Votre supplément
Samedi 3 octobre 2026
CAHIER SPÉCIAL
AIDANTS, IL EST
TEMPS DE SOUFFLER Près de dix millions de personnes en France aident un proche malade, en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Notre journal, en partenariat avec le Département de l’Aube, l’ADMR et Le Relais du bien-être, s’engage à les soutenir. Le temps fort ? Une table ronde, mardi 6 octobre, dans les locaux de L’Est éclair.
II
CAHIER SPÉCIAL
Samedi 3 octobre 2026
L’éditorial Aider ne doit pas signifier s’oublier Être aidant commence parfois simplement par un geste du quotidien, une présence, une attention portée à un proche fragilisé par l’âge, la maladie ou le handicap. Puis, peu à peu, cet engagement prend de l’ampleur, jusqu’à devenir une part essentielle de la vie de celles et ceux qui accompagnent. Dans l’Aube comme ailleurs, ces femmes et ces hommes sont nombreux. Ils agissent souvent dans l’ombre, sans toujours se reconnaître comme aidants, alors même qu’ils jouent un rôle fondamental pour leurs proches et, plus largement, pour l’équilibre de notre vie en société. Leur engagement est précieux. Il mérite d’être reconnu, soutenu et accompagné. Aider ne doit pas signifier s’oublier. La fatigue, l’isolement ou la difficulté à concilier vie personnelle, professionnelle et rôle d’aidant sont des réalités bien concrètes. C’est pourquoi il est essentiel de mieux faire connaître les solutions existantes, d’en renforcer l’accessibilité et de permettre à chacun de trouver, au bon moment, les relais nécessaires.
Dans l’Aube, de nombreux acteurs sont mobilisés au quotidien pour accompagner les aidants : services d’aide à domicile, structures de répit, professionnels de santé, associations, collectivités… Cette diversité de réponses est une richesse. Elle permet d’apporter des solutions adaptées à chaque situation, au plus près des besoins et des territoires, en milieu urbain comme rural. Chef de file des solidarités, le Département de l’Aube agit en faveur de l’autonomie des personnes et du soutien à leurs proches, en lien étroit avec l’ensemble de ces partenaires. Cette action s’inscrit dans une démarche collective, fondée sur la complémentarité des compétences et la coordination des interventions, afin d’apporter des réponses concrètes, lisibles et accessibles. Aux côtés du Département, l’ADMR et le Relais du bien-être, comme d’autres structures engagées sur le territoire, contribuent activement à cet accompagnement, en proposant des aides, des services de proximité et des solutions de répit essentielles. Prendre soin de celles et ceux qui aident, c’est aussi prendre soin de celles et ceux qui sont aidés. C’est, collectivement, faire le choix d’une société plus attentive, plus solidaire et plus humaine. À travers ce supplément et la table ronde organisée le 6 octobre, notre objectif est simple : mieux informer, mieux orienter et, surtout, rappeler à chaque aidant qu’il n’est pas seul.
Votre journal s’engage pour
les aidants sur le temps long
L’Est éclair et Libération Champagne ont décidé de s’engager aux côtés des aidants, avec l’ADMR, le Relais du bien-être et le Département, en publiant chaque mois un sujet qui leur est consacré depuis le mois de juin. Ce mardi 6 octobre à 19 h, nous organisons en outre une table ronde dans nos locaux, à la Bourse du travail à Troyes, pour évoquer soutiens et solutions. Un temps fort en direction du grand public qui s’accompagne, en ce samedi, d’un supplément de 8 pages afin d’aider les aidants dans leurs démarches. Les enjeux dans notre département et plus largement dans notre pays sont considérables. Un Français sur sept est concerné par cette thématique. Parmi les près de dix millions de proches aidants, la moitié est toujours en activité professionnelle. 500 000 aidants sont même mineurs. Conjoints, enfants, parents ou amis : chaque jour, ils accompagnent une personne âgée, malade ou en situation de handicap, sans toujours se reconnaître comme aidants. L’objet de toutes les actions menées par notre quotidien est de les accompagner et les aiguiller dans leur parcours et leur faire prendre conscience qu’il faut prendre du temps pour soi pour mieux accompagner. Une démarche pleine de sens dans le monde d’aujourd’hui.
