

19442024 80 ANS
















































Ce cĆur des Ardennes bat dans LâArdennais
haque jour, une fenĂȘtre sâouvre sur la vie des Ardennes et des Ardennais. Comme lâon feuillette les pages de notre journal, depuis 80 ans dĂ© lent les mille et une histoires qui ont façonnĂ© notre dĂ©partement, lâont endurci, parfois blessĂ©, mais jamais vaincu. Etre le tĂ©moin quotidien de lâhistoire qui sâĂ©crit est le moteur qui anime chaque jour les Ă©quipes de LâArdennais. Depuis 30 ans, notre cher Yanny Hureaux et sa Beuquette font le bonheur quotidien de nos lecteurs, avec ce quâil faut dâironie, de piquant et de belles histoires, une plume comme il nâen existe plus Ă laquelle nous rendons hommage. Depuis huit dĂ©cennies, le coeur des Ardennes bat dans LâArdennais. Des gĂ©nĂ©rations de journalistes ont arpentĂ© notre territoire pour rendre compte le plus dĂšlement possible de la vie de notre dĂ©partement, de son dynamisme, grands tĂ©moins des Ă©volutions de notre temps, oreilles attentives de nos interlocuteurs, plumes agiles qui sans concessions, Ă©rigent lâinformation comme un rempart face aux obscurantismes. Il y a nos jours et nos nuits, esclaves dâune information qui ne sâarrĂȘte jamais, tĂ©moins du meilleur comme du pire. Il y a aussi ces maillons essentiels Ă la vie dâun journal, des mĂ©tiers de lâombre sans qui LâArdennais ne serait rien. Il y a les nuits blanches des rotativistes, celles des colporteurs de presse, qui vivent chaque soir une course contre la montre pour livrer Ă temps nos exemplaires dans votre boĂźte aux lettres ou





Géraldine Baehr-Pastor
Directrice générale de Rossel Est Médias





Notre histoire
La naissance dâun journal
La premiĂšre une
Au coeur de lâancienne imprimerie
Les grandes dates
Les enjeux pour notre entreprise
Du papier au numérique
Vous et nous
Paroles de lecteurs
Le journal a changé leur vie
chez vos marchands de journaux. Un cycle permanent qui ne sâarrĂȘte jamais, nous emmĂšne dans le tourbillon de la vie de nos villes et de nos villages. Et qui tisse peu Ă peu le l de notre histoire, riche de vos histoires.
Savoir dâoĂč lâon vient, câest prendre le temps de cultiver lâhĂ©ritage du passĂ© pour maintenir lâexistence du dĂ©bat dĂ©mocratique et prendre part Ă la vie de nos territoires. Câest surtout prĂ©parer lâavenir et vous donner, chaque jour, les clĂ©s de comprĂ©hension du monde qui nous entoure. GrĂące Ă la consolidation de nos activitĂ©s sur de nombreux supports : papier, sites, applications, newsletters, TV digitale, nous rendons lâinformation toujours plus utile, complĂšte et accessible Ă nos 350 000 lecteurs quotidiens.
Savoir dâoĂč lâon vient pour savoir oĂč lâon va.
Plus que jamais, nous nous engageons pour un journalisme toujours plus exigeant, utile, incarné, vivant et porteur de solutions. Nous défendons un pluralisme qui porte toutes les voix, toutes les actions, tous les combats. Et ils sont nombreux. Pour le maintien du bien vivre ensemble, ici, maintenant. Pour les générations futures face à la jungle des réseaux sociaux, proies faciles de la désinformation. Pour nos modÚles économiques face aux géants du numérique qui pillent nos contenus et font régner les algorithmes sur nos vies. Les dé s sont nombreux pour continuer à exister dans ce monde en perpétuel mouvement, alors que les intelligences arti cielles viennent à nouveau bousculer la donne.
Sâadapter, toujours, grandir pour faire de ces menaces de vĂ©ritables opportunitĂ©s, et tenir bon parce que cette aventure est formidable. Elle nous rend ers de lâhĂ©ritage laissĂ© par des compagnons qui luttĂšrent pour un monde libre. Aujourdâhui, nous sou ons bien plus que nos bougies, câest un vent dâespĂ©rance pour lâavenir de la presse, qui sâannonce riche et passionnant.
Vive LâArdennais !
SupplĂ©ment gratuit au journal LâArdennais
Ăditeur de la publication : journal LâArdennais
Directeur de la publication :
Géraldine Baehr-Pastor
RĂ©dactrice en chef : Carole Gamelin RĂ©daction et photos : LâArdennais
Des collaborateurs et personnalitĂ©s parlent de LâArdennais
Fan de la premiĂšre heure
Les produits dĂ©rivĂ©s de LâArdennais
Les coulisses du quotidien
Les liens entre Yanny Hureaux et LâArdennais
Ces reportages ont marqué leur carriÚre
Une tournée avec un V.C.P.
Béatrice, 38 ans de bons et loyaux services
LâArdennais et Rimbaud
Portraits de correspondants
Les métiers disparus du journal
Les venues historiques dans les Ardennes
LâArdennais et les arbres
Les coups de cĆur de Karen Kubena
Une journĂ©e Ă LâArdennais
Des projets innovants
Lâalbum souvenirs
Les Unes historiques
Du chĂąteau au bu et de la gare
Régie publicitaire : Global Est Médias, 4-6 rue Gutenberg, 51100 Reims. CPPAP n° 0425 C 86339.
ImprimĂ© sur les presses du journal lâunion, 6, rue Gutenberg, Reims. Provenance du papier : France, SuĂšde. Merci au comitĂ© dĂ©partemental de lâO ce National des Combattants et des Victimes de Guerre pour la labellisation de notre supplĂ©ment dans le cadre du 80e anniversaire de la libĂ©ration.


Par Mirko Spasic
âArdennais, une aventure humaine nĂ©e dans les dĂ©combres de la guerre
Comme lâensemble de la presse française, LâArdennais est nĂ© dans lâeffervescence de lâaprĂšs-guerre et la volontĂ© de tourner la douloureuse page de lâoccupation.

Câest dans les premiers jours du mois de septembre 1944, Ă la n de la Seconde Guerre mondiale, avant mĂȘme le dĂ©part des troupes dâoccupation, que le ComitĂ© dĂ©partemental de LibĂ©ration (CDL) rĂ©unit une quinzaine de personnes Ă Charleville, dans le but de prĂ©parer la parution dâun nouveau quotidien dans les Ardennes pour remplacer Le Petit Ardennais, fondĂ© en 1880 par Ămile Corneau, mais devenu un organe de propagande allemande en 1942.
Le quotidien local fut, comme la plupart des journaux français, interdit à la Libération pour ces faits de collaboration.
Le 4 septembre 1944, le CDL con a la mission de crĂ©er ce nouveau journal Ă Fernand Vallaud. RĂ©sistant, il Ă©tait le secrĂ©taire de Pierre ViĂ©not, dĂ©putĂ© et sous-secrĂ©taire dâĂtat aux a aires Ă©trangĂšres. Pierre Tainturier, sous-prĂ©fet rĂ©voquĂ© par Vichy et rĂ©sistant, sâassocia Ă lui pour en assurer la gestion. Il en deviendra PDG. Le journal obtient le droit de sâinstaller dans les locaux du « Petit Ardennais », cours Briand.
Une femme, premiĂšre journaliste
Les dĂ©buts sont hĂ©roĂŻques. Une femme, Juliette RĂ©gnier, en est la premiĂšre journaliste professionnelle. Pierre Decoursier sera son confrĂšre de la premiĂšre heure. Roger Sainmont, lui, contribue dans sa rubrique Ă la renaissance du sport ardennais. Le journal parait pour la premiĂšre fois le lundi 11 septembre 1944. Il ne comporte que deux pages, imprimĂ©es recto-verso sur une feuille demi-format. Ce jour-lĂ , la guerre est encore prĂ©sente, les troupes alliĂ©es arrivant juste dans les faubourgs de MontmĂ©dy, dans la Meuse. Les contraintes techniques rendent trĂšs di ciles la sortie dâun journal quotidien : le papier manque, le matĂ©riel est hors de course et incomplet. MalgrĂ© tout, son milliĂšme numĂ©ro paraĂźt le 30 dĂ©cembre 1947. Pendant les annĂ©es 60, LâArdennais franchit la barre des 30 000 exemplaires di usĂ©s. En 1970, pour rĂ©nover son imprimerie, ses dirigeants trouvent un appui nancier auprĂšs de LâEst RĂ©publicain. Ă partir de mars 1971, le quotidien nancĂ©ien devient peu Ă peu actionnaire majoritaire. Courant 1972, la crĂ©ation de la sociĂ©tĂ© civile des publications de lâEst par LâEst RĂ©publicain et Le RĂ©publicain lorrain permet aux deux titres de dĂ©tenir 80% du capital. Dans les annĂ©es 80, cours Briand, lâe ervescence est considĂ©rable, avec
les di Ă©rents services installĂ©s dans le chĂąteau et sur la rue, le laboratoire photo dans le fond du parking, lâimprimerie en lieu et place dâune actuelle rĂ©sidence. LancĂ©e le 28 octobre 1984, lâĂ©dition dominicale est dâabord imprimĂ©e Ă Nancy. Elle deviendra 100% ardennaise le 21 novembre 1987. La collaboration entre les journaux lorrains sâarrĂȘte en 1985.
Fait unique dans la rĂ©gion, le journal est alors en concurrence directe avec LâUnion de Reims, propriĂ©tĂ© depuis le 3 juillet 1986 de Philippe Hersant, qui possĂšde alors ses locaux ardennais rue de Mantoue. En mars 1992, LâEst RĂ©publicain cĂšde au groupe Hersant le quotidien ardennais. Les deux titres coexistent, avec leurs lecteurs respectifs, tout en uni ant leur contenu rĂ©dactionnel.
Enraciné dans la culture ardennaise
En 1995, lâhistorien GĂ©rald Dardart rĂ©alisait, Ă la bibliothĂšque de Sedan, une exposition sur « La presse ardennaise de la RĂ©volution Ă nos jours : un combat pour une identitĂ©. » Un livret Ă©tait rĂ©alisĂ© Ă cette occasion, dans lequel Yanny Hureaux, Ă©crivain et auteur de La Beuquette, amoureux inconditionnel de ses chĂšres Ardennes, rappelait en prĂ©face : « comme les Ardennais sont des gens solidement enracinĂ©s dans leurs schistes, leur passĂ©, leurs principes, il est normal quâils conçoivent, en abondance, des livres, des journaux, des revues, des pĂ©riodiques (...) Comment imaginer des Ardennes sans Rimbaud ni DhĂŽtel, et sans LâArdennais ? » Pour pĂ©renniser cette aventure humaine, le groupe belge Rossel prend le contrĂŽle de LâUnion-LâArdennais le 14 janvier 2013, insu ant une nouvelle dynamique et assurant son avenir au titre, avant de lui donner cette annĂ©e un Ă©lan supplĂ©menaire en le dotant dâun nouvel Ă©crin prĂšs de la gare.

La rotative de LâArdennais vers 1950.
LâArdennais dans les annĂ©es 50
Par Jean-Godefroy Varoquaux
Ă©couvrez la toute premiĂšre Une de LâArdennais
Le 11 septembre 1944 naissait LâArdennais. Un quotidien issu de la RĂ©sistance. Nous avons retrouvĂ© la premiĂšre Une du journal, trĂšs riche en informations.
Quel regard porteront, dans 80 ans, les journalistes sur les Unes dâaujourdâhui ? Vaste question. Ă la rĂ©daction, celle datĂ©e du lundi 11 septembre 1944 surprend par la forme et lâabsence dâiconographie. On la regarde Ă©videmment avec les yeux de notre Ă©poque actuelle oĂč tout est centrĂ© sur lâimage voire lâapparence. Personnellement, ce numĂ©ro mâinspire de lâĂ©motion, de la tendresse et de la responsabilitĂ©. Câest une naissance : celle du quotidien LâArdennais.
Vent de liberté
Sur le fond, cinq articles composent ce premier numĂ©ro. Lâun sur le grand Pierre ViĂ©not, lâautre est une chronique des FFI, un troisiĂšme rend compte dâune commĂ©moration o cielle. Un article comme on pourrait encore en trouver aujourdâhui dans le journal. Le titre de Une, re et du papier principal, est fort et plein dâespoir. « à lâaube de la dĂ©livrance », lit-on en gras. Un vent de libertĂ© sou e dans les colonnes du journal. « Lâennemi nâest pas encore abattu », prĂ©vient-on tout en rappelant les sou rances spĂ©ci ques aux Ardennais, « toujours les premiers envahis et les derniers libĂ©rĂ©s ».
Naissance di cile
On y trouve Ă©galement quelques lignes sur la crĂ©ation, non sans di cultĂ©s du journal. « LâArdennais voit le jour au moment oĂč la presse française, celle qui nâavait jamais capitulĂ©, retrouve sa libertĂ©. » Et de dĂ©tailler : « Nous manquons de tout. Un obus a crevĂ© la toiture de nos ateliers et endommagĂ© nos machines (âŠ) Nous nâavons plus de tĂ©lĂ©phone. » Les fondateurs du journal se sont battus pour quâil voit le jour. Nous sommes aujourdâhui dĂ©positaires de cet hĂ©ritage et avons un ADN Ă prĂ©server. « LâArdennais est un journal essentiellement ardennais », lit-on. Un message, presque un mantra, plus que jamais dâactualitĂ©.

Le premier numĂ©ro de LâArdennais nâa pas Ă©tĂ© facile Ă sortir. En cause, entre autres, un bombardement qui a touchĂ© lâimprimerie.


Création du réseau CCI
CrĂ©ation de lâArdennais
Anniversaire de lâArdennais
u cĆur de lâancienne imprimerie de LâArdennais Ă Charleville-MĂ©ziĂšres
Dans les souvenirs de Francis Colin, il y a du bruit, beaucoup de bruit. Et lâodeur aussi, celle de lâencre. Tous les jours, Francis se rendait au boulot, Ă lâimprimerie de LâArdennais, situĂ©e Cours Briand, avant quâelle ne soit transfĂ©rĂ©e Ă Reims en 1992. Câest dans un bĂątiment, derriĂšre le chĂąteau, au fond Ă gauche, que le journal prenait vie. Aujourdâhui transformĂ©e en immeuble de logements, lâimprimerie Ă©tait sur deux Ă©tages. Au rez-de-chaussĂ©e, le service journal et au premier, sous les toits, le service commercial. Francis est un ancien typographe, il se souvient des locaux : « Il y avait plusieurs machines, sur 300 mĂštres carrĂ©s environ. Les pages passaient sur de gros cylindres », indique-t-il. Francis a connu le temps oĂč on mettait des lettres en plomb les unes Ă cĂŽtĂ© des autres dans des caisses pour former les phrases : « Quand on travaillait au plomb, on rangeait les lettres dans les caisses de 18 heures Ă 19 heures. Ensuite, on allait dĂźner et on revenait jusquâĂ 00 h â 1 h. On sâen allait une fois que le journal commençait Ă sâimprimer. »
Serge Lucot, lui, commençait le travail un peu plus tard, aux alentours de 5 heures du matin. Il travaillait Ă lâĂ©tage, au service commercial. « On imprimait des cartes de visite, des a ches. On sâoccupait aussi de pĂ©riodiques qui Ă©taient imprimĂ©s Ă Charleville », explique-t-il. Parmi ces pĂ©riodiques, il y avait lâAtout, un hebdomadaire gratuit de 32 pages, tirĂ© Ă plus de 100 000 exemplaires.
« Le quai de LâArdennais »
Serge Ă©tait « au pupitre ». Il Ă©tait responsable dâune Ă©quipe dâune quinzaine de per-
Lâimprimerie, un bijou industriel qui tourne tous les jours
Par Margaux Croizon

sonnes et surveillait que tout se passait bien au moment de lâimpression. Ce qui lui a valu quelques frayeurs. Il se souvient de ce jour oĂč un employĂ© a raccordĂ© la cuve dâencre noire alors que le client avait demandĂ© du vert : « Je voyais le vert qui sâassombrissait de plus en plus », relate-t-il. Serge fait arrĂȘter toutes les machines en urgence. « On a Ă©tĂ© obligĂ© de tout recommencer, de relaver toutes les plaques et de remettre la bonne couleur. Ăa nous a pris une heure et demie en plus, les collĂšgues nous en voulaient », se souvient-il en rigolant. Et dans cette chaĂźne minutieusement organisĂ©e, lâexpĂ©dition des journaux Ă©tait aussi tout un Ă©vĂ©nement. Les camions qui venaient rĂ©cupĂ©rer les journaux arrivaient avenue Charles de Gaulle, puis devaient faire marche arriĂšre dans une impasse pour arriver Ă lâarriĂšre de lâimprimerie. Une manĆuvre qui nĂ©cessitait de couper la circulation dans lâavenue. « On appelait ça le quai de lâArdennais », indique Serge. Chez Serge, une plaque en aluminium telle quâil les imprimait Ă lâĂ©poque, trĂŽne dans la salle Ă manger. Dessus, on peut lire « Vive la retraite ». Un cadeau de ses anciens collĂšgues et le souvenir du bon vieux temps pour le retraité : « Les couleurs, les formats, tous les jours câĂ©tait di Ă©rent. Jâaimais beaucoup mon mĂ©tier. »
Elle est la vedette de Lâunion et en impose par ses dimensions : longue de 80 mĂštres, elle tourne Ă 75 000 exemplaires par heure, 362 jours par an. Elle ? Câest la rotative GOSS Uniliner S. qui en impose dans le bĂątiment de 8000 m2 spĂ©cialement construit pour lâabriter en 2008. Star du journal, sa puissance, sa beautĂ© font Ă coup sĂ»r un e et boeuf. BichonnĂ©e, mise en route, nettoyĂ©e chaque jour par une Ă©quipe de prĂšs de 40 personnes, la rotative est le coeur qui bat au sein de lâimprimerie, une vĂ©ritable ruche parfaitement rĂŽdĂ©e qui fait naĂźtre chaque jour les 100 000 exemplaires des journaux de Rossel Est mĂ©dias (Lâunion, LâArdennais, LâEst Ă©clair, LibĂ©ration champagne et dâautres titres du groupe Rossel). Câest un ballet parfaitement orchestrĂ© et minutĂ©, qui opĂšre chaque nuit un travail minutieux et une course contre la montre 362 jours par an pour que les services des expĂ©ditions prennent le relais avant le dĂ©part des journaux pour leurs points de vente ou chez nos abonnĂ©s. Des Ă©volutions, lâimprimerie en a connu depuis 80 ans (lire ci-dessous) pour passer de la typographie Ă lâo set. « Cette transition vise Ă moderniser nos mĂ©thodes tout en optimisant la qualitĂ© et la rapiditĂ© de nos productions », explique William Carducci, directeur adjoint du centre dâimpression. « Lâo set prĂ©sente plusieurs avantages par rapport Ă la typographie traditionnelle. En premier lieu, cette mĂ©thode permet une reproduction plus prĂ©cise des images et des textes, avec une qualitĂ© constante sur de grands tirages. De plus, elle o re une meilleure gestion des couleurs et une plus grande souplesse en termes de supports dâimpression. Ce changement nous permettra Ă©galement de rĂ©duire les coĂ»ts de production, tout en maintenant un haut niveau de qualitĂ© pour nos clients » La rotative en chi res E ectifs quotidiens : 7 personnes par nuit Ă la rotative, 3 Ă lâexpĂ©dition, 2 Ă la maintenance.
Production 7 jours/7 et 362 jours par an (sauf 24 dĂ©cembre, 31 dĂ©cembre et 30/04 veille du 1er mai) 100 000 exemplaires en couleur par jour / 50 000 exemplaires de nos hebdomadaires et journaux gratuits / 11 Ă©ditions / 4 500 tonnes / an de papier recyclĂ© / 1 bobine papier = 1 300 kg / 11 tonnes de papier par nuit en moyenne / 80 tonnes dâencres par an / 290 000 plaques en alu soit 73 000 m2 par an






Les rotatives seront ouvertes au public et se visiteront le vendredi 4 octobre dans le cadre de lâopĂ©ration Visite ma boĂźte initiĂ©e par le groupe Rossel Est MĂ©dias. Visite sur inscription en ashant le QR Code



















âČ A lâorigine , la rotative de LâArdennais Ă©tait installĂ©e au fond de la cour, cours Briand.
grandes dates es
Mars 1992
Le groupe Hersant rachĂšte LâArdennais Ă LâEst rĂ©publicain.
11 septembre 1944
Naissance du quotidien LâArdennais. Le journal est installĂ© dans les locaux du « Petit Ardennais », cours Briand Ă Charleville-MĂ©ziĂšres.
1993
Lancement de la Beuquette de Yanny Hureaux
14 janvier 2013
Le groupe belge Rossel rachĂšte Lâunion qui est intĂ©grĂ©e dans le groupe Rossel Est MĂ©dias, avec LâArdennais et LâEst-Ă©clair. Une politique de modernisation et de diversi cation est engagĂ©e pour rĂ©pondre aux nouvelles attentes tant sur le papier que sur les supports numĂ©riques.
20 février 2022
Lancement de la TV digitale sur le site de lâArdennais
Septembre 2022
Lancement #tanews, univers Ă©ditorial dĂ©diĂ© aux centres dâintĂ©rĂȘts des jeunes, leurs prĂ©occupations et envies.
27 Février 2021
Christian Lantenois, reporter photographe Ă Lâunion et LâArdennais, est violement agressĂ© au cour dâun reportage Ă Reims.
Printemps 2022
LâArdennais se mobilise pour reboiser la forĂȘt locale touchĂ©e par une maladie appelĂ©e le scolyte. La vente dâun numĂ©ro spĂ©cial permet de replanter plus de 10 000 arbres.
17 juillet 2024
LâArdennais quitte le Cours Briand et installe son nouveau siĂšge Ă la gare de Charleville.

