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Le Tartuffe ou L'Imposteur

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Étudier Molière en Librio L’Amour médecin, suivi de Le Sicilien, Librio no 1106 George Dandin, Librio no 1071 Les Précieuses ridicules, Librio n° 776 Le Misanthrope, Librio no 647 Le Médecin malgré lui, Librio no 598 Les Femmes savantes, Librio no 585 Le Malade imaginaire, Librio no 536 L’Avare, Librio no 339 L’École des femmes, Librio no 277 Le Bourgeois gentilhomme, Librio no 235 Les Fourberies de Scapin, Librio no 181 Dom Juan, Librio no 14


Molière

leoutartuffe l’Imposteur

Texte intégral


Couverture de Bruno Mangyoku © Éditions J´ai lu © E.J.L., 2019, pour le supplément pédagogique EAN 9782290205327


SOMMAIRE Personnages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Acte premier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Acte II . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Acte III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Acte IV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Acte   V  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Dossier Librio + .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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PERSONNAGES Madame Pernelle, mère d’Orgon. Orgon, mari d’Elmire. Elmire, femme d’Orgon. Damis, fils d’Orgon. Mariane, fille d’Orgon et amante de Valère. Valère, amant de Mariane. Cléante, beau-frère d’Orgon. Tartuffe, faux dévot. Dorine, suivante de Mariane. Monsieur Loyal, sergent. Un exempt. Flipote, servante de Madame Pernelle. La scène est à Paris.


Acte premier Scène première Madame Pernelle et Flipote sa servante, Elmire, Dorine, Damis, M ariane, Cléante Madame Pernelle Allons, Flipote, allons ; que d’eux je me délivre. Elmire Vous marchez d’un tel pas qu’on a peine à vous suivre. Madame Pernelle Laissez, ma bru, laissez ; ne venez pas plus loin : Ce sont toutes façons dont je n’ai pas besoin. 5

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Elmire De ce que l’on vous doit envers vous on s’acquitte. Mais, ma mère, d’où vient que vous sortez si vite ? Madame Pernelle C’est que je ne puis voir tout ce ménage-ci, Et que de me complaire on ne prend nul souci. Oui, je sors de chez vous fort mal édifiée ; Dans toutes mes leçons j’y suis contrariée, On n’y respecte rien ; chacun y parle haut, Et c’est tout justement la cour du roi Pétaud.

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Dorine Si…

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Madame Pernelle Vous êtes, mamie, une fille suivante Un peu trop forte en gueule, et fort impertinente : Vous vous mêlez sur tout de dire votre avis. Damis Mais…

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Madame Pernelle Vous êtes un sot en trois lettres, mon fils ; C’est moi qui vous le dis, qui suis votre grand-mère ; Et j’ai prédit cent fois à mon fils, votre père, Que vous preniez tout l’air d’un méchant garnement, Et ne lui donneriez jamais que du tourment. Mariane Je crois… Madame Pernelle Mon Dieu, sa sœur, vous faites la discrète, Et vous n’y touchez pas, tant vous semblez doucette ; Mais il n’est, comme on dit, pire eau que l’eau qui dort, Et vous menez sous chape un train que je hais fort. Elmire

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Mais, ma mère… Madame Pernelle Ma bru, qu’il ne vous en déplaise, Votre conduite en tout est tout à fait mauvaise ;

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Vous devriez leur mettre un bon exemple aux yeux, Et leur défunte mère en usait beaucoup mieux. Vous êtes dépensière, et cet état me blesse, Que vous alliez vêtue ainsi qu’une princesse. Quiconque à son mari veut plaire seulement, Ma bru, n’a pas besoin de tant d’ajustement.

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Cléante Mais, Madame, après tout…

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Madame Pernelle Pour vous, Monsieur son frère, Je vous estime fort, vous aime, et vous révère ; Mais enfin, si j’étais de mon fils, son époux, Je vous prierais bien fort de n’entrer point chez nous. Sans cesse vous prêchez des maximes de vivre Qui par d’honnêtes gens ne se doivent point suivre : Je vous parle un peu franc, mais c’est là mon humeur, Et je ne mâche point ce que j’ai sur le cœur. Damis Votre Monsieur Tartuffe est bienheureux sans doute… Madame Pernelle C’est un homme de bien, qu’il faut que l’on écoute ; Et je ne puis souffrir, sans me mettre en courroux, De le voir querellé par un fou comme vous.