CONFÉRENCE DÉBAT AIDER UN PROCHE sans s’oublier
Journal L’Est éclair - 1, rue de la Vicomté - Troyes
Conférence organisée par
En partenariat avec
Inscription ici ou
03 25 71 75 75
CAHIER SPÉCIAL
Samedi 3 octobre 2026
III
N’attendez pas qu’il soit trop tard... 1
Je n’arrive plus à faire face
Je peux m’absenter (quelques jours, quelques heures...) Je peux voir mes amis et ma famille
Je suis épuisé(e) psychologiquement et physiquement
1 Je n’ai plus de vie sociale J’ai absolument besoin d’aide
Je n’ose plus laisser l’autre seul(e)
ME PROTÉGER ET DEMANDER DE L’AIDE !
AVOIR ENCORE DU TEMPS POUR MOI
Je me mets en danger quand....
Je sais que l’autre peut être autonome par moments
Aider l’autre n’est pas vraiment une contrainte puisque...
3 Je ne peux plus prendre soin de moi
Je peux faire des activités en dehors de chez moi
Je peux partager des activités avec la personne aidée
2
3
J’aide l’autre mais cela devient une réelle contrainte pour moi
2
Je me sens débordé(e)
ÊTRE VIGILANT !
Je me sens fatigué(e) et angoissé(e)
J’hésite à faire des activités en dehors de chez moi
Il y a des risques pour ma santé physique et morale quand...
Je dois adapter mon emploi du temps (travail, loisir...)
Renseignez-vous sur les dispositifs de répit existants !
J’hésite à inviter des gens chez moi...
Je me sens coupable quand je ne suis pas auprès de la personne aidée
Je m’inquiète lorsque je ne suis pas là Je sais que quitter la maison présente un risque
Une question
Que faire si votre proche n’a pas conscience de ses troubles ? En consultant l’aidantomètre ci-dessus, vous pourriez vous reconnaître à un stade déjà avancé dans le statut d’aidant. Parfois, dans le cas de maladies cognitives, une autre question se pose : que faire si la personne que j’aide refuse d’admettre qu’elle est dépendante ? Un trouble qui porte un nom : l’anosognosie.
La clé : anticiper
D’abord, il faut toujours évoquer la question avec bienveillance avec votre proche, car les relations peuvent devenir toxiques à mesure que la frustration monte. L’anticipation est la clé : poser un diagnostic et évaluer une situation précocement permet une meilleure prise en charge, de l’aidant et de l’aidé.
Il est conseillé d’en parler le plus tôt possible avec votre interlocuteur de premier niveau (médecin généraliste, infirmière libérale), qui pourra vous conseiller et vous orienter vers le centre hospitalier de Troyes pour une consultation mémoire, vers une unité autonomie de la Maison des solidarités la plus proche de chez vous, ou vers des associations de
prises en charge pour les aidants et les aidés, selon le type de pathologie. Prendre du temps pour soi
Dans notre « Rendez-vous des aidants » du mois de septembre, le Dr Michèle Collart, gériatre aux Hôpitaux Champagne Sud, conseillait aux personnes qui aident un proche au quotidien de « prendre du temps pour
elles ». « Elles en ont besoin. Il faut dire aux aidants que plus longtemps ils sont en forme, plus longtemps ils peuvent garder leur proche à la maison. » Pour y parvenir, des solutions très concrètes peuvent être proposées : plateforme de répit, accueil de jour, hébergement temporaire ou séjours de répit pour les aidants.
IV
CAHIER SPÉCIAL
Samedi 3 octobre 2026
Des dispositifs
pour les salariés
Le congé de proche aidant, une allocation journalière prévue sous condition
Près de 10 millions de personnes en France s’occupent d’un proche de façon régulière. Illustration
Près de dix millions de
proches aidants en France, dont la moitié travaille
Ce sont des statistiques révélatrices des enjeux : un Français sur sept aide un proche de façon régulière, soit près de dix millions de personnes. La moitié d’entre elles sont toujours en activité professionnelle.
