ÉCRITSHBaa f! D'AMATEURS ET
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VOYAGES
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Par
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Voyages
Pittoresques
Peinture
ECRITS
D'AMATEURS
ET D'ARTISTES
DEJA PARU : Charles Perrault. Mémoires de ma Vie. — Claude Perrault. Voyage à Bordeaux (1669). Publiés par Paul Bonnefon.
EN PREPARATION : Caylus. Biographies d'Artistes. Discours lus à l'Académie. Lettre à La Grenée. Salon de 1751. Publiés par André Fontaine.
PI. 1.
rut I.UI-MÈ.ME DEPOUSSIN. REYNOLDS ri«>jrf/^.'ATTITUDE D'après la gravure de Watson,
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D'AMATEURS
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FLANEUR
Pittoresques PUBLIÉSAU COMPLETPOURLÀ PREMIÈREFOIS Traduction
avec une Introduction,
nouvelle des Notes
et un Index
l'An LOUIS
DIMIER
Ouvrage illustré de 16 planches hors texte.
PARIS LIBRAIRIE
RENOUARD, H, LAURENS, 6, HUE DE TOUISNON, 6 !9°9
ÉDITEUR
A MON
AMI
PAUL
RIQUET
Peintre
En souvenir de nos communes du Maître.
lectures
DISCOURS
ET
VOYAGES
DE ^REYNOLDS
INTRODUCTION
i La réputation de Reynolds a retrouvé de nos jours un nouveau lustre par l'effet de la curiosité qui s'est prise à l'école Anglaise de peinture. Mais seuls ses talents de peintre en ont bénéficié. Le goût nouveau que les amateurs français, suivant en cela l'exemple et d'Amérique, qui leur vient d'Angleterre témoignent pour les ouvrages du pinceau du maître, ne s'est pas étendu jusqu'à ses écrits. Cependant je ne laisse pas de croire que ceux-ci peuvent bénéficier de ce renouveau. Ils avaient la vogue il y a cent ans : et le mérite que de bons juges n'ont pas cessé de leur reconnaître est une raison de croire qu'elle pourra leur revenir. N'hésitons pas à dire que les discours adressés de 1769 à 1790 par Reynolds aux étudiants de l'Académie de Peinture de Londres, constituent le traité le plus complet et le plus approfondi qu'on ait donné de la peinture. L'esthétique, pour user de ce mot à la mode, n'a rien produit de plus élevé ni de plus solide chez aucun peuple, et sous la plume d'aucun auteur. Par ce temps de voyages ordonnés à la visite des oeuvres d'art, voyages pittoresques, comme disaient nos ancêtres, une autre partie de l'oeuvre de Reynolds ne se fera pas moins apprécier : ce sont les notes laissées par lui sur les peintures de toute espèce qui continuent de faire la gloire de l'Italie et des Pays-Bas. 1
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INTRODUCTION
Ces notes ont le même mérite que les Discours. L'étendue de l'information y est égale à la profondeur d'analyse. Peut-être sontelles capables de se faire d'autant mieux lire, que le public de nos entassées à cet jours se sent plus fatigué des creuses dissertations et la< pédanterie des philoégard par la légèreté des chroniqueurs sophes ; Reynolds n'est pas moins éloigné de l'une que de l'autre, comme on pourra s'en apercevoir. L'édition que voici est la première qu'on aura donnée en français depuis celle de 1806. Cette dernière était l'oeuvre de Jansen, Hollandais établi à Paris, d'abord libraire, puis bibliothécaire de Talleyraud, mort en 1812 après s'être fait un nom par un grand nombre de traductions de toutes'sortes. à mesure qu'il Les Discours de Reynolds parurent séparément, les prononçait, pendant les vingt ans que dura cet exercice. Un preen 1778. Ce recueil en mier recueil lut fait des sept premiers Une traducporta le renom aux différentes nations du continent. tion italienne en parut à Florence la même année, une allemande bientôt après à Dresde. La préface de chacune en faisait de grands de éloges 1. Un exemplaire de l'édition anglaise à la Bibliothèque : To Madame la comtesse Paris, porte celte dédicace manuscrite de Genlis, from. the author. Nul doute que les Français aient dès lors connu et. estimé ces discours. Cependant Jansen n'en donna sa traduction: qu'en 1787. Neuf années écoulées avaient première permis d'y joindre six nouveaux discours, qui portaient le nombre à treize, et composèrent le recueil le plus complet des oeuvres du maître qu'on eût encore. Il y avait ajouté les notes rédigées par Reynolds en 1783 pour la traduction.anglaise, de l'Art de Peinture de Dufresnoy. On peut croire qu'ainsi étoffée, cette édition française fut quelque temps la de Reysource, où toute l'Europe alla chercher renseignement nolds. Lui-même en mit deux exemplaires dans le paquet qui por1. A ces éloges fait exception le jugement que le chevalier d'Azara met dans la: bouche de Raphaël-Mengs. : « Que les raisonnements de Reynolds portaient sur des principes superficiels et erronés, qui n'étaient adoptés que par cet auteur. » Reynolds, écrivant à Jansen, relève cette impertinence : « 11est bien étonnant, dit-il, que M. Mengs ait pu trouver superficielle l'entreprise de fonder l'art de peindre sur les principes généraux qui- commandent tous les autres arts, et sur la conduite invariable de la nature. » Dans les Anecdotes sur les plus éminents Peintres d'Espagne, parues en 178a, un Anglais, Richard Cuniberland, a' vengé l'injure faite à son illustre compatriote-, par une censure des talents et du caractère de Mengs, que la postérité a ratifiée.
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tait à la. grande Catherine, en même temps qu'un échantillon de ses talents de: peintre, son texte original en-volumes séparés.. Ce; ne fut qu'après sa mort que ce texte fut rassemblé. Malone publia les, Discours au complet en 1797. Leur nombre s'élevait à quinze, et l'édition nouvelle apportait plusieurs eorre:&D'autres tions, ordonnées par Reynolds lui-même. ouvrages y étaient joints, que le maître avait, soit imprimés, soit laissés prêts Trois lettres écrites au Flâneur {IdlerJ: et les pour l'impression. notes d'un voyage en Flandre et en Hollande accompli en 1785I', dont Jansen devait donner vingt-cinq ans complétaient l'édition, plus tard la version française définitive. Depuis, d'autres ouvrages ont paru. Ils constituaient proprement l'inédit. C'étaient des notes que l'auteur n'avait pas revues, et dont on trouvera ici ce qui rentrait dans mon plan, sous le nom de Voyage en Italie. Ce Voyage en Italie provient de deux manuscrits ou carnets de notes et de croquis, de Reynolds : l'un conservé au Musée Britannique, l'autre au musée Soane, de Londres. Une partie du premier .a paru en 1859 par les soins de Gotton, sous ce titre : Notes? and observations on pictures chiefly of the Venetiun sehool. Rien n'est si mauvais que cette édition, où les textes, tronqués, brouillés et barbouillés, où composent un chaos par places indéchiffrable, des notes consacrées à des ouvrages divers sont confondues dans le commentaire du même ouvrage. Leslie et Tom Taylor ont repris; le manuscrit dans Life and Times of Sir Joshua Reynolds 1, avec quelques; amendements qui par malheur sont loin de la correction parfaite. L'autre manuscrit se trouve chez ces derniers dans un état de correction bien meilleur 2. J'ai donné de ces notes une première traduction dans la Gazette des Beaux-Arts de 1898 ; mais faute d'avoir corrigé le texte par la lecture du manuscrit, mon essai est demeuré aussi embrouillé et aussi incomplet que celui de l'éditeur anglais. C'est cette lecture correcte que j'apporte aujourd'hui. Elle n'offrait rien de particulièrement difficile, et j'espère que le résultat en paraîtra satisfaisant. Une autre sorte de notes mérite l'attention. Je veux parler de celles qui servaient à l'auteur de rappels et de brouillons pour ses discours. Les préfaces des diverses éditions de Reynolds en con1. Sous le nom de Veneiian notes, t. I, p.. 67. 2. Sous le nom de Noies on pictures ai Home and Bologna, t. I p. 460.
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tiennent
un assez grand nombre. Cotton en a publié d'autres dans l'ouvrage intitulé : Reynolds and his Works, paru.en i856. Leur publication intégrale serait sans doute digne d'intérêt. Mais elle ne peut procéder que d'un dépouillement complet et d'un chacune d'elles de sa mise au net dans classement qui rapproche le discours achevé. Un dessein du même genre y ferait joindre les variantes tirées de la première édition des Discours. Cependant, quel que soit l'intérêt de cette recherche, il faut avouer qu'elle n'est : ces notes étant exclues de l'oeuvre de Reynolds pas indispensable par les soins de Reynolds lui-même, qui n'a voulu les rendre publiques que sous leur forme définitive. Dans une édition qui ne vise qu'à présenter des résultats, non à servir d'instrument d'étude pour l'histoire de la pensée de Reynolds, il m'était donc permis de les négliger. Dans le plan d'une telle édition, elles ne pouvaient avoir de rôle qu'un seul, celui d'éclairer le sens de quelques passages des Discours au moyen d'une rédaction différente des mêmes pensées. Dans une publication critique du texte anglais, on sent de quelle seraient ces rapprochements; dans une traduction ils importance sont loin de présenter le même intérêt, puisqu'il ne tient qu'au traducteur de rendre ces pensées de manière que toute répétition en termes différents soit superflue. Dans ce point de vue ces pensées répétées sont encore de grande importance ; mais c'est au traducteur à en faire son profit pour une intelligence du approfondie texte, et le lecteur n'en a pas besoin. à Quant à ce qui se rencontre encore en manuscrit d'étranger ces préparations et qui vaudrait (outre les notes de voyage) d'être à ceux qui feront la recension génépublié pour soi, il appartient rale des manuscrits, de le signaler. Telles sont les bornes qu'imposait le plan de ce livre, à la recherche de l'inédit. Du côté des ouvrages contenus dans toutes les éditions complètes, d'autres raisons ont conseillé la suppression des notes sur le poème de Dufresnoy. Il m'a paru qu'elles seraient mieux placées dans une édition de ce poème qu'on pourra donner quelque jour. II Quant à la traduction n'a pu être conservée.
à donner
de ces ouvrages,
celle de Jansen
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S
et en général Il est vrai qu'un excellent tour la recommande, toutes les qualités d'une époque où la souplesse et la facilité du il y a trop d'endroits où la style étaient extrêmes en français ; mais dans son essence, pensée de Reynolds, imparfaitement comprise offre un détail défiguré. De plus des contresens formels la corrompent en plusieurs endroits. Cela n'a pas empêché que je ne prisse cette traduction comme point de départ et matière de mes corrections, et on en retrouvera les phrases souvent heureuses partout où rien n'obligeait à les changer. On ne peut s'étonner qu'un homme, qu'une habitude générale de traduire et la connaissance de l'anglais avaient engagé dans cette ait besogne, plutôt qu'une connaissance approfondie de l'auteur, du texte. Quoiqu'il ait fait assez souvent erré dans l'interprétation le même office à l'égard des écrits d'autres peintres étrangers; cependant son métier n'était pas exclusivement de traduire les peintres ; il a traduit bien d'autres sortes d'ouvrages. Ainsi aucune habitude en ce genre ne lui valait de lumières particulières dans : l'explication d'un auteur qui, par la hauteur de son abstraction, par la richesse de sa pénétrante expérience, en demande peut-être . plus qu'un autre. Dans une lettre insérée par lui dans l'édition de 1806, on voit que Reynolds l'avait beaucoup félicité. Cependant comme les fautes sont palpables, on ne peut prendre ces éloges tout à fait à la lettre, et tout le succès qu'a eu cette traduction ne doit pas nous cacher l'avantage qu'il y avait à la remplacer. Voici quelques exemples des erreurs qui s'y trouvent. Exemples de contresens formels. Discours II, p. 46. « Conscious (il s'agit du grand peintre en possession des secrets de l'art) of the difficulty of ohtaining what he possesses, he niakes no prétentions to secrets, except iliose of doser application. Jansen traduit ainsi : « Convaincu de la difficulté d'acquérir les connaissances qu'il possède, il n'en fait aucun secret et ne demande quune plus grande application de la part de Vélève. » Mais le vrai sens est celui-ci : « Il ne fait point mystère de ce qu'il possède, si ce n'est des règles qui requièrent une plus délicate application. » Discours VII,p. 19.4. « Disproporlionateordonnance of"parts isnot... righl; because it cannot he true, unlil il ceases to be a contradiction to assert thaï the parts hâve no relation lo the whole, » Traduction de Jansen : « Toute composition est mauvaise, lorsque les
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à cause qu'elle parties n'ont point entre elles une juste proportion, ne peut être vraie que lorsque les parties ont un rapport exact -avec le tout, » Le passage en italique doit être traduit ainsi : « Car pour qu'une telle composition fûtvraie, il faudrait que, sans contradiction, on pût assurer que des parties sont sans rapport avec leur tout. » Discours VIII, p. 156. « Their success induced others svho probably never would of themselves hâve had slrength ofmind to discover the original defect, to :eiideavour at the remedy by an abuse. » Traduction de Jansen : « Leur succès en engagea d'autres, qui probablement n'eussent jamais eu assez de force d'esprit pour découvrir le défaut dans son origine, et pour chercher à y apporter remède par un abus. » Il fallait dire : <cLeur succès en engagea d'autres, qui d!eux-mèmes eussent été incapables de découvrir le défaut des anciens, à chercher dans l'abus un remède à ce défaut. » Voici des exemples d'inexactitude : Discours I, p. 3 t. « So servile a copyist wns this greal man (Raphaël), even ai a ti/ne whetihe was allowadto beat the Aighest pitch of excellence », c'est-à-dire : « Dans le temps où de l'avis générai, il » Jansen traduit : avait atteint son plus haut degré d'excellence. « Dans le temps oh l'on prétend qu'il avait atteint, etc. » vDiscours II, p. 34. « Though the studenl will not resign blindly to : « Quoique ce ne soit plus pour any single authority... » C'est-à-dire l'élève le temps de s'asservir aveuglément à une seule autorité... » » Jansen traduit : « Quoique l'élève ne veuille point s'asservir... .Discours V, p. 88. «This (style) must be supported by the painter's consislency in the principles which he lias assumed. » C'est-à-dire : « Ce style ne se soutient que par la constance avec laquelle le peintre se renferme dans les principes qu'il a choisis. » Jansen traduit : « 11 faut que le peintre lui donne (à ce style) de la consistance en se tenant, etc. » Discours VIII, p. i49- « It is then apparent thaï those qualilies... » C'est-à-dire : « On voit que. » Jansen traduit : « 11 est probable. » Négligence de lecture. Même discours, p. 156 : « ïf he desires to secure the first impression in his favour. » L'auteur dit : :« S'assurer de la première impression. » Jansen traduit : « S'il veut que l'impression de ses ouvrages soit durable. » Les inexactitudes qui viennent de ce qu'il pénètre mal la pensée de son.auteur, sont quelquefois fort dommageables. Reynolds.se plaint (Discours VII, p. 122) que le préjugé vulgaire, écartant la raison de tout exercice du goût, de toute application du génie, accorde à ces
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r,
facultés « un pouvoir d'intuition : intuitive powers ». Jansen lui fait dire qu' « on suppose que leur pouvoir est purement occulte ou intellectuel », ce qui n'a pas de sens. Ailleurs (Discours VIII, p. 1,57) le maître écrit qu'en même temps que d'un amour du sublime, il ne faut pas oublier que le goût est fait d' « une espèce de sensualité : akind of sensuality ». Le traducteur explique cela par « une certaine finesse des sens », qui signifie toute autre chose. Dans le Discours treizième, p. 224, se lit ce passage :« II appear.s to me that our first thoughls,lhat is ihe effect whieh any thing produces on -our mind on ils firsl appearance, is never to he forgotten ; :and il demands for that reason, becauss il is the firsl, to be laid up with care. » Voici la traduction de Jansen : « Il me parait que nos-premières idées, c'est-à-dire l'effet que produisent sur notre .esprit les fois, ne s'en objets, lorsque nous les voyons pour la première effacent jamais :. voilà pourquoi il faut prendre garde que celte impression se fasse d'une manière convenable. » Mais Reynolds veut dire toute autre chose. Au lieu de ce banal à-peu-pr.ès, il veut nous enseigner que les premières impressions, fruit d'une raison infuse, doivent prévaloir à l'occasion contre les sophismes ultérieurs d'une Il me semble, dit-il, que nos premières idées raison systématique. « ne doivent jamais être oubliées, et que pour cette seule raison on doit les mettre en réserve avec soin. » qu'elles sont les premières, Faute de comprendre ce point, la suite dans Jansen n'offre qu'un pur galimatias. Quinzième Discours, p. .267 : « S'il y a, dit Reynolds, .dansjiotre art, comme je crois qu'il y a dans la musique, un certain règlement, une convention, qu'il faut que la critique connaisse d'abord, pour pouvoir juger de ses .-productions.... If there be in our art any thing ofthat agreement or compact such as I apprehend there is in music » Jansen traduit agreement et compact par « accord »,èt.par « harmonie », ce qui ;ruine tout le sens de ce passage. Que si la subtilité ;de ce .sens faisait hésiter le lecteur à le recevoir, la note suivante extraite des brouillons de Reynolds et. correspondante à ce passage, sera de nature à lever tous les doutes : « Our .art in ils highesl and mosl refined laste, has perhaps a Utile {of svhal 1 apprehend music liai siill more) depending npon convention, to understand tvhich requires some sludy <and Mtemtion in order to habituais the mind to hâve .certain ideas excited by certain marks of sounds. Music proceeds upon a groundwork of natural sounds, till al lasl il becomes so refined that to feel the
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effect which is inlended te be excited, requires long habit and skill in that art; and we hâve been told that savages whose skill never ivenl beyond the nalural notes, hâve no taste for this refined style to the greal aslonishment of musicians. » « A son plus haut point de raffinement, notre art n'est peut-être pas dépourvu de ce que je trouve bien plus encore dans la musique, à savoir un certain degré de convention, qui fait qu'on ne peut le comprendre sans étude et sans attention : l'une et l'autre ayant pour effet de lier dans notre esprit certaines idées à certains signes. La musique bâtit sur un fond d'expressions sonores naturelles, et s'élève à la fin à un degré de raffinement qui requiert pour en être touché une longue habitude et une connaissance approfondie de cet art; et nous savons que les sauvages, dont les capacités en ce genre ne vont pas plus loin que les signes les plus naturels, n'éprouvent pour ce style raffiné (au grand étonnement des musiciens) que l'indifférence 1. » L'enchaînement du Discours quatrième fera juger de la fausseté d'impression résultant de nuances imparfaitement rendues, tantôt par négligence, tantôt faute de connaître assez le terme anglais, tantôt faute de pénétrer l'auteur. Le traducteur imprime que le Tintoret et Véronèse semblent n'avoir peint que « pour faire parade de cet art que le grand style exige que l'on dérobe soigneusement aux yeux ». En termes légèrement différents, l'auteur anglais remarque que ces peintres ont recherché d'être admirés « pour cette parade de l'art que le grand style commande à ses sectateurs de cacher (p. 68). » Quant au Titien « il y a, écrit Jansen, chez lui une espèce de noblesse théâtrale ». Reynolds dit « une dignité sénatoriale : a sénatorial dignity (p. 72). » Comme les Vénitiens, Rubens, poursuit Jansen, prend pour modèle de ses figures « le peuple du pays même » ; Reynolds dit «les gens qu'il avait sous la main (p. 73). » Du grand style et du style purement décoratif, « quoiqu'il ne soit pas, dit Reynolds, impossible de former une espèce de style composite, il ne faut pas s'attendre que ce troisième égale seulement l'un des deux autres (p. 76). » Jansen dit qu' « on peut former ce style, qui est cependant plus imparfait que l'un des deux premiers. » Venant au Corrège et au Parmesan et aux autres peintres qui sont tombés dans la recherche par trop de crainte de l'insipidité, Reynolds poursuit : ceC'est le 1. Cotlon. Reynolds and his Works, p. aai.
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9 fait en particulier de ces grands maîtres de l'élégance : souvent dans leur course hardie, ils côtoient le bord du ridicule (p. 78). » Jansen traduit : « Cela arrive aux artistes qui courent après la grâce et l'élégance : ils se hasardent souvent jusque sur le bord du ridicule. » Telle est cette édition nouvelle par rapport à la traduction. J'ajoute que les titres qu'on trouvera en tête de chaque discours ne sont pas de Reynolds. Je les ai joints pour la commodité des recherches et des citations. Des sommaires composés par Beechey mis en cet endroit, mais des mentions plus sont généralement courtes m'ont paru préférables.
III Il paraît bien que les doctrines de Reynolds se sont formées en Italie, dans le voyage qu'il y fit en 1749 avec le capitaine (depuis amiral) Keppel, et dont on trouvera les notes dans cet ouvrage. Une fine observation des peintres de Venise le mit en possession des règles de ce qu'il appelait « la mécanique de l'art » ; d'un autre côté l'admiration qu'il voua aux oeuvres de Raphaël, l'obligea de mettre en ordre des notions générales qu'il n'avait jusqu'alors reçues que confusément. de ces notions générales ne cessa de dominer son L'importance esprit de toute la hauteur à laquelle Raphaël et Michel-Ange s'étaient placés dans son estime. En même temps le corps d'enseignement précis fourni par les Vénitiens et plus tard par Rubens, de ces maîtres, dans le rangmaintenait à ses yeux l'importance subordonné où les plaçait la doctrine. Ces éléments principaux de sa critique semblent s'être emparés puissamment de son esprit et n'avoir pas cessé jusqu'à sa mort d'y déterminer des réflexions de plus en plus fortes et précises. On ne peut douter que l'esprit de Reynolds ne fut prédisposé par nature à la réflexion abstraite. Le besoin d'ordonner le fruit de son expérience et de mettre en maximes ses pratiques, ne lui fut certainement suggéré par personne. Mais le commerce précieux de certains esprits du temps, mais la tournure générale de l'esprit anglais à cette époque, doivent être comptés dans l'excellence des résultats auxquels son penchant l'inclinait. En aucun temps de son histoire l'esprit anglais n'a montré plus qu'alors sa lucidité et sa puissance. Cette apogée se sent au tour
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analytique qu'on remarque chez les écrivains. Chez un philosophe comme Hume, ce tour -analytique facilite de merveilleux exercices de l'esprit. La critique de Reynolds en tire le même profit. Elle doit au progrès réalisé chez les gens de lettres une partie de sa de quelques-uns d'entre eux, l'art de clarté, elle doit à l'entretien s'emparer des ressources que les gens de lettres avaient créées. C'est une chose assez connue que l'amitié qui unit Reynolds avec Johnson. On sait peut-être moins que le célèbre docteur fut à la lettre son parrain littéraire. Reynolds lui fut présenté en 1754, deux ans après son retour d'Italie, chez les demoiselles Cotterell, filles de l'amiral et voisines du peintre. En 1709, le Flâneur, que le docteur Jolinson dirigeait, essais de notre auteur dans la littérature. publia les premiers Johnson les lui demanda, dit Northcote, tout d'un coup, et Reynolds y passa la nuit. On ne peut douter que, soudain mis en demeure d'écrire sans que rien l'y eût préparé, le peintre ait demandé et reçu quelque assistance à cet égard du publiciste son ami. On a du style. Sans doute elle a remarqué entre eux la ressemblance tenu dans ces commencements à quelques conseils de l'écrivain, peut-être même à quelques corrections. Plus tard un échange de à la fixer. remarques et d'idées suffit probablement Nous tenons de Reynolds même l'aveu de cette influence exercée sur lui par un des hommes les plus intelligents que l'Angleterre ait produits : « Ce que peuvent avoir de mérite, dit-il, les discours prononcés par moi dans l'Académie, il faut le rapporter presque tout à l'éducation qu'on peut dire que j'ai reçue du docteur Johnson. Je neveux pas dire qu'un seul des jugements qui s'y rencontrent, lui appartient, quelque honneur qui dût en revenir à ces discours; mais je lui dois d'avoir appris à penser juste. Aucun homme n'eut comme lui le talent d'enseigner à penser aux esprits moins bien doués. D'autres sans doute ont eu une science égale, mais peu ont eu cet art de la communiquer. Son grand plaisir était d'entretenir de ses discours ceux qui lui témoignaient de la déférence : c'était là qu'il montrait ses merveilleux talents. Quand les rangs étaient mêlés et souvent dans les sociétés qui lui auraient dû de la considération, quelques-uns pensaient soutenir leur caractère en évitant de s'aller perdre dans le train de ses auditeurs ; et je ne doute pas que ceux-là ne le jugeassent avec peu d'avantage, car il était souvent impétueux et tranchant. Le désir de briller dans la conversation était sa passion dominante, et si l'on veut y voir un trait de
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la vanité, qu'on n'oublie pas du moins que de là venait cette abondance de propos dont ses amis les plus intimes tiraient un si grand avantage. Ses observations sur la vie, sur la poésie et sur -toute chose au monde, je les appliquais à notre art, d'autres diront avec quel succès. Telle est peut-être la conduite qu'il convient de recommander aux peintres. Au lieu de se tourmenter à rendre servilement une copie de ;quelque tableau, qu'ils mettent plutôt tous leurs efforts à acquérir le pouvoir de penser. » Ainsi c'est de Johnson que Reynolds apprit l'art d'analyser et de nrettre en ordre ses observations particulières. Jusqu'à -quel'point il convient de rapporter au même Johnson les généralités philosophiques ou les références littéraires rencontrées dans les discours, c'est ce qu'on ne peut dire. L'illustre Burke, également son ami, et dont l'influence sur l'esprit de Reynolds ne fut guère moindre, doit être aussi compté dans cette recherche. Un morceau comme le texte attribué à Tite-Live sur Philopoemen par exemple, inséré au deuxième Discours, a pu venir à Reynolds de ces écrivains. Mais il ne faut pas oublier que Reynolds lisait beaucoup. Un passage du septième Discours, où il conseille la lecture au peintre, montre assez que lui-même en a recherché l'utilité. II avait lu beaucoup de critiques sur son art, tels que De Piles, Dufresnoy, Junius, Aigarotti; il avait lu les historiens de la peinture, comme Vàsar-i, Fêlibien, Ridolfi, Bellori; son érudition à cet égard était approfondie ; on peut voir dans ses notes de voyage que les tableaux lui étaient connus d'avance par la gravure, et qu'il y en a peu en face desquels il ne soit en mesure de nommer le graveur. De beaucoup de peintres maintenant obscurs et qui de son temps même étaient loin de tenir le premier rang, il connaissait assez d'ouvrages pour porter un jugement sur eux. L'étendue de son information en ce genre, est sensible dans ses discours;; elle s'étend jusqu'aux primitifs, aperçus çà et là par lui et jugés avec un;à-propos de raison, dont seule l'exagération préraphaélite pourra se plaindre. Tels sont les éléments dont.se formèrent ses talents dans le domaine de la critique. On peut croire qu'au temps où parurent les articles du Flâneur et dès auparavant même, ces talents se faisaient déjà connaître dans les conversations. Johnson avec Burke n'étaient pas les seuls à pouvoir 'apprécier le mérite des entretiens de Reynolds. Bien avant que la fondation de l'Académie Royale, qu'il présida, eût fourni le théâtre illustre ses enseignements, Tétendue de ses relations, jointe qu'appelaient
i3
INTRODUCTION au brillant de sa fortune, lui composait un auditoire. Magnifiqueil réunissait à sa table des poètes, ment logé dans Leicester-Square, des historiens, des gens d'église, des philosophes et des savants. Au nombre des familiers de Reynolds comptaient Goldsmith, Garrick. Affligé de surdité depuis son retour Percy, l'acteur d'Italie, la force et l'intérêt de ses discours n'en faisaient pas moins rechercher son entretien. Son crédit dans le monde était assez bien établi pour qu'il réussit en 1764 à fonder un club, dit Club Littéraire et plus tard Club de la Tête de Turc, du nom de la taverne où il se réunissait. Quinze ans plus tard, un membre de ce cercle pouvait écrire qu' « il n'y avait pas de branche des connaissances humaines, dont quelques-uns d'entre eux ne fût capable de donner des informations ». On peut être certain que Reynolds s'y signala par ses entretiens sur la peinture. Il y avait aussi en ce temps-là une société des Dilettanti ou Amateurs, à laquelle on peut croire que se mêla Reynolds, car il en a peint deux fois les membres dans des tableaux de société. Enfin l'Académie vit le jour. Le 2 janvier 1769, elle tint sa première séance. Reynolds en était président. Il fit le discours d'ouverture, et depuis lors prit l'occasion de la remise solennelle des médailles aux étudiants de l'Académie, pour prononcer un de ses fameux Discours. Cette remise avait lieu tous les deux ans au mois de décembre. Quelques cérémonies de surcroît sont cause que le nombre de quinze fut atteint en vingt ans. Le dernier fut prononcé en décembre 1790. L'apogée de son renom de critique lui vint de ces morceaux imprimés. Son âge et quelques infirmités l'obligeaient de quitter sa charge de président. Il voulut que les adieux faits à son auditoire fussent un éloge de Michel-Ange. Un an plus tard il mourut, âgé de soixante-neuf ans, le 23 février 1792, au milieu des témoignages du regret universel. Le prince Régent, la cour, tout ce que l'Angleterre comptait de plus distingué par le rang et par la science, saluait en lui le fondateur et le maître inconstesté d'une école qui faisait désormais l'honneur de la nation. En témoignage du rang que Reynolds avait conquis aux yeux des amateurs de l'art, on peut citer l'abbé Lanzi, qui dans son Histoire delà Peinture italienne, parue en 1789, ne porte presque pas de sans citer l'opinion de Reynolds. Cet jugement d'importance ascendant dura longtemps. On en trouve l'écho jusque chez Ingres, dont plusieurs notes publiées par les soins du feu vicomte
INTRODUCTION
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Delaborde, sont évidemment inspirées de Reynolds. Quelques-unes même ne sont peut-être que des extraits de la lecture du maître. on ne cessa pas de republier ses ouvrages. L'édiEn Angleterre tion de i835, enrichie de la grande introduction de Beechey, s'est réimprimée par les soins de Bell et fils, page pour page, jusqu'à nos jours. Une édition des Discours seuls a été donnée par Gosse en 1903 par M. Fry avec des notes en 1884, et tout récemment utiles-et de très intéressants commentaires. ne laissait Cependant le grand succès de l'esthétique Ruskinienne En pas de faire tort à Reynolds dans l'estime de ses compatriotes. France les générations élevées dans l'erreur avaient romantique cessé de savoir même qu'il eût écrit. Cet oubli serait complet et cette nuit absolue, si une de nos jeunes revues, l'Occident, disheureux de la tinguée entre plusieurs mérites par le sentiment n'avait pris soin de publier de 1904 à 1905 de copieux tradition, extraits des Discours de Reynolds, choisis par M. Emile Bernard avec beaucoup de critique et de goût.
IV Mille traits font de la critique de Reynolds en peinture un enseiJ'en extrairai ici un aspect pringnement de première importance. cipal, le plus propre de tous à découvrir, aux yeux d'un homme de notre temps, les perspectives essentielles du goût. Par ses exemples et ses leçons Reynolds a réformé en plein dixhuitième siècle, à la veille du déclin général des vieilles écoles par toute l'hurope, l'école de peinture Anglaise. Il l'a tirée d'une espèce de néant, et, pour une période de trois quarts de siècle, il l'a placée à la tête de toutes les autres. Le succès de ces efforts ne peut être contesté. Le mérite des maîtres qu'elle produisit alors, le prestige qu'ils ont eu dans le monde, l'imitation même que dans une certaine mesure ils ont suscitée en Europe, sont des témoignages éclatants de l'excellence de la méthode par laquelle ces effets ont été obtenus. Or il faut remarquer que dans le même temps d'autres réformes étaient essayées suivant un autre esprit, avec d'autres moyens. Reynolds est contemporain de Mengs, qui joua à Rome, à Naples et en Espagne, le rôle de censeur du mauvais goût. Un peu plus le même rôle. L'effet tard David en France devait s'attribuer chez ceux-ci fut différent. Mengs consomma la ruine des écoles
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d'Italie, et tout ce qu'on vit sortir de passable de David, n'est que l'effet de traditions antérieures, transmises, en dépit de sa réforme, de peintre. Son misépar ce qui durait en lui devrai tempérament rable académisme, incapable de défendre ce reste contre l'assaut en livra les lambeaux vivants à la vaine barbare du, romantisme, qui depuis bientôt un siècle dispute des écoles et à l'agitation émiette et stérilise chez nous l'effort des artistes les mieux doués de l'univers. se rend plus frappante Mais cette comparaison encore, si l'on considère, qu'en Angleterre, même allait s'accomplir par l'influence de Flaxman la réforme de la sculpture. Cette réforme parfois célébrée par le patriotisme anglais au même titre que celle de Reynolds, ne fut en réalité pas moins stérile dans son domaine que celle de David ou de Mengs. Des exemples froidement prétentieux de Flaxman sort l'école détestable des Bacon et des Banks, laquelle, tout compte fait, tombe autant au-dessous de Rysbrack et de Roubiliac, que Chaudet ou Roman sont au-dessous de Falconet et de Caffiéri. Telle est la différence des effets. Elle est directe; elle est presla différence des causes. Ce qui sante; elle oblige de rechercher de l'art des inspira Mengs, David et Flaxman, c'est la superstition soit de l'antique, soit des premiers ouvrages origines, l'exaltation à l'exclusion de tout ce. que l'art a gagné depuis de la Renaissance, lors en étendue. Non content^de louer chez les anciens la pureté de goût, modèle éternel des modernes, ils ont pensé que tout ce qui s'y est ajouté de ressources par l'apport des âges et par l'effort des n'est que l'occasion d'illusions artistes, auxquelles dangereuses, il convient, d'échapper. Raphaël et les Grecs ont été les seuls maîtres qu'ils aient permis de considérer. J'ose dire cependant qu'après, trois siècles de recherches et de non conquêtes en divers genres, après trois siècles d'avancement, du goût, mais des inventions dont l'art moderne s'était accru, se à ces seuls modèles ne pouvait procéder que d'intenrestreindre tions différentes de celles qui les ont eux-mêmes animés. C'est un mauvais, moyen pour un moderne d'imiter l'antique et Raphaël, que de n'estimer que Raphaël et l'antique; c'est un mauvais moyen de réussir en quelque style que ce soit. Ce purisme affecté, dont s'enfle l'orgueil d'un peintre, mène infailliblement à de pires décadences que toutes celles qu'il prétend guérir. Précisément la réforme de Reynolds s'inspire de principes différents. L'exemple qu'il a donné n'est pas en cause ici dans, un
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Pourtant on ne peut omettre avant-propos à ses oeuvres littéraires. se rattache à d'autres de rappeler que son style en peinture modèles que ceux auxquels la pédanterie se restreint. Il est de cette sorte que Reynolds lui-même a qualifiée de style décoratif : ornamental style, et qu'il classe en secondeligne après le style expressif ou le grand style. Mieux adapté à ses talents, ce style répondait en outre au goût Il est dans le de son temps, ainsi qu'il l'a remarqué lui-même. caractère de la pédanterie de mépriser ces convenances secondaires et le mépris qu'elle en fait accuse les et pourtant essentielles, elle se fausses idées que, toute pleine de l'éloge de; la perfection, fait néanmoins de l'art. Ces idées fausses sont cause de son insuccès. Aux yeux de Reynolds, Raphaël et l'antique, c'est-à-dire le style c'est-à-dire Véronèse- et expressif, dominent le style décoratif, dominent sans l'annuler ; ils. le contiennent en puisRubens;ilsre sance:; leur perfection enveloppe la sienne; leur excellence est faite de son excellence, grandie et étendue par des vues supérieures. Mépriser Rubens et Vandyck, comme Ingres: se. vantait de le faire, à l'admiration c'est, selon ce point de vue, contredire que réclament les productions d'un style supérieur. Le goût de ces dernières professé en haine des enrichissements affiché en décri de ses secondaires de l'art, le nom de Raphaël ne sera jamais l'enseigne que. de réussites purement décoratives, de système. On en voit les mauvais effets dans Ingres, l'esprit comme on voit dans David l'effet du fanatisme étroit de l'antiquité. Flaxman nous fait voir où conduit le même fanatisme orienté vers Michel-Ange. On ne saurait donner plus d'éloges à ce dernier qu'il lui voue que Reynolds lui-même n'a fait, mais l'admiration elle sait descendre d'un degré; au contact n'est pas exclusive; d'objets moins relevés, elle n'est pas moins capable de chaleur et Dans cette capacité s'atteste la saine qualité d'un d'enthousiasme. de secte, mais par goût, formé non par l'orgueil et l'enthousiasme la connaissance approfondie de la nature. Les oeuvres écrites de Reynolds enseignent une subordination des différentes applications de l'art. Il n'était pas question de faire l'apologie du style décoratif, dont sa pratique faisait assez l'éloge ; mettre à son rang le style expressif était sa tâche propre d'écrivain. Il fallait que cela eût lieu sans discrédit de l'autre style. Cependant dans la pratique parfaite de chacun d'eux, Reynolds est d'avis que ces styles se contrarient. En pratique ils se combattent ;
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le goût seul les unit. Il les unit en les subordonnant. Il fallait définir cette subordination. On verra comment les idées de nature générale et de nature particulière, vulgaires en soi, mais appliquées chez lui avec une délicatesse qui tient à l'expérience profonde de la matière de peinture, donnent le mot de la difficulté. Tout ce qui tient du naturel est bon ; mais il y a nature et nature, partant des rangs entre des productions qui toutes à quelque degré ne laissent pas de mériter ce nom. Mais qui règle ces rangs ? le plus ou moins de nature : ce plus ou moins restant à définir, non au vulgaire, mais à la philosophie. un empirisme Quelle philosophie? l'empirisme, une généralisation toujours active, mais prudente, des intelligent; faits observés par le peintre. Une des premières leçons de cette philosophie enseigne la supériorité du général sur le particulier, quant à l'effet produit sur autant qu'à l'égard du contenu de l'un et de l'autre. l'imagination, Au général appartient le plus de nature, quoiqu'il produise moins d'illusion. Mais un degré d'illusion est aussi de la nature. Moins général est général encore. De là des degrés à l'infini ; autant d'étages, où des talents faits tels par la nature ou par les circonstances, logent leurs perfections relatives et recueillent légitimement l'admiration des hommes. Il ne convient pas de pousser plus avant cette analyse : personne mieux que Reynolds lui-même n'étant capable d'expliquer la pensée de Reynolds. Qu'il suffise d'avertir le lecteur que la finesse d'application de ces idées directrices va très loin, qu'elles se plient avec la plus grande souplesse à l'explication de plusieurs difficultés. Cette variété d'adaptation est cause que le dernier commentateur anglais de Reynolds, M. Fry, a cru saisir chez lui quelques contradictions 1. Je suis assuré qu'elles n'y sont pas, et qu'il n'y a pas au contraire de pensée plus constante et plus conforme à elle-même, que celle de Reynolds. Une explication des points contestés par le distingué commentateur ne saurait rentrer dans cet i. Dans son grand ouvrage sur Reynolds, M. Armslrong porte ce reproche à son comble. Il y ajoute celui d'inconsistance et va jusqu'à railler un style dont les contemporains (doutant que les Discours fussent vraiment de Reynolds) ont cependant fait quelquefois honneur à Burke et à Johnson. Un Français ne peut prétendre à décider là-dessus. Ce que je puis assurer, c'est que les incidences dont Reynolds charge sa période, les mille idées de détail qu'elle ramasse en passant, ne nuisent pas du tout à la clarté, qu'elles l'augmentent au contraire par l'enrichissement judicieux, par la précision qu'elles apportent à l'expression des pensées générales.
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avant-propos. Peut-être la pensée de M. Fry a-t-elle conservé trop de commerce avec le préraphaélisme, pour maintenir partout l'accès facile de celle de Reynolds, malgré l'admiration généreuse qu'il lui voue. Quoi qu'il en soit, j'engage le lecteur que ses objections auraient touché, à recourir aux textes et à les aborder avec la confiance de les concilier. Cette confiance ne sera pas trompée, je crois. Elle aura pour effet de pénétrer le fond de la philosophie de Reynolds, et de faire mieux comprendre ce qui devait la rendre d'une école naissante, au moment même où propre à l'instruction d'intolérants systèmes ruinaient les écoles anciennes. On constatera que cette force et cette efficacité accompagnent une constant des écoles anciennes, expliconformité à l'enseignement qué, concilié, agrandi, quelquefois corrigé dans les parties douteuses ou dans les saillies hasardées de quelques-uns de ses interprètes, nettoyé d'erreurs parasites, jamais combattu dans ce qu'il a d'essentiel. Considéré chez les Français, sur qui se concentrait l'attention de l'Europe, cet enseignement nous est représenté comme obscurci . par plusieurs fausses maximes, gâté par un abus du caractère décoratif, compromis par le peu de soin que les peintres prenaient de copier la nature. Tels sont les vices que Reynolds reproche à l'ende son temps. tel qu'on le pratiquait académique seignement sa tâche fut Comme cet enseignement manquait en Angleterre, moins de batailler pour en rectifier la pratique, que d'assurer la pureté des principes de l'Académie qu'il fondait. Le mauvais goût anglais était d'une autre sorte. Il n'était fait que d'ignorance et de routine. Kneller, peintre de portraits célèbre au temps de Guillaume III et d'Anne, en représente l'extrême abaissement. Abaissement chez les artistes, dont une imitation avilie de Vandyck fait tout le talent ; abaissement dans le public, qui met sur le même pied Kneller et Shakespeare. Richardson nous est témoin que les connaisseurs manquaient autant que les peintres. Cependant c'était le temps, pour les lettres anglaises, de leur plus brillant succès en Europe. L'apparition vanté comme morad'Hogarth, liste, mais quant à la pratique peintre étroit et médiocre, ne changea rien à cet état. Ainsi Reynolds eut moins à corriger qu'à instruire ses compatriotes. Chez les autres nations,les idées établies ne pouvaient que reconnaître dans ses enseignements ce qu'elles avaient en elles de plus net et de plus solide. Dans son Traité de la Peinture, paru en 1766, 2
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Dandré^Bar.don, sans avoir lu Reynolds, exprime les mêmes réserves que lui <au sujet de l'emploi des contrastes, et l'on ne remarquer.aïpas sans intérêt, l'écho que se font l'un à l'autre en plusieurs occasions,, Reynolds etiFalconet. Sur la .question .seulement des draperies volantes et de la perspective dans les;bas-reliefs, on les trouverait en désaccord. Aussi les idées-de Reynolds, sur ce point, exposées dans le dixième Discours, ne sont-elles pas :sans appeler de grandes réserves : Reynolds s'y étantîmontré :plus voisin de Mengs et de Winckelmann que de la vérité. ;G'estleisseul endroit des Discours où je crois nécessaire d'avertir le lecteur. J'y joindrai, dans la troisième lettre au Flâneur, sa de la comparaison des espèces. esthétique philosophie Incertaine Partout: ailleurs habite la raison, le bon sens, un juste égard à de l'art ; partout, en même temps qu'un toutes les circonstances accord avec le meilleur du passé, les indications les plus capables qu'il y eût de; promouvoir et d'assurer l'avenir.
DISCOURS
SUR
LÀ
PEINTURE
PRONONCÉSDEVANT LES ÉTUDIANTSDE L'ACADÉMIEDE PEINTURE DE LONDRES Presque tout ce que les préceptes enseignent est accompli sans leur secours par le génie, mais par hasard plus qu'avec connaissance. C'est pourquoi il faut joindre la science et l'attention, afin que ce que nous attrapons de temps à autre sans méthode, soit mis en notre pouvoir d'une façon permanente, et qu'autant de fois qu'il sera nécessaire, nous soyons prêts à le produire. (Épigraphede la première éditiondes Discours,tirée d'AQUixA ROMANUS.) La théorie n'est autre chose que la connaissance du vrai de la nature. (Inscription mise par REYNOLDS entre les mains d'une allégorie peinte au plafond de l'Académie.)
PI. 2.
rut RA.MSAY. GEORGES III, UOÏ.,IVANGI.ETI:UHI:) Gravure de Walson.
PREFACE
AU ROI
Le progrès naturel d'une société polie va du nécessaire à la commodité et de la commodité à l'ornement. a L'Angleterre des ateliers pour reçu des Rois, vos illustres prédécesseurs, les manufactures et des collèges pour les sciences ; mais à ceux par qui l'industrie s'emquant aux arts d'ornement, bellit et par qui la science se raffine, il était réservé à Votre Majesté de fonder une Académie en leur faveur 1. Si un tel patronage fût resté sans effet, il aurait fallu croire obstacle insurmontable à que la nature s'oppose par quelque notre avancement dans les arts ; mais le progrès qu'on annuelles remarque dans chacune des expositions que Votre Majesté a daigné encourager 2, montre qu'un pareil encouragement avait seul manqué jusque-là. Donner des conseils à ceux qui rivalisent pour se rendre années dignes des libéralités royales, a été pendant plusieurs les devoirs de ma fonction dans cette Académie 3. Je supplie Votre Majesté d'agréer des discours l'hommage composés à cette occasion, comme celui d'un sincère effort qui ne tend allumée par sa sollicitude, et à l'émulation qu'à entretenir ne diriger les études récompensées par sa bonté. Puissent-ils pas déplaire à Votre Majesté. De Votre Majesté le très obéissant serviteur
et très fidèle
sujet,
JosuÉ REYNOLDS. I. Sur la fondation de l'Académie Royale d'Angleterre, voir p. 24. 2. La première de ces expositions eut lieu le 21 avril 1760. Les peintres d'eux-mêmes s'en étaient avisés comme d'un premier essai de relèvement des arts. L'Académie en se fondant leur imposa des règles définitives. 3. Dans quelle mesure, l'auteur le dit lui-même, p. 287.
PREMIER
DISCOURS
PRONONCÉ A L'OUVERTURE
DE L'ACADÉMTE
le. 2 janvier. 1769
PRÉFACE AUX MEMBRES DE L'ACADÉMIE.. Messieurs, 1 me donné de CE discours vous avez publier flatte que vous beaucoup^ non seulement parce qu'il est une preiwe^que la méthode que j'y recommande dans, les études, approuvez mais encore parce que cette méthode reçoit ainsi, l'autorité propre à obtenir des élèves la déférence: et le respect); celte défécommun d'un rence ne. devant être accordée qiû.au sentiment que le vôtre. corps aussi considérable votre très humble et Je suis, avec estime et respect, Messieurs, très obéissant serviteur; JOSUÉ:REYNOMIS. L'ordre
DES PREMIERS DEVOIRS D'UN COMMENÇANT: Grâce à la libéralité du Roi, nous venons de voir enfin s'ouvrir parmi nous une Académie^ où tous les beauxrar.ts pourront être régulièrement cultivés-. On ne- peut nier que- cet événement intéresse, non seulement les artistes, mais la nation entière; au. plus haut degré. 1. Cet ordre fut donné de même.pour tous ceux.qui>suivirent.. Sur leur mode de publication, voir p. 2.
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PREMIER
DISCOURS
Il serait difficile de dire pourquoi la Grande-Bretagne a d'un ornement si digne de sa grandeur. manqué si longtemps Peut-être est-ce à cause du progrès lent des choses, qui fait de l'élégance et du raffinement les derniers en date des effets de la richesse et de la puissance. Des considérations mercantiles ont souvent fait simplement le projet d'un établissement de ce genre 1. Mais une envisager Académie fondée sur ces principes serait incapable de répondre même à des intentions si bornées. Sans une origine plus relevée, aucun bon goût ne peut se former dans les manufactures; tandis que, lorsque les branches plus hautes des arts du dessin fleurissent, les applications secondaires ne manquent jamais de prospérer. de posséder, a conçu le Le Roi que nous avons le bonheur dans sa véritable dignité ; c'est en projet de cet établissement roi d'une nation puissante, éclairée, polie et commerçante, son peuple aux arts ; et je puis vous féliciter qu'il encourage de l'accomplissement du désir que Messieurs, aujourd'hui, vous formiez depuis si longtemps. innombrables et stériles Les délibérations que j'ai eues des membres de cette assemblée avec quelques-uns pour conmontrent à quel point il était certer des plans et des projets, sans la protection d'y réussir royale 2. Mais peutimpossible être y a-t-il eu des temps où la protection royale même serait demeurée sans effet; il ne peut donc que nous être agréable universellement favorables de penser que des circonstances la gloire et la prospérité. nous promettent artistes Il y a chez nous maintenant plus d'excellents que notre nation n'en a connu en aucun temps de son histoire; un désir général de se distinguer il y a dans la noblesse par i. Tel que la Société pour l'encouragement des Arts, des Manufactures et du Commerce d'Angleterre, fondée en 1754, et dans les salles de laquelle eut lieu l'exposition do peinture de 1760. a. La Corporation des Peintres anglais, formée le 26 janvier 1765,n'avait été dans sa courte existence qu'un foyer de cahales stériles. Imaginés à diverses reprises, les plans de réforme n'aboutirent que par l'intervention royale et la fondation de l'Académie. Reynolds ne consentit d'en être que quand il fut assuré de cette intervention.
SUR LA PEINTURE
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dans les beaux-arts, il y a dans son goût et par sa connaisance un plus grand superflu les tout le peuple pour rémunérer et, par-dessus tout, nous avons pour patron un prince artistes; le prix de la science et du bon goût, tient qui, connaissant pour dignes de son attention tout ce qu'il y a d'arts au monde et d'orner l'esprit. capables d'adoucir Après tout ce que nous devons à Sa Majesté, quelle excuse avoir si nos progrès ne répondaient pas à la pourrions-nous et à la libéralité de l'institution? Que notre constante sagesse soit donc la preuve de notre reconnaissance, afin application au-dessous de son attente, notre que, si nos résultats demeurent et notre zèle méritent au moins sa protection. application mesure nous Mais, dans quelque réussissions, que nous d'une chose, c'est que cet établissement devons être persuadés et à nous contribuera au moins à avancer nos connaissances de cette perfection idéale que le génie a pour parrapprocher sans l'atteindre toujours jamais. tage de contempler Le principal avantage d'une Académie, c'est, en donnant des en état de former des élèves, d'être encore un professeurs dépôt de tous les grands modèles de l'art. Ces modèles sont sur lesquels il faut que le génie travaille, et sans les matériaux stérile l'esprit le plus vigoureux risque de demeurer lesquels on peut acquéou de s'égarer. Grâce à l'étude de ces modèles, résultat de l'expérir tout d'un coup l'idée de la perfection, des siècles. Grâce à cette étude les progrès rience accumulée dans l'art nous fraient lents et laborieux de nos prédécesseurs une route plus courte et plus facile. Le jeune peintre saisit d'un artistes ont mis toute coup d'oeil les principes que de nombreux leur vie à établir ; n'ayant besoin que des effets, il s'épargne ainsi la pénible recherche au moyen de laquelle ces principes et fixés. ont été reconnus ont dont les grandes qualités naturelles Combien d'hommes Ils n'ont faute de ces facilités! été perdues pour la nation, du génie, productions point été à portée de voir ces admirables l'âme et forcent son admiraqui tout d'un coup embrasent tion . Un
artiste
aussi
grand
que
Raphaël,
il est vrai,
n'a
pas
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PREMIER
DISCOURS
mais: Rome eu l'avantage; de: se; former, dans une Académie; furent de Michel-Ange: en particulier, entière;, et lesrouvrages une: Académie pour.ee grand homme. A la vue.de la chapelle. à coup d'un goût, sec, gothique, Insipide S.ixtine1,il;:s'éleva;tout et serviles d'objets.dndividuels même.,' aheurté aux distinctions en; qui les représentations à ce style sublime particuliers, et invaparticulières s'agrandissent par les idées générales riables de. la. nature. O.nv peut se représenter de la science comme les: écoles où de.connaissanees flottantes, environnées,d'une.atmosphère à ses propres chose dlanalogue chaque esprit; trouve quelque saAroir qui s'acquiert ainsi, conceptions;, pour sien nourrir..Le a toujours de plus utile; que quelque; chose de plus général^ et celui qu;'on inculque domestiques par des enseignements; des: méditations Aussi bien chacun reconnaît particulières. des instructions homme reçoit plus facilement qu'un; jeune de ses compagnons est à peu: près de dont l'esprit d'étude, niveau avec le sien, que de ceux qui lui sont beaucoup supérieurs. Ce n'est jamais que de ses égaux qu'on reçoit le feu de l'émulation. Il y a déplus un avantage qui sera celui de notre Académie et dont. les autres nations ont manqué : c'est que nous n'aurons rien à désapprendre. C'est un éloge que les artistes de nos jours avec justice : ils ne se sont peuvent réclamer 1dans- la carrière point égarés -jusqu'ici qu'ils ont parcourue. Ainsi les efforts de génie que nous pourrons- faire dans la suite seront dirigés vers leurs propres de objets; il n'en serapas nous comme dans d'autres écoles, où celui qui s'avance le plus, rie fait aussi que s'éloigner du droit chemin. davantage à donc, comme je suis, de cette opinion favorable Rempli il me siérait mal l'égard de mes associés dans cette entreprise, de vouloir donner des instructions à qui que ce soitd'entre eux. i. Légère erreur : c'est le carton de la Guerre de Pise, exposé dans le Palais delà Seigneurie de Florence, quifitsentir à Raphaël l'influence de Michel-Ange. Cette influence se montre depuis i5o4- Celle de la chapelle Sixline ne saurait être assignée que dans les derniers ouvrages, dans l'histoire d'Héliodore et dans l'Incendie du Bourg, au Vatican-,
SUR LA PEINTURE
27 dans avec
ont souvent échoué Mais;comnre;de -pareils établissements de rappeler d'autres pay.sv et qu'on: ne peut: s'empêcher choses qui auraient, pu se- faire;- et que regret; les;, grandes l'erreur, a fait avorter, me soit: permis de je demanderai.qu'il ces. erreurs présenter; quelques réflexions; capables decorriger et de suppléer! à ces défauts. ProJe supplie messieurs,les fesseurs et Visiteurs 1 d'en adopter et d'en, rejeté», ce ; qu'ils
jugeront à;propos. Je voudraisen premier lieu que 1-on exigeât des élèves qu'ils se conforment l'art telles, qu'elles aux: règles,de implicitement sont établies des grands- maîtres* Je voupar la; pratique drais qu'on leur fît regarder ces: modèles,, portés jusqu'à nous et des. âges, comme des-guides: infaillibles par l'approbation et. comme des. objets de leur imitation. Je voudrais parfaits d;eux.ne les prît pour:une matière, offerte seulement qu'aucun à sa critique. Je suis persuadé que c'est là le seul moyen de faire: des dans les arts. Celui qui: commence des progrès par soulever doutes aura terminé sa. carrière avant de se rendre: maître des. premiers, éléments. c'est Débuter par suivre ses idées, avoir fini ses études, au moment même où on les commence. Aussi ne doiton rien négliger cette erreur pour détruire: du génie. Elles ne vulgaire, que les règles sont les entraves sont des entraves que pour ceux, qui n'ont point de génie, semblables à ces armures aux. corps robustes qui servent autant d'ornement que de défense, et dont le poids n'est insupfaibles, et. aux mal conformés, à qui elles portable qu'aux nuisent au lieu de leur être utiles. les règles de Jusqu'à quel point il est permis d'enfreindre l'art, etj comme dit le poète 2, D'aller saisirla grâce audelà de l'art même, peut
être
plus
tard
un objet
de réflexion,
1. Surveillants. 2. Pope, Essai surlaGritiqûe,- v. i53.;
quand-.les-
1,élèves
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PREMIER
DISCOURS
le génie seront devenus maîtres eux-mêmes. C'est lorsque a reçu son plus haut degré de perfection, qu'il peut être permis de se dispenser des règles. Mais il faut se garder d'abattre avant d'avoir élevé l'édifice. Et les Directeurs del'échafaudage vront veiller plus particulièrement sur le génie de ces élèves qui, étant plus avancés, sont parvenus à cette période critique dont l'heureux décide leur direction définitive. ménagement A cet âge, il leur est naturel de se livrer plutôt au spécieux une négligence brillante à une qu'au solide, et de préférer exactitude. pénible et humiliante Une facilité de composition, une touche de crayon ou de ou (comme on dit) maîtresse, sont, j'en conpinceau spirituelle à séduire les jeunes esprits, et à viens, des qualités propres exciter leur ambition. Ils tâchent d'imiter ces qualités brilils rencontrent moins de lantes dans la poursuite desquelles de temps dépensé difficulté qu'ailleurs. Mais après beaucoup dans ces recherches la difficulté sera de revenir en frivoles, arrière. Car alors il sera trop tard; et l'on a peine à trouver un exemple de retour à un labeur sérieux, après que l'esprit et séduire s'est laissé débaucher fallapar cette maîtrise cieuse. Cette inutile habileté les empêche de faire des progrès réels, et de parvenir à la vraie perfection. Jeunes encore, ils ont atteint au plus haut point de leurs talents; ils ont pris l'ombre pour le de l'art, la facilité corps ; ils ont pris pour le point principal et dont du mécanisme, qui n'est cependant qu'un ornement, sont juges. peu de personnes, excepté les peintres, me parait des plus dangereuses; Cette source de corruption comme d'une erreur non pas qui et j'en parle par expérience, infecté toutes les avoir lieu, mais qui a actuellement pourrait Les Directeurs, charmés sans doute Académies étrangères. de cette adresse précoce dans leurs élèves, ont loué en eux de la correction. l'agilité au détriment d'être crus maîtres dans Aussi bien cette frivole ambition du droit n'est pas la seule cause qui détourne l'exécution, les pousse chemin les jeunes artistes; une paresse naturelle des difficultés qu'ils auront aux mêmes effets. La perspective
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2g
les effraie. L'impétuosité à vaincre pour parvenir à l'exactitude, de cet âge se dégoûte des approches lentes d'un siège régulier et, par impatience du travail, brûle de prendre la place d'assaut. trouver quelque sentier plus court qui conduise Ils voudraient à la perfection, ils espèrent obtenir le prix par d'autres moyens les règles indispensables de l'art. Il que ceux que prescrivent ne faut donc pas se lasser de leur répéter que la véritable gloire ne s'achète que par le travail, et que, de quelque vigueur de génie qu'ils soient doués, il n'y a point de méthode facile pour devenir un bon peintre. Quand nous lisons les vies des peintres les plus célèbres, nous à chaque page qu'aucune trouvons partie de leur temps n'a été Même un accroissement de renomperdue dans la dissipation. mée n'avait d'effet chez eux que de croître l'application. Pour être avec laquelle ils poursuivaient convaincu de l'opiniâtreté leurs études, nous n'avons qu'à faire réflexion sur leur manière de dans leurs plus célèbres Quand ils avaient procéder ouvrages. conçu un sujet, ils commençaient par en faire d'abord plusieurs ensuite ils faisaient un dessin arrêté de différentes; esquisses l'ensemble, après cela un autre dessin plus correct de chaque têtes, mains, pieds, draperies ; alors ils partie en particulier, et à la lin ils le retouchaient le tableau, peignaient d'après ainsi travaillés, et mis au jour avec tant nature. Les tableaux des productions de peine, paraissent aujourd'hui, magiques, comme si quelque d'un puissant génie les eût fait surgir seul coup. Mais, en même temps qu'on aura soin de recommander l'apne devront pas moins veiller à ce que les Visiteurs plication, cette application ait l'effet désiré, qu'elle soit bien dirigée et employée à son propre objet. Le travail n'engendre pas tou11 faut pour cela que sa force soit appliquée jours le progrès. à la partie de l'art où se trouve la véritable difficulté, à cette partie qui fait de la peinture un art libéral. Il ne faut pas qu'une erreur de vues fasse perdre un temps précieux à ce qui n'est Les élèves, au lieu ds mettre leur émulation que d'ornement. à acquérir la facilité de main, doivent être dressés à rivaliser de correction et de pureté dans le contour. Au lieu de dispu-
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DISCOURS
ter la palme de la couleur la plus brillante ou de ce lustre l'oeil dans les draperies, leur qui sert à tromper qu'ontourne ambition à rechercher la gloire d'en faire le jet le plus heureux et le plus agréable, de donnerle plus de grâce et de.noblesse à leurs figures. Qu'il me soit permis de mettre sous les yeux des Visiteurs autre chose, qui me paraît de très grande conséquence, et dont l'omission comme le principal défaut de la méthode je regarde suivie dans toutes les Académies L'erreur que j'ai visitées. que je veux dire, c'est que les élèves ne dessinent jamais avec exactitude le modèle Il est qu'ils ont sous les yeux. vrai que ce n'est pas leur intention de le faire, et que les instructions qu'on leur donne ne les y dirigent pas non plus. Leurs dessins ne ressemblent au modèle que par.r.attitud.e..Ils en changent les formes suivant leurs idées vagues et inceret font un dessin taines de la ;beauté, plutôt de ce qu'ils croient que la figure devrait être, que de ce qu'elle est. J'ai de beaupensé que c'était là l'obstacle qui arrête le progrès d'un réel génie ; et je me artistes doués coup de jeunes demande même si l'habitude de copier fidèlement ce qu'on ce qui permet de bien dessiner ce voit, n'est pas justement à copier avec soin la figure En cherchant qu'on imagine. non seulement .l'habitude qu?on a devant soi, on acquiert d'être 1exact et précis, mais on avance aussi continuellement de la figure humaine ; et quoique aux yeux dans la connaissance d'un observateur on ne paraisse faire ainsi que des superficiel, fort lents, on ne s'en trouve pas moins avec le temps progrès celte, grâce ;et d'ajouter (sans tomber dans le bizarre) capable les plus achevés de nécessaires aux ouvrages cette beauté ne peuvent l'obtenir l'art. Cette beauté, les modernes qu'au efforts que les anciens ont mis, c'est à savoir prix desmêmes de la forme huune étude réfléchie et bien comparée maine. cette méthode, Ce qui me semble surtout propre à corroborer c'est qu'elle a été pratiquée par les plus grands maîtres de l'art, dessins. Je comme -il-est facile de s'en convaincre parleurs celui dedaDispute citerai pour exemple un dessin deRaphaël,
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est dans toutes les mains. du; Saint-Sacrement 1, dontl?estampe C'est l'oeuvre de M. le comte de Caylus 2. On voit que Raphaël en a fait l'esquisse d'après un seul modèle; et l'habitude qu-il avait de copier fidèlement la forme placée sous ses yeux, se révèle dans l'espèce de bonnet ou de capuchon qu'il a donné 3 à toutes ses figures, sans doute son modèle ; portait et-que tant ce grand homme était copiste servile, même dans le temps il avait atteint son plus haut degré d'exoù, de l'avis général, cellence. J'ai vu aussi des figures académiques d'Annibal Carfache, dessinées avec tous les petits détails individuels du modèle, ce maître se soit souvent permis assez de quoique d'ailleurs licences dans ses ouvrages les plus achevés. Cette scrupuleuse exactitude est trop contraire à la méthode ordinaire des Académies, sans beaupour que je la propose à la considération des Visiteurs. Je les coup de ménagement de décider si la négligence de cette méthode prie seulement n'est pas en partie ce qui fait que tant d'élèves trompent nos de la jeunesse à seize espérances, qu'ils sont si fort au-dessus de l'homme à trente. ans, et si fort au-dessous J'avoue que la méthode que je recommande peut nuire dans le cas où le modèle vivant manque ; car alors les élèves ne dessinant toujours que d'après le même modèle, s'habituent à ne plus apercevoir les défauts de cet unique objet de leur et à prendre ses imperfections imitation, pour des beautés. Mais nous n'avons point à craindre cela, puisque le Conseil a décidé de fournir à l'Académie une grande variété de sujets. Aussi bien les règlements et que son secréqu'elle a dressés, taire 1 va lire pour votre instruction, m'ont à certains égards prévenu dans ce que je pourrais dire encore sur tout cela. Au i. La célèbre fresque du Vatican. 2. Le célèbre amateur français, auteur de nombreuses conférences prononcées à l'Académie de Peinture de Paris dont il était membre, antiquaire et graveur, mort a soixante-treize ans en 1765. 3. La leçon est juste, l'exemple est inexact. Le bonnet dont il parle n'est qu'une fantaisie de Caylus, et le dessin, visible à Chantilly, n'est pas de Raphaël, 4. F. M. Newton.
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lieu donc de vous ouvrir plus longtemps des avis, permettez l'espoir que j'ai que que je forme des voeux, et que j'exprime du Roi son fondateur, à l'attente cet établissement répondra de telle sorte que le présent âge puisse le qu'il y répondra à celui de Léon X, et que la dignité de l'art prête à disputer de Pline 1) soit renoupérir (pour me servir d'une expression velée sous le règne de Georges III. i. Histoire Naturelle. Liv. XXXV, chap. V (sect. u).
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PRONONCE A LA DISTRIBUTION
DES RECOMPENSES
le 11 décembre 1769
D'UNE IMITATION PROFITABLE DES MAITRES Messieurs, Je vous félicite de l'honneur que vous venez de recevoir. J'ai la plus haute opinion de vos mérites, et je voudrais pouvoir vous ma satisfaction d'une manière plus utile que par en témoigner de stériles à un éloges. Mon désir serait de vous conduire vos progrès futurs à train d'études capables de faire répondre à ce que vous votre avancement passé, et, en applaudissant avez fait, de vous rappeler combien il vous reste à faire dans le chemin de la perfection. et la constante application Après une longue expérience que j'ai donnée aux études qui vous occupent, j'espère n'être point si je propose quelques idées à votre accusé de présomption, considération. Ces idées viennent en grande partie des fautes moi-même en poursuivant le même objet ; que j'ai commises mais l'histoire des erreurs, convenablement expliquée, abrège souvent le chemin de la vérité. Et quoique je ne puisse vous aucune méthode d'atteindre la perfection, du moins proposer ce que je vous dirai aura de quoi prévenir une application mal employée. En vous parlant de la théorie dans le rapport qu'elle peut études.
de l'art, je ne la considérerai avoir avec la méthode de 3
que vos
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de la peinture en trois différentes l'apprentissage à vous comme ayant déjà rempli la périodes, je m'adresserai et élémentaires, laquelle est bornée aux principes première, tous les objets qui se présenla facilité de dessiner comprend à employer les couleurs, habileté et une ent, une certaine connaissance des règles les plus simples et les plus générales de la composition. est en peinture ce que la Ce premier degré d'avancement est en littérature : une préparation grammaire générale, quel l'élève voudra dans la que soit le genre auquel s'appliquer suite. C'est avec raison que le talent de dessiner, de modeler et d'employer les couleurs, est appelé le langage de l'art; et dans ce langage les honneurs que vous venez de recevoir sont la preuve que vous avez déjà fait de considérables proDivisant
grès. à s'exprimer l'artiste est une fois instruit assez Lorsque il lui faut s'efforcer de trouver des sujets, correctement, des idées propres à être combinées et variées suid'amasser vant l'occasion. de ses études, dans 11 est alors dans la seconde période de tout ce qu'on a connu laquelle son devoir est de s'informer les instructions et fait jusqu'à lui. N'ayant reçu jusque-là que d'un maître seul, il faut maintenant qu'il prenne pour maître Il faut qu'il ouvre son esprit à des conceptions l'art lui-même. et à des leçons plus générales. Toutes les perplus sublimes fections éparses dans les ouvrages de différents peintres seront rassemblées dans une seule idée générale destinée désormais son imagination. à régler son goût et à agrandir devant lui, il échappera aux Avec cette variété de modèles de cette pauvreté de conception inconvénients que donne d'un seul maître, et cessera de suivre celui la superstition dans les parties où il cesse d'exceller. Cette qu'il préfère encore un temps de sujétion et de disépoque est cependant cipline. Quoique ce ne soit plus pour l'élève le temps de s'asà une autorité unique, jouissant de l'avanservir aveuglément il doit craindre encore cependant tage d'en consulter plusieurs, et de s'aventurer dans un de se confier à son propre jugement,
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où la trace de quelque maître ancien ne se rencontrerait pas pour lui servir de guide. et dernière période enfin, l'élève se trouve Dans la troisième affranchi de toute autorité étrangère qu'il ne croit pas fondée sur la raison. Confiant désormais dans son jugement, il considère et distingue les différents d'où viennent principes de beautés. diverses Dans la période il espèces précédente, n'a cherché et à recomposer l'idée de la perqu'à connaître fection de tout ce qu'il y a d'excellence au monde ; ce qu'il dans celle-ci, c'est le discernement : discernement apprend des genres de perfection incompatibles, qui ne s'obtient qu'au le plus attentif et des recherches les plus prix de l'examen délicates. Dès ce moment il peut se regarder comme placé au même il obéissait et auxquels jusqu'alors, rang que les maîtres une espèce de souveraineté sur les règles qui comme exerçant les l'avaient dirigé. Désormais déchargé du soin de comparer de l'art entre elles, fixant sur l'art lui-même son productions examen et le comparant à la nature, il corrige ce qui est mal, ajoute à supplée ce qui manque, et par sa propre observation, de ses prédécesce que l'art avait fait avant lui, par l'industrie Comme il a bien établi son seurs, de pas vers la perfection. il peut essayer sans jugement, qu'il a meublé sa mémoire, Le génie qu'une pareille crainte la force de son imagination. sans dommage à toutes a formé peut s'abandonner discipline sa course jusqu'aux les chaleurs de l'enthousiasme, risquer Le sérieux contracté confins de la plus folle témérité. dans les ne qu'il a eus avec les plus grands esprits, longs entretiens manquera pas de se faire sentir dans tout ce qu'il entreprendra; il paraîtra non plus instruit, et, au milieu de ceux qui l'auront en imitateur, mais en rival. de l'art. Mais, comme je m'aVoilà les différentes périodes d'être récomdresse particulièrement aux élèves qui viennent je ne puis supposer pensés pour avoir passé par la première, dans les études préparaqu'ils aient besoin de mon secours vos vues toires. Je ne chercherai par conséquent qu'à diriger dont vous êtes encore éloignés, et à vous vers une perfection sentier
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montrer la route la plus facile pour y parvenir. De cela je parlerai le respect des droits de vos profesdans les limites qu'exige les préceptes de seurs, évitant d'anticiper qu'il leur appartient vous donner et qu'il est de votre devoir de comprendre. doit C'est une vérité incontestable, que chaque homme une grande partie de sa vie à rassembler des matéemployer riaux propres à exercer son génie. L'invention, à strictement n'est combinaison presque pas autre chose qu'une parler, des images qu'on a rassemblées et qu'on a confiées nouvelle à la mémoire. Rien ne saurait venir de rien, et celui qui n'a de matériaux ne peut former aucune combipas fait provision naison. Un jeune artiste à qui manque la connaissance des essais de ses prédécesseurs, est immanquablement porté à surfaire son propre mérite, à prendre les plus insises promenades et les premiers gnifiantes pour des excursions d'importance, inonde qu'il vient de découparages venus pour un nouveau vrir. Si par hasard il passe ses limites ordinaires, il se fait une gloire d'avoir touché des régions dédepuis longtemps route. passées cependant par ceux qui ont tenu une meilleure Un style original est rarement ce qui distingue les productions de pareils esprits : il n'est pas un seul de leurs succès clans lesquels ils n'aient été devancés ; et, s'il arrive que les distingue de leurs prédécesseurs, elle ne quelque différence consiste que dans des saillies irrégulières et dans des idées Voilà votre d'invention sera puériles. pourquoi pouvoir d'autant votre connaisplus étendu, que sera plus étendue un parasance des maîtres ; et, ce qui paraîtra peut-être de vos conceptions sera en proportion doxe, l'originalité de cette connaissance. Mais la difficulté en cette occasion est de déterminer on doit se proposer comme quels exemples modèles et comme les guides les plus certains. A peine un jeune artiste est-il arrivé en Italie, que de peintres de ce pays l'accablent aussitôt je ne sais combien de leurs conseils, en même temps qu'ils offrent leurs ouvrages en exemple de la perfection qu'ils recommandent. Cependant un moderne en modèle, est légitimement qui se propose
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37 la fin véritable, d'être sans notion de d'ignorer soupçonné de l'art qu'il professe. L'étudiant qui suit un tel l'objet à se ralentir, mais à se pas seulement guide ne s'expose perdre. le sentier A qui s'en remettra-t-il donc, et qui lui montrera ? La réponse est facile. Nul autre qui conduit à la perfection que les grands maîtres qui ont tenu avec succès cette route, les autres. Ceux dont les ouvrages ont n'est propre à diriger des siècles, ont droit à ce respect et à cette soutenu l'épreuve aucun moderne ne peut prétendre. La vénération auxquels durée et la solidité de leur réputation suffisent pour nous sur les fragilités de la mode qu'elle n'a pas reposé prouver et du caprice, mais que chaque fibre du coeur humain en faisait le fondement indestructible. On ne saurait craindre d'étudier de trop les productions dont il convient de les ces grands hommes ; mais la manière est ici le point d'importance. étudier avec le plus d'avantage, Plusieurs, qui n'ont jamais élevé leur esprit à la connaissance de l'art, et qui n'estiment les ouvrages de la vraie grandeur de leur excellence dans la partie des artistes qu'à proportion du mécanisme, pensent que la théorie n'est propre qu'à faire sur l'art, non à rendre mieux raisonner dans plus habile Tout confinés dans la pratique, l'exécution. ils n'apportent d'assiduité qu'à la besogne servile de copier, et croient faire ) rendent de rapides avec fidélité les plus j progrès, lorsqu'ils menus détails d'un tableau favori. Cette méthode me parait une des plus ennuyeuses, etj'ajoute une des plus fautives qui soient. 11 n'y a pas de grande compomême de celles qu'on admire le plus, dont on ne sition, en lieux communs. \ puisse dire qu'une grande partie consiste Ceux-ci prennent beaucoup de temps à copier, et procurent peu d'avancement. Copier des tableaux tout entiers est à mes yeux 1 le plus trompeur Le jeune artiste se tient condes exercices. tent de l'apparence de faire quelque chose; il tombe dans l'-ha-j de copier sans choisir et d'opérer bitude sans ; dangereuse but. Comme cela ne demande aucun effort d'esprit, il s'endort sur son ouvrage, et les facultés d'invention et de composition,
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de réveiller chez lui, languissent .qu'il conviendrait justement L dans l'engourdissement et perdent leur énergie, faute d'exercice. de C'est un fait bien connu de tous ceux qui sont instruits notre art, que les peintres qui ont employé beaucoup de temps de proà terminer des copies, sont extrêmement incapables duire quelque chose d'eux-mêmes. des talents et la variété d'idées Supposer que l'enrichissement nécessaire au peintre qui veut primer dans son art, peuvent de quelques modèles s'acquérir par une froide contemplation est une absurdité particuliers, pareille à celle qui ferait croire à qui veut être poète, que traduire une tragédie suffit pour les aspects de la nature, les effets des passions et apprendre des événements de la vie. de Le seul fruit qu'on puisse tirer d'une grande habitude copier, si elle a quelque utilité, semble devoir être la science du coloris ; encore le coloris lui-même ne sera-t-il jamais parfaitement du modèle enseigné par la copie servile qu'on a de notre oeil ne se devant les yeux. Une délicatesse raisonnée forme qu'en observant des tableaux bien coloriés avec attention ; et c'est par une recherche attentive et un examen minutieux à découvrir la manière de placer les couque vous parviendrez les glacis, et les autres moyens leurs, les artifices du contraste, ont composé le précieux de leurs teintes, dont les bons coloristes et si heureusement imité la nature. 11 faut aussi que je vous avertisse que les anciens tableaux célébrés pour leur coloris, sont souvent très changés justement par la crasse et par le vernis, en sorte qu'il ne faut pas s'étonner si les peintres sans expérience et les jeunes élèves les trouvent inférieurs à leur réputation. Un artiste dont le jugement est mûri par de longues consiobservations, dère plutôt ce que le tableau a été, que ce qu'il est à présent ; il a acquis par l'habitude une faculté le brillant d'apercevoir des teintes au travers du nuage dont il est obscurci. Une exacte imitation de ces ouvrages risque par conséquent d'emplir l'esfausses, de faire de lui un coloriste prit de l'élève d'opinions à sa mode, non moins éloigné des idées de la nature que des
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à la pratique des maîtres de l'art, aussi étranger qu'à règles l'aspect réel des objets. lorsEn suivant ces règles et en usant de ces précautions, et distinctement à connaître que vous aurez appris clairement en quoi le bon coloris consiste, vous ne pouvez mieux faire que j de recourir à la nature elle-même, qu'on a toujours sous la main, | du vrai éclat de laquelle les ouvrages les et en comparaison mieux coloriés sont pâles et faibles. comme l'usage de copier n'est pas tout à fait à Cependant, en de l'art est apprise rejeter, puisque la partie mécanique partie par là, ne vous attachez du moins qu'à ces parties, de choix qui recommandent Si sa beauté à la célébrité. l'ouvrage consiste il sera bon de faire de dans l'effet de l'ensemble, de la machinerie et de l'économie légères esquisses générale. Ces esquisses devront être conservées pour servir de .r_è.gle_à de ces grands Au lieu de copier les touches y.Qtre_style. à imaginer Travaillez maîtres, ne copiez que leurs conceptions. et d'après leur manière de d'aprNès leurs principes généraux de leur esprit; considérez en vouspenser; soyez possédés mêmes comment un Michel-Ange ou un Raphaël auraient traité votre sujet, et figurez-vous que votre ouvrage, quand il sera fini, doit être vu par eux, soumis à leur critique. Essayer seulement de vous figurer cela, ne manquera pas d'augmenter vos forces. Mais comme l'enthousiasme seul ne peut vous conduire fort une pratique loin, je vous recommanderai qui, en.y suppléant d'une part, contribuera encore plus à votre avancepeut-être ment que n'eussent de ces maîtres fait les corrections verbales s'il eût été possible de les recevoir. Ce que j'oseeux-mêmes, rais vous proposer, c'est d'entrer avec eux comme en rivalité, de peindre un sujet du même genre, et d'essayer le pendant du tableau que vous aurez choisi pour modèle. Lorsque votre et comparez! ouvrage sera fini, placez-le auprès de ce dernier, attentivement l'un avec l'autre. Alors vous ne verrez pas seuvos défauts, bien plus fortement lement, vous sentirez que et par toute autre espèce d'instruction. Les par des préceptes vrais principes de l'art se mêleront avec vos propres con-
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les idées que Ainsi fixées par des objets sensibles, ceptions. seront définitives. Pénétrant l'esvous prendrez profondément elles seront plus justes, mais elles seront prit, non seulement plus durables que celles qui ne vous sont présentées qu'en et qui sont toujours flottantes, variables et indéterpréceptes, minées. Il est vrai que cette méthode de comparer ses efforts avec ceux de quelque grand maître, est une tâche dure et mortifiante, et l'on ne consent à s'y soumettre que si l'on est conduit d'assez de courage vues, et soutenu par de grandes pour sacrifier la vanité du moment à la gloire à venir. Quand on a recueilli succès, qu'on n'est pas trop mécontent déjà quelque de soi, il faut non seulement beaucoup de fermeté, mais encore une espèce de désintéressement, devant pour se présenter un tribunal où l'on sait que notre vanité sera humiliée et notre en nous-même Pourtant celui qui veut détruite. complaisance devenir un vrai maître, se trouvera abondamment payé de cette mortification et d'un désappointement passager, par le sentiment intérieur de son avancement, dont le premier degré est de connaître ses fautes. Il aura de plus la satisfaction que chaque découverte connaissance qu'il fera, chaque qu'il acquerra, de sa sagacité, le résultat et de cette manière il paraîtront assez de confiance en lui-même, sa prendra pour maintenir résolution. Personne avec quelle avec indifférence, n'ignore partant combien peu de fruit, nous recevons l'instruction donnée de force par un autre. Peu d'hommes ont été efficacement insmaîtres. Par un effet truits, qui n'ont pas été leurs propres de l'amour à la source dont nos connaisque nous portons sances procèdent, nous ne manquons celles jamais de préférer De plus, nous que nous nous sommes données à nous-mêmes. en retirons les reçoit au moplus de fruit, parce que l'esprit ment où il est le plus ouvert et le plus avide de les recevoir. aux tableaux vous devez choisir /"Quant pour vos que modèles, je voudrais que vous suiviez en cela plutôt le sentiment des gens instruits que vous que le vôtre. Je voudrais choisissiez ceux dont la réputation est établie, plutôt que de
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Si d'abord vous sentez peu n'écouter que votre fantaisie. trouverez bientôt ces ouvrages, vous d'admiration pour sur leur en les imitant que le monde ne s'est pas trompé mérite. votre imitation les différentes Il n'est pas facile de désignera dans les diverses écoles. Peutsortes d'excellence répandues être ferai-je d'un essai de ce genre le sujet d'un autre disdonc à présent de vous recommander cours. Je me contenterai un modèle pourla partie du style en peinture, qui est la plus nécessaire au jeune peintre. Le style en peinimmédiatement un pouvoir sur les instruture est, de même qu'en écriture, ments, soit mots ou couleurs, par lesquels nos idées ou nos sentiments s'expriment. Dans cette partie, Louis Carrache 1 (j'en- , le plus tends dans ses meilleurs ouvrages) me semble approcher Son clair-obscur est large et sans affecprès de la perfection. tation, son coloris est simple, et cette partie de l'art, maintenue ne distrait chez lui à son rang, pas la moindre partie de l'attention effet qu'on doit au sujet; joignez à cela l'imposant de ce demi-jour sur ses tableaux, et qui qui semble répandu me paraît mieux convenir aux sujets graves et majestueux, que; ce brillant plus factice de la lumière du soleil dont le Titien a V éclairé ses ouvrages. Tel est mon sentiment, quoique le Tintoret ait proposé le coloris du Titien comme le modèle de la du sublime de n'étant pas d'un degré au-dessous perfection, eût eu le coloris 2; en sorte que si Michel-Ange Michel-Ange le du Titien, ou si le Titien eût eu le dessin de Michel-Ange, monde aurait vu un peintre parfait. de Louis CarC'est notre mauvaise chance que les ouvrages aux élèves, ne se trouvent pas sourache, que je recommande vent hors de Bologne. Saint François au milieu de ses Moines 3, de Saint Jean-Baptiste la Transfiguration, la Naissance *, i. 11 fut le maître d'Augustin et d'Annibal, le vrai chef de l'école de Bologne,y et le vrai créateur de son Académie. 2. Il avait écrit au mur de son atelier comme sa devise : « Le dessin de Michel-Ange, le coloris du Titien ». 3. A Saint-Antoine de Bologne, v. p. 325. 4. A Saint-Jean-Baptiste de Bologne, v. p. 328.
