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lecture vitaminée pour les professionnels de l’automédication 4/2026

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lecture vitaminée pour les professionnels de l’automédication 4/2026

Un Sensei à la direction
Jure Batur, CEO de Similasan, parle, en interview, des crises, des solutions et du karaté
Encourager l’innovation
Un nouveau programme de soutien permet de concrétiser les idées issues de la branche
Ecorchure ou coupure
Comment se déroule la cicatrisation et comment soigner correctement les plaies?
Branche
Thème central

Les réseaux sociaux peuvent offrir une belle vitrine aux drogueries. Mais attention: la publicité pour les médicaments est très encadrée.
Les likes, commentaires et partages peuvent amener des témoignages de profanes non autorisés.

Se débarrasser des mycoses pas à pas
La plupart des champignons qui vivent sur nous sont inoffensifs –jusqu’à ce qu’ils provoquent des troubles. Les maladies fongiques sont gênantes, mais elles se traitent généralement bien.

Jure Batur a pris la direction de Similasan en 2024, en pleine crise. Dans cette interview, il nous explique comment l’entreprise se projette dans l’avenir et ce que le karaté pratiqué à haut niveau lui a appris.
Impressum vitamine
Editeur Association suisse des droguistes, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne, Téléphone 032 328 50 30, info@drogistenverband.ch
Distribution vitagate sa, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne
Directrice et responsable Ventes: Tamara Gygax-Freiburghaus, t.gygax@vitagate.ch
Annonces: Tamara Gygax-Freiburghaus, Marlies Föhn, Valérie Rufer, Janine Klaric, inserate@vitagate.ch
Abonnements et distribution: Sabine Andersen, vertrieb@vitagate.ch
Rédaction
Direction de l’édition, rédactrice en chef de vitamine: Céline Jenni, c.jenni@vitagate.ch
Ont collaboré à la rédaction de ce numéro: Astrid Tomczak, Barbara Halter, Désirée Klarer
Conseils spécialisés: Dr oec. troph. (Univ.) Monika Wilhelm
Traduction: Marie-Noëlle Hofmann
Couverture: istockphoto.com/gresei
Production
Layout: Claudia Luginbühl
Impression: Courvoisier-Gassmann SA, Bienne 7e année: paraît 10× par an © 2026 – vitagate sa, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne

Magazine officiel de l’Association suisse des droguistes et média d’Employés Droguistes Suisse
Connaissances spécialisées

Les ongles des pieds et des mains ont besoin de soins après l’hiver. Une esthéticienne explique ce qu’il faut faire en cas d’ongles cassants, comment les couper correctement et comment les embellir.

