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EDITO
VERS UNE PARTICIPATION
POLITIQUE EFFECTIVE DES MRE
Comment expliquezvous la faible participation politique des MREmalgréles dispositionsde l’article17dela Constitution?
L’article 17 de la Constitution est très clair : les Marocains du monde ont les mêmes droits politiques que ceux qui vivent au pays, ils peuvent voter et même se présenter aux élections. Mais dans la réalité, ce droit reste très limité. Beaucoup de MRE n’arrivent pas à voter, parce qu’il faut soit se déplacer jusqu’au Maroc, soit donner procuration, et ça ne correspond pas du tout à la vie d’une diaspora aussi nombreuse et dispersée. La participation est donc faible pour plusieurs raisons. D’abord des problèmes très pratiques : trop peu de bureaux de vote dans les consulats, parfois à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux, et un manque d’information. Ensuite, il y a une question de lien : les campagnes électorales marocaines ne parlent pas vraiment à la diaspora, surtout aux jeunes qui sont nés et ont grandi à l’étranger. Et puis, au fond, il n’y a pas de véritable représentation : les MRE n’ont pas de députés qui parlent en leur nom, ce qui donne l’impression que leur voix ne compte pas.
Si on regarde l’exemple de la Tunisie, on voit une autre approche. Les Tunisiens de l’étranger ont des circonscriptions électorales propres, avec des députés élus directement par la diaspora. Ça ne règle pas tout,
la participation n’est pas énorme non plus, mais au moins il y a un cadre institutionnel qui reconnaît leur rôle. Le Maroc pourrait s’inspirer de ce modèle, en créant des circonscriptions régionales réservées aux MRE et en y assurant la parité. Ça donnerait enfin aux Marocains du monde une vraie place dans les institutions, à la hauteur de ce qu’ils apportent au pays.
Quels obstacles logistiques freinent aujourd’hui l’exercice concret du droit de vote des Marocains résidant à l’étranger ?
En réalité, les obstacles sont assez simples à comprendre. Les bureaux de vote dans les consulats sont trop peu nombreux, et parfois il faut faire plusieurs centaines de kilomètres pour pouvoir voter, ce qui décourage beaucoup de monde, surtout les familles ou les personnes âgées. À cela s’ajoute la lourdeur administrative : il faut s’inscrire volontairement sur les listes électorales, sans qu’il y ait de vraies campagnes d’information pour expliquer la démarche. Enfin, le découpage électoral n’est pas pensé pour la diaspora : un bureau de vote à l’étranger devrait en principe couvrir toutes les circonscriptions marocaines, ce qui complique énormément l’organisation. Résultat, même si le droit existe, dans la pratique, le vote est difficilement accessible.
Le vote par procuration répond il aux attentes de la diaspora ou faut il envisager des solutions telles que le vote électronique ?
Le vote par procuration existe, mais beaucoup de Marocains de l’étranger le voient plutôt comme un pis-aller. Ça ne garantit pas vraiment l’indépendance de leur choix, ni la transparence. Si on veut vraiment encourager la participation, il faut penser à d’autres solutions.
Le vote électronique, par exemple, est déjà utilisé ailleurs, comme par les Français de l’étranger.
Ça pourrait être une piste intéressante pour les pays où la communauté marocaine est très nombreuse, comme la France, la Belgique ou l’Espagne.
On pourrait aussi tester le vote par correspondance (ou vote postale), qui marche déjà au Portugal ou en Italie.
L’idéal serait de commencer par une phase pilote, dans quelques pays, pour voir ce qui fonctionne le mieux avant de l’étendre plus largement.
L’obligation pour les partis de placer une candidate de la diaspora en tête de liste depuis 2021 a t elle eu des effets tangibles?
Cette mesure a eu surtout un effet symbolique. Elle a permis de mettre en avant des femmes issues de la diaspora et a obligé les partis à aller chercher des profils féminins compétents. Mais dans la réalité, très peu de ces candidates ont réussi à siéger au Parlement, parce que ça ne concernait que les listes régionales et non pas de vraies circonscriptions réservées aux MRE. Du coup, l’impact reste limité tant qu’on ne crée pas de sièges dédiés à la diaspora.
Comment stimuler la volonté des partis politiques d’intégrer des candidats MRE au delà des incitations financières?
Au-delà des incitations financières, il faudrait par exemple, conditionner une partie du financement public à la représentativité des MRE, ou donner plus de visibilité médiatique aux candidats MRE pour qu’ils soient perçus comme légitimes par l’opinion publique.
Les propositions visant à réserver un tiers des sièges du Parlement aux MRE vous paraissent elles réalistes ?
Quellesalternatives?
Irréaliste dans le contexte actuel. En revanche et sans déséquilibrer le système parlementaire, peut-être, réserver un nombre fixe de sièges (10 à 15) représentant les principales zones de diaspora (Europe, Amérique du Nord, Golfe, Afrique).Et surtout assurer une parité stricte dans ces sièges, afin de garantir une présence féminine significative.
Quelles bonnes pratiques étrangères (Italie, France, Portugal) pourraient être adaptées au contexte marocain ?
Plusieurs pays offrent des modèles inspirants pour la représentation des citoyens à l’étranger. L’Italie réserve des sièges parlementaires selon le poids démographique des communautés, la France teste le vote électronique, et le Portugal combine représentation au Parlement et vote par correspondance. La Tunisie applique une approche similaire, avec des sièges dédiés et le vote à distance. Le Maroc pourrait s’inspirer de ces expériences en associant sièges réservés et options de vote postal ou électronique, tout en renforçant la sécurité : vérification stricte de l’identité des électeurs avant l’envoi du matériel, codes uniques pour chaque bulletin, suivi du courrier et mise en place de procédures de contrôle à la réception des votes afin de réduire tout risque de fraude ou de perte.
La création d’un Secrétariat d’État dédié aux affaires des MRE serait‑elle suffisante pour améliorer leur représentation?
Un Secrétariat d’État, s’il reste juste une structure administrative, ne changerait pas grand-chose. Ce qu’il faudrait, c’est quelque chose de plus transversal, qui travaille vraiment avec les ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Culture et de l’Économie. Et il serait important d’associer des conseils consultatifs élus par les MRE aux décisions. Sinon, on risque juste de créer une nouvelle structure qui n’aura pas beaucoup d’impact.
Il serait intéressant de permettre aux MRE qui sont inscrits dans une commune marocaine de voter aux élections locales et régionales, même depuis l’étranger. On pourrait aussi créer des sièges consultatifs pour eux dans les conseils régionaux, par exemple au moins un par région où il y a beaucoup d’émigrés. Et pourquoi pas encourager des jumelages entre certaines régions du Maroc et les villes où vit une forte communauté marocaine à l’étranger.
En quoi une meilleure représentativité des MRE pourrait‑elle contribuer à la diplomatie économique et culturelleduMaroc?
Les MRE sont de véritables fervents défenseurs du Maroc. Ils le représentent au quotidien et participent activement à sa visibilité à l’international. S’ils avaient une meilleure représentativité politique, leur sentiment d’appartenance serait encore plus fort, et ils pourraient s’investir davantage pour le pays.
Sur le plan économique, cela permettrait de mieux canaliser les transferts financiers vers des projets productifs, en lien avec des députés MRE qui connaissent leurs besoins. Sur le plan culturel et identitaire, une représentation renforcée aiderait à promouvoir l’enseignement de l’arabe et de l’amazigh à l’étranger et à mettre en avant les artistes marocains dans les pays d’accueil. Enfin, sur le plan diplomatique, les élus MRE pourraient agir comme de véritables “ambassadeurs de proximité”, facilitant les échanges bilatéraux et soutenant des causes nationales importantes, comme celle du Sahara Marocain.
Sur le plan économique, cela permettrait de mieux canaliser les transfertsfinanciersversdesprojets productifs,enlienavecdesdéputés MRE qui connaissent leurs besoins. Surleplancultureletidentitaire,une représentation renforcée aiderait à promouvoir l’enseignement de l’arabe et de l’amazigh à l’étranger et à mettre en avant les artistes marocainsdanslespaysd’accueil. Enfin, sur le plan diplomatique, les élusMREpourraientagircommede véritables “ambassadeurs de proximité”, facilitant les échanges bilatérauxetsoutenantdescauses nationales importantes, comme celleduSaharaMarocain.
LES MRE FACE AU DÉFI DE LA REPRÉSENTATION
POLITIQUE
Comment expliquez vous la faible participation politique des MRE malgré les dispositions de l’article 17 de la Constitution?
La faible participation politique des Marocains résidant à l’étranger, malgré les dispositions de l’article 17 de la Constitution, s’explique principalement par un décalage entre les droits reconnus et les mécanismes mis en place pour les exercer. L’article 17 garantit aux MRE le droit d’être électeurs et éligibles, mais les dispositifs permettant de voter, de se présenter aux élections ou de s’impliquer dans la vie politique restent insuffisants et souvent inadaptés à leur réalité.
Au-delà de la politique nationale, les MRE sont également très préoccupés par leur propre situation et par les politiques publiques qui les concernent. Or, ils ne disposent que de très peu d’espaces démocratiques pour débattre de ces enjeux, faire entendre leurs voix et contribuer à l’élaboration de solutions, le Maroc ne disposant pas de circonscriptions pour ses citoyens vivant à l’étranger. Les MRE constituent une population à part, notamment en raison de leurs besoins spécifiques et de leur éloignement géographique, ce qui nécessite des mesures particulières pour favoriser leur participation. L’absence de mécanismes adaptés et de plateformes démocratiques pour exprimer leurs préoccupations contribue à expliquer leur faible implication dans la vie politique nationale. Néanmoins, il existe des exemples positifs qui montrent que cette participation reste possible malgré les contraintes. Certains MRE ont réussi à s’impliquer activement dans la vie politique, que ce soit au niveau local, en étant élus dans leurs communes ou régions d’origine, ou au niveau national, à travers la nomination de plusieurs ministres issus de la diaspora. Ces cas, bien que minoritaires, démontrent que l’engagement politique des MRE peut exister et pourrait être renforcé si des dispositifs plus adaptés étaient mis en place.
Quels obstacles logistiques freinent aujourd’hui l’exercice concret du droit de vote des Marocainsrésidantàl’étranger?
Les Marocains résidant à l’étranger disposent, en théorie, d’un droit constitutionnel de vote garanti par l’article 17 de la Constitution. Cependant, plusieurs obstacles logistiques freinent son exercice concret. Aujourd’hui, les MRE doivent soit revenir au Maroc pour voter, soit établir une procuration au profit d’une personne résidant sur place. Ces deux mécanismes restent peu pratiques et inadaptés à la réalité de la diaspora marocaine. Dans un pays où le taux d’abstention est déjà élevé pour les locaux n’ayant pas ces problèmes logistiques, la priorité devrait être de faciliter l’accès au vote pour les MRE, et non de le compliquer. L’absence de solutions modernes, comme le vote consulaire généralisé, le vote électronique ou le vote postal, renforce la distance entre les MRE et la vie politique nationale et contribue à leur faible participation.
Le vote par procuration répond il aux attentes de la diaspora ou faut‑il envisager des solutions tellesquelevoteélectronique? Le vote par procuration ne répond pas réellement aux attentes de la diaspora car il est peu pratique, et la preuve en est sa faible utilisation par les MRE lors des élections. Il devient donc nécessaire d’envisager d’autres solutions plus adaptées, comme le vote électronique, le vote consulaire généralisé ou encore le vote par correspondance, afin de faciliter l’exercice du droit de vote et de renforcer la participation politique des MRE.
L’obligation pour les partis de placer une candidate de la diaspora en tête de liste depuis 2021 a t elle eu des effets tangibles ?
L’obligation pour les partis politiques de placer une candidate issue de la diaspora en tête de liste a eu un impact limité sur la scène politique, vu le nombre de circonscriptions et l’obligation d’en placer une seule au minimum.
Cette règle est surtout respectée pour éviter de perdre les subventions publiques, mais elle n’a pas suffi à renforcer l’implication des MRE dans la vie politique nationale.
Comment stimuler la volonté des partis politiques d’intégrer des candidats MRE au delà des incitationsfinancières?
Une piste serait, par exemple, de créer une liste nationale ou des listes régionales dédiées aux MRE au sein du Parlement, dans l’une des deux chambres (comme c’était le cas pour les jeunes et comme c’est le cas pour les femmes), afin de garantir une représentation directe. Une autre option consisterait à relever le minimum légal, en exigeant que les partis présentent plusieurs candidats MRE en tête de listes plutôt qu’une seule tête de liste. In fine, les partis ont tendance à présenter en priorité les candidats qui ont le plus de chances de gagner, peu importe leur origine, et se contenteront souvent de respecter le strict minimum légal tant qu’aucune réforme plus ambitieuse n’est mise en place.
Les propositions visant à réserver un tiers des sièges du Parlement aux MRE vous paraissent elles réalistes?Quellesalternatives? La proposition de réserver un tiers des sièges du Parlement aux MRE n’est pas réaliste et ne tient pas la route sur le plan logique. Dans une optique de représentativité, les MRE représentent bien moins qu’un tiers de la population marocaine, il serait donc disproportionné de leur attribuer un tel poids politique. Avant d’envisager un tel niveau de représentation, il faudrait d’abord poser les bases d’une participation politique effective. L’essentiel est de commencer par convaincre les MRE de s’impliquer et de créer des mécanismes adaptés qui leur permettent d’exercer réellement leurs droits. L’appétit vient en mangeant : plus la participation augmentera, plus il sera légitime d’aller progressivement vers une représentation proportionnelle au poids réel des MRE dans la population marocaine, qui je le répète n’atteint pas le tiers.
Quelles bonnes pratiques étrangères (Italie, France, Portugal) pourraient être adaptées au contextemarocain?
L’idéal serait d’avoir des circonscriptions dédiées aux MRE, à l’image de ce qui existe déjà en France ou en Tunisie. Ce modèle permettrait aux Marocains résidant à l’étranger d’élire directement leurs propres représentants au Parlement, sur la base de leurs réalités et de leurs préoccupations spécifiques. Une telle approche renforcerait leur implication politique et garantirait une représentation plus juste et plus efficace de la diaspora dans les instances de décision nationales.
La création d’un Secrétariat d’État dédié aux affaires des MRE serait elle suffisante pour améliorer leur représentation?
La création d’un Secrétariat d’État dédié aux affaires des MRE pourrait contribuer à améliorer les conditions de vie de la diaspora, en mettant en place des programmes adaptés, des services d’accompagnement et des politiques publiques ciblées. Cependant, ce type d’institution relève de la branche exécutive et ne peut pas, à lui seul, renforcer la participation politique des MRE.
Les MRE ont déjà la possibilité de se présenter librement aux élections locales et régionales, mais leur participation reste limitée, notamment en raison des contraintes liées au vote évoquées précédemment
En quoi une meilleure représentativité des MRE pourrait elle contribuer à la diplomatie économique et culturelleduMaroc?
Une meilleure représentativité des MRE au Parlement renforcerait le cordon ombilical entre le Maroc et sa diaspora et aurait un impact bien au-delà de la diplomatie économique et culturelle. Elle contribuerait également à développer la diplomatie parallèle et la diplomatie parlementaire. En effet, les parlementaires marocains sont appelés à collaborer avec leurs homologues étrangers dans différents cadres institutionnels, et qui de mieux qu’un député MRE pour dialoguer avec, par exemple, un député français, espagnol ou italien ?
UndéputéMREportéparlesvoix de Marocains de double nationalitépourraitjouerunrôle stratégique, en apportant un poids politique accru dans les pays d’accueil tout en défendantlesintérêtsduMaroc.
Ce type de représentation permettrait de mieux valoriser l’influence économique, culturelle et politique du Royaume dans les pays où la diaspora est fortement implantée. Rédigépar
Marwane
Benhima
LE MAROC ET LA RENAISSANCE DU CANNABIS : HISTOIRE, RÉGULATION ET ENJEUX ÉCONOMIQUES ACTUELS
Le Maroc a amorcé une phase majeure dans la structuration de son industrie du cannabis, avec l’autorisation de commercialisation de 67 produits dérivés: 26 cosmétiques et 41 compléments alimentaires, répondant aux normes et dûment enregistrés auprès de l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé. L'étape est préalable à leur mise sur le marché national ou leur exportation. L’Agence Nationale de Régulation des Activités liées au Cannabis, par sa vigilance, quant à elle, reflète la volonté du pays de préserver sa crédibilité auprès des investisseurs et partenaires étrangers dans unmarchémondialenexpansion.
Alors que bon nombre de citoyens, pensent que le kif avait été interdit parce que nocif pour la santé, un rappel historique permet de comprendre ce qui s’est réellement passé et pourquoi cette plante miraculeuse s’est retrouvée comme par magie dans le viseur de la lutteantidrogues.
Le chanvre a connu multiples usages pendant des millénaires.Fibretextilerobuste,ilservaitàconfectionner les voiles et cordages des bateaux. Sans cela, l’humain n’aurait pu naviguer longtemps et loin. Les premiers papiers imprimés et les vêtements dans plus d'une région, étaient aussi à base de chanvre. Sa culture nécessitait peu de travail, peu d’eau, faisant d’elle une concurrenteredoutableducoton.
L’interdiction du cannabis doit être relue à l’aune de la révolution industrielle et de l’essor du coton à partir du XIXesiècle.Lesmachinesàfilerettisser,conçuespourle coton, firent de celui-ci la fibre dominante, favorisant son essor massif. De plus, les empires coloniaux britannique et américain exploitaient de vastes plantations avec une main-d’œuvre servile, d’abord par l’esclavage puis par des travailleurs faiblement rémunérés. Ces puissants intérêts mirent le chanvre en difficulté.
Le virage décisif remonte aux années 30 aux États-Unis, quand les industries du coton, du papier et l’industrie chimique émergente, notamment avec les fibres synthétiques, s’allient pour éliminer le chanvre. Un certain Harry Anslinger, alors chef du Bureau Fédéral AméricaindesNarcotiques,
ParAzizDaouda
sans doute de connivence avec les intérêts des grands groupes industriels, mène une campagne combinant à dessein chanvre industriel et cannabis récréatif. En 1937, le Marihuana Tax Act interdit la culture du chanvre.
Propagande et intérêts économiques aidant, cette politique s’exporte à travers le monde. Par une Convention unique sur les stupéfiants, en 1961, l’ONU classe le cannabis parmi les drogues à contrôle strict, marginalisant ainsi durablement le chanvre. Le coton devient alors la fibre dominante au profit des réseaux industriels.
Au Maroc, le kif, forme traditionnelle de cannabis souvent mélangée au tabac et consommée dans le sebsi, est au cœur d’une histoire riche et complexe, marquée par des dynamiques sociales, politiques et économiques.
Depuis des siècles, le kif est cultivé principalement au nord autour de Chefchaouen, Ketama ou Issaguen. Loin d’être seulement une plante illégale, il était historiquement toléré et perçu comme essentiel à la subsistance locale.
Utilisé autant pour ses vertus sociales que médicinales, il s’inscrivait dans le quotidien des populations quasiment partout.
Dès 1906, est crée une entreprise pour assurer le contrôle sur le kif. Sous le Protectorat, elle prend le nom de Régie du Kif et des Tabacs. Les motifs sont surtout fiscaux à partir de 1917. Les autorités espagnoles au nord appliquèrent des règles plus souples, par pragmatisme politique face aux tribuslocales.
A l’indépendance, le Maroc hérite d’un dilemme complexe: le kif est profondément enraciné dans la société mais fait face à des pressions internationales grandissantes. Sous Mohammed V puis Hassan II, le pays adopte des mesures progressives. Le monopole d’État est supprimé en 1957-1958, la culture devient illégale, même si dans certaines zones historiques du Rif une tolérancetaciteaperduré.
Les années 1970 marquent un durcissement sous la pression croissante des États-Unis et de l’Europe. La loi marocaine de 1974 sur les stupéfiants interdit strictement la culture, la consommation et la commercialisation du kif. Pourtant, malgré la répression accrue, la production clandestine explose, portée par une demande européenne vigoureuse. Le Rif s’affirme comme l’un des bassins mondiauxderésinedecannabis.
Aprèsdesdécenniesdeprohibition et de conflits socio-économiques liés au kif, et sous la pression de scientifiques et de la population au vu de l'évolution à travers le monde,leMarocamorceunvirage en 2021 avec une loi encadrant l’usage légal du cannabis à des fins médicales, pharmaceutiques et industrielles. La consommation récréative reste interdite. L’État s’efforce d’intégrer progressivement les cultivateurs dans une filière légale et contrôlée, réduisant l’informalité et améliorant les conditions économiques des régions concernées.
L’histoire du kif au Maroc est une trajectoire jalonnée de tolérance millénaire, de régulations coloniales, d’interdictions décidées sous pression internationale, avant d’ouvrir la voie à une récente reconversion vers un usage intelligent,légaletencadré.
Aujourd’hui, quasiment partout, le chanvre retrouve une nouvelle reconnaissance. Moins gourmand en eau, respectueux des sols, produisant graines, huile et matériaux isolants naturels, il s’affirme comme un pilier de la transition écologique. La plante interdite pour protéger des intérêts économiques puissants, cherche désormais à reprendre sa place historiqueetnaturelle.
Cette renaissance est particulièrement visible au Maroc. La surface cultivée en chanvre légalaplusquetripléen2025avec 4 400 hectares semés, principalement de la variété locale «baladiya», signe tangible d’un essor après des décennies d’informalité. C'est un levier de revitalisation économique pour les régions du Rif, traditionnellement dépendantes d’une économie souterraine.
La légalisation adoptée en 2021 vise à canaliser une production historique vers un cadre réglementé, tout en créant une industrieàfortevaleurajoutée.Audelà de la culture agricole, c’est toute une chaîne de transformation, de conditionnement, de certification et d’exportation qui se met en place, générant des recettes fiscales et améliorant l’attractivité du Maroc pour les investisseurs internationaux.
Il ne s’agit plus seulement de cultiver du cannabis, mais de développer une industrie structurée, respectueuse de normes strictes, capable de s’imposer sur un marché mondial dynamique. Cette mutation économique est perçuecommeunechance de réconcilier un secteur longtemps illégal avec les mécanismes d’une économiepuissante.
Les défis restent cependant nombreux, depuis la régulation stricte jusqu’à la lutte contre les détournements illicites, en passant par l’organisation des coopératives et l’adaptation fiscale. Mais le capestclair:transformerun héritage agricole ancien en moteur de croissance inclusive et d’intégration économiquedurable.
SOMMES-NOUS DANS UNE BULLE IA ?
La question “sommes-nous dans une bulle IA ?” suppose d’abord de distinguer deux réalités : la hype, qui correspond à l’emballement cognitif et médiatique, et la bulle, qui désigne l’emballement financier.Aujourd’hui,lesdeuxexistentenpartie,mais ilsneseconfondentpas.
Le modèle de Gartner illustre les étapes de la maturité technologique : étincelle d’innovation, emballement médiatique, gouffre de désillusion, pente d’apprentissage et plateau de productivité. En 2025, l’IA générative (ChatGPT et ses pairs) a basculé dans le gouffre de la désillusion. Comme pour Internet ou le cloud,cetteétapeestnormaleettransitoire.
Une bulle éclate quand les valorisations s’envolent sans fondement économique. Or, la situation de l’IA est plus contrastée : OpenAI et Anthropic génèrent plusieurs milliards de dollars de revenus, même si elles restent déficitaires.
Des milliers de startups lèvent des fonds grâce à l’IA, sans modèle clair. L’écosystème dépend fortement du capital-risque et d’attentes spéculatives. Nous ne sommesdoncpasencoredansunebulletotale,maisle terrainestfragile.
Le rapport State of AI in Business 2025 du MIT souligne : entre 30 et 40 milliards de dollars ont été investis, 95 % des projets n’ont pas de retour sur investissement mesurable et seuls 5 % produisent de vrais gains. Les échecs s’expliquent par des attentes magiques, le “dernier kilomètre” d’intégration, et une mauvaise compréhension de l’IA comme système probabiliste et nonlogicielclassique
. Les annonces spectaculaires (“GPT-4 bat les avocats”, “les IA surpassent les médecins”) relèvent souvent de benchmarks biaisés. L’humain raisonne par intuition et heuristiques, tandis que l’IA calcule par statistiques et probabilités. Dire que l’IA “remplace” l’humain est donc un contresens : elle est autre. La vraie question est de savoircommentlesdeuxintelligencessecomplètent
ParDrAz-Eddine Bennani
Le véritable enjeu est culturel. Il s’agit d’avancer par petits pas avec des cas d’usage ciblés, de garder l’humain dans la boucle pour comprendre les échecs, de valoriser la “shadow AI” (les usages déjà existants des salariés) et de considérer l’IA comme un copilote atypique, non comme une baguette magique.
Nous ne sommes pas dans une bulle au sens strict, mais dans une phase de désillusion. L’économie est fragile, les attentes parfois irréalistes, mais des usages réels émergent. La vraie révolution est cognitive : bâtir une culture de l’usage, progressive etlucide.
COMMENT ALGER A SCIEMMENT MARGINALISÉ LA LIGUE ARABE DANS LA FABRIQUE DE LA
CAUSE SAHRAOUIE
Les télégrammes d’Alger et les notes de Matignon dévoilent la matrice d’une stratégie: contourner l’espace arabe, capitaliser sur l’OUA et l’ONU, et ériger le Polisario en acteur-écran. 1978–1979 marque l’instant où la fiction d’une «vraie réussite» prend le passurleréel.
Passée maître dans l’art des parallélismes - qu’il s’agisse d’associer la cause sahraouie à la cause palestinienne, ou encore de mettre en vis-à-vis la RASD et l’OUA - mais restée sans voix au sein de la Ligue des États arabes où le discours algéro-polisarien demeure inaudible, l’Algérie, incapable depuis 1978 de maîtriser les méridiens des diverses questions sahariennes, se trouve désormais confrontée à l’impasse de sa propre construction idéologique: les chimères de l’autodétermination. Des rapports de l’ambassadeur de France à Alger, Jean Marie Mérillon, aux notes confidentielles du cabinet du Premier ministre Raymond Barre à Paris traitant du dossier du Sahara marocain, soulignent que les années 1978 1979 constituent un seuil critique, voire un point de non retour, dans la trajectoire deladiplomatiealgérienne.
Les résonances de l’OUA et la sourde oreille des pays arabes
Que ce soit lors de la guerre des sables de 1963 ou à travers le conflit du Sahara marocain à partir de 1975, l’Algérie s’est toujours refusée à traiter ses différends avec le Maroc dans le cadre maghrébin ou au sein des sommets arabes. Le problème frontalier algéro marocain, amorcé dans l’enceinte de l’OUA, fut progressivement transféré au niveau régional, mais l’Algérieparvintàl’enterrerparunesériedemanœuvres subtilesetpernicieusesdanslecadredu«bonvoisinage etdelacoopérationéconomique».
Sur le dossier du Sahara, Alger et son protégé, le Polisario,ontcantonnéledébatauxinstancesafricaines et onusiennes, tout en écartant sciemment le cadre arabe. L’ambassadeur de France à Alger, Jean Marie Mérillon,enrendcomptedanssesrapports:
«Sur la scène arabe, le Ministre Algérien des affaires Etrangères,
M. Benyahia, a veillé à ce que le problème du Sahara Occidental– considéré par certains comme un différend algéro marocain– ne soit pas évoqué à Tunisàlaconférenceministérielle».(1)
Jean Marie Mérillon approuvera dans un autre communiqué cette réalité en date du 16 novembre 1979 lorsqu’il rapporte les propos du ministre des affairesétrangèresalgérien,AbdelazizBouteflika:
«La diplomatie algérienne s’est fixée en cet instant un double objet. Désamorcer Tunis (le sommet arabe), profiter de Monrovia. Le Ministre des Affaires Etrangères est depuis ce matin parmi ses paires arabes en train de faire tous ses efforts pour limiter le sommet (de Tunis) au Liban et à l’affaire palestinienne, pour détourner les débats du problème saharien, pour pécher (du côté syrien peut être) parmi des dirigeants qui en sont fort chichequelquesappuisauxSahraouis».(1)
Ce double jeu révèle la stratégie d’Alger: mettre en avant la cause palestinienne pour se poser en unificateur du monde arabe et musulman,
tout en reléguant la question du Sahara occidental au cadreafricain,alorsqu’elledemeureperçue,dansl’espace arabe, comme un différend exclusivement algéro marocain. Les capitales arabes, conscientes de cette stratégie, n’ont jamais pu être véritablement happées par le dispositif algérien. C’est ce qui explique l’échec répété des tentatives de médiation menées par des figures de premier plan telles que le président tunisien Habib Bourguiba, les dirigeants saoudiens, ou encore Yasser Arafat au nom de l’Organisation de libération de la Palestine.
ParJillaliElAdnani
Dans son rapport diplomatique, l’ambassadeur de France à Alger résumait cette impasse en des termes sans équivoque: «L’objectif pour les uns comme pour les autres,étaitdetenterdedébloquer le conflit algéro marocain sur le Saharaenessayantdefavoriserun contact direct entre Chadli et Hassan II. Ces efforts n’ont point abouti, et ce incontestablement, parlavolontéd’Alger».(1)
L’Opération H. Boumediene: la guerre menée depuis le sanctuairedeTindouf Impliquée jusqu’au cou dans le dossiersaharien,l’Algériepersisteà présenter le conflit comme un différend entre le Maroc et le Polisario. La réalité est toute autre: ce sont bien l’Algérie et, jusqu’en 1981, la Libye qui ont assumé l’essentiel du soutien logistique, financier et diplomatique au mouvement indépendantiste sahraoui.
«On ne convaincra personne que la manipulation d’un tel armement qui nécessite une haute formation technique et une longue période d’entrainement soit le fait d’éléments sahraouis du soi disant Polisario»
— Jean Bernard Raymond, ambassadeurdeFranceàAlgeren 1977
Ce soutien prit une ampleur considérable, car le Polisario fut doté d’un arsenal militaire sophistiqué, parmi lequel figuraient les redoutables missiles sol air
SAM 6. Une telle capacité dépassait de loin les moyens d’une guérilla tribale. L’ambassadeur de France à Rabat, Jean Bernard Raymond, dans une note datée du 29 janvier 1976, confirma sans détour l’origine extérieure de cette puissancedefeu:
«Iimmixtion et l’intervention étrangères dans l’affaire du Sahara: on ne convaincra personne
que la manipulation d’un tel armementquinécessiteunehaute formation technique et une longue période d’entrainement soit le fait d’éléments sahraouis du soi disant Polisario».(2)
L’ambassadeur de France à Alger, Jean Marie Mérillon, établit ensuite un rapport sur «l’Opération H. Boumediene» lancée contre le Maroc suite au décès de ce dernier. Selon lui, le degré d’autonomie du Polisario vis à vis de l’Algérie est nul. Son rapport qualifie également les zones désertiques contrôlées à l’époque par le Polisario comme sans importance, les points et les territoires essentiels étant restés souslasouverainetéduMaroc: «Le commandement militaire de l’ALPS, le sanctuaire, c’est en territoire algérien Tindouf. C’est là que stationne le corps de bataille du Polisario, qu’il se forme, qu’il s’instruit, qu’il se refait. C’est là que se trouve son centre principal d’approvisionnement, ses émetteursradios,militairesoucivils (en particulier la Voix du Sahara libre). C’est là surtout que familles et troupeaux se sont repliés rendant impossible les représailles sur le campement (l’arme suprême dans la guerre du désert) et confèrent ainsi au combattant Reguibat un sentiment d’invulnérabilité. Tel est en fait l’une des clefs fondamentales du système».(3)
Ce texte met en évidence que Tindouf, en territoire algérien, n’est pas seulement un refuge humanitaire pour le Polisario, mais constitue le cœur de son dispositif militaire. C’est là que se concentre son état major, son corps de bataille et ses infrastructures d’entraînementetdereconstitution desforces.L’ambassadeurfrançais s’interroge sur la notion même de «possession» ou de souveraineté territoriale dans un espace désertique—interrogation
qui reflète le dilemme central du conflit: qui détient réellement le Sahara? Celui qui parcourt l’immensité ou celui qui occupe ses nœuds vitaux?
«Mais qu’est ce que ‘détenir’ lorsqu’il s’agit d’un désert? La possession, la souveraineté, dans une région de ce type découle t elle du contrôle de l’espace (dont disposent les sahraouis) ou des points essentiels (pour la plupart toujours soumis aux Marocains)? Quel est par ailleurs le degré d’autonomie de l’ALPS? Qui exactement lui fournit ses armes? Qui détermine sa stratégie, quel est le rôle réel de l’Algérie? Celui de la Libye? Celui éventuel du Cuba? D’autres pays socialistes? Ce sont là des questions fondamentales pour l’analyse du mouvement sahraoui et auxquelles cette ambassade s’efforcera de répondreparlasuite».(3)
Mirages d’un mouvement de libération, réalités d’un projet expansionnistealgérien
*Les notes confidentielles émanant du Cabinet du Premier ministre français révèlent que la question du Polisario s’inscrit dans la continuité historique d’une dissidence tribale, celle des Reguibat, enracinée en Algérie. Loin d’un plébiscite populaire, Alger n’a cessé d’entretenir et de manipuler les Reguibat contre les autres composantes tribales de la région:
«Les nomades sahariens n’ont pas la maîtrise de leur destin. Condamnés à être sous tutelle alors qu’ils étaient avant tout soucieux de leur indépendance (sociologique), ils sont devenus, pour la plupart d’entre eux, les moyens et non la fin de conflits qui les dépassent. Des mini États indépendants totalement enclavés, à fortiori un grand ensemble saharien, ont peu de chance de se constituer et n’ont aucune capacité de survie.» (4)*
Ce constat éclaire la nature du Polisario: un simple instrument entre les mains de l’Algérie, qui manipule l’instinct guerrier des Reguibat pour les transformer en mouvement armé contre le Maroc. Le rapport est explicite sur l’endoctrinement militaire et idéologique opéré par Alger:
«L’Algérie, au contraire, exalte le particularisme reguibi. L’endoctrinement politique, auquel il soumet les réfugiés, exerce sur eux un certain attrait, car il répond à leurs aspirations guerrières traditionnelles. Aussi fournissent ils le gros des troupes du Polisario que l’Algérie utilise pour porter des coups au Maroc et à la Mauritanie sous le prétexte d’une guerre menée pour l’indépendance des ex territoires espagnols au Sahara. Le sort des Reguibat est donc lié à celui du conflit du Sahara Occidental et aux décisions du gouvernement algérien». (4)
Cette vérité sera confirmée par l’ambassadeur de France à Alger, Jean Marie Mérillon. Dans son rapport du 22 décembre 1979, intitulé «L’Algérie et le Sahara occidental», il met en lumière la dimension intérieure de l’affaire saharienne et le poids de la «ligne Boumediene» dans la politique algérienne. Sa conclusion est sans équivoque:
«Faire mine de revenir sur cet “acquis“ (les reconnaissances cumulées par le Polisario) serait aux yeux de beaucoup d’Algériens quelque chose d’incompréhensible. Certains crieraient aussitôt à la trahison de la “ligne Boumediene“. Il y a là une dimension proprement algérienne du problème du Sahara Occidental qu’il importe de ne pas mésestimer». (5)
Ce message, adressé aux pairs diplomatiques, longtemps classé secret avant sa récente déclassification, est également destiné à être soumis à l’ONU et à la MINURSO. Ces instances y trouveront les éléments nécessaires pour mettre en évidence le caractère artificiel du conflit et pour établir la responsabilité directe de l’Algérie, laquelle, paradoxalement, se présente à la fois comme l’ennemie déclarée du modèle colonial et comme son héritière inavouée.
(1) Télégramme émanant de l’ambassadeur de France à Alger, le 4 octobre 1979, intitulé «Différend algéromarocain, Initiatives arabes. Archives diplomatiques de La Courneuve, Carton 957, Sahara Maroc Algérie, 1979.
(2) Jean Bernard Raymond, ambassadeur de France à Rabat, note du 29 janvier 1976; La Courneuve, ministère des Affaires étrangères, ANMO, Maroc Sahara Occidental, 1972 1982, Carton 965.
(3) Télégramme n° 2423/26, «Polisario, évaluation de la situation militaire», Alger, 11 octobre 1979. Archives diplomatiques de La Courneuve, Carton 957, Sahara Maroc Algérie, 1979.
(4) Note d’Information émanant du cabinet du Premier ministre Raymond Barre, intitulée «Les Nomades du Sahara», le 18 septembre 1978. Archives de La Courneuve, ministère des Affaires étrangères, ANMO, Maroc-Sahara Occidental, 1972-1982, Carton 965.
(5) Ambassade de France en Algérie, Affaires politiques, «L’Algérie et le Sahara Occidental», Alger, 22 décembre 1979. Archives diplomatiques de La Courneuve, Carton 957, Sahara Maroc Algérie, 1979.
ELECTIONS CRÉDIBLES... DOIT-ON ENCORE
Y CROIRE, PEUT-ON ENFIN Y CROIRE ?
Toutporteàcroirequecesélectionslégislativesde2026 neressemblerontpasauxprécédentes.Danslaformeet dans le fonds. Dans la forme, le roi Mohammed VI a annoncé la couleur dans son discours du Trône, chargeantleministredel’Intérieurdepréparerlestextes juridiques encadrant ce scrutin, demandant la transparence, et fixant un délai à la fin de l’année ; dans le fonds, les enjeux nationaux et les défis internationaux impliquent l’absolue nécessité pour le Maroc de disposer d’un gouvernement bien élu et d’élus compétents qui sachent gouverner. Mais au niveau des partis,cesélectionsrisquentbienderessembleràcelles d’avant.
Etainsidonc,lesouveraininsiste(c’estsonmotetiln’est sûrement pas superflu) sur « la préparation judicieuse » du scrutin et sur l’aspect participatif, qui n’inclut certainement pas les partis politiques seulement, mais devrait également engager la société civile, le roi ayant parlé des « différents acteurs » et non des seuls partis politiques. Et il a utilisé l’expression « porté à la connaissancegénérale»enparlantduCodeélectoralà élaborer, et en cela il signifie aussi la transparence des élaborateursetl’implicationdesélecteurs.S’adresserau ministredel’Intérieuretnonaugouvernementoumême au ministère a aussi son importance, Abdelouafi Laftit étant un ministre de souveraineté, à la tête d’un département régalien ; le responsable obéit immédiatement, et se réunit avec les chefs de partis 48h après l’interpellation royale, leur accordant un mois pourluiremettreleurssuggestionsetrecommandations électorales.
ParAzizBoucetta
les « sachants ». Quant au peuple, il lui font comprendre à travers leur comportement qu’il ne compte pas, ou peu.
Quelles sont les principales recommandations suggérées pour faire de l’élection à venir un succès institutionnel ? Globalement, ce sont les mêmes poncifs qui sont avancés, découpage électoral, mode d’inscription sur les listes électorales, évolution de l’effectif des députés, représentation des femmes et des jeunes, mode de scrutin… Et bien sûr, la lutte contre l’utilisation de l’argent, forcément sale, dans l’opération électorale.
Tout cela est bien beau, mais tout cela est classique, donnant un air de déjà-vu.
Ilss’exécutèrent,dansledélaiimparti.Maisn’enpipèrent mot, à l’exception de quelques-uns. Sollicités pour en parler, seuls certains d’entre eux ont dévoilé en public et en détail leurs suggestions, le PPS et le PJD étant semble-t-il les plus sérieux avec la description en détail etenconférencedepressedeleurscogitations.
Et c’est le premier accroc. Nos dirigeants politiques taiseux diront ce qu’ils voudront, mais taire des propositions électorales aux électeurs, ou les informer des grandes lignes seulement, indique soit une totale indifférence à la volonté populaire ou une solide indigence tactique. En agissant ainsi, ils signifient au peuplequ’ilneserasollicitéquelemomentvenu,etque dansl’intervalle,leschosessepassententreles«grands »,les«responsables»,
les « sachants ». Quant au peuple, il lui font comprendre à travers leur comportement qu’il ne compte pas, ou peu. Quelles sont les principales recommandations suggérées pour faire de l’élection à venir un succès institutionnel ? Globalement, ce sont les mêmes poncifs qui sont avancés, découpage électoral, mode d’inscription sur les listes électorales, évolution de l’effectif des députés, représentation des femmes et des jeunes, mode de scrutin… Et bien sûr, la lutte contre l’utilisation de l’argent, forcément sale, dans l’opération électorale.
Tout cela est bien beau, mais tout cela est classique, donnant un air de déjà-vu.
Les partis proposent, l’Intérieur dispose, et au final les électeurs se mettent en pause. Normal, ces derniers ne sont pas en confiance, étant convaincus – à raison – que l’élection est une affaire qui concerne les politiques et seulement eux.
Pour ces derniers, la fin justifie les moyens ; alors ils mettent, ont mis et mettront encore les moyens, et le peuple restera, comme à son habitude sur sa faim. Quatre grands thèmes sont à examiner pour rendre son éclat à une élection législative qui n’en a jamais vraiment eu, sauf en 2011 peut-être…
1/ L’argent électoral, forcément sale. Entendons-nous bien… tous les partis cherchent les notables par lesquels les scandales arrivent et s’accumulent, et tous les partis disposentdecestypesdenotables à la main leste et à l’argent facile. Ilsn’apprécierontpeut-êtrepas,les partis, mais leurs chefs savent que c’est la réalité. La seule différence entre les différentes formations politiques est que certains se contentent de saupoudrer leurs candidats de quelques notables bancables et d’autres en font une religion. On parle de distribution d’argent, d’achat d’investitures, de tractations mystérieuses, de mises en places de structures associatives orientées et généreuses…
Tout cela est de notoriété publique, mais rien de véritablement sérieux n’est entrepris contre les acheteurs de voix et aussi contre ceux qui les investissent et les couvrent. L’électorat le sait et, résultat, l’écrasantepartiedesélecteurs,qui ne monnayent pas leurs suffrages, se retirent de l’ensemble de l’opération.
2/ L’effectif électoral. Inscription facultative, obligatoire, suggérée, assistée… Faut-il que le corps électoral corresponde aux électeurs en âge de voter et bénéficiant de leurs droits (environ 27 millions d’âmes) ou, à l’inverse, ce corps ne doit-il être constitué que par celles et ceux qui entreprennentl’acted’inscription?
Le débat fait rage, mais sans convaincre personne. Car l’objectif est de « ménager » le taux de participation. Si, en effet, l’inscription est automatique pour les plus de 18 ans, et sachant que les électeurs ne dépasseraient que difficilement la barre des 10 millions, ce taux serait de 37%, ce qui fait désordre dans une démocratie participative imparfaite qui veut se montrer plus bellequ’ellenel’estenréalité.
Pour cette fois, pour une fois, il serait utile de laisser faire l’arithmétique, et de déclarer électeurs tous les plus de 18 ans. Le taux de participation dégringolera certes, mais le parlement à venir saura que s’il est légal, il n’en est pas pour autant légitime. Cela ferait réfléchir les décideurs, qui ne vivront donc plus dans un déni de réalité, la réalité étant l’indifférence et le manque de confiance du publicdanssaclassepolitique.
3/ La qualité des candidats. Les partis contournent soigneusement lesujetcarl’équationestdifficilede concilier entre la compétence et l’opulence, entre les candidats sérieux et les autres, véreux. Or, les élections sont différentes dans leur nature et leur finalité. Pour les communales, l’effectif des candidats est de plusieurs dizaines de milliers pour couvrir le territoire, ce qui n’est pas le cas pour les législatives, où l’effectif est réduit à quelquescentainesseulement. Au vu des rudes défis à venir, des fortes contraintes qui fleurissent partout et des robustes attentes desMarocains,uncandidattêtede liste au parlement doit être intègre et lettré, et cela devrait être prouvé etvérifié.Unefoisélus,desséances de formation ou de perfectionnement devraient être organisées au sein même de l’institution. Politique monétaire et diplomatie,
finances publiques et territoires, système de valeurs et politique pénale… autant de domaines nouveaux pour bien des députés. Un diplôme universitaire est donc nécessaire pour assurer l’engagement efficient des élus et l’intégrité est plus que souhaitable pour se consacrer à sa fonction de façon désintéresséeetefiicace.
4/ La neutralité de l’administration. Les partis, tous les partis, la réclament, l’Intérieurlaproclame,maisles anciennes habitudes font de la résistance et ont la peau dure. Oh, on ne farfouille plus dans les urnes (quoique, ici et là…) mais on tripatouille les esprits, d’une façon ou d’une autre, en amont dans les états-majors de partis et en aval directement chez l’électeur. Demander la neutralité de l’Intérieur est une revendication éternelle des partis au Maroc avant une élection. Mais même lors des périodes où l’Intérieur était « le parti clandestin », rares étaient les chefs de partis qui dénonçaient le ministère et épinglaient ses agents intrusifs. Sera-ce le cas cette année ? Qui vivra verra et seul l’avenircracheralemorceau.
Et là, quand on dit que c’est le makhzen qui a affaibli les partis, on relève la limite de l’affirmation. Non, les partis s’affaiblissent eux-mêmes en acceptant la domination de l’Intérieur, faisant penser par leur attitude à la « servitude volontaire » de La Boétie. Un parti est fort par ses dirigeants, et la force de ces dirigeants vient de leur capacité à dire non pour certaines choses et à dire tout haut ce qu’eux et leurs amis pensent tout bas. Au-delà des programmes politiques et économiques des partis, c’est sur la crédibilité de l’opération électorale et la confiance des électeurs que se jouera ce scrutin. Le roi a été très clair, il veut des élections saines, transparentes, crédibles et surtout convaincantes. Car ces élections, au moment même où la question du Sahara marocain fonce vers son règlement sur la base d’une autonomie, seront scrutées depuis l’étranger, depuis l’ONU qui abrite les discussions autour de ce dossier, depuis Washington, Paris, Londres, Madrid, Bruxelles, qui soutiennent peu ou prou le plan marocain. Et nous n’avons pas, dans ces capitales, que des amis…
Et si les élections régionales et communales ne sont pas avancées à 2026 (ce qui nécessiterait un amendement à la loi électorale), il appartiendra donc au nouveau parlement d’élaborer le code des élections locales et régionales de 2027. De ces élections émergeront des présidents de communes, des présidents de régions, qui devront gérer la période 2026-2030, ô combien cruciale. A tous les niveaux.
« Le Maroc d'hier n’est pas le Maroc d'aujourd'hui », aime à dire avec emphase Nasser Bourita. Fort bien, mais cela signifie aussi que les Marocains d’hier ne sont pas non plus ceux d’aujourd’hui. Ceux d’aujourd’hui, de demain, accepteront-ils encore des élections menées par des partis faiblards et de faire-valoir ? Le Maroc d’aujourd’hui, donc, a besoin des Marocains d’aujourd’hui, pour bâtir l’économie et la société de demain. Nos politiques, partis et ministère de l’Intérieur, sauront-ils prendre la mesure de la spécificité de cette élection ou, au contraire, contribueront-ils à la persistance de la méfiance et de l’inévitable médiocrité qui en résulte ? Réponses les prochaines semaines.
ELECTIONS CRÉDIBLES... DOIT-ON ENCORE Y CROIRE, PEUT-ON ENFIN Y CROIRE ?
Il est des critiques faciles qui n’ont pour seul mérite que de briller par leur immédiateté. Affirmer qu’Al Haouz aurait été « oubliée » parce que d’autres chantiers se sont réalisés plus vite, c’est réduire à une image simpliste la complexité d’une reconstruction postcatastrophe. Rebâtir des vies, des villages et un territoire entier n’a rien à voir avec rénover un bâtimentouembellirunstade.Cen’estpasune question de rapidité : c’est une question de dignité,desécuritéetd’avenir.
Dans les villages d’Al Haouz, chaque maison reconstruite raconte l’histoire d’un engagement collectif, chaque route restaurée rétablit un lien vital entre les habitants et le monde extérieur. Derrière ces efforts, il y a une mobilisation humaine sans précédent : ingénieurs, ouvriers, associations, autorités locales et habitants euxmêmes unis pour un seul objectif - que la tragédie d’hier ne détermine pas la vie de demain.
La résilience n’est pas instantanée. Elle se construit pierre par pierre, foyer par foyer, route après route. Elle exige patience, rigueur et vision Elle exige de résister à la tentation du jugement hâtif et de reconnaître que les véritables transformations se mesurent sur la durée et dans la profondeur, et non dans l’immédiateté médiatique.
AlHaouzincarnecetteleçonuniverselle:laforce de la communauté face à l’adversité, la capacité d’une société à protéger ceux qui sont tombés, à restaurer la confiance et à offrir un avenir. Chaque famille qui retrouve un foyer, chaque enfant qui peut à nouveau dormir en sécurité, chaque route rouvert, chaque village reconnecté est un pied de nez au fatalisme et aunihilisme.
ParSaïdTemsamani
Ceux qui se complaisent dans les critiques simplistes oublient que la véritable grandeur d’un pays se mesure à sa capacité à se relever et à élever ceux qui en ont besoin. La reconstruction d’Al Haouz n’est pas seulement un chantier : elle est un symbole de solidarité, un manifeste de persévéranceetuntriomphesurledésespoir.
Dans ce modèle, le nihilisme n’a pas sa place. La leçonestclaire:reconstruire,c’estrecréerlavie,et la vie ne se mesure jamais à la vitesse des apparences. Elle se mesure à la profondeur de l’engagementetàladignitéquel’onoffreàchaque citoyen.Etsurceplan,AlHaouzestexemplaire.
IL EST TEMPS QUE CETTE BLESSURE SE REFERME
Le discours d’adieu de Nasser Zefzafi lors des funérailles de son père résonne comme une invitation à une nouvelle étape marocaine. Par des mots empreints de sincérité et de courage, il a rappelé l’unité du pays. Ces mots et l’article m’ont été inspiré parunpostquelepoèteetmilitantSalahElOuadiem’a adressé. Ancien détenu politique, M. El Ouadie a été l’une des principales chevilles ouvrières de l’Instance Equité et Réconciliation, actuellement présidentfondateur du Mouvement Damir. Dans son post il évoque un moment venu pour la cicatrisation d’une plaietroplongtempslaisséeouverte.
Laparoled’unfilséploré,l’échod’unenation
De G à D de ce montage photo : Nasser Zefzafi et Salah ElOuadie
Au milieu du deuil pour son père à Al Hoceïma, Nasser Zefzafi, figure centrale du Hirak du Rif, a livré un discours d’adieuinattendu,empreintd’uneintensitéémotionnelle rare. Plus qu’un simple hommage filial, ses paroles disent que derrière le deuil, une porte s’entrouvre : celle d’un nouveau moment marocain, où la nation transcendeblessures,divisionsetrancunes.
Devant la foule recueillie, Zefzafi a parlé d’une franchise rude et digne. Mais sa voix portait bien au-delà de la douleurd’unfilsendeuillé:ellecherchaitàsefairel’écho d’un pays tout entier. Le Maroc est un tout indivisible, rappelantquel’intérêtnationalestlamesuresuprêmeà laquelledoiventseplieropinionsetdivergences.
Cettedéclaration,dansuncontextedefunérailles,prend lavaleurd’unmanifeste.Elles’élèvecommeunrappelà dépasser les fractures, à suturer une plaie qui ne cesse de hanter le lien national. Ce qui aurait pu n’être qu’un moment de tristesse familiale devient alors un instant devéritécollective.
Lecouraged’unmotsimple:réconciliation
Une vérité qui dit une conviction profonde : le destin du Maroc ne peut s’écrire qu’ensemble, dans l’effort partagé, sans que certains avancent à grande vitesse tandisqued’autresrestentenarrièreouenrade.
Le détenu, condamné à vingt ans de prison pour son rôle dans le Hirak, a choisi de parler la le langage de l’unité. Et ce langage, parce qu’il jaillit d’un homme qui a incarné la contestation, prend une résonance singulière. Sa parole n’est pas neutre, elle porte le poids des épreuvesetdel’enfermement.
C’est ce qui lui confère dans un moment unique, la perte d’un père, cette densité morale : l’un de ceux qui furent désignés comme fauteurs de troubles affirmeaujourd’huiquel’essentielestdepréserverla patriecommune.
Uneopportunitéàsaisir
Le texte de l’ancien détenu Salah el Ouadie, qui a connu aussi l’enfermement et le deuil d’un père même si ce ne fut pas dans des circonstances similaires, souligne avec force la portée symbolique de ce moment. Il y voit plus qu’un adieu : une possibilité d’une réconciliation. Le Maroc, rappelle-til, traverse une époque troublée où la logique de la force domine à nouveau les relations internationales. Dans ce contexte, le pays a besoin de cohésion, d’énergie collective et d’une vision partagée.Voicicequeditsontexte:
ParNaïmKamal
« Nasser Zefzafi… Il est temps que cette blessure se referme ! Le discours d’adieu que Nasser Zefzafi a prononcé aujourd’hui lors des funérailles de son défunt père, devant la foule des personnes venues présenter leurs condoléances, peut en réalité valoir comme un mot de bienvenueàunnouveaumomentmarocain.
