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Il y a, dans tout projet de loi de finances, un moment où les chiffres cessent d’être des colonnes et deviennent une histoire. Celle du PLF 2026, telle que la racontent nos douze articles,tiententroisverbes:assainir,investir,protéger.Assainirunetrajectoirebudgétaire pourreveniràundéficitdel’ordrede3%duPIB.
Investir massivement pour accrocher la prochaine marche industrielle et logistique. Protéger les ménages par un impôt plus juste et un filet social mieux ciblé Sur le papier, l’architecture tient La vraie question n’est plus « quoi » , mais comment etàquellevitesse Assainir, d’abord 2026 marque un retour à une grammaire budgétaire plus lisible : effort sur le solde primaire, charge d’intérêts contenue, règle d’endettement en vue Le cadrage n’est pas austéritaire ; il est prosaïque Ilassumeque la soutenabilité se gagne mètre après mètre,pardesélasticités derecettescrédibles(IS, IR, TVA), des retenues à la source qui sécurisent la collecte et un refus des « mauvais tours » (retarder des remboursements de TVA, geler l’entretien, étirer les délais de paiement) La sincérité n’estpasunsupplément d’âme;c’estuncoûtdu capital moindre pour tous
Investir, ensuite. L’effort d’équipement de l’État et des EEP demeure élevé,parcequec’estla seule façon d’abaisser durablementlescoûts eau, énergie, logistique, numérique et d’ouvrir de nouveaux bassins d’emplois Les chiffres d’enveloppes impressionnent moins que les questions simples : les projets sont-ils prêts (études, foncier, autorisations) ?
Les calendriers sont-ils crédibles ? Les réserves de précaution, utiles pourpiloterlatrésorerie, seront-elles libérées au bon moment vers les chantiers mûrs ? Un investi mal phasé coûte double : aujourd’hui, en immobilisationsstériles; demain, en crédibilité perdue.
Protéger, enfin. Le PLF 2026 ne promet pas la lune:ilallègel’IRlàoùle dirhamcompte,exonère les pensions de base, neutralise la TVA sur l’essentiel, resserre la compensation au sucre, au blé et au butane, et cible les transferts via registressociaux
Onnecorrigepastouteslesinégalitésparl’impôt;oncorrige les plus urgentes et on finance des services publics qui réduisentlesdépensescontraintesdesménages Letestn°1ne sera pas dans un PDF : il se jouera au magasin, au centre de santé,danslasalledeclasse Lapartierecettesest,sansfard,laplusdélicate Oui,l’Étatpeut mobiliser davantage sans taxer plus, grâce aux retenues à la source (prestations au secteur financier, grandes entreprises, loyersprofessionnels),aumarquagefiscaldescarburants,àla digitalisation et à des délais de restitution tenus Mais la conformitén’estpasundécret:c’estuncontrat Ilsupposeune administration qui paye à l’heure (TVA), répond vite (rescrit), contrôlemieux(données)etsanctionnejustement Larecette pérenneestunerelationdeconfiance

Surl’extérieur,lepariestassumé:métiersmondiaux(automobile,aéronautique,dérivésdephosphates),voyageset MREdoiventgarderlabalancedespaiementsdansunezonedeconfortpendantquel’investissementtirel’import d’équipements Le commerce mondial n’est ni un cadeau, ni une fatalité : il récompense les pays qui apportent capacité, qualité, délais Ce n’est pas qu’une question d’usines ; c’en est une de ports, d’aéroports, de rail, et de talents
Resteladouane L’anglechoisi protectionintelligente estlemoinsidéologiqueetleplusopérationnel:relever quelques droits là où la concurrence est manifestement déséquilibrée (monofilaments, électroménager de base, résine PVC), alléger un intrant industriel (profilés pour ventilation), continuer la « chirurgie » pharmaceutique pour concilier sécurité d’approvisionnement et montée en gamme Le critère de réussite est trivial : plus d’ateliers occupés,pasdepénuries,pasd’inflationartificielleàlacaisse Etlaluciditéderevenirenarrièresileseffetsdebord dépassentl’intention
Lechapitre«recettesnonfiscales&EEP»dit,àluiseul,lamaturitéd’unÉtat:remonterdesdividendesquandc’est soutenable,valoriserdesactifsquandc’estpertinent,vendrequandc’estopportun etjamaispourboucherdes trous LepropriétairepublicduXXIᵉsièclen’estpasunrentier;c’estungestionnaire S’ilréussitcevirage,lebudget gagneuntroisièmepilierdestabilité,moinsvolatilequel’impôtseul
Toutcela,enfin,reposesurunegouvernancequinesecontentepasd’objectifs,maispubliedestableauxdebord: libération de la réserve d’investissement, taux d’engagement/paiement par ministère, remboursements de TVA, effetsIRpardéciles,prix/volumesdelacompensation,écartsd’exécutionrégionaux,calendrierd’émissionsdedette, stress tests. Le Parlement doit s’en saisir, non pour rejouer le débat d’orientations, mais pour arbitrer en cours de route.Danslavied’unbudget,l’ennemin°1n’estpasl’opposition:c’estletemps.
Notreposition,autermedecedossier,estsimple.LePLF2026estcohérentdanssesprioritésethonnêtedansses contraintes.Iln’ariend’unefuiteenavant;iln’apasnonpluslespleinspouvoirs:ildépendd’uneexécutionrapide, lisible, mesurée. Le Maroc n’a pas besoin d’un budget « héroïque » ; il a besoin d’un budget tenu. Si, d’ici l’été, la machineàinvestirtourne,latrésoreriedesentreprisesrespire,lesménagesvoientl’IRallégéetlaTVAnesurtaxepas l’essentiel,lapromesseauracommencéàseréaliser.Si,aucontraire,lesretardss’accumulent,lesremboursements glissentetleschantierspatinent,laconfiancesepaierapluscher
UnbonPLFsejugemoinsà sa littérature qu’à ses livraisons. À partir de maintenant, tout est affaire de discipline, de transparenceetdevitesse d’exécution. C’est la condition pour que la consolidation budgétaire ne soit pas un frein, mais un accélérateur de développement. Et pour que les chiffres, enfin, racontent une histoire qui sevit.

Chapeau:Entrereprisefragileetexigencessociales, le PLF 2026 tranche : investissement public maintenu,déficitenbaisse,dettestabilisée,paride croissance à 4,6 %. Reste l’épreuve du réel : exécution, gouvernance et hiérarchisation des priorités dans un contexte international semé d’incertitudes.
1)PourquoicePLF2026estuntest 2026estunmomentcharnière:l’économiemondiale senormalisesansretrouverpleinementsonélan(3,1 % en 2026), dans un climat géopolitique nerveux et deschaînesdevaleurplusfragmentées LeMaroc,lui, revendique une trajectoire relancée et crédible, adosséeàunpolicy-mixpluslisible] 2)Cequedisentleschiffres(etcequ’ilstaisent) Lecadrageestclair:déficità3%duPIB(55,4MMDH), detteduTrésorstabiliséeà65,8%duPIB,croissance 4,6 % en 2026 après 4,8 % en 2025, avec le retour à l’“Investment Grade” confirmé par S&P. Hypothèses sectorielles : production céréalière 70 M qx et VA agricole+7,9%.
Côté politique budgétaire, l’État maintient l’effort d’investissement:114,8MMDHauBudgetgénéral(6,3 % du PIB, +8,8 % vs LF 2025). La compensation reculeraità13,9MMDH(0,8%duPIB),cequilibèredes margespourleschantiersprioritairestoutengardant uncoussinsocial
À l’échelle para-publique, le levier EEP demeure décisif:179,7MMDHd’investissementsprévusen2026 (+6 % vs 2025), concentrés sur huit groupes (OCP, ONCF, SRM, ONEE, HAO, ONDA, CDG, AREF) Ici se joue unepartdelaproductivitéfuture
Côté social, l’addition du dialogue social est réelle (effortcumulé49,25MMDHd’ici2027)ets’ajouteaux dispositifsciblés(énergie,transport,intrants) Ledéfi: tenircecapsanséroderlatrajectoiredudéficitnila crédibilitédelarèglebudgétaireàvenir
3)Lesarbitrages:pouvoird’achat,investissement, soutenabilité
Lecadrage2026metl’accentsurtroiscurseurs:
● Pouvoird’achat:poursuitedesmesuressociales et filet de prix sur produits essentiels, mais avec une chargedecompensationenbaisse
● Investissement : l’État maintient la pompe (BG 114,8MMDH,EEP179,7MMDH),avecunpariassumésur l’effetd’entraînementprivé(IDE,PPP,FM6I)
● Soutenabilité : déficit 3 %, dette 65,8 % ; l’effort repose sur l’exécution et une nouvelle règle LOF centréedette/MT.
4)L’État-stratègeàl’épreuvedel’exécution
Le talon d’Achille n’est plus le cadrage, c’est l’exécution. Trois nœuds : i) la qualité de sélection des projets et le phasage, ii) la gouvernance (EEP/CST/SEGMA) et la sincérisation des soldes reportés, iii) l’absorption territoriale (répartition régionale, accès au foncier, eau/énergie). La nouvelle règle budgétaire (réforme LOF) et la révisiondesprocessusdoiventverrouillercohérence ettraçabilité
5)Momentdevérité
LePLF2026estcrédiblesitroisconditionstiennent: Hypothèses:70Mqxet4,6%sontatteignablesavec une campagne agricole normale et un environnementexternesanschocmajeur
Exécution : 114,8 MMDH (BG) + 179,7 MMDH (EEP) doivent se traduire en taux de réalisation élevés, sinonl’output-gappersistera
Soutenabilité:3%dedéficitn’estsoutenablequesi la désinflation se prolonge et si la règle LOF disciplinel’endettement
Verdict:lecadrage2026sedéfend.Sonvraitestne sera pas l’annonce, mais la capacité à délivrer : piloter,prioriser,etrendrecompte.

Chapeau:Lecadrage2026tablesur4,6 %decroissance,unedésinflationquise confirme, un investissement public élevé (BG + EEP) et un pari sur la productivité. La question-clé n’est plus l’annonce, mais l’exécution et l’emploi desjeunesetdesfemmes.
Après un cycle 2023–2025 heurté, le PLF 2026optepourunatterrissage“maîtrisé” : une croissance 4,6 %, tirée par l’investissement public, l’agriculture sur hypothèse 70 M qx, et l’accélération des métiers mondiaux (automobile, aéronautique,électronique,offshoring).
La trajectoire combine déficit 3 % du PIB, dette stabilisée et baisse graduelle de l’inflation Le nerf de la guerre : convertir l’effort d’investissement en productivité mesurable et en emploi (jeunes/femmes), tout en traitant les goulets d’étranglement (eau/énergie, foncier,compétencenumérique/IA)
La désinflation internationale, la détente monétaire et le maintien d’un niveau élevé d’investissement public offrent une fenêtre 2026 propiceaurattrapage Lecadrageprévoituneconsommationmieux tenue grâce aux gains de pouvoir d’achat (ciblage social, compensation en baisse), une FBCF soutenue par BG et EEP, et une demande externe plus stable Le talon d’Achille reste l’exécution (délai,phasage,qualitédesprojets)etlacapacitéàactiverl’emploi par la montée en gamme des compétences (digital/IA) et la participationféminine,encorefaible.
Croissance2026:4,6%(hypothèsecentralePLF).
Hypothèse agricole : 70 M qx ; VA agricole en hausse (base météo normale).
Déficit:3,0%duPIB(≈55,4MMDH)
DetteduTrésor:≈65,8%duPIB(stabilisation)
InvestissementBudgetgénéral:114,8MMDH(≈6,3%duPIB)
InvestissementEEP:179,7MMDH(concentrésurgrandsopérateurs) Compensation:13,9MMDH(≈0,8%duPIB),baissedescharges
Balance externe : stabilisation, dépendance prix énergie/produits alimentaires

Chapeau : 2026 s’annonce en demi-teinte : croissance mondiale 3,1 %, désinflation graduelle et détente monétaire,maisunmondefragmentéetvolatile.Entremargesretrouvéesetchocspossibles,leMarocdoit piloterserrépourtransformerl’accalmieenopportunité.
L’économiemondialesenormalisesanseuphories:lacroissanceretomberaità3,1%en2026,aprèsuncycle post-pandémique heurté par l’inflation et la géopolitique. L’assouplissement monétaire graduel ouvre des marges,maislafragmentationdeschaînesdevaleur,lesprixdematièrespremièressensiblesauclimatetles risquesdechocsénergétiquesimposentdelaprudence.PourunpaysouvertcommeleMaroc,laconjoncture 2026 reste gérable à condition d’adosser les ambitions d’investissement à une gestion active des risques externes.
Décryptage
Ladésinflationmondiales’enracine,lesbanquescentralesdesserrentprogressivementlestaux,lecommerce restebridéparleprotectionnismeetdestensionsrégionalespersistantes.Lesprixagricolesparaissentmodérés àl’horizon2026maisrestentmétéo-sensibles;l’énergiedemeureunpass-throughclé.PourleMaroc,l’ondede chocpassesurtoutparl’Europe(croissancemolle),lesconditionsfinancièresglobalesetlademandepourles “métiersmondiaux”(automobile,aéronautique,électronique,offshoring)
Facts&Figures
● Croissance mondiale projetée3,1%en2026(3,2% en2025)
● Désinflation en 2025 avec détente monétaire prudente.
● Prix alimentaires globalement modérés à l’horizon2026,avecrisques climatiques.
● Fragmentation des chaînes de valeur : reconfiguration régionale des échanges et politiques industriellesactives
● Compte courant Maroc en2024:déficit1,2%duPIB (stabilitéexternerobuste)
● Hypothèse agricole interne PLF : 70 M qx en 2026,moteurdel’output

Le Projet de loi de finances (PLF) 2026 est adossé à un scénariomacroéconomiqueplusporteurqu’en2024etplus disciplinéque2025.IltablesurunecroissanceréelleduPIBde 4,6%en2026(après4,8%projetéen2025),avecunevaleur ajoutéenonagricoleenhaussede4,0%etuneagricultureen rattrapage(+7,9%)soushypothèsedecampagnemeilleure quel’anpassé.Cesparamètresselisentnoirsurblancdans le tableau de cadrage du Rapport économique et financier (REF)2026:«PIB:3,7(2023),3,8(2024),4,8(2025),4,6(2026); VAnonagricole4,0%;VAagricole7,9%».
Côté demande, la dynamique repose sur une consommation des ménages à +3,7 % en volume en 2026, soutenue par l’améliorationdurevenudisponible(ajustementsIR,salaires)et par le crédit, et sur un flux d’investissement (FBCF) encore robuste grâce aux chantiers structurants (ports, rail, énergie, logement). Le REF précise que la consommation contribue pour +2,2 points à la croissance 2026, tandis que le PIB non agricole progresse de 4,3 %, porté par des activités secondaires+3,7%ettertiaires+4,2%
Cecadrageestcohérentavecuneéconomiequiaprouvésa résilienceen2024(croissance3,8%malgrélasécheresseetun déficit hydrique historique) grâce à un moteur d’investissement redevenu dominant (FBCF +12,8 % en 2024, contribution :+3,2 pts) et à la bonne tenue des métiers mondiaux(automobile,aéronautique,phosphates)
Sur le plan extérieur, la contribution des échanges reste négative en 2024 à –2,5 pts (contre –1,8 pt en 2023), mais la stabilité extérieure demeure assurée, avec un déficit courant quisestabiliseà1,2%duPIBen2024;laprojectiondemoyen termepointeundéficitcourantd’environ2,8%duPIBàl’horizon 2027-2028
La trajectoire budgétaire devient plus crédible : déficit à 3,0 % du PIB en 2026 (après 3,5 % en 2025), grâce à une hausse attendue des recettes ordinaires de +9,5 % et à une maîtrise graduale des charges Le REF est explicite : « Le déficit budgétairedevraitsesituerà3%duPIBen2026 lesrecettes ordinaires devraient augmenter de 9,5 % par rapport à la LF 2025.»
En face, les dépenses totales (y compris SEGMA et CST) atteindraient 488,2 Mds DH (26,8 % du PIB), dont dépenses ordinaires379,4Mds(20,9%duPIB)etinvestissementdel’État 114,8Mds(+8,8%vsLF2025,6,3%duPIB).Lacharged’intérêts reculerait légèrement à 41,6 Mds (2,3 % du PIB) et la compensationà13,9Mds(0,8%duPIB).
Ducôtédelamassesalariale,laprogrammation2026 retient195,3MdsDH(10,7%duPIB)–légèredécrueen pointsdePIBmalgrélescoûtsdudialoguesocial–au sein d’un agrégat « biens et services » d’environ 324 Mds(17,8%duPIB)
Enfin,lePLFs’inscritdansunephasedetransformation (hydrogène vert, gaz naturel, infrastructures aéroportuaires, ferroviaires, autoroutières et portuaires), tout en renforçant santé, protection sociale(RSU/RNP)etemploi,avecuneffortcumuléde dialoguesocialprochede47,8MdsDHàfin2026(IR, SMIG,etc.).
Lecture économique : le cadrage 2026 se tient. Les moteursdedemandesontdiversifiés,laconsolidation budgétaireestvisible(–0,5ptdedéficit),etlaqualité de la croissance repose davantage sur l’investissement et les exportations qu’en 2023-2024. Lerisquemétéo(agriculture),lecontextegéopolitique et les chaînes d’approvisionnement demeurent, mais la combinaison « investissements publics + réformes fiscales + ciblage social » soutient un atterrissage du déficit vers 3 % tout en gardant l’impulsion sur les infrastructuresetlessecteursporteurs

Recettes2026:architecture,montantsetmoteurs(IS,IR,TVA,TIC,douane)
LePLFfixelesrecettesordinairesnettesà432,8MdsDH(horspartdeTVApourlescollectivités),dont366,5Mds DHderecettesfiscales,soitenviron20,1%duPIB C’estlecœurdufinancementdel’Étatetunehaussenettepar rapportàlaLF2025
Impôtsdirects(IS,IR)
Le bloc « impôts directs » totaliserait 164,2 Mds DH (9 % du PIB, 44,8 % des recettes fiscales) Il repose principalementsur:
● IS:94,5MdsDH(5,2%duPIB)
● IR:64,5MdsDH(3,5%duPIB)
La dynamique IS reste liée au redressement des résultats 2024-2025, à la normalisation des filières exportatricesetàlapoursuitedelaréformeengagéedepuis2023(tauxunique20%pourlamajoritédesPME, rehaussement des taux pour banques/assurances à 40 % et grands groupes 35 %) Ces jalons de réforme, amorcésavant2026,figurentdanslanotedeprésentation
Impôtsindirects(TVA,TIC)
Lesimpôtsindirectspèseraient159,7MdsDH,tirésparuneTVAà114,4Mds–TVAintérieure43,3Mds(2,4%du PIB)etTVAàl’import71Mds(3,9%duPIB)–etuneTICà45,4Mds(2,5%duPIB),dont23,1Mdssurproduits énergétiqueset17,7Mdssurtabacsmanufacturés
LaréformeTVA«pro-pouvoird’achat»sepoursuit(généralisationdel’exonérationpourdesproduitsdebase, retenueàlasourceanti-fraudedéjàamorcéeen2024),cequirenforcelerendementpotentielsanspénaliser lesbiensessentiels
Douane,droitsd’enregistrementetrecettesnonfiscales
Lesdroitsdedouanesontprojetésà18,5Mds(≈1%duPIB,5,1%desrecettesfiscales);droitsd’enregistrement ettimbreà24Mds(≈1,3%duPIB).
Au-delàdufiscal,lesrecettesnonfiscalesatteindraient62,7Mds,dont27,5MdsdeversementsdesEEP,20Mds d’ingénierie financière (mécanismes innovants) et 6 Mds de cessions. C’est un pivot de diversification des ressourcesdel’Étaten2026.
Lecture économique : l’architecture 2026 est équilibrée 44,8 % des recettes fiscales viennent des impôts directs,31%+delaTVA,et≈12%delaTIC.Laconsolidations’appuiesurlaluttecontrelafraude(retenuesàla source,contrôlerenforcé),lastabilisationdutissuproductif,etdesmesurespro-équité(IRsalariés/retraités).
L’ensemblepermetdefinancerlamontéeenchargedel’Étatsocialetdecontenirledéficità3%sanscasserla demande
Impôtparimpôt:oùenestlaréforme?(IS,IR,TVA,retenuesàlasource,TIC) IS:barèmestabilisé,rendementconsolidé
Depuis 2023, la réforme a simplifié et rééquilibré l’IS : 20 % pour la grande majorité des PME, 35 % pour les grandes entreprises et 40 % pour le secteur bancaire/assurance, avec réduction à 10 % de la retenue à la source sur dividendes et baisse progressive de la cotisation minimale (2023-2026) Le PLF 2026 est dans la continuité,cequientretientlavisibilitépourl’investissement

IR : pouvoir d’achat et ciblage social LevoletIRaétérecalibréen2025 (dialogue social) : seuil exonéré relevé de 30 000 à 40 000 DH, élargissement des tranches et taux marginal abaissé de 38 % à 37 % ; les pensions de retraite et rentes de base sont totalement exonérées à compter du 1er janvier 2026 (réduction 50 % en 2025) Impactdirect:+5,2MdsDH injectés dans le pouvoir d’achat des actifs en 2025 et +1 Md chez les retraités un effet qui se prolongeen2026
TVA : pro-pouvoir d’achat, antifraude
Deux axes : (i) protection du pouvoir d’achat via la généralisation de l’exonération pour des produits de base, et (ii) luttecontrelafraudeparretenue à la source TVA (déjà amorcée) et sécurisation des exonérations sur biens d’investissement (garanties), y compris une meilleurepriseencomptedel’ecommerce.
Le PLF 2026 élargit en outre le périmètre des retenues à la source:
● En IS et TVA : aux prestations rendues par des personnes morales au secteur financier (banques, assurances) et aux entreprises≥50MDHdeCA un levier anti-factures fictives et de sécurisationdurecouvrement
● Surlesloyers:uneRASde5% s’applique aux produits de location versés aux sociétés (IS) et aux professionnels (IR RNR/RNS), imputable avec droit à restitution ; exclusions prévues pour hors-champ/exonérés permanents
À noter, plusieurs dispositions d’application sont échelonnées : certaines s’appliquent aux opérations réalisées à compter du1erjuillet2026(lecorpsduPLF
fixe ce jalon temporel pour des articles modifiés du CGI et pour l’enregistrement).
TIC:marquagefiscaleténergie
Lemarquagefiscalestétenduaugasoiletausupercarburantàcompter du 1er janvier 2026 outil d’assainissement du marché (fraude, mélanges)etdetraçabilité
Côtérendement,laTICdevraitgénérer45,4MdsDHdont23,1Mdssurles énergieset17,7Mdssurtabacs,cequiillustrelasensibilitédesrecettesaux volumesetauxcomportements
Dépensesfiscales(niches):quienbénéficie?
Le Rapport sur les dépenses fiscales 2026 montre qu’en 2025, ménages (46,5%)etentreprises(44,8%)cumulent91,3%desdérogationsévaluées (32,0MdsDH)
Letriosectorieldetête(2025)est:sécurité/prévoyancesociale23,3%, immobilier17,3%,électricité/gaz16,4%.
Lectureéconomique:2026consolideunestratégie«équité-rendement».
La RAS élargie (prestataires au « grand » secteur et loyers) devrait améliorerl’assietteetlisserlatrésoreriesanssur-imposerlescontribuales réguliers (imputation et restitution). L’IS reste prévisible ; l’IR protège la demande (ciblage bas/milieu de la distribution et retraités) ; la TVA privilégielesproduitsdebase.Lerisqueprincipalrésidedansl’exécution: lacapacitéadministrativeàtraiterlesrestitutionsTVAetIRetàsécuriserla chaîne RAS sera déterminante pour que l’objectif (lutte anti-fraude + neutralitépourlesréguliers)soitatteint.
Dépenses 2026 : fonctionnement, investissement, dette et compensation (synthèsechiffrée)
● Total dépenses 2026 : 488,2 Mds DH (26,8 % du PIB), dont ordinaires 379,4 Mds (20,9 %) et investissement 114,8 Mds (6,3 %) Intérêts : 41,6 Mds (2,3%) Compensation:13,9Mds(0,8%)
● Biens&services:env 324Mds(17,8%duPIB) Massesalariale:195,3Mds (10,7%duPIB)
● Crédits de paiement d’investissement ministériel : 136,11 Mds (+5,9 %), pour228,61Mdsdecréditstotauxmisàdisposition(avecengagementset reports)