1 zone de di usion & 1 édition
Les Ardennes
32 salariés
15 000 exemplaires / jour
1
site internet
30 journalistes 2024
75 000 visites uniques / jour
1 TV digitale
lardennais.fr et 1 application
Deux ans déjà !
Par Valérie Coulet
âArdennais est le premier mĂ©dia dans sa ville et son dĂ©partement, et il
Entretien
Bernard Marchant
Président du Groupe Rossel
PrĂ©sident du groupe belge Rossel, Bernard Marchant estime que LâArdennais a bien Ă©voluĂ© depuis son rachat en 2013. Mais il doit encore sâadapter pour attirer de nouveaux lecteurs.
LâArdennais fĂȘte ses 80 ans. Comment ce titre, que votre groupe belge a rachetĂ© en 2013 au groupe français Hersant, se porte-t-il ?
Un travail de fond a Ă©tĂ© menĂ© et lâentreprise a Ă©voluĂ©, de façon dynamique et positive, dans un contexte social apaisĂ© et volontariste.
Aujourdâhui, le titre se trouve en bonne position pour assurer sa transformation pour le futur. LâArdennais est plutĂŽt bien positionnĂ© par rapport aux autres titres, Ă lâextĂ©rieur et Ă lâintĂ©rieur du groupe.
Quels sont ses points forts et ses points faibles ?
Ses points forts sont son ancrage local et la qualitĂ© de ses contenus, ainsi que la relation de con ance avec le lectorat qui est extrĂȘmement importante. Il y a aussi, grĂące Ă lâenvironnement de travail mis en place, une bonne transversalitĂ©, ce qui est fondamental. Les Ă©quipes Ă©ditoriales, marketing, de la rĂ©gie publicitaire et du back-o ce travaillent bien ensemble. Il faut maintenant accĂ©lĂ©rer les e orts sur le digital. Car il est extrĂȘmement important dâaller chercher un lectorat plus jeune et de rajeunir la relation au lecteur. On sait quâil faut miser sur la multidi usion : journal papier, liseuse, siteâŠ

LâArdennais Ă©tait-il trĂšs en retard au niveau digital par rapport Ă vos autres titres ?
Disons que les marchĂ©s ne sont pas au mĂȘme niveau de maturitĂ©. Il est vrai que plus on se trouve au nord de lâEurope et plus les marchĂ©s sont numĂ©risĂ©s. Si LâArdennais nâĂ©tait pas en avance dans ce domaine, un e ort a Ă©tĂ© fait tant au niveau Ă©ditorial quâau niveau de la rĂ©gie publicitaire. Aujourdâhui, il y a une accĂ©lĂ©ration de cette numĂ©risation et câest une bonne chose. Il faut rattraper le retard tout en gardant le bon Ă©quilibre.
LâArdennais est le premier mĂ©dia dans sa ville et son dĂ©partement, et il doit le rester dans des plateformes multimĂ©dias.
Il y a un e ort à faire sur la vidéo, en trouvant le bon modÚle. Les journalistes de presse ne doivent pas devenir des journalistes audiovisuels mais la vidéo doit enrichir leur capacité à raconter de belles histoires.
Quelle est la recette pour quâun titre de presse comme LâArdennais continue de se vendre ?
Et quel modĂšle Ă©conomique prĂ©conisez-vous pour quâil reste rentable ?
Le monde change plus vite quâavant et le citoyen a parfois du mal Ă sây adapter. Avec le phĂ©nomĂšne de surcommunication, les gens ont des difcultĂ©s Ă apprĂ©hender de façon apaisante ce qui se passe dans le monde, surtout sâils sâinforment par les rĂ©seaux sociaux. Notre travail est dâapporter des ltres grĂące au prisme journalistique, en expliquant, analysant⊠Pour mener cette mission tout en restant rentable, il faut construire un Ă©cosystĂšme. Mais dans ce domaine, il nây a malheureusement pas de rĂšgle. On doit tracer notre route en Ă©tant si possible aidĂ©s par les rĂ©gulateurs. Car notre Ă©cosystĂšme ne doit pas ĂȘtre mis Ă mal par des outils dâintelligence arti cielle qui pilleraient nos contenus sans que lâon soit rĂ©munĂ©rĂ©.
Une entreprise comme la nĂŽtre doit ĂȘtre agile et performante tout en vĂ©ri ant que les rĂšgles du jeu soient respectĂ©es par les di Ă©rents acteurs. Si beaucoup dâinformations sont gratuites sur Internet, la majoritĂ© des articles digitaux sont payants.
Comment donner envie aux gens de payer ?
Autrefois, les fausses informations circulaient dans les cafĂ©s, aujourdâhui cela se passe sur les rĂ©seaux sociaux. Si lâon veut que les gens paient pour nous lire, ce qui est indispensable, nous devons construire de bons contenus, utiles aux lecteurs. Ces derniers doivent avoir conscience de la valeur ajoutĂ©e.
Il faut dâailleurs bien rĂ© Ă©chir Ă la façon dont on vend un journal car les gens font la comparaison avec leur abonnement Net ix ou Spotify. Les trois critĂšres les plus importants pour les Ă©quipes sont la compĂ©tence, la passion et la curiositĂ©. Et pour que les gens entrent dans le magasin, notre vitrine doit ĂȘtre attractive.
De nombreux journalistes et lecteurs ont peur de lâintelligence arti cielle et redoutent un nivellement par le bas. Quelle est votre position ?
Il nây a aucune raison dâavoir peur si, plutĂŽt que de subir lâintelligence articielle, on lâutilise de façon intelligente. Car si on ne le fait pas, dâautres lâutiliseront mieux que nous et on risque alors de perdre la bataille. Quand on regarde en arriĂšre, on aurait pu avoir peur dâĂ©normĂ©ment de choses. Mais lâĂȘtre humain a su sâadapter. Les nouveaux dĂ© s permettent dâavancer.





Par Carole Lardot
u papier au numérique
Il y a 80 ans, sortait le premier numĂ©ro de LâArdennais. Votre titre de presse est devenu un mĂ©dia rĂ©gional accessible sur tous les supports et toutes les plateformes.
Avant, câĂ©tait presque trop facile de sortir un journal 7 jours sur 7, 362 jours par an si lâon exclut les trois jours de non-parution. Facile, tout est relatif bien sĂ»r. Fabriquer un journal de 54 pages en moyenne, câest rĂ©inventer chaque jour un nouveau produit qui nâexiste pas le matin mĂȘme, qui sera disponible dans vos liseuses numĂ©riques aux alentours de minuit et dans vos boĂźtes aux lettres au petit matin. Nous avons lâhabitude de dire quâun journal, câest un petit miracle quotidien, dâautant plus que Lâunion se dĂ©cline en 7 Ă©ditions locales, car notre ADN, câest lâinformation de proximitĂ©, celle que nous sommes les seuls Ă pouvoir vous dĂ©livrer. Mais aujourdâhui, on nâattend plus forcĂ©ment la sortie du journal papier pour sâinformer. Pour nous, ce qui est essentiel, câest de vous dĂ©livrer une information de qualitĂ© en Ă©tant prĂ©sent lĂ oĂč vous vous trouvez. Vous ĂȘtes un amoureux du papier, nous aussi. Vous prĂ©fĂ©rez lire le journal en feuilletant notre liseuse numĂ©rique, nous avons optimisĂ© la lecture en mode zen. Les plus dĂšles ne sortent jamais sans leur application chargĂ©e sur leur tĂ©lĂ©phone pour ĂȘtre alertĂ© (ou non) en temps rĂ©el, dĂ©couvrir les articles sĂ©lectionnĂ©s par la rĂ©daction, paramĂ©trer leurs prĂ©fĂ©rences ou enregistrer un article Ă lire plus tardâŠEn fonction du moment de la journĂ©e, vous nous consultez sur votre ordinateur, mais surtout sur votre smartphone comme 85 % de nos lecteurs numĂ©riques. LĂ encore, nous nous adaptons Ă vos habitudes de lecture. Plus de 220 000 personnes nous lisent chaque jour sur internet.
Vidéo et innovation
Lâinformation se dĂ©cline aussi sous tous les formats et sur toutes les plateformes dans un souci dâaccessibilitĂ© et dâinclusion. Nous avons rĂ©alisĂ© un gros travail ces derniĂšres annĂ©es pour proposer une vaste o re vidĂ©o que vous pouvez retrouver au cĆur de nos articles, sur notre plateforme innovante de vidĂ©os verticales vĂ©riĂ©es, VVV, ou en suivant nos lives qui vous emmĂšnent au cĆur des Ă©vĂ©nements. Et puis, il y a les rĂ©seaux sociaux. Ă chacun ses codes, ses habitudes. Nous vous apportons une information de qualitĂ©, vĂ©ri Ă©e, sourcĂ©e sur Instagram, LinkedIn, Facebook ou encore X, ex-Twitter. Vous ĂȘtes plus de 300 000 Ă nous suivre sur nos di Ă©rents rĂ©seaux. Ă lâheure des fake news et des IA gĂ©nĂ©ratives, disposer dâune information certiĂ©e et vĂ©ri Ă©e est absolument primordial. Nous fĂȘtons nos 80 ans cette annĂ©e mais, sans vous, sans votre con ance et votre dĂ©litĂ©, rien ne serait possible. Alors continuons Ă inventer ensemble un mĂ©dia que nous aimons et qui nous ressemble.
Sâil y a une chose qui a rĂ©volutionnĂ© la presse Ă©crite ces derniĂšres annĂ©es, câest bien la vidĂ©o. Aujourdâhui, les habitudes de lecture sur le web ont changĂ©, un article Ă©crit ne se conçoit plus sans vidĂ©o. VoilĂ pourquoi Lâunion-LâArdennais sâest dotĂ© dâun pĂŽle audiovisuel, dont AurĂ©lie Beaussart et Antonin Lhuillier sont les visages. La consommation de vidĂ©os sur Internet, elle-mĂȘme, a Ă©voluĂ© en trois ans. « Les besoins ont changĂ©, explique AurĂ©lie. Les gens regardent aujourdâhui les vidĂ©os sur leur tĂ©lĂ©phone, donc en format vertical, et sans son dans 80 % des cas. De plus, la consommation de vidĂ©os se fait en mode picoratif. Ils veulent donc des vidĂ©os textĂ©es, courtes, avec des informations de qualitĂ©, vĂ©riïŹĂ©es. » Antonin est tout aussi enthousiaste : « On passe tous nos journĂ©es sur le tĂ©lĂ©phone, pour lire nos mails, aller sur les rĂ©seaux sociaux, sâinformer. On scrolle tout le temps. LâidĂ©e quâun mĂ©dia se mette au diapason des habitudes nouvelles est gĂ©niale. » AïŹn de rĂ©pondre Ă cette demande, nous avons ainsi lancĂ© le 25 juin 2024, sur son site mobile, une nouvelle o re vidĂ©o baptisĂ©e VVV, pour vidĂ©o verticale vĂ©riïŹĂ©e. Il sâagit dâun kiosque vidĂ©o permettant aux internautes de sâinformer au quotidien dans ce format. Une premiĂšre dans la presse rĂ©gionale française. Ces nouveaux formats vidĂ©o font Ă©voluer la maniĂšre de travailler de nos journalistes. « Il nous faut synthĂ©tiser les sujets et reportages en quelques mots, sur une durĂ©e infĂ©rieure Ă une minute trente », explique AurĂ©lie. « Ăa nous oblige aussi Ă ĂȘtre trĂšs rĂ©actifs, ajoute Antonin. En un quart dâheure, le sujet vidĂ©o est sur VVV. »


LâArdennais sur tous les rĂ©seaux sociaux
Lire LâArdennais partout, câest possible. GrĂące Ă notre site internet, mais aussi sur les rĂ©seaux sociaux. Aujourd ion de LâArdennais anime une page Facebook qui compte prĂšs de 55 000 abonnĂ©s. Des Ardennais dâici et du bout du monde qui forment une communautĂ© trĂšs attachĂ©e Ă son territoire.
Sur les autres rĂ©seaux sociaux, LâArdennais et LâUnion faisaient jusquâĂ prĂ©sent compte commun. En cette rentrĂ©e, nous avons souhaitĂ© dissocier nos deux journaux. Votre journal est donc prĂ©sent sous son nom propre @lardennais_ (sans oublier le tiret) sur X(ex-Twitter), Instagram et sur TikTok. Vous y trouverez notamment de nombreuses vidĂ©os.
Nous animons aussi une communauté sur LinkedIn.
Vous lâavez compris : nous souhaitons ĂȘtre prĂ©sents partout oĂč nous pourrons promouvoir nos belles Ardennes !
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Par Pauline Godart
u comptoir avec lâArdennais : « Câest
mon quart dâheure peinard »
Quelle que soit lâheure de la journĂ©e, au cafĂ© du matin ou Ă lâapĂ©ro du soir, le journal est un incontournable de la vie dâun bistrot. Exemple dans un troquet bien connu Ă Rethel.

« Mes parents Ă©taient abonnĂ©s, jâai grandi avec le journal. Aujourdâhui, en gĂ©rant un bar, câest quasiment obligatoire de lâavoir. » Eric Girondelot, emblĂ©matique patron du Macallanâs Tavern Ă Rethel, nâen dĂ©mord pas. Chaque matin, il lui faut son canard. « Câest mon quart dâheure peinard, sur ma terrasse, avec un cafĂ©. On apprend des trucs locaux quâon ne savait pas et dans le RethĂ©lois, les sujets politiques ne manquent pas », sourit le taulier, Ă©voquant sans le dire, aussi bien le brutal changement de prĂ©sidence Ă la communautĂ© de communes sud-ardennaise que le scrutin des lĂ©gislatives localement trĂšs chahutĂ©.
Lire le journal au comptoir, ça ouvre des débats intéressants. Les habitués aiment bien ça
Eric Girondelot, patron du Macallanâs
Et tout ça, câest le journal qui le raconte, traçant au quotidien la chronique de tout un territoire, comme une saga qui fait causer. Ă lâUnion, il prĂ©fĂšre mĂȘme LâArdennais « car on est dans les Ardennes, dit-il Ăšrement. Je lis Ă peu prĂšs tout, et pas que Rethel dâailleurs. Tout sauf les morts. Jâai trop peur de me voir dedans. » Et ses clients aussi, lisent le journal. « Ils aiment bien, ça ouvre des dĂ©bats sympas, que ce soit sur ce qui sâest passĂ© hier ou sur ce qui va venir ce week-end. »
Au comptoir, complice, on commente Ce vendredi soir justement, lecteurs accoudĂ©s au comptoir, les discussions vont bon train. Le propos ? Tenter dâen savoir plus sur ce TikTokeur originaire du RethĂ©lois, emprisonnĂ© pour violences dĂ©but aoĂ»t, qui a dĂ©frayĂ© la chronique en publiant depuis sa prison des vidĂ©os prĂ©tendument tournĂ©es sur place. Bref, chacun y va de son anecdote ultra-locale sur un sujet qui a rapidement pris, notamment grĂące aux publications du journal LâArdennais, une ampleur nationale. En n, Ă chacun sa bonne raison de tourner les pages. Lâune des serveuses du Mac, qui nâen perd pas une miette, embraye. « Chez moi aussi, quand jâĂ©tais gamine, on lisait le journal. Câest la premiĂšre chose que mon pĂšre me demandait dâaller chercher le matin. Moi, je faisais les mots croisĂ©s et je regardais lâhoroscope. » Depuis, rien nâa vraiment changĂ©.
Par Margaux Croizon
LâArdennais, une histoire de famille chez les Gallot

Chez Pascale Gallot, LâArdennais fait partie du dĂ©cor depuis lâenfance. « Il traĂźnait toujours sur la table de la cuisine », se rappelle lâhabitante de Donchery. Câest son pĂšre qui allait le chercher le matin Ă la boĂźte aux lettres, « il commençait Ă le lire au rĂ©veil, il continuait pendant sa pause de midi puis il reprenait le soir en rentrant du travail », raconte Pascale, aujourdâhui la cinquantaine. Et aujourdâhui, le journal traĂźne toujours sur la table de la cuisine : « Jâadore le journal papier, câest comme un roman- euve, je suis emmenĂ©e par le mouvement du papier », dĂ©crit Pascale en tournant les pages de LâArdennais du jour. Il nâest pas rare pour Pascale de dĂ©couper les pages quand un article lâinterpelle, pour garder le souvenir dâune personne quâelle connaĂźt ou dâun Ă©vĂ©nement, « ça permet de se souvenir des petits dĂ©tails quâon aurait pu oublier. Et puis je suis contente de tomber dessus au hasard quand je fais le tri dans les armoires », raconte-t-elle, avant dâajouter : « Dans mon porte-monnaie, je garde toujours la photo de mon mariage qui est parue dans le journal.»
Jâadore le journal papier, câest comme un roman-fleuve, je suis emmenĂ©e par le mouvement du papier
Pascale Gallot, Lectrice de LâArdennais
Ă cĂŽtĂ©, accoudĂ©e Ă la table de la cuisine, Jeannine Gallot Ă©coute sa lle. En entendant parler du journal, les souvenirs remontent. Dans son bar quâelle tenait Ă Vivier-auCourt avec son mari, « LâArdennais faisait le tour du bar », se rappelle lâoctogĂ©naire. Et ce sont les pages sports qui avaient le plus de succĂšs chez les clients de Jeannine : « Ils lisaient les comptes-rendus des matchs de football des Ă©quipes du coin. Ils dĂ©battaient sur lâarbitre, sâil avait bien fait de donner un carton, câĂ©tait la 3e mi-temps. »
Un journal aux plusieurs vies
Et pas question pour Pascale et Jeannine de jeter le journal quand elles ont ni de le lire. Dans sa cuisine, Jeanine stocke deux sacs remplis dâanciens numĂ©ros. « Ils servent Ă allumer le poĂȘle Ă bois ou Ă mettre en dessous de la litiĂšre du chat », indiquent les deux femmes.
DĂ©jĂ dans le temps, le recyclage du journal Ă©tait quelque chose dâancrĂ© dans la famille : « Mes parents pliaient le journal, et faisaient un trou pour faire passer une celle. Ils lâaccrochaient dans la cabane dans le jardin pour servir de papier toilette », raconte Jeannine. Des façons plus ou moins atypiques de donner une deuxiĂšme vie au journal.
Eric Girondelot, gĂ©rant du Macallanâs Tavern Ă Rethel, comme nombre de ses clients habituĂ©s, est un inconditionnel du journal. - Photo .O.G..
Jeannine Gallot est abonnĂ©e Ă LâArdennais depuis les annĂ©es 60. Photo : Karen kubena
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Par Amélie Girard
eur vie a changĂ© grĂące Ă LâArdennais
Ils ont trouvé un emploi, fait connaßtre leur entreprise ou alerté sur la précarité de leur situation. La vie de ces trois Ardennais a un lien étroit avec notre journal.
François Béguin
a trouvé un travail... et une épouse !
En octobre 1961, la vie de François BĂ©guin, alors ĂągĂ© de 16 ans, bascule grĂące Ă une petite annonce parue dans LâArdennais. Le jeune homme de Bogny-sur-Meuse qui se destinait Ă entamer une formation de clerc de notaire se retrouve, par les alĂ©as de la vie, du jour au lendemain, sans perspective de formation ou dâemploi.
Il ne souhaite quâune chose : Ă©chapper Ă lâusine. Son salut viendra dâune petite annonce quâil remarque dans le quotidien LâArdennais : le bar restaurant Chez Antoine, situĂ© prĂšs du théùtre Ă Charleville-MĂ©ziĂšres, oĂč se trouve aujourdâhui le bijoutier Moglia, cherche un barman.
Sans expĂ©rience dans ce domaine, il se prĂ©sente le vendredi suivant. « JâĂ©tais tout mince, je nâavais pas dâexpĂ©rience mais ils mâont quand mĂȘme donnĂ© ma chance. Jâai commencĂ© le lundi suivant. Je prenais le train Ă Bogny avec mon cousin le matin et le soir », raconte lâhomme avec grande prĂ©cision, comme si tout cela sâĂ©tait dĂ©roulĂ© la veille.
Câest ainsi que sa carriĂšre professionnelle a commencĂ©. Il restera dans cet Ă©tablissement jusquâen 1978, lâannĂ©e oĂč il a repris le bar le Vert dâeau. Câest aussi grĂące Ă ce premier emploi que François BĂ©guin a rencontrĂ© son Ă©pouse. Au retour de son service militaire, lorsquâil reprend son emploi chez Antoine, il se met en couple puis Ă©pouse la lle de ses patrons.

