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International
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Les manifestations face l'impasse apr s de grandes violences.
Depuis le 28 d cembre 2025, la R publique islamiqueenIranestconfront e aux plus grandes manifestations de son histoire. Les dol ances conomiques en sont l' l ment d clencheur, le rial, la monnaieiranienne,ayantatteint sa plus faible valeur relative au dollar. Une vague de sentiment anti-r gime s'est empar e du pays totalitaire, o plusieurs libert s et droits fondamentaux sont continuellement bafou s. Depuisled butdes v nements, la r pression brutale des manifestations par le r gime th ocratique est condamn e par la communaut internationale. Plusieurs ONG et gouvernementsoccidentauxsituentlebilan entre 2 000 et 20 000 morts, une large fourchette qui s'explique notamment par la coupured'Internet instaur e par le r gime. titre de comparaison, les manifestations de 20212022 avaient fait une douzaine de morts. Les tats-Unis ont menac d'intervenir aux c t s desmanifestants,m mesicette optionestpourl'instantrejet e par les autres pays de la r gion.
Unr gimebouscul
Pour comprendre les dynamiquescomplexesquiencadrent ces v nements, un retour sur la r volution islamique est n cessaire. 1979 marque un tournant pourlepays:uner volutionrenverseleshah,lemonarqueperse alli de l'Occident, et la R publiqueislamiquevoitlejour.Les acteurs de la r volution varient enid ologies,dumarxismeaulib ralisme en passant par l'islamisme. Rapidement apr s son
installation, la R publique islamique r p te les maux du r gime pr c dent (manipulation lectorale, corruption) avec toutefois l'introduction d'une th ocratie et d'un socle religieux comme outil de l gitimation. Ce r gime s'introduit aussi sur la sc ne internationale par une implication plus intense au Moyen-Orient. Le financement du terrorisme au-del des fronti res iraniennes, la suppression des droits des femmes ainsi que l'incarc ration de journalistes et de dissidents politiques font partie des multiples accusations qu'on adresse la Rpublique islamique.
Les manifestations qui secouent l'Iran ces derni res semaines ne sont certainement paslespremi resdepuislar volution de 1979. Pourtant, elles semblent avoir pris des dimensions sans pr c dent. Michael Avanzato, tudiant doctoral McGill, sp cialiste du MoyenOrient et de l'Islam politique, voit pour cause une d gradation du statut du pays en tant que grande puissance dans la r gion. Il note que « les relations du pays avec ses alli s au Moyen-Orientsesonteffondr es (tdlr) ». L'a aiblissement du Hezbollah, du Hamas et des Houthis ainsi que la chute du r gime de Bachar al-Assad en Syrie ont suivi l'assassinat en 2020 de Qassem Soleimani, « le noyau de ce r seau». La combinaison de cet a aiblissement r gional et de la fatigue socitale envers une politique th ocratique rigide forment une poudri re volatile.

Il aura su d'une tincelle conomique pour que la poudri re s'en¯ammeetplongelepaysdans unmoisdetumulteetdeviolence. Lachutedurialad clench ,le28 d cembre, une manifestation dans le bazar de T h ran, cúur conomique du pays. Plusieurs vid osdeces v nementsontcircul surlesr seauxsociaux travers le pays, inspirant une vague de manifestations. La coupure d'Internetimpos eparler gime lasuitedeces v nementscompliqueladi usiond'informations traverslesfronti res.Plusieurs vid os di us es sur les r seaux sociaux, puis r cup r es par la presse, con®rment toutefois que certainesvillesetinstitutionsdu r gime sont vis es par les manifestants. Par exemple, une vid o dont l'authenticit a t con®rm eparReutersmontreunefoule qui ouvre de force le portail d'un b timent o ciel de la ville de Fasa,levisantdejetsdepierre.
La confusion caus e par le manqued'informationsaensuite laiss place une sid ration lorsque plusieurs ONG ont publi desbilans humainssurlarpression du r gime. Au moment del' crituredecetarticle,lasituation semble s' tre l g rement apais e, alors que le gouvernementaannonc lar ouvertureprogressived'Internet.Lar pression meurtri re semble donc avoir tou les contestations, tout en attisantlacol redupeupleetdela communaut internationale.
Complexit etpluralisme
Nousaurionstortdeplacerles di rents acteurs de ces v nementsdansdeuxcat goriesid ologiques invariables. Il existe certes un m pris de la part d'une grande majorit pour un r gime brutal,meurtrieretoppresseur, mais le r gime b n ®cie encore aujourd'hui d'un partisanat non-n gligeable,m mesilargement minoritaire.
Auseindesmanifestants,ilexiste en e et une pluralit des voix. Cettediversit id ologiquesere¯ te par exemple dans la r ception d'une intervention am ricaine.Dansunentretienaccord au D lit, Rula Abisaab, professeured'histoireislamique l'Universit McGill,expliquequ'«ilya encore beaucoup de critiques du r gime (les la ques et les femmes qui ne portent pas le voile, par exemple),quilesoutiennentpleinement contre les tats-Unis. Ce sontdeuxchosesbiendistinctes».

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La R publique islamique a d'ailleurs cherch justi®er sa r pression brutale et meurtri re des manifestations en accusant Washington d'agitation, pour se lib rer du fardeau des plusieurs milliers de morts qu'elle a entra n es.
De son c t , Abisaab craint que cette tension soci tale puisse mener uncon¯itplusdirect,qui ressemblerait plus une guerre civile. Elle rappelle la n cessit d'un Iran uni, « la fois pour combattre le r gime, mais aussi pour prot ger la nation d'agression trang re ».
R action l' tranger
Les tensions qui bousculent l'Iran sont aussi pr sentes dans sa vaste diaspora. L'exode qui a suivilar volutionde1979acr , aux tats-Unis et au Canada notamment,unecommunaut perse importante et impliqu e sur le plan politique. Malgr un d dain partag pour la R publique islamique, des confrontations dans des m tropoles comme Los AngelesouParisr v lentunevision divergente sur le futur du pays. D'un c t , les partisans du shah r vent d'un retour de la dynastie Pahlavi au pouvoir, tandis qu'un mouvement plus populaire exige l' tablissement d'un syst me enti rementd mocratique.
McGill,laSoci t des tudiants iraniens(MISA)apubli uncommuniqu conjointementavecses confr resdel'UdeM,dePolytechnique, d'HEC Montr al et de Concordia,condamnant«fermement toutes formes de violence et der pression» etexprimantleur « vive pr occupation face aux nombreuses violations des droits humains qui ont eu lieu lors decesmanifestations ».
Les v nementsenIranontaussi en¯amm les d bats dans la rgion,surtoutautourdelapossibilit d'une intervention am ricaine. Isra l et plusieurs pays arabesontconjointementimplor la retenue de l'administration Trump sur quelconque attaque surleterritoireiranien.Abisaaby voitunecrainted'uneescaladergionale, « qui co terait des milliards cespays,notammentpar lapotentieldedestructiond'infrastructurep troli re».
Timot e Allouch-Chantepie diteur Actualit s
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Un aper u des changements pr vus
Lundi12janvier2026,Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montr al, a d voil son budget de 7,67 milliards de dollars pour l'ann e 2026. Cela marque unehaussede390millionsparrapport 2025, qui s'explique par un bond dans le service de la dette ± auquel est allou 16,6 % du budget, soit plus de 87 millions ± et l'accl ration des r novations des habitations loyer mod r (HLM). Ce dernier changement s'inscrit dans un projet plus vaste : le combat contre l'itin rance. Dans un discourss'adressant lapopulationde Montr al,MartinezFerradaaffirme tripler le budget, de 10 30 millions, pour ®nancer directement les organisations sociales qui luttent contre le probl me des sans-abris. « Un budget, c'est une question de choix, explique-t-elle, et notre premier choix, notre plus grosse priorit , c'est de lutter contre l'itin rance (tdlr) ».
Elleajoutequelemeilleurmoyende combattre ce probl me est de commencer avant qu'il n'en devienne
CAMPUS

