ALI BABa et les QUARANTE voleurs suivi de Histoire du cheval enchanté
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Les Mille et Une Nuits
ali baba
et les QUARANTE voleurs
suivi de Histoire du cheval enchanté
Traduit de l’arabe par Antoine Galland
TEXTE INTÉGRAL
Couverture : Studio de création J’ai lu © E.J.L., 2019, pour le supplément pédagogique EAN 9782290209387
SOMMAIRE Ali Baba et les quarante voleurs.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Histoire du cheval enchanté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Dossier Librio +. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
ALI BABA ET LES QUARANTE VOLEURS
La sultane Schéhérazade, éveillée par la vigilance de Dinarzade sa sœur, raconta au sultan des Indes, son époux, l’histoire à laquelle il s’attendait : Puissant sultan, dit-elle, dans une ville de Perse, aux confins des États de Votre Majesté, il y avait deux frères, dont l’un se nommait Cassim, et l’autre Ali Baba. Comme leur père ne leur avait laissé que peu de biens et qu’ils les avaient partagés également, il semble que leur fortune devait être égale : le hasard néanmoins en disposa autrement. Cassim épousa une femme qui, peu de temps après leur mariage, devint héritière d’une boutique bien garnie, d’un magasin rempli de bonnes marchandises, et de biens en fonds de terre, qui le mirent tout à coup à son aise et le rendirent un des marchands les plus riches de la ville. Ali Baba, au contraire, qui avait épousé une femme aussi pauvre que lui, était logé fort pauvrement, et il n’avait d’autre industrie pour gagner sa vie, et de quoi s’entretenir lui et ses enfants, que d’aller couper du bois dans une forêt voisine, et de venir le vendre à la ville, chargé sur trois ânes qui faisaient toute sa possession. Ali Baba était un jour dans la forêt, et il achevait d’avoir coupé à peu près assez de bois pour faire la charge de ses ânes, lorsqu’il aperçut une grosse poussière qui s’élevait en l’air et qui avançait droit du côté où il était. Il regarde attentivement, Ali Baba et les quarante voleurs
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et il distingue une troupe nombreuse de gens à cheval qui venaient d’un bon train. Quoiqu’on ne parlât pas de voleurs dans le pays, Ali Baba néanmoins eut la pensée que ces cavaliers pouvaient en être. Sans considérer ce que deviendraient ses ânes, il songea à sauver sa personne. Il monta sur un gros arbre, dont les branches à peu de hauteur se séparaient en rond, si près les unes des autres qu’elles n’étaient séparées que par un très petit espace. Il se posta au milieu avec d’autant plus d’assurance qu’il pouvait voir sans être vu ; et l’arbre s’élevait au pied d’un rocher isolé de tous les côtés, beaucoup plus haut que l’arbre, et escarpé de manière qu’on ne pouvait monter au haut par aucun endroit. Les cavaliers, grands, puissants, tous bien montés et bien armés, arrivèrent près du rocher, où ils mirent pied à terre ; et Ali Baba, qui en compta quarante, à leur mine et à leur équipement, ne douta pas qu’ils ne fussent des voleurs. Il ne se trompait pas : en effet, c’étaient des voleurs qui, sans faire aucun tort aux environs, allaient exercer leurs brigandages bien loin, et avaient là leur rendez-vous ; et ce qu’il les vit faire le confirma dans cette opinion. Chaque cavalier débrida son cheval, l’attacha, lui passa au cou un sac plein d’orge qu’il avait apporté sur la croupe, et ils se chargèrent chacun de leur valise ; et la plupart des valises parurent si pesantes à Ali Baba qu’il jugea qu’elles étaient pleines d’or et d’argent monnayé. Le plus apparent, chargé de sa valise comme les autres, qu’Ali Baba prit pour le capitaine des voleurs, s’approcha du rocher, fort près du gros arbre où il s’était réfugié ; et, après qu’il se fut fait chemin au travers de quelques arbrisseaux, il 10
prononça ces paroles si distinctement : Sésame, ouvre-toi, qu’Ali Baba les entendit. Dès que le capitaine des voleurs les eut prononcées, une porte s’ouvrit ; et, après qu’il eut fait passer tous ses gens devant lui et qu’ils furent tous entrés, il entra aussi, et la porte se ferma. Les voleurs demeurèrent longtemps dans le rocher ; et Ali Baba, qui craignait que quelqu’un d’eux, ou que tous ensemble ne sortissent s’il quittait son poste pour se sauver, fut contraint de rester sur l’arbre et d’attendre avec patience. Il fut tenté néanmoins de descendre pour se saisir de deux chevaux, en monter un et mener l’autre par la bride, et de gagner la ville en chassant ses trois ânes devant lui ; mais l’incertitude de l’événement fit qu’il prit le parti le plus sûr. La porte se rouvrit enfin ; les quarante voleurs sortirent ; et, au lieu que le capitaine était entré le dernier, il sortit le premier, et, après les avoir vus défiler devant lui, Ali Baba entendit qu’il fit refermer la porte en prononçant ces paroles : Sésame, referme-toi. Chacun retourna à son cheval, le rebrida, rattacha sa valise, et remonta dessus. Quand ce capitaine enfin vit qu’ils étaient tous prêts à partir, il se mit à la tête, et il reprit avec eux le chemin par où ils étaient venus. Ali Baba ne descendit pas de l’arbre d’abord ; il dit en luimême : « Ils peuvent avoir oublié quelque chose à les obliger de revenir, et je me trouverais attrapé si cela arrivait. » Il les conduisit de l’œil jusqu’à ce qu’il les eût perdus de vue, et il ne descendit que longtemps après, pour plus grande sûreté. Comme il avait retenu les paroles par lesquelles le capitaine des voleurs avait fait ouvrir et refermer la porte, il eut la curiosité d’éprouver si en les prononçant elles feraient le même effet. Ali Baba et les quarante voleurs
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