Estate Planning






























«Le patrimoine suscite des discussions enïŹammĂ©es. Plus il est Ă©levĂ©, plus cela devient explosif»









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«La donation des parts dâune entreprise familiale exige une longue prĂ©paration»
Ne laissez pas votre succession numĂ©rique devenir un casse-tĂȘte pour vos hĂ©ritiers
«Le patrimoine suscite des discussions enïŹammĂ©es. Plus il est Ă©levĂ©, plus cela devient explosif»
Les héritiers échapperont à la taxe sur les plus-values
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RĂDACTION LâECHO
Adresse: RĂ©daction LâEcho, Tour & Taxis, Avenue du Port 86C bte 309, B-1000 Bruxelles, reactions@lecho.be
Directrice des rédactions: Isabel Albers
Rédacteur en chef: Paul Gérard
Coordinatrice: Muriel Michel
Art director: Jan Nelis
Journalistes: Camille Caestecker, Petra De Rouck, Philippe Galloy, Robbe van Lier, Peter Van Maldegem, Sonja Verschueren, Wouter Vervenne
RĂ©daction ïŹnale: Thomas Wallemacq
Illustrations: Ephameron
Lay-out: Marie-Anne Dozo
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PublicitĂ©: Trustmedia, Tour & Taxis, Avenue du Port 86C bte 309, B-1000 Bruxelles, tel.: 02/422.05.24, ïŹnance.team@trustmedia.be
Ăditeur responsable: Peter Quaghebeur















Transme re, par donation, les actions de lâentreprise familiale est un processus plus complexe quâil nây paraĂźt. «Lâobjectif ultime, pour nous, est que les destinataires de la donation continuent de se retrouver Ă NoĂ«l pour le repas familial.»
SONJA VERSCHUEREN
La donation dâactions dâune entreprise familiale sâinscrit gĂ©nĂ©ralement dans le cadre de la succession du pater familias. «Plusieurs enfants peuvent ĂȘtre concernĂ©s, mĂȘme si tous ne travaillent pas dans lâentreprise. Il est donc crucial que la famille sâaccorde sur la valorisation
des actions», explique Luc Goossens, senior estate planner chez Deutsche Bank.
«Ce processus nĂ©cessite une prĂ©paration minutieuse et ne dĂ©bute Ă©videmment pas au moment de la donation. Parfois, toutes les actions ne sont pas donnĂ©es; une partie peut ĂȘtre vendue Ă lâenfant qui prendra les rĂȘnes de lâentreprise. Notre rĂŽle de banquier est de conseiller la famille, aux cĂŽtĂ©s
dâautres experts, comme des comptables, des notaires ou des avocats», ajoute-t-il.
«Nous ne laissons pas la famille se dĂ©patouiller avec toutes les possibilitĂ©s. Nous les examinons en dĂ©tail», poursuit Charlo e Lauwers, senior estate planner chez SBB Experts-comptables & conseillers. «Cela va de lâanalyse de la structure Ă lâaccompagnement du processus avec le notaire, en passant par la
rĂ©daction des documents nĂ©cessaires et lâajustement du registre UBO et des actionnaires. Câest du travail sur mesure.»
Il est possible de donner des actions dâune entreprise familiale sans passer par la case impĂŽts. Mais pour cela, la sociĂ©tĂ© doit respecter certaines conditions strictes. De la sorte, une donation anticipĂ©e de votre entreprise sâavĂšre particuliĂšrement a rayante. En eïŹet, si vous ne
prenez aucune disposition et que vos enfants hĂ©ritent de lâentreprise Ă votre dĂ©cĂšs, la facture ïŹscale sera bien plus lourde.
Plusieurs aspects Ă prendre en compte «La ïŹscalitĂ© est en eïŹet un facteur important Ă prendre en compte», admet Luc Goossens, «mais ce nâest quâune partie de lâĂ©quation. En rĂ©alitĂ©, la ïŹscalitĂ© dĂ©coule du choix que vous faites. Le souhait du donateur est Ă©galement primordial. Quel contrĂŽle souhaite-t-il conserver sur lâentreprise? Est-il essentiel pour les parents de continuer Ă percevoir des revenus aprĂšs la donation? Veulent-ils garder une partie du capital pour maintenir leur niveau de vie? Nous analysons tous ces aspects ensemble.»
Les questions Ă trancher ne manquent pas. «Que faire si tous les enfants ne travaillent pas dans lâentreprise? La donation est-elle la seule option, ou dâautres voies sontelles envisageables?», renchĂ©rit Julie Lambrecht du dĂ©partement Family Business Circle chez Delen Private Bank. «Ce dialogue, fait de questions et de rĂ©ïŹexions, est crucial pour les dĂ©cisions Ă prendre. Sur ce e base, nous Ă©laborons un montage
90%
Chez SBB, prĂšs de 90% des donations se font avec rĂ©serve dâusufruit.
juridique et ïŹscal. La ïŹscalitĂ© est un aspect important, mais rarement dĂ©cisif. Elle est souvent le point de dĂ©part de la discussion», reconnaĂźt-elle.
Chez SBB Experts-comptables & conseillers, prĂšs de 90% des donations se font avec rĂ©serve dâusufruit.
En clair, les parents transme ent la nue-propriĂ©tĂ© des actions aux enfants, tout en conservant le droit aux dividendes et le droit de vote Ă lâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. «Il est conseillĂ© de consigner ce droit de vote dans les statuts pour Ă©viter toute contestation ultĂ©rieure», prĂ©cise Charlo e Lauwers. Que la donation dâactions se fasse avec ou sans rĂ©serve dâusufruit, le passage chez le notaire est obligatoire. Un droit de donation est donc en principe applicable (3% en ligne directe), sauf si vous bĂ©nĂ©ïŹciez du rĂ©gime favorable pour la sociĂ©tĂ© familiale, oĂč le taux est de 0%.
Au dĂ©cĂšs des parents, lâusufruit sâĂ©teint, et les enfants obtiennent la pleine propriĂ©tĂ© et le contrĂŽle des actions, sans quâaucun droit de succession ne soit dĂ».
Risque ïŹscal
«A ention: faire une donation avec rĂ©serve dâusufruit peut comporter
un risque ïŹscal», prĂ©vient Charlo e Lauwers. Dans ce cas, vos dividendes ne bĂ©nĂ©ïŹcieront plus du rĂ©gime ïŹscal VVPR-bis, accordĂ© aux PME sous certaines conditions, qui rĂ©duit Ă 15% le prĂ©compte mobilier (qui est normalement de 30%).
En revanche, si vous transfĂ©rez la pleine propriĂ©tĂ© de vos actions Ă vos enfants, votre sociĂ©tĂ© continuera de proïŹter du rĂ©gime VVPR-bis. Si vous optez pour une donation avec rĂ©serve dâusufruit, vous perdez cet avantage. «Ni vous, en tant quâusufruitier, ni vos enfants, une fois devenus propriĂ©taires Ă part entiĂšre, ne pourrez dans ce cas bĂ©nĂ©ïŹcier du taux rĂ©duit de 15% sur les dividendes. La sociĂ©tĂ© devra toujours appliquer le taux de 30%», explique Charlo e Lauwers. «Bien entendu, cela ne concerne que
les actions donnĂ©es avec rĂ©serve dâusufruit. Si seule la moitiĂ© des actions est concernĂ©e, le rĂ©gime VVPR-bis reste applicable Ă lâautre moitiĂ©.»
Pour contrer ce risque ïŹscal, vous pouvez envisager de constituer une rĂ©serve de liquidation. Ce mĂ©canisme permet Ă la sociĂ©tĂ© de me re de cĂŽtĂ© des bĂ©nĂ©ïŹces non distribuĂ©s, rĂ©duisant ainsi le prĂ©compte mobilier sur les dividendes. Toutefois, ces fonds doivent rester dans lâentreprise pendant plusieurs annĂ©es pour bĂ©nĂ©ïŹcier dâun taux avantageux.
«Mais les parents ne souhaitent pas toujours a endre aussi longtemps», note Charlo e Lauwers. «Pour garantir la paix familiale, nous recommandons de prĂ©ciser clairement dans lâacte de donation Ă qui reviendra la rĂ©serve de liquidation.
«La ïŹscalitĂ© joue un rĂŽle important, mais elle nâest que rarement le facteur dĂ©cisif dans la prise de dĂ©cision.»
Julie Lambrecht Delen Private Bank
Les parents comptent souvent sur ce bas de laine. De bons accords Ă©vitent les conïŹits futurs. Pour nous, il est essentiel quâaprĂšs la donation, la famille puisse encore se rĂ©unir autour de la table Ă NoĂ«l», souligne-t-elle.
Deutsche Bank et Delen Private Bank pointent Ă©galement comme facteur clĂ© du succĂšs de lâopĂ©ration une communication ouverte et transparente. «Discuter et se concerter sont des Ă©lĂ©ments cruciaux. Non seulement avec les enfants impliquĂ©s dans lâentreprise familiale, mais aussi avec ceux qui ne le sont pas. Ils doivent ĂȘtre inclus dans les rĂ©ïŹexions. Un enfant actif dans lâentreprise, sans en possĂ©der dâactions, crĂ©e souvent de la valeur pour ses frĂšres et sĆurs. Ces contributions ne sont que rarement rĂ©munĂ©rĂ©es au prix du marchĂ©. Il est donc important dâen parler et de trouver des solutions», explique Luc Goossens.




