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Conjoncture du troisième trimestre 2025 et perspectives pour le quatrième trimestre 2025 et le premiertrimestre2026
L’économie marocaine aborde l’année 2026 dans un équilibre délicat. Ni emballement, ni décrochage. Après une année 2025 marquée par une croissance solide mais progressivement ralentie, le Royaume entre dans une phase où les moteurs internes continuent de jouer leur rôle d’amortisseur, tandis que l’environnement internationalimposedes contraintes de plus en plus visibles Selon le Haut-Commissariat au Plan(HCP),lacroissance devrait légèrement accélérer au premier trimestre 2026 pour atteindre4,2%,aprèsun rythme stabilisé autour de4%fin2025
Cette trajectoire repose avant tout sur la demande intérieure, devenue le pilier central de l’activité économique.
Laconsommationdes ménages progresse à un rythme modéré mais régulier (+3,9 %), soutenue par la détente de l’inflation, les revalorisations salariales et les allègements fiscaux À cela s’ajoute un investissement toujours dynamique, tiré par les grands chantiers d’infrastructures et l’effort soutenu des entreprises publiques. En clair, l’économie marocaine continue d’avancer grâce à ses ressorts internes, dans un contexte mondial moinsporteur Car à l’extérieur, les signaux sont nettement plus contrastés Le ralentissement du commerce mondial, particulièrement marqué au second semestre 2025, pèse sur les exportations de biens Les industries exposées aux marchés européens –automobile, textile, phosphates –subissent de plein fouet la faiblesse de la demandeetlamontée des contraintes réglementaires.
Résultat : les exportations de biens ont reculé en valeur à l’automne2025,
tandisqueledéficitcommercials’estcreuséde31,9%,ramenantle tauxdecouvertureà52,6%
Les services, en revanche, jouent un rôle de contrepoids salutaire
L’organisationdelaCouped’AfriquedesNations2025agénéréun effet d’entraînement notable sur le tourisme, les transports et les activitésconnexes Lesrecettesdevoyagesontbondideprèsde40 % sur les derniers mois de l’année, et le nombre de touristes a atteintunniveaurecordde19,8millions,dépassantlargementcelui de2024

Cettedynamiqueillustreuneréalitéstructurelle:leMarocexportedeplusenplusde services,etcesdernierscompensentpartiellementlesfragilitésdel’appareilindustriel.

Sur le front des prix, le tableau est inhabituel mais favorable L’inflation est redevenue négative fin 2025 (–0,1 %), sous l’effet de la baisse des prix alimentaires et énergétiques. Le HCP anticipe même une poursuite de cette tendance au premiertrimestre2026,avecuneinflationautourde–0,2% Cettedésinflationsoulagelepouvoird’achat,maisellepose aussi une question de fond : jusqu’où peut-elle durer sans refléter un affaiblissement plus profond de la demande externe?
Lemarchédutravail,lui,envoiedessignauxlégèrementplusencourageants L’emploiaprogresséde1,6%autroisième trimestre2025,avecplusde220000créationsnettes,principalementenmilieuurbain Letauxdechômageareculéà 13,1%,uneaméliorationréellemaisencorefragile,dansunpaysoùlacroissancedémographiqueetlesattentessociales restentélevées
Ducôtédesfinancespubliques,lasituationestambivalente.Lesrecettesfiscalesprogressentfortement(+15,8%àfin novembre2025),portéesparl’impôtsurlessociétésetladynamiqueéconomiqueglobale Enparallèle,lesdépenses–notamment d’investissement – augmentent à un rythme soutenu Le déficit budgétaire s’est ainsi creusé à –68,8 milliards de dirhams, reflétant un choix assumé de soutien à l’activité, mais au prix d’un besoin de financement plus élevé
*RobertAmbroggifutlepremier directeur général de l’Office de l’Eau au Maroc et son étude a bien été publiée dans les Publications de l’Académie du RoyaumeduMaroc.
Enfin,lesmarchésfinanciersévoluentdansunclimatplutôtfavorable Lapolitiquemonétairedemeureaccommodante, avecuntauxdirecteurmaintenuà2,25% LaBoursedeCasablancaafficheuneperformanceremarquable:l’indiceMASI progressede27,6%englissementannuel,portéeparlaconfiancedesinvestisseursetlaliquiditéglobaledusystème
Au final, l’économie marocaine entre en 2026 sans illusion mais sans panique Sa croissance est réelle, ses fondamentauxtiennent,maissadépendanceàunenvironnementinternationalincertainresteunpointdevulnérabilité majeur
Le défi n’est plus seulement de croître, mais de transformer cette croissance en résilience durable, en renforçant la compétitivitéindustrielle,enconsolidantlesservicesexportablesetenmaîtrisantleséquilibresmacroéconomiques Une équationcomplexe,maisdésormaisincontournable.
Rédigé par
Aprèsdesannéesdesecoussesclimatiquesetde tensions internationales, les perspectives économiques pour le Maroc en 2026 oscillent entreoptimismeprudentetréalitésstructurelles. Portée par une croissance tangible, une agriculture en reprise et des exportations dynamiques, l’économie nationale pourrait offrir une amélioration mesurée des conditions de vie pourlescitoyens.Maiscetteembelliepotentielle masque des obstacles profonds : chômage persistants, déficits publics sous pression et confiancepolitiquefragile.Cediagnostic,enrichi par plusieurs sources institutionnelles et analystes économiques, donne un portrait équilibrédesenjeuxquiattendentleRoyaume.
Croissancemodéréemaisréelle
Lesdernièresprojectionsofficiellesconvergentvers unecroissancepositiveduProduitintérieurbruten 2026, même si les chiffres varient selon les institutions Un rapport du gouvernement évoque unecroissanceautourde4,5%pourl’annéeàvenir, soutenueparunecampagneagricolemoyenneet un environnement international plus favorable qu’en2024–2025;cesestimationsreposentsurun prixmoyendubarildepétroleBrentetuneinflation maîtriséeàenviron2%
D’autres prévisions, telles que celles du HautCommissariatauPlan,sontunpeuplusprudentes, anticipantunrythmeprochede4%,notammenten raisond’unedemandeétrangèreencorevolatileet d’unecompétitivitéexternesouscontrainte.Malgré ces nuances, l’allure générale reste la même : le Marocdevraitafficherunecroissancesupérieureà celle des économies les plus affectées par le ralentissement mondial, en grande partie grâce à dessecteursporteurs.
Agriculture et exportations : moteurs incontournables
Le rôle de l’agriculture dans ce scénario ne peut être sous-estimé Après plusieurs années de sécheresse, une pluviométrie plus favorable a permisausecteurderebondir Selonlesprojections gouvernementales, la production céréalière pourrait atteindre environ 70 millions de quintaux, un chiffre qui joue un rôle significatif dans l’accélération de la croissance agricole et, par ricochet,dansl’augmentationdurevenurural
Ce supplément de revenus dans les campagnes alimente la consommation, réduit les pressions sur les prix alimentaires et limite certaines formes d’exode vers les villes. À cela s’ajoutent les performancesrobustesdesecteursexportateurstelsquel’automobile, l’aéronautiqueetl’électronique,quicontribuentàstabiliserlabalance commercialemalgrédesaléasinternationaux.

Desdéfissociauxpersistants
Pourtant, l’embellie macroéconomique ne se traduit pas automatiquement par une révolution dans la vie quotidiennedetouslesMarocains Letauxdechômageresteélevé,particulièrementchezlesjeunes,avecdes estimations supérieures à 12 % – bien au-delà du seuil souhaité pour une insertion durable sur le marché du travail
Deplus,certainssegmentscommel’immobilierrésidentielcontinuentd’êtrefreinésparlecoûtélevédufoncier et des revenus qui ne suivent pas toujours l’évolution des prix. Cette situation creuse les inégalités d’accès au logementpourunepartiesignificativedesménages.
Surleplanbudgétaire,ledéficitestattenduautourde3%à3,4%duPIB,uneavancéeparrapportàdesannées antérieuresmaisquirestesensiblesil’investissementpublicdemeureélevé.Lesdettespubliques,mêmesielles montrentdessignesdestabilisation,continuentdelimiterlesmargesdemanœuvredel’État,notammentfaceà desaléasinternationaux.
Laconfiancedanslesinstitutionséconomiquesetpolitiquesdemeureunfacteurdéterminantd’icià2026 Des voix d’économistes ont souligné qu’un simple réagencement des équilibres politiques ne suffira pas si des réformesstructurellesambitieusesnesontpasmisesenœuvre,notammentdanslaformationprofessionnelleet lesoutienàl’innovationdansdessecteursdepointe

Cettequêtederéformesimpliqueunevraiedynamiquedeconfianceentrel’État,lesentreprises etlescitoyens.Dansuncontexteoùl’engagementsocialestdeplusenplusrevendiquéparune générationjeune,instruiteetconnectée,cedéfinepeutêtreéludé.
Aufinal,leMarocentre2025et2026setrouveàuncarrefour.Lesfondamentauxéconomiques montrent des signes d’amélioration : croissance réelle, agriculture revitalisée et exportations en progrès. Mais pour transformer ces signes en gains durables et inclusifs, il faudra un effort concertépourréduirelechômage,maîtriserlesdéficitset,surtout,renforcerlaconfiancedansles institutions Ce n’est qu’à cette condition que les perspectives se traduiront effectivement en améliorationstangiblesduniveaudeviedesMarocains
LaBanquemondialeprojetteunecroissancede4,4% pour le Maroc en 2026 et 2027, portée par des réformesstructurelles,larelancedel’investissement etuneaméliorationdesconditionsclimatiques.Une perspectivefavorable,quirestetoutefoissuspendue à la mise en œuvre effective des réformes et à la réductiondeplusieursvulnérabilités.
Delaprévisionàl’impact:emploi,pouvoird’achat etinégalitésaucœurdudébat.
Uneprévisiondecroissanceà4,4%surdeuxannées consécutives, telle qu’attribuée à la Banque mondiale, place le Maroc dans une trajectoire dynamiqueàl’échellerégionale Cescénariorepose sur une idée simple : l’économie marocaine disposeraitdemargesdeprogressionsilesréformes prévues se traduisent concrètement par plus de productivité, davantage d’investissement privé et unemeilleurerésiliencefaceauxchocsclimatiques
Le premier moteur évoqué est celui des réformes structurelles Dans le langage des institutions financières internationales, cela renvoie généralementàl’améliorationduclimatdesaffaires, à une concurrence plus effective, à des règles plus prévisibles,ainsiqu’àdespolitiquespubliquesmieux ciblées L’enjeu est de transformer la croissance “arithmétique” en croissance “qualitative”, capable de créer des emplois stables et d’augmenter la valeurajoutéelocale.
Ledeuxièmelevierestlarelancedel’investissement. Pour un pays où les besoins en infrastructures, en industrie, en logistique et en transition énergétique sont importants, l’investissement joue un rôle d’accélérateur.Encorefaut-ilquel’investissementse diffuseau-delàdequelquessecteurspharesetqu’il profite aux territoires, afin de réduire les écarts de développement. Dans la pratique, la question n’est pas seulement “combien” on investit, mais “où” et “dans quoi” : formation, innovation, PME, chaînes de valeur exportatrices, et services à forte intensité de compétences
Letroisièmefacteur,plusincertain,estl’amélioration des conditions climatiques Au Maroc, l’agriculture reste un canal majeur de transmission du climat vers la croissance, l’emploi et l’inflation alimentaire Une campagne agricole favorable peut soutenir la demandeintérieureetstabilisercertainsprix,
maisellenepeutconstituer,àelleseule,unestratégiedecroissance durable. D’où l’intérêt d’investir dans la gestion de l’eau, l’irrigation efficienteetdesfilièresmoinsvulnérables.
Reste que toute projection est conditionnelle. Le scénario à 4,4% dépendra aussi de paramètres externes : conjoncture européenne, prixdel’énergie,tensionsgéopolitiques,etaccèsaufinancement.La crédibilitéducapsejoueradoncsurl’exécution:capacitéàdéployer les réformes, à attirer et sécuriser l’investissement productif, et à transformerlacroissanceengainstangiblespourlesménages.