Je voudrais ici être l’écho de ce qui habite les cœurs de tous, y compris celui du Roi : il est temps que cette blessuresereferme.
Ilesttempspournoustousderappeler - comme Nasser l’a évoqué dans son discours avec un courage éthique « rifain » - que la patrie est une et que « le Maroc est un tout indivisible, de son Sahara à son Nord, de son Est à son Ouest, et que rien ne prime sur l’intérêt de la patrie, même s’il faut donner son sangpourchaqueparcelledesaterre.
Il est temps pour toutes ces énergies de prendre conscience que la construction de la patrie - à une seule vitesse et non à deux- et sa défense sont la responsabilité de tous, du sommet de la pyramide jusqu’à sa base, surtout en cette période troublée de l’histoire où la logique de la force et de la coercition est revenue à l’agenda despuissantsdumonde.
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2026: LE CODE ÉLECTORAL EN CHANTIER
Sous l’impulsion du Roi, le gouvernement et les partis politiques doivent s’entendre sur de nouvelles règles pour les prochaines élections. La réforme vise à résoudre plusieurs problèmes de la démocratie représentative, tels que le manque de participation citoyenne, la transparence, le financement des campagnes et la représentation des jeunes, des femmesetdesMarocainsdumonde.
Suite à la décision du roi, le gouvernement a pour mission de préparer un projet de code électoral, qui doit être prêt d’ici la fin de l’année. Un an avant le prochain scrutinlégislatif,commentsepréparecetagenda?
Le 2 août, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a rencontré les dirigeants des partis et les a invités à lui soumettre leurs propositions pour la fin du mois. Le ministre dispose maintenant de ces documents, et il lui revient de les évaluer pour identifier les points d’accord et les divergences. D’autres réunions sont prévues pour tenter de parvenir à un texte commun, espérons-le, consensuel.
Un consensus est évidemment souhaitable, à condition que les partis parviennent à surmonter leurs divergences. Quoi qu’il en soit, le dossier sera inscrit à l’ordre du jour de la prochaine session parlementaire, qui s’ouvrira officiellement le vendredi 10 octobre, commeleprévoitlaConstitution(article65).
Si les partis cherchent avant tout à optimiser leur influence électorale, il est plus pertinent de se concentrerenpremierlieusurlaquestionfondamentale delaparticipationdesélecteurs.
En se basant sur les projections du recensement de 2014, le nombre d’électeurs potentiels en septembre 2026 s’élèverait à environ 27 millions de personnes, contre 24 millions en 2021 (selon le HCP). Alors que le taux de participation a fluctué (45,4 % en 2011, 42,3 % en 2016 et 50,3 % en 2021), la dernière augmentation ne témoigne pas forcément d’un regain d’intérêt civique. Ce chiffre élevé de 2021 s’explique principalement par la tenue simultanée de trois élections (locales, régionales et législatives). Ce ne sera plus le cas pour le prochain scrutin, qui ne concernera que la Chambre des représentants.
ParMustaphaSehimi
Une des propositions en discussion, visant à renforcer la participation citoyenne, est l’inscription automatique des jeunes électeurs. Cette mesure chercherait à augmenter le nombre de primovotants.
Cependant, les chiffres révèlent un désintérêt persistant: selon une étude du centre TIZI de février 2025, les jeunes représentaient 30 % des inscrits en 2011, puis 25 % en 2016 et 27 % en 2021. Actuellement, seulement3,4millionsd’entreeuxsontinscritssurles listes électorales, qui totalisent 18 millions de personnes en janvier 2025. Cela signifie que deux tiersdesjeunesnesontpasinscrits.
La question de fond demeure: leur inscription automatique suffira-t-elle à les motiver à voter? La vraie problématique est de savoir comment inciter les électeurs potentiels à se rendre aux urnes. Cela soulève la question de la capacité des 34 partis politiques existants à mobiliser les citoyens en répondant à leurs attentes et à leurs aspirations.
La question de fond demeure: leur inscription automatique suffira-t-elle à les motiver à voter? La vraie problématique est de savoir comment inciter les électeurs potentiels à se rendre aux urnes. Cela soulève la question de la capacité des 34 partis politiques existants à mobiliser les citoyens en répondant à leurs attentes et à leurs aspirations.
D’autres sujets restent à aborder. D’abord, comment renforcer la transparence et la fiabilité des élections? Le ministère de l’Intérieur s’est engagé à prendre les mesures nécessaires, car il est le seul à avoir les moyens logistiques et humains pour le faire. Certains partis jugent cela insuffisant et proposent la création d’une institution électorale indépendante, dont la composition et les attributions restent à définir. Le financement des campagnes électorales est également un point d’accord unanime: tous les partis demandent de lutter contre l’utilisation de l’«argent sale». Reste à définir les modalités de cette politique.
La réforme du Code électoral se penche aussi sur la représentation des jeunes, des femmes et des Marocains résidant à l’étranger (MRE).
La question de la jeunesse amène la réintroduction de la liste de candidats de moins de quarante ans, une formule déjà expérimentée en 2016 mais qui s’était soldée par un échec en raison du clientélisme et du népotisme. Pour les femmes, l’idée d’une augmentation de leur quota de 90 sièges, actuellement attribué sur les listes régionales, est en discussion.
Enfin, la représentation de la communauté des MRE, qui compte plus de 5,6 millions de personnes, doit être définie. La question est de déterminer le nombre de sièges et les circonscriptions qui leur seraient dédiés. Certains suggèrent d’augmenter le nombre de membres de la Chambre des représentants (actuellement 395) d’une centaine de sièges, mais cette proposition risque d’être impopulaire.
NÉCROPOLITIQUE DANS LE DÉSERT: LES CAMPS DE TINDOUF ET LA SUSPENSION DE LA VIE
Prenant appui sur les réflexions d’Achille Mbembe, illustre historien et politologue camerounais, et son œuvre majeure «Nécropolitique», l’analyste Lahcen HaddadexpliquecommentlescampsdeTindoufsont érigés en espaces où la vie est maintenue au strict minimum, où les populations sont réduites à l’état d’instruments ou de déchets et au statut de mortsvivants.Voicisalecture.
Delabiopolitiqueàlanécropolitique
La notion de biopolitique développée par Michel Foucault (la gouvernance des populations par la régulation de la vie, de la santé et de la reproduction) a longtemps dominé les débats critiques sur la souveraineté. Pourtant, comme l’a montré Achille Mbembe dans son œuvre majeure Nécropolitique, la condition coloniale et postcoloniale ne peut se comprendre uniquement à travers ce cadre. La souveraineté coloniale n’était jamais d’abord «faire vivre». Elle consistait à exposer des populations entières à la mort, à l’abandon et à la déposabilité. La nécropolitique désigne ainsi la capacité souveraine de décider qui peut vivre et qui doit mourir, et, plus radicalement, de créer des espaces de mort-vivance, cequeMbembeappelledes«mondesdemort».
ParLahcenHaddad
Mbemberappellequelanécropolitiqueatrouvéson laboratoire dans la colonie. La plantation, la réserve, le camp de détention: autant de sites où des populations étaient à la fois exploitées et abandonnées, réduites à l’état d’instruments ou de déchets. Les camps de Tindouf héritent de cette généalogie.
Les camps de Tindouf, situés dans le sud-ouest algérien et administrés par le Front Polisario depuis 1975, sont un site paradigmatique du pouvoir nécropolitique. Depuis près de cinq décennies, des dizaines de milliers de Sahraouis y sont confinés, suspendus dans un entredeux entre apatridie et souveraineté gelée. Dans ces camps,lavien’estpaséteintemaisimmobilisée.
L’existencepersistesanshorizon,priseentresubsistance humanitaire et instrumentalisation politique. Appliquer lecadredeMbembeici,c’estcomprendrelescampsde Tindouf non pas simplement comme des enclaves humanitaires mais comme des espaces de contrôle nécropolitique, des espaces où la vie est maintenue au strict minimum tandis que les futurs sont systématiquementconfisqués.
Le partage colonial du Sahara par la France et l’Espagne fut en soi un acte nécropolitique. Une violence cartographique qui a brisé des siècles de mobilité et d’appartenance. En inventant la catégorie de «Sahara espagnol», les puissances coloniales ont interrompu la souveraineté relationnelle du Maroc avec ses tribus sahariennes, tout en rendant les populations sahraouies vulnérablesàlamanipulation.
Lorsque l’Espagne se retire en 1975, les camps apparaissent comme le résidu spatialdecepartage.
La décision de l’Algérie d’héberger le Polisario et de confiner des Sahraouis à Tindouf prolonge cette logique coloniale. Le désert devient une zone de suspension, une «antichambre» où la vie est maintenue mais empêchée de s’épanouir.
II. Les camps comme mondes de mort
Mbembe définit les mondes de mort comme des environnements où les populations sont soumises à des conditions de vie qui leur confèrent le statut de mortsvivants. Les camps de Tindouf en sontl’illustration.
•Confinement spatial: les habitants ne peuvent circuler librement hors des camps. Leurs mouvements sont surveillés par les autorités algériennesetlePolisario.
• Suspension temporelle: depuis près de cinquante ans, des générations naissent et grandissent dans les camps sans perspective de citoyenneté, de participation politique ni de retour. La vie est figée dans un état de «provisoire»permanent.
• Dépendance économique: les camps dépendent de l’aide humanitaire internationale pour l’alimentation, l’eau et la survie de base. Cette aide, comme l’a révélé l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), a souvent été détournée, instrumentalisant la population comme ressource géopolitique.
• Négation de la subjectivité: les résidents ne sont pas reconnus comme citoyens algériens. Leur agentivité politique est entièrement médiatisée par le Polisario, qui prétend parler en leur nom tout en réprimant la dissidence.
Ces dynamiques produisent un paradoxe nécropolitique. Les camps préservent la vie mais lui dénient sa substance. Les Sahraouis survivent, mais cette survie n’est pas la vie au sens de Mbembe. C’est la vie nue, dépourvue d’avenir et d’autonomie.
III. Nécropolitique et suspension delasouveraineté Mbembe souligne que la nécropolitique ne consiste pas seulementàtuer,
mais aussi à maintenir en vie pour mieux contrôler. Les camps de Tindouf incarnent parfaitement cette logique. L’Algérie et le Polisario les entretiennent non pas pour permettre l’épanouissement desSahraouis,maispourpréserver un statu quo géopolitique. La souveraineté y est suspendue. Les Sahraouis sont maintenus dans un entre-deux, ni pleinement intégrés à un État reconnu, ni libres de choisireux-mêmesleurdestin.
Cette suspension sert plusieurs fonctionsnécropolitiques:
• Instrumentalisation: les camps sont utilisés comme monnaie d’échange dans les rivalités régionales, notamment entre l’AlgérieetleMaroc.
• Production de victimisation: le récit de la victimité sahraouie entretient une sympathie internationale, garantissant un flux continu d’aide et de capital diplomatique.
• Effacement des alternatives: en confinant les Sahraouis dans les camps, d’autres voies (intégration à la société marocaine, participation aux projets de développement à Laâyoune ou Dakhla…)sontfermées.
Les camps ne sont donc pas des espacesneutresmaisdesespaces decaptivité,oùlesujetpolitiqueest immobiliséàdesfinsstratégiques.
IV. Le temps nécropolitique: des générationssanshorizon
Une des intuitions les plus marquantes de Mbembe est que la nécropolitique opère par le contrôle du temps: les populations sontprivéesdefutur.ÀTindouf,des générations entières ont grandi en ne connaissant que le camp. Des écoles existent, mais leurs diplômés n’ont ni marché du travail, ni institutions politiques, ni société civile au-delà du Polisario. Mariage, travail, éducation, tout est suspendudansune«salled’attente del’histoire».
Cette temporalité du report infini est une technologie nécropolitique. En immobilisant le temps, les camps empêchent l’émergence de l’agentivité. Naître à Tindouf, c’est hériter d’une temporalité de stase: on est condamné à vivre dans ce que Mbembe appellerait un «temps de mort». Une existencesanshorizon.
V.Nécropolitique,genreetvie quotidienne
En s’appuyant sur Mbembe, Françoise Vergès a montré comment la nécropolitique s’articule avec le genre et le travail domestique. À Tindouf, les femmes portent la charge principale de la survie dans des conditions de dénuement. Ellescuisinentavecdesrations limitées, élèvent les enfants dans des écoles de fortune et reproduisent une communauté assiégée. Pourtant, leur travail est invisibilisé, réduit à la simple survie plutôt qu’à l’émancipation. Cette féminisation de la survie illustreuneautredimensionde
la nécropolitique: la production de vie uniquement dans la mesure où elle sert à reproduire la captivité. L’agentivitédesfemmesestcirconscrite,canaliséedansl’entretiendusystèmequilesemprisonne.
VI.Lecontre-récitmarocain:unepolitiquedelavie
En contraste avec la nécropolitique des camps, le Maroc présente sa gouvernance des provinces sahariennes comme une politique de la vie. Des investissements massifs dans les infrastructures, les énergies renouvelables, l’éducation et les corridors commerciaux transforment Laâyoune et Dakhla non en mondesdemortmaisenpôlesdedéveloppement.
D’un point de vue postcolonial, ce contraste est révélateur. Les camps incarnent la continuation de la suspension coloniale, tandis que le projet intégrationniste du Maroc cherche à ré-humaniser le Sahara commeespacedemobilité,deconnectivitéetd’avenir.Quel’onadhèreounonauxpolitiquesmarocaines, le terrain discursif est clair. La souveraineté y est présentée non comme domination mais comme restaurationdelaviefaceàlastagnationnécropolitique.
Les camps comme allégorie nécropolitique
Les camps de Tindouf ne sont pas un accident de l’histoire. Ce sont une construction nécropolitique délibérée. Ils illustrent la thèse de Mbembe selon laquelle la souveraineté dans le postcolonie opère souvent par la suspension de la vie, par la création de zones où les populations sont maintenuesenviemaisprivéesdeleur pleinehumanité.
Analyser les camps à travers Mbembe, c’est reconnaître que la question du Saharaoccidentaln’estpasseulement juridique ou diplomatique. Elle est existentielle. Le choix se situe entre deux régimes de souveraineté. L’un qui immobilise la vie dans les camps du désert. Et l’autre qui cherche à réintégrer le Sahara dans un horizon africain de développement et de circulation.
La nécropolitique clarifie ainsi les enjeux. Les camps ne sont pas des sanctuaires humanitaires mais des espaces de mort lente, où les futurs sont volés au nom de la politique. DécoloniserleSahara,c’estmettrefinà cette captivité nécropolitique, permettre aux Sahraouis de vivre non comme des victimes du temps suspendu mais comme des sujets de l’histoiredotésd’unavenir.
ENTREPRENEURIAT
: LA VÉRITABLE ÉCOLE DE LA RICHESSE ET DE L’EMPLOI
Pourquoil’écolenenousapprendpasàdevenirriches?
Robert Kiyosaki, dans son célèbre ouvrage Père riche, Père pauvre, pose une question fondamentale:pourquoil’écolenenousapprend-ellepasàdevenirriches?
L’enseignement classique forme avant tout de bons salariés, habitués à rechercher la sécuritéd’unemploi,souventdanslafonction publique. Or, cette logique limite la créativité, bride l’innovation et perpétue une dépendanceausalariat.
Au Maroc, cette perception est encore dominante dans les familles, qui préfèrent voir leurs enfants obtenir un poste stable plutôt que de les encourager à créer leur propre entreprise. Pourtant, sans entrepreneurs, il n’y a ni innovation, ni emplois,nirichessedurable.
L’entrepreneuriat,clédelaprospérité
Dans les économies modernes, la croissance repose sur les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) et sur les startups innovantes. Ce sont elles qui génèrentlamajoritédesemploisetportentla dynamiqueéconomique.
La jeunesse marocaine, talentueuse et instruite, dispose aujourd’hui d’outils inédits : financements accessibles, cadre légal favorable, volonté politique affirmée. Mais ce potentielrestelargementsous-exploité,faute d’une culture entrepreneuriale profondément ancrée.
Le Maroc a multiplié les initiatives : Intilaka, Awrach, Forsa, Charte de l’investissement, Stratégie nationale pour l’entrepreneuriat des jeunes. Ces programmes offrent des crédits, prêts d’honneur et avantages fiscaux qui ouvrentdevraiesperspectives.
Par Abdelghani ElArrasse
Cependant,undéséquilibrepersiste:
-Trop d’accent sur le financement, trop peu sur l’accompagnementdeproximité.
'Faible intégration de l’éducation entrepreneuriale danslesfamilles,àl’écoleetàl’université.
-Manque d’incitation à transformer les passions desjeunesenprojetséconomiquesviables.
-Sans mentors, incubateurs, suivi postfinancement et surtout sans changement culturel, de nombreux projets financés échouent avant mêmed’atteindreleurmaturité.
Allemagne : puissance économique fondée sur le Mittelstand (PME familiales) soutenu paruneéducationtechniquesolide.
Rwanda : pari sur le numérique et l’entrepreneuriat pour attirer les investissements et créerdesemploispourlesjeunes.
Changerlamentalité:famille,écoleetuniversité
-Les familles doivent apprendre à valoriser la prise de risque et la création d’entreprise aulieudepousserversleseul“emploistable”.
-L’école et l’université doivent intégrer l’éducation financière, la gestion de projet et l’espritentrepreneurialdèslesecondaire.
-La société doit reconnaître et célébrer l’entrepreneur comme un créateur de valeur, au mêmetitrequ’unmédecinouuningénieur.
Versunnouveauparadigme
Réduire le chômage des jeunes au Maroc ne se fera pas uniquement par des prêts bancaires ou des aides publiques. Il faut un véritable changement de mentalité.
CommelerappelleKiyosaki:
« Ce n’est pas votre salaire qui vous rend riche, mais vos compétences à créer de la valeur.»
Avec la volonté politique , les programmes publics disponibles et les opportunités offertes par la Charte de l’investissement, il est temps de faire de l’entrepreneuriat un choixnatureletvalorisépournosjeunesdiplômés.
Réduire le chômage des jeunes au Maroc ne se fera pas uniquement par des prêts bancaires ou des aides publiques. Il faut un véritable changement de mentalité. Comme le rappelleKiyosaki:
« Ce n’est pas votre salaire qui vous rend riche, mais vos compétences à créerdelavaleur.»
Avec la volonté politique , les programmes publics disponibles et les opportunités offertes par la Charte de l’investissement, il est temps de faire de l’entrepreneuriat un choix naturel et valorisépournosjeunesdiplômés.
C’est ainsi que le Maroc pourra bâtir un avenir émergent, créateur de richesse, d’emploisetdevaleurajoutée.
LA QUESTION DÉMOGRAPHIQUE AU MAROC DOIT ALERTER DE TOUTE URGENCE NOS DÉCIDEURS POLITIQUES
Alors que la population d'Afrique va frôler les 5 milliards à la fin de ce siècle, soit une multiplicationpar4desapopulationactuelle, alors que beaucoup de pays d'Afrique vont voir leurs populations doubler, tripler ou même quintupler, la population du Maroc va augmenter d'à peine 20% d'ici à la fin du siècle.Dans75ans.
Plus inquiétant encore : cette "quasi stagnation"démographique,pournepasdire ce recul démographique, va accentuer davantage le vieillissement de la population qui est de nature à occasionner des déséquilibres dangereux et structurels au niveaudumarchédel'emploi,delapartdela population active, des Caisses de Retraites, delatailledenotremarchéintérieur...etc.
L'un des avantages majeurs d'une prévision c'estquemêmes'ilyadefortechancequ'elle aitlieu,ellen'apasencoreeulieu.Etdoncelle nous donne le temps d'agir, de changer les conditionsdesaréalisation.
La carte démographique de l'Afrique ciaprès, devrait alerter nos décideurs politiques, économiques et sociaux pour inventer et mettre en place dès à présent, les dispositions correctives qui s'imposent, dont leseffetsnepeuventavoirl'impactrecherché qu'àmoyenetlongtermes.
D'autant plus que bien au-delà de cette "cuisineintérieureMaroc",notrepaysà"petite" population, ne pourra prétendre à la position internationale à laquelle il aspire légitimement.
Par NajibMikou
Notre pays qui ambitionne d'être une puissance économique,industrielle,technologiqueetagricole, ne peut malheureusement y parvenir avec une population en vieillissement structurel. Il ne peut par conséquent, faire l'économie d'un choix sans équivoque entre une croissance démographique volontariste et essentiellement endogène, dont l'élargissement structurel de sa classe moyenne constitue le levier incontournable, et une croissance démographique essentiellement exogène qu'aucun pays au monde n'a jusqu'à présent su ni pu maîtriser, aussi bien en effectifs qu'enprofils.
L’ARTISTE SOLITAIRE FACE À UNE STRUCTURE FRAGILE
«Ledomainedel’artauMarocn’estpasstructuré»
La première phrase que j’ai écrite est à la fois correcte et véridique. C’est ce que j’ai découvert au fil de mes expériences professionnelles, modestes mais significatives, et surtout à travers une enquête menée dans le cadre de mon mémoire de fin d’études en sociologie à l’Université Mohammed V en 2024, intitulé « Les politiques culturelles au Maroc : le domaine des arts plastiques et visuels ». Cesconstatssesontégalementnourrisde mes collaborations avec diverses institutionsdusecteurartistique.
Unestructureartistiquefragile
Dansmesrecherches,j’aiconstatéqueles références incontournables en sociologie de l’art, telles que Pierre Bourdieu, Nathalie Heinich ou Raymonde Moulin, permettent seulement une compréhension partielle du cas marocain. En effet, la structuration artistique au Maroc possède des spécificités propres. L’une des plus marquantes réside dans le fait que l’histoiredelapeintureetdelaplupartdes arts ne s’y est réellement affirmée qu’à partir de la période coloniale. Je ne parle pas ici de l’art dans sa dimension anthropologique, mais bien comme pratique relevant d’un champ autonome etinstitutionnalisé.
La galerie, le musée, la critique d’art et l’ensembledesacteursdelaproductionet de la réception constituent la structure du champ artistique, qu’il soit marocain ou international. Or, malgré un passé artistique riche, cette structure demeure fragile, marquée par des logiques de clientélismeetdemonopole.Ainsi,
Par SalahEddine Boulaich
le marché reste dominé par quelques grands artistes et par des œuvres historiques dont les auteurssontaujourd’huidisparus.
Cette fragilité pousse de nombreux jeunes artistes diplômés à dépendre essentiellement du soutien d’institutions étrangères, comme l’Institut français, la Fondation Friedrich Naumann ou la Fondation Heinrich Böll, mais aussi d’organismes marocains spécialisés comme la Fondation Hiba. Quant à l’appui du ministèredetutelle,ildemeurelimité: en 2024, le budget alloué à la culture ne dépassaitpas0,31%dubudgetgénéraldel’État. Sur les 40 artistes ayant répondu à mon questionnaire de recherche, 83 % (toutes générations confondues) se sont déclarés insatisfaits des politiques culturelles dans le domaine des arts plastiques et visuels au Maroc.
L’artiste comme étranger dans son proprechamp
Par ailleurs, 76 % des artistes confirmés interrogés déclarent exposer régulièrement dans la même galerie, souvent en raison de liens amicaux avec son propriétaire. Ce manque de transparence dans la sélection des exposants limite considérablement l’accès des jeunes créateurs. Les grandes galeries imposent des contrats défavorables, que les artistes acceptent néanmoins afin d’accumuler de l’expérience et de progresserdanslechamp.
Beaucoup de participants ont également relevé les différences profondes entre le traitement offert par les institutions étrangères et celui des institutions marocaines en matière de soutien, d’expositions ou de résidences artistiques. Les problèmes de communication avec la Direction de la culture ont été maintes fois évoqués : absence de réponse aux emails, silence au téléphone. Plusieurs diplômés de l’Institut national des beauxarts de Tétouan ont souligné que le ministère devrait leur délivrer automatiquement la carte d’artiste à l’issue de leur formation. Leur exclusion de ce dispositif les prive fréquemment de résidences ou d’expositions à l’étranger, alors que ce document leur faciliterait l’obtentiond’unvisa.
Unetrajectoirecontrainteversl’exil
Face à ces obstacles, nombre d’artistes marocains choisissent de poursuivre leur parcours dans des universités ou institutions artistiques européennes. Comme je l’ai souligné dans mon titre, « l’artiste est un solitaire » : livré à lui-même après ses études, il se retrouve face à des politiques culturelles qui ne lui permettent pas de vivre de son art. Il est contraint de faire face à son destin, malgré l’essor considérabledesindustriesculturelles.
Aujourd’hui, les étudiants en art s’orientent de plus en plus vers l’art contemporain et tentent de s’insérer dans le marché mondial grâce à quelques initiatives institutionnelles qui commencent à émerger. Toutefois, ces efforts restent limités dans un contexte d’austérité gouvernementale qui affecte tout autant la culture que l’éducation, ainsi que d’autres secteurs vitaux.
LE CLASSEMENT MONDIAL DES UNIVERSITÉS
LE MAROC FAIT DU SURPLACE
Deux classements des universités au niveau mondial pour l’année 2025 viennent d’être publiés : le classement de Shanghai, le plus ancien et le plus crédible qui publie annuellement son palmarès depuis 2003 porte sur 1000 premières institutions universitaires ; le classement émanant d’un centre de recherche américain, CEOWORLD Magazine, se limitant lui aux 500 premières universités. Dans le premier cas, le Maroc garde de justesse une place dans le dernier groupe des 900-1000 grâce à l’université Hassan II de Casablanca, maintenant ainsi sa position de 2024. En revanche, dans le deuxième classement, portant sur les 500 premières universités,leMarocestabsentduclassement.
Chacun de ces organismes adopte sa propre méthodologie. Ce qui donne lieu à des résultats relativementdifférents.
L'ARWU (Academic Ranking of World Universities) utilise six indicateurs objectifs pour classer les universitésmondiales,ycomprislenombred'anciens élèves et de membres du personnel ayant remporté des prix Nobel et des médailles Fields, le nombre de chercheurs sélectionnés par Clarivate, le nombre d'articles publiés dans les revues Nature et Science, le nombre d'articles indexés dans le Science Citation Index Expanded et le Social Sciences Citation Index dans le Web of Science, et la performance par habitant d'une université. Plus de 2500 universités sont réellement classées par l'ARWU chaque année etles1000meilleuressontpubliées. Sur cette base, le top 10 des universités est toujours dominé par les USA avec 8 places. Les deux autres sont occupées par le Royaume Uni. Dans le top 100, plus d’un tiers, 37, sont américaines, la Chine détient 15 places, le Royaume Uni compte 8 universités, l’Australie et la Suisse détiennent 5 universités chacun et la France arrive juste après avec 4 institutions. On relève que la Chine progresse au cours des dernières années : dans le top 1000, elle compte à elle seule 244 universités dépassant ainsi, et de loin, les USA (183), dont 113 dans le top 500. La France compte 18 universités dans le top 500 et 27 dansletop1000.
Par Abdeslam Seddiki
Unehirondellenefaitpasleprintemps! Venons à présent aux pays arabes. C’est l’Arabie Saoudite qui occupe la première place dans la région avec 3 universités dans le top 500 et 13 dans le top 1000. Vient ensuite l’Egypte avec une université dans le top 500 et 6 dans le top 1000. Les EAU comptent 4 universités dans le top 1000. Le Maroc, Qatar, Liban comptent une université chacun dans le top 1000. Les autres pays arabes sont absents et ils ne sont pas les seuls. Il faut dire que les places sont chères et la concurrence est vive. Seuls 62 pays ont pu figurer dans le classement. Le Maroc a maintenu de justesse sa place de 2024 et c’est toujours l’Université Hassan II qui détient le trophée. Sur les 62 pays classés, il arrive parmi les 4 derniers ! Il n’y a pas de quoi pavoiser.Lamodestiedoitêtredemise.
Dans le même ordre d’idée, le classement établi par CEOWORLD Magazine ne déroge pas à la règle. Il consacre la domination des mêmes pays sur le podium. Rappelons que CEOWORLD magazine est une publication mondiale d'affaires et de finance destinée aux PDG, aux cadres supérieurs, aux investisseurs et aux personnes fortunées. Il offre des analyses approfondies, des stratégies, des informations et des classements sur des sujets comme l'économie, la technologie et les classements de villes, cherchant à inspirer et à motiver son public pour prendre desdécisionséclairées.
on classementestdominéplusparlecôté pratique qu’académique. Il est basé sur sept principaux indicateurs de qualité et de réputation : Influence Mondiale Perçue (20%), Réponses des recruteurs (20%), Retour des employeurs (10%) Taux de placement des employés (10%), Éligibilité à l'admission (10%), Spécialisation (10%) Réputation académique (20%). Les données sont réunies sur la base d’une enquête comprenant une liste de plus de 1200 universités à travers le monde. Les participants ont été invités à sélectionner dix universités qu'ils estiment être les meilleures au monde pour l'année 2025. L'enquête a impliqué des répondants de 95 pays et a été menée entre janvier et mars2025.
Les meilleures universités au monde d’après cette enquête, dont il faut souligner les limites, sont toujours américaines.Ainsi,dansletop10,ontrouve 6 américaines, 3 appartenant au Royaume-Uni et une Suisse. La première universitéchinoisearriveau29èmeranget la première université de France occupe la 52ème place. Seuls cinq pays arabes figurent au classement dans top 500 : l’Arabie saoudite avec trois universités ; Le Liban, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et l’Egypteavecuneuniversitéchacun.
Investirmassivementdansl’université…
Le défi majeur pour notre pays, et pour le « sud global » d’une façon générale, consisterait à rehausser le niveau de nos universités afin qu’elles puissent se mesurer aux universités de rang mondial. Pour cela, il est essentiel d'améliorer la qualité de la recherche et de l'enseignement, en favorisant l'innovation, l'acquisition et la création de connaissances avancées. Cela demande biensûrdesmoyensadéquats.Ilfautaussi encourager un environnement d'apprentissage riche, une gouvernance flexible et une autonomie académique propice à la vision stratégique et à l'innovation.
En outre, la collaboration internationale par des partenariats avec d'autres institutions reconnues permet d'acquérir une expérience et une visibilité à l'échelle mondiale. Par ailleurs, un financement adéquat et diversifié ainsi que l'engagement du gouvernement à soutenir l'enseignement supérieur sont cruciaux. Enfin, l'intégration des technologies numériques, la formation de personnel qualifié, et la mise en place d'agences d'assurance qualité aident à maintenir des standardsélevésetàattirerdesétudiantsdu mondeentier.
En tout état de cause, il n’y a pas de voie toute tracée pour progresser. On ajuste tout en avançant et on évalue tout en créant. Il faut surtoutéviterdeperdresontempsdans des questions de détail et des batailles de seconde zone qui ne font que gaspiller le temps et les moyens. La performance d’une université dépend de son environnement culturel et du niveau des entrants. C’est avec des élèves bien formés au primaire et au secondaire qu’on formera des chercheurs et des savants qui seraient en mesure d’accompagner le développement du pays et de rayonner à l’international. Investir massivement dans l’Université, c’est investir endernièreinstancedansl’humainetl’avenir denotrepays.
QUAND L’UNIVERSITÉ SE RÉDUIT À DES INDIVIDUS : LE CAS D’IBN TOFAÏL
L’université,uneinstitutionavanttout
L’université n’est ni un simple passage pour des gestionnaires éphémères, ni un tremplin pour ambitions personnelles. Elle incarne un espace collectif de savoir, une mémoire institutionnelle, et un engagement éthique durable. Sa mission dépasse les personnes : elle repose sur le travail en équipe, la rigueur scientifique et l’accumulation patiente des efforts sur le long terme.
Réduire ses réussites à la seule action d’un individu, fut-il président, revient à trahir son essencemême.
Ibn Tofaïl : une trajectoire construite sur le tempslong
Entre 2014 et 2022, l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra a connu une réelle montée en puissance.Ceprogrès,notammentenphysique, chimie et énergies renouvelables, s’est traduit par une présence remarquée dans les classements internationaux, comme le Times HigherEducation.
Par Mohamed Berraou
e développement n’était pas le fruit d’un coup d’éclat, mais bien d’un investissement institutionnel structuré, d’une vision claire, et d’un climat de confiance au sein et en dehors de l’université. Une réussite collective, en somme.
Dérives récentes : l’effacement de l’institution auprofitdel’image
Depuis 2023, on observe un glissement préoccupant : des réussites construites sur une décennie sont subitement présentées comme les fruits d’une gestion individuelle récente. Ce raccourci est non seulement inexact, mais surtout irrespectueux envers tous les acteurs ayant contribué à bâtir la réputation de l’université.
Un exemple parmi d’autres : l’élection d’un président universitaire à un poste au sein d’une association africaine a été présentée comme un exploit personnel. Pourtant, c’est bien la crédibilité de l’université elle-même — acquise surdesannées—
qui a permis cette reconnaissance. Les instances internationales se basent sur la valeur des institutions, non sur des individualités momentanées.
Quandlacommunicationprendlepassurlefond
Le recours intensif aux réseaux sociaux et aux médias, centré sur la mise en avant d’un acteur unique, illustre une volonté de communication personnelle plus que de valorisation des projets académiquesdefond.Cettestratégie,baséesurla mise en scène de soi, est en décalage avec l’esprit universitaire, qui exige sobriété, constance et travailcollectif.
Desindicateursquicontredisentlesdiscours Laréalitérécente,hélas,estmoinsflatteusequeles discours. L’université a enregistré un recul notable dans le classement national de l’intégrité scientifique (RI2), où elle figure désormais en dernière position. Ce type de dégradation appelle une évaluation rigoureuse des pratiques de gestion et de leur alignement avec les standards académiques.
Parmi les signes d’un éloignement inquiétant de la vocation universitaire, l’organisation d’un festival de chant populaire (cheikhates) sur le campus a suscité de vives interrogations. Si la culture populaire a sa place dans la société, sa programmation dans un cadre académique pose question quant à la cohérenceaveclamissiondel’université:former,chercher,innover.
Cedontl’universitéabesoin
L’université n’a que faire des discours ronflants ni des images soigneusement mises en scène. Elle a besoin de dirigeants humbles, compétents, et profondément attachés à l’idée que le pouvoir est un service,nonunetribunedepromotionpersonnelle.
Il est temps de redonner à l’institution sa place centrale, de respecter son histoire et ses acteurs, et de rejetertoutetentativedepersonnificationoud’appropriationdesréussitescollectives.
LA SANTÉ DE NOS SOLS AGRICOLES : UNE PRIORITÉ ABSOLUE POUR NOTRE SOUVERAINETÉ
ALIMENTAIRE
Ce mois-ci, la prestigieuse revue scientifique
Nature a publié une étude de cartographie agricole menée par une équipe de chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Les deux cartes développéesfournissentdesinformationsquant à la prédiction de la disponibilité du phosphore et du potassium échangeable dans les sols agricoles du Maroc. Elles constituent une base indéniable pour comprendre la répartition de ces deux nutriments essentiels pour la croissance et le développement des cultures, et devraient permettre aux agriculteurs de cibler leurs interventions là où les amendements du sol sont les plus nécessaires, optimisant en conséquencelaproductivitédescultures.
Les deux cartes publiées établissent des constats pertinents sur la fertilité chimique des sols agricoles marocains. Limitons-nous à la première : elle révèle que ces sols ont accumulé des stocks plus ou moins importants de phosphoredisponible,àl’exceptiondequelques zones situées dans les régions de Fès, Settat et Marrakech. Autrement dit, dans les régions bien dotées, la réduction de l’usage des engrais minéraux phosphatés ne va pas nécessairement entraîner une baisse de rendement car les cultures sont capables de mobiliser le phosphore disponible accumulé dans les sols. De plus, dans ces régions, il est urgent d’accélérer la transition agroécologique pour préserver la fertilité acquise en phosphore des sols en favorisant le retour aux sols des effluents agricoles ou d’élevage, et en limitant l’érosion des sols. A ce propos, la dégradation des terres agricoles due à l’érosion hydrique représentait environ 0,5 % du PIB selon une étude réalisée par la Banque mondiale. S’y ajoute l’ensablement progressif des barrages qui pourrait coûter jusqu’à de 10 milliards de dirhamsd'ici2030silatendancesepoursuit. C’est donc bel et bien une avancée scientifique d’importance, qui ouvre la voie au développement d’une agriculture de précision dansnotrepays,
Par IkbalSayah
à même de concilier les impératifs de productivité agricole et de gestion durable des territoires tel que prévu par la stratégie Green Generation.
Certes, ce n’est pas tout à fait un baromètre permettant d’évaluer précisément l’état de santé de nos sols agricoles, afin de savoir quelle est la part de ceux jugés sains ; en état de dégradation (avancée ou modérée) ; ou dans un état critique. Mais à partir de ces cartes, il devient possible de concevoir un réseau de surveillance de la santé des sols, d’éclairer les politiques agricoles fondées sur des données probantes et de soutenir des stratégies de gestion durable des terres.
La question de la santé de nos sols mérite d’être prise au sérieux : notre sécurité alimentaire dépend en effet de toute la richesse (minéraux, biodiversité, services écosystémiques, etc.) contenue dans cette fragile couche de terre qui recouvre nos campagnes. Cet actif essentiel mérite la plus grande considération dans nos réflexions sur l’avenir de notre agriculture. Dans ces conditions, une cartographie intelligente devient utile et nécessaire pour ce faire.
Les enjeux sont pourtant réels et critiques. Il faut lire « L’origine du monde » du biologiste Marc-André Selosse pour saisir jusqu’à quel point le sol est une puissante et étonnante construction du monde vivant : il porte, nourrit et protège le monde.
Et quand on se rappelle que « humain » vient de « humus », on comprend que ne pas prendre soin de nossolsetallerjusqu’àlesdétruireestlittéralement inhumain.
En fait, un sol vivant est la condition première d’un environnement sain. Il assure d’abord la fertilité naturelle des terres agricoles. Il permet l’infiltration des eaux de pluie, favorisant en conséquence la sauvegarde des sols lors des épisodes de sécheresse ou d’inondation. Il garantit la qualité des nappes phréatiques. Il entretient un microbiote riche en bactéries diverses qui, en communiquant avecnosintestins,contribuentànotrebonnesanté. Il entretient et favorise la biodiversité et stocke du carbone.
Sur le plan économique, nos sols constituent la base essentielle de nos filières agricoles et fournissent la matière première pour notre agroindustrie, le deuxième secteur industriel du pays d’après les données du Haut-Commissariat au Plan,avec5%duPibnational,9,4%desexportations totales et représentant plus de 150.000 emplois. Elles reposent sur des cultures dont la production devient de plus en plus erratique en raison de l’impact du dérèglement climatique sur la santé dessolsdontlarésiliencepeutêtreentravée.
Ce faisant, les risques pesant sur nos approvisionnementsagricoles(etmêmeforestiers) n’ont jamais été aussi élevés. Les rendements de certaines cultures deviennent imprévisibles, entraînant des fluctuations de prix considérables aupointd’affecterleniveaudeviedesménages.
La place du monde agricole (ou plus généralement rurale) dans les équilibres socioéconomiques du Royaume n’est nullement contestée. Les pouvoirs publics lui ont toujours accordé une priorité étant donné son importance pour assurer, du moins en partie, notre sécurité alimentaire, mais également pour promouvoir les cultures à forte valeur ajoutée (tomates, agrumes, oliviers), qui représentent un levier économique important à l’échelle nationale et internationale, mais au prix de situations d’usage abusif des ressourceshydriquesetd’engraisdesynthèse.
Cet équilibre fragile soulève une question essentielle : comment garantir un approvisionnement durable face aux défis environnementauxetéconomiques?
Face à cette réalité, une prise de conscience collective et des actions concrètes s’imposent pour renforcer la durabilité de nos systèmes d’approvisionnement. La soutenabilité de notre système agricole ne relève plus seulement d’une questionécologique,maiséconomique.
La continuité des activités économiques et l’accèsdesconsommateursàdesproduitsen quantité suffisante, à des prix maîtrisés (la part des dépenses allouées par les ménages marocains à l’alimentation avoisine les 40% selon l’enquête nationale sur le niveau de vie 2022-23 réalisée par le HCP), dépendent fondamentalement de la préservation de nos sols.
Dans ces conditions, le suivi de l’état de santé des sols est impératif pour permettre d’identifier,pourchaqueculture,despratiques agroécologiques assurant le meilleur avenir à nos sols. En la matière, le Maroc dispose d’un certain savoir-faire, à la faveur de l’expertise cumuléedanslecadredesontissucoopératif ouparlescommunautésoasiennes.
Une fois déployées, ces pratiques agroécologiques ne manqueront pas de générer des effets positifs, offrant alors des avantages compétitifs comparativement à l'agriculture conventionnelle grâceàunemoindredépendanceauxintrantsetàunemeilleurevalorisationdesproduits.
La résilience des cultures face aux chocs climatiques repose directement sur la santé de nos sols. Il est important dans ces conditions de privilégier une approche fondée sur la mesure de la résilience dessystèmesagricoles.
Le premier actif d’un agriculteur, c’est son sol. Mais il est bien de rappeler que c’est aussi le premier actif de chaque habitant de notre planète. Les politiques publiques doivent viser à en assurer la pérennité.Plutôtquedeconsidérerlerespectdenossolscommeunecontrainte,ilestpréférablede l’envisager comme la garantie de la résilience de nos systèmes agricoles ainsi qu’un levier d’innovationetdecompétitivitépournotreagriculture.
A l’avenir, les agriculteurs seront nécessairement amenés à faire appel aux méthodes agroécologiques pour atteindre des objectifs exigeants. Cependant, la transition agricole est un processus complexe qui relève de la responsabilité de tous. Et ce n’est pas aux seuls agriculteurs d’enporterlecoût,surtoutlespluspetitsd’entreeux,quiontdéjàsuffisammentderisquesàporter.
Cela exige alors un cadre collectif pour mutualiser les ressources, partager les risques et mettre sur pied de nouveaux modèles économiques, intégrant conseil technique et technologique, accompagnement financier ainsi que rémunération des agriculteurs pour les services rendus à la société. La transition vers une agriculture durable et résiliente passe en effet par la reconnaissance dumétierd'agriculteurcommegardienduvivant.
LE RÔLE PSYCHOLOGIQUE DES STARS DU FOOTBALL DANS L’IMAGINAIRE DES FOULES
Il y a, dans l’élan soudain des spectateurs qui franchissent les barrières et envahissent la pelouse, quelquechosequidépasselasimpleinfractionaurèglementdesstades.
Ce n’est pas seulement une folie incontrôlée : c’est une décharge brute, une vérité nue, le cri d’un cœur quichercheàtouchersonétoile.
L’envoûtementdelalégende
Messi, Ronaldo et d’autres géants du ballon rond ne sont plus, pour leurs admirateurs, de simples athlètes courantderrièreunballon.
Ils sont devenus symboles, incarnations vivantes d’un rêved’enfance.
Celui qui surgit des tribunes ne voit pas un joueur ordinaire ; il aperçoit sa propre légende, celle qui l’a accompagné sur l’écran du téléviseur ou dans les récitsenflammésdesamisetdesvoisins.
À cet instant, la frontière entre réalité et imaginaire se dissout.
Ledébordementdesémotions
Sur le plan psychologique, cette irruption traduit un phénomènedel’identificationaffective.
Le supporter vit à travers son idole : il triomphe avec sesvictoires,trembleavecsesdéfaites.
Quand le joueur est devant lui, de chair et d’os, toutes les émotions éclatent d’un coup : gratitude, admiration,amour,ferveur.
Alors certains embrassent la tête du joueur, d’autres s’inclinent devant lui, comme on s’inclinerait devant unpoèteouunsaint.
Laquêted’éternité
Descendre sur le terrain n’est pas toujours chercher unesignatureouuneaccolade.
C’est,envérité,tenterdevoleruninstantd’éternité.
Effleurer l’épaule de Messi ou poser son front sur la main de Ronaldo, c’est avoir le sentiment d’entrer, ne serait-cequ’uneseconde,danslagrandelégendedu footballuniversel.
Un geste qui, immortalisé par une photo ou gravé danslamémoire,peutvaloirunevieentière.
Labeautéhumaine
Si l’acte reste risqué sur le plan sécuritaire, il possède unechargedebeautéindéniable.
Par AnwarCHERKAOUI
C’est l’expression d’un besoin humain essentiel : celui d’approcher les figures qui nous inspirent, d’effleurer l’idéalquel’ons’estchoisi.
Car ces stars ne mesurent pas toujours l’ampleur de la mission psychologique qu’elles portent dans le cœurdesmillions.
Elles ne sont plus seulement des sportifs, elles sont devenues les réceptacles des rêves et des désirs des peuples.
Cen’estdoncpasunesimplefolie.
C’est une révélation émotionnelle, un moment de clarté, une rencontre fragile entre l’homme ordinaire et l’icône vivante, entre la quête de sens et l’incarnationd’unidéal.
La phrase claque comme une gifle et laisse une trace amère. On en rit parfois entre vieux militants au fonddescafés,maisc’estunriredeguerre.Pendantlapériodeélectorale,lesvraisdébatssefontrares. La précision dérange. Le chiffrage refroidit. La nuance n’a pas de mégaphone. Et si, par bravade ou par hygiène, vous dites ce qui est, ce qui coûte, ce qui manque—vous devenez soudain l’invité discret des urnes.
Scène 1. Réunion de quartier, salle trop éclairée. Je parle d’un budget municipal : « Voilà ce que nous pouvonsfinancer,voilàcequenousnepouvonspas.Si on construit la salle de sport, on renonce pour trois ans à la réfection des canalisations. » Silence. Puis le voisin de la troisième rangée : « L’autre candidat, lui, dit qu’on peut tout faire. » Rires, applaudissements, rideau. J’ai perdu d’une courte tête. Les fuites d’eau, elles, ont continuédegagner.
Scène 2. Débat régional, plateau télé. On me demande l’emploi.Jerefusedepromettre«50000postes»enun mandat. J’explique les cycles, les contraintes, l’inertie des administrations, le temps long des infrastructures. Le lendemain, les titres résument : « Le candidat qui ne croit pas à l’emploi. » Un demi-point en moins dans le baromètre.Leréel,c’estpratiquepourgouverner;pour gagner,c’estmoinscertain.
Scène 3. Porte-à-porte. Je dis à une dame que la subvention au carburant est une béquille chère qui profiteplusauxgrosréservoirsqu’auxpetitsrevenus,et qu’un ciblage serait plus juste même si, au début, ça pique. Elle me remercie, dit que j’ai peut-être raison, mais « pas maintenant ». Depuis, « maintenant » se repose toujours quelque part entre la veille du scrutin etlepremiertourdesregrets.
On me dira que c’est une question de talent : un candidathabilepeutdirelavéritéetlafaireaimer. Possible. Encore faut-il être capable de la dire—et c’est là le premier nœud. Dire la vérité demande du courage, mais surtout de la structure : des chiffres, des échéances, des compensations, une pédagogie patiente.
Or la campagne est un stand de foire : on crie, on gesticule, on distribue des promesses comme des ballons gonflés à l’hélium. Le drame n’est pas que les électeurs refuseraient la vérité ; c’est que l’économie del’attentionlaremboursemal.
Par larédaction
Ensuite, la « vérité » en politique est rarement un bloc demarbre.
Elle est relative, subjective, située. Mon adversaire et moi pouvons brandir deux graphiques exacts menant à deux histoires opposées. Les faits existent, certes ; mais leur hiérarchie, leur interprétation, leurs coûtsd’opportunité,voilàleterrainmouvant.
« La vérité politique », c’est souvent le nom qu’on donne à l’équilibre qu’on préfère entre contraintes et priorités. Et dans une campagne, la tentation est grande de choisir la vérité qui fait battre des mains, pascellequifaitfroncerdessourcils.
Pourtant, je ne crois pas à la fatalité du mensonge utile.
J’ai vu des salles changer d’humeur quand on renverse la table des slogans. Il existe une musique de la sincérité : courte, claire, répétée, vérifiable. Elle ne transforme pas l’eau en vin, mais elle évite de vendredelabrumeenbarriques.
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Le problème, c’est que cette musique demande des instruments que la campagne n’offre pas spontanément : du temps, des formats lents, des comparateurs,dessimulateurs, des contradictions assumées. Elle exige aussi un public prêt à entendre qu’un oui important impliqueunnonquelquepart.
J’ai perdu des élections en disant la vérité. J’en ai gagné enladisantautrement.
Ladifférencen’étaitpaslefond, mais la mise en scène : raconter les arbitrages comme des choix de vie plutôt que des lignes de budget ; montrer qui paie, qui gagne, quand, et comment on amortit la secousse;poserlespromesses sous condition, affichées à l’avance, avec un tableau « si… alors…».
La vérité n’a pas besoin d’être brutale ; elle doit être solide, et humaine. Les gens ne haïssent pas la vérité ; ils détestent qu’on leur balance des comptes sans leur offrir une placeàlatable.
Reste l’épine : la vérité « ailleurs ». Le vieil adage des séries télé me hante : « La vérité est ailleurs. » Peut-être n’est-elle pas dans les programmes, mais dans l’architecture du jeu. Une campagne qui rémunère l’outrance, une médiatisation qui survalorise la petite phrase, des réseaux qui amplifient les pics émotionnels, un financement qui incite aux promesses rentables en clics— le marché politique produit ce qu’il rétribue. Tant que l’écosystème ne paiera pas la complexité à son prix, la sincérité restera un produit de niche.
Alors, que faire quand on tient à la vérité sans vouloir collectionner les défaites ? Trois pistes apprises àl’ancienne.
D’abord, ritualiser l’honnêteté. Inscrire dans chaque meeting une « minute de coûts et de compromis ». Une minute, pas plus.Onyditcequ’onneferapas, ce qu’on diffère, ce qu’on échange. On la tient à chaque apparition,qu’importelapression. Elle devient une marque de fabrique,unehygiène,presqueun superstitiond’équipe. Ensuite, co-produire la vérité. Inviter des contradicteurs de bonne foi, visibles et respectés, à venir « tester » les promesses en direct. Pas des pugilats, des crash-tests. Quand la contradiction est intégrée au rituel, elle devient un service rendu au public plutôt qu’une humiliationsubieenprime-time. Enfin, promettre des mécanismes plus que des miracles. Annoncer des clauses de revoyure, des métriques, des seuils d’arrêt, des budgets pluriannuels avec phases. On préfère un escalier à untremplin:çamontemoinsvite, mais ça retombe moins mal. La véritéaimelesgarde-fous.
Je garde le goût des défaites lucides.
Elles vaccinent contre la gloriole et forcent à aiguiser les arguments. Mais je refuse l’idée queladémocratiedoivechoisir entre le confort du mythe et l’âpreté du réel. Les campagnes pourraient redevenir des laboratoires de maturité collective, pas seulement des fêtes foraines d’illusions. Il suffirait de réapprendre à applaudir la phrase la plus difficile : « Voilà ce que ça va nous coûter, voilà cequeçavanousrapporter,et voilà pourquoi on le fait quand même.»
Au fond, la vérité politique n’est ni un absolu ni une imposture : c’est un chantier. Elle se construit ensemble, se rectifie, s’évalue. Oui, en saison électorale, elle perd souvent au premier tour. Mais, dans la longue durée des nations, elle gagne toujours au second— celui du réel. La question n’est pas de savoir si on ose la dire ; c’estd’organiserlaviepublique pour qu’elle mérite d’être entendue.
AL-MAWLID ANNABAOUI : LA JOIE DE L'ATTACHEMENT, DE LA DÉVOTION ET DE L'ADHÉSION
Lorsquetuesné,laterrebrillaitetlefirmamentcontenaitàpeinetalumière!Grâceàcettesplendeur,à cettelumière,etàcettevoiebienguidée,nouspouvonsespérertraverserlechemin...«Al-‘abbâss»…Au Maroc, le Mawlid n’est pas seulement une fête religieuse : il est mémoire, culture et identité... C’est la preuve vivante que l’amour du Prophète a façonné nos traditions et nourrit encore notre avenir… Se réjouirduProphèten’estpasunesimpletradition:c’estunactedefoi,unegratitudeofferteàDieu,etune lumièrequiéclairenoscœursàchaqueMawlid…
Lajoieenl’EnvoyédeDieu–paixetbénédictionssurlui – n’est pas une joie ordinaire. Elle est la quintessence des joies louables, car elle exprime gratitude envers Dieu, fidélité au Message et amour sincère pour le Maître de la création. Or, qu’est-ce que la célébration du Mawlid sinon l’incarnation visible de cette joie spirituelle?Unejoiequitraverselessiècles,setransmet de génération en génération, et qui au Maroc a façonné une culture, une littérature, une esthétique et mêmeunmodedevie…
L’interrogation revient à chaque génération : le Mawlid est-il une innovation ? Faut-il l’accepter ou le rejeter ? Les rigoristes invoquent que seules deux fêtes sont prescrites en islam : l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Adha… Pourtant, l’histoire des sciences religieuses montre que l’innovation n’est pas forcément condamnable... Ibn Idris al-Qarafi, grand juriste maghrébin, avait déjà distingué les innovations obligatoires (comme la compilation du Coran), recommandées (comme la prière de Tarawih), permises (comme l’usage d’outils nouveaux),répréhensiblesouencoreinterdites.