«Pour Ă©viter tout conïŹit, nous conseillons de prĂ©ciser dans lâacte de donation Ă qui est destinĂ©e la rĂ©serve de liquidation. Les parents comptent parfois sur ce bas de laine.»
Charlotte Lauwers Senior estate planner chez SBB Expertscomptables & conseillers
«Au sein du Delen Family Business Circle, notre Ă©quipe de chargĂ©s de relation, de juristes et de ïŹscalistes organise les discussions rĂ©unissant les membres des familles entrepreneuses. Lâobjectif est que les dĂ©cisions importantes, comme la donation dâactions, soient prises de maniĂšre durable et harmonieuse», dĂ©taille Julie Lambrecht.
Mais une bonne prĂ©paration ne garantit pas lâabsence de diïŹcultĂ©s ultĂ©rieures.
«Nous avons lâexemple dâune famille oĂč les actions de lâentreprise ont Ă©tĂ© donnĂ©es aux deux ïŹls, tandis que les trois ïŹlles ont reçu un portefeuille dâinvestissements. Alors que la succession avait bien Ă©tĂ© gĂ©rĂ©e de maniĂšre transparente et correcte, la faillite dâun client majeur a entraĂźnĂ© celle de lâentreprise, ce qui a provoquĂ© des conïŹits familiaux. Câest dĂ©solant», conclut Philippe Baervoets, responsable de lâestate planning chez Deutsche Bank.
offre aux entreprises, organisations et organismes publics lâaccĂšs au rĂ©seau de LâEcho, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de LâEcho. Excluant la responsabilitĂ© de la rĂ©daction de LâEcho.
Transmettre avec succĂšs une entreprise familiale nĂ©cessite plus quâune stratĂ©gie juridique et fiscale bien ficelĂ©e. âUne solution techniquement parfaite sans accord familial validĂ©? Câest sâexposer Ă des problĂšmes!â, prĂ©vient Robby Ackermans, Partner chez Moore Law.
La transmission dâune entreprise familiale comporte un volet juridicofiscal mais aussi un volet Ă©motionnel et relationnel. âSi lâun de ces deux aspects est nĂ©gligĂ© â surtout le second, souvent sous-estimĂ© â, la transmission risque bien dâĂȘtre un Ă©checâ, souligne Robby Ackermans, qui accompagne depuis 25 ans des PME belges. Du point de vue juridique, il existe, pour les entreprises familiales, plusieurs options fiscalement avantageuses, notamment en matiĂšre de donations et de successions. âMais il est crucial de vĂ©rifier Ă temps si vous ĂȘtes Ă©ligible Ă ces options. Si ce nâest pas le cas, vous pouvez ajuster votre stratĂ©gie. Plus tĂŽt vous lancez le processus, plus vous bĂ©nĂ©ficiez dâoptions et de flexibilitĂ©.â
âSi rien nâest rĂ©glĂ©, les familles risquent des tensions et des divisions. Câest le cauchemar de tout parent.â
ROBBY ACKERMANS Partner chez Moore Law
MĂȘme la meilleure planification technique est dĂ©pendante du facteur humain. Qui est prĂȘt et capable de reprendre les rĂȘnes de lâentreprise? Comment maintenir lâengagement des membres de la famille qui ne sont pas actifs opĂ©rationnellement? Comment garantir lâĂ©galitĂ© entre les enfants? âIci aussi, il convient de rĂ©unir tout le monde autour de la table le plus tĂŽt possible. Vous nâavez pas besoin de tout fixer immĂ©diatement, mais entamer des discussions et sensibiliser est absolument crucial.â Robby Ackermans illustre son propos avec un exemple:

© Emy Elleboog
âJâai accompagnĂ© un entrepreneur qui ne jugeait pas nĂ©cessaire de planifier sa succession. Ses enfants Ă©taient encore mineurs et il nâavait que 40 ans. Le lendemain du jour oĂč il a enfin acceptĂ© de discuter de sa planification patrimoniale et successorale, il est malheureusement dĂ©cĂ©dĂ© dâune crise cardiaque.â
DES ACCORDS CLAIRS
Des outils tels que les chartes familiales et les pactes dâactionnaires sont essentiels pour Ă©tablir des accords clairs.
Sur le rĂŽle des membres de la famille par alliance, notamment. Ou les conditions pour intĂ©grer lâentreprise. âIl est important que ces documents ne restent pas lettre morteâ, ajoute Robby Ackermans. âRelisez-les rĂ©guliĂšrement. Si un problĂšme survient, vous aurez toujours un point de rĂ©fĂ©rence.â Sur le plan juridique, âil est Ă©galement possible de travailler avec des structures telles que les fondations et les sociĂ©tĂ©s simples. MĂȘme si le patrimoine est rĂ©parti entre plusieurs enfants ou gĂ©nĂ©rations, vous pouvez, grĂące Ă un mandat de gestion, conserver et organiser significativement le pouvoir de dĂ©cision pour la gĂ©nĂ©ration suivante. Ainsi, vous ancrez la stabilitĂ©, mĂȘme sur le long terme.â
UNE TRANQUILLITĂ DâESPRIT
âChaque famille, chaque entreprise, chaque rĂȘve est diffĂ©rentâ, reprend Robby Ackermans. âUne bonne planification ne se limite pas aux constructions juridiques: elle offre aux gĂ©nĂ©rations plus ĂągĂ©es lâassurance que lâĆuvre de leur vie est poursuivie avec soin et que leur hĂ©ritage est organisĂ© de maniĂšre Ă©quilibrĂ©e.â ParallĂšlement, les jeunes gĂ©nĂ©rations en retirent une forme de clartĂ©. âSi rien nâest rĂ©glĂ©, la division menace. Câest le cauchemar de tout parent. Une planification opportune et rĂ©flĂ©chie prĂ©vient ces scĂ©narios, ouvre un espace de dialogue et construit une vision dâavenir commune.â
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Transme re les actions dâune entreprise familiale peut se faire sans passer par la case ïŹscale, Ă condition de respecter certaines rĂšgles. Tour dâhorizon des possibilitĂ©s.
Pour bĂ©nĂ©ïŹcier de lâexonĂ©ration ïŹscale, lâentreprise doit impĂ©rativement avoir un caractĂšre familial et exercer une activitĂ© Ă©conomique rĂ©elle. Les sociĂ©tĂ©s purement immobiliĂšres, qui ne dĂ©tiennent que des biens immobiliers, sont gĂ©nĂ©ralement exclues de ce rĂ©gime. Dans ce cas, la donation sera soumise au taux standard de 3% de droits de donation. Que vous soyez Ă©ligible ou non au rĂ©gime favorable, plusieurs options sâoïŹrent Ă vous pour transfĂ©rer les actions de votre entreprise Ă la gĂ©nĂ©ration suivante. Lâacte de donation peut inclure diverses charges et conditions. Par exemple, imposer aux enfants de verser un montant mensuel au donateur, ou insĂ©rer des clauses pour prĂ©server le caractĂšre familial et le contrĂŽle des actions. En pratique, quatre mĂ©thodes courantes perme ent de transme re les actions dâune entreprise familiale.
1 Donation en pleine propriété
La mĂ©thode la plus directe est la donation en pleine propriĂ©tĂ© par acte notariĂ©. Les actions de lâentreprise familiale sont alors intĂ©gralement transfĂ©rĂ©es aux enfants. Câest une mĂ©thode transparente et simple, mais elle implique de renoncer immĂ©diatement Ă tout contrĂŽle et revenu futur. Ce choix peut ne pas convenir Ă tout le monde.
2 Donation avec rĂ©serve dâusufruit
Une option intermĂ©diaire prisĂ©e est la donation avec rĂ©serve dâusufruit. Les parents transme ent la nue-propriĂ©tĂ© aux enfants tout en conservant lâusufruit. Ainsi, ils continuent de percevoir les dividendes et de voter lors des assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales. Ce e formule allie optimisation ïŹscale et tranquillitĂ© dâesprit: vous transfĂ©rez les actions tout en gardant le contrĂŽle. Ă votre dĂ©cĂšs, les enfants obtiennent la pleine maĂźtrise des actions, sans droits de succession Ă payer.
A ention toutefois, en tant quâusufruitier, vous ne pouvez pas agir seul. La vente des actions nĂ©cessite lâaccord des nus-propriĂ©taires. Cela peut donc entraĂźner des tensions si les intĂ©rĂȘts divergent.
3 Donation via une société civile
Pour garder un contrĂŽle maximal, envisagez de loger les actions dans une sociĂ©tĂ© civile. Ce vĂ©hicule de contrĂŽle peut ĂȘtre créé facilement, sans notaire. AprĂšs sa crĂ©ation et lâapport des actions, les parents peuvent transme re les parts par acte notariĂ©. Ils peuvent se dĂ©signer dans les statuts comme gĂ©rants statutaires inamovibles avec de larges pouvoirs, conservant ainsi le contrĂŽle total. Les statuts peuvent aussi stipuler que seul le gĂ©rant est habilitĂ© Ă vendre les actions de la sociĂ©tĂ© sous-jacente, ce qui exclut ainsi les enfants de la prise de dĂ©cisions majeures. Pour Ă©viter une contestation de la part du ïŹsc, vous avez intĂ©rĂȘt Ă consulter un notaire ou un avocat pour vous guider.
Notez que ce e structure requiert un peu plus de gestion administrative, mais elle oïŹre une grande ïŹexibilitĂ© et une protection juridique solide.
4 Donation via une société holding
EnïŹn, vous pouvez opter pour une donation via une sociĂ©tĂ© holding, qui dĂ©tient elle-mĂȘme les actions de lâentreprise familiale active. Vous pouvez ainsi transme re les actions du holding sans payer de droits de donation, si certaines conditions sont remplies. Renseignez-vous auprĂšs de lâadministration ïŹscale de votre RĂ©gion.



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TransfĂ©rer une entreprise ne se rĂ©sume jamais Ă un simple transfert d'actions. Chaque dĂ©cision cache un enchevĂȘtrement de rĂ©glementations fiscales, de sensibilitĂ©s familiales et de piĂšges juridiques.
Quâil sâagisse dâune vente de lâentreprise Ă des tiers ou dâune reprise par les enfants du fondateur, il ne faut jamais nĂ©gliger lâenjeu que recĂšle la fin dâune carriĂšre dâentrepreneur. âCommencez le plus tĂŽt possible Ă Ă©laborer un plan pour le futur et prenez le temps d'y rĂ©flĂ©chir Ă tĂȘte reposĂ©eâ, conseille Dirk Denies, Senior Wealth Planner chez ABN AMRO. âUne telle prĂ©paration dĂ©passe largement ce que la plupart des entrepreneurs imaginent. De quoi se compose exactement l'entreprise? Tout est-il transfĂ©rable? La sociĂ©tĂ© comprend-elle des Ă©lĂ©ments â tels que liquiditĂ©s et biens immobiliers â qu'il convient dâinclure dans le transfert, ou au contraire dâexclure de lâopĂ©ration envisagĂ©e? Il est crucial de s'entourer de spĂ©cialistes, car chaque entreprise et chaque transfert sont uniques.â
ENFANTS OU TIERS?
Autre question incontournable: comment souhaitez-vous transfĂ©rer votre entreprise? âDĂ©sirez-vous vendre les actions ou les actifs, ou transfĂ©rer l'entreprise Ă vos enfants?â, traduit Lara Hadjistratis, Head of Wealth Solutions. âSi vous lĂ©guez l'entreprise Ă votre descendance, il existe une diffĂ©rence fiscale entre un don et une vente. Sous certaines conditions, le don d'une entreprise familiale est exonĂ©rĂ© de droits de donation. Cet avantage s'applique dans toutes les rĂ©gions, Ă condition que les activitĂ©s soient poursuivies durant plusieurs annĂ©es â trois ou cinq, selon la rĂ©gion. HĂ©riter d'une entreprise familiale Ă 0%? Ce n'est possible qu'en Wallonie âet les activitĂ©s doivent ĂȘtre poursuivies pendant au moins cinq ans. En Flandre et Ă Bruxelles, on note une incitation plus forte Ă donner l'entreprise familiale de son vivant.â âUn point souvent nĂ©gligĂ© est celui des cautions personnellesâ, reprend Dirk Denies. âSi vous oubliez de les annuler ou de les transfĂ©rer, elles se