L
e (mardi) 6 octobre ne doit pas seulement être une journée de remerciement. Il doit permettre de rendre visibles les aidants, de les écouter et de transformer leurs réalités en protections et en politiques publiques concrètes » : c’est le message que souhaite affirmer le Syndicat national des aidants, à l’occasion de la Journée qui leur est consacrée. 4,5 millions de salariés aident un proche au quotidien
Au niveau du pays, les chiffres sont révélateurs des enjeux. On recense en France environ 9,3 millions de proches aidants. Selon les données de France Travail et de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, 4,5 millions de salariés aident un proche âgé ou en situation de handicap en parallèle de leur métier. Cela concerne donc des enfants, des parents, des frères, des sœurs, des voisins, et même des adolescents. 500 000 proches aidants sont mineurs, ce qui reflète les situations difficiles engendrées par la perte d’autonomie. Des difficultés se posent. D’abord celle que les aidants ne se reconnaissent pas toujours comme aidants. « C’est normal, c’est mon père, c’est ma mère… », disent-ils.
9 300 000 On rencense en France
9,3 millions de proches aidants, dont 500 000 ont moins de 18 ans. Des statistiques révélatrices des enjeux au niveau national
Certains anticipent, d’autres n’en ont pas conscience. Mais petit à petit, l’aide qui était mensuelle devient hebdomadaire puis quotidienne. Les relations peuvent devenir toxiques. Un proche peut aussi devenir dépendant du jour au lendemain et les aidants sont pris dans une tempête en termes d’organisation, de démarches administratives à gérer et d’émotions. Des dispositifs à faire connaître
Mieux prévenir le fardeau excessif et les ruptures de parcours est devenu la priorité de nombreuses associations, structures associées ou acteurs privés. L’État a pris des mesures législatives pour favoriser la suppléance à domicile et les séjours de répit aidant-aidé. Le relayage est revenu au premier plan. Des dispositifs pour venir en aide à un proche existent bien dans notre département, avec des acteurs dif-
férents. Ce supplément est donc une occasion de faire connaissance avec les dispositifs existants, les droits dont vous pouvez disposez, les solutions proposées pour vous faciliter la vie et des témoignages pour vous faire prendre conscience que vous n’êtes pas seuls. ●
Dans les aidants
les plus impactés, 67 % sont
des femmes
Les aidants apportant 34 heures ou plus d’aide par semaine (482 000 aidants en France) à un proche sont à 67 % des femmes. « Les aidants de ce groupe appartiennent au cercle familial proche : ce sont principalement des conjoints (35 %), des parents (30 %) et des enfants (25 %), les conjoints et parents étant surreprésentés dans ce groupe par rapport à la moyenne des aidants », soulève également un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques concernant les aidants.
Le congé de proche aidant permet de suspendre temporairement son activité professionnelle pour s’occuper d’un proche malade, en situation de handicap ou en perte d’autonomie. Il peut s’agir de la personne avec qui le salarié vit en couple ; son ascendant, son descendant, l'enfant ou son collatéral jusqu'au 4e degré (frère, sœur, tante, oncle, cousin germain, neveu, nièce...), de même si cela concerne la famille de son conjoint. La personne aidée doit résider en France.
Attention : votre employeur ne vous verse pas de salaire pendant ce congé. Il faut vérifier que vous puissiez bénéficier de l’AJPA (aide journalière pour le proche aidant). Pour le savoir, il faut se rapprocher de la CAF ou de la MSA. La durée maximale est fixée par la convention collective, l’accord collectif d'entreprise ou l’accord de branche étendu. En l'absence de telles dispositions, la durée maximale du congé est de trois mois consécutifs. Elle est limitée à un an sur la carrière.
Le congé de solidarité familiale, pour s’occuper d’un proche en fin de vie
Le congé de solidarité familiale s’adresse aux personnes accompagnant un proche en fin de vie et permet d’interrompre ou d’aménager son activité professionnelle. Les proches pouvant être aidés sont les ascendants (parents, grands-parents, arrièregrands-parents...), descendants (enfants, petits-enfants...), les frères et sœurs, les personnes partageant le même domicile que le salarié ou désignées comme « personnes de confiance ». Ce congé est d’une durée de trois
mois, renouvelables une fois, à temps plein ou partiel. Votre entreprise ne vous verse pas de salaire pendant ce congé. Il est possible de bénéficier de l’allocation journalière pour proche aidant (AJPA), versée sous conditions. Bon à savoir : votre employeur ne peut pas refuser ce congé si les conditions sont remplies, quelle que soit votre ancienneté dans l’entreprise. Il faut en revanche le prévenir quinze jours à l’avance de votre souhait de poser ce congé.