Aprèsuneannée2025richeenrebonds,leMaroc aofficiellementretrouvésonstatutd’Investment Gradeauprèsdel’agenceStandard&Poor’s,un signal fort envoyé aux marchés internationaux
Ce réajustement de la perception financière du Royaume n’est pas anodin : il couronne des efforts de croissance, de discipline et de réformes,maisilsoulèveaussidesquestionssur ladurabilitédelatrajectoiremacroéconomique, aumomentoùlesdéfisstructurelspersistent
2025:uneannéecharnière
Depuis un an, l’économie marocaine navigue entre défis et confirmations. Portée par une croissancerobustedessecteursnonagricoleset par une dynamique d’investissement soutenue, la croissance du PIB a, selon plusieurs sources, dépassé les estimations initiales et s’est rapprochée d’environ 4,6 à 5 % en 2025 un rythme qui dépasse significativement les prévisionsantérieuresduHaut-Commissariatau Plan
Cetteaccélérationdelacroissance,raredansun contextederalentissementmondial,reflètel’effet combiné d’un assouplissement monétaire, d’un cadremacroéconomiquestableetdelamontée de la demande intérieure, mais aussi l’impact tangibledegrandsprojetsd’infrastructuresetde l’investissementprivé
La Banque centrale, Bank Al-Maghrib, a maintenusontauxdirecteurà2,25%toutaulong de l’année 2025 pour accompagner l’activité sans générer de déséquilibres inflationnistes majeurs Malgréuncontexteinternationalvolatil, l’inflationestrestéemodérée,offrantunemarge de manœuvre appréciable à la politique monétaire
Surleplanfinancier,laBoursedeCasablancaa offert l’un des visages les plus convaincants de cette crédibilité retrouvée. L’indice MASI a enregistréuneprogressionnotable(plusde+27 % sur l’année selon certaines sources), tiré par des volumes échangés en nette hausse et un retoursignificatifdesinvestisseursparticuliers.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes et qui confirment une tendance : les entreprises cotées affichent des résultats nets en progression, notamment dans les secteurs bancaire, industriel et destélécoms,renforçantl’attractivitédumarchémarocain

La reclassification en Investment Grade ne doit pas être interprétée comme un aboutissement définitif, mais plutôt comme un jalon stratégique. Elle reflète surtout la perception d’une gestion prudente de la dette, d’une cohérenceentredisciplinebudgétaireeteffortd’investissement,ainsiqued’unecapacitéàabsorberdeschocs externessanscrisesystémiquemajeure.
Àl’aubede2026,leprojetdeloidefinancesprévoitderéduireledéficitbudgétaireàenviron3%duPIB,touten continuantàsouteniruneffortd’investissementpublicsignificatif.C’estunarbitragedélicatquimetenlumière l’équationcrucialedetouteéconomieémergente:commentfinancerlacroissancesansfragiliserleséquilibres publics?
Lesindicateursextérieursrestentunesourced’inquiétude,malgréuntourismеquiaconfirmésarésilienceavec prèsde20millionsd’arrivéesen2025,consolidantsaplacecommepremierpourvoyeurdedevises Sicesfluxet les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont atténué les pressions sur le compte courant, ils restent vulnérablesauxcyclesinternationaux
Parallèlement,ledéficitcommercials’estélargi,engrandepartietiréparlahaussedesimportationsdebiens d’équipement nécessaires au relèvement des capacités productives du Royaume Cette dépendance énergétique et alimentaire met en évidence les fragilités structurelles qui subsistent et qui réclament des réponsespolitiquesplusprofondes
Le retour à l’Investment Grade est assurément une victoire pour la stratégie économique marocaine Il récompenseunecombinaisondechoixmacroéconomiquesprudentsetderéformesstructurellesambitieuses
Maisau-delàdusymbole,l’enjeurestedetransformercettecrédibilitéfinancièreenunaccélérateurdurablede croissance inclusive, capable de générer des emplois, de réduire les vulnérabilités externes et de répartir équitablementlesfruitsdudéveloppement
Dansunmondeoùlesrepèreséconomiquessedéplacentrapidement,leMarocafranchiuneétapeimportante Lamaintenirvoirelaconsoliderdépendramoinsdesapplaudissementsqu’unemiseenœuvrerigoureusedes réformes, des politiques publiques audacieuses et d’une gouvernance économique proactive, à l’écoute des aspirationsdelanouvellegénération.

L’image est brutale parce qu’elle est simple. Elle montreuneAfriquedesstart-upàdeuxvitessesen 2025.D’uncôté,unquatuorquiraflel’essentieldes financements. De l’autre, une longue traîne de pays qui peinent à dépasser le stade des promesses.Etaumilieu,leMaroc,coincédansun entre-deuxfrustrant.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le Kenya capteàluiseul32%desfinancementslevésparles start-upafricaines,pouruntotalde984millionsde dollars L’Égyptesuitavec20%(614millions),l’Afrique du Sud 19 % (599 millions) et le Nigeria 11 % (343 millions) À eux quatre, ces pays concentrent l’essentiel du capital-risque du continent Le Maroc, lui, plafonne à 58 millions de dollars, au même niveau que le Ghana, derrière le Sénégal (157 millions) et à peine au-dessus de la Tunisie Le contrasteestsaisissantpourunpaysquiserêvehub régional
La première explication est structurelle Le capitalrisque n’est pas qu’une affaire de talent ou d’idées C’est avant tout un écosystème Au Kenya ou au Nigeria, les fonds locaux sont nombreux, actifs, agressifs même Ils prennent des risques, accompagnent les start-up sur plusieurs tours de table et attirent ensuite des investisseurs internationaux rassurés par cet ancrage local Au Maroc, les fonds existent, mais ils restent rares, prudents, souvent institutionnels, avec une logique plus proche du private equity classique que du venturecapital.Résultat:peudeticketsseed,peude séries A, et un “trou d’air” fatal entre l’idée et la croissance.
Deuxièmefacteur,pluspolitiquequ’économique:la tolérance au risque. Dans les pays leaders, l’échec entrepreneurial est intégré comme un coût normal del’innovation.Unfondateurquiéchouepeutleverà nouveau.AuMaroc,l’écheccolleàlapeau.Ilferme des portes bancaires, sociales, parfois même familiales Cette culture de la prudence excessive freinel’audace,tantchezlesentrepreneursquechez lesinvestisseurs
Troisièmeélémentclé:laprofondeurdumarché Le Nigeriaetl’Égypteoffrentdesmarchésdomestiques massifs Le Kenya s’est imposé comme porte d’entréedel’Afriquedel’Est L’AfriqueduSuddispose d’untissucorporatedenseetd’unmarchéfinancier mature
Il faut aussi parler de la commande publique et des grands groupes.AuKenyaouenÉgypte,l’Étatetlescorporatesachètent de l’innovation. Ils testent, expérimentent, signent des contrats avec des start-up. Au Maroc, le discours est favorable à l’innovation, mais les procédures restent lourdes, les appels d’offresrigides,etlapréférencevasouventauxacteursinstallés. Sans clients solides, une start-up reste un concept, pas une entrepriseinvestissable.
Enfin,ilyaunproblèmedenarration.LeKenyaa“vendu”Nairobi comme la Silicon Savannah. L’Égypte a construit un récit de renaissance tech post-crise Le Nigeria incarne l’hypercroissance africaine Le Maroc, lui, hésite entre plusieurs identités : hub africain, porte de l’Europe, champion francophone,futurpôleIA Cettedispersionbrouillelemessage auprèsdesinvestisseursinternationaux,quicherchentdesparis clairs,lisibles,assumés
Laquestionn’estdoncpasdesavoirsileMarocadestalents Il ena Nis’iladesinfrastructures Ilenaaussi Lavraiequestion estplusinconfortable:a-t-ilacceptédejouervraimentlejeudu risque, de la vitesse et de la sélection naturelle propres à l’économie des start-up ? Tant que l’écosystème restera administré, prudent et fragmenté, le pays restera coincé dans cettezonegrisedes50ou60millionsdedollarslevésparan
L’imagede2025n’estpasunecondamnationdéfinitive C’estun signal d’alarme Elle dit une chose simple : en Afrique, l’innovation ne se finance pas par les discours, mais par des paris clairs, répétés, parfois perdants Le Maroc peut encore changer de catégorie Mais il devra, pour cela, accepter de perdreunpeudecontrôlepourgagnerenimpact.

Auderniermoisdel’année2025,lepanoramadeslevées defondsenAfriqueduNordetauMoyen-Orient(MENA)a dressé un constat sans fard : l’écosystème marocain, malgré quelques signaux positifs, demeure modeste et largement marginalisé sur l’échiquier régional. En décembre, les startups marocaines n’ont levé que 2 millionsdedollarsàtraversdeuxopérations–unchiffre qui, malgré une progression de 100 % comparé à novembre, reste très loin des 12 millions annoncés en octobredansleRoyaumeetbienendeçàdesprincipales économiesdelarégion.
Sur l’ensemble de la zone MENA, 44 startups ont levé 171,5 millions de dollars en décembre, ce qui illustre un ralentissement généralisé de l’activité des investisseurs, marquéparlaclôturedel’annéeetuneprudencemarquée suiteàdesincertitudesmacroéconomiquespersistantes
Ce chiffre global représente une contraction significative par rapport aux mois précédents Il est en baisse de 24 % par rapport à novembre et de 38 % sur un an, confirmant que le capital-risque dans la région est entré dans une phasedeconsolidationplutôtqued’expansionfrénétique
Pour le Maroc, ce bilan est révélateur de déséquilibres structurels. En décembre, le Royaume ne représentait qu’environ 1,2 % des levées de fonds en MENA, une proportion dérisoire face à des hubs comme l’Arabie saoudite,l’ÉgypteetlesÉmiratsarabesunis,quiaccaparent l’essentieldesfluxd’investissement.
Ce chiffre réduit masque une réalité plus large : même si des succès isolés existent comme Chari qui avait levé 12 millions de dollars en octobre lors d’une série A record au Maroc,cescoupsd’éclatnesuffisentpasencoreàinverser la tendance générale d’un marché où le capital reste concentrédansquelquespôlesdominants
Sur le plan sectoriel, décembre a confirmé certaines orientations marquantes : la cybersécurité s’est imposée comme la verticale la plus financée, avec 63,4 millions de dollars injectés dans quatre startups Les acteurs SaaS ont suivi avec près de 47,9 millions, tandis que la deeptech a attiré environ 23 millions de dollars À l’inverse, la fintech, jadis locomotive de l’innovation en MENA, a vu ses levées chuter à seulement 3,9 millions, reléguant ce secteur en queuedepeloton
Le focus des investisseurs sur des modèles B2B – réputés pour leur visibilité sur les revenus et leur récurrence commerciale – s’est confirmé, avec quelque 154,7 millions de dollars dédiés à ces entreprises, contre à peine 6,3 millionsattribuésauxmodèlesorientésB2C

