Estate Planning (12 juin 2025)

Page 1


Estate Planning

«Le patrimoine suscite des discussions enïŹ‚ammĂ©es. Plus il est Ă©levĂ©, plus cela devient explosif»
ANN MAELFAIT ET ANTON VAN ZANTBEEK AVOCATS

Découvrez un investissement à votre goût.

Composé pour vous avec les meilleurs ingrédients.

Un portefeuille regroupant la crĂšme de la crĂšme des investissements mondiaux, sĂ©lectionnĂ©s en toute indĂ©pendance pour vous avec la mĂȘme passion et la mĂȘme expertise que celles d’un grand chef.

ing.be/privatebanking

Estate Planning

4 Entreprise familiale

«La donation des parts d’une entreprise familiale exige une longue prĂ©paration»

10 Succession numérique

Ne laissez pas votre succession numĂ©rique devenir un casse-tĂȘte pour vos hĂ©ritiers

14 Interview

«Le patrimoine suscite des discussions enïŹ‚ammĂ©es. Plus il est Ă©levĂ©, plus cela devient explosif»

18

Taxe sur les plus-values

Les héritiers échapperont à la taxe sur les plus-values

20 Philanthropie

LĂ©guez votre hĂ©ritage Ă  une cause qui vous tient Ă  cƓur

24 Transmission à la «next-gen»

Transmettre son a aire à la «next gen», tout un programme!

RÉDACTION L’ECHO

Adresse: RĂ©daction L’Echo, Tour & Taxis, Avenue du Port 86C bte 309, B-1000 Bruxelles, reactions@lecho.be

Directrice des rédactions: Isabel Albers

Rédacteur en chef: Paul Gérard

Coordinatrice: Muriel Michel

Art director: Jan Nelis

Journalistes: Camille Caestecker, Petra De Rouck, Philippe Galloy, Robbe van Lier, Peter Van Maldegem, Sonja Verschueren, Wouter Vervenne

RĂ©daction ïŹnale: Thomas Wallemacq

Illustrations: Ephameron

Lay-out: Marie-Anne Dozo

Abonnements: tel.: 0800/55.150, abo@lecho.be

PublicitĂ©: Trustmedia, Tour & Taxis, Avenue du Port 86C bte 309, B-1000 Bruxelles, tel.: 02/422.05.24, ïŹnance.team@trustmedia.be

Éditeur responsable: Peter Quaghebeur

Entreprise familiale

«La donation des parts d’une entreprise familiale exige une longue prĂ©paration»

Transme re, par donation, les actions de l’entreprise familiale est un processus plus complexe qu’il n’y paraĂźt. «L’objectif ultime, pour nous, est que les destinataires de la donation continuent de se retrouver Ă  NoĂ«l pour le repas familial.»

SONJA VERSCHUEREN

La donation d’actions d’une entreprise familiale s’inscrit gĂ©nĂ©ralement dans le cadre de la succession du pater familias. «Plusieurs enfants peuvent ĂȘtre concernĂ©s, mĂȘme si tous ne travaillent pas dans l’entreprise. Il est donc crucial que la famille s’accorde sur la valorisation

des actions», explique Luc Goossens, senior estate planner chez Deutsche Bank.

«Ce processus nĂ©cessite une prĂ©paration minutieuse et ne dĂ©bute Ă©videmment pas au moment de la donation. Parfois, toutes les actions ne sont pas donnĂ©es; une partie peut ĂȘtre vendue Ă  l’enfant qui prendra les rĂȘnes de l’entreprise. Notre rĂŽle de banquier est de conseiller la famille, aux cĂŽtĂ©s

d’autres experts, comme des comptables, des notaires ou des avocats», ajoute-t-il.

«Nous ne laissons pas la famille se dĂ©patouiller avec toutes les possibilitĂ©s. Nous les examinons en dĂ©tail», poursuit Charlo e Lauwers, senior estate planner chez SBB Experts-comptables & conseillers. «Cela va de l’analyse de la structure Ă  l’accompagnement du processus avec le notaire, en passant par la

rĂ©daction des documents nĂ©cessaires et l’ajustement du registre UBO et des actionnaires. C’est du travail sur mesure.»

Il est possible de donner des actions d’une entreprise familiale sans passer par la case impĂŽts. Mais pour cela, la sociĂ©tĂ© doit respecter certaines conditions strictes. De la sorte, une donation anticipĂ©e de votre entreprise s’avĂšre particuliĂšrement a rayante. En eïŹ€et, si vous ne

prenez aucune disposition et que vos enfants hĂ©ritent de l’entreprise Ă  votre dĂ©cĂšs, la facture ïŹscale sera bien plus lourde.

Plusieurs aspects Ă  prendre en compte «La ïŹscalitĂ© est en eïŹ€et un facteur important Ă  prendre en compte», admet Luc Goossens, «mais ce n’est qu’une partie de l’équation. En rĂ©alitĂ©, la ïŹscalitĂ© dĂ©coule du choix que vous faites. Le souhait du donateur est Ă©galement primordial. Quel contrĂŽle souhaite-t-il conserver sur l’entreprise? Est-il essentiel pour les parents de continuer Ă  percevoir des revenus aprĂšs la donation? Veulent-ils garder une partie du capital pour maintenir leur niveau de vie? Nous analysons tous ces aspects ensemble.»

Les questions Ă  trancher ne manquent pas. «Que faire si tous les enfants ne travaillent pas dans l’entreprise? La donation est-elle la seule option, ou d’autres voies sontelles envisageables?», renchĂ©rit Julie Lambrecht du dĂ©partement Family Business Circle chez Delen Private Bank. «Ce dialogue, fait de questions et de rĂ©ïŹ‚exions, est crucial pour les dĂ©cisions Ă  prendre. Sur ce e base, nous Ă©laborons un montage

90%

Chez SBB, prĂšs de 90% des donations se font avec rĂ©serve d’usufruit.

juridique et ïŹscal. La ïŹscalitĂ© est un aspect important, mais rarement dĂ©cisif. Elle est souvent le point de dĂ©part de la discussion», reconnaĂźt-elle.

Chez SBB Experts-comptables & conseillers, prĂšs de 90% des donations se font avec rĂ©serve d’usufruit.

En clair, les parents transme ent la nue-propriĂ©tĂ© des actions aux enfants, tout en conservant le droit aux dividendes et le droit de vote Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. «Il est conseillĂ© de consigner ce droit de vote dans les statuts pour Ă©viter toute contestation ultĂ©rieure», prĂ©cise Charlo e Lauwers. Que la donation d’actions se fasse avec ou sans rĂ©serve d’usufruit, le passage chez le notaire est obligatoire. Un droit de donation est donc en principe applicable (3% en ligne directe), sauf si vous bĂ©nĂ©ïŹciez du rĂ©gime favorable pour la sociĂ©tĂ© familiale, oĂč le taux est de 0%.

Au dĂ©cĂšs des parents, l’usufruit s’éteint, et les enfants obtiennent la pleine propriĂ©tĂ© et le contrĂŽle des actions, sans qu’aucun droit de succession ne soit dĂ».

Risque ïŹscal

«A ention: faire une donation avec rĂ©serve d’usufruit peut comporter

6 Estate Planning Entreprise familiale

un risque ïŹscal», prĂ©vient Charlo e Lauwers. Dans ce cas, vos dividendes ne bĂ©nĂ©ïŹcieront plus du rĂ©gime ïŹscal VVPR-bis, accordĂ© aux PME sous certaines conditions, qui rĂ©duit Ă  15% le prĂ©compte mobilier (qui est normalement de 30%).

En revanche, si vous transfĂ©rez la pleine propriĂ©tĂ© de vos actions Ă  vos enfants, votre sociĂ©tĂ© continuera de proïŹter du rĂ©gime VVPR-bis. Si vous optez pour une donation avec rĂ©serve d’usufruit, vous perdez cet avantage. «Ni vous, en tant qu’usufruitier, ni vos enfants, une fois devenus propriĂ©taires Ă  part entiĂšre, ne pourrez dans ce cas bĂ©nĂ©ïŹcier du taux rĂ©duit de 15% sur les dividendes. La sociĂ©tĂ© devra toujours appliquer le taux de 30%», explique Charlo e Lauwers. «Bien entendu, cela ne concerne que

les actions donnĂ©es avec rĂ©serve d’usufruit. Si seule la moitiĂ© des actions est concernĂ©e, le rĂ©gime VVPR-bis reste applicable Ă  l’autre moitiĂ©.»

Pour contrer ce risque ïŹscal, vous pouvez envisager de constituer une rĂ©serve de liquidation. Ce mĂ©canisme permet Ă  la sociĂ©tĂ© de me re de cĂŽtĂ© des bĂ©nĂ©ïŹces non distribuĂ©s, rĂ©duisant ainsi le prĂ©compte mobilier sur les dividendes. Toutefois, ces fonds doivent rester dans l’entreprise pendant plusieurs annĂ©es pour bĂ©nĂ©ïŹcier d’un taux avantageux.

«Mais les parents ne souhaitent pas toujours a endre aussi longtemps», note Charlo e Lauwers. «Pour garantir la paix familiale, nous recommandons de prĂ©ciser clairement dans l’acte de donation Ă  qui reviendra la rĂ©serve de liquidation.

«La ïŹscalitĂ© joue un rĂŽle important, mais elle n’est que rarement le facteur dĂ©cisif dans la prise de dĂ©cision.»

Julie Lambrecht Delen Private Bank

Les parents comptent souvent sur ce bas de laine. De bons accords Ă©vitent les conïŹ‚its futurs. Pour nous, il est essentiel qu’aprĂšs la donation, la famille puisse encore se rĂ©unir autour de la table Ă  NoĂ«l», souligne-t-elle.

Communiquer clairement

Deutsche Bank et Delen Private Bank pointent Ă©galement comme facteur clĂ© du succĂšs de l’opĂ©ration une communication ouverte et transparente. «Discuter et se concerter sont des Ă©lĂ©ments cruciaux. Non seulement avec les enfants impliquĂ©s dans l’entreprise familiale, mais aussi avec ceux qui ne le sont pas. Ils doivent ĂȘtre inclus dans les rĂ©ïŹ‚exions. Un enfant actif dans l’entreprise, sans en possĂ©der d’actions, crĂ©e souvent de la valeur pour ses frĂšres et sƓurs. Ces contributions ne sont que rarement rĂ©munĂ©rĂ©es au prix du marchĂ©. Il est donc important d’en parler et de trouver des solutions», explique Luc Goossens.

«Pour Ă©viter tout conïŹ‚it, nous conseillons de prĂ©ciser dans l’acte de donation Ă  qui est destinĂ©e la rĂ©serve de liquidation. Les parents comptent parfois sur ce bas de laine.»

Charlotte Lauwers Senior estate planner chez SBB Expertscomptables & conseillers

«Au sein du Delen Family Business Circle, notre Ă©quipe de chargĂ©s de relation, de juristes et de ïŹscalistes organise les discussions rĂ©unissant les membres des familles entrepreneuses. L’objectif est que les dĂ©cisions importantes, comme la donation d’actions, soient prises de maniĂšre durable et harmonieuse», dĂ©taille Julie Lambrecht.

Mais une bonne prĂ©paration ne garantit pas l’absence de diïŹƒcultĂ©s ultĂ©rieures.