L’assurance vieillesse et d’autres types de
compensation sont prévues Les aidants qui accompagnent un proche au quotidien, une personne âgée ou en situation de handicap peuvent bénéficier de trimestres pour leur retraite, à condition de pouvoir prouver l’intensité de l’aide et la situation de l’aidé. Les ressources du foyer n’entrent pas en compte dans les conditions de l’attribution de cette assurance vieillesse. Depuis le 1er septembre 2023, le droit à cette assurance vieillesse s’est étendu au-delà du
cercle familial, sans condition liée à un domicile commun entre l’aidant et l’aidé. Si vous aidez un proche en situation de handicap, la Prestation de compensation du handicap (PCH) peut prévoir un dédommagement. Les dossiers sont étudiés pour éviter les abus. La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) évalue les besoins et fixe le nombre d’heures et le montant de l’aide.
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V
J’ai besoin d’être écouté ou
de monter un dossier, que faire ? Il existe de nombreuses structures (associations, institutions, acteurs privés) traitant des questions de l’autonomie et du handicap. Par qui dois-je passer dans le département pour être aidé, formé ou simplement monter un dossier ? On vous oriente. 1. Être écouté et orienté
Vous ou un de vos proches vous retrouvez dans la difficulté ? Vous anticipez une perte d’autonomie à venir ? N’hésitez pas à en parler le plus tôt possible, par au premier cercle de vos contacts médicaux habituels : médecin généraliste, infirmière libérale, aide-soignante. Les centres communaux d’action sociale (CCAS) sont aussi d’une précieuse aide pour l’orientation, les informations sur les dispositifs existants et le contact au plus près des bénéficiaires. Les services autonomie à domicile (SAD) peuvent également repérer des situations de fatigue et peuvent soulager les aidants dans les actes du quotidien. 2. Monter un dossier
Accompagner votre proche âge dans la recherche d’un nouveau lieu de vie (Ehpad, résidences seniors, accueil familial), trouver des solutions de soutien à domicile, se renseigner sur l’éligibilité d’une prise en charge. Les unités autonomie des Maisons des solidarités sont là pour vous orienter sur toutes ces questions. Elles sont notamment chargées de l’évaluation et de l’élaboration d’un plan d’aide et du suivi des bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), de la Prestation de compensation du handicap (PCH) et de l’aide-ménagère « personne âgée et personne en situation de handicap ». La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est l’organisme chargé de l’accès aux droits pour les personnes en situation de handicap. Elle intervient indirectement auprès des aidants pour évaluer les besoins de
Source : Département de l’Aube
la personne aidée et ouvrir l’accès aux aides. Elle est basée à Troyes et, hors agglomération, dans chacune des Maisons des solidarités. 3. Souffler et être formé
Vous avez besoin de souffler en
tant qu’aidant, car vous ne savez plus faire face ? Contacter une plateforme de répit est un bon réflexe. Selon l’âge de la personne aidée et votre lieu de résidence, les structures sont différentes dans le département (vous trouverez plus
de détails en page suivante). Associations ou structures privées proposent également des ateliers ou conférences pour apprendre les bons gestes à adopter en tant qu’aidant. France Alzheimer distille par exemple une for-
mation aux personnes prenant soin d’une personne souffrant d’une maladie d’Alzheimer ou apparentée. La formation se décompose en cinq à six séances de deux à trois heures lors desquelles sont abordés des thèmes concrets.
Aides financières, prises en charge : les aidants peuvent
être accompagnés selon leurs besoins et sous conditions L’allocation journalière du proche aidant (AJPA) C’est une allocation permettant au proche aidant d’une personne en situation de handicap ou de perte d’autonomie de réduire ou cesser son activité professionnelle pour aider cette personne, dans le cadre d’un congé de proche aidant. L’AJPA est versée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA). Elle est attribuée dans la limite de 66 jours par proche accompagné (limite de quatre proches accompagnés pendant une carrière). La personne ai-
dée doit être reconnue handicapée à plus de 80 % ou être en perte d’autonomie (groupe iso-ressource entre 1 et 4). Le don de jours entre collègues L’entraide entre collègues peut être une solution pour faire face à une situation d’urgence. Le don de jours de repos à un collègue lui permet d’être rémunéré pendant qu’il s’occupe de son proche en perte d’autonomie, ce qui peut être une solution si le salarié n’est pas éligible à l’allocation journalière du proche aidant.