À cette lumière, de nombreux savants ont considéré le Mawlid comme une bid‘a hasana – une innovation louable… Pourquoi ? Parce qu’elle renforce l’amour du Prophète, rappelle sa mission et éveille la ferveur spirituelle… Qu’un mécréant comme Abou Lahab ait vu son châtiment allégé pour avoir montré de la joie à la naissance du Prophète, que dire alors d’un croyant qui exprimecettejoieavecsincéritéetadoration?
Ainsi, le statut élevé de la joie chez le Messager d'Allah (paix et bénédictions sur lui) est révélé, car il signifie gratitude, amour et émulation ; un signe par lequel l'attachementàlaSunnahdel'Élu(paixetbénédictions sur lui), la dévotion à sa conduite et l'adhésion à sa charia se combinent à la joie de l'attachement, de la dévotion et de l'adhésion… C'est là une preuve de la sincéritédelafoi,
Par lMohammedYassirMouline
car suivre est une exigence de l'amour, et toute adhésion n'en est pas un titre. C'est un sens subtil qui a été caché à la perspicacité de certains lecteurs, et personne n'a compris les secrets de la parole du Tout-Puissant : « Dis : « Si vous aimez Allah, suivez-moi, et Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Al-Imran : 31).
En parlant du Prophète (paix et salut sur lui), Allah dit dans le Coran : «Nous ne t’avons envoyé que par miséricorde pour les univers.» – Les Prophètes : sourate 21, verset : 107.
Dieu dit aussi dans le Coran: « De la grâce d’Allah et de Sa miséricorde qu’ils se réjouissent donc !»Sourate 10, verset 58… Il incombe donc à tous les musulmans et au-delà à toutes les créatures de se réjouir de la Naissance du Prophète (paix et salut sur lui) qui est la miséricorde pour les univers. Un verset du Coran dit : « Dieu et Ses Anges bénissent le Prophète. Ô vous qui avez cru ! Invoquez pour lui (priez sur lui) sans cesse la bénédiction et le salut de Dieu » – Sourate al Ahzâb, 33,
verset 56…Allah nous recommande de prier sur le Prophète (paix et salut sur lui), et ce verset mentionne le pluriel… La prière sur lui peut se faire en groupe ou individuellement... Prier sur lui abondamment est un signe de son amour… L’emploi du terme «Ô les croyants » sous-entend que celui qui ne prie pas sur le Prophète (paix et salut sur lui) n’est pas complètement croyant…
De nombreux hadîths marquent la prééminence du jour de la naissance du Prophète (paix et salut sur lui) sur les autres jours : Dans le sahîh de Muslim, il est rapporté qu’un Compagnon avait interrogél’EnvoyédeDieusurle jeûne du lundi et celui-ci avait répondu : «C’est en ce jour que jesuisnéetc’estencejourque j’ai reçu la prophétie.»… AlTabarani et Abu Nu’aym rapportent d’après Abū Maryam al-Ghasani qu’un bédouindemandaauProphète : « Quelle fut la première étape detaprophétie?»Ilrépondit:« Allah pris de moi l’alliance (pacte) comme Il l’a prise des autres prophètes, l’appel de mon père Ibrāhīm, la bonne nouvelle de Isa et ma mère voyant dans son sommeil une lumière émanant d’entre ses jambes qui illuminait les palais deShām.»
La célébration du Mawlid est une manière d’accroître notre amour pour le Prophète (paix et salut sur lui)… Le Prophète –que la Bénédiction et la Paix soient sur lui – a dit: « Nul n’est véritable croyant s’il ne m’aime pas plus que son père, son fils ettouslesgens.»rapportéepar Al-Bukhârî, par Muslim et Nasa’î…
La commémoration du Mawlid est aussi une occasion de se rappelerlesvertusduProphète(paixetsalutsurlui)etd’essayer de les mettre en pratique de manière accrue. Allah affirme «En vérité tu es (Ô Muhammad) d’un caractère sublime. » – Sourate 68,verset4. Montrer de la joie pour la naissance du Prophète (paix et salut sur lui) est bénéfique, même pour les non-croyants. Ainsi il est rapporté dans le Sahîh d’Al-bukhârî : «Chaque Lundi Abû Lahab est libéré de son châtiment, dans sa tombe, parce que de son vivant il libéra sa servante Thuwayba lorsqu’elle lui rapporta la nouvelle de la naissance du Prophète (paix et salut sur lui) son neveu.».
LesbiographesduProphète(paixetsalutsurlui)rapportentque desonvivantl’EnvoyédeDieu(paixetsalutsurlui)appréciaitles poètes qui faisaient son éloge… La plupart de ses panégyristes ontécritdespoèmessurlanaissanceduProphète(paixetsalut sur lui)... Par exemple : ‘Ali, Fâtima, Abû Bakr, Al-‘abbâss etc…Ce dernier a laissé un poème où il écrit : Lorsque tu es né, la terre brillait et le firmament contenait à peine ta lumière ! Grâce à cette splendeur, à cette lumière, et à cette voie bien guidée, nouspouvonsespérertraverserlechemin. De nombreux savants ont donné leur avis concernant les bienfaits du Mawlid : Dans une fatwa restée célèbre, l’Imâm Assuyutî écrit : « Célébrer l’anniversaire de la Naissance du Prophètepourseréunir,réciterdespassagesduCoran,raconter les histoires concernant la naissance du Prophète et les signes quil’ontaccompagné,
servir de la nourriture, est une bonne innovation ; et celui qui y participe recevra une récompense parce que cela implique de vénérer le degré du Prophète et d’exprimer de lajoiepoursonhonorablenaissance.»[HusnuAl-maqsidfî‘amalial-mawlid,p4]
Pour sa part, Ibn Taymiyya considère que : « même s’il n’y avait aucune raison pour célébrerleMawlid,iln’yauraitaucuneraisoncontresacélébration.»[(Majma’FatawiIbn Taymiyya) Vol. 23, p. 163 ], il ajoute même que: si l’intention est bonne cette célébration peut même être méritoire pour la personne … Pour nous malikites, il est même détestable (makrûh) de jeûner le jour de la naissance du Prophète (paix et salut sur lui) (car il ressemble à une fête dans notre école)… « Le Sheikh Abû Shâma, qui était le maître de An-nawawî, a dit que le Mawlid était la meilleure des innovations (bid‘a hasana)…(1)
LeMawlidn’estpasqu’unedatedanslecalendrier...C’estunepédagogiedelajoie:joie decroire,joiedesesouvenir,joied’aimerleProphète...Ilestvraiquel’onpeuts’interroger sursesformes,sursesexcèsparfois...Maisl’essentielestailleurs:ils’agitd’unespaceoù les musulmans, et tout particulièrement les Marocains, réaffirment leur lien d’amour avec le Prophète – paix et salut sur lui – et leur gratitude envers Dieu pour le don du Message…
Célébrer le Mawlid, c’est unir mémoire et avenir, enracinement et créativité... C’est transformer la joie intime en acte collectif… Et c’est, finalement, une manière de dire au monde que l’amour du Prophète reste une lumière vivante, toujours capable d’inspirer lescœursetd’illuminerlessociétés.
AHMED ZEFZAFI : UN PÈRE S’ÉTEINT QUE
SON
DÉPART
OUVRE LES PORTES DE LA
CLÉMENCE
Ilyadespèresdontlaprésencesilencieuseressembleàunecolonneportantedansunemaisonsecouéepar le vent. Ahmed Zefzafi était de ceux-là. On le voyait peu sur les estrades ; on le voyait plutôt dans l’ombre attentive, le visage tanné par les années, un regard direct, presque austère parfois, mais traversé d’une chaleur sourde lorsqu’il évoquait la dignité d’un peuple oublié des centres. Aujourd’hui, la nouvelle de son départ après un combat contre la maladie laisse un vide qui dépasse le cercle familial : elle fend quelque choseaucœursymboliqueduRifetdetoutescellesetceuxquiontcherchédanssadroitureuneboussole morale.
On dira qu’il n’était “que” le père de Nasser. Réductioninjuste.Ilfutuneconsciencetranquille, unmotifd’obstinationéthique.
Quand la tourmente judiciaire frappait son fils et d’autres jeunes du Hirak, Ahmed avançait sans emphase, portant des dossiers, des lettres, des paroles mesurées. Il refusait l’excès tout en refusant l’injustice. Sa stature provenait de cette économie de gestes : ne pas théâtraliser la douleur,maisnejamaislataire.
Dans ce deuil, les souvenirs affluent : une poignée de main ferme donnée à des visiteurs venus de loin ; une phrase courte – “la dignité ne se négocie pas” – ; une patience vigilante devant les portes fermées.Ilincarnaitcettepasserellefragileentrela mémoire longue des anciennes humiliations régionales et l’espérance obstinée d’un avenir partagé. Son intégrité n’était pas posture : elle se lisait dans la cohérence quotidienne, dans la fidélité à un fil moral qu’il n’a pas rompu même quand la fatigue de la maladie rendait l’effort plus lourd.
Ledeuil,ici,nepeutsecloîtrerdanslaseuleintimité familiale : il nous oblige moralement et sereinementàreposerlaquestion–jusqu’àquand prolonger un cycle de souffrance et de séparation qui épuise les familles, assèche la confiance et éloignelaréconciliationcivique?
Demander la libération de Nasser Zefzafi et des autresdétenusliésauHirakn’estniunesurenchère ni un défi lancé à l’autorité de l’État : c’est une invitation à investir dans la pacification durable en choisissant la mesure, la magnanimité et le dialogue.
Chaquesociététraversedesseuilsoùlaclémence ciblée devient un acte stratégique, un geste qui réoriente l’énergie collective vers la construction plutôtqueverslamémoireantagoniste.
ParLarédaction
Libérer ces voix, ce n’est pas effacer les tensions passées ; c’est créer les conditions d’une parole civiquemoinsfracturée.
Dans l’héritage moral d’Ahmed Zefzafi, il y a cette exigence de principe qui ne se crispe pas en haine. Le meilleur hommage que l’on puisse lui rendre consiste peut-être à transformer la douleur présente en argument pour une décrispation lucide : reconnaître les blessures, ouvrir les verrous, permettre à des trajectoires humaines d’échapper à l’inertie carcérale et à laspiraleduressentiment.
Qu’il repose en paix. Que la miséricorde enveloppe son âme. Allahumma ighfir lahou, warhamhou, wa aafihi waafou anhou. Ô Dieu, accorde-luilumièredanssatombe,accueille-le en Ton infinie clémence, apaise les cœurs de sa famille et de tous ceux qui pleurent aujourd’hui. Et fais de cette perte une porte vers davantage dejusticeetderéconciliation.Amine.
JEUNESSE MAROCAINE : LIBÉRER L’ÉNERGIE D’UNE NATION
Riched’unejeunessecréativeetconnectée(11,8millions,31,9%delapopulation),leMarocfaitface à des signaux d’alerte : 36,7 % de chômage chez les 15-24 ans, 61,2 % chez les diplômés du supérieur. À l’heure de la Fête de la Jeunesse, cette tribune propose des leviers concrets — formation,financement,décentralisation—pourconvertirletalentenopportunitésréelles.
Et si on faisait enfin confiance à la jeunesse marocaine?
Chaque 21 août, le Maroc célèbre la Fête de la Jeunesse. Cet événement, au-delà de sa portée symbolique, pose une question fondamentale : que faisons-nous réellement de ce formidable potentiel que représentent nos jeunes ? Avec 11,8 millionsdeMarocainsâgésde15à34ans,soit31,9 % de la population (HCP, 2023), notre pays possède une richesse inestimable. Mais cette richesse est-elle pleinement reconnue et mobilisée?
Notrejeunessen’arienàenvieràcellesdesautres nations. Multilingue, digitalisée, créative, ouverte sur le monde, elle incarne un Maroc moderne et confiant. La diaspora marocaine, jeune et dynamique, agit comme un puissant relais d’influence et d’opportunités à l’échelle internationale. Dans nos villes comme dans nos campagnes, des initiatives portées par des jeunes transforment déjà notre réalité : des coopératives agricoles qui marient innovation et traditions, des start-up technologiques qui s’imposent sur les marchés africains et européens, des collectifs artistiques qui réinventent notre identité culturelle, ou encore des mouvements écologistes qui sensibilisent avec passion aux enjeux climatiques. Ces réussites ne sont pas des exceptions : elles sont la preuve qu’une jeunesse soutenue et écoutée peut être la véritable locomotive de notre développement.
Deschiffresquiinterpellent
Pourtant, le tableau n’est pas sans ombres. Le chômage des jeunes reste alarmant : 36,7 % pour les 15-24 ans, et jusqu’à 61,2 % chez les diplômés du supérieur (HCP, 2024). Le décrochage scolaire toucheencoreplusde334000élèves
par an (Ministère de l’Éducation nationale, 20212022). Ces statistiques disent une chose : nous avonsunréservoirdetalentssous-exploité.Cen’est pas une fatalité. C’est un appel urgent à repenser nospolitiquespubliques.
Entrepromessesetréalités
Le Maroc a lancé plusieurs programmes, tels que (Intelaka, Forsa …) pour soutenir les porteurs de projets ou encore la multiplication des incubateurs publics. Des efforts louables, certes. Mais leur portée reste limitée. L’Anapec, par exemple, ne parvient à toucher que 10 % des jeunes chômeurs (selon l’OCDE), preuve que l’action publique souffre encore de fragmentation, de lourdeurs administratives et d’unmanqued’adaptationauxréalitéslocales.
Cequ’ilfautchanger
Si nous voulons libérer le potentiel de notre jeunesse, il nous faut un véritable écosystème d’épanouissement.Celapassepar: -Unerévolutionéducative,quirapprochel’écoledes aspirationsdesjeunesetdesmétiersd’avenir.
Par AbdessamadAlhyane
-La valorisation réelle de la formation professionnelle, encore trop perçue comme une voie de « seconde zone».
Imaginons un Pass Jeunes 2.0, véritable passeport pour l’avenir, qui intègre formation, entrepreneuriat, engagement civique, accès aux technologies et accompagnement psychologique.
Investirdanslajeunesse,c’estinvestirdansleMaroc
Notre jeunesse n’est pas seulement l’avenir : elle construit déjà le présent. Dans les associations, les entreprises, les quartiers, elle innove, résout des problèmes, crée de la valeur sociale et économique. Elle incarne l’excellence, l’innovation et la solidarité. Alors, au lieu de parler de « capital humain » comme d’une formule abstraite, faisons-en une priorité nationale. Le gouvernement, les entreprises, la société civile : nous avons la responsabilité collective de bâtir des passerelles fluides entre la formation et l’emploi, d’investir massivement dans les talents, d’encouragerlaprised’initiativeetdefaireconfianceàcettejeunesse.
La plus belle façon de célébrer la Fête de la Jeunesse est d’en faire un engagement permanent. Car l’avenir du Maroc s’écrit aujourd’hui, dans les mains de cette jeunesse rayonnante. Célébrer notrejeunesse,c’estinvestirdansl’avenirduMaroc.
DES TITRES ET DES PROFESSIONS : EN VEUX-TU ? EN VOILÀ…
J’aime bien la multiplicité des titres dont on affuble (avec leur accord !) ou s’affublent les facebookers pour faire important et « hors norme » : « Universitaire et auteur », « journalistescénariste-actrice », « Ecrivain, critique littéraire », « Journaliste essayiste », « Ecrivain, psychiatre, psychanalyste », « journaliste et écrivain », « Ecrivain, poète et traducteur », « journaliste-analyste»,«professeurfreelance»…
Sur une carte de presse il est écrit simplement « journaliste » par le ministère de la Communication.Dutempsoùlaprofessionétait portée sur la CIN, un professeur était un professeur.Etseulement!Poète,écrivain,auteur, critique littéraire, journaliste-analyste… n’existent pas pour l’état civil et la nomenclature des professions.
Au delà des titres alambiqués et dont on ne trouve nulle trace dans la liste des professions reconnues, les écrivains font d’une simple présentationd’unlivreàlatélé,unechroniqueet mêmeunreportage.
A quelqu’un qui n’est pas de la profession, la confusion s’explique. Ce quelqu’un n’est pas censé maîtriser le lexique des salles de rédaction (comme moi-même, je ne suis pas censé maîtriser le langage des ornithologues, à la différence près que je consulterais un dictionnaire spécialisé avant de m’y aventurer en donnant des noms d’oiseaux… à tout ce qui vole), mais à un lauréat de l’Institut de Journalisme,quelleexcusedoit-onluitrouver?
Par AbdallahBensmaïn
Aucune, sinon celle de lui reconnaître une propensionàexagérerlesfaitsetàdonnerdessens fantaisistes aux mots qu’il manipule pour se donner une certaine importance, le mot « reportage » étant bienplusfortetvalorisantque«présentation
ALGER, BIENTÔT LE COMING-OUT
ExxonMobil et Chevron, deux des plus grandes compagnies pétrolières et gazières au monde, sont engagées dans des négociations avancées avec l’Algérie pour développer des projets énergétiques d’envergure.Lecontenuduprojetd’accord,encoreendiscussion,permettraitàAlgerde:
•Exploitersonpotentielengazdeschiste;
• Valoriser, en partenariat avec Sonatrach, les ressources en hydrocarbures des bassins d’Ahnet, deGouraraetdeBerkine;
• Bénéficier d’un partage des profits et des technologies, avec une clause stipulant qu’en cas de découverte majeur, le consortium américain serait remboursé des coûts d’investissement et percevrait80%desbénéfices;
• Augmenter sa production annuelle de gaz et consolider sa position de fournisseur clé pour l’Europeoccidentale.
Ce rapprochement économique n’est pas dénué d’opportunisme politique. Il a été initié par un cabinet américain basé à Washington, spécialisé danslelobbying:leBGRGroup.Cedernierasigné un contrat avec M. Sabri Boukadoum, ambassadeur d’Algérie à Washington, en 2023, pourunmontantde720000$.
Loin d’être un acteur anonyme, ce cabinet est réputé pour sa proximité avec Israël, affichée ouvertement dans ses campagnes de communication institutionnelle : « BGR Group supports the people of Israël » est le message de la dernière campagne. Autre preuve de ces liens, Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien, en a étél’undesconseillerséminentsentre1991et2001.
Le choix de Chevron et ExxonMobil pour ce partenariat n’est pas anodin pour BGR Group : ces deux entreprises, très liées à Israël, sont des cibles privilégiées du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement,Sanctions).
• Chevron est ainsi particulièrement visée par le Comité national palestinien qui a ouvertement appelé au boycott mondial de ses marques (dont Texaco et Caltex). Chevron est accusée de financer la guerre et l’apartheid, en fournissant une source de revenus massifs à l’État hébreu. Elle est aussi impliquée dans le projet EastMed Pipeline, une menace pour les droits des Palestiniens.
Par LarbiBargach
• ExxonMobil est également critiquée pour avoir approvisionné en carburant les avions de chasse israéliens,notammentlorsdesopérationsàGaza Ce rapprochement, avec des sociétés américaines liées à Israël, est à priori contre nature pour les algériens, auto-proclamés soutiens inconditionnels de la cause palestinienne. Il nécessite une explication et une origine : la signature de l’accord tripartite entre le Maroc, Israël et les Etats Unis. Audelà de toutes les critiques légitimes, qui condamnent l’accord au sein des milieux politiques marocains, cet accord a obligé Alger à sortir de sa zonedeconfort.
En effet, pendant plus de 45 ans le lobbying proalgérien incarné par la gauche radicale européenne a empêché toute avancée de la question du Sahara. La communauté européenne qui se déclarait proche du Maroc, lui faisait un chantage éhonté. Il a souvent été baladé entre la commission européenne qui lui faisait des promesses et le parlement ou le tribunal européen qui revenaient dessus. Dans une mise en scène sordide les gouvernements imposaient au Maroc des concessions qu’il ne pouvait pas refuser en raison de sa fragilité économique et des menaces quipesaientsursacause.
Ce que la France acceptait l’Espagne le refusait, ce que les deux voulaient l’Allemagne le contredisait etc. Pendant 45 ans aucun des pays, soi-disant amis, n’a reconnu la marocanité du Sahara. En contrepartie personne ne reconnaissait la RASD et c’était vendu comme une faveur. Les européens faisaient semblant d’oublier que la RASD était une création de Kadhafi, Boumediene avait été mis devantlefaitaccompli.
Pourtant le dossier marocain était solide. La Cour Internationale de Justice avait reconnu des liens d’allégeances « politiques » entre les tribus sahraouies et lessultansduMaroc,sursimple présentation des archives conservées au Maroc. Celles conservées par les pays européens étaient classées « secret défense » afin de maintenir le Royaume sous pression et continuer à profiter d’un gaz algérien bradé à vil prix. Il est quand même édifiant de constater que les expuissances coloniales, toujours aux manettes, ont instrumentalisé les rivalités du Sud global pendant qu’ellesmêmes renforçaient leurs liens auseindel’UnionEuropéenne.
Ces puissances ont même inventé le concept de « Sahara occidental » – une appellation géographique fantaisiste, sans équivalent à l’est. Il n’y a pas d’entité politique dénommée Sahara Oriental (contrairement au Vietnam, où le Nord à son pendant au sud ; à la Corée, le Soudan, ou à l’Allemagne divisées).
Ironie de l’histoire : Lorsque l’Espagne occupait cette partie du territoire marocain, les colons n’hésitaient pas à l’appeler Sahara espagnol, alors qu’il n’y a aucune continuité territoriale entrelesespaces,cequin’estpas le cas pour le Maroc et ses provincesduSud.
Imaginez, à titre de comparaison, qu’auniveaudesAlpesenEurope, la chaine couvre huit pays avec les Alpes françaises, les Alpes Italiennes, les Alpes autrichiennes et qu’au lieu de dire les Alpes Allemandes on dise les Alpes du Nord. C’est ce choc auquel sont confrontés les marocains pourtant.
La reconnaissance par Donald Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara en 2020 a bouleversé la donne et mis fin au chantage européen, malgré quelques résistances. L’Allemagne, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni et le Portugal ont emboîté le pas, conscients dorénavant de l’injustice historique infligée au Maroc. Ce sontcinqpaysdontl’aviscompte, tant leurs liens avec l’Empire chérifien marocain du XIXe siècle étaitimportant. Les cinq avaient des visées sur le Maroc et détiennent des archives qui pourraient s’avérer décisives. Un indice : le document publié par un journal anglais début aout 2025.
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’accord tripartite initié par Trump – et ses conséquences sur le coming-out encoursdelapositionalgérienne surlacausepalestinienne:
1. Sur le plan économique : l’Algérie s’ouvre aux géants pétroliers américains et fait fi de leursliensavecIsraël;
2. Sur le plan militaire : le « mémorandum d’entente » de janvier 2025 scelle une coopération avec les ÉtatsUnis, encensée par la presse algérienne officielle (L’Expression, 17 août 2025, p. 24).
3. Sur le plan sportif avec le transfertpolémiqued’unjoueur malien Salam Jiddou du NC Magra (Algérie) sous contrat jusqu’en 2026 (non démenti officiellement) vers Hapoel Haifa(Israël).
Ces démarches vont-elles conduire à un coming-out algérien vers une reconnaissance officielle d’Israël pour sauver le dossier « Polisario » ? On peut supposer que non, Alger a toujours privilégié les tractations de coulisses, les négociations cachées et les trahisons sournoises.
Les révélations récentes de liens entre l’Espagne colon et Alger en 1962 font froid dans le dos. D’autant que deux ans auparavant le Maroc s’est brouillé avec la France par solidarité avec le FLN. Le rôle d’exécuteur testamentaire des intérêtspostcoloniauxasouvent sied au régime algérien grand défenseur des frontières artificielles tracées par la colonisation.Entouscas:
Les accords noués avec les Etats
Unis et Israël n’ont jamais entamé le soutien public et concret du Maroc à la Palestine. Leur contenu a été communiqué au président de l’autorité palestinienne en temps et en heure, avant d’être transmis quelques jours plus tard à M. Hannieh, l’ancien Président du Hamas. Il était en visite quasi officielle au Maroc. Ce soutien a prisunedimensionhumanitaire.
Parmi ces donateurs l’Algérie est curieusement absente. Et quand l’ensemble du peuple marocain exprime sa solidarité envers les victimes d’un génocide, Alger interdit les manifestations pro-gaza que même Israël autorise. Pendant ce temps, la presse algérienne se focalisesursesciblesfavorites:leMarocetlaFrance.
Une affirmation à nuancer. Les dernières mesures du ministre de l’intérieur français, à l’encontre des dignitaires algériens, semblent porter leur fruit. Des personnalités franco-algériennes ont été mandatées pour appeler à un rapprochement entre Macron et Tebboune et, ce dernier aurait accordéuneinterviewàBFMTV–unchoixmédiatiquerévélateur.Destentativesquiconfortentle choixduM.Retailleauetquiprésagedecequelerégimealgérienestprêtàfairepoursauverson cachemisère,laquestionsahraouie.
ISTIQLAL YOUTH ACADEMY : UNE NOUVELLE APPROCHE DE LA FORMATION POLITIQUE
Interview
Alors que la jeunesse marocaine se détourne massivement de la chose publique, l’Istiqlal Youth Academy entend raviver l’engagement civique à travers uneécoledudébat,duterrainet del’excellence.
À la manœuvre, Youssef Oukhallou, coordonnateur de l’Académie et membre du Conseil national du Parti de l’Istiqlal, mise sur une pédagogie exigeante pour former les leaders de demain. Il répond aux questions de Hajar DehanepourLODJMédia.
Dans un pays où les jeunes désertent aussi bien les urnes que les partis politiques, quel changement concret l’Istiqlal Youth Academy entend-t-elle opérer dans le rapport entre jeunesse et engagementpolitique?
Youssef Oukhallou : L’Istiqlal Youth Academy a pour ambition de réconcilier la jeunesse marocaine avec l’action politique, en redonnant à l’engagement son sens, sa crédibilité et surtout son utilité concrète. Trop longtemps, les jeunes se sont sentis ignorés ou réduits à un rôle symbolique. Nous avons choisi une autrevoie:lesécouter,lesformer,lesresponsabiliser et les propulser vers des carrières politiques et de décideurspublics.
Concrètement, nous offrons un espace de réflexion, d’expression et d’action où les jeunes peuvent débattre, proposer des politiques publiques, réaliser des projets adressés à leurs communautés, et surtoutaccéderàdesresponsabilitésréellesausein des différentes structures du Parti. Nous voulons passer d’une logique de transmission descendante àunelogiquedeco-construction,oùlesjeunessont considérés non pas comme un public cible, mais comme des acteurs à part entière de la transformationdémocratique.
Lapremièrecohortedel’Académieréunitplusde150 jeunes, venus de l’ensemble des régions du Maroc ainsi que de la diaspora. En quoi cette diversité territoriale et diasporique contribue-t-elle à faire émerger une culture politique renouvelée au sein du Partidel’Istiqlal?
Youssef Oukhallou : Cette diversité est notre plus grande richesse. Elle permet à l’Académie de porter une vision profondément nationale tout en intégrant les spécificités régionales et les expériences internationales. Que l’on vienne de Laâyoune, d’Oujda, de Casablanca ou de la diaspora marocaine en Europe, chaque membre apporte un regard unique sur les défis que rencontre la jeunesse dans son territoire.
Cela nourrit une culture politique plus ouverte, plus ancrée dans le réel, et surtout débarrassée des logiques centralisatrices ou clientélistes. L’Académie devient ainsi un laboratoire d’idées, mais aussi un espace d’équité territoriale et de justice générationnelle, dans l’esprit même du projet national portéhistoriquementparlePartidel’Istiqlal.
L’Académie annonce une approche inédite de la formation politique. En quoi cette méthode romptelle avec les pratiques classiques souvent jugées verticalesetélitistesdanslesappareilspartisans?
Youssef Oukhallou : Nous avons pris le contre-pied des formats classiques, trop souvent centrés sur des cours magistraux (souvent ennuyeux !) ou des figures tutélaires. Notre méthode repose sur trois piliers : l’apprentissageparl’expérience,lapédagogieparticipative,etleservantleadership.
Cela se traduit par des ateliers collaboratifs, des simulations politiques, des jeux, des compétitions d’idées, mais aussi des interactions directes avec des responsables publics et des experts. Nous faisons appel à des outils issus de l’innovation sociale et de l’éducation non-formelle, ce qui rend la formation plus vivante, plus accessibleetsurtoutplustransformatrice.
VousêtescoordinateurdecetteAcadémieauseind’unpartihistorique.Commentforme-t-ondesjeunes à la pensée critique tout en les intégrant dans une structure politique sans tomber dans le formatage idéologique?
Youssef Oukhallou : C’est une question essentielle, et c’est précisément l’un des défis que nous avons souhaité relever avec l’Académie. Nous sommes convaincus que penser librement et s’engager politiquementnesontpasincompatibles,bienaucontraire.Sousl’impulsionduSecrétairegénéralduParti,M. Nizar Baraka, nous avons adopté une approche qui valorise l’autonomie intellectuelle, tout en favorisant l’adhésion aux grands principes du projet istiqlalien : la justice sociale, la solidarité territoriale, et la réforme danslacontinuitédel’État-nationmarocain.
Nous encourageons les jeunes à questionner, proposer, débattre, y compris sur des sujets sensibles ou clivants. Cette liberté d’expression interne a historiquement renforcé la cohésion des militants istiqlaliens et enrichit,aujourd’hui,laculturepolitiqueduParti.nousaspironsàforgerunegénérationcapabledeconjuguer loyauté politique et esprit critique, à l’image de la vision réformatrice portée aujourd’hui par notre leadership national.
The National Political Championship est présenté comme une initiative phare. S’agit-il d’abord d’un concours destiné à révéler de futurs candidats aux élections, ou surtout d’un levier symbolique visant à moderniserl’imageduParti?
Youssef Oukhallou : La National Political Championship est bien plus qu’un concours. C’est une expérience immersivedeformationpolitique,penséepourréconcilierlajeunessemarocaineavecl’engagementcitoyen etdémocratique,surdesbasesméritocratiquesetludiques.Ellereposesurunepédagogieinnovante,fondée sur l’apprentissage par le jeu, les défis collectifs, et la compétition bienveillante. Et son authenticité attire l’attention de partenaires internationaux crédibles, notamment la prestigieuse Fondation allemande Konrad AdenauerStiftung.
À travers cette initiative, le Parti de l’Istiqlal, via sa Youth Academy, prouve qu’on peut apprendre la politique autrement : non pas par la récitation de dogmes, mais par la stimulation de l’esprit critique, la confrontation des idées et le plaisir des connaissances. C’est ainsi que l’on forme des leaders jeunes, compétents, et profondémentconnectésauxaspirationsdeleurgénération.
Ce championnat permettraitil aussi de détecter des jeunes talents capables demain de porter les couleurs du Parti danslesinstitutionsoudansla société civile ? Honnêtement, jel’espèrebien.
Une fois les modules terminés, quels dispositifs concrets sont prévus pour accompagner ces jeunes vers des responsabilités politiquesréellesetéviterqueleurformationnerestesanssuite?
Youssef Oukhallou : L’Académie ne se limite pas à une formation théorique : elle est conçue comme un tremplin vers l’action politique concrète. Dès la fin des modules, plusieurs dispositifs sont déployés pour permettre aux jeunes de s’impliquer directement dans la vie du Partietdanslasphèrepublique.
D’abord, chaque membre de l’Académie est intégré dans des commissions thématiques, où il contribue à l’élaboration de propositions politiques ou à la préparation d’activités. Ensuite, nous accompagnons les jeunes dans leur insertion dans les structures locales et régionales du Parti, en coordination avec les instances dirigeantes. Nous voulons que chaque jeune membre de l’Académie puisse se projeter dans une trajectoire d’engagement durable, avec des responsabilités réelles à la clé et une carrière politique en perspective.
L’Istiqlal revendique une volonté de renouvellement générationnel. Cette ambition implique-t-elle une remise en cause des mécanismes de cooptation internes et une ouverture effective aux jeunesdanslessphèresdedécision?
Youssef Oukhallou : Oui, clairement. Le Parti de l’Istiqlal, sous la conduitedeM.NizarBaraka,aamorcéunemutationprofondedeses modes de fonctionnement internes. Le renouvellement générationnel que le Parti porte à travers plusieurs initiatives exceptionnelles, à l’image du Pacte des Jeunes, ne peut réussir que s’il s’accompagne d’uneréformedesmécanismesd’accèsàlaprisededécisionausein desstructuresduParti,notammentcellesvisantlajeunesse.
Cela suppose une remise en question des logiques exclusivement basées sur les relations personnelles, au profit d’une approche de plus en plus fondée sur le mérite, les compétences et la légitimité par le travail. L’Académie est une réponse concrète à cette exigence : elle constitue un vivier structuré, transparent et nationalement reconnu de jeunes capables et intègres, que le Parti peut mobiliser dans ses instancesetcandidatures.
La jeunesse marocaine exprime des vécus sociaux et territoriaux très divers. L’Académie cherche-t-elle à faire émerger une pensée politique renouvelée à partir de ces réalités, ou à renforcer le référentieltraditionnelduParti?
YoussefOukhallou : À l’Académie, nous ne considérons pas ces deux approches comme antagonistes. Notre objectif est d’enraciner le renouvellement dans la tradition, de faire dialoguer les deux, dans une dynamique vivante et constructive. Le Parti de l’Istiqlal a toujours été profondément connecté aux réalités sociales du Maroc – rurales, urbaines, diasporiques, sahariennes… Aujourd’hui, nous voulons capitaliser sur cet héritage tout en intégrant la diversité des expériencesvécuesparlajeunesse.
Le parti de l’Istiqlal d’aujourd’hui est profondément ancré dans son temps, fidèle à ses valeurs mais ouvert à l’innovation sociale, politique et même technologique. Un parti qui défend les valeurs de la famille et de l’humanisme marocain, tout en adoptant les vertus de l’intelligence plurielle de son temps, qu’elle soit artificielleounaturelle.
YoussefOukhallou : Mon engagement auprès de la jeunesse se nourrit de ces trois dimensions. L’expertise financière me permet d’insister sur la rigueur, la transparence et l’évaluation des politiques publiques – des valeurs essentielles à transmettre à toute génération politique montante. La recherche universitaire m’a appris à questionner, à douter, à construire des arguments solides et à développer une pensée structurée, cequiestaucœurdenotrepédagogieàl’Académie.
Enfin, mon parcours politique, commencé très jeune au sein du Parti, m’a convaincu que l’optimisme de l’actionestparfoisleseulremèdecontrelepessimismedelapensée.Voussavez,avecmes36ans,jeneme sens pas digne de représenter les jeunes. Je me vois comme leur allié, et ils pourront toujours compter sur moipourlutter,àleurcôté,contrelaculturedudésespoiràtraversunmilitantismeaxésurl’actionconcrète, avecdesexigencescommunesdecompétence,deprobitéetderesponsabilité.
Dans un contexte marqué par la défiance à l’égard des partis, qu’est-ce qui vous convainc aujourd’hui quelaformationpolitiquepeutencorefaireémergeruneéliteauservicedel’intérêtgénéraletdupays?
YoussefOukhallou : Lors d’une étude menée par le Youth Policy Center en 2024 sur un échantillon de 2000 jeunes environ, 81% expriment le souhait de s’engager politiquement mais déclarent « ne pas trouver de structures adéquates », ce qui les dirige vers les réseaux sociaux. Or, on ne régénère pas une démocratie sans investir dans l’éducation civique, dans la transmission des valeurs nationales, et dans l’apprentissage delacomplexitéduréel.Lesréseauxsociauxn’offrentaucunegarantieàceniveau. Parcontre,laformationpolitique,lorsqu’elleesthonnête,exigeanteetconnectéeauxréalitésduterrain,peut faire émerger une élite nouvelle : méritocratique, éthique, et enracinée dans les préoccupations de la population. C’est exactement ce que nous essayons de bâtir au sein de l’Académie, dans le prolongement delavisiondenotreSecrétairegénéralM.NizarBaraka.
Ce pari peut sembler ambitieux, voire naïf. Mais l’ populisme, serait bien plus dangereuse. La seule vo encoreàlacapacitédes(vrais)jeunesàporterl’
QUAND LA COMPARAISON VACILLE: LA MISE
AU POINT DE RIMA
HASSAN SUR LE SAHARA MAROCAIN
La mise au point de l’eurodéputée et juriste Rima Hassan, refusant l’analogie entre cause palestinienne et différend du Sahara occidental, fragilise un ressort discursif central du Polisario et de ses soutiens.Aucœur:labatailledu vocabulaire qui façonne les perceptionsdiplomatiques.
Une voix palestinienne brouille la rhétorique du Polisario
Dans un hémicycle européen saturé de slogans, l’intervention de Rima Hassan, eurodéputée française d’origine palestinienne, a résonné comme une lame froide: refuser l’amalgame entre la lutte palestinienne et le différend du Sahara occidental (Marocain). En s’attaquant à une rhétorique rodée depuis des décennies par le Polisario et ses soutiens, au premier rangdesquelsAlger,ellearetiréaufrontséparatisteun levier symbolique: l’emprunt d’une cause perçue commecelled’unpeuplesousoccupation.
Depuisdesannées,lePolisarioinscritsanarrationdans la fresque anticoloniale pour fédérer campus, ONG et gauche altermondialiste. Répéter le parallélisme avec la Palestine, c’était chercher un raccourci moral: si l’un est légitime, l’autre le serait par analogie. Cette stratégie, efficace dans certains forums, trouve ses limites lorsqu’une voix liée à la question palestinienne ensoulignel’inexactitudepolitiqueetjuridique. Les contextes diffèrent profondément. La question palestinienne s’articule autour de résolutions onusiennes sur l’occupation, les frontières de 1967, Jérusalem et le droit au retour, avec un consensus diplomatique sur la solution à deux États, encore inaboutie.LedossierduSaharaoccidentalévoluedans un cadre de “processus politique” où, depuis 2007, les propositions d’autonomie du Maroc sont décrites par plusieurs capitales comme “sérieuses et crédibles”, tandisquel’optionréférendaires’estenlisée.
En rappelant ces distinctions, l’intervention de Rima Hassan agit comme un contre champ : elle remet la focale sur la matérialité des cadres juridiques plutôt que sur l’émotion transversale des causes. Sa posture illustre une maturité critique croissante dans une partie du débat européen, soucieuse d’éviter l’importation automatique de matrices militantes d’un dossier à l’autre. Elle marque aussi une étape symbolique: une voix issue de la diaspora palestinienne refuse que la légitimité de sa propre lutteserved’outilrhétoriqueexternalisé.
Pour Alger et le Polisario, la perte de ce miroir discursif complique l’effort de mobilisation dans certains cercles. Le capital empathique international n’est pas illimité; chaque cause tente de capter attention, dons, couverture médiatique. Être débranché d’un récit comparatif puissant oblige à réaffirmer sa singularité ou à raffiner d’autres leviers —droitshumains,développementrégional,
Reste à mesurer l’écho concret de cette mise au point hors des enceintes politiques. Les soutiens du Polisario pourraient tenter de relativiser l’intervention en l’inscrivant dans un supposé réalignement géopolitique européen. Inversement, Rabat n’hésitera pas à capitaliser symboliquement sur ce rejet de l’analogie pour renforcer son plaidoyer d’une lecture distincte, centrée sur l’autonomie comme compromis pragmatique. Entre communication et diplomatie, chaque camp sait que le champ lexical façonnelaperceptionanticipantlesdécisions.
Au-delà de l’instant polémique, un enjeu plus large surgit : réapprendre à différencier les cartographies des conflits sans dégrader la solidarité internationale. La force d’une cause juste ne réside pas dans la dilution analogique mais dans la précision. En ce sens, la parole de Rima Hassan n’estpasunalignementdiplomatique;elleestunrappelméthodologique.
De la citoyenneté formelle des personnes en situation dehandicapàlacitoyenneté réelle
Il semblerait que la prochaine étape de la réforme électorale au Maroc passe par une question longtemps mise de côté : la place des personnes en situation de handicap dans laviepolitique.
Dans une récente note adressée au ministère de l’Intérieur, le Parti de l’Istiqlal a jeté un pavé dans la mare en proposant une série de mesures visant à favoriser leur participation active, non pas seulement comme électeurs, mais également commecandidatsàpartentière.
C’est une piste audacieuse, et sans doute nécessaire. Car il faut bien l’admettre : malgré les discoursofficielsetlesengagementsinternationaux, la participation politique des personnes en situation de handicap reste marginale. Le vote existe, mais il demeure souvent inaccessible. La candidature, quant à elle, relève presque de l’exception. Or, si la démocratie repose sur l’égalité des voix, peut-elle continueràignorerunepartiedesescitoyens?
Le cœur de la proposition du parti réside dans un mécanisme incitatif : accorder un soutien financier supplémentaire aux formations politiques qui oseraient franchir le pas en plaçant des personnes handicapéescommetêtesdeliste.Mieuxencore,un « bonus » plus conséquent serait octroyé si ces candidats décrochent des sièges. À première vue, cela ressemble à une mesure technique. En réalité, c’est un levier symbolique fort : transformer la présence des personnes handicapées en enjeu stratégiquepourlespartis.
Car au Maroc, comme ailleurs, la politique est une affaire de calcul. Si l’égalité des chances ne suffit pas à convaincre, peut-être que l’équation financièreservirad’aiguillon.
Par AdnaneBenchakroun
Ce mécanisme pourrait, dans le meilleur des cas, amorcer une dynamique vertueuse : plus de visibilité pour cette frange de la société, plus d’expérience accumulée, et à terme, une banalisation de leur présencedanslesinstancesdedécision. Mais la participation ne se résume pas à l’acte de candidature. Le Parti de l’Istiqlal propose aussi d’aller plus loin : permettre aux électeurs en situation de handicap de voter avec l’aide d’un accompagnateur, si leur état de santé les empêche de le faire seuls. À condition, évidemment, que ce dispositif respecte la liberté du choix et n’ouvre pas la porte aux manipulations.
Cepointparaîtanecdotique,maisiltoucheàl’essence même de la citoyenneté. Combien de personnes, chaque année, renoncent à leur droit de vote simplement parce que l’isoloir n’est pas adapté, parce que la rampe d’accès n’existe pas, parce que les bulletinssontillisibles?
L’inaccessibilité matérielle est une forme subtile mais tenace d’exclusion politique. La note du parti insiste donc sur la mise en conformité des bureaux de vote, rappelant que le Maroc a ratifié des conventions internationales en ce sens. Encore faut-il traduire ces engagementsenactesconcrets.
Derrière ces propositions, c’est un principe cardinal qui se profile : l’égalité. Pas une égalité abstraite, mais une égalité en pratique, vécue au quotidien. Car le droit à la participation politique des personnes handicapées n’est pas un privilège à concéder généreusement, mais un droit fondamental, garanti par la Constitutionetlestraitésinternationaux. l est d’ailleurs intéressant de noter que la proposition du Parti de l’Istiqlal ne s’arrête pas à un simple plaidoyer. Elle demande l’inscription de ces mesures dans le marbre de la loi, via la création d’un nouveau chapitre dans le texte organique régissant la Chambre des représentants. Autrement dit, donner une valeur normative à ce qui n’était jusquelà qu’un souhait ou une déclaration d’intention.
La question demeure : ces mesures suffiront-elles à changer la donne ? L’argent, les incitations, les textes de loi sont des instruments importants, mais la barrière la plus solide reste culturelle. La perception sociale du handicap, empreinte de préjugés et de paternalisme, risque de freiner l’élan. On ne devient pas candidat crédible du jour au lendemain, encore moins dans un système politique où les réseaux et les ressources personnelles jouent un rôle déterminant.
Cependant, il faut parfois un point de départ. L’histoire des quotas féminins au Maroc illustre ce cheminement : critiqués à leurs débuts, ils ont ouvert la voie à une nouvelle normalité. Peut-être que les incitations financières pour les candidats en situation de handicap joueront un rôle similaire.Cen’estpasunepanacée,mais undéclencheur.
En filigrane, une conviction s’impose : une démocratie qui exclut une partie de ses citoyens, volontairement ou par négligence, n’est jamais achevée. Redonner voix aux personnes handicapées, leur garantir l’accès au vote et à la candidature, c’est enrichir le débatpublic,c’estdiversifier
les expériences et les perspectives au sein des institutions.À l’heure où le Maroc prépare les échéances électorales à venir, ces propositions tombent à point nommé. Elles rappellent que l’inclusion n’est pas un luxe, mais une condition sine qua non de la légitimité démocratique. Loin des promesses creuses, elles ouvrent une brèche dans un mur d’indifférence. Encore faudra-t-il voir si cette brèche deviendra porte d’entrée, ou simple fissureviterefermée.
En définitive, la note du Parti de l’Istiqlal n’est pas un aboutissement, mais une invitation. Invitation à repenser la démocratie marocaine non pas seulement en termes de chiffres de participation ou de sièges attribués, mais en termes de qualité et de diversité de la représentation. Car une démocratie, pour être vivante, doit ressembler à son peuple dans toutes ses dimensions, y compris celles quel’onpréfèresouventtaire.
NIZAR BARAKA : UN MINISTRE ENTRE FIDÉLITÉ
INSTITUTIONNELLE ET ÉQUITÉ
POLITIQUE
Dansunpaysageélectoraloùla suspiciond’instrumentalisation des politiques publiques reste tenace, Nizar Baraka choisit de s’adosser à la légitimité institutionnelle plutôt qu’aux calculs partisans. En revendiquant l’équité comme boussole de son action, le ministre de l’Équipement et de l’Eau s’impose comme une figure d’équilibre entre fidélité au Roi et exigence de neutralité politique.
À l’approche des élections, rares sont les responsables politiques qui échappent aux calculs électoralistes. Pourtant, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, semble vouloir se placer au-dessusdecettelogique.
Dans une déclaration relayée par ses proches, il a confirmé sa volonté de poursuivre la réalisation de tous les projets inscrits dans le programme de son département, qu’il s’agisse d’interconnexions hydrauliques ou de chantiers routiers, sans se soucier de l’identité politique des bénéficiaires. « Je suis le ministre de tous les Marocains », a-t-il insisté, rappelantlaconfiancequeluiaccordentSaMajesté leRoietleParlement.
Cette posture, qui paraît relever du simple bon sens institutionnel, mérite pourtant d’être soulignée dans un contexte où la tentation d’instrumentaliser les politiques publiques à des fins partisanes reste une critiquerécurrente.
Unministèrestratégique
Le ministère de l’Équipement et de l’Eau occupe une placecentraledansl’architecturegouvernementale. Ilgèredesdossiersquitouchentdirectementàlavie quotidienne des citoyens : routes, barrages, accès à l’eau potable, infrastructures portuaires. La moindre décision en matière d’investissement ou de priorisation peut avoir des répercussions considérables sur les équilibres régionaux, l’attractivitédesterritoiresetlebien-êtresocial.
Par larédaction
Dans un pays confronté à la rareté hydrique et à une pression démographique croissante, les politiques de l’eau revêtent un caractère vital. Les interconnexions entre bassins hydrauliques, qui figurent en bonne place dans l’agenda du ministère, sont essentielles pour sécuriser l’approvisionnement des régions déficitaires et garantir une gestion solidaire de cette ressourcestratégique.
Les infrastructures routières, quant à elles, participent à désenclaver les zones rurales, à fluidifier les échangescommerciauxetàrenforcerlacompétitivité nationale. Elles sont aussi un facteur de cohésion sociale et territoriale, réduisant les disparités entre le centreetlapériphérie.
Latentationélectoraliste
À l’approche des scrutins, ces chantiers peuvent facilement devenir un instrument de séduction électorale.Quineverraitpasdansl’inaugurationd’une route ou l’ouverture d’un barrage une promesse de prospérité et de développement pour sa région ?
Historiquement, certains ministres ou élus locaux ont utilisécesprojetspourrenforcerleurassisepolitique. En affirmant que la programmation de ces projets sera respectée « quels que soient les bénéficiaires », Nizar Baraka tente donc de se démarquer d’une pratiquelargementcritiquée.
Ce positionnement se veut une réponse à ceux qui suspectent les responsables en poste d’orienter les investissements en fonction de leurs intérêts électorauxoudeceuxdeleursalliés.
Unmessageàdoubleportée
Le message du ministre s’adresse à deux publics. D’abord aux citoyens, qu’il rassure sur la neutralité de son action. En se présentant comme « ministre de tous les Marocains », il réaffirme le caractère national et inclusif de son mandat. Ensuite, à la classe politique, qu’il met en garde contre la tentation d’exploiter ces chantiersàdesfinspartisanes. Ce double discours vise à préserver la crédibilité des institutions dans un contexte où la confiance des citoyens envers la politique reste fragile. Le taux d’abstention électorale, élevé depuis plusieurs scrutins, en est un indicateur préoccupant.
Uneconfianceroyale
La légitimité de Nizar Baraka ne repose pas seulement sur son portefeuille ministériel. Héritier d’une lignée politique marocaine bien connue, son grand-père Allal El Fassi fut l’un des pères fondateurs du mouvement national, il dirige aujourd’hui le Parti de l’Istiqlal, formation historiquedupaysagepolitique.
Mais dans sa déclaration, il insiste davantage sur la confiance que lui accorde le Souverain et sur l’appui du Parlement. En mettant en avant cette double reconnaissance institutionnelle, il s’ancre dans une logique de service public au-delà des contingences partisanes.
Lesenjeuxdesprochainesannées
Loin d’être une simple déclaration de principe, la position de Baraka soulève des enjeux concrets. Le Maroc entre dans une phase décisive : la généralisation de l’accès à l’eau potable, la gestion des effets du changement climatique et la modernisation des infrastructures sont autantdechantiersstructurants.
Les choix opérés aujourd’hui détermineront la résilience du pays face aux sécheresses récurrentes, sa capacité à attirer les investissements et son aptitude à réduire les inégalités territoriales.Danscecontexte,
l’équité dans la distribution des projets n’est pas seulement unevertumorale:c’estuneconditiondestabiliténationale.
Unestratégied’image?
Certains observateurs pourraient voir dans cette posture une stratégie de communication. En se positionnant au-dessus de la mêlée, le ministre cultive une image d’homme d’État, soucieux de l’intérêt général. Cela peut servir sa carrière politique, notamment en renforçant la crédibilité du Parti de l’Istiqlalàl’approchedesélectionslégislativesde2026.
Mais qu’il s’agisse de conviction sincère ou de calcul politique, le discours produit un effet bénéfique : il rappelle la nécessité d’un service public impartial, qui serve tous les citoyens sans distinction.
Dansunpaysagepolitiqueoùlaméfiancedomine,lemessage de Nizar Baraka se veut apaisant et rassembleur. En affirmant qu’il « ne fait pas de distinction entre l’ami et l’adversaire politique », il réaffirme la primauté de l’État sur les logiques partisanes.
Reste à voir si cette ligne de conduite sera suivie d’effets concretssurleterrainetsid’autresresponsablesadopterontla même posture. Car au-delà des discours, c’est la capacité à traduire cette équité dans la réalité des projets qui conditionnera la confiance retrouvée entre les Marocains et leursinstitutions.
RÉFUGIÉS AU MAROC : CHIFFRES ET VISAGES
Les 19.756 réfugiés et demandeursd’asilerecensés fin juillet 2025 au Maroc témoignent d’un repositionnementdurabledu Royaume comme espace de transit devenu territoire d’installation partielle, entre diplomatie africaine, exigences humanitaires et défissocio-économiques.
Gestion publique, ONG et agences onusiennes en synergievigilante
La courbe ascendante des personnes placées sous protectioninternationaleauMarocn’estplusunsimple soubresaut statistique: elle trace le contour d’une recomposition géopolitique où le Royaume se situe désormais au croisement des mobilités africaines, levantines et parfois latino-américaines. Les 19.756 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés à fin juillet 2025 constituent un seuil symbolique, révélant autant la capacité institutionnelle accrue que les tensions latentesd’unehospitalitéenconstruction.