«Nous avons l’exemple d’une famille oĂč les actions de l’entreprise ont Ă©tĂ© donnĂ©es aux deux ïŹls, tandis que les trois ïŹlles ont reçu un portefeuille d’investissements. Alors que la succession avait bien Ă©tĂ© gĂ©rĂ©e de maniĂšre transparente et correcte, la faillite d’un client majeur a entraĂźnĂ© celle de l’entreprise, ce qui a provoquĂ© des conïŹ‚its familiaux. C’est dĂ©solant», conclut Philippe Baervoets, responsable de l’estate planning chez Deutsche Bank.

offre aux entreprises, organisations et organismes publics l’accĂšs au rĂ©seau de L’Echo, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de L’Echo. Excluant la responsabilitĂ© de la rĂ©daction de L’Echo.

La transmission d’une entreprise familiale: entre cƓur et raison

Transmettre avec succĂšs une entreprise familiale nĂ©cessite plus qu’une stratĂ©gie juridique et fiscale bien ficelĂ©e. “Une solution techniquement parfaite sans accord familial validĂ©? C’est s’exposer Ă  des problĂšmes!”, prĂ©vient Robby Ackermans, Partner chez Moore Law.

La transmission d’une entreprise familiale comporte un volet juridicofiscal mais aussi un volet Ă©motionnel et relationnel. “Si l’un de ces deux aspects est nĂ©gligĂ© – surtout le second, souvent sous-estimĂ© –, la transmission risque bien d’ĂȘtre un Ă©chec”, souligne Robby Ackermans, qui accompagne depuis 25 ans des PME belges. Du point de vue juridique, il existe, pour les entreprises familiales, plusieurs options fiscalement avantageuses, notamment en matiĂšre de donations et de successions. “Mais il est crucial de vĂ©rifier Ă  temps si vous ĂȘtes Ă©ligible Ă  ces options. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez ajuster votre stratĂ©gie. Plus tĂŽt vous lancez le processus, plus vous bĂ©nĂ©ficiez d’options et de flexibilitĂ©.”

“Si rien n’est rĂ©glĂ©, les familles risquent des tensions et des divisions. C’est le cauchemar de tout parent.”

L’ART DE COMMENCER À TEMPS

MĂȘme la meilleure planification technique est dĂ©pendante du facteur humain. Qui est prĂȘt et capable de reprendre les rĂȘnes de l’entreprise? Comment maintenir l’engagement des membres de la famille qui ne sont pas actifs opĂ©rationnellement? Comment garantir l’égalitĂ© entre les enfants? “Ici aussi, il convient de rĂ©unir tout le monde autour de la table le plus tĂŽt possible. Vous n’avez pas besoin de tout fixer immĂ©diatement, mais entamer des discussions et sensibiliser est absolument crucial.” Robby Ackermans illustre son propos avec un exemple:

“J’ai accompagnĂ© un entrepreneur qui ne jugeait pas nĂ©cessaire de planifier sa succession. Ses enfants Ă©taient encore mineurs et il n’avait que 40 ans. Le lendemain du jour oĂč il a enfin acceptĂ© de discuter de sa planification patrimoniale et successorale, il est malheureusement dĂ©cĂ©dĂ© d’une crise cardiaque.”

AVOIR

DES ACCORDS CLAIRS

Des outils tels que les chartes familiales et les pactes d’actionnaires sont essentiels pour Ă©tablir des accords clairs.

Sur le rĂŽle des membres de la famille par alliance, notamment. Ou les conditions pour intĂ©grer l’entreprise. “Il est important que ces documents ne restent pas lettre morte”, ajoute Robby Ackermans. “Relisez-les rĂ©guliĂšrement. Si un problĂšme survient, vous aurez toujours un point de rĂ©fĂ©rence.” Sur le plan juridique, “il est Ă©galement possible de travailler avec des structures telles que les fondations et les sociĂ©tĂ©s simples. MĂȘme si le patrimoine est rĂ©parti entre plusieurs enfants ou gĂ©nĂ©rations, vous pouvez, grĂące Ă  un mandat de gestion, conserver et organiser significativement le pouvoir de dĂ©cision pour la gĂ©nĂ©ration suivante. Ainsi, vous ancrez la stabilitĂ©, mĂȘme sur le long terme.”

UNE TRANQUILLITÉ D’ESPRIT

“Chaque famille, chaque entreprise, chaque rĂȘve est diffĂ©rent”, reprend Robby Ackermans. “Une bonne planification ne se limite pas aux constructions juridiques: elle offre aux gĂ©nĂ©rations plus ĂągĂ©es l’assurance que l’Ɠuvre de leur vie est poursuivie avec soin et que leur hĂ©ritage est organisĂ© de maniĂšre Ă©quilibrĂ©e.” ParallĂšlement, les jeunes gĂ©nĂ©rations en retirent une forme de clartĂ©. “Si rien n’est rĂ©glĂ©, la division menace. C’est le cauchemar de tout parent. Une planification opportune et rĂ©flĂ©chie prĂ©vient ces scĂ©narios, ouvre un espace de dialogue et construit une vision d’avenir commune.”

SAVE THE DATE Family Capital Tomorrow

Entourez d’ores et dĂ©jĂ  la date du 9 septembre 2025 dans votre agenda. C’est celle de la premiĂšre Ă©dition de Family Capital Tomorrow, l’évĂ©nement organisĂ© par L’Echo et De Tijd pour les entreprises familiales, les family offices et leur rĂ©seau. Avec Moore parmi ses fiers partenaires.

Entreprise familiale

Transme re les actions d’une entreprise familiale peut se faire sans passer par la case ïŹscale, Ă  condition de respecter certaines rĂšgles. Tour d’horizon des possibilitĂ©s.

Quatre façons de transme re des actions de l’entreprise familiale

Pour bĂ©nĂ©ïŹcier de l’exonĂ©ration ïŹscale, l’entreprise doit impĂ©rativement avoir un caractĂšre familial et exercer une activitĂ© Ă©conomique rĂ©elle. Les sociĂ©tĂ©s purement immobiliĂšres, qui ne dĂ©tiennent que des biens immobiliers, sont gĂ©nĂ©ralement exclues de ce rĂ©gime. Dans ce cas, la donation sera soumise au taux standard de 3% de droits de donation. Que vous soyez Ă©ligible ou non au rĂ©gime favorable, plusieurs options s’oïŹ€rent Ă  vous pour transfĂ©rer les actions de votre entreprise Ă  la gĂ©nĂ©ration suivante. L’acte de donation peut inclure diverses charges et conditions. Par exemple, imposer aux enfants de verser un montant mensuel au donateur, ou insĂ©rer des clauses pour prĂ©server le caractĂšre familial et le contrĂŽle des actions. En pratique, quatre mĂ©thodes courantes perme ent de transme re les actions d’une entreprise familiale.

1 Donation en pleine propriété

La mĂ©thode la plus directe est la donation en pleine propriĂ©tĂ© par acte notariĂ©. Les actions de l’entreprise familiale sont alors intĂ©gralement transfĂ©rĂ©es aux enfants. C’est une mĂ©thode transparente et simple, mais elle implique de renoncer immĂ©diatement Ă  tout contrĂŽle et revenu futur. Ce choix peut ne pas convenir Ă  tout le monde.

2 Donation avec rĂ©serve d’usufruit

Une option intermĂ©diaire prisĂ©e est la donation avec rĂ©serve d’usufruit. Les parents transme ent la nue-propriĂ©tĂ© aux enfants tout en conservant l’usufruit. Ainsi, ils continuent de percevoir les dividendes et de voter lors des assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales. Ce e formule allie optimisation ïŹscale et tranquillitĂ© d’esprit: vous transfĂ©rez les actions tout en gardant le contrĂŽle. À votre dĂ©cĂšs, les enfants obtiennent la pleine maĂźtrise des actions, sans droits de succession Ă  payer.

A ention toutefois, en tant qu’usufruitier, vous ne pouvez pas agir seul. La vente des actions nĂ©cessite l’accord des nus-propriĂ©taires. Cela peut donc entraĂźner des tensions si les intĂ©rĂȘts divergent.

3 Donation via une société civile

Pour garder un contrĂŽle maximal, envisagez de loger les actions dans une sociĂ©tĂ© civile. Ce vĂ©hicule de contrĂŽle peut ĂȘtre créé facilement, sans notaire. AprĂšs sa crĂ©ation et l’apport des actions, les parents peuvent transme re les parts par acte notariĂ©. Ils peuvent se dĂ©signer dans les statuts comme gĂ©rants statutaires inamovibles avec de larges pouvoirs, conservant ainsi le contrĂŽle total. Les statuts peuvent aussi stipuler que seul le gĂ©rant est habilitĂ© Ă  vendre les actions de la sociĂ©tĂ© sous-jacente, ce qui exclut ainsi les enfants de la prise de dĂ©cisions majeures. Pour Ă©viter une contestation de la part du ïŹsc, vous avez intĂ©rĂȘt Ă  consulter un notaire ou un avocat pour vous guider.

Notez que ce e structure requiert un peu plus de gestion administrative, mais elle oïŹ€re une grande ïŹ‚exibilitĂ© et une protection juridique solide.

4 Donation via une société holding

EnïŹn, vous pouvez opter pour une donation via une sociĂ©tĂ© holding, qui dĂ©tient elle-mĂȘme les actions de l’entreprise familiale active. Vous pouvez ainsi transme re les actions du holding sans payer de droits de donation, si certaines conditions sont remplies. Renseignez-vous auprĂšs de l’administration ïŹscale de votre RĂ©gion.

CAMILLE CAESTECKER

offre aux entreprises, organisations et organismes publics l’accĂšs au rĂ©seau de L’Echo, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de L’Echo. Excluant la responsabilitĂ© de la rĂ©daction de L’Echo.

Pourquoi mettre un terme à sa carriùre d’entrepreneur ne s’improvise pas

TransfĂ©rer une entreprise ne se rĂ©sume jamais Ă  un simple transfert d'actions. Chaque dĂ©cision cache un enchevĂȘtrement de rĂ©glementations fiscales, de sensibilitĂ©s familiales et de piĂšges juridiques.

Qu’il s’agisse d’une vente de l’entreprise Ă  des tiers ou d’une reprise par les enfants du fondateur, il ne faut jamais nĂ©gliger l’enjeu que recĂšle la fin d’une carriĂšre d’entrepreneur. “Commencez le plus tĂŽt possible Ă  Ă©laborer un plan pour le futur et prenez le temps d'y rĂ©flĂ©chir Ă  tĂȘte reposĂ©e”, conseille Dirk Denies, Senior Wealth Planner chez ABN AMRO. “Une telle prĂ©paration dĂ©passe largement ce que la plupart des entrepreneurs imaginent. De quoi se compose exactement l'entreprise? Tout est-il transfĂ©rable? La sociĂ©tĂ© comprend-elle des Ă©lĂ©ments – tels que liquiditĂ©s et biens immobiliers – qu'il convient d’inclure dans le transfert, ou au contraire d’exclure de l’opĂ©ration envisagĂ©e? Il est crucial de s'entourer de spĂ©cialistes, car chaque entreprise et chaque transfert sont uniques.”

ENFANTS OU TIERS?

