cĂ©pages, tandis que le canton de Vaud en accepte 62.
3 - Dans les cantons de Zurich et St-Gall, il nâexiste aucune restriction ou liste fermĂ©e de variĂ©tĂ©s en ce qui concerne lâaptitude Ă lâAOC. Toutes les variĂ©tĂ©s plantĂ©es (Ă lâexception des numĂ©ros de sĂ©lection qui ne sont pas encore introduits sur le marchĂ©) sont automatiquement Ă©ligibles Ă lâAOC, ce que jâestime ĂȘtre une aberration totale.
SCHAFFHOUSE
SAINT-GALL ZURICH
THURGOVIE
VAUD
VALAIS
TESSIN
SCHWYTZ
NEUCHĂTEL
LUCERNE, URI, ZOUG, OBWALD, NIDWALD
GRISONS
GLARIS
GENĂVE
LAC DE THOUNE FRIBOURG
LAC DE BIENNE
BĂLE-VILLE, SOLEURE
BĂLE-CAMPAGNE,
ARGOVIE
RHODES-INTĂRIEURES
RHODES-EXTĂRIEURES, APPENZELL
APPENZELL
HYBRIDES
CROISEMENTS
ALLOGĂNES
TRADITIONNELS
INDIGĂNES
SURFACE (HA)
COULEUR
CĂPAGE
classification des cépages suisses
âą Valais
âą Vaud
âą GenĂšve
âą Trois-Lacs
⹠Suisse alémanique
âą Tessin
classification des cépages

Humagne Gris
(mutation de couleur du Cornalin, appelé Humagne Rouge en Valais)

Cette catégorie est composée des cépages indigÚnes nés de croisements spontanés qui se sont produits naturellement dans les vignobles, et qui ont été sélectionnés empiriquement par les anciens vignerons. Ils représentent le patrimoine ampélographique ancestral de la Suisse. Le tableau 2 liste les principaux cépages par ordre chronologique des mentions écrites.
NB : MalgrĂ© leurs lointaines origines Ă©trangĂšres dĂ©montrĂ©es, le Cornalin (Humagne Rouge), le Gros Bourgogne (Plantscher), lâHumagne, le RĂ€uschling, le Rouge de Fully (Durize) et le Rouge du Pays (Cornalin en Valais) sont inclus parmi les cĂ©pages patrimoniaux, car ils ont (quasiment) disparu de leurs rĂ©gions dâorigine.
Tableau 2. Chronologie des mentions des principaux cépages patrimoniaux
1313 RĂšze
Lens/Sierre VS 1313 Humagne Lens/Sierre VS 1321 Completer Malans GR 1586 Gros Bourgogne Visp VS 1602 Arvine Sion VS 1612 Chasselas Lausanne VD 1615 Rouge de Fully Fully VS 1627 Lafnetscha Raron VS 1654 Diolle Conthey VS 1686 Amigne Sion-Sierre VS 1759 RĂ€uschling Schaffhouse SH 1770 Himbertscha Haut-Valais VS 1785 Bondola Tessin TI 1812 Grosse Arvine Riddes VS 1820 Schwarzer Erlenbacher Lucerne LU 1827 Goron de Bovernier Bovernier VS
cépages
Ă© volution de lâencĂ©pagement
ANNĂE CĂPAGE
1846 Hitzkircher
Argovie AG
1878 Rouge du Pays (Cornalin) Valais VS
1900 Cornalin (Humagne Rouge) Fully VS
1982
Eyholzer Roter
1989 Bondoletta
Eyholz VS
Sopraceneri TI
2025 Fuliaco Fully VS
2012 VinEsch Roter
Ăpoque romaine
Zeneggen VS
On Ă©voque souvent une introduction par les Romains pour plusieurs vieux cĂ©pages, en particulier en Valais : lâAmigne serait la Vitis aminea, lâArvine le Vinum helvinum, la RĂšze lâUva raetica et lâHumagne le Vinum humanum. Ces lĂ©gendes nâont aucun fondement : plusieurs de ces noms nâont jamais existĂ©, et il est commu nĂ©ment admis que les auteurs latins nâavaient pas la notion moderne du cĂ©page. En effet, ils englobaient certainement sous le mĂȘme nom plusieurs cĂ©pages, liĂ©s entre eux par des caractĂ©ristiques communes ou par la mĂȘme origine gĂ©ographique. Il est par consĂ©quent impossible de connaĂźtre lâencĂ©pagement de la Suisse Ă lâĂ©poque romaine. Lâanalyse de lâADN rĂ©siduel des pĂ©pins ou des grappes de raisins retrouvĂ©s dans les sites archĂ©ologiques (p. ex. Ă Saint-Blaise/NE, ou Ă Gamsen/Waldmatte vers Brig/VS) pourrait un jour apporter un Ă©clairage nouveau Ă cette question.