Derrière le chiffre, une mosaïque : Syriens toujours présents bien que les flux se soient taris, Yéménites, Soudanais fuyant la fragmentation territoriale, ressortissants du Sahel cherchant à échapper à l’hybridation des violences, mais aussi Congolais, Ivoiriens ou Camerounais pour lesquels le Maroc cesse progressivement d’être simple étape vers l’Europe. L’effet de rétention découle d’un double mouvement: durcissement des passages clandestins nordiques et amélioration relative, quoique inégale, de l’accès aux servicesdebasedanscertainesvillesmarocaines. Le dispositif institutionnel a gagné en densité: Bureau des réfugiés et apatrides réorganisé, articulation opérationnelle avec le HCR, partenariats municipaux pilotes à Rabat, Oujda ou Casablanca autour de l’accès à la scolarisation et à la santé. Pourtant, l’intégration économique demeure le talon d’Achille
Par MamouneACHARKI
Les initiatives de micro-entrepreneuriat restent embryonnaires sans un meilleur arrimage au financementsolidaireouaucréditassociatif.
La problématique du logement illustre la tension entre politiques publiques et réalités de terrain: loyers urbains en hausse, segmentation de quartiers où se juxtaposent colocation précaire et embryons de sociabilités transculturelles. Des ONG locales tentent d’encadrer juridiquement les baux pour éviter les abus, mais se heurtent à l’absence demécanismesdemédiationrapides.
L’emploi informel absorbe la majorité des compétences, avec un risque de sous-qualification durable.
Surleplannormatif,l’absenced’uneloid’asileglobalecontinuedeproduireunclair-obscurjuridique.Les autorités, soucieuses d’équilibre, avancent par circulaires et protocoles ponctuels. Cette méthode graduelle,sielleapermisd’éviterunblocagepolitique,retardelalisibilitédesdroitsetobligationspourles personnesconcernéescommepourlesadministrationsdéconcentrées.
La perception sociale, enfin, oscille entre indifférence bienveillante et crispation localisée lorsque se conjuguent chômage endémique et rumeurs amplifiées sur les réseaux. D’où l’importance de récits médiatiquesnuancéscapablesdesortirlaquestiondel’oppositionbinairecompassion/saturation.
Le chiffre de 19.756 n’est pas une destination mais une transition. Il interroge la capacité à penser l’intégration non comme dilution identitaire mais comme contrat pragmatique: droits fondamentaux, contribution économique, respect des cadres régaliens. Le Maroc expérimente, loin des modèles européens standardisés, une voie graduelle où diplomatie africaine et gestion interne se répondent. Le défiestdetransformerl’agrégationdetrajectoiresenpotentielpartagésanséroderl’adhésioncitoyenne.
À DÉFAUT DE CONVAINCRE, AUTANT OBLIGER
: QUAND L’OPPOSITION
MAROCAINE RÊVE DU VOTE OBLIGATOIRE
Au Maroc, l’abstention électorale reste l’ombre portée de la démocratie représentative. Plus d’un électeur sur deux choisit l’absence plutôt que l’urne. Dans ce vide grandissant, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a choisi de sortir une vieille arme du placard : rendre le vote obligatoire. L’idée, couchée noir sur blanc dans son mémorandum du 28 août adressé au ministère de l’Intérieur, sonne comme une solution miracle. Mais elle révèle surtout un malaise profond : celui d’une opposition incapable de convaincre les Marocains de participer librement, et qui en vient à rêver de lescontraindre.
Leparadoxedeslibertésbrandiesetbridées
Il y a un parfum d’ironie dans cette proposition. Le PPS et d’autres formations d’opposition ont bâti leur légitimité politique sur la défense acharnée des libertés individuelles et collectives, face à un État central accusé de contrôle excessif. Aujourd’hui, les mêmes voix plaident pour transformer le droit de vote en devoir impératif, sanctionné en cas d’abstention. La libertépolitique,jadistotemdel’opposition,se retrouve ainsi instrumentalisée : vous êtes libres… mais obligés d’exercer cette liberté. C’estleparadoxedu«démocratediscipliné», où l’on défend l’ouverture tout en serrant le carcan.
Uneréponsefacileàunecriseprofonde
Le vote obligatoire apparaît comme une rustine posée sur une fracture plus grave : la perte de confiance entre citoyens et institutions. L’abstention n’est pas un caprice civique, c’est un symptôme. Elle dit la défiance,lalassitude,parfoismêmelacolère. En la traitant par l’obligation, on confond la cause et la conséquence. On remplit les urnes de bulletins contraints, mais on ne remplit pas les cœurs de conviction. À quoi bon faire voter par obligation si l’offre politiqueneséduitpas?
ParAdnaneBenchakroun
Lafaisabilitéjuridiqueetseszonesgrises
D’un point de vue technique, instaurer un vote obligatoire supposerait une révision du Code électoral, mais aussi l’instauration de mécanismes de contrôle et de sanction. Amendes ? Privation de certains droits civiques ? Les pistes sont floues et politiquement explosives. Dans un pays où l’administration peine déjà à gérer les listes électorales, comment contrôler efficacement les millions d’électeurs ? Et surtout, est-il légitime d’introduire une pénalisation de l’abstention dans un contexte où la participation a toujours été présentée comme un acte volontaire de citoyenneté?
Uneffetboomerangpourlacrédibilitépolitique À vouloir obliger, l’opposition prend le risque de creuser encore plus le fossé qui la sépare de l’opinion. Car les Marocains, loin d’être insensibles à la politique, savent reconnaître quand on tente de maquiller un déficit de légitimité par une mesure coercitive. Le danger est double : vider le vote de son sens en le transformant en formalité administrative, et renforcer le cynisme ambiant — celui qui murmure que « les partis sont tous les mêmes » et que le choix des urnes ne change pas lequotidien.
Convaincreplutôtquecontraindre
Loind’ungadgetjuridique,lavéritablebatailleestailleurs:réinventerl’offrepolitique,parler vrai, répondre aux angoisses sociales, donner envie de croire à la politique. Convaincre, c’est accepter l’effort patient d’une pédagogie citoyenne. Obliger, c’est avouer sa faillite à inspirer. En proposant le vote obligatoire, l’opposition trahit son propre récit, celui d’un Marocoùlalibertédevaitprimersurlacontrainte
Enguisedeconclusion
À un an des législatives, la tentation du raccourci révèle surtout le vide de la réflexion stratégique. Le vote obligatoire pourrait remplir les urnes mais il ne remplirait pas le contrat de confiance. Et sans confiance, la démocratieresteunecoquillevide.L’oppositionmarocaineferaitmieuxderaviverlaflammecitoyenneparle débat et l’innovation politique, plutôt que de transformer l’acte électoral en obligation administrative. Car à défautdeconvaincre,contraindren’estpasunprogrèsdémocratique:c’estunedéfaitemorale.
Levoteobligatoireestunsystèmedanslequellaparticipationauxélectionsestuneobligationlégalepourles citoyens,avecdessanctionsprévuesencasdenon-respect.Cettemesure,appliquéedansdespayscommela Belgique et l'Australie, vise à accroître la participation électorale et à garantir une meilleure représentativité démocratique, bien qu'elle soit l'objet de débats. En France, le vote est un devoir civique mais n'est pas rendu obligatoireparlaloi,cequipermetauxcitoyensdes'abstenirsansêtresanctionnés
LA TBOURIDA DES ÂNES !
NE CROYAIT
PAS SI
BIEN DIRE
L'AMI ALI HASSAN LORSQU'IL LANÇA LA SURPRENANTE IDÉE D'UNE TBOURIDA, POUR LA PREMIÈRE FOIS, EXCLUSIVEMENT RÉSERVÉE AUX ÂNES !
Netirezpassurlebaudet!
Sans vouloir manquer de respect à nos sympathiques amis les Hmirs , un animal corvéable à souhait et qui rend des services immenses à des " humains" plein d'ingratitude, une Tbourida pour les ânes serait une excellente idée pour leur rendre hommage.
Au début des années quatre-vingt, un jeune animateur qui fait ses débuts au journal télévisé sur la TVM , balance ce canular un premier avril, qui suscite énormément de réactions beaucoup n'ayant pas tout de suite compris qu'il s'agissait d'un poisson d'avril, inhabituel et hors de propos il est bien vrai pourDarElBrihi.
Depuis, aujourd'hui la Tbourida des ânes et pour les Hmirsonestfranchementenpleindedans!
Grandcirque!
Dans le grand cirque de ce qui nous tient lieu de vie politique locale, ainsi que dans le grand foutoir des réseauxsociaux,ilestnormaletlégitimequelesânes puissentavoirleloisirdefaireleurnuméro!
Il y a justement cette Tbourida qu'on laisse faire sur les réseaux sociaux et qui reste sous la menace de poursuites judiciaires avec une contre- Tbourida de certains ministres qui montrent qu'ils n'ont rien de mieuxàfaire!
Schizophréniemarocaine!
Il y a une schizophrénie bien marocaine et dont le terrain de jeu, un territoire que certains voudraient sans foi ni loi , sert à dénoncer, calomnier , insulter avec chantages et règlements de comptes où tous les coups sont permis, dans un foutoir où se déversent toutes les insanités imaginables dans un exercice où beaucoup cherchent à se faire justice oubliant qu'il n'y a pas de liberté d'expression et de libertétoutcourtsansresponsabilité.
Et sans responsabilité pénale dans ce cas d'espèce cardèsqu'ils'agitd'unlanceurd'alerte,lamenacede peinesd'emprisonnementplane!
EntrecellequioffenseDieuetquidevrasubirpourcet affrontàAllahlajusticedeshommes,etcellequi,en procédure de divorce , règle ses comptes avec le père de ses enfants en publiant sur la toile des détails indécents de l'intimité de la vie conjugale, il n'est plus question de schizophrénie ou de liberté d'expression!
Mais d'un flagrant problème d'éducation et de morale
et certainement de méconnaissance des limites que chacun doit savoir s'imposer , ceci sans jugement de valeur!
Et tout un chacun, c'est toute personne dotée de bon sens et normalement constituée sur le plan psychique et moral ,indépendammentdesrèglesimposéesparlareligion.
Oui , tout n'est pas permis et le tact c'est justement de savoirjusqu'oùilnefautsurtoutpasallertroploin..
La Tbourida des ânes et pour les ânes ce sont ces pseudo medias électroniques qui traînent dans la boue du caniveau qui est le leur et celui du feuilleton des faits divers!
Juste pour faire du buzz , ils usent et abusent de " schoufing " en étalant des séquences de la vie privée de people ou de célébrités ayant maille à partir avec la justice , sur la place devenu trop publique des réseaux sociaux, en se substituant volontiers et sans état d'âme aucunàlajustice!
Mais , franchement, où est le Conseil national de la presse et que font les instances qui se disent " représentatives " d'uneprofessionquineressembleplusàrien!?
Ces instances, honnêtement on n'en entend parler que lorsqu'ils'agitdeluttespourlesfauteuils,etlesportefeuilles et très rarement lorsqu'il s'agit des intérêts de la corporation!
Et puis, plus généralement il est permis de se demander si régulièrement des faits divers de ce genre , devenus un vulgaire et vil fonds de commerce, ne sont pas servis intentionnellement afin de faire diversion et détourner les regards!?
Par HafidFassifihri
IL
Vindictepopulaire!
Normalement, dans cette " présumée" affaire d'infidélité conjugale, les forces de police - même si rien ne les y oblige - auraient dû communiquer, confirmer ou non le flagrant délit et puis surtout, mettre un terme à toutes lesrumeurs,lesspéculationsetcedéballageoùbeaucoupsesontimprovisésgardienscontrelesatteintesaux bonnesmœurs—surtoutsionyajouteunebonnedosedebêtise.
Et il est très significatif de voir deux camps s'affronter sur terrain neutre : les supposés conservateurs qui sont quelquefois de simples apprentis- défenseurs de la morale et des bonnes mœurs et ceux et celles qui défendentleslibertésindividuellesdénonçantuncodepénalcaduque.
En ce qui nous concerne, on ne prendra position ni pour les autres car des lieux de débauche ce n'est pas ce quimanquedanscepaysetchacunestlibredepratiquerous'adonnerauplusmétieraumonde.
Entre voyeurisme numérique, pudibonderie de façade, ignorance religieuse, archaïsme culturel et hypocrisie sociale, voilà les ingrédients d’une société qui prétend avancer… en marchant à reculons car il faut bien admettrequecettevindictepopulaireressembleétrangementàuneTalibanisationquineditpassonnom!
L'intolérance et l'intolérable indécence sont en train de devenir des normes sociales et cela est la flagrante preuvequelagénérationmontantesouffred'unmanquederepèresidéologiques!
Queceluiquin'ajamaispéchémejettelapremièrepierre!
L'intoléranceetl'intolérableindécencesontentraindedevenirdes normes sociales et cela est la flagrante preuve que la génération montantesouffred'unmanquederepèresidéologiques!
Si l'éducation et l'enseignement ne sont pas valorisés et si l'enrichissement illicite est permis et toléré par la loi et par le gouvernement actuel, à qui la faute si personne ne respecte plus rien !? L'indigence culturelle et intellectuelle ,et une bonne dose de médiocritésesontchargésdureste!
La Tbourida des ânes ce sont malheureusement de nombreux motocyclistesquisefontécraserpardegrossescylindréesetdont beaucoup trouvent la mort ! Il faudra se résigner à l'idée que dans les quartiers huppés de la capitale du Royaume, les motos dérangent les voitures de luxe et les 4x4 qui roulent à grande vitesse!
Mais, peut-on accepter que des conducteurs de grosses cylindréesnerespectentnilecodedelaroute,nileslimitationsde vitesseetencoremoinslaviehumaine,celledespauvresbougres quin'ontqueleurmotopourgagnerleurpainquotidien!?
Ledegrézéroducivisme!
Le populisme et l'ignorance , stigmates du sous développement socioculturel , oui oui c'est bien un jugement de valeur , peuventils expliquer cette extrême levée de boucliers et cette soif de faits diversavecunehémorragiedescandalesentousgenres!?
Danstouslescas,unechoseestsûre:laTbouridadesânesestun signe qui ne trompe pas, celui d'une vertigineuse chute des valeursetd'uneescaladedel'indécence! EtcetteTbourida,cesontdesfestivalsdetrèsmauvaisgoût,etdes supposés artistes qui se nourrissent du caniveau et qui sévissent avec l'argent des contribuables ! C'est également la fête de mariage dans le Rif digne d'un narcotrafiquant d'Amérique centrale,
dansunedémonstrationdeforceetderichessequi a impressionné les foules ! C'est aussi un enfant de 13ansvioléparplusieurshommeslorsd'unfestival.. Il n'y a pas que cela sur les réseaux sociaux, il y a également des escroqueries en tous genres, des charlatansdetoutpoiletdesexpertsdetousbords qui proposent du prêt-à-porter idéologique pour les nuls et qui , bien entendu, sévissent aux frais de ceuxetcellesquilessuivent!
Honnêtement, on aura tout vu ou presque, alors uneTbouridapourlesânes!
De grâce ne tirez pas sur le baudet et que celui qui n'a jamais péché me jette la première pierre. Commediraitl'autre,c'estquil'autredéjà!?
C'est certainement Nabyl Lahlou et son magnifique etinoubliablefilm:"l'âmequibrait!"
EST-CE LA FIN PROGRAMMÉE DE L’EMPIRE AMÉRICAIN ?
Le projet de la nouvelle stratégie de défense des Etats-Unis, soumis début septembre au secrétaire à la défense, Pete Hegset, a ébranlé la communauté des géopoliticiens. Les Américains vont-ils se redéployer dans leur forteresseoutre-Atlantique?
C’est une remise en cause radicale de la stratégie de pivot vers l’Asie, initiée par l’administration de Barack Obama, en 2010.
Toutes les administrations américaines suivantes, même celle de Donald Trump lors de sonpremiermandat(2017-2021),ontappliquéla même stratégie d’endiguement envers la Chine, puissance montante considérée comme la plus grave menace menace envers l’hégémonie des Etats-Unis.
Le contenu du projet de la nouvelle stratégie de défense des Etats-Unis, soumis début septembre au secrétaire à la défense, Pete Hegset, dont le média américain Politico s’est fait l’écho dans son édition du 5 septembre, avance l’idée d’un recentrage des efforts et ressources du Pentagone sur le territoire nationaletl’hémisphèreoccidental. Il n’est tout simplement plus question de préparations militaires pour faire face à la Chine.
Leserpentquisemordlaqueue
Maintenant que le président Trump a rebaptisé le département de la défense, désormais celui de la guerre (!), l’effort est portée sur le déploiement de la garde nationale dans les villes américaines livrées à la criminalité de Washington et Los Angeles, pendant que les destroyers de la Navy et les F35 de l’Us Air Force vont affronter les trafiquants de drogue dans les Caraïbes.
C’est moins risqué que de faire la guerre aux HouthisduYémen.
Ceci donne peut être un sens à l’étrange décision de Donald Trump, le 6 août, de porter les droits de douanes sur les produits de l’Inde exportés aux Etats-Unis à 50%, en raison de ses achatsdupétrolerusse,quireprésentequelques 40%desimportationsindiennes.
Inutile de rappeler que l’Inde est l’un des meilleurs alliés des Etats-Unis en Asie du Sud, un membre du Quad (Dialogue quadrilatéral pour la sécurité), un regroupement ouvertement antichinois dirigé par les Etats-Unis est composé de l’Australie, du Japon et de l’Inde.
La réaction indienne ne s’est pas fait attendre. Le 1er septembre, le premier ministre indien, Narendra Modi, a participé, aux côtés des présidents chinois et russe , Xi Jin Ping et Vladimir Poutine, au 25ème sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), tenu à Tianjin,enChine.
Nuln’ignorelesrelationsexécrablesentrel’IndeetlaChine, que les Américains se démenaient, jusqu’à la gifle des droitsdedouanes,pourlesaggraver.
La réaction indienne ne s’est pas fait attendre. Le 1er septembre, le premier ministre indien, Narendra Modi, a participé, aux côtés des présidents chinois et russe , Xi Jin Ping et Vladimir Poutine, au 25ème sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), tenu à Tianjin,enChine.
Nuln’ignorelesrelationsexécrablesentrel’IndeetlaChine, que les Américains se démenaient, jusqu’à la gifle des droitsdedouanes,pourlesaggraver.
Par AhmedNaji
L’artdecoalisersesennemiscontresoi
Alors, Trump sabote-il consciemment les relations des Etats-Unis avec certains alliés, de manière à justifier un démantèlement de l’empire américain, dont il est parfaitement conscient que Washington n’a plus les moyens d’entretenir,commeleprétendentsesplusferventsapologistes?
Ou serait-ce plus simplement l’aveuglante arrogance caractéristique des dernières cuvées des hommes politiques,géostratègesetmédiasaméricains,quiontdéjàpêchéensuscitantleconflitenUkraine,aveclafolle ambitiondesoumettrelaRussieetladémembrer?
L’un des penseurs contemporains américains non infectés par l’idéologie des néoconservateurs, le politologue John Mearsheimer prônait, en 2014, dans la mise à jour d’un ouvrage « La tragédie de la politique des grandes puissances », publié la première fois en 2001, une coalition menée par les Etats-Unis et composée de la Russie, de l’Inde, Japon, de la Corée du Sud et du Vietnam afin d’endiguer la menace de la Chine, contre laquelle il prédisaitqu’ilfiniraitparyavoirunaffrontement.
Aujourd’hui, la Russie est en guerre contre l’Ukraine, activement soutenue par l’Otan, l’Inde, vexée par Trump, chercheàserapprocherencoreplusdelaChineetdelaRussie,leJaponestdansunteldéclindémographique que les pertes humaines d’une guerre pourrait signifier son effondrement, la Corée du Sud garde son attention bien orientée vers son menaçant voisin du Nord et le Viêt-Nam accueille suffisamment d’entreprises chinoises, qui y ont délocalisés tout ou partie de leurs activités, pour ne pas aller trop loin dans l’hostilité envers son puissantvoisinduNord,malgréleursrivalitésenMerdeChineméridionale.
Le projet de la nouvelle stratégie de défense des Etats-Unis signifie-t-il que les élites dirigeantes américaines sont redevenues pragmatiques et ont fini par admettre que le temps de leur hégémonie mondiale a pris fin, faute de moyens pour la maintenir vivace et du fait de l’émergence de nouvelles puissances la Chine et la Russie, l’une riche de son appareil industriel et de ses technologies, l’autre de ses ressources naturelles, que lesditesélitesont-ellesmêmepoussédanslesbrasl’undel’autre?
Leplusprobable estque Washington comptesurses laquaisenEurope, enAsieeten Océaniepourfaire lesaletravailàsa place.
RECENSEMENT DU CHEPTEL NATIONAL : L’INTÉRIEUR PREND LES RÊNES, L’AGRICULTURE
À LA TRAÎNE..
Le recensement du cheptel national, dévoilé fin août, en est l’illustration parfaite. D’un côté, une photographie exhaustive : plus de 32,8 millions de têtes répertoriées, dont 23 millions d’ovins. Un effort colossal mené sur l’ensemble du territoire, dans un contexte marqué par la sécheresse, la flambée des prix des intrants et les stigmates laissés par la pandémie. De l’autre, une évidence : si ce travail a puêtreréaliséavecautantderigueuretderapidité, c’est bien parce que le ministère de l’Intérieur a mis à disposition ses moyens humains, son maillage territorialetsesprocédureséprouvées.
Quand l’Intérieur devient le vrai gardien de la souverainetéalimentaire:
Le ministère de l’Agriculture s’empresse d’annoncer l’augmentation des effectifs du cheptel comme un succès. Pourtant, derrière la façade des chiffres, la réalité est plus nuancée. Les bovins et les camelins reculent dangereusement : près de 30% de baisse par rapport aux moyennes historiques. Les causes sont connues – restriction de l’irrigation, crise du lait, sécheresses à répétition – mais les remèdes tardent. On se retrouve avec une communication ministérielle qui se contente de constater et commenter,plutôtqued’anticiperetcorriger.
Ce paradoxe illustre une faiblesse structurelle : le ministère de l’Agriculture excelle dans la compilation statistique, mais peine à transformer ces données en stratégies de long terme. Le recensement devient un miroir sans tain : il reflète le présentsanséclairerl’avenir.
À l’inverse, c’est au ministère de l’Intérieur que revient le mérite d’avoir donné au recensement sa cohérence nationale. Walis, gouverneurs, autorités locales, commissions techniques : la mécanique administrative a fonctionné comme une horloge. Cette architecture de gouvernance, adossée à des instructions royales précises, a permis d’identifier, marquer, centraliser les données et surtout de bâtir une base numérique nationale du cheptel et de ses propriétaires.
Ce travail dépasse le simple recensement : il prépare une reconstitution raisonnée du cheptel, avecunsuiviauplusprèsdesréalitéslocales.
Les aides aux éleveurs – près de 11 milliards de dirhamsmobilisés–
ParMohamed AitBellahcen
ne seront plus distribuées à l’aveugle, mais indexé données vérifiables. Dans un pays où les subventions sont souvent synonymes d’opacité, l’Intérieur apporte ici méthode ettransparence.
Ce n’est pas un hasard si le comité de pilotage central est présidé par l’Intérieur. La souveraineté alimentaire est trop sensiblepourêtrelaisséeauxhésitationstechniques.Faceàla sécheresse chronique, aux tensions sociales liées à l’Aïd alAdhaannuléen2025,ouencoreauxdéfisdesimportationsde viande et de lait, le Royaume a besoin d’un État stratège, capablededéciderviteetdecontrôlerefficacement.
L’Intérieur, souvent perçu comme garant de l’ordre public, s’affirme désormais comme acteur de la sécurité alimentaire. Ses méthodes – recensement exhaustif, numérisation des procédures, supervision locale – démontrent que le pays peut sedoterd’unegouvernancemoderne,mêmedansunsecteur aussidisperséetsensiblequel’élevage.
La critique n’est pas une condamnation, mais un appel. Le ministère de l’Agriculture doit retrouver son rôle moteur : penser les filières, anticiper les crises, orienter les investissements,moderniserlespratiques.Leschiffresbrutsne suffisent pas. Sans vision, le recensement restera une photographie figée, incapable de protéger le Maroc des prochainestempêtesclimatiquesetéconomiques.
L’Intérieur,chefd’orchestrediscretmaisefficace:
Pendant que l’Intérieur assure la logistique et la méthode, l’Agriculture doit reprendre son rôle de capitaine denavire.C’estàellededonnerlecap,pasdes’abriterderrièrelesbulletinsderecensement.LeMarocrural et ses éleveurs attendent une stratégie claire : quelles solutions pour la filière laitière ? Quel avenir pour les camelins frappés par la sécheresse ? Quelle politique pour préserver les femelles reproductrices sans sacrifierlarentabilitédestroupeaux?
Au fond, cette séquence est une leçon de gouvernance. Elle montre qu’un pays ne se nourrit pas de statistiquesmaisdedécisions.Qu’unministèredel’Intérieur,souventcritiquépoursonpoids,peutdevenirun modèle de rigueur et d’efficacité lorsqu’il applique des Hautes Instructions royales. Et qu’un ministère de l’Agriculture, pourtant au cœur du sujet, peut perdre de sa crédibilité lorsqu’il confond comptabilité et stratégie.
LeMaroc,confrontéàlacriseclimatique,nepeutpassepermettreceluxe.Lasouverainetéalimentaireexige un État stratège, un ministère de l’Agriculture visionnaire et un ministère de l’Intérieur garant de la mise en œuvre. Entre les deux, c’est une complémentarité qu’il faut construire, pas une compétition. Mais pour l’instant,c’estbienl’Intérieurquisauvelamise
L’histoire retiendra que dans les années de sécheresse et de crise, le Maroc a pu compter sur l’efficacité des autoritésterritorialespourrecenseretprotégersoncheptel.Maiselleretiendraaussiquel’Agriculture,malgré seschiffres,doitencoreapprendreàtransformersesconstatsenstratégies.L’avenirdupaysruralnesejoue pas dans les tableaux Excel, mais dans la capacité à conjuguer méthode et vision. Et pour l’instant, la méthode,c’estl’Intérieurquil’incarne.
Lasagesseroyale,socledel’opération
Impossible de comprendre la cohérence de ce chantier sans rappeler l’élément fondateur : les Hautes InstructionsRoyales.
C’est sous l’impulsion directe de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, que l’opération de recensement et de reconstitution du cheptel a été engagée. Le Souverain a insisté sur la nécessité de combiner professionnalisme, objectivité et efficacité, tout en confiant le suivi aux autorités locales. Cette vision royale dépasse la simple urgence : elle trace une ligne de durabilité, dans un contexte où la sécheresseetlesdéfiséconomiquesfragilisentlasouverainetéalimentairenationale.
En rappelant que la réussite de ce chantier exige une implication totale de chaque acteur – ministres, walis, gouverneurs, techniciens – SM le Roi a replacé le cheptel au cœur de la stratégie de résilience du Royaume. La dimension numérique, avec la création d’une base de données nationale précise, traduit cette volonté de bâtir une gouvernance moderne, adaptée aux réalités du terrain ettournéeversl’avenir.
La lettre envoyée le 10 juillet 2025 par Nizar Baraka, SecrétairegénéralduPartidel’Istiqlal,auprésidentduParti Populaire espagnol (PP), n’est pas un simple message de félicitations partisanes. C’est un geste politique finement calibré,unactediplomatiqueàpartentière,etunmessage adresséàtoutel’Europe:lacausenationalemarocainene souffreplusd’ambiguïté.
L’élégance du ton n’ôte rien à la fermeté du propos. Tout en saluantlaréélectionduchefduPPàlatêtedesonparti,Nizar Baraka saisit cette opportunité pour poser une question de fond : jusqu’à quand le PP maintiendra-t-il une position équivoque sur la question du Sahara ? Cette interpellation, directe mais respectueuse, illustre avec brio ce que la diplomatie partisane marocaine peut produire de plus stratégique : mobiliser les liens idéologiques, historiques et géopolitiquespouréclairerlaboussoledesintérêtspartagés.
Unelettre,plusieursmessages
En diplomatie, les non-dits sont parfois plus éloquents que les proclamations. Mais ici, la clarté prévaut : le Parti de l’Istiqlal, membre influent de l’Internationale démocrate centriste (IDC), rappelle au Parti Populaire espagnol son devoir de cohérence avec les valeurs communes, et surtout avecl’évolutionpolitiquedudossiersaharien.
La reconnaissance explicite de la marocanité du Sahara par le gouvernement de Pedro Sánchez en 2022 a été un tournant. En maintenant une posture floue, le PP prend le risque d’apparaître comme déconnecté de cette dynamique, voire en décalage avec les partenaires européens qui ont, les uns après les autres, reconnu la pertinencedupland’autonomieproposéparRabat.
L’autonomiecommehorizonstratégique
Présentée comme une solution « réaliste, crédible et sérieuse », l’initiative marocaine de 2007 bénéficie aujourd’hui d’un soutien international large et diversifié : États-Unis, Allemagne, France, Pays-Bas, pays africains, arabes, asiatiques et latino-américains… Le Parti de l’Istiqlal ne se contente pas de rappeler cette évolution. Il la replace dans une perspective plus large : coopération régionale, stabilité du Maghreb et du Sahel, lutte contre les trafics et les flux migratoires,co-développement.
C’est là toute la force de cette lettre : inscrire la question du Saharanonpascommeuncontentieuxbilatéral, mais comme une clé de lecture des équilibres géopolitiques euro-méditerranéens. Le Sahara n’est plus un problème ; c’estunlevierdepartenariatstratégique.
Ladiplomatiepartisane,unatoutsous-exploité Ce courrier marque aussi une avancée dans la structuration de la diplomatie partisane marocaine. Longtemps considérée comme le domaine réservé des chancelleries, la défense de la cause nationale s’enrichit désormais de la voix des partis politiques, qui activent leurs réseaux, interpellent leurs homologues, et s’érigent en véritables acteurs d’influence.
En s’adressant frontalement à un acteur politique européen majeur, le Parti de l’Istiqlal montre l’exemple. Il démontre que le dialogue interpartisan, lorsqu’ilestbienmené,peutfaireavancerdescauses d’intérêtsupérieuravecintelligence,tactetefficacité.
Uneinterpellationconstructive
Il ne s’agit pas ici de dénoncer, mais d’appeler à la clarification. Dans un contexte où le Maroc et l’Espagne ont posé les bases d’une relation nouvelle, stable et tournée vers l’avenir, la position d’un grand parti espagnol comme le PP ne peut rester à michemin. La solidarité historique entre familles politiques doit se traduire dans les actes, surtout quandelletoucheàunequestionexistentiellepourle Royaume.
Enconclusion
La lettre de Nizar Baraka n’est pas seulement une missive entre dirigeants de partis. C’est un signal fort, adresséàMadridmaiségalementàParis,àBruxelles, à Copenhague, à Dublin, à Ljubljana ou à Luxembourg. Elle incarne une ligne nouvelle de la diplomatiemarocaine:l’allianceentrelafermetédes principes, la constance stratégique et l’intelligence desréseaux.
Rédigépar:SaïdTemsamani
L’ODJMédia-GroupedepresseArrissalaSA Retrouver tous nos anciens numéros sur : www.pressplus.ma
AïtBouguemez, oulamontagnequipleure
Ce n’est pas la première fois et ce ne sera sûrement pas la dernière, cette marche des habitants du lieudit
Aït Bouguemez, dévalant la montagne dans la province d’Azilal. Quelques dizaines, peut-être des centaines, d’habitants ont quitté leur plateau, roulant dans leurs voitures, puis marchant à pied, jusqu’au siège de la préfecture, pour exprimer des doléances longtempsignorées.Ellesnesontplusignorées.
Le Maroc a une constitution, des lois, des partis politiques, un Etat fort, un gouvernement supposé fort, une administration territoriale avec un bon maillage… Mais des gens dans la montagne n’ont ni routes, ni médecins, ni téléphone, ni connexion internet, ni terrain de sport de proximité. En fait, ils n’ont pas grand-chose, pour ne pas dire rien. Ils ont donc présenté leurs revendications, par la voie de leur édile. Rien, ou presque.
Que voulez-vous alors qu’ils fissent ? Ils se sont regroupés, ont pris quelques provisions, puis ont entrepris d’aller eux-mêmes face à la préfecture, idéalement face au gouverneur aussi, pour lui exprimer de vive voix leurs revendications et leurs irritations. Et que pensez-vous qu’il arriva ? L’approche sécuritaire d’abord, avec le convoi de véhicules bloqué ; mais face à la détermination des marcheurs, l’autorité a laissé faire, la rencontre des délégués des marcheurs avec le gouverneur eut lieu, et les problèmes sont en voie de résolution.
On peut alors s’interroger sur ce qu’il se produit dans ce pays… Nous avons ce qu’il faut en matière d’institutions en tous genres, alors pourquoi les choses se passent ainsi ? Cette question d’intermédiation commence à poser problème, surtout que nous sommes à un an environ des élections. Pourquoi voter, si les élus ne servent à rien, ou à presque rien ? Par ailleurs, ces populations sont informées, une grosse partie d’entre eux est instruite et tout le monde est ainsi au fait des dizaines de milliards déversés par l’Etat un peu partout dans le royaume, protection sociale généralisée, construction de CHU, extension du TGV, organisation de la CAN et du Mondial, reconstruction d’al Haouz, distribution des aides directes…
Et puisqu’on parle de milliards de DH, les gens sont en droit de s’interroger aussi sur l’affectation et l’utilisation des 50 milliards de DH du Fonds de développement rural et des 120 milliards de DH affectés à la reconstruction des provinces d’al Haouz secouées par le séisme de 2023. Sans parler de ce budget, toujours surprenant par son volume, de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier, et qui s’est chiffré à 125 milliards de DH en 10 années (2013-2022).
Azilal n’est pas dans son champ de compétence territoriale mais bien des endroits qui en relèvent ne se sont pas relevés des inondations de l’année dernière, comme Tata. L’argent est là, c’est son utilisation qui pose problème et fait désordre.
Aussi, face au manque de communication avec les populations montagneuses et suite aux promesses non tenues, les habitants d’Aït Bouguemez , suivant l’exemple d’autres régions avant, ont décidé de contourner les corps intermédiaires et de s’adresser directement à l’autorité, l’interpellant avec tact et courtoisie, mais l’interpellant quand même.
Le Maroc est en train de vivre un tournant, à bas bruit. Les populations de ce Maroc qu’on oublie refusent la résignation qui fut la leur des siècles durant. Si les élus ne font pas leur travail, alors nous allons directement à l’échelon supérieur, pensent désormais les populations.
Or cet échelon devrait être en principe représenté par les élus régionaux qui, eux, brillent par leur absence, et face à ce silence qui confine à l’indifférence et souligne la mauvaise gouvernance, c’est le gouverneur qui se trouveimpliqué.
Et puisque la manœuvre semble avoir fonctionné à Aït Bouguemez , où les populations ont montré un haut degré de civisme et de réalisme, rien n’empêchera d’autres populations en manque d’infrastructures, de médecins, d’écoles, de routes, ou de tout autre service social ou infrastructure de base, d’emboîter le pas à leurs compatriotes de la province d’Azilal. Ces derniers, impatients et intraitables, ont choisi d’aller dans une marche de la dignité dénoncer l’indignité des responsables ; ils ont donc dévalé leur montagne dans une longue procession, comme une larme coulant sur la joue d’un citoyen suffoquant de hogra.
Et désormais, qui pourra empêcher ce genre de manifestation ? Qui serait en droit d’interdire à des gens de revendiquer des droits à eux conférés par la constitution et des conditions de vie garantis par la loi et la foi ? Comment devraient réagir des citoyens du « Maroc inutile » ignorés par des élus encore plus inutiles ? Jusqu’à quand les partis politiques désigneront-ils des candidats inaptes et insanes ? Combien de temps devront-ils encore et encore écouter, supporter les satisfécits permanents du gouvernement et de son chef qui leur montrent qu’ils sont les grands oubliés de la marge d’un Maroc qui se développe au centre ? Que se passera-t-il quand les urbains rejoigneront et se joindront aux ruraux dans ce type de protestation, puisque ça marche ?
Les autorités, le ministère de l’Intérieur pour être plus précis, devra raisonnablement agir. Nous sommes au Maroc et au Maroc, ce ministère entretient les meilleures relations du monde avec les partis ; il devra les sensibiliser quant à la qualité des candidats car si on prend les mêmes et on recommence, les problèmes comme à Aït Boughemez se répèteront et se multiplieront et, au final, c’est le ministère de l’Intérieur qui devra gérer la grogne populaire montante.
Entre les vitrines muséales et les gestes oubliés, Adnan Debbarh s’interroge sur la place du patrimoine vivant. Ni folklore figé ni relique du passé, ce patrimoine immatériel est pourtant au cœur de ce que nous sommes, porteur d’une mémoiresensible,desavoir-faire,devisionsdumonde.Dans un monde globalisé, il offre une alternative enracinée à une modernité standardisée. Encore faut-il, souligne A. Debbarh, qu’il soit transmis, non comme un objet de contemplation, maiscommeunemanièredevivre.
Le récit national ne se forge pas uniquement dans les livres d’histoire ou les salles de classe. Il se tisse aussi dans les gestes transmis, les langues parlées, les chants murmurés, les métiers appris, les fêtes célébrées, les recettes partagées. Autant d’expressions d’un patrimoine vivant, souvent ignoré, parfoismépriséetpourtantessentiel.
Si l’école est le lieu où l’on éveille la conscience historique, le patrimoine vivant est celui où l’on ressent le lien au passé, non plus comme savoir, mais comme présence. Il est mémoireincarnée.Ilestl’histoireenmouvement,danslavoix des conteurs, la main de l’artisan, la démarche du cavalier oulesilenced’unrituel.
Or dans notre modernité pressée, standardisée, technicisée, ce patrimoine vivant est souvent relégué à la marge. On le célèbreàl’occasiond’unfestival,onl’exposedansunevitrine muséale, on l’inventorie dans des rapports internationaux. Mais dans la vie réelle, dans les villages, dans les familles, il s’efface. Et avec lui, c’est un pan entier de notre rapport au temps,ausens,àl’identitéquis’érode.
Entre l’objet figé et le geste transmis, une fracture silencieuse s’installe, qu’il faut nommer en posant une distinction fondamentale : le musée n’est pas l’ennemi du patrimoine vivant,maisilpeutledevenirs’ilfigecequ’ilexpose.
Un musée mal pensé rassure. Il classe. Il protège. Il sanctuarise. Mais il coupe aussi l’objet de son usage, de sa transmission naturelle. Il fait de la culture un objet mort. À l’inverse,lepatrimoinevivantdérangeparfois,carilévolue,se réinvente, se conteste. Il appartient aux gens, non aux institutions.Ilnecherchepasàplaire,maisàêtrefidèleàson enracinement.
Cela dit, il serait injuste de ne pas reconnaître les efforts déployés depuis plus d’une décennie pour donner corps à une politique muséale au Maroc. Sous l’impulsion de la Fondation Nationale des Musées, portée avec constance par Mehdi Qotbi, plusieurs lieux ont vu le jour ou ont été réinventés : musée d’art contemporain, musée du bijou, du caftan, bientôt un musée d’archéologie… Ces institutions réparent un oubli, en redonnant visibilité à des pans entiers de notre patrimoine matériel, longtempsdispersésounégligés.
Mais ces lieux posent une question essentielle : à quoi sert un musée, sinon à relier ? Relier l’objet à l’histoiredontilestissu,augestequil’afaçonné,àla voix qui l’a transmis. Un musée peut être bien plus qu’une vitrine : il peut devenir un espace de mémoire partagée, un point de rencontre entre le passé vivant et les regards d’aujourd’hui. Encore faut-ilqu’ilrefusedecouperl’objetdesesracines. Caruncollierancien,untapis,uncaftanperdentleur âmes’ilssontextraitsdel’atelier,delafête,duchant, du rituel. Ils deviennent alors des coquilles, belles mais muettes. Le musée peut devenir un lieu de silence s’il oublie les voix. Mais il peut aussi, s’il s’ouvre, s’il s’anime, s’il s’incarne, être un lieu de transmission, pas seulement d’exposition. Il peut inviterlesartisans,lesconteurs,lesfaiseursd’histoire populaire.Ilpeutdevenirunespacehabité.
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Ce ne sont pas des abstractions : sur le terrain, la disparition est déjà à l’œuvre. Combien de métiers traditionnels disparaissent chaque année, faute d’apprentis ? Combien de gestes anciens dans l’agriculture, la construction, la cuisine sont remplacés par des techniques importées, plus rapides, moinsenracinées?
Lerisquen’estpasseulementpatrimonial.Ilestexistentiel.Car perdre un geste, c’est perdre une façon de penser le monde, del’habiter.C’estperdreunerelationautemps,àlamatière,à l’autre. Le tissage d’un tapis, le montage d’un toit en pisé, la fabrication d’un instrument de musique : tout cela est porteur de savoir, mais aussi de valeurs, de manières d’être au monde.
Or aujourd’hui, ces pratiques ne se transmettent plus qu’à la marge. L’école ne les enseigne pas. L’espace médiatique les ignore. L’économie les marginalise. Pourtant, c’est là que se trouventlesracinesaffectivesdenotremémoirecollective. Ilnefautpassecontenterdelaquestionlaplussimple:faut-il préserver notre patrimoine vivant ? Mais aller vers la plus décisive,commentletransmettresanslefiger?
Le patrimoine vivant ne se transmet pas comme un cours magistral. Il se vit, il s’apprend par immersion, par compagnonnage,parimitation,parimprégnation.Ilnécessite dutemps,dulien,durespect.
Cela suppose : de reconnaître la légitimité culturelle des porteurs de tradition (artisans, conteurs, musiciens, guérisseurs parfois); de créer des espaces de transmission (ateliers, coopératives, maisons de la mémoire); de sortir de la logique du « patrimoine produit », pour entrer dans celle du patrimoine vécu; de valoriser les langues vernaculaires comme vecteurs de nuances, de mondes intérieurs et non commereliques.
La transmission ne passe donc pas uniquement par l’école, mais par la société dans son ensemble : famille, communauté,marché,fête,rituel.
Encore faut-il que cette société reconnaisse que ses gestes ont de la valeur pas seulement économique, mais symbolique.
C’esticiquelerécitrejointlamémoireetlaprojettepourjouer son rôle. Non comme narration officielle ou linéaire, mais comme langage commun capable d’intégrer la diversité des mémoires.
Le patrimoine vivant peut nourrir ce récit s’il est intégré non comme folklore, mais comme expression légitime de l’histoire populaire. Le chant de l’aita, les poésies amazighs, les proverbes en darija, les légendes du Souss ou les dikrs de la zaouïa deviennent alors des archives vivantes, aussi importantes que les chroniques des gouvernants ou les archivescoloniales.
Un récit national juste n’est pas celui qui impose une mémoire unique, mais celui qui accueille les mémoires multiplesdansunearchitecturecommune.
Àcetitre,lepatrimoinevivantestlechaînonmanquantentre mémoire et récit. Il fait le lien entre ce que l’on vit encore, ce quel’onaoubliéetcequel’onpourraitvouloirdevenir.
Cedébatengagelemodèledemodernitéquenousvoulons pour le Maroc. Voulons-nous une société alignée, désaffiliée, où les jeunes se reconnaissent davantage dans les codes globaux que dans les mémoires locales ? Ou voulons-nous unemodernitéenracinée,habitée,assumée,oùleprogrèsne rimepasavecamnésie?
Préserverlepatrimoineestunestratégied’avenir.Lessociétés qui ont su articuler modernité technologique et densité symboliquesontcellesquiavancentsansserenier.
D’autresmodèles,commelacapoeirabrésilienne,passéede pratique marginale à patrimoine national tout en restant dynamique, ou les écomusées scandinaves où les habitants co-gèrentlescollections,montrentqu’unetroisièmevoieentre folklorisationetfossilisationestpossible.
Ce n’est pas un hasard si le Japon, la Corée ou l’Inde investissent massivement dans la transmission de leurs arts populairesetsavoirstraditionnels.
En somme, ce que nous transmettons dit ce que nous sommes. Ce que nous devons transmettre, ce ne sont pas des vitrines ou des statues : ce sont des gestes, des voix, des rythmes,desvisionsdumonde.
Lepatrimoinevivantestcequinousrelie,àlafoisauxancêtres etauxenfants.Cequitraverseletempssanss’yperdre.Cequi change sans trahir. Il n’est pas l’ennemi du progrès, mais la mémoiresensibledulien.
Rédigépar:AdnanDebbarh
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BENKIRANEANDTHELADIES
Il est devenu coutumier des sorties hasardeuses et mal calculées, Ssi Abdelilah Benkirane, comme cette dernière saillie sur les femmes. Il n’a réussi à créer qu’un puissant tollé des progressistes modernistes et le silence habituel, mortifère, des autres partis. Pour lui, globalement, les jeunes filles doivent d’abord se marier, avant même de penser aux études, au risque qu’elles se trouvent seules à l’issue de leurs parcours universitaires. Grosse, très grosse erreur…maispasdeM.Benkirane.
L’ancien chef du gouvernement, comme chacun sait, est un fin observateur de la scène politique et sociétale marocaine. Il a compris les Marocains, et même les Marocaines, bien mieux que les autres chefs de partis et leurs états-majors. Il saitcequ’ildit,àquiilledit,etpourquoiilledit,etilleditbien. On peut être d’accord avec lui ou non, ce n’est pas son objectif, puisque son public n’est pas visible ; il n’est pas visible,maisilesttrèsattentif,etlemessagedeSsiBenkirane parvientàsonobjectif.
En face, qu’avons-nous ? Des brailleurs et des brailleuses. Des crieurs et des crieuses qui servent de caisse de résonnance à Abdelilah Benkirane. Lui, il fait sa déclaration, il provoque et il choque. Puis il attend ce qui ne manque pas de survenir. Les autres, ses adversaires de tous genres se ruent comme un seul homme, comme une seule femme, dans le piège par lui tendu. Ils font donner tous leurs moyens – qui sont immenses – pour contester, protester, pester et cela crée la polémique. Cette polémique n’affaiblit pas l’homme et son parti, mais ressoude les rangs du parti autourdel’homme.
Ainsi donc, quand il a fait sa sortie sur les femmes, et après l’inévitable période de sidération, les associations féministes sont montées au créneau, relayées par les médias et des hérauts de la modernité et de l’égalité du genre. Tout ce monde rappelle les grands idéaux de la parité, de la constitution, des textes onusiens, des nécessaires besoins en éducation et des fondamentales libertés des femmes, etc…
C’est exactement ce que veut Abdelilah Benkirane, car tous lesargumentscitésetpertinentsvont,paradoxalement,dans son sens et assurent ses ouailles du bien-fondé des propos deleurchef/gourou/patriarche.
Question : que valent vraiment cette trentaine d’associations de défense des droits des femmes ? De combien de divisions disposentelles ? Sont-elles crédibles dans les réalités sociales du pays ? Sont-elles audibles parmi la grande masse de la population ? D’accusatrices, elles se retrouvent accusées d’être manipulées, téléguidées par les adversaires politiques du destinataire de leurs traits. Et le plus cocasse est que dans les rangs des PJDistes et de leurs sympathisants, cette idée complotiste contre M. Benkirane fait son chemin. La bronca supposément spontanée et hautement indignée serait une basse manœuvre politicienne lancée à visage masqué par des partis au gouvernement. Vrai ? Faux ? L’important n’est pas là, mais dans l’accusation non démentie et dans le peu de viralitédelaréactiondecesassociations.
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Les uns et les autres devraient à ce titre s’interroger sur le prudent mutisme des partis politiques, à l'exception peut-être du PPS ou de l'Istiqlal. Eux, les partis et leurs chefs, savent. Ils savent qu’Abdelilah Benkirane parle à l’âme marocaine qui, dans le fonds, dans une écrasante majorité, se retrouve dans le propos de l’ancien chef du gouvernement et patron du PJD.Cen’esteneffetpasparcequ’onvitdanslamodernitéqu’onestforcémentmodernes,danslesensprogressiste. Alors nous avons eu droit au torrent habituel des insultes contre le chef du PJD , émanant de médias qui y perdent encore plus leur crédibilité et de médias qui y laissent un peu plus de leur professionnalisme, provenant d’élus illustrementinconnusenquêtedequelquessecondesdegloire,sortantdelabouched’anciensresponsables(hommes oufemmes)quicherchentàsereplacerdanslaperspectivedesélectionsde2026.
Tous ces gens, associations, militant(e)s féministes, élu(e)s et les autres ne savent pas trop à qui ils s’adressent. C’est comme la pêche au filet qu’on lance sans savoir s’il y aura prise ou pas et si dans les prises, tout sera bon. Abdelilah Benkirane, lui, cible mieux, s’adressant à cette partie de l’inconscient de l’ensemble de la société, ratissant large et incluant les rangs mêmes de ses contempteurs. Et, agissant ainsi, il réitère sa technique pour Gaza, en allant haut, en allant loin dans la provocation, mais en drainant autant d’électeurs potentiels et des sympathisants à la mesure de ses prisesderisque.
Que faire alors ? Rien. Notre société est comme elle est, traditionaliste et conservatrice à l’extrême. Au lieu de s’en prendre à Abdelilah Benkirane et de le « martyriser » comme on le fait, c’est un travail de fonds qui doit être mené, sur l’éducationnationale,surl’interactionentrelatraditionetlamodernité,surlaplacedesfemmesdanslasociété.Cesont desactionsclairesetporteusesquidoiventêtreconduites,etc’estunevéritableimplicationdesmodernistes,féministes, gensdegaucheetgensdeprogrèsquidoitêtrebâtie.
Ce sera dans quelques années, si on commence maintenant ; dans l’intervalle, force est de constater qu’Abdelilah Benkirane gagne du terrain, gagne des voix, gagne tout court. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, mais c’est ainsi.
Rédigépar:AzizBoucetta
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CHIRURGIE
AUMAROC
:ENTRESCALPELETBENDIR,
LE
SOINENMUSIQUE
Lesoin,cetartdevibrerensemble Au Maroc, la musique, de Mozart à Fatna Bent Lhoucine, s'invite en bloc opératoire pour accompagner les chirurgiensetredonnerdel’humanitéauxsoins: Comment la musique influence le geste chirurgical au Maroc
Lesbienfaitshumainsetmédicauxdelamusiqueaubloc Il est des souvenirs qui s’écrivent à l’encre vive dans la mémoire, comme des portées musicales gravées dans le silence tendu d’un bloc opératoire. C’était au cœur des années 1980. Une jambe gangrénée sur la table, un chirurgienaugestenoble,etenfondsonore…unconcertode Bach. Loin d’être un caprice de mélomane, cette musique guidait le rythme de l’opération, inspirait la fluidité du geste, canalisaitlestensions.
Le Professeur Benacer Benyahya, figure légendaire de la chirurgie vasculaire au Maroc, n’opérait jamais sans ses compagnons invisibles : Mozart, Beethoven, parfois même Chopin. Dans ce ballet chirurgical, le scalpel devenait baguette, et l’acte médical, une chorégraphie sensible. Loin des standards bruyants des hôpitaux, son bloc était un sanctuaire d’élégance et de concentration, où chaque note semblaitdicterlaprochaineincision.
je me souviens : « Nous étions jeunes, impressionnés, et pourtant la musique nous rassurait. Elle offrait à nos mains tremblantes un peu de grâce. » Le son du violon apaisait, le piano rythmait, et le cœur du patient suivait une partition subtile. La médecine devenait art, et la salle d’opération, un opéraminiature.
Quarante ans plus tard, la scène a changé. Le stéthoscope est toujours là, le bistouri aussi. Mais les notes ont pris une autre couleur. Dans certains blocs opératoires marocains, c’est désormais Hajib qui donne la cadence, Fatna Bent Lhoucine qui accompagne l’incision, et le bendir qui scande les gestes. Un autre monde sonore, une autre ambiance, maislemêmeobjectif:soigneravechumanité.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la musique chaâbi n’est pas une distraction. Elle devient, dans les mains de ces chirurgiens contemporains, un outil presque thérapeutique. Elle rassemble l’équipe, détend l’atmosphère, rythme les séquences techniques. Elle insuffle un peu de familiarité dans un environnement souventanxiogène.
Un chirurgien de Casablanca témoigne : « Quand retentit la voix de Naïma Samih, même les moments les plus critiques trouvent un équilibre.
C’est comme si cette musique populaire portait quelque chose de profondément marocain, de profondément rassurant. » Et il ajoute, non sans humour:«Parfois,c’estFatnaquim’aideànepas perdrelefild’uneartèrecapricieuse!»
Lasciencemodernevalided’ailleurscetteintuition ancienne : écouter de la musique pendant une intervention chirurgicale réduit le stress, améliore la concentration, et peut même abaisser la tension artérielle des praticiens. Des études internationales montrent que les équipes médicales travaillant avec une bande-son choisieontuntauxdecomplicationsinférieur,une meilleure communication, et une endurance accrue.