prolongent, mĂȘme si vous n'avez plus rien Ă voir avec l'entreprise. Les accords d'actionnaires ou les statuts peuvent aussi compliquer le transfert. Parfois, ce dernier sâaccompagne de restrictions, ou une unanimitĂ© est requise pour une vente. Assurez-vous Ă©galement de convenir de l'octroi Ă vous, en tant qu'administrateur, de la dĂ©charge par le repreneur; dans le cas contraire, vous restez responsable des dĂ©cisions aprĂšs votre dĂ©part. Une reprise peut avoir des consĂ©quences pour les actionnaires eux-mĂȘmes, mais aussi pour les clients, les fournisseurs et les employĂ©s. VĂ©rifiez soigneusement tous les contrats.â
TROUVER LES STRUCTURES
Que faire si vous désirez impliquer vos enfants sans leur transférer immédiatement le contrÎle de votre
entreprise? âLa crĂ©ation d'une sociĂ©tĂ© civile peut ĂȘtre intĂ©ressante dans ce contexteâ, rĂ©pond Lara Hadjistratis. âElle permet de dissocier la propriĂ©tĂ© du contrĂŽle. Autre solution: une holding, surtout s'il y a plusieurs entreprises. Et si tous les enfants ne nourrissent pas les mĂȘmes ambitions, vous pouvez par exemple scinder l'entreprise en une branche immobiliĂšre et une branche opĂ©rationnelle, chacune Ă©tant attribuĂ©e Ă lâun des enfants.â
UN PAYSAGE FISCAL EN MUTATION
La fiscalitĂ© est en constante Ă©volution. Pensez Ă la taxe annoncĂ©e sur les plus-values, qui peut avoir un impact sur les entrepreneurs qui vendent leur entreprise. âCe qui est valable aujourd'hui peut ne plus lâĂȘtre dans trois ansâ, avertit Dirk Denies. âNous tenons nos clients continuellement informĂ©s, mais personne n'a de boule de cristal. C'est pourquoi il est essentiel de réévaluer rĂ©guliĂšrement votre planification â tant professionnelle que privĂ©e â et de l'ajuster si nĂ©cessaire.â âUn transfert ne se rĂ©sume jamais Ă une transaction financiĂšreâ, conclut Lara Hadjistratis. âIl sâagit dâun parcours Ă©motionnel et stratĂ©gique oĂč les aspects fiscaux et juridiques jouent un rĂŽle-clĂ©. Câest pourquoi ABN AMRO combine des conseils juridiques, fiscaux, financiers, familiaux et stratĂ©giques. Et ce, mĂȘme aprĂšs le transfert, lorsque le vendeur souhaite faire fructifier le capital reçu.â
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PETER VAN MALDEGEM
Notre vie quotidienne devient de plus en plus numĂ©rique. On lâobserve non seulement sur nos rĂ©seaux sociaux, mais aussi dans nos achats. Ainsi, plus de 40% des jeunes investisseurs se tournent vers les monnaies numĂ©riques comme le bitcoin, selon une Ă©tude de la FSMA rĂ©alisĂ©e ïŹn mai. Lâart numĂ©rique â des Ćuvres sur support digital â est lui aussi de plus en plus prisĂ©. DâaprĂšs la plateforme Statista, pas moins de 50.000 Belges possĂšdent dĂ©jĂ des Ćuvres numĂ©riques sous forme de NFT. Un NFT (non-fungible token) est un certiïŹcat de propriĂ©tĂ© numĂ©rique liĂ© Ă des ïŹchiers uniques, eux-mĂȘmes numĂ©riques.
Ces biens numĂ©riques, intangibles par nature, nĂ©cessitent une approche diïŹĂ©rente en matiĂšre de planiïŹcation patrimoniale, ou du moins une plus grande a ention. «Il y a encore trĂšs peu de publications juridiques sur les



Les comptes numĂ©riques et les rĂ©seaux sociaux sont encore les «parents pauvres» de la planiïŹcation patrimoniale. NĂ©gligĂ©s, ils peuvent poser de sĂ©rieux problĂšmes aux hĂ©ritiers. «Anticipez les problĂšmes de demain, mais aussi ceux dâaprĂšs-demain», conseille lâavocat ïŹscaliste Tim Roovers.













© EPHAMERON
«Il y a encore trÚs peu de publications juridiques sur les héritages numériques.»






Tim Roovers Avocat et partner chez Sansen International Tax Lawyers

hĂ©ritages numĂ©riques», explique Tim Roovers, avocat ïŹscaliste chez Sansen International Tax Lawyers. «La lĂ©gislation est encore trĂšs vague sur le sort des biens et comptes numĂ©riques aprĂšs un dĂ©cĂšs. Les hĂ©ritiers ignorent souvent sâils peuvent consulter ou gĂ©rer certaines donnĂ©es sans enfreindre les lois sur la vie privĂ©e ou le droit pĂ©nal. Et sâils ne connaissent pas les biens numĂ©riques du dĂ©funt, cela peut mener Ă des litiges sur les droits de succession», prĂ©cise Tim Roovers.
Un portefeuille de cryptos dans une banque Ă©trangĂšre Il est donc crucial de prendre les mesures nĂ©cessaires. «Il faut distinguer les comptes ayant une valeur, comme les portefeuilles de cryptomonnaies, de ceux sans valeur ïŹnanciĂšre, comme les comptes de rĂ©seaux sociaux. Mieux vaut bien organiser les deux, tant pour la succession que dans un mandat de protection future», conseille lâavocat ïŹscaliste.
Ce e transparence rigoureuse sâimpose encore plus Ă ceux qui possĂšdent un portefeuille de cryptomonnaies, parce quâil peut devenir un vĂ©ritable cadeau empoisonnĂ© pour les hĂ©ritiers sâils ne sont pas informĂ©s de son existence. Lors dâune dĂ©claration de succession, le notaire peut vĂ©riïŹer via le Point de contact central de la Banque nationale auprĂšs de quelles banques belges le dĂ©funt avait un compte. Ce e base de donnĂ©es sera bientĂŽt Ă©tendue aux comptes Ă©trangers. Cependant, pour un portefeuille de cryptomonnaies, ces informations ne suïŹront pas, du moins aujourdâhui. Si vous ou votre notaire savez dĂ©jĂ quâil existe un portefeuille de cryptomonnaies dans une banque Ă©trangĂšre, la question suivante est de savoir quel montant y est placĂ©. Si le dĂ©funt nâa pas documentĂ© la clĂ© privĂ©e de son portefeuille, non seulement les actifs cryptographiques risquent dâĂȘtre perdus, mais cela


Ceux qui possĂšdent un portefeuille de cryptomonnaies doivent savoir quâil peut devenir un vĂ©ritable cadeau empoisonnĂ© pour les hĂ©ritiers non informĂ©s de son existence.
vos comptes numĂ©riques.» Selon lui, la gestion des comptes numĂ©riques dans un mandat de protection future est souvent oubliĂ©e. «Pourtant, il est crucial que la gestion de vos comptes bancaires, de votre dossier mĂ©dical et de vos comptes numĂ©riques soit entre de bonnes mains si vous devenez incapable dâagir par vous-mĂȘme.»
pose Ă©galement un problĂšme pour la dĂ©claration de succession. «Dans ce cas, nous recommandons dâindiquer une valeur de 0 (une valeur «pour mĂ©moire») dans la dĂ©claration de succession. Si la clĂ© privĂ©e est retrouvĂ©e plus tard, une correction peut ĂȘtre demandĂ©e», explique Tim Roovers.
Lâimportance dâavoir un coïŹre-fort numĂ©rique
Nâoubliez pas non plus que lâĂ©change de donnĂ©es va sâintensiïŹer dans les annĂ©es Ă venir. Ainsi, une directive europĂ©enne, DAC 8, oblige les plateformes ou prestataires de services de cryptomonnaies Ă dĂ©clarer les transactions. Ce e directive doit ĂȘtre transposĂ©e en droit belge dâici le 31 dĂ©cembre 2025. Ă lâavenir, il pourrait donc arriver que les hĂ©ritiers soient imposĂ©s sur des cryptoactifs quâils ne peuvent pas obtenir faute de clĂ© privĂ©e. Il est donc essentiel de bien tout documenter pour les hĂ©ritiers et de stocker ces informations dans un coïŹre-fort numĂ©rique. Documenter est Ă©galement le maĂźtre-mot pour tous les autres comptes numĂ©riques et mots de passe sur les rĂ©seaux sociaux. «Je recommande dâutiliser des gestionnaires de mots de passe. Ils fonctionnent gĂ©nĂ©ralement avec une clĂ© secrĂšte que vous pouvez conserver dans un coïŹre-fort numĂ©rique ou en annexe Ă votre testament, appelĂ©e âcodicilâ», conseille lâavocat. «Via une annexe au testament, vous pouvez Ă©galement dĂ©signer dâautres personnes que vos hĂ©ritiers pour gĂ©rer
Certains rĂ©seaux, comme Facebook et Google, oïŹrent dĂ©jĂ la possibilitĂ© de gĂ©rer le suivi de votre compte aprĂšs votre dĂ©cĂšs. Vous pouvez ainsi dĂ©signer une personne pour gĂ©rer votre proïŹl aprĂšs votre mort ou accĂ©der Ă vos comptes.
Laisser des instructions claires sur le sort de vos comptes est Ă©galement un must. Cela Ă©vite aux hĂ©ritiers de se disputer sur le devenir des donnĂ©es ou des proïŹls numĂ©riques. Ce ne serait pas la premiĂšre fois quâune discussion Ă©clate sur la conservation ou la suppression dâun compte Facebook.
Une bonne documentation peut Ă©galement Ă©viter bien des frustrations administratives. La gestion des proïŹls en ligne, des abonnements et des autorisations demande beaucoup de temps et dâĂ©nergie, surtout en lâabsence dâune liste centrale. En bref, ceux qui souhaitent Ă©pargner bien des tracas Ă leurs hĂ©ritiers devraient dĂšs aujourdâhui rĂ©ïŹĂ©chir Ă la succession de leurs biens numĂ©riques.
«Ainsi, vous anticipez non seulement les problĂšmes de demain, mais aussi ceux dâaprĂšs-demain», conclut Tim Roovers.
«Il est crucial que la gestion de vos comptes bancaires, de votre dossier mĂ©dical et de vos comptes numĂ©riques soit entre de bonnes mains si vous devenez incapable dâagir par vous-mĂȘme.»
Tim Roovers Avocat et partner chez Sansen International Tax Lawyers