Autre question incontournable: comment souhaitez-vous transfĂ©rer votre entreprise? “DĂ©sirez-vous vendre les actions ou les actifs, ou transfĂ©rer l'entreprise Ă  vos enfants?”, traduit Lara Hadjistratis, Head of Wealth Solutions. “Si vous lĂ©guez l'entreprise Ă  votre descendance, il existe une diffĂ©rence fiscale entre un don et une vente. Sous certaines conditions, le don d'une entreprise familiale est exonĂ©rĂ© de droits de donation. Cet avantage s'applique dans toutes les rĂ©gions, Ă  condition que les activitĂ©s soient poursuivies durant plusieurs annĂ©es – trois ou cinq, selon la rĂ©gion. HĂ©riter d'une entreprise familiale Ă  0%? Ce n'est possible qu'en Wallonie –et les activitĂ©s doivent ĂȘtre poursuivies pendant au moins cinq ans. En Flandre et Ă  Bruxelles, on note une incitation plus forte Ă  donner l'entreprise familiale de son vivant.” “Un point souvent nĂ©gligĂ© est celui des cautions personnelles”, reprend Dirk Denies. “Si vous oubliez de les annuler ou de les transfĂ©rer, elles se

prolongent, mĂȘme si vous n'avez plus rien Ă  voir avec l'entreprise. Les accords d'actionnaires ou les statuts peuvent aussi compliquer le transfert. Parfois, ce dernier s’accompagne de restrictions, ou une unanimitĂ© est requise pour une vente. Assurez-vous Ă©galement de convenir de l'octroi Ă  vous, en tant qu'administrateur, de la dĂ©charge par le repreneur; dans le cas contraire, vous restez responsable des dĂ©cisions aprĂšs votre dĂ©part. Une reprise peut avoir des consĂ©quences pour les actionnaires eux-mĂȘmes, mais aussi pour les clients, les fournisseurs et les employĂ©s. VĂ©rifiez soigneusement tous les contrats.”

TROUVER LES STRUCTURES

Que faire si vous désirez impliquer vos enfants sans leur transférer immédiatement le contrÎle de votre

entreprise? “La crĂ©ation d'une sociĂ©tĂ© civile peut ĂȘtre intĂ©ressante dans ce contexte”, rĂ©pond Lara Hadjistratis. “Elle permet de dissocier la propriĂ©tĂ© du contrĂŽle. Autre solution: une holding, surtout s'il y a plusieurs entreprises. Et si tous les enfants ne nourrissent pas les mĂȘmes ambitions, vous pouvez par exemple scinder l'entreprise en une branche immobiliĂšre et une branche opĂ©rationnelle, chacune Ă©tant attribuĂ©e Ă  l’un des enfants.”

UN PAYSAGE FISCAL EN MUTATION

La fiscalitĂ© est en constante Ă©volution. Pensez Ă  la taxe annoncĂ©e sur les plus-values, qui peut avoir un impact sur les entrepreneurs qui vendent leur entreprise. “Ce qui est valable aujourd'hui peut ne plus l’ĂȘtre dans trois ans”, avertit Dirk Denies. “Nous tenons nos clients continuellement informĂ©s, mais personne n'a de boule de cristal. C'est pourquoi il est essentiel de réévaluer rĂ©guliĂšrement votre planification – tant professionnelle que privĂ©e – et de l'ajuster si nĂ©cessaire.” “Un transfert ne se rĂ©sume jamais Ă  une transaction financiĂšre”, conclut Lara Hadjistratis. “Il s’agit d’un parcours Ă©motionnel et stratĂ©gique oĂč les aspects fiscaux et juridiques jouent un rĂŽle-clĂ©. C’est pourquoi ABN AMRO combine des conseils juridiques, fiscaux, financiers, familiaux et stratĂ©giques. Et ce, mĂȘme aprĂšs le transfert, lorsque le vendeur souhaite faire fructifier le capital reçu.”

SAVE THE DATE

Family Capital Tomorrow

Entourez d’ores et dĂ©jĂ  la date du 9 septembre 2025 dans votre agenda. C’est celle de la premiĂšre Ă©dition de Family Capital Tomorrow, l’évĂ©nement organisĂ© par L’Echo et De Tijd pour les entreprises familiales, les family offices et leur rĂ©seau. Avec ABN AMRO MeesPierson parmi ses fiers partenaires.

Lara Hadjistratis et Dirk Denies © Fabienne Cuypers

Ne laissez pas votre succession numĂ©rique devenir un casse-tĂȘte pour vos hĂ©ritiers

Notre vie quotidienne devient de plus en plus numĂ©rique. On l’observe non seulement sur nos rĂ©seaux sociaux, mais aussi dans nos achats. Ainsi, plus de 40% des jeunes investisseurs se tournent vers les monnaies numĂ©riques comme le bitcoin, selon une Ă©tude de la FSMA rĂ©alisĂ©e ïŹn mai. L’art numĂ©rique – des Ɠuvres sur support digital – est lui aussi de plus en plus prisĂ©. D’aprĂšs la plateforme Statista, pas moins de 50.000 Belges possĂšdent dĂ©jĂ  des Ɠuvres numĂ©riques sous forme de NFT. Un NFT (non-fungible token) est un certiïŹcat de propriĂ©tĂ© numĂ©rique liĂ© Ă  des ïŹchiers uniques, eux-mĂȘmes numĂ©riques.

Ces biens numĂ©riques, intangibles par nature, nĂ©cessitent une approche diïŹ€Ă©rente en matiĂšre de planiïŹcation patrimoniale, ou du moins une plus grande a ention. «Il y a encore trĂšs peu de publications juridiques sur les

Les comptes numĂ©riques et les rĂ©seaux sociaux sont encore les «parents pauvres» de la planiïŹcation patrimoniale. NĂ©gligĂ©s, ils peuvent poser de sĂ©rieux problĂšmes aux hĂ©ritiers. «Anticipez les problĂšmes de demain, mais aussi ceux d’aprĂšs-demain», conseille l’avocat ïŹscaliste Tim Roovers.

Estate Planning

© EPHAMERON

«Il y a encore trÚs peu de publications juridiques sur les héritages numériques.»

Tim Roovers Avocat et partner chez Sansen International Tax Lawyers

hĂ©ritages numĂ©riques», explique Tim Roovers, avocat ïŹscaliste chez Sansen International Tax Lawyers. «La lĂ©gislation est encore trĂšs vague sur le sort des biens et comptes numĂ©riques aprĂšs un dĂ©cĂšs. Les hĂ©ritiers ignorent souvent s’ils peuvent consulter ou gĂ©rer certaines donnĂ©es sans enfreindre les lois sur la vie privĂ©e ou le droit pĂ©nal. Et s’ils ne connaissent pas les biens numĂ©riques du dĂ©funt, cela peut mener Ă  des litiges sur les droits de succession», prĂ©cise Tim Roovers.

Un portefeuille de cryptos dans une banque Ă©trangĂšre Il est donc crucial de prendre les mesures nĂ©cessaires. «Il faut distinguer les comptes ayant une valeur, comme les portefeuilles de cryptomonnaies, de ceux sans valeur ïŹnanciĂšre, comme les comptes de rĂ©seaux sociaux. Mieux vaut bien organiser les deux, tant pour la succession que dans un mandat de protection future», conseille l’avocat ïŹscaliste.

12 Estate Planning Succession numérique

Ce e transparence rigoureuse s’impose encore plus Ă  ceux qui possĂšdent un portefeuille de cryptomonnaies, parce qu’il peut devenir un vĂ©ritable cadeau empoisonnĂ© pour les hĂ©ritiers s’ils ne sont pas informĂ©s de son existence. Lors d’une dĂ©claration de succession, le notaire peut vĂ©riïŹer via le Point de contact central de la Banque nationale auprĂšs de quelles banques belges le dĂ©funt avait un compte. Ce e base de donnĂ©es sera bientĂŽt Ă©tendue aux comptes Ă©trangers. Cependant, pour un portefeuille de cryptomonnaies, ces informations ne suïŹƒront pas, du moins aujourd’hui. Si vous ou votre notaire savez dĂ©jĂ  qu’il existe un portefeuille de cryptomonnaies dans une banque Ă©trangĂšre, la question suivante est de savoir quel montant y est placĂ©. Si le dĂ©funt n’a pas documentĂ© la clĂ© privĂ©e de son portefeuille, non seulement les actifs cryptographiques risquent d’ĂȘtre perdus, mais cela

Ceux qui possĂšdent un portefeuille de cryptomonnaies doivent savoir qu’il peut devenir un vĂ©ritable cadeau empoisonnĂ© pour les hĂ©ritiers non informĂ©s de son existence.

vos comptes numĂ©riques.» Selon lui, la gestion des comptes numĂ©riques dans un mandat de protection future est souvent oubliĂ©e. «Pourtant, il est crucial que la gestion de vos comptes bancaires, de votre dossier mĂ©dical et de vos comptes numĂ©riques soit entre de bonnes mains si vous devenez incapable d’agir par vous-mĂȘme.»

pose Ă©galement un problĂšme pour la dĂ©claration de succession. «Dans ce cas, nous recommandons d’indiquer une valeur de 0 (une valeur «pour mĂ©moire») dans la dĂ©claration de succession. Si la clĂ© privĂ©e est retrouvĂ©e plus tard, une correction peut ĂȘtre demandĂ©e», explique Tim Roovers.

L’importance d’avoir un coïŹ€re-fort numĂ©rique

N’oubliez pas non plus que l’échange de donnĂ©es va s’intensiïŹer dans les annĂ©es Ă  venir. Ainsi, une directive europĂ©enne, DAC 8, oblige les plateformes ou prestataires de services de cryptomonnaies Ă  dĂ©clarer les transactions. Ce e directive doit ĂȘtre transposĂ©e en droit belge d’ici le 31 dĂ©cembre 2025. À l’avenir, il pourrait donc arriver que les hĂ©ritiers soient imposĂ©s sur des cryptoactifs qu’ils ne peuvent pas obtenir faute de clĂ© privĂ©e. Il est donc essentiel de bien tout documenter pour les hĂ©ritiers et de stocker ces informations dans un coïŹ€re-fort numĂ©rique. Documenter est Ă©galement le maĂźtre-mot pour tous les autres comptes numĂ©riques et mots de passe sur les rĂ©seaux sociaux. «Je recommande d’utiliser des gestionnaires de mots de passe. Ils fonctionnent gĂ©nĂ©ralement avec une clĂ© secrĂšte que vous pouvez conserver dans un coïŹ€re-fort numĂ©rique ou en annexe Ă  votre testament, appelĂ©e ‘codicil’», conseille l’avocat. «Via une annexe au testament, vous pouvez Ă©galement dĂ©signer d’autres personnes que vos hĂ©ritiers pour gĂ©rer

Certains rĂ©seaux, comme Facebook et Google, oïŹ€rent dĂ©jĂ  la possibilitĂ© de gĂ©rer le suivi de votre compte aprĂšs votre dĂ©cĂšs. Vous pouvez ainsi dĂ©signer une personne pour gĂ©rer votre proïŹl aprĂšs votre mort ou accĂ©der Ă  vos comptes.

Laisser des instructions claires sur le sort de vos comptes est Ă©galement un must. Cela Ă©vite aux hĂ©ritiers de se disputer sur le devenir des donnĂ©es ou des proïŹls numĂ©riques. Ce ne serait pas la premiĂšre fois qu’une discussion Ă©clate sur la conservation ou la suppression d’un compte Facebook.

Une bonne documentation peut Ă©galement Ă©viter bien des frustrations administratives. La gestion des proïŹls en ligne, des abonnements et des autorisations demande beaucoup de temps et d’énergie, surtout en l’absence d’une liste centrale. En bref, ceux qui souhaitent Ă©pargner bien des tracas Ă  leurs hĂ©ritiers devraient dĂšs aujourd’hui rĂ©ïŹ‚Ă©chir Ă  la succession de leurs biens numĂ©riques.