Nouveau programme de soutien
Les innovations et les projets qui peuvent servir à toute la branche sont soutenus par le programme de soutien.
15 Employés Droguistes Suisse
Des réponses sur le thème des vacances. Peuvent-elles se prescrire? Et l’employeur peut-il supprimer des congés?
24 Coupures et autres blessures
Aperçu des phases de la cicatrisation et comment soigner les plaies de manière optimale.
Les drogueries souhaitent être innovantes et dynamiques. Les bonnes idées ne manquent guère. Comment naissentelles? Presque toujours spontanément. Une cliente pose une question, un collaborateur remet un processus en question, une blague surgit lors d’une discussion entre collègues. Une blague qui, ensuite, donne matière à réflexion. Tout à coup, une idée apparaît pour améliorer ou changer quelque chose. Mais, au quotidien, on ne peut souvent pas prendre le temps de donner suite à ce petit germe: trop compliqué, trop chronophage, trop coûteux. C’est dommage que tant d’idées tombent à l’eau. Car de nouvelles impulsions pourraient faire avancer non seulement les entreprises, mais toute la branche. C’est précisément là qu’intervient le nouveau programme de promotion de l’innovation de l’Association suisse des droguistes. Il crée un espace pour des idées issues de la pratique. Pour les personnes qui souhaitent mettre ces idées en œuvre. Ce soutien vise au moins à réduire l’obstacle financier. Il est essentiel que les projets soutenus aient un caractère d’exemple. Ce programme ne considère pas l’innovation comme la tâche de pionniers isolés, mais comme un projet collectif. Pour savoir comment soumettre votre bonne idée et comment fonctionne le programme de soutien, rendez-vous en page 4. Donc sortez vos idées des tiroirs et inscrivez-les au programme de soutien. Nous attendons vos projets avec impatience!
Céline Jenni, Direction de l’édition, rédactrice en chef de vitamine, c.jenni@vitagate.ch
La branche de la droguerie n’a pas besoin de gestionnaires du statu quo, mais d’idées qui font durablement bouger les choses. Avec un nouveau programme de soutien, l’ASD ouvre la voie à des projets innovants.
7 Désirée Klarer | F D Marie-Noëlle Hofmann
La branche de la droguerie est confrontée à de grands défis. Parmi ceux-ci, on peut citer la modification des besoins des clients, la pression croissante de la concurrence et les exigences réglementaires de plus en plus strictes. On ne trouve pas forcément les réponses à ces défis à un bureau, mais au cœur de l’entreprise, à partir d’expériences vécues et de pratiques quotidiennes. C’est là que le nouveau programme de soutien de l’Association suisse des droguistes (ASD) intervient.
Ce programme est rendu possible grâce à une généreuse donation de la «Fondation Alfred et Annemarie Käser». «Nous avons déjà utilisé une partie de l’argent pour les SwissSkills. Avec la promotion de l’innovation, nous voulons maintenant soutenir et ancrer le processus stratégique dans la branche», explique Andrea Ullius, directeur de l’ASD. L’association aurait pu utiliser les fonds en interne. «Cela aurait été tout à fait possible, compte tenu de la mission de la fondation. Mais les changements se produisent sur le terrain, dans les
Cadre de soutien en un coup d’œil
• Contribution maximale: jusqu’à 50 000 francs par projet
• Type de financement: contribution non remboursable (soutien financier)
• Cofinancement: au moins 50 % de fonds propres ou de fonds tiers
• Durée du projet: généralement de 6 mois à 2 ans
• Nombre de projets: trois nouveaux projets par année au maximum
• Délai de dépôt 2026: 31 mai 2026
• Dépôt: zukunft@drogistenverband.ch
drogueries. C’est pourquoi nous avons opté pour ce programme de soutien», explique Andrea Ullius.
Qu’est-ce qui est encouragé?
Le soutien est destiné à des projets qui renforcent durablement l’«écosystème de la droguerie». Il peut s’agir par exemple de projets de formation et pour la relève, de mesures visant à renforcer le métier, de nouvelles prestations et de processus ou concepts visant à assurer la couverture des soins de base. Ce n’est pas la taille du projet qui compte, mais sa pertinence, sa faisabilité et son impact. «Nous ne voulons pas de vieux vins dans de nouvelles bouteilles», plaisante Andrea Ullius. Il faut des idées «out of the box», «donc pas seulement des idées connues développées, mais une révolution si possible», ajoute-t-il. Il cite en exemple positif de ce type d’idée le concept de la Naturathèque, introduit à l’époque par Erich Müller. «Il peut aussi s’agir de quelque chose qui bouscule un peu la branche», ajoute le directeur de l’ASD. Critère important: la transférabilité. Les projets soutenus doivent avoir un caractère de modèle et être évolutifs, afin que les connaissances acquises puissent être mises à profit par d’autres entreprises. «Cela signifie que le concept peut être reproduit ou que l’on développe par exemple quelque chose que d’autres peuvent louer ou emprunter gratuitement», explique
Andrea Ullius. Il cite comme exemples un laboratoire mobile ou un bus-droguerie, qui permettrait de présenter le métier de droguiste de manière plus attrayante dans les écoles. «Tant de bonnes idées attendent d’être concrétisées. L’argent du programme de soutien doit permettre de les faire passer des têtes et tiroirs à la concrétisation», ajoute Andrea Ullius. Pour trouver l’inspiration, on peut se référer aux cinq champs thématiques du processus stratégique: «Fabrication», «Automédication», «Numérique», «Conseil et prévention» et «Médecine complémentaire».
Qui peut déposer un projet?
Le programme de soutien s’adresse à un large public: les drogueries indépendantes et les groupements, les droguistes avec leurs propres idées, les start-ups, les institutions de formation et de recherche liées à la branche, mais aussi les entreprises proches de la branche. «Il peut s’agir par exemple d’une menuiserie qui propose un système modulaire facile à adapter à chaque point de vente», explique Andrea Ullius. Les projets à caractère pilote ou de modèle sont expressément bienvenus, même si l’idée n’est pas encore complètement aboutie. L’éligibilité d’un projet au soutien est examinée dans le cadre d’une procédure de sélection clairement structurée et en plusieurs étapes.
Comment se déroule la procédure?
Dans un premier temps, le secrétariat de l’ASD vérifie que les dossiers déposés répondent aux exigences formelles. Les projets retenus sont ensuite soumis à un
jury qui évalue leur caractère innovant, leur pertinence pour la branche, leur faisabilité et leur durabilité. Sur la base de cette recommandation, le comité central de l’ASD prend une décision avant que la Fondation ESD n’accorde définitivement son soutien.
Les projets soutenus s’engagent à fournir des rapports réguliers, une documentation finale détaillée et à partager activement leurs conclusions sous forme de guides, de listes de contrôle ou de présentations lors de manifestations de l’ASD. « Le transfert de connaissances est une ressource que nous exploitons encore trop peu dans notre branche. Nous devrions prendre exemple sur ceux qui excellent dans un domaine, apprendre les uns des autres et ainsi éliminer nos propres faiblesses », déclare Andrea Ullius.
Soumettre
En règle générale, la date limite de dépôt est le 31 mars. Pour l’année 2026, cette date est toutefois prolongée jusqu’au 31 mai. Le dossier de projet complet, conforme aux lignes directrices, doit être envoyé par mail (zukunft@drogistenverband.ch ) au secrétariat. Celui-ci est également là en cas de questions ou pour une première évaluation des idées de projets. «Tout le monde peut et doit participer, car la branche ne peut évoluer que si tout le monde s’y met. Celui qui contribue aujourd’hui à la branche en bénéficiera demain, ce n’est pas une théorie, mais une conviction qui se vit au quotidien. Profitez donc de cette opportunité. Pas pour une semaine, pas pour une campagne, mais pour quelque chose qui renforce durablement la branche», conclut Andrea Ullius.
è Vous trouverez tous les documents supplémentaires, liste de contrôle comprise, ici:
En communiquant en tant que droguiste, que ce soit sur les réseaux sociaux, en vitrine ou sur son propre site internet, on évolue dans un cadre juridique clairement défini. Ce qui est autorisé dépend fortement de ce pour quoi on fait de la publicité – et de la manière dont c’est fait.
7 Désirée Klarer | F D Marie-Noëlle Hofmann
La publicité pour les médicaments est en principe autorisée, mais le terme est défini de manière large dans la loi. Selon l’ordonnance sur la publicité pour les médicaments (OPuM), toute forme d’information, de prospection ou d’incitation qui vise à encourager la prescription, la remise, la vente, la consommation ou l’utilisation de médicaments est considérée comme de la publicité (art. 2 let. a OPuM). Cela inclut dans la communication de masse les informations objectives sur les possibilités d’utilisation des médicaments, si elles sont susceptibles d’influencer le comportement de consommation. Ce qui compte donc, ce n’est pas seulement l’intention, mais aussi l’effet.
La loi sur les produits thérapeutiques (LPTh) et l’OPuM fixent des limites strictes: la publicité pouvant inciter à un usage excessif, abusif ou inapproprié de médicaments est interdite (art. 32, al. 1, let. b LPTh). En ce qui concerne la publicité destinée au grand public, une longue liste de contenus interdits s’applique, notamment des promesses d’efficacité garanties, des affirmations de supériorité par rapport à d’autres traitements, des témoignages de profanes ainsi que des déclarations suscitant la peur ou des attentes (art. 22 OPuM). Des termes tels que «progrès», «nouvel espoir» ou «les médecins sont enthousiastes à propos de ce traitement» sont donc problématiques. La publicité pour les médicaments soumis
à ordonnance est même totalement interdite auprès du grand public (art. 32, al. 2, let. a LPTh).
Davantage de risques sur les réseaux sociaux
Les mêmes règles s’appliquent sur les réseaux sociaux, mais avec un risque supplémentaire important: l’interactivité. Peu importe que vous utilisiez Facebook, Instagram, LinkedIn ou toute autre plateforme. Sylvia Schüpbach, avocate chez Pharmalex Sàrl, explique: «En principe, les différentes plateformes de réseaux sociaux ne présentent pas de différences en termes de prescriptions légales. Elles permettent toutes l’interaction des utilisateurs». C’est précisément là que réside le problème: si les fonctions de like, de partage et de commentaires sont activées pour un post lié à un médicament, ce dernier peut être évalué, enrichi de témoignages et diffusé plus largement – tout cela étant considéré par Swissmedic comme des témoignages de personnes non-spécialisées illégaux au sens de l’article 22, let. g de l’OPuM. Même de simples likes sont considérés comme tel par Swissmedic. Mais il n’y a pas encore eu de cas devant les tribunaux.
Les règles sont encore plus strictes pour les spécialités maison: comme elles sont exclusivement destinées à la clientèle de

la droguerie, elles ne peuvent faire l’objet de promotion que sur place dans la droguerie. En ligne, seuls le nom, la quantité, la forme galénique et le prix sont autorisés. L’indication ne doit pas être lisible en arrière-plan, même sur les photos de produits. Il y a toutefois une marge de manœuvre: «On ne peut pas explicitement présenter les spécialités maison sur les réseaux sociaux. Mais il est possible de promouvoir le savoir-faire et les compétences liés aux spécialités maison», souligne Sylvia Schüpbach. On peut ainsi diffuser des vidéos sur la fabrication. À condition qu’il n’y ait pas de référence médicale aux médicaments. Important: même les hashtags ne doivent pas contenir de référence directe à la spécialité maison ou de données supplémentaires sur une indication ou un effet. Pour les dispositifs médicaux destinés aux non-spécialistes, les compléments alimentaires et les cosmétiques, il est possible de faire de la publicité sur les réseaux sociaux à l’aide d’images et de vidéos, à condition de respecter toutes les autres exigences en matière de publicité.
«Et la présence de collaborateurs sur une publication peut soulever des questions relatives à la protection des données, car il est ensuite pratiquement impossible de supprimer définitivement ces images d’internet», explique Sylvia Schüpbach. Cela peut être problématique, car des personnes pourraient découvrir, de manière fortuite,
où travaille quelqu’un. Il est donc important d’obtenir une déclaration de consentement. Qui doit toujours être écrite pour des raisons de preuve.
Swissmedic surveille activement la publicité en effectuant ses propres examens et en recevant des signalements de tiers. Une publicité suspecte peut être signalée à market.surveillance@swissmedic.ch. En cas d’infraction, Swissmedic envoie d’abord un avertissement, puis peut interdire la publicité en cas de violation grave, avec des frais administratifs. Si l’interdiction n’est pas respectée, une procédure pénale peut être engagée, avec une amende personnelle pour la personne responsable de la publicité. Les publications problématiques doivent être supprimées immédiatement. «Si le contenu n’est plus disponible en ligne, il n’y a plus de risque de procédure administrative», explique Sylvia Schüpbach, même si le risque théorique d’une poursuite pénale ultérieure demeure. La spécialiste précise: «Cela peut être le cas si une infraction a été commise à un moment précis et si une personne peut et veut le prouver.» Internet n’oublie pas. Il faut y penser avant de poster quelque chose, surtout s’il s’agit de médicaments et de spécialités maison.
è En tenant compte de la liste de contrôle de Swissmedic pour les publications sur les réseaux sociaux et les mesures publicitaires, on minimise le risque d’infractions.


