IA-MAG N°01 - 17-01-2026

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QUAND RABAT PARLE

MAIS SIGNE ENCORE À PARIS !

Ilyaparfoisundécalagetroublantentrele récit politique et la réalité des choix stratégiques. Le Maroc en donne aujourd’hui une illustration saisissante avec l’intelligence artificielle. D’un côté, un discours volontariste, presque fondateur, portéparlajournée«AIMadeinMorocco», célébrantlarecherchenationale,lestalents locaux,l’intelligencecollectiveetl’ambition d’une IA endogène. De l’autre, un mémorandum d’entente avec Mistral AI, pépite française certes prometteuse, mais symbole persistant d’une dépendance technologique…française.

Comme nous l’avions déjà souligné dans notre article de septembre 2025, la question mérite d’être reposée sans détour : peut-on revendiquer une souveraineté numérique quand l’architecture cognitive de l’État reposesurdesmodèlesconçusailleurs?

Soyonsjustes LajournéeAIMadeinMorocco, organiséele12janvier2026,aposédesjalons sérieux Vision structurée, priorités claires, mobilisation des universités, des institutions, du secteur privé Le lancement des Jazari Institutes, en hommage à l’héritage scientifique arabo-musulman, constitue une initiative forte, symboliquement et stratégiquement

Recherche scientifique, lien industrie–université, data factories, attractivité des talents, IA appliquée aux zones rurales, aux grands événements sportifs : le discours est cohérent Mieux encore, il rompt avec une logique de simple consommation technologique pour assumer l’idée de production, de co-construction, voire de leadershiprégional.

Mais voilà Ce récit ambitieux entre en tension directe avec un choix politique précis : Mistral AI comme partenairestratégiquedel’Étatmarocain.

Le choix de Mistral n’est pas anodin. Il est même hautement politique. Il traduit une volonté de s’éloigner des GAFAM américains, accusés – parfois à raison –d’hégémonie, d’extraterritorialité juridique et d’appropriationmassivedesdonnées.

Sur le papier, l’argument se tient Une alternative européenne, open-weight, RGPD-compatible, moins intrusive Trèsbien

Maisdanslesfaits,Mistralresteuneentreprisefrançaise, financéeenpartiepardescapitauxétrangers,alignéesur une stratégie industrielle hexagonale, et intégrée à un écosystème où Paris conserve la main sur les choix structurants

Autrementdit:onadéplacélecentredegravité,sans vraimentlerapatrier.

La souveraineté n’est pas une question de passeport juridique, mais de capacité réelle à maîtriser, entraîner, adapter et gouverner la technologie Or, aujourd’hui, les modèles fondamentaux restent conçus hors du Maroc Lesbriquescritiquesaussi Lesstandards,également

LesJazariInstitutespromettentbeaucoup Maisquelleestleurplaceréelledanslachaînedevaleur? Seront-ils producteurs de modèles fondamentaux, ou simples intégrateurs intelligents de technologies importées?

Car l’histoire économique marocaine est jalonnée de “partenariats stratégiques” où l’expertise restait à l’extérieur,pendantquelepaysservaitdeterraind’expérimentation,demarchépiloteoudevitrinerégionale.

La souveraineté numérique ne se décrète pas dans un événement institutionnel, aussi bien organisé soit-il. Ellesemesureàdesindicateursconcrets:

Quipossèdelespoidsdesmodèles?

Quidécidedesévolutionsalgorithmiques?

OùsontentraînéeslesIA?

Quicaptelavaleuréconomiquefinale?

Surcesquestions,lesilenceestencoretropconfortable

La ministre a raison sur un point fondamental : on ne fait rien tout seul L’intelligence collective est indispensable Maiscoopérationnesignifiepassubordination

Le risque, aujourd’hui, est de voir émerger une dépendance technologique de nouvelle génération, plus élégante,plus“open”,plusnarrative maistoutaussistructurantequelesanciennes

Unesouverainetémarocainecrédiblepasseraitpar:

uninvestissementmassifetdurabledanslarecherchelocale, desmodèlesentraînéssurdescorpusnationauxetafricains, desdatacenterssouverains, etsurtout,unecapacitéassuméeàdirenonàcertainspartenaires,même“amis”

Le Maroc a les talents. Il a les institutions. Il a désormais un récit. Mais tant que les choix structurants continueront de s’écrire en français, en anglaisouenaméricain,la souveraineté restera un horizon,pasuneréalité.

AI Made in Morocco est une promesse. Le partenariat avec Mistral estuntest.

La question demeure, intacteetinconfortable:le Maroc veut-il vraiment produire son intelligence artificielle… ou seulement mieux choisir celle des autres?

L’histoire jugera. Mais l’IA, elle,n’attendpas.

Il y a des moments où un pays est sommé de choisir. Non pas entre le bien et le mal, ni entre tradition et modernité, mais entre subir le monde tel qu’il se transforme ou tenter,aveclucidité,d’eninfluencerle cours L’intelligence artificielle place aujourd’hui le Maroc face à ce type de moment Ni fantasme technologique, ni simple effet de mode, l’IA est devenue un fait politique,économiqueetsocialtotal Elle redessine les rapports de puissance, bouleverse les administrations,transformeletravail etinterrogejusqu’ànotremanièrede penserlasouveraineté

Avec le document « AI made in Morocco » , le Royaume franchit un seuil symbolique important : il ne s’agit plus d’additionner des initiatives dispersées, des startups prometteuses ou des discours enthousiastes, mais d’assumer une vision d’État. Une doctrine. Un cap. Pour la première fois, l’intelligence artificielle est pensée comme un levier structurant de développement national,aumêmetitrequel’énergie, l’industrieoulesinfrastructures.

Ce choix n’a rien d’anodin L’IA n’est pas neutre Elle est façonnée par ceuxquilaconçoivent,l’entraînent,la financent et la gouvernent Derrière chaque algorithme se cachent des données, des valeurs implicites, des priorités économiques et des arbitrages politiques Laisser ce champ stratégique aux seules grandes puissances technologiques serait accepter une dépendance silencieuse, mais durable À l’inverse, prétendre à une souveraineté absolue relèverait de l’illusion Toute la difficulté, pour un pays comme le Maroc, réside dans cet entre-deux exigeant : coopérer sans se diluer, innover sans se soumettre, ouvrir sansrenonceràdécider

Le débat sur l’IA est souvent capturé par deux excès symétriques. D’un côté, un techno-optimismenaïf,quiprometefficacité,croissanceetinclusioncommepar magie.Del’autre,undiscoursanxiogène,obsédéparladestructiondesemplois, la surveillance généralisée ou la perte de contrôle La réalité, plus complexe, imposeunregardadulte L’IAn’estniunebaguettemagiqueniunefatalité Elleest un outil de puissance Et comme tout outil de puissance, elle renforce ceux qui saventlagouverner

C’estlàquesejouel’essentiel Gouvernerl’IA,cen’estpasseulementinvestirdans des data centers ou former des ingénieurs C’est organiser la donnée publique, repenserl’administration,protégerlescitoyens,arbitrerentreefficacitéetlibertés, entreinnovationetéquitéterritoriale C’estaussiaccepterquelatransformation ne soit pas seulement technologique, mais culturelle Une administration « augmentée » par l’IA ne peut fonctionner avec des procédures conçues pour le papier et la défiance Une économie de l’IA ne prospère pas sans confiance, ni sanscapitalhumaindurablementformé

Cenumérospécialn’apasvocationàcélébrerunestratégieouàlacondamner par principe Il se veut un espace de lucidité Article après article, nous avons choisid’explorerlespromesses,maisaussilesanglesmorts:lagouvernancedes données, la crédibilité des chiffres annoncés, les risques de dépendance technologique,lesfracturesterritoriales,laréalitédufinancementdel’innovation, laplaceducitoyendanscettetransformation.

Car au fond, la question n’est pas seulement de savoir si le Maroc peut développeruneintelligenceartificiellesouveraine.Laquestionestplusprofonde: le pays est-il prêt à transformer cette ambition technologique en intelligence collective ? En capacité à décider ensemble, à coopérer entre institutions, à associerlesterritoires,àfairedel’IAnonpasunprivilègeréservéàquelques-uns, maisunoutilauserviceduplusgrandnombre.

L’IAnejugerapasleMaroc.Maisellerévélera,sansindulgence,sesforcescomme sesfragilités Cenuméroestuneinvitationàregardercetteréalitéenface

Cette initiative volontaire s’inscrit dans la volonté de poser les bases d’un nouveau pacte national en faveur de la jeunesse marocaine, dans un contexte de transformations profondes que connaît la société marocaine depuis plusieurs années. L’élévation du niveau des droits et libertés, l’élargissement des attentes citoyennes et la diversification des revendications politiques, économiques, sociales et culturelles ont placé les jeunes aucœurdesdynamiquesdeplaidoyeretdemobilisationdepuisplusd’unedécennie

CLIQUEZICI ETPARTICIPEZ

Lorsqu’unÉtatparlededoctrine,ilne s’agit jamais d’un simple document administratif. Une doctrine fixe un cadredepensée,unehiérarchiedes priorités et, surtout, une vision du monde. En ce sens, « AI made in Morocco»marqueunerupture:pour la première fois, l’intelligence artificiellen’estplusabordéecomme une succession de projets, mais comme un choix stratégique structurant

Jusqu’ici,lepaysagemarocaindel’IA ressemblait à une mosaïque : startupsinnovantes,programmesde formation, expérimentations sectorielles, partenariats internationaux Cette effervescence avaitunmérite:prouverquelepays n’était pas absent du mouvement mondial Mais elle avait aussi une limitemajeure:l’absenced’uncadre unificateur capable d’orienter l’ensembleversunobjectifcommun

La doctrine proposée repose sur un postulat clair : la souveraineté numériquenesedécrètepas,ellese construit.Etcetteconstructionpasse par trois piliers indissociables. D’abord, la maîtrise des données, considérées comme une ressource stratégique nationale. Ensuite, le développement d’infrastructures et de compétences locales capables de transformer ces données en valeur. Enfin, l’adoption de l’IA à grande échelle, notamment dans l’administration et les services publics, afin de produire un impact tangiblesurlaviedescitoyens

Le document avance des objectifs chiffrés ambitieux : contribution significative au PIB, dizaines de milliersd’emplois,formationmassive de talents Ces chiffres ont une fonction politique évidente : donner unemesuredel’enjeuetmobiliser

lesacteurs.Maisleurcrédibilitédépendraentièrementdesmécanismesdemise enœuvre.Unedoctrinen’estefficacequesielles’accompagned’arbitragesclairs, debudgetsidentifiésetd’unegouvernancelisible.

L’undesapportsnotablesdecettestratégieestsonrefusimplicitedumimétisme. Le Maroc ne cherche pas à reproduire le modèle des géants technologiques, ni celui des grandes puissances industrielles. Il mise sur ses spécificités : une administrationcentraleforte,uneproximitéterritoriale,unediversitélinguistiqueet culturelle, et une position géopolitique singulière entre l’Europe, l’Afrique et le mondearabe

Reste une question centrale : cette doctrine survivra-t-elle à l’effet d’annonce ?

L’histoiredespolitiquespubliquesestjalonnéedestratégiesambitieusesrestées lettremortefautedecoordination,decontinuitéoudecouragepolitique L’IA,par sanaturetransversale,exacerbecesrisques Elleobligelesministèresàtravailler ensemble, les administrations à partager leurs données, les acteurs publics et privésàcoopérersansseméfiersystématiquement

En cela, « AI made in Morocco » est moins un aboutissement qu’un point de départ.Iltraceunedirection.Ilnegarantitpaslechemin.

Pendantlongtemps,lasouverainetés’estpenséeentermesdefrontières,d’armée, demonnaieoud’énergie.Aujourd’hui,ellesejoueaussi etparfoissurtout dans les flux invisibles de données, les algorithmes et les infrastructures numériques. L’intelligenceartificielleadéplacélecentredegravitédupouvoir.Ellen’estplusun simple outil d’optimisation, mais un instrument de décision, d’anticipation et d’influence.Àcetitre,ellenepeutplusêtrelaisséeauseulmarché.

Lorsquel’Étatmarocaindécided’inscrirel’IAaurangdesesprioritésstratégiques,il reconnaîtimplicitementuneréalité:celuiquicontrôlelesdonnéesetlesmodèles contrôleunepartcroissantedelacapacitéàgouverner Lesalgorithmesorientent déjà l’accès à l’information, la gestion des flux, la détection des risques, la distribution de ressources Demain, ils pèseront encore davantage sur la santé, la fiscalité,lajustice,lasécuritéoul’aménagementduterritoire

La souveraineté numérique ne signifie pas l’autarcie Aucun pays, surtout de taille intermédiaire, ne peut prétendre développer seul l’ensemble de la chaîne technologique Maiselleimpliqueunprincipefondamental:conserverlacapacité de choisir Choisir où sont stockées les données sensibles, qui y accède, selon quelles règles Choisir les partenariats, les dépendances acceptables, les lignes rougesànepasfranchir

Danscecontexte,l’IAdevientune affaire d’État parce qu’elle touche au cœur du contrat social. Une administration qui s’appuie sur des systèmes opaques, conçus ailleurs, sans contrôle démocratique, fragilise la confiance des citoyens. À l’inverse, une IA gouvernée, encadrée et assumée peut devenir un levier de modernisationetdelégitimité

Le Maroc se trouve à un carrefour délicat D’un côté, la tentation de la facilité : adopter des solutions clés en main proposées par les géants technologiques mondiaux De l’autre, l’ambition plus exigeante de construire des briques souveraines, quitte à avancer plus lentement La doctrine « AI made in Morocco » tente de tracer une voie médiane : coopérer, mais en conservant la maîtrisedesélémentscritiques

Cette posture suppose un État stratège, capable de comprendrelatechnologiesans la sacraliser, de dialoguer avec lesacteursprivéssansselaisser capturer, et de réguler sans étoufferl’innovation.Ellesuppose aussi une montée en compétence de l’administration elle-même.Onnegouvernepas l’IA avec des outils conceptuels dusiècledernier

Fairedel’IAuneaffaired’État,ce n’est donc pas la nationaliser, mais l’inscrire dans un cadre politique clair La vraie question n’est pas de savoir si l’État doit intervenir,maiscommentillefait avec quelle vision, quelle transparence et quelle responsabilité

L’intelligence artificielle se nourrit d’un carburantunique:ladonnée.Sansdonnées fiables, massives et bien structurées, les algorithmes ne produisent que des promesses creuses. Or, au Maroc comme ailleurs, l’État est le principal détenteur de données stratégiques : état civil, fiscalité, santé, éducation, foncier, mobilité. Gouverner l’IA commence donc par gouvernerladonnéepublique

La stratégie nationale met en avant la création de « data factories » et de mécanismes d’interopérabilité entre administrations Surlepapier,l’ambitionest forte : casser les silos, mutualiser l’information, améliorer la qualité des services Dans les faits, le chantier est colossal Les données publiques marocaines sont souvent fragmentées, hétérogènes, parfois incomplètes, et protégéespardeslogiquesinstitutionnelles jalouses

Lasouverainetédeladonnéeneserésume pas à son hébergement sur le territoire national Elleimpliquedesrèglesclairessur la collecte, l’usage, le partage et la protection. Qui peut accéder à quoi ? À quelles conditions ? Avec quels contrôles ? Ces questions sont autant juridiques que politiques. Elles touchent directement à la vie privée, à la confiance des citoyens et à lacrédibilitédel’actionpublique.

Le risque est double. D’un côté, une centralisation excessive, qui transformerait la donnée en instrument de contrôle opaque De l’autre, une ouverture mal encadrée, qui exposerait des informations sensibles à des usages abusifs ou à des acteurs extérieurs Entre ces deux écueils, l’État doit inventer une gouvernance équilibrée, fondée sur la transparence, la traçabilitéetlaresponsabilité

Laloi,àelleseule,nesuffirapas Gouverner la donnée suppose une culture administrativenouvelle,oùlepartagen’est

plus perçu comme une perte de pouvoir, mais comme un gain collectif. Cela suppose aussi des compétences techniques capables de comprendre les enjeux de sécurité, d’anonymisation et de qualité des données.

La question centrale demeure : le Maroc est-il institutionnellement prêt à cettemutation?Laréponsedépendramoinsdestextesquedespratiques.

La donnée souveraine ne se décrète pas. Elle se construit, patiemment, danslaconfianceetlacohérence.