offre aux entreprises, organisations et organismes publics lâaccĂšs au rĂ©seau de LâEcho, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de LâEcho. Excluant la responsabilitĂ© de la rĂ©daction de LâEcho.
Que se passerait-il si les jeunes apprenaient aujourd'hui ce que la plupart des professionnels ne découvrent qu'aprÚs la trentaine, voire la quarantaine? C'est précisément la philosophie qui sous-tend l'Integra Academy et le Bootcamp.
Integra est un acteur belge du private equity. Depuis 2018, l'entreprise a levĂ© plus de 650 millions d'euros pour ses fonds globaux. âLe private equity tourne autour du rendement, mais nous avons aussi un rĂŽle sociĂ©talâ, dĂ©clare Johan Heirbrandt, cofondateur d'Integra. âNous voulons transmettre aux jeunes des compĂ©tences qui leur seront utiles sur n'importe quel lieu de travail. NĂ©gocier, assurer une prĂ©sentation, dĂ©cortiquer des contrats: on nâexplore pas ces points suïŹsamment en profondeur sur les bancs de l'Ă©cole.â
L'Integra Academy est un Ă©vĂ©nement rĂ©current qui propose des sessions sur des thĂšmes divers, complĂ©tĂ©es par le dĂ©veloppement des compĂ©tences interpersonnelles et le rĂ©seautage. âDans notre Academy, nous n'invitons pas uniquement des confĂ©renciers de multinationales. Nous proposons aussi un atelier avec un majordome. Non parce que les jeunes manquent de savoir-vivre, mais parce que cela les aide Ă se sentir Ă l'aise lorsqu'ils se retrouvent Ă table avec un CEO.â
âJ'ai appris des choses qui me serviront tout au long de ma carriĂšre, quelle que soit la direction que je prendrai.â
ARNAUD VAN HOOL étudiant en master d'ingénierie civile
BenoĂźt Vanherpe, Ă©tudiant en master d'ingĂ©nierie commerciale, s'est inscrit Ă l'Academy voici deux ans. âCe n'est pas seulement le contenu qui m'a marquĂ©. Vous ĂȘtes entourĂ© de personnes qui partagent les mĂȘmes idĂ©es que vous.

De gauche à droite: Johan Heirbrandt (Integra), Benoßt Vanherpe (étudiant en master d'ingénierie commerciale), Arnaud Van Hool (étudiant en master d'ingénierie civile), Leonard Soenens (Integra). © Emy Elleboog
Se connecter avec des jeunes ayant des intĂ©rĂȘts identiques aux miens Ă©tait tout aussi prĂ©cieux que les sessions elles-mĂȘmes.â
UNE BLAGUE ET UNE LEĂON
Pour ceux qui veulent aller plus loin, il y a le Bootcamp: une semaine de stage intensif en aoĂ»t. âChaque annĂ©e, nous recevons environ cent candidatures pour une dizaine de placesâ, indique Johan Heirbrandt. Le Bootcamp porte bien son nom. Ă leur arrivĂ©e, les participants se voient prĂ©senter un accord de conïŹdentialitĂ©. âComme nous leur posons des questions au moment de signer, ils ne lisent pas attentivement cet accord⊠et personne ne voit la clause stipulant qu'ils doivent payer 100 euros par jour!â, sourit Johan Heirbrandt. âUne blague et une leçon qui resteront gravĂ©es dans leur esprit.â Les Ă©tudiants travaillent une semaine sur des cas pratiques d'Integra. Ils rĂ©alisent l'analyse ïŹnanciĂšre d'une entreprise, Ă©laborent un plan d'affaires,
rĂ©ïŹĂ©chissent Ă la maniĂšre d'amĂ©liorer la rentabilitĂ© d'une entreprise. Arnaud Van Hool, Ă©tudiant en master d'ingĂ©nierie civile, y a vu une ârĂ©vĂ©lationâ. Il se rĂ©fĂšre Ă la philosophie des âcinq seauxâ qu'il a apprise chez Integra. âVous avez cinq seaux Ă remplir: connaissances, compĂ©tences, rĂ©seau, ressources et rĂ©putation. Le Bootcamp permet vraiment de remplir les deux premiers.â Les participants nâoublieront jamais ces enseignements. âJâen retiens surtout l'importance de construire un rĂ©seauâ, conïŹe BenoĂźt. âDe-
puis, je participe beaucoup plus souvent Ă des Ă©vĂ©nements.â Quant Ă Arnaud, il se remĂ©more cette semaine avec gratitude: âJ'ai appris des choses qui me serviront tout au long de ma carriĂšre, quelle que soit la direction que je prendrai.â
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Envoyez un e-mail Ă info@integra.fund
Entourez dâores et dĂ©jĂ la date du 9 septembre 2025 dans votre agenda. Câest celle de la premiĂšre Ă©dition de Family Capital Tomorrow, lâĂ©vĂ©nement organisĂ© par LâEcho et De Tijd pour les entreprises familiales, les family oïŹces et leur rĂ©seau. Avec Integra parmi ses ïŹers partenaires.
«Le patrimoine suscite des discussions enïŹammĂ©es.
Une planiïŹcation patrimoniale rĂ©ussie exige bien plus que des documents juridiques solidement rĂ©digĂ©s. «Câest tout un art de trouver le juste Ă©quilibre entre les diverses prĂ©occupations.»
LâIA, un alliĂ© ou un dĂ©ïŹ?
PETRA DE ROUCK particuliÚres comme les familles recomposées ou les trÚs grandes fortunes.»
Depuis plus de deux dĂ©cennies, Ann Maelfait et Anton van Zantbeek se consacrent Ă lâaccompagnement des grands patrimoines et des entreprises familiales. Leur expertise sâĂ©tend de la structuration et la planiïŹcation patrimoniale Ă la gestion des conïŹits, en passant par les procĂ©dures judiciaires, souvent dans des contextes internationaux complexes. Au ïŹl des annĂ©es, ils ont vu la lĂ©gislation et la ïŹscalitĂ© Ă©voluer Ă maintes reprises. DĂ©sormais, ils sont concurrencĂ©s par un acteur inattendu: lâintelligence artiïŹcielle. ChatGPT propose Ă prĂ©sent des plans patrimoniaux Ă ceux qui lui soume ent leur situation familiale et ïŹnanciĂšre.
Ann Maelfait: «Nos consultations ne commencent plus par lâexplication des principes de base. Les clients arrivent avec des informations glanĂ©es ici et lĂ , souvent incomplĂštes ou erronĂ©es. Lâintelligence artiïŹcielle mĂ©lange frĂ©quemment les rĂšgles belges et Ă©trangĂšres, tantĂŽt nĂ©erlandaises, tantĂŽt françaises. Nous devons donc commencer par ajuster les a entes et les perceptions.»
Pourquoi une planiïŹcation patrimoniale est-elle cruciale, surtout pour les grandes fortunes?
Anton van Zantbeek: «Je pourrais vous Ă©numĂ©rer des tas des raisons. Mais prenons la principale. Le patrimoine suscite des discussions enïŹammĂ©es. Et plus il est Ă©levĂ©, plus cela peut devenir explosif. La loi oïŹre une solution standard, adaptĂ©e Ă la majoritĂ©, mais pas aux situations
«Un proverbe chinois nous enseigne que ce sont les petites taupiniÚres qui nous font trébucher, et non les grandes montagnes.»
Anton van Zantbeek Avocat
A. M.: «Ces grands patrimoines sont souvent complexes et structurĂ©s au niveau international. Les entrepreneurs, qui ont pris des risques pour dĂ©velopper leurs activitĂ©s, sâinquiĂštent de la continuitĂ© de leur entreprise, qui nâest quâune partie de leur patrimoine. Dâautres parties prenantes Ă ce patrimoine entrent aussi en jeu.»
Ă quel moment de la vie les gens se tournent-ils vers vous pour une planiïŹcation patrimoniale?
A. M.: «Récemment, un octogénaire est venu nous voir. Nous vivons plus longtemps, mais ce sont souvent des quinquagénaires ou sexagénaires, surtout aprÚs la vente de leur entreprise.»
A. v. Z.: «En rĂ©alitĂ©, la planiïŹcation

























































