Rapport sur l’efficacité
Coopération internationale de la Suisse dans le domaine de l’emploi 2005-2014
Analyse technique de l’efficacité : GOPA Consultants Concept, rédaction et mise en page : Zoï Environment Network
2
ÉDITORIAL L’emploi est, pour tout pays, un facteur essentiel de
et les enseignements tirés de ce rapport nous aide-
développement. Des emplois plus nombreux et de meil-
ront à les relever mieux encore. Certaines interven-
leure qualité ainsi qu’une employabilité accrue stimulent
tions, en particulier celles qui ont un impact immédiat
l’ensemble de l’économie et donnent aux individus et à
et mesurable sur l’emploi, obtiennent de meilleurs
leur famille les moyens de faire des choix indépendants.
résultats en termes d’efficacité que d’autres. Cela
C’est pourquoi l’emploi – dans toutes ses dimensions
peut s’expliquer par les difficultés méthodologiques
– a toujours été une pierre angulaire de la coopération
rencontrées lorsqu’il s’agit de mesurer l’emploi, et a
internationale de la Suisse.
fortiori les effets directs et induits sur l’emploi. Ces derniers peuvent être considérables, par exemple en
La DDC et le SECO mettent en œuvre un large éventail
cas d’investissements dans les infrastructures, comme
de programmes dans les pays partenaires. Ils visent
le montrent des évaluations réalisées. En outre, les
non seulement à créer et à sauvegarder des emplois,
contextes nationaux étant plus ou moins difficiles, il
mais aussi à augmenter et à diversifier les revenus, à
n’est pas étonnant que les interventions menées se
améliorer les conditions de travail et à renforcer l’accès
révèlent plus efficaces dans certaines régions, comme
des plus pauvres au marché du travail.
l’Asie ou l’Amérique du Sud, que dans d’autres, comme l’Afrique ou le Moyen-Orient.
Le présent rapport a pour objet d’évaluer si ces interventions ont permis d’obtenir les résultats escomptés et
Cela signifie que nous devons, comme toujours, prendre
de déterminer quels facteurs ont eu un impact sur leur
en compte le contexte spécifique de chaque pays et les
efficacité. Des experts externes ont établi une analyse
défis particuliers qui s’y posent lorsque nous concevons,
indépendante, d’une grande rigueur méthodologique,
mettons en œuvre et suivons nos programmes avec nos
couvrant un large portefeuille d’interventions menées au
partenaires. Ce faisant, il est important d’être conscient
cours de la période 2005-2014.
de la complexité de la question de l’emploi, de fixer des buts réalistes et de suivre des objectifs moins nombreux,
Ce rapport confirme que la coopération internationale
mais stratégiquement pertinents. De plus, nous devons
de la Suisse a apporté de précieuses contributions à la
investir davantage dans des analyses de marché solides
création d’emplois dans les pays partenaires et souligne
et réalistes, saisir les possibilités qui s’offrent d’accroître
les atouts et l’expertise que la Suisse possède dans ce
l’ampleur de nos projets et programmes et trouver
domaine. Il atteste également que le portefeuille de
des synergies entre les différentes interventions afin
projets de la Suisse tient compte avec pertinence des
d’obtenir des résultats à long terme.
caractéristiques multidimensionnelles de l’emploi dans les pays en développement. Les auteurs ont ainsi conclu
Ce rapport montre que – s’il existe une marge d’amé-
que près de 85 % des objectifs poursuivis par nos
lioration possible – notre portefeuille d’interventions
programmes en matière d’emploi ont été réalisés.
diversifié peut fournir des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, avec à la clé un impact encore plus
Nous sommes très heureux que la plupart de nos
grand sur le développement des pays partenaires.
interventions aient atteint les objectifs visés. Cependant, l’emploi reste l’un des défis les plus difficiles
C’est avec plaisir que nous vous présentons ce rapport
que nous ayons à affronter dans les pays partenaires,
et vous en souhaitons une agréable lecture.
Manuel Sager
Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch
Ambassadeur
Secrétaire d’État
Directeur de la DDC
Directrice du SECO 3
4
CONTENTS
3
EDITORIAL
6
LES RESULTATS EN UN COUP D’ŒIL
8
À PROPOS DE CE RAPPORT
13
LA COOPERATION INTERNATIONALE DE LA SUISSE
14
TYPES D’INTERVENTIONS VISANT A FAVORISER L’EMPLOI
16
RESULTATS DE L’ETUDE
18
SCORES D’EFFICACITE
30
AUTRES MECANISMES DE FINANCEMENT
33
COMPARAISONS AVEC D’AUTRES DONATEURS
35
ENSEIGNEMENTS TIRES ET BONNES PRATIQUES
36
SUGGESTIONS D’AMELIORATION
5
LES RÉSULTATS EN UN COUP D’OEIL 1. LA COOPÉRATION INTERNATIONALE DE LA SUISSE CONTRIBUE AVEC SUCCÈS À LA CRÉATION D’EMPLOI ET DES REVENUS. Près de 85 % des interventions du Portefeuille en matière d’emploi (2005-2014) ont obtenu des scores d’efficacité allant de 6 (très bien) à 4 (satisfaisant), pour un score global de 4,5 en moyenne. Dans leur majorité, les interventions ont au moins partiellement atteint leurs objectifs d’emploi.
2. L’EMPLOI CONSTITUE UN OBJECTIF IMPORTANT DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE DE LA SUISSE ET LES INTERVENTIONS DANS CE DOMAINE RESPECTENT LES BONNES PRATIQUES EN VIGUEUR. Les interventions cherchent à atteindre un large éventail d’objectifs liés à l’emploi. Cette approche reflète l’importance de l’emploi en tant que résultat dans toutes ses dimensions. De plus, les objectifs d’emploi sont cohérents par rapport aux types d’intervention choisis.
3. L’EMPLOI EST UN CONCEPT MULTIDIMENSIONNEL. Le terme « emploi » ne désigne pas uniquement la création d’opportunités de travail, mais fait aussi référence à la qualité du travail et à l’amélioration de l’employabilité. Les effets des interventions peuvent être directs ou indirects. Les types d’interventions qui n’ont pas de pertinence directe par rapport à l’emploi créent et préservent malgré tout des emplois, accroissent les revenus et donnent souvent accès à de meilleurs emplois.
4. LES INTERVENTIONS ŒUVRENT AVEC SUCCÈS À L’ÉGALITÉ DES SEXES. De nombreuses interventions promeuvent l’égalité des sexes en tant que thème transversal dans les politiques d’intégration de la dimension de genre menées par la DDC et le SECO.
5. LES INTERVENTIONS LIÉES À LA FORMATION PROFESSIONNELLE POUR DES GROUPES MARGINALISÉS, AUX CHAÎNES DE VALEUR AGRICOLE ET À L’AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ DES EMPLOIS ONT OBTENU LES RÉSULTATS LES PLUS ÉLEVÉS. À L’INVERSE, CELLES CIBLANT LES CHAÎNES DE VALEUR COMMERCIALE SONT LES MOINS EFFICACES EN TERMES DE RÉALISATION DES OBJECTIFS D’EMPLOI. Les programmes et les projets de la première catégorie ont obtenu des résultats particulièrement réjouissants, tandis que les interventions visant à promouvoir les petites et moyennes entreprises et à développer les chaînes de valeur commerciale se sont vu attribuer les scores d’efficacité les plus faibles. Ce classement ne doit pas être interprété comme un signe de préférence en faveur d’un type d’intervention plutôt que d’un autre. Il met plutôt en lumière le fait que tous les types d’intervention ne rencontrent pas le même succès dans la réalisation de leurs objectifs d’emploi. Cette information aide à améliorer la planification des futures interventions.
6. LES PROJETS DE PROMOTION DU TRAVAIL DÉCENT ONT DES RETOMBÉES IMMÉDIATES POSITIVES SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL. Les projets de promotion du travail décent améliorent les conditions de travail des plus pauvres et des femmes, mais profitent également à l’ensemble du secteur concerné au travers des gains de productivité qu’ils apportent. Ils sont ainsi la preuve que conditions de travail décentes et productivité peuvent aller de pair.
7. LES PROJETS DE MICROFINANCE ET DE SOUTIEN AUX PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES NÉCESSITENT PLUS D’INTRANTS POUR BRISER LE CYCLE DE LA PAUVRETÉ. L’accès au financement est un outil important. Pourtant, lorsque les programmes de microfinance, réalisés en relation avec des programmes de soutien aux PME, allouent des prêts trop modiques, seuls les propriétaires des 6
entreprises voient leur situation d’emploi s’améliorer et l’augmentation des revenus profite uniquement aux familles des propriétaires. Malgré l’amélioration de leur situation, ces personnes ne dépassent pas le seuil de pauvreté.
8. LES INTERVENTIONS LIÉES AUX CHAÎNES DE VALEUR PEUVENT ÊTRE OPTIMISÉES GRÂCE À DE MEILLEURES ANALYSES DE MARCHÉ. Les interventions liées aux chaînes de valeur ont obtenu des résultats bons à satisfaisants, même si dans certains cas, de meilleures analyses de marché auraient permis aux interventions de s’orienter davantage vers la demande.
9. LE POTENTIEL DES PARTENARIATS DE DÉVELOPPEMENT AVEC LE SECTEUR PRIVÉ PEUT ENCORE ÊTRE D’AVANTAGE EXPLOITÉ. La conclusion d’un plus grand nombre de partenariats public-privé serait bénéfique pour la production et la transformation des produits agricoles. Véritables amorces en vue d’un engagement plus marqué du secteur privé, de tels projets pourraient aussi aider les décideurs du service public à mieux saisir les besoins du secteur privé.