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Maisau-delàdeschiffres,ilyal’émotion.Lamusiquecréeunespaceintimedansunlieufroidettechnicisé.Elleréintroduit de l’humain dans un environnement dominé par la machine. Elle rappelle que derrière chaque blouse blanche, il y a un cœur qui bat au même rythme que le oud, un esprit qui cherche la précision dans la douceur d’une mélodie, et une main quiseveutmoinstremblantequandellevibreaveclerythmed’unechanson.
Dansunmondemédicaldeplusenplusautomatisé,oùl’intelligenceartificiellecommenceàguidercertainesdécisions,le retour à la musique est une forme de résistance douce. C’est un rappel discret mais puissant que soigner ne se résume pasàréparer,maisaussiàaccompagner.
Faut-ilalorshiérarchiserlesmusiques?OpposerMozartàHajib? Certainement pas. Car dans le regard d’un patient qui se réveille, sauvé, peu importe le nom du compositeur. Ce qui compte, c’est la qualité du geste, la concentration de l’équipe, la précision de l’incision… et l’amour du métier. La musique n’est ici qu’un support, une enveloppe, une lumière doucedansletunneldusoin.
Certains blocs osent même des playlists éclectiques, passant de Vivaldi au malhoun, selon l’heure, l’humeur ou la pathologie.L’essentielestailleurs:créeruneatmosphèrepropiceàl’excellence,oùlechirurgienn’estpasqu’untechnicien, maisunartisteduvivant.
Uninfirmier,témoinquotidiendecestransformations,résumeainsilamagiedecesambiances: « On n’a jamais aussi bienopéréqu’enchantantdoucement.Etlespatients,mêmeinconscientssousanesthésie,ressententcetteénergie.Çase voitàleurréveil,àleursourire.»
Si l’on devait résumer cette évolution en une seule image, ce serait celle d’un bistouri qui danse. Danse avec la peau, la chair,lemuscle.Maisaussiaveclesvoix,lespercussions,lesrefrains.
La médecine marocaine, portée par ses traditions et ouverte à l’innovation, s’autorise aujourd’hui à mêler le scalpel au bendir, le protocole à la culture, le sérieux à l’âme. Elle rappelle que dans les moments les plus graves, le soin ne doit pas êtregrave.Qu’ungestechirurgicalpeutêtrerigoureuxetjoyeux,précisethabité.
Et que parfois, il suffit d’un accord de oud, d’une montée en gamme de Bach ou d’un refrain de chaâbi bien lancé pour transformerl’angoisseencalme,latensioneninspiration.
Underniermot…enmusique
Ce texte est un hommage. À ces chirurgiens qui opèrent avec cœur. À ces musiciens qui, sans le savoir, sauvent aussi des vies.Àcespatientsqui,mêmeendormis,reçoiventunsoinenveloppédenotesetdebonté.
Et surtout, au Professeur Benacer Benyahya, ce pionnier visionnaire qui, bien avant l’heure, avait comprisquedanslesilencedesblocs,lamusiquene faitpasqueremplirl’espace.Elledonnedusens.Elle redonnesouffle.Elledonnevie.
Rédigépar:DrAnwarCHERKAOUI
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LECANADAETLESAHARAMAROCAIN:ENCOREUN EFFORT…
Le président de la communauté juive de Toronto, Simon Keslassy, a adressé une lettre au Premier ministre canadien, Mark Carney, l’invitant à reconnaître officiellementlasouverainetéduMarocsursesprovinces du Sud. Une demande symboliquement forte, à laquelle Ottawatardeencoreàrépondreclairement.
Cette lettre concerne «Le Canada et la souveraineté du Maroc sur son Sahara». Elle précise pour commencer que la communauté marocaine dans ce pays compte plus de 200.000 membres de toutes confessions. Elle participe grandement, avec «ses nombreux talents diversifiés et riches,audéveloppementdesasecondepatriedepuisdes décennies». Elle ajoute également que ses membres sont «néanmoins extrêmement fiers de leurs origines et profondément attachés à leur patrie, le Royaume du Maroc,oùilssontnés,ontétééduquésetformés»;quele Marocest«unpayspacifiqueetstable» avec à sa tête Sa MajestéleRoiMohammedVIau«leadershipvisionnairequi jouit d’une grande considération et joue un rôle majeur sur les scènes régionale, continentale, multilatérale et internationale»; qu’il œuvre «pour la paix, la sécurité, le vivre-ensemble, le dialogue, le respect mutuel entre les cultures et religions du monde, la coopération et le développementdurable».
La lettre souligne également la profondeur et la richesse des relations privilégiées qui unissent le Maroc et le Canada depuis 62 ans. Elle met en avant un référentiel commun fondé sur une collaboration active dans des domainescléstelsquelemaintiendelapaix,lasécurité,la lutte contre les changements climatiques, la promotion des droits des femmes et leur émancipation, ainsi que la mise en œuvre d’un développement durable, responsable etinclusif.
La lettre met en exergue, par ailleurs, la mobilisation du Maroc, Roi et peuple- pour «faire valoir et reconnaître sa pleinesouverainetésursesprovincesdusud».Ellesouligne que le Royaume a proposé en avril 2007 un plan d’autonomiequalifiéparleConseildesécuritéetlagrande majorité de la communauté internationale de «sérieux, crédibleetréaliste».
Cette initiative marocaine est aujourd’hui soutenue par 121 pays dont des puissances mondiales (États-Unis, Royaume-Uni,France),20Étatssur27del’Unioneuropéenneetdesdizainesd’autresenAfrique,danslemondearabe etenAmériquelatine.
Sur toutes ces bases-là, la communauté juive marocaine du Canada «exhortelegouvernementduCanadaettous les partis politiques fédéraux canadiens» à prendre position. Comment? En conjuguant sa politique sur la question nationale sur la «dynamiquepositivedereconnaissancedelamarocanitéduSahara»; en soutenant«ouvertement etpleinement»lepland’autonomiesoussouverainetéexclusiveduMaroc;eninvitantlegouvernementduCanada«à adhérer, sans plus attendre, à la tendance positive qui prévaut avec bonheur dans le monde entier au sujet de la question cruciale et prioritaire du Sahara marocain, pour le Royaume du Maroc et pour toute la diaspora canadomarocaine».
Le gouvernement fédéral canadien se trouve aujourd’hui interpellé. S’il n’a jamais reconnu la prétendue «Rasd», il n’a pasnonplusfranchilepasd’unereconnaissanceformelledelasouverainetéduMarocsursesprovincessahariennes. Uneposturedited’«équilibre»qui,auregarddesévolutionsrécentesàl’échelleinternationale,apparaîtdeplusenplus difficileàjustifier.
Alors que la cause nationale marocaine enregistre des avancées notables à travers les cinq continents, le Canada, membre historique du Commonwealth, est appelé à revoir une position longtemps marquée par la prudence, la retenue et une certaine neutralité diplomatique. Plusieurs États membres de cette communauté, tels que le Kenya ou le Ghana, ont déjà réajusté leur ligne, suivant l’exemple d’alliés majeurs du Maroc, comme le Royaume-Uni ou les États-Unis.
À trois mois du retour de la question saharienne devant le Conseil de sécurité, prévu en octobre prochain, une réévaluation de la position canadienne s’impose. Un engagement clair renforcerait non seulement les liens historiques unissant Rabat et Ottawa, mais s’inscrirait aussi dans une dynamique internationale de reconnaissance croissante du plan d’autonomie marocain comme solution crédible et réaliste. Encore un effort, pourrait-ondire.
Rédigépar:MustaphaSehimi
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AKHANNOUCHAUPARLEMENT,DESSORTIES CONVENUES
ETSANSCONTRADICTION
Encore une fois, et une fois n’est pas coutume, le chef du gouvernement s’est plié au jeu des questions réponses au parlement…lasemainedernièreàla1èreChambre,etcette semaineàla2ème.Lefaitestassezrarepourêtrerelevé,et donc on le relève. Pour le reste, deux discours d’Aziz Akhannouch, qui se résument à des chiffres et des lettres. Des réalisations, il y en a de toute évidence, et des manquements aussi. Et on constate qu’avec le temps, le chef du gouvernement a pris une certaine confiance dans lacommunication…dumoinsauparlement.Maisilestvrai qu’iln’yapasdecontradicteuraudible.
Que peut dire un chef du gouvernement en dehors d’un satisfécitdélivréàlui-même?M.Akhannouchestvenu,ilalu puis il a répondu. Le jeu classique et monotone, à la limite soporifique, sauf quelques joutes verbales plutôt poussives entre les uns et les autres. Mais il faut reconnaître ce qui est. Et ce qui est consiste à rappeler que ce gouvernement est arrivé à une période très difficile, une période de fin de Covid et une période de début de guerre, en plus d’une sécheresse tenace.AzizAkhannouchl’arappelé.
Il a donc fallu tenir le choc et maintenir les grands équilibres macroéconomiques, et force est de constater que cela a été fait et globalement réussi. La majorité soutiendra ce fait et l’opposition le contredira, ce qui est chose normale dans une démocratie, avec une dose de mauvaise foi des uns et des autres. Mais on peut dire que d’une manière générale, le gouvernement a su maintenir ces équilibres dans la contrainte de tous les grands chantiers lancés et de la pluie de milliards de DH engagés dans la reconstruction et la réhabilitation d’al-Haouz, dans la préparation du Mondial, danslechantierdelaprotectionsociale,dansleprogramme d’éducation, dans l’extension de la LGV… L’endettement reste maîtrisé même s’il surchauffe un peu, mais l’Etat semble pouvoir faire face en actionnant le levier des impôts (et surtout de leur recouvrement) et quelques astuces pour la dette.
Par ailleurs, et sur un plan strictement politique, les choses aussidoiventêtredites:leRNIetsonchefAkhannouchontsu maintenir la cohésion de la majorité, et PAM et Istiqlal ont accepté d’être relégués au rang de compléments d’une majorité qui n’aurait certes pas été sans eux, mais qui aurait également pu se faire sans eux. Ils le savent, ils l’ont compris, etilsfontavecenattendantmieux.LeRNIestleparti
dominant aujourd’hui la scène politique, et qui se prépareàcontinuer.
Sauf que tout cela ne fait pas une politique, et que toutcelan’indiquepasunsuccèsdugouvernement, du moins sur la base des dix engagements pris par son chef un jour d’octobre 2021. Personne ne lui demandait d’aller aussi loin, il l’a fait, il l’a promis, et nel’apasrespecté.Siletauxdecroissancen’estpas au rendez-vous, on peut expliquer cela par les pressions et les incertitudes externes, mais la création d’un million d’emploi reste un objectif largement manqué, de même que l’augmentation du taux d’activité des femmes, qui a plutôt stagné, voire légèrement régressé. Les chiffres de la protectionglobale,avecunecouvertureannoncéeà près de 90%, sont vigoureusement disputés par les gens du métier ; la pauvreté aurait reculé, mais pas la vulnérabilité ; la classe moyenne est de plus en plus moyenne et dispose de moins en moins de moyens;lajusticeterritorialeesttoujoursinjuste.
En un mot, si les choses avancent, la marche globale demeure anémique, et ce que ne dit pas ou ce que ne voit pas le chef du gouvernement est cette ambiance de perte de confiance, puis de méfiance généralisée. Les gens ne croient pas aux chiffres annoncés et le gouvernement n’a jamais répondu à la grave accusation d’insincérité des chiffres publics portée par l’économiste PPS Mohamed Benmoussa voici plus d’un an. Si l’économie supporte les différents chocs, la politique se porte mal, très mal.
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En effet, le débat politique public est de plus en plus atone. L’opposition est émiettée, mais elle arrive à faire entendre ses différentes voies, séparément. Le plus crédible et le moins inaudible demeure Nabil Benabdallah, qui tire la sonnette d’alarme sur les élections de 2026 et met en garde contre l’utilisation de l’argent pour le prochain scrutin, rappelant que cela avait été le cas avant. Et, plus grave, les réformes sociétales sont le parent pauvre de ce gouvernement et de cette majorité. Ainsi, la réforme de la Moudawana attend toujours, de même que celle du code pénal, et les réformes introduites dans la procédure pénale sont tout simplement scandaleuses. Empêcher les associations et les personnes physiques de dénoncer des crimes économiques supposés, ne pas légiférer sur l’enrichissement illicite et détourner le regard de la question du conflit d’intérêt placent le gouvernement dans une attitudedecomplicitépotentielleaveclesauteursdecescrimesetdélitssupposés.
On prête à Aziz Akhannouch et à son parti le RNI la ferme intention de vouloir rempiler, ce qui est tout à fait légitime et acceptable. Mais il lui faudra, maintenant, parler, s’exprimer, s’exposer. Il devra accepter le débat contradictoire avec l’oppositionouaveclesmédias,lessiensetlesautres;M.Akhannouchestplusdétendulorsdesesprisesdeparoleau parlement, il doit maintenant essayer le débat public, avec des vrais contradicteurs et pas la masse grise, acquise et soumisedesesdéputés.
Ilesttoujoursfaciled’alignerdeschiffres,mêmelesplusinvraisemblablescommepourl’emploioulesplusfantaisistes commeletauxdecouverturesanitaire.Maisquandlapopulationploiesouslepoidsdesprixdesdenréesalimentaires quimontent,quanddesdouarsentiersentrentencontestationouverte(etiln’ypasqu’AïtBoughemez),quanddetrès forts de soupçons de corruption ou de collusion entourent les opérations de subventions des viandes (au point que le Roi confie la gestion de ces subventions au ministère de l’intérieur), quand de gigantesques non-dits s’installent, comme pour la Samir et les prix des carburants, quand les injonctions royales à structurer la sphère des MRE reste lettre morte… et quand le mode de direction du gouvernement se transforme en une sorte de mépris pour les plus faibles,alorslanécessitéd’agirdevientvitale.
Puisque le RNI ne parle pas et qu’en dehors des youyous il refuse tout débat, alors il appartient aux autres partis de le faire,maintenant,commeilrevientauxcitoyens,lejourdit,d’allervoterenmasseetdedénoncertoutemalversation.Et enultimerecours,l’article42delaconstitutionpourraitbienunjourêtreactivé.
l’inventaire de ce mandat et d’obtenir lesvraischiffres.Alorspeut-êtrequeles gens iront voter, sinon il faudra encore faire travailler l’ingénierie électorale. Sauf qu’en 2026, les enjeux mondiaux étant ce qu’ils sont, les exigences internes se présentant comme elles sont, et les incertitudes de tous genres sebousculant,leMarocnepourraplus se permettre ce genre d’ingénierie qui règlent des problèmes immédiats et encréent
Je me trouve à Abeokuta au Nigéria pour l’organisation desChampionnatsd’Afriqued’AthlétismedesU18etdes U20. Quoi de plus normal que de penser aux relations entre le Maroc et le Nigeria qui ont connu une évolution notable passant d’une période de distance et de prudence à un partenariat stratégique majeur pour l’Afrique. Un indice éloquent: la compagnie aérienne nationale assure aujourd’hui deux vols quotidiens sur Lagos.
Danslesannées1960à1980,lesrelationsentreleMarocet le Nigeria sont restées formelles mais distantes, en raison de divergences idéologiques profondes. Le Nigeria, poids lourd anglophone et proche du bloc non-aligné ; un non alignement qui signifiait plutôt un alignement sur les modèlesdel'Europedel’Estdel'époque.LeMaroc,quantà lui, plus proche de l’Occident, adoptait une diplomatie prudente en respect de son positionnement séculaire et de ses fondamentaux de non ingérence et de respect des peuples et de leurs choix. La distanciation entre les deux pays a été plus actée notamment après le retrait du Royaume de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1984, en réaction à l’adhésion de la République fantoche arabe sahraouie démocratique à cette organisation. La question du Sahara dit occidental constituait un point de friction majeur, le Nigeria soutenant la RASD, ce qui freinait tout rapprochement significatif. Ainsi, les relations durant la décennie 1980–1990 sont restées tièdes, limitées à des échangesdiplomatiquesdebase. Le retour de la démocratie au Nigeria en 1999, avec l’électiond’OlusegunObasanjo,etlamontéeenpuissance du Maroc sur la scène africaine ont marqué un tournant. Les deux pays ont entamé un rapprochement diplomatiquediscretmaisconcret.Plusieursdomainesont été explorés pour renforcer la coopération : l’énergie avec desdiscussionssurunecoopérationgazière,lecommerce avec des échanges modestes mais en croissance, l'agriculture dans l'objectif de satisfaire aux besoins croissants de la population nigériane, ainsi que la dimension religieuse, notamment à travers le soufisme et l’enseignementreligieuxmodérépromuparleMaroc.
Levéritabletournants’estproduitendécembre2016, lors de la visite historique du roi Mohammed VI à Abuja. Cette visite a marqué une rupture dans les relations bilatérales, avec la signature de nombreux accords de coopération dans les secteurs agricole, bancaire,industriel,religieuxeténergétique.
L'on rappellera ici les accolades fraternelles et les propos chaleureux ayant marqués les rencontres de Sa Majesté le Roi Mohammed VI avec le Président Buhari.
Le projet phare dans cette dynamique est le gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP), annoncé en 2016. Ce projet ambitieux, long de plus de 5600 km et traversant 13 pays d’Afrique de l’Ouest, vise à acheminer le gaz nigérian jusqu’au Maroc, puis potentiellement vers l’Europe. Ses objectifs sont multiples : assurer la sécurité énergétique, favoriser l’intégration régionale et renforcer la stabilité géopolitique. Entre 2022 et 2023, plusieurs accords de financement et d’études techniques ont été signés avec la CEDEAO, l’OPEP et des partenaires européens.
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Parallèlement, la coopération s’est diversifiée : des banques marocaines ont investi au Nigeria, tandis que le partenariat entre l’Office chérifien des phosphates (OCP) et le Dangote Group a renforcé la production d’engrais au Nigeria.
Sur le plan religieux, le Maroc accueille des imams nigérians dans ses centres de formation, consolidant ainsi les liens culturelsetreligieux.
Depuisl’électionduprésidentBolaTinubuen2023,lacoopérationactiveavecleMarocsemblesepoursuivre.Leprojet dugazoducNMGPavanceaveclesoutiend’acteursimportantstelsquel’UnioneuropéenneetlaBanqueIslamiquede Développement, malgré un contexte mondial compliqué marqué par la guerre en Ukraine et des instabilités régionales.
LaquestionduSaharaoccidentaldemeureunelignedefracturemodérée:leNigerian’apasretirésareconnaissance de la RASD, mais n’émet plus de déclarations hostiles envers Rabat depuis plusieurs années, témoignant d’un apaisementdiplomatiquecertain.
Le partenariat Maroc-Nigeria s’inscrit dans une dynamique géostratégique complexe, notamment en compétition et complémentarité avec l’Algérie. Le projet Maroc-Nigeria est parfois perçu comme un contrepoids au gazoduc transsaharien Algérie-Nigeria, qui reste à l’état de projet contrairement au projet marocain qui avance à grande vitesseetselonletimingarrêté.
Sur le plan régional, cette alliance pourrait redessiner les axes Nord-Sud de coopération africaine, reliant l’Afrique de l’Ouest au Maghreb, et dépasser ainsi la traditionnelle division francophone/anglophone. L’adhésion du Maroc à la CEDEAO,bienquesuspendue,illustrecettevolontéd’intégrationéconomiquepousséeavecAbujacommepartenaireclé.
LesrelationsentreleMarocetleNigeriaontévoluéd’unefroideurdiplomatiqueàunealliancestratégiquestructurante pourlecontinentafricain.Leprojetdegazoduc,l’implantationbancaire,lacoopérationagricoleetreligieuse,ainsique les convergences géoéconomiques font de ce partenariat un pilier majeur du Sud global africain. La prochaine décennieseradéterminantepourmesurerlacapacitédecesdeuxpaysàtransformerleurcoopérationenunmoteur d’intégrationcontinentale.
Le panorama clair et la chronologique de l’évolution des relations bilatérales Maroc-Nigeria, souligne les enjeux politiques,économiquesetgéostratégiquesquilessous-tendent.
Rédigépar:AzizDaouda
Peut on conclure sans rendre un hommage appuyé et prier pour l’âme du Président Muhammadu
Buharidécédéledimanche13juillet à Londres à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie. C’est durant sa présidence que les relations entre les deux pays se sontdéveloppéesetsontsortiesde la routine conflictuelle larvée vers une coopération Win Win. Paix à sonâme.
"J’ACCUSE:LALUTTEDESCLASSES4.0ESTDÉCLARÉE"
J’accuse ceux qui, tout en maîtrisant l’intelligence artificielle, en exploitant ses puissances et en cohabitant avec ses algorithmes comme on cohabite avec un miroir fidèle mais froid, se permettent de juger souvent avec morgue, parfois avec cynisme ceux qui n'osent pas l’apprivoiser ou mème la découvrir. Ceux qui n’ont pas signé le même contrat social avec la machine. Ceux qui, peut-être, n'ont pas été formés dans les mêmes écoles, n'ont pas lu les mêmes auteurs, ni même grandi avec lesmêmesprivilègesnumériques.
Oui, j’accuse ceux qui ont fait de l’IA leur assistante docile, leur collaboratrice de luxe, leur muse automatique, de retourner ensuite cette arme, car c’en est une contre ceux qui l’ignore encore pour l'instant par instinct de survie. Et surtout contre ceux qui, par peur d’être devancés, sont réduits au silence,àladisqualification,àlamoquerie.
Encore une fois, comme toujours, c’est une lutte pour lepouvoir.
Sous couvert de rigueur, d’éthique ou de “bon usage”, ces nouveaux chevaliers blancs de la technologie prennent bien soin de ne jamais poser la seule vraie question : à qui profite vraiment cette automatisation ? Qui a les clés du système ? Qui a la bande-passante, le bon prompt, les crédits, l’anglaisfluideetlacultureAPI-friendly?
L’hypocrisie est totale chez ceux qui dénoncent aujourd’hui les mauvais usages de l’intelligence artificielle ne sont pas tant préoccupés par l’éthique que par leur propre position sur l’échiquier. Ils n’attaquent pas l’outil, ils attaquent ceux qui s’en servent parce qu’ils pourraient les concurrencer, les dépasser, voire… les remplacer.
Avant, on opposait ouvriers et patrons. Puis cols bleus contre cols blancs. Puis diplômés contre autodidactes.
Aujourd’hui, ce sont les “natifs IA” contre les “prolétairesdigitaux”,
Encore une fois, comme toujours, c’est une lutte pourlepouvoir.
Avant, on opposait ouvriers et patrons. Puis cols bleus contre cols blancs. Puis diplômés contre autodidactes.
Aujourd’hui, ce sont les “natifs IA” contre les “prolétaires digitaux”, ceux qui tâtonnent, qui testent, qui apprennent en ligne, qui créent sans diplôme, sans validation, sans signature universitaire. Des artisans du futur sans les galons, mais avec la rage decomprendre.
Non, ce n’est pas du vol. C’est de l’adaptation. C’est de la survie. C’est de la ruse au sens noble, celle qui a toujours animé les opprimés dans leur lutte pour exister dans un système biaisé. Rédigépar
Etvous,vousêtesdansquelleclasse?
QUANDLASPÉCULATIONL’EMPORTESURLESFAITS:LE
FACE-À-FACEENTRELAHCENHADDADETIGNACIO
CEMBRERO
Le récent échange entre le journaliste espagnol Ignacio Cembrero et le parlementaire marocain Lahcen Haddad met en lumière un différend de fond sur l’interprétation des dynamiques diplomatiques entre Rabat et Madrid. Cembrero, fidèle à sa réputation de critique acerbe — et certains diraient presque obsessionnelle — du Maroc, avance que la fermeture temporaire des douanes commerciales de Ceuta et Melilla serait une “sanction” infligée par Rabat au Parti Populaire espagnol (PP) pour avoir invité une délégation du Polisario à son congrès. Une interprétation que Lahcen Haddad a fermement rejetée, arguments et référencesàl’appui.
Selon Cembrero, des « sources fiables » lui auraient confirmé que cette décision marocaine visait à sanctionner le PP. Il évoque également la lettre envoyée par Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, à Alberto Núñez Feijóo, président du PP, pour étayer sa thèse. Pourtant, comme le souligne Haddad, cette coïncidence temporelle ne suffit en aucun cas à établir un lien de causalité. Il s’agit là d’un non sequitur, d’un enchaînement illogique d’arguments destiné à alimenter une grille de lecture militante plutôt qu’un raisonnementfondé.
Dans une série de messages publiés sur X (anciennementTwitter),LahcenHaddad
rappelle que les relations entre Rabat et le gouvernement espagnol dirigé par le PSOE sont cordiales,stables,ets’inscriventdanslecadrede la feuille de route bilatérale signée le 9 avril 2022. Cette dernière prévoit explicitement la possibilité de moduler ou suspendre temporairement les opérations douanières pendant les périodes de fort trafic, notamment l’opération « Paso del Estrecho » (Marhaba), qui mobilise chaque été des moyens logistiques massifs pour le retour de millionsdeMarocainsrésidantenEurope.
Ce que Cembrero présente comme un acte hostile est donc, selon EFE — citant le ministère espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération —, un ajustement opérationnel bilatéral prévu dans un cadre d’accord, et non un signal politique. « L’accord est pleinement en vigueur », insistent les autorités espagnoles, qui soulignent que les douanes « travaillent ensemble » pour concilier fluxdemarchandisesetpassagesdevoyageurs.
Expertsinvités
Sur la lettre de Nizar Baraka, Lahcen Haddad rappelle que ce dernier s’est exprimé en tant que chef de file du Parti de l’Istiqlal, allié historique du Parti Populaire au sein de l’Internationale Démocratique du Centre (IDC). Sa lettre n’était ni une protestation officielle ni une interférence dans les affaires internes espagnoles, mais un rappel amical adressé à un partenaire politique de longue date, l’invitant à adopter une position claire en faveur de la souveraineté du Maroc sur le Sahara,commel’ontdéjàfaitdenombreuxpartismembresdecettemêmefamilleidéologique.
Par ailleurs, la version avancée par Cembrero selon laquelle le Polisario aurait été officiellement invité au congrès du PP est loin d’être confirmée. Des sources internes au PP, citées dans divers médias espagnols, évoquent plutôt une initiative isolée d’un député proche du mouvement séparatiste, sans aval officiel de la direction nationale du parti. Ce point a également été souligné dans un article de Patricia MedjidiJuez sur Tribuna Digital7, que Lahcen Haddad a cité à l’appui de sespropos.
Cembrero, au lieu de s’appuyer sur ce contexte ou sur les sources institutionnelles, préfère interpréter, extrapoler et politiser. Il transforme un ajustement logistique prévu, acté conjointement par Madrid et Rabat, en supposée « sanction diplomatique ». Il projette une logique punitive là où existe, en réalité, une coopération opérationnelle. C’est là que réside le problème : non pas dans les faits eux-mêmes, mais dans leur instrumentalisation à des fins de récit, parfois en contradiction aveclaréalitédiplomatiqueobservable.
Au final, l’échange entre Lahcen Haddad et Ignacio Cembrero illustre non seulement une divergence d’analyse, mais surtout de méthode. L’un s’appuie sur des faits vérifiables, des déclarations officielles, des références concrètes. L’autre construit une lecture orientée, enchaînant desliensfaiblespourjustifierdesconclusionsfortes.
Danscedébat,LahcenHaddaddéfendune approche fondée sur la rigueur, la clarté des relations bilatérales, et le respect des accords signés. Ignacio Cembrero, lui, donne l’impression de chercher systématiquementlafaille,quitteàtirerles filsd’unenarrationcousuedefilblanc,età ignorer ce que le journalisme exige avant tout:laprécision,lerecul,etlavérification.
Rédigépar:FranciscoCarvajal
GAZA:MOURIRÀPETITFEU,LEVENTRE CREUX
Il est des crimes qui ne réclament ni épée, ni fusi ni poudre. Des crimes plus anciens que la guerre elle-même, plus subtils, plus lents, mais non moins barbares. À Gaza, on n'extermine pas seulement à coups de bombes : on affame. On étrangleparlevide.Onassassineparl'absence.
Imaginez un théâtre de ruines où le rideau ne tombe jamais. Là, les enfants ne jouent plus, ils dépéris
Les mères ne chantent plus, elles comptent les jour sans pain. Les pères ne travaillent plus, ils mendi de quoi tenir une nuit de plus. Et dans ce décor infernal, les hôpitaux deviennent des antichambres de la mort, où l’on soigne sans médicaments, où l’o opère sans anesthésie, et où l’on meurt dans le silence.
Ô monde éclairé, ô siècle des droits de l’homme ! Où donc est passée votre éloquence, vous qui jadis écriviez des déclarations en lettres dorées ?
Aujourd’hui, ces lettres sont rouges. Rouges du sang des innocents et du feu que la faim allume dans les entrailles de tout un peuple. Gaza n’a plus de pain, mais elle a des martyrs. Elle n’a plus de voix, mais elle a des chiffres. Et ces chiffres, hélas, ne dérangent que les consciences encore capables de frémir.
On prétend que la faim ne fait pas de bruit. C’est faux. À Gaza, elle hurle. Elle tambourine contre les ventres. Elle griffe les visages. Elle décharne les bras.
Et quand, par miracle, un convoi humanitaire fend les barbelés de l’indifférence, il est reçu non par des mains tendues, mais par des balles. Mourir en recevant un sac de farine : voilà ce que signifie désormais espérer.
Messieurs les philosophes de salon, messieurs les stratèges de bureau, mesdames les diplomates des beaux quartiers, dites-nous donc : quelle est la différence entre un champ de bataille et un champ de ruines affamées ? Quelle est la dignité d’un blocus sinon celle d’un meurtre qui prend son temps ?
Gaza meurt d’une mort lente, cruelle, préméditée. Et l’on ne pourra pas dire : « Nous ne savions pas. »
Non. Ce n’est pas seulement un peuple que l’on affame. C’est notre humanité qu’on assassine à la petite cuillère.
Et quand tout sera terminé, car tout finit toujours, même les massacres, que restera-t-il ? Des pierres et des os, des souvenirs qui hanteront les rares survivants, des visages d’enfants figés dans la maigreur, des cris que personne n’a voulu entendre, des hôpitaux réduits en poussière. Et sur les pages de l’Histoire, cette honte ineffaçable : celle d’avoir laissé mourir un peuple, non dans le fracas des armes, mais dans le silence de la faim.
Car un corps qu’on affame s’éteint, mais une conscience qui détourne le regard meurt à jamais. Et demain, lorsque nos petits-enfants nous demanderont : « Comment ont-ils pu mourir de faim sousvosyeux?»querépondrons-nous?
Rédigépar:HajarDehane
CHRONIQUE D’UN PARENT MAROCAIN
DÉSABUSÉ FACE À UNE GÉNÉRATION PRESSÉE,
CAPRICIEUSE, ET PARFOIS INGRATE.
Par un parent qui préfère garder l'anonymat pour ne blesserpersonne
Je suis désabusé. Oui, totalement. Et je sais que je ne suis pas seul. Je suis père et bien Marocain. Ce qui veut dire que j’ai grandi avec l’idée qu’on fait des enfants pour les aimer, les élever, leur transmettre des valeurs… et parfois pour espérer un minimum de reconnaissance, de respect, de continuité. Mais cette nouvelle génération, disons-le franchement, ne ressemble en rien à ce que nous avons imaginé. Elle nous dérange. Elle nous heurte. Et elle nous oublie. Trop vite. Trop facilement.
Ilssontpluségoïstes.
Ils vivent en circuit fermé, chacun dans sa bulle digitale, ses notifications, ses selfies, son compte Insta. Le "je" a remplacé le "nous". La famille n’est plus un pilier, mais une option. Ils réclament notre argent, nos sacrifices, notre présence… mais pas nos conseils. Ils veulent bien qu’on les aide, mais surtout qu’on ne les dérange pas.
Ilssontplusarrivistes.
À 20 ans, ils veulent déjà "réussir". Mais réussir quoi, exactement ? Ils ne savent pas. Ils veulent juste "le lifestyle", le buzz, le confort. Monter une boîte sans jamais avoir travaillé, devenir influenceur sans avoir lu un livre, voyager à Bali sans avoir payé leur ticket de tram. Le rêve est devenu une stratégie marketing. L’ambition n’est plus une patience, c’est un caprice. On ne construit plus. On consomme.
Ilssontcourt-termistes.
Tout doit être immédiat. L’amour, le travail, le bonheur. Ils ne supportent plus la frustration, la lenteur, les étapes. Si ça ne marche pas aujourd’hui, on jette. Une relation ? Next. Un job ? Burn-out au bout de trois mois. Un projet ? Abandonné au premier obstacle. Ils ont la mentalité du zapping. Et nous, parents, avons la lourde impression de parler dans le vide.
Mais le pire dans tout ça, c’est ce sentiment d’avoir transmis le contraire de ce qu’ils incarnent.
Nous avons été prudents, patients, sobres. Nous avons épargné, travaillé, attendu. Nous avons vécu des années avec l’espoir qu’eux vivraient mieux que nous
Mais à force de leur donner tout ce que nous n’avons pas eu, avons-nous trop cédé ? Trop protégé ? Trop excusé ?
Nous leur avons ouvert le monde. Ils nous ont claqué la porte au nez.
Nous leur avons appris le mérite. Ils réclament l’exception.
Nous avons grandi avec la peur de manquer. Ils vivent avec l’obsession de paraître.
Et dans cette relation fracturée, il y a aussi notre part de responsabilité. On les a élevés dans une société en mutation, sans repères fixes, sans boussole collective. On leur a transmis des injonctions contradictoires : sois libre, mais conforme-toi ; réussis vite, mais reste humble ; exprime-toi, mais respecte l’ordre. Un cassetête moral. Et eux, à leur manière chaotique, n’ont peutêtre fait que s’adapter.
Alorsoui,jesuisdésabusé.Maispasamer.
Car au fond, je continue à espérer. Espérer qu’un jour, cette génération réalise que le confort n’est pas un droit mais une conquête. Que la réussite n’est pas une photo partagée mais une histoire construite. Que la liberté ne vaut rien sans la responsabilité.
Et peut-être qu’un jour, elle reviendra vers nous. Pas pour demander, mais pour comprendre. Pas pour réclamer, mais pour partager. Et ce jour-là, nous serons encore là. Parce que malgré tout, nous sommes des parents. Et l’amour parental, aussi désabusé soit-il, reste le seul amour qui persiste après toutes les déceptions.
George Ibrahim Abdallah alias "l'Masri", a bénéficié le 17 juillet 2025 de la confirmation par la cour d'appel de Paris de l'autorisation de libération prononcée par le tribunal d'application des peines en 2024 après 41 ans de prison. Malgrél'ingénieriedel'oubliquiaentourésaviemilitante,il incarne une époque révolutionnaire à la fois romantique et déterminée des années 70 et fait partie de l'histoire de larésistancepalestienne.
Il fut le Fondateur de la Fraction Révolutionnaire Libanaise FARL qui était la version orientale d'organisations communistes armées influencées par le Front Populaire deLibérationdelaPalestineFPLP(fondateurdel'OLP)etde ses figures légendaires telles que Georges Habach, Wadie Haddad ou Vladimir Illich Ramirez allias "Carlos", considerés encore par les USA et l'UE comme organisation oupersonnalitéssujettesduterrorisme.
GeorgeIbrahimAbdallahetlaFARLétaientintimementliés à une mouvance clandestine communiste révolutionnaire d'unepériodetroubledel'histoirepolitiquecontemporaine, dont les acteurs furent "Action Directe" en France, les "Brigades Rouges" en Italie, la "Fraction Armée Rouge" en Allemagne (Rote Armée Fraktion), l'"Irish Republican Army" en Irlande (IRA), "Euskadi Ta Atasuna" en Espagne (ETA) ou encore le "Tandim" au Maroc bras armé de l'UNFP dirigé par Mohammed Basri alias "l'Fkih" et Mohammed Bennounaalias"Mahmoud".
Défendu par Maître Jacques Vergès, l'Avocat des résistants et des révolutionnaires qui a dénoncé devant la justice la "raison d'Etat" et l'ingérence des USA dans l'affaire "Georges Abdallah" par des preuves documentées du département d'état américain, George Ibrahim Abdallah obtiendra des décisions judiciaires favorables au dénouement de son dossier jusqu'au prononcé de sa libération qui finira par devenir effective le 25 juillet 2025.
Un hommage devra certainement être rendu à sa défense notamment à la mémoire de Me Vergès, à la justice française qui a encore investi en la confiance qui est dûe à son honorable institution, aux mouvements de gauche et de droits humains en France et dans le monde qui ont résisté à l'oubli et ont continué à soutenir la peuple palestien, et à George Ibrahim Abdallah qui est resté digne pendant les quatre décades de privation de sa liberté et hermétique à toute révision quant à la justesse de la cause palestienne.
Rédigépar:MahmoudBendjelloun
QUI A LAISSÉ FAIRE ?
DES SILENCES COUPABLES ET LES RESPONSABILITÉS FUYANTES DANS LE MONDE MÉDICAL MAROCAIN
Attention à une certaine pieuvre blanche qui risquerai de saigner les caisses de remboursements des frais médicaux, d’avaler les petits cabinets et cliniques privées, d'absorber les ressources humaines de la santé publique et finir par provoquer un désordresocial..
Ilyadessilencesquituent.
Des silences qui ne sont ni par ignorance, ni par fatigue.
Mais des silences complices.
Des silences stratégiques. Des silences qui arrangent.
Qui a fermé les yeux devant le TPA ( le temps plein aménagé pour une catégorie de médecins), sauvage dans la pratique médicale au Maroc ?
Ce tiers payant généralisé, promu comme progrès social, mais souvent appliqué sans cadre, sans garde-fou, sans respect des règles déontologiques, est devenu dans certains cas un système de marchandisation de l’acte médical.
Le médecin n’est plus ce professionnel investi d’une mission noble, mais un simple prestataire de service bradé au plus offrant. Et tout le monde regarde ailleurs.
Qui a failli à son devoir de révision de la TNR, cette tarification nationale de référence des actes médicaux, devenue obsolète, injuste, et surtout inapplicable dans un système où les réalités économiques et les coûts de l’acte médical ont profondément changé ?
Ce barème en l’état n’est ni protecteur pour le patient, ni viable pour le praticien.
Et pourtant, il reste là, inchangé, figé, comme si on voulait volontairement créer la confusion et encourager l’informel.
Qui est responsable de la dégradation morale du statutdumédecin?
Ce médecin qu’on appelle encore « le noble praticien » dans les discours officiels, mais que l’on contraint dans la pratique à accepter l’humiliation, le soupçon, l’épuisement et la précarité.
Ce médecin à qui on demande toujours plus vigilance, humanité, performance, disponibilité.
Qui permet à une pieuvre blanche, inconsciemment ou consciemment, de sucer toutes les competénces disponibles, ce qui finira par tuer les cabinets médicaux et les petites cliniques.
Provoquant, des faillites dans le cours terme et la mort d’une activité médicale libérale basée sur la concurrence et qui fais vivre une certaine classe moyenne.
Ce texte est un signal d’alarme sur une situation qui risque de s'aggraver au fil du temps si on ne réagit pas.
Dans une vie, une démarche initiatique est plus qu’essentielle. Elle permet de découvrir de nouvelles pistes de réflexion et d’ouvrir des voies à l’élévation intellectuelleetspirituelle.
Cela se matérialise en général par la victoire ultime sur ses passions et ses excès en tous genres.
La démarche initiatique apprend qu’il ne faut surtout pas se forger d’idoles humaines et qu’il faut découvrir l’idée derrière tous les symboles et toutes les manifestations se trouvant sur terre. Elle permet d’apprendre à écouter et respecter toutes les opinions quels que soient leurs origines et à admettre que la vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain.
Une fois initiés, nous apprenons que nous ne sommes rien par rapport à l’immensité de l’Univers, que nous sommes faibles devant la loi universelle qui régit tout substratum et ses attributs.
Nous apprenons également que nous nous devons d’être à la hauteur du devoir qui est le nôtre avec conscience et en toute circonstance.
Toute démarche initiatique renvoie en définitive à la nature du lien entre l’esprit et la matière. Ce diptyque exprime l’immanence et la transcendance participant au développement spirituel et philosophique de l’individu.
La transcendance évoque l’idée d’un lien avec le principecréateur,ladivinité.
L’immanence évoque plutôt la notion de la connaissance de soi pour accéder à ce qui est connu dans plusieurs traditions spirituelles comme la connaissance suprême, c.à.d. le plus haut niveau de compréhension de la physique et de la métaphysique.
L’homme est à l’image de son créateur, et c’est en soi qu’il faut chercher une vérité à la fois immanente et transcendantale.
La formule antique « connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux » nous le rappelle ainsi que la phrase de la table d’émeraude, célèbre texte alchimique d’Hermès Trismégiste, « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».
L’être « parfait » n’existe pas ou ne peut pas exister. Et pour cause, quelque soit son niveau de connaissance, l’être humain n’est pas en mesure de maitriser totalement la dualité métaphysique esprit-matière.
Que choisir donc pour son cheminement initiatique, la visiondualisteoulavisionmoniste?
Je rappelle que la vision dualiste oppose le monde sensible au monde des idées alors que pour le monisme l’esprit et la matière constituent une seule et même réalité.
Pour ma part et pour répondre à la question objet cet article : « à ce niveau de la Connaissance, pouvonsnous prétendre à la Perfection ? », il me semble que nous sommes encore dans une vision pleinement dualiste et donc loin de la perfection absolue.
Nous percevons le monde sensible c.à.d. le monde terrestre par nos sens. Nous admettons que c’est un monde de changement, de devenir et de perfectibilité, un monde de copies des idées comme dirait Platon.
Le monde intelligible est plutôt le monde des idées suprêmes, de formes parfaites et immuables, accessibles par la raison.
L’être humain est manifestement entre la raison et la perfectibilité.
La raison aide à formuler des jugements et à faire la différence entre le vrai et le faux, le bien et le mal. Elle s'oppose à la sensibilité, à la foi aveuglante, ainsi qu'à la folie et aux passions.
La perfectibilité permet le progrès humain, le développement des sciences, des arts, et des sociétés en général.
Ainsi, la destinée de l’être humain est d’être en constante évolution, capable d'acquérir de nouvelles facultés et de progresser intellectuellement et moralement vers toutes les formes de la Connaissance, scientifique, pratique, culturelle et spirituelle.
Rédigépar:AliBouallou
MOI,ARDISSONETAHMEDFARAS..
AINSI S'ARRÊTA LA CHANSON ET CETTE FLAMME S'EST ÉTEINTE !
Lundi 14 juillet, le célèbre Thierry Ardisson tire sa révérence er c'est bien le cas de le dire.Il aura eu une mort , mise en scène comme il l'avait voulu !
L'enfant terrible de la télévision française, qui n'avait pas que des amis, recueille à sa disparition une foule d'hommages, des témoignages qui n'en finissent plus , à la hauteur de son immense carrière et de son talent incomparable.
Mais , là n'est point le sujet, les émissions spéciales se suivent sur plusieurs chaînes et un documentaire, réalisé il y a un par sa femme alors que la fin approchait , est diffusé le mercredi quarante huit heures après sa disparition.
Ardisson est parti dans l'au-delà, à qui il faisait très souvent d'ailleurs des clins d'oeil moqueurs, irrévérencieux et carrément sarcastiques , mais il laisse derrière lui - et c'est bien le cas de le dire, des moments d'anthologie et des milliers d'images et de séquences qui sont répertoriés et archivés non seulement dans la mémoire collective , mais également dans toutes les chaînes où il a sévi, principalement France 2 , et Canal Plus.
QuelquechoseennousdeThierryArdisson!
.Et bien avant sa disparition, des années avant , l'INA avait lancé une chaîne Youtube consacrée entièrement à Ardisson, avec des vidéos assez courtes de ses émissions cultes , Tout le monde en parle , Salut les terriens , Lunettes noires pour nuits blanches, ou 83 , Faubourg Saint Honoré !
Que ce soit en France ou au Maroc, j'ai eu un rapport phantasmagorique avec Thierry Ardisson , avec ces rendez-vous du samedi soir qu'il ne fallait rater sous aucun prétexte.
Ardisson me faisait fantasmer car sa liberté de ton , ses provocations et son style sans filtre et sans pudeur étaient pour moi de la science- fiction !
Non seulement j'étais convaincu que même en 2500 il n'y avait pas de chances qu'il y ait une émission de ce genre de ce côté- ci de la Méditerranée pour des raisons qu'il est inutile de rappeler, mais en me faisant rêver il m'avait donné envie de faire de la télé !
J'avais ainsi imaginé une émission que j'aurais voulu intituler Personne n'en parle, mais ce projet n'a jamais trouvé preneur et est depuis resté carrément dans mes tiroirs.
Pour la petite histoire, même en 2025 en France il n'est plus possible de réaliser une émission comme Tout le monde en parle , tant l'impertinence de Thierry en dérangerait beaucoup aujourd'hui dans une France qui n'est plus aussi libre et liberté qu'elle ne voudrait nous le faire croire.
D'ailleurs, pour son dernier passage sur France 2 chez Léa Salamé le samedi soir, Ardisson avait pris le risque de s'attirer les foudres des médias prosionistes , en déclarant que : " Gaza , c'est Auschwitz !" .
A l'époque , sans fausse pudeur et sans modestie feinte ou hypocrite, je ressemblais à Thierry Ardisson, la drogue et l'alcool en moins il est bien vrai.Je lui ressemblais avec mes angoisses, mes peurs ,mes névroses , et tous ses demons qui vous poussent à écrire vos blessures , dessiner mes délires alors que je voulais juste conquérir le bout du monde. Rien que cela !
C'est là qu'il faut estimer à sa juste valeur la chance d'être musulman, ce qui peut vous prémunir de plusieurs fléaux et maux là où pour Ardisson, la religion catholique - malgré la discipline spartiate inculquée à l'école, n'empêche pas de fréquenter les cabarets et de succomber à l'alcool et aux pétards
Thierry Ardisson m'aura fait rêver et il a allumé une flamme en moi comme chez beaucoup d'autres.Est-ce que cette flamme est toujours là ou bien est-ce que le crépuscule a sonné !? : je ne saurais franchement répondre avec conviction à cette question !
Bref,Ardissonc'étaitmoidansuneautrevie!
Personnen'enparle!
Mercredi 16 juillet, Ahmed Faras s'est éteint. Cette légende immense était aimé de tous et était respecté par coéquipiers et adversaires et avait l'estime de tous les pays arabes et africains vu son incroyable talent et la trace indélébile qu'il a laissé dans nos mémoires.
Faras le lion pur-sang , idole de mon enfance, était d'une autre planète et était attaché à des valeurs humaines d'une autre, que l'on ne fait plus aujourd'hui . Si les hommages ont afflué de toute parts , il est un fait incontestable et affligeant qui nous a été infligé ainsi qu'à feu Faras et toute sa génération. Effectivement, il est flagrant et consternant que côté archives et documentation , nous n'avons eu droit ni à une rediffusion ni même à quelques séquences.
Où est passé l'émission de Said Sadok où il avait rendu hommage à Ahmed Faras !?
Le Centre cinématographique marocain n'avait-il pas l'habitude de documenter l'actualité pour la diffuser en première partie dans les cinémas !?
Il est malheureusement bien évident qu'il n'y a plus d'archives , et c'est un véritable scandale qui révèle une indigence et une médiocrité inadmissibles .Alors, ou va-t-on !?
Inutiledevouspréciserquelaflammes'estéteinte.
LESFANTÔMESONTBESOINDEWIFI
L’OUBLICOMMENOUVELLEFORMED’EXCLUSION
On meurt deux fois : biologiquement et socialement. Cettechroniqueexploreavechumourcequedevient notremémoireàl’èredesréseauxsociaux.
Etsionmouraitunetroisièmefois?
Il paraît qu’on meurt deux fois. La première, c’est la bonne vieille mort biologique, celle que même les meilleurs régimes ou les plus chers sérums anti-âge n’arrivent pas à repousser indéfiniment. La seconde, plussournoise,c’estquandpluspersonneneprononce votre nom. Pas un mot, pas une anecdote, pas même une story Instagram en hommage. Silence radio. Vous êtesofficiellementrayéducloudémotionnelcollectif. Mais à l’ère des réseaux sociaux, est-ce bien vrai ? On dirait plutôt qu’on meurt trois fois désormais. Une première dans son lit ou sous perfusion (avec, si tout va bien, une belle gerbe de fleurs artificielles). Une deuxième quand votre anniversaire passe inaperçu sur Facebook. Et une troisième, la plus impitoyable, quand l’algorithme décide que votre souvenir ne génèreplusassezd’engagement.
Etlà,c’estledrame.
Quandlamémoiresepartage,oupas
On a longtemps cru que les statues et les plaques commémoratives suffisaient. Mais aujourd’hui, si t’as pastabioWikipédiaetunhashtagàtonnom,t’asraté ta mort. Regardez les célébrités : certaines semblent plus vivantes aujourd’hui qu’en chair et en os. Gainsbourg, Marilyn Monroe, Che Guevara… immortels à coup de mugs, posters et citations douteuses. Et à l’inverse, combien d’inconnus splendides ou de figures importantes ont disparu sans même un like posthume ?
Heureusement,ilyaparfoisunerésurrection.Unesérie Netflix sur un ancien tueur en série, un biopic qui réhabilite une scientifique oubliée, un tweet devenu viral et hop : retour dans la lumière. Le passé fait du trending. On fouille les archives comme on chercherait un vieux filtre Snapchat, pour se donner bonne conscienceoupourcréerunbuzznostalgique. Mais attention : tous les morts ne se valent pas. Certains sont recyclés, d'autres sont jetés dans le bac des "trop complexes" ou "pas assez vendeurs". C’est l’économiedelamémoire:tubuzzesoutut’éteins
Faut-ilmériterl’immortaliténumérique? La vraie question, c’est : faut-il mériter d’être encore évoqué ? Y a-t-il une justice dans la mémoire collective ? Pas sûr. On se souvient davantage de l’auteur du tube del’été2004quedecertainsécrivainsmarquants.Parce quec’estplusfun,pluspartageable,plusimmédiat. Et pourtant, cette mémoire-là, bancale, déformée, imparfaite, est aussi notre miroir. Elle dit ce qu’on valorise, ce qu’on oublie volontairement, ce qu’on refuse d’admettre ou ce qu’on ressuscite pour se rassurer. Car l’oubli, parfois, fait peur. C’est peut-être pour ça qu’on parle aux morts. Qu’on les cite, qu’on les like, qu’on les met en story. Parce que c’est un peu nous qu’on essaie deprolonger.
Élogedusouvenirutile
Toutes les morts ne sont pas égales. Et toutes les mémoires ne méritent pas la même place. Mais parfois, exhumer un souvenir, c’est réparer une injustice. Redonner une voix à un oublié, c’est aussi faire acte de résistance contre l’indifférence. L’histoire ne se résume pas aux grandes figures officielles. Parfois, ce sont les noms murmurés dans les cuisines, les souvenirs chuchotés au coin d’une photo froissée qui comptent le plus. Alors non, raviver la mémoire d’un mort, ce n’est pas trahir l’oubli. C’est l’habiter autrement. Moins pour lui quepournous.
Rédigépar: AdnaneBenchakroun
TRUMPA«TRUMPÉ»SESÉLECTEURS
« Je vais arrêter les guerres…Celle de l’Ukraine en 24 heures…Fini les interventions militaires américaines,lesguerressansfinquiontcoûtétrès cherenressourcesetvieshumaines…Americafirst ».
Telle a été, en substance, la promesse faite par Donald Trump à ses électeurs, l’une des principales quiontmotivéleursvotesensafaveur.
Bilan des cinq premiers mois du nouveau mandat Trump : il a livré des tonnes d’armes et de munitions à Israël pour continuer à perpétrer un génocide danslabandedeGazaetpourbombarderl’Iran.
Le président américain est allé jusqu’à envoyer ses propres bombardiers B2 pour frapper trois sites nucléairesiraniens.Quelesditesfrappescontrel’Iran, s’appuyantsurdesinformationsplusquedouteuses à propos du programme nucléaire iranien, aient été réellement efficaces ou ne constituaient pas plus qu’un spectacle pour apaiser le lobby sioniste à Washington, l’essentiel est que Trump s’est comporté, jusqu’à présent, en contradiction totale aveclespromessesqu’ilafaiteàsesélecteurs.
Les pays européens doivent, donc, chercher ailleurs les moyens pour contrer « la menace à long terme posée par la Russie à la sécurité euro-atlantique », selonlestermesducommuniquédurécentsommet del’Otan.