De lâĂ©poque romaine Ă lâan mille
Sâil est dĂ©sormais Ă©tabli que la vigne Ă©tait vraisemblablement cultivĂ©e en Suisse avant lâarrivĂ©e des Romains, nous ne savons en revanche pratiquement rien des cĂ©pages qui peuplaient les vignobles avant le milieu du Moyen Ăge. Les mouvements migratoires ont certainement provoquĂ© des introductions diverses, suivies dâabandons momentanĂ©s de la viticulture, et câest Ă partir dâun mĂ©lange de cĂ©pages originaux et de leurs descendants naturels que les vignobles auront Ă©tĂ© reconstituĂ©s. Par consĂ©quent, les vieux cĂ©pages suisses sont sans doute les lointains descendants des cĂ©pages introduits avant, pendant ou aprĂšs lâĂ©poque romaine. En 2019, des chercheurs ont rĂ©ussi Ă sĂ©quencer lâADN dâanciens pĂ©pins trouvĂ©s dans un puits sur un site archĂ©ologique datant du 1er siĂšcle apr. J.-C. dans lâHĂ©rault (Languedoc-Roussillon, France). Certains pĂ©pins, issus dâanciens
cĂ©pages aujourdâhui disparus, se sont rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre gĂ©nĂ©tiquement proches de lâAmigne, de lâArvine ou de lâHumagne.
De lâan mille au XVe siĂšcle
Les documents qui mentionnent des noms de cĂ©pages avant la fin du Moyen Ăge sont trĂšs rares. Cela ne signifie pas que les vignerons nâavaient pas de noms pour leurs cĂ©pages, on nâĂ©prouvait simplement pas le besoin de les transcrire dans les documents officiels. Parmi ces rares occurrences, on trouve au XIIIe siĂšcle Ă Douanne (BE) la mention « Elseser » ou raisin dâAlsace, qui correspondait probablement Ă lâElbling ou au Gouais Blanc, au XIVe siĂšcle on trouve en 1313 en Valais lâHumagne, la RĂšze et un cĂ©page rouge inconnu dans le fameux « Registre dâAnniviers », et en 1321 le Completer dans les archives du chapitre de la cathĂ©drale de Coire.
Du XVIe au XVIIIe siĂšcle
Au XVIe siĂšcle, seuls quatre nouveaux cĂ©pages sont mentionnĂ©s en Valais : le Muscat en 1536, le Gouais Blanc (sous le nom de GwĂ€ss) et le Blantschier (vraisemblablement le Gros Bourgogne) en 1540, puis le Savagnin Blanc en 1586, tous introduits de France, dâItalie ou dâailleurs en Europe. Au XVIIe siĂšcle, toujours en Valais, on voit lâapparition de plusieurs cĂ©pages, cette fois-ci indigĂšnes : lâArvine en 1602, suivie du Rouge de Fully (ou Durize) en 1615, du Lafnetscha en 1627, de la Diolle en 1654 et de lâAmigne en 1686. Dans le canton de Vaud, on trouve Ă©galement la premiĂšre mention du Fendant Blanc en 1612, nom qui sera par la suite appropriĂ© par le Valais. On trouve Ă nouveau le Gouais Blanc, cette fois-ci dans le canton de Berne (lac de Thoune et Spiez) en 1639. Au XVIIIe siĂšcle, le mĂȘme Gouais Blanc est mentionnĂ© dans le canton de Vaud vers 1750 puis Ă NeuchĂątel en 1755, parfois sous son synonyme dâAussard, ainsi quâĂ GenĂšve, ce qui tĂ©moigne de sa vaste diffusion ancestrale. Le RĂ€uschling, mentionnĂ© antĂ©rieurement en Allemagne, nâapparaĂźt en Suisse quâen 1759 dans le canton de Schaffhouse. Dans le Haut-Valais, le Himbertscha est mentionnĂ© en 1770. Le Pinot Noir apparaĂźt sous son nom local de Cortaillod en 1766 dans le canton de NeuchĂątel oĂč il est aussi nommĂ© TĂ©cou, et en 1775 dans le pays de Vaud. En 1785, la Bondola apparaĂźt au Tessin. Quant au Gros Rouge, qui correspondait probablement Ă la Mondeuse Noire de Savoie, câĂ©tait lâun des cĂ©pages rouges les plus rĂ©pandus de lâarc lĂ©manique aux XVIIIe et XIXe siĂšcles.
cépages
Ă© volution de lâencĂ©pagement
Du XIXe au XXIe siĂšcle
En Valais, on trouve trois cĂ©pages : Grosse Arvine (1812), Goron de Bovernier (1827) et Rouge du Pays (1878). Dans le canton de Lucerne apparaĂźt le Schwarzer Erlenbacher (1820) et dans le canton dâArgovie le Hitzkircher (1846). Si la majoritĂ© des cĂ©pages qui Ă©taient cultivĂ©s en Suisse avant 1850 (figure 1) sont encore prĂ©sents, leurs proportions ont drastiquement diminuĂ©.
