CCI Versailles-Yvelines 21 avenue de Paris - 78000 Versailles Téléphone : 0820 012 112 www.cci78-idf.fr
Yvelines coopération internationale et développement 3 rue de Fontenay - 78000 Versailles Téléphone : +33 (0)1 39 07 79 94 gipycid@yvelines.fr - www.yvelines.fr/gipycid
Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique
Auteurs : L’étude a été conduite par Florence Corolleur (chargée d’études), Estelle Gillot Vallet (responsable du service Afrique, Proche et Moyen Orient) et Hélène Constant (conseillère international) de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France. Remerciements : Les auteurs souhaitent remercier pour leur concours à l’étude Alain Gérard (CCEF 78), Jean-Marc Sassier (Codeva), Bocar Koundour (Faderma), François Martin (SCMM), Cédric Le Bris (YCID).
Conception graphique : Trente Février Impression : Adéquat © YCID et CCI 78 2016 Reproduction autorisée moyennant mention de la source
Édito L’aide publique au développement, dont les fondements ont été posés en 1961, a presque 60 ans. S’il est indéniable que l’APD a pu contribuer en Afrique aux progrès notables de l’éducation, de l’accès à l’eau et à la santé…, il peut exister un sentiment d’échec à constater que celle-ci demeure aujourd’hui encore nécessaire, faute de développement économique endogène en mesure de prendre le relais de l’aide extérieure. C’est pourquoi YCID a, dès sa création, posé les bases d’une grande coalition yvelinoise alliant associations, collectivités, organismes de formation et entreprises, pour aborder la question du développement au Sud dans toutes ses dimensions. Il faut créer des richesses, transformer les innombrables matières premières, distribuer les fruits de la croissance. Nos entreprises peuvent y prendre leur part, et c’est aussi leur intérêt de profiter des promesses d’émergence d’un continent qu’on disait il y a peu encore « perdu ». Un temps de diagnostic était nécessaire pour comprendre les dynamiques économiques existant aujourd’hui entre les Yvelines et l’Afrique, et poser les axes de notre intervention : je remercie la CCI de Versailles-Yvelines d’avoir répondu à nos attentes, à travers cette étude qui nous démontre que le socle d’une croissance partagée Yvelines-Afrique est déjà bien solide.
Le continent africain offre aux entreprises françaises de nouvelles opportunités de développement économique. Yvelines coopération internationale et développement l’a très bien compris et souhaite faire bénéficier de ses relations, développées grâce à la coopération internationale entretenues avec ce continent, les entreprises yvelinoises. C’est pourquoi la Chambre de Commerce et d’Industrie Versailles-Yvelines a été sollicitée, en tant que représentant et interlocuteur privilégié des entreprises du territoire, pour dresser un portrait des relations économiques existantes entre les Yvelines et l’Afrique. Consciente que les entreprises du département ont leur rôle à jouer envers ce continent d’avenir, avec notamment son vivier de plus de 1 000 PME exportant vers l’Afrique, la CCI Versailles-Yvelines est heureuse de se tenir aux côtés d’YCID dans ce projet ambitieux et solidaire afin de renforcer et développer les relations économiques de nos entreprises avec l’Afrique. Gérard BACHELIER Président de la CCI Versailles-Yvelines
Jean-Marie TETART Président d’YCID
Sommaire Repères méthodologiques Page 4 Les relations économiques existantes Page 5 La diaspora africaine des Yvelines Page 11 Quel positionnement pour YCID ? Page 14 Organismes mobilisables pour le Page 15 développement des liens économiques avec l’Afrique Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique - 3
Repères méthodologiques Etapes de l’étude
Sources de l’étude
L’étude s’est déroulée de décembre 2015 à juin 2016 en quatre phases.
Recensement documentaire, Douanes 2015, et Kompass 2015.
Phase 1 : Diagnostic économique et quantitatif Recenser les entreprises des Yvelines exportant ou important déjà des produits ou des services vers ou depuis le continent africain, ainsi que les organismes paraéconomiques.
Enquête auprès des PME et ETI des Yvelines : approche qualitative des importations et exportations, identification des freins et besoins pour développer leur activité commerciale avec ce continent. Elle a été administrée en ligne puis complétée par des relances téléphoniques. Au total, plus de 800 entreprises ont été interrogées et 134 d’entre elles ont répondu au questionnaire (taux de retour de 17%).