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la Vocation de Saint Mathieu 1, le Saint Jérôme 2, les peintures à fresques du palais Sampieri 8, sont autant d'ouvrages dignes des jeunes artistes, et je pense que ceux qui de l'attention feraient bien de réserver plus de temps à la visite voyagent coutume de le de cette ville qu'on n'a eu jusqu'à présent faire. Dans la peinture comme dans les autres arts, il y a beaucoup de maîtres qui promettent la méthode la plus courte et la plus à la perfection. On a imaginé de facile d'arriver beaucoup et les difficultés de l'étude ; moyens pour épargner l'application sur la foi de ces mais qu'on ne se laisse pas aller à l'indolence L'excellence n'est promise aux hommes promesses spécieuses. du travail seul. Il faut sans doute beaucoup qu'en récompense de résolution dans l'étude sans la satisfaction pour persévérer de se voir avancer; car les progrès qu'on fait sont comme l'aien heure approche de son qui d'heure guille d'une horloge, but, mais d'une manière si lente qu'elle échappe à l'observation. La facilité à dessiner, comme celle de jouer d'un instrument, ne peut s'acquérir que par un nombre infini d'actes. A cause de cela, il me paraît inutile de m'étendre sur la nécessité d'une application et de vous dire que le crayon continuelle, vos mains. ne doit jamais quitter Les méthodes d'acquérir cette facilité sont ce qui vous fera le moins défaut. Une que je en particulier, de vous recommande c'est qu'en rentrant l'Académie (où je suppose que vous vous rendez assidûment), vous essayiez de dessiner de mémoire le modèle. A cet égard dans cette habitude, vous j'oserai même dire qu'en persévérant de dessiner le nu sans la facilité correctement acquerrez prendre à cela plus de peine qu'on n'en met à tracer les lettres de l'alphabet avec la plume. n'est pas chose impossible à Que cette facilité à dessiner de. cette Académie vous en sont ,acquérir, assez de membres ' une preuve suffisante, Et soyez convaincus que, si cette facilité i. A la Pinacothèque de Bologne, v. p. 320. 2. A Saint-Marlin-Majeur de Bologne, v. p. 3a8. 3. A Bologne. Louis Carrache y a peint Hercule et Jupiter. Le reste est de ses frères et du Guerchin.
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43 vous ne trouverez plus le n'est pas acquise dans la jeunesse, dans la suite, ou du moins ne le saurieztemps de l'acquérir vous plus faire qu'aux prix de peines pareilles à celles qu'éceux qui apprennent à lire ou à écrire dans leur prouvent âge mûr. Mais si je dis que le crayon doit être le compagnon du jeune peintre, il faut qu'il se rappelle que seule inséparable A cause du pinceau doit le mener à la perfection. l'habitude c'est que, toutes de cela, ce que je voudrais vous inculquer, les fois que vous le pourrez, vous peigniez vos études au lieu de les dessiner. Cela vous donnera dans l'emploi des couleurs une si grande facilité, qu'avec le temps elles se disposeront d'elles-mêmes sous votre pinceau, sans que la main qui les Si une opération y prenne garde. applique pouvait nuire à l'autre, cet avis serait sans doute mal placé; mais si le dessin et le coloris sont également des parties de l'art de peindre, et un peu d'application on peut acquérir la même si moyennant facilité à peindre sur le papier, je ne vois pas qu'à dessiner on pourrait faire à cette pratique, ni pourquoi quelle objection l'on serait obligé de faire par parties ce qu'on peut faire tout ensemble. Si nous jetons les yeux sur les différentes écoles de peinture, et que nous considérions leurs mérites respectifs, nous trouverons que celles qui excellent le plus dans la partie du coloL'école de Venise et l'école Flaris, ont suivi cette méthode-là. au coloris, ont ; mande, qui doivent leur plus grande réputation fourni peu de beaux dessins aux portefeuilles des amateurs. Ceux du Titien, de Paul Véronèse, du Tintoret et des Bassans, sont en général et peu arrêtés. Les croquis légers qu'on a d'eux sur le papier sont aussi rudes que leurs tableaux sont des couleurs. Le Corrège et le parfaits à l'égard de l'harmonie Baroche n'ont laissé que peu ou point de dessins terminés ; et dans l'école Flamande, Rubens et Vandyck ont fait presque tous leurs dessins coloriés ou en camaïeu. Il est aussi commun de trouver des études des peintres vénitiens ou flamands sur de Rome on de Florence sur papier. toile, que des peintres Ce n'est pas qu'on ne vende beaucoup de dessins terminés sous les noms de ces maîtres ; mais il n'est pas douteux que ces
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ou de leurs élèves, qui pièces émanent ou de leurs graveurs, ont copié leurs ouvrages. ces principes, J'ai hasardé de vous présenter fruits de mon des opinions ; mais comme ils s'écartent expérience beaucoup et suis prêt à reçues, je ne les présente pas sans défiance, les corriger si l'on m'en propose de meilleurs. Il en est un cependant sur lequel je suis bien sûr de n'encourir de contradiction des que de la part des orgueilleux" et des paresseux. Je ne crains pas de le répéter : ignorants veillez à ne pas être tenu dans une espèce de dépendance de Si vous avez de grands talents, l'apvos qualités naturelles. les perfectionnera; si vous n'avez que de moyennes plication Il n'est rien à quoi ne aptitudes, l'application y suppléera. ( puissent atteindre des efforts bien dirigés, et sans ces efforts on n'obtient rien. Sans entrer ici dans la discussion métaphydu génie, j'ose assurer sique de la nature ou essence qu'une assiduité jointe à un désir ardent de l'objet qu'on courageuse des effets pareils à ceux de ce que pluproduira poursuit, sieurs vantent sous le nom de facultés naturelles. ne soit pas possible de peindre ou de dessiner Quoiqu'il en tous endroits et en tout temps, cependant l'esprit peut à sa préparation, pourvoir partout et toujours par la récolte des matériaux Tite-Live et Plutarque qui lui sont propres. nous présentent à propos de Philopoemen, qui fut un des plus de l'antiquité, le tableau frappant d'un esprit grands généraux tendu aux choses de son état, et qui, par cette assitoujours à cette excellence attendent en duité, parvient que d'autres vain toute leur vie de la nature. Je vais citer au long le pasmieux que ce passage de Tite-Live 1, rien ne se rapportant au peintre, au sculpsage à la pratique que je recommande teur, et à l'architecte. « Philopoemen avait une adresse et une expérience particuune armée, il y avait lières à choisir le terrain et à conduire formé son esprit en temps de jrnix comme en temps de guerre. Au cours de quelque voyage, s'il arrivait en un endroit dont le i. Ce texte n'est ni de Tite-Live ni de Plutarque. Machiavel en contient un approchant.
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à part lui la nature du lieu passage était difficile, il considérait il demandait à ses amis s'il était seul, et, s'il était en compagnie, au cas que les ce qu'il faudrait faire en des lieux semblables, ennemis s'y présentassent, de front, ou par qu'ils attaquassent ou de côté. Il pourrait arriver, disait-il, que l'ennemi derrière, à se présentât en foule tumultueuse en bataille, ou seulement un donc pendant cause de la nature du lieu. Il considérait moment quel point il occuperait, combien de troupes seraient et de quelles armes il serait utile de se servir ; en nécessaires, quel endroit il mettrait ses chariots, son bagage et la suite de son camp; de quelles forces on aurait besoin pour la garder; s'il continuerait le chemin qu'il aurait pris, ou s'il serait plus de retourner sur ses pas. De même il se demandait avantageux où son camp serait placé avec le plus d'avantage ; combien d'où il tirerait ses retranchements avoir d'étendue; pourraient à quelle heure le lendemain l'eau, d'où le bois et le fourrage, il lèverait le camp ; quel chemin il prendrait comme le plus Il avait assuré; et dans quel ordre il ferait marcher ses troupes. si bien exercé son esprit depuis son enfance par des méditations semblables, dans que rien ne pouvait le surprendre les occasions, qu'il n'eût envisagé déjà et à quoi il ne fût habitué. » Je ne puis, enlisant cela, m'empêcher d'imaginer que je vois un jeune peintre d'avenir tout occupé de son art, également soit chez lui, soit au dehors, soit dans les rues de la vigilant, ville, soit aux champs. Chaque objet qu'il voit lui sert de leçon ; j il ne regarde la nature entière que relativement à son art, et ses beautés ou corrige il examine ses défauts; la combine contenance des hommes sous l'empire des passions ; souvent et les plus difformes ce sont les objets les plus troublés qui lui fournissent les idées les plus agréables; des mauvais tableaux mêmes il tire d'utiles remarques; et, comme l'a conseillé Léonard de Vinci 1, il profite des images fantastiques qu'on voit quelquefois dans le feu, ou qui sont ébauchées dans les d'un vieux mur. décrépitudes i. Traité de la Peinture, eh. XVI.
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dont l'esprit est ainsi meublé d'idées, et dont la exercée travaille avec facilité et par la pratique, ; tandis que celui qui prétend vous faire croire promptitude du génie, ne sait réellement aux inspirations de quelle manière et n'accouche enfin de ses monstres qu'avec peine commencer, et difficulté. Le peintre instruit de principes solides n'a besoin que de réfléchir sur le sujet qu'il veut traiter, mûrement et toutes les parties mécaniques de l'art suivent sans qu'il ait besoin Convaincu de la difficulté qu'il y a à acquérir d'y songer. on ne le voit pas en faire mystère, ce qu'il possède, si ce une plus délicate application. n'est des règles qui requièrent Inaccessible à la jalousie, il ne trouve pas mauvais que d'autres, qui ne se sont pas donné moins de peine que lui, occun'est point pent un rang égal au sien, et comme sa supériorité fondée sur des tours d'adresse, il ignore les tristes soupsans cesse la crainte de çons de ces charlatans que tourmente voir leurs secrets découverts. L'artiste main est
TROISIÈME
DISCOURS
PRONONCÉ A LA DISTRIBUTION
DES RÉCOMPENSES
le itt décembre 1770
DE L'IMITATION DU MODELE. — THEORIE DE LA NATURE GÉNÉRALE Messieurs, Il n'est pas facile de parler comme il faut à un si grand nombre de jeunes différents peintres par l'âge et par le degré d'avancement. une nourriture à L'esprit demande appropriée sa croissance ; les mêmes choses qui ont secondé nos premiers n'avoir en efforts, peuvent pour effet que de nous retarder de la perfection. approchant soins du jeune peintre doivent tendre, Les premiers comme dans un précédent discours, à acquérir l'adresse je l'ai remarqué et ne viser que l'imitation exacte de l'objet qu'il a mécanique, devant les yeux. Ceux qui ont dépassé les premiers éléments, trouveront avantage dans l'avis que je leur ai égalepeut-être des ouvrages ment donné, de faire une étude diligente des ; mais en même temps je grands maîtres nos prédécesseurs me suis efforcé de les mettre en garde contre l'inconvénient d'un seul, quelque excelà l'autorité qu'il y a à se soumettre de ne lent maître que ce puisse être. Je vous ai recommandé étroite de sa manière, de par une imitation pas vous priver, et de la variété de la nature. la richesse Maintenant, j'ajou- I ne doit pas être copiée avec) terai que la nature elle-même 11 y a des beautés dans la nature qui pas-' trop de rigueur.
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sent l'imitation au sens vulgaire du mot; et ce sont ces beautéslà que je veux vous indiquer à présent. Les élèves qui, ayant les exercices traversé de pure imitation, se trouvent plus dans l'art, et, sûrs désormais de leur main, ont le avancés loisir d'exercer leur esprit, doivent qu'un simple apprendre ! copiste de la nature ne produira jamais rien de grand, qu'il jamais les idées, qu'il n'échauffera jamais l'âme du j n'élèvera spectateur. Or c'est à ce but-là que doit tendre l'ambition du véritable : au lieu de chercher à amuser les hommes par une peintre il faut qu'il tâche de les perfectionner d'imitation, gentillesse des éloges par la g-randeur de ses idées ; au lieu de briguer un sens de surface, il doit mériter la renommée en trompant les imaginations. en se soumettant de l'art ne Le principe que j'avance ici, que la perfection est loin d'être nouconsiste point dans une simple imitation, Il est fondé sur l'opinion de tout ce qu'il veau ou singulier. et les rhééclairés. Les poètes, les orateurs, y a d'hommes teurs de l'antiquité ne cessent de confirmer cette proposileur perfection d'une beauté tion, que tous les arts reçoivent idéale supérieure à tout ce qu'on trouve dans une nature individuelle. La pratique des peintres et des sculpteurs de leur celle de Phidias favori de l'antemps, en particulier (l'artiste de ces tiquité), ne cesse d'être citée chez eux en confirmation idées. Comme si ce qu'ils ont connu de son génie ne pouvait suffire à exprimer l'admiration qu'ils en avaient, ils ont recours à l'enthousiasme une inspiration, un poétique ; ils l'appellent don du ciel. Il supposent s'est élevé aux régions que l'artiste célestes, pour remplir son esprit de l'idée parfaite de la beauté. « Celui, dit Proclus 1, qui prend pour modèle les formes que la nature produit, et qui se borne à les imiter exactement, n'attein/ dra jamais à la beauté parfaite. Car les productions de la nature sont pleines de disproportion, et demeurent fort au-dessous du Aussi Phidias, fit son Jupiter 2, t vrai type de beauté. lorsqu'il i. COMMENTAIRE AU TIMÉE,LIV. Il, CITÉPARJUNIUSDE PICTURAVETERUM (Note de l'auteur.) 2. Dans le temple d'Olympie.
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ne copia-t-il aucun objet que la nature lui eût présenté il envisagea seulement l'image, qu'il en avait conçue en esprit d'Homère. » Et Cicéron, parlant du même d'après la description 1 : « Cet dit fit la figure de Minerve 2 artiste, lorsqu'il Phidias, ou de Jupiter, n'avait point en vue quelque modèle que ce fût mais il y avait dans son esprit, dont il aurait fait le portrait; il la contemplait, idée de beauté parfaite, il la une certaine fixait, il réglait sur elle;..§an...art et sa main. » Les modernes ne sont pas moins convaincus que les anciens, de l'art, ni moins sensibles de ce pouvoir à ses supérieur ont des mots propres destinés effets. Toutes les langues à cette perfection : le gusto grande des Italiens, le exprimer beau idéal des Français, le great style, le genius et le lasle des Anglais, ne sont que différentes dénominations de la même chose. C'est cette dignité intellectuelle, disent-ils, qui ennoblit l'art du peintre, entre cet qui met une démarcation art et la pure adresse des mains, et qui enfin produit en un ces grands effets auxquels l'éloquence et la poésie moment n'atteignent qu'à peine avec lenteur et au moyen de la répétition. Telle est la chaleur avec laquelle les anciens et les modernes de ce divin pouvoir de l'art; mais, ainsi que je l'ai parlent l'enthousiasme rarement^le.savoir. produit déjà remarqué, de pareils éloges puissent servir à réveiller l'attenQuoique tion du jeune artiste, et à exciter en lui le désir de courir cette il peut arriver grande carrière, cependant que ce qu'on dit du but. Il exapour l'exciter serve au contraire à le détourner mine son propre esprit, et n'y trouve rien de cette inspiration ont été favorisés. divine dont on lui dit que tant d'autres Jamais il ne s'est élancé vers le ciel pour y cueillir des idées se réduisent tous les avantages à nouvelles, qu'il se connaît et une solidité de jugement. ceux que donne l'observation Devant ce grand éclat de langage figuré, étonné de la splenil tombe donc dans le découragedeur de cette admiration, un objet qu'il regarde comme d'atteindre ment, et désespère de l'effort des hommes. placé au-dessus i. Oraior, chap. IL 2. Dans le Parthénon d'Athènes. 4
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Mais en cette occasion comme en plusieurs autres, il faut savoir garder la mesure de l'enthousiasme, en même temps que celle de la raison. Nous ne défendons pas, nous recommandons même cette force d'expressions vives, indispensable convenable le plus parfait effet de pour rendre avec l'énergie l'art ; mais il faut avoir soin aussi de ne pas perdre, dans des ^ termes de vague admiration, les principes vrais qui seuls peu- j vent servir à asseoir un raisonnement et une pratique. Il n'est pas facile de définir en quoi consiste le grand style dont on parle, et d'indiquer par des paroles les moyens de l'acde l'élève soit en état d'y parquérir, supposé que l'esprit venir. Si l'on pouvait enseigner le goût et le génie par des règles, ils ne seraientplus le goût et le génie. Mais quoiqu'il n'y ait point et qu'il ne puisse pas y avoir de règles certaines invariables ces grandes qualités, cependant pour exercer et pour acquérir il est sûr qu'elles en proportion de l'apopèrent toujours la nature, de l'adresse ! plication que nous mettons à observer | que nous mettons à la choisir, du soin que nous mettons à traiIl y a ter, à réduire en méthode et à comparer nos observations. beaucoup de beautés dans notre art qui au premier abord semblent placées hors de la portée des préceptes, et qui néanmoins se laissent réduire en enseignement de pratique. facilement En tout l'expérience fait tout; mais ce n'est pas à tout le monde et la plupart des hommes se tromque l'expérience profite; pent moins faute de capacité pour trouver l'objet qu'ils recherchent, que faute d'avoir connu lequel ils doivent rechercher. Cette grande idéale, cette beauté, ne doivent perfection pas être cherchées dans le ciel, mais sur la terre. Elles sont autour de nous, à nos côtés. Seulement le pouvoir de découvrir ce termes de parqui est difforme dans la nature, ou en d'autres ticulier et hors règle, ne s'acquiert que par l'expérience. de l'art consiste, Toute la beauté et la grandeur à mon avis, à s'élever au-dessus de toute forme singulière, dans l'aptitude de toute mode locale, de tout ce qui n'est qu'exception et détail. découvrent Tous les objets que la nature nous propose à l'examen leurs tares et leurs défauts. Les plus belles formes
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leurs imperfecont leurs points faibles, leurs mesquineries, tions. Ce n'est pas l'oeil du premier venu qui les saisit. Il faut formé à la contemplation et à la pour cela un oeil longuement de ces formes, et qui, par une longue habitude comparaison d'observer ce qu'une série d'objets de même espèce ont en ce qui manque à commun, a acquis le pouvoir de discerner chacun pris en particulier. Cette longue et laborieuse compa- -y raison doit être la première étude du peintre qui veut atteindre le grand stylé. Par ce moyen il acquiert une juste idée des et l'état imbelles forines ; j.l^orrigeJajatureL par elle-même, parfait de celle-ci par son état plus parfait. Une fois son oeil mis en état de distinguer les défauts, superfétations et difformités accidentelles des objets, de leur conformation générale, il com- \ pose une idée abstraite de leurs formes plus parfaite qu'aucun I original, et, ce qui paraîtra peut-être un paradoxe, il trouve le secret d'un dessin vrai dans la différence même qu'il y a entre ses ouvrages et tous les modèles existants. Cette idée de l'état donne le nom de beauté parfait de la nature, auquel l'artiste sur lequel les oeuvres idéale, est le grand principe directeur du génie sont réglées. L'usage de ce simple principe a produit chez Phidias les ouvrages tant d'enthouqui ont soulevé siasme, et la même méthode peut servir à vous, qui avez le de suivre la même route, pour obtenir la même courage réputation. Voilà l'idée à laquelle on a donné le nom de divine, et qui le mérite sans doute, car on peut dire que, comme un juge sude la prême, elle préside et domine sur toutes les productions nature. En elle habite comme la volonté et l'intention du Créades êtres vivants. L'homme teur, quant à la forme extérieure de cette idée dans sa perqui s'est mis une fois en possession et de fection, ne peut manquer d'en être échauffé lui-même, produire des ouvrages capables d'en réchauffer et d'en ravir les autres. Donc c'est par une expérience réitérée et par une exacte entre les objets de la nature, que l'artiste se rend comparaison maître de l'idée de cette forme centrale, si je puis m'exprimer ainsi, dont les individus ne dévient que pour tomber dans la
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difformité. Mais je puis assurer que la recherche de cette forme est longue et pénible ; et je ne connais qu'une seule manière d'en abréger la route, c'est d'étudier avec soin les ouvrages fi des anciens sculpteurs. de l'école de la Disciples infatigables eux des modèles de nature, les anciens ont laissé derrière cette forme parfaite, que tout artiste rompu à cette contemcomme les plus beaux. Mais si le travail les plation regardera la a conduits si loin, n'avez-vous à espérer pas vous-même même récompense du même labeur? L'école où ils se sont instruits nous est ouverte, et la nature ne refuse ses insl'écoutructions à aucun de ceux qui veulent sérieusement ter. Cette laborieuse recherche paraîtra, je le sais, inutile à ceux qui s'imaginent que tout peut se faire par une chance heureuse et en vertu d'un génie naturel. Le grand Bacon lui-même a jeté le ridicule sur l'idée de soumettre la proportion à des règles, ou de produire la beauté par le moyen du choix. « On ne saurait décider, dit-il 1, lequel est le plus frivole d'Apelle ou d'Alsuivant des y bert Durer, l'un de vouloir faire un personnage l'autre en prenant les meilleures proportions géométriques, de divers visages pour en former un visage parfait. parties Le peintre, doit faire cela par une espèce de ajoute-t-il, et non par des règles. » bonheur, Il est peut-être hardi de mettre en question l'opinion d'un aussi grand écrivain et d'un aussi profond penseur que Bacon. la brièveté Mais il est certain que ce grand homme recherche douteux. avec excès ; à cause de cela son sens est quelquefois | S'il veut dire que la beauté n'a rien à faire avec les règles, il / se trompe. Il y a une règle tirée de la nature en général, qu'on ne peut contredire sans tomber dans la difformité. Quand quelque chose se fait en dehors de cette règle, ce n'est qu'en de quelque autre règle, qui s'exerce en même conséquence temps qu'elle, mais qui ne la contredit pas. Tout ce qui est fait avec certitude est fait d'après quelque principe. Sinon, comment espérer d'y réussir une seconde fois? Si par ce pourrait-on i. Dans son essai de la Beauté. OEuvrescomplètes, 1768, t. I, p. 5o5.
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une chose qui tient de la il faut entendre mot de bonheur tient de naissance et ou que l'homme chance et du hasard, être de l'avis de ce grand qu'il n'a pas acquis, je ne saurais Tout objet qui plaît, ne peut plaire qu'en vertu de philosophe. les objets qui nous : mais comme certain quelque principe sont en nombre presque infini, ainsi le principe varie plaisent ne le fait pas par bonheur sans fin, et celui qui le découvre, mais à force de soins et d'inet en vertu d'un hasard heureux, telligence. que l'idée de la beauté Quant au principe que j'ai établi, on objectera dans chaque espèce d'êtres est invariable, peutil y a différentes être que dans chaque espèce particulière les unes des autres, formes centrales, qui sont distinctes sont belles et qui pourtant incontestablement; que dans la d'Hercule est une la beauté humaine, par exemple, figure une une autre, celle d'Apollon celle du Gladiateur beauté, de la d'idées différentes : ce qui fait autant autre encore beauté. Voici ma réponse. Je conviens que ces figures sont toutes paret de proportion faites dans leur genre, quoique de caractère d'un mais aussi bien aucune n'est la représentation différente; d'une classe. Et comme il elle est la représentation individu, à l'enqui, comme j'ai dit, appartient y a une forme générale de même dans chacune de ces : semble de la nature humaine, abset une forme centrale, classes il y a une idée commune à formes individuelles traite des différentes qui appartiennent et celles de l'âge classe. Ainsi les formes de l'enfance de à l'idée sont particulières générale par rapport il n'y en a pas moins une forme coml'homme; cependant une forme commune mune de l'enfance, de l'âge„vLril.,...dont la •' est d'autant plus grande qu'elle est plus éloignée j perfection individuelles. Mais je dois de plus ' de toutes les particularités ajouter que, quoique les formes les plus parfaites dans chaque de la figure humaine soient idéales et supédivision générale à toute forme individuelle de cette classe, toutefois rieures n'offre la plus haute perfecaucune de ces formes générales soit capable. Elle n'est pas dans tion dont la figure humaine celte viril
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l'Hercule 1, ni dans le Gladiateur 2, ni dans l'Apollon 3, mais dans la forme qui est .prise de toutes et qui participe également de l'action vive du Gladiateur, de la délicatesse de l'ApolCar la beauté parlon, et de la force de muscles de l'Hercule. |l faite d'une espèce doit réunir tous les caractères qui dans cette \i espèce sont beaux. Elle ne peut pas consister en un seul de ces caractères à l'exclusion de tous les pris en particulier, autres ; aucun ne doit prédominer, afin qu'aucun ne fasse défaut. La connaissance de ces différents caractères, et le talent de les distinguer, sont certainement au peintre, nécessaires qui doit varier ses compositions par des figures de différentes et de différentes formes ; quoique jamais il ne proportions doive perdre de vue l'idée générale de la perfection dans chaque genre. Il y a pareillement une espèce de symétrie ou de proportion comme appartenant à la difformité. Une qu'on peut regarder figure trop maigre ou trop grasse, trop longue ou trop courte, en s'écartant de la beauté, conserver une cerpeut néanmoins, taine union entre ses différentes parties, d'où naît au profit de ces figures un certain agrément d'ensemble. assidue a mis l'artiste en Quand une fois une application d'une idée claire et distincte de la beauté et de la /possession 1symétrie, et que les variétés de la nature se sont réduites dans soin son esprit à une idée abstraite de celle-ci, son premier doit être de connaître les vraies façons de la nature, et de les de ceux de la mode. Car de la même manière et distinguer selon les mêmes principes des qu'il a acquis la connaissance de difformités accidenformes réelles de nature, différentes à séparer la pure et simple nature , telles, il faut qu'il apprenne affectées et forcées i de ces airs et de ces attitudes surajoutées, moderne l'a chargée. , dont l'éducation Le meilleur moyen de vous faire comprendre cela, est peuti. L'Hercule Commodeau musée Pie-Clémentin. 2. Le Gladiateur combattant, maintenant au Louvre, alors dans la villa Borghèse. 3. Celui du Belvédère.
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ce que nous a enseigné le professeur être de vous rappeler la position naturelle et le mouvement d'anatomie 1 touchant de les tourner en des pieds. Il a observé que la manière dehors était contraire aux intentions de la nature, comme on des os, et par la faiblesse qui résulte peut voir par la structure de cette manière de se tenir. A cela nous pouvons joindre l'habitude de porter la tête droite, de faire saillir la poitrine, de marcher les jarrets tendus, et plusieurs autres actions semblables que nous connaissons pour être le résultat de la mode, il est sûr qu'il a que la nature n'a jamais avouées, auxquelles fallu nous plier étant jeunes. Je n'ai cité qu'un petit nombre de ces exemples, dans lesà gauchir et à défiquels la vanité ou le caprice ont contribué un gurer la figure humaine ; votre mémoire y pourra ajouter millier d'autres mal comprises à l'effet de pratiques imposées nos coiffeurs, la nature, par nos maîtres' « danser, déguiser dans leurs différentes nos tailleurs, écoles de difformité. et Quelque permission qu'on accorde aux arts d'ornement de luxe de sacrifier à la mode, il faut l'exclure absolument de rart de peindre ; ces bâtards du caprice et de la fantaisie ne doivent jamais être reçus pour les vrais enfants de la nature ; il faut que le peintre se^dépouille de tout préjugé en faveur de son siècle et de son pays, qu'il méprise tous les costumes qui n'aples qu'au lieu et au moment, et regarde seulement partiennent façons .générales qui sont partout et toujours les mêmes, car il aux hommes de tous les pays et de tous adresse ses ouvrages les temps, il demande à la postérité de lui fournir ses spectateurs et dit avec Zeuxis : In aeternitatem pingo 2. • de modernes des En négligeant les habitudes distinguer du corps, on est conduit naturelles à ce style ridifaçons cule que quelques ont pratiqué, peintres quand ils ont donné aux héros de la Grèce les airs et les grâces en usage à la cour de Louis XIV : absurdité presque aussi grande que s'ils les avaient habillés à la mode de cette cour. i. W. Hunier. a. Piapporté par Plutarque dans le De Amicorum multitudine.
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Eviter cette erreur et ne point s'écarter de la vraie simplicité de nature, est cependant une tâche plus difficile qu'il ne peut sembler à première vue. Les préjugés auxquels on nous a habitués à l'égard des modes et des coutumes, et qu'on appelle avec raison une seconde nature, rendent trop souvent difficile de distinguer ce qui est naturel de ce qui vient de l'éducation ; ils nous inspirent une préférence en faveur des modes artiil n'est presque personne ficielles; qui ne soit sujet à suivre ces préjugés rectifié son esprit, et locaux, s'il n'a d'abord et invaréglé le caprice de ses affections par l'idée éternelle riable de la nature. Ici donc, comme précédemment, ayons recours aux anciens pour nous instruire. Une étude diligente de leurs productions' vous rendra capables d'atteindre à la réelle simplicité de la nature ; vous fera remarquer mille choses qui n'auraient pas si vous n'eussiez étudié que la manqué de vous échapper nature. Aussi bien je ne puis m'empêcher de croire qu'à cet égard les anciens avaient la tâche plus facile que les modernes. : leurs Ils n'avaient que peu de chose ou rien à désapprendre moeurs étant comme approchantes de cette précieuse simplicité ; tandis que l'artiste moderne, avant de pénétrer la vérité des choses, est obligé de lever un voile dont la mode du temps les recouvre. sur le ce point nos recherches Après avoir poussé jusqu'à que l'artiste a grand style dans la peinture, si nous supposons trouvé la vraie idée de la beauté, idée par le moyen de laquelle il peut donner à ses ouvrages un dessin correct ôt parfait, si nous supposons des avec cela qu'il a acquis la connaissance le pures façons de la nature, ce qui lui donne- la simplicité, moindre reste de sa tâche sera peut-être beaucoup qu'on communément. La beauté et la simplicité tiennent n'imagine une place si grande dans la composition d'un grand style, qu'à de chose à apprendre. celui qui les a acquises, il reste\peu Cependant n'allons pas oublier qu'il y a une noblesse de conception qui passe tout ce qu'on peut offrir en fait de représentaI tion pure, fût-ce des formes les plus parfaites ; il y a un art d'animer et d'ennoblir les figures par une grandeur intellec-
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d'une sagesse philosotuelle, de leur imprimer l'apparence phique ou d'une héroïque vertu. Ceci ne peut être acquis qu'à celui qui a étendu la sphère de son esprit par une variété de et qui échauffe son imagination au contact des connaissances, meilleures de la poésie ancienne et moderne. productions Une main ainsi exercée et un esprit ainsi instruit ne pourront manquer de porter l'art à un degré de perfection plus haut que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent dans ce pays. Un tel artiste dédaignera les promenades timides de l'art, qui, quelque lucratives qu'elles soient, ne peuvent jamais lui assurer une réputation durable. II laissera penser aux peintres ordinaires tableaux sont ceux qui trompent que les meilleurs le mieux l'oeil du spectateur. Il laissera ces peintres exposer, à l'exemple du fleuriste et de l'amateur de coquilles, les moindres dans une même espèce ! différences par lesquelles un objet se distingue de l'autre ; lui cependant, pareil au phil'abstrait de la nature, et dans chacune losophe, considérera le caractère"' de• l'espèce. de ses figures représentera Si l'art n'avait affaire que de tromper les yeux, il n'y a pas de doute que le peintre des plus petits détails ne fût le plus propre à réussir ; mais ce n'est pas à l'oeil, c'est à l'esprit que le peintre de génie souhaite de s'adresser, et~iTH'y~a~pas de danger qu'il perde un seul moment à ce qui ne sert qu'à amuser les sens, à partager l'attention et à contrarier le grand dessein qu'il forme de parler au coeur. exciter en vous ; et le seul Voilà l'ambition que je voudrais est cette objet que je me suis proposé dans tout ce discours, sa dignité grande et unique idée, qui donne à la peinture véritable, qui lui mérite le nom d'art libéral, et l'élève au rang de soeur de la poésie. Une chose est peut-être arrivée à beaucoup de jeunes étudiants dont l'application était assez grande pour surmonter toutes les difficultés, et dont l'esprit était capable d'embrasser les vues les plus étendues ; c'est que, faute d'avoir été bien ils ont consumé leur existence dirigés dans le commencement, de l'art, sans se douter jamais dans les routes médiocres fort qu'il y en avait une plus noble. Comme le remarque
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été un des Vasari 1, Albert Durer aurait probablement de son siècle (et il vivait à une époque plus grands peintres à cet égard), s'il eût été instruit des 'grands prinprivilégiée et pratiquaient entendaient cipes de l'art que ses contemporains si bien en Italie. Mais n'ayant par malheur jamais connu d'autre comme manière que la sienne, nul doute qu'il ne l'ait regardée parfaite. de peinture dont les prétentions Quant aux divers genres ne s'élèvent pas si haut, ils sont nombreux. Il n'y en a pas un qui n'ait son mérite, quoique aucun ne puisse entrer en conet prééminente de l'art. currence avec cette idée universelle - Les peintres qui se sont appliqués à rendre des caractères bas et vulgaires, ceux qui expriment avec exactitude les différentes nuances des passions telles qu'elles ont lieu chez les hommes du commun, comme on en voit dans les ouvrages d'Hogarth, méritent de grands mais, comme leur génie a été éloges; employé, à des sujets bas et bornés, les éloges qu'on leur donne doivent être limités de même. Les bambochades et les querelles de paysans de Téniers, ^ le même genre de sujets chez Brouwer et Ostade sont excellents en leur genre ; et leur mérite comme la louange qu'on ; en fait seront à proportion que, dans ces sujets bornés et dans \ ces formes particulières, ils auront introduit plus ou moins de des mêmes passions telles qu'elles se montrent l'expression dans la nature prise en général. Ce même principe peut être appliqué aux batailles du Bour2 et aux de Watteau, et même, françaises galanteries guignon si l'on s'avance au delà de la représentation des objets animés, aux paysages de Claude Lorrain et aux marines de Vande ont au titre de peintre le même Velde 3. Tous ces artistes droit en général qu'un satirique, un faiseur d'épigrammes, de ou de poèmes didactiques ont au titre de sonnets, d'églogues bien
poète. i. Ed. Milaaesi, t. V, p. 402. 2. Peintre franc-comtois alors fameux, imité dans le genre des batailles par Parrocel et par Salvator Rosa; de son nom Jacques Courtois, mort en 1676. 3. Guillaume, le premier peintre en ce genre de la Hollande.
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5g Au même rang, et peut-être même avec moins de mérite, se Mais une imitation correcte place le genre froid du portrait. en ce genre a son mérite. Même le peintre de nature etjuste en détail morte, dont la plus haute ambition est de représenter tous les objets qui posent mérite une pour ses pinceaux, à ses effets, parce qu'il n'y a pas de louange proportionnée ornement dans un si haut pointde partie de cet art admirable, la vie des sociétés polies, qui n'ait son prix et son usage. Tou- j tefois ce n'est pas de ce côté que l'esprit de l'élève doit être ] dirigé avant tout. Attaché d'abord à de plus hauts objets, si de lui-même et par inclination ou à cause du goût de son temps et de son pays, ou par nécessité, ou par défaut de suffisance dans de plus hautes ambitions, il est obligé de descendre auune grandans cette sphère inférieure dessous, il apportera deur de composition et de caractère qui relèvera ses ouvrages beaucoup au-dessus de leur rang naturel. Un homme peut n'être pas faible, encore qu'il n'ait point assez de force pour manier la massue d'Hercule ; et de plus il est vrai de dire que l'on ne fait pas toujours ce qu'on comme le plus louable, mais ce qu'on juge pouvoir regarde faire le mieux. Dans les genres moyens, plusieurs voies diffé-. rentes sont ouvertes au peintre; mais comme l'idée de la ne saurait être qu'une, il ne peut, beauté, de toute nécessité, y avoir qu'une seule grande manière de peindre ; et c'est le principe qui y conduit que j'ai essayé d'expliquer. Je serais fâché si ce que je recommande était le moins du monde entendu comme un encouragement à une manière de Car, quoique le peintre ne peindre négligente et indéterminée. doive pas s'arrêter de la nature, aux différences accidentelles il n'en doit pas moins représenter distinctement et avec précision les formes générales des objets. Un contour ferme et bien décidé est un des caractères du grand style en peinture ; et j'ajoute exacte des que celui qui possède la connaissance formes que doit avoir chaque partie de la nature, s'empressera de montrer cette connaissance avec correction et précision dans tous ses ouvrages. Je conclus. Mon dessein a été de réduire l'idée de la beauté
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à des principes ; et j'ai eu le plaisir de voir que le généraux de peinture 1 a suivi la même méthode, en vous professeur montrant du contraste n'est fondé que sur un que l'artifice seul principe. Je suis convaincu que c'est là l'unique moyen d'avancer la science, et de soulager l'esprit d'un amas confus d'observations contradictoires, qui ne font qu'embarrasser s'il se de les comparer, ou l'égarer l'élève, s'il entreprend livre absolument à leur autorité ; les ramasser dans un prinest le seul moyen de mettre en repos un esprit cipe général curieux, et de satisfaire à ses besoins. i. Ed. Penny.
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A. LA DISTRIBUTION ie n
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DU GRAND STYLE ET D'UN STYLE DECORATIF FONDÉ SUR UNE IDÉE MOINS GÉNÉRALE DE LA NATURE Messieurs, de art est en proportion et le rang de chaque Le mérite de plaisir qu'il ou du degré l'effort d'esprit qu'il demande, Selon qu'on observe plus ou moins ce prindonne à l'esprit. soit un est estimée soit un art libéral, cipe, notre profession Entre les mains de l'un elle élève les plus métier mécanique. facultés ; aux plus nobles et s'adresse prétentions grandes de entre les mains d'un autre elle est réduite à une matière aux proporet la fonction du peintre descend pur ornement, de nos appartements. d'un embellissement tions modestes Cet effort de l'esprit, qui véritablement unique circonstance notre art, fait la grande différence ennoblisse qu'il y a entre J'ai observé dans l'un de l'école Romaine et l'école Vénitienne. en forme parfaite s'obtient discours mes précédents qu'une que les idées générales; rejetant les détails et en ne retenant démontré de prouver maintenant que ce principe, j'essaierai métaphysiquement juste, s'étend à toutes les parties de l'art, dans la compoqu'il donne le grand style dans l'invention, et même dans le coloris et dans l'art i sition, dans l'expression, ] de draper. L'invention
dans la peinture
ne comprend
pas l'invention
du
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fourni par la poésie ou par sujet, celui-ci étant communément l'histoire. Quant au choix, un sujet n'est bon que s'il excite un Il faut que ce soit quelque intérêt tantôt général. exemple tantôt d'une souffrance d'une vertu magnanime, Il héroïque. faut que dans l'action ou dans l'objet, il y ait quelque chose où en général, et dont s'émeuve les hommes soient concernés vivement la sympathie publique. il n'y a pas de sujet dont l'intérêt Rigoureusement parlant, à peine y en a-t-il dont l'intérêt soit universel; être puisse et des caractères réputé général ; mais il y a des événements si universellement connus dans tous les pays où notre art est comme propres à notre recherché, qu'on peut les regarder Tels sont les grands événements de l'histoire et j objet. et romaine, de la fable grecque que les études de la jeunesse et la suite des communes lectures rendent familiers et intéde l'Europe, ressants à tous les peuples sans qu'ils soient avec les moeurs vulgaires d'audégradés par un rapprochement cune nation. Tels sont aussi les sujets que fournit l'Écriture ] sont resSainte, qui, outre qu'ils sont généralement connus, qu'ils ont avec notre religion. pectables par le rapport Comme il faut que le sujet qu'on choisit soit généralement connu, il n'est pas moins nécessaire qu'il soit tenu libre de tout ce qui partagerait l'attention du spectateur. Quand on vous chacun se forme dans l'esprit une idée de raconte une histoire, l'action et de l'expression des personnages qui y ont part. Le! talent de représenter cette imagination sur la toile, est ce qu'on appelle invention chez un peintre. Et comme dans l'idée \ n'entre qu'on se fait ainsi, l'esprit pas dans tous les petits du meuble détails du vêtement, ou de la scène, de même veut représenter le sujet, il veille à ce que quand le peintre ne frappent pas plus le spectateur ces circonstances qu'elles ne l'ont frappé lui-même quand il a conçu son sujet. Je suis prêt à convenir de quelques que la représentation a souvent pour effet de donner un air de détails particuliers et d'augmenter vérité à un tableau, l'intérêt beaucoup qu'on y prend. On ne doit pas rejeter tout à fait ces détails ; mais s'il chose dans l'art qui demande de la délicatesse, y a quelque
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d'un moyen qui, selon la discrétion c'est l'économie qu'on aide si fort à la vérité, ou rabaisse si fort met à le choisir, la grandeur. la plus dangereuse et qu'on comQuoi qu'il en soit, l'erreur est du côté d'un excès de détail ; / met le plus communément, ainsi c'est au défaut dans lequel tombent, plus de peintres L'idée générale est qu'il faut qu'on porte le plus d'attention. du but auquel nous tendons. Toutes les petites l'essentiel choses, quelque parfaites qu'elles soient à leur manière, doivent sans pitié aux grandes. L'artiste ne se demanêtre sacrifiées sans trop de dera pas quelles sont celles qu'il peut admettre blâme ; il ne pensera pas faire assez si celles qu'il admet peuvent y être ; il faut pour son bon renom qu'elles ne puissent la perpas ne pas y être, que, faute de les avoir représentées, fection du tableau eût étémanquée. au principal un second C'est ainsi qu'en ajoutant groupe et une seconde ou troisième masse de ou un troisième, il est essentiel de prendre lumière à la principale, garde que subordonnées ne contrarient ces actions et ces lumières point, soit toutes en particulier, ensemble soit chacune par leur : il faut seulement ou la lumière somme, l'action principale sans elles. fassent partie du tout, qui serait imparfait qu'elles à tous les genres de peinture. Cette règle peut être appliquée Dans le portrait même, la grâce, et j'ose dire la ressemblance, de la physionomie, consistent plus à saisir l'air général que exacte de chaque trait. dans une imitation De même, il faut que les figures se trouvent placées sur un sol, qu'elles soient drapées, qu'il y ait un fond, qu'il y ait des il ne faut pas qu'aucune de jours et des ombres ; cependant du peintre ; il semble avoir détourné l'attention ces parties de manière à ne pas s'emparer faut qu'elles soient ménagées En faisant l'analyse d'un tableau, nous de celle du spectateur. assez la difficulté qu'il y a eu pour un peintre à reconnaissons et les masses de lumière ; ajuster ensemble le fond, les draperies de la grâce et de l'effet nous savons qu'une part considérable du morceau tient à cela ; mais cet art est si bien caché, même à un oeil habile, qu'il ne reste aucune trace de ces parties se-
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condaires dans la mémoire, quand on n'a plus le tableau sous les yeux. Le grand but de l'art est de frapper l'imagination. Le peintre, à cause de cela, doit éviter de montrer les moyens qu'il y emploie; .le; spectateur doit seulement en éprouver le résultat. Un artiste ordinaire ne. veut pas qu'aucune partie de ses peines soit ignorée du spectateur. Il prend autant: de soin de faire les . parties de ; son travail, . que le secondaires^ apercevoir en met,aies Cacher. Dans les ouvragés grand.artiste d'espèce tout .apparaît .comme étudié et chargé ; tout est vaninférieure, terie et affectation. Lès ignorants sortent.de voir ces.peintures à la bouche et le vide dans l'âme. l'admiration Mais il ne suffit pas que dans l'invention l'artiste restreigne et tienne :au:seçondrang,toutes; les. parties inférieures de son sujet ;-il est également nécessaire qu'il s'écarte, quelquefois de la vérité historique, en recherchant la grandeur de: la composition. ? On peut voir par les Cartons de Raphaëll à quel point le de ses sectateurs une conception et une grand style.exige repi'ésentati.oh poétique affranchie du joug étroit des faits. Dans tous les tableaux où le maître a représenté les Apôtres,, il les a dessinés avec une grande noblesse, if leur a donné toute la dont la nature humaine est susceptible; dignité cependant l'Écriture. Sainte rapporte expressément qu'ils n'avaient point cette apparence et saint Paul en particulier dit de respectable, lui-même que son apparence était médiocre. On dit qu'Alexandre était petit ; cependant ce. n'est pas :ainsi qu'un peintre doit le représenter. était petit, estropié et de mauvaise Agésilas mine; aucun de ses défauts ne doit se montrer dans un tableau dont:il; est le héros. Je me conforme à l'usage en donnant à ce on devrait l'appeler poégenre le nom de peinture historique, elle est en effet, tique, et poétique un .fait; c'est prendre une Tout ceci n'est pasdénaturer liberté poétique conserve la permise. Un peintre de portraits i. Pour la tenture Valicane des Actes des Apôtres; gardés en ce temps-là au château d'Hamptoncourt, aujourd'hui au musée de Kensington.
PI. 3.
photoÀlinarl. GOLIATH. IÎKHMN. DAVlDM^çlwBATTANT à liomo.) (VillaBorghôSO
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individuelle ressemblance ; un peintre d'histoire montrel'homme en montrant ses actions. Aux impuissances essentielles de son art il faut que le second porte remède. Il né saurait faire entendre qu'une phrase, il ne représente qu'un seul instant; il ne peut pas, comme fait le poète ou l'historien, et s'étendre inculquer une grande vénération pour le héros ou pour le saint et nous faire savoir en même temps que le qu'il représente, saint était difforme et le héros boiteux. Le peintre n'a pas d'autre moyen de donner une idée de la dignité morale, que cette apparence extérieure des d'employer que la grandeur pensées imprime en général, quoique non pas toujours, à la et de supposer cet accord de la figure avec,les. physionomie, ...sentiments et avec la situation, désire et qui que chacun Le peintre, manque quelquefois. qui fait à cet égard tout ce son art, qu'il veut, doit profiter en cela de ce que permet puisqu'il y a du reste tant d'effets de la véritable grandeur qu'il ne peut rendre. Il ne peut pas faire parler son héros en grand homme; ainsi il faut qu'il soit rompu à l'analyse des circonstances dont se compose dans la vie réelle la dignité des apparences. Ce n'est pas dans l'invention c'est encore dans seulement, Il ne faut donner l'expression qu'il faut éviter les. minuties. aux figures en général la que les expressions que produit situation de chacune. Et cela ne suffit point : chaque peraux sonnage doit avoir l'expression qu'on voit ordinairement de son rang. La joie et la douleur d'un perpersonnages noble ne doivent pas être exprimées de la même sonnage manière que les mêmes passions dans un visage vulgaire. D'après ce principe je remarque que le Bernin mérite peut- J être quelque censure. Ce sculpteur, admirable à beaucoup a donné une expression fort commune à son David 1, d'égards, au moment de lancer la pierre avec sa qu'il a représenté avec plus d'énergie, il lui a fait fronde; afin de le représenter mordre sa lèvre inférieure. Cette expression est loin d'être une expression plus loin encore d'être une expresgénérale, i. Visible à la Villa Borghèse.
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sion noble. Il a pu en voir un ou deux exemples, et il a pris l'accident pour la règle. Quant au coloris, quoique cette partie de la peinture puisse ne paraître d'abord que purement elle a mécanique, cependant sur le principe ses règles, et celles-ci fondées général qui, dans l'étude du peintre, règle à la fois le grand et le petit. C'est son premier effet; et selon parle coloris qu'un tableau produit dans une galerie, qu'il est obtenu, l'amateur qui se promène ou passe. Pour faire à première vue un effet de grans'arrête des petits et futiles j deur, il faut que le tableau soit débarrassé de lumière, et d'une trop grande variété de teintes.I accidents La tranquillité et la simplicité doivent régner par tout Fou-' vrage,etune largeur de couleur uniforme contribuera beaucoup à cet effet. Le grand effet s'obtient de deux manières différentes, entièrement qui paraissent opposées l'une à l'autre : l'une consiste à réduire les couleurs à un peu moins que le camaïeu, ce | qui a été souvent la pratique de l'école de Bologne ; l'autre à user de couleurs et tranchantes, comme nous voyons vigoureuses dans celles de Rome et de Florence ; dans l'un et l'autre cas ceest la simplicité. D'une part, pendant le principe fondamental rien n'est plus simple que la monotonie, et de l'autre il n'est pas moins certain que le bleu, le rouge et le jaune purs et distincts de l'école Romaine et qu'on voit dans les draperies de l'école n'offrent Florentine, quoiqu'ils pas cette espèce d'harmonie que donnent des teintes variées, rompues et transont cet effet de grandeur que nous voulons. Peut-être parentes, que ces couleurs pures et distinctes frappent l'esprit avec plus de force, à cause du peu d'union qu'il y a entre elles, comme une musique guerrière, faite pour réveiller les grandes passions de l'âme, tire son effet de passages fortement marqués d'une note à l'autre, tels que ce mode de musique le demande ; à émouvoir au contraire celle qui est destinée des passions de tons qui se fondent est composée insensiplus douces, blement l'un dans l'autre. Le soin que prend le peintre d'histoire d'éviter les détails il le met aussi à ne point dégrader ses concepdes couleurs, minutieuse aux différences de drapetions par une attention
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au style ries. La variété dans les espèces d'étoffes appartient Dans le grand style, les étoffes ne sont ni laine, ni inférieur. ce n'est toile, ni soie, ni satin, ni velours : c'est de la draperie, rien de plus. L'art de jeter les draperies et d'en disposer lés de l'étude du peintre. Les plis, fait une partie importante faire seulement ressemblantes à la nature, est une opération mécanique qui ne demande ni génie ni goût ; tandis qu'il faut le plus exquis pour disposer la draperie le jugement de façon eux une communication que les plis aient entre aisée, et l'un de l'autre avec cette négligence naturelle qu'ils naissent en même temps qu'ils laissent qui paraît l'effet du hasard, les formes de la figure avec le plus grand apercevoir
\
avantage. Carie Maratte assurait que le jet des draperies était un art la figure même, et qu'il plus difficile que celui de dessiner était plus facile d'enseigner le premier : que le second des règles aussi parce qu'on ne pouvait pas donner, disait-il, certaines de la façon de draper que de celle de dessiner correctement les formes. J'ajoute que cela est peut-être une preuve de la préférence qu'on donne toujours à la chose dans laquelle on réussit le mieux; car on dit que Carie Maratte se regardait comme particulièrement habile dans cette partie de l'art. Et son jet de draperie semble trop l'effet de l'artifice cependant de Raphaël dans cette pour ne pas mettre ce peintre au-dessous à sa réputation. partie même de l'art qui a le plus contribué Tel est le principe fondamental sur lequel nous devons nous conduire dans les branches les plus nobles de l'art. C'est sur ce principe que l'école de Rome, celle de Florence \ et celle de Bologne, ont fondé leur pratique ; c'est par là qu'elles ont remporté le prix. Ce sont là les trois grandes écoles du monde dans le style épique. Poussin, Lesueur et Lebrun, V de l'école Française, se sont qui sont les meilleurs peintres formés sur ces modèles, et partant être regardés, peuvent comme une colonie de l'école Français, quoique Romaine.. bien différent, Après ceux-là, mais dans un geni^e. d'excellence nous pouvons placer l'école de Venise en même temps que la\ Flamande et la Hollandaise, toutes trois professant de renon-1
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cer aux plus grands desseins de la peinture et recherchant les applaudissements par des qualités inférieures. Je n'ignore me blâmeront de placer les pas que beaucoup Vénitiens dans cette classe inférieure, et que plusieurs amateurs et non des moins zélés de l'art de peindre trouveront que : mais je demande qu'on nie comje les déprime injustement prenne bien. Quoique je ne puisse absolument pas compter cette école dans la catégorie la plus noble, cependant le but s'est proposé n'a pas laissé chez elle d'être parfaiqu'elle tement atteint. comme l'élégance est tout ce Seulement, et qu'elle paraît s'appliquer qu'elle recherche, plutôt à fasciner qu'à émouvoir, on ne peut pas regarder comme injurieux la méthode qu'elle suit comme bonne pour elle de présenter seulement pour cette fin-là. N'oublions pas que ce qui relève la sublimité. Il y a une simplicité, l'élégance peut dégrader et je puis dire une sévérité dans la grande manière, qui, avec un style destiné je le crains, est comme incompatible surtout à se faire entendre des sens. et d'autres de l'école de Venise, vv Le Tintoret, Paul Véronèse semblent n'avoir peint que dans le dessein d'être admirés pour leur adresse et pour l'habileté dé leur pinceau, et pour cette parade de l'art que le grand style, comme je l'ai remarqué plus haut, commande à ses sectateurs de cacher. A une conférence de l'Académie de Peinture, à française assistaient Sébastien Bourdon et tous les Lebrun, laquelle éminents artistes du temps, un des académiciens demanda le sentiment de la compagnie sur la conduite de Paul Véronèse, qui, malgré la grandeur de sa réputation, avait, contre ' aArec les règles de l'art, représenté Persée et Andromède la principale On ne donna point de figure dans l'ombre. à cette question. Cependant j'oserai dire réponse satisfaisante la classe à laquelle que, si l'on avait considéré appartient l'artiste et qu'on eût bien voulu le juger en tant que peintre Ce décorateur 2, il n'aurait pas été difficile de répondre. i, En ce temps-là chez le Roi, maintenant au musée de Rennes, n° 10 du catalogue. 2. Ornamcntal painter. Parlant du style plus loin et à mainte reprise, il dit
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69 ne saurait être dans les effets. qui n'est pas dans l'intention un effet de ! n'était Celle de Paul Véronèse que de produire il ne pouvait manquer d'y sacrifier tout le reste, clair-obscur; de ce tableau convient très et la composition irrégulière bien au style que cet artiste a professé.. séLes jeunes sont sujets, il est vrai, à se laisser esprits et celui des Vénitiens duire par cette sorte de style_éclatant, est particulièrement Chez eux toutes les parties de, agréable. les sens, ont ! l'art qui donnent du plaisir aux yeux et charment Les été cultivées avec soin Jet portées presque à la perfection. facultés que met en exercice la partie mécanique de l'art, ont été appelées le langage du peintre ; mais il faut convenir que seulement c'est une pauvre éloquence que celle qui montre Les mots doivent être employés sait parler. que l'orateur comme moyens, non comme fin ; le langage est l'instrument, est l'oeuvre. la conviction le langage du j donc que ces maîtres Convenons possèdent même en cela ne dissimulons pas qu'ils ont peintre. Cependant montré plus d'abondance que de choix, et plus de richesse que Si on considère le peu d'intérêt de leurs sujets, ^ de jugement. ou le peu d'intérêt tout au moins de la manière dont ils les ont "" au caprice de leur composition, à traités, si l'on fait attention et affectés dans les figures comme leurs contrastes violents et en dans le clair-obscur, à la richesse de leurs draperies même temps à l'effet mesquin que causent leurs différenciations si à cela on ajoute leur négligence totale de l'expresd'étoffes, et à la science sion ; si ensuite on fait réflexion aux inventions à la simplicité de Raphaël, de Michel-Ange, on verra qu'entre aucune comparaison. les uns et les autres il ne peut subsister et la Même à l'égard du coloris, si l'on compare la tranquillité ! chasteté du pinceau Bolonais au tumulte et au fracas qui l'emsans que le toutes les parties d'un tableau vénitien, plissent leur moindre les passions, effort y soit joint pour intéresser sans effet, « une talent vanté ne paraîtra plus qu'une agitation ornamental style. Jansen traduit par « peintre d'apparat, style d'apparat ». Ce mot est vague : le vrai sens est « peintre décorateur, style décoratif », opposé à style expressif.
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contée par un fou, pleine de tapage de fureur et qui ne 1 ». rien signifie C'est se tromper tout à fait que de croire que le grand style être heureusement uni au style décoratif, et que la pourrait de Raphaël aller dignité simple, grave, majestueuse pourrait et d'un Tintoret. avec le brillant et le fracas d'un Paiil Véronèse Les principes par lesquels on arrive à l'une et à l'autre manière, sont si contraires les uns aux autres, que je les regarde comme incompatibles : étant aussi impossible, selon moi, que ces styles existent ensemble, qu'il l'est de réunir en même et les idées dans l'esprit la plus matérielle sensualité temps les plus sublimes. Les sujets des peintres Vénitiens sont en général de nature à admettre un grand nombre de figures ; comme les banquets, les noces, les processions, les martyres et les miracles. Je suis persuadé si nous pouvions demander que Paul Véronèse, son avis, dirait qu'il n'y a de sujet pour un tableau d'histoire, entrer au moins quarante que celui où peuvent figures ; un au peintre d'étaler son plus petit nombre ne pouvant permettre talent dans la composition, son adresse à disposer et à ménaet les groupes de figures, à introger les masses de lumière duire une grande variété de costumes et de caractères orientaux couverts de leurs riches étoffes. Mais il en est tout autrement avec un élève des écoles de Carrache trouvait grand style. Annibal que douze figures suffisaient pour un sujet ; son idée était qu'un plus grand nombre n'a d'autre effet que d'emplir ne la toile, le surcroît fournissant à l'action principale que de froids spectateurs, son expression, des figures à louer. En ou, pour employer outre il est impossible qu'un tableau composé de tant de parà la granties, ait cet effet d'unité d'ensemble indispensable deur du style. Quoiqu'il soit vrai en géométrie que plusieurs petites parties forment un grand tout, cela n'a pas lieu en fait de goût. Le sublime imprime tout de suite une grande idée dans l'imagination, son effet se produit tout d'un coup ; un
fable
i. Shakespeare dans Macbeth, a. V. se, 5.
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au contraire peut être produit effet d'élégance par la répé-l de plusieurs petits détails. tition, par l'accumulation Quelque grande différence qu'il y ait à l'égard de la composition entre l'école de Venise et les autres écoles d'Italie, celle Il qui résulte de leur coloris n'est pas moins considérable. faut avouer qu'à cet égard les peintres Vénitiens font preuvej d'un talent extraordinaire ; cependant ce talent même ne convient pas au grand style, de la manière dont ils l'ont employé. Leur coloris n'est pas seulement trop brillant, il est, j'oserai) dire, trop harmonieux pour produire cette solidité, cette tenue,; etl d'effet que les sujets héroïques cette simplicité demandent, que seules de simples et graves couleurs peuvent donner à s'il en est besoin, la préune oeuvre. Une autorité confirmera, le coloris caution avec laquelle on doit étudier vénitien, c'est la plus quand on veut tenir la grande route de l'histoire; Cet homme grande autorité de toutes, celle de Michel-Ange. merveilleux, après avoir vu un tableau du Titien, dit à Vasari, qui était avec lui, que « le coloris et la manière du Titien lui plaisaient beaucoup » ; mais il ajouta ensuite qu' « il était bien n'apprissent pas dans dommage que les peintres Vénitiens et qu'ils ne suivissent leur jeunesse à dessiner correctement, l ». d'étude méthode une meilleure pas les peintres de On voit par là que, suivant Michel-Ange, sur le attention l'école de Venise, en portant leur principale la beauté idéale des formes, ou la concoloris, négligeaient venance de l'expression. Mais si un tableau du Titien a donné lieu à ce reproche et de sévérité ne tomgénéral, avec combien plus de justesse Ici, berait-il pas sur Paul Véronèse et surtout sur le Tintoret! 2 sur le de de citer Vasari me ne l'opinion dispenser je puis style et sur la manière du Tintoret. « De tous les génies extraordinaires, dit-il, qui ont pratiqué l'art de la peinture, il n'y en a point eu de pareil au Tintoret, pour les inventions désordonet fantastisques, nées, capricieuses, pourl'impéextravagantes 1. Rapporté par Vasari lui-même, éd. Milanesi, t. VII, p. 447- L'auteur a donné le texte italien en note. 1. Ed. Milanesi, t. VI, p. 587. L'auteur a donné le texte italien en note.
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de son exécution ; ses idées singuet l'audace furieuse et ses ouvrages outrent le l'extravagance, paraissent du hasard, plutôt que le fruit d'un dessein formé ; produit comme s'il avait voulu convaincre le monde que l'art n'est sans peine. » qu'une futilité, et qu'on y peut atteindre Quant à moi, quand je parle des peintres Vénitiens, je veux bien qu'on sache que je n'ai en vue que Paul Véronèse et le non pas le Titien; car quoique son style ne soit pas Tintoret, aussi pur que celui de plusieurs autres maîtres de l'Italie, il y a cependant chez lui une espèce de dignité sénatoriale, qui, mal venue dans ses imitateurs, quoique paraît extrêmement convenir à lui. Ses portraits seuls, par le caractère simple et noble qu'il leur a donné, lui mériteront toujours la plus grande et en effet chacun convient qu'il est au premier considération, rang dans cette branche de Fart. Ce n'est donc, pas contre le Titien que je vous conseille de vous mettre en garde, mais contre les qualités séduisantes des deux autres. On peut dire de ces deux maîtres qu'ils ont épuisé toutes les fleurs de l'éloquence la jeunesse pour débaucher et l'inexpérience à eux qu'il faut s'en ; et c'est certainement et les protecteurs de l'art ont si les connaisseurs prendre, détourné leur attention, ainsi que les artistes eux-mêmes, de ces beautés sublimes dont l'art est susceptible, et qu'on doit attendre et réclamer de toutes les grandes productions. Par eux, par leurs imitateurs, un style purement décoratif s'est : Rubens l'a porté en répandu par toute l'Europe et Lucas Giordano en Espagne Vouet en France, et Flandre, à Naples. L'école de Venise est certainement la plus brillante de toutes! et ce n'est pas sans raison celles qui ne visent qu'à l'élégance, de cette école de second rang ouvrages que les meilleurs de ceux du second ordre des écoles qui sont prisés au-dessus sont au-dessus d'elle : car toute peinture est de prix quand, elle a l'excellence dans son genre ; avec un caractère déterminé, se laissent éblouir mais il ne faut pas que les jeunes artistes imiter ce qui pourrait à la par cet éclat, au point de vouloir de la perfection. On a souvent entendu dire à finies détourner
tuosité lières
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« que fixé sur le sublimé, Poussin, dont l'oeil était constamment cette application singulière (au coloris) n'était qu'un obstacle de parvenir au véritable but de la peinture, et pour empêcher au principal que celui qui s'attache acquiert par la pratique une assez belle manière de peindre J ». faille convenir le Quoiqu'il qu'un bel accord des couleurs, brillant des teintes, une douce gradation de l'une à l'autre, offrent à l'oeil ce qu'un concert de sons harmonieux offre à il est nécessaire de se rappeler l'oreille, que le plaisir des\ Un mérite de ce genre, quoiyeux n'est pas toute la peinture. est faible que fort à sa place là où on ne vise qu'à l'élégance, et mérite peu d'estime quand l'ouvrage aspire à la grandeur et à la sublimité. Les mêmes raisons que j'ai alléguées pour montrer qu'un du style vénitien ne saurait perfectionner le grand mélange à l'école Flamande et à la Hollan-/ style, servira relativement daise. Et de fait, l'école Flamande, dont Rubens est le chef, a\ été formée sur celle de Venise. Comme les Vénitiens, Rubens j a pris trop indifféremment ses modèles dans les gens qu'il avait sous la main; mais il faut convenir, en faveur de l'école de Venise, que Rubens est encore moins châtié, et qu'il a portél au plus grand excès tous leurs défauts. Aussi bien, dans l'école Vénitienne errent tous par la même même, dont les peintres dans les effets. Celle qu'il y a entre cause, il y a de la différence Paul Véronèse et Bassan, ne paraît consister en autre chose sinon que le premier a introduit des gentilshommes dans ses et le second des paysans du district de Bassano, peintures, et de prophètes. auxquels il a donné les noms de patriarches Les peintres Hollandais tiennent encore plus du lieu. Leurs tableaux d'histoire ne sont à proprement parler que leurs et soit qu'ils représentent ou l'exl'intérieur propres portraits; térieur de leurs maisons, on y voit toujours les hommes de i. Paroles dont Philippe de Champaigne attribue le sens à Poussin (Conférence à l'Académie, 12 juin 1672). Reynolds a donné le texte en note. Il traduit « assez belle manière de peindre » par « reasonably good method of colouring », qui fait un très bon commentaire. Le texte donné par M. Fontaine (Conférences inédites de l'Académie, p. i3) offre des variantes.
DISCOURS QUATRIÈME 74 dans les occupations du pays, soit à travailler, leur nation Tant s'en faut que soit à boire, soit à jouer ou à se battre. les détails des tableaux de cette espèce donnent une idée généon y voit toutes les rale de la vie de l'homme ; au contraire d'une nation dont les moeurs diffèrent menues particularités Ne leur refusons en divers points du reste de l'espèce humaine. Les peintres leur part d'un éloge plus modeste. pas pourtant dans leur genre ; ils deviennent de cette école sont excellents ridicules ils se prennent à l'histoire seulement avec quand et qu'ils dégradent de grands leurs principes ravalés, sujets des caractères qu'ils peignent. par la trivialité " adresse une certaine faculté mécaUne certaine inférieure, c'est apparemment de quoi ils ambitionnique extraordinaire, nent d'être loués. Ainsi nous voyons que cette école est seule non telle qu'elle se à représenter la lumière d'une chandelle, montre à nous de nuit, mais rouge et telle qu'elle éclairerait dans les objets pendant le jour. De tels artifices, pardonnables un style où l'on ne cherche que de petits effets, ne peuvent être ne doit jamais être excusés dans le grand style, où l'attention mais être entièrement distraite occupée par des bagatelles, par le sujet même. Les mêmes principes locaux qui caractérisent l'école Hollandaise, s'étendent jusqu'à ses tableaux de paysage ; et Rubens luide paysages, a quelquefois même, qui a peint beaucoup péché en ce genre sont, je crois, toujours par là. Leurs productions d'un certain et chacun dans son la représentation endroit, très fidèle, mais très localisé. genre est une façon de portrait Claude Lorrain était convaincu au contraire que de prendre la nature comme on la trouve engendre rarement la beauté. Ses ! paysages sont un composé de diverses esquisses qu'il avait faites de vue. De son côté dedivers beaux sites etpoints auparavant Rubens a corrigé dans quelque mesure le reproche auquel il est et à animer ses paysages, autre«sujet; il a cherché à relever en y introduisant un arc-en-ciel, une d'intérêt, jment dénués de lumière. ou quelque accident singulier On ne peut tempête, de Claude Lorrain douter que la manière doive être préférée en ce qui regarde le choix, par les peintres à paysagistes,
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et de la Hollandaise celle de l'école Flamande ; puisque la vérité de cette manière est fondée sur le même principe grâce auquel obtient la perfection des formes; mais il le peintre d'histoire n'est pas aisé de décider si le peintre a le droit paysagiste d'aller jusqu'à ce que les peintres accidents appellent rejeter de la nature. Il est certain que Claude Lorrain s'est rarement, servi de ces accidents faut-il dire jamais, ; soit peut-être parce qu'il pensait que ces détails ne s'accordent pas avec le soit parce style de la nature prise en général qu'il professait, ils ne détruisissent qu'il craignait qu'en fixant trop l'attention, cette tranquillité et ce repos regardés chez lui comme nécessaires à cette espèce de peinture. Pareillement un peintre de portraits, quand il veut traiter court risque de se livrer trop au détail, s'il ne se tient l'histoire, d'histoire Les têtes de ses figures pas bien sur ses gardes. ressemblent ; comme on voit que trop souvent à des portraits c'était la coutume parmi ces anciens peintres à qui nous devons la renaissance de l'art 1, avant que les idées générales fussent et comprises. Un peintre d'histoire pratiquées peint l'homme en général de portraits un homme ; un peintre particulier, un modèle défectueux. partant Ainsi une pratique habituelle des moindres exercices de l'art, de peintres d'atteindre les plus grands. empêche beaucoup Mais ceux qui marchent dans ces routes plus modestes, a de dignité n'ignorent pas que moins le sujet qu'ils traitent décoratives sont nécesnaturelle, plus les petites ressources saires à son embellissement. Il serait ridicule à un peintre de de portrait, de paysages, ou de nature d'animaux, genre, morte, de dire qu'il a voulu se passer de ces qualités, qui ont ordre. valu une si grande aux écoles du second réputation La beauté du coloris et l'économie heureuse du clair-obscur sont des nécessités de son travail borné. Si nous essentielles continuons de descendre l'échelle des genres, que sera le et sans peintre de fruits et de fleurs sans un coloris parfait, ce que les peintres appellent le faire ; c'est-à-dire une légèreté i. Les prédécesseurs de Raphaël.
DISCOURS QUATRIÈME 76 de pinceau qui suppose beaucoup de pratique et donne l'appade ceux qui sont ici se rence de la facilité ? Quelques-uns 1 suis d'un de fleurs souviennent, sûr, j'en peintre qui se vantait de ne point travailler pour la foule : le goût italien seul était ce qu'il professait, et méprisant la multitude, il en appelait hardiment à l'élite quant à l'admiration Son idée qu'il méritait. du goût italien était de peindre aussi noir et aussi sale qu'il et de laisser le brillant et la fraîcheur des couleurs pouvait, à ceux qui aimaient mieux gagner de l'argent qu'être immortels. L'effet fut tel qu'on pouvait le prévoir. Car ces petits sont essentiels du ici, et sans ce mérite, l'ouvrage avantages peintre ne durera pas même autant que les objets qu'il représente. a de qnoi nous convaincre Ce que je viens d'avancer qu'il y : le grand a deux styles différents dans la peinture 'd'histoire style et le style brillant ou décoratif. Le grand style se soutient par lui-même, et ne demande ou même ne permet des beautés inférieures. Le pas l'addition a aussi son mérite particulier. Et quoiqu'il ne style décoratif soit pas impossible de rassembler ces deux styles dans une il ne faut pas s'attendre espèce de style composite, que ce et troisième seulement l'un des deux autres. L'un égale et l'un et l'autre l'autre être style ont du mérite, peuvent excellents dans leur rang, pourvu que leur essence soit garde la nature n'y soient pas dée, et que les idées particulières confondues Le moindre des styles compris avec les générales. et comme la dans ces catégories est encore difficile à atteindre, première place était déjà occupée par les grands maîtres dans de ceux qui les ont suivis trouvèchacune d'elles, quelques-uns de l'amrent qu'il n'y en avait plus pour eux ; sous l'aiguillon cherchant en même temps bition et par amour de la nouveauté, de sans doute à prendre le chemin le plus court, ils tâchèrent en formant se faire une place entre deux. Ils y sont parvenus une union des différents ordres. Mais de même que le style i. M. Fry propose de reconnaître ici Cooper, mentionné par Walpole (Anecdotes of painting, éd. de 1786, t. IV, p. 110), comme peintre de fruits et do fleurs dans la manière du Caravage, mort en 1743.
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d'une union avec le style et sévère souffrait majestueux de Venise était à quelfleuri, de même le style décoratif qu'on Voulait y intropar la simplicité ques égards dénaturé duire. On peut mettre en fait que le grand style est toujours plus ou moins gâté par les mélanges inférieurs ; mais quant au style du second ordre, il ne laisse pas de faire voir par des exemples en empruntant du grand. C'est ainsi qu'on peut l'améliorer qui veut ennoblir son sujet, n'a pas qu'un peintre de portraits d'une idée généde meilleure ressource que de le rapprocher du visage, rale. Il omet tous les petits défauts et particularités et, dans le vêtement, change la mode du jour en un costume aucune idée commoins éphémère, qui ne rappelle d'aspect familier. Mais si l'on consimune à cause de son caractère comme le seul d'une figure individuelle dère la ressemblance le peintre de portraits sera sujet à perdre objet à poursuivre, à cette dignité prise de la nature généplus qu'il ne gagnera le caractère rale. C'est une tâche très difficile que d'ennoblir sans nuire à la ressemblance, est le d'un portrait laquelle des personnes des exigences objet qui se font premier peindre. le style composite et qui ont Parmi ceux qui ont pratiqué le plus en renom est réussi dans cette entreprise périlleuse, Son style est fondé sur la grâce et sur sans doute le Corrège. chose du modernes, s'ajoute auxquelles quelque l'élégancegrand style. Une lumière et un coloris larges, l'idée générale un contour lié et coulant, tout conspire dans les draperies, son chez lui à cet effet. Venant après le Corrège (peut-être a su donner de la majesté aux gentillesses égal), le Parmesan des formes efféminées en les unissant à la simplicité des anciens, en même temps qu'à la grandeur et à la sévérité de Michel-Ange. convenir Il faut cependant que ces deux hommes extraordinaià donner à leurs oeuvres le plus haut degré res, en cherchant excédé ses limites, et sont de la grâce, ont peut-être quelquefois des défauts haïssables, tombés dans le plus haïssable l'affectala froideur tion. C'est le fait des hommes de génie de redouter de ne s'en croire jamais assez loin. C'est le fait et l'insipidité,
.
78 en particulier gance,
QUATRIEME de ces grands
DISCOURS
maîtres
de la grâce
et de l'élé-
Dans leur grâce bizarre et leurs bonds téméraires, Sûrs d'exciter en nous d'autant plus d'intérêt Que plus ils approchaient des parages qu'on haït 1. ils côtoient le bord du Souvent dans leur course hardie, en prend alarme, ridicule ; le spectateur et en même temps admire leur vigueur et leur intrépidité. les erreurs du génie. Dans les peinCependant pardonnons tres même les plus vantés, aucun n'en a été absolument exempt ; nous ont mis en mesure, par la bonté de leur mais eux-mêmes de rectifier leurs erreurs soit recherchées, générale, pratique Il est certain que les plus grands maîtres soit accidentelles. même n'ont pas toujours été sur leurs gardes ; et il n'y a peutêtre pas de défaut qui ne puisse se couvrir de quelque autorité : mais il ne faut regarder comme parfait que le respectable sont également observés; style où les plus nobles principes Seuls doivent être mis au premier rang les artistes qui ont étendu les limites de l'art, et qui lui ont donné sa plus grande de la nature. dignité en exposant aux yeux les idées générales Chaque art se règle et s'établit en somme sur un seul prinLes ouvrages soit des peintres, soit des cipe fondamental. et des historiens, poètes, soit des moralistes qui sont bâtis sur de la nature, ne périssent les idées générales jamais ; tandis est liée à des moeurs particulières, que ceux dont l'existence à quelque vue partielle de la nature, ou au changement de la avoir de durée que celle des objets qui les mode, ne sauraient ont mis en cours. Le présent et l'avenir peuvent être considérés l'un s'attende comme rivaux ; il faut que celui qui courtise à être dédaigné de l'autre. i. Pope, épître sur le Caractère des Femmes, p. 49-
CINQUIÈME
DISCOURS
PRONONCÉ A LA DISTRIBUTION
DES RÉCOMPENSES
le 10 décembre l']']2.
