Eco Business du 01-12-2025

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ECO ECO

Passerdubruitdeschiffres àlamusiquedelapuissance

Micropartout,PMEnullepart?Anatomied’unbiais structurel

Leparadoxeducrédit:59%pourlesgrandes,41%pour lespetites

Casablanca-Settat,cœurfinancier…etgoulot d’étranglement

Dissolutions2023:radiographied’unevagueà10905

Commerceentête,industrieenrelance:arbitrer l’investissement2024-2026

Valeurajoutée:528MMDH,quicaptequoi?

Emploidéclaré:l’accélérationpost-Covidest-elle pérenne?

Femmesdirigeantes:14,6%desbénéficiaires,11,3%de l’encours

Transport&entreposage:lediscretgagnant2017-2023

Construction:partenrecul,carnetsentension,17,2%du crédit

Énergie:0,2%desEPMA…mais10,1%del’encours

DelaSARLau«Mittelstand»:commentfairegrandirnos boîtes

Flasheco

Onalongtempscruqu’il suffisait de « créer des entreprises » pour créer uneéconomie.Lesdouze enquêtes de ce dossier racontent l’inverse : le Maroc sait immatriculer, mais il peine encore à faire grandir. Derrière la pluie de matricules, l’ossature demeure fragile:micro-structures omniprésentes, crédit qui préfère l’historique à latrajectoire,géographie financière aimantée par le duo Casa-Rabat, filières entières qui carburent… sans toujours transformer l’effort en productivité durable. Ce n’est pas un réquisitoire. C’est un diagnostic. Et il appelle un cap simple : passer d’une économie de flux dispersés à une économie de valeur concentrée — dans les PMEsolides.

Lapremièrevérité,c’estla tyranniedelapetitetaille.

Le pays « allume » des micro-entreprises à la chaîne, mais l’ascenseur 0-3salariés → 10-50reste coincé Or,l’emploistable, la montée en compétences, l’export naissent

précisément dans cet étage médian. Tant qu’on n’équipe pas ce palier, on confondra mouvement et progrès. Il ne s’agit pas de mépriser l’entrepreneuriat micro : il est vital, agile, créatif. Mais il ne peut être la colonne vertébrale d’un projet d’émergence

L’État doit cesser de compter les créations comme on compte des likes et mesurer ce qui compte vraiment : le nombre de PE/ME qui franchissentunpalierde gouvernance, d’investissement et de marchés

Deuxième vérité : la géographieducréditne colle pas encore à la géographie de la croissance Que l’argent se concentre là où le risque est mesurable

Casa en tête n’a rien d’illogique. Mais la carte productive bouge, le Nord accélère, des poches régionales s’épaississent. Si le financementnesuitpas, ongaspilledespointsde productivité et on reconduit les rentes de centralité Le remède n’est pas un décret d’équité territoriale ; c’estuneingénierie

contractuelle qui déplace le risque du bilan de la petite boîte vers le contrat avec le grand donneur d’ordre : affacturage inversé, pré-paiements standard, accords-cadres à 24–36 mois,SLAspubliés.Quandlesfluxdeviennentlisibles,labanque finance…etlapériphérierespire.

Troisième vérité : nous devons financer la trajectoire, pas l’archive.Leparadoxedenotreintermédiationestconnu:elle prête volontiers aux anciens, rarement aux ambitieux. Il faut l’aider à changer de focale, sans dégrader la prudence. Comment?Enadossantlesproduitsauréel(factures,bonsde commande, PPA, CPE), en comblant le trou des tickets 5–30 MDH (mezzanine de franchissement), en bonifiant à la performance (productivité, VA/ETP, export) Le crédit cesse alors d’être un pari sur un passé imparfait et devient un partagederisquesurunfuturcontractuel

Quatrième vérité : la valeur ajoutée remonte, mais elle reste trop polarisée Les grandes entreprises captent l’essentiel : c’est la mécanique des échelles, des capex, des standards

Très bien À nous de transformer cette force en effet d’entraînementsurles«étagesporteurs»quesontlesPE/ME: robotisation ciblée, certification, efficacité énergétique, digital usineetlogistique

Tout dirham de capex utile dans ces zones colle au territoire : il forme des techniciens, stabilise des salaires,ancredessous-traitants,ouvrel’export.Voilà oùsejouelegainmacro

Cinquième vérité : la modernité discrète se nomme logistique. Transport & entreposage progresse silencieusementparcequ’ilestleback-officedetout le reste de l’usine à l’agro, du e-B2B aux plateformesportuaires Financerdesracks,desWMS, des quais, des groupes froids, c’est financer des minutesgagnéesparcolisetdestonnesd’exportde plus Làencore,lecontratfaitlabancabilité:basculer duspotàlalogistiquecontractuelle(OTIF,indexation fuel),c’esttransformerunedépensevariableenactif productif

Sixième vérité : la construction change de cycle. Moinsdecoupsspectaculaires,plusderéhabilitation, d’efficacité énergétique, d’ouvrages d’eau Tant mieux:c’estlàquelepaysgagneenrésilienceetque les PME du BTP peuvent stabiliser des carnets récurrents, si encore les flux de paiement deviennent prévisibles Payons vite, exigeons la qualité, publions les délais réels : on sauvera plus d’emplois par un DSO à 30 jours que par un plan d’annonces

Septième vérité : l’énergie aspire le crédit… et doit désormais l’irriguer Les mégawatts se financent, le réseau et l’efficacité énergétique doivent suivre Un CPE qui paie l’économie d’énergie, un PPA industriel avecstockage,ungridfinancécommeunactifavec clausesdedisponibilité:cevocabulairen’estpasdu jargon, c’est la grammaire d’une productivité nationale plus basse en coûts, plus propre, plus compétitive y compris pour les PME électrointensives

Enfin, une exigence transversale : l’inclusion ne se décrète pas, elle s’équipe Les cheffes d’entreprise accèdent au crédit, mais pour des volumes plus faibles et trop souvent dans la seule capitale économique Ciblons les filières où elles performent déjà(santé,autresservices,enseignement)avecdes garanties sectorielles, sponsorisons le pré-paiement public,etpublionsdesKPIgenre L’égaliténerésultera pas d’un slogan, mais d’un design financier qui neutraliselesbiaisdetaille,dedistanceetderéseau.

Cedossiern’estpasuncoupdementon;c’estune feuillederoute Nousnemanquonsnidetalentsni d’idées ; nous manquons encore d’instruments qui stabilisent la trésorerie, sécurisent les contrats, bonifient les capex utiles et récompensent l’entraînementdesgrandssurlespetits Àl’heureoù le pays vise l’émergence, l’équation est d’une simplicitébrutale:moinsdebruitstatistique,plusde musiqueéconomique Ànousdepasserdutempo des annonces au rythme régulier des factures payées,desmachinesquitournentetdescarrières qui durent C’est ce passage de la quantité à la qualité quiferadenosdouzearticlesnonpasun inventaire,maisunmanueld’action.

SOUS TENSION DE FINANCEMENT

Structuresectorielle:letertiairegagneduterrain

LapartdesEPMAdusecondairereculede32,0%à30,2% entre 2017 et 2023, au profit du tertiaire Le commerce & réparationrestepremiermaisglissede30,0%à28,8%;la construction passe de 24,4 % à 22,8 % ; le transport & entreposage grimpe de 6,3 % à 7,8 % Le poids relatif de l’industrie manufacturière reste globalement stable Ce mouvement structurel se retrouve aussi dans le chiffre d’affairesdesEPMA

Chiffre d’affaires : 1 594 MMDH, commerce en tête, industriequiremonte

Le nouveau rapport annuel 2024 de l’Observatoire

dresse un portrait précis des entreprises privées marocaines (EPMA) en 2023 : un tissu qui s’épaissit, basculedavantageversletertiaire,créedesemplois déclarés plus vite qu’avant la pandémie, mais qui voit grimper les dissolutions et reste fortement polariséparquelquesrégionsetsecteurs.

UntissudominéparlesSARLetprochede350000 entreprises

Côté stock, les formes juridiques confirment leur hiérarchie:laSARL(multi-associés)pèseencore54,1 %duparcdespersonnesmoralesen2023,laSARLà associéuniqueprogresseà40,5%,laSAretombeà 2,3% Letotalatteint349969entreprisespersonnes moralesen2023(contre340653en2021),signed’un socle qui continue de se formaliser, même si le rythmes’esttasséaprèslepicpost-Covid.

Création : la micro-entreprise, reine des immatriculations

Sur la période 2017-2023, la dynamique de création confirme l’ultra-domination du segment « micro » : près de 99 % des nouvelles créations (personnes morales)chaqueannée,lesTPEoscillantentre0,7et 1%,etlesPEautourde0,2–0,4% En2023,oncompte 66 896 créations de personnes morales, dans un total national de créations (PP + PM) 96 442, après un pic à 104 990 en 2021 (effet rattrapage post2020)

Dissolutions:unsignald’alerteà10905en2023

Lavaguededissolutionspost-Covidseconfirme:10 905 dissolutions de personnes morales en 2023, en haussed’environ32%entre2021et2023(lecreuxde 2020s’expliqueparlafermeturedestribunaux) C’est unindicateuràlireenparallèledescoûtsfinanciers etdel’ajustementconcurrentiel.

En 2023, le CA cumulé des EPMA atteint environ 1 594 MMDH (après 1 540 en 2022). Par secteur, commerce & réparation domine à 841,3 MMDH (35,2 %), l’industrie manufacturièresuità574,4MMDH(24,1%),laconstruction à 297,1 MMDH (12,4 %) Le rapport note également une légèrebaissedelapartdusecondairedansleCAtotalau profit du tertiaire Territorialement, Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Souss-Massa portent l’essentiel de la progression depuis 2017

Valeur ajoutée : 528,4 MMDH en 2023, avec un regainde8%

Lavaleurajoutée(VA)desEPMAremonteau-delà des niveaux pré-Covid : 528 440 MDH, soit 528,4 MMDH, en +8 % sur un an Sur 2017-2023, les grandesentreprises(GE)conserventenmoyenne ~68 % de la VA totale, même si leur part reflue légèrement(de68,5%à67,6%),auprofitdesTPME (de31,5%à32,4%)

Emploi déclaré : plus d’entreprises CNSS, accélérationpost-Covid

Le nombre d’entreprises affiliées CNSS progresse de202649à332102entre2016et2023(+7,9%/an en moyenne, ralentissant à 5 % post-Covid) Le nombre de salariés déclarés passe de 3,28 M à 3,99 M (+2,7 %/an), avec une accélération postCovidà~4,9%/an(contre2%avant) Celareflète à la fois la reprise et les efforts de mise en conformité.En2023,lesfemmesreprésentent32,6 %dessalariésCNSS,unepartquasi-stabledepuis 2019

Genre & entrepreneuriat : pénétration encore limitéeducrédit

Sur 123 054 EPMA ayant un contrat de crédit en 2023, 14,6 % sont dirigées par des femmes. Ces entreprises obtiennent 11,3 % de l’encours total (50,6 MMDH contre 396,5 MMDH pour les entreprises dirigées par des hommes). La concentration régionale est marquée : 43,3 % des EPMA dirigées par des femmes opèrent à Casablanca-Settatetcaptent74,4%descréditsà cesentreprises.Parsections,la«santéhumaine& actionsociale»etles«autresactivitésdeservices » affichent les plus forts taux de pénétration du créditpourlesdirigeantes.

Créditbancaire:59%pourlesGE,41%pourles TPME

La répartition de l’encours des crédits EPMA reste déséquilibrée:59,1%vontauxGEcontre40,9%aux TPME Quatre sections concentrent 67,2 % des encours : commerce & réparation (23,6 %), construction (17,2 %), industrie (16,3 %) et production & distribution d’électricité/gaz (10,1 %), confirmant une forte polarisation sectorielle du risquebancaire

Lectureéconomique:5nœudsàsurveiller Dynamique duale : la base s’élargit (SARL/SAU) mais la création réelle de « petites PME » reste mince(moinsde1%descréations),cequipèse surlamontéeengamme.

Qualité de la croissance : le tertiaire domine le CA,l’industrieremontemaisdemeureminoritaire enstockd’entreprises;enjeudeproductivité.

Financement concentré : l’accès des TPME au crédit s’améliore en volume, mais reste minoritaire en part d’encours, avec une sousallocationauxdirigeantes

Tension conjoncturelle : 10 905 dissolutions signalent des fragilités (coût de l’argent, délais depaiement,carnetsdéséquilibrés).

Emploi et inclusion : accélération des emplois déclarés mais féminisation atone (32,6 %) un chantierRHetdepolitiquespubliques.

AuMaroc,créerunesociétén’ajamaisétéaussi accessible.LaSARLetsacousineàassociéunique (SARL-AU) règnent sans partage, au point de dessiner la silhouette juridique de tout le tissu productif. Mais derrière cette démocratisation apparente de l’entrepreneuriat, une réalité s’impose : la quasi-totalité des nouvelles entités restent… microscopiques. La question n’est pas anecdotique. Elle conditionne la productivité, la capacité d’export, l’accès au financement, l’innovation — bref, la montée en gamme de l’économie.

Les derniers chiffres de l’Observatoire sont sans détour En stock, la SARL demeure la forme dominante mais perd du terrain (70,2 % en 2017 à 54,1 % en 2023), pendant que la SARL-AU bondit à 40,5 % (22,1 % en 2017) La SA poursuit sa décrue à 2,3% Autotal,lepayscompte349969entreprises personnesmoralesen2023,contre351463en2022 (après340653en2021) unsoclelarge,maisqui n’évolue plus au même rythme qu’au pic postCovid

Côté flux, c’est encore plus parlant : près de 99 % descréationsdepersonnesmoralessur2017-2023 sont des micro-entreprises. En 2023, on enregistre 66896créationsdepersonnesmorales(sur96442 créations totales, physiques et morales confondues), mais les TPE plafonnent autour de 0,7-1%etlespetitesentreprises(PE)à0,2-0,4%.Les moyennes et grandes ? Marginales (ensemble < 0,05%).Autrementdit:l’ascenseurversla«vraie»

PMEresteenpanne

Le phénomène a deux moteurs D’abord, un biais réglementaire et culturel en faveur des structures légèresetflexibles laSARL-AUestdevenuel’outil par défaut du créateur solo, consultant ou petit commerce Ensuite, une économie où l’accès aux marchés (publics et privés) et aux chaînes de valeurrestedifficilepourlespetitestailles Oncrée, on teste mais on grandit peu D’où cette « pyramide renversée » : base très large, sommet étroit

La conjoncture, elle, n’a pas aidé Les dissolutions ont atteint un pic de 10 905 en 2023 (+32 % entre 2021 et 2023), après la baisse artificielle de 2020 (tribunauxfermés) Cechiffreneditpasseulement la fin d’entités dormantes ; il révèle aussi les tensions de trésorerie de micro-structures surexposéesauxchocs(coûtdel’argent,délaisde paiement,saisonnalitédel’activité)

Sur le plan sectoriel, le tertiaire gagne encore du terrain. La part des EPMA du secondaire recule de 32,0%à30,2%entre2017et2023,pendantquele« commerce-réparation»demeuremajoritairemais s’effrite(30,0% → 28,8%).