Phase 2 : Etude qualitative sur les freins et les envies d’Afrique Identifier les freins et les besoins des entreprises du Département qui exportent ou qui importent déjà des produits vers ou depuis le continent africain afin de renforcer leurs relations commerciales. Phase 3 : Détecter les entreprises / secteurs d’activités privilégiés par la communauté africaine yvelinoise Repérer les principaux secteurs d’activités et les entreprises qui entretiennent des liens avec la diaspora africaine présente dans les Yvelines. Phase 4 : Elaboration d’un programme d’actions Co-construire sur la base des résultats des phases précédentes, un plan d’actions pour YCID lui permettant de formuler des propositions aux acteurs yvelinois (entreprises, organismes para-économiques) concernés par le développement des relations économiques avec l’Afrique.
Entretiens avec 9 grands comptes du département : Egis, Saint-Gobain Abrasif, Safran, Thales, Colas, Renault, Dassault Système, Savencia et Eiffage, effectués en face-à-face ou par téléphone avec les responsables export. Ces entretiens ont
été complétés par une étude documentaire sur 5 entreprises : Orange, Cargill, JC Decaux, Bouygues Construction et GSK GlaxoSmithKline. Entretiens avec d’autres acteurs : CCEF, organismes para-économiques de la CCI Paris Ile-de-France relevant de la formation, la Direction des relations internationales de l’enseignement de la CCI Paris-Ile-de-France, HEC Paris et l’ITEDEC afin d’appréhender leurs relations de coopération et d’identifier leur influence sur la pénétration d’entreprises en Afrique. Etude de la diaspora africaine des Yvelines : des sources officielles ont été exploitées comme l’INSEE, la Préfecture des Yvelines, l’OFII et le Registre du Commerce et des Sociétés de la CCI Versailles-Yvelines. Les données salariales de l’usine de Poissy de PSA ont également été mobilisées.
Précaution méthodologique Les données issues des sources Douanes et Kompass concernent les entreprises qui ont leur siège social dans les Yvelines. Les échanges avec l’étranger sont donc consolidés au niveau de l’établissement siège, même si les échanges physiques n’ont pas pour origine ou destination les Yvelines.
Sigles utilisés CA : chiffre d’affaires - CAF/FAB : coût, assurances et fret / Franco à bord - CCEF : Conseillers du commerce extérieur de la France - ETI : entreprises de taille intermédiaire - INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques - PME/PMI : petites et moyennes entreprises/industries OFII : Office français de l’immigration et de l’intégration
4 - Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique
Les relations économiques existantes 1/3 Les exportations RESUME : le continent africain représente 9% des exportations yvelinoises mais seulement 2% de ses importations. Ces relations commerciales engagent plus d’un millier d’entreprises yvelinoises, dont une très grande majorité de PME-ETI. Si l’Afrique du Nord, et dans une moindre mesure, l’Afrique subsaharienne francophone sont les principaux partenaires, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à viser l’Afrique anglophone pour leur croissance future.
9%
En 2015, les exportations françaises étaient de 444 milliards €, dont 6% en direction de l’Afrique. C’est moins que les Yvelines, dont 9% (724 millions €) des exportations sont destinées au continent africain. Les relations avec l’Afrique pèsent aussi lourd que celles avec la Chine.
des exportations yvelinoises sont destinées à l’Afrique
Europe hors France 53%
Amérique 14%
Asie 23%
5% des entreprises yvelinoises sont impliquées dans des opérations d’export, dont près de la moitié (1 105 entreprises) vers l’Afrique.
Afrique 9% Océanie 1%
Les entreprises yvelinoises exportent plus vers l’Afrique que les entreprises françaises dans leur ensemble Yvelines 8 milliards € d’exportation
Les Yvelines représentent 10% des exportations de l’Ile-de-France Les Yvelines représentent 11% des exportations africaines de l’Ile-de-France
Ile-de-France 83 milliards € d’exportation
L’Ile-de-France représentent 19% des exportations de la France L’Ile-de-France représentent 24% des exportations africaines de la France
France 444 milliards € d’exportation
Ile-de-France 6,776 milliards € 8% des exportations de l’Ile-de-France vont en Afrique Yvelines 724 millions € 9% des exportations des Yvelines vont en Afrique
Afrique
France 28,559 milliards €
Source : Douanes (données CAF/FAB hors matériel militaire 2015) Important : les chiffres se rapportent aux sociétés qui ont leur siège social dans le territoire étudié.
Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique - 5
entreprises des Yvelines ont réalisé des opérations d‘exportation vers l’Afrique en 2014
1 105
En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire, le Nigéria et le Sénégal sont les principaux clients des Yvelines. En Afrique centrale, ce sont l’Angola, la République du Congo et la RDC. Les Yvelines exportent peu vers l’Afrique australe et de l’Est, en dehors de l’Afrique du Sud.
Tunisie Algérie Libye Maroc Egypte
L’essentiel des exportations est composé de produits manufacturés (99%). Les trois premières familles de produits exportés sont les instruments et appareils de mesure, les véhicules automobiles, et les équipements médicaux.
Mauritanie Soudan
Cap-Vert Sénégal Gambie
Érythrée
Niger
Mali
Guinée-Bissau Guinée
Burkina Faso
Djibouti
Tchad
Bénin Togo Côte d’Ivoire Ghana Liberia
Éthiopie
Sierra Leone
République centrafricaine
Nigeria Cameroun
Somalie
Guinée équatoriale São Tomé-et-Principe
Ouganda Kenya
Rwanda Burundi
République du Congo Gabon
Seychelles
Tanzanie
140 260 358
Angola
209
Zambie
Afrique du Nord (définition ONU)
Zimbabwe
Afrique Subsaharienne Namibie
0
1 000
Sur les 1 105 entreprises actives en Afrique, 100 ont plus de 250 salariés. Celles-ci ont davantage l’habitude d’exporter (7 pays en moyenne, contre 3 pour les entreprises de moins de 250 salariés).
République démocratique du Congo
Montant en Euros
Malawi
Mozambique
Comores
Madagascar
Maurice
Botswana
2 000 km
Swaziland
Afrique du sud
Source : Douanes (données CAF/FAB hors matériel militaire 2015)
99%
des exportations yvelinoises vers l’Afrique sont des produits manufacturés
17%
Produits informatiques, électroniques et optiques
40% 29%
Machines et équipements n.c.a.
14% 8% 17% 14%
Equipement électriques
Produits chimiques
6% 11% 3%
Source : Douanes (données CAF/FAB hors matériel militaire 2015)
Parmi les grandes entreprises, 47 exportent plus de 500 000€/an vers l’Afrique. Elles totalisent à elles seules 62,5% du total des exportations yvelinoises. La logique d’implantation des grands groupes est liée pour partie à l’histoire coloniale, ou à des obligations de localisations industrielles lors de l’obtention de gros contrats publics. Pour d’autres, dont l’implantation est plus récente, il s’agit de se positionner sur un marché au potentiel prometteur, en s’adaptant toutefois au contexte (industries légères). Plus de la moitié des entreprises françaises présentes en Afrique ont enregistré un chiffre d’affaires en croissance, et 58% font des projections optimistes à court terme.
Répartition de 80% des produits manufacturés
Véhicules automobiles, remorques et semi-remorques
Pour près des deux-tiers (64%), les exportations yvelinoises vers l’Afrique sont destinées à l’Afrique du Nord (Maroc, Egypte et Algérie…).
■ Afrique subsaharienne ■ Afrique du Nord
6 - Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique
88%
des PME-ETI exportatrices vers l’Afrique ont moins de 100 salariés
3% 2%
13%
7%
■ 0 salarié ■ 1 ou 2 salariés
7%
■ 3 à 5 salariés
12%
■ 6 à 9 salariés ■ 10 à 19 salariés ■ 20 à 49 salariés
16%
■ 50 à 99 salariés
13%
■ 100 à 199 salariés ■ 200 à 249 salariés ■ Inconnu
15%
12%
Les PME et les ETI Les 1 005 PME et ETI (moins de 250 salariés) totalisent 37% des exportations en chiffre d’affaires vers l’Afrique. Les principaux produits et services exportés par celles-ci sont identiques à la moyenne yvelinoise : il pourrait s’agir de soustraitants des grands entreprises. Les géographies d’exportation sont également similaires. 88% de ces PME et ETI disposent d’un effectif inférieur à 100 salariés. Les deuxtiers ont même moins de 20 salariés. A elles seules, 99 PME-ETI représentent près d’un tiers des exportations vers l’Afrique. En revanche, plus des 2/3 des PME et ETI n’ont pas de relations fortes avec l’Afrique, et ont exporté moins de 50 000€ sur l’année.