Ann Maelfait (49 ans)
> Avocate spĂ©cialisĂ©e en planiïŹcation patrimoniale et procĂ©dures civiles.
> Master en droit, KULeuven.
> Master complĂ©mentaire en droit ïŹscal, KULeuven.
Anton van Zantbeek (52 ans)
> Avocat depuis 1996, spĂ©cialisĂ© en planiïŹcation patrimoniale et droit ïŹscal.
> Master en droit, UGent.
> Master complĂ©mentaire en droit ïŹscal, Ăcole de commerce Solvay.
patrimoniale concerne tous les Ăąges. Elle implique cependant des approches diïŹĂ©rentes selon les gĂ©nĂ©rations. Les jeunes pensent aux conditions matrimoniales et Ă un testament de type âïŹlet de secoursâ pour lâautre conjoint, puis viennent les testaments plus complexes, avec des donations et des mandats de protection, pour ïŹnalement envisager des donations complĂštes Ă la gĂ©nĂ©ration suivante.»
Quelles sont les principales prĂ©occupations des clients en matiĂšre de planiïŹcation?
A. M.: «Il nây a jamais une seule prĂ©occupation. Lâart est dâĂ©couter et de trouver le juste Ă©quilibre entre ces diïŹĂ©rentes prĂ©occupations. ProtĂ©ger le partenaire sans lĂ©ser les enfants est souvent primordial, surtout dans les successions de familles recomposĂ©es.»
A. v. Z.: «Nous devons parfois dissiper certaines illusions. Les gens veulent souvent garder dans la famille des objets de grande valeur Ă©motionnelle, comme une peinture, des bijoux, une voiture de collection ou une maison de vacances. Mais cela peut ĂȘtre source de conïŹits. Un proverbe chinois nous enseigne que ce sont les petites taupiniĂšres qui nous font trĂ©bucher, et non les grandes montagnes. Parfois, il est donc prĂ©fĂ©rable de vendre pour Ă©viter les disputes entre enfants. LâĆuvre de
toute une vie ne doit dâailleurs pas ĂȘtre mise en vente immĂ©diatement. LĂ aussi, une planiïŹcation bien faite apportera la solution.»
A. M.: «LâĂ©motion dans la planiïŹcation est souvent oubliĂ©e. Les documents juridiques sont secs et ne reïŹĂštent pas les sentiments sousjacents, qui continueront Ă sâexprimer par la suite.»
Les querelles familiales sont-elles plutĂŽt la rĂšgle ou lâexception?
A. M.: «Nombre de familles gĂšrent cela trĂšs bien, mais les conïŹits ont tendance Ă augmenter au ïŹl des ans. Le monde change, lâindividualisme grandit. Les gens communiquent moins, ne se voient plus aussi souvent. Les mariages internationaux et les enfants vivant Ă lâĂ©tranger compliquent les choses.»
A. v. Z.: «Lâinternationalisation complexiïŹe la situation. Pour les impĂŽts sur le revenu, il existe des conventions internationales. Et pour le droit matrimonial et le droit successoral, ainsi que toutes sortes dâautres dispositions dans le domaine civil, un cadre international est en place ou est en voie de lâĂȘtre. Mais pour les droits (impĂŽts) de succession et de donation, aucune uniformisation nâexiste. Au contraire, mĂȘme. Dans un pays, câest le lieu de rĂ©sidence de la personne dĂ©cĂ©dĂ©e qui importe. Dans un autre, câest le lieu de la personne bĂ©nĂ©ïŹciaire. Et dans un troisiĂšme, câest la localisation des biens lĂ©guĂ©s qui est dĂ©terminante. Ainsi, les patrimoines sont souvent doublement, voire triplement taxĂ©s.»
Les liens familiaux ne sont plus aussi solides quâavant. Les gens sont-ils plus nombreux Ă vouloir dĂ©shĂ©riter un enfant?
A. M.: «Il nâest pas rare dâentendre des quinquagĂ©naires et sexagĂ©naires exprimer ce souhait pour des raisons prĂ©cises. Mais cela arrive aussi chez des octogĂ©naires, voire des nonagĂ©naires. Ils veulent dĂ©shĂ©riter leur enfant parce quâil refuse de faire ceci ou cela. Parfois, les aĂźnĂ©s envisagent la planiïŹcation successorale comme un
«La ïŹscalitĂ© pousse les gens Ă envisager des donations, mais ce nâest pas toujours la meilleure option.»
Ann Maelfait Avocate
moyen de pression. Dans ces cas-lĂ , il est crucial de rĂ©tablir lâĂ©quilibre. Nous recevons aussi souvent des demandes pour annuler une donation, car les parents estiment que leur enfant nâest pas assez reconnaissant. Cependant, une donation est, sauf entre Ă©poux, irrĂ©vocable.»
Les donations sont souvent plus avantageuses ïŹscalement que les hĂ©ritages. Sont-elles donc systĂ©matiquement intĂ©grĂ©es dans les planiïŹcations?
A. M.: «La ïŹscalitĂ© pousse eïŹectivement les gens Ă envisager des donations, mais ce nâest pas toujours la meilleure option. Il existe dâautres solutions. Par exemple, un mandat de protection permet de prĂ©voir une donation en urgence. Câest ce qui se passe gĂ©nĂ©ralement. Quand une personne est en ïŹn de vie, nous sommes appelĂ©s avec le notaire. La planiïŹcation de secours, notre âparachuteâ, est alors activĂ©e, et une donation est faite via le mandat de protection. Bien sĂ»r, en cas de dĂ©cĂšs soudain, un mandat de protection ne suïŹt pas, mais une telle protection peut ĂȘtre utile.»
Ce mandat est-il devenu un Ă©lĂ©ment essentiel dans toutes les planiïŹcations?
génération suivante gÚrera leur patrimoine?
A. v. Z.: «Les personnes qui ont bĂąti un patrimoine craignent souvent que la deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, au mieux, le prĂ©serve et que la troisiĂšme le dilapide. Ce e crainte est fondĂ©e. Ce e Ă©volution se vĂ©riïŹe assez souvent.»
«Beaucoup de mandats de protection ne sont pas optimaux. Un mandataire ne peut jamais se faire une donation Ă lui-mĂȘme.»
Ann Maelfait Avocate
A. M.: «Absolument. Mais il mĂ©rite plus dâa ention juridique. Tout le monde a un mandat de protection, ce qui donne lâimpression que câest simple. Pourtant, beaucoup ne sont pas optimaux. Quand il faut les utiliser, on dĂ©couvre souvent que le âparachuteâ ne fonctionne pas. Par exemple, si un enfant est dĂ©signĂ©, on oublie parfois de nommer un mandataire ad hoc pour faire des donations Ă cet enfant. Un mandataire ne peut jamais se faire une donation Ă lui-mĂȘme.
Il est aussi crucial de bien choisir le bĂ©nĂ©ïŹciaire du mandat. Nous constatons parfois des abus dans les procĂ©dures judiciaires.»
Les personnes fortunĂ©es sâinquiĂštent-elles de la façon dont la
A. M.: «De plus en plus de parents nous demandent de parler Ă leurs enfants et petits-enfants, de leur donner dâamples explications, en somme de les former. Par exemple, nous devons parfois expliquer les risques dâun mariage sans contrat. Il est possible de faire en sorte que la gĂ©nĂ©ration suivante nâaccĂšde que progressivement au patrimoine. Des clauses de gestion peuvent ĂȘtre incluses dans les actes de donation ou les testaments. Dans ce cas, le bĂ©nĂ©ïŹciaire doit accepter que la gestion soit conïŹĂ©e Ă quelquâun dâautre pendant un certain temps. Cela peut ĂȘtre pour Ă©viter quâun hĂ©ritier ne fasse des dĂ©penses inconsidĂ©rĂ©es, comme lâachat dâune Ferrari, mais souvent, ces clauses visent Ă guider et former le lĂ©gataire Ă prendre de bonnes dĂ©cisions. Ainsi, lâon peut stipuler, par exemple, que lâenfant recevra des informations sur les dĂ©cisions prises Ă partir de 18 ans et ĂȘtre impliquĂ© dans les dĂ©cisions dĂšs 23 ans. Des fonds peuvent ĂȘtre dĂ©bloquĂ©s pour des Ă©tudes ou lâachat dâune maison, avant que lâenfant ne prenne totalement le contrĂŽle du patrimoine Ă 30 ans.»
Peut-on vraiment dormir sur ses deux oreilles une fois une bonne planiïŹcation en place?
A. v. Z.: «Nous plaisantons parfois avec les personnes qui nous sollicitent en leur disant quâils ne peuvent devenir nos clients que sâils acceptent de revenir nous voir chaque annĂ©e. Certains pensent que câest pour facturer plus, mais câest essentiel pour suivre lâĂ©volution de la planiïŹcation. Les situations de vie et les besoins changent. Les gens peuvent aussi changer dâavis. Câest normal. Ce qui est plus problĂ©matique, câest la volatilitĂ© lĂ©gislative. En Belgique, les rĂšgles du jeu changent en cours de partie.
















































«Le climat ïŹscal incertain crĂ©e de lâanxiĂ©tĂ©. Beaucoup se demandent sâil ne vaudrait pas mieux sâinstaller Ă lâĂ©tranger.»
Anton van Zantbeek
Avocat
La nouvelle lĂ©gislation sâapplique aussi aux anciennes planiïŹcations, qui doivent alors ĂȘtre ajustĂ©es. Fiscalement, câest pareil. Lâadministration ïŹscale ïŹamande semble avoir pris des stĂ©roĂŻdes. Des planiïŹcations patrimoniales classiques sont souvent contestĂ©es. Par exemple, une donation avec rĂ©serve de contrĂŽle peut entraĂźner un avis dâimposition au dĂ©cĂšs, indiquant une vĂ©riïŹcation pour abus ïŹscal.»
A. M.: «Le âservice aprĂšs-venteâ est crucial. Nous voyons des sociĂ©tĂ©s civiles avec des procĂšs-verbaux non conformes, ou des donations impossibles Ă prouver faute dâextraits de compte. Pour le ïŹsc, câest du pain



