La construction diminue (24,4 % → 22,8 %), tandis que transport-entreposage progresse (6,3 % → 7,8 %). L’industrie manufacturière reste globalement stable en stock d’entreprises,maissapartdanslecrédit(etlavaleurajoutée) enditplussursonpoidsréel.

Pourquoice«plafonddetaille»?Troisverroussecombinent.

1) Le marché : décrocher des contrats de volume exige des bilans plus épais, des garanties et une maturité process qu’une micro-structure ne possède pas La sous-traitance pourraitjouercerôled’ascenseur,maisellerestefragmentée etpeustandardisée encoretropdedeals«opportunistes» etpasassezd’accords-cadrespluriannuels

2)Lefinancement:surl’encourstotaldecréditbancaire,59,1% vont aux grandes entreprises, 40,9 % aux TPME En clair, les petitesbénéficientd’unepartminoritaired’ungâteaude504,1 Mds DH (crédits par décaissement recensés), largement concentré à Casablanca-Settat (62,9 %) Pour une jeune sociétébaséehorsdesdeuxhubsmajeurs,lamarched’accès restehaute etlestaux,souventplusélevés,n’arrangentrien

3) L’âge et la gouvernance : 76,2 % de l’encours de crédit vont à des entreprises de plus de 10 ans, quand celles de moins de 5 ans (28,3 % de l’effectif étudié) ne captent que 10,7 %

Autrement dit, la banque finance l’historique rationneldupointdevue durisque maislaissepeud’oxygène à la croissance organique des nouvelles

Leparadoxe,c’estquel’emploidéclaré progresse (affiliations CNSS et salariés) Mais la féminisation des effectifs stagne (32,6 % de femmes parmilessalariésdéclarés),etl’accès des dirigeantes au crédit reste très minoritaire (14,6 % des emprunteurs, 11,3 % de l’encours). Le biais n’est pas seulement de taille ; il est aussi de genre.Etilsedoubled’unegéographie concentrée : 43,3 % des EPMA dirigées par des femmes opèrent à Casablanca-Settat et captent 74,4 % descréditsallouésàcesentreprises.

Quefaire?Troispistesconcrètespour transformer la « micro-nation » en Mittelstand.

Unmarchépublicpro-croissance Des quotasdelotsréservésauxPME,payés à 30 jours garantis, avec notation « pro-PME»danslesréférentielsd’achat La stabilité des volumes sur 3 ans (accords-cadres)changelavied’une petite structure : elle peut investir, embaucher, emprunter car elle anticipedescash-flowsréguliers Unfinancementquisuitlecontrat,pas seulement le bilan Généraliser des lignes de « contract-based finance » (type factoring sans recours + garanties publiques plafonnées) et des tickets mezzanine pour franchir le cap 5-20 MDH de chiffre d’affaires, là où la transformation s’opère. Objectif : déplacerunepartdurisqueversl’actif (le contrat), et non vers l’historique de lasociété. Des chaînes de valeur plus intégrées. Inciter grands donneurs d’ordre à signerdes«chartesd’entraînement»: délais garantis, transferts de savoirfaire, audits qualité partagés. Cela existe, mais au cas par cas Il faut l’institutionnaliseretlemesurer(KPIde montée en gamme chez les soustraitants)

Restelenerfdelaguerre:laproductivité Tantqueletissurestera sur-pondéré en micro-services faiblement capitalisés, la croissanceagrégéeauradumalàdépasserunplateau Ilnes’agit pas de « forcer » les entreprises à grossir toutes n’en ont ni la vocationnil’intérêt ,maisdefluidifierlepassagede0-3salariés à10-50,làoùnaissentlesgainsd’échelleetlaprofessionnalisation (directionfinancière,commerciale,qualité,RH).

Lessignauxnesontpastousaurouge,loindelà.L’industrialisation repart, l’export tire des poches d’écosystèmes, le transportlogistique progresse en part d’entreprises, l’emploi déclaré accélère. Mais si l’on veut changer d’ordre de grandeur, il faut s’attaquer au « verrou de la taille » . Une économie réellement émergente ne se mesure pas au nombre de matricules créés chaque année, mais à sa densité de PME robustes, bancables, exportables Aujourd’hui,leMarocexcelleà«allumer»desmicrostructures Le défi des cinq prochaines années sera de les faire grandir verslaPME,puislavraieETI Lesdonnéessontsurlatable ;lesleviersaussi

L’imageestsaisissante:en2023,504,1 milliards de dirhams de crédits par décaissement irriguent 130 826 entreprises,soit35,3%duPIB.Maisla distribution reste très asymétrique : 59,1 % de l’encours vont aux grandes entreprises (GE), contre 40,9 % aux TPME. Et l’effet de concentration est double, sectoriel et géographique. En clair,l’argentvalàoùilyadéjàlataille, l’historique et le collatéral. Est-ce efficace pour doper la croissance potentielle?Passûr.

Leprismesectorielditl’essentiel:67,2% de l’encours se concentre sur quatre postes Le « commerce-réparation » capte 23,6 % de l’encours (pour 29,4 % des entreprises créditées), la construction 17,2 % (20,2 % des entreprises), l’industrie manufacturière 16,3 % (8,6 % des entreprises) et la production-distribution d’électricité et de gaz 10,1 % (pour un poids infime en effectif, 0,2 %). Autrement dit, des secteurs intensifs en capital attirent logiquement les volumes, mais l’industrie bien que minoritaire en nombre obtient une part d’encours significative, ce qui reflète des besoins d’investissement lourds (machines, miseauxnormes,énergie)

Leprismegéographiqueestencoreplus tranché : Casablanca-Settat concentre 62,9 % de l’encours pour 41,8 % des entreprises étudiées Rabat-SaléKénitra suit à 19 % (pour 15,1 % des entreprises) Pour le reste du pays, il ne restequedesmiettes Lacartedurisque bancaire épouse la carte de l’activité, des sièges sociaux et des garanties mobilisables Logique prudentielle, certes, mais qui crée une barrière d’accèspourdesPMErégionales,même bonnes clientes, dès qu’il s’agit de financer une montée en gamme (capex,certification,export).

Leprismedel’âgeverrouilleletout:76,2%del’encourspourlesentreprisesde plusde10ans Lesmoinsde5ans(28,3%del’effectif)necaptentque10,7% Un jeune industriel, même prometteur, reste évalué au prisme d’un bilan court, d’unevolatilitédemarges,etd’uncollatérallimité Labanquefinancelapreuve pasl’ambition Etsil’onveutuneéconomiequigrimpe,ilfaudraaccepterde financerdavantagelatrajectoire

Pour être juste, il ne s’agit pas de blâmer le secteur bancaire Son rôle est d’allouer l’épargne avec prudence, dans un contexte de taux réels redevenus positifsetdenormesdefondspropres Ils’agitplutôtd’outillerl’intermédiation pour qu’elle assume mieux un risque « pro-croissance » sans dégrader sa solidité Troisleviersexistent,opérationnels,mesurables

1)Financerlecontrat(etpasseulementlebilan).

Mettreàl’échelledesproduitsindexéssurlesfluxd’exploitationfuturs:factoring sans recours adossé à des contrats fermes (publics/privés), affacturage inversé«programmé»chezlesgrandsdonneursd’ordre,etavancessécurisées parlaqualitédudébiteurfinal.

Objectif:dé-risquerlecréditcourt-moyen terme pour des PME qui ont du carnet maispasencorelasurfacebilancielle

2)Déverrouillerlecapexavecdes«tickets mezzanine»ciblés

Entre 5 et 30 MDH, la marche est souvent trop haute pour la dette bancaire classique et trop basse pour le capitalinvestissement. Des fonds mezzanine publics/privés co-investis, à remboursements subordonnés et conditionnalités industrielles (productivité, numérique,décarbonation),peuventjouer le rôle d’amortisseur. On mesure l’impact par gains de VA, d’export et d’emplois qualifiés

3)Payervite,partout,toutletemps Le meilleur financement reste la trésorerie Généraliser les délais 30 jours dans les marchés publics (avec pénalités automatiques) et déployer des plateformes de « supply-chain finance » inter-entreprises,oùlesgrandspaient(ou pré-paient) les petits à des coûts captifs, via des banques et fintechs intégrées La réductiondubesoinenfondsderoulement vaut souvent plus que 100 points de base surunprêt

Resteunanglemort:legenre En2023,sur 123054EPMAcréditées,14,6%sontdirigées par des femmes et reçoivent 11,3 % de l’encours L’Observatoire montre que des sections comme « autres activités de services » et « santé humaine et action sociale»affichentlaplusfortepénétration du crédit pour des dirigeantes. C’est une piste d’impact : calibrer des garanties publiques sectorielles alignées sur ces poches de réussite, plutôt que des guichetsgénériques.

Enfin,unmotsurl’industrie:siellenereprésente que 8,6 % des entreprises ayant un contrat de crédit, elle capte 16,3 % de l’encours signe qu’elle absorbe (et mérite) des financements lourds Pour amplifier l’effet d’entraînement, la clé sera de mécaniser le passage des fournisseurs de rang 2/3 vers les standards qualité des filières export (automobile, aéronautique, agro, chimie), avec des lignes dédiées « capex productivité + certification » . Quandl’écosystèmepoussesessous-traitants, labanquesuit.

Au total, le « paradoxe » n’est pas une fatalité. On peut maintenir une discipline prudentielle tout en déplaçant une part du risque vers les actifs réels (contrats, stocks, équipements) et les relations (supply-chain), plutôt que de le laisser reposer quasi exclusivement sur l’historique Financer la croissance, c’est accepter de regarder devant C’est aussi la seule manière d’augmenter, durablement, la basefiscaleetl’emploiqualifié bref,decréer delapuissanceéconomique

Si l’on devait dessiner la carte sanguine du financement des entreprises marocaines, l’aorte passerait par Casablanca-Settat. Les chiffres sont implacables : près de 63 % de l’encours total des crédits aux EPMA (entreprises privées marocaines analysées) aboutissent dans cette région, alors qu’elle ne représente que 41,8 % des entreprisesétudiées.Rabat-Salé-Kénitra capte 19 % de l’encours pour 15,1 % des entreprises ; derrière, les autres régions separtagentlesmiettes.L’argentsuitla taille,l’historique,lecollatéral.

Logique prudentielle ? Oui. Optimum macroéconomique?Pasforcément.

Avant d’accuser la banque, rappelons le contexte:l’échantilloncroiséCentraledes Risques/Observatoire couvre 130 826 entreprises, pour 504,1 Mds DH de crédits par décaissement, soit 35,3 % du PIB À cette échelle, la concentration n’est pas une anecdote : c’est une structure Elle reflètelalocalisationdessièges,ladensité d’écosystèmes (automobile, finance, services aux entreprises), la profondeur des garanties et une aversion au risque rationalisée quand les taux réels se retendent

Ledoubleprismedelaconcentration

Prismerégional Le«couple»CasablancaSettat/Rabat-Salé-Kénitra concentre 81,9 % de l’encours de crédit (62,9 % + 19 %), avec un poids en entreprises de 56,9 % (41,8%+15,1%).Cedifférentielillustrel’effet siège, l’accès à des contrats plus volumineux,etunematuritéadministrative qui fluidifie la bancarisation. Mais il crée aussi une barrière d’entrée implicite pour lesPMErégionales:plusloinducentre,plus difficile de financer l’ambition à bilan équivalent

Prisme sectoriel Quatre sections captent 67,2%del’encours:commerce-réparation (23,6 %), construction (17,2 %), industrie manufacturière (16,3 %) et production/distribution d’électricité et de gaz (10,1 %) Particularité frappante : l’énergiepèse10,1%del’encourspour0,2% seulement des entreprises créditées un marqueur d’intensité capitalistique et de projets«lumpy» L’industrie,minoritaireen effectif (8,6 %), obtient une part d’encours supérieure (16,3 %), logique au vu des besoinscapex

Unecentralitéquiserelativise…troplentement

Le paradoxe, c’est que la part de Casablanca-Settat dans l’effectif des entreprises recule à moyen terme : près de 40 % en 2017 → 38 % en 2023 Le Nord(Tanger-Tétouan-AlHoceïma)gagneunpeudeterrain(11,2% → 12,5%), portéparunPIBrégionalenhaussemoyennede4,9%/an(contre4%pourla moyenne nationale) Le tissu se déconcentre progressivement, mais le crédit, lui,demeureultra-concentré Enbref:lagéographiedesentreprisesbougeplus vitequelagéographiedel’argent Côtéemploidéclaré(CNSS),lemêmerééquilibragediscretestvisible En2023, Casablanca-Settat accueille 32,1 % des EPMA employant 38,3 % des salariés, contre36%et45,1%en2016 AprèsCovid,larégionavulacroissancemoyenne annuelleduPIBretomberà1,1%(contre5,9%pré-Covid),cequiéclaireaussila prudencedel’intermédiationfinancièresurcertainssegments

Pourquoilabanqueconcentre(etpourquoicen’estpas«mal»ensoi)

La banque finance des flux prévisibles et des garanties mobilisables. Or, les grandsdonneursd’ordre,lesadministrationscentrales,lesmajorsindustrielles etlessiègesdegroupessontsurl’axeCasa-Rabat.Leschaînesdevaleurysont plusdenses,laperformancefinancièreplusdocumentée,lagouvernanceplus standardisée. Le risque y est mieux mesurable. En période d’incertitude, on concentrelàoùlaprobabilitédedéfautestmieuxcalibrée.D’unpointdevue prudentiel,c’estcohérent.