Source : Douanes (données CAF/FAB hors matériel militaire 2015)
Part Afrique du CA à l’export des PME-ETI
Résultats de l’enquête qualitative PME et ETI
10% 45%
■ Moins de 10% (39 réponses)
20%
■ Entre 10 et 30% (16 réponses) ■ Entre 30 et 50% (6 réponses) ■ Plus de 50% (17 réponses) ■ Ne sait pas (9 réponses) 7%
CA réalisé par les entreprises dont 50% du CA à l’export est réalisé avec l’Afrique
18%
7 4 3 2 1 De 10 000€ à 50 000€ / an
De 50 000€ à 200 000€ / an
De 200 000€ à 500 000€ / an
Plus de 500 000€ / an
Sur les 134 répondants à l’enquête qualitative, 120 exportaient vers l’Afrique. Près de la moitié de ces dernières exportent vers le Maroc. L’Algérie, la Tunisie et la Côte d’Ivoire sont les destinations suivantes, avec plus d’un tiers des entreprises présentes. Pour 68% des répondants, la relation avec l’Afrique est relativement ancienne (> à 5 ans), et plus la relation est ancienne, plus le nombre de pays ciblés à l’export est important. Elles ont rarement des représentants ou des revendeurs sur le continent africain, mais 21% d’entre elles ont un bureau de représentation. Pour un bon tiers de ces entreprises, l’Afrique représente moins de 10% de leur chiffre d’affaires à l’export. 28 entreprises réalisent cependant plus de 500 000€/an d’affaires avec le continent. 89% des clients des répondants sont des clients privés, environ 20% ont des relations avec des clients publics. Elles sont 21% à exporter des services (maintenance, études…) en complément de leurs produits.
Ne sait pas
Source : Enquête qualitative CCI, 2016
Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique - 7
Les relations économiques existantes 2/3 Les importations L’importation de produits et services africains ne concerne que 2% des échanges des Yvelines.
En 2015, les importations françaises étaient de 506 milliards €, dont 5% provenaient de l’Afrique. C’est plus que les Yvelines, dont 2% (378 millions €) des importations arrivent du continent africain, et concernent 314 entreprises. C’est à peu près autant que les importations venant des Pays-Bas.
Europe hors France 53%
Les principales importations africaines proviennent de Tunisie (46% du total), suivies de celles d’Afrique du Sud et de Côte d’Ivoire.
Amérique 7%
Asie 23%
Afrique 2% Océanie 0%
Source : Douanes (données CAF/FAB hors matériel militaire 2015)
Yvelines 18 milliards € d’importation
Les Yvelines représentent 13% des importations de l’Ile-de-France Les Yvelines représentent 12% des importations africaines de l’Ile-de-France
Ile-de-France 133 milliards € d’importation
L’Ile-de-France représentent 26% des importations de la France L’Ile-de-France représentent 14% des importations africaines de la France
France 506 milliards € d’importation
Ile-de-France 3,28 milliards € 3% des importations de l’Ile-de-France viennent d’Afrique Yvelines 378 millions € 2% des importations des Yvelines viennent d’Afrique
Afrique
Source : Douanes (données CAF/FAB hors matériel militaire 2015) Important : les chiffres se rapportent aux sociétés qui ont leur siège social dans le territoire étudié.
8 - Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique
France 23,1 milliards € 5% des importations de la France viennent d’Afrique
entreprises des Yvelines ont réalisé des opérations d’importation depuis l’Afrique en 2014
314
Tunisie
Algérie
Avec l’Afrique du Nord, le commerce tourne essentiellement autour des équipements électriques et des véhicules automobiles (99% des importations). En revanche, les produits agricoles (42%) font presque jeu égal avec les produits manufacturés (57%) pour ce qui concerne l’Afrique sub-saharienne.
Libye Maroc Egypte
Mauritanie Cap-Vert
Soudan
Sénégal Gambie Guinée-Bissau
Niger
Mali Burkina Faso
Guinée
Djibouti
Tchad
Bénin Togo Sierra Leone Côte d’Ivoire Ghana Liberia
En général, les entreprises qui importent sont également celles qui exportent.