Alexia Bader :
un coup de pouce pour son entreprise

Alexia Bader a fait connaĂźtre son entreprise de toilettage Ă domicile grĂące Ă un article paru dans lâArdennais en aoĂ»t 2023.
Alexia Bader est arrivĂ©e dans les Ardennes pour suivre son conjoint qui souhaitait se rapprocher de sa sĆur. Cette grande amoureuse des animaux, originaire dâAlsace, dĂ©cide de lancer son entreprise de toiletteuse pour animaux de compagnie dans la commune oĂč elle a emmĂ©nagĂ© Ă Bourg-FidĂšle, dans le nord du dĂ©partement. « Je ne connaissais personne en arrivant ici », con e la jeune femme. Pour se faire connaĂźtre, elle contacte alors par lâintermĂ©diaire de sa voisine, la correspondante de sa commune qui Ă©crira lâarticle qui est paru dans LâArdennais le 1er aoĂ»t 2023. « Jâai tout de suite vu un e et. Jâai eu plus de demandes de renseignements. Ensuite, le bouche-Ă -oreille a fait le reste. En un an, jâai eu une belle progression. Jâai plus de 200 clients », con e la jeune femme qui se dĂ©marque en proposant ses prestations Ă domicile.
« Je me plais bien dans les Ardennes, mĂȘme si câest plus calme quâen Alsace. Mais ici, jâai pu lancer mon entreprise. Ăa aurait Ă©tĂ© impossible en Alsace, il y en a dĂ©jĂ beaucoup. »
La jeune femme a appris Ă connaĂźtre les Ardennes depuis un an. GrĂące aux visites Ă domicile quâelle fait chez ses clients, elle a appris beaucoup sur le dĂ©partement et ses habitants.
« Les gens sont trĂšs sympas », se rĂ©jouit la jeune femme qui continue de suivre lâactualitĂ© de son dĂ©partement grĂące aux rĂ©seaux sociaux de LâArdennais.
Jean
Delaitre :
un appel Ă lâaide entendu dans la France entiĂšre
En mars 2024, la France dĂ©couvre la situation trĂšs prĂ©caire de Jean Delaitre, agriculteur Ă Rocquigny, grĂące Ă un article paru dans LâArdennais. Lâhomme de 68 ans ne touche aucun revenu et vit dans des conditions trĂšs prĂ©caires. Ce premier article, câest Jean Delaitre, lui-mĂȘme qui lâa souhaitĂ©. La MSA lui rĂ©clame la somme de 145 000âŹ, qui correspond Ă plusieurs annĂ©es de cotisations non rĂ©glĂ©es et majorĂ©es. « à ce moment-lĂ , je ne dormais pas beaucoup la nuit alors jâai Ă©crit un texte, et je suis allĂ© voir la correspondante de la commune. Quand lâarticle est paru, sur le coup, je me suis dit que jâai peut-ĂȘtre Ă©tĂ© un peu loin. Ăa a fait un cinĂ©ma pas possible et ça a fait le tour de France. »
Ă la suite de cet article, une grande chaĂźne de solidaritĂ© se met en place. Des personnes lui apportent une tĂ©lĂ©vision, une machine Ă laver et une cagnotte est ouverte. Une cagnotte qui a atteint la somme de 48 332⏠le 29 juillet 2024. Une somme qui nâira pas dans sa poche mais qui pourra Ă©ponger une partie de sa dette Ă la MSA.
« Jâai reçu de lâaide aussi de la coordination rurale, notamment pour la partie administrative » qui nâest pas vraiment le point fort de lâagriculteur. « Tout nâest pas rĂ©glĂ© mais maintenant je touche une petite retraite de 220 euros par mois », fait-il remarquer. « JâĂ©tais seul. GrĂące Ă lâarticle, jâai rencontrĂ© du monde, je me suis fait de nouveaux amis et ça va dĂ©jĂ mieux, mĂȘme si tout nâest pas encore rĂ©glĂ©. »

Jean Delaitre a contactĂ© LâArdennais pour faire connaĂźtre sa situation trĂšs prĂ©caire en 2024.
François BĂ©guin a trouvĂ© son premier emploi de barman grĂące Ă une petite annonce dans lâArdennais en 1961.
Par Youssra Erraoui
ollaborateurs et partenaires, ils parlent du journal le cĆur ouvert
Partenaires, prĂ©cieuses sources dâinformation, anciens collĂšgues ou mĂȘmes amis, ils sont plusieurs Ă nous aider Ă faire vivre le journal. Pour ses 80 ans, LâArdennais leur donne la parole.

Dominique
lâAssociation des anciens combattants se considĂšre « passeur de mĂ©moire ».
Dominique Valentin a lui aussi beaucoup contribuĂ© au journal. En tant quâancien correspondant sportif bien sĂ»r mais aussi, depuis 6 ans, en tant que prĂ©sident des anciens combattants. « Le journal nous facilite nos missions, nous sommes une association patriotique et en accord avec la municipalitĂ© nous demandons la pose de plaques et le journal participe Ă nos actions », explique-t-il. Il le lit le journal depuis 50 ans maintenant. Quand il Ă©tait jeune câĂ©tait les pages sport qui lâintĂ©ressaient mais aujourdâhui, « en tant que prĂ©sident des anciens combattants je dois lire la rubrique nĂ©crologique », prĂ©cise-t-il.

Il nây a pas que les journalistes qui font le journal. Le service publicitĂ© remplit aussi les pages et maintient des relations saines avec nos partenaires. Laurence GĂ©rard, prĂ©sidente des transports RĂ©mi collabore avec le journal depuis plus de 5 ans. « Câest ValĂ©rie qui est notre interlocutrice Ă la rĂ©gie publicitaire. Câest devenu quasiment une amie. Elle suit nos publications, nos frĂ©quences. Je lui fais con ance »
Laurence Gérard, présidente des transports Rémi collabore avec la régie publicitaire depuis prÚs de 5 ans..
Olivier Laurant, entrepreneur et ancien prĂ©sident du CSSA de Sedan est une source prĂ©cieuse. « Je suis abonnĂ© au journal, vos collĂšgues mâappelaient quand ils avaient besoin dâune information ou quâils avaient un creux. Je mâentends trĂšs bien avec le journal ». « Le point de dĂ©part de cette relation câest que je suis amoureux de mon territoire, je suis nĂ© rue Gambetta Ă Sedan au centre de Sedan et dĂšs que je peux aider les personnes pour le valoriser je le fais ».

« En lisant LâArdennais on est vraiment ardennais »

« LâArdennais câest comme une communion, tous les jours câest un petit morceau de notre identitĂ©, con e Boris Ravignon, maire de Charleville-MĂ©ziĂšres, en lisant LâArdennais on est vraiment ardennais ». LâĂ©lu revient sur la collaboration avec le journal. « Le top câest quand on rĂ©ussit Ă travailler avec vous pour une dĂ©cision, faire des vidĂ©os de pĂ©dagogie ».




Transformez vos espaces avec style !






Valentin, président de
Olivier Laurant touche Ă tout, il est une source prĂ©cieuse dâinformation.
Par Youssra Erraoui
LâArdennais fĂȘte ses 80 ans et certains nous suivent depuis nos dĂ©buts. Ils sont abonnĂ©s depuis 40 ans, 60 ans voire 70 ans. Nous sommes partis Ă leur rencontre pour dĂ©couvrir leur lien avec notre quotidien.
Nos abonnĂ©s ne ratent pas une parution depuis de nombreuses annĂ©es. Un point commun les unit : la soif dâinformation. Alain connaĂźt le journal depuis petit mais câest aprĂšs son mariage en 1978 quâil sâabonne : « ça fait 40 ans que je suis abonnĂ©. Je connais le journal depuis bien avant car mes parents le lisaient aussi, ils le recevaient Ă la maison. »
« Je lis tout »
« Quand jâĂ©tais gamin on nâavait pas le droit de le lire. Mais aujourdâhui je le lis de la premiĂšre Ă la derniĂšre page. MĂȘme les jeux, je les fais tous, lâhoroscope, les recettes, je lis tout », ajoute-t-il.
Pour Henri et son Ă©pouse aussi, impossible de sauter une page. Ils lisent tout et tous les jours. « MĂȘme le dimanche ! Un ami nous lâamĂšne quand il va Ă la boulangerie ».
Le couple va bientĂŽt fĂȘter sa 64e annĂ©e dâabonnement et quand on lui demande jusquâĂ quand il compte lire le journal, la rĂ©ponse est Ă©vidente : « JusquâĂ la n de nos jours ! ».
Des souvenirs du quotidien.
« On a voulu sâabonner parce que chez mes beaux-parents, ils lisaient le journal Ă deux. Un voisin le recevait chez lui et le soir, il lâemmenait Ă mes beaux-parents. Mais moi je prĂ©fĂšre lâavoir dĂšs le matin », prĂ©cisent-ils. « Et puis, comme nous sommes dans un petit village, il nây a pas de colporteur donc ça nous permet de voir le facteur »

Henri ne rate
aucune parution
depuis 64 ans.
Photo : Youssra Erraoui

« Avant pour le paiement, une dame passait nous voir chaque mois », expliquent Ladis et Michel, nos plus anciens lecteurs et abonnĂ©s. « Je lis le journal depuis que jâai appris Ă lire, ça fait 90 ans maintenant », con e Ăšrement Michel, 97 ans. Ses souvenirs liĂ©s Ă ses lectures sont intacts. « Je me souviens de chaque Ă©tape du tour de France de 1936 », a rme-t-il avant de les citer une par une. Ce que prĂ©fĂšre Michel dans le journal câest bien le sport et la politique « mais il lit tout, il ne faut pas lâembĂȘter quand il lit le journal. Quand les enfants venaient et que je lui demandais de mâaider il me disait non je suis occupĂ©. OccupĂ© Ă lire le journal et il Ă©tait trĂšs sĂ©rieux », se souvient Ladis.
Le premier jour de lâabonnement « On lisait le journal mais on sâest abonnĂ©s parce quâun jour une personne est venue devant notre boĂźte aux lettres et nous a expliquĂ© que ce serait plus avantageux et depuis, nous nâavons pas changé », explique Ladis. Micheline, 87 ans se souvient aussi parfaitement du jour oĂč elle a dĂ©cidĂ© de sâabonner. « Jâavais mon ls de deux ans dans les bras, je suis sortie et un homme Ă la porte nous a demandĂ© si on lisait le journal jâai dit oui et on sâest abonnĂ©s. Aujourdâhui mon ls a 65 ans donc ça fait plus de 60 ans». FidĂšle lectrice du journal, Micheline a un faible pour la Beuquette dont elle garde une prĂ©cieuse coupure oĂč elle en est la vedette aprĂšs avoir Ă©crit une lettre Ă Yanny. Lectrice mais aussi actrice du journal, elle a fait lâobjet de plusieurs articles, dans des circonstances heureuses avec son club de marche de Carignan ou malheureuses avec la fermeture de lâusine de la Chiers. « Je continue de garder tous les articles ou les photos qui me plaisent ».







Alain ne saute aucune page.
Photo Nicolas Perrin
du 1 er































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sa naissance, LâArdennais sâaffiche sur des voitures, des objets, des supplĂ©ments et des livres
Toute entreprise doit mettre en avant sa marque avec des vĂ©hicules Ă ses couleurs ou en multipliant les « goodies », les objets promotionnels. LâArdennais nâa jamais Ă©tĂ© en reste.
Toute entreprise se doit de mettre en avant sa marque avec des vĂ©hicules Ă ses couleurs. Cela sâappelle le covering et ça consiste Ă appliquer un lm vinyle sur la carrosserie. Ătre visible passe aussi par les « goodies », autrement dit les objets promotionnels comme des porte-clĂ©s, les mugs, les t-shirts ou les stylos.
DĂšs lâaprĂšs-guerre
LâArdennais nâa jamais Ă©tĂ© en reste et dĂšs lâaprĂšs-guerre et ses premiĂšres annĂ©es, le journal a toujours a chĂ© sur ses vĂ©hicules son nom et ses couleurs. Le « quotidien rĂ©publicain dâinformation », pour marquer la rupture avec la presse collaborationniste de la Seconde guerre mondiale Ă©tait ainsi a chĂ© sur la Peugeot 203 fourgonnette qui sillonnait le dĂ©partement dans les annĂ©es 50, ou le camion Berliet GLA transformĂ© littĂ©ralement en char de carnaval Ă nos couleurs, ou encore, plus tard, la Renault Estafette bleue des annĂ©es 60.
La palme revient indiscutablement Ă lâannĂ©e 1966, lors de la 53e Ă©dition du Tour de France cycliste avec une superbe Alfa RomĂ©o 2600 six cylindres Spider aux couleurs du journal
Mais la palme revient indiscutablement Ă lâannĂ©e 1966, lors de la 53e Ă©dition du Tour de France cycliste. Nos confrĂšres Emile Meyrial, journaliste sportif et le rĂ©dacteur en chef de LâArdennais Jean Locot reconverti pour lâoccasion en chau eur utilisaient en e et une superbe Alfa RomĂ©o 2600 six cylindres Spider pour accompagner lâĂ©preuve le jour oĂč elle a fait Ă©tape Ă Charleville. Du buvard Ă la clef USB Lâengouement que bon nombre dâArdennais ont Ă lâĂ©gard des objets racontant lâhistoire du journal ne sâarrĂȘte pas Ă la passion automobile. Il faut Ă©voquer la quantitĂ© assez impressionnante dâobjets promotionnels tout au long des annĂ©es. LâArdennais et Lâunion ayant Ă©tĂ© rivaux avant de sâallier, câest Ă qui proposait les plus attractifs. Il y a eu lâĂ©poque des buvards, des porte-clefs. Celle, dĂ©sormais rĂ©volue, des briquets et des cendriers. LâArdennais a rĂ©alisĂ© des plaques publicitaires en tĂŽle lithographiĂ©e, des plaques Ă©maillĂ©es plus rares et beaucoup plus chĂšres aujourdâhui, dâautres en matiĂšre plastique pour indiquer les lieux de vente. Nous avons eu aussi les stylos,
LE
parapluies et t-shirts, jeux de cartes et mĂȘme des calculettes convertissant francs et euros et clef USB.
Lorsque Boris Vian Ă©tait imprimĂ© Ă LâArdennais
Lâobjet ultime a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© lâenseigne du cours Briand constituĂ©e de lettres en relief, Ă lâorigine, lumineuses. Et, bien sĂ»r, il y a les anciens numĂ©ros du journal et notamment le numĂ©ro 1 du 11 septembre 1944. Sans compter les nombreux hors-sĂ©ries consacrĂ©s notamment au club de foot de Sedan ou aux marionnettes ou encore le co ret spĂ©cial 50 ans de fac-similĂ©s des plus fameuses « Unes », datant de 1994 et intitulĂ© « 50 ans dâhistoire ». En n, on ne peut oublier que dans les annĂ©es 60, lâimprimerie commerciale de LâArdennais rĂ©alisait les bulletins «o ciels» du collĂšge de Pataphysique. Câest ainsi quâelle Ă©dita une piĂšce de Boris Vian, «Le goĂ»ter des gĂ©nĂ©raux», illustrĂ© par SinĂ©. ImprimĂ© en 1962 en petite sĂ©rie, avec 32 exemplaires de tĂȘte, câest une des piĂšces les plus rares, Ă la cĂŽte trĂšs Ă©levĂ©e, parmi les objets de LâArdennais.



SPĂCIALISTE DE TUBAGES TOUTES ĂNERGIES





POUR POĂLES Ă BOIS ET CHAUDIĂRES


Emile Meyrial, journaliste sportif (Ă gauche) et le rĂ©dacteur en chef Jean Locot avec leur superbe Alfa RomĂ©o 2600 six cylindres Spider. - Photo LâArdennais
Par Mirko Spasic
Par Lylian Casier
Yanny Hureaux :ïżœ
Le papa de la Beuquette, gardien de lâidentitĂ© ardennaise, revient sur son histoire dâamour avec notre quotidien quâil lit depuis aussi longtemps quâil sâen souvienne.
Yanny Hureaux avait quatre ans au moment oĂč « son » canard est nĂ©. Si loin quâil sâen souvienne, LâArdennais est un prolongement de son Ăąme. Un jour dâĂ©tĂ© qui ressemblait Ă lâhiver, il nous a reçus Ă Gespunsart pour Ă©voquer ses souvenirs, lui le « papa » de la Beuquette, la rubrique qui lâa rendu cĂ©lĂšbre aux quatre coins des Ardennes.
« Jâai connu le chĂąteau du cours Briand, puis lâatelier, et vous voilĂ maintenant dans de nouveaux locaux à la gare», amorce le Gespinois.
Yanny Hureaux avait quatre ans au moment oĂč « son » canard est nĂ©. Si loin quâil sâen souvienne, LâArdennais est un prolongement de son Ăąme. Un jour dâĂ©tĂ© qui ressemblait Ă lâhiver, il nous a reçus Ă Gespunsart pour Ă©voquer ses souvenirs, lui le « papa » de la Beuquette, la rubrique qui lâa rendu cĂ©lĂšbre aux quatre coins des Ardennes.
« Jâai connu le chĂąteau du cours Briand, puis lâatelier, et vous voilĂ maintenant dans de nouveaux locaux à la gare», amorce le Gespinois.
Ce quâil ressent Ă lâĂ©vocation du titre issu de la RĂ©sistance, en 1944 ? « Sans jeu de mots, ça a appartenu Ă mon quotidien. Ce mot est magique. CâĂ©tait un compagnon, un incontournable. Jâai un lien presque charnel avec LâArdennais», livre-t-il, choisissant chacun de ses mots, parlant tantĂŽt au passĂ©, parfois au prĂ©sent.
Le passĂ© pour Ă©voquer, dans les annĂ©es 50 et 60, le seul « informateur » du dĂ©partement. Il rĂ©cuse dâailleurs le mot « mĂ©dia ». Le passĂ© pour Ă©voquer aussi le Club Sportif Sedan Ardennes, quâil a chevillĂ© au corps. Il se remĂ©more le bon temps dâun journal qui faisait corps avec les Rouge et Vert. « Le journal Ă©tait son premier supporter, parfois critique avec un joueur, mais toujours bienveillant », relĂšve le fan de ballon rond.
9000 épisodes de la Beuquette
En revanche, il Ă©voque au prĂ©sent la Beuquette, sa Beuquette. Il en a Ă©crit plus de 9000 en trente ans et quelques mois. « Son succĂšs, câest son patriotisme ! », croit savoir celui qui est le seul Ă pouvoir a ubler de surnoms les Ă©lus du territoire. En retour, ils lui Ă©crivent souvent, parfois pour se plaindre ou se justi er, presque jamais pour le houspiller. Car câest aussi ça, Yanny Hureaux et sa Beuquette : un personnage et une rubrique qui traversent les gĂ©nĂ©rations, comme suspendus au-dessus du temps. Sa plume est le plus souvent respectĂ©e, et parfois crainte. Une chose est sĂ»re, lâArdenne dans son ensemble y est attentive.
Ă sa façon, et parce quâil vĂ©nĂšre son dĂ©partement, Yanny Hureaux demeure un des plus grands dĂ©fenseurs de lâidentitĂ© locale. Un digne reprĂ©sentant du chauvinisme et du terroir ardennais. Yauque Nem !
Jâai un lien presque charnel avecLâArdennaisÂ Â»ïżœ

U n livre de Yanny Hureaux, lâauteur de La Beuquette, est Ă©videmment un Ă©vĂ©nement pour tous les Ardennais. Didier Louis, lâauteur de lâouvrage, ancien rĂ©dacteur en chef de LâArdennais, partage avec lui une admiration sans faille pour leurs Ardennes natales.
Cette proximitĂ©, cette amitiĂ©, cette admiration rĂ©ciproques o rent au lecteur un formidable voyage auprĂšs dâArdennais de toujours, dont le point commun est lâamour indĂ©fectible pour leur territoire.
On y rencontre, presque comme sâils Ă©taient des familiers, ceux dont la notoriĂ©tĂ© a largement dĂ©passĂ© les frontiĂšres de lâArdenne, de lâĂ©crivain AndrĂ© DhĂŽtel aux peintres Jean-Paul Surin et Simon C., des rĂ©sistantes Eva ThomĂ© Ă Marguerite Fontaine Ă Louis Dugauguez lâemblĂ©matique entraĂźneur de ses chers Sedanais, de lâincontournable Arthur Rimbaud au poĂšte de Signy-lâAbbaye AndrĂ© Velter.
« On y trouve une quarantaine de chroniques sur des personnes qui ont marqué sa vie, explique Didier Louis à propos de son partenaire ; il les a tous rencontrés, sauf De Gaulle et Verlaine ! »
Les mĂ©moires de Yanny Hureaux, Ă©dition LâArdennais, 19 euros.