De fait, maintenant que les Etats-Unis ont décidé d’arrêter les frais concernant la guerre en Ukraine, c’est aux pays européens de prendre en charge ce conflitd’oresetdéjàremportéparlaRussie
Nepasvendrelapeaudel’ours
Ilenaétédemêmeconcernantleconflitquioppose l’Ukraine à la Russie. Après avoir réduit considérablement les livraisons d’armes et de munitions à l’Ukraine, Trump a fini par reprendre le soutienmilitaireàKiev,
augranddamdescontribuablesaméricainsquivoient leur argent s’envoler vers d’autres cieux, au lieu d’être dépenséauprofitdescitoyensaméricains..
Le plus terrible pour les commentateurs américains auparavant fervents partisans du programme MAGA (Make America Great again), est le fait qu’ils sont parfaitement conscients que les ressources allouées à l’effort de guerre ukrainien ne changeront rien à la situationsurleterrain.
La Russie est en train de gagner la guerre, ses troupes avançant lentement mais sûrement. S’entêter à poursuivre les livraisons d’armes et de munitions à l’Ukrainenepourrarienychanger.
C’est cet aveuglement des dirigeants américains qui inquiète le plus leurs homologues russes. Comment trouver un terrain d’entente avec un adversaire qui s’accroche à ses illusions de puissance et nie tout simplementlaréalité.
Lesdéfaitespasséesetàvenir
Même la guerre des tarifs douaniers, déclenché par Trump dans l’objectif de réindustrialiser les Etats-Unis, n’estpasprêted’êtregagnée.
S’ilestvraiquelespromessesélectoralesnevalentque pour les naïfs qui veulent bien y croire, décevoir autant son électorat que l’a fait Trump augure d’une cinglante défaite aux élections de mi-mandat qui vont se déroulerauxEtats-Unisen2026.
Quant au prix Nobel de la paix, dont rêve tellement Donald Trump, ce n’est pas demain la vielle qu’il va le recevoir.
Rédigépar:AhmedNaji
ILYADESMOMENTSOÙILFAUTSAVOIRSETAIRE
Ilyadesmomentsoùilfautsavoirsetaire.Pasfuir, pas renoncer, mais simplement... se taire. Laisser le brouhaha du monde passer sans y ajouter sa voix. C’est un art difficile, à contre-courant de notre époque bavarde, saturée de déclarations précipitées, de tweets compulsifs et d’expertises improvisées. Pourtant, dans certaines circonstances,lesilencen’estpaslâcheté.C’estune formed’intelligence.Voirededignité.
Setaire,cen’estpasêtreabsentdudébat
Danslavie,toutneméritepasréponse.Toutnemérite pas analyse immédiate. L’intempérance verbale est devenue une manie contemporaine. On commente tout, trop vite, souvent sans savoir, parfois sans comprendre. Et plus on a de followers, plus on croit avoirquelquechoseàdire. Mais se taire, ce n’est pas se retirer du monde. C’est l’habiterautrement.C’estprendreletempsdepenser. D’écouter. De laisser les faits décanter. De différencier l’écume de l’essentiel. Car, à force de parler pour comblerlevide,onfinitpardevenirsoi-mêmecevide.
Dans le champ politique, particulièrement, savoir se taire est une posture précieuse et rare. Les hommes publics ont l’obsession de la parole continue. Ils craignent qu’en se taisant, ils disparaissent. Ils croient quelaparolefaitl’action.Or,souvent,elleladénature.
Dans les grandes crises, qu’elles soient économiques, géopolitiquesousanitaires,lasagesseexigeparfoisle recul, non la précipitation. Combien de déclarations ministérielles ont aggravé les tensions, simplement parce qu’il fallait “dire quelque chose” ? Combien de crises de confiance sont nées d’un excès de parole, pasdesonabsence?
Ceux qui maîtrisent l’art du silence en politique ne sontpasfaibles.
Cesontdesstratèges.Ilsattendentlebonmoment.Ils laissent les autres s’agiter, se dévoiler, se contredire. Puisilsparlent.Etlà,chaquemotcompte.
L’économisteaussidoitsavoirfairesilence
Il y a également, dans l’observation économique, des moments où l’humilité commande de se taire. L’économie n’est pas une science exacte, quoi qu’en disent certains oracles en col blanc. Les chiffres mentent parfois, ou du moins ne disent pas tout. Les prévisionssontvolatiles.
Les crises sont souvent plus complexes que prévu. Et les “leçons” données trop tôt se révèlent fausses quelquesmoisplustard.
Quand le monde tremble, que les marchés paniquent ou que la pauvreté s’aggrave, mieux vaut parfois se taire que de formuler des certitudes creuses.Mieuxvauts’abstenirdeprévoir,etpréférer comprendre. Il y a dans le silence de l’économiste un respect pour les faits, et pour ceux qui les vivent dansleurchair.
Savoirsetaire,c’estaussifairepreuvederespect Il y a des deuils collectifs, des drames humains, des injustices profondes qui appellent le silence. Non comme une forme de passivité, mais comme un espace de retenue. Laisser place à la douleur. À la mémoire.Àlaréflexion.
On ne peut pas commenter la souffrance avec les mêmes outils que la croissance du PIB. Il faut parfois poser le micro. Couper la caméra. Éteindre l’édito.Etécouter.
Lesilence,celuxeoublié À l’heure où chacun veut avoir raison, où chacun veut être le premier à commenter, analyser, expliquer, prédire… il y a une vertu à revendiquer : celle de savoir se taire. Pas pour toujours. Pas pour céder. Mais pour laisser mûrir la pensée. Pour honorer la complexité. Et pour redonner à la parole, quandellevient,sonvraipoids.
Ceux qui savent se taire savent aussi, quand vient l’heure, parler juste. Et c’est peut-être là, le vrai courage.
Rédigépar: AdnaneBenchakroun
AÏTBOUGUEMEZOULEMAROCHORS-ZONE!
Alors que le Maroc se prépare à accueillir la Coupe du Monde 2030 et que l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) évoque déjà l’arrivée de la 5G, un cruel paradoxe traverse les vallées reculées du pays : des milliers de citoyensmarocainsn’ontmêmepasaccèsàla2G.ÀAït Bouguemez,cen’estpaslaprécaritééconomiquequia poussé les habitants à marcher 60 kilomètres en plein été mais l’absence d’un signal réseau, d’un appel audible, d’un espoir de connexion. Bienvenue dans le Marocàdeuxvitesses,leMarocdéconnecté.
LavalléeoubliéeduRoyaumenumériquequirêvedela 5Goude6G:Onpeutrêverunpeu Ilsontmarchéensilence,maisc’estpourcrierleurcolère. Unemarchedeladignité,commeonl’aappelée,quiavu les habitants des douars d’Aït Bouguemez, dans la province d’Azilal, traverser montagnes et routes en plein été, pour atteindre le siège de la province. Non pas pour réclamer une hausse des salaires ou une baisse des prix, mais pour avoir droit au strict minimum : une couverture téléphonique, une école pour leurs enfants, une ambulance en cas d’urgence, et, comble du XXIᵉ siècle, unsignalinternet.
À l’heure où l’ANRT se félicite de l’avancement des expérimentationspourla5Getparlemêmed’anticiperla 6G pour accompagner les ambitions de la Coupe du Monde 2030 , le cœur du Maroc reste en zone morte. Il ne s’agit pas ici de petites poches d’ombres dans le désert ou de coins de montagne difficilement accessibles. Il s’agit de villages entiers, peuplés, actifs, mais absents de toutecartographienumérique.
La vallée d’Aït Bouguemez est surnommée la « vallée heureuse ». Ironie cruelle quand on sait que ses habitants doivent grimper sur les toits ou marcher plusieurs kilomètres pour capter un maigre filet de signal. Dans un pays où le smartphone est devenu la porte d’entrée vers l’école, la santé, la banque, l’emploi et l’administration, êtresansréseau,c’estêtresansdroits.
Comment faire une demande de carte nationale sans pouvoirtéléchargerunformulaire?
CommentalerterleSamusil’onnecaptepas?
Comment inscrire un enfant sur Massar sans internet ?
Commenttravaillerdansletourisme,premieremployeur potentiel de la région , si les visiteurs ne peuvent même pastéléphoner?
Le numérique, dans ces territoires, n’est pas un luxe. C’est unboucliercontrel’isolementetunleviercontrel’exode. La Coupe du Monde 2030 n’est pas une simple fête du football : c’est une vitrine planétaire. Le Maroc mise gros sur cet événement pour booster son image, attirer des investissements, moderniser ses infrastructures. Mais quelle image veut-on vraiment renvoyer ? Celle d’un royaume high-tech où les drones survolent les stades connectés à la 6G… pendant que les enfants d’Aït Bouguemez écrivent à la bougie et marchent quatre heures pour aller à l’école ? Il y a là une fracture plus grande que celle du digital : une rupture morale entre le discoursnationaletlaréalitéduterrain.
Le Maroc veut parler d’innovation, de transformation numérique, de smart cities. Mais on ne construit pas une "Nation Startup" sur des villages sans antennes relais. On ne fonde pas un avenir technologique sur un mépris des zonesrurales.
La montagne n’a pas besoin de compassion, mais de justice
La Coalition civile pour la montagne a parfaitement résumélefondduproblème:lamontagnen’apasbesoin de promesses ni de discours compassionnels. Elle a besoin de décisions structurelles. Elle réclame non pas de l’aide ponctuelle, mais un véritable cadre législatif pour garantirunejusticeterritoriale.
Ce que vivent les habitants d’Aït Bouguemez n’est pas un cas isolé. C’est l’histoire de dizaines de régions : de Immouzer Maromoucha, Tounfite à Imilchil, de Taznakht à Anfgou. Le Maroc rural est une tache aveugle sur les cartes des opérateurs. Et cela a des conséquences dramatiques.
es chiffres officiels sont pourtant flatteurs. L’ANRT affirme un taux de couverture de plus de 95 % de la population en 3G/4G. Mais il faut lire entre les lignes : ce taux concerne la population, pas le territoire. Ce qui signifie que des zones entières,peuhabitéesmaisessentiellesàlacohésionterritoriale,restenthorsréseau.
Autrementdit:l’inclusionnumériquesefaitaurabais.Onconnectelàoùçarapporte,ondélaisselàoùçacoûte. La logique est purement économique. Les opérateurs déploient là où le retour sur investissement est garanti. Le rôle de l’État, à travers l’ANRT, est justement de corriger cette logique marchande par des obligations de service universel. Maisceserviceuniverselsembleavoirperdusonâme.
CoupeduMondeoucoupedesmondes?
En2023,unrapportparlementairealertaitdéjàsurlalenteurdudéploiementduhautdébitdansleszonesrurales.Des millions de dirhams sont alloués chaque année au Fonds du service universel des télécommunications. Pourtant, les antennes ne poussent pas, ou alors au compte-gouttes. Où va l’argent ? Quels sont les critères de priorisation ? Pourquoilesappelsd’offresmettent-ilsdesannéesàaboutir?
Le gouvernement parle de souveraineté numérique, de data centers nationaux, de cybersécurité. Mais cette souveraineté commence par un geste basique : donner accès au réseau aux citoyens qui vivent au cœur du pays, dans ses montagnes, ses vallées, ses plateaux. Tant que cela ne sera pas fait, la souveraineté numérique restera un sloganvide.
Il ne s’agit pas d’un simple dossier de télécommunication. Il s’agit d’un test politique. Les habitants d’Aït Bouguemez n’ont pas bloqué de routes. Ils n’ont pas incendié des bâtiments. Ils ont marché. Pacifiquement. Longuement. Pour porterunerevendicationlégitime,calme,digne.Etilsontobtenu…despromesses.
Mais des promesses, les zones rurales en ont trop entendu. Ce qu’il faut maintenant, ce sont des délais, des calendrierspublics,desbudgetsfléchés.Etsurtout:desantennes,descâbles,desactes.
À force de célébrer les futurs possibles, on oublie les présents insoutenables. La fracture numérique n’est pas qu’un problème technique. Elle est le symptôme d’un déséquilibre structurel dans les priorités nationales. On investit des milliards pour construire des stades à Agadir, Casablanca ou Rabat. Il faut l'applaudir sans modération. Mais que reste-t-ilpourconnecterleHaut-Atlas?Quelbudgetpourélectrifierleszonesd’ombresnumériques?Quelleurgence pourlesvillagessanssignal?
Si la Coupe du Monde 2030 devait incarner une vision, qu’elle incarne celle d’un pays qui ne laisse personne derrière. Qu’elleserveàconnecterleMarocauxsiens,avantdeleconnecteraurestedumonde.
Aït Bouguemez n’a pas besoin de drones, de tablettes ou de fibre optique. Elle a besoin d’un réseau qui fonctionne, d’une administration accessible, d’un pays qui l’écoute. Si la 6G est un rêve, elle ne doit pas devenir un alibi pour oublierla2G.Lamoderniténevautriensielleseconstruitsurdessilences.
LeMarocalechoix:êtreunpaysqui brille pour les caméras internationalesouunpaysquiéclaire sespropresrecoinsetilfaudraitfaire lesdeux.AïtBouguemezattend.Etelle n’estpaslaseule.
Rédigépar: Mohamed
AitBellahcen
UNESYRIEÀSOUVERAINETÉLIMITÉE
Après une semaine de combats dans la ville druze de Souaïda, au Sud de la Syrie, qui ont fait jusqu’à présent plus de mille morts, le gouvernement de l’ancien jihadiste, Ahmed Al Charaa, voit s’évaporer son ambitiond’étendresonautoritésurl’ensembledupays.
Un cessez-le-feu à Souaïda, ville à majorité druze située dansleSuddelaSyrie,aétéannoncéparlesautoritésde
Damas après une semaine de violents affrontements qui opposent des milices armées appartenant à la minorité druze et les forces du gouvernement syrien soutenues pardestribusdebédouinssunnites.
Même si l’arrêt des combats n’est que partiellement respectée, des échanges sporadiques de coups de feu continuent d’être signalées, c’est sûrement une bonne nouvelle pour les habitants de Souaïda, le dernier bilan des combats faisant état de plus d’un millier de morts enregistrésjusqu’àprésent.
Pour le gouvernement mené par l’ancien jihadiste, Ahmed Al Sharaa, c’est loin d’être une victoire, même s’il est parvenu à déployer les forces du ministère de l’intérieur syrien à Souaïda, qui n’en demeure pas moins toujourstenueparlesmilicesdruzes.
Ces dernières ne sont d’ailleurs pas toutes hostiles au pouvoir en place à Damas, celle menée par un dignitaire druze,lecheikhHikmatAl-Hijri,faisantexceptionenraison dusoutienisraélien.
L’intrusisraélien
Ce que les médias syriens évitent soigneusement de souligner,c’estquel’accorddecessez-le-feu,appuyépar les Etats-Unis, la Turquie, la Jordanie et d’autres pays, a étéconcluentrelesautoritéssyriennesetcelles…d’Israël! Difficile, en effet, pour d’anciens jihadistes d’avouer qu’à traverscetaccordavecIsraël,ilsluireconnaissentledroit de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Syrie. Les jihadistes n’ont d’ailleurs jamais caché que leur plus profonde inimitié est plus dirigée contre les musulmans chiitesqu’enverslessionistes. Israël, qui compte quelques 150.000 druzes au sein de sa population, a usé d’arguments très « convaincants » pour dissuader le pouvoir en place à Damas d’imposer de forcesonautoritésurlavilleàmajoritédruzedeSouaïda. Prétextant chercher à protéger les druzes syriens, l’aviation israélienne a bombardé, les 15 & 16 juillet, les forces syriennes ainsi que le ministère de la défense et le QGdel’arméesyrienneàDamas,ainsiquelesabordsdu
palais présidentiel. Pour le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, l’occasion était trop belle d’envoyer undoublemessage,àDamasetAnkara.
Unprocessusdedéliquescenceaccéléré
Le message au pouvoir en place à Damas est que le Sud delaSyrieestlibrementaccessibleauxforcesisraéliennes. Toute prétention d’Ahmed Al Sharaa et ses compagnons d’armesàimposerlasouverainetédel’Etatsyriensurcette partie de son territoire est tout simplement niée par TelAviv.
Quant au président turc, Tayyep Erdogan, parrain et protecteur d’Ahmed Al Sharaa, Tel-Aviv lui signifie que la Syrie post-Assad est devenue également une arrière-cour d’Israël et qu’il n’est pas autorisé à y étendre son influence commebonluisemble.
Comment un pays arabe, actuellement dirigé par d’anciens jihadistes, en est arrivé à une telle perte de souverainetésurunepartiedesonterritoire?
A titre de rappel, les évènements sanglants à Souaïda ont été déclenchés par l’enlèvement d’un marchand de légumes druze à un point de contrôle sur l’axe routier Damas-Soueïdatenupardesmiliciensbédouins.
Lesdruzes,ungroupeethno-religieuxquireprésente3à4% de la population syrienne, n’a jamais constitué un soutien politique au régime déchu de Bachar Al Assad, mais il n’en estpas,nonplus,mieuxdisposéenverslenouveaurégime de l’ancien jihadiste, Ahmed Al Sharaa, dont il craint le sectarismesunnite.
Antagonismeéleveurs/agriculteurs
Les relations tendues entre druzes et bédouins s’expliquent pas un antagonisme aussi vieux que le monde ; l’affrontementhistoriqueentreéleveursdebétail
Cet aspect de la problématique entre druzes et bédouins syriens, peu évoquée par les médias, a été bien expliquée par Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie et chargé de recherche à l’Institut de recherches et d’études surlemondearabeetmusulman(IREMAM)le17juilletsurlesondesdeRFI.
C’est, malheureusement, beaucoup plus vendeur d’ergoter à l’infini sur les différences religieuses, quitte à les attiser encore plus, que de mettre en évidence un « vulgaire » problème socio-économique d’exploitation des terres.
Ilena,d’ailleurs,étéégalementainsilorsdelarévoltecontrelerégimeAlAssad,oùlesvoletssécheresse,avecses conséquences sur la production de céréales, et pic pétrolier, et ses conséquences sur le budget de l’Etat syrien assadiste et son modèle de redistribution sociale, ont été largement occulté au profit d’un vague discours sur la tyranniedelaminoritéalaouite.
Aussimachiavéliqueetmétamorphequesoitl’ancienjihadisteAhmedAlSharaa,ilnepeutfaireentendreraisonà ses combattants, idéologiquement formatés pour détester et combattre tout ce qui n’est pas musulman sunnite, exceptionfaitedessionistes.
Les alaouites, minorité anciennement au pouvoir et majoritaire sur la côte méditerranéenne de la Syrie, se sont placés sur la protection des bases russes de Hmeimim et Tartous, après les massacres perpétrés par les combattantsex-jihadistesdelanouvellearméesyrienne,aucoursdumoisdemars.
Le mois d’après, ce sont les druzes qui ont fait l’objet d’exactions de la part des anciens jihadistes qui peinent à se reconvertir en soldats disciplinés. Les Israéliens ont d’ailleurs profité de la chute du régime Al assad pour dépasser largementleplateauoccupéduGolanetpénétrerprofondémentdansleSuddelaSyrie.
Les kurdes, proxys et protégés des Etats-Unis au Nord-Est de la Syrie, se sont avérés plus malins, en ayant su négocieraveclenouveaupouvoiràDamasaumieuxdeleursintérêts,afindepréserverleurautonomie.
Somme toute, après avoir réussi à chasser Bachar Al Assad du pouvoir ainsi que les combattants du Hezbollah et les Iraniens de Syrie, les nouveaux maîtres de Damas se retrouvent à la tête d’un pays quasi-démembrée, n’exerçantqu’unesouverainetélimitée,sicen’estpurementthéorique,surdelargespansduterritoire.
Les religions abrahamiques sont-elles en voie d’unification sous couvert de dialogue interreligieux ?
Analyse des enjeux spirituels et géopolitiques de l’initiativeémiratie.
Un appel commun à la paix : sincérité religieuse ou stratégiepolitique?
Quand les Émirats Arabes Unis lancent des appels à la prière collective ou bâtissent une « Maison des familles abrahamiques », ils le font avec une ambition affichée : construire un pont entre les trois grandes religions monothéistes issues d’Abraham, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Une noble intention en apparence. Maiscommetoutprojetd’unionreligieuseportéparunÉtat, cette initiative suscite interrogations, prudence et, parfois, méfiance.
Dans le désert des apparences, ce qui se présente comme un oasis de fraternité pourrait cacher des mirages idéologiquesoudesintérêtsplusprofanesqu’iln’yparaît.
Laprièredujeudi:unritueluniverselfaceàlapandémie
Peuconnuedugrandpublic,la«prièredujeudi»lancéepar les Émirats pendant la pandémie de COVID-19 fut l’un des premiers jalons d’un projet interreligieux plus vaste. Il s’agissait, dans un monde à l’arrêt, d’unir l’humanité par un mêmesoufflederecueillement,au-delàdesdogmesetdes doctrines. Cette initiative, admirable sur le plan spirituel, associa même des rabbins et des pasteurs aux imams dansuneprièrecollectiveàdistance. Le choix du jeudi, à mi-chemin entre le vendredi sacré musulman et le dimanche chrétien, n’était pas anodin. Il traduisait une volonté symbolique d’installer un terrain neutre, une zone spirituelle commune, dans un monde fracturé. Mais cette neutralité religieuse soulève une question fondamentale : peut-on unir les rites sans dissoudrelesidentités?
Abraham, figure d’unité ou étendard d’un nouveau syncrétisme?
Les trois religions monothéistes reconnaissent Abraham comme leur père spirituel. Le Coran en fait un hanîf, un croyant monothéiste pur, ni juif ni chrétien. Les Évangiles le citent en exemple de foi. Le judaïsme en fait le patriarche fondateur. Dès lors, Abraham est devenu le dénominateur commun d’un projet théologique d’unité. Mais cette unité est-ellethéologiqueougéopolitique?
en découlent divergent profondément. Unir au nom d’Abraham, c’est risquer de gommer la richesse des différences au profit d’un discours lissé, consensuel, aseptisé. C’est aussi faire d’un homme de foi une bannièrepourdescausesqui,parfois,dépassentlafoi.
Le rêve abrahamique : vers une religion unique pour unmondeglobalisé?
Depuis les années 1990, dans l’ombre des think tanks néo-conservateurs américains, germe une idée qui prend de l’ampleur : créer une spiritualité mondiale post-confessionnelle qui unifierait les lois divines sous une même bannière. Cette pensée, qui s’inscrit dans un monde globalisé, voit dans les conflits religieux un obstacleàlastabilitégéopolitique.
Dans cette logique, l’unité abrahamique apparaît comme un moyen de pacifier les peuples en les amenant à une foi commune, douce, neutre, compatible avec les intérêts diplomatiques des grandes puissances. Ce projet est soutenu par des institutions interreligieuses, des accords comme ceux dits"d’Abraham",etdesforumssurlapaix…financéset organisésparlesmêmesacteurspolitiques.
La Maison des familles abrahamiques : symbole de paixoulaboratoirereligieux?
À Abou Dhabi, un complexe monumental est sorti de terre : la Maison des familles abrahamiques. Mosquée, synagogue et église y cohabitent côte à côte, dans un même espace, sous une même philosophie. Ce lieu, qui devrait accueillir visiteurs et fidèles, se veut un laboratoired’expérimentationspirituelle. Le message est puissant. Visuellement, l’unité saute auxyeux.Maisencreux,lescritiquesgrondent.
Faut-il créer des espaces neutres pour faciliter le dialogue ou risquent-ils de normaliser une forme de relativisme religieux où toutes les vérités se valent… jusqu’à perdre leur substance ? Les sceptiquesyvoientunpanthéonmoderneoùl’on sacrifielesdogmesauprofitdeladiplomatie.
Les Émirats, architectes d’un nouvel ordre spirituel?
Les Émirats ne se contentent pas de construire des bâtiments ou de lancer des prières virtuelles. En2014,ilsontfondéle«Forumpourlapromotion de la paix dans les sociétés musulmanes » sous l’égide du cheikh Abdullah bin Bayyah, figure respectée de l’islam soufi modéré. En 2019, le « Pacte de la nouvelle vertu » fut signé à Abou Dhabi, réunissant des dignitaires musulmans, chrétiensetjuifs. Ces initiatives témoignent d’une volonté sincère de dépassement des conflits. Mais elles s’accompagnent aussi d’une architecture discursive très cadrée : pas de sujets qui fâchent, pas d’interrogations sur les dogmes, pas de critique de l’histoire. La paix se veut consensuelle, apaisée… mais peut-être trop silencieuse sur les enjeuxprofonds.
LeMarocetlasagessedujustemilieu
Dans ce concert religieux en recomposition, le Maroc, terre d’islam modéré et de traditions soufies, peut jouer un rôle crucial. Le Royaume a, depuis des siècles, favorisé la cohabitation pacifique entre juifs et musulmans, et plus récemment avec les chrétiens. La Commanderie des Croyants en est le garant spirituel.
Dialogueoudilution?
La prière abrahamique, comme idéal d’unité, peut toucher les cœurs. Mais si elle devient instrumentalisée, elle risque de se transformer en rituel vide, vidé de sa force spirituelle. Le dialogue interreligieux, quant à lui, ne doit pas devenir une simple vitrine. Il doit être sincère, exigeant, traversé par des questions parfois inconfortables, maisessentielles.
Le danger n’est pas dans la rencontre, mais dans l’effacement. La paix n’est pas l’uniformité. Elle réside dans la capacité à se parler sans se confondre, à prier côte à côte sans fusionner, à croiredifféremmentsanss’exclure.
À l’heure où les grandes puissances instrumentalisent la foi, le Maroc pourrait rappeler que la spiritualité ne se décrète pas par décret ni ne s’édifie dans le marbre froid des mégastructures. Elle se vit au quotidien, dans l’humilité d’un imam de quartier, dans la sagesse d’un rabbin marocain, dans le silence d’uncloîtreberbère.
Le père des croyants n’a jamais rêvé de diplomatie. Il a simplement cru, marché, prié. Unir les religions au nom d’Abraham ne doit pas signifier les instrumentaliser. Car si la paix estunevertu,ellenesauraitêtreunestratégie. Que le dialogue triomphe, oui. Mais sans trahir les voix silencieuses qui, depuis des siècles, prient chacun dans leur langue, leur livre et leurlumière.
En décembre, le Maroc accueille la CAN 2025. Chers voisins algériens, vous êtes les bienvenus... à condition derespecternotresoletnossymboles.
En décembre prochain, le Maroc accueillera la Coupe d’AfriquedesNations2025.Unefêtesportivecontinentale, un rendez-vous de passion et de fraternité africaine. Un événement que notre pays prépare avec cœur, fierté et rigueur. Et à l'approche de ce grand moment, il faut dire les choses clairement : tout le monde est le bienvenu. Maispasàn’importequelprix.
Le Maroc n’a jamais fermé sa porte à quiconque. Encore moins à ses voisins de l’est. Mais il y a une règle simple, qui vaut autant dans un foyer que dans une nation : quand on n’aime pas l’endroit, quand on méprise ce qu’il représente, on n’y vient pas comme si de rien n’était. Et surtout,onnevientpasysemerletrouble.
Sitoutvousindispose…
Car enfin, que lit-on, que voit-on, que subit-on de la part de certains cercles algériens pas du peuple dans son ensemble, mais d’une frange très vocale ? Une allergie maladive à tout ce qui porte les couleurs marocaines. Notredrapeau,ildérange.Notremonarchie,elleexaspère.
Notre souverain, vous irrite. Notre Sahara, il provoque des crises d’urticaire diplomatique. Même notre zellige, notre caftan, notre cuisine ancestrale, notre vocabulaire communsontdevenusdesobjetsdediscorde.
Et pourtant, malgré tout ce mépris affiché, ces invectives répétées, ces provocations d’État, ces fakes d’agences officielles, certains voudraient franchir nos frontières en décembre, comme si de rien n’était, pour fouler nos stades, crier dans nos tribunes, et pourquoi pas, recommencerleurssingeriesantérieures.
Mais non, mes chers voisins. Le Maroc n’est pas un paillasson sur lequel on crache le lundi et qu’on piétine le samedi soir sous prétexte de ballon rond. Nous ne sommes pas un théâtre d’opérations où l’on vient tester son degré d’impolitesse ou d’incivilité diplomatique, pour ensuites’étonnerdel’accueilréservé.
Lefootballnefaitpastoutoublier
Ilnes’agitpasicid’interdire.Ils’agitderappeler.Rappeler que l’hospitalité marocaine, qui est proverbiale, suppose un respect réciproque. Quiconque entre chez nous avec bienveillance, fierté de partager un moment africain et envie de fraternité est accueilli à bras ouverts. Mais ceux qui viennent pour provoquer, insulter ou saboter l’événementferaientmieuxderesterchezeux.
Le Maroc ne quémande pas la présence de ceux qui le détestentouvertement.Ilnequémandepasles«youyous diplomatiques » ni les applaudissements artificiels. La Coupe d’Afrique, ce n’est pas une guerre froide par tribunes interposées. Ce n’est pas une vitrine pour les règlements de comptes idéologiques ou les petites revanchesrégionales.
Nous avons suffisamment vu, ces dernières années, comment certains responsables sportifs d’Algérie ont politisé le moindre match, refusé d’apparaître sur la même pelouse qu’un joueur marocain, saboté des tournois pour une carte géographique ou une carte d’identité. Ce n’est plus du patriotisme. C’est de l’obsessionmalsaine.
Vousêteslesbienvenus…àcertainesconditions
Alors disons-le franchement : si nos symboles nationaux vous dérangent à ce point, si notre existence même vous pose problème, alors ne venez pas. Épargnez-vous la gêne.Épargnez-nouslestensionsinutiles.
Mais si vous venez avec dignité, avec la conscience que vous êtes chez un pays frère, que vous êtes des hôtes et non des perturbateurs, alors vous serez les bienvenus. Quelessupportersalgériensquiaimentlefootplusquela propagande viennent applaudir, fêter, danser. Que les journalistes qui respectent leur métier couvrent le tournoi avec professionnalisme, non avec animosité. Que les joueurs viennent faire ce qu’ils savent faire : du sport, pas delapolitiquespectacle.
LeMarocnedemandeniallégeanceniflatterie.Ildemandesimplementdurespect.Respectdeseslois,deses institutions, de ses emblèmes, de son territoire. Le Sahara marocain ne se discute pas dans les tribunes. Il ne s’effacepasparcaprice.Ilnesenégociepasdansleschantsdesupporters.
L’Afriqueméritemieuxquevotrefiel
CetteCANneserapasseulementmarocaine.Elleseraafricaine.LeCameroun,leSénégal,laCôted’Ivoire,l’Égypte, le Mali, le Burkina, le Bénin, la Gambie, la Tanzanie… Tous viennent dans un esprit de partage et d’excellence. Tous, saufquelquesirréductiblesquitransformentlamoindrescènesportiveenrèglementdecompteshistorique.
Mais qu’ils sachent une chose : le Maroc, aujourd’hui, n’est ni dans la provocation ni dans l’effacement. Il est dans lamaîtrise,dansl’organisation,danslaresponsabilité.Etilsaitfairerespectersasouveraineté.
Alors à nos chers voisins d’Algérie, un mot simple : si vous venez en décembre, venez pour le ballon, pas pour les embrouilles. Venez pour la fête, pas pour la rancœur. Venez avec vos cœurs de sportifs, pas vos drapeaux d’agitationpolitique.
Le Maroc se trouve à un tournant critique de son développementéconomiqueetsocial.Alorsquelepays aspire à devenir un hub de compétences et d'innovation, la réalité semble bien différente. La fuite des cerveaux et des compétences est devenue une problématique majeure, soulevant des questions essentielles sur l'avenir de la nation et la stratégie du gouvernement. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a récemment mis en avant une situation préoccupante : la valorisation des ingénieurs marocains à l'étranger par rapport à leur rémunérationaupays.Cettesituationposelaquestion suivante:Est-ceainsiqueleMaroccompteencourager ses ingénieurs à rester et à retourner au pays pour servirlanation?
Lors d'une rencontre à Rabat, le ministre a présenté une équation qui, loin d'être rassurante, reflète une situation inquiétante. Un ingénieur marocain, dont le coût pour uneentrepriseallemandeseraitde6500eurosparmois, peut être recruté au Maroc pour seulement 1 000 à 1 500 euros. Cette situation ne peut être qualifiée autrement que de mise en solde des compétences marocaines, au profit de multinationales étrangères. Le Maroc semble se contenter d'un rôle d'“usine à talents” à bas prix, où les jeunes diplômés, formés avec soin, sont ensuite proposésaumarchéinternationalàdestarifsdérisoires.
Danslediscoursofficiel,cettedynamiqueestqualifiéede “fourniture de solutions”, mais en réalité, il s'agit d'un modèle de sous-traitance humaine qui semble être assumé par le gouvernement. Le ministre lui-même admet que l’économie nationale n’a pas la capacité d’absorber toutes ces compétences, poussant ainsi les talents marocains vers des pays qui en ont besoin. Au lieu de repenser notre modèle de développement ou de créer un environnement propice à la rétention de ces talents, le choix est fait de produire davantage pour exportercescompétences.
Ce phénomène est d'autant plus alarmant queleMarocformedesmédecinspourPariset des ingénieurs pour Munich, alors que les hôpitaux et les chantiers nationaux peinent à trouver les ressources humaines nécessaires. Cette logique de formation pour l’exil est non seulementdévastatricepourlepays,maiselle soulèveégalementdesquestionséthiquessur le rôle de l'État dans la gestion de ses ressourceshumaines.
Le ministre a également affirmé que “les ingénieurs vivront plus heureux dans leur pays avec 1 500 euros”, comme si ce montant garantissait un avenir décent. Dans un pays où le coût de la vie augmente, où l'immobilier flambe et où les services publics sont en difficulté, cette affirmation apparaît comme une promesse illusoire. Le Maroc ne peut pas se contenterdechiffres,ildoitoffrirdesperspectivesréellesetdurablesàsescitoyens.
Le “partenariat équilibré” vanté par le gouvernement n'est rien d'autre qu'un mirage. Le Maroc ne vend pas des produits, il vend des cerveaux. Il ne réclame plus la technologie ; il envoie directement à l’étranger ceux qui en sont les porteurs.
Pendant ce temps, les jeunes restent piégés dans un système éducatif qui les prépare à l’exil plutôt qu’à un avenir prometteurauseindeleurproprepays.
Cette situation n'est pas le fruit du hasard, mais bien la confirmation d'un choix politique délibéré. Le Maroc semble vouloir se positionner comme un réservoir de compétences bon marché pour l’Europe, tout en prétendant jouer dans la cour des grands. Ce choix est non seulement dangereux pour l'avenir du pays, mais il compromet également son potentiel de développementàlongterme.
Faceàcetteréalité,ilestimpératifquelegouvernementmarocainreconsidèresastratégiededéveloppement.Plutôtquedese contenter d’exporter ses talents, le pays doit créer un environnement propice à leur épanouissement. Cela passe par une revalorisation des salaires, une amélioration des conditions de travail et une véritable politique de soutien à l'innovation et à la recherche.
Leroyaumedégringoleàla100ᵉplacesur165paysdans le rapport 2025 de CS Global Partners. Passeport peu puissant, instabilité et fiscalité rigide freinent son attractivitéinternationale.
LeMarocdanslazonerougedel’attractivité
C’est une place qui fait grincer des dents. Le Maroc figure désormais à la 100ᵉ position sur 165 pays dans le rapport 2025 sur la citoyenneté mondiale, publié par CS Global Partners.
Le royaume ne récolte que 50,5 points sur 100, le plaçant dans la catégorie peu enviable des pays à « faible attractivitécitoyenne».
Ce classement, bien connu des investisseurs et des citoyens fortunés qui cherchent une deuxième nationalité, repose sur cinq critères clés : qualité de vie, stabilité, opportunités économiques, liberté financière et libertédecirculation.
Le rapport pointe d’abord un recul sur la qualité de vie. Santé, éducation, environnement… les efforts ne suffisent pas à combler les lacunes structurelles, et le royaume reste perçu comme une destination secondaire par ceux quicherchentunniveaudevieélevé.
La question de la sécurité et de la stabilité interne pose également problème. Dans un contexte international tendu, les investisseurs privilégient les pays jugés sûrs et prévisibles.
Le Maroc, malgré ses atouts stratégiques, reste associé à un climat incertain, marqué par des tensions sociales et régionalesquinuisentàsaréputation.
Peudepayssontaccessiblessansvisa,cequipèselourd pourlesentrepreneursetlescitoyenslesplusmobiles,qui recherchent flexibilité et rapidité dans leurs déplacements.
Sur le plan économique, il y a tout de même un point de respiration. Grâce à une dynamique de croissance soutenue et des réformes en cours, le Maroc gagne des pointsenmatièred’opportunitéséconomiques.
Les investisseurs reconnaissent une volonté de modernisation, même si elle reste freinée par d’autres facteurs.
Enfin, la liberté financière reste à la traîne. Transparence fiscale, confiance dans le système juridique, fluidité des investissements… autant de chantiers encore trop lents à progresser. Le pays est clairement invité à accélérer ses réformespourespérerremonterlapente.
Réformesattendues,imageàredresser
Pourlesobservateurs,cegenrederapportnedoitpasêtre pris à la légère. Il sert de baromètre à ceux qui, dans le monde, veulent investir, s’installer ou collaborer avec un pays. Une mauvaise note peut vite refroidir les plus motivés.
Les mois à venir seront décisifs. Des réformes sont attendues, notamment pour renforcer les libertés de circulation, fluidifier les démarches fiscales, et rassurer les investisseurs étrangers. Le Maroc a des cartes en main, maisilfaudrajouerviteetbienpourregagnerduterrain.
À quelques mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, le Maroc se retrouveunenouvellefoiscibléparunecampagne de haine en provenance d’Algérie. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #
(Boycott de la CAN) gagne en viralité, véhiculant des propos racistes et complotistes d’une rare violence.
Parmi les accusations relayées : le Maroc serait un « pays de Juifs » et chercherait à propager le SIDA parmi les Algériens via des « piqûres contaminées » ou des « sandwichs empoisonnés ». Des allégations graves, mêlant désinformation sanitaire et racisme décomplexé, qui témoignent d’un climat délétère persistantentrelesdeuxpays.
Cet épisode s’inscrit dans une série d’attaques visant à ternir l’image du Royaume depuis l’annonceofficielledel’organisationdelaCAN2025. Certains influenceurs algériens nationalistes multiplient ainsi les messages hostiles depuis plusieurs mois, alors même que le Maroc poursuit sereinement ses préparatifs, avec l’ambition d’organiseruneéditionhistorique,ens’appuyantsur sesinfrastructuresmodernesetsonexpérience.
Pour de nombreux observateurs, cette campagne va à l’encontre des valeurs d’unité et de fraternité qui caractérisent la CAN. Elle traduit un acharnement contre le Maroc, dans un contexte régional déjà tendu par la rupture des relations diplomatiquesentreRabatetAlger.
Le silence des autorités algériennes face à ces dérives interroge, tandis que de nombreux Marocains dénoncent une instrumentalisation politique du sport. Ils y voient une insulte, non seulement au peuple marocain,maisàl’ensembledespeuplesafricains.
« Ce que certains essayent de présenter comme une insulte est pour nous un symbole de fierté et d’unité africaine»,réagissentdesmilitantsantiracistessurX (ex-Twitter).
Face à cette montée de discours haineux, la Confédération Africaine de Football et les instances internationales sont appelées à prendre position et à condamner fermement ces dérives, afin de préserver l’espritsportifetl’unitéducontinent.
Rédigépar:SalmaLabtar
PLF2026:DERNIERTANGOBUDGÉTAIREAVANTLESURNES
PLF2026:LADERNIÈRELIGNEDROITEAUXVIRAGESÉLE
PLF 2026 : Dernier budget avant les élections. Entr stratégie économique et séduction électorale, les Marocainsycroient-ilsencore?
Le dernier budget du gouvernement avant les électionssusciteplusd’ironiequed’espoir.
Une croissance affichée à 4 % mais des doutes persistantssurlepouvoird’achatréel.
Derrière les chiffres, les Marocains attendent une vraieréponseàleurspréoccupationsquotidiennes.
Loi de finances 2026 : et si on levait le rideau su dernièrepiècedethéâtrebudgétaire?
À chaque fin de mandature, le même suspense revient hanter les couloirs du Parlement marocain comme un générique qu’on connaît par cœur : « Et cette dernière loi de finances, elle va ressembler quoi ? ». Dans les QG politiques, entre deux pastillas au Parlement ou autour d’un verre de thé à Casablanca, le doute flotte. Pour certains, PLF 2026 serait le bouquet final d’un feu d’artifice électoral. Pour d’autres, ce sera un simple bilan comptable propre,sansaudace,sanspromesse.
Loi de finances 2026 : et si on levait le rideau sur la dernièrepiècedethéâtrebudgétaire?
Mais au fond, qui y croit encore vraiment ? Le projet de loi de finances 2026, c’est un peu comme une bande-annonce d’un film qu’on a déjà vu cinq fois. On devine la musique, les rebondissements, les promesses de jobs, de subventions et de stabilité.
Sauf qu’en arrière-plan, la bande-son de l’économie mondialejoueunetoutautrepartition.
En lisant le Budget Économique Exploratoire du HCP , un constat s’impose : le Maroc reste optimiste dans un monde pessimiste. Tandis que les grandes économies se replient, que les exportations marocaines peinent à franchir les douanes européennes comme un ado son bac blanc, le royaume, lui, vise une croissance de 4 % en 2026. C’estcourageux.Oucandide.
PLF 2026 : Dernier budget avant les élections. Entre stratégie économique et séduction électorale, les Marocainsycroient-ilsencore?
Le dernier budget du gouvernement avant les électionssusciteplusd’ironiequed’espoir.
Une croissance affichée à 4 % mais des doutes persistantssurlepouvoird’achatréel.
À chaque fin de mandature, le même suspense revient hanter les couloirs du Parlement marocain comme un générique qu’on connaît par cœur : « Et cette dernière loi de finances, elle va ressembler à quoi ? ». Dans les QG politiques,entredeuxpastillasauParlementouautourd’un verre de thé à Casablanca, le doute flotte. Pour certains, PLF 2026 serait le bouquet final d’un feu d’artifice électoral. Pour d’autres, ce sera un simple bilan comptable propre, sansaudace,sanspromesse.
Mais au fond, qui y croit encore vraiment ? Le projet de loi de finances 2026, c’est un peu comme une bandeannonce d’un film qu’on a déjà vu cinq fois. On devine la musique, les rebondissements, les promesses de jobs, de subventions et de stabilité. Sauf qu’en arrière-plan, la bande-son de l’économie mondiale joue une tout autre partition.
En lisant le Budget Économique Exploratoire du HCP , un constats’impose:leMarocresteoptimistedansunmonde pessimiste. Tandis que les grandes économies se replient, que les exportations marocaines peinent à franchir les douanes européennes comme un ado son bac blanc, le royaume, lui, vise une croissance de 4 % en 2026. C’est courageux.Oucandide.
Chaque année, le citoyen moyen découvre le PLF comme on découvre la météo du week-end : sans passion, avec résignation, et surtout sans illusion. Le taux de croissance prévu ? Très bien. Le déficit maîtrisé ? Bravo. L’endettement publiccontenu?Super.
Or, la magie du PLF, c’est qu’il parle peu de tout ça. Il rassure les agences de notation. Il impressionne les bailleurs defonds.Maisiloubliesouventlepetitpeuple,celuiquivote...ous’abstient.
Malgré un taux d’investissement frôlant les 32 % du PIB (un des plus élevés des pays à revenu intermédiaire), le rendementdeceteffortresteétonnammentfaible.Enclair,oninvestitbeaucoup(CoupeduMonde2030),maisla croissancegénéréenesuitpasvraiment.LerapportICORduBEEmontrequ’ilfautdeplusenplusd’investissement pourproduireunseulpointdecroissance.Etneparlonsmêmepasdelacréationd’emplois:ellestagnemalgréla reprise.Unvraiparadoxeàméditeravantdecélébrerlesmilliardsengagés.
Relanceourelance?
On peut déjà affirmer, sans trop risquer le faux pas, que le PLF 2026 ne sera pas une cure d’austérité. Le ton est donné : ce sera une consolidation de la relance, dans la continuité des orientations amorcées depuis 2021. Mais une interrogation persiste, comme un refrain entêtant : s'agit-il d’une relance vraiment équilibrée entre investissement et consommation, ou simplement d’un énième coup de boost à la commande publique pour faire tournerlamachine?
Carrelancerparleschantiers, c’est bien. Encore faut-il que cela ruisselle vers les ménages, l’emploi, et les entrepriseslocales.Autrement dit,lavraierelance—celleque l’on sent dans le portemonnaie — dépendra d’un dosage fin entre béton, consommation, et confiance. Et en matière budgétaire, les meilleurs cocktails sont souventceuxqu’ondoseavec plus de prudence que d’affichage.
Rédigépar:AdnaneBenchakroun
LAVOIXDEL’EUROPE N’INTÉRESSEPLUS PERSONNE
HARVARD-TRUMP:LIBERTÉACADÉMIQUEENDANGER
C'est une attaque globale et massive de l'administration Trump ne visant pas seulement les Universités mais le monde de la science et de la recherche dans son entier. Une hostilité pour le moins hallucinante. Mais ce constat s’impose : contrairement à une idée IEEE reçue, la liberté académique en tant que telle n'est pas garantie par la Constitution des États-Unis.MustaphaSehimiexplique.
Pour l'instant, il faut relever que les mesures les plus graves regardent les suppressions de crédits fédéraux relatifs à la recherche sur le changement climatique. Cela dit, il faut faire ce constat essentiel: la liberté académique en tant que telle n'est pas garantie par la Constitution des États-Unis, ni d'ailleurs par une quelconque loi fédérale. Tel est le cas également en France et au... Maroc. Les juristes américains et la Cour suprême ont estimé dans certains cas que la liberté académique pouvait être protégée indirectementlorsqu'onpouvaitl'interprétercommelibertéd'expression.
Libertéd'expression...
Une telle qualification a permis à la Cour suprême dans certains cas de se fondersurle1erAmendementquiprotègelalibertédeparole(freespeech).
Une jurisprudence qui n'est pas cependant d'une grande clarté entre un droit du Premier amendement relatif à la liberté académique et un droit du Premier amendement sur la liberté d'expression. Ce plaidoyer en faveur de l'autonomie du conceptdelibertéacadémiqueestsansdouteconvaincant;iln'endemeurepasmoinsquelimitéeauseuldomainedela libertéd'expression,lalibertéacadémiqueestdoncpartiellementgarantieparledroitconstitutionnelaméricain.
Le plus intéressant dans la jurisprudence de la Cour suprême a trait à la définition qu'elle a proposé du contenu de cette liberté en tant que celle-ci se rapporte à l'institution universitaire: " La liberté de déterminer qui enseigne, ce qui est enseigné,commentceladoitêtreenseignéetquipeutétudier".Maiscettehautejuridictionn'ajamaisfaitl'effortd'identifier les composantes de la liberté les composantes de la liberté académique en tant qu'elle est une liberté professionnelle attribuée aux universitaires - la liberté académique " individuelle". Au final, la liberté académique n'est donc pas spécialement bien garantie par le droit aux États-Unis -le même constat vaut aussi pour les droits européens. Elle relève essentiellementdelasoftlawetplusgénéralementdesmœursuniversitaires.
En l'espèce, aujourd'hui c'est l'Université d'Harvard qui est en première ligne dans cette offensive de l'administration Trump contrelesuniversités.Undébatdefond.Le11avrildernier,parcourrier,ilétaitformuléuneséried'exigencesàladirectionde cette université: la suppression des politiques en faveur de la diversité, des modifications de programmes accusés " d'alimenter le harcèlement antisémite", ainsi qu'un "audit" des opinions exprimées par les étudiants et les enseignants. En réponse, le président de Harvard, Alan Garber, a publié une déclaration adressée à la communauté universitaire: « l'établissement n'abdiquera pas son indépendance ni ses droits garantis par la Constitution... aucun gouvernement -quel que soit le parti au pouvoir- ne doit dicter aux universités privées ce qu'elles doivent enseigner, qui elles doivent peuvent admettreourecruter,nilesdomainesdanslesquelsellespeuventmenerleursrecherches".
Menaces
En réaction, l'administration Trump dans un communiqué indique que "la Task Force conjointe de lutte contre l'antisémitisme"annoncelegelde2,6milliardsdedollarsdesubventionssurplusieursannées",ainsiquelasuspensionde "contrats pluriannuels d'une valeur de 60 millions de dollars". A la suite de cette annonce, Donald Trump brandit plusieurs menaces: le retrait à l'université de l'exemption fiscale dont elle est bénéficiaire; 1'interdiction d'accueil d'étudiants étrangerssiellerefusaituncontrôledesespolitiquesenmatièred'admission,derecrutementetd'orientationidéologique; Dans cette même ligne, les républicains du Congrès annoncent 1'ouverture d'une enquête parlementaire visant à examinerle"manquedeconformitédeHarvardaveclesloissurlesdroitsciviques".Lebrasdefersepoursuitavecd'autres universités (Columbia, Cornell, Northwestern, Princeton, Brown,...) Plus de 200 présidents d'université ont signé une lettre dénonçantune"ingérencegouvernementalesansprécédent"dansl'enseignementsupérieur.Desprocèssontencours...
Cela dit, le constitutionnaliste est interpellé sur plusieurs points. Le premier porte sur le fait que la présidence impériale ne remontepasàTrump:tants'enfaut.Elleluiétaiteneffetantérieure.S'estainsidéveloppéunetendancedupouvoirexécutif - de la présidence donc des États-Unis - à agir de manière unilatérale avec l'aide des Exécutive Orders. Trump s'est engouffrédanscettebrèche,pourrait-ondire,enmultipliantlesdécretsprésidentielsdanslespremiersjoursdeson
second mandat. Il faut préciser au passage qu'il avait déjà commencé son ingérence dans les universités américaines à la fin de son premier mandat. Autre remarque: le décret présidentiel du 29 janvier 2025 (Additional Measures to Combat Anti- Semitism) destiné à lutter contre l'antisémitisme. Ce texte a instauré une "Task Force" interministérielle. Or, c'est précisément cette Agence qui, le 4 avril 2025, a annoncé à l'Université d'Harvardlegelde2,65milliardsdedollarsdesubventionsfédérales.
Unpopulisme"anti-science"
Pour contester une telle suspension, le principal argument juridique pouvant être avancé est d'ordre constitutionnel. Ce n'est pas en effet le pouvoir exécutif - la Présidence et ses organes- qui est compétent pour décider de l'attribution ou du retrait des fonds fédéraux. L'on fait volontiers référence ici la notion de "spending power" (ou pouvoir de dépenser) qui désigne la capacité du gouvernement fédéral américain à influencer les politiques des États en conditionnant l'octroi de fonds fédéraux. Un outil constitutionnel et stratégique utilisé depuis longtemps. Des exemples notables historiques notables sont à citer: Reagan en 1984 ( baisse du financement des autoroutes pour les États n'ayant pas relevé l'âge légal pour boire à 21 ans); Bush/ Obama (conditionnement de l'aide éducative à l'adoption de standards nationaux "No Child Left Behind"); Obama (expansion de Medicaid encouragée par financement fédéral). Avec Trump en 2025, ce levier est utilisé de manière plus coercitive et politique. Cet épisode trumpiste est encore plus préoccupant tant les atteintes à la liberté académique semblent ici multiformes avec une ingérence de l'État fédéral dans tous les domaines - du contenu des enseignements à l'orientation de la recherche. Se révèle sans doute le plus grave: un populisme "anti-science" ou " anti-scientifique". De quoi rappeler mutatis mutandis la "chasse aux sorcières" du maccarthysmedesannéescinquante...
Le 1er février 1979, l’ayatollah Khomeini rentre à Téhéran à bord d’un Boeing 747 spécialement affrété par Air France. Une scène de cinéma, une révolution télévisée. Mais derrière lamiseenscènepieuse,secacheuncynismed’Etat.Celuide la France, celui des Etats-Unis, et plus largement celui de l’Occident, qui, par calcul et par aveuglement, ouvrirent la voie au régime islamiste qui allait bouleverser le MoyenOrient. A la croisée des intérêts, les principes furent priés de céderlepassage.
LaneutralitébienveillantedeParis
LedépartdeKhomeinideNeauphle-le-Château,petitvillage bucolique à une quarantaine de Km de Paris, fut tout sauf clandestin. Expulsé d’Irak où il était réfugié, Khomeiny a été confortablementinstallé,enoctobre1978,dansunedemeure mise à ‘’disposition par ses partisans’’. Il y tenait audience, recevait journalistes, dignitaires et militants, donnait ses directives et orientations à la révolution en marche sous protection policière française. Paris justifiait sa présence par l’asile politique, mais la réalité est moins angélique : le pouvoir giscardien, comme les chancelleries européennes, savait que la monarchie du Shah, ostentatoirement dispendieux, coupé de son monde, qui comptait sur la seule force et la Savak, impitoyable police politique, pour modernisersonpays,estensursis.
