LE GRAND RÉALIGNEMENT : COMMENT ÉTATS-UNIS, CHINE, RUSSIE ET INDE REDESSINENT LE XXIᵉ SIÈCLE
Il arrive des moments où l’histoire semble accélérer, où les plaques tectoniques du monde bougent à découvert, sans chercher à dissimuler leur grincement. Nous vivons précisément l’un de ces moments. Un basculement discret mais massif, où les lignes de force du XXIᵉ siècle
se redessinent devant nous : les États-Unis énoncent une nouvelle doctrine, la Chine avance ses pièces sans hésitation, la Russie joue sa survie dans le désordre, l’Inde s’arrime à son destin de grande puissance, et l’Afrique longtempsreléguéeaupied delascène devientsoudain l’espace décisif de cette recomposition.
Ce dossier explore cette mutation. Il la décortique, la compare,l’éclaire.
La Stratégie de sécurité nationale américaine 2025, document cardinal qui inspire l’ensemble des articles qui suivent, agit comme une fenêtre ouverte sur la vision du mondequeWashingtonentend imposer
Non pas un monde de blocs idéologiques, comme au temps de la guerre froide, mais un monde où le commerce, la technologie, les ressources et les alliances redessinent la hiérarchie des puissances L’Amérique y reconnaît enfin qu’elle n’est plus seule au centre du jeu Elle n’est plus la fabrique automatiquedelanorme Elledoitdésormaisaffronterunadversairetotal,la Chine, gérer un rival imprévisible, la Russie, courtiser un partenaire indispensable, l’Inde, et reconquérir un continent devenu l’objet de toutes les convoitises:l’Afrique L’Europe, elle, n’est plus le cœur stratégique de Washington. Elle est un chapitre, pas un projet. L’article qui lui est consacré dans ce dossier montre une réalité qu’elle peine à regarder en face : l’Amérique lui demande moins d’obéirquedeserenforcer.Moinsdesuivrequedes’assumer.FaceàlaChine et à la Russie, Washington ne peut plus porter le poids d’un continent qui a oublié le sens du risque et la valeur de la puissance Ce constat, brutal mais lucide,sertdetoiledefondàl’ensembledesrepositionnementsdécritsdans lespagessuivantes
Mais c’est surtout la Chine qui domine ce dossier Par son ambition, par sa méthode,parsacohérence Dansledocumentaméricain,Pékinapparaîtnon pascommeunrivalparmid’autres,maiscommeledéfisystémique,celuiqui déplace la compétition vers les pays à faible et moyen revenu, celui qui restructure les chaînes industrielles, celui qui maîtrise les minéraux critiques, celuiquiavanceunevisiondumondealternative
LesÉtats-Unisreconnaissent,presqueavecamertume,avoirpermiscetteascensionenouvranttroplargementleurs marchés, en croyant que la richesse engendrerait la convergence politique. Il n’en fut rien. L’article consacré à la Chine montre comment une idée l’attention portée à tout, en même temps a fait basculer la technologie mondiale, mais aussi comment une stratégie exporter, prêter, construire, attacher a redessiné la carte de la puissance
LaRussie,elle,occupeunstatutplustrouble Nisuperpuissance,nisimpleacteurrégional,elleincarnelamenacede l’imprévisible. Le document américain la décrit comme un acteur affaibli mais dangereux, capable de déstabiliser l’Europe, de redéfinir ses frontières, de s’allier sans conviction mais avec intérêt à Pékin. L’article qui lui est dédié restitue cette ambivalence : la Russie est trop forte pour être ignorée, trop faible pour être considérée comme un modèle, trop instable pour être laissée à elle-même Elle est une ombre portée sur le continent européen, et un facteurderisquemondial
Face à ces deux géants, l’Inde apparaît comme la pièce intermédiaire, celle qui pourrait empêcher le XXIᵉ siècle de devenirunduelsino-américain.Washingtonlesait,Pékinaussi.
L’article de ce dossier consacré à New Delhi montre une puissance en ascension, prudente mais déterminée, courtisée pour son démantèlement lent du monopole chinois en Afrique, et pour sa capacité unique à proposer un partenariatdoux,technologiqueetaccepté L’Indedevient,presquenaturellement,lepartenairequirassure,celuiqui équilibre,celuiquirefused’êtreunesimpleannexedel’unoul’autrebloc
Maisc’estl’Afriquequidonneàcedossiertoutesonimportance.Nonpasl’Afriquefantasméedesdiscoursnaïfs,mais l’Afriqueréelle,stratégique,riche,disputée.UncontinentoùlaChineadéjàconstruitsesinfrastructures,oùlaRussie vend la sécurité et influence les régimes, où l’Inde s’implante par la technologie et la diaspora, et où les États-Unis, enfinréveillés,cherchentàpasserd’unelogiqued’aideàunelogiqued’investissement Cetéditon’estpaslelieudes illusions:l’Afriquen’estpasconvoitéepoursabeautéousadiversité,maispoursesminérauxcritiques,sesgisements énergétiques,sesmarchésjeunesetdynamiques,etsonpoidsgéopolitiquedansunmondemultipolaire
Cedossierracontecela:unmondequinetourneplusautourd’uncentre,maisautourdeplusieurs UneAfriquequi cesse d’être périphérique pour devenir nodale. Une Chine qui avance avec méthode. Une Russie qui résiste par
Rédigépar Adnane Benchakroun
Pourquoiunrapportvenudel’étranger,sansréelle nouveauté analytique, a-t-il suscité un tel engouementauMaroc?Eninterrogeantlaréception dudocumentMaroc2035signéYasminaAsrarguis, Adnan Debbarh met en lumière une vérité moins confortable : si le pays avance vite sur les infrastructures,ilavancelentementsurlapensée.
Le vacarme médiatique révèle moins la force du rapport que le vide doctrinal national et ce besoin persistantdevalidationextérieure.
LeMarocappartientàcettedeuxièmecatégorie,celle des nations qui avancent, bâtissent, se projettent, mais qui ne s’entendent qu’à travers les mots des autres
Il suffit parfois qu’un texte venu de loin, ou d’un Marocain formé à l’étranger, propose une lecture élégante de notre trajectoire pour que la machine médiatiques’emballe,s’incline,serassure.
Un rapport signé par Yasmina Asrarguis, Marocaine brillante, dotée d’un parcours académique et institutionnel impeccable : Sciences Po, Princeton, cellulediplomatiquedel’Élysée,ONU Ilnemanquaitquel’emballageChoiseul(Thinktank) pourtransformercetravailen«événement»
Et naturellement, tout le monde a suivi : presse, débats télévisés, plateaux radios, influenceurs politiques, experts improvisés. Mais, après lecture attentive,unequestionsimples’impose:pourquoiun texte sans réelle nouveauté analytique a-t-il provoquéunteltapage?
Mais il n’apporte aucune idée nouvelle, aucune grille d’analyseinédite,aucunconceptsusceptibledefaire bouger une seule brique de notre réflexion stratégique
Ses grandes lignes sont connues : Tanger Med comme levier de projection ; la montée en gamme automobile ; la bascule vers l’électromobilité ; les défishydriques;lesinégalitésterritoriales;
ParAdnanDebbarh
Le message est simple : « Une experte reconnue affirme que le Maroc est sur une trajectoire de puissance » Et les médias marocainssesontempressésderépétercequ’ilssaventqueleurs lecteursaimententendre:leregarddel’étrangerrassuretoujours
Le rapport Asrarguis est ainsi devenu un miroir flatteur : on s’y regarde, on s’y admire, on s’y reconnaît Mais un miroir n’est pas une pensée. Parce qu’il n’y a presque plus d’écriture stratégique interne.
L’autreexplicationestencoreplusprofondeetplusinquiétante.Le Maroc n’a plus de grandes doctrines de développement. Plus de manifestes intellectuels Plus de discours fondateurs Plus d’espacesoùpenserlepaysàl’horizondevingtoutrenteans
Depuis deux décennies, notre modernisation avance à un rythmesoutenu,maisnoslieuxdepenséerestentfigés.
Nous produisons des ports géants, des LGV futuristes, des zones industrielles admirées ; mais nous ne produisons plus de vision théorique de la modernité marocaine, de son État, de sa société, desescontradictions,desespromesses
La Corée du Sud, par exemple, a ancré sa réussite dans un récit national porté par ses élites et ses institutions, transformant ses défisenmoteursdecohésion
Le Maroc, lui, reste en retrait sur ce terrain, comme s’il craignait d’assumerpleinementsaproprevoix
Dans ce vide, le moindre texte structuré venu de l’extérieur apparaît comme une boussole Ce n’est pas la force du rapport quiexpliquesamédiatisation C’estnotredésertdoctrinal
Le Maroc, aujourd’hui, importe ses récits comme il importait autrefois son industrie Non par paresse intellectuelle, mais parce quelapenséestratégiqueapeuàpeuquittélecœurdel'appareil d’Étatetnetrouveplusderelaisdansl’espacepublic
Ons’esthabituéàadministrerleréelplusqu’àlepenser.Dèslors, un texte qui récapitule nos infrastructures, nos secteurs porteurs, nos alliances, nos défis hydriques ou énergétiques devient un substitutàcequenousaurionsdûproduirenous-mêmes:unrécit nationaldeprojection
Voilà pourquoi le bruit médiatique autour du rapport dit davantagesurnousquesursonauteure.Parcequec’estuntexte quirassureetnedérangepersonne.
Autre raison de son succès : le rapport ne touche pas aux zones sensibles Ilparleéconomie,diplomatie,industrialisation,
projection africaine, mais jamais : de la verticalitéadministrative,deladéfaillancede la justice, de l’opacité institutionnelle, de la crise de la parole publique, ni des failles politiques profondes qui limitent notre modernité
Il ne parle pas non plus du décalage systémique entre vision royale et exécution gouvernementale. Il ne parle pas de la lenteur, de l’imputabilité, du pilotage fragmenté.
Ilévitecequidérange,cequiblesse,cequi obligeàuneconversationnationaledifficile. Lerapportestdoncundocumentconfortable, qui alimente un optimisme raisonnable sans rappelerlesfracturesstructurelles
C’est précisément ce qui le rend médiatiquementacceptable.
Etpeut-êtreest-celàques’ouvreunespace, non de reproche mais de construction : celui où l’on accepte enfin de discuter collectivement de ce que signifie penser le Maroc par nous-mêmes, avec nos propres mots, nos propres doutes et nos propres exigences
Alors,queracontevraimentcetapage?
Il raconte ceci : le Maroc adore ses réussites, mais craint encore de produire la théorie de sesréussites
Lepaysavancevite,maissapenséeavance lentement Nous sommes une puissance en devenir sur les ports, sur les routes, sur l’énergie, sur la diplomatie, mais pas encore unepuissancesurlerécit.
Unpaysquiveutdevenir«puissance-pivot », pour reprendre l’expression du rapport, doitd’aborddevenirpuissance-récit. Sansrécit,pasdedoctrine Sansdoctrine,pas de stratégie Sans stratégie, pas de souveraineté pleine Le rapport Asrarguis est utile Ilestsérieux Ilméritelecture Maiscequi mérite réflexion, c’est l’enthousiasme disproportionnéqu’ilasuscité
Il révèle notre besoin de reconnaissance externeetnotredifficulté,encore,ànousdire nous-mêmes.
Un pays qui s’écoute dans les mots des autres finit toujours par emprunter leurs chemins Il est temps que le Maroc écrive enfinsaproprevoix
NON, SSI OUAHBI, UN MINISTRE DE LA JUSTICE NE DEVRAIT PAS DIRE ÇA…
Dans toute activité humaine, il existe des règles, et dans toutes les activités humaines, et surtout parlementaires, ces règles proscrivent l’insulte, l’injure,l’attaqueadhominem.
Les parlements sont généralement des espaces de discussion,dedébat,d’antagonismemême,maistout celadoitseproduiredanslerespectdesautres.
Cen’estpascequ’afaitAbdellatifOuahbi,ministredela Justice de son état et ancien patron du PAM, en début desemaineàl’égardd’unedéputéequiaeulemalheur de…luiposerunequestion!
En réalité, comme l’a souligné le ministre, l’intervention de Hind Bennani Rtel était davantage une charge politiquecontreleministrequ’uneproposition,etc’estce quil’aprodigieusementirrité
Mais n’est-ce pas, aussi, le rôle d’un député que de fairedelapolitique?
Entoutétatdecause,l’attaqueduministreestprohibée, éthiquementetpolitiquement.Aussi,parlercommeill’a fait, de « communiqué du conseil de commandement de la révolution » , accuser l’élue de « ne pas avoir lu le texte qu’elle critique » , et finir sa réponse par un très condescendant « bechouiya alik » (qu’on peut traduire par‘calme-toi’),esttrèsdéplacé
Etpourtoutdire,indigne indigneduparlement,indigne du ministre de la Justice, indigne d’un Maroc que nous voulonsunpeumeilleur,sipossible
La scène s’est produite sous la présidence d’un viceprésident USFP (on ne peut décemment pas dire socialiste) qui s’est surpassé pour enlaidir encore plus leschoses
Ricanant à la réponse du ministre, il a plusieurs fois outrepassé ou bafoué le règlement intérieur de la Chambre, en vitupérant, en accordant la parole au ministreplusqu’ilnedevaitetenlarefusantaugroupe PJD qui la réclamait, puis en demandant l’expulsion d’AbdessamadHaiker,députéPJD,del’hémicycle
Ce président de séance appartient supposément à l’opposition, mais son obséquiosité et sa partialité à l’endroitduministredépassaientleslimitesconvenues
ParAzizBoucetta
L’actuel ministre de la Justice a repris le flambeau et semble ne jamais l’avoir lâché C’est son droit, mais la forme est très importante, au parlement Quand un ministredelaJustices’en prendàunedéputée,PJD ouautre,surunequestion législative, cela montre le degré auquel est arrivée notre classe politique ; et quand il le fait avec la solidarité et même la complicité agissante et hurlanted’unprésidentde séance, les choses sont encore plus préoccupantes
Après le scandale qui a récemment secoué le secteur de la presse et secoue encore la société, voilà aujourd’hui le ministre de la Justice qui confirme ce que les gens savent de lui : un tribun quiauraitpu,grâceàson verbe et à son expertise, faire bien plus et bien mieux que ce qu’il a réalisé s’il ne se laissait aller à ses démons langagiers et dominateurs
Et comme toujours en notre bon royaume, personne ne réagit, personnenesévit. Et tout le monde se souvient des invectives croiséesentreleprésident de la Chambre des représentants et l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, des attaques feutrées de l’actuel chef du gouvernement Aziz Akhannouch, toujours contrelePJD…
Comment ramener la population à la politique et réconcilier les jeunes avec ce milieu, selon l’expression tendance en ce moment, avec des députés qui s’invectivent, un ministre de la Justice coutumier de l’algarade et de la provocation, plus tous les autres problèmes que nous connaissons tous ? Cettesituationdenotreclassepolitiqueainduitderegrettableséchauffourées lorsdesdernièresélections,etcelan’augureriendebonpourlacampagnedu scrutinàveniren2026
MONDIAL 2026 : RISQUE D'UN TOURNOI RÉSERVÉ AUX PLUS RICHES ? UNE INFLATION SANS PRÉCÉDENT.
LaCoupedumonde2026,organiséeparlesÉtatsUnis,leCanadaetleMexique,s'annoncecomme unévénementhorsnormes:unformatélargià48 équipes,104matchs,desinstallationsdepointeet une couverture médiatique estimée comme la plusmassivedel'histoiredusport.
Maisàmesurequelespremièresinformationssur la billetterie et les coûts logistiques se dévoilent, uneinquiétudegrandioseparmilespassionnés:
**le Mondial nord-américain pourrait devenir la Coupe du monde la plus chère jamais organisée**, au point de remettre en cause l'accessibilitémêmedel'événement.
Au cœur de cette inquiétude figure le modèle américaindu*dynamicpricing*,unsystèmeoùles prixnesontjamaisfixes.
Ilsévoluentenfonctiondelademande,duvolume derequêtesenligne,delaréputationdel'affiche,et même de paramètres algorithmiques sur lesquels leconsommateurn'aaucuneprise
Ainsi,unechambred'hôtelvenduenormalementà environ200USDneserapasproposéeàmoinsde 500, voire 600 USD, et probablement davantage pourlesretardataires
Cemécanisme,courantdanslesportprofessionnel américain, pourrait transformer l'achat de billets pour le Mondial en une course effrénée, voire injuste. Certains billets pour la finale sont déjà annoncésentre5000et20000dollars,unniveau totalementinédit
Les billets des matchs de poules pourraient connaître des fluctuations quotidiennes, rendant quasi impossible toute projection financière pour lesfansétrangers
Les supporters américains, déjà habitués aux prix très élevés en NBA, NFL ou MLB, semblent mieux arméspournaviguerdanscesystème.
En revanche, pour le fan marocain, brésilien, sénégalais, égyptien ou indonésien, ce modèle représenteunobstaclepresqueinfranchissable
Par AzizDaouda
Cette situation alimente la crainte que les stades soient massivement occupés par des spectateurs locaux, au détriment des supporters venant soutenir leurs équipes depuisl'étranger
Les USA comptent parmi les marchés hôteliers les plus chers du monde, et les villes retenues ne dérogent pas à la règle : NewYork,LosAngeles,Miami,Seattle,Dallas ou encore San Francisco figurent régulièremententêtedesclassementsdes destinationslespluscoûteuses
Une véritable inflation est attendue dans tout le secteur hôtelier. Lors d'événements sportifs d'envergure, les prix des chambres peuventdoubleroutripler
Pour une Coupe du monde étalée sur plus d'un mois, les projections sont encore plus alarmantes : certains opérateurs évoquent déjàdestarifs«jamaisvus»
Lesfansdevrontanticiper: deshaussesmassivesdesprixdeshôtels; une saturation visible des logements alternatifs; des coûts de transport interne très élevés, puisque les distances entre villes hôtes exigentsouventlerecoursàl'avion. L'ensemble de ces paramètres pose une question centrale : à qui s 'adressera réellementàlaCoupedumonde2026?
Les 250 millions de licenciés du football dans le monde se sentiront quelque peu frustrés.Leursportleuréchappe. Le modèle nord-américain, dominé par les logiques commerciales et les mécanismes spéculatifs, semble incompatible avec la tradition du football en tant que sport populaire.
On pourrait assister à l'émergence d'un Mondialàdeuxvitesses:
Une Coupe du monde premium , largement fréquentée par le publicnord-américainetlessupporterslesplusaisés;
Une Coupe du monde à distance pour des millions de fans internationaux qui se contenteront des retransmissions télévisées, fautedemoyenssuffisantspourserendresurplace
Pour les partisans venant de pays où le revenu médian est largement inférieur à celui des États-Unis, qu'il s 'agisse de nations africaines,latino-américaines,asiatiquesoumêmeseuropéennes, l'expériencepourraitdevenirinaccessible
Le football moderne, déjà envisagé pour sa dérive commerciale, pourraitfairefaceàunecontestationaccumuléevenantdesfans, ces mêmes fans qui font vivre ce sport, d'autant plus que les revenusdelaFIFAvontpasserde7,5à13milliardsUSD
Le Mondial est ainsi sous tension En 2026, il sera sans doute spectaculairesurleplansportifetorganisationnel.