Parlerd’intelligenceartificiellesansparlerd’infrastructuresrevientàbâtirsurdusable Derrièrechaquemodèle,chaque calcul, chaque prédiction, se cachent des serveurs, de l’énergie, des réseaux Le choix du cloud souverain et des data centersvertsrévèleunecompréhensionfinedecetenjeumatérielsouventsous-estimé

Enmisantsurdesinfrastructureslocales,leMarocchercheàreprendrelamainsurunmailloncritiquedelachaînede valeurnumérique Hébergersesdonnéessensiblesàl’étranger,c’estaccepterunedépendancejuridiqueetstratégique Lesloisextraterritoriales,lestensionsgéopolitiquesetlesrupturesdeservicesontautantdevulnérabilitéspotentielles

Maisl’infrastructuren’estpasqu’unequestiondesouveraineté Elleestaussienvironnementaleetéconomique Lesdata centers sont énergivores Leur déploiement massif pose des questions de durabilité, d’accès à l’électricité et d’impact climatique Enliantcloudsouverainetdatacentersverts,leMaroctentedeconcilierambitionnumériqueetcontraintes écologiques

Ce pari est audacieux Il suppose des investissements lourds, une planification fine et une articulation étroite avec la stratégie énergétique nationale Il suppose aussi de résister à la facilité de solutions étrangères immédiatement disponibles Letempslongdevienticiunchoixpolitique

L’enjeudépasselargementlesecteurtechnologique Cesinfrastructuresconditionnentlacapacitédupaysàattirerdes investissements,àdévelopperdesservicespublicsnumériquesrobustesetàsepositionnercommehubrégional.Elles sontlacolonnevertébraleinvisibledetoutelastratégieIA.

L’undesaspectslesplusrévélateursde la stratégie marocaine en matière d’intelligence artificielle ne concerne ni les data centers ni les algorithmes les plus sophistiqués, mais la langue. Le choix de développer des modèles capables de comprendre et de produire la Darija et l’Amazigh est tout saufanecdotique.Iltoucheaucœurdu lienentrel’Étatetsescitoyens

Dans la plupart des pays, l’IA linguistique s’est développée autour deslanguesdominantesdunumérique : l’anglais d’abord, puis quelques grandes langues européennes ou asiatiques Cettehiérarchielinguistique n’est pas neutre Elle reproduit des rapports de pouvoir, exclut des populations entières de l’accès aux services numériques et renforce une fracture invisible entre ceux qui maîtrisent la langue du système et ceuxquiensontéloignés

Au Maroc, cette question prend une dimension particulière Une partie significative de la population ne s’exprime pas naturellement en français ou en arabe classique. Pour ces citoyens, l’administration numérique peut devenir un mur supplémentaire, au lieu d’un levier de simplification. Intégrer la Darija et l’Amazigh dans les modèles de langage, c’est reconnaître cette réalité socialeettenterd’yrépondre.

Maiscetteambitionestaussipolitique

Un modèle de langage n’est pas un simple traducteur Il interprète, reformule, hiérarchise l’information Il incarne une vision implicite de la relation entre l’institution et l’individu Qui décide de la manière dont une requête est comprise ? Qui fixe les réponses « correctes » ? Derrière la techniquesecacheuneconceptiondu servicepublic

Développer des LLM adaptés au contexte marocain suppose un effort considérable : collecte de données linguistiques de qualité, respect des sensibilités culturelles, arbitrage entre standardisation et diversité. Cela suppose aussi de résister à la tentation de solutions importées, souvent incapablesdesaisirlesnuanceslocales.

L’enjeu est clair : une IA qui parle la langue des citoyens peut rapprocher l’administration du quotidien. Une IA qui ignore ces réalités risque d’aggraver la distance. La langue devient ainsi un instrument de souverainetédouce,maisdécisive

L’intelligence artificielle est souvent présentée comme la clé de voûte de la modernisation administrative. Automatisation des démarches, anticipation des besoins, réduction des délais : l’IA promet un État plus rapide, plus efficace, presque invisible. Dans la stratégie marocaine, cette promesse prenduneformeprécise:celled’unÉtat proactif,capabled’agiravantmêmeque lecitoyenneformulesademande

Leprincipedu«onceandonly»cristallise cette ambition Fournir une information une seule fois, puis laisser l’administration se coordonner en interne, est une idée séduisante Elle répond à une frustration largement partagée : la répétition des démarches, la multiplication des justificatifs, la lenteurdesprocédures Maistransformer cette idée en réalité suppose bien plus qu’undéploiementtechnologique

Le premier obstacle est structurel L’administration marocaine, comme beaucoup d’autres, est organisée en silos Chaque ministère, chaque organisme, détient ses données, ses procédures,seslogiquesdecontrôle.L’IA, par nature, traverse ces frontières. Elle exige une circulation fluide de l’information,uneinteropérabilitéréelleet une confiance institutionnelle forte. Sans cela, elle ne fait que superposer une couche technologique à une architecturedysfonctionnelle.

Le second obstacle est humain Introduire l’IA dans l’administration modifie les rôles, les responsabilités et parfoislesensmêmedutravail Certains agents peuvent y voir un outil d’aide, d’autresunemenacepourleurexpertise ou leur emploi Sans accompagnement sérieux, formation continue et dialogue social, l’IA risque de susciter des résistances silencieuses mais paralysantes

Il y a enfin un enjeu démocratique majeur. Un État proactif peut rapidement devenir un État intrusif. À partir de quelles données l’administrationanticipe-t-ellelesbesoins?Jusqu’oùpeut-elleallersans consentement explicite ? La frontière entre service et surveillance est ténue.L’IArendcettefrontièreplusfloueencore,carelleagitsouventsans interventionhumainedirecte.

La modernisation administrative par l’IA ne peut donc être un simple projet technique. Elle doit être pensée comme une réforme politique et éthique Transparence des algorithmes, explicabilité des décisions automatisées, droit au recours humain : ces principes ne sont pas des luxes,maisdesconditionsdelégitimité

L’IA peut transformer l’administration marocaine Mais elle ne la rendra pas meilleure par défaut Elle ne fera qu’amplifier ce qui existe déjà : l’efficacitésilesbasessontsolides,laconfusionsiellesnelesontpas Le fantasmetechnologiquecommencelàoùs’arrêtelaréformeréelle

L’intelligence artificielle est souvent invoquée comme un outil capable de corriger les déséquilibres territoriaux. Télé-médecine, enseignement à distance, services administratifs dématérialisés : l’IA serait le raccourci technologique permettant de connecter les zones rurales, montagneuses ou enclavées au même niveau de services que les grands centres urbains Cette promesse mérite d’être examinée avec prudence

Les fractures territoriales au Maroc sont anciennes et multidimensionnelles Elles ne relèvent pas uniquement d’un déficit technologique, mais aussi d’infrastructures, de ressources humaines, de continuité des politiques publiques Introduire de l’IA dans un territoiremaldesserviparleréseau,sans personnel formé ni accompagnement local, risque de produire un effet vitrine plutôtqu’unimpactréel

L’IA peut certes jouer un rôle important Ensanté,parexemple,ellepeutaiderau diagnostic à distance, optimiser l’orientation des patients ou mieux répartir les ressources médicales. En éducation, elle peut soutenir les enseignants isolés, proposer des contenus adaptés, détecter les décrochages précoces. En administration, elle peut réduire les déplacements et simplifier l’accès aux droits.

Mais ces bénéfices ne sont pas automatiques Ils supposent un socle minimum : connectivité fiable, équipements accessibles, compétences locales Sans ce socle, l’IA risque de renforcer les inégalités existantes en bénéficiant d’abord aux territoires déjà mieuxdotés

Il existe aussi un risque de centralisation accrue

UneIApilotéedepuislecentre,alimentéepardesdonnéesagrégées,peut produiredesdécisionsdéconnectéesdesréalitéslocales.Lesterritoiresne sont pas des abstractions statistiques. Ils ont des spécificités sociales, culturellesetéconomiquesquelesalgorithmespeinentparfoisàsaisir.

Réduire les fractures territoriales par l’IA suppose donc une approche territorialisée de la technologie. Cela implique d’associer les collectivités locales, de former des relais sur le terrain, d’adapter les solutions aux contextesspécifiques.L’IAdoitêtreunoutilauservicedesterritoires,pas unsubstitutàl’actionpubliquelocale

Lapromessesocialedel’IAestréelle Maiselleneseréaliseraquesielle estpenséecommeuncomplémentauxpolitiquesd’aménagementetde développement,etnoncommeleurremplaçante

Former 200 000 talents dans le domaine de l’intelligence artificielle est une annonce forte, presque spectaculaire Elle traduit une prise de conscience essentielle : sans capital humain, il n’y a pas de souveraineté technologique. Mais comme toute promesse chiffrée, elleappelleuneanalyserigoureuse.

Que recouvre exactement la notion de « talent IA » ? Un ingénieur spécialiséenmachinelearning?Un technicien capable d’exploiter des outils existants ? Un citoyen sensibiliséauxusagesnumériques?

La réponse n’est pas anodine Derrièreunchiffreglobalpeuventse cacherdesréalitéstrèsdifférentes

Le risque de l’inflation des chiffres est bien connu des politiques publiques Multiplier les formations courtes, les certifications rapides et les programmes de sensibilisation permet d’atteindre des volumes impressionnants, mais pas nécessairement de créer des compétences solides Or, l’IA exige des profils rares, hautement qualifiés, mais aussi des compétences intermédiaires capables de faire le lien entre la technologieetlesbesoinsconcrets.

Un autre enjeu majeur concerne l’adéquation avec le marché du travail. Former massivement sans débouchés réels crée frustration et déclassement. L’IA ne doit pas devenir une nouvelle filière de promesses déçues. Les formations doivent être pensées en lien étroit aveclesbesoinsdel’administration, des entreprises et des secteurs productifs

Il y a enfin une question de temporalité Former des talents IA de haut niveau prend du temps Cela suppose des enseignants qualifiés, des infrastructures pédagogiques, des partenariats académiques solides Accélérer artificiellementceprocessuspeutnuireàlaqualité

L’ambition de former 200 000 talents est louable. Sa réussite dépendra de la clartédesobjectifs,delaqualitédesformationsetdelacapacitéàinscrireces compétencesdansunestratégieéconomiquecohérente.

Introduire l’intelligence artificielle à l’école est devenu un réflexe quasi universel Partout, les systèmes éducatifs cherchent à préparer les élèves à un monde transformé par les technologies numériques Le Maroc ne fait pas exception Maislaquestioncentralen’estpasdesavoirsil’IAdoitentreràl’école,maiscomment

L’IA peut être un formidable outil pédagogique. Elle permet de personnaliser les apprentissages, d’identifier les difficultés précoces, de soutenir les enseignants dans des classes hétérogènes. Elle peut aider à réduire l’échec scolaire,àconditiond’êtreutiliséecommeunappui,noncommeunsubstitutàl’humain.

Le risque, cependant, est celui de l’empilement. Ajouter des modules, des plateformes, des outils numériques à un systèmeéducatifdéjàsoustensionpeutproduirel’effetinversedeceluirecherché.L’écolemarocainefaitfaceàdes défis structurels : effectifs chargés, inégalités territoriales, formation des enseignants. L’IA ne peut pas corriger ces faillesparmagie.

Il existe également un enjeu d’équité Une école augmentée par l’IA dans les grandes villes, face à une école souséquipée dans les zones rurales, risque d’aggraver les écarts L’introduction de l’IA doit donc être progressive, accompagnéeetpenséedansunelogiqued’égalitéd’accès

Enfin, l’éducation à l’IA ne doit pas se limiter à l’apprentissage d’outils Elle doit développer l’esprit critique, la compréhensiondesenjeuxéthiques,lacapacitéàinteragiravecdessystèmesautomatiséssanslessubir Formerdes citoyens,passeulementdesutilisateurs

Lavéritablerévolutionpédagogiqueneviendrapasdel’IAelle-même,maisdelamanièredontelleseraintégréeà unevisionéducativeglobale,cohérenteetinclusive

S’il fallait désigner un projet emblématique de la stratégie « AI made in Morocco » , le réseau des Instituts Jazari s’imposerait sans hésitation. Pensé comme un système distribué,ancrédanslesterritoiresetcoordonnéparuncentrenational–JazariRoot–,ce dispositif incarne l’ambition du Maroc de passer d’une logique de consommation technologiqueàunelogiquedeproductionetd’industrialisationdel’IA.

L’idéeestséduisante.Plutôtquedeconcentrerlarechercheetl’innovationdansuneseule métropole,Jazariproposeunearchitectureenréseau,connectantuniversités,centresde recherche,acteurséconomiquesetcollectivitésterritoriales Chaquerégionestappeléeà développer des cas d’usage en lien avec ses spécificités : agriculture, industrie, services publics, zones rurales ou montagneuses L’IA devient ainsi un outil de développement territorial,etnonunluxeréservéauxgrandesvilles

Mais cette ambition porte en elle des risques considérables Le premier est celui de la gouvernance Un réseau distribué nécessite une coordination fine, des responsabilités clairementdéfiniesetunecapacitéd’arbitragerapide Sanscela,ilpeutsetransformeren une constellation de projets hétérogènes, sans cohérence ni impact réel L’histoire des politiques publiques marocaines, comme ailleurs, montre que la fragmentation est souventl’ennemiedel’efficacité

Le second risque est celui de la dilution des moyens Multiplier les structures sans garantir leur financement, leur attractivité et leur excellence scientifique peut conduire à une dispersion des ressources L’IA est un domaine exigeant, où la masse critique compte Des centres sous-dotés, peinant à attirer des talents de haut niveau, risquent de produire plus de communication qued’innovation

Il y a enfin un enjeu de temporalité Les résultats en matière de recherche et d’industrialisation ne sont pas immédiats. Ils demandent de la patience, de la stabilité et une continuité politique rare. Jazari sera jugé non sur ses intentions, mais sur sa capacité à survivre aux cycles administratifs et aux changements de priorités

Jazari est donc à la fois le cœur et le talon d’Achille de la stratégie marocaine S’il réussit, il pourrait transformer durablement

l’écosystème national de l’IA S’il échoue, il risque de devenir le symbole d’une ambition malmaîtrisée

Jazari Root est présenté comme le cœur technique et stratégique du dispositif national : un campus de référence,unorchestrateur,unlieuoù larechercheappliquée,l’ingénierieet l’industrialisation doivent enfin parler lemêmelangage Surlepapier,cette centralité est logique Un réseau distribué comme Jazari ne peut pas fonctionner sans un nœud capable d’assurer la cohérence, la mutualisation des ressources et l’alignement sur des priorités nationales Mais la centralité est un pouvoir, et tout pouvoir comporte un risque : celui de se transformer en bureaucratie

La tentation, dans ce type de projet, est de rêver d’un « MIT marocain » Cette comparaison est compréhensible : on cherche un symbole, un repère, une image d’excellence Maisellepeutaussiêtre piégeuse. Les grandes institutions mondialesquifontladifférencenese résument pas à des bâtiments, des logos ou des data centers. Elles reposent sur des conditions intangibles : autonomie scientifique, culture de l’exigence, gouvernance légère, capacité à attirer des talents, et surtout un écosystème où la recherche se transforme en produits et en entreprises sans être ralentie par des chaînes de validation interminables

Or, Jazari Root est annoncé avec un statutdeGroupementd’IntérêtPublic (GIP) Ce choix peut apporter de la souplesse, mais il crée aussi une question immédiate : quelle sera la véritable marge de manœuvre de l’institution ? Un GIP peut être agile ou devenir une structure hybride où l’administratif prend le pas sur l’innovation Tout dépend de la gouvernance, du recrutement, des règles de décision et du courage politique à laisser une institution respirer

Ledocumentmetenavantdescomposantesclés:uneDataFactory,uncentrede R&DenIA,uneécoled’IAetsciencesdesdonnées,undatacenterde50MWetun cloudsouverain,desstructuresd’incubationetd’accélération,etmêmeunfonds d’investissement L’ensemble ressemble à un « continuum complet » : former, expérimenter, prototyper, industrialiser, déployer C’est cohérent Mais c’est aussi lourd Plus un modèle est complet, plus il est difficile à faire fonctionner sans friction

LedéfiprincipaldeJazariRootseradoncceluidel’exécution Commentéviterque l’écoleneformedesprofilsdéconnectésdesbesoinsindustriels?Commentfaire ensortequelaR&Drépondeàdesproblématiquesconcrètes,sanstomberdans la logique de projets vitrines ? Comment permettre au cloud souverain d’être compétitif, fiable et réellement adopté, et pas seulement annoncé ? Comment faireensortequel’incubationsoitunepasserelleverslemarché,pasuncouloirde subventions?