L’aide au répit dans le cadre de l’allocation personnalisée d’autonomie Les proches aidants de personnes âgées bénéficiant de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) peuvent se voir octroyer du temps pour se reposer et obtenir des contreparties financières pour un accueil de jour de la personne aidée, un hébergement temporaire ou un relais à domicile. Le plan d’aides de l’APA peut être majoré pour le proche aidant dit « indispensable » ayant besoin de répit complémentaire.
L’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie C’est un allocation permettant au proche aidant de suspendre ou de réduire son activité professionnelle, avec un congé de solidarité familiale, pendant lequel le salarie n’est pas versé par l’employer. Des aides fiscales Le proche aidant peut bénéficier d’aides fiscales s’il héberge durablement leur proche âgé chez lui ou s’il participe à ses frais d’hébergement en Ehpad.
La rémunération pour l’aide apportée à son proche Possibilité de salarier un proche aidant en emploi direct pour l’aide apportée dans les actes essentiels du quotidien Auprès de votre mutuelle ou retraite complémentaire Les mutuelles et caisses de retraite (de base ou complémentaire) peuvent proposer des services ou des soutiens financiers aux aidants. N’hésitez pas à vous renseigner directement auprès d’elles.
VI
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Samedi 3 octobre 2026
Souffler trois heures, une journée,
une semaine : des solutions existent Via les plateformes de répit, les personnes qui aident un proche et ont besoin de temps pour aller chez le coiffeur, faire des courses ou partir en vacances peuvent trouver une issue favorable. Du relayage à domicile aux séjours de répit, voici une liste non exhaustive de ce qui existe dans l’Aube.
P
rendre soin de soi lorsque l’on prend soi de quelqu’un d’autre ne va pas toujours de soi. Pourtant, un aidant doit rester en forme pour pouvoir s’acquitter de ses tâches au quotidien. C’est la raison pour laquelle des dispositifs existent, notamment par le biais des plateformes de répit. Dans le département, la plateforme de répit de l’ADMR centralise les demandes pour les aidants de moins de 60 ans dans tout le département. Pour les aidants de 60 ans et plus, trois établissements se répartissent la tâche : la plateforme de l’Ehpad de la Roseraie (Bréviandes) pour l’agglomération troyenne, la plateforme de l’Ehpad Louis-Pasteur de Nogentsur-Seine pour les secteurs du Nogentais et de Romilly-sur-Seine, et la plateforme de l’ADMR pour le reste du département.
BESOIN DE SOUFFLER QUELQUES HEURES ?
• Le relayage ou suppléance à do-
micile (relayage) est un moyen d’offrir du temps aux aidants pour des choses toutes simples : aller faire des courses, prendre un rendez-vous médical, ou tout simplement souffler. Des professionnels prennent le relais des aidants directement à leur domicile. Les organismes peuvent appliquer des tarifs abordables • Le Café des aidants ou initiatives similaires : le Café des aidants n’est pas seulement un groupe de paroles. « C’est un moment convivial avec de la bienveillance, de l’écoute et aucun jugement. Les gens ont une totale liberté, ils peuvent essayer sans engagement, on ne les
L’équipe de la plateforme de répit de l’ADMR est un bon point d’appui pour trouver des solutions adaptées à ses besoins. Archives mai 2026
oblige à rien. Ce n’est pas un dispositif infantilisant », soulignait Capucine, psychologue à l’ADMR, en août dernier. Les cafés ont lieu un peu partout dans le département. L’Unafam à La Chapelle-Saint-Luc propose également des groupes de parole destinés aux aidants une fois par mois.
BESOIN DE SOUFFLER UNE JOURNÉE ?
• L’accueil de jour s’adresse notamment aux personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou maladies apparentées ou en perte d’autonomie physique. La majorité des accueils de jour dans
notre département est géré par des Ehpad. Le coût du service d’accueil de jour peut être pris en charge en partie dans le cadre de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).
Focus sur...