Maisilpourraitaussideveniruntournantdansl'histoiredelaCoupe du monde : celui où l'événement cesse d'être un rendez-vous populaire et accessible pour se transformer en produit premium destinéàunpublicprivilégié
Entre inflation des billets, explosion des prix hôteliers, distances logistiquesetmodèleéconomiqueaméricain,lerisqueestréelde voir cette édition entrer dans l'histoire comme la plus exclusive, la pluschèreetlamoinsaccessible
La FIFA, les organisateurs et les villes hôtes trouveront les moyens d'atténuercettedynamiquepournepassacrifierl'essencemême dufootball:unsportuniversel,quiappartientàtous
Letourismemarocainsigneunretourspectaculaire après le choc occasionné par la pandémie, enchaînantrecordsdefréquentationethaussedes recettes.
Maisderrièrel’euphoriedeschiffressedessineune question plus décisive: le Royaume capte-t-il réellementtoutelavaleurdecettereprise?
Entre faible durée de séjour, rendement inégal de l’hôtellerie classée et expansion d’un hébergement «hors radar», l’heure n’est plus seulement à attirer, maisàrestructurer,réguleretmonterengammepour concilierperformance,équitéetdurabilité.
Il faut relever, d’emblée, la résilience remarquable dutourismeaprèslapandémiedeCovid-19.
Le rebond est net : plus de 11 millions de visiteurs en 2022, 14 millions en 2023, 16,6 millions en 2024, et des projectionsdel’ordrede20millionsàfin2025
Autrement dit, une reprise désormais inscrite dans une trajectoire haussière, portée par des leviers d’attractivité clairement identifiables : modernisation des infrastructures (aéroports, ports, autoroutes, train àgrandevitesse,etc.),programmesd’investissement dans les stations balnéaires et l’hôtellerie haut de gamme (Marrakech, Agadir, Essaouira, Casablanca), sans oublier la visibilité accrue du Royaume à la faveurdegrandsévénementssportifsetculturels Queletourismesoit,historiquement,l’undespiliersde l’économienationalerelèvedel’évidence Il contribuerait aujourd’hui à plus de 7% du PIB, avec desrecettesdépassant113milliardsdedirhamssurles dixpremiersmoisde2025
Cequel’onsoulignemoins,enrevanche,c’estlesolde delabalancetouristique,quines’élèveraitqu’à85,71 milliardsdedirhams,comptetenudesdépensesdes Marocains à l’étranger estimées à 27,54 milliards de dirhams(+11%)
Un poste loin d’être marginal, et pourtant rarement interrogé dans le débat public: qui s’en préoccupe réellement?
ParMustaphaSEHIMI
Or, ce segment est comptabilisédanslesarrivées aux frontières, au même titre quel’hébergementformel
«Il s’agit de consolider un positionnement haut de gamme,culturelethospitalier, de l’offre marocaine Cela suppose une gouvernance territoriale renouvelée, une accélération de la transition numérique, et une coordination plus fine des acteurs, adaptée aux réalités régionales»
La distinction est décisive
D’abord parce qu’une partie importante de l’hébergement «hors classé» échappe à la taxe de séjour et aux mécanismesdecontrôle
Ensuite, parce que la planification touristique continue, de fait, à s’appuyer surtout sur les visiteurs «visibles» captés par l’hôtellerie classée, alors même qu’une fraction croissante du flux se loge ailleurs.
Le pilotage devient alors approximatif, et l’équité concurrentiellesedégrade
Pourtant,desaxesderéforme existent Sur le plan fiscal, l’enjeu est d’intégrer progressivementl’informelvia un statut simplifié de «microacteur du tourisme», assorti d’un forfait lisible et d’incitations davantage que desanctions.
Sur le plan juridique et réglementaire, il faut clarifier, simplifier et sécuriser les règles (licences, guides, transport touristique léger, etc)
Un volet social s’impose également: protéger les personnes, valoriser les métiers, instaurer des filets sociaux minimaux pour les micro-acteurs, et organiseruneprofessionnalisationparétapes
Enfin,unleviernumériquedevientincontournablepourrendrel’offrevisible, traçable et contrôlable: une plateforme nationale des micro-acteurs touristiques(guide,hébergeur,transporteur,artisan,animateur),adossée à des partenariats opérationnels avec les plateformes privées (Airbnb, Booking,etc.).
Une stratégie d’intégration et de régulation (2025-2030) permettrait d’aligner les objectifs d’augmentation des flux jusqu’à 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030 avec une meilleure captation de valeur et une concurrenceplussaine
Le manque à gagner fiscal se compterait, lui, en plusieurs milliards de dirhams par an, tout en accentuant la distorsion des marchés de l’hébergementetdutransport.
L’enjeu dépasse la technique: il s’agit de consolider un positionnement hautdegamme,culturelethospitalier,del’offremarocaine
Cela suppose une gouvernance territoriale renouvelée, une accélération de la transition numérique, et une coordination plus fine des acteurs, adaptéeauxréalitésrégionales
Unmodèleplusqualitatif,durableetinclusif,àlahauteurd’unsecteurqui devrait être pensé non seulement comme moteur économique, mais aussicommevecteurdecohésionsociale,derayonnementcultureletde réductiondesdisparitésterritoriales.
Ilyadesaventuresquinaissentd’uneintuition,d’un souffle, d’une conviction intime, presque viscérale, parfoismêmed’undevoirsilencieux.
Des aventures que l’on commence sans encore en connaître l’ampleur, mais avec la conviction intime qu’ungestejusteestentraindenaître NotreForumMD Saharaappartientàcettecatégorieraredesprojetsqui dépassenttrèsvitelasimpleidéed’unévénement.
Il est né d’une certitude : le Maroc, et plus particulièrement ses Provinces du Sud, méritaient un espace stratégique où penser l’avenir avec lucidité, ambitionetfidélitéàlaVisionRoyale
Lorsque nous avons imaginé ce Forum, en pleine pandémie,alorsquelemondeétaitsuspenduetqueles fractures géopolitiques s’aiguisaient, nous n’avions ni assuranceniprétention
Nous avions simplement une responsabilité : mettre notre expertise, notre rigueur et notre sens du dialogue auservicedupays.Lereste,nousl’avonsconstruitpasà pas,portéparunevolontéfermemaishumble.
Cinq éditions … et la profonde satisfaction de l’accomplissement
Cinq éditions plus tard, la conviction est intacte, mais elle est désormais accompagnée d’une émotion rare : celle de l’accomplissement Ce sentiment qui dit, avec douceuretforceàlafois:Oui,cequenousavonsbâtia euunsens,uneutilité,unimpact
La cinquième édition, consacrée au thème hautement symbolique«50ansdelaMarcheVerte:Uniténationale et ambition continentale » , a réaffirmé cette vérité : MD Saharan’estplusseulementunforum Ilestdevenuun moyen de rayonnement, une tribune où se dessine, annéeaprèsannée,leMarocdedemain.
Un Maroc sûr de ses fondamentaux, solide dans sa souveraineté, ouvert sur l’Afrique et fort d’une dynamiquediplomatiqueincontestable Oui,MDSahara a pleinement joué son rôle Il a ouvert des voies, rassemblédesintelligences,créédesponts
ParSouadMekkaoui
ChoisirDakhlan’ajamaisétéunhasard.C’étaitunactestratégique,unmanifeste. Oui, les Provinces du Sud sont le cœur battant des ambitions africaines du Maroc. La ville de Dakhla est devenueaufildesansbienplusqu’unlieud’accueil;elles’estimposéecommeunsymbolevivantdel’unité nationaleetunpharetournéversl’Afrique.
C’est depuis ces territoires que s’esquisse une nouvelle carte géopolitique, une dynamique économique inédite,unsoufflediplomatiquerenouvelé
Nousyavonsvuladiplomatieprendrechair,lesstratégiesdevenirtangibles,l’ambitionnationaleseconjuguer aufutur ÀDakhla,cetteannéeencore,nousavonsvubrillerl’uniténationaleetl’ambitioncontinentale Etce regard-là, celui d’un pays confiant, déterminé et résolument tourné vers son futur, restera pour nous la plus bellerécompensedecetteformidableaventurequiseterminelà
Dans ce décor lumineux et engagé, MD Sahara a trouvé sa place naturelle : celle d’un forum où les idées circulent, où les convictions s’affirment, où la diplomatie parallèle se tisse avec finesse. Et si MD Sahara a contribué, un tant soit peu, à porter son nom au-delà des océans, alors nous considérons que le travail accompliatrouvésaraisond’être
Nousl’avonsfaitenremplissanttouteslescases,avecdespanelsprestigieux,desministresetdesdiplomates de haut rang, des experts et des universitaires nationaux et internationaux, des investisseurs africains et européens;aveccettecommunautéintellectuelleetstratégiquequis’estfédéréeautourdenous,parfoissans quenousenprenionsimmédiatementlamesure.
MDSaharaaétélaconcrétisationlaplusaboutiedecettemission.Ilapermisd’expliquer,decontextualiser,de convaincre. Il a permis de montrer ce que les chiffres ne disent pas : la transformation réelle, profonde, irréversibledesProvincesduSudenpôlesd’excellence.
Au fil des années, MD Sahara est devenu une tribune d’idées, un laboratoire de réflexion stratégique, un miroir du leadership marocain en Afrique, un vecteur de diplomatie douce, une plateforme de convergence pour ceux qui croient enuneAfriqueintégrée
Uncycleentier etlasensationjustedelamaturité La cinquième édition n’a pas seulement été un succès,elleaquelquechosedeplusprofond,elle ressemble à une conclusion Pas une fin brutale, pas un arrêt décidé, mais plutôt la sensation, douceetrare,quelecycleestcomplet.
MDSaharaaétéconçupourrépondreàunbesoin, à un moment précis, dans un Maroc en pleine affirmation internationale Aujourd’hui, ce Maroc est plus fort, plus sûr de lui, plus reconnu Les ProvincesduSudontfranchiuncapstratégiqueet les idées que nous avons portées ont trouvé leur résonance
Etlorsqu’unconceptremplitainsisonrôle,lorsqu’il trouve sa place dans le paysage stratégique du pays, il est parfois juste d’écouter le temps, de respecter son rythme, de lui laisser dessiner luimêmelasuite.
L’avenir?Nousn’avonsjamaiseulaprétentionde le devancer Nous savons simplement que, chez Maroc Diplomatique, la créativité est un mouvement permanent, et que les idées naissent souventlorsquelescyclessecomplètent
MDSahararesterauneexpériencefondatrice,une source de fierté collective, une preuve que le journalisme peut être un acteur du rapprochement, du sens et de la vision Aujourd’hui, il faut bien le dire, il y a, dans cette aventure, une part personnelle que j’ai toujours gardéepourmoi.
MD Sahara n’a pas seulement été un projet professionnel, il a été un espace où je me suis autorisée à croire que le journalisme pouvait encore ouvrir des horizons, réunir ceux qui ne se rencontrent plus, transmettre une vérité nationale avec élégance et pédagogie, participer, même modestement,àladéfensed’undossierexistentiel pournotrepays
Alorsoui,peut-êtreest-iltempsdelaisserlaplace au temps, à d’autres formats, à d’autres horizons De tourner la page… car il y a des moments où l’achèvement n’est pas une fin ; où l’on sent que l’histoireaatteintsonarc,sonampleur,sajustesse.
Cette cinquième édition en fait partie. Certes, toutes les grandes aventures ont une durée juste. Celle de MD Sahara aura été lumineuse, utile, structurante et profondément fidèle à notre ligne éditoriale Je ne parlerainideclôturenid’arrêt lesmotsontparfoisdes angles trop vifs Je dirai simplement que le cycle s’est referméavecharmonie
Mais une chose est évidente : les concepts passent, les formatsévoluent,maislamission,elle,resteimmuable Et elle continuera à nous guider, avec cette même convictionquiafaitnaîtreMDSaharaunjourde2020.Le Marocatantàdireaumonde,etnousavonstantàfaire pourservirnotrepays.
Il ne faut donc pas avoir peur des mots : MD Sahara a rempli ce pourquoi il est né Il a contribué à défendre notrepremièrecausenationaleàsonniveauetavecses moyens,modestementmaissincèrement Ilacontribué à inscrire Dakhla dans une cartographie internationale del’influence
Ilafédéréunecommunautédepenséequines’éteindra pas Et quand un cycle s’accomplit, la sagesse veut qu’on écoute le silence qui suit. Peut-être annonce-t-il unemétamorphose.Peut-êtreunepause.
Peut-être un nouveau concept, plus large, plus audacieux, plus en phase avec les réalités émergentes Maiscesilence,nousl’accueillonsavecrespect Carildit quenousavonsétéauboutdecequeMDSaharadevait être
Ce fut une étape Une belle étape Une étape féconde Aujourd’hui, nous la regardons avec gratitude Et nous noustenonsprêtspourcequeletemps–oul’histoire–choisirad’écrireensuite
Depuis l’esplanade qui domine le chantier du futur portdeDakhlaAtlantique,leMarocdonneàvoirune ambition qui dépasse la simple transformation urbaine.NaïmKamalracontecequisejoueici,dansle ventdulargeetlapoussièredudésert:laprojection vers un horizon économique, logistique et géopolitiqueentièrementréinventé.Aucœurdecette dynamique, des figures comme Nisrine Iouzzi incarnent un Royaume qui construit à la fois ses infrastructuresetsaconfiance.
Uneillusiond’optique
Samedi 16 novembre 2025 Du haut de l’esplanade qui surplombe le chantier du port de Dakhla, le tableau surprend A l’heure où le soleil glissait lentement vers son lit, les contours du projet du siècle en construction nematchentpasd’embléeavecl’idéequel’ons’enfait
Nisrine Iouzzi, la boss du chantier, ingénieure d’État en hydraulique et en géotechnique, assure pourtant que près de la moitié de l’ouvrage est déjà réalisée Sur le moment, une pointe de déception affleure. J’aurais le temps un peu plus tard de corriger ‘’mon port fantasmé’’ pour me rendre compte combien cette premièreimpressionestuneillusiond’optique.
Cette visite du chantier concluait deux journées d’échanges intenses lors de la 5ᵉ édition du Forum MD Sahara, que l’on doit au tandem de Maroc Diplomatique, Souad Mekkaoui/Hassan Alaoui Une édition réussie, où se mêlaient débats de fond et retrouvailles
Onycroisaitl’ancienPremierministreDrissJettou,fidèle à sa discrétion depuis son départ de la Cour des Comptes, l’infatigable Mohamed Mardji, Le photographe de trois rois, ou encore Mohand Laenser, dont l’expertise en gestion territoriale a donné un vrai reliefaupanelauquelilparticipait.
ÉgalementNeilaTazi,présidenteàla2èmeChambrede la Commission des AE et de la Défense nationale, et l’incontournable représentant du Maroc à l’ONU qui y évoluait en véritable vedette : selfies pour les uns, poignéedemainpourlesautres
Les cubes dépassent les quatre mètres Chaque bloc usiné in situ, est un fragmentdedigue,unepartieinfimed’unrempartsurlequelviendrontsebriser lesvaguesdel’Atlantique
Dansceboutdudésert,entredallesetdédales,lascèneestimpressionnante: décharges des métaux, ballet des engins, grues géantes défiant les vents qui fontlebonheurdeskite-surfeurs,descadresetdesouvriersàlatâche24sur24, septjourssursept,donnentcorpsàl’ouvrage.
Le Port Atlantique de Dakhla n’est pas seulement pensé pour accueillir les navires Ilamarreunevision Conçupourdomestiquerlesturbulencesdel’océan, iltransformelapuissancedel’océanendynamiqueéconomique
Unefoisleportachevé,Dakhlaneseraplusl’ultimeétapeavantLagouiraetla frontière mauritanienne, ou seulement un lieu de villégiature pour les randonneursetleskitesurfeurs
Maisunejonctionentrel’Afrique,l’EuropeetlesoutresAtlantiques Elleformeraun corridor qui reliera les usines, les zones logistiques, les plateformes de transformationetunespaced’échangespourleSahel
Dakhla,ville-mondeendevenir
Autour du port, explique Nisrine Iouzzi, s’érige déjà « la zone industrielle qui comprendra la zone d'activité portuaire et la zone industrielle, divisée en différentestranchespouraccueillirdesinvestissementsindustriels,logistiqueset commerciaux »
Autour de l’axe d’Al Ouala’e (à la fois allégeance et loyauté), long de quelque quatre km, nouvellement refait et élargi, la ville, s’est étendue et continue de s’agrandir, domptant sur son passage l’aridité du sol Le prix du foncier et de l’immobilier anticipe sans complexe cet avenir
Le littoral dans son ensemble est en chantier, et ici et là de nouveauxhôtels‘’écolos’’ surgissentdudésertpour répondre à une demande de plus en plusimportante Au port, les ingénieurs savent que l’ouvrage outrepassesafonctionet inscrit désormais la région et Dakhla dans une autre échelle pour devenir une ville-monde et un grand carrefour non plus pour les vaisseaux du désert, mais pour les navires cargos et les industries qu’ils draineront dans leursillage
Depuisdeuxans,lemondecourtderrièreun mirage technologique : celui d’une intelligence artificielle sans limites, capable de tout transformer, de tout accélérer, de remplacer le travail humain et même de définirl’avenirdesnations.
Des promesses, des levées de fonds, des mégasystèmes toujours plus coûteux… et un discours global porté par la Silicon Valley qui, pendant un temps, a façonné l’imaginaire collectif.
Mais voilà que les dirigeants mêmes des multinationales IBM, Google, NVIDIA viennent de l’avouer : l’équation économique des modèles géants ne tient pas Exactement ce que j’ai souligné depuis 2023 dans mes articles,mestribunesetmeslivres
L’heure n’est ni au triomphalisme ni au “je l’avais dit”, mais à la lucidité Car c’est précisément dans ce virage que se joue l’avenir de pays comme le Maroc et, plus largement,del’Afrique.
Le crash silencieux : quand la technique se heurteàl’économie
Depuismespremiersécritssurleparadoxede la productivité appliqué à l’IA, j’ai rappelé une évidence économique que beaucoup ne voulaientpasentendre:
L’IA n’est pas seulement une prouesse technologique, c’est surtout une industrie extrêmement coûteuse énergétiquement, financièrement,matériellement
Chaque itération de modèles géants demande : des milliards en serveurs et en puces de calcul, des data centers gigantesques,desinfrastructuresénergétiques dédiées,descoûtsd’exploitationexponentiels
QuandlePDGd’IBMaffirmepubliquementque «cettetrajectoiren’estplussoutenable»,ilne fait que confirmer ce que mes analyses annoncent depuis longtemps : la croissance infinie des modèles est une impasse macroéconomique
ParDrAz-Eddine Bennani
Par LahcenHaddad
Lirelasuite
LaBanqueMondialevientdepublierson«Rapport desuividelasituationéconomiqueduMaroc»et prioriserlesréformespouraméliorerleclimatdes affaires (hiver 2025). Ce rapport semestriel se distinguenotammentparl’analyseduclimatdes affaires appréhendé par la nouvelle méthode BReady qui s’est substituée au fameux Doingbusinessdontledernierrapportremonteà2020.