Ilyaaussiunenjeudecrédibilitéscientifique Pourdevenirunhubderéférence, JazariRootdevrapublier,collaborer,êtreprésentdanslesréseauxinternationaux, attirer des chercheurs marocains de la diaspora, nouer des partenariats qui ne soientpasdesimplessignatures L’excellenceneseproclamepas:ellesemesure et se reconnaît Et elle exige un environnement de travail attractif, des rémunérations compétitives, et une capacité à protéger le temps long de la recherchecontrel’urgenceadministrative.

Enfin,JazariRootdevragérerunetensionpolitiquesubtile:êtreàlafoisunoutilau servicedespolitiquespubliquesetunmoteurd’innovationautonome.Tropaligné sur les calendriers gouvernementaux, il risque de devenir un instrument de communication. Trop autonome, il risque de se couper des priorités nationales. Trouvercetéquilibreestlevraitest.

En somme, Jazari Root peut devenir une pièce maîtresse de la souveraineté numérique marocaine à condition d’être gouverné comme une institution d’innovation,pascommeunedirectionadministrative Lepaysabesoind’unhub d’exécution Mais il a encore plus besoin d’un hub qui produise des résultats mesurables : des modèles, des solutions, des entreprises, et surtout un effet d’entraînementdurablesurl’économie

Dans toutes les stratégies nationales d’intelligence artificielle, les startups jouent un rôle presque mythologique : elles sont censées transformer les idées en produits, créer des champions, porter l’innovation plus vite que les grandes structures Le Maroc n’échappe pas à cette narration Mais la vraie question n’est pas de savoir si les startups sont importantes elleslesont ,mais de déterminer si l’écosystème marocain est réellement capable de financer, d’accompagner et surtout de faire grandir des entreprises IA jusqu’à une taille industrielle

L’IA est un secteur particulier Contrairement à certains services numériques classiques, les projets demandent souvent des investissements lourds en amont : données, calcul, ingénierie, conformité réglementaire, tests, cybersécurité. Beaucoup de solutions IA mettent du temps à trouver leur marché, et plus de temps encore à devenir rentables. Dans un environnement où le capital-risque reste prudent, cette temporalitéestunproblème.

La stratégie évoque plusieurs mécanismes : venture building, venture capital, fonds dédiés C’est indispensable, mais cela pose une question de fond : d’où vient l’argent,etàquellesconditions?Si la majorité du financement provient de sources publiques ou para-publiques, il existe un risque de dépendance : startups construites pour répondre à des appels à projets plutôt qu’à un marché, équipes habituées à « pitcher»dessubventionsplusqu’à vendre des produits, innovation orientée par des critères administratifs au lieu de besoins économiques

À l’inverse, si le financement dépend surtout d’acteurs internationaux, le risque est celuid’unecaptationdevaleur:lestalentsmarocainsconstruisent,maislapropriété intellectuelle,lessiègessociauxetlesretoursfinancierssedéplacentailleurs.Entreces deux écueils, l’enjeu est d’installer une finance de croissance nationale capable de prendredesrisques,d’accepterl’incertitude,etdesoutenirdescycleslongs Maislaquestiondufinancementnesuffitpas Leprincipalgouletd’étranglementdes startups IA est souvent l’accès aux données et aux clients Sans données, pas de modèlesrobustes Sansclients,pasdetraction Ici,l’Étatpeutjouerunrôledécisif,non pas seulement comme financeur, mais comme premier client La commande publique, si elle est transparente, compétitive et structurée, peut devenir le moteur d’unmarchénationaldel’IA Ellepeutpermettreàdesstartupsdetester,d’itérer,de prouverleurvaleur,puisd’exporter

Encore faut-il que la commande publique soit adaptée Les procédures classiques d’achat,lentesetrigides,nesontpasfaitespourl’innovation Unestartupnepeutpas attendreunanpourunedécision Elleabesoindecyclescourts,depilotes,decritères d’évaluationclairs Sansréformedel’achatpublic,l’écosystèmeresteradépendantde financementssansdébouchés

Il y a aussi un enjeu de talent et de rétention Les startups marocaines seront en concurrence directe avec des entreprises internationales capables de recruter à distance, de payer en devises et d’offrir des perspectives globales Sans conditions attractives, les meilleurs profils risquent de partir, ou de travailler pour l’étranger depuisleMaroc,cequinecréepasforcémentdeschampionsnationaux

Enfin, il faut parler d’industrialisation. Beaucoup de startups réussissent à créer un prototype, mais échouent à passer à l’échelle : intégration dans les systèmes, conformité, maintenance, sécurité, support client, déploiement multi-sites. L’IA n’est passeulementuneinvention,c’estunproduitquidoitfonctionnerdansleréel.C’estlà quel’écosystèmemarocaindoitprogresser.

Financer l’innovation IA, au Maroc, ne se résume donc pas à créer un fonds. Il faut construire un marché, libérer l’accès aux données, moderniser la commande publique,etsoutenirl’industrialisation.Sanscela,onauradesstartupsprometteuses… maispeudechampions

Une stratégie nationale de l’IA qui ignorerait la coopération internationale serait irréaliste L’écosystèmemondialdel’intelligenceartificielleeststructurépardesgéantstechnologiques, deslaboratoiresdepointeetdesinfrastructuresdecalculconcentréesdansquelquesrégions dumonde Aucunpaysnepeuttoutfaireseul LeMaroc,enassumantdespartenariatsavec des acteurs internationaux, adopte donc une posture pragmatique Mais le pragmatisme n’exclutpaslavigilance

Lacoopérationestuneopportunitéquandellepermetuntransfertréeldecompétences,une montéeengammedestalents,unaccèsàdestechnologiescritiquesetuneinsertiondans des réseaux d’innovation. Elle devient une dépendance lorsque le pays se contente de consommer des solutions importées, sans maîtrise des briques essentielles : données, modèles,infrastructure,propriétéintellectuelle.Entrelesdeux,lafrontièreestsouventinvisible, maisdécisive.

Lepremierenjeuconcernelesdonnées.DanslaplupartdesprojetsIA,lesdonnéessontplus précieusesquelesalgorithmes.Sidesacteursétrangersaccèdentàdesdonnéespubliques ousemi-publiquessansgarantiesstrictes,lasouverainetédevientuneformulecreuse.Même lorsquelesdonnéesnesortentpasphysiquementdupays,laquestiondesaccès,desdroits d’usage,desmétadonnéesetdesmodèlesentraînéssurcesdonnéesdemeurecruciale Le Maroc doit donc définir des règles robustes : quelles données sont partageables, lesquelles sontsensibles,quelsauditssontimposés,quellessanctionsexistentencasdedérive

Lesecondenjeuestlapropriétéintellectuelle Unpartenariatpeutproduiredessolutions«codéveloppées » dont la propriété réelle reste floue Qui possède le modèle final ? Qui peut le commercialiser ? Qui peut l’adapter ? Qui décide des évolutions ? Sans clauses claires, le Marocrisquedefinanceruneinnovationdontlavaleurestcaptéeailleurs

Le troisième enjeu est stratégique : l’alignement des intérêts Les entreprises technologiques internationalesontleurspropresobjectifs:conquérirdesmarchés,sécuriserdescontratsde long terme, verrouiller des dépendances logicielles L’État marocain, lui, cherche de la souveraineté, de l’inclusion et une montée en puissance nationale Les intérêts peuvent converger,maisilsnesontpasidentiques C’estlàquelacapacitédenégociationdevientune arme

Cettecapacitédépendde plusieurs facteurs : la clarté de la doctrine nationale, l’existence d’alternatives(nepasêtre captif d’un seul partenaire), et la force du marchémarocaincomme levier Plus le Maroc structure sa propre infrastructure (cloud souverain, data centers, normes),plusilnégocieen position de force Plus il dépend de solutions clés en main, plus il se trouve enpositiondefaiblesse

Il existe aussi un enjeu géopolitique. Le numérique devient un champ de rivalités entre puissances. Choisir un partenaire, c’est parfois choisir un camp, ou du moins accepter des contraintes indirectes. Les sanctions,lesrestrictionsà l’exportdetechnologiesde calcul, ou les tensions diplomatiques peuvent affecter des projets stratégiques D’où l’intérêt d’une diversification des partenaires et d’un investissement dans des capacités nationales minimales

La coopération internationalepeutêtreun accélérateur formidable Mais elle doit être encadrée par une idée simple : le Maroc ne doit passeulement«bénéficier »del’IA,ildoitapprendreà la maîtriser. Les partenariatsnevalentque s’ils construisent de l’autonomie.

L’ambitionestclairementaffichée:fairedu Maroc un hub régional de l’intelligence artificielle et des sciences des données, au carrefourdel’Afriqueetdumondearabe Le D4SD Hub – Digital for Sustainable Development – incarne cette projection géopolitiquedunumérique Ilnes’agitplus seulement de développer des capacités nationales, mais de proposer une plateforme de coopération, d’expertise et d’influenceàl’échellerégionale.

Cetteambitions’inscritdansunecontinuité diplomatique. Depuis plusieurs années, le Marocchercheàsepositionnercommeun acteur pivot : stable politiquement, connecté économiquement, crédible institutionnellement Le numérique et l’IA offrent un nouveau terrain pour prolonger cettestratégie,moinsvisiblequelesgrands projets d’infrastructure, mais potentiellement plus structurant à long terme

Devenir un hub régional ne signifie pas dominer technologiquement ses voisins Cela signifie offrir des services, des infrastructures et des cadres de coopération que d’autres n’ont pas ou peinent à mettre en place En matière d’IA, cela peut prendre plusieurs formes : hébergement de données, plateformes de formation, centres de calcul, expertise réglementaire, accompagnement des administrations, ou encore incubation de projetsàvocationrégionale

Le D4SD Hub se présente comme un espace de convergence entre développement durable, innovation numérique et coopération Sud-Sud. Sur le plan conceptuel, l’idée est pertinente. L’IA peut jouer un rôle majeur dans la gestion des ressources, l’agriculture, la santé, l’éducation ou la résilience climatique –autantdedéfispartagéspardenombreux pays africains et arabes Mutualiser les efforts,partagerlesdonnéesnonsensibles, co-développer des solutions adaptées aux contextes locaux peut produire un effet de levierconsidérable

Mais l’ambition de hub pose immédiatement la question de la crédibilité Un hubn’existepaspardécret Ilseconstruitparl’usage Lesacteursrégionauxne viendrontauMarocques’ilsytrouventunevaleurajoutéeréelle:compétences rares, infrastructures fiables, sécurité juridique, neutralité politique relative La concurrence est déjà là D’autres pays investissent massivement dans le numérique,parfoisavecdesmoyensfinancierssupérieurs

LeMarocdisposetoutefoisd’atoutsspécifiques.Saproximitéavecl’Europelui permet d’être un pont entre les normes et standards internationaux et les réalités africaines. Son expérience dans la coopération sud-sud, notamment en matière de formation et de services publics, peut être transposée au numérique.Sastabilitéinstitutionnelleestunfacteurclédansundomaineoù laconfianceestessentielle.

Il existe cependant des risques. Le premier est celui de la dispersion. Vouloir êtreàlafoishubtechnologique,plateformediplomatique,centredeformation etvitrinepolitiquepeutdiluerl’impact.Unhubefficacedoitchoisirsespriorités, sesniches,sesdomainesd’excellence Toutfairerevientsouventànerienfaire pleinement

Le second risque est celui de l’asymétrie Si le Maroc se contente d’héberger des projets conçus ailleurs ou d’exécuter des stratégies définies par des partenaires internationaux, il perdra l’essence même du leadership Être hub, cen’estpasêtresous-traitant C’estfixerunepartiedel’agenda,proposerdes cadres,influencerlesorientations

Enfin, il y a un enjeu de cohérence interne. Le rayonnement régional ne peut êtrecrédiblequesilespolitiquesnationalessontsolides.UnMarocquipeineà déployer l’IA dans son administration ou à structurer son propre écosystème auradumalàconvaincresespartenaires.Leleadershipcommencechezsoi.

Le D4SD Hub peut devenir un levier puissant de diplomatie numérique et de coopération régionale Mais il ne réussira que s’il s’appuie sur une stratégie claire,desrésultatstangiblesetunecapacitéàécouterautantqu’àproposer Lehubn’estpasuneposture C’estuneresponsabilité

Autermedecenumérospécial,uneidées’imposeavecforce:l’intelligenceartificiellen’estpaslesujetcentral.Elleestle révélateur.Révélateurdelacapacitéd’unpaysàseprojeterdanslelongterme,àcoordonnersesinstitutions,àfaire dialoguertechnologie,politiqueetsociété.Encesens,lastratégie«AImadeinMorocco»estmoinsunaboutissement qu’untest.

LeMarocafaitunchoixclair:nepasresterspectateur Enaffirmantunedoctrinenationale,enparlantdesouveraineté,de données,decapitalhumainetderayonnementrégional,ilassumequel’IAestdésormaisunenjeudepuissancedouce,mais aussidecohésioninterne.Cechoixmérited’êtresalué.Beaucoupdepayshésitentencoreànommerleschoses.LeMaroc,lui, traceuncadre.

Maistraceruncadrenesuffitpas.L’IAacecideparticulierqu’ellemetimmédiatementàl’épreuvelaréalitédessystèmes.Elle révèlelessilosadministratifs,lesfaiblessesdegouvernance,lesincohérencesentrediscoursetpratiques.Ellenepardonneni l’improvisationnilafragmentation.UneIAmalgouvernéen’estpasneutre:elleamplifielesdysfonctionnementsexistants.

Levraidéfin’estdoncpastechnologique.Ilestcollectif.Savoirpartagerladonnéesansperdrelaconfiance.Coopérerentre institutionssansseneutralisermutuellement.Associerlesterritoiressanslesréduireàdescasd’usageabstraits.Formerdes talentssansvendredesillusions.Nouerdespartenariatssansaliénerl’autonomiestratégique.

L’intelligence collective commence là où la technologie cesse d’être un alibi Là où les choix sont assumés, expliqués, débattus Làoùl’Étataccepted’êtreévaluénonsursesannonces,maissursesrésultats L’IAimposeunedisciplinenouvelle: celledelacohérence Onnepeutpasprônerlasouverainetéetdépendreentièrementdesolutionsimportées Onnepeut paspromettrel’inclusionsansinvestirdanslesinfrastructuresdebase Onnepeutpasparlerd’innovationsansaccepterle risqueetl’expérimentation

Cenuméron’apascherchéàopposerenthousiasmeetscepticisme Ilacherchéàinstalleruneluciditéactive Oui,leMaroca une carte à jouer Oui, les choix engagés sont ambitieux Mais l’ambition n’est pas un substitut à la méthode L’IA est un accélérateur Elleaccéléreralemeilleurcommelepire

SileMarocparvientàtransformercettestratégieenintelligencecollective–c’est-à-direencapacitéàdéciderensemble,à apprendre de ses erreurs, à ajuster sans renoncer – alors l’IA pourra devenir un levier de développement réel, mesurable, partagé Danslecascontraire,elleresteraunrécitséduisant,maisfragile,exposéauxventscontrairesdelaréalité

L’histoire,ici,n’estpasécriteparlesalgorithmes Elleleseraparlamanièredontunesociétéentièrechoisirades’ensaisir

En 2030, le Maroc ne sera pas jugé uniquement sur ses infrastructures, ses stades ou ses chiffres de croissance Il le serasurquelquechosedeplusdiscret,mais infiniment plus décisif : sa capacité à fonctionner à la vitesse mentale d’une nouvelle génération Une génération née après deux mille dix (2010), qui n’a pas découvertl’intelligenceartificielle,maisquia grandidedans LaGénérationAlpha

On la décrit souvent comme un futur problème de ressources humaines C’est une erreur de diagnostic La Génération Alphan’estpasunenjeuRH C’estuntestde résistance pour l’ensemble des institutions marocaines : école, université, administration, justice, santé, collectivités, médias,etmêmepolitique.