Les champignons sont omniprésents, à la piscine, au salon de beauté, … Des champignons généralement inoffensifs vivent aussi en permanence sur notre peau et nos muqueuses. Mais ils peuvent provoquer des troubles dans certaines conditions. Bonne nouvelle: bien que les mycoses puissent être tenaces, elles se soignent généralement bien.
Les champignons colonisent notre peau et nos muqueuses, ils vivent avec nous – et sont généralement inoffensifs. Beaucoup d’entre eux font partie d’un équilibre microbien sain et ne deviennent pathogènes que quand cet équilibre est perturbé. Cela se produit en cas d’infections fongiques. «Certains champignons ne font pas partie de la flore normale», explique Maya Wolfensperger, dermatologue à l’Hôpital de la ville de Zurich. «Lorsque ces agents pathogènes apparaissent, c’est toujours pathologique, indépendamment de l’état de l’équilibre microbien.»
Médicalement, on distingue surtout trois groupes: les dermatophytes, les levures et, plus rarement, les moisissures. «Les maladies les plus fréquentes sont les dermatophytoses», explique Maya Wolfensperger. Les dermatophytes se nourrissent de kératine, le principal composant de la peau, des cheveux et des ongles. Ils ne font
Les lésions cutanées typiques sont des plaques rouges et squameuses qui s’étendent lentement. Elles prennent souvent la forme d’un cercle. «Généralement, le bord du cercle est plus marqué et la zone touchée s’étend», explique la dermatologue. Selon leur localisation, ces lésions peuvent également suinter ou s’infecter.
Les symptômes varient selon la partie du corps touchée. Lorsqu’il s’agit de la peau, on parle de teigne du corps (tinea corporis). Elle se caractérise par une lésion circulaire avec une zone périphérique bien délimitée; le centre de la lésion est souvent moins atteint. Quand les dermatophytes touchent le cuir chevelu, on parle de teigne du cuir chevelu (tinea capitis), de teigne de la barbe (tinea

La mycose du pied est de loin la plus répandue. Pas étonnant: les dermatophytes apprécient les environnements chauds et humides. Les piscines, les douches et les vestiaires sont des lieux de contamination classiques. Les personnes infectées y laissent des squames. «Il y a beaucoup de dermatophytes dans les pédiluves», explique Maya Wolfensperger. «Car les personnes déjà infectées les utilisent aussi.» La mycose du pied se caractérise par des zones de peau squameuses, ramollies ou fissurées, généralement entre les orteils et cela s’accompagne de démangeaisons ou de brûlures. La mycose des ongles est différente. Il n’y a pas de desquamation, mais une modification de la structure de l’ongle: il s’épaissit, prend une teinte jaunâtre à brune, devient cassant ou se décolle partiellement du lit de l’ongle. Les ongles poussent lentement et le germe est souvent profondément ancré. Si la matrice de l’ongle est touchée, les mesures externes ne suffisent souvent pas et le traitement peut durer des mois.
Les dermatophytes se trouvent dans les sols humides et chauds, mais aussi dans la terre ou sur les poils des animaux. «De nombreux animaux sont porteurs de dermatophytes sans présenter de symptômes», explique la dermatologue. En particulier les chiens et les chevaux. La barrière cutanée de l’être humain joue également un rôle important: les dermatophytes pénètrent difficilement dans une peau saine et intacte. Leur intrusion est plus facile si la peau est sèche avec de petites crevasses, ramollie ou s’il y a des microlésions.
Une muqueuse qui démange et brûle
Les levures constituent un deuxième groupe de champignons pouvant provoquer des troubles. Elles comprennent principalement les espèces Candida et Malassezia, anciennement souvent appelées Pityrosporum. Contrairement aux dermatophytes, de nombreuses levures font partie de notre microbiome naturel. Malassezia est présent chez la plupart des personnes dans la flore cutanée normale, en particulier dans les zones riches en glandes sébacées comme le cuir chevelu, le visage ou la poitrine.
Terme générique pour les champignons qui dégradent la kératine (par ex. Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton).
Touchent la peau, les cheveux et les ongles; ne font pas partie de la flore normale – leur présence est toujours pathologique.
Transmission: contact cutané, sols contaminés/squames cutanées, animaux; favorisée par un environnement humide et chaud et par des microlésions.
Typique: lésions en forme de taches, à bords bien délimités, qui s’étendent; tableau clinique variable en fonction de la localisation (tinea/onychomycose).
Dermatophytose la plus fréquente.
Typique entre les orteils: peau blanchâtre ramollie, desquamation, fissures; souvent démangeaisons ou sensation de brûlure.
Lieux à risque: douches/vestiaires; les chaussures occlusives favorisent les rechutes.
Peut s’étendre aux ongles (combinaison fréquente de mycose du pied + onychomycose).
Dermatophytose des ongles (le plus souvent), plus rarement levures et encore plus rarement moisissures.
Symptômes typiques: ongles épaissis, jaunâtres à brunâtres, cassants; éventuellement décollement du lit de l’ongle.
Différence par rapport à la forme cutanée: pas de «desquamation», mais modification de la structure de l’ongle.
Traitement souvent long (plusieurs mois); local et/ou systémique selon la gravité.
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La levure ne devient pathogène qu’en cas de modification de l’environnement, par exemple à cause d’une production excessive et prolongée de sébum, du stress ou de changements hormonaux. Candida se trouve principalement sur les muqueuses, dans la bouche, l’intestin et la région génitale. Le champignon peut être détecté même chez les femmes ne présentant aucun symptôme dans la région vaginale. Il ne devient générale-
Foyer circulaire, avec des bords marqués; centre souvent calme.
Souvent après un contact étroit avec la peau ou après un contact avec des animaux infectés ou de la terre.
Peut imiter l’eczéma – en cas de doute, un examen mycologique est recommandé.
Rare dans la pratique ambulatoire quotidienne; plus fréquent dans certaines situations à risque particulier (par exemple, immunosuppression, blessures).
Exemples: Aspergillus (voies respiratoires), mucormycose; infections rares des ongles; otomycose (conduit auditif externe).
Problème lié à l’humidité, aux frottements, à des facteurs hormonaux ou à une barrière cutanée affaiblie.
Symptômes typiques: zones rougies, suintantes, brûlures/démangeaisons; souvent nettement délimitées, lésions satellites possibles.
Cause fréquente de troubles dans la région intime; les autodiagnostics sont souvent peu fiables en raison de causes similaires. freepik.com
ment problématique que lorsque l’équilibre local est perturbé, par exemple par l’humidité et les frottements, après un traitement antibiotique, en cas d’hyperglycémie ou d’affaiblissement des défenses locales. Sur la peau, une infection à Candida se manifeste généralement dans les plis cutanés chauds et humides: zones rougies, ramollies ou brillantes, souvent avec des démangeaisons ou des brûlures. Avec comme caractéristique de petits foyers inflammatoires «satellites» au bord de la zone touchée.
Les femmes sont très touchées: la candidose vulvovaginale est l’une des infections les plus fréquentes de l’appareil génital féminin; environ 70 à 75 % des femmes en souffrent au moins une fois dans leur vie. Mais les symptômes sont peu spécifiques: démangeaisons, brûlures ou pertes vaginales anormales peuvent avoir d’autres causes, comme des infections bactériennes ou des irritations. Les autodiagnostics sont donc souvent peu fiables.
Les moisissures peuvent aussi provoquer des maladies, mais elles jouent un rôle nettement moins important dans la pratique quotidienne en dermatologie. «Nous voyons beaucoup moins de moisissures», explique Maya Wolfensperger. Elles touchent plutôt des groupes à risque particulier, comme des personnes dont le système immunitaire est affaibli.
Les petites infections cutanées limitées, comme une mycose du pied entre les orteils, peuvent souvent être traitées localement. Avec des antimycosiques topiques tels que le clotrimazole, le miconazole, l’éconazole ou la terbinafine (liste B). En Suisse, plusieurs de ces principes actifs sont disponibles sans ordonnance (liste D) selon la posologie et le produit et peuvent être délivrés en droguerie sur conseil d’un spécialiste.
Les principes actifs sont disponibles sous différentes formes galéniques: crème, gel, solution, spray ou poudre. Le choix de la forme galénique dépend de la localisation et de l’état de la peau. Les
solutions ou pâtes sont souvent plus appropriées que les crèmes grasses si la peau est suintante et ramollie.
Les antifongiques azolés comme le clotrimazole ou le miconazole inhibent la synthèse de l’ergostérol dans la membrane cellulaire du champignon. La terbinafine intervient plus tôt dans la même voie de synthèse et est généralement fongicide pour les dermatophytes, alors que de nombreux azoles ont un effet principalement fongistatique.
En cas d’onychomycose, des vernis à ongles contenant de l’amorolfine (liste D) ou du ciclopirox (liste B) sont utilisés localement. Si la matrice de l’ongle est touchée ou si plusieurs ongles sont concernés, un traitement systémique est souvent nécessaire. Dans ce cas, on recourt à des principes actifs tels que la terbinafine, l’itraconazole ou le fluconazole. Ils sont délivrés uniquement sur ordonnance (liste B) et nécessitent un suivi médical.
En cas d’infection à Candida, le traitement dépend de la localisation. Les candidoses cutanées
sont généralement traitées localement avec des azoles (par exemple, clotrimazole, miconazole).
En cas de candidose vulvovaginale, des comprimés, crèmes ou ovules vaginaux à base d’azoles sont utilisés localement; dans certains cas, une dose unique de fluconazole , sur ordonnance médicale, par voie systémique peut être indiquée. Il est essentiel de faire un diagnostic différentiel correct, car des symptômes similaires peuvent avoir d’autres causes.
Du temps et un diagnostic correct pour le traitement
Il existe aussi des préparations à base de plantes contenant des ingrédients ayant des propriétés antifongiques, comme l’usnée, la capucine ou certaines huiles essentielles. Elles sont généralement proposées en droguerie sous forme de teintures, d’extraits ou de mélanges. Elles peuvent être utilisées en complément d’un traitement lo-