«Ainsi, vous anticipez non seulement les problĂšmes de demain, mais aussi ceux d’aprĂšs-demain», conclut Tim Roovers.

«Il est crucial que la gestion de vos comptes bancaires, de votre dossier mĂ©dical et de vos comptes numĂ©riques soit entre de bonnes mains si vous devenez incapable d’agir par vous-mĂȘme.»

Tim Roovers Avocat et partner chez Sansen International Tax Lawyers

offre aux entreprises, organisations et organismes publics l’accĂšs au rĂ©seau de L’Echo, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de L’Echo. Excluant la responsabilitĂ© de la rĂ©daction de L’Echo.

Apprendre jeune, agir jeune: en bootcamp chez Integra

Que se passerait-il si les jeunes apprenaient aujourd'hui ce que la plupart des professionnels ne découvrent qu'aprÚs la trentaine, voire la quarantaine? C'est précisément la philosophie qui sous-tend l'Integra Academy et le Bootcamp.

Integra est un acteur belge du private equity. Depuis 2018, l'entreprise a levĂ© plus de 650 millions d'euros pour ses fonds globaux. “Le private equity tourne autour du rendement, mais nous avons aussi un rĂŽle sociĂ©tal”, dĂ©clare Johan Heirbrandt, cofondateur d'Integra. “Nous voulons transmettre aux jeunes des compĂ©tences qui leur seront utiles sur n'importe quel lieu de travail. NĂ©gocier, assurer une prĂ©sentation, dĂ©cortiquer des contrats: on n’explore pas ces points suïŹƒsamment en profondeur sur les bancs de l'Ă©cole.”

L'Integra Academy est un Ă©vĂ©nement rĂ©current qui propose des sessions sur des thĂšmes divers, complĂ©tĂ©es par le dĂ©veloppement des compĂ©tences interpersonnelles et le rĂ©seautage. “Dans notre Academy, nous n'invitons pas uniquement des confĂ©renciers de multinationales. Nous proposons aussi un atelier avec un majordome. Non parce que les jeunes manquent de savoir-vivre, mais parce que cela les aide Ă  se sentir Ă  l'aise lorsqu'ils se retrouvent Ă  table avec un CEO.”

“J'ai appris des choses qui me serviront tout au long de ma carriùre, quelle que soit la direction que je prendrai.”

BenoĂźt Vanherpe, Ă©tudiant en master d'ingĂ©nierie commerciale, s'est inscrit Ă  l'Academy voici deux ans. “Ce n'est pas seulement le contenu qui m'a marquĂ©. Vous ĂȘtes entourĂ© de personnes qui partagent les mĂȘmes idĂ©es que vous.

De gauche à droite: Johan Heirbrandt (Integra), Benoßt Vanherpe (étudiant en master d'ingénierie commerciale), Arnaud Van Hool (étudiant en master d'ingénierie civile), Leonard Soenens (Integra). © Emy Elleboog

Se connecter avec des jeunes ayant des intĂ©rĂȘts identiques aux miens Ă©tait tout aussi prĂ©cieux que les sessions elles-mĂȘmes.”

UNE BLAGUE ET UNE LEÇON

Pour ceux qui veulent aller plus loin, il y a le Bootcamp: une semaine de stage intensif en aoĂ»t. “Chaque annĂ©e, nous recevons environ cent candidatures pour une dizaine de places”, indique Johan Heirbrandt. Le Bootcamp porte bien son nom. À leur arrivĂ©e, les participants se voient prĂ©senter un accord de conïŹdentialitĂ©. “Comme nous leur posons des questions au moment de signer, ils ne lisent pas attentivement cet accord
 et personne ne voit la clause stipulant qu'ils doivent payer 100 euros par jour!”, sourit Johan Heirbrandt. “Une blague et une leçon qui resteront gravĂ©es dans leur esprit.” Les Ă©tudiants travaillent une semaine sur des cas pratiques d'Integra. Ils rĂ©alisent l'analyse ïŹnanciĂšre d'une entreprise, Ă©laborent un plan d'affaires,

rĂ©ïŹ‚Ă©chissent Ă  la maniĂšre d'amĂ©liorer la rentabilitĂ© d'une entreprise. Arnaud Van Hool, Ă©tudiant en master d'ingĂ©nierie civile, y a vu une “rĂ©vĂ©lation”. Il se rĂ©fĂšre Ă  la philosophie des “cinq seaux” qu'il a apprise chez Integra. “Vous avez cinq seaux Ă  remplir: connaissances, compĂ©tences, rĂ©seau, ressources et rĂ©putation. Le Bootcamp permet vraiment de remplir les deux premiers.” Les participants n’oublieront jamais ces enseignements. “J’en retiens surtout l'importance de construire un rĂ©seau”, conïŹe BenoĂźt. “De-

Family

puis, je participe beaucoup plus souvent Ă  des Ă©vĂ©nements.” Quant Ă  Arnaud, il se remĂ©more cette semaine avec gratitude: “J'ai appris des choses qui me serviront tout au long de ma carriĂšre, quelle que soit la direction que je prendrai.”

Intéressé·e?

Vous souhaitez en savoir plus sur l'Integra Academy ou le Bootcamp?

Envoyez un e-mail Ă  info@integra.fund

SAVE THE DATE

Family Capital Tomorrow

Entourez d’ores et dĂ©jĂ  la date du 9 septembre 2025 dans votre agenda. C’est celle de la premiĂšre Ă©dition de Family Capital Tomorrow, l’évĂ©nement organisĂ© par L’Echo et De Tijd pour les entreprises familiales, les family oïŹƒces et leur rĂ©seau. Avec Integra parmi ses ïŹers partenaires.

Estate Planning Interview

«Le patrimoine suscite des discussions enïŹ‚ammĂ©es.

Plus il est élevé, plus cela devient explosif»

Une planiïŹcation patrimoniale rĂ©ussie exige bien plus que des documents juridiques solidement rĂ©digĂ©s. «C’est tout un art de trouver le juste Ă©quilibre entre les diverses prĂ©occupations.»

L’IA, un alliĂ© ou un dĂ©ïŹ?

PETRA DE ROUCK particuliÚres comme les familles recomposées ou les trÚs grandes fortunes.»

Depuis plus de deux dĂ©cennies, Ann Maelfait et Anton van Zantbeek se consacrent Ă  l’accompagnement des grands patrimoines et des entreprises familiales. Leur expertise s’étend de la structuration et la planiïŹcation patrimoniale Ă  la gestion des conïŹ‚its, en passant par les procĂ©dures judiciaires, souvent dans des contextes internationaux complexes. Au ïŹl des annĂ©es, ils ont vu la lĂ©gislation et la ïŹscalitĂ© Ă©voluer Ă  maintes reprises. DĂ©sormais, ils sont concurrencĂ©s par un acteur inattendu: l’intelligence artiïŹcielle. ChatGPT propose Ă  prĂ©sent des plans patrimoniaux Ă  ceux qui lui soume ent leur situation familiale et ïŹnanciĂšre.

Ann Maelfait: «Nos consultations ne commencent plus par l’explication des principes de base. Les clients arrivent avec des informations glanĂ©es ici et lĂ , souvent incomplĂštes ou erronĂ©es. L’intelligence artiïŹcielle mĂ©lange frĂ©quemment les rĂšgles belges et Ă©trangĂšres, tantĂŽt nĂ©erlandaises, tantĂŽt françaises. Nous devons donc commencer par ajuster les a entes et les perceptions.»

Pourquoi une planiïŹcation patrimoniale est-elle cruciale, surtout pour les grandes fortunes?

Anton van Zantbeek: «Je pourrais vous Ă©numĂ©rer des tas des raisons. Mais prenons la principale. Le patrimoine suscite des discussions enïŹ‚ammĂ©es. Et plus il est Ă©levĂ©, plus cela peut devenir explosif. La loi oïŹ€re une solution standard, adaptĂ©e Ă  la majoritĂ©, mais pas aux situations

«Un proverbe chinois nous enseigne que ce sont les petites taupiniÚres qui nous font trébucher, et non les grandes montagnes.»

Anton van Zantbeek Avocat

A. M.: «Ces grands patrimoines sont souvent complexes et structurĂ©s au niveau international. Les entrepreneurs, qui ont pris des risques pour dĂ©velopper leurs activitĂ©s, s’inquiĂštent de la continuitĂ© de leur entreprise, qui n’est qu’une partie de leur patrimoine. D’autres parties prenantes Ă  ce patrimoine entrent aussi en jeu.»

À quel moment de la vie les gens se tournent-ils vers vous pour une planiïŹcation patrimoniale?

A. M.: «Récemment, un octogénaire est venu nous voir. Nous vivons plus longtemps, mais ce sont souvent des quinquagénaires ou sexagénaires, surtout aprÚs la vente de leur entreprise.»

A. v. Z.: «En rĂ©alitĂ©, la planiïŹcation

Estate Planning

LES PROFILS

Ann Maelfait (49 ans)

> Avocate spĂ©cialisĂ©e en planiïŹcation patrimoniale et procĂ©dures civiles.

> Master en droit, KULeuven.

> Master complĂ©mentaire en droit ïŹscal, KULeuven.

Anton van Zantbeek (52 ans)

> Avocat depuis 1996, spĂ©cialisĂ© en planiïŹcation patrimoniale et droit ïŹscal.

> Master en droit, UGent.

> Master complĂ©mentaire en droit ïŹscal, École de commerce Solvay.

patrimoniale concerne tous les Ăąges. Elle implique cependant des approches diïŹ€Ă©rentes selon les gĂ©nĂ©rations. Les jeunes pensent aux conditions matrimoniales et Ă  un testament de type â€˜ïŹlet de secours’ pour l’autre conjoint, puis viennent les testaments plus complexes, avec des donations et des mandats de protection, pour ïŹnalement envisager des donations complĂštes Ă  la gĂ©nĂ©ration suivante.»

Quelles sont les principales prĂ©occupations des clients en matiĂšre de planiïŹcation?

A. M.: «Il n’y a jamais une seule prĂ©occupation. L’art est d’écouter et de trouver le juste Ă©quilibre entre ces diïŹ€Ă©rentes prĂ©occupations. ProtĂ©ger le partenaire sans lĂ©ser les enfants est souvent primordial, surtout dans les successions de familles recomposĂ©es.»

A. v. Z.: «Nous devons parfois dissiper certaines illusions. Les gens veulent souvent garder dans la famille des objets de grande valeur Ă©motionnelle, comme une peinture, des bijoux, une voiture de collection ou une maison de vacances. Mais cela peut ĂȘtre source de conïŹ‚its. Un proverbe chinois nous enseigne que ce sont les petites taupiniĂšres qui nous font trĂ©bucher, et non les grandes montagnes. Parfois, il est donc prĂ©fĂ©rable de vendre pour Ă©viter les disputes entre enfants. L’Ɠuvre de

Les avocats Ann Maelfait et Anton van Zantbeek. © JOSEFIEN TONDELEIR

Estate Planning Interview

toute une vie ne doit d’ailleurs pas ĂȘtre mise en vente immĂ©diatement. LĂ  aussi, une planiïŹcation bien faite apportera la solution.»

A. M.: «L’émotion dans la planiïŹcation est souvent oubliĂ©e. Les documents juridiques sont secs et ne reïŹ‚Ăštent pas les sentiments sousjacents, qui continueront Ă  s’exprimer par la suite.»

Les querelles familiales sont-elles plutît la rùgle ou l’exception?