Chapô.LePLF2026pariesurunsoclederecettesfiscales robuste,366,5MdsDH(≈20,1%duPIB),épaulépar62,7 MdsDHderecettesnonfiscales.Lemixreposeàlafoissur l’IS(94,5Mds),l’IR(64,5Mds),laTVA(114,4Mds)etlaTIC (45,4 Mds), avec des compléments en droits d’importation(18,5Mds)etendroitsd’enregistrement& timbre (24,0 Mds). Anatomie, moteurs et points de vigilancepourl’exécution2026.
Leschiffresclés2026(PLF)
● Recettesfiscales(horspartdeTVAauxcollectivités): 366,5MdsDH( 20,1%duPIB)
● Impôtsdirects:164,2MdsDH,dontIS94,5MdsetIR64,5 Mds
● Impôts indirects : 159,7 Mds DH, dont TVA 114,4 Mds (intérieur 43,3 ; import 71,0) et TIC 45,4 Mds (énergie 23,1 ; tabacs17,7)
● Droitsd’importation:18,5MdsDH
● Droitsd’enregistrement&timbre(DET):24,0MdsDH
● Recettes non fiscales : 62,7 Mds DH (dont 27,5 Mds versements EEP ; 20,0 Mds ingénierie financière ; 6 Mds cessions)
Méthodologie : les montants ci-dessus sont exprimés au périmètre budgétaire État, en niveau brut pour chaque ligne, et hors part de TVA affectée aux collectivités territoriales (ce qui explique des écarts apparents avec d’autresagrégats«consolidés»)
D’oùviennentles366,5MdsDH?
La structure 2026 est équilibrée entre impôts directs (≈ 45 %) et impôts indirects (≈ 44 %), avec des « ceintures » forméesparlesdroitsdedouane(≈5%)etlesDET(≈6%).
Cette architecture a trois atouts : (1) elle diversifie les sources (moins de dépendance à une seule assiette), (2) elletireprofitdurebonddel’activitéformelle(IS/IR/TVA),et (3) elle internalise mieux la conformité (retenues à la source,marquage,digitalisation)sanshaussemassivede taux.
1)Impôtsdirects:164,2MdsDH IS(94,5MdsDH) Lerendementattenddelanormalisation des marges dans l’automobile, l’aéronautique, la chimie/phosphates et les services export, ainsi que de l’assainissement de la chaîne de facturation (échange de données, retenues à la source côté grands donneurs d’ordre)
Lastabilisationdubarème(tauxderéférence20 %surlamajoritédesPME;35%pourlesgrandes; 40 % pour banques/assurances) apporte de la visibilitéauxplansd’investissement IR(64,5MdsDH) Malgrél’allègementcibléopéré en 2025 (ajustement des tranches et baisse du taux marginal, relèvement du seuil exonéré), l’IR progresse grâce à la poursuite de la formalisation, à la tenue de l’emploi salarié et à l’élargissement de l’assiette du travail indépendant via des mécanismes de collecte plussimplesetplustraçables.
Cequiferaladifférenceenexécution
● Lamassesalarialeprivée(pouvoird’achat, emploi,SMIG,conventionscollectives)irriguel’IR.
● Lesrésultats2024–2025desentreprisesetla tenuedesexportationsconditionnentl’IS.
● La sécurité juridique (rescrit, doctrine publiée)etlarapiditédesrestitutionscréditd’IS/IR consolidentlaconformité 2)Impôtsindirects:159,7MdsDH TVA(114,4MdsDH),décomposéeenTVAintérieure (43,3) et TVA à l’import (71,0), capte à la fois la demande domestique (consommation des ménages, investissement) et la valeur des importations (prix/volumes) Deux mouvements defondsoutiennentlerendement:
● Neutralitéetpouvoird’achat:poursuitedela logique « produits de base » protégés (exonérations ciblées) pour ne pas surtaxer l’essentiel;
● Conformité : retenue à la source TVA étendue aux grands payeurs (banques, assurances, entreprises ≥ 50 M DH de CA) pour sécuriser la collecte et réduire la fraude à la facturation

TIC (45,4 Mds DH) dont énergie 23,1 et tabacs 17,7. La traçabilité joue : le marquage fiscal étendu en 2026 aux carburants(etprogramméplustardaubutane/propane) limitelescircuitsinformelsetlesmélangesfrauduleux.Sur letabac,lecalibrage(prix,structuredemarché,lutteanticontrebande)expliquel’essentieldugainattendu.
● Importations & change : un choc de prix (énergie, céréales)oudechangegonflelaTVAimportmaispèsesur lademande;
● Délaisderemboursement:pourl’investissement/export, desSLAclairsévitentd’asphyxierlatrésorerie.
3)Droitsd’importation:18,5MdsDH
LePLFintègreunerecettededouaneprudente Mêmesides ajustements tarifaires (relèvements ciblés à 17,5 % sur certaineslignes)protègentdessegmentsindustrielscontre le détournement d’origine, l’effet prix/volume des importations domine En 2026, l’État n’anticipe pas un « jackpot douanier » ; la priorité est la sécurité d’approvisionnement et la cohérence industrielle, pas la maximisationdelarecetteàcourtterme
4)Droitsd’enregistrement&timbre:24,0MdsDH
Ces recettes « transactionnelles » dépendent de la vitalité des marchés (immobilier, auto, assurances, documents administratifs) Lessignaux2026sontmodérémentpositifs:
● Immobilier : le soutien au logement (offre/accès au foncier, produits ciblés) et une stabilisation des taux pourraientsoutenirlesmutations;
● Marchés publics : nouveau droit proportionnel (0,1 %) sur les actes de passation, à intégrer dans le chiffrage des opérateurs;
● Assurances/auto : la reprise des immatriculations et l’élargissement de la base assurée jouent en faveur du rendement.
Les62,7MdsDHderecettesnonfiscales:untroisièmepilier àsurveiller
Au-delàdufiscal,62,7MdsDHcomplètentlefinancement:
● Versements des EEP : 27,5 Mds DH. Les entreprises publiques rentables contribuent directement au budget (dividendes,redevances,excédents).
● Ingénieriefinancière:20,0MdsDH Ils’agitd’opérations de structure (affectations, recyclage d’actifs financiers, mécanismesdefinancementinnovants)quinedoiventpas masquerlaperformance«organique»desrecettes
● Cessions : 6 Mds DH À considérer comme non récurrentes:ellesapportentdel’oxygènedetrésorerie,pas unebasedurable
Lecture : ce troisième pilier crée de la souplesse mais appelle à la prudence Pour juger la soutenabilité, on distinguerabienlarecette«stock»(one-off)delarecette« flux» Lesuiviinfra-annueldevraexplicitercepartage
Recettes2026:quelsmoteursréels?
Croissance taxable : le cadrage macro (croissance≈4,6%)est«pro-recettes»tant qu’il s’appuie sur l’industrie export, les services à valeur ajoutée, l’investissement (public et privé) et une agriculture moins erratique.
Conformité : l’extension des retenues à la source (IS/TVA/loyers B2B), la traçabilité énergétique, l’e-procurement et la déclaration dématérialisée améliorent le taux de collecte sans alourdir les taux nominaux
Qualité de service fiscal : des remboursements TVA rapides (export/invest) et des rescrits opposables entretiennent la confiance et élargissent l’assiette
Stabilité des règles : un barème IS lisible, un IR cohérent avec l’emploi et une TVA plus neutreréduisentl’arbitrage«informel»

TIC (45,4 Mds DH) dont énergie 23,1 ettabacs17,7.Latraçabilitéjoue:le marquagefiscalétenduen2026aux carburants(etprogramméplustard au butane/propane) limite les circuits informels et les mélanges frauduleux.Surletabac,lecalibrage (prix, structure de marché, lutte anti-contrebande) explique l’essentieldugainattendu.
Pointsdevigilance
● Importations&change:unchoc de prix (énergie, céréales) ou de change gonfle la TVA import mais pèsesurlademande;
● Délaisderemboursement:pour l’investissement/export,desSLAclairs évitentd’asphyxierlatrésorerie
3)Droitsd’importation:18,5MdsDH LePLFintègreunerecettededouane prudente Même si des ajustements tarifaires (relèvements ciblés à 17,5 % sur certaines lignes) protègent des segments industriels contre le détournement d’origine, l’effet prix/volume des importations domine En 2026, l’État n’anticipe pas un«jackpotdouanier»;laprioritéest lasécuritéd’approvisionnementetla cohérence industrielle, pas la maximisation de la recette à court terme.
4)Droitsd’enregistrement&timbre: 24,0MdsDH
Ces recettes « transactionnelles » dépendentdelavitalitédesmarchés (immobilier, auto, assurances, documents administratifs) Les signaux 2026 sont modérément positifs:
● Immobilier : le soutien au logement (offre/accès au foncier, produits ciblés) et une stabilisation des taux pourraient soutenir les mutations;
● Marchéspublics:nouveaudroit proportionnel (0,1 %) sur les actes de passation,àintégrerdanslechiffrage desopérateurs;
● Assurances/auto:lareprisedes immatriculations et l’élargissement de la base assurée jouent en faveur durendement
Les 62,7 Mds DH de recettes non fiscales:untroisièmepilieràsurveiller
Sensibilitésetrisquesàsurveiller
● Énergie&change:+10USD/barilouundirhamplusfaiblegonflent laTVAimport/TICmaismordentlepouvoird’achatetlamargedes entreprises.
● Demande interne : si l’inflation repart, la TVA peut grimper en nominal mais reculer en volume net ; l’IR dépend du marché du travail(emploinet,massesalariale).
● Délais de paiement publics : une tension de trésorerie chez les fournisseurs (retards, remboursements différés) finit par éroder la basefiscale
● Contentieux&fraudes:desplansdecontrôleciblés,appuyéssur la data plutôt que sur des redressements massifs indifférenciés, maximisentlerendementsanscasserl’activité
Cequel’ondemanderaàl’exécution2026
Tableaudebordtrimestrieldesrecettespargrandeligne(IS,IR,TVA intérieure/import, TIC énergie/tabac, douane, DET) avec écarts vs trajectoire
Publication des élasticités observées (recettes/PIB sectoriel) et explicationdesécarts
SLApublicssurlesremboursementsTVA(invest/export); Suividesretenuesàlasource(montantscollectés,restitution/crédit, litiges)pourprouverl’effetconformité
Transparencesurlacompositiondes62,7Mdsnonfiscaux(partEEP, partingénierie,partone-off)
Enbref
LePLF2026bâtitses366,5MdsDHsuruntrépiedsolide:IS/IRbien orientésparlarepriseformelle,TVA/TICsoutenuesparlademande et la conformité, non fiscal utilisé avec mesure. La clé sera l’exécution:neutralitédesrègles,simplicitédesprocédures,vitesse desremboursements,prévisibilitépourlesentreprises.Sicesquatre conditions sont tenues, l’objectif de déficit à 3 % du PIB devient crédible sans étrangler l’activité et les chiffres 2026 cesseront d’êtreunepromessepourdevenirunetrajectoire.


AuMaroc,laréformefiscalen’estplus un slogan : elle structure désormais l’architecture du Projet de loi de finances (PLF) 2026. Troisième volet de notre série, cet article passe en revue, impôt par impôt, ce qui change(ouseconsolide)cetteannée : IS, IR, TVA, retenues à la source et TIC. À la clé, des ajustements techniques mais décisifs pour la transparence, l’équité et la mobilisationderecettespérennes.
Impôt sur les sociétés (IS) : l’atterrissage de la nouvelle grille et l’offensiveanti-fraude
La réforme de l’IS, ouverte en 2023, arriveàmaturité Salogique:untaux« cœur»à20%pourlagrandemajorité des PME, un relèvement ciblé de la contributiondesgrandesentreprisesà 35 % et un effort particulier demandé ausecteurbancaireetassurantiel(40 %). En parallèle, pour fluidifier la distribution des résultats, la retenue à la source (RAS) sur les dividendes a étéabaisséede15%à10%,tandisque lacotisationminimaleestencoursde réductionsur2023-2026.LePLF2026« poursuit » explicitement cette trajectoire, signe de stabilité réglementaire autant que de prévisibilitépourl’investissement
Au-delà des taux, 2026 accentue la lutte contre les fausses factures et l’érosion de l’assiette via un élargissement du mécanisme de RAS sur les prestations de services : dès qu’un prestataire (personne morale) facture des établissements de crédit/assurances ou des entreprises réalisant au moins 50 millions de dirhams (MDH) de chiffre d’affaires, une retenue s’appliquera à la source, côtéIS(etTVA,voirplusbas) L’objectif est double : tracer les flux et sécuriser l’encaissement
Cettestratégies’inscritdansuncontinuumderéformes«pro-conformité »assuméparl’exécutif:rationalisationdesincitations,renforcementdes contrôlesetrecentragedesavantagessurlesprioritéspubliques
Impôt sur le revenu (IR) : barème allégé, pensions exonérées et pouvoir d’achat
CôtéIR,2026estl’annéeoùlesménages«voient»laréformeadoptéeen 2025 Larévisiondubarème(seuilexonérérelevéde30000à40000DH, élargissementdestranchesetbaissedutauxmarginalde38%à37%)se combineàdesmesuresfamilialeset surtout àl’exonérationtotalede l’IRpourlespensionsderetraiteetrentesviagèresdesrégimesdebaseà compter du 1ᵉʳ janvier 2026 (après une réduction transitoire de 50 % en 2025)
L’impact n’est pas théorique : le gouvernement chiffre à 5,2 MMDH l’injection dans le pouvoir d’achat des salariés et à 1 MMDH celle des retraités,entre2025et2026,viacetteséquencedebaissed’IR Autrevolettrèsconcret:lasécurisationdesrevenuslocatifsetlamiseau pas des « zones grises » Le PLF 2026 étend la RAS aux loyers versés aux sociétésetauxprofessionnels(régimeRNR/RNS) Leprélèvement,fixéà5 % du loyer brut, est imputable sur l’IS ou l’IR dû, avec droit à restitution Certaines entités restent explicitement hors champ (exonérations permanentes liées à l’objet) En pratique, cela transformera un flux longtemps « peu capté » en recette sécurisée, sans bouleverser la trésorerienettedesbailleursenrègle. Enfin,legouvernementannonceunerévisiondesmodalitésdeversement del’IRsurlesprofitsdecapitauxmobiliers(intérêts,dividendes,cessions, etc.), toujours dans l’esprit d’une collecte plus régulière et traçable un chantiertechniquemaisstructurantpourlaqualitédurecouvrement.

TVA:capsurlagénéralisationdel’exonérationdes produitsdebaseetextensiondelaRAS
Côté TVA, le cap politique est clair : généraliser l’exonération pour les produits de base de large consommation afin de soutenir le pouvoir d’achat Cettedirectionadéjàétéenclenchéeetdemeureun objectifcentraldelaréforme
Dans le même temps, l’arsenal « anti-fraude » s’est enrichi:en2024,undispositifderetenueàlasource TVA a été institué, des garanties sont requises pour bénéficier de l’exonération des biens d’investissementetlechampdelataxeaétéadapté pour mieux couvrir le commerce électronique En 2026, la mécanique s’approfondit : la RAS TVA est élargie aux prestations facturées aux banques/assurances et aux entreprises de CA ≥ 50 MDH (même logique que pour l’IS), afin de couper court aux fausses factures et d’assainir les chaînes dedéduction.
Ce recentrage se conjugue à la rationalisation des dépenses fiscales TVA : l’État maintient les exonérationsàfortimpactsocial/sectoriel(énergies, transports, agroalimentaire, investissement) tout en évaluant plus systématiquement leur coût et leur efficacité. (Voir, à titre d’illustration, les exonérations sur équipements ferroviaires, panneaux photovoltaïques,etc)
Retenues à la source (IS, IR, TVA) : une clé de voûte assumée etdesdatesd’entréeenvigueur
LaRAS,fildirecteurduPLF2026,poursuittroisobjectifs : tracer les transactions, réduire les délais de recouvrement et inciter la mise en conformité Trois briquessedégagent:
Prestations de services : extension de la RAS IS/TVA auxprestationsrenduesàdesbanques/assureurset àdesentreprises≥50MDHCA
Revenuslocatifs:extensiondelaRASIR/ISauxloyers versésauxsociétésetauxprofessionnels,autauxde 5%,imputable(avecrestitution)
Calendrier : plusieurs dispositions fiscales du PLF précisent leur date d’application, dont certaines à compterdu1ᵉʳjuillet2026 uneprécisionutilepour les directions financières et les commissaires aux comptes qui devront préparer la bascule opérationnelle.
Ce socle « DAS-like » renforce la qualité de la TVA (moins de déductions indues), sécurise l’IS (réductiondu«casheconomy»)etformalisedesflux IR(foncieretcapitauxmobiliers).
Taxes intérieures de consommation (TIC) : marquagefiscaletcontrôledescarburants SurlesTIC,2026estl’annéedumarquagefiscaldes carburants : l’obligation, déjà prévue par la loi, est étendue au gasoil et au supercarburant à compter du1
Concrètement, l’État complète l’arsenal de traçabilitépourluttercontrelafraude,lesmélanges illicites et les pertes de recettes Les opérateurs devront intégrer les coûts et processus associés (calendriers techniques, conformité logistique, systèmes d’identification), mais le gain attendu en termesd’équitéetderecettesestsubstantiel Cequedisentleschiffres:l’assiettes’élargitetlemix serééquilibre
La philosophie du PLF 2026 élargir l’assiette, réduirelestaux«distorsifs»,assainirlacollecte se retrouve dans la trajectoire des recettes fiscales Hors part de TVA versée aux collectivités, les recettes ordinaires nettes sont projetées à 432,8 MMDH,dont366,5MMDHderecettesfiscales(≈20,1 % du PIB). Dans ce total, les impôts directs atteindraient164,2MMDH(≈9%duPIB),animéspar l’IS(94,5MMDH,≈5,2%duPIB)etl’IR(64,5MMDH,≈ 3,5%duPIB).Côtéimpôtsindirects,159,7MMDHsont attendus,tirésparuneTVAà114,4MMDH(dont43,3 MMDHàl’intérieur).

ᵉʳjanvier2026
Ce«mix»fiscal davantaged’ISgrâceauciblagesectorieletàl’élargissementdel’assiette,uneIRallégéemais sécuriséesurcertainsrevenus,etuneTVAassainie s’imbriqueaveclatrajectoiremacro-budgétaire:déficitprévu à 3 % du PIB en 2026 (55,4 MMDH), stabilisation de la dette et maintien d’un effort d’investissement public (114,8 MMDH,+8,8%/LF2025).Autrementdit,laréformefiscalenourritlaconsolidationsans«étrangler»lareprise.
Lignesdeforce:équité,transparence,compétitivité Plusqu’uneadditiondemesures,lePLF2026assumeunestratégie:
● Équité:désarmementfiscalciblésurlesproduitsdebase(TVA)etsurlespensionsdebase(IR),afindesoutenirle pouvoird’achat.
● Transparence:généralisationdesretenuesàlasource(IS/IR/TVA)auxmaillons«structurants»del’économie (banques,assurances,grandesentreprises)etauxrevenuslocatifsprofessionnels,pourcasserlescircuitsd’opacité.
● Compétitivité : stabilité des taux IS, WHT dividendes à 10 %, réduction graduelle de la cotisation minimale et sécurisationdelaTVAsurl’investissement(garanties),pourunenvironnementpro-investissementetpro-export
Legouvernementrevendiqued’ailleursuneffetglobaldelaréformefiscaleetdudialoguesocialde47,8MMDHàfin 2026, combinant baisse d’IR (salariés, retraités) et hausse du SMIG un pari de cohésion sociale autant que de relanceparlademande
Àsurveillerenexécution
Troispointsd’attentions’imposentpourlesdirectionsfinancièresetlesparlementaires:
Calendrieretsystèmes:labasculeRAS(prestations,loyers)etlemarquageTICexigentd’anticiperparamétrages comptables, interfaces ERP et procédures de remboursement (droit à restitution) Les textes fixent des dates précises parexempledesmesuresapplicablesdèsle1ᵉʳjuillet2026 quiconditionnerontlecut-offmi-exercice
Qualité des crédits de TVA : l’extension de la RAS doit assainir la chaîne de déduction La réussite dépendra du couplecontrôle-numérisationetdelacapacitéàaccélérerlesrestitutionslégitimes
EffetnetIR:lacombinaison«allègementdubarème+RASloyers+versementdesRCM»doitproduireunIRplus justeetmieuxréparti Lesuivifin,pardécilesetparterritoire,dirasil’objectifd’équitéestatteint

En synthèse, le PLF 2026 consolide un compromis : baisser là où l’impôt pèse sur le pouvoir d’achat et resserrer là où l’assiette fuit. L’IS devient plus lisible, l’IRmieuxciblé,laTVAplus propre et les TIC plus traçables. La réforme n’est passpectaculaire;elleest structurelle. Et si elle tient ses promesses recettes fiscales 366,5 MMDH et déficit 3 % du PIB elle contribuera à financer l’État social sans casser la dynamique d’investissement Le vrai test, désormais, se jouera dans l’exécution : compliance des opérateurs, digitalisation des processus et capacité de l’administration à rendre la réforme tangible pour les ménages et les entreprises