un,etdoncdecr erdavantagedersidences abordables pour les personnes en situation de pr carit .
En outre, les taxes r sidentielles augmenteront de 3,8 %, tandis que le secteur non r sidentiel connatra une hausse de 3,4 %. La mairesse justi®e cette augmentation par l'in¯ation, tout en soulignant les hausses similaires mises en úuvre dans les villes de Laval et de Longueuil.
Le budget suscite particuli rement descritiquesenraisondescoupeset dureportdud ploiementdeBIXI.La mairesse invoque la n cessit de rquilibrer les ®nances municipales et l'importance de ramener le ratio d'endettement z ro. L'opposition, notamment Projet Montr al et la conseill re Ericka Alneus, d plore les cons quences concr tes de ces d cisionssurlamobilit urbaine.Le budget pr voit ainsi 5,5 millions de dollars pour BIXI en 2026, contre
10,9millionsl'ann epr c dente,ce qui signi®e que plusieurs quartiers de l'est de la ville, qui attendaient l'arriv e du service, n'en b n ®cieront pas court terme. Cette d cision risque notamment d'impacter les tudiants, pour qui BIXI est un moyendetransportquotidien,souventindispensable.Surlaquestion des transports, certains s'inqui tentdunombredefondsconsacr s la Soci t de transport de Montr al (STM). Trajectoire Qu -
bec rappelle l'incident de l'automne 2024, lorsque plusieurs stations sur la ligne bleue ont d fermer d'urgence.L'organismesedemandeainsi: « quelles seront les prochaines stations de m tro qui devront tre ferm es[¼]fautede®nancement.»
edimanche,leMarocrecevaitle
S n gal en ®nale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN). Dans un stade en pleine bullition, les Lionsdel'AtlasaffrontaientlesLionsde laTeranga,sacr schampionsd'Afrique en2021.LaSoci t des tudiantsmarocains de l'Universit McGill (MSS) s© taitorganis epourdi userlematch dansunimmeubler sidentiel c t du campusdeMcGill,avecpr sde50supporters pr sents, venus en famille ou entreamispoursoutenirleur quipe.
Avantlematch,Ahmad,supportermarocain,livresonpronostic:1-0pourle Maroc.Lasalle,d'abordcalme,serveille lavingti meminutedumatch avecunepremi reactionconcr tedu Maroc.Ensuite,en®ndemi-temps,un attaquant s n galais rate son face-face contre le portier marocain, Yassine Bounou. Natif de Montr al, il a souvent sauv son quipe. En demi-®nale,ilavaitnotammentarr t deuxpenalties lors de la s ance de tirs au but contreleNigeria.
En deuxi me p riode, le Maroc se montrepluspercutantetsepositionne durablement dans la moiti de terrain s n galaise. Sarra, tudiante tunisienne McGill venue voir le match avec ses amies marocaines, dit « supporter le Maroc mais tre surtout venuepourlefun».
Latensionmontefranchementdansla salle en ®n de match. Dans un premier temps, le S n gal marque un but dans le temps additionnel, qui est ®nalementrefus ,augrandmalheurdessup-

porters s n galais. Tout le monde retient son sou e. Quelques minutes plus tard, l'arbitre d signe le point de penalty en faveur du Maroc apr s une faute plus que discutable d'un joueur s n galais sur un joueur marocain. En guise de protestation, une large partie des Lions de la Teranga rentre au vestiaire, alors qu'il reste peine une minute jouer. C'est incompr hensible, personne dans la salle ne saisit ce qu'il sepasse.Apr sunedizainedeminutes attendre dans la stupeur, les joueurs s n galais r apparaissent sur la pe-
louse, sous les applaudissements des supportersmcgillois.
Le match reprend son cours, le penalty est ®nalement accord , mais est compl tement manqu par le joueur marocain, dont la panenka est capt e sans probl me par le portier s n galais. Les supporters marocains n'en reviennent pas.
Le match ®le ensuite en prolongation, etleS n galmarquerapidement.C'est la douche froide pour les fans maro-
cains. Malgr leur d ception, ils poussent leur quipe, qui ne parvient pas concr tiser ses actions. Des cris de supporters frustr s retentissent danslapi ce,maisrien faire,leS ngalremportelaCouped'Afriqueapr s une ®n de partie absolument dantesque. Bons perdants, les supporters montr alais du Maroc applaudissent tout de m me l' quipe du S n gal qui abienma tris sonmatch.
Les fans, d pit s, ne disent mot. Ils pourront toutefois vibrer nouveau
pour le Maroc dans quelques mois lors de la Coupe du Monde, organis e au Mexique, au Canada et aux tats-Unis aux mois de juin et de juillet, o ils a ronterontnotammentleBr sil.
H lo se Durning ditrice Actualit s Aur lien Qu m ner diteur Actualit s
Envisite Beijing,MarkCarney a d clar la semaine derni re que « le syst me mondial a t chamboul . Le Canada doit tracer une nouvelle voie en naviguant dans le monde tel qu©il est, et non comme nous aimerions qu©il soit (tdlr) ». Neuf ans apr slavisitedesonpr d cesseurJustin Trudeau, le premier ministre s'est entretenu avec le pr sident chinois, Xi Jinping. Dans un contexte de tensions accrues avec les tats-Unis, il s'a aire pour d tacher le Canada de l'in¯uence tats-unienne et ainsi diversi®er les partenariats conomiquesd'Ottawa.Le rapprochement avec Beijing en est l'exempleleplusr cent.
La Chine s'est engag e diminuer les droits de douane sur les graines de canola,lecrabeetlehomard,tandisqu'Ottawa promet d'ouvrir le march canadienaux v hicules lectriqueschinois.Cesderniersseronttoutefoissoumis desdroitsdedouanede6,1 %et unquotade49000v hiculesparann e, ce qui repr sente environ 3 % du march int rieurcanadien.
Le rapprochement entre la Chine et le Canada n'a rien d'anodin : il s'op re alors que les liens commerciaux et diplomatiquesnou savecles tats-Unis depuis plusieurs d cennies sont en train de se d faire rapidement. Pour
Campus
Diya Jiang, candidate doctorale spcialis e dans le commerce tatsUnis-Canada l'Universit McGill, «onassiste unetentativededialogue r el entre le Canada et la Chine, deux pays fortement touch s par la politiquecommercialeetdiplomatiquede l'administration Trump depuis un an ». B tir une relation commerciale avec la Chine, c'est aussi s'ouvrir un march de1,4milliardsdepersonnes. Ottawa veut ainsi augmenter de 50 % ses exportations vers la Chine d'ici 2030. Pr c demment, trois-quarts desexportationscanadiennes taient destin es aux tats-Unis, et seulement 5 % taient envoy es vers la puissance asiatique.
Selon la chercheuse, ce rapprochement ne se serait pas produit si la politique am ricaine n'avait pas autant chang . Voici un an, Mark Carney d signait la Chine comme « la plus grande menace pour son pays ». Une posture partag e avec le gouvernement lib ral pr c dent : l'administration Trudeau avait alors impos des droitsdedouanesurlesv hicules lectriques chinois a®n qu'ils n'inondent paslemarch canadien.
Jiang explique en®n qu'on peut s'attendre d'autresaccordsentreOttawa etBeijingdanslesprochainsmois,avec

notammentdespolitiquesd'exemption devisas,ouencoredes changesculturelsplusmarqu sentrelesdeuxpays.
L'administration am ricaine a d j ragi la visite de Carney Beijing. Le pr sident am ricain, Donald Trump, a ditquec' taitune «bonnechose»pour le Canada de signer un accord commercialaveclaChine.Lerepr sentant Jamieson Greer, a quant lui d clar que le trait tait « probl matique pourleCanada» causedel'importation de v hicules lectriques chinois surlesmarch scanadiens.Restedonc voir quelle sera la posture am ricaine surlelongtermesicenouvel landiplomatiquesecon®rme.
Aur lien Qu m ner diteur Actualit s
Les tudiants de la Facult des sciences ont enfin obtenu leur propre bar : The Lab ouvrira ses portes le 6 f vrier, dans les locaux 1B17 et 1B18 du b timent Burnside. L'annonce, publi e sur Instagram le vendredi 16 janvier, marque l'aboutissement de plusieurs ann es de travail. Hadrien Padilla, vice-pr sident aux affaires externes de la Soci t des tudiants en science (SUS), souligne que « a fait quatre ans que la SUS essaie d'ouvrir son propre bar (tdlr) ». Le probl me avait toujours t le manque d'espace. Or, l'ann e derni re, « il y a eu une r affectation des salles Burnside et on nous a attribu de nouvelles salles, dans lesquelles j'ai pens qu'on pourrait ouvrir le bar », explique le vice-pr sident. La SUS devait ensuite obtenir une licence pour vendre de l'alcool et attendre l'approbation de l'administration. « On a travaill en coulisses pendant les six derniers mois et on vient d'obtenir l'autorisation la semaine derni re », confie Padilla.
Sur les r seaux sociaux tout comme sur le campus, les tudiants de la Facult des sciences se r jouissent de la nouvelle. Pour la soir e d'ouverture, Padilla promet « des DJs, de la nourriture et des boissons ; ce sera un espace o les gens pourront se retrouver, comme les autres bars tudiants McGill». Et l'entr e n'est pas limit e aux tudiants de la Facult des sciences. Le vice-pr sident assure : « On veut accueillir tout le monde! On n'a pas du tout l'intention d'emp cher l'acc s aux tudiants des autres facult s, de quelque mani re que ce soit. Le bar est destin tous les tudiants. »