Cette génération ne se demande pas si l’IA est bonne ou mauvaise. Elle la considère comme un fait. Un environnement. Un réflexe. Elle n’a pas appris à attendre. Elle a appris à comprendre, à comparer, à optimiser Etsurtout,elleaappristrèstôtune chosedangereusepourlessystèmeslents: quand ça ne marche pas, on change d’interface

LeMarocde2030risquedoncdeseheurter à un choc silencieux Pas une révolte, pas une contestation idéologique Un décrochage

L’Étatfaceàunegénérationsanspatience procédurale

L’État marocain a longtemps fonctionné sur unprincipeimplicite:lecitoyens’adapteau système Dossiers,filesd’attente,délaisflous, décisions opaques Cette logique a tenu parce que les générations précédentes n’avaient pas de point de comparaison permanent.Aujourd’hui,cen’estpluslecas.

pasautoritaire,maisincompréhensible

Un formulaire sans explication claire n’est pas perçu comme une contrainte légale, mais comme un bug Un silence administratif n’est pas interprété commeundélainormal,maiscommeunepanne Unguichetquirenvoied’un serviceàl’autren’estplusunecomplexité,maisuneincohérence

Ledangerpourl’Étatmarocainn’estpaslacontestationpolitique C’estlaperte decrédibilitéopérationnelle

Écoleetuniversité:legranddécalagecognitif

Le système éducatif est le premier lieu où ce choc se matérialisera La Génération Alpha apprend déjà hors cadre Elle teste, explore, simule Elle interagit avec des contenus adaptatifs pendant que l’école reste largement fondéesurdesprogrammesrigides,desrythmesuniformesetdesévaluations tardives.

En deux mille trente, le problème ne sera pas que les élèves utilisent l’IA pour tricher. Le vrai problème sera que l’école semblera inutilement lente par rapportàcequ’ilssaventpossible.Quandunélèvepeutobteniruneexplication personnalisée en temps réel, pourquoi accepter un cours standardisé sans feedbackimmédiat?

La Génération Alpha vit dans un monde où une application explique, guide, anticipe, corrige. Où chaque action produit un feedback. Où l’erreur est immédiatement signalée et réparable. Face à cela, l’administrationtraditionnelleapparaîtnon

J’ai donc voulu réunir ces deux domaines — intelligence économique et IA — parce qu’ils forment désormais un système unique de décision nationale. Un pays qui ne maîtrise pas ce systèmeseradépendant.Unpays quilemaîtrisedevientstratège.

L’université marocaine, elle, est encore organiséeautourdeparcourslongs,peulisibles, avecunefaiblearticulationentrecompétences réelles et débouchés Pour une génération habituéeauxsystèmesprédictifs,cetteopacité devientanxiogène

Siriennechange,lerisqueestclair:uneécole respectée symboliquement, mais contournée cognitivement

Santé, justice, services publics : l’expérience avantlediscours

La Génération Alpha ne jugera pas les institutions sur leurs intentions, mais sur l’expérience vécue Un hôpital débordé, sans information claire sur les délais, sera perçu comme mal organisé, indépendamment de la compétence médicale Une procédure judiciaire interminable sera vue comme inefficace, même si elle est juridiquement fondée.

L’IA, en rendant visibles des alternatives plus rapides et plus lisibles ailleurs, agit comme un miroircruel.Elleneremplacepaslemédecin,le jugeoulefonctionnaire.Elleexposelesfaillesde l’organisation.

LeMarocde2030devracomprendreunechose essentielle : la modernisation ne se joue pas seulement sur la digitalisation des services, mais sur la cohérence des parcours Un portail enlignequidébouchesuruneattentephysique interminable n’est pas une réforme C’est une frustrationamplifiée

Lapolitiquefaceàunegénérationquizappe

LaGénérationAlphaneserapasapathique Elle sera sélective Elle ne s’indignera pas longuement Elle quittera Elle ignorera Elle passeraàautrechose

Le discours politique classique, fondé sur des promessesgénéralesetdeshorizonsflous,aura peu de prise sur une génération habituée aux indicateurs clairs, aux résultats mesurables et aux délais précis Dire « nous travaillons sur le sujet » ne sera plus acceptable La question deviendra : où en est-on, concrètement, maintenant?

Le risque est celui d’une démocratie formelle, maisdésertéeémotionnellement.Nonparrejet idéologique, mais par inadéquation fonctionnelle.

Maroc2030:unchoixsilencieuxmaisdécisif

Le Maroc aime se projeter à l’horizon deux mille trente : grands projets, ambitions continentales, attractivité économique, événements internationaux Tout cela compte Mais aucun projet ne tiendra si les institutions qui les portent ne sont pas alignées avec la cognition desgénérationsquiarrivent

La Génération Alpha ne demande pas un État plus permissif.ElledemandeunÉtatlisible.Pasuneécoleplus laxiste, mais une école qui explique. Pas une administration plus humaine au sens sentimental, mais uneadministrationquifonctionne.

L’intelligence artificielle n’est pas la menace. Elle est l’étalon.Ellefixeunnouveaustandardimplicite:rapidité, clarté,cohérence,feedback.

Le vrai risque pour le Maroc n’est pas de manquer la révolution technologique C’est de rester prisonnier de modèles organisationnels conçus pour un monde sans comparaisoninstantanée

Endeuxmilletrente,laGénérationAlphanedemandera pasauMarocd’êtreparfait Elleluidemanderad’êtreàla hauteurdecequ’ellesaitpossible Etsil’État,l’écoleetles institutions ne suivent pas, elle ne protestera pas longtemps Ellepasserasimplementàautrechose

Alerte générale : la Physical AI annonce-t-elle la fin programmée des avantages comparatifs ?

Quandlecoûtdutravailcessed’êtrelemoteurdelacompétitivité mondiale

De la mondialisation par les salaires à la mondialisation par la technologie

PhysicalAI:l’automatisationintelligentecommenouveaufacteur de localisation industrielle et relocaliser sans réindustrialiser l’emploi:legrandparadoxeàvenir

Pendant des décennies, l’économie mondiale a reposé sur un principe simple, presque mécanique : produire là où le travail est abondant, moins cher, plus flexible. Les pays en développement, Maroc en tête, ont bâti leur industrialisation sur ces avantages comparatifs classiques : coûts salariaux maîtrisés, charges sociales plus faibles, main-d’œuvre jeune, proximité logistique avec l’Europe. Ce modèle, déjà fragilisé par les crises successives, pourrait entrer dans une zone de turbulence durable avec l’irruption de la Physical AI

L’annonce de NVIDIA au CES 2026 n’est pas un simple jalon technologique Elleagitcommeunsignalfaibledevenusoudaintrès fort : l’automatisation intelligente n’est plus théorique, elle devient industrialisable à grande échelle Et quand l’IA ne se contente plus d’assister mais remplace, exécute, apprend et optimise dans le monde réel, toute la géographie économique mondiale est remise enquestion

Quandlecoûtdutravailcessed’êtrecentral LapromessedelaPhysicalAIestradicale:des robots,desusinesetdessystèmesautonomes capables de fonctionner vingt-quatre heures survingt-quatre,avecuneprécisionconstante, sans fatigue, sans revendications sociales et avec des coûts marginaux décroissants. Dans ce contexte, le coût du travail humain perd progressivementsonrôlestructurant.

Ce basculement est majeur. Si produire avec des robots intelligents devient économiquement plus rationnel que produire avec une main-d’œuvre bon marché, alors la logique des délocalisations change de nature. On ne délocalise plus vers le Sud pour réduire les coûts On relocalise près des marchés, des centres de décision et des hubs technologiques, là où l’énergie, les données et lecapitalsontdisponibles

Autrement dit, la Physical AI ne menace pas seulement certains emplois Elle menace un modèle entier de compétitivité fondé sur le différentielsalarial

Lafindela“mondialisationparlessalaires”?

Depuis les années 1990, la mondialisation industrielle a été largement tirée par la recherche d’arbitrages sociaux Aujourd’hui, une nouvelle variable s’impose : la capacité d’automatisation intelligente À très moyen terme, ce sont les pays capables d’intégrer rapidementlarobotiqueavancée,lasimulation physique et l’IA embarquée qui capteront la valeur.

Danscescénario,laquestionn’estplus:“oùle travail est-il le moins cher ?” mais “où l’écosystème technologique est-il le plus robuste?”.Celainclutl’accèsàdesplateformes comme celles de NVIDIA, la disponibilité de talents hybrides (ingénieurs, data scientists, automaticiens), la stabilité énergétique et la capacité réglementaire à absorber ces transformations.

Les pays développés y voient une opportunité stratégique : réindustrialiser sans recréer les contraintes sociales du passé Les pays en développement, eux, font face à un dilemme inédit

Maroc : entre opportunité tardive et risque de décrochage

Le cas du Maroc est emblématique Le Royaume a réussi, en vingt ans, à s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales de l’automobile, de l’aéronautique, del’électroniqueoudutextiletechnique Cetteréussite reposesurunéquilibrefragile:compétitivitédescoûts, stabilité politique, infrastructures modernes et proximitégéographiqueavecl’Europe

Mais que se passe-t-il si les usines de demain n’ont plusbesoindemilliersd’opérateurs,maisdequelques dizaines d’ingénieurs et de robots humanoïdes standardisés ? Que devient l’argument de la maind’œuvre abondante ? Que devient la promesse d’emploisindustrielsmassifs?

À très moyen terme, le risque est clair : une industrialisation sans emploi, ou pire, une désindustrialisation par obsolescence du modèle actuel.Lesinvestissementspourraientsedéplacervers des pays déjà technologiquement matures, non pas pour des raisons sociales, mais pour des raisons d’efficacitésystémique.

Larelocalisation…sansretourdel’emploi

La Physical AI introduit une nuance souvent ignorée dans le débat public : la relocalisation n’implique pas nécessairementlarecréationd’emploisindustriels.Une usineautomatiséeenEuropeouenAmériqueduNord peutproduireplus,plusvite,avecmoinsdepersonnel qu’uneusineclassiquedélocalisée

Ce scénario est redoutable pour les économies émergentes Il signifie que le jeu n’est plus à somme positive Lesgainsdeproductiviténesetraduisentpas automatiquement par des gains d’emploi ou de revenuslocaux Ilsseconcentrentlàoùsetrouventla propriété intellectuelle, les plateformes et les standards

Versunnouvelavantagecomparatif?

Faut-il pour autant céder au fatalisme ? Non, mais l’urgenceestréelle LaPhysicalAIimposederepenser la notion même d’avantage comparatif Demain, les paysquitirerontleurépingledujeuneserontpasceux oùletravailestlemoinscher,maisceuxoùl’IAestla mieuxintégréeautissuproductif.

Pour le Maroc, cela suppose un changement de logiciel stratégique : investir massivement dans la formation technologique, l’ingénierie, la maintenance robotique, la simulation industrielle, la cybersécurité dessystèmesautonomes.Ils’agitmoinsde“produireà bas coût” que de “co-produire intelligemment” avec lesgrandesplateformesmondiales.

Unebatailledesouverainetééconomique

Derrière la Physical AI se joue aussi une bataille de souveraineté NVIDIA, et quelques autres acteurs globaux, deviennent les architectes de l’économie automatisée Dépendre entièrement de ces infrastructures sans capacité locale d’adaptation, c’est accepter une nouvelle forme de dépendance, plussilencieusemaisplusstructurante

L’alerteestdoncgénérale LaPhysicalAInesignepas lafindel’industriedanslespaysendéveloppement, maislafind’uncertaintyped’industrialisation Àtrès moyen terme, ceux qui n’auront pas anticipé ce basculement risquent de découvrir que leurs avantages comparatifs ne comparent plus rien du tout

La révolution de la Physical AI n’est ni abstraite ni lointaine. Elle est déjà en marche, silencieuse, méthodique, implacable. Elle ne supprime pas seulement des emplois, elle rebat les cartes de la compétitivité mondiale et rend caducs des modèles économiques entiers. Face à ce basculement,l’ignorancen’estplusuneexcuse,et l’attentismedevientunefautestratégique.Lavraie lignedefracturen’opposepluspaysrichesetpays pauvres, mais économies qui anticipent et économies qui subissent. La question n’est donc plus de savoir si le monde change, mais qui a comprisetquipréfèreencorenepascomprendre.

Physical AI et paradoxe de la productivité : attention aux fausses évidences

L’émergence de la Physical AI – cette intelligence artificielle intégrée aux systèmes physiques autonomes, des robots aux usinesintelligentes–soulèveunequestioncentrale:annonce-telle la fin programmée des avantages comparatifs fondés sur le coûtdutravail?

Laquestionestlégitime.Elleestmêmesalutaire.Maisellemérite d’être replacée dans un cadre analytique plus large et éprouvé : celuiduparadoxedelaproductivité,misenévidencedèslafindu XXᵉsiècleetquej’aidéveloppédansmestravauxderecherche.

Commel’avaitformuléavecluciditéRobertSolow:«Youcansee thecomputerageeverywherebutintheproductivitystatistics.»

Autrement dit, l’innovation technologique ne se traduit pas mécaniquement par des gains de productivité mesurables Ce paradoxen’estniconjoncturelniaccidentel Ileststructurel

L’histoire récente l’a montré à plusieurs reprises : informatique dans les années 1980, Internet dans les années 2000, transformation numérique dans les années 2010 À chaque fois, les promesses technologiquesontprécédé–parfoisdetrèsloin–lesgainsréelsde productivitéglobale

LaPhysicalAInefaitpasexception Ellen’abolitpasleparadoxedela productivité ; elle en déplace les termes Certes, elle augmente la capacitédeproduction,automatisedestâchescomplexesetréduit certainscoûts

Mais capacité productive accrue ne signifie pas nécessairement productivité durable, si les organisations, les compétences, les processusetlagouvernancenesuiventpas

C’estlàqueledébatsurlesavantagescomparatifsdoitêtrenuancé. Ce qui s’érode aujourd’hui, ce n’est pas l’avantage comparatif en tant que tel, mais une vision réductrice de celui-ci, limitée au seul coût du travail. L’avantage comparatif a toujours été aussi organisationnel,cognitif,institutionneletsystémique.

Les pays qui se contenteront d’importer des robots, des logiciels et des plateformes d’IA sans maîtriser la conception, l’adaptation, la maintenance, la gouvernance des données et l’ingénierie locale risquent moins une “fin” de leurs avantages comparatifs qu’un déplacementdeleurdépendance

Le risque est alors bien connu : une industrialisation sans emploi significatif,sansmontéeencompétences,etsansgainsmesurables deproductivitéglobale

La valeur ajoutée se concentre en amont –plateformes, brevets, logiciels – tandis que les économies locales peinent à capter les bénéficesréelsdelatransformation

Laquestioncentralen’estdoncpasdesavoirsi la Physical AI met fin aux avantages comparatifs, mais qui saura la transformer en productivitésystémiquedurable.

Cela suppose des investissements massifs dans les compétences, une gouvernance souveraine des données, une capacité locale d’ingénierie et, surtout, un alignement stratégique entre technologie, organisation et visiondelongterme.

LaPhysicalAIn’estniunesolutionmiracleni unemenaceensoi.

Elle agit comme un révélateur Révélateur des économies capables de penser la technologie comme un système cohérent, et de celles qui continueront à la consommer comme un simpleproduit

À ce titre, le paradoxe de la productivité demeureplusactuelquejamais

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w w w . l o d j . m a

CES 2026 : De l'intelligence artificielle autonome aux humanoïdes utiles

Sil’ondevaitrésumerlesannéesdeuxmillevingtàdeuxmillevingt-cinqenunmot,ceseraitsanshésiterintelligence artificielle.

En quelques saisons à peine, l’IA est passée du statut de promesse technologique à celui d’infrastructure invisible mais centrale:elleécrit,traduit,code,diagnostique,anticipe,conseille Surtout,elleacesséd’êtreunsimpleoutilpourdevenirun systèmedeplusenplusautonome,capabled’apprendre,deraisonneretd’agiravecunemarged’initiativeinédite Etcette trajectoire est loin d’être achevée L’IA continuera, dans les années à venir, à gagner en puissance, en autonomie et en intégrationdansnosviesquotidiennes

Maisprécisémentparcequecetteétapeestdésormaisengagée,uneautrebasculeseprofile

Les années deux mille vingt-six à deux mille trente pourraient bien être celles de l’incarnation de l’intelligence artificielle Aprèslerègnedesalgorithmessanscorps,viendraceluidesmachinesdotéesdebras,dejambes,devisagesetdevoix: lesrobotshumanoïdes

Non plus confinés aux laboratoires ou aux vidéos virales, mais déployés dans les maisons, les usines et les espaces professionnels Lelogicielcherchedésormaisuncorps Etl’économiemondiales’yprépare

Danslechampdomestique,lapromesseestcelledesservicesàlapersonne:assistanceauxpersonnesâgées,aideau quotidien,accompagnement,présencecontinuedansdessociétésvieillissantesetsoustensionsociale.Dansl’industrie, l’humanoïde est présenté comme le chaînon manquant entre automatisation et flexibilité, capable d’évoluer dans des environnements pensés pour l’homme sans refondre entièrement les infrastructures. Dans les services professionnels, enfin,lesscénariossemultiplient:cabinetsmédicaux,restaurants,hôtels,commerces,salonsdecoiffure,lieuxd’accueiloù l’interactionhumaineestcentralemaisoùlapénuriedemain-d’œuvredevientchronique.