MÊME SUJET. — DU CARACTÈRE DANS LE STYLE Messieurs, le sujet commencé dans le Je continuerai dans ce discours à pourMon intention avait été de vous exhorter précédent. de l'art. Mais j'ai peur suivre les plus grandes perfections de n'avoir pas été compris. Il y a des en ce point particulier qui s'imaginent, quand on met à sa place quelpersonnes qu'une des qualités qu'elles prisent au-dessus des autres, qu'on les méprise absolument. C'est là une fort grande erreur ; car son vrai lustre, que mis à la place rien ne reçoit au contraire Les choses qui dans leur propre sphère se qui lui convient. cette estime et révèlent les plus dignes d'estime, perdent un objet de dérision, deviennent quand, par une espèce de on prétend les porter dans une autre plus élevée ; violence, et de là s'ensuit une double source de désordre : l'une, de tenir une situation l'autre, de qui ne leur est pas naturelle, du premier rang ce qui est d'un trop grand prix pour chasser des tenir avec grâce cette position inférieure à laquelle choses d'un moindre prix seraient bien mieux appropriées. En un mot, mon conseil est celui-ci : que votre attention se porte aux mérites du premier rang. En parvenant principale à les saisir, et en ne saisissant que cela, vous n'en êtes pas moins dans une première le grand place. On pourra regretter
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CINQUIÈME
DISCOURS
de beautés vous qui vous manqueront peut-être, être un peintre très imparfait, mais vous serez du pourrez moins un artiste imparfait du premier ordre. Si, lorsque vous serez parvenu à ce degré, vous pouvez ajouter quelqu'une des qualités subordonnées ou toutes, je voudrais que vous ne les négligeassiez pas. Mais cela demande au et de prudence moins autant de circonspection de votre part, et d'activité. que d'ardeur Une multiplicité est sujette à distraire d'objets l'esprit ; et cette échelle de perfection, que je voudrais qu'on conservât court ainsi le plus grand risque d'être bouleversée toujours, ou même détruite. d'être unies ensemble et Il y a des beautés qui supportent même à cette union ; il y en a d'autres dont les qui gagnent et l'effort pour les joindre ensemble natures sont contraires, ne fait que produire une confusion entre des principes disparates. L'effort des excellences contraires (en pour réunir matière de formes par exemple) dans une seule figure, ne peut un monstre, à moins qu'on ne s'enfonce éviter de produire en affaiblissant et en effaçant dans l'insipidité, l'expression ' -l / j *•/)r. tout caractère. i\ est juste jusqu'à un certain point, relativeCette remarque la plus parfaite beauté ment aux passions. En voulant conserver les il est impossible sans la moindre diminution, d'exprimer plus ou moins, même sur les qui toutes produisent passions, et la difformité. , plus beaux visages, la contorsion ''-.vLe Guide, faute d'avoir su choisir des sujets adaptés à ses idées et à ses facultés, ou, si l'on veut, par l'effort qu'il fait a fort la beauté où elle ne peut être conservée, pour conserver sont souvent à cet égard. Ses figures mal réussi engagées dans des sujets qui demandaient cepenbeaucoup d'expression; sa Salomé avec ia tête de Saint dant sa Judith et Olopherne, des et même son Massacre ', son Andromède, Jean-Baptiste nombre
Innocents 2, n'offrent ornée par les Grâces.
guère
plus
d'expression
i. Ou Hérodiade, au Palais Corsini à Rome. 2. A la Pinacothèque de Bologue, v. p. 3ai.
que
sa Vénus
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de ces observations, auteurs En dépit de l'évidence plusieurs sans en exercer la profession et par qui ont écrit sur la peinture, sans savoir ce qu'elle peut et ne peut pas atteindre, conséquent des éloges absurdes en faisant la description ont prodigué toud'ouvrages qu'ils avaient pris en affection. Ils y trouvent Ils louent des beautés jours ce qu'ils ont résolu d'y trouver. à peine subsister ils aiment surtout ensemble; qui peuvent à décrire avec beaucoup d'exactitude de ces pasl'expression sions mixtes 1, qui plus que tout me paraissent du au-dessus pouvoir de l'art. De cette espèce sont plusieurs dissertations que j'ai lues sur quelques-uns des Cartons et des autres ouvrages de Raphaël, dans lesquelles les critiques ont décrit leurs propres imaginations ; ou sur quelques où ce grand maître, dans peintures le dessein peut-être ces passions d'exprimer qui sont hors du laissé à chapouvoir de l'art, a, par le vague de son indication, cun la possibilité de reconnaître celles qu'il voudrait. Ce qu'on a fait et ce qu'on peut faire dans l'art est déjà assez difficile, sans qu'il faille que nous soyons mortifiés et à la pensée de ne pouvoir pas exécuter les concepdécouragés tions d'une imagination si L'art a ses limites, romanesque. n'en a point. Comme les anciens, nous pouvons l'imagination aisément supposer qu'un dieu Jupiter soit doué de toutes les et de toutes les perfections dont les divinités seconpuissances daires sont douées séparément ; mais quand ils ont employé l'art pour représenter un tel dieu, ils ont réduit son caractère à celui de la seule majesté. Voilà pourquoi Pline, à qui nous avons d'ailleurs de grandes obligations pour les lumières qu'il donne sur les ouvrages des anciens maîtres, se trompe quand il en parle, ce qui lui arrive souvent, dans le style de plusieurs de nos connaisseurs 11 observe 2 que dans une stamodernes. tue de Paris par Euphranor, on découvrait à la fois trois différents caractères : le juge des déesses, l'amant d'Hélène et le i. Composées de plusieurs passions différentes et quelquefois contradictoires. 2. Histoire Naturelle, liv. XXXIV, chap. vin (sect. 19). Cette mention paraît prise de l'édition donnée par Falconet (OEuv.cornp., t. III, p. I3I), qui fait de Pline la même critique. 6
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CINQUIÈME
DISCOURS
à d'Achille, Une statue dans laquelle on chercherait vainqueur les grâces de la jeunesse réunir ainsi la dignité d'un magistrat, et la fierté de la valeur, ne pourrait certainement avoir aucun de ces caractères dans un degré éminent. sur le Guide, et maintiens Je reviens à ma remarque qu'il .n'y a pas moins de difficulté que de danger à vouloir concendiverses ! trer dans un seul sujet des intentions qui, venues dans des sens ! dé différents points, se meuvent naturellement Kopposés. Le comble de l'excellence semble être, il est vrai, un assemmais mêlées de manière qu'aucontraires, blage de qualités cune partie ne contredise l'autre. Ceux-là seulement qui se sont montrés capables des plus g-rands progrès dans leur profession, savent combien il est difficile d'y réussir dans tous les arts. Pour conclure ce que j'ai à dire sur cette partie de mon comme de grande je vousujet, que je regarde importance, drais qu'il fût bien compris que je n'entends pas décourager dans le noble effort d'unir toutes les perles jeunes artistes les avertir qu'outre les fections de l'art ; je veux seulement il y en a une difficultés promises à toute grande entreprise, dans le choix des perfections en particulier qu'on prétend réunir. Faites donc attention, je vous prie, d'essayer vous-même, quand vous vous trouvez en état de faire cette épreuve, ce que vous pouvez et ce que vous ne pouvez pas faire ; et au lieu naturelles à travers le champ de gaspiller Aros facultés route de la perfection immense possible, prenez quelque de manière dans laquelle toutes vos forces puissent s'exercer, que chacun de vous devienne le premier dans son genre. Que un génie assez transcendant, assez si quelqu'un possède dans les plus hautes assez souple, pour l'emporter puissant, régions de l'art et pour soutenir son vol dans les plus basses, et sécurité, naturel toutes avec aisance, en les parcourant celui-là est fait pour donner des exemples et non pour recevoir des leçons. Et maintenant que j'ai parlé de l'union des diverses espèces réflexions sur la subordinade mérites, je vais faire quelques tion qui doit être observée entre elles.
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Je pense que le style décoratif 1, que je vous ai averti dans comme mon discours de l'année passée de ne pas considérer le premier, peut cependant faire le digne objet de quelque attenau grand style, tion de la part de ceux mêmes qui aspirent lorsqu'il est mis à propos et réduit à son rang. de ce style aura un bien meilleur effet, si Mais l'introduction l'on se sert de ses principes pour adoucir la rudesse et relâcher de la rigueur du grand style, que si elle prenait le pas avec des à une positive et originale excellence. C'est ainsi prétentions dont je vous ai autrefois recommandé que Louis Carrache, l'a mis en usage. Il avait étudié à la fois les l'exemple, et il connaissait ouvrages du Corrège et de l'école Vénitienne, les principes tiennent chez ces maîtres ces effets auxquels si fort agréables, qui au premier coup d'oeil nous préviennent en leur faveur ; mais il ne prit de chacun que ce qui pouvait sur la mâle vigueur et l'énergie de embellir, et non prédominer style qui forment son caractère particulier. dans le précédent Puisque je me suis déjà si fort étendu, sur les styles et sur les caractères discours et dans celui-ci, de la peinture, il ne sera pas du tout inutile de joindre quelques réflexions touchant les principes directeurs et les ouvrages de ceux qui ont excellé dans le grand style ; afin principaux de vous acheminer de l'abstraction à la pratique, et de vous rendre sensibles les préceptes par des exemples. sont à fresque, Les principaux de d'art.moderne ouvrages méthode de peindre qui ne permet pas de s'arrêter à des éléces ouvrages à fresque font le gances de détail ; cependant de la célébrité des plus grands maîtres. Tels sont N fondement au Vatican, auxles tableaux de Raphaël et de Michel-Ange 2 de ce dernier on les Cartons ; car, quoiquels peut joindre ces sortes des fresques, cependant que n'étant pas absolument De la rentrent assez bien dans cette dénomination. d'ouvi'ages de Jules Romain à Man- ^ même espèce sont aussi les ouvrages si elles étaient détruites, toue 3. Avec ces productions, périi. Voir p. 68, n. i. 2. Voir p. 64, note. 3. Principalement au palais du Té.
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de la réputation de ces illustres la meilleure partie car on les regarde avec raison comme l'effet du plus peintres, grand effort de notre art. C'est donc à ces ouvrag-es que nous ; devons donner principalement notre attention pour apprendre de l'art. Quant aux genres inféjles plus hautes perfections est un point acquis, il sera comme leur découverte rieurs, à ces genres et de descendre au second rang facile d'atteindre le premier. qu'ils occupent, quand on possédera de la Raphaël, qu'on met en général à la tête des peintres ainsi que je l'ai remarqué, classe, doit sa réputation, première à son excellence dans les plus hautes parties de l'art; aussi à fresque doivent être les principaux ses ouvrages objets de de chevalet sont moins estimés ; notre attention. Ses tableaux ait embelli de plus en plus jusqu'à sa mort ses car, quoiqu'il de ces ornements d'ordre inférieur qui ouvrages par l'addition font tout le mérite de quelques il n'est cependant peintres, en cela à un degré de perfection jamais parvenu qui fasse de lui un modèle à suivre. Jamais il n'a pu se défaire tout à fait de cette sécheresse, je dirai même de cette petite manière, qu'il avait héritée de son maître. Jamais il n'a acquis ce goût délicat dans le coloris, ce clair-obscur large, cet art et cette de l'union des clairs aux clairs et des ombres aux économie du fond avec cette plénitude/ ombres, qui fait sortir l'objet d'effet qu'on admire si fort chez le Corrège. Lorsqu'il peignait à l'huile, il semble que sa main devenait raide et embarrassée au point de lui faire perdre, avec sa facilité et son esprit, jusdes formes, si parfaite et si admirable dans qu'à cette correction ses fresques. Je ne me rappelle pas avoir vu aucun tableau de ce genre de lui (excepté la Transfiguration 1) où ne se troudessivent quelques parties qu'on peut bien dire faiblement rait
nées. à la peinture Que ce défaut ne soit pas un écueil essentiel chez les peintres modernes en sont à l'huile, assez d'exemples a conservé dans ses la preuve. Louis Carrache, par exemple, et la le même esprit, la même vigueur à l'huile / tableaux i i. Le célèbre tableau du Vatican, en ce temps-là à Saint-Pierre in Montorio.
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même correction qu'il a eu dans la fresque. Remarquez que n'est pas de faire descendre mon intention Raphaël du haut rang qu'il occupe à bon droit ; je le compare ici à lui-même, et je ne trouve pas qu'il soit le même en peinture à l'huile qu'à fresque. de Michel-Ange celles les oeuvres de Raphaël, Après de ceux qui ambitionnent toute l'attention cette réclament ' de Il ne tant de bellesnoble carrière l'art. pas possédait plus mais celles qu'il avait étaient du genre parties que Raphaël, le plus sublime. Il ne considérait dans l'art que peu de chose c'est à savoir la au delà de ce qui s'obtient par la sculpture, On ne doit correction des formes et la vigueur des caractères. d'un maître que ce qu'il a voulu chercher dans les ouvrages ces élén'a jamais tâché d'acquérir y mettre : Michel-Ange Vasari dit qu'il n'a peint gances et ces grâces d'ordre inférieur. dans toute sa vie qu'un seul tableau à l'huile, et qu'il prit la résolution de n'en jamais faire un second, disant que c'était là un emploi digne des femmes et des enfants. les petites resSi jamais quelqu'un eut le droit de regarder de son attention, c'est cersources de l'art comme indignes tainement Michel-Ange, et l'on ne doit pas être surpris qu'un d'estimer génie comme le sien ait méprisé ou ait été empêché toutes ces grâces et embellissements de l'art, qui jettent tant de lustre sur les oeuvres de plusieurs autres. D'un autre côté il faut remarquer qu'en même temps que les beautés auxquelles on voudrait qu'il eût fait plus attention, il a rejeté tous les faux ornements qu'une apparence spécieuse^ des a fait recevoir au détriment de l'art chez quelques-uns peintres les plus estimés. Et j'ose dire que quand ces beautés supérieures seront plus connues et plus étudiées par les et son crédit artistes et par les patrons de l'art, sa renommée Son nom jouira alors de avec nos connaissances. augmenteront la même vénération dont il a joui au siècle éclairé de Léon X, et il est remarquable de ce véritablement grand que la réputation à mesure que l'art lui-même a homme a été en décroissant i décliné. Car je dois vous faire remarquer qu'il y a longtemps que l'art
décline
; et notre
unique
espoir
de son renouvelle-
!
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ment est dans le sentiment profond que vous aurez de sa décadence. C'est à Michel-Ange que nous devons l'existence de même de Raphaël ; c'est à lui que Raphaël doit la grandeur son style. C'est de lui 1que Raphaël apprit à élever ses idées et à concevoir ses sujets avec dignité. Le génie de Raphaël, né pour briller et éclairer, aurait pu, comme le feu dans.les matières comdemeurer bustibles, toujours enseveli, s'il n'eût reçu l'étincelle de son contact aArec Michel-Ange; et quoiqu'il n'ait jamais éclaté avec la chaleur et la véhémence de ce dernier, il faut avouer néanmoins qu'il brûla d'une flamme plus pure, plus en chaste et plus égale. Notre jugement décide, à tout prendre, faveur de Raphaël. Ce qui n'empêche pas de convenir que Raphaël ne prend jamais sur l'âme un empire assez fort, un assez entier pour faire qu'elle ne désire rien de plus ascendant et ne ressente les meilleurs plus aucun besoin. Au contraire font un effet correspondant à ce que ouvrages de Michel-Ange Bouchardon disait qu'il éprouvait à la lecture d'Homère ; « toutes ses proportions lui semblaient et la nature qui l'enagrandies, vironnait semblait réduite à des atomes 2. » Si nous mettons ces deux grands artistes en parallèle, nous trouverons crue Raphaël eut plus de goût et d'esprit, MichelL'un a excellé dans la Ange plus de génie et d'imagination. tient davantage de beauté, l'autre dans l'énergie. Michel-Ange ses idées sont vastes et sublimes, ses l'inspiration poétique, à un ordre d'êtres ils personnages appartiennent supérieurs, n'ont rien en eux, rien dans leur attitude, rien dans le style de leurs traits et de leurs formes, qui nous fasse ressouvenir de qu'ils sont de la même espèce que nous. L'imagination Raphaël n'est pas si élevée ; ses figures ne sont pas tellement de notre ses idées séparées espèce rapetissée, quoique nobles et dans une grande soient chastes, conformité avec leur objet. Les ouvrages de Michel-Ange ont un caractère fort,
i. Aroir p. 26, note. 2. D'après Voltaire (Questions sur l'Encyclopédie; art. Epopée). M. de Caylus cl M. de BOECrapportaient cette anecdote différemment. Falcouet (OEuvreslit!., t. II, p. 3o3) met en doute son origine.
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ne tirer leur source ils paraissent et déterminé; singulier : d'un esprit si riche, si abondant, qu'il n'eut que de son esprit de recourir à l'aide d'autrui. jamais besoin ou paraît dédaigner de Raphaël sont généralement Les matériaux empruntés, quoiil les fait entrer soit dans laquelle que la noble architecture réside de cet homme extraordinaire son fait. L'excellence la beauté et la majesté de ses caractères, dans la convenance, de son dessin, la la correction sa composition judicieuse, de son goût, dans la manière adroite avec laquelle pureté il accommode les conceptions des autres aux siennes. Personne ne l'a surpassé dans le jugement qui chez lui préside à l'union de Michelde ses observations sur la nature avec l'énergie Si donc on de l'antique. Ange et avec la beauté et la simplicité demandait lequel doit tenir le premier rang, de Raphaël ou de à il faudrait répondre que, si ce rang appartient Michel-Ange, celui qui a possédé une combinaison plus étendue de qualités de l'art, on ne peut douter que Raphaël est le supérieures mais si, comme Longin le croît 1, le sublime, étant la premier; humain excellence à laquelle puisse plus haute l'esprit l'absence de toute autre beauté a de quoi racheter atteindre, alors c'est Michel-Ange et payer pour tous les défauts, qui demande la préférence. extraordinaires ont porté quelques-unes Ces deux hommes des plus hautes parties de l'art à une plus grande perfection qu'on n'avait sans doute encore jamais fait. On ne les a certainede leurs sucment pas surpassés ni égalés depuis. Plusieurs ont été conduits à délaisser cette grande route comme cesseurs et à plaire par des un sentier à surprendre battu, cherchant n'a choses rares et nouvelles. Quand ce désir de la nouveauté procédé que de paresse ou de caprice, il ne mérite pas d'émouvoir la critique ; mais quand il a été l'effet d'un esprit agissant et d'un génie original, il est toujours intéressant, frappant, jamais Tel
insipide. est le grand
style,
comme
il paraît
chez ceux qui l'ont
1. Au Traité du sublime, cl», xxvn et xxx. Il est au moins notable que Longin exclut formellement l'art de cette application, n'y retenant que les ouvrages de la nature, dont le discours est un exemple.
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DISCOURS; de la noupossédé dans son plus haut degré : la recherche soit dans l'interprétation veauté, soit dans la conception, des sujets, n'y a point de place. Mais il y a un .autre_s.tyle qui, quoique inférieur au premier, ne laisse pas d'avoir beaucoup de mérite, parce qu'il nous fait sentir chez ceux qui l'ont cultivé une imagination vive et forte. Ce style, qu'on peut appeler le style original ou caracavec aucun modèle téristique, n'ayant que peu de rapport soit de la nature générale, soit de la nature indiemprunté viduelle, ne se soutient que par la constance avec laquelle le peintre se renferme dans les principes qu'il a choisis, dans l'union et l'harmonie parfaite de son dessein. La perfection de chaque style et surtout des styles inférieurs, dépend beaucoup de l'union et de l'harmonie qu'on conserve entre toutes les parties, en sorte qu'elles semblent enchaînées toutes ensemble, comme si le tout venait d'un seul esprit. Il en est des productions des arts comme des caractères des hommes. Les défauts ou les vices de quelques-uns d'entre eux ne semblent pas leur aller mal, quand ils paraissent tenir de la pousse naturelle, et ue faire qu'un avec le reste de leur caractère. La peinture fidèle d'un esprit, même s'il n'est pas de l'espèce la plus élevée, même irrégulier, sauvage et incorrect, pourvu qu'il soit marqué de ce feu et de cette fermeté qui font les oeuvres de et frappera génie, attirera davantage l'attention plus qu'une combinaison de qualités mal unies ensemble, ou si l'on peut tous les genres de dire, qu'un ouvrage même qui posséderait mérites, mais dans un degré inférieur. /> Un des plus fortement de ce marqués parmi les caractères genre, auquel ne revient pourtant déplace que dans les genres inférieurs au grand style, est celui de Salvator Rosa. Il nous donne delà nature une impression particulière, laquelle, quoiet simplicité, que dénuée de toute grâce, élégance quoique elle n'ait rien de cette élévation qui appartient au grand style, a néanmoins l'espèce de dignité qui revient à la nature sauvage et sans culture. Mais ce qu'on doit surtout admirer dans cet artiste c'est la parfaite correspondance qu'il a observée entre les sujets qu'il a choisis, et la manière dont il les a traités.
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Tout est d'une pièce; ses rochers, ses arbres, ses ciels, jusqu'à rude et sauvage dont ses son faire, ont le même caractère figures sont animées. de Salvator Rosa celui de On peut opposer au caractère Carie Maratte, qui à mon avis n'a pas une grande vigueur Il frappe rarement force originale. ni une grande d'esprit et ne nous captive l'imagination par des beautés supérieures, pas davantage par le caractère original d'un artiste qui pense Il a connu et pratiqué toutes les règles de pour lui-même. l'art, et d'un mélange de Raphaël, des Carraches et du Guide, il s'est composé un style dont le seul défaut est, en n'ayant de toute beauté de manquer point de défauts manifestes, frappante : les éléments du composé qu'il forme n'étant jamais fondus en un corps homogène, original dans son genre, ou excellent sous aucun point de vue. Je mentionnerai encore deux autres peintres qui, quoique ont ceci de commun, entièrement dissemblables, qu'ayant été chacun d'accord en.tout avec soi-même et possédé un style qui était bien à eux, ils ont par des moyens opposés atteint Les artistes dont je parle sont Rubens et la même réputation. Poussin. Je nomme ici Rubens parce que je le considère d'un esprit qui se montre comme un exemple très remarquable le même dans toutes les différentes parties de l'art. Le tout est de croire à tel point d'une pièce, qu'on ne petit s'empêcher que, si une seule des qualités qu'il aA'ait eût été davantage suivant la perfection, ses ouvrages auraient été moins achevés. Supposons qu'il y ait plus de pureté et de correction dans son dans dans la composition, dessin, son manque de simplicité la couleur, dans la draperie, en serait rendu plus choquant. Dans sa composition, l'art est trop apparent ; ses figures ont mais sans de l'expression, et leurs attitudes ont de l'énergie, ni noblesse. Son coloris, qui est la partie dans simplicité laquelle il excellait surtout, a néanmoins trop de ce que nous Il y a par tous ses ouvrages un égal bigarrure. appellerions dans le choix et de cette élégance manque de cette délicatesse dans le genre le plus relevé de dans les idées, indispensables un certain point l'art, et ce défaut peut être regardé jusqu'à
go
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la cause de l'éclat exceptionnel dont brillent dans ses Et le fait est que la ouvrages les mérites du genre inférieur. facilité avec laquelle il inventait, la richesse de sa composition, et la beauté de son Coloris éblouissent l'harmonie abondante à tel point la vue, qu'aussi longtemps qu'on a ses ouvrages devant les yeux, on ne peut s'empêcher de trouver que ses défauts sont amplement rachetés. le style ( En face de ce style fleuri, négligé, libre et incorrect, semble former un simple, châtié, pur et correct du Poussin, contraste Mais quelque parfait. opposées que soient leurs ils se sont trouvés d'accord en un point : conservant manières, tous les deux une parfaite correspondance entre toutes les par-, ties de leurs manières respectives, au point qu'on se demande si ce qu'on regarde dans l'une ou dans l'autre comme des tout l'ensemble. défauts, pourrait être changé sans détruire Poussin avait passé tant de temps dans le commerce et la conversation des statues antiques, qu'on peut dire qu'il les connaissait mieux que les gens qui vivaient sous ses yeux. J'ai souvent pensé qu'il avait poussé cette vénération pour les souhaiter eussent l'air de anciens, jusqu'à que ses ouvrages tableaux antiques. Il est certain qu'il a copié quelques anciennes et entre autres les Noces qui sont à Rome au palais peintures, de ces Aldobrandini 1, que je crois être le meilleur monument âges anciens, qu'on ait trouvé jusqu'ici. Les ouvrages d'aucun peintre moderne ne tiennent autant de l'air des tableaux anciens que ceux de Poussin. Ses meilleures productions d'exécution remarsont d'une sécheresse quable, qui, quoique on ne doive en aucune sorte la proposer comme un modèle, n'en est pas moins tout à fait en rapport avec cette simplicité son style. Comme antique qui caractérise de Caravage, il avait tant étudié les anciens, Polydore qu'il s'était de penser à leur mode, et semble acquis l'habitude comme
i. Dites Noces Aldobrandines, maintenant dans la bibliothèque du Vatican. Deux copies de ce morceau, l'une au palais Pamphili à Rome, l'autre au musée de Chartres, passent avec apparence pour l'oeuvre de Poussin. Je ne sais s'il faut reconnaître dans l'une de ces copies celle (Richardson, t. 111,p. 3i6) que possédait le Cavalier del Pozzo.
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et les attitudes les mouvements parfaitement en chaque circonstance. qu'ils prenaient sa de sa vie, changea dans les derniers Poussin, temps et plus manière sèche en une autre beaucoup plus moelleuse entre les figures et le fond ; riche, et où il y a plus d'accord de la galerie du ainsi qu'on le voit par les Sept Sacrements ni aucun de ceux qu'il a duc d'Orléans '. Mais ni ces tableaux, à plusieurs peints dans ce goût, ne sont du tout comparables en des tableaux dans la manière sèche, que nous possédons avoir
connu
Angleterre. Les sujets favoris de Poussin ont été les fables anciennes, et aucun peintre n'a jamais eu plus de titres à peindre de pareils à cause de la connaissance profonde sujets, non seulement et usages des anciens, coutumes qu'il avait des cérémonies, donmais encore à cause de sa science des divers caractères nés à leurs figures allégoriques par ceux qui les ont inventées. de fantaisie dans ses Rubens ait montré beaucoup Quoique ne forment point satyres, ses Silènes et ses faunes, cependantils et séparée d'êtres si attentivechez lui cette classe distincte Il est cerment mise en scène par les anciens et par Poussin. de pareils sujets de l'antain que, lorsqu'on veut représenter nous fasse il ne faut pas que rien dans le tableau tiquité, penser aux temps modernes. L'esprit est rejeté dans les siècles qui soit de nature à rompassés, et rien ne doit se présenter pre cette illusion. a pensé que le style et le langage Il semble que Poussin ne persont racontées, dans lesquels ces sortes d'histoires manière daient rien à conserver quelque chose de l'ancienne dans une uniformité de peindre, avoir consisté qui paraît était transporté dans du tout ; de façon que l'esprit générale non seulement l'antiquité, par le sujet, mais encore par la manière dont il était exécuté. Si Poussin, à l'imitation des anciens, représente Apollon sur son char sortant du sein de la mer, pour peindre le lever du les rivières et les lacs, ces figurations soleil, s'il personnifie 1. Aujourd'hui à Bridgewater-House, à Londres.
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n'ont rien de choquant chez lui : elles_semblent en parfait si les figures accord avec l'air général du tableau. Au contraire, qui animent ses ouvrages avaient un air ou une physionomie à nos paysans, si les draperies renmoderne, s'il ressemblaient du drap ou du satin de nos manufactures, si le daient l'aspect d'une vue d'aujourd'hui, quel ridipaysage offrait l'apparence le soleil, cule ne trouverait-on pas dans Apollon représentant ou dans une nymphe avec une urne reprédans un vieillard sentant un lac ou une rivière! Je ne puis m'empêcher de faire mention ici d'une circonstance de la peinture de portraits, qui pourra servir à confirmer ce que je viens de dire. Lorsqu'on dans le peint un portrait style de l'histoire 1, comme on ne se propose ni un détail rigouni une figure purement idéale, reusement exact de la personne, il faut que tous les accessoires à ce propos correspondent mêlé. La simplicité antique dans l'air et dans l'attitude, quelque grande admiration qu'on lui voue, est ridicule quand elle est jointe à une figure mise à la moderne. Mon dessein n'est ici si ce style mixte doit être adopté ou non ; pas d'examiner mais si l'on fait tant que de le prendre, il est essentiel qu'il soit complet et tout d'une pièce. Par exemple la différence des étoffes qui font la draperie, doit être marquée à proportion que la tête du portrait s'écarte du caractère idéal. Sans cette union, que j'ai si souvent recommandée, un ouvrage ne distinct et déterminé, ce qui est peut pas avoir un caractère la marque particulière et le signe constant du génie. Mais quand cette union est dans un haut degré, le style ainsi formé entre pour ainsi dire en rivalité avec le style que j'ai dit être le plus grand. du caractère de Rubens et de i Ainsi, j'ai tracé une esquisse celui de Salvator Rosa, comme de deux artistes qui me sein- j blent avoir marqué la i is grande uniformité dansj d'esprit tout l'ensemble de leurs vrages. Mais nous pouvons joindre à ces deux-là, tous ceux qui sont à la tête d'un genre, et qui i. Comme l'auteur a fait, se peignant lui-même, dans le genre du portrait de Poussin qui est du Louvre. L'ouvrage est reproduit en tète de ce volume.
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ont eu une école d'imitateurs, depuis Michel-Ange jusqu'à En résumé, il semble qu'en mettant de côté le style Watteau. il y a deux routes différentes entre lesdécoratif, purement quelles l'élève peut choisir, sans craindre de dégrader la dignité de l'art : la première, c'est de combiner ensemble les excellences du plus haut degré, et d'y joindre des embellissements de la manière la plus avantageuse de porter une de ; l'autre, à son comble. Mais ceux qui ne possèdent ces excellences ni l'une ni l'autre de ces manières, doivent être mis dans la classe de ces hommes dont parle Shakespeare, « gens de nulle et qui ne ressemblent à. rien 1 ». remarque Je vous invite aussi souvent qu'il m'est possible, à vous former sur de grands principes et sur de grands modèles. Votre Les ouvrages temps serait perdu dans toute autre recherche. où l'on n'aperçoit d'ordre inférieur doivent que des réussites être vus, mais ne valent pas d'être étudiés. Il faut les voir, à l'observation d'un peintre, parce que rien ne doit échapper il n'y en a pas d'autre raison. Il y a un autre avis que je voudrais vous donner. N'ayez pas moins de soin à choisir ceux à qui vous voulez plaire, que ceux que vous voulez imiter. Sans l'amour de la gloire vous ne ferez rien d'excellent de plaire vous ; mais un désir immodéré fera tomber dans des idées communes; vous dégraderez votre entièrement votre goût. Il est cerstyle et vous corromprez tain que le style le moins relevé est le plus populaire, parce et le vulgaire sera toujours qu'il est à portée de l'ignorance, charmé de ce qui ressemble à la nature, au sens étroit et mal formé du mot. Il serait à souhaiter du goût fût comque cette corruption battue avec cette virile fierté qui animait Euripide, quand il dit aux Athéniens ses oeuvres : « Je ne compose qui critiquaient pas mes ouvrages pour que vous me corrigiez, mais pour vous instruire 2. » Il est vrai qu'il faut être Euripide pour avoir le droit de parler nier que, ainsi. Au moins ne peut-on i. Premier Henri IV, a. III, se. II. 2. Rapporté par Valère-Maxime, liv. III, ch. vu, 2e part., par. i.
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artiste est sûr d'être sur un sol ferme, garanti par et par la pratique de ses prédécesseurs les plus et de l'incélèbres, il est en droit de s'armer de la hardiesse trépidité du génie ; à toute force il doit résister aux séductions de la popularité hors du droit chemin, dans les qui l'attire régions des styles communs et faibles. Je ne fais mention de ceci que parce que nos expositions, admirables cause d'effets donnent à par l'aliment qu'elles et l'aiguillon l'émulation le génie, ne laissent qu'en ressent en portant le peinpas d'avoir aussi une tendance malfaisante, indistinctement les suffrages des foules métre à rechercher langées qui viennent pour les voir. lorsqu'un l'autorité
DELON DEL'AfeajÊaiEDEPEINTURE L'ATELIER Gravured'Earlomd'après Zoffany.
SIXIÈME
DISCOURS
PRONONCÉ A LA DISTRIBUTION
DES RÉCOMPENSES
te 10 décembre 1774
DERECHEF DE L'IMITATION DES MAITRES, ET DU GÉNIE Messieurs, discours j'ai pris la liberté de Quand dans mes précédents vous parler de la méthode de vos études, je ne me suis jamais d'entrer dans un détail minutieux quant à l'art. J'ai proposé toujours laissé ce soin aux divers professeurs qui s'appliquent au succès de cet établissement avec le plus grand honneur et le plus grand avantage pour les élèves. pour eux-mêmes, dans cette AcaL'objet des discours que j'ai prononcés certains démie, a été d'établir principes propres généraux à former je crois un goût solide : principes nécessaires pour les élèves de ces erreurs la fougue de auxquelles garder et qui ont fait avorter les leur âge les entraîne naturellement, de tant de générations d'artistes dans les difféespérances rentes parties de l'Europe. J'ai voulu aussi combattre et détruire ces préjugés qui prévalent particulièrement quand le mécanisme est arrivé à sa perfection, et qui, de la peinture de détruire les quand ils sont établis, ne peuvent manquer plus hautes et les plus précieuses parties de cet art libéral. Ces deux points ont fait mon principal objet ; ils sont encore autant que jamais le sujet de ma sollicitude; et s'il m'arrive de me répéter dans mes propos sur cette matière, vous qui l'erreur et le préjugé, savez avec quelle promptitude quand
SIXIÈME DISCOURS 96 on les néglige, le pas sur la raison, vous m'excuprennent serez aisément. Tout mon effort ne tend qu'à mettre les mêmes choses dans la plus grande variété de jours possible. sera l'imitation, Le sujet de ce discours pour autant qu'un Je ne prends pas ici le mot imitation peintre y est concerné. dans le sens le plus étendu ; j'entends seulement celle qui consiste à se donner d'autres maîtres pour modèles, et.l'avantage qu'on peut retirer de l'étude de leurs ouvrages. Ceux qui ont écrit sur la peinture, et qui représentent cet art comme une espèce comme un don de la d'inspiration, nature accordé dès le berceau à certaines personnes privilés'assurent de dispositions bien plus favorables chez giées, leurs lecteurs et se donnent un air bien plus cavalier et bien examiner froidement plus séduisant, que celui qui prétend s'il n'y a pas des moyens par lesquels l'art s'acquiert, comment l'esprit et s'agrandir, et quels guides peut se fortifier le chemin de la perfection. indiqueront D'autre part, quand on ignore la cause d'une chose extraordinaire, il est naturel d'être étonné de ses effets et de les considérer comme une espèce d'enchantement. Ceux qui n'ont le progrès jamais remarqué par lequel l'art s'acquiert, qui ne résultats d'un travail prolongé voient que les résultats, et de d'un nombre infini d'actes, répétés d'une infinité l'application de manières, sont sujets à conclure de leur incapacité à faire la même chose tout d'un coup, que l'art n'est pas seulement à eux, mais qu'il est accompli par des êtres d'exinaccessible d'un don qui tient de l'inspiration. ception favorisés Les personnes qui ont voyagé en Orient, rapportent que, demande aux habitants ignorants de ces contrées ce lorsqu'on qu'ils savent des ruines restées debout chez eux de quelques de leur ancienne édifices, témoins mélancoliques magnifiques et de leur science depuis si longtemps ils grandeur perdue, ne manquent les ont jamais de répondre que des magiciens bâtis. Un esprit sans culture trouve entre ses facultés et les de l'art, un gouffre absolument productions compliquées impossible à mesurer ; et il se persuade qu'un si grand vide ne peut être franchi que par des moyens surnaturels.
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leur intérêt n'est pas de détruire eux-mêmes, juges, encore qu'ils savent fort bien quels naturels leur ont acquis des facultés parfaitement moyens et quoique la peinture,-art d'imitation essenextraordinaires, cette idée tiellement, rejette d'inspiration plus peut-être autre art. qu'aucun C'est pour éviter cet aveu de la vérité peut-être que le soin d'imiter les maîtres, et de fait toute imitation en qui presque, se trouve impliquée une méthode plus régulière et progressive d'atteindre aux fins de la peinture, a toujours fait l'objet d'inde la part des auteurs anciens et modernes. vectives violentes à un don de nature, ne rien devoir aux autres, Tout attribuer est la louange que des hommes qui ne réfléchissent pas beautantôt aux autres, coup à ce qu'ils disent, se plaisent à accorder, tantôt à eux-mêmes est natu; et cette prérogative imaginaire du bas, du stérellement rehaussée par une censure hautaine du servile imitateur. Il n'est donc pas étonrile, du rampant, nant que le jeune artiste, effrayé de ces épithètes humiliantes dont on charge si souvent les pauvres imitateurs, et terribles ses pinceaux (convaincu laisse tomber de désespoir comme il des autres et du peu est de l'obligation qu'il a aux travaux et considère comme impossible d'acqu'il doit à la nature), de quelque maître, ce qu'on lui apprend quérir, par l'imitation comme une matière d'inspiration du ciel. à regarder Il faut passer quelque chose, dans ce qui se dit, aux fantaisies on ne peut supposer de la rhétorique. Sérieusement parlant, des autres. Une proveuille exclure l'imitation que personne mériterait à peine une réponse ; car il aussi barbare position est évident que, si l'on ne devait point user des avantages l'art ne ferait jamais que de offerts par nos prédécesseurs, se trouverait commencer et partant dans l'enfance; toujours et l'on sait par expérience que jamais un art n'a été inventé et dans le même temps. porté à sa perfection à la modération Mais pour nous réduire entièrement et à la raison, qu'on veuille bien observer qu'un peintre doit non seuêtre un imitateur des oeuvres de lai lement de toute nécessité nature, ce qui suffit pour écarter cette chimère de l'inspiration ;! Pour les artistes de pareils l'erreur
SIXIÈME DISCOURS 98 mais que d'une nécessité pareille il faut qu'il imite les ouvrages des autres peintres. Ceci pourra paraître plus humiliant encore, mais il est également vrai; et personne, quoi qu'on veuille supposer, ne peut devenir artiste d'une autre manière. ceux qui semblent plus modérés et plus raisonCependant nables, accordent que notre étude doit commencer par l'imitation ; mais ils ajoutent que nous ne devons faire usage des idées de nos prédécesseurs qu'aussi longtemps que nous ne sommes pas capables de penser par nous-mêmes. Ils tiennent est aussi nuisible à l'élève déjà avancé dans que l'imitation son art, qu'elle est avantageuse au commençant. Quant à moi, j'avoue que je ne suis pas seulement disposé à de l'imitation soutenir la nécessité dans les débuts ; je suis d'avis que l'étude des autres maîtres, que j'entends ici par imitation, peut être continuée jusqu'à la fin de la vie sans aucun des inconvénients dont on la charge, d'affaiblir l'esprit, ou de à ce que nos ouvrages cet air original reçoivent s'opposer qu'ils doivent avoir. Je suis au contraire persuadé que ce n'est que par l'imitation qu'on parvient à la vérité et même à l'originalité dans Fin- ) vention. Je dis plus : le génie même ou du moins ce qui porte communément ce nom, est enfant de l'imitation. Mais comme cela paraît justement le contraire de l'opinion généralement mon idée avant de la reçue, il est nécessaire que j'explique défendre. Par génie on prétend une faculté de profaire entendre duire des beautés qui échappent aux règles de l'art; faculté ne sauraient nulle application que nuls préceptes enseigner, acquérir. Cette idée de l'impossibilité les beautés propres d'acquérir aux oeuvres de génie, ferait croire que l'idée qu'on se fait du génie est quelque chose de plus déterminé qu'elle n'est, elle ferait croire qu'on est toujours d'accord et qu'on l'a toujours été sur ce qu'il faut considérer comme la marque caractéristique du génie. La vérité est que le degré d'excellence qui dénote le génie, est différent en différents temps et en différents lieux ;
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de cela je tire la preuve des diverses opinions formées à Cet égard. se sont successivement le simple talent de Quand les arts étaient dans l'enfance, de quelque objet était regardé comme dessiner la ressemblance un des plus grands efforts du génie. Les gens du peuple, ignorants des principes de l'art, tiennent encore tous les jours le même langage. Mais lorsqu'on se fut aperçu que tout homme seuleà en faire autant et bien davantage, pouvait apprendre le nom de génie chanment en observant certains préceptes, et ne fut plus accordé qu'à celui qui savait gea d'application donner aux objets leur caractère particulier, qui avait l'invenla grâce, la dignité, en un mot ces qualités tion, l'expression, ou ces mérites pour l'enseignement desquels il n'y avait point encore de règles connues et promulguées. Personne de nous ne doute que la beauté des formes, l'exd'un sujet, même l'art pression des passions, la composition de grandeur à un ouvrage, sont de donner un air général établies. Ces qualités maintenant l'objet de règles parfaitement comme un pur effet du génie, et étaient autrefois considérées j'avouerai que c'est avec raison, si le génie n'est pas pris pour une inspiration, mais seulement pour l'effet d'une étude exacte et de l'expérience. de ces Ce mérite fut celui du premier qui fit quelques-unes et les digéra de manière à en former des princiobservations, pes invariables pour le diriger dans sa tâche; mais il est probable que personne ne s'avança fort loin du premier coup ; en général celui qui donna l'idée, ne sut pas comment s'y conformer avec suite et méthode, du moins dans le commencement. Il travailla lui-même sur cette idée et y donna quelque perfection; d'autres, en continuant l'oeuvre, avancèrent l'art, jusqu'à ce que le secret fût découvert et que la pratique en devînt aussi générale qu'une pratique raffinée peut l'être. On ne peut dire combien d'autres principes pourraient être établis et fixés ; mais comme il est probable que la critique marchera toujours de pair avec l'art, qui est son objet, on peut prévoir qu'à mesure que l'art fera des progrès, les facultés dont il subsiste seront fixées de plus en plus par des règles.
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Cependant, malgré toutes les règles que la critique pourra il n'y a pas à craindre soit jamais établir, que l'invention étouffée ou asservie, ni que l'énergie de l'esprit soit amenée tout entière sous le joug d'une loi écrite. Le génie aura toujours de quoi s'étendre; la même distance le séparera du toujours étroite et d'un mécanisme d'exécution. jeu de l'intelligence Ce que nous apj^elons génie commence non pas là où les mais où les règles connues, règles prises en général finissent, et rebattues n'ont plus de lieu. Il faut de toute nécesvulgaires sité que même les oeuvres du génie, ainsi que tout autre effet, comme elles ont leur cause, aient leurs règles ; ce ne peut être par hasard que de belles choses sont produites avec et certitude : telle n'est pas la nature du quelque constance hasard. Seulement les règles suivant les esprits lesquelles de génie ceux que nous appelons hommes extraordinaires, sont ou bien de celles qu'on découvre travaillent, par ses ou bien d'une nature trop délicate pour propres observations, être facilement surtout exprimées par des mots, attendu que les artistes n'ont pas ordinairement le talent nécessaire pour se communiquer ainsi. Pour immatérielles toutefois que ces règles puissent paraître, elles pour difficile qu'il soit de les véhiculer par l'écriture, n'en sont pas moins aperçues et senties dans l'esprit de l'artiste, qui travaille d'après ces règles avec autant, de certitude, que si elles avaient pris corps, si je puis dire, sur le papier. Il est vrai que ces principes fins ne peuvent pas toujours être rendus comme les règles plus grossières de l'art; palpables, mais il ne s'ensuit pas que l'esprit ne puisse être mis en train de percevoir, ce point par une espèce de sens intellectuel, exact dont les paroles toutes seules, surtout celles d'écrivains comme nous sommes, inexpérimentés n'apportent qu'une faible expression. L'invention est une des grandes du génie; mais, marques si on consulte l'expérience, on trouvera que c'est en se rendant à les inventions des autres familières que nous apprenons inventer en comme nous apprenons à penser nous-mêmes, lisant les idées d'autrui.
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dans l'art, que d'avoir C'est avoir fait un grand progrès assez formé son goût pour goûter et sentir les beautés des grands maîtres; la seule conscience de ce goût pour ce qui est et l'affecte presque bon enfle l'esprit d'une fierté intérieure, aussi puissamment ce qu'il que s'il avait lui-même produit échauffé par le contact admire. Notre esprit, ainsi fréquemment de ressembler, de ceux à qui nous souhaitons attrapera infaillichose de leur manière de penser, blement quelque et nous en nous au moins quelque rayon de leur feu et de recevrons si forte chez les enfants, leur éclat. Cette disposition, de involontairement l'air et les manières de ceux avec prendre nous la conservons toute qui ils ont le plus de commerce, la vie, avec cette différence seulement, qu'un esprit jeune est naturellement tandis qu'un âge souple et capable d'imitation, de recevoir une plus avancé le rend plus raide et incapable si d'abord on ne l'échauffé et si on ne profonde, impression l'amollit. Ces observations, qu'un peu de réflexion vous fera porter combien il est important beaucoup plus loin, nous montrent notre esprit à la contemplation des que nous accoutumions belles choses, et que, loin de nous contenter de cette étude nous entretenions pour le temps de notre jeunesse, jusqu'au dernier moment de notre vie une espèce de rivalité avec tous les exemples authentiques du génie. Ses conceptions ne sontpas seulement une nourriture mais encore la pour notre jeunesse, substance dont s'engendre la vigueur de notre pleine maturité. L'esprit humain n'est qu'un terrain stérile, un sol promptement épuisé et qui ne produira point de fruits, ou qui n'en produira qu'un seul, s'il n'est fertilisé sans cesse et enrichi de matière étrangère. devant les yeux Après que nous avons eu continuellement les grandes de l'art pour remplir nos esprits productions d'idées nous sommes analogues, capables (non pas aupachose dans le même genre. ravant) de produire quelque Alors nous observons tout ce qui nous environne avec les de ceux dont nous avons contemplé les regards pénétrants à penser les idées des ouvrages ; et notre esprit accoutumé
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est préparé à intelligences, plus nobles et des plus brillantes et à choisir tout ce que la nature offre de grand et découvrir de noble. Le plus grand génie formé par la nature ne saurait sur son propre fond ; celui qui a résolu de ne mettre subsister à contribution aucun esprit que le sien, sera bientôt réduit de toutes les imipar stérilité pure à la plus miséi'able de s'imiter lui-même, et de répéter tations ; il sera obligé ce qu'il aura déjà répété de nouveau fois. Quand plusieurs on connaît de nom le sujet que des hommes ainsi faits se de traiter, il n'est pas difficile de deviner le tableau proposent qui en sortira. et les poètes s'efforceraient C'est en vain que les peintres sur laquelle leur esprit puisse d'inventer sans une matière et d'où il faut bien que l'invention travailler, prenne sa source. Rien ne saurait sortir de rien. a possédé toutes les connaissances de On croit qu'Homère et son temps, et nous savons avec certitude que Michel-Ange de toutes les connaisRaphaël ont été de même en possession sances en fait d'art, mises en lumière par leurs prédécesseurs. de l'amas de tous les trésors de l'art Un esprit enrichi ancien et de l'art moderne, sera sans doute plus élevé et plus du nombre d'idées fertile en ressources, à proportion qu'il et digérées. Il n'y a pas de doute que celui aura recueillies a les plus grands qui a le plus de matériaux, moyens pour inventer. S'il manque du pouvoir d'en user, cela ne peut tenir qu'à une faiblesse d'esprit ou à la manière confuse dont on en a chargé son esprit. L'addition du jugement au nôtre est si d'autrui propre loin de nous affaiblir, comme beaucoup le pensent, qu'au contraire il façonne et consolide nos idées de la perfection, chez nous en germe, informes, confuses, faibles, portées de recevoir leur achèvement de l'autorité seulement capables et de la pratique des siècles a des maîtres que l'épreuve consacrés. On a comparé ou le g-énie, à une étincelle qu'une l'esprit masse de combustible étouffe, et empêche de trop grande devenir flamme. Cette comparaison, dont se sert Pline le
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facile pour ceux qui la regarjeune 4, est une source d'erreur dent comme une preuve. Mais il n'y a pas de danger que l'esprit de savoir, ou que trop d'images le soit surchargé éteignent ces acquisitions peuvent être aussi bien génie ; au contraire si les comparaisons ont quelque et même mieux comparées, de cendres chaudes et brûlantes, force de raison, à l'addition l'étincelle de languir et de s'éteindre. La vérité qui empêchent est telle que les idées d'autrui est que celui dont la faiblesse deviennent un embarras pour lui, ne saurait avoir de son fond une grande force d'esprit ou de génie à perdre : de sorte qu'à mettre les choses au pire, le dommage qui s'ensuit est peu de chose. de Nous pouvons à Pline l'autorité plus grande opposer de cette la nécessité Cicéron, qui ne cesse de corroborer il fait dire à Crassus méthode. Dans son dialogue de l'Orateur est de se et le plus important des préceptes que le premier in proeceptis choisir un modèle : « Hoc sit primum meis, ut demonstremus quem imitemur 2. » habituelle et de l'étude consQuand je parle de l'imitation tante des maîtres, il ne faut pas entendre que je conseille de, de son à une copie servile de la pensée d'autrui, s'appliquer le résultat d'un pareil effort ne teint et de sa physionomie; à celui d'un homme qui voudrait peut éviter de ressembler et des gestes d'une personne qu'il copier l'air, la démarche mais la copie sera touadmire. Le modèle peut être excellent, et ce ridicule ne vient pas de ce qu'on a voulu jours ridicule, imiter, mais de ce qu'on n'a pas su choisir la vraie méthode d'imitation. de ne vouloir marcher serC'est une fierté digne d'approbation vilementderrière personne, quelque rang qu'il tienne au-dessus de l'imitation de nous. La véritable carrière est un champ ouvert, où, quoique celui qui précède ait l'avantage d'être parti de le premier, on peut toujours se proposer de le dépasser; toute manière c'est assez de suivre la course de celui qui nous i. La mémoire de l'auteur semble ici en défaut. On n'a pu retrouver ce passage de Pline le Jeune. 2. De Oratore, 1. II, oh. xxn (sect. 90).
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sert de guide, on n'est pas obligé de mettre les pieds dans chacun a le droit de faire à sa mode ses traces, et certainement les pas qu'il peut. d'étudier Pas davantage, l'art d'après quand je recommande on ne doit supposer les artistes, que je veux dire qu'il faut la nature; je ne requiers de cette étude-là qu'une négliger aide, je n'entends pas qu'elle exclue l'autre. Rien ne fera jamais d'où toutes que la nature ne soit la seule source inépuisable, les perfections émanent à l'origine. est d'ouvrir f Le grand profit de l'étude de nos prédécesseurs .le travail, et de nous faire profiter du choix d'abréger ) l'esprit, ' esprits de ce qu'il y a de grand et de qu'ont fait ces grands beau dans la nature. Ses riches trésors sont ouverts devant nous; mais c'est un art, et un art difficile, de savoir comment et posséder ou quoi choisir, et comment atteindre ce que nous aurons choisi. Par exemple, on doit chercher dans la nature la beauté des formes ; mais c'est un art de longue plus grande et de grande de savoir déduction comment la expérience Aussi ne devons-nous découvrir. d'admirer pas nous contenter et d'approuver il est nécessaire seulement, que nous entrions dans les principes des ouvrages, et ces principes ne nagent pas à la surface; il faut pour les apercevoir plus qu'une observation superficielle. L'art dans sa perfection n'est pas ostentatoire ; il demeure son effet sans se faire voir. C'est l'étude caché, et produit propre et le travail d'un artiste, de mettre au jour et de découvrir dans un tableau, la cause cachée des beautés apparentes, et de tirer de là des principes particulière. pour sa conduite Un pareil examen est un effort continuel de l'esprit, aussi grand peut-être que l'a été celui de l'artiste qu'on étudie. ' L'imitateur sensé ne se contente ce qui pas de remarquer ou le génie de chaque maître ; distingue la manière particulière il entre dans l'analyse de sa composition, de la distribution des masses de lumière, des moyens par lesquels est obtenu l'effet, de l'art avec lequel certaines parties sont perdues dans le fond et les autres fièrement de leur altération détachées, enfin et de leur mélange, réglés sur la nature et le plan de
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l'harmonie du coloris, Il n'admire pas seulement l'ouvrage. mais il examine par quel art une couleur sert à donner de la Il porte une vue attentive sur les beauté à la couleur voisine. dont elles sont composées, examine les couleurs teintes, jusclaires et distinctes, et qu'à ce qu'il ait formé des idées et la beauté du coloris consistent. Ce appris en quoi l'harmonie nous ainsi de leçons des ouvrages des autres, qu'on retire et n'est réellement se grave profondément devient propre, jamais oublié. Oui, c'est en suivant cette méthode qu'on avance, en élargissant les prinqu'on fait de plus en plus de progrès, la pratique de l'art. cipes et en perfectionnant Il n'y a pas de doute qu'on s'instruit mieux par l'examen arrêtés d'après ces des ouvrages mêmes, que par les préceptes ouvrages ; mais s'il est difficile de choisir des modèles propres à séparer à l'imitation, il ne faut pas moins de circonspection et à distinguer ce qui dans ces modèles doit faire l'objet de cette imitation. ici d'une erreur dans Je ne puis éviter de faire mention tombent les jeunes artistes, quoique mon intention laquelle dans la méthode à suivre pour l'étude. ne soit pas d'entrer de à former son goût, doit prendre Celui qui s'applique de ces particularités à l'égard qui de grandes précautions ou ce la vue, et qui sont les marques, prime abord frappent la manière, à laquelle on reconqu'on appelle communément naît un peintre. sont des défauts, J'oserai dire que des marques particulières difficile qu'il soit de n'en en général sinon toujours, quelque laisser aucune dans ses ouvrages. Des particularités dans les oeuvres d'art sont comme celles : c'est par elles que dans la figure humaine qui se trouvent et que nous nous distinguons nous nous faisons reconnaître les uns des autres; mais elles sont toujours autant de défauts : dans la vie comme dans la peinture, lesquels cependant, de paraître tels à ceux qui les ont continuellement cessent devant les yeux. Dans les oeuvres d'art, il arrive que l'esprit le plus éclairé, quand des beautés du premier ordre l'échauffent, aucun à reconnaître trouve peu à peu de la répugnance
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défaut dans ce qu'il admire; même son enthousiasme le conduira au point de les transformer en beautés, et en modèles de son imitation. Il faut avouer qu'une originalité de style, soit à cause de sa soit parce qu'elle paraît venir d'un tour d'esprit nouveauté, elle particulier, échappe souvent à la critique ; au contraire frappe et elle plaît. Mais un tel style ferait en vain l'objet d'un effort d'imitation, dans sa parce que tout son mérite consistant et dans sa singularité, nouveauté il perd son prix s'il perd sa nouveauté. Comme toute manière est un défaut, et que chaque peintre, il s'ensuit qu'on quelque excellent qu'il soit, aune manière, peut se donner toutes les espèces de défauts aussi bien que tous les genres de beautés, sous la sanction des plus grandes autorités. Même le nom célèbre de Michel-Ange peut servir à donner contenance à un défaut ou plutôt à une négligence dans le coloris et dans toute autre partie décorative de l'art. Si le jeune élève est sec et dur, Poussin pourra l'excuser de même. Si son ouvrage a un air négligé et peu fini, il a le plus S'il ne fait aucun grand nombre des Vénitiens pour l'appuyer. choix de ses sujets, s'il prend la nature actuelle comme il la à Rembrandt. S'il est incortrouve, c'est qu'il veut ressembler rect dans les proportions de ses figures, le Corrège aussi fut incorrect. Si ses couleurs de liaison et d'unité, le manquent coloris de Rubens est également cru. En un mot il n'est pas de défaut qui ne puisse être excusé, s'il suffit de pouvoir l'imartiste considérable puter à quelque ; mais rappelons-nous que ce n'est pas par ces défauts qu'ils ont acquis leur réputation ; ils ont droit en cela à notre indulgence, et non à notre admiration. Et cependant l'imitation de ces singularités, l'erreur qui de prend pour des beautés ces défauts, est l'écueil nécessaire celui qui réduit son imitation à celle d'un seul maître favori; eût-il choisi le meilleur de tous, fût-il capable d'en distinguer les mérites solides et véritables, ce n'est pas par une méthode aussi bornée qu'on parvient à la perfection de l'art. Il est tout aussi impossible de se former une vraie idée de cette perfec-
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tion en n'étudiant qu'un seul maître, qu'il le serait de produire exacte d'un seul belle par l'imitation une figure parfaitement dans une seule modèle vivant. Et de même qu'en rassemblant le dans une variété d'individus, image les beautés éparses peintre produit une figure plus belle qu'il ne s'en trouve dans la en luinature actuelle, de même l'artiste qui peut rassembler même les mérites des divers grands peintres, approchera plus près de la perfection qu'aucun de ses maîtres. Celui qui se restreint à l'imitation d'un seul, comme il ne cherche point à le n'a pas de chance de l'égaler. Il ne fait profession surpasser, que de le suivre, et celui qui en suit un autre vient nécessairement derrière lui. Il ne faut pas se borner à imiter ce que les grands maîtres il faut encore ont produit dans le temps de leur perfection, imiter la méthode qu'ils ont suivie dans leurs études. Raphaël dont il fut le discommença par imiter la manière du Pérugin, à peine ses premières ciple ; et de là vient qu'on distingue oeuvres de celles de son maître ; mais bientôt formant des desil adopta le grand conseins plus hauts et de plus d'étendue, tour de Michel-Ange ; il apprit l'emploi des couleurs par les de Léonard de Vinci et du Frère Barthélémy; à ouvrages de tous les restes de tout cela fut jointe la contemplation à sa portée et de ceux que des qui se trouvaient l'antiquité en Grèce et dans d'autres à son service dessinaient peintres lieux éloignés. C'est en utilisant ce grand nombre de modèles, qu'il est devenu lui-même un modèle pour tous les peintres qui sont venus après lui; toujours imitant, toujours original. Si donc votre ambition est d'égaler Raphaël, il faut que vous fassiez ce que Raphaël a fait. Prenez plusieurs modèles, et non des autres 1. Cepenpas même lui seul pour guide, àl'exclusion dant, s'il faut en juger par le style, il y a un nombre infini de oeuvres que celles, peintres qui semblent n'avoir vu d'autres soit de leur maître, soit de quelque modèle favori, dont la manière est le premier et le dernier objet de leurs voeux. 1. Sed non qui maxime imitandus, eliam soins imitandus est. QUINTILIEN (note de l'auteur).
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de ces Je nommerai le peu qui me viennent en mémoire imitateurs étroits, bornés, serviles, routiniers et superstitieux. Ainsi le Guide fut misérablement Sirani 1 copié par Elisabeth et par Simon Cantarini 2, Poussin par Verdier s et par MUoChéron 4, le Parmesan par Jérôme Mazzuoli 3. Paul Véronèse et Jacques Bassan eurent pour imitateurs leurs frères et leurs fils 6, fut suivi par Cyr Ferri 7 et par RomaPiètre de Cortone nelli 8, Rubens par Jacques Jordaens 9 et par Diepembeck 10, le Guerchin par des membres de sa famille, les Gennari 11, Carie Maratte par Joseph Ghiari 12et par Pietro Pietri 13, Rembrandt par Bramer 14, par Eckhout 1Set par Flinck 16. Tous ces en ajouter un grand nombre peintres, auxquels je pourrais et dont les ouvrages d'autres, passent parmi les ignorants pour ceux de leurs maîtres, méritent d'être censurés pour leur stérilité et leur servilité de copistes. i. Bolonaise, morte en i665 à vingt-six ans, après une carrière aussi fêtée qu'abondante. 2. Dit le Pésarèse du nom de Pésaro sa patrie, mort en 1648 dans une grande réputation. 3. Auteur de plusieurs tableaux visibles autrefois dans les églises de Paris, élève de Lebrun, mort en 1730. 4. Célèbre par ses talents, non seulement en peinture, mais en musique et en poésie, amie de De Piles, morte en 1714. 5. Cousin du Parmesan, dont les ouvrages sont souvent confondus avec les siens; mort après 1S40. 6. Benoît et Charles Caliari, Léandre, Jean et Jérôme Bassan. 7. Romain, mort en 1694. S. Auteur de la galerie Mazarine, aujourd'hui partie de la Bibliothèque Nationale, et des anciens appartements d'Anne d'Autriche (musée des Antiques) au Louvre, mort en 1662. 9. Reynolds a fait ailleurs plus de justice à ce peintre, dont il ne connaissait alors que peu d'ouvrages, voir p. 419, 42110. Auteur, entre autres ouvrages, de nombreux dessins pour la gravure, mort à Anvers en 1675. 11. Un seul, Benoît Gennari, soii cousin. 12.Auteur de quelques fresques aux palais Barberini et Colonna, mort en 1727. i3. Auteur de peintures à Saint-Clément de Rome. 14. De dix ans plus âgé que le maître, mort à une époque incertaine. i5. Mort en 1674 à Amsterdam. 16. Occupé par Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg, et par JeanMaurice de Nassau, mort en 1660.
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Pour opposer à cette liste, un petit nombre de peintres offre un caractère qui l'imitation plus libéral, Pellegrin Tibaldi % le Rosso et le Primatice n'ont pas copié froidement ils ont attrapé quelque chose du feu qui anime Michel-Ange, Les Carraches avaient formé leur style sur ceux ses ouvrages. de Pellegrin Le Tibaldi, du Corrège et de l'école Vénitienne. le Guide, Lanfranc, TAlbane, le Guerchin, CaveDominiquin, done 2, Schidone 3, Tiarini'*, tous peintres qui ne sauraient renier l'atelier des Carraches, dont ils tirent leur origine, n'en ont pas moins l'apparence d'hommes capables d'étendre une provision d'idées plus loin leurs regards ; ils montrent une manière propre de penser, originales, ajoutée aux principes qu'ils avaient reçus de l'école. La première manière de Lesueur ressemble beaucoup à celle de Vouet son maître ; mais comme il le surpassa bientôt, il a différé de lui dans toutes les parties de l'art. Carie Maratte a mieux réussi que ceux que j'ai nommés d'abord, et je tiens à la variété de son imitation ; car qu'il a dû cette supériorité outre André Sacchi son maître, il a imité Raphaël, le Guide Il est vrai qu'il n'y a rien dans Carie Maratte et les Carraches. qui charme beaucoup ; mais cela a tenu à un défaut qui ne peut réparé ; savoir un manque de force dans pasêtre complètement les dons naturels. En cela certainement les hommes sont inégaux, et l'on ne chez soi plus de marchandises n'a peut rapporter qu'on a tiré de Carie Maratte par son application emporté d'argent. son fonds tout ce qui se pouvait; mais il y avait en lui une certaine pesanteur qu'on ne peut éviter de sentir et qui s'étend à l'expression, au dessin, au coloris et à à tout, à l'invention, l'effet général du tableau. La vérité est qu'il n'a égalé aucun de ses modèles en rien, et qu'il y a peu ajouté de lui-même. 1. V. p. 264. 2. Ami du Guide, né dans le duché de Modène, mort en 1660. 3. Grand imitateur du Corrège, auteur de vingt tableaux au palais royal de Naples, mort en I6I5. 4. Dit Alexandre Véronèse, excellent peintre de l'école Vénitienne, mort en 1668.
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Mais même dans cette étude générale, on ne saurait se des modernes contenter à la ; il faut que nous remontions source de l'art, à cette source d'où dérivent leurs principales de la pure antiquité. beautés, je veux dire aux monuments Toutes les inventions et toutes les idées des anciens, sous forme qu'elles se présentent, statues, quelque bas-reliefs, camées ou médailles, doivent être recherpierres gravées, chées et diligemment étudiées ; le génie qui plane sur ces vénérables restes, peut être appelé le père de l'art moderne, C'est par ce qui restait des ouvrages des anciens que les à nouveau chez les modernes, et c'est par le arts naquirent moyen de ces restes qu'il faudra les faire revivre une seconde fois. Quelque doive prendre notre vanité, ombrage qu'en nous ne pouvons éviter de convenir que les anciens sont nos maîtres ; et on peut hardiment prédire que, quand ils cesseles arts cesseront de fleurir et que nous ront d'être étudiés, retomberons à la barbarie. Le propre feu du génie de l'artiste opérant sur ces matériaux le rendra capable de former de ainsi rassemblés diligemment, nouvelles à tout ce qui combinaisons, supérieures peut-être aura jamais été au pouvoir de l'art; ainsi que du jusque-là d'une variété de métaux fondus, dit-on, et mêlés mélange de Corinthe, fut formé un métal ensemble dans l'incendie inconnu matières jusqu'alors, égal aux plus précieuses qui Et quoique rien n'empêchât à sa composition. contribuèrent un habile chimiste, avec ses creusets, d'analyser ces différentes le bronze de Corinthe n'en tiendrait parties, cependant pas moins son rang parmi les métaux les plus beaux et les plus précieux. nous avons considéré les avantages de l'imitation Jusqu'ici en tant qu'elle tend à former le goût, et comme une méthode par laquelle on peut attraper une étincelle de ce génie inspirateur des plus nobles chefs-d'oeuvre de l'art. Nous allons parler à présent d'une autre espèce d'imitation : l'emprunt d'une idée d'un mouvement, d'une attitude ou d'une figure, particulière, dans nos ouvrages; ce qui tantôt loinque nous transportons
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de plagiat, tantôt sera approuvé et loué, bera sous le reproche suivant l'adresse qu'on y mettra. selon que ce larcin différence, Il y a pareillement quelque On est généras'opère sur les anciens ou sur les modernes. lement d'accord qu'il n'y a point de honte à copier les anciens ; comme une réserve commune, leurs oeuvres sont considérées ce qui ouverte au public, où chacun peut prendre toujours lui plaît, et qui nous devient propre à tous égards pourvu peines que Raphaël a qu'on ait l'art d'en user. Les grandes les idées des anciens, sont une preuve prises pour rassembler de son opinion sur ce sujet. Ces collections peuvent se faire avec beaucoup plus de facilité par le moyen d'un aujourd'hui art à peine connu alors, je veux dire la gravure, par laquelle, avec peu de frais, chacun peut à présent se rendre possesseur de l'antiquité. des inventions Il faut reconnaître que les ouvrages des modernes sont davansoit anciens, soit de leurs auteurs. Cependant, tage la propriété fait à quelmodernes l'emprunt (je ne dis pas contemporains), ques ouvrages par celui qui sait l'art de l'adapter à son oeuvre, de manière n'y paraît qu'il en fait partie et que la jointure point, ne saurait guère être traité de plagiat. Les poètes pracomme on sait, cette sorte de larcin sans scrupule. tiquent, Aussi bien il ne faut pas qu'un artiste se contente de cette avec son ; je voudrais qu'il entrât en compétition justification ce qu'il fait sien. Une original, qu'il se piquât de perfectionner telle imitation est si loin de rappeler la servilité d'un plagiat, de l'esprit et une qu'elle est au contraire un exercice perpétuel Un emprunt ou larcin pratiqué de cette continuelle. invention sorte avec tant d'art et de précaution, acquiert un droit à la les Lacédémoniens, dont usaient même indulgence qui ne à le cacher. pas le vol, mais le défaut d'adresse punissaient à l'imitation ses extrêmes Pour vous encourager jusqu'à limites, j'ajoute que de très parfaits artistes dans les branches à meubler l'esprit et à donner de l'art, contribuent inférieures des idées dont un peintre habile, averti de ce qui lui manque sans danger le contact des modèles d'affronter et capable moins purs, saura se servir avec avantage. Du fumier même, par
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l'artifice d'une chimie délicate et d'un travail habile, il tirera de il trouquoi faire de l'or; sous la rudesse d'essais gothiques, de sages et même de sublimes inventions. vera d'originales, f Les ouvrages d'Albert Durer, de Lucas de Leyde, les nomde Tobie Stimmer 1 et de Josse Amman 2 inventions breuses fournissent un riche amas de matières originales, lesquelles de l'abondance étant travaillées et polies, ajouteront à ce qui sans ce secours n'aurait peut-être eu de mérite que l'exactitude et la propriété. J Dans le style somptueux de Paul Véronèse, dans les compodu Tintoret, il trouvera de quoi soutenir sitions capricieuses il y trouvera le point de départ d'où s'élèvera son invention, son imagination, aussi souvent que son sujet comportera ces effets brillants. Dans toutes les écoles, Vénitienne, il Hollandaise, Française, trouvera ou des compositions ou des effets ingénieuses, ou des expressions ou quelque extraordinaires, singulières, d'exécution et, dans perfection digne de fixer son attention, quelque mesure, d'être imitée. Même dans la classe secondaire des peintres français, on trouve souvent de grandes beautés unies à de grands défauts. Quoique Coypel 3 ait manqué de dans le goût et qu'il ait pris un air de présomption simplicité pour le grand et pour le majestueux, cependant la manière dont montre souvent un très bon sens, ses il traite ses histoires, sont adroites, et pour l'expression des passions compositions il a un talent considérable. L'affectation moderne de la grâce dans ses oeuvres, comme dans celles de Boucher 4 et de Walfort teau, n'est séparée, on peut le dire, que par une barrière i. Maître de la Renaissance allemande, peintre et graveur, né à Sehaffouse, mort à la lin du xvie siècle. 2. Autre maître de cette Renaissance auteur de planches innombrables, né à Zurich, mort en i5gi. 3. Antoine, qui fut garde des Dessins du Roi et familier du Régent, auteur de la voûte de la chapelle de Versailles. 4. Les textes donnent Bosch, que M. Fry s'applique à retrouver dans Balthazar Vanden Bosch, rnort en 1715. Mais il n'y a dans les ouvrages de ce peintre aucune affectation de grâce dont l'auteur ait pu faire mention en même temps que de celle de Coypel et de Walteau. J'ai suivi la correction de Jansen.
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légère, de la grâce plus simple et plus pure du Corrège et du Parmesan. le pinceau correct, ferme et Parmi les peintres hollandais, 1 et décidé employé par Bamboche par Jean MieP pour des sujets bas et vulgaires, pourrait sans rien changer servir pour les plus nobles, auxquels il est de fait qu'il semble bien plus propre. Le plus grand style, à condition que ce style soit exprimé dans de petites figures ainsi qu'il est le plus souvent chez recevrait une grâce de plus de l'élégance et de la Poussin, précision de pinceau si admirable dans les oeuvres de Téniers ; et quoique l'école à laquelle il appartient tire son plus grand renom de la mécanique de l'art, elle a cependant produit doués de grands talents dans un domaine artistes plusieurs Dans les ouvrages plus haut que celui de la simple exécution. de Frans Hais, le peintre de portraits observer la pourra d'un visage, la mise ensemble composition (comme disent les peintres) de tous les traits : d'où résulte ce caractère fortement si frappant dans marqué de la nature individuelle, les portraits de ce maître, et qu'on ne trouve au même degré chez aucun autre. A cette partie très difficile de l'art, s'il avait joint la patience de finir ce qu'il avait établi avec tant de correction, il aurait pu réclamer à bon droit la place que Vandyck, toutes choses considérées, tient à si juste titre, de premier peintre de portraits du monde. D'autres de la même école ont montré beaucoup de talent dans l'expression du caractère et des passions des gens du peuple, qui ont été l'objet de leur étude. Parmi ceux-ci Jean Steen paraît un des observateurs les plus exacts et les plus diligents de ce qui se passait dans les lieux qu'il fréquentait, et qui lui servaient d'Académie. Je suis comme assuré que, si cet homme extraordinaire avait eu la chance de naître en Italie au lieu de naître en Hollande et qu'au lieu de vivre à Leyde il eût vécu à Rome, avec Michel-Ange et Raphaël pour maîtres i. De son nom Pierre Van Laar, Hollandais, imitateur de Claude Lorrain dans ses fonds, familier de ce dernier et de Sandrart à Rome, mort en 1642. 2. Imitateur de Bamboche, mort en 1664 au service du duc de Savoie, pour lequel il décora le château de la Vénerie. 8
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au lieu de Brouwer et de Van Goyen, la même pénétration les caractères et l'expression dans ses qu'il met à distinguer aurait donné des résultats figures vulgaires, égaux à l'égard de ce que la nature a de plus grand et de plus élevé, et qu'il à nos yeux au rang des principaux compterait représentants de l'art. Des hommes qui, dans la servitude d'habitudes premières et dans une sphère étroite et confinée, presque invincibles n'ont pas laissé de développer des talents extraordinaires, et, de donner tant d'expression par l'effet d'une vigueur d'esprit, et de force à des ouvrages de petit rang, ne peuvent pas être recommandés à une exacte imitation, mais ils engagent du de leurs qualités et, par une moins les artistes à s'informer sorte de parodie, à transposer celles-ci dans leurs ouvrages. Celui qui s'est rendu capable de faire cet usage de l'école de la Vénitienne et de la Française, est vraiment un Flamande, des sources de savoir homme de génie ; il a à sa disposition qui ont manqué aux grands artistes du plus beau siècle de la peinture. de perfections La découverte de beautés qu'une éparses, de défauts dérobent, ne peut être l'oeuvre que de multitude celui qui, l'esprit rempli incessamment de son art, a étendu sa vue à tous les siècles et à toutes les écoles, et qui, d'un vaste amas recueilli pour son usage, a tiré une idée parfaite et bien digérée de l'art auquel il rapporte toute chose. Devenu juge et arbitre souverain de son art, siégeant pour ainsi dire au centre des styles et des écoles, il est en possession de distinguer et de saisir le bon partout où il se trouve ; il prend dans ce qui est grand et dans ce qui est petit, s'enrichit de entier son trisavoir au levant et au couchant, rend l'univers et fait de ses ouvrages un trésor d'inventions butaire, originales et variées. Je viens de vous exposer mon opinion sur ce qui me semble de parvenir à la maîtrise de l'art, la vraie et seule méthode laquelle à mon avis consiste dans un train constant d'imitation, qui ne doit finir qu'avec la vie. leur indolence ou leur vanité Ceux qu'un excès d'occupation,
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ont une fois détourné de porter leur vue au delà d'eux-mêmes, entièrement cessé depuis ce ont, autant que j'ai pu l'observer, leurs ouvrages ; au contraire ils ont moment de perfectionner à des hommes qui ont vécu On peut les comparer rétrogradé. sur leur capital, jusqu'à ce qu'ils soient réduits à la mendicité et laissés sans ressources. de mieux rien vous recommander Je ne puis par conséquent de ce que que de vous appliquer à vous servir pour vos ouvrages vous apprenez dans les ouvrages des autres. Cette recommanm'a appris que des dation a l'air d'être inutile; mais l'expérience ni l'amour sincère de leur art, ni artistes à qui ne manquaient du bon et du le goût des beaux tableaux, ni le discernement n'en continuaient mauvais, pas moins à suivre leur manière, sans essayer jamais de rendre dans leurs ouvrages la moindre chez les autres. idée de ces beautés qu'ils avaient admirées comment les peintres italiens de nos Il est difficile d'imaginer de l'art, peuvent être jours, qui vivent au milieu des trésors de suivre leurs contents de leur propre style. Ils continuent et ne songent lieux communs, pas un instant qu'il vaille la dont ils sont entoupeine de rendre visite aux chefs-d'oeuvre rés. années à trouvé il y a quelques m'être Je me rappelle Rome, avec un artiste de grande renommée en Europe: homme loin était cependant considérable dont le talent d'ailleurs qu'il d'égaler la bonne opinion qu'il en avait 1. La célébrité avait lui faisait croire trop aisément qu'il se trouvait sur le même rang, comparé à ses prédécesseurs, qu'à l'égard de ses Dans une conversation médiocres que nous contemporains. des ouvrages sur quelques eûmes ensemble particularités de Raphaël, il parut ou feignit de ne se les rappeler que fort Il me dit qu'il y avait plus de quinze ans qu'il confusément. n'avait mis le pied au Vatican ; qu'à la vérité il avait été en marché pour copier un important tableau de Raphaël, mais que l'affaire avait manqué; que si cependant le traité s'était fait, sa i. MM. Gosse et Fry reconnaissent ici Raphaël Meugs, mais avec peu d'apparence. Peut-on croire que ce pédant artiste eût voulu se vanter de mépriser Raphaël?
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à l'original. Le mérite de cet copie aurait été bien supérieure aurait été, j'en suis artiste, quelque grand qu'on le suppose, sûr, bien plus grand et sa présomption beaucoup moindre, s'il avait visité le Vatican au moins une fois par mois, comme c'aurait été son devoir de le faire. Je m'adresse à vous, Messieurs, qui avez fait quelques progrès dans l'art, et qui pour l'avenir allez être remis à votre et à votre discrétion. Je vous regarde comme arrijugement vée à ce point où il vous est permis de penser d'après vousmêmes, et de songer que tout homme est faillible ; de porter dans l'étude des maîtres cette restriction, que les grands hommes ne sont pas toujours exempts de grandes fautes; de de comparer, et de leur donner un rang dans votre critiquer, ou s'éloignent de l'idée que estime, suivant qu'ils s'approchent vous vous êtes faite de la perfection, n'est (ne l'oulaquelle blions pas) que le résultat des leçons de ces maîtres, et cessera d'être juste et exacte si vous cessez de les étudier. Ce sont leurs perfections à connaître leurs qui vous ont enseigné défauts. Je voudrais que vous oubliiez où vous êtes et qui est celui qui vous parle : je ne fais que vous diriger vers de plus grands modèles et vers de meilleurs conseillers. Il reste peu de chose ici et vous devez à l'avenir être vos propres à vous enseigner maîtres. Rendez pourtant cette justice à l'Académie d'Angleterre, de vous souvenir que vous n'y avez pris ni pratique borà née, ni fausses idées, rien enfin qui puisse vous entraîner l'imitation d'aucun maître vivant qui soit le favori à la mode. Comme on ne vous a pas appris à nous flatter, n'apprenez pas à vous flatter vous-mêmes. Nous avons tâché de ne vous faire admirer que ce qui est vraiment admirable. Si vous choisissez des modèles ou si vous prenez vos premiers médiocres, ce sera votre faute. ouvrages pour modèles de vos derniers, Le propos de ce discours et de la plupart des autres, a été de vous garantir de l'opinion fausse, trop suivie parmi les des pouvoirs imaginaires d'un génie naturel et de sa artistes, suffisance à produire de grandes oeuvres. Cette opinion, suivant le genre d'esprit qui l'adopte, produit presque toujours,
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: l'un ou une vaine confiance, ou un découragement de l'art. funestes à l'avancement les chefs-d'oeuvre Étudiez donc sans relâche des grands Suivez d'aussi près que vous pourrez, maîtres. la l'ordre, manière, les principes qui ont présidé à leur étude. Étudiez la nature attentivement, mais toujours avec ces maîtres dans votre compagnie; considérez-les comme des modèles que vous devez imiter, et comme des rivaux contre lesquels il vous faut combattre.
