100% NEWS TAXIS n°315

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1er février 2026 - Numéro 315 - Édition imprimée n° 151

100% NEWS TAXIS, journal d’informations spécialisées disponible tous les 1ers et 15 de chaque mois. Edition digitale gratuite. Edition papier sur abonnement - LEMPICKOM sarl.

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édito

La stratégie du sous-marin

Après avoir échangé avec mon chauffeur sur l’actualité de la profession, je finis par me présenter. « Ouf, j’ai cru que vous étiez Boer », me sourit-il avant de reprendre « Vous qui interviewez tout le monde, vous en pensez quoi des syndicats ? » Je lui réponds : « Ce sont des organes essentiels de votre profession. Ce sont les interlocuteurs des pouvoirs publics au niveau national comme local. Et vous, vous êtes syndiqué ? » « Au début oui, histoire de ne pas démarrer tout seul et d’avoir les infos mais maintenant, je suis en sous-marin. » « En sousmarin, qu’est-ce à dire ? » « Je ne suis adhérent nulle part mais je participe à des réunions et je me suis inscrit dans plusieurs groupes sur WhatsApp. » Si l’évolution de l’engagement syndical des salariés semble connaître un nouveau regain, celle des petits patrons qui s’auto-emploient reste floue. Dans le taxi, l’intransigeance de l’Uncam et la mollesse des pouvoirs publics à faire appliquer la réglementation ont instauré un climat de défiance des chauffeurs face à leurs organisations professionnelles, nouveaux boucs émissaires de la déception des taxis de ne pas avoir été respectés par l’autorité publique. Combien justifient de ne pas renouveler leur carte syndicale, avançant que « Cela ne sert à rien », oubliant par là même celles et ceux qui relancent sans cesse les instances de tutelle et informent les chauffeurs, diligentent des procédures judiciaires pour recadrer les errances des pouvoirs publics, représentent la profession aux multiples réunions afin de faire entendre les revendications du métier au détriment de leur propre activité ? Combien préfèrent faire scission ou se regrouper en collectif ? Lors des mobilisations de 2016 contre l’agressivité disruptive des plateformes VTC, le Premier ministre d’alors avait reçu pas moins de 19 « organisations professionnelles » ! Facile alors de jouer sur la cacophonie des revendications. En 2025, à la sortie des réunions interministérielles, la foule des manifestants avait accueilli les représentants de la profession en réclamant « tout ou rien », compromettant ainsi toute négociation future.

Au moment où les assemblées générales des organisations locales s’organisent dans les départements et quitte à m’attirer les foudres de certains, il me paraît sensé d’alerter qu’avec la stratégie du sous-marin, la profession risque de prendre l’eau ! Hélène Manceron

Editeur : Lempickom sarl 11, rue Duvergier - 75019 Paris

Directrice de publication : Hélène Manceron

Administration : Hervé Borruel

Secrétaire de rédaction : Laurent Thelliez

Conception maquette : Stanislas Marçais

Crédit photo (sauf mention) : LNM

Contact : 100pour100newstaxis@gmail.com

Imprimeur : ESAT - Les Ateliers de la coopération 13, rue Georges Auric - 75019 Paris ISSN : 3099-4365

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1er février 2026 - numéro 315 - édition imprimée n° 151

actualités

Journal d’informations spécialisées disponible tous les 1ers et 15 de chaque mois

Taxis / T3P : La profession à l’épreuve

Si l’activité marque le pas en ce début d’année, l’actualité de la profession, elle, ne connaît aucun répit : nouvelle procédure pour la détaxe, flou persistant autour des modalités de la clause de revoyure de la convention pour le transport de malades, arrêtés municipaux anti-maraude et stratégie d’entrisme d’Uber… Autant de dossiers structurants qui exigent information, vigilance et mobilisation de l’ensemble de la profession. Détaxe

Depuis le 1er janvier de l’année dernière, la détaxe, demande de remboursement de la TICPE, désormais dénommée « accise sur les produits énergétiques », est à solliciter pour les consommations 2025 auprès de la DGFiP. Les demandes doivent être transmises de manière dématérialisée à l’appui de la déclaration de TVA. La somme demandée en remboursement sera directement imputée sur le montant de TVA dû. Le montant de remboursement demandé devra figurer au cadre « Consommateurs d’énergie : régularisation d’accise sur les énergies » de la déclaration de TVA et son détail porté sur l’annexe n° 3310-TIC à la déclaration de TVA (période, volume de carburant utilisé, nombre de véhicules, etc.). Le reliquat éventuel en regard de la dette de TVA sera remboursé par le service des impôts des entreprises (SIE) dont relève le demandeur. Gain de temps, les documents justificatifs ne seront plus à joindre à la demande mais à tenir à disposition de l’administration.