bĂ©nit. Il pourra contester dâautant plus facilement la planiïŹcation patrimoniale.»
Quels sont les sujets qui suscitent le plus de questions ces derniers temps?
A. M.: «Il y a une grande inquiĂ©tude autour du rĂ©gime ïŹscal favorable des entreprises familiales, notamment en ce qui concerne lâimmobilier qui y est logĂ©. Le gouvernement ïŹamand prĂ©voit des ajustements dans son accord. Un arrĂȘt Ă Gand, oĂč un boucher a pu transme re son patrimoine immobilier sans impĂŽt grĂące au rĂ©gime favorable, a fait grand bruit. Depuis, le ïŹsc ïŹamand
surveille de prĂšs lâimmobilier des entreprises familiales.»
A. v. Z.: «La Flandre est compĂ©tente pour les entreprises familiales depuis environ 30 ans et la lĂ©gislation a Ă©tĂ© modiïŹĂ©e autant de fois. Les entrepreneurs ont besoin dâun cadre stable et clair, pas dâun systĂšme instable. Si lâon continue Ă traiter lâimmobilier de maniĂšre dĂ©raisonnable, de nombreux investisseurs se retireront, aggravant la pĂ©nurie de logements en Flandre, y compris dans le secteur social.»
Quâen est-il de la taxe sur les plus-values annoncĂ©e?
A. v. Z.: «Câest un autre sujet qui
agite les esprits, mĂȘme si nous avons peu dâinformations pour lâinstant. Ce climat ïŹscal incertain crĂ©e de lâanxiĂ©tĂ©. Beaucoup se demandent sâil ne vaudrait pas mieux sâinstaller Ă lâĂ©tranger.»
Les gens sont-ils vraiment prĂȘts Ă dĂ©mĂ©nager pour protĂ©ger leur patrimoine?
A. v. Z.: «Absolument. DĂ©mĂ©nager peut sembler simple, mais câest une des planiïŹcations les plus complexes. ProtĂ©ger son patrimoine en dĂ©mĂ©nageant ne suïŹt pas, car les biens restent en Belgique. Il faut tout dĂ©placer. Et ceux qui possĂšdent une entreprise ici ne peuvent pas la transfĂ©rer facilement. De plus, dĂ©mĂ©nager implique un coĂ»t personnel souvent sous-estimĂ©.»
Avez-vous dĂ©jĂ rĂ©alisĂ© des planiïŹcations insolites?
A. v. Z.: «Nous nâavons pas encore eu dâhĂ©ritage lĂ©guĂ© Ă un animal de compagnie, mais nous avons orchestrĂ© dâautres planiïŹcations remarquables, dont je ne peux malheureusement pas parler pour des raisons de conïŹdentialitĂ©.»
A. M.: «Parfois, cela touche aux secrets de la vie, comme des amours cachĂ©es ou des enfants illĂ©gitimes. La discrĂ©tion est cruciale dans notre mĂ©tier. Nous emporterons beaucoup de secrets dans notre tombe. Dâailleurs, nos dossiers ne portent pas de noms, mais des numĂ©ros. Non pas parce que nous considĂ©rons nos clients comme des numĂ©ros, mais pour garantir la conïŹdentialitĂ© de nos clients en toutes circonstances.»
Le gouvernement fĂ©dĂ©ral est dĂ©terminĂ© Ă imposer, dĂšs 2026, les plus-values sur les actifs ïŹnanciers. Certaines des modalitĂ©s sont dĂ©jĂ ïŹxĂ©es, dâautres font encore dĂ©bat.
WOUTER VERVENNE progressif de 1,25 Ă 10% sâappliquera.
Le gouvernement De
Wever a dĂ©cidĂ© de solliciter davantage «les Ă©paules les plus larges» pour rĂ©duire le dĂ©ïŹcit budgĂ©taire. Parmi les mesures phares, une taxe sur les plus-values rĂ©alisĂ©es des actifs ïŹnanciers est en gestation (laborieuse). Le dispositif Ă©laborĂ© par le ministre des Finances, Jan Jambon, ne satisfait pas encore entiĂšrement certains partis de la coalition. Que contient prĂ©cisĂ©ment le projet de Jambon et quelles modiïŹcations pourraient encore ĂȘtre apportĂ©es?
Que recouvre la notion dâactifs ïŹnanciers?
Le terme «actifs ïŹnanciers» est interprĂ©tĂ© de maniĂšre large, englobant quatre grandes catĂ©gories: les instruments ïŹnanciers, certains contrats dâassurance, les cryptoactifs et les devises. Pour Jan Jambon, cela inclut les actions, obligations, fonds dâinvestissement (y compris les ETF) et produits dĂ©rivĂ©s tels que les options, futures et swaps.
Les assurances Ă©pargne (branches 21, 22 ou 26) et les assurances placement (branche 23) sont Ă©galement concernĂ©es. Un cryptoactif est dĂ©ïŹni comme
une «reprĂ©sentation numĂ©rique dâune valeur ou dâun droit transfĂ©rable et stockable Ă©lectroniquement, utilisant la technologie des registres distribuĂ©s ou une technologie similaire». Quant aux devises, Jan Jambon les dĂ©crit comme des billets de banque, piĂšces de monnaie, monnaie scripturale, monnaie Ă©lectronique, piĂšces dâor ou monnaies numĂ©riques de banque centrale.
Quels seront le taux dâimposition et le montant exonĂ©rĂ©?
Le taux dâimposition proposĂ© est de 10% au-delĂ dâune tranche annuelle de 10.000 euros, indexĂ©e chaque annĂ©e. Le solde non utilisĂ© de ce e premiĂšre tranche est reportable sur un an. Par exemple, si vous rĂ©alisez 8.000 euros de plus-values en 2026, en 2027, vous serez exonĂ©rĂ© jusquâĂ 12.000 euros. Le CD&V plaide pour une augmentation de lâexonĂ©ration Ă 20.000 euros, aïŹn de ne pas viser la classe moyenne.
Un rĂ©gime spĂ©cial sâapplique aux contribuables dĂ©tenant une «participation signiïŹcative». Ce dispositif concerne ceux qui, Ă un moment donnĂ© au cours des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, dĂ©tenaient, seuls ou avec des membres de leur famille jusquâau quatriĂšme degrĂ©, directement ou indirectement, au moins 20% des droits dans une sociĂ©tĂ©. AprĂšs une exonĂ©ration annuelle dâun million dâeuros, un barĂšme
Comment sera calculée la plus-value?
Les plus-values rĂ©alisĂ©es Ă partir du 1er janvier 2026 seront imposables. Si la valeur dâacquisition dĂ©passe celle du 31 dĂ©cembre 2025, la valeur dâachat sera retenue, Ă condition que le contribuable puisse la prouver. Les frais ou taxes Ă©ventuels ne sont pas dĂ©ductibles.
Comment dĂ©terminer la plus-value en cas dâachats Ă©chelonnĂ©s?
La mĂ©thode FIFO est utilisĂ©e pour calculer la valeur dâachat. Cela signiïŹe que lors dâune vente, les actions achetĂ©es en premier sont vendues en premier. Par exemple, si vous achetez 20 actions Ă 100 euros chacune, puis 20 Ă 150 euros, et que vous vendez 10 actions Ă 200 euros, la plus-value est de 1.000 euros (10x200 - 10x100).
Les moins-values seront-elles déductibles?
Les moins-values sont dĂ©ductibles sous trois conditions: elles doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es dans la mĂȘme pĂ©riode imposable, par le mĂȘme contribuable et dans la mĂȘme catĂ©gorie dâactifs ïŹnanciers, comme dĂ©ïŹnies Ă lâarticle 90 du code des impĂŽts sur les revenus de 1992. Ainsi, une perte sur un produit dâassurance peut ĂȘtre dĂ©duite dâun gain sur un produit bancaire, Ă condition
AïŹn de promouvoir lâinvestissement durable, la proposition actuelle prĂ©voit une exonĂ©ration pour les plus-values rĂ©alisĂ©es sur des actifs ïŹnanciers dĂ©tenus depuis au moins dix ans.












que cela se produise dans la mĂȘme pĂ©riode imposable.
Une exonĂ©ration sâappliquera-t-elle aprĂšs dix ans?
La proposition actuelle prĂ©voit une exonĂ©ration pour les plus-values rĂ©alisĂ©es sur des actifs ïŹnanciers dĂ©tenus depuis au moins dix ans. Jambon souhaite ainsi promouvoir lâinvestissement durable, tout en tenant compte des contraintes lĂ©gales et pratiques. En eïŹet, les banques ne conservent les relevĂ©s de compte que pour une dĂ©cennie, et les dĂ©lais de prescription ïŹscale sont plus courts.
Cependant, ce e exonĂ©ration fait dĂ©bat. Le parti Vooruit sây oppose fermement, soulignant son absence dans lâaccord de gouvernement. Coen Ysebaert, expert ïŹscal chez KPMG,
prĂ©cise que ce e exonĂ©ration ne sâapplique pas aux «participations signiïŹcatives»
Dâautres exonĂ©rations sont-elles prĂ©vues?
Oui. Les plus-values issues des actifs ïŹnanciers du deuxiĂšme pilier de pension (pension complĂ©mentaire pour salariĂ©s ou indĂ©pendants) et du troisiĂšme pilier (Ă©pargne-pension individuelle) seront exonĂ©rĂ©es. Mais, lĂ aussi, Vooruit sây oppose.
Quel avenir pour la taxe Reynders et la taxe sur les assurances?
La taxe Reynders, qui impose Ă 30% les plus-values des obligations dans un fonds dâinvestissement, est vouĂ©e Ă disparaĂźtre selon la proposition de Jambon.
Le ministre des Finances envisage Ă©galement de rĂ©duire la taxe sur les assurances dâĂ©pargne et dâinvestissement de 2% Ă 0,7%. «Lâobjectif est dâassurer une Ă©quitĂ© maximale entre les diïŹĂ©rents actifs ïŹnanciers», aïŹrme-t-il. Toutefois, ces modiïŹcations font Ă©galement dĂ©bat. Vincent Van Peteghem, ministre du Budget (CD&V), craint un coĂ»t trop Ă©levĂ© pour les ïŹnances publiques.
Que se passe-t-il en cas de décÚs?
Les donations ou transferts de propriĂ©tĂ© lors dâun dĂ©cĂšs ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des rĂ©alisations de plus-value. Il en va de mĂȘme pour les sorties dâindivision, par exemple lorsquâun compte-titres commun est divisĂ© en comptes individuels.
Le dispositif élaboré par le ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA), ne satisfait pas encore entiÚrement certains partis de la coalition.
Quid en cas de nue-propriĂ©tĂ© et dâusufruit?
Le nu-propriĂ©taire dâactifs ïŹnanciers est traitĂ© comme le propriĂ©taire Ă part entiĂšre.
Comment la taxe sur les plus-values sera-t-elle perçue?
Les institutions ïŹnanciĂšres belges prĂ©lĂšveront directement la taxe sur les plus-values. Les contribuables pourront rĂ©clamer lâexonĂ©ration de 10.000 euros et dĂ©duire les moins-values via leur dĂ©claration dâimpĂŽt sur le revenu. En revanche, la taxe sur les plus-values des participations signiïŹcatives ne sera pas prĂ©levĂ©e Ă la source. Ces plus-values devront ĂȘtre dĂ©clarĂ©es dans lâimpĂŽt sur le revenu, y compris pour les actifs dĂ©tenus Ă lâĂ©tranger.
LĂ©guer Ă une bonne cause, câest, pour beaucoup de Belges, une façon de continuer Ă soutenir ce qui leur est cher aprĂšs leur dĂ©cĂšs. Mais comment sây prendre au mieux? Quels sont les dĂ©tails Ă ne pas nĂ©gliger?
ROBBE VAN LIER
En 2024, la gĂ©nĂ©rositĂ© des Belges a a eint des sommets. Le montant des dons donnant droit Ă une rĂ©duction dâimpĂŽt a a eint 375,09 millions dâeuros, selon les donnĂ©es du SPF Finances basĂ©es sur les ïŹches ïŹscales introduites par les organisations caritatives. Si vous envisagez de faire de mĂȘme dans le cadre de votre hĂ©ritage, voici quelques points Ă considĂ©rer.
1 Comment lĂ©guer (une partie de) votre patrimoine Ă une Ćuvre caritative?
Pour transme re (une partie de) vos biens Ă une bonne cause, il est essentiel de le mentionner dans votre testament sous forme de legs. Ce don peut prendre diïŹĂ©rentes formes. Un legs universel permet de transme re lâintĂ©gralitĂ© de votre patrimoine Ă une ou plusieurs personnes ou organisations. Toutefois, en prĂ©sence dâhĂ©ritiers rĂ©servataires, ce legs est limitĂ© Ă la part disponible la plus large. Un legs Ă titre universel, quant Ă lui, concerne une fraction ou un pourcentage de votre succession, comme un tiers ou la moitiĂ©. Il peut Ă©galement se limiter Ă des biens immobiliers ou
mobiliers. EnïŹn, un legs particulier concerne des biens spĂ©ciïŹques, tels quâune somme dâargent, un bien immobilier prĂ©cis ou une Ćuvre dâart.
2Comment procéder au mieux?
«Mon conseil principal: consultez un notaire», recommande Ludwig Forrest de la Fondation Roi Baudouin. «Câest une dĂ©cision cruciale dans votre vie, et lâexpertise dâun professionnel est indispensable.»
Trois types de testaments existent: le testament international, le testament olographe (ou sous seing privĂ©) que vous rĂ©digez, datez et signez vous-mĂȘme, et le testament notariĂ©, rĂ©digĂ© avec un notaire et consignĂ© dans un acte authentique. La Fondation Roi Baudouin et la fĂ©dĂ©ration professionnelle testament.be prĂ©conisent le testament notariĂ©, car il est exĂ©cutoire de plein droit et pratiquement incontestable. «Ce e voie est encore plus indiquĂ©e lorsque lâhĂ©ritage est destinĂ© en tout ou partie Ă une Ćuvre caritative, parce quâelle garantit une formulation prĂ©cise, ce qui rĂ©duit le risque de contestation», souligne-t-on.
«Sans expertise dâun professionnel, le rĂ©sultat de votre testament pourrait sâĂ©carter de vos intentions.»
Joni Soutaer Notaire
3 Les points à nepas négliger
Choisir une Ćuvre caritative comme destinataire de son patrimoine implique, lĂ aussi, de veiller particuliĂšrement aux dĂ©tails pratiques. Ainsi, veillez Ă inclure sa dĂ©nomination (juridique) complĂšte, son adresse et son numĂ©ro dâentreprise dans votre testament pour Ă©viter toute confusion, conseille le notaire Joni Soutaer. Elle suggĂšre Ă©galement de prĂ©voir un destinataire alternatif, au cas oĂč lâĆuvre caritative choisie nâexisterait plus ou refuserait votre legs. «Que faire de lâhĂ©ritage dans ce cas? Le lĂ©guer Ă une autre ASBL? Pensez donc Ă prĂ©voir un systĂšme de cascade dans votre testament.»
«De nombreux modÚles de testaments olographes circulent sur internet»,