10. LA CRÉATION D’EMPLOIS EST UN OBJECTIF AMBITIEUX ET PARFOIS DIFFICILE À MESURER. La création d’emplois est un objectif ambitieux. De plus, il est parfois difficile de relier directement un projet ou un programme à des retombées sur l’emploi, certaines d’entre elles étant indirectes et se manifestant bien après les interventions. La collecte de données sur les incidences indirectes et secondaires demande des efforts et des ressources considérables. C’est pourquoi il convient de réfléchir soigneusement aux avantages et aux inconvénients qu’il y a à définir la création d’emplois en tant qu’objectif. Le cas échéant, un mécanisme de suivi adéquat doit être mis en place, impliquant les institutions partenaires.
11. LES INTERVENTIONS VISANT À FAVORISER L’EMPLOI EN ASIE ET EN AMÉRIQUE LATINE OBTIENNENT LES MEILLEURS SCORES. Les régions les moins bien classées sont l’Afrique et le Moyen-Orient. Ce constat ne signifie pas qu’il faille privilégier ou éviter telle ou telle région. Une efficacité moindre traduit probablement les difficultés majeures auxquelles sont confrontés les marchés régionaux du travail, dans un environnement souvent marqué par des institutions faibles et des États fragiles.
12. LES SYNERGIES ENTRE LES PROJETS AU SEIN D’UN MÊME PAYS OU D’UNE MÊME RÉGION DEVRAIENT ÊTRE DAVANTAGE EXPLOITÉES. Les projets pourraient développer tout leur potentiel s’ils coopéraient plus entre eux. Cette pratique n’est cependant pas encore courante.
13. LE SUCCÈS D’UN PROJET DÉPEND, ENTRE AUTRES, DES FACTEURS-CLÉS SUIVANTS : +
capacité et motivation de l’équipe de projet et des partenaires de mise en œuvre, en particulier connaissances techniques et expérience, ainsi que compétences en matière de gestion et de réseautage ;
+
flexibilité dans la mise en œuvre du projet ;
+
engagement et appropriation du projet par les interlocuteurs locaux et nationaux ;
-
nombre excessif d’objectifs et/ou indicateurs trop ambitieux ;
-
objectifs équivoques ou trop vagues ;
-
orientation vers la demande insuffisante ;
-
rotation du personnel élevée au sein du projet et des institutions partenaires ;
-
facteurs externes, tels que des crises politiques, une dévaluation de la monnaie et des événements météorologiques extrêmes. 7
À PROPOS DE CE RAPPORT La Direction du développement et de la coopé-
Au-delà de la quantité, la qualité des emplois revêt
ration (DDC) est l’agence du Département fédé-
une importance primordiale pour la coopération
ral des affaires étrangères (DFAE) en charge de la
internationale de la Suisse. Au travers de leurs initia-
coopération internationale. Elle a pour mission de
tives en faveur du travail décent, la DDC et le SECO
réduire la pauvreté et les problèmes de dévelop-
promeuvent les possibilités de revenus, la santé et
pement à travers le monde. Elle est responsable
la sécurité au travail, la protection et le dialogue
de la mise en œuvre de la politique étrangère du
sociaux. De nombreux projets ciblent également des
Conseil fédéral en matière d’aide humanitaire,
entreprises, par exemple en leur offrant des services
de coopération au développement régionale et
financiers ou un support technologique. La hausse
globale et de coopération avec l’Europe de l’Est.
du revenu et de la compétitivité agit indirectement
Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) est le centre
sur l’emploi.
de compétence de la Confédération pour toutes les questions liées à la politique économique et à la
Les projets et programmes sont mis en œuvre dans
politique du marché du travail. Le SECO développe
un contexte économique, social et politique local
et met en œuvre de façon bilatérale et multilatérale
qui influe largement sur le succès des interventions.
des mesures de politique économique et commer-
Certains projets ont des résultats spécifiques et immé-
ciale avec certains pays avancés en développement et
diats : ils améliorent par exemple les conditions de
en transition en Europe de l’Est et en Asie Centrale.
travail dans une entreprise. D’autres activités, telles
Au fil des décennies, la coopération internatio-
que le développement de la chaîne de valeur visant
nale de la Suisse a constitué un vaste portefeuille
à augmenter la performance commerciale des entre-
de programmes dans le domaine de l’améliora-
prises, peuvent avoir des retombées indirectes et à
tion de l’emploi. Le présent rapport analyse
long terme sur l’emploi qui ne se manifestent parfois
dans quelle mesure les interventions de la
que plusieurs années après la fin d’un projet. À ce
DDC et du SECO menées entre 2005 et 2014
moment, il est souvent trop tard pour mesurer précisé-
ont atteint leurs objectifs en termes d’emploi.
ment l’efficacité de celui-ci. Le présent rapport examine
L’EMPLOI, PLUS QU’UNE SIMPLE CRÉATION DE POSTES
également des projets axés sur d’autres aspects, tels que la sécurité alimentaire ou les changements climatiques dans lesquels l’emploi n’est pas l’objectif principal, mais un avantage secondaire. Le cas échéant, les
La coopération internationale de la Suisse cherche,
résultats présentés ici ne concernent que les objectifs
entre autres objectifs, à soutenir un développement
liés à l’emploi et non pas l’ensemble du projet. À titre
économique durable. Ses projets et programmes
d’exemple, un projet de sécurité alimentaire qui se fixe
permettent de créer de nouveaux emplois mais aussi
des objectifs en matière d’emploi peut garantir avec
de préserver ceux qui sont éventuellement menacés.
succès des moyens de subsistance pour une popu-
Les bénéficiaires, parmi lesquels figurent nombre
lation sans nécessairement créer des emplois. Enfin,
de groupes marginalisés, développent leurs compé-
la prévalence des emplois informels dans les pays en
tences grâce à un enseignement et une formation
développement complique l’analyse puisqu’il n’existe
professionnels, accroissent ainsi leur revenu et amé-
pas de registre des sociétés, ni de couverture sociale,
liorent leurs perspectives sur le marché du travail.
ni même de contrats de travail.
8
EFFICACITÉ Le présent rapport attribue à chaque intervention analysée un score d’efficacité selon le barème suivant.*
Légende
Tous les objectifs sont atteints, les effets positifs dépassent les attentes.
6 Très bonne
Tous les objectifs sont atteints, pas de défaut important.
Les objectifs sont partiellement atteints, les effets négatifs prédominent malgré des effets positifs identifiables. Les objectifs sont partiellement atteints, les effets négatifs prédominent clairement, les effets positifs sont rares. Les objectifs sont manqués ou les effets négatifs neutralisent tous les résultats positifs.
Score
Les objectifs sont partiellement atteints, les effets positifs prédominent.
5 Bonne 4 Satisfaisante 3 Insuffisante 2 Inadéquate 1 Inefficace
Dans ce rapport, l’efficacité décrit la mesure dans
des agences partenaires. Au final, l’équipe a analysé
laquelle une intervention a atteint les objectifs qui lui
72 projets et programmes, sur un portefeuille initial
ont été assignés, et non l’impact général sur la vie
de 279 projets menés de 2005 à 2014 par la co
des populations. Un projet qui n’avait pas défini des
opération internationale de la Suisse. Les budgets du
améliorations en termes d’emploi dans une région,
portefeuille initial totalisaient 2,2 milliards de francs.
par exemple, ne sera pas jugé sur les effets produits sur l’emploi au niveau régional.
Les interventions ont été sélectionnées par échantillonnage aléatoire stratifié de manière à obtenir
La présente étude a été menée par GOPA Consul-
un portefeuille de taille représentative et gérable.
tants et fait appel à une équipe internationale
L’analyse qualitative comprenait notamment un
d’experts indépendants, qui ont effectué une mé-
examen textuel de tous les documents disponibles
ta-analyse des documents de projet du SECO et de
des projets. L’analyse quantitative, quant à elle, a
la DDC. Ils ont utilisé les informations existantes afin
utilisé la méthode de la régression afin d’identifier
de déterminer le degré de réalisation des objectifs
les corrélations entre les scores d’efficacité et les
des projets, puis vérifié celles-ci en effectuant des
caractéristiques telles que le type ou le lieu de l’inter-
visites sur le terrain et en interrogeant des bénéfi-
vention, dans le but d’identifier d’éventuels schémas
ciaires, des partenaires de mise en œuvre ainsi que
d’efficacité.
*
Le barème présenté ici est conforme au système de notation suisse, dans lequel 6 est la note la plus élevée et 1 la plus faible. La notation initiale utilisait la terminologie du CAD de l’OCDE, selon laquelle 1 est la meilleure note et 6 la moins bonne.
9
Aneta Staic, 37 ans Propriétaire d’Aronija Health Food à Veles, Macédoine A participé à la formation en gestion d’entreprise dispensée par le Micro and Small Enterprise Project (SECO) en 2013–2017. Aneta a commencé par faire des biscuits bio dans la cuisine de ses parents et les vendre à des magasins d’alimentation diététique à Skopje il y a environ 15 ans. Aujourd’hui, elle et son mari dirigent Aronija Health Food, une petite entreprise très prospère qui produit et, depuis peu, cultive des aliments biologiques. Bien qu’ils sachent tout des dernières tendances en matière d’alimentation diététique, les Staic ne disposaient pas des connaissances formelles en gestion d’entreprise, une lacune qui est devenue de plus en plus patente à mesure que leur entreprise prenait de l’ampleur. Grâce à une formation en gestion d’entreprise et à des manifestations de réseautage financées par le SECO, Aneta s’est forgée un solide profil d’entrepreneuse, qui lui a permis d’obtenir des prêts commerciaux auxquels elle n’aurait pas eu accès auparavant. Ces nouveaux investissements ont dynamisé Aronija, qui emploie désormais quelque 40 personnes dans les domaines de la culture, de la production et de la vente de produits biologiques. Une brève vidéo sur Aneta Staic est disponible sur les sites internet de la DDC et du SECO.