Le problème macro, c’est l’effet de cliquet : quand les meilleurs dossiers et la meilleure liquidité se rencontrent toujours au même endroit, la périphérie peine à « casser le plafond » même quand elle démontre de bons fondamentaux. De fait, l’analyse par classe d’âge des entreprises créditées montre que 76,2 % de l’encours vont à des sociétés de plus de 10 ans ; les entreprises < 5 ans, pourtant 28,3%del’effectif,necaptent que10,7%del’encours.Sil’on ajoute l’éloignement des centres décisionnels, on comprend le double handicap d’une PME jeune baséehorsCasa-Rabat

Le coût d’opportunité d’une concentrationdurable

Qu’est-ce qu’on perd à laisser filer cette asymétrie ?

D’abord, des gains de productivité potentiels dans les régions en rattrapage (Nord, Oriental, SoussMassa), où l’implantation d’EPMA accélère ou où l’emploi regagne du terrain

Ensuite,unediversificationdu risquesystémique:sitropde crédit reste exposé à quelques bassins, les chocs locaux (immobilier, BTP, services aux sièges) peuvent amplifier la cyclicité nationale. Enfin, un signal d’investissementnégatifpour des filières émergentes hors des hubs (agrotransformation, logistique « last mile » portuaire, green techsterritoriales)

À l’inverse, rééquilibrer n’implique pas de pénaliser Casa-Rabat Il s’agit d’outiller la finance pour qu’elle suive la création de valeur où elle se produit, même quand le bilan est plus court et le collatéral moins « noble » Trois pistes opérationnelles, testablesdès2026:

1) Adosser le crédit court aux contrats…partout

Généraliser le supply-chain finance et l’affacturage programmé avec les grands donneurs d’ordre nationaux et régionaux (ports, zones industrielles, utilities, grands distributeurs) Siunfournisseurd’Al Hoceïma, d’Oujda ou d’Agadir vend à un débiteur « investment grade » basé à Casa, sa facture doit valoir quasi-cash même si son siège est loin du centre Plateforme, forfaitage sans recours, règlement en 30 jours garanti : ce trio abaisse le BFR et gommelaprimegéographiquede risque (Rappel : commerceréparation pèse déjà 23,6 % de l’encours ; l’outil est mûr pour l’industrialisation)

2) Des lignes capex « productivité-export » décentralisées

L’industrie (8,6 % des entreprises créditées, 16,3 % de l’encours) montre qu’on peut faire levier sur peu d’entreprises si le capex est bien calibré (machines, normes, certification). Mettre en place, via des banques régionales et des fonds mezzanine cofinancés, des tickets 5-30 MDH fléchés productivité/qualité/export, avec bonification partielle du coût pour les dossiers hors Casa-Rabat

Objectif : faire naître des îlots d’excellenceauNord,àl’Oriental,à Souss-Massa là où le tissu s’épaissit

3) Contractualiser le « devoir d’entraînement»dessièges Demander aux écosystèmes ancrés à Casablanca (automobile, aéronautique, services numériques, finance) de publier des chartes d’entraînement avec indicateurs vérifiables:partdefournisseursde rang 2/3 hors Casa-Rabat, délais depaiementeffectifs,tauxdeprépaiement via programmes d’affacturage inversé, transfert de standards qualité Les banques aiment la visibilité : quand un grand donneur d’ordre s’engage publiquement, le risque « PME régionale»devientassurable.

Unrecentrage…sansrecentrer

Soyons clairs : Casablanca-Settat reste un actif stratégique. La région doit continuer de capter des volumes, parce qu’elle concentre la complexité organisationnelle et l’intermédiation internationale du pays. L’objectif n’est pas de déplacer la manne, maisd’ouvrirdescanauxpériphériquesqui irriguent mieux là où l’économie réelle s’étend déjà D’autant que les indicateurs montrent une déconcentration lente mais tangible du tissu (part EPMA Casa en baisse,Nordenhausse),etunedésinflation de la dynamique post-Covid en emploi et PIBdanslarégioncapitaleéconomique

Un dernier point, trop souvent invisibilisé : l’inclusiondegenre Lesentreprisesdirigées par des femmes restent nettement minoritaires parmi les bénéficiaires du crédit et surdépendantes de CasablancaSettat pour y accéder Rééquilibrer géographiquement, c’est aussi déverrouillercetaccèsdanslesrégionsoù les services de proximité et la santé (deux sections à forte pénétration féminine) ont du potentiel. Les mêmes outils contrats, pré-paiement, fonds mezzanine s’appliquent ici avec un rendement social supérieur.

Conclusion. Tant que la géographie du crédit ne suivra pas la géographie de la croissance,leMarocperdradesdixièmes de productivité et des points d’export. La bonnenouvelle:lesinstrumentsexistent, et certains sont déjà en marche. Le défi n’estpasdefaire«moinsdeCasa»,mais de faire plus de Maroc — en mettant la finance au service des trajectoires régionales qui montent, sans fragiliser la colonnevertébraledupays.

Leschiffressontnus,têtus— et ils obligent. En 2023, les dissolutions d’entreprises personnes morales (PM) ont atteint10905,unpicdansles années post-Covid. Après une progression modérée d’environ+2%/anentre2017 et 2019, la hausse s’est nettement accélérée : +32 % entre 2021 et 2023. La baisse observéeen2020s’explique, elle, par la fermeture des tribunaux pendant la pandémie un artefact statistique,pasuneembellie réelle.

Dès lors, que nous dit cette vague ? D’abord, qu’un rattrapage administratif s’est opéré après 2020. Mais pas seulement. Le cycle de taux, les délais de paiement, l’ajustement concurrentiel dansuntissuultra-fragmenté et, plus largement, la normalisation post-reprise ont trié les structures les plus fragiles Pour bien lire cet indicateur, il faut aussi rappeler les définitions : la dissolutionestuneprocédure encadrée par les lois (notamment 17-95 pour les SA et 5-96 pour les SARL et apparentées), distincte de la radiation (suppression du registre) et des procédures de défaillance (22-20 pour le redressement, 73-17 pour la liquidation) Dans ce rapport, l’Observatoire retient les dissolutions anticipées, jugéesplusfiables.

Une géographie contrastée : troisrégionssoustension

Toutes les régions sont touchées, mais l’ampleur de la hausse est inégale. La dégradation la plus prononcée entre 2017 et 2023 est observée à Souss-Massa, Fès-Meknès et MarrakechSafi

DISSOLUTIONS 2023 : RADIOGRAPHIE D’UNE VAGUE À 10 905 – SYMPTÔME

CONJONCTUREL OU SIGNAL

STRUCTUREL ?

En2023,larépartitiondesdossiersdedissolutionreflèteuneconcentrationtoujoursforteà Casablanca-Settat(30,7%),devantMarrakech-Safi(14,4%)etRabat-Salé-Kénitra(14,5%), puis Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (10,6 %), Fès-Meknès (10,1 %) et Souss-Massa (6,7 %). Autrement dit, l’onde de choc est nationale, mais le gradient régional est net : là où la démographie entrepreneuriale s’est densifiée vite ou où les carnets sont cycliques (tourisme,construction,servicesauxménages),l’ajustementestplusmarqué Cettecartemérited’êtrelueenmiroirdescréations CarleMaroccontinued’immatriculer beaucoupd’entités:96442créations(PM+PP)en2023,dont66896personnesmorales (après un pic 104 990 en 2021) Mais près de 99 % des nouvelles PM sont des microentreprises;lesTPEnepèsentque0,7-1%,lespetitesentreprises0,2-0,4%,tandisque lesmoyennesetgrandesrestentmarginales(ensemble<0,05%) Dansuntelmodèle,les cycleschahutentd’abordlaqueuededistribution:oncréetrèspetit,trèsnombreux puis onfermeviteencasdechoc

Cequedisent(vraiment)les10905dissolutions 1)Unindicateurmixteconjoncture/structure. Lechiffreagrègedesfermetures«hygiéniques»(sociétésinactives)etdescessationspar fragilité Le rebond post-2021 traduit à la fois la normalisation procédurale et la tension financière:renchérissementducrédit,BFRétiréparlesdélaisdepaiement,coûtsd’énergie etd’intrantsencoreélevésen2022-2023,volatilitédelademandedanscertainsservices La lecture la plus honnête : on referme autant des boîtes à faible activité que des structuressous-capitaliséesquin’ontpasencaissélanormalisation

2)Uneffetdecompositionsectorielle.

Sans ventilation sectorielle détaillée des dissolutions, un faisceau d’indices oriente : la sur-représentation des micro-services et du commerce-réparation dans le stock, et la cyclicité persistante de la construction, créent des points de rupture en bas de bilan Les régions les plus touchées (Souss-Massa, Marrakech-Safi, Fès-Meknès) combinent justement une forte proportion d’activités sensiblesaucycletouristique,auxsaisonnalités agricolesouauxà-coupsdetrésorerie 3)Leverroudelataille.

Quand 99 % des créations sont micro, l’échec n’est pas une anomalie : c’est statistiquement fréquent Le problème n’est pas d’avoir des créations nombreuses, c’est de ne pas convertir assez d’unités en PME capables d’absorber un trimestre creux, de négocier un prépaiement, d’industrialiser une marge. Tant que l’ascenseur 0-3 salariés → 10-50 ne fonctionnepas,lavolatilitéresterastructurelle.

Dissolution, radiation, défaillance : attention auxamalgames

Dans le débat public, les termes s’emmêlent. Or,dissoudren’estpasradier,etencoremoins tomber en défaillance La dissolution suit un cadre légal précis (lois 17-95 et 5-96), la radiation efface l’entité du registre, et la défaillance ouvre des procédures protectrices pour l’entreprise et ses créanciers (22-20 pour leredressement,73-17pourlaliquidation) Cet ordredeschosescompte:ilévitedelireles10 905commeautantde«faillites» cequ’elles ne sont pas toutes L’Observatoire précise d’ailleurs s’appuyer sur les dissolutions anticipéespourfiabiliserlamesure

Quefaire?Quatreleviers«anti-casse»pragmatiques 1)Payeren30jours,pourdevrai.

Lemeilleurfinancementrestelecash.Généraliserlepaiementà 30joursdanslesachatspublics(avecpénalitésautomatiques) et pousser les grands donneurs d’ordre privés à l’affacturage inverséprogrammédonneraitdel’oxygèneàlabase surtout hors Casa-Rabat où la prime de risque bancaire est plus élevée (Rappel : la concentration du crédit sur l’axe CasaRabatrestemassive,62,9%del’encoursàCasablanca-Settat) 2)Financerlecontrat,passeulementlebilan.

Pour des micro-structures avec vrais clients mais faible historique, l’outil est connu : factoring sans recours adossé à des créances solides, avance sur marchés, plateformes de supply-chain finance régionales On déplace le risque vers le débiteur final, on réduit le besoin en fonds de roulement, on prévientlacasse

3)Déployerdes«ticketsdefranchissement»5-30MDH.

Entre la dette bancaire classique et le capital-investissement, un vide persiste Des fonds mezzanine cofinancés (public/privé), remboursables à la performance (productivité, export, norme qualité), peuvent sécuriser le passage vers la PME L’objectif n’est pas de sauver des « zombies » , mais de prévenir la bascule des bonnes micro-entreprises quand la conjonctureserre

4)Cartographierlerisque…pourmieuxlemutualiser.

Les données existent désormais par région et classe d’âge. Croiser ces cartes avec des fonds de garantie à intensité variable(plusgénéreuxlàoùlahausseestlaplusforte:SoussMassa, Fès-Meknès, Marrakech-Safi) permettrait de cibler l’effort public. La même logique vaut pour les activités à forte saisonnalité(tourisme,agro-services).

Cequecettevaguen’estpas Ellen’estpaslafindeladynamiqueentrepreneuriale.LeMaroc continueàcréerbeaucoupd’entités;simplement,ilfautmieux accompagner la transformation de ces immatriculations en PME résilientes Elle n’est pas non plus une « catastrophe systémique»:lahausseestforte,maisellesuitunepériodede normalisation procédurale et de resserrement financier qui a touché de nombreux pays Elle n’exonère pas, enfin, les entreprisesdeladiscipline:formaliserlescontrats,digitaliserla facturation,piloterleBFR autantdegestesdesurvie

PRENDRELES10905COMMEUN

TABLEAUDEBORD

Lameilleureréponseàunevaguededissolutionsn’estpasde selamentersurlafragilitédutissu,maisdetraiterlescauses: trésorerie, délais, taille critique, accès au crédit Les données 2023 nous offrent une boussole : elles pointent où l’effort doit porter (Souss-Massa, Fès-Meknès, Marrakech-Safi), comment (paiements rapides, financement adossé aux contrats, mezzaninedefranchissement),etpourquoi(convertirunstock massif de micro-structures en PME bancables) Un pays émergent se mesure moins au nombre de créations qu’à la densitédesesPMEsurvivantes Àcetitre,les10905nesontpas qu’unavertissement:cesontdesindicateursd’action

L’INVESTISSEMENT 2024-2026 ?

Industrie manufacturière : 574,4 MMDH, 24,1 %

une progression de la part depuis 2021 (≈23,7–23,8%),sousl’effetdefilièresexport(automobile, aéronautique) et d’un rattrapage postpandémiesurl’agro-industrieetlachimie.

Construction : 297,1 MMDH, 12,4 % une part en repli tendanciel sur 2017-2023, reflet d’un cycle d’investissement plus prudent, d’un coût du capital plus haut et d’un lissage des programmespublics

Au niveau macro, le tertiaire gagne de l’épaisseur : la part du secondaire dans le CA cumulédesEPMArecule( 0,4ptsurlapériode) pour tomber à 44,5 % en 2023, « au profit du tertiaire » La demande interne (consommation, services aux entreprises, logistique) a donc davantagetirélesrevenus2021-2023quel’offre capitalistiquepure

C’estuncliché…parcequ’ilestvrai:l’économieréelleselit dans les caisses. En 2023, le chiffre d’affaires cumulé des entreprisesprivéesmarocainesanalysées(EPMA)atteint1 594,2MMDH,nouveausommetaprès2022(1540,1MMDH).

Cettereprises’estfaiteavecunglissementdelastructure: la part du secondaire dans le CA total a baissé sur la période, au profit du tertiaire, même si l’industrie manufacturière regagne des points depuis 2021. Dit autrement : la demande tire encore le commerce et les services,maislabaseproductiveremontelapente.Pourun décideur — public comme privé — l’enjeu des trois prochaines années est d’arbitrer finement où allouer le capitalpourtransformerl’embellieengainsdeproductivité durables.