note Joni Soutaer. «Mais sans expertise, le rĂ©sultat peut sâĂ©carter de vos intentions. Il est donc crucial de vĂ©riïŹer rĂ©guliĂšrement auprĂšs de votre notaire si votre testament rĂ©pond toujours Ă vos souhaits actuels, surtout lors de grands changements de vie, comme la naissance dâun enfant ou un mariage.»
«Actuellement, par exemple, jâai un testament quâune dame a rĂ©digĂ© dans les annĂ©es 1990 qui lĂšgue tout Ă une seule personne. Depuis, elle sâest mariĂ©e et a eu une ïŹlle, mais nâa jamais modiïŹĂ© son testament. Ătait-ce vraiment son souhait? DiïŹcile Ă prouver.»
Qui choisit de lĂ©guer (une partie de) son patrimoine Ă une Ćuvre caritative?



«Ce sont surtout les célibataires ou ceux qui préfÚrent ne pas transme re

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Ă leur famille qui optent pour un legs Ă une bonne cause», explique la notaire Joni Soutaer. «De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le legs Ă une Ćuvre caritative est absent des testaments des membres de familles avec enfants qui, du reste, en rĂ©digent rarement. Mais certaines prĂ©voient une clause pour une bonne cause dans leur testament, au cas oĂč elles viendraient Ă disparaĂźtre ensemble dans un accident. Cela leur apporte une certaine sĂ©rĂ©nitĂ©.»
5 Comment choisir la bonne cause Ă soutenir?
«Lorsquâune personne se prĂ©sente pour la premiĂšre fois Ă la Fondation Roi Baudouin, nous abordons surtout ses centres dâintĂ©rĂȘt», explique Ludwig Forrest. «Quâest-ce qui vous passionne? Est-ce la recherche scientiïŹque, la lu e contre la pauvretĂ©, le bien-ĂȘtre animal... Ces entretiens sont approfondis. Mon conseil est toujours de partir de vos propres souhaits. Certains demandent: âQue puis-je faire?â Je leur rĂ©ponds: âQuâaimeriez-vous vraiment faire?â» «Souvent, il y a une histoire personnelle derriĂšre le choix de la cause», observe la notaire Joni Soutaer. «Par exemple, quelquâun qui a survĂ©cu Ă un cancer et souhaite soutenir la recherche scientiïŹque sur ce e maladie aprĂšs son dĂ©cĂšs.»
«Je reçois rĂ©guliĂšrement des personnes souhaitant lĂ©guer Ă leur chien», ajoute Joni Soutaer. «Mais un animal de compagnie nâest pas une bonne cause. Il faut dĂ©signer quelquâun pour sâoccuper de lâanimal et lui lĂ©guer les moyens nĂ©cessaires.»
6 Que peut-on lĂ©guer Ă une Ćuvre caritative?
«Tout ce qui compose votre patrimoine», pourrait-on rĂ©pondre simplement. Ăpargne, titres, comptes bancaires et de titres, Ă©pargne-pension, capitaux dâassurance-vie, bijoux, Ćuvres dâart, biens mobiliers, immobilier... Tout peut ĂȘtre transmis Ă une bonne cause.
«Nous constatons que de plus en plus de familles sâengagent dans des projets philanthropiques communs.»
Ludwig Forrest Fondation Roi Baudouin
«à la Fondation Roi Baudouin, les legs les plus frĂ©quents sont constituĂ©s dâargent, de biens immobiliers et dâĆuvres dâart», prĂ©cise Ludwig Forrest.
7 Que devient votre héritage légué à une bonne cause?
Votre testament peut inclure des dispositions sur lâutilisation de certains biens. «Parfois, ceux qui lĂšguent des biens immobiliers suggĂšrent dây installer des activitĂ©s pour la bonne cause», explique Ludwig Forrest. «Dans ce cas, nous discutons avec la cause concernĂ©e et le donateur. Est-ce rĂ©alisable? Est-ce pertinent? Cela peut ĂȘtre magniïŹque, mais, parfois, il vaut mieux vendre le bien et utiliser les fonds pour la cause. Pour les Ćuvres dâart, il est aussi souvent prĂ©cisĂ© ce quâil adviendra dâelles.»
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Peut-on vraiment lĂ©guer tout son patrimoine Ă une Ćuvre caritative?
En Belgique, le droit successoral impose de respecter une part rĂ©servataire pour les (petits-)enfants et le/la conjoint(e). Ces hĂ©ritiers rĂ©servataires bĂ©nĂ©ïŹcient dâune moitiĂ© du patri-
moine, appelée la réserve, peu importe leur nombre.
Le reste, la quotitĂ© disponible, peut ĂȘtre a ribuĂ© librement par testament. Si vous nâavez pas ou plus dâhĂ©ritiers rĂ©servataires, vous pouvez disposer de lâintĂ©gralitĂ© de votre patrimoine comme bon vous semble. Ainsi, la possibilitĂ© de lĂ©guer tout Ă une Ćuvre caritative dĂ©pend de votre situation personnelle et de lâexistence dâhĂ©ritiers rĂ©servataires.
«Nous constatons que de plus en plus de familles sâengagent dans des projets philanthropiques communs», explique Ludwig Forrest. «Parfois, une partie de la succession est destinĂ©e Ă une Ćuvre caritative, mĂȘme si des enfants sont hĂ©ritiers directs. Les parents et les enfants discutent alors ensemble de ces choix. Il arrive mĂȘme que les enfants expriment leur souhait de voir une part de lâhĂ©ritage consacrĂ©e Ă lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.»
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Comment rĂ©partir son hĂ©ritage entre ses enfants, dâautres hĂ©ritiers et une Ćuvre caritative?
«Plus il y a de bĂ©nĂ©ïŹciaires, plus la tĂąche se complique», souligne la notaire Joni Soutaer. Elle insiste sur
lâimportance de dĂ©signer un lĂ©gataire universel, qui peut ĂȘtre une personne ou une Ćuvre caritative. «Ce lĂ©gataire reçoit la succession avec la responsabilitĂ© de son exĂ©cution. Il est donc aux commandes et doit veiller Ă la bonne rĂ©partition de lâhĂ©ritage.»
Ludwig Forrest conseille de «prendre le temps nĂ©cessaire». «Il nâest pas rare quâun an sâĂ©coule entre notre premier entretien et la dĂ©cision ïŹnale. Câest tout Ă fait normal, car il sâagit de lâune des dĂ©cisions les plus importantes de votre vie.»
Pensez au legs en duo
Le legs en duo permet de lĂ©guer une partie de son hĂ©ritage Ă une personne de la famille Ă©loignĂ©e ou sans aucun lien de parentĂ© â qui sinon paie des droits de succession prohibitifs compris entre 20% et 80% au-delĂ de 75.000 euros â Ă des conditions ïŹscalement avantageuses, en lĂ©guant concomitamment une partie Ă une Ćuvre caritative.
En pratique, vous dĂ©signez dans votre testament un neveu, un ïŹlleul ou un ami ainsi que la Croix-Rouge par exemple. Câest elle qui paiera les droits de succession sur la part quâelle reçoit (tarif avantageux) mais Ă©galement sur celle de votre ïŹlleul ou ami (tarif normal).
La rĂ©partition doit cependant ĂȘtre calculĂ©e aïŹn que la bonne Ćuvre touche suïŹsamment pour compenser les formalitĂ©s administratives dont elle doit se charger.
«Souvent, il y a une histoire personnelle derriĂšre le choix de la cause. Quelquâun qui a survĂ©cu Ă un cancer et souhaite soutenir la recherche scientiïŹque sur cette maladie aprĂšs son dĂ©cĂšs.»
Joni Soutaer Notaire
Câest dâailleurs ce qui a justiïŹĂ© la mise en cause du legs en duo par la RĂ©gion ïŹamande. Estimant que ce e technique Ă©tait trop souvent motivĂ©e par des considĂ©rations purement ïŹscales, la Flandre lâa supprimĂ©e pour les successions ouvertes aprĂšs le 1er juillet 2021. En contrepartie, les Ćuvres caritatives ne paient plus de droits sur le patrimoine qui leur est lĂ©guĂ©, sauf dans le cas dâune association professionnelle et dâune fondation privĂ©e, qui se voient appliquer un taux de 8,5%.
Le passage de tĂ©moin entre le dirigeant dâune entreprise familiale et la gĂ©nĂ©ration suivante est une Ă©tape cruciale qui justiïŹe un accompagnement sur mesure.
PHILIPPE GALLOY
La transmission des entreprises est plus que jamais dans lâair du temps. En Wallonie, les derniĂšres statistiques de Wallonie-Entreprendre font Ă©tat dâune forte croissance du nombre de transmissions dâentreprises. En Flandre, rĂ©cemment, plus de 55% des dirigeants dâentreprise envisageaient de cĂ©der le relais dans les cinq ans, selon la derniĂšre enquĂȘte de lâAgence ïŹamande de lâinnovation et de lâentreprise (Vlaio). Dans les entreprises familiales, on privilĂ©gie gĂ©nĂ©ralement la continuitĂ© en misant sur la gĂ©nĂ©ration suivante. Celle-ci peut bĂ©nĂ©ïŹcier de lâaccompagnement de spĂ©cialistes.
«AïŹn de rĂ©pondre Ă la demande de familles souhaitant pĂ©renniser leur patrimoine, dont lâentreprise, tout en prĂ©servant lâharmonie familiale, nous avons créé un service dĂ©diĂ© au sein de la banque: le Family Practice», explique Anne Goedert, conseillĂšre grands clients Ă la Banque de Luxembourg. «Nous y prenons un rĂŽle de facilitateur. En cas de
transmission dâun patrimoine, il est important dâaligner les intĂ©rĂȘts de la gĂ©nĂ©ration qui donne ainsi que ceux de la gĂ©nĂ©ration qui reçoit.»
«La rencontre de la gĂ©nĂ©ration suivante dâun dĂ©tenteur de patrimoine est essentielle dans la recherche de continuitĂ© et de prĂ©servation de ce patrimoine», souligne Bertrand Marot, administrateur exĂ©cutif de la Banque Transatlantique Belgium. «Lâobjectif est dâapprendre Ă bien connaĂźtre la gĂ©nĂ©ration suivante en crĂ©ant un lien de conïŹance. Ce e mission intĂšgre aussi la prĂ©paration de ce e gĂ©nĂ©ration aux aïŹaires de la famille.» «Ătant donnĂ© que le banquier privĂ© connaĂźt la famille, souvent de longue date, et quâil a une vision globale du patrimoine, il se trouve dans une position idĂ©ale pour jouer un rĂŽle de facilitateur du dialogue intergĂ©nĂ©rationnel», prĂ©cise CĂ©cile Baijot, head of wealth planning chez Puilaetco. «Il doit Ă la fois comprendre les objectifs et les souhaits des parents et ceux des enfants, voire des petits-enfants.»
Si les enfants sont motivĂ©s pour reprendre lâaïŹaire familiale, mieux vaut les impliquer dans lâorganisation
«Les jeunes peuvent se mettre beaucoup de pression eux-mĂȘmes par rapport Ă lâentreprise ou Ă un patrimoine qui sâest construit souvent sur plusieurs gĂ©nĂ©rations.»
Anne Goedert ConseillĂšre grands clients Ă la Banque de Luxembourg