Le classement « Doing Business » de la Banque mondiale, bien qu’influent pendant des années, a étécritiquésurplusieurspointsetafinalementété abandonné en 2021 en raison de faiblesses méthodologiquesetd’irrégularitéssérieuses
Au niveau méthodologique, l’indice se base sur la législation formelle, sans mesurer réellement l’application des lois sur le terrain, ce qui peut donner une vision déformée de la réalité économiqueetjuridiquedespays
De même, Il privilégie un modèle anglo-saxon de régulation, négligeant les spécificités culturelles et institutionnelles d’autres régions, ce qui rend les comparaisonsbiaisées.L’entreprisetypeétudiéeest toujours située dans la capitale ou la plus grande métropole, ce qui n’est pas représentatif des conditionsdanslesrégionspériphériques
Au niveau des irrégularités, des enquêtes internes ont révélé que des données ont été manipulées pour favoriser certains pays, ce qui a remis en causelacrédibilitéduclassement
La Banque mondiale a aussi été accusée d’avoir vendu des conseils payants pour améliorer le classement,cequiaalimentédesconflitsd’intérêts. Denombreuxpays,notammentendéveloppement, ont réformé leurs lois uniquement pour améliorer leur position dans le classement, parfois au détriment d’autres priorités sociales ou économiques
CommentseprésentelasituationduMarocd’après lenouvelindiceBusinessREADY(B-READY)rentréen vigueur à partir de 2024 ? Avant d’y répondre, voyons, brièvement, en quoi consiste ce nouvel instrumentdemesureduclimatdesaffaires
Denouveauxdomainesétudiés.
Il examine le cadre réglementaire, la qualité des servicespublicsetl’efficacitédeleurmiseenœuvre
ParAbdeslam Seddiki
B-READY étend la portée des études sur le climat des affaires. Il couvre désormais des domaines tels que l’emploi, les marchés publics, l’accès à l’eau et à l’internetpourlesentreprises,laconcurrence,etintègre des considérations environnementales et sociales, notamment les droits du travail et des femmes, la protection des consommateurs et la durabilité environnementale
Cette approche plus globale permet de mieux comprendre la dynamique économique et les interactions entre les entreprises de toutes tailles, tout en fournissant des informations sur la dimension bienêtreduclimatdesaffaires
Cette approche tient compte du fait qu’il peut y avoir des écarts importants entre les règles de jure et leur miseenœuvredefacto.
LeB-READYsedistingueparlacombinaisonlesdonnées de21nouveauxquestionnaires(contre11danslemodèle précédent)avecdesenquêtespréexistantesauniveau des entreprises, telles que l’enquête auprès des entreprisesdelaBanqueMondiale(EnterpriseSurvey) Il traite environ 1200 indicateurs et sous-indicateurs Et pour éviter les écueils du passé, la transparence, la rigueuretl’évolutivitésontderègle
Unepositionfavorable….
La première édition de B-READY place le Maroc dans une position favorable, dépassant à la fois les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (son propre groupe) et les pays à revenu intermédiaire supérieur(legroupeaspirationnel)dansdeuxdestrois piliers:lecadreréglementaireetlesservicespublics En revanche, le pays obtient de moins bons résultats dans la dimension de l’efficacité opérationnelle, légèrementendessousdelamoyennedeséconomies àrevenuintermédiairedelatranchesupérieureetdela trancheinférieure
Le Maroc présente des avantages dans divers domainesabordésparB-Ready.
Il est à noter que le Maroc surpasse la moyenne des paysàrevenuintermédiairedelatranchesupérieureen termesdecréationetd’implantationdesentreprises,où leMarocdépassemêmeleséconomiesàrevenuélevé, reflétantlesprogrèsréalisésparl’initiativesurleclimat desaffairesaucoursdeladernièredécennie Ilobtientégalementdemeilleursrésultatsquelespays àrevenuélevéenmatièredeservicesd’utilitépublique, garantissant un l’accès à l’électricité, à l’eau et à Internet LeMarocsurpasseégalementlaplupartdesespairsen matière de commerce international, bénéficiant d’un accès favorable aux marchés internationaux et de la numérisationdesimportations/exportations.
BienquelesscoresglobauxduMarocsoientprochesdelamoyennedeséconomiesàrevenuintermédiaire supérieur dans plusieurs domaines, tels que les services financiers ou la concurrence sur le marché, cette performance masque une divergence entre la performance du cadre réglementaire élevée et une performancerelativementfaibleentermesdeservicespublicsoud’efficacitéopérationnelle
Dans l’ensemble, cela suggère que, bien qu’il y existe une marge d’amélioration dans certains cadres réglementaires,leMarocdevraitprioriserlerenforcementdesacapacitéàmettreenœuvreefficacementdes politiquesvisantàaméliorerleclimatdesaffaires
Danscecontexte,laplupartdesindicateursdumarchédutravailsontenbaissedepuisplusieursannées,en particulier le taux d’activité qui a diminué de près de 4,6 points de pourcentage au cours de la dernière décennie(2,3pointsdepuis2019)etletauxdechômage,quirestesupérieurdeplusde4,1pointsparrapport auxniveauxd’avantlapandémie
Sur la base de ce diagnostic, le rapport a identifié un certain nombre de domaines dans lesquels des améliorationsseraientpossiblesetsouhaitables:
Laperformancedusystèmejudiciaire,lesservicespublicsnumériquesetlatransparencedel’informationpour lacréationd’entreprises,lesdysfonctionnementsobservésdanslecadreréglementaire,lagouvernanceetla transparencedeladistributiond’électricité,d’eauetd’internet,lesinfrastructuresducommerceinternational, la fiscalité notamment la fiscalité environnementale, la transformation numérique, la durabilité environnementaleetl’approchegenre Attendreetvoir!!
Lacharmantevilled’Oranaaccueilli,finnovembre 2025, une conférence internationale dédiée aux méfaits criminels de la colonisation. Identifier les crimes et leurs responsables est une affaire d’historiens, exiger des réparations relève des politiques.
Après tant d’années, c’est probablement le moment d’aborderlesujetdanslasérénitéetlaresponsabilité, sachant que les responsables directs des crimes sont,pourlaplupart,disparus.
Cette rencontre, organisée sous l’égide de l’Union africaine (UA), est tombée à point nommé pour permettre à la diplomatie algérienne de sortir de la confusiondanslaquelleelles’estenferméeàlasuite de son vote controversé en faveur de la résolution américainesurGaza
Personnenedoutedelasincéritédusoutienalgérien à la cause palestinienne, mais le vote en faveur du désarmement du Hamas contredit le roman officiel algérien d’un soutien permanent et inconditionnel desmouvementsderésistance.
Ce vote a pourtant une logique géopolitique, soulignée par la plupart des observateurs de la vie politique algérienne, celle d’une tentative d’un rapprochementspectaculaireaveclesÉtats-Unisde DonaldTrump
Si des liens avec la partie démocrate de l’échiquier politiqueaméricainsemblentnaturels,JohnKennedy a été parmi les premiers, du monde occidental, à soutenirleFLN;aveclesrépublicains,laproximitéest, apriori,moinsévidente
Ce n’est pas la première fois qu’un tel rapprochement est enregistré : sous George Bush junior,lesrelationsentreAlgeretWashingtonsesont considérablement améliorées grâce au lobbying de ChristopherRossetdudéfuntsénateurJimInhofe.
Ce rapprochement avait l’avantage de mettre en difficulté la diplomatie marocaine, en froid avec l’administrationBushJrpoursonrefusdeparticiperà la coalition contre Saddam Hussein lors de la deuxièmeguerreduGolfe
Refusant d’acter un changement de trajectoire de la communauté internationale sur la question du Sahara, et de profiter du vote onusien pour s’offrir une sortie honorable,souscouvertdudroitinternational,ladiplomatie algérienneacherchéunevictoireailleurs
Un retour vers l’Afrique et l’UA, seule institution internationale à reconnaître le Polisario et sa république fantoche,s’estimposénaturellementcommealternative La diplomatie algérienne pensait que la conférence qu’Algervientd’organiseràOran,officiellementconsacrée aux crimes des pays colons, allait offrir une opportunité pourremettreledossierduSaharasurdenouvellesrailset avecdenouveauxacteurs.
Bien au contraire, cette initiative a brouillé les cartes, et la conférence s’est terminée en queue de poisson sans communiqué final, signe d’un désaveu sur la scène africaine
Alger voulait imposer le rajout d’une résolution sur ce qu’elle appelle, avec un culot abusif, « la dernière colonie d’Afrique » ; cette tentative n’a, pour le moins, pas reçu l’adhésiondespaysafricains
Ilestdoubléd’unautre:lespaysafricainscommencentà intégrer l’idée qu’ils ont été embarqués, par la diplomatie algérienne, dans une des plus grosses arnaques des cinquantedernièresannées
C’estencoreunefoisdommage,sachantqueladiplomatie algérienne a longtemps été brillante grâce à des diplomates et des juristes de talent dont les plus célèbres sont:
•Abdelaziz Bouteflika, le défunt président de la République algérienne.
•Lakhdar Brahimi, connu pour son exceptionnelle carrière auxNationsUnies.
•Mohamed Bedjaoui, juge à la Cour internationale de justice,dontildeviendraleprésidententre1994et1997 Ce monsieura,entantquejuge,servilesintérêtsdesonpays dans l’affaire du Sahara comme personne avant et après lui
Son rôle a été déterminant dans la rédaction de l’avis consultatifdelaCIJsurlaquestiondesliensentrelesultan de l’Empire chérifien marocain et les populations sahraouiesavantlacolonisationduterritoireparl’Espagne. Ilaeneffetréussiàintroduirelaconfusiondanslaréponse surlaconfirmationdesliensd’allégeancedespopulations concernées en suggérant l’organisation d’un référendum deconfirmationdecesliens
C’est finalement M Bedjaoui, aujourd’hui en exil, qui a donné corps à cette arnaque qui, au final, est en train de plomber le régime algériendansunespiraledontilpeineàsortir LeRoyaumeduMarocenasouffertaussi Ila subi un chantage régulier des « Institutions Internationales » , notamment l’Union européenne
M. Bedjaoui a entraîné Alger dans une démarche diplomatique qui a fait de la question du Sahara l’alpha et l’oméga de toutelapolitiqueétrangèredel’Algérie.
Il est important de préciser que, pour défendre cette cause, Alger a fonctionnarisé un grand nombre de personnalités,pourlaplupartdesMauritaniens,desrenégatsmarocainsdel’intérieur(l’ancienprésidentdela RASD, Mohamed Abdelaziz, en fait partie) et des Sahraouis dont un grand nombre est retourné depuis, au Marocdanslecadred’unegrâceroyalegénéraleémiseparfeuSaMajestéHassanII
Les deux pays ont accepté la perte de territoire pour se conformer à la nouvelle donne géopolitique née de l’après-guerre, et les deux refusent leur démantèlement avec l’appui de cette même communauté internationale(voirlesvotesonusiens)
Surceregistre,onpeutdirequ’ilesttoutdemêmeétrangedeconstaterquel’Algérie,quiconsacredesbudgets énormes pour dénoncer la colonisation, se mobilise avec encore plus d’énergie pour défendre le tracé des frontièresissuesducolonialisme
Du paradoxe de la productivité au paradoxe de l’intelligenceartificielle
Dans les années 1990, malgré l’essor spectaculaire del’informatique,laproductiviténeprogressaitpas comme attendu. Robert Solow résumait ce paradoxe par une formule devenue célèbre : « On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiquesdelaproductivité.».
Lesentreprisesétaientéquipées,maisellesn’étaient pas encore transformées L’outil était présent, mais les organisations, les modèles managériaux et les culturesdedécisionrestaientinchangés Trenteansplustard,avecl’intelligenceartificielle,un paradoxe de même nature se reproduit à une échellebienpluslarge
Full Potential at Work » , montre que presque toutes les entreprises investissent dans l’IA, que 92 % prévoient d’augmenter leurs investissements au cours des trois prochaines années, mais que seulement 1 % des organisations se considèrent aujourd’hui comme réellement matures dans leur déploiement de l’IA, c’est-à-dire capables de l’intégrer de manière fluide, à l’échelle de l’entreprise, et d’en extraire une valeur business significative Cedécalagemassifentreambitionetréalitétraduit un paradoxe profond : l’IA est partout dans les intentions, mais presque absente dans la transformationréelle.
Un paradoxe non technologique, mais organisationneletmanagérial
Ce paradoxe n’est plus d’abord technologique La puissance des modèles, l’accessibilité des outils et la baisse des barrières techniques ne sont plus les principaux obstacles Le frein est désormais systémique
Il se situe dans la gouvernance, la qualité et la maîtrisedesdonnées,lescompétencesdisponibles, les modes de décision, la culture interne et la capacité des organisations à se transformer ellesmêmes.
L’IA agit aujourd’hui comme un révélateur de la maturitéréelledesorganisations.
ParDrAz-Eddine Bennani
Pourquoil’adoptionréellerestefaible?
Avant d’adopter réellement l’IA, les dirigeants évaluent plusieurs dimensions décisives : l’utilité concrète pour leurs métiers, l’effort d’intégration dans les systèmes existants, la capacité de l’organisation à absorberlechangement,lafiabilitédesmodèlesetl’impactdel’IAsurleurproprerôleetleurlégitimité.
Dans la pratique, plusieurs freins structurants se cumulent L’utilité perçue reste souvent floue L’effort d’adoptionestjugécoûteux,complexeetperturbateur
L’exemplarité au sommet fait défaut Les organisations sont mal préparées, avec des données fragmentées,unegouvernancefaibleetdescompétencesinsuffisantes Laconfiancedanslesmodèles restelimitée Enfin,l’impactidentitaireestsouventsous-estimé
Résultat : dans de nombreuses entreprises, l’IA reste cantonnée à des projets pilotes ou à des vitrines d’innovationsansportéestratégiqueréelle.
Recommandationsauxleadersmarocains
Pour les leaders marocains, l’intelligence artificielle ne peut plus rester un sujet de discours ou d’expérimentationspériphériques
Elle doit devenir un projet stratégique de souveraineté, de compétitivité et de transformation organisationnelle
« Les petites causes produisent les grands effets».
Est-cequelesautoritésalgériennes,àlafaveur de leur difficultés économiques, commencent àcroireetcraindreleurmalédictionparfeule roi Hassan II ? On raconte qu’il les aurait maudits dans un dernier souffle sur son lit de mort,euxettousceuxquileurprêteraientmain forte, jusqu’à ce qu’ils rendent les terres marocaines
Ma foi, est-ce un Hazard si tous ceux qui soutiennent mordicus les thèses et le proxi de l’Algérie se retrouvent aujourd’hui en grande difficulté, le Venezuela, l’Afrique du Sud, Cuba, l’Iran, etl’ancienneSyrie
Ou bien est-ce Boualem Sansal, qui sans le vouloir, a réouvert l’épineux dossier des frontièresalgéro-marocaines? Cetécrivainasuscitéunvéritablemouvement de solidarité à l’international après son enlèvement rocambolesque à l’aéroport d’Alger.
Imaginezlascène:ilarriveà17H,ledouanierlui demande le nom de son père et de sa mère, note les réponses, puis l’envoie attendre... sur unbanc
Et il y attendra 9 heures ! À 2H du matin, des civils lui passent les menottes, lui mettent une cagoule et l'éloignent vers un endroit inconnu, où il disparaît pendant 6 jours Cette barbouzerie fait le tour du monde, et passionne
Grâce à la pression de ses potes et leurs médias en France, les autorités algériennes finissent par l’emprisonner, et admettre officiellementsonincarcération. Ilsluireprochentdesparolesprononcéessurle podcast « Frontières » 350000 abonnés sur YouTube,oùilaffirmequetoutl’ouestalgérien appartenaithistoriquementauMaroc Ça ne s’arrête pas là ! Le président algérien y va de ses meilleures insultes : il le traite d’espion franco-marocco-sioniste, de bâtard, etmêmedefilsdeP Enfin,vousvoyezlegenre, indignedesproposd’unprésident
Par AzizaBenkirane
Àcestade,leMarocauraitpu débourser tout son PIB sans espérer obtenir le label “consensus international” par le Conseil de Sécurité de l’ONU, en date du 31/10/2025
Douloureusepourlesautorités algériennes, la résolution 2979,non?
Finalement, Boualem Sansal obtient la grâce, dont il ne voulaitpas Ilsefaitexfiltrerde son propre pays par un détachement de l’armée allemande,oucommeilaime à le dire, il se fait « expulser » de son propre pays Soins "humanitaires" allemands en faveurduprésidentTebboune obligent!
BoualemSansalestenfinlibre, ou presque Il déclare limiter ses propos pour ne pas nuire à la libération d’autres prisonniers. Mais les grands médias se l’arrachent, (6,7 millions d’auditeurs + 25,2 millions de spectateurs + .2,7 millions de lecteurs = 34 600 000) et ce sont des bombes quisortentdesabouche
Pourlui,pasdelanguedebois :quandc’estblanc,jedisc’est blanc ! En Algérie, par contre, mieux vaut dire que ce n’est pas noir En clair : on peut discuter des frontières héritées de la colonisation, mais il ne faut surtout pas affirmerquecesterresétaient marocaines!
Il pousse le bouchon encore plus loin en répondant aux arguties des autorités algériennes : "Si quelqu'un se bat pour une terre, cela ne signifie pas qu 'elle lui appartient"
Il’ y a des moments où un pays décide de ne plus attendre que la crise passe. À Marrakech, à l’ouverturedu19ᵉCongrèsMondialdel’Eau,leMaroc a donné le ton : la pénurie hydrique ne sera ni un prétexteàlarésignationniunfardeausubi,maisun moteurdetransformationnationale.
Sous l’impulsion de la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a engagé une réorientation majeure : passer d’une gestion fragmentée de la ressource à une stratégie intégrée, structurée, planifiée, anticipée Une stratégie de puissancetranquille
L’eau,nouveauterritoiredesouveraineté Leministredel’Équipementetdel’Eau,NizarBaraka,l’a rappeléavecforce:leMarocabordeunenouvelleère hydrique. L’équation n’est pas seulement technique, elleestpolitique.
Elleengagel’aveniragricole,énergétique,industrielet démographique du pays En clair : l’eau n’est plus un secteur,c’estunpilierdesouveraineté
Le Royaume a donc embrassé un modèle où dessalement,barrages,réutilisationdeseauxuséeset recharge des nappes s’inscrivent dans une vision commune Unevisionquirefuselesdemi-mesures
Leschiffrestraduisentcechoix: 17stationsdedessalementdéjàopérationnelles, 4nouvellesenconstruction, et 11 projets supplémentaires pour porter la capacité totale à 1,7 milliard de m³ d’ici 2030, majoritairement alimentés par des énergies renouvelables
C’estplusqu’unprogrammed’infrastructures:c’est unparitechnologique,écologiqueetéconomique. Planifierjusqu’en2050:unpaysquirefuselamyopie Longtemps, le Maroc a composé avec une pluviométrie imprévisible en s’appuyant sur des politiquesparfoissectorielles Désormais, le pays s’est doté d’un arsenal de planificationraredanslarégion:desplansdirecteurs pourchaquebassinhydrauliqueàl’horizon2050
Le triptyque “eau–énergie–alimentation”, au cœur de la stratégie exposée, témoigne de cette approche systémique : l’eau n’est plus un isolat technique, mais une matrice reliant sécurité alimentaire, transition énergétiqueetdéveloppementterritorial Marrakech,capitalemondialed’unenjeuglobal
C’estunescèneoùsejoueunepartdeladiplomatiededemain.Pendantplusieursjours,experts,ministres, chercheurs, ONG et acteurs privés échangeront plus de 140 sessions techniques, panels ministériels et expositionsdédiéesauxtechnologiesémergentes
Autermedecestravaux,laDéclarationdeMarrakechchercheraàscellerunpactemondial:rapprocherla science de la décision politique, accélérer la mobilisation internationale et faire de l’eau un domaine d’action,nondefatalité
LES NOUVELLES ESCLAVES
À Errachidia, Aziz Akhannouch est venu distribuer desmots.Desmotsvides,desmotscreux,desmots quis’évaporentdèsqu’ilsfranchissentseslèvres.Il a parlé « d’initiative personnelle » comme un médecin ivre qui prescrit de la camomille à un cancéreux.