Invitation
Nous convions nos membres à la
de la Coopérative d’assurance des mètiers.
Mercredi 27 mai 2026
Metropol, Zurich
Programme à partir de 10 00 Café et thé
11 00 – 12 00 Assemblée générale
12 00 – 13 30 Apéritif dînatoire
Les coopérateurs ayant le droit de vote reçoivent une invitation personnelle. Il n’y aura pas de traduction simultanée.
Congrès de la droguerie: 19 – 21 avril 2026
Dernière chance de s’inscrire!
Inscriptions encore possibles jusqu’au 9 avril
Simplement sûr. Depuis 1902.
cal ou pour stabiliser la barrière cutanée, mais ne remplacent pas un traitement antifongique ciblé en cas de dermatophytose sévère, de mycose des ongles ou d’infections à Candida compliquées. Les principes actifs privilégiés varient en fonction de l’agent pathogène. Les antimycosiques agissent sur plusieurs espèces de champignons, mais ils ciblent des structures spécifiques de la cellule fongique et ne sont pas des «médicaments à large spectre» non spécifiques.
«Nos clients viennent le plus souvent pour traiter une mycose du pied», explique le droguiste Martin Riesen. «Nous pouvons les renseigner, les accompagner et, si nécessaire, les adresser à un spécialiste.» La consultation professionnelle est particulièrement importante pour les médicaments en vente libre, par exemple pour déterminer la durée d’utilisation, le choix de la meilleure forme galénique et le moment où une consultation médicale est nécessaire. «De nombreuses infections fongiques semblent disparaître mais ne sont pas réellement guéries», explique le droguiste.
La dermatologue Maya Wolfensperger le confirme. Selon elle, un problème central dans la pratique réside dans les diagnostics erronés. Les maladies fongiques peuvent avoir des apparences très différentes – et elles peuvent ressembler à des eczémas, ce qui peut entraîner des traitements inappropriés. «La cortisone peut certes réduire l’inflammation, mais elle ne traite pas la cause», explique-t-elle. «Le champignon reste et est souvent encore plus difficile à détecter.» Les spécialistes parlent dans ce cas de tinea incognito. En même temps, Maya Wolfensperger comprend les erreurs de diagnostic. «Je pense qu’on ne peut pas toujours attendre d’un généraliste qu’il pose un diagnostic correct», estime-t-elle. Les médecins de famille doivent penser à de nombreuses maladies différentes, et «tous n’ont pas
de microscope». Il est donc compréhensible que des erreurs de diagnostic soient commises, d’autant plus que de nombreuses lésions cutanées se ressemblent beaucoup sur le plan clinique. En dermatologie, il existe en revanche des méthodes diagnostiques spécifiques. «Nous prélevons quelques squames, les colorons et les observons au microscope. Le résultat est disponible en quelques minutes», explique la dermatologue. En fonction des résultats, il est possible de réaliser une culture, qui nécessite toutefois plus de temps, ou un test PCR afin d’identifier plus précisément l’agent pathogène.
A noter que toutes les modifications cutanées ne doivent pas être immédiatement examinées par un spécialiste. Des mesures simples permettent aussi d’éviter les mycoses: séchage soigneux de la peau, port de sandales ou de tongs dans les douches publiques ou entretien hygiénique des chaussures et des vêtements. Porter des gants lors des travaux de jardinage ou du contact avec des animaux permet aussi d’empêcher les microlésions et de réduire le contact avec un sol potentiellement contaminé. «Il ne s’agit pas de tout éviter, mais de prendre conscience des facteurs de risque», souligne Maya Wolfensperger. Les champignons font partie de notre environnement biologique. Il en existe d’innombrables espèces dans le monde, la plupart inoffensives, peu potentiellement pathogènes. Il ne s’agit pas de dramatiser, mais de les connaître pour pouvoir réagir de manière appropriée.
è Vous trouverez la bibliographie complète ici
On estime que plusieurs millions d’espèces de champignons existent dans le monde, mais à ce jour, environ 150 000 espèces seulement ont été décrites scientifiquement. Seule une petite partie d’entre elles colonise régulièrement l’homme (principalement des dermatophytes, des Candida et quelques moisissures). On estime que moins de 300 espèces de champignons peuvent provoquer des maladies chez l’homme, dont beaucoup surtout chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.
Répartition:
• Mycose du pied: environ 10–20 % de la population (avant tout des adultes)
• Onychomycose: environ 5–12 % de la population (avant tout des adultes)
• Candidose vulvovaginale: 70–75 % des femmes touchées au moins une fois dans leur vie
Les vacances ne sont pas toujours synonymes de joie et d’anticipation.
Il arrive souvent qu’elles soient sources de conflits entre les employés et les employeurs.
7 Regula Steinemann | F D Marie-Noëlle Hofmann
Selon l’article 31 de la CCT de la branche de la droguerie, le droit aux vacances est de 22 jours par an. Les travailleurs qui atteignent l’âge de 50 ans au cours de l’année civile, les travailleurs ayant 10 ans de service et les travailleurs n’ayant pas encore atteint l’âge de 20 ans ont droit à 25 jours de vacances. Pour les travailleurs à temps partiel, les chiffres 4 et 5 prévoient d’autres dispositions, notamment que la compensation pour les vacances est de 9,24 % pour 22 jours de vacances et de 10,65 % pour 25 jours.
Est-il possible de supprimer des vacances?
Des supérieurs menacent parfois de supprimer les jours de vacances si les employés ne les prennent pas dans un certain délai. Certains règlements contiennent également des dispositions à ce sujet, par exemple que les vacances doivent être prises avant la fin de l’année ou au plus tard avant le mois de mars de l’année suivante. Mais on ne peut pas supprimer les vacances. En faisant de telles demandes, les supérieurs et les employeurs veulent avant