A. M.: «Nombre de familles gĂšrent cela trĂšs bien, mais les conïŹ‚its ont tendance Ă  augmenter au ïŹl des ans. Le monde change, l’individualisme grandit. Les gens communiquent moins, ne se voient plus aussi souvent. Les mariages internationaux et les enfants vivant Ă  l’étranger compliquent les choses.»

A. v. Z.: «L’internationalisation complexiïŹe la situation. Pour les impĂŽts sur le revenu, il existe des conventions internationales. Et pour le droit matrimonial et le droit successoral, ainsi que toutes sortes d’autres dispositions dans le domaine civil, un cadre international est en place ou est en voie de l’ĂȘtre. Mais pour les droits (impĂŽts) de succession et de donation, aucune uniformisation n’existe. Au contraire, mĂȘme. Dans un pays, c’est le lieu de rĂ©sidence de la personne dĂ©cĂ©dĂ©e qui importe. Dans un autre, c’est le lieu de la personne bĂ©nĂ©ïŹciaire. Et dans un troisiĂšme, c’est la localisation des biens lĂ©guĂ©s qui est dĂ©terminante. Ainsi, les patrimoines sont souvent doublement, voire triplement taxĂ©s.»

Les liens familiaux ne sont plus aussi solides qu’avant. Les gens sont-ils plus nombreux Ă  vouloir dĂ©shĂ©riter un enfant?

A. M.: «Il n’est pas rare d’entendre des quinquagĂ©naires et sexagĂ©naires exprimer ce souhait pour des raisons prĂ©cises. Mais cela arrive aussi chez des octogĂ©naires, voire des nonagĂ©naires. Ils veulent dĂ©shĂ©riter leur enfant parce qu’il refuse de faire ceci ou cela. Parfois, les aĂźnĂ©s envisagent la planiïŹcation successorale comme un

«La ïŹscalitĂ© pousse les gens Ă  envisager des donations, mais ce n’est pas toujours la meilleure option.»

Ann Maelfait Avocate

moyen de pression. Dans ces cas-lĂ , il est crucial de rĂ©tablir l’équilibre. Nous recevons aussi souvent des demandes pour annuler une donation, car les parents estiment que leur enfant n’est pas assez reconnaissant. Cependant, une donation est, sauf entre Ă©poux, irrĂ©vocable.»

Les donations sont souvent plus avantageuses ïŹscalement que les hĂ©ritages. Sont-elles donc systĂ©matiquement intĂ©grĂ©es dans les planiïŹcations?

A. M.: «La ïŹscalitĂ© pousse eïŹ€ectivement les gens Ă  envisager des donations, mais ce n’est pas toujours la meilleure option. Il existe d’autres solutions. Par exemple, un mandat de protection permet de prĂ©voir une donation en urgence. C’est ce qui se passe gĂ©nĂ©ralement. Quand une personne est en ïŹn de vie, nous sommes appelĂ©s avec le notaire. La planiïŹcation de secours, notre ‘parachute’, est alors activĂ©e, et une donation est faite via le mandat de protection. Bien sĂ»r, en cas de dĂ©cĂšs soudain, un mandat de protection ne suïŹƒt pas, mais une telle protection peut ĂȘtre utile.»

Ce mandat est-il devenu un Ă©lĂ©ment essentiel dans toutes les planiïŹcations?

génération suivante gÚrera leur patrimoine?

A. v. Z.: «Les personnes qui ont bĂąti un patrimoine craignent souvent que la deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, au mieux, le prĂ©serve et que la troisiĂšme le dilapide. Ce e crainte est fondĂ©e. Ce e Ă©volution se vĂ©riïŹe assez souvent.»

«Beaucoup de mandats de protection ne sont pas optimaux. Un mandataire ne peut jamais se faire une donation Ă  lui-mĂȘme.»

Ann Maelfait Avocate

A. M.: «Absolument. Mais il mĂ©rite plus d’a ention juridique. Tout le monde a un mandat de protection, ce qui donne l’impression que c’est simple. Pourtant, beaucoup ne sont pas optimaux. Quand il faut les utiliser, on dĂ©couvre souvent que le ‘parachute’ ne fonctionne pas. Par exemple, si un enfant est dĂ©signĂ©, on oublie parfois de nommer un mandataire ad hoc pour faire des donations Ă  cet enfant. Un mandataire ne peut jamais se faire une donation Ă  lui-mĂȘme.

Il est aussi crucial de bien choisir le bĂ©nĂ©ïŹciaire du mandat. Nous constatons parfois des abus dans les procĂ©dures judiciaires.»

Les personnes fortunĂ©es s’inquiĂštent-elles de la façon dont la

A. M.: «De plus en plus de parents nous demandent de parler Ă  leurs enfants et petits-enfants, de leur donner d’amples explications, en somme de les former. Par exemple, nous devons parfois expliquer les risques d’un mariage sans contrat. Il est possible de faire en sorte que la gĂ©nĂ©ration suivante n’accĂšde que progressivement au patrimoine. Des clauses de gestion peuvent ĂȘtre incluses dans les actes de donation ou les testaments. Dans ce cas, le bĂ©nĂ©ïŹciaire doit accepter que la gestion soit conïŹĂ©e Ă  quelqu’un d’autre pendant un certain temps. Cela peut ĂȘtre pour Ă©viter qu’un hĂ©ritier ne fasse des dĂ©penses inconsidĂ©rĂ©es, comme l’achat d’une Ferrari, mais souvent, ces clauses visent Ă  guider et former le lĂ©gataire Ă  prendre de bonnes dĂ©cisions. Ainsi, l’on peut stipuler, par exemple, que l’enfant recevra des informations sur les dĂ©cisions prises Ă  partir de 18 ans et ĂȘtre impliquĂ© dans les dĂ©cisions dĂšs 23 ans. Des fonds peuvent ĂȘtre dĂ©bloquĂ©s pour des Ă©tudes ou l’achat d’une maison, avant que l’enfant ne prenne totalement le contrĂŽle du patrimoine Ă  30 ans.»

Peut-on vraiment dormir sur ses deux oreilles une fois une bonne planiïŹcation en place?

A. v. Z.: «Nous plaisantons parfois avec les personnes qui nous sollicitent en leur disant qu’ils ne peuvent devenir nos clients que s’ils acceptent de revenir nous voir chaque annĂ©e. Certains pensent que c’est pour facturer plus, mais c’est essentiel pour suivre l’évolution de la planiïŹcation. Les situations de vie et les besoins changent. Les gens peuvent aussi changer d’avis. C’est normal. Ce qui est plus problĂ©matique, c’est la volatilitĂ© lĂ©gislative. En Belgique, les rĂšgles du jeu changent en cours de partie.

«Le climat ïŹscal incertain crĂ©e de l’anxiĂ©tĂ©. Beaucoup se demandent s’il ne vaudrait pas mieux s’installer Ă  l’étranger.»

Anton van Zantbeek

Avocat

La nouvelle lĂ©gislation s’applique aussi aux anciennes planiïŹcations, qui doivent alors ĂȘtre ajustĂ©es. Fiscalement, c’est pareil. L’administration ïŹscale ïŹ‚amande semble avoir pris des stĂ©roĂŻdes. Des planiïŹcations patrimoniales classiques sont souvent contestĂ©es. Par exemple, une donation avec rĂ©serve de contrĂŽle peut entraĂźner un avis d’imposition au dĂ©cĂšs, indiquant une vĂ©riïŹcation pour abus ïŹscal.»

A. M.: «Le ‘service aprĂšs-vente’ est crucial. Nous voyons des sociĂ©tĂ©s civiles avec des procĂšs-verbaux non conformes, ou des donations impossibles Ă  prouver faute d’extraits de compte. Pour le ïŹsc, c’est du pain

Estate Planning

bĂ©nit. Il pourra contester d’autant plus facilement la planiïŹcation patrimoniale.»

Quels sont les sujets qui suscitent le plus de questions ces derniers temps?

A. M.: «Il y a une grande inquiĂ©tude autour du rĂ©gime ïŹscal favorable des entreprises familiales, notamment en ce qui concerne l’immobilier qui y est logĂ©. Le gouvernement ïŹ‚amand prĂ©voit des ajustements dans son accord. Un arrĂȘt Ă  Gand, oĂč un boucher a pu transme re son patrimoine immobilier sans impĂŽt grĂące au rĂ©gime favorable, a fait grand bruit. Depuis, le ïŹsc ïŹ‚amand

surveille de prĂšs l’immobilier des entreprises familiales.»

A. v. Z.: «La Flandre est compĂ©tente pour les entreprises familiales depuis environ 30 ans et la lĂ©gislation a Ă©tĂ© modiïŹĂ©e autant de fois. Les entrepreneurs ont besoin d’un cadre stable et clair, pas d’un systĂšme instable. Si l’on continue Ă  traiter l’immobilier de maniĂšre dĂ©raisonnable, de nombreux investisseurs se retireront, aggravant la pĂ©nurie de logements en Flandre, y compris dans le secteur social.»

Qu’en est-il de la taxe sur les plus-values annoncĂ©e?

A. v. Z.: «C’est un autre sujet qui

agite les esprits, mĂȘme si nous avons peu d’informations pour l’instant. Ce climat ïŹscal incertain crĂ©e de l’anxiĂ©tĂ©. Beaucoup se demandent s’il ne vaudrait pas mieux s’installer Ă  l’étranger.»

Les gens sont-ils vraiment prĂȘts Ă  dĂ©mĂ©nager pour protĂ©ger leur patrimoine?

A. v. Z.: «Absolument. DĂ©mĂ©nager peut sembler simple, mais c’est une des planiïŹcations les plus complexes. ProtĂ©ger son patrimoine en dĂ©mĂ©nageant ne suïŹƒt pas, car les biens restent en Belgique. Il faut tout dĂ©placer. Et ceux qui possĂšdent une entreprise ici ne peuvent pas la transfĂ©rer facilement. De plus, dĂ©mĂ©nager implique un coĂ»t personnel souvent sous-estimĂ©.»

Avez-vous dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© des planiïŹcations insolites?

A. v. Z.: «Nous n’avons pas encore eu d’hĂ©ritage lĂ©guĂ© Ă  un animal de compagnie, mais nous avons orchestrĂ© d’autres planiïŹcations remarquables, dont je ne peux malheureusement pas parler pour des raisons de conïŹdentialitĂ©.»

A. M.: «Parfois, cela touche aux secrets de la vie, comme des amours cachĂ©es ou des enfants illĂ©gitimes. La discrĂ©tion est cruciale dans notre mĂ©tier. Nous emporterons beaucoup de secrets dans notre tombe. D’ailleurs, nos dossiers ne portent pas de noms, mais des numĂ©ros. Non pas parce que nous considĂ©rons nos clients comme des numĂ©ros, mais pour garantir la conïŹdentialitĂ© de nos clients en toutes circonstances.»

Estate Planning Taxe sur les plus-values

Les héritiers échapperont à la taxe sur les plus-values

Le gouvernement fĂ©dĂ©ral est dĂ©terminĂ© Ă  imposer, dĂšs 2026, les plus-values sur les actifs ïŹnanciers. Certaines des modalitĂ©s sont dĂ©jĂ  ïŹxĂ©es, d’autres font encore dĂ©bat.

WOUTER VERVENNE progressif de 1,25 à 10% s’appliquera.