Pas un seul projet Pas un investissement important Pasd’infrastructuresnouvelles,pasd’autoroutes,pas de chemin de fer, pas d’usines, pas de plans d’urgence.Rien.Levide.Ledésert.
L’incurie devenue méthode de gouvernement… Et pendant que le chef du gouvernement joue à l’illusionniste dans une région où tout le monde connaît la réalité, une autre vérité s’affiche sur des murs administratifs : des horaires d’inscription pour envoyer les femmes de la région ramasser des fraisesenEspagne
Voilà l’unique politique publique concrète qui reste : exporter les mères, louer les femmes, monnayer la détresse Onparledemobilitésaisonnière Enréalité, c’estunmarchéd’esclavesmoderne,réglementépar formulaireetcachethumide.
Car qu’est-ce que ce programme, sinon l’organisation méthodique d’un désastre social ? On prendlesfemmeslespluspauvres,onleurdemande d’être mères, pour les tenir par le chantage affectif, on les entasse dans des bus, puis dans des serres, puis dans des dortoirs, et on appelle cela une opportunité
Une opportunité de quoi ? D’endurer ? De courber l’échine?Desurvivreuntrimestreavantdereplonger danslamêmemisère?Pendantqu’àRabatonparle d’égalité des chances, à Huelva on compte les cagettesramasséesà60€ladurejournéedelabeur.
Ce gouvernement n’a pas seulement abandonné Errachidia:ill’alivrée,offerte,sacrifiéeauplusoffrant Il a jeté l’éponge Il a déserté la bataille contre la pauvreté Il a renoncé à sa mission fondamentale : protégerlessiens
Par Rachid boufous
Quand le gouvernement échoue, il renvoie la faute à « l’individu » … Et c’est ainsi que la boucle se referme : les femmes de Goulmima, Tadighoust, Tinjdad, Mellaab et des environs, deviennent les petitesmainsinvisiblesdesserresespagnoles,pendantquelesresponsablesmarocainsassistentà descolloquessur«l’autonomisationéconomiquedesfemmes»
Cepaysmarchesurlatête.
Ilcélèbrelafemmemarocaine,depréférenceurbaine,danslesdiscours,maisilexportelafemme rurale pauvre et démunie, dans les faits Les nouveaux esclaves ne sont pas des silhouettes enchaînéesdansunportlointain
Cesontdesmèresquiquittentleursenfantspourunsalairejournalierfumantà60euros,dontla moitié sera engloutie par les charges, par les dettes, par la survie. Ce sont des femmes sélectionnéespourleurdocilité.
Ellesnecréerontpasdeproblèmesauxplanteursespagnols,carellenecherchentquelasurviede leurs familles. Ce sont des victimes d’un système qui ne leur laisse aucune échappatoire. Mais la hontenetombepassurelles
Elle tombe sur le gouvernement actuel, qui, incapable de créer des emplois dignes, a fait de l’exil fémininunprogrammeéconomique
Après des années passées au gouvernementàmanierlestylodesdécrets, l’ancien ministre revient jouer les lanceurs d’alerte tardifs, accusant l’État profond, la bureaucratie, les élus, les marchés publics, etpeut-êtremêmelamétéo…Uneopération “mains propres” à retardement, qui ressemble surtout à une tentative de nettoyersonpropreCVpolitique…
Il y a des come-back politiques plus subtils que celui de Mohamed Aujjar Certains reviennentenhéros,d’autresentechnocrates repentis et puis il y a Aujjar, l’homme qui, aprèsdesannéesàtenirlesmanettes,revient avec l’enthousiasme d’un joueur de foot éliminé qui accuse l’arbitre, la météo, la pelouse,etmêmeleballond’êtretroprond…
Sorti du gouvernement par la petite porte « celle qu’on lubrifie discrètement pour éviter qu’elle grince » voilà que l’ancien ministre noussertungrandclassique:«Cen’estpas moi,cesontlesautres»
À la Faculté de droit de Rabat, il a offert un numérodigned’unone-man-showpolitique, expliquant doctement que la corruption locale, c’est peanuts : « les élus, vous comprenez, ne gèrent que 10 % des budgets » … montrant que le reste, c’est les autres qui l’ontmangé!!
Une performance qui donne envie de distribuer des mouchoirs aux étudiants présents assister à un ex-ministre pleurant sur le sort du pouvoir qu’il n’a plus, c’est toujours un moment fort en émotion et en acrobatiesrhétoriques
Lesyndromeduministredébranché:quandl’influences’enva,lamémoireflanche Il y a, chez certains anciens dirigeants, un réflexe pavlovien (1) sitôt éloignés du pouvoir, ils deviennentpluslucidesquejamais Uneluciditéqui,curieusement,nesemanifestequ’unefoisle salaire,lavoituredefonctionetl’agendaministérieldisparus «HelloBenkiandhisbrothers!!»
En fin de compte, la question est moins académique qu’il n’y paraît Aujjar s’est-il découvert une vocation tardive d’analyste politique ou tente-t-il simplement de repeindre son blason à la peinturedoréeaprèsavoirperdusoninfluence?
Àdéfautderéponse,onretiendraqu’auMaroc,ilyadeuxcatégoriesd’hommespolitiques ceux quiagissent,etceuxquiexpliquentaprèscouppourquoiilsn’ontpaspuagir Devinezdanslaquelle l’ancienministrevientdes’inscrire
BRAHIM OULD ERRACHID : UNE ANALYSE DU SOMMET HISTORIQUE DE MADRID
Unsoutienespagnolirréversibleàl’autonomieet 14 accords qui consolident l’intégration économique
LatreizièmeRéuniondeHautNiveau(RAN)entrele RoyaumeduMarocetleRoyaumed’Espagnes’est achevée à Madrid sous la présidence du chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, et de son homologue espagnol, Pedro Sánchez Une rencontrefondéesurlesprincipesdetransparence etderespectmutuel,couronnéeparlapublication d’une déclaration conjointe de 119 points et la signature de 14 accords de coopération couvrant dessecteursstratégiques.Cesrésultatss’inscrivent danslacontinuitédupartenariatstratégiquelancé avecladéclarationconjointedu7avril2022
Dans une déclaration accordée au journal “Oyone Sahara”,lecadresahraouiBrahimOuldErrachida livré une lecture analytique approfondie des conclusionsdusommet,soulignantqu’iladépassé lecadreclassiquedelacoopérationbilatéralepour inaugurer une phase d’intégration stratégique irréversibleentrelesdeuxpays.
Danssonanalyse,OuldErrachidainsistésurlefait que l’enjeu majeur de cette rencontre réside dans laconsolidationetlerenouvellementdelaposition espagnole concernant la question du Sahara marocain Ilaexpliqué: «Lepointleplusmarquantetleplusdéterminant de la déclaration conjointe est la réaffirmation expliciteparl’Espagnedesonsoutienàl’initiative marocaine d’autonomie, qu’elle considère comme la solution la plus réaliste et la plus crédible dans le cadre des Nations unies. Cette position n’est plus une annonce ponctuelle : elle est désormais inscrite dans un ensemble d’accordsetdansunprocessusdepartenariatde long terme. En saluant la résolution 2797 du Conseil de sécurité, l’Espagne confirme que la stabilité de la région et la préservation de ses intérêts stratégiques passent nécessairement par l’appui à la position marocaine, ce qui constitueunevictoirepourladiplomatieroyaleet poursavisionpragmatiqueetréaliste.»
Par BrahimOuld Errachid
comme le dessalement et les transferts de bassins. Ce dossier est essentiel pour faire face aux défis de la sécheresseetgarantirlasécuritéhydriqueduMarocdanssonensemble.»
«L’examendesavancéesdansl’organisationduMondial2030renforcelaconfiancemutuelleetconfirmeque le partenariat maroco-espagnol dépasse aujourd’hui le cadre politique et économique pour englober les dimensions sociale, culturelle et sportive. L’Espagne a, par ailleurs, salué l’approche exemplaire du Maroc en matièredegestionmigratoire.Lesaccordssignésdanslesdomainesdelaprotectionsocialeetdelasécurité socialetémoignentd’unecoopérationquibénéficiedirectementauxcitoyensdesdeuxpays »
Le retrait soudain du dossier des centres médicaux de proximité, annoncé par Akdital dans une correspondance datée du 20 novembre 2025, semble faire l’effet d’un coup defreinspectaculaire.
Derrière le ton apaisant de la lettre, où le président du groupe évoque les inquiétudes de certainsmédecinsetlanécessitédepréserverla sérénité du secteur, aucun passage n’évoque l’abandondel’idéedecentresdeproximité
Le retrait concerne la procédure déposée au Conseil de la Concurrence, pas le projet luimême Lanuanceestessentielle:onsuspendla bataille administrative, pas la stratégie globale Unindicecléseglissedanslasecondepage Le groupe annonce vouloir “réorienter ses investissements vers d’autres centres d’intérêt, notammentàl’international”.
Dans le langage de la gestion, réorienter ne signifie pas renoncer. Cela signifie déplacer les pions, détourner l’attention, protéger une image misesouspression
La lettre s’attarde ensuite sur la relation de confiance avec les médecins libéraux, un passage inhabituellement long pour un simple communiqué technique Ce registre montre que le groupe cherche à éteindre un feu, à rassurer uneprofessionirritée,àreprendrelamainsurune communicationdevenuesensible.
Par Anwar CHERKAOUI
Laweb
Radio des marocains dumonde
LE GRAND RÉALIGNEMENT : COMMENT
ÉTATS-UNIS, CHINE, RUSSIE ET INDE REDESSINENT LE XXIᵉ SIÈCLE
Il arrive des moments où l’histoire semble accélérer, où les plaquestectoniquesdu monde bougent à découvert, sans chercher à dissimuler leur grincement. Nous vivons précisément l’un de ces moments. Un basculement discretmaismassif,où les lignes de force du XXIᵉ siècle se redessinent devant nous : les États-Unis énoncent une nouvelle doctrine, la Chine avancesespiècessans hésitation, la Russie joue sa survie dans le désordre, l’Inde s’arrime à son destin de grande puissance, et l’Afrique longtemps reléguée au pied de la scène devient soudain l’espace décisif de cetterecomposition.
Ce dossier explore cette mutation. Il la décortique, la compare,l’éclaire.
La Stratégie de sécurité nationale américaine 2025, document cardinal qui inspire l’ensemble des articles quisuivent,agitcomme une fenêtre ouverte sur la vision du monde que Washington entend imposer
Nonpasunmondedeblocsidéologiques,commeautempsdelaguerrefroide, mais un monde où le commerce, la technologie, les ressources et les alliances redessinent la hiérarchie des puissances L’Amérique y reconnaît enfin qu’elle n’est plus seule au centre du jeu Elle n’est plus la fabrique automatique de la norme Elle doit désormais affronter un adversaire total, la Chine, gérer un rival imprévisible, la Russie, courtiser un partenaire indispensable, l’Inde, et reconquériruncontinentdevenul’objetdetouteslesconvoitises:l’Afrique.
L’Europe,elle,n’estpluslecœurstratégiquedeWashington.Elleestunchapitre, pas un projet L’article qui lui est consacré dans ce dossier montre une réalité qu’ellepeineàregarderenface:l’Amériqueluidemandemoinsd’obéirquede se renforcer Moins de suivre que de s’assumer Face à la Chine et à la Russie, Washington ne peut plus porter le poids d’un continent qui a oublié le sens du risque et la valeur de la puissance Ce constat, brutal mais lucide, sert de toile defondàl’ensembledesrepositionnementsdécritsdanslespagessuivantes
Mais c’est surtout la Chine qui domine ce dossier Par son ambition, par sa méthode, par sa cohérence Dans le document américain, Pékin apparaît non pas comme un rival parmi d’autres, mais comme le défi systémique, celui qui déplace la compétition vers les pays à faible et moyen revenu, celui qui restructure les chaînes industrielles, celui qui maîtrise les minéraux critiques, celuiquiavanceunevisiondumondealternative.
LesÉtats-Unisreconnaissent,presqueavecamertume,avoirpermiscetteascensionenouvranttroplargementleurs marchés, en croyant que la richesse engendrerait la convergence politique. Il n’en fut rien. L’article consacré à la Chine montre comment une idée l’attention portée à tout, en même temps a fait basculer la technologie mondiale, mais aussi comment une stratégie exporter, prêter, construire, attacher a redessiné la carte de la puissance
LaRussie,elle,occupeunstatutplustrouble Nisuperpuissance,nisimpleacteurrégional,elleincarnelamenacede l’imprévisible. Le document américain la décrit comme un acteur affaibli mais dangereux, capable de déstabiliser l’Europe, de redéfinir ses frontières, de s’allier sans conviction mais avec intérêt à Pékin. L’article qui lui est dédié restitue cette ambivalence : la Russie est trop forte pour être ignorée, trop faible pour être considérée comme un modèle, trop instable pour être laissée à elle-même Elle est une ombre portée sur le continent européen, et un facteurderisquemondial
Face à ces deux géants, l’Inde apparaît comme la pièce intermédiaire, celle qui pourrait empêcher le XXIᵉ siècle de devenirunduelsino-américain.Washingtonlesait,Pékinaussi.
L’article de ce dossier consacré à New Delhi montre une puissance en ascension, prudente mais déterminée, courtisée pour son démantèlement lent du monopole chinois en Afrique, et pour sa capacité unique à proposer un partenariatdoux,technologiqueetaccepté L’Indedevient,presquenaturellement,lepartenairequirassure,celuiqui équilibre,celuiquirefused’êtreunesimpleannexedel’unoul’autrebloc
Maisc’estl’Afriquequidonneàcedossiertoutesonimportance.Nonpasl’Afriquefantasméedesdiscoursnaïfs,mais l’Afriqueréelle,stratégique,riche,disputée.UncontinentoùlaChineadéjàconstruitsesinfrastructures,oùlaRussie vend la sécurité et influence les régimes, où l’Inde s’implante par la technologie et la diaspora, et où les États-Unis, enfinréveillés,cherchentàpasserd’unelogiqued’aideàunelogiqued’investissement Cetéditon’estpaslelieudes illusions:l’Afriquen’estpasconvoitéepoursabeautéousadiversité,maispoursesminérauxcritiques,sesgisements énergétiques,sesmarchésjeunesetdynamiques,etsonpoidsgéopolitiquedansunmondemultipolaire
Cedossierracontecela:unmondequinetourneplusautourd’uncentre,maisautourdeplusieurs UneAfriquequi cesse d’être périphérique pour devenir nodale. Une Chine qui avance avec méthode. Une Russie qui résiste par instinct.UneIndequis’affirme.DesÉtats-Unisquiseréinventent.
Bref,unXXIᵉsièclequicommencevraimentmaintenant.
AFRIQUE : LE NOUVEAU CHAMP DE BATAILLE MONDIAL ENTRE CHINE, RUSSIE, INDE ET ÉTATS-UNIS
Siuncontinentcristalliseaujourd’huilesrivalitésduXXIᵉsiècle,c’estbienl’Afrique.Longtempspensée comme périphérique dans les équations stratégiques des grandes puissances, elle est devenue en quelquesannéeslepivotd’unaffrontementsilencieuxmaisdécisif:celuidesressourcescritiques,des marchésémergents,delasécuritéénergétique,desalliancesgéopolitiquesetdelatechnologie.
LaChine,laRussie,l’IndeetlesÉtats-Unislivrentunebatailleàplusieurscouches:économiques,militaires, numériques, diplomatiques. Chaque acteur avance ses forces, ses récits, ses promesses. L’Afrique n’est plusunchamppassif:elleestconvoitée,courtisée,disputée.
Le document Stratégie de sécurité nationale américaine 2025 dévoile une vision explicite : Washington veut rattraper son retard et reprendre la main. Mais face à lui, Pékin,MoscouetNewDelhiontdéjàavancéleurspions.
Voicilepanoramacompletdecettelutteglobale.
1.Chine:lapuissancetentaculairequiaprisdel’avance
Aucune puissance ne domine autant le continent africain aujourd’hui que la Chine Pékin n’a pas seulement investi ; elle a construit, prêté, financé, connecté, numérisé, équipé
Dans le document américain, une donnée résume l’ampleurduphénomène:laChinearecycléprèsde1300 milliards de dollars d’excédents commerciaux en prêts et investissements auprès de ses partenaires du Sud global, dontunelargepartieenAfrique.
Cettestratégiereposesurquatreleviersmajeurs:
a)L’infrastructurecommearmegéopolitique
Routes, ports, barrages, chemins de fer, réseaux numériques : la Chine a enveloppé l’Afrique dans une architecturelogistiqueettechnologiquequidépenddeses entreprises
Cobalt en RDC, cuivre en Zambie, terres rares en Tanzanie, lithiumauZimbabwe:Pékinasécuriséplusdelamoitiéde la chaîne de valeur mondiale de plusieurs métaux stratégiques
Dans la stratégie américaine, la Chine apparaît comme l’acteur à contenir absolument dans ce domaine, car sans cesminéraux,aucunetransitionénergétiqueounumérique occidentalen’estviable
c)Unediplomatiedelongterme
Pékin investit dans les élites, les infrastructures politiques, les universités, les ONG, les médias. C’est unediplomatiesubtile,patiente,continue.
La Chine se positionne comme une alternative aux puissancesoccidentales,sansconditionpolitique
Verdict : La Chine a une longueur d’avance, structuréeetdifficileàdéfaire
2.Russie:lapuissanceopportuniste etmilitarisée
La Russie, contrairement à la Chine, ne propose pas un modèle économique global Elle propose la force. Son influence est avant tout sécuritaire,fondéesur: lesgroupesdemercenaires(Wagner, AfricaCorps), lescontratsmilitaires, lesoutienauxrégimesisolés, la lutte contre les insurrections locales.
Moscou se positionne comme un partenaire anti-occidental, protecteur, sans exigences démocratiques
Le document américain n’insiste pas sur la Russie dans son volet africain, mais ses priorités sécuritaires montrent que Washington observe avec attention les zones où Moscou avance: RDC,Mali,Centrafrique,Soudan.
PourquoilaRussieprogresse?
Ellevendunesécurité“clefenmain”
Ellesoutientlesrégimesendifficulté Elle capitalise sur les frustrations anti-occidentales.
Elle propose un narratif puissant : la souverainetécontrel’Occident. Pourquoi la Russie inquiète Washington?