Regula Steinemann, avocate et directrice de «Employés Droguistes Suisse»
Cette page est ouverte à Employés Droguistes Suisse. L’avis de l’auteure ne doit pas coïncider avec celui de la rédaction et/ou de l’Association suisse des droguistes. www.drogisten.org
tout s’assurer que les employés prennent leurs vacances et n’accumulent pas de soldes de congés trop importants. En effet, il s’agit en fin de compte de garantir la récupération (et la santé) des employés.
Les vacances peuvent se prescrire
Le Tribunal fédéral a décidé que les vacances sont prescrites dans les cinq ans à compter de leur échéance (en règle générale, le dernier jour où les jours de vacances non pris pourraient encore être pris au cours de l’année en cours). Si les crédits de vacances de plusieurs années se sont accumulés, les plus anciens sont en principe prescrits avant les plus récents, sauf accord contraire des parties. Il n’est pas rare que les employés soient informés à la fin de l’année ou au début d’une nouvelle année du solde des heures supplémentaires, des jours de vacances non pris, etc. La doctrine dominante y voit une «novation», selon laquelle la créance et le délai de prescription recommencent à courir.

Jure Batur travaille chez Similasan depuis 17 ans. Il en a pris la direction en 2024, au milieu de la plus grande crise de l’histoire de l’entreprise.
Dans cet entretien, il nous explique comment Similasan se redirige vers l’avenir et comment le karaté et son passé de sportif d’élite l’aident dans son travail.
7 Barbara Halter | F D Marie-Noëlle Hofmann | Miriam Kolmann
Jure Batur, vous dirigez Similasan depuis 2024. Qu’est-ce qui vous a le plus réjoui et le plus contrarié au cours des deux dernières années?
Jure Batur: J’ai repris la direction de Similasan à une période difficile. Environ six mois avant mon arrivée, les États-Unis ont interdit tous les collyres homéopathiques. C’était un coup dur pour Similasan. La disparition de notre plus grand marché. C’est une catastrophe que nous n’avons toujours pas complètement surmontée. Mais, et c’est ce qui me réjouit le plus, le fait que l’on m’ait confié la direction de l’entreprise est un grand honneur pour moi.
Lorsque l’interdiction est entrée en vigueur en septembre 2023, Urs Lehmann était le CEO de Similasan et vous étiez le directeur financier. Auriez-vous pu faire quelque chose différemment avec le recul?
L’autorité américaine chargée des denrées alimentaires et des médicaments a modifié la réglementation presque du jour au lendemain, ce que personne n’aurait pu prévoir. Pour rester compétitifs, nous avons dû rapidement nous restructurer et réorganiser l’entreprise. Je voudrais encore préciser un point à ce sujet.
Faites-le.
Cela concerne les circonstances qui ont conduit à l’interdiction d’importation: à l’époque, un concurrent indien est arrivé sur le marché américain et ses collyres étaient contaminés. Des personnes ont dû être hospitalisées, certaines ont perdu la vue et il y a même eu des décès. En réaction, l’agence américaine compétente a durci les exigences pour toute la branche. Cela a notamment affecté l’importation de collyres homéopathiques. Similasan n’est pas responsable de cette interdiction.
Y a-t-il une chance que la situation évolue? Non, nous ne le pensons pas. Néanmoins, nous restons actifs aux États-Unis, où la marque Similasan est présente depuis quarante ans et s’est bien établie. Nous expédions actuellement nos premières gouttes pour les yeux naturelles reformulées, qui seront disponibles dans les pharmacies américaines à partir du printemps.
Quelle est la situation financière de Similasan aujourd’hui?
Nous ressentons encore les effets de la restructuration, mais nous souhaitons
Jure Batur
né en 1981, a rejoint Similasan à Jonen (AG) en 2009 et a occupé différents postes au sein de l’entreprise. Depuis avril 2024, il est CEO et copropriétaire de l’entreprise. Jure Batur est Sensei dans une école de karaté à Jonen. Lors de sa carrière sportive, il a fini troisième des championnats d’Europe de karaté full-contact et cinquième des championnats du monde de karaté Goju-Kai au Japon. Il vit à Obfelden (ZH) avec sa famille. Ses deux filles ont 13 et 16 ans.
revenir à la normale et regarder vers l’avenir cette année. Avant la crise, Similasan était dans une phase de croissance prolongée.
Avec John F. Kennedy, les États-Unis ont un ministre de la santé très favorable aux médecines naturelles. Vous suivez cela?
Oui, c’est très important pour nous. Toutefois, les processus de la santé publique américaine sont opaques et, avec Donald Trump, tout peut changer du jour au lendemain.
«Les drogueries, comme les pharmacies, sont nos amis et partenaires.»
Vous travaillez chez Similasan depuis 17 ans. Qu’est-ce qui vous a attiré au départ?
Je cherchais une entreprise qui fabrique un produit que je peux soutenir et que les gens peuvent tenir dans leurs mains. Un chasseur de têtes m’a contacté quand une offre d’emploi de contrôleur financier a été publiée chez Similasan. Et lorsque j’ai découvert que l’entreprise se trouvait à seulement sept minutes de chez moi, j’ai su que je voulais ce poste.
Vous n’aviez pas de contact avec le domaine de la santé jusque-là?
Non, je viens de la gestion d’entreprise et j’étais dans l’industrie des machines à l’époque.
Similasan a été fondée en 1980 par trois droguistes. Quelle est la place des droguistes aujourd’hui?
Les drogueries, comme les pharmacies, sont nos amis et partenaires. Le commerce de détail a fait la renommée de Similasan et nous soutient même dans les moments difficiles. La compétence des droguistes et leur proximité avec la clientèle ne peuvent être remplacées. En tant que fabricant, nous voulons développer des produits qui aident le personnel qualifié dans son travail. C’est pourquoi nous investissons dans la formation. Si le commerce de détail est fort, Similasan est fort aussi.
L’automne dernier, un lot de globules Similasan pour le rhume a été rappelé préventivement. Que s’est-il passé?
Lors de la production des globules, un tout petit éclat de verre a été trouvé dans un tamis. Nous sommes sûrs à pratiquement 100 % que les produits eux-mêmes n’étaient pas contaminés. Mais comme la sécurité de notre clientèle est notre prio-

rité, nous avons décidé de procéder à ce rappel préventivement.
Vous produisez presque tout à Jonen (AG). Ne serait-ce pas moins cher à l’étranger?
Nous sommes une entreprise suisse et nous voulons rester en Suisse. Certes, les salaires et les coûts de production sont probablement plus élevés ici, mais notre équipe de Jonen travaille qualitativement, efficacement et de manière très flexible. Si nécessaire, nos machines peuvent démarrer er produire un samedi.
Comment gérez-vous les quelque 100 employés de Similasan?
Nous entretenons une culture de performance familiale. Tout le monde se tutoie, des apprentis au CEO. Mais nous attendons de chacun des performances, comme dans une famille. Il est important pour moi de souder les équipes. Cela permet d’aborder les sujets délicats.
«La vie de sportif de haut niveau est exigeante: on apprend à gagner, à perdre et à se
relever.»
Votre prédécesseur, Urs Lehmann, est une figure emblématique. Il est connu du grand public depuis des années grâce au ski. Comment avez-vous vécu le fait de lui succéder?
Nous nous connaissons depuis 17 ans et sommes proches, il est mon coach et mon mentor. Souvent, un regard suffit et nous savons ce que l’autre pense. Pour moi, il n’est pas une figure emblématique, mais simplement Urs.
La direction de Similasan est sportive. Vous avez pratiqué le sport de haut niveau comme Urs Lehmann. Thomas Lambert, responsable des affaires internationales, était un skieur de freestyle. Les sportifs d’élite sont-ils de bons leaders?
Urs et moi, nous nous sommes rencontrés par hasard. Mais nous apprécions beaucoup les sportifs d’élite qui nous entourent. Ils ont leur propre motivation et nous comprenons comment ils fonctionnent. La vie de sportif de haut niveau est exigeante: on apprend à gagner, à perdre et à se relever. Nous soutenons également les jeunes qui souhaitent devenir sportifs professionnels. Mais Similasan compte aussi beaucoup d’employés qui n’ont jamais pratiqué de sport de haut niveau.
Vous avez été professionnel de karaté et vous possédez une école de karaté. Que représente ce sport pour vous?