Éthiopie République centrafricaine
Nigeria Cameroun
Guinée équatoriale São Tomé-et-Principe
Ouganda
République du Congo Gabon
Kenya
Rwanda Burundi
République démocratique du Congo
Montant en Euros
Seychelles
Tanzanie
174 483 145
Comores
Afrique du Nord (définition ONU)
Zimbabwe
Afrique Subsaharienne Namibie
1 000
Résultats de l’enquête qualitative PME et ETI
Angola
209
0
Les produits manufacturés représentent 80% des valeurs importées. Les produits agricoles constituent la seconde source d’importation pour près de 74 millions € (19%). Une faible proportion touche les services artistiques et du spectacle.
Mozambique
Madagascar
Maurice
Botswana
2 000 km
Swaziland
Afrique du sud
Sur les 134 répondants à l’enquête qualitative, 42 réalisent des opérations d’importation, dont seulement 3 avec l’Afrique. Elles sont en relation avec au moins deux pays, tant en Afrique du Nord qu’en Afrique sub-Saharienne. Les relations sont relativement durables, puisque 2 d’entre elles achètent des biens et services depuis plus de 5 ans.
Les organismes de formation supérieure et l’Afrique Au-delà des entreprises, l’influence économique des Yvelines en Afrique s’exerce aussi par la formation des cadres et techniciens africains : une culture et des références professionnelles partagées avec les entreprises yvelinoises et françaises peuvent engendrer un impact décisif sur les façons de travailler et favoriser des collaborations avec des entreprises issues du même vivier. La CCI a mené une étude et des entretiens qualitatifs auprès de ses 10 écoles situées dans les Yvelines (CFA d’Alembert à Guyancourt, Centre des formations industrielles à Andrésy, ESMAE et Sup de V à Saint-Germain-en-Laye, ESSYM à Rambouillet, HEC et TECOMAH à Jouyen-Josas, IFA Delorozoy à Montigny-leBretonneux, ISIPCA à Versailles, ITEDEC à Aubergenville).
Les relations avec l’Afrique de ces établissements se dessinent de trois façons : - Par l’accueil d’étudiants africains. 2/3 des étudiants yvelinois originaires de pays africains sont scolarisés à HEC. A l’échelle de l’Ile-de-France, les étudiants africains représentent 19% des effectifs internationaux.
la formation continue (20 000 personnes formées par HEC), ou dans le cadre de réseaux (HEC executive clubs : 350 chefs d’entreprises africains membres)
- Par la conclusion d’accords de partenariats académiques. 4 accords sont ainsi animés par HEC (2 en Afrique du Sud, 1 au Ghana et 1 au Nigéria), et 4 programmes de formation dans les sciences de l’entreprenariat, de l’informatique et de l’ingénierie font intervenir des professeurs des écoles de la CCI. - Par des actions en direction des professionnels, que ce soit au travers de Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique - 9
Les relations économiques existantes 3/3 Perspectives et besoins des entreprises Selon les données de l’enquête auprès des 134 PME et ETI, 77% des entreprises qui exportent et 100% de celles qui importent ont l’intention d’intensifier leurs échanges avec l’Afrique dans les prochaines années.
Perspectives de renforcement des marchés Tunisie
Algérie
Maroc
Egypte
Les répondants évoquent autant leurs perspectives en termes de consolidation des marchés, principalement dans les pays d’Afrique francophone où ils sont bien installés, que leurs souhaits de développer de nouveaux marchés dans les pays d’Afrique anglophone, perçue comme plus dynamique.
Mauritanie Sénégal
Niger
Mali Burkina Faso
Guinée
Tchad
Bénin Togo Côte d’Ivoire Ghana Cameroun
République du Congo Gabon République démocratique du Congo
Intensification (nombre de répondants) 12
Comores
1 Afrique du Nord (définition ONU)
Madagascar
Maurice
Afrique Subsaharienne
0
1 000
2 000 km
Pour une moitié des entreprises ayant répondu, le principal frein au développement des échanges avec l’Afrique est d’abord financier (obtention de prêts et de subventions, qualité des clients et délais de paiement…). Les autres sont liés aux règlementations (normes, formalités…), à la méconnaissance du marché local, et au manque ou à l’opacité des informations disponibles sur les marchés. Les besoins exprimés par les répondants font échos à ces freins : ils évoquent ainsi la sécurisation des transactions (vérification des capacités de paiement, sécurité des contrats, garantie de paiement…), et les questions liées à la prospection (visibilité des opportunités, présence de relais, de partenaires ou de représentants, études de marché, ou le coût des missions commerciales vers l’Afrique…).