Chapô. Le PLF 2026 présente une architecture des dépenses plus lisible et assumée : 488,2 Mds DH, soit26,8%duPIB,avecuneprioritéà l’investissement public et à l’État social, tout en maîtrisant la charge d’intérêts et la compensation. Décryptage chiffré — poste par poste—etpointsdevigilancepour l’exécution.
1) Le cadrage : 488,2 Mds DH, dont 379,4Mdsendépensesordinaires L’enveloppe totale des dépenses de l’État (Budget général + SEGMA + Comptes spéciaux) atteindrait 488,2 Mds DH en 2026 (26,8 % du PIB) Les dépensesordinairesreprésenteraient 379,4MdsDH(20,9%duPIB);l’effort viseàpoursuivrelesgrandschantiers tout en consolidant l’État social, conformément au programme gouvernemental
Au sein des dépenses ordinaires, le bloc biens et services pèserait 324 Mds DH (17,8 % du PIB), dont une massesalarialede195,3MdsDH(10,7 %duPIB,–0,2ptdePIBvsLF2025)et des autres biens et services estimés à 128,7 Mds DH. L’accent est mis sur l’éducation, la santé et la protection sociale.
2)Investissement:114,8MdsDHen2026,+8,8%vsLF2025
C’estl’axefortduPLF:114,8MdsDHd’investissementdel’État(soit6,3%du PIB), en progression de +8,8 % par rapport à la LF 2025. L’objectif est clair : soutenirdesprojetsintégrés,réduirelesinégalitésterritoriales,poursuivreles chantiers structurants et accompagner les stratégies sectorielles (eau, énergie,transport,industrie,logement).
Surleplanopérationnel,lescréditsdepaiement(CP)2026s’élèventà136,11 MdsDH(+5,90%vs2025)

Lecture. Le cadrage traduit un arbitrage : préserver le pouvoir d’achat des politiques publiques (santé/éducation/protectionsociale) et soutenir l’investissement, tout en gardant le fonctionnement sous contrôle ceci malgré le coût du dialogue social (salaires/IR) Le gouvernementchiffred’ailleursà47,8 Mds DH l’effort cumulé du dialogue social à fin 2026 (barème IR salariés etretraités,revalorisationduSMIG)
En ajoutant 79,51 Mds de crédits d’engagement pluriannuels et 13 Mds de reports (engagés en 2025 non ordonnancésau31/12/2025),letotaldescréditsmisàdispositiondesadministrationspourl’investissementatteint 228,61MdsDH
Ànoter:lePLFencadremieuxlagestiondesreportsetprévoitl’annulationdesCP2025nonengagésau31/12/2025 (horsfondsdeconcours),avecunassouplissementcibléduplafonddereport(article63delaLOF)pourlesprojets financésparfondsdeconcours Objectif:accélérerl’exécutionetéviterl’empilementdereliquats
Lecture Entre CP en hausse, encadrement des reports et priorités sectorielles, l’investissement 2026 vise un effet d’entraînement sur le privé et un rattrapage territorial La clé, désormais, est l’absorption : maturité des projets (études,foncier),phasagedesmarchésetmaîtrisedesdélais
3)Fonctionnement:massesalarialepilotée,matérielsenhausse,filetsdesécurité
Massesalariale
Lamassesalarialeatteindrait195,3MdsDH(10,7%duPIB),enlégèredécruerelativemalgrélacréationdepostes ciblés,lespromotionsetleseffetsdudialoguesocial Cettetrajectoire«stabilise»lepoidsdupersonneltouten finançantlesprioritésRH(éducation,santé)
Le PLF crée 36 895 postes budgétaires en 2026, dont 19 000 pour les AREF (professeurs), 500 « au Chef du gouvernement»(mobilisablesinter-ministères,dont200pourpersonnesensituationdehandicap)et600pourla régularisation de docteurs lauréats vers le corps des enseignants-chercheurs C’est un signal fort en ressources humainespourlessecteurssociaux
Matérielset«autresbiensetservices»
Les dépenses de matériel et diverses sont prévues à 93,674 Mds DH (+16,77 % vs 2025) Ce poste, couplé aux transfertssectoriels,soutientnotammentl’éducation,lasantéetlamiseenœuvredesréformes,dontlaprotection sociale.
Chargescommunes,imprévusetremboursementsfiscaux
Leschargescommunes–fonctionnements’élèventà45,453MdsDH(–5,53%vs2025).Ellescouvrentnotamment compensation,régimesderetraite/prévoyance,allocations/rentes/pensionsetlacontributiondubudgetgénéral aufinancementdelaprotectionsociale.Lesdépensesimprévuesetdotationsprovisionnellessontfixéesà3,4Mds DH(élections2026incluses).Lescréditspourremboursements/dégrèvements/restitutionsfiscauxatteignent9,633 MdsDH unindicateurclépourlaprévisibilitédetrésoreriedesentreprises(TVA,etc.).
Lecture. Le fonctionnement 2026 cherche l’équilibre : RH là où c’est critique, matériels/transferts pour soutenir la qualitédeservice,dotationsdesécuritépourabsorberlesimprévus,etremboursementsfiscauxprovisionnéspour nepasasphyxierl’investissement/exportpardesretards.
4) Intérêts de la dette : 41,6 Mds DH (2,3 % du PIB),enlégèrebaisse
Lacharged’intérêtsestprojetéeà41,6MdsDHen 2026 (2,3 % du PIB), en recul global, avec une baissede0,9%surladetteintérieureetde6,9% sur la dette extérieure La ventilation budgétaire crédite 44,051 Mds DH au chapitre « intérêts et commissions » , dont 10,285 Mds pour la dette extérieure et 33,766 Mds pour la dette intérieure (logiquebudgétairevsconstatmacrodecharge «nette»)
Lecture Cette détente des intérêts (en part de PIB)libèredel’espacepourl’investissementetles politiques sociales Elle suppose une gestion active de la dette (profil d’échéances, part fixe/variable, couverture devise) et un environnementdetauxmoinstendu.
5) Compensation : 13,9 Mds DH (0,8 % du PIB), recentréeetmieuxobjectivée
La charge de la compensation est fixée à 13,9 MdsDH(0,8%duPIB),surbase«chargesdues» (etnonpaiements),témoignantd’unrecentrage du dispositif. En miroir, les rapports thématiques détaillentl’évolutiondespostessensibles:sucre (subvention rehaussée depuis avril 2023), blé (importationsetrestitutionàl’import),etc

Lecture. Le cadrage 2026 maintient un filet social sur des produits sensibles, tout en améliorant la traçabilité (et donclaprévisibilitébudgétaire)descharges.Lesdonnéesinfra-annuelles(quantités,coursinternationaux,coûts logistiques)serontdéterminantespourresterdansl’enveloppe
6)SEGMAetComptesspéciaux:enveloppesencadrées,rôleopérationnel
LesSEGMAaffichentdesdépenses2026prévisionnellesde1,995MdDH(exploitation1,738Md,investissement0,257 Md) Pourmémoire,letauxdecouvertureparrecettespropresaatteint103,81%en2024(autonomierenforcée) Les Comptes spéciaux du Trésor poursuivent leur rôle de financement ciblé (ex compte MSF pour remboursements fiscauxetmodernisationdel’administrationfiscale;fondsanti-fraudedouanière)
Lecture Lerecentragesurdesmissions«cœur»etladisciplined’exécution(tauxd’émission)restentdesconditions pourquecesoutilsapportentunevraievaleurajoutéeàl’actionpublique
7)Cequiferalaréussiteenexécution
Absorptiondel’investissement:pipelinedeprojets«prêts»,foncier,passationdesmarchés,suividesdélais
SLA sur remboursements fiscaux : tenir l’enveloppe (9,633 Mds DH) et des délais courts pour ne pas brider l’export/l’investissement
Disciplinedesreports:appliquerl’annulationdesCP2025nonengagés(horsfondsdeconcours)etlerégimede reportencadré
PilotageRH:concrétiserlesrecrutements(36895postes)làoùl’impactestimmédiat(sallesdeclasse,soins)
Àretenir
● Dépensestotales2026:488,2MdsDH(26,8%PIB);ordinaires:379,4Mds;biens&services:324Mds;masse salariale:195,3Mds;autresB&S:128,7Mds
● Investissementdel’État:114,8Mds(6,3%PIB,+8,8%/LF2025);CP:136,11Mds;créditsmisàdisposition:228,61 Mds.
● Intérêts:41,6Mds(2,3%PIB);Compensation:13,9Mds(0,8%PIB).
● Remboursements/dégrèvements/restitutions fiscaux : 9,633 Mds ; charges communes-fonctionnement : 45,453Mds;imprévus/provisionnels:3,4Mds.
Verdict. Le PLF 2026 propose un mix « pro-investissement / pro-État social » crédible, avec une mécanique d’exécution(reports,CP,remboursementsfiscaux)mieuxoutillée.Laréussitetiendraàtroischoses:qualitéde préparationdesprojets,disciplinedepaiement,transparenceinfra-annuelle.Surcestroissujets,toutretard coûte—encroissancepotentiellecommeenconfiance.


Au-delà des mesures fiscales et de l’équilibre budgétaire,lacrédibilité d’un PLF se joue sur l’investissementpublic: son volume, sa gouvernance, sa répartition entre porteurs (État, EEP, collectivités, fonds) et, surtout, sa territorialisation effective. Le PLF 2026 livre une trajectoire volontariste:380MMDH d’investissements publics agrégés, ventilés entre EEP, Budget général (incluantCSTetSEGMA, nets des transferts), FM6I et collectivités. Voici, impôt par impôt… pardon : dirham par dirham, comment se structure l’effort, avec leschiffresofficiels.
1) Le cadrage chiffré : 380 MMDH, cap maintenu
Le volume global d’investissement public atteint 380 MMDH en 2026, répartis ainsi : EEP 179,7 MMDH, Budget général + CST + SEGMA (netsdestransferts)132,8 MMDH, Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I) 45 MMDH et collectivités territoriales22,5MMDH Côté Budget général, les créditsdepaiement(CP) destinés à l’investissement s’établissent à 136,11 MMDH (contre 128,53 MMDH en 2025, +5,90 %), auxquels s’ajoutent 79,51 MMDH de crédits d’engagement 2026suivants et 13 MMDH de reports, portant le total des moyens mis à disposition des administrations à 228,61 MMDH
Dans le Rapport économique et financier (REF), les dépenses d’investissement de l’État (agrégatREF)sontévaluéesà114,8MMDHen2026,soit6,3%duPIB,enprogressionde8,8% parrapportàlaLF2025.Cechiffrageconfirmelavolontédepréserverl’effortd’équipement malgrélanormalisationbudgétaire.
2)Gouvernancedel’effort:prudenceactiveetrèglebudgétaire
Letextedelaloiautoriseen2026une«miseenréserve»deprécautionàhauteurde15% surlescréditsd’investissementduBudgetgénéral,instrumentdepilotageclassiquepour lisserl’exécutionfaceauxaléasdetrésorerieetdepréparationdesprojets
Surlecadredesoutenabilité,leREFrappellel’introduction(vialaréformeannoncéedela LOF)d’unerèglebudgétaireaxéesurlatrajectoired’endettementàmoyenterme,avecun déficitcibleà3%duPIBen2026etunedettestabiliséeautourde65,8% Cettediscipline renforcelacrédibilitédel’effortd’investissement,toutencadrantl’endettementnécessaire pourlefinancer
3)Quiinvestitquoi?L’hégémoniedesEEP,l’effetdelevierduFM6I
Le « bloc EEP » reste la locomotive : 179,7 MMDH en 2026, principalement dans l’énergie, l’électricitéetl’eau,lestransports(ferroviaire,aériens,maritimes,autoroutes),lestélécoms, l’habitatetl’agriculture Surtout,l’effort2026estconcentré:huitgroupestotalisentplusde 75 % des investissements EEP (OCP 52545 MDH ; ONCF 20559 MDH ; Sociétés régionales multi-services19554MDH;ONEE17186MDH;HoldingAlOmrane7624MDH;ONDA6204 MDH;CDG5971MDH;AREF5780MDH)
LeFM6I,dotéd’unprogramme2026de45MMDHdansl’agrégatglobal,intervientviades fonds thématiques (industrie, agriculture, infrastructures durables, transition énergétique, innovation, tourisme, PME), avec une sélection de 14 sociétés de gestion mobilisant 19 MMDH(dont4,5MMDHduFM6I)etuneffetmultiplicateur>4x.
Pour mémoire, l’ONEE déploie parallèlement un plan d’équipement 2025-2030 de 72,3 MMDH (49,9 MMDH pour l’électricité, 22,4 MMDH pour l’eau), auquel s’agrègent les investissements privés et MASEN dans la production électrique un socle qui ancre la résilienceénergétique.

4)Territoires:oùseconcentrentlesdirhams?
Lanotedeprésentationdonnelaphotomacro,maisc’estlerapportEEPquimetenlumièrelagéographie réelle : en 2026, trois régions captent la majorité de l’effort EEP Casablanca-Settat (31,2 %), Rabat-SaléKénitra (14,6 %) et Marrakech-Safi (14,6 %) D’autres régions restent sous les 3 %, malgré des améliorations ponctuelles(Oriental,BéniMellal-Khénifra,Fès-Meknès)
Pour objectiver la territorialisation, on peut descendre au niveau projets Exemple en Béni Mellal-Khénifra : construction du barrage Sidi Ammar (coût 450 MDH, CP 2026 : 22 MDH) et un paquet éducation-jeunesse (réhabilitationetconstructiond’établissements,complexessocio-sportifs)avecdesCPétalés2026-2028
AutrezoomenLaâyoune-SakiaElHamra:OCP(laverie,minePhosboucraa,complexed’engraisPFC),portde LaâyouneetprojetsMASENNoor(NoorAtlas,NoorPV)avecdesCP2026significatifs(ex PFCChimie:CP2026 3579MDH;PortLaâyoune:CP20261833MDH)
Ces«planches-projets»montrentdeuxréalités:(1)lamontéeenpuissancedeschantiersstructurantsau Sud(industriephosphatière,énergiesrenouvelables,portuaire),(2)lapoursuitedelamiseàniveausociale danslesrégionsduCentreetdel’Intérieur(eau,éducation,jeunesse,justice)
5)Transportsethubs:aéroports,rail,ports,routes
Dans l’aérien, l’ONDA programme près de 22 MMDH 2026-2028 pour de nouveaux terminaux (Casablanca MohammedV,TangerIbnBattouta)etl’extension/réaménagementdesaéroportsMarrakechMénara,Agadir AlMassiraetFès-Saïss Lesinvestissementsprévuss’élèventà6204MDHen2026,7380MDHen2027et8396 MDHen2028
Côté ports, le plan pluriannuel de l’ANP 2026-2028 totalise 3,3 MMDH (1040 MDH en 2026), majoritairement pour des infrastructures ; Tanger Med poursuit ses extensions avec des performances opérationnelles en hausse.
Sur le rail, l’ONCF accroît fortement ses dépenses d’investissement (et prépare la prochaine vague d’infrastructures, y compris LGV et nœuds logistiques), avec un poids 2026 de plus de 20,5 MMDH dans l’agrégatEEP.
Pour le réseau autoroutier, le programme 2026-2028 est positionné comme levier de compétitivité ; les investissementsprévusatteignent2.850MDHen2026(puis3.157MDHen2027et948MDHen2028).
6)Secteurssociauxetrésilience:eau,santé,éducation
Le PLF 2026 insiste sur les « piliers sociaux » : territorialisation des groupements sanitaires, modernisation et digitalisation des services, montée en capacité éducative et formation professionnelle Les tableaux budgétaires détaillent des dotations d’investissement hospitalier à l’échelle nationale, illustrant la diffusion territorialedesefforts(centreshospitaliersprovinciauxetrégionaux)
Sur l’eau, l’État et les EEP poursuivent le déploiement du PNAEPI 2020-2027, tandis que l’ONEE aligne des investissementsd’ampleurpourlasécuritéhydriqueeténergétique

7) Comptes spéciaux et « instrumentation»budgétaire
Les CP d’investissement du Budget général (136,11 MMDH) s’articulent avec les Comptes spéciaux du Trésor (CST) et les SEGMA Les CST financent notamment des programmes territoriaux, routiers, agricoles, audiovisuels, justice, culture, sports et actions socio-éducatives. Les SEGMA, plus modestes, participent à la maquette (investissement 257,13 MDH en 2026) avec une exécution historiquement hétérogène selon les domaines.
8) Une carte d’investissement encore polarisée:quelrisqued’inégalités?
Le diagnostic régional montre une polarisation persistante : les trois grandes régions urbaines concentrent l’essentiel de l’investissement EEP (plus de 60 % en 2026 pour CasablancaSettat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi), là où d’autres territoires restent sous 3 % Cette configuration « héritée » traduit la localisation des hubs (ports, aéroports, ferroviaire, industrie exportatrice) mais pose la question de l’effet d’entraînementsurlesrégionsàfaibles parts
Lanotederépartitionrégionalemontre toutefois une montée de projets structurantsauSud(Laâyoune-SakiaEl Hamra, Dakhla-Oued Ed-Dahab), et des paquets eau-éducation-jeunesse dansl’AtlasetleCentre:signauxd’une « territorialisation » plus inclusive, à suivredansl’exécution.
9)Exécution:lavraiebataille L’expérience rappelle que la crédibilité de la territorialisation se joue dans les taux d’engagement et de paiement. D’où l’intérêt de la réserve de 15 % (pilotage fin) et du séquencement CP/CE (136,11 MMDH de CP, 79,51 MMDH de CE) pour sécuriser les mises en chantieretlimiterlesrestesàpayer
Danslessecteurs«capex-intensifs»,les maîtres d’ouvrage EEP (ONDA, ONCF, ANP, ONEE, HAO ) affichent des trajectoires 2026-2028 claires et chiffrées,gaged’absorption:ONDA( 22 MMDHsur2026-2028),ANP(3,3MMDH), ONEE (72,3 MMDH sur 2025-2030), autoroutes(profil2026-2028détaillé)
10)Lectured’ensemble:capsurlacompétitivitéetl’inclusion
En 2026, l’État assume un double objectif : soutenir la compétitivité (logistique, hubs, énergie) et accélérer l’inclusion (eau, santé, éducation, habitat), sous discipline macro (déficit 3 %, règle d’endettement) La carte des projets illustre une transition : poursuite des pôles moteurs, émergence de nouveaux fronts (Sud), et densification des services publics dans le Centre Reste à converger, exécuteretévaluer
En bref : 380 MMDH « tous porteurs confondus » , des CP BG à 136,11 MMDH et des dépenses d’investissement État à 114,8 MMDH (6,3 % du PIB). Une réserve de 15 % garantit un pilotage prudent. Les EEP entraînent l’ensemble (8 groupes > 75 % des capex), avec un biais géographique à corriger par la montée de projets structurants hors des«troisgrands».LaréussiteduPLF2026semesureraauxchantiers livrés…régionparrégion.


Chapô. La vraie question n’est pas « dette ou pas dette»,maisàquelcoût,surquellematurité,dans quelle devise et avec quels risques. Le PLF 2026 promet une charge d’intérêts contenue (41,6 Mds DH,2,3%duPIB)etunetrajectoirededéficità3% duPIB.Radiographiechiffréeetpointsdevigilance pourjuger,enprofessionnel,lasoutenabilitédela dettemarocaineen2026.
1)L’instantané:encours,structureetdynamique Fin 2024, l’encours de la dette du Trésor ressort à 1 081,6MdsDH Au30juin2025,ilatteint1124,2MdsDH (+42,6Mds,+3,9%ensixmois),répartisen828,6Mds dedetteintérieureet295,6Mdsdedetteextérieure. En parallèle, le besoin de financement brut du premier semestre 2025 culmine à 113,2 Mds DH, couvert par 120,2 Mds de financements (80,2 Mds intérieurs ; 40,0 Mds extérieurs). Ces ordres de grandeurfixentlecontexted’entréedans2026. LastructuredeladetteduTrésorrestedominéepar le marché intérieur (autour de trois quarts de l’encours,75,1%en2024),lapartextérieuresesituant à24,9% Leportefeuilledemeurelong(prèsde57% àlongtermefin2024)avecunepartdecourtterme limitée(≈11,7%fin2024)
Côtécoûtetrisques,l’apparentdeladetteduTrésor se situe à 4,0 % en 2024, pour une durée de vie moyenne de 8 ans et 2 mois (stabilité à 8 ans et 1 moisàfinjuin2025) Lapartducourttermeremonte légèrementà12,3%mi-2025(contre11,7%fin2024)
Lecture Le Maroc aborde 2026 avec un stock de dettegrosmaisétalé,unedominationdudirhamet une exposition modérée au court terme trois ancragesfavorables 2)Coût2026:lapromessed’unecharged’intérêts contenue
LePLF2026projetteunecharged’intérêtsde41,6Mds DH (2,3 % du PIB) Cette détente est attribuée à un replide0,9%surladetteintérieureetde6,9%surla dette extérieure, traduisant à la fois l’effet des conditionsdemarchéetlesarbitragesd’échéances En 2024, à titre de repère, la charge d’intérêts du Trésor s’élevait à 39,8 Mds (dont 29,3 Mds sur l’intérieur;10,5Mdssurl’extérieur).
Côté marché intérieur, la courbe s’est détendue en 2024, avec des taux adjugés en baisse sur l’ensembledesmaturités;
l’indicateurTMPàl’émissionreculede3,649%(fin2024)à2,742%(fin juin 2025), signe d’une normalisation progressive du coût de financementdomestique
Lecture Si la détente se confirme, 2026 doit permettre de stabiliser la charge, libérant de l’espace pour l’investissement tout en évitant un effet«bouledeneige»surladette
3)Devise,tauxetinvestisseurs:desamortisseursstructurels
Devisesettypedetaux
LeportefeuilleduTrésorrestemassivementendirham,etl’externeest majoritairementeneuroauniveaudusecteurpublicélargi(57,3%euro ;33,8%USD) Lapartàtauxfixedomine:environ89,5%pourladettedu Trésor (grâce à la part intérieure), et ≈ 71,8 % fixée pour la dette extérieure publique (le flottant, surtout en euro, 77,5 % des taux variables,estrelativementbonmarché).
Based’investisseurs
LesBDTsontportésparlesbanques(38,3%)etlesOPCVM(33,3%)fin 2024, le reste revenant aux caisses de retraite, assureurs et autres investisseurs base profonde et réactive. Côté externe, le Trésor solliciteprincipalementdesmultilatéraux(56,6%deladetteextérieure duTrésor),complétésparmarchésetbilatéraux.
Lecture.Dirham,fixed-rateetinvestisseursdomestiquessolides:trois« coussins»quilimitentl’expositionauxchocsdechangeetdetaux 4)Detteextérieurepublique:taille,coûtetcalendrier
L’encours de dette extérieure publique (Trésor + EEP + CT + IFP + IUP) s’établità468,2MdsDHfin2024(29,3%duPIB) Lecoûtmoyenatteint 3,9 % (durée résiduelle ≈ 9 ans), avec une hausse en 2024 liée à la normalisation internationale des taux Les tombées les plus significativesaucoursdeladécennieconcernentdesEurobondsTrésor (notamment2026-2033)etdesémissionsOCP(2025,2031,2034) Hors Eurobonds,l’échéancierrestelisséetleservicedécroîtenmoyennede 5,1%surdixans