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Développé et fabriqué en Suisse. Fidèle au commerce spécialisé depuis sa fondation en 1932.
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Le karaté est ma passion. J’ai appris la modestie, la patience et la concentration. Au quotidien, j’ai de nombreux rendez-vous, mais j’arrive à me concentrer sur chacun d’eux. Je suis pleinement présent à chaque instant. Le karaté m’a aussi donné de la force mentale. Il faut vraiment que quelque chose me secoue pour que je sois ébranlé. Je ne suis nerveux et agité que lorsque l’un de mes enfants est malade.
Êtes-vous sur le tatami tous les jours? Non, je ne vais plus souvent au dojo, ce n’est pas compatible avec mon travail. Dans mon école, un groupe dirige les entraînements quotidiens. Je continue à coacher lors des compétitions, je suis toujours très motivé.
«Le karaté m’a aussi donné de la force mentale. Il faut vraiment que quelque chose me secoue pour que je sois ébranlé.»
Vous vous engagez dans la commission scolaire de votre domicile. Pourquoi le faire en plus de toutes vos autres tâches?
Je dois toujours faire quelque chose, sinon je m’ennuie. Je suis membre de la commission scolaire de l’école secondaire Obfelden-Ottenbach (ZH). Mon but est de créer des structures pour aider les jeunes à trouver une place d’apprentissage ou une autre solution et de les soutenir ainsi.
Quel chemin avez-vous emprunté quand vous étiez adolescent?
J’ai suivi une formation commerciale, puis j’ai étudié la gestion d’entreprise tout en travaillant et en élevant mes enfants, et j’ai obtenu un MBA. J’ai également étudié dans une université française, où j’ai beaucoup appris sur la diversité.
Vos parents sont originaires de Croatie. Comment avez-vous vécu votre enfance? Je suis né en Croatie et je suis arrivé en Suisse avant la guerre, alors que j’étais enfant. Mon père était travailleur immigré. En tant qu’enfant, on sent qu’on appartient à
une autre classe sociale. J’ai particulièrement mal vécu le fait que mon professeur de 6e me dise que je ne pouvais pas aller au gymnase parce que l’allemand n’était pas ma langue maternelle. D’un point de vue scolaire, j’aurais pu y arriver, mais dans les années 90, en tant qu’enfant étranger, il fallait être bien meilleur que les autres. Cette expérience m’a certainement motivé par la suite.
Vous n’êtes pas un digital native, comme le prouve votre compte Instagram. Vous y partagez juste huit photos, dont une de la mer en Croatie, une de la tombe de Bruce Lee et une d’un concert de 50 Cent. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet?
Nous avons une maison de vacances sur une île en Croatie. Quand j’y arrive, je ne pense plus à rien d’autre. J’aime être au bord de la mer et sur l’eau, cela me manque en Suisse. Lors de notre voyage en famille aux États-Unis, nous nous sommes arrêtés à Seattle. Je voulais voir une seule chose: la tombe de Bruce Lee. C’était mon idole et il m’a fait découvrir le karaté quand j’étais enfant. C’est pareil avec 50 Cent: je faisais du hip-hop dans les années 90 et aujourd’hui ma fille aînée en écoute. Assister à un concert de 50 Cent avec elle a été une expérience formidable.
Dans le numéro de mai de vitamine, vous retrouverez dans ces pages une interview de Fabienne Hebeisen-Dumas, responsable d’aha! Centre d’Allergie Suisse.

Un passage à l’institut de beauté est un moment de détente bienvenu, mais on manque souvent de temps. On peut aussi réaliser une manucure ou une pédicure à la maison. Des conseils pour obtenir des ongles presque aussi soignés qu’avec des professionnels.
7 Barbara Halter | F D Marie-Noëlle Hofmann
Enfiler des sandales pieds nus et se prélasser au soleil – voilà comment bien débuter l’été! Mais c’est à ce moment-là qu’on se rend compte que nos pieds ne sont pas prêts pour l’été. Les ongles en particulier ont besoin d’une pédicure d’urgence. L’esthéticienne Nadja Wartenweiler est spécialiste en la matière. Elle propose différents soins de beauté dans un local si-
tué dans la droguerie-parfumerie Dropa à Meilen (ZH). Le magasin propose également tout ce qu’il faut pour prendre soin et embellir ses ongles chez soi. Avant une manucure ou une pédicure, il faut enlever les résidus de vernis à ongles. Pour ce faire, Nadja Wartenweiler recommande un dissolvant doux et sans acétone. «Sauf les vernis noirs ou les vernis à effets
avec des particules spéciales comme des paillettes. Pour les enlever, il faut utiliser un produit contenant de l’acétone.» Idem pour le vernis gel: il ne s’enlève qu’avec un dissolvant à base d’acétone qu’il faut laisser agir un peu. Nous reviendrons plus tard sur les différents types de vernis à ongles.
Une fois les ongles débarrassés du vernis, il faut les couper à la longueur souhaitée. Ce qui est avant tout une question de préférences personnelles. Pour les ongles des doigts, Nadja Wartenweiler utilise uniquement la lime, mais de différentes duretés. «Même si ça prend plus de temps, mon expérience m’a appris que la lime est plus douce pour l’ongle que des petits ciseaux ou le coupe-ongles.»
Pour les ongles courts, Nadja Wartenweiler utilise une lime fine. Pour les ongles longs, elle commence par une lime grossière et passe ensuite à une lime fine. Les limes sont disponibles en différents grains, à l’instar du papier de verre. Plus le nombre est élevé, plus la lime est fine. Nadja Wartenweiler préfère les limes en métal. «Ce n’est obligatoire, juste une préférence personnelle», explique-t-elle. Elles peuvent
être désinfectées, ce qui est très pratique, surtout si plusieurs personnes utilisent la même lime.
Une lime en verre est idéale pour la finition. Elle permet d’obtenir un bord de l’ongle particulièrement lisse et est idéale pour les ongles sensibles ou cassants. Contrairement aux ongles des doigts, pour les pieds, on utilise un coupe-ongles: il faut les couper droit et ne pas arrondir les coins. «Sinon, il y a un risque que l’ongle s’incarne. Il faut alors consulter une podologue. Elle dispose d’appareils spéciaux pour traiter le problème.»
Autre conseil pour les ongles cassants: en plus d’appliquer régulièrement de la crème sur les mains, les ongles et le lit de l’ongle apprécient aussi quelques gouttes d’huile. On recommande souvent l’huile d’argan, mais n’importe quelle huile végétale convient. Si les ongles sont très abîmés, un traitement avec un durcisseur d’ongles peut s’avérer utile. Ce produit ressemble à un vernis à ongles incolore, on l’applique généralement pendant quatre jours consécutifs avant de le retirer.
Selon Nadja Wartenweiler, les clientes qui ont fait retirer leurs ongles artificiels souffrent souvent d’une fragilité accrue de leurs ongles naturels. «Il n’y a alors pas d’autre solution que d’attendre qu’ils se rétablissent.» En règle générale, elle re-
Depuis le 1er septembre 2025, il est interdit de vendre et d’utiliser en Suisse et dans l’UE des produits cosmétiques contenant du TPO. Le diphényl triméthylbenzoyl phosphine (TPO) est un photoinitiateur qui permet par exemple aux vernis à ongles en gel de durcir sous l’effet de la lumière UV ou des lampes LED. Le TPO est considéré comme toxique et est soupçonné d’avoir un effet négatif sur la fertilité. Cette interdiction concerne surtout les instituts de beauté et les esthéticiennes, mais des produits contenant du TPO étaient également en vente dans le commerce spécialisé.
Des magazines de consommateurs testent régulièrement les vernis à ongles de différents fabricants pour détecter la présence de substances nocives. Ils se concentrent notamment sur les nitrosamines, qui peuvent se former dans le vernis pendant le stockage. Les filtres UV hormonaux actifs comme le benzophénone-1 ou le phénol sont également considérés comme problématiques. Certaines marques de vernis à ongles indiquent «3free», «5free», «7free» ou même «18free» sur leurs produits. Le chiffre indique le nombre d’ingrédients autorisés mais potentiellement problématiques que la marque a volontairement éliminés. Cette mention n’est toutefois pas protégée. Certaines marques proposent des vernis à ongles végans, mais les vernis de cosmétique naturelle sont rares.