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PRONONCE A LÀ DISTRIBUTION
DES RECOMPENSES
le to décembre 1776
D'UNE REGLE UNIVERSELLE DU GOUT Messieurs, Le seul but que je me suis proposé depuis que je vous adresse la parole de cette place a été de vous inculquer une et maîtresse : à savoir que vos succès dans idée directrice l'art dépendent de vos efforts ; seulement presque entièrement l'effort que je vous recommande avant tout, n'est pas l'effort de la main, mais celui de l'esprit. Pas plus que notre art n'est une inspiration du ciel, il n'est un métier mécanique. Une solide science fait son fondement, à la perfection, et la pratique, essentielle ne peut quoique au but qu'elle se propose, si elle n'opère pas jamais atteindre sous la direction des principes. cela trop loin, et supposent écrivains à Quelques portent un fondement de connaissances si universelles la peinture et si profondes, que la seule liste des chapitres qu'ils forment suffit pour effrayer un commençant. Vitruve 1, après avoir parcouru les nombreuses naturelles et les nombreuses qualités de la science nécessaires à un architecte, acquisitions pousse sa pointe et assure gravement qu'il faut qu'il soit savant du dans le droit, afin de ne pas être trompé dans l'acquisition 1. Architecture, liv. I, cliap. 1.
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terrain sur lequel il veut bâtir. Je suis loin d'aller jusque-là ; mais en se gardant je maintiens qu'un peintre d'exagération, doit posséder que sa palette n'en propose et plus de science vivant, soit qu'il n'en peut tirer de son modèle, soit modèle On ne peut jamais devenir oeuvre d'art offerte à son imitation. un grand artiste si l'on est absolument ignorant. Un homme dont le métier est après tout de décrire, ne peut des poètes dans une langue se passer de quelque connaissance et augde l'esprit poétique ou dans une autre, qui l'emplisse à anad'idées. Il faut qu'il soit accoutumé mente sa provision Il faut que cette partie de ses idées. lyser et à comparer et qui a rapla philosophie l'homme, qui apprend à connaître les passions et les affecport avec les moeurs, les caractères, tions, ne lui soit pas tout à fait étrangère. dans l'homme quelque chose Il faut qu'un peintre connaisse du corps. Dans ce dessein il n'est de l'esprit, comme beaucoup telleque le peintre entre dans une entreprise pas nécessaire ment étendue de lecture, que la pratique de son art en pâtisse, au profit du critique. et que l'artiste disparaisse Que dans ses favorite ; c'est soit sa distraction heures de loisir la lecture et s'étende sans nuire à assez pour que son esprit s'avance de sa profession. l'exercice dans des nécessaire Et ce qui s'en faudra d'enseignement sera aisément lectures ainsi faites par fragments, suppléé par la conversation que le peintre aura avec des hommes instruits ceux à qui leurs Ce moyen estle meilleurpour et intelligents. eux-mêmes les ne permettent pas d'approfondir occupations de ne manquons Nous choses. pareils pas aujourd'hui leurs idées hommes, qui se font un plaisir de communiquer aux artistes curieux et dociles, quand on les traite avec l'honnêteté et la déférence qui leur sont dues. Rien n'empêchera au bout de quelque temps un jeune artiste de se faire admettre fordans leur société. Là, sans l'aide d'aucun enseignement mel, il apprendra peu à peu à sentir et à penser comme ceux un avec qui il vit; il verra se former par degrés insensibles de goût dans son esprit; et par l'application système raisonné nul doute qu'il à son dessein particulier, des idées générales
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ne s'entende à le réduire en méthode, mieux peut-être que ne pourraient le faire ceux de qui il tient l'idée première. De ces études et de ces conversations comme s'engendre, un fruit naturel et précieux, le pouvoir de distinguer le vrai du faux : lequel considéré dans son rappoi't avec les arts, le goût. Entrons donc, sans plus long préambule, s'appelle dans l'examen de cette question : si le goût se trouve hors de notre portée au point qu'il nous soit impossible d'y atteindre ou s'il est chose trop vague et trop capricieuse par l'étude, pour qu'on doive se mettre en peine de l'obtenir. dans un C'a été le sort commun des arts d'être enveloppés et incompréhensible, comme si l'on avait langage mystérieux de faire participer les termes même à l'idée jugé nécessaire de l'incertitude des principes. qu'on entretenait Discourir du génie et du goût comme de choses soumises en un certain sens à la raison et au sens commun, passera chez quelques-uns de pour le faitd'un homme aussi dépourvu l'un que de l'autre. Des bavards enflammés diront que je ne sais pas ce que c'est que l'enthousiasme, que je n'ai jamais ressenti (car c'est ainsi qu'ils parlent) le feu divin de Prométhée, qui anime la toile et donne la vie au marbre. Cependant mon intention n'est pas de dégrader l'art. Si, dans le dessein d'être intelligible, d'un trône de nuages je le fais descendre ce n'est qu'afin de lui donner une base plus solide imaginaire, sur la terre. Il faut de temps en temps voir les choses telles d'un nuage de fausse grandeur qu'elles sont, et se dégager dans laquelle elles nous apparaissent, quand on n'y porte qu'un regard indistinct. Je permets à un poète qui ne sait pas trop bien lui-même ce sa pensée dans un certain degré qu'il veut dire, d'exprimer Mais lorsqu'en d'obscurité, qui fait une espèce de sublime. de courtiser les Muses simple prose on vous parle gravement sous les berceaux ombreux, d'attendre l'appel et l'inspiration du génie, d'épier le moment et le lieu favorable pour l'invoquer avec succès, de connaître les temps et les saisons où l'imagination pousse avec le plus de vigueur, soit au solstice d'été ou à l'équides noxe, de prendre garde aux entraves que l'observation
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ainsi qu'à règles impose aux saintes fureurs de l'imagination, de cette même imagination l'affaiblissement par l'effet de l'âge ceux qui tiennent un tel langage et d'un excès de jugement, s'entretiennent ou qu'on contente avec de pareils sentiments, d'un pur verbiage, ou tout au plus de notions non seulement mal fondées, mais nuisibles. Que si l'on veut dire par là (ce qui dans l'origine aura donné à ces façons de parler), que pour cultiver un art, il naissance au commerce du monde, et se retirer aux champs faut renoncer le à de certaines saisons, qu'en certains temps de l'année, corps se portant mieux, l'esprit se trouve plus capable d'application qu'en d'autres peut être temps, ou bien que l'esprit cela s'entend. Je ne fatigué par un travail trop prolongé, demande non plus pas mieux que de croire qu'un homme peut, par son imagination poétique signalé dans sa jeunesse ce don, que sa en prenant une autre route, négliger tellement n'en semble plus conserver vieillesse qu'une partie. Mais je suis convaincu qu'on trouvera à peine un poète, depuis Homère jusqu'à Dryden, s'il a conservé un esprit sain dans un corps sain et continué la pratique de son art jusqu'à la fin, dont les derniers ouvrages ne soient pas remplis du même feu d'imagide sa jeunesse. nation que les productions à la lettre ces métaphores Il est aussi absurde de prendre ou ces idées exprimées en langage poétique, qu'il le serait de les de ce que les peintres représentent conclure quelquefois poètes composant sous la dictée d'un génie ou d'un petit enfant au poète ce qu'il doit ailé, que ce génie inspire réellement n'est qu'une pure machine écrire, et que le poète lui-même des opérations de son esprit. ignorante parfaitement et nous faisons nôtres les opiNous adoptons naturellement nions vraies ou fausses, généralement reçues et qui flottent ces opinions comme une dans le inonde. On peut regarder espèce d'héritage que nous tenons à vie pour les transmettre à la postérité, presque dans le même état où nous les avons reçues : n'étant guère au pouvoir de personne de les empirer ou de les amender. la plus grande Nous recevons comme une monnaie courante,
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partie des opinions, sans les peser ni les examiner; mais cette inévitable fait que beaucoup de pièces de mauvais négligence aloi sont reçues, qu'il n'en faut pas moins rejeter quand on de son bien. De même, celui qui a ramassé passe à l'estimation s'il vient à faire un corps de ses conles opinions populaires, et à les ranger en système, est obligé de séparer naissances celles qui sont vraies de celles qui sont seulement plausibles. d'un art pour impoMais il n'est rien comme l'enseignement ser à ceux qui en ont la charge l'examen rigoureux de toutes à cet art. C'est ici l'occales opinions qui courent relativement sion de marquer les précautions que cet examen exige. Dans l'acception ordinaire, le génie et le goût semblent être liés de très près ; la seule différence qu'il y ait, c'est que le ou le pouvoir d'exécuter ; en génie suppose en plus l'habitude d'autres termes on peut dire que le goût, quand ce pouvoir est génie. Dans le préajouté, change de nom et prend celui'de complète jugé populaire, l'un et l'autre ont droit à l'exemption édictée par des règles. On leur suppose un de toute contrainte Sous le nom de génie on croit que sont pouvoir d'intuition. sous le nom de goût que des jugeproduits les chefs-d'oeuvre, et sans que ments sont rendus, sans qu'on sache pourquoi, nous en ayons la moindre obligation à la raison, aux préceptes ou à l'expérience. d'énoncer ces opinions sans en Il est comme impossible découvrir l'absurdité ; cependant elles sont sans cesse dans la dans celle des artistes. bouche des hommes et en particulier Ceux qui y ont sérieusement réfléchi, ne portent pas les choses si loin, mais je suis persuadé que même dans le petit nombre de ceux qu'on peut regarder comme capables de pensée, l'opinion qui prévaut accorde moins qu'on ne doit à la raison, et considère les principes du goût, dont les règles de l'art tiennent comme plus flottants et moins bien établis que, leur.autorité, nous serons forcés de reconnaître venant à l'examiner, qu'ils sont. Le proverbe « qu'il ne faut pas disputer des goûts », doit son crédit et sa fortune dans le monde à la même erreur qui nous porte à regarder cette faculté comme trop haute et trop
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un jugement terrestre. Elle cororiginale pour être soumise à ceux qui la regardent comme un respond également à l'idée de dont le défaut de substance dispur fantôme de l'imagination, pense de toute critique. ne diffèrent que faute Il semble que souvent les sentiments d'user de termes exacts : n'étant pas toujours obligés déparier avec une rigueur de critique. De plus cette différence peut tenir en partie à un défaut de mots dans la langue dont on se sert, une les distinctions plus fines que découvre pour exprimer des choses. De fait, le plus gros de cette étude approfondie différence cesse, quand chaque opinion est expliquée et comprise au moyen de termes exacts et constants. Nous donnons le nom de goût à cet acte de l'esprit par lequel nous aimons ou n'aimons pas une chose, quelle qu'elle soit. Notre opinion sur un rien fugitif, sur une fantaisie sans est appelé du même nom que le jugement fondement, que des principes nous faisons des vérités les fondamentales, et les plus constants de la nature humaine, plus généraux des ouvrages les plus qui demandent pour être produits incommode humain. Quelque que grands efforts de l'esprit soit cette confusion, il faut bien que nous prenions les mots comme nous les trouvons ; tout ce que nous pouvons faire, c'est de distinguer on les applique. les choses auxquelles Nous pouvons nous passer de parler ici de ces choses qui sont les objets à la fois du goût et des sens, et qui, n'offrant pas moins de certitude que les sens mêmes, ne donnent aucune matière de recherche ou de dispute. L'appétit ou le goût de l'esprit humain est pour la vérité ; que cette vérité résulte soit de la convenance ou de l'égalité réelle d'idées primitives entre d'une représentation avec l'objet elles, soit de la conformité soit de la correspondance des différentes qu'elles représentent, entre elles. C'est le même goût parties de quelque combinaison qui fait que nous trouvons du plaisir dans une démonstration de géométrie, dans la ressemblance d'une peinture avec son de la musique. original, et dans l'harmonie Tout cela prend son origine inaltérable et fixe dans la nature; tout cela par conséquent est sujet aux mêmes investigations de
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la raison, tout cela se connaît également par l'étude. Certaines matières comportent une clarté plus grande, certaines une clarté mais le chemin est le même. Toute peinture moindre, qui n'offre point la ressemblance de l'objet imité est fausse. Toute est mauvaise, composition quand les parties n'ont pas de profût vraie, portion entre elles ; car pour qu'une telle composition il faudrait que, sans contradiction, on pût assurer que des parties sont sans rapport avec leur tout. Le coloris est vrai quand il est accommodé à l'oeil, en brillant, en douceur, en harmonie, en ressemblance ; toutes ces qualités cadrant à leur objet : la nature, et pour cette raison étant vraies, aussi vraies qu'une démonstration mathématique, quoique seuls ceux qui s'adonnent à ce genre d'étude soient capables d'en connaître la vérité. Mais outre la vérité réelle, il y a encore les vérités apparentes : c'est l'opinion, c'est le préjugé. Quand est connue la vérité réelle, le goût qui s'y conforme ne saurait être qu'uniforme; mais pour la seconde espèce de vérités, qu'on pourrait appeler vérités de tolérance ou vérités de savoir-vivre, elles ne sont tant que durent les opipoint fixes, mais variables. Cependant nions elles préjugés ces sortes de vérités qui les supportent, se comportent comme la vérité réelle ; et l'art, de qui l'objet est de plaire à l'esprit autant que de l'instruire, doit se régler conformément à l'opinion, sous peine de ne pas atteindre sa fin. A proportion que les opinions sont plus généralement répandues ou reçues depuis plus longtemps, le goût qui s'y conforme approche et d'une sorte de plus près de la certitude, ressemblance avec la science véritable, même s'il arrive que ces opinions n'ont rien au-dessus du préjugé. Car le degré de durée et d'uniformité qui les fait recevoir comme vraies absolument, fait en même temps qu'on compte sur leur stabilité et qu'on peut essayer de les déterminer. Plus ces préjugés deviennent étroits, locaux et transitoires, tient de la fantaisie, et s'éloigne de la plus ce goût secondaire science véritable ; moins il a le congé de la raison, moins il doit régler la pratique ; quoiqu'il ne faille peut-être en aucun cas le négliger si toutefois il n'est pas, comme il entièrement,
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avec les opinions les plus resparfois, en contradiction pectables du genre humain. Ces propositions établies, je vais prendre quelque liberté avec la rigueur de la méthode, cette rigueur n'étant pas nécessaire pour en venir à mes conclusions. donc comme accordé Nous regarderons que la raison est fixé dans la nature des choses, et, quelque chose d'invariable, sans nous mettre en peine de remonter aux premiers principes, nous conclurons qui échapperont toujours à notre recherche, que tout ce qui, passant sous le nom de goût, se laisse attirer et ranger à la dépendance de la raison, doit être considéré comme également Si par conséquent exempt de changement. nous pouvons, dans les recherches que nous allons faire, démontrer pour la conqu'il y a des règles fixes et invariables duite de l'artiste, il s'ensuivra naturellement que l'art du conou en d'autres termes le goût, a aussi des principes naisseur, invariables. Quand on demande la raison du jugement que nous portons des oeuvres d'art, et de'la préférence que nous donnons à un certain genre sur les autres, nous avons sans doute le droit de répondre que nous jugeons selon notre goût; mais il ne s'ensuit ne puisse être faite à pas qu'une meilleure réponse cette question, : bien que celle-ci suffise pour le commun tout le inonde n'étant pas tenu de rechercher de les raisons son approbation ou de sa répugnance. Les arts seraient pour jamais exposés au caprice et au hasard, si ceux qui doivent juger de leur mérite n'avaient pas de prinet si les beautés et cipes établis pour régler leurs décisions, les défauts des ouvrages ne devaient être déterminés que par une fantaisie déréglée. Et en effet j'ose dire que tout ce que la de l'art exige de connaissance chez l'arpratique théorique au connaisseur. tiste, est nécessaire La première idée qui se présente quand on considère ce qu'il y a de fixe dans l'art ou dans le goût, c'est ce principe fondamental dont j'ai si souvent parlé dans mes précédents discours : de nature. Le commencement, le milieu et la l'idée générale fin de tout ce qu'il y a de solide dans le goût, est compris dans arrive
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de ce qu'est vraiment la nature ; car toutes les sont pas conformes à celles de la nature ou à doivent être regardées comme plus ou universelle, l'opinion moins arbitraires. Mon idée de la nature ne comprend les formes pas seulement que la nature produit, mais encore la nature et façon intérieure, si je puis m'exprimer de l'homme et de son ainsi, de l'esprit Les termes de beauté et de nature, imagination. qui sont des idées générales, ne sont que des manières différentes d'exprimer la même chose, qu'on les applique à des statues, à des La difformité n'est pas la nature, mais/ vers, ou à des tableaux. un écart accidentel à l'égard de sa pratique ordinaire. En conséest ce qui doit s'appeler nature, et, si quence cette idée générale l'on parle comme il faut, rien d'autre n'a droit à ce nom. Mais nous sommes si loin de parler dans la conversation avec cette exacen critiquant Rembrandt titude, que nous disons au contraire, et les autres peintres hollandais d'avoir mis dans leurs tableaux d'histoire exacte d'objets individuels avec tous leurs l'image défauts, nous disons, dis-je, que le goût est mauvais, mais que du moins c'est la nature. Cette fausse application des termes ne peut manquer d'embarrasser souvent le jeune artiste. L'art n'est-il pas, dira-t-il, de la nature ? En conséquence, une imitation celui qui l'imite avec la plus grande fidélité, n'est-il pas nécessairement le premier ? D'après ce raisonnement, Rembrandt a sa place au-dessus de Raphaël. Mais un peu de réflexion suffira à faire voir ne peuvent pas être pris pour la que ces traits individuels car comment la nature de l'homme être nature, pourrait-elle cherchée où règne la dissemblance? étant donné qu'il n'y a qui soient pareils. pas dans le inonde deux individus des Ainsi, suivant qu'un ouvrage est conduit sous l'influence idées générales ou d'idées particulières, il faut le considérer, dans son ensemble, comme l'oeuvre du bon ou du mauvais goût. En conséquence, puisque la beauté ne consiste pas à prendre ce qui se trouve immédiatement devant vous, il ne convient pas dans nos recherches sur le goût, de regarder les predavantage, mières opinions que nous sommes sujets à recevoir comme un
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127 effet du meilleur choix, ou d'un choix qui serait plus naturel à qu'à Lorsque nous ne commençons l'esprit et à l'imagination. nous nous jetons avec activité sur ce qu'il y a nous instruire, de bon dans l'objet le plus proche ; ce n'est qu'après avoir eu le temps de la réflexion et par un effet de la discipline, que nous refusons le bien présent pour quelque chose de meilleur de tous les arts, comme à distance. La noblesse et l'élévation consiste à régler sa conduite sur cette de la vertu elle-même, et toute critique fondée sur une vue plus idée plus étendue, J'ade ce qui est naturel, mérite d'être condamnée. restreinte que fausse : le défaut venant joute qu'elle est plus superficielle de ce que la vérité n'y est pas prise dans une extension suffisante. arrivé aux plus grands maîtres de notre Il est quelquefois art de tomber dans l'erreur par un effet de cette méthode bornée de raisonner. Poussin, qu'on peut citer comme exemple et attaché aux idées les plus étendues d'un artiste étroitement de la nature, cependant, parce qu'il a négligé de se générales a délaissé au moins une fois, à des principes, faire là-dessus mon avis, la vérité pour le préjugé. On dit qu'il n'a pas craint de défendre Jules Romain sur son peu de soin à disposer les masses de lumière et d'ombre, et à bien grouper les fig-ures eût dans sa Bataille de Constantin 1, comme si cette négligence d'une bataille. La de rendre le désordre marqué l'intention de ses tableaux méthode du Poussin lui-même dans plusieurs a de quoi nous faire croire ce récit. Que telle ait été sa pra3 en le et de Bacchus le Sacrifice à Silène 2, Triomphe tique, sont la preuve ; et l'on en voit un exemple plus éclatant encore dans son Persée tenant la tète de Méduse'*. un sujet de grand fracas Ce dernier sujet est certainement et fort tumultueux ; et pour que le premier aspect de la peinnous voyons que le peintre y a violé tous ture y corresponde, 1. Aux chambres du Vatican. 2. Peut-être le tableau conservé sous le numéro 42 de la Galerie Nationale de Londres. 3. Décrit au catalogue de Smith; on ne sait où il est à présent. 4. A la Galerie Nationale de Dublin.
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les principes de la composition : il n'y a ni principale figure, ni principale et dans lumière, ni groupes ; tout y est dispersé une telle confusion que l'oeil n'y trouve de repos nulle part. Je me rappelle que cet aspect rebutant me fit m'en détourner avec et je n'y serais certainement si l'on ne dégoût, pas retourné, m'avait pressé d'en faire un examen plus attentif. Alors, il est s'attendre de trouver vrai, j'y trouvai ce qu'on peut toujours dans un tableau de Poussin : la correction du dessin, la force de l'expression, : en un mot touet des caractères appropriés tes les qualités qui distinguent les ouvrages de ce savant artiste. J'estime qu'il convient de détourner les artistes de l'imitation de Poussin. Il faut qu'une peinture de cette conduite plaise à du spectapremière vue et se concilie pour ainsi dire l'attention teur. Si au contraire l'effet général offense l'oeil, il est à craindre qu'on n'y revienne pas, quelque mérite solide que le tableau renferme. Peut-être ne doit-on recevoir aucune excuse pour des offenses contre le véhicule commises (que ce soit le sens de l'ouïe ou de la vue) par lequel le plaisir est porté dans l'esprit. Il faut absolument à ce que l'oeil ne soit ni tiraillé, ni distrait pourvoir de parties et de lumières par une confusion égales, ou offensé de même qu'on doit par un mélange de couleurs discordantes; l'oreille par des sons discordants. se garder d'offenser La vérité de cette observation se trouve à point confirmée par Shakes1 un bouche il met dans la d'Hamlet précepte peare, quand savoir de ne jamais blesser des acteurs, pareil à l'adresse l'oreille par des sons rudes : « Jusque dans le torrent, jusque de la passion, dans la tempête, jusque dans l'ouragan songez et à garder la mesure qui en rende dit-il, à prendre toujours, douce. » Ce qui n'empêche l'expression qu'il ne fasse en même « que le but de l'art dramatique temps cette juste observation a toujours été et est encore de tenir, pour ainsi dire, le miroir à la nature »â. Personne n'ose contester vioque les passions à la nature des sons rudes et désagréables lentes n'arrachent ; i. Acte III, scène II. 2. To hold the mirror up lo nature, même pass.
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I29 mais ce grand poète et grand critique pensait que l'imitation aurait coûté trop cher, s'il eût fallu l'acheter par des sensations des oreilou, comme il le dit, « par un déchirement pénibles, comme le peintre de génie, qui conles ». Le poète et l'acteur, naît la variété et les sources des plaisirs de l'esprit et de l'imadonne peu d'attention à la nature commune ; il évite gination, de ces bornes étroites, la commune ornière. En s'élançanthors il s'empare des esprits plus sûrement, et touche à son but avec Les ignorants font honneur de ce succès à plus de puissance. une négligence de toutes les règles et à la mise au rebut de la raison : tandis qu'il n'est l'effet que d'une stricte obéissance aux règles les plus exquises de la plus juste raison. Celui qui croit que la nature, dans le sens étroit de ce mot, est le seul modèle qu'on doive suivre, n'offrira dans ses productions à l'imagination. Tout ce qu'un faible divertissement qu'on fait doit être fait avec ce dont il est naturel que l'esprit soit charmé, simplicité ou variété, uniformité ou irrégularité, ou étrangères, et sauvages scènes ou domestiques agrestes riches et ornées : chacune de ces choses à son tour étant de nature à plaire à l'esprit. En un mot, tout ce qui plaît a quelà l'esprit ; il est donc natuque chose en soi qui est analogue du mot. rel, dans le sens le plus relevé et le meilleur C'est au sens de ce mot de nature et de vérité que ceux qui l'art ont le devoir de s'attacher professent plus particulièred'hommes instruits, ment; et il faut remarquer que beaucoup comme vrai que ce qu'on peut prouaccoutumés à n'admettre ver parles mathématiques, ont rarement du goût pour les arts à l'imagination, dont la conformité avec le vrai qui s'adressent la se reconnaît par une autre espèce de preuve. Cependant de ces arts ne demande connaissance pas moins de circonsles vérités pection et de sagacité qu'il n'en faut pour atteindre à des démonstrations exactes. C'est la raison qui doit sujettes en dernier ressort déterminer notre choix dans toutes les occasions ; mais il est sûr qu'elle sera de peu de secours, si l'on bons dans leur au goût des principes applique qui, quoique sphère, ne sont pas faits pour cet objet. Par exemple, il y a de bonnes raisons de prétendre à transqu'une statue destinée 9
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doit d'une personne à la postérité, mettre la ressemblance être vêtue suivant le costume du temps, et ces raisons seraient si le costume faisait partie de la personne ; mais décisives un certain temps le costume n'est il faut remarquer qu'après : c'est ce qui pour l'antiquaire plus qu'un objet de curiosité a le droit d'en tenir peu de compte, toutes les fait que l'artiste au dessein fois que ce soin serait contraire général de l'oucède à une raison Il faut ici que l'opinion vrage. vulgaire C'est dans les formes du nu et dans le jet des supérieure. entre la différence principalement draperies qu'on reconnaît un artiste et l'autre. S'ils sont obligés de suivre le costume entièrement les formes du nu se trouveront cachées, moderne, Un et les draperies auront déjà été disposées par le tailleur. Phidias ne serait plus Phidias, s'il lui fallait se plier à ce plan : rien ne le distinguerait d'un sculpteur ordinaire, déraisonnable de quelque art, le savant puisque dans les parties inférieures sont sur le même niveau. et l'ignorant Voilà sans doute une des raisons qui font que l'auteur de la i l'a du Laocoon merveilleuse nu, quoique il figure représenté en train de sacrifier à Apollon, et que partant le soit supposé devoir du sculpteur eût été de le montrer dans ses habits ponl'ont emporté. tificaux : mais d'autres fortes raisons L'art ne jouit pas chez nous d'une assez haute estime pour obtenir des sacrifices aussi grands que les anciens lui en ont fait, et en les Grecs, qui souffraient particulier qu'on les représentât ou rois. nus, fussent-ils généraux, législateurs Sur ce chapitre de la balance à tenir entre deux raisons contraires, ou du choix à faire du moindre de deux maux, on peut considérer la conduite de Rubens dans la galerie du Luxemsont mêlées avec des bourg 2, où des figures allégoriques réels. Il faut avouer que ce mélange est une faute : personnages du peintre fut d'orétant donné que le dessein cependant avec splenner cette galerie avec richesse, avec variété, n'a pu être atteint, au moins dans le degré deur, ce résultat i. La célèbre antique du Belvédère. a. La Vie de Marie de Médicis, au Louvre.
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sans peupler l'air et l'eau de ces figures que nous voyons, Ainsi il a rempli par là parfaitement ses intenallégoriques. mointions ; et dans ce cas toutes les autres considérations de contrarier le grand dessein de l'ouvrage, dres, capables céder et disparaître. devaient nécessairement La variété produite par le mélange de portraits et de costumes avec des figures allégoriques ne doit pas être sacrimodernes à un scrupule de la raison, cette fiée légèrement lorsque raison prive l'art en quelque manière de son existence même. Il faut se rappeler toujours que l'affaire d'un grand peintre est de produire chose de grand en peinture ; à cause de quelque cela il doit veiller à ne pas se laisser détourner de son objet de raison. par des apparences Ce qui a été si souvent allégué contre la poésie allégorique, et sans intérêt, ne saurait être appliqué qu'elle est ennuyeuse dont l'intérêt est à la peinture, avec autant de fondement une d'un genre différent. Si la peinture produit allégorique plus plus grande variété de beauté idéale, une composition une et fournit à l'artiste riche, plus variée, plus délectable, plus grande occasion de montrer son talent, tout l'intérêt qu'il a en vue s'y trouve. Un tableau peint de la sorte n'attire pas il fixe et retient l'attention. seulement, s'est trompé dans le prinQue si l'on objecte que Rubens cipe, en se croyant obligé de rendre son ouvrage si excessiveCe style ment décoratif, je réponds qu'on change la question. il n'en avait pas d'autre à son serétait son style particulier, vice, et sans doute on ne l'avait choisi pour cet ouvrage que ne conteste qu'un parce que tel était son style. Personne soit de Rome, eût mis de l'école soit de Bologne, peintre et d'érudition. dans un pareil ouvrage plus de noblesse du goût: Ceci nous conduit à un autre chapitre important classes de savoir l'examen de ce que valent les différentes l'art, et de l'estime qu'il faut en faire. les uns Tous les arts ont en soi des moyens qui s'adressent, les autres à la partie sensible de à la partie intellectuelle, le mérite égal dans l'emploi de ces En supposant nous-mêmes. il est à peine besoin de demander de moyens, deux sortes
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la préférence, méritent de ceux qui retracent les lesquels actions héroïques et les plus nobles passions de l'homme, ou de ceux qui, par le secours d'ornements séducteurs, quelque pleins de grâce et d'élégance qu'ils soient, captivent la sensi l'on peut dire, de notre goût. Ainsi l'école de sualité, Rome et celle de Bologne, à nos meilleures qui s'adressent et à nos plus nobles facultés, sont légitimenent à préférées celles de Venise, de Flandre et de Hollande. La rondeur des périodes dans l'éloquence, et l'harmonie des nombres en poésie sont dans ces deux arts ce que le coloris est dans la peinture. Quelque estime qu'on ait pour elles, on à l'art ne saurait les considérer comme égales en importance de développer des vérités utiles au genre humain, de celles et plus sages. Et comment mettre qui nous rendent meilleurs les ouvrages qui nous rappellent la pauvreté et la bassesse de notre nature, sur le même rang que ceux qui excitent en nous des idées de grandeur, l'humaqui élèvent et qui ennoblissent d'un poète mort nité, ou qui, pour me servir de l'expression « enseignent au spectateur à estimer en lui la récemment, *» ? de l'homme dignité de chaque art, mesurés sur son imporAinsi le rang etl'estime sont assignés le peintre de tance, par la raison, depuis peintre de nature morte. Que celui qui donfigure jusqu'au nerait le premier rang au style inférieur, ne vienne pas nous dire que tel est son goût. Le goût n'a rien à faire ici ; du moins ne souffrons pas qu'il ait rien à y faire. Un pareil homme ne manque pas de goût, mais de bon sens et de jugement. Cela n'empêche pas que l'on ne préfère à bon droit la perfection dans un style inférieur à la médiocrité dans les styles Un paysage, s'il est de Claude Lorrain, peut être plus relevés. qui n'est que de Lucas Giorpréféré à un tableau d'histoire à quel point le connaisseur est tenu dano. Mais cela montre de savoir en quoi consiste l'excellence de chaque genre, afin de juger de son degré de perfection. Même dans les ouvrages d'un même genre, de la peini. Goldsmith, dans le Voyageur, v. 332. Cet auteur était ami de Reynolds.
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ture d'histoire parties veulent être par exemple, où différentes la perfection d'une partie inférieure considérées, portée à un et balancera fort haut degré rendra un ouvrage fort estimable, de quelque esj>èce de mérite jusqu'à un certain point l'absence C'est le devoir du connaisseur de savoir distinguer supérieur. suivant qu'elle le mérite. chacune de ces parties, et de l'estimer De cette manière, le Bassan même ne lui paraîtra pas indigne de son attention. Quoique entièrement dépourvu d'expression, de sens, de grâce ou d'élégance, ce peintre obtiendra cependant son estime à cause du goût admirable de son coloris, dans ses meilleurs au coloris du peu inférieur," ouvrages, Titien même. lui rendre Puisque j'ai nommé le Bassan, il faut également cette justice que, quoiqu'il n'ait pas aspiré à l'honneur d'exprimer les caractères et les passions de l'homme, si cependant, l'on considère la facilité et la vérité avec laquelle il a touché toutes sortes d'animaux et leur a donné ce que les peintres appellent leur caractère, peu de peintres l'ont surpassé. Au Bassan on peut ajouter Paul Véronèse et le Tintoret,\ de ce qu'on regarde à bon droit pour leur totale négligence de l'art, c'est-à-dire comme l'essentiel des pas-\ l'expression sions. Ces défauts chez eux crèvent les yeux, pourtant on estime leurs que ces ouvrages ; mais il faut se rappeler artistes ne plaisent ils plaisent pas par ces défauts, par de grandes beautés d'un autre genre, qui se font estimer en dépit de ces défauts. sont Comme toutes les autres, ces beautés sur une vérité de à proportion fondées, plaisent, qu'elles nature C'est la vérité qu'elles retracent, quoique générale. non pas toute la vérité. Ces considérations, peuvent qu'on ne saurait trop inculquer, servir à se garder de deux erreurs qui, comme je l'ai remarqué, ont été, du moins autrefois, les plus en faveur chez les artistes, en même temps que les plus funestes pour eux : savoir de croire que le goût et le g-énie n'ont rien à faire avec la raison, et de prendre les réalités individuelles pour la nature. Je dirai maintenant quelque chose de cette partie du goût qui, comme je l'ai annoncé, est réglée moins sur la forme des
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à qui leur objets pris en soi, que sur la nature de l'esprit, s'adresse : réglée, dis-je, sur la propre essence représentation et sur l'organisation de notre âme, c'est-à-dire de notre imagination et de nos passions. Les principes de ce côté ne sont pas moins invariables que de l'autre, et l'on en raisonne de la même manière, par un appel au sens commun, prononçant sur les sentiments communs à tout le genre humain. Ce sens et ces sentiments m'apparaissent comme d'une égale autorité et comme concluants. également L'appel dont il s'agit suppose une uniformité et une convenance générale entre les esprits des hommes." Autrement ce serait une entreprise vaine que d'établir les règ-les de l'art ; ce serait chercher à saisir un fantôme que de vouloir faire naître des sensations dont nous ne nous ferions pas d'idée. Il n'y a pas de raison de supposer qu'il y a une différence plus grande entre nos esprits nos corps, qu'entre lesquels, quoiqu'on une n'en puisse pas trouver deux pareils, offrent néanmoins ressemblance à travers toute l'espèce humaine. Il générale suffit que le goût d'un homme soit cultivé pour que l'idée générale des esprits comme des corps lui soit un point de comparaison à juger du beau et du laid dans l'une et l'autre de ces matières. La façon intérieure des esprits étant donc, comme la forme on a le droit d'en extérieure des corps, à peu près uniforme, conclure que les imaginations, qui ne sont que le produit de notre faculté de combiner les idées procurées par les sens entièrement (n'y ayant point en nous de pouvoir d'imaginer aussi bien que les sens dans original) doivent se ressembler tous les hommes. Cette ressemblance étant, il s'ensuit que les plus dans toutes les circonstances, dans nos amusements de notre frivoles comme dans les actions les plus sérieuses vie, nous devons régler nos affections de tout genre sur celles des autres. Un esprit bien discipliné convient de celte autorité, et soumet sa propre opinion à l'opinion générale. une juste idée de ce que c'est que l'imagiPour acquérir il faut connaître et les passions des les sentiments nation, hommes en général ; quoiqu'il nous semble que ce soit assez
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et de nous en rapnos sentiments de consulter particuliers, nous préserver de toute erreur. porter à eux pour de l'esde la disposition et du caractère Une connaissance Je conviens que par l'expérience. prit humain ne s'acquiert de que l'examen de ce qui se passe en nous, et que l'habitude les motifs de nos propres actes et les réactions de remarquer fournit une grande partie de cette nos propres sentiments, et conNous pouvons supposer une uniformité, connaissance. chez les autres les clure que les mêmes causes produiront mêmes effets ; cet examen aura de plus l'effet de nous suggérer des recherches ; mais nous ne serons jamais sûrs que nos sense trouveront confirmés timents sont vrais, que lorsqu'ils par Une différence entre deux indiune observation plus étendue. vidus ne décide rien ; mais une réunion générale des esprits, comme un rassemblement général des forces de tout le genre De fait, comme il est humain, fait une puissance irrésistible. vrai de dire que celui qui ne se connaît pas soi-même ne connaît pas les autres, de même on peut dire que celui qui ne ne se connaît soi-même connaît pas les autres, que fort imparfaitement. des préjugés en rejetant l'auCelui qui croit s'affranchir torité des autres, ouvre les avenues toutes grandes à la singuet à plusieurs autres vices, larité, à la vanité, à l'obstination notre jugement et à empêcher à pervertir qui tous tendent aux de nos facultés. naturelle Cette soumission l'opération idées des autres est un devoir d'une part, et de l'autre une à laquelle nous cédons malgré nous. La vérité est nécessité que nous ne sommes jamais satisfaits de nos propres opinions, que nous élevions, tant qu'elles n'ont pas quelques prétentions Nous ne du suffrage des autres hommes. reçu la ratification cessons de disputer et de combattre : nous cherchons à gagner les autres à nous, quand nous ne nous rendons pas à eux. De tout cela il s'ensuit que celui qui connaît les ouvrages conde différents siècles et de différents sacrés par l'approbation peuples, et qui a formé ses idées là-dessus, a plus de matériaux et plus de moyens de connaître ce qui est analogue à l'esprit de l'homme, que celui qui n'a de commerce qu'avec les pro-
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de son siècle et de son pays. Ce qui a plu et plaît sans doute de plaire à l'avenir : c'est le encore, continuera fondement des règles de l'art, et la raison solide qui ne peut leur manquer. Cet examen et cette étude de l'esprit ne doivent pas être limités àun seul art. C'estparle rapport d'un art avec un autre, que beaucoup de choses peuvent être assurées, que l'on n'aurait fait ou qu'on n'aurait peut-être du qu'entrevoir pas découvertes de quelque tout, si l'on n'y avait été conduit par la pratique art frère dans une occasion du même genre 1. Les fréquentes allusions d'un art est obligé de qu'un homme qui traite tirer des autres pour expliquer et pour confirmer ses prinassez leur intime connexion et leur rapport cipes, montrent inséparable. Comme tous les arts tendent au même but général, qui est de plaire, et s'adressent aux mêmes facultés par le moyen des doivent sens, il s'ensuit que leurs règles et leurs principes avoir autant d'affinité que le permettent les diverses matières et les différents organes ou véhicules par lesquels ils sont transmis à l'esprit' 2. Concluons donc que l'essence véritable, pour m'exprimer ainsi, de ce qu'on appelle goût, est fixée et établie dans la nature des choses, qu'il y a des causes certaines et régulières et les passions de l'homme sont par lesquelles l'imagination affectées. Concluons de ces causes s'obque la connaissance tient par une recherche laborieuse et attentive de la nature, \. selon le même insensible de progrès qui règle l'acquisition toutes les sciences, quelque instantanées que puissent paraître leurs opérations, après qu'on les a acquises ainsi. On a souvent observé que seul l'homme bon et vertueux est à même d'acquérir ce goût vrai ou juste même des arts. Cette opinion ne paraîtra pas sans fondement, si l'on considère de la recherche que la même disposition d'esprit engendrée i. Nulla ars non alterius ariis cuit mater mil propinqua est. TEKTULLIEN cité par JUNIUS(Note de l'auteur). 2. Omnesaux ad humanitalcm pertinent, habent quoddam communevinculum et quasi cognatione inter se coniinentur, CICÉUON (Note de l'auteur).
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devoirs de la vie, est de la vérité dans les plus importants moins graves. ici à des amusements seulement transportée le même désir de trouver quelque chose La même disposition, et de durable, où l'esprit de fixe, de solide, de substantiel puisse prendre son appui, pour ainsi dire, et s'établir en sûreté, il est ce qui nous pousse dans un cas comme dans l'autre; n'y a que le sujet de changé. Dans l'un et dans l'autre nous tenons la même conduite pour obtenir l'idée de la beauté et : perfection de vertu, quand nous regardons, de la perfection la société et l'univers ; perfection au delà de nous-mêmes, des arts, quand de la même manière nous étendons nos vues sur tous les âges et sur tous les temps. flotTous les arts ont ainsi que le nôtre certains principes attentive de tants et d'autres qui sont fixes. Une recherche dans quelle mesure leurs différences permet de déterminer ce de l'habitude, de reconnaître l'influence nous subissons qu'il y a d'arrêté selon la nature des choses. Pour distinguer ce qu'il y a de solidement fondé, on peut avoir recours à la même épreuve à laquelle quelques-uns préd'un livre; savoir si de tendent qu'on doit soumettre l'esprit le traduire l'anéantit. L'esprit qui règne dans un ouvrage est faux, s'il ne subsiste que dans une langue ; de même toute peinture qui ne plaît qu'un certain temps et à une certaine locale nation, ne doit sa réputation qu'à quelque association d'idées. ou accidentelle à tous les usages et à toutes les habiCeci peut s'appliquer d'urbatudes de la vie. C'est ainsi que les principes généraux nité, de politesse et de civilité, ont été les mêmes chez tous tandis que la mode suivant laquelle elles s'expriles peuples; du L'idée générale de montrer ment ne cesse de changer. est de se faire soi-même, petit ; mais la aux autres, respect manière de le faire, soit en inclinant le corps, en s'agenouillant, du vêtement eu se prosternant, en retirant la partie supérieure ou en ôtant l'inférieure 1, dépend de l'usage. i. Ote ta chaussure de tes pieds, car le sol que tu foules est une terre sainte. EXODE, III, v (Note de l'auteur).
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on aurait tort de Ainsi, en ce qui regarde les ornements, conclure, parce que leur invention fut d'abord arbitraire, qu'ils ne méritent Au contraire, celui qui fait pas notre attention. va contre la nature et contre la peu de cas de ces ornements, raison. Comme la vie serait imparfaite sans les arts, qui en sont le plus grand ornement, ainsi ces arts eux-mêmes seraient sans l'appoint de leurs ornements. imparfaits Quoiavec que on ne doive absolument pas confondre ces ornements les beautés positives et substantielles de la nature, il faut néanmoins convenir que la connaissance des uns et des autres est essentielle pour former un goût complet et parfait. En réaest le principe d'où viennent aux arts les lité, l'ornement caractères ; on peut même ajouter que le qui les distinguent goût national n'a nulle part d'expression plus propre que dans cette partie de l'ornement : comme il arrive qu'en jetant en l'air une plume, on fait mieux voir de quel côté le vent souffle, que par toute autre matière plus pesante. La différence des écoles de sensible entre les productions Rome, de Bologne et de Venise, consiste plus dans l'effet produit par les couleurs, plus profondes que dans les perfections de l'art ; c'est du moins cette partie qui fait que chacune est et distinguée reconnue au premier coup d'oeil. Pareillement, c'est aux ornements d'architecture plutôt qu'aux proportions au premier regard les différents ordres que nous distinguons les uns des autres ; comme l'ordre dorique à ses triglyphes, à ses acanthes. l'ionique à ses volutes, le corinthien c'est Ce qui distingue le style oratoire d'une froide narration, l'usage fréquent, quoique sage, des ornements appelés figures et métaphores ; et la poésie elle-même se distingue de l'éloquence par des mots et par des expressions plus hardies et plus éclatantes encore. Ce qui fait de la poésie quelque chose de tout à fait séparé, c'est particulièrement du vers ; cet l'ornement sans ornement lui donne son caractère, elle ne peut subsister lui. L'usage fait qu'on recourt à différentes espèces de mètres sans que les hompour les différents genres de composition, sur ce point. En mes se soient mis parfaitement d'accord le différend n'est pas encore décidé, savoir s'il Angleterre
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vaut mieux se servir de rimes ou devers blancs. Mais malgré le désaccord sur le choix, chacun ne laisse pas d'avouer que ce choix est essentiel. c'est le goût qui décide Dans la poésie et dans l'éloquence, en quel point précis comjusqu'où le style figuré peut aller, et à cet égard; mais encore ne faut-il pas mence l'affectation du oublier que ce goût est réglé et formé sur le sentiment genre humain, sur les ouvrages qui se sont fait approuver de tous les temps et de tous les hommes.Ainsi, quoique on ne une perfection essenpuisse douter qu'il y a dans l'éloquence communs à toutes les lanimmuables tielle et des principes gues, qui sont fondés sur la nature de nos affections et de nos et ses manières de elle a ses ornements cependant passions, arbitraires. Ce qui chez les s'adresser qui sont purement comme grand et sublime, serait nations d'Orient est regardé considéré chez les Grecs et chez les Romains comme enflé et s'expriment exagéré ; tandis que la manière dont ces derniers chez les Orientaux pour froide et insipide. passerait à l'éloge des ornements, On peut ajouter pareillement que atteint son but. c'est par leur secours que l'art lui-même 1 ornement appelle le coloris qui est le principal Dufresnoy celle qui procure des de la peinture, lena sororis, c'est-à-dire aux perfections amants et des admirateurs plus importantes de l'art. On peut se rendre compte que la même justesse d'esprit qui sur les principes les plus permet à un homme de s'instruire de l'art, le rend capable de saisir la vérité ou l'idée invariables Dans un cas exacte de ce qui est juste dans les ornements. comme dans l'autre c'est le même centre de perfection, quoiqu'il soit le centre d'un plus petit cercle. Je vais expliquer ceci par un exemple tiré de la mode, dans laquelle on convient qu'il y a un bon et un mauvais goût. Les nos vêtements continuelleparties qui composent changent ment, de grandes deviennent petites, de courtes longues : mais la forme générale demeure, et c'est toujours au fond le même i. De Arte Graphica, v. 263.
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relativement fixe et établi, quoique sur un fondehabillement, ment fort léger; et c'est sur ce fondement que la mode se donne carrière. Celui qui invente avec le plus de succès de nouvelles modes et des habits du meilleur goût, ne manquerait pas sans doute, en appliquant ses capacités à de plus grands de montrer une égale adresse et de porter la même objets, correction de goût dans les ouvrages les plus relevés de l'art. J'ai parlé du goût dans le vêtement,qui est certainement un des objets de moindre importance ce mot soit appliauxquels comme j'en ai fait la remarque, même en qué ; cependant cela il y a un vrai et un faux, quelque étroit qu'en soit le fonde la mode pardement, d'après lequel on juge légitimement ticulière d'une nation. de déterminer à Quant aux moyens des différents siècles et des différents quels costumes peuples il faut donner la préférence, ils sont bien plus restreints ces différents costumes semblent encore, puisque s'éloigner tous autant de la nature. Supposons qu'un Européen, après qu'il s'est rasé le menton, qu'il s'est couvert de faux cheveux, ou qu'il a noué les siens en noeuds raides et réguliers aussi peu ressemblants que possible à la nature, qu'au moyen de la du porc il les a rendus immobiles et qu'il y a jeté graisse de la poudre au moyen d'une machine de la plus grande régularité ; supposons, de la sorte il rencontre dis-je, qu'accoutré un Indien qui a passé autant de temps à sa toilette, qui avec le même soin a mis son ocre jaune et rouge sur les parties attentivement choisies de son front et de ses joues ; de ces deux mis en présence, le premier hommes de rire, qui s'avisera c'est celui-là qui est le barbare. Toutes ces modes sont indifférentes ni ; elles ne méritent recherche ni effort ordonnés à les améliorer, tout changement qu'on pourrait y faire, ne pouvant avoir pour effet de les rapprocher de la nature. Le seul cas où l'indignation contre quelde ces modes serait de mise, c'est quand l'opération qu'une ou nuisible à la santé : comme qu'elles exigent est douloureuse les pratiques de d'Otaïti, ou l'usage des femmes d'Angleterre se lacer trop étroit. Quant à ce dernier point, il n'y a pas
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1 a d'anatomie de le pris l'occasion professeur que longtemps nuisait à la santé et vous faire voir à quel point cette pratique même à la mort. conduisait comme à l'égard des choses Il en est à l'égard du vêtement Les modes doivent leur origine d'une plus grande importance. ou leur fortune donnent à ceux à qui leur rang, leur naissance sur les autres hommes. Beaucoup des ornements l'ascendant de l'art, ceux du moins dont on ne peut donner de raison, nous sont transmis, sont adoptés et empruntent leur crédit, de la compagnie dans laquelle nous sommes habitués à les voir. Comme la Grèce et Rome sont les sources d'où ont coulé pour nous ajoutons de bon gré nous toutes sortes de perfections, en retour du plaisir et de au respect réclament qu'elles de tous les ornel'instruction qu'elles donnent, l'approbation ments et de toutes les modes qu'elles nous présentent jusque En effet, on peut observer dans leur vêtement. que, non conleurs costumes dans les statues qui nous restents d'admirer nous ne faisons d'habiller les tent d'eux, point difficulté ou des sénateurs statues des capitaines de notre temps de la cuirasse romaine ou de la toge, poussant la chose au point de de ne pouvoir souffrir une statue autrement vêtue. Les figures des grands hommes de ces nations anciennes nous sont venues par la sculpture ; par la sculpture nous ont été transde leur art. Ces deux points mis tous les meilleurs échantillons font que nous avons associé la dignité de la figure humaine ainsi représentés, et la vérité de l'art au style aux personnages : cela si étroitement, de ces représentations qu'il ne nous est de séparer l'un de l'autre dans notre esprit. 11 plus possible n'en est pas de même en peinture, parce que, n'ayant point des anciens, celte association de bons portraits d'idées n'a pu se faire. Il est sûr que nous ne voudrions pas plus peindre un en habit militaire romain, que nous n'aigénéral d'à présent merions donner à une statue l'uniforme actuel de nos troupes. Mais à défaut de portraits des anciens en peinture, pour faire voir combien nous sommes sujets à celte espèce de préjugés; i. V. p. 5, n. i.
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d'entre les peintres modernes que les meilleurs de nous le même hommage. Le grand nombre de dont Vandyck a enrichi la nation Anglaise, parfaits portraits ne sont pas admirés seulement dans les qualités qu'ils exposent, on en aime jusqu'aux modes d'habillement qui se portaient au temps du peintre. Il n'est personne de nous qui ne se souvienne combien il était commun il y a quelques années de rencontrer des portraits peints par fantaisie dans ce costume *,, et cette habitude n'a pas entièrement cessé. De cette manière il faut convenir qu'on ne laissait pas de donner à ces peintures médiocres quelque chose de l'air et de l'effet des ouvrages de de les faire paraître meilleures Vandyck, partant qu'elles Il est vrai qu'elles ne paraissaient n'étaient. telles qu'à ceux d'idées, laquelle qui étaient en état de faire cette association étant une fois faite, l'effet était irrésistible. Mais cette association tient aussi de la nature, et se rapporte à cette vérité secondaire au préjugé et à l'opinion, qui vient de la conformité elle n'est donc pas purement Outre universelle; imaginaire. le préjugé qui nous rend favorables à l'habillement des anciens, d'autres raisons peuvent trouver place de préférer l'effet qu'ils Au nombre de ces raisons il faut mettre la simpliproduisent. cité d'un vêtement qu'une seule pièce d'étoffe compose, et qui n'offre point ces formes singulières et bizarres dont toutes les s'embarrassent. autres espèces d'habillement De même, quoique ce soit l'idée favorable que nous avons reçue des anciens, nos maîtres dans l'architecture, qui nous et quoique ait engagés de même à adopter leurs ornements, nous sachions assez que ni la nature ni la raison ne sont au fond de la préférence que nous donnons à ce style particulier, si quelque architecte prenait texte de cette vérité cependant pour inventer quelque nouvel ordre que je suppose d'une égale beauté, cette invention ne réussirait point ; et l'architecte n'aurait pas le droit de se plaindre, les anciens ordres ayant ce grand avantage d'avoir pour eux le préjugé et l'usage. En faice qui a tous les préjugés en sa sant ainsi, on abandonne remarquons obtiennent
i. Reynolds lui-mêmel'a employé.A noter l'expression de « costumegothique » employée par Jausen pour désigner le costume de Vandyck.
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ce qui ne saurait avoir d'avantage que faveur, pour prendre bientôt et de se détruit elle-même, la nouveauté, laquelle la concurrence de l'habitude. toute manière ne peut soutenir de la possession, ne Les anciens ornements, qui jouissent être changés, devraient que si ce qu'on met en place était mais l'était d'une supériorité telle non seulement supérieur, qu'il y eût de quoi balancer le mal et la confusion que l'innovation traîne toujours après elle. A cela on peut ajouter que la durée des matériaux contribue souvent à donner l'avantage à un objet sur un autre. Les ornements d'un édifice, dont le goût a surtout affaire, sont composés de matériaux que ceux dont sont faits nos plus durables élèvent des prétenvêtements ; à cause de cela les premiers tions plus hautes à un préjugé favorable. envers ce dont On doit sans doute être fort circonspect nous ne pouvons que de nouspas plus nous débarrasser des êtres de préjugé ; ni nous ne mêmes. Nous sommes de l'arracher ; tout pouvons, ni nous ne devons entreprendre notre devoir est de le régler par la raison; ce qui ne consiste presque qu'en un point : forcer les préjugés locaux et temporaires à céder aux préjugés durables. celui qui dans le portrait désire ennoblir En conséquence, être une dame, évitera de la son sujet, que nous supposerons peindre dans le costume moderne, dont l'air familier suffît pour détruire toute dignité. Il aura soin que son ouvrage corresqu'il sait devoir régler le / ponde aux idées et à l'imagination des autres. Il donnera à la draperie de sa figure un jugement et conservera air antique pour y mettre la dignité, quelque De j chose du costume actuel pour y sauver la ressemblance. avec le préjugé que nous cette manière son ouvrage s'accordera avons en faveur des choses que nous voyons continuellement, à ce qu'on peut et le parfum de simplicité antique répondra appeler notre préjugé érudit et savant. Il n'y a pas longtemps qu'on a fait une statue à Voltaire 1, méprisant les égards qu'on doit avoir pour les que le sculpteur, 1. Ouvrage de Pigalle en 1770, maintenant retiré au Palais Mazarm, dans la bibliothèque de l'Institut.
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entièrement nue et aussi maigre et idées reçues, a représentée l'était. L'effet fut tel qu'on décharnée qu'on dit que l'original est resté dans l'atelier, : l'ouvrage devait l'attendre quoiqu'on l'eût destiné à servir de monument de public à la mémoire car il avait été fait aux frais des gens d'esprit ses Voltaire, et de ses admirateurs. contemporains, une nation chez qui le mauvais réformer Celui qui voudrait n'atteindra pas son but en allant droit contre goût prévaudrait, Il faut que l'esprit le courant des préjugés. des hommes soit à recevoir ce qui est nouveau est pour lui. Réformer préparé du temps. Un goût national, mauvais l'ouvrage quelque qu'il soit, ne peut être changé tout d'un coup ; il faut céder quelque de l'esprit. Grâce à chose à la prévention qui s'est emparée on peut espérer d'amener les gens à des idées cette précaution, qui les auraient d'abord choqués, si on avait cherché à les introi fut Franco duire par la violence. Baptiste Lorsque employé et le Tintoret, avec le Titien, Paul Véronèse à conjointement ses ouvrages décorer la bibliothèque de Saint-Marc, plurent, selon Vasari 2, beaucoup moins que ceux des autres : la manière étant peu faite pour charmer des sèche de l'école Romaine Si les à l'éclat et à la richesse des Vénitiens. yeux accoutumés il est à croire que la Romains avaient été juges de l'ouvrage, aurait été précisément car dans les contraire, préférence pas plus nobles parties de Fart, Baptiste Franco n'a peut-être d'aucun des peintres ses rivaux. été au-dessous le principal objet, la fin maîtresse de ce discours Messieurs, la réalité d'une règle du bon goût, comme a été de démontrer il y en a une de la beauté ; j'ai voulu faire voir corporelle qu'un goût faux et dépravé est une chose aussi facile à apercevoir et à connaître, que n'importe quelle difformité ou laideur et que cette connaissance dérive dans notre figure extérieure, des hommes, des sentiments de l'uniformité prise comme constantes de la point de départ pour connaître les habitudes nature, d'où résulte l'idée d'une beauté parfaite. i. Vénitien de naissance, mais stylé à Rome à l'imitation de Michel-Ange, mort en i58o. 2. Ed. Milanesi, t. VI, p. 586.
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Si ce que j'ai avancé est vrai, qu'outre cette vérité ou beauté de la et immuables éternelles fondée sur les lois uniformes, éviter d'être ne peut et qui par conséquent une, nature, il y a aussi ce que nous « qu'outre cette vérité, une et immuable, ou secondaires avons appelé des vérités apparentes qui résul- | des goûts locaux \ des modes, des opinions, tent des préjugés, ' est s'il d'une association accidentelle ou d'idées; et temporaires n'en ont pas moins leur base, quelque avoué que ces dernières de notre esprit, il étroite qu'elle soit, dans la façon essentielle et récla- \ méritent ou beautés crue toutes ces vérités s'ensuit à proportion ment l'attention de l'artiste, qu'elles sont capables S d'influence. de durée, et qu'il leur est accordé J'ajoute que, il ne faut pas que, ne devant pas passer leurs justes bornes, ou affaiblissent elles préviennent dans un goût bien réglé, donner l'action de ces principes généraux qui seuls peuvent à l'art sa dignité vraie et durable. de de vous d'acquérir cette justesse Il dépend certainement goût, si vous écoutez la raison ; c'est d'elle, c'est de la philosophie, que vous recevrez la balance où sont pesées les prétendont votre esprit perçoit les causes. tions diverses de corrompre la On reproche à cet usage de la philosophie les et restreint matière du goût ; on objecte qu'elle choque cette timidité et qu'elle engendre élans de l'imagination, que à ne pas faire de fautes, à ne rien faire contre trop d'attention Mais crainte n'est pas la raison, ne peut manquer de produire. Le vrai esprit de la philosophie raison, n'est pas philosophie. une mâle confiance est, en donnant la connaissance, d'inspirer et de mettre une fermeté de raison à la place d'une vaine préà d'autres est toujours somption. Un homme de goût véritable un homme de jugement ; et les inventions qu'on égards ont ordià l'examen, ou qu'on craint de soumettre dédaigne aux rêves d'un cernairement, j'en ai peur, plus de rapport veau malade, d'un génie vrai et bien porqu'à l'enthousiasme tant. Dans les plus grands élans de la fantaisie ou de l'imaginaà la fin, il faut que la raison préside, tion, du commencement encore que la réflexion soit le champ où elle exerce le plus de pouvoir. 10
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Je ne puis me passer d'observer encore ici, que plusieurs hommes des plus grands de l'antiquité, éminemdistingués ment par des oeuvres de génie ou d'imagination, n'ont pas été moins admirables Cicéron Platon, Aristote, par leur critique. et Horace parmi les anciens, et parmi les modernes, Boileau, et sont au moins des exemples Corneille 1, Pope et Dryden, des preuves certaines que le génie n'est pas détruit par l'observance des règles et par la science. J'espère donc que l'effet de tout ce que je viens de vous dire, sera d'exciter en vous le désir de connaître les principes et la méthode des grands le respect maîtres de notre art, et de vous en inspirer quand vous aurez appris à les connaître. i. Un Français aura le droit de décliner cet hommage décerné aux talents de critique, certainement inférieurs, du grand Corneille.
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PRONONCÉ A LA DISTRIBUTION
DES RECOMPENSES
le io décembre 1778.
DE L'EFFET DE NOS CONVENANCESDANS L'ART Messieurs, de mes précédents Dans quelques-uns discours, j'ai recomleur profession en formant mandé aux peintres d'apprendre beautés répanl'idée de la perfection d'après les différentes dues dans les diverses écoles. Une difficulté se présente : celle de savoir quelle chose est On aimerait à ne pas la la beauté et où il faut la chercher. recevoir sur le seul crédit de la renommée, quoique ce soit pourtant le devoir des jeunes artistes de se soumettre à cette avoir d'être trompés discipline : tout soupçon qu'ils pourraient à retarder leur progrès, à cet égard, contribuerait plus que ne saurait faire une aveugle confiance dans la perfection de leurs de modèles. Mais aux plus avancés dans l'art, qui souhaitent marcher sur un terrain plus ferme, et de fonder sur une base plus solide que celle de l'autorité même la plus forte et la plus on peut annoncer sans danger qu'il y a un triburespectable, nal plus haut auquel sont soumis ces grands maîtres euxmêmes, auquel revient le contrôle de toutes les beautés de les limites de son art, l'art. Celui qui ambitionne d'étendre doit porter ses vues, au delà des préceptes appris dans les livres tirés de la pratique de ses prédécesseurs, jusqu'à ces préceptes ressentis avec par l'esprit, actes de la substance intellectuelle,
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tout ce qui aspire à plaire doit se proportionner et lesquels s'accorder. La poésie, qui a un pouvoir plus illimité que la peinture, étend son influence sur presque toutes nos passions, au nombre desquelles il faut compter une des plus puissantes affections de notre âme : l'inquiétude devant l'avenir. La poésie exerce son empire en éveillant notre curiosité, en portant par à s'intéresser à l'événement, en tenant cet évédegré l'esprit nement suspendu, et en frappant enfin l'esprit d'étonnement inattendue. par une catastrophe est plus circonscrit et n'a rien qui réponde, L'art du peintre à ce pouvoir ni seulement et à cet avantage de qui équivale, conduire son engagement compar degré l'attention jusqu'à est produit tout d'un coup, tout le plet. L'effet de la peinture dans un insy est ressenti plaisir qu'elle réserve à la curiosité tant. Cependant il est d'autres de l'esprit, dispositions que le a le moyen de satisfaire et d'affecter aussi puissampeintre ment que le poète, parmi lesquelles on peut compter notre amour pour la nouveauté, pour la variété et pour le contraste ; en dépenqualités qui se découvrent, quand on les examine, dance d'une certaine activité ou inquiétude qui veut être exercée et tenue en mouvement ; à ce besoin, dis-je, et à ce l'art seul a de quoi satisfaire. désir de l'esprit 11 ne faut pas un long examen pour reconnaître que ces disse trouvent réellement dans l'esprit. La variété positions-là à s'endormir réveille la l'attention, sujette par l'uniformité; une impression nouveauté fait sur l'esprit plus vive que ne saurait faire la représentation de ce que nous avons déjà vu souvent, et les contrastes ajoutent à notre faculté de comparer, de l'opposition. Tout cela est évident ; mais d'un l'aiguillon autre côté il faut se rappeler principe que l'esprit, quoique à l'indolence actif, ne va pas sans disposition ; et qu'encore que l'exercice lui plaise, il ne lui plaît que dans un certain degré, il est difficile de le pousser; au delà duquel ainsi dans la recherche de la nouveauté et de la variété il faut se précautionner contre l'excès. la variété détruit entièrement Lorsque le plaisir qui résulte de l'uniformité et de la répétition, quand
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/la nouveauté balance et exclut le plaisir que donnent des habil'indolence de notre nature se sent alors trop letudes anciennes, 1 à l'esprit au delà d'une Il ne faut donc pas proposer contrariée. à la fois. La plus grande partie d'un petite dose de nouveauté ouvrage doit être suivant le mode auquel nous sommes accoul'attachement aux anciennes habitudes Je regarde tumés. dominante de l'esprit, et le goût de la comme la disposition comme venant fort après et en second. Où tout nouveauté de l'esprit ont trop de l'exercice est nouveauté, l'attention, De même le contraste violence. bornes, qui excède certaines devient quelque chose d'aussi désagréable qu'une opposition violente et continuelle; il fait sentir aux sens, dans leur mouvement, un changement trop soudain pour qu'ils y prennent plaisir. de contribuent à la perfection Ainsi, bien que ces qualités dans de certaines l'art quand elles sont contenues limites, on voit qu'elles sont sujettes à devenir des défauts par leur Il ne faut donc pas s'imaexcès, et il faut alors les corriger. à mesure qu'il croît en giner qu'un ouvrage croît en excellence variété ; la variété ne peut jamais être le fond et le principe d'un ouvrage; elle n'en est que le sel et la diversion. ces observations communes à tous Appliquons générales, les arts, au nôtre. Dans une composition, si les objets sont et distribués en plusieurs dispersés parties égales, l'oeil est inquiet et fatigué, faute de savoir où se trouve la principale action ou qui est la principale figure : car où toutes attirent toutes risquent l'attention, également qu'on les néglige. On dit alors souvent que « le tableau de repos ». manque Cette expression fait parfaitement sentir l'état de presse et d'embarras où l'esprit se trouve jeté en présence d'un ouvrage de ce genre. D'un autre côté, l'unité absolue, telle qu'elle serait dans un grand ouvrage qui n'offrirait qu'un seul groupe ou une seule masse de lumière, serait aussi défectueux qu'un poème héroïque sans épisodes, sans aucun incident accessoire propre à charmer l'esprit dont nous ne saurions nous par cette variété passer.
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Ceci me fait penser à deux peintres de caractère opposé et de à tous égards, mais surtout à l'égard de la composition l'économie du clair-obscur. Ce sont Rembrandt et Poussin. La'manière de Rembrandt consiste dans une absolue unité; et ne fait voir qu'à peine un souvent il n'a qu'un groupe, au milieu d'une grande quantité d'ombre; point de lumière et s'il emploie une seconde masse, elle est sans proportion Au contraire, c'est à peine si l'on trouve avec la principale. dans Poussin quelque masse de lumière principale que ce soit; la dispersion de ses figures est souvent excessive, il ne prend en groupes. que peu de soin de les ordonner Cette conduite de l'un et de l'autre est justement le contraire de ce qu'on pourrait attendre de leur style et de leur caractère général ; les ouvrages de Poussin étant aussi remarle sont quables par la simplicité que ceux que Rembrandt par l'artifice. Aussi bien la conduite de Poussin en ceci peut être attribuée à un trop grand amour pour une simplicité d'une autre espèce, à un trop grand désir d'éviter cette ostentation de l'art relativement au clair-obscur, dont Rembrandt faisait son principal. Quoi qu'il en soit, ces deux artistes ont chacun donné dans un extrême, et il est difficile de décider lequel mérite le plus d'être repris ; l'un et l'autre se trouvant en cela à une égale distance de ce que la nature exige, et du but naturel de l'art. Le même juste milieu doit être observé relativement aux ornements : rien ne contribuant à détruire le repos autant que la profusion, de quelque nature qu'elle soit, soit qu'elle consiste dans une multiplicité soit dans la variété et d'objets, l'éclat des couleurs. D'autre part un ouvrage sans ornement, au lieu de la simplicité offre plutôt une qu'il recherche, de pauvreté. Le style déclaré d'un ouvrage est ce apparence mais il ne faut jamais qui doit régler son degré d'ornement; oublier cette maxime, que le style le plus décoratif exige du l'effet des ornerepos, ne fût-ce que pour mieux ménager ments qu'il présente. Je ne puis me passer de citer ici un exemple de ce repos chez ce peintre fidèle et exact de la de Duncan et dans le court dialogue nature, Shakespeare,
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où ils approchent des portes du château Banquo, au moment tombe fort naturellement sur la Leur entretien de Macbeth'. de l'air ; et Banquo, et la salubrité beauté de la situation observant les nids de martinets pendus dans tous les angles de la corniche, remarque qu'en tous endroits où ces oiseaux l'air est pur. Le sujet de cet entretien habitent, tranquille donne à l'esprit le repos qu'il réclame après le tumulte des et contraste avec la scène scènes précédentes, parfaitement On dirait que Shakespeare d'horreur qui suit immédiatement. s'est demandé à lui-même : Qu'est-ce qu'un prince va dire à les ses courtisans dans une pareille occasion ? Au contraire, courir après des écrivains modernes paraissent toujours pensées neuves, telles qu'il n'en peut venir à l'esprit dans la situation qu'ils dépeignent. Cette méthode de Shakespeare est aussi celle d'Homère, qui, au milieu des horreurs de la guerre, soulage et rafraîchit l'esprit du lecteur par quelque image de la ou par quelque tableau de la vie domestranquillité champêtre, tique. Les écrivains de tous temps et de tous pays où le goût est en décadence, ornent et enluminent tous les objets qu'ils ils ne se touchent en représentation, ; ils sont toujours relâchent pas un moment du pompeux et du brillant. Lucain, Stace et Claudien (un savant critique l'a remarqué) sont des de ce mauvais goût et de ce défaut de jugement; exemples ils n'adoucissent jamais leurs tons, ne condescendent jamais à la et splendeur sans nature : tout est exagération perpétuelle, détente ni repos d'aucune sorte. ce ne sera pas quitter Puisque nous parlons de l'exagération, notre propos que de dire quelques mots de la simplicité : un des sens qu'on donne à ce mot, étant celui d'un remède général Nous ne parlerons pas ici de cette conproposé à l'exagération. duite exacte, effet de la science profonde de la simple nature : la simplicité en ce sens n'est qu'un prête-nom de la perfection, dont le propre est de ne pas demeurer en deçà, de ne pas passer au delà du vrai. Dans cet examen de la simplicité, comme dans plusieurs i. Acte I, se. VI.
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le du même genre, la meilleure manière d'expliquer vrai, est de faire voir ce qui ne l'est pas ; de plus on ne dont je parle n'est ici, car la simplicité peut faire autrement et ne peut être ni décrite ni définie. qu'une qualité négative, et faire voir l'avantage et la beauté Pour expliquer sa nature, qu'elle donne,'il faut donc montrer les défauts où tombent ceux qui la négligent. Des exemples de ces défauts se trouvent aisément chez les ce sont moins à trouver, peintres ; mais ce qu'on s'attendrait des préceptes et de tout ce qui s'y rapennemis de la simplicité de la critique. De Piles nous recomporte, chez des maîtres mande à nous, peintres de portraits, de joindre la grâce et la au caractère de ceux dont nous faisons le portrait, et dignité il a raison ; le malheur est qu'il entre dans le détail jusque-là et donne son idée de la grâce et de la dignité. Si vous avez à élevées en dignité, il faut leur peindre 1, dit-il, des personnes donner des attitudes telles que les portraits semblent parler et nous dire, par exemple : « Tiens, regarded'eux-mêmes, environné de majesté. Je suis ce moi, je suis ce roi invincible valeureux Je suis ce capitaine, qui porte la terreur partout. de la politique. qui a connu tous les ressorts grand ministre, d'une sagesse et d'une intégrité Je suis ce magistrat consomde la sorte avec tous les caractères mée. » Il continue dont l'idée se présente à lui. Or que l'on compare l'enflure de cette sublimité avec l'air naturel des portraits du présomptueuse Titien, dont la noblesse paraît tenir à leur nature et commande d'elle-même le respect, sans qu'il faille le réclamer par une L'air respectable est le propre de ses attitude faite exprès. et laborieuse modèles, tandis que de cette pompeuse grandeur ne sort pas même un respect : elle fait plutôt d'emprunt et d'une importance de parvenu. naître l'idée de vulgarité Les peintres, d'entre eux au moins, ne sont pas beaucoup des leçons contenues dans ces préceptes. restés en arrière de Rigaud sont de parfaits exemples d'une conLes portraits formité à ces règles de De Piles ; de sorte que, quoiqu'il ait autres
i. Cours de Peinture par principes, éd. de 1708, p. 279.
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de grand mérite à plusieurs été un peintre égards, ce mérite entièrement se trouve néanmoins gâté par une totale absence dans tous les sens. de simplicité les exemples Pour ne pas multiplier qu'on pourrait tirer à ce des peintres des ouvrages d'histoire, je n'en citerai sujet l'Être Souque j'ai vue, représentant qu'un seul : une peinture verain, peint par Coypel 1. de ont souvent Les peintres pris la liberté catholiques ce sujet, quelque peu convenable que soit cette représenter et malgré l'évidente entreprise impossibilité d'y réussir même à peu près. Mais ici, l'air et le caractère que le peintre a réafût lisés (et c'était sans doute le plus haut dont sa conception sont si corrompus du genre de capable), par la recherche de la recommandée dignité par De Piles, qu'on est indigné et qu'on la regarde folle présomption du peintre, presque comme une profanation. C'est qu'un pareil exemple Je m'arrête ici pour une remarque. de défaut de simplicité, recherché dans une nation voisine, ne doit pas faire oublier que cette nation a produit de également du contraire dans les ouvrages de Poussin grands exemples et de Lesueur. Cependant, puisqu'il s'agit ici de l'idée de la perfection la plus fine et la plus délicate, ne pourrait-on pas demander si des yeux pénétrants ne trouveraient pas des fautes même chez ces grands hommes? Je m'imagine que Poussin, par l'horreur qu'il avait de ce défaut de simplicité remarqué chez ses compatriotes, est tombé quelquefois dans l'extrême au point de rencontrer de ce côté une autre espèce contraire, de celle qui s'appelle chez les aud'affectation, pédanterie teurs. Le rôle de la simplicité est d'apporter des corrections. Celui qui la cultive pour elle-même, qui se flatte de réussir se trompe. par elle, qui se fait au mérite de la seule simplicité, Alors l'ostentation de cette qualité devient aussi désagréable, aussi fastidieuse Pourtant que toute autre espèce d'affectation. dans ce cas particulier, à ce que l'artiste se attendez-vous i. Peut-être la figure de Dieu le Père à la voûte de la chapelle de Versailles.
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soit témoin car, quoiqu'il repose fort content de son ouvrage, de l'indifférence du monde, naturellement d'un style dégoûté flatteur, il s'en console néanauquel manque tout agrément moins par l'idée qu'il possède la simplicité : mérite trop pur et trop des être senti distingué pour par le commun hommes. Il en est des arts comme en morale ; nul caractère ne peut nous inspirer l'enthousiasme de ses vertus, si celles-ci ne consistent que dans l'absence de vice ; il faut quelque chose de nous attendons d'un homme qu'il fasse plus que son plus, devoir avant de l'appeler un héros. ont Ces ouvrages des anciens qui sont le plus estimés, chose de plus que la pure simplicité quelque pour se rendre recommandables. la Vénus, le Laocoon, le GladiaL'Apollon, teur, ont une certaine composition d'action, ont des contrastes dans un suffisants pour leur donner de la grâce et de l'énergie haut degré ; mais quant à mille et mille autres statues antiques que nous avons, il faut bien avouer que leur caractère général de l'insipidité approche beaucoup pure. La simplicité au avec le défaut d'artifice, qui se confond de point de ne paraître qu'un moyen d'éviter les difficultés l'art, est une qualité fort suspecte. Au reste mon intention la simn'est pas de faire descendre plicité du haut degré d'estime dans lequel on l'a toujours tenue avec raison. Elle est notre barrière contre le grand ennemi de a dont notre pinceau la vérité et de la nature : l'affectation, est prête à s'inpeine à se dégager sans cesse, et qui toujours troduire dans nos productions pour les corrompre. Notre amour de la simplicité en grande partie de procède l'aversion pour toute espèce d'affectation. que nous ressentons Une autre raison fait qu'on met à si haut prix cette qualité, c'est le penchant qu'ont les artistes à tomber dans l'extrême : on met des gardes de ce côté, parce que l'assaut y opposé est plus à redouter. Lorsqu'un jeune artiste entend dire qu'il et ses attitudes soient contrastées, faut que sa composition à celui du les têtes dans un sens opposé , qu'il doit tourner '* la grâce et la vivacité, qu'il faut que corps, afin de produire
SUR LA PEINTURE i5S la grandiosité, soit en flamme 1 pour donner son contour et) lorsque l'oeil doit être flatté par la variété de ses couleurs, termes engageants, qu'il entend dire cela avec de certains de noblesse, de grâce, de comme ceux d'esprit, d'énergie, il prend tout à de style et de brillant des couleurs, grandeur de ses nouvelles et ne craint connaissances, coup de l'orgueil C'est alors que le point de porter jamais trop loin ces règles. de la simplicité se rend nécessaire au jeune peintre, secours de son ardeur. pour corriger l'exubérance On peut dire la même chose du coloris ; lequel n'a d'importance nulle part autant que dans la chair. Un artiste qui comtoute la mence seulement à imiter la nature, fera d'abord masse d'une couleur, comme faisaient les plus anciens peintres, ce qu'on lui ait enseigné non seulement à observer jusqu'à cette variété des teintes qui tient à l'objet mais lui-même, encore les différences de la produites par la dégradation lumière à l'ombre ; aussitôt il met cette instruction en praune variété de couleurs dans ses ouvrages tique et introduit distinctes. Il faut alors le corriger de nouveau et lui apprendre cette variété existe, cependant l'effet du tout que, quoique sur l'oeil doit avoir l'union et la simplicité du coloris de la nature. Et ici on peut remarquer d'un artiste en que le progrès offre beaucoup de ressemblance avec le progrès particulier, de l'art lui-même. Le manque de simplicité ne serait peut-être étudié que la nature ; pas le défaut d'un peintre qui n'aurait de même qu'il n'était pas celui des anciens maîtres qui vécurent dans ces temps d'avant le grand art de peindre ; au contraire leurs ouvrages étaient trop simples et trop dépourvus d'artifice. L'art dans son enfonce était, comme le premier ouvrage d'un apprenti, sec, dur et simple. Mais cette espèce de simplicité bai'bare serait mieux appelée n'étant l'effet que du pénurie, et de l'absence : manque de connaissances, manque manque de ressources, Leur pour faire autrement. manque d'habileté était le fruit, non du choix, mais de la nécessité. simplicité i. Y. p. 278, n. 4.
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Une seconde de cette pauvreté ; et époque fil s'apercevoir ceux qui furent le plus sensibles à ce qui manquait, furent les meilleurs 11 y eut des juges de ce qu'il convenait d'ajouter. de la pauvreté, sans tomber dans peintres qui s'émancipèrent la surabondance. Leur succès en engagea d'autres, qui d'euxmêmes eussent été incapables de découvrir le défaut des à chercher dans l'abus le remède à ce défaut, et à se anciens, jeter dans l'extrême oppose. Mais, encore qu'ils se soient tromà cette leur conseiller de retourner pés, on ne peut cependant seusimplicité qu'ils ont quittée avec raison. Qu'ils répandent lement leurs richesses d'une main plus économe, et de cet air de dignité qui, à l'égard de l'argent comme des ressources de l'ostentation. Il n'est pas facile de donner l'art, nous interdit une règle qui détermine le juste milieu en cela. Quand même on parviendrait à le fixer en général, les circonstances pourraient toujours nous obliger à nous en départir, soit au profit de la simplicité, soit au profit de la variété et de l'ornement. Dans un de mes précédents où j'ai traité de la difdiscours, férence et le style décoratif, qu'il y a entre le style sublime curieux d'exciter votre ardeur en faveur du plus noble et du donné une impression plus mâle des deux, j'ai peut-être trop forte de l'infériorité du second, par lequel un grand nombre de peintres n'ont pas laissé de se faire valoir, etquifaitle mérite d'une quantité d'ouvrages. de dire à J'ai dit alors ce que j'ai cru qu'il était nécessaire des jeunes gens, dont le penchant incline naturellement à une au bout laborieux brillante, négligence plutôt qu'à l'effort Je m'y suis pris comme on s'y duquel se trouve la correction. une chose qui est tordue, et que l'on prend pour redresser droite à la fin. ploie en sens contraire, pour la rendre Dans ce même dessein donc, et pour que toute espèce de ou d'excès soit prévenue, il convient d'ajouter négligence qu'un ouvrage n'a pas rempli son but s'il est savant, mais qu'il Il faut que le peintre doit être en même temps agréable. de la première ajoute la grâce à la force, s'il veut s'assurer impression
en faveur
de ses productions.