12
LA COOPÉRATION INTERNATIONALE DE LA SUISSE Le travail détermine le niveau de vie et le bien-être
dans les pays les plus pauvres. L’emploi et le travail
personnel, et représente surtout la principale source
décent forment ainsi un des piliers du développe-
de revenu pour la plupart des gens, spécialement
ment et de la réduction de la pauvreté.
MANDAT La DDC et le SECO ont reçu pour mandat d’aider les pays à surmonter la pauvreté et les problèmes de développement. L’orientation de ce mandat est définie dans le Message au Parlement sur la coopération internationale de la Suisse. Reprenant la ligne des Messages précédents, mais de façon plus marquée, le Message 2017–2020 souligne l’importance de l’emploi pour la réduction de la pauvreté, objectif qu’il s’agit d’atteindre en augmentant le nombre et la qualité des emplois, en renforçant l’employabilité ou en améliorant les conditions de travail. Le Message est mis en œuvre à différents niveaux thématiques et géographiques par les stratégies nationales de coopération, les programmes globaux et les documents d’orientation sur les politiques thématiques qui délimitent le cadre des interventions du SECO et de la DDC analysées dans la présente étude.
L’emploi et la génération de revenus sont des éléments essentiels pour la réalisation de l’objectif stratégique de croissance économique durable de la coopération internationale de la Suisse. Le renforcement de l’égalité entre les sexes et la promotion des droits des femmes et des filles constituent un autre objectif stratégique. En ce sens, la Suisse contribue à l’objectif international de développement durable n° 8 : promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.
Les interventions de la coopération internationale de
la formation professionnels en particulier pour des
la Suisse sont mises en œuvre au travers de projets
groupes marginalisés. Le SECO œuvre en faveur du
et de programmes bilatéraux, de contributions à des
développement économique principalement dans
systèmes nationaux et à des organisations multila-
des pays à revenu moyen grâce à des interventions
térales, de programmes multi-bilatéraux, de contri-
agissant à l’échelle de l’ensemble de l’économie
butions à des ONG et à des réseaux, ainsi qu’au
(p. ex. réformes du climat d’investissement) ou d’un
travers de partenariats public-privé de développement.
secteur spécifique (p. ex. chaînes de valeur). Ses
S’ils cherchent tous deux d’une manière générale à
projets liés à l’emploi soutiennent généralement les
réduire la pauvreté et les risques globaux, la DDC et
micro-, petites et moyennes entreprises (MPME),
le SECO appliquent des démarches et des méthodes
et s’accompagnent souvent d’un accès au finan-
complémentaires. Certaines interventions de la DDC
cement. La DDC gère le Réseau Emploi et Revenu,
ciblent spécifiquement le segment le plus pauvre de
une plate-forme permettant l’échange d’informa-
la population dans les pays à faible revenu, où le
tions entre les professionnels du développement qui
secteur agricole joue un rôle clé dans la génération
travaillent dans le domaine de la création d’emplois
de revenus. La DDC mise aussi sur l’enseignement et
et sur d’autres aspects de l’emploi et du revenu.
13
TYPES D’INTERVENTIONS VISANT À FAVORISER L’EMPLOI L’un des objectifs de la coopération internationale de la Suisse est de réduire la pauvreté à travers une croissance économique durable. L’amélioration de l’emploi constitue une étape essentielle dans la réalisation de cette finalité. Compte tenu des nombreux aspects de l’emploi, la coopération internationale suisse aborde celui-ci sous plusieurs angles. Inputs Outputs Outcome
Inputs Outputs Outcome
Pertinence immédiate pour l’emploi
Développement de chaînes de valeur
Les producteurs reçoivent des conseils et bénéficient de mesures de renforcement des capacités pour améliorer leur production.
Emploi en tant qu’objectif indirect
Le processus de production amélioré se traduit par des biens plus nombreux et de meilleure qualité.
La hausse des ventes, des exportations et du bénéfice renforce la demande de main-d’œuvre.
Une chaîne de valeur se compose de toutes les opérations qu’effectuent les entreprises afin de fournir un produit ou un service à leurs clients. Les interventions qui soutiennent le développement des chaînes de valeur augmentent la compétitivité et le revenu des entreprises et influencent ainsi l’emploi de manière indirecte. Les producteurs sont mis en relation avec des acheteurs potentiels, grâce auxquels ils accèdent à des marchés locaux, régionaux ou internationaux. Les projets liés aux chaînes de valeur se concentrent soit sur le commerce (principalement le SECO), soit sur l’agriculture (principalement la DDC) et concernent souvent l’alimentation biologique.
Formation professionnelle
Des instituts de formation sont mis sur pied et bénéficient d’un soutien.
Des personnes suivent des formations professionnelles de qualité.
Les diplômés obtiennent un emploi (meilleur).
La formation professionnelle est comparable à ce que l’on appelle l’apprentissage en Suisse. Elle contribue au développement personnel et professionnel des personnes impliquées, les aide à prendre une part active dans la société et fournit de la main d’œuvre à l’économie. Les projets soutiennent les systèmes nationaux de formation technique et professionnelle, et collaborent également avec des partenaires du secteur privé, lesquels proposent des formations en entreprises sur leur site. Certains projets cherchent spécifiquement à accroître l’employabilité de groupes marginalisés ou vulnérables de la population.
Qualité de l’emploi
Conseils et formation en faveur des cadres et des travailleurs.
Amélioration du dialogue social et conformité avec des normes du travail.
Diminution des accidents, gains de productivité et hausse de l’attrait des producteurs à l’égard des acheteurs.
Les interventions liées à la qualité de l’emploi renforcent la sécurité sur le lieu de travail, améliorent les protections sociales et définissent des pratiques, des politiques et des stratégies nécessaires pour accroître les normes en matière de qualité de l’emploi. Elles peuvent également intensifier le dialogue social et la coopération sur le lieu de travail entre cadres et employés. En cherchant à promouvoir un travail productif et une rémunération décente, tous les projets comportent des aspects relatifs à la qualité de l’emploi. * Les deux types d’interventions (« promotion des petites et moyennes entreprises » et « accès au financement ») peuvent avoir des effets
14
directs et indirects sur l’emploi. Dans le cadre de cette étude, seuls des projets avec effets indirects sur l’emploi ont été l’objet de recherche.
Réduc de pauv
ction la vreté
L’amélioration de l’administration publique renforce l’attractivité pour les investisseurs.
Réglementation plus rapide, moins onéreuse, transparente.
Réforme structurelle & emplois
Assistance aux réformes de l’environnement des entreprises.
D’une manière générale, les projets de réforme structurelle impliquent une modification du mode de fonctionnement d’un gouvernement pour améliorer le climat d’investissement. Ils encouragent l’établissement, au niveau national, de procédures et de réglementations, telles que des procédures de faillite et d’enregistrement des entreprises. Ils appuient également le commerce national et renforcent la coordination entre les institutions publiques, de même que la manière dont celles-ci coopèrent avec le secteur privé. Les interventions de ce type favorisent l’environnement des affaires et le développement économique local, celui-ci devant à son tour stimuler la création d’emplois à moyen terme.
Amélioration de la performance des entreprises.
Amélioration du savoir-faire entrepreneurial et des compétences financières.
Promotion des PME*
Fourniture de services de développement des entreprises.
Malgré leur taille restreinte, les petites et moyennes entreprises (PME) sont plus nombreuses que les grandes sociétés, et dépassent celles-ci en terme de nombre d’employés et de stimulation de l’innovation et de la concurrence dans de nombreux secteurs économiques. Les gains de compétitivité et les hausses de revenu dans les PME se traduisent par des retombées indirectes sur l’emploi. Généralement, les interventions relevant de cette catégorie améliorent la qualité des produits et encouragent des techniques de production plus propres en introduisant de nouvelles technologies. D’autres interventions dispensent des formations en entrepreneuriat, des services de développement des entreprises et des aides au commerce, afin d’améliorer la qualité des services et de faciliter l’accès à ces derniers.
L’augmentation des ventes et des revenus entraîne la création d’emplois.
Nouveaux investissements dans le matériel et dans le capital d’exploitation.
Les entreprises bénéficient de services financiers auxquels ils n’avaient pas accès jusque-là.
Accès au financement*
De nombreux particuliers et entreprises dans les pays en développement comptent sur leurs propres ressources pour réaliser des investissements, tant leur accès au financement est limité. Celui-ci constitue toutefois un moteur de croissance économique et par conséquent un gage d’amélioration de l’emploi. Cherchant à briser le cercle de l’inégalité, les interventions octroient de petits prêts à des particuliers, ainsi que des prêts ou des garanties directement aux PME, ou s’emploient à dynamiser l’investissement privé en soutenant des établissements financiers. Par ailleurs, le SECO encourage les réformes réglementaires dans le secteur financier (p. ex. introduction de lois sur le crédit-bail, agences de crédit, transactions sécurisées, etc.) qui ont une incidence indirecte sur l’emploi.
L’accès aux services intensifie la production, le commerce et la concurrence.
Amélioration des infrastructures et création d’emplois temporaires.
Investissement dans des routes, des bâtiments, des machines et l’énergie.