Il est judicieux de prévoir des périodes sans vernis à ongles et de respecter les recommandations des fabricants en matière de durée de conservation. Et les vieux vernis ne doivent pas être jetés avec les ordures ménagères, mais éliminés avec les déchets spéciaux.
commande de ne pas vernir les ongles en permanence, mais de faire régulièrement des pauses, par exemple en hiver.
Vernis classique, en gel ou peel-off
Une fois les ongles taillés à la longueur souhaitée, l’esthéticienne applique un dissolvant pour cuticules et le laisse agir quelques instants. Ensuite, elle utilise un bâtonnet en bois de rose pour décoller et repousser délicatement la peau sur l’ongle. «Il ne faut jamais utiliser des ciseaux ou tout autre outil qui pourrait endommager la cuticule. Si vous n’êtes pas sûre de vous ou si vous avez une cuticule particulièrement épaisse, il est préférable de laisser cette tâche à une spécialiste.»
Avant de le vernir, il faut s’assurer que l’ongle soit sec et exempt de toute huile. Pour que le résultat dure le plus longtemps possible, appliquer quatre couches: d’abord une couche de base, puis deux couches de couleur et enfin une couche de finition. La couche de base incolore permet d’obtenir une surface lisse et protège contre les colorations. Les tons rouges, en particulier, peuvent jaunir l’ongle avec le temps. La couche de finition, également incolore, donne de la brillance et protège la couleur.
En ce qui concerne le vernis à ongles, Nadja Wartenweiler distingue le vernis classique, le vernis en gel et le vernis peeloff. Ces deux derniers types de vernis ne durcissent que sous une lampe LED ou UV et sont souvent utilisés dans les salons de manucure, mais sont également disponibles dans le commerce. Le vernis peel-off est particulièrement pratique car il peut être retiré facilement en le décollant de l’ongle.
Pratiquer pour maîtriser –Conseils pour vernir les ongles
Selon les magazines de mode comme Vogue ou Elle, les teintes douces et naturelles, rose pâle ou pêche sont à la mode cette année pour les ongles, mais aussi
des couleurs plus vives comme marron chocolat, sauge ou bleu bébé. Les clientes de Meilen apprécient particulièrement les classiques rouges, mais aussi le corail ou, en été, les couleurs fluorescentes. Le «Rouge Noir» de Chanel est un phénomène parmi les couleurs de vernis. C’est un vernis bordeaux presque noir qui a été lancé dans les années 1990: Claudia Schiffer et Kate Moss l’ont porté sur les podiums et Uma Thurman dans le film culte Pulp Fiction. Le «Rouge Noir» connaît aujourd’hui un regain de popularité.
Mais comment appliquer le vernis aussi parfaitement qu’une esthéticienne? «C’est une question de pratique», explique Nadja Wartenweiler. «Alors, n’ayez pas peur et lancez-vous!» Elle donne toutefois un petit conseil: ne pas approcher le pinceau trop près du bord de l’ongle. «Si le vernis pénètre dans la peau, il sera plus difficile à enlever.»
Elle applique la technique «une main après l’autre». Elle met d’abord le vernis de base sur une main, puis sur l’autre, puis le vernis coloré dans le même ordre. Les ongles ont ainsi toujours le temps de sécher. Et elle s’assure que ses clientes aient leur porte-monnaie ou leurs clés de voiture à portée de main, afin qu’elles n’aient pas à fouiller dans leur sac à main avec leurs ongles fraîchement vernis. À la maison, si le temps est compté, mieux vaut enfiler les chaussettes et les vêtements élégants avant de se vernir les ongles, ou patienter un peu avant de mettre les sandales.
è Vous trouverez la bibliographie complète ici