Cebasculementn’estnianecdotiquenineutre.Iltoucheautravail,àladignité,àlasécurité,àlaresponsabilitéjuridique,à larelationsocialeelle-même.Ilposeunequestionsimpleetvertigineuse:quesepasse-t-ilquandl’intelligenceartificielle nesecontenteplusderépondresurunécran,maissetientfaceànous,nousregarde,nousparleetagitdanslemonde réel?

C’est dans ce contexte que les grandes messes technologiques comme le CES deux mille vingt-six prennent une importance particulière Non plus comme vitrines de gadgets futuristes, mais comme premiers terrains d’épreuve d’un basculement de civilisation Car entre la promesse et la réalité, entre le storytelling et la preuve, les robots humanoïdes entrentdésormaisdansleurmomentdevérité

CES 2026 : robots humanoïdes, l’épreuve du réelfaceaustorytelling

À chaque édition du CES, une promesse revientcommeunmantra:cettefois,c’estla bonne

En 2026, ce rôle est tenu par les robots humanoïdes propulsés par l’intelligence artificielle Surlesstands,dansleskeynoteset lescommuniqués,lemessageestclair:nous entrerions dans “l’année 1” de l’humanoïde utile, autonome et presque banal. Parmi les acteurs les plus attendus figure Realbotix Corp., qui annonce une présence remarquée à Las Vegas avec une gamme élargie de robots humanoïdes dopés à l’IA. L’occasion rêvéepourconfronterlapromesseauterrain.

Realbotix n’est pas un inconnu. L’entreprise s’est fait connaître par des humanoïdes très réalistes, misant autant sur l’apparence que sur l’interaction conversationnelle AuCES2026,elleprometd’allerplus loin : davantage de modèles, des capacités d’IA enrichies, une interaction plus fluide, plus “humaine” Surlepapier,c’estséduisant Dansunsalonoùl’IAest omniprésente,l’humanoïdedevientlavitrineparfaite: un corps, une voix, un regard, et l’illusion que la machineafranchiunseuilsymbolique

Mais c’est précisément là que commence notre petiteenquête.

Car le cœur du débat n’est pas esthétique Il est fonctionnel Un robot humanoïde n’est pas jugé à la qualitédesapeausynthétiqueouàlafluiditédeson discours,maisàcequ’ilfaitsansassistancehumaine

Se déplace-t-il seul dans un environnement non contrôlé?

Manipule-t-ildesobjetsvariés,fragiles,imprévisibles? Combiendetempstient-ilsurbatterie?

Quesepasse-t-ilquandquelquechosesepassemal ?

Autantdequestionsrarementmisesenavantdans lesdémonstrationsmillimétréesdessalons.

LeCESest,parnature,unthéâtre.Lesrobotsyévoluent dans des décors choisis, sous l’œil attentif de leurs concepteurs Beaucoup de démonstrations reposent encoresurdelatélé-opérationdiscrète,desscénarios ultra-balisés, voire des coupures invisibles entre ce que fait réellement la machine et ce que l’on raconte aupublic Realbotix,commed’autres,n’échappepasà cette tension Son discours met en avant l’IA conversationnelle, la personnalisation, la relation homme-machine Très bien Mais cela dit peu de la capacité du robot à travailler, à rendre un service mesurable,às’insérerdansuneéconomieréelle

C’est là que le storytelling atteint ses limites L’humanoïde fascine parce qu’il nous ressemble Pourtant, dans la plupart des usages industriels ou logistiques, des robots non humanoïdes à roues, à brasfixes,spécialisés sontaujourd’huiplusefficaces, plussûrsetmoinscoûteux Lavraiequestionn’estdonc pas peut-on faire un humanoïde ? mais pourquoi en faireun?

Realbotixavancel’argumentdel’interactionsociale,de la présence, de l’accompagnement. Des usages existent, notamment dans l’accueil, le divertissement, certainssoinsnonmédicaux.Maisilsrestentdeniche tant que les coûts, la maintenance et les risques ne sontpasmaîtrisés.

CES2026pourraitmalgrétoutmarqueruntournant. Non pas parce que les robots humanoïdes seraient enfin “arrivés”, mais parce que l’écosystème commence à se structurer : plateformes d’IA plus générales, progrès en simulation, investissements industriels, normalisation progressive des questions desécurité SiRealbotixparvientàmontrer,preuvesà l’appui, des humanoïdes réellement autonomes, exploitables hors salon, alors le récit changera de nature

Sinon,leCES2026resteracequ’ilsaitaussiêtre:une formidablemachineàraconterl’avenir,parfoisavec un temps d’avance sur la réalité Entre preuve et storytelling, les robots humanoïdes jouent gros Et cette fois, le public commence à demander autre chosequedespromessesbienmisesenscène

Hyundai Motor déploiera des robots humanoïdes « Atlas » dans son usine de Géorgie dès 2028

Présenté au CES 2026, le robot Atlas de Boston Dynamics sera produit à 30 000 unités par an d’ici 2028 pour automatiser des tâches répétitives et risquées chez Hyundai. Spécifications, calendrier,enjeuxsociauxetpartenariatIAavecGoogleetNvidia.

Le groupe sud-coréen Hyundai Motor a annoncé son intention de déployer des robots humanoïdes dans son usine de l’État de Géorgie,auxÉtats-Unis,àpartirde2028.Objectif:automatiserdes tâchesmanufacturièresrépétitivesetàhautrisque,selonlasociété.

LorsdusalonCES2026àLasVegas,Hyundaiadévoilélaversionde productiondurobotAtlas,conçuparsafilialeBostonDynamics,eta précisé viser une capacité industrielle de 30 000 unités annuelles d’ici 2028. La société n’a pas communiqué le coût unitaire des robots,maisindiquevouloirgénéraliserleuradoptionsursessites, dans le cadre de sa stratégie dite d’« intelligence artificielle physique»

Calendrieretcasd’usage

Selonleplanannoncé,ledéploiementcommenceraen2028avec des tâches de « séquencement des pièces » et s’étendra progressivement après validation de standards de sécurité et de qualité En2030,HyundaiprévoitquelesAtlasprendrontencharge l’assemblage de composants, avec une trajectoire à long terme vers la manutention de charges lourdes et des opérations complexes La conception vise à réduire la pénibilité pour les opérateurs en leur substituant les robots sur les activités dangereuses,ouvrantlavoieàunusageindustrielélargi

Sur le plan social, le syndicat de Kia, autre marque du groupe, a demandél’andernierlacréationd’unorganedédiéauxdroitsdes travailleurs à l’ère de l’IA, exprimant des inquiétudes face à l’accélération de l’automatisation Au CES, Jihun Chang, viceprésident de Hyundai Motor, a reconnu les craintes relatives à l’emploi tout en affirmant la nécessité durable de personnels humains pour maintenir, former et superviser ces robots, ce qui requerradescompétencessupplémentaires.

Versl’essordel’«IAphysique»

Hyundai anticipe que les humanoïdes deviendront le segment le plusimportantdumarchédel’IAphysique,untermequidécritdes systèmesd’IAembarquésdansdesdispositifsmatérielscollectant des données du monde réel et prenant des décisions en autonomie Les constructeurs automobiles y voient une convergence avec la conduite autonome, partageant des technologiesdeperception,d’interprétationetdedécision

Spécificationsd’Atlasetpartenariats

Hyundai a détaillé plusieurs caractéristiques d’Atlas: des mains de taille humaine avec capteurstactiles,unecapacitédelevagejusqu’à 50 kg, et une robustesse pour fonctionner de façon autonome dans des environnements industrielssévères,entre-20°Cet+40°C Lafirme dit accélérer le développement via des partenariats avec des leaders mondiaux de l’IA, dontGoogleetNvidia,afind’améliorerlasécurité, l’efficacitéetledéploiementsurleterrain

OpenAI lance « ChatGPT Health »:

une interface dédiée aux questions médicales et à la gestion de la santé

OpenAI introduit ChatGPT Health, un espace séparé pour connecter des apps de santé, analyser des données personnelles et répondre aux questions du quotidien, sans remplacerlesmédecins.Focussurconfidentialité,limitesdes LLM,etdéfisjuridiquesliésàl’usagesantédeChatGPT.

OpenAI a annoncé le lancement de « ChatGPT Health » , une nouvellefonctionnalitédesonassistantconversationneldédiée auxrequêtesmédicalesetausuividelasantédesutilisateurs, selonunrapportdeCNBC.

Accessible depuis le même application ChatGPT, cette nouveauté permet de relier différentes applications et dispositifsdesantéàl’outilafinqu’ilpuisseconsulteretanalyser les données personnelles de manière pertinente. OpenAI précise que ChatGPT Health n’a pas vocation à remplacer les médecinsoulesprofessionnelsdesanté:ilsertàrépondreaux questions quotidiennes et à faciliter le partage d’informations aveclessoignants

Pourprotégerlesdonnéessensibles,l’entrepriseamisenplace plusieurs garde-fous ChatGPT Health apparaît comme une section distincte dans la barre latérale, séparée des conversations classiques Les informations partagées dans l’espace«Health»ouvialesappsconnectéesnesontjamais transmises aux discussions ordinaires, garantissant un cloisonnement strict À l’inverse, et comme l’a relevé TechCrunch, ChatGPT Health peut accéder à certaines informations issues des autres conversations pour offrir un contexteutile

Concrètement, un utilisateur peut demander dans un chat classique des recommandations d’exercices pour un objectif précis, et ces éléments pourront être partagés avec ChatGPT Health.Enrevanche,sil’espace«Health»estconsultépourun conseilliéàunepathologiecardiaque,cesdonnéesneseront pasvisiblesdanslesconversationsgénérales.

OpenAIaffirmeégalementquelesdonnéesdesanténeseront pas utilisées pour entraîner ses futurs modèles ni partagées aveclesserveursd’entraînementdelafondationOpenAIàbut nonlucratif.

Desenjeuxetlimites

Selon Fidji Simo, directrice des applications chez OpenAI, la fonctionnalité vise à répondre à des difficultés structurelles du secteurmédical:coûtsélevés,accèscomplexeàl’information, multiplication des rendez-vous et défis de la continuité des soins,commelerapporteTechCrunch

Toutefois,ledéploiementd’unteloutilsoulèvedesdéfis Les modèles de langage restent sujets aux « hallucinations » et peuvent produire des informations erronées La gestion de données de santé en continu accentue les risques liés à la confidentialité et à une réutilisationimprévisibleencasd’erreurdusystèmeou d’attaque.

Un rapport d’Axios indique qu’environ 40 millions de personnes utilisent déjà ChatGPT pour des usages liés à la santé, et que 40% d’entre elles s’appuient sur le modèlepourtenterdediagnostiquerleurssymptômes. Plus de 5% des messages quotidiens adressés à ChatGPT concernent des questions médicales. Cette réalité expose OpenAI à des risques juridiques croissants, alors que des plaintes ont déjà été déposéesimpliquantl’outildansdescasdramatiques, dontdessuicidesoudeshomicidesinvolontaires

Enrésumé,ChatGPTHealthouvreunevoiestructurée pourdesusagessantédel’IAgrandpublic,avecun accent fort sur le cloisonnement des données et la non-utilisation à des fins d’entraînement, tout en rappelant que l’assistant ne remplace pas l’avis médical et que des limites techniques et éthiques persistent.

Gmail retire une fonction historique : ce que ça change pour vos courriels en 2026

C’est une petite révolution silencieuse dans le monde de la messagerie électronique : Google a décidé de supprimer une fonction historique de Gmail,l’unedesfonctionnalitésquiacontribuéà faire de ce service l’un des plus populaires au monde.

Àpartirdejanvier2026,Googlevadésactiverdeux outils clés permettant de centraliser plusieurs comptes de messagerie dans une seule interface Gmail Cetteannonce,faitediscrètementdansune notedesupport,pourraitchangerlamanièredont des millions d’utilisateurs gèrent leurs e-mails au quotidien

Gmail : un hub pour tous vos e-mails… jusqu’à maintenant

Depuis de nombreuses années, Gmail n’était pas seulement une messagerie Google. Beaucoup de personnes s’en servaient comme d’un centre de gestionpourtousleurscomptese-mail,qu’ilssoient Gmailounon.

Grâceàdeuxfonctionnalités,onpouvaitafficheret recevoir directement dans Gmail les messages provenant d’adresses externes, comme celles de Yahoo!,Outlookoud’unfournisseurprofessionnel

La première fonction, appelée Gmailify, permettait d’appliquer aux comptes externes plusieurs des avantagesdeGmail:

•filtrageanti-spamefficace,

• tri automatique en catégories (Principal, Réseaux sociaux,Promotions),

•rechercheavancéeetnotificationsoptimisées

La seconde fonction, connue sous le nom “Consulter les messages d’autres comptes” ou “Check mail from other accounts”, reposait sur le protocolePOP3

Ce protocole ancien permettait à Gmail d’aller régulièrement consulter des boîtes externes et de télécharger les nouveaux messages directement dansvotreboîteGmail

Pour beaucoup d’utilisateurs, ces deux outils faisaient de Gmail une interface complète et pratique, capable de regrouper toute la correspondanceenunseulendroit,sansavoiràse connecteràchaquemessagerieséparément.

LafindeGmailifyetduPOP3:pourquoimaintenant?

Dès janvier 2026, Google a décidé de retirer ces deux fonctions Dans sa communication officielle, la société met en avant des raisonsdesécuritéetdemodernisationdesprotocoles

Le protocole POP3, qui date des années 1980, est considéré comme moins sécurisé car il peut impliquer la transmission de mots de passe en clair ou de mécanismes d’authentification obsolètes

Google semble vouloir encourager l’adoption de protocoles plus modernes et sécurisés, comme IMAP (Internet Message Access Protocol), utilisé notamment par l’application Gmail sur smartphone

IMAP, contrairement à POP3, permet une synchronisation complète entre le serveur et tous les appareils : lorsqu’on lit, supprime ou déplace un message sur un appareil, ces modificationsserépercutentpartout.

C’est un standard largement supporté aujourd’hui, mais il ne remplit pas exactement les mêmes fonctions centralisées que cellesqueGmailifyetlePOP3fournissaientdansl’interfaceweb.

Cequidisparaîtetcequireste

Àpartirdecemoisdejanvier:GmailnepourraplusutiliserPOP3 pour aller chercher automatiquement des messages dans vos comptesexternesvial’interfaceweb

La fonctionnalité Gmailify sera définitivement supprimée, ce qui signifiequevoscomptesexternesnepourrontplusbénéficierdes outilsavancésdeGmailsansunemigrationcomplète

Il est important de souligner que les messages déjà importés dansGmailavantlasuppressionresterontaccessiblesdansvos boîtesGmail Ilsnedisparaissentpas

Ce qui change, c’est que les nouveaux messages provenant de ces comptes externes ne seront plus automatiquement récupérésetaffichésdansGmail

En revanche, certaines capacités techniquesrestentdisponibles:

Gmail continue de supporter IMAP et POP pour accéder à Gmail lui-même depuis d’autres clients de messagerie, commeOutlook,ThunderbirdouApple Mail

L’applicationmobileGmailsurAndroid et iOS peut toujours gérer plusieurs comptesexternesviaIMAP,permettant de voir et envoyer des e-mails depuis leursinterfacesmobiles

Pourquoi cela peut poser problème à beaucoupd’utilisateurs?

Pour de nombreux utilisateurs, surtout ceux qui ne se considéraient pas comme “techniques”, Gmail était un moyensimpledecentralisertousleurs e-mailsdansuneseuleboîte.

Celaévitaitdedevoirseconnecterune à une à chaque plateforme, de gérer plusieurs mots de passe ou d’installer unlogicieldemessagerieséparé.Avec la suppression de Gmailify et du POP3 web,cesutilisateursvontdevoir:

1-Vérifier manuellement leurs autres comptes mail : Sans centralisation automatique,ilfaudraseconnectersur les sites de Yahoo!, Outlook ou autres pourlirelesnouveauxmessages

2-Configureruntransfertautomatique

: Un moyen de conserver une vue unifiée consiste à paramétrer chaque boîte externe pour qu’elle transfère automatiquement ses nouveaux messagesàl’adresseGmail

3- Utiliser des applications tierces (clients de messagerie) : Des logiciels comme Thunderbird, Outlook, Apple Mail ou Spark permettent de gérer plusieurs comptes via IMAP dans une seule interface, ce qui reproduit en partiel’expériencedecentralisation.