Uneautredimensiondecepaysageestl’inégalitédegenre persistante.Lesstartupsfondéespardesfemmesn’ontlevé que 116 000 dollars en décembre, via seulement deux opérations, tandis que les équipes mixtes ont capté 5 millions de dollars Ce déséquilibre révèle que, malgré le discoursd’inclusion,lesprogrèsconcretsrestentinsuffisants
Poursituercesperformancesdansuncontextepluslarge,il faut rappeler que, sur l’ensemble de 2024, les startups marocaines avaient levé près de 95 millions de dollars, un recordhistoriquemaisqui,commelesoulignaitrécemment une analyse, reflète surtout la fragilité d’un tissu entrepreneurialencoretropdépendantdequelquessuccès isolés
Autresigneencourageanttoutefois:desinitiativesrécentes visent à renforcer le développement du capital-risque au Maroc Parexemple,unfondscatalytiquede269millionsde dollars a été lancé pour soutenir les VC et accélérer la croissance des startups locales, démontrant une volonté publiqueetprivéedecorrigerlesdéséquilibresstructurels Àl’heureoù2026s’ouvre,l’écosystèmemarocainrestedonc àuncarrefourdécisif:entrelanécessitéd’attirerdavantage de capitaux internationaux, d’encourager les financements locaux et de promouvoir une plus grande inclusion, le Royaume dispose de leviers pour passer à une dimension supérieure. Reste à transformer ces potentialités en dynamiquesdurables,capablesdeplacerleMarocentête des acteurs africains innovants, et non plus en spectateur résignéd’unmarchérégionalenpleinemutation.
Dans un contexte où les PME africaines peinent encore à accéder au financement nécessaire pour croître,unnouveaufondsd’investissement,Adenia EntrepreneurialFund1(AEF1),sepositionnecomme un catalyseur de changement. Soutenu par des institutions de développement internationales prestigieuses, ce véhicule paneuropéen-africain vise à mobiliser jusqu’à 180 millions $ pour accompagner une dizaine d’entreprises à fort potentiel sur tout le continent, Maroc inclus. Avec des impacts socio-économiques ambitieux en matière d’emplois, de recettes fiscales et d’intégrationrégionale,cetoutilpourraitredessiner unepartiedel’écosystèmeentrepreneurialafricain.
L’Afrique regorge d’entreprises dynamiques, mais nombreuses restent freinées par le manque de capital de croissance C’est précisément à ce segment les petites et moyennes entreprises que s’attaque Adenia Entrepreneurial Fund 1, un véhicule d’investissement géré par Adenia Partners, plateforme panafricaine de private equity fondée en 2002etbienimplantéesurlecontinentdepuisplusde vingtans.
La valeur ajoutée de ce fonds est double : apporter des capitaux importants là où ils font défaut, tout en pilotantdirectementlesstratégiesdecroissancedes entreprisescibles.Concrètement,AEF1ambitionnede lever entre 150 et 180 millions de dollars pour investir dans10à12PMEafricaines,avecdesticketscompris entre10et20millions$parentreprise
Ce qui distingue AEF1, c’est sa préférence pour des participations majoritaires Cela signifie que le fonds ne se contente pas d’être un simple investisseur financier : il veut s’impliquer dans la gouvernance, améliorer les pratiques de gestion et accompagner lesentreprisesdansleursstratégiesd’expansion Une démarchequicasseaveclalogiquedefinancement traditionnelsouventtroppassif
Unsoutieninstitutionnelrobuste
Le premier tour de table d’AEF1 donne le ton : la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé en novembre 2025 une contribution de 15 millions $, validée par son conseil d’administration à Abidjan, qui marque une étape concrète du déploiementdufonds

La Banque européenne d’investissement (BEI) est, de son côté, engagée à hauteur d’environ 38 millions $, apportant non seulement des capitaux mais aussi une crédibilité internationaleaccrue.
QuantàlaSociétéfinancièreinternationale(IFC),membredu Groupe de la Banque mondiale, elle prépare un investissement direct de 30 millions $, accompagné d’une enveloppe de 20 millions $ de co-investissement, qui sera soumisàl’approbationdesonconseilenfévrier2026.
Ce soutien de poids devrait rassurer d’autres investisseurs internationaux,souventhésitantsàs’aventurerdansl’univers du capital-investissement africain en raison des risques perçus
Impactsocio-économique:unparimesurémaissignificatif Au-delàdeschiffres,lesprojectionsdelaBADdonnentdela matièreàdébatetàespoir Selonlesestimationsofficielles,le fonds pourrait générer 55,5 millions $ de recettes fiscales pour les gouvernements africains sur la durée de vie d’AEF1, un bénéfice indirect mais essentiel pour les budgets nationaux
Du point de vue de l’emploi, près de 1 810 emplois locaux à pleintempsdevraientêtrecréés,parmilesquels45%pourles femmeset55%pourlesjeunesunedonnéeparticulièrement pertinentepourleMaroc,oùletauxdechômagedesjeunes resteunepréoccupationmajeure
Dans une anecdote révélatrice, plusieurs dirigeants de PME rencontrés à Casablanca lors d’un forum entrepreneurialonttémoignédesdifficultésàtrouverdesfinancementsstructurants Unchefd’entreprisedans lesecteurdesénergiesrenouvelablesconfiaitrécemment:«Onadesidées,unedemandelocaleforte,mais sans capital patient, difficile de penser à l’échelle régionale » Si AEF1 parvient à transformer la promesse en réalité,cetémoignageneresterapasisolé

LeMaroc,pointd’ancrageafricain
LeRoyaumenefigurepasuniquementcommeunementiongéographique Adeniayestprésentedepuis2021, notammentaprèsl’acquisitionenpartenariatavecProparcod’OverseasCateringServices(OCS),acteurdansla restaurationd’entreprise
Dans la vision d’Adenia, le Maroc représente une plate-forme stratégique vers les marchés africains francophones et au-delà Cela se lit dans la diversité des bureaux régionaux de la société, qui couvre aussi l’Afriquedel’Est,duSudetdel’Ouest
Unestratégieinclusivemaispassansdéfis
Le discours officiel, relayé par la BAD et la BEI, met sou vent l’accent sur l’intégration régionale et la croissance inclusive En investissant dans des entreprises qui opèrent à l’échelle régionale, AEF1 cherche à favoriser des championsafricainscapablesdefranchirlesfrontières
Pourautant,certainsacteursrestentprudents.Attirerdescapitauxprivésadditionnelsjusqu’àatteindrelacible de 180 millions $ n’est pas une mince affaire dans un marché encore émergent. Les risques de change, la maturitévariabledesmarchésetlaconcurrenced’autresclassesd’actifssontautantdedéfisàrelever.
Alorsquelesinstitutionsfinancièresinternationalesmettentl’accentsurl’impactsocialetéconomique,Adenia Entrepreneurial Fund 1 pourrait bien représenter un tournant pour les PME africaines et par ricochet, pour l’écosystème entrepreneurial marocain. En catalysant capitaux, expertise et ambitions régionales, ce fonds illustreunenouvelleformedecoopérationéconomique,durableetinclusive.Resteàvoirsilespromessesélevées setraduiront,surleterrain,enunecroissanceréelleetpartagéeàtraverstoutlecontinent.
Aumomentoùlamutationdigitales’impose dans tous les secteurs de l’économie, une jeune pousse née au Maroc, ReparTrust, se fraie un chemin dans un marché traditionnellementfragmenté:laréparation automobileaprèssinistre.Avecunelevéede fonds de 7,5 millions de dirhams auprès d’investisseurs privés et business angels, cetteplateformeambitionnedetransformer l’organisation,latransparenceetl’efficacité d’un segment crucial mais encore sousdigitalisédel’industrieautomobile.
L’histoire commence souvent autour d’un choc, d’une carrosserie froissée, d’un conducteur qui, en attendant, voit son quotidien et ses dépenses s’emballer C’est précisémentcettefrustrationbienconnuedes automobilistes – lenteur des réparations, manque de visibilité, coûts opaques – que ReparTrust s’efforce d’adresser. Au cœur de Casablanca, dans les locaux où l’équipe façonne une solution technologique ambitieuse,onsentquel’innovationn’estpas seulement un concept, mais une nécessité pourunsecteurpeuoutillé.
La plateforme digitale mise en place par Mehdi Benslim, fondateur déjà derrière plusieurs projets tech au Maroc, ne se contentepasd’unsimpletableaudebord Elle propose un pilotage complet des réparations automobiles après sinistre, de la préinspection jusqu’à la livraison finale, avec un suivi en temps réel, une communication automatisée avec le propriétaire du véhicule et une centralisation des données opérationnelles pour les donneurs d’ordre comme les assureurs, loueurs ou gestionnairesdeflottes
Ce qui distingue ReparTrust, c’est son socle technologique enrichi par de l’intelligence artificielle Les pré-inspections sont assistées par des algorithmes qui analysent les dommages à partir de photos ou de vidéos, accélérant ainsi la prise de décision et réduisantlesmargesd’erreur
Cette digitalisation s’inscrit dans un mouvement global : selon des données de marché, le secteur mondial des logiciels de réparation automobile est en forte expansion, porté par une adoption accrue des solutions cloud et de l’IA, et devrait atteindre des dizaines de milliardsdedollarsdanslesprochainesannées

Mais l’innovation ne s’arrête pas là. ReparTrust est nativement connectée à Piyes.com, une centrale digitale marocaine de sourcing de pièces automobiles, offrant aux réparateurs un accès intégré à des pièces aftermarket, de réemploi ou reconditionnées, avec une évaluation des coûts, des délais et de l’impact environnemental. Ce modèle s’aligne sur une tendance mondiale croissante vers la durabilité dans l’aprèsventeautomobile,oùéconomisersurlespiècessanssacrifierlaqualitédevientunavantagecompétitif.
Sur le terrain, un système de notation baptisé ReparTrust Scoring évalue les garages selon des critères clés : délaisd’exécution,qualité,satisfactionclientetusageappropriédespièces.Objectif:offriruneréseaustructuré deréparateursfiables,uneressourceprécieusepourlesgrandesentreprisesetassureurssouventconfrontésà ladispersionetàl’hétérogénéitédesprestataires
Le contexte marocain n’est pas sans défis Le marché national des pièces de rechange automobiles pèse quelque20milliardsdedirhams,avecunparcdeprèsde5millionsdevéhicules,dontunelargemajoritésont des véhicules légers Structurer ce marché fragmenté, améliorer la formation des techniciens et intégrer les technologiesnaissantesrestentdesenjeuxmajeurspourtouteoffreinnovante

L’enjeu de cette levée de fonds de 7,5 millions de dirhams est précisément de renforcer les équipes techniques (produit et data), d’accélérer l’intégration des garages partenaires, de consolider le réseau évalué et de lancer des projets pilotes au Moyen-Orient, une région voisine au potentiel significatif Cette démarche s’inscrit dans une stratégie d’expansion réfléchie, avec une nouvelle levéeenphaseseeddéjàenpréparation
L’expérience client, l’efficacité opérationnelle et une meilleure gouvernance des réparationsaprèssinistresontaucœurdecequeprometReparTrust Etsicette aventure entrepreneuriale marocaine parvient à inspirer d’autres secteurs traditionnellement analogiques, elle pourrait bien servir de modèle pour une digitalisation pragmatique, durable et profondément ancrée dans le tissu économiquenationaletrégional
En un mot, ReparTrust incarne une révolution tranquille mais profonde, prête à transformerunmarchéaulongcoursrestétroplongtempsdansl’ombre.Pourun Maroc qui aspire à conjuguer innovation, création de valeur et inclusion économique,cetyped’initiativeestbienplusqu’unesimplelevéedefonds:c’est unsignalfortversl’avenir.
LaGIZMarocetl’OMTPMEannoncentun partenariat destiné à renforcer les compétences des très petites entreprises. Dans un pays où l’immense majorité du tissu économiquereposesurdesstructures de petite taille, l’enjeu est de transformer la formation et l’accompagnement en gains réels de productivité, de revenus et de résilience.
Former les dirigeants, pas seulement lesemployés
Lestrèspetitesentreprisessontsouvent décrites comme la colonne vertébrale de l’économie marocaine Elles créent de l’emploi, irriguent les territoires et portent une grande partie des activités deservices,d’artisanat,decommerceet de sous-traitance. Mais elles restent aussilesplusexposées:margesfaibles, accès limité au financement, maîtrise inégale des outils numériques, et difficultés à formaliser des procédures de gestion. C’est précisément sur ces fragilités que vient se greffer l’annonce d’un partenariat entre la GIZ Maroc et l’OMTPME, pensé pour renforcer les compétences, accélérer l’accompagnement et soutenir l’inclusionéconomique
Dans les programmes de coopération, la formation est souvent le mot le plus répété, mais aussi le plus mal compris PouruneTPE,“seformer”nesignifiepas multiplier les séminaires Cela veut dire apprendreàchiffreruncoût,piloterune trésorerie, négocier un contrat, fidéliser une clientèle, sécuriser des paiements, gérer un stock et intégrer des outils simples : facturation, présence en ligne, gestion relation client, et parfois vente sur des places de marché L’efficacité dépenddoncdelaproximité,dusuiviet del’adaptationsectorielle