l'aube de sa grande r novation, la biblioth que McLennan conna t un nouvel obstacle ; le sixi me tage n'est d sormais plus accessible pour des raisons de sant publique. Une affiche appos e dans les ascenseurs avertit que l' tage est « ferm en raison de dommages caus s par l'eau des mat riaux contenant de l'amiante ». L'Universit n'a pas encore communiqu de date de r ouverture pour l' tage.
Sur son site Internet, McGill confirme que plusieurs b timents de son campus contiennent de l'amiante, un canc rig ne reconnu, pouvant provoquer des maladies mortelles lorsqu'il est inhal , dont le m soth liome. Le mat riau a t largement utilis partout au Canada entre les ann es 1930 et 1990, notamment comme isolant, en raison de ses propri t s r sistantes la chaleur.
McGill n'en est d'ailleurs pas sa premi re controverse en la mati re. L'Universit avait d j t vivement critiqu e pour sa gestion de l'amiante en 2023, quand elle a t contrainte de fermer trois b timents en raison de la pr sence du canc rig ne.
: Stu Dor | Le D lit
opinion
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La reproduction d'in galit s sociales et raciales travers l'alimentation.
Tasty Crousty : c'est l'enseigne de restauration rapide qui a conquis Internet. Les courtes vid os qui lui sont consacr esvantentlesm ritesd'un platgourmand,etsurtout,pascher. Sa composition est simple:base de riz, sauce dite secr te et poulet frit.
Massivement relay sur les rseaux, Tasty Crousty s'est tabli dans plusieurs m tropoles franaises. Ses di rents restaurants, Paris, Marseille ou encore Lyon, ont t prisd'assautparune®leinterminabledeclients,attir sparlebouche-oreille et l'e et de nouveaut . Montr aln'apas chapp cetengouement : deux restaurants s'y sont d j implant s, l'un pr s de la station Snowdon,l'autresurleplateauMontRoyal. Si le nom a quelque peu chang ± Mr. Crousty ± le concept reste quant luiidentique.
Ceph nom neculinairerappellecelui d'El Mordjene, p te tartiner venue tout droit d'Alg rie dont les stockssesontrapidement coul s l' t 2024. Elle a aussi trouv ses d tracteurs, notamment aupr s de grands journaux fran ais, qui se sont empar s de ce produit pour s'improviser di t ticiens le temps d'une chronique.
travers la raillerie du produit, ce sontsesconsommateursquisontincidemment moqu s. On moque la foule stupide, pr te faire la queue pour de la malbou e. On raille les pauvresquisenourrissentmal.
« Le go t, c'est le d go t du go t des autres »
Danssonouvrageintitul La Distinction (1979), le sociologue Pierre Bourdieu montre combien le d go t est outil de distinction sociale. Les pr f rences alimentaires en constituentunvecteur,carfa onn esparle capitalcultureletl'habitus±syst me dedispositionsacquisparl'apprentissage ± et la socialisation. Ainsi, les plats industriels, ultratransform s, ®nalement la malnutrition, sont l'apanagedesclassespopulaires.Les plats sains, ra n s, « europ ens », sontceuxdelaclassedominante.Derri relamoqueried'unealimentation malsainesecacheunm prisdeclasse.

puy eparlesint r tsdel'industrie de la restauration rapide, peut nourrir la cr ation et le maintien des in galit s sociales et raciales.
Malnutrition:reproducteurd'ingalit s sociales et raciales
l' tendue des disparit s sanitaires. Les produits sains restent encore trop chers, peu ou pas couverts par les subventions, tandis que l'acc s
le bien- tre individuel. Les producteurs n'h sitent pas incorporer des substances toxiques dans des produits pour-
« travers la raillerie du produit, ce sont ses consommateurs qui sont incidemment moqu s »
Andrea Freeman, dans Fast Food : Oppression through Poor Nutrition (2007), observe ce ph nom ne structurel aux tatsUnis, qu'elle qualifie de « food oppression », ou oppression par la malnutrition. Structurel, car il ne trouve pas racine dans des actes discriminatoires isol s, mais dans des pratiques institutionnalis es, qui perp tuent et accentuent une crisesanitaire,fond esurl'origine ethnique et la classe sociale.
On entend ici malnutrition au sens desurnutrition,caract ris eparun exc s calorique et une consommation excessive de produits gras et sucr s. Au-del d'un simple re¯et destatutsocial,lamalnutrition,ap-
Les restaurants de fast-food pullulent dans les quartiers urbains faible revenu, o vivent souvent des communaut s afro-am ricaines et latinos. Ces derni res sont davantage risque de d velopper des maladies chroniques li es la malnutrition. Et les rponses gouvernementales sont largement insuffisantes face
Jos phine Miton
nouscondamne uneinsatisfaction permanente. Cette tyrannie du choix nous ali ne, et profite au rgime, car ses sujets «sont port s
« Face toutes ces possibilit s qui s'o rent nous, l'id e que chaque choix est r versible devient obs dante et nous condamne une insatisfaction permanente»
aux soins de sant est particuli rement restreint. L'industrie d ploie des efforts importants en mati re de marketing, laquelle cible particuli rementlesAfro-Am ricainset Latinos. M me processus l'úuvre chezTastyCrousty:lesrestaurants, implant sdansdesquartierspopulaires,s'adressentdansleursvid os publicitaires une population jeune, racis e et faible revenu.
Ces mauvaises conditions di ttiques s'inscrivent dans une dialectique plus large de pauvret :il est vident que la classe ouvri reprivil gieraunealimentation qui combine accessibilit ®nanci re et gain de temps, avec une approche curative plut t que pr ventive. Et lorsque l'on d triorelaqualit etl'esp rancedevie d'un groupe d'individus, on cr e une sous-classe progressivement marginalis e et d'autant plus vuln rable. Cette logique capitaliste, dans laquelle la recherche de pro®t est privil gi e, pi tine fatalement
tant destin s la consommation. Et puis, tant pis si nos clients sont atteints d'un cancer.
Tyrannie du choix
L'autreint r tdeTastyCrousty, c'est sa ¯exibilit . Le consommateur peut personnaliser son plat et ainsi l'ajuster selon ses go ts. D'ailleurs, des variantes sucr es ontrapidementembo t lepas,offrant au client la possibilit de combiner riz au lait et chocolat pistache, ou encore tiramisu et KinderBueno.Bref,unplatcertainement adaptable et pour le moinsg n reuxensucreetenmati re grasse. Cette libert qui est accord e au consommateur n'est pas offerte par pure bont de cúur. Il s'agit, selon la philosophe Renata Salecl, d'une strat gie labor e par le capitalisme tardif : la tyrannie du choix. Face toutes ces possibilit s qui s'offrent nous, l'id e que chaque choix est r versible devient obs dante et
l'autocritique plut t qu' la critique du syst me ».
Il serait donc temps de cesser l'infantilisation des classes ouvri res, coup d'injonctions manger plus sainement, et de se pencher sur les l ments syst miques qui contribuent un cycle de pauvret et de crise sanitaire. La mauvaise alimentation n'est pas le fait d'une irresponsabilit individuelle : les politiques publiques doivent tre orient es vers la sensibilisation et l' ducation une nourriture plus saine, et surtout, elles doivent en garantir son accessibilit .
Dalia Djazouli Contributrice
tre libre, a ne signi®e pas seulement avoir le droit de choisir, c'est aussi pouvoir in¯uencer les choix qui s'o rent nous. En soci t , ce n'est malheureusement pas toujours possible:quandontraverselaroute pied, on doit emprunter les passages clout s. C'est parfois frustrant. On regarde droite,onregarde gauche; pas de voiture, mais pas de passage clout nonplus.Face cesconditions, certains poursuivent leur chemin en attendant patiemment de trouver les
individuelle comme sociale, cette tensionpermanenteentrepouvoiret devoir dans l'usage des lieux publics se r sume, en bref, un dilemme du droitd'acc s.
Lescontraintesd'acc s lanature s'appliquent-t-elles vraiment tous defa on gale?Leprincipedeparit est-ilvraimentrespect ,ousert-ilen r alit d'outil de soumission? Historiquement, l'hypoth se d'une instrumentalisationdudroitd'acc s des®nsd'asservissementestplut t soutenable.Cequidi rencieunserf (esclave attach l galement un terrain agricole) d'un seigneur, dans une soci t f odale , c'est le droit
« Cette tension permanente entre pouvoir et devoir dans l'usage des lieux publics se r sume, en bref, un dilemme du droit d'acc s »
fameuses bandes blanches avant de traverser, par respect pour les chau eurs. l'inverse, d'autres traversent imm diatement, balayant l'imp ratif d'attendreoudeperdreson temps ± une ¯agrante injustice, tant donn lestemp raturesglaciales.
Peu importe leur choix, on peut facilement comprendre les raisonnementsquilestraversent;ces deuxapprochessontcontradictoires, mais n anmoins fonctionnellement compatibles. Au sein de l'espace public,ilestn cessairedeprendreen comptelesmotivationsquinoussont propres,maisaussiderestersensible aux droits des autres. Cet quilibre n'estpasfacile maintenir,etencore moins l gif rer. l' chelle
Prenons maintenant un deuxi me exemple plus pertinent pour cette sous-section : les parcs nationaux et les r serves naturelles. Espaces publics en apparence, ils sont pourtant±pourlaplupart±hautement r gul s. Au sein de ces cadres particuliers, la protection des esp ces s©obtient au prix de l'exclusion partielle de l'homme. Pourtantpr sent scommeespaces «sauvages»,leuracc sestlimit et leurs r gles sont contraignantes. Par respect pour le vivant qui nous entoure, mais aussi en raison du danger pr sent par ce feuillage sombre et mena ant, on se sent tenu de se conformer aux r gles d'acc s et aux normes d'usage. Souvent pr sent s comme un succ s cologiqueetunexemplede justice sociale, ces espaces publics reposent sur un principe implicite : l'acc s l'espace naturel n'est pas un droit, mais un privil ge accord sousconditions,th oriquementles m mes pour tous, mais concr tement diff rentes.