Transports conventionnés

Si dans les départements, les organisations profession-

nelles locales ont fait remonter auprès des CPAM les dysfonctionnements engendrés par la mise en pratique de la nouvelle convention pour le transport de malades par taxi, au niveau national, aucune information n’a encore été communiquée par l’Uncam sur les conditions de la clause de revoyure. Saisi par la FNDT, la FNAT et la FNTI, le Conseil d’État a rejeté la question prioritaire de constitutionnalité initiée par les organisations professionnelles contre la convention quinquennale. « Le Conseil d’État estime que la différence de traitement avec les transports sanitaires est justifiée ; qu’aucun texte ne garantit un revenu minimum aux taxis et que la convention reste un "choix" pour accéder aux courses prises en charge », explique la FNAT dans un communiqué. « Mais attention : rien n’est terminé. Une nouvelle décision est encore attendue sur la légalité de la convention elle-même. »

Concurrence déloyale

Alors qu’en Savoie comme à l’aéroport de Beauvais, les pouvoirs publics ont diligenté des contrôles pour lutter contre l’exercice illégal des professions de taxi et de VTC, à Agen, le maire a pris un arrêté qui limite la circulation des VTC sur sa commune. Entré en vigueur ce début

janvier, le texte restreint l’activité des VTC en leur interdisant certains secteurs de la ville de 7 à 22 heures sous peine d’une amende de 135 €.

Une initiative municipale pour lutter contre la maraude des VTC qui rappelle le bras de fer engagé l’été dernier par la mairie de Saint-Tropez qui, après deux arrêtés annulés par la justice, avait adopté un troisième arrêté imposant aux VTC une réservation préalable obligatoire, interdisant la maraude, prévoyant des contrôles renforcés en partenariat avec la gendarmerie et la mise en fourrière immédiate des véhicules pris en infraction.

Opération séduction d’Uber

Alors que la plateforme Uber cherche à étendre son offre de taxi dans l’Hexagone en multipliant les offres de parrainage et sollicitant les centraux radio, la FNDT a publié un communiqué dénonçant l’entrisme de la multinationale. « Des actions concrètes sont en cours de propositions de subordination à Uber Taxi, ciblant centraux de réservation, groupements et taxis indépendants. […] Ce processus engagé à l’encontre de notre métier n’est pas seulement néfaste, il est totalement suicidaire pour notre avenir, sauf à accepter de devenir les laquais des opérateurs et de voir dépérir notre profession. […] Nous demandons à toutes et tous de rester unis, vigilants et indépendants. Refusons collectivement ces tentatives d’absorption. Le taxi doit rester une profession libre et réglementée, non un sous-traitant des plateformes étrangères. »

HM

Plus d’infos :

Accise sur les produits pétroliers : remboursements des taxis et transporteurs – Lire sur impots.gouv.fr

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Directrice de Publication : Hélène Manceron
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Période d'activité traditionnelement calme, ce début d'année s'annonce particulièrement maigre.

« Donner un peu plus pour le métier »

Interview de Pierre Julien, directeur de 2PJ Formation

Alors que la formation des chauffeurs de taxi fait l’objet de nombreuses interrogations et critiques au sein de la profession, certains acteurs alertent sur une dérive préoccupante : l’appauvrissement des contenus au détriment de la qualité et de la préparation au métier. Taxi depuis plus de trente ans et formateur de longue date, Pierre Julien, fondateur de 2PJ Formation, partage son expérience de terrain, sa vision du métier et son engagement pour une formation exigeante, au service des chauffeurs comme des clients.