Yanny chez lui Ă Gespunsart. Photo : Karen Kubena
es reportages qui ont marqué nos
Arme Ă la main
Par Thomas Delobelle
Au soir de Charlie Hebdo, les gros bras de la BRI sont intervenus à Charleville-MéziÚres. Le photographe
AurĂ©lien Laudy et le chef dâĂ©dition Thomas Delobelle ont essayĂ© de se fondre dans leur dispositif. RĂ©cit.
Cette matinĂ©e du 7 janvier 2015, jour du massacre chez Charlie Hebdo, toute la rĂ©daction de LâArdennais accuse le coup. Localement, les choses sâaccĂ©lĂšrent quand, vers 22h30, une colonne de vĂ©hicules stationne en bas de lâavenue De-Gaulle. Ă lâintĂ©rieur, des hommes en noir, casquĂ©s, encagoulĂ©s, lourdement armĂ©s. AurĂ©lien Laudy, photojournaliste, me rejoint. Quand le convoi se met en route, au culot, nous dĂ©cidons de lui coller au train.
La colonne sâimmobilise dans un coin discret de la zone du val de Vence. Deux hommes de la voiture qui nous prĂ©cĂšde fondent sur nous armes Ă la main. Pas de nĂ©gociation possible : « Vous dĂ©gagez ou je vous crĂšve les quatre pneus », nous jette Ă la gure « Tof », le chef, alors que des points rouges bougent sur nos poitrines...
Nous prenons des photos mais impossible de leur parler
Nous décidons donc de nous garer au milieu des autres véhicules au pied des tours de la Ronde Couture car nous avons la conviction que dÚs que les policiers seront à découvert, les « choufs » (ceux qui surveillent le quartier pour les dealers) feront leur job en criant.
Banco ! Peu avant minuit, des cris résonnent entre les immeubles. Nous prenons des photos mais impossible de suivre les hommes de la BRI venus interpeller un suspect.
Les premiers policiers descendent de lâimmeuble calmement. Il est minuit, nos tĂ©lĂ©phones sonnent, il nous faut au plus vite regagner la

Un accident de train spectaculaire
Par Jean-Godefroy Varoquaux et Mélanie Demarest
Ă Rumigny, un train transportant de lâacide phosphorique, lancĂ© sur des rails en pleine nuit, qui percute un yacht au passage Ă niveau. Câest lâincroyable scĂ©nario de ce fait divers hors du commun.
Câest une scĂšne digne dâun lm hollywoodien ! Sur le scĂ©nario dĂ©jĂ . Un bateau Ă plus dâun million dâeuros, tractĂ© sur une remorque en pleine nuit au milieu de la pampa ardennaise. Le convoi se retrouve en mauvaise posture sur un passage Ă niveau.
Un train transportant de lâacide phosphorique circule sur ladite voie ferrĂ©e et pulvĂ©rise le yacht.
Ăvidemment, la motrice et huit wagons dĂ©raillent. Le train dĂ©verse une partie du contenu de ses 11 wagons-citernes dans la nature.
En arrivant sur place, le 17 juin 2021, au lendemain de la catastrophe, on est sidĂ©rĂ©s. Bouche bĂ©e, comme sonnĂ©s par cette vision des wagons enchevĂȘtrĂ©s. Tout ce mĂ©tal tordu, pliĂ©, parfois dĂ©chirĂ© comme du vulgaire papier. Tous ces wagons Ă©ventrĂ©s, surĂ©levĂ©s ou encore dans des positions dignes dâun Ă©quilibriste surprennent. Un dĂ©cor de cinĂ©ma on vous dit.
Il faut plusieurs secondes Ă nos deux cerveaux de journalistes pour mesurer lâampleur de cet accident hors du commun qui a fait deux blessĂ©s et a nĂ©cessitĂ© dâimportants moyens.
Ce qui surprend aussi, ce sont les pompiers qui interviennent sur place vĂȘtus comme des astronautes. Des combinaisons intĂ©grales laissant imaginer le pire concernant les produits chimiques transportĂ©s par le train. Pendant plusieurs semaines, les secours ont ĆuvrĂ© pour nettoyer la zone polluĂ©e et dĂ©gager les wagons accidentĂ©s. Nous avons suivi ce fait divers exceptionnel, un peu comme une sĂ©rie. LâĂ©pilogue Ă©tant le tribunal, lâa aire a Ă©tĂ© renvoyĂ©e au 9 dĂ©cembre prochain, pour dĂ©terminer les responsabilitĂ©s de chacun et les millions dâeuros Ă verser. Un lm mĂ©morable.

Les hommes forts de la BRI ont interpellé un suspect à Charleville. Photo Aurélien Laudy
Vers 3 heures du matin, un train percute un camion transportant un yacht. Photo : Karen Kubena
Implantation de Woinic
Par Thomas Delobelle
Fin des annĂ©es 1990, Didier Louis, alors directeur dĂ©partemental de lâUnion-LâArdennais a la conviction que Woinic doit sortir des ateliers dâEric SlĂ©ziak. Il lance alors une grande consultation.
Au stade Albo de Sedan, sur le rond-point Mazagran, sur les crĂȘtes prĂ©ardennaises qui marquent lâentrĂ©e dans « les vraies Ardennes » et mĂȘme place Ducale⊠Pendant plusieurs mois, Ă la n des annĂ©es 1990, la rĂ©daction de votre quotidien a laissĂ© libre cours Ă lâimagination des Ardennais. La question ? OĂč implanter Woinic, le plus grand sanglier du monde nĂ© dans les ateliers de forgeron dâEric SlĂ©ziak Ă Bogny-sur-Meuse. « Nous avions publiĂ© plusieurs articles sur ce quâEric SlĂ©ziak Ă©tait en train de rĂ©aliser, raconte Didier Louis ancien rĂ©dacteur en chef de LâUnion-LâArdennais qui Ă©tait Ă lâĂ©poque directeur dĂ©partemental des Ardennes. Je trouvais que, au-delĂ de sa rĂ©alisation extraordinaire, sa dĂ©marche nâĂ©tait pas banale. »
La rĂ©daction de LâArdennais consulte alors ses lecteurs. « On a eu de tout, se souvient Didier Louis. Cela a durĂ© des mois. On a nous-mĂȘme Ă©tĂ© surpris par le nombre de lettres que lâon recevait. Les Ardennais se sont vraiment emparĂ©s du dĂ©bat. Parce quâĂ lâĂ©poque, il fallait nous Ă©crire, mettre un timbre et aller Ă la Poste ! Câest dire sâils se sont passionnĂ©s. »
Le monde politique a lu, attentivement, les lettres qui Ă©taient publiĂ©es dans le journal. Et câest nalement en 2008, le 8 aoĂ»t prĂ©cisĂ©ment, que Woinic a trouvĂ© sa place sur lâunique aire de repos des Ardennes comme certains de nos lecteurs lâavaient imaginĂ©.

Christian Lantenois frĂŽle la mortïżœ
Par Mathieu Livoreil
Le 27 fĂ©vrier 2021, notre confrĂšre photographe Ă©tait trĂšs violemment agressĂ© dans le cadre dâun reportage et passait quatre semaines dans le coma.
Un samedi aprĂšs-midi en famille Ă la maison, tranquille. JusquâĂ cet appel de lâĂ©lu chargĂ© de la sĂ©curitĂ© Ă la Ville de Reims. Un photographe de notre journal a Ă©tĂ© pris Ă partie lors dâun reportage, ça a lâair sĂ©rieux, il est inquiet, me demande comment joindre le rĂ©dacteur en chef de permanence. Christian Lantenois, photographe entrĂ© Ă Lâunion en 1983, a Ă©tĂ© agressĂ© dans le quartier Croix-Rouge, oĂč il venait dâarriver avec une consĆur pour rĂ©aliser un reportage. Il va passer quatre semaines dans le coma, entre la vie et la mort.
A Lâunion et Ă LâArdennais, le choc est immense. Au-delĂ , lâa aire provoque un retentissement national. Ă lâAssemblĂ©e, les dĂ©putĂ©s se lĂšvent pour lâapplaudir, lui et ce quâil reprĂ©sente. Avec dâautres, je relate ce que lâon sait des avancĂ©es de lâenquĂȘte, ce que lâon peut dire de son Ă©tat de santĂ©. Ces articles sont une Ă©preuve. Devant le parvis de la mĂ©diathĂšque, se retrouver face aux traces de son agression me secoue.
Jâai accumulĂ© les reportages avec Christian au l des annĂ©es. Une fois, nous avions dĂ» battre en retraite pour ne pas ĂȘtre pris Ă partie. Sur le terrain, nous sommes identi ables, donc vulnĂ©rables, et les photographes encore plus avec leur matĂ©riel.
Câest tombĂ© sur lui. Lui qui pouvait dĂ©jĂ prĂ©tendre Ă la retraite, lui qui ne comptait jamais ses heures, lui qui rĂąlait toujours si un rĂ©dacteur partait en reportage sans ĂȘtre accompagnĂ© dâun photographe. Christian Lantenois a survĂ©cu et câest magni que. Mais dâimportantes sĂ©quelles physiques et neurologiques ont persistĂ©.
Depuis quelques mois, Christian Lantenois est retraitĂ©. Il nâaura jamais pu reprendre le travail. Du 30 septembre au 3 octobre 2024, deux hommes seront jugĂ©s Ă huis clos par la cour dâassises des mineurs de la Marne pour leur rĂŽle prĂ©sumĂ© dans la trĂšs violente attaque subie par notre ami.





LâidĂ©e de sortir Woinic des ateliers de son papa, Eric SlĂ©ziak. Photo AurĂ©lien Laudy
Photo Stéphanie Jayet
Par Margaux Plisson
sabelle se lĂšve Ă lâaube livrer 290 journaux
pour
Depuis 9 ans, Isabelle passe ses nuits Ă distribuer LâArdennais et LâUnion dans Sedan, Ă Wadelincourt et Ă Floing. Et pour pouvoir distribuer parfois 280 journaux en 5 heures, il en faut de lâorganisation !
Est-ce que vous pouvez vous asseoir Ă lâarriĂšre parce que sur le siĂšge avant je mets les journaux ? » Lorsque je rejoins Isabelle, je comprends trĂšs vite quâĂȘtre vendeur colporteur de presse (VCP), câest ĂȘtre trĂšs organisĂ©. Il est deux heures du matin lorsquâon se rejoint sur Sedan. Le rendez-vous est donnĂ© Ă ce quâon appelle « le dĂ©pĂŽt ». Les colporteurs attendent un livreur qui dĂ©barque du siĂšge de lâUnion Ă Reims avec les journaux. Parfois, 5 minutes, parfois un peu plus. Car actualitĂ© oblige, et problĂšmes informatiques parfois, la livraison du journal peut avoir quelques minutes de retard. Une fois arrivĂ©, tout sâenchaĂźne. Les colporteurs se servent dans lâarriĂšre de la camionnette. Pour la Sedanaise, ĂągĂ©e de 55 ans et colporteuse depuis 9 ans, ce matin-lĂ , il va falloir distribuer 247 Ă©ditions de lâArdennais, une trentaine de lâUnion Ardennes, di Ă©rents magazines distribuĂ©s via la sociĂ©tĂ© Speed groupe et des quotidiens nationaux comme Le Monde, via la liale Nordispress. Des chi res qui ne lui font pas peur, puisque ça peut monter parfois « à 290 notamment les samedis », nous con e-t-elle.
Une organisation millimétrée
Raison pour laquelle il faut ĂȘtre bien organisĂ©e : retirer les liens en plastique qui entourent les di Ă©rents journaux, faire des piles. et prĂ©parer le trousseau de clĂ©s qui comporte les nombreux badges et clĂ©s pour accĂ©der aux di Ă©rents immeubles. « Jâai un peu lâimpression dâĂȘtre passe-partout. »
Il est moins de 2h30. « La tournĂ©e, je la connais par cĆur. Elle a trĂšs peu changĂ© en neuf ans. Parfois, je teste un nouveau sens, mais sinon jâai mes petites habitudes », explique Isabelle. Avant de partir, la VCP a tout de mĂȘme vĂ©ri Ă© son carnet de route. «Le soir, on reçoit sur notre tĂ©lĂ©phone le dĂ©tail de la tournĂ©e du jour, câest globalement la mĂȘme, mais il faut quand mĂȘme ĂȘtre attentif aux dĂ©mĂ©nagements, Ă ceux qui sont abonnĂ©s que le week-end etc ».
PremiÚre maison à distribuer. Ici, pas de di culté particuliÚre, la boßte aux lettres est accessible.

Isabelle a « juste » Ă plier le journal puis Ă le glisser. Pareil pour le voisin, Ă©galement abonnĂ©. Il faut ensuite remonter dans la voiture et la dĂ©placer de quelques mĂštres. En moins de dix minutes, plus de 20 journaux ont Ă©tĂ© distribuĂ©s Ă 20 adresses di Ă©rentes. Heureusement, ça ne circule pas beaucoup. « Toute façon, avant, jâĂ©tais convoyeuse de vĂ©hicules. Jâallais parfois en Italie, en Espagne ou en Irlande. Donc, la route je connais. » MĂȘme si, elle lâavoue, la n de lâĂ©clairage public dĂ©but 2023 nâaide pas Ă bien repĂ©rer les boĂźtes aux lettres. « Cette maison-lĂ , par exemple, jâai toujours cru quâelle Ă©tait rose et puis un jour, je suis repassĂ©e en plein jour et je me suis rendu compte quâelle Ă©tait orange. »
50 kilomĂštres par jour
Ce genre dâanecdotes, la VCP en a plein : « Je pourrais Ă©crire un livre ! » Entre les petites rues quâelle a dĂ©couvertes, le papy qui attend en peignoir son journal tous les matins Ă 7 heures, la fois oĂč elle a appelĂ© la police pour une voiture en feu ou encore la fois oĂč elle a failli se faire mordre par un chien⊠Mais le temps le et il nây a pas de temps Ă perdre. AprĂšs Sedan, direction Wadelincourt, avant un nouveau passage sur Sedan notamment Ă la « ZUP » oĂč les journaux Ă distribuer sont nombreux : « Il y a des immeubles oĂč je dĂ©pose 8/9 journaux », avant de terminer Ă Floing.
Si le trajet paraĂźt court, environ 50 kilomĂštres, Isabelle met plusieurs heures Ă le faire. Et pour cause, la VCP sâarrĂȘte environ tous les 50/100 mĂštres, mĂȘme si parfois il su t de bien sây prendre pour ne pas avoir Ă descendre de la voiture. « Câest mon remplaçant qui mâa montrĂ© comment il fallait sây prendre, câest-Ă -dire quâil faut bien connaĂźtre la largeur de sa voiture », ironise-t-elle.
LĂ oĂč elle perd le plus de temps, câest une petite ruelle Ă Floing. « Je suis obligĂ©e de couper le moteur et de marcher, jâai comptĂ© un jour, ça fait 216 pas ! » Mais câest aussi, au petit matin, car les voitures et les bus sâajoutent Ă la circulation. Il est dâailleurs environ 7h30 lorsquâIsabelle termine sa tournĂ©e. Elle passe Ă la boulangerie chercher sa baguette quotidienne, avant dâaller se coucher Ă lâheure oĂč la ville se rĂ©veille et dĂ©couvre les actualitĂ©s du jour.



Une organisation est millimétrée pour livrer le journal chaque jour. Photos Margaux Plisson
VOTRE FOYER, VOTRE REPĂRE


Par Carole Gamelin
âai grandi avec le journal, « « c est ma deuxiĂšme famille
Qui ne connaĂźt pas notre ïŹdĂšle assistante, BĂ©atrice Lempereur ?
AprĂšs 38 ans de bons et loyaux services, âBĂ©aâ a toujours lâenthousiasme intact.
Certaines personnes ont vraiment le sens du dĂ©tail ! BĂ©atrice Lempereur, par exemple, a fĂȘtĂ© son anniversaire le jour de lâinauguration o cielle des nouveaux locaux de LâArdennais Ă Charleville-MĂ©ziĂšres, le 4 septembre dernier. LâArdennais, le journal oĂč elle est assistante de rĂ©daction, au sein dâun groupe qui lâemploie depuis⊠38 ans !
Sa modestie va en sou rir mais la dĂ©litĂ© nâest pas la seule qualitĂ© de celle que toute lâĂ©quipe surnomme «BĂ©a».
NĂ©e dans lâAisne au sein dâune famille de 6 enfants, arrivĂ©e Ă Charleville Ă lâĂąge de trois mois, ayant toujours vĂ©cu dans les Ardennes, BĂ©atrice est une ne connaisseuse du dĂ©partement.
Elle qui a grandi Ă la Ronde-Couture, qui y a connu « une mixitĂ© belle Ă voir », est aussi un tĂ©moin privilĂ©giĂ© de lâĂ©volution de sa ville. « Je me souviens du carnaval de Charleville qui aujourdâhui nâexiste plus. Jây venais avec mes parents, il y avait un monde fou ! Le dĂ©placement de la statue de Gonzague mâa aussi marquĂ©e. Avant, elle trĂŽnait place Ducale. Je nâai jamais compris pourquoi on lâa dĂ©placĂ©e ».
Autant dire que pour la rĂ©daction de LâArdennais, elle est une source inĂ©puisable dâinformations. Et pourtant rien ne destinait notre collaboratrice au monde de la presse.
Jâaime lâadrĂ©naline
Tout juste diplĂŽmĂ©e dâun BTS en secrĂ©tariat de direction, BĂ©atrice est entrĂ©e chez nous par hasard en 1986. « Jâai pris connaissance dâun poste au dĂ©tour dâune conversation. Je me suis prĂ©sentĂ©e Ă LâUnion pour passer des tests de stĂ©no-dactylo. Ils mâont rappelĂ©e le jour de mes 20 ans pour me dire que jâĂ©tais prise ».
A lâĂ©poque, LâUnion est installĂ©e rue de Mantoue. Quand, six ans plus tard, le journal rachĂšte son concurrent LâArdennais, direction le Cours Briand et « Le ChĂąteau », lĂ oĂč Ă©taient installĂ©es la rĂ©daction et lâimprimerie du journal.
Accueil tĂ©lĂ©phonique, relations avec nos correspondants, nos lecteurs et nos informateurs : les missions sont variĂ©es et câest ce qui plaĂźt Ă BĂ©atrice. «Jâai fait ma place. Jâaime faciliter la vie de lâagence», rĂ©sume-t-elle.
Au point de devenir un vĂ©ritable pilier de lâĂ©quipe. « 38 ans, nalement câest passĂ© trĂšs vite ! Je ne me suis jamais ennuyĂ©e parce que dans la vie dâun journal, il y a toujours de
lâimprĂ©vu et jâaime lâadrĂ©naline », avoue celle qui confesse avoir un grand plaisir Ă Ă©changer avec les journalistes.
Le choc des grands Ă©vĂ©nements de lâhistoire
Des souvenirs, elle en a plein la besace ! Comme les soirs dâĂ©lections Ă la prĂ©fecture oĂč elle collectait les rĂ©sultats pour les pages spĂ©ciales du journal. BĂ©atrice se rappelle aussi quâelle allait chercher ce que lâon appelait le hors-sac Ă la gare de Charleville. « Le train de la vallĂ©e amenait les sacs des agences du nord Ardennes avec les pellicules pour les faits divers ».
Et puis elle a vĂ©cu le choc des grands Ă©vĂ©nements de lâhistoire : « la chute du mur de Berlin, les attentats du 11 septembre, le Bataclan et bien sĂ»r Charlie Hebdo. Je me souviens de cette photo que nous avions prise dans la rĂ©daction avec notre a che « Je suis Charlie » et les rassemblements partout en France ».
« Jâai grandi avec le journal, câest ma deuxiĂšme famille », dit-elle. Une famille durement Ă©prouvĂ©e par la perte ces derniĂšres annĂ©es de ValĂ©rie LĂ©onard et David Zanga, deux journalistes de LâArdennais. « Leur disparition mâa Ă©normĂ©ment marquĂ©e », murmure BĂ©atrice.
Les Ardennes, toujours
Nouvelle Ă©tape dans une carriĂšre dĂ©jĂ bien remplie : le dĂ©mĂ©nagement des bureaux de LâArdennais du Cours Briand vers la gare. Une nouvelle page qui lâinspire : « lâendroit est lumineux, trĂšs passant. On voit plus de monde ! », sâenthousiasme-t-elle. Amatrice de lms avec de belles histoires « sans castagne », fan inconditionnelle de Jean-Jacques Goldman, BĂ©a partage son temps entre LâArdennais et sa maison de Flize. MariĂ©e et mĂšre de trois lles et dâun garçon, mamie-gĂąteau trĂšs prĂ©sente pour Julia et Abel, elle aime les balades en forĂȘt avec son chien.
A cinq ans de la retraite, notre che e de tribu sait dĂ©jĂ quâelle restera dans les Ardennes. Elle compte ensuite devenir bĂ©nĂ©vole Ă la Croix-Rouge. Rendre service, toujours.