di renci d'acc s l'espace.L o le noble chasse, circule et exploite la terre, le serf la travaille, la cultive, mais n'a pas le droit de revendiquer pleinement les fruits de son e ort. Alors que le seigneur b n ®cie du droit l'acc s et du droitde pro®ter desaplus-value,leserf,lui,n'aquele privil ge d'yvivreetd'ytravailler.
L'acc s l'espace n'est donc pas neutre,maisaucontrairehi rarchis etallou defa on rendretangiblele statuquo.Ensoci t lib rale±c'est-dired mocratiqueetcapitaliste±cette logique se poursuit sous une forme mut e, di rente sur la forme, mais similaire sur le fond. Au lieu d' tre distribu sur la base de capacit coercitif ou de droit divin comme l' poquedesroisetdesreines,l'acc s l'espace public et la nature est maintenantadministr enfonctiondu

nousaccordentlesespacesverts,les montagnes enneig es et les oc ans azur saunr ele etsurnotrequalit de vie. La science elle-m me nous explique cette intuition qu'on a toujours eu : la nature nous rend heureux.Pourtant,lesclassessociales
Assez avec ce cynisme contre productif! Le progr s ne peut s'envisagerqueparle droit,etnonpar le privil ge. Ce qui a marqu la transition entre le f odalisme et le lib ralisme,c'estledroit lapropri t priv e. Cette bascule paradigmatique
« Au lieu d' tre distribu sur la base de capacit coercitif ou de droit divin comme l' poque des rois et des reines, l'acc s l'espace public et la nature est maintenant administr en fonction de capital »
capital.C'estainsiqueKatyPerrypeut se catapulter dans l'espace tandis qu'onrestes questr s l'int rieurde nos appartements, o le prix d'une fen tre ouverte la lumi re des toiles se compte en centaines de dollars par m tre carr . En ce qui concerne l'acc s au monde naturel, c'estparcem mem canismequeles touristesdesparcsnaturelsduKenya peuvent pro®ter du patrimoine national, au prix d'un acc s r duit
lesplusais essontprivil gi esdans leur acc s ce monde dit naturel, tandis que les populations plus pr caires en sont ali n es, faute de capital conomique,detempslibreou demobilit .
Destin ou r alit contingente ?
Entre le Moyen- ge et la soci t moderne, le facteur qui r gule l'acc s l'espace n'a pas
« Le progr s ne peut s'envisager que par le droit, et non par le privil ge »
pour les communaut s locales de pastoralistesnomades.
Commeled montrentcesexemples, lescons quencesdecettepolitiquede di renciationsontr elles.Pasbesoin d' treclaustrophobepourcomprendre l'impactn gatifdumanqued©acc s la nature.Lalibert demouvementque
chang : le statut social poursuit son r gne supr me. Mais alors, quefaire?Est-cequecerapportde diff renciation d'acc s l'espace publique est in vitable? Faut-il baisser les bras et accepter qu'on nepeutpastousvoirlesglorieuses plaines d'Alberta ou les sommets mystiques des Rocheuses?
s'estinscritedanslasoci t traversles institutions politiques et juridiques, c'est- -direledroit.Dem me,pourfaire progresser la soci t moderne, il faut harmonisersonrapportaveclemonde vivant, un changement drastique seulement atteignable par le droit inali nable l'acc s son environnement. Qu'il soit humain ou animal,vivantenvilleouencampagne, chaque trevivantdoitavoirlacapacit et la possibilit de pro®ter de son environnement : les pics verts ont besoin des arbres pour vivre et les hommes ont besoin de leur environnementpourprosp rer.
Marius Grieb diteur Enqu te
Si, en page 2 de cette dition, vous avez lu une explication des manifestations en cours en Iran depuis d cembre dernier, vous en aviez s rement entendu parler avant dans la presse, ou sur les r seaux sociaux. Pourtant, depuis le 8 janvier, la R publique islamique d'Iran coupe tout acc s Internet sa population.
Ce m canisme constitue l'un des nombreuxrouagesdelaviolenceque legouvernementexerce l'encontre desIraniennesetdesIraniens,aussi di cile soit-elle valuer pr cis ment. Pour rappel, l'Iran ®gure au deuxi me rang mondial en ce qui concernelenombred'ex cutionsde sa population. On estime que la policedesmúursestresponsablede quelque 20000 arrestations et de
litiques l'Universit de Waterloo, nourrit notre r ¯exion ce sujet. Bienqu'ellesoulignelacontribution desr seauxsociauxaucaract redmocratique d'un r gime, elle alerte surleursm faits:lad sinformation de masse et la polarisation des opinions. ceci, j'ajoute l'instrumentalisation des luttes par des lites politiques.
Instrumentalisationdelar volte
Le politologue am ricano-allemand Yascha Mounk observe une retenue au sein d'une partie de la gauche occidentale exprimer son soutien aux manifestations iraniennesdanslasph republique.Pas par manque de consid ration pour les revendications des manifestantesetmanifestants,maisparpeur
intervention am ricaine en Iran et nourrit une association inconsciente de l'Islam la violence. Il en va de m me quand le pr sident du Rassemblement national, Jordan Bardella,instrumentaliselaluttefministe en s'opposant la dictature « pour les femmes en particulier ». Bienentendu,lesmollahsinstrumentalisentl'Islam des®nsr pressives, et la violence intrins que leur r gime doit tre inconditionnellement condamn e. Mais cette dnonciationnesauraitsefaireauprix de biais x nophobes:continuons critiquer le gouvernement iranien sanslaisserprosp rerlesagendasractionnaires qui r cup rent cette luttepopulaire.
Similairement, la condamnation de la gouvernance de l'ayatollah Ali
« Investissons l'espace m diatique pour faire valoir les revendications du peuple iranien »
2000 20000mortsdepuisled but des r centes manifestations.
Mais alors, que faut-il comprendre de l'abondance de publications sur les r seaux sociaux autour de cette mobilisation du peuple, alors que lui-m me n'y a pas acc s? Bessma Momani,professeuredesciencespo-
OPINION
queleurprisedepositionsoitinstrumentalis epardesgroupesd'extr me droite des®nsislamophobes.
Ne nous laissons pas avoir! Quand le s nateur r publicain am ricain Lindsey Graham soutient publiquement la parole du peuple iranien, il l gitime une ventuelle
Khameneidoitpouvoirexistersans pourautantl gitimerlestendances imp rialistes des pays occidentaux. On peut se r jouir de la chute de la dictature de Nicol s Maduro au Venezuela tout en dnon ant son instrumentalisation par Donald Trump a®n de garantir l'acc s am ricain aux r serves de

p trole. Ni dictature ni syndrome du sauveur blanc!
Faire r sonner les revendications du peuple
Ne laissons pas la peur nous gagner.Notreretenuelaisseplace ces instrumentalisations. Investissons l'espace m diatique pour faire valoir les revendications du peupleiranien.
Frantz Fanon nous l' crit : la rsistance est un processus de subjectivation. vitons tout prix de ®ger lesr lesdebourreauxetdevictimes,
Blogue : « Site Web ou section de site Web g n ralement tenus par une seule personne, consacr s une chronique personnelle ou une th matique particuli re pr sent es sous forme de billetsoud©articles.»
Vlogue : « Blogue dont le contenu est compos essentiellement d©enregistrements vid o, accompagn s ou non d©une courte description et pouvant tre comment s. [...] Le termevlogueestunmot-valisecompos des termes vid o et blogue.»
Lesd ®nitionsdel'O cequ b cois de la langue fran aise ne me satisfont pas. Elles ne font aucune mention du dilemme existentiel que de telles activit s peuvent engendrer. Chez moi, en tout cas.
Nevousm prenez pas ; je suis une avide consommatrice de vlogues sur YouTube. Surtout lorsque je suis enrhum e, en hiver, Montr al. J'aime m' vader et me mettre dans la peau de gens qui vivent une vie diff rente de la mienne, que ce soit parce qu'ils vivent dans un autre pays, parce qu'ils font des activit s que je n'ai pas l'habitude de faire ou parce qu'ils font part de leurs r -