Aïe, ça saigne!
Qu’il s’agisse d’une coupure, d’une égratignure ou d’une écorchure, les plaies doivent être soignées correctement afin d’éviter les complications. vitamine donne un aperçu des différentes phases de la cicatrisation et du traitement des plaies.
7 Céline Jenni | F D Marie-Noëlle Hofmann
Dans la vie quotidienne, les blessures cutanées surviennent très vite, que ce soit en chutant à vélo ou avec un couteau de cuisine. Notre corps tente alors de refermer les plaies le plus rapidement possible afin de minimiser la perte de sang et d’eau et de se protéger des infections. Chaque blessure déclenche la cicatrisation, un mécanisme de réparation du corps. La peau, qui est l’un des plus grands organes du corps humain, protège le corps des influences extérieures. La peau est composée de trois couches: l’épiderme, le derme (chorion) et l’hypoderme. L’épiderme et le derme forment ensemble le cutis (voir graphique à la page 28). L’épiderme est la couche la plus externe qui sépare l’organisme de l’environnement et est constitué d’un épithélium pavimenteux stratifié dont la kératinisation augmente en direction de
l’extérieur. L’épiderme n’est pas irrigué. Le derme est plus épais que l’épiderme et est composé de tissu conjonctif qui intègre des vaisseaux sanguins, des voies nerveuses, des vaisseaux lymphatiques, des poils, des glandes sébacées et des glandes sudoripares. L’hypoderme est composé de tissu conjonctif lâche avec des cellules adipeuses. L’épaisseur de la peau varie selon les régions du corps et dépend de l’état nutritionnel. Le coussin adipeux protège du froid et sert en quelque sorte de matelas de protection.
Lésions de la peau
Une plaie se forme lorsque la peau est violemment coupée ou lésée. Il existe différents types de plaies, notamment:
Canal excréteur d’une glande sudoripare (pore de la peau)
Glande sudoripare
Tissu adipeux sous-cutané
Follicule pileux
• les plaies mécaniques: elles comprennent les écorchures, coupures, déchirures, égratignures, piqûres, morsures, contusions, perforations, blessures par balle.
• les plaies thermiques: l’exposition à une chaleur ou un froid extrême peut endommager la peau. Les blessures causées par l’électricité sont également incluses dans cette catégorie.
• les plaies chimiques: les blessures causées par les acides et les bases produisent des lésions similaires à celles des brûlures.
On classe souvent les plaies en fonction de la profondeur de la lésion. Les lésions de degré I correspondent à une lésion superficielle touchant l’épiderme et le derme.
Poil
Dans le cas des blessures de degré II, les lésions s’étendent jusqu’au tissu sous-cutané, la plaie ayant une profondeur d’environ 1 à 4 millimètres. Lorsque les couches tissulaires, y compris les fascias et les tissus musculaires, sont détruites, on parle d’une blessure de degré III. Et dès que les os, les tendons et les articulations sont endommagés, il s’agit d’une blessure de degré IV.
Déroulement de la cicatrisation
Vaisseaux sanguins
Muscle arrecteur du poil
Glande sébacée Epiderme
Derme
Hypoderme
Musculature
Terminaison ner veuse libre
Ces blessures doivent être traitées par un médecin!
En cas de blessure, l’organisme tente de refermer la plaie ouverte et non protégée. Il existe deux types de cicatrisation. La cicatrisation primaire concerne les petites blessures non infectées, avec un très léger défaut de l’épiderme et du derme. En cas de petite coupure avec des bords de plaie lisses et proches l’un de l’autre, la cicatrisation peut se terminer en dix jours, sans formation excessive de tissu. La cicatrice fraîchement épithélialisée est à peine visible. Si le dommage au tissu est plus important, la cavité doit être remplie de tissu de granulation – c’est la cicatrisation secondaire. Ce processus prend plus de temps et peut entraîner la formation de cicatrices. On parle de plaies chroniques lorsque la cicatrisation prend plus de huit semaines. La cicatrisation primaire et secondaire se déroule en trois phases qui se chevauchent (voir le graphique à la page 26): la phase d’exsudation (phase d’inflammation ou de nettoyage), la phase de granulation (phase de prolifération) et la phase d’épithélialisation (phase de régénération).
Pendant la phase d’exsudation, les débris cellulaires, les particules de saleté et les
Certaines blessures ne relèvent plus de l’automédication et doivent être traitées par du personnel médical formé. Il s’agit des cas suivants:
• Morsures
• Si la plaie saigne beaucoup
• Si des corps étrangers sont profondément incrustés dans la plaie
• Plaies au visage
• Si les bords de la plaie sont effilochés
• Si une infection se développe pendant la cicatrisation
• Brûlures graves
Dans ces cas-là, les premiers soins se limitent donc à la pose d'un pansement de secours adapté et aussi stérile que possible, ou d'un bandage compressif si la plaie saigne abondamment. Il ne faut pas procéder à d'autres interventions telles que le nettoyage, la désinfection ou l'extraction d'éventuels corps étrangers.
bactéries sont éliminés. Les vaisseaux endommagés se contractent pour minimiser la perte de sang et le système de coagulation est activé. En quelques heures, un réseau de fibrine se forme, servant de matrice pour le tissu de granulation. La fibrine colle les bords de la plaie et arrête le saignement en formant une croûte. De plus, la défense immunitaire cellulaire commence. Les macrophages commencent à phagocyter les germes et les débris de tissu. Très souvent, les plaies présentent des signes d’inflammation, c’està-dire qu’elles sont douloureuses, enflées, chaudes et rouges. Cette phase se termine au bout de trois jours environ. La phase de granulation est la phase de renouvellement des tissus. Les fibroblastes construisent un squelette sur le réseau de fibrine, dans lequel d’autres cellules provenant de la zone immédiate de la plaie sont implantées. Les fibroblastes produisent du collagène pour renforcer le tissu de granulation qui se forme. Les plaies à ce stade sont d’un rouge vif, humides et brillantes et semblent bien ir-
Phase d’exsudation
Phase de granulation Phase d’épithélialisation
riguées. Le tissu est très sensible. La phase de granulation commence vers le deuxième jour et peut durer jusqu’à quatorze jours. Au cours de la phase d’épithélialisation, le tissu de granulation est transformé en tissu cicatriciel. Cela signifie que les cellules épithéliales migrent sur le tissu de granulation encore humide, se divisent et forment une couche cellulaire plus épaisse jusqu’à ce que la plaie soit refermée. Cette restructuration du tissu commence aux bords ou au fond de la plaie. La phase de régénération commence à partir du quatrième jour et peut durer jusqu’à trois semaines. Selon la taille et la localisation de la plaie, plusieurs semaines voire plusieurs mois peuvent être nécessaires pour que le tissu retrouve sa pleine élasticité.
Le traitement doit suivre l’ordre suivant: 1. nettoyage de la plaie, 2. désinfection de la

Phase d’exsudation
• exsudat de la plaie
• légers signes d’inflammation (œdème, rougeur, chaleur, plaie douloureuse)

Phase de granulation
• surface humide, brillante, rouge framboise
• baisse de l’exsudation

Phase d’épithélialisation
• peau fine rose
• tissu cicatriciel blanc brillant

Phase de régénération
• plaie complètement fermée
• nouvelle peau sensible
plaie, 3. soin de la plaie avec un pansement ou un pansement rapide (immobilisation de la plaie) et 4. soutien de la guérison pendant la phase de granulation. Le nettoyage et la désinfection sont les mesures les plus importantes qui déterminent la suite de la guérison.
Les solutions de rinçage réduisent le risque d’infection et doivent être stériles, non irritantes et non résorbables. La solution de Ringer ou la solution saline conviennent parfaitement. En cas d’urgence, une blessure peut également être rincée à l’eau courante, car les avantages d’un rinçage immédiat l’emportent sur le risque d’infection de la plaie par des germes présents dans l’eau du robinet.
Avant d’appliquer un pansement, il est impératif de désinfecter la plaie. Selon leur principe actif, les antiseptiques pour plaies sont bactéricides/bactériostatiques, fongicides/fongistatiques ou virucides. Idéalement, ils agissent sur un large spectre de germes, ont une longue durée d’action, ne favorisent pas l’apparition de résistances, sont incolores, n’empêchent pas la cicatrisation, sont indolores et non résorbables. Les principes actifs appropriés sont par exemple l’octénidine, le polyhexanide, la chlorhexidine ou l’iode.
A sec ou humide?
Dans le traitement traditionnel sec des plaies, la plaie est recouverte et protégée des germes et des contraintes mécaniques. Les produits de soins des plaies conventionnels utilisés dans le traitement sec des plaies sont des compresses de gaze, de coton, les pansements en gaze et les pansements adhésifs. Ils peuvent souvent absorber beaucoup de sécrétions ou de sang. Mais cela entraîne un dessèchement de la plaie et la formation de croûtes. C’est un problème pendant la phase de granulation, car les nouvelles cellules épithéliales ne peuvent pas migrer au-dessus de la zone sèche de la plaie. Les capillaires et les fibres de fibrine adhèrent et la plaie se rouvre à chaque changement de pansement. Cela retarde la guérison et est douloureux. Cependant, les pansements convention-
nels sont le choix privilégié pour les soins d’urgence et les petites plaies comme les coupures.
Les soins modernes des plaies sont adaptés aux différentes phases de la cicatrisation et recourent à des pansements appropriés pour maintenir la plaie humide. Cela permet d’éviter les cicatrices, la déshydratation et la formation de croûtes. L’échange gazeux est garanti, même avec une cicatrisation humide, l’oxygène peut atteindre la plaie et la vapeur d’eau peut s’évaporer. On évite ainsi la formation d’une chambre humide. Pour les plaies exsudatives, on utilise des pansements avec une grande capacité d’absorption pour que le sang et l’exsudat puissent être absorbés. Les pansements conventionnels conviennent. Dans la phase de granulation, on utilise des pansements qui créent un climat humide afin d’éviter que la plaie ne colle au pansement. Les pansements hydroactifs, contenant par exemple des hydrogels, des alginates ou des pansements hydrocolloïdes sont particulièrement adaptés. Les crèmes cicatrisantes peuvent en outre favoriser la formation de nouveaux tissus.
Pendant la phase d’épithélialisation, il est important de protéger le tissu nouvellement formé et fragile contre les influences extérieures. Les pansements sans effet d’aspiration sont adaptés, afin d’éviter que la plaie sèche. Il est important de maintenir l’humidité pour que les cellules épithéliales puissent se déplacer sur la surface humide. Cela empêche également que la plaie ne colle au pansement et que le nouvel épithélium ne soit à nouveau déchiré. Les plaies fermées peuvent être traitées avec des gels cicatrisants spéciaux afin d’éviter la formation de cicatrices trop importantes.
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