Letableaudebord2023:quipèsequoi?

TroisblocsstructurentlepaysageduCA:

Commerce & réparation : 841,3 MMDH, soit 35,2 % du total première place inchangée depuis 2017, avec une stabilité remarquable de la part (≈35 %) C’est la « machine à cashflow » de l’économie : forte rotation, marges hétérogènes, besoin en fonds de roulement (BFR) raffermi en période de tauxélevés

Cette photographie CA se croise avec la démographie du tissu : le poids en effectif d’entreprises bascule aussi vers les services Le secondaire passe de 32,0 % à 30,2 % des EPMA entre 2017 et 2023 ; le commerce-réparation reste n°1 mais s’érode (30,0 % → 28,8 %), la constructionbaisse(24,4% → 22,8%),tandisque transport-entreposage progresse (6,3 % → 7,8 %). Autrement dit : moins d’entreprises manufacturières en stock relatif, mais des volumes(CA)orientésàlahaussecôtéindustrie signe d’unités plus capitalisées et plus productives.

Lalignedefond:lavaleurajoutéeconfirmele rattrapage

Le baromètre VA confirme l’amélioration : 528 440 MDH de valeur ajoutée en 2023, en hausse de 8 % sur un an, au-dessus du rythme préCovid En niveau comme en tendance, c’est un signal plus robuste que le CA : on parle ici de richesse créée, pas seulement de chiffre d’affaires encaissé Le gain de VA 2023 signale quelareprisenes’estpasfaiteuniquementpar lesprixoulesvolumescommerciaux,maisaussi par une meilleure capture de marge dans des maillonsproductifs

2024-2026:troisarbitragesd’investissement 1) BFR vs capex : le dilemme commerceindustrie Lecommerce«fait»35%duCAetgarderaun poids macro élevé Mais sa performance dépend d’abord du BFR (rotation des stocks, délais fournisseurs/clients) et des coûts de financement Quand les taux réels sont positifs, l’euro (dirham) gagné à effort constant, c’est celuiqu’ondégèleenréduisantlesjoursdeBFR via affacturage programmé, supply-chain finance,plansdepaiement30jours.

A l’inverse, chaque dirham investi dans l’industrie a un effet multiplicateur plus durable : productivité, normes export, automatisation

En 2024-2026, les entreprises et les banquesdevraientpondérer: prioriser liquidité et pilotage BFR dans le commerce(oùlesmargess’érodentvite) etflécherdescapexversl’industrie(oùla

part monte à 24,1 % du CA total et où les gainsdeVAsontplusdéfensifs)

2)Construction:calibrer,passur-corriger

La construction retombe à 12,4 % du CA total Faut-il en déduire un désinvestissement généralisé ? Non : la filière connaît un cycle d’ajustement Les ressources publiques se déplacent vers des projets à rendement socioéconomique plus visible (santé, eau, énergie, mobilité), et le logement fait sa mue (réhabilitation, densification, performanceénergétique).

Pour l’investisseur, la bonne question n’est pas « construction : oui/non ? », maisoù:

rénovation et maintenance lourde (cycle pluslong,margesmaîtrisables), industriel léger (ateliers, plateformes logistiques), efficacitéénergétiquedesactifsexistants

Arbitrage : préférer les flux visibles et indexés (contrats pluriannuels, partenariats public-privé) aux coups « greenfield»opportunistes

3) Services productifs et logistique : l’ombreportéedel’industrie

La montée de transport-entreposage en stock d’entreprises (6,3 % → 7,8 %) n’est pas une anecdote : c’est la colonne logistique de l’industrialisation (ports, zones franches, e-commerce B2B) Elle appelle des capex mutualisés (hubs, WMS/TMS, automatisation), où la data crée autant de valeur que le mètre carré

Investir dans ces services productifs ingénierie, certification, maintenance, IT industrielle amplifie les gains de VA de l’usinesansimmobiliserautantdecapital quelesmachines.

Public vs privé : des rôles complémentaires

Côtépolitiquespubliques,deuxprioritésse lisentdansceschiffres:

Relancer la productivité via des lignes capex ciblées : tickets 5-30 MDH orientés robotisation/qualité/export;

bonifications partielles conditionnées (normes, efficacité énergétique)

Ce canal parle surtout à l’industrie, mais aussi aux services productifs (maintenance,ingénierie)

DéverrouillerleBFRdanslecommerce:paiement30jourseffectifdans les marchés publics, incitations à l’affacturage inversé chez les grands donneurs d’ordre Ici, chaque jour gagné de DSO vaut un point de marge

Côté banques, l’arbitrage « prudence/ambition » peut se résoudre par des produits adossés aux flux (factoring sans recours, supply-chain finance) plutôt que de charger le bilan de dettes classiques L’idée : financer la trajectoire (contrats, carnets) sans diluer la discipline prudentielle

Unelecturefinedesformesjuridiques

UndernierindicateuréclairelestrajectoiresdeCA:lesSARL-AUonttriplé leurchiffred’affairessur2017-2023;laSAdemeurelaformequigénère leplusdeCA(partenlégerreflux:50,9% → 47,6%),tandisquelaSARL restestableautourde33–35%.Traduction:lamassificationdesformes agiles (SARL-AU) a commencé à se voir dans les volumes, mais la puissancedefeurestelogéedanslesSA logiqueauregarddesfilières capitalistiques.Pour2024-2026,celaplaidepourdespasserelles:aider les SARL-AU qui « performent » à franchir un cap de gouvernance/capitaux (mezzanine, pactes d’actionnaires légers, coachingDAF).

INVESTIR LÀ OÙ LA VA « COLLE»AUTERRITOIRE

Le Maroc 2023 n’est pas qu’une économie de comptoirs ; c’est une économiehybrideoùlaVAregagneduterrainetoùl’industriereprend une part de CA Les arbitrages 2024-2026 doivent tenir cette double vérité:

Sécuriserlecommerceetlesservicespardesoutilsdeliquidité(BFR, délais,supply-chainfinance);

Accélérer l’investissement productif là où chaque dirham de capex génèredelaVAmesurableetdesexportations

C’est à ce prix qu’on convertira 1 594 MMDH de CA en croissance potentielle c’est-à-direenmarges,compétences,salairesetimpôts« quirestent»danslepays Etc’estainsiquel’onpasserad’uneembellieà uncycle

La reprise n’est plus un slogan : en 2023,lavaleurajoutée(VA)cumulée desentreprisesprivéesmarocaines analysées (EPMA) atteint 528 440 MDH,avecunrythmede+8%surun an,supérieurauxannéespré-Covid. Lesignalestnet:l’économiecréede larichesse,passeulementduchiffre d’affaires.Restelaquestiondécisive pour la politique économique commepourl’investissementprivé: qui capte cette VA, où, et selon quellesdynamiques?

Lechiffre-clé:528,4MMDH…maisune pyramidetrèsconcentrée

La série 2017-2023 montre un rattrapagepost-pandémiesolide:la VApassed’environ396MMDHen2017 à 528,4 MMDH en 2023 Le rapport précise d’ailleurs que de légères différences avec des éditions antérieures tiennent à une mise à jour de bases point de méthode utile à garder en tête quand on comparedansletemps Derrière l’agrégat, la structure par taille d’entreprise demeure très polarisée : les grandes entreprises (GE) conservent environ 68 % de la VA en moyenne 2017-2023, leur part reculantlégèrementde68,5%(2017) à 67,6 % (2023) En miroir, les TPME progressentde31,5%à32,4% une améliorationréelle,maislente

Si l’on zoome sur 2023, la photo est explicite:

GE>175salariés:357158MDH,67,6% delaVA, ME[50–175]:65300MDH,12,4%, PE[10–50]:64246MDH,12,2%, TPE]3–10]:29158MDH,5,5%, Micro[0–3]:12576MDH,2,4%.

Autrementdit,deuxétages«moyens »(PE+ME)captentensemble~24,6% de la VA un levier clef pour la montée en gamme mais la marche entre TPE et PE/ME reste le gouletd’étranglement

ENCORE TRÈS INÉGAL

Oùsecréelavaleur?Casablancarestecentrale,maisleNordaccélère

Géographiquement,laVAcumuléedemeuretrèsconcentréeàCasablanca-Settat: 63,4%en2023(soitunepetitebaissede0,5pointvs2017) Rabat-Salé-Kénitrasuità 15,5 %, tandis que Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (TTAH) pèse 8,8 % mais avec une dynamique forte : croissance moyenne annuelle de +7,9 % de la VA sur 2017-2023, contre +1,8 % à Rabat-Salé-Kénitra Le cœur reste donc à Casablanca, mais la bordureNordprenddelavitesse

Cettecarte«VA»faitéchoàd’autresindicateursdurapport(CA,emploidéclaré):la déconcentration du tissu progresse lentement, mais la géographie de la richesse demeure en retard sur la géographie de l’implantation. Traduction opérationnelle : pourcapterlacroissancelàoùelleapparaît(Nord,puisSouss-Massa/Orientalselon filières),ilfautirriguerl’investissementproductifau-delàducoupleCasa-Rabat.

Pourquoilesgrandescaptent(encore)l’essentiel

Plusieursraisons«mécaniques»expliquentladominationpersistantedesGEdansla VA:

Effet capitalistique et d’échelle. Les GE opèrent sur des segments à forts capex et à chaînes de valeur internationalisées (automobile, aéronautique, chimie, agroindustriel), où la productivité factorielle est plus élevée d’où une VA/entreprise supérieure,mêmesileurnombreestfaible

Gouvernance et normalisation Processus qualité, achats, maintenance, supplychain,financed’entreprise:autantdebriquesquimaximisentlacapturedemarge En 2022, le rapport note d’ailleurs un décrochage ponctuel entre CA et VA chez certaines GE : fortes hausses de CA avec VA en baisse, signe de pression sur les marges(matières,énergie,renchérissementdufinancement) preuvequel’échelle n’immunisepascontrelescycles

Accèsauxfacteurs«rares»:financementlong,talentsspécialisés,achatsglobalisés Tantquecesfacteursresterontconcentrés,laVAresterapolarisée

Levéritablematch:PEetME,«étageporteur»delaproductivité

LeblocPE/ME(10-175salariés)pèseunquartdelaVA C’estl’«étageporteur»:assez gros pour investir, trop petit pour faire jeu égal sans accompagnement Or, c’est précisément là que se jouent les effets d’entraînement : robotisation, certification, design-to-cost,ERP/MES,efficacitéénergétique QuandunePEpasseenME,laVA/ETP progressesensiblement,etl’écosystèmelocal(sous-traitants,servicesproductifs)en bénéficie

Quemanque-t-il?Desoutilsdefranchissement:

Capex productivité (machines, automatisation, sobriété énergétique), avec des tickets 5-30 MDH et une bonification partielle conditionnée aux gainsmesurésdeVA/export; Financement adossé aux flux (affacturage sans recours, supply-chain finance) pour désaturer le BFR, surtout dans les filières où le commerceréparationrestedominantenCA; Co-ingénierie avec les donneurs d’ordre (chartes d’entraînement, délais garantis, pré-paiements programmés),quibaisselerisqueperçu doncle coûtducapital

Un partage à lire aussi par formes juridiques et classesd’âge

Le rapport rappelle que la VA se concentre dans des formes juridiques capées en gouvernance/capitaux (SA, grandes SARL), là où l’on trouve davantage de capitaux stables Les SARL-AU,enfortediffusiondanslestock,montent enpuissancemaisrestentfaiblementcapitalisées : sans passerelles (mezzanine, pactes d’actionnaires«light»),ellespeinentà«convertir» leur traction commerciale en VA pérenne (Voir également la montée du CA des SARL-AU sur la période utile,maispassuffisantsilaVAnesuit pas)

Autre clé de lecture : l’âge Même si l’encadré principaldelaVAportesurlataille,l’ensembledu rapportmontrequelesentreprisesjeunes(moins de 5 ans) ont plus de mal à accéder aux inputs qui font la VA (crédit compétitif, contrats longs, talents).

D’où l’importance de politiques « pro-premiers contrats » (accords-cadres publics/privés, paiement 30 jours, prépaiementviaaffacturageinversé)quitransformentlecarnet enmarge.

Territoires:accélérerlàoùlatrajectoireestlapluspentue La VA se déplace doucement : TTAH affiche +7,9 %/an de croissance moyenne de VA sur 2017-2023, quand RabatSalé-Kénitra est à +1,8 %/an ; Casablanca-Settat reste dominante (63,4 %) mais érosive à la marge. La bonne politique n’est pas de « retirer » à Casa pour « donner » au reste;c’estdedéployerdescanauxquisuiventlacréationde valeur là où elle accélère avec des lignes capex productivité/qualité et des produits BFR mutualisés avec les grandsdébiteurs

Lecture critique (mais pas noire) : ce que disent les 528 MMDH

Bonnenouvelle:laVAremontefranchement(+8%en2023), signed’unrattrapageréel

Moinsbonne:lapolarisationresteforte(GE 68%delaVA), mêmesilapartTPMEprogresse(31,5% → 32,4%)

Défi : convertir la démographie d’entreprises (SARL-AU et micro-structures nombreuses) en PME qui saisissent des pointsdeVA cequisupposedescapexciblés,descontrats lisibles et un coût du capital aligné sur le risque réel (adossementauxflux,garantiesintelligentes)

Opportunité : le Nord (TTAH) montre qu’une trajectoire régionale peut accélérer sur la VA ; le duopole Casa-Rabat doitjouersonrôled’entraîneur,pasdesiphon

Feuillederoutetrèsconcrète(2025-2027)

Lignescapex«VA-productive»(5-30MDH).

Priorité aux PE/ME avec bonification conditionnée : robotisation, qualité export, sobriété énergétique, digital factory.Indicateur:VA/ETPetpartexportà+24mois. BFRsouscontrôlepartout.

Généraliseraffacturagesansrecoursetsupply-chainfinance surleschaînesoùlesgrandsdébiteurssontnotés;objectif: 30 jours effectifs et pré-paiements programmés pour les rangs2/3

Chartesd’entraînementdonneursd’ordre → fournisseurs

KPI publiés : part de fournisseurs hors Casa-Rabat, délais réels, taux de pré-paiement, transferts de standards Effet attendu:coûtducapitalplusbaspourlesPME«arrimées»

Passerellesjuridiques&capitalpatient

Packs « SARL-AU → PE/ME » : mezzanine légère + pacte d’actionnairesstandard+coachingDAF/contrôledegestion, pourquelacroissancedeCAsetransformeenVA

Àretenir:les528,4MMDHdeVAen2023neracontentpas qu’unrebond;ilsdessinentunecartedesleviers.Tantque la VA restera concentrée chez les GE, la puissance économique progressera mais lentement. Le vrai multiplicateur est dans les PE/ME : c’est là que chaque dirham de capex colle au territoire, crée des emplois qualifiés et tire les chaînes locales. Le cap est connu ; il s’agitmaintenantdechangerd’échelle.

