Cépages suisses (Ed. Favre, 2025) - EXTRAIT

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JOSÉ VOUILLAMOZ

CÉPAGES SUISSES

HISTOIRES ET ORIGINES

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ISBN : 978-2-8289-2302-0

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JOSÉ VOUILLAMOZ CÉPAGES SUISSES

HISTOIRES ET ORIGINES

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

À l’état sauvage, la vigne est une liane. Sa nature est de grimper aux arbres ou sur un autre support pour faire des fleurs. Une fois fĂ©condĂ©es par le vent ou par des petits insectes, les fleurs produisent des fruits au-dessus de la canopĂ©e, dans le but de se faire manger par des oiseaux qui iront dĂ©fĂ©quer les graines plus loin, propageant ainsi l’espĂšce. Il y a environ 10 000 ans, l’Homme a domestiquĂ© cette liane qui constitue aujourd’hui nos vignes, et qui a engendrĂ© tous les cĂ©pages du monde. Pour la cultiver, il faut la tailler rĂ©guliĂšrement. C’est un stress important pour la plante. Sa rĂ©action de survie est par consĂ©quent de produire des fruits pour engendrer une nouvelle gĂ©nĂ©ration : pour l’Homme, c’est synonyme de vendanges. C’est pourquoi son nom botanique Vitis vinifera signifie « vigne qui porte le vin ». En effet, la quasi-totalitĂ© des vins du monde sont Ă©laborĂ©s Ă  partir de cette espĂšce botanique, Ă  l’exception de quelques boissons alcoolisĂ©es issues d’espĂšces amĂ©ricaines (comme Vitis labrusca ou Vitis riparia) que l’on utilise parfois aux États-Unis, mais aussi au Tessin pour Ă©laborer le vin Nostrano.

On estime qu’il existe prĂšs de 10 000 cĂ©pages ou variĂ©tĂ©s 1 dans le monde, en comptant les cĂ©pages de cuve (pour faire du vin), les raisins de table et les raisins secs destinĂ©s Ă  ĂȘtre mangĂ©s, ainsi que les porte-greffes (hybrides d’espĂšces amĂ©ricaines sur lesquels sont greffĂ©s les cĂ©pages europĂ©ens pour les protĂ©ger du phylloxĂ©ra). Dans notre ouvrage de rĂ©fĂ©rence Wine Grapes (Allen Lane 2012), avec mes co-auteures Jancis Robinson MW2 et Julia Harding MW, nous avons dĂ©nombrĂ© 1368 cĂ©pages cultivĂ©s dans le monde pour faire du vin disponible dans le commerce. En Suisse, on cultive officiellement au moins 320 cĂ©pages (sans compter les cĂ©pages et hybrides Ă  l’essai et autres curiositĂ©s) sur environ

1 - Cépage = individu 100% VItis vinifera, variété = individu pas 100% Vitis vinifera

2 - Master of Wine : titre le plus prestigieux dans l’industrie vitivinicole, dĂ©livrĂ© Ă  ce jour Ă  seulement 422 personnes de 30 pays diffĂ©rents qui ont passĂ© des examens thĂ©oriques et pratiques d’un trĂšs haut niveau.

15 000 ha, soit 0,2% de la surface mondiale (tableau 1). Parmi ces 320 cĂ©pages, 213 sont admis dans les appellations d’origine contrĂŽlĂ©e (AOC), allant de 12 Ă  130 cĂ©pages selon les cantons 3 . C’est une diversitĂ© Ă©norme, et peut-ĂȘtre mĂȘme un record du monde. On peut toutefois se demander s’il faut s’en enorgueillir ou s’en alarmer. En effet, la diversitĂ© ne fait pas l’identitĂ©, ce qui explique l’expression provocatrice disant que « le vin suisse n’existe pas » ! En consĂ©quence, les AOC suisses perdent Ă  mon sens toute crĂ©dibilitĂ© auprĂšs des consommateurs, et je serais favorable Ă  une diminution drastique du nombre de cĂ©pages admis, surtout dans l’optique d’une adaptation prochaine aux rĂ©glementations europĂ©ennes concernant les appellations d’origine protĂ©gĂ©es (AOP) et les indications gĂ©ographiques protĂ©gĂ©es (IGP).