Le gouvernement De

Wever a dĂ©cidĂ© de solliciter davantage «les Ă©paules les plus larges» pour rĂ©duire le dĂ©ïŹcit budgĂ©taire. Parmi les mesures phares, une taxe sur les plus-values rĂ©alisĂ©es des actifs ïŹnanciers est en gestation (laborieuse). Le dispositif Ă©laborĂ© par le ministre des Finances, Jan Jambon, ne satisfait pas encore entiĂšrement certains partis de la coalition. Que contient prĂ©cisĂ©ment le projet de Jambon et quelles modiïŹcations pourraient encore ĂȘtre apportĂ©es?

Que recouvre la notion d’actifs ïŹnanciers?

Le terme «actifs ïŹnanciers» est interprĂ©tĂ© de maniĂšre large, englobant quatre grandes catĂ©gories: les instruments ïŹnanciers, certains contrats d’assurance, les cryptoactifs et les devises. Pour Jan Jambon, cela inclut les actions, obligations, fonds d’investissement (y compris les ETF) et produits dĂ©rivĂ©s tels que les options, futures et swaps.

Les assurances Ă©pargne (branches 21, 22 ou 26) et les assurances placement (branche 23) sont Ă©galement concernĂ©es. Un cryptoactif est dĂ©ïŹni comme

une «reprĂ©sentation numĂ©rique d’une valeur ou d’un droit transfĂ©rable et stockable Ă©lectroniquement, utilisant la technologie des registres distribuĂ©s ou une technologie similaire». Quant aux devises, Jan Jambon les dĂ©crit comme des billets de banque, piĂšces de monnaie, monnaie scripturale, monnaie Ă©lectronique, piĂšces d’or ou monnaies numĂ©riques de banque centrale.

Quels seront le taux d’imposition et le montant exonĂ©rĂ©?

Le taux d’imposition proposĂ© est de 10% au-delĂ  d’une tranche annuelle de 10.000 euros, indexĂ©e chaque annĂ©e. Le solde non utilisĂ© de ce e premiĂšre tranche est reportable sur un an. Par exemple, si vous rĂ©alisez 8.000 euros de plus-values en 2026, en 2027, vous serez exonĂ©rĂ© jusqu’à 12.000 euros. Le CD&V plaide pour une augmentation de l’exonĂ©ration Ă  20.000 euros, aïŹn de ne pas viser la classe moyenne.

Un rĂ©gime spĂ©cial s’applique aux contribuables dĂ©tenant une «participation signiïŹcative». Ce dispositif concerne ceux qui, Ă  un moment donnĂ© au cours des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, dĂ©tenaient, seuls ou avec des membres de leur famille jusqu’au quatriĂšme degrĂ©, directement ou indirectement, au moins 20% des droits dans une sociĂ©tĂ©. AprĂšs une exonĂ©ration annuelle d’un million d’euros, un barĂšme

Comment sera calculée la plus-value?

Les plus-values rĂ©alisĂ©es Ă  partir du 1er janvier 2026 seront imposables. Si la valeur d’acquisition dĂ©passe celle du 31 dĂ©cembre 2025, la valeur d’achat sera retenue, Ă  condition que le contribuable puisse la prouver. Les frais ou taxes Ă©ventuels ne sont pas dĂ©ductibles.

Comment dĂ©terminer la plus-value en cas d’achats Ă©chelonnĂ©s?

La mĂ©thode FIFO est utilisĂ©e pour calculer la valeur d’achat. Cela signiïŹe que lors d’une vente, les actions achetĂ©es en premier sont vendues en premier. Par exemple, si vous achetez 20 actions Ă  100 euros chacune, puis 20 Ă  150 euros, et que vous vendez 10 actions Ă  200 euros, la plus-value est de 1.000 euros (10x200 - 10x100).

Les moins-values seront-elles déductibles?

Les moins-values sont dĂ©ductibles sous trois conditions: elles doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es dans la mĂȘme pĂ©riode imposable, par le mĂȘme contribuable et dans la mĂȘme catĂ©gorie d’actifs ïŹnanciers, comme dĂ©ïŹnies Ă  l’article 90 du code des impĂŽts sur les revenus de 1992. Ainsi, une perte sur un produit d’assurance peut ĂȘtre dĂ©duite d’un gain sur un produit bancaire, Ă  condition

AïŹn de promouvoir l’investissement durable, la proposition actuelle prĂ©voit une exonĂ©ration pour les plus-values rĂ©alisĂ©es sur des actifs ïŹnanciers dĂ©tenus depuis au moins dix ans.

Estate Planning

que cela se produise dans la mĂȘme pĂ©riode imposable.

Une exonĂ©ration s’appliquera-t-elle aprĂšs dix ans?

La proposition actuelle prĂ©voit une exonĂ©ration pour les plus-values rĂ©alisĂ©es sur des actifs ïŹnanciers dĂ©tenus depuis au moins dix ans. Jambon souhaite ainsi promouvoir l’investissement durable, tout en tenant compte des contraintes lĂ©gales et pratiques. En eïŹ€et, les banques ne conservent les relevĂ©s de compte que pour une dĂ©cennie, et les dĂ©lais de prescription ïŹscale sont plus courts.

Cependant, ce e exonĂ©ration fait dĂ©bat. Le parti Vooruit s’y oppose fermement, soulignant son absence dans l’accord de gouvernement. Coen Ysebaert, expert ïŹscal chez KPMG,

prĂ©cise que ce e exonĂ©ration ne s’applique pas aux «participations signiïŹcatives»

D’autres exonĂ©rations sont-elles prĂ©vues?

Oui. Les plus-values issues des actifs ïŹnanciers du deuxiĂšme pilier de pension (pension complĂ©mentaire pour salariĂ©s ou indĂ©pendants) et du troisiĂšme pilier (Ă©pargne-pension individuelle) seront exonĂ©rĂ©es. Mais, lĂ  aussi, Vooruit s’y oppose.

Quel avenir pour la taxe Reynders et la taxe sur les assurances?

La taxe Reynders, qui impose Ă  30% les plus-values des obligations dans un fonds d’investissement, est vouĂ©e Ă  disparaĂźtre selon la proposition de Jambon.

Le ministre des Finances envisage Ă©galement de rĂ©duire la taxe sur les assurances d’épargne et d’investissement de 2% Ă  0,7%. «L’objectif est d’assurer une Ă©quitĂ© maximale entre les diïŹ€Ă©rents actifs ïŹnanciers», aïŹƒrme-t-il. Toutefois, ces modiïŹcations font Ă©galement dĂ©bat. Vincent Van Peteghem, ministre du Budget (CD&V), craint un coĂ»t trop Ă©levĂ© pour les ïŹnances publiques.

Que se passe-t-il en cas de décÚs?

Les donations ou transferts de propriĂ©tĂ© lors d’un dĂ©cĂšs ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des rĂ©alisations de plus-value. Il en va de mĂȘme pour les sorties d’indivision, par exemple lorsqu’un compte-titres commun est divisĂ© en comptes individuels.

Le dispositif élaboré par le ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA), ne satisfait pas encore entiÚrement certains partis de la coalition.

Quid en cas de nue-propriĂ©tĂ© et d’usufruit?

Le nu-propriĂ©taire d’actifs ïŹnanciers est traitĂ© comme le propriĂ©taire Ă  part entiĂšre.

Comment la taxe sur les plus-values sera-t-elle perçue?

Les institutions ïŹnanciĂšres belges prĂ©lĂšveront directement la taxe sur les plus-values. Les contribuables pourront rĂ©clamer l’exonĂ©ration de 10.000 euros et dĂ©duire les moins-values via leur dĂ©claration d’impĂŽt sur le revenu. En revanche, la taxe sur les plus-values des participations signiïŹcatives ne sera pas prĂ©levĂ©e Ă  la source. Ces plus-values devront ĂȘtre dĂ©clarĂ©es dans l’impĂŽt sur le revenu, y compris pour les actifs dĂ©tenus Ă  l’étranger.

LĂ©guez votre hĂ©ritage Ă  une cause qui vous tient Ă  cƓur

LĂ©guer Ă  une bonne cause, c’est, pour beaucoup de Belges, une façon de continuer Ă  soutenir ce qui leur est cher aprĂšs leur dĂ©cĂšs. Mais comment s’y prendre au mieux? Quels sont les dĂ©tails Ă  ne pas nĂ©gliger?

En 2024, la gĂ©nĂ©rositĂ© des Belges a a eint des sommets. Le montant des dons donnant droit Ă  une rĂ©duction d’impĂŽt a a eint 375,09 millions d’euros, selon les donnĂ©es du SPF Finances basĂ©es sur les ïŹches ïŹscales introduites par les organisations caritatives. Si vous envisagez de faire de mĂȘme dans le cadre de votre hĂ©ritage, voici quelques points Ă  considĂ©rer.

1 Comment lĂ©guer (une partie de) votre patrimoine Ă  une Ɠuvre caritative?

Pour transme re (une partie de) vos biens Ă  une bonne cause, il est essentiel de le mentionner dans votre testament sous forme de legs. Ce don peut prendre diïŹ€Ă©rentes formes. Un legs universel permet de transme re l’intĂ©gralitĂ© de votre patrimoine Ă  une ou plusieurs personnes ou organisations. Toutefois, en prĂ©sence d’hĂ©ritiers rĂ©servataires, ce legs est limitĂ© Ă  la part disponible la plus large. Un legs Ă  titre universel, quant Ă  lui, concerne une fraction ou un pourcentage de votre succession, comme un tiers ou la moitiĂ©. Il peut Ă©galement se limiter Ă  des biens immobiliers ou

mobiliers. EnïŹn, un legs particulier concerne des biens spĂ©ciïŹques, tels qu’une somme d’argent, un bien immobilier prĂ©cis ou une Ɠuvre d’art.

2Comment procéder au mieux?

«Mon conseil principal: consultez un notaire», recommande Ludwig Forrest de la Fondation Roi Baudouin. «C’est une dĂ©cision cruciale dans votre vie, et l’expertise d’un professionnel est indispensable.»

Trois types de testaments existent: le testament international, le testament olographe (ou sous seing privĂ©) que vous rĂ©digez, datez et signez vous-mĂȘme, et le testament notariĂ©, rĂ©digĂ© avec un notaire et consignĂ© dans un acte authentique. La Fondation Roi Baudouin et la fĂ©dĂ©ration professionnelle testament.be prĂ©conisent le testament notariĂ©, car il est exĂ©cutoire de plein droit et pratiquement incontestable. «Ce e voie est encore plus indiquĂ©e lorsque l’hĂ©ritage est destinĂ© en tout ou partie Ă  une Ɠuvre caritative, parce qu’elle garantit une formulation prĂ©cise, ce qui rĂ©duit le risque de contestation», souligne-t-on.

«Sans expertise d’un professionnel, le rĂ©sultat de votre testament pourrait s’écarter de vos intentions.»

Joni Soutaer Notaire

3 Les points à nepas négliger

Choisir une Ɠuvre caritative comme destinataire de son patrimoine implique, lĂ  aussi, de veiller particuliĂšrement aux dĂ©tails pratiques. Ainsi, veillez Ă  inclure sa dĂ©nomination (juridique) complĂšte, son adresse et son numĂ©ro d’entreprise dans votre testament pour Ă©viter toute confusion, conseille le notaire Joni Soutaer. Elle suggĂšre Ă©galement de prĂ©voir un destinataire alternatif, au cas oĂč l’Ɠuvre caritative choisie n’existerait plus ou refuserait votre legs. «Que faire de l’hĂ©ritage dans ce cas? Le lĂ©guer Ă  une autre ASBL? Pensez donc Ă  prĂ©voir un systĂšme de cascade dans votre testament.»