Béatrice Lempereur est souvent la premiÚre interlocutrice de nos lecteurs et abonnés. Photo Karen Kubena
as touche Ă Arthur !
Fin 2020, il est question de transfĂ©rer Rimbaud et Verlaine au PanthĂ©on. Une dĂ©cision qui hĂ©risse dans la ville natale du poĂšte. Pour LâArdennais, câest clair : le PanthĂ©on, câest non!
Se positionner contre un transfert de Rimbaud au PanthĂ©on, envisagĂ© n 2020 cela valait bien quatre pages engagĂ©es, et une Une spĂ©ciale. Plein pot. Qui casse les codes et les chartes oĂč on sâenferme parfois. Mettre le portrait de Rimbaud, revu par un gra eur local en premiĂšre page, sans laisser de place Ă un autre titre, ça tenait du pari. Du pari gon é : allez savoir ce qui peut tomber ce jour-lĂ Â , il faut assumer le choix derriĂšre si lâactualitĂ© nationale est maousse. Mais le jeu en valait la chandelle, pour dire « pas touche Ă Arthur », pour ce « PanthĂ©Non » magistralement illustrĂ©. Pour toutes sortes de raisons. Nous, on en avait listĂ© dix. Parce que ce nâest pas le souhait de la famille. Parce que la Capitale qui pique nos grands hommes, cela va bien. Parce que, et ce nâest pas le plus faible argument, Arthur aurait sans doute dit « merde » au PanthĂ©on : ce nâest pas un lieu oĂč entreposer les os dâun anticonformiste, sagement empilĂ©s dans un catafalque. Certes, Rimbaud nâĂ©tait pas tendre avec sa ville natale, « supĂ©rieurement idiote entre les petites villes de province », mais il y revenait toujours. Câest un peu lâhistoire de lâArdennais : porter un regard critique sur le dĂ©partement des Ardennes, tout en y Ă©tant viscĂ©ralement attachĂ©. Pour en revenir Ă cette Une, et aux pages qui suivaient, il nây a pas eu grand dĂ©bat. A rebours dâune pĂ©tition pro-PanthĂ©on trĂšs parisienne la rĂ©daction de lâArdennais a dĂ©cidĂ© de sâengager pour que le poĂšte demeure au cimetiĂšre Boutet. Un lieu oĂč le visiteur sait toujours pouvoir le trouver. OĂč certains artistes ont pu venir faire un brin de causette, nuitamment, avec Arthur. OĂč la Poste distribue encore le courrier des Rimbaldiens du monde entier. Câeut Ă©tĂ© dommage de casser cela. Et tant pis si, de



Paris, on prend ça pour le cabotinage dâun village gaulois perdu entre la Champagne et la Belgique.
En discutant dans la rĂ©daction, on se rend compte quâil y a unanimitĂ©, mĂȘme si ce nâest pas toujours pour les mĂȘmes raisons. On est loin du caricatural combat entre rĂ©acs et progressistes scĂ©narisĂ© par les tenants dâune panthĂ©onisation conjointe de Rimbaud et Verlaine.
Par Julien Azémar

Quelques jours sont nĂ©cessaires, pour passer du commentaire de machine Ă cafĂ© Ă lâesquisse dâune idĂ©e. LâĂ©bauche dâun projet, qui nâest pas forcĂ©ment celui que vous avez pu lire. Et puis, un dĂ©clic : et si on sâengageait ? Si tout ce quâon dit lĂ , on lâĂ©crivait ? Et lĂ , ça va trĂšs vite : ça remonte, Ă©chelon par Ă©chelon, jusquâĂ lâaccord nal. La machine est lancĂ©e, ne reste quâĂ choisir le visuel qui va marquer les esprits. Cela tombe bien, dans les amis de lâArdennais, il y a un gra eur de talent, L8Zon, qui a fait de Rimbaud un de ses motifs de prĂ©dilection. Ca tombe mieux encore, il refuse que son anar ardennais nisse dans le temple rĂ©publicain. « LĂ -bas, il aurait froid », chuchotait lâarriĂšre-petite-niĂšce de Rimbaud, que nous avions rencontrĂ©e dans un hĂŽtel parisien ? Le cauchemar est passé : Rimbaud reste. Et peut-ĂȘtre quâĂ notre modeste Ă©chelle, nous y avons participé ?




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Pour marquer le coup, lâartiste L8Zon avait créé une Une spĂ©ciale.
ortraits de correspondants
Marc Godet
Sedanais

J«
âai grandi Ă Illy, jâallais faire le foin Ă la ferme chez des amis. Jâai fait mes Ă©tudes Ă Sedan », retrace Marc Godet, 37 ans. Il a ensuite embrassĂ© une carriĂšre de fonctionnaire Ă Paris et sâest exilĂ© durant 10 ans dans la capitale avant de revenir au bercail. Lâhomme a les Ardennes dans le sang et veut les faire rayonner. Câest pour cette raison quâil a rejoint les correspondants de presse de LâArdennais en 2022. « Je suis trĂšs attachĂ© au territoire ». Un territoire Ă Sedan qui rime forcĂ©ment avec football, sa passion. « Je joue depuis 20 ans dans le mĂȘme club Ă Haraucourt. » Plus jeune, Marc a suivi avec passion la grande Ă©popĂ©e du CSSA. Dâailleurs son plus beau souvenir en tant que correspondant est liĂ© au ballon rond. « Câest quand jâai couvert le match de charitĂ© pour la Lisa avec les anciennes gloires du CSSA. Jâai serrĂ© la main Ă Pius NâDie , sâĂ©meut-il. Ce sont des sportifs que je regardais depuis les tribunes avec des Ă©toiles dans les yeux quand jâĂ©tais gosse. câĂ©tait des stars Ă lâĂ©poque. »
Son autre passion est indubitablement la gastronomie. « Jâai Ă©galement un engagement dans lâassociatif avec le Festival des confrĂ©ries en Ardennes », sourit-il en sirotant une bonne biĂšre. Foot et bonne bou e, un vrai Ardennais
Jacqueline Ermakoff
Ă la pĂȘche⊠aux infos
Par Jean-Godefroy Varoquaux

Elle a eu mille et une vies. Femme de mĂ©nage, caissiĂšre facturiĂšre, prĂ©sidente du Kop vouzinois ou encore vendeuse dans un magasin de pĂȘche. Jacqueline Ermako , habite au Chesne, « le pays des glands », blague-t-elle. Cette pĂ©tillante retraitĂ©e de 66 ans, ancienne Miss jeunesse Ardennes, mĂšre de quatre enfants et 5 fois grand-mĂšre a hĂ©sitĂ© avant de rejoindre le journal.
« Quand jâai Ă©tĂ© abordĂ©e par la journaliste pour devenir correspondante, au dĂ©part je ne mâen sentais pas capable. Je ne savais pas me servir dâun ordinateur », glisse Jacqueline qui a appris sur le tas avec lâamour de lâĂ©criture.
Correspondante sur le secteur du Chesne et de Vouziers, elle ne lĂącherait cette activitĂ© pour rien au monde. Jacqueline adore la photo et la pĂȘche. Son meilleur souvenir de correspondante depuis 2009, annĂ©e oĂč elle a commencé : les rencontres avec les stars. Herbert LĂ©onard, Firmine Richard ou encore Francky Vincent. « Je faisais des photos aux Tourelles, il mâa fait monter sur scĂšne pendant la chanson tu veux mon zizi, rit-elle. Si je nâavais pas Ă©tĂ© correspondante je nâaurais jamais vĂ©cu tout ça. »

Trentre-six ans quâil arpente le territoire de Maubert-Fontaine et des communes voisines. Il a Ă©crit des milliers dâarticles et il est connu comme le loup blanc. Jean-Pol Caruel, ancien prof et directeur dâĂ©cole de Maubert-Fontaine est correspondant depuis 1988. « Quand jâai Ă©tĂ© recrutĂ©, on mâa posĂ© deux questions. On mâa demandĂ© si jâavais un appareil photo et si je savais Ă©crire français. Jâai dit oui et on mâa dit : « Câest ok, on vous embauche. » Une autre Ă©poque oĂč les photos Ă©taient transmises via une pellicule et les articles par bordereau le tout glissĂ© dans un sac. « Je le suspendais Ă ma porte. Le journal faisait passer un taxi, il dĂ©veloppait nos photos et nous les renvoyait », raconte-t-il en lorgnant vers plusieurs cartons qui dĂ©bordent dâarchives dans son salon. Avec lâavĂšnement dâInternet, Jean-Pol, pĂšre de deux garçons et quatre fois grand-pĂšre sâest mis Ă lâinformatique : « Au dĂ©but mon gamin tapait les articles, je lui donnais une partie de ma rĂ©munĂ©ration. » Jean-Pol aime le bricolage, le jardinage et la correspondance de presse. Ce quâil prĂ©fĂšre : « La rencontre avec les gens. Beaucoup sont des amis, je retombe aussi sur dâanciens Ă©lĂšves ou leurs parents. » Lâhomme de 73 ans, a fait toute sa carriĂšre Ă Maubert. Alors forcĂ©ment, il en a vu dĂ© ler des gĂ©nĂ©rations !

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jusquâau bout de la plume
ortraits de correspondants
Claude Lambert
FidĂšle au journal depuis 57 ans
Par Aurélien Avigliano

Câest le correspondant qui Ă©crit pour LâArdennais depuis le plus longtemps : dĂ©jĂ cinquante-sept ans ! Claude Lambert est un vĂ©ritable amoureux de notre quotidien : il possĂšde plus de 15 000 numĂ©ros dans ses cartons, ne rechigne jamais Ă un reportage et se rĂ©veille chaque soir Ă minuit pour lire lâĂ©dition numĂ©rique dĂšs quâelle est mise en ligne. « Je dis souvent que le journal, câest ma deuxiĂšme maison, sourit-il. Pour le natif de Mondigny, qui vit Ă Charleville-MĂ©ziĂšres avec son Ă©pouse, lâhistoire a commencĂ© le 7 juillet 1967. « Un jour oĂč jâavais Ă©tĂ© voir au stade du Petit-Bois un match de Promotion dâhonneur entre lâOlympique de Charleville et les Cheminots de ChĂąlons, raconte-t-il. Comme jâavais remarquĂ© quâil nây avait personne en tribune de presse, je me suis permis dâĂ©crire un texte et je suis allĂ© modestement le proposer au siĂšge du journal, cours Briand. Et Ă ma plus grande joie, il est paru le lendemain ! » Il est devenu correspondant local tout en travaillant successivement aux Ponts et ChaussĂ©es de Rethel, comme employĂ© au bureau des entrĂ©es de lâhĂŽpital Corvisart de Charleville, puis Ă lâURSSAF des Ardennes, jusquâĂ sa retraite. « Mon grand regret, câest de ne pas avoir pu ĂȘtre journaliste professionnel, car jâavais vraiment ça dans le sang, con e-t-il. Mais il faut reconnaĂźtre que je nâavais pas Ă©tĂ© assez bon Ă©lĂšve Ă lâĂ©cole ! »

Christine Casalini est la plume et lâoeil de LâArdennais sur le secteur de MonthermĂ© depuis 2012. Bien dans ses baskets au coeur de la Perle des Ardennes, Christine sillonne son secteur Ă la recherche de ce qui fait le sel de la vie locale. Cela tombe bien, elle aime autant les gens que ces communes sur lesquelles elle pose toujours « un oeil amoureux », pas chauvin mais toujours curieux.
Sur sa page Facebook, elle aligne les portraits comme autant de dĂ©clarations dâamitiĂ© aux gens du cru, avec qui elle a un rapport «vraiment fort, sincĂšre». Avec le journal, câest un peu pareil. Câest une histoire intime, de famille. Il Ă©tait sur la table le week-end, quand son pĂšre y dĂ©coupait le « Salut NĂ©nesse », chronique rĂ©digĂ©e dans ce patois quâelle parle encore aujourdâhui, et qui «donne davantage de profondeur» Ă ses articles. Petite lle, elle brillait en poĂ©sie, lisait Ronsard (et Pilote, en cachette). De son pĂšre, disparu quatre ans avant quâelle rejoigne LâArdennais, elle pense «quâil aurait Ă©tĂ© er de me voir mouiller le maillot pour le canard ardennais». Elle aurait pu bosser dans lâadministratif, a passĂ© des concours, quâelle a eus, avant de refuser ce travail. « Je savais que jâaurais Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă rester dans un bureau » : notre oiselle nâest pas de celles quâon enferme.


Yannick Loriette
Lâhyperactif de lâinfo locale

Correspondant de LâArdennais depuis prĂšs de 10 ans, cet hyperactif de lâinfo est partout. Mariage, assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, interview dâartiste : il saute dâun sujet Ă lâautre avec lâagilitĂ© du fameux pongiste quâil est. «Câest Ă chaque fois une surprise et une gymnastique de lâesprit : rencontrer de nouvelles personnes, prendre les avis de plusieurs personnes pour recouper les infos, ĂȘtre amusant mais pas trop, et rester le plus informatif possible...»
Certains de nos correspondants ne vont jamais sans leur appareil photo et leur calepin, lui ajoute Ă la panoplie le vĂ©lo quâil ne quitte jamais, et qui lui permet cette rĂ©activitĂ© extrĂȘme.
Comme beaucoup de nos correspondants, il avait une histoire de famille avec le canard, auquel ses parents Ă©taient abonnĂ©s. «Je parcourais surtout les pages sports et un peu les autres, mais toujours en regardant le nom du journaliste. Je ne mâimaginais pas tout le travail derriĂšre», nous raconte-t-il. Voyant passer une annonce dans le journal, il dĂ©cide de sauter le pas, direction lâenvers du dĂ©cor.
Depuis, il en a bou Ă©, des kilomĂštres sur son biclou, au service de son journal, interviewant des centaines de personnes, toujours avec gentillesse et enthousiasme. Une de ses plus grandes ertĂ©s Ă ce jour? « Des interviews de personnalitĂ©s comme Barbara Hendricks, Laurent Voulzy, Michel Fugain ou Hugues Aufray. Je nâaurai jamais cru cela de ma vie avant de rentrer au journal... »


Câest 15 bureaux de proximite, pour trouver votre moitie
Par Julien Azémar
Par Noé Davenas
Les métiers disparus, ceux qui ont fait les premiÚres heures du journal
Des petites mains de lâombre ont ĆuvrĂ© Ă la publication quotidienne de LâArdennais jusquâĂ la ïŹn des annĂ©es 90. Aujourdâhui disparus, comment ces mĂ©tiers fonctionnaient ?
Avec lâĂ©volution technique et les nouveaux moyens numĂ©riques de ces derniĂšres dĂ©cennies, LâArdennais, octogĂ©naire cette annĂ©e, a vu disparaĂźtre des mĂ©tiers essentiels Ă sa conception. Rotativiste, photograveur, mĂ©canicien, typographe⊠Quelles Ă©taient leurs tĂąches au quotidien ? Explications avec les acteurs de lâĂ©poque.
1 â Typographe, Ă lâĂšre des plaques o set « CâĂ©tait un travail dâĂ©quipe avant tout », estime Jean-Claude Chopin, typographe Ă LâArdennais de Charleville-MĂ©ziĂšres de 1968 Ă 1998. Trente ans de service dans lequel celui chargĂ© de « matĂ©rialiser lâactualité » mettait en page les articles et prĂ©parait les plaques o set qui frappent Ă coups dâencre le papier. La Une, les grands titres, la derniĂšre page, tout passait entre les mains du professionnel et de ses collĂšgues, en roulement de jour et de nuit. « CâĂ©tait un peu une course contre la montre qui se mettait en marche pour que nous livrions le journal Ă temps ». Mais lâancien salariĂ© lâavoue, « quand on commence dans ce mĂ©tier au dĂ©but, on nâest jamais trĂšs bons, mais on apprend Ă travailler son coup dâĆil avec le temps. »
Les imprĂ©vus ou les derniĂšres actualitĂ©s historiques Ă©taient toujours une Ă©preuve de derniĂšre minute Ă relever sans accroc. Le premier homme sur la Lune en 1969 par exemple, gravĂ© dans la mĂ©moire de Jean-Claude Chopin : « Je me rappelle quâil y avait deux articles qui Ă©taient prĂ©vus dans la rĂ©daction. Soit celui pour lâĂ©chec de lâopĂ©ration, soit un article pour la rĂ©ussite, on ne pouvait pas monter la page en amont », rit-il.
2 â Rotativiste, au cĆur de la machine La machine tourne 24 heures sur 24. Dans lâĂ©quipe de jour Ă lâimpression commerciale et au journal se trouve Serge Lucot, chef dâune Ă©quipe de rotativistes entre 1966 et 1992 Ă LâArdennais : « Il faut un chef dâorchestre dans toute cette

mĂ©canique, le premier objectif, câest sortir un journal », assure-t-il avec clartĂ©. Avec un passĂ© dâimprimeur, « je savais comment fonctionnait lâencrage et le mouillage du papier. » Le retraitĂ© et amicaliste de LâArdennais repense avec nostalgie aux rotatives : « On pouvait faire des journĂ©es de 14 heures, on sâoccupait de lâentretien des machines jusquâĂ nettoyer les feuilles de blanchets (NDLR Ă©to e de couleur grise transfĂ©rant lâencre Ă imprimer sur la feuille de papier). On passait notre journĂ©e Ă lâintĂ©rieur et on mangeait mĂȘme nos sandwichs sur les machines », se souvient avec humour Serge Lucot. Mais ce nâĂ©tait pas si simple de travailler avec de petites machines quand LâUnion, elle, en avait de plus sophistiquĂ©es : « à LâArdennais, on disait souvent que nos machines Ă©taient les CitroĂ«n 2 chevaux des rotatives, plaisante-t-il. Aujourdâhui, tout est numĂ©risĂ©, ça serait impossible pour moi de diriger une Ă©quipe », avoue-t-il.
3 â Photograveur, garant de lâimage
Un article nâa le mĂ©rite dâĂȘtre Ă©crit que sâil a son lot de photos. Et GĂ©rard Bioul, ancien photograveur Ă LâArdennais, lâa bien compris. Toutes les photos tout juste arrivĂ©es passaient sous lâĆil prĂ©cis du photograveur. « Je dĂ©veloppais les photos en nĂ©gatif, il fallait les recadrer et ensuite un copiste se chargeait de les repasser en positif pour les envoyer Ă lâimprimerie », se souvient le photographe. Pour entrer dans le service, GĂ©rard Bioul tĂątonne en autodidacte : « Jâentre Ă LâArdennais Ă quatorze ans pour une alternance de quatre ans. Alors que je devais partir Ă 19 ans, je suis nalement restĂ©. »
Le jeune de lâĂ©poque atteint un mĂ©tier Ă responsabilitĂ© oĂč on travaille en conscience : « Il ne faut pas louper la photo et bien prendre les dimensions. Avec le temps, on a dĂ» apprivoiser le numĂ©rique, en sâadaptant Ă la couleur. » Passant dâune Ăšre Ă une autre, il faut donc se munir de ltres de couleurs : « CâĂ©tait totalement di Ă©rent, ça a changĂ© notre maniĂšre de travailler. »


Gérard Bioul, photograveur, fait une démonstration de son savoir-faire. - Archives
Photos de lâArdennais vers 1950 - Archives
Les rotativistes changent les plaques dâimpression. - Archives