Je distingue trois catĂ©gories de cĂ©pages en Suisse : les indigĂšnes qui y sont vraisemblablement nĂ©s, les traditionnels qui y Ă©taient prĂ©sents avant 1900, et les allogĂšnes qui y ont Ă©tĂ© introduits aprĂšs 1900, soit pendant ou aprĂšs la reconstitution des vignobles suite Ă  l’épidĂ©mie du phylloxĂ©ra. Ainsi, 29,5% sont indigĂšnes (94), comprenant 49 hybrides, 14 croisements et 31 cĂ©pages d’origine spontanĂ©e (que j’appelle « cĂ©pages patrimoniaux »), 8,8% sont traditionnels (28), tandis que 62% des cĂ©pages cultivĂ©s en Suisse sont allogĂšnes (198) (tableau 1).

Tableau 1. Au moins 320 cĂ©pages (dont 15 ne sont que des mutations) sont cultivĂ©s en Suisse sur 14 484 ha, sans compter les hybrides producteurs directs, les cĂ©pages anecdotiques et les cĂ©pages Ă  l’essai (le total avoisinerait alors les 400 cĂ©pages). Les 94 cĂ©pages indigĂšnes faisant l’objet du prĂ©sent ouvrage apparaissent en gras (le total dĂ©passerait largement les 100 cĂ©pages indigĂšnes si l’on incluait les nouveaux croisements et hybrides Ă  l’essai). Les surfaces sont tirĂ©es de L’AnnĂ©e viticole 2024, Office fĂ©dĂ©ral de l’agriculture OFAG. Sur ces 320 cĂ©pages, 213 sont autorisĂ©s en appellation d’origine contrĂŽlĂ©e (AOC). Les cantons avec la plus grande diversitĂ© de cĂ©pages en AOC sont : Zurich (130), Glaris (119), Argovie (109) et Saint-Gall (99). Le Valais, plus grande rĂ©gion viticole du pays, n’arrive qu’en douziĂšme position avec 55 cĂ©pages, tandis que le canton de Vaud en accepte 62.

3 - Dans les cantons de Zurich et St-Gall, il n’existe aucune restriction ou liste fermĂ©e de variĂ©tĂ©s en ce qui concerne l’aptitude Ă  l’AOC. Toutes les variĂ©tĂ©s plantĂ©es (Ă  l’exception des numĂ©ros de sĂ©lection qui ne sont pas encore introduits sur le marchĂ©) sont automatiquement Ă©ligibles Ă  l’AOC, ce que j’estime ĂȘtre une aberration totale.

SCHAFFHOUSE

SAINT-GALL ZURICH

THURGOVIE

VAUD

VALAIS

TESSIN

SCHWYTZ

NEUCHÂTEL

LUCERNE, URI, ZOUG, OBWALD, NIDWALD

GRISONS

GLARIS

GENÈVE

LAC DE THOUNE FRIBOURG

LAC DE BIENNE

BÂLE-VILLE, SOLEURE

BÂLE-CAMPAGNE,

ARGOVIE

RHODES-INTÉRIEURES

RHODES-EXTÉRIEURES, APPENZELL

APPENZELL

HYBRIDES

CROISEMENTS

ALLOGÈNES

TRADITIONNELS

INDIGÈNES

SURFACE (HA)

COULEUR

CÉPAGE

classification des cépages suisses

Le vignoble suisse

‱ Valais

‱ Vaud

‱ Genùve

‱ Trois-Lacs

‱ Suisse alĂ©manique

‱ Tessin

classification des cépages

Humagne Gris

(mutation de couleur du Cornalin, appelé Humagne Rouge en Valais)

CHAPITRE 1

CÉPAGES PATRIMONIAUX

Cette catégorie est composée des cépages indigÚnes nés de croisements spontanés qui se sont produits naturellement dans les vignobles, et qui ont été sélectionnés empiriquement par les anciens vignerons. Ils représentent le patrimoine ampélographique ancestral de la Suisse. Le tableau 2 liste les principaux cépages par ordre chronologique des mentions écrites.

NB : MalgrĂ© leurs lointaines origines Ă©trangĂšres dĂ©montrĂ©es, le Cornalin (Humagne Rouge), le Gros Bourgogne (Plantscher), l’Humagne, le RĂ€uschling, le Rouge de Fully (Durize) et le Rouge du Pays (Cornalin en Valais) sont inclus parmi les cĂ©pages patrimoniaux, car ils ont (quasiment) disparu de leurs rĂ©gions d’origine.