Aider sans se faire mal : des formations existent, un exemple à Sainte-Savine avec le Groupement Aube Parkinson Sept heures de formation sur une journée : c’est l’initiative proposée récemment à Sainte-Savine, sous le nom « Aider sans se cabosser », aux aidants de personnes atteintes par la maladie de Parkinson. Cathy Capou et Thierry Ménerat, de l’Union nationale des associations de secouristes et sauveteurs (Unass), ont animé cette journée qui a pour principal objet d’offrir des conseils pratiques aux personnes s’occupant d’un proche,
dans leurs gestes du quotidien, et l’apprentissage des gestes qui sauvent. Aider sans se faire mal
Les participants ont également appris des techniques et astuces pour intervenir sans se faire mal. Les postures à adopter. Les outils à utiliser pour se faciliter la vie quotidienne. Des conseils pragmatiques pour éviter douleurs et fatigue malgré les efforts.
Car être aidant signifie souvent accompagner, rassurer, organiser et parfois aider physiquement son proche. Une charge qui peut devenir lourde lorsqu’elle s’installe dans la durée. Fatigue, charge mentale et isolement peuvent progressivement fragiliser celui qui aide. La formation a ainsi rappelé un principe essentiel : « Pour pouvoir accompagner dans la durée, il faut aussi prendre soin de soi. Savoir deman-
der de l’aide, connaître ses limites, passer le relais et adopter les bons gestes sont autant de réflexes qui permettent de préserver sa santé », indiquent les formateurs. Une seconde session aura lieu le jeudi 15 octobre. Les personnes intéressées peuvent se rapprocher de la présidente du Groupement Aube Parkinson. ● Contact : Odile Finet, Groupement Aube Parkinson, Tél. 06 62 09 45 95.
BESOIN DE SOUFFLER PLUSIEURS JOURS ?
• L’hébergement
temporaire s’adresse aux personnes âgées vivant à domicile. Il est proposé en Ehpad dans notre département lorsque l’aidant est malade, indisponible ou souhaite partir en vacances ou en séjour de répit. • Les séjours de répit permettent ainsi aux aidants de souffler dans un cadre agréable, souvent coupés du monde, pour reprendre de l’énergie et s’occuper de son proche le plus longtemps possible. Le Relais du bien-être est un acteur indispensable dans notre département pour ce type de séjour. Les aidants sont accueillis au château de Montabert à Montaulin et profite d’activités pour s’évader.
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VII
Un plan B en cas de pépin : que
faire lorsque l’aidant n’est plus là ? Que se passe-t-il lorsque les personnes seules qui s’occupent d’un proche au quotidien ne sont plus disponibles ? Des solutions existent, à condition d’avoir anticipé. Un conseil
U
que donnent tous les médecins et professionnels médico-sociaux.
n accident, une maladie ou une hospitalisation peut survenir à tout moment. Pour éviter que la prise en charge d’un proche ne soit interrompue, il est essentiel de préparer un plan B. Notamment lorsque les aidants sont seuls, ce qui est souvent le cas à la campagne. « En ruralité, c’est compliqué », admet Isabelle Blin, fondatrice des Petites Herbes, association de soutien aux patients et aidants active dans le pays d’Othe qu’elle a désormais confiée à d’autres. « Les enfants sont partis loin, les gens peuvent se sentir seuls même en étant très entourés, car ils ont besoin d’une vraie aide, minute par minute », constate celle qui est aujourd’hui présidente de l’association de santé du territoire. Toujours anticiper