dans leur cr ation.
La semaine derni re, j'ai tent mon premier vlogue, partir de vid os priseslorsd'unvoyage NewYorken mai dernier avec des amis, sur «Balade Toronto » de Jean Leloup. Il s'agitd'und tail,maisc'estpourvous illustrer ce que cet exercice a eu comme e et sur moi : me replonger dansdessouvenirspr cieux.C'estle but ultime des vlogues, je pense, de ®ger dans le temps des images, des sons,unsentimentpr cis,pourlesrevivreets'ensouvenirlongtemps.
C'estquoileprobl me,alors?Leprobl me,c'estquejemesouviensaussi dusentiment trangedevivrelemoment travers ma cam ra. Et du r -
« Le probl me, c'est que je me souviens aussi du sentiment trange de vivre le moment travers ma cam ra »
flexions, qui alimentent souvent les miennes.
Mais c'est facile de s'habituer regarder les autres vivre leur vie±tr s souvent montr e sous son plus beau jour ± et de se contenter de la sienne sans chercher la vivre fond aussi. Je ne vous l'apprends pas, ce qui se
trouve sur les r seaux est immanquablement retouch , mis en sc ne, pens pour cr er un effet pr cis. Oui, oui, m me les dumps soigneusement d sordonn s sur Instagram.
Pourtant, mon dilemme existentiel ne trouve pas son origine dans le visionnement de vlogues, mais
¯exe insidieux de penser au r sultat et cequelesautresvontenpenser.
En2023,j'aieulachanceder aliserce qui devait tre mon plus grand r ve d'enfance:participer uneexp dition de35joursdecanot-campingsurdes rivi resduQu bec.L'occasiondedcrochertotalement,derevenir cequi comptevraiment(lesamis,lanature,
refusons une lecture d'une ali nation totale et irr versible, et laissons de l'espace l'agentivit du peuple ; c'est ce que Fanon appelle « praxis ». C'est par l'action r volutionnaire que l'oppress cesse d' tre d ®ni par le regard del'oppresseur.
Continuons nous informer a®n de saisir chaque nuance et pr ciser nos propos.Avanttout,faisonsr sonnerles voixdecellesetceuxquir sistent.Nos r seauxsociauxdoiventservirdecanal leursrevendications.
Toscane Ralaimongo
Contributrice
tout le tralala). Le premier jour, alors quejeprenaisunevid odemesamis,j'ai eu une pens e qui me d range encore aujourd'hui:« ava trebeaudansmon post la®n.»
C'estl quej'aiprisconsciencedel'emprise que les r seaux sociaux avaient sur moi, et du lien troit entre documentersavieetlamettreensc nepour le regard des autres ; et ce, m me si le r sultatn'estpaspubli .
Il y a tellement de moments que je suis heureuse de pouvoir revivre gr ce maphototh queet,jel'avoue, en regardant mes propres stories la une sur Instagram. L'id al, qui reste unid al,seraitdevloguerdemani re r ellement spontan e et « candide », comme on aime si bien le dire, sans se soucier du regard des autres. On pourraitavoirunlongd batphilosophique sur ce qu'est l'authenticit et si a existe vraiment, mais ce sera pour une autre fois.
Monverdict:entrevouloirtoutdocumenter et ne rien documenter du tout, mieux vaut vivre le moment pr sent, quitte l'oublier un jour.
Juliette Elie ditrice Opinion
La supr matie des accents.
Toutlemondeaunaccent.La mani re dont nous prononons les mots, les expressions que nous employons, sont des h ritages de notre milieu. Notre fa on de parler est une marquedenotreappartenance un groupe, un signe de notre identit . L'humain est un tre social qui adore se retrouver parmi ses pairs. Pensez-y : quel Qu b cois ne sourirait pas en entendant un « enweille » en vacances en Floride? C'est comme se retrouver chez soi. Un choix subconscient
Catherine Leclerc, sociolinguiste et professeure agr g e au D partement de langue et litt rature fran aises McGill, explique que l'on ne d cide pas de notre accent, mais qu'il s'agit plut t du rsultat du milieu dans lequel nous voluons. « Le pouvoir de d cision n'estpassigrand.Lesgenspeuvent essayer ªd'attraperº un accent, pour avoir acc s des ressources sociales, par exemple, mais globalement, l'accent se trouve en-de du processus d cisionnel », prcise-t-elle. La fa on dont nous parlons est donc un reflet direct du milieu dans lequel nous avons appris la langue.
Nettoyer son accent
Qui dit accent, dit aussi jugementesth tique:certainespronon-
beaucoup plus pr s de la France. Il envadem mepourtoutlecontenu international pr sent en franais: on n'entendra pratiquement jamais un accent franco-ontarien pour ces diffusions.
M me au sein de notre belle province, les accents se classent selon une chelle d' l gance : les nouvelles sont lues dans un registre de langue plus lev o les accents typiquement qu b cois sont m ticuleusement nettoy s, car qui prendrait au s rieux la journaliste qui prononce ses «a» presque comme des « o »? Selon la professeure Leclerc, l'accent est porteur d'un « fardeau social. Il y a des traitsdistinctifsdel'accentqu bcois qui sont vidents et que nous pouvons att nuer, effacer, lorsque nous parlons avec des personnes europ ennes, par exemple».
L'accent parfait