Parce qu’elle installe des régimes alliés, redéfinit les flux miniers et offreàMoscou: del’or, dudiamant, dumanganèse, ducharbon, etdel’influencegéopolitique
Verdict:LaRussien’apasl’argentde la Chine ni les technologies des USA, mais elle dispose d’un outil redoutable:lacoercitionrentable
3 Inde : un partenaire discret mais stratégique
L’Inde avance en Afrique avec une méthode très différente : soft power, diaspora, éducation, technologie, commerce
Si le document américain cite explicitement l’Inde, c’est pour souligner son rôle crucial dans les alliances visant à sécuriser « les minérauxcritiquesenAfrique».
Celarévèledeuxélémentsessentiels :
a) L’Inde devient un contrepoids asiatiqueàlaChine
New Delhi n’a pas la capacité financière de Pékin, mais elle bénéficie d’une relation douce, moinsintrusive,mieuxacceptée
b) L’Afrique est un partenaire économiquenaturelpourl’Inde achatsénergétiques, coopérationpharmaceutique, infrastructuresnumériques, formationuniversitaire, projetstechnologiques
L’Indevoitl’Afriquecomme: unrelaisdecroissance, unalliédiplomatique, unfournisseurderessources, un partenaire naturel dans le Sud global
New Delhi investit dans la durée, avec un positionnement plus subtil que celui des États-Unis ou de la Chine.
Verdict : L’Inde n’est pas le premier acteur africain, mais elle est le plus légitimedansunrôled’équilibriste
4. États-Unis : le retour tardif mais déterminé
La Stratégie US 2025 marque un tournant majeur : Washington veut revenir en Afrique, mais avec une doctrinetotalementrévisée
Finie l’aide humanitaire sans stratégie ; place à un paradigme économique, fondé sur le commerce, l’investissement, et la sécurisationdesressources
Le document affirme que les ÉtatsUnis doivent passer d’une relation baséesurl’aideàunerelationbasée surlecommerceetl’investissement.
Les priorités américaines sont claires:
a)Lesminérauxcritiques
C’estl’enjeunuméroun
Sans l’Afrique, la réindustrialisation américaineestimpossible. Les États-Unis veulent coaliser Europe + Japon + Inde pour concurrencerlaChine
b)L’énergie
Le rapport insiste sur l’importance des investissements américains dans:
lenucléairecivil, leGNLetleGPL, les technologies énergétiques d’exportation
c)Lespartenariatspolitiques“fiables” Washington veut travailler avec des États africains capables d’ouvrir leurs marchésauxentreprisesaméricaines d)Lesconflitsrégionaux
Les États-Unis veulent intervenir diplomatiquement dans des crises “stratégiques” RDC/Rwanda, Soudan, Éthiopie tout en évitant toute présencemilitaireprolongée
Verdict : L’Amérique revient en Afrique avec une stratégie assumée : contenir la Chine, sécuriser les ressources, verrouiller l’énergie et réaffirmer son leadership.
L’Afrique, cœur du nouvel ordre mondial Jamais dans l’histoire récente l’Afrique n’avaitétéautantcourtisée.
Chine, Russie, Inde et États-Unis ne s’y affrontent pas frontalement ; ils se superposent, se neutralisent, se contournent
Mais une constante domine : l’Afrique a cessé d’être un objet ; elle devient le sujetdusiècle.
Ressources, diplomatie, sécurité, énergie, technologie : tout converge verselle
Et dans ce jeu mondial où quatre géantssedisputentsonavenir,l’Afrique détient désormais un pouvoir inédit : choisir.
La question n’est plus “qui gagnera l’Afrique?”
La question devient : quelle Afrique choisiraquelmonde?
L’AFRIQUE DANS LA DOCTRINE AMÉRICAINE 2025 : DU CONTINENT ASSISTÉ AU CONTINENT STRATÉGIQUE
Dans la nouvelle Stratégie de sécurité nationale de 2025, l’Afrique n’est plus un territoire périphérique, ni un espace humanitaire, ni un simple champ d’influence parmi d’autres. Le continent apparaît comme un territoire clé dans le grand jeu de puissance du XXIᵉ siècle un espace décisif pour les minéraux critiques, l’énergie, la stabilité politique et la compétition avec la Chine
Washington entend y mener une politique profondément révisée : fin de l’ère de l’aide, place à une relation articulée autour du commerce, de l’investissement et des partenariats stratégiques. Une rupture assumée, formulée explicitement dans le texte : les États-Unis doivent « passer d’une relation avec l’Afrique axée sur l’aide à une relation axée sur le commerceetl’investissement»
L’Afriqueestdoncintégréedansun projet beaucoup plus large : reconstruire l’influence américaine dans le Sud global, affirmer la supériorité technologique et énergétique des États-Unis, sécuriser les ressources indispensables à la transition industrielle occidentale et réduire ladépendancemondialevis-à-vis delaChine
1. La fin du paternalisme américain : un repositionnement idéologique
Ce qui frappe d’abord dans le rapport, c’est le ton On y décèle une volonté de rompre avec une vision “caritative” des relations avecl’Afrique.
Le document appelle à « un paradigme d’investissement et de croissance capable d’exploiter les abondantes ressources naturelles et le potentiel économique latent del’Afrique».
Il s’agit moins d’un hommage au dynamisme africain que d’une reconnaissance pragmatique : le continent est désormais indispensable pour les industries américaines, pour la sécurité énergétique des alliés et pour la compétition technologique mondiale
Lerepositionnementtiententrois piliers:
remplacerl’aideparlecommerce, sécuriser l’accès aux minéraux critiques, investir dans l’énergie et les infrastructures de nouvelle génération
Cette vision assume ouvertement une logique d’intérêt mutuel mais prioritairement américaine Elle transforme l’Afrique en plateforme stratégique,nonplusenespacede solidarité
2. Les minéraux critiques : l’Afrique comme théâtre central duduelsino-américain
Le passage le plus important du rapport est sans ambiguïté : l’Afriqueestunpivotessentieldans la bataille pour les minéraux critiques Le document place ce dossier au cœur des alliances futures Les États-Unis veulent rassembler leurs partenaires européens et asiatiques « y compris l’Inde » pour consolider leurs positions « en ce qui concerne les minéraux critiques, enAfrique».
Ce simple passage résume la stratégie : l’Afrique est la clé de la souveraineté industrielledublococcidental
Lithium,cobalt,nickel,terresrares,cuivre: cesressourcesafricainesconditionnentla fabrication des batteries, des véhicules électriques,destechnologiesnumériques, des armes de nouvelle génération et des systèmesd’énergierenouvelable
Or,lerapportconstatequelaChineapris une avance considérable : des milliards d’investissements, un contrôle massif des chaînes de valeur, un maillage diplomatique serré Pour Washington, la reconquête de l’Afrique est indispensable pourendiguerl’expansionchinoise
Letextenes’encachepas.LesÉtats-Unis veulent:
former des coalitions financières et technologiques, offrirdesalternativesauxinvestissements chinois, sécuriser les approvisionnements en minérauxessentiels, bâtirdespartenariatsdelongtermeavec lespaysafricains“compétentsetfiables”.
En clair : l’Afrique n’est plus un terrainsecondaire,maisunfront économiquemajeur.
3. L’énergie : nouveau front stratégique américain en Afrique
L’autre chapitre crucial du rapport concerne l’énergie L’Afrique y est citée comme un espace propice aux investissements américains dans des secteurs hautement stratégiques: nucléairecivil, gaznaturelliquéfié(GNL), gazdepétroleliquéfié(GPL), énergie pour l’exportation vers l’Europeetl’Asie, infrastructuresliéesauxminéraux critiques
Le document explique que ces technologies soutenues par les États-Unis peuvent « générer des profits pour les entreprises américaines » et contribuer à la compétition mondiale pour les ressourcesstratégiques
Cette formulation est importante L’objectif n’est pas seulement de favoriser le développement africain,mais: de renforcer les industries américaines, d’assurer l’indépendance énergétiqueoccidentale, et de limiter le poids géostratégiquedelaRussieetde laChinesurlecontinent.
Pour Washington, l’Afrique devient une extension de la sécuritéénergétiqueaméricaine
4. Stabilisation et diplomatie : une approche sélective et pragmatique
Le rapport évoque aussi la nécessité d’engager l’Afrique dans une logique de stabilisation régionale Mais la stratégie se veut très sélective, loin des interventions militaires du passé. Le texte parle de « négocier des accordspourréglerlesconflitsen cours (RDC-Rwanda, Soudan) » et«prévenirdenouveauxconflits (Éthiopie–Érythrée–Somalie)»
Washington précise également qu’il faut éviter « toute présence américaineàlongterme»
Un message clair : l’Amérique n’a plus l’intention de s’enliser militairement en Afrique comme au temps de la lutte contre le terrorisme.
Mais elle « doit rester vigilante » face à la résurgence de groupes terroristesislamistes
La posture devient donc minimaliste : frapper ou intervenir ponctuellement,maisévitertouteimplicationdurable
5. Un tournant économique majeur : ouverture des marchés africains auxentreprisesaméricaines
Le rapport indique que les États-Unis doivent privilégier les partenariats avecdesÉtatsafricains«compétentsetfiables»quiacceptent«d’ouvrir leursmarchésauxbiensetservicesaméricains»
La condition posée est explicite : l’ouverture des marchés africains sera laclédesfuturspartenariats
Lavisionaméricainereposesurl’idéeque: lesentreprisesaméricainesdoiventêtremieuxpositionnées, laconcurrencechinoisedoitêtrecontenue, et les investissements américains doivent être sécurisés par des gouvernementsalignés
Cetteapproches’inscritdansunmouvementmondialpluslarge:lesÉtats-Unisveulentmaintenantque leurs alliances reposent sur un « alignement stratégique » , y compris économique L’Afrique ne fait pas exception
Cette admission souligne l’urgence : l’Afrique est devenue un terrain où l'Amérique accuse un retard qu’elledoitrattraperrapidement
Le document met en avant un fait massif : La Chine a utilisé près de 1 300 milliards de dollars de ses excédents commerciaux pour offrir des prêts donc de l’influence à ses partenaires africains et asiatiques
DanscetteStratégiedesécuriténationale2025,l’Afriquen’estpasunchapitreannexe.Elleestunchamp d’action central pour reconstruire l’influence américaine, rééquilibrer le Sud global et sécuriser l’avenir industriel,énergétiqueettechnologiquedublococcidental
Et dans la compétition mondiale qui s’ouvre, Washington entend y revenir non comme un protecteur, maiscommeunpartenairestratégiqueexigeant,décidéàreprendrel’initiative
L’INDE DANS LE VISEUR STRATÉGIQUE DE
WASHINGTON : LE GRAND PARTENAIRE DU XXIᵉ SIÈCLE
Dans la Stratégie de sécurité nationale américaine 2025, l’Inde n’apparaît pas comme un simple acteur régional, ni comme une puissance émergente parmi d’autres. Elle y figure comme un pivot stratégique dans la reconfiguration du monde post-globalisation. Sa présence, bien que concise dans le document, est placée au cœur d’une dynamique centrale : rassembler les démocraties asiatiques et européennes autourd’unearchitectureéconomique,technologiqueetgéopolitiquecapabledecontenirlaChineetde stabiliserlesrapportsdeforceenAsie.
L’Inde comme alliée économique : cap vers une coalitiondesmarchésémergents
Washington ne tourne pas autour du pot : l’Inde doit être un pilier de la nouvelle coalition qui « ralliera les alliés et partenaires européens et asiatiques, y compris l’Inde » afin de consolider leurs positions communes dans le monde, notamment dans l’hémisphère occidental et en Afrique, en particulier surlesminérauxcritiques.
l’Inde est une pièce maîtresse du système stratégique américain, à la fois pour son poids démographique, son économie en expansion, sa rivalitéhistoriqueavecPékinetsacapacitéàs’ériger en champion d’un ordre multipolaire où la Chine ne seraitplusl’uniquealternative
Dans le document, Washington propose que les États-Unis et leurs alliés créent des coalitions « exploitant leurs avantages comparatifs en matière de finance et de technologie » pour développer des marchés d’exportation avec des pays coopérants, dontl’Inde
Autrement dit, l’Inde est intégrée dans une stratégie visantà:
Encourager la montée en puissance de champions économiquescapablesderivaliseravecPékin Créerunréseautechno-financiermondialdontl’Inde seraituninterlocuteurcentral.
L’Indeestl’undesrarespayscapablesdeseprojeter à la fois en Afrique, en Asie du Sud-Est et dans l’océan Indien. La vision de Washington s’appuie sur cette polyvalence : l’Inde peut devenir un vecteur de stabilité économique, mais surtout un contre-poids auxstratégieschinoisesdesurcapacitésindustrielles etd’endettementmassif
Le document souligne que les États-Unis offrent à leurs partenaires « une série d’incitations » : coopérations en haute technologie,achatsdedéfense,accèsauxmarchésfinanciers. L’Indeestexplicitementinclusedanscetteoffrestratégique.
Cepassagerévèleuneintentionclaire: lier durablement l’Inde à l’écosystème technologique américain, afin d’éviter que Pékin ne devienne l’alternative dominantepourlespaysémergents
L’Indedevientainsi: unalliétechnologique, unco-développeurpotentield’innovationsstratégiques, un partenaire de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, un acteur essentiel dans la bataille pour la norme numérique globale.
Dans une compétition où la Chine cherche à imposer ses modèles technologiques, l’Inde apparaît comme l’un des rares géantscapablesdepeserréellement.
Inde–États-Unis : une convergence géopolitique en IndoPacifique
Mêmesilerapportn’entrepasendétailsurl’arméeindienneou la doctrine indo-pacifique, il laisse transparaître l’idée que l’équilibremilitairedanscetterégionestimpossiblesansDelhi Lorsque Washington évoque la nécessité de maintenir « un équilibre militaire conventionnel favorable » en Asie pour dissuader tout conflit majeur notamment autour de Taïwan cela implique nécessairement un soutien des puissances régionales,dontl’IndeestlaplusimportanteaprèsleJapon.
Pourquoil’Indeest-ellesicruciale?
La rivalité frontalière sino-indienne fait d’elle un adversaire naturel de Pékindansplusieursrégionsd’Asie
L’Inde contrôle une partie stratégique de l’océan Indien, par où transite unegrandepartducommercechinois
La marine indienne est l’une des rares capables de gêner un déploiementchinoisdansl’ouestduPacifique.
L’Inde cherche à moderniser ses forces et à diversifier ses fournisseurs d’armement,cequiouvredesopportunitéspourWashington
L’Inde est essentielle à la stratégie américaine de “containment” de la Chine, sans pour autant être un allié formel comme le Japon ou l’Australie.
Washingtonluilaisseunespaced’ambiguïtéstratégique cequel’Inde apprécie toutenlapoussantversuneconvergenceprogressive L’Inde dans la doctrine américaine des minéraux critiques : un partenariatafricain
L’undespointslesplusintéressantsdurapportestrarementcommenté : les États-Unis veulent travailler avec leurs alliés pour sécuriser les minérauxcritiquesenAfrique,enincluantexplicitementl’Inde Cepassageestfondamental.
L’Afrique est devenue un terrain d’affrontement économique entre la Chine et l’Occident. Pékin y détient déjà des positions quasi monopolistiquessur: lecobalt, lelithium, lecuivre, lesterresrares, lesmétauxstratégiquespourbatteriesettechnologiesvertes. Washingtonproposeiciunetriplealliance:États-Unis–Europe–Inde.
Objectifs: limiterl’emprisechinoisesurlesminesafricaines; sécuriserleschaînesd’approvisionnementoccidentales; permettre aux industries américaines et indiennes de réduire leur dépendanceaumodèlechinois.
L’Inde,trèsactiveenAfriquedepuisunedécennie,estperçuecommeun partenaire régional crédible, bénéficiant de relations historiques, de diaspora, et d’une image moins intrusive que celle des puissances occidentales
L’Inde,maillonessentieldufutursystèmefinanciermondial Lerapportmetenavantl’idéequelesÉtats-Unisdoiventaiderlespays à faible revenu à développer leurs marchés financiers et à « lier plus étroitement leurs monnaies au dollar » pour maintenir le leadership du dollar
Même si l'Inde n 'est pas explicitement citée dans ce passage, son inclusion dans les coalitions économiques et technologiques suggère clairement qu’elle est envisagée comme un futur pilier d’une architecture financière où le dollar pourrait rester dominant face à la montéeduyuan.
Delhi, qui cherche à internationaliser la roupie tout en limitant sa dépendance à la Chine, pourrait devenir un allié monétaire indirect de Washington
uncontre-poidsindispensableàlaChine; unacteuréconomiquestratégique; unpartenairetechnologiquedelongterme ; un allié potentiel dans la sécurisation des ressources; une puissance régionale stabilisatrice en Indo-Pacifique
L’asymétrieresteforte: Washington a besoin de l’Inde pour contenirPékin; l’Inde a besoin de Washington pour accélérersamontéeenpuissance. Maischacunveutpréserversonautonomie stratégique
L’Inde ne deviendra jamais un allié aligné commeleJapon Et Washington, dans ce rapport, semble l’accepter.
L’Inde,clédevoûtedumondepost-Chine La Stratégie de sécurité nationale américaine fait apparaître l’Inde comme une puissance pivot, essentielle à la recompositiondel’ordremondial.
Elle est au croisement de toutes les lignes stratégiquesaméricaines: compétitionéconomique, batailletechnologique, sécuritédel’Indo-Pacifique, contre-poids démographique et civilisationnelàlaChine, coopération africaine sur les ressources critiques
Si Washington veut rééquilibrer le monde face à l’ascension chinoise, l’Inde n’est pas seulement un partenaire nécessaire : elle est le partenaire sans lequel rien n’est possible
LA RUSSIE SELON WASHINGTON : UN RIVAL
À CONTENIR, MAIS AUSSI UN VOISIN À RÉINTÉGRER DANS UN ORDRE STABLE
Dans la Stratégie de sécurité nationale publiée par l’administration Trump en 2025, la Russie occupe une place singulière. Moins omniprésente que la Chine, moins stratégique que l’hémisphère occidental, mais plus dangereuse que n’importe quel autre acteur militaire, Moscou apparaît comme un adversaire historique, certes affaibli,maistoujourscapabledebouleverserl’équilibremondial.
UneRussieaffaibliemaisdangereuse:l'héritagedupost-soviétisme LalectureaméricaineduKremlin,danscedocument,estàlafoisréaliste, inquiète et parfois surprenamment nuancée Elle reflète une conviction simple : la Russie n’est pas le principal défi systémique du siècle cet honneur revient à la Chine mais elle reste la menace géopolitique la plus explosive, celle qui peut déclencher un conflit majeur en Europe ou perturberdurablementlesintérêtsoccidentaux
Le rapport dresse un diagnostic sans complaisance : la Russie, après trente ans de transitions ratées, a vu son économie s’éroder, sa démographies’effondreretsonappareilproductifsecontracter UnÉtat« affaibli » , mais doté d’un arsenal nucléaire gigantesque, d’un secteur militaire encore performant, et surtout, d’une volonté politique souvent imprévisible.