«De nombreux modÚles de testaments olographes circulent sur internet»,

Estate Planning

note Joni Soutaer. «Mais sans expertise, le rĂ©sultat peut s’écarter de vos intentions. Il est donc crucial de vĂ©riïŹer rĂ©guliĂšrement auprĂšs de votre notaire si votre testament rĂ©pond toujours Ă  vos souhaits actuels, surtout lors de grands changements de vie, comme la naissance d’un enfant ou un mariage.»

«Actuellement, par exemple, j’ai un testament qu’une dame a rĂ©digĂ© dans les annĂ©es 1990 qui lĂšgue tout Ă  une seule personne. Depuis, elle s’est mariĂ©e et a eu une ïŹlle, mais n’a jamais modiïŹĂ© son testament. Était-ce vraiment son souhait? DiïŹƒcile Ă  prouver.»

Qui choisit de lĂ©guer (une partie de) son patrimoine Ă  une Ɠuvre caritative?

«Ce sont surtout les célibataires ou ceux qui préfÚrent ne pas transme re

TRACKER, le podcast qui donne la parole aux nouveaux investisseurs.

Ecoutez ‘Tracker’ dans l’app de L’Echo, sur lecho.be et sur toutes les plateformes de podcast.

Vous avez eu le déclic pour la bourse?

Vous cherchez des infos pratiques pour consolider votre stratégie?

Tracker vous propose des tĂ©moignages d’investisseurs qui, comme vous, ont dĂ©cidĂ© de se lancer. Un partage d’expĂ©riences utile, accompagnĂ© d’avis d’experts, pour vous accompagner face aux nouveaux dĂ©fis de l’investissement.

Chaque jeudi un nouvel épisode Avec le soutien de

Estate Planning

Ă  leur famille qui optent pour un legs Ă  une bonne cause», explique la notaire Joni Soutaer. «De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le legs Ă  une Ɠuvre caritative est absent des testaments des membres de familles avec enfants qui, du reste, en rĂ©digent rarement. Mais certaines prĂ©voient une clause pour une bonne cause dans leur testament, au cas oĂč elles viendraient Ă  disparaĂźtre ensemble dans un accident. Cela leur apporte une certaine sĂ©rĂ©nitĂ©.»

5 Comment choisir la bonne cause Ă  soutenir?

«Lorsqu’une personne se prĂ©sente pour la premiĂšre fois Ă  la Fondation Roi Baudouin, nous abordons surtout ses centres d’intĂ©rĂȘt», explique Ludwig Forrest. «Qu’est-ce qui vous passionne? Est-ce la recherche scientiïŹque, la lu e contre la pauvretĂ©, le bien-ĂȘtre animal... Ces entretiens sont approfondis. Mon conseil est toujours de partir de vos propres souhaits. Certains demandent: ‘Que puis-je faire?’ Je leur rĂ©ponds: ‘Qu’aimeriez-vous vraiment faire?’» «Souvent, il y a une histoire personnelle derriĂšre le choix de la cause», observe la notaire Joni Soutaer. «Par exemple, quelqu’un qui a survĂ©cu Ă  un cancer et souhaite soutenir la recherche scientiïŹque sur ce e maladie aprĂšs son dĂ©cĂšs.»

«Je reçois rĂ©guliĂšrement des personnes souhaitant lĂ©guer Ă  leur chien», ajoute Joni Soutaer. «Mais un animal de compagnie n’est pas une bonne cause. Il faut dĂ©signer quelqu’un pour s’occuper de l’animal et lui lĂ©guer les moyens nĂ©cessaires.»

6 Que peut-on lĂ©guer Ă  une Ɠuvre caritative?

«Tout ce qui compose votre patrimoine», pourrait-on rĂ©pondre simplement. Épargne, titres, comptes bancaires et de titres, Ă©pargne-pension, capitaux d’assurance-vie, bijoux, Ɠuvres d’art, biens mobiliers, immobilier... Tout peut ĂȘtre transmis Ă  une bonne cause.

«Nous constatons que de plus en plus de familles s’engagent dans des projets philanthropiques communs.»

«À la Fondation Roi Baudouin, les legs les plus frĂ©quents sont constituĂ©s d’argent, de biens immobiliers et d’Ɠuvres d’art», prĂ©cise Ludwig Forrest.

7 Que devient votre héritage légué à une bonne cause?

Votre testament peut inclure des dispositions sur l’utilisation de certains biens. «Parfois, ceux qui lĂšguent des biens immobiliers suggĂšrent d’y installer des activitĂ©s pour la bonne cause», explique Ludwig Forrest. «Dans ce cas, nous discutons avec la cause concernĂ©e et le donateur. Est-ce rĂ©alisable? Est-ce pertinent? Cela peut ĂȘtre magniïŹque, mais, parfois, il vaut mieux vendre le bien et utiliser les fonds pour la cause. Pour les Ɠuvres d’art, il est aussi souvent prĂ©cisĂ© ce qu’il adviendra d’elles.»

8

Peut-on vraiment lĂ©guer tout son patrimoine Ă  une Ɠuvre caritative?

En Belgique, le droit successoral impose de respecter une part rĂ©servataire pour les (petits-)enfants et le/la conjoint(e). Ces hĂ©ritiers rĂ©servataires bĂ©nĂ©ïŹcient d’une moitiĂ© du patri-

moine, appelée la réserve, peu importe leur nombre.

Le reste, la quotitĂ© disponible, peut ĂȘtre a ribuĂ© librement par testament. Si vous n’avez pas ou plus d’hĂ©ritiers rĂ©servataires, vous pouvez disposer de l’intĂ©gralitĂ© de votre patrimoine comme bon vous semble. Ainsi, la possibilitĂ© de lĂ©guer tout Ă  une Ɠuvre caritative dĂ©pend de votre situation personnelle et de l’existence d’hĂ©ritiers rĂ©servataires.

«Nous constatons que de plus en plus de familles s’engagent dans des projets philanthropiques communs», explique Ludwig Forrest. «Parfois, une partie de la succession est destinĂ©e Ă  une Ɠuvre caritative, mĂȘme si des enfants sont hĂ©ritiers directs. Les parents et les enfants discutent alors ensemble de ces choix. Il arrive mĂȘme que les enfants expriment leur souhait de voir une part de l’hĂ©ritage consacrĂ©e Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.»

9

Comment rĂ©partir son hĂ©ritage entre ses enfants, d’autres hĂ©ritiers et une Ɠuvre caritative?

«Plus il y a de bĂ©nĂ©ïŹciaires, plus la tĂąche se complique», souligne la notaire Joni Soutaer. Elle insiste sur

l’importance de dĂ©signer un lĂ©gataire universel, qui peut ĂȘtre une personne ou une Ɠuvre caritative. «Ce lĂ©gataire reçoit la succession avec la responsabilitĂ© de son exĂ©cution. Il est donc aux commandes et doit veiller Ă  la bonne rĂ©partition de l’hĂ©ritage.»

Ludwig Forrest conseille de «prendre le temps nĂ©cessaire». «Il n’est pas rare qu’un an s’écoule entre notre premier entretien et la dĂ©cision ïŹnale. C’est tout Ă  fait normal, car il s’agit de l’une des dĂ©cisions les plus importantes de votre vie.»

10

Pensez au legs en duo

Le legs en duo permet de lĂ©guer une partie de son hĂ©ritage Ă  une personne de la famille Ă©loignĂ©e ou sans aucun lien de parentĂ© – qui sinon paie des droits de succession prohibitifs compris entre 20% et 80% au-delĂ  de 75.000 euros – Ă  des conditions ïŹscalement avantageuses, en lĂ©guant concomitamment une partie Ă  une Ɠuvre caritative.

En pratique, vous dĂ©signez dans votre testament un neveu, un ïŹlleul ou un ami ainsi que la Croix-Rouge par exemple. C’est elle qui paiera les droits de succession sur la part qu’elle reçoit (tarif avantageux) mais Ă©galement sur celle de votre ïŹlleul ou ami (tarif normal).

La rĂ©partition doit cependant ĂȘtre calculĂ©e aïŹn que la bonne Ɠuvre touche suïŹƒsamment pour compenser les formalitĂ©s administratives dont elle doit se charger.

«Souvent, il y a une histoire personnelle derriĂšre le choix de la cause. Quelqu’un qui a survĂ©cu Ă  un cancer et souhaite soutenir la recherche scientiïŹque sur cette maladie aprĂšs son dĂ©cĂšs.»

Joni Soutaer Notaire

C’est d’ailleurs ce qui a justiïŹĂ© la mise en cause du legs en duo par la RĂ©gion ïŹ‚amande. Estimant que ce e technique Ă©tait trop souvent motivĂ©e par des considĂ©rations purement ïŹscales, la Flandre l’a supprimĂ©e pour les successions ouvertes aprĂšs le 1er juillet 2021. En contrepartie, les Ɠuvres caritatives ne paient plus de droits sur le patrimoine qui leur est lĂ©guĂ©, sauf dans le cas d’une association professionnelle et d’une fondation privĂ©e, qui se voient appliquer un taux de 8,5%.

Estate Planning

Transmission à la «next gen»

Transme re son aïŹ€aire Ă  la «next gen», tout un programme!

Le passage de tĂ©moin entre le dirigeant d’une entreprise familiale et la gĂ©nĂ©ration suivante est une Ă©tape cruciale qui justiïŹe un accompagnement sur mesure.

La transmission des entreprises est plus que jamais dans l’air du temps. En Wallonie, les derniĂšres statistiques de Wallonie-Entreprendre font Ă©tat d’une forte croissance du nombre de transmissions d’entreprises. En Flandre, rĂ©cemment, plus de 55% des dirigeants d’entreprise envisageaient de cĂ©der le relais dans les cinq ans, selon la derniĂšre enquĂȘte de l’Agence ïŹ‚amande de l’innovation et de l’entreprise (Vlaio). Dans les entreprises familiales, on privilĂ©gie gĂ©nĂ©ralement la continuitĂ© en misant sur la gĂ©nĂ©ration suivante. Celle-ci peut bĂ©nĂ©ïŹcier de l’accompagnement de spĂ©cialistes.

«AïŹn de rĂ©pondre Ă  la demande de familles souhaitant pĂ©renniser leur patrimoine, dont l’entreprise, tout en prĂ©servant l’harmonie familiale, nous avons créé un service dĂ©diĂ© au sein de la banque: le Family Practice», explique Anne Goedert, conseillĂšre grands clients Ă  la Banque de Luxembourg. «Nous y prenons un rĂŽle de facilitateur. En cas de

transmission d’un patrimoine, il est important d’aligner les intĂ©rĂȘts de la gĂ©nĂ©ration qui donne ainsi que ceux de la gĂ©nĂ©ration qui reçoit.»

«La rencontre de la gĂ©nĂ©ration suivante d’un dĂ©tenteur de patrimoine est essentielle dans la recherche de continuitĂ© et de prĂ©servation de ce patrimoine», souligne Bertrand Marot, administrateur exĂ©cutif de la Banque Transatlantique Belgium. «L’objectif est d’apprendre Ă  bien connaĂźtre la gĂ©nĂ©ration suivante en crĂ©ant un lien de conïŹance. Ce e mission intĂšgre aussi la prĂ©paration de ce e gĂ©nĂ©ration aux aïŹ€aires de la famille.» «Étant donnĂ© que le banquier privĂ© connaĂźt la famille, souvent de longue date, et qu’il a une vision globale du patrimoine, il se trouve dans une position idĂ©ale pour jouer un rĂŽle de facilitateur du dialogue intergĂ©nĂ©rationnel», prĂ©cise CĂ©cile Baijot, head of wealth planning chez Puilaetco. «Il doit Ă  la fois comprendre les objectifs et les souhaits des parents et ceux des enfants, voire des petits-enfants.»