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du goût une espèce de sensuaIl y a dans le discernement lité en même temps qu'un amour du sublime ; il faut que ces aient leur effet, dans la mesure où cela se deux dispositions de l'une ou de l'autre ; ce détriment peut sans détriment étant le grand écueii qu'il faut éviter. réciproque semblable à celle Il y a des règles dont l'autorité absolue, ne continue de notre nourrice, qu'aussi longtemps que nous Une des premières sommes dans un état d'enfance. leçons que tous les maîtres donneront, je pense, à des commençants pour est celle que donne et les ombres, les lumières disposer un fond clair au côté de Vinci *, savoir d'opposer Léonard et un fond sombre au côté éclairé. Si ombré de la figure, de Vinci avait vécu assez pour voir l'éclat supérieur Léonard en joi-" contraire, précisément qui s'obtient par une méthode gnant lumière à lumière et ombre à ombre, nul doute qu'il ne l'eût admiré. je suis bien sûr qu'il n'en eût pas Cependant : et en effet cette méthode tiré une règle pour les commençants d'abord. n'est pas de celles qu'il convient d'enseigner des figures, Pareillement dans la disposition adroite il est entendu doivent former entre elles des contrastes , qu'elles suivant des règles reçues : c'est-à-dire que, si une figure se de face au spectateur, celle qui vient ensuite doit présente montrer le dos ; de même pour les membres d'une figure en particulier, si la jambe droite vient en avant, il faut prise que le bras droit se retire en arrière. Il est absolument convenable que ces règles soient données dans les Académies ; il ne l'est pas moins que les jeunes peintres sachent qu'ils doivent réfléchir sur l'art, et s'habituent à en regarder toutes les perfections comme réductibles à desl à la marche naturelle de ; de plus il est conforme principes commencer ce qui est évident et qui tombe par enseigner sous les sens, pour passer ensuite aux notions par degrés et complètes, à celles qui correspondent aux larges, libérales de Fart. Lorsque les jeunes artistes plus délicates perfections seront ils s'apercevront plus avancés, que les [plus grandes i. Traité de la Peinture, ch. c.xxxvn,et aussi CLX.
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et d'expression de caractère sont produites sans le du contraste, et davantage détruit que le contraste de figures dans une action réelle, et l'expression engagées souci de montrer de la grâce. Dans un des cartons d'Hamptoncourt, la figure de saint Paul prêchant à Athènes, loin de présenter dans ses membres aucun contraste académique, repose et ses deux mains sont dans sur ses deux jambes, également : ajoutez le contraste, et voici que toute la même position et la grâce naturelle de cette figure sont détruites. l'énergie Le magicien Elymas porte les deux mains en avant dans la ce qui donne en perfection l'expression même direction, désirée. De fait vous ne trouverez jamais dans les oeuvres de affectés d'écoliers. Tout ce Raphaël aucun de ces contrastes en ce genre, va sans intervention apparente qu'elles présentent de l'art, et semble un effet du hasard. des excès en tout genre, soit de Ce que j'ai dit du danger un engage naturellement simplicité, de variété ou de contraste, la signification et la cause essentielle à rechercher peintre des règles, à demander de quelle manière elles opèrent sur nos le vrai dessein et l'intention facultés. En pénétrant profonde souvent qu'il n'est pas nécessaire de ces règles, il connaîtra dans leur sens littéral, et qu'il suffit de garder de se renfermer l'esprit de la loi. facile de comprendre les il n'est pas toujours Comme il ne sera sans doute maximes sans le secours des exemples, pas inutile d'en donner des cas dont il s'agit : soit où la règle, en général, se trouve fausse, soit où une admise quoique en erreur étroite de cette règle risque d'induire conception les artistes. 1 donne comme règle « que la principale figure Dufresnoy au milieu du tableau sous la principale du sujet paraisse des autres. Le peintre qui se lumière », afin de la distinguer croirait obligé de suivre cette règle à la rigueur, s'embarrasserait dans des difficultés inutiles : la variété de la composition et je ne sais combien de beautés étant souvent incompatibles beautés secoui's
i. De Arle graphica, v. 129.
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i5g La signification d'une telle règle ne doit avec cette restriction. plus loin que ceci : savoir que la principale pas s'étendre au premier coup .d'oeil-; mais il n'y a pas fio-ure doit se remarquer lumière tombe sur cette princi-j de nécessité que la principale cette principale figure se trouve au milieu' pale figure, ou que du tableau. Il suffit que l'endroit qu'elle occupe soit de nature ou que l'attention à la faire remarquer, que les autres figures au spectateur. Cette règle est si loin lui donnent, la désignent d'être indispensable, qu'on la trouve rarement mise en pratique, d'autres considérations plus importantes s'y opposant ordinairement. On trouve des exemples de ce fait dans les cartons * de saint Paul de la Vocation de saint Pierre, de la Prédication et d'Elymas frappé d'aveuglement, lequel est sans contredit, le principal objet du tableau. Dans aucune de ces compositions la principale figure ne se trouve au milieu du tableau. Dans Tente de 'Darius, par Lebrun 2, l'admirable compositioîT(ie"la n'est pas au milieu du tableau et la principale Alexandre lumière ne tombe pas sur lui ; mais l'attention de toutes les autres figures le font reconnaître et d'une immédiatement, manière bien plus convenable. C'est sur la fille de Darius que tombe la principale lumière ; cette figure se trouve au milieu du tableau, où il est plus nécessaire que soit la principale lumière. Il est remarquable que Félibien, qui décrit en grand détail ce il est vrai, plutôt tableau, et dont la description constitue, un panégyrique suivant le qu'un examen, croyant nécessaire, lureçût la principale précepte de Dufresnoy, qu'Alexandre mière, la lui a donnée en effet. Il aurait pu, avec une égale était au milieu du tableau, puisqu'il vérité, dire qu'Alexandre paraissait résolu à trouver dans ce tableau toutes les sortes de mérites qu'il croyait nécessaires à la perfection. Malheureusement dans ce cas particulier, sa libéralité fait fausse à la règle qu'il impose aurait détruit route, et la conformité beaucoup de la beauté de cet ouvrage. i. Les cartons d'Hamptoncourt, voir p. 64, note. 2. Tableau célèbre chez les anciens auteurs, autrefois à Versailles, maintenant au Louvre, n° 72 du catalogue.
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Un autre exemple me vient à l'esprit, d'un cas où la même liberté doit être prise dans la distribution de la lumière. Quoique soit d'en mettre une grande masse vers / la pratique ordinaire et d'entourer d'ombre cette masse, le / le milieu du tableau, se faire sans contrevenir à l'esprit j contraire peut néanmoins de cette appli| de la loi, On trouve un grand nombre d'exemples dans les ouvrages de l'école Vénitienne. cation renversée Dans le grand tableau des Noces de Canapar Paul Véronèse 1, la plula principale lumière part des figures sont dans la demi-teinte; ciel. Défait l'effet général de ce tableau, qui est estforméeparle si frappant, n'est pas d'une autre sorte que celle que nous voyons souvent dans les paysages et dans les petits tableaux de foire et de fêtes champêtres ; mais le même principe de clair-obscur appliqué sur une grande échelle et à un espace qui contient près de cent figures grandes comme nature, dans un ouvrage qui semble exécuté avec autant de facilité et d'ensemble qu'un tableau de petite taille à tenir sous les yeux, fait un juste la difficulté en ce genre étant à objet de notre admiration, de l'étendue du champ. proportion Le mode: decomposer varie à l'infini. Quelquefois il consistera dans un grand groupe au milieu du tableau, avec les petits sur les côtés ; quelquefois dans un vide au milieu, avec les groupes rangés autour. Quant à la principale lumière, qu'elle tombe au milieu du terrain, comme dans l'École d'Athènes, qu'elle soit formée par le ciel, comme dans les Noces de Cana, 2 et dans la dans l'Andromède des tableaux de Paul plupart ou qu'elle soit reçue par les groupes de figures, Véronèse, toutes quelle que soit, dis-je, la disposition qu'on choisisse, j les espèces de variété et de licence sont permises ; la seule incontestable nécessité est d'empêcher que l'oeil ne s'emdans une multitude : f brouille d'objets d'égale grandeur ainsi il faut absolument ombres ou que ces objets, lumières, soient disposés par masses et par groupes convenafigures, blement variés et contrastés. Il faut qu'à une certaine quantité i. Maintenant au Louvre, alors àSaint-Georges-Majeur de Venise, voir p. 33a. a. Voir p. 68, n. i.
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une contenance proportionnée d'espace, \ réponde la masse de suffisante soutienne d'ombre qu'une quantité — froides de couleurs certaine quantité lumière; j'ajoute, qu'une chaudes. Ce que doivent être la mette en valeur les couleurs de ces choses, l'étude des et le juste équilibre proportion tableaux le fera mieux connaître que les préceptes : je dis, des les raisons qui tableaux bons ou mauvais, car en recherchant est mauvaise, nous ne nous instruisons font qu'une peinture les causes de l'heureux effet d'une pas moins qu'en recherchant faites d'un côté confirment les principes bonne; les remarques démêlés de l'autre. dans le détail de l'enCe n'est pas ma fonction 1 d'entrer de mende l'art; cependant je saisirai l'occasion seignement tionner un des moyens propres à produire le grand effet que chez les peintres Vénitiens, parce qu'il n'a nous remarquons A mon connu et observé. pas été, je crois, généralement de lumière d'un avis, pour faire un bon effet, les masses chaude. : jaune, être d'une couleur tableau doivent toujours rouge, ou blanc jaunâtre ; au contraire il convient que le bleu, hors de le gris ou le vert soient tenus à peu près entièrement à supporter, à faire mieux et servent seulement ces masses, chaudes ; ce qui n'exige que fort peu de sortir les couleurs couleur froide 2. si les couleurs c'est-à-dire cette méthode, Si l'on renverse dans la lumière sont froides et les couleurs alentour chaudes, comme on le voit souvent chez les peintres Romains et Florentins, il sei'a hors du pouvoir de Fart, fût-ce entre les mains de Rubens ou du Titien, de donner au tableau le brillant et l'harmonie. Lebrun et Carie Maratte ont été tous deux des peintres de de ce mérite qu'on peut appeler grand mérite, particulièrement mais l'un et l'autre ont péché dans cette éconoacadémique; d'action
i. Mais celle des professeurs spéciaux de l'Académie. 2. On rapporte que Gainsborough n'aurait peint l'Enfant Bleu du duc de Westminster, où le bleu tient en effet une place principale, q.u'afînde démontrer la fausseté de ce principe. Mais l'Enfant Bleu paraît de neuf ans antérieur, et cette anecdote n'est qu'une tradition. 11
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Faute d'observer la règle dont je viens de mie des couleurs. d'effet si sensible parler, ils sont tombés dans cette pesanteur La principale lumière dans le tableau de dans leurs ouvrages. Lebrun dont il était question tout à l'heure, tombe sur Statire, donné un vêtement d'un à qui le peintre a fort imprudemment bleu pâle. Il est vrai qu'il a relevé d'or ce vêtement; mais ce n'est pas assez; tout le tableau en reçoit un air pesant, qui à celui qui d'abord l'a jugé sur cause une grande déception l'estampe \ Poussin a fait souvent une tache de draperie bleue, sur le brun où;:'sur le quand le ton général du tableau.tirait jaune ; et ceci prouve assez que l'harmonie des couleurs n'était pas le fort de ce grand homme. La- conduite tenue par le Titien dans l'Ariane 2 a reçu avec raison de grands éloges, à cause de cette harmonie. Il a donné, disent les critiqués',- une écharpe rouge à Ariane, pour mais en vérité ce détacher la figure de la mer qui est derrière; n'est pas cela, ou ce n'est pas-pour cette raison seule, mais savoir l'harmonie pour mie. autre de bien plus de conséquence, générale et l'effet du tableau. La figure d'Ariane est séparée du groupe principal et estvêtue de bleu, ce qui, joint à la couleur delà mer, fait la quantité de couleur froide dont le.Titien a cru avoir besoin pour soutenir l'éclat du groupe principal, tout composé, à peu de chose près, de couleurs chaudes ; mais le tableau aurait paru coupé en deux comme en conséquence parties, l'une froide et l'autre chaude, il a fallu porter^quelquesunes des couleurs chaudes du groupe principal dans la partie froide, et quelques couleurs froides dans ce groupe principal. Voilà pourquoi le Titien a donné une .écharpe. rouge à Ariane, et à l'une des Bacchantes une petite draperie bleue. La lumière d'un tableau doit être, comme j'ai dit, de coude se servir du leur chaude; car, quoique rien n'empêche blanc pour la principale lumière, ainsi que l'ont pratiqué pluhollandais et flamands, pourtant il vaut mieux sieurs peintres supposer ce blanc éclairé des rayons jaunes du soleil couchant, i. De Gérard Audran. 2. Tableau célèbre, alors au Palais Aldobrandini à Rome, maintenant dans la Galerie Nationale de Londres, n° 35 du catalogue.
PI. 5.
Photo Itanfetaengl* TlTIK^r^AlUANK. Nationale de Londres.) (Galerie
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du Titien : méthode dont on n'aperçoit c'estla méthode dans une galerie de que quand, jamais mieux la supériorité du Titien accroché on trouve par hasard un portrait tableaux, flamand, fût-il de la main de Vandyck. à côté d'un tableau qu'il soit à d'autres égards, devient Celui-ci, quelque admirable froid et gris par cette comparaison. les parties éclairées des objets sont d'une Dans la nature, Ainsi ce teinte plus chaude que celles qui sont dans l'ombre. n'est pas autre chose que d'observer dans que je recommande ce qu'on est obligé de reconnaître d'un tableau, l'ensemble pour la vérité dans chaque objet. Il ne s'agit que de présenter ce qui aux yeux le même effet qu'ils ont accoutumé d'éprouver, produit la beauté dans ce cas comme dans tout autre. Aucun principe de la peinture ne peut donc être plus certain, ni dériver source. d'une meilleure on rapporte Ce que je viens de dire de la raison à laquelle du rouge dans la draperie me fournit la présence d'Ariane, d'observer des l'occasion que ce mérite d'un relief apparent ont consique De Piles et tous les autres critiques peintures, déré comme un objet de la plus grande importance, n'a pas le Titien avait le plus fixé son été un de ceux sur lesquels Des peintres d'un mérite inférieur l'ont beaucoup attention. à cet égard. C'était la grande affaire de l'art dans son surpassé à qui l'on enfance, ainsi qu'elle l'est encore pour le vulgaire, fait éprouver la plus grande satisfaction, quand on lui présente une figure autour de laquelle il semble, disent-ils, qu'on puisse le peu de cas que je fais de tourner. Il est vrai que, malgré cette espèce d'illusion, si elle ne je n'y ferais pas d'opposition, elle-même aune qualité d'un bien plus haut prix, en s'opposait détruisant cette largeur de style qu'il estsidifficile d'exprimer mais dont on trouve la réalisation dans les par des mots, meilleurs du Corrège, et nous pouvons ouvrages ajouter de Rembrandt. L'effet de leurs peintures est produit en fondant et dans un fond encore plus obscur que ces noyant les ombres tandis que le relief est produit en opposant le fond ombres; à la figure et en les détachant l'un de l'autre soit par la lumière, soit par l'ombre, soit parla couleur. Cette méthode de marqueter comme
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du pour ainsi dire les figures dans le fond, afin de produire tels qu'André relief, a été la pratique des anciens peintres, Mantègne, Pierre Pérugin et Albert Durer; à qui on peut ajouter et Léonard de Vinci dans sa première manière, le Giorgione même le Corrège. Mais ces trois derniers ont été parmi ceux à se corriger du style sec, par le parti qu'ils qui commencèrent le relief comme un principal de ne plus regarder prirent deux qualités, le relief et la largeur du style, objèt.';Puisqueces il n'est pas bien difficile ensemble, peuvent à peine subsister Un peintre est de dire auquel il faut donner la préférence. obligé d'avoir, sans cesse la balance à la main pour suffire au devoir principal de son art, qui est d'estimer la valeur des différentes qualités, de sorte que, s'il lui faut commettre quelque Les peintres faute, il puisse choisir la moindre. qui ont le l'art de produire un bon effet, ne font en ceci mieux entendu à la raison, conforme parfaitement que suivre un principe qui est de sacrifier une partie afin de rendre le tout parfait. Ainsi, soit que les masses soient faites de clair ou d'ombre, on ou d'un ne doit pas supporter que leur forme soit dispersée contour ; à cette fin on peut rendre des parties désagréable et d'autres plus claires, et requérir quelques plus obscures reflets plus forts que la nature n'en eût donné. Paul Véronèse a pris de grandes libertés en ce genre. Comme on lui demanil avait peint certaines dans dait un jour pourquoi figures on n'en vît pas la cause dans le tableau, l'ombre, quoiqu'on : « Una nucola che dit qu'il se tira d'affaire en répondant passa, C'est un nuage qui passe. » Mais il n'y a pas de meilleur exemple de cette pratique qu'un un Clair de il représente tableau de Rubens* que je possède; lune. Rubens n'a pas seulement répandu plus de lumière sur ce tableau que la nature n'en donne; il a encore employé pour cela ces couleurs chaudes et brillantes qui rendent ses ouvrages si peu à ce que les autres peinCela ressemble remarquables. tres nous ont donné pour des clairs de lune, qu'on pourrait le prendre pour un soleil couchant de peu d'éclat, s'il n'y avait i. Maintenant à Mm0 Mond.
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jiKMiiiiÀjtn i;.'#—ACHILLE. do Glasgow.) (Galcrio
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pas ajouté des étoiles. Rubens a cru qu'en pareil cas il imporSans doute tait de contenter l'oeil avant toute autre considération. ? il n'aurait tenu qu'à lui de rendre son ouvrage plus ressemblant de ce qu'il regardait à la nature, mais c'eût été au détriment : savoir l'harmonie comme de beaucoup plus d'importance qui et de la variété des couleurs. Le même résulte du contraste des cas où_il convient fournit un autre exemple tableau de_, d'un plus grand avans'écarJtej_de_.la_n^uriB.-eja__considération tage. La lumière de la lune dans ce tableau ne domine pas autant sur les objets qu'elle éclaire, que cela a lieu dans la nature : et pour la même raison. Si cela encore est un écart prémédité Rubens avait conservé entre la lune et les objets la même de lumière qui s'observe dans la nature, le tableau proportion et à en une seule petite tache de lumière, aurait consisté distance on n'aurait vu que cette tache. Il est vrai quelque qu'on peut dire que, la chose étant ainsi, un tel sujet ne doit pas être entrepris ; mais alors et pour la même raison on ne ni tels autres objets reluidevrait jamais peindre des armures, le blanc encore sants, car, pur pour en emploie qu'on elle ne conserve la plus forte lumière, pas en représenter de lumière sur la chair que la même supériorité peinture ces objets ont dans la nature, à moins qu'on ne fasse la chair d'une teinte fort sourde. Rembrandt, auxyeux de qui représenter la lumière avait plus d'importance que d'imiter les objets qu'elle, dans un tableau\ à cette conséquence s'est soumis éclaire, dans une teinte d'Achille que j'ai de lui 1. Là tête est maintenue entre l'armure fort sourde, afin de ménager le degré nécessaire et le visage : en conséquence de quoi le tableau dans l'ensemble à cette idée est trop noir. Certainement c'est trop sacrifier induit le peintre en étroite de la nature : autoriser le contraire il faut en convenir, faute, mais dans une faute bien moindre, j noir, qu'on ne peut j que celle de peindre un tableau tellement le voir que dans un certain jour, et encore avec difficulté. ! De décider a raison dans ou de Rembrandt qui de Rubens les exemples que je viens de donner, cela ne se peut d'après i. Maintenant à la Galerie de Glasco.w.
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étroit de la nature à part de l'effet principe envisagée La raison et le sens commun nous disent produit sur l'esprit. toute autre il est nécessaire qu'avant considération, qu'un tableau puisse être vu, non seulement sans peine et sans mais encore avec plaisir et satisfaction ; ainsi s'incommoder, tout ce qui fait obstacle à ce plaisir doit être ôté. Mon intention dans ce discours et dans les exemples que j'ai n'est pas tant de placer l'artiste au-dessus des choisis, les raisons de celles-ci, de le | règles, que de lui découvrir / garantir contre une idée bornée et rapetissée de l'art, de son esprit de l'amas embarrassant de règles accomdécharger de cent exceptions, en dirigeant son attention sur pagnées l'étude attentive des passions, toutes les règles desquelles découlent et auxquelles toutes peuvent être rapportées. C'est par leur entremise que l'art remplit son but; ainsi une connaissance parfaite de ces passions et des dispositions de l'esprit est nécessaire à celui qui souhaite de les émouvoir en se fondant sur des principes certains. Un examen complet du rapport qu'il y a entre les règles de l'art et les sources éternelles de nos passions, irait droit et en une fois au fondement de la critique 1; or je sens trop subtil et pénétrant une savoir, quel jugement quel grand réclame pour que je présume de l'essayer. pareille entreprise Ce sera assez pour moi si, dans le langage des peintres, j'ai de ce vaste projet, esquisse pu donner une légère esquisse assez distincte pour faire apercevoir l'utilité de la théorie, et la possibilité de la faire. Avant de finir, je ne puis éviter de faire une observation sur les peintures qui sont devant nous. J'ai remarqué que tous les et caché candidats ont copié la célèbre invention de Timanthe-, le visage d'Agamemnon dans son manteau. Il faut avouer que même des cette idée a reçu des éloges en si grand nombre, meilleurs comme Gicéron, anciens, Quintilien, critiques L'ADMIRABLE i. CECIA ÉTÉDITPARINADVERTANCE, OUBLIANT QUI;NOUSAVONS TRAITÉ DUSUBLIME ETDUBEAU(Note de l'auteur). Ce traité est l'oeuvre de Burke. 2. Dans le Sacrifice d'Iphigénie. Celte anecdote est rapportée par Pline, liv. XXXV, chap. x: (sect. 35).
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et Pline, et que tant d'échos de ces éloges ont Valère-Maxime qu'on ne peut être surpris depuis retenti chez les modernes, que vous l'ayez adoptée et qu'on ne peut pas vous en blâmer. tellement liée au sujet, que le public Cette idée est maintenant serait peut-être trompé dans son attente, s'il ne trouvait uni ce qu'il unit dans son esprit et qu'il considans la peinture Mais il faut se rappeler que.ceux dère comme inséparable. n'étaient Ils s'en pas peintres. qui ont loué cette invention sont servis comme d'un exemple propre à expliquer leur art . particulier ; contents de la faire servir à ce dessein, il n'était pas de leur ressort d'entrer dans les objections qu'elle encourt L'art de peindre au point de vue d'un art différent. n'a, je le crains, que de faibles moyens d'exciter ces pouvoirs de l'imagination qui jouent un si grand rôle en poésie. Je vais jusqu'à me demander même s'il ne vaudrait pas mieux ne pas nous en et peut-être où un servir. La principale l'unique circonstance est lorsque le sujet ne souffre pas peintre puisse les employer, soit par décence, soit pour évid'être représenté entièrement, ter quelque ; et cela ne se fait pas du spectacle désagréable les passions (qui est la raitout pour réveiller ou aiguillonner leur son qu'on allègue), mais au contraire pour diminuer effet. J'avoue que les ébauches ou les dessins que les peintres font donnent à un haut degré ce ordinairement de leurs ouvrages, où l'idée Dans ces légères esquisses, plaisir de l'imagination. de la composition n'est pour ainsi dire qu'inet des caractères diquée, l'imagination ajoute plus que le peintre probablement n'aurait su faire ; de sorte que l'ouvrage achevé déçoit et ce souvent l'attente qu'on en a conçue d'après l'ébauche; est une des causes du grand plaipouvoir de l'imagination sir que nous prenons de dessins des grands aux collections maîtres. Ces idées générales, dans les esquisqui s'expriment ses, ressemblent aux moyens dont on se sert en parfaitement poésie. Une grande partie de la beauté de la célèbre description d'Eve dans le Paradis Perdu de Milton, consiste dans l'emdont chaque lecteur tire les traits ploi d'expressions générales, à la convenance et selon ses de son imagination particuliers
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HUITIÈME
DISCOURS
de la propres idées de la beauté, de la grâce, de l'expression, Eve Mais un peintre qui représente noblesse et de l'élégance. sur la toile, est obligé de lui donner des formes déterminées, l'idée qu'il se fait de la dans cette peinture et d'exprimer beauté. dans aucun On ne peut donc en pareil cas, ni davantage ni aucune une manière indéterminée autre, recommander espèce d'idées vagues, comme objet d'un tableau achevé. Ainsi l'idée de laisser quelque chose à l'imagination, s'oppose à un de l'art ; savoir que tout doit principe certain et indispensable et avec soin, comme si le peintre conêtre rendu distinctement la forme et le caractère exact de chaque naissait parfaitement on appelle Voilà ce qu'en peinture objet qu'il représente. savoir, et qui ne doit pas être sacrifié à une beauté indéterminée et douteuse. Cette beauté n'est pas selon la nature de notre sans succès. art, et on la poursuivra M. Falconet a remarqué 1, dans une note sur cet endroit de de Pline, que l'idée de voiler le visage d'Agamemsa traduction non n'est peut-être pas l'effet d'aucune fine invention du peinet que Timantre, que cette explication est le fait des critiques, du sacrifice telle qu'on the aura seulement copié la description la trouve dans Euripide. 2 Voici le passage du poète tragique d'après lequel on suppose la voit : « Agamemnon a exécuté son tableau que Timanthe vers le terme fatal ; il gémit, il détourne la vue, il s'avancer verse des larmes, et se couvre le visage de sa robe. » ne souscrit point aux éloges qu'on a donnés M. Falconet à Timanthe ; non seulement là-dessus parce qu'il ne croit pas comme l'idée de son invention, mais parce qu'il la regarde médiocre : seule l'effusion du sang ou quelque objet horrible motivant ce soin de cacher une partie du sujet. « Mais un père ! Vous êtes peinaffligé, dit-il, mais un roi ! mais Agamemnon la plus tre et vous me cachez la situation la plus expressive, et vous employez encore le sophisme pour me intéressante, i. Tome Y, p. 62 de ses OEuvreslittéraires complètes, a. lphigénie en Aulide, v. 1S47.
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ce vol que vous me faites. Vous n'êtes, faire approuver aioute-t-il, qu'un peintre faible, un homme sans ressorts, vous ne connaissez pas tous ceux de votre art. Qu'importe l'espèce de voile dont vous vous servez ? Que ce soit des mains jointes et des bras levés ou tel autre geste qui me cache le visage du vous avez dévoilé votre faihéros : en voilant Agamemnon, voilé me paraît blesse. Un peintre qui représente Agamemnon aussi ridicule que le serait un poète qui, dans une situation me dirait pour remplir mon attente et se tirer pathétique, son personnage sont au-dessus d'affaire, que les sentimentsde » de toute expression. A ces paroles de M. Falconet, on peut ajouter que, supposé à l'imagination la figuration de la que cette idée de remettre douleur appartînt au peintre, et qu'elle méritât tous les éloges qu'on y a donnés, du moins c'est un artifice qui ne peut servir qu'une fois. Celui qui la reprend, non seulement manque en cela de nouveauté, mais encore se fait soupçonner de recourir à l'artifice pour sortir de difficulté. Si les difficultés vain-, eues font une grande partie du mérite de l'art, on ne doit que fort peu d'éloge aux difficultés évitées.
NEUVIÈME
DISCOURS
PRONONCÉ A L'INAUGURATION DU SIÈGE NOUVEAU DE L'ACADÉMIE le 16 octobre 1780
Messieurs, de l'hospitaL'honneur que les arts reçoivent aujourd'hui lité qu'on leur accorde dans cette noble demeure *, est une dès plus grandes marques que nous ayons reçues de la protection de Sa Majesté, et la preuve la plus certaine du désir qu'elle a de rendre cette Académie considérable. à exciter notre On n'a rien négligé de ce qui peut contribuer nos succès. Nous avons déjà le bonheur zèle, ou à récompenser de voir les arts dans un état où cette nation ne les avait dans lequel nous sommes maintenant jamais vus. L'édifice illustre sera pour les âges futurs un monument rassemblés, des talents de l'architecte 2; il est de notre devoir de faire en la structure ne soient point sorte que ceux qui en admireront Ce ne sera pas peu de gloire déçus par la vue de l'intérieur. rendent admirables pour une nation que tant d'hommes illustre dans toutes les sciences, si par l'effet de cette institution, on parvient à former chez elle une école de peinture Car nous ne jouirons de l'estime des étrangers qu'à Anglaise. 1. Les nouveaux bâtiments du palais Somerset, au Strand. L'Académie venait d'y être transportée, abandonnant à des bureaux le vieux,bâtiment, occupé par elle depuis 1771. Tout le palais Somerset de nouveau rebâti n'est plus occupé que par des bureaux. a. Le célèbre Chambers, membre lui-même de l'Académie, mort en 1796.
PI. 7.
PARREYNOLDS L'ARCHITECTE CHAMBERS ETLI?MLAISSOMERSET (Académiede Londres,) la gravurodo Grcon.) (IfapW's
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171 sur eux dans les que nous prendrons proportion de l'avantage par les richesses choses de l'esprit. Il est certain que l'industrie, offre des moyens de parvenir à cette supéqu'elle engendre, est absorbée par riorité; mais un peuple dont toute l'attention ces moyens, et qui en oublie le but, ne mérite guère d'autre nom que celui de nation barbare. Au contraire, tout établissement qui se propose la culture des plaisirs de l'esprit en tant des sens, peut être envisagé dans un certain que distingué se prépare à degré comme une école de morale, où l'esprit de_plus grands objets. un instant les progrès de l'esprit à l'égard de ce Examinons qui est ou doit être l'objet véritable de ses efforts. L'homme n'a d'autres plaisirs que ceux dans son plus grand abaissement des sens, et de besoin que l'appétit sensuel. Dans un degré et quand la société est divisée en plusieurs rangs, supérieur, quand une partie est vouée à la peine pour soutenir la condition affranchit de la peine des autres, ceux que leur rang supérieur de l'esprit. C'est ainsi à songer aux agréments commencent leurs que, tandis que les bergers veillaient à leurs troupeaux, d'astronomie observations maîtres firent les premières ; c'est ainsi, à ce qu'on prétend, que la musique doit son origine à un homme de loisir, qui prêtait l'oreille aux coups de marteau d'un forgeron. Gomme, dans l'état le plus bas de la nature, les sens commis au soin de notre conservation sont l'unique règle de la conduite des hommes, il est dangereux dans cet état de connaître l'abondance, ne peuvent car les sens sans contrôle de ce qui dépasse le nécessaire. Pour que l'abonqu'abuser dance soit sans danger, pour qu'elle aille sans détriment du bonheur des individus et du salut de la société, il est nécessaire d'élever l'intelligence vers l'idée du beau idéal et vers la de la vérité générale. Par là l'esprit est sans contemplation cesse attiré à la recherche de quelque chose de meilleur et se rend supérieur aux sens, en apprenant à se sentir capable de buts plus élevés et de jouissances Dans cette plus nobles. exaltation graduelle de la nature, chaque art contribue dans sa mesure à la satisfaction de l'esprit. Tout ce qui détourne nos
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NEUVIÈME
DISCOURS
des sens, tout ce qui nous enseigne à chercher le pensées bonheur en nous-mêmes, concourt selon sa mesure à avancer l'ennoblissement de notre être. Peut-être n'y a-t-il pas de plus grande preuve de l'excellence de la nature humaine que ceci, à savoir que pour une intelligence dressée à la culture qu'il faut, tout ce qui est borné est à s'avancer, pas à petit. Notre esprit travaille continuellement pas, par une suite d'amendements gradués, vers la perfection, dans une grande distance, qui néanmoins qu'il voit obscurément lui laisse l'espoir, et vers laquelle il faut marcher toujours, car on n'y peut jamais atteindre. Mais la poursuite elle-même nous récompense ; une vérité nous en découvre une autre, et nos richesses s'accroissent sans cesse, sans que la nature soit à jamais épuisée. Notre art, comme tous ceux qui s'adressent à une faculté légèrement inférieure l'imagination, correspond de l'esprit, plus voisine du plaisir des sens ; mais par les sens et l'imagination, son devoir est de se faire un chemin vers la raison. Car tel est le progrès de la pensée : nous percevons à l'aide des sens, nous combinons par l'imagination, nous distinguons par la raison; de sorte que, sans franchir les bornes naturelles de notre art, plus nous le dégageons de la grossièreté des sens, plus nous augmentons sa dignité et le profit qui s'en peut faire. Plus nous l'abaissons au contraire à la pure sa nature, sensualité, plus nous corrompons plus nous le du rang d'art libéral. Voilà ce dont il faut que tout dégradons artiste se souvienne. Qu'il se souvienne aussi qu'il n'est digne dans l'Etat, que s'il s'y rend utile à l'avanced'encouragement ment du bien, contribuant dans sa sphère au dessein général et à la perfection de la société. L'art que nous professons a le beau pour objet; notre tâche est de le découvrir et de l'exprimer ; mais la beauté que nous est générale et intellectuelle ; c'est une idée qui poursuivons n'est que dans l'esprit ; les yeux ne l'ont jamais contemplée, la main ne l'a jamais expi'imée ; c'est une idée qui vit au coeur de l'artiste, qu'on s'efforce sans cesse de mettre au jour; mais assez on meurt sans l'avoir révélée. Cependant on communique de cette beauté pour élever les idées et étendre les vues du
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de l'art, et par un emploi on lui proportionné spectateur, à l'avandonne assez d'extension pour que ses effets tournent et corrigent le goût d'une nation par degré tage public, s'il ne réalise Ce résultat, absolue entière. pas la pureté tout au moins à leur plus grande déprades moeurs, s'oppose de l'appétit et menant sensuel, vation, affranchissant l'esprit les pensées des hommes par des étapes de perfection, jusqu'à de la vérité universelle et de l'harmonie, cette contemplation par le goût et se termine à la vertu. qui commence
DIXIÈME
DISCOURS
PRONONCÉ A LA DISTRIBUTION
DES RÉCOMPENSES
le 11 décembre 1780
DE LA SCULPTURE Messieurs, Suivant
la règle que je me suis donnée pour chaque année à les réflexions que j'ai faites pareil jour, je vous communiquerai concernant la théorie de l'art. Elles ont eu jusqu'ici la peinture pour objet : c'est que cet art est bien plus étendu, bien plus compliqué que la sculpture, et comme le qu'il offre un bien plus vaste champ à la critique, directeurs plus contient le moins, il s'ensuit que les principes de la sculpture se trouvent compris dans ceux de la peinture. Mais j'ai dessein de faire aujourd'hui réflexions quelques sur cet art, et de considérer en quoi et de quelle particulières manière ses principes et ceux de la peinture s'accordent ou sont différents ; quelles choses il est au pouvoir de la sculpture d'exécuter et quelles choses lui sont interdites : afin que le de ses travaux. connaisse avee clarté la fin essentielle sculpteur La sculpture est un art beaucoup plus simple et beaucoup plus uniforme que la peinture ; on ne saurait sans risquer un mauvais effet l'appliquer à toutes sortes de sujets. L'objet de la sculpture peut être défini en deux mots : la forme elle caractère, ces qualités n'y étant rendues que d'une seule manière de la peinture, ou dans un seul style ; tandis que les ressources diversité une grande plus variées, plus étendues, permettent
SUR LA PEINTURE
i75 la Florentine, la L'école Romaine, la Lombarde, de manières. tendent toutes au même but par des moyens difféVénitienne, de rents; mais la sculpture n'ayant qu'un style, ne saurait avoir ce rapport qu'avec un style de la peinture ; et son rapport avec se vante) style (le plus grand et le plus noble dont la peinture est si intime, qu'on peut presque dire que c'est le même art Faute d'avoir fait assez opérant sur des matières différentes. ils vouentre les styles de peinture auxquels cette différence les sculpteurs du siècle dernier sont tomlaient ressembler, bés dans plusieurs erreurs. Ils ont bien vu qu'il leur était permis des idées d'imiter le grand style de la peinture, et d'en emprunter de leur art; mais ils n'ont pas fait pour le perfectionnement à l'égard du leur était interdite réflexion que la même conduite ou les effets pittoresques, style décoratif. Lorsqu'ils recherchent de tout genre qui trouvent place dans les les petits agréments ils s'imaginent faire de la peinture, inférieures branches les limites ; en réalité ils en avancer leur art et en étendre en ils en faussent la direction, violent le caractère essentiel, à leurs efforts soit ce qu'ils ne sauraient atteindre, proposant soit ce qu'il vaut mieux n'atteindre grave point. Le caractère dans la de la sculpture exige le plus haut degré de régularité les contrastes n'y sont pas admis, pittoresques composition, toute chose y est pesée et mesurée avec soin : un côté devant à l'autre, un enfant par exemple n'y faire à peu près équilibre ni une figure baissée pouvant balancer une figure d'homme, une figure droite. La perfection de chaque art consiste à remplir parfaitement son objet. On ne saurait s'opposer trop vivement aux innovala grandeur des idées que celui-ci a pour tions qui détruisent but de faire naître : soit fausse imitation de la nature, soit petite ou de quelque sorte d'illusion ambition des effets pittoresques que ce soit. Si produire l'illusion est le comble de l'art, qu'on se mette tout de suite à peindre les statues ; ce moyen fera plus pour et qu'on fait l'illusion que tous les artifices qu'on a imaginés, prévaloir pour cette seule raison qu'ils rapprochent l'ouvrage de la nature. Mais puisque nulle part on ne songe à peindre
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DIXIÈME
DISCOURS
toute pratique la sculpture, qui ne se fonde que sur cette raison-là doit être pareillement rejetée. Si le but de la sculpture ou de servir uniquement à amuser était de plaire à l'ignorance sans doute beaucoup les yeux, la Vénus de Médicis gagnerait de la sculpture à être coloriée ; mais le caractère l'oblige à produire un charme différent, et qu'il sera permis de préférer de la : savoir celui qui résulte de la contemplation peut-être Ce charme est celui de l'intelligence, et à beauté parfaite. avec celui des sens, avec égards il est incompatible plusieurs celui que prend au fini des formes, un spectateur ignorant ou léger. On ne défend pas au sculpteur de mettre en oeuvre les ressources de son art pour produire l'illusion ; mais c'est à condition qu'il ne nuise pas par là à des perfections plus hautes. Dans ces limites il lui faudra convenir qu'il y a longtemps que les bornes de son art sont fixées, et que c'est en vain qu'on se flatterait de dépasser celles que les anciens ont posées. est le moyen de l'art ; elle n'en est pas le but. L'imitation un langage, qu'il emploie pour porElle est pour le sculpteur La poésie et l'élocution ter ses idées à l'esprit du spectateur. en tous genres emploient des signes, signes de convention ; le de la chose même, fait usage de la représentation sculpteur n'est pour lui également qu'un moyen mais cette représentation à une fin plus haute, et pour approcher de la pour atteindre On objectera beauté parfaite. peut-être que cette beauté des formes, quelque parfaite qu'elle soit, n'est estimée qu'à cause savoir le sentiment et le caractère rendus d'un objet ultérieur, et l'expression des passions. Mais dans l'attitude sensibles comment affirmer cela quand on voit des ouvrages que la seule suffit à beauté des formes, sans le secours d'autres qualités, ? En preuve du grand cas que et admirables rendre illustres nous faisons de la seule perfection des formes, on peut alléguer soit en la plus gi'ande partie des ouvrages de Michel-Ange, et quantité de statues antiques, soit en sculpture, peinture, tenues en haut degré d'estime, quoiqu'elles n'offrent justement pas de caractère bien frappant, et qu'elles n'aient d'expression d'aucune sorte.
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177 encore que seule quel artiste a ja-
Mais pour montrer par une plus forte preuve cette qualité suffit à émouvoir nos sentiments, 1 sans mais regardé le Torse éprouver le feu de l'enthousiasme, comme à la lecture de la plus sublime poésie. D'où vient cela, | cet effet, si ce n'est la i qui produise qu'y a t-il dans ce fragment science des formes toutes seules étalée dans sa perfection? a rendu capable delà contemplation Un esprit que l'exercice de la beauté, aperçoit dans ce tronc mutilé, disjecti membrapoetoe, les vestiges du plus sublime génie, les restes d'un ouvrage jamais autant qu'il en est que les siècles futurs n'admireront digne. On dira que ce plaisir n'est réservé qu'à ceux qui ont passé toute leur vie dans l'étude et la contemplation de cet art ; mais la vérité est que tous les hommes en éprouveraient également les effets, si l'on voulait seulement se défaire de l'idée d'y trouet n'y chercher ver de l'illusion, \ que ce qu'il est réellement, savoir une représentation partielle de la nature. Une seule chose de le juger comme il faut, c'est de ne pas savoir les empêche à cet quel rang ou plutôt quel genre de beauté il faut assigner et à quelle sorte d'éloge il a droit. Tous les esprits ouvrage, de cette incerressentent devant ce genre d'objets l'embarras titude ; mais par un commerce soutenu entretenu avec ces on entrera sans y prendre ouvrages, garde dans l'intention et l'on sentira l'admiration naître sans le qui les a inspii'és, secours d'aucune école. L'art du sculpteur de quelques est limité en comparaison autres ; cependant dans ses propres limites il ne laisse pas d'avoir sa variété et ses combinaisons. Son principal mérite est la correction se ; et quand à des formes belles et correctes trouvent de la grâce, la dignité du caracjoint l'ornement tère et la convenance de l'expression, comme dans l'Apollon 2, la Vénus, et la Laocoon, le Moïse de Michel-Ange autres ouvrages, on peut dire que cet art a parfaiplusieurs tement rempli son but. 1. Du Belvédère. 2. Du Belvédère.
DIXIÈME DISCOURS 178 En quoi consiste la grâce et comment elle s'acquiert, c'est une question difficile à décider en théorie. Pourtant causa Sans aucun examen difficile, on en reslalel, res est nolissima. sent journellement les effets. Je me bornerai à remarquer ici de la grâce est la correction ordinaire du que le fondement unie avec dessin. Il est vrai qu'on la trouve quelquefois mais cette incorrection n'en est jamais la l'incorrection, cause.. Je sais qu'on a souvent cité le Corrège et le Parmesan en preuves de cette opinion ; mais la moindre attention suffità nous convaincre de quelques que la réelle incorrection parties de leurs ouvrages, loin de contribuer à la grâce, tendrait plutôt à la détruire. La Vierge avec l'Enfant Jésus dormant et ce beau groupe d'Anges, du Parmesan, qu'on voit au palais Pitti 1, ne perdrait aucun de ses mérites si le cou, les doigts, la figure au lieu de la longueur incorrecte elle-même, qu'on leur voit, avaient des proportions raisonnables. 2 Serrons de près ce sujet. On a dit que la grâce de l'Apollon tient à quelque de que dans l'anatomie degré d'incorrection, cette figure, la tête n'est pas placée entre les deux épaules et que la moitié inférieure du corps excède en longueur la nature 3. de ces remarques, Contre la première j'ai l'autorité d'un fort de cette Académie, de habile sculpteur qui, ayant entrepris et mesurée avec le plus grand copier cette statue, l'a examinée n'est pas vraie. Pour la soin, et qui déclare que la critique seconde remarque, est représenté rappelons-nous qu'Apollon ici dans l'exercice d'un de ses attributs particuliers, la vitesse : ainsi il a fallu donner à sa figure les proportions convenables, ne sont pas plus incorrectes à ce caractère. Ces proportions la force et le gonflement que ne sont, dans la figure d'Hercule, des muscles. extraordinaire et d'exprimer la grâce est assez difficile L'art de découvrir 1. N° 23o du catalogue, dite Madone au long cou, v. p. 3o8. 2. Algarotti entre autres. Essai sur la Peinture, édit. de 1756, p. i5. 3. Cet alinéa et le précédent sont intervertis dans l'original. Je suis Jansen dans cette correction.
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de principes sans qu'on y ajoute le tourment par lui-même, d'un monstre de grâce obtenu L'imagination incompréhensibles. l'esprit du jeune artiste, par la difformité, risque d'empoisonner l'essentiel de son art, savoir la correcde lui faire négliger un fantôme, protion du dessin, pour le plaisir de poursuivre et du raffinement. duit de l'affectation Je ne saurais quitter l'Apollon sans ajouter une réflexion sur le caractère de cette figure. On suppose que ce dieu est représa flèche au Python, senté au moment où il vient de décocher un peu vers l'épaule et que la tête, retirée droite, marque l'attention qu'il donne à l'effet de cette flèche. Ce que je veux et c'est la différence qu'il y a entre cette attention remarquer, celle du Discobole ', qui se trouve dans le même cas, en train l'effet de son disque. L'air gracieux, de surveiller négligé, vulgaire de l'autre, quoique animé de l'un, et l'empressement du soin judicieux nous offrent un exemple signalé que les de distinguer les caractères. L'une et l'autre anciens prenaient sont également dans la vérité de la nature ; de ces expressions l'une et l'autre sont également admirables. mots Il faut remarquer caractère, que grâce, expression, de sens différents et employés comme tels lorsqu'on les applique à la peinture, sont employés indistinctement quand on parle de la sculpture. On peut croire que l'indécision dans remarquée un tel mélange tient à ce qu'il y a d'indéterminé dans les effets en sculpture plutôt de l'art lui-même : ces qualités s'exprimant que par les traits du visage, et par les formes et par l'attitude être nommées ne pouvant en conséquence qu'en termes fort généraux. On objectera le groupe du Laocoon où les visages ont beaun'est autre chose ; mais cette expression coup d'expression de la douleur, est de que l'expression générale laquelle nature à s'exprimer encore par le gonflement plus fortement des muscles et par les contorsions du corps que par les traits de la physionomie. Dans un ouvrage récemment publié, on a assuré que, si l'at1. Au Vatican.
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du père avait été plus occupée de la détresse de ses que de la sienne, le spectateur y eût pris un intérêt plus grand. Quoique cette réflexion émane d'un homme dont l'autorité est grande dans tout ce qui touche aux arts, je ne de répondre si raffinée puis m'empêcher qu'une expression n'est guère du ressort de l'art. En entreprenant de l'exprimer, l'artiste courrait et de la grand risque d'affaiblir l'expression rendre moins intelligible. Comme tout l'ensemble d'une figure se présente en sculpture bien plus distinctement que ne font les traits duvisage, c'estàcet ensemble confier l'expression ou le qu'il faut principalement caractère : paluil in corpore vullus ; et à cet ég-ard l'art du sculavec celui de la danse, où pteur n'est pas sans ressemblance l'attention du spectateur est arrêtée sur l'attitude et sur l'action du personnage, et ne cherche que là toute l'expression que cet art est capable d'offrir. Les danseurs en font eux-mêmes l'aveu, en se couvrant souvent de masques, sans que l'expression soit beaucoup diminuée. Le visage est une si petite partie en proportion de toute la figure, qu'on remarque chez les anciens une négligence à donner aux physionomies, ne fûtsculpteurs ce que les traits les plus généraux d'une passion. On en voit un frappant exemple dans le groupe des Lutteurs 1, lesquels, quoique engagés dans un combat fort animé, n'en sont pas moins représentés avec des visages parfaitement sereins. On à ne recommande pas cela à votre imitation : rien n'autorisant tenir l'air du visage en désaccord avec l'action de la figure ; mais vous devez juger par là combien cette partie, regardée à la comme relativement immatérielle, est peu nécessaire tention enfants
sculpture. A ceux qui s'imaginent que la sculpture peut exprimer plus par quels moyens que ce qu'on vient de dire, je demanderai au premier coup d'oeil le personnage ils découvrent représenté dans un buste, dans un camée ou dans une pierre gravée. J'imagine que celui qui consent à ne pas voir dans une oeuvre sont ce d'art ce qui n'y est pas, conviendra que les attributs i. Aux Offices de Florence.
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bien plus qu'aucune variété de ces personnages qui distingue sa lyre, à Bacchus son forme ou de beauté. Otez à Apollon à Méléagre la hure du sanglier, et il thyrse et ses pampres, pour ne pas dire n'y aura plus que bien peu de différence, de ces personnages. Dans une aucune, entre les caractères Junon, dans une Minerve ou dans une Flore, il ne paraît pas ait fait d'autre projet que celui d'une beauté parque l'artiste des attributs variés sans nulle faite, laquelle reçoit ensuite d'un personnage ou de l'autre. C'est ainsi que Jean acception de Bologne, après qu'il eut achevé le groupe d'un jeune homme enlevant dans ses bras une jeune femme, avec un vieillard à ses pieds, assembla ses amis pour leur demander quel nom il de l'appeler devait y donner. On convint l'Enlèvement des Sabines 1 ; et c'est le groupe célèbre qui se trouve à présent Les figui'es de ce groupe devant le Vieux Palais de Florence. ont la même expression générale qui règne dans la plupart des il ne serait pas étonnant statues antiques ; cependant que les de l'avenir une délicatesse critiques y trouvassent d'expression à laquelle il est sûr que l'artiste n'a pas songé ; et qu'ils allassent jusqu'à reconnaître dans le vieillard des signes précis de parenté avec la femme qu'on enlève d'auprès de lui. la peinture et la sculpture soient, ainsi que pluQuoique sieurs autres arts, gouvernées par les mêmes principes généet dans ce qu'on peut appeler les raux, en détail cependant lois secondaires il ne semble pas que l'égalité se poursuive. Comme la matière de ces deux arts diffère, la pratique de l'un et de l'autre ne peut manquer d'être différente. Il y a une infinité de beautés secondaires que le peintre atteint avec facilité, en sculpture, et qui, quand même on qui sont impraticables rien au mérite et à la noblesse pourrait les saisir, n'ajouteraient de l'ouvrage. Entre différents points sur lesquels les sculpteurs modernes se sont flattés en vain de perfectionner leur art, on peut comme les plus importants : la représentation de draregarder des figures pour les faire paraître volantes ; peries détachées i. VOIRLERiroso DERAPHAËL BOIIGHINI (note de l'auteur). Liv. I, par. 72, 78. Le nom du groupe fut donné par Borghini.
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de la perspective dans l'usage de plusieurs plans et l'imitation à quoi on peut ajouter encore le mauvais effet les bas-reliefs, que produit le costume moderne en sculpture. de détacher la pierre et de la faire voltiLa folle entreprise si visible, qu'on la condamne ger en l'air fait un contresens de en l'énonçant. telle semble avoir été l'ambition Cependant modernes et particulièrement du Berde sculpteurs beaucoup cette difficulté nin, dont l'art était si bien tourné à surmonter qu'il ne cessait de s'y essayer, quoiqu'il risquât dans cet essai tout ce qui fait le mérite de ses ouvrages. Le Bernin tient un premier rang parmi les sculpteurs modernes ; à cause de cela il est du devoir de la critique de tel exemple. prévenir les mauvais effets que peut produire'un Son groupe d'Apollon et Daphné1,'qu'il exécuta dans sa fit espérer non sans raison qu'il disputerait grande jeunesse, un jour le prix aux meilleurs Grèce ; ouvrages de l'ancienne mais il s'écarta bientôt de la bonne route, et, quoique il y ait dans toutes ses productions quelque chose qui le distingue du commun, on ne laisse pas de reconnaître par ses derAu lieu de niers ouvrages qu'il avait achevé de s'égarer. l'étude de la beauté idéale si heureusement annonpoursuivre il s'éprit d'une folle recherche cée dans ses commencements, de nouveauté, ce que l'art ne pouvait réaliser, entreprit prétendit venir à bout de la dureté et de la résistance essentielle du marbre, ce qui, supposé même qu'il y eût réussit, et qu'il eût donné l'air de vérité à de pareilles draperies taillées dans cette matière, devait encore être évité à cause de la confusion dont elles sont cause, ainsi détachées des figures qu'elles habillent. d'autre Je. ne crois pas qu'il y ait dans notre Académie ouvrage du Bernin que le plâtre de sa tête de Neptune 2; mais ce morceau suffit pour expliquer le reproche qu'il encourt pour avoir voulu rendre les effets du vent. Les cheveux de cette tête s'envolent dans toutes les directions, de manière i. A la villa Borghèse. 2. Sans doute celui d'une des fontaines de la place Navone à Rome.
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ce qu'il a qu'au premier coup d'oeil on ne peut comprendre ni distinguer ces mèches volantes du visage, parce représenté, que tout étant de la même couleur et d'une égale solidité, tout se détache avec une force égale. dont les cheveux sont cause embarrassante Cette confusion volante, ici, est également produite par une draperie que confondre avec l'oeil doit par la même raison inévitablement les principales parties de la figure. commune à nos deux arts, que le C'est une règle générale, clairement la coup d'oeil doit suffire à débrouiller premier Le figure que l'on voit, dans sa forme et dans son attitude. du satisfait aisément à cette règle avec le secours peintre en éteignant certaines coloris, parties dans le fond ou en les tenant assez obscures pour qu'elles ne se mêlent point aux parties principales. Le sculpteur n'a pas d'autre moyen pour la plus grande parcette confusion, empêcher que d'attacher tie de la draperie aux figures, de manière que les plis, suivant le contour des membres, ne détournent et n'égarent nulle part le regard, mais au contraire le conduisent par toutes les parties des formes et des attitudes. La draperie de l'Apollon, forme une grande quoiqu'elle masse et qu'elle soit séparée de la figure, ne contredit pas cette conclusion, justement parce qu'étant si absolument séparée de la figure, et d'autre part étant d'une forme extrêmement l'une il n'y a pas moyen qu'on confonde simple et régulière, et l'autre. La draperie ne fait pas plus partie de la figure que ne le ferait un piédestal, un tronc d'arbre, un animal, ou tel autre support qu'on voit quelquefois joint aux statues. Le principal est de renforcer la objet de ces accessoires des accidents ; et plusieurs croient que statue, de la préserver le manteau qui pend sur le bras de l'Apollon est mis là pour le même office ; mais sûrement il répond à un plus grand desla sécheresse d'effet que ne peut évisein, savoir de corriger ter un bras nu étendu dans toute sa longueur; ajoutez l'effet le corps et le bras formant désagréable qu'auraient produit entre eux un angle droit. Les Apôtres de Saint-Jean-de-Latran à Rome me semblent
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mériter ce même reproche d'une indiscrète imitation des peinde ces statues, tres. Les draperies disposées par grandes ou la masses, font il est vrai cet imposant effet que l'ampleur sont ordonnées J'avoue, aussi qu'elles quantité produisent. avec beaucoup d'adresse et d'intelligence, et traitées de manière à paraître aussi légères que la matière le permet; cepend'en faire disparaître totalement la dant il a été impossible et la solidité de la pierre. pesanteur Ces figures sont beaucoup dans le style de Carie Maratte, et suivi s'il avait essayé dans le genre qu'il aurait certainement delà sculpture. De plus, quand on sait qu'il a eu la direction de cet ouvrage et qu'il était l'ami d'un des principaux sculpteurs, il est à supposer que son goût y a réellement exercé son influence, si même il n'en a pas donné les dessins. Enfin on ne peut voir ces statues sans y reconnaître sa manière. Aussi ont-elles le d'être même défaut qu'on trouve si souvent dans ses ouvrages, de draperies, et de draperies disposées avec trop surchargées Je ne puis m'empêcher de croire que si Rusconi, d'artifice. Monnot* et les autres sculpteurs Legros, employés à cette besogne avaient pris pour modèle l'accoutrement simple de tel par exemple que nous le voyons dans quelques antiques, les statues des philosophes, leurs figures en auraient reçu un air de grandeur qu'elles n'ont pas, et de toute manière un aspect plus convenable au caractère des Apôtres. à ce mauvais effet Dans les statues, il n'y a pas d'exception il ; mais en bas-relief que les draperies volantes produisent n'en est pas de même. En effet ce genre d'ouvrage restitue au sculpteur la facilité de traiter cette partie comme fait le peintre, en les unissant au fond et en les y faisant se perdre ; de manière point les figures, et n'y jettent aucune qu'elles n'embarrassent confusion. Mais voici que le bas-relief à son tour donne lieu à un nouvel abus. Non content de l'avantage qu'il donne dans l'occasion qu'on vient de dire, le sculpteur imagine d'en tirer davantage et de représenter en bas-relief des groupes de figures sur difféi. Morts 1728, 1718,1733; tous trois travaillant dans le style enseigné par le Bernin et par l'Algarde ; les deux derniers étaient Français.
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rents plans : c'est-à-dire devant, et d'autres à une quelques-uns plus grande distance, ainsi que le pratique le peintre qui comDans ce dessein, le sculpteur ne dispose un tableau d'histoire. pose d'autres moyens que de diminuer les figures et d'en rendre la saillie moindre à mesure qu'elles doivent paraître plus éloidu but. Ces figures paraisgnées ; or ce moyen reste au-dessous sent seulement n'en paraît pas plus plus petites, l'éloignement grand que de celles qui tiennent le devant de la composition. Ainsi le but qu'on recherche est manqué ; mais de plus cette en plusieurs division de l'ouvrage diminue la petites parties de son effet général. grandeur ont peut-être surLa seule partie dans laquelle les modernes c'est la disposition d'un groupe passé les anciens sculpteurs, en bas-relief, c'est l'art de donner par degré plus de saillie au groupe à mesure qu'il s'écarte du fond, jusqu'à ce qu'imperceptiblement il parvienne à la demi-bosse. On ne connaît pas à cet dont Legros ancien comparable au bas-relief égard d'ouvrage à Rome 1. Différents a orné un autel de l'église des Jésuites plans ou degrés de relief ménagés au sein d'un même groupe, ont donc un bon effet, comme on peut le voir dans ce morceau, quoique ce soit le contraire quand ces plans différents sont le point d'attache d'autant de groupes séparés. Ce perfectionnement de l'art fut sans doute suggéré par la pratique des peintres leurs modernes, qui détachent ou leurs du fond par la même gradation figures groupes en cela se règle sur les insensible. L'artifice des sculpteurs mêmes principes que celui des peintres ; mais comme le marbre n'a pas de couleur, c'est la disposition toute seule qui le clair-obscur. Les anciens sculpteurs n'ont pu doit produire cet avantage des peintres de leur temps, car ces emprunter ne semblent et dans les peintres pas en avoir eu le soupçon, bas-reliefs de Laurent dont nous avons les plâtres Ghiberti, dans notre Académie, cet art n'est j>as plus ébauché que dans les peintures de la même époque. Un autre perfectionnement imaginaire qu'on a prétendu I. Église de Saint-Ignace ou du Collège Romain; représentant Saint Louis de Gonzague dans la gloire.
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les effets de la perspective c'est de représenter introduire, Là-dessus il y a peu de chose à dire. Chadans les bas-reliefs. cun n'a qu'à se rappeler avec quel peu de succès les sculpteurs ont essayé de présenter les fabriques modernes d'angle et de les faire fuir qu'ils ont placées dans leurs bas-reliefs, en profondeur. Ces essais n'ont prouvé que Fardent désir résistance qu'ils ont eu d'affronter les difficultés, et l'inévitable de l'art à des ambitions qui leur opposée par les conditions font peu d'honneur. en se contentant Les anciens ont montré plus de jugement et en élévation seulement, de représenter leurs architectures et de en ne les composant presque que de lignes horizontales tandis que l'interruption qui vient de lignes lignes verticales; de parqui se croisent, et tout ce qui produit une multiplicité et cette fermeté ties subordonnées, détruit cette régularité d'effet qui font le grand style. savoir de à la dernière Venons maintenant observation, quelle manière il faut habiller les statues de personnes vivantes ou mortes depuis peu. Cette question pourrait faire le sujet d'un long discours. Je me contenterai d'observer ici que si l'on ne veut pas embaret l'empêcher on rasser l'artiste de déployer ses avantages, n'exigera certainement pas qu'il emploie le costume moderne. La satisfaction de transmettre à la postérité la forme d'un habit se paie d'un prix exagéré : du prix, ni plus ni moderne, moins, de tout ce qui fait le mérite d'une oeuvre d'art. Travailler le marbre est une affaire, et il ne ne vaut certainement pas la peine de requérir une matière aussi durable dans le seul dessein de porter à la postérité une mode qui finit avec l'année. aux antiquaires de qu'il puisse paraître Quelque agréable et, de même qu'ils prenpayer la dette de leur reconnaissance, nent plaisir à la vue des costumes de préparer la anciens, même récréation aux au moyen des modes de nos jours des temps à venir, il me semble que la peinture antiquaires de genre et les gravures suffisent à cela, sans ravaler le grand art du sculpteur au service d'un but si mesquin.
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voir dans cette ville une statue équestre vêtue les artistes de pareils moderne 1, elle a de quoi détourner essais dans l'avenir; même en n'y faisant pas d'autre objection du vêtement avec moderne, que la familiarité qui fait disparate la gravité de la sculpture. La forme, la régularité, font le caracla simplicité austère, comme incomtère de cet art. Elle dédaigne les objets familiers avec sa dignité, elle rejette aussi toute affectation, patibles de style académique. Tout contraste, soit d'une toute apparence figure avec une autre, soit entre les parties d'une même figure, soit même entre les plis d'une draperie, n'y est admis qu'avec En un mot, tout ce qui participe de la fantaisie ou précaution. du caprice, tout ce qui passe sous le nom de pittoresque (quoiavec que admirable quand il est bien placé) est incompatible la sobriété et la gravité qu'elle impose. mieux un goût sain et bien réglé Il n'y a rien qui distingue dans le plan, où toutes les parties qu'une uniformité régulière les unes avec les autres, chacune sont liées et en convenance sa place propre. s'étend à tous les usaCe principe occupant de l'art. Sur ce fonges delà vie, ainsi qu'à tous les ouvrages dement général donc on peut avancer hardiment que l'unité et la simplicité des matériaux dont le sculpteur se sert (qui ne sont que du marbre blanc), prescrivent des limites à son art, et lui enseignent à se renfermer dans une égale simplicité. On peut
1. Du duc de Cumberland dans Cavendish-Square, par Chew.
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PRONONCÉ A LA DISTRIBUTION
DBS RECOMPENSES
le io décembre 1782.
DE LA NATURE DU GÉNIE EN PEINTURE Messieurs, Il n'y a pas d'artiste qui ne se trouve dignement loué, si on lui reconnaît du génie. Aussi longtemps que cette qualité flatteuse sera jointe à son nom, il supportera avec patience tous les de négligence, d'incorrection ou de quelque défaut reproches que ce soit. 11 s'en faut bien en effet que le génie suppose l'absence de tout défaut. Au contraire beaucoup tiennent qu'il ne va pas sans cela, et il y en a qui vont jusqu'à rechercher une indication dans les défauts qui l'accompagnent, qui non seulement les excusent, en faveur du génie, mais qui présument son existence sur la rencontre de certaines fautes. II. est certain qu'un ouvrage peut mériter le nom d'ouvrage de génie, quoique beaucoup de défauts s'y rencontrent ; il n'est pas moins certain qu'il peut être sans défaut et n'en être pas moins privé de toute étincelle de génie. De là vient naturellement la question, ou tout au moins le désir de la poser : dans l'ouvrage ou dans l'ousavoir quelles sont les qualités, vrier, qui méritent à un peintre le nom d'homme de génie. disJ'ai tâché de vous inculquer dans un de mes précédents absolument certain, qu'une concours, comme un précepte naissance approfondie et raisonnée de la nature est l'unique
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source du beau et du grand dans les arts. Mais en parlant spéil est essentiel de considérer cette cialement à des peintres, règle (et toutes les autres règles) en relation avec la mécanique ni dans le savoir, de leur art particulier. Ce n'est proprement ni dans le goût, ni dans la noblesse des idées, que le génie se révèle en tant que qualité d'un peintre. Il y a un génie parà ce genre d'industrie ticulier approprié (si je puis dire) et distingué de tous les autres génies. Car pour cette faculté qui met l'artiste en mesure de concevoir dignement son sujet, on à l'éducation en général ; elle est peut dire qu'elle appartient autant le génie du poète ou de celui qui professe quelque autre art libéral, ou même d'un bon critique de quelqu'un de ces arts, que celui d'un peintre. Quelles que soient les sublimes idées qui remplissent son esprit, il n'est peintre qu'en tant et rendre ces idées qu'il peut mettre ce qu'il sait à exécution, sensibles par une représentation visible. Si le mot peut servir à me faire entendre, je voudrais distinguer un talent de cette espèce en l'appelant le génie de l'exécution mécanique. Ce génie consiste selon moi dans la faculté \ de rendre ce que le pinceau représente, quelque chose que ce \ puisse être, comme un tout; en sorte que l'effet général et du tout s'emparent de l'esprit, et suspendent l'impression pour un temps chez celui qui regarde la considération du bon et du mauvais dans les parties subordonnées. La supériorité cette manière de considérer les qu'emporte montrer. En même objets, est ce que je voudrais maintenant temps je n'oublie pas qu'un peintre doit être capable autant de restreindre que de dilater sa vue des choses, par la raison que rien n'est exprimé là où les détails ne sont pas du tout Et cependant il est certain qu'une distinction subexprimés. tile de petites circonstances, et leur description pointilleuse, quelque perfection qu'on y mette (et mon dessein n'est pas de décrier ce talent), n'ont jamais mérité à l'artiste la qualité d'homme de génie. En plus de ces petites différences dans les choses, que souvent on ne remarque point, et qui, quand on les remarque, ne font que peu d'impression, il y a dans tous les grands objets
ONZIÈME DISCOURS 190 de grandes distinctions de caractère, fortequi s'impriment ment dans les sens et par suite fixent l'imagination. Ces distinctions ne sont pas du tout, comme quelques-uns le croient, une somme de toutes les petites différences de détail, et jamais un pareil détail accumulé ne réussirait à les former. /Le détail des petites différences qui ne soutiennent pas le est plus qu'inutile, il est nuisible, .caractère principal parce et la retire du point principal. On peut / qu'il dissipe l'attention dans notre esprit remarquer que l'impression que laissent même les choses qui nous sont familières, n'est ordinairement au delà duquel nous ne rien de plus que leur effet général, rien quand il s'agit de les reconnaître. cherchons Exprimer cela en peinture, c'est exprimer ce qui est conforme et naturel à et ce qui détermine par voie de réflexion l'esprit de l'homme, sa manière de concevoir. le raffiAjouter davantage suppose nement et la recherche, qui ne sont le partage que des curieux. au sens de toute l'espèce, Ce n'est donc pas s'adresser c'est autre chose que langage, parler autre chose que le commun si j'ose dire, à laquelle tout ce qu'il y a la langue maternelle, doit emprunter son expression. de grand et de compréhensif n'est pas de prescrire Mon intention le degré d'attention parties ; il serait difficile de le qu'il faut donner aux moindres faire. Mais il est sûr que ce n'est qu'en exprimant l'effet général du tout, qu'on peut donner aux objets leur caractère vrai et toutes les fois que cela est observé, et frappant; quelque on reconnaît ait négligée, la main d'un autre chose que l'artiste , maître. On peut même aller plus loin et dire que, quand l'effet ':général tout seul est rendu par une main habile, l'objet se préle faire par le / sente plus vivement à nous qu'il ne saurait exactitude. / moyen delà plus minutieuse nous conduire à des observaCes observations pourraient n'est pas d'aborder. Entre tions profondes, que mon intention demander nous ne preautres choses, on pourrait pourquoi nons pas toujours plaisir à la ressemblance parfaite de l'objet. Il y a des cas où cette ressemblance peut même être désaIl suffit d'observer pour en avoir la preuve le mauvais gréable. l'imitation effet des figures de cire, quoique y soit .certaine.
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ment plus exacte que celle qu'on réalise en peinture et sculpdonc pas ture. Le plaisir qu'on prend à l'imitation n'augmente un plus grand détail des! à proportion qu'elle nous présente ce qui nous plaît, c'est de Aroir Tout au contraire, choses. l'effet obtenu par des moyens qui semblent n'y pas devoir suffire. les saillies par un relief véritable, exprimer la Représenter de surface de la cire, des chairs par la douceur morbidesse et ne cause aucune suret dénué d'artifice semble grossier des disMais donner sur un plan le sentiment prise agréable. avec des substances dures, donner tances, imiter la mollesse des objets au moyen de matières de la couleur l'illusion qui, n'ont pas cette couleur, voilà ce qui cause prises séparément, dont l'art compose son triomphe. cet enchantement un peu ce principe. Poussons Supposé qu'on obtienne l'imitation supparfaite par des moyens encore plus simples, de traits choisis, que posé qu'au moyen d'un petit nombre de peu de matière et d'un effort réduit, par l'emploi judicieux de tout ce que l'esprit on réalise complète l'impression au spectacle de demande dans un objet, nous serons enchantés et nous commencerons à trouver cette réussite d'exécution, le surcroît d'application par lequel d'autres prétenennuyeux dront nous satisfaire. les objets ne consistent Relativement à la peinture, qu'en trois choses : le dessin, le coloris et le clair-obscur. Le dessin donne la forme, le coloris exprime la qualité visible, et le clair-obscur la solidité. à la perfection L'artiste ne saurait parvenir dans ces trois de regarder les objets en grand choses, s'il n'a pas l'habitude et d'observer l'effet qu'ils font sur l'oeil quand il est dilaté et aux parties. C'est par là occupé du tout, sans faire attention obtient le caractère dominant des choses, et qu'on qu'on à les imiter de la manière la plus courte et la plus apprend adroite. Par adresse je n'entends pas ici quelque trait de routine inventé par hasard, mais l'effet d'une science approfondie des fins et des moyens, qui s'arrête au chemin plus court, au mieux approprié et au plus certain.
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Si Ton regarde la manière des peintres qui nous sont offerts , en modèle, on trouvera que leur grande célébrité ne vient ni d'aucune attention jpas du tout du fini de leurs ouvrages, ! donnée au détail, mais du pouvoir qu'ils ont eu d'embrasser les objets d'un seul coup et de la vigueur avec laquelle est des choses. exprimée chez eux l'effet caractéristique Il n'y a pas de noms qui en peinture ceux de priment Raphaël et du Titien. L'un tient ce rang à cause de son dessin, l'autre le tient pour sa peinture. Les ouvrages les plus remarquables de Raphaël sont ses Cartons et les fresques du Vatican Or chacun sait que les uns comme lés auti'es sont loin d'être Au contraire son soin principal a regardé finis minutieusement. de l'ensemble, soit de la composition l'économie entière, soit des figures prises en particulier : car on peut regarder chaque ne soit qu'une figure comme un tout plus petit, quoiqu'elle et de même on peut considérer la partie de la composition, comme tête, les mains, les pieds -pris dans leur ensemble, un tout. Quoique Raphaël ait possédé les cet art d'embrasser en ce qui regarde les formes, il n'a pas montré j ensembles à l'effet général le même talent relativement qui vient du On a la preuve de ce défaut surtout coloris et du clair-obscur. dans ses tableaux à l'huile, où ce genre de perfection se fait plus que dans la peinture à fresque. apprécier r C'est chez le Titien qu'il faut aller pour trouver la perfecet celle-ci dans son plus / tion du coloris et du clair-obscur, et le plus grand haut degré. Il a été tout à la fois le premier maître dans ces parties de l'art. En quelques, coups de pinceau il a su l'art de rendre le caractère général de tout ce qu'il lui a plu de peindre. C'est par là qu'il l'emporte sur son maître Jean Bellin ou sur tout autre de ses prédécesseurs, qui Son cheveu à cheveu, pour la vérité de l'imitation. peignaient de conserver générale, grand soin était de rendre la couleur les masses de clair et de sombre, et, par le moyen de l'opposides tion, de donner cette idée de la solidité, qui est inséparable quandmême l'ouvrage objets. Là où ces choses sont observées, rien de plus, soyez certain que, mis à sa place, ne posséderait de ces parties il produira tout son effet ; mais si quelqu'une
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ait prise de le finir en détail, quelque peine qu'on manque, générale sera fausse, le fini même paraîtra manquer, l'apparence lumière et à quelque distance qu'on le place. dans quelque Rien n'est si vain que le soin de varier les tons de la chair, est générale quand par l'effet de ce soin même la carnation rien n'est si inutile que de finir les parties, si les masses perdue; ne sont pas observées ou que le tout ne soit pas ensemble. à l'égard des peintres Vasari, qui montre peu d'indulgence n'en recommande Vénitiens, pas moins à je ne sais combien il modo di fare, la maniera, de reprises la bella pratica, la manière et la pratique admirables de cette école. c'est-à-dire Au Titien, en particulier, il accorde les qualités de giudizioso, bello et stupendo. était alors nouvelle ; mais la vérité essenCette manière tielle sur laquelle elle est fondée, en a fait un modèle définitif et ceux qui en examineront à venir; pour tous les peintres en autre chose que le secret, trouveront qu'il ne consiste et dans l'emploi de moyens de généraliser, dans le pouvoir courts et simples. d'expression ainsi que Vasari le de plusieurs artistes, L'ignorance le Titien, parce leur a fait croire qu'ils imitaient remarque, sans les fondre et qu'ils néglileurs couleurs qu'ils laissaient des principes geaient les détails ; mais comme ils manquaient il travaillait, ils ont produit ce que Vasari d'après lesquels des ouvrages ainsi que doit absurdes, appelle goffe pitlure, de l'habileté l'affectation sans naturellement en produire science, sans choix et sans principes. On croit s'apercevoir que Raphaël et le Titien ont considéré : tous deux possédant la nature dans des vues différentes le leur vue aux ensembles même talent d'étendre ; mais le premier cherchait l'effet en tant que constitué par les formes, et le second en tant que produit parles couleurs. Non qu'on doive refuser tout à fait au Titien le mérite d'avoir comme il l'apercevait dans aperçu le général dans les formes, les couleurs ; mais il a manqué du talent (au moins trouve-t-on qu'il en manque quand on le compare à Raphaël) de corriger ces formes par une idée de beauté de générale empruntée i3
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Son Saint Sébastien 1 en est une preuve. Cette figure l'esprit. fait l'effet d'une représentation exacte, quant aux parfaitement formes et quant à la couleur, du modèle qu'il a eu sous les yeux. Elle a toute la vigueur de la nature, et le coloris est la chair même ; par malheur le modèle n'était pas d'une belle forme et les jambes mal faites. Le Titien a rendu ces j avait surtout défauts comme il a imité la beauté et la vivacité du coloris. Sa est particulier et j couleur est large et générale ; son dessin ] contraint ; dans l'un c'est un homme de génie, dans l'autre ce ne pense pas cependant i tt'_est'guère plus qu'un copiste.'Qu'on auxque je parle ici de tous ses tableaux : il y en a plusieurs ne s'appliquent quels ces critiques pas ; toutefois on peut bien assurer que ce qui fait la supériorité du Titien et de toute l'école Vénitienne, n'est pas le choix des formes, mais le langage, pour ainsi dire, dans lequel ces peintres se sont exprimés. Cette manière est véritablement en peinture ce que le langage est en poésie. Tous nous sentons quelle différence il y a entre et le même sentiment un sentiment exprimé d'une manière, d'un objet change et combien la grandeur exprimé autrement, vient de différents quand la représentation peintres. Figure nature morte, il n'y a rien, en quelque humaine, animaux, genre que ce soit, si disgracié d'apparence, qui ne puisse éveiller le sentiment, exciter de l'émoacquérir de la noblesse, tion, entre les mains d'un peintre de génie. Ce qu'on a dit de Virgile, qu'il y avait de la majesté même dans la manière dont il jette le fumier sur la terre, pourrait être appliqué au Titien. Par une espèce de magie, tout ce qu'il a touché, quelque bas nous le objet que ce fût, quelque vulgaire que l'habitude et d'importance. est investi chez lui de grandeur rende, ce n'est Il faut bien remarquer que ce que je recommande, les détails. Dû reste il serait difficile, sinon pas de négliger dédire s'il faut les négliger, quand et jusqu'à quel impossible, point il faut s'y attacher ; il faut à cet égard s'en rapporter i. M. Fry renvoie au Saint Sébastien de Saint-Nazaire-et-Saint-Celse qui est à Breseia. Cependant il est certain qu'il s'agit de l'ancien tableau de SaintNicolas de' Frari, maintenant au Vatican, souvent désigné comme Saint Sébastien, à cause de l'admiration que cette figure y excite, voir p. 3/|3.
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Je sais du peintre. au goût et au jugement beaucoup des détails est ce qui donne quelque\ qu'un emploi judicieux et partant attache le j fois la force de la vérité à un ouvrage, une chose : Mais il importe que vous conceviez spectateur. et les essentiels c'est la différence qu'il y a entre les talents il faut que vous sachiez quelles qualités talents subordonnés; et quelles sont celles dans l'art réclament l'attention principale, au contraire dont l'absence emporte le moins de dommage pour Peut-être faut-il toujours-que votre réputation. quelque chose soit négligé ; c'est donc le moindre qui doit céder au plus ne peut donner à chaque ouvrage important ; et puisqu'on même qu'on y employât qu'un certain temps (car en supposant raion trouvera toute sa vie, ce temps est toujours limité), le plus avantageusement ce temps-là sonnable d'employer différentes compositions je veux dire à imaginer possible, on effets de clair-obscur; à essayer différents de l'ouvrage, de consacrer ses correctrouvera dis-je, plus raisonnable, des parties, de l'effet par l'ajustement tions à l'accroissement tout le son temps à finir fort précieusement que de perdre détail. de finir qu'on peut condamner Mais il y a une autre méthode même: sans exception, parce qu'elle va contre son dessein des contours sur c'est quand l'artiste, pour éviter le tranchant le fond, fond et adoucit ses couleurs à l'excès. C'estce fondu que un beau fini. les gens qui ne s'y entendent point, appellent et le la vivacité des couleurs Mais il ne sert qu'à détruire consiste véritable effet de l'imitation, justement lequel dans à conserver la même proportion de vague et de tranchant les contours dans la nature. L'extrême qui se fait sentir au lieu de produire l'effet de la morbidesse, adoucissement, donne aux corps l'apparence ou de telle autre de l'ivoire substance d'un, grand poli. Je trouve ce défaut aux portraits de Corneille Jansen 1 : ils la chair; au contraire manquent de la souplesse qui caractérise dans les portraits de Vandyck, nous trouvons parfaitement i. Hollandais, longtemps fixé à la cour d'Angleterre, et abondamment employé par elle sous le règne de Charles Ier, mort en 1663.
