Camille
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Le silence en dit long Il y a des moments où les mots manquent.
Non pas, parce qu’on n’aurait rien à dire, mais parce qu’il n’existe peut-être pas de mots justes. Ou qu’ils seraient superflus.
Car le mutisme a ses raisons, et elles sont nombreuses.
Déception.
Bonheur.
Peur.
Soulagement.
Fierté.
Doute.
Il nous concerne toutes et tous – et nous accompagne partout. Parfois, il ne dure qu’un souffle; d’autres fois, il s’installe. Et quelquefois, c’est exactement ce qu’un instant exige: le silence, et pourtant tant ressentir.
Maria Walliser est restée sans voix, lorsqu’elle a enfourché lors du slalom du combiné des Mondiaux 1987, laissant filer sa première chance de médaille. Un instant qui aurait pu briser toutes les opportunités suivantes. Mais la skieuse a affronté seule cette déception. Sans grands discours, en silence.
Camille Rast est également restée sans voix lorsqu’il y a un an, à Saalbach, elle a franchi la ligne, levé les yeux vers le tableau et découvert qu’elle était championne du monde de slalom. La bouche ouverte, aucun mot n’est sorti. Et pourtant, on l’a comprise. Aujourd’hui, elle dit: «Je ne me suis jamais imaginée atteindre le plus haut niveau mondial.» C’est peut-être là que réside la force de ce moment. Pas dans un grand projet, pas dans des annonces tonitruantes, mais dans l’idée que les plus grands succès arrivent parfois là où on les attend le moins. Et l’espace d’un instant, les mots deviennent superflus.
Ryan Regez est lui aussi sans voix, avant chaque course de skicross. La tension est telle qu’il en a la nausée. Un aveu sincère, qui montre à quel point la pression et les attentes peuvent peser sur le corps, sur la voix, de façons différentes et puissantes.
Quand Michelle Gisin est tombée lors du dernier entraînement avant la descente de St-Moritz, il y a d’abord eu ce silence. Et quand il est devenu clair que la blessure touchait les vertèbres cervicales, ce mutisme est en quelque sorte devenu encore plus assourdissant.
Le sport s’est arrêté. Une fois de plus, nous avons alors senti à quel point la ligne entre performance maximale et vulnérabilité peut être ténue. Les nombreuses autres annonces de blessures chez Swiss-Ski cet hiver ne font que renforcer ce sentiment. Beaucoup de noms. Beaucoup de pauses forcées. Trop de rêves olympiques qui s’effondrent.
Il n’y a pas de «plus» ou de «moins» dans le mutisme.
Mais s’il existait un superlatif, ce serait celui du 1er janvier. Le jour où la nouvelle de la catastrophe de l’incendie de Crans-Montana nous a profondément bouleversés. Un moment où tout le reste est passé au second plan et où il est devenu évident qu’il y a des événements lors desquels, même le silence peut ne plus suffire.
Un drame hors du sport et pourtant au cœur de notre monde.
Le mutisme n’est pas un état d’urgence. Il fait partie du sport, de la vie. Il prouve qu’une chose a de l’importance. Qu’elle nous touche. Qu’elle nous atteint plus qu’on ne l’aurait pensé.
Toutes les histoires n’exigent pas tout de suite une explication, tous les instants un commentaire. Si certains moments sont si forts, c’est justement parce qu’ils nous laissent sans voix.
Le silence en dit long.
Lia Näpflin, rédactrice en chef
Impressum Le magazine officiel de la Fédération Swiss-Ski, paraît quatre fois par an Édition de février 2026, 60 e année
Editeur
Swiss-Ski
Home of Snowsports, Arastrasse 6, 3048 Worblaufen
T +41 31 950 61 11, snowactive@swiss-ski.ch
Rédaction
Lia Näpflin (lia.naepflin@swiss-ski.ch)
Roman Eberle (roman.eberle@swiss-ski.ch)
Pigistes
Peter Birrer, Benjamin Steffen, Monique Misteli, Stephan Bögli, Sandro Anderes, Etienne Bornet, Yoan Reynond
Direction artistique/mise en page
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24 Tanguy Nef 6 Camille Rast
Camille Rast skie comme elle parle et vit: peu de show, beaucoup de substance. Et quand elle est là , elle est là . Photos: Etienne Bronet
Audelà de l’or Camille Rast participera aux JO dans le rôle de cheffe de file de l’équipe suisse féminine. Le parcours de la championne du monde de slalom lui permet de ne pas se laisser impressionner, même par le plus grand des rendez-vous.
Un slalom de 1 minute et 58 secondes peut-il changer une vie?
Le trajet de Camille Rast pour les Championnats du monde de ski en février 2027 sera rapide. Pour rejoindre les pistes de Crans-Montana depuis la maison de ses parents dans la plaine du Valais central, elle n’aura qu’une trentaine de minutes de route. Un saut de puce au cœur de son Valais, entre terres connues et visages familiers.
Notre entretien avec Camille Rast s’est tenu fin 2025 à Thyon – en Valais – après un entraînement. Pour cette entrevue, une salle de réunion a été réservée dans le petit office du tourisme. Une carafe d’eau, deux verres, deux chocolats, on se fait plaisir. Ciel bleu, soleil éclatant, décor parfait. Camille Rast salue le photographe en français. Un visage familier.
«Ah, vous savez, c’est petit le Valais», dit-elle en allemand, comme si, dans ce coin du pays, tout le monde finissait toujours par croiser tout le monde, quelque part, un jour.
Entre le shooting et l’interview, elle croise encore son serviceman, Simon Vicenzi (qui n’est pas Valaisan, mais du HautAdige). Nouvelle discussion, cette fois-ci en italien. Ah, vous savez... c’est petit le monde du ski. Et coloré. Il lui va bien, à Camille Rast, ce profil polyvalent. Elle qui a vécu un rêve le 15 février 2025 à Saalbach-Hinterglemm... un rêve qu’elle n’avait pourtant jamais fait.
Championne du monde de slalom: ce titre ne va pas de soi. Il s’inscrit dans une logique.
Le ski: ce n’est pas sa vie. C’est une partie de son apprentissage. On communique et on se comprend, on apprend et on vit, et on apprend à vivre. Camille Rast a appris l’allemand, l’italien, et toutes les autres langues qui ne se parlent pas avec des mots, mais au travers de l’écoute et de la compréhension.
Et la voilà propulsée nouvelle leader de l’équipe suisse, après les forfaits sur blessure de Lara Gut-Behrami et Michelle Gisin. Leader? Donc des attentes? Pile avant les JO?
Les professions qu’enfant, elle rêvait d’exercer: vétérinaire ou architecte
Camille Rast a grandi dans la diversité: elle a fait de l’athlétisme, pris des cours d’équitation et fréquenté une école de cirque. Le cirque, un après-midi par semaine: une demi-heure à différents ateliers, trampoline et sauts, acrobaties au sol, jonglage. Et les numéros de clown? «Non, seulement des trucs athlétiques», répond-elle.
En hiver, le ski avait aussi sa place. Depuis ce jour où, au jardin des neiges, elle a abandonné son bob et s’est précipitée vers les premiers skis venus. Dès lors, elle n’a plus voulu quitter ces deux spatules, même sur le tapis du salon. L’essentiel: des skis.
Camille Rast n’a jamais claironné qu’elle voulait devenir skieuse de compétition course, ou même championne du monde. Non, les professions qu’enfant, elle rêvait d’exercer étaient toutes autres: vétérinaire ou architecte «Je ne me suis jamais imaginée atteindre le plus haut niveau mondial», avoue Camille Rast.
Jusqu’au jour où elle y est arrivée. Une semaine plus tard, elle chute. Lors de son premier slalom en tant que championne du monde, elle enfourche un piquet perd l’équilibre juste avant l’arrivée et tombe violemment sur la hanche. Pour elle, la saison n’est toutefois pas terminée, mais cet événement marque la fin de la lutte pour le petit globe de cristal. Avant ce slalom, elle menait le classement de la discipline, avec 41 points d’avance sur Zrinka Ljutic; elle échoue finalement à 49 points de la Croate. C’est comme ça. Camille Rast n’a pas les yeux rivés sur les points ou le classement général; ce qui compte pour elle, c’est la progression continue: «Je continue simplement, je prends un jour après l’autre; parfois, la vie s’arrête vite.»
Sa hanche lui fait toujours mal, même plus de neuf mois après sa chute. Parfois plus, parfois moins. Les tissus mous sont touchés; le médecin lui a annoncé qu’il était possible que la blessure l’accompagne un à deux ans. «C’est compliqué», résume-t-elle. Malgré cela, jusqu’au début 2026, après douze courses de Coupe du monde, elle comptait déjà six podiums et deux 4e places – avec, en prime, le détrônement de la reine du slalom, Mikaela Shiffrin, à Kranjska Gora. Rien n’est trop complexe pour être résolu.
«Aujourd’hui sera un bon jour»
Camille Rast confie qu’elle espère être un modèle pour les enfants qui pratiquent plusieurs sports; mais elle ne veut pas pousser les jeunes à devenir des pros du ski à n’importe quel prix: «ils doivent éprouver du plaisir dans ce qu’ils font. Si c’est le ski, tant mieux. Et si c’est autre chose, ça va très bien aussi.»
Beaucoup de moments forts, des difficultés dès le début: le parcours de Camille Rast renforce sa crédibilité.
Leader? Donc des attentes? Et alors? Camille Rast ne se laisse pas impressionner.
«Demain, je pourrais dire que j’arrête le ski et j’aurais quand même déjà accompli quelque chose d’énorme.» Camille Rast Cette façon de voir les choses est d’autant plus frappante, que Camille Rast a été très tôt considérée comme un grand talent. Comme si elle était devenue aussi forte, précisément parce qu’elle n’avait jamais cherché à tout prix à y parvenir. Mais peut-être que tout est allé trop vite. Débuts en Coupe du monde à 17 ans, 9e place dès sa cinquième course, championne du monde juniors, participation aux Mondiaux 2017 à St-Moritz. Parfois, même le décor parfait n’aide pas. Avant la saison 2017/18, elle contracte la mononucléose; l’hiver suivant, elle traverse une dépression; en 2019, elle subit une grave blessure au genou droit. La biographie de Camille Rast renforce sa crédibilité. L’inspiration qu’elle veut transmettre aux enfants, elle l’a vécue elle-même. Au cours des étés 2021 et 2022, elle a participé aux Enduro World Series en tant que vététiste et a pris part à des courses en Italie, en Autriche et en Slovénie. Elle vadrouillait de compétition en compétition avec son camping-car et deux amis, l’essentiel étant de s’amuser et de faire le plein d’adrénaline.
Quand Camille Rast a-t-elle envisagé le scénario du titre mondial? Quand s’est-elle dit qu’elle voulait devenir championne du monde? Si ce n’était pas enfant, alors six mois avant les Mondiaux? La veille du slalom? Avant la deuxième manche, quand elle menait avec presque six dixièmes d’avance?
Camille Rast déclare qu’elle travaille simplement à devenir la meilleure version d’elle-même; qu’elle se concentre sur le chemin, pas sur un classement: «C’est
pour ça que je n’ai jamais dit que je voulais devenir championne du monde. Je disais plutôt: ‹je me sens bien, je suis capable de performer›.» C’est avec ce ressenti qu’elle s’est couchée le 14 février 2025. Elle sentait: «Aujourd’hui sera un bon jour» – et ce sentiment l’a accompagnée tout au long de la journée du 15 février. «Quand tu vas dormir, tu ne peux plus rien faire», dit-elle. Tout le travail doit être bouclé.
Le 15 février 2025, le mental a été sa plus grande force, parce que tout le reste est une évidence chez elle: son style, direct et compact, très fort dans les pentes raides, stable sur la glace. Peu de show, beaucoup de substance. Elle skie comme elle vit. Et quand elle est là , elle est là .
Pas de superlatifs, de la place pour autre chose
Jusqu’à la saison 2024/25, elle n’était jamais montée sur un podium de Coupe du monde en slalom. Puis, quand cela a enfin marché, deux victoires ont suivi d’emblée. Et un podium en géant. Le titre mondial en guise de cerise sur le gâteau. Camille Rast ne cherche pas sa place, elle la prend. C’est ainsi qu’elle a skié ce slalom des Mondiaux. Pas de demi-mesure, 1 minute et 58 secondes, pas un centième de plus ou de moins. Des années qu’elle travaillait pour ça, sans savoir ce que c’était exactement. L’essentiel: ski, plaisir, adrénaline – et, ce jour-là , elle a livré une pièce taillée au millimètre: 1’58’’00 tout pile. Quand Camille Rast a
gagné l’or, elle rayonnait, elle s’enthousiasmait. Elle était là , vraiment présente. Elle parlait du plus beau jour de sa… non, stop, justement pas. Camille Rast a déclaré: «On n’est pas loin du plus beau jour de ma vie.»
Pas de superlatifs, car il y a de la place pour autre chose – mais assez fort pour exprimer le sérieux qui se cache aussi dans des moments censés être «Just for fun». Lors de notre discussion à Thyon, en décembre 2025, Camille Rast résume: «Demain, je pourrais dire que j’arrête le ski et j’aurais quand même déjÃ
accompli quelque chose d’énorme. » Elle ajoute aussitôt qu’évidemment, elle continue. Les JO d’hiver arrivent; Camille Rast les évoque presque en passant: ils ne s’imposent pas, ils s’intègrent dans le décor. Camille Rast ne se laisse pas impressionner. Leader? Donc des attentes? Pile avant les JO? Et alors?
Sa collaboration avec le serviceman Simon Vicenzi vient tout juste de commencer. Le technicien Head, après avoir accompagné la championne du monde Stephanie Venier, aujourd’hui retraitée, s’occupe désormais des skis de Camille
Rast. La Valaisanne mise sur la continuité de cette collaboration pour construire son avenir. Simon Vicenzi devient un pilier central de son staff, au moment même où son entraîneur Swiss-Ski de longue date Denis Wicki, s’apprête à prendre sa retraite en 2026. Ce dernier a accompagné la Vétrozaine durant de longues années, sur toutes ces courses qui ne se terminaient pas à la seconde près. Denis Wicki est plus qu’un entraîneur: c’est un mentor. Il parle avec Camille Rast l’une de ces langues qui ne sont pas faites de mots, mais de compréhension... c’est un Valaisan, une figure familière.
Le poids qui donne de la légèreté
Un slalom de 1 minute et 58 secondes peut-il changer une vie? Plutôt une attitude, un ressenti. Cette minute et ces 58 secondes ont changé la vie de Camille Rast, parce qu’elle n’avait pas couru après ce moment; parce qu’elle avait réussi à ne pas avoir d’attentes. En tant que championne du monde, elle n’a pas laissé son management lui imposer une ribambelle d’engagements de sponsoring, car elle ne veut pas rater trop d’entraînements à cause d’autres obligations – «et parce que je veux
Camille
rester Camille et ne pas faire office d’affiche publicitaire». Son management? C’est elle. Elle apprend «sur le tas», dit-elle. Le ski: une partie de son apprentissage.
Quand Camille Rast se rendra de la maison au Valais central à Crans-Montana en 2027, ce ne sera pas seulement un trajet court. D’ici là , elle prendra un jour après l’autre. Parfois, la vie s’arrête vite. Mais elle arrivera en tant que tenante du titre, et elle assure aujourd’hui: «J’irai à CransMontana sans devoir aller chercher l’or, je l’ai déjà .» Comme si le poids de la médaille d’or contenait une promesse: celle de la légèreté acquise.
Malgré tout, malgré le terrain inconnu... à la maison. La base de données de la FIS n’enregistre encore aucun départ de Camille Rast à Crans-Montana. Au niveau Coupe du monde, depuis le début du millénaire, les femmes n’y ont disputé que des épreuves de vitesse ou des combinés. Le dernier slalom de Coupe d’Europe à Crans-Montana a eu lieu en mars 2009. Camille Rast avait à peine 10 ans: une enfant qui pratiquait alors le ski, l’athlétisme, montait à cheval et apprenait les arts du cirque. Une fille qui ne voulait pas se laisser enfermer et qui repoussait peut-être déjà les limites.