Tableau 2. Chronologie des mentions des principaux cépages patrimoniaux

1313 RĂšze

Lens/Sierre VS 1313 Humagne Lens/Sierre VS 1321 Completer Malans GR 1586 Gros Bourgogne Visp VS 1602 Arvine Sion VS 1612 Chasselas Lausanne VD 1615 Rouge de Fully Fully VS 1627 Lafnetscha Raron VS 1654 Diolle Conthey VS 1686 Amigne Sion-Sierre VS 1759 RĂ€uschling Schaffhouse SH 1770 Himbertscha Haut-Valais VS 1785 Bondola Tessin TI 1812 Grosse Arvine Riddes VS 1820 Schwarzer Erlenbacher Lucerne LU 1827 Goron de Bovernier Bovernier VS

cépages

Ă© volution de l’encĂ©pagement

ANNÉE CÉPAGE

1846 Hitzkircher

Argovie AG

1878 Rouge du Pays (Cornalin) Valais VS

1900 Cornalin (Humagne Rouge) Fully VS

1982

Eyholzer Roter

1989 Bondoletta

Eyholz VS

Sopraceneri TI

2025 Fuliaco Fully VS

2012 VinEsch Roter

ÉVOLUTION DE L’ENCÉPAGEMENT

Époque romaine

Zeneggen VS

On Ă©voque souvent une introduction par les Romains pour plusieurs vieux cĂ©pages, en particulier en Valais : l’Amigne serait la Vitis aminea, l’Arvine le Vinum helvinum, la RĂšze l’Uva raetica et l’Humagne le Vinum humanum. Ces lĂ©gendes n’ont aucun fondement : plusieurs de ces noms n’ont jamais existĂ©, et il est commu nĂ©ment admis que les auteurs latins n’avaient pas la notion moderne du cĂ©page. En effet, ils englobaient certainement sous le mĂȘme nom plusieurs cĂ©pages, liĂ©s entre eux par des caractĂ©ristiques communes ou par la mĂȘme origine gĂ©ographique. Il est par consĂ©quent impossible de connaĂźtre l’encĂ©pagement de la Suisse Ă  l’époque romaine. L’analyse de l’ADN rĂ©siduel des pĂ©pins ou des grappes de raisins retrouvĂ©s dans les sites archĂ©ologiques (p. ex. Ă  Saint-Blaise/NE, ou Ă  Gamsen/Waldmatte vers Brig/VS) pourrait un jour apporter un Ă©clairage nouveau Ă  cette question.

De l’époque romaine Ă  l’an mille

S’il est dĂ©sormais Ă©tabli que la vigne Ă©tait vraisemblablement cultivĂ©e en Suisse avant l’arrivĂ©e des Romains, nous ne savons en revanche pratiquement rien des cĂ©pages qui peuplaient les vignobles avant le milieu du Moyen Âge. Les mouvements migratoires ont certainement provoquĂ© des introductions diverses, suivies d’abandons momentanĂ©s de la viticulture, et c’est Ă  partir d’un mĂ©lange de cĂ©pages originaux et de leurs descendants naturels que les vignobles auront Ă©tĂ© reconstituĂ©s. Par consĂ©quent, les vieux cĂ©pages suisses sont sans doute les lointains descendants des cĂ©pages introduits avant, pendant ou aprĂšs l’époque romaine. En 2019, des chercheurs ont rĂ©ussi Ă  sĂ©quencer l’ADN d’anciens pĂ©pins trouvĂ©s dans un puits sur un site archĂ©ologique datant du 1er siĂšcle apr. J.-C. dans l’HĂ©rault (Languedoc-Roussillon, France). Certains pĂ©pins, issus d’anciens

LIEU CANTON

cĂ©pages aujourd’hui disparus, se sont rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre gĂ©nĂ©tiquement proches de l’Amigne, de l’Arvine ou de l’Humagne.