AGENCE DE VOYAGES AUTOCAR ET AVION


NOUVEAU PROGRAMME 2024/2025
| VOYAGES DâUN JOUR
CONCERTS & SPECTACLES & CABARETS
⯠DĂESSES DĂ©jeuner cabaret- Alsace 149âŹ/PERS.
06/10 - 17/11 - 9/02/2025 - 6/04/2025 - 1er/06/2025
⯠STARS 80 ENCORE ! - ZĂ©nith Lille Cat. 1 101âŹ/PERS. 08/12
⯠ARTUS ONE MAN SHOW - Reims Arena Cat. 1 95âŹ/PERS. 26/03/2025
SALONS & EXPOSITIONS 2024 - 2025
⯠MADE IN ASIA - Bruxelles, Belgique Samedi 19 octobre 2024
TRANSPORT SEUL 39âŹ/ADULTE - 29âŹ/ENFANT
Le rendez-vous des fans de mangas, d'animés, de jeux vidéo, de youtubers et de cosplay... A découvrir !
⯠PARIS GAMES WEEK - Paris, France
Mercredi 23 octobre 2024
TRANSPORT SEUL 45âŹ/ADULTE - 35âŹ/ENFANT
PARCS 2024
⯠DISNEYLAND- Paris, France
Samedi 12 octobre
ENTRĂE COMPRISE 139âŹ/ADULTE - 129âŹ/Enfant
⯠NIGLOLAND - France
Samedi 9 novembre
ENTRĂE COMPRISE 79âŹ/ADULTE - 74âŹ/ENFANT
43 attractions et spectacles font la renommĂ©e de ce parc familial situĂ© en pleine nautre et lâont hissĂ© Ă la e place du classement des meilleurs parcs dâattractions europĂ©ens. A dĂ©couvrir !
NOĂL AUX PARCS 2024
⯠LUMINESCENCES AMNĂVILLE France
Vendredi 27 décembre

ENTRĂE COMPRISE 59âŹ/ADULTE - 45âŹ/ENFANT
Un parc zoologique exceptionnel de 18 hectares, plus de 2.000 animaux de 360 espÚces y sont présentés dont des gorilles et des orangs-outans...
⯠PARC ASTĂRIX - Paris, France
Samedi 28 décembre
ENTRĂE COMPRISE 95âŹ/ADULTE - 85âŹ/ENFANT
AMBIANCE DE NOĂL
⯠STRASBOURG - ALSACE
Les samedis 30 novembre - 7 décembre - 14 décembre et 21 décembre
JOURNĂES SHOPPING
Samedi 19 octobre 2024



lâannĂ©e Ă prix sympas ! ⯠BRUXELLES - Belgique
TRANSPORT SEUL - TARIF UNIQUE 37âŹ/PERS.
JOURNĂES Ă THĂME
⯠CARNAVAL DE BINCHE - Belgique
Mardi 4 mars 2025
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Assistez Ă lâun des plus anciens folklores de Belgique avec le cortĂšge de plusieurs centaines de Gilles qui paradent dĂšs 15Â h au son du tambour...
⯠7 & 8 décembre 2024 2 jours - 1 nuit
âŹ/PERS. LâALSACE ET SON ROYAL PALACE
NOUVEAU PROGRAMME
⯠14 & 15 décembre 2024 2 jours - 1 nuit
! | SĂJOUR DE FĂTES 2024/2025
⯠NOUVEL AN MĂDITERRANĂEN
du 28 décembre au 2 janvier 6 jours - 5 nuits
AprĂšs le 11/11/2024 : 899âŹ/pers.
! | SĂJOUR ET CIRCUITS
SĂJOUR DĂCOUVERTE
⯠SUR LA ROUTE DU MIMOSA
du 7 au 13 février 2025
7 jours - 5 nuits
SĂJOUR LIBRE

âŹ/PERS. AprĂšs le 24/12/2024 : 705âŹ/pers.
⯠DOUCEUR HIVERNALE à STE MAXIME
du 9 au 21 mars 2025
13 jours - 12 nuits 1195âŹ/PERS. Moins de 60 jours avant dĂ©part : 1285âŹ/pers.
! |
SĂJOUR AVION
⯠HURGHADA - Egypte


TRANSPORT SEUL 59âŹ/ADULTE - 45âŹ/ENFANT
⯠VALKENBURG & MAASTRICHT
Pays Bas
Samedi 30 novembre 2024
ENTRĂE COMPRISE 55âŹ/ADULTE - 45âŹ/ENFANT
du 9 au 16 septembre 2025 8 jours - 7 nuits
| CROISIĂRE
⯠KIEL, COPENHAGUE, FJORDS
Allemagne, Danemark, NorvĂšge du 3 au 10 mai 2025
8 jours - 7 nuits A partir de 1289âŹ/PERS

es venues historiques dans les Ardennesïżœ
Depuis la visite de Charles de Gaulle en 1963, jusquâĂ celle de la star Omar Sy en 2021 : nombreuses ont Ă©tĂ© les personnalitĂ©s Ă fouler lâArdenne. Des tĂ©moins retracent ces sĂ©jours emblĂ©matiques.
Notre dĂ©partement, rural, vallonnĂ©, est parfois oubliĂ© de Paris, du monde politique, des Français. Il nâen demeure pas moins que, en huit dĂ©cennies, prĂ©sidents de la RĂ©publique ou encore stars du cinĂ©ma ont foulĂ© lâArdenne, avec, toujours, une histoire Ă raconter.
Claude François, années 60
Sur la photo, il semble marquĂ© par lâinsouciance de sa jeunesse. Le visage poupon dâun gamin de 25 ans environ. Claude François sâĂ©tait arrĂȘtĂ© au théùtre de Charleville-MĂ©ziĂšres, comme LĂ©o FerrĂ© Ă la mĂȘme Ă©poque, a n de faire la premiĂšre partie dâun autre artiste dont le nom Ă©chappe aujourdâhui Ă François BĂ©guin.
Ancien restaurateur, prĂ©sident du syndicat des hĂŽteliers et restaurateurs ardennais, il en garde un souvenir Ă©mu, mais il est lui est impossible dâen donner la date. « Jâai le souvenir dâavoir jouĂ© avec lui au ipper. Il a dĂ©barquĂ© avec son impresario Chez Antoine (aujourdâhui Moglia, NDLR), un moment inoubliable. Il Ă©tait un peu orgueilleux, il dĂ©bitait, il savait qui il Ă©tait, mais tout en dĂ©tente », commente le CarolomacĂ©rien.
De Gaulle, avril 1963
De toutes les visites ardennaises ces 80 derniĂšres annĂ©es, câest celle qui a marquĂ© toute une gĂ©nĂ©ration. Tous les plus de 70 ans sâen souviennent. De Gaulle Ă©tait venu en visite o cielle Ă MĂ©ziĂšres, en grande pompe. « La maĂźtresse des petites classes primaires, madame Virollet, nous avait conduits Ă la gare de Joigny-sur-Meuse pour voir passer lâautorail prĂ©sidentiel qui venait de Givet. CâĂ©tait en n de matinĂ©e, nous avions un drapeau bleu, blanc, rouge dans nos mains. La visite mâa marquĂ© car câest un homme dâĂtat qui Ă©crasait les autres par sa prestance », se remĂ©more RenĂ©-Pierre Colinet, historien et habitant de la vallĂ©e.
Les rues Ă©taient noires de monde et la citĂ© sâĂ©tait arrĂȘtĂ©e de respirer quelques heures. Il faut dire que les moyens de communication Ă©taient beaucoup moins dĂ©veloppĂ©s quâaujourdâhui.
Emmanuel Macron, 7 novembre 2018
Câest une journĂ©e Ă graver au marbre de lâhistoire ardennaise. Rendez-vous compte : un immeuble e ondrĂ© Ă Charleville-MĂ©ziĂšres, un prĂ©sident de la RĂ©publique en visite et un conseil des ministres dĂ©localisĂ© Ă la prĂ©fecture. « Emmanuel Macron a quelque chose de magnĂ©tique, notamment dans le regard », se remĂ©more Carole Marquet-Morelle, qui a accueilli un dĂ©jeuner dâĂtat au musĂ©e de lâArdenne, dont elle est la directrice. « LâĂ©quipe du musĂ©e garde un beau souvenir de cette journĂ©e, car le PrĂ©sident a Ă©tĂ© disponible et sâest montrĂ© interessé », poursuit-elle. Quelques semaines plus tard, pour lâanecdote, le pain de la boulangerie GuĂ©nard « le Poilu », avait Ă©tĂ© servi lors dâun dĂźner de chefs dâĂtats, Ă lâĂlysĂ©e.
IPar Lylian Casier

Omar Sy, été 2021
l mesure plus dâ1,92 mĂštre, pĂšse environ 110 kilos et possĂšde un charisme Ă en faire pĂąlir les voisins. « Il », câest Omar Sy, qui a passĂ© plusieurs semaines Ă dormir au chĂąteau du Faucon pour le tournage de Tirailleurs, Ă lâĂ©tĂ© 2021. Pour le tournage, tout sâest concentrĂ© Ă Neufmaison, un tout petit village ardennais qui a perdu un peu de sa quiĂ©tude pour la cause, et dont les habitants ont Ă©tĂ© mis Ă contribution. Ă commencer par le maire, Justin Demely. « Il Ă©tait drĂŽle, toujours souriant. Il avait ni par inviter tout le village Ă manger sur la cantine du tournage. Il avait fait venir des boubous, les robes traditionnelles du SĂ©nĂ©gal, pour quâon soit tous habillĂ©s de la mĂȘme maniĂšre », rapporte lâĂ©dile.
Dâautres visites marquantes
Edouard Balladur en mocassins dans MĂ©ziĂšres pendant les inondations de 1995, Yannick Noah Ă Sedan ou au théùtre de Charleville, Jacques Chirac Ă Renwez : au l des huit derniĂšres dĂ©cennies, nombreuses ont Ă©tĂ© les personnalitĂ©s Ă fouler lâArdenne. Citons aussi celle de François Hollande, sous bonne garde, au musĂ©e Rimbaud, en janvier 2017.

Venue du président Emmanuel Macron dans les Ardennes.
Photo Aurélien Laudy
Ardennais et les arbres
FrappĂ© de plein fouet par le scolyte, le massif ardennais est en souffrance. En 2022, LâArdennais lançait une grande opĂ©ration pour replanter le Bois de lâor.
Son nom ne vous dit sans doute rien, mais vous ĂȘtes forcĂ©ment dĂ©jĂ passĂ© Ă cĂŽtĂ©. Le Bois de lâor, le long de la dĂ©partementale entre Charleville et SĂ©cheval fait partie de ces pans de forĂȘt qui ont dĂ» ĂȘtre rasĂ©s Ă blanc pour Ă©viter la prolifĂ©ration du scolyte. Aujourdâhui, grĂące Ă LâArdennais, ses lecteurs et ses partenaires, le bois a Ă©tĂ© replantĂ© et un chemin pĂ©dagogique accessible Ă tous a Ă©tĂ© créé pour prĂ©senter les di Ă©rentes espĂšces dâarbres qui sây Ă©panouissent.
Deux constats, une idée
LâopĂ©ration « Sauvons la forĂȘt » est nĂ©e de deux constats : celui dâune forĂȘt dĂ©cimĂ©e par un insecte dĂ©vastateur et dâune population ardennaise qui ne comprenait pas pourquoi « sa » forĂȘt Ă©tait ainsi malmenĂ©e. LâArdennais se saisit de la problĂ©matique et y travaille avec lâONF. Dâabord dans un but pĂ©dagogique. Puis, Thomas Delobelle, chef dâĂ©dition de LâArdennais, lance lâidĂ©e un peu folle de reboiser la forĂȘt. Un magazine pourrait ĂȘtre Ă©ditĂ© et vendu pour nancer lâopĂ©ration et des mĂ©cĂšnes accompagneraient ce nancement.
Entre 10 000 et 15 000 arbres replantés
Toute lâentreprise se met alors en branle avec Agir pour la ForĂȘt, la fondation de lâONF. Au printemps 2022, rejoint par le CrĂ©dit Agricole, LâArdennais publie « Le nouveau dĂ© Ardennais », un magazine de 84 pages auto nancĂ© par la publicitĂ©. Ainsi, les dix euros de son prix de vente sont directement reversĂ©s Ă lâONF. Rossel conseil MĂ©dias, notre rĂ©gie commerciale, arrive Ă mobiliser de nombreuses entreprises. Et ça paie ! La fondation de lâONF reçoit ainsi plusieurs dizaines de milliers dâeuros. Ă lâautomne suivant le terrain est prĂ©parĂ© et les premiers arbres replantĂ©s.
Aujourdâhui, les 6 hectares du Bois de lâor ont retrouvĂ© une nouvelle vie. Un petit parking y a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ© et donne accĂšs au parcours pĂ©dagogique spĂ©cialement créé.



secteur le Theux. DPE : E Ref : 56255965
jardin clos et 1 garage. DPE : E Ref : 56283325
Par Thomas Delobelle

Le magazine Ă©ditĂ© par LâArdennais ainsi que la mobilisation de ses partenaires ont permis, en 2022, de reboiser le Bois de lâor.
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ans
lâĆil de Karen Kubena
Dâabord laborantine, puis photographe Ă LâArdennais, Karen Kubena connaĂźt les Ardennes comme sa poche. Elle y a immortalisĂ© des milliers dâĂ©vĂ©nements.
Setforge Estamfor, Hautes RiviÚres, février 2024

Jâai choisi cette photo, pour moi emblĂ©matique du monde de la mĂ©tallurgie ardennaise. Les Ardennais ont beaucoup sou ert, ces derniĂšres dĂ©cennies, des multiples fermetures dâusines. Mais il reste, comme on les nomme ici, des boutiques qui tournent et qui sont encore de celles qui font lâavenir du tissu Ă©conomique ardennais. Rien nâest jamais aussi impressionnant pour moi, que de dĂ©couvrir ces lieux fascinants, oĂč les machines, grandioses, sont soumises aux petites mains des hommes et des femmes, qui travaillent si bien. Leur savoir-faire, la prĂ©cision de leurs gestes, leur concentration, dans cet univers dangereux, ne peut que forcer lâadmiration.
Entraßnement du 3e Régiment de Génie, avril 2016

Faux blessĂ©s, vrais blindĂ©s, soldats partout en ville. Les habitants parfois surpris par des opĂ©rations dâentraĂźnement dont ils nâavaient pas pris connaissance, en ont pris plein la vue, comme la photographe que je suis. Simulations dâattaques, Ă©vacuations de blessĂ©s de guerre, prises dâassaut de bĂątiments, le tout orchestrĂ© de maniĂšre Ă mettre en situation presque rĂ©elle les soldats de la caserne de Charleville-MĂ©ziĂšres. Tout Ă©tait soignĂ©, dans le dĂ©tail, fausses blessures comprises. Des hommes braillant de douleur pour avoir perdu un bras, dâautres simulant la mort suite Ă une balle dans la tĂȘte... Il fallait bien ça, pour tenter de faire monter un peu le stress des jeunes soldats en exercice. En espĂ©rant que jamais ils nâauraient Ă vivre ça pour de vrai.
Une affiche spéciale pour notre anniversaire

Pour marquer le coup, il fallait que lâon puisse conserver un souvenir des 80 ans de LâArdennais. Ce journal collector est un premier tĂ©moignage. Aussi passionnant soit-il, ce supplĂ©ment nira, au mieux, rangĂ© dans un placard ou posĂ© sur une table basse. Convenons-en, ce nâest pas le plus design des objets de dĂ©co. VoilĂ pourquoi nous avons aussi eu lâidĂ©e de concevoir une a che.
Il se trouve que, dans la Marne, une entreprise est spĂ©cialisĂ©e dans la rĂ©alisation dâa ches vintage. « Mon a che adorĂ©e » propose, comme son nom lâindique, des a ches de villes et villages. Cette activitĂ© est nĂ©e de la passion pour le dessin de Philippe Joudart, le directeur de Cochet Concept, une agence de communication installĂ©e Ă Ăpernay. « CâĂ©tait une joie de faire cette a che, nous y avons pris beaucoup de plaisir », sâenthousiasme-t-il.
Lâa che en question illustre Les Ardennes, mĂȘlant la place Ducale, le festival des marionnettes ou encore Woinic.
Lâa che ardennaise en 40x50 cm sera proposĂ©e Ă la vente Ă la Foire de Sedan, au stand de LâArdennais. Tarif : 25 ⏠lâunitĂ©.

omment votre journal est-il fabriqué chaque jour ?
Une journĂ©e type dans un journal, ça nâexiste pas puisque notre organisation dĂ©pend Ă©videmment de lâactualité ! Voici cependant quelques-uns de nos temps forts quotidiens. Suivez-nous !
8h30 - Le web déjà en ébullition
Tous les matins, câest lâun des premiers Ă arriver, câest notre monsieur web : Julien AzĂ©mar. Ses missions ? Faire de la veille sur les rĂ©seaux sociaux, vĂ©ri er que le site internet et lâapplication fonctionnent et commencer Ă programmer nos publications, ainsi que les pushs qui apparaissent sur votre tĂ©lĂ©phone. Julien regarde aussi les audiences de la veille et les analyse : quels sont les articles qui ont marché ? Pourquoi ceux-lĂ et pas les autres ? Une analyse quâil transmet Ă ses collĂšgues et qui permet dâadapter la stratĂ©gie web du jour.

La gestion du web fait partie intĂ©grante de lâorganisation de LâArdennais. Julien AzĂ©mar est au web depuis 2021. Karen Kubena










9h00 - La régie publicitaire se met en place
LâArdennais, ce nâest pas que des journalistes, câest aussi une rĂ©gie publicitaire composĂ©e de 4 personnes. La journĂ©e type, nos commerciales ne connaissent pas. Mais si lâon devait rĂ©sumer les tĂąches de la rĂ©gie publicitaire, câest entretenir des relations avec des clients ou en dĂ©nicher des nouveaux, dĂ©tecter leurs besoins, avant de proposer un plan de communication. Une fois ce dernier validĂ©, les commerciales saisissent la publicitĂ© dans un logiciel, qui produit automatiquement une facture, en fonction de la taille de la publicitĂ© et de la place de celle-ci. La rĂ©gie publicitaire ne gĂšre pas seulement les publicitĂ©s de votre quotidien prĂ©fĂ©rĂ©, mais celles de lâensemble des produits du groupe comme le magazine LâInstant Ardennais ou encore le collector que vous ĂȘtes en train de lire.

La régie publicitaire est composée de 4 personnes dans les Ardennes. Il manque ici Marie Kergoat, basée principalement à Sedan.
La rĂ©gie publicitaire divise ses journĂ©es entre des moments au bureau et dâautres en rendez-vous- Karen Kubena
9h15 - Les idées fusent en conférence de rédaction
Chaque matin, les journalistes de Charleville-MĂ©ziĂšres se rĂ©unissent avec leurs collĂšgues du dĂ©partement, les rĂ©dactions de Sedan, Fumay et Rethel/Vouziers via un systĂšme de visioconfĂ©rence. Chacun propose des idĂ©es de sujets ou fait le point sur ses sujets en cours. Câest Ă ce moment-lĂ que lâangle de lâarticle est prĂ©cisĂ© et que son heure de publication est rĂ© Ă©chie. La rĂ©union est animĂ©e par lâun des trois pilotes de la rĂ©daction, qui fait le lien avec LâUnion Ă Reims, avec qui nous partageons notamment les premiĂšres pages du journal, qui concernent lâactualitĂ© de la rĂ©gion.

































































































Lâensemble des journalistes des Ardennes se rĂ©unissent Ă 9h15. - Karen Kubena

15h00 - Reportage, en voici, en voilĂ AprĂšs la rĂ©union du matin, tous les journalistes sâa airent Ă la rĂ©alisation de leurs sujets. Et parce que pour tout article, il faut des interlocuteurs, les journalistes vont les chercher sur le terrain. Ce jour-lĂ , Camille Gaubert de Charleville-MĂ©ziĂšres est, par exemple, allĂ©e sur la Plage Ducale pour rencontrer du monde et savoir ce que les gens ont pensĂ© de cette Ă©dition. « Se rendre sur place, ça permet dâavoir des avis di Ă©rents et de la matiĂšre pour nourrir mon article », explique-t-elle.
23h20 - Câest parti pour lâimpression
Si en moyenne, les pages locales du journal sont terminĂ©es aux alentours de 20h30, une actualitĂ© chaude peut vite reculer lâheure du bouclage, comme des Ă©lections, un fait divers imprĂ©visible mais aussi la n dâun match de sport. Au maximum, le journal doit ĂȘtre envoyĂ© Ă 23h20 au contrĂŽle Ă©ditorial, situĂ© Ă Reims. « On est ensuite chargĂ©s de vĂ©ri er les pages, si elles respectent la charte, et sâil nây a pas de fautes qui seraient passĂ©es Ă la trappe », explique Arnaud Candas, rĂ©dacteur/Ă©diteur Ă la tour de contrĂŽle. Les pages sont ensuite envoyĂ©es Ă lâimpression et deviennent disponibles sur la liseuse en ligne. En 20 minutes, les 20 000 exemplaires de lâArdennais sont imprimĂ©s. Il est minuit. Sâensuit lâimpression de lâUnion Ardennes. Puis un livreur vient rĂ©cupĂ©rer les exemplaires et les dĂ©poser Ă di Ă©rents endroits du dĂ©partement.