La gagnante de ce slalom de Coupe d’Europe à Crans-Montana en 2009? Rabea Grand, une autre Valaisanne, une skieuse qui a mis fin à sa carrière à 26 ans. Elle aussi skiait autrefois avec plaisir, mais elle a eu de la peine avec les structures du sport pro; plus tard, elle s’est épanouie dans le milieu du théâtre. Comme si l’histoire appelait un parallèle avec la petite Valaisanne amoureuse de cirque, qui a aujourd’hui aussi 26 ans... mais qui continue. Et continue. Et peut-être continuera encore.
Parce que Camille Rast poursuit simplement sa route. Parce que ce slalom de 1 minute et 58 secondes n’a pas changé sa vie. Parce que le titre mondial ne la définit pas, il la complète.
Texte: Benjamin Steffen
«J’irai à Crans-Montana sans devoir aller chercher l’or, je l’ai déjà .» Camille Rast L’entraîneur Denis Wicki: un mentor qui, avec Camille Rast, l’une de ces langues qui ne sont pas faites de mots, mais de compréhension et d’entente.
IL EN VA DE L’AVENIR DU SPORT SUISSE. La concentration naît de la routine et du silence. Avant le départ, on «refait» la piste dans sa tête, encore et encore.
Série après série Entre cris et silence, les athlètes se préparent encore et toujours à prendre le même départ. La manière dont chacun gère cette tension révèle des routines, des profils et des tempéraments bien distincts.
En skicross, la zone de départ est un paradoxe en soi. Si l’on excepte l’aire d’arrivée et ses fans en liesse, c’est l’endroit le plus bruyant du parcours... et en même
temps le plus silencieux. Il y a l’activité permanente autour du portillon. Et puis le bref «tac» sec quand la porte s’ouvre. Le même scénario, toutes les quelques minutes, pendant des heures. Les entraîneurs chauffent leurs athlètes, appellent, poussent, crient. Selon les nations, on a parfois l’impression qu’ils les propulsent presque hors du portillon. La tension flotte dans l’air glacé, audible, quasi palpable.
Quelques mètres plus loin, le silence règne. A l’endroit où les athlètes s’échauffent, le bruit s’estompe pratiquement totalement. Peu de discussions, peu de regards. On bouge, on s’étire, on saute. Toujours les mêmes enchaînements. Série après série. Chaque athlète suit son propre rythme, se recentre. Ici, la concentration naît de la routine et du silence. Et elle doit durer.
Car celui ou celle qui se hisse jusqu’en finale, se retrouve jusqu’à cinq fois au départ dans la même journée de course. A chaque fois comme si c’était la première, à chaque fois sous tension. Dans d’autres sports, on s’élance une fois, peut-être deux, seul face au chrono. En skicross, tout recommence après chaque série. Et l’on ne s’élance pas seul, mais à quatre. En même temps. Avec des contacts physiques directs, des configurations changeantes et la certitude qu’une seule erreur suffit à quitter la course. La tension se crée encore et encore. Pendant des heures. Série après série.
Une tension en vagues Pour Alex Fiva, c’est précisément là , que réside le défi. «Je dois m’agiter artificiellement», dit-il. Sinon, son pouls serait trop bas au moment du départ. Lui, le Grison au calme légendaire. Alors il monte sur ce que l’équipe appelle l’«Alex-Brettli»: une planche en bois équipée de deux sangles sur laquelle il se tient debout, se propulse et tire. Il ajoute encore des sprints, des sauts accroupis, puis en position relevée. Tous ces mouvements servent à faire monter la tension.
Pour lui, une compétition de skicross n’est pas une ligne droite, mais une succession de vagues. «Maintenir la tension tout le temps au maximum ne me ferait pas du bien», explique l’athlète expérimenté.
Chez Ryan Regez, c’est l’inverse total. Lui, a besoin d’une tension constante. S’il la laisse retomber, il peine à la retrouver. La tension devient alors si forte qu’elle se matérialise physiquement et peut aller jusqu’à la nausée. Quelque part entre le réveil et le début de l’entraînement, Ryan Regez finit par vomir. Presque à chaque course. «C’est pour ça que je ne mange pas beaucoup les jours de course», dit-il. Une fois entré en «mode course», il ne le quitte plus. Il s’isole, s’assoit sur sa chaise, s’échauffe, de préférence à distance des autres. «Il ne sort jamais de sa bulle», raconte l’entraîneur de départ Patrick Gasser. «On a vraiment l’impression qu’il ne faut pas le toucher.»
La zone de départ en skicross n’est pas un espace neutre. C’est un miroir. On y voit à quel point chaque athlète vit différemment la pression, la tension et à quel point la préparation de ce même instant est propre à chacun(e).
Et les entraîneurs le savent.
Proximité ou distance Patrick Gasser et Stefan Thanei encadrent jusqu’à 18 athlètes au départ sur une course de Coupe du monde. Leur mission est moins bruyante que précise. Ils
Une planche en bois avec deux sangles. Mouvement, traction, poussée: l’«Alex-Brettli».
Préparation au départ en skicross
Alex Fiva ne parvient pas à maintenir la tension constante pendant toute la compétition. Il la fait monter et la relâche consciemment.
Ryan Regez a besoin d’une tension constante. S’il la laisse retomber, il peine à la retrouver.
observent de l’extérieur: les yeux cherchent-ils le contact ou l’évitent-ils? Fautil de la proximité ou de la distance, un mot ou surtout pas? Série après série.
«Beaucoup de choses se passent dans le langage non verbal», explique Stefan Thanei. Dans la zone de départ, les entraîneurs ne dirigent pas, ils lisent. Ils aident pour l’échauffement, donnent leur avis, coordonnent, ajustent ou affinent les tactiques, selon les nécessités du moment. «Tout le monde n’a pas besoin de la même chose. Et pas au même moment», résume Patrick Gasser.
Alex Fiva, par exemple, veut tout savoir.
A peine revenu dans la zone de départ, il disparaît sous la tente pour analyser les vidéos et cherche l’échange avec les entraîneurs. Il veut comprendre ce qui s’est passé dans sa série – devant lui,
derrière lui – et ce qui s’est produit dans les autres séries. «Avoir ces informations lui confère du contrôle», dit l’entraîneur Stefan Thanei.
Saskja Lack, elle, ne veut connaître que l’essentiel. Elle ne s’intéresse aux détails que si quelque chose a changé par rapport à la série précédente. Elle souhaite qu’on lui demande son autorisation avant de s’adresser à elle. Un feedback oui – mais bref, direct, sans détour. «Trop d’informations me dérouteraient de ma concentration», explique la jeune femme.
Des rituels sous pression Capuche relevée, peu de contact visuel, sauf avec son préparateur personnel et le serviceman: voilà à quoi ressemble l’échauffement de Fanny Smith. Beaucoup de travail avec des bandes élastiques,
beaucoup de respiration. Chaque geste est précis. Une routine claire, parfaitement cadencée, fruit de longues années d’expérience.
Talina Gantenbein suit elle aussi un protocole structuré. Toujours les mêmes exercices, dans le même ordre, avec le même nombre de répétitions. Rien ne varie. «Ça m’enlève un peu de nervosité», explique Talina Gantenbein. Cela inclut notamment le fait d’ajuster sans cesse son masque. «C’est un tic que j’ai.»
Tobias Baur n’aime pas quand ça crie trop fort dans le portillon. En qualification, il ne veut aucun encouragement. Dans les séries, en revanche, oui. Isabelle Zippert a besoin de paroles motivantes avant chaque départ. Gilles Martin privilégie le hug. Si simple et si différent.
Le skicross, c’est le chaos et le contrôle à la fois. Quatre athlètes, un portillon, un «tac», puis tout explose. Bruyant. Rapide. Imprévisible. Mais ce qui se voit sur la piste se construit là -haut, dans l’aire de départ. Entre bruit et silence. Entre rituel et instinct. Entre un mot, un regard... ou justement aucun.
Série après série.
Texte: Lia Näpflin
Le rôle des entraîneurs au départ est discret et précis. Ils doivent déterminer quand la proximité aide et quand il vaut mieux laisser de la distance.
A quelques mètres du portillon, le silence s’installe. Chaque athlète suit son propre rythme de préparation, série après série.
Pendant les séries, Saskja Lack se contente de l’essentiel. Un excès d’informations perturberait sa concentration.
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120 médailles: de Molitor et Olinger à Regez et Fiva Karl Molitor et Ralph Olinger ont remporté ex aequo le bronze en descente en 1948, offrant une toute première médaille olympique aux sports de neige suisses. Photos: Keystone-ATS
Dans l’histoire des Jeux olympiques d’hiver, les sportives et sportifs de neige suisses ont décroché jusqu’ici 120 médailles, dont exactement 50 en or. Un coup d’œil dans le rétro, de Karl Molitor et Ralph Olinger à Ryan Regez et Alex Fiva.
L’ensemble des 120 podiums obtenus dans les dix sports olympiques de SwissSki l’ont été lors des éditions organisées après la Seconde Guerre mondiale. En 1924 (Chamonix), 1928 (St-Moritz), 1932 (Lake Placid) et 1936 (Garmisch-Partenkirchen), les médailles ont exclusivement été décrochées par des athlètes et équipes suisses évoluant non pas sur la neige, mais sur la glace (bob, hockey sur glace, patinage artistique).
La première «moisson» olympique suisse dans les sports de neige remonte aux JO 1948 à St-Moritz, avec deux médailles d’or, deux d’argent et deux de bronze en ski alpin. Les tout premiers médaillés ont été Karl Molitor et Ralph Olinger, tous deux en bronze après avoir signé le même chrono lors de la descente du 2 février 1948. Le même jour, à peine quelques heures plus tard, Hedy Schlunegger est entrée dans l’histoire en devenant la première
championne olympique suisse des sports de neige grâce à son succès lors de la descente féminine.
Il y a 70 ans, les JO d’hiver ont eu lieu sur le site olympique de cette année, Cortina d’Ampezzo. La Suisse a obtenu six médailles lors de cette édition: quatre en ski alpin et deux en bob. Madeleine Berthod (en descente, devant Frieda Dänzer) et Renée Colliard (en slalom) se sont
Bilan des médailles aux JO Renée Colliard a également été sacrée championne olympique en 1956 à Cortina, en slalom.
parées d’or, tandis que Raymond Fellay a apporté à la Suisse sa quatrième médaille en sports de neige, avec l’argent de la descente masculine.
Au sein de Swiss-Ski, avec 75 médailles, dont 27 en or, les athlètes alpins sont de loin les plus couronnés de succès aux JO d’hiver. Depuis 2010, les athlètes SwissSki ont raflé 45 des 50 médailles olympiques suisses, dont 15 lors de la dernière édition à Pékin. La dernière épreuve olympique lors de laquelle des Suisses sont montés sur le podium a été le skicross masculin du 18 février 2022, lorsque Ryan Regez a été sacré champion olympique devant Alex Fiva.
Deux athlètes nordiques sont à ce jour les olympiens suisses les plus titrés aux JO d’hiver: Simon Ammann et Dario Cologna. Tous deux ont remporté quatre médailles d’or. L’athlète suisse la plus souvent montée sur un podium olympique dans les sports de neige est Vreni Schneider: entre 1988 et 1994, elle a gagné trois médailles d’or, ainsi qu’une médaille d’argent et une de bronze. Il y a 32 ans, à Lillehammer, elle a même décroché un jeu complet de médailles olympiques en slalom, combiné et géant. La Glaronnaise reste à ce jour la seule athlète Swiss-Ski à avoir réussi cet exploit lors d’épreuves individuelles d’un même événement.
Texte: Roman Eberle
En 2018, Sarah Höfflin (or) et Mathilde Gremaud (argent) ont décroché les premières médailles olympiques suisses en freeski.
Après le doublé en skicross en 2022 grâce à Ryan Regez (or) et Alex Fiva (argent), les sports de neige suisses totalisent actuellement 120 médailles olympiques.
Les athlètes de Swiss-Ski les plus médaillé(e)s
Simon Ammann (saut à ski)
Dario Cologna (ski de fond)
Vreni Schneider (ski alpin)
Michelle Gisin (ski alpin)
Marie-Theres Nadig (ski alpin)
Remarque: Les team events et relais ne sont pas pris en compte
Dario Cologna a ajouté l’or olympique à son palmarès en 2010, en 2014 (deux fois) et en 2018.
Avec deux titres olympiques et une médaille de bronze, Michelle Gisin fait partie des Suissesses les plus prolifiques aux JO.
Simon Ammann a empoché deux titres olympiques en 2002, avant de récidiver en 2010.
3 breloques en or, une en argent et une en bronze: Vreni Schneider est la Suissesse la plus médaillée de l’histoire des JO dans les sports de neige.
Marie-Theres Nadig, alors âgée de 17 ans, a remporté deux titres olympiques en 1972 à Sapporo.
Médailles de Swiss-Ski lors des différentes éditions
1948 | St-Moritz
1952 | Oslo
1956 | Cortina d'Ampezzo
1960 | Squaw Valley
1964 | Innsbruck
1968 | Grenoble
1972 | Sapporo
1976 | Innsbruck
1980 | Lake Placid
1984 | Sarajevo
1988 | Calgary
1992 | Albertville
1994 | Lillehammer
1998 | Nagano
2002 | Salt Lake City
2006 | Turin
2010 | Vancouver
2014 | Sotschi
2018 | PyeongChang
2022 | Pékin 50 32 38
Remarque: Le snowboard n’a rejoint Swiss-Ski en tant que discipline qu’en 2004. Les médailles olympiques remportées en 1998 et 2002 (au total deux médailles d’or et deux médailles de bronze) ont néanmoins été prises en compte ici.
Titres olympiques de Swiss-Ski par sexe
28
Femmes:
Il y a 70 ans, Madeleine Berthod (à gauche) a raflé l’or en descente à Cortina d’Ampezzo (devant Frieda Dänzer, à droite).
Gian Simmen a écrit l’histoire du sport suisse en devenant le tout premier champion olympique de snowboard.
Wendy Holdener Skieuse suisse et championne olympique
Son ciel, sa limite Enfant, Tanguy Nef ne rêvait pas de la Coupe du monde, mais des JO. Photos: Keystone-ATS
Tanguy
Comment le spécialiste de slalom Tanguy Nef a tracé son propre chemin vers l’élite mondiale, jusqu’à la quête du Graal.
Même passion, même décor, même date: 22 janvier 2015, descente de Coupe d’Europe à Crans-Montana. Tanguy Nef (1996) s’élance avec le dossard 21, chute et se fracture une jambe. Gabriel Gwerder (1997) part avec le 35, chute lui aussi et se fracture également une jambe. Même virage, même hôpital... mais pas la même histoire.
Pour Gabriel Gwerder, ce jour-là , marque la fin d’une carrière. Pour Tanguy Nef, ce n’est qu’un coup d’arrêt. Huit mois plus tard, il est de retour au départ. Et surtout, il s’apprête à ouvrir une voie que peu auraient imaginée en Suisse. Tanguy Nef est aujourd’hui un coureur de Coupe du monde confirmé. Il l’est à sa manière, selon sa propre voie, après avoir fait le choix de s’expatrier. En 2016, il rejoint la prestigieuse Dartmouth University, aux Etats-Unis. Il sent qu’il sera difficile pour lui de percer en Coupe du monde par la voie classique chez Swiss-Ski. A vrai dire, plus jeune, son objectif n’était même pas d’évoluer un jour à ce niveau.
Enfant, il n’avait jamais rêvé de Coupe du monde. Non, il s’imaginait aux Jeux Olympiques. Le concept olympique le fascinait, la tradition grecque, cette idée que les meilleurs de tous les sports et de toutes les disciplines se retrouvent, seulement tous les quatre ans, et que les médailles ressemblent à une forme de Graal, comme il raconte lui-même.
Le point de vue et les rêves du jeune homme rejoignent en quelque sorte ceux d’une nation entière: les Etats-Unis. Un pays qui ne place aucun événement aussi haut que les Jeux Olympiques. Tout le reste est secondaire, y compris le sport européen traditionnel. En revanche, dès que des médailles olympiques sont en jeu, soudain, l’Amérique se sent concernée.