Avec les problématiques liées à la perte d’autonomie, en raison de l’âge ou d’un handicap, médecins et personnel médico-social recommandent toujours d’anticiper chaque démarche. « 50 % des patients ou aidants viennent en prévention, les autres 50 % n’en peuvent déjà plus quand ils consultent », souligne le Dr Michèle Collart, gériatre au centre hospitalier de Troyes. Dans ce cas, il faut partir sur des aspects concrets : les plates-formes de répit, l’accueil de jour et les aides qui peuvent exister. L’aspect financier est un vrai sujet. » Dans le cas où un aidant est à bout, et si son proche perçoit l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), la loi prévoit un
Les aidants sont souvent seuls à s’occuper d’un proche, notamment à la campagne. Illustration
dispositif appelé le « droit au répit ». Cette aide prévoit une allocation majorée pour financer une solution de relais. Cela peut se traduire par un hébergement temporaire ou une augmentation des heures d’aide à domicile le temps d’un séjour à l’hôpital ou
dans une structure de répit de l’aidant. D’un point de vue pratico-pratique, il est recommandé de préparer un document énumérant toutes les informations utiles concernant le patient : la personne de confiance à prévenir (coordonnées complètes), les
contacts médicaux ou des services d’aide à domicile, les traitements médicaux ou allergies connues, les habitudes d’autonomie, etc. Avoir un plan B est primordial pour laisser du temps aux aidants de prendre soin d’eux. « Il faut insister sur le fait que s’ils sont en
forme en acceptant d’être aidés, les aidants peuvent garder leur proche le plus longtemps possible à la maison. Des solutions concrètent existent : le relayage, l’accueil de jour, et l’hébergement temporaire pour partir une semaine en vacances », conclut le Dr Collart. ●
Romilly-sur-Seine - Nogent-sur-Seine - Méry-sur-Seine et environs
Familles rurales expérimente
avec succès la mobilité solidaire
Les 27 conducteurs bénévoles ont accompli plus de 1 500 trajets grâce au dispositif Mobilité solidaire de Familles rurales, dans le nord-ouest aubois. Illustration
C’est un dispositif innovant lancé par Familles rurales il y a bientôt deux ans. L’association expérimente la « mobilité solidaire » avec l’aide de trois communautés de communes : les Portes de Romilly-sur-Seine, le Nogentais et Seine et Aube (Mérysur-Seine et environs). L’objectif ? Rapprocher conducteur bénévole et personnes nécessitant d’être véhiculées, par exemple pour des rendez-vous médicaux. Si vous êtes dans l’un des deux cas, il suffit de contacter la permanence de l’association pour être renseigné et
orienté. Viviane, habitante de Fontaine-les-Grès, racontait à notre journal, au moment du lancement du projet, en décembre 2024, « avoir découvert le dispositif lors d’une réunion du Secours catholique. J’ai tout de suite été séduite par l’idée car je n’ai pas de permis et il est parfois compliqué de me rendre à des rendez-vous médicaux par exemple. Ma fille n’est pas toujours disponible. » L’initiative mérite d’être connue, car l’objectif de Familles rurales est de pérenniser le dispositif dans notre département, lui qui connaît un beau
succès dans la Marne. Dans l’Aube, plus de 1 500 trajets (près de 70 000 km) ont été effectués pour 295 bénéficiaires, ce grâce à 27 conducteurs bénévoles. Sur quels secteurs ? Communes des Portes de Romilly-sur-Seine, du Nogentais et de la communauté de communes Seine et Aube. Comment ça marche ? Vous contactez la permanence au 06 84 20 15 11, du lundi au vendredi de 9 h à 12 h. Familles rurales vérifie votre situation et constitue votre dossier d’inscription.
VIII Samedi 3 octobre 2026
CAHIER SPÉCIAL
Aidantes du jour au lendemain, ces super-héros du quotidien Ghislaine Pichon et Nathalie Rajaona racontent comment elles ont accompagné leurs parents atteints par la maladie d’Alzheimer. Elles relatent comment la vie bascule en un rien de temps. Ce qui demande, plus qu’une adaptation au quotidien, une vraie force mentale.