Lecture.Lerisque«murdedette»seconcentresurquelqueséchéancesdemarché;ladetteconcessionnelleet multilatéralelisseleprofilglobal.
5)2026:besoins,marchésetgestionactive
Lepremiersemestre2025donneleton:besoinnet≈46Mds;financementbrut≈113,2Mds,mobilisésà≈80Mdssur lemarchéintérieuret≈40Mdsàl’extérieur.Àl’émissiondomestique,laréouverturedesmaturitéslongues(20-30 ans) a été significative en 2024 (plus de 27,4 Mds sur 30 ans), élément clé pour étirer la DV La gestion active (échanges,rachatsopportunistes)contribueàlisserlespicsd’amortissement
Lecture Pour 2026, la combinaison intérieur + multilatéral + fenêtres de marché international reste le mix optimal pourminimiserlecoûtetsécuriserlacourbe
6)Soutenabilité:letriangled’or«coût–maturité–déficit»
Lasoutenabilitéselitaucroisementdetroisvariables:
Coût:capsur41,6Mdsd’intérêts(2,3%PIB)en2026;labaisseobservéeauTMPetladominationfixe/dirhamrendent plausiblelemaintiend’uncoûtsouscontrôle
Maturité:DV≈8ans;retourdeslonguesmaturitésen2024;partducourttermeautourde12% desparamètres quilimitentlerisquederefinancement
Déficit:cible3%duPIBen2026etstabilisationdeladetteautourde65,8%duPIBaveclanouvellerèglebudgétaire (endettementàmoyenterme) gagededisciplineetdevisibilité
Verdict Sicestroiscurseursrestentalignés,ladette/PIBsestabiliseetlachargen’évincepasl’investissement
7)Risquesàsurveiller(etparades)
Tauxmondiaux:unerechutedel’inflationinternationaleouunchocgéopolitiquepourraitrehausserlesrendements Parade : prioriser le dirham fixe en domestique, maintenir les fenêtres multilatérales, étaler les réouvertures d’Eurobondspourlisserlerisque
Change : l’externe est surtout en euro (panier du dirham) ; le flottant est lui-même majoritairement EUR-indexé, limitantl’expositionauUSDpur
Concentrationd’échéances:EurobondsTrésoretOCPconcentrentcertainesannées.Parade:buybacks/échanges etpré-funding.
Besoin brut élevé : nécessité de calendriers d’émission transparents, de SLA de paiement stricts, et de préengagementsavecinvestisseursclés(banques/OPCVM).
8)Cequ’onattenddel’exécution2026
Calendrierd’émissiontrimestrielpubliéetrespecté,avecréouvertureslonguesrégulières. Gestionactive(échanges/rachats)ciblantlespicsEurobonds2026-2033.
ReportingsdecoûtmoyenetDV(mensuels/trimestriels),etstresstests(+200pbtaux,–1ptdecroissance,±5%de change)
Diversificationprudentedessources(multilatéraux,MLTconcessionnels)pouramortirlaconjoncture CoordinationTrésor/EEPsurlecalendrierdeslevéespouréviterlacannibalisation Enbref
● Charge d’intérêts 2026 : 41,6 Mds DH (2,3 % du PIB) ; baisse vs 2024 grâce à la normalisation des taux et au pilotagedesmaturités
● EncoursTrésor:1124,2MdsDHàfinjuin2025(828,6Mdsintérieurs;295,6Mdsextérieurs) Partextérieure≈25%, DV≈8ans,courtterme≈12%
● Deviseettaux:portefeuilledirhamettauxfixedominants;externesurtouteuroetfixe,flottantmajoritairement EUR-indexé
● Règlebudgétaire:capdéficit3%etdette 65,8%duPIB;crédibilitérenforcée
Le PLF 2026 présente une dette soutenable si (et seulement si) le trio coût–maturité–déficit reste aligné. L’équation marocaine — dirham, fixe, investisseurs domestiques profonds, multilatéraux en back-up — est robuste.Restelaclédevoûte:une exécution disciplinée (calendrier d’émission, gestion active, transparence) pour transformer la promessede41,6Mdsd’intérêtset3 %dedéficitenréalitémesurable.

Chapô. Le PLF 2026 combine deux leviers pourprotégerlesménages:desmesures fiscales ciblées (IR, TVA, loyers, profits mobiliers)etdescréditsbudgétairespour la santé, l’éducation et la protection sociale (RSU/RNP, transferts, compensation recentrée). Le pari du gouvernement : soutenir le pouvoir d’achattoutenmaintenantladésinflation et l’investissement. Décryptage concret, indicateurparindicateur.
1) Le « paquet pouvoir d’achat » côté impôts:moinsd’IRlàoùçacompte BarèmeIR:effetdurableaprès2025 LePLF2026estlapremièreannéepleinede laréformedubarèmeintervenueen2025: relèvement du seuil exonéré (de 30 000 à 40 000 DH), élargissement de tranches et baisse du taux marginal (de 38 % à 37 %) Résultat : un gain d’IR pérenne pour les salariésmodestesetmoyens,etunepente d’imposition plus douce pour la classe moyenne supérieure. L’exécutif a chiffré l’effet combiné 2025–2026 à environ 5,2 Mds DH en faveur des salariés un oxygène qui, même en période de désinflation,sesentsurlafichedepaie. Retraites : exonération intégrale des pensionsdebase Àcompterdu1erjanvier2026,lespensions de retraite et rentes viagères des régimes de base sont exonérées d’IR (après une réductiontransitoirede50%en2025) C’est un relief pour les ménages âgés, dont la propension à consommer localement est élevée (santé, alimentation, services de proximité) L’effet budgétaire net est assumé au nom de l’équité intergénérationnelle
Loyersprofessionnels:5%àlasource,sans«tuer»lebailleurrégulier Laretenueàlasource(RAS)de5%surlesproduitsdelocationversés aux sociétés (IS) et aux professionnels (IR – résultat net réel/simplifié) entre en vigueur au 1er juillet 2026. Objectif : capturer un flux historiquementpeudéclaré,sansalourdirlachargenettedesbailleurs en règle (la RAS est imputable, avec restitution du trop-perçu). Indirectement,cettemesurefavoriseaussilaformalisationdescontrats (trésoreriedeslocataires,preuvesdepaiement,accèsaucrédit).
Profitsdecapitauxmobiliers:paiementrapproché Encasdecessionhorscircuitsderetenue,l’IRestverséspontanément dansles30jours Làencore,lebutestlarégularitédecollecte(etdonc l’équitéhorizontale)plusquelahaussedepression
Message économique Pour le salarié, le retraité ou le petit bailleur formel, 2026 « libère » du revenu disponible Pour l’État, l’effort est compensé par une assiette mieux tenue et une conformité accrue (retenues,délaisdepaiement,e-déclaration)
2)TVA&panierduménage:neutralitéfiscalesurl’essentiel
Le cap de la réforme TVA reste double : pouvoir d’achat et assainissement D’un côté, la tendance à généraliser l’exonération sur lesproduitsdebase(alimentairesensible,intrantsagricoles/fertilisants destinésstrictementàl’agriculture)limitel’«impôtcaché»surlepanier des ménages De l’autre, l’extension de la retenue à la source TVA aux prestations facturées à des banques/assurances et entreprises ≥ 50 M DH de CA coupe court aux fausses factures et sécurise la chaîne de déduction Lerésultatattendu,c’estuneTVAaurendementpluspropre, quifinancel’Étatsocialsansrenchérirl’essentiel 3)Étatsocial:oùvontlescrédits?

Santé:capacité,maillage,délais
Le PLF 2026 poursuit la territorialisation (groupements sanitaires, déconcentration des crédits) et la montée en capacité (hôpitaux, CHR/CHU, urgences) avec un accent sur l’équipement et la maintenance. L’objectif tangible à suivre : délais d’attente, lits ouverts, plateaux techniques opérationnels. En pratique, les dotations d’investissement sont réparties sur l’hospitalier régional et provincial, avec une enveloppe d’achats et de maintenance qui doit rester opposable dans l’exécution (éviter les « gels » qui coûtent plus cher ensuite).
Éducation:classes,profs,compétences Côtéressourceshumaines,l’Étatcrée36895postesen2026,dont19000 pour les AREF (professeurs) Cet effort RH s’ajoute aux capex (réhabilitation, nouvelles écoles, internats, cantines) À surveiller : taux d’occupationdesclasses,tauxd’achèvementaucollège/lycée,résultats auxévaluationsnationales desmétriquesquidoiventjustifierchaque dirhaminvesti
Protectionsociale:ciblageRSU/RNPettransferts
Lamontéeenchargedelaprotectionsocialeutilise la brique RSU/RNP (Registre Social Unifié / Registre National de la Population) pour cibler les bénéficiaires de transferts monétaires et de prestations(soins,éducation,logement).L’ambition estdouble:meilleurecouverturedesplusfragileset moindre fuite par rapport à des subventions généralisées. Le PLF articule ces filets avec la compensation recentrée (voir plus bas) et avec le financement d’instruments d’administration (information,contrôle,évaluation).
À retenir. Le budget 2026 ne « saupoudre » pas : il paye des postes (soignants, enseignants) et des équipements (lits, classes), en les territorialisant et enlesrendanttraçablesviadesKPId’outputs(et,à terme,d’outcomes)
4)Compensation:13,9MdsDH,filetresserrésans couperlacorde
La compensation est calibrée à 13,9 Mds DH (environ0,8%duPIB),avecunelogiquedecharges dues et non de paiements Concrètement, l’État maintient un filet sur des postes sensibles (notamment sucre et blé, via des mécanismes de restitution et d’égalisation) tout en réduisant la dépendance aux subventions « prix » quand des transfertscibléspeuventmieuxfaireletravailsocial, à coût budgétaire maîtrisé La soutenabilité passe parunpilotageinfra-annuel(coursinternationaux, fret, volumes) et par l’interaction avec RSU/RNP pourcouvrirquiilfautetquandillefaut
5)Dialoguesocial:47,8MdsDH,pouvoird’achat eteffetdemande
Le gouvernement chiffre à près de 47,8 Mds DH l’effort cumulé de la séquence dialogue social + réforme de l’IR à fin 2026 (salariés & retraités, plus SMIG). Au plan macro, cet effort soutient la demande domestique sans relancer l’inflation : d’une part, parce que la hausse de revenu disponiblesediffusesurtoutdanslaconsommation de proximité (à plus faible contenu importé) ; d’autre part, parce que la désinflation importée et lanormalisationdeschaînesdevaleurabsorbentle choc Le calibrage par tranches IR évite un « arrosage » inefficace et cible les déciles où la propensionàconsommerestlaplusforte 6)Marchédutravail:amortirlecoûtdelavieen agissantsurl’emploi
Le meilleur antidote à l’érosion du pouvoir d’achat reste un emploi formel plus dense et mieux rémunéré TroischantiersduPLF2026ycontribuent indirectement:
Climat des affaires & trésorerie (remboursements
TVA provisionnés à 9,633 Mds DH, délais de paiement publics sous surveillance) → oxygène pourlaPME.
Cohérence fiscale (stabilité IS, IR plus lisible, RAS ciblées) → prévisibilité qui encourage les plans de recrutement.
La création nette d’emplois et la progression de la massesalarialeprivéesontlesvraismoteursdel’IR (etdoncdupouvoird’achatglobal).C’estaussice qui rend la trajectoire budgétaire crédible : plus d’emploisformels,c’estplusderecettesorganisées etmoinsdepressionsurlestaux.

Investissement public entraîneur (eau, énergie, transport, numérique) → commandes aux entreprises → embauches dans le BTP/industrie/services
7)Risques¶des:nepasperdrelegainenexécution
● Délais de remboursement TVA : s’ils s’allongent, ils étranglent l’investissement/export et finissent par remonter les prix Parade : SLA publics, digital, enveloppe dédiée (les 9,633 Mds DH inscrits doivent être décaisséspasseulementbudgétés)
● Approvisionnements (énergie, céréales) : une flambée renchérit le panier et grignote l’IR « rendu » Parades:gestioncontrats/hedging,diversificationdessources,activationcibléedesfiletsRSU/RNP
● Marchélocatif:malmiseenœuvre,laRAS5%peutbriderl’offreformelle Parades:communicationsur l’imputation/restitution,guichetderéclamationrapide,simplificationdocumentaire
● Servicespublics:sansmaintenancenipersonnelsaubonendroit,l’investissementnesetraduitpasen pouvoird’achatréel(ex santé:délaisd’attente) Parades:pilotageparrésultats(lits,classes,délais)
8) Comment juger, concrètement, l’effet « pouvoir d’achat » en 2026 ?Trois tableaux de bord simples peuvent(etdoivent)êtrepubliéstrimestriellement:
IR moyen payé par décile (salariés) et montant de pensions exonérées (retraités) pour voir si le soulagementprofitebienauxcibles.
Panierdebase(horsproduitsdéjàexonérés)+coûténergie/logement pourvérifierquelaTVAneutreetla compensationfontleurtravail.
Accès effectif aux services publics (délais d’attente hospitaliers, densité médicale par 100 000 hab., taux d’occupationdesclasses,tauxdescolarisation) parcequelepouvoird’achat,c’estaussinepasdépenser quandl’hôpitaloul’écolefonctionne.
Verdict
Le PLF 2026 ne traite pas le pouvoir d’achat uniquement par des chèques ou des hausses de salaires généralisées.Ilrabotel’IRlàoùl’euro(ledirham)compte,exonèrelespensionsdebase,neutraliselaTVA sur l’essentiel, resserre la compensation et paye des soignants/enseignants et des équipements utiles. L’ensembletientparcequ’ilestadosséàunetrajectoiremacrocrédible(déficit3%duPIB),àunedette maîtrisée (intérêts 2,3 % du PIB) et à un investissement qui prépare la baisse des coûts (eau, énergie, logistique).Laconditionderéussite,désormais,estopérationnelle:exécutervite(remboursementsTVA, recrutements), simplement (retenues à la source bien paramétrées), visiblement (tableaux de bord publics).C’estainsiquelesgainsIRetlaneutralitéTVAsetransformeront,chezleménagemarocain,en dirhamsquirestentdanslapoche etenservicespublicsquicoûtentmoinsàvivre.



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Chapô. En 2026, l’État marocain reconduit sa politique de soutien des prix sur trois postes sensibles gazbutane,sucreetblétendre/FNBT avec une enveloppe de 13,9 Mds DH, soit 0,8 % du PIB.Lecadragesefaiten«chargesdues»(etnon en paiements) et s’inscrit dans une trajectoire de déficità3%duPIB.Voici,chiffresàl’appui,ceque couvre réellement cette enveloppe et ce qu’il faudrasurveilleràl’exécution.
1)Lecadrage2026:13,9MdsDH,filetsocialcalibré
LeRapportéconomiqueetfinancierfixelachargede la compensation à 13,9 Mds DH en 2026 (0,8 % du PIB).Letexteprécisequ’ils’agitdechargesdues la bonne métrique pour suivre la soutenabilité budgétaireetl’effortréeldel’État,indépendamment du profil de paiement infra-annuel. Ce calibrage s’insèredansunearchitecturededépensesvisantla consolidation de l’État social tout en réduisant le déficità3%duPIB.
Lecture. L’enveloppe 2026 part d’une conjoncture internationale plus « normale » (pétrole et butane modérés) et d’un ciblage social qui gagne en précisionvialeRSU/RNP cequipermetderesserrer lefiletsanslerompre
2) Gaz butane : subvention unitaire en baisse, volatilitéencoreprésente
Prixmondiauxet«formulemarocaine»
En 2025, les cours du butane ont oscillé mais resté contenus:548$/tenmoyennesurlesneufpremiers mois (+1 % vs 2024), avec un plancher à 475 $/t (mai) et un pic à 550 $/t (septembre) Cette modération, liée à un marché pétrolier redevenu excédentaire,cadreladépense2026
La « formule marocaine » (référence composite) montreladynamiquesous-jacente:forteaudébut 2025côtécomposanteaméricaine,puisdétenteau printemps ; côté euroméditerranéen, la tension de début d’année s’est normalisée au fil des mois Ces cinétiques expliquent la baisse tendancielle de la subventionunitaire
Subventionunitairedelabonbonne12kg Surjanvier–août2025,lasubventionmensuellepour labonbonne12kgestpasséede64DH(janvier)à42 DH (juillet) moyenne : 53,47 DH, soit –14 % vs la même période de 2024 (62,2 DH). La part de la subventiondansleprixréelreculede56%(janvier)à 47%(août).Ànoter:laréductionde10DHappliquée àpartirdu20mai2024acontribuéàcerepli.
Lecture Pour2026,silamodérationdescoursseprolongeet que la part subventionnée reste proche de la moitié du prix réel, la composante « butane » de l’enveloppe 13,9 Mds DH devraitrestermaîtrisée sousréserved’épisodesdetension liés au fret, aux arbitrages américains ou à des chocs géopolitiques
3)Sucre:consommationélevée,productionlocaleaffaiblie, subventionrelevéedepuis2023
Unsoutienrehausséàlaconsommation
Lachargedecompensationdusucreàlaconsommationest passée d’une moyenne de 3,4 Mds DH avant 2023 à près de 4,4MdsDHen2024,conséquencedirectedelarevalorisation de27%delasubventionforfaitaireentréeenvigueurle14avril 2023. De janvier à juin 2025, la charge mensuelle a fluctué entre352MDH(min,avril)et417MDH(max,mai),pouruntotal 2,292MdsDH,quasistablevs2024(2,305Mds).
Unedépendanceaccrueauximportations Côtéoffre,laproductionnationaledesucreaplongéde600kt (2019) à 191 kt (2024) (–68 %), avant un rebond à 280 kt en 2025;letauxdecouvertureparlaproductiontombeà23%en 2025. La structure de consommation reste dominée par le sucregranulé(61%),suividusucreenpain(23%),dulingot(14 %)etdumorceau(2%) Cettedépendanceauximportations accroît l’effort de restitution à l’import : 2,52 Mds DH en 2023, puis1,77MdDHen2024selonlaCaissedeCompensation

Lecture.Mêmesilescoursinternationauxrestentheurtés,lanormalisationrelative de 2025 et l’ajustement de la subvention permettent d’inscrire 2026 dans une enveloppe soutenable à condition de tenir le ciblage et de suivre de près les volumesimportésetlescoûtslogistiques
4)Blétendre&FNBT:unsoclestabilisateurautourde1,3MdDHen2024 LesoutienaublétendreetàlaFarineNationaledeBléTendre(FNBT)areprésenté ≈1,290MdDHen2024(–4%vs2023),ventiléen986MDHpourlacompensationdu contingentFNBT,230MDHdefraisdetransport,6MDHdeprimedemagasinageet 68 MDH pour les appels d’offres destinés à sécuriser l’approvisionnement des minoteries
Conjoncturellement, la collecte de blé tendre s’est affaiblie ces dernières campagnes, et les importations sont devenues plus erratiques : 49,51 MQx importés en 2024, avec un pic en juillet (9,09 MQx) ; en 2025, la France reste la première origine (≈ 64 % des volumes de blé tendre), devant le Canada et les États-Unissurl’ensembledescéréales
Lecture La ligne « blé/FNBT » n’est pas la plus lourde de la compensation, mais c’est un stabilisateur social clé (prix du pain), sensible aux écrasements de la minoterie et aux droits de douane modulés selon conjoncture autant de paramètresàsuivrepour2026
5)Pourquoi13,9MdsDHsemblenttenablesen2026 Troisraisonsplaidentpourunrisquecontenusurl’enveloppe: Hydrocarburesmodérés.LaBanquemondialeanticipeunBrentautourde60$/b en2026;unmarché«excédentaire»limitelapousséesurlebutane.
Stocks céréaliers confortables. Les stocks mondiaux de céréales 2024/25 sont jugésconfortables(ratiostocks/utilisation≈30,2%),réduisantlerisqued’envolée durabledesprix.
Ciblage social et gouvernance. Le passage à des charges dues (plutôt que paiements),l’usageduRSU/RNPetlapoursuitedesrestitutionsciblées(sucrebrut, blétendre)améliorentlaprévisibilité.
6)Lesgarde-fous2026:quefaut-ilsurveillerconcrètement?
Butane : publier mensuellement la subvention unitaire 12 kg et la part subventionnée(objectif:restersous50%duprixréel),avecnoted’explicationsi dépassement
Sucre : suivre les quantités consommées (type granulé/pain/lingot/morceau) et lachargemensuelle;silaproductionlocalereflue,calibrerlarestitutionpourlisser leschocsd’import
Blé/FNBT : monitorer les écrasements et la logistique (transport, magasinage), publierlescoûtsunitairesparquintallivré
Fret & arbitrages : documenter trimestriellement l’impact du fret VLGC et des arbitragesUS/EU-Medsurlafacturebutane
7)Cequerévèlel’enveloppe:unfiletsocialplusfin,pasplusfaible
Leplafonnementà13,9MdsDHnesignifiepasdésarmement:ils’agitd’unfiletplus fin,rendupossiblepar: unesubventionbutaneplusciblée(baisseunitaire,partsubventionnéeenrecul), un soutien sucre rehaussé depuis 2023 mais suivi de près (consommation, importations),
uneligneblé/FNBTcalibréepourmaintenirleprixsocialdupaintoutencontenant lesdériveslogistiques
Letouts’articuleaveclamontéedestransfertsciblésviaRSU/RNP,évitantdefaire delacompensationgénéraliséeunsubstitutauxpolitiquessocialesmodernes.
8)Verdict:crédible…sil’exécutionsuit
Crédible, parce que les fondamentaux (cours, stocks mondiaux, structure du soutien)plaidentpouruneenveloppetenableen2026.Maisconditionnel,cartrois chocspeuventvitetendrelaligne: unrebonddurabledescours(énergieousucre); desaléasclimatiquesaffectantlescampagneslocales(sucre,blé); desgoulotslogistiques(fret,arbitragesdecargaisons)quirenchérissentlecoût« renduMaroc».
La réponse se trouve moins dans le montant voté que dans quatre réflexes d’exécution : transparence mensuelle(butane,sucre,blé), SLA de paiement des restitutions, ajustements techniques (droits de douane modulés, appels d’offres ONICL), et coordination avec les dispositifs RSU/RNP. À ce prix-là, les 13,9 Mds DH ne seront pas un pari, mais un engagement tenable au servicedupouvoird’achat Àretenir:13,9MdsDH(0,8%du PIB) pour butane, sucre, blé/FNBT en 2026 ; subvention butane 12 kg moyenne 53,47 DH (janv–août 2025), part subventionnée descendue de 56%à47%;sucre:≈4,4Mds DH en 2024 après +27 % de la subvention (14/04/2023), 2,292 Mds DH sur janv–juin 2025 ; blé/FNBT : ≈ 1,290 Md DH en 2024, dont 986 MDH pour le contingent FNBT Le tout sous l’égided’unetrajectoiremacro déficit 3 % et d’un État social mieuxciblé