Un monde s’est ouvert
Où le jeune athlète aurait-il mieux trouvé sa place que dans une université américaine, prête à lui ouvrir un autre monde? A Brigue, il avait vécu la vie d’élève dans un gymnase sportif comme quelque chose de presque répressif. Il évoque un environnement old school, avec des prières le matin avant le petit-déjeuner. Il décrit un «cadre bizarre» où les surveillants pouvaient, à tout moment, ouvrir les portes des chambres pour vérifier «si tu fais quelque chose de mal – et ce quelque chose de mal, pouvait simplement consister à être encore sur ton ordinateur après 21h30».
Tous les adolescents ne vivent pas ce cadre de la même manière. Mais Tanguy Nef, lui, s’est vraiment senti interpellé par l’état d’esprit américain. Les étudiantes et étudiants n’étaient pas d’abord des sportifs individualistes, mais des coéquipiers. Ils abordaient les compétitions avec cette logique de groupe. Jeunes femmes et jeunes hommes se retrouvaient ensemble au départ, ce qui créait un sentiment de communauté et de responsabilité plus large. Celui qui échouait n’échouait pas seulement pour lui, mais pour l’équipe. Celui qui arrivait en retard ne se faisait pas remonter les bretelles par l’entraîneur, mais par le capitaine, par un camarade animé par les mêmes intérêts.
«The sky is the limit»: et tout le monde peut gagner, y compris Tanguy Nef.
Des airs d’esprit d’équipe à l’américaine: l’argent par équipes aux Mondiaux 2025 avec Alexis Monney.
Aujourd’hui encore, Tanguy Nef sait exactement où il a laissé filer le podium à Wengen en 2025: «A l’entraînement, j’aurais pris ce passage à fond dix fois sur dix.»
«Je peux être dur, quand je ne me sens pas respecté.» Tanguy Nef La plupart des coéquipiers de Tanguy Nef étaient un peu plus âgés. A long terme, ils poursuivaient un autre objectif. Ils étudiaient pendant quatre ans et pratiquaient le sport de compétition sans viser une carrière professionnelle, mais plutôt avec l’idée d’entrer ensuite dans la vie active. Pourtant, Tanguy Nef a pressenti que cet esprit américain pouvait l’aider à franchir le cap. Il a constaté que cet environnement moins strict correspondait à son caractère. Il se décrit certes comme «plutôt timide». Mais le sport, et le ski en particulier, l’aident à ressentir de la confiance et à être plus à l’aise socialement. Par ailleurs, les figures d’autorité lui ont souvent posé des défis. «Je peux être dur, quand je ne me sens pas respecté», dit-il.
Et puis il y avait cet état d’esprit, plus américain que tout: le mantra sky is the limit. «Ça peut sembler idiot», ditil, mais cela l’est moins quand on le vit, quand on le traduit par une conviction simple: tout le monde peut gagner. Et si tout le monde peut gagner, alors toi aussi, tu peux y parvenir.
Le monde qui s’est alors ouvert pour Tanguy Nef était peut-être une passerelle vers lui-même. Il dit aussi: «Quand tu passes à autre chose, tu te rends compte de ce que tu veux vraiment.» En skiant outre-Atlantique et en gagnant aussi des courses, il a compris à quel point il voulait courir en Coupe du monde... et idéalement gagner. The sky is the limit.
«Si les notes sont assez bonnes…»
En novembre 2018, il fait ses débuts en Coupe du monde après presque deux ans et demi aux Etats-Unis. Ce Suisse «exotique», que personne ne connaissait en dehors des initiés, termine 11e du slalom de Levi à la surprise générale. Dans les deux mois suivants, il dispute six autres courses. Il manque seulement le slalom de Wengen, car il doit faire l’aller-retour vers les ÉtatsUnis pour ses études. La formation avait la priorité. Cela a été le cas pendant des années. Il était un athlète universitaire, et en tant que tel, les études comptaient davantage. Ses parents avaient toujours dit: «Si les notes sont assez bonnes, tu as le droit de skier – pas l’inverse.» En 2021, Tanguy Nef obtient son diplôme d’informatique. Il dit qu’il a eu «un peu peur» au moment de devenir skieur professionnel, avant de corriger: «Non, ce n’était pas de la peur. Mais je sentais une certaine incertitude.»
«Quand tu passes à autre chose, tu te rends compte de ce que tu veux vraiment.» Tanguy Nef Selon lui, cela explique aussi pourquoi il lui a fallu autant de temps pour atteindre son objectif de s’établir parmi les 15 meilleurs mondiaux.
Après une bonne demi-heure d’entretien consacrée aux premières étapes de son parcours, ses choix, sa progression, l’athlète propose de lui-même: «Et maintenant, vous voulez sûrement savoir où est le lien avec celui que je suis aujourd’hui.» Dans ce lien, il y a le mantra sky is the limit... et l’idée que chaque personne a un ciel et des limites différents.
Tanguy Nef raconte que les mauvais jours, lorsqu’il se lève et voit qu’il pleut, il se demande: «Qu’est-ce qu’on fait là ?» Mais ça ne dure pas longtemps. Simplement jusqu’à ce qu’il chausse les skis, qu’il retrouve la piste et que la passion revienne. Encore et encore, il cherche la trajectoire parfaite, le point le plus haut de son niveau. Il veut
sans cesse voir jusqu’où il peut aller. Et si, un jour, il se dit: «OK, j’arrive jusque-là , pas plus loin», alors il l’acceptera.
Début janvier, il n’était encore jamais monté sur un podium de Coupe du monde. Mais l’hiver dernier l’a conforté dans l’idée de ne pas lâcher. C’est l’hiver où il a surmonté sa peur – non, son incertitude – et où il a terminé 8e du classement du slalom, pour la première fois dans le top 15 final. Il a notamment terminé 4e à Wengen début 2025, devant deux Suisses et deux Autrichiens, mais derrière trois Norvégiens. Et à quatre centièmes seulement du 3e, Henrik Kristoffersen. Il sait encore exactement où il a perdu le podium. Dans quel virage, lors de la deuxième manche. Son appui a été un peu trop dur, «un petit peu», mais un petit peu qui a coûté du temps. «Peut-être que j’ai un peu trop voulu assurer», dit-il. Mais c’est la course. «A l’entraînement, j’aurais pris ce passage à fond dix fois sur dix,
sans problème. Mais en course…» Et avant même d’expliquer pourquoi il n’y parvient pas toujours facilement en course, il ajoute: «… mais en course… surtout quand tu sais que tu es en train de faire une bonne manche – et que c’est Wengen, ma piste préférée –et que tu sais que tu te sens incroyablement bien. Mais si tu te sens incroyablement bien, les autres aussi ont ce sentiment... Et tu en es conscient. Et tout à coup, il t’arrive un truc comme ça.» Ce «petit peu», justement. Tanguy Nef conclut simplement par u n haussement d’épaules.
Billet olympique en mode express
Ce sentiment-là , ce virage, ce petit peu: tout cela l’a accompagné pendant l’été. Il a regardé beaucoup de manches en vidéo. Et il en a tiré une conviction, celle d’être capable de progresser encore. Il travaille pour se rapprocher de son ciel, ou peut-être même pour déplacer ses limites. Cette volonté absolue de peaufiner les détails sur le plan sportif prouve au jeune homme qu’il n’est plus un athlète universitaire, mais un skieur pro. Mais lorsqu’il remporte l’argent en combiné par équipes avec Alexis Monney aux Championnats du monde 2025, il sent aussi à quel point il aime encore les deux rôles: coéquipier et soliste. «Une médaille, c’était fou. Et cette année, est une année olympique, je veux le refaire.» A Gurgl, lors du deuxième slalom de la saison, il a pris la 5e place et est a insi devenu le premier slalomeur suisse à remplir les critères de sélection olympique. Comme si tout devait aller vite.
Même passion, même rendez-vous: Gabriel Gwerder sera peut-être lui aussi sur place. Il travaille aujourd’hui dans le staff des entraîneurs de Swiss-Ski. Comme quoi, beaucoup de chemins mènent aux JO. Et pour la première fois, Tanguy Nef arrive là où il se voyait enfant: dans le cercle des meilleurs du monde, dans la quête du Graal. Tout le monde peut gagner. Et si tout le monde peut gagner, alors toi aussi, tu peux y parvenir. Ce «toi», c’est aussi Tanguy Nef.
Texte: Benjamin Steffen
Michelle Gisin mise sur l’énergie solaire «Construire une maison est plus fatigant qu’une saison de ski complète», lance Michelle Gisin en riant. Pour sa nouvelle maison, la championne olympique a délibérément misé sur des solutions respectueuses de l’environnement et des ressources.
Bien que son sport l’amène à voyager continuellement, Engelberg (OW) reste pour Michelle Gisin l’endroit le plus important de sa vie. «Je suis très attachée à mes racines», explique-t-elle. «J’ai passé un nombre incalculable de nuits à l’hôtel, c’est pourquoi j’apprécie d’autant plus d’avoir mon propre
chez-moi.» Jusqu’ici, elle résidait chez ses parents lorsqu’elle était en Suisse. Mais en novembre, elle et son compagnon, le skieur italien de slalom géant Luca De Aliprandini, ont emménagé dans leur nouvelle maison. Elle considère la réalisation de ce projet comme un grand privilège.
«Nous nous réjouissons de notre maison individuelle. Toute la famille y a contribué. La durabilité est très importante pour moi: nous avons construit selon des normes très élevées, avec un certificat Minergie, une installation solaire, un chauffe-eau écologique, une
batterie et une station de recharge électrique. C’est une chance unique de pouvoir réaliser un tel projet. Il était très important pour moi de viser la meilleure qualité possible», déclare Michelle Gisin
BKW, partenaire durabilité de Swiss-Ski, était responsable du stockage de l’électricité, de la station de recharge et du chauffeeau écologique. «C’est extraordinaire d’avoir à ses côtés une partenaire qui apporte autant de savoir-faire», s’enthousiasme Michelle Gisin. Dans sa maison au bord du lac de Garde, elle avait découvert et appris à apprécier les
Michelle Gisin devant sa maison équipée d’une installation photovoltaïque. Photos: Remo Buess
avantages d’une installation solaire et les possibilités offertes par les énergies renouvelables. À Engelberg, elle a en plus opté pour un regroupement dans le cadre de l’autoconsommation: son excédent d’électricité bénéficie ainsi à une famille du voisinage.
Cuisiner en hiver grâce à l’énergie solaire
Elle est particulièrement enthousiasmée par la batterie. Avec 16 kilowattheures, elle peut cuisiner le soir, allumer la lumière ou faire fonctionner d’autres appareils – un véritable avantage, surtout en hiver. Solstis, une société du groupe BKW, l’a conçue en fonction de la taille de l’installation solaire et de la consommation prévue. L’installation solaire existante, initialement installée par une autre entreprise, a également été agrandie par Solstis. «La station de recharge pour la voiture est alimentée elle aussi par l’énergie excédentaire», explique Simon Sutter, responsable de projet. Et pour Michelle Gisin, c’est idéal: «Je roule
à l’électricité depuis quatre ans – grâce à la collaboration entre Swiss-Ski et Audi. Pouvoir recharger ma voiture chez moi, c’est tout simplement parfait.»
Le chauffe-eau écologique provient des spécialistes en technique du bâtiment d’AEK, également une société de contrôle du groupe BKW. «L’appareil a une capacité de 300 litres, est en acier chromé et particulièrement silencieux», explique le responsable de projet Markus Wetterwald. L’interface photovoltaïque et la minuterie intégrée optimisent la consommation d’énergie et réduisent les coûts. Tous les systèmes sont reliés par un système de gestion de
l’énergie qui distribue l’électricité produite en fonction des besoins. Le tout se contrôle via une application – un vrai plus pour la skieuse, qui lui permet de garder un œil sur la densité de son flux énergétique même pendant la période intensive de la Coupe du monde.
Pour une pause bien méritée, elle a déjà trouvé son endroit préféré: le balcon, avec vue sur le Titlis et tout le panorama alpin. Mais la cuisine, où Luca cuisine avec passion, est déjà devenue le cœur battant de sa nouvelle maison.
Simon Sutter, responsable de projet chez Solstis, explique le système de gestion de données énergétiques.
Plus de durabilité dans l’habitat alpin BKW s’engage pour des espaces où il fait bon vivre dans les régions alpines. Avec nos solutions pour les bâtiments, l’énergie et les infrastructures, nous œuvrons pour plus de durabilité dans les sports d’hiver.
Pour en savoir plus:
Texte: BKW
Un 13 e titre... En règle générale, c’est en février et en mars que les livres de statistiques de Swiss-Ski s’enrichissent de nouvelles lignes indiquant les trophées remportés. Or, cette saison, un titre supplémentaire est venu s’ajouter dès le mois de novembre: celui de la Coupe des nations 1987/88 en ski alpin.
«Et de douze!», titrait Swiss-Ski sur son site le soir du 27 mars 2025, après la dernière course des finales à Sun Valley. Tout en poursuivant: «Cette année, la Suisse remporte le classement par nations en ski alpin pour la douzième fois, la cinquième au cours des six dernières années.» Or, huit mois plus tard seulement, soit à la fin novembre de l’année passée, quiconque examinait de près les statistiques de la fédération disponibles sur le site de Swiss-Ski constatait que la Suisse arborait désormais fièrement… 13 succès au classement des nations de la Coupe du monde de ski alpin.
Comment est-ce possible, sachant que seules quatre courses de la saison actuelle avaient été disputées? À l’origine de ce triomphe suisse «le plus récent» en Coupe des nations, il y a un e-mail d’un journaliste allemand de l’édition autrichienne de l’hebdomadaire Die Zeit. Peu après le début de saison, il a contacté Swiss-Ski après avoir trouvé des indications divergentes sur le nombre de victoires de l’Autriche en Coupe des nations. Dans une infographie de l’hebdomadaire, il avait lui-même mentionné 42 succès. C’est un lecteur qui l’a alors averti qu’en réalité, il n’y en avait «que» 41 – et que la Suisse devait, elle, compter 13 titres et non 12. Quelques sources en ligne, plus ou moins fiables, allaient en effet dans le sens de ce lecteur.
en novembre Contrairement à la victoire la plus récente en Coupe des nations il y a dix mois à Sun Valley (photo), celle de 1988 avait entre-temps disparu des statistiques de la FIS. Photo: Keystone-ATS
Le souvenir de Cologna Les recherches quant à l’origine de l’écart ont rapidement mené à la saison 1987/88. Que dit la base de données de la Fédération internationale de ski (FIS) pour cet hiver-là de Coupe du monde? Au début du mois de novembre, les statistiques officielles de la FIS, sur lesquelles se basent également celles de Swiss-Ski, plaçaient l’Autriche en tête du classement des nations pour l’année 1988. Y a-t-il eu des modifications du règlement dont le grand public n’a pas eu connaissance? L’Autriche en aurait-elle profité – et la Suisse serait-elle donc bel et bien à douze victoires dans ce classement? Le fait que la FIS procède à des ajustements rétroactifs dans ses statistiques en raison d’une modification du mode de calcul ne serait en tout cas pas une première. Fin 2015, par exemple, le nombre de victoires en Coupe du monde de Dario
Cologna était passé du jour au lendemain de 12 à 21. La FIS a alors décidé de considérer, à l’avenir et rétroactivement, les victoires d’étape sur des tournées du calendrier (p. ex. le Tour de Ski) comme de véritables victoires en Coupe du monde. Donc beaucoup de bruit pour rien autour de la Coupe des nations de la saison 1988 de ski alpin?
Non, car des recherches plus poussées ont révélé que tant la Neue Zürcher Zeitung que l’agence autrichienne APA avaient annoncé, après les finales de la saison 1988 à Saalbach-Hinterglemm, que la Suisse avait remporté la Coupe des nations avec quatre points d’avance sur l’Autriche. «Il s’agit de l’écart le plus serré de l’histoire de la Coupe du monde», écrivit l’APA le 27 mars 1988. Et donc: 13 victoires au lieu de 12 pour la Suisse – en 1981, 1983, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 2020, 2021, 2023, 2024 et 2025. Ou pas?