4- Rester sur mobile pour une centralisation minimale : Comme mentionné, l’application Gmail sur smartphonecontinuedeproposerune gestionmulti-comptesviaIMAP.

UnepagequisetournepourGmail Pourlespuristesdelamessagerie,cettedécisionressembleàunefin dechapitrepourunefonctionnalitéhistoriquedeGmail,quiavaitfait laforceduserviceàsesdébuts

À une époque où beaucoup d’utilisateurs jonglaient encore entre plusieurs messageries et préféraient les regrouper dans une seule interface,Gmailifyetle“Checkmailfromotheraccounts”offraientune simplicitérare

Maisl’universdelamessagerieaévolué Lesstandardsdesécuritése durcissent, les utilisateurs se déplacent de plus en plus vers des interfaces mobiles, et les besoins de synchronisation permanente remplacentlesanciensusagesdetéléchargementponctuel

La suppression de ces fonctions, bien que frustrante pour certains, s’inscrit dans cette logique : mettre l’accent sur des protocoles plus sûrsetdesméthodesplusmodernesdegestiondese-mails

Pourlesutilisateursconcernés,lemessageestsimple:ilesttempsde repenserlamanièredegérervoscourriels,d’explorerdesalternatives, ou de trouver une solution qui vous permette de retrouver la commoditéperdue.

Après l’IA qui écrit, dessine et parle, voici l’IA qui marche, manipule, conduit et produit.

NVIDIA change de cap au CES 2026 : l’ère de la “PhysicalAI”estofficiellementlancée

Las Vegas, nuit électrique au CES 2026 Sur scène, Jensen Huang ne présente pas une simple feuille de route technologique Il acte un basculement stratégiquemajeur

NVIDIA, symbole planétaire de l’IA générative, celle des chatbots, des images et des modèles de langage–annonceclairementsonvirage:l’avenir nesejoueplusseulementdansletexteoulespixels, mais dans la matière, le mouvement, la physique

Place à la Physical AI, une intelligence artificielle capabledecomprendrelemonderéeletd’yagir

Le message est limpide : après avoir fourni les cerveauxdel’IAnum en fournir les musc Robots, véhicules au logistique automatis

Tout converge vers opérationnelle. Et ce effetd’annonce.

Del’IAquiparleàl’IA

Depuis trois ans, l’IA médiatique ChatG assistants conversat découvert une IA largement confinée aujourd’hui une lim Générer du conten économiqueetstraté danslemondephysiq

C’est là qu’intervien comprend les lois contraintes du réel, a avec précision Une industrielles, les entre centralesénergétique

Cosmos : simuler l machines

Premier pilier de cett présente comme u monde”. L’expression n’estpasunsimplem plateforme capable environnementsphys

: gravité, frottements, collisions, comportements de fluides, interactionsmécaniques

L’objectif est clair : entraîner robots et véhicules autonomes à grandeéchelle,sansdépendreuniquementdumonderéel Làoù un accident coûte cher, une simulation permet des millions d’itérations sans risque Cosmos devient ainsi un terrain d’apprentissage universel pour la robotique avancée, à la manièredontlesgrandsmodèlesdelangageontapprissurdes corpusmassifsdetextes

Cette capacité de simulation à l’échelle industrielle est un avantage décisif Elle raccourcit les cycles de développement, réduit les coûts et accélère la mise sur le marché de solutions autonomesfiables

Rubin:lehardwarepensépourl’IAincarnée

Lasortieestannoncéepourmi2026, et le signal envoyé au marchéestfort NVIDIAprépare l’infrastructure matérielle d’un monde où des millions de robots, de véhicules et de systèmes autonomes devront traiterdesdonnéessensorielles en continu, avec des exigences extrêmes de latence et de fiabilité

C’est un changement de nature On ne parle plus seulement de puissance brute pour entraîner des modèles, mais de robustesse industrielle pourfairetournerdessystèmes critiques

GR00Tetlastandardisationdes humanoïdes

Troisième pilier : l’écosystème robotique. NVIDIA pousse la standardisation via GR00T, une plateformeopensourcedédiée aux robots humanoïdes. Le choix de l’open source est stratégique. Il vise à fédérer un écosystème mondial de développeurs, de fabricants et d’industriels autour de briques communes Lespartenariatsannoncésavec Boston Dynamics, LG, Siemens et d’autres acteurs majeurs montrent l’ambition : faire de NVIDIA le socle technologique de la robotique humanoïde, comme il l’est devenu pour l’IA logicielle

Une onde de choc mondiale jusqu’auMaroc

Ceviragen’estpasneutrepour les économies émergentes, y compris le Maroc Industrie automobile, logistique portuaire, usines agroalimentaires, énergie, BTP : tous ces secteurs sont directement concernés par l’automatisation intelligente. La Physical AI pose une question stratégique : qui maîtrisera les infrastructures de cette nouvelleère?

NVIDIA,nouveaumaîtred’infrastructure

Laconclusions’impose NVIDIAnevendplusseulementdesGPU L’entreprisese positionnecommel’architecteglobaldel’automatisationindustriellemondiale, en combinant logiciels, hardware et standards. Une stratégie d’infrastructure, ausensleplusfortduterme.

Aprèsl’IAquiécrit,dessineetparle,voicil’IAquimarche,manipule,conduitet produit. Le CES 2026 restera sans doute comme le moment où l’IA a quitté définitivement l’écran pour entrer dans le monde réel. Et le monde, lui, devra s’adapter.

NVIDIAn’apasvusonactions’envolersuiteauCES2026,maisellen’apasnon plusplongé LaBoursedigèreunestratégieambitieuseetplusstructurelleque purement tactique – un pari pour demain plus qu’une promesse de gains immédiats

Le virage vers une IA physique, plus lourde, plus coûteuse à développer et à déployer,estperçucommeuneopportunitéàlongterme,maispas(encore) comme un catalyseur immédiat pour les cours Cela reflète un marché qui valorise davantage les promesses de croissance rapide que les transformationsprofondesd’écosystèmesindustriels

Sur la durée, si l’industrialisation de l’IA robotique ou embarquée confirme les attentes par exemple avec de premiers revenus significatifs ou des déploiements concrets les investisseurs pourraient revisiter leur jugement Aujourd’hui, ils restent prudents, scrutant les premiers signes tangibles de rentabilitédanslaPhysicalAIavantd’accélérerl’achat

p

qui pense pour vous ?

OpenAIetJonyIves’apprêtentàsecouerlemondedelatechavecleurmystérieuxprojetGumdrop.

OpenAIetJonyIveenmodesecrettotal

Vouspensieztoutsavoirsurl’IA?Ehbien,tenez-vousbien:OpenAIneselimiteplusauxlogicielsouauxchatbots.

Cettefois,lafirmeaméricainecollaboreavecJonyIve,l’ex-stardeladesign-tech,pourconcevoir…unstylodopéà l’IA.Oui,vousavezbienlu.

Alors que les théories les plus folles circulent depuis un an, une fuite signée Smart Pikachu sur X (anciennement Twitter)nousmetl’eauàlabouche Nomdecodeduprojet:Gumdrop

UnefuiterévèlelemystérieuxprojetGumdrop

Selonleleaker,cestylopourraitfairebienplusquedetracerdeslignessurunefeuille

TranscriptionautomatiquesurPC,analysedevosgribouillispourdétectervosidéesoumêmeprédictiondevos prochainsmots?Toutresteàinventer

Laproduction,initialementconfiéeàLuxshare,aétérapatriéechezFoxconnauVietnampouréviterlaChine,dans uncontextedeguerretechnologiquesurfondd’IA Despistesévoquentmêmeunefabricationaméricaine

Etcen’estpastout:deuxautresgadgetssontenpréparation,dontunappareilaudionomade

OpenAIvisegros:créerunobjetrévolutionnairequipourraitremplacerlesmartphone,maissansécran Unevraie petitebombepourlesamateursdetechetlestrendsettersTikTok

Versuneèreoùmêmele styloestintelligent Alors, va-t-on bientôt écrire avec un stylo qui nous comprend mieux quenotremaman?

L’ère des objets connectés intelligents continue de surprendre : deslunettesauxmontres, toutsemetàpenser

Avec Gumdrop, OpenAI frappe un grand coup dans l’inattendu Moralité : ne sous-estimez jamais un stylo, surtout quand il a de l’IA dedans Ce qui est insolite aujourd’hui, c’est la conversation du cafédemain

La faute fatale de Zuckerberg : la fuite qui a remis les clés du monde à la Chine

Noussommesentrésdansunephasecurieusedel’histoire:lapuissancen’estplusseulementuneaffairede flottes, de bases ou de pipelines. Elle se loge dans des lignes de code, des modèles mathématiques, des communautésdedéveloppeurs…etdansuneidéevieillecommel’imprimerie:diffuserlargementpeutêtreplus stratégiquequeverrouiller.

La guerre froide de l’IA : quand l’open sourcedevientunearme

Depuisdeuxans,l’intelligenceartificielleest devenue un théâtre géopolitique à part entière. On l’a racontée comme une ruée vers l’or : capitaux affluant, valorisations flambant neuves, promesses d’une “révolution” censée tout réécrire l’économie, la guerre, l’éducation, la médecine,ladiplomatie.Cerécitn’estpas faux Il est incomplet Il néglige un détail qui, en histoire, fait souvent basculer les empires : la standardisation Quand une technologie cesse d’être rare et devient une commodité, la rente s’évapore Et les “vainqueursnaturels”nesontpastoujours ceuxqu’onattend

Le cœur du débat n’est pas “qui a le meilleurmodèle” Lecœurdudébat,c’est: qui impose les standards et capture les usages AuXIXesiècle,laGrande-Bretagne n’a pas dominé parce qu’elle avait seulement de meilleurs métiers à tisser ; elle a dominé parce qu’elle a articulé finance, routes maritimes, normes et capacité industrielle L’IA suit une logique similaire : la puissance ne vient pas seulement des laboratoires, mais du couple “coût + diffusion” Une technologie quisediffuseviteetbonmarchéredessine la carte des dépendances et donc des loyautés.

L’irruptiondemodèlesouvertsperformants agit comme un dissolvant sur l’économie de l’IA fermée. Les géants américains ont construit un modèle de rente : des systèmespropriétaires,coûteuxàentraîner et à opérer, mais présentés comme “inimitables”,doncfacturables Orl’histoire technologiqueestcruelle:toutcequipeut êtrereproduitfinitparl’être Etquandla

reproduction devient collective universités, communautés open source, ingénieursindépendants,entreprisesémergentes elleaccélère

LaChinen’apasbesoindegagner:illuisuffitd’inonderlemonde La question prend une dimension géopolitique parce que la compétition sino-américaine a déjà été militarisée par la guerre des puces En restreignant l’accès à certains composants, Washington a tenté de préserver un avantage décisif Réaction classique d’une puissance dominante:

contrôler l’amont Mais l’histoire montre qu’un verrouillage trop visible pousse l’adversaire à déplacer le champ de bataille. Si l’accès au matériel est contraint, on peut compenser en logiciel, en efficacité, en diffusion mondiale. Ici, l’ouverture (ou la mise à disposition large) devient une stratégie : elle fragilise les marges de l’adversaire, et surtout, elle colonise les pratiques.

Car une fois qu’un écosystème de développeurs, de start-ups et d’entreprises construit ses produits sur une famille de modèles, ce n’est plus un simple choix technique : c’est une dépendance structurelle Les standards deviennent une diplomatie silencieuse On choisit un modèle comme on choisit une norme industrielle, une langue de travail, une architecture de réseau Et comme toujours, ceux qui arrivent trop tard découvrent quelabataillen’étaitpasdanslaperformance brute,maisdansl’adoption Faut-il, pour autant, enterrer le camp “propriétaire” ? Non L’histoire des technologies stratégiques est rarement binaire Les puissancesinstalléesgardentdesatoutslourds: la confiance institutionnelle, le droit, les certifications, la responsabilité juridique, les contrats d’État, la capacité à vendre de la “conformité” plus que de l’innovation Dans les secteurs sensibles défense, banque, santé, administrations

laquestionn’estpas“c’estmoinscher”,mais“quiréponden casd’incident?”et“oùvontlesdonnées?”.Dansceszoneslà, les modèles fermés restent attractifs, parce qu’ils vendentunepromessed’assurance.

Mais l’équation du marché global peut changer : une IA devenue“prisemurale” commel’électricité nevalorise plusleproducteurdecourant,ellevaloriseceluiquifabrique les appareils, les services, l’expérience utilisateur. Le centre de gravité se déplace du modèle vers le produit, du laboratoireversl’intégration.Labulle,sielleéclate,nesera pasforcémentcelledel’IAcommetechnologie:ceserala bulle des valorisations fondées sur une rareté qui n’existe déjàplusaumêmeniveau

Lebasculementestdonchistoriqueausensfort:ilannonce lafind’unmonopolenarratifoccidentalsurl’innovation“de pointe”, et l’entrée dans une ère où la diffusion rapide y compris par l’ouverture devient un instrument de puissance L’IA,ensebanalisant,ressembleàunenouvelle matièrepremière:ellenedécidepasseuledesvainqueurs; ellerécompenseceuxquimaîtrisentlalogistique,lanorme, l’écosystèmeetl’usage

Dans ce monde, le vrai risque n’est pas de “perdre une course” C’est de se réveiller un matin en découvrant que l’infrastructure intellectuelle de la planète outils, bibliothèques, standards, dépendances s’est organisée sans vous Et que la souveraineté, une fois encore, se mesureàcequel’oncontrôle maisaussiàcequel’ona laissédevenirstandard.

Éloge du papier à l’ère de l’IA : un enjeu de souveraineté cognitive pour le Maroc

Au Maroc, de nombreux jeunes et moins jeunes demeurent profondément attachés au papier, au livre, à la lectureimprimée.Ilsfréquententencoreleslibrairies,s’arrêtentauxkiosques,feuillettentlesjournaux,achètent des ouvrages scolaires, universitaires ou littéraires. Mais cet attachement s’accompagne aujourd’hui d’une inquiétude croissante : disparition progressive des librairies indépendantes, raréfaction des kiosques, fragilisationdetouteunechaîneculturelleliéeaulivreetàlapresseécrite.

Cetteinquiétuden’estpasunsimpleréflexenostalgique.

Elle traduit une intuition juste : le papier et le livre ne sont pas de simples supports techniques, mais des objets culturels, éducatifs et cognitifs à préserver Ils structurent le rapport au savoir, au temps, à la mémoire et à la transmission

C’estdanscecontextequel’articleÉlogedupapier,publiédansLeMondediplomatique,mériteunelectureattentive auMaroc

Non pour opposer le papier au numérique ou à l’intelligence artificielle, mais parce qu’il pose une question stratégiquetroprarementformulée:quigouverneaujourd’huinosconditionsdepenséeàl’èredunumériqueetde l’IA?

Lepapiern’estpasunsimplemédium

C’estunetechnologiedelapensée Ilimposeunelecturecontinue,untempslong,uneattentionsoutenue

À l’inverse, l’écosystème numérique contemporain amplifié par l’IA générative repose sur la fragmentation,l’urgenceetlasollicitationpermanente

La souveraineté cognitive désigne la capacité d’une société à maîtriser ses conditions d’attention, de compréhensionetdejugement,sansdépendredesystèmestechniquesopaques

À l’ère de l’intelligence artificielle, défendre le papier n’est pas refuser le progrès C’est rappeler que penserexigedutemps

De l’aiguille à l’IA : ce que le Maâlam

peut encore nous apprendre

À mesure que l’intelligence artificielle s’installe dansnosvies,uneinquiétudesourdetraversela société marocaine Elle ne concerne pas seulement l’emploi ou la technologie, mais quelquechosedeplusprofond:lapertedusens delatransmission

Beaucoup, jeunes et moins jeunes, s’interrogent surcequenoustransmettonsencore,surcequi seperdsilencieusement–lesgestes,lesmétiers, les savoirs patients, les librairies, les kiosques, le rapportaupapier,aulivre,autempslong

C’estdanscecontextequ’estnéWaldMaâlam–De l’aiguille à l’intelligence artificielle Ce livre n’est ni un manifeste contre l’IA, ni une célébration naïve du progrès technologique Il est le prolongement naturel d’un parcours intellectuel et humain consacré depuis des années à une question centrale : comment penser l’intelligence artificielle sans renoncer à notre humanité, à notre culture et à notre responsabilitécollective?

La figure du Maâlam, maître artisan marocain, s’estimposéecommeévidence.