Une fois rassuré sur le sort de l’ayatollah, il quitte la capitale iranienne le 3 février.
Le célèbre aphorisme l’Etat n’a pas d’amis, que des intérêts se manifestait ainsi dans toute sa splendeur.
Quatre mois plus tard, Khomeini, transporté par une logistique occidentale, survole le Proche-Orient pour rejoindre un pouvoir dont il a déjà écrit les contours théocratiques. A bord, quelque 150 journalistes et partisans, un bouclier humain, déguisé en envoyés spéciaux et comité desoutien,contretoutpotentielattentat.Ilfallaitqu’ilarriveà bonport.
Washingtonfermelesyeuxetouvrelaporte
A la même période, les Etats-Unis envoient en secret le général Robert Huyser, adjoint au commandement de l’Eucom (Commandement des forces des États-Unis en Europe), pour « préparer la transition ». Huyser n’est pas à Téhéran pour sauver la monarchie des Pahlavi, mais pour assurer l’avenir. Sa mission est de persuader les généraux iraniens de ne pas intervenir, de rester dans leurs casernes, delaisserKhomeinyetsespartisansfaire.
L’armée, pourtant l’une des plus puissantes de la région, obéissante, reste passive, paralysée, désarmée psychologiquement. Les Américains, obsédés par leur contrôle de la région, espéraient qu’une fois le Shah parti, un gouvernement civil émergera. Peut-être avec Bazargan. Peut-être même avec un Khomeini raisonnable, contenu par les réalités du pouvoir.
Mais les « peut-être » diplomatiques font rarement de bons calculs. Le retour de Khomeini ne donne pas naissance à une république pluraliste, mais à une dictature cléricale, habillée en révolution populaire, dirigée par des mollahs qui imposeront le turban et le tchador comme outil de gouvernance.
Lemomentoùtoutabasculé
Dans Le Naufrage des civilisations (éd.Grasset), Amin Maalouf le démontre finement : 1979 est un tournant tragique.
Au Maroc, la responsabilité médicale est encore régie par des textes disparates et obsolètes. Et, il n’existe pas de mécanisme clair de médiation ni de loi spécifique qui protège le médecin face aux aléas de sa pratique. Pourtant, il y a un projet de texte de loi qui dors dans les tiroirs du ministère de la justice depuis 2017.
Et ce projet de texte de loi a été étudié par des médecins, des juristes, des malades, des parlementaires, par les services concernés du ministère de la santé ainsi que par l’ordre national des médecins.
En ce fin avril 2025, l’association des gynecologues privés de Rabat viens de relancer le débat sur cette question cruciale de la pratique médicale au Maroc, qu’est la responsabilité médicale. En attendant, jetons un coup d’œil sur ce qui se passe ailleurs.
Qu’en est-il de la responsabilité médicale aux USA, en Allemagne,enFranceetenÉgypte?
La blouse blanche ne protège plus contre les toges noires. La responsabilité médicale, autrefois balisée par le secret médical et l’autorité du savoir, est aujourd’hui soumise à la justice, aux médias, et à une société devenue de plus en plus revendicative.
Des États-Unis à l’Allemagne, de la France à l’Égypte, en passant par le Maroc, les tribunaux sont désormais des arènes où les médecins doivent parfois répondre d'actes commis dans le cadre de leur exercice quotidien. Une mutation silencieuse, mais profonde, qui redessine la relation médecin-patient et l’exercice même de la médecine.
États-Unis:lamédecinesouslerègnedesavocats
C’est probablement aux États-Unis que la responsabilité médicale est la plus scrutée, la plus redoutée… et la plus monnayée. Chaque geste médical peut potentiellement donner lieu à un procès. Le malpractice suit, comme on l'appelle, est une industrie à part entière. Chaque année, environ 15 000 poursuites sont intentées contre des professionnels de santé. Des avocats spécialisés, des compagnies d’assurances agressives, et une culture du dédommagement ont transformé l'erreur médicale en jackpot potentiel pour les plaignants.
De nombreux médecins ont vu leur carrière brisée pour des erreurs de diagnostic ou des négligences postopératoires. La peur du procès induit une "médecine défensive" : examens inutiles, interventions excessives, tout cela pour éviter le tribunal.
Allemagne : rigueur, transparence… et rareté des peineslourdes
En Allemagne, la responsabilité médicale est encadrée par un système rigoureux, mais plus équilibré. Le médecin n’est pas systématiquement cloué au pilori. Les patients peuvent déposer plainte, mais un mécanisme de médiation – souvent via les ordres professionnels – précède les poursuites judiciaires. Les procès sont rares, les peines de prison plus encore. En 2020, on a recensé environ 2 000 plaintes sérieusement instruites, avec seulement une infime minorité débouchant sur des peines pénales.
France:entrejudiciarisationetquêtederéparation
En France, la loi Kouchner de 2002 a ouvert les portes à la reconnaissance du droit des patients à être indemnisés même sans faute, grâce à la solidarité nationale (ONIAM).
Cependant, plus de 10 000 plaintes sont enregistrées chaque année pour erreurs médicales, et environ 10 % aboutissent à une condamnation.
Très peu de médecins écopent de peines de prison, mais les sanctions professionnelles (suspension, interdiction d’exercer) sont de plus en plus fréquentes.
Égypte : entre condamnations expéditives et manquedegarantiespourlesmédecins
En Égypte, la situation est dramatique pour les médecins. Le pays connaît une judiciarisation brutale, souvent populiste, alimentée par les réseaux sociaux. Des médecins sont régulièrement condamnés à des peines de prison ferme, parfois dans des délais rapides, sans véritable expertise indépendante.
EtauMaroc?Unvidejuridiqueabyssal
Le Maroc n’échappe pas à la tendance mondiale. Si les condamnations pénales restent rares, l’insécurité juridique des médecins est réelle. La responsabilité médicale est encore régie par des textes disparates et obsolètes. Il n’existe pas de mécanisme clair de médiation ni de loi spécifique qui protège le médecin face aux aléas de sa pratique.Les affaires sont portées directement devant les tribunaux de droit commun, souvent sans avis d’experts indépendants. Le procès du chirurgien accusé à tort d’avoir oublié une compresse dans l’abdomen d’une patiente, ou encore celui du gynécologue poursuivi après un accouchement difficile, illustrent ce vide juridique.
Pendant ce temps, les praticiens exercent avec la peur de la plainte, de l’amalgame, voire de la vindicte populaire. La médecine devient un champ miné.
Uneprofessionàrisque…danslesilence
La profession médicale, bien qu’essentielle, devient l’une des plus exposées juridiquement. Et pourtant, la plupart des médecins agissent avec conscience, dans des conditions parfois précaires, avec peu de moyens, et une pression énorme.
À l’heure où le patient devient "client" et où l’exigence de résultats prime sur la compréhension du risque, il est urgent d'encadrer la responsabilité médicale avec rigueur, humanité, et lucidité.
Pourprotégeràlafoislemalade…etceluiquilesoigne.
La Situation au Maroc est une urgence vitale. Au Maroc, la perche est tendue à l’actuel bureau de l’Ordre National des médecins pour faire ce grand saut qualitatif juridique en faveur de la profession médicale.
En Occident, à peu près un homme sur deux et une femme sur trois avouent avoir été infidèles ou pratiquent l’adultère de manière régulière. Auparavant, les hommes et les femmes avaient du mal à l’avouer. De nos jours, les sondages d’opinion en la matière sont de plus en plus nombreux et plus explicites sur le pourquoi du comment de ce fait social universel, ordinaire et immoral dans les sociétés occidentales, tabou et tout aussi immoral dans les sociétés orientales.
Les hommes et les femmes parlent de plus en plus facilement de leur sexualité en couple ou extraconjugale qui n’est nullement en relation avec l’amour conjugal qu’ils portent à une femme versus un homme car il y a bel et bien une différence entre l’amour et la sexualité et parce que les us et coutumes des hommes et des femmes à l’époque actuelle le favorisent.
De nos jours, la parité et l’égalité des sexes sont une réalité sociale en Occident. Les femmes instruites et indépendantes ne se privent de rien pour damer le pion aux hommes socialement et professionnellement. Il en est de même pour la satisfaction absolue des désirs en tous genres dont le désir de jouissance et d’épanouissement.
En Occident, l’amour libre et l’adultère ne sont pas condamnés par la justice tant que le consentement est de mise entre les deux adultes.
Alors, qu’en est-il au Maroc ?
Dans notre pays où le conservatisme et la morale religieuse influent sur le code pénal, l’amour libre et l’infidélité conjugale existent dans de bonnes proportions sans atteindre celles en Occident. Ils concernent toutes les franges de la population et tous les milieux socioprofessionnels.
Les hommes et les femmes religieux ne sont pas en reste car nous sommes tous égaux devant les désirs charnels, et de se rappeler les délits intimes on ne peut plus matinaux rapportés il y a quelques années par la presse nationale.
Au Maroc, les relations hors mariage et l’adultère sont condamnés par la justice marocaine selon les dispositions des articles 490, 491 et 492 :
Sont punies de l'emprisonnement d'un mois à un an, toutes personnes de sexe différent qui, n'étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles (Article 490) ;
Est puni de l'emprisonnement d'un à deux ans toute personne mariée convaincue d'adultère. La poursuite n'est exercée que sur plainte du conjoint offensé. Toutefois, lorsque l'un des époux est éloigné du territoire du Royaume, l'autre époux qui, de notoriété publique, entretient des relations adultères, peut être poursuivi d'office à la diligence du ministère public (Article 491) ; Le retrait de la plainte par le conjoint offensé met fin aux poursuites exercées contre son conjoint pour adultère. Le retrait survenu postérieurement à une condamnation devenue irrévocable arrête les effets de cette condamnation à l'égard du conjoint condamné. Le retrait de la plainte ne profite jamais à la personne complice du conjoint adultère (Article 492).
Conscient des enjeux et des attaques que subit le Royaume du Maroc de la part d’ONG internationales et lors des revues périodiques au Conseil des Droits de l’Homme à Genève, l’actuel Ministre de la Justice essaie de faire approuver par les parlementaires marocains l’abolition de l’article 490 et des articles y afférents.
Il sera donc prochainement question d’un vote déterminant par les représentants de la nation qui sera suivi de près non seulement par les ONG locales mais aussi internationales.
Comme le dit si bien le Ministre de la Justice, du moment que le consentement est de mise, de quoi la justice devrait-elle se mêler ? Et j’ajouterai, pourquoi atteindre à la vie privée et au droit fondamental de disposer de son corps et son esprit ?
Le cas le plus navrant en cas d’infidélité est que « la personne complice du conjoint adultère » n’est pas épargnée .Plusieurs hommes et femmes se retrouvent ainsi en prison simplement parce qu’ils aiment une femme ou un homme marié ou en instance de divorce.
Il suffit que le conjoint quitté, ou offensé, soit de mauvaise foi et désireux d’accéder à des conditions financières avantageuses lors du prononcé du divorce, pour qu’il porte plainte pour infidélité alors qu’il ne se passe plus rien entre les conjoints disputés depuis plusieurs mois voire années et que la procédure de divorce suit son cours !
Pire encore, « la personne complice du conjoint adultère » ne bénéficie nullement du retrait de la plainte par le conjoint offensé, haineux et opportuniste !
Il est temps de réparer cette injustice indigne du Royaume du Maroc, terre de lumière, qui jette en pâture des hommes et des femmes, des fois parents d’enfants en bas âge, amoureux , travailleurs et servant la Cité, entre les mains de femmes et d’hommes « offensés » sans foi ni loi sinon celle de la cupidité.
Monsieur le Ministre de la Justice, vous avez raison de vous battre. N’abandonnez rien, de grâce ! Et sachez que tout « le Maroc de 2030 » vous soutient car la justice doit juger le crime innommable et non la morale sociale.
JohnBolton,ancienconseilleràlasécuriténationaledes États-Unis sous Donald Trump I, vient de commettre une tribune dans le Washington Times, particulièrement favorable à la thèse du Polisario et donc à la thèse algérienne.
Le texte recycle des arguments déjà avancés par Bolton par le passé. Il défend notamment l'idée révolue du référendum d'autodétermination et accuse le Maroc d'entraver la mise en œuvre des résolutions onusiennes. La proposition de référendum qui avait été proposée par le Maroc à Nairobi doit il encore une fois le rappeler, est révolue et abandonnée par le Conseil de Sécurité depuis 2007 ; quant à accuser le Maroc d'entrer dans le processus : c'est tous simplement faux au regard même des résolutions onusiennes depuis plus de 20 ans.
Bolton ment et il le sait. Il est coutumier.
Comment ne pas penser qu'il y a là manifestement une tentative d'exister à nouveau pour cet oublié de l'histoire, une volonté de manipulation de l'opinion mais surtout l'intention de gagner en faisant plaisir aux ennemis du Royaume.
La position s'inscrit étrangement, sans étonner, dans la continuité de la rhétorique officielle de la junte militaire algérienne, principal soutien du Polisario. C'est un alignement manifeste et un rapprochement qui soulève des interrogations sur la probité de Bolton. Rappelons juste que Bolton avait été limogé brusquement par Donald Trump en 2019, probablement pour des divergences stratégiques, mais selon certains observateurs, aussi en raison de liens troubles.
Pour ce qui est de l'affaire qui concerne le Royaume, Bolton fréquente régulièrement l'Algérie et collabore avec des lobbyistes algériens bien rémunérés, tels que David Keene, ancien président de la NRA, engagé à défendre la cause algérienne aux États-Unis. Cette proximité alimente les soupçons d'un rôle de relais pour les intérêts algériens, visant à influencer la politique américaine.
Pas de quoi être fière pour la junte militaire qui jubile. Elle est habituée à la contradiction et à une communication à l'emporte-pièce faisant du moindre détails une victoire. Bolton ne compte plus et n'impacte plus. Dans sa rhétorique Alger fait semblant d'ignorer que le même Bolton est pour l'utilisation de la force contre l'Iran, l'allié stratégique d'Alger. L'Iran que le président algérien va bientôt visiter… C'est aussi ce même Bolton qui a poussé au transfert de l'ambassade des USA de Tel-Aviv à Jérusalem…Drôle de soutien aux palestiniens que de prendre l'un de leurs ennemis pour référence.
Lirelasuite
L'article de Bolton s'inscrit dans une continuité morbide. Il tente sans scrupule ni gêne décrédibiliser la politique marocaine et son influence croissante sur la scène internationale, tout en défendant le séparatisme. Il fait fi du caractère terroriste du Polisario, s'opposant à tout un pan des républicains avec Joe Wilson en porte-parole. Ce dernier est dans la logique de faire voter très prochainement, une loi au congrès américain, qualifiant le Polisario d'organisation terroriste.
Le 13 mai 2025, Donald Trump a lancé la première grande tournée internationale de son second mandat. Là où l’on attendaituneescaleàJérusalem,symboledel’alliancesolide entre les États-Unis et Israël, le président surprend par un itinéraire réservé exclusivement aux trois géants du Golfe : Arabie saoudite, Qatar et Émirats arabes unis. Israël, voisin et partenaire historique, est laissé de côté. Ce choix marque un virage majeur dans la diplomatie américaine et rebat les cartes régionales peut être. S’agit-il d’une simple stratégie économique ou d’un repositionnement géopolitique plus significatif?
L’Arabie saoudite dans un faste inédit, peu habituel pour un américain, annonce un investissement colossal de 600 milliards de dollars dans l’économie américaine, que Trump veut porter à 1 000 milliards sur quatre ans. Les secteurs concernés : la défense, l'énergie, la technologie, les infrastructures et surtout l'armement, gênent sans doute Israël. La commande militaire américaine atteint 142 milliards de dollars, illustrant la priorité de la Maison-Blanche de sécuriser l’avenir économique des États-Unis grâce aux partenariats solides que sont les monarchies du Golfe, celles ci ne veulent plus être de simples pétromonarchies aux yeux du monde. L’Arabie saoudite est un pilier économique mondial. Elle arrive même à pousser Trump à lever les sanctionsaméricainessurlaSyrie?
ÀDoha,dansunpeuplusdefaste,leQatarsignedesaccords historiques de près de 1 200 milliards de dollars, incluant la vente d’avions Boeing, des moteurs GE Aerospace à Qatar Airways. Il offre sans gêne à Trump un avion de près d’un demi-milliarddedollars.
Les Émirats arabes unis, au summum du faste, offrent encore plus sans doute. Ils s’engagent à investir 1 400 milliards de dollars sur dix ans dans l’économie américaine, misant sur l’intelligenceartificielleetlesinfrastructuresnumériques.
A chaque étape un forum d’investissement réunit, les géants de la Silicon Valley et de Wall Street qui sont là, preuve que Washington veut ancrer durablement ses liens économiques avec le Golfe. Trump présente ainsi à son électorat des résultats concrets, renforçant sa stature de « dealmaker » et garantissantlaprospéritéaméricainesurunlongterme.
Finalement, il sécurise emploi et prospérité en renégociant les droits de douane et en obligeant les capitaux à travailler d’abordauxÉtats-Unis.Toutsetient.
Mais pourquoi Israël, allié de toujours, est-il exclu de cette tournéeinédite?
La réponse réside certainement dans ce qu'impose le contexte régional explosif : la guerre à Gaza fait rage, la crise humanitaire s’y aggravant, les négociations entre Arabie saoudite et Israël sont au point mort. Une visite à Jérusalem aurait été perçue comme une provocation, risquantdecompromettrelesaccordséconomiquestant importantspourTrump.
De plus, la proposition du président de transformer Gaza en«RivieraduMoyen-Orient»aétémalaccueillieparles pays arabo-musulmans. La Maison-Blanche, consciente des tensions, évite ainsi les dossiers symboliques et se concentre sur la stabilité régionale et les accords économiques. Trump mise sur la prudence et le pragmatisme, fidèle à son slogan « America First ». Le restepeutattendre.
Ce choix n’est pas une punition envers Netanyahou, malgré la tension palpable entre les deux hommes, mais elle traduit une évolution profonde dans la relation Washington-Jérusalem. Si Trump avait fait d’Israël une priorité lors de son premier mandat, il adopte aujourd’hui une approche plus nuancée, voire pragmatique. Israël coûte trop cher aux Américains et Trump cherche de l'argent pour son pays lourdement endetté. Les divergences stratégiques avec l'actuel Israël sont nombreuses : gestion de Gaza, nucléaire iranien, normalisation avec Riyad. Mais Trump devra encore composer avec un Netanyahou intransigeant, dont la lignedurecompliquelesambitionsaméricaines.
Soutenir Israël sans réserve, c’est risquer tout de même de perdre des opportunités économiques auprès des monarchies du Golfe. En réservant sa tournée à ces pays, Trump envoie un signal clair : la diplomatie américaine privilégie désormais les intérêts économiques et la recherche de nouveaux équilibres régionaux, même au prix d’un éloignement temporaire de l’allié historique. Le message s’adresse aussi aux électeurs israéliens et à l’opinion internationale : l’ère des fidélités automatiques cède la place à une realpolitik où chaque partenariat est évaluéàl’aunedesesbénéficesconcrets.
On peut raisonnablement supposer que, concernant la question des viandes, du cheptel et des désormais fameuses subventions, la joute politique entre majorité et opposition et, avant, entre partis de la majorité, ont fini de convaincre le souverain qu’il lui fallait réagir face à l’impasse institutionnelle qui elle-même induit un appauvrissement alimentaire des Marocains. En effet, cela fait plusieurs mois que l’Istiqlal avait demandé, au sein de la majorité, une mission d’information sur les subventions aux viandes et leurs dérives, et le PAM s’était joint à cette initiative, mais tous deux s’étaient vu imposer un sonore niet RNIste. Puis, après la demande d’une commission d’enquête par l’opposition, le même RNI est revenu à de meilleurs sentiments et s’est joint, finalement, à la demande initiale d’une mission d’information, laquelle est moins forte sur le plan légal qu’une commission d’enquête.
L’argent est donc sorti, par milliards de DH, des gens se sont enrichi mais les prix des viandes sont toujours aussi élevés, les Marocains ne procéderont pas cette année au sacrifice rituel et la classe politique patine et tourne en rond. Il fallait une décision royale. Elle est intervenue, et si elle évoque un désaveu de la politique publique dans ce domaine, eh bien tant pis pour les responsables.
Face à ce rugueux coup de semonce, les responsables politiques de l’opposition sont soulagés et ceux de la majorité soufflent d’aise, sans le dire. Le RNI, lui, a du bleu à l’âme et quelques bleus sur le corps…
RédigéparAzizBoucetta
International
Alors, qui occupera l'enclave palestinienne? L'armée israélienne en vue d'une annexion ou l'armée américaine si jamais undealesttrouvéetnégociéentrelamaisonblancheetleprincehéritierduroyaumeWahhabite.?
Pour le reste, au demeurant, pour prendre Gaza la Maison Blanche devra se débarrasser de Netanyahou et de son gouvernementd'extrémistes!
Donald Trump a pris soin de faire fructifier et élargir son business familial dans les pays du Golfe , alors même s'il faut se méfier de ses déclarations intempestives et saugrenues quelquefois, il serait curieux de savoir comment il compte faire déloger l'armée israélienne des 35 % de la bande de Gaza pour permettre à l'armée américaine d'y installer une zone de liberté!?
IlsepeutaussiquetoutcelasoitenréalitédesmanœuvresdediversionenimaginantquelaMaisonBlancheetTel-Aviv sont d'accord sur le principe de l'annexion totale et définitive de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, et que les divergences ne concernent que la manière d'atteindre cet objectif avec le coût politique le plus avantageux pour les intérêtsaméricainsdanslarégion!
Alors,GazapirequeAuschwitz!?
Oui , certainement car à l'époque de l'Allemagne Nazie il n'y avait ni Nations-Unies ni justice internationale, et il y a une seconde guerre mondiale avec de part et d'autre les alliés occidentaux soutenus par l'Amérique, et la Russie qui combattaitégalementsansparlerdesdizainesdemilliersdecombattantsvenusd'AfriqueduNordetsubsaharienne.
Aujourd'hui, il y a en principe un conseil de sécurité, la CPI et le TPI , mais Israël jouit de l'impunité alors que le volume des bombes utilisées durant les dix-sept derniers mois sur la bande de Gaza dépassent de loin l'ensemble des explosifs utilisésdurantlasecondeguerremondiale.
Leblocuscommeoutild'extermination!
Oui , Gaza demeure pire que Auschwitz et de très très loin car depuis 77 ans que dure la Nakba pour les palestiniens, les criminels génocidaires qui se succèdent à la tête des gouvernements israéliens méprisent le droit international, ignorent toute morale humaniste et considèrent comme terroristes tous les enfants et les femmes de palestine et comme antisémiteslesoccidentauxquiosentsoutenirlesdroitslégitimesdupeuplepalestinien.
Ce serait faire preuve de négationnisme , in fine , que de comparer Gaza à Auschwitz car bien évidemment dans l'enclave palestinienne la situation est certainement bien pire avec un blocus insoutenable comme moyen de famine et d'extermination!
RédigéparHafidFASSIFIHRI
Ce repositionnement rompt avec des décennies de diplomatie américaine où Israël occupait toujours une place centrale lors des visites présidentielles. Désormais, la Maison-Blanche privilégie les résultats tangibles et les alliances générant des bénéfices pour l’économie américaine et la stature internationale de son président. Vance, le vice-président, consolide aussi son positionnement pour la prochaine échéance américainedansmoinsdequatreans.LesRépublicainspeuventjubiler.
En somme, l’absence d’Israël dans la tournée moyen-orientale de Trump s’explique par la priorité donnée aux enjeux économiques, la prudence face au contexte explosif, et la volonté de redéfinir les équilibres stratégiques au profit des États-Unis. Ce choix pourrait redessiner la carte des alliances au Moyen-Orient, annonçantuneèreoùladiplomatieaméricaineseraguidéeparlarecherchederetombéeséconomiqueset destabilitérégionale,quitteàbousculerlestraditionsetsurprendrelesalliés.
Israël reste un partenaire incontournable, mais ne peut rivaliser par son volume avec les opportunités offertes par le Golfe. Pour Trump, la priorité est claire : « America First », y compris dans la redéfinition des alliances au Moyen-Orient. Cette stratégie, si elle réussit économiquement, pourrait avoir des conséquences durables sur la dynamique régionale et la place d’Israël dans la diplomatie américaine. Le lecteur israélien doit intégrer cette nouvelle donne. Les partis d’opposition devraient saisir l’opportunité pour faire taire les extrémistesquidominentlapolitique.
L’avenir d’Israël passe fatalement par la paix régionale, ce qui implique aussi le droit du peuple palestinien à vivre en paix. C’est le prochain épisode du feuilleton. Les monarchies du Golfe investissent au service des États-Unismaisdeviennentaussiplusexigeantessurcettequestion.
Donald Trump, fidèle à son style, privilégie les deals et les résultats, quitte à bouleverser les codes. L’exclusion d’Israëln’estpasunoubli,maislesigned’unrepositionnementstratégiquequipourraitrefaçonnerl’avenirde larégionetdumonde.
RédigéparAzizDaouda,
FORCED’INVESTISSEMENTENAFRIQUE:LEMAROCMÈNE
LADANSE
Au cours des dernières décennies, l'Afrique s'est positionnée comme un vrai vivier d'opportunités pour les investissements stratégiques et les mégaprojets. Des infrastructures modernes aux énergies renouvelables, le continent attire de plus en plus l'attention des investisseurs étrangers, séduits par son potentiel decroissanceetsesressourcesabondantes.
Arrivant en tête de son continent selon le dernier rapport d’investissement dans le monde de la CNUCED, le Maroc se distingue comme un acteur clé, consolidant sa position de leader en matière de flux d'investissements directs étrangers (IDE)sortants,témoignantainsidesastratégieambitieuseetde sonrôlemoteurdansledéveloppementéconomiquerégional.
Cette dynamique reflète non seulement la vision stratégique du Maroc, mais aussi son engagement à renforcer les liens économiquesavecsesvoisinsafricains.
Cettepositionqu’occupeleRoyaumedepuisdesannéesetqu’il continue de consolider ne relève pas de l’arbitraire, mais est le fruit d’un mécanisme de gouvernance stratégique réfléchi, résilient et adapté à un contexte national et international dit en perpétuelle mutation. Sous l’impulsion d’une institution royale visionnaire, le Maroc arrive à asseoir un climat d’investissement attractifetcompétitif.
accompagner les investisseurs de manière personnalisée etrenforcerlatransparence.
Reconnaître le fait que l’on savoure d’ores et déjà les fruits de l’instauration d’un département dédié à l’investissement et au climat des affaires depuis les dernières législatives en 2021 est inéluctable ; Au vu des efforts déployés par le Ministère de l’investissement, l’Agence Marocaine du Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE), en concertation avec d’autres organismes, en matière d’allègement de procédures administratives à l’investissement, l’implémentation des directives dictées par le Nouveau Modèle de Développement (NMD), la réflexion sur une nouvelle charte d’investissement pour remplacer celle qui datait déjà d’environ trois décades et sa mise en place en 2022, le Maroc se dit fier aujourd’hui d’être une nation attractive d’investissements générateursdevaleur.
Desurcroît,laCDG,lesfondsdepension(notammentlaCMR)et les fonds souverains (à leur tête le fonds Mohammed VI de l’investissement) sont des sponsors clés (quoique méconnus par certains) de l’investissement marocain. Ceci dit et nonobstant le rôle de catalyseurs locaux et opérationnels que jouentles12CRI,lesdernièresstatistiquespubliéesenfinavrilen témoignent.
Mais le vrai point d’appui de ces progrès revient à des notions assez simples et précises : optimisation, facilitation et digitalisation. Les acteurs de l'investissement marocain ont adopté une approche stratégique qui mitige ces trois concepts à la fois désireux de maximiser l'efficacité des investissements à traversdesréformesciblées,financerdesprojetsstructurants,
Ainsi, cette dynamique ayant progressivement été mise en place depuis environ une décennie a permis la montée en investissements dans un nombre considérable de secteurs clés au Maroc. Il s’agit essentiellement des infrastructures (routières, portuaires et aéroportuaires) et BTP, les énergies renouvelables (station Noor et hydrogène vert), banques et télécommunications,etparticulièrementunlargeéventail de segments industriels devenus stratégiques et déterminants dans la souveraineté industrielle du Royaume.
Les opérateurs économiques opérant dans ces dits secteurs, ayant franchi le cap de maturité et de quasisaturation du marché local, ont décidé de se retourner vers le continent africain non seulement pour générer plus de valeur mais aussi pour implémenter les directives royales en termes de leadership et de tissage d’un modèle stratégique ambitieux de coopération Sud-Sud.
A l'instar des groupes bancaires Attijariwafa Bank et BCP étendant leurs réseaux en Afrique subsaharienne et de Maroc Telecom, des compagnies d'assurance telles que RMA et Wafa Assurance propose nt leurs solutions en Afrique, et des entreprises de BTP comme Addoha et Alliances se tournent résolument vers le continent africain. Cette dynamique s'observe également dans l'industrie avec OCP nouant des
Régional
partenariats, dans les énergies renouvelables avec MASEN partageant son expertise, ainsi que dans les transports (Royal Air Maroc). Ces expansions illustrent une stratégie concertée où la recherche de croissance et de création de valeur s'aligne avec une volonté de contribuer activement au développement économique et social des nations africaines.
L'expansion de ces géants marocains de l'investissement en Afrique laisse des retombées positives considérables notamment quant à la propulsion du commerce intra-africain par la création de flux commerciaux et le développement de chaînes de valeur régionales, tandis que l'implantation des banques marocaines, en l’occurrence l’implantation du Groupe Attijari WafaBank dans la zone CEDEAO, facilite le financement régional et l'inclusion financière. Au-delà de l'économie, ces expansions stratégiques dans des secteurs variés tels que les infrastructures, les télécommunications, l'industrie, les énergies renouvelables et le BTP…
Ces initiatives contribuent significativement au développement du continent par le transfert de compétences, la modernisation des infrastructures, la promotion de la transformation numérique et le renforcement des liens politiques, s'inscrivant pleinement dans la vision marocaine de coopération Sud-Sud et participant activement à l'essor économique et social de l'Afrique.
Le Maroc se distingue en tête des pays africains pour les flux d'investissements directs étrangers sortants, comme le souligne le récent rapport de la CNUCED. Toutefois, cette dynamique de croissance économique à l'échelle du continent est également portée par d'autres nations clés. Le Kenya, classé deuxième, s'affirme comme une plateforme d'investissement majeure et un pôle de compétitivité en Afrique de l'Est. Le Sénégal, le Nigéria et la Côte d'Ivoire connaissent également une croissance rapide ces dernières années. La question centrale est de comprendre ce qui propulse ces pays au rang de co-locomotives de ce développement.
La réponse réside dans l'élaboration de plans ambitieux, avec des horizons temporels variés (2030, 2035, 2050), comparables au Nouveau Modèle de Développement (NMD) marocain. La mise en œuvre de ces stratégies engendre des réformes et des transformations structurelles profondes, favorisant l'émergence d'investissements porteurs, créateurs de valeur et d'emplois durables.
En définitive, et dans un contexte mondial marqué par une forte compétition pour l’influence en Afrique, le Maroc se trouve à un tournant stratégique pour ses investissements sur le continent entre perspectives de développement de partenariats fructueux dans divers secteurs notamment le gazoduc marocco-nigérian, l’initiative atlantique ambitionnant le désenclavement des pays du Sahel... et une concurrence accrue de la part d’autres pays qui chercheraient à déguiser le néo colonialisme en « partenariats Nord-Sud fructueux et stratégiques ».
Ceci dit, pour renforcer sa position, le Maroc est appelé à approfondir davantage ses liens de fraternité avec les pays d’Afrique dans le cadre de la coopération Sud-Sud, et diversifier ses alliances avec d’autres pays du Nord… Ce qui lui permettrait de consolider son positionnement de hub continental.
Un scandale retentissant secoue l'Algérie... Des instructions officielles strictes pour les professeurs d'"histoire" les obligent à garder le silence... Après une profonde réflexion, les généraux algériens ont convenu qu'ils ne possédaient pas d'histoire solide, documentée et consensuelle, et que par conséquent, il valait mieux promouvoir leurs hérésies appelées "histoire" uniquement entre eux, sans besoin de lesprésenteràl'international,quecesoitparlesprofesseurs d'histoireoulesspécialistesdelapropagandealgérienne...
Dansunedémarchequiasuscitéunelargecontroversedans les milieux académiques et médiatiques en Algérie, la faculté desscienceshumainesetsocialesdel'universitéHassibaBen BoualideChlefapubliéuneinstructioninterneinterdisantaux professeurs du département d'histoire de faire des déclarations ou des interviews avec les médias étrangers sans obtenir au préalable une autorisation de l'administration… Une note a été récemment publiée et largement diffusé sur les réseaux sociaux, où il a été décrit comme une atteinte grave à la liberté de pensée et de rechercheauseindesuniversitésalgériennes…
Uneinstitutionpunitiveetnonacadémique
Le document universitaire ne s'est pas contenté d'interdire les déclarations, mais a également averti explicitement que toute personne qui contreviendrait à cette instruction s'exposerait à des mesures disciplinaires, ce qui a rappelé l'image de l'université comme une institution punitive et non académique… Le régime militaire algérien a complète le cercle de la terreur, l'écrivain est emprisonné, l'historien est réduit au silence et le professeur est menacé, car la vérité, dans l'Algérie d'aujourd'hui, est devenue un crime impardonnable.
LesAlgériensveulentunehistoireàleurgoût!!
Le journaliste et opposant algérien Walid Kebir a été l'un des premiers à commenter le document, publiant un message incendiaire sur son compte Facebook, considérant que l'instruction ressemble davantage à une déclaration émanant d'un service de sécurité qu'à une note universitaire émanant d'une institution censée promouvoir la liberté d'expression et le débat scientifique… il a qualifié cette démarched'indiced'uneétapeavancéedemusellementdes voix et de transformation de l'université en un espace soumis à la logique policière qui surveille les pensées et muselle les voix…
La critique de Kebir ne s'est pas limitée au contenu du document,maisaégalementportésursaforme,considérant que le titre imprimé en haut de la page, qui combine l'anglais et le français, reflète une crise d'identité profonde et une incohérence administrative flagrante, se demandant si l'Algérie dispose réellement d'un ministère de l'Enseignement supérieur indépendant, ou si ses administrations sont encore engluées dans l'héritage colonial et les absurdités de la modernité.
Cette instruction s'inscrit dans le cadre d'une campagne acharnée menée par Le régime militaire algérien "Cabranattes" contre tous ceux qui tentent de sortir de la narration officielle de l'histoire.
L'histoire est à la fois le cauchemar et le rêve des Algériens, le non-dit existentiel d'un pays dont l'histoire officielle oscille entre les falaises de la réalité et les écueils de l'illusion, à travers un récit fabriqué…
Ce «paradis» historique artificiel est édifié autour de mythes auxquels aucun historien sérieux n'adhère, mais qui se sont transformés en vérités incontestables. Des vérités qu'il est interdit de remettre en question. Le malheur de Boualem Sansal réside dans le fait qu'il a osé le faire, pour une déclaration historique concernant les terres marocaines annexées par l'Algérie pendant la période coloniale française, et l'arrestation de l'historien Mohammed Amin Belghith, en plus de l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre l'écrivain Kamel Daoud après ses articles sur la décennie noire et le rôle de l'État profond.
Recours à l'invention de légendes pour réécrire l'histoire
L'histoire de l'Algérie semble figée sur sa guerre d'indépendance, qui détient une position et un statut officiels pour le régime militaire algérien, revendiquant ouvertement le monopole de sa narration officielle… Les historiens algériens se voient contraints par la narration officielle de dépeindre Tlemcen ou Bougie comme des pré-Algéries, alors qu'il s'agit de principautés, certes prestigieuses, mais qui n'ont jamais formé de véritables noyaux préétatiques...
Contrairement à Fès et Marrakech, qui ont fondé le Maroc et ont permis le développement d'empires à travers leurs dynasties, telles que les Almoravides, les Almohades, les Saadiens, les Mérinides ou les Alaouites, il n'en est rien à l'est de la Moulouya, où l'autonomie de Bougie et de Tlemcen n'a été que temporaire, coincées entre le Maroc et Tunis…
Nous faisons référence aux propos tenus par l'écrivain et homme politique français Éric Zemmour : "Le Maroc est l'opposé de l'Algérie ; ce que le Maroc possède, les autres en manquent… Les Marocains connaissent leurs origines, tandis que d'autres ont recours à l'invention de légendes pour réécrire l'histoire… Le Maroc représente un modèle d'État réel, qui combine une continuité historique ancienne et une entité politique et culturelle cohérente à travers les siècles…"
Un pays dispersé dans son identité
Et en tant que représentant de son propre peuple, l'historien algérien Abou al-Qasim Saadallah a déclaré : "Les Algériens veulent une histoire à leur goût, ils veulent s'emparer de l'histoire comme certains se sont emparés des terres, des appartements et d'autres biens après l'indépendance... Pour ces gens, l'histoire est un butin qui doit être gagné même par la force et les moyens illégaux."
Et l'historien algérien Mohammed Argoun, qui a demandé à sa famille de l'enterrer au Maroc et a été inhumé à Casablanca, a dit : "L'Algérie est un pays dispersé dans son identité parce qu'elle n'a jamais été un État indépendant qui fabrique son histoire lui-même, contrairement à la nation marocaine qui a construit un empire qui a existé à travers l'histoire, et c'est ce qui a créé un complexe algérien appelé le Maroc…
Dans un monde où l’apparence prime souvent sur la vérité, une question mérite d’être posée avec honnêteté : pourquoi tant de rejet autour d’une pratique que le Coran autorise, que la nature semble admettre, et que la société, paradoxalement, tolère en silence ? La polygamie, loin d’être une curiosité archaïque, soulève aujourd’hui des enjeux profonds, liés à l’amour, à la justice, à la complexité des relationshumaines.
Unevéritébiologiquequel'onpréfèreignorer
Loin des dogmes, certaines disciplines comme la biologie comportementale et l’anthropologie nous rappellent que l’êtrehumainn’estpas,paressence,monogame.Lebiologiste David P. Barash souligne cette ambivalence naturelle : l’homme oscille entre fidélité affective et curiosité sexuelle. La testostérone, moteur du désir masculin, pousse parfois à la quête de renouveau, créant un tiraillement intérieur que la sociétépeineàreconnaître.
Dans ce contexte, la polygamie, lorsqu’elle est encadrée, apparaîtmoinscommeunedérivequecommeunrégulateur potentiel. Le Coran ne l’a pas instituée dans un élan de permissivité, mais dans une logique de responsabilité : quatre épouses, oui, mais sous condition d’équité absolue. Si cette voie avait été contraire à la dignité humaine, elle n’aurait jamaisétéenvisagéedanslecadresacrédelarévélation.
Mariage au Maroc : entre façade sociale et blessures silencieuses
Dans notre société, le mariage est souvent contracté sans réelle connaissance mutuelle, sous l’influence des convenances ou des pressions familiales. Rapidement, les couples se heurtent à l’épreuve du quotidien : incompatibilités, absence d’intimité, solitude à deux. Et quand le désir s’éteint ou se déplace, l’homme cherche parfois ailleurs. La femme, elle, reste figée, non par choix, mais par peur:celleduregarddesautres,durejet,del'abandon.
Le contrat de mariage devient alors une vitrine, et la cellule familiale un décor fissuré. Ce ne sont pas les interdits qui réparent l’usure, mais une réflexion courageuse sur les besoinsréelsdesindividus.
Lasexualité,entrenon-ditsethypocrisiecollective
Le désir est omniprésent dans la culture populaire, mais curieusement absent des débats sérieux. La société marocaine vit une forme de schizophrénie morale : ce qu’elle blâme le jour, elle le tolère dans l’ombre. On prétend défendre les femmes, mais on oublie de leur offrir le droit de choisir. On érige la fidélité en idéal, tout en fermant les yeux sur les infidélitésnumériques,émotionnelles,oucharnelles.
La polygamie, encadrée et assumée, pourrait offrir un cadre à ce qui existe déjà de manière informelle, au lieu de laisser ces réalités prospérer dans la clandestinité.
Le refus de partager : question de cœur ou de pouvoir ?
Nombreuses sont les femmes qui refusent la polygamie, non parce qu’elles aiment trop leur mari, mais parce qu’elles redoutent de perdre ce qu’elles ont acquis : sécurité, maison, statut. Là où l’homme est fortuné, la première épouse reste silencieuse. Là où la femme est indépendante, certaines acceptent la coépouse sans drame.
Le rejet de la polygamie est donc moins une affaire de sentiment qu’un enjeu de pouvoir. Il est injuste de présenter son interdiction comme un acte de protection féminine universelle : cela revient à nier la diversité des parcours, des volontés et des voix féminines.
Une piste pragmatique : encadrer pour mieux protéger
Aujourd’hui, la loi marocaine restreint drastiquement la polygamie, au nom de la stabilité familiale. Mais dans les faits, cette restriction a favorisé la prolifération des relations extraconjugales, des enfants nés hors mariage, des drames silencieux.
Pourquoi ne pas envisager une alternative plus lucide ? Une polygamie discrète mais légale, dans laquelle l’homme pourrait, sous conditions strictes, prendre une seconde épouse sans l’aval préalable de la première, tant que les droits de celle-ci sont pleinement respectés. Cela permettrait d’offrir un cadre protecteur à toutes les parties, d’éviter les souffrances inutiles et de faire reculer les zones grises.
Il est temps de sortir du déni. Les réalités humaines, même dérangeantes, méritent d’être prises en compte avec humanité. La polygamie, telle que pensée dans la tradition musulmane, n’est ni un caprice ni une régression. C’est une réponse possible, parmi d’autres, à des tensions sociales, conjugales et individuelles profondes.
Versune réconciliation entrefoi,loiet réalité
Réformer ne signifie pas choquer, mais soigner. L’État, en repensant le Code de la famille, pourrait faire œuvre de justice, non en imposant, mais en proposant. Parce que le silence sur ces questions ne protège pas : il abîme. Et que la reconnaissance des réalités humaines, elle, ouvre la voie à une société plus sereine, plus juste, plus vraie.
RédigéparParZakariaBerala
GOUVERNER,C’ESTPRÉVOIR(OUFAIRESEMBLANT)
Encore un an et demi avant la fin du mandat Akhannouch, mais à l’entendre, on dirait qu’il est déjà en 2030, lunettes de soleil sur le nez et Coupe du monde à l’horizon. Tandis que les citoyens comptent les dirhams et les mois restants avant les prochaines élections, lui compte les chantiers… et les années post-électorales. Car, surprise, la grande priorité semble être moins 2026 que la décennie suivante.
Dans les médias publics, quelques clips fleurissent, histoire de rappeler au peuple que le gouvernement bosse dur. Les partis d’opposition crient à la manœuvre pré-électorale ? Bah, routine. Pourtant, derrière les belles promesses d’emplois par millions et de chantiers titanesques, les chiffres restent frileux, comme un thermomètre en panne de confiance : trois années, 75.000 emplois. Soit un peu plus qu’un village de taille moyenne. L’objectif ? Un million. Reste à savoir s’il s’agit de postes réels… ou de projections PowerPoint.
La vraie
Mais attention, le gouvernement voit plus loin. Ou plutôt, il saute à pieds joints par-dessus le scrutin de 2026, pour se projeter directement dans un Maroc rêvé à l’horizon 2030, avec stades, tunnels et emplois pour tous. Et tant pis si, entre-temps, les partenaires du RNI, un brin gênés aux entournures, prennent leur distance. Ce n’est pas une rupture, c’est un « détachement stratégique ». En gros, chacun commence à sortir ses propres pancartes sans quitter tout à fait le cortège.
Dans le fond, ce flou savamment entretenu n’est peut-être qu’un pari : moins les électeurs comprendront, plus ils hésiteront. Et qui hésite… finit souvent par voter pour celui qui parle le plus fort. Ou le plus loin.
Un peu d’air dans les chiffres :
Depuis vingt ans, tous les gouvernements marocains ont promis monts et emplois. Et pourtant, le taux de chômage dépasse aujourd’hui les 13 %, contre 9,1 % en 2005. L’économie a progressé, mais la machine à absorber les jeunes diplômés semble grippée. À titre de comparaison, la Tunisie affiche un taux équivalent malgré des turbulences politiques bien plus marquées.
urgence ? Penser l’emploi autrement : reconversion, économie sociale, numérique local. Pas seulement des mégachantiers ou des chiffres ronds. L’avenir du travail ne se construit pas uniquement à coup de promesses quinquennales, mais avec des mesures concrètes, ciblées et surtout… suivies.
RédigéparAdnaneBenchakroun
LEMARÉCAGEDUMARIAGEPRÉCOCE:RÉFORMEDELA MOUDAWANA
OUI,MAISENCORE!
Notre pays persiste et signe : le mariage précoce est bien encore là en plusieurs dizaines de milliers. N’en déplaise aux statistiques qui le réduisent à 30.000 par an, un nombre important relève de l’informel; la Fatiha dissimulant l’officiellementinterdit,lesocialementtoléré.
Ceci dit, le “sacrifice” de filles à peine pubères, ne se limite pas au seul mariage précoce. Plusieurs dizaines de milliers d'autres, prennent le chemin des villes pour servir dans les maisons.
Face à cela, suffirait-il de réformer la Moudawana et d'approuverdesloisplusdissuasives?
Si un tel dispositif reste nécessaire pour éviter que de très jeunes innocentes soient jetées dans les ... bras d'adultes sans scrupule et de familles "froides", des solutions doivent être inventées et activées pour mettre fin aux véritables causes de cedramesocial.
1- Une Économie Solidaire génératrice de revenu digne et durable:
L'ES devrait basculer d'une vocation vivrière, vers celle de moteur de croissance économique. Les potentialités considérables que renferme notre monde rural dans ce domaine, sont de nature à faire reculer structurellement la vulnérabilitédesfamilles.
Elles devraient être portées par des coopératives à multiplier, des Centres de Collecte et de Valorisation (CCV) à implanter dans les principales zones de production, et des Sociétés privées de Mutualisation et de Commercialisation (SMC) dont lescoopérativesetlesCCVseraientactionnaires.
2-UnEnseignementascenseursocial:
L’Enseignement devrait basculer d’une perception citadine déphasée, vers celle d'un Enseignement rural, véritable ascenseursocial.
Un Enseignement porté par des Centres du Savoir et de l’Epanouissement (CSE) où l’enfant reçoit des leçons en trois jours par semaine tout en y étant hébergé, nourri, suivi médicalement,puistransportéchezluiàlafindu3èmejour.
Un Enseignement porté également par une discrimination positive au profit des meilleurs lycéens et bacheliers issus du monde rural, pour accéder hors quota aux facultés nationales sélectives et à des bourses d'études dans de grandes institutionsétrangères.
3-UneSantéinnovanteetefficace:
La Santé devrait basculer de la logique de l’hôpital citadin, vers celle du Centre Médical dans le Cheflieu et le Camp Ambulant de Proximité (CAP) dans leszonesruralesreculées.
Ces deux structures de Santé devraient être dotées decorpsmédicauxquiserelaientaumoispourqu'ils puissentsupporterl'éloignement.
Demêmequ'ellesdevraientbénéficierdel'appuides médecins du privé, qui y assureraient une présence bénévole,d’unejournéeparmédecinetparmois,au titreduServiceàRendreàlaNation.
Ce n’est qu’au prix de telles pistes, que le monde rural se portera économiquement mieux pour cesser de sacrifier ses petites filles.
RédigéparNajibMikou
AU-DELÀDEZAKATAL-FITR,LAZAKATTOUTCOURT!
Parlavolontéd'Allah,faisonsl'apologiedelaZakat!
Après un mois de jeûne , les croyants et les fidèles ponctuent comme le veut la tradition religieuse le carême par la Zakat al fitr . Un devoir religieux qui fait partie des cinq piliers de l'islam et dont les croyants doivent s'acquitter pour chaque membre de leur famille.
Cachez moi ces misérables mendiants que je ne saurais voir!
Ce ramadan, des mendiants il y en avait dans toutes les rues . A la sortie des magasins , des souks et des supermarchés des dizaines , voire plus , de mains se tendent dans l'espoir de récolter une poignée de dirhams de chez des jeûneurs voulant faire une bonne action en ces jours bénis.
Sans vouloir exagérer, nous avons assisté à une misère envahissante, une précarité rampante et une pauvreté désarmante qui ont donné naissance à une prolifération des mendiants.
Comme dirait l'autre, grâce à Dieu pour faire œuvre de charité en ce mois sacré, il y avait dans nos villes des centaines de milliers de personnes qui ne savent plus quoi faire pour manger à leur faim !
Il y a assurément un fossé vertigineux qui s'est creusé entre ceux qui n'ont plus aucun gagne-pain et la classe très moyenne, surendettée , et accessoirement avec l'ensemble de la société.
Uneaumônesymboliqueenfaveurdesdéfavorisés
Mais, lorsque vous voulez offrir une partie de votre repas de rupture du jeûne à un mendiant de passage , il ne s'agit là que de l'aumône qui contribue surtout à vous donner bonne conscience ! Une aumône symbolique en faveur des défavorisés !
En effet, l'essence de la philosophie du jeûne de ramadan est de partager les privations que doivent endurer les plus pauvres et plus généralement de ressentir de la compassion vis-à-vis des souffrances de populations condamnées à la famine , comme c'est malheureusement le cas dans la bande de Gaza , au Soudan et ailleurs.
Solidaritéetcompassion!
C'est ainsi que la conscience du jeûneur doit en principe être très éveillée et sensible par rapport aux privations subies par les plus pauvres.
Certains n'arrivent plus à s'offrir un demi kilo de sardines, la protéine des pauvres et inutile de revenir sur l'épisode du vendeur de sardines à 5 dh et le feuilleton qui s'en est suivi !
D'autres n'achètent plus de viande, de poulet ni même des œufs face à un chef de gouvernement qui ne veut rien voir et ne veut absolument rien entendre !
Et qui s'accroche à l'alibi de la sécheresse et au prétexte de l'inflation alors qu'à l'échelle internationale, la spirale inflationniste née dans le sillage de la crise du Covid et exacerbée par , par la suite , avec la guerre d'Ukraine a disparue depuis trois ans déjà !
Le gouvernement ne peut pas condamner une frange de la population à la faim alors que des centaines de milliards ont été consacrés à l'importation de viandes rouges et que de gros budgets sont investis pour la CAN et la Coupe du monde 2030 !
Des autoroutes et des trains à grande vitesse, d'accord absolument, mais avec le taux de chômage effrayant pourquoi condamner les marocains nonproductifs et non-actifs à la misère à perpétuité !?
Des autoroutes et des trains à grande vitesse, d'accord absolument, mais avec le taux de chômage effrayant pourquoi condamner les marocains nonproductifs et non-actifs à la misère à perpétuité !?
Oui , si la conjoncture climatique et économique n'est pas favorable c'est qu'il y avait un besoin impérieux et une urgence absolue et vitale à prendre des mesures adéquates.
Parlavolontéd'Allah!
De véritables aides sociales directes et concrètes , un vrai registre social et non pas un registre capitaliste, une baisse conséquente des prix du carburant, un moratoire sur le prix des viandes rouges et surtout, un retour de la compensation en faveur des plus défavorisés.
En un mot : un véritable état social qui n'abandonne pas les défavorisés sur le chemin de l'exclusion et de la précarité !
Et où le ruissellement du haut vers le bas de la pyramide sociale fonctionne comme devrait fonctionner un état normalement constitué avec des institutions bien représentatives . Où des mécanismes de solidarité fonctionnent en permanence indépendamment de la conjoncture politique, économique ou climatique !
Si de telles décisions ne sont pas prises , les dégâts seront totalement dramatiques pour les laissés pour compte car l'aumône qu'ils peuvent recevoir n'est qu'une goutte d'eau dans un océan de misère !
Unegoutted'eaudansunocéandemisère!
C'est pour cela, pour des considérations de cohésion, de solidarité et de paix sociale, que Dieu Tout puissant a institué la Zakat , qui fait partie des cinq piliers de l'islam et dont les croyants doivent s'acquitter une fois par an pour ceux qui ont un capital, une rente , un commerce, une épargne ou de l'argent qui dort ou qui est investi dans l'agriculture ou un bien locatif .
Sans jugement aucun, et encore moins sans jugement de valeur, qui prend encore la peine de s'acquitter de la Zakat !?
Certains n'arrivent à payer leurs impôts ou leurs dettes que bien difficilement et d'autres sont pris dans le tourbillon infernal du coût de la vie !