Impression du journal LâArdennais, il est 23 heures rue Gutemberg Ă Reims.
Remi Wa art

17h00 - Lâheure de la Une
Câest Ă 17 heures que la Une de votre quotidien est en partie Ă©laborĂ©e. Les Ă©diteurs de LâArdennais - soit un reprĂ©sentant par agence locale qui a relu, corrigĂ© et mis en page les articles - se rĂ©unissent. Chacun dĂ©fend son sujet, regarde les photos disponibles et rĂ© Ă©chit Ă ce qui va attirer le plus les lecteurs. Parfois, le choix est simple et nous saute aux yeux, parfois il faut plusieurs minutes de dĂ©bat avant de trancher. Les membres de la rĂ©daction proposent alors des titres et des photos. La Une est ensuite rĂ©cupĂ©rĂ©e par un Unier Ă Reims, qui avec son regard extĂ©rieur a pour mission de la rendre la plus comprĂ©hensible et esthĂ©tique possible.
La réunion de 17h permet de faire remonter les sujets forts de la journée qui gureront en Une du journal.

2h00 - La distribution commence Câest en pleine nuit que la distribution des journaux commence. Les vendeurs colporteurs de presse (VCP) les rĂ©cupĂšrent auprĂšs du livreur puis les distribuent dans les boĂźtes aux lettres, juste avant que les gens ne se rĂ©veillent. Ă Sedan, il est, par exemple, deux heures du matin lorsque la tournĂ©e commence. Chaque VCP a une zone bien dĂ© nie et un carnet dâadresses Ă distribuer. Câest aux environs de 7h30 que la tournĂ©e se termine. Nos abonnĂ©s, mais aussi les acheteurs en boulangerie par exemple, peuvent alors dĂ©couvrir les actualitĂ©s du jour sur papier.
Chaque colporteur a une organisation millimétrée.





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Camille Gaubert, journaliste Ă LâArdennais, dresse le bilan de la plage Ducale. - Karen Kubena
Karen Kubena
e PÎle Innovation et Développement : un moteur de croissance
Entre nous, on lâappelle le pĂŽle « ID », un acronyme facile Ă retenir et rĂ©vĂ©lateur de sa mission. Créé en septembre 2022, dans la foulĂ©e du travail accompli par SĂ©bastien Lacroix, le pĂŽle Innovation DĂ©veloppement de Rossel Est MĂ©dias a pour mission de rĂ©pondre aux attentes croissantes des lecteurs et des annonceurs par des initiatives Ă©ditoriales et Ă©vĂ©nementielles novatrices. Ce service, dĂ©sormais dirigĂ© par Nicolas Fostier, journaliste Ă lâUnion depuis 1996, se rĂ©invente constamment pour renforcer lâimpact du groupe sur son territoire.
Valoriser les forces vives locales Ainsi, le pĂŽle ID sâattache Ă mettre en lumiĂšre les initiatives locales en capitalisant sur le dynamisme des dĂ©partements couverts par Rossel Est MĂ©dias (Marne, Ardennes, Aisne et Aube). Cette mission repose sur une collaboration Ă©troite entre tous les services de lâentreprise : rĂ©daction, rĂ©gie publicitaire, marketing, comptabilitĂ© ... « Câest cette synergie qui garantit la cohĂ©rence et le succĂšs de nos projets. », estime Nicolas Fostier
La rentabilitĂ© et lâexigence Ă©ditoriale Ăvidemment, lâinnovation doit rimer avec viabilitĂ© Ă©conomique. Et câest conscient de cette rĂ©alitĂ© que le pĂŽle a intĂ©grĂ© la rentabilitĂ© comme un critĂšre central de ses initiatives. En collaboration avec la rĂ©gie commerciale (RCMEst) et la direction des a aires nanciĂšres (DAF), chaque projet fait lâobjet dâune analyse rigoureuse en amont. Cependant, bien que le pĂŽle cherche Ă sĂ©duire les annonceurs, il nâen oublie pas pour autant son engagement envers la qualitĂ© Ă©ditoriale. Les contenus produits, quâil sâagisse de supplĂ©ments thĂ©matiques (emploi-formation, immobilier, santĂ©, etc.) ou de magazines (Guide Ă©co, Atlas Ă©co, Balades, Un Ă©tĂ© dans lâAube, etc.), sont Ă©laborĂ©s avec une rigueur journalistique et en lien direct avec lâactualitĂ©. Cette exigence garantit non seulement la satisfaction des lecteurs, mais aussi lâattractivitĂ© des supports pour les annonceurs. Un cercle vertueux en somme.
Un engagement fort envers le territoire
Et puis, le pĂŽle ID ne se contente pas de valoriser les talents du territoire ; il joue Ă©galement un rĂŽle actif dans la crĂ©ation de marques et dâĂ©vĂ©nements qui rĂ©sonnent avec les aspirations des communautĂ©s locales. Des projets, voire des marques, comme « LâInstant », « Les IdĂ©atrices », « Terres de champagnes », « Visite Ma BoĂźte » ou « La Grande DĂ©gustation » tĂ©moignent de cette ambition. De mĂȘme, des initiatives comme les « Face aux lecteurs », « La Classe philo » ou « Les voyages de lecteurs »


renforcent le lien entre les abonnĂ©s et les titres du groupe, contribuant ainsi Ă un sentiment dâappartenance plus fort.
La transition numĂ©rique au cĆur de la stratĂ©gie En n, la transition numĂ©rique est bien sĂ»r au cĆur des prioritĂ©s du pĂŽle ID. Depuis deux ans, une vĂ©ritable synergie entre les contenus print et web a Ă©tĂ© mise en place, assurant une di usion optimale sur les plateformes digitales et les rĂ©seaux sociaux. La marque « Instant », fer de lance de la verticale « lifestyle », en est un parfait exemple.
En lâespace dâun an, elle a vu son audience passer de 148 000 Ă 620 000 pages vues, tandis que les communautĂ©s sur Facebook et Instagram ont connu une croissance signi cative. Le nombre dâabonnĂ©s aux newsletters dĂ©partementales dĂ©passe dĂ©sormais les 10 000, ce qui con rme le succĂšs de cette stratĂ©gie numĂ©rique.
LâĂ©quipe du pĂŽle ID en 2024
Chaque annĂ©e, lâunion organise la soirĂ©e des Etoiles de lâĂconomie.
Nicolas Fostier : directeur, Régis Vaillant : directeur exécutif, Amal Hadi : responsable événementiel Alizée Szwarc : responsable de projets magazines Instant/les Idéatrices, Fanny Diard et Léa Nicolats : Assistantes marketing, Manon Postal et Léa Laurent : chargées de communication éditoriale et développement web
Le journal, câest aussi de la publicitĂ© ...
Vous lâaurez constatĂ©, votre journal est bien Ă©videmment constituĂ© de photos et dâarticles. Mais au l des pages se trouvent aussi des publicitĂ©s, essentielles au modĂšle Ă©conomique du journal.
Anne Colas est la directrice de Rossel Conseil MĂ©dias Est : lâagence de communication et mĂ©dias du Groupe Rossel La Voix basĂ©e sur La Marne, lâAisne, les Ardennes et Aube. Sa mission est de vous accompagner dans lâĂ©laboration de vos plans de communication. Les marques mĂ©dias du Groupe (LâUnion, lâEst Eclair, LibĂ©ration Champagne ou LâArdennais) et dâĂ©diteurs externes nous permettent de vous proposer un relais mĂ©dias puissant et a nitaire pour vos campagnes notamment au local et en proximitĂ© avec votre cible. « Notre mission, câest dâapporter des solutions Ă nos clients, les orienter vers une stratĂ©gie de communication, Ă©couter leurs besoins en leur proposant tout un Ă©ventail de produits (vidĂ©os, contenu, encarts publicitairesâŠ) » dĂ©clare Anne Colas. Nos Ă©quipes vous proposent le bon mix mĂ©dias pour les ampli er de la maniĂšre la plus optimale. Forte de son expertise et de lâaudience de ses supports, Rossel Conseil MĂ©dias Est se met au service de la communication des professionnels dâactivitĂ©s variĂ©es (entreprises, commerces, institutions, concessions automobiles, grandes distributions, centre de formation, etc.) Nos experts vous conseillent et vous accompagnent dans la rĂ©alisation de vos campagnes publicitaires sur-mesure, ciblĂ©es et adaptĂ©es Ă vos besoins, de la stratĂ©gie Ă la di usion de vos campagnes sur nos titres de presse quotidienne rĂ©gionale et au-delĂ dans des environnements contextualisĂ©s.
Clients accompagnés en 2023
collaborateurs
Campagnes réalisées en 2023
Photos : Stéphanie Jayet, Hervé Oudin
EN 80 ANS BEAUCOUP DE CHOSES ONT CHANGĂ

























es visages de nos projets éditoriaux
Voici les visages de celles et ceux qui portent au quotidien nos initiatives éditoriales sur tous nos supports, papier et numériques.

locales et du service des sports de Lâunion.
Parler aux jeunes, dâaccord, mais de quoi ? « Ces jeunes ont des problĂ©matiques, des questionnements, des souhaits, des envies. Dans nos articles, nous y rĂ©pondons, nous les accompagnons au jour le jour sur les temps forts de leur vie, le bac, la recherche de logement, les sorties, les bons plans pour se meubler pas cher, lire pas cher, manger pas cher⊠LâidĂ©e est de leur ĂȘtre pratique, utile, leur faciliter la vie. »
Parler aux jeunes, dâaccord, mais comment ? « #TaNews est un mĂ©dia 100 % digital et gratuit. Nous proposons beaucoup de vidĂ©os, nous adoptons les codes des rĂ©seaux sociaux. Nous avons aujourdâhui une belle communautĂ© Instagram de 1 255 followers. Câest un bon dĂ©but. »
Dix-huit mois plus tard, #TaNews est structurĂ©, animĂ© par une dizaine de journalistes, dispose de son univers sur le site de Lâunion, a son code couleur violet, sa communautĂ© composĂ©e de jeunes mais aussi de parents.
Alizée Szwarc Meireles
AlizĂ©e Szwarc Meireles porte plusieurs projets dans lesquels fusent la bonne humeur, les bons plans et lâenvie de les partager Ă nos lecteurs et internautes.

Dans son panier de bonnes nouvelles, on trouve dâabord les Instants, quatre magazines Ă©lĂ©gants qui sâintĂ©ressent respectivement Ă Reims, Ă Troyes, aux Ardennes et au champagne. « Câest un travail sur le temps long, argumente-t-elle. On se pose, on rencontre les gens qui font la spĂ©ciïŹcitĂ© du territoire, qui ont des idĂ©es, qui font bouger les choses. Nous ne sommes pas dans lâactualitĂ© du quotidien, davantage dans la bienveillance et le positif. »
Lâesprit « Instant » se dĂ©cline en version digitale, dans un univers parallĂšle Ă Lâunion dĂ©nommĂ© « Lifestyle ». On y trouve une montagne de bons plans et de conseils avisĂ©s. « Ici, le contexte de lecture est diffĂ©rent. On rĂ©pond Ă dâautres besoins de nos lecteurs, qui recherchent des idĂ©es pour proïŹter de leur temps libre. Les sujets sont Ă la fois locaux, pour dĂ©couvrir des bonnes adresses et des sources dâinspiration dans sa ville et son dĂ©partement, mais aussi gĂ©nĂ©ralistes avec des articles sur le bien-ĂȘtre, lâalimentation, les conseils pratiques ou encore les vacances. »
Dans le panier des bonnes nouvelles dâAlizĂ©e, il y a enïŹn Les IdĂ©atrices, un mot dâorigine quĂ©bĂ©coise qui dĂ©signe une personne dont le job est de chercher des idĂ©es, de trouver de nouveaux concepts. Celui dâAlizĂ©e est simple : « Mettre en lumiĂšre les initiatives des femmes du territoire. » Comment ? « En rĂ©alisant des portraits de femmes inspirantes, en crĂ©ant des Ă©vĂ©nements comme des tables rondes et des master classes, pour les prĂ©senter au public. »
Les projets ne manquent pas : un club des IdĂ©atrices lancĂ© en juin ; une sĂ©rie de vidĂ©os sur des « femmes inspirantes » sera rĂ©alisĂ©e, dans lesquelles elles raconteront un succĂšs, un Ă©chec, les leçons quâelles en retirent. Il paraĂźt mĂȘme quâun focus sur 50 femmes remarquables de nos territoires serait en gestationâŠ
Par Grégoire Amir-Tahmasseb
heck ton info aide les jeunes à décrypter le vrai du faux
PrĂšs de 900 Ă©lĂšves de lâacadĂ©mie de Reims ont participĂ© lâan passĂ© Ă ce concours de dĂ©cryptage des fakes news.
Le projet est nĂ© aprĂšs lâagression de notre journaliste photographe Christian Lantenois, dans un quartier de Reims en fĂ©vrier 2021. En plein reportage, il avait Ă©tĂ© pris Ă partie par un groupe de jeune et violemment frappĂ© Ă la tĂȘte avec son appareil photo. Une rĂ© exion sâest engagĂ©e au sein de notre rĂ©daction sur la mĂ©connaissance du mĂ©tier de journaliste et lâimportance des mĂ©dias dans la dĂ©mocratie. Avait alors Ă©mergĂ©e lâidĂ©e de lancer un projet visant Ă Ă©veiller lâesprit critique de nos jeunes, en les aidant Ă dĂ©crypter de fausses informations et en leur donnant les codes des rĂ©seaux sociaux pour Ă©viter de tomber dans les piĂšges tendus.
PortĂ© par notre journal, lâacadĂ©mie de Reims, le campus rĂ©mois de Sciences Po et Orange, ce concours, sâadresse aux collĂ©giens et lycĂ©ens de lâacadĂ©mie. EncadrĂ©s par les journalistes de Lâunion â LâArdennais et des Ă©lĂšves de Sciences Po dans le cadre de leur parcours civique, les Ă©lĂšves qui participent Ă Check ton info se mettent dans la peau de journalistes et mĂšnent un travail dâenquĂȘte pour dĂ©mĂȘler le vrai du faux dâune information quâil leur est donnĂ©e. Le tout restituĂ© Ă travers une vidĂ©o de deux minutes maximum.
Au printemps le grand amphithéùtre de Sciences Po Reims accueille la grande nale du concours de Check ton info. Ă cette occasion, les vidĂ©os sĂ©lectionnĂ©es (dix dans la catĂ©gorie collĂšge, dix dans la catĂ©gorie lycĂ©e) sont prĂ©sentĂ©es au jury composĂ© de professeurs, journalistes, reprĂ©sentants de nos partenaires ainsi que du parrain de la promotion (Maxime Valette, lâannĂ©e derniĂšre).
Les trois meilleures vidĂ©os par catĂ©gorie reçoivent un Check dâor, dâargent et de bronze. Les laurĂ©ats collĂšge et lycĂ©e sont ensuite les rĂ©dacteurs en chef dâun jour de Lâunion âLâArdennais avant la n de lâannĂ©e scolaire.
Depuis son lancement en 2022, Check ton info ne cesse de prendre de lâampleur. 865 Ă©lĂšves Ă©taient ainsi inscrits Ă la deuxiĂšme Ă©dition lâan passĂ© contre 500 la premiĂšre, avec prĂšs de 100 capsules vidĂ©os rĂ©alisĂ©es.

Les laurĂ©ats du concours sont notamment les rĂ©dacteurs en chef dâun
Ce concours sâadresse aux collĂ©giens et aux lycĂ©ens

jour du journal. Photo : Aurélien Laudy
es 16 Unes emblématiques commentées
8 mai 1945
LâAllemagne a capitulĂ©ïżœ

Câest une Une historique ! LâArdennais, le quotidien rĂ©publicain, du mardi 8 mai 1945 annonce, pleine page, la capitulation de LâAllemagne. Dans son Ă©dito, Fernand Vallaud, le rĂ©dacteur en chef de lâĂ©poque, souligne lâimmense espoir qui accompagne la Paix. «Les hommes vont revivre», Ă©crit-il. «Les peuples vont rĂ©parer leurs dĂ©sastres». Et de rendre hommage aux libĂ©rateurs : «Vive la France, son chef et ses soldats. Vivent nos alliĂ©s qui nous ont rĂ©veillĂ©s du plus atroce cauchemar».
Cet édito est accompagné des photos des «artisans de la victoire» : Staline, Churchill, Eisenhower; Roosevelt et le général de Gaulle.
2 juin 1953
Le couronnement de la reine Elizabeth

Jennyfer Seillier est anglaise. Elle vit Ă Vrigne-aux-bois. «Je suis arrivĂ©e en France quand jâavais 22 ans pour me marier. Le jour du couronnement de la reine Elizabeth II, jâavais 13 ans. On habitait dans la banlieue de Londres. On nâavait pas de tĂ©lĂ©vision Ă lâĂ©poque, alors mon pĂšre en a achetĂ© une pour lâoccasion. Tout le pays sâest arrĂȘtĂ© pour regarder le couronnement. Nous, on lâa regardĂ© en famille. CâĂ©tait vraiment une journĂ©e extraordinaire. On Ă©tait le 2 juin, mais il avait neigĂ©, il faisait tellement froid, mais ça reste un trĂšs bon souvenir. Ă lâĂ©cole, on nous avait distribuĂ© des livres sur la reine. Je lâai encore avec moi. Chaque annĂ©e en Angleterre il y a une parade pour cĂ©lĂ©brer la famille royale. Jâai pu y assister une fois, jâĂ©tais dans les tribunes. CâĂ©tait tellement impressionnant. La famille royale reprĂ©sente quelque chose dâimportant pour moi, câest lâhistoire de mon pays.»
9 mai 1961
Le CSSA ramĂšne la coupe (de France) Ă la
maison

Daniel GuĂ©rin (prĂ©sident du CSSA) : « JâĂ©tais gamin quand le CSSA a ramenĂ© la coupe de France Ă Sedan. Jâavais 14 ans. Sedan qui gagne la coupe de France, câĂ©tait quelque chose de sensationnel. Il ne faut pas oublier que les footballeurs Ă©taient des ouvriers. Ils allaient au boulot avant ou aprĂšs leur entraĂźnement. JâĂ©tais fascinĂ© par cette mĂ©thode, câĂ©tait quelque chose quâon ne voyait nulle part ailleurs. Câest aprĂšs cette victoire que je suis allĂ© voir mon tout premier match de football. Le CSSA recevait lâAtletico de Madrid car on sâĂ©tait quali Ă© pour la Coupe dâEurope des vainqueurs de coupe de football. Je me souviens, câĂ©tait le 13 septembre 1961. CâĂ©tait vraiment incroyable de voir des joueurs de lâAtletico Ă Sedan. Il y avait une ambiance extraordinaire. Ma passion pour le CSSA a commencĂ© Ă ce moment et ne mâa jamais quittĂ© depuis. »
30 septembre 1966
La naissance de Charleville-MéziÚres

Claudine Ledoux, ancienne maire de Charleville-MĂ©ziĂšres : «JâĂ©tais encore petite lle quand il y a eu la fusion, mais je peux vous dire que cela a Ă©tĂ© la dĂ©cision politique la plus importante du XXe siĂšcle pour les Ardennes. Cette fusion a dotĂ© le dĂ©partement dâune ville prĂ©fecture su samment grande pour servir de moteur. Ăa a permis de crĂ©er une ville qui rallie beaucoup dâatouts. Au niveau Ă©conomique, MĂ©ziĂšres Ă©tait trĂšs industrielle et Charleville trĂšs commerçante. Ce sont aussi deux villes avec des architectures di Ă©rentes. La fusion a vraiment permis dâallier toutes les forces. Mais en tant que maire de Charleville-MĂ©ziĂšres entre 2001 et 2013, je peux vous dire que cette dĂ©cision nâa pas dĂ» ĂȘtre facile. Pendant mon mandat, jâai ressenti que cette fusion nâĂ©tait pas complĂštement digĂ©rĂ©e par les habitants de MĂ©ziĂšres, Ătion, Mohon et Le Theux notamment, qui Ă©taient des communes Ă part entiĂšre. Il y a encore ce sentiment de perte dâidentitĂ© pour certains habitants.»
23 août 1976
Le feu aux portes de Charleville