Perspectives de conquête de nouveaux marchés
Cap-Vert Gambie Guinée-Bissau
Plusieurs réponses évoquent également la prégnance de la corruption ou des commissions diverses exigées, tant côté secteur public que privé.
Djibouti Sierra Leone Nigeria
Soudan du sud République centrafricaine
Éthiopie Somalie
Guinée équatoriale Ouganda
São Tomé-et-Principe
Kenya
Rwanda
Intensification (nombre de répondants) 8
Tanzanie Angola
1
Malawi Zambie
Afrique du Nord (définition ONU)
Zimbabwe
Afrique Subsaharienne
Mozambique Namibie
0
1 000
2 000 km
Botswana
Swaziland Lesotho Afrique du sud
Source : Enquête qualitative CCI, 2016.
10 - Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique
Seychelles
La diaspora africaine des Yvelines
Diaspora africaine : 100 161 hab 7% des Y v d’origine elinois sont africaine dont 83,7% d’i mmigrés
RESUME : la diaspora africaine en Yvelines compterait plus de 100 000 représentants, sans compter les enfants nés Français. Installée en Yvelines depuis 23 ans en moyenne, elle vient principalement d’Afrique du Nord. Moins qualifiée que la moyenne des Yvelinois, le taux d’activités est cependant comparable à celui des Yvelinois, même si le chômage frappe plus durement et plus longtemps les membres de la diaspora.
1 412 083 Yvelinois
1 194 153 Français de naissance
91 241 Français par acquisition
126 689 étrangers
(7%)
(9%)
50% des Français par acquisition avaient une nationalité africaine
43% des étrangers sont d’origine africaine
45 304 Français par acquisition d’origine africaine
54 857 étrangers d’origine africaine
Évolution 2007-2012 : + 22%
Évolution 2007-2012 : + 2%
(85%) Français de naissance La nationalité française peut résulter soit d’un droit de sang ou de sol soit d’une acquisition.
Français par acquisition Personnes devenues françaises par naturalisation, mariage, déclaration ou à leur majorité.
Etranger : Personne résidant en France qui ne possède pas la nationalité française. Un étranger peut acquérir la nationalité française au cours de sa vie, en fonction des possibilités offertes par la législation.
Immigrés 37 823
Nés en France 7 481
Immigrés 45 998
Nés en France 8 859
Immigré : Un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France.
Source : INSEE 2012 Redressement 2014
Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique - 11
La diaspora africaine représente 100 161 habitants, soit 7% de la population yvelinoise. Les données disponibles ne permettant pas cependant d’apprécier le nombre d’enfants nés Français de parents africains ou d’origine africaine, les chiffres peuvent donc être considérés sous-évalués.
Pays d’origine de la diaspora africaine des Yvelines (français par acquisition + étrangers) > 1% du total
Tunisie Algérie
La diaspora africaine des Yvelines représente 46% des étrangers ou Français par acquisition. C’est moins que pour la totalité de la région Ile-de-France (48%).
Maroc
La diaspora africaine des Yvelines est principalement composée de Marocains (33%) et d’Algériens (22%). Pour l’Afrique sub-saharienne, les trois premières origines sont le Sénégal (6%), le Mali (4%), la Côte d’Ivoire (4%) et la RD Congo (4%).
Mauritanie
Sénégal
Mali
Guinée Côte d’Ivoire Cameroun
En proportion, Marocains et Sénégalais sont plus présents dans les Yvelines que dans le reste de l’Ile-de-France.
République du Congo
Pays d’origine
République démocratique du Congo
32 780 Angola Comores
694
Afrique du Nord (définition ONU)
Madagascar
Maurice
Afrique Subsaharienne
0
1 000
2 000 km
Source : INSEE 2012 Redressement 2014
Le taux d’activité de la diaspora africaine est comparable à celui des Yvelinois 61% 56%
Type d’activité
45%
21% 15%
16%
13%
10% 6%
Actifs ayant un emploi, y compris sous apprentissage ou en stage rémunéré
L’ancienneté moyenne de la diaspora africaine sur le sol français est de 23 ans. Les Sénégalais et les Maliens qui sont relativement bien représentés dans les Yvelines sont arrivés en moyenne plus récemment dans les Yvelines (il y a 20 ans).