Le volet digital est un accélérateur évident. La digitalisation réduit les coûts, améliore la visibilité et peut ouvrir l’accès à de nouveaux clients, notammentlorsqueletourisme,l’exportoulacommandeinstitutionnelle sont en jeu. Mais elle peut aussi creuser un écart entre entreprises connectées et celles qui ne le sont pas. Un partenariat bien conçu doit donccouplerformationetaccompagnement,avecdessolutionsréalistes : outils abordables, contenus en langue accessible, coaching court et mesurable
L’inclusionéconomiqueestl’autrepromesse,notammentpourlesjeunes, lesfemmesentrepreneuresetlesterritoiresmoinsservis Danslapratique, le succès se mesurera à des indicateurs concrets : entreprises accompagnées, chiffre d’affaires stabilisé, formalisation progressive, accès à des marchés, et capacité à maintenir l’activité en période de choc
Ce type d’alliance entre une agence de coopération technique et un acteurinstitutionnelnationalpeutproduireuneffetdelevier,àcondition d’éviter le piège du “projet vitrine” Les TPE n’attendent pas des slogans : elles attendent du temps gagné, des ventes supplémentaires et une gestionmoinsrisquée C’estlàquesejoueralacrédibilitédupartenariat


Pourlapremièrefoisdepuisledébutdesremousautourdel’applicationdelaloin°14.25surlestaxeslocales, le Trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda, a pris la parole. Dans un climat tendu où les perceptions de la Trésorerie générale du Royaume (TGR) étaient au bord d’un mouvement social, cette déclaration, saluée par la Confédération démocratique du travail (CDT), tente de dissiper un brouillard d’incertitudesquiapesélourdsurlesagentspublicsconcernés.

Ilyaquelquessemainesencore,nombreuxétaientlesfonctionnairesdesperceptionsàsedemanderquelleseraitleur placedanslenouveaupaysagefiscalquedessinaitlaloi1425uneréformelourdedeconséquencespourlerecouvrement destaxeslocalesetquitouchedirectementletissufinancierdescollectivitésterritorialesmarocaines
Dansuncontextesocialmarquéparlanervositéetlesinterrogations,ladirectiondelaTrésoreriegénéraleduRoyaumea finalement brisé le silence Au siège de la TGR, Noureddine Bensouda a tenu à lever les zones d’ombre entourant l’applicationdelaréforme DevantdesreprésentantsduSyndicatnationaldesfinances,affiliéàlaCDT,ilaaffirmésans ambiguïtéquecelle-cineremetnullementencauselesdroitsacquisdesfonctionnairesdesperceptions,nileurstabilité professionnelle et sociale, alors même que certaines voix syndicales faisaient état d’un climat inédit de « crainte et d’incertitude»auseindesservices
Selonplusieursparticipantsàlaréunion,lepatrondelaTGRarappeléquelaloi14.25,promulguéeenjuin2025etpubliée auBulletinofficieln°7412,visenotammentàmoderniserlafiscalitélocaleenredéfinissantlesmodesdecollectetouten créantdenouvellesperceptionsterritoriales,sanspourautantsupprimercellesdépendantdelaTGR.
Surleterrain,cetteréformen’estpasuneabstraction.Elletouchelataxed’habitation,lataxedeservicescommunauxet cellesurlesterrainsnonbâtis,désormaisgéréespardenouveauxacteurscommelaDirectionGénéraledesImpôts(DGI) enlieuetplacedelaTGR,uneévolutiondéjàenvigueurdepuisjuin2025.
Lireaussi:Loi14-25surlestaxeslocales:lamiseenœuvresoustension,ladignitédesagentsaucœurdelacontroverse
Dans un climat social particulièrement tendu, où certaines perceptions avaient même vu leurs activités presque paralysées à cause du flou organisationnel, cette prise de parole était attendue comme un signal fort. Bensouda a insisté sur le fait que les missions historiques de la TGR recouvrement, comptabilité, contrôle et financementdubudgetgénéraldel’État restent inchangées Il a balayé d’un revers les inquiétudes d’un « dessaisissement progressif » de la trésorerie, souvent au cœur des débats informelsentreagents
Pour les syndicats, cette transparence nouvelleaprèsdessemainesd’absence de communication claire représente une avancée significative. La CDT a rapidement salué la démarche, qualifiant l’ouverture au dialogue de « démarche constructive ». Sur cette base, elle a d’ailleurs décidé de suspendre la manifestation nationale prévue le 15 janvier 2026 devant le ministèredel’ÉconomieetdesFinances, tout en appelant toutefois à une vigilanceaccruequantauxprochaines étapesdemiseenœuvredelaloi.
Mais au-delà du soulagement passager, des questions persistent. Dans les couloirs des perceptions, certainsagentss’interrogentencoresur leur avenir professionnel, la continuité de leur carrière et la répartition des tâches entre TGR, DGI et nouvelles perceptionslocalesautantdepointsqui devront être clarifiés lors du prochain round de discussions avec la ministre del’ÉconomieetdesFinances.
En toile de fond de cet apaisement fragile,sedessineuneréalitépluslarge: celle d’un Maroc engagé dans une modernisation profonde de sa fiscalité locale, visant à renforcer la décentralisation,àaméliorerl’efficacité du recouvrement et à garantir l’équité territoriale.Unchantierqui,s’ilestmené avecrigueuretdialoguesocial,pourrait dessiner une nouvelle ère de gouvernance fiscale territoriale plus inclusive et durable pour les citoyens commepourl’administration.
Au moment où ces lignes sont écrites, l’orage social s’est pour l’instant dissipé, mais la réforme 1425 reste sous haute surveillance PourlesfonctionnairesdelaTGR,commepourles observateurs économiques, le véritable test de cette transformation sera dans sa mise en œuvre concrète loin des discoursinstitutionnels,aucœurdesperceptionsetdesservices oùsejoue,chaquejour,laconfianceentrel’Étatetsesagents

À la lecture du Global Risks Report 2026 du Forum économiquemondial,difficiledenepasyvoirunreflet familierdesinquiétudesquitraversentaujourd’huila société marocaine. Derrière les graphiques et les classements, ce sont des réalités bien concrètes qui ressortent : le chômage qui s’installe, le pouvoir d’achat sous pression, des services publics jugés inégaux. Dans un monde secoué par les tensions géoéconomiques, le Maroc aborde la période 20262028 avec des fragilités internes qui parlent directementauquotidiendescitoyensetinterrogent, sansdétour,lasoliditédenotrecontratsocial.
En creux de ce rapport, une constante : l’érosion de la confiance dans les mécanismes multilatéraux et la montée de pressions économiques et sociétales qui redessinent les priorités des décideurs Voici pourquoi cesrisquesdoiventretenirl’attentiondescitoyensetdes responsables politiques, à l’heure où les prochaines trajectoires de croissance du Royaume se jouent à l’intersectiondesdéfisinternesetdeschocsexternes
Le Global Risks Report 2026, publié le 14 janvier par le WEF,sebasesurlesréponsesdeplusde1300expertset dirigeants d’entreprise à travers le monde À l’échelle planétaire,prèsdelamoitiédesrépondantsanticipent une période “turbulente” ou “orageuse” pour les deux prochainesannées Ceclimatd’incertitudemondialese reflète localement dans le top des risques nationaux marocains, traçant un tableau qui dépasse la simple lecture des chiffres : il s’agit d’un miroir des fragilités structurellesdel’économiemarocaine.
Dans ce contexte global de rivalités géoéconomiques croissantes–oùlesoutilséconomiquesdeviennentdes armes au service d’intérêts nationaux – les chefs d’entreprise marocains ont classé le chômage et le manqued’opportunitéscommelerisqueprincipalpour leMarocd’ici2028 Cen’estpassimplementunterme statistique:c’estuneinquiétudepalpableaucœurdes marchés, des familles et des ambitions des jeunes générations qui peinent à trouver leur place dans une économieentransformation
Cette préoccupation renvoie à l’essence même des politiques économiques : comment générer une croissance inclusive qui absorbe une main-d’œuvre jeuneetdynamique?Dansunpaysoùprèsde40%des jeunespourraientencoreêtreenquêted’emploiqualifié,
l’alarme tirée par les dirigeants marocains doit être entendue commeunappelàrepenserlesmoteursdecréationd’emplois, de l’artisanat aux technologies émergentes, en passant par l’économieverteetlesservicesinnovants.
De fait, l’insuffisance des services publics et des protections socialesarriveendeuxièmeplace,soulignantlelienétroitentre croissanceéconomiqueetqualitédesinfrastructurespubliques . Santé, éducation, accès aux pensions et aux infrastructures essentiellesnesontplusdesluxes:ilssontaucentredudébat surlasoutenabilitéducontratsocialmarocain Tropsouvent,les Marocains ressentent des disparités selon les régions ou les groupes sociaux, renforçant un sentiment d’exclusion qui mine laconfiancedanslesinstitutions
Ce tableau se complique encore avec l’inflation, classée comme troisième risque national La hausse des prix, même modérée,affectedirectementlepouvoird’achatdesménages Dans le sillage de la pandémie puis des perturbations des chaînesd’approvisionnementmondiales,beaucoupdefamilles marocaines ont vu leur budget quotidien se tendre, rendant plusdifficileslesdépensescourantes Cettepressionsurlecoût de la vie n’est pas isolée : elle s’articule avec d’autres défis économiques mondiaux, comme le ralentissement de la croissance mondiale annoncé pour 2026 à environ 2,7 % – un chiffrequi,mêmes’ilrestepositif,illustrelafragilitéducontexte macro-économiqueglobal

D’autres risques nationaux importants incluent les pénuries de ressources naturelles, notamment l’eau et la nourriture LeMaroc,exposéàdesstresshydriquesrécurrents,saitquelagestiondurabledel’eaun’estpasun débat abstrait mais une urgence quotidienne pour l’agriculture, l’industrie et les populations rurales L’augmentation de la population urbaine et les pressions climatiques rendent cette question centrale pour la résilienceéconomiquedupays
Dernierélémentdutop5:l’inégalitéderichesseetderevenus,quiconfèreunedimensionsocialeprofondeaux risques économiques La fracture entre les zones urbaines et rurales, entre les secteurs formels et informels, entrelesjeunesdiplômésetlestravailleurspeuqualifiés,exacerbelestensionsauseindelasociétémarocaine Cetteconfigurationalimentelapolarisationsociale,phénomèneobservéaussiàl’échelleglobale