nancecodique.Ils'agitd'unprocessus o nousadaptonsnotrelangueaumilieu o nous sommes. Personne ne parle ses parents de la m me fa on qu'ilparle sesamisoudanslecadre dumilieuprofessionnel.Lasociolinguiste explique que l'alternance codique est parfois per ue « comme un cartparrapport desnormes,mais, env rit ,ilyaautantdelanguesquede groupesd'amis.Dans chaque situa-
« Ce que l'accent nous apprend, c'est le fonctionnement des langues par-del la standardisation »
CatherineLeclerc,sociolinguisteetprofesseureagr g e McGill
ciations peuvent sembler tranges aux oreilles d'une personne qui n'y est pas habitu e. En fran ais, cette perception se traduit souvent par une hi rarchisation des accents. Un parler qu b cois traditionnel ou encore acadien est souvent jug moinsdistingu qu'unaccentfranais. « On a tendance en fran ais, parce qu'on est issus d'une langue crite, noter les carts la norme dans un accent. Mais en v rit , les langues ne sont pas prononc es comme elles sont crites. On parle la langue qu'on entend, » ajoute la professeure Leclerc.
En g n ral, la francophonie s'entend pour dire que les Fran ais ont la « meilleure » fa on de parler et les instances m diatiques ne le nient pas : rares sont les doublages en qu b cois! Ces derniers sont faits en fran ais dit « international», donc, ni avec un accent qub cois, ni avec un accent parisien, mais force est d'admettre que cet accent consid r « neutre » est
Et si l'on parlait exactement comme on crit? Si chaque lettre, chaqueson, taitprononc conformment l'orthographe,sanssyncopede lap nulti meatone,sansdiphtongues jug es fautives a®n d'atteindre un fran aissanserreurs,sansaccent,un fran ais parfait? « On peut avoir des pr f rences esth tiques, mais a n'a rien voiraveccequiestjusteoupas, clari®elaprofesseureLeclerc.Ceque l'accent nous apprend, c'est le fonctionnement des langues par-del la standardisation.»Iln'yadoncpasde« meilleures»fa onsdeparlernid'accentplus«correct»qu'unautre.
«Parcontre,lesdiff rencesdanslesfaonsdeparlersontconnot essocialement, ajoute la sociolinguiste. Le processus d'instruction fait aussi qu'on voluedansnotrefa ondeparler quand on gagne en ducation. En g n ral,plusonestinstruits,plusona acc s des positions lev es dans l' chelle sociale, mais on parle diremment, alors l'instruction ªs'entendº. » Mme Leclerc reconna t que desfa onsdeparlerplusnormatives sontg n ralementassoci es plusde comp tences, voire plus d'intelligence.«Cen'estpasvraidansl'absolu, maisvraienpratique,danslamesure o ,lorsqu'onma triselecode,onaacc s diff rentesressourcesquel'onn'a pasennema trisantpaslecode.Ilfaut donc,enquelquesorte,parlerleªbonº accentpouracc der certainslieux.»
Auxaccentss'ajouteunautreph nom ne : le code switching, ou l'alter-
tion sociale, nous allons puiser dans les ressources que nous ju-
tude.Jesaisquebeaucoupd'entre vous consid rez pas [sic] mon accent comme un accent qu b cois, mais mon accent existe seulement au Qu bec. »
Ses propos frappent dans le mille. En effet, les accents montr alais obtiennent tr s peu de repr sentation dans les s ries t l vis es ou les films qu b cois. En entrevue, il me confie que le probl me n'est pas dans la mise en sc ne de personnages issus de la diversit culturelle:ilestdanslafa ondont ils parlent. « L'accent devrait avoir du sens. Si un personnage noir qui vient de Montr al-Nord parle en joual, a ne fonctionne pas : il y a pratiquement personne
pourrait y avoir un effort de la part des acteurs, mais aussi de l' quipe de casting, parce que si tu as un accent qui sort du lot, je comprends pourquoi tu voudrais forcer un certain accent. »
Maissionincorporedesaccentsdiff rents, le contenu sera-t-il plus difficile comprendre? Certains le pr tendent. Pourtant, ce n'est pas plus d rangeant que les acteurs britanniques qui conservent leur accent dans les productions am ricaines : si les diff rences de prononciation d coiffent d'abord, nous finissions par nous y habituer. «Onrevient cettequestion:qu'estce qu'on veut faire avec la t l qub coise? » demande Scot. La ques-
« La fa on dont nous parlons est donc un reflet direct du milieu dans lequel nous avons appris la langue »
geons tre les plus appropri es. » Lorsque nous ne sentons pas que nous avons un langage appropri pour une situation, nous vivons ce que les linguistes appellent de «l'ins curit linguistique ».
Montr al, les m dias et le multiculturalisme
Un matin, je suis tomb e sur une vid o Instagram de Scot with one T (@scot.with.one.t), un cr ateur de contenu montr alais. «Un de mes plus gros probl mes avec la t l vision qu b coise, c©est le manque de repr sentation des accents montr alais, dit Scot pour amorcer sa vid o. Je veux voir des Italiens, des Grecs, des Alg riens parler comme ils parlent d'habi-
qui parle comme a dans ce coinl de la ville. »
Cet enjeu passe autant par la production des m dias que par la faon dont on envisage les accents auseindelasoci t qu b coise.Il n'est pas toujours n cessaire qu'un personnage parle avec un accent qu b cois « de souche »: les acteurs pourraient simplement parler avec leur accent de tous les jours pour am liorer la repr sentation. « Je suppose que beaucoup d'acteurs sentent le besoin de changer leur accent pour passer la t l vision qu b coise etjecroisquec'estleprobl me:je ne pense pas que dans tous les cas tu devrais forcer un accent qui n'est pas le tien. Je pense qu'il
tion se pose. Est-il plus important que notre divertissement et, plus largement, nos m dias, en g n ral, soient faciles comprendre? Ou souhaitons-nous les rendre reprsentatifs de la soci t dans laquelle nous vivons?
Rose Langlois ditrice Culture
S'agit-il des jeunes qui ne s'intressent plus la culture qu bcoise, ou de la culture qu bcoise qui ne s'int resse pas aux jeunes? Il n'est pas inhabituel de lire danslesjournauxquelesmoinsde30 ansn'ontpasd'int r tpourl'industrie culturelle du Qu bec : ils n' coutent paslaradioqu b coise,regardentde moins en moins la t l vision d'ici et surtout, ne ch rissent plus la langue fran aise comme on le faisait avant. Pourtant, ces jeunes sont aussi ceux chez qui le mouvement souverainisteprendaujourd'huileplusd'ampleur.56%desQu b coisentre18et 34 ans se disent en faveur de l'indpendance du Qu bec. Or, il n'est pas surprenant que ce r sultat fasse sourciller certains, compte tenu des reproches formul s l' gard des jeunes quant leur rapport la culture qu b coise.
Comme l'a demand Guy A. Lepage lors du passage Tout le monde en parle de Lou-Adriane Cassidy, Kinji00 et Maire de Laval : « Comment onpeut tresouverainisteet[ne]pas s'int resser sa propre culture? »
Il devient alors essentiel de d cortiquercetteinterrogation.Enprenant du recul, on r alise que le ph nom nen'ariender cent.Partoutdans le monde et travers les poques,
cin ma
L' tranger : Ozon rel ve le pari de l'inadaptable L' volution des modes de consommation de la culture qu b coise.

«l' tre humain prouve un certain malaise l'id e de se d partir de la tradition. Je suivais, l©automne dernier,uncoursportantsurlalittrature fran aise d'avant 1800. Figurez-vous que nous assistons pr sen-
tement des dilemmes similaires ceux de la Renaissance.
Cette p riode, marqu e par une dispute portant le nom vocateur de la « querelle des Anciens et des Mo-
dernes », a divis l'univers culturel en deux camps. D'un c t se positionnaient les « Anciens » qui prsentaient l'Antiquit comme le summumdelaculture;del'autrese trouvaientles«Modernes»,quiacclamaient les r ussites antiques, certes,maisaccordaient galement une grande importance aux succ s de leur poque.
mon sens, nous sommes aujourd'hui confront s au m me enjeu. Lorsque Lepage s'inqui te de voir la jeunesse « d laisser » la culture qu b coise, c'est peut- tre car sa d ®nition de cette derni re n'est pas la bonne. Et s'il tait temps de
on ne parle que d'un simple « ®t check » l'embl me de la fleur de lys ou d'un m me souverainiste?
Les jeunes accordent certes moins d'attention que les g n rations antrieures ce que leur proposent la radio ou la t l vision. Toutefois, ces donn es sont-elles r ellement r vlatrices de la consommation culturelle des jeunes, ou t moignent-elles simplement de l' volution des modes de consommation de la culture?
« 56 % des Qu b cois entre 18 et 34 ans se disent en faveur de l'ind pendance du Qu bec »
reconna tre que le franglais fait bel et bien partie des pluralit s du langage qu b cois qui volue, au m me titre que les mots cr oles ou arabes? Que la place accord e aux chanteurs mergents, aussi avantgardistessoient-ils,n'estpasn cessairement futile et anodine? Que les canaux de di usion, tels qu'Instagram et TikTok, enregistrent bel et bien une mont e des publications souverainistes et ce, m me si
Bien qu'ils n'en n'aient pas encore analys l'ascension exacte, plusieurs membresduOUIQu becdisentavoir remarqu une forte augmentation du nombre de personnes pr sentes leurs v nements.Autrementdit,loin de se d sint resser du Qu bec, les jeunes semblent plut t red ®nir les formes par lesquelles ils s'engagent culturellement et politiquement.
Gabrielle
Joli-Cœur Contributrice
Ozon promet de corriger Visconti : pari tenu ou ®lm trop poli pour tre vivant?
C'est un livre philosophique qui interroge, qui est assez transgressif. Puis j'ai vu le ®lm de Visconti et je me suis rendu compte que Visconti, que j'adore, s' tait plant , donc a mettait la barre encore plus haut! » con®e Fran ois Ozon La Presse, au sujet de son nouveau ®lm tout juste paru en salle, L' tranger Un ®lm qui interroge en e et, mais qui tente avant tout de prouver qu'aucun texte n'est « inadaptable », comme l'a t tant de fois quali® e l©úuvre d'Albert Camus apr s la version de Visconti. Voil l'enjeu : identi®er les paris r ussis par Ozon, ainsi que ceux ayant nui ce ®lm la promo grandiloquente.
Le roman L' tranger, crit en priode de colonisation fran aise en Alg rie, oscille entre l'essai politique et philosophique. Politique d'abord, car il met en lumi re une cohabitation virulente entre Franais et natifs Alger, transgressant des r cits id alis s d'une Alg rie o colons et colonis s s©entendent sous le m me soleil. Philosophique galement, car il met en sc ne un jeune homme fran ais, Meursault, confront la r alisation d'une soci t absurde. Il est alors tranger Alger, tranger lui-m me et tranger ce que la justice lui re-