sans trop a endre. «Les fondateurs de notre banque viennent de familles dâentrepreneurs et ont reçu trĂšs tĂŽt des responsabilitĂ©s importantes», tĂ©moigne Tim Casteels, head of private banking chez Mercier Van Lanschot. «Ătre impliquĂ©s jeunes et bien entourĂ©s a Ă©tĂ© dĂ©terminant pour eux. Si un jeune peut faire partie et ĂȘtre reconnu au sein dâune communautĂ© entrepreneuriale, câest gĂ©nial.»
Formations et conseils spĂ©ciïŹques Ăvidemment, les jeunes appelĂ©s Ă prendre les rĂȘnes de lâentreprise doivent ĂȘtre formĂ©s Ă cet eïŹet. «En partenariat avec la Solvay Brussels School, nous avons lancĂ© le Next Gen Masterclass Program, une formation sur invitation destinĂ©e Ă notre clientĂšle next gen», explique Nicolas Chauvin, head of estate planning Brussels & Wallonia chez Degroof Petercam. «Elle leur donne les clĂ©s pour comprendre et gĂ©rer leur patrimoine de façon Ă©clairĂ©e et responsable. Cet accompagnement vise Ă renforcer leurs compĂ©tences, nourrir leur curiositĂ© et les connecter Ă un Ă©cosystĂšme dynamique.»
La nouvelle gĂ©nĂ©ration bĂ©nĂ©ïŹcie de conseils spĂ©ciïŹques en matiĂšre de gouvernance dâentreprise, mais aussi pour lâinvestissement ou encore la gestion de patrimoine. «Nous accordons une a ention particuliĂšre Ă la prochaine gĂ©nĂ©ration, appelĂ©e Ă jouer un rĂŽle clĂ© dans la continuitĂ© des entreprises familiales; câest dans ce e optique que nous avons lancĂ©
la Next Gen Academy», explique Tim Casteels (Mercier Van Lanschot). «Ce programme vise Ă accompagner les jeunes issus de familles entrepreneuriales.» Plusieurs stratĂ©gies sont dĂ©ployĂ©es pour intĂ©resser ce e jeune gĂ©nĂ©ration au monde des aïŹaires. «Nous organisons des Ă©vĂ©nements en Belgique et, grĂące Ă notre rapprochement avec Indosuez, Ă©galement Ă lâĂ©tranger, aïŹn de favoriser les Ă©changes entre nos clients next gen autour de thĂ©matiques dâintĂ©rĂȘt commun telles que la ïŹnance, lâart ou la technologie», signale Nicolas Chauvin (Degroof Petercam).
«Nos Family Days sur mesure rĂ©unissent parents et enfants autour de sujets choisis par eux, en ligne avec nos expertises. En alliant expertise, pĂ©dagogie et valeurs partagĂ©es, nous construisons une relation de conïŹance durable avec ce e gĂ©nĂ©ration tournĂ©e vers lâavenir.»
«Sur la base de ce que nous avons eu le privilĂšge dâobserver et entendre en travaillant avec les familles, nous avons dĂ©veloppĂ© des programmes













qui invitent les jeunes à devenir acteurs de leurs choix», explique Anne Goedert (Banque de Luxembourg).
«Au-delĂ dâune pression qui viendrait de lâentourage, les jeunes peuvent se me re beaucoup de pression eux-mĂȘmes par rapport Ă lâentreprise ou Ă un patrimoine qui sâest construit souvent sur plusieurs gĂ©nĂ©rations. En plus de les impliquer et de les Ă©couter, ces programmes les sensibilisent aux diïŹĂ©rents rĂŽles quâils peuvent prendre, sâils le souhaitent un jour.»
«Les next gen bĂ©nĂ©ïŹcient Ă la fois dâun accĂšs Ă un banquier privĂ© qui connaĂźt leur famille, qui leur donne accĂšs Ă lâexpertise impartiale de spĂ©cialistes internes ou externes, et qui peut les accompagner Ă tous niveaux: dans la gestion dâun portefeuille dâactifs ïŹnanciers, dans la transmission de lâentreprise familiale, dans lâaccĂšs Ă du ïŹnancement, etc.», dĂ©taille CĂ©cile Baijot (Puilaetco). «La Puilaetco NextGen Academy oïŹre la possibilitĂ© aux jeunes dâacquĂ©rir des bases en ïŹnance et de comprendre la composition dâun portefeuille dâactifs. Des









«Le banquier privé se trouve dans une position idéale pour jouer un rÎle de facilitateur du dialogue intergénérationnel.»
Cécile Baijot Head of wealth planning chez Puilaetco
soirées de formation conviviales sont organisées actuellement.»
Philanthropie et investissement durable
LâintĂ©rĂȘt pour la gestion des aïŹaires familiales peut aussi passer par la philanthropie et lâinvestissement durable, des thĂ©matiques visiblement apprĂ©ciĂ©es chez les plus jeunes. «Un gros travail est fait sur le dĂ©veloppement de lâa rait des jeunes pour la philanthropie, car cela suscite leur engagement dans des causes bien dĂ©ïŹnies», conïŹe Bertrand Marot (Banque Transatlantique Belgium). «Ce nâest dâailleurs pas les mĂȘmes que leurs parents. Les jeunes gĂ©nĂ©rations sont de plus en plus sensibles Ă ce qui permet dâobtenir des rĂ©sultats de maniĂšre plus durable dans leurs entreprises familiales et leurs investissements.»







Les conseillers disposent dâun arsenal de solutions pour coller au mieux Ă la façon dont les familles souhaitent organiser la transmission de leur entreprise Ă la gĂ©nĂ©ration suivante. «Il est essentiel de clariïŹer les rĂŽles, de dĂ©ïŹnir des rĂšgles de gouvernance claires et dâanticiper les sources potentielles de tension; des outils comme une charte familiale ou un pacte dâactionnaires, peuvent y contribuer eïŹcacement», indique Nicolas Chauvin (Degroof Petercam). «En fonction de ce qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© mis en place et des Ă©tapes restantes, lâĂ©laboration dâun pacte successoral ou la mise en place de donations pourront Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©es pour assurer une transmission harmonieuse et pĂ©renne.»
Solutions juridiques
«Tous les aspects dâune transmission sont couverts: patrimoniaux, juridiques, ïŹscaux, etc.», assure Anne Goedert (Banque de Luxembourg). «Le but de notre dĂ©marche et dâapporter une coconstruction aïŹn dâarriver Ă un projet de transmission qui rĂ©ponde Ă la fois Ă un objectif global, Ă savoir la pĂ©rennitĂ© du patrimoine, et tienne compte des intĂ©rĂȘts individuels. Il y a autant de solutions
diïŹĂ©rentes quâil y a de patrimoines et de familles.»
Entre autres, «les parents qui cĂšdent leur entreprise peuvent choisir de conserver les bĂ©nĂ©ïŹces et de continuer Ă accompagner la gestion opĂ©rationnelle ou stratĂ©gique», explique CĂ©cile Baijot (Puilaetco). «LĂącher les rĂȘnes progressivement nâest pas simple. Lâaspect humain est primordial et les outils juridiques vont ĂȘtre utilisĂ©s pour sâassurer que les souhaits de parents Ă cet Ă©gard soient rencontrĂ©s.»
En pratique, «la donation sous rĂ©serve dâusufruit reste la technique la plus usitĂ©e», explique Charles Kesteloot, head of wealth planning chez
En Flandre, plus de 55% des dirigeants dâentreprise envisageaient de cĂ©der le relais dans les cinq ans, selon la derniĂšre enquĂȘte de lâAgence ïŹamande de lâinnovation et de lâentreprise.
Mercier Van Lanschot. «Le donateur conserve le contrĂŽle et les revenus. Les donataires sont nus-propriĂ©taires. Leur implication reste limitĂ©e. Une autre solution juridique est le recours Ă la sociĂ©tĂ© simple, un outil de gestion qui va perme e aux parents et aux enfants de se retrouver autour dâun projet. Les pouvoirs des uns et des autres sont dĂ©terminĂ©s de maniĂšre trĂšs prĂ©cise dans les statuts de la sociĂ©tĂ©.»
Ăvidemment, ces aspects juridiques ne sont que lâhabillage dâune solution qui doit convenir Ă toute la famille. «La transmission ne se limite pas Ă un acte juridique avec des consĂ©quences ïŹscales», avertit Fran-
çois Parisis, ingĂ©nieur patrimonial Ă la Banque Transatlantique Belgium. «Il faut tout Ă la fois veiller Ă conïŹer le pouvoir Ă ceux qui en ont la compĂ©tence, lâenvie et la lĂ©gitimitĂ©, tout en assurant aux membres simplement actionnaires de la sociĂ©tĂ© un niveau suïŹsant de bonne communication et un partage des rĂ©sultats. Le risque majeur est dâimposer aux membres de la famille un schĂ©ma de transmission dans lequel ils ne se proje ent pas, ce qui fragiliserait lâentreprise familiale dans la durĂ©e.»
DâoĂč la grande a ention portĂ©e aux aspirations de la nouvelle gĂ©nĂ©ration.

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