EMPLOI DÉCLARÉ : L’ACCÉLÉRATION

POST-COVID EST-ELLE PÉRENNE ?

Bonne nouvelle d’abord : l’emploi déclaré repart. Entre 2016 et 2023, le nombre d’entreprises affiliées CNSS passe d’environ202649à332102. Dans le même temps, les salariés déclarés progressent de 3,28 millions à 3,99 millions. Plusintéressantencore:la vitesse de création d’emplois déclarés s’accélère après la pandémie — autour de ~4,9 %/an en moyenne post-Covid,contre~2%/an avant2020.Ditautrement: lanormalisationafaitplus queréparer;elleadopéle rythmedeformalisation.

Mais une question travaille le décideur public comme l’employeur privé : ce surcroît de vitesse est-il tenable en 2025-2027, quand les taux réels redeviennent positifs, que les marges restent comprimées dans certaines filières, et que le coûtdutravailestaucœur de la compétitivité ? Pour y répondre, trois angles : où se créent ces emplois, qui les porte, et qu’est-ce qui peutcasserladynamique

1) La géographie de l’emploi : déconcentration lente, colonne vertébrale intacte

Casablanca-Settat demeure le poumon de l’emploi déclaré, mais la régionperdquelquespoints aufildesans,pendantque le Nord, l’Oriental et SoussMassagagnentduterrain

En2016,Casaconcentraitenviron36%desentreprisesemployeuseset45,1%dessalariés; en 2023, on est plutôt autour de 32,1 % et 38,3 % Ce recentrage diffus dit deux choses : l’industrialisation au Nord et la montée de services productifs (logistique, ingénierie, maintenance)enpériphérieirriguentl’emploidéclaré;maisleduopoleCasa-Rabatreste structurant,neserait-cequeparladensitéd’écosystèmesetdesièges

Cette carte rejoint la géographie du crédit et de la valeur ajoutée : l’argent et la richesse restentconcentrés,maislapentedecroissanceestplusfortehorsducentre enparticulier àTanger-Tétouan-AlHoceïma(TTAH) Pourlapérennitédel’emploidéclaré,c’estunsignal plutôtfavorable:lesrégionsenrattrapageaccélèrentquandlacolonnevertébraledupays amortitleschocs

2)Quicréel’emploi?Desmicrostrèsnombreux…etdes«moyennes»troprares

Démographiquement, le Maroc immatricule beaucoup : 96 442 créations (personnes physiques + morales) en 2023, dont 66 896 personnes morales. Mais près de 99 % des nouvellessociétésrestentmicro;lesTPEplafonnentautourde0,7-1%,lespetitesà0,2-0,4%, et les moyennes/grandes sont marginales. Or la qualité de l’emploi déclaré stabilité, progressionsalariale,formation naîtsurtoutdansl’étagePE/ME(10-175salariés),rarement au tout début du cycle de vie. À court terme, beaucoup de micro-structures ajoutent des têtesdéclarées;àmoyenterme,l’absencedefranchissementdetaillemenacelasolidité dumouvement.

Autrementdit:l’accélérationpost-Covidtientpourpartieàlanormalisation(rattrapagedes affiliations) et à l’élasticité des services (commerce, transport-entreposage, activités de soutien), qui embauchent rapidement quand la demande repart Pour qu’elle dure, il faut déplacer le centre de gravité vers des entreprises capables d’absorber durablement des salariés:lesPE/ME

3)Cequipeutbriserl’élan:trésorerie,coûtducapital,délais

Troisrisquespeuventcasserladynamique2025-2027: BFRsoustension Danslecommerceetcertainsservices,l’emploisuitlarotation Desdélais depaiementtroplongs,uncoûtdel’argentplusélevéetuncyclestocks/ventesmalpiloté gèlent l’embauche Le meilleur « plan emploi » reste souvent un DSO à 30 jours effectif, surtoutdanslesmarchéspublicsetleschaînesoùlesgrandsdonneursd’ordredominent

Crédit trop centralisé L’encours se concentre à 62,9 % dans Casablanca-Settat, et 76,2 % desmontantsvontàdesentreprises>10ans UnePMErégionalejeune,mêmeprometteuse, peine à financer une montée en charge (capex, trésorerie de démarrage) donc à formaliserdenouveauxemploisàlavitessesouhaitée

Volatilité sectorielle La construction (part en recul dans le CA total) et certains segments de services aux ménages restent pro-cycliques ; à la moindre secousse, l’ajustement passe vite par l’intérimouparlegeld’embauches.

4) Femmes et emploi : un tiers du salariat,inertiepréoccupante

Les femmes représentent 32,6 % des salariésdéclarés.C’eststabledepuis2019 doncinsuffisantauregarddesobjectifs d’inclusion et des besoins en talents

L’inertie est double : concentration des secteurs d’embauche féminins (santésocial, services), et difficulté d’accès des entreprises dirigées par des femmes au crédit (elles ne sont que 14,6 % des bénéficiaires pour 11,3 % de l’encours) Or, sans accès fluide au financement et aux contrats, la capacité d’embauche se restreintmécaniquement

5) Pourquoi l’accélération post-Covid peut…durer(sil’onchanged’échelle)

Malgrécesrisques,plusieursmécanismes plaidentpourunetrajectoiretenable: Effet filières : l’industrie manufacturière remontesapartdeCA(≈24,1%),soutenue par l’export et les maillons domestiques (maintenance, logistique, certification)

Chaque dirham de capex productivité dans l’usine crée des emplois durables danslesservicesproductifspériphériques (ITindustrielle,ingénierie,contrôle).

Transport-entreposage en hausse dans le tissu (6,3 % → 7,8 %). Cette « colonne logistique»del’économietiredesemplois qualifiés (WMS/TMS, sûreté, traçabilité) si onautomatisationetdigitalise.

VA en hausse (+8 % en 2023). Quand la valeur ajoutée progresse, la capacité à payer des salaires, à former et à retenir destalentss’améliore Àconditionquela

VA se diffuse vers l’étage PE/ME d’où l’importance d’outils de franchissement (voirplusbas)

6) Feuille de route « emploi déclaré durable»

A Faire respirer la trésorerie (tout de suite)

Paiement 30 jours effectif dans la commande publique (pénalités automatiques), affacturage inversé chez lesgrandsdonneursd’ordre

Factoring sans recours adossé aux contrats plutôt qu’au seul bilan : on finance le flux certain, on protège la massesalarialeenpériodecreuse

B Financer la montée en charge (sur 1224mois)

Lignes capex productivité (tickets 5-30 MDH) fléchées robotisation, efficacité énergétique, certification avec bonification partielle si l’entrepriseformaliseXemploisnetsà18mois.

Mezzanine pour les PE/ME qui passent un cap d’effectifs, remboursableàlaperformance(VA/ETP,partexport).

C.Territorialiserparlesfilières.

Programmes « fournisseurs 30-60 » : accords d’entraînement entre sièges Casa-Rabat et bases régionales (Nord, Oriental, SoussMassa), avec KPI publics : part de fournisseurs hors Casa, délai moyenréel,tauxdepré-paiementdesfactures.

Déploiement de campus métiers attachés aux zones logistiques/industrielles (maintenance, qualité, IT industrielle) Lien clairformation-embauche

D Genre:passerdelastatistiqueàl’outillage

Cibler les filières où les dirigeantes accèdent déjà mieux au crédit (santé, « autres services ») avec des garanties publiques calibrées parsecteuretunbonussiembauchesfémininesqualifiées

Conditionnerunepartdesbonificationscapexàlamiseenplacede parcours de promotion pour les salariées (certifications, managementd’équipe)

7)Mesurercequicompte

Enfin,pérenniserl’accélérationsupposedemesurerfinement:

Taux de formalisation par région et par filière (part des salariés déclarésdansl’emploitotalestimé)

VA/ETPdansl’étagePE/ME(baromètresemestriel)

DSO public/privé (délais de paiement réels), avec publication trimestriellepargrandeentitéacheteuse

Accèsdesdirigeantesaucrédit(encours,tauxd’acceptation,coûts), parrégion

Verdict:L’accélérationpost-Coviddel’emploidéclaréestréelle et prolongeable si l’on règle les deux verrous systémiques : trésorerie et franchissement de taille. Tant que l’on restera une économiedemicro-structuresàrotationfragile,chaqueà-coups de cycle remettra en cause la courbe des embauches. Si, au contraire,l’onoutillelepassageversPE/ME,enfinançantlecontrat plutôt que l’historique et en payant vite, la pente peut tenir. Et ce n’est pas qu’une ligne sur un graphique : c’est la condition pour transformerlarepriseencarrières,ensalairesetencompétences quirestent.

Il y a d’abord les faits — secs, sans ornement. En 2023, sur 123 054 entreprises privées marocaines bénéficiantd’uncontratdecrédit,18022 sontdirigéespardesfemmes,soit14,6% (14,2 % en 2022). Mais leur part dans l’encours reste plus faible : 11,3 % (50,6 Mds DH), contre 88,7 % pour les entreprises dirigées par des hommes (396,5 Mds DH). Autrement dit : les dirigeantesentrentplusqu’avantdansle circuit bancaire, mais elles capent plus basenvolumes.

Cette sous-allocation s’accompagne d’unehyper-concentrationgéographique 43,3%desEPMAdirigéespardesfemmes opèrent à Casablanca-Settat et captent 74,4 % du total des crédits alloués aux dirigeantes (les proportions côté dirigeants hommes sont 41,3 % des entreprises pour 65,1 % de l’encours) Le reste du pays se partage des miettes, avec des situations très disparates. En clair : si vous êtes une cheffe d’entreprise hors Casa, le crédit demande davantage depreuves,pluslongtemps.

Oùlesdirigeantespercèrentdéjà?

L’Observatoire livre une piste : les “autres activitésdeservices”etla“santéhumaine & action sociale” sont des poches de pénétration élevée Dans ces deux sections, les entreprises dirigées par des femmes représentent des parts notables du nombre d’EPMA et captent des parts de crédit qui, sans être majoritaires, sont sensiblement supérieures à leur empreinte moyenne À titre d’illustration : les données sectorielles indiquent que la section “autres activités de services” concentre la plus forte part d’EPMA dirigées par des femmes et 28 % de l’encours attribué à ces dirigeantes ; la “santé humaine & action sociale” présente, elle, une part d’EPMA dirigées par des femmes élevée et 28,6 % de l’encoursdusecteurpourcesdirigeantes Le profil sectoriel de l’entrepreneuriat fémininseconfirme:onobservedefortes densitésdedirigeantesdanslasanté,les autres services personnels/associatifs (dont coiffure & soins de beauté), et l’enseignement. Ces trois ensembles ne pèsent “que” ≈ 9 % de l’effectif total des EPMA, mais ils constituent des têtes de pont pour la bancarisation des dirigeantes;et,surtout,

ilsoffrentdesmodèlesd’affairesoùlaprévisibilitéduflux(abonnements,actes récurrents, frais de scolarité) rend possible un adossement du crédit aux revenusplutôtqu’auxseulscollatéraux.

Pourquoil’écartpersiste?

Troisforcestirentdanslemauvaissens. Lerisqueperçu,plusqueréel.Danslesbanques,la“lenteurstatistique”règne: les modèles s’appuient sur l’historique (souvent masculin, urbain-centre, capitalisé) et répliquent ses biais. Les dirigeantes entrent plus tard dans les chaînesd’approvisionnementàpaiementlong,cequigonfleleurBFRetlaisse penser qu’elles sont intrinsèquement plus risquées alors que c’est l’architecturedesfluxquilesexpose

Lagéographieducrédit Onprêtelàoùledonneurd’ordreestnoté,lecontrat “massif”,lagarantieliquide OrcetriptyqueestcentrésurCasa-Rabat Résultat :unedirigeanteàAgadirouOujdadoitfranchirdeuxmarches:celledugenre, puiscelledeladistanceauxcentresdécisionnels

Les chiffres le confirment : la surcaptation à Casablanca-Settat est spectaculaire

La composition sectorielle Beaucoup de dirigeantes sont positionnéessurdesservicesB2Cà marges serrées, sensibles à la saisonnalité et aux chocs de trésorerie. Le “bilan court” qui en résulte plafonne la dette classique, mêmequandl’activitéestsaine.

Ajoutonsl’arrière-planemploi:côté CNSS,lesfemmesreprésentent32,6 % des salariés déclarés en 2023 une part quasi-stable depuis 2019, signequelademandedetravail féminin progresse lentement dans le formel L’accès au crédit des dirigeantes et la capacité d’embauche de leurs entreprises s’auto-renforcent dans un sens commedansl’autre

Sortir du tunnel : financer les flux plutôtquelesstigmates

Attendre qu’un bilan “ressemble” à celuid’ungroupelistépourouvrirle robinet n’a pas de sens Les solutions existent et fonctionnent déjà sur le terrain il faut simplement les standardiser pour lesdirigeantes

1) Supply-chain finance et affacturageprogrammé.

Dès qu’une dirigeante facture un débiteur solide (hôpital privé, opérateur, grand distributeur, université, grand industriel), sa facture doit valoir quasi-cash. L’affacturage sans recours (ou l’affacturageinversésponsorisépar le donneur d’ordre) transfère le risquesurlepayeurfinal,sécurisele

DSO à 30 jours, et fait tomber la primederisqueliéeaugenre etau code postal Cela “répare” la trésorerie sans sur-endetter (Rappel : l’hyper-concentration de l’encours à Casa-Settat montre combien l’accès aux donneurs d’ordre“notés”changeladonne) 2)Tickets“capexproductivité”de1 à10MDH,adossésàrésultats.

Dans la santé, l’enseignement, les services productifs (maintenance, labo, data), les capex sont petits mais déterminants : un plateau technique, une chaîne numérique, une mise aux normes qualité Des lignesdecréditbonifiées

et remboursables à la performance (VA/ETP, satisfaction patients/élèves, tauxd’occupation)permettentd’investirlàoùlamargesecrée

3)Garantiessectorielles,pas“génériques”.