On pourrait être tenté de reléguer au second plan les risques environnementaux, car ils ne figurent pas dans le top cinq des préoccupationsmarocainesimmédiates Pourtant,àl’horizondedix ans, ces risques reviennent en force Inondations, sécheresses extrêmesoupertesdebiodiversiténesontpasdesspectreslointains mais des réalités qui peuvent fragiliser durablement les économies émergentescommecelleduMaroc
Le message du Global Risks Report est clair : la résilience du Maroc dépend moins des tendances mondiales que de sa capacité à traiter ses fragilités internes Stimuler l’emploi, renforcer les services publics, lutter contre les inégalités et gérer durablement les ressources naturelles sont des chantiers urgents et interconnectés Dans un monde où la coopération internationale vacille, ces réponsesdoiventêtreaussilocalesqu’innovantes
Ceconstatnedoitpasêtreperçucommeunfatalismemaiscomme unealerteconstructive.LeMarocal’opportunitédetransformerces risques en leviers de réforme et d’innovation. Pour les acteurs économiques,lesdécideurspublicsetlescitoyens–etenparticulier pourlajeunegénération–l’heureestàl’actioncollective.S’attaquer de front au chômage, à l’inégalité et à la cohésion sociale, tout en intégrantlesdéfisenvironnementauxàlongterme,pourraitbienêtre la clé d’une trajectoire plus résiliente et inclusive pour 2026-2028 et au-delà.
DansunMarocmarquéparunchômagepersistant des jeunes, une précarité d’emploi féminine alarmante et un secteur informel qui échappe à touteformalisation,laConfédérationGénéraledes EntreprisesduMaroc(CGEM)etl’Agencebelgede coopération Enabel lancent une initiative ambitieuse pour transformer les fédérations sectorielles et les structures régionales en leviers d’insertion socio-économique. Ce programme s’inscrit dans le cadre du partenariat MarocBelgique 2024-2029 et a pour ambition de professionnaliser l’écosystème institutionnel au bénéfice des territoires et des populations vulnérables.
Depuis Rabat à Casablanca, en passant par l’OrientaletleHautAtlas,lesdéfisrestentinchangés: l’économienationaledoitcréerdesemploisdécents pour des milliers de jeunes diplômés sans perspectives, tout en intégrant davantage de femmes dans le marché du travail formel Les dernierschiffresdisponiblesconfirmentquel’emploi des jeunes et des femmes demeure structurellement fragile, avec des disparités régionales importantes Dans ce contexte, la CGEM et Enabel dévoilent un programme structurant qui vise précisément à s’attaquer à ces lacunes institutionnelles
Lancéofficiellementenjanvier2026,leprojetcible9 fédérations sectorielles internes de la CGEM ainsi que4CGEMRégions,avecdesinterventionsprévues dans les zones Centrale, Orientale et du Haut Atlas. L’objectif : renforcer leurs capacités organisationnelles, techniques et communicationnelles.Aucœurdecettestratégiese trouvent trois leviers d’action bien définis : un diagnostic approfondi des besoins en gouvernance et structuration, des formations-actions collectives adaptéesetuncoachingpersonnalisépourassurer unancragedurabledescompétences
Ce faisant, les fédérations déjà au centre de la structuration des filières économiques marocaines sont appelées à jouer un rôle amplifié dans la création d’opportunités pour les jeunes et les femmes
Pour beaucoup d’entre elles pourtant, leurs actions restent aujourd’huilimitéesparunmanquedevisibilité,unedifficultéà mobiliser ressources et partenaires, et une gouvernance interne encore perfectible. Cette initiative espère lever ces obstacles et convertir ces organisations en plateformes dynamiquesd’intégrationsocio-économique.
Dansuneanecdoterévélatrice,uneentrepreneuredeFèsnous confiait récemment combien l’absence de structures d’appui locales fortes avait freiné son accès aux marchés et aux financements Sontémoignageillustreunconstatpartagépar denombreuxjeunesporteursdeprojetsàtraversleRoyaume: sansaccompagnementinstitutionnelsolide,lestalentslocaux restenttropsouventsous-exploités

Ce programme s’inscrit également dans la logique du nouveau cadre de coopération bilatérale MarocBelgique pour la période 2024-2029, qui met l’accent sur l’inclusion économique, la qualité du travail et la reconstruction sociale, en particulier dans les zones touchées par le séisme dévastateur du 8 septembre 2023
Deux piliers structurent l’intervention : l’amélioration des compétences qu’elles soient professionnelles, entrepreneurialesoutransversalesetlapromotiondeconditionsdetravaildécentes,notammentàtraversla formalisationprogressivedusecteurinformel,lerenforcementdudialoguesocialetl’accèsàlaprotection sociale. En renforçant l’employabilité tout en améliorant les standards du travail, le projet veut s’attaquer simultanémentàl’offreetàlademanded’unmarchédutravailtropsouventdysfonctionnel.
Ce partenariat stratégique entre la CGEM et Enabel intervient à un moment charnière de l’histoire économique du Maroc. Le pays aspire à transformer sa croissance en emplois durables et inclusifs, et ce programmepeutdeveniruncapitalinstitutionnelprécieuxdanscettetransitionsociale.Commel’asouligné unexpertendéveloppementlocal,«lavéritableinnovationnerésidepasseulementdanslesfinancements, maisdanslacapacitéàcatalyserdesréseauxd’acteursmobiliséspourunestratégiecollective»
En fin de compte, au-delà de la gouvernance et des formations,ceprojetseveut un pari : celui de faire des fédérations sectorielles et desCGEMRégionsdeshubs d’opportunités vivantes dans chaque territoire Si cette vision parvient à s’ancrer durablement, c’est tout le paysage socioéconomique marocain qui pourrait se transformer, avec des jeunes mieux insérés, des femmes mieux représentées et des territoiresplusrésilientsface auxdéfisdedemain.

Dans les bureaux feutrés du ministère de l’Investissement, une petite révolution est en gestation.Rabataofficiellementlancéunappel d’offres international pour concevoir, développer puis mettre en service une plateforme digitale dédiée à l’investissement des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Ce projet, annoncé en toute discrétion mais avec unobjectifclair,viseàtransformerlamanière dont la diaspora contribue au développement économique du Royaume. L’enjeu dépasse largement la simple modernisation administrative:ils’agitdecapterdavantagele potentiel financier, humain et entrepreneurial d’une communauté forte de plusieurs millions depersonnes.
Chaque année, les transferts de fonds envoyés au Maroc par les MRE constituent un pilier significatif des ressources en devises du pays
Selon les données de l’Office des Changes, ces remittances ont atteint un niveau record d’environ 119 milliards de dirhams en 2024, soit unehaussedeplusde3%parrapportàl’année précédente, poursuivant une tendance ascendantequis’inscritdepuisplusieursannées
Au-delà de l’aspect purement monétaire, ces sommes jouent un rôle crucial dans le maintien des réserves de change, le soutien au pouvoir d’achat des ménages et la résilience de l’économie marocaine face aux chocs externes Comme l’expliquent plusieurs économistes, la diaspora ne se contente pas d’envoyer de l’argentàsesproches:elleinjectechaqueannée un flux de devises essentiel pour équilibrer les comptesextérieursdupays.
Pourtant, malgré ces chiffres impressionnants, seulement une fraction limitée de ces transferts estréellementorientéeversdesinvestissements productifs. Les spécialistes estiment que moins de 10 % des fonds transférés par les MRE se traduisent en projets économiques durables sur lesolnational;lerestealimentel’épargneoula consommation

Ceconstat,partagépardesacteursdel’écosystèmeéconomique marocain, met en lumière un paradoxe : alors que la diaspora aspire à participer au développement de son pays, elle se heurte encoreàdesobstaclespratiques,structurelsetadministratifs
C’est précisément ce que vient adresser la nouvelle plateforme digitale un guichet unique qui promet de simplifier les démarches, d’offrir des outils de suivi de projets, et de faciliter l’accompagnement des investisseursMREtoutaulongdeleurparcours.
Surleterrain,certainsjeunesentrepreneursdeladiasporasedisentimpatientsdevoircetoutilnaître «La technologie, c’est ce qui nous relie aujourd’hui au Maroc, que ce soit pour envoyer de l’argent, acheter un terrain ou lancer une start-up Cette plateforme pourrait enfin faire sauter les derniers verrous bureaucratiques » , confie un ingénieur marocain installé en Europe qui désire investir dans l’agri-tech au Maroc
Le défi reste majeur : comment transformer ces transferts massifs en croissance inclusive et créatrice d’emplois ? La réponse passera par une coordination étroite entre le gouvernement, les institutions financièresetlesacteursdeladiaspora,afindecréerunenvironnementpropiceàl’investissementàforte valeurajoutée
En attendant, le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de digitalisation de l’économieetd’intégrationdesadiasporadanslesgrandschantiersnationauxunedynamiqueambitieuse quipourraitredessinerlescontoursdel’investissementextérieurdanslesannéesàvenir
Sileschiffresracontentdéjàunehistoirederéussite,c’estdansl’usagequeleMarocsaurafairede cettemannevial’innovationdigitale,desincitationscibléesetunclimatd’affairespropicequese jouera l’avenir d’un lien entre le Royaume et sa diaspora, essentiel à une croissance durable et solidaire.

Discrète dans sa forme, mais structurante dansseseffets,l’obligationd’enregistrertous lesmarchéspublicsdepuisle1ᵉʳjanvier2026 marque un tournant dans la gestion de la commande publique au Maroc. Derrière le droitde0,1%instauréparlaloidefinances, l’État se dote surtout d’un levier de transparence et de suivi économique inédit, aumomentoùl’investissementpublicatteint desniveauxhistoriques.
Cettemesure,codifiéenotammentauxarticles 127-I-B-6 et 128-I-A du Code général des impôts,n’estpasuneoption:elles’appliqueà touslesmarchéspublicsqu’ilsconcernentdes travaux, des fournitures ou des prestations de services, et ce, quel que soit l’acheteur public État, collectivités territoriales, établissements publics ou leurs filiales L’enregistrement doit être effectué dans les 30 jours suivant la signature du contrat, à la charge de l’entreprisetitulaire
Unpetittauxpourungrandenjeu
Sur le papier, un droit de 0,1 % peut sembler dérisoire, surtout face au formidable volume d’investissements publics contenus dans le budget 2026 Le gouvernement prévoit de mobiliseruntotalde380milliardsdedirhams pour l’investissement public cette année, un record qui illustre l’ambition du Maroc de stimuler la croissance, renforcer les infrastructuresetsoutenirlesservicessociaux
Dans ce contexte, le produit attendu de la nouvelle obligation d’enregistrement est estiméàenviron380millionsdedirhamspour 2026. Cela ne représente qu’un modeste 0,1 % du total des dépenses d’investissement, une somme qui pourrait paraître presque symbolique face à l’ampleur du chantier budgétaire.
Maisenréalité,cen’estpaslarecettequiesticiaucentredudébat L’objectif, selon les décideurs et plusieurs fiscalistes consultés, est plutôt d’améliorer la traçabilité des flux financiers et d’offrir à l’administration fiscale des données fiables et structurées sur l’activité réelle des entreprises qui collaborent avec le secteur public
Modernisationettransparenceenfiligrane
Un expert-comptable, cité par la presse économique nationale, résume bien ce qui est en jeu : cette formalité va permettre de mieux recouper les chiffres d’affaires déclarés avec les montants effectivement engagés dans les marchés publics, sans recourir uniquementauxtraditionnelscontrôlessurleterrain.