Projets d’infrastructure
De meilleures infrastructures offrent aux particuliers et aux entreprises un accès nouveau et facilité aux services de base (p. ex. formation et marchés), propices à la création d’emplois. Les projets d’infrastructure génèrent aussi des emplois durant la phase de construction, puis pour les activités subséquentes d’exploitation et de maintenance. 15
RÉSULTATS DE L’ÉTUDE L’équipe d’experts est parvenue à la conclusion que
de l’environnement des affaires, exercent sur l’em-
la coopération internationale de la Suisse atteint pour
ploi des effets indirects ou secondaires qui prennent
l’essentiel ses objectifs d’emploi et de génération de
généralement plusieurs années à se matérialiser.
revenus, et respecte les bonnes pratiques internationales en vigueur dans ce domaine. Près de 85 %
Les principales variables qui semblent avoir un impact
des interventions du Portefeuille en matière d’emploi
sur les scores d’efficacité sont le type d’interven-
(2005–2014) ont obtenu des scores d’efficacité allant
tion, l’objectif d’emploi que l’intervention cherche
de « très bien » à « satisfaisant », pour un score
à atteindre, de même que la région dans laquelle
moyen global de 4,5. Ces chiffres signifient que la
elle se déroule. Par ailleurs, l’équipe d’évaluation a
plupart des projets ont entièrement ou partiellement
identifié un certain nombre de facteurs génériques
atteint leurs objectifs liés à l’emploi. Et ce malgré le
non spécifiques à l’emploi, mais qui favorisent ou
fait que certaines interventions, dont les réformes
compromettent le succès des activités.
Efficacité globale Pourcentage des projets par score 05
6 Score moyen
5
4.5 85 %
des interventions sont fructueuses
Score
4 3 2 1
16
10
15
20
25
30
35
Facteurs propices : +
Capacité et motivation :
Les connaissances techniques et l’expérience,
tiques, une dévaluation de la monnaie et des
ainsi que les compétences en matière de ges-
événements météorologiques extrêmes.
-
facteurs externes, tels que des crises poli-
tion et de réseautage de l’équipe du projet et des partenaires de mise en œuvre revêtent
Les visites de terrain ont montré que la pérennité
une importance déterminante. Ces compé-
et l’existence d’une stratégie de retrait au-delà de
tences et facultés sont indispensables lorsqu’il
la durée de l’intervention constituaient des points
s’agit de résoudre des problèmes imprévus
critiques dans de nombreux projets. Les acteurs
lors de la mise en œuvre du projet, de mettre
locaux ne réalisent pas toujours que le soutien
en relation et inciter les protagonistes publics,
financier des donateurs est limité et que les projets
privés et de la société civile à s’impliquer dans
devraient rechercher l’autosuffisance. En particulier,
la mise en œuvre du projet, ainsi que pour am-
les acteurs impliqués dans les projets multi-donateurs
plifier les effets d’un projet. La motivation des
semblent partir du principe que l’engagement de
parties prenantes est un facteur propice sous-
l’un ou l’autre organisme donateur sera éternel.
jacent clé pour une mise en œuvre couronnée de succès des projets et des programmes.
BÉNÉFICIAIRES
+
Flexibilité dans la mise en œuvre du projet :
De nombreux projets impliquent des petits produc-
La forte incertitude qui règne dans de nom-
teurs agricoles ou des petites et moyennes entre-
breux pays de coopération peut rendre néces-
prises tournées vers la croissance et les exportations
saire la modification de la démarche de mise en
des secteurs manufacturier et tertiaire, y compris des
œuvre et/ou des activités durant le projet. Les
domaines de la transformation alimentaire, de
interventions qui ont su s’adapter rapidement
l’artisanat, du textile et du tourisme. Dans le cas de
aux évolutions du contexte politique ou écono-
la formation professionnelle, les principaux bénéfi-
mique ont généralement atteint leurs objectifs.
ciaires sont généralement des jeunes non scolarisés, ainsi que des adultes analphabètes ou sans emploi.
+
Engagement et appropriation :
Les projets concernés se concentrent souvent expli-
Les partenaires publics et privés engagés ont
citement sur des groupes de personnes marginali-
souvent contribué de manière substantielle à
sées ou vulnérables : femmes, membres de minorités
la réalisation des projets. En particulier, le sou-
ethniques ou habitants de zones rurales reculées. À
tien des administrations nationales ou locales
l’inverse, les projets ou programmes qui s’adressent
s’est révélé déterminant pour les interventions
aux entrepreneurs excluent inévitablement les plus
qui visaient à modifier le cadre réglementaire.
pauvres et les plus vulnérables du cercle des bénéficiaires directs. Les interventions qui cherchent à intro-
Facteurs défavorables :
duire des réformes réglementaires aident les ministères à travailler de manière plus efficiente, efficace
-
nombre excessif d’objectifs et/ou indicateurs
et professionnelle ; le cas échéant, les particuliers et
trop ambitieux ;
les entreprises deviennent des bénéficiaires indirects.
-
objectifs équivoques ou trop vagues ;
-
orientation vers la demande insuffisante ;
Le présent rapport n’a pas constaté de corrélation
-
rotation du personnel élevée au sein du projet
significative entre un groupe de bénéficiaires et l’effi-
et des institutions partenaires ;
cacité d’une intervention.
17
SCORES D’EFFICACITÉ TYPES D’INTERVENTION La coopération internationale de la Suisse poursuit ses
d’infrastructures, tout en contribuant directement et
objectifs en matière d’emploi au travers de sept types
indirectement à la création d’emplois.
principaux d’interventions et interagit avec des particuliers, des entreprises et des gouvernements. Les inter-
Les projets de formation professionnelle, notamment
ventions liées à la formation professionnelle pour les
ceux qui ciblent les groupes marginalisés, semblent
groupes marginalisés et à l’amélioration de la qualité des
bien fonctionner et atteindre systématiquement leurs
emplois ont obtenu les résultats les plus élevés en termes
objectifs lorsqu’ils sont combinés avec des interventions
d’efficacité, tandis que celles liées aux chaînes de valeur
relevant du travail décent. Des gains similaires ont éga-
axées sur le commerce et à la promotion des PME sont
lement été obtenus en associant plus étroitement des
arrivées en fin de classement. Les projets infrastructurels
interventions de promotion des PME à des actions
ont également réalisé des scores élevés, mais sont moins
d’accès au financement. En ce qui concerne la mesura-
courants et sensiblement moins susceptibles de faire
bilité, les résultats des formations professionnelles sont
figurer l’emploi parmi leurs objectifs prioritaires. Ces pro-
souvent exprimés en termes de résultats immédiats (out-
jets ont en effet pour but premier de fournir des services
puts), par exemple le nombre de diplômés, et non sur la base d’effets obtenus (outcomes), par exemple le nombre
Score d’efficacité par type d’intervention
de diplômés qui décrochent un nouvel ou un meilleur emploi. Les résultats de la formation professionnelle sont dès lors plus faciles à mesurer et à obtenir que les inter-
5.2
Infrastructure
ventions assorties d’objectifs et d’effets plus complexes. Les effets sur l’emploi des projets de microfinance clas-
5.0
Qualité de l’emploi
5.0
Formation professionnelle pour des groupes marginalisés
siques et de certaines actions de soutien aux PME se limitent souvent aux propriétaires des entreprises concernées, avec souvent des revenus supplémentaires pour les femmes de la famille. Ayant une échelle limitée et fournissant des sources de financement restreintes, ces interventions ont certes contribué à réduire la pauvre-
4.8
Chaîne de valeur agricole
té des participants, mais ne leur ont pas pour autant permis de s’extraire de cette condition et d’étendre les avantages fournis au-delà des familles des bénéficiaires
4.8
Accès au financement
pour atteindre les communautés. Des effets similaires ont été observés avec des interventions qui visent la création d’emplois et la formation professionnelle en faveur de
4.7
Formation professionnelle
4.5
Réforme structurelle
groupes de personnes vulnérables. Les producteurs qui ont participé à des projets de développement de chaînes de valeur ont augmenté leurs volumes de ventes et renforcé leur pouvoir de
4.2
Promotion des petites & moyennes entreprises
négociation. Mais l’amélioration de l’emploi étant une conséquence indirecte, ces projets ne collectent pas de données systématiques sur ces retombées. Les moins
4.0
18
Chaîne de valeur commerciale
bons résultats obtenus par certains projets liés aux
Interventions analysées pour cette étude
chaînes de valeur résultent de prévisions inexactes quant à l’évolution de la demande et des prix des produits sur les marchés internationaux.
Infrastructure En ce qui concerne les projets de promotion des PME,
Qualité de l’emploi
d’infrastructure, et de la plupart des programmes d’accès au financement, l’amélioration de l’emploi est également
Formation professionnelle pour des groupes marginalisés
un résultat indirect. Pour autant, ces interventions créent
Chaînes de valeur agricoles
et préservent des emplois, et améliorent les revenus. En
Accès au financement
ce sens, le fait que les types d’intervention qui visent des finalités directement liées à l’emploi – formation profes-
Formation professionnelle
sionnelle, qualité de l’emploi – enregistrent des scores
Réforme structurelle et emplois
d’efficacité sensiblement supérieurs aux autres types d’intervention est un constat très réjouissant.
Promotion des petites et moyennes entreprises Chaînes de valeur commerciale
Les types d’intervention les plus efficaces en termes d’atteinte des objectifs d’emploi sont ceux qui œuvrent
Monde
en faveur de la qualité de l’emploi et cherchent à développer les infrastructures. Mais ces résultats doivent être interprétés avec prudence dans la mesure où les types en question forment les plus petites catégories de l’échantillon.