Tant que le feu vert ne vient pas de la plus haute instance officielle, autrement dit de la fédération internationale elle-même, le chroniqueur de Swiss-Ski ne souhaite pas apporter de modifications sans réserve à ses propres statistiques. La confusion qui a régné entre-temps au sujet du nombre de victoires en Coupe du monde de Dario Cologna, ajusté a posteriori par la FIS il y a dix ans, reste dans un coin de la tête.
Deux slaloms parallèles décisifs Comme l’a rapporté peu après le journaliste de Die Zeit à Swiss-Ski, la Fédération internationale de ski et de snowboard avait demandé du temps pour comprendre s’il y avait une erreur; et le cas échéant, à quel endroit. Quelques jours plus tard, la FIS l’a recontacté. En reprenant des listes de résultats disponibles uniquement sur papier, elle avait identifié deux slaloms parallèles qui auraient dû compter pour la Coupe des nations, mais n’avaient jamais été intégrés au classement officiel. «Cet oubli a été corrigé», a finalement déclaré la FIS dans un article de Die Zeit du 20 novembre 2025. La base de données de la FIS a été mise à jour immédiatement, confirmant ainsi, du côté de l’instance suprême, la première place de la Suisse au classement des nations de la Coupe du monde de ski alpin 1987/88. Swiss-Ski a donc remplacé avec plaisir le faux «2» par le «1» qui lui revenait de droit dans la colonne correspondante pour l’année 1988.
Après ce 13e titre décroché au mois de novembre – au sens statistique du terme –, il appartient désormais aux athlètes actuel(le)s du cadre alpin de Swiss-Ski de faire grimper le plus tôt possible le compteur des victoires suisses en Coupe des nations encore un peu plus haut.
Texte: Roman Eberle
Portail des statistiques de Swiss-Ski:
Depuis 2020, la Suisse a déjà remporté à cinq reprises le trophée de la Coupe des nations de la Coupe du monde de ski alpin. Photo: Stephan Bögli
NOUVEAUTÉ MONDIALE Programme Odermatt Speed 39 minutes L’édition spéciale Marco Odermatt, dotée du programme de lavage complet le plus rapide de Suisse.* Pour des résultats parfaits en un temps record.
Les jumeaux nordiques Leurs parcours se ressemblent à s’y méprendre, mais les deux Grisons Rafael Ratti et Gion-Antieni Maissen ne se sont réellement rencontrés que loin de chez eux. Aujourd’hui, une amitié les unit, ainsi qu’une mission commune chez Swiss-Ski.
Tous deux ont grandi dans le canton des Grisons et parlent le romanche. L’un, Rafael Ratti, à Madulain, en Engadine; l’autre, Gion-Antieni Maissen, à Trun, en Surselva. Tous deux rêvaient, chez les juniors, de disputer un jour la Coupe du monde de ski de fond. Tous deux ont étudié le sport et la géographie, tous deux sont titulaires d’une formation d’enseignant et, après leur carrière d’athlète, tous deux ont travaillé comme entraîneurs de ski de fond.
Il y a quelques années, leurs chemins les mènent dans la région de Berne. Très vite, ils décrochent pratiquement le même poste au sein d’une fédération sportive. L’un, Gion-Antieni Maissen, devient responsable de la formation chez Swiss-Ski.
L’autre, Rafael Ratti, prend la tête de la formation chez Swiss Snowsports, la faîtière des écoles de ski suisses et l’organisation de formation des monitrices et moniteurs suisses de sports de neige. C’est dans ces fonctions qu’ils apprennent réellement à se connaître. Depuis cette saison, ils sont responsables de l’orientation et du développement du ski de fond et du biathlon au sein de Swiss-Ski, en tant que Chef élite (Rafael Ratti) et Chef de la relève (GionAntieni Maissen).
Dans leur jeunesse, ils s’étaient déjà croisés à plusieurs reprises. Gion-Antieni Maissen, aujourd’hui âgé de 41 ans, raconte qu’il avait remarqué Rafael Ratti, d’un an son aîné, à l’époque des courses de ski de fond chez les juniors. Mais l’inverse n’était pas forcément vrai. «Rafael était simplement meilleur. Je le voyais généralement de dos.» Plus tard, au Centre régional de performance de la Haute-Engadine, leurs chemins se sont à nouveau croisés de temps à autre. Ils se connaissaient de vue, mais échangeaient rarement quelques mots.
Gion-Antieni Maissen (à gauche) et Rafael Ratti partagent le même parcours, les mêmes principes et visions. Photos: Sandro Anderes
Quand le pro et le perso se confondent
Tout change de manière décisive et durable lorsque les deux hommes deviennent responsables de leurs domaines de formation respectifs, Rafael Ratti chez Swiss Snowsports et Gion-Antieni Maissen chez Swiss-Ski. Dès lors, ils travaillent étroitement ensemble au quotidien. Ils réalisent rapidement qu’ils partagent les mêmes idées et les mêmes visions. Sur le plan privé aussi, ça colle parfaitement entre les deux. Un soir, ils se donnent rendez-vous pour une bière après le boulot, au bord de l’Aar. Ce qui devait être une courte parenthèse s’est transformé en longue nuit conviviale au centre de Berne. GionAntieni Maissen se souvient: «Chez Rafael, j’ai senti ce feu pour le sport en général, et pour le ski de fond en particulier. J’ai aussi remarqué qu’il avait la volonté de faire bouger les choses. Là -dessus, on fonctionne de manière très similaire.»
Depuis cette saison, Rafael Ratti (à gauche) et Gion-Antieni Maissen dirigent les disciplines Ski de fond et Biathlon en tant que Chef élite et Chef de la relève.
L’accent est mis sur le mouvement, avec un concept clair en arrière-plan: le ski de fond et le biathlon suisses allient vitesse, endurance et développement, de la base jusqu’à l’élite.
De plus en plus souvent, les deux Grisons se retrouvent aussi en dehors du travail: à vélo, à ski de fond du côté du Gantrisch ou, ce qui est désormais devenu une tradition, au Festival du Gurten avec leurs compagnes. «Il est difficile de dire quelle part prennent le privé et le professionnel dans nos discussions. Chez nous, tout se mélange», sourit Rafael Ratti. Le fait de ne pas tracer une frontière nette entre travail et loisirs est d’ailleurs un autre point commun. Entre eux, la communication se fait systématiquement en romanche. Une évidence pour les deux. «Ce serait bizarre de parler allemand avec Rafael. Ça ferait artificiel», glisse GionAntieni en riant. «Pour la première fois de ma vie, je peux mener des discussions professionnelles approfondies dans ma langue maternelle, le romanche. C'est une chose que j’apprécie beaucoup.»
L’un ne va pas sans l’autre
Depuis le printemps, les échanges entre ces «jumeaux biographiques» se sont encore intensifiés. Car avec l’entrée dans la saison olympique, une nouvelle porte professionnelle s’est ouverte à eux. Et pas n’importe laquelle: la même. Dans le cadre de la réorganisation du domaine nordique, Swiss-Ski a regroupé la direction opérationnelle du ski de fond et du biathlon. Rafael Ratti est désormais Chef élite du ski de fond et du biathlon, tandis que GionAntieni Maissen chapeaute la relève dans les deux sports. Tous deux disent d’une seule voix que leur décision d’accepter ces responsabilités a été déterminée par un facteur clé: savoir que l’autre occuperait la fonction miroir.
«Le travail de coordination est énorme dans une telle structure, avec la répartition relève/élite sur deux sports. Ça ne marche que si les responsables sont sur la même longueur d’onde. Sinon, c’est impossible», estime Gion-Antieni Maissen.
En effet, sur de nombreux dossiers, il est difficile de définir précisément qui est responsable de quoi et où se situe exactement la ligne de démarcation. «Il est important d’avoir une base de confiance lorsqu’il faut discuter de manière approfondie d’un sujet», ajoute Rafael Ratti.
Tous deux qualifient la nouvelle structure de «risquée». Risquée, parce que la collaboration étroite et de confiance entre le Chef élite et le Chef de la relève joue un rôle majeur. «Dans la manière dont on avance actuellement, la plus-value est énorme pour le sport. Nous voyons les deux sports de manière conjointe et constatons qu’il n’y a aucun sens à les développer sur des trajectoires séparées», explique Rafael Ratti. Grâce à cet ajustement structurel, la relève du biathlon et du ski de fond a été nettement revalorisée. Car, lorsqu’on dirige un seul sport, ce sont d’abord les résultats au niveau élite qui comptent. On en dépend à court et moyen terme. C’est pourquoi la relève n’était pas auparavant la priorité qu’elle aurait dû être.
Gion-Antieni Maissen travaille pour Swiss-Ski dans différentes fonctions depuis 2018.
Autrefois entraîneur de ski de fond pour Swiss-Ski, Rafael Ratti est aujourd’hui chef de discipline pour deux sports.
Le bain glacé, un rituel Au départ, ils ne savaient pas lequel assumerait quelle fonction dirigeante. «La question de savoir qui occupe quelle position est secondaire. Le plus important, c’est d’avoir les mêmes principes, la même base», insiste Gion-Antieni Maissen. En tant que Chef de la relève, il voyage moins souvent à l’étranger, ce qui convient bien à sa situation familiale actuelle, lui qui est papa d’une fille de 13 mois. Tous deux revendiquent un style de direction intégratif et veulent instaurer une vraie culture de la discussion. Il est important de mener un débat approfondi sur le fond et de pouvoir appeler les choses par leur nom. Rafael Ratti précise: «Malgré notre approche intégrative, il n’est pas toujours
possible de prendre une décision démocratique à la base. A un moment, on arrive au point où c’est à nous de donner la direction, y compris à l’encontre d’éventuelles résistances.»
Quand on est sur la même longueur d’onde dans le privé comme dans le professionnel, à l’image de Gion-Antieni Maissen et Rafael Ratti, on sent rapidement quand le moment est venu de simplement écouter et de laisser l’autre exprimer ses émotions pour lâcher un peu de pression. Et lorsque, au siège de la Fédération à Worblaufen, ils planchent sur des concepts et des stratégies, ou enchaînent des séances qui s’éternisent, ils s’accordent parfois une courte pause pour se rafraîchir... au sens propre. Ces dernières années, avant même d’entamer leur tandem à la tête du fond et du
biathlon, ils ont instauré un rituel: s’asseoir trois minutes dans l’eau parfois glaciale de l’Aar. Pour se libérer la tête. Et, en prime, ils sont convaincus que cela leur permet de tomber moins malades.
Plus ils se sont «plongés» ces derniers mois dans leur nouvelle activité de responsables du ski de fond et du biathlon chez Swiss-Ski, plus une évidence s’est imposée: on ne peut pas séparer les échelons élite et relève. C’est pourquoi ils se voient désormais plutôt comme des co-responsables des deux sports. Le duo nordique grison en est convaincu: «Ensemble, on n’a plus deux épaules, mais quatre. Ça aide énormément... et c’est ce qui caractérise notre collaboration.»
Texte: Roman Eberle
Beaucoup de similitudes, des différences de taille. Le biathlon et le ski de fond restent indépendants, mais les entraîneurs exploitent leurs points communs pour créer une synergie. Photo: Nordic Focus
FIRED UP, UNSTOPPABLE. THE 2026 COLLECTION THE 2026 COLLECTION
Entre médailles et marketing Pour Swiss-Ski, les succès olympiques représentent aussi une vitrine pour les athlètes et les partenaires. Mais autour des JO, des règles strictes s’appliquent à la publicité, aux images et aux termes utilisés. Un exercice d’équilibriste qui peut vite devenir délicat.
Qui l’eût cru: même les Jeux Olympiques ne tombent pas du ciel. Derrière la magie des anneaux se trouve le Comité international olympique (CIO), qui finance l’ensemble du mouvement olympique et soutient de manière significative l’organisation des JO. Les sponsors et partenaires du CIO jouent un rôle central dans ce financement. Avec ceux de Swiss Olympic, ils rendent donc possible la tenue des JO, ainsi que la présence et l’encadrement du Swiss Olympic Team, y compris les athlètes Swiss-Ski.
La Règle 40 du CIO et la protection de la marque olympique constituent un cadre pour protéger les droits des sponsors olympiques. Elles régissent l’utilisation commerciale des contenus olympiques et garantissent des droits exclusifs aux partenaires et sponsors olympiques officiels. Un principe reconnu par Swiss-Ski, mais qui, dans la pratique, constitue régulièrement un casse-tête, car appliquer correctement ces règles est plus complexe qu’il n’y paraît.
Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour Swiss-Ski et pour ses athlètes? Là encore, c’est plutôt simple à résumer: les sponsors veulent se démarquer des championnes et champions olympiques; inversement, les athlètes souhaitent partager leur plus grand succès avec leurs partenaires.
Prenons l’exemple du champion olympique de skicross Ryan Regez. Dans une série de vidéos, il documente son chemin vers les JO 2026; on y voit les logos de ses sponsors personnels et de SwissSki sur ses vêtements et son matériel. En même temps, il parle des JO d’hiver
Jan Scherrer en route vers le bronze en half-pipe lors des JO 2022 à Pékin: cette photo d’action peut être utilisée commercialement, car aucun lien olympique protégé (comme les anneaux) n’est visible. Photo: Keystone-ATS
Milan-Cortina 2026; et c’est précisément là que se situe le conflit: le terme, le site d’accueil et l’année sont protégés au titre du droit des marques; dans cette combinaison, la représentation est considérée comme une utilisation commerciale.
Swiss Olympic et Swiss-Ski l’ont signalé à l’Intéressé. Lors d’un nouveau tournage, il a trouvé une solution simple: au lieu de parler des Jeux Olympiques, il dit désormais qu’il est champion olympique et double champion du monde en route vers Milan-Cortina. Les titres mondiaux supplémentaires déplacent volontairement l’accent loin de la référence olympique. Dans ce contexte, le CIO accepte la mention d’un accomplissement olympique parmi plusieurs réussites sportives; cela vaut alors comme exception à la protection de la marque olympique.
La protection de la marque ne couvre pas seulement des termes comme «Jeux Olympiques», «olympiade», «olympienne» ou «olympien», mais aussi des motifs comportant des marques olympiques, à commencer par les anneaux olympiques.
clairement définie autour des Jeux: neuf jours avant la cérémonie d’ouverture jusqu’à trois jours après la fin. Pendant cette période, malgré les restrictions, les athlètes peuvent publier jusqu’à sept posts de remerciement à leurs sponsors non-olympiques. Les sponsors non-olympiques peuvent eux aussi, une fois par compétition, souhaiter bonne chance ou féliciter leur athlète, tant qu’aucun lien olympique protégé n’est établi.
«Nous félicitons notre Olympien pour ce succès» n’est donc pas autorisé; «Nous te félicitons pour ce succès» l’est en revanche, pour autant que l’image ne montre aucune marque olympique protégée, telle que les anneaux olympiques, par exemple, parce qu’ils sont masqués sur le dossard par la position du corps. En cas d’infraction, des démarches juridiques peuvent être engagées et, le cas échéant, conduire à des sanctions financières en cas de manque de coopération.
La protection de la marque olympique et la Règle 40 du CIO ne s’appliquent pas à la couverture purement journalistique. Si Swiss-Ski ou des médias publient, par exemple, un post de résultats sur Instagram, des médailles, des anneaux et des logos peuvent y être visibles et il est permis de parler d’Olympiennes et d’Olympiens.