Chapô La crédibilité du PLF 2026 tient aussi à la vigueur des exportations et à la tenue du compte courant. Après un rattrapage en 2024, porté par l’automobile, l’aéronautique et les dérivés de phosphates, l’Exécutif anticipe en 2026 une accélérationdesexportationsde biens et services de +8,2 % en volume, dans un contexte de commerce mondial redevenu modérément porteur Décryptage chiffré secteurs par secteurs et ce qu’il faut vraimentsurveillerenexécution
1) Le décor international : commerce mondial en reprise, servicesausommet
En 2024, la valeur du commerce mondial de marchandises a progresséde+2,2%(24,6trillions $) après –4,7 % en 2023, un rebond freiné par la baisse des prix moyens (énergie –5 %, produits manufacturés –1,6 %)
Les services commerciaux ont continué de croître +9,1 % à 8,4 trillions$,dopésparlevoyageet les services numériques deux moteurs qui soutiennent aussi l’extérieur marocain (recettes de voyages).
2) 2024-2025 : les « métiers mondiaux » relancent la dynamiqueexport
Un mix export qui redevient tracteur
En 2024, les exportations marocaines globales ont atteint 456,3 Mds DH (+6,1 % vs 2023), avec une inflexion positive sur la chimie-phosphates, les produits finis d’équipement et les consommations Côté partenaires, l’Union européenne concentre 63,2 % des exportations (Espagne 22,1 %, France19,1%)
Au S1–S2 2025, la valeur des expéditions a poursuivi sa normalisation dans l’industrie : dérivés de phosphates +18,4 % à fin août 2025, aéronautique +5,6 %,métallurgie+18,5%,plastiquecaoutchouc +32 % Côté offre, la capacitéindustrielle
s’estretendue(TUC78,3%finaoût2025,+0,9pteng.a.).
Automobile:capsur1milliond’unitésetl’électrification
Production559645véhiculesen2024(2ᵉenAfrique,prochedel’AfriqueduSud599 755), capacité 700 000 et montée en charge vers 1 million portée par de nouveaux modèles(donthybrides/électriques) Chiffred’affairesexportrecord157,6MdsDHen 2024(+6,3%) Objectif2030:hubdebatteries(cobalt/phosphates)pourlesmarchés UE/US
Phosphates&dérivés:retourdecycle,levierd’export
Aprèsuncontre-chocprixen2023,laligneGroupeOCParebondien2024(+13,5% après–33,6%),puis+18,4%pourlesdérivésàfinaoût2025:lanormalisationdela demandeetl’améliorationdesspreadssoutiennentlavaleurexportée
Aéronautique:montéecontinuedanslachaînedevaleur Àfinaoût2025,lesexportationsaéronautiquesprogressent+5,6% Lecontenulocal et la diversification (aérostructures, câblage, MRO) confortent l’intégration avec les donneursd’ordreeuropéens
À retenir En 2024-2025, les « métiers mondiaux » se réinstallent comme premiers moteurs des exportations, pendant que le tourisme et les transferts MRE stabilisent l’externe Déficitcourant2024:1,2%duPIB(vs1%en2023),malgréunecontribution négativeducommerceextérieuràlacroissance(–2,5pts)
3) PLF 2026 : que disent les prévisionsd’export?
LeREFtablepour2026sur:
● Exportationsdebiens&services: +8,2 % (volume), tirées par automobile, aéronautique, électronique ; contribution +3,6 pts àlacroissance
● Importations:+8,4%(volume); contribution –4,3 pts, portée par alimentaire +7 %, biens d’équipement +9 %, demi-produits +8,2%
● Besoin de financement de l’économie:2,6%duPIB(après2,2 %en2025)
Traduction macro La croissance 2026 demeure ouverte (investissement fort → import d’équipements), mais le paquet export compense en partie via la montée des filières mondiales. Le cadre de stabilité reste assuré par les voyages et les transferts MRE, quiontsoutenul’équilibreen2024

4) Gouvernance de l’export : une feuille de route 2025-2027 chiffrée
LaFeuillederouteducommerceextérieur2025-2027fixetrois
objectifs mesurables : élargir la base exportatrice de 400 entreprises/an,+80MdsDHd’exportationssupplémentaireset 76000emploiscréésd’ici2027.Outils:One-Shop-StoreExport, assurancepubliqueàl’export,agrégation/exportation,guichets uniques (rationaliser de 5 interfaces à une plateforme), digitalisation(trade.ma,tijaria).
Côté financement externe de l’appareil productif, les IDE nets ontatteint16,3MdsDHen2024(+52%),puis22,95MdsDHàfin août2025(+47,6%ga),renforçantleschaînesexport
5)Pourquoil’équilibreexterneatenu(etdoittenir)?
(i)Moteursstructurels
● Automobile:effetvolume(capacité,nouveauxmodèles)+ pivotélectrique(batteries),avecunCAexport2024:157,6Mds
DH
● Phosphates/derivés : effet prix-volume reconstitué en 2024-2025(OCP+13,5%;dérivés+18,4%àfinaoût2025)
● Aéronautique/électronique:montéeengamme,viscosité descarnetsUE
(ii)Amortisseursconjoncturels
● Voyages/MRE:soutiennentlastabilitéextérieuremalgréla contributionnégativedeséchangesàlacroissanceen2024
● Coût de financement : détente en 2024-2025 (taux primairesenbaisse),utilepourfinancerl’investissementexport sanspressionexcessivesurlabalance
6)Troisrisques2026àsurveiller etleursparades
RefluxdelademandefinaleenEurope
○ Risque:l’UEpèse>60%desdébouchés;unerechutedela demandeenbiensmanufacturésrognelesvolumes.
○ Parade : diversification géographique (US/Afrique), assurancepubliqueàl’exportaccrue,activationduOne-ShopStoreExportpouraccélérerlaprospection.
Contraintesd’offredomestique(capacité/qualif/logistique)
○ Risque:TUCà78,3%;sansmontéeencompétencesni logistiquefluide,le«+8,2%»d’export2026estdifficileàlivrer.
○ Parade:accélérerlesinvestissementslogistiques(ports, rail, hubs) et les compétences (indus 40) Le PLF 2026 cite les chantiers aéroports/LGV/ports et la stratégie Maroc Digital 2030commeleviersdecompétitivité-coût
Prixdesintrants&demi-produits
○ Risque:importd’équipements/demi-produitsenhausse (volumes +8–9 %) peut rogner la marge export si les prix mondiauxseretendent
○ Parade:clausesd’indexation,sourcingmulti-pays,gains deproductivité(automation/énergie)
7)Check-listd’exécution(pour«faire»les+8,2%)
● Pipeline firmes export : +400 exportateurs/an (suivi public ducompteur),effetréseauviasociétésd’agrégation
● Guichet unique : bascule effective des 5 interfaces → 1 plateforme(métriques:délais,coûts)
● Assurance à l’export : capillarité dans les régions (PMEPMI)
● Logistique:alignerl’agendaaéroports/ports/railavecles picssaisonniersexport(auto,agro,chimie)
● IDE:consoliderl’attraction(flux202416,3Mds;à22,95Mdsà finaoût2025),conditiondelamontéeengamme
Le PLF 2026 est cohérent avec une économietiréeparsesmétiersmondiaux: auto (records d’export, cap sur 1 million d’unités & batteries), aéro (progression régulière), phosphates/derivés (retour de cycle) Les prévisions (export +8,2 % ; import +8,4 % en volume) sont ambitieuses mais atteignables si trois conditionssontremplies: déploiementrapidedesoutilsdelafeuille de route export (guichets, assurance, agrégation), synchronisation investissements logistiques/industriels avec la demande externe, stabilité du cadre macro (déficit budgétaire 3 % du PIB, besoin de financement2,6%duPIB)
En somme, la « machine à exporter » marocaineestenpositiondelivrerceque promet le PLF 2026. À condition de transformerlastratégieenlogistique,la capacitéenlivraisons,etlesplateformes encontrats—avec,àlaclé,unestabilité extérieure préservée et des recettes qui financent l’État social sans dégrader l’équilibreexterne

Chapô. Le PLF 2026 ne se contente pas d’annoncer des chiffres : il recompose finement le tarif douanier et les taxes intérieures de consommation (TIC) pour protéger des maillons fragiles (balais, électroménager de base, résine PVC), sécuriser les chaînes d’approvisionnement (produitspharmaceutiques)etaméliorerla conformité (marquage fiscal des combustibles). En toile de fond, la cible de 18,5 Mds DH de droits de douane (≈ 1 % du PIB) reste modeste mais stratégique dans l’architecture des recettes 2026. Tour d’horizon chiffré et raisonné, mesure par mesure.
1)Pourquoiretoucherletarifen2026? D’aborduneréalitébudgétaire:en2026,l’État vise366,5MdsDHderecettesfiscales(≈20,1 %duPIB),dontTVAàl’importation71MdsDH, TIC45,4MdsDH(énergie23,1Mds,tabacs17,7 Mds) et droits de douane 18,5 Mds DH Le poidsbudgétairedesdroitsn’estpasmassif, maisleurrôleestmicroéconomique:arbitrer entre protection de filières locales et compétitivité-coût pour le consommateur et l’industrieaval
Ensuite, une réalité industrielle : l’économie marocaineabesoind’écranstarifairesciblés là où l’asymétrie de concurrence (surcapacités asiatiques, détournements de flux, positions dominantes) menace des maillons productifs encore peu capitalisés C’estexactementlalogiquedesajustements 2026
2) Trois relèvements « boucliers » contre la concurrencedéséquilibrée a)Monofilaments(filièredesbalais):de2,5% à17,5%
Pour préserver la filière nationale des balais faceàl’affluxdeproduitsfinisimportés,lePLF relève le droit d’importation sur les monofilaments de 2,5 % à 17,5 % (avec spécialisation). L’objectif n’est pas de renchérir une matière première par principe, maisd’éviterquedesintrantsàtrèsbasdroit ne fragilisent la fabrication locale quand l’aval importé écrase les marges domestiques.
Lecture Pour2026,silamodérationdescoursseprolongeetquelapart subventionnée reste proche de la moitié du prix réel, la composante « butane » de l’enveloppe 13,9 Mds DH devrait rester maîtrisée sous réserved’épisodesdetensionliésaufret,auxarbitragesaméricainsouà deschocsgéopolitiques
3)Sucre:consommationélevée,productionlocaleaffaiblie,subvention relevéedepuis2023
Unsoutienrehausséàlaconsommation
La charge de compensation du sucre à la consommation est passée d’unemoyennede3,4MdsDHavant2023àprèsde4,4MdsDHen2024, conséquence directe de la revalorisation de 27 % de la subvention forfaitaire entrée en vigueur le 14 avril 2023 De janvier à juin 2025, la charge mensuelle a fluctué entre 352 MDH (min, avril) et 417 MDH (max, mai),pouruntotal2,292MdsDH,quasistablevs2024(2,305Mds).
Unedépendanceaccrueauximportations
Côtéoffre,laproductionnationaledesucreaplongéde600kt(2019)à191 kt(2024)(–68%),avantunrebondà280kten2025;letauxdecouverture par la production tombe à 23 % en 2025. La structure de consommation restedominéeparlesucregranulé(61%),suividusucreenpain(23%),du lingot (14 %) et du morceau (2 %). Cette dépendance aux importations accroîtl’effortderestitutionàl’import:2,52MdsDHen2023,puis1,77MdDH en2024selonlaCaissedeCompensation 3) Un abaissement ciblé pour baisser le coût des intrants : les profilés pourcaissonsdeventilation
LePLFabaisseleDIde30%à17,5%pourdesprofilés(≤1mm;≤255g/ml) utilisés dans la fabrication de caissons de ventilation Ici, la logique est inverse : alléger le coût d’un intrant pour promouvoir l’assemblage local d’un composant industriel On neutralise un surcoût amont qui minait la compétitivitédel’ateliermarocain

4)Pharmaceutiques(chapitre30):continuitéd’un travailde«chirurgietarifaire»
Depuis2023,lechapitre30aétérestructuréselonla réalitédeproduction:
2,5%pourlesproduitstotalementimportés; 10 % / 17,5 % pour les produits à la fois importés et fabriquéslocalement; 40%pourlesproduitsàproductionlocaleexclusive. Cet escalier tarifaire vise à favoriser la production nationale sans perturber l’approvisionnement. Des casonttoutefoisvudesspécialités(ycompriscelles desmarchéspublicsdelaSanté)basculerversdes quotités 10–17,5–40 %, alors qu’elles relevaient auparavant de 2,5 %. D’où des réaménagements opérés (décret 2-23-590 du 21/07/2023, LF 2025) et lapoursuitedecescorrectifsdanslePLF2026 L’idée : sécuriser les marchés et les prix sans casser la montéeencompétencesindustrielle
5) TIC & marquage fiscal : conformité d’abord, rendementensuite
Lemarquagefiscaldescarburantsaétéétenduau gasoil et au supercarburant à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 LeGouvernementproposed’étendrelechamp au carburéacteur, aux fuel oils, au propane et au butane mais en reportant l’entrée en vigueur de cette extension au 1ᵉʳ janvier 2028, ainsi que la sanction liée au défaut de marquage Pourquoi ?
Pour laisser du temps technique aux opérateurs (adaptation des installations) et fiabiliser l’empreinte chimique Message : mieux vaut une conformitésolidequ’unenormeprécipitée
Au passage, la TIC 2026 (tous produits) est budgétée à 45,4 Mds DH, dont 23,1 Mds sur les énergétiques : le marquage ne vise pas seulement unrendement,maislatraçabilitéetlaluttecontrela fraude(volumesnondéclarés,dilutions).
6) Bois importé : vers un calibrage plus fin entre matièrespremièresetproduitsfinis
Ledocumentdeprésentationrappellelataxesurles boisimportés:12%surlechapitre44(hors44.08)et 6 % sur certains meubles en bois (chap. 94). Problème signalé : la même taxe frappe matières premièresetproduitsfinispourcertainesréférences, ce qui désavantage l’usinage local Le PLF ouvre le débat de calibrage ; il faudra suivre l’issue réglementaire pour cibler la taxe là où elle protège sansrenchérirl’intrant
Comme chaque année, l’article 2 du PLF habilite le Gouvernement, conformément à l’article 70 de la Constitution,àmodifieroususpendre(pardécrets) les quotités tarifaires et autres droits perçus à l’import/export ainsi que les TIC (à l’exclusion de la TVA) lesdécretsdevantêtreratifiésensuiteparle
Parlement Le PLF 2026 liste d’ailleurs des décrets 2025àratifier,notammentceluiquisuspendledroit d’importation sur les bovins domestiques (29 août 2025) C’estuncadredesouplessepourréagiràdes chocs de prix ou d’offre sans attendre une LF rectificative
8)Cequeceschoixchangentvraiment(2026) Prixàlaconsommation
Électroménager de base : le relèvement à 17,5 % peut modérerlaguerredesprixsurl’importetdonnerdel’airaux fabricants locaux Sur les modèles importés, un léger renchérissement est possible à mesurer avec la TVA import (71 Mds DH budgétés en 2026), les marges distributeursetl’élasticitédelademande.
PVC : le passage à 10 % vise surtout la prévention d’un dumpingd’opportunité;l’impactconsodépendradupoids delarésinedanslecoûtfinaldesproduits(tuyaux,profilés). Compétitivitéamont/aval.
Profilésdeventilation:lerelâchementdudroit(30 → 17,5%) baisselecoûtd’intrant,argumentpro-assemblagelocal. Pharmaceutiques : la chirurgie tarifaire continue pour concilier sécurité d’approvisionnement (marchés publics) etmontéeengammelocale
Conformité&traçabilité
Marquage des combustibles : extension annoncée mais reportée (2028) pour les nouveaux produits gage de qualitéd’exécution
9) Comment juger objectivement l’« efficacité » de ces mesuresen2026?
Volumes importés sur les HS ciblés (monofilaments, lavantes, congélateurs, PVC) : baisse attendue pour les finitionsimportéesquandilexisteuneoffrelocale
Tauxd’utilisationdescapacitésdanslesateliersconcernés: progressiondequelquespointsseraitunsignederéussite Prix départ usine local vs prix CAF import : l’écart doit se resserrersansbasculerdansunerente
Délais & prix pharmaceutiques dans les marchés publics : absencedepénuriesetstabilitédesprixunitairesmalgréla montéeengammeindustrielle
Conformitéaumarquage:tauxdecouverturedesvolumes, écarts détectés, sanctions (à compter de 2028 pour les nouveauxproduits).

9)Commentjugerobjectivementl’«efficacité»decesmesuresen2026?
Volumes importés sur les HS ciblés (monofilaments, lavantes, congélateurs, PVC) : baisse attendue pour les finitionsimportéesquandilexisteuneoffrelocale
Taux d’utilisation des capacités dans les ateliers concernés : progression de quelques points serait un signe de réussite
PrixdépartusinelocalvsprixCAFimport:l’écartdoitseresserrersansbasculerdansunerente
Délais & prix pharmaceutiques dans les marchés publics : absence de pénuries et stabilité des prix unitaires malgrélamontéeengammeindustrielle
Conformitéaumarquage:tauxdecouverturedesvolumes,écartsdétectés,sanctions(àcompterde2028pour lesnouveauxproduits).
10)Pointsdevigilance(etparades)pournepas«surprotéger»
Risquederépercussionexcessiveàlacaissesurl’électroménager:publierunsuivitrimestrieldesprixmoyenset part importée par segment ; si dérapage, ouvrir des contingents à droit réduit sur des modèles d’entrée de gamme.
PVC & intrants industriels : si tension d’offre, licences temporaires ou contingents pour éviter un goulet chez les transformateurs.
Pharma:bouclerrapidementlesréaménagementsduchapitre30poursécuriserleslivraisonsdesmarchésSanté ;maintenirlaporteà2,5%surlesDCIcritiquesquandl’offrelocaleestencorenaissante
Bois : dissocier clairement matières et produits finis dans la taxe, pour protéger l’usinage sans taxer l’intrant commeunproduitfinal
11)Gouvernance:simplifieretcontrôlerenmêmetemps
LePLFreliel’agendatarifaireàdeuxchantierstransverses:
Simplification douanière & lutte contre la fraude (procédures, guichets, ciblage) indispensable pour que la « protectionintelligente»nesetransformepasenrented’importation
Habilitation tarifaire (Article 2) + ratification systématique des décrets une agilité utile face aux chocs (ex suspensiondudroitsurbovinsen2025)
Verdict
Le PLF 2026 assume une protection ciblée là où l’équité concurrentielle est menacée (monofilaments, électroménager, PVC), allège des intrants stratégiques (profilés pour ventilation), stabilise l’approvisionnement pharmaceutique par une chirurgie fine du chapitre 30 et organise la conformité par le marquage fiscal en donnant du temps aux opérateurs pour bien faire Le tout sous un cadre d’habilitation/ratification qui garantit réactivitéetredevabilité
Clédelecturepour2026:si,àl’automne,onobservedesusinespluschargées,desprixstablescôtésanté,desflux importmieuxqualifiés(moinsd’opportunisme),etuneconformitésourcéeparlemarquage,alorsla«protection intelligente»auratenusespromesses sanssacrifierl’utilisateurfinalnil’équilibredesrecettes(douanes18,5Mds DH;TVAimport71MdsDH;TIC45,4MdsDH).Àdéfaut,ilfaudraréajuster:contingenter,aménager,ouvrir c’est précisémentcequepermetl’Article2.


Chapô. Dans le PLF 2026, les recettes non fiscalessontprojetéesà62,7MdsDH(soit14,5 % des recettes ordinaires), réparties entre versements des EEP (27,5 Mds), financementsinnovants(20Mds)etcessions de participations de l’État (6 Mds). Cette architecture vise à diversifier la ressource toutenaccélérantlaréformeduportefeuille public. Décryptage chiffré et pragmatique, aveclesgarde-fousàsurveillerenexécution.
1)Pourquoiles«nonfiscales»sontdécisives en2026
Deux chiffres plantent le décor : les recettes ordinairesnettessontprévuesà432,8MdsDH, dont366,5Mdsderecettesfiscales(≈20,1%du PIB) Pardifférence,l’enveloppe«nonfiscales» (62,7 Mds DH) pèse 14,5 % des recettes ordinaires un coussin de soutenabilité essentielpourstabiliserledéficità3%duPIB À retenir En 2026, la prouesse budgétaire ne vientpasuniquementdesimpôts(IS/IR/TVA): elle dépend aussi de la capacité de l’État à remonter des flux des EEP, valoriser ses actifs et structurer des financements hors dette budgétaire.
2) 27,5 Mds DH de versements des EEP : qui paye,etpourquoimaintenant?
Le PLF 2026 table sur 27,5 Mds DH de versements en provenance des ÉtablissementsetEntreprisespublics(EEP).Ce montant dépasse la seule trajectoire de dividendes«classiques»:ilagrègelamontée en puissance de quelques contributeurs systémiques(OCP,BAM,ANCFCC,etc)etl’effet de gouvernance (rationalisation, reporting, disciplinedetrésorerie)
Poursituerleniveau:lesproduitsversésparlesEEPauBudgetgénéral (hors cessions) ont atteint 16,61 Mds DH en 2024, une clôture 2025 attendue à 18,545 Mds et une projection 2026 à 19,522 Mds. À fin septembre2025,16,023Mdsavaientdéjàétéversés,principalementpar OCPSA(6,177Mds),BankAl-Maghrib(4,079Mds)etANCFCC(4,015Mds). Autrementdit,labasecontributiveestidentifiéeetactive,maisatteindre 27,5Mdssupposed’yajouterd’autrespostes(dividendesetremiseshors périmètreEEPstrictosensu)etdepérenniserladisciplinederemontée. Cequ’ilfautsurveiller.
Concentration : une part élevée vient de trois acteurs ; il faut élargir la basesansfragiliserl’investissement
Cyclicité:lesversementsd’OCPsontcycliques(prixdesengrais),tandis que ceux de BAM reflètent la marge financière et la conjoncture monétaire;celaplaidepourunemargedesécuritédansl’exécution 3) 20 Mds DH de « financements innovants » : de quoi parle-t-on concrètement?
Le PLF 2026 vise 20 Mds DH via des mécanismes de financement innovants (ingénierie financière) Dans la pratique, l’ANGSPE et le MEF déploientdesschémassansgarantiedel’État,fondéssurlavalorisation d’actifs, les OPCI (portage d’immobilier public), la titrisation et d’autres montagesdepatrimonialisation(immobilier,foncier,concessions,cashflowsdédiés)
Desopérationspilotesmontrentlafaisabilité:valorisationdepatrimoine chezBaridAl-Maghribetrenforcementdesfondspropresd’AlBaridBank, pouraméliorerlesratiosprudentielsetaccroîtrelesdividendesremontés àl’État;desschémasanaloguessontétudiésavecADM,ONDAetONCF L’idée est d’activer de la ressource hors budget en traitant l’État propriétairecommeunassetmanagerdiscipliné