Cibler les filières où les dirigeantes sont déjà nombreuses santé, autres services,enseignement etyadosserdesgarantiespubliquescalibréesau modèle de risque réel (flux récurrents, saisonnalité, churn). On mutualise mieuxquandonconnaîtlecycleéconomiquedelafilière.

4)Clause“pré-paiement”danslesmarchéspublics.

Un pourcentage standard payé à la commande (ou à l’étape) libère la trésorerie des TPE/PE dirigées par des femmes, souvent sous-capitalisées. L’État (ou l’établissement public) doit montrer l’exemple : il paie vite, il “sponsorise”dusupply-chainfinance,ilpubliesesdélaisréels.

Changerleréférentiel:du“profil”aupotentiel

Les chiffres le disent : les dirigeantes existent dans la donnée, mais elles “pèsent”moinsdansl’encoursqu’ellesnepèsentdanslenombre Quandon regarde par section d’activité, on voit aussi que, là où l’on peut mesurer les flux (santé, enseignement), l’accès au crédit s’améliore Ce n’est pas un hasard C’est une méthode : financer le potentiel mesurable, pas un “profil type”

Au passage, n’oublions pas l’effet d’échelle : au niveau agrégé, 41 % de l’encours de crédit va aux TPME et 59 % aux GE Dans cet univers déjà asymétrique, les dirigeantes sont exposées doublement (taille + genre)

Répondre par des outils adossés aux contrats et par des garanties sectoriellesrevientàcorrigerlebonbiais,sanstordrelalogiqueprudentielle

Indicateursàpublier(etàsuivre)touslestrimestres:

Taux d’acceptation et coût moyen des crédits pour entreprises dirigées par desfemmes,parrégionetparsection

Part“fluxadossés”(affacturage,inversé,programmesfournisseurs)dansles financementsaccordésauxdirigeantes

Délais réels de paiement des grands acheteurs publics/privés avec ventilationgenrechezlesfournisseurs

Tauxdesurvieà24moisdesdossiersfinancéspargarantiessectorielles(vs guichetsgénériques)

Leparigagnant:un“modèleCasa”sansCasablanca

Dernierpoint,politique:leschiffresnedisentpasde“fairemoinsdeCasa”,ils disent “faire Casa partout”. Casablanca concentre l’encours parce qu’elle organise la relation entre contrats et crédit. Reproduire ce mécanisme à Tanger, Agadir, Oujda via des programmes d’entraînement des grands donneurs d’ordre, des plateformes de pré-paiement et des lignes capex thématisées , c’est abaisser la marche d’entrée pour les dirigeantes hors centre. C’est aussi diffuser, au passage, les standards (qualité, facturation, conformité)quirassurentlabanque.

Verdict.Lastatistique2023n’estpasunefatalité:14,6%desbénéficiaires pour 11,3 % de l’encours peuvent devenir 18–20 % et 15–17 % en quelques exercices… si l’on finance ce que les dirigeantes font (des services récurrents, des contrats identifiables) plutôt que ce qu’elles sont (profil “atypique” pour un modèle). En finance comme en sport, on gagne rarementendécrivantletalent;ongagneenl’outillant.Àpartirdelà,le “genre”s’effacederrièrecequidevraittoujoursguiderlecrédit:lapreuve devaleur.

On ne bâtit pas une économie exportatrice avec des slides : on la bâtit avec des entrepôts, des terminaux, des camions à l’heure,desWMSquitournentetdesfactures payées. Entre 2017 et 2023, transport & entreposage est l’un des rares segments à gagner du terrain dans la démographie des entreprises privées marocaines (EPMA) : sa partdansletissupassede6,3%à7,8%.Ce n’est pas une explosion, c’est une consolidation etc’estsouventplussolide. Cefrémissementstatistiqueaunetraduction macro : en 2023, le chiffre d’affaires cumulé de l’ensemble des EPMA dépasse 1 594 MMDH,signequ’onsortdelasimple«reprise »pourtoucheruneéconomiequitourne.Or, quand le CA agrégé grimpe, la logistique encaisse la charge en premier : stockage, traction, groupage, distribution du dernier kilomètreindustriel.C’estle“back-office”de laproductiviténationale.

Pourquoi ce secteur progresse-t-il, silencieusement?

1)L’ombreportéedel’industrie. LamanufactureremontesapartdeCA(≈24,1 % en 2023) Chaque point repris par l’usine génère des besoins d’approvisionnement (amont), de distribution (aval) et de retours (SAV, rebuts) ; bref, de l’activité pour les opérateurs logistiques La « colonne logistique » se densifie parce que la base productive se densifie

2)Lerattrapagerégional. Lavaleurajoutée(VA)accélèredansTangerTétouan-Al Hoceïma (+7,9 %/an en moyenne 2017-2023), bien au-delà de Rabat-SaléKénitra(+1,8%) Cedifférentielreflètel’effethub (Tanger Med, zones industrielles) et un écosystème logistique qui s’étoffe : affréteurs, transitaires, entrepôts sous température dirigée,intégrateursIT LàoùlaVAprenddela pente,lalogistiquesuit

3)Lanormalisationpost-Covid.

La pandémie a révélé une évidence : sans chaîne logistique, pas d’économie. De 2021 à 2023, les entreprises ont formalisé des fonctionsautrefois

« informelles » (suivi, traçabilité, réservation d’espace), d’où l’épaississementduvivierd’EPMAlogistiques

Lenœudàrésoudre:financerl’ossature,pasl’anecdote

L’ennui, c’est que l’argent reste très centralisé : 62,9 % de l’encours de crédit atterrit à Casablanca-Settat, pour 41,8 % seulement des entreprisesétudiées;504,1MdsDHirriguent130826entreprises,soit35,3 % du PIB Pour un transporteur ou un exploitant d’entrepôt basé hors Casa-Rabat, la marche d’accès au financement reste haute et cela brideparfoisdebonsdossiers

Troisanglesfinanciersconcrets

Capexutiles,pascapex“beaux”:racks,convoyeurs,WMS/TMSinterfacés, quais,groupesfroids,télématique lesinvestissementsquiaugmentent larotationplusquelasurface CesonteuxquiremontentlaVAparm²et parETP,donclabancarabilité

Flux adossés, pas bilan nu : affacturage sans recours sur créances de grandschargeurs,affacturageinversésponsoriséparlesports/zoneset donneurs d’ordre. On sécurise les 30 jours de DSO et on protège la trésorerie(nerfdelaguerrepourcarburant,péages,salaires).

Tickets de franchissement (5–20 MDH) : mezzanine logistique remboursable à la performance (taux de service, rotation stock, remplissage). L’objectif : passer du dépôt opportuniste à la plateforme processée.

Productivité:labatailledu“tempsmort”

Danslalogistique,lamargesegagneauminuteur.Cinqleviers: Synchronisationquai-route:fenêtresdelivraison,“timeslotting”,lecture QRauportail

Rotationcaisse/palette:standardiserlessupports,réduirelespalettes« orphelines»

Traçabilité:étiquettesGS1,scanningmobile,WMSquicauseavecl’ERP Cold chain : capteurs de température/hygro, alarmes, itinéraires “froidfriendly”

Retouràvide:plateformesdeboursedefret localespouroptimiserlebackhaul.

Ce sont des détails ? Ce sont les détails. À l’échelled’unréseau,2minutesparquai×80 quais×300jours,celapaieunentrepôt.

Oùjouer,maintenant(2025-2027)?

A.Portesetcorridors.

Tanger Med → Kénitra/Casablanca → Settat/Safi : consolider les parkings poids lourds sécurisés, les zones de cross-dock, et des centres de groupage pour PME exportatrices

Atlantique Sud (Agadir/Souss-Massa) : froid et semi-froid pour l’agro ; stockage d’emballages normalisés ; coinvestissementsaveccoopératives

B.Urbain“B2B-industriel”.

Pas le dernier kilomètre e-commerce « à l’unité » , mais la distribution B2B des pièces, consommables, équipements vers ateliers/usines Moinsglamour,plusstable

C Logistiquecontractuelle

Passerduservicespotaucontrat24–36mois

avec KPI (OTIF, casse, température, CO₂) La banqueaimecequisemesure

D.Talentsetprocédures.

Former des techniciens logistiques (WMS, sûreté, maintenance de quai) et des planificateurs. Un bon planificateur vaut un chariotneuf.

Risques:oùçapeutcasser

Carburantetpéages:quandlecoûtvariable grimpe, la trésorerie s’étire. D’où l’intérêt des formules indexées dans les contrats (fuel surcharge)etdesdélaisgarantis.

Délaisdepaiement:sileDSOpassede45à 75 jours, l’exploitant casse la flotte au lieu d’investir Le prépaiement (10–20 %) et l’affacturage inversé doivent devenir la norme avec les gros chargeurs publics/privés

Fonciers mal conçus : des “boîtes à chaussures”sansprofondeurdemanœuvre, sans énergie suffisante pour le froid, sans rampes Le foncier logistique n’est pas du résidentiel : il faut des parcs pensés pour la rotation

Unmultiplicateurrégional

Le secteur a un effet d’entraînement supérieur à son poids apparent : il emploie des profils variés (conducteurs qualifiés, préparateurs, techniciens froid/IT), tire la maintenanceindustrielle,etamélioreletaux de service des filières export Là où la VA accélère Nord en tête , l’offre logistique catalyse l’implantation de fournisseurs de rang2/3.

La statistique sectorielle (6,3 % → 7,8 % du tissu) traduit ce mouvementsouterrain.

Ce que l’État et les grands donneurs d’ordre peuvent faire demainmatin

Publier les délais réels de paiement par grande entité (port, régie,utility,distributeur)—quartile,médiane,queue—pour créerunedisciplineconcurrentielle.

Standardiser les contrats logistiques (SLA, indexation fuel, bonus-malus OTIF) pour améliorer la bancabilité des PME du secteur

Flécherdesgarantiespubliquesverslescapexfroid/WMSetles équipements sobres (électrification d’engins, LED, isolation), avecbonussilecontratesthorsCasa-Rabat

Labelliser des “parcs logistiques performants” : profondeur des darses,quais,énergie,data,sécurité unlabelquirassureles banques

Verdict : Le transport & entreposage n’explose pas ; il s’installe.Dansuneéconomiequiviseplusd’exportetdeVA, c’est exactement ce qu’on attend de lui : devenir une infrastructured’efficacitéaumêmetitrequel’électricitéoula donnée.Ladonnéeditlereste:1594MMDHdeCAagrégéne voyagent pas tout seuls ; ils voyagent parce qu’un secteur discretagagné1,5pointdeprésencedansletissuensixans, pendantqueleNordmontraitcommentunhubfabriquedela VA. À présent, il faut mettre le financement au diapason contrats,capexutiles,BFRsécurisé etfairedelalogistique marocaine non pas la « variable d’ajustement »… mais le levierd’avance.

Laphoto2023delaconstructionmarocaine est paradoxale. D’un côté, la filière reste l’undesgrandscapteursdecréditdupays 17,2%del’encoursbancairetotaldestiné aux EPMA signe de besoins d’investissementlourds,dechantierslongs etd’uncapitaldetravailvorace.Del’autre, sapartdanslechiffred’affairesagrégédes entreprises privées analysées recul tendanciellement et s’établit à 12,4 %, tandisquesonpoidsdémographiquedans le tissu d’entreprises s’effrite (de 24,4 % à 22,8 % entre 2017 et 2023). En clair : une industrie qui mobilise beaucoup de dette, mais qui peine à transformer ce levier en volumesetenmargesstables.

Ce que disent les chiffres (et ce qu’ils ne disentpas)

Crédit : la construction pèse 17,2 % de l’encours, derrière le commerce-réparation (23,6 %) et au coude-à-coude avec l’industrie (16,3 %) C’est beaucoup pour un secteurdontlavolumétriedeCAarefluéen part relative Cela s’explique : machines, avances sur chantier, immobilisations temporaires,garanties,autantdepostesqui aspirentdufinancement

Chiffre d’affaires : 12,4 % du total en 2023 (297,1 MMDH), en baisse tendancielle depuis 2017 conséquence d’un cycle d’investissement public plus discipliné, d’un coûtducapitalplushautetd’unglissement vers des projets à rendement socioéconomique mieux ciblé (santé, eau, énergie,mobilité).

Démographie : la part de la construction dans le stock d’entreprises diminue (24,4 % → 22,8 % sur 2017-2023). Ce n’est pas l’effondrementdusecteur;c’estlesigned’un tissu qui se diversifie (logistique, services productifs)etd’unesélectionplussévèredes acteurs.

Ces trois signaux composent un diagnostic simple:lafilièrerestecapex-intensive,mais doitchangerdemoteur Financerdavantage ne suffira pas ; il faut mieux financer ce qui créedelavaleurdurable

Le triangle de pression : BFR, coût de l’argent,cyclicité

Troisforcespèsentsurlesmarges: BFR étiré : des délais de paiement encore trop longs sur certaines maîtrises d’ouvrage et dans la chaîne de sous-traitance étouffent les trésoreries Quand les acomptes sont timides et les décomptes tardifs,l’entreprisedétruitducashàchaque étape

Coût du capital : le resserrement monétaire renchérit la dette de court et moyenterme.Dansunmétieroùlarotationestlente,100à200pointsdebase d’écartfontladifférenceentreunchantierviableetunchantierperdant.

Cyclicité : la dépendance à quelques segments (logement classique, BTP publictraditionnel)exposeàdesà-coups.Lesdissolutionsenhaussedepuis 2021 toutesfilièresconfondues rappellentlafragilitédesmicro-structures positionnéesenbasdechaîne.L’enjeun’estpasd’empêcherlasélection,mais d’éviterlacasseinutileliéeauxfluxdetrésorerie.

Oùsetrouventlesrelaisdecroissance?

1)Réhabilitationetefficacitéénergétique

Le«brownfield»(bâtimentsexistants)concentredésormaisunegrandepartie de la valeur : isolation, CVC, solaire de toiture, systèmes de gestion énergétique C’estmoinsspectaculairequ’unetourneuve,maisplusrécurrent et plus bancable (contrats multi-sites, KPI mesurables) Calibrer des lignes capexdédiéesàl’éco-rénovationpermetd’ancrerunbookrécurrent 2)Industriellégeretlogistique

Ateliers, hubs de cross-dock, plateformes de température dirigée, modernisationdeszones:onavantagelesprojetsoùchaquedirhaminvesti augmente la VA par m² chez le client final (industrie, agro, distribution) Ici, contrat pluriannuel + SLA = bancabilité Le fait stylisé de la montée de transport-entreposagedansletissu(6,3% → 7,8%)confirmelatraction

3)Eauetrésilience

Stations de traitement, adduction, réutilisation, désalinisation : la dépense publique y est structurelle et contracyclique Des consortiums PME-ETI peuvent capter ces marchés si les outils financierssuivent(voirci-dessous).