Chasselas (Quicheux/Fendant)
Elbling (YsÚle/ElsÀsser/Aussard)
Gouais (Goës)
Gamay (Gros Rouge/Gamet)
Hitzkircher
Muscat
Pinot Gris (Raisin Gris)
Pinot Noir (Cortaillod/Técou)
Chasselas (Fendant/Grosse Rougeasse)
Gamay (Gamet)
Gouais
Mondeuse Noire
(Gros Rouge/Savoyan)
Pinot Noir (Servagnin)
Bondola (Briegler)
Chasselas (Gutedel)
Completer (Zurirebe)
Elbling
Gouais (Heunisch)
Pinot Noir (Blauburgunder)
RĂ€uschling
Schwarzer Erlenbacher
Amigne Arvine
Diolle
Gouais (GwÀss/GouÚ)
Gros Bourgogne (Plantscher)
Grosse Arvine
Himbertscha
Humagne Blanc
Lafnetscha
Pinot Gris (Malvoisie)
Muscat
RĂšze
Rouge de Fully (Durize)
Rouge du Pays (Bailloz)
Savagnin (Heida/PaĂŻen)
Bondola
Completer
Lambrusca di Alessandria (Croetto)
Mossana (Zanetta)
Figure 1. Les 27 cépages cultivés en Suisse avant 1850.
En effet, lâapparition de trois maladies de la vigne a complĂštement transfigurĂ© lâencĂ©pagement : lâoĂŻdium en 1851, le mildiou en 1886, et le phylloxĂ©ra, premiĂšrement en 1869 Ă GenĂšve, puis dans les autres cantons (NeuchĂątel 1877, Vaud et Zurich 1886, Tessin 1893 et Valais 1906). Ces flĂ©aux ont relĂ©guĂ© nombre de vieux cĂ©pages indigĂšnes au rang de curiositĂ©s ou de reliques. En particulier, lâapparition du phylloxĂ©ra, un puceron dâorigine amĂ©ricaine qui sâattaque aux racines de la vigne europĂ©enne et tue les ceps en quelques annĂ©es, a nĂ©cessitĂ© le greffage de tous les ceps de vigne europĂ©enne sur les porte-greffes amĂ©ricains naturellement rĂ©sistants Ă cet insecte. Les vieux cĂ©pages qui sâĂ©taient adaptĂ©s durant des siĂšcles aux conditions climatiques et environnementales ont donc Ă©tĂ© remplacĂ©s par des cĂ©pages plus productifs et moins sensibles Ă ces maladies. Par consĂ©quent, si lâon exclut le Chasselas, les 30 autres cĂ©pages patrimoniaux de la Suisse ne reprĂ©sentent
volution de lâencĂ©pagement
que le 4,87% de la surface actuelle (figure 2). En particulier, ils ne couvrent que 14,17% des surfaces en Valais, qui est pourtant la rĂ©gion abritant la majoritĂ© des cĂ©pages patrimoniaux de Suisse. LâencĂ©pagement actuel de la Suisse est largement dominĂ© par quatre cĂ©pages (figure 3), dont un seul indigĂšne, le Chasselas. Les autres ont Ă©tĂ© introduits Ă diffĂ©rentes pĂ©riodes : le Pinot Noir au XVIIIe siĂšcle, le Gamay au XIXe siĂšcle et le Merlot au XXe siĂšcle.
Findling von Muhen
Schwarzer Erlenbacher
Hitzkircher
RĂ€uschling Roter RĂ€uschling
Completer
Chasselas
Chasselas Rose
Olivette de Laconnex
Amigne, Arvine, Cornalin, Diolle, Eyholzer Roter, Goron de Bovernier, Gros Bourgogne, Grosse Arvine, Fuliaco, Himbertscha, Humagne Blanc, Inconnu de Saillon, Inconnu de Salo, Lafnetscha, RĂšze, Rouge de Fully, Rouge du Pays, Vinesch Roter, Vinesch Unbekannt
Bondola Bondoletta
Marchisana
Figure 2. Les 31 cĂ©pages patrimoniaux couvrent 28,64% de la surface viticole de la Suisse. Cependant, si lâon Ă©carte le Chasselas qui est le cĂ©page blanc le plus rĂ©pandu avec 3444 ha, les 30 autres cĂ©pages ne couvrent que 705,38 ha, soit 4,87% de la surface viticole totale du pays. Sur ces 30 cĂ©pages, les trois quarts (19) se trouvent en Valais oĂč ils couvrent 14,17% de la surface du canton. Sources des surfaces : LâAnnĂ©e viticole 2024, Office fĂ©dĂ©ral de lâagriculture OFAG.
NB : MalgrĂ© leurs lointaines origines Ă©trangĂšres dĂ©montrĂ©es, le Cornalin (Humagne Rouge en Valais), le Gros Bourgogne (Plantscher), lâHumagne, le RĂ€uschling, le Rouge de Fully (Durize) et le Rouge du Pays (Cornalin en Valais) sont inclus parmi les cĂ©pages indigĂšnes, car ils ont (quasiment) disparu de leurs rĂ©gions dâorigine.
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