Pas une simple «police»
Si la protection de la marque pour les termes et symboles olympiques est permanente, la Règle 40 du CIO ne s’applique que dans une fenêtre temporelle
En Suisse, Swiss Olympic est responsable de garantir le respect de la protection de la marque olympique et de la Règle 40 pour le compte du CIO. La plupart des infractions ne sont pas intentionnelles, mais résultent d’une méconnaissance, explique Cyrill Woodtli, responsable des partenariats chez Swiss Olympic. Il ne s’agit pas tant de «faire la police» que de sensibiliser en amont et de montrer ce qui est possible dans le cadre existant. L’accent est mis sur la prévention: depuis les JO d’été 2016 à Rio de Janeiro, un travail de sensibilisation est effectué de manière systématique. Certes, des cas se produisent à chaque édition des JO, mais seuls très peu nécessitent une intervention. A Pékin, il y a quatre ans, on en a compté environ 120 – généralement pour violation de la protection de la marque olympique.
Texte: Lia Näpflin
La Formule 1 comme scène mondiale pour «Vorsprung durch Technik» En entrant en 2026 dans la catégorie reine du sport automobile, Audi affiche un message clair et ambitieux. Il s’agit du prochain chapitre de la restructuration de l’entreprise. La Formule 1 sera un catalyseur de la transition vers une Audi plus allégée, plus rapide et plus innovante. En outre, selon le CEO Gernot Döllner, Audi se lancera dans la série de courses avec un plan ambitieux mais réaliste : «Nous n’allons pas en Formule 1 simplement pour y participer, nous voulons gagner. Mais nous savons aussi qu’une équipe de haut niveau en Formule 1 ne se forme pas du jour au lendemain. Cela demande du temps, de la persévérance et une remise en question infatigable du statu quo. À partir de 2030, nous voulons nous battre pour le titre de champion du monde.»
Audi Revolut F1 Team R26 La peinture est un récit visuel basé sur les quatre principes de base du design: la clarté, la technologie, l’intelligence et l’émotion.
La peinture de l’Audi Revolut F1 Team R26 montre l’univers de couleurs concret et le design de la première voiture de Formule 1 de la marque. Des surfaces graphiques minimalistes se caractérisent par des coupes géométriques rectilignes et se connectent à la géométrie complexe de la voiture de course. La palette de couleurs se compose des couleurs titane, noir carbone et du rouge Audi nouvellement présenté. Dans le cadre de cette identité, Audi intègre également les anneaux rouges afin de souligner de manière nuancée sa présence en Formule 1.
le hotspot du télémark en Suisse Talon libre, esprit libre: le télémark est synonyme de liberté, de communauté et de plaisir. Photos: Yoan
Depuis un quart de siècle, Thyon abrite un club pas comme les autres: Mouch’Paba. Ses membres vivent au rythme du télémark, tout en conciliant ambitions élevées et convivialité. Le compte-rendu de notre visite en Valais.
Cette lueur dans les yeux. Cette envie de passer des heures sur les pistes. Cette volonté de progresser sans se sentir en permanence sous la pression de la performance.
Ce samedi-là , dans un contexte idéal pour la pratique de sports d’hiver, Saskia Hermann interrompt brièvement son entraînement. Le ciel est d’un bleu presque trop parfait, le soleil brille depuis le matin, la neige ne laisse rien à désirer. «Les conditions sont impeccables», dit la jeune femme de 17 ans, qui habite Grimisuat, près de Sion.
Le télémark est sa passion, un sport qu’elle a découvert il y a trois ans. Auparavant, elle pratiquait le ski alpin, mais elle a arrêté parce que le cadre ne lui convenait
plus: attentes élevées, ambition sans limites, adversaires redoutables, entraîneurs exigeants... «Je me suis dit que ce n’était pas pour moi.» Elle change de discipline et trouve un univers parfaitement adapté à sa personnalité et à ses besoins.
Elle a de la chance: le paradis du télémark se trouve tout près de chez elle, à Thyon, sur les hauteurs de Sion. Le village est situé à un peu moins de 2100 m d’altitude sur le versant ouest du Val d’Hérémence. Il fait partie du vaste domaine des 4 Vallées et c’est aussi là que se trouve le club de télémark Mouch’Paba. Le nom vient du dialecte local et signifie quelque chose comme: «Ne tombe pas.»
Les athlètes se coachent entre eux Sur ses skis de télémark, Saskia Hermann ressent une profonde sensation de liberté. Elle apprécie l’ambiance détendue, met en avant l’esprit très collégial au sein de l’équipe, ce qui n’enlève rien
Reymond
à ses ambitions. Elle peaufine les détails avec persévérance et travaille sur ellemême pour être à la hauteur de ses propres exigences.
Et ce chemin n’est plus seulement un rêve, comme le prouve le cap qu’elle a franchi en janvier 2025: elle a disputé ses deux premières courses de Coupe du monde à Melchsee-Frutt en tant qu’une des athlètes de relève de Swiss-Ski. Un nouveau jalon a suivi en mars, avec une participation aux finales de Coupe du monde à Thyon. Ses premiers pas sur la grande scène internationale.
Et Saskia Hermann aspire à monter beaucoup plus haut. Son rêve tient en une phrase: «J’aimerais décrocher un jour le classement général de la Coupe du monde.»
Progresser signifie aussi écouter les conseils du coach. Avant chaque manche d’entraînement. Par radio, elle reçoit des consignes, des éléments sur lesquels se concentrer: «Mets davantage de pression sur la carre» ou «choisis la ligne directe entre les portes». Saskia Hermann est une sportive individuelle. Mais en télémark, aucun égoïsme ne transparaît. Les athlètes échangent constamment. «On se coache et on se corrige aussi entre nous», explique Yoan Reymond. «Si je remarque quelque chose chez Saskia, on analyse ça ensemble.» Le jeune homme de 18 ans, coéquipier de la jeunne femme, vise lui aussi très haut. Son grand objectif est d’intégrer un jour le cadre A de Swiss-Ski.
Mais jouer des coudes pour accélérer sa carrière? Utiliser des artifices pour obtenir un avantage? Jamais. Ce serait
contraire aux principes qui caractérisent le télémark. «On est un groupe de très bons amis», assure Yoan Reymond. «Même en compétition, les participants de nations différentes s’encouragent mutuellement.»
Julien Despond ne peut que confirmer. Ce formateur de 40 ans dirige une équipe d’entraîneurs qui s’occupe du groupe de course Mouch’Tec, rattaché au club Mouch’Paba. Il admire la manière dont cette entraide va de soi. «En compétition, évidemment, tout le monde veut être le ou la meilleur(e)», dit-il. «Mais chez nous, il n’existe aucune rivalité féroce.» Il se souvient d’une course de Coupe du monde à Thyon où une athlète a perdu un bâton et en a immédiatement reçu un autre de la part d’un coach d’une concurrente qui faisait pourtant partie des favorites.
Saskia Hermann apprécie l’ambiance détendue et l’esprit collégial du télémark.
Un club au palmarès impressionnant
Le lien entre Thyon et Mouch’Paba trouve son origine au début du millénaire. Derrière la création du club se trouvent trois promoteurs de la région: Yves Roduit, Jean-Pierre Meyer et François Theytaz. Françoise Besse, alors membre de l’élite internationale du télémark, joue à ce moment-là un rôle clé en tant que locomotive et ambassadrice idéale de ce sport.
Mouch’Paba gagne progressivement en popularité et compte des membres de grand talent qui se distinguent sur la scène internationale. A commencer bien sûr par la Sédunoise Amélie Wenger-Reymond, sportive la plus titrée de l’histoire du télémark. Son impressionnant palmarès (164 victoires en Coupe du monde, 47 globes de cristal et 17 titres mondiaux jusqu’à sa retraite sportive en 2023) fait même d’elle l’athlète la plus couronnée de succès de l’ensemble des sports d’hiver. On peut aussi citer Bastien Dayer, ancien champion du monde et multiple vainqueur du classement général, qui a lui aussi rangé ses skis désormais. Parmi les membres toujours actifs figure Nicolas Michel, multiple vainqueur en Coupe du monde et médaillé aux Championnats du monde. A 31 ans, le skieur de Vex mène actuellement l’équipe nationale suisse de télémark.
La station valaisanne de Thyon s’est imposée comme un véritable hotspot du télémark: non seulement c’est le «stamm» de Mouch’Paba, mais d’importantes compétitions y sont également organisées. La première course de Coupe du monde remonte à 2005. Puis ce fut au tour des Mondiaux en 2007, un événement porté par l’engagement de nombreux membres du club. Grâce à son infrastructure optimale, Thyon nourrit l’ambition d’accueillir régulièrement de grandes manifestations. Il y a un an, l’élite du télémark y a disputé les finales de Coupe du monde. A cette occasion, Christoph Wenger, entraîneur de la relève du télémark chez Swiss-Ski et mari d’Amélie Wenger-Reymond, a vécu sa première expérience en tant que président du comité d’organisation.
Talon libre, esprit libre
Pour ce dernier, les atouts de Thyon ne se limitent pas à la diversité des pistes. Il souligne aussi l’importance de magasins locaux susceptibles de fournir tout le matériel spécifique au télémark. «Ici, on trouve un équipement complet et des conseils avisés. C’est un grand avantage par rapport à d’autres stations.»
Dans le milieu, le domaine skiable jouit clairement d’une réputation de mecque du télémark. Mais tant les responsables de Mouch’Paba que Christoph Wenger sont conscients qu’il est nécessaire de faire preuve de créativité et de persévérance pour trouver et former des jeunes.
D’où l’importance d’augmenter la visibilité de leur sport et de saisir chaque occasion d’en faire la promotion. «Si l’on reste les bras croisés, il ne se passera bien sûr rien», déclare Christoph Wenger. «Nous approchons activement d’anciens
athlètes OJ et leur proposons de venir faire des tests chez nous. Nous sommes toujours heureux de voir que certaines et certains restent.»
Cela tient aussi, sans doute, à cette fameuse atmosphère détendue et à cette convivialité. «Le télémark n’est pas qu’une technique, c’est aussi un mode de vie», affirme Samuel Lebsir. «Le nom Mouch’Paba est lui aussi un clin d’œil à l’esprit convivial et un peu espiègle qui nous anime.»
Samuel Lebsir (44 ans) est le président du club depuis trois ans. C’est un habitué de Thyon et un ambassadeur avisé de son sport. «On dit souvent: talon libre, esprit libre. Cela signifie que le télémark est un symbole de liberté, de communauté et de plaisir.»
Il décrit aussi la discipline comme très esthétique et extrêmement exigeante. «Elle demande une bonne condition physique, une grande précision technique et une excellente capacité de concentration», précise le président. «Les sensations de glisse
L'équipe de télémark de Swiss-Ski A l’exception de Timo Walser, toutes et tous les athlètes actuels des cadres sont passés par Mouch’Tec.
Equipe nationale
• Léa Lathion (Arpettaz), leader d’équipe
• Nicolas Michel (Vey-Les-Collons-Thyon), leader d’équipe
• Maxime Mosset (Vue-des-Alpes Giron Jurassien)
Cadre A
• Romain Beney (Mouch’Paba)
• Alexi Mosset (Vue-des-Alpes Giron Jurassien)
Cadre B
• Timo Walser (SC Bühler)
Thyon fait partie du vaste domaine skiable des 4 Vallées et abrite le club de télémark Mouch’Paba.
sont incomparables: fluides, intenses et puissantes.» Des mots que Yoan Reymond ne peut que corroborer. Le jeune athlète ajoute un autre qualificatif: «magique!»
Les éloges de l’entraîneur national
Thyon est un terrain idéal pour le télémark, où les talents peuvent éclore et évoluer jusqu’à attirer l’attention et ingérer les cadres de Swiss-Ski. Erwan Faivre, nouvel entraîneur en chef de l’équipe de télémark de Swiss-Ski depuis cet hiver, était de visite en Valais au mois de décembre. Il en est reparti avec une excellente impression. «Nous dépendons du travail de clubs tels que celuici», dit le Français. «Il est important qu’une nation de ski comme la Suisse fasse aussi la promotion du télémark. Et à Thyon, cela se fait de manière impressionnante.»
Il veut aider à amener les talents pas à pas vers le haut niveau. Au sein de l’équipe nationale, les leaders Léa Lathion et Nicolas Michel doivent jouer un rôle central. «C’est une chance d’avoir deux athlètes de ce niveau dans le cadre», souligne Erwan Faivre. «Ce sont des modèles, qui transmettent leur expérience aux jeunes.» Même si la question de l’âge est relative. Car l’un des charmes du télémark est que l’on peut commencer assez tard. Mais encore: «Nous sommes un petit groupe dans la grande famille du ski, en quelque sorte le petit frère du ski alpin. La probabilité de gagner quelque chose de beau est donc plutôt élevée.»
Dans son rôle, Erwan Faivre se bat aussi pour la visibilité de son sport. Tout en sachant que sa popularité ne peut pas croître à l’infini. Un argument qu’il
répète souvent en faveur du télémark? L’âge requis pour débuter. «On peut commencer le télémark à 20 ans sans problème, voire plus tard», dit-il.
Saskia Hermann, elle, a commencé bien plus tôt. Elle ne regrette absolument pas son choix, au contraire. Certes, elle sait qu’elle gagnera difficilement de l’argent avec ce sport. Mais cela ne l’empêche pas de consacrer une grande partie de sa vie à sa passion. Elle reçoit du soutien de son école, qui l’autorise souvent à manquer les cours lorsqu’elle participe à une compétition quelque part en Europe. Elle a trouvé sa vocation sportive et après l’entraînement officiel, elle passe encore plusieurs heures sur ses skis de télémark. Pour le simple plaisir de glisser les talons libres.
Texte: Peter Birrer
1 Le télémark fait la part belle à l’inclusion Le télémark incarne l’esprit de communauté, le plaisir et la joie de pratiquer les sports de neige. La discipline se veut détendue, ouverte et cool. Autant de qualificatifs qui s’appliquent aussi à l’étape de Coupe du monde de télémark à Melchsee-Frutt. Le CO prend le terme «communauté» au pied de la lettre et a organisé en janvier, pour la deuxième fois, une course destinée aux personnes en situation de handicap. Après le joli succès de la première édition avec six participant(e)s, il était clair que cette course devait revenir au programme. Avant les finales du deuxième sprint parallèle, la piste de Coupe du monde s’est ainsi ouverte à l’inclusion.
Le président du CO, Tino Tresch, résume l’idée: «Le télémark, c’est la communauté et la convivialité, tout le monde doit pouvoir en faire partie.» Le fait que les participant(e)s en situation de handicap chaussent des skis alpins et non des skis de télémark n’a aucune importance. L’essentiel n’est ni la technique, ni la vitesse, mais l’aventure humaine et le fait de participer à la Coupe du monde. La décontraction de l’événement, portée par le lifestyle du télémark et l’ambiance de la discipline, offre le cadre idéal. «Nous avons plus de libertés que les grandes étapes de Coupe du monde dans d’autres sports», explique Tino Tresch. Une chose est sûre: les sportives et sportifs en situation de handicap garderont leur place en Coupe du monde de télémark ces prochaines années. (LNN)
Dans les coulisses de l’équipe suisse de vitesse
Reto Nydegger dirige le groupe masculin de vitesse de Swiss-Ski depuis six ans. Autour de Marco Odermatt, il a bâti une équipe qui fixe des références au niveau international et où règnent la loyauté, l’équité et une forte cohésion.
Le documentaire «Leading the Line», d’environ 60 minutes et réalisé par Sven Allenbach, accompagne Nydegger et l’équipe au fil d’une saison. Il montre comment, au-delà de la technique et du matériel, l’analyse, la force mentale et l’esprit d’équipe font aussi la différence. Le film sera diffusé fin février sur la SRF. (LNN)
2 L’époque olympique d’Engelberg et Davos
Il y a cent ans, les JO d’hiver ont été attribués pour la première fois à la Suisse. C’est St-Moritz qui a eu l’honneur d’organiser les Jeux en 1928. Mais, à l’époque, Davos et Engelberg avaient également déposé leur candidature pour accueillir un tel événement.