J’ai discuté récemment avec un dirigeant de PME basé à Casablanca, actif dans les travaux publics « Sur le principe, ce n’est pas la charge financière qui nous préoccupe, mais l’exigence d’une transparence accrue » , m’a-t-il confié « On sent que l’administration cherche à voir ce qui se passe réellement dans l’économie, y comprisauniveaudesgrandesentreprises»
Car pour certaines grandes sociétés celles qui remportent des contrats liés aux routes, aux autoroutes, aux stades ou aux ports, le droit de 0,1 % peut atteindre des dizaines de millions de dirhams. Cela devient une variable non négligeable dans leur comptabilité, surtout si l’on considère combien ces marchés pèsent dans leurchiffred’affairesglobal.
LeMarocfaceaudéfidelabonnegouvernance
Cette réforme s’inscrit dans une logique plus large de modernisation de la gouvernance publique. Le Maroc, comme beaucoup de pays, est confronté à la nécessité de renforcer la transparence, d’éviter les pratiques irrégulièresetderestaurerlaconfianceentrelesecteurpublicetleprivé Desauditsrécentsontd’ailleursrévélé des cas de fraude documentaire ou de fragmentation artificielle de contrats, soulignant l’importance d’un systèmed’informationfiablepourprévenirlesabus
Danscecadre,mêmesilenouveaudroitpèsepeusurlesfinancespubliques,ilpeutchangerlafaçondontl’État suitetanalyselesdonnéeséconomiques,offrantunlevierpourmieuxpiloterlespolitiquespubliques,réduireles risquesdecorruptionetaccroîtrel’efficiencedesdépenses

Untournantdiscretmaisstratégique
Aufinal,l’enregistrementobligatoiredesmarchéspublicsneserésumepasàunprélèvement fiscalsupplémentaire C’estunepièced’unpuzzleplusvaste:celuid’unMarocquiveutrenforcer la transparence, structurer l’information et améliorer l’efficacité de l’investissement public Pour les entreprises comme pour les citoyens, cette réforme est un signe que le pays avance, pas sansdéfis,maisavecuneclaireintentiondemodernisersesmécanismeséconomiques
Dans une économie mondiale où les États cherchent à conjuguer croissance et bonne gouvernance, de telles mesures, même modestes, pourraient faire école Au Maroc, le pari est simple : transformer une contrainte administrative en outil de confiance et d’intelligence économiquepourtous
Avecl’entréeenvigueurdelaloideFinancesn°50-25,leMaroctourneunepageimportantedesapolitiquefiscale.Le Code général des impôts (CGI) dans son édition 2026 ne bouleverse pas les taux, mais consolide une stratégie patiemment construite : élargir l’assiette, sécuriser la collecte et prévenir la fraude. Une réforme de maturité, ambitieuse dans ses objectifs, exigeante dans sa mise en œuvre, et parfois inconfortable pour les acteurs économiqueslesplusfragiles.
Uneréformedanslacontinuité,pasunerupture
LeCGI2026nesurgitpasdenullepart.Ils’inscritdansleprolongementdirectdesorientationsactéeslorsdestroisièmes Assisesnationalesdelafiscalité.LeProjetdeloideFinances2026vientsurtoutdonnerunecohérenced’ensembleàdes réformesdéjàengagées Pasdegrandsoirfiscal,nidevirageidéologique Plutôtunalignementméthodiquedesrègles, avecunephilosophiedésormaisassumée:cesserdejouersurlestauxnominauxets’attaquer,plusfrontalement,aux zonesdenon-imposition
Danslescercleséconomiques,beaucoupyvoientlesigned’unsystèmefiscalarrivéàuncertainâgederaison «On cherchemoinsàajusteràlamargequ’àrendrel’ensembleplusrobusteetplusprévisible»,confieunfiscalistebaséà Casablanca,habituéàaccompagnerdesPMEindustrielles
L’élargissementdel’assiettecommeleviercentral Le cœur de la réforme est là Extension des retenues à la source à de nouveaux flux, généralisation ciblée de l’autoliquidation de la TVA, renforcement de la traçabilité des transactions immobilières : autant de mécanismes destinésàcapterdesrevenushistoriquementpeuoumalimposés Lepariestclair Préserverlacompétitivitéapparente dusystèmefiscalmarocaintoutenaméliorantsonrendementréel
Cechoixmarqueunglissementdiscretmaisprofond D’unefiscalitélargementdéclarative,leMarocs’orienteversune fiscalitéplusadministrée,oùl’impôtestsécuriséenamont,parfoisavantmêmelecontrôlefiscalclassique Lesrecettes publiquesygagnentenstabilité LeTrésor,lui,dépendunpeumoinsd’unnoyaurestreintdegrandscontributeurs

Contributionsdesolidarité:cibléesetencadrées
La prorogation de la contribution sociale de solidaritésurlesbénéficesetlesrevenuss’inscrit dans cette logique. Elle vise des capacités contributives élevées, sans étendre la pression fiscale à l’ensemble des ménages ou des entreprises Contrairementàcertainescritiques,il nes’agitpasd’unprélèvementpara-budgétaire
Ces contributions sont intégrées au cadre budgétaire classique, limitées dans le temps, et adossées à des objectifs de cohésion sociale clairementidentifiés
À moyen terme, leurs effets macroéconomiques apparaissent maîtrisés Elles épargnent les ménages modestes et les entreprises de taille intermédiaire,pilierdutissuproductifnational
UnCoderéorganisépourplusdelisibilité
L’une des avancées les plus concrètes du CGI 2026résidedanssarestructurationentroislivres distincts : règles d’assiette, procédures fiscales, sanctions Unedemandeanciennedespraticiens
En séparant clairement ces dimensions, le législateur renforce la lisibilité et la sécurité juridique. « Cela réduit les interprétations contradictoires et améliore la prévisibilité des conséquences fiscales » , souligne le même expert.
Cette clarification devient un facteur de confiancepourlesentreprisesetlesinvestisseurs, dans un contexte où la stabilité réglementaire compte presque autant que les incitations financières
Contrôlefiscal:plusd’efficacité,maisaussiplus degaranties
Le texte renforce les outils de l’administration, notamment la possibilité de mener simultanément une vérification de comptabilité et un examen de la situation fiscale personnelle
Objectif : gagner du temps et élargir le champ d’action du contrôle Mais ce durcissement est encadré La nullité des procédures en cas de défaut de notification, la clarification des compétences des commissions de recours et l’encadrement des délais visent à préserver les droitsdeladéfense
Surtout,leCGI2026consacreunchangementde paradigme On passe d’une logique de sanction a posteriori à une conformité préventive, portée parlaretenueàlasource,l’autoliquidationdela TVA et des obligations déclaratives renforcées.
Les opérateurs économiques deviennent des rouages essentiels de la discipline fiscale, avec, en contrepartie, une charge administrative plus lourde.
LesTPE,maillonsensibledelaréforme C’est sans doute là que les tensions sont les plus vives. Pour les très petites entreprises, l’anticipation des paiements d’impôts et la multiplication des obligations déclaratives pèsent sur la trésorerie et l’organisation interne. Certes, des dispositifs transitoires et des seuils progressifs sont prévus Maislerisquedenon-conformitéinvolontairedemeure
Sur le papier, les TPE bénéficient des mêmes garanties procédurales que les autres contribuables Dans la pratique, leur capacité à maîtriser des procédures plus techniques et souvent dématérialisées reste limitée « La sophistication du droitfiscalpeutaccentuerl’asymétrieavecl’administration», avertit la source, malgré la consécration du principe de proportionnalitédessanctions
Unefiscalitédematurité,àconditiond’accompagner
Le CGI 2026 ouvre un nouveau cycle Après la réforme des tauxetdesrégimes,vientletempsdelagouvernancefiscale, de l’accompagnement des contribuables et de l’effectivité des garanties juridiques La conformité devient le principal levier de rendement, au service d’une trajectoire budgétaire pluscrédible
Cette fiscalité de maturité peut renforcer la solidité économique du Maroc et soutenir une dynamique sociale plus inclusive. À une condition toutefois : que l’exigence de conformité s’accompagne d’un véritable effort pédagogique etd’unsoutienconcretauxacteurslesplusfragiles.Sanscela, la réforme risquerait de creuser des écarts là où elle ambitionne,justement,delesréduire.

Dans les grandes villes marocaines, l’accès au logement est devenu un exercice d’endurance pour les ménages aux revenus modestes et intermédiaires. Face à la tension persistante sur le marché locatif, les pouvoirs publics préparent un mécanisme inédit : proposer des loyers inférieurs d’environ20%auxprixpratiqués,toutenpermettant aux locataires de constituer progressivement un apport pour accéder à la propriété. Une réponse encore à l’étude, mais qui traduit un changement d’approchedanslapolitiquedel’habitat.
Accéder à un logement à un prix acceptable relève aujourd’hui d’un parcours semé d’obstacles dans les grandes métropoles marocaines Casablanca, Rabat, Tanger ou Marrakech concentrent les opportunités économiques, les services de santé et les infrastructures, mais aussi les tensions les plus fortes sur l’immobilier. La hausse continue des loyers, la rigidité des conditions imposées par certains propriétaires ou agences, et parfois la qualité insuffisantedel’offredisponiblefinissentparépuiserles ménagesdansleurquêted’unloyerdigne.
Cette réalité sociale s’est invitée récemment au Parlement.Lorsd’uneséancedequestionsoralesàla Chambre des représentants, le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, a reconnu publiquement l’ampleur de la hausse des prix, aussi bien à l’achat qu’à la location Selon lui, le cœur du problème réside dans un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, particulièrement marqué dans les grandes villes à forte attractivité économique et démographique
Unepressionimmobilièremultiforme
Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer cette flambée des loyers Le premier tient à la rareté du foncierurbain,quirenchéritlecoûtdel’acquisitiondes terrainset,parricochet,celuideslogementsmissurle marché À cela s’ajoutent des pratiques spéculatives bien connues des professionnels du secteur : certains investisseurs acquièrent plusieurs biens immobiliers, non pour répondre à la demande résidentielle classique, mais dans une logique de rendement rapide, par la revente ou la location à forte valeur ajoutée
Le développement rapide de la location de courte durée, notamment via des plateformes internationales, accentue cette tendance Dansplusieursquartiersurbains,deslogementsontété progressivement retirés du marché locatif traditionnel pour être orientés vers une clientèle de passage, plus rentable à court terme Ce déplacement de l’offre réduit mécaniquement le nombre de biens disponibles pour les résidents permanents et contribueàmaintenirlesloyersàdesniveauxélevés
Les établissements bancaires jouent également un rôle indirect dans cette dynamique En privilégiant le financement de projets immobiliers à forte rentabilité, comme la location touristique, ils encouragentl’investissementdansdessegmentsdéjàtendus,au détriment du logement destiné aux ménages Résultat : un marché locatif classique sous pression, alors même que la demandesocialeresteforteeturgente

Uneétudepourréorganiserlemarchélocatif
Face à cette situation jugée préoccupante, le gouvernement travaille sur une étude visant à structurer l’accèsaulogementlocatifetàproposerdessolutionsdurables Lespremiersrésultatssontattenduspourle mois de mars L’objectif affiché est clair : stimuler le marché immobilier tout en soulageant la charge financièrequipèsesurleslocataires.
Le dispositif envisagé repose sur deux piliers. D’une part, la mise à disposition de logements à des loyers inférieursd’environ20%auxprixenvigueursurlemarché.Cesunitésseraientconstruitesouacquisespar desinstitutionspubliquesrégionalesetproposéesdansunelogiquedelongterme,afind’évitertoutedérive spéculative. D’autre part, une fraction du loyer versé serait capitalisée au fil du temps, constituant ainsi un apportfinancierenvued’unachatfutur.
Cette approche hybride, entre location encadrée et préparation à l’accession à la propriété, marque une rupture avec les politiques classiques du logement Elle reconnaît implicitement que, pour de nombreux ménages, l’achat immédiat est hors de portée, mais que la location peut devenir un levier plutôt qu’une impasse
Locationetpropriété:unchangementdeparadigme L’idée de transformer le loyer en outil de constitution de patrimoine répond à une attente largement partagée, notamment chez les jeunes actifs urbains Beaucoup expriment le sentiment de « payer à perte » pendant des années, sans perspective d’évolution En introduisant une logique de capitalisation, l’État tente de redonner du sensàl’effortfinancierconsentiparleslocataires

Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large visant à renforcer la cohésion sociale et à promouvoir un développement urbain plus inclusif Elle complète d’autres programmespublics,commeceuxdestinésàl’éradicationdel’habitatinsalubreouau soutienàl’accessionàlapropriétépourlesménagesmodestes
En misant sur des loyers réduits de 20 % et sur une trajectoire progressive vers la propriété, l’État esquisse une réponse innovante à une crise du logement devenue structurelle Si elle se concrétise, cette approche pourrait redonner de l’oxygène à des milliersdeménagesurbains Maisc’estdanslarigueurdesonexécutionquesejouera sa crédibilité – et, au-delà, la confiance d’une génération en quête de stabilité et de perspectives.
Dans un contexte où les grandes villes marocaines deviennent de plusenplusinabordablespourles classes moyennes, le gouvernement reconnaît une crisedulogementprofonde.Entre pénurie d’offre, spéculation, et boom des locations courte durée via des plateformes comme Airbnb, la tension ne cesse de monter. Le secrétaire d’État chargé de l’Habitat esquisse des pistes–dontunebaissepossible des loyers de 20 % et un encadrement des biens touristiques – mais le défi reste colossal pour des millions de ménages.
Dans les couloirs feutrés de la Chambre des représentants, lundi dernier, le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, a lâché une phrase qui a fait l’effet d’une bombe contrôlée : « Il y a effectivement une hausse des loyers,quecesoitàl’achatouàla location» Pasd’euphémismes Pas delanguedebois Simplementun constatpartagépardesmilliersde famillesmarocaines
Cequisejoueaujourd’huidépasse lasimplemontéedesprix:ils’agit d’un déséquilibre structurel entre unedemandeeffrénéeetuneoffre quipeineàsuivredanslesgrandes métropoles comme Casablanca, Rabat, Marrakech ou Tanger Ces villes continuent d’attirer populations actives, étudiants, investisseurs – grâce à leur concentration d’emplois, d’infrastructures modernes et de services publics – mais peinent à répondre aux besoins logistiques etfonciersdecetteaffluence.
ÀRabat,parexemple,opérateursetpromoteurspointentuneflambéecontinue des loyers et du neuf depuis 2020, une dynamique qui met à rude épreuve les budgets des ménages moyens, souvent contraints de s’éloigner vers la périphériepourseloger.
Cedéséquilibreestaccentuéparlararetédufoncierurbain,quipèsesurlecoût de construction et, par ricochet, sur les prix de vente et de location Dans certaines grandes villes, le simple fait de trouver un appartement à un prix raisonnablerelèvepresquedel’exception
À cela s’ajoute un phénomène qui inquiète les pouvoirs publics : des pratiques spéculatives bien réelles Des investisseurs achètent des biens non pas pour habiter ou pour louer long terme, mais pour les revendre rapidement ou les exploiterdansl’économiedushort-termrentalvialesplateformesnumériques Une tendance qui réduit encore l’offre résidentielle classique et fait grimper les référencesdeprix,audétrimentdesménages
Dans certaines villes côtières et touristiques, cette pression est encore plus visible À Tanger, par exemple, près de 3 540 logements sont actifs sur des plateformescommeAirbnb,générantdesrevenusd’environ136000MADparan en moyenne pour les hôtes – ce qui incite bon nombre de propriétaires à convertir leurs biens en hébergements touristiques plutôt qu’en logements à longterme

Cephénomènen’estpassansconséquencesurl’accèsaulogement Ilestaujourd’huicourantd’entendredes témoignagesdejeunesactifsoudefamillesexpliquantqu’unappartementdebasedansunegrandevillepeut coûter plusieurs milliers de dirhams par mois, loin des revenus du travailleur moyen, souvent contraint de dépenserunepartdisproportionnéedesonsalairepourseloger
Face à cette équation complexe, l’Exécutif marocain prépare plusieurs volets d’intervention Le premier vise à encercler plus strictement la location de courte durée, en particulier là où elle empiète sur des zones résidentiellesnonprévuespourletourisme,ens’appuyantsurlesdocumentsd’urbanismeenvigueur
Plusambitieuxencore:unnouveaumodèlelocatif,actuellementàl’étude,quipourraitpermettrederéduireles loyersd’environ20%parrapportaumarchéclassique L’idée?Qu’unepartieduloyerversésoitassimiléeàune forme d’épargne ou d’apport, ouvrant potentiellement la porte à une accession à la propriété à terme, sans effortd’épargnesupplémentaire Lespremiersrésultatsdecetteréflexionsontattendusd’icifinmars2026
Cedispositifs’adresseenprioritéàlaclassemoyenne,souventlaplusétoufféeparlescoûtsactuels Ilseveut une réponse à la double réalité de nombreux citoyens : trop riches pour les aides sociales classiques, trop pauvrespouraccéderàlapropriétédansunmarchéquis’envole

En filigrane de ce débat, une question essentielle demeure : les mesures envisagées suffiront-elles à contenir une crise devenue l’une des principales préoccupations des ménages urbains ? Une chose est sûre:sirienn’estfait,l’écartentrel’offreetlademanderisquedecontinueràsecreuser,creusantaussiles inégalités Lesprochainessemaines,etsurtoutlespropositionsfinalesattenduesenmars,serontdécisives pourévaluerlaportéeréelledecesinitiatives
Lahaussecontinuedesprixdufonciers’impose aujourd’huicommel’undesprincipauxfreinsà l’équilibredubâtimentetdestravauxpublicsau
Maroc. Raréfaction des terrains mobilisables, lourdeurs administratives et logiques spéculativespèsentsurlarentabilitédesprojets et renchérissent l’accès au logement, au moment où les villes concentrent toujours plus depopulationetd’attentessociales.
Le terrain, point de départ de toute équation immobilière
Il fut un temps où le foncier n’était qu’une ligne parmi d’autres dans le montage financier d’un projet. Ce temps est révolu. Dans les grandes agglomérations, le prix du terrain absorbe désormaisunepartdéterminanteducoûtglobal, parfois plus de la moitié de l’investissement, comme le souligne Finances News. Cette réalité modifie en profondeur la logique des opérateurs du BTP : avant l’architecture ou les choix techniques, tout commence par la capacité à sécuriser un sol à un prix compatible avec un modèleéconomiqueviable
À Casablanca, Rabat ou Marrakech, la pression est constante Les parcelles réellement exploitables se raréfient, non pas par manque physique, mais en raison de statuts juridiques complexes, d’indivisions interminables ou d’un déficit d’équipements La rareté est d’abord opérationnelle, et elle renchérit mécaniquement lelogement
Urbanisationrapide,offrefoncièrecontrainte
La dynamique démographique accentue ce déséquilibre L’urbanisation rapide concentre la demande sur des zones déjà saturées, alors que l’offre foncière mobilisable peine à suivre Selon Finances News, le terrain est ainsi devenu le premierdéterminantduprixdulogement,devant la main-d’œuvre et les matériaux, pourtant euxmêmessoumisàdestensionsinflationnistes.
Dans les discussions de terrain, certains promoteurs confient, parfois à voix basse, que le prix du sol conditionne désormais jusqu’à la typologiedesménagesciblés.
Lelogementn’estpluspensépourrépondreàunbesoinsocial, maispourabsorberuncoûtinitialdevenuexcessif
Spéculationetlogiqued’attente
À cette contrainte structurelle s’ajoute la spéculation Le foncier est de plus en plus perçu comme un actif financier Dans plusieurs zones à fort potentiel, l’acquisition vise la valorisation future plutôt que la construction immédiate La lenteur des procédures, l’anticipation de projets publics et l’absence de coûts dissuasifs liés à la rétention encouragent cette logique d’attente

Sur deux décennies, Finances News relève des hausses spectaculaires des prix des terrains urbanisables danscertainesrégions,sansliendirectavecl’évolutiondesrevenusoudescoûtsréelsdeconstruction Un décalagequinourritunsentimentd’injustice,notammentchezlesclassesmoyennes
Unmarchéquisepolarise
Les conséquences sont visibles Un terrain surpayé se répercute sur le prix final, amplifié par les charges financières et les délais Pour préserver leurs marges, de nombreux opérateurs montent en gamme, densifient ou réduisent les surfaces Le marché se polarise entre logement social très contraint et programmeshautdegamme,laissantunvidecroissantsurlesegmentintermédiaire
Les délais administratifs accentuent cette fragilité Malgré la digitalisation et les guichets uniques, la maturation d’un projet reste longue et imprévisible Chaque mois de retard génère des coûts supplémentaires Letempsdevientunfacteurderisqueàpartentière

Unenjeumacroéconomiqueetsocial
Au-delà du BTP, le foncier cher pèse sur lecoûtdelavie,l’attractivitédesvilleset la capacité du Maroc à mener des politiques urbaines inclusives Les leviers sont connus : accélération des procédures, transparence foncière, lutte contre la rétention spéculative, développement de zones prêtes à l’emploi et activation stratégique du foncierpublic
Le foncier n’est pas qu’un support physique. C’est un instrument de développement, au cœur du logement, de l’urbanisation et de la cohésion sociale.Lamanièredontilseraréguléet partagé conditionnera la capacité du Maroc à bâtir des villes équilibrées et à redonner au BTP des bases économiques soutenables, à la hauteur desattentesd’unesociétéenmutation.
LeMarocafficheuneambitionforte
:fairedel’intelligenceartificielleun levier de croissance et viser la création de 50.000 emplois. Derrière ce chiffre, une question centrale se dessine : comment transformer un virage technologiqueenemploisdurables, qualifiésetrépartissurleterritoire?
Formervite,formerbien:labataille destalents
L’intelligence artificielle n’est plus un sujet de conférences : elle s’invite dans les centres d’appels, les banques, la logistique, la santé, l’agriculture, et même dans la modernisation des services publics AuMaroc,l’objectifannoncédecréer 50000 emplois grâce à l’IA s’inscrit dans une logique désormais partagée par de nombreux pays : capter une part de la valeur d’une technologie qui recompose les métiers à grande vitesse, plutôt que delasubir.
La première condition, c’est la formation. Les besoins ne concernent pas seulement les ingénieurs en machine learning. L’économiedel’IAréclameaussides profils intermédiaires : analystes data, techniciens cloud, spécialistes cybersécurité, product managers, experts qualité des données, juristes du numérique, et formateurs capables d’industrialiser les compétences Lesuniversités,écoles d’ingénieurs, bootcamps et dispositifs de reconversion deviennent ainsi des pièces maîtresses, avec un enjeu de volume mais aussi d’adéquation : former aux outils, mais surtout aux usages,auxméthodesetàl’éthique
Deuxième condition : l’innovation appliquée. Les emplois se créent quand les entreprises déploient des solutions, signent des contrats, et gagnent en productivité. Les cas d’usage jugés les plus “créateurs” sont souvent ceux qui touchent des secteurs où le Maroc dispose d’écosystèmes : l’offshoring et les services, l’automobile, l’aéronautique, l’agro-industrie, le tourisme, mais aussi l’administration (automatisation documentaire, relation usager, détection de fraude) Dansceschéma,lesstartupsjouentunrôled’accélérateur,àcondition d’accéderàdesdonnées,àdesmarchéspublicsouvertsetàdufinancement patient
Reste la question sensible : l’IA crée autant qu’elle transforme, parfois en supprimant des tâches Le défi est donc social et territorial Sans stratégie d’inclusion, le risque est de concentrer les nouveaux emplois dans quelques pôlesdéjàconnectés Laréussiteduparimarocainsemesureraàsacapacité à faire émerger une “classe moyenne numérique”, avec des compétences diffusées, des passerelles de reconversion, et des garde-fous sur l’usage des données