Si les enfants sont motivĂ©s pour reprendre l’aïŹ€aire familiale, mieux vaut les impliquer dans l’organisation

«Les jeunes peuvent se mettre beaucoup de pression eux-mĂȘmes par rapport Ă  l’entreprise ou Ă  un patrimoine qui s’est construit souvent sur plusieurs gĂ©nĂ©rations.»

Anne Goedert ConseillĂšre grands clients Ă  la Banque de Luxembourg

Estate Planning

sans trop a endre. «Les fondateurs de notre banque viennent de familles d’entrepreneurs et ont reçu trĂšs tĂŽt des responsabilitĂ©s importantes», tĂ©moigne Tim Casteels, head of private banking chez Mercier Van Lanschot. «Être impliquĂ©s jeunes et bien entourĂ©s a Ă©tĂ© dĂ©terminant pour eux. Si un jeune peut faire partie et ĂȘtre reconnu au sein d’une communautĂ© entrepreneuriale, c’est gĂ©nial.»

Formations et conseils spĂ©ciïŹques Évidemment, les jeunes appelĂ©s Ă  prendre les rĂȘnes de l’entreprise doivent ĂȘtre formĂ©s Ă  cet eïŹ€et. «En partenariat avec la Solvay Brussels School, nous avons lancĂ© le Next Gen Masterclass Program, une formation sur invitation destinĂ©e Ă  notre clientĂšle next gen», explique Nicolas Chauvin, head of estate planning Brussels & Wallonia chez Degroof Petercam. «Elle leur donne les clĂ©s pour comprendre et gĂ©rer leur patrimoine de façon Ă©clairĂ©e et responsable. Cet accompagnement vise Ă  renforcer leurs compĂ©tences, nourrir leur curiositĂ© et les connecter Ă  un Ă©cosystĂšme dynamique.»

La nouvelle gĂ©nĂ©ration bĂ©nĂ©ïŹcie de conseils spĂ©ciïŹques en matiĂšre de gouvernance d’entreprise, mais aussi pour l’investissement ou encore la gestion de patrimoine. «Nous accordons une a ention particuliĂšre Ă  la prochaine gĂ©nĂ©ration, appelĂ©e Ă  jouer un rĂŽle clĂ© dans la continuitĂ© des entreprises familiales; c’est dans ce e optique que nous avons lancĂ©

26 Estate Planning Transmission à la «next gen»

la Next Gen Academy», explique Tim Casteels (Mercier Van Lanschot). «Ce programme vise Ă  accompagner les jeunes issus de familles entrepreneuriales.» Plusieurs stratĂ©gies sont dĂ©ployĂ©es pour intĂ©resser ce e jeune gĂ©nĂ©ration au monde des aïŹ€aires. «Nous organisons des Ă©vĂ©nements en Belgique et, grĂące Ă  notre rapprochement avec Indosuez, Ă©galement Ă  l’étranger, aïŹn de favoriser les Ă©changes entre nos clients next gen autour de thĂ©matiques d’intĂ©rĂȘt commun telles que la ïŹnance, l’art ou la technologie», signale Nicolas Chauvin (Degroof Petercam).

«Nos Family Days sur mesure rĂ©unissent parents et enfants autour de sujets choisis par eux, en ligne avec nos expertises. En alliant expertise, pĂ©dagogie et valeurs partagĂ©es, nous construisons une relation de conïŹance durable avec ce e gĂ©nĂ©ration tournĂ©e vers l’avenir.»

«Sur la base de ce que nous avons eu le privilĂšge d’observer et entendre en travaillant avec les familles, nous avons dĂ©veloppĂ© des programmes

qui invitent les jeunes à devenir acteurs de leurs choix», explique Anne Goedert (Banque de Luxembourg).

«Au-delĂ  d’une pression qui viendrait de l’entourage, les jeunes peuvent se me re beaucoup de pression eux-mĂȘmes par rapport Ă  l’entreprise ou Ă  un patrimoine qui s’est construit souvent sur plusieurs gĂ©nĂ©rations. En plus de les impliquer et de les Ă©couter, ces programmes les sensibilisent aux diïŹ€Ă©rents rĂŽles qu’ils peuvent prendre, s’ils le souhaitent un jour.»

«Les next gen bĂ©nĂ©ïŹcient Ă  la fois d’un accĂšs Ă  un banquier privĂ© qui connaĂźt leur famille, qui leur donne accĂšs Ă  l’expertise impartiale de spĂ©cialistes internes ou externes, et qui peut les accompagner Ă  tous niveaux: dans la gestion d’un portefeuille d’actifs ïŹnanciers, dans la transmission de l’entreprise familiale, dans l’accĂšs Ă  du ïŹnancement, etc.», dĂ©taille CĂ©cile Baijot (Puilaetco). «La Puilaetco NextGen Academy oïŹ€re la possibilitĂ© aux jeunes d’acquĂ©rir des bases en ïŹnance et de comprendre la composition d’un portefeuille d’actifs. Des

«Le banquier privé se trouve dans une position idéale pour jouer un rÎle de facilitateur du dialogue intergénérationnel.»

Cécile Baijot Head of wealth planning chez Puilaetco

soirées de formation conviviales sont organisées actuellement.»

Philanthropie et investissement durable

L’intĂ©rĂȘt pour la gestion des aïŹ€aires familiales peut aussi passer par la philanthropie et l’investissement durable, des thĂ©matiques visiblement apprĂ©ciĂ©es chez les plus jeunes. «Un gros travail est fait sur le dĂ©veloppement de l’a rait des jeunes pour la philanthropie, car cela suscite leur engagement dans des causes bien dĂ©ïŹnies», conïŹe Bertrand Marot (Banque Transatlantique Belgium). «Ce n’est d’ailleurs pas les mĂȘmes que leurs parents. Les jeunes gĂ©nĂ©rations sont de plus en plus sensibles Ă  ce qui permet d’obtenir des rĂ©sultats de maniĂšre plus durable dans leurs entreprises familiales et leurs investissements.»

Les conseillers disposent d’un arsenal de solutions pour coller au mieux Ă  la façon dont les familles souhaitent organiser la transmission de leur entreprise Ă  la gĂ©nĂ©ration suivante. «Il est essentiel de clariïŹer les rĂŽles, de dĂ©ïŹnir des rĂšgles de gouvernance claires et d’anticiper les sources potentielles de tension; des outils comme une charte familiale ou un pacte d’actionnaires, peuvent y contribuer eïŹƒcacement», indique Nicolas Chauvin (Degroof Petercam). «En fonction de ce qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mis en place et des Ă©tapes restantes, l’élaboration d’un pacte successoral ou la mise en place de donations pourront Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©es pour assurer une transmission harmonieuse et pĂ©renne.»

Solutions juridiques

«Tous les aspects d’une transmission sont couverts: patrimoniaux, juridiques, ïŹscaux, etc.», assure Anne Goedert (Banque de Luxembourg). «Le but de notre dĂ©marche et d’apporter une coconstruction aïŹn d’arriver Ă  un projet de transmission qui rĂ©ponde Ă  la fois Ă  un objectif global, Ă  savoir la pĂ©rennitĂ© du patrimoine, et tienne compte des intĂ©rĂȘts individuels. Il y a autant de solutions

diïŹ€Ă©rentes qu’il y a de patrimoines et de familles.»

Entre autres, «les parents qui cĂšdent leur entreprise peuvent choisir de conserver les bĂ©nĂ©ïŹces et de continuer Ă  accompagner la gestion opĂ©rationnelle ou stratĂ©gique», explique CĂ©cile Baijot (Puilaetco). «LĂącher les rĂȘnes progressivement n’est pas simple. L’aspect humain est primordial et les outils juridiques vont ĂȘtre utilisĂ©s pour s’assurer que les souhaits de parents Ă  cet Ă©gard soient rencontrĂ©s.»

En pratique, «la donation sous rĂ©serve d’usufruit reste la technique la plus usitĂ©e», explique Charles Kesteloot, head of wealth planning chez

En Flandre, plus de 55% des dirigeants d’entreprise envisageaient de cĂ©der le relais dans les cinq ans, selon la derniĂšre enquĂȘte de l’Agence ïŹ‚amande de l’innovation et de l’entreprise.

Mercier Van Lanschot. «Le donateur conserve le contrĂŽle et les revenus. Les donataires sont nus-propriĂ©taires. Leur implication reste limitĂ©e. Une autre solution juridique est le recours Ă  la sociĂ©tĂ© simple, un outil de gestion qui va perme e aux parents et aux enfants de se retrouver autour d’un projet. Les pouvoirs des uns et des autres sont dĂ©terminĂ©s de maniĂšre trĂšs prĂ©cise dans les statuts de la sociĂ©tĂ©.»

Évidemment, ces aspects juridiques ne sont que l’habillage d’une solution qui doit convenir Ă  toute la famille. «La transmission ne se limite pas Ă  un acte juridique avec des consĂ©quences ïŹscales», avertit Fran-

çois Parisis, ingĂ©nieur patrimonial Ă  la Banque Transatlantique Belgium. «Il faut tout Ă  la fois veiller Ă  conïŹer le pouvoir Ă  ceux qui en ont la compĂ©tence, l’envie et la lĂ©gitimitĂ©, tout en assurant aux membres simplement actionnaires de la sociĂ©tĂ© un niveau suïŹƒsant de bonne communication et un partage des rĂ©sultats. Le risque majeur est d’imposer aux membres de la famille un schĂ©ma de transmission dans lequel ils ne se proje ent pas, ce qui fragiliserait l’entreprise familiale dans la durĂ©e.»

D’oĂč la grande a ention portĂ©e aux aspirations de la nouvelle gĂ©nĂ©ration.

Profitez de la flexibilitĂ© et de l’accessibilitĂ© de notre service pour investir Ă  votre rythme et selon vos propres stratĂ©gies !

Découvrez tout sur notre portefeuille « Investir seul » en scannant le QR code.

Euromoney Private Banking Awards 2025 - Londres

Deutsche Bank élue en Belgique meilleure banque privée internationale et meilleure banque pour les clients UHNW.

Deutsche Bank en Belgique s’est illustrĂ©e en remportant deux prix prestigieux lors des Euromoney Awards 2025 dĂ©cernĂ©s Ă  Londres. Ces derniers font partie des 15 rĂ©compenses Euromoney obtenues cette annĂ©e Ă  l’échelle internationale par la banque privĂ©e de Deutsche Bank et renforcent son statut d’acteur de premier plan en matiĂšre de Private Banking et Wealth Management en Belgique.

Deutsche Bank AG, 12, Taunusanlage, 60325 Francfort-sur-le-Main, Allemagne, RC Francfort-sur-le-Main n° HRB 30000. Deutsche Bank AG Succursale de Bruxelles, 13-15 avenue Marnix, 1000 Bruxelles, Belgique, RPM Bruxelles, TVA BE 0418.371.094, IBAN BE03 6102 0085 7284, IHK D-H0AV-L0HOD-14. E.R. : Olivier Delfosse

Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Issuu converts static files into: digital portfolios, online yearbooks, online catalogs, digital photo albums and more. Sign up and create your flipbook.