Côté domaine privé de l’État, la rentabilisation des actifs (locations, ventes,remploidomanial)estexplicitementintensifiée:l’objectifLF2025 sur produits/revenus domaniaux (1,86 Md DH) a été dépassé dès le S12025 (recouvrement > 2,52 Mds), confirmant le gisement et la capacité derecouvrement.
Lacléderéussite2026:documenterprojetparprojetl’actifmobilisé,la valeur extraite et l’absence de risque implicite pour le Trésor (hors garantiesouveraine).Autrementdit,«financersanshypothéquer».
4)6MdsDHdecessionsdeparticipations:pipelineetgarde-fous Le PLF inscrit 6 Mds DH de cessions de participations publiques. Le messageestdouble:accélérerlarationalisationduportefeuilleetéviter la vente à bas prix D’où l’importance d’un pipeline transparent (secteurs/actifs)etd’unefenêtredemarchécompatible(valorisations) La réforme EEP prévoit d’ailleurs la transformation d’établissements marchands en SA pour clarifier la gouvernance et préparer des opérationscapitalistiques
5)CequechangelaréformedesEEPcôté gouvernance(etpourquoiçacompte)
La réforme 2021-2026 n’est pas cosmétique : elle recompose des périmètres, simplifie les holdings, met en liquidationdesentitésdevenuesobsolètes (ex Société d’Ingénierie Énergétique, liquidée 29/07/2025), et prépare des restructurations sectorielles (finances publiques/banques d’État, logistique, énergie) Objectif : lisibilité, neutralité concurrentielle, efficience et leviers de financement mobilisables sans garantie duBudgetgénéral
Cette « chirurgie » s’inscrit dans un cadre politique clair (note d’orientation 08/08/2025, priorités 2026) : faire des EEP unelocomotived’investissementproductif et territorialisé, tout en préservant les équilibresdesfinancespubliques
6)Uncontexted’investissementEEPtrès tendu…maisporteur
LesEEPrestentmassivementinvestisseurs: 101,4MdsDHréalisésen2024(+25%),152,5 Mdsattendusenclôture2025,et179,7Mds projetésen2026(+6%vsprévisions2025), concentrés sur 8 groupes (OCP 52,5 Mds, ONCF 20,6, SRM 19,6, ONEE 17,2, HAO 7,6, ONDA 6,2, CDG 6,0, AREF 5,8). Cette réalité impose un calibrage fin des dividendes/versements pour ne pas assécherlacapacitéd’autofinancement.
Lecture Le PLF 2026 parie sur une coexistence : investissement EEP à très haut niveau et remontée de produits
L’arbitrage dépendra de la qualité des projets (rendement, phasage) et des schémas innovants (OPCI, titrisation) qui évitent de taper dans la trésorerie opérationnelle
7) Les trois risques majeurs côté « non fiscales»(etcommentlesmitiger)
Cyclicitédesgrandspayeurs
Risque : baisse de cycle sur les engrais (OCP)oucontractiondesrésultatsdeBAM réduitmécaniquementlesversements
Parade : bouclier prudentiel (marge de sécurité dans la cible), élargissement progressifdelabasecontributive(EEP/IFP), et priorisation des projets EEP à fort ROI avantversements
Ingénierie financière qui « requalifie » en dette.
Risque : certains montages mal calibrés pourraient ramener du risque implicite versleTrésor.
Parade : privilégier des véhicules sans garantie de l’État et tracer l’actif support (OPCI, flux dédiés) ; publier la liste des opérations et leurimpactbudgétairenet.
Cessionsàcontre-temps.
Risque:6MdsDH«coûtequecoûte»peutpousseràvendrebas Parade : pipeline public, calendrier souple, clause d’opportunité (fenêtre de marché), et priorité aux opérations qui réorganisent la filière(transformationsenSA,partenariatsindustriels)
8)Check-listd’exécutionpour«livrer»62,7MdsDH
TableaudebordtrimestrieldesversementsEEPparentité(réalisévs cible),avecexplicationdesécarts(cycle/prix,cash-flow,projets)
Inventaire public des opérations innovantes : nature de l’actif, véhicule (OPCI/titrisation), rendement, absence de garantie et produitbudgétaire(one-offvsrécurrent)
Pipelinedescessions:listecourte,valorisationsindicatives,conditions demarché
Articulation avec l’investissement EEP : filtre « pas de versement qui tuel’autofinancement»surles8grandsinvestisseurs2026
9)Verdict
Le pari 62,7 Mds DH en 2026 est ambitieux mais crédible à trois conditions
GouvernanceEEPassumée(rationalisation,disciplinededividendes, transformationenSAquandutile);
Financements innovants réellement hors garantie et adossés à des actifs traçables (OPCI, titrisation, valorisation immobilière/domaniale);
Cessionsopportunesetciblées(réorganiserplutôtquebrader). Avec27,5Mdsdeversements,20Mdsdefinancementsinnovantset 6Mdsdecessions,l’Étatdiversifiesessourcesetréduitlapressionsur l’impôt tout en gardant une main ferme sur l’investissement EEP (179,7 Mds en 2026). La ligne de crête est fine : tenir la soutenabilité sansbriderlamachined’investissement C’estprécisémentl’objetde laréformedesEEPetdunouveauréflexepropriétairedel’État Si,fin 2026, le tableau de bord montre des versements tenus, des opérationsinnovantestransparentsetnonrisquées,etdescessions alignéesaveclastratégiesectorielle,alorslepariauraétégagné avecàlacléuneréductiondudéficità3%duPIBetunetrajectoire dedettestabilisée
En une phrase : en 2026, les recettes non fiscales ne sont plus « résiduelles» ellessontstratégiques,parcequ’ellesobligentl’État àmieuxgérersesactifsetàmieuxgouvernersesEEP,auservice d’unesoutenabilitébudgétairedurable.

Chapô. Le PLF 2026 ne se limite pas à une trajectoire dedéficità3%duPIBetune dette stabilisée à 65,8 % : il redessine la gouvernance budgétaire autour d’une nouvelle règle adossée à l’endettement à moyen terme,étendlepérimètrede la LOF aux EEP non marchands, renforce le rôle du Parlement, impose une réservedeprécautionde15% sur les crédits d’investissement, annule les CP 2025 non engagés, et clarifie les dates d’entrée en vigueur des mesures fiscales. Objectif : plus d’agilité en cours d’année, maisaussiplusdediscipline etderedevabilité.
1) La « nouvelle règle budgétaire » : ancrer la politiquedansunetrajectoire dedette
Le Gouvernement annonce une réforme de la LOF introduisant une règle budgétaire qui fixe la trajectoiredel’endettementà moyen terme, avec des exceptionsprévuesencasde conjoncture défavorable. Cette évolution s’accompagne d’un renforcement de l’approche deperformanceetdurôledu Parlement dans l’évaluation des politiques publiques. Pour 2026, le cadrage macro–budgétaire affiche un déficit de 3 % du PIB et une dette à 65,8 %, cohérents avec un ancragedesoutenabilité Pourquoi c’est important Ancrerlapolitiquebudgétaire sur la dette plutôt que seulement sur le déficit réduit le risque de « pro-cyclicité » La règle donne un cap pluriennal (réduction graduelle du ratio d’endettement)etlaissedela souplesse en cas de choc, à conditiond’êtreprécise
(périmètre,métrique,périoded’ajustement,clausesd’échappement)etcontrôlablepar leParlement
2)UneLOFélargieauxEEPnonmarchandsetunParlementpluscentral
La réforme prévoit d’élargir le champ d’application de la LOF aux EEP à caractère non marchandetderenforcerlasoutenabilitévialarègled’endettement,toutenmusclant la participation parlementaire en préparation et exécution Concrètement, cela signifie unevisionconsolidéedesengagementspublics(État+EEPnonmarchands)etunsuivi plusserrédesperformancesetdesrisques
Effet attendu Mieux cartographier le périmètre public limite les angles morts sur la dette/les risques, améliore l’arbitrage des priorités et clarifie la répartition des responsabilitésentreadministrationetopérateurs
3)Uneréservedeprécautionde15%surl’investissement2026
Le PLF applique une réserve de précaution de 15 % aux crédits de paiement d’investissement du budget général pour 2026. Finalité : piloter la trésorerie, absorber l’incertitude (taux, prix, retards) et réaffecter en cours d’année vers les projets les plus matures.
Lecture.Bienutilisée,cetteréservelissel’exécutionetévitelesgelstardifs.Malpilotée,elle peut ralentir des chantiers critiques. Le bon outil : un comité infra-annuel qui libère la réserveauvudejalons(études,foncier,AOnotifié).
4)Disciplined’exécution:annulationdesCP2025nonengagés Coupd’accélérateursurladiscipline:lescréditsdepaiementd’investissement2025non engagés au 31/12/2025 sont annulés (sauf projets avec fonds de concours) Par cohérence,leplafonddereportde30%delaLOFnes’appliquepasàcesprojetssous fonds de concours ; les marchés achevés et projets achevés financés par fonds de concours voient leurs reliquats annulés de droit Message : moins d’inertie, plus d’efficacité
Effet attendu En éliminant les « crédits dormants » , on réalloue vers les priorités exécutables, on réduit le risque de sous-exécution et on clarifie la trajectoire d’investissementaffichéeenLFI

5)Agilitéréglementaire:habilitationsetratificationsencadrées
LeparagrapheIdel’article2duPLF2026habiliteleGouvernementàmodifieroususpendre,pardécrets,les quotités tarifaires (import/export) et les TIC (hors TVA), ainsi qu’à adapter les listes d’exonérations pour certainspaysafricains;lesdécretssontratifiésparleParlement.Au-delà,lePLFhabiliteaussilacréationen coursd’annéedeSEGMAetdeComptesspéciauxduTrésor,avecinformationpréalabledescommissionset ratificationenLFIsuivante.Cecouplageagilité/ratificationévitelaparalysiesansdessaisirlelégislatif.
Cas d’école. La suspension du droit d’importation sur les bovins décidée fin août 2025 illustre cette agilité, ensuitesoumiseàratification.
6)Calendrierclaird’entréeenvigueurdesmesuresfiscales
Le PLF précise les dates d’application : certaines dispositions du CGI s’appliquent dès le 1ᵉʳ janvier 2026 (enregistrement, actes, conventions), d’autres à compter du 1ᵉʳ juillet 2026 Cette clarté réduit le risque de contentieuxetaidelesentreprisesàplanifier
7)Transparence&redevabilité:oùenestleMaroc?
Côtétransparence,l’EnquêtesurleBudgetOuvert2023situeleMarocà47/100(au-dessusdelamoyenne mondiale 45/100) et recommande de publier régulièrement les rapports d’exécution, d’instaurer des consultations publiques et de renforcer le contrôle externe Le REF rappelle que la gouvernance financière s’amélioremaisqu’ilrestedesmargesdeprogressionpouratteindrelesmeilleursstandards
Le rôle du Parlement est explicitement renforcé dans la réforme LOF (préparation & exécution) un levier pourconnecterl’approchedeperformanceàuncontrôledémocratiqueplusapprofondi
8)Check-listtrèsconcrètepourjugerl’exécution2026
Règle d’endettement Publier (et tenir) une trajectoire chiffrée du ratio dette/PIB 2026–2028, avec clauses d’exceptiondocumentées;vérifierlacohérenceavecdéficit3%etdette65,8%2026
Réserve 15 % Suivre, trimestre par trimestre, le taux de libération de la réserve et les critères (jalons), pour éviterdesgelsindiscriminés
AnnulationsCP2025 Publierlalistedeschapitrestouchés,lesexceptionsfondsdeconcours,etl’impactsur lesprojets;vérifierl’applicationduplafonddereportnonapplicableauxprojetsconcernés
Agilité/ratification Recenser les décrets pris (droits, TIC, SEGMA, CST), l’information des commissions, et la ratificationdansla«plusprochaine»LFI
Calendrier fiscal S’assurer que les mesures au 1ᵉʳ janvier/1ᵉʳ juillet 2026 ont bien été déployées (notes DGI/Douanes,SImisàjour).
Transparence. Publier régulièrement les rapports d’exécution et documenter la réponse aux recommandationsEBO(consultations,contrôleexterne).
9)Cequipeutencoremieuxmarcher(etcomment)
Spécifierlarègle.Pouréviterl’ambiguïté,préciserlamétrique(dettebruteduTrésor,périmètreconsolidé?), l’horizon(3–5ans),lavitessed’ajustementetlaprocédured’activationdesclausesd’échappement;publier unrapportméthodologiqueannexé.
Boucle Parlement–performance. Lier formellement les rapports de performance aux auditions parlementaires,avecindicateursetcibles(et,lecaséchéant,reprogrammations).
Openbudget Accélérerlapublicationdesrapportsd’exécutioninfra-annuelsetorganiserdesconsultations (LOF&PLF) deuxrecommandationsexplicitesdel’EBO2023
Le PLF 2026 met en place les bonnes charnières : une règle d’endettement pour l’ancrage, une LOF qui élargit le périmètre et clarifie les rôles, une réserve de 15 % pour piloter l’investissement en temps réel, des annulations de CP 2025 pour assainir l’exécution, des habilitations encadrées par ratification pour réagir vite,etuncalendrierfiscallisible.Reste à prouver la cohérence d’ensemble : tenir la trajectoire (déficit 3 %, dette 65,8 %), libérer la réserve là où les projets sont mûrs, documenter les décretsetpublierl’exécution.Àceprix, la gouvernance ne sera pas une promesse,maisunmodeopératoire.

Controverse1:Conjoncturenationale2026(croissa inflation,emploi,productivité)
Controverse2:Impôts&taxes(IR/IS/TVA/accises) mesuresnouvelles&rendement

Controverse3:Investissementpublic&privé,PDI,PPP,IDE
Controverse4:Déficit&dette(trajectoire,financement, risquesdetaux)
Controverse5:Emploi&RH(marchédutravail,jeunes, femmes,compétences/IA)
Controverse6:Compensation(subventions,ciblage, pouvoird’achat)
Controverse7:CST(Comptesspéciaux):gouvernance, soldesreportés,exécution
Controverse8:SEGMA(recettespropres,exécution d’investissement,autonomisation)
Controverse9:EEP(capex,CAF,réformes, dissolutions/fusions,risques)
Controverse10:Foncierpublic(valorisation, désenclavement,eau/énergie)
Controverse11:Répartitionrégionaledel’investissement (CAN2025/CoupeduMonde2030,PDI)

Lecadrage2026tablesur4,6%decroissance,une désinflation qui se confirme, un investissement publicélevé(BG+EEP)etunparisurlaproductivité. La question-clé n’est plus l’annonce, mais l’exécutionetl’emploidesjeunesetdesfemmes.
Après un cycle 2023–2025 heurté, le PLF 2026 opte pourunatterrissage“maîtrisé”:unecroissance4,6%, tirée par l’investissement public, l’agriculture sur hypothèse 70 M qx, et l’accélération des métiers mondiaux (automobile, aéronautique, électronique, offshoring) Latrajectoirecombinedéficit3%duPIB, dette stabilisée et baisse graduelle de l’inflation Le nerf de la guerre : convertir l’effort d’investissement en productivité mesurable et en emploi (jeunes/femmes), tout en traitant les goulets d’étranglement (eau/énergie, foncier, compétence numérique/IA)
La désinflation internationale, la détente monétaire et le maintien d’un niveau élevé d’investissement public offrent une fenêtre 2026 propice au rattrapage. Le cadrage prévoit une consommation mieux tenue grâce aux gains de pouvoir d’achat (ciblage social, compensation en baisse), une FBCF soutenue par BG et EEP, et une demande externe plusstable.Letalond’Achillerestel’exécution(délai, phasage,qualitédesprojets)etlacapacitéàactiver l’emploiparlamontéeengammedescompétences (digital/IA)etlaparticipationféminine,encorefaible. Opposition(5questions)
L’hypothèse 70 M qx ne rend-elle pas la croissance 2026 trop météo-dépendante, au risque d’un output-gapsilacampagnefaiblit?
Le retour à 3 % de déficit repose-t-il excessivement surlabaissedelacompensationetuncycledetaux favorable,doncréversible?
Les179,7MMDHd’investissementEEPn’augmententilspaslerisquedesous-réalisation(retards,foncier, passation),minantlemultiplicateur?
Où sont les gains de productivité mesurables (par secteur,parrégion)indispensablesàunecroissance potentielle>4%?
L’emploi des jeunes et des femmes reste atone : quelleélasticitédel’emploiàlacroissanceen2026si lavaleurajoutéedemeurecapitalistique?[SOURCE: Rapportéconomiqueetfinancier,p42]
Majorité(5questions)
Quelles clauses de flexibilité pour rephaser l’investissement (BG 114,8/EEP179,7)sichocexterne,sanscasser3%dedéficit?
Commentlarèglebudgétairerévisée(LOF)ancre-t-elleladette≈ 65,8%toutenfinançantlesocialetl’infra?
Quels leviers productivité (normes, concurrence, logistique, commande publique, IA/skills) pour transformer l’effort d’investissementenPIBpotentiel?
Par quels indicateurs emploi (taux d’activité féminin, insertion jeunes, filières IA/digital) le gouvernement rend-il compte trimestriellement?
Quels livrables 2026 (eau/énergie, foncier, zones industrielles) lèventlesverrousd’absorptionterritorialedel’investissement?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
●Q:4,6%decroissance,çachangequoipourmoi?
R:Siellesematérialise,onattendplusd’emploisetunmeilleur climat de revenus, à condition que l’investissement se réalise et diffuseauxPME/TPE
●Q:Pourquoiparle-t-onautantd’“exécution”?
R:Parcequel’argentbudgétédoitdevenirdeschantierslivrés; c’estlàquesegagnentlaproductivitéetl’emploi.
● Q : La baisse de la compensation me fera-t-elle perdre en pouvoird’achat?
R:LePLFprévoitdesfiletsciblésetdesmesuresdesoutien,tout enréduisantlafactureglobalepourdégagerdesmarges.

PLF 2026 poursuit la ligne “assiette large, taux stables, meilleur recouvrement”. Ajustements ciblésenIR/IS,pasdebig-bangenTVAmaisunpas vers la neutralité/simplification, TIC/accises actualisées (santé publique, environnement), et lutteanti-fraudeparladigitalisation.
L’architecture 2026 tient en trois verbes : simplifier, neutraliser,recouvrer CôtéIR,lecaprestelalisibilité du barème et l’équité horizontale (mêmes revenus, même impôt), avec un traitement plus fin des petitesactivités(CPU,retenuesàlasource,crédits)
Côté IS, priorité à la base imposable (prix de transfert, sous-capitalisation, pertes reportées), plutôt qu’aux taux faciaux TVA : rationalisation progressive des taux, limitation des ruptures de chaîne et gestion des crédits Accises/TIC : alignement santé/environnement (tabac, produits sucrés/énergétiques,nicotine)ettraçabilité
Le PLF 2026 s’inscrit dans une réforme continue : convergenceéquité–efficacité.Lesleviersprivilégiés ne sont pas des hausses frontales de taux, mais l’élargissement de l’assiette, l’assainissement des niches(dépensesfiscales)etlaconformité(facture électronique, e-audit, interfaçage banques–DGFiP–douane). Objectif : rendement régulier, prévisibilité pourl’investissement,etneutralitédelaTVApourne pasdistordrelaproduction/export. Opposition(5questions)
IR:sansrevalorisationmarquéedubarème,lesbas etmoyensrevenusnesubissent-ilspasuneérosion réelleen2026malgréladésinflation?
IS : la stabilité des taux faciaux masque-t-elle une hausseeffectiveviadurcissementdesrègles(prixde transfert, sous-capitalisation) pénalisant l’investissement?
TVA : l’absence d’unification rapide des taux ne prolonge-t-elle pas des ruptures de chaîne (crédits nonremboursés,trésoreriedesexportateurs/PME)?
TIC/accises : l’extension aux produits émergents (nicotine/énergies)n’alimente-t-ellepasunmarché informeldifficileàcontrôler?
Niches : la revue des dépenses fiscales cible-t-elle vraiment les niches à faible efficacité, ou bien des secteurs“sensibles”sont-ilsépargnés? Majorité(5questions)
IR:quelsgainsnetspourlespetitsrevenus/professionssousCPU (simplification,prévisibilité,trésorerie)en2026
IS:quelssafeguardspourlesinvestisseurs(ruling,documentation prix de transfert, non-double imposition, délais) afin d’assurer la prévisibilité?
TVA:quelsjalons2026versuneneutralitéaccrue(remboursement crédits, élargissement de l’assiette, standardisation des exemptions)?
TIC/accises:comments’assurent-onquel’ajustementdesaccises réduit la consommation nocive sans nourrir le marché illicite (traçabilité,contrôles)?
Niches : quels indicateurs d’évaluation (coût/rendement/emploi/export) pour “déclasser” les niches inefficacesd’ici2027?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:Pourquoinepasbaisser“simplement”laTVA?
R:Unebaissenoncibléepeutêtrecoûteuseetpeuefficacesiles entreprises n’ajustent pas les prix On privilégie neutralité et remboursementdescrédits
Q:L’impôtsurlessociétésva-t-ilaugmenter?
R:Letauxfacialresteraitstable,maislesrèglesanti-optimisation sontrenforcéespourtaxerlabaseréelle.
Q : Les cigarettes électroniques et produits de nicotine sont-ils taxés?
R:Lesaccises/TICsontadaptéesauxnouveauxproduitspourdes objectifsdesantépubliqueetdetraçabilité.