De l’an mille au XVe siùcle

Les documents qui mentionnent des noms de cĂ©pages avant la fin du Moyen Âge sont trĂšs rares. Cela ne signifie pas que les vignerons n’avaient pas de noms pour leurs cĂ©pages, on n’éprouvait simplement pas le besoin de les transcrire dans les documents officiels. Parmi ces rares occurrences, on trouve au XIIIe siĂšcle Ă  Douanne (BE) la mention « Elseser » ou raisin d’Alsace, qui correspondait probablement Ă  l’Elbling ou au Gouais Blanc, au XIVe siĂšcle on trouve en 1313 en Valais l’Humagne, la RĂšze et un cĂ©page rouge inconnu dans le fameux « Registre d’Anniviers », et en 1321 le Completer dans les archives du chapitre de la cathĂ©drale de Coire.

Du XVIe au XVIIIe siĂšcle

Au XVIe siĂšcle, seuls quatre nouveaux cĂ©pages sont mentionnĂ©s en Valais : le Muscat en 1536, le Gouais Blanc (sous le nom de GwĂ€ss) et le Blantschier (vraisemblablement le Gros Bourgogne) en 1540, puis le Savagnin Blanc en 1586, tous introduits de France, d’Italie ou d’ailleurs en Europe. Au XVIIe siĂšcle, toujours en Valais, on voit l’apparition de plusieurs cĂ©pages, cette fois-ci indigĂšnes : l’Arvine en 1602, suivie du Rouge de Fully (ou Durize) en 1615, du Lafnetscha en 1627, de la Diolle en 1654 et de l’Amigne en 1686. Dans le canton de Vaud, on trouve Ă©galement la premiĂšre mention du Fendant Blanc en 1612, nom qui sera par la suite appropriĂ© par le Valais. On trouve Ă  nouveau le Gouais Blanc, cette fois-ci dans le canton de Berne (lac de Thoune et Spiez) en 1639. Au XVIIIe siĂšcle, le mĂȘme Gouais Blanc est mentionnĂ© dans le canton de Vaud vers 1750 puis Ă  NeuchĂątel en 1755, parfois sous son synonyme d’Aussard, ainsi qu’à GenĂšve, ce qui tĂ©moigne de sa vaste diffusion ancestrale. Le RĂ€uschling, mentionnĂ© antĂ©rieurement en Allemagne, n’apparaĂźt en Suisse qu’en 1759 dans le canton de Schaffhouse. Dans le Haut-Valais, le Himbertscha est mentionnĂ© en 1770. Le Pinot Noir apparaĂźt sous son nom local de Cortaillod en 1766 dans le canton de NeuchĂątel oĂč il est aussi nommĂ© TĂ©cou, et en 1775 dans le pays de Vaud. En 1785, la Bondola apparaĂźt au Tessin. Quant au Gros Rouge, qui correspondait probablement Ă  la Mondeuse Noire de Savoie, c’était l’un des cĂ©pages rouges les plus rĂ©pandus de l’arc lĂ©manique aux XVIIIe et XIXe siĂšcles.

cépages

Ă© volution de l’encĂ©pagement

Du XIXe au XXIe siĂšcle

En Valais, on trouve trois cĂ©pages : Grosse Arvine (1812), Goron de Bovernier (1827) et Rouge du Pays (1878). Dans le canton de Lucerne apparaĂźt le Schwarzer Erlenbacher (1820) et dans le canton d’Argovie le Hitzkircher (1846). Si la majoritĂ© des cĂ©pages qui Ă©taient cultivĂ©s en Suisse avant 1850 (figure 1) sont encore prĂ©sents, leurs proportions ont drastiquement diminuĂ©.

Chasselas (Quicheux/Fendant)

Elbling (YsÚle/ElsÀsser/Aussard)

Gouais (Goës)

Gamay (Gros Rouge/Gamet)

Hitzkircher

Muscat

Pinot Gris (Raisin Gris)

Pinot Noir (Cortaillod/Técou)

Chasselas (Fendant/Grosse Rougeasse)

Gamay (Gamet)

Gouais

Mondeuse Noire

(Gros Rouge/Savoyan)

Pinot Noir (Servagnin)

Bondola (Briegler)

Chasselas (Gutedel)

Completer (Zurirebe)

Elbling

Gouais (Heunisch)

Pinot Noir (Blauburgunder)

RĂ€uschling

Schwarzer Erlenbacher

Amigne Arvine

Diolle

Gouais (GwÀss/GouÚ)

Gros Bourgogne (Plantscher)

Grosse Arvine

Himbertscha

Humagne Blanc

Lafnetscha

Pinot Gris (Malvoisie)

Muscat

RĂšze

Rouge de Fully (Durize)

Rouge du Pays (Bailloz)

Savagnin (Heida/PaĂŻen)

Bondola

Completer

Lambrusca di Alessandria (Croetto)

Mossana (Zanetta)

Figure 1. Les 27 cépages cultivés en Suisse avant 1850.