Asie
MoyenOrient Amérique centrale
Asie du Sud
Afrique australe
Afrique australe & Afrique de l’Est
19
Projet réussi Youth employability au Nicaragua (DDC) Type d’intervention : formation professionnelle Contributions : CHF 3,7 millions Période du projet : 2006-2012 Bénéficiaires : 5 400 jeunes et 740 enseignants Le projet a soutenu 45 centres de formation profes-
Elément positif, le projet a permis la mise sur pied
sionnelle à travers l’Institut national de technologie
d’un système de certification pour les jeunes et
(INATEC) du Nicaragua et d’autres établissements
les employés. Ce dernier leur a ainsi accordé des
publics ou privés de formation professionnelle. Le
crédits officiellement reconnus pour le cours qu’ils
projet a permis, entre autres, de moderniser les
ont suivi. Il a également donné lieu à une nouvelle
cursus, de former les enseignants et de développer
stratégie gouvernementale lancée via l’INATEC et un
des modules de formation. Le programme s’adres-
Département des certifications, qui octroie désor-
sait en particulier à des jeunes risquant l’exclusion
mais chaque année des certificats professionnels à
sociale. Gratuits, les cours comprenaient égale-
11 000 travailleurs salariés.
ment un volet consacré aux savoirs comportementaux adaptés aux besoins des participants. Après
Puisque dans son ensemble, le programme a
l’obtention du diplôme, la grande majorité des
fondamentalement modernisé les cours de l’INATEC,
jeunes a trouvé du travail et près de la moitié a vu
il profitera également aux futurs étudiants et aura
son salaire augmenter.
probablement des impacts durables sur l’emploi.
20
Succès partiel Social and Economic Development Network au Myanmar (DDC) Type d’intervention : chaîne de valeur agricole Contributions : USD 18,2 millions (versés au LIFT) Période du projet : 2010–2018 Bénéficiaires : 2 500 femmes ont reçu une formation, parmi lesquelles 960 ont été engagées dans la production Le projet est financé par l’intermédiaire du Fonds
que les métiers mécanisés courants. Les techniques
multi-donateurs Livelihoods and Food Security Trust
dépassées sont peut-être utiles à des fins de formation,
Fund (LIFT), qui a mis en œuvre plus de 130 projets au
mais risquent, entre autres effets obtenus, de nuire à
Myanmar depuis 2010. La Suisse contribue au projet à
la santé des ouvrières et à la compétitivité par rapport
hauteur de 18,2 millions de dollars, soit 4 % du fonds
aux autres producteurs. De plus, la vente et le marke-
total. Parmi les projets soutenus par le LIFT figure le
ting des produits sont gérés par le projet et non par
Social and Economic Development Network, qui exploite
les femmes elles-mêmes. Si la finalité est de permettre
un magasin de souvenirs vendant des biens produits par
aux ouvrières d’assumer un jour l’activité en toute
des femmes de la région. Ces dernières sont indépen-
autonomie, c’est-à-dire sans l’appui des donateurs, il
dantes et organisent elles-mêmes le processus de pro-
conviendrait de leur transférer, à un moment donné, la
duction. Le projet leur fournit un investissement initial
responsabilité de ces deux opérations. Le projet aurait
pour acheter les matières premières et l’équipement.
avantage à élaborer une vision globale qui lui permet-
Grâce au projet, les travailleuses ont augmenté leur reve-
trait de devenir autosuffisant à long terme et ainsi de
nu quotidien de 1 à 5 francs en moyenne par jour.
développer un esprit d’entreprise. Tel n’est pas le cas à l’heure actuelle, ainsi que le soulignent, par exemple,
Le projet est certes couronné de succès. Plusieurs pro-
les heures d’ouverture limitées du magasin.
blèmes pourraient toutefois compromettre sa viabilité à long terme. Le premier réside dans le fait que le pro-
Malgré ces quelques lacunes mises en évidence à des
jet a fourni aux ouvrières des métiers à tisser manuels
fins d’enseignement institutionnel, le projet rencontre
anciens, dont le fonctionnement nécessite des efforts
un large succès et exerce un impact considérable sur la
importants et qui sont sensiblement moins efficaces
vie de nombreuses femmes. 21
OBJECTIFS EN MATIÈRE D’EMPLOI L’augmentation du revenu est l’objectif d’emploi le
La présente évaluation montre que les interventions
plus fréquent des interventions qui composent le
dans les domaines de la formation continue et de
portefeuille de la coopération internationale de la
l’intégration au marché du travail sont particulière-
Suisse. Si l’égalité des sexes constitue rarement un
ment prometteuses, alors que la création d’emplois
objectif prioritaire, elle est souvent intégrée dans
(l’objectif le plus étroitement lié aux interventions
les projets en tant que thème transversal conforme
pour l’emploi) affiche des scores d’efficacité plus
aux politiques du SECO et de la DDC. Le nombre
faibles que d’autres objectifs dans ce domaine.
relativement faible de projets qui se fixent des
Ceci pourrait indiquer que la création d’emplois
objectifs d’égalité des sexes ne doit donc pas mas-
est un objectif difficile à réaliser, en partie à cause
quer le fait que de très nombreuses interventions
de l’effort requis pour en mesurer les résultats. Les
sont sensibles à cette problématique.
analystes ont en effet besoin d’un grand volume de données pour émettre des affirmations fiables à propos de la relation entre une intervention et le
Score d’efficacité par objectif
nombre d’emplois créés. Lors de la conception d’une nouvelle intervention, notamment lorsque l’emploi ne constitue qu’un effet collatéral, les responsables
5.2
Égalité entre les sexes
doivent donc réfléchir attentivement à la question de savoir si la perspective de mieux comprendre comment concevoir de nouvelles interventions grâce
5.1
Innovation
à des données de haute qualité justifie les coûts et les efforts qu’il faudrait consentir pour mesurer les effets sur l’emploi.
4.9
Formation & intégration au marché de l’emploi
La génération de revenus et l’accès aux marchés ont obtenu des scores moins élevés. Parmi les interven-
4.7
Emploi décent
tions analysées pour cette étude, 39 faisaient figurer l’augmentation du revenu parmi leurs objectifs,
4.6
Augmentation du revenu
mais au final seules onze ont fait état de résultats concrets et comparables. Sur ces onze interventions, la majorité a manqué ses objectifs. À l’inverse,
4.4
Accès aux marchés
4.3
Sauvegarde des emplois
plusieurs projets ont largement dépassé leurs objectifs de génération de revenu. Quant à l’efficacité des projets cherchant à améliorer l’accès aux marchés, elle a souvent été affectée par des prévisions inexactes concernant l’évolution de
4.2
Création d’emplois
la demande et des prix des matières et des services soutenus.
3.8
22
Diversification du revenu
Fréquence des objectifs en matière d’emploi Augmentation du revenu
Égalité entre les sexes
27%
2%
Sauvegarde des emplois
3% Création d’emplois
22%
Accès aux marchés
Innovation
Objectifs en matière d’emploi de la coopération internationale de la Suisse
3%
Diversification du revenu
3%
22% Formation & intégration au marché de l’emploi
Emploi décent
5%
14% 5 10 15 20 25
Pourcentage
23
Mahmoud Talal, 23 ans Mécanicien en chauffage, ventilation et climatisation (CVC) à Ar Ramtha, Jordanie A participé à une formation professionnelle dispensée par le projet Mitigating the Impact of the Syrian Refugee Crisis on Vulnerable Jordanian Host Communities (DDC) en 2014–2015 Ar Ramtha était une ville prospère qui profitait du commerce avec la Syrie voisine et également de la proximité de pôles commerciaux syriens, sources de revenus pour de nombreux Jordaniens. Avec la crise actuelle en Syrie, ces sources se sont taries et les communautés frontalières souffrent de l’afflux massif de réfugiés. Mahmoud a grandi à Ar Ramtha, où il travaillait occasionnellement dans un commerce local de réparation de dispositifs de refroidissement. Pour améliorer ses chances sur le marché du travail, il a suivi une formation professionnelle en CVC financée par la DDC. Le cours comprenait notamment une période de formation en emploi d’un mois chez LG, un grand équipementier dans le domaine des CVC. Appréciant hautement ses compétences et sa motivation, la société lui a proposé un emploi fixe, que Mahmoud a dû quitter peu après avoir commencé. Les trajets entre sa ville natale et son lieu de travail étaient trop pénibles et il n’y avait pas d’hébergement disponible sur place. Son ancien employeur lui a toutefois offert un nouveau poste en tant qu’ouvrier qualifié, avec un salaire largement supérieur à ce qu’il gagnait avant la formation. Une brève vidéo sur Mahmoud Talal est disponible sur les sites internet de la DDC et du SECO.
24
Qanije Selimi, 32 ans Propriétaire de la structure d’accueil pour enfants REA à Tetovo, Macédoine A reçu une subvention de démarrage du Small Business Expansion Project (SECO) en 2013–2016 Qanije a ouvert sa structure d’accueil il y a cinq ans, avec un ameublement de base et trois employés pour s’occuper de 15 enfants. Grâce au projet du SECO, elle a reçu du matériel, tel que des lits, des jouets et du matériel de bureau (pour une valeur totale de 5 000 dollars) afin d’améliorer le fonctionnement de son entreprise. Cette aide lui a permis de doubler le nombre d’enfants et d’employés de la structure. Qanije est restée impliquée dans le projet et a dispensé conseil et soutien à d’autres femmes entrepreneurs. Aujourd’hui, 150 enfants, d’origine aussi bien albanaise que macédonienne, fréquentent le centre REA, qui emploie 17 femmes. Mais plus important encore, eu égard au manque de structures d’accueil pour enfants et à la faible acceptation culturelle dans la région pour les mères qui travaillent, l’activité de Qanije a contribué à renforcer la position des femmes sur le marché du travail. Une brève vidéo sur Qanije Selimi est disponible sur les sites internet de la DDC et du SECO. 25
RÉGIONS La coopération internationale de la Suisse est active
Si l’échelle d’une intervention (régionale, nationale
en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord et
ou mondiale) ne semble pas avoir d’incidence sur
au Moyen-Orient, en Amérique latine, en Asie,
l’efficacité d’un projet, l’étude relève toutefois des
en Europe de l’Est et dans la Communauté des
différences géographiques significatives. Les inter-
États indépendants. La majorité des interventions
ventions en Asie et en Amérique latine obtiennent
se déroule aux niveaux national et sous-national.
des scores d’efficacité élevés. Celles en Afrique et
Seuls 3 % des projets de l’échantillon de l’étude
au Moyen-Orient sont probablement affectées par
sont mondiaux.
les difficultés majeures auxquelles sont confrontés les marchés du travail dans ces régions, dans
Score d’efficacité par région
un environnement souvent marqué par des institutions faibles et des États fragiles. Autre facteur aggravant : un nombre élevé de jeunes peu formés
5.0
et sans emploi, dont une grande partie a aban-
Asie
donné l’école avant terme, tente de s’insérer sur un marché du travail incapable de les accueillir.