Le Maâlam n’enseigne pas seulement une technique ; il transmet une manière d’être au monde Il apprend par le geste, par l’exemple, parlarépétition,parl’erreuracceptée Il inscrit l’apprentissage dans le temps long, danslecorps,danslarelation LeWaldMaâlam, fils de l’artisan, n’hérite pas d’un simple savoirfaire,maisd’undevoirdecontinuité

Dans mes articles et ouvrages consacrés à l’intelligence artificielle, à la gouvernance numérique et à la souveraineté cognitive, j’ai souvent insisté sur un point : l’IA n’est jamais neutre

Elle est le produit de modèles, de données, de visions du monde Elle reflète ce que nous valorisons,cequenousaccélérons,cequenous oublions Or, une société qui rompt avec ses logiquesdetransmissiondevientvulnérable,non seulement technologiquement, mais culturellementetcognitivement Wald Maâlam propose un renversement de regard.Plutôtquedesedemandercequel’IAva remplacer,ilinviteàsedemandercequ’elledoit prolonger.

Làoùl’algorithmeoptimise,leMaâlamrappellelavaleurdusens Làoù lamachineprédit,legesteartisanalenseignelaresponsabilité Làoùla technologiestandardise,latransmissionhumainesingularise

Ce livre dialogue directement avec mes travaux sur la souveraineté cognitive

Unenationquidélègueentièrementsamémoire,sonapprentissageet ses décisions à des systèmes qu’elle ne comprend pas, qu’elle ne maîtrise pas et qu’elle n’a pas contribué à concevoir, s’expose à une formededépendancesilencieuse

Àl’inverse,unesociétéquiarticuleinnovationtechnologiqueethéritage vivant peut faire de l’IA un outil d’émancipation plutôt qu’un facteur d’effacement

Il ne s’agit donc pas d’opposer tradition et modernité Il s’agit de les articuler Le Maâlam n’est pas un vestige du passé ; il est une figure d’avenir Ilnousrappellequetouteintelligence–humaineouartificielle – n’a de valeur que si elle est transmise avec discernement, inscrite dansuneéthiqueetorientéeverslebiencommun À l’heure où le Maroc s’engage dans des stratégies numériques ambitieuses, il est essentiel que le débat sur l’IA ne soit pas confisqué par les seuls experts techniques ou importé clé en main d’autres contextes.

WaldMaâlams’inscritdanscettevolonté:penserl’intelligenceartificielle àpartirdenosréalités,denotreculture,denosmétiers,denotrerapport ausavoir.

Ce livre est une invitation Une invitation à ralentir pour mieux comprendre Àtransmettreavantd’automatiser Ànepasperdre,dans lavitessedesmachines,cequifaitcivilisation

VL-JEPA, IA frugale et vision systémique : une voie marocaine pour Maroc Digital 2030

Depuis plus d’une décennie, et de façon de plus en plus visible ces dernières années, l’intelligence artificielle est souventréduiteàsacapacitéàgénérer:générerdutexte, desimages,desvidéos

Cette IA spectaculaire fascine, mais elle s’accompagne aussi de coûts élevés, d’une forte consommation énergétique, d’une complexité croissante et d’une dépendanceaccrueàdesplateformesétrangères Maroc Digital 2030 assume une ambition claire : faire du numérique un levier de développement économique et positionner le Maroc comme un acteur qui compte en Afrique,capabledeproduiredessolutionsetdesservices à valeur ajoutée, et non de se limiter à l’importation de technologiesconçuesailleurs

Dans ce contexte, le choix des architectures d’intelligenceartificielleestdéterminant.

Il conditionne la capacité du pays à créer de la valeur locale, à développer des compétences nationales, à exporterdessolutionsadaptéesauxréalitésafricaineset àrenforcersasouveraineténumérique.

C’est dans cette perspective qu’il faut s’intéresser à des approches comme VL-JEPA, qui incarnent une autre manière de penser l’IA : une IA de compréhension plutôt quedeproduction,frugaledanssesmoyens,systémique danssaconceptionetsocialedanssesfinalités

Lamajoritédesmodèlesactuelsfonctionnentcommedes machines à produire : ils complètent, imitent, génèrent VL-JEPAreposesuruneidéeplussimple:comprendrece qui se passe, à partir de ce qui est vu et de ce qui est demandé, sans chercher à produire du contenu inutile Il s’agitmoinsdefaireparlerl’IAquedel’ameneràvoirjuste etàcomprendrevite

Cette approche s’inscrit dans une vision systémique de l’IA, qui la replace dans un ensemble cohérent : infrastructures, usages, compétences, territoires et impactssociaux L’IAn’estplusuneprouesseisolée,mais un outil intégré aux politiques publiques, aux services essentielsetauquotidiendescitoyens

Cette logique est indissociable d’une IA frugale. Une IA frugale n’est pas une IA au rabais ; c’est une IA qui consomme moins, nécessite moins de calcul, fonctionne avec des infrastructures raisonnables et répond à des besoinsconcrets.

PourleMaroc,c’estunchoixstratégique,cohérentavecla maîtrisedescoûts,lamontéeencompétencesnationales etladurabilité

Cetteorientationdevraitégalementguiderlapolitiquede soutienauxstartups

Si l’objectif est de créer de la valeur durable et des solutions exportables, il serait pertinent de privilégier les projets fondés sur des IA sobres, spécialisées et ancrées danslesusagesréels

À l’inverse, les projets centrés sur l’adaptation de grands modèles de langage existants, ou sur la création de nouveaux LLM marocains, mobilisent des ressources considérables pour un impact économique et social souventlimité

Enfin, cette réflexion dépasse l’IA elle-même. Si Maroc Digital 2030 trace des orientations importantes, il reste à expliciter une vision claire de l’Internet que le Maroc souhaiteconstruire:unInternetplusfrugal,plussouverain, plus social, au service de la compréhension, de la coopérationetdudéveloppementhumain.

Le Maroc a là une opportunité réelle : proposer une voie originale,fondéesuruneIAsystémique,frugaleetsociale.

Ce n’est pas l’IA la plus bruyante qui transformera durablement le pays, mais celle qui comprend mieux, consommemoinsetagitjuste

Omniprésente dans les usages quotidiens comme dans lessecteursstratégiques,l’intelligenceartificielles’impose désormais comme une rupture technologique majeure aux conséquences profondes Ses applications défraient la chronique: synthèse de texte, génération de musique, traductionetinterprétation,montagedephotos

De ses origines académiques aux systèmes génératifs capables de produire textes, images ou décisions complexes, Mustapha Sehimi interroge l’IA qui redéfinit le rapportausavoir,autravailetàlavérité Maisderrièrela prouesse technique surgissent des interrogations centralessurlecontrôle,laresponsabilité,l’emploiet,plus fondamentalement, sur le modèle de société que ces technologiesfaçonnent

Une source d'inquiétudes ? D'espoirs ? Une révolution sociétale?

Au vrai, l'IA est sur le devant de la scène depuis des décennies:

Diagnostic de maladies du sang et de prescription (années 1970), premier véhicule à conduite autonome Navlab (1986), victoire de la machir Deep Blue sur le champion du monde d'échec Gary Kasparov (1997), assistant virtuel sera intégré aux portables iPhone (2011), ouencoredéfaiteduchampionmondialKeJieaujeude gofaceàlamachineAlphaGo(2017)

L'histoiredel'IAaplusde70ansetletermeapparaîtpour lapremièrefoisen1956

Elle s 'est ensuite développée sous la forme de règles déductives; cette approche dite symbolique est fondée sur le raisonnement et des instructions; puis, une approche statistique a pris de l'ampleur à compter des années 1990; l'humain vrille alors à ce que l'ordinateur " apprenne " à identifier des relations statistiques entre les données

Pas d'instruction explicite: la machine est entraînée à reconnaître des liens à partir d'un ensemble de données dites d'entraînement; la machine applique ensuite ces/liens à des données nouvelles pour effectuer une tâche

Lesuccèsdecetteapprochereposesurdeuxparamètres : les données et une puissance de calcul, soutenus par l'émergenceducloud.

Applications

En 1997 l'IA est déjà sur le devant de la scène depuis des décennies: mais cette année-là elle fait une irruption spectaculaire lorsque machir Deep Blue arrive à bout du championdumonded'échecGaryKasparov(1997) Celadit,cetteprécision:iln'existepasdedéfinitionunique et universelle de l'IA parce que ce terme recouvre de nombreusestechnologies

Etlessystèmesd'IAsontenmesured'établirdesprévisions, de formuler des recommandations ou de prendre des décisions;ilsrépondentàunensembled'objectifsdonnéet ilsontainsiuneinfluencesurleurenvironnement

Lesapplicationssontnombreuses:reconnaissancevocale des téléphones portables, robotique industrielle, véhicules à conduite automatisée, détection de pathologies en imagerie médicale, assistants commerciaux virtuels, reconnaissancefacialedesordinateurs,publicitécibléesur internet ou encore identification d'anomalies financières pourluttercontrelafraudefiscale.

Ces nombreuses applications professionnelles ou personnelles sont amplifiées par les systèmes d'IA dite générative.Ellepermetdegénérerdenouveauxcontenus sous la forme de texte, d'image, de son, de vidéo ou de code.

Une capacité de production donc qui constitue un tournantmajeurdel'IA,etceàplusieurstitres.

D'abord,l'utilisationdesmodèlesd'IAgénérativepeut êtred'unegrandesimplicité;ilestpossibled'utiliseren effet des interfaces de dialogue permettant à un humain d'exprimer par écrit ou par oral la commande de génération d'un contenu ce qui donne l'impression d'une conversation ou d'un dialogueaveclamachine

Cette génération de contenu présente un trait particulier: celui de la rapidité- quelques secondes suffisentauxmodèleslesplusavancéspourproduire unemusiqueouunlongtexte

De plus, le contenu généré est réaliste; il apparaît crédible aux yeux et aux oreilles d'un humain (clarté des propos, enchaînement logique des mots, cohérencedesimages,présenced'intonation,etc)

Ilfautencoreajouterquelesmodèlesprésententde grandes aptitudes Ils semblent être en mesure de réaliser des tâches humaines complexes: de meilleursrésultatsquedescandidatshumainsàdes examens, une précision supérieure de diagnostics effectués par des algorithmes par rapport à ceux réaliséspardesmédecins.

Autantdedonnéescaractéristiquesdel'IAgénérative, elles permettent l'automatisation de tâches difficilement automatisables auparavant ( personnalisation des offres commerciales, simplification de l'analyse de données financières, accélérationdelarecherchescientifique...)

Quicontrôle?

Aterme,1'IApourraitprendrelasuitedesordinateurs personnels,desréseauxsociauxetdessmartphones comme la plateforme numérique dominante, la couche technologique sur laquelle tous les autres nouveauxservicessontconstruits

Pareilleperspectivenourrittoutefoisplusdequestions qu 'ellen'apportederéponses

Sil'IAestlaprochaineplateforme,quilacontrôle?Les entreprisesquifontlesmodèlesoucellesquifontdes produitsquiintègrentl'IA?Quimaîtriseetdéploieles systèmes d'IA générative ? Quelles sont les responsabilités des acteurs ? Quels seront ses effets surl'économie,letravailetl'emploi?

Quellesserontlesincidencesdel'apparence"humaine" du contenu généré sur le rapport à la vérité et à l'information?Commentvontévoluercestechnologies ? Il est certain que de nouvelles innovations viendront aprèslavaguedel'IAgénératived'aujourd'hui.

Viendront-elles du prolongement de celle-ci ou d'une rupturetechnologique?Quelspansdelasociétéseront les premiers ou les principaux concernés ? Et au-delà, cette interrogation de principe: quelle société voulonsnous?

encadrer les chatbots IA et prévenir les risques psychologiques

Pékin envisage des règles strictes pour les chatbots: intervention humaine en cas de suicide, interdiction des contenus nuisibles et audits de sécurité annuels audelà d’un seuil d’utilisateurs.

Selonunrapportd’ArsTechnica,legouvernement chinoisétudieuntraindemesuresvisantàréguler les robots conversationnels dopés à l’IA, afin d’en réduirel’impactpsychologiquesurlesutilisateurs.

L’objectif: empêcher des systèmes comme ChatGPTouDeepSeekdemanipulerlesémotions, d’encourager l’automutilation, la violence ou le suicide

Si elles sont adoptées, ces règles, que CNBC qualifie parmi les plus strictes au monde s’appliquerontàtoutchatbotaccessibleenChine, quel que soit le mode d’interaction (texte, image, vidéo,voix,etc) Leprojetprévoituneintervention humaine obligatoire dès qu’un utilisateur évoque le suicide, indépendamment de son âge ou de son état psychique Les mineurs et les personnes âgées devront, lors de la création de compte, renseignerlesinformationsd’untuteurlégal

Letexteprohibelagénérationdetoutcontenulié au suicide, à l’autoatteinte ou aux incitations à nuire à autrui, ainsi que toute tentative de manipulation psychologique via promesses fallacieuses ou étiquetage dégradant de l’utilisateur. Figurent aussi sur la liste noire: l’incitation aux crimes, l’insulte des usagers et ce que le régulateur appelle des “pièges émotionnels”.

La régulation ne cible pas que les contenus: elle veut aussi empêcher la conception de chatbots qui“rendentcaptifs”leursutilisateurs.Cepointfait écho à des actions en justice intentées contre ChatGPT et OpenAI, accusés d’optimiser l’engagement plutôt que d’imposer des gardefousrobustes

Surleplanopérationnel,Pékinimposeraitdestests de sécurité et des revues annuelles pour tout servicedépassant1milliond’utilisateursparanou 100 000 par mois En cas de nonconformité, les plateformesrisquentunblocagetotalenChineet l’interdictiond’accèspourleursusagers

Lapréventionplutôtquelaréaction

Cettestratégieviseàéviterlescontroversesdéjàobservéesaux ÉtatsUnisetailleurs DesplaintesontnotammentviséChatGPT après des affaires médiatisées impliquant un suicide d’adolescentetuncasoùl’outilaurait“encouragé”unutilisateur àtuersamèrepuisàsesuicider Enréponse,laChinetentede placer l’intervention humaine, l’évaluation des risques et la responsabilité des concepteurs au cœur du cycle de vie des chatbots

ChatGPTs’invitedansnosbilansdefind’annéeavecsonpropreWrapped,pour transformernoséchangesnumériquesenrécap’ludiqueetpersonnalisée.

UnChatGPT«Wrapped»?

Décembrerimeavecbilansetnostalgienumérique.SpotifyWrappedatransformé nosplaylistsenpetitesrétrospectivesàpartagerfièrement.

Cetteannée,cen’estplusseulementlamusiquequiadroitàsonrésumé:ChatGPT débarqueavecsonpropre«Wrapped»pourracontervotreannée2025…enmots.

Quandl’IAjouelesDJdenosvies

InspiréeparlephénomèneSpotifyWrapped,lanouvellefonctionnalitédeChatGPT permet de dresser un portrait personnalisé de votre année à travers vos interactionsavecl’IA

Musique, vidéos, ou même discussions textuelles, tout peut être synthétisé en un condensédesouvenirsnumériques Leconceptestsimpleetaddictif:unrécap’qui transformevoséchangesavecl’IAenvéritablebest-of

Aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie, ceuxquiontactivélamémoireetl’historiquedeChatGPTpeuventdéjàdécouvrirce petittrésor

Une manière de revisiter ses moments marquants, de ses questions les plus insolitesauxconseilslespluspertinentsglanésaufildel’année

Etmêmesicettefonctionnalitéofficiellen’estpasencoredisponiblepartout,ilexiste déjàdesastucespourgénérerun«ChatGPTWrapped»non-officielendonnantun simplepromptàl’IA

Pourquoiçamarche?Parcequ’auMaroccommeailleurs,onadoreseraconter deshistoires…mêmenumériques.

Le plaisir vient autant du résumé que du partage : on aime comparer nos top moments,noscoupsdecœuretnossurprisesavecnosamis,commeonleferait avecuneplaylist.

Comment générer ton ChatGPT Wrapped, même à distance

Pas besoin de VPN compliqué ou de magie noire. Si vous utilisez ChatGPT et que votre historique est activé, vous pouvez demander à l’IA de créer votre propre récapitulatif 2025.

Lesecretrésidedansunsimple prompt du type : “Génère un ChatGPT Wrapped 2025 pour mon compte en t’inspirant de SpotifyWrapped” Vouspouvez même pimenter le tout en ajoutant vos consignes personnellespourquelerécap’ reflète vraiment votre année C’est un peu comme feuilleter votre journal secret version digitale

Vous découvrez quels sujets vousontleplusinspiré,quelles questions ont dominé votre curiosité, et peut-être même quels conseils vous ont marqué Une introspection ludique, qui mêle technologie et nostalgie, à consommer sansmodération

Etsiontestait?