Quel regard portez-vous sur la formation taxi ?

Après avoir exercé pendant 15 ans comme infirmier auprès des pompiers de Paris où j’étais déjà formateur, je suis devenu taxi en 1993, d’abord à Aulnay-sous-Bois puis à Livry-Gargan. En 2018, j’ai créé 2PJ Formation. À l’époque, la formation était très exigeante. Aujourd’hui, elle se fait en 10 jours alors que le moindre CAP se prépare en 3 ans ! Pourtant, le métier et la réglementation n’ont pas fondamentalement changé. Les usines à formation engendrent la médiocrité au détriment du chauffeur, de son épanouissement professionnel ainsi que du service client. On se rend compte de la fragilité des VTC lors de la formation passerelle.

Quel est le profil des candidats que vous formez ?

Il existe différents cas de figure parmi les postulants à la formation initiale. Il y a ceux en difficulté professionnelle qui veulent se reconvertir, les indécis qui

hésitent sur le sens à donner à leur avenir. Ceux qui veulent devenir VTC sont généralement des personnes en CDI qui veulent faire un job supplémentaire. Ceux qui ont un projet de carrière dans le taxi sont les plus intéressants et généralement d’un meilleur niveau. Avant on préparait quelqu’un de A à Z pour qu’il devienne taxi : prise en charge, service client et gestion de l’entreprise, etc. Aujourd’hui, nous les formons à répondre à 136 questions. Les candidats ne veulent plus prendre le temps de se former. Quel accompagnement dispensez-vous aux candidats ?

2PJ Formation a plusieurs sites de formation et l’équipe, notamment Céline, aide les candidats à accomplir les formalités. Nous formons les futurs taxis parisiens, de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne et travaillons avec d’autres centres de formation pour le reste des départements d’Île-deFrance. Nous organisons également des stages Mobilité pour nos collègues qui veulent devenir parisiens ainsi que Passerelle pour les VTC qui veulent devenir

taxi. Le VTC est une occupation, le taxi un métier. Il y a beaucoup de turn-over dans le VTC. Régulièrement, des candidats au VTC changent d’avis et veulent devenir taxi en cours de formation du tronc commun. Mais tous ont besoin d’un accompagnement dans leurs démarches administratives car les procédures d’inscription se sont complexifiées.

Vous organisez également des stages de formation continue ?

Bien sûr ! C’est l’occasion de partager ma passion et mon expertise du métier avec des collègues qui sont en exercice. Dans la profession, il y a beaucoup de rumeurs et d’idées reçues sur lesquelles chacun s’interroge. Dès l’inscription, les échanges commencent. La formation continue dure 14 h et est répartie sur 2 jours avec un programme imposé réglementairement mais les chauffeurs, même expérimentés, ont beaucoup de questions qui vont au-delà au programme. 2PJ Formation accompagne les chauffeurs tout au long de leur parcours.

Quels sont les atouts de 2PJ Formation ?

2PJ Formation est facilement accessible, au carrefour des gares des Yvris, de Noisy-Mont d’Est et de Noisy-Champs, où l’on peut facilement s’y garer. Nous mettons à disposition de nos stagiaires 3 salles de formation ainsi qu’une salle de pause équipée d’un réfrigérateur et d’un micro-ondes. Il y a également à proximité un restaurant inter-entreprise à coût réduit. En plus des moyens matériels, nous avons le souci d’offrir un réseau professionnel à nos stagiaires. Tous nos formateurs sont des taxis en activité. Pour ceux qui sont en formation initiale, passerelle ou mobilité, plus qu’une formation, nous avons à cœur de leur offrir un débouché professionnel. Pour les collègues qui viennent en formation continue, nous nous attachons à leur donner les clefs pour piloter leur carrière.

Propos recueillis par HM Plus d’infos : 2pjformation. fr

Plus qu'une préparation à l'examen, c'est une formation au métier qui est proposée chez 2PJ Formation.
Pierre Julien, directeur de 2PJ Formation.