Amérique latine & Caraïbes
5.0
Souvent informelles, les opportunités d’emploi dans ces régions sont difficiles à cibler et à mesurer.
4.6
Europe de l’Est & Asie centrale
4.2
Monde
4.1
Afrique subsaharienne
4.0
Afrique du Nord & Moyen-Orient
Portée géographique des interventions
10 20 30 40
Pourcentage
14%
Régionale sur plusieurs pays
43%
Locale
26
40%
3%
Nationale
Monde
Interventions par région Monde
Europe de l’Est & Asie centrale
Asie
Afrique du Nord & Moyen-Orient Amérique latine & Caraïbes Afrique subsaharienne
5 10 15 20
Pourcentage
27
25
Projet réussi Better Work au Vietnam (SECO) Type d’intervention : qualité de l’emploi Contributions : CHF 2 millions Phase II de la période du projet : 2013-2017 Bénéficiaires : 450 usines employant 618 000 ouvriers (dont 81 % de femmes) Le programme Better Work améliore et garantit les
matière de productivité et de compétitivité afin
conditions de travail dans les usines de vêtements
de promouvoir des méthodes de production plus
en incitant celles-ci à se conformer aux normes
durables. Les directions d’usine apprécient grande-
internationales et aux lois nationales sur le travail.
ment ces services de conseils, qui constituent un
Les acheteurs internationaux exigent le respect de
avantage compétitif pour les entreprises partici-
certaines normes pour garantir la conformité avec
pant au programme. Bien qu’il n’ait pas encore été
leur propre politique de responsabilité sociale ou
possible de démontrer un gain de productivité pour
celle de leurs clients et incitent ainsi fortement
les usines visitées, une étude d’impact complète
les directeurs des usines à en faire de même. Une
menée par l’université Tufts a relevé une augmen-
fois qu’une fabrique a adhéré au programme,
tation de 22 % de productivité à travers le monde
Better Work passe en revue toute la documentation
dans les entreprises qui ont adhéré à Better Work.
disponible, interroge les ouvriers, les cadres et les
Elle a également constaté que les ouvriers restent
acheteurs, et visite à plusieurs reprises les ins
davantage fidèles aux usines lorsque leurs conditions
tallations de manière planifiée ou inopinée. Le
de travail s’améliorent et qu’ils se sentent plus auto-
programme communique ensuite les recommanda-
nomes. Certaines entreprises rapportent qu’après
tions d’amélioration à la direction et aux personnes
une année de collaboration avec Better Work, le
chargées de leur mise en œuvre. Better Work offre
taux de roulement de la main-d’œuvre baisse parfois
des formations pour les ouvriers et les cadres en
de 20 – 25 % à 5 – 7 % par année. Dans l’optique
fonction des besoins individuels de chaque site
d’élargir son action, Better Work pourrait s’adresser
de production. De plus, il fournit des conseils en
également aux sous-traitants des usines certifiées.
28
Succès partiel Micro and Small Enterprise Project (MSEP) en Macédoine (SECO) Type d’intervention : accès au financement Contributions : CHF 1 045 000 Période du projet : 2013-2017 Bénéficiaires : micro-, petites et moyennes entreprises, centres d’affaires régionaux et cabinets de conseil économique locaux Le Micro and Small Enterprise Project (MSEP) a
l’établissement de formation a cherché à les pallier
apporté un soutien aux entreprises en fournissant
en adaptant les horaires de formation. Pourtant,
des formations ainsi que des services de développe-
il n’a pas suffisamment exploré la faisabilité de
ment des activités (p. ex. participation à des mani-
solutions plus innovantes (p. ex. webinaires).
festations de réseautage) et de financement. Le but était de créer de nouveaux emplois et de favoriser
Le projet exigeait également des participants qu’ils
le développement économique en Macédoine.
assument une partie des coûts de la formation de
Selon leurs besoins, les entreprises pouvaient choi-
manière à ce qu’ils s’approprient les objectifs et afin
sir les composantes du projet qui les intéressaient.
de garantir la pérennité financière et la qualité des
Pour bénéficier d’un appui financier et de services
services. Durant la même période, un autre donateur
de soutien aux entreprises, elles devaient toutefois
est entré en concurrence avec le MSEP en offrant une
obligatoirement participer à une formation. Un total
formation gratuite en entrepreneuriat en Macédoine.
de 207 entreprises a suivi la formation, 68 d’entre
Ce chevauchement aurait pu être évité à la faveur
elles ont opté pour les services de conseil ou ont
d’une meilleure coordination entre les donateurs.
participé aux activités de réseautage, et six ont reçu un appui financier du Micro Investment Funds.
Les projets financés par la Suisse auraient également pu être mieux coordonnés. Ainsi, un autre
Le projet n’a pas déployé son plein potentiel essen-
projet financé par le SECO en Macédoine a élaboré
tiellement parce qu’il n’a pas réussi à impliquer
une base de données des services proposés par les
assez d’entrepreneurs. Il aurait pu atteindre un plus
entreprises de l’industrie légère. Comme le MSEP
grand nombre d’entre eux en coopérant avec des
travaillait également avec les entreprises de ce
agences de développement régional, des offices
secteur, les bénéficiaires auraient pu être mis en
économiques locaux ou d’autres services officiels,
relation avec la base de données de l’autre projet et
mais il n’a pas saisi ces opportunités. Selon un
obtenir ainsi des avantages supplémentaires.
sondage réalisé pour savoir pourquoi les services proposés n’ont pas rencontré le succès escompté,
Malgré ces éléments, le projet a obtenu des résultats
les directeurs des entreprises émergentes ont affirmé
positifs : de 2013 à 2015, 145 nouveaux employés
qu’il leur était difficile de dégager le temps néces-
ont trouvé du travail dans des entreprises qui avaient
saire pour se rendre sur les lieux de la formation
adhéré au projet jusqu’en 2014, tandis qu’un échan-
(souvent éloignés) et participer à des cours durant
tillon aléatoire de MPME comparables n’ayant pas
toute une journée. Conscient de ces problèmes,
participé à l’intervention n’en embauchaient que 54.
29
AUTRES MÉCANISMES DE FINANCEMENT En plus des différents projets et programmes, le
Le PIDG et le SIFEM fonctionnant différemment
portefeuille du SECO comprend également le Swiss
des projets évoqués précédemment, la méthode
Investment Fund for Emerging Markets (SIFEM) et le
d’analyse utilisée jusqu’ici n’est pas entièrement
Private Infrastructure Development Group (PIDG),
compatible. Les deux organismes communiquent
dont les activités se concentrent sur le financement
leurs résultats et leurs investissements au SECO au
et l’investissement dans des économies en déve-
niveau du fonds global selon un format norma-
loppement. Tandis que le SIFEM est une institution
lisé. Par conséquent, les résultats du PIDG et du
suisse, le PIDG est dirigé stratégiquement et détenu
SIFEM ont été examinés au moyen d’entretiens
par plusieurs organismes donateurs internationaux.
approfondis et d’analyses supplémentaires des
L’emploi constitue un objectif de développement
documents.
primordial pour ces deux mécanismes.
PIDG & SIFEM par volume
12% SECO
PIDG Total 1 176 mio. USD*
100% SECO
SIFEM Total 605 mio. USD**
*Financement alloué par les membres et d’autres donateurs au PIDG 2002-2015 (rapport annuel du PIDG 2015) ** Total des engagements actifs du SIFEM à fin 2015 (OBVIAM)
30
SIFEM SIFEM SA est une société privée dont l’intégralité des
respectifs. Les données quantitatives sur le nombre de
actions appartient à la Confédération. SIFEM prend
personnes employées sont publiées dans les rapports
des participations uniquement dans des sociétés qui
techniques annuels. Pour permettre de centrer davan-
n’ont pas ou peu de chances d’obtenir un finance-
tage les approches des interventions sur un aspect ou
ment commercial. On peut raisonnablement suppo-
un autre de l’emploi, il est suggéré d’affiner le format
ser que les contributions versées à ces projets crée-
respectif des rapports, et en particulier de :
ront et préserveront directement le plus d’emplois. •
continuer de faire figurer l’évolution du nombre
Entre 2003 et 2011, SIFEM a contribué à la création
d’emplois et de la création d’emplois (informa-
de 46 000 emplois et en a soutenu 222 000 autres.
tions introduites en 2014 sur la base des objectifs
Si l’on compare la croissance des emplois dans les
stratégiques fixés par le Conseil fédéral), de véri-
entreprises soutenues financièrement par SIFEM
fier régulièrement l’adéquation des méthodes
avec celle des marchés dans lesquels les sociétés
de suivi, et de réviser celles-ci au besoin ;
en question opèrent, on constate que les premières ont connu une progression des emplois de 9,7 %,
•
tenir compte de l’intensité du travail en tant que
contre une moyenne de 0,1 % pour les secondes
critère d’observation afin de déterminer s’il faut
entre 2008 et 2010. Ces chiffres tendent à prouver
privilégier les investissements qui créent plus
des effets positifs. Il existe néanmoins une multitude
d’emplois, à chaque fois que ce choix est perti-
de facteurs qui pourraient avoir contribué à la
nent dans le contexte global d’une intervention ;
performance économique et à la création d’emplois. Les données disponibles ne permettent pas de tirer
•
prêter une plus grande attention à la présenta-
des conclusions précises quant à la mesure dans
tion, dans les rapports, des aspects qualitatifs
laquelle l’intervention elle-même a contribué à la
de la formation au niveau des bénéficiaires,
variation du nombre d’employés.
et inclure la formation dans le programme de financement chaque fois que nécessaire ;
Les informations qualitatives relatives à l’impact d’une intervention sur le développement et la conformité de
•
se concentrer davantage sur les aspects qualitatifs
tous les investissements SIFEM aux normes environ-
des conditions de travail des femmes, par exemple
nementales, sociales et de gouvernance requises sont
en recueillant plus d’informations sur les femmes
suivies et contrôlées par les gestionnaires des fonds
au travail, et en instaurant des mécanismes de suivi.