Ghislaine Pichon, 57 ans, Morvilliers
Nathalie Rajaona, 63 ans, Saint-Julien-les-Villas
« Je me levais à 3 h du matin,
« Le temps que tu réagisses,
puis j’enchaînais avec ma mère, je menais une vie de dingue »
« Je vivais dans la même maison que ma mère depuis vingt ans, elle au rez-dechaussée, moi au premier étage. Un jour d’octobre 2021, elle m’a prévenue à 16 h qu’elle partait soigner les chevaux. Je m’inquiétais de ne pas la voir revenir. À 21 h, les gendarmes m’ont appelée pour me dire qu’elle avait failli prendre la rocade en sens inverse à Lavau avec sa voiture sans permis (elle vit dans un village à côté de Briennele-Château). Elle avait fait un accident ischémique transitoire (AIT, que l’on appelle aussi « mini-AVC », NDLR). J’aurais aimé avoir un peu d’air, pouvoir respirer
C’est à partir de là que je me suis occupée de ma mère, très vite matin, midi et soir. J’étais boulangère, ça me faisait mener une vie de dingue. Je me levais à 3h du matin, puis j’enchaînais sur le quotidien avec ma mère. Elle ne voulait pas que quelqu’un d’autre vienne l’aider. Elle s’était occupée de ma grand-mère pendant quinze ans, qui avait aussi la maladie d’Alzheimer. C’était comme cela. Je ne lui en voulais pas. Je savais que c’était la maladie. Mais il y a des jours, j’aurais ai-
mé avoir un peu d’air, pouvoir respirer. J’étais complètement seule, on ne sait pas toujours faire, ce n’est pas notre métier. Les crises devenaient ingérables. Je n’avais rien demandé, et un jour, j’ai reçu un appel du CCAS d’Arcis, qui m’a proposé des activités, mais ma mère ne voulait pas aller avec les autres. Ils nous ont proposé une séance de médiation animale à domicile, avant d’essayer les séances collectives. Cela ne s’est pas très bien passée, j’ai dû aller la chercher. Une fois, les filles du CCAS sont venues à la maison avec une assistante sociale pour mesurer le degré de la maladie de ma mère. Je me suis mise en colère, elles ont vu que j’étais complètement à bout. Elles m’ont proposé un séjour avec le Relais du bien être. Cela m’a fait un bien fou. La situation a duré pendant quatre ans. Ma mère est placée depuis un an à la maison du Pays de Ramerupt. Aujourd’hui, c’est formidable, elle fait des activités, elle est avec du monde, ça se passe bien. De mon côté, je respire, j’ai repris ma vie. J’ai enfin pu partir en vacances, après quatre ans sans pouvoir en prendre. Je suis partie en Autriche.
tu n’as pas le choix, tu fais, mais
à un moment, cela ne suffit plus »
« C’est difficile de prendre une décision pour ses parents, de leur faire prendre conscience de ne plus conduire », partage Nathalie, qui a accompagné son père et sa mère.
« Mes parents vivaient à côté de Châlonsen-Champagne et venaient encore récemment quatre ou cinq jours par mois à la maison. Je sentais que le raisonnement de mon père n’était plus le même. Au début, j’étais l’aidante de l’aidante, ma mère. Je m’occupais des courses et je mettais de l’ordre pour les repas. Mais un jour en allant chez eux, je me suis rendue compte que ça n’allait plus. « J’étais devenue
son aide-soignante »
Ghislaine s’est occupée pendant quatre ans au quotidien de sa mère Carmen, placée désormais à la maison du Pays de Ramerupt. « Aujourd’hui, c’est formidable », se réjouit-elle.
Ma mère était persuadée de pouvoir s’occuper de mon père toute seule, même s’ils avaient une infirmière pour les questions médicales, mais elle s’était épuisée, elle nous l’avait un peu caché. Tout le monde joue à l’autruche dans ces cas-là. C’est difficile de prendre des décisions à leur place, leur faire prendre conscience qu’il ne faut plus conduire, alors que tu sais qu’ils doivent aller chez le médecin ou faire quelques courses. Tu penses qu’il faut prendre une décision avant qu’il ne se passe un drame, il faut les protéger mais
derrière, en attendant une solution, il faut assumer et tout gérer. Il y a eu des examens, le diagnostic a été posé. Mon père a été placé en unité Alzheimer pendant que ma mère, qui souffre de dégénérescence, vivait en résidence senior. Il a fallu que je m’occupe d’elle matin, midi et soir. Je travaille à mon compte, alors c’est « facile » de me rendre disponible. Mais j’étais devenue son aide-soignante. J’ai pensé que j’allais devenir folle. C’est difficile ces périodes pendant lesquelles ils auraient besoin de quelqu’un 24 h/24 h. Je pleurais beaucoup. Le temps que tu réagisses et que les choses se mettent en place, tu n’as pas le choix, tu fais, mais à un moment, cela ne suffit plus. Je suis contente, car ils ont passé les quatre derniers mois de leur vie dans la même résidence (le père de Nathalie est aujourd’hui décédé). Et aujourd’hui, elle est en sécurité. »