Bien que cela ait fait grand bruit au début du siècle dernier, cette partie de l’histoire du sport et du tourisme est tombée dans l’oubli, autant à Engelberg qu’à Davos. À St-Moritz, en revanche, l’empreinte olympique reste omniprésente aujourd’hui encore, grâce aux JO d’hiver organisés en 1928 et 1948. L’auteur originaire d’Engelberg Beat Christen s’est lancé sur la piste de ces traces et relate les événements d’alors dans son livre Im Bann der fünf Ringe («Sous le charme des cinq anneaux»). L’ouvrage compte 148 pages et 59 photos. Il est disponible dans certaines librairies ainsi qu’auprès de l’éditeur Druckerei Odermatt AG à Dallenwil (NW). (VRL)
Photo: FIS
Photo: mad
Elm ouvre un musée consacré à Vreni Schneider
La carrière exceptionnelle d’une sportive du siècle: 30 ans après sa retraite, Vreni Schneider reçoit les honneurs de sa région natale par le biais d’un musée qui lui est dédié. Son parcours, du canton de Glaris à la scène mondiale du ski alpin, est retracé dans l’ancienne école d’Elm. Le musée a été inauguré à la mi-décembre.
3 Réduire la SSR de moitié, c’est affaiblir le sport
IL EN VA DE L’AVENIR DU SPORT SUISSE. Le 8 mars 2026, la Suisse votera sur l’initiative «200 francs, ça suffit!» Un «oui» aurait des conséquences majeures pour le sport suisse et donc aussi pour Swiss-Ski. La SSR devrait considérablement réduire son offre sportive. Swiss-Ski s’engage donc fermement en faveur du «non» et donc pour le rejet de l’initiative.
L’initiative «200 francs, ça suffit!» a un impact direct sur le sport suisse. Il ne s’agit pas d’un simple débat abstrait sur la redevance. Si la SSR est réduite de moitié, le sport perd sa scène, les sponsors perdent leur public, et les disciplines perdent en visibilité. Divers grands événements sportifs migreraient petit à petit vers la télévision payante, comme le montre la situation télévisuelle dans nos pays voisins. Les plus petits sports ne seraient même plus diffusés à la télévision en Suisse. C’est pourquoi celles et ceux qui aiment le sport (et les sports de neige) disent non à cette initiative extrême.
La SSR diffuse en moyenne environ 9000 heures de sport en direct par an. Près de 30 sports différents sont régulièrement disponibles en direct à la télévision, en live streaming et à la radio. En 2024, les chaînes de la SSR ont retransmis les sports de neige (ski et snowboard) pendant environ 900 heures en direct (télévision et en ligne). La SSR est un partenaire indispensable pour la production et la couverture médiatique de nombreuses manifestations sportives suisses traditionnelles, telles que les courses du Lauberhorn à Wengen ou la Davos Nordic. (REE)
Outre les globes de Coupe du monde ainsi que l’intégralité de sa collection de médailles et de ses tenues olympiques, une section du musée est consacrée à la force mentale de Vreni Schneider. Sous la devise «Là où il y a une volonté, il y a un chemin», des stations interactives montrent le lien entre développement personnel, attitude intérieure et succès. Elles rendent ces thèmes particulièrement accessibles aux classes et aux groupes. Vreni Schneider est la skieuse suisse la plus prolifique de l’histoire avec 55 victoires en Coupe du monde, trois titres de championne du monde, trois titres olympiques et trois victoires au classement général de la Coupe du monde. (VRL)
Lors de la 29e assemblée du Parlement du sport à Ittigen, Swiss Olympic a reçu des fonds de soutien à hauteur de 62,3 millions de francs de la part de la Fondation suisse pour l’encouragement du sport. Ruth Metzler-Arnold a souligné la responsabilité de renforcer durablement le sport suisse. Pour ce faire, le sport a besoin des moyens financiers nécessaires, comme l’a indiqué la présidente de Swiss Olympic. «Nous sommes donc d’autant plus reconnaissants pour le soutien précieux et fidèle des loteries Swisslos et Loterie Romande.»
Ce soutien a de nouveau été généreux: dans le cadre du Parlement du sport, Ruth Metzler-Arnold a reçu un chèque d’un montant de 62 311 511 francs des mains de Paolo Beltraminelli, président de la Fondation pour l’encouragement du sport en Suisse, l’organe responsable de la répartition des fonds des loteries au sport. Le montant est calculé à partir du bénéfice net réalisé par les loteries Swisslos et Loterie Romande. (REE)
Photo: Swiss Olympic
4 Plus de 62 millions pour le sport suisse
Au cœur de l’hiver, des expériences qui nous rapprochent grâce à Sunrise Parfois, ce ne sont pas les grandes victoires, mais les petits instants de partage qui rendent l’hiver inoubliable. Pour Sunrise, Main Partner de Swiss-Ski, les sports d’hiver ne se limitent pas au sponsoring ni aux technologies de l’information et de la communication. Ils sont également porteurs de proximité, d’émotions et d’expériences partagées.
Depuis le lancement de notre partenariat, nous avons eu le plaisir d’offrir à notre clientèle certains de ces moments uniques: aperçus exclusifs des coulisses, rencontres personnelles avec de grands athlètes et expériences inoubliables. Ci-dessous, certains de ces témoignages illustrent à quel point ces moments ont été exceptionnels:
1 Coupe du monde de ski alpin de la FIS Ã Wengen
Des clients et clientes Sunrise ont suivi l’action depuis la Sunrise Loube, la plateforme située directement à proximité du Hundschopf et offrant une vue spectaculaire, et dévalé la piste du Lauberhorn à skis après la course.
2 Coupe du monde de skicross FIS Ã Arosa
Sunrise a organisé une visite guidée avec le constructeur de la piste de la Coupe du monde et rencontre avec Alex Fiva et Isabelle Zippert (Sunrise Rising Star).
3 Coupe du monde de ski de fond FIS Ã Davos
Des cours de ski de fond avec l’ancien skieur professionnel Jonas Baumann ont été proposés sur la piste originale de la Coupe du monde, et ils ont été accompagnés d’aperçus passionnants sur les coulisses avec le président du CO Peter Engler.
Emilia: «Un évènement génial, très bien organisé. L'ambiance, la restauration et le lieu étaient parfaits. La météo et les résultats de l’équipe suisse y ont bien sûr contribué :-) C’était une expérience unique. Merci beaucoup, Sunrise.»
Moritz: «Cet évènement s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse, décontractée et sympathique. Et l’organisation était parfaite!»
Emma: «C’était vraiment une expérience géniale! Ce que Sunrise a mis sur pied pour sa clientèle est formidable!»
4 Coupe du monde de saut à ski FIS à Engelberg
Avec une visite du tremplin et la découverte des coulisses, Sunrise a offert aux participant-e-s un regard unique sur le monde du saut à ski.
5 Coupe du monde de skicross FIS Ã Veysonnaz
Sunrise a organisé une visite du parcours, une rencontre avec Ryan Regez et Anna Dietrich (Sunrise Rising Star) et un dîner rustique avec Eddy Baillifard, le «pape» de la raclette.
6 Café et séance de dédicaces avec Marco Odermatt
Un après-midi détente en compagnie de Marco Odermatt a été proposé, suivi d’une séance de dédicaces.
Franziska: «Merci beaucoup pour les photos! Et merci du fond du cœur de nous avoir permis de vivre cet évènement fantastique! C’était tellement génial! Nous avons non seulement pu faire la connaissance de Marco, mais aussi de toute l’équipe de Sunrise! Vous nous avez offert une journée inoubliable.»
Tobias: «C’était une occasion unique de visiter des lieux extraordinaires et de vivre ces évènements de près. Mais surtout, cela montre que Sunrise soutient l’ensemble du sport suisse, et pas uniquement les disciplines les plus populaires.»
Stefan: «Un engagement aussi exceptionnel envers la clientèle mérite d’être récompensé par sa fidélité et sa loyauté! J’ai adoré cet évènement grâce auquel j’ai vécu avec mon fils une expérience unique. Je m’en souviendrai toute ma vie. MERCI!!!»
Des moments inoubliables Qu’est-ce qui rend ces expériences si spéciales? Elles permettent de créer des liens avec les athlètes, le sport et toutes les personnes qui rendent ces moments possibles. C’est précisément le cœur de l’engagement de Sunrise: il ne s’agit pas seulement d’être présent, mais aussi de créer ensemble des souvenirs qui nous lient.
La saison en cours réserve encore de nombreux temps forts passionnants, et nous vous réservons encore de nouvelles surprises à venir. Avec Sunrise Moments , le programme de fidélité de Sunrise, découvrez tous nos jeux-concours et les opportunités de vivre vous aussi, avec un peu de chance, de tels moments privilégiés. N’hésitez pas à y jeter un coup d’œil régulièrement!
Découvrez notre programme dès maintenant:
Crans-Montana 1987 inoubliable. inédit.
Maria Walliser avait 23 ans lorsqu’elle s’est rendue aux Mondiaux 1987 à Crans-Montana en tant que grand espoir suisse de médaille. Photos: Keystone-ATS
La force mentale de Maria Walliser Des attentes immenses pesaient sur les épaules de la favorite. Un instant a suffi pour tout faire vaciller. Mais elle a pris seule son destin en main. Un coup dur qui allait totalement transformer ses Mondiaux.
En février 1987, à Crans-Montana, il y avait dans l’air quelque chose de plus lourd que des flocons. La Suisse avait monté les tribunes, hissé les drapeaux et attendu ses stars. Elle avait depuis longtemps inscrit ses attentes dans la neige. Maria Walliser avait 23 ans. La Saint-Galloise débarquait en tant que gagnante du classement général de la Coupe du monde et grand espoir d’un pays fou de ski. Mais tandis qu’audehors tout annonçait un triomphe, son combat commençait ailleurs.
Dans sa chambre d’hôtel. Seule.
Très rarement, au cours de sa carrière, la Saint-Galloise avait eu une chambre pour elle seule. Aucune coéquipière, aucune respiration étrangère, aucun bruissement discret dans l’obscurité, pas de discussions sur les attentes du lendemain.
Juste elle et ses pensées. La skieuse de Mosnang (SG) ne pouvait pas encore savoir que les courses de ces Championnats du monde ne seraient pas comme les autres, mais davantage un parcours intérieur, des montagnes russes émotionnelles, aussi raides que les pentes valaisannes, derrière sa fenêtre.
Entre espoir et incertitude, entre attente et doute, tout allait se jouer. Mais il y a une chose dont Maria Walliser était certaine: au bout du compte, ce ne seraient pas seulement ses jambes, son talent et des skis rapides qui décideraient de l’issue de ces Mondiaux, mais surtout ce qui se passerait dans sa tête.
Maria Walliser porte le drapeau suisse lors de la cérémonie d’ouverture des Mondiaux. Elle sent à ce moment-là que ces Mondiaux vont être «quelque chose de très spécial»... et empreints de nervosité.
La scène sans répétitions Quand elle a défilé avec le drapeau suisse lors de la cérémonie d’ouverture, la nervosité est montée d’un coup. «C’est là que j’ai senti que ces Mondiaux allaient être quelque chose de très spécial.» Plus grands. Plus lourds. Plus personnels. Tandis que les hommes skiaient sur la célèbre «Nationale», une nouvelle piste de descente
avait été construite pour les femmes. Une piste que personne ne connaissait. Une scène sans répétitions.
De quoi augmenter l’incertitude. Et oui, les attentes étaient élevées... venant de l’extérieur et d’elle-même. Mais la skieuse s’y était préparée. Pas avec de la force et de la sueur, mais en silence, par un travail intérieur. La saison précédente, elle
Crans-Montana 1987 inoubliable. inédit.
avait appris à entendre sa propre voix plus clairement que tout le bruit autour. Elle avait supprimé toute distraction. A CransMontana, elle ne voulait rien prouver, mais montrer son meilleur ski et, comme elle le dit elle-même: «Me concentrer entièrement sur moi.»
Le fait que Maria Walliser soit qualifiée d’office pour la descente lui donnait un peu plus de temps pour souffler. Pas de qualification interne fastidieuse, pas de stress supplémentaire. Au lieu de ça, elle est restée concentrée. Sereine. Avec la douce certitude qu’elle était là où elle devait être.
Et puis est venu le coup dur.
Le slalom du combiné a été avancé en raison du mauvais temps. Maria Walliser a enfourché.
Elimination. Pas de descente du combiné.
Pas de véritable test pour se préparer. Pas d’opportunité de répondre aux attentes dès le début. Alors qu’Erika Hess ramenait la première médaille d’or à la Suisse, Maria Walliser était seule dans sa chambre d’hôtel et ne pouvait que regarder. Des larmes coulaient sur son visage. Pas par apitoiement, mais en raison de cette frustration, cette colère que l’on ressent lorsque l’on sait qu’il y avait plus à accomplir.
Elle a enfilé sa veste et est sortie. Seule. Sur les chemins enneigés. Pas après pas, pour retrouver son équilibre. Et c’est là , quelque part entre les arbres et le bruit de ses pas dans la neige, que la déception est redevenue détermination. «J’ai eu encore plus envie de me battre pour des médailles lors de ces Mondiaux.»
Sa boîte à outils intérieure Maria Walliser avait des outils pour ce genre de moments. Tout faisait partie d’une routine, consciente ou non. Avant le déjeuner, un footing pour aérer l’esprit. Dehors, des exercices de respiration, aussi souvent que possible. Elle prenait toujours
Unis dans l’émotion et le deuil La catastrophe de l’incendie survenue la nuit de la Saint-Sylvestre à CransMontana a aussi profondément bouleversé Swiss-Ski ainsi que le comité d’organisation local de la Coupe du monde et des Mondiaux. Les courses de Coupe du monde se sont déroulées du 30 janvier au 1er février sous une forme adaptée. Tous les événements annexes prévus au centre de CransMontana ont été annulés. Les courses ont été ponctuées de moments et de gestes de silence et de commémoration.
Swiss-Ski et le CO adressent ici encore leurs plus sincères condoléances aux familles, aux proches et aux ami(e)s des victimes décédées. Nos pensées vont également aux nombreuses personnes blessées, auxquelles nous souhaitons beaucoup de force. «Cette nuit de la Saint-Sylvestre nous a toutes et tous réunis dans l’émotion et le deuil; nous nous souviendrons toute notre vie de cette tragédie», déclare Didier Défago, CEO du comité d’organisation.
Entre doute et triomphe: Maria Walliser sur le podium, symbole des hauts et des bas émotionnels qui ont marqué ces Championnats du monde. Photo: Hervé Deprez
Après avoir enfourché lors du slalom du combiné, Maria Walliser aurait pu voir tout basculer. Mais elle s’est appuyée sur son calme intérieur pour retrouver la voie du succès.
avec elle une cassette avec des exercices de relaxation. A cela s’ajoutaient des compléments alimentaires pour le cerveau, du yoga le soir, puis, avant de s’endormir, de la lecture et l’écriture d’un journal. Les phrases positives étaient pour elle aussi naturelles que «le muesli au déjeuner».
«Tu as tout ce dont tu as besoin.» «Laisse tes émotions venir.» «Tu es prête.» «Tu peux tout accomplir.»
A l’époque, l’entraînement mental n’entrait pas en jeu, tout ou presque se faisait en silence. Même l’entraîneur des femmes Markus Murmann ne savait jamais exactement quels outils Maria Walliser utilisait – et l’inverse valait aussi au sein de l’équipe: chacune travaillait pour soi, sans en parler vraiment. Une figure-clé, en coulisses, était la physio de l’équipe: elle était proche des athlètes, leur première interlocutrice, une personne de confiance. Une grande partie de ce qui se jouait mentalement passait par elle et restait invisible pour les entraîneurs.
Selon Markus Murmann, Maria Walliser avait surtout une qualité: l’appétit. Pas au sens émotionnel, mais dans la constance. «Je veux gagner, je veux être la meilleure» n’était pas un slogan, mais son attitude, se souvient-il. «Elle absorbait tout ce qui pouvait lui donner un avantage.»
Une préparation minutieuse Avant chaque course, Maria Walliser revoyait les parcours dans sa tête, porte après porte, ligne après ligne. Elle visualisait. Markus Murmann savait que la SaintGalloise avait besoin de cette discussion précise avec son entraîneur, que cette clarté lui donnait de la sécurité. Alors il s’assurait de pouvoir la lui offrir. C’était l’un des rares outils mentaux qu’il utilisait, en tant qu’entraîneur, consciemment et spécifiquement. «Maria ne laissait rien au hasard», résume-t-il. Plus rien ne devait rester flou quand elle prenait place dans le portillon. Il ne devait rester que la manche dans sa tête.