Effets du SIFEM sur l’emploi
9,7 %
de 2003 à 2011
46 000
emplois créés
222 000 emplois soutenus
0,1 % Croissance moyenne de l'emploi
Croissance de l’emploi dans les entreprises soutenues par le SIFEM
2008 – 2010
31
PIDG Depuis 2002, le PIDG mobilise des investissements
nouvel accès aux infrastructures à la suite de pro-
privés en faveur des infrastructures en accordant
jets PIDG. Des estimations plus récentes font état
à des entreprises du capital-développement à un
de 139 millions de personnes. On ne peut cepen-
stade précoce, des garanties de crédit et des prêts
dant pas déterminer précisément quelles méthodes
pour financer la dette. Les investissements réali-
de collecte et de vérification des données ont été
sés ont pour but d’améliorer les infrastructures, et
utilisées, dans quelle mesure celles-ci ont été esti-
d’augmenter ainsi la prestation de services en faveur
mées et si les données de base (baseline) ont été
des personnes pauvres, de dynamiser la croissance
prises en compte.
économique et de réduire la pauvreté dans les pays en développement. Les améliorations en termes d’infrastructures aident les entreprises en leur four-
Effets du PIDG sur l’emploi*
nissant une source d’énergie fiable pour l’industrie,
de 2002 à 2015
189 657
ainsi que des systèmes de transport accessibles pour commercialiser leurs produits. À leur tour, ces aides
173 360
favorisent la croissance économique et génèrent des emplois de manière indirecte. Les effets directs sur l’emploi proviennent des phases de construction, puis d’exploitation et de maintenance des nouvelles infrastructures. Les investissements dans les infrastructures exercent également des effets secondaires sur l’emploi, notamment lorsqu’une nouvelle route facilite l’accès aux villages et aux marchés. Ces retombées sont toutefois difficiles à quantifier et ne sont donc pas prises en compte. Les mécanismes du
10 948 12 048
PIDG ambitionnent de devenir autonomes au fil du temps et de démontrer ainsi leur viabilité commerciale tout en remplissant des objectifs de développement spécifiques. Les services du PIDG se veulent complémentaires, en ce sens qu’ils sont fournis pour aider les entreprises qui ne recevraient pas de finan-
Emplois prévus
Emplois créés
Court terme
Emplois prévus
Emplois créés
Long terme
cement commercial autrement. Selon la base de données du PIDG pour 2015, le nombre d’emplois créés ou soutenus par des pro-
58
projets d’infrastructure financés
jets opérationnels dépasse légèrement les prévisions initiales : on dénombre 12 048 emplois à court terme pour les 58 projets opérationnels, contre
Nombre de personnes bénéficiant d’un meilleur ou d’un nouvel accès aux infrastructures
une prévision de 10 948. On compte également 189 657 emplois à long terme après l’achèvement des projets, contre 173 360 initialement prévus. Les calculs initiaux prévoyaient que 127 millions de personnes bénéficieraient d’un meilleur ou d’un
Prévus Créés
127 millions 139 millions
*Selon la base de données du PIDG 2015
32
COMPARAISONS AVEC D’AUTRES DONATEURS L’emploi est devenu l’un des objectifs prioritaires
promotion des petites et moyennes entreprises et
de la coopération au développement. Le présent
d’accès aux projets de financement, ils visent indirec-
rapport compare ci-après l’action de la coopération
tement la création d’emplois. Les études internatio-
internationale de la Suisse dans le domaine de l’em-
nales montrent que le fait de cibler un large éventail
ploi à celle d’autres organismes donateurs sur un
d’objectifs liés à l’emploi, à l’instar de la Suisse, est
certain nombre de critères.
une méthode pertinente dans la mesure où elle crée
*
une approche globale permettant de tenir compte
Efficacité : l’expérience internationale montre
des différentes dimensions de l’emploi.
que conformément aux constatations de cette création
Méthodologie et procédure : l’importance
d’emplois sont difficiles à atteindre. Les impacts
croissante de l’emploi dans le débat mondial sur
sont souvent difficiles à saisir pleinement, et tendent
le développement a incité les donateurs à travers
à se matérialiser (uniquement) à plus longue
le monde à analyser systématiquement les impacts
échéance. Ce constat ne diminue en rien l’importance
de leurs interventions sur l’emploi. Comparé à
des interventions, mais reflète l’énorme difficulté
ces efforts, le rapport de la Suisse sur l’efficacité
qu’il y a à générer des emplois selon le type d’inter-
des interventions dans le domaine de l’emploi se
vention, une difficulté exacerbée dans les contextes
distingue comme étant l’une des analyses les plus
de forte croissance démographique et de faible
systématiques, complètes et innovantes. Il couvre en
gouvernance. Pour obtenir des incidences à long
effet un échantillon représentatif des interventions
terme, les interventions doivent effectuer des inves-
de la Suisse en matière de développement de l’emploi
tissements soutenus (et parfois considérables) dans
et permet de comparer la performance d’interven-
le domaine de l’emploi.
tions hétérogènes. L’utilisation novatrice des scores
étude,
les
objectifs
quantitatifs
de
d’efficacité permet de comparer différentes interven-
Types d’intervention et objectifs : le porte-
tions et de juger la performance de chacune d’entre
feuille des interventions suisses et leurs objectifs en
elles même sans évaluations d’impact approfondies.
matière d’emploi sont similaires aux pratiques et aux
Ces dernières forment cependant un domaine dans
expériences internationales. Les projets œuvrant au
lequel les autres bailleurs de fonds sont plus avan-
niveau des chaînes de valeur cherchent à accroître
cés que la coopération internationale de la Suisse.
les revenus et à améliorer l’accès aux marchés. Les
Les analyses de ce type reposent sur des méthodes
programmes de formation professionnelle sont axés
d’évaluation d’impact rigoureuses, en particulier sur
sur la formation continue et sur l’intégration au
des essais contrôlés randomisés spécifiquement pour
marché du travail. Quant aux programmes de
l’analyse des impacts sur l’emploi.
*
Les comparaisons comprennent le Groupe de la Banque mondiale, des agences des Nations Unies, la Coopération internationale de l’Allemagne (GIZ), la Banque de développement de l’Allemagne (KfW), l’Aide à la coopération et au développement du Danemark (Danida) et l’Agence Norvégienne pour le développement et la coopération (Norad).
33
Nadia Mohamed, 52 ans Éleveuse de chèvres à Mafraq, Jordanie A reçu une subvention de démarrage de l’Emergency response to Syrian refugees and vulnerable Jordanians (DDC) en 2014–2015 Nadia est veuve et vit près de la frontière syrienne avec ses huit enfants. Elle a suivi une formation en marketing et en gestion d’entreprise financée par la DDC, puis bénéficié d’une subvention pour lancer la micro-entreprise de son choix. Elle a utilisé le capital reçu pour acheter deux chèvres, dans le but de vendre du lait et des produits laitiers dans son quartier. Les affaires marchent bien et elle gagne ainsi environ 85 francs par mois. Ce revenu l’aide à payer l’éducation de ses enfants. Selon Nadia, le projet a été bénéfique pour sa famille, mais elle relève aussi que si elle avait pu acheter plus de chèvres, elle gagnerait plus par jour pour la même quantité de travail. Une brève vidéo sur Nadia Mohamed est disponible sur les sites internet de la DDC et du SECO.
34
ENSEIGNEMENTS TIRÉS ET BONNES PRATIQUES 1
L’emploi constitue un objectif important de
3
Certaines interventions n’ont pas d’effets directs sur l’emploi.
la coopération internationale de la Suisse. L’analyse des types d’intervention et des objectifs
Dans les projets passés en revue portant sur les chaînes
en matière d’emploi met en évidence deux bonnes
de valeur, la promotion des PME, les infrastructures
pratiques : les objectifs en matière d’emploi sont
ainsi que dans la plupart de ceux qui cherchent à favo-
pleinement conformes à l’approche principale des
riser l’accès au financement, l’emploi ne figure pas par-
interventions ; les types d’intervention couvrent une
mi les objectifs directs. Dès lors, aucune donnée systé-
vaste gamme d’objectifs liés à l’emploi, ce qui indique
matique sur la variation des effets obtenus (outcomes)
que la démarche de la coopération internationale de
sur l’emploi n’est collectée. Pourtant, selon certaines
la Suisse reflète l’importance de l’emploi en tant que
études et évaluations spécifiques, ces projets contri-
résultat dans toutes ses dimensions.
buent à créer et à préserver des emplois, à augmenter le revenu et permettent souvent aux personnes inté-
2
Les projets de promotion du travail décent
ressées d’accéder à de meilleurs emplois. Par consé-
influent immédiatement sur les conditions
quent, durant la phase de conception des projets, il
de travail des plus pauvres et des femmes.
est nécessaire d’étudier attentivement la question de savoir si des objectifs d’emploi doivent être inclus dans
Les projets liés au travail décent ont également
les projets soutenus (et le cas échéant lesquels).
démontré une efficacité supérieure à la moyenne. Bien qu’ils ne puissent résoudre tous les problèmes en peu de temps, ils semblent être très bénéfiques
4
La création d’emplois est un objectif difficile à atteindre.
non seulement pour les travailleurs, mais aussi pour l’industrie privée et la société parce qu’ils prouvent
D’une manière générale, il est difficile d’identifier les
que conditions de travail décentes et productivité
relations de causalité entre une intervention et ses
peuvent aller de pair.
effets quantitatifs directs et indirects sur l’emploi. De tels effets sont néanmoins tout à fait probables et des indices laissent penser que les effets directs pourraient à leur tour entraîner des incidences indirectes dans divers domaines bien après l’achèvement d’une intervention. Il est donc important, lors de la conception des interventions, de prendre en compte une manière de mesurer les impacts et les efforts correspondants dans la collecte des données de base et des données de suivi.