Financer autrement : du « chantier spot » au contratbancable

A.Acomptesetpré-paiementsstandardisés

Inscrire dans les cahiers des charges publics des acomptes planchers (10-20 %) dès l’ordre de service, et des délais garantis (30 jours) avec pénalités automatiques. Côté privés, généraliser les avances indexées sur jalons, conditionnées à la performance (QHSE, délais, non-conformités)

LeDSOestlapremièresourced’oxygène

B.Supply-chainfinance/affacturageinversé

Adosser le financement au donneur d’ordre : l’entreprise cède ses décomptes certifiés, payés enquasi-cashparunfactor,labanqueprenantle risque du maître d’ouvrage (public/privé) et non du sous-traitant Résultat : BFR libéré, coût de financement abaissé (risque meilleur), moins de défaillancesenchaîne

C.Mezzanine«capexproductivité»(5–30MDH)

Combler le trou entre la dette banque et l’equity sur des investissements utiles (engins sobres, coffragesmodulaires,préfabricationlégère,digital chantier, BIM d’exécution) Remboursement subordonné et partiellement indexé à la performance : productivité chantier, accidents évités,tauxdenon-conformités

D. Bonification conditionnelle et garanties ciblées

Bonifieruncranlecoûtdeladettequandleprojet coche : (1) réduction mesurée du délai de réalisation, (2) baisse des non-conformités, (3) part locale de sous-traitance qualifiée. Déployer desgarantiespubliquessurlessegmentsàutilité sociale(écoles,santé,eau),oùlavisibilitédesflux estmeilleure.

Productivité:cinqgestesquipaient

Préfabrication/off-site:réduireletempsdecycle et l’aléa météo en déplaçant un morceau du chantieràl’usine

BIM d’exécution : pas seulement de conception ; clash detection réel, planning 4D, carnet de nonconformitésnumérique

Procurement groupé : mutualiser l’achat des composants standard (menuiseries, CVC, éclairage)entrePMEpourstabiliserprixetdélais

Planification à contrainte : Last Planner System, réunions hebdo court-cycle, management visuel desgainsdejoursàlaclé

Sécuritéetqualité:zéroaccidentgrave,zérononconformité majeure ; c’est de la marge évitée (pénalités,reprises)

Cartographierlerisquepourmieuxl’allouer

Lesbanquesprivilégientlesplacesoùlerisqueestmesurable (Casablanca-Settat capte 62,9 % de l’encours total) Plutôt que de « forcer » un rééquilibrage, donnons-leur des indicateursquirassurentenrégion:publicationpargrandes maîtrises d’ouvrage des délais réels, taux de réserves à la réception, part de prépaiement. Avec ces KPI, le coût du capitalbaisseaussipourlesPMEduBTPhorsCasa-Rabat. Marchélogement:calibrersanscaricaturer L’ajustementdesprogrammesrésidentielsnesignepaslafin du logement ; il impose de mieux segmenter (intermédiaire, rénovationurbaine,performanceénergétique)etdesécuriser la demande (titres, foncier viabilisé, guichet unique). Le BTP gagne à délaisser la chasse au « coup » au profit du flux : réhabiliter 100 immeubles vaut parfois mieux que lancer un uniqueméga-projet puisattendrelesdécomptes

2026:feuillederouteopérationnelle État/collectivités : cahiers des charges « cash-flow friendly » (acomptes, 30 jours garantis), marché réhabilitation/énergie enallotissementfin(pourouvrirauxPMEsolides)

Banques/factors : programmes d’affacturage inversé avec lesgrandesMOA,scoringchantierbasésurKPIpubliés(délais, réserves)

PME BTP : basculer vers des contrats pluriannuels (maintenance, efficacité énergétique), investir d’abord dans leprocess(BIMexé,planification),puisdansl’outil Écosystèmes : plateformes de préfabrication légère régionales, achats groupés, labellisation des entreprises « sécurité/qualitéor»

Verdict:Laconstructionn’estpas«enpanne»;ellechange de cycle. Les chiffres 2023 disent une filière encore gourmande en crédit (17,2 % de l’encours) mais moins dominante en volumes (12,4 % du CA) et moins hégémonique dans la démographie (22,8 % du tissu). Le prochain saut ne viendra ni d’une perfusion budgétaire ni d’unparispéculatif:ilviendrad’undesignfinancierarrimé auxcontrats,d’outilsdeproductivitééprouvésetd’unmix d’activités plus résilient (réhabilitation, industriel/logistique, eau). À ce prix, la filière deviendra ce qu’elle doit être dans une économie qui vise la montée en gamme : un amortisseur de cycle et un multiplicateur d’efficacité,pasuneloteriedegrandschantiers.

C’est l’un des paradoxes les plus spectaculaires du rapport : la production et distribution d’électricité & gaz ne représente qu’environ 0,2 % des entreprisesprivéesmarocainesanalysées (EPMA), mais capte 10,1 % de l’encours total des crédits bancaires aux entreprises. Autrement dit, un secteur minuscule en effectif concentre une part géante des financements. La raison est simple : intensité capitalistique extrême, actifs de longue durée, contrats d’achat structurés bref, un univers à capex lourdsetàcash-flowscontractuels.

Cequedisentleschiffres

Dans la répartition sectorielle de l’encours, quatreblocsdominent67,2%desmontants : Commerce-réparation(23,6%), Construction(17,2%), Industriemanufacturière(16,3%), Électricité&gaz(10,1%).

Cette dernière section se distingue par un écartcolossalentrepartd’entreprises(≈0,2 %) et part d’encours (10,1 %). Le message implicite : très peu d’acteurs, des projets gros et bancables, adossés à des contrats d’achatouàdestarifsrégulés

Pourquoil’énergie«aspire»lecrédit

Capexintensifs,revenusprévisibles

Centrale thermique, parc solaire/éolien, postesource,renforcementderéseau:des investissements initiaux élevés et des flux multi-décennaux Côté banques, c’est l’idéal-type du financement de projets : dettes longues, sûretés réelles, contrats d’offtake (PPA), modèles de risque documentés

Risquestructurellement«mutualisé»

Même lorsqu’il existe un risque offtaker (solvabilitédel’acheteur)ouréglementaire, la taille des programmes, l’implication publique et la criticité du service réduisent la probabilité de défaut catastrophique. Résultat : coût du capital relativement compétitif…pourpeud’entreprises.

Effetd’entraînementindustriel.

Chaque dirham investi dans l’énergie déclenche des commandes BTP, ingénierie,maintenance,métallerie,logistique L’encours«énergie»ruisselle doncsurd’autresrubriques cequel’onobservedanslepoidscréditdela construction(17,2%)etdel’industrie(16,3%)

Le biais à corriger : des mégawatts financés, mais un réseau et une efficacitésous-financés

La statistique sectorielle capte essentiellement l’amont (production/distribution) Or, deux maillons conditionnent la croissance 2026-2028:

Le réseau (grid) : postes, évacuations, renforcement des artères, flexibilité (dispatching), digitalisation et télémesure Sans réseau, les MW restent théoriques:onsubitlacongestionetlacurtailment(écrêtage)

L’efficacitéénergétique(EE),surtoutC&I(commercial&industriel):moteurs IE3/IE4, variateurs, froid efficient, récupération de chaleur, pilotage Ici, des capexpluspetits,desgainsdeVAimmédiats,maisunfinancementmoins standardisé.

Structurer le financement au-delà des grosses centrales est une priorité si l’on veut diffuser les bénéfices de l’énergie dans la productivité des entreprises.

2026:réorienter«laforceducrédit»avec5dispositifséprouvés

1)Projectfinance«grid&flex»(réseau,stockage,dispatching)

Cequimarchepourlaproductionmarchepourleréseauetlaflexibilité: Financement de projet adossé à des redevances régulées / contrats de service(availability-based),

Clausesdeperformance(disponibilitéduposte,tempsderétablissement), Pools bancaires + guichet de garantie publique pour abaisser le coût du capital

Effet : on bancabilise le réseau comme un actif productif, pas comme une charge

2)Contratsdeperformanceénergétique(CPE/ESCO)pourleC&I

Standardiser des CPE où l’ESCO finance des capex d’EE et se rémunère sur l’économiegarantie:

Bilansclientspeusollicités, Risquetransféréàlaperformancetechnique, Tickets 1–10 MDH finançables via banques + garantiepartielle.

Cible : agro-industrie, froid, plasturgie, céramique, hôtels. Résultat : VA qui grimpe, BFRquirespire.

3)PPAC&I«on-site»/«near-site»(solaire +stockage)

Généraliser des PPA pour toitures/ombrières etpetitsparcsprochesdessitesindustriels: CréditadosséauPPA(fluxprévisibles), Stockagedimensionnépourlisserlacourbe, Optiond’achatenfindecontrat Bénéfice : baisse du coût unitaire d’énergie, couverture partielle du risque prix, réduction CO₂

4)Greenloans&sustainability-linkedloans (SLL)«àlamarocaine»

Bonifier50–100bpssiKPIvérifiables: kWhéconomisés/tonneproduite, Facteurdechargeatteint, Tauxdecurtailmentinférieuràunseuil

Publié trimestriellement, l’indicateur rassure la banque et réduit le coût moyen de financementdesPMEélectro-intensives

5) Chaînes d’approvisionnement locales : prépaiement&affacturageinversé

Les grands maîtres d’ouvrage (production / réseau) sponsorisent des programmes de supply-chainfinance: Pré-paiement10–20%àlacommande,

Affacturageinverséavecpaiementgaranti à30jours,

Conditions privilégiées pour les fournisseurs horsCasa-Rabat

Objectif : irriguer le tissu TPME (métal, génie électrique,géniecivil)quiaujourd’huisouffre duDSOetdesprimesderisquerégionales Risquesclés etcommentlesbanquabiliser

Risque construction (EPC) : retards/coûts →

Contrats EPC à prix ferme, LDs (pénalités), garantiedebonnefin

Risque offtaker : solvabilité de l’acheteur → Garantiespubliques/para-publiques,escrow, priorisationdepaiement

Risqueressource(intermittence):vent/soleil

→ Surestimations conservatrices, P50/P90, stockagedimensionné

Risque réseau : congestion/curtailment → Études de raccordement opposables, clausesd’indemnisationsiécrêtage>seuil

Risque taux : dettes longues → Taux partiellementfixés,tranchesamortissables+ minibulletfinal;possibilitédeswaps.

Effet macro : faire « ruisseler » les 10,1 % d’encours

Aujourd’hui, les montants « énergie » arment surtout des actifs majeurs portés par peu d’entreprises. Pour doper la productivité nationale,ilfaut:

Continueràfinancergrosetlong(production/réseau), Maisouvrirengrandlerobinetauxcapexdiffus(EE,C&I,stockage deproximité,automatisationdesutilités).

La clef est contractuelle : plus un flux est lisible (PPA, CPE, SLA réseau), plus la banque finance moins cher et plus la base PME/ETIpeuts’équiper

Géographie : éviter que l’énergie devienne un nouvel aimant

Casa-centré

Rappel : 62,9 % de l’encours total aux entreprises se concentrent déjà à Casablanca-Settat Sans dispositifs dédiés, l’énergie renforcera cet aimant (sièges, grands intégrateurs, donneurs d’ordre) D’où:

Bonusdegarantie/bonificationpourprojetsC&IhorsCasa-Rabat, KPIpublics(délaisdepaiementréels,pré-paiements)pargrands acheteursrégionaux,

Structuration de parcs solaires de proximité (1–10 MW) avec PPA standardpourPMElocales(agro,froid,logistique)

Indicateursàsuivreen2026

Part de l’énergie dans l’encours total (viser 10–12 %, mais en élargissantlenombredebénéficiairesviaC&I/EE)

MWraccordésvsMWhcurtailés(objectif:curtailment<x%) kWh économisés par dirham de capex EE financé (cible sectorielle).

Part des projets hors Casa-Rabat dans les nouveaux financementsénergie/EE.

Délaimoyendepaiementdesgrandsdonneursd’ordredusecteur (objectif≤30joursviaaffacturageinversé).

Verdict:Lastatistique«0,2%desentreprises/10,1%del’encours »n’estpasunbug:c’estlalogiqued’unsecteurcapex-intensif. Ledéfi2026n’estpasderéduirecepoids,maisdemieuxl’utiliser : continuer à financer les actifs critiques (production, réseau, flex)toutenmultipliantlespetitsprojetsquiabaissentlafacture énergétique des PME et augmentent leur valeur ajoutée. Autrement dit : faire de la finance énergie non seulement un muscle macro, mais une circulation fine dans le reste de l’économie — là où se fabriquent la productivité, l’emploi et l’export.

On sait créer des entreprises. Le Maroc en immatricule des dizaines de milliers chaque année. Mais on sait moins bien les faire grandir. Le cœur du problème est chiffré noir sur blanc : le stock 2023 reste dominé par les SARL (54,1 %) et les SARL-AU(40,5%),laSAglissantà2,3 %. Au total, 349 969 personnes morales actives : un socle large, mais qui se traduit trop rarement par des PME capables d’absorber deschocs,d’exporteretd’investiren continu.

Côtéflux,leconstatestplustranché: sur 2017-2023, près de 99 % des créationsdepersonnesmoralessont des micro-entreprises En 2023, on compte 66 896 créations de PM (sur 96442créationstotalesPP+PM),mais les TPE plafonnent autour de 0,7–1 %, lespetitesà0,2–0,4%;lesmoyennes et grandes restent marginales (ensemble<0,05%).

Autrement dit, l’ascenseur vers la « vraie»PMEestenrayé.

Dans ce contexte, « faire du Mittelstand » ne veut pas dire multiplier les holdings, mais convertir massivement des SARL/SARL-AU performantes en PE/ME (10-175 salariés) stables, bancables, exportables Voicilafeuillederoute pratique, mesurable pour y parvenir

1) Financer la trajectoire, pas seulementl’historique Lecréditbancaireresteasymétrique: 59,1 % de l’encours va aux grandes entreprises, 40,9 % aux TPME ; et il se concentre géographiquement (62,9 %del’encoursàCasablanca-Settat), ainsiqueparancienneté(lessociétés > 10 ans captent 76,2 % des montants) C’est prudentiel mais peu compatible avec un changement d’échelle rapide des jeunesboîtes.