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Damis Quoi ! je souffrirai, moi, qu’un cagot de critique Vienne usurper céans un pouvoir tyrannique ? Acte premier - Scène première

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Et que nous ne puissions à rien nous divertir, Si ce beau monsieur-là n’y daigne consentir ?

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Dorine S’il le faut écouter, et croire à ses maximes, On ne peut faire rien qu’on ne fasse des crimes, Car il contrôle tout, ce critique zélé. Madame Pernelle Et tout ce qu’il contrôle est fort bien contrôlé. C’est au chemin du Ciel qu’il prétend vous conduire ; Et mon fils à l’aimer vous devrait tous induire.

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Damis Non, voyez-vous, ma mère, il n’est père ni rien Qui me puisse obliger à lui vouloir du bien. Je trahirais mon cœur de parler d’autre sorte ; Sur ses façons de faire à tous coups je m’emporte ; J’en prévois une suite, et qu’avec ce pied plat Il faudra que j’en vienne à quelque grand éclat. Dorine Certes, c’est une chose aussi qui scandalise, De voir qu’un inconnu céans s’impatronise, Qu’un gueux qui, quand il vint, n’avait pas de souliers Et dont l’habit entier valait bien six deniers, En vienne jusque-là que de se méconnaître, De contrarier tout, et de faire le maître. Madame Pernelle Hé ! merci de ma vie ! il en irait bien mieux, Si tout se gouvernait par ses ordres pieux.

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Dorine Il passe pour un saint dans votre fantaisie ; Tout son fait, croyez-moi, n’est rien qu’hypocrisie. Madame Pernelle Voyez la langue ! Dorine À lui, non plus qu’à son Laurent, Je ne me fierais, moi, que sur un bon garant.

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Madame Pernelle J’ignore ce qu’au fond le serviteur peut être ; Mais pour homme de bien je garantis le maître. Vous ne lui voulez mal, et ne le rebutez Qu’à cause qu’il vous dit à tous vos vérités. C’est contre le péché que son cœur se courrouce, Et l’intérêt du Ciel est tout ce qui le pousse. Dorine Oui ; mais pourquoi, surtout depuis un certain temps, Ne saurait-il souffrir qu’aucun hante céans ? En quoi blesse le Ciel une visite honnête, Pour en faire un vacarme à nous rompre la tête ? Veut-on que là-dessus je m’explique entre nous ? Je crois que de Madame il est, ma foi, jaloux. Madame Pernelle Taisez-vous, et songez aux choses que vous dites. Ce n’est pas lui tout seul qui blâme ces visites ; Tout ce tracas qui suit les gens que vous hantez, Ces carrosses sans cesse à la porte plantés, Acte premier - Scène première

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Et de tant de laquais le bruyant assemblage Font un éclat fâcheux dans tout le voisinage. Je veux croire qu’au fond il ne se passe rien ; Mais enfin on en parle, et cela n’est pas bien. Cléante Hé ! voulez-vous, Madame, empêcher qu’on ne cause ? Ce serait dans la vie une fâcheuse chose, Si pour les sots discours où l’on peut être mis, Il fallait renoncer à ses meilleurs amis. Et quand même on pourrait se résoudre à le faire, Croiriez-vous obliger tout le monde à se taire ? Contre la médisance il n’est point de rempart ; À tous les sots caquets n’ayons donc nul égard ; Efforçons-nous de vivre avec toute innocence, Et laissons aux causeurs une pleine licence. Dorine Daphné, notre voisine, et son petit époux Ne seraient-ils point ceux qui parlent mal de nous ? Ceux de qui la conduite offre le plus à rire Sont toujours sur autrui les premiers à médire ; Ils ne manquent jamais de saisir promptement L’apparente lueur du moindre attachement, D’en semer la nouvelle avec beaucoup de joie, Et d’y donner le tour qu’ils veulent qu’on y croie. Des actions d’autrui, teintes de leurs couleurs, Ils pensent dans le monde autoriser les leurs, Et sous le faux espoir de quelque ressemblance, Aux intrigues qu’ils ont donner de l’innocence,


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