35
SUGGESTIONS D’AMÉLIORATION La coopération au développement fait appel à un réseau d’organismes et de personnes qui œuvrent ensemble à la réduction de la pauvreté et au développement. Compte tenu des multiples problèmes traités et résolus grâce à des responsabilités partagées, cette étude affiche des résultats très satisfaisants pour la coopération internationale de la Suisse. Logiquement, la DDC et le SECO sont invités à poursuivre leurs démarches fructueuses, mais aussi à tenir compte des suggestions ci-après pour les points d’amélioration identifiés pendant l’étude.
PLANIFICATION ET GESTION DES PROJETS 1
Planifier rigoureusement les projets et
formation en entrepreneuriat ou des services de conseil
prévoir des ressources suffisantes dans les
avec des composantes d’accès au financement. En
régions difficiles et les pays fragiles.
effet, les entrepreneurs font souvent face à des obstacles divers et multiples (p. ex. manque de financement
Les faibles scores d’efficacité obtenus en Afrique et au
couplé à des lacunes de connaissances financières ou
Moyen-Orient ne signifient pas qu’il faille s’abstenir de
de compétences commerciales).
mener des projets dans ces régions. Ils indiquent plutôt aux concepteurs que les interventions dans ces régions
4
Fournir des solutions pour briser la spirale de la pauvreté.
ont besoin d’être planifiées dans les moindres détails et de disposer de ressources suffisantes pour être plus performantes malgré un environnement défavorable.
Les interventions relevant de la microfinance, de la création d’emplois et de la formation pour les groupes vul-
2
Avoir des attentes réalistes à l’égard de la
nérables sont suffisamment importantes pour réduire la
création d’emplois.
pauvreté, mais souvent trop réduites pour permettre aux personnes concernées de briser la spirale de la pauvre-
La création d’emplois est un objectif ambitieux, qui
té. Elles devraient donc éventuellement comporter une
s’atteint souvent à la faveur d’effets indirects difficile
deuxième étape, qui permette de franchir ce cap déter-
ment mesurables. Les projets et programmes qui ont un
minant, et si possible la combiner à un volet d’accès au
impact restreint sur la création d’emplois et se déroulent
financement et de promotion de l’entrepreneuriat.
dans des environnements exigeants devraient être assortis d’attentes réalistes. Puisque la mesure des effets
5
Stimuler les synergies entre les interventions.
sur la création d’emplois suppose des efforts et des
Les projets menés dans une même région ou un même
ressources considérables, les responsables devraient,
pays ne coopèrent pas nécessairement entre eux bien
lors de la phase préparatoire, examiner soigneusement
que des synergies soient possibles, par exemple entre
les coûts et les avantages d’une telle analyse.
un projet de formation professionnelle et une intervention axée sur le développement d’une chaîne de valeur.
3
Favoriser les interventions et les combinai-
Il est donc recommandé d’accorder plus d’attention
sons performantes.
aux avantages potentiels de telles coopérations lors de la planification des projets.
Manifestement efficaces dans la réalisation de leurs objectifs, les interventions axées sur la formation professionnelle et le travail décent devraient être encou-
6
Réaliser de meilleures analyses de marché pour le développement de chaînes de valeur.
ragées. D’une manière similaire, il devrait être possible d’obtenir davantage de résultats prometteurs en com-
L’efficacité de certaines interventions axées sur les
binant des projets de soutien aux PME centrés sur la
chaînes de valeur a souffert d’analyses insuffisantes
36
du potentiel du marché et des risques associés de pro-
(à la fois au sein des pays et au sein des types d’interven-
duction et de commercialisation. Par conséquent, il est
tion) quant aux effets qu’ils exercent sur l’emploi per-
recommandé de fonder la conception des interventions
mettrait de définir des niveaux d’attente plus cohérents
sur une analyse adéquate du marché et de la chaîne
pour les indicateurs.
de valeur, afin d’identifier les facteurs pertinents et critiques pour le développement du marché. Cette
3
Limiter le nombre d’objectifs.
démarche permettrait également à la coopération internationale de la Suisse d’axer davantage ses projets
Les interventions devraient définir soigneusement quels
sur la demande.
changements dans les effets obtenus (outcomes) sur l’emploi peuvent être observés, mesurés et suivis. Elles
7
Conclure plus de partenariats public-privé en
devraient formuler des objectifs uniquement si elles
vue du développement des chaînes de valeur.
disposent de données de base adéquates ou si celles-ci peuvent être établies, mais aussi prévoir, si possible,
Dans le domaine de la production et de la transforma-
des effets indirects potentiels. En particulier, si la créa-
tion des produits agricoles, le potentiel des partenariats
tion d’emplois ne constitue pas l’objectif direct d’une
public-privé de développement semble encore sous-
intervention, les responsables doivent réfléchir atten-
exploité. De tels partenariats permettent souvent de
tivement à la valeur potentielle des informations, aux
sensibiliser les décideurs du secteur public aux princi-
efforts nécessaires et aux ressources disponibles pour
pales difficultés que rencontre le secteur privé dans le
les obtenir. Les effets directs et indirects de l’emploi à
système de marché, et peut servir d’amorce en vue d’un
long terme peuvent uniquement être saisis si les insti-
engagement plus marqué des acteurs privés.
tutions partenaires possèdent les ressources nécessaires
RAPPORTS ET ÉVALUATION DES PROJETS 1
Améliorer la comparabilité des données.
(expertise technique, personnel, budget) pour mesurer les changements au niveau de l’emploi une fois l’intervention achevée. 4
Appliquer des méthodes d’évaluation plus rigoureuses à des fins d’enseignement
Afin de faciliter la comparaison entre les interventions,
institutionnel.
il faudrait appliquer un modèle de contenu normalisé à la rédaction des rapports de fin de phase (DDC) et
D’autres donateurs, tels que le Département du dé-
des notes de clôture (SECO), mais aussi appliquer les
veloppement international du Royaume-Uni (DFID),
directives en vigueur au sein de la coopération interna-
la Banque mondiale, la Banque interaméricaine de
tionale de la Suisse. Les documents devraient toujours
développement (IDB), et dans une certaine mesure
comprendre une analyse de la réalisation des objectifs
la Coopération internationale de l’Allemagne (GIZ),
par rapport aux buts et indicateurs initiaux ou révisés en
sont plus avancés que la Suisse dans l’application de
cours de route.
méthodes rigoureuses d’évaluation (p. ex. essais contrôlés randomisés et méthodes quasi-expérimentales et
2
Améliorer la qualité de la planification des
non expérimentales) à des interventions isolées liées à
projets et ajuster le niveau des attentes.
l’emploi dans le but d’en mesurer les impacts nets. La coopération internationale de la Suisse devrait discuter
Il faudrait accorder une plus grande attention – et au
ouvertement du rôle que ces méthodes rigoureuses
besoin renforcer les capacités en la matière – au déve-
sont appelées à jouer à l’avenir. Les pratiques interna-
loppement d’outils de planification des projets (cadres
tionales montrent que malgré les difficultés rencon-
logiques) et d’indicateurs correspondants, ainsi qu’à
trées, en particulier dans le domaine de l’emploi, il est
l’élaboration d’un mécanisme standardisé de contrôle
souvent possible de mettre en œuvre des méthodes et
de la qualité pour l’ensemble desdits cadres. Par ailleurs,
des concepts rigoureux, ceux-ci devenant une compo-
un plus grand nombre d’analyses comparatives entre
sante essentielle de la compréhension et de la mesure de
les projets de la coopération internationale de la Suisse
l’efficacité des programmes.
37
38
39
Éditeur Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Direction du développement et de la coopération (DDC) 3003 Berne www.ddc.admin.ch Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) Secrétariat d’État à l’économie (SECO) 3003 Berne www.seco-cooperation.ch Analyse technique de l’efficacité : GOPA Consultants Concept, rédaction et mise en page : Zoï Environment Network Photographies: Les bases de données SECO et DDC, Dr. Klaus Stocker (GOPA Consultants), Christina Stuhlberger (Zoï Environment Network)
Orders Information DFAE Tél. : +41 (0)58 462 44 12 Courriel : deza@eda.admin.ch Secrétariat d’État à l’économie (SECO) Coopération et développement économiques Tél. : +41 (0)58 464 09 10 Courriel : info@seco-cooperation.ch Cette analyse des résultats a été menée par des consultants externes indépendants. L’équipe d’experts est la seule responsable du contenu et de la présentation des constatations et des suggestions. Les avis et opinions exprimés dans ce rapport ne correspondent pas nécessairement à ceux de la Direction du développement et de la coopération (DDC) et du Secrétariat d’État à l’économie (SECO). Cette publication est aussi disponible en allemand, en anglais et en italien. Elle peut être téléchargée sur les sites Internet : www.ddc.admin.ch/publications et www.seco-cooperation.ch. Le rapport technique est disponible sur demande. Berne, 2017