Washington considère que la faiblesse structurelle de la Russie n’est pas une garantie de stabilité. Au contraire : un pouvoir fragilisé peut être plus agressif, plus tenté par la projection militaire ou l’escalade tactique, notammentdansson«étrangerproche» LerapportrappellequeMoscoucontinuedepercevoirlemondeselonune grilledelecturepost-impériale: obsessionpourleszonestampons, méfianceabsolueenversl’expansiondel’OTAN, volonté de maintenir son statut de grande puissance malgré une économietroppetitepoursoutenirsesambitions
La Russie est donc dépeinte comme une puissance révisionniste, pas par idéologie,maisparinstinctdesurvie.
Le document est sévère envers les Européens Washington estime que l’Unioneuropéennen’ajamaisréussiàdéfinirunestratégiecohérentevisà-vis de Moscou Tantôt naïve, tantôt excessive, l’approche européenne serait le résultat d’une faiblesse interne, d’un manque de confiance et d’unedépendancehistoriqueauparapluieaméricain
ellealaissésadépendanceénergétique devenirunlevierpolitiquepourMoscou. Washington juge donc que l’Europe doit « se ressaisir » , non pour affronter la Russie frontalement, mais pour cesser d’en être lavariabled’ajustement
La vision américaine se veut ici plus exigeante que belliqueuse : les États-Unis demandent une Europe mature, stratégiquement autonome, capable de résisteràlapressionrussesansdépendre systématiquementdeWashington.
Mais un paradoxe demeure : l’Amérique veut une Europe plus forte… dans un cadre transatlantique qu’elle continue de piloter
La Russie et le spectre d’un conflit majeurenEurope
Le rapport identifie la Russie comme l’unique acteur capable de déclencher une guerre de haute intensité sur le continent européen Cette capacité reposesurtroisatouts:
Un arsenal nucléaire massif, le plus importantdumonde.
Washington ne cache pas son inquiétude Le documentreconnaît que l’OTAN doit être prêteàcontenirtout scénariod’escalade, y compris celui d’un conflit hybride prolongé Mais il ne s’agit pas d’annoncer une confrontation inévitable
Au contraire : la stratégie américaine vise surtout à éviter l’escalade, à travers une dissuasion robuste,combinéeà un dialogue minimal mais constant.
Le texte affirme en effet qu’un conflit aveclaRussieserait catastrophique non seulement pour l’Europe, mais pour l’ordre mondial tout entier.
Autrement dit, la Russieestjugéetrop dangereuse pour être ignorée, mais trop faible pour être traitée comme une superpuissance
La Russie, puissance perturbatrice plutôt que puissance dominante
Ce qui ressort du rapport, c’est que la Russie n’est plus considérée comme un acteur global capable de remodeler l’économie mondiale ou de rivaliser technologiquement avec les États-Unis. Ce rôle est désormais attribué àlaChine
Moscouestplutôtvuecommeunepuissanceperturbatrice,capablede: déstabilisersonvoisinage, influencerl’opinionpubliqueoccidentale, menerdesopérationshybrides, manipulerlesfluxénergétiques, soutenirdesrégimeshostilesàl’Occident, recouriraumercenariat(Wagneretautresstructures) Washington considère que la Russie utilise ses forces résiduelles diplomatie, énergie, armée,renseignement pourcompensersesfaiblesseséconomiques
L’objectif du Kremlin n’est pas de dominer le monde, mais d’empêcher les autres de le fairesanslui.
Cette posture, dans l’analyse américaine, fait de la Russie un acteur imprévisible, constammentenquêted’opportunités,prêtàexploiterlescrisesglobalescommedesleviers depuissancerelative
Contrairement à la Chine, que Washington veut concurrencer dans tous les domaines, la Russiedoitêtreprévisible L’Amériquenecherchepasàprovoquerunechutedurégimenià encourager une déstabilisation interne majeure, car un chaos russe serait pire que Poutine lui-même
Le rapport affirme donc que les États-Unis doivent:
maintenirunelignedecommunicationouverte, éviterlesprovocationsinutiles, encourager l’Europe à être ferme mais pas belliqueuse, limiterlamilitarisationexcessivedesfrontières, se préparer à négocier des accords de long terme
Cetteapprochetémoigned’unréalismeassumé:
la Russie ne disparaîtra pas, ne deviendra pas une démocratie libérale, et ne cessera pas d’exister comme puissance militaire Il faut donc composeravecelle
La Russie face à la Chine : un partenaire fragile etopportuniste
Le rapport ne considère pas la Russie isolément. Moscou est analysée dans son rapport à Pékin Washington voit dans l’axe sino-russe une alliance de circonstance, asymétrique, dans laquellelaChineutiliselaRussiecomme:
unfournisseurd’énergie, un partenaire militaire dérangeant pour l'Occident, unespacestratégiqueutilemaisnonessentiel
Les États-Unis estiment que la Chine ne voit pas la Russie comme un allié égal, mais comme un satellitestratégique.
Cettelectureaunobjectif:renforcerl’idéequela Russiepourraitunjourêtre«récupérée»dansun dispositif de stabilité si elle cesse de s’aligner sur Pékin
Un scénario improbable aujourd’hui, mais que Washingtonpréfèregarderouvert.
Le futur de la relation américano-russe : entre confrontationetgestiondurisque
Le rapport dessine un avenir fait de tensions durables,maispasdeguerreimminente
La Russie restera un défi militaire, un casse-tête diplomatique, un acteur toxique dans l’espace informationnel. Mais elle n’est plus perçue commeunesuperpuissancestructurelle
Le Kremlin continuera de défendre ses zones d’influencetraditionnelles
L’OTANcontinueraderenforcersonflancEst Et Washington continuera d’exiger que l’Europe prenneenfinsapartderesponsabilité.
La Russie est donc placée dans une catégorie propre:
LaRussie,défidel’imprévisible
trop forte pour être ignorée, trop faible pour être respectée comme une superpuissance, trop instablepourêtrelaisséeàelle-même.
Au fond, la vision américaine de la Russie est marquée paruneidéedominante: ledangernevientpasdesaforce,maisdesafaiblesse
LaChineestunepuissanceascendante.
LaRussieestunepuissanceréactive.
Et dans ce rapport, Washington indique clairement que la gestion de Moscou reposera sur l’art du compromis, du rapport de force mesuré, et d’une vigilance permanente.
La Russie, dans l’esprit américain, n’est pas un ennemi civilisationnel
Ellen’estpasnonplusunpartenaire
Elle est une variable de risque : une force capable de briser l’ordre européen, mais aussi de participer à un équilibre futur si ses ambitions deviennent moins agressives.
C’est ce réalisme, froid et dépouillé, qui structure toute l’analyse
Elle est un défi à gérer — et surtout, un risque à empêcherdedevenirundésastre.
DANS LA TÊTE DE WASHINGTON : LA CHINE, ADVERSAIRE TOTAL DU XXIᵉ SIÈCLE
La nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine, publiée par l’administration Trump en 2025, livre unelectureimplacabledelaChine.Jamaisundocumentofficielaméricainn’avaitexposéavecautantde clarté une vision aussi structurée — et aussi offensive — envers Pékin. On y comprend que, pour Washington, la Chine n’est pas seulement un concurrent économique, une puissance émergente ou un rivalgéopolitique.ElleestledéfisystémiquemajeurduXXIᵉsiècle:uneforcequi,siellen’estpascontenue, redessineral’ordremondialaudétrimentdesÉtats-Unis.
Le récit fondateur : l’erreur stratégique américaine destrentedernièresannées
Danscerapport,laChinedevientainsiunprisme,un catalyseur et un ennemi stratégique autour duquel se recompose toute la politique américaine : diplomatie, industrie, commerce, alliances militaires, technologies, énergie, financement international. Rienn’échappeàl’ombreportéedePékin.
Le texte commence par un mea culpa collectif. Washington admet avoir commis une erreur historique pendant trois décennies : croire que la Chine, en s’enrichissant et en s’intégrant dans l’économie mondiale, deviendrait naturellement une puissance compatible avec « l’ordre international fondé sur des règles » Non seulement cela ne s’est pas produit, mais la Chine a utilisé cette ouverture pour devenir « riche et puissante » et renforcer un système profondément inégalitaire dans ses relationscommerciales.
Le document insiste : si la Chine a prospéré, c’est parce que les élites américaines républicaines et démocrates confondues ont « facilité volontairement la stratégie chinoise » ou refusé de voirlaréalitétellequ’elleétait
En d’autres termes, la montée en puissance chinoise n’est pas une fatalité : elle est un produit de l’aveuglement américain Cette franchise, presque brutale,sertdebaseàunenouvelledoctrine:neplus jamaissous-estimerPékin
LaChine,architected’unempireindustrielmondial
Le rapport décrit minutieusement comment la Chine adéplacélacompétitionduterraintraditionnel les relationsbilatérales versunchampbeaucoupplus difficile à contrôler : les pays à faible et moyen revenus, futurs moteurs de la croissance mondiale. C’est là que Pékin construit son influence, en exportant massivement, en développant des usines à bas coûts, et en contrôlant des chaînes d’approvisionnementclés
Quelques chiffres issus du rapport suffisent à comprendre l’inquiétudedeWashington:
Les exportations chinoises vers les pays pauvres ont doublé entre2020et2024.
Elles sont aujourd’hui quatre fois supérieures à celles vers les États-Unis
Pékin utilise ces pays comme relais pour contourner les droits dedouaneaméricains,notammentvialeMexique
La Chine ne joue plus le jeu du commerce international : elle fabrique un système parallèle Un réseau mondial qui lui permet d’être indispensable, et donc incontournable Ce modèle, selon Washington, constitue la vraie menace : un pouvoir qui n’a pas besoin de dominer militairement pour domineréconomiquement
L’économiecommechampdebatailleprincipal Pour les États-Unis, l’arène centrale du conflit avec la Chine n’estpasmilitaire:elleestéconomique.L’objectifaméricainest clair : rééquilibrer les relations commerciales, réduire les déficits, arrêter les pratiques jugées prédatrices, et restaurer l’indépendanceindustriellenationale
Selon Washington, ces méthodes faussent la concurrence mondiale et justifientunecontre-offensiveaméricainesystématique
2.Sécuriserlesmatériauxetminérauxcritiques
Les États-Unis reconnaissent leur dépendance dangereuse aux terres rares et composants contrôlés par la Chine. Pékin est désormais un fournisseur incontournable pour l’économie verte, les batteries, les semi-conducteurs, les aimants, et une multitude d’applications militaires
Lerapportenfaitundogme:«L’avenirappartientauxfabricants» Cette phrase n’est pas anodine Elle résume la conviction américaine que la compétition avec la Chine ne sera gagnée que si les États-Unis reconstruisent un appareil productif national, capable de rivaliser en coûtseteninnovation
Les droits de douane ne sont plus une mesure protectionniste : ce sont desarmesstratégiques,autantquelesmissileshypersoniques
L’un des passages les plus importants du document concerne les technologies de pointe. Washington craint une bascule historique : si la Chineconquiertcertainssecteurs intelligenceartificielle,informatique quantique, drones autonomes, espace, micro-électronique elle pourraitreconfigurerl’équilibremilitairemondial
Pourévitercela,lastratégieaméricaineesttriple:
Investir massivement dans la R&D, notamment dans les domaines où lesÉtats-Unisdisposentencored’unavantagecomparatif.
Restreindre l’accès de la Chine aux technologies sensibles, par des contrôles d’exportation renforcés et des alliances technologiques fermées
Créer un écosystème technologique occidental (USA-Europe-Asie démocratique)capabledeconcurrencerl’efficacitédumodèlechinois.
L’innovationdevienticiunoutilgéopolitique.
Pour Washington, la Chine ne cherche pas seulement à rattraper les États-Unis : elle veut définir les standards du monde numérique de demain Etcela,selonlerapport,estinacceptable La diplomatie économique américaine : contrer la Chine dans le “Sud global”
L’un des passages les plus révélateurs du virage stratégique américain vient de cette phrase du rapport : « Les États-Unis et leurs alliés n’ont pas encore élaboré de plan commun pour ce qu’on appelle le Sud global »
Autrement dit : Pékin y avance à grande vitesse, et Washington doit se réveiller.
La Chine prêterait « 1 300 milliards de dollars » à ses partenaires commerciaux Les États-Unis veulent maintenant proposer une alternative crédible : plus transparente, plus fiable, plus libérale mais tout aussi puissante.
Laquestionmilitaire:dissuadersansprovoquer
Contrairementauxclichés,lerapportneparlepasdeguerre avec la Chine comme d’une fatalité Il reconnaît que la véritable manière de prévenir un conflit est de maintenir un équilibremilitairefavorabledanslarégionindo-pacifique
La priorité absolue est Taïwan. Ce n’est pas seulement un symbole démocratique : c’est l’un des centres mondiaux de la production de semi-conducteurs Un basculement de Taïwan sous contrôle chinois bouleverserait l’économie mondiale,au-delàmêmedesconsidérationsmilitaires
LesÉtats-Uniss’engagentdoncà: renforcerleurprésencenavale, convaincre le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et Taïwan d’augmenterdrastiquementleursbudgetsmilitaires, multiplier les accès aux ports et bases dans la première chaîned’îles, maintenirladoctrinedustatuquodansledétroit
La Chine, dans cette vision, n’est pas seulement un rival économique : elle est la variable militaire critique, celle qui pourrait redéfinir la géopolitique de l’océan Pacifique pour unsiècle
Une compétition totale, mais pas une guerre froide
Le document ne parle jamais explicitement de « nouvelle guerre froide » Il préfère un terme plus ambigu, mais plus réaliste : compétition Une compétition globale, multiforme, où chaque domaineestunchampdebataille:
Cettecompétitionn’estpasidéologique oupas seulement. Elle est structurelle, presque mécanique : deux puissances continentales qui, par leur taille et leurs ambitions, ne peuvent coexistersanstension
Mais Washington ne cherche pas l’affrontement militaire direct. Il cherche l’avantage durable : empêcher la Chine de devenir puissance dominante, tout en préservant l’ordre international façonné par les États-Unis depuis 1945
Conclusion : une Chine omniprésente, un défi existentiel
Ce rapport ne laisse aucun doute : pour l’Amérique, la Chine est le rival principal, l’adversaire total, le test historique qui déterminera si les États-Unis resteront la premièrepuissancemondiale
Ce texte marque un changement profond : il ne s’agitplusdegérerlamontéedePékin,maisdela conteniractivement.
Industriecontreindustrie
Idéologiecontreidéologie
Technologiecontretechnologie
Influencecontreinfluence
Océancontreocéan.
La Chine est partout dans le document : dans les usinesduMexique,danslesminesd’Afrique,dans lesportsduPacifique,danslesfibresoptiquesdu Sud global, dans les semi-conducteurs de Taïwan, dans les matériaux critiques, dans l’intelligence artificielle, dans la finance mondialisée.
PourWashington,uneseuleconclusions’impose: le XXIᵉ siècle sera décidé par la manière dont l’Amériquerépondraaudéfichinois
Etcerapportenestlepremieracteofficiel.
Pournerienmanquer,branchez-voussurYouTube,KicketTwitch. L’informationsevitendirect.Etvousyavezvotreplace. w w w . l o d j . m a
LA VISION DES ÉTATS-UNIS POUR L’EUROPE : RESTAURER UNE CIVILISATION EN PÉRIL
La nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine, publiée par l’administration Trump en 2025, offre unelecturesansprécédentdecequeWashingtonattendduVieuxContinent.L’Europen’yestpasperçue comme un simple allié stratégique ou une zone de stabilité. Elle apparaît plutôt comme un chantier civilisationnel,unespacefragiliséquel’Amériqueestimedevoirremettresurlesrailsd’uneidentitéperdue. Le document adopte un ton ferme, parfois paternaliste, toujours imprégné de l’idée que l’Europe s’est égaréeetqu’ellen’estplusenmesuredeporterseulelepoidsdesonhistoire.Ilaffirmesansdétourquele continentestengagésurunepentedangereuse,caractériséeparundéclinéconomique,démographique etculturel.
Undiagnosticsévère:l’Europeenpertedevitesse
Cette vision, qu’on peut juger radicale ou lucide selon les sensibilités, trace désormais les contours d’une relation transatlantique profondément remodelée : les États-Unis se pensent comme le tuteur stratégique d’une Europe fragilisée, qu’il faudrait réorienter, responsabiliser et parfois secouer.
Le document commence par dresser un constat brut : l’Europe continentale aurait perdu l’essentiel de sa vitalité au cours des trente dernières années Elle représentait 25 % du PIB mondial en 1990 ; elle n’enpèseplusque14%aujourd’hui
L’affaissement n’est pas seulement économique : il touche également la démographie, la confiance culturelle, la cohésion sociale et la capacité de projectionstratégique
Le texte attaque frontalement les institutions européennes, accusées de « saper la créativité et l’esprit d’initiative » en imposant un cadre réglementaire tentaculaire et paralysant. Washington semble voir dans la bureaucratie bruxelloise non pas une puissance ordonnatrice comme l’Europe aime se décrire mais une force d’inhibition, un poids mort qui empêcherait les économies européennes d’innover, d’investir, de se défendre
Sur le plan sociopolitique, l’analyse est encore plus dure Le document évoque un « effacement civilisationnel » : une Europe qui aurait perdu le contrôle de son identité, qui se débattrait dans une crisemigratoiremalgérée,oùlalibertéd’expression serait menacée par une censure politique, et où les systèmes démocratiques seraient instrumentalisés par des élites déconnectées À ce titre, le passage soulignant la « répression de l’opposition politique » ou l’« effondrement des taux de natalité » montre que, pour Washington, la crise européenne est plus profondequ’unsimpleproblèmeadministratif
La tonalité est alarmiste : si rien ne change, l’Europe pourrait devenir « méconnaissable » d’ici vingt ans Pour les stratèges américains, une Europe affaiblie n’est pas seulement un problème interne au continent C’est une menace pour la stabilitéglobaleetpourlacapacitédesÉtats-Unisàcomptersur unpartenairehistoriquesolide.
Une Europe à remobiliser : l’Amérique en mentor bienveillant (etintéressé)
Face à ce diagnostic sévère, la vision américaine se structure autour d’un impératif : aider l’Europe à redevenir européenne La formule peut sembler paradoxale, mais elle révèle la ligne idéologique centrale du document Washington ne cherche pas à transformer le continent à son image Au contraire, les ÉtatsUnis veulent ramener l’Europe à une version d’elle-même qu’ils jugentauthentique,forte,souveraine,confiante
Ce qui est frappant, c’est que la stratégie américaine pour l’Europe n’est pas strictement militaire ou économique Elle est civilisationnelle Elleviseàremettrel’Europeenharmonieavecce que les États-Unis considèrent comme l’essence de l’Occident : une combinaison de souveraineté nationale, d’identité culturelle assuméeetdedynamismetechnologique.
La vision américaine repose sur l’idée que l’Europe doit abandonnerson«obsessionpourlaréglementationétouffante» et retrouver un esprit de liberté économique et culturelle Washington prône une Europe qui célèbre son héritage, qui protège ses frontières, qui assume sa civilisation et qui cesse de sedéprécier
Dans cette perspective, les États-Unis se présentent comme un partenaire qui encourage parfois fermement le continent à sortir de sa torpeur Ils se défendent de toute ingérence, mais adoptent une posture de gardien stratégique : la vitalité de l’Europe n’est pas seulement son affaire, elle concerne l’équilibreglobal.