Solutionsopérationnelles:

Affacturagesansrecoursetaffacturageinverséprogrammé:onprendlerisquedu payeur final (donneur d’ordre public/privé), pas celui de la petite société ; objectif DSO≤30jours

Financement « contract-based » : avances sécurisées par bons de commande/contratsplutôtqueparcollatérauximmobiliers

Mezzaninedefranchissement(5–30MDH):comblerletrouentredetteclassiqueet equitypourrobotisation,certification,efficacitéénergétique

KPI à suivre : part des financements adossés à des flux (factures/contrats) dans le mixd’unePMEcible;coûtmoyenducapitalvsdette«bilancielle»

2)AccrocherlaPMEàunechaînedevaleurquil’entraîne

Quatresectionsabsorbent67,2%del’encoursbancaire:commerce-réparation(23,6 %),construction(17,2%),industrie(16,3%)etélectricité/gaz(10,1%) S’yaccrocherpar des contrats longs change la vie d’une PME : prévisibilité de trésorerie, bancabilité, montéeenqualité

Àfairetoutdesuite:

Chartes d’entraînement des grands donneurs d’ordre (auto, agro, aéronautique, logistique,utilities):délaisréelspubliés,pré-paiements10–20%,affacturageinversé sponsorisé,objectifsdefournisseursrang2/3horsCasa-Rabat.

SLA et KPI contractuels (OTIF, conformité, CO₂, sécurité) pour transformer la relation commercialeenactifbancable.

KPI : part des ventes sous accords-cadres 24–36 mois ; délai moyen réel de paiementparclientA/B/C.

3)Misersurlecapexproductivitéquicolleàlavaleurajoutée

Lavaleurajoutéeagrégéeatteint528,4MMDHen2023(+8%),maisresteconcentrée: lesGEcaptent~67,6%,lesTPME32,4%(enlégèrehausse).Lemultiplicateurnational sejouechezlesPE/ME:robotisation,métrologie,ERP/MES,sobriétéénergétique Capexprioritaires(5–30MDH):

Automatisationciblée(goulots,contrôlequalitéenligne); Certification(IATF/AS/ISO,traçabilitéGS1); Efficacitéénergétique(moteursIE3/IE4,froidefficient,récupérationdechaleur); Digitalusine(MES/CMMS),datalogistique(WMS/TMS) Instruments : prêts bonifiés à la performance (bonus de taux si VA/ETP progresse à +12/24 mois), mezzanine subordonnée, CPE (contrats de performance énergétique) pourl’EE

4)FaireduBFRunlevierdemarge pas unesaignée

Avec1594MMDHdeCAagrégéen2023,le commerce et les services restent la machineàcash-flow…sileBFRnes’allonge pas.Enphasedetauxréelspositifs,gagner 10 jours de DSO vaut parfois plus que 100 bpsdecrédit.

PlaybookBFR:

Facturation digitale + rapprochement automatique; Dynamic discounting : escompte contre paiementenJ+10/J+15; Portails fournisseurs avec traçabilité des validations;

Tableau de bord hebdo DSO/DPO/rotation stock

KPI : DSO réel (médiane) par client ; cash conversion cycle ; % de factures éligibles à l’affacturage

5)Gouvernance:laDAFavantla«tour»

On confond trop souvent croissance et corporate L’ordre logique : DAF (ou DAF partagée), contrôle de gestion, procédures achats, trésorerie, qualité puis levée de fonds

Check-list de passage SARL/SARL-AU → PE/ME:

Budgetetrollingforecasttrimestriel; Tabledeprixàcoûtscomplets(design-tocost);

Politique fournisseurs (double sourcing, achatsgroupés);

Politique RH (grilles, primes variables, plan decompétences).

Effetattendu:meilleureVA/ETP,volatilitéde marge réduite, crédibilité bancaire augmentée.

6)Territorialiserl’ambition(sans«punir»Casa)

Les données montrent une déconcentration lente du tissu et une accélération de la VA au Nord (TTAH, +7,9 %/an 2017-2023), quand Casa-Settatrestelacolonnevertébrale…etcapte62,9%del’encours. Lebutn’estpasdedéplacerlamanne,maisd’ouvrirdescanauxqui financentlacroissancelàoùellesurgit. Outilsàimpactimmédiat: Bonusdegarantie/bonificationpourprojetshorsCasa-Rabat; Programmes « fournisseurs 30-60 » : pré-paiement, affacturage inversé,KPIpublics(délaisréels); Parcslogistiques/industrielslabellisés(énergie,data,quais,sécurité) pourbancariserlecapexdesPMElocales

7)Nepaslaisserl’écartdegenresecreuserengrandissant En 2023, les entreprises dirigées par des femmes sont 14,6 % des bénéficiaires de crédit, mais 11,3 % de l’encours et 74,4 % des montantsfémininssontcaptésàCasablanca-Settat Silamontéeen tailleignorecebiais,onmécanisera l’exclusion Réponses ciblées : garanties sectorielles (santé, autres services, enseignement) où les dirigeantes pénètrent déjà mieux ; prépaiements publics standard ; indicateurs trimestriels sur taux d’acceptation/coûtmoyenpargenre

8)Oùmettrelepremierdirham(ordredepriorité)

Contrats:sécuriser18–36moisd’activité(accords-cadres,SLA) Trésorerie:mettreenplacel’affacturage(classique/inversé) DAF/qualité:verrouillerlepilotageinterne Capex productivité : robotisation/certif/EE avec bonus de taux à la performance Marchésexport:certification+logistiquecontractuelle(OTIF)

Ce que l’on ne fait pas : immobiliser l’equity sur du foncier-vitrine avantd’avoirbouclé1→4.

9)Commentonsauraqu’ona(vraiment)grandi PartPE/MEdanslaVAnationale:+3–5ptsen36mois. PartdesTPMEdansl’encoursdecrédit:de40,9%vers≥45%,àrisque constant.

DSO public médian ≤ 30 jours (publication trimestrielle par grande entité).

Tauxdecontrats24–36moisdansleCAdesPMEcibles:≥50%. VA/ETP+10–15%danslesPMEaccompagnéesà24mois

CESSER DE CONFONDRE CRÉATIONETPUISSANCE

Nousn’avonspasundéficitd’audaceentrepreneuriale;nousavons un déficit d’instruments qui transforment des SARL/SARL-AU performantesenPMErobustes Tantque99%descréationsresteront micro,tantquelecréditfinancerasurtoutlesanciensaucentre,tant queleBFRmangeralamarge,lamontagneaccoucheradesouris.La bonne nouvelle, c’est que la solution n’est ni théorique ni ruineuse : financer le contrat, payer vite, outiller la DAF, bonifier le capex productif etpublierdesKPIquirécompenserontceuxquientraînent leursfournisseurs.C’estainsiqu’unpayssedoted’unMittelstand:pas avec des slogans, avec des process et des contrats. Les chiffres du rapport nous donnent la carte ; à nous, maintenant, d’emprunter la bonneroute.

1OffshoringMaroc:unenouvelledynamiquepourl’emploiet l’investissement

Le gouvernement marocain a lancé officiellement l’"Offre Offshoring Maroc" le 24 novembre 2025, visant à renforcer l'attractivitédupayscommehubd’externalisationdesservices.

Ce programme, axé sur la création d’emplois qualifiés, devrait favoriser l'implantation d’entreprises internationales tout en stimulantlacroissancedusecteurIT Lesmesuresincluentdes incitations fiscales et la mise en place de zones d’activités spécifiques. Le Maroc, déjà leader en Afrique du Nord, espère ainsi capter davantage de parts de marché dans l’offshoring, particulièrement dans le secteur technologique. Les premières retombées sont attendues pour 2026, avec la création de plusieurs milliers d’emplois dans le secteur des services numériques.

Le secteur privé face aux transitions africaines : l’appel de la ministreFettah

Le26novembre,lorsdel'AfricaInvestmentForum(AIF),laministre de l'Économie Nadia Fettah a lancé un appel au secteur privé marocainpourjouerunrôlecentraldanslestransitionsafricaines, notamment énergétique, numérique et industrielle. La ministre a mis en avant les opportunités d’investissements pour les entreprises marocaines dans ces secteurs en pleine évolution Selonelle,l'Afriquereprésenteunterrainfertilepourl’innovation,et leMarocdoitcapitalisersursesatoutsgéographiques,industriels et financiers pour s’affirmer comme leader dans la transition énergétiqueetnumériqueducontinent

Al Omrane et la FRMF s’unissent pour des projets d’envergure

Le26novembre,unpartenariatstratégiqueaétésignéentre le groupe public Al Omrane et la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) Ce partenariat visera à développer des projets immobiliers et des infrastructures sportivesdanslepays.L’objectifestdedynamiserl’économie locale, de créer de l’emploi et de renforcer la visibilité du Maroc en tant que destination sportive et touristique Les premiers projets devraient concerner la construction de complexes résidentiels et d’infrastructures dédiées aux sports, principalement dans les régions périphériques du Royaume.

Maroc:consommationetinvestissementenhausse

Le ministère de l’Économie a publié sa note de conjoncture pour novembre 2025, révélant que la consommation des ménages reste solide et que l’investissement privé poursuit sa progression Malgré les défis externes, l’économie marocaine montre une résilience remarquable, portée par une demande intérieure soutenue et des investissements dans des secteurs clés tels que l’agriculture, l’industrie et les technologies Les secteurs de la consommation durables et les technologies de pointe connaissent un regain d’intérêt, annonçant une croissance continue pourl’année2026.

Lancement de la réforme de la fiscalité des petites entreprises

Le 22 novembre, le gouvernement a annoncé la mise en placed’uneréformefiscalevisantàsimplifierlesdémarches administrativespourlesTrèsPetitesetMoyennesEntreprises (TPE). Cette réforme inclut des mesures d’incitation fiscale, telles que des réductions d’impôts pour les entreprises en croissance et un abattement sur les charges sociales pour les petites structures Les TPE, qui représentent plus de 98% desentreprisesdupays,bénéficierontégalementd’unaccès facilité au crédit et à la formation professionnelle pour stimulerl’innovationetlacompétitivité

LagrandetransitionénergétiqueduMaroccontinue avecunnouveauprojetsolaire

Le 24 novembre, le Maroc a lancé un projet solaire ambitieuxvisantàaugmentersaproductiond’énergie renouvelable de 20% d'ici 2027. Ce projet est un élément clé de la stratégie nationale pour atteindre 52% d’énergie renouvelable dans le mix énergétique d’ici 2030 Il comprendra la construction de nouvelles centrales solaires dans le sud du pays, dans le cadre d’une collaboration avec plusieurs investisseurs étrangers.Cetteinitiativevientrenforcerlapositiondu Maroc comme un leader régional dans les énergies vertes

L’industrie du tourisme en plein redressement : un retourauxbonschiffres

D’après les dernières données de l'Observatoire du Tourisme, publiées le 27 novembre 2025, le secteur touristique marocain est sur la voie de la reprise après deux années difficiles dues à la pandémie En effet,leschiffresdesarrivéesdetouristesenoctobre ontenregistréuneaugmentationde15%parrapport à l’année dernière Les destinations phares comme Marrakech, Agadir et Fès attirent de plus en plus de visiteurs internationaux, avec des perspectives très positives pour la haute saison de fin d'année. Le gouvernement mise sur une croissance continue grâce à de nouvelles infrastructures et à la mise en valeur des attractions culturelles et naturelles du Royaume

Les défis de l’agriculture au Maroc : un secteur sous pression

Lasécheressepersistanteetlahaussedescoûtsdesintrants agricoles continuent d’affecter le secteur agricole marocain, qui représente environ 15% du PIB. En réponse, le gouvernement a renforcé son soutien aux agriculteurs en octroyant des subventions pour l’achat de semences et de matériel agricole Cependant, les experts pointent une nécessaire modernisation du secteur pour le rendre plus résilient face aux aléas climatiques. Un plan national de modernisationdesinfrastructuresagricolesetd’irrigationest enpréparation

Lancement du programme “Green Morocco” pour l’agriculturedurable

Le 27 novembre, le gouvernement a lancé le programme “Green Morocco” qui vise à promouvoir une agriculture plus respectueuse de l’environnement Ce programme inclut des mesures de soutien à la production bio, l’amélioration des rendements agricoles grâce à l’innovation technologiqueetlaréductiondesémissionsdeCO2. Des subventions seront allouées aux producteurs et aux entreprises agricoles qui adopteront des pratiquesdurables,cequidevraitégalementouvrirla voie à des partenariats avec des entreprises technologiques spécialisées dans l’agriculture de précision.

Stratégienationalepourl’intelligenceartificielle: unpasdeplus

Le 25 novembre 2025, le Maroc a dévoilé sa nouvelle feuille de route pour l’intelligence artificielle(IA),danslecadredelastratégie“Maroc Digital 2030” Cette initiative vise à développer les compétences locales en IA, encourager l’innovationdanscedomaineetpositionnerlepays comme un leader régional en matière de technologies intelligentes. Des partenariats avec des entreprises internationales et des universités serontétablispourformerlestalentsetdévelopper dessolutionsadaptéesauxbesoinslocaux

Une nouvelle initiative pour encourager la digitalisationdesPMEmarocaines

Le 24 novembre, une nouvelle initiative du gouvernement et du secteur privé a été lancée pour accélérer la digitalisation des PME marocaines. Le programme inclut une série de formations, de subventions pour l’achat de solutions logicielles et des facilités d’accès à des financements pour les projets numériques. L’objectif est de permettre aux petites et moyennes entreprises de bénéficier de la transformation numérique pour accroître leur productivité et améliorer leur compétitivité à l’international

Le marché du financement participatif en forte croissanceauMaroc

Le 28 novembre, l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a annoncé que les plateformes de financement participatif ont connu une hausse de 25% de leurs activités cette année, principalement dans les secteurs de l’immobilier et des start-ups technologiques Cette tendance souligne un changement dans la manière dont les entreprises marocaines accèdent au financement, avec un intérêt croissant pour des solutions alternatives telles que le crowdfunding et le financement participatif immobilier Les régulations en cours devraient accompagnercettecroissance.

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