Cephénomènen’estpasqu’un gadget : il illustre notre goût pour la personnalisation et le partagedansl’èrenumérique. Au Maroc, où le mobile et les réseauxdictentnosrythmesde vie, ce type de récapitulatif pourrait bien devenir un nouveauritueldefind’année

Alors, pourquoi ne pas se laisser tenter ? Après tout, revisiter son année avec un brin d’humour et un soupçon de poésie digitale, c’est finalement assez marocain dansl’âme

Italie : l’IA influence un cadeau de Noël sur trois, pour 3,5 milliards d’euros

L’intelligenceartificielles’invitedésormaisjusquesouslesapin.En Italie,uncadeaudeNoëlsurtroisaétésélectionnécetteannéeen suivantlesrecommandationsd’outilsd’IA,pourunmontantglobal estimé à 3,5 milliards d’euros, selon l’association italienne de défense des consommateurs Consumerismo No Profit. Une tendanceenforteaccélération,quiséduitautantqu’elleinquiète.

L’IAdevientconseillèred’achats

D’après les chiffres communiqués par Consumerismo, plus de 60 % desconsommateursitaliensayantutilisédesoutilsnumériquespour leurs achats de Noël ont eu recours à l’intelligence artificielle afin de choisir des cadeaux pour leurs proches Suggestions personnalisées, idées rapides, comparaisons instantanées : pour beaucoup, l’IA est devenue un raccourci pratique dans un contexte de pression temporelleetdesurabondancedel’offre

Cette évolution marque une rupture nette avec les habitudes des années précédentes, où les recommandations provenaient principalement des moteurs de recherche classiques, des plateformesmarchandesoudubouche-à-oreille.

Uneefficacitécontestéeparlesconsommateurs

Mais derrière l’effet de nouveauté, l’association italienne alerte sur plusieursdérives.Consumerismosoulignequedenombreuxconseils générés par l’IA se sont révélés erronés, conduisant à des achats décevantset,danscertainscas,àunréelpréjudiceéconomiquepour lesménages.

Les algorithmes, souvent nourris de données commerciales et de logiques promotionnelles, ne parviennent pas toujours à cerner les goûts réels des destinataires Résultat : des cadeaux jugés impersonnels,maladaptés,voiretotalementàcôtédelaplaque

Le risque d’une consommation moins vigilante

Pour Luigi Gabriele, président de Consumerismo No Profit, le danger principal réside dans une confiance excessive accordée à l’IA Selon lui, ces outilstendentàréduirelavigilancedes consommateurs, qui prêtent moins attention à des critères essentiels commeleprixréel,laqualitéduproduit oulesavisnégatifs

Cettedélégationduchoixàlamachine favoriserait également une augmentation des dépenses, l’IA incitant souvent à commander plus, plus vite, et parfois plus cher, sans véritableréflexioncritique

L’IAsouslesapin,maispassansrecul

Si l’intelligence artificielle s’impose comme un nouvel acteur du commerce de Noël, l’expérience italiennemontrequ’elleneremplaceni la connaissance personnelle des proches, ni le discernement du consommateur. À l’heure où les algorithmesinfluencentdeplusenplus les décisions d’achat, la question n’est plus de savoir si l’IA conseille, mais jusqu’oùilfautlalaisserdécider

OpenAI officialise sa transformation en entitépleinementlucrativeavantuneentrée enbourse,rebaptisesesstructures,revoitla répartition du capital avec Microsoft et annonceunvasteaccordcloudainsiqu’un investissement initial de 25 Md$ dans la santéetl’IA.

OpenAI a annoncé l’achèvement de sa transitionversunmodèleentièrementlucratif, étape clé avant sa future introduction en bourse, tout en dévoilant les contours d’un nouveau partenariat avec Microsoft, l’un de ses premiers soutiens, selon la BBC Dans ce cadre, l’entité non lucrative prend le nom de “Fondation OpenAI”, tandis que la branche commercialedevient“OpenAIGroupPBC” La FondationOpenAIdétiendrauneparticipation évaluée à 130 milliards de dollars dans le groupelucratif.

Nouvellegouvernanceetpartageducapital avecMicrosoft

Cette part représente 26% du capital d’OpenAI Group PBC. Les employés et les membres actuels et anciens du conseil cumulent 47%, et Microsoft détient les 27% restants Bienquelaparticipationdugéantde Redmond recule par rapport à environ 32,5% précédemment,letitreMicrosoftaprogressé de 1,98% après l’annonce, prolongeant l’effet positif des décisions du PDG Satya Nadella OpenAI souligne que cette structure aligne davantagelamissiondelaFondation:plusla réussitecommercialed’OpenAIestforte,plus ses bénéfices pour la partie non lucrative augmentent

Unpactecloudréviséetunfocusstratégique surlasanté

L’accord actualisé prévoit l’achat de services cloud Azure pour 250 milliards de dollars Toutefois, Microsoft ne conserve plus l’exclusivitéentantquefournisseurcloudpar défaut d’OpenAI, et se réserve la possibilité d’exploiterdessolutionsd’IAd’autresacteurs, y compris en cas d’accès anticipé à des technologies d’IA générale (AGI) par une tiercepartie.

SiOpenAIestimeavoiratteintl’AGI,Microsoftcodirigera,avecun comité externe, l’évaluation et la validation de ces allégations

Investisseur clé depuis 2019, Microsoft conserve un accès étendu aux produits d’OpenAI jusqu’en 2032, hors AGI et matériel Par ailleurs, la Fondation OpenAI a annoncé comme première décision un investissement initial de 25 milliards de dollarsdanslarechercheensantéetsonintégrationavecl’IA

En 2025, les deals croisés entre OpenAI, Nvidia et AMD ont propulsé les valorisations, enrichissant Ellison, Page, Huang, Zuckerberg, Son, Ballmer et Dell. Mais l’effet FOMO alimente les craintes d’une bulleIAprêteàéclater.

Les profits spectaculaires réalisés cette année s’expliquent par la multiplication des investissements croisés devenus monnaie courante dans l’écosystème de l’intelligence artificielle. OpenAI a annoncé des accords avec Nvidia et AMD: en investissant dans ces fabricants, l’organisation sécurise en retour l’accès aux puces IA dont elle a besoin Ce schéma, désormais répandu, soutient les cours et entretient une dynamique d’achats réciproques

Cette mécanique nourrit toutefois la peur d’une bulle IA susceptible d’éclater à tout moment À mesure que s’accroissent les gains des investisseurs, les signaux d’alerte se renforcent Stella Biderman, directrice exécutived’EleutherAI,confieàForbes que la volonté de “ne pas rater le coche” incite de nombreux acteurs à entrerprécipitammentsurlemarché, illustrant un effet FOMO qui déforme lesfondamentaux

Plusieurs fortunes ont bondi en 2025 sous l’effet direct de cette frénésie Oracle s’est imposée comme une brique clé des data centers consacrés à l’IA, enchaînant les contrats, dont le gigantesque projet “Stargate” dédié à l’implantation de parcs de centres de données à environ 300 milliards de dollars sur près de cinq ans. Résultat: la fortune deLarryEllison,fondateuretprésident d’Oracle, a grimpé de plus de 66%, soit plus de 139 milliards de dollars, faisant de lui le grand gagnant de la vagueIA

ChezGoogle,ladiversificationagressivedansl’IAdugrandmodèleGeminiaux offrescloudetauxinfrastructures,aportélafortuneducofondateurLarryPage, enhaussedeplusde30%avecungaind’environ47,6milliardsdedollars Son associéSergeyBrinenregistreégalementuneprogressionsupérieureà26%,soit plusde39milliardsdedollars L’annonced’unenouvellegénérationdeGeminiet de puces IA maison a constitué un moment charnière pour la dynamique boursière

Nvidia,devenuelestandarddefaitpourlesGPUdecentresdedonnéesIA,avu ses carnets de commandes exploser au fil des ruées vers ses puces La capitalisationarejointleclubdestrillions,etlafortunedeJensenHuangabondi d’environ47milliardsdedollarsdepuisfin2024jusqu’audébutoctobre2025,soit plusde40%dehausse.

Chez Meta, Mark Zuckerberg a dépensé des milliards pour attirer les meilleurs profilsIA.Sansproduit“grandpublic”définitifàcestade,maisavecdesmodèles ouvertsdestinésauxchercheursetauxentreprises,safortuneatoutdemême crûdeplusde20%,ajoutantplusde43milliardsdedollars.

L’appétitdeSoftBankpourl’IAs’estmatérialiséparplusde40milliardsdedollars investis dans des initiatives d’OpenAI pour les data centers D’après Reuters, la fortunedeMasayoshiSonaprogresséde142%en2025,soitplusde40milliards dedollars,portéeparsesmisessurOpenAIetd’autresacteursdusecteur

L’écosystème Microsoft/OpenAI a, de son côté, conforté la position de Steve Ballmerparmilesgrandesfortunesmondiales:+26%etplusde33milliardsde dollarssurl’année,danslesillagedesparisgagnantsdeSatyaNadella

Enfin, Michael Dell a profité indirectement de l’essor de l’IA via Broadcom, spécialistedespucesréseauaucœurdesdatacenters,davantagequeparson groupeDelllui-même

Pourconclure,l’IAapropulsélacréationderichesseàunevitesseinédite,mais la prolifération d’accords réciproques, la pression d’investissement et des valorisationsextrêmesaugmententlerisqued’unecorrection L’enjeun’estplus la naissance des fortunes, mais leur capacité à tenir lorsque l’euphorie retombera

intelligente qui enrichit lexpérience des joueurs

Au cœur du système, une Smart Brick au format 2×4 intègre intelligence artificielle, capteurs, audioetbatterie,etcommunique avecfigurinesettagsviaBrickNet, rendant les constructions sensibles aux gestes et au contexte.

Il y a des phrases que l’on ne s’attend jamais à prononcer un jour. « Je ne pensais pas que mes petits-enfants joueraient au LEGO commemagénération.»

Et pourtant, en ce début de vingtet-unième siècle bien avancé, cette surprise prend la forme très concrète d’une brique Une brique familière, presque rassurante Mais unebriquequis’illumine,quiréagit, qui émet des sons Sans écran Sansapplication Sanstrahirl’esprit dujeu

AuCES2026,LEGOadévoiléSmart Play, une évolution technologique aussiambitieusequediscrète Loin des gadgets tape-à-l’œil, la marque danoise poursuit une obsession ancienne : préserver le jeu libre tout en l’enrichissant Smart Play ne remplace pas l’imagination,ill’accompagne Ilne détourne pas l’enfant de ses briques;illesrendplusexpressives

L’idée, sur le papier, paraît simple Intégrer des sons, des lumières et des réactions contextuelles directement dans les constructions. Dans les faits, l’exercicerelèvedel’équilibrisme.

Smart Play apporte une réponse audacieuse : faire disparaître la technologie danslamatièremêmedujeu

Comment introduire de l’électronique sans transformer LEGOenjouetconnectédépendant d’un smartphone ? Comment innover sans rompre avec une esthétique qui traverse les générations?

Au cœur du dispositif, une Smart Brick au format strictement identique à la mythique brique deux par quatre À l’intérieur, capteurs de mouvement, de lumièreetdeson,haut-parleurminiatureetbatterierechargeableparinduction Riennedépasse Riennetrahitsanature

Cette brique communique avec des figurines et des balises discrètes via un protocoleinternebaptiséBrickNet Lerésultatesttroublant:unvaisseauincliné rugit, une figurine placée au bon endroit déclenche une musique, un choc provoque un impact sonore. Le tout, sans écran, sans hub, sans médiation numériquevisible.

Pour lancer cette nouvelle ère, LEGO a choisi un terrain d’expérimentation évident : Star Wars Trois sets inauguraux, attendus au printemps 2026, proposent des scènes iconiques capables de réagir aux gestes de l’enfant UnX-Wingquivrombit,unduelausabrelaserponctuéd’effetssonores,laMarcheImpérialeactivéepar lasimpleprésenced’unefigurine Ici,lejeunes’arrêteplusàlaconstruction;ilseprolongedanslemouvement, lamiseenscène,presquelethéâtre

Ce choix n’est pas anodin Star Wars est un univers sonore avant d’être visuel Quelques notes suffisent à convoquerl’imaginairecollectif SmartPlays’appuiesurcettemémoirepartagéepourdémontrersonpotentiel sanslonguesnoticesniinterfacescomplexes

LEGOn’enestpourtantpasàsapremièretentativedefusionentrephysiqueetnumérique.Desgammescomme Hidden Side, VIDIYO ou LEGO Mario ont exploré ce terrain, avec des fortunes diverses. Certaines ont séduit, d’autressesontéteintesrapidement.Ladifférence,cettefois,tientdanslaretenue.SmartPlaynedemandepas d’apprendreunnouvelusage;ilseglissedansungestedéjàconnu.Labriqueresteunebrique.Elleécoute,elle réagit,maisellen’imposerien.

Restelaquestionqueseposentparentsetgrands-parents:ladurabilité.LEGOprometunécosystèmepérenne, des composants robustes, un suivi sur le long terme. Mais l’histoire des objets technologiques invite à la prudence UnebriqueLEGOtraverselesdécennies Unepuceélectronique,moinssûrement L’enjeuestlà:faire ensortequel’innovationnedeviennepasunefragilité

LEGOprésenteSmartPlaycommesaplusgrandeévolutiondepuisl’apparitiondelaminifigurine L’affirmationest forte,presqueprovocatrice Maiselletraduituneintuitionjuste:l’avenirdujouetnepassepasnécessairement parplusd’écrans,maispardesobjetscapablesdedialogueraveclemonderéel

Silapromesseesttenue,SmartPlaypourraitréussirunparirare:réunirtroisgénérationsautourd’unmêmejeu Les grands-parents reconnaîtront les briques Les parents salueront l’absence d’écran Les enfants, eux, n’y verrontqu’unechose:ununiversquirépondàleurimagination Etparfois,c’estexactementainsiqueleprogrès semanifeste

Votre nouvel assistant tient dans un pendentif : futur ou gadget?

Votrenouvelassistanttientdansun pendentif:futurougadget?

Vousavezdéjàimaginéparleràvotre IA comme à un meilleur ami, simplement en le portant sur vous? Motorola y travaille, et le CES de Las Vegas a été le théâtre de cette premièremondiale

Unpetitbijouhigh-techquifaitplus quebriller

Ce petit boîtier arrondi, discret et élégant, se fixe à vos vêtements ou pend autour du cou comme un pendentiftendance.

Pasdeplastiquecheapici:ilsemble prêt à devenir un accessoire lifestyle àpartentière

Équipéd’unecaméraetd’unmicro,il capte votre environnement et réagit àvosdemandesentempsréel

Une petite LED signale quand il filme, histoire de rassurer les plus méfiants Motorolajouelacartedel’originalité: l’IAsortdenosécransets’invitedans notre quotidien comme un compagnondiscretmaisefficace

ToutcelaviaBluetooth,enconnexionavecvotresmartphone L’expérienceest fluide, presque magique, comme si votre technologie devenait naturelle, presquehumaine

Conceptoufuturincontournable?Motorolatestel’originalité Pourl’instant,Motoiaresteunprototype,unconceptàexplorer Motorolateste nos réactions et semble prêt à ajuster chaque détail avant un éventuel lancement

Mais ce petit bijou tech nous dit beaucoup sur la direction que prend la technologie : nos gadgets ne resteront plus sagement sur nos bureaux ou dansnospoches,ilsnousaccompagnerontpartout,prèsducorpsetdansnos interactionssociales.

Entre curiosité et utilité, ce pendentif IA pourrait bien devenir le compagnon desurbainsconnectés,entrecafésdeRabatetsouksdeMarrakech.

Etquisait?Dansquelquesannées,onpourraitsedemandercommentona faitsanslui,cepetitassistantsuspenduànotrecou

Enattendant,legesteesttentant:tester,sourire,etsurtout,montreràsesamis quelatechpeutaussiêtrechic,compliceetunbrinmaline

Traduction, orientation, infos : l’IA qui parleàvotreplace Pendant le test, quelques minutes suffisent pour comprendre le potentiel. Vous voyez une affiche ? Demandez à l’assistant ce qu’elle annonce,ethop,ilvousrépond.

Besoin d’un itinéraire ou d’une traduction instantanée ? Motoia s’en charge. Imaginez discuter avec un Américain sans barrière linguistique : vous parlez français, il traduit dans ses écouteurs, il répond et Motoia retransmetvosmotsenfrançais

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