Chômeurs
Retraités ou préretraités
Ancienneté de recherche d’emploi
11%
12%
5% 7% Elèves, étudiants, stagiaires non rémunérés de 14 ans ou plus
6%
8% 4%
Femmes ou hommes au foyer
4% 3% Autres inactifs
9% 7%
6% 6% 4% 2%
Depuis moins d’un an
Source : INSEE 2012 - Redressement 2014
Depuis plus d’un an ■ Etrangers d’origine africaine ■ Français d’origine africaine ■ Référence Yvelines
12 - Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique
La moyenne d’âge de la diaspora africaine est de 41 ans (39 ans en moyenne pour l’ensemble des Yvelines). 75% sont âgés entre 20 et 64 ans. Pour ceux arrivés entre 2005 et 2014, les deux-tiers sont venus en France âgés entre 20 et 39 ans. Selon les statistiques de l’OFII en 2015 concernant les migrations à caractère économique, sur 468 migrants travaillant dans les Yvelines, 141 (30%) y habitent aussi. Les principales nationalités sont le Maroc, la Tunisie, le Sénégal et l’Algérie. Les résidences se répartissent en 4 pôles : par ordre d’importance, Versailles-SaintQuentin en Yvelines, Sartrouville-Poissy, Les Mureaux, et Mantes-la-Jolie.
La diaspora africaine est majoritairement moins qualifiée que la population yvelinoise dans son ensemble 28%
26%
Actifs
21% 18% 11%
16% 17%
21%
19% 15%
18% 18% 16%
15%
9%
8%
10%
6% 2% 3% 3% Artisans
Cadres et professions intelectuelles supérieures
Professions intermédiaires
Employés
Ouvriers
Retraités
Autres personnes sans activités professionnelle
■ Etrangers d’origine africaine ■ Français d’origine africaine ■ Référence Yvelines
Source : INSEE 2012 - Redressement 2014
Les Yvelines comptent 313 chefs d’entreprise africains Marocaine Algérienne Tunisienne
108 69
La moitié des étrangers africains et le quart des Africains ayant acquis la nationalité française n’ont pas suivi de scolarité ou n’ont pas de diplôme. L’écart avec l’ensemble de la population yvelinoise est plus fort pour les différents types de diplômes chez les étrangers africains que chez les Africains ayant acquis la nationalité française, où la représentation des diplômes CAP-BEC, Baccalauréat et 1er cycle universitaire est proche de celle de l’ensemble des Yvelinois. La diaspora africaine est globalement aussi active que l’ensemble de la population yvelinoise (56%), avec une différence notable entre les Français d’origine africaine (61%) et les étrangers africains (45%). Le taux de chômage est cependant plus de 2 fois supérieur dans la diaspora que dans les Yvelines. Ils sont aussi 3 fois plus nombreux, en proportion, à rechercher un emploi depuis plus d’un an.
47
La diaspora africaine est surreprésentée dans les emplois de catégorie « ouvriers » et « employés ». C’est l’inverse pour les professions supérieures.
16 14 10 10 8
Sénégalaise Ivoirienne Congolaise Camerounaise Egyptienne Béninoise Autres
72% des entrepreneurs d’origine africaine
5 26
Source : Registre du commerce et des sociétés 2010-2015
Origine des effectifs africains du site PSA-Poissy
313 entreprises yvelinoises (notamment entreprises individuelles) ont un chef d’entreprise de nationalité africaine. 72% de ces chefs d’entreprise viennent du Maroc, d’Algérie et de Tunisie. Ces entreprises se concentrent essentiellement dans le commerce de détail et les services de proximité (restauration, marchés…)
Tunisie Algérie
Maroc
La diasp o sur le sit ra africaine e PSA de Poissy
Mauritanie
Sénégal
Mali
Guinée-Bissau Guinée Côte d’Ivoire Cameroun
République du Congo République démocratique du Congo
Origine des salariés de PSA 322
Angola Comores
1
Afrique du Nord (définition ONU)
Sur les 5 08 790 sont 3 employés du s ite en 20 d e nation 559 de n 16, ationalité alité étrangère, dont africaine représen . Le ten (322), su t plus de la moiti s Marocains ivis des A é des eff e lg (47) et S énégalais ériens (69), Con ctifs golais (34). 98% africains d essentie le sont en tant q es employés llement sur les c u’opérateurs, haîne ou en ta nt que c s de montage ariste.