LeMarocvise+100MdsDHdePIBd’ici2030 grâceàl’IA:centresdedonnéessouverains, cloud et fibres, 50 000 emplois, 200 000 formésetpartenariatavecMistral.
La ministre marocaine de la Transition numérique, Amal El Falah Seghrouchni, a annoncé que le Maroc ambitionne d’augmentersonproduitintérieurbrutde100 milliards de dirhams (environ 10 milliards de dollars) d’ici 2030 grâce à une stratégie dédiée à l’intelligence artificielle. Cette trajectoire s’appuie sur l’accélération des investissementsdanslaformation,lescentres de données souverains et les services cloud, au moment où Rabat intensifie ses efforts pour structurer une économie numérique compétitive
AvecunPIBactuelprochede170milliardsde dollars, le Maroc prévoit d’investir dans des hubs d’IA adossés aux universités et au secteur privé, tout en intégrant des solutions d’IA dans l’administration et les secteurs productifs Selon la ministre, le gain de PIB attenduproviendranotammentde:
l’augmentation des capacités de traitement des données locales via des datacenterssouverains; l’extension des infrastructures de cloud et defibreoptique;
la constitution d’une main-d’œuvre qualifiée pour déployer l’IA dans les servicespublicsetl’économieréelle.
La feuille de route fixe l’objectif de créer 50 000 emplois liés à l’IA et de former 200 000 diplômésauxcompétencesdudomained’ici 2030.Danscecadre,laministreasignélundi un partenariat avec l’entreprise française Mistral pour soutenir le développement d’outilsd’IAgénérativeauMaroc Elleaajouté vouloirfairedupaysunfuturhubd’excellence en intelligence artificielle et sciences des données,toutenpréparantuncadrelégislatif dédiéàl’IA

Legouvernementprévoitégalementlelancementd’institutsbaptisés «Al-Jazri»,enhommageàl’ingénieuretinventeurmusulmanIsmaïl Al-Jazri(1136–1206),afinderenforcerl’écosystèmeIAetaccompagner l’évolutionrapidedusecteuràl’échellemondiale
Surleplanbudgétaire,11milliardsdedirhams(1,2milliarddedollars) ont été alloués à la stratégie de transformation numérique 2024–2026, couvrant les initiatives IA et l’extension du réseau de fibre optique Parallèlement,leMarocentendconstruireàDakhlauncentre de données alimenté en énergies renouvelables d’une capacité de 500 MW pour renforcer la souveraineté et la sécurité du stockage nationaldedonnées.
Enfin, le 8 février 2024, les autorités ont annoncé la création de deux écoles dédiées à l’IA et au numérique à Taroudant et Berkane, une première au royaume qui s’inscrit dans la montée en puissance des compétenceslocalesauservicedelastratégienationale.
Exportationsd’orangesmarocaines:+38%en2024-2025
Lafilièreagrumicolemarocaineenreprise
La saison 2024-2025 marque un redressement pour les exportations d’oranges marocaines, avec 84 600 tonnes expédiéesàl’international,soitunehaussede38%parrapportà lasaisonprécédente
CetterepriseestportéeparlavariétéMarocLate,desconditions climatiques favorables et une adaptation progressive des pratiques culturales. Le marché canadien devient la principale destination, tandis que le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et l’Espagneaffichentdescroissancesremarquables.
Les mesures gouvernementales, comme la subvention des exportations vers l’Europe, ont renforcé la compétitivité du produit Malgré des défis liés au climat et à l’eau, le secteur amorceunredressementprometteur.
La Banque mondiale prévoit une croissance modérée pour le Marocen2026
Croissancemarocaineenlégerralentissement
La Banque mondiale anticipe un ralentissement de la croissance économique du Maroc, qui passerait de 5 % en 2025 à une moyenne de 4,4 % sur 2026-2027. Ce recul s’explique par un essoufflement de l’agriculture et de l’industrie manufacturière, ainsiqu’unrythmeplusmodérédecréationd’emplois
LeHCPprévoitunlégerredressementà4,2%aupremiertrimestre 2026, soutenu par la demande intérieure Les comptes extérieurs et les finances publiques restent globalement stables, mais le potentiel de croissance additionnel dépendra des réformes structurellesetdel’investissementprivé.
Àl’échellemondiale,lacroissancedevraitralentirà2,6%en2026, avecdesrisquesliésaucommerceetauxconditionsfinancières
FruitsrougesauMaroc:lenordrelancelasaisondesmyrtilles
Myrtilles:lenordprendlerelais
LacampagnedesmyrtillesdémarredanslenordduMarocavec quelquessemainesderetardàcausedufroid,maislespremières récoltesdanslarégiondeLarachesontencourageantes
Lesproducteursprivilégientpourl’instantlemarchéintérieur,plus rentablequel’exporteuropéen,toutenpréparantunemontéeen puissancedesvolumespourlesprochainessemaines.
Lesvariétésplusgrossesetl’augmentationdessurfacesplantées promettent une production supérieure à celle de l’an dernier Le pic de récolte est attendu en avril, période clé pour la filière qui s’adapteauxaléasclimatiquesetcontinuedesestructurer.
EmiratesrecruteauMaroc
Emirates organise en janvier 2026 des sessions de recrutement à Casablanca, Rabat, Fès, Tanger et Marrakech pour renforcer ses équipes techniques et commerciales Avecdéjàplusde1000Marocainsàbord,la compagnie valorise le vivier local pour son expansion mondiale.
Lescandidatsprésélectionnésserontévaluésetinterviewés sur place, avec une formation complète à Dubaï pour les retenus La compagnie offre des conditions attractives, incluant salaire non imposable, logement, transport et primesdevol.
Les intéressés peuvent postuler en ligne ou se présenter directementauxsessions Cesinitiativessoulignentlaplace stratégiqueduMarocdanslastratégieglobaled’Emirates
Maroc:étudesurl’emploidesmoinsde30ans Le ministère de l’Emploi lance une étude sur les attentes et aspirationsprofessionnellesdesjeunesdemoinsde30ans Leministèredel’inclusionéconomiqueetdel’emploiprépareune étudequalitativepourmieuxcomprendrelesattentes,aspirations etperceptionsdesjeunesdemoinsde30ansvis-à-visdumarché dutravail.
L’enquête,menéeparl’Observatoirenationaldumarchédutravail, analyseralespréférencesenmatièredeformesd’emploi(salariat, entrepreneuriat,freelancing,travailhybride)etlesfreinsàl’insertion professionnelle. Elle couvrira un échantillon diversifié, représentatif dejeunesurbains,ruraux,étudiants,actifsetinactifs. Lesrésultats,attendusaprèsquatremois,servirontàformulerdes recommandations pour rapprocher les politiques de l’emploi des besoinsetambitionsdecettegénération
Maroc:3,4millionsdeboursesscolaires
La rentrée scolaire 2025-2026 : près de 3,4 millions d’élèvesbénéficientdelabourse,avecunfortimpact enmilieurural
LeMaroccompteprèsde3,4millionsdebénéficiaires delaboursedelarentréescolaire,dont60%enmilieu rural, soit une hausse de 19 % par rapport à l’année précédente
Ce soutien, essentiel pour favoriser la scolarisation et lutter contre la déperdition scolaire, est renforcé par l’intégration des allocations familiales. Le transport scolaire touche environ 700 000 élèves, les internats 217 000, et la restauration scolaire 75 000, avec une majoritédesbénéficiairesenzonesrurales
Cesmesuresvisentàgarantirl’égalitédeschanceset encourager les familles à maintenir leurs enfants à l’école.
Les récentes pluies redonnent un souffle à la filière des agrumes au Maroc, entre qualité des fruits et perspectives à l’export
Les récentes précipitations au Maroc relancent la filière agrumicole après plusieurs années difficiles marquées par la sécheresse et la concurrence étrangère Mandarines et clémentines profitent de meilleures conditions climatiques, avec des fruits plus gros, mieux colorés et moins touchés par lesravageurs
La production nationale progresse par rapport aux dernières saisons, tandis que les exportateurs ciblent des marchés de nicheàl’international Laconcurrenceégyptienneresteundéfi, mais des ajustements logistiques et une demande locale croissantepourraientéquilibrerlasituation
Les producteurs misent désormais sur l’amélioration des rendements plutôt que l’extension des surfaces. Les variétés tardives, comme les oranges Valencia et Maroc Late, sont au centredesespoirspoursoutenirl’exportation.
Legouvernementfixeleprixplafonddusucreraffinéà5,15DH/kg
Plafondfixépourlesucreraffinépourstabiliserlemarché
Le gouvernement marocain a instauré un plafond pour le prix du sucre raffiné afin de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et stabiliser le marché Le sucre en pain est plafonnéà5,14DH/kg,tandisquelesucregranuléouenpoudre(« Sanida»)varieselonleconditionnement,allantde4,23à4,33DH/kg
Cettemesure,entréeenvigueurle1erjanvier2026,encadrelesprix etmargesàtouteslesétapesdecommercialisation,depuislasortie d’usinejusqu’audétail
Elle remplace l’arrêté de 2006 et s’inscrit dans une stratégie gouvernementale visant à réguler les prix des produits de base et maîtriserlesmargestoutaulongdelachaîne
LeMarocstoppel’exportdesardinecongelée
Le Maroc suspend les exportations de sardine congelée pourprotégerlemarchéintérieur
Face à la baisse des débarquements de sardine et à la pression sur les prix, le Maroc a décidé de suspendre l’exportationdelasardinecongeléeàpartirdu1erfévrier
Cette mesure, annoncée par la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, vise à garantir l’approvisionnement du marché national et contenir les tensions sur ce produit de première nécessité Les débarquements ont chuté de 46 % entre 2022 et 2024, passantde966000à525000tonnes
La décision s’inscrit dans une stratégie plus large de préservation des stocks halieutiques et de régulation des prix, notamment pour répondre aux besoins accrus pendantleRamadan
La RAM renforce le Nord : nouvelle base à Tétouan et six liaisonsdirectesversl’Europe
Royal Air Maroc inaugure une base à l’aéroport de Tétouan – Sania R’mel à partir du 27 mars 2026, renforçantlaconnectivitéduNordduRoyaume
La compagnie nationale lancera six nouvelles liaisons directes vers Paris, Londres-Gatwick, Bruxelles, Barcelone, MadridetMalaga,toutenaugmentantlafréquencedes vols Tétouan–Casablanca Cette initiative, réalisée en coordinationavecl’OfficeNationalMarocainduTourisme, vise à soutenir le développement touristique et économiquedelarégion.
Les vols seront opérés en Embraer 190, offrant confort et performance pour les trajets moyen-courrier Les billets sontdisponiblesdèsle7janvier2026
Marsa Maroc modernise ses terminaux à conteneurs à Casablanca
Le port de Casablanca prépare des extensions stratégiques des terminaux TCE et TC3 pour accueillir des navires de plus grande capacité
Marsa Maroc prévoit d’étendre et d’approfondir ses terminaux à conteneurs TCE et TC3 au port de Casablanca afin de renforcer leurcompétitivitéetd’accueillirdesnaviresdenouvellegénération. Lestravauxincluentl’approfondissementdesquais,l’extensiondes linéaires, la rénovation des infrastructures et l’installation de nouveauxéquipementsportuaires,dontunepasserelleRo-Roetle systèmeshore-powerpourunealimentationélectriqueécologique desnavires
Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie de modernisation visantàoptimiserlesperformances,lasécuritéetladurabilitédes terminaux dans un contexte de flux maritimes de plus en plus importants
TourismeauMaroc:prèsde20millionsdevisiteurs en2025
Une année record pour le tourisme marocain : 19,8 millionsdevisiteursetdesrecetteshistoriquesen2025 LeMarocaaccueilli19,8millionsdetouristesen2025, soit une hausse de 14 % par rapport à 2024, frôlant pour la première fois le cap symbolique des 20 millionsdevisiteurs
Les recettes touristiques ont atteint 124 milliards de dirhams, en progression de 19 %. Cette performance résultedeseffortsdelaFeuillederoute2023–2026,qui vise à renforcer l’offre, la qualité des services et la connectivitéaérienne
LaministreduTourismesoulignequecesuccèsreflète une transformation durable du secteur et prépare le Royaumeàaccueillir26millionsdetouristesd’ici2030.

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