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et de dureté. Le même gardé ce juste mélange de mollesse défaut se remarque dans la manière de Vander Werf, qu'on peut opposer à cet égard à Téniers. De même on peut opposer Raphaël dans ses peintures à l'huile au Titien pour la même raison. J'ose assurer que ce n'est pas cette attention à polir son ouvrage qui a mérité à Raphaël le rang qu'il occupe à la tête de tous les peintres. Il est vrai seulement qu'il faut l'en excuser sur l'erreur commune de son temps, qui ne trouvait rien de si beau que cette manière de peindre. Mais enfin s'il avait exprimé ses idées avec cette facilité et cette éloquence, comme on peut les appeler, qui charment dans les tableaux du Titien, ses ouvrages certainement n'y auraient rien perdu, et l'éloge que les siècles lui donnent d'avoir montré du génie dans les plus hautes parties de l'art, il l'aurait obtenu dans toutes. Ceux qui n'ont que peu de commerce avec les oeuvres d'art, attasont souvent étonnés du haut prix que les connaisseurs chent à des dessins d'apparence négligée et dépourvus de fini d'aucune sorte ; cependant ce prix n'est pas imaginaire : il vient et cet ende ce que ces pièces donnent l'idée d'un ensemble, semble est souvent exprimé avec une heureuse facilité, où se exercé : révèle le vrai talent d'un maître, quoique grossièrement de la composition soit qu'il s'agisse en général, soit des formes de chaque figure, soit de l'attitude de ces figures qui donne la grâce et l'élégance. Nous voyons tout cela à merveille et du Corrège. dans les dessins du Parmesan par exemple Quelque éloge qu'on fasse de ces dessins, ce ne sera jamais celui de leur grand fini, ni d'une particulière attention au détail. à toutes les parties Remarquez que ce principe s'applique de l'art et à toutes ses provinces, depuis le style le plus relevé de l'histoire, jusqu'au rendu de la nature morte. Le succès en le tout d'un tout genre dépend de cette faculté d'embrasser coup d'oeil, sans laquelle la plus grande application est vaine. Et ne perdez jamais de vue que, quand je dis un tout, je mais que je n'entends pas seulement le tout de la composition, l'entends de la couleur ce tout du générale, que j'entends en un mot de toute chose qui peut à part du clair-obscur, reste faire l'objet principal du peintre.
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i97 un peintre de paysage à Rome, qu'on conJe me rappelle sous le nom de Studio 1, à cause de sa patience naissait à finir. Il s'imaginait de l'art ne consistait que toute l'excellence qu'en cela ; de manière qu'un jour, à ce qu'il nous disait, il avait une à une les feuilles des arbres. Je n'ai essayé de reproduire exécuté ainsi, mais ce que je sais, c'est jamais vu le tableau d'attention qu'un peintre qui n'aurait qu'au caractère général des espèces, à la disposition des branches et aux masses de en quelques minutes une ébauche feuillage, produirait plus à un arbre, que notre homme n'eût pu le faire ressemblante en plusieurs mois. de paysage Sans doute il faut que le peintre fasse (si l'on ) des arbres et de tout ce qu'il représente. peut dire) Fanatomie Mais quand vient Telle doit être son étude et sa préparation. ce qu'il sait, toute son adresse ne doit le moment d'appliquer conservant le même tendre qulà déclarer les effets généraux, de vague ou de dureté la que les objets ont dans degré nature : car il s'adresse à l'imagination, non pas à la curioni pour le savant sité; il ne travaille pas pour le spécialiste mais pour le commun observateur en histoire naturelle, de la nature et de la vie. Quand il connaît une fois son sujet, il sait non pas seulement ce qu'il doit représenter, mais encore ce qu'il doit omettre, et ce talent de négliger ce qu'il faut, est en toute chose une grande partie de la science et de la sagesse. La même perfection de manière que le Titien a montré dans et dans ses portraits, se retrouve ses tableaux d'histoire dans ses paysages, soit paysages soit servant de expressément, fond à ses tableaux. Un de ses meilleurs dans ce dernier genre, est celui qui fait le fond de son Saint Pierre Martyr 1. Les sont clairement grands arbres qu'on voit dans cette peinture, les uns des autres par l'insertion des branches distingués aussi bien que par le feuillage, et les plantes du premier plan
i. Peut-être un des nombreux descendants d'Herman Van Linl, peintre né à Anvers qui porta en effet ce surnom. 2. Alors h Saints-Jean-et-Paul de Venise, voir p. 33i.
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variées de la même manière, autant que l'agrément la et pas davantage. de ce Quand Algarotti, requiert parlant de l'exactitude avec laquelle les plus tableau 1, fait l'éloge des plantes y sont rendues, au point de petites différences d'un botaniste, son intention faire, comme il dit, l'admiration est de louer évidemment, mais c'est aux dépens de la vérité. En. effet il aurait dû savoir que tel n'est pas le caractère du Mais les amateurs tableau. ne manqueront jamais de trouver dans les tableaux ce qu'ils s'imaginent qui doit y être. Celui-ci n'a pas songé qu'il faisait au Titien tout le contraire d'un compliment. De tels éloges sont de nature à nuire beaucoup aux jeunes de voir l'ouvrage lui-même. peintres qui n'ont pas l'occasion Ils s'imaginent d'après cela que le nom de divin Titien a. été mérité par une extraordinaire à des détails insigniattention d'un rang fiants, qui en réalité ne l'aurait pas élevé au-dessus tout à fait commun. On peut étendre ces observations même aux ouvrages dont dans le La perfection l'objet est unique et de plus individuel. et j'ajoute même la ressemblance, le caracgenre du portrait, tère et la physionomie, ainsi que je l'ai remarqué, dépendent du tableau que de l'exacte expression plus de l'effet général des détails, ou de la scrupuleuse distinction des parties. En l'attention de l'artiste doit être de bien conséquence, principale mettre les traits du visage en place, ce qui est le vrai moyen de donner l'effet et la véritable du tout. Même les impression détails peuvent être réduits en classe et en généralités; ainsi on peut trouver de grandes jusque dans cette matière restreinte idées. Après cela rien n'empêche le peintre de pousser l'imitation de traits particuliers aussi loin qu'il lui plaira ; mais si par l'achèveque pas un moment il ne cesse d'examiner ment des parties il n'est pas en train de détruire le tout. Évidemment il serait à souhaiter qu'on employât la perfeci. Essai sur la peinture, éd. de 1756, p. 24. M. Fry dit que, le tableau étant détruit, on ne peut savoir qui a raison de Reynolds ou d'Algarotti. C'est faire peu d'honneur à Reynolds. Aussi bien la copie de l'École des Beaux-Arts de Paris et l'oeuvre du Titien tout entier confirme sa démonstration.
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et dignes.-de sujets intéressants tion de l'art à l'illustration de mémoire ; cependant la moitié des tableaux qui existent des sujets qui n'ont d'autre intérêt que d'exercer représentent les talents du peintre. Ainsi le grand prix qu'on attache à de ou peut-être qu'on sans qu'on en considère pareils ouvrages, en connaisse même le sujet, sert à montrer combien notre attention peut être contentée par l'art seul. Il n'y a peut-être pas de preuve plus claire de l'excellence de la faculté dont je parle, que de voir qu'elle imprime le caractère du génie à des ouvrages de tout autre dépourvus et dans lesquels il n'y a ni expression, ni caracmérite, ni un sujet intéressant. On ne peut refutère, ni majesté, ser le nom d'ouvrage de génie aux Noces de Cana.de Paul de grandes Véronèse sans contredire au sentiment universel; autorités 1 ont dit que ce tableau était le triomphe de la peinture; le même éloge ne peut être refusé au tableau d'autel de 2 d'Anvers Rubens dans l'église ; cependant Saint-Augustin ni l'un ni l'autre de ces tableaux n'est intéressant par le ne représente Celui de Véronèse sujet. qu'un grand conet le sujet de Rubens, si cours de peuple à un repas, on peut parler de sujet là où il ne se passe rien, toutefois est une assemblée de plusieurs saints qui ont vécu dans des de ces tableaux consiste Toute la perfection temps différents. dans l'habileté mécanique, sous l'influence | opérant toutefois de cette faculté de compréhension qui fait le sujet de ce dis- j ~* Cv''•-'•cours. '} C'est par cette faculté, par cette faculté seule, que le mécanisme de l'art est ennobli et élevé beaucoup au-dessus du Et il me semble que c'est rang qui lui revient naturellement. à bon droit qu'il en reçoit ce caractère, en preuve de la supériorité que l'esprit exerce sur la matière, resserrant dans une unité les multitudes que la nature présente. Le grand avantage de cette idée du tout, c'est qu'une plus comme contenue grande quantité de vérité peut être regardée 1. De Piles. Abrégé de la Vie des Peintres, éd. de 1699,p. a83. 2. Voir p. 387.
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et exprimée dans un petit nombre de traits ou de touches, que de parties où cela ne serait dans le plus grand achèvement C'est sur ce fondement qu'elle repose, et la point considéré. serait même confirmée par les de cette observation justesse ignorants de l'art, s'il était possible de saisir leur opinion toute qu'elle reçoit de l'idée fausse qu'ils pure, sans les altérations se font des obligations de la peinture. Comme la peinture est un art, ils croient que le plaisir qu'on y prend doit être à proporI tion que l'art s'y montre avec plus d'ostentation ; partant de cette supposition, ils préféreront la propreté, le fini des couleurs éclatantes, à la vérité, à la simplicité et à l'unité de la nature. Peut-être aussi que le spectateur ainsi trop ignorant, un tout, et artiste, est incapable de comprendre que l'ignorant même ce que cela signifie. Mais ceux qui sont capables et qui, sans prétendre être habiles, regardent d'observation du moins droit devant eux, supposé que des idées fausses donneront n'anticipent pas leurs perceptions, l'éloge ou le blâme à proportion que l'artiste aura réussi dans l'effet d'ensemble. En ceci l'approbation ou la critique publique, que le de l'ignorance, peintre méprisera peut-être comme procédant mériteront au contraire de régler sa conduite et de ramener son attention sur ce qui doit être son principal objet, et dont le soin du détail a pu le détourner. Un exemple de ce jugement droit me fut offert un jour dans une petite fille qui passait par une galerie où il y avait plusieurs portraits anciens, lesquels, quoique fort terminés, faisaient un très mauvais effet d'ensemble. L'enfant ne fit aucune attention au fini précieux de ces tableaux, ni à la vérité de quelques le peu de grâce draperies ; elle parut seulement remarquer des personnes et se divertit à prendre elle-même représentées l'attitude de toutes les figures qu'elle voyait dans une pose et mal venue. Cette critique inspirée par la nature contrainte seule à défaut de toute information, s'adressait à la plus grande faute qu'il puisse y avoir dans un tableau, puisqu'il s'agissait du caractère et de l'économie de l'ensemble. Encore une fois je serais fâché, si ce que j'ai dit passait de la négligence pour une approbation qui fait qu'on laisse
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un tableau inachevé. Je n'entends le défaut pas recommander d'exactitude; je ne veux qu'indiquer l'espèce d'exactitude qu'il faut avoir et qui seule'mérite d'être appelée de ce nom. Mon explication est si loin de fournir des prétextes à la paresse, qu'il n'y a rien dans notre art qui demande plus d'attention et de rendre l'effet d'enque le soin d'observer semble. Il y faut de grandes études et beaucoup de pratique;; ce soin requiert tout l'esprit du peintre ; tandis qu'il peut finir! les parties à petits coups en laissant son esprit courir sur autre i chose, et même en écoutant sans trop de peine une pièce de théâtre ou un roman. L'artiste qui se flatte sur son indolence, ne manque pas de se donner du relâche sur cette attention laborieuse et de se rattraper sur l'oeuvre paresseuse de l'achè- / vement minutieux des parties : produisant ce que Cowley i de la paresse ». appelle « les fruits laborieux Aucun ouvrage ne peut être trop terminé je l'avoue, pourvu mais j'ai remarqué que ce soin soit orienté à son but véritable; que l'excès de détail a nui neuf fois sur dix à l'effet général, même quand il s'agissait des grands maîtres. Cela prouve un mauvais un début fâcheux en quelque choix, c'est-à-dire entreprise que ce soit. Bien diriger votre application, c'est tout le propos de ce Je suis assuré que là est souvent la seule différence discours. entre deux étudiants de talent pareil et de même bonne volonté. Tandis que l'un emploie sa peine à des objets sans importance, l'autre acquiert l'art, perfectionne l'habitude de voir la nature en grand, dans ses vraies proportions et dans une subordination convenable des parties. Avant de finir, il faut faire une observation qui tient de près au présent sujet. La même étendue d'esprit qui fait le génie dans la partie de l'art aussi bien que sa pratique spirituelle mécanique, ne servira pas moins de flambeau à l'artiste dans le cours de ses études. Elle le rendra supérieur à cet égard à ceux qui se de la nature. confinent dans une imitation étroite et partielle Celui qui pour achever son éducation ferait le voyage d'Italie tout son temps à copier des tableaux et à et y emploierait
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mesurer des statues ou des édifices (quoique je ne conseille ces choses), retournerait dans sa patrie sans pas de négliger avoir beaucoup n'imite pas profité. « Celui qui imite l'Iliade, Homère », dit le docteur Young. Ce n'est pas en chargeant des détails des chefs-d'oeuvre sa mémoire de l'art, qu'on devient un grand artiste, si l'on ne se rend maître avec cela des ils ont été conduits. Si principes généraux d'après lesquels un jour à égaler ceux qu'on admire, il faut l'on veut parvenir leurs oeuvres comme autant de moyens de s'insconsidérer truire de la vraie méthode de voir la nature. Quand on a fait ou du cela, on peut dire qu'on s'est acquis leurs qualités, moins le fondement de ces qualités ; le reste dépend de notre La grande affaire de l'étude est de former un application. à qui esprit qui soit en état de suffire à toutes les occasions, toute la nature se découvre, et de qui l'on puisse dire qu'il richesses. possède la clef de ses inépuisables
DOUZIÈME PRONONCÉ
DISCOURS
A LA DISTRIBUTION
DES RÉCOMPENSES
le 10 décembre 1784
SI L'ART S'APPREND PAR MÉTHODE, ET LAQUELLE Messieurs, dans cette Académie La place que j'ai l'honneur d'occuper est cause que plus d'une fois les jeunes qui se propeintres d'aller passer quelques années en Italie, m'ont conposaient sulté sur la manière d'y régler leurs études. Le désir que j'ai eu de communiquer à cet égard le fruit de mes obsertoujours ne saurait être plus entier qu'il n'est ; cependant, vations, quoique j'ose me flatter d'avoir réparé par cette facilité ce que mes opinions ont peut-être d'incomplet, j'ai lieu de craindre été satisfaits de mes que ces jeunes gens n'aient pas toujours C'est que je n'ai jamais été sûr de comprendre réponses. ce qu'ils voulaient, et même je n'étais pas sans parfaitement n'avaient soupçonner qu'eux-mêmes pas des idées bien nettes des questions qu'ils posaient. Ce qu'ils voulaient savoir, est-ce par quel moyen on peut découvrir le chemin de la perfection? Souhaitaient-ils qu'on leur indiquât les guides ce qu'il fallait qu'il fallait choisir, et ce qu'ils devaient éviter, en quel lieu il leur qu'ils adoptassent fallait s'instruire et en quel lieu se reposer, quelles choses ils devaient effleurer seulement, et quelles choses ils devaient J'avoue que ces directions font l'objet approfondir? générales légitime des questions d'un jeune homme, et c'était mon devoir
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DOUZIÈME
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d'y répondre de mon mieux. Mais ces règles ont été données tous mes déjà ; elles ont fait en réalité le sujet de presque discours. Aussi bien j'ai tout lieu de croire que par règlement de leurs études ils entendaient (comme beaucoup l'entendent) fixés, et qu'un ordre que les temps et les saisons fussent fût établi qui réglât la place de chaque chose. Ce qu'ils voulaient savoir, c'était à quel degré de perfection il fallait à une qu'une partie de Fart fût portée avant qu'ils passassent autre ; combien de temps il convenait de consacrer à faire des à quel moment il leur serait permis copies d'après l'antique, de passer à la composition, à quel moment enfin à l'étude du coloris. Rien n'empêcherait de dresser un règlement de ce genre avec le plus grand détail, et de recueillir par là des applaudissements ; mais quant au profit véritable il brillerait par son absence. Les études du peintre seront toujours en grande partie soumises à l'empire du hasard. Pareils à des voyageurs, il faut que nous saisissions ce qui passe et quand il passe, sans demander s'il nous est offert de la manière la plus convenable et au moment le plus opportun, ou dans la minute précise où nous aurions voulu l'avoir. Je reprocherai aux traités d'éducation une chose : c'est de partir d'une fausse donnée de la vie, comme si non seulement nous avions le pouvoir de gouverner les circonstances, mais encore de nous gouverner nous-mêmes d'une manière qu'on n'a je crois jamais vue. Au lieu de tracer des programmes qui de notre part une sagesse parfaite et une vertu supposent la raison nous engage à ne faire de fond sur nousexemplaire, mêmes (comme c'est notre devoir quand il s'agit des autres) des enfants. Souvent il faut que celui qu'on fait sur l'humeur qu'on leur permette de suivre un peu leur fantaisie,, si l'on ne veut pas qu'ils prennent en dégoût leurs devoirs. Dans toute application qui de sa nature est longue, difficile et ennuyeuse, il faut souffrir un peu d'irrégularité, afin de prévenir l'averet pour sion qui se prend pour toute contrainte prolongée tout système trop rigoureux. J'aimerais mieux que le jeune artiste, aussitôt qu'il se met
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en voyage, se livrât à tous les mouvements que les objets naturellement en lui, que de suivre la routine exciteraient : car tout ce qu'il fera sans amour qu'on lui aurait prescrite rien ne pouvant contribuera fort peu à son avancement, être bien compris, rien ne pouvant être bien fait, si l'esprit l'exécute servilel'accueille avec résistance, si la main ment. à la santé de l'esprit, Il est à désirer, il est même nécessaire et qu'il soit récréé et rafraîchi par une variété dans l'étude, de l'instruction, il et ennuyeuse que, dans la route uniforme soit quelquefois si l'on peut dire. soulagé et même trompé, D'ailleurs il y a dans les esprits tant de constitutions différentes, de tracer une méthode qui convienne qu'il ne faut pas espérer à tous. Il est inutile d'en prescrire à ceux qui n'ont aucun talent; et ceux qui ont du talent ne manqueront pas de se faire leur méthode à eux-mêmes : méthode réglée sur leurs dispositions particulières et sur la connaissance qu'ils ont de leurs besoins. Aussi bien, qu'on ne s'imagine pas que je veuille étendre ceci La première aux commençants. partie de la vie du jeune ardoit être nécessairement: tiste, comme celle des autres écoliers, un temps de contrainte. La grammaire et le rudiment, quelque être sus. Mais ces fondements fastidieux qu'ils soient, doivent une fois posés, il faut que cette contrainte cesse. L'habitude une fois prise de copier comme il faut tout modèle qu'on place devant nos yeux, on peut sans crainte je crois s'en remettre futur du jeune au hasard de l'avancement artiste, supposé ses efforts soient qu'il travaille d'une part, et que de l'autre orientés sagement. Un amour de son art, un désir ardent d'atteindre à la perfecà la méthode absente. En le laistion, feront plus que suppléer sant ainsi à lui-même, j'avoue qu'il pourra se laisser entraîner de ses forces ; mais l'essai à quelque au-dessus entreprise à qu'il en fera aura du moins cet avantage, qu'il apprendra connaître ce qui lui manque ; et cette découverte seule est un profit très clair. Je n'y vois d'inconvénient possible que Mais le découragement, le découragement. n'est pas un mal
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DOUZIÈME
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pire que la lenteur ciles à remplir.
de progrès
qui résulte
de tâches
trop fa-
la méthode Quelque avantage que présente pour l'expédition des affaires (et je suis bien d'avis qu'elle en a), j'ai peu de confiance dans son pouvoir quand il s'agit d'atteindre la perfection de quelque art. En effet j'ai toujours fortement soupdont quelques-uns font çonné que cet amour de la méthode, tant d'affaire, n'est en réalité au fond qu'un certain dégoût de l'effort. Elle tient à un défaut de l'énergie nécessaire pour nous mettre immédiatement à l'oeuvre ; on se paie du besoin de de ne rien faire. J'ai connu des artistes méthode pour s'excuser de qui on peut bien dire qu'ils ont passé leur vie, ou le plus de leur vie, à faire des plans d'études, sans comprécieux mencer Ils étaient résolus de passer à la pratique à jamais. cette époque ou à cette autre, quand un certain moment serait seraient favorables, arrivé, quand les circonstances quand ils en un certain endroit mieux approprié se trouveraient pour ainsi faits partir avec la sincère l'étude. On voit des hommes et ferme résolution de travailler avec ardeur quand ils seront arrivés à la fin de leur voyage. Mais le même manque d'entraîde la même cause qui chez eux leur faisait nement, provenant différer le travail jusqu'à ce qu'ils en eussent trouvé le plan, se fait sentir encore en Italie; de sorte qu'ils reviennent au logis sans avoir fait presque aucun progrès. des arts ainsi que dans la morale, il faut Dans la pratique soi-même avec une extrême se surveiller Une vigilance. de zèle, qui nous dérobe notre indolence, fausse apparence de l'oisiveté d'endormir tout soupçon où nous laisrisque un tracas sons mourir nos forces. Des préparations infinies, ou dans un autre genre une et de recherches, d'enquêtes à copier, ne sont souvent que la coumécanique application le travail d'un esprit qui redoute le travail véritable, verture de la'pensée. Telles sont les raisons pour lesquelles j'ai refusé d'indiquer d'étude aux jeunes peintres règlement que ce soit quelque pour leur voyage en Italie. Je m'en suis remis à leur propre une sagesse qui ne manquera par pas de s'accroître sagesse,
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207 de leur profession la une application si l'amour soutenue, dirige en même temps qu'une déférence à l'égard des modèles de ces maximes générales, reconnus. Quant aux applications ici différentes observations je présenterai que j'ai faites en ou sur les habitudes réfléchissant sur les notions erronées de artistes nés pour l'avancement vicieuses qui, dans plusieurs l'art, ont contrarié la perfection. habitudes ont fait bien Les idées fausses et les mauvaises aux professeurs mêmes, plus de mal aux élèves, et j'ajoute défaut dans les méthodes. qu'aucun Du penchant à la paresse ou de quelque fausse notion vient de l'esprit cette disposition toujours qui porte à s'appuyer ne cessent de parler sur les autres. Les élèves ainsi disposés des prodigieux progrès qu'ils feraient s'ils avaient seulement de recevoir les leçons d'un "certain maître. Le l'avantage ils voudraient soin qu'il leur incombe de prendre d'eux-mêmes, le rejeter sur lui. Or il faut bien qu'ils sachent que, le rudiment de notre art est peu de passé, ce qu'on peut nous enseigner le plus habile ne peut guère faire autre chose. Le maître chose que de mettre entre les mains de l'élève le bout du fil qui doit le conduire. le bien et le mal des Il est vrai qu'on peut nous indiquer on peut expliquer de nos prédécesseurs, les prinouvrages enfin on peut dérouler ils ont travaillé, cipes sur lesquels devant nos yeux les grands modèles laissés par les anciens ; mais c'est en vain qu'on dresse le festin le plus somptueux, si les hôtes ne prennent pas la peine de se servir. où se rencontrent L'Académie tous les moyens elle-même, à l'étude, nécessaires risque à cause de cela même et parce à vaincre pour s'instruire, qu'on n'y laisse aucun obstacle le relâchement. Il n'est pas rare de voir de jeunes d'inspirer artistes contrariés sortes d'obstacles, de par toutes prendre telles forces dans le combat qu'ils mènent pour s'en affranchir, qu'ils priment leurs compétiteurs, pourvus et comblés de tous les moyens d'apprendre. Quelquefois aussi les espérances qu'ils donnent pour en avoir tant fait avec si peu de moyens, leur ont valu des protecteurs qui les ont mis au centre de toutes
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d'étude ; à partir de ce moment leur zèle s'est les commodités ralenti, et d'autres ont repris l'avantage. Des hommes ainsi faits ressemblent à ces animaux qui ne mangent que lorsqu'il qui l'arrachent y a peu de fourrage, avec peine au travers d'un râtelier, et qui refusent d'y toucher et avec facilité. quand on le leur offre en abondance un effet de ce genre vient-il aussi de ce que les Peut-être des matières, comme il facultés défaillent devant l'abondance d'arriver à la fin de son arrive qu'un voyageur désespère de la route qu'il lui faut parcouvoyage, quand toute l'étendue rir est déployée devant lui. morales Parmi les qualités que l'élève a le devoir d'enune juste confiance en tretenir avant tout, il faut compter constante ou plutôt dans les effets de l'application lui-même, qu'il est résolu d'exercer. de Bramante, l'architecte sur la recommandation Lorsque, du Pape, Raphaël fut choisi 1 pour orner le Vatican de ses il n'avait encore rien fait qui marquât une grande ouvrages, sur ses contemporains. De plus il était encore très supériorité les ce qui n'empêcha pas qu'il eut sous sa direction jeune; du temps : et on sait de quelle artistes les plus considérables fléchi sorte ils étaient. Un moindre esprit aurait certainement sous un pareil fardeau ; et si l'on en jugeait d'après le caractère à Raphaël, on serait porté à doux et paisible qu'on attribue ses forces semcroire que ce fut son cas ; mais au contraire blèrent grandir à proportion qu'il en avait besoin, et il n'est pas de croire que c'est grâce au hasard qui tout à déraisonnable coup le plaça dans un rang si haut, que furent accomplis les dont il étonna le monde. chefs-d'oeuvre Mais les erreurs sur lesquelles j'ai dessein d'attirer surtout les hommes votre attention, ne sont pas celles que commettent où tombent les de mérite ; il s'agit des méprises dénués de sa valeur quelque hommes de talent, en estimant au-dessus Les erreurs dont je viens beauté réelle quoique subordonnée. et timides ; celles de parler sont celles des esprits paresseux i. En i5o8, par le pape Jules II.
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sont d'une autre espèce, elles que je vais marquer l'écueil des artistes et par distingués par leur promptitude leur facilité dans l'invention. C'est sans doute un don magnifique et digne d'envie que de pouvoir faire sur-le-champ le dessin de quelque sujet que ce soit; c'est un talent que tout artiste doit certainement désirer d'avoir ; malheureusement la manière dont il s'acquiert, habitue l'esprit à se contenter des premières sans choix ni pensées qui lui viennent, réflexion. Le jugement, maintenu après qu'on l'a longtemps dans ce rôle d'approbation passive, perd peu à peu la faculté d'agir quand cette action serait nécessaire. A cause de cela ceux qui ont ce talent doivent jusqu'à un certain point faire tout le contraire de ce qu'ils ont l'habide leur esprit. Les tude, ou du moins changer la tournure grands ouvrages destinés à survivre et à affronter le jugement de la postérité, ne sont pas le fait de la précipitation. Un temps est nécessaire Je me rappelle pour réfléchir et pour délibérer. combattant qu'étant un jour à Rome à admirer le Gladiateur dans la compagnie d'un éminent sculpteur 1, comme j'exprimais mon admiration de l'ensemble et pour la composition a pris de conformer pour le soin rigoureux que l'artiste mon chaque muscle au moment précis de l'action représentée, me dit qu'un ouvrage si parfait requérait compagnon presque la vie d'un homme. Si nous portons les yeux autour de nous, nous trouverons je crois que dans un art voisin, la poésie, ce qui est vite fait est vite oublié. Le précepte et l'exemple d'un grand poète sur cette matière est digne d'attention. Métastase 2, qui s'est acquis dans toute l'Europe un nom si justement célèbre, commença sa carrière par être improvisateur, espèce de poète assez commune en Italie. Il n'y a pas longtemps qu'un de ses amis lui demanda s'il ne croyait pas que l'habitude d'inventer et de réciter des vers impromptu, qu'il avait prise dans sa jeu-
1. Peut-être Wilton, membre de l'Académie de Londres, qui se trouvait à Rome en même temps que l'auteur. 2. Célèbre auteur d'opéras italiens et de toutes sortes de poésies, établi à Vienne, mort en 1782. i4
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Il répondit qu'au contraire nesse, avait servi à son éducation. cet exercice lui avait fait le plus grand tort, parce qu'il s'était et à l'incorrection; accoutumé par là à la négligence plus lard il lui avait fallu se corriger et prendre l'habitude différente de mettre du choix dans ses pensées, et de les exprimer avec précision. . Quelque extraordinaire il est pourtant que cela paraisse, certain que les inventions des peintres improvisateurs (comme on peut les appeler) présentent, de ne malgré leur prétention donner rien que d'eux-mêmes, très peu d'invention originale. sont en-général des lieux communs, Leurs compositions sans : pareils à ces discours intérêt, sans caractère, sans expression et qui n'apportent fleuris qu'on entend quelquefois aucune idée nouvelle. Qu'on n'aille pas croire que je conteste ici l'usage, l'avantage, la nécessité même, d'une facilité d'expression, qui consiste dans la science du dessin. Au contraire, cette aptiseulement ne saurait être portée tude du peintre à dessiner ses inventions, c'est qu'il en reste trop loin. Une seule chose est à craindre, ses là, et qu'il ne prenne plus ensuite la peine de corriger sur la nature, ni de regarder inventions pour son instruction d'autres ouvrages que les siens. Je ne dis pas qu'un peintre qui se recueille pour délibérer de toutes ses idées ; son quelque ouvrage, doive tirer d'ailleurs à dessiner savoir ne doit pas se borner la sur-le-champ figure humaine dans toutes les variétés d'action, il faut encore de tous les principes de la composiqu'il soit en possession tion, et qu'il sache prévoir, en composant, l'effet des masses de lumière et d'ombre à la composition. Son qui conviennent Ce n'est qu'ensuite esprit est alors tout occupé de l'ensemble. des figures et des attitudes parqu'il passe à la détermination ticulières. Voilà le moment que je regarde pour l'artiste comme celui d'ouvrir son portefeuille ou le cahier dans lequel il a mis en réserve toutes les inventions toutes les attitudes heureuses, dans le cours expressives et extraordinaires qu'il a rencontrées de ses études ; non seulement pour l'avantage qu'il y a dans
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à ses ouvrages, de matériaux appliquables provision d'une étude encore pour le fruit qu'il pourra retirer plus intime des idées des grands maîtres, qui le mettra à même d'inventer dans le même style. Bacon parle avec éloge des provisions Le chancelier que et Cicéron avaient faites pour secourir leur invenDémosthène tion ; et il explique leur méthode par une de ces fines compane raisons qu'on lui connaît. Comme ces matières spéciales à la peinture, il n'est pas nécestiennent pas immédiatement saire que je cite le passage auquel je fais allusion : j'obserest en totale opposiverai seulement qu'une telle préparation tion avec les idées répandues dans le monde touchant le génie et l'inspiration. Dans un autre endroit, le même illustre auteur, parlant de ses propres Essais, remarque qu'ils traitent « de ces choses où il des hommes, dont on s'agit le plus de la vie et du caractère et peu dans les livres ». Le apprend beaucoup par l'expérience sujet de ces Essais est donc Ce qu'un artiste appellerait invention ; et cependant nous pouvons douter que même le génie de Bacon, quelque grand qu'il ait été, eût jamais pu faire ces si son esprit n'avait pas été dressé et instruit par observations, la lecture des observations des autres. Sans cette lecture, au moins n'aurait-il pas pu dire que ces pensées n'étaient pas dans les livres. Je sais que plusieurs artistes de grand renom semblent n'avoir jamais regardé hors d'eux-mêmes, et que même ils croiraient déroger, s'ils empruntaient de quelque autre peintre. Mais quand on réfléchit à cela et qu'on compare les ouvrages de ces peintres avec ceux des maîtres qui au contraire se sont aidés des inventions on est aisément convaincu du d'autrui, grand avantage de cette dernière méthode. Les deux artistes les plus remarquables pour leur promptitude d'invention, ont été Lucas Giordano et Lafage 1 : l'un en l'autre en dessin. peinture, cette mais
1. Français renommé pour ses dessins, qui sont en grand nombre, mort en 1684.
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A des talents aussi extraordinaires que ceux-là, on ne peut refuser le nom de génie ; mais rappelons-nous que c'était cette espèce de-génie'mécanique qui opère sans que l'esprit de part. Dans toutes leurs oeuvres, qui y prenne beaucoup sont (comme on peut s'y attendre) fort nombreuses, c'est en vain qu'on chercherait et de frapquelque chose d'original suivant les idées répandues au sujet de pant. Cependant, ils ont autant de droit que personne à ce qu'on l'originalité, les loue de cette qualité, car ils ont pris fort peu des la autres; et j'ajouterai que tout artiste qui sait distinguer de l'insipidité, encore bien moins perfection empruntera d'eux. Comparons maintenant la pratique de ces peintres et de tous ceux qui leur ressemblent, à celle du plus grand des peintres. Je suppose que tout le monde convient que nul n'a jamais possédé un plus grand pouvoir d'invention, n'a jamais eu moins besoin d'assistance quand il dessique Raphaël. Cependant, les nait un de ses plus grands et de ses derniers ouvrages, Cartons 1, il est visible qu'il avait sous les yeux des études d'après Masaccio. Deux nobles figures de saint Paul qu'il avait trouvées dans ce maître, sont accommodées dans ces Cartons. L'une a servi pour la Prédication d'Athènes, l'autre pour Elymas frappé d'aveuglement 2. Une autre figure de Masaccio, dont la tête appuie sur sa poitrine en fermant les yeux, comme abîmée dans ses réflexions, a servi pour l'un des auditeurs de la Prédication de saint Paul. Le plus grand changement que Raphaël ait fait aux deux figures de saint Paul, consiste dans l'addition des mains gauches, qu'on ne voit pas dans ce principe l'original. (dont on ne devrait Raphaël gardait de montrer les deux mains de la principale jamais s'écarter) ce qu'elle fait de figure, pour qu'on ne puisse pas demander celle qu'on ne voit.pas. Pour le sacrifice de Lystre, il a pris toute la - cérémonie comme on la trouve à peu près dans i. Ceux de la tenture Vaticane, voir p. 64, note. 2. La première est prise de Saint Paul visitant saint Pierre en prison, au Carmel.de Florence, l'autre de l'Enfant ressuscité. C'est par erreur qu'on a cru de Masaccio ces peintures, ouvrage de Filippino Lippi.
— SAJKT^WDL A ATHÈNES. PRÊCHAKT RAPHAËL. d'Hamploncourt.) (Carions
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dans les Admiranda 1. un ancien bas-relief, publié depuis J'ai tiré mes exemples des oeuvres de Raphaël que nous avons chez nous, mais on pourrait en alléguer bien d'autres en preuve d'autrui. Et du cas que ce grand homme faisait de l'assistance de fait sa richesse était si connue, qu'il a pu, sans perdre de où il a voulu. son crédit emprunter de Masaccio où il a pris si Il faut remarquer que l'ouvrage ces figures, était exposé au public dans une église librement de Rome ; ce qui c'est-à-dire à peu de distance de Florence, fait que, s'il eût regardé cet emprunt comme un plagiat déshono; mais il était très convaincu rant, il était sûr d'être découvert que cela ne pouvait pas nuire beaucoup au renom de son pouEt en effet cela n'y a pas nui, sinon près de voir d'invention. ceux qui n'ont aucune idée de la manière dont les grands ouvrages viennent au monde. Ceux qui dérobent par pauvreté, qui, n'ayant rien à eux, ne de pareils larsauraient subsister une minute sans commettre même est tel qu'ils manquent cins, ceux dont le dénuement de l'endroit nécessaire ce qu'ils rapportent, pour déposer ceux-là je n'ai rien à dire ; mais des artistes comme ceux à qui des hommes comme je crois m'adresser, que je considère raisonnablement du nécessaire et du convenable, pourvus hommes des vérités qui sont bien loin de songer à dérober communes, qui n'ont envie de posséder que des raretés soin en retour capables d'orner leur cabinet, et qui prennent de rendre au trésor commun des choses de même prix ou de plus grand prix encore, de tels hommes n'ont certainement pas à s'intimider de cet échange fraternel, qui doit exister entre artistes, échange dans lequel on prend aux morts pour donner aux vivants, et peut-être à ceux mêmes qui sont encore à naître. L'aliment quotidien de l'esprit d'un artiste, c'est les ouvrages de ses prédécesseurs. Il n'y a pas pour lui d'autre moyen d'être grand. Serpens, nisi serpentem comederil, non fit draco, est une i. Romanorum anliquitatum monumenta, recueil gravé par P. S. Barloli, sous la direction de Bellori en i6g3. Le bas-relief (provenant de la villa Médicis) a fourni le groupe du taureau; pi. 10 (43 dans une autre édition sans date).
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d'histoire naturelle fabuleuse remarque que j'ai lue, et dont le titre. Fabuleuse en ce qui regarde je ne puis me rappeler les dragons, elle s'applique avec vérité aux artistes. Comme il paraît par ce que je viens de dire, Raphaël avait étudié avec soin les ouvrages de Masaccio ; et en vérité, si l'on excepte Michel-Ange (qu'il a également imité), il n'y avait pas de maître plus digne que celui-là de son attention. Quoique sa manière fût sèche et dure, quoique ses arrangements soient conventionnels et dépourvus de variété comme ceux de tous les peintres de cette époque ancienne, cependant ses ouvrages cette grandeur et cette simplicité possèdent qui accompagnent la régularité et la sécheresse de manière, et qui quelquefois en procèdent. Il faut considérer l'état de barbarie dans lequel l'art se trouvait avant lui, quand le dessin était si mal connu de représenter étaient incapables que les meilleurs peintres un pied en raccourci, de sorte que les figures de ce temps-là ont l'air de poser sur les doigts de pieds, et que ce qui servait de draperie, à cause de la dureté et de la petitesse des plis, ressemblait plutôt à un amas de cordes serrées autour du corps Masaccio le premier introduisit les draperies qu'à un vêtement. dans chaque partie amples, tombant d'une manière naturelle; de l'art il semble avoir été le premier qui ait trouvé le chemin de la perfection à laquelle l'art a atteint depuis, et on peut le considérer comme un des pères de l'art moderne. au sujet de Masaccio m'ait retenu Quoique cette digression déjà plus que je n'aurais voulu, je n'en dois pas moins rappeler ici cette ardeur et cette constance d'application qui le autant que ses talents distingua aux yeux de ses contemporains naturels. On rapporte était si bien que toute son attention son vêteabsorbée entièrement par son art, qu'il négligeait et que de et tout le détail de son existence, ment, sa personne là lui vint le surnom de Masaccio lmEl en effet, ce peintre est un remarquable de ce que peut opérer en peu de exemple bien dirigée. Il n'a vécu que vingt-sept temps une application ans ; et pendant ce court e&pace, il a fait si fort avancer l'art i. LATERMINAISON ENACCIOMARQUE DE ÏNE UIFEOUMITÉ OUUNEIMPERFECTION CISI.UI A QUIONL'APPLIQUE (noie de l'auteur).
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du point où il était avant lui, qu'il semble que ses successeurs modèle. Vasari donne un long catan'ont pas suivi d'autre et de sculpteurs qui ont formé leur goût et logue de peintres ses ouvrages. Parmi ces artistes appris leur art en étudiant de Vinci, le Pérugin, Léonard il nomme Michel-Ange, André del Sarto, le Rosso et Raphaël, le Frère Barthélémy, Périn del Vaga. de contempler les inventions du génie et d'en L'habitude ce qu'on se sente échauffé à ce occuper sa réflexion, jusqu'à contact, est le vrai moyen de former son esprit pour les arts. En présence de ces grands hommes, il est impossible de penser ou d'inventer Un état d'esprit se forme à leur conpetitement. tact, qui fait qu'on n'a plus de goût qu'à ce qui respire la gran^deur et la simplicité. Outre l'avantage général de former son goût par un pareil et dont j'ai fait la il y en a un qui est particulier, commerce, en voyant la façon dont Raphaël a imité les oeuvres remarque est prise du de Masaccio. Sa figure du proconsul Serge-Paul tableau de Saint Félix 4 de ce maître, quoique l'une se présente de face et que l'autre soit de profil, de plus l'action est un peu changée ; mais il est évident que Raphaël avait alors cette figure dans l'esprit. Il y a une circonstance que je mentionne en passant, et qui le prouve d'une manière convainde laurier, ce qui ne cante; Serge-Paul porte une couronne s'accorde pas avec le reste et choque la couleur locale dont en général; mais il avait trouvé Raphaël était exact observateur cette couronne chez Masaccio, et n'a pas pris la peine de la changer. Donc voilà une partie de la méthode que je conseille : de regarder les figures qu'on emprunte et comme des statues, de les présenter comme a fait Raphaël dans une perspective et toute tout l'esprit en ayant soin de conserver différente, ia grâce de l'original. J'espère qu'après ce que j'ai dit, on n'inférera pas de là que la dépendance des peintres à l'égard de leurs je recommande Je ne vous dis pas de vous débarrasser de prédécesseurs. i. Erreur de nom; c'est le Martyre de Saint Pierre, au même lieu que les peintures mentionnées p. aia.
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votre tâche sur les autres et de les charger de penser pour c'est que vous consultiez, vous ; ce que je désire, que vous appeliez en conseil les hommes les plus distingués par leur : en conseil, dis-je, dont la savoir et par leur expérience décision demeure entièrement remise à vous. Une pareille conduite dans le commerce de la vie n'a jamais été regardée comme honteuse, ni comme une preuve de faiblesse dans l'esprit ; c'est au contraire un signe de cette vraie sagesse qui fait individuelle et le besoin de recourir qu'on sent l'imperfection à l'observation collective l'immense étendue, pour remplir l'infinie variété de la nature. Ce que je recompour embrasser mande n'est pas plus le plagiat que l'individualisme. Je ne fais nécesque vous avertir de ne pas vous priver de l'assistance saire à tout homme, et dont les plus grands peintres, comme le prouvent ces exemples, n'ont pas dédaigné de profiter. nécessitée et le J'ajoute que l'application par cette recherche, soin d'accommoder les idées empruntées à votre pratique parest une tâche à laquelle la paresse se refuse, et que ticulière, ne peut exécuter. Mais pour mieux faire comprendre l'ignorance dont je parle quand je recommande avec l'espèce d'emprunt tant d'insistance l'étude des ouvrages des grands maîtres, il un instant à Raphaël pour considérer nous faut retourner sa méthode et pour chercher à l'imiter dans sa manière d'imiter les autres. Les deux figures de saint Paul dont j'ai parlé sont si nobles chez Masaccio, qu'il n'a peut-être pas été au pouvoir de Raphaël du moins ne l'a-t-il même de leur donner plus de grandeur, de changer pas essayé; mais il a eu l'adresse quelque chose de leur caractère, sans le diminuer : au lieu cependant il leur a donné cette expression anid'une majesté tranquille, le personnage mée que requérait plus agissant qu'il en faisait. à la figure De la même manière, il a donné plus d'animation de Serge-Paul, ainsi qu'à celle qui sert dans le tableau de la Prédication de Saint Paul, Masaccio n'avait fait qu'indiquer celle-ci, Les yeux fermés de cette figure chez et Raphaël l'a terminée. Masaccio pouvaient aisément faire croire qu'elle dormait, tandis
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217 qu'elle a reçue dans le Carton ne laisse aucun que l'expression doute; ses yeux sont fermés il est vrai, mais ils le sont avec tant d'une de force qu'on y reconnaît du premier coup l'expression la plus vive ; mais ce qu'il y a de âme en proie à l'agitation d'être et qui selon moi mérite surtout plus extraordinaire, admiré, c'est que la même idée se poursuit à travers la figure de la draperie, dans l'arrangement et jusque tout entière, si étroitement qu'on ne voit pas même les laquelle l'enveloppe entre Par cette heureuse correspondance mains du personnage. la et la disposition des parties, du visage l'expression pieds. figure plonge dans la réflexion depuis la tête jusqu'aux Il n'y a que lès hommes d'un talent supérieur qui sachent, soit soit ainsi et se rendre propres les idées d'autrui, emprunter exécuter et finir une première idée ou une conception imparà Une promptitude faite fournie par quelque grand original. saisir ces idées, que l'ignorance ne remarque même pas, compose à mon avis une notable partie de cette faculté qu'on appelle le génie. Il arrive souvent que certaines idées peuvent être employées de celui pour lequel différents à des sujets totalement Il y a une figure de Bacchante qui se elles ont été inventées. en arrière, qui peut passer renverse, la tête rejetée entièrement elle est souvent répépour une invention favorite des anciens,car dans les camées et dans les pierres tée dans les bas-reliefs, on a voulu dans cette attitude représenter gravées antiques; et frénétique. Or c'est cette une espèce de joie enthousiaste figure que Baccio Bandinelli a pris dans un dessin que je posune des trois Maries dans sède de ce maître, pour représenter le sujet de la Descente de Croix. Nul n'a su mieux que BanN'est-il pas curieux dinelli ce qui méritait d'être emprunté. troud'observer que les extrêmes de deux passions contraires natuvent, au prix de changements légers, leur expression relle dans le même geste? Si j'avais à vous recommander une méthode dans quelque Je partie de vos études du peintre, ce serait dans l'invention. vous dirais qu'il ne faut pas que les jeunes peintres se croient avant d'avoir connu ce que le genre qualifiés pour inventer,
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humain possède en ce genre, et d'avoir déjà de provisions amassé par là des matériaux en suffisance. Certainement, ce ne serait pas un mauvais moyen de former leur goût, que de commencer par leur faire faire ce que les Italiens nomment c'est-à-dire des compositions formées des différentes Ipasliccio, excellences dans plusieurs du même répandues ouvrages genre. Cela ne veut pas dire qu'il faut que les élèves s'en tiennent là, et ce moyen ne se recommande que pour apprendre à choisir, premièrement les vraies beautés de l'art, en second lieu les beautés plus relevées encore de la nature ; ce à quoi l'on ne parviendra jamais, si l'on ne fait ces préparations. Les idées que je propose ici ne sont pas ordinaires, j'en conles trouveront Aussi je ne viens, et plusieurs singulières. demande pour elles que l'accueil qu'on fait à un étranger : la grâce d'un examen favorable, non pas cette confiance absolue qui s'impose par autorité. j Après que vous aurez pris une figure ou quelque idée d'une de ces grands maîtres, une autre opéra/figure, de quelqu'un : savoir /tion vous reste, que je regarde comme indispensable de terminer nature toutes les / de ne jamais omettre d'après Ce que le modèle a posé, encore | parties de votre ouvrage. i qu'un autre en ait fourni l'idée, vous avez le droit de le comme vôtre. Et quant à la manière de faire poser le regarder ceci qui peut-être modèle, j'ajouterai paraîtra sans importance à quelques-uns. C'est qu'il vaut mieux que le modèle s'arrange dans l'attitude qui vous est nécessaire, que si vous l'y placiez de vos mains. De cette sorte il arrive souvent vous-mêmes que le modèle prend une meilleure posture que celle que vous auriez imaginée. C'est un grand point que de se tenir sur le passage des accidents et de veiller à en tirer avantage : du modèle, vous risoutre qu'en réglant vous-même l'attitude au corps. Cette quez d'en imposer une qui n'est pas naturelle s'étend à la draperie. Ne touchons qu'avec précauprécaution tion aux plis de l'étoffe qui nous sert de modèle, de crainte de leur donner par inadvertance une forme peu naturelle ; peutêtre il vaudra mieux essayer un second jet, que de changer la position où les plis se sont mis d'abord.
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Afin de tirer avantage d'une autre sorte d'accidents,Rembrandt paraît s'être servi du couteau à palette au lieu du pinceau, pour mettre ses couleurs sur la toile. Que ce soit un autre instrument il n'importe, il suffit que ce soit quelque chose dont les effets ne soient pas étroitement réglés par la volonté de l'artiste. L'accident, dans la main d'un homme qui sait tirer parti des suggestions qu'il donne, produit souvent des beautés hardies et singulières dont il ne se serait pas avisé, ou d'exécution, qu'il n'aurait jamais risquées au moyen d'un pinceau soumis au mouvement de la main. Mais il faut remarquer que régulier cette liberté ne convient que là où n'est pas requise la correction des formes, comme dans des nuages, des troncs d'arbre, des des accidents du sol, etc. Comme ces objets sont rochers, de forme irrégulière, et sont eux-mêmes l'ouvrage de quelques l'imitation accidents, qu'en donnent des instruments auxquels l'accident leur convient plus naturellement. participe, Je le répète, ne perdez jamais de vue la nature. Dans l'instant où vous la quittez, tout est en l'air, et vous voilà livrés à tous les caprices de la mode, sans savoir où vous vous arrêterez. Quelque licence que vous vous donniez, que vos yeux soient toujours fixés sur la nature. Je compte pouvoir vous dire dans un prochain discours, quels écarts ne laisse pas de réclamer la pratique; en attendant souffrez que je vous avertisse de pas vous confier trop à votre pratique et à votre fortes que soient les impressions mémoire, que quelques l'observation ne cessent de Ces impressions y a déposées. s'affaiblir et se trouvent enfin effacées, si on ne prend continuellement soin de les rafraîchir et de les réparer. Il n'est pas rare de trouver des artistes qu'une longue négligence de la nature, a mis au point de ne plus même la reconnaître en la voyant. Elle leur est devenue étrangère à force de n'avoir J'ai connu que la représentation qu'ils en donnent. entendu dire à des peintres, qui ne croyaient pas se décréditer bien mieux sans la nature qu'en par là, qu'ils travaillaient sa présence, et qu'elle ne servait, selon leur expression, qu'à les faire manquer. Un peintre qui a de pareilles idées et de pareilles habitudes, est dans ce que j'appelle un état désespéré.
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L'art de voir la nature, ou en d'autres termes, l'art de se servir des.modèles, est réellement le grand objet du peintre, le toutes ses études. Quant au talent point auquel sont dirigées d'exécuter passablement, enseigné par la pratique seule, qu'il soit estimé ce qu'il vaut; mais je ne puis m'imagïner comment il suffirait à produire des ouvrages corrects, parfaits et terminés. Des ouvrages de ce mérite n'ont jamais été produits et ne peuvent jamais l'être parle moyen de la mémoire seule, et j'ose dire qu'un artiste moyennement fourni de la connaissance de l'art et de l'exemple des grands maîtres, en un mot qui sait les principes, s'il a cet avantage de se servir du modèle, supposé qu'il sache s'en servir, fera mieux que le plus grand des peintres qui se sera privé de cet avantage. Nos voisins de France sont beaucoup clans l'usage d'inventer impromptu, et leur habileté à cet égard a de quoi se faire mais qu'il y a peu de leurs ouvrages admirer, sinon envier; finis qui méritent le même éloge ! de l'Académie de Paris, était surBoucher, le feu directeur dans cette partie. prenant Lorsque je lui rendis visite en France il y a quelques années*, je le trouvai occupé d'un fort ni grand tableau, pour lequel il ne se servait ni d'esquisses, de modèles d'aucun genre. Comme je lui en témoignais ma et lorsqu'il étusurprise, il me répondit que dans sa jeunesse, diait son art, il avait tenu le modèle pour nécessaire, mais qu'il y avait longtemps qu'il ne s'en servait plus. Des tableaux comme était celui-là, et comme j'ai peur exécutés de pratique et de que ne soient tous les tableaux une preuve convaincante de la nécessité mémoire, fournissent d'observer la méthode que je recommande. Kxx reste cette ferait injure à Boucher, si je n'ajoutais remarque que, dans la première partie de sa vie et aussi longtemps qu'il suivit la suffisant nature, il a donné les fruits d'un mérite éminent, pour rallier à son imitation la moitié des peintres de son pays. Il a eu souvent la grâce et la beauté, ainsi qu'une belle adresse à composer le tout, quoique sous l'influence, je le crains, du i. En 1768. Ce voyage de France fut fait en compagnie de Burke.
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sont réellement abomauvais goût; tandis que ses imitateurs minables.. Ces artistes qui ont abandonné le service de la nature (lequel bien est une parfaite liberté) pour pour ceux qui l'entendent au caprice de je ne sais quelle maîtresse fans'abandonner tasque, qui les fascine et les domine, et du pouvoir de laquelle de les affranchir (puisqu'ils n'ont pas conscience on désespère de leur carrière perdue); ces artistes, dis-je, pareils aux compade Cornus, gnons métamorphosés Ne voient pas un moment leur vil déguisement, Mais s'estiment chacun plus beau qu'auparavant 1. Il me semble que des hommes qui ont eu le secret de découvrir un chemin court, n'auront garde de se plaindre de la briède l'art ; puisque la longueur veté de la vie et de la longueur de la vie dépasse si fort le temps qu'il leur a fallu pour et pour atteindre à leur idée de la perfection. s'instruire Au celui qui recourt à la nature, renouvelle à chaque contraire, fois ses forces. Il n'y a pas de danger qu'il oublie les règles de l'art, elles sont simples et en petit nombre. Mais la nature est fine, subtile, diversifiée à l'infini ; son étendue dépasse l'effort de la mémoire ; il est donc nécessaire d'avoir sans cesse recours à elle. Dans le commerce avec que l'artiste entretient ; plus sa vie sera elle, il n'y a pas de fin à son instruction de la véritable et parfaite idée de longue et plus il approchera l'art. 1. Milton, Cornus,v. 74
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PRONONCÉ A LA DISTRIBUTION
DES RECOMPENSES
Le 11 décembre 1786.
D'UNE RAISON INFUSE, OPPOSÉE A L'ESPRIT DE SYSTÈME DANS LES ARTS Messieurs, les défauts dans les proDécouvrir les beautés, remarquer ductions des grands la méthode de l'un maîtres, comparer avec celle de l'autre, n'est pas une petite part de la critique : cela n'est encore rien plus que connaître l'art cependant Cette sorte d'examen encourt deux reproches : par les artistes. Pour étendre les limites d'être trop étroit et d'être incertain. aussi bien que pour fixer ses principes, il est de la peinture, soient considérés indispensable que cet art et ces principes des autres arts, avec les principes dans leur correspondance à l'imagination. Puis, après qu'on a je dis ceux qui s'adressent de ces principes, liés les uns aux autres fait le rapprochement afin de les comparer entre eux, une autre par mille analogies, celle de tous ces principes avec ceux commence, comparaison de la nature humaine, à laquelle les arts destinent leurs effets. d'un art avec les autres arts, et Quand cette comparaison est faite à notre de tous les arts avec la nature de l'homme, nos principes ont toute l'assurance contentement, qu'un sujet de cette espèce comporte. Cette méthode de critique, comme elle est la plus haute, est aussi la plus solide; car elle s'appuie sur la nature éternelle et immuable des choses.
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à vos recherches, Ne croyez pas que je recommande dans ce vaste champ de la science. Cette entretoute son étendue, de nos forces ; quoique les peut-être prise serait au-dessus s'il vous était proprevôtres pussent suffire à le comprendre, Mais la critique la plus claire exige pour être ment expliqué. d'abstraction des habitudes avec peu compatibles comprise et avec la tournure d'esles occupations qui vous retiennent, la pratique de l'art. Aussi mon intention prit que commande n'est-elle que de vous avertir de ces choses, afin que, quand sans vous exercez votre critique (et sauf ceux qui travaillent plan, tout le monde l'exerce), vous puissiez l'appuyer sur des principes vrais : de sorte qu'en ne faisant que peu de chemin vous le ferez du moins dans la vraie route. peut-être, A titre de principe fondamental, commun à tous les arts qu'ils ne s'adressent auxquels ce discours a rapport, j'observe et le sentiment. x qu'à deux de nos facultés, l'imagination Toutes les théories à la direction et au conqui prétendent trôle de l'art d'après quelques rationnels \ principes prétendus établis sur ce qu'on suppose que doivent être sa fin et ses les effets constants que les objets pro- \ moyens sans considérer duisent sur l'imagination, ne peuvent être que. fausses et trompeuses. Car, quelque hardi que ce principe puisse paraître, le fondement de la vérité, c'est ici l'imagination. C'est l'imagination qu'il s'agit d'émouvoir. Y réussissez-vous, je proclame bien déduite; votre conclusion y manquez-vous, n'essayez Il est faux, puisque votre fin pas de justifier votre raisonnement. n'est point atteinte. L'effet seul porte ici témoignage de la vérité des moyens. Il y a dans les rencontres de la vie comme dans l'art, une à la saine raison, cependant sagacité qui est loin de contredire nul exercice partiel de cette faculté ne l'égale ; elle la domine, elle précède le lent progrès de ses déductions ; par une démarche elle atteint tout de suite ses qui imite l'intuition, conclusions. L'homme qui possède cette faculté sent et reconnaît la vérité, quoiqu'il ne soit peut-être pas toujours en son pouvoir d'en donner la raison, parce qu'il ne peut rappeler à sa mémoire et rassembler toutes les matières d'où son opinion
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prend naissance ; car il peut arriver qu'un grand nombre de et de très compliquées, dont les objets sont petits remarques, d'un système fort étendu, aient concouru en s'uet dépendent nissant à former le principe d'après lequel on juge. Avec le s'oublient ; mais l'impression detemps ces considérations meure et fait son office. est le résultat des expériences Cette impression accumulées sans qu'on sache toude toute notre vie; elle a été ramassée Mais de quelque manière jours où ni comment. qu'on l'ait cette masse d'observations doit prévaloir sur une acquise, sur quelque cas parraison qui, tournée de toute sa puissance vue ticulier, n'en risque pas moins de n'embrasser qu'une du sujet ; ainsi notre conduite dans la vie aussi bien partielle en général par cette raiqu'à l'égard des arts, est gouvernée son habituelle ; et c'est le salut de notre existence que nous recourir à ce guide. Si à chaque occasion il nous puissions fallait entrer dans des discussions avant de passer théoriques et l'art serait impossible. à l'action, la vie s'arrêterait En conséquence, idées, je suis d'avis que nos premières c'est-à-dire l'effet que les choses produisent sur notre esprit nous les voyons pour la première fois, ne doivent lorsque et que pour cette seule raison qu'elles jamais être oubliées, on doit les mettre en réserve sont les premières, avec soin. butté à quelFaute de pourvoir à cela, il arrivera que l'artiste, s'en imposera à que difficulté que soulève la raison partielle, à froid sur ces pensées vivantes qui ne revenant lui-même, de la préprocèdent pas toujours (comme il se le persuadera) de son jugement cipitation et du caprice, mais de la plénitude enrichi des précieuses réserves de toutes les inventions qu'il a vues ou qui ont passé par son esprit. Ces idées sont infuses dans les projets qu'il forme, sans qu'elles lui coûtent aucun effort conscient ; mais s'il n'y prend pas garde, on peut craindre pour les examiner et pour les corriger, jusqu'il n'y retourne qu'à ce que toute la matière soit réduite à un simple amas de lieux communs. Tel est l'écueil auquel vous exposera l'erreur que je combats ; savoir une défiance injuste de l'imagination et du senti-
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donnée à des théories étroites, partielles, ment, et la préférence à des principes en bornées, argumentantes, qui semblent mais où nul compte avec tel plan dont on s'occupe, rapport en général et des n'est tenu de la nature de l'imagination impressions qu'elle reçoit. Dans ces impressions générales habitent les principes de la solide raison, et, sous les appa-r les causes profondes et capirences d'un sentiment vulgaire, tales des choses. Sans doute c'est la raison qui doit en dernier ressort décider , de toutes choses ; mais remarquez que dans ce moment même j au sen-; c'est elle qui nous apprend sur quel point il appartient timent de se faire entendre. Quoique j'aie parlé bien des fois de cette idée rétrécie de l'art qui le restreint à l'imitation pure, il faut que j'ajoute encore que le dessein de n'en faire qu'un objet d'expérience et le réduire, peut si bien le rapetisser qu'il exclue l'apde la science, qui seule donne la dignité et l'hoplication les fondements rizon à tous les arts. Rechercher positifs de ni la vulgariser. n'est pas la rétrécir, Cela est la science, suffisamment expériprouvé par le succès de la philosophie la raison, c'est contre un mentale. Ce n'est pas contre faux système de raisonnement fondé sur la vue partielle des choses, que je vous mets en garde. Et je le crois d'autant plus nécessaire de étroites, si bien accommodées que ces théories la plus pauvre et de la plus misérable pratique, et qu'on n'adopte que pour lui donner figure, ne doivent pas leur origine aux sots, mais aux méprises ou peut-être aux idées mal comprises, des plus imposantes autorités. En pareil cas donc, ce n'est pas le sentiment qui nous égare, mais la fausse spéculation. Quand un homme comme Platon parle de la peinture comme d'un pur art d'imitation, quand il ajoute que le plaisir qu'elle donne procède de la constatation de la ressemblance, mon avis est qu'il nous égare par une vue trop étroite des choses. C'est suivant cette vue rapetissée, et pour autant partielle fausse de l'art, qu'il a plu au Bembe 1 de célébrer Raphaël i. Dans une lettre au cardinal de Sainte-Mariein Portico, où il loue le maître i5
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honore du nom de divin. Pope même, que notre enthousiasme Il ne prend le même parti dans son épitaphe de Knellerl. fait chez lui l'éloge que de l'imitation et ne lui fait compliment que de tromper les sens. Je ne croirai pas mon temps mal employé, si je parviens à confirmer en vous l'opinion de ce qui doit être le vrai but de vos efforts ; car, quoique les meilleurs critiques n'aient pas cette étrange idée, je sais qu'il y a manqué de combattre un penchant à cause cependant qui nous y ramène toujours, de sa simplicité et de son évidence apparente. A cause de cela devant vous quelje vous demande la permission d'exposer vous démontrer ce que ques idées sur ce sujet. J'espère : que non seulement la je tiens pour une vérité certaine ne doit pas être prise pour un art d'imitation, dont peinture l'illusion serait l'objet essentiel, mais qu'au contraire, à plusieurs points de vue et si l'on parle à la rigueur, elle est et doit être quelque chose d'absolument différent de l'imitation de la nature visible. Peut-être cet art n'est-il pas moins éloigné de la commune idée d'imitation, que l'état raffiné de civilisation où nous vivons est éloigné de l'état grossier de nature; et on n'est pas cultivée, qui peut dire que ceux dont l'imagination sont certainement le plus grand nombre, continuent d'être relativement aux arts dans cet état de nature. Ces gens préféreront à cette perfection à qui s'adresse toujours l'imitation une faculté qu'ils n'ont pas ; mais ce n'est pas eux qu'un doit considérer, peintre pas plus qu'un juge des moeurs ne serait tenu de s'en remettre sur quelques points controversés de ce genre, à l'opinion des habitants de la Nouvelle-Hollande ou des bords de l'Ohio. Ce n'est que le plus bas style des arts, soit en peinture, soit en poésie, soit en musique, qu'on peut dire qui plaît naturellement, à prendre le sens vulgaire du mot. Les efforts les plus d'avoir peint Tebaldeo si fort au naturel « qu'il se ressemble moins à soi-même qu'à cette peinture ». i. Dans l'abbaye de Westminster. « La nature, dit-il, qui l'eut vivant pour rival, a craint de mourir avec lui. » Mille autres éloges de peintres répètent cette pensée ou les semblables.
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n'affectent relevés de ces arts, nous le savons par expérience, incultes. Ce goût raffiné est le fruit pas les esprits absolument Nous ne tenons de naissance et de l'habitude. de l'éducation ce goût, de même autre chose que la faculté de nous donner à recevoir les lois de la que nous en tenons une disposition société : c'est en cette sorte et non pas autrement qu'on peut dire qu'il nous est naturel. à l'artiste faire sentir Ce qu'on vient de dire pourra qui il lui est nécesde lui, combien cherche du conseil autour le caractère, le goût, les connaissances saire de discerner Un ignorant sans éducation, en art de ceux à qui il s'adresse. de pareil au critique d'Apelle % pourra juger pertinemment comme la la vérité d'imitation d'une sandale, ou peut-être, Vieille servante de Molière, décider de ce qui fait rire ; mais pour juger d'un ouvrage de grand style, il faut que le critique lui-même. ait le même goût épuré qui a dirigé l'artiste ce principe avec les Pour expliquer par une comparaison autres arts, je vais donner quelques exemples qui montrent que ces arts excluent comme le nôtre l'idée étroite delà nature, ainsi que les théories étroites établies sur ce faux principe ; de cette je vais montrer par ces exemples qu'ils s'inspirent seule raison qui conseille non pas l'imitation, c'est-à-dire la f d'un objet donné au naturel, mais bien ce que: représentation aime et recherche naturellement. Peut-être l'imagination n'y a-t-il pas de meilleur ce principe moyen de reconnaître que cette espèce : chaque art servant la à renforcer d'analogie vérité révélée par un autre. Cette espèce de comparaison peut servir encore à ceci, que, tandis que l'artiste s'amuse à l'examen des autres arts, il ne laisse pas d'en tirer profit pour le sien, toujours présent à son esprit, et auquel il doit rapporter de ces principes. tout, par la transposition L'art est si loin de dériver ou de la nature individuelle, d'avoir avec elle des rapports immédiats, que le principe même de plusieurs arts est un écart formel à son égard. Sans doute, cela n'est pas aussi vrai de la peinture et de la i. Le cordonnier, dont Pline rapporte cette anecdote, liv. XXXV, ch. X (sect. 35).
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Les éléments de ces arts résident dans la nature sculpture. telle quelle, et dans l'imitation fidèle de ce que nous avons devant les yeux. Mais il ne faut que s'élever un peu pour reconnaître que ce devoir d'imiter, quoique le premier dans l'ordre de l'acquisition, est loin d'être le plus éminent dans l'échelle de la perfection. La poésie s'adresse aux mêmes facultés et aux mêmes dispositions de l'âme que la peinture, quoique par des moyens différents. L'objet de ces deux arts est de se conformer à toutes les inclinations de l'esprit. naturelles La poésie dépend dans son existence même de la liberté qu'elle prend de s'éloigner de la nature actuelle, afin de satisfaire aux besoins de notre esprit par d'autres moyens qu'on sait par expérience propres à donner cette satisfaction. Elle emploie pour cela un landont artificiel, gage excessivement réglé par des mesures, l'homme ne s'est jamais servi. Que cette mesure soit de tel mètre qu'on voudra, soit hexamètre, soit quelque autre usité dans la langue grecque ou dans la latine, soit vers rimes ou blancs coupés de pauses et d'accents, comme dans les tous ces modes sont également langues modernes, éloignés de la nature, également contraires au langage ordinaire. Une fois accordé l'emploi de ce langage comme véhicule du sentiment, un autre principe intervient, essentiel à l'esprit humain, sur la nature duquel se règle tout l'ouvrage, et dont l'effet est de rendre celui-ci encore plus artificiel, encore plus éloigné de la nature ordinaire, Ce pour lui donner plus de perfection. de la convenance et de la principe est le sens de la proportion, En conséquence de ce principe, étant admis un style propriété. et une mesure qui ne se trouvent pas dans le discours ordinaire, il est nécessaire eux-mêmes que les sentiments épousent la même déformation, et s'élèvent en même sorte au-dessus de à cause de la nécessité la nature commune, les d'accorder parties ensemble et de donner l'unité au tout. Et maintenant, pour que dans ce système général d'éloiil faut gnement de la nature tout se trouve en correspondance, que la manière dont on propose la poésie, le ton dans lequel on la récite, soit aussi éloigné du ton ordinaire, que le sont
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229 est composée. De là artistement la voix :
les mots dont elle des mots ordinaires de moduler l'idée vient naturellement trouve son plus haut degré d'application, je crois, laquelle dans le récitatif de l'opéra italien, et se présente également, dans le choeur du théâtre d'autre manière, antique. quoique la détresse profonde et la Et quand les plus violentes passions, en chant et en récitatif, je ne mort même seraient exprimées rationnelle de condamner pense pas qu'il soit d'une critique sous prétexte de pareilles qu'elles sortent de la expressions
nature. soient S'il est naturel imagination que nos sens et notre charmés parle chant, par les instruments, par la poésie, parles (aucune de ces choses prises séparément gracieuses postures n'étant naturelle au sens vulgaire du mot), il sera donc conforme à la raison, que nous recevable à l'expérience, par conséquent de la musique, de la poésie, des de l'union soyons charmés les circonstances de à toutes jointes postures gracieuses, destinées à frapper les sens du specpompe et de magnificence et tateur. Faudra-il que la raison vienne se jeter à la traverse, nous dire que nous ne devons pas aimer ce que nous savons de sentir tout l'effet de cet que nous aimons, nous empêcher exercice multiplié de l'art? Voilà ce que signifie, je crois, cette accordée et aux poètes de tout oser ' ; aux peintres permission car qu'y a-t-il de plus hardi que d'oser remplir le dessein de l'art par une complication de moyens dont la nature de fait n'offre aucun modèle? Tant s'en faut donc que l'imitation servile soit le but essentiel de l'art. Au contraire, tout ce qui nous est familier ou qui nous rappelle de manière ou d'autre ce que nous voyons et ce que nous entendons tous les jours, qu'à n'appartient peine aux grands ressorts de l'art, soit en poésie, soit en peinture. Suivant l'expression de Shakespeare, il faut que l'esprit 2 soit transporté « au delà du présent », dans les ignorant siècles passés. Des êtres d'une autre espèce et d'un ordre plus i. Horace. Art poétique, y. 9. 2. Macbeth, a. I, se. Y.
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élevé sont pris pour objet de l'une ou de l'autre, et tout ce qu'on introduit doit être à l'avenant. L'école de Rome et celle de Florence offrent de suffisants exemples de cette conduite. C'est de celui de toutes les par là que leur style s'élève au-dessus de leur style est l'agrandisseet cet agrandissement autres, ment de l'art lui-même. Les artistes des autres écoles ont souvent hasardé de traiter de grands et sublimes sujets ; mais ces maîtres, quoique excellents dans la classe inférieure de l'art, n'ont produit en ce ridicules, genre que des ouvrages parfaitement parce qu'ils sans se l'appeler les'ont traités dans leur manière ordinaire, à une autre faculté de ou sans savoir qu'ils s'adressaient l'esprit. Je pense en disant cela à un tableau de Steen, Le Sacrifice J'ai loué ce peintre dans un de mes précédents d'Iphigénie'. discours, et j'ajoute que même dans ce tableau, dont le sujet ne nullement à son génie, il y a de la vérité et de convenait mais cette expression est tout le contraire de ce l'expression; des visages la rend si triviale, et qu'il faudrait. La familiarité la distinction des soies et des velours est quelque chose de si mesquin, qu'on se demande presque si le peintre n'a pas cherché le burlesque. Il y a de fréquents exemples du même genre en poésie. Cerd'Homère tains passages de la traduction par Hobbes, ne sont et cités que pour le tour banal et familier, si peu rapportés aux idées qu'il avait à rendre, convenable et, autant que je si peu ressemblant au style de l'original. m'imagine, On peut porter les mêmes distinctions dans les branches de l'art. Il y a dans les ouvrages de cette classe la inférieures même distiction à faire, d'un style plus bas et d'un style plus élevé; et le rang de l'un et de l'autre est marqué par le plus ou le moins de nature commune qu'ils retiennent, par le plus aux vrais principes ou moins de fidélité qu'ils gardent de l'art, à ceux qu'on n'acquiert qu'à l'école. doit être dirigé par une raison étroite, Si notre jugement i. Mentionnéau catalogue de Smith comme propriété de lady Cremorne.
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il faudra préférer ou plutôt mal instruite, vulgaire, ignorante, un portrait de Denner* ou de tel autre peintre grand finisseur, et un paysage de Vander à ceux du Titien et de Vandyck, 2 à ceux du Titien et de Rubens, car les premiers Heyden une imitation de la nature plus exacte. offrent certainement d'une part avec Qu'on suppose la même vue représentée et de l'autre rendue toute la vérité de la chambre obscure, Combien l'un paraîtra petit et mesquin par un grand artiste. de l'autre, en comparaison quand le sujet est égal des deux parts! L'objet sera le même et toute la différence ne sera que f dans la manière dont on le présente à l'oeil. Quel ne sera donc d'un artiste qui joint à ce prestige du style, pas la supériorité A un art de la composition et le choix des parties elles-mêmes. dans les envidu Poussin, celui-là nous transporte l'exemple rons de l'ancienne Rome, au milieu des objets qu'une éducation littéraire rend si précieux et si intéressants pour l'homme il nous mène ou bien, comme Sébastien Bourdon, instruit, des pyramides jusque dans les temps anciens contemporains avec Claude Lorrain, il nous fait nous d'Egypte; quelquefois, de l'Arcadie. reposer dans le calme et dans l'enchantement Autant que le peintre d'histoire, par le moyen de ce style et de cette conduite, notre un peintre de paysage transporte dans l'antiquité. Comme le poète, il fait sympaimagination thiser les éléments avec le sujet : soit que d'épais nuages roulent au ciel, comme ceux du Titien et de Salvator Rosa ; soit qu'on les voie, comme dans ceux de Claude Lorrain, dorés par le soleil couchant ; soit que des monts escarpés forment des saillies soudaines et hardies, soit qu'ils s'inclinent en pentes faciles ; soit que les branches des arbres sortent brusquement \ et en angles droits de leur tronc, soit qu'elles naissent les unes des autres en formant une douce inclinaison. Toutes ces circonstances contribuent au caractère général de l'ouvrage,i| selon qu'il appartient au style élégant ou au style sublime. i. Allemand mort en 17^9, remarquable pour des têtes de vieillards d'un grand fini et d'une extrême platitude. 2. Hollandais, excellent dans les architectures, à qui Reynolds n'a pas refusé ailleurs son juste éloge, voir p. 412, 4i3, 414, 418.
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secours des jours et des ombres, Si "l'on ajoute le puissant •dont l'artiste est maître absolu, et qu'il peut varier et disposer ou les diminuant à sa guise, les augmentant pour le meilleur effet de son ouvrage, on conçoit qu'un paysage ainsi exécuté aura la même supériosous la conduife d'un génie poétique, rité sur les paysages ordinaires, que l'Allégro et le Penseroso* en prose. Un tableau de Milton ont sur de simples descriptions de ce genre fera plus d'impression que ne feraient les sites réels, s'ils nous étaient présentés. la Portons la vue sur les autres arts ; nous y trouverons même division en deux classes, réglées par deux principes différents : l'une attachée à suivre fidèlement la nature, l'autre à la diversifier et quelquefois s'en écartant. s'appliquant de L'art dramatique est cependant lui-même, dont l'essence le miroir à la nature, comporte ces deux divisions. présenter Le comique la farce, plaît d'autant plus que l'imipopulaire, tation en est plus près de la nature : pareille en cela au style bas des bambochades; mais quant à la haute comédie, je ne vois pas que ce qu'elle se propose l'imitasoit formellement tion en tant que mère de l'illusion, en tant qu'obligeant le à croire que les événements se passent réellement spectateur devant ses yeux. Elle ne tend pas plus à cela que Raphaël dans ses Carions ou Poussin dans ses Sept Sacrements n'ont tendu à faire croire, même pour un moment, que les figures peintes dans ces ouvrages sont de véritables personnes. Faute de faire cette distinction, mille fausses critiques emplissent le monde. On entend louer dans Raphaël la vérité et certainement il n'a point atteint et qu'on l'illusion, auxquelles peut être sûr qu'il n'a jamais cherché ; et l'on a vu Fielding, ami de Garrick, de louer cet admirable acteur entreprendre en supposant dans un de ses romans 2, ouvrage d'ailleurs d'un assis à la représentation d'une grand mérite, qu'un ignorant scène d'Hamlet jouée par Garrick, prend cette représentation réfléchir pour pour la réalité même. Il ne faut pas beaucoup i. Dans un de ces poèmes est dépeinte la gaîté, dans l'autre le charme mélancolique de la campagne. 2. Tom Jones. Liv. XYI, chap. Y.
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qu'il n'y a pas dans toute la scène une seule circomprendre Le mérite et constance qui tienne de la nature de l'illusion. et de Garrick, quand ils tenaient de Shakespeare l'excellence ces sortes de scènes, est d'un genre différent et beaucoup plus élevé. Mais ce qui ajoute à la fausseté de cet éloge, c'est que théâtrale est au contraire de nature la meilleure représentation à un homme de ce genre, qu'on à paraître moins naturelle qu'elle ne paraît à suppose n'avoir vu encore aucun spectacle, du théâtre fait se prêter aux conventions ceux que l'habitude dramatiques. il faut beaucoup Dans ces représentations, d'indulgence quant à l'illusion du lieu où se passe l'action : tant à cause des spectateurs qui nous entourent que des lumières qui éclairent de la langue poétique la salle, du changement des décorations, et qui, en tant enfin, si différente de notre anglais ordinaire, ne peut que surprendre dans qu'anglais seulement, beaucoup la bouche d'Hamlet et de toute la cour de Danemark. Le spectateur a ces indulgences ; mais parce qu'il les lui faut avoir, il est évident que toute illusion, au sens propre du mot, est détruite ; et de plus on sait que plus les gens seront de condition basse, illettrée et vulgaire, moins ils seront disposés à avoir ces indulgences, partant à recevoir aucune sorte d'illusion : les différences que la scène présente étant précisément les plus sensibles qui soient à cette sorte de gens sans instruction. ne soit pas d'entrer à fond dans Quoique mon intention cette matière de l'invraisemblance théâtrale, je dois remarquer des passions violentes n'est pas touque même l'expression de ce qu'elle est plus naturelle; jours meilleure à proportion en n'y cherchant que cela, la terreur qu'elle excite pourrait être si grande et communiquer au spectateur des sensations si pénile plaisir domine bles, que la balance en vertu de laquelle dans l'esprit serait détruite. Des contorsions désordonnées, des éclats de voix déchirants, quelque violente que soit la situation, quelque propre qu'elle paraisse à motiver cet excès, ne sont pas de mise au théâtre. on n'admet des Justement, licences en ce genre qu'à cause de la nécessité qu'il y a d'éten-
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dre et de grandir dans ses bornes chaque chose. Maintenue l'effet qu'elle doit produire sur l'âme du spectateur naturelles, serait perdu par la comparaison du grand espace que le théâtre et qu'il s'agit de remplir. Voilà pourquoi l'acteur présente marche à pas mesurés, ses gestes sont étudiés. Tous pourquoi ces artifices tendent à le grandir et à lui faire emplir la scène. Tout ce convenu, tout ce non-naturel, bien mis parfaitement à cette place, serait affecté dans un appartement et y ferait un effet ridicule : Quid enim deformius quam scenam in vitam ? transferre Observons ici ce qu'on peut regarder, je crois, comme une : qu'on n'a pas le droit de greffer un art sur un règle générale autre art. Car quoique tous les arts aient la même origine et s'élancent tous du même tronc, chacun n'en a pas moins sa manière d'imiter la nature et de s'en écarter, particulière dans l'intérêt du but qui lui est propre. Ces déviations ne peuvent souffrir d'être transportées. Un peintre qui prendrait pour modèle la pompe et la parade qui sont de mise au théâtre dans l'habit et dans les attitudes, au lieu de cette simplicité dont le charme n'est pas moindre en peinture et son condamné que dans la vie, serait justement style tenu pour mesquin. De même le jardinage s'écarte de la nature, je dis la partie du jardinage qui relève de l'art. Car si le bon goût consistait, comme beaucoup toute appale disent, à exclure d'un jardin rence d'art, de l'homme, il est toute trace d'intervention définisse clair que ce ne serait plus un jardin. Mais, quoiqu'on un jardin « la nature à son avantage », et que la arrangée nature n'y soit, dans un certain sens, que mise au mieux de la est beauté et de notre dès qu'elle récréation ; cependant, elle cesse d'être un objet pour le pinceau du peintre. arrangée, Tous les peintres qui traitent le paysage savent cela ; ils aiment suivant mieux prendre pour modèle la pure nature, et l'embellir de diffèrent beaucoup les principes de leur art. Ces principes conduit selon les meilleures ceuxdujardinage règles, et tel que de son prole souhaiterait un peintre même dans la disposition pre jardin.