2. Restaurer la puissance militaire européenne
Le reproche le plus répété concerne la défense : les Européens dépendent trop des États-Unis. Washington rappelle qu’elle ne peut plus « porter l’ordre mondialcommeAtlas»etexigeuneffort massif des pays de l’OTAN L’objectif est désormais clair : 5 % du PIB consacrés à la défense, un chiffre astronomique pour laplupartdescapitaleseuropéennes Il ne s’agit pas seulement de soulager Washington, mais de prévenir l’émergence d’un vide stratégique dont la Russie ou d’autres puissances pourraientprofiter
3. Réaffirmer la souveraineté nationale faceauxorganisationstransnationales Letexteinsistesurunpointfondamental: pour les États-Unis, la souveraineté appartient aux nations, pas aux institutions supranationales Washington s’oppose donc fermement à ce qu’il perçoit comme des ingérences de Bruxelles dans la liberté politique des États membres. Cette posture s’inscrit dans une rupture nette avec la philosophieeuropéennedel’intégration Ce que prône l’Amérique, c’est une Europe des nations Une Europe où Paris, Berlin, Rome, Varsovie et Madrid reprennent le pouvoir politique, où les structures transnationales cessent d’imposer des normes qui effaceraient lesidentitésnationales
L’Europe comme maillon indispensable del’équilibremondial PourWashington,l’Europen’estpasqu’un partenaire : elle est un pilier de l’architecture stratégique américaine Le document souligne que sans une Europe forte, libre et confiante, l’Occident dans son ensemble serait affaibli Cela dépasse la simple relation transatlantique. L’Europe est, dans la pensée américaine, un bastion civilisationnel,unebarrièreculturelleface aux régimes autoritaires, mais aussi une zone tampon entre l’Amérique et les turbulences géopolitiques asiatiques et africaines.
Letextecritiqueimplicitementlamanièredontl’Europegèresarelationavec Moscou.Ilestimequelecontinentsouffred’unmanquedeconfianceenluimême, ce qui déforme ses rapports avec la Russie. Paradoxalement, le document n’adopte pas une posture belliciste Il suggère que l’Europe doit trouver un équilibre réaliste, ni naïf ni hystérique, dans son approche de Moscou
Washington semble vouloir une Europe capable de discuter avec la Russie sans céder, mais aussi sans s’abriter systématiquement derrière le parapluieaméricain.
2.Lerisqued’effacementidentitaire
L’Amériques’inquièted’uneEuropeenproieàdespolitiquesmigratoiresmal calibrées,quimenaceraientsacohésion Cetteinquiétudeestformuléesans détour:latransformationdémographiqueducontinentestvuecommeune menace stratégique Ce positionnement assumé, très idéologique, fait partie du récit global du document : une civilisation qui ne protège pas ses frontièresdécline.
3.L’innovationetlasouverainetétechnologique
Enfin, l’Europe est invitée à se réarmer technologiquement Washington insiste sur la nécessité d’éviter que le continent ne devienne dépendant de technologies chinoises ou d’autres puissances extérieures Les États-Unis proposent subtilement une solution : renforcer l’alliance technologique transatlantique.Enclair:acheteraméricain.
Unpartenariatrééquilibré…maisasymétrique
Ce qui se dessine à travers cette vision, c’est un nouveau contrat transatlantique Les États-Unis ne veulent plus être l’unique garant de la sécurité européenne, l’unique moteur de l’innovation occidentale, l’unique colonnevertébraledel’OTAN.WashingtondemandedoncauxEuropéensde deveniradultes,stratégiquementetpolitiquement.
Maiscerééquilibrageresteasymétrique L’Amériquefixelesobjectifs,définit les priorités, et se réserve le rôle d’arbitre ultime de la famille occidentale L’Europe est invitée à redevenir forte, mais selon un cadre conceptuel largementfaçonnéàWashington
En un sens, les États-Unis veulent une Europe plus puissante, mais pas trop autonome. Une Europe plus nationale, mais toujours alignée. Une Europe plussouveraine,maisdansunsystèmedontl’Amériquerestel’architecte.
Lagrandequestion:l’Europeacceptera-t-ellecerôle?
Ce texte américain soulève une interrogation profonde : l’Europe veut-elle être sauvée selon le modèle américain ? Ou bien aspire-t-elle à tracer sa proprevoie,quitteàdivergeravecWashington?
Au fond, la vision américaine part d’une intention déclarée : protéger la civilisation occidentale. Mais elle repose sur un postulat implicite : l’Europe n’estpluscapabledeseprotégerseule
C’est peut-être cela, plus que le reste, qui devrait interpeller les dirigeants européens : cette stratégie n’est pas seulement une feuille de route américaine,c’estunmiroir Unmiroirtenduàuncontinentquidoutedeluimême.
La réponse si l’Europe choisit d’en formuler une pourrait bien redéfinir l’avenirdumondeoccidentaltoutentier.
L’AMÉRIQUE DE 2025 : QUAND LA SÉCURITÉ NATIONALE DEVIENT UN RÉCIT IMPÉRIAL
La nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine, publiée sous la plume de l’administration Trump et traduite dans le document que nous avons sous les yeux, mérite d’être lue non comme un simple texte diplomatique, mais comme un véritable manifestepolitique.Onytrouveunevisiondumondelargement unifiée autour d’une idée matricielle : l’Amérique ne doit pas seulement être protégée, elle doit être restaurée dans sa centralité, replacée au cœur des équilibres planétaires, quitte à redéfinirbrutalementceséquilibres.Leton,dèsl’introduction,est sans ambiguïté. Trump raconte avoir « sauvé la nation et le monde entier » de l’abîme en huit mois, comme si l’histoire contemporaine n’était qu’un décor un peu flou autour de sa propreaction
LeretourfrontaldeladoctrineMonroe Ceregistrehyperbolique,presquemessianique,n’estpasunsimple effet rhétorique Il structure toute la logique du texte : le monde est dangereux, fragilisé, mal géré ; l’Amérique seule peut en rétablir l’axe, à condition de se recentrer sur un principe cardinal, répété commeunmantra:AmericaFirst
Le document renverse ainsi, point par point, trois décennies de doctrinelibérale-internationalehéritéedel’après-guerrefroide Fini le multilatéralisme élargi, les institutions internationales vues comme des partenaires, l’idée que la globalisation est un vecteur de stabilité. Place à un réalisme musclé où chacun doit « payer sa part»,oùl’alliancen’estjamaisinconditionnelle,etoùlesÉtats-Unis n’ontplusvocationàêtreunepuissance«bienveillante»,maisune puissance transactionnelle. Rien n’est gratuit. Rien n’est universel. Tout est marchandise, rapport de force ou investissement stratégique
Unmonderedessinéautourdelasouverainetéaméricaine
Le texte identifie d’abord ce que les États-Unis doivent vouloir : une souveraineté absolue, un contrôle total des frontières, une économie réindustrialisée, une énergie abondante et nationalisée, unearmée«lapluslétaleaumonde»etunerestaurationculturelle fondéesurles«hérosdelanation»
C’est une vision quasi jacobine du patriotisme : l’État fédéral n’est plus seulement garant de la sécurité, il devient le gardien moral d’uneidentitécollectiveenpéril.
Les auteurs accusent sans détour les élites américaines des trente dernières années d’avoir sapé la classe moyenne en misant sur le libre-échange, d’avoir laissé filer la production industrielle vers la Chine, et d’avoir accepté que les alliés européens « vivent sous perfusion stratégique américaine » L’Europe est d’ailleurs l’un des grandspersonnagesdutexte:pasunemenace,maisuncontinent « fatigué » , affaibli, englué dans la bureaucratie et l’idéologie, incapable de protéger sa civilisation et son identité culturelle Le documentprévientquesilatendancesepoursuit,l’Europepourrait devenir«méconnaissable»envingtans
La diplomatie américaine se fixe donc une mission quasi pédagogique : aider l’Europe à redevenir européenne, c’est-à-dire plus souveraine, moins normative, plus militarisée, plus alignée sur le pragmatisme américain. C’est un paradoxe délicieux : pour défendre la souveraineté européenne Washington veut intervenir davantage dans la définition de cettesouveraineté
LeretourfrontaldeladoctrineMonroe Lepassagesurl’hémisphèreoccidentalestl’un des plus éclairants Le texte assume purement et simplement un « corollaire Trump » à la doctrine Monroe : l’Amérique latine est une zone d’influence naturelle des États-Unis, et toute ingérence « extra-hémisphérique » –comprendre chinoise ou russe – doit être contrée, fût-ce par des mesures coercitives, voiremilitaires
Le vocabulaire employé renvoie aux années 1950 : « recruter » , « s’étendre » , « réajuster la présence militaire » , « sécuriser la frontière » , « vaincre les cartels » , « utiliser la force létale si nécessaire » On y sent l’inquiétude d’une Amérique paniquée par la porosité de sa frontière sud, hantée par la mobilité des flux migratoires, déterminée à transformer le Mexique et l’Amérique centrale en zones tampons stabilisées, mais sur un modèle qui sertd’abordlesintérêtsdeWashington.
L’hémisphère occidental, dans la vision trumpienne, doit redevenir un espace d’ordre hiérarchique, énergétiquement connecté aux ÉtatsUnis, technologiquement dépendant des entreprises américaines, et politiquementalignésur lesprioritésstratégiques de Washington L’idée n’est pas neuve Ce qui l’est, en revanche, c’est l’affirmation décomplexée de cette hiérarchie.
Au contraire : la stratégie américaine vise surtout à éviter l’escalade,àtraversune dissuasion robuste, combinéeàundialogue minimalmaisconstant
Le texte affirme en effet qu’un conflit avec la Russie serait catastrophique non seulementpourl’Europe, mais pour l’ordre mondialtoutentier
Autrement dit, la Russie est jugée trop dangereuse pour être ignorée,maistropfaible pour être traitée comme une superpuissance
La Russie, puissance perturbatrice plutôt que puissance dominante
Ce qui ressort du rapport, c’est que la Russie n’est plus considérée comme un acteur global capable de remodeler l’économie mondiale ou de rivaliser technologiquement avec les États-Unis Ce rôle est désormais attribuéàlaChine.
La section consacrée à l’Asie est un traité de géoéconomie pure La Chine y est décrite commel’architectepatientd’unestratégied’encerclementindustrielfondéesurl’expansion dans les pays à bas revenus, la construction de chaînes d’approvisionnement parallèles, et l’usagedesesexcédentscommerciauxpourfinancersoninfluencemondiale
Les États-Unis, eux, veulent reprendre la main en rééquilibrant le commerce, en réindustrialisant leur territoire, en sécurisant les minéraux critiques, en renforçant les alliances(Quad,Inde,Japon,Australie)etenimposantune«disciplineéconomique»àleurs partenaires Letexteadmetqu’unconflitmilitairedansl’Indo-Pacifique–notammentautour de Taïwan – serait catastrophique, et que la meilleure stratégie reste la dissuasion par la supérioritétechnologiqueetindustrielle.
Cequifrappeàlalecture,c’estlacohérenceinternedutexte.Àaucunmomentledocument ne se cache derrière une rhétorique idéaliste. Il assume un monde de rapports de force, un monde où les États-Unis doivent redevenir non pas un arbitre, mais un dominant Les institutions internationales sont dépeintes comme des obstacles ; le multilatéralisme commeunepertedesouveraineté;lesengagementsmilitairescommedesinvestissements calculés;lesalliancescommedescontratsconditionnels
Même la paix, pourtant célébrée comme une réussite majeure du président, est conçue comme un outil de repositionnement stratégique : négocier des paix rapides dans des conflits régionaux sert à réaligner les acteurs et à renforcer l’influence américaine, avec un coûtpolitiqueminimal
C’est un réalisme assumé, parfois brutal, souvent efficace, mais qui soulève une question essentielle:quelleplacereste-t-ilpourlesautres?
Danscemonde-systèmeredessinéparWashington,l’Europedoitseressaisir,l’Asiedoitêtre contenue, l’Amérique latine doit être disciplinée, l’Afrique doit servir l’accès aux ressources critiques, et le Moyen-Orient doit rester sous contrôle énergétique. Tout cela n’est pas formulé comme une domination, mais comme un retour à l’ordre naturel des choses, où l’Amériqueoccupeuneplacecentrale
C’estprécisémentcenaturalismestratégiquequiinterroge:letextedécritunmondefluide, dangereux, fragmenté mais où une seule puissance a vocation à stabiliser l’ensemble Les États-Unis se perçoivent comme la colonne vertébrale de la civilisation occidentale, ce qui leurdonneunrôlequasicivilisationnel.C’esticiquelastratégiesetransformeenrécit.
Unedoctrinepourunmondeinquiétant
La force du document est de mettre des mots sur les fragilités du système international : la désindustrialisation occidentale, la dépendance énergétique, les flux migratoires, le vieillissement européen, l’avancée technologique chinoise, l’effritement des alliances Le texte ne caricature pas ces tendances : il les éclaire Mais la faiblesse du document est d’attribueràl’Amériqueseulelacapacité,etpeut-êtreledevoir,decorrigercesdérives.
Le résultat est une stratégie qui se veut lucide, mais qui repose en réalité sur un postulat immense:l’Amériquenepeutpaséchouer Sielleéchoue,c’estlemondequis’effondre Ce type de récit produit une politique étrangère expansive, parfois agressive, qui risque de multiplierlestensionsaulieudelesrésoudre
RÉFORME
DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE :
UNE AVANCÉE POUR LES DROITS DE LA DÉFENSE
Le 9 décembre 2025 marque un tournant historique pour le système judiciaire marocain avec l'entrée en vigueur de la réforme du Code de procédure pénale. Ce texte, tant attendu, a pour ambition de renforcer les garanties offertes à la défense, de limiter la détention provisoire et de moderniser le système judiciaire face aux défis contemporains. Mais au-delà des promesses affichées, cette réforme soulève également des questions importantes sur la mise en œuvre effective de ses nouvelles règlesetsurl’équilibreentresécuritépublique etdroitsindividuels.
Laréforme:Untournantpourlajusticepénale auMarocetuneavancéepourlesdroitsdela défense L'undespointslesplussaluésdecetteréforme est sans doute le renforcement des droits des personnesmisesencause,particulièrementen ce qui concerne l'accès à un avocat dès la garde à vue. Fini le temps où les suspects étaient laissés sans assistance juridique pendant les premières heures d’interrogatoire Désormais, toute personne en garde à vue peut, en théorie, consulter un avocat dès le début de son incarcération Une avancée majeure qui devrait garantir une meilleure protection contre les abus, notamment les pressions psychologiques susceptibles de survenirdurantlesinterrogatoires
En outre, la réforme met en place un contrôle plus strict de la détention provisoire, cette mesure souvent utilisée à outrance dans le passé Le texte limite son recours aux cas strictement nécessaires, en insistant sur l’importancedeprivilégierdesalternativesàla détention Le contrôle judiciaire, la liberté sous conditions,etl’assignationàrésidencefigurent désormais parmi les options qui peuvent être envisagées pour les accusés, une bonne nouvelle pour les familles des suspects qui se retrouvent souvent dans une situation de vulnérabilité.
parAdnaneBenchakroun
préalable
certains experts, risque de créer une barrière à la transparenceetàlabonnegouvernance.
Les associations, particulièrement celles œuvrant pour la défense des droits humains et la transparence gouvernementale, jouent un rôle crucial dans la dénonciation des malversations. Limiterleurcapacitéàseconstituerpartiecivile,au nom de la nécessité de « protéger les institutions publiques » , peut apparaître comme une tentative demuselerlesvoixcritiques,enparticulierdansles affairesdegrandeenvergureoùl'Étatestimpliqué.
La question de l’indépendance des institutions judiciairesetlacapacitédesprocureursàagirsans ingérencepolitiqueresteégalementensuspens Si la réforme vise à renforcer le pouvoir du parquet, certains experts estiment qu’elle pourrait ouvrir la voie à de nouvelles formes d’arbitraire et à une politisationaccruedelajustice
La récente réforme, en donnant davantage de pouvoir au procureur général, pourrait renforcer la structure centralisée du pouvoir judiciaire au détriment de l'indépendance des juges Cela pose la question de l’équilibre entre l’efficacité des poursuites et la préservation des libertés fondamentales
Laréformeetsesdéfis:untexteàappliquer Silaréformesembleprometteusesurlepapier,sa mise en œuvre sera l’un des défis les plus importants Pour que les nouvelles garanties de la défense soient effectives, il est essentiel que les acteurs du système judiciaire juges, procureurs, avocats,etpoliciers soientcorrectementformés et aient accès à des moyens suffisants pour appliquer les règles prévues par la loi. Les retards dans l'application de certaines réformes peuvent avoir des conséquences graves, notamment pour ceux qui attendent un jugement dans un délai raisonnable.
Il est également impératif que le contrôle de la détention provisoire soit véritablement indépendant et rigoureux Il faudra un suivi judiciaireconstantpourévitertoutedérive,carsans uncontrôlesuffisant,cettemesurepeutdevenirun outil de pression et d’abus Les alternatives à la détention, comme le contrôle judiciaire, devront être appliquées de manière équitable, sans discrimination, et avec une réelle volonté politique deréduirelasurpopulationcarcérale
ALGÉRIE 2797…
HUIT SECOUSSES ET UN TREMBLEMENT DE NERFS !!
Alors que la résolution 2797 impose un nouveau logiciel diplomatique au monde, Alger continue de tourner sous Windows 1980... Entre Europe qui applique la loi, Afrique qui dit non, Golfe qui dit oui à Rabat, Espagne qui verrouille, Kabyliequis’impatiente,dinar qui s’effondre et alliés qui tombent comme des mouches… le régime militaire découvre que l’isolement, ça n’est pas seulement géographique… c’est aussi politique, diplomatique et parfoismêmepsychologique…
Par MohammedYassir Mouline
un poste ? Chef de l’État par exemple ? » Mehenni refuse, l’Algérie étouffe, et le monde sourit La géopolitiqueaparfoislesensdel’ironie!!
6.Ledinar,lui,voteavecsespieds
3décembre:1dollar=300dinars…Legenredechiffre quiferaitpleurermêmeunecalculatrice…Tebboune,lui, préfère accuser… les voitures importées et le coût du Hajj… Mais le vrai problème est ailleurs, le délai américain approche, et Washington attend toujours qu’Algerarrêtedejoueraupompierpyromanedansla région…
7.Lesalliésd’Algerprennentl’eau…àtourderôle
En une seule semaine Maduro reçoit un “dégage diplomatique”signéUSA Ramaphosaestdésinvitédu prochain G20, façon “désolé, on a dépassé la capacité” Pour Alger, c’est comme voir tomber les chaisesautourdesoidansunjeudechaisesmusicales qui se termine mal Washington parle désormais le langage du rapport de force et Alger n’aime pas quandlesprojecteurssetournentverselle!!
ET SI LE MAROC S’INSPIRAIT DU MODÈLE
DANOIS POUR PROTÉGER L’IDENTITÉ
NUMÉRIQUE DE SES CITOYENS ?
Discussion approfondie avec M. Mourad Asli DAF et DH du groupe Arrissala
Dansletumultesilencieuxdunumérique, une question s’impose désormais à toutes les nations : comment protéger l’être humain quand la technologie devientcapabledelerépliquer?