Lors du dernier entraînement avant la descente des Mondiaux, Maria Walliser a signé le meilleur chrono. Son serviceman, René Schlumpf, ne lui a pas donné les skis les plus rapides, mais ceux dans lesquels elle avait le plus confiance. «Il savait qu’avec mes skis préférés, j’étais capable de gagner même en commettant des erreurs.»
Ce jeu d’équilibre entre confiance en ellemême, dans le matériel et dans son entourage a porté Maria Walliser. A la fin, il ne restait plus qu’une chose: la confiance en ses capacités.
Or en descente.
Or en super-G.
Bronze en slalom géant.
L’or en descente, l’or en super-G, le bronze en géant: des Mondiaux de rêve, portés par un mental d’acier.
Trois médailles après un début de Mondiaux qui aurait pu briser tout son élan.
Maria Walliser a décroché ces médailles non pas parce qu’elle n’a jamais douté, mais parce qu’elle avait appris à gérer les doutes. A la question de savoir si elle avait oublié quelque chose dans sa chambre d’hôtel durant les Mondiaux 1987, elle a répondu tout de go: «Oui, mes doutes.» A la place, elle a amené ses convictions sur la piste. Là -haut sur la montagne, dans le vent et le blanc, elle savait tout aussi clairement que c’était à elle de maîtriser la pente, peu importe l’ampleur des attentes. Aucune technique, aucun outil, aucune pensée ne pouvait lui enlever cette tâche.
La force de Maria Walliser résidait dans son naturel. «En cas de doute ou de blocage, ce qui m’aidait surtout, c’était le lien avec la nature, avec la montagne et avec le mouvement.» Pour cela, elle n’avait pas besoin d’entraînement mental.
Près de quarante ans plus tard, Maria Anesini-Walliser dit que les Mondiaux 1987 ont été des montagnes russes émotionnelles. Mais c’est peut-être précisément ces hauts et ces bas qui l’ont rendue si forte. Pas sa perfection, mais sa capacité à revenir, encore et encore, à elle-même, au calme, à la clarté. A Crans-Montana, Maria Walliser n’est pas seulement devenue championne du monde. Elle est devenue maîtresse de sa propre tête. «Tout est bien qui finit bien.»
Texte: Lia Näpflin
Entre le départ et l’arrivée, Maria Walliser est seule avec la piste, portée par la certitude qu’elle a tout ce qu’il faut en elle pour aller vite. Photo: Hervé Deprez
Dans l’intimité de... Sebastian Stalder a effectué un apprentissage de charpentier et une formation de spécialiste en douane et sécurité des frontières. Depuis plusieurs années, il dispute la Coupe du monde de biathlon en tant que professionnel. Photos: Stephan Bögli
Qu’est-ce qui te met en colère?
Une mauvaise compétition. Surtout quand j’ai tout donné et que mon ressenti ne colle pas avec le chrono ou le classement réellement obtenu.
Quand as-tu pleuré pour la dernière fois et pourquoi?
Lors des Mondiaux à Lenzerheide, en février dernier, à l'issue de la poursuite. Après avoir franchi la ligne d’arrivée, je suis passé vers ma famille et mon fan-club. J’ai été saisi par l’émotion, mais c’était de la joie.
Que dis-tu sur toi quand tu veux impressionner quelqu’un?
Qu’en plus du sport, j’ai fait un apprentissage de charpentier et que je suis en train d’achever une formation de spécialiste en douane et sécurité des frontières. J’ai mené les deux de front avec le sport de haut niveau, tout en allant chercher des résultats de premier plan en Coupe du monde et aux Championnats du monde.
plusieurs
Qu’aimerais-tu absolument apprendre un jour? Avant, je n’étais pas du tout musicien. Mais maintenant que ma deuxième formation est terminée et que j’ai plus de temps, j’aimerais apprendre à jouer de la guitare. C’est un instrument très polyvalent, ça me plaît.
Sebastian Stalder Sebastian Stalder a terminé deux fois à la 7e place aux Mondiaux (en départ en ligne) et figure parmi les meilleurs tireurs de la Coupe du monde. Sa carabine, une construction maison baptisée «Stalder Schaft», se distingue par une technique de rechargement unique. Les magasins sont encastrés dans la crosse et lors du changement, le magasin suivant glisse automatiquement à sa place. Le charpentier de formation et spécialiste diplômé en douane et sécurité des frontières compte plusieurs top 10 en Coupe du monde dans des épreuves individuelles. En 2023, il a terminé 5e du classement général de la mass-start (départ en ligne). Trois ans plus tôt, aux Mondiaux juniors à Lenzerheide, le Zurichois aujourd’hui âgé de 28 ans avait remporté le bronze en individuel sur 15 km.
instagram.com/sebastianstalder
Quand as-tu fait pour la dernière fois quelque chose pour la première fois?
En novembre dernier, j’ai enduit les murs de notre chambre à coucher avec du plâtre. Je suis assez fier, le résultat est vraiment réussi.
Où aimerais-tu vivre, si ce n’était pas en Suisse?
Au Danemark. J’y suis allé en vacances avec ma copine l’été dernier. D’abord dans des coins plus ruraux, puis en ville. J’ai adoré les deux. Nous pourrions très bien imaginer y déménager plus tard.
Qu’est-ce qui t’agace dans notre société?
Pas grand-chose. À part le fait que le sport n’ait pas une place aussi importante chez nous, en Suisse, que dans les pays voisins.
À propos de quoi as-tu déjà complètement changé d’avis?
J’adore discuter, et j’aime les échanges constructifs. Je dirais que je suis très diplomate vis-à -vis des opinions des autres. Si quelqu’un a de meilleurs arguments, je n’ai aucun problème à les accepter. Je n’ai pas de positions totalement figées, donc je n’ai jamais dû «complètement» changer d’avis.
Depuis
années, Sebastian Stalder fait partie des meilleurs tireurs de la Coupe du monde de biathlon.
De quoi n’aimes-tu pas parler?
D’une mauvaise course, en particulier dans les trois heures qui suivent. Je suis trop préoccupé par moi-même et déjà suffisamment contrarié. Je n’ai pas forcément envie d’en rajouter une couche et d’en parler. Mais je sais aussi qu’il faut rester professionnel dans de telles situations et répondre correctement aux questions des journalistes. Ça fait partie du job.
Quel est le dernier mensonge que tu as raconté?
La dernière fois que j’ai vraiment menti, c’était en lien avec un cadeau de Noël. Ma copine a réceptionné un colis à la maison. Je lui ai dit de le cacher, car il était destiné à mon frère Gion. Alors qu’en réalité, c’était pour elle.
Auprès de qui devrais-tu t’excuser?
Toutes les personnes qui attendent au moins trois jours une réponse de ma part sur WhatsApp. Je ne suis pas très assidu quand il s’agit de répondre. Je lis vite les messages, mais je ne réponds tout de suite que si c’est très urgent. Il m’arrive même de ne pas répondre immédiatement à ma mère, et je m’en veux toujours après coup.
Vaut-il mieux être aimé ou redouté comme sportif?
Les deux. C’est une réponse très diplomatique, je sais. J’aimerais idéalement que mes adversaires me redoutent sur la piste, mais qu’ils m’apprécient quand même en dehors et me voient comme un sportif fair-play.
Devant quoi recules-tu le plus?
L’entraînement à sec, très clairement. J’ai besoin de ce type d’entraînement, qui aide à automatiser les mouvements et à améliorer la technique de visée, de respiration et de tir, mais pas trop souvent. Avec l’expérience, on sait de mieux en mieux quand il faut faire un entraînement à sec.
Combien de temps pourrais-tu tenir sans smartphone?
Ça dépend de la situation. Quand je suis à l’entraînement ou au travail, je peux facilement passer tout un aprèsmidi sans regarder mon smartphone. C’est aussi le cas quand je bricole à la maison, j’écoute alors souvent
simplement un podcast sur mon smartphone. Lors des week-ends de course ou des camps d’entraînement, je dois avouer que mon temps d’écran est relativement élevé, car on a alors moins de possibilités de sortir de l’hôtel. Mais par mauvaise conscience, je prends toujours un livre avec moi et lis régulièrement quelques pages.
Si quelqu’un voyait ton historique de recherches sur ton navigateur: qu’est-ce qui te mettrait le plus mal à l’aise?
En ce moment, je regarde souvent des vidéos de voitures télécommandées. Ce n’est pas très honteux, mais je pense que si quelqu’un tombait là -dessus, il se demanderait quand même pourquoi
«Par mauvaise conscience, je prends toujours un livre avec moi.» Sebastian Stalder
je regarde ça. Depuis l’été dernier, dans l’équipe, on a développé une sorte de passion pour les Lego. Nous, les garçons, avons emporté des sets Lego Technic au camp d’entraînement et les avons assemblés. De quoi nous permettre de lâcher aussi nos smartphones de temps en temps. J’ai ensuite quelque peu dérivé du sujet pour m’intéresser aux voitures télécommandées.
Quelles libertés sont importantes pour toi?
Je suis content de pouvoir manger ce que je veux. Bien sûr, je fais attention à adopter une alimentation adaptée au sport d’élite, mais heureusement, je n’ai pas d’intolérances.
Quand as-tu eu beaucoup de chance pour la dernière fois?
Il y a trois ans, en Coupe du monde à Hochfilzen. C’est là -bas que j’ai trouvé le grand amour, par hasard.
Est-ce une illusion de croire que le succès ne nous change pas?
Oui, c’est une illusion. Le succès change une personne, mais pas forcément de manière négative. Par exemple, avant j’étais plutôt timide. Avec les résultats, je suis devenu plus sûr de moi. Et c’est plus agréable pour moi et pour mon entourage si j’ai confiance en moi.
Quelle décision de ta vie regrettes-tu encore en secret?
Rien de vraiment déterminant. Parce que si j’avais fait les choses autrement, je ne serais peut-être pas là où j’en suis aujourd’hui. Quelque chose de plutôt anodin que je peux citer: j’ai acheté des écouteurs intra-auriculaires lorsqu’ils sont apparus sur le marché. Ils m’ont coûté environ 250 francs, mais ils n’étaient pas utilisables durant la pratique du sport. C’était une mauvaise décision d’achat, mais rien de bien grave.
Qu’est-ce que tu aimerais pouvoir faire, mais que tu ne peux pas faire?
J’aimerais beaucoup savoir bien nager. Malheureusement, mon niveau actuel ne me permet pas d’intégrer des séances de natation à mon entraînement pour varier les plaisirs.
Que penses-tu que les autres disent de toi quand tu quittes une pièce?
Je pense qu’ils font des blagues sur les roux. J’espère qu’elles ne sont pas trop méchantes.
Tu as trois vœux à formuler. Lesquels choisis-tu?
Jouer plus souvent au loto et gagner le jackpot; toujours avoir les skis les plus rapides parmi les biathlètes; et que la réussite en course soit constamment de mon côté.
Propos recueillis par: Roman Eberle
Qu’est-elle devenue? Le moment de son plus grand triomphe: Daniela Meuli est sacrée championne olympique en 2006 dans le Piémont. Photos: Keystone-ATS
Comment une championne olympique fait bouger des générations Il y a 20 ans, Daniela SondereggerMeuli était sacrée championne olympique de géant parallèle à Bardonecchia, dans le Piémont. Aujourd’hui, elle aide les gens à vieillir en forme et transmet sa passion du mouvement.
Bettina frotte la neige de ses bottes d’hiver avec un balai. Elle se trouve devant la salle de gym fraîchement rénovée, juste derrière la place du village. Pour la première fois de l’hiver, Saas – une commune de 780 âmes dans le Prättigau – est recouverte d’une épaisse couche de neige. Les habitants dégagent le pas de leur porte et on entend gronder la lame du chasseneige sur la place du village. Nous sommes jeudi soir. Dans quelques instants, débutera la séance de gymnastique pour seniors de 75 minutes.
«Nous sommes toutes très fières d’avoir Daniela comme monitrice», dit Bettina. Quand Pro Senectute a lancé il y a trois ans le projet «Vieillir en forme» dans la
commune et a pu engager Daniela Sonderegger-Meuli comme monitrice, Bettina n’a pas tout de suite voulu participer. Comme beaucoup, elle avait une image faussée de la gymnastique pour seniors: des gens assis sur des chaises, qui agitent des rubans en tissu dans l’air... «Daniela nous pousse vraiment, ça me plaît», ajoute Bettina en se dirigeant vers les vestiaires.
Et on comprend dès le premier exercice ce que Bettina entend par «pousser». Des chiffres de un à neuf sont répartis sur le sol de la salle. Au lieu de courir de numéro en numéro pour l’échauffement, les gymnastes doivent, par équipes de deux, parcourir leur code postal. Dans le deuxième exercice, elles doivent additionner ou soustraire les numéros; au troisième tour, on ajoute des multiplications et divisions. Ces exercices sollicitent non seulement le corps, mais aussi l’esprit. «On a autant besoin du cerveau que du reste du corps, alors on l’entraîne aussi», explique la monitrice.
Retraitée 166 jours après l’or olympique
Aujourd’hui thérapeute du mouvement indépendante, Daniela Sonderegger-Meuli entraîne une fois par semaine entre huit et vingt seniors. Ce qu’elle n’aurait certainement jamais imaginé durant sa carrière de sportive. À l’époque, soit en février 2006, elle était snowboardeuse et avait décroché la médaille d’or à Bardonecchia en géant parallèle. L’été suivant, exactement 166 jours après son triomphe, elle annonçait son retrait du sport d’élite.
Les médias avaient qualifié cette décision de curieuse: une athlète de haut niveau de 24 ans, championne olympique, triple gagnante d’affilée du classement général de la Coupe du monde et auréolée de 22 victoires en Coupe du monde qui veut arrêter? Sans être ni épuisée ni démotivée? «J’ai eu le privilège d’atteindre tous mes objectifs et de réaliser mes rêves en snowboard alpin, et j’ai ressenti l’envie de commencer autre chose.» La peur de tomber dans un creux n’avait jamais existé, raconte-t-elle, parce qu’elle avait toujours eu un plan B.
Et ce plan B était bien réel: en parallèle de sa carrière, elle avait terminé ses études d’enseignante de sport à l’EPFZ. «Les deux choses ont toujours été importantes pour moi. D’un côté, il y avait le sport d’élite, avec mes objectifs et mes rêves. Mais je voulais aussi suivre une formation, parce qu’il y a une vie après le sport d’élite.»
L’or olympique, le titre mondial et la victoire au général de la Coupe du monde: Daniela Sonderegger-Meuli a remporté les trois plus grands sacres du snowboard alpin.
«Les deux choses ont toujours été importantes pour moi. D’un côté, il y avait le sport d’élite, avec mes objectifs et mes rêves. Mais je voulais aussi suivre une formation, parce qu’il y a une vie après le sport d’élite.» Daniela Sonderegger-Meuli
Daniela Meuli a couronné sa carrière par l’or olympique – la Grisonne a fait ses adieux au sport d’élite moins de six mois plus tard.
Le plein de motivation Retour dans la salle de gym. Au programme, un exercice de coordination avec de petits sacs lestés. Par équipes de deux, sur commande de leur partenaire, les femmes doivent faire glisser un sac avec un pied vers l’avant ou vers l’arrière, tandis que les bras, avec l’autre sac, s’étirent vers le haut ou sur le côté du corps. Le défi, explique Daniela Sonderegger-Meuli, c’est que ces exercices doivent solliciter des personnes de 60 à 85 ans ayant des conditions physiques très
différentes. C’est pourquoi elle propose systématiquement plusieurs niveaux de difficulté. Chaque femme choisit ce qui lui convient.