2026misesurl’accélérateurinvestissement:BG 114,8 MMDH et EEP 179,7 MMDH, appuyés par PPP ciblés et une stratégie IDE plus sélective. L’enjeu n’estpastantlamassequeletauxderéalisation, l’absorption territoriale et l’effet d’entraînement privé.
Le PLF 2026 aligne un trio : investissement public élevé, pipeline PPP dans les services essentiels (eau, énergie, transport, santé, éducation) et capillaritéIDEsurlesmétiersmondiaux(auto,aéro, électronique,offshoring) Leparimacron’adesens que si la qualité des projets s’améliore : sélection, phasage, foncier, raccordements eau/énergie, délaisd’exécution,etgouvernanceEEP/CST/SEGMA
C’est à cette condition que l’investissement livrera productivitéetemploisqualifiés,plutôtqu’unstock d’engagementsnonréalisés
La fenêtre 2026 est favorable : détente monétaire graduelle, activité mondiale 3,1 %, coûts de financementsouverainssoutenusparl’Investment Gradeetdemandesolidesurlesfilièresd’export.Le BGportel’effortd’infraetdeservicespublics(eau, santé, éducation, transport), pendant que les EEP jouentl’effetdelevier(énergie,rail,aéroports,zones industrielles).LesPPPsontpositionnéscommeoutil d’exécution/maintenance, pas comme substitut budgétaire.LesIDEvisentlamontéeengammeet l’intégrationlocale.
Opposition(5questions)
179,7MMDHd’EEP:queltauxderéalisationplausible au vu des retards récurrents (passation, foncier, raccordements)?
Les PPP ne servent-ils pas surtout à débudgétiser des engagements sans améliorer la valeur pour l’argent?
Sans intégration locale accrue et montée en compétences, l’IDE ne risque-t-il pas de maintenir unedépendanceimport(contenulocalinsuffisant) ?
Laconcentrationdel’effortsurquelquesopérateurs n’accroît-ellepaslerisqued’exécutionsystémique (gouletunique)?
Lescontrainteseau/énergieetfonciernerevinrentelles pas comme verrous majeurs d’absorption territoriale?
Majorité(5questions)
Quels jalons trimestriels (physiques/financiers) imposés aux EEP poursécuriseruntauxderéalisationélevéen2026?
Quelscritères“valeurpourl’argent”etd’allocationderisquespour lesprojetsPPP(contrôlequalitéO&M)?
QuellestratégieIDEparfilière(auto,aéro,électronique,offshoring) :exigencesd’intégrationlocale,R&D,etskills?
Quellesmesurestransverses(foncierpublic,raccordementseau/ énergie)accélèrentl’absorptionterritorialedès2026?
Comment les PDI régionaux et la répartition de l’investissement évitentles“éléphantsblancs”etmaximisentl’impactemploi?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:PourquoiinvestirautantvialesEEP?
R : Parce qu’ils portent l’infrastructure lourde (énergie, rail, aéroports) avec effet d’entraînement privé, à condition d’améliorersélectionetexécution
Q:LesPPP,c’estdelaprivatisation?
R : Non C’est un partenariat avec répartition des risques pour construire/exploiter/maintenir,souscontrôlespublics
Q:Qu’est-cequ’unPDI?
R : Programme de Développement Intégré : panier de projets territoriaux (zones industrielles, routes, services) adossés à des objectifsd’emploi

Cap 2026 : déficit 3,0 % du PIB, dette ~65,8 % stabilisée, coût de financement sous contrôle et règle budgétaire en révision.L’équationtientsil’exécutionsuitetsiladétentemonétaireseconfirmesanschocdeprixénergie.
Lastratégiebudgétaire2026reposesurtroispiliers:revenirà3%dedéficit,stabiliserladetteautourde65–66%duPIB,et pérenniseruncoûtdefinancementcompatibleavecl’effortd’investissementpublic Lecadrageintègreunedésinflation graduelleetunenvironnementdetauxendétenteprudente Lepointnévralgiquen’estpasl’objectif,maislarésilienceaux chocs(énergie/climat)etladisciplined’exécution(trésorerie,étalementdespaiements,gestionactivedeladette).
La consolidation 2026 se fait sans sabrer l’investissement. L’ajustement provient de mesures structurelles (recettes récurrentes,maîtrisedescharges),delabaissemécaniquedelacompensationetd’unetrajectoiredette/PIBhorizontale grâce à la croissance réelle. La gestion de la dette cible un mix domestique/externe équilibré, une maturité moyenne confortable et la limitation de l’exposition taux de change. La révision de la règle budgétaire (LOF) vise à arrimer la trajectoireàmoyenterme,enrenforçantlacrédibilité.
Opposition(5questions)
Leretourà3%nerepose-t-ilpastropsurlabaissetechniquedelacompensation,doncvulnérableàunchocénergie? Lastabilisationà~65,8%masque-t-elleunehausseduservicedeladettesilestauxréelsrestentélevés?
Lapartdefinancementexternenerenforce-t-ellepasl’expositionFX,surtoutencasdedollardurablementfort?
Sansrèglebudgétairedéjàopérationnelle,lacrédibilitédelatrajectoiren’est-ellepasfragilefaceàunchocmacro?
L’effortd’investissement(BG+EEP)n’entretient-ilpasuneffetd’évictionsurlecréditprivésilademandedefinancement publicgrimpeendomestique?
Majorité(5questions)
QuelscoussinsdeliquiditéTrésor(trésorerie,préfinancements)sécurisentlacible3%encasdevolatilitédemarché?
Quelsindicateursd’alerte(tauxréel,duration,partvariable/FX)déclenchentdescouverturesouarbitragesd’échéances?
Quelcalendrierpourl’entréeenvigueurdelarèglebudgétaireetsonancragedanslecycledeprogrammation?
Quellestratégied’émissiondomestique(tenors,réouvertures)pourlisserlacourbeetpréserverlecréditausecteurprivé?
Commentmesurerl’effetmultiplicateurdel’investissementpublicafindejustifierlasoutenabilité,au-delàdelasimple ciblededéficit?

Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
●Q:Queveutdire“déficit3%”?
R : Les dépenses dépassent les recettes de 3 % du PIB sur l’année ; l’écartestfinancéparemprunt
● Q : Une dette à ~66 % du PIB, c’est “élevé”?
R:Lasoutenabilitédépendducoûtde la dette, de la croissance, de la structure (maturité, taux fixe/variable, devise).
●Q:Quiprêteàl’État?
R : Marché domestique (obligations), bailleurs externes (multilatéraux/bilatéraux), et investisseursinternationaux.
Lecadrage2026misesurunecroissance4,6%et unedésinflationpropicesàl’emploi,maisledéfi estlaparticipation(surtoutféminine),l’insertion des jeunes et la productivité du travail via les compétences (numérique/IA). Le tout sous contrainted’exécution.
L’emploien2026sejouesurtroisleviers:demande (investissement public/privé, métiers mondiaux), offre (compétences, mobilité, garde d’enfants) et cadre (coût du travail, intermédiation, normes) Le PLF 2026 promet du souffle macro (4,6 %), mais l’élasticitédel’emploiàlacroissancerestebornée si la structure productive demeure capitalistique L’enjeu : augmenter la participation des femmes, accélérer l’insertion des jeunes et diffuser la productivité via la formation IA/digital et l’adaptation des filières (auto, aéro, électronique, santé,eau/énergie)
La fenêtre 2026 est favorable mais exigeante : reprise graduelle, investissement public/EEP élevé, montée en cadence de l’export et normalisation des prix. Côté marché du travail, la participation féminine reste basse, les jeunes subissent une transition école–emploi difficile, et les écarts régionaux sont marqués. La réponse passe par la formation ciblée (IA/digital, maintenance, opérateurs qualifiés), des incitations à l’emploi formel, la mobilité (transport/logement) et des servicesdeproximité(crèches,santé). Opposition(5questions)
L’élasticité emploi/croissance 2026 est-elle suffisantesilaFBCFrestecapitalistiqueetl’industrie robotisée?
Comment casser la trappe à faible participation des femmes sans services de garde et transport accessibles?
La réponse IA/skills ne restera-t-elle pas centrée sur les grandes entreprises, laissant les PME/TPE à l’écart?
L’informel ne risque-t-il pas d’absorber la reprise au détriment du formel (protection sociale, productivité)?
Lesécartsrégionauxd’emploinesont-ilspassoustraités par manque de logement/transport et de zonageindustriel?
Majorité(5questions)
Quels passeports compétences (certifications courtes IA/digital/maintenance)adossésauxmétiersmondiauxdès2026 ?
Quelles incitations ciblées à l’embauche formelle (jeunes/femmes)etquelsindicateurstrimestrielsderedditionde comptes?
Quels services de garde (crèches d’entreprise/territoriales) et transport abordable pour lever les freins à la participation féminine?
Quelle intégration régionale emploi–PDI (logement locatif abordable, zones mixtes, transport intermodal) pour matcher l’offreetlademande?
Comment mesurer et stimuler la productivité du travail (management,digitalisation,logistique)auniveauPME/TPE?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:Pourquoiinsiste-t-onsurl’emploiformel?
R:Ilouvredroitàlaprotectionsociale,améliorelaproductivitéet stabiliselesrevenus
Q:LaformationIA/digital,c’estpourqui?
R : Pour tous : opérateurs, techniciens, cadres Les certifications courtessontcléspourlesPME
Q:Commentaugmenterl’emploidesfemmes?
R:Servicesdegarde/transport,horairesflexibles,luttecontreles stéréotypes,incitationsàl’embauche

LePLF2026ramènelacompensationà environ 13,9 MMDH (≈ 0,8 % du PIB), avecunrecentragesurlesfiletsciblés et la traçabilité. Le pari : libérer des marges pour l’investissement sans sacrifier le pouvoir d’achat des ménagesmodestes.
Aprèslepicinflationniste,lafacturede compensation recule en 2026, sous l’effetd’unenormalisationdescourset d’unciblagerenforcé Lecadragelibère des marges budgétaires pour l’investissement et les services essentiels, tout en maintenant des amortisseurs sélectifs (énergie, transport,intrantsstratégiques) Ledéfi est double : ne pas casser la dynamique du pouvoir d’achat, et éviter les rentes en privilégiant des transfertsmieuxtracésettemporaires. Labaissedelacompensationen2026 s’appuie sur trois leviers : (i) la désinflationetl’accalmiedescours,(ii) la transition vers des filets ciblés (transport, énergie, intrants), (iii) la traçabilité (digitalisation, registres). L’objectifestderéduirelessubventions généralistes (non ciblées), d’aligner avec l’équité et de préserver la compétitivité des filières exposées (export, agriculture) Le pilotage suppose des indicateurs d’impact (paniersdebase,pauvreté,élasticités) et des clauses de réversibilité en cas dechoc Opposition(5questions)
La baisse à ≈ 13,9 MMDH ne met-elle pas sous pression le pouvoir d’achat des ménages modestes en cas de rebondénergétique?
Les filets ciblés sont-ils suffisamment opérationnels (bases de données, critères, fraude) pour prendre le relais dessubventionsgénéralistes?
LesPMEintensivesenénergie/transport nerisquent-ellespasd’êtrepénalisées silacompensationseretiretropvite?
Les transferts temporaires ne deviennent-ils pas de fait permanents sous pression sociale, créant de nouvellesrentes?
Comment s’assure-t-on que la baisse delacompensationsetraduitbienen déficit 3 % et non en dépassements ailleurs?
Majorité(5questions)
Quellesclausesdesauvegarde(prix-plafond,couponsénergie)encasde chocsurbutane/transport?
Quels indicateurs d’impact (paniers de base, pauvreté, élasticités) suivis mensuellementpourajusterleciblage?
Commentlatraçabilité(registresdigitaux)réduit-ellelesfuitesetaméliore letauxdeciblageréel?
Quellesmesurespro-PME(transport/logistique,électricité)accompagnent lasortieprogressivedessubventions?
Quelcalendrierpouralignerlabaissedelacompensationaveclamontée enchargedesfiletsciblésetdesprixrégulés?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:Pourquoiréduirelacompensationmaintenant?
R:Parcequel’accalmiedesprixpermetdeciblermieuxetdelibérerdes margespourlasanté,l’éducationetl’investissement
Q:Quireçoitlesaides“ciblées”?
R : Les ménages/secteurs éligibles selon des critères vérifiés (revenus, vulnérabilité,activité)
Q:Lesprixvont-ilsremonter?
R:L’Étatgardedessoupapes(plafonds,dispositifstemporaires)etsurveille lespaniersessentiels

LesCSTrestentunmailloncritiqueduPLF : des soldes reportés à maîtriser, une exécution à sincériser, et une gouvernance à clarifier pour éviter l’« Étatbis».2026promettraçabilitéaccrue etarticulationplusnetteavecleBudget général.
Les comptes spéciaux financent des politiques ciblées (fonds dédiés) mais traînent une réputation de boîte noire quandlessoldesreportésgonflentetque l’exécution diverge des prévisions Le PLF
2026 annonce une discipline renforcée : meilleure programmation, règles de fongibilité contrôlée, rapportage consolidé, et calibrage des avances
L’objectif : ré-aligner CST et cadre de dépensesàmoyenterme,enlienavecla révisiondelarèglebudgétaire
La réforme vise trois angles : (i) soldes reportés : plafonds et résorptions programmées ; (ii) exécution : synchronisation avec le calendrier des projets et transparence des engagements ; (iii) gouvernance : clarification des objectifs, indicateurs, et articulation avec BG/EEP/SEGMA. Les CST doivent cesser d’être des “réservoirs d’aubaine”:l’argentdoitcirculerversdes projetsmûrs,traçablesetévalués.
Opposition(5questions)
Les soldes reportés ne signalent-ils pas unefaiblessed’exécutionchroniqueetun risqued’affectationinefficiente?
Les CST ne servent-ils pas parfois de “budgetsparallèles”rendantlalecturedu PLFmoinstransparente?
Lesécartsprévision/exécutionneminentils pas la crédibilité des trajectoires (déficit/dette)?
La gouvernance actuelle clarifie-t-elle réellementobjectifs,pilotesetredditionde comptes?
Les CST cofinancés avec EEP/partenaires ne génèrent-ils pas des frictions de trésorerieetdesynchronisation?
Majorité(5questions)
Quelplanderésorptiondessoldesreportés(calendrier,seuils,priorisation) estappliquéen2026?
Quels indicateurs d’exécution physique/financière sont publiés trimestriellement?
Quelle articulation CST–BG–EEP–SEGMA pour éviter les doublons et optimiserlephasagedesprojets?
Quelles clauses d’entrée (projets prêts, études, foncier) conditionnent l’alimentationd’unCST?
Quellesrèglesdeclôtureetderéaffectationdessoldesversdesprioritéssi sous-exécutionpersistante?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:UnCST,c’estquoi?
R : Un compte spécial du Trésor pour financer une politique précise, avec desrecettes/affectationsdédiées.
Q:Pourquoiparlerdesoldesreportés?
R:Cesontdesrestesnonconsommés;tropélevés,ilssignalentdesprojets retardés
Q:Enquoiçameconcerne?
R : Une meilleure exécution des CST améliore la qualité des services (eau, routes,santé )etlatransparencesurl’usagedesimpôts

LesSEGMAsontaucarrefourdesservicespublicsetdel’agilité:accroîtrelesrecettespropres,fiabiliserl’exécution d’investissement et clarifier la gouvernance. 2026 doit convertir des moyens budgétaires en services livrés et en trajectoiresd’autonomisationmesurables.
Souventsouslesradars,lesservicesdel’Étatgérésdemanièreautonome(SEGMA)rendentdesprestationsessentielles (santé,éducation,formation,équipements,servicestechniques) Leurpromesse:proximitéetsouplessedegestion;leur défi:recettespropresencoremodestes,capexsous-réalisésetreportinghétérogène LePLF2026annonceunemontée engamme:consolidationdesmodèleséconomiques,contratsd’objectifsetindicateursd’exécutionphysiques/financiers pourarrimerlaperformanceaubudget
Lafeuillederoute2026combine:(i)diversificationdesrecettes(prestations,partenariats,tarificationsociale/solidaire), (ii) amélioration des taux d’exécution d’investissement par une meilleure passation et une préparation amont (études, foncier, raccordements), (iii) autonomisation maîtrisée : souplesse de gestion, mais redevabilité serrée (indicateurs, audits) L’objectifestdedéplacerlecentredegravitédutransfertbudgétaireverslavaleurcrééeetl’impactutilisateur Opposition(5questions)
Ladépendanceauxtransfertsnes’éternise-t-ellepas,fautedemodèleséconomiquessolides(tarification,partenariats)?
Lestauxd’exécutioncapexnesont-ilspassystématiquementsous-cibles,avecdescausesrécurrentesnontraitées?
L’autonomisation ne se traduit-elle pas par une complexité administrative supplémentaire (procédures, contrôles) réduisantl’agilitépromise?
LesécartsdeperformanceentreSEGMAnemontrent-ilspasunbesoinderationalisation(fusions/fermetures)?
LacoordinationavecEEP/CSTest-ellesuffisantepouréviterdoublonsetretardssurlesprojetsmixtes?
Majorité(5questions)
Quelplandemontéedesrecettespropresparsecteur(objectifs2026,leviers,calendrier)?
Quellesmesuresdepréparationamont(études/foncier/raccordements)améliorentlestauxd’exécutioncapexdès2026 ?
Commentlescontratsd’objectifslient-ilsfinancementsàdesindicateurs(outputs/outcomes)vérifiables?
Quelsoutilsdegestion(SI,e-procurement,tableauxdebord)renforcentlaredevabilitésansrigidifier?
QuellessynergiesopérationnellesavecEEP/CSTpouraccélérerlesprojetsmixtes(partaged’ingénierie,maintenance)?

Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:UnSEGMA,c’estquoi?
R : Un service de l’État doté de souplesse de gestion et de recettes propres,rattachéàunministère.
Q:Pourquoiparlerd’autonomisation?
R : Pour rapprocher la gestion du terrain et responsabiliser sur les résultats
Q:Commentjugerlaperformance?
R : Taux d’exécution capex, part des recettes propres, qualité de service (indicateursd’output/outcome)
Les EEP sont le bras armé de l’investissement2026:capexélevés,CAF solide attendue, réformes de gouvernanceetrationalisationsciblées.
Lenerfdelaguerre:tauxderéalisation, qualité des projets, et soutenabilité financière (bilans, dette, risques d’exécution).
L’ondedechocdel’investissementpasse par les entreprises et établissements publics 2026 aligne une enveloppe d’investissementsambitieuse,concentrée sur l’énergie, le rail, les aéroports, l’eau/assainissement et l’aménagement
La CAF (capacité d’autofinancement) et les cash-flows doivent soutenir le cycle sansgreverlesbilans Côtégouvernance: poursuite des réformes, opérations de fusion/dissolution quand pertinent, et reporting resserré (indicateurs physiques/financiers) L’enjeu cardinal reste de convertir la planification en ouvrages livrés, évitant les retards systémiques
Le portefeuille EEP concentre les grands chantiers d’infrastructure La stratégie 2026 privilégie : (i) qualité de sélection (études, foncier, raccordements eau/ énergie),(ii)tauxderéalisationélevé,(iii) discipline financière (CAF, ratio dette/EBITDA, profil d’échéance), (iv) gouvernance (conseils, audit, pilotage). Objectif : maximiser le multiplicateur et l’effet d’entraînement privé (IDE, PME locales), tout en prévenant le risque de coûtsirrécouvrables(“éléphantsblancs”) Opposition(5questions)
LestauxderéalisationdesEEPnesont-ils pas structurellement en deçà des prévisions,minantl’effetmultiplicateur? Laconcentrationsurquelquesopérateurs accroît-elle le risque systémique en cas deretardmajeur?
LaCAFpermet-elleréellementd’absorber l’effort 2026 sans surendettement ou haussetarifaire?
Les fusions/dissolutions annoncées créent-elles de la valeur ou de la désorganisationtransitoire?
Les risques climatiques/énergie (eau, prix) sont-ils correctement intégrés danslesbusinessplans?
Majorité(5questions)
Quels jalons trimestriels (physiques/financiers) et KPIs conditionnent les décaissementsen2026?
Quelcadred’allocationducapital(tauxderentabilitésocio-éco,analyses coût-bénéfice)pilotelasélectiondesprojets?
Comment les contrats-programmes lient-ils CAF, tarifs et investissement pourpréserverl’équilibre?
Quelles synergies industrielles issues des fusions/dissolutions (achats, maintenance,SI)sontattenduesen2026?
Quelsmécanismesdecouverture(prixénergie,change,taux)sontactivés poursécuriserlesgrandschantiers?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:ÀquoiserventlesEEP?
R:Àconstruire/exploiterdesinfrastructuresetservicesessentiels,avecdes budgetspluriannuelsetdesobjectifspublics
Q:Qu’est-cequelaCAF?
R : La capacité d’autofinancement cash-flow interne disponible pour financerl’investissementsansrecouriràplusdedette
Q:Pourquoidesfusions/dissolutions?
R : Pour rationaliser le portefeuille, réduire les doublons et gagner en efficacité

Lefoncierpublicestunaccélérateur:il fluidifiel’accèsàlaterre,conditionne l’eau/énergie, et réduit les délais des projets. 2026 vise une mobilisation plus sélective (industriel/logistique, équipements), des procédures éclaircies et un suivi régional des disponibilités.
Au-delà des annonces, l’investissement bute souvent sur le foncier:disponibilité,viabilisation(eau/ énergie), cadastre, raccordements Le PLF 2026 met l’accent sur la mobilisationdufoncierpublicauprofit des PDI (programmes territoriaux), de l’industrie et des équipements (éducation/santé), avec des mécanismes d’allocation plus transparents et un suivi par région. L’enjeu : réduire le time-to-build, améliorer la valeur pour l’argent et éviterlesfrichesadministratives.
Trois priorités : (i) constituer un inventaire unifié des terrains mobilisables (hectares, statut, servitudes), (ii) viabiliser (eau/énergie, routes)avantattributionpourabaisser le risque d’exécution, (iii) cadrer la valorisation (prix, bail emphytéotique, contreparties emploi/outil) avec un contrôledesengagements Lesprojets industriels, logistiques et d’intérêt général (santé/éducation) sont ciblés en priorité [SOURCE : Rapport Foncier public,pX]
Opposition(5questions)
La mobilisation foncière ne subventionne-t-elle pas des projets à faible valeur ajoutée faute de conditionnalitésstrictes?
Les retards de viabilisation (eau/ énergie) ne transforment-ils pas des terrainsenfrichespendantdesannées ?
Lesécartsrégionauxd’accèsaufoncier n’aggravent-ils pas les déséquilibres d’investissement?
L’inventaire est-il réellement à jour (cadastre, occupation, servitudes) et accessibleauxinvestisseurs?
Lescontratsprévoient-ilsdespénalités crédibles en cas de non-mise en valeur?
Majorité(5questions)
Quelscritèresd’éligibilité(valeurajoutée/emploi,contenulocal,délais)pour l’attributiondesterrains?
Quelplandeviabilisation(eau/énergie/voirie)adosséauxPDIpourlivrerdes terrainsprêts-à-bâtir?
Quelsuivirégionaldesattributions(tableauxdebord)etqueltauxdemise envaleurviséà12/24mois?
Quelles formules de valorisation (baux longs, prix conditionnel, clauses emploi)maximisentlavaleurpourl’argent?
Commentcoordonnerfoncier–eau/énergiepourréduireletime-to-build?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:Quipeutobtenirdufoncierpublic?
R : Des porteurs répondant à des critères (projets industriels, équipements d’intérêtgénéral,habitatsocial).
Q:Pourquoilierlefoncieràeau/énergie?
R : Sans raccordements, le terrain reste inexploitable ; il faut livrer des sites “prêts”
Q:Commentéviterlaspéculation?
R:Baux/cessionsconditionnésàlamiseenvaleur,pénalitésetréversibilité