Madagascar
Afrique Subsaharienne
0
1 000
2 000 km
Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique - 13
Quel positionnement pour YCID ? Nouvel entrant dans le champ des relations économiques internationales, YCID n’a pas vocation à se substituer ou faire concurrence aux nombreux organismes et programmes déjà actifs en ce domaine. Au regard des objectifs annoncés par YCID, et compte-tenu des enseignements de l’étude, des recommandations peuvent cependant être esquissées afin d’ouvrir davantage l’intérêt des acteurs économiques pour la coopération internationale, qui pourraient ensuite se tourner vers les organismes compétents pour concrétiser leurs intentions de développement.
Objectif 1 Encourager, dans le cadre des projets de coopération soutenus par YCID, le rapprochement avec l’offre de biens et services des entreprises yvelinoises, notamment sur les besoins en matériel technique. Identifier les besoins récurrents en équipement des projets de coopération pour lesquels le soutien d’YCID est sollicité. Evaluer le potentiel marché pour les entreprises yvelinoises pouvant être intéressées. Identifier les entreprises yvelinoises pouvant répondre à ces besoins indépendamment de leur appétence pour le développement international.
Valoriser les projets de coopération s’appuyant sur les entreprises yvelinoises.
auprès des services économiques des ambassades africaines.
Communiquer sur les projets développés avec le concours d’YCID et des entreprises du territoire.
Objectif 3
Objectif 2 Mettre en place des programmes d’appui au développement de filières d’activités dans les pays du Sud en s’appuyant sur l’expertise des entreprises et des centres de formation des Yvelines. Identifier les filières d’activités visées par les gouvernements étrangers dans quelques pays cibles où YCID dispose d’un important réseau de relations. Identifier les partenaires de formation du territoire sur les filières retenues.
Sélectionner les secteurs/filières pour lesquels un besoin est exprimé et auquel les PME et ETI des Yvelines peuvent répondre.
Promouvoir auprès du réseau des entreprises yvelinoises les opportunités identifiées.
Sensibiliser les entreprises yvelinoises sur ces différentes opportunités via les réseaux d’entreprises et les relais avec le monde économique.
Organiser des visites de délégations africaines en Yvelines, en lien avec les entreprises et centres de formation yvelinois, et avec l’appui des ambassades des pays concernés.
Constituer un annuaire d’entreprises potentiellement partenaires dans le cadre des projets de coopération soutenus par YCID. Organiser des rencontres entre les porteurs de projets de coopération et les entreprises identifiées.
Soutenir financièrement les projets de développement local portés par les collectivités des pays émergents dans les filières identifiées. Valoriser les premières actions réalisées
14 - Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique
Soutenir les projets d’entreprenariat et d’investissement économique portés par les migrants vers les territoires où YCID dispose d’un important réseau de relations. Identifier les porteurs de projets, de préférence dans un cadre collectif. Identifier les organismes ressources en Yvelines, en Ile-de-France ou dans le pays concerné, susceptibles d’accompagner la définition du projet, d’apprécier son opportunité ou d’apporter un soutien. Définir au cas-par-cas, sans se substituer à l’initiative privée et sans intervenir de façon à distordre ou bien la viabilité économique du projet, ou bien les conditions de concurrence avec des initiatives similaires portées par des acteurs du pays concerné, l’accompagnement financier propre qu’YCID peut apporter à la concrétisation de ces initiatives.
Organismes mobilisables pour le développement des liens économiques avec l’Afrique
ACTEURS PUBLICS DE L’INTERNATIONAL
conseil, financement, réglementation
LES RÉSEAUX CONSULAIRES
conseil, connaissance du marché, stratégie de développement
LES SYNDICATS PROFESSIONNELS
mise en réseau, connaissance du marché
LES ASSOCIATIONS ET RÉSEAUX SPÉCIALISÉS
mise en réseau, connaissance du marché, stratégie de développement
LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ
mise en réseau, stratégie de développement
Etude sur l’état des relations économiques entre les Yvelines et l’Afrique - 15