Au niveau le plus difficile, deux équipes perdent un peu patience. «Ouh là , c’est lourd.» La Davosienne de 44 ans sait que l’exercice serait difficile même pour de jeunes sportives actives. Elle encourage: «Je sais, c’est difficile, c’est pareil pour tout le monde.» Les femmes s’accrochent, continuent de s’exercer. Toujours selon la devise de Daniela Sonderegger-Meuli: «Keep
on going, keep on smiling.» Un leitmotiv qu’elle suit depuis ses années de sportive professionnelle et qu’elle applique encore aujourd’hui.
Au moment du passage des juniors aux pros, dit-elle, elle avait pris le sport trop au sérieux et perdu le plaisir. «J’étais trop crispée. J’avais oublié l’idée de base: on fait ça parce qu’on adore faire du snowboard et qu’on y prend du plaisir.» Après une remise à plat, elle avait retrouvé cette joie. «Et ça me marque encore aujourd’hui.»
La monitrice sollicite à la fois le corps et l’esprit. Pour Daniela Sonderegger-Meuli, le mouvement et la pensée font partie d’un tout.
Daniela
Le groupe se réunit une fois par semaine. Bouger ensemble, rire ensemble: chacune à son rythme.
Le plaisir de bouger n’a pas d’âge. Les exercices sont exigeants, mais le plaisir est perceptible. Photos: Sandro Anderes
Des juniors aux seniors Après son retrait du sport d’élite, Daniela Sonderegger-Meuli a enseigné le sport au gymnase alpin de Davos. Elle a ensuite entraîné l’équipe nationale juniors de snowboard alpin, puis a été coach nationale de VTT (cross-country) chez les femmes. Pendant dix ans, elle a travaillé comme thérapeute du sport à l’hôpital de Davos, où elle a suivi des athlètes d’élite, mais aussi des patientes et patients ayant subi un infarctus. «C’est là que j’ai réalisé que j’aimais vraiment travailler avec les personnes âgées», explique-t-elle. Elle s’est spécialisée en gérontologie, la science du vieillissement.
Elle précise que le travail avec des personnes âgées traîne injustement une image de voie de garage. «Tout le monde veut travailler avec les jeunes, celles et ceux qui ont de l’ambition. Mais les personnes âgées ont aussi des objectifs – peut-être
pas courir le marathon de New York, mais pouvoir à nouveau monter sans peine dans leur appartement après une opération cardiaque. Cela peut être tout aussi exigeant.»
Ainsi, en plus de la gymnastique des seniors à Saas, Daniela Sonderegger-Meuli anime des cours de prévention des chutes et donne des conférences sur la santé au grand âge pour l’Office de la santé du canton des Grisons. Elle est également experte pour la formation des monitrices et moniteurs dans le domaine Fitness et gymnastique («FitGym») de Pro Senectute, pour les cantons des Grisons, de Glaris et des deux Appenzell. C’est là que Daniela Sonderegger-Meuli transmet ce qui lui tient particulièrement à cœur: le plaisir de bouger.
Peu avant la naissance de son deuxième fils, Daniela Sonderegger-Meuli s’est installée à Saas il y a six ans et demi, avec son mari et leur fils aîné. Un coup de
chance, dit-elle. Le village cultive l’esprit communautaire, un aspect essentiel pour elle et son mari. Elle s’engage ainsi dans des activités collectives, comme un aprèsmidi de jeux entre les différentes générations, où l’on joue ensemble de 2 à 95 ans. La Grisonne anime aussi une deuxième séance de gym pour les habitantes et habitants de Saas âgés de 25 à 50 ans. Ces leçons sont ouvertes à toutes et tous, mais pour l’instant, il n’y a «que» des femmes, précise-t-elle.
Même si l’ancienne snowboardeuse pro et championne olympique aime le contact humain, elle a besoin de moments à elle. En ce moment, elle les trouve à VTT, à ski de fond ou… en faisant des puzzles. Le travail indépendant s’accorde actuellement bien avec sa situation familiale. Mais quand ses deux garçons seront un peu plus grands, elle s’imaginerait volontiers travailler à nouveau au sein d’une équipe – dans un hôpital, un
Guider, encourager, adapter: Daniela Sonderegger-Meuli divise chaque exercice en différents niveaux de difficulté.
EMS ou un centre de santé. «J’ai les deux côtés en moi. Mais au fond, je suis plutôt quelqu’un de collectif.»
Dans quelques jours, débuteront les JO d’hiver de Milan Cortina. L’or du géant parallèle sera attribué le 9 février dans le snowpark de Livigno, exactement vingt ans après le triomphe de Daniela Sonderegger-Meuli lors des derniers JO d’hiver en Italie du Nord. Va-t-elle vibrer devant les épreuves? «Bien sûr, la télévision sera plus souvent allumée pendant les compétitions», dit-elle. Son titre olympique fait partie de son histoire, mais il n’est plus aussi présent qu’autrefois. Toutefois, «quand les grands rendez-vous approchent, les souvenirs remontent», confie l’ancienne snowboardeuse. «Et là , tu te dis tout à coup: waouh, moi aussi j’ai fait ça!»
Les gymnastes rangent les tapis, discutent encore quelques minutes. Dehors, la neige continue de tomber. Daniela
L’or olympique a aujourd’hui laissé place au plaisir de bouger. Daniela Sonderegger-Meuli transmet ce qui la fait vibrer.
Sonderegger-Meuli range ses petits sacs lestés. Depuis longtems, sa vie ne tourne plus autour des succès aux JO et des courses de Coupe du monde. Avant, il s’agissait de ses propres objectifs. Aujourd’hui, il est
question d’aider les autres à atteindre les leurs, par le plaisir du mouvement. Keep on going, keep on smiling.
Texte: Monique Misteli
Ski. Excellence. Team Helvetia. Avec Helvetia, partenaire officiel de Swiss-Ski, relevez chaque défi en un temps record.
helvetia.ch/swiss-ski
Notre engagement
Team Helvetia
Plus de glisse, moins d’attente Le format Smart Competition augmente le temps effectif à ski des enfants et met l’accent sur le plaisir du ski. Photos: mad
Le groupe de course Albis du SC Hausen am Albis mise sur un contenu repensé pour ses courses destinées aux enfants. «Smart Competition» est le nom du format qui a trouvé son public dès la première saison. La deuxième édition est désormais lancée.
L’histoire commence par une discussion animée. Le groupe de course Albis –une sous-section du SC Hausen, dans le canton de Zurich – a longtemps organisé une course pour enfants, la Voitsport-Race. Mais cet événement de tradition était menacé. La demande baissait, tandis que le calendrier des compétitions arrivait à saturation.
Le moment était venu de trancher: fallait-il arrêter tout de suite? Ou oser lancer un nouveau format?
Jan Herud fait partie des moteurs du projet, ceux qui ont plaidé pour la deuxième option. Cet entrepreneur de 49 ans
dirige le groupe de course, siège au comité du SC Hausen am Albis et s’investit avec une vraie passion pour la relève. Lorsqu’il s’est demandé comment rendre les journées de course plus attractives, une chose lui a semblé évidente: les enfants doivent avant tout skier et passer le moins de temps possible à attendre leur départ.
La solution est venue d’un concept de Swiss-Ski: Smart Competition. L’idée centrale est d’augmenter le temps de mouvement des enfants sur la neige.
ÉVÉNEMENTS PARALLÈLES POUR VARIER LES PLAISIRS Dans le cadre de cette réorientation, Jan Herud s’est occupé des sponsors, a discuté avec les parents et a été «le papa» du projet, comme il le dit lui-même. Steffi Bowles, maman de deux enfants membres du ski-club et ancienne coureuse au niveau
FIS, a accepté le rôle de cheffe du CO. La dirigeante de 41 ans investit beaucoup d’énergie dans l’organisation d’une manifestation qui, d’une part, propose désormais trois manches combinant des passages de géant et de slalom. Seules les deux meilleures manches sont retenues pour le classement. D’autre part, le programme a été enrichi d’événements parallèles: des ateliers ludiques permettant aux enfants de développer leurs compétences à ski.
Ski libre, slalom parallèle, exercices de départ et de skating font partie du programme. «L’accent est mis sur le plaisir», souligne Steffi Bowles. Tout en conservant l’esprit de compétition. Les enfants de six à neuf ans sont répartis en équipes regroupant différents clubs: ils découvrent donc de nouveaux copains. Et ce jour-là , ils ne sont pas encadrés par leurs parents, mais par des monitrices et moniteurs de groupe. Ces personnes responsables jouent un rôle central. «Elles sont la clé du succès», explique Steffi Bowles, «car elles doivent transmettre la joie du ski et créer une bonne ambiance». La plupart des monitrices et moniteurs disposent d’une formation J+S.
Le 9 mars 2025, le groupe de course Albis a accueilli la grande première sur ses pentes habituelles de Brunni-Alpthal. La cheffe du CO était tendue, mais la nervosité est vite retombée. Notamment, parce qu’elle pouvait compter sur une équipe solide. Aux côtés du chef de course Patrick Holzner, près de 50 bénévoles ont contribué à faire de cette journée une véritable expérience.
Événements parallèles ludiques, nouvelles équipes et beaucoup de temps sur la neige: le groupe de course Albis motive les enfants à faire du sport de compétition.
UN ÉLOGE SPÉCIAL COMME MOTIVATION SUPPLÉMENTAIRE
Toutes ces heures investies ont porté leurs fruits. «Les retours ont été unanimement positifs: de «waouh!» à «génial!», on a tout entendu», se souvient Steffi Bowles. «Et beaucoup ont pensé la même chose:
s’il y a une deuxième édition en 2026, ils veulent absolument revenir.» Dans l’article consacré à la Voitsport-Race et publié sur le site du ski-club, les organisateurs font état d’un autre retour positif: «Dans le rapport de compétition Swiss-Ski, l’événement a obtenu les meilleures notes et a été particulièrement salué pour son format de course prometteur.»
Smart Competition: plus de glisse, moins d’attente L’objectif de Smart Competition est d’augmenter la polyvalence et le plaisir chez les enfants et adolescents sur les skis. En parallèle, la qualité des courses et le temps d’activité sont améliorés, ce qui soutient également le développement de la personnalité. Avec le même nombre de journées de compétition, le temps effectif sur les skis doit idéalement être doublé – avec un accent sur la qualité et le plaisir.
Au centre de ce format: des courses d’animation et des mini-courses. Les formats classiques tels que le slalom géant, le slalom ou la Combi Race restent en place, mais sont organisés de manière plus flexible. Comme une reconnaissance du parcours apporte peu de valeur ajoutée à cet âge, on y renonce volontairement. A la place, on effectue plusieurs manches – si le contexte le permet –, afin que les enfants passent davantage de temps à skier. En complément, des événements parallèles apportent de la variété et des éléments ludiques.
Le guide est disponible ici
La prochaine édition est d’ailleurs fixée au 1er mars 2026. Steffi Bowles ne souhaite pas bouleverser la formule, car «tout a parfaitement fonctionné». Elle nourrit toutefois l’espoir d’augmenter le nombre d’inscriptions. En 2025, seuls 65 enfants ont participé. Cette fois, elle aimerait franchir la barre des 100 inscriptions.
Cela ne devrait être qu'une formalité grâce à l’engagement de personnes enthousiastes qui promeuvent partout cette journée. Et lorsqu’on discute avec Jan Herud – de ce projet comme de la promotion de la relève en général – on comprend vite qu’il encourage tous les parents à mettre leurs enfants sur des skis. «Quand je vois l’enthousiasme avec lequel ils se rendent sur la neige, je sais que je m’engage pour quelque chose de fantastique», dit-il. «Et quand, lors d’un camp d’entraînement, 40 jeunes mangent des spaghettis ensemble, rayonnants, après une journée éprouvante, ça me met les larmes aux yeux.»
Une conviction accompagne également le moniteur du groupe de course du SC Hausen: au-delà des aspects sportifs, les enfants retirent beaucoup de la compétition. «Elle développe l’autonomie, le courage, la discipline, l’endurance et la confiance en soi», explique-t-il. «Mon souhait le plus cher est de voir encore bien plus d’enfants skier.»
Texte: Peter Birrer
Après le succès de la phase pilote, le règlement des compétitions a été adapté au niveau correspondant.
Un guide est disponible pour aider les organisateurs dans la mise en œuvre. Cette dernière est facultative, mais recommandée par Swiss-Ski.
Au SC Hausen am Albis, le plaisir, le développement et l’esprit de communauté sont au centre, mais il est aussi permis de gagner et de célébrer.
Milan? Cortina? Livigno! Le doute fait partie du jeu Avant chaque texte que vous commencez à lire, demandez-vous: «Es-tu prêt(e)»? Comme l’ancienne skieuse Maria Walliser le raconte à la page 54 de ce numéro de «Snowactive» en évoquant ses souvenirs des Mondiaux 1987?
Et vous dites-vous aussi, avant chaque texte que vous commencez à écrire: «Tu as tout ce qu’il te faut»? Crayon et gomme, ordinateur et idées? Et des écouteurs?
Vous êtes prêt(e)?
L’or en descente. L’or en super-G. Le bronze en géant.
Telle fut la moisson de Maria Walliser aux Mondiaux 1987. Mais encore?
250 francs.
C’est ce que le biathlète Sebastian Stalder avait un jour payé pour des écouteurs intra-auriculaires, qui se sont pourtant révélés inutilisables pour le sport et donc une mauvaise acquisition, comme il le dit aujourd’hui (p. 58). Sebastian Stalder espérait-il quelque chose en retour? Ou a-t-il appris à vivre avec de mauvaises acquisitions?
2e place.
Tel avait été le verdict pour les Suisses en ski alpin en Coupe des nations 1987/88. Ils avaient depuis longtemps appris à l’accepter, mais l’histoire n’était pas finie!
Plus de 37 ans plus tard, la FIS a corrigé le résultat, intégré deux slaloms parallèles au calcul... et propulsé la Suisse à la première place, avec quatre points d’avance sur l’Autriche (p. 32). Aussi simple que ça.
Si seulement, c’était si simple.
Elle est difficile. Non: très difficile. Non: d’une complexité folle. Quoi donc? La Règle 40 du Comité international olympique. Vous vous sentiez prêt(e) en commençant, à la page 42, le texte sur les JO et la protection des marques? Avez-vous atteint l’arrivée sans tomber ni enfourcher, en ayant tout compris? Le skicrosseur Ryan Regez n’avait pas le droit d’évoquer les JO d’hiver Milan Cortina 2026 dans une série vidéo où figuraient les logos de ses sponsors personnels. Alors, dans la version corrigée, il dit qu’il est champion olympique et double champion du monde en route pour Milan Cortina.
Milan Cortina? Mais encore? Faut-il ajouter un «et» ou un «ou»? Où se trouve cet endroit?
Car si vous êtes fan de Regez, prêt à partir vers l’événement olympique avec tout le nécessaire, ce serait une mauvaise décision de chercher Milan et/ou Cortina sur la carte: les compétitions de skicross ont en effet lieu à ... Livigno.
Et si, à cet instant, vous doutez de vous-même ou de ce texte, ce n’est pas grave. Car comme on le lit aussi dans le texte sur Maria Walliser: elle n’a pas gagné ces médailles parce qu’elle ne doutait jamais, mais parce qu’elle avait appris à composer avec le doute.
Que vous doutiez ou non, lancez-vous!
Et si vous rattrapez un peu de temps sur le trajet vers Livigno, Milan, Cortina et bien d’autres destinations, vous trouverez peut-être quelque part 2 secondes et 29 centièmes. C’est exactement ce qu’il aurait fallu à Maria Walliser pour décrocher, en 1987, l’or en slalom géant ex aequo avec Vreni Schneider. Comme un trésor ancien, sorti de la fin de l’ère glaciaire.
L’or en descente, l’or en superG, l’or en slalom géant? Maria Walliser est prête.
Benjamin Steffen travaille pour l’agence GECKO Communication ainsi que comme chroniqueur et auteur pour «Snowactive». Jusqu’au printemps 2024, ce journaliste sportif bernois travaillait pour la NZZ, pour laquelle il écrivait notamment sur le ski alpin.
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Coureuse sur le podium en Coupe du monde
Vainqueur en Coupe du monde
Champion du monde de slalom
MALORIE BLANC
ALEXIS MONNEY
CAMILLE RAST