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« Assumer son rôle de syndicat de terrain »

Sergio Coutinho, président du SATE 91 interview

D ans le contexte de fortes tensions qui a mobilisé la profession en 2025, le Syndicat des artisans taxis de l’Essonne (SATE 91) s’est pleinement engagé pour défendre les intérêts des taxis. Entre actions locales, participation aux discussions nationales aux côtés de la Fédération française du taxi (FFDT), le SATE 91 revendique un rôle actif, responsable et ancré dans la réalité du terrain. À la veille de son assemblée générale le 7 février à la Faculté des Métiers d’ Évry, Sergio Coutinho, son président, revient sur l’implication du syndicat et les enjeux majeurs qui attendent les taxis essonniens dans les mois à venir. Quelle a été le rôle du SATE 91 dans la mobilisation nationale des taxis ?

Le SATE, avec la FFDT à laquelle il est affilié, a pris part aux travaux et aux échanges avec les pouvoirs publics dans le cadre des discussions autour des différents PLFSS. Dès 2024, la fédération a alerté sur plusieurs points sensibles, notamment ceux susceptibles de remettre en cause le cadre national de la tarification taxi. Dans cette logique, la FFDT a déposé plusieurs amendements afin de préserver un cadre tarifaire lisible et sécurisé visant à concilier les objectifs d’économies fixés par l’État sur le transport sanitaire avec le maintien d’un modèle taxi applicable sur l’ensemble du territoire, notamment à travers la mise en place d’une franchise professionnelle. Au niveau local, le SATE a organisé plusieurs mobilisations afin d’alerter sur les conséquences concrètes des réformes envisagées en rappelant le rôle essentiel des taxis dans le transport sanitaire et dans l’accès aux soins. Le SATE a également assuré un travail constant d’information, de dialogue et de relais auprès des acteurs locaux afin d’expliquer les enjeux des textes en discussion et de défendre les intérêts de la profession dans un cadre responsable et constructif. On observe parfois une tendance à faire porter aux fédérations ou aux syndicats départementaux la responsabilité de choix gouvernementaux alors que les déci-

sions relèvent de l’État et des pouvoirs publics. Cette confusion risque, à terme, d’entraîner l’affaiblissement des organisations syndicales, voire leur disparition, avec pour conséquence une perte de représentativité de la profession auprès des instances. Enfin, sur le dossier des VTC, notre position reste constante : la mise en place d’un délai minimum entre la commande et la prise en charge afin de garantir une véritable réservation préalable et d’apporter de la clarté dans l’organisation des courses. Quel dynamisme impulse le SATE91 dans le département ?

Le dynamisme du SATE 91 repose avant tout sur la disponibilité et l’écoute. Nous faisons en sorte de communiquer lorsque c’est nécessaire, de transmettre les bonnes informations au bon moment, et surtout d’apporter des réponses concrètes. Être actif au sein du SATE 91 implique de jongler entre notre travail quotidien et les missions du syndicat, comme assister aux réunions ou suivre les dossiers en cours. Mais c’est justement ce lien avec le terrain qui fait notre force : nous connaissons parfaitement la réalité du métier, car nous la vivons au quotidien.

Que pouvez-vous partager à la veille de l’AG du SATE 91 ?

Pas d’annonce spectaculaire, mais un travail de fond important. Le 21 janvier, nous avons tenu une réunion avec la CPAM de l’Essonne afin de faire un premier bilan de l’application de la nouvelle convention. Les comparaisons entre

Chaque année, l'assemblée générale du SATE 91 constitue un temps fort pour les taxis du département.

novembre/décembre 2024 et novembre/décembre 2025 montrent des baisses significatives qui mettent en difficulté de nombreux taxis du département. Le SATE 91 a donc formulé plusieurs demandes pour tenter d’améliorer le quotidien des taxis essonniens. Les décisions étant prises au niveau national par la Caisse nationale d’assurance maladie, avec une logique principalement budgétaire, nous faisons aujourd’hui tout notre possible pour limiter les dégâts. L’assemblée générale du 7 février permettra d’approfondir ces sujets, de présenter les actions engagées et de rappeler qu’une organisation syndicale forte, avec un maximum d’adhérents, est indispensable pour faire entendre la voix des taxis de l’Essonne. Propos recueillis par HM

Sergio Coutinho, président du SATE 91.

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