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tous les exemples capables de rendre sensible J'ai rassemblé dessein de vous soumettre, les divers que j'avais points tirer vous-mêmes d'autres conclusions afin que vous puissiez des différents arts et de la conde cette analogie profitables de ses limites. naissance sur Le grand but de tous les arts est de faire impression L'imitation de la nature a souvent l'esprit et sur le sentiment. elle manque à le produire et l'on y parcet effet ; quelquefois sorte. Je pense donc que la véritable vient d'autre épreuve de quelque art que ce soit, n'est pas si l'ouvrage qu'il présente la nature, mais s'il remplit la fin de l'art, copie fidèlement d'une manière agréable. qui est de toucher l'esprit mots de l'architecture, Il ne reste plus qu'à dire quelques d'imitation. sous le nom d'art qu'on ne peut comprendre l'architecture Comme la musique, (et je dirai aussi la poésie), d'aus'adresse directement à l'imagination, sans l'intermédiaire cune imitation. il y a Dans l'architecture donc, ainsi que dans la peinture, une branche inférieure de l'art, à laquelle il ne semble pas que ait de part. Mais ce n'est pas de ses applications l'imagination utiles que l'architecture son nom d'art poli et libéral ; emprunte ce nom lui vient d'un principe plus élevé : car il est sûr qu'entre les mains d'un est capable artiste de génie, l'architecture d'émouvoir le sentiment de grandes et et de remplir l'esprit sublimes idées. Il n'est pas indigne de l'attention des artistes de considérer à cette fin, quelles matières leur sont remises pour atteindre et s'il n'est pas au pouvoir de cet art de s'adresser à l'imagination avec plus de moyens que n'en emploient en général les architectes. Pour ne rien dire de l'effet produit par cette symétrie et par cette comme dont l'oeil est charmé, proportion générale l'oreille l'est par la musique, l'architecture a certainement communs avec la poésie et avec la peinture. plusieurs principes Parmi ces principes il faut compter au premier rang celui de des idées. Ainsi, parce parler à l'imagination par l'association que nous avons de la vénération pour l'ancien, tout édifice qui
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un souvenir des moeurs et des coutumes anciennes, rappelle comme les châteaux du temps de l'ancienne est chevalerie, assuré de nous plaire. C'est la raison qui fait que les tours et les créneaux sont si souvent des peintres et recherchés des poètes pour l'ornement de leurs descriptions et de leurs tableaux. Et c'est de là encore que vient en grande partie que les édifices de Vanbrugh 1, qui fut à la fois poète et architecte, offrent un plus grand déploiement que nous d'imagination n'en trouvons fait dans aucun autre. Ce prestige peut-être que tant de fautes que les bons juges relèvent dans ses ouvradu tout. Il semble que ges, n'empêchent pas l'effet puissant en cela, ait eu recours à quelques-uns des prinVanbrugh, moins ancienne cipes de l'architecture gothique, qui, quoique l'est cependant bien davantage aux yeux de que la grecque, notre imagination ; or c'est à l'imagination que l'artiste a d'abord affaire. La magnificence barbare des édifices asiatiques, qu'un membre de cette académie 2 est en train de publier maintenant, de même fournir à à l'architecte, non des modèles pourra et d'effet général à procopier, mais des idées de composition duire, qui ne lui seraient peut-être pas venus sans cela. cette C'est une chose difficile, je le sais (et j'ai déjà remarqué les principes d'un art dans un difficulté), que de transporter au fond de modes diversifiés l'unité autre, ou de retrouver d'un même art, quand ils procèdent de principes différents. Les solides principes de l'architecture grecque ne sont pas de ceux qu'on doive légèrement sacrifier. S'en écarter ou y ajouter seulement, n'est pas une chose moins délicate que de passer d'un art dans l'autre, d'enfreindre les règles d'un art ou d'en suivre de nouvelles, sur l'analogie des principes qui gouvernent un art différent. Un grand maître seul peut s'y essayer, à qui ni la connaissance je suppose que ne manqueraient approfondie i. Auteur comique et architecte, ami de Congrève, mort en 1726, censuré par Walpole, ridiculisé de son temps par Evans et par Swift, estimé cependant et employé de la cour, célèbre pour ce partage d'opinion autant que par l'effet de ses talents. 2. Hodges. Ces vues sont à l'aquatinte en couleur; elles ont paru en 1778.
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237 de son art. ni celle de toutes les combinaisons de l'homme, tirât quelne serait-il Peut-être pas mauvais que l'architecte de ce que le peintre ne doit jamais perdre de quefois avantage qu'il les suivît quand ils vue, savoir qu'il usât des accidents, de les embellir plutôt que de qu'il s'efforçât peuvent servir, la sûreté d'un plan régulier. Il arrive invariablement chercher souvent que des maisons ont reçu, pour le plaisir ou pour la en des temps différents. L'effet de des additions commodité, revêt parfois un aspect ces additions, qui choque la régularité, un pas incapable d'inspirer pittoresque que je ne croirais à condition même dans un plan original, architecte que la commodité et la symétrie n'en souffrent pas trop. La variété et l'intérêt sont une source de perfection pour tous les autres ne le seraientà l'imagination arts qui s'adressent ; pourquoi ? elles pas pour l'architecture Les détours que font les rues de Londres, qui sont l'effet du hasard seul, non d'aucun plan ou dessein formé, n'en sont pas aux yeux de celui qui les parcourt, pour cela moins agréables tandis que si cette ville avait été bâtie d'après le plan régulier 1 au contraire de Wren, il se pourrait que l'effet en eût été fort comme c'est le cas pour quelques désagréable, parties neuves de la ville. Trop d'uniformité aurait produit l'ennui, et jusqu'à un certain point, du dégoût. Je ne prétends aux détails pas faire semblant de me connaître de l'architecture de l'architecture ; je ne juge pour l'instant qu'en peintre. Si j'ai nommé Vanbrugh, je n'ai voulu parler de lui que dans le langage de notre art. Donc, pour n'en parler avait l'originalité, et Vanbrugh qu'en cette sorte, Vanbrugh il entendait le clair-obscur, avait l'invention, il composait avec Pour supporter habileté. un morceau principal, il se servait de seconds et de troisièmes ou masses ; il entendait en groupes relativement à son art, ce qu'il y a de plus difficile perfection, dans le nôtre : un heureux ménagement du fond, qui donne à tous ses avantages. l'invention Ce que le fond est en peinture, le terrain l'est en architecture. n'a mis Or, aucun architecte i. Proposé au lendemain du grand incendie de 1666, et qu'on préféra ne pas suivre. C'est alors que fut rebâti Saint-Paul dans l'étal où nous le voyons.
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à éviter que son ouvrage ne frappât plus de soin que Vanbrugh les regards : gardant durement que son édifice ne semblât sortir de terre sans préparation et comme à l'improviste. Je demande comme un tribut qu'on prenne ces réflexions doit à un architecte comme un qu'un peintre qui a composé la récompense de ses peintre, et qui n'a manqué à recueillir mérites des beaux esprits de son qu'à cause de la critique temps, qui ne s'entendaient pas mieux que lui en poésie, et qui ne savaient que peu de chose ou rien de ce qu'il entendait savoir les principes fondamentaux de l'architecparfaitement, Sa destinée fut celle du grand Perrault : ture et delà peinture. tous les deux ont été l'objet des railleries des gens emportées de lettres et la victime des partis ; tous les deux ont laissé des plus beaux ornements dont leur pays se quelques-uns du Louvre, Blenheim f, Gastle-Howard vante : la colonnade 2. de tous les En résumé, je remarque que le but et l'intention à l'imperfection naturelle des choses, et arts est de suppléer souvent de plaire à l'esprit en faisant comme une réalité de ce qui n'a jamais existé que dans nos imaginations. Il n'y a personne qui ne convienne qu'en fait de récit et est soumis à des règles tandis que l'historien d'événements, sont affranchis de étroites, le poète et le peintre au contraire toute sujétion. Avec nous c'est l'histoire qui plie et se conforme Parce que ces arts, dans à la grande idée des arts. Pourquoi? ne s'adressent leur plus noble application, pas aux sens grossiers, mais aux désirs de l'esprit, à cette étincelle de la Divinité de se sentir enfermée et que nous avons en nous, impatiente bornée par le monde qui nous entoure. dans nos Autant il entre de ces désirs et de cette étincelle de dignité, autant ils méritent d'être arts, autant ils reçoivent le titre glorieux de divin se et voilà pourquoi dits divins, s'est le plus nobledonne aux artistes en qui cette supériorité ment révélée. i. Château du duc de Marlborough. 2. Château des lords Carlisle.
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PRONONCÉ A LÀ DISTRIBUTION
DES RÉCOMPENSES
le 10 décembre 1788.
DU MERITE DE GAINSROROUGH Messieurs, Dans l'étude de notre art comme dans celle de tous les autres, particuquelque chose a pour point de départ notre observation vient des lière, et quelque chose (ceci bien plus considérable) dans l'art. exemples que nous avons reçu de nos prédécesseurs Moins notre choix sera borné dans ces exemples, plus l'instruction que nous en tirerons sera grande, plus nos ouvrages seront en correspondance avec la nature et avec les grands principes nos modèles de l'art. En allant chercher dans la plus haute qu'il y ait dans un tel choix), nous antiquité (quelque avantage nous exposons à des inconvénients. Nous risquons que de et qu'une autorité trop imposante grands noms nous entraînent nous réduise à trop d'obéissance. Dans ce cas, notre savoir sera moins un exercice de notre jugement qu'une preuve de notre docilité. Peut-être un excès de charme nous ôte-t-il à en sorte que notre application tient plus de.la nous-mêmes, timidité du disciple de l'émulation. Il est que de l'ardeur bon que nos exemples soient près de nous, quelquefois s'ils sont dignes avec cela de notre imitation, tout est bien : ne nous empêchera parce que le respect qu'ils nous inspirent à leur endroit dans une espèce de rivalité génépas d'entrer reuse.
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venons de perdre M. Gainsborough 1, l'un des plus vivants ou de cette Académie. Les artistes grands ornements faire la morts qui font partie de notre société, ne sauraient matière de nos éloges. Ces éloges donnés aux vivants paraîtraient une adulation, donnés aux morts ils n'éviteraient pas d'une justice tardive; de plus, on pourrait les croire l'apparence dictés par la jalousie envers ceux qui vivent encore, auxquels de comparer les morts. Aussi on nous accuserait malignement mon intention est-elle, en parlant des talents de feu M. Gainsmoins de le louer ou de le critiquer, borough, que de tirer d'insde ses qualités mêmes et de ses défauts, une matière un jour à truction pour nos élèves. Si notre nation parvient d'assez beaux génies pour mériter qu'on nous disproduire le nom de de peinture à titre d'école Anglaise, tingue brillera dans l'histoire aux origines de cette Gainsborough Mais sachons nous avouer que notre réputation école naissante. à peine de naître. De plus, attendonsdans les arts commence dans d'anciens nous que le bruit de nos succès rencontre non des alliés, mais des adversaires; notre sort étant préjugés, à celui des derniers contraire artistes de l'école précisément dont on ne peut nier que la réputation en Romaine, s'appuie La route leur était préparée, et préjugés. partie sur d'anciens l'on peut dire qu'ils ont plutôt vécu sur le bon renom de leur du leur. Ce qu'un Anglais au pays, qu'ils n'y ont contribué obtient de réputation, ne peut venir que d'honnête contraire et si nos peintres apportent à leur pays une part comparaison, ce n'est point une gloire empruntée, de leur renommée, mais travaux. A l'égard des reproches par leurs seuls acquise l'Italie jouit de la prescription. qu'on peut faire à ses peintres, leur est acquise, comme aux enfants d'une terre L'admiration dont la destinée est d'enfanter dont la nature, des même, les derniers artistes de génie. En ce qui concerne venus, on une partie de leur gloire à l'ascenpeut sans injustice attribuer séculaire dont dant exercé dans le monde par une possession bénéficie l'école Romaine. Nous
i. Cet illustre peintre était mort le 2 août 1788.
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à dire, non sans témérité Aussi m'aventurerai-je peut-être, en renom de ce pays, Pompée peintres que deux des derniers Batoni et Raphaël Mengs, quelque son glorieux que leurs noms à nos oreilles, tomberont avant peu de rendent aujourd'hui temps au rang des Impériale 1, des Sébastien Conca 2, des Placide 4 et de leurs autres des Masuccio prédécesseurs, Çostanza 3, leur vie, sont vantés aussi pendant dont les noms, quoique dans l'oubli. Je ne dis pas que comme rentrés aujourd'hui au peintre dont je parle ces peintres n'étaient pas supérieurs la perte, dans une certaine routine de et dont nous regrettons laquelle prend aux yeux du public l'air d'une compratique, avec la superficielle position savante, et dans une ressemblance manière des grands maîtres d'autrefois ; je sais cela très bien, mais je sais aussi que celui qui recherche une réputation de lieux vraie, doit commencer par désapprendre "beaucoup communs qui s'étalent chez ces peintres. Quant à moi, j'avoue et que je ressens un attrait plus que je prends plus d'intérêt de nature a puissant à la forte impression que Gainsborough donnée à ses portraits et à ses paysages, et à l'agréable simde plicité de ses petits mendiants, qu'à aucun des ouvrages cette école, à compter depuis la mort d'André Secchi, peut-être dois-je dire de Carie Maratte : car ces deux peintres peuvent être avec justice appelés les derniers des Romains. Je sais que je risque le blâme et le ridicule auprès des proen préférant fesseurs d'Académies ainsi les moétrangères, destes essais de Gainsborough aux ouvrages de ces maîtres de l'histoire, mais j'ai pour moi l'autorité du genre patentés humain. Car qui ne préférerait le génie dans une branche plus obscure de l'art, à la faiblesse et à l'insipidité dans la branche la plus élevée ? Ce ne serait pas ici le moment, quand même j'en aurais les la vie de M. Gainsborough. Le récit de ses moyens, d'aborder progrès, l'histoire des chemins par lesquels il est arrivé à tant de 1. De son nom François Fernandi, maître de Pompée Batoni. u. Napolitain, décorateur habile, fixé à Rome, mort en 1764. 3. Romain, mort en 1759. 4. Romain, mort en 1758. 16
QUATORZIÈME DISCOURS mieux à mon dessein, à condition que s'accorderait perfection, je puisse l'écrire ; mais ces progrès sont en général imperceptibles, même pour celui qui les fait ; ils sont le résultat d'une idées que son esprit a reçues de différentes accumulation Il peut arriver cepensans savoir souvent quand ni comment. dant qu'on se rappelle le moment où la vue d'un certain peintre, un passage d'un certain auteur, un mot dans une conversation a fait naître une lumière soudaine, une espèce d'inspiration grâce à laquelle l'esprit s'est développé ; et qu'on soit certain que toute notre vie et toute notre conduite moralement de cette circonstance accidentelle. ont été sous l'influence Encore faut-il, pour qu'on nous donne avis de ces intéressantes à un homme dressé à soient arrivées rencontres, qu'elles et qui suit avec attention de lui-même, méticuleux l'examen les progrès de sa pratique dans l'art. à propos de Ce dont on peut parler avec grand intérêt et de ses habitudes, c'est de ses procédés Gainsborough, dans l'observation qu'on lesquels tombent plus naturellement peut faire. Je ne parlerai que de ceux qui ont rapport à l'art, de ceux qui furent, comme j'en suis persuadé, les raisons delà dans ses ouvrages. Entre ces perfection que nous remarquons comme la principale, c'est raisons, celle qu'il faut regarder l'amour qu'il avait pour son art, dont il paraît certainement vraiment que son esprit était uniquement occupé, et auquel il rapportait tout ; nous en avons la preuve dans différents traits En parde sa vie, dont ses amis intimes ont eu connaissance. sans cesse à ceux ticulier, il avait l'habitude de taire remarquer toutes avec qui il se trouvait, tous les détails de physionomie, accidentelles de figure, tous les heureux effets les combinaisons de lumière et d'ombre dans les points de vue et dans les ciels, soit qu'il se promenât par les rues, soit qu'il se trouvât en dans ses promenades quelque caraccompagnie. S'il rencontrait comme modèle, tère qui lui plût et qu'il fût possible d'obtenir il le faisait venir chez lui ; et d'autre part il rapportait de la d'arbre, des plantes campagne dans son atelier des branches ensuite, non et différentes qu'il dessinait espèces d'animaux, de mémoire, mais d'après nature. 11 se composait aussi, pour 242
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avec des lui tenir lieu de modèle, des paysages sur sa table, et des morceaux de fragments de pierre, des herbes sèches en rochers, en arbres, en miroir, que son pinceau changeait étano-s et en rivières. Jusqu'à quel point cette pratique peut des idées, c'est aux peintres de paysage à le servir adonner comme tous les dire ; quant à moi, elle me paraît dépendre, du talent de celui autres procédés de cette sorte, uniquement Ces sortes de méthodes peuvent n'être autre qui l'emploie. chose que des amusements frivoles et dangereux ; elles peuvent aussi rendre service : au total, mon avis est qu'il faut constamet que faute de ce point à la vraie nature, ment retourner toute pratique est nuisible. Je ne parle donc de celle-ci que parce qu'elle nous fait voir l'ardeur, l'activité de Gainsborough il fallait qu'il dans tout ce qui tenait à son art; et comment eût les objets de son imitation matériels et distincts devant lui. rien de tout ce qui On voit aussi par là qu'il ne négligeait pouvait tenir ses facultés en exercice, et que toutes sortes de moyens lui étaient bons pour mettre en mouvement ses idées. Il ne faut pas oublier non plus, puisque nous sommes sur sur l'habitude ce sujet, de faire quelques remarques qu'il eut de peindre à la chandelle, qui confirme ce que j'ai déjà remarqué de ce grand amour pour son art; puisque, le soir venu, il ne trouvait pas de récréation qui lui fût plus agréable. Je suis du reste beaucoup porté à croire cette pratique très avantanouvelles geuse, à cause des perceptions qu'elle permet de de ce qui est grand et beau dans la nature. A'làprendre lumière de la chandelle, non seulement les objets apparaissent comme ils font de plus plus beaux, mais encore, recevant grandes masses de jour et d'ombre, prenant d'autre part plus d'uniformité et de largeur dans la couleur, la nature y paraît dans un plus grand style ; la chair elle-même semble monter . de ton. C'est au jugement à nous guider/dans l'étendue que nous devons donner à cet exercice ; mais la méthode en soi est Je me suis souvent imaginé que les deux à recommander. grands coloristes, le Titien et le Gorrège (quoique personne ne nous dise s'ils ont vraiment peint de nuit), avaient formé leurs grandes idées de là couleur d'après les effets que font
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mais je suis bien objets dans cette lumière artificielle; avec soin la première plus sûr encore que ceux qui étudieront et la meilleure manière du Guerchin, se convaincront, ou qu'il à la chandelle, ou qu'il a formé sa manière peignait d'après cet éclairage. Une autre pratique de Gainsborough mérite aussi une mention, comme elle mérite d'être imitée : je veux dire la pratique dans laquelle il était de faire toutes les parties de ses tableaux à la fois, toutes s'avançant en même temps, suivant la méthode qu'on voit à la nature dans la création de ses ouvrages. Quoique cette méthode ne soit pas très rare chez des hommes régulièrement instruits, il faut au moins qu'elle ait été chez lui le fruit d'une sagacité naturelle. Aussi bien, pour montrer qu'elle n'est pas générale, il suffit de citer Pompée Batoni, que j'ai nommé tout à l'heure. Il peignait ses tableaux d'histoire partie il ne passait pas à un trait par partie, et dans ses portraits nouveau du visage, sans avoir complètement achevé le précédent. La conséquence : la était celle qu'on pouvait attendre ne s'y trouvait et comme disent les physionomie jamais, peintres, le tout n'était pas ensemble. La première chose requise pour exceller dans notre art, comme je crois dans tous les arts, ce n'est pas seulement de de s'y rendre l'aimer, c'est encore d'être possédé de l'ambition Une telle disposition ne manque jamais d'obtenir supérieur. un succès proportionné aux talents dont la Providence nous a doués. Et nous savons que la passion de Gainsborough n'était celui d'exceller mais uniquement pas le désir des richesses, dans son art et de jouir de cette honorable célébrité qui en est la récompense certaine. Que telle ait été jusque dans la mort sa passion dominante, j'en suis témoin. Quelques jours avant de quitter la vie, il m'écrivit une lettre où il exprimait sa reconnaissance de la bonne opinion que je professais pour ses talents et de la manière dont on lui avait dit que j'avais toujours parlé de lui. Il exprimait le désir de me voir une fois encore avant de mourir. Je sens tout l'honneur qui me revient d'être ainsi mêlé au témoignage que cet excellent peintre a porté de son art en dans ses derniers moments ; cependant, je ne puis
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n'était pas fort grande entre nous 1. que la liaison qui de son vivant nous diviAinsi, quelques petites jalousies, oubliées dans ces instants de sinsèrent furent entièrement cérité et il se rapprocha de moi comme d'un homme animé du même amour de l'art, et qui méritait sort estime pour m'être Sans montré sensible à ce que l'art avait chez lui d'excellent. entrer dans le détail de cette dernière entrevue, j'en publierai cette impression, seulement que son regret de quitter la vie était surtout celui de quitter son art; principalement parce ses défauts. Il ajoutait disait-il, à apercevoir qu'il-commençait, en étaient ouvrages que ses derniers qu'il avait confiance exempts jusqu'à un certain point. Maintenant, parvienne qu'un homme comme Gainsborough sans éducation sans à cette grande renommée académique, avoir été en Italie, sans aucune de ces études préalables qui sont recommandées partout, c'est un exemple qu'on alléguera sans doute pour prouver que ces choses ne sont pas nécessaires, puisque tant de talent peut être acquis sans elles. Mais ne sont pas bonnes à tirer de quelque de telles conclusions ne que ce soit, et je suis sûr que personne exemple particulier suppose que je veuille m'y ranger. Il faut se rappeler que le style et le genre de peinture choisi et dans lequel il a tant excellé, n'était pas par Gainsborough, de ceux qui demandent qu'on quitte sa patrie pour chercher des modèles d'étude. Ils étaient partout autour de lui, il les rencontrait aux champs et dans les rues, et de ces modèles ainsi fournis par accident, il choisissait avec beaucoup de. discernement ceux qui convenaient à ses desseins. Comme ses études étaient surtout tournées vers le monde d'aujourd'hui, il ne donnait pas beaucoup d'attention aux ouvrages des différents maîtres, en soit utile à tout, même quoique l'étude de lorsque le genre du sujet nous oblige à nous écarter de leurs principes. Cependant, on ne peut conquelques-uns dissimuler
1. Ils vécurent brouillés et ne se réconcilièrent qu'à la mort, sur une démarche que Reynolds crut devoir à la réputation de son rival et à l'honneur de l'école Anglaise. L'amour de l'art les réunit. « Nous irons tous au ciel dit Reynolds, et Yandyck sera de la partie. »
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tester que la perfection dans le genre qu'il professait peut être obtenue sans leur secours; on ne peut contester que dans de le défaut de pareils sujets et dans la manière qu'ils demandent, ces principes et peut être suppléé par une sagacité naturelle étude de la nature individuelle. Si Gainspar une scrupuleuse borough n'a pas ouvert les yeux d'un poète sur la nature, il faut convenir avec les yeux d'un peintre et qu'il l'a regardée sinon poétique, du moins qu'il a donné une représentation, fidèle, des objets qu'il avait devant lui. aux anciens Quoiqu'il n'ait pas donné beaucoup d'attention il n'en était pas moins ouvrages des grands peintres d'histoire, averti que le langage de l'art (c'est-à-dire l'imitaparfaitement tion) doit être appris quelque part, et comme il savait que cela ne se pouvait faire comme il fallait chez ses contemporains, il fort judicieusement à l'étude de l'école Flamande, s'appliqua dont les maîtres sont sans contredit les premiers dans cette branche de l'art. Or, pas n'était besoin qu'il sortît de son pays des modèles de cette école. C'est d'ux qu'il pour trouver du coloris, l'économie et la disposition apprit l'harmonie du clair-obscur, et tout ce que ces maîtres ont mis en praleurs oeuvres et leur donner de l'éclat. tique pour embellir à lui-même Et pour rendre témoignage et aux autres de la des moyens par lesquels ces peintres parfaite connaissance le ton de couleur obtiennent il fit quelque nous admirons, quefois des copies d'après Rubens, d'après Téniers, d'après Vandyck, que le meilleur connaisseur pourra sans honte à première vue prendre Ce qu'il avait appris pour les originaux. aux modèles que lui proposait la nature, ainsi, il l'appliquait et il imitait ces modèles, non dans la manière de ses maîtres, mais dans la sienne. Il serait difficile de dire dans quel genre il a le mieux réussi : portrait, paysage ou tableaux de fantaisie. Ses paysages le disputent à ses portraits pour la vérité de l'imitation, qui n'est et pas moindre que dans les tableaux de Rubens, de Ruysdaël des autres maîtres de ces écoles. Dans ses tableaux de fantaisie, quand il avait fait choix de son sujet, que ce fût l'aspect ou d'un caractère d'enfant rustique et grossier d'un bûcheron,
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il ne se mettait pas en peine de donner intéressant, noblesse à l'un et il gardait en perfection la grâce et l'élégance de l'autre, cette grâce et cette élégance qu'on trouve non à la de mérite était à lui, cour, mais sous le chaume. Ce genre et de son goût particulier ; c'était le résultat de ses observations ni à quelrien à l'école Flamande, il n'en devait certainement rien qui rappelle : que autre école que ce fût sa grâce n'ayant et n'étant rien que le résultat soit l'antique, soit l'académie, d'un choix formé à la grande école de la nature. Mille autres grâces diverses sont à extraire encore de ce réservoir inépuisable : grâces qui ne sont ni celles des autres, ni les siennes, et à l'observation des adroite qui s'offrent à la poursuite de la vie. hommes dans les scènes innombrables En résumé, tout ce qu'il a essayé, on peut dire qu'il l'a porté A l'honneur de son jugement, à un haut degré d'excellence. dans le genre des tableaux on ne lui a rien vu entreprendre études ne l'avaient pas préd'histoire, auquel ses premières paré. Et l'idée vient ici naturellement la sage conduite d'opposer de Gainsborough à celle de feu notre estimé Hbgarth, lequel, distinction de ses talents, n'a pas eu cet malgré l'extrême ses limites. Après que cet admirable avantage de connaître artiste eût employé la plus grande partie de sa vie à une observation active, infatigable, et, il faut le dire, heureuse, des ridicules; après qu'il eût inventé un nouveau genre de dans lequel il est probable qu'on ne l'égapeinture dramatique, lera jamais; après qu'il eût amassé en esprit une abondance infinie de matériaux propres à représenter les scènes de la vie familière, objet naturel de son pinceau, il fit ce projet imprule grand dent, ou présomptueux pour mieux dire, d'essayer style de l'histoire 1, auquel ses habitudes acquises le rendaient tout à fait impropre. Mais il avait si peu d'idée des conditions de ce style, qu'il ne savait pas seulement qu'il y fallût une préIl faut regretter paration intellectuelle. qu'un homme de ce génie ait employé en pure perte quelque partie dé son exis-
1. En particulier aux Enfants-Trouvés de Londres, où il a peint Moïse sauvé des eaux.
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tence. Que son erreur donc nous soit une occasion d'apprendre d'un moment ne peut suffire à donner soit qu'une résolution de la dextérité à la main, soit de nouvelles habitudes à l'esprit. Ceci ne m'empêche pas de croire que la même sagacité qui a leur véritable objet permis à ces deux artistes de reconnaître et de s'attacher au genre de perfection leur qu'il comporte, aurait fait également découvrir les principes du grand style, s'ils avaient porté de ce côté une application égale à celle n'a qu'ils ont exercée dans leur branche. Comme Gainsborough il n'a jamais détruit non jamais essayé les sujets héroïques, de son style par la vaine parade de science plus l'uniformité dont d'autres ont chargé des peintures du même mythologique de cet enfantillage, même genre. On trouve assez d'exemples dans les ouvrages de quelques grands maîtres. Quand l'école Hollandaise a voulu embellir ses paysages de cette poésie de notre art, ses productions de la critique; la mettent au-dessous tout ce qu'elle obtient est défaire rire. Cette pratique convient à peine aux ouvrages de Claude Lorrain même, qui, tout compte fait, auraient encore gagné à ne point accueillir ces sujets. 1 Feu notre distingué Wilson mérite, je le crains, collègue à l'exemple de plule même reproche, pour avoir introduit, dans sieurs, des dieux et des déesses, des êtres imaginaires, des. scènes faites pour tout autre chose que pour les recevoir. Ses paysages avaient réellement trop de rapport avec la nature ordinaire des personnages En surnaturels. pour admettre de cette erreur, dans une fort belle Tempête 2 conséquence que j'ai vue de sa main, où paraissent au premier plan plusieurs figures, quelques-unes agitées par l'effroi, d'autres couchées mortes à terre comme si la foudre les eût frappées, il a cru bien faire d'introduire, à titre d'auteur de ce tumulte, un petit Apollon qu'on voit juché dans le ciel avec son arc tendu ; de sorte que nous sommes priés de prendre toutes ces figures pour des enfants de Niobé. i. Mort en 1782. 2. La Niobé, dont la Galerie Nationale de Londres et Bridgewaler-House offrent des répliques. D'autres se trouvaient à Thirlestaine-House et dans la collection Wynn-Ellis.
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Pour réussir dans un sujet de cette sorte, il faut un style partiet même sans impropriété culier, et l'on ne saurait y prétendre et cela dans du paysage, sans ridicule, que si le caractère ou poétique toutes ses parties, est adapté à l'action historique une réussite difficile, qui demande un C'est représente. qu'on ans de notre monde, naturalisé deux mille à transporté esprit comme était celui du Poussin. pour ainsi dire dans l'antiquité, idée qui se Dans le. tableau dont je viens de parler, la première est inattendue cette présente est celle de quelque miracle, tant par des placée en plein ciel et soutenue figure d'Apollon, nuages qui ne paraissent pas capables de la porter. Ces nuages ni la forme requise n'ont ni la substance, pour servir de et on n'y trouve à tous égards support à une figure humaine, rien de ce caractère fabuleux qui convient à de pareils objets, et qui seul les met en. harmonie avec l'histoire poétique des anciens. fantaisie d'un J'oserai comparer cette conduite à l'absurde causés par des malheurs homme qui, en racontant réels, d'éclairs et de tonnerre, inondation accompagnée quelque quitterait tout à coup le récit de ce qui est arrivé, pour amener ou telle autre image Jupiter Pluvius, Jupiter et ses carreaux, ce Cependant, poétique dont il penserait orner sa narration. mélange réussit en poésie, à condition d'y mettre les préparations et les accompagnements ; mais son qui conviennent effet dans la circonstance serait de contrarier le projet du narrateur, et d'y verser au lieu d'intérêt le ridicule. Le style du paysage hollandais et flamand, sans en excepter même Rubens, ne convient point aux sujets poétiques ; mais de faire connaître en quoi cette disconvenance consiste, et de marquer toutes les circonstances qui donnent de la noblesse, de la grandeur et un caractère poétique au style des paysages, cela obligerait d'entrer dans de longs discours, et peut-être le but. Le peintre curieux de courir qu'encore on manquerait cette carrière périlleuse, doit puiser ses inspirations chez les maîtres qui ont entendu ce qu'on peut appeler la poésie de l'art, et ceux-là sont en petit nombre. Je ne quitterai pas ce sujet sans citer deux exemples qui se
QUATORZIÈME DISCOURS à ma pensée, et dans lesquels on trouve le style présentent poétique du paysage heureusement exprimé : l'un est le Songe de Jacob *, par Salvator Rosa, et l'autre le Retour de l'Arche par Sébastien Bourdon 2. De quelque majesté que ces événements soient pleins dans le récit qu'en fait l'Écriture, le style que ces tableaux impriment n'a pas un moindre pouvoir d'insCe pouvoir va juspirer le respect et une crainte religieuse. à des sujets qui y semblent contraires. qu'à le communiquer Une échelle posée contre le ciel ne semble guère faite pour exciter des idées héroïques ; et l'Arche entre les mains d'un peintre de second ordre ne produirait guère plus d'effet que ne pourrait en faire une charrette sur un grand chemin. Cependant, ceux-ci ont traité ces sujets, avec un sentiment poétique si complet, les parties y ont à cet égard une si parfaite corresentre elles, l'ensemble comme chaque partie de la pondance scène y tient si fort de la vision biblique, qu'il est impossible de les regarder sans partager plus ou moins l'enthousiasme dont le peintre paraît possédé. Par la contemplation assidue de pareils ouvrages, un sens des de l'ai't s'allumera peu à peu dans l'esplus hautes perfections prit de l'artiste; après chaque examen nouveau, ce sens s'afferd'une tranquille certitude mira, jusqu'à ce que nous jouissions de la réelle existence (si je puis parler ainsi) de ces objets l'artiste n'aura pas de peine à Cette impression, quasi-idéaux. dont il ne lui restera la. réduire par l'analyse à ses principes, : principes et à composer sa pratique plus qu'à se pénétrer trop délicats, je crois, et trop spéciaux aux arts d'imitation, pour qu'il y ait d'autres moyens de s'en rendre maître. Retournons maintenant à Gainsborough. Plusieurs ont reou, comme on peut l'appeler, le gardé sa manière singulière, langage dans lequel il exprime ses idées, comme son plus grand défaut. Mais laissons le point de savoir si ce fut un défaut : il est certain que cette singularité s'entremêlait chez lui à de de ces beautés même tenaient sans grandes beautés ; plusieurs 25o
i. Probablement le tableau de Devonshire-House. 2. Alors en la possession de Reynolds, maintenant à la Galerie Nationale de Londres, n° 64 du catalogue.
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donc à ce point de vue, qui doute à cela : nous l'étudierons fait un propre objet de la critique d'un peintre. nous prévient souvent de style singulière Une nouveauté avec faveur. Souvent aussi elle choque et se fait critiquer, comme contraire à d'autres manières auxquelles nous sommes nous avons et que dès notre enfance peut-être accoutumés, regardé comme les modèles de l'art ; car, malgré tout le plaisir nous n'en sommes pas moins que nous cause la nouveauté, d'habitude. au total des créatures Quoi qu'il en soit, il est certain que tous ces traits et ces hachures, qui se découvrent et qui semblent à l'examen dans les tableaux de Gainsborough, à des peintres même expérimentés l'effet du hasard plus que de la volonté, il est certain, dis-je, que ce chaos, que cette apparence informe prend à distance, par une espèce de magie, une forme, et que toutes les parties vont se ranger à leur de regarder cette négligence place; de sorte qu'il estdifïicile apparente autrement que comme l'effet d'un dessein. Que Gainset la surprise lui-même ait regardé cette singularité borough je crois qu'elle cause comme une beauté dans ses ouvrages, qu'on peut le conclure du désir qu'il a toujours montré que fussent vus ^de près aussi dans nos expositions ses tableaux bien qu'à distance. L'air inachevé qu'on trouve dans ses meilleurs ouvrages ne saurait être toujours imputé à la négligence. Quoi qu'en puisse les peintres savent très bien penser l'observateur vulgaire, qu'une constante attention donnée à l'effet général prend plus de temps et demande à l'esprit bien plus de peine que n'importe quelle manière de finir et de fondre sans cette attention. Son les couleurs, faire, sa manière de coucher ou, en d'autres de l'effet, avait termes, la conduite qu'il tenait pour produire d'un artiste qui n'aurait jamais appris beaucoup de l'apparence d'un autre la pratique usuelle et régulière, mais qui, par un instinct profond de ses besoins, aurait tiré de lui-même ses moyens. Ce n'est pas faire injure au génie de Gainsborough que de le comparer à ces hommes, dont l'éloquence naturelle se fait même en parlant une langue qui leur est étranremarquer
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gère, et qui, sans presque connaître l'expression propre d'une seule idée, n'en parviennent pas moins à donner l'impression de leur pensée. vive et frappante Ne doutons sans risque la vérité, pas que, sans choquer on d'égarer l'esprit des commençants par une fausse critique, ne puisse justifier jusqu'à un certain point ce style d'exécution. Le dessein de défendre la gloire d'un artiste aimé ne saurait excuser les fautes ; mais il est très certain que la manière hachée de Gainsborough contribue à la légèreté d'effet qui fait dans de ses tableaux une si grande beauté, de même que beaucoup delà douceur et des couleurs fondues produisent quelquefois combien souvent lourdeur. Tout artiste doit avoir remarqué cette légèreté du pinceau, sensible dans le camaïeu dont on dans l'achèvement de couche, compose une première disparaît Un autre déchet l'ouvrage après qu'on en a arrêté les parties. et de bien plus de conséquence, que chacun de nous a souvent c'est que, tandis qu'on s'occupe du détail, l'effet du éprouvé, comme je l'ai tout, est oublié. La ressemblance d'un portrait, consiste plus à conserver l'effet général de ailleurs, remarqué la. physionomie, partie de qu'à finir avec attention quelque n'a souvent guère plus l'ouvrage que ce soit. Or, Gainsborough terminé ses portraits ou déterminé la forme de leurs traits dans le camaïeu préparatoire; qu'on ne le fait ordinairement mais comme il était toujours attentif à l'effet général et au tout, a contribué à la ébauchée j'ai pensé souvent que cette manière si remarquable dans ses portraits. ressemblance frappante Peut-être on regardera ce que je vais dire comme une fantaisie; Il faut supposer que dans cependant, je le crois raisonnable. cette manière indéterminée il y a assez de l'effet général pour au au spectateur ; l'imagination rappeler supplée l'original d'une manière reste, et peut-être qui nous satisfait plus, sinon même, que tout le soin mis par l'artiste à finir plus exactement n'aurait pu faire. Convenons en même temps que celte méthode offre un inconvénient : c'est que, si l'on voyait le portrait avant à qui on de connaître différentes des personnes l'original, le présenterait se feraient de ce dernier des idées différentes, et que toutes en trouvant seraient que trompées également
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à leur idée : à cause de la grande l'original ne répond point latitude que des traits inachevés vous laissent d'y loger le caractère ou la forme qui plaît. Tous les artistes ont leur partie favorite, à laquelle ils donsi ardemment et dont ils poursuivent nent plus d'attention, Souvent cette l'étude, qu'elle absorbe toute autre considération. est cause qu'ils tombent dans l'erreur contraire à préoccupation celle qu'ils voulaient éviter, laquelle est comme un piège toudoué d'un vrai oeil jours ouvert devant eux. Or, Gainsborough, de peintre à l'égard du coloris, s'adonnait aux effets de l'art qui procèdent de la couleur ; il s'ensuit que parfois il paraît insensible aux autres genres de perfection et tout prêt à les négliMais, quelque ger. Telle est la cause de cette imperfection. chez ce peintre, qu'il reçoive de défauts que nous trouvions nous la même justice que nous aimons à rendre aux anciens ce dégoût qui nous empêche maîtres. Gardons d'encourager d'être content de tout ce qui n'est pas parfait, et qui nous porte à désirer, comme nous le faisons quelquefois, une réunion de A ce compte, perfections qui ne sont peut-être pas compatibles. nous pourrions nous plaindre que le divin Raphaël lui-même n'ait pas su finir ses peintures sans encourir la pesanteur, et que Poussin n'ait tant de précision qu'au prix de la dureté et de la sécheresse. Pour montrer la difficulté qu'il y a à unir la solidité à la légèreté de manière, on peut citer un tableau de Rubens dans à Bruxelles, représentant la Vocation l'église de Sainte-Gudule de Saint Pierre 1, ouvrage à la fois le plus fini et le plus pesant que je me rappelle avoir jamais vu de ce maître : de sorte que si je l'avais trouvé ailleurs, je l'aurais soupçonné d'être une copie ; car on sait assez parmi les peintres que cet air de facilité est ce qui distingue les originaux des copies. Une légèreté d'effet produite par la couleur et celle qui résulte de la facilité du faire, sont généralement réunies : une copie peut garder quelque chose de l'une, mais presque jamais rien de l'autre. Aussi faut-il qu'un connaisseur examine bien attentivement le i. Yoir p. 362.
DISCOURS QUATORZIÈME tableau, pour décider s'il est original. Gainsborough possédait de manière et d'effet à un degré dont il n'y a, cette légèreté mais il faut convenir en même je crois, pas d'autre exemple; de notre art temps que les sacrifices qu'il a faits à cet ornement en vérité de moindres sont trop grands ; c'était préférer perfections aux plus grandes. excuse qu'on allègue pour Tes défauts Je conclus. Quelque de son défaut de de.Gainsborough (je veux dire en particulier et de fini), qu'il a su si ingénieusement couvrir par précision des beautés, et qui ne sont pas de la plus grande importance dans la partie de l'art qu'il cultivait, iLfaut que vous vous rapdans cette Académie est peliez que le style qu'on enseigne de ceux qui ne permettent absolument justement pas ce de votre application. défaut. Ce style doit faire l'objet Votre premier devoir dans cet effort est de ne perdre jamais de vue de l'art formés sur les grands et lès règles principes et confirmés maîtres lïèxemple des grands par l'expérience. Voilà le fond de toutes vos études. A cela, il vous sera permis le profit qu'on peut faire (comme je voudrais que dîajputer et des de l'expérience vous le fassiez aujourd'hui) particulière ou morts. des d'artistes vivants Tirez talents personnels de leur pratique et recueillez-en des idées. Mais lumières aussitôt que vous faites d'eux des modèles, vous tombez beaud'eux ; vous courez le risque que des mérites coup au-dessous de l'art que le propre de ces qui sont moins la dépendance et qu'une imitation de artistes, ne servent qu'à votre corruption, de bons maîtres. ce genre ne vous rende mauvais copistes c'est la Une seule chose se recommande à votre imitation, vérité générale de la nature. 254
PI. 9.
BllEVETni: MEMBRE DE l.'AcADÉMU: DE PEINTURE DE LONDRES. Dessinde Ciprinni, gravure de Bavtolozzi.
QUINZIEME
DISCOURS
PRONONCÉ A LA DISTRIBUTION
DES RÉCOMPENSES
le 10 décembre 1790.
EXCELLENCE DE MICHEL-ANGE Messieurs, à celle de Les rapports étroits qui ont lié mon existence les devoirs son établissement, l'Académie depuis Royale si dans lesquels elle et moi avons été engagés réciproques d'attachement de ma font que toute profession longtemps, serait inutile : l'habide cette compagnie part à l'égard aurait suffi pour le prosentiments, tude, à défaut d'autres duire. entre des hommes réunis dans le même corps et Pourtant, amitié ne saurait appliqués au même objet, la plus constante ne s'élèvent 1. Dans ces sortes faire que de légers dissentiments de contestations, les hommes abondent naturellement plus qu'il ne convient dans leur sens ; ils perdent la mesure, de l'inMais, constidulgence que nous devons à nos contradicteurs. tués comme nous le sommes, ces petits différends ne passeront point dans le public ; ils seront oubliés, même effacés par l'estime mutuelle qu'on professe chez nous pour les talents. 1. Ces dissentiments se produisirent au mois.de février 1790, à l'occasion du désir qu'eut Reynolds de faire élire académicien l'architecte italien Donomi. Les académiciens préférèrent Fuseli, et Reynolds aussitôt se démit de la présidence. L'interventiondu roi lui-mêmene put d'abord le décider à la reprendre; enfin, les démarches de ses collègues l'emportèrent, et c'est comme président qu'il prononça ce dernier discours.
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QUINZIÈME
DISCOURS
Toutes
les dissensions doivent finir, et je suis sûr qu'elles finifraternels ront, dans les sentiments qu'excite un zèle commun pour l'art. En me retirant de l'Académie 1, c'est avec orgueil, avec affection, avec gratitude, que je rappelle la confiance presque dont elle a bien voulu m'honorer inaltérable depuis l'origine. Sn me séparant de vous, Messieurs, je forme des voeux sincères pour votre concorde future et je me réjouis à la pensée fameuse de cette Acaque, grâce à cette concorde, l'origine démie sera effacée encore par les succès de l'avenir. à regarder Mon âge et plus encore mes infirmités m'obligent où j'aurai eu l'honneur de vous cette fois comme la dernière adresser la parole de cette place. Privé comme je le suis, spatiis veuillez donc d'existence, iniquis, d'une longue perspective m'excuser si je tourne mes regards en arrière vers le passé, sur la route que j'ai parcourue. Les membres de cette Académie peuvent, je crois, réclamer l'honneur d'avoir rempli de leur mieux cette place intermédiaire que chacun tient dans l'ordre général des choses. Nos ont travaillé pour nous, nous travaillons devanciers pour nos nous n'ayons pas fait plus dans cet et quoique successeurs, et dans cette réciprocité, échange que n'ont fait d'autres sociétés formées dans ce pays pour l'avancement des sciences une circonstance utiles et agréables, nous autorise pourtant à réclamer plus que l'éloge d'avoir fait seulement notre devoir. Je parle de l'honneur d'avoir commencé qui revient à plusieurs les premiers, et à tous en général d'avoir soutenu nos expositions annuelles 2. Ce projet, dans l'origine, n'a pu être conçu de la faveur publique ; déjà honorés que par des artistes d'autres auraient été moins en mesure d'exciter la curiosité. Ainsi, il a fallu que le désir qu'ils ont eu de produire au grand jour le mérite caché, leur fît braver le risque de se donner des rivaux. Ils sont rentrés de leur plein gré dans la lice, et une i. Ses infirmités l'y obligeaient. Il avait perdu l'oeil gauche, et la crainte que le droit ne vînt à lui manquer l'avait fait renoncer depuis l'année précédente à la pratique de son art. 2. Sur ces expositions, voy. p. 21.
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seconde fois ont disputé la palme qu'ils avaient déjà remportée. de cette classes en revue les différentes Si nous passons féliciter nous n'aurons pas moins lieu de nous Académie, du d'avoir vu nos chaires occupées jusqu'ici par des maîtres avec et qui en ont rempli les fonctions plus grand mérite, il honneur. Je regarde cela comme d'une grande importance, de ces chaires soit laissée vide un seul ne faut pas qu'aucune de maîtres qualifiés, entraîde les pourvoir instant : négliger mêmes. de ces qualifications nerait la disparition au rang honode me placer moi-même Je n'ai pas présumé rable des professeurs, que j'ai eu quoique dans les discours de cette place, je ne puisse pas de vous adresser l'honneur tout à fait comme un volontaire me considérer ; il est certain d'en prendre le soin. Puisque que quelque chose m'obligeait il apparaissait non seulement des prix devaient être accordés, mais presque comme indispensable, comme convenable, que mots à la distribution de ces le président prononçât quelques devait désirer pour sa propre réputation prix; et le président de ne pas se borner à de simples compliments. Ces compliseraient devenus insiments, pour être trop souvent répétés, auraient fini par ne dispides, et, pour être donnés à beaucoup, J'ai donc pensé qu'en les faisant précéder de tinguer personne. sur l'art, nous aurions en quelques considérations l'avantage, couronnant le mérite, de fournir des secours à son avancement. Je sens parfaitement à quel point je suis resté au-dessous de de mes idées. Pour développer l'essence cachée l'expression et mettre au jour les principes intérieurs de notre art, il faut d'écrire en plus d'habitude qu'on ne peut raisonnablement attendre d'un homme occupé de la pratique du pinceau. C'est la raison bénéficie d'une peut-être qui fait que la poésie meilleure critique que sa soeur la peinture. Les poètes écrivent facilement en prose ; quand ils expliquent et développent les les plus raffinés de leur art, on peut dire qu'ils ne principes font qu'en pratiquer une branche inférieure. Toutefois il ne faut pas que cette difficulté empêche les artistes qui n'ont pas d'autres raisons pour les en détourner, de mettre leurs idées en 17
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ordre le mieux qu'ils peuvent, et de communiquer au public les résultats de leur expérience. La connaissance qu'un artiste a de son sujet, fera mieux que racheter un défaut d'élégance dans sa manière de l'exposer, ou même un défaut de clarté, qui est encore Je suis persuadé plus nécessaire. qu'un court essai venant d'un peintre fera davantage de la pour l'avancement théorie de notre art qu'un millier de volumes comme on en voit dont le but semble être plutôt d'exposer les idées rafparaître, finées de l'auteur utile. Un aucune instruction que d'apporter artiste sait ce qu'il est et ce qu'il n'est pas du ressort de son art ; il n'y a pas à craindre d'accomplir qu'il assomme un pauvre jeune peintre de la beauté des passions mixtes i, ou qu'il trouble son repos de l'union imaginaire de perfections incompatibles. on ne peut pas dire que je me sois porté à cette Cependant tâche sans provisions et d'aucune sorte. J'avais vu beaucoup, réfléchi sur ce que j'avais vu; je n'étais pas j'avais beaucoup sans quelque habitude et j'inclinais naturellement d'observer, à réduire tout ce que j'avais observé et tout ce que je sentais en moi en méthode et en système; mais n'ayant jamais vu ce mis en ordre sur le papier, je ne que je savais par moi-même savais rien correctement. De mettre ces idées dans quelque façon ce n'était pas peu de chose pour mon inexpérience. d'ordre, La composition, le ponere tolum, ne fût-ce que d'un seul aussi bien que d'une seule règle 2, était la partie la discours, dans tout autre art, et plus difficile, comme elle l'est peut-être qui demande le plus la main du maître. Quant au style, quelque défaut qu'il eût, j'avais lieu d'espérer de l'indulgence ; mais pour les opinions, qui seraient énoncées sous la sanction deTAcadémie, je pensais qu'on ne pouvait assez mes opipas d'examiner y songer : aussi ne me contentais-je aussi celles des autres. Je trouvai dans le cours nions, j'examinais et règles établis dans de ces recherches préceptes plusieurs notre art, qu'il ne me paraissait pas possible d'accorder les uns à se avec les autres ; cependant chacun desoncôtésemblaitfondé i. Voir p. 81, n. i. 2. Les textes donnent statue. Jansen traduit : « règle y>,lisant sans doute slatute, qui est certainement la bonne leçon.
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réclamer de la nature et de la vérité ; et en effet, quoique appails méritent un crédit égal remment inconciliables, ces difficultés et pour concilier ces opinions Pour expliquer si je puis dire, la plus grande il fallait distinguer, contraires, l'idée plus large et plus libérale de la vérité de la moindre, et plus confinée, celle qui de l'idée plus étroite nature, de celle qui ne s'adresse à l'imagination s'adresse qu'aux difféles branches de cette distinction, yeux. En conséquence vérités se rapces différentes rentes de notre art, auxquelles dans un si grand écart et se trouvaient présentées portaient, à si nouvelle, avait peine une apparence qu'on prenaient de la même source. Les diffécroire qu'elles procédassent sur chaque province rentes règles et règlements qui président tous les modes d'excellence, de l'art, suivaient naturellement; depuis le grand style des écoles de Rome et de Florence, rang inférieur de la nature morte, eurent son juste jusqu'au Chacun trouva sa place; aucun ne fut prix et leur importance. rejeté. Cette division de l'art en classes aura j'espère pour résultat de supprimer dans une certaine mesure l'hésitation dont je suis sûr que tous les artistes ont été tourmentés une fois devant la variété des styles et la variété des perfections. Par là l'étudiant sera mis à même de juger ce qui appartient à sa recherche particulière. En revoyant mes discours, j'ai eu la grande satisfaction de voir que nulle part je n'ai défendu des idées nouvelles et ni soutenu des paradoxes, de quelque tentation hasardées, et quelque ingénieux que fût leur nouveauté, qu'ils aient pu paraître. J'espère qu'on ne me reprochera pas non plus d'avoir recherché dans la déclamation cet ascendant sur l'esprit de la jeunesse qui n'est dû qu'au droit raisonnement, ni demandé à des périodes flatteuses le crédit que de bons préceptes méritent. J'ai suivi une méthode simple et honnête. Je me suis contenté de présenter l'art tel qu'il paraît dans les exemples que fournit la pratique des maîtres. Cette approbation que le monde leur a unanimement accordée, j'ai cherché à la justifier par le genre de preuves qui convenait à ce genre de questions
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par l'analogie qu'il y a entre la peinture et les arts frères, et, en conséquence, par le rapport commun qu'ils ont tous avec la nature. Et quoique dans tout ceci il n'y ait pas de nouvelles découvertes, j'ose me flatter pourtant que sur les découvertes ont faites par intuition seulement et par une que d'autres rectitude naturelle de jugement, j'ai réussi à établir les règles et les principes de notre art, plus solidement et d'une manière plus durable qu'on ne l'avait fait jusqu'ici. Sans vouloir que l'élève transporte son attention de la praet devienne un contique de son art à la théorie spéculative, un peintre, je dois remarquer naisseur au lieu de demeurer une fois pour toutes qu'il y a un avantage pour lui à considérer s'élève l'édifice de notre art. Des opisur quels fondements confuses ou erronées ne sont pas seulement nions incertaines, elles peuvent dans leur influence immédiate; préjudiciables : affecter sa conduite avoir de très sérieuses conséquences ainsi) un caractère partigénérale et donner (pour m'exprimer culier à son goût et à ses efforts pendant tout le reste de sa vie. Dans ma jeunesse, j'ai connu à Rome un élève de l'Académie de France qui me paraissait posséder toutes les qualités nécessaires pour faire un grand peintre, s'il avait permis à son goût, à ses sentiments et j'ose dire à ses préjugés, d'agir. Il voyait et sentait le mérite des grandes oeuvres dont nous étions entourés, et cependant il se plaignait qu'on n'y trouvât pas cette dans les écoles inférieures. Il supnature qui est si admirable de l'art, De Piles et d'autres précepteurs posait avec Félibien, mérites engendrerait la union de tous les différents qu'une Il ne savait pas que l'idée étroite de la nature, dont perfection. de ces grands il déplorait l'absence dans les productions artistes, aurait détruit cette grandeur des idées générales cpi'il était la cause de son admiration. admirait, et qui réellement et confuses, Comme mes idées étaient alors encore incertaines à cette espèce de raisonnement spéj'étais en danger décéder cieux, quoique j'aie souvenir que quelque chose déjà m'averde celte doctrine : à cause de cela je m'obstissait de l'erreur à ce que je n'étais pas en tinais à refuser mon assentiment état de réfuter.
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le but de ces discours a été en grande partie de Justement à cet égard, d'empêcher o-arder le jeune artiste de séduction une vue peut lui paraître qu'il ne suive, ce qui à première lumière de raison, et qui est de fait une partie de cette lumière, mais qui n'est pas toute la raison. une méthode J'ai saisi toutes les occasions de recommander comme un point de la plus grande impord'étude rationnelle, tance. Le grand etj'ose dire le seul avantage d'une Académie, est de mettre et de tenir pendant quelque temps les élèves dans ne bénéficient cette route, afin que les singularités pas d'une ne soient pas trop grande attention et que les jeunes peintres est bon pour dressés à croire que ce qui en règle générale les autres, n'est pas bon pour eux. J'ai fortement inculqué dans mes précédents discours, comme qu'il je fais dans ce dernier de tous, la sagesse et la nécessité de l'art, qui sont un y a à se munir des propres instruments premier dessein correct et un coloris vigoureux et mâle, avant que d'essayer autre chose. Mais par là je ne voudrais pas gêner ni décourager ceux qui cèdent à une forte inclination, comme il est arrivé à beaucoup d'entre nous. Quelque chose doit être concédé à ces grands et irrésistibles élans, et peut-être y a-t-il lieu de relâcher étudiant quelque que ce soit des méthodes mettent à la torture son tour particugénérales, lorsqu'elles lier d'esprit. Car il faut avouer qu'il n'est pas d'une importance absolue qu'ils se conforment à cette méthode de rechercher d'abord une justesse avant de s'abandonner mécanique aux élans poétiques, pourvu qu'ils mettent tous leurs soins à atteindre la plus haute perfection du style qu'ils ont choisi. une manière Qu'à l'exemple du Parmesan donc, ils cherchent avant d'avoir appris la correction, grande et gracieuse pourvu que comme lui ils sachent voir leurs défauts, et qu'ils travaillent à les corriger; qu'ils partent à leur gré du levant ou du couchant, pourvu qu'ils ne se relâchent d'aucun effort capable de les conduire au but. Le premier ouvrage public du Parmesan est le Saint Eustache 1 de l'église Saint-Pétrone à Bologne, 1. Probablement le Saint Roch, v. p. 018.
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et l'un de ses derniers qu'il fit étant un tout jeune homme; est Moïse brisant les tables de la loi, à Parme 1. Il y a certainement dans le premier quelque chose de grand dans les contours ou dans l'idée de la figure, où se connaît l'aurore du talent chez un jeune homme épris de Michel-Ange. Il cherche dans ce tableau à imiter son style, quoiqu'il ne fût pas encore de dessiner la figure avec la moindre correction. capable Mais quand dans un âge plus avancé ce même Parmesan peignit son Moïse, il avait si bien corrigé ses premiers défauts, qu'on ne sait ce que l'on doit y admirer le plus, de la correction du Comme une preuve dessin, ou de la grandeur de la conception. de sa grande perfection et de l'impression qu'elle laisse dans l'esprit des amateurs délicats, je remarquerai que notre grand sublime du poète lyrique, quand il conçut cette invention Barde Gallois 2 en courroux, avoua qu'après beaucoup d'années, c'est au souvenir de cette figure qu'il devait la chaleur de son imagination. si on considère que Michel-Ange a été le grand Maintenant, modèle à qui le Parmesan a dû toute la grandeur qu'on trouve et la génédans ses ouvrages,la source d'où ses contemporains ration suivante ont pris tout ce qu'ils ont eu de noble et de majestueux, qu'il a été l'astre brillant d'où la peinture a pris un nouveau lustre, qu'elle a reçu sous sa main une forme nouvelle à ce qu'elle avait et qu'elle est devenue un autre art, supérieur été, comment ne serais-je pas excusé de saisir, comme j'ai fait ailleurs, cette occasion de tourner votre attention sur cet illustre et sur ce père de l'art moderne ? Non seulement il fondateur, 1 en est l'inventeur, mais par l'énergie ds son esprit, il a porté tout d'un coup la peinture au plus haut degré de la perfection. La soudaine maturité à laquelle Michel-Ange porta l'art, et de ceux qui vinrent ensuite et qui l'ont la faiblesse comparative imité s'expliquerait sans doute assez bien, si nous avions le Pour le moment je me contenterai d'observer temps d'examiner, i. A Sainte-Marie dulla Sleccata. 2. Dépeint par Gray comme se vouant à la mort, lors de la conquête du pays de Galles par l'Angleterre, après des strophes d'imprécation qui font la matière du poème, Ode VI.
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de notre art, et peut être aussi que les parties subordonnées par une lente et progresdes autres arts, se développent d'une vigueur mais que celles qui dépendent sive croissance, tout d'un coup éclatent d'ordinaire naturelle de l'imagination, De ceci Homère probablede leur beauté. dans la plénitude sont des exemples Shakespeare, ment, et plus certainement de la partie poétique a possédé Michel-Ange remarquables. notre art au plus haut degré, et le même esprit audacieux qui cet esde l'imagination, lui fit explorer les régions inconnues et exalté par le succès de prit, dis-je, charmé de la nouveauté et de le ne pouvait manquer de l'aiguillonner ses découvertes, pousser dans la carrière au delà des limites que ses successeurs, n'ont pas la force de franchir. de tant d'énergie, dépourvus du dessin et l'une de l'autre la correction S'il faut distinguer la partie de l'imagination, je dirai que l'une tient à la mécanique de l'art (laquelle peut former aussi de justes prétentions et l'autre à la partie poétique. Pour donner du au génie), coeur aux élèves dans un cours d'études solide, il ne sera peutêtre pas mal à propos de remarquer dans Je que la sécurité Le capitaine dans le poétique. inspire la hardiesse mécanique sûr de son navire quitte sans appréhension le rivage ; celui qui sait sa main capable d'exécuter tout ce que son esprit conçoit, se fait un jeu de donner des formes aux créations de sa fantaisie. Je ne veux pas dire que Michel-Ange n'a été si grand par le poétique que pour avoir connu le mécanique parfaitement : mais je suis sûr que son excellence en cela l'a fortifié et enhardi dans cet essor vers la poésie, et qu'elle a servi à lui donner confiance dans ses saillies les plus aventureuses. MichelAnge possédait dans un degré égal ces deux qualités. Mais quant à la partie mécanique, il y a de grands exemples de perfection dans la sculpture des anciens, et particulièrement dans le beau tandis fragment connu sous le nom de Torse de Michel-Ange; qu'il n'y avait point de modèles de cette grandeur de caractère, d'air et d'attitude qu'il a jeté dans toutes ses figures, et qui s'accorde si parfaitement avec la grandeur de ses contours. Ainsi il faut avouer qu'elle procède tout entière de son imagination, la plus sublime que le monde ait vue.
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Il est impossible de ne pas être étonné que les peintres qui d'une habileté ont précédé hommes d'ailleurs Michel-Ange, n'aient pas songé à transporter chez eux un peu de reconnue, de contour, qu'ils ne pouvaient cette grandeur manquer d'apercevoir et d'admirer dans les anciens sculpteurs, mais il semble la sculpture de la même manière que les qu'ils ont considéré écoles ont regardé les inventions dernières de Michel-Ange, comme quelque chose sans c'est-à-dire qu'il fallait admirer s'en servir : quod super nos, nihil ad nos. Les artistes de son semblent avoir été satisfaits de la temps et Raphaël lui-même, et si Michel-Ange manière sèche du Pérugin, n'avait pas dans le empêché que l'art ne continuât paru, rien n'aurait même style. Outre Rome et Florence, où la grandeur de ce style a trouvé c'est à Bologne dans son premier théâtre, qu'on le reçut, l'Académie de Carraches, dont Pellegrin fut comme Tibaldi le premier fondateur. Ce peintre fut le premier qui y porta ce et l'on pourrait style, produire plusieurs qui exemples montrent en lui l'héritage du véritable et authentique esprit, du génie noble et élevé de Michel-Ange. Quoique nous ne puissions hasarder au sujet de Tibaldi les louanges que ses compatriotes lui ont données, et l'appeler nostro . avec les Carraches il a le droit d'être placé Michael-Aiigelo riformato, cependant et parmi les plus grands successeurs parmi les premiers du maître. Il y a de lui plusieurs et inventions dont dessins lui-même n'aurait pas à rougir et que, sans faire Michel-Ange on prend quelquefois injure à ce dernier, pour son ouvrage. J'en citerai un exemple ici, qui se trouve dans un livre familier à tous les jeunes artistes, dans les statues anciennes de de Polyphème Bishop 1. Cet auteur y a inséré une planche d'après un dessin de Tibaldi, au bas de laquelle il a mis le nom de Michel-Ange. Dans le même recueil il attribue au même une Sibylle de Raphaël. Il est vrai que l'une et l'autre pièce sont des imitations de Michel-Ange, et qu'elles sont dignes expresses d'être sorties de sa main; mais nous savons que le Polyphème i. Paradigmata Graphica. L'auteur est Hollandais. L'édition anglaise, est de 1640-1686.
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de Bologne par Tibaldi 1, et que l'autre est peint dans l'Institut de de Notre-Dame-de-la-Paixî est prise de la décoration Raphaël. ont pris avec assez de succès On avoue que les Carraches du maître ; mais cette partie divine qui s'adresse la mécanique et chez Tibaldi, est restée auchez Michel-Ange à l'imagination Ils n'en ont pas moins formé une école dessus de leur portée. se fait agréer dont le style plus accessible fortrecommandable, en d'un plus grand nombre ; et s'il fallait juger de l'excellence ce genre par le nombre plutôt que par le poids et la qualité des suffrages, je ne crois pas qu'elle occupât dans l'art un moindre On peut dire la même chose à peu près rang que Michel-Ange. et de plusieurs autres peintres du Tintoret, de Paul Véronèse contribué beaucoup à la dignité Ils ont certainement vénitiens. de leur coloris quelde leur style, en ajoutant à l'enchantement on se ; en revanche que chose de la force de Michel-Ange aurait pu, demande jusqu'à quel point leur élégance décorative en s'y ajoutant, relever le grandiose de Michel-Ange. Aussi de peindre bien, s'il y a une manière qu'on puisse regarder comme rapprochée de son style, c'est bien celle de Titien. Le faire de celui-ci, sa manière de coucher les couleurs sur la se toile, semble venir (autant que les deux choses peuvent d'un même esprit également de toute comparer) dédaigneux critique vulgaire. La force de Michel-Ange ainsi modifiée et rapprochée du faire un goût général, me rappelle l'observation que j'entendis à qui on faisait jour à un grand critique, remarquer que notre traduction d'Homère, quelque excellente qu'elle soit, ne et n'a pas le grand air de l'oriporte pourtant pas le caractère ginal. 11 répliqua que, si Pope n'eût pas habillé la majesté nue d'Homère des grâces et de l'élégance de nos modes, malgré le tort qu'un tel habit fait à cette majesté, sa traduction aurait été moins de faveur, et qu'il aurait dû se reçue avec beaucoup contenter d'un nombre bien plus petit de lecteurs. 1. V. p. 324. 2. A Rome.
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des peintres flamands qui étudiaient à Rome à Hemsla grande époque de notre art, comme Frank-Flore, kerke 1, Michel Coxie, retourJérôme Cock 2 et d'autres, nèrent dans leur patrie avec autant de ce style qu'ils en pouvaient porter. Mais, comme une semence qui tombe dans une terre mal préparée, la manière de Michel-Ange ne prospéra lui doit-on cependant la voie que peu chez eux. Peut-être ouverte à ce libre, à ce large, à cet exubérant contour que Rubens introduisit ensuite, après l'avoir reçu par l'intermédiaire de Venise. Cette grandeur de style a été répandue à des degrés divers elle vint d'avoir vécu à cette par toute l'Europe. A quelques-uns époque et d'avoir approché le maître, à d'autres elle fut transmise de seconde main ; et, comme elle fut adoptée partout, elle a changé tout le goût et le style du dessin; si l'on peut dire qu'il y eût le moindre style avant elle. Ainsi notre art tient de Michel-Ange un rang auquel il n'aurait jamais osé aspirer, si cet artiste n'avait pas découvert au monde des ressources cachées avant lui. Sans son secours, jamais on ne nous aurait fait croire fût capable d'égaler dans la représentation que la peinture les héros et les événements de l'Iliade. Je demande à tout homme en état d'apprécier de pareils l'Etre Souverain ouvrages, s'il peut regarder avec indifférence à la voûte de la chapelle Sixtine, ou les Sibylles personnifié autour de cette chapelle, auxquelles il faut joindre la statue de Moïse 3 ; je lui demande si ces ouvrages ne réveillent pas les mêmes sensations que celles qu'on se rappelle d'aA'oir ressenties aux passages les plus sublimes d'Homère. Je cite ces figures en particulier, comme venant davantage en comparaison avec le Jupiter, les demi-dieux, les héros d'Homère : car ces Sibylles et ces Prophètes sont une manière d'êtres intermédiaires entre les hommes etles anges. Certainement on pourrait trouver dans Plusieurs
i. Florissant à Harlem, mort en J374-Un de ses tableaux du musée de Vienne a été attribué à Michel-Ange. 2. Mort en 1070,plus important comme marchand d'estampes à Anvers que commepeintre et même comme graveur. 3. A Saint-Pierre-es-Liens à Rome.
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capables de soules ouvrao-es des autres peintres des exemples i et la tels l'Isaïe avec ceux-ci, que la tenir comparaison 2 de le Saint Marc du Frère Bard'Ézéchiel Raphaël, Vision 3 et mais aussi ces exemples sontautres; plusieurs thélémy de penser de Michel-Ange, à la manière ils si ressemblants comme des rayons dont la qu'on est obligé de les regarder direction même marque le centre dont ils émanent. à comme dans la poésie, s'empare en peinture Le sublime, tel point de notre esprit qu'il n'y laisse pas de place à la petite avec de ces grandes En présence idées, exprimées critique. de l'art perdent les petites élégances tout leur cette grandeur, de notre attenprix, et paraissent pendant un instant indignes ont le même sort. Le jugement tion. De plus hautes qualités la grâce solide, la pureté de goût qui caractérisent Raphaël, tout disparaît et du Parmesan, devant ce exquise du Corrège prestige. Oui sans doute, il y a du caprice dans l'invention de MichelOn ne peut en conseiller Ange, cela ne peut être contesté. l'étude sans précaution ; car quoique ses inventions paraissent fort bonnes chez lui, elles sont de celles qu'on ne peut imiter sans danger et quelquefois « Dans ce cercle que sans ridicule. ne s'aventure personne que lui. » A mes yeux, j'avoue que ce l'estime de son génie, quoiqu'il caprice ne diminue nullement aille parfois à l'extrême. Quelque jugement qu'on fasse de ces écarts, on ne doit pas oublier que ces défauts sont d'une sorte, si l'on veut les nommer ainsi, qu'un petit esprit n'aura jamais, ses plus qu'ils ont coulé de la même source qui a produit beautés ; que nul que lui par conséquent n'était grandes C'étaient les puissantes capable de les commettre. impulsions d'un esprit impatient de toute espèce de contrainte, trop haut pour recevoir les leçons d'une froide critique. Beaucoup sont sensibles à ses audacieux écarts, qui ne peuvent rien apercevoir de plus. Un jeune artiste trouve les oeuvres de si différentes des ouvrages de son maître, ou de Michel-Ange 1. A Saint-Augustin, à R.ome. 2. Au Palais Pitli, à Florence. 3. Au même lieu.
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de ceux dont il est entouré, qu'on peut aisément lui persuader négliger l'étude de ce style. Il lui paraît sauvage, mystérieux, de sa portée, il ne sent en conséquence aucune disau-dessus position à l'admirer ; et quelle raison imaginer pour lui de cette absence d'admiration, sinon que ce style en est indigne ? Il est donc nécessaire de préparer les élèves à la déception de leurs études ; il faut qui les attend ici au commencement les avertir qu'il y a des perfections au prepour lesquelles, mier moment, ils ne sentiront point d'attrait. Rappelons-nous que ce grand style lui-même est au plus haut point l'effet de l'artifice, et qu'il exige dans le spectateur une culture artificielle aussi. Rien n'est si absurde que de supposer le goût de cjg style inné chez nous, quoiqu'il soit vrai que nous en avons le germe ; germe qui, par la chaleur et l'heureuse influence de ce génie de Michel-Ange, peut croître et fructifier en nous. Un défunt philosophe et critique ' a observé en parlant du nous attendre goût, que « nous ne devons nullement que les vers nous : il faut, s'il est possible, belles choses descendront que notre goût monte vers elles ». Le même savant écrivain a d'aller jusqu'à feindre le goût en attendant nous recommande que le goût nous vienne, et que nous sentions comme une réalité ce que nous avons commencé par une feinte ». S'il y a un dans notre art, comme je crois qu'il y a dans la musique, une convention certain règlement, qu'il faut que le critique connaisse avant de juger de ses productions, la comparaison avec cet art expliquera ce que j'ai dit sur ces points-là, et montrera on peut même dire certain, que qu'il est probable, l'homme ne possède point en naissant le goût de ces arts dans leur degré le plus raffiné. Ainsi, comme il ne peut les conles effets. Ce grand naître, il est impossible qu'il en ressente est aussi éloigné de la simple représenstyle de Michel-Ange tation des communs objets de la nature, que la plus savante musique italienne l'est des notes sans art que la nature fournit, quoique l'une et l'autre y aient leur origine. Mais faute d'une i. Jean Barris, dans son Traité sur l'Art.
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269 convention tacite, soyons certains que le plus haut degré de perfection dans ces deux arts ne sera pas goûté sans le secours d'une longue et active attention. à comprendre ce grand art, il faut Quand nous cherchons dans des conditions convenir que nous travaillons plus diffiet ciles que ceux qui ont vécu au temps de sa découverte, était habitué à ce style, qui en dont l'esprit depuis l'enfance Ils n'avaient apprirent la langue comme leur langue maternelle. ; ils n'avaient pas besoin pas de style mesquin à désapprendre les préparassent à l'admettre, ni qu'une que des exhortations leur en prouvât la vérité. Il nous faut analyse des principes recourir à des espèces de grammaires et de dicaujourd'hui tionnaires, pareils aux moyens dont on se sert pour rapprendre une langue morte. Eux l'apprenaient par routine, et peut-être mieux ainsi qu'il ne se peut par préceptes. Le style de Michel-Ange, que j'ai comparé à un langage et d'appeler le langage qu'il doit être permis, parlant poétiquement, des dieux, a cessé de vivre parmi nous comme il faisait au xv° siècle ; mais avec de la diligence nous pouvons suppléer de n'avoir pas ses dans une certaine mesure à l'inconvénient chefs-d'oeuvre continuellement devant les yeux. Nous aurons recours à des plâtres de ses pièces achevées et de ses esquisses en sculpture, à ses dessins ou à des copies de ses dessins, à des estampes, qui, quoique mal gravées, n'en sont pas moins de ce style et à la fixation capables d'aider à la formation de ce goût dans notre esprit. L'Académie possède quelques pièces de ce genre; et je voudrais qu'il y en eût davantage , afin que, dès les premiers pas qu'ils font dans la les jeunes élèves pussent se pénétrer de ce goût ; carrière, tandis que d'autres, assurés déjà dans la commune pratique de l'art, recevraient eux aussi quelque chose de cette grandeur. Je vais faire maintenant des remarques sur la manière dont j'estime qu'il faut se porter à cette élude. Je vous demanderais de moins recourir aux canaux dérivés de la source qu'à la source même ; encore qu'il ne faille pas négliger les copies, à cause des indications qu'elles donnent sur la manière dont
QUINZIÈME DISCOURS 27o et des exemples d'adaptation vous pouvez copier vous-même, qu'elles offrent de la manière de Michel-Ange. Pour recouvrer ce goût perdu, j'engage les jeunes artistes à étudier ses oeuvres comme lui-même avait étudié les ouvrages des anciens sculpteurs. Il commença étant enfant une copie d'une tête de Satyre mutilée 1, et rétablit dans sa copie ce qui dans l'original. De la même manière, le premier manquait à celui qui s'applique à l'invenexercice que je conseillerais s'il était possible, toutes les figures tion, serait de prendre, de Michel-Ange. ne se Quand, les figures ainsi empruntées prêteraient pas à son sujet et qu'il serait obligé d'y faire la figure qu'il altérerait ainsi serait nécesquelque changement, sairement dans le même style que le reste, et son goût se formerait ainsi, nourri pour ainsi dire sur les genoux du génie. Un seul essai pratique de cette sorte fera mieux comprendre ce que c'est que le grand style que mille raisonnements théopar là l'avantage riques, et l'on se procurera qui dans les derniers temps a manqué aux jeunes peintres : celui d'avoir pour maître le plus grand des artistes. Le second exercice serait de changer le sujet des figures comme le Tintoret a fait du Samson sans en changer l'attitude, À la place de la figure que combat Samson 2, de Michel-Ange. il a mis sous lui un aig-le, et au lieu de la mâchoire d'âne, il lui a mis en main la foudre et les éclairs, de sorte qu'il en a fait Le Titien a employé un Jupiter. de même la figure du Père la lumière des ténèbres Éternel séparant qui est à la voûte de la chapelle Sixtine ; il l'a placé dans la fameuse bataille de Cadore tant célébrée par Vasari 3 ; et quelque extraordinaire cette figure représente ici un général qui que cela paraisse, tombe de son cheval. Un bon juge qui regardera ce tableau, de cette figure est dans un verra tout de suite que l'attitude Ces deux plus grand style que le reste de la composition. bien suffire, quoiqu'on exemples pourront pût en signaler i. Vasari, éd. Milanesi, t. Ail, p. i422. Peut-être le Samson de Randinelli, cité, comme on peut croire, sur la foi d'anciennes estampes, qui l'attribuent à Michel-Ange. 3. Elle est aux Olliccs de Florence, n° 609 du catalogue.