Yvon Kubena a vĂ©cu les incendies de 1976. Un souvenir encore trĂšs prĂ©sent. « Jâhabitais Ă Nouzonville, je rentrais de vacances et ça sentait le brĂ»lĂ© Ă la Roche aux 7 villages. En arrivant, il y avait plein de voitures. On entendait parler de canadairs, on les a vus on est parti Ă pied pour les prendre en photos. Ăa cramait de partout. Je suis arrivĂ© plus haut que les canadairs. Les canadairs bombardaient de lâeau sur la route de MonthermĂ©. Le soir je suis retournĂ© Ă Bogny-sur-Meuse pour ne pas gĂȘner les secours, il y avait une colonne de feu impressionnante. Un pompier a perdu la vie pendant ces incendies. Il avait entre 16 et 17 ans. Son pĂšre câĂ©tait mon cousin. Le jour de lâenterrement, il y a eu un orage terrible. Le ciel Ă©tait noir, on Ă©tait trempĂ©. La caserne de MonthermĂ© porte encore son nom. »
8 novembre 1979
Deux mirages sâĂ©crasent sur une maison

Ginette Jaloux, habitante et ancienne maire de Damouzy : «à lâĂ©poque, jâhabitais dans mon logement de fonction Ă Charleville-MĂ©ziĂšres, mais jâavais ma maison que je louais Ă Damouzy, juste en face de celle du maire. Vers 19 heures, jâai reçu un coup de l de sa part qui me disait de venir immĂ©diatement Ă Damouzy, que deux mirages venaient de sâĂ©craser sur sa maison. ArrivĂ©e sur place, je me suis cru dans un lm de guerre. Il pleuviotait, il faisait noir, il y avait des dĂ©bris partout. Ce qui mâa surtout marquĂ©e, câest le nombre de gens, des policiers, des gendarmes, des pompiers et les ashes ! Il y avait vraiment une atmosphĂšre particuliĂšre. Les gens Ă©taient choquĂ©s, le crash avait fait sauter les toitures de plusieurs maisons. Certaines ont dĂ» ĂȘtre Ă©vacuĂ©es, notamment celle du maire et sa famille. Il y a eu un bel Ă©lan de solidaritĂ©, des gens sont venus donner leurs meubles. Me concernant, jâai logĂ© le maire et sa famille chez moi jusquâĂ ce que leur maison soit rĂ©habitable.»
Mi-juillet 1982
Les affrontements de la Chiers

Milka Stansnizewski : « La fermeture de La Chiers Ă Vireux-Molhain, câĂ©tait une catastrophe pour les familles. JâĂ©tais boulangĂšre et tout le monde se con ait Ă moi. Mon mari, mon pĂšre et mon beau-pĂšre y ont travaillĂ©. CâĂ©tait la catastrophe pour nous. Nous venions Ă peine de commencer les travaux de la maison. Nous en voulions beaucoup Ă Blagny, parce quâon ne nous a pas prĂ©venus. Mon mari me disait que câĂ©tait impossible quâils ferment parce quâils venaient dâacheter un nouveau galvaniseur. Et ils ont quand mĂȘme fermĂ©. Pendant les manifestations, ils ont enfermĂ© le patron. On ne lui a pas fait de mal, on lâa juste enfermĂ©. Il lui manquait ses mĂ©dicaments donc on lâa laissĂ© sortir pour les prendre. »
14 juillet 1989
Le bicentenaire de la Révolution

Christian Thomas Ă©tait maire Ă lâĂ©poque de la FĂȘte du bicentenaire, le 14-Juillet 1989. Et il en garde un souvenir Ă©mu. «On a fait une photo devant lâĂ©glise de tous les habitants. 70 personnes, sans une exception. On a repris la mĂȘme photo Ă lâan 2000. Bon, il en manquait quelques-uns, cette fois», prĂ©cise le retraitĂ©. Ădile pendant plus de vingt ans, il se rappelle aussi de la bonne cohĂ©sion au sein de Villers-sur-le-Mont. «Câest di cile dâavoir tout le monde mais câĂ©tait un rĂ©el Ă©vĂ©nement auquel tout le monde voulait participer. Les gens avaient mis des bonnets phrygiens, on a fait un feu le soir avant un petit feu dâarti ce avec nos petits moyens.» En n, un arbre a Ă©tĂ© plantĂ©. Câest un tilleul, toujours debout, autrement appelĂ© arbre de la LibertĂ©. Il est plantĂ© au centre de lâancienne place de Villers, dĂ©truite au cours du XVIe siĂšcle, et qui est maintenant devenue un espace vert.
8 août 1994
Lâexplosion de Spraytec

Il est environ 23 heures, le samedi 6 aoĂ»t 1994, quand la sirĂšne crache des dĂ©cibels Ă Vireux-Wallerand. Lâusine dâaĂ©rosols et de peinture Spraytec, situĂ©e rue Pasteur, Ă Vireux-Molhain est en ammes. Aux premiĂšres loges, ou presque dans une rue voisine, Yveline Beaugard. « Nous habitions rue de lâĂgalitĂ©, dans une rue au-dessus de Spraytec. Nous Ă©tions au lit quand ça sâest produit. Ma sĆur habitait juste Ă cĂŽtĂ© de Spraytec, le bruit les a rĂ©veillĂ©s. Elle est aussitĂŽt partie vers les hauteurs de Wallerand. Je suis sortie par curiositĂ©, avant de revenir Ă la maison. Mon mari nâavait pas bougĂ©. Il y avait des explosions tout le temps, des aĂ©rosols volaient. Les personnes Ă©taient Ă©vacuĂ©es et regroupĂ©es prĂšs du passage Ă niveau rue de la StrĂ©e. CâĂ©tait ridicule, pas assez Ă©loignĂ©. Jâimagine quâils ont fait au plus pressĂ©. »
Au nal, les pompiers viroquois, aidĂ©s de ceux de Givet, Fumay et Revin niront par gagner le combat, entre autres aidĂ©s par des conditions mĂ©tĂ©o favorables. Lâusine, aujourdâhui classĂ©e Seveso, existe toujours.
31 janvier 1995
Des inondations catastrophiques

Jean-Florent Kembakou : « Sur cette photo je retiens deux mots qui commencent par « s » : sou rance et solidaritĂ©. La sou rance des Ardennais pendant ces Ă©vĂšnements. Certains avaient mĂȘme Ă©tabli un parallĂšle entre la Guerre et les inondations, parce que la façon dâĂ©vacuer les gens leur Ă©voquait des souvenirs. Parmi les zones les plus touchĂ©es Ă Charleville-MĂ©ziĂšres, on avait la Place dâArche, on Ă©vacuait les gens par la fenĂȘtre. On Ă©vacuait les personnes ĂągĂ©es en prioritĂ©. Place Jacques Felix, il y avait un Ă©tablissement pour personnes ĂągĂ©es. La mairie avait eu une attention particuliĂšre pour cet Ă©tablissement. Il fallait Ă©vacuer dĂšs le matin Ă partir de 5 heures. Je me souviens entendre les sirĂšnes hurler de partout. Lâeau avalait toute la place dâArches, et remontait vers le cours Briand. Le deuxiĂšme « s » câest celui de la solidaritĂ©. Les voisins apportaient des parpaings comme ceux quâon voit sur la Une, pour soulever les meubles. Les gens venaient aussi pour racler la boue dans les maisons. Le premier ministre de lâĂ©poque, Ădouard Balladur Ă©tait venu. Les gens se souviennent de lâanecdote. Il Ă©tait en chaussures pas adaptĂ©es, en mocassins. On sâattendait Ă le voir chaussĂ© de bottes pour aller dans lâeau et dire « je compatis, je partage votre sou rance ». Alors ça a Ă©nervĂ© beaucoup dâArdennais. Il a tout de mĂȘme lancĂ© un appel Ă la solidaritĂ© nationale. Ă ce moment-lĂ , Charleville-MĂ©ziĂšres devient le symbole des villes victimes de ces inondations ».
17 septembre 2005
Naissance du Cabaret vert

Mouss de Mass Hysteria : « DĂ©jĂ , nous, on commençait Ă faire des festivals assez intĂ©ressants, on dĂ©butait. On venait dâavoir 30 ans. Quand on nous a demandĂ© de venir Ă cette premiĂšre Ă©dition, tu vois la programmation, tu te dis ça ne rigole pas. Pour une premiĂšre Ă©dition, on arrive et on est traitĂ© comme si on Ă©tait un grand groupe international, il nây avait pas de distinction. Lâa che annonçait dĂ©jĂ le caractĂšre gĂ©nĂ©raliste du festival. Ăa va dans tous les sens et ça, jâaime bien. On Ă©tait un peu la nouvelle scĂšne Ă lâĂ©poque et ĂȘtre catapultĂ© dans un festival avec Jacques Higelin et Mano Solo, câest Ă©norme. Une autre anecdote que jâai retenue, câest que dans les loges, il y avait de la moquette au sol. Il y avait dĂ©jĂ le souci du dĂ©tail. On sâĂ©tait dit que cette premiĂšre Ă©dition a dĂ» coĂ»ter cher, ils mettent la barre haut, si ça reste ça va faire un gros festival ».
7 août 2008
Woinic sort de son hangar

Erik Pilardeau : « Pour nous, les habitants de Bogny-sur-Meuse, ça a Ă©tĂ© une ertĂ© exceptionnelle, un moment de reconnaissance et un moment de fĂȘte. Câest une rĂ©elle mise en avant de la mĂ©tallurgie ardennaise car elle est rĂ©alisĂ©e par un artiste local. MĂȘme si on sent bien que maintenant, Woinic nâappartient plus Ă Bogny, câest le symbole des Ardennes, ça reste une ertĂ©, câest une autre ertĂ©. Câest quelque chose de trĂšs important encore aujourdâhui Ă Bogny. Sur les groupes Facebook bognysiens, il y a beaucoup de photos de ce jour qui sortent encore. Quand on a vu Woinic, on savait que lâĆuvre ne devait pas rester dans un hangar. Il fallait quâelle soit vue, quâelle soit symbole de quelque chose. Il y avait un projet de vallĂ©e des lĂ©gendes, ce projet a avortĂ© mais on Ă©tait bien contents quâelle soit Ă lâentrĂ©e des Ardennes. »
15 novembre 2015
Attentats : le choc

Thomas Delobelle, chef dâĂ©dition Ă LâArdennais : « Il y a eu un rassemblement sur Charleville-MĂ©ziĂšres le 16 novembre, au lendemain des attentats du Bataclan. CâĂ©tait dans un contexte national oĂč lâĂ©vĂšnement sâest produit quelques mois aprĂšs Charlie qui avait dĂ©jĂ marquĂ© le pays et lĂ on est de nouveau sur une tuerie de masse. Tout le monde est sous le coup de lâĂ©motion. Ă ce moment-lĂ , la rĂšgle du mort kilomĂštre sâe ace, on est dans lâĂ©motion partagĂ©e dâune patrie meurtrie. Nous ne sommes plus un journal rĂ©gional. Il y a un rassemblement rĂ©publicain sur la Place Ducale. Je vois cette jeune lle sur les Ă©paules dâun jeune homme et quand je prends la photo, câest magie de lâinstant : le drapeau otte parfaitement, les regards sont alignĂ©s. Au moment de choisir la une, ce nâĂ©tait pas simple bien sĂ»r comme Ă chaque fois. Il y avait plein de photos mais on a choisi celle-lĂ parce quâil y a la jeunesse qui se mobilise ce qui nâest pas tout le temps le cas, on avait lâordre rĂ©publicain, la nation qui se retrouve sous ce mĂȘme drapeau bleu blanc rouge et bien sĂ»r, les Ă©lĂ©ments de dĂ©cors qui permettaient de deviner quâon se trouvait sur la Place Ducale. »
25 novembre 2018
Des milliers de gilets jaunes dans les rues

Thomas Manciaux, gilet jaune Ă Charleville-MĂ©ziĂšres : «Jâavais pris ma voiture pour aller manifester devant Carrefour, mais on Ă©tait tellement nombreux sur la route que ça a créé un bouchon sur lâautoroute, au niveau de la bretelle dâaccĂšs Ă Prix-lĂšs-MĂ©ziĂšres. Je ne mâattendais pas Ă autant de monde. En partant ce jour-lĂ , jâavais dit Ă ma femme que je reviendrais sâil nây avait pas beaucoup de monde⊠Et bien, je ne suis pas rentrĂ© tĂŽt. On Ă©tait divisĂ©s en plusieurs groupes pour manifester dans di Ă©rents endroits. Mais ce nâĂ©tait pas quelque chose dâorganisĂ© en avance. Ăa sâest fait vraiment de maniĂšre spontanĂ©e, sur le moment venu. Le groupe de gilets jaunes quâon voit sur la Une, ce sont ceux qui ont bloquĂ© Ă pied, sĂ»rement Ă lâentrĂ©e de la rocade, Avenue Charles de Gaulle. Je pense quâon Ă©tait au moins 10 000 Ă se mobiliser. CâĂ©tait un truc de fou. Jâai fait plusieurs manifestations, contre le CPE, contre la rĂ©forme des retraites⊠Mais les gilets jaunes, câest ce qui mâa le plus marquĂ©.»
18 mars 2020
Tous confinés

Jean-Marc Stevenin, gĂ©rant OâTemple Bar : «Cette image, ça me fait vraiment penser aux lms apocalyptiques quand il nây a plus personne sur Terre. Il nây a mĂȘme pas un chien qui se balade, ni mĂȘme un pigeon. On dirait quâune bombe atomique vient de tomber sur la ville. Ce qui mâa le plus marquĂ© pendant le con nement, câest que jâai vraiment perdu tous mes repĂšres. Je viens dâune famille de commerçants, jâai toujours eu lâhabitude de travailler les jours fĂ©riĂ©s et les week-ends. Je ne me rappelle mĂȘme pas de la derniĂšre fois oĂč jâai Ă©tĂ© en repos un premier mai. Alors lĂ , avec le con nement, jâĂ©tais complĂštement perdu dans mon espace-temps. Pour mon bar, je nâai pas eu trop dâinquiĂ©tude, lâĂtat nous a bien aidĂ©s. Puis je nâai pas complĂštement arrĂȘtĂ© mon activitĂ©. Je vendais des boissons Ă domicile, ça me permettait aussi de garder du lien social avec les clients.»
14 septembre 2023
ChĂąteau de Sedan monument prĂ©fĂ©rĂ© des Françaisïżœ

Melaine Du Merle, directeur du chĂąteau fort de Sedan : « Je le savais avant la parution du journal bien sĂ»r, car il y avait eu le tournage de StĂ©phane Bern deux semaines plus tĂŽt. On devait garder le secret, tous les employĂ©s avaient signĂ© des documents pour ne pas rĂ©vĂ©ler le rĂ©sultat. Mais mĂȘme si je savais, jâĂ©tais trĂšs stressĂ© le jour de la di usion. Je me disais « et si ce nâĂ©tait pas vrai ». Parce quâencore aujourdâhui, on nây croit pas vraiment, câest tellement incroyable. DĂ©sormais, le ChĂąteau de Sedan peut prĂ©tendre Ă une visibilitĂ© nationale et au-delĂ . Câest assez incroyable au sens propre. DĂšs quâon lâa su Ă Sedan ça a Ă©tĂ© beaucoup de messages, de sollicitations des journalistes. Et sâil y a bien une Une qui Ă©tait mĂ©ritĂ©e câĂ©tait bien celle-lĂ Â ! On a rendu tout un territoire et une population ers. Le jour de la di usion, des voitures ont klaxonnĂ©, on aurait dit un match de foot. CâĂ©tait un Ă©vĂ©nement tellement important quâil faudra encore quelques annĂ©es pour lâoublier».


âArdennais, du
« Chùteau » au Buffet de la gare
LâArdennais a toujours eu son siĂšge cours Briand Ă Charleville-MĂ©ziĂšres, de sa fondation en 1944 jusquâen juillet 2024 date dâun nouveau dĂ©part Ă la gare.
Vous connaissez sans doute ce bĂątiment que lâon appelle le ChĂąteau Ă Charleville-MĂ©ziĂšres. RachetĂ© en 2023 au DĂ©partement par un notaire, son histoire a surtout Ă©tĂ© marquĂ©e par son appartenance en premier lieu au Petit Ardennais, et au journal LâArdennais, dĂšs 1944, quand notre quotidien a vu le jour. DĂšs le 19 juin 1885, la rĂ©daction, lâadministration et les annonces siĂšgent au 36, Cours dâOrlĂ©ans. CâĂ©tait autrefois, le nom donnĂ© aux « AllĂ©es », ce cours dâOrlĂ©ans, qui deviendra le cours Briand.
Ce « 36 », le chĂąteau donc, câest lâhĂ©ritage quâa reçu LâArdennais, dont le premier numĂ©ro est paru le 11 septembre 1944 avec lâautorisation du comitĂ© dĂ©partemental de la LibĂ©ration. Le journal est alors prĂ©sidĂ© par Pierre Teinturier, issu de la prĂ©fectorale. Il est aussi animĂ© par quatre journalistes. Le chĂąteau, ancien hĂŽtel particulier de la famille Corneau, traversera le temps mĂȘme si, pendant la guerre, les ateliers du Petit Ardennais nâont pas Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©s. Le nouveau quotidien dĂ©partemental des Ardennais, y aura son siĂšge jusquâavant les annĂ©es 2000. Il a vu passer des gĂ©nĂ©rations de journalistes, et des rĂ©dacteurs en chef, dont les noms rĂ©sonnent encore aux oreilles ardennaises, comme AndrĂ© Viot, Pol Chaumette,

Alain Ganassi, Pierre Delohen ou le dernier avant le rachat par le Groupe Hersant en 1992, Pascal Arnaud.
« Quand je suis rentrĂ© Ă LâArdennais, en 1968, jâavais 23 ans, le siĂšge Ă©tait dĂ©jĂ cours Briand, il a toujours Ă©tĂ© là  », tĂ©moigne Jacques Bon ls, journaliste en retraite auteur des Unes du journal de 1968 Ă 1992, et n connaisseur de la vie politique dĂ©partementale.
En 1992, le journal LâUnion concurrent appartenant au groupe Hersant, fait entrer dans son giron LâArdennais. Le 36 cours Briand sera vendu en 1997, au DĂ©partement.
Lâimprimerie dâoĂč Ă©manaient les odeurs dâencre fraĂźche, a elle aussi, Ă©tĂ© vendue.
Le siĂšge est alors rapatriĂ© au 38 cours Briand oĂč se retrouvent tous les services, des sports Ă la locale Charleville, en passant par les ventes et la publicitĂ©.
Des locaux modernes Ă la gare
Le 17 juillet 2024 marque une Ă©tape importante dans la vie de notre journal : LâArdennais quitte le Cours Briand. Direction la gare de Charleville et lâancien Bu et de la gare. Ce dĂ©mĂ©nagement rĂ©pond Ă un besoin impĂ©rieux dâespace et de modernitĂ©. Notre journal occupe Ă prĂ©sent tout le rez de chaussĂ©e de lâaile droite de la gare. Des locaux entiĂšrement rĂ©novĂ©s, fonctionnels oĂč journalistes et commerciales disposent de salles de rĂ©unions et de matĂ©riels derniĂšre gĂ©nĂ©ration, dâun studio vidĂ©o et dâun auditorium.
Nos nouveaux locaux ont en e et Ă©tĂ© pensĂ©s pour ĂȘtre ouverts sur la ville et pour accueillir des Ă©vĂ©nements tels que des tables-rondes ou des rencontres avec nos abonnĂ©s et nos lecteurs.
Plus que jamais, LâArdennais veut sâouvrir aux Ardennes et ĂȘtre un acteur majeur du territoire.
Les téléscripteurs crépitaient au 36, cours Briand, pendant les années 70 et 80.

âČ Le ChĂąteau Ă©tait dĂ©jĂ en place dans les annĂ©es 1885, quand le cours Briand sâappelait encore Cours dâOrlĂ©ans. - Photo Collection Jacques BonïŹls
Par Virginie Kiefer
Lâimprimerie faisait partie du siĂšge, Ă lâarriĂšre de la cour du ChĂąteau.
Photo Collection Jacques BonïŹls
âČ Les nouveaux locaux du journal LâArdennais, accolĂ©s Ă la gare de Charleville-MĂ©ziĂšres - Photo Karen Kubena LâArdennais


















































