Par Adnane Benchakroun
Letextevisedirectementlesdérivesliéesauxdeepfakesetàlagénérationautomatiséedeclonesnumériqu devenus extrêmement réalistes En érigeant les attributs humains en biens juridiquement protégés, Danemark ouvre un précédent majeur : l’identité n’est plus un simple flux de données capturables, mais patrimoinepersonnelinviolable Uneavancéequipourraitinspirerunnouveaustandardmondialenmatiè dedroitsnumériques
RÉFORME ÉLECTORALE : LE PARLEMENT
AVANCE, MAIS LE FLOU PERSISTE SUR LE SPONSORING POLITIQUE ET LES FAKE NEWS
Laréformedelaloiorganique27.11,quiencadre l’élection des membres de la Chambre des représentants, poursuit son chemin au Parlement.Portéecommeunjalonessentielde la préparation des législatives 2026, elle introduit plusieurs nouveautés importantes. Maisdeuxd’entreellescristallisentlesdébats: l’interdiction des publications sponsorisées sur les plateformes étrangères et la création d’un nouveau mécanisme pénal contre les fausses informationsélectorales.
Derrière l’intention affichée de moraliser la vie démocratique,c’estunezonegrisejuridiquequi continue d’inquiéter les acteurs politiques, les juristesetlesobservateursdunumérique.
Un premier verrou : l’interdiction des publications sponsorisées sur les plateformes étrangères
Adoptée en commission, la mesure prévoit qu’aucun candidat, parti politique ou tiers ne pourra diffuser de contenu sponsorisé via des plateformesopérantdepuisl’étranger,autrement dit les géants du web : Facebook, Instagram, YouTube,TikTok,X/TwitterouencoreSnapchat
L’objectifestclair:fermerlaporteaufinancement extérieur, limiter les tentatives d’ingérence, et empêcher des mécanismes de micro-ciblage invisiblespourl’administrationélectorale
Pourtant, un problème majeur subsiste : le texte neditpasquandcetteinterdictions’applique.
Doit-on comprendre que le sponsoring politique est prohibé uniquement durant la campagne officielle ? Ou bien la règle s’applique-t-elle en permanence, y compris plusieurs mois avant le scrutin, au moment où les stratégies d’influence numériques’installentréellement?
Le législateur n’a pas tranché Cette absence de calendrier ouvre la voie à deux interprétations radicalementopposées:
une lecture restrictive, où seules les périodes électoralessontconcernées;
une lecture large, où tout financement étranger d’audience numérique devient illégal, même en dehorsdescampagnes.
parLarédaction
Uncontextedetransformationnumériqueprofonde
Pour comprendre ces débats, il faut revenir à la manière dont les partis politiques marocains ont investi les réseaux sociaux au cours des dernières années
Depuis 2021, les campagnes électorales ont basculé dansunelogiqueoùlavisibiliténumérique,l’agressivité du ciblage et la maîtrise des algorithmes comptent parfoisautantqueleterraintraditionnel
Les formations les mieux structurées ont bâti de véritablesmachinesdecommunicationdigitale: équipesinternesdecommunitymanagers, achatdepublicitéciblée, relaisd’influenceurs, campagnessponsoringmassives, contenus adaptés à TikTok, Instagram Reels et YouTubeShorts
Cetteprofessionnalisationrapideacrééuneasymétrie de moyens, où certains partis dominent l’espace numériqueparlaforcedubudget,tandisqued’autres peinentàexister
C’estdanscecontextequel’interdictiondusponsoring politiquesurlesplateformesétrangèresprendtoutson sens. Mais pour être efficace, elle doit être accompagnée d’un cadre d’application clair, transparentettechniquementréalisable.
Une réforme ambitieuse, mais une mise en œuvre encoreincertaine
Le législateur avance, mais sur ces deux points précis sponsoring politique et fake news la rédaction actuellelaisseplusdequestionsquedecertitudes Leflousurl’entréeenvigueuretl’absencedebalisage temporel risquent de compliquer la tâche des candidatsautantquecelledesautoritésdecontrôle
DansunMarocoùlesréseauxsociauxsontdevenusla première arène politique des jeunes électeurs, cette réforme aurait pu être l’occasion de poser les bases d’unerégulationnumériquemoderne:définitionclaire de la publicité politique, encadrement du microciblage, traçabilité des contenus sponsorisés, transparence des financements, responsabilité des plateformes
Pour l’instant, les intentions sont là, mais l’architecture juridiqueresteincomplète
POURQUOI L'ISTIQLAL DOIT QUITTER LA MAJORITÉ,
MAINTENANT !
« Un politicien pense à la prochaine élection;l'hommed'Etat,àlaprochaine génération.», professait le penseur américainJamesFreemanClarkevoici deuxsièclesdéjà.C’esttoujourslecas, aujourd’hui, et c’est particulièrement applicableàl’Istiqlaletspécialementà sonactuelsecrétairegénéral.
Et Nizar Baraka peut même faire les deux, et être aussi les deux, homme politique et homme d’Etat. Il faut juste qu’il…s’indigne!
Par AzizBoucetta
sur les viandes et quand on le sermonnera de n’avoir pas soutenu une commissi d’
médicaments ou de n’avoir pas donné suite aux soupçons de conflits d’intérêts me (comme l’usine de dessalement de Casablanca) qui relèvent, pourtant, du min et l’Equipement?
Pour améliorer la pratique politique, comme le dit Nizar Baraka, il eût fallu lors de ce conseil natio soumettrelaquestiondumaintienaugouvernementauxmembresprésents,àvotesecret Ilauraitétéjudicieuxdenégocieravecquidedroitpoursortirdecegouvernementetluioffrir(pourres «responsable»)lesoutiencritiquedel’Istiqlal Ilauraitétéprestigieuxdedonnersuiteauxrevendicatio desjeunesGenZencritiquantouvertementlegouvernement,avecmenacedesortieàlaclé
Audébutdesannées90,MhamedBoucettaavaitposédesconditionsàsonentréeàlaprimature,ce luiavaitvaluladiteprimaturemaisl’avaitprojetédansl’histoiredupays,eten2013,HamidChabatavait quitter l'attelage gouvernemental PJD en procédant d’une manière que M Baraka pourrait duplique sonavantage,àceluidesonparti,etmêmeàceluidupaystoutentier
RÉPONSE À AZIZ BOUCETTA : QUAND LA CRITIQUE DEVIENT RACCOURCI
Cherami,chercamarade,
J’ai lu avec beaucoup d'intérêt comme d’habitude ton article “Pourquoi l'Istiqlal doit quitter la majorité, maintenant!”
Il y a parfois des analyses qui se parent d’un ton prophétique, presque messianique, et qui finissent par tourner en boucle sur leurs propres certitudes. A mon humble avis, ton analyse appartient à cette catégorie : brillantdanslaforme,séduisantdanslarhétorique,mais terriblementfragiledanslefond Unedémonstrationqui se veut implacable mais qui repose sur un postulat discutable:l’idéequel’Istiqlalauraitledevoirmoral et presque l’obligation historique de quitter la majorité maintenant,commesicegesteconstituaitl’uniquevoie desalutnational
Par AdnaneBenchakroun
Lespartisontaussidespriorités,desstratégies,desséquences.Unvote,oui,m om lescirconstancespolitiquesl'exigentetsurtoutquandlaquestionn’estpasinst us éditoriale.
Enfin,lacomparaisonpermanenteavecSsiBoucettapèreouChabatnetient esn comparables.Lescoalitionsnonplus.Lanaturedel’Étatmarocain,en2025,encoremoins.Seré l’histoire pour prescrire des gestes mécaniques aujourd’hui revient à manier la nostalgie comm analytique.Cen’enestpasun.
L’Istiqlalpeutquitterlamajorité C’estpossible Ill'adéjàfaitdanslepasséetiladéjàrefuséde dans certaines majorités Mais le faire aujourd’hui, sur la base d’un récit anxiogène ou d’ médiatique,seraitunedécisionémotionnelle,passtratégique Etunpartidegouvernementn’a dansleregistredel’émotion
Enréalité,tonanalysecheramietcamaradeditsurtoutceci:l’Istiqlaldoitfaireungestespectacu être Maislapolitiquen’estpasuncirqueoùl’onjouepourlesapplaudissements C’estunchan travaille,parfoisdanslapoussière,sansprojecteurs
commissionaitcontinuéd’agir«demanièreindigne » , à en croire les allégations relayés dans la vidéo publiée par Hamid El Mehdaoui, bien que son mandatsoitarrivéàexpirationetce,auméprisde laloietdeladignitédel’ensembledelaprofession
AU NOM DE L'ÉTHIQUE ET DE LA DÉONTOLOGIE DES APPELS À LA DISSOLUTION DU CNP !
Les journalistes qualifient les faits révélés dans la vidéo en question d'extrêmement graves Selon la même source, celle-ci montre d’abord que la “décision” de la commission a été reçue par téléphone depuis l’extérieur de la salle de délibération, en violation manifeste des règles institutionnellesetdurèglementintérieurquiimpose l’indépendancedesdélibérations
Le CNP et le degré zéro de l'éthique et la déontologie.
Une telle pratique prive la décision disciplinaire de toute validité juridique La vidéo, jugent les pétitionnaires, met également en évidence et insinue la probabilité d’une tentative d’influencer la justice,
Par HafidFassifihri
IlsappellentégalementàladissolutiondéfinitiveduConseilnationaldelapresse,estimantquel’institutionaperdusa légitimité et les fondements de son indépendance Le texte exprime par ailleurs une solidarité totale envers les journalistesayantsubiles"foudres"decettecommission,notammentHamidElMahdaoui,LoubnaElFallahettoutes lespersonnesayantfaitl’objetdepratiquesperçuescommevindicativessouscouvertdediscipline Lessignatairesaffirmentquelapublicationdel’enregistrementparHamidElMahdaouirelèvepleinementdesontravail journalistiqueetdesondevoirprofessionnelderévéleruneinformationd’intérêtpublic,etqu’ellenesauraitconstituer unmotifdepoursuiteouderestriction
Ilsestimentquetouteactionjudiciairecontreluiseraitassimilableàunepoursuiteduharcèlementetaurenforcement d’une politique de pression visant les voix indépendantes Ils rappellent également que le comité provisoire a perdu toutebaselégaledepuisdébutoctobreetqu’ilnedisposeplusd’aucuneprérogativepourengagerdesprocédures disciplinairesoutransmettredesdossiersàlajustice,rendanttoutedémarchedecetypejuridiquementinfondée LecommuniquéappelleenoutreàunerefonteprofondedufonctionnementdelaCommissiondedéontologieetdes affairesdisciplinaires,afindegarantirtransparence,indépendance,probitéetrespectdesdroits Ildemandeaussila protectiondeladignitédesjournalistesetlafindetouteslesformesd’intimidationexercéesaunomdela“discipline” oudel’autorégulation.
Les signataires réclament par ailleurs une révision globale du projet de loi relatif au Conseil national de la presse, actuellement examiné à la Chambre des conseillers, afin qu’il soit conforme à la Constitution et aux principes démocratiquesdereprésentation.
Enfin, ils exigent une refonte du système de soutien public au secteur de la presse, en revoyant ses règles et sa philosophiepourrenforcerlalibertéd’expression,consoliderlepluralismeetservirl’intérêtgénéralgrâceàunepresse indépendanteetprofessionnelle.
Ce n’est pas tant la consultation médicale qui serait l’enjeu,maislesservicesannexes:laduréedesvisites, l’utilisation des chambres, la présence de l’infrastructure Une telle réforme pourrait permettre aux cliniques d’engranger des revenus supplémentaires,etàl’État,s’ilvenaitàsoutenircette initiative, de détourner la pression qui pèse sur le financementpublicdelasanté
BIENTÔT, LES CLINIQUES MAROCAINES FERONT PAYER LES VISITES AUX MALADES
Cependant, une telle évolution soulève plusieurs questions. Loin d’être une simple mesure administrative,elletoucheraitdirectementàlaqualité dessoinsetauxrelationshumainesquiconstituent,en grandepartie,labasedelaguérison.Onimaginedéjà les scènes dans les couloirs des établissements de santé : des familles contraintes de choisir entre être présentespoursoutenirleursprochesouseplieràdes exigences financières souvent inaccessibles En outre, que dire de ceux qui n’ont pas de moyens pour se rendrerégulièrementàl’hôpital?Seront-ilscontraints derenonceràvoirunparentmaladesousprétextede tarifexcessif?
ParAdnaneBenchakroun
Lahcen Haddad
Rachid boufous
www.lodj.ma-www.lodj.info-pressplus.ma
Mustapha SEHIMI
Souad Mekkaoui
Abdeslam Seddiki
Bargach Larbi Aziza Benkirane
Adnan Debbarh
Aziz Boucetta
Naïm Kamal
Aziz Daouda
Az-Eddine Bennani
Saïd Temsamani
Brahim Ould Errachid
VOITURE HYBRIDES & ÉLECTRIQUE:
AUJOURD'HUI, VOUS PAYEZ AUSSI LES BREVETS !
ParMohamedAitBellahcen
Lecoûtinvisibledelapropriétéintellectuelle:
Pour le consommateur, cela veut dire : oui, vous bénéficiez de systèmes sophistiqués, fiables, éprouvés Mais attention : cette fiabilité et cette maturité sont payantes Une voiture électrique «prête à l’usage», niveau2+d’assistance,rechargerapide,batteriesolide, c’estlerésultatdeplusieursannéesdetests,debrevets déposés, de licences négociées. Sans cet écosystème, onauraitencoredesmodèlesplussimples,pluslimités.
Prenons l’exemple des batteries : la chimie, la gestion thermique, la durabilité sont des champs protégés par denombreuxbrevets.
Cela explique pourquoi un modèle électrique de catégorie moyenne coûte encore souvent plus cher qu’un équivalent thermique : non simplement à cause du coût de la batterie, mais aussi du coût «intangible» desbrevetsetlicencesassociés
Au terme, l’acheteur d’aujourd’hui occupe une position double : il est à la fois bénéficiaire d’innovations majeures réductiondesémissions,meilleureperformance,conduiteplussécurisée etcontributeursilencieuxdelapropriété intellectuelledusecteur.Onnepeutplusregarderunevoiturehybrideouélectriquecommeunsimplevéhicule:c’est unconcentrédetechnologies,maisaussiunconcentrédebrevets,delicences,d’investissements
Un leader politique marocain : Un spin doctor pourquoifaire?
AVAIENT BESOIN AUSSI DE SPIN DOCTOR ?
Un spin doctor est un professionnel de la communication stratégique, qui travaille à façonner l'imagepubliqued'unleaderoud'ungouvernement Il ou elle intervient en particulier pour orchestrer les messages et anticiper les répercussions médiatiques, souvent en utilisant des techniques subtiles pour influencer l'opinion publique Dans un environnementpolitiqueoùl’image,laperceptionet la communication sont primordiales, le rôle de ces spécialistesdevientcrucial.Leurbutestd'améliorerla perception d’un leader ou d’un parti, surtout en période de crise ou face à une opinion publique volage.
EnjeuxdesspindoctorsauMaroc:LeMaroc,comme de nombreux autres pays, traverse une ère où la gestion de l'image et des perceptions prend une place de plus en plus centrale Plusieurs raisons expliquentpourquoilesleaderspolitiquesmarocains pourraientavoirrecoursàdesspindoctors: Par Adnane Benchakroun
Cependant, un spin doctor n’est pas une panacée Si sa mission est de soignerl'image,ilnepeutpasrésoudrelesproblèmesdefond Lapolitique ne se réduit pas à des manipulations d’images : les leaders politiques doiventaussiprouverleurcompétence,leurtransparenceetleurcapacité à répondre aux besoins de la population De plus, dans un pays où la sociétécivileetlesmédiassefontdeplusenpluscritiques,unegestiontrop artificielledel'imagepourraitnuireàlacrédibilitédesdirigeants
En somme, bien que le recours à des spin doctors semble pertinent pour améliorerlacommunicationetl’imagedesleaderspolitiquesmarocains,il doits’accompagnerd’unevéritablepriseenchargedesenjeuxsociauxet politiquesdupays.Sanscela,lamanipulationdel’imagerisquededevenir contre-productive, entraînant un rejet ou une méfiance accrue des citoyensenverslaclassepolitique
Plusieurspoliticiensmarocainspourraientnepasêtreenthousiastesàl’idée d’intégrer des spin doctors dans leur équipe de communication Voici quelques arguments qui pourraient justifier cette résistance à l’idée de recouriràcesexpertsdel’image
1. Culture politique traditionnelle et méfiance envers l’opinion publique manipulée
La politique marocaine, comme dans de nombreux autres pays, a des racines profondes dans une approche traditionnelle et autoritaire de la gestion du pouvoir L’idée de confier une part importante de la communicationpolitiqueàdesexpertsexternespeutêtreperçuecomme uneformedemanipulationquitrahituncertainmanquedetransparence etd’authenticité Lesdirigeantsmarocains,particulièrementdanslespartis historiques et les mouvements politiques traditionnels, pourraient estimer qu'ils n 'ont pas besoin de "façonner" l'opinion publique à travers des artifices
Dans ce contexte, la communication directe, parfois brutale ou sans fioritures, pourrait être privilégiée par certains politiciens, qui considèrent que l’honnêteté et la franchise sont plus efficaces que toute tentative de manipulationd'image
2.Craintedeperdrelacrédibilité
La politique marocaine se déroule dans un cadre où la crédibilité et la proximitéaveclescitoyenssontdesélémentscruciaux.Enparticulierdans une société marocaine où la défiance à l’égard de l’élite politique est présente, les spin doctors peuvent être vus comme des acteurs qui manipulentlesperceptionsplutôtquederésoudrelesproblèmesréels.Les politiciens pourraient craindre qu ' un recours trop visible à des experts de l’imageleurfasseperdrel’authenticitéqu’ilscherchentàprojeterauprèsde leurélectorat.End’autrestermes,lagestiondel’imagepourraitêtreperçue
Enfin,ilestimportantdenoterquelesspindoctorssontsouventassociésàunepolitiquedecommunicationtrè axée sur les médias modernes (réseaux sociaux, influenceurs, etc.), mais les politiciens marocains sont encor souvent influencés par les médias traditionnels, plus installés et perçus comme plus crédibles Dans ce cadre, i peuventpréférerunecommunicationdirecte,sansl’intermédiaired’unspécialistedel’image Deplus,certainspart politiques disposent déjà de leurs propres équipes de communication, souvent composées de journalistes ou d conseillersspécialisés,quipeuventpréférercontrôlerl’imagesansrecouriràdesprofessionnelsextérieurs
Enconclusion,bienquel'usagedesspindoctorssoitunoutilpuissantdansunmondeoùl'imagepubliquejoueu rôle majeur, leur recours pourrait être perçu comme une forme de déconnexion par les leaders politique marocains La crainte d'une perte de crédibilité, la préférence pour une approche directe et une gestio traditionnelledelacommunication,ainsiquelaquestionducoûtetducontrôlepolitique,enfontdesobstacles leur adoption Dans un environnement où la culture politique est encore marquée par la méfiance et un certa conservatisme,lespoliticiensmarocainspourraientdonchésiteràouvrirlesportesdesspindoctors.