proche : ne pas avoir pleur l'enterrement de sa m re, plut t que d'avoir tu un Arabe.
Ozon admet ne pas avoir r ellement «choisi » Benjamin Voisin pour le r le. Ils travaillaient d j ensemble sur un projet dans lequel l'acteur joue un jeune homme parisien confront l'absurdit de son monde. Une proposition qui n'a pas
convaincu et qui, faute de financement, n'a jamais vu le jour. C'est en se replongeant dans L' tranger que le r alisateur trouve une nouvelle voie, signant ainsi une seconde adaptation du roman de Camus pour le grand cran. L'acteur et le th me de l'absurde pr c dent donc le sc nario, et ce choix presque «par d pit » d'une telle adaptation se ressent par un film tr s (voire
trop) esth tique, ainsi qu'une fid lit partielle au texte de Camus.
Lesplans«tableaux»typiquesducin mad'Ozon,l'imagesoigneusement «polie» et«sexsymbol»deBenjamin Voisin, tout comme le choix de tourner les images en noir et blanc¼ ; force d'en polir chaque ingr dient, le ®lm ®nit par para tre aussi l ch qu'une publicit de luxe, pr te tre estampill Chanel.Jenepeuxjustifier cette maladresse que par une tentative de traduire l'absurdit du protagoniste, incapable de renoncer au charme et la beaut ± puisque « cet homme va au cin ma et d bute une liaison irr guli re au lendemain du d c sdesam re»!Uned fensedela transgression,del'artetduplaisir laquellel'adaptation®lm earenduservicemalgr tout.
« Le ®lm ®nit par para tre aussi l ch qu'une publicit de luxe, pr te tre estampill Chanel »
indices clairs : on r actualise Camus, maispasdanstoussesaspects!Levisage donn Marie permet de mieux saisir son v cu que dans le roman, d veloppantalorssonpersonnagequicontraste nettement avec la froideur cynique de Meursault. La structure est galement revisit e et le texte original n'appara t quetr speu:j©attendaislefameuxincipit du livre, mais il n'est jamais arriv ! Tout est mis en úuvre pour que notre attentionnesetournequeversles motions de Meursault, supposer qu'il en ait.Ozonnetranchepascemyst reinstall par Camus, il l'ampli®e. Je sors de la salle incapable de formuler un avis d ®nitif,comprenantainsilescritiques voquantun®lmqui«trouble».
Peut- tre que la r ussite du ®lm se trouveencesmots:ampli®erlemyst re plut t que le r soudre, en coh rence avecl'espritdeCamus.
La r utilisation du texte a galement servi enproposeruneadaptationde celui-ci une nouvelle poque, mais que partiellement. Le noir et blanc, tout comme l'insertion des images d'archive ouvrant le ®lm en sont des
Elena Montefiori Contributrice
Sur une musique d'ambiance, Gabriel d pose un album noir sur le comptoir, c t de quelques petits bouquets blancs et d'une urne. La salle se tait. C'est ainsi que d bute le monologue Merci d' tre venus, r dig et interpr t par Gabriel Morin en collaboration avec le metteur en sc ne David Strasbourg. La pi ce, parue en 2023, a remport le prix du Meilleur texte original de l'Association qu b coise des critiques de th tre, dans la section Qu bec, en 2024.
« a va tous nous arriver», entame le com dienens'adressantdirectement au public dans la salle Fred-Barry du Th tre Denise-Pelletier. « a», c'est le pilier central autour duquel tourne le jeu pendant les 95 prochaines minutes: la mort. Plus pr cis ment, le suicide. Dans le balado dot du m me nom que la pi ce, cr en 2019, l'auteur-interpr te con®e que l'id e du projet a d'abord germ au c gep, dans le cadre d'un projet d'arts plastiques en printemps 2009, peu de temps apr s le suicide de son grand fr re.
tre
Quoi de mieux que de prendre une pause de ses tudes en allant voir une com die musicale? La programmation de 2026 plaira touslespublics:spectacleshistoriques, musique populaire, classiques de Broadway, il y en a pour tous lesgo ts!
vang line
Cette com die musicale francophone est une pop e historique qui relate la d portationdesAcadiensen1755vers la Nouvelle- cosse. On suit l'histoire d'amour d' vang line (Maude CyrDesch nes) et de Gabriel (Olivier Dion) travers une qu te r volutionnaire. (Du 5 f vrier au 2 ao t 2026 la PlacedesArts)
StarWarsd'icitte:laguerredesc nes Cr e par la troupe montr alaise Les productionsdel' pop e,cetteparodie musicalefrancophonesuitlestroispremiers ®lms de StarWars, les prequels, avecunetouched'humouretplusieurs r f rencesqu b coises,commelecircuit de course Gilles-Villeneuve. (6 et 7f vrier2026auTh treLaCom die deMontr al)
Falsettos
Ayant pr sent Cabaret l'an pass , le Contact Theatre revient en force avec une com die musicale qui suit l'histoired'unhommejuifetqueerdansles ann es70 NewYork.Cettetroupeind pendante et anglophone de Montr al est surveiller! (Du 7 au 15 mars 2026auCentreSegal)
&Juliet
Cette com die musicale anglophone r inventeler citdeRom oetJuliette en ajoutant de la musique pop de Max
Retour sur Merci d' tre venus de Gabriel Morin.
Unerencontrequitraverseletemps
LasalleFred-Barryn'estpasexceptionnellement grande, ce qui favorise une intimit entre la sc ne et le public. Le d cor est simple : un comptoir, une table, quelques bancs et chaises, et en arri re-plan, un mur vitr avec une porte que Gabriel n'ouvrira jamais. En synchronisation avec le travail d' clairage de Suzie Bilodeau et la guitare acoustique de Philom ne Gatien, la sc nesetransformetant tensalonfun raire,tant tenresto-bar,voirem me en wagon de m tro et en terrain de campdejour.Aumilieudetoutcela,un Gabriel Morin v tu d'un veston noir nousparle.
Ilabordelesuicideetlamortavechumour,sanstoutefoisignorerlad licatesse du sujet. Gabriel nous annonce d'abord le d c s de son fr re, visage encoreincr dule,l'urnedanslesbras. Comment croire qu'un homme grand de6'4ºdesonvivantpuissed sormais entrer dans un contenant qui se soul ve un bras? Fred doit s' tre cach quelqueparto onnelevoitpas,sedit
Gabriel. Il d pose l'urne sur le comptoir, regarde autour de lui, puis d'un geste rapide, ouvre le couvercle¼ et sort un biscuit aux p pites de chocolat. Dans cette pi ce, tout peut devenir un coup de th tre. De cette mani re, le com dien att nue la lourdeurdusujet.Iljongleentrel'informatif et l' motif tout en maintenant le sourire du public aux yeux brouill s. «Je ne suis pas un intervenant, [...] je suis com dien pis je suis auteur», a rme Gabriel Morin dans son balado. « Je peux crire. Je peux cr er une conversationo iln'yenapas»,continue-t-il.Surlasc ne,l'artisteestDieu. Il a tant t 34 ans, tant t 18, quelques moments avant que a arrive. Le com dien choisit de livrer ses sentiments sur sc ne ± incompr hension, tristesse,col re±face l'impuissance devant la mort. Il esp re que ceux dans la salle qui ont travers une telle preuve pourront s'y identi®er. « La meilleure chose faire, c'est de ne pas le cacher », explique-t-il. Cette volont de faire place la parole traverse toute la pi ce, au point o chaque re-

pr sentation est accompagn e par un intervenant sp cialis de l'Association qu b coise de la pr vention du suicide.
Pr sent e guichets ferm s et accueillie avec motion par le public, la production suscite une coute attentive tout au long. la ®n du spectacle, toute la salle se l ve. Un
Fred-Barry, du Th tre DenisePelletier,jusqu'au31janvier.
Jiayuan Cao ditrice Culture
Les com dies musicales ne pas manquer en 2026.
Martin, des personnages queer, des chor graphies incroyables et une rcriture f ministe. Shakespeare n'en croirait pas ses yeux! (Du 17 au 22 mars2026 laPlacedesArts)
Unviolonsurletoit
CetteadaptationmusicalelieladirectionartistiquedeMarie- veLabrie,la musiquedel©OrchestredechambreSr nade et les danseurs de l'Acad mie du Ballet M tropolitain. Classique de Broadway datant de 1964, plusieurs connaissent ce spectacle par le ®lm du m me nom de Norman Jewison (1971). (28 et 29 mars 2026 la Place des Arts)
Grow
Cettenouvellecom diemusicalecanadienne d velopp e par le m me producteur que Come From Away suit Hannah et Ruth, deux súurs g es de dix-neufans.Celles-ciquittentleurpetite communaut pour cr er le meilleur cannabis au monde. (Du 24 maiau14juin2026auCentreSegal)
MoulinRouge
Le ®lm iconique de Baz Luhrmann (2001) reprend vie dans cette com die musicale anglophone o costumes blouissants et d cors grandioses sont aurendez-vous.Ayantgagn plusdedix TonyAwards,ilestimpossibledenepas tomber sous le charme de cette belle histoire d'amour entre un po te et une danseuse! (Du 9 au 14 juin 2026 la PlacedesArts)
Titanique
Cette parodie musicale a tout pour sduirelesadmirateursdu®lmdeJames Cameron : r f rences populaires, humour queer et chansons de C line
Dion,cettederni re tantm meinterpr t eparV roniqueClaveau!Lespectacle est traduit en fran ais pour la premi re fois depuis sa cr ation. (Du 6 au27juin2026auStudio-Cabaret)
LesMis rables
Qui ne conna t pas la fameuse histoire de Jean Valjean crite par Victor Hugo? Un succ s dans plus de 53 pays, cespectaclearriveauQu becavecune traduction fran aise. Le r le de Fantine sera jou par Klara Martel-Laroche. (Du 20 juin au 5 juillet 2026 au Th treSt-Denis)
Disney'sTheLionKing
Plusde120millionsdepersonnes travers le monde ont d j vu cette com die musicale anglophone o toute la savane prend vie gr ce des costumes, maquillages et d cors remarquables.«J'aitellementh ted' tre roi!»(Du19ao tau6septembre2026 laPlacedesArts)
En plus de cette belle programmation, il existe plusieurs com dies musicales jou es par des troupes amatrices qui m ritent d' tre encourag es. En voici quelques-unes!
Seigneur! Des anneaux? (spectacle francophone produit par l' pop e imaginaire et la troupe tudiante coll giale du Coll ge Jean-de-Brbeuf, Montr al).
Natasha, Pierre and The Great Comet of 1812 (spectacle anglophone produitparlasoci t th traledes tudiantsenartsdel©Universit Mcgill).
Alice par coeur (spectacle francophone produit par la troupe de co-