En effet, l’apparition de trois maladies de la vigne a complĂštement transfigurĂ© l’encĂ©pagement : l’oĂŻdium en 1851, le mildiou en 1886, et le phylloxĂ©ra, premiĂšrement en 1869 Ă  GenĂšve, puis dans les autres cantons (NeuchĂątel 1877, Vaud et Zurich 1886, Tessin 1893 et Valais 1906). Ces flĂ©aux ont relĂ©guĂ© nombre de vieux cĂ©pages indigĂšnes au rang de curiositĂ©s ou de reliques. En particulier, l’apparition du phylloxĂ©ra, un puceron d’origine amĂ©ricaine qui s’attaque aux racines de la vigne europĂ©enne et tue les ceps en quelques annĂ©es, a nĂ©cessitĂ© le greffage de tous les ceps de vigne europĂ©enne sur les porte-greffes amĂ©ricains naturellement rĂ©sistants Ă  cet insecte. Les vieux cĂ©pages qui s’étaient adaptĂ©s durant des siĂšcles aux conditions climatiques et environnementales ont donc Ă©tĂ© remplacĂ©s par des cĂ©pages plus productifs et moins sensibles Ă  ces maladies. Par consĂ©quent, si l’on exclut le Chasselas, les 30 autres cĂ©pages patrimoniaux de la Suisse ne reprĂ©sentent

volution de l’encĂ©pagement

que le 4,87% de la surface actuelle (figure 2). En particulier, ils ne couvrent que 14,17% des surfaces en Valais, qui est pourtant la rĂ©gion abritant la majoritĂ© des cĂ©pages patrimoniaux de Suisse. L’encĂ©pagement actuel de la Suisse est largement dominĂ© par quatre cĂ©pages (figure 3), dont un seul indigĂšne, le Chasselas. Les autres ont Ă©tĂ© introduits Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes : le Pinot Noir au XVIIIe siĂšcle, le Gamay au XIXe siĂšcle et le Merlot au XXe siĂšcle.

Findling von Muhen

Schwarzer Erlenbacher

Hitzkircher

RĂ€uschling Roter RĂ€uschling

Completer

Chasselas

Chasselas Rose

Olivette de Laconnex

Amigne, Arvine, Cornalin, Diolle, Eyholzer Roter, Goron de Bovernier, Gros Bourgogne, Grosse Arvine, Fuliaco, Himbertscha, Humagne Blanc, Inconnu de Saillon, Inconnu de Salo, Lafnetscha, RĂšze, Rouge de Fully, Rouge du Pays, Vinesch Roter, Vinesch Unbekannt

Bondola Bondoletta

Marchisana

Figure 2. Les 31 cĂ©pages patrimoniaux couvrent 28,64% de la surface viticole de la Suisse. Cependant, si l’on Ă©carte le Chasselas qui est le cĂ©page blanc le plus rĂ©pandu avec 3444 ha, les 30 autres cĂ©pages ne couvrent que 705,38 ha, soit 4,87% de la surface viticole totale du pays. Sur ces 30 cĂ©pages, les trois quarts (19) se trouvent en Valais oĂč ils couvrent 14,17% de la surface du canton. Sources des surfaces : L’AnnĂ©e viticole 2024, Office fĂ©dĂ©ral de l’agriculture OFAG.

NB : MalgrĂ© leurs lointaines origines Ă©trangĂšres dĂ©montrĂ©es, le Cornalin (Humagne Rouge en Valais), le Gros Bourgogne (Plantscher), l’Humagne, le RĂ€uschling, le Rouge de Fully (Durize) et le Rouge du Pays (Cornalin en Valais) sont inclus parmi les cĂ©pages indigĂšnes, car ils ont (quasiment) disparu de leurs rĂ©gions d’origine.

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