Et je ne vous parle même pas de ceux qui ne paient même pas leurs impôts et profitent sans vergogne et sans foi ni loi de l'absence de textes contre l'enrichissement illicite, de la corruption qui bénéficie de l'impunité, voire des trafics en tous genres qui rapportent des centaines de millions de dh.
Il n'est pas dit que les marocains ne s'acquittent pas de la Zakat, même s'il n'y aucun moyen de vérifier, mais il y a des signes qui ne trompent pas et pour cela, nul besoin de chiffres ou de statistiques.
La Zakat est absolument une révolution divine pour une répartition , équitable et juste , des richesses sinon on se retrouve fatalement avec des nouveaux riches et des milliers de nouveaux pauvres. Mais, encore une fois sans jugement aucun, il n'est pas interdit d'être riche et il est autorisé d'être fortuné et honnête !
Le Maroc n'est pas une dictature islamique, et le Commandeur des Croyants n'a pas à imposer la Zakat tout comme l'état n' en fait pas son affaire même s'il arrive que le gouvernement s'autorise quelques fois des prélèvements sur les salaires des fonctionnaires comme ce fût le cas lors du Covid, du séisme du Haouz ou en d'autres circonstances !
Pour la Zakat, le croyant doit lui-même prendre l'initiative sans contrainte, si ce n'est celle de l'obligation religieuse et l'amour de Dieu et la certitude de devoir rendre des COMPTES le jour du jugement dernier ! !
Les sentiers du Seigneur sont certainement impénétrables, mais il est flagrant que la société marocaine présente de plus en plus de symptômes qui révèlent la facture de la fracture sociale résultant de la mauvaise gouvernance !
Et surtout, du coût social de certaines prises de décision ou encore pire de décisions que certains décideurs ne prennent désespérément pas !
Bien évidemment, je suis bête : pourquoi parler de Zakat et de religion avec ceux qui ne veulent pas comprendre que les deniers publics c'est de l'argent illicite et que le détournement de fonds est un crime, comme un autre , interdit et puni par Allah. !?
D'autant plus lorsqu'il s'agit d'argent qui aurait dû en principe être affecté en direction des défavorisés !
Dieu reconnaît toujours les siens. Amen
RédigéparHafidFASSIFIHRI
Repenserl'Histoire,refonderlerécitnational
Avec cette septième chronique, Adnan Debbarh apporte une nouvelle profondeur à l’ensemble de sa réflexion stratégique. Après avoir exploré les dimensions géopolitiques, diplomatiques et économiques du positionnement du Maroc à travers six contributions marquantes, il revient ici à la source : le récit que le pays fait de lui-même. Cette nouvelle chronique, intitulée « Repenser l’Histoire, refonder le récit national », propose une relecture fondatrice. Elle affirme que toute ambition nationale, toute politique extérieure, tout projet de développement durable, commence par une souveraineté culturelle pleinement assumée. En mettant en lumière les origines profondes du Maroc, la richesse de ses héritages et la nécessité d’un récit inclusif et enraciné, Adnan Debbarh inscrit son souverainisme pragmatique dans une visiondelongterme.
Les découvertes archéologiques de ces dernières années — du mont Irhoud à Oued Beht, de Kach Kouch aux fossiles de l’Atlas — bouleversent le récit traditionnel de l’histoire du Maroc. Elles nous invitent à penser notre pays non pas comme un réceptacle tardif de civilisations venues d’ailleurs, mais comme l’un des foyers premiers de l’humanité. Ce retour aux origines n’est pas un exercice nostalgique : il est l’amorce d’un projet de réappropriation culturelle et de projection moderne.
Il faut rompre avec l’idée selon laquelle le Maroc aurait été en contact avec la civilisation grâce à l’arrivée des Phéniciens. Comme si ce territoire millénaire était resté figé, sans histoire, jusqu’à ce que des navigateurs étrangers viennent l’inscrire dans le grand livre des civilisations. Comme si ce territoire millénaire attendait passivement que l’Histoire vienne frapper à sa porte. Cette représentation, souvent véhiculée dans les manuels scolaires et les discours officiels, est aujourd’hui démentie par les sciences archéologiques, anthropologiques et paléontologiques. Elle l’est aussi, plus profondément, par la mémoire souterraine d’un peuple qui n’a jamais cessé d’exister, de créer, de transmettre.
Lire aussi : Partenariat euro-marocain : sortir de l'asymétrie, construire une vision industrielle partagée – Par Adnan Debbarh Les découvertes du mont Irhoud, à proximité de Youssoufia, ont révélé des ossements d’Homo sapiens datant de 320 000 ans — les plus anciens jamais trouvés. Le Maroc devient ainsi un foyer originel de l’humanité, au même titre que l’Afrique de l’Est, redessinant les contours de l’histoire humaine. Non plus périphérique, mais fondateur.
À Oued Beht, non loin de Rabat, des traces d’une société agricole complexe datant de la fin du Néolithique révèlent une organisation sédentaire et structurée, marquant une transition cruciale dans l’histoire humaine. À Kach Kouch, près de Tétouan, l’occupation du site est attestée dès 2200 av. J.-C.,
bien avant toute présence phénicienne, avec un habitat organisé et des échanges avec les cultures voisines. Dans l’Atlas, les fossiles de dinosaures et les vestiges paléontologiques inscrivent notre sol dans la mémoire naturelle du monde.
Ces faits sont désormais établis. Ils ne relèvent pas d’une reconstruction militante, mais d’un savoir scientifique rigoureux. Et ils appellent une conséquence claire : le Maroc est un pays qui a commencé avec l’humanité. Il n’est pas un territoire qui attendait d’être civilisé. Il est l’un des lieux où l’humanité s’est d’abord pensée, façonnée, installée.
Ce constat nous invite à interroger le récit national tel qu’il a été construit. Trop souvent, il a reposé sur une vision découpée, segmentée, où les périodes préislamiques sont reléguées aux marges, comme si elles appartenaient à un autre monde. Or, ce passé n’est pas un simple socle archéologique. Il est une trame vivante, une matrice identitaire, une source de continuité.
Il faut, à ce titre, retrouver une vérité historique trop souvent diluée : le Maroc n’est pas, à l’origine, un peuple à culture sémite. Il s’est formé sur une base amazighe ancienne, profondément enracinée dans ce territoire. Par la suite, le brassage avec les civilisations sémitiques — notamment l’islam et la langue arabe — a enrichi son âme, sans en effacer la matrice.
Reconnaître cette antériorité historique n’est pas nier l’apport arabe, ni remettre en cause les identités vécues aujourd’hui par une large part des Marocains. C’est au contraire reconnaître que notre singularité vient de cette capacité à accueillir, à métisser, à forger une unité à partir de la diversité.
Ce retour aux origines n’a de sens que s’il est tourné vers un projet d’avenir. Il ne s’agit pas de sacraliser le passé, ni de se réfugier dans une quelconque pureté. Il s’agit de reconstruire une souveraineté culturelle qui s’appuie sur la connaissance de soi. Une souveraineté enracinée, non exclusive, mais autonome. Une souveraineté apaisée, enracinée, capable de se projeter.
Le 7 avril 1956 marque la reconnaissance de l’indépendance marocaine par l’Espagne franquiste, un épisode largement oublié dans les récits nationaux. Alors que l’histoire célèbre le 2 mars, la libération du nord marocain reste marginalisée dans la mémoire collective. Entre négociations tendues et territoires partiellement libérés, ce chapitre méconnu révèle une autre facette de la fin du colonialisme.
Une libération à deux temps, et un seul souvenir officiel
C’est une date que l’on devrait tous connaître. Une date que l’on devrait enseigner, célébrer, commémorer. Et pourtant, le 7 avril 1956 passe chaque année dans un silence presque total. Comme une vérité oubliée ou volontairement reléguée au second plan. Ce jour-là, l’Espagne franquiste, après des décennies de présence coloniale au nord du Maroc et dans certaines zones stratégiques du pays, finit par céder. Elle reconnaissait — enfin — que le Maroc ne pouvait plus être morcelé, administré ou retenu. Ce fut l’autre acte fondateur de l’indépendance marocaine, un mois après que la France ait fait de même.
La réalité est plus nuancée : l’accord du 7 avril n’était pas une libération totale. Si le nord revenait dans le giron national, l’Espagne conservait ses “bijoux coloniaux” : Sebta, Melilia, le Sahara. Il fallut attendre 1958 pour voir Tarfaya réintégrer le Royaume. Et pour le Sahara, l’histoire restera en suspens jusqu'à la marche verte de 1975 — une autre page, toujours ouverte les villes de Sebta et Mélilia.
Mais pourquoi cette date, pourtant cruciale, estellesipeuancréedansnotremémoirecollective?
L’histoire officielle retient volontiers le 2 mars 1956 : l’indépendance du Maroc face à la France. Cérémonies, photos, discours — tout y est. Mais le 7 avril, lui, reste en marge. Pourtant, sans l’accord obtenu de Madrid, l’indépendance marocaine n’aurait été qu’une semi-vérité. La France avait libéré une partie du pays, certes, mais l’Espagne, elle, conservait encore son emprise sur le nord (Tétouan, Larache, Chefchaouen) et sur le sud saharien. Franco temporisait, probablement dans l’espoir d’un compromis à son avantage, pendant que la scène internationale grondait sous les appels à la décolonisation.
Le roi Mohammed V, récemment revenu d’exil, ne s’en laissa pas conter. Avec son fils, le futur Hassan II et le mouvement national , il mena une campagne diplomatique méthodique et déterminée. Leur objectif : faire reconnaître l’unité du territoire marocain comme une urgence historique. Et il fallait convaincre une Espagne encore autoritaire, encore coloniale, encore nostalgique de sa grandeur impériale.
Le 7 avril 1956, l’Espagne reconnaît officiellement l’indépendance du Maroc et transfère le contrôle de ses zones au nord. Une page se tourne, une autre commence. Les scènes de liesse éclatent. Pourtant, l’histoire nationale oubliera trop souvent ce chapitre.
Pourquoi cette mémoire sélective ? Serait-ce parce que la fin du protectorat français servait mieux la narration d’une indépendance glorieuse et complète ? Le narratif national aime les histoires claires, avec des héros, des dates fixes, et un ennemi facilement identifiable. L’Espagne, elle, se glissa entre les lignes de ce récit officiel, et le 7 avril fut oublié.
Car même après cette double reconnaissance, le plus dur restait à faire. Comment reconstruire un État après plus de quarante années d’administration étrangère ? Il fallut marocaniser les institutions, repenser l’éducation, relancer une économie longtemps exploitée par les puissances européennes. Ce fut un chantier titanesque. Mohammed V en posa les fondations, Hassan II en fit le socle d’un régime fort et centralisé. Le défi, aujourd’hui encore, reste de continuer à bâtir sur cette indépendance politique une véritable souveraineté populaire, économique, culturelle.
Le passé colonial espagnol, lui, n’a pas disparu. Il hante encore les ruelles de Tétouan ou de Larache, dans les façades ibériques, dans certaines pratiques administratives, voire dans les mentalités. Une mémoire matérielle toujours visible, mais peu questionnée.
Alors que les jeunes générations ignorent souvent que l’indépendance du Maroc fut un processus à deux visages, il est peut-être temps de rééquilibrer le récit. D’oser parler du 7 avril avec la même fierté que du 2 mars. Car une nation ne se construit pas sur des oublis, mais sur une reconnaissance sincère de ses combats pluriels.
Et si les provocations de Donald Trump à l’égard de l’Europe n’étaient pas seulement électoralistes ? Et si elles répondaient, à leur manière brutale, à une stratégie économique plus large des États-Unis visant à attirer l’épargne étrangère – notamment européenne – avant de la faire fondre sous l’effet d’un dollar affaibli ? Derrière cette hypothèse se cache un mécanisme géoéconomique aussi ancien qu’efficace : utiliser la puissance monétaire et militairepourfinancersondéficitauxdépensdesautres.
Les États-Unis vivent depuis des décennies au-dessus de leurs moyens. Leur dette publique dépasse désormais les trente-cinq mille milliards de dollars, soit bien plus que leur PIB. Or cette dette doit être financée. Comment ? En émettant des obligations du Trésor, ces fameux « Treasuries » que le monde entier continue d’acheter, persuadé que l’Amériqueestleplacementleplussûrdelaplanète.
Mais cette croyance est elle-même un actif stratégique pour Washington. Elle permet aux États-Unis de trouver des acheteurs pour leur dette à des taux relativement bas, malgré les risques budgétaires et politiques internes. Et qui achète ? Des investisseurs privés, des banques centrales, descompagniesd’assurance…principalementenEurope,en AsieetdanslespaysduGolfe.
La logique de Trump – qui dépasse sa seule personne –consiste à jouer avec l’instabilité du monde pour renforcer l’attractivité du dollar. En menaçant de quitter l’OTAN, en suggérantquelesÉtats-Unispourraientneplusdéfendreles pays européens, en soufflant le chaud et le froid sur les conflits en Ukraine ou au Moyen-Orient, il instille l’idée que l’Europeestvulnérable.
Et que fait l’épargne lorsqu’elle a peur ? Elle se réfugie là où elle pense être en sécurité. C’est-à-dire aux États-Unis. Résultat : les investisseurs européens retirent leurs capitaux de la zone euro pour les placer en dollars, notamment dans lesobligationsaméricaines.
Derrière la brutalité politique, un raffinement économique : pluslemondeapeur,plusl’Amériquepeutvivreàcrédit.
La deuxième phase de cette stratégie est plus subtile, mais tout aussi redoutable : laisser le dollar se déprécier progressivement.
À première vue, cela semble contre-productif. Pourquoi attirerl’épargneétrangèresic’estpourfairebaisserlavaleur de la monnaie dans laquelle cette épargne est libellée ?
Mais l’idée est justement là : drainer les capitaux mondiaux versdesactifslibellésendollars,puis,unefoiscaptifs,laisser glisserlamonnaiepourremboursermoinscher.
C’est ce qu’on appelle une restructuration douce de la dette : plutôt que faire défaut, on laisse l’inflation ou la dépréciationmonétairefaireletravail.
Les États-Unis, par leur taille, leur domination technologique, leur puissance militaire et le rôle central du dollar dans le commerce mondial, peuvent se permettre ce que d'autres ne pourraient pas. Aucun pays du Sud n’aurait pu se comporter ainsi sans subir une fuite massive des capitaux. Mais l’Amérique est toujours perçue comme "too big to fail".
Et cela fonctionne à merveille :
L’épargne européenne est drainée vers les actifs en dollars.
Les Treasuries sont achetés massivement, ce qui finance les déficits américains.
Puis, la baisse du dollar allège le poids de la dette, rend les exportations américaines plus compétitives, et affaiblit les partenaires commerciaux.
Et pendant ce temps, les épargnants européens voient la valeur réelle de leurs investissements fondre, sans recours possible.
Si ce scénario se confirme, l’Europe se retrouve piégée sur deux fronts :
Sur le plan financier, elle transfère son épargne vers une puissance qui l’utilise pour consolider son hégémonie budgétaireetgéopolitique.
Sur le plan monétaire, un dollar plus faible implique un euro plus fort, ce qui pénalise les exportations européennesetaggraveladésindustrialisationducontinent.
Ajoutons à cela la dépendance énergétique, la fragilité militaire et les divisions internes, et l’on comprend pourquoi certains parlent d’une Europe vassalisée, contribuant à la puissance américaine contre ses propres intérêtséconomiques.
Ce que l’on croyait être un chaos trumpien est peut-être une doctrine économique implicite : créer l’instabilité géopolitiquepourattirerl’épargnemondiale,puisutiliserleleviermonétairepourdiluerlecoûtdeladette.Cela ressemble à une stratégie de transfert de richesse à grande échelle, des épargnants étrangers vers le Trésor américain.
Contrairement à la plupart des crises – financières, sanitaires, politiques – que les États tentent généralement d’éviter, d’endiguer ou de subir à contrecœur, la doctrine Trumpiste repose sur un postulat inverse : la crise est utile,voirenécessaire,pourréorganiserl’ordremondialàl’avantagedesÉtats-Unis.
Ce n’est pas la crise comme échec, mais la crise comme outil. Ce n’est plus la logique du pompier mondial, mais celle de l’incendiaire lucide : créer un désordre maîtrisé qui pousse les autres à la panique, pendant que vous,vousrécoltezlesbénéficesdeleurdésorientation.
Cette reconstruction passe par une revalorisation de la diversité comme fondement de l’unité. Dans ce Maroc pluriel, la diversité linguistique, culturelle, régionale, n’est pas un problème à résoudre, mais une richesse à organiser. L’unité nationale ne se fait pas dans l’uniformisation, mais dans la reconnaissance mutuelle. Ce n’est qu’en reconnaissant pleinement les différentes composantes historiques du pays que nous pourrons bâtir un vivre-ensemble solide, légitime et durable.
Il faut, de ce point de vue, réécrire nos manuels scolaires. Ce n’est pas un geste symbolique. C’est une urgence stratégique. Tant que nos enfants continueront d’apprendre que leur histoire commence avec l’autre, ils resteront enfermés dans une dépendance symbolique. Nous avons besoin d’une pédagogie historique qui restitue au Maroc sa profondeur, sa complexité, son originalité. Une pédagogie qui enseigne que ce pays a contribué, depuis les origines, à l’histoire humaine, et qu’il n’a jamais cessé d’être acteur de son destin.
Ce travail de réappropriation doit aussi nourrir notre rapport à la modernité. Le Maroc peut, et doit, devenir un État moderne, juste et efficace, mais cette modernité ne doit pas être une copie. Elle doit être fidèle à notre mémoire collective, à notre géographie humaine, à notre culture politique. Il ne s’agit pas de réactiver une tradition figée, mais de faire émerger une modernité fidèle à soi-même.
Nous n’avons pas besoin de nationalisme. Mais nous avons besoin d’un patriotisme lucide, enraciné, assumé. D’un souverainisme culturel qui permette au Maroc d’être maître de sa narration, de son développement, de son avenir. À l’heure où les grandes puissances réaffirment leurs identités, où les récits se fragmentent, nous devons proposer un récit marocain profond, ouvert, structuré, qui relie le passé au présent, et donne au futur une colonne vertébrale.
L’entrée en vigueur, ce samedi, d’un nouveau plancher universel de 10 % de droits de douane sur les importations américaines, annoncée plus tôt cette semaine par le président Donald Trump, rebat les cartes du commerce mondial. Cette mesure s’ajoute aux droits existants, mais surtout, elle sera suivie dès le 9 avril d’un durcissement tarifaire ciblé sur les principaux exportateurs vers les États-Unis : la Chine (+54 %) et l’Unioneuropéenne(+20%).
Danscecontextegéo-économiqueenrecomposition,leMaroc, parmilespayslesmoinstaxésàseulement10%,setrouveface à une opportunité stratégique majeure pour consolider sa position comme plateforme industrielle et logistique entre l’Europe,l’Afrique,etlesAmériques.
Alors que les pays exportateurs majeurs voient leurs produits frappés par des surtaxes punitives, les entreprises cherchent des solutions de contournement. Le Maroc, en vertu de son accord de libre-échange avec les États-Unis, offre un cadre fiscal et douanier stable, permettant d'accéder au marché américain dans des conditions préférentielles. De ce fait, le Royaume devient naturellement un terrain d’accueil stratégique pour les investissements chinois ou européens souhaitant maintenir leur compétitivité sur le marché américain.
Déjà positionné comme un acteur industriel de référence en Afrique, notamment dans l’automobile, le Maroc dispose d’un écosystème automobile mature, d’une montée en puissance des projets liés aux batteries électriques, d’un réseau logistique performant avec Tanger Med comme tête de pont vers l’Atlantique, et d’une politique énergétique tournée vers les énergiesrenouvelables.Touscesatoutsrenforcentlacrédibilité duMarocpouraccueillirdesunitésdeproductiontournéesvers l’exportation.
Ce contexte offre une fenêtre d’opportunité que les autorités marocaines peuvent exploiter à travers une offensive de diplomatie économique ciblée vers les entreprises européennes et asiatiques, la mise en avant du régime douanier avantageux, de la stabilité politique et des incitations fiscales, ainsi que la promotion du Maroc comme base industrielle de “relocalisation stratégique” vers les USA. Des joint-venturesmarocainesavecdespartenairesinternationaux pourraient ainsi voir le jour dans des secteurs de pointe : batteries, composants électroniques, systèmes de gestion d’énergie,etc.
Loin d’être une menace, la nouvelle donne douanière américaine constitue une opportunité pour le Maroc, à condition de s’en saisir avec agilité. En capitalisant sur sa position géographique, ses accords commerciaux et son écosystème industriel, le Royaume peut non seulement attirer de nouveaux investissements mais aussi monter en gamme dans les chaînes de valeur mondiales. Ce serait un pas de plus vers une stratégie d’intégration économique intelligente, alignéesurlesmutationsducommerceinternational
Pour transformer cette opportunité en levier de développement, plusieurs axes d’action sont à privilégier :
Premièrement, il est impératif d’accélérer la diplomatie économique ciblée. Cela passe par l’identification des groupes industriels européens et chinois fortement exportateurs vers les ÉtatsUnis, l’organisation de rencontres stratégiques au Maroc, et l’activation des réseaux diplomatiques et des agences de promotion de l’investissement pour promouvoir les avantages compétitifs du Royaume.
Deuxièmement, il convient de renforcer l’offre d’accueil industrielle en accélérant l’aménagement de zones dédiées aux filières de l’électromobilité, en facilitant l’accès au foncier et à l’énergie verte, et en développant des incitations spécifiques pour les industries tournées vers l’exportation américaine.
Troisièmement, la mise en place d’un guichet spécial pourrait constituer un outil opérationnel efficace. Ce guichet regrouperait les services administratifs, douaniers et fiscaux pour accompagner les investisseurs étrangers, tout en favorisant les partenariats avec les industriels marocains.
Enfin, il est essentiel d’anticiper les besoins en compétences à travers des programmes de formation adaptés, en partenariat avec les acteurs industriels et les établissements d’enseignement, afin de garantir une main-d’œuvre qualifiée dans les filières stratégiques.
La Chine a riposté aux droits de douane américains et fait chuterlesmarchésfinanciers
Versundésastreéconomiquesimilaireàceluide1930?
Alors que les partenaires commerciaux des États-Unis cherchent la parade face aux droits de douane massifs , les dessousdel’équationquiébranlel'ordremondial peuvent-ils mener vers un désastre économique similaire à celui de 1930 ?
Après l'annonce de Pékin d'imposer des droits de douane supplémentaires de 34 % sur les produits américains en réponse aux mesures de Donald Trump, les Bourses mondialesontchutévendredi.
Le président américain avait affirmé, vendredi 4 avril, que la riposte de la Chine à ses droits de douane punitifs traduisait la "panique" de Pékin et s'était montré encore indifférent à la déroutesurlesmarchésfinanciers.
"La Chine a mal joué le coup, ils ont paniqué - la seule chose qu'ils ne peuvent pas se permettre de faire", a écrit le président américain en lettres majuscules sur sa plateforme TruthSocial,avantdeserendreàsonclubdegolfenFloride.
L'exécutif américain avait prévenu les partenaires commerciaux des États-Unis de ne pas riposter à ses droits de douane, au risque de subir des surtaxes additionnelles sur leursproduits.
MaisPékinaannoncé,vendredi,imposeràsontourdesdroits de douane supplémentaires de 34 % sur les produits américains dès le 10 avril, "en plus du taux des droits de douaneactuellementapplicables".
La réplique de la Chine s'est traduite vendredi par une aggravation des pertes sur les marchés financiers, déjà plombés la veille par les annonces américaines : +10 % pour quasiment tous les produits à partir de samedi, puis dès la semaine prochaine +34 % pour la Chine et +20 % pour l'Union européenne...
ÀWallStreet,vers14h30GMT,leDowJonesreculaitde3,95%, l'indice Nasdaq de 4,84 % et l'indice de référence S&P 500 perdait 4,70 %.Les séances en Asie et en Europe se sont finies endébâcle:-4,26%àParis,-4,95%àLondres,-2,75%àTokyo.
Les places chinoises étaient fermées en raison d'un jour férié. Les cours du pétrole dégringolaient encore d'environ 7 %, et le cuivre suivait le même mouvement.Donald Trump a une nouvelle fois évacué vendredi ces secousses, qui traduisent l'inquiétude de l'économie mondiale face à la magnitude de sonoffensivecommerciale.
"Sachez que je ne changerai jamais de politique. C'est un bon moment pour devenir riche, plus riche que jamais !", a écrit le président américain, toujours en lettres majuscules sur Truth Social.
Il a aussi appelé la Réserve fédérale à baisser les taux d'intérêt, estimant qu'il y avait déjà eu des progrès significatifs sur l'inflation depuis son retour au pouvoir en janvier.
Quelques minutes plus tard, le président de l'institution monétaire a pourtant brossé un tableau plutôt sombre des nouvelles perspectives pour l'économie américaine, avec les droits de douane : potentiellement moins de croissance, plus d'inflation et plus de chômage.
Sur les marchés financiers, les entreprises fuies ces derniers jours par les investisseurs sont celles dont le modèle de production est en péril en raison de leur dépendance aux importations en provenance d'Asie, comme l'industrie textile.
Les nouveaux droits de douane sont en effet particulièrement punitifs pour la Chine (qui, déjà précédemment visée, verra au total les taxes sur ses produits atteindre 54 %), le Cambodge (+49 %), le Vietnam (+46 %) ou encore le Bangladesh (+37 %).
La récente salve de tarifs douaniers américains arrive après d'autres, plus ciblées : +25 % sur l'acier et l'aluminium mais aussi, depuis jeudi, +25 % sur les voitures importées aux États-Unis.
La récente initiative de l'administration Trump, exigeant des entreprises françaises l'abandon de leurs politiques de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) comme condition d'accès aux marchés publics américains, constitue un événement révélateur des tensions contemporaines dans la gouvernance économique mondiale. Cette démarche sans précédent, formalisée par un courrier officiel de l'ambassade américaine à Paris, transcende la simple question des politiques d'entreprise pour révéler des dynamiques fondamentales de pouvoir, de souveraineté et de compétition normative à l'échelle internationale. L'analyse de cette situation offre une fenêtre privilégiée sur l'évolution des relations transatlantiques et, plus largement, sur les mécanismes par lesquels différentes conceptions de l'organisation sociale et économique s'affrontent dans l'espace mondialisé contemporain.
La mécanique de l'extraterritorialité juridique américaine
Cette formulation, la demande de conformité dans un délai de cinq jours, ne laissent aucune ambiguïté quant à l'intention d'extraterritorialité et à la hiérarchisation implicite des ordres juridiques qu'elle suppose.
L'extension internationale du décret présidentiel 14173 s'inscrit dans une tradition établie de projection normative américaine. Depuis plusieurs décennies, les États-Unis ont développé un arsenal juridique permettant l'application de leurs normes au-delà de leurs frontières. Cette pratique, qui s'est manifestée dans des domaines aussi divers que la lutte contre la corruption (FCPA), les sanctions économiques (Iran, Cuba), ou la réglementation financière (FATCA), repose sur un levier fondamental : l'attractivité et la centralité du marché américain dans l'économie mondiale.
Le mécanisme déployé dans le cas présent suit un schéma désormais familier. L'accès au marché américain, particulièrement lucratif dans des secteurs stratégiques comme l'aéronautique, la défense ou les technologies avancées, est conditionné à l'adoption de normes définies unilatéralement par Washington. Cette conditionnalité transforme le simple accès commercial en un puissant outil de diffusion normative. La particularité de cette nouvelle itération réside dans son application à un domaine jusqu'alors considéré comme relevant de l'autonomie organisationnelle des entreprises : leurs politiques internes en matière de gestion de la diversité.
Le courrier de l'ambassade américaine à Paris illustre parfaitement cette logique en stipulant que le décret "s'applique obligatoirement à tous les fournisseurs et prestataires du Gouvernement américain, quelle que soit leur nationalité et le pays dans lequel ils opèrent."
Conceptions divergentes de l'équité et de l'organisationsociale
Au cœur de cette confrontation réglementaire se trouve une divergence profonde concernant les conceptions de l'équité et les modalités appropriées d'organisation sociale. Ces différences ne sont pas simplement techniques ou circonstancielles, mais reflètent des traditions intellectuelles, juridiques et politiques distinctes qui ont façonné différemment les sociétés de part et d'autre de l'Atlantique.
Le modèle européen, particulièrement dans sa variante française, reconnaît l'existence d'inégalités structurelles et considère légitime l'intervention institutionnelle pour les corriger. Cette approche s'est traduite par l'élaboration progressive d'un cadre juridique et de pratiques organisationnelles qui valorisent explicitement la diversité et l'inclusion comme des objectifs sociétaux désirables. Les politiques de DEI des entreprises françaises s'inscrivent dans cette tradition et répondent également à des attentes normatives de leurs parties prenantes locales.
À l'opposé, la vision promue par l'administration Trump privilégie une conception formelle de l'égalité, centrée sur l'absence de discrimination explicite plutôt que sur la correction active des déséquilibres hérités.
Cette approche, qualifiée de "méritocratique" dans le libellé même du décret ("restoring merit-based opportunities"), considère toute prise en compte de caractéristiques personnelles telles que le genre, la race, l'orientation sexuelle ou toute autre identité dans les processus de recrutement ou de promotion comme potentiellement discriminatoire.
Il serait réducteur de présenter cette divergence comme un simple clivage Amérique-Europe. Des conceptions similaires à l'approche européenne existent aux États-Unis, tout comme des perspectives proches de la vision trumpienne trouvent des partisans en Europe. Néanmoins, l'initiative présente représente une tentative d'imposer une conception particulière à l'ensemble des acteurs économiques internationaux interagissant avec l'appareil étatique américain, transformant ainsi une question de diversité interne des opinions en un conflit de souveraineté normative.
Face à cette projection normative, la capacité des institutions européennes à protéger l'autonomie de leurs entreprises constitue un test crucial pour l'autonomie stratégique européenne. Historiquement, l'Union européenne a développé différents mécanismes pour contrer l'extraterritorialité juridique américaine, avec des résultats variables.
Le règlement de blocage adopté en réponse aux sanctions américaines contre l'Iran représente une tentative de créer un bouclier juridique pour les entreprises européennes. Cependant, son efficacité s'est avérée limitée face à la prépondérance du système financier américain et à la crainte des entreprises de perdre l'accès au marché américain. D'autres initiatives, comme les recours devant l'Organisation Mondiale du Commerce ou les négociations diplomatiques bilatérales, ont également produit des résultats mitigés.
Dans le cas présent, plusieurs options s'offrent aux institutions européennes. Elles pourraient adopter une position ferme, considérant cette exigence comme une ingérence inacceptable dans leurs affaires intérieures et mobilisant l'ensemble des instruments juridiques et diplomatiques à leur disposition pour la contester. Alternativement, elles pourraient privilégier une approche plus accommodante, cherchant à négocier des aménagements qui préserveraient l'essentiel tout en évitant un conflit ouvert.
La Commission européenne, en particulier, se trouve confrontée à un dilemme stratégique. Défendre vigoureusement l'autonomie normative européenne risquerait d'exacerber les tensions commerciales transatlantiques dans un contexte économique déjà fragile. À l'inverse, une posture trop conciliante pourrait être interprétée comme une reconnaissance implicite de la primauté normative américaine, créant un précédent potentiellement dommageable pour d'autres domaines réglementaires.
Les entreprises françaises, placées au centre de cette tension normative, développent des stratégies d'adaptation complexes qui transcendent la simple dichotomie entre conformité et résistance. Confrontées à des exigences contradictoires émanant de différentes juridictions et parties prenantes, elles élaborent des réponses nuancées qui tiennent compte de la multiplicité de leurs engagements.
L'une des approches privilégiées consiste en un découplage organisationnel stratégique. Les grandes entreprises multinationales peuvent envisager de créer des structures juridiques distinctes pour leurs activités américaines, avec des politiques différenciées selon les juridictions. Cette compartimentation permettrait théoriquement de satisfaire aux exigences américaines sans compromettre fondamentalement leurs engagements en matière de diversité dans d'autres régions. Toutefois, cette approche soulève des questions d'authenticité et de cohérence culturelle au sein de l'organisation.
Une autre stratégie repose sur la reformulation sémantique des initiatives existantes. Le défi consiste à redéfinir les programmes de diversité en termes qui échappent formellement à la prohibition américaine tout en préservant leurs objectifs fondamentaux. Cette démarche nécessite une analyse juridique minutieuse de la formulation exacte du décret et une créativité conceptuelle pour recadrer les initiatives existantes.
Enfin, certaines entreprises pourraient opter pour une stratégie de résistance coordonnée, en s'appuyant sur le soutien de leurs gouvernements et en calculant que les autorités américaines hésiteront à exclure simultanément plusieurs acteurs majeurs de leurs marchés publics. Cette approche comporte des risques évidents mais pourrait s'avérer efficace si elle bénéficie d'un soutien institutionnel solide.
L'impact de cette initiative américaine varie considérablement selon les secteurs d'activité, créant une géographie différenciée de la vulnérabilité économique. Les secteurs les plus exposés sont ceux qui dépendent structurellement des marchés publics américains et pour lesquels les alternatives commerciales sont limitées.
L'aéronautique et la défense constituent probablement le secteur le plus vulnérable. Des entreprises comme Airbus, Thales ou Safran entretiennent des relations commerciales substantielles avec le Pentagone et les agences de sécurité américaines. Pour ces acteurs, l'exclusion des marchés publics américains aurait des conséquences économiques immédiates et significatives, affectant potentiellement leur viabilité à long terme. Cette dépendance crée une asymétrie de pouvoir qui limite sévèrement leur marge de manœuvre face aux exigences américaines.
Le secteur technologique présente une vulnérabilité intermédiaire. Si l'accès aux marchés publics américains représente une opportunité commerciale importante, la plupart des entreprises technologiques françaises disposent d'une clientèle plus diversifiée. Cependant, ce secteur se trouve particulièrement exposé à des contradictions symboliques, ayant souvent fait de la diversité et de l'inclusion des éléments centraux de leur identité corporative.
Le secteur financier, bien que moins directement concerné par les marchés publics, pourrait néanmoins subir des pressions indirectes via les réseaux d'interdépendance qui caractérisent l'économie contemporaine. Les expériences antérieures, notamment avec FATCA ou les sanctions contre l'Iran, ont démontré la capacité américaine à exercer une influence considérable sur les institutions financières internationales.
Trajectoirespossiblesetscénariosd'évolution
L'analyse prospective de cette situation suggère plusieurs trajectoires potentielles d'évolution, chacune comportant des implications distinctes pour l'avenir des relations économiques transatlantiques et pour la gouvernance économique mondiale.
Un premier scénario envisageable serait celui d'une bifurcation normative progressive. Dans cette configuration, les espaces réglementaires américain et européen suivraient des trajectoires divergentes, entraînant une fragmentation croissante du système économique international. Les entreprises se verraient contraintes d'opérer dans des environnements normatifs de plus en plus incompatibles, nécessitant des adaptations organisationnelles coûteuses et complexes. Cette évolution pourrait préfigurer une reconfiguration plus fondamentale de l'économie mondiale autour de blocs normatifs distincts.
Un deuxième scénario, peut-être plus probable, serait celui d'une adaptation pragmatique généralisée. Les entreprises développeraient des arrangements hybrides leur permettant de satisfaire formellement aux exigences américaines tout en préservant l'essentiel de leurs engagements en matière de diversité. Cette adaptation s'accompagnerait d'une évolution sémantique, les initiatives de diversité étant reformulées dans un langage compatible avec les nouvelles contraintes normatives. Ce scénario, s'il évite une confrontation ouverte, risquerait néanmoins de normaliser l'extraterritorialité juridique américaine et d'affaiblir progressivement l'autonomie normative européenne.
Un troisième scénario, plus conflictuel, verrait l'émergence d'une confrontation institutionnalisée. Face à ce qu'elles percevraient comme une ingérence inacceptable, les institutions européennes
La confrontation entre l'administration Trump et les entreprises françaises autour des politiques de diversité transcende largement son objet immédiat. Elle révèle des dynamiques fondamentales concernant la gouvernance mondiale, la compétition normative et les limites de la souveraineté économique dans un monde interdépendant.
Ce conflit met en lumière les tensions inhérentes à un système international où la mondialisation économique s'est développée plus rapidement que les mécanismes de gouvernance correspondants. L'extraterritorialité juridique américaine apparaît comme une tentative de combler ce déficit de gouvernance en projetant unilatéralement des normes nationales dans l'espace international. Cette approche, si elle peut paraître efficace à court terme, soulève des questions fondamentales de légitimité et de durabilité.
Pour les décideurs européens, cette crise représente à la fois un défi et une opportunité. Un défi, car elle expose les vulnérabilités structurelles de l'autonomie normative européenne face à la puissance américaine. Une opportunité, car elle pourrait catalyser le développement d'une réponse plus cohérente et ambitieuse à l'extraterritorialité juridique, renforçant ainsi la souveraineté économique européenne.
La résolution de ce conflit établira des précédents significatifs concernant les mécanismes acceptables d'interaction entre différents ordres juridiques dans un monde globalisé. Elle contribuera également à définir les contours du nouvel équilibre de pouvoir qui se dessine entre les grandes puissances économiques et leurs conceptions respectives de l'organisation sociale et économique.
Au-delà des considérations immédiates sur les politiques de diversité, c'est donc l'architecture même de la gouvernance économique mondiale qui se trouve interrogée par cette confrontation normative transatlantique
RédigéparHichamELAADNANI
MAISQUESEPASSE-T-ILENTREL’ALGÉRIEETLEMALI?
Uneruptureauxalluresdebrasdefergéopolitique
Lecielsefermeentrel’AlgérieetleMali,etaveclui,s’obscurcitun peu plus l’état de leurs relations bilatérales. Le lundi 7 avril 2025, Bamakoaréagiavecvigueuràladécisiond’Algerdefermerson espaceaérienàtouslesvolsenprovenanceouàdestinationdu Mali. En guise de réciprocité, les autorités maliennes ont décidé de fermer leur propre espace aérien à tous les aéronefs algériens, civils et militaires, en dénonçant le « parrainage du terrorismeinternational»parlerégimealgérien.
Cet échange de sanctions aériennes n’est pas un simple désaccord diplomatique. Il constitue une escalade brutale dans une crise larvée entre deux pays autrefois liés par une coopération stratégique et sécuritaire. La semaine précédente, l’armée algérienne a abattu un drone malien, affirmant que celui-ci avait violé son espace aérien. Bamako, elle, soutient que le drone évoluait en territoire malien. La réponse a été immédiate : rappel de l’ambassadeur malien à Alger, suivi par ceuxduNigeretduBurkinaFaso,alliésdelajuntemalienne.
Alger n’a pas tardé à riposter : rappel de ses ambassadeurs au Mali et au Niger, et gel de la prise de fonction de son nouvel ambassadeur à Ouagadougou. Cette série de gestes diplomatiques souligne une dégradation continue des relations entre les deux capitales sahéliennes. En décembre 2023, un premier épisode de tension s’était soldé par un rappel réciproque d’ambassadeurs, mais cette fois, la fracture semble plusprofonde.
Le fond du différend remonte à des accusations récurrentes de lapartdeBamakoenversAlger.Lepouvoirmalien,dirigéparune junte militaire depuis 2021, reproche à l’Algérie sa proximité avec des groupes armés, notamment dans la région du nord du Mali, frontalière avec l’Algérie, où l’armée malienne, épaulée par ses partenairesrusses,subitdesreversfaceàlarébelliontouarègue. En janvier 2024, Bamako avait unilatéralement dénoncé l’accord de paix d’Alger signé en 2015, accord jusque-là considéré commeunpilierdelastabilisationdupays.
La méfiance mutuelle, nourrie par des intérêts sécuritaires divergents, menace aujourd’hui toute tentative de médiation régionale. Le rôle traditionnel de l’Algérie comme parrain diplomatique dans le conflit malien est désormais ouvertement contesté. Le Mali, lui, s’enfonce dans une logique d’isolement régional volontaire, misant sur un axe avec Niamey et Ouagadougou, dans un rejet commun de l’ordre international dominéparlesanciennespuissancescoloniales.
Cette rupture aérienne est le symbole d’une défiance stratégique, où chaque incident – comme le drone abattu –peut devenir un point de rupture. Dans un Sahel ravagé par l’insécurité, la pauvreté et l’instabilité politique, le dialogue interétatique se fait rare, et les canaux de communication se ferment,auproprecommeaufiguré.
Unediplomatiealgérienneenpertedevitesse?
Depuis plusieurs années, l’Algérie accumule les tensions diplomatiques avec ses voisins et partenaires stratégiques. La logique de confrontation semble avoir remplacé celle du dialogue :
Maroc : rupture unilatérale des relations diplomatiques en août 2021, fermeture de l’ambassade et suspension du gazoduc MaghrebEurope.
Mali : dénonciation par Bamako de l’accord de paix d’Alger et accusations directes de « parrainage du terrorisme ».
Niger et Burkina Faso : alignement sur la position malienne et rappels d’ambassadeurs.
Tunisie : refroidissement discret des relations, alors que Tunis se rapproche des puissances du Golfe.
Libye : marginalisation d’Alger dans les processus de paix au profit d'autres acteurs comme Le Caire ou Moscou.
France : relation tendue malgré une tentative de rapprochement en 2022 ; désaccords persistants sur les questions mémorielles, migratoires et sahéliennes.
Espagne : crise ouverte depuis 2022 après le soutien de Madrid au plan marocain d’autonomie au Sahara, gel des relations économiques et diplomatiques.
Cette série de brouilles alimente l’image d’une diplomatie algérienne sur la défensive, fondée sur une posture souverainiste et souvent réactive, mais désarmée face aux recompositions régionales. Dans un Sahel fracturé, Alger semble de plus en plus en décalage avec les dynamiques d’intégration et de coopération attendues.
Dimanche matin, Rabat a été le théâtre d'une grande marche nationale initiée par le "Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation". Des milliers de citoyens venus de diverses villes marocaines se sont rassemblés dès l'aube à Bab El Had avant de marcher vers le Parlement. L'objectif était de soutenir le peuple palestinien, de protester contre la reprise de l'agression israélienne sur Gaza et de dénoncer les politiques de meurtre, de déplacement et de famine visant les Gazaouis. Plusieurspartispolitiques,syndicatsetorganisationsdedéfense desdroitshumainsontparticipé.
À Rabat, les foules défilent. Elles scandent des slogans de solidarité inconditionnelle avec Ghaza, elles dénoncent la normalisation avec l’État d’Israël. Dans les rues, dans les voix, dans les regards : la cause palestinienne reste un cri de justice, un repère moral indéfectible. Pour beaucoup, penser Ghaza avantTazaestuneévidenceaffective,religieuse,historique.
Et pourtant… L’État marocain laisse faire. Il ne réprime pas cette expression populaire, il la tolère, parfois même l’encadre.Pourquoi?Parcequ’ilsait.Ilsaitquecettecauseestfondatricedansl’imaginairecollectif.Ilsaitquela censurer, ce serait risquer une fracture inutile. Il sait que l’émotion palestinienne est une soupape, une mémoire, unemorale.
Mais dans les coulisses diplomatiques, l’État pense autrement. Il pense un peu et aussi « Taza avant Ghaza », selon cette vieille expression bien connue. C’est-à-dire : il pense d’abord aux intérêts nationaux, à l’unité territoriale, à la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Il a ses raisons, ses cartes, ses partenaires.L’Espagne,l’Allemagne,laFrance—etsurtoutlesÉtats-Unis—ontreconnuousoutenu,defaitoude droit,lapositionmarocaineaprèslanormalisation.Lelienestévident,mêmes’ilestrarementavoué
Alors que faire, nous, intellectuels ? Nous qui croyons à la solidarité entre les peuples mais aussi à la souveraineté des États ? Comment ne pas se sentir écartelé entre un idéal de justice globale et une realpolitik assumée?
Peut-être faut-il accepter cette tension comme une composante de notre époque. Peut-être faut-il penser à la fois Ghaza et Taza, sans céder à la simplification. Refuser l’indifférence envers la Palestine, tout en comprenant leslogiquesd’État.Questionnersansdiaboliser.Alertersanssaboter.
Ce n’est pas confortable, mais c’est ce que requiert l’intelligence politique : vivre avec les contradictions, les
Interational
Etsilekrachmondialétaitunemanœuvredélibérée?
La panique boursière qui a suivi le « Jour de la libération » proclamé par Donald Trump – cette journée du 2 avril 2025 où il a brutalement imposé des droits de douane massifs –a-t-elle été un accident de politique économique ou, au contraire, une opération tactique mûrement réfléchie ? Certains analystes commencent à évoquer une stratégie plus sournoise : pousser les Américains à fuir la Bourse pour placer leur argent dans les bons du Trésor, allégeant ainsi la pression sur le financement de la dette fédérale. Une hypothèse qui mérite d’être creusée.
Une dette colossale, un besoin de refinancement urgent Au cœur du raisonnement : la dette publique américaine. En 2025, celle-ci atteint un sommet historique, flirtant avec les 37 000 milliards de dollars. Le Congrès a beau s’agiter autour des plafonds d’endettement, la réalité est implacable : pour financer son déficit et ses plans de relance massifs, l’État fédéral a besoin d’acheteurs pour ses titres de dette, notamment les fameux « T-bonds ».
Or, ces derniers peinent à séduire dans un environnement de taux réels négatifs, de déficit budgétaire chronique et de désintérêt croissant des grandes puissances étrangères (comme la Chine ou le Japon) qui diversifient leurs réserves.
Un krach comme incitation indirecte à l’investissement public?
C’est ici qu’intervient la thèse audacieuse : en provoquant un choc boursier massif – via une annonce spectaculaire et volontairement désorganisatrice comme les tarifs douaniers généralisés –, Trump aurait sciemment créé un climat d’aversion au risque sur les marchés. Objectif caché : déclencher une fuite des capitaux de la sphère boursière vers les valeurs refuges, au premier rang desquelles… les bons du Trésor américain. Car malgré leur faible rendement, ceux-ci bénéficient d’une image de sécurité absolue, surtout en période d’instabilité.
Cette stratégie, selon certains experts, serait même discutée au sein de cercles proches du Trésor américain. L’idée ? Transformer la peur en opportunité. Rassurer ensuite les marchés avec des messages contrôlés, tout en dirigeant discrètement l’épargne nationale vers le financement public, indispensable au maintien de l’appareil d’État américain.
LesgrandspatronsdelaTechenembuscade
Autre élément troublant : la relative modération des géants de la tech. Apple, Amazon, Google, Meta… tous ont vu leur capitalisation chuter drastiquement après le krach, mais leurs dirigeants n’ont pas condamné frontalement Trump.
Pire : selon des sources internes, certains d’entre eux auraient discuté avec les conseillers du président pour obtenir des exonérations tarifaires ciblées, en échange d’un soutien tacite à la nouvelle orientation économique.
Ces mastodontes disposent d’importantes réserves de cash logées à l’étranger ou dans des actifs liquides. En coulisses, ils pourraient donc eux aussi profiter d’un environnement où les rendements des bons du Trésor augmentent légèrement grâce à l’afflux de capitaux, tout en récupérant des conditions préférentielles pour leurs approvisionnements.
Une vision « trumpienne » de la souveraineté financière Trump ne l’a jamais caché : il rêve d’un retour au nationalisme économique, à la souveraineté budgétaire et à une forme d’indépendance financière des ÉtatsUnis vis-à-vis de l’Asie. Son obsession : réduire la dépendance au financement étranger. En forçant les Américains à recentrer leur épargne sur les bons du Trésor, il affaiblit Wall Street… mais renforce Washington. C’est une logique de puissance, brutale mais cohérente dans sa vision.
Unemanœuvreàhautrisque
S’il est avéré que cette manœuvre a été intentionnelle, elle pourrait s’apparenter à un coup de poker géopolitique : sacrifier à court terme la stabilité des marchés pour réorienter l’économie vers une forme de discipline budgétaire forcée. Mais le pari est risqué : la confiance des investisseurs internationaux pourrait s’éroder durablement, la consommation intérieure pourrait ralentir, et les effets sur l’emploi seraient ravageurs en cas de récession prolongée.
Trump a-t-il fait craquer l’ordre financier mondial pour sauver les finances publiques américaines ? Ce n’est plus de la science-fiction. C’est peut-être, déjà, le nouveau visage de l’économie politique en 2025.
Depuis plusieurs années, les États-Unis se battent pour conserver leur avance dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), érigeant des barrières technologiques et imposant des restrictions à la Chine. Les sanctions incluent notamment l’interdiction d’accès aux puces Nvidia les plus puissantes, essentielles pour le développement des modèlesd’IAavancés.
UnpiègepourlaSiliconValley:
Lastratégiechinoise:rendrel’IAgratuitepourbousculerladominationaméricaine Pourtant, face à cette pression, la Chine ne s’est pas contentée de riposter par des moyens conventionnels. Elle a adopté une approche surprenante et audacieuse : rendre ses modèles d’IA… gratuits. Une décision qui pourrait transformer radicalement lepaysagedelatechnologiemondiale.
Depuis janvier, des géants chinois tels qu’Alibaba, Baidu et Tencent ont mis à disposition des modèles d’IA open source, accessibles à tous. Ces modèles, parmi lesquels DeepSeek R1, QwQ-32B et Yi-34B, sont non seulement puissants, mais égalementmodifiablesetadaptablesparn’importequelutilisateur.Contrairementaux entreprises américaines comme OpenAI ou Google, qui commercialisent leurs modèlessousformed’abonnementscoûteux,laChinedistribuesestechnologiessans frais,bouleversantainsilesrèglesdujeu.
Pourquoi la Chine adopterait-elle une telle stratégie, elle qui est habituellement peu encline à la transparence numérique ? La réponse réside dans la géopolitique. En ouvrant ses modèles au monde entier, la Chine ne cherche pas seulement à contourner les sanctions américaines, elle vise à rendre le modèle économique de ses concurrents… obsolète. Si les modèles gratuits chinois atteignent une qualitécomparableàcelledeGPT-4,Claude3ouGemini,pourquoilesentreprisesetdéveloppeurscontinueraient-ilsàpayerpourdes solutions américaines ? Cette approche pourrait transformer le marché de l’IA en une « course à zéro », où les entreprises américaines peineraientàmaintenirleurrentabilité.
LeFinancialTimesadécritcettestratégiecommeune«armededissuasionmassivenumérique».Enrendantl’IAgratuite,laChineoffre unaccèsuniverselàunetechnologiedepointetoutenpoussantlesacteursaméricainsàréévaluerleurmodèleéconomiquebasésur des abonnements coûteux. Cette démarche pourrait entraîner un effondrement des revenus des entreprises américaines spécialisées dansl’IA,etrepositionnerlaChinecommeunleadermondialdanscedomaine.
La subtilité de cette stratégie réside également dans son effet domino. Chaque développeur qui améliore un modèle chinois, chaque entreprise qui l’intègre dans ses processus, et chaque chercheur qui le teste contribue, sans le savoir, à enrichir l’écosystème technologique chinois. En partageant ses modèles, la Chine récolte des milliers d’heures de travail collaboratif à l’échelle mondiale, sans avoir à investir directement dans ces efforts. Ce piège élégant permet à la Chine de tirer parti de la communauté internationale pourperfectionnersestechnologies.
De plus, cette démarche offre à la Chine une image positive sur la scène mondiale. En se positionnant comme un acteur ouvert et généreux, elle renforce son influence tout en attirant les développeurs et les entreprises qui souhaitent bénéficier de ses technologies sans frais. Cette stratégie, bien qu’économique, est aussi un geste politique visant à redéfinir les dynamiques de pouvoir dans le domainetechnologique.
La gratuité des modèles d’IA chinois pourrait avoir des conséquences profondes sur le secteur technologique mondial. Si cette tendance se poursuit, les entreprises américaines devront innover pour rester compétitives face à une offre gratuite de qualité équivalente.Cettesituationpourraitégalementaccélérerledéveloppementdel’opensourcedansl’IA,encourageantunecollaboration mondialesansprécédent.
Cependant, cette stratégie soulève des questions éthiques et économiques. La domination chinoise dans l’open source pourrait entraîner une dépendance accrue des entreprises internationales vis-à-vis des technologies chinoises, tout en limitant leur capacité à générer des revenus. En outre, la gratuité pourrait masquer des intentions stratégiques visant à renforcer l’influence chinoise dans des secteursclés.
En conclusion, la décision de la Chine de rendre l’IA gratuite est bien plus qu’un simple acte de générosité. C’est une stratégie calculée, brillante et disruptive qui redéfinit les règles du jeu technologique. Si les modèles gratuits chinois continuent de rivaliser avec les solutions payantes américaines, le monde pourrait assister à une transformation radicale de l’industrie de l’intelligence artificielle, avec desimplicationsgéopolitiquesmajeures.