m dies musicales de l©Universit de Montr al).
Promenons-nous dans les bois (spectacle francophone produit par le Th tre Musical Haute-Yamaska, Granby).
Blonde & L gale (spectacle francophone produit par la troupe Rvatorium, Qu bec).
The Prom (spectacle francophone produit par les Productions de la 42e Rue, Trois-Rivi res).
Ces recommandations vous divertiront pour les mois venir!
Laurence Drouin
Contributrice
Depuis la sortie de la s rie
Heated Rivalry le 28 novembre dernier, j'ai l'impression que mon coin d'Internet est entr dans une sorte de psychose collective. Mes r seaux sociaux sont inond s de contenu sur la s rie et une bonne partie de mes conversations tournent autour de ce sujet ; HeatedRivalry a consum
demeure tr s honn te par rapport ses sentiments tout au long de leur relation. Lorsqu'il commence ressentir quelque chose de romantique pour Ilya Rozanov, autre personnage principal, il lui en parle et pousse Ilya faire de m me. Le mot yearning (un m lange de d sir, de nostalgie ; du verbe « languir ») d crit le mieux ce qui est montr l' cran. Les deux personnages sont tout sauf indi rents l'un envers l'autre, ce qui accroche le pu-
« La romance, souvent discr dit e, montre ici tout son pouvoir social ; la s rie fait sa petite r volution pour le bonheur queer et l'optimisme en amour »
monexistence,etjenecroispas tre la seule tre a ect e par « l'e et Heated Rivalry ». J'ai l'impression d'uncourantdefra cheurdansmatl vision et dans les discours sur les r seaux sociaux. Mais qu'est-ce qui di rencie cette s rie des autres?
Les deux personnages principaux ont quelque chose de r solument anti-nonchalant. Les deux hommes se d sirent pleinement, et ce d sir est m me exacerb par l'attente entre leurs rendez-vous. Shane Hollander, l'un des protagonistes,
musique
blic;du moins, c'est ce qui m'a accroch e. Dans une re o il est la mode de feindre le d tachement motif, c'est rafra chissant de voir despersonnagesquiassumentleurs sentiments.C'estaussiassezrarede voirunetellerepr sentationmasculine, loin du st r otype de l'homme qui ne ressent pas d' motion.
Les deux hockeyeurs ont tendance se pousser l'un et l'autre tre vuln rables, en se questionnant et en s'ouvrant l'un l'autre. M me s'il arbore une attitude de badboy, Ilya
est loin de l'homme id alis par la soci t patriarcale, froid, d tach , voire cynique. Il d voile souvent sa fragilit et ses peurs devant Shane, qui accueille ces motions avec empathie. Les risques li s la sexualit d'Ilya sont beaucoup plus lev s que ceux de Shane ; s'il fait son coming out, il ne pourra jamais retourner dans son pays natal, la Russie. On comprend donc son attitude parfois un peu plus distante, qui ®nit toujours par tomber lorsqu'il r alise que se con®er Shane le rend plus l ger. La s rie reprend le personnage classique du bad boy et d construit les lieux communs qui y sont associ s.
Ce que Heated Rivalry repr sente, c'est une pause dans les s ries queer au ton dramatique. Malgr des th mes parfois lourds, la s rie reste une ode l'amour queer, la douceur masculine et l'espoir. Les personnages ne sont pas pris dans une ®nalit tragique ou une impossibilit de vivre leur amour. Au contraire, le dernier pisode laisse entrevoir un futur heureux dans lequel les personnages peuvent vivre leur relation de fa on normale. Ils ont un futur, ce qui les diff rencie d'un bon nombre de films et s ries 2SLGBTQIA+ (par exemple, Call Me by Your Name, Brokeback

Mountain, All of us Strangers). La romance, souvent discr dit e, montre ici tout son pouvoir so-
cial;la s rie fait sa petite r volution pour le bonheur queer et l'optimisme en amour.
L'art musical d'Ichiko Aoba ( ).
Ichiko Aoba, n e en 1990 Chiba, est une musicienne japonaise ayantgrandidanslapr fecturede Kyoto.Depuisses17ans,ellecompose, crit et interpr te ses chansons, s'accompagnant de sa guitare. En 2020, elle cr e sa propre maison de disques ind pendante, Hermine, et sort son septi mealbum,Windswept Adan. Ce dernier lui vaudra une notori t internationale.
L'art d'Aoba a la particularit d'allier instruments acoustiques, chants et sons de synth se, c'est-dire produits ou modifi s par ordinateur. Le titre «Parfum d' toiles», par exemple, entrem le une m lodie au piano, un chant siffl imitant les oiseaux, des chants d'oiseaux synth tis s, des voix d'enfants et des r verb rations de cloches. Lors de ses tourn es, elle est parfois accompagn e d'orchestres ou de quatuors cordes, dont elle compose elle-m me les arrangements. Aoba est une guitariste exceptionnelle, qui joue aussi de la clarinette (que l'on entend parfois dans ses chansons, comme dans « Amuletum») et du piano.
L'úuvred'Aobasenourritdeplusieurs genres,commelefolketlamusiqueminimaliste, lectroniqueetacoustique, maiss'inspireaussidedi rentestra-

ditions de chants polyphoniques, comme dans « Kirinakijima ». Ichiko Aobas'esttaill ,danslasc nemusicale, un monde bien elle. Son úuvre partage des caract ristiques formelles, harmoniques et m lodiques avec d'autres artistes (Ry chi Sakamoto, Linda Perhacs, Lamp et autres), sans pour autant adh rer un genre ®xe. Dans un monde o la musique est ex-
tr mementcodi® eselondesnormes technologiques et conomiques, Aoba conserve une certaine autonomie vis- -vis des march s et des attentesesth tiques.Plut tquederpondre une tendance, son úuvre cultive une vision, partag e avec un public ®d le, qui veut baigner dans ses univers oniriques o s'enlacent nature,enfance,m moires,¯eurs,lu-
mi re et mer, o l'on peut renouer avec une magie qui n'est pas arti®cielle, mais organique ± la magie immanente l'exp rience.
Lepremierconcertd'Aobaauquelj'ai eulachanced'assister,gr ce lag nrosit d'une amie (envers qui je suis ternellementreconnaissante),s'avrait trelapremi refoisqu'ellesepro-
duisait Montr al. Le Th tre Bean®eld, dans la Petite-Bourgogne, tait plein craquer et personne n'est sorti sansavoirlesjouesbaign esdelarmes ±pasm melegardiendes curit .Plusieurs membres du public se sont empress s de lui tendre des mouchoirs. C'estlegestequ' veillel'úuvred'Aoba, une main tendue pour essuyer des larmes.Sansquesamusiquesoitpathtique,tragiqueoudramatique,ellevient d licatementouvrirlescúursqui, vifs, coutentcequ'ellea o rir:uneconsolation,uneberceuse.
D'ailleurs, en japonais, « berceuse » se traduitpar«chansonquiprot gelesenfants».Lamusiqueimm morialed'Aobaprot gelesliensentreles tresparla candeur,po sieetdouceurdel'enfance qui sommeille dans nos m moires. La fragilit d sarmantedesúuvresd'Aoba vientr veillerennousdesr vesquel'on croyaitendormis.
Pour mon bonheur et pour le v tre ± je l'esp re ±, Ichiko Aoba sera de retour dans une grande robe de blanc nacr Montr alle28avril,auth treMaisonneuve,poursatroisi metourn emondiale ± compl tant son nouvel album LuminescentCreatures

Eug nie St-Pierre, Elie Nguyen | Le D lit
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