L’investissement2026doitirriguertoutle territoire : PDI par région, héritage CAN 2025 et trajectoires vers CM 2030. L’objectif : passer de la concentration à l’équité d’accès aux opportunités, en traquantletauxderéalisation.
La carte d’investissement reflète à la fois la réalité économique (agglos industrielles) et l’ambition territoriale (désenclavement, services) 2026 conjugue projets structurants (transport, eau/énergie, zones) et retombées des méga-événements (CAN 2025, CM 2030) avec un souci de cohésion La clé est double : taux de réalisation par région et qualité (emplois, services, résilience climatique)
Le PLF 2026 articule l’investissement régional autour de trois axes : (i) équipements essentiels (eau, santé, éducation, mobilité), (ii) zones productives (industrielles/logistiques), (iii) aménagementurbainetrésilience LesPDI fixent des priorités mesurables ; la discipline passe par des jalons (physiques/financiers)etdestableauxde bord publics. Les retombées des mégaévénementsdoiventêtreterritorialiséeset durables,au-delàducalendriersportif.
Opposition(5questions)
La concentration sur quelques régions n’accentue-t-elle pas les écarts d’opportunités/emploi?
LesPDIévitent-ilsvraimentles“éléphants blancs” ou reproduisent-ils des listes de projetsinsuffisammentpréparés?
Les retombées CAN/CM seront-elles durables au-delà des échéances sportives?
Lesrégionsàfaiblecapacitéd’absorption ne devraient-elles pas recevoir plus d’assistancetechnique?
Les indicateurs de suivi sont-ils publics, comparablesettrimestriels?
Majorité(5questions)
QuelsjalonsPDI(parrégion)conditionnentlesdécaissementsetcomment sont-ilspubliés?
Quelpanierminimumdeservices(eau/assainissement,santédeproximité, écoles,mobilité)chaquerégionatteint-elleen2026?
Comment l’offre foncière publique (zones) est-elle coordonnée avec les raccordementseau/énergie?
Quelles mesures d’absorption (ingénierie, passation) accompagnent les régionsàrattraper?
Quels indicateurs d’emploi régionaux permettent d’évaluer l’impact de l’investissement?
Mini-FAQ(3Q/Rcitoyennes)
Q:Pourquoicertainesrégionsreçoivent-ellesplus?
R:Lesmontantsdépendentdesbesoins,dupotentieletdelamaturitédes projets.
Q:CAN/CMvont-ilsprofiteràmaville?
R:OuisilesprojetssontintégrésauxPDI(transport,services,zones)etlivrés danslestemps
Q:Oùsuivrel’avancement?
R : Des tableaux de bord devraient publier les jalons physiques/financiers parrégion

Adnane Benchakroun : Ni « plan de relance » au sens keynésienclassique,ni«austérité» C’estuneconsolidation active,pro-investissementetpro-pouvoird’achat
Pourquoi?Parcequeletexteassumeunretouràl’équilibre (déficit visé autour de 3 % du PIB, dette stabilisée) sans couper dans l’os : l’investissement de l’État progresse et reste élevé, les grands chantiers (eau, énergie, transport, hôpitaux,écoles)sontmaintenus,etl’onallègel’IRlàoùcela compte salariés modestes et moyens tout en exonérant les pensions de base. Ce n’est donc pas une politiquederigueur.
Enmêmetemps,cen’estpasune«relance»parladépense aveugle Lebudgetcible:lacompensationestresserréesur les postes sensibles (butane, sucre, blé) avec une enveloppemaîtrisée;laTVAestrendueplusneutrepourle panier essentiel ; et le pouvoir d’achat est soutenu par le levier fiscal, pas par des chèques généralisés Sur les recettes, l’État ne monte pas massivement les taux : il sécurise la collecte (retenues à la source sur certaines prestations et loyers professionnels, marquage fiscal des carburants,digitalisation)etdiversifieavecdesrecettesnon fiscales (versements EEP, financements innovants) pour ne pastoutfairereposersurl’impôt J’yvoistroisconditionsderéussite,toutesd’exécution:
Investirviteetbien Laréservedeprécautiondoitêtrelibérée au bon moment vers des projets prêts (études, foncier, marchés) Un dirham d’investissement mal phasé finit par coûterdeuxfois
Contrat de confiance fiscal Les retenues à la source n’ont de sens que si l’administration rembourse la TVA à l’heure, applique des règles prévisibles et traite les réclamations rapidement.Laconformitésegagne,ellenesedécrètepas.
Exportationsetoffredomestique.Lepari2026supposeque la machine à exporter (auto, aéronautique, dérivés de phosphates, services) tienne le rythme, pendant que l’importd’équipementsliéàl’investissementaugmente.Les douanes jouent « protection intelligente » là où la concurrence est déloyale, et allègent des intrants quand il fautsoutenirl’assemblagelocal.
Les risques sont connus : choc de prix (énergie/céréales), trou d’air en Europe, lenteurs administratives. Les parades existent aussi : agilité tarifaire encadrée, transparence mensuelle sur l’exécution (engagements/paiements, remboursements deTVA),etgouvernancebudgétairearriméeà unerègled’endettementclaire
Donc, si je devais coller une étiquette : « consolidation pro-croissance, inclusive » Un budget qui resserre les écrous macro (déficit, dette), prépare l’offre future (investissement public soutenu) et protège le revenu des ménagespardesallègementsciblés Lavérité se jouera dans les six premiers mois : si l’investissement sort, si les remboursements fiscaux suivent, si les exportations tiennent, le PLF2026auraétéunbonpari sinon,ilrestera unebellepromesse

Le PLF 2026 assume un triptyque clair : investir massivement, protéger mieux,gérersobrement.Il capitalise sur le retour à l’Investment Grade pour financer l’avenir, tout en resserrant les équilibres. Saréussitesejoueradans l’exécution : fluidité des paiements, gouvernance locale, suivi des impacts sociaux et climatiques, et une administration fiscale qui accompagne autant qu’ellecontrôle.C’estàce prix que l’ambition d’« un Maroc à une seule vitesse »cesserad’êtreunslogan pourdevenirunquotidien.
Présentéle20octobre2025 devant la Commission des finances de des représent de loi de fin trace une prudente mai : consolider accélérer le territoriaux et enramenantl %duPIBeten l’endettement
Le tout ave d’investisseme inédit, une puissance de d’eau, de san et un paquet à la fois compétitivité l’élargissemen l’assiette.
Lecadragemacro:normalisationsansnaïveté
LePLF2026s’inscritdansunenvironnementglobalencorefragile:croissancemondiale ralentie, commerce en repli, coûts de l’énergie volatils, mais inflation en décrue Le cadrage retient pour 2026 une hypothèse de croissance nationale de 4,6 %, avec un rendement céréalier de 70 millions de quintaux, une inflation à 2,0 % et un prix du butane à 500 $/tonne Le taux de change de travail est fixé à 1,11 $/€, et la demande extérieure adressée au Maroc (hors phosphates) progresserait de 2,3 % Ces hypothèses ni euphoriques ni dépressives forment le socle de la programmation budgétaire
Auplaninterne,plusieursmoteursréelsconfirmentlebasculementd’uncycle:rebond de la valeur ajoutée agricole après un millésime 2024 difficile, poursuite de la dynamique non agricole (phosphates, électricité, ciment), vigueur des recettes touristiques et des IDE, reconstitution du coussin de devises, reflux de l’inflation et décrueduchômage Legouvernementmetenavantlareprisedesrecettesfiscaleset larestaurationgraduelledeséquilibres(déficitetdette).
Une cible budgétaire claire : 3,0 % de déficitetdetteenretrait
Latrajectoire2026réduitledéficità3,0% duPIB(après3,5%en2025)etramènela dette du Trésor à 65,9 % du PIB, confirmant l’effort de consolidation 2021 Cettedisciplinen’est ue : elle vise à conforter le iance des marchés après nt de la note Investment – gage d’un accès élargi uxaufinancement.

n, le tableau des agrégats 6desrecettescourantesà (dont 366,5 Mds DH de s,+14,5%surunan)etdes antes à 379,4 Mds DH. Les dette reculent légèrement, on diminue grâce aux prix andisquel’investissement gresseà114,8MdsDH
uctif : 380 Mds DH entpublic un effort d’investissement 80 Mds DH en 2026, scalade engagée depuis
«compétitivité-souveraineté»dutexte:infrastructures(routes,railconventionneletextensiongrandevitesse, aéroports, ports de Nador West Med et Dakhla Atlantique), logistique, énergie (diversification du mix, hydrogène vert), et accélération des grands projets d’eau (barrages, interconnexions de bassins, dessalement,alimentationruraleeneaupotable)
L’objectif est double : sécuriser les fondamentaux de productivité à long terme et amortir les chocs climatiquesparunegestionproactiveetdurabledelaressourcehydrique(16,4MdsDHen2026) C’estaussi unepolitiqued’offremodernisée,arriméeauxstratégiessectorielles«GénérationGreen»,«MarocDigital2030 »,feuillederoutetourisme2023-2026,stratégieindustrielleetplancommerceextérieur2025-2027
L’Étatsocialquis’étoffe:santé,école,ciblage
Le chapitre social franchit une marche supplémentaire D’abord avec la poursuite de la généralisation de la protectionsociale:41,5MdsDHen2026pourlesoutiendirect(revalorisationdesallocationspourlesenfantslesplus jeunesetceuxensituationdehandicap,appuiauxenfantsprivésdesoutienfamilial),achèvementdel’architecture assurance-maladie,maîtrisedesdépensesparrévisiondestarifsderéférenceetprotocolesthérapeutiques
Ensuiteavecladotationlogementdécent(9,4MdsDH)etlapoursuitedeladécompensationcibléedesproduitsde base (butane, sucre, farine) en parallèle de la montée en charge du ciblage des ménages Le pacte de dialogue socialestconsolidé(enveloppede48MdsDH),avecdesmesuressalarialesetstatutaires
Enfin,lePLFmetl’accentsurlesservicesdeproximité.
En santé : montée en puissance des CHU (Agadir et Laâyoune en 2026, achèvement Ibn Sina à Rabat, nouveaux hôpitauxuniversitairesàGuelmimetErrachidia),rénovationde90hôpitaux,réhabilitationde1400centresdesanté (phaseI)puis1600(phaseII).Dotation2026:42,4MdsDH(+9,8MdsDHvs2025).
En éducation : généralisation des « établissements pionniers » , 170 nouveaux établissements à la rentrée 2026-2027, renforcement du transport et de la restauration scolaires, dotation à 97,1 Mds DH Le PLF prévoitparailleurs27344créationsdepostesbudgétaires en2026etportel’enveloppeglobaleà140MdsDH
Les territoires au cœur : un fonds dédié et un premier programmeà20MdsDH
C’estl’undesmarqueurspolitiquesducePLF:unFondsde développementterritorialintégréestinstituépourfinancer des programmes déclinés au plus près des besoins –emploi local, écoles et santé de base, eau, désenclavement, équipements – avec une attention particulière aux zones de montagne, oasis, littoral et « centresrurauxémergents» Unprogrammeprioritairede 20 Mds DH en 2026 accélérera les actions à fort impact social et territorial, dont la mise à niveau de 36 centres ruraux dès 2026 et, à terme, un vivier de 542 centres ciblant60%delapopulation.
Auchapitreemploi-inclusion,lePLFagrègeetnumériseles dispositifs dans l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences, consacre 1,4 Md DH à l’intermédiationet1MdDHàla«formationenalternance», avec pour cible 200 000 jeunes et saisonniers sur les rentrées2025-2026et2026-2027.LesTPE-PMEbénéficient d’un paquet de 2 Mds DH (accompagnement technique, subventionsd’investissement,garantiesetaccèssimplifié àlacommandepublique)
Fiscalité:élargirl’assiette,lisserlesfrictions,encourager l’investissement
Le PLF prolonge les réformes 2023-2025 (IS, TVA, IR) en orientant 2026 vers l’intégration du secteur informel et la neutralité

Côté recettes, élargissement des retenues à la source (services rendus par des personnes morales à des établissements financiers et d’assurance au-delà de 50 000 DH de CA), extension aux loyers versés par des sociétésetauxrevenusprofessionnelsauréelouausimplifié;paiementdel’IRsurplus-valuesmobilièresdans les30joursdelacession;obligationsderégularisationTVAsurlesunitésdetransformationdesdéchets.Ces mécanismestraquentl’évasionetsécurisentl’avaldeschaînesdevaleur.
Pour la compétitivité, plusieurs mesures techniques améliorent le cash-flow des investisseurs : alignement et généralisation des exonérations TVA sur intrants agricoles (semences, fertilisants) à toutes les étapes, prolongationdudélaid’exonérationTVAàl’investissement(jusqu’à24mois)pourlesgrandsprojetsencadrés, aménagementscibléspourlesinstitutionsdefinancementdespetitesentreprisesafindepréserverleurmission sociale.
Le projet actionne aussi un levier sectoriel inédit : la fiscalité du sport. Naissance d’un statut incitatif pour les sociétés sportives (régime d’IS de lancement, déductibilité plafonnée des dons, facilitation des apports actifs des associations vers des sociétés), et abattement dégressif sur la base imposable des rémunérations des sportifsprofessionnelsselonuncalendrier2026-2029 L’objectifestdeformaliserlesflux,attirerl’investissement privéetstructurerunevéritableéconomiedusport
Enfin,lacontributionsocialedesolidaritésurbénéficesetrevenusestprolongéesur2026-2028poursoutenirla cohésion,quandcertainesdispositionstechniquesharmonisentlerégimedesdroitsd’enregistrement(crédits, sûretés,marchéspublicsà0,1%)etprécisentlafiscalitédesOPC(dividendes,intérêts,plus-values)
Douanes:protégersansfermer
Côtétarifaire,l’approcheestchirurgicale:haussedesdroitssurdesproduitsoùl’industrielocalepeutmonteren gamme (ex tissus jacquard, résine PVC, électroménager), baisse sur des intrants dont le coût pèse sur la production (ex aérosols/boîtes métalliques, pesticides ciblés, certains composants), ajustement sur les modulesphotovoltaïquespourencouragerl’émergenced’unechaînelocale
D’autreslignesvisentl’agro-bois(réductiondedroitssurbois/contreplaqué)etlapharmacie(affinagetarifaire duchapitre30)poursoutenirl’accèsetl’industrialisation Surleplanducontrôle,lePLFmusclel’arsenal«antifraude » : data-matching avec les fournisseurs étrangers (blockchain), usage de drones et caméras pour la surveillance,etrévisiondustatutdesopérateursdeszonesd’accélérationindustrielle
Notrelectureprovisoire:troisdéfisàsurveiller
Exécutionterritoriale.Lefondsetleprogrammede20MdsDHpeuventchangerlaviequotidiennes’ilsrestent simples, transparents et évalués. La clé sera l’ingénierie locale : des diagnostics tenus à jour, des appels à projetslisibles,desdélaistenus,etunevraieplacepourlesassociationsetlesélusdeterrain.
Eau-climat.Lescrédits2026accélèrentbarrages,interconnexionsetdessalement.Ilfaudraenparallèletarifer intelligemment,réutiliserleseauxusées,réduirelespertesenréseauetaccompagnerlesagriculteursdansla sobriété.Sanscela,l’investissementpourraitcouriraprèslarareté.

Fiscalité-compétitivité.L’extensiondesretenuesàla sourceetlescontrôlescibléscombattrontl’«invisible »,maisattentionàlachargeadministrativepourles PME.D’oùl’importancedeguichetsuniquesdigitaux, de rescrits rapides et de délais de remboursement TVAfiables.Lesajustementsdouaniers,eux,doivent rester temporaires et évalués pour éviter le piège protectionniste.

Le Projet de loi de finances (PLF) 2026 poursuitlamiseenœuvredelaloi-cadre 69-19 de réforme fiscale, avec un double cap:compétitivitéetéquité.Onyretrouve des mesures ciblées pour consolider les recettes, fluidifier la trésorerie des entreprises, tout en soutenant le pouvoir d’achat et les filières stratégiques (santé, agriculture, énergie). Tour d’horizon technique, fiscalité par fiscalité, en insistantsurlestaux,seuilsetdatesd’effet.
Impôtsurlessociétés(IS)
Retenueàlasource(RAS)surprestationsde services : le PLF 2026 étend l’obligation d’opérer une RAS sur les rémunérations de prestataires de services (imposables à l’IS ouàl’IR)lorsquelepayeurappartientàune liste précise : État et organismes publics, établissements de crédit, entreprises d’assurances et de réassurance, ainsi que toute entreprise dont le chiffre d’affaires HT dudernierexerciceclosest≥50000000DH
La règle vise les versements aux personnes morales et, dans certains cas, aux personnes physiques (modalités précisées parleCGI) Cetteextensionentreenvigueur pour les rémunérations allouées à compter du1erjuillet2026
Sociétés sportives : deux précisions structurantes sont apportées D’une part, l’éligibilité au plafond de 10 % du bénéfice imposable pour la déduction des dons est confirmée,avecunplafondabsolude5000 000DH,cequiencadrelagénérositéfiscale et la planification budgétaire des clubs D’autre part, l’apport de l’actif de l’association au profit de la société sportive peut se faire à la valeur réelle sans incidence fiscale chez l’association, avec « rattrapage»delaplus-valuechezlasociété bénéficiaire en cas de cession ultérieure (intégration de la PV calculée sur la valeur d’origine)
Impôtsurlerevenu(IR)
Profits de capitaux mobiliers (valeurs mobilières et autres titres) : le PLF 2026 moderniselerecouvrementdel’IRdûparle cédant en cas de cession de titres hors circuit de retenue : le paiement devient spontané dans les 30 jours suivant la cession, au lieu d’un règlement différé, ce qui sécurise la collecte et clarifie les obligations des personnes physiques opérantendirect
Revenus et profits de source étrangère des particuliers : l’obligation de déclarer et payer spontanément les revenus et profits étrangers (dividendes,intérêts,plus-values,etc)estexplicitementrenforcée,pourune meilleureconformitéinternationaledescontribuablesrésidents
Loyers:retenueàlasourceà5%(nouveaupérimètre):uneRASde5%est instituée sur les produits de location versés par les payeurs listés (notamment grandes entreprises, banques, assurances, organismes publics) au profit de bailleurs soumis à l’IS ou à l’IR selon le régime du résultatnetréelousimplifié.Dated’application:loyersallouésàcompterdu 1erjuillet2026.
Rémunérations des professionnels du sport : le texte clarifie le traitement fiscal des rémunérations versées par les sociétés sportives, avec des précisions sur les abattements forfaitaires applicables pour l’IR (calibrage sectorielattenduparlesclubsetjoueurs)
Taxesurlavaleurajoutée(TVA)
TVA retenue à la source sur prestations de services (mécanisme miroir) : lorsquelepreneurdeservicesestunétablissementdecrédit,uneentreprise d’assurances/réassurance ou une entreprise CA ≥ 50 M DH, il opère une retenue à la source de la TVA due au titre des prestations réglées aux personnes morales assujetties ayant présenté l’attestation requise ; à défautd’attestation,laretenueportesur100%delaTVA (LePLFrenvoieen outreàdesdispositionsd’entréeenvigueurspécifiques)

Auto-liquidation (reverse charge) – déchets/ferrailles/matières usées : instauration d’un mécanisme d’autoliquidation au profit des entreprises acquérant ces intrants, afin d’assainir la chaîne d’amont et sécuriser la déductiondeTVA(lepreneurautoliquidelataxeetneutraliselatrésorerie)
Exonérationàl’importdematièresfertilisantesetsupportsdeculture:élargissementdel’exonérationauxengrais, autres nitrates et à l’ensemble des matières fertilisantes et supports de culture (conformément à la loi 53-18) destinésexclusivementàunusageagricole
Droitsdedouane(DI)
Relèvementdedroitspourprotection/alignementindustriel:lePLFproposeunrelèvementdestauxà17,5%pour une série de biens finis et intrants (monofilaments, certaines résines/plastiques, machines à laver, congélateurs, etc), et fixe un taux réduit de 2,5 % pour un ensemble de DCI pharmaceutiques (soutien à l’accès aux médicaments)
Taxeintérieuredeconsommation(TIC)
Marquagefiscaldesproduitsénergétiques–calendrier:àpartirdu1erjanvier2026,lemarquagefiscal(traçabilité anti-fraude)estétenduaugasoiletausupercarburant,puisaubutaneetaupropaneàcompterdu1erjanvier 2028(lamiseenplaceprogressiverépondauxcontraintesindustriellesetlogistiquesdusecteur)
Droitsd’enregistrement&detimbre(DET)
Marchéspublics:institutiond’undroitproportionnelde0,1%autitredesactesdepassationdemarchéspublicset conventionsyassimilées,assissurlemontantglobalTTC(ycomprisréserves).Mesurecodifiéeàl’article133du CGI.
Opérationsdecrédit:harmonisationparl’institutiond’undroitfixede200DHsurlesopérationsdecréditportées parlesétablissementsdecréditetorganismesassimilés.
Paiements non traçables : création d’un droit d’enregistrement supplémentaire de 2 % lorsque l’acte soumis à enregistrement porte sur un règlement non identifiable par un moyen de paiement traçable (chèque, virement, etc.).Lescasdenon-application(impôts,taxes,servicespublics,etc.)sontlistésafind’éviterunesur-taxationdes paiementsadministratifs.Mesurereprisedansl’article133IIIduCGI.
DistributionennatureparlesOPCC:clarificationdutraitementfiscaldesdistributionsennature(titres/actifs)par les organismes de placement collectif en capital (OPCC) pour qu’elles soient imposées comme revenus de capitauxmobilierschezlesporteurs,àl’instardesdistributionsennuméraire
Contributionsocialedesolidarité(CSS)2026-2028
LaCSSestprorogéeetcibléesurlesbénéficesetrevenusélevés
Personnesmorales(IS):tauxprogressifssurlebénéficenet:1,5%(≤5MDH),2,5%(>5Met≤40M),3,5%(>40Met ≤100M)et5%(>100M)

Personnes physiques (IR au RNR) : maintiend’unbarèmeprogressifselonle niveau de bénéfice net (le texte renvoie au calibrage des tranches en vigueur pour2026).
Procédures et digital (focus douanes & fiscalité)
Deuxmouvementsànoter:digitalisation des échanges douaniers et déclarations électroniques côté fiscal. Côté douanes, uncadrelégalestposépourpermettrele dépôt par voie électronique des documents d’appui aux déclarations, via une plateforme dédiée, sécurisant et accélérant le circuit dédouanementcontrôle
Côtéfiscal,lePLFrenforcelesobligations dedéclarationélectronique(parexemple en cas d’ouverture d’une procédure de sauvegarde/redressement/liquidation) pour maintenir l’opposabilité et la traçabilitévis-à-visdel’administration
Àretenirpour2026
Trésorerie/prestations : anticipez la RAS IS/IR et la RAS TVA si vous payez des services et que vous êtes banque/assurance ou entreprise ≥ 50 M DH de CA ; ajustez vos contrats/factures et mettez en place les attestations nécessairespouréviteruneretenueà100 %delaTVA.
ImmobilierlocatifB2B:laRASà5%surles loyers B2B s’applique dès le 1/07/2026 : préparezlesfluxetlesétatsàjoindreàla déclarationdeRAS.
Titres/placements : en cas de cession hors retenue, payez l’IR en 30 jours ; formalisez un process interne (échéancier)pouréviterpénalités.
Achats/industrie : réévaluez vos coûts d’approvisionnementaveclerelèvement à 17,5 % de certains droits de douane, et sécurisezvosprix/marges
Énergie/carburants : tenez compte du marquage fiscal sur gasoil/super dès 01/01/2026, et sur butane/propane dès 01/01/2028(traçabilité)
Marchés publics et crédits : budgetez le 0,1%suractesdepassationetledroitfixe de 200 DH sur les opérations de crédit ; évitez le 2 % additionnel en traçant les paiements
En synthèse, le PLF 2026 approfondit l’assainissement de la chaînedepaiement(retenuesetauto-liquidation),protège certains segments industriels via douane/TIC, et cible la solidaritéviauneCSSprorogéeetmieuxétagée Unerevue contractuelle et une mise à jour des procédures internes (attestationsTVA,étatsdeRASloyers,jalon«30jours»pour PV de titres, conformité paiements traçables) sont à engagerdèsmaintenantpouruneconformité«Day1»

