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PASSION PÊCHE

VIII

DIMANCHE 15 SEPTEMBRE 2024

MILIEU AQUATIQUE

Les rivières en crues n’arrêtent pas le pêcheur et encore moins les poissons ! Cette année, les rivières du département n’ont pas manqué d’eau, plusieurs étaient même en crues durant plusieurs semaines, favorisant ainsi la reproduction des brochets et des truites, sans vraiment arrêter le pêcheur passionné. EN PARTENARIAT AVEC

VINCENT GORI

C

ette année, la saison de pêche, qui est loin d’être terminée (lire ci­contre), aura été mar­ qué par les crues. Et lorsque les rivières de l’Aube ne débor­ daient pas, leur niveau était très élevé. Même cet été, les petits af­ fluents sont restés en eau ! Alors que les niveaux peuvent être bas parfois dès le printemps dans notre département. Si ces crues peuvent parfois agacer les pêcheurs sans bottes, inquiéter les riverains de ces rivières, les pois­ sons eux, sont « heureux ». En effet, le débordement des cours d’eau est une très bonne nouvelle pour les brochets, les truites, et nombre de poissons présents dans notre ré­ gion. Explications.

LA HAUSSE DU DÉBIT DE LA RIVIÈRE STIMULE LE BROCHET « Les crues en seconde catégorie sont intéressantes pour la biologie des poissons, notamment pour le fraie du brochet », explique Cédric Pradeilles, technicien à la Fédération pour la pêche et la protection du milieu aquatique. Sa période de reproduc­ tion se situe de février à mars dans des eaux de 6 à 12°C. Une rivière qui déborde permet à cette espèce de pondre ses œufs dans les noues et zones de végétations inondées. « Les années précédentes, lorsqu’il y avait des crues, celles­ci reculaient trop ra­ pidement et les brochetons n’avaient pas le temps de se développer ». La durée de développement pour qu’un brocheton devienne mobile est d’environ 25 jours dans une eau à 10°C (250 degrés­jours).

La crue n’arrête pas le pêcheur aubois et en plus elle favorise la reproduction des poissons. Mais cette année, le niveau des ri­ vières est resté haut suffisamment longtemps pour constater une bonne reproduction de ce carnas­ sier. De nombreux brochetons ont été vus cette année. « Notre étude comportementale sur le brochet, réa­ lisée dans l’Aube, est venue confirmer que la hausse du débit de l’eau de la rivière est un stimulus pour cette es­ pèce. C’est un des facteurs déclen­ cheurs de sa migration en vue de sa reproduction », souligne le techni­ cien. Là, l’animal a de quoi être stimulé !

Les quantités de pluie tombées au printemps sur notre terroir n’ont pas tardé à remplir des nappes phréatiques qui accusaient un sé­ rieux déficit, avant de venir saturer les sols en surface. Précipitations qui se sont poursuivies, accompa­ gnant les séries d’alertes météo « risques d’orages » tout au long de cet été.

« DANS UNE EAU À PLUS DE 20°C, LA TRUITE MEURT » En première catégorie aussi les ri­ vières étaient hautes. Une tête de

bassin­versant où les étiages sont pourtant fréquents. Là aussi les pe­ tits cours d’eau sont restés en eau cette année. « Ces milieux sont at­ tractifs pour les salmonidés, observe le technicien. Ce niveau d’eau parti­ cipe à la préservation des truites. Le courant était plus véloce dans ces sec­ teurs ». Ce qui a « nettoyé » les sédi­ ments qui s’étaient déposés au fond des rivières, libérant ainsi les gra­ viers où la truite « aime » pondre ses œufs (la durée de développement est d’environ 800 degrés­jours). Ceux­ci peuvent alors bénéficier

d’une bonne oxygénation, « ils in­ cubent mieux et la reproduction est meilleure ». Mais si l’eau était bien présente cet été, encore faut­il qu’elle ne soit pas trop chaude. Un cycle de réchauffe­ ment climatique s’est amorcé. Les années passent et les records de chaleur tombent les uns après les autres. Et la hausse de la tempéra­ ture des rivières peut faire dispa­ raître la vie aquatique. « Dans une eau à plus de 20°C, la truite meurt », précise la Fédération auboise pour la pêche et la protec­ tion du milieu aquatique. C’est pourquoi, depuis quelques mois, elle s’est engagée pour surveiller la thermie des cours d’eau. Et pour ce­ la, les techniciens ont disposé des sondes dans l’Aube. Autre intérêt de ces crues en pre­ mière catégorie : elles facilitent la migration des truites vers la tête de bassin et permettent à cette espèce de recoloniser de nouvelles zones. De quoi augurer des années à venir fastes pour les pêcheurs.

DÉCOUVERTE

LES AUTRES POINTS

Découvrir le loisir pêche cet automne

DÉCOUVRIR LA PÊCHE LE MERCREDI APRÈS­MIDI

Depuis le 1er septembre, la Fédéra­ tion auboise pour la pêche et la protection du milieu aquatique propose une carte de pêche avec 50 % de remise. Cette « offre d’au­ tomne pour les personnes majeures a pour objectif de fidéliser ou de re­ cruter de nouveaux pêcheurs en fin de saison », assurent les respon­ sables. Elle permet au pêcheur d’accéder au loisir pêche « dans les mêmes conditions de pratique que la carte concernée jusqu’au 31 dé­ cembre 2024 ». Selon les respon­ sables, l’automne est une des meilleures périodes pour aller pê­

Un loisir à découvrir aussi l’automne. cher le carnassier dans le départe­ ment, ou taquiner le poisson blanc. Cette réduction est appliquée sur

le montant global de la carte an­ nuelle « Personne majeure ». Ce qui porte cette carte à 45 € pour près de quatre mois et demi de pêche dans le département sur les par­ cours des Association agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique (hors AAPPMA des lacs qui ne participe pas à cette opéra­ tion). Cette carte est disponible jusqu’au 15 décembre prochain, via internet sur le site www.carte­ depeche.fr ou chez le réseau des dépositaires. Aucune autre carte de pêche n’est concernée par cette offre.

La Fédération auboise de pêche propose des ateliers pédagogiques pour découvrir la pratique de la pêche durant six après­midi, jus­ qu’au 16 octobre. « Ils ont débuté ce mercredi, mais il n’est pas trop tard pour s’inscrire ! » Au programme : apprentissage de la pêche en plusieurs séances, pêche au coup avec une canne de 4 mètres et pêche aux leurres souples, avec animations linéaires. Tarif : 50 € + achat de la carte de pêche (matériel de pêche fourni).

TROIS JOURS DE STAGE DE PÊCHE AUX LEURRES Des stages de pêche aux leurres sont également possibles (carn’ados) du 22 au 24 octobre ou du 29 au 31 octobre. Au pro­ gramme : perfectionnement de la pêche aux leurres, dont l’appren­ tissage des techniques de lancers, ainsi qu’un approfondissement des techniques de pêche aux leurres métalliques, aux poissons nageurs et pêche aux leurres souples. Tarif : 130 € par participant pour trois jours (une journée théorique à la Maison de la pêche à Lusigny­sur­Barse et deux journées de pratique de la pêche (incluant les déplacements vers des sites de pêche et le matériel de pêche).


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