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chez ces deux maîtres, ainsi que chez beaucoup artistes. à cette grande conception Quand l'élève se sera accoutumé de l'art, quand le goût de ce style sera établi chez lui et fera une part de lui-même, il aura que son esprit en sera pénétré, tout acquis en même temps le talent de tirer de la nature ce qu'elle contient de grand, et qui correspond à ce goût ; tout ce qu'il y a de commun et d'insipide sera naturellement C'est alors qu'il pourra de lui-même des négligé. produire à enrichir notre commun trésor d'invenouvrages propres tion. Je suis assuré d'avoir raison, et de vous donner en cela le meilleurs des conseils ; cependant je n'ignore pas à quelles chez ceux qui s'imaginent moqueries je m'expose que l'art est une affaire d'inspiration. Mais je serais fâché de paraître, ne fût-ce qu'à mes yeux, manquer de ce courage que je recommande à d'autres égards. Peut-être n'en faut-il pas moins au précepteur qu'au disciple : l'un et l'autre doivent s'armer de la même hardiesse et braver d'aveugles critiques. Il faut bien avouer que l'art n'a cessé de décliner depuis le siècle de Michel-Ange jusqu'à nos jours ; et il est raisonnable les anciens d'attribuer ce déclin aux mêmes causes auxquelles et philosophes ont imputé la corruption de l'élocritiques manquer de produire quence. Les mêmes causes ne sauraient les mêmes effets dans tous les temps. L'indolence, qui nous détourne de prendre les mêmes peines que nos grands prédédes chemins plus courts : telles cesseurs, qui fait souhaiter Les paroles de Pétrone sont remarsont les raisons générales. quables. Après avoir opposé la beauté chaste et pure de l'éloet à l'enflure du quence des anciens temps, à la contention sien, cet auteur ajoute : « La peinture aussi n'a pas eu un sort plus heureux, depuis que les Eg-yptiens ont imaginé de suffire à la grandeur » de l'art par des leçons abrégées. Par abrégé, je pense qu'il a en vue une manière de peindre d'itapareille à celle qui a infecté le style des derniers peintres lie et de France ; lieu commun répété sans pensée, sans application, en vertu d'une recelte ; en opposition avec un style dont d'autres d'autres
272 le goût
QUINZIÈME
DISCOURS
même
et pour être senti exige l'effort et l'attention, de peines. qu'on ne pratique qu'au prix de beaucoup de parcourir J'ai cherché à rendre les artistes ambitieux ce noble sentier de gloire, je leur ai indiqué autant que je l'ai pu et en même temps je leur ai dit les traces qui y conduisent, de quel prix il en fallait payer l'accès. Un vieux proverbe dit que le travail est le prix que les dieux ont mis à toutes choses précieuses. Le grand artiste qui vient de faire le sujet de ce discours, fut distingué depuis son enfance par une diligence infatigable, il s'y entretint toute sa vie, jusqu'à ce que la vieillesse y eut mis fin. Le plus pauvre des hommes, disait-il, n'avait pas plus travaillé par besoin, qu'il ne faisait lui-même par choix. Et de dans sa vie qui permette de fait, il n'y a pas de circonstance moyens que le travail ; cepenpenser qu'il ait cru à d'autres du monde il n'y en a pas eu qui dant de tous les artistes plus que lui ait eu des raisons de croire à la réussite du génie naturel. Je suis persuadé qu'il aurait aimé qu'on dît de lui ce que lui-même disait de Raphaël : « Qu'il ne tenait pas son aride la nature, mais d'une longue étude. » Il avait conscience que à laquelle il avait atteint, avait été gala grande excellence gnée à force de travail, et il ne voulait pas qu'on crût qu'aucune habileté eût-elle l'air le moins acquis du supérieure, monde, eût été le fruit de moins de peine qu'elle n'avait été chez lui-même. Voilà je crois le sens de son observation. On ne peut supposer de décrier qu'il l'ait faite dans l'intention dont il parlait toujours, dit Condivi, avec le plus Raphaël, fussent rivaux, un pareil manque Quoiqu'ils grand respect. ne pouvait exister entre eux, et de son côté Raphaël d'égards entretenait à l'endroit de Michel-Ange une véritable vénération, comme il paraît par le propos qu'on rapporte de lui : « qu'il se félicitait et rendait grâce à Dieu de l'avoir fait naître dans le même temps que ce peintre. » Si la grande estime et la vénération dans laquelle on a tenu dans tous les temps et chez tous les peuples Michel-Ange devait être mise au compte du préjugé, encore faudrait-il des causes à un pareil préjugé, et la constance de supposer
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notre admiration. Mais de quelque ces causes même mériterait fond que cette estime procède, et de quelque nom qu'on l'apqu'on ne prendra pas pour de la présomption pelle, j'espère que je mets à me placer dans le train, non de l'empressement mais de ceux qui l'admirent. La route que j'ai ses imitateurs, suivie moi-même est différente : mes talents et le goût de mon dans d'autres chemins. Cependant, temps m'engageaient quelsi j'avais que peu armé que je me sente pour cette entreprise, ma carrière, c'est sur les traces de ce grand à recommencer et de toucher seulement le maître que je voudrais marcher; bord de son vêtement, de gagner la plus légère de ses perfections, me serait une gloire suffisante pour payer toutes les ambitions. La seule pensée que je suis capable des sentiments qu'il est pour moi le plus grand des se proposait d'inspirer réconforts. Je songe non sans orgueil que les discours que je de mon admiration témoignage pour cet prononce porteront homme vraiment divin, et mon plus cher désir est que les dernières dans cette Acaparoles que j'aurai fait entendre démie et à cette place, soient son nom, le nom de MichelAnge.
FIN DES DISCOURS
AU
LETTRES 29
septembre,
20
octobre,
FLANEUR 10 novembre
1759
BURKEPARREYNOLDS. Gravure d'Arnelt.
PREMIÈRE
LETTRE
Monsieur, J'ai pris beaucoup de plaisir à votre satire de ces critiques dont le jugement, superficiels, quoique juste dans sa sphère, et qui, ne s'élève cependant qu'à des beautés inférieures, décident sur le vu d'une partie, incapables de saisir l'ensemble, du mérite des grands ouvrages. Mais il y a une espèce de de ceux qui jugent sur des encore pire, l'espèce critiques et trop souvent encore fausses, lesquelles, règles étroites même qu'elles fussent vraies et fondées en nature, sont incades beautés pables de servir longtemps dans une appréciation sublimes de génie. Car toute partie d'un art qu'on peut exécuter ou critiquer d'après des règles, n'est plus le fruit du hors de la génie, puisque le génie suppose des perfections portée des règles. Quant à moi, je ne prétends être autre chose qu'un flâneur, et j'aime à donner mon avis d'après mes impressions toutes simples, sans tant d'efforts de réflexion. Je suis manquent de persuadé qu'un homme chez qui ces perceptions rectitude, fera de vains efforts pour y suppléer par des règles. bien le mettre à même de raisonner Celles-ci pourront plus savamment, mais non de distinguer avec plus de justesse. Une autre raison qui fait que je n'ai plus de goût pour l'étude de la se critique, c'est que les critiques, autant que jai pu remarquer, privent du plaisir de goûter les belles choses, en faisant profession de les aimer. Car, comme ils sont toujours occupés de ces règles, un tel besoin de critiquer les possède, qu'au lieu de remettre les rênes de leur imagination entre les mains de leur auteur, leur esprit examine sans cesse s'il a bien observé ces règles.
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PREMIÈRE
LETTRE
moins conseillerai-je à ceux qui sont résolus d'être en dépit de la nature et qui n'ont pas une grande critiques disposition pour la lecture et pour l'étude, de choisir la profession de connaisseur. Elle s'acquiert à bien meilleur marché en poésie. En retenant les noms de que celle de critique quelques peintres et le genre qu'ils ont exercé, avec un petit nombre de règles d'Académie, chez les qu'ils ramasseront de connaisartistes, ils auront bientôt avancé leur réputation seurs. Un homme de cette sorte se trouvait avec moi quand j'allai voir la semaine dernière les Cartons de Hamptoncourt 1. Il venait de faire le vojrage d'Italie ; il s'y connaissait donc, et n'avait la bouche pleine que de la grâce de Raphaël, de la de la science du Poussin, de la vaguesse pureté du Dominiquin, du Guide, de la grandeur de goût des Carraches, de la sublimité et du grand contour de Michel-Ange, et de tout le bagage de la critique, dont il composait ces discours volubiles habituels aux gens qui ne pensent point. En passant par les chambres pour nous rendre à la galerie, lui fis un de Charles Ie'' je remarquer portrait par Vandyck, comme une parfaite représentation du caractère autant que de la figure de ce prince. Il convint qu'il était très beau, mais ajouta qu'il y manquait et du contraste", et de l'esprit qu'il n'avait pas le contour en flamme' 1, sans lequel il tenait pour impossible qu'une figure eût de la grâce. Quand nous entrâmes dans la galerie, je crus m'apercevoir qu'il était occupé à se rappeler les règles d'après lesquelles il allait critiquer Je passerai sur la petitesse des ses observations Raphaël. de barques qui portent les Apôtres '\ et d'autres critiques cette espèce ; enfin, nous arrivâmes à la prédication de saint Paul. « Ce carton, dit-il, est regardé comme le plus beau de 1. Voy. p. 62, note. 2. Tous les portraits de Arandyckont été portés à Windsor. 3. Aroy.p. 167,l'explication de ce terme. 4. C'est-à-dire où une saillie dans un contour correspond à une rentrée dans le contour opposé et réciproquement. 5. Dans le carton de la Pêche Miraculeuse.
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279 tous. Quelle noblesse, quelle majesté dans la figure de saint Paul ! Et cependant quelle noblesse Raphaël n'y aurait-il pas ajouté encore, si le principe du contraste avait été connu de son temps, mais par dessus tout celui de la flamme, qui constitue la grâce et la beauté ! Vous ne verriez pas alors une figure debout sur les deux jambes, ni deux qui porte également mains étendues dans la même direction, ni ces draperies où il n'y a pas la moindre apparence Le carton d'arrangement. suivant représente la Vocation de saint Pierre. Ici, dit notre il y a douze figures droites : quel dommage critique, que de la pyramide ! Il se Raphaël n'ait pas connu le principe serait arrangé pour que les figures du milieu foulassent un sol plus élevé, ou que celles des extrémités apparussent baissées ou couchées : ce qui n'aurait pas seulement donné au groupe la forme de la pyramide, mais encore l'avantage d'un contraste entre les figures baissées et les droites. Et a-t-il ajouté, j'ai souvent déploré qu'un aussi véritablement, grand génie que Raphaël n'ait pas vécu dans notre siècle de lumières, depuis que l'art est réduit en principes, et qu'il n'ait pas été élevé dans une de nos Académies. Quels chefs-d'oeuvre il est à supposer que son divin pinceau eût produit ! » Je ne vous ennuierai des observations pas plus longtemps de mon ami, que vous êtes maintenant je pense en mesure de continuer. Il est curieux de voir ainsi des gens afficher une établie, et en même grande admiration pour une réputation contre les qualités mêmes qui temps former des objections leur valent cette réputation. Les critiques ne cessent de se plaindre que Raphaël n'ait de Rubens, ou le clair-obscur pas eu le coloris et l'harmonie de Rembrandt, sans considérer combien l'harmonie brillante du premier ou l'affectation du second ôteraient de la majesté à Raphaël. Il est certain que Rubens a une grande harmonie, et que Rembrandt entend le clair-obscur; mais ce qui fait une beauté dans un genre inférieur, serait à bon droit blâmé dans un genre supérieur : de même que le tour vif et léger qui fait de l'épigramme, serait mal placé dans un poème l'agrément épique.
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DEUXIÈME
LETTRE
Pour conclure, je ne voudrais pas qu'on croie que je représente les règles comme inutiles; je ne m'élève que contre une servile attention à les suivre dans leur lettre étroite, qui souvent s'oppose à de plus hautes perfections, et qui se perd dans l'éclat d'un vaste génie. Je ne sais si vous trouverez que la peinture est un sujet d'intérêt général. Il se pourrait cette lettre, vous qu'en insérant encouriez le blâme que mériterait un homme qui, chargé de un auditoire, lui tournerait le dos pour ne s'entreharanguer tenir qu'avec une seule personne.
DEUXIEME
LETTRE
Monsieur, que vous avez fait à ma première lettre sur la peinà vous proposer idées nouvelles ture, m'encourage quelques sur le même sujet. et les critiques Parmi les peintres d'art, il y a une maxime sans cesse. Imiter la nature est leur générale qu'ils répètent règle invariable ; mais je n'en connais pas un seul qui ait expliqué de quelle manière il fallait entendre cette règle; ce qui fait que chacun la prend dans le sens le plus ordinaire. On croit que les objets sont représentés naturellement, quand ils se présentent avec un relief qui les fait paraître réels. Peut-être on trouvera singulier d'entendre disputer sur le sens de cette règle ; cependant il faut considérer que si le mérite de la peinture ne consistait la peinture que dans cette espèce d'imitation, déchoirait de son rang et ne serait plus considérée comme un art libéral, frère de la poésie : cette imitation étant purement telle que l'esprit le plus pesant serait toujours sûr mécanique, le mieux ; car justement le peintre de génie ne d'y réussir à des besognes saurait s'abaisser l'esgrossières, auxquelles prit n'a point de part. Et quel droit la peinture a-t-elle de se dire parente de la poésie, si ce n'est par son pouvoir sur l'imaC'est à former ce pouvoir que le peintre s'applique, gination? L'accueil
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c'est dans ce sens qu'il étudie la nature, et souvent il atteint son but en cessant d'être naturel, dans le sens limité de ce mot. Le grand style de la peinture exige qu'on évite cette minutieuse attention ; il faut qu'il s'en sépare avec autant de soin de que le style poétique se sépare de l'histoire. Les ornements cet air de vérité et de simplicité la poésie détruisent qui doit l'histoire ; mais l'essence de la poésie consiste à s'écaractériser les ornements cacarter de la simple narration et à s'approprier Vouloir joindre les beautés pables de plaire à l'imagination. des deux styles, mêler l'école Hollandaise avec l'école Italienne, c'est marier des choses contraires, qui ne peuvent subsister leurs effets. Les et qui détruisent ensemble, réciproquement et invaItaliens ne s'attachent qu'aux grandes idées générales les riables, qui tiennent à la nature dans le sens universel; Hollandais au contraire s'arrêtent à la vérité littérale et à l'exacdu détail, à la nature, si l'on peut dire, motitude minutieuse L'attention difiée par des accidents. qu'on donne à ces petits d'imitation détails, est la vraie cause de ce naturel qu'on admire dans les tableaux hollandais ; laquelle, si l'on admet que ce soit une beauté, est une beauté d'ordre inférieur, qui doit céder le pas à une beauté plus haute, étant donné qu'on ne peut obtenir l'une sans sacrifier l'autre. ce que je pense que les ouvrages de Si l'on me demandait auraient gagné à ce qu'on y eût ajouté le prestige Michel-Ange de l'art, je répondrais sans hésiter des parties mécaniques perdraient par là une grande partie de que ces chefs-d'oeuvre de les comprendre. l'effet qu'ils ont sur les esprits capables sont tout génie, toute On peut dire que ses productions les charger d'une matière donc voudrait-on âme : pourquoi son dessein en retardant que détruire épaisse qui ne pourrait ? de l'imagination le mouvement Si l'on prétend que cette idée n'est qu'un effet de l'enthoune sont pas siasme, je répondrai que ceux qui la critiquent familiarisés avec les ouvrages des grands maîtres. Il est très le degré d'enthousiasme admis par difficile de dire exactement la peinture et par la poésie. Il peut arriver qu'on donne trop
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DEUXIÈME
LETTRE
de latitude, comme aussi trop de contrainte, à l'imagination. Si de la première manière on produit des monstres incohérents, de l'autre on tombe dans ce qui ne vaut pas mieux, dans une froide insipidité. Une connaissance intime des passions et le bon sens, non pas proprement le sens commun, doivent en définitive en marquer les limites. On a pensé, et avec raison je a quelquefois ces limites ; crois, que Michel-Ange outrepassé dont il était je me rappelle même avoir vu de ses figures difficile de dire si elles étaient sublimes au dernier degré, ou extrêmement ridicules. De tels défauts peuvent être regardés comme l'ébullition eut du génie ; mais du moins Michel-Ange ce mérite de n'être jamais insipide ; et, quelque impression ce ne sera jamais l'indifférence. qu'il produise, Ce que j'ai voulu considérer, c'est le style le plus sublime et celui de Michel-Ange, l'Homère de la peinparticulièrement ture. Mais il existe d'autres genres, susceptibles de cette imitation exacte de la nature, qui faille principal mérite du genre le moins élevé. Ce qui est sûr, c'est qu'en peinture comme en poésie, le plus grand style tient le moins de la nature commune. On peut recommander sans crainte un peu plus d'enthousiasme aux peintres modernes, et le trop en cela n'est certainement pas le défaut du temps où nous vivons. Les peintres d'Italie semblent avoir déchu continuellement à cet égard, depuis le temps de Michel-Ange jusqu'à celui de Carie Maratte, et où nous depuis ce dernier jusqu'à cette profondeur d'insipidité sommes enfoncés maintenant : de sorte qu'il n'y a pas besoin de remarquer de l'Italie aux que, quand j'oppose les peintres ce n'est pas des modernes cpte je parle, mais des Hollandais, chefs des anciennes écoles de Rome et de Bologne. Je n'entends pas non plus par peintres italiens ceux de l'école de comme les Flamands de l'Italie. II Venise, qu'on peut regarder ne me reste plus qu'un mot à dire aux peintres : savoir qu'à quelque excellence qu'ils atteignent par un naturel d'imitation, il ne faut pas qu'ils s'imaginent avoir atteint par là le vrai sommet de l'art. Aux connaisseurs d'autre part je conseille que, parce qu'ils auront vu un chat ou un violon peint avec
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assez de naturel pour qu'on croie, comme on dit, qu'on va le de comparer le peintre prendre, ils ne se hâtent pas pour cela à Raphaël ou à Michel-Ange.
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LETTRE
Monsieur, différente En parlant dans ma dernière lettre de la pratique italiens et des peintres des peintres hollandais, j'ai observé qu'aux grandes idées généque le peintre italien ne s'attache de la nature. rales et invariables des la cause de cette conduite Le désir de débrouiller peintres italiens, m'inspire à nouveau cette lettre-ci. Si on peut les plus belles que par ce choix ils ont rassemblé prouver parties de la nature, cela fera voir combien leurs principes en même temps sont fondés sur la raison, et nous découvrira de nos idées de la beauté. l'origine ne sans peine que personne Je pense qu'on m'accordera peut juger si un animal est beau dans son espèce ou s'il est difforme, quand il n'a vu que lui de cette espèce. On en peut de sorte que si un aveugledire autant de la figure humaine, la plus la vue, venait à apercevoir né à qui on donnerait de décider il se trouverait embarrassé belle femme possible, si elle est belle ou non. Supposé même qu'on lui en montrât deux, l'une fort belle et l'autre d'une parfaite laideur, il ne serait de donner à l'une des deux la préfépas moins embarrassé Donc il faut rence, supposé qu'il n'ait vu que ces deux-là. individus d'une même espèce, pour prononavoir vu plusieurs cer sur leur beauté. Si l'on demande comment plus d'habileté s'acquiert pax* l'observation d'un grand nombre, je réponds que, parce qu'on en a vu plusieurs, la faculté se forme, même sans y prendre garde, de les altérations les taches accidentelles, toujours didistinguer verses que la nature offre à la surface, des formes qui se préet auxquelles la nature paraît tendre. sentent plus fréquemment
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C'est ainsi qu'entre les brins d'herbe et entre les feuilles d'un même arbre, quoiqu'on n'en puisse trouver deux tout à fait semblables, la forme générale est invariable. Avant d'en n'a pas manqué d'en prendre une pour modèle, le naturaliste examiner plusieurs autres ; car s'il avait pris la première qui se fût présentée, il se pourrait que par accident ou autrement elle eût eu une forme à peine capable de faire reconnaître son espèce. Comme le peintre donc il préfère la plus belle, c'està-dire celle qui présente le mieux la forme générale de la nature. On peut dire que toutes les espèces d'animaux, toutes les de végétaux, ont une forme fixe et déterminée à espèces la nature incline toujours, comme différents laquelle rayons inclinent au centre ou comme les différentes vibrations d'un ont lieu autour du même point central. Comme les pendule rayons passent tous par le centre, quoique chacun passe par quelque autre point, de même il arrive que la nature produit la beauté parfaite plus souvent que la difformité : je ne dis pas plus en général, souvent que la difformité mais que telle espèce de difformité. Prenons pour exemple une partie du particulière comme beau quand son arête visage : le nez. Il est considéré suit une ligne droite : voilà donc la forme centrale, qu'on rencontre plus souvent que la forme convexe, concave, ou telle autre forme irrégulière Etant donc plus accouqu'on proposera. tumés à la beauté qu'à la difformité, nous pouvons en conclure que c'est pour cette raison que nous l'approuvons et l'admirons, comme nous admirons et approuvons les modes et les costumes par la seule raison que nous y sommes habitués ; de sorte que, quoiqu'on ou la ne puisse pas dire que l'habitude coutume est cause de la beauté, elle est pourtant la cause pourquoi nous l'aimons; et je suis persuadé que, si nous étions accoutumés à la difformité plutôt qu'à la beauté, la difformité attachée, mais n'emporterait plus l'idée qui y est maintenant assumerait l'idée de la beauté, de même que si le monde s'accordait que oui et non changeassent de sens, oui servirait à nier, et non à consentir. Celui qui voudrait pousser plus loin cet argument et qui pré-
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dans les tendrait fixer un critérium de la beauté indépendant différentes espèces, ou démontrer qu'une espèce est plus belle qu'une qu'une autre, aurait pour premier devoir de prouver plus belle qu'une autre. Que nous préféespèce est réellement rions l'une à l'autre, et avec raison, je l'accorde ; mais il ne la forme comme s'ensuit pas de là que nous en regardions plus belle; car il n'y a pas ici de type de forme qui puisse notre jugement. Celui qui dit qu'un cygne servir à déterminer est plus beau qu'une colombe, ne donné guère à entendre autre chose, sinon qu'il a plus de plaisir à voir le premier que le soit second ; soit à cause de ses mouvements plus majestueux, parce que c'est un animal plus rare ; et celui qui préfère la colombe y est porté peut-être par l'idée d'innocence qu'il associe à celle de cet oiseau. Mais si l'on prétend fonder la préférence qu'on donne à l'un ou à l'autre oiseau sur une dégradad'une courbe, sur la direction tion de la masse, sur l'ondulation d'une ligne, ou sur tel autre jeu de l'imagination qu'on prendra pas de tomber dans pour type des formes, on ne manquera à la fin que la grande et l'on s'apercevra mille contradictions, Entre les diffémère Nature se refuse de pareilles règles. rentes raisons qui nous font préférer une partie de ces ouvrages à une autre, la plus générale je crois est la coutume et sens l'habitude rend le blanc l'habitude. Dans un certain noir, et le noir blanc. C'est l'habitude qui fait que nous préà celle des nègres ; tandis férons la couleur des Européens que ces derniers préfèrent leur teint au nôtre. Je suppose que personne ne doutera que, si un de leurs peintres devait peindre la déesse de la beauté, il la représenterait noire, avec des lèvres épaisses, un nez épaté et de la laine pour cheveux ; et je contre la nature s'il faisait autrepense même qu'il pécherait la justesse de son idée? ment; car à quel titre contestera-t-on d'un Nous disons il est vrai que les formes et la couleur mais Européen doivent être préférées à celles d'un Ethiopien; de raison, sinon je ne vois pas qu'on puisse en alléguer Il est absurde de dire que nous y sommes plus accoutumés. que la beauté possède un pouvoir d'attrait qui saisit l'esprit d'amour et d'admiration, puisque cet argument conclut aussi
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noirs que des philosophes bien en faveur des philosophes blancs. Les peuples blancs et les noirs doivent être considérés, relativement à la beauté, comme formant des espèces ou des variétés différentes on ne peut ; de l'une à l'autre desquelles ainsi que je l'ai remarqué. tirer de conséquence, soit une des causes de la beauté. On veut que la nouveauté soit une des raisons Je ne conteste pas que la nouveauté qui font qu'on admire ; mais parce qu'un objet est rare, peut-on comme dire qu'il est beau ? La beauté produite par la couleur, lorsqu'on préfère un oiseau à un autre à cause de son plumage, aient d'ailleurs la même forme, n'a rien à faire avec quoiqu'ils l'argument qui ne raisonne que sur les formes. J'ai considéré à la forme seule : il est nécessaire de la beauté relativement le sens de ce mot dans cette limite, car il ne saurestreindre si ce sens est appliqué à toutes les rait y avoir de conclusion, On pourrait dire avec choses qui recueillent l'approbation. rose est belle à cause de son odeur autant de raison qu'une agréable, qu'on dit qu'un oiseau est beau par son plumage. En employant le mot de beauté, nous n'entendons pas toujours chose de précieux par là une plus belle forme, mais quelque son utilité, sa couleur ou quelque autre propar sa rareté, mais si le chepriété. On dit qu'un cheval est un bel animal; val n'avait pas de plus utiles qualités tortue, je doute qu'une de sa beauté. qu'on s'avisât de parler avec quelque fin soit On veut encore que la convenance cause de la beauté, mais en supposant que nous soyons juges de il est la forme qui convient le mieux à la force ou de l'agilité, de la beauté avant d'avoir au moins certain que nous jugeons eu le temps de vérifier cette convenance. De ce qu'on vient de dire on peut conclure que les oeuvres si les espèces entre elles sont ce que nous comde la nature, en et que la préférence belles, parons, sont toutes également ou de quelque cela n'est donnée qu'en vertu de l'habitude d'idées. Entre les êtres d'une même espèce, au association la beauté est le milieu ou centre de toutes les forcontraire, mes qu'ils
exposent.
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s'il a été prouvé Pour conclure donc par forme de corollaire, aux idées génébeauté en s'attachant la le produit peintre que il faut bien qu'en ne s'arrêde la nature, rales et invariables il accidentelles, tant qu'aux petits détails et aux différences et dépare ses ouvrages la règle universelle, par des contredise difformités.
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VOYAGES
PITTORESQUES 1749
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1781
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VOYAGE
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ITALIE
à 1752
ROME LE VATICAN Je fus introduit dans la chapelle Sixtine le matin, et j'y restai tout le jour, passant une grande partie du temps à la de haut en bas. A mon retour, traversant les parcourir de Raphaël, elles m'ont paru d'un ordre inférieur. chambres de livres écrits sur la peinture, Dans beaucoup Raphaël est et parce que porté aux nues pour le naturel de son imitation, les velours et les satins sont peints chez lui à s'y méprendre. Cela est si peu véritable, qu'il n'y a pas de peintre au monde plus éloigné de cette imitation. Aussi n'était-ce pas son devoir de s'y appliquer, si ce n'est dans les portraits, comme dans celui de Léon X à Florence 1, où la vérité de la draperie est extrême ; mais non pas dans les tableaux d'histoire. Ces prétendus connaisseurs croient que toute la vertu de l'art consiste à rendre les choses au naturel. Si c'était le cas, que de Raphaëls la Hollande n'a-t-elle pas produits ! Ce que je voudrais fixer, c'est le point sur lequel le jeune peintre doit Il faut que son idée de l'art soit prise de diriger son attention. des grands maîtres. Or les jeunes peintres ainsi que l'exemple où les amateurs, s'étonnent souvent de voir une peinture i. Au Palais Pitli, n° 40 du catalogue.
2Q2
VOYAGE
EN ITALIE
rien ne se trouve de ce qu'on nomme d'une autre où se trouvent des satins, de grès, etc., qui trompent l'oeil.
nature, mise au-dessus des soies, des cruches
BASILIQUE DE SAINT-PIERRE Il y avait ici plusieurs tableaux de prix qu'on a retirés à cause : de l'humidité et qu'on a remplacés par des mosaïques du Dominiquin. Saint-Sébastien, Le Baptême du Christ, de Carie Maratte. La Présentalion de la Vierge, de Romanelli. La Mort de Saphire, du Pomerancio. Tous ces tableaux sont aux Chartreux'. La Navicella, de a trouvé place dans la loge de la Bénédiction. Le Lanfranc, haut du tableau seul est sauvé 2. SAINTE-MARTHE 3 (JUSTE BEKRIÈIIESA.IKT-P1ERKF.) A droite en entrant est un Saint Jérôme, de Muziano '. Le tableau du maître-autel, d'un grand style, par Jean de' !'. Vecchi dal Borgo San-Sepolcro En face, Saint Jacques et saint Antoine abbé, par Lanfranc, bien peint. Sainte Ursule, du même. Le Crucifix de terre cuite attribué à L'Algarde. SAINTE-MARIE IN CAMPOSANTO ' Le monument Flamand, delà
d'un Hase d'Anvers dernière perfection.
1 : Un enfant
pleurant,
par
i. Autrement, Sainlo-Marie-des-Aiiges. 2. Témoignage unique, je crois, du sort de ce tableau aujourd'hui disparu. 3. Aujourd'hui démolie. 4. D'autres le donnaient à Daniel de Arolterre. 5. Omis par Baglioui à la vie de cet artiste. Nibby le donne au même Eaglioni. 6. L'auteur écrit Covpo Santo par erreur. 7. L'auteur écrit Ifare par erreur.
ROME
293
SAINT-ONUPHRE En suivant la Lungara depuis Saint-Pierre, à gauche en haut Dans les lunettes de la côte, est l'église avec le monastère. du portique en façade de l'église, sont trois histoires du Dominiquin à fresque *. Figures qui font une espèce de corniche (une frise) ; celle d'en haut est de Bernard Pinturicchio. A droite, l'autel du milieu est peint par Annibal Carrache : La Vierge de Lorette avec l'Enfant, assise sur une église ordinaire portée par trois anges dessous et deux dessus. du Tasse, dont le corps Dans cette église est le monument Le monument est à gauche, repose à droite du maître-autel. tout de suite en entrant. Il y a dessus un très bon portrait en peinture 3. est une Vierge avec Dans le cloître en haut de l'escalier, de la Vierge est d'une admil'Enfant Jésus. La physionomie rable douceur. C'est celle que Vasari à tant louée 3. SAINTE-CROIX DE JÉRUSALEM DULATRAN) (AUDELADELAPLACJÏ La voûte est peinte par un peintre vivant, Corrado ''. A droite est le Schisme de saint Léon \ par Carie Maratte. L'autel ensuite a un tableau du cavalier Vanni, Saint Robert enfant porté par des anges à la Vierge Marie et à l'Enfant JésUS. De l'autre côté, Saint Sylvestre montrant le portrait de saint Paul à Constantin, est de Louis Garzi. L'Incrédulité de saint Thomas, du même côté, par Passari. 1. Représentant la A*iede Saint Jérôme. 2. Un monument nouveau, qui contient le corps du poète, a été érigé par les soins du pape Pie IX en 1857. 3. Ed. Milancsi, t. IV, p. 47- On croyait alors que la Vierge peinte pour Baltbazar Turini par Léonard de Arineiétait celle-là. L'erreur est reconnue, et le nom même de Léonard est contesté. 4. Conrad Giaqninlo. 5. Soumission de l'antipape A'iclor IAr,remplacée depuis par une copie.
îg4
VOYAGE EN ITALIE SAINT-PIERRE IN MONTORIO
a la fameuse Transfiguration Le maître-autel de Raphaël\ A l'autel à droite de celui-ci, deux statues de Saint Pierre et de Saint Paul, par Daniel de Volterre 2. Le tableau représentant le Baptême de Jésus-Christ est de Fiorentino 3. La chapelle suivante a l'Ensevelissement du Sauveur, peint par le Caravage 4, ainsi que toute la chapelle. La Flagellation du Christ, près de la porte à droite en est peinte par Sébastien del Piombo, un entrant, d'après dessin de Michel-Ange. La petite chapelle ronde au milieu du cloître est de l'architecture de Bramante, en imitation du temple de la Sibylle à Tivoli. PALAIS DU SECRÉTAIRE VANDYCIC.— Un excellent portrait de Pontius le graveur, par montrant Vandyck ; le même que l'eau-forte, quelque chose de la main gauche. Le meilleur portrait que j'aie jamais vu : au Gorsini, mais adle coloris pareil à la tête de Rembrandt une teinte pourpre, la main merveilmirablement terminée, leuse. Etude d'une tête d'Ange la par le Corrège ; également meilleure que j'aie vue de lui. Ecce Homo., du Guide. PALAIS FALCONIÉÏU" Trois têtes du Guide ; études Deux Bourguignons. Beaux.
sur une seule
toile.
i. Transportée à la Pinacothèque du Aratican. 2. Ordinairement données comme anonymes. 3. Peut-être Michel Alberti, ainsi surnommé, élève de Daniel de Arollerre.On attribue le tableau à Daniel lui-même. l\. Non pas, mais par Théodore Baburen, sans doute son élève. Une réplique est au musée de Bruxelles (cal. 201), une autre dans la cathédrale d'Annecy. 5. La collection fut dispersée peu après l'époque de ce voyage.
ROME
2g5.
du Poussin. Sainte Famille La Vierge est une noble de ce Raphaël figure, et le tout compose une façon d'imitation où la Vierge est debout. qui est en France, une sur chaque porte, duVéronèse. Deux Conversations, Sainte Cécile jouant de l'orgue à mi-corps, par le Guerchin. Une
PALAIS BORGHÈSE' Première Enée
et Anchise,
chambre.
par le Baroche Deuxième
2.
chambre.
tirant pour le prix (un arc et une DOMINIQUIK. — Nymphes et placée flèche) que tient Diane debout au milieu du tableau de manière à ce qu'on y reconnaisse la principale figure 3. Une le dos et leur nymphe au bain, qui met ses mains derrière à faire flotter le l'esté de son fait toucher le fond de manière de face : c'est la figure la plus sécorps ; elle vous regarde duisante de toute la composition, quoique toutes soient extrêmement belles. La Cène, du Titien. Le Cardinal Borgia et Machiavel, du Titien. Bien conservé, d'une belle couleur ; bien terminé et fondu, comme d'Holbein. Sainte Catherine, par Raphaël '. de Michel-Ange la fameuse Un Crucifix ; au sujet duquel histoire '". Admirable portrait par le Titien, dit son Maître d'école. en petil, le même que celui Le portrait du Titien lui-même, qui est à Windsor. Deux portraits auprès, comme d'Holbein. 1. Ce qui reste de la collection figure depuis 1891 dans le casin de la villa du même nom. Ci-dessous les numéros qu'ils portent au catalogue de 1893. 2. N° 68 du catalogue. 3. N° 53 du catalogue. 4. Maintenant à la Galerie Nationale de Londres, n° 168 du catalogue. 5. Que l'artiste aurait mis à mort un portefaix son modèle, afm de mieux représenter sou sujet : rapportée entre autres (commeridicule) par Ricbardson (Traité de la Peinture, t. III, p. 3o), de qui on peut croire que l'auteur l'a prise.
VOYAGE EN ITALIE 396 Petit tableau. Elle est Une Madeleine d'Annibal Carrache'. couchée par terre. Sainte Cécile du Dominiquin 2. Le coloris du Dominiquin est très brillant; mais il manque de la transparence de celui du Corrège et du Titien. un jeune homme, seulement Une figure buvant; la tète et la poitrine, de profil, g-rand comme nature. Ce morceau et le du cardinal Secrétaire au palais du profil dans la collection tableaux Pape, sont les deux meilleurs quant au coloris que j'aie vus d'aucun peintre. Vénus bandant les yeux à l'Amour avec les trois Grâces, par le Titien 3. Grand comme nature, avec des verres devant, étant coupés comme une fenêtre, empêchent la vue. lesquels Deux Vénus du Titien. Les mômes que celle de Florence 4; la seule différence dans l'une est qu'elle redresse la tète et Je crois qu'il y en a près d'une douparaît être un portrait. zaine à Rome, toutes originales le peut-être. Quelques-unes sont certainement et celles-ci en particulier; mais aucune, à mon avis, n'égale celle de Florence. Il y en a une à Windsor, et une autre en Cornouailles. Un portrait d'une dame en petit, par le Titien; excellent pour son coloris. Le Titien et sa maîtresse. Le même que l'estampe ; la tète du peintre est bien conservée ; celle de sa maîtresse point. L'Enfant prodigue, par le Titien. Nombre de dessins, qu'on dit de Jules Romain. Parmi les la Bataille de Constantin, attribuée à Raphaël. meilleurs, PALAIS VÉROSP1" ALBANE.—Une d'habitude.
voûte par l'Albane,
extrêmement
i. N° 48 du catalogue. 2. Dite aujourd'hui la Sibylle de Cumes, n° 55 du catalogue. 3. N° 170 du catalogue. 4. Aux Ofliees, dans la salle de la Tribune, nos 110S et 1117. 5. Aujourd'hui Torlonia.
sec, comme
ROME
297
du fameux Harpsichord POUSSIN. — Au-dessus 1, un paysage de Poussin; de sa meilleure manière, et vraiment peint dans le plus grand style qu'on puisse concevoir. Cela est terminé sans reprises, excepté les arbres qui ont le ciel pour fond. Un pinceau large et léger, presque pas de contour, les feuilles touchées comme le Bassan. CAPITULE Au bas de l'escalier ne pas manquer de regarder les lions de marbre égyptiens, qui crachent l'eau par leurs bouches, avec un mouvement comme d'un homme qui sourit. On doit les compter parmi les meilleures de leur espèce à antiques R.ome. Ils proviennent de l'église Saint-Etienne del Cacco. Au haut de l'escalier sont deux colosses de Castor et de Pollux avec leurs chevaux de chaque côté : ils font bel effet, sans égaler ceux de Montécavallo. de Au milieu de la place est la fameuse statue équestre est de Michel-Ange. La meilleure Mare-Aurèle. Le piédestal vue de cette statue est quand on arrive sur la place, à droite. sur la Elle a été dorée, et quelques traces de dorure subsistent 2 statues tète du cheval. C'est une des vingt-quatre équestres dont Rome ancienne était ornée. PALAIS ALTIÉRI Peu d'ouvrages sauf deux paysages de Claude considérables, Lorrain : les meilleurs de beaucoup que j'aie vus de ce maître et même d'aucun autre; en particulier celui où est le temple de Tivoli. ÉGLISE SAINT-JACQUES DES ESPAGNOLS Un portrait de Jacques Foys Montoja, fait par le Bernin quand il était tout jeune. Le marbre est si merveilleusement traité qu'on dirait la chair elle-même; la lèvre d'en haut, cou1. Je ne suis sûr ni de la lecture, ni de la traduction de ces paroles. 2. Reynolds écrit quatorze. Je ne laisse pas de croire ce renseignement pris de Richardson (t. 111,p. 108).
298
VOYAGE EN ITALIE
a tout le léger de la nature. Le visage verte par la moustache, est maigre et mince, mais il y a un grand feu dans le regard. ceci ne le cède en rien au meilleur goût de l'anCertainement tique, au moins je n'en connais aucun qui l'égale à mon sentiment. On le trouvait si ressemblant (et vraiment au puissant aisément caractère de nature qu'il a, on se persuade qu'il a le personnage disaient ressemblé), que ceux qui connaissaient que c'était Montoja pétrifié. Il y a aussi dans la sacristie deux têtes par le même maître ; l'une représentant une Ame bienheureuse, et l'autre une Ame damnée. Merveilleuses aussi bien que pour jmur l'expression l'exécution et le traitement du marbre. PALAIS SPADA Dans le vestibule, la statue de Pompée, au pied de laquelle César fut assassiné 1. GUIDE. — L'Enlèvement d'Hélène, du Guide. Les airs de tête des femmes merveilleusement beaux. L'exécution n'est pas de ses autres ouvrages à Rome. Pluégale à quelques-uns sieurs disent que c'est une copie retouchée par le Guide, et que l'original est en France 2. GUEHCHIN.— Didon percée du glaive d'Enée. On la voit tombée sur un bûcher le visage en bas, le corps transpercé d'un médiocrement Une femme à long glaive. Peinture agréable. gauche du tableau, avec son mouchoir sur ses yeux, a beaucoup de grâce. TITIEN. — A côté de ce tableau est un portrait du Titien, un visage mince, d'une couleur admirable. PALAIS M'ATTÉI aArec quelques vieillards. CAIIAYAGE. — Un saint disputant Grand comme nature, jusqu'à mi-corps seulement. Beaucoup de force et bien colorié, comme si le soleil brillait sur les 1. Détail pris de Richardson (t. III, p.32i). 2. Au Louvre. n° 33g, autrefois dans la galerie de l'hôtel de Toulouse (Banque de France), où une copie la remplace.
ROME
299 figures ; des ombres fortes, mais non pas si dures qu'à l'ordinaire, et, ce qu'on ne trouve pas souvent dans ce maître, le À tous égards c'est la meilleure saint est une figure gracieuse. du Caravage. peinture que je connaisse PALAIS GOLONNA' CORRÈGE.—La Léda du Corrège. Le dessous de ce tableau, camaïeu blanc, noir ou outremer dans les ombres; glacé par dessus, mince et fondu, d'une teinte plus chaude, caput morles ombres bleuâtres iuum, je pense. Les lumières chaudes, mais chaudes. Le tableau est peint sur panneau dans une manière large, fini cependant comme un émail; les ombres harmonisées et perdues dans le fond. Ecce Homo du même. Les ombres sont entièrement perdues dans le fond : peut-être, par l'effet du temps, plus qu'elles ne l'ont été d'abord, TITIEN. — Adonis. Le dessous camaïeu blanc, les muscles fortement marqués. A la seconde reprise il a glacé une couleur d'une chaude couleur de chair ; claire par dessus ; les lumières les ombres dans les parties claires, d'une teinte pourpre mourante : au moins elles étaient ainsi d'abord. La teinte pourpre et de la couleur semble faite des ombres noirâtres de dessous, glacée par dessus. J'ai copié ce tableau avec du blanc, de la terre d'ombre, du du noir. Les ombres de peu d'épaisseur, minium, du cinnabre, peut-être guère plus que le fond réservé. la chair, après qu'on l'a finie avec Règle. — Pour peindre des couleurs très fortes, comme outremer et carmin, passer du blanc par-dessus, très mince avec de l'huile. Cela fera je crois un merveilleux effet. Ou bien peindre les chairs trop rouges et glacer ensuite de blanc et de noir. Ou bien en camaïeu, blanc et noir seulement, et la couleur de chair en seconde couche. Exemple le Baroche du palais Albani, et le Corrège du palais Pamphili. 1. En partie dépouillé de ses anciennes collections. Les tableaux ci-dessous n'y sont plus.
3oo
VOYAGE EN ITALIE
sont peints sur Les paysages de Poussin au palais Vérospi un fond sombre fait de rouge indien et de noir. Le même fond servir pour tout autre sujet aussi bien que pour des pourrait paysages. Les animaux dans le tableau de Vénus et Adonis du Titien au sont noir et blanc sur un fond clair. palais Barberini, Noir en glacis sur un fond blanc. Le Saint Jérôme d'Augustin Carrache. La tète de Saint Jean du Bassan. Une Sainte Famille du Titien, couleurs rompues. Les André Sacchi sont en général de cette sorte. le fond bleu, noir et blanc, les Règle. — Premier travail; traits marqués en rouge ferme. Deuxième reprise ; les couleurs rouge, bleu, vermillon, laque, carmin, blanc, huile siccative. Réflexions. — Il faut arriver à l'inconnu par le connu. En cherchant un plus court chemin on se trompe, et pendant qu'on se flatte de posséder l'art, on embrasse un nuage, on enfante des monstres ou des chimères. Dans Raphaël nulle affectation : ni trop de lumière ni trop ni contrastes dans le claird'ombre, affectés, ni recherches obscur. Il tient le milieu. Annibal trop hardi, comme MichelAnge, Dominiquin trop timide, le Guide trop efféminé.
MARINO Anciennement ensuite appelé Fesentina ou Curia Latinorum, Villa Mariana, à cause d'une villa que Marius y avait 1. Dans l'église principale 2, l'Écorchement de saint Barthélémy, par le Guerchin. Dans une autre la Trinité 3, gravée par G.-J. Frey. Vu Castel-Gandolfo environ.
et le lac d'Albano,
i. Ces origines sont de fantaisie. 2. Saint-Barnabe. 3. Du Guide.
qui
a huit
milles
ASSISE
VELLETRI anciennement Belletri. Dans le marché est la statue Appelée d'Urbain VIII, du Bernin 1. Bronze; la base de marbre. Au palais Ginetti un bel escalier. Dans ce palais est le... 2 du dont il y a une petite répétition au Palais Borghèse. Josépin, de Vellétri, à gauche sur une hauteur, Sermoneta, vue Au pied une plaine marécageuse, anciennement pittoresque. les Marais Pontins. Pline dit que de son temps il y avait ici villes 3. Maintenant vingt-cinq pas une maison. A cinq milles de Piperno, sur la hauteur à gauche, Sezza, Partant
autrefois Setia, capitale des Volsques. Deux milles plus loin on passe la rivière d'Ufens, qui coule à travers les Marais Pontins.
FOLIGNO le tableau RAPHAËL. — Dans le monastère des Comtesses, à droite, Saint la Vierge et l'Enfant; au-dessous, représentant et Saint Jean-Baptiste, de l'autre côté un cardinal à François un autre de profil; vieillard genoux qui pose sa main sur l'épaule du cardinal''. Sur le chemin d'Assise, deux milles avant d'y arriver, une dans laquelle à main droite est un bon tableau. petite église,
ASSISE A Sainte-Marie-des-Anges, un tableau de Saint d'une gloire, un ange avec plusieurs environné ailes.
François
i. D'autres la donnaient à l'algarde. Elle n'existe plus. 2. Ce nom illisible. 3. Non pas de son temps, mais du temps du consul Mucianus, Hist. Nat., liv. III, chap. Y. 4. Transporté à la Pinacothèque du A'atican.
3o2
VOYAGE EN ITALIE
Dans la même église, de l'autre côté, une Annonciation, du Baroche. La même que chez le cardinal Secrétaire. A deux milles de Sainte-Marie-des-Anges, dans un ancien temple de Minerve, un entablement supporté par six colonnes un portique, beau. Quatre ou six marches. corinthiennes, Ils ont le corps de saint François.
PÉROUSE A l'église
la Descente de Croix du Baroche. Saint-Laurent, à Vilpiler 1. L'estampe Un Mariage de la Vierge, par Pierre Pérugin. Un nombre infini de ses peintures dans Pérouse. A Saint-Augustin, la Vierge avec l'Enfant dans les nuages, couronnée parles Anges ; en bas d'un côté, une Sainte et Sainte Lucile avec ses yeux sur un plat; de l'autre côté, Saint Augustin. Au Jésus, dans la sacristie, un beau tableau du Baroche : la Vierge puisant de l'eau à un ruisseau dans un plat d'argent, Saint Joseph cueillant des cerises pour l'Enfant Jésus qui les reçoit,
AREZZO BAROCHE. — A Sainte-Marie délia Pieve, vu le chef-d'oeuvre du Baroche, un tableau qui représente la Vierge intercédant auprès du Christ dans les nuages pour une foule de peuple placée dessous. Dans le reste, le profil d'une dame, sans doute de celle pour qui le tableau fut peint. Quelques anges et quelques femmes d'une grâce merveilleuse ; la Vierge est une belle figure. Dans la même église, beaucoup de tableaux de Vasari. Le devant et derrière, avec beaucoup de petits maître-autel, bien peints et en bon état. Entre autres, tableaux, extrêmement le tableau au revers du maître-autel, un Saint Georges avec le dragon. Un cadavre sous le cheval, le corps d'un ton cendré. i. Je donne cette leçon, faute de mieux, d'après Cotlon.
FLORENCE
3o3
Le portrait de Vasari avec son fils d'un côté, et de l'autre son fils aîné et sa femme en prière. A la Confrérie de Saint-Roch, un beau tableau de ce saint par Vasari, le meilleur de ses ouvrages ; de l'autre côté un Miracle peint d'une belle manière. FLORENCE ÉGLISE SAINTE-CROIX Une Descente de Croix, de Salviati. Le Christ aux Limbes, Naldini. de Croix. Un enfant Une Déposition tètes admirables.
de chaque
côté,
les
pour
son
SAINT-BENOIT-DE-SETTIGNANO Une chapelle où l'on va par le cloître, architecture par San-Sevillo.
admirable
SAINT-MARC Deux autels par le F rate 1. La copie du Saint-Marc du palais Pitti. L'original fois cette place.
tenait autre-
SAINT-PIERRE Une voûte par Gabiani. SAINTE-MARIE-NOUVELLE Le premier grecs. Tableau
tableau
peint par Cimabue.
Ouvrages
des peintres
admirables
de Jean de
par Gherardini. TOUS-LES-SAINTS
Dans le cloître, San-Giovanni. i. Barthélémy.
beaucoup
de tableaux
VOYAGE EN ITALIE
3o4
Boschi. J'en prends quelques Les portraits de cardinaux peints, autour du cloître.
croquis. par Boschi
extrêmement
bien
PALAIS GIACOMJNI Architecture
de Michel-Ange. S AIN TE-MARIE-M AJEU RE
La voûte
du Volterrano
' : Elie et Elisée.
PALAIS ALTOVITI Un portrait
par Raphaël
: le sien.
PALAIS DU MARQUIS GERIKI Le célèbre portrait de Rembrandt en armure. Un tableau de Paul Véronèse. Une esquisse de Rubens. Un Saint Sébastien du Guide, kitkat 2. de sculpture Le meilleur morceau est le Cicéron avec une loupe à gauche au creux de la ligne du nez. Un Bacchus de Michel-Ange. Une Bacchante en face avec des fruits dans son sein. Flore avec un bras levé au-dessus de sa tête. Antiques. Bacchus et Faune à la panthère. Buste. La Maîtresse du Bernin. Vénus jeune. Vénus se lavant les pieds. Ganvmède avec l'aiele. A gauche de la galerie en entrant, la copie du Laocoon. Un Bacchus. M. Hugford
3 m'a
dit
qu'il
avait
vendu
une
belle
tête
du
i. Balthazar Franceschini. 2. Figure limitée un peu moins qu'à mi-corps. 3. Fils d'un Anglais établi à Florence, né dans cette ville, peintre et amateur, mort en 1778. Son frère fut abbé de A'allombrose.
FLORENCE
3o5
etc.,à Demer. Bronzin, un jeune homme, chevelure pittoresque, des maîtres Il a une belle collection de crayons, principalement Florentins. celle de de sculpteur, Dans une boutique qui fut autrefois Jean de Bologne, est un plâtre d'un des esclaves du piédestal de Leghôrn \ et des modèles de deux des figures pour les fonAussi un modèle pour taines des jardins Boboli. Admirables. autres l'Enlèvement des Sabines ; outre plusieurs plâtres admirables (en bonne lumière), d'après des figures de la galerie. HOPITAL DE SAINTE-MARIE-NOUVELLE dernier de Frère Barthélémy. Le Jugement Jean de San-GioUne Charité de Jean de San-Giovanni. et fut élève de Mathieu Rosselli. vanni est de Voîterre, L'ANNONCIADE Dans l'église une tête du Christ. Trois par André del Sarte. A droite une voûte par le Volterrano 2. Dans la cour sept morceaux à fresque d'André del Sarte. Les cloîtres. La Vierge au sac, d'André del Sarte. Toutes les peintures de chaque côté sont de Poccetti. Le côté en face (deux et de Mathieu Rosselli, excepté autres côtés) est de Salimbeni deux des plus mauvais (le côté le plus éloigné de l'église) qui furent faits par un frère du couvent. Manière plus sèche que le reste. Le meilleur de ses le Miracle du Peintre. Un représentant de l'Enfant noyé. Son frère près est la Résurrection ouvrages de lui. Sa mère le tient, admirable figure. Le frère pleure, son La tablier plein de fleurs, bien drapé ainsi que ses culottes. dessin et couleur. femme qui tient l'enfant mort, admirable, comme d'Annibal Carrache. Les deux figures nues dessinées de l'Église est un autre Opinion de Gabiani 3, que la Fondation morceau admirable. i. Leçon de Cotton. 2. Ar. p 3o4, n. i. 3. Gaétan sans doute, fils du graveur mort en 1726, peintre à l'huile et au pastel; auteur d'une voûte, ci-dessus p. 2o3. 20
3o6
VOYAGE EN ITALIE
Sur la place de l'Annonciade, de deux admirables fontaines Jean de Bologne. Têtes aquatiques, des nageoires pour favoris. Grande ressemblance de son génie avec Michel-Ange. Place devant le Grand Palais, une grande fontaine. Tout le bronze par Jean de Bologne. Un Neptune avec trois figures couchées : du Gange, du Nil et de TEuphrate, et une femme. Douze brasses de diamètre ; le tour du bassin de trente-six brasses. Dans un autre bassin.ou vivier, un Neptune de bronze, avec de marbre alentour, par Astoldo plusieurs monstres fantastiques Lorenzi. L'Enlèvement des Sabines, de Jean de Boloa-ne. Un bas-relief au-dessous, par le même. Un Grand Duc 1 à cheAral, du même. Aussi le bas-relief dessous. De chaque côté de la porte, deux colosses, un de MichelAnge 2, l'autre de Bandinelli 3. Le Centaure et Hercule, de Jean de Bologne. Un piédestal, bas-relief de Bandinelli. beau Un soldât portant un cadavre dans les bras, antique; pas souvent. groupement que les anciens n'observaient Jean de Bologne a été supérieur à tout le monde, anciens ou sous ce rapport au moins, tant en statues qu'en basmodernes, reliefs. JARDINS BOBOLI CAGCTNI.— Figures de pierre. Quelques charges admirables de nature, de Jean Caccini. Deux aveugles par le caractère combattant : l'un frappe sur une pierre croyant frapper son les mains. lui. La draperie, adversaire, qui est derrière Un Vieillard avec un jeune homme dans ses bras; admirable. avec un lièvre à la main, Un Chasseur dans les buissons, autour de la grande fontaine, joli. de marbre. Une Vénus admirable, très bonnes. autres figures des Saisons, Quelques i. Côme I0''. 2. David. Maintenant à l'Académie. 3. Hercule assommant Cacus.
A FLOK LA PLACEDELAÇSERSEUKIE Dessin de Zocchi,gravé par Gré
FLORENCE
307 s'il les
Le beau pont, les arches ovales, l'air aussi léger que était fait d'argent. Quatre belles statues représentant Quatre Saisons : l'Hiver par un homme nu qui paraît grelotter, de Thadée Landini ; l'Automne et L'Eté par Jean Caccini, le même qui a fait les statues de pierre au Boboli ; le Printemps élève de Jean de Bologne. par Francheville, CHAPELLE SAINT-LAURENT
MICHEL-ANGE.—Les quatre figures couchées de Michel-Ange, avec un Grand Duc aussi de lui. à tout le Quand je suis ici, je trouve Michel-Ange supérieur inonde pour la grandeur du goût. Quand je regarde les figures aux fontaines du Boboli, je trouve Jean de Bologne plus grand Je crois qu'il serait difficile de décider que Michel-Ange. Le même doute entre le lequel fut le plus grand sculpteur. Vatican et la chapelle Sixtine. ÉGLISE DU CARMEL Une chapelle peinte par Masaccio 1 (c'est dans le bras droit de la croix). Raphaël en a pris son Adam et Eve chassés du Paradis 2. Les têtes, selon une ancienne habitude, sont des portraits et ont un caractère de nature merveilleux. PALAIS PITTI d'en bas. Les appartements Ermite tirant de la bière dans une cave, par Volterrano. Figures sombres sur un fond clair, savoir ciel clair et bâtiments clairs. Le premier appartement d'en bas, peint par Jean de San Giovanni. Première Cinq batailles
chambre
du Bourguignon
à gauche. 3.
1. Non pas, mais par Filippino Lippi. 2. Aux Loges du Vatican sur d'aiitres emprunts, v. p. 212et 2i5. 3. Maintenant aux Offices.
3o8
VOYAGE EN ITALIE
par des Satyres, de Rubens 1. Nymphes surprises Trois sujets de Livio Mehus ; celui du Triomphe de Bacchus, et la femme qui présente des mets à un général, avec Minerve au-dessus qui chasse l'Envie, admirables. La Vierge et l'Enfant assis sous un baldaquin, quatre Saints, deux Anges volants, deux à terre chantant avec une bande de papier noté. Raphaël 2. La Vierge, l'Enfant et un groupe d'anges ; admirable ; par le Parmesan 3. La Vierge et l'Enfant et plusieurs saints, par le Rosso'*. Autrefois au Saint-Esprit. RUBENS. — Dans cette partie du palais, ne pas manquer de se faire montrer deux grands tableaux de RubensB. Un représente la bataille du même roiG qu'il a célébré dans la galerie du Luxemtiré dans un char magnifique, bourg ; l'autre son triomphe, une branche d'olivier dans sa main tendue, et couronné par la Victoire. Des esclaves suivent ; des trompettes, un arc de Dans le premier il. est sur un cheval bai, avec la triomphe. foudre dans sa main droite, frappant un autre sur un cheval lumière. La figure sur le cheval blanc, qui fait la principale blanc est peinte très claire pour ne pas rompre la masse, et entre la tête du cheval et ses jambes il y a une figure claire, pour que la forme de la masse ne soit pas gâtée. Le roi fait une masse sombre : derrière lui deux figures sombres pour effacer le sombre par degré. de Vandyck. Trois portraits En un tableau celui du roi le profil d'une femme Charles et de sa femme' 7; le troisième, en satin blanc. Une partie de la coupole du Parmesan à Parme : Saint Jean entouré d'anges. j. N° 141 du catalogue. 2. N° i65 du catalogue. 3. La Ariergeau long- cou. N° 23o du catalogue. 4- N° 207 du catalogue. 5. Maintenant aux Offices, n03340 cl 147 6. Henri IV. 7. Charles l01',roi d'Angleterre, u° i5o du Catalogue.
FLORENCE
3o0
Un grand tableau du Frère Barthélémy, la Vierge avec plusieurs Saints 1. Deux de LivioMehus : un, d'un Sacrifice 2; l'autre, de figures entrant clans un bateau, peut-être l'Enlèvement d'Hélène. Hercule se reposant sur sa massue, du Guide. La Vierge et l'Enfant, Saint Joseph, Saint Jean-Baptiste et un Saint en armure, peut-être Saint Georges, avec un petit plat dans sa meilleure manière. dans sa main. Corrège, en Le Christ sur un piédestal, avec les quatre Evangélistes dessous, parle Frère Barthélémy''. en petit, tenant le Christ sur la croix ; Dieu le Père au-dessus six Saints dessous, par André del Sarte. de Paul Véronôse '". Annonciation, Caïn et Abel, du Titien. Troisième
chambre.
de la Vierge, Deux Assomptions les douze Apôtres en bas. Dans l'une des deux, en plus des douze, il y a une religieuse et un prêtre. Saint Marc, par le Frère Barthélémy". Cinquième Un Castiglione
: un veau
chambre.
grand
Sixième
comme
nature.
chambre.
à la chaise, de Raphaël °. avec l'Enfant, Saint Joseph et Saint Jean, par Raphaël. Sainte Elisabeth, la Vierge et Famille, comprenant Sainte Cathel'Enfant, Saint Jean et une autre Sainte, peut-être rine. Raphaël 7. Vierge Vierge Sainte
i. N° 208 du catalogue. 2. Peut-être d'Abraham, aux Offices, n° 83. 3. N° i5g du catalogue. 4. Maintenant aux Offices, n° 079. 5. Nù i2j du catalogue. 6. N° 1S1du catalogue. 7. A'ierge de Vlnipaïui.ata, n° 94 du catalogue.
3io
VOYAGE EN ITALIE
La Vierge et l'Enfant, Saint Jean et Sainte Elisabeth, par André del Sarte. Le Christ, Saint Pierre et Saint Jean dans les nuages, quatre Saints en dessous, par Annibal 1. une La Résurrection d'un mort par un Saint, du Guerchin, gravure par Bloemart 2. Sainte Famille, par Rubens, une gravure par Bolswert. Annonciation, par André del Sarte 3. Moïse et le buisson ardent, du Bassan ''. Adam pleurant la mort d'Abel, par Cigoli. Plusieurs Saintes Familles, par le vieux Palme, Titien, etc., Aucune considérable. Septième et dernière
chambre.
Mars retenu par Vénus, de Rubens 5. Une Charité, du Guide 6. Le Christ enfant dans les nuages avec un Ange, du Guerchin. Cléopâtre avec l'aspic, du Guide 7. Résurrection de Lazare, par Paul Véronèse 8. Baptême du Christ, du même 9. du même. Crucifix, Le Christ et le denier de César, par le Titien 10. de Saint Paul, du Titien. Conversion Elisée porté au ciel par les Anges, un taureau et un lion, par Raphaël 11. Histoire de Joseph en deux tableaux, par André del Sarte l2. i. N° 107 du catalogue. 2. Saint Pierre ressuscitant Tabithe, n° 5o du catalogue. 3. N° 97 du catalogue. 4. Maintenant aux Offices, n° 5g3. 5. N° 86 du catalogue. 6. N° J97 du catalogue. 7. N° 270 du catalogue. 8. Maintenant aux Offices, n° g5. 9. N° 186 du catalogue. 10. Maintenant aux Offices, n° io33. 11. La A'ision d'E/.échiel, n° 174. 12. N0387 et 88 du catalogue.
FLORENCE
3n
La Vierge et l'Enfant avec Sainte Catherine, de Paul Véronèse 1. Les neuf Muses et Apollon chantant, par Jules Romain 2. L'Annonciation avec la gloire entre deux, d'André del Sarte 8. de Michel-Ange*. Les trois Parques, Sainte Famille avec Saint Jean, en petit, précieusement fini, par Annibal Carrache. La Vierge Marie et le Christ avec Saint Joseph, par Raphaël. du Une partie du célèbre tableau de Bacchus et d'Ariane palais Pamphili à Rome. A droite en entrant dans le palais Pitti, cinq voûtes, frises, et tous les ornements, dessinés de Cortone. La par Piètre où un jeune homme est détourné est la meilleure, première de Vénus par Minerve. dans la En fait de peinture, aucune autre que les fresques première chambre, la deuxième et la troisième. Quatrième
chambre.
Une copie du Baroche d'après la fameuse Corrège à Parme °. Une Descente de croix, de Cigoli. du Titien. Un Saint Sébastien, Une Madeleine nue, par Furino. Cinquième
Sainte
Famille
du
chambre.
sur un piédestal, deux anges Marie et l'Enfant ses jambes, Saint Antoine et Saint Jean de chaque supportent d'André del Sarte. côté. Le meilleur de tous les ouvrages En face, une Sainte Famille du Baroche. de Pitié, de Cigoli. Une Notre-Dame Une Sainte Famille du Titien, pareille à celle de Raphaël en France ; le saint Joseph est le même, et admirablement peint. La Vierge
i. Maintenant aux Offices, n° 3i36. 2. N° 167 du catalogue. 3. N° 124 du catalogue. 4. Non pas, mais du Rosso, n° n3 du catalogue. 5. La Vierge au Saint Jérôme, n° 214 du catalogue.
3i2
VOYAGE EN ITALIE
dans sa jeunesse 1 et dans sa vieillesse. Marie-Madeleine, par le Titien, avec une quantité de cheveux prodigieuse, peinte dans la dernière perfection 2. Dans les petites chambres, beaucoup de Carlo Dolci. Un Salvator Rosa : un Saint Antoine montrant la croix à une figure grotesque 8. La Maîtresse
du Titien,
PALAIS CORSINI La figure d'une femme dormant sur une draperie étoilée dans un char couleur de cendre, traîné par des chouettes et des chauves-souris un enfant la couronne. ; le croissant; PALAIS N1COLINI Le Temps détruisant la Beauté (il la tire par les cheveux), par Volterrano; Une Sainte Agnès avec un agneau, par le Guide. L'exécution de l'agneau d'une douceur merveilleuse. Sainte Catherine, par André del Sarte ; façon de portrait. La Vierge et l'Enfant, du même. Deux morceaux à fresque, par Jean de San-Giovanni. La Vierge Marie et l'Enfant, par Raphaël. Très bon, dans sa seconde manière. PALAIS MEZZiNI Un portrait de peintre sur le chevalet. Une tête par le Corrège. Une première pensée de la Transfiguration'. MODËNE LE GUIDE. — Premier autel" à droite dans la cathédrale, la du Guide. La Vierge agenouillée Circoncision au milieu du tableau. Une des figures, simple et belle ; un petit garçon qui i. Nu18 du catalogue. 2. Nu67 du catalogue. 3. Tentation du Sainl, n° 297 du catalogue. 4. De Raphaël.
PARME
3i3
regarde les colombes est une autre figure agréable ; de fait le tout est admirable. Dans une autre église, une Notre-Dame de Pitié, du Guerchin. un une Peste au-dessous; La Vierge suppliant le Christ; entre deux. Le Guide et le Guerchin.
PARME LA CATHÉDRALE CORRÈGE. — La coupole. Règle. — Relever les parties claires de la peinture par un fond sombre, ou les parties sombres par un fond clair, selon que l'un ou l'autre aura le meilleur effet et fera la niasse la^plus heureuse. Dans la coupole de Parme, les objets sombres sont de leur fond. Des relevés, et les clairs à peine distingués comme des ombres ; tout entières sont regardées figures c'est dans toutes sont d'une seule couleur; les lumières En général varient. l'ombre seulement que les couleurs toutes les ombres devraient être d'une couleur, et les lumières de couleurs différentes : du moins cela doit être seulement ainsi, si le fond de la peinture est sombre. Des anges en camaïeu, du même. Il faut demander à voir la Sainte Famille avec Saint Jérôme, du Corrège. Aucune peinture que j'aie jamais vue ne m'a et donné un plaisir plus grand. Les airs de tête, l'expression le coloris y sont dans la plus grande perfection. Il est extrêmement fini. Pas de jaune dans la chair. Les ombres paraissent ajoutées ensuite avec une couleur mince faite d'huile et d'outremer avec un soupçon de rouge et d'huile. Presque pas de conau visage de la Vierge, lèvres, etc. Le tour, principalement rouge mêlé dans le blanc du visage imperceptiblement. Large partout. Ce tableau du jugeant
a été offert à Lord Orford ' pour 3.ooo livres ; mais tableau seulement d'après l'estampe qu'on lui
i. Père ou neveu d'Horace Walpole, le célèbre amateur et auteur des Anecdotes de Peinture.
3i4
VOYAGE EN ITALIE
montra, il refusa le marché. Quant à moi qui ai vu le tableau, Il est vrai qu'on je suis loin de trouver le prix déraisonnable. ne peut blâmer lord Orford d'avoir refusé le prix d'une comsi peu d'après l'estampe, position qui promettait quoique le Carrache. graveur ne soit rien moins qu'Annibal SAINT-JEAN Les angles de la coupole, et la frise tout autour de l'église sont par les élèves du Corrège. La demi-coupole, le Couronnement de la Vierge, Saint JeanBaptiste (dont il y a une copie au palais Pitti) et Saint Jean 1 : tout avec des l'Évangéliste Anges par le Parmesan. CORRÈGE. —Au-dessus d'une porte, un Saint Jean avec l'aigle secouant ses ailes, du Corrège. Dans une chapelle à droite une Notre-Dame de Pitié. En face le Martyre de deux Saints. L'expression de la femme et celle de l'ang-e est céleste. Le coloris divin : blanc et huile, ombres grisâtres transparentes. Une copie de la Nuit 2, meilleure que celle du palais deModène. Une copie de la Sainte Famille avec Saint Jérôme. LE PALAIS DU JARDIN C'est le premier en importance. Une chambre peinte à fresque des sujets du Tasse par Tiarini 3. Il y a quelques belles figures, en particulier celle qui écrit. Une autre chambre d'Apar Charles Cignani. La peinture pollon et Daphné, est belle, ainsi que celle de Bacchus et Ariane. Un Triomphe sur la mer, par Augustin Carrache''. Au-dessus trois enfants du même : un bandant son arc avec le pied d'une i. Aujourd'hui démolie, les deux ligures du couronnement sont conservées à la bibliothèque. 2. Du Corrège, qui est au musée de Dresde. 3. Badigeonnés en 1767 par ordre du due Ferdinand, ces peintures ont été dégagées et restaurées par Marie-Louise en 1833. 4. Au plafond de la même chambre.
FERRARE manière très avantageuse ; un autre un troisième mouillant sa flèche. Quelques
fresques
qu'on
3i5 plongeant
dans
un lac ;
dit du Parmesan.
FERRARE Le dessin d'une jambe du Christ assez agréable. Mince dans la partie mince ; un pied mince et long. A l'église Saint-Georges, le Martyre de Saint Laurent, du Guerchin. A l'église du Stimato, le maître-autel, Saint François recevant les stigmates, du Guerchin. A l'église du Saint-Esprit, du Christ, du l'Ensevelissement Les caractères de la plus basse espèce ; autrement, Caravage. bien exécuté. La liste suivante
paraît
se rapporter
à Ferrare.
Une copie du Festin du Véronèse. Batailles, par Jules Romain. Les voûtes par le Tintoret. La Vierge et l'Enfant avec Marie-Madeleine et neuf Saints, etc., par le Garofalo. Saint Roch et son chien avec un Ange au-dessus qui tient une croix, par le Guide. Un jeune homme avec sa maîtresse. et le pendant. Des tètes, par le Schiavone, du Carrache, Madeleine la même qu'au palais Sampieri ' ; celle-ci meilleure. avec une autre figure en armure. Minerve, Les Quatre Eléments, de Louis Carrache. de pampre, un verre à la main, derUn vieillard couronné rière comme la tête d'une muse, par Dosso de Ferrare. Saint Pierre qu'on va crucifier la tête en bas, du Guerchin ; d'un grand style. Saint Pierre et Saint Paul, du Guide. i. A Bologne.
3i6
VOYAGE EN ITALIE
Même sujet, du Guerchin. Une belle Madeleine, de Guido Cagnacci. Vierge avec l'Enfant tenant une colombe. Sainte Famille dans un paysage, par le Titien. La Femme adultère, du Titien. La Vierge et l'Enfant avec une pomme;.R,..' devant Paul. Quantités de dessins pour des peintures, par Dosso. Tête de Saint François, du Guerchin.
Saint
MANTOUE PALAIS DU TÉ Sixième Cortèges
militaires
chambre.
en plâtre. Cinquième
chambre.
Jules César avec les licteurs 3. De chaque côté en médaillon, la Continence de Scipion, et vMexandre qui fait serrer les livres d'Homère. Dans différents compartiments six figures en pied en costume romain grandes comme nature. Quatrième Les Géants. Le Portique. Pas vu : Histoires
chambre.
en médaillon.
L'Amour
et Psyché.
VÉRONE Dans un couvent, Banquet, par Paul Véronèse. Sainte Justine, Pères Bénédictins du Mont-Cassin. Dans la Confrérie de Saint-Antoine, tableau du Titien. i. Ce mot illisible. 2. Par Jules Romain, ainsi que les ouvrages suivants.
BOLOGNE
317
BOLOGNE SAINT-SAUVEUR Une Assomption de la Vierge, d'Augustin Carrache 1, dans un mauvais jour, la peinture sombre, de sorte qu'on ne peut la voir; mais c'est un bel ouvrage. Le Christ portant sa croix 2, en petit; mieux colorié que dessiné, par Le Guide. La Crèche, par Tiarini. Dans la sacristie, Saint Sébastien 3, esquisse du Guide. SAINT-PAUL-DES-ANGES Tableau
du Paradis,
par Louis
Carrache.
CORPUS DOMINI Louis CARRACHE.— Le Christ tirant la Vierge des Limbes et tous les deux de Louis Carrache. Le second est l'Assomption; un tableau admirable. La figure en pied en rouge a une belle et l'effort que font les apôtres pour lever la pierre expression, du tombeau est bien exprimé. La Résurrection'', dans un mauvais jour; le par Annibal; tableau petit et sombre; on ne peut pas bien juger, mais ce qu'on voit paraît admirable. SAINTE-AGNÈS de Sainte Agnès 6. Peut-être le plus DOMINIQUIN.—Martyre vraiment beau tableau qu'il ait fait. La sainte et le bourreau sont groupés de manière à former une belle lumière principale, et par la tête de l'agneau. élargie par les cadavres au-dessous Le second groupe est formé d'une jeune femme qui détourne i. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° 35 du catalogue. 2. Recueilli par le musée de Toulouse, n° 27 du catalogue. 3. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° 140 du catalogue. 4. Transporté au Louvre, n° 1223. 5. Maintenant à la Pinacothèque do la ville, n° 20Gdu catalogue.
3iS
VOYAGE EN ITALIE
ses yeux du spectacle vers une vieille dont toute l'attention est fixée sur la martyre. Au-dessous une jeune femme et un enfant effrayés. De l'autre côté le juge avec ses assistants font la troisième lumière. Sainte Agnès est vêtue de blanc à fleurs d'or, sa draperie flottante rose, les lumières très blanches. Audessus, Dieu au milieu d'un choeur d'anges. Un bon tableau de Tiarini. SïAINT-PÉTRONE Saint Roch du Parmesan, avec le portrait du donateur, admirablement peint, ainsi que la tête du lévrier qui accompagne le saint 1. Un bas-relief au-dessus de la grille de droite. PALAIS BOLOGNINI La façade rables,
ornée
de têtes de bronze, par Alphonse Tennaro.
quelques-unes
admi-
SA1NT-JEAN-AU-MONT La Vierge au rosaire 2, du Dominiquin. L'ange qui descend est très beau. Sainte Cécile 3, chef-d'oeuvre de Raphaël. Saint François qui se tord les mains en contemplant le crucifix, un livre devant lui, par le Guerchin. COUVENT D1VSERVI bonnes fresques à l'extérieur, Quelques par Cignani, ses élèves et d'autres. ALBANE '. — A l'intérieur, Saint André adorant la croix, plus moelleux que tout ce que j'ai vu de lui; on dirait une peinture i. Probablement saint Georges, maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° igo du catalogue. 2. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° 207 du catalogue. 3. On sait que ce tableau célèbre est à la Pinacothèque de Bologne, n° 102 du catalogue. 4. Erreur pour Bibiena (Jean-Marie), qui fut le père du célèbre F'erdinand Bibiena.
BOLOGNE
3ig
de Paul Véronèse. L'ange assis à distance sur un rocher trop pas avec le fond ; le cheval bien peint ; voyant, et ne s'harmonise dessin mauvais partout. Noli me langere, du même ; plus dans sa manière ordinaire, mais admirablement peint. CHARTREUSE Dans l'épicerie, une figure de la Justice avec le glaive dans une main et les balances dans l'autre. L'autel à droite, Saint Bruno à genoux, la Vierge avec l'Enfant et les Anges au-dessus 1, par Le Guerchin. Beau regard tourné en bas de l'Enfant Jésus. Louis CARRACHE.—A l'intérieur des grilles, le Couronnement 2 et la 3, ouvrage divin du maître, horrid'épines Flagellation blement noirci. On ne saurait rien inventer de plus émouvant dans le Christ, et que la patience et la résignation exprimées dont ses bourreaux le traitent. que la manière diabolique La Communion de Saint Jérôme 4, d'Augustin Carrache. Elle est très belle, mais selon moi de beaucoup inférieure à celle du Dominiquin qui est à Rome. Dans une des chapelles privées est Saint Jean prêchant sur les bords du Jourdain 5, avec une figure dans un bateau sur le devant, par Louis Carrache ; il fit ce tableau quand il vit qu'Audu tableau ci-dessus. C'est un gustin avait reçu tant d'honneur bel ouvrage, tout à fait dans le style vénitien. SAINT-FRANÇOIS CABHACHE.— Sur la droite et un peu en arrière du la Conversion de Saint Paul, de Louis Carrache 6. maître-autel, dessin et couleur admirables (les mains et Beaucoup d'esprit; les pieds). C'est ici l'un des meilleurs tableaux que j'aie vus de lui à Bologne. On dit que Le Guerchin en a pris sa manière, Louis
i. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° i3 du catalogue. 2. Même lieu, n° 5o. 5. Même lieu. n° 40. 6. Mêmelieu, n° 473. Même lieu, n° 49. 4. Même lieu, n° 34.
320
VOYAGE EN ITALIE
et il est vrai qu'il est fort semblable à la manière du Guerchin, mais il est supérieur. de la Vierge 1, d'Annibal, dans le goût des L'Assomption Vénitiens ; le portrait du Titien au milieu. SAINT-PIERRE Dans la sacristie intérieure, la voûte est peinte par Louis Carrache. Le sujet est une Mère de douleurs assise au milieu des Saint Pierre paraît parler pour eux ; Apôtres qui la consolent, il pleure avec un mouchoir sur ses yeux. à fresque, du grand-autel, au-dessus L'Annonciation, passe pour le dernier ouvrage de Louis Carrache, qui lui aurait coûté la vie. C'est un ouvrage indifférent. SAINT-BARTHÉLEMY
DI PORTA
La première chapelle à droite a un Ange qui montre un tombeau - à Saint Charles, par Louis Carrache. de l'Albane ; la Vierge belle. De chaque Une Annonciation côté est un tableau dans le genre de l'Albane : l'un la Nativité, à Saint Joseph de fuir en Egypte. l'autre l'Ange qui ordonne La Vierge et l'Enfant Jésus, petites têtes dans un ovale B, du Guide. SAINT-BARTHELEMY DI 11ENO La Nativité à vingt-sept Carrache, ans, d'Augustin peinte ainsi que les deux Prophètes à la voûte; Isaïe a une noble de côté, l'Adoration Les deux peintures des Mages et figure. la Circoncision, attribuent à tort à Annibal, que les estampes sont de Louis Carrache. MEND1CANT11 de Saint Mathieu1*, de Louis La vocation de larges masses transparentes. composé
Carrache
i. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° 38 du catalogue, 2. Celui de A'arallo. 3. Déi'ûbé eni855, eLporté en Angleterre. 4. Ou Sainte-Marie délia Pielà. 5. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° 44 du catalogue.
; le fond
BOLOGNE
321
LE GUIDE. — Le maître-autel a deux tableaux en un 1, du Guide. Dans le haut est le Christ descendu de la croix, avec une main pendante et l'autre sur son ventre, la Vierge, etc. En bas est Saint Charles, Saint Georges et d'autres Saints à genoux. Florence 2 est en bas devant eux et à quelque distance ; ceci paraît être une vue exacte de la ville, avec les figures dans les airs. Belle peinture. Job remis sur son trône 3 à qui l'on présente toutes sortes de dans un très beau tableau du Guide. Il y a dans le personnes, Guide un certain moelleux qui plaît merveilleusement. Ceci est tout à fait sa meilleure manière. Les moutons et les autres parties de la peinture où j'ai pu atteindre, ont le coup de pinceau le plus agréable que j'aie jamais vu. SAINT-DOMINIQUE du Guide ', me paraît être le même Massacre des Innocents 5. que celui de Piaphaël dans la tapisserie de la Vierge à Saint Hyacinthe 6, de Louis CarL'apparition rache. Saint Thomas écrivant sur l'Eucharistie, du Guerchin. N.-B. Le Guide est enterré dans la chapelle des Guidotti. Saint Raymond porté sur la mer par son manteau, de Louis Carrache. Dans la chambre de l'inquisiteur G. Luigi se voit la superbe Charité de Louis Carrache, du style le plus noble qu'on puisse Le Dominiquin a beaucoup étudié ce tableau. imaginer. PALAIS MAGNANI Toute la frise avec des cariatides peintes par les Carraches. L'histoire de Romulus et de Rémus, d'un beau dessin, comme i. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° i3/| du catalogue. 2. Erreur pour Bologne. 3. Transporté à Paris, dévolu à Notre-Dame en i8i3, et perdu. 4. A la Pinacothèque de la ville, n° i35. Autres réflexions, p. 80. u. Je ne sais quelle tapisserie l'auteur veut dire. Peut-être pense-t-il à l'estampe de Marc-Antoine d'après le maître. 6. Transporté au Louvre, n° 1239 du catalogue. 21
322
VOYAGE EN ITALIE
les cariatides ; ces ouvrages du palais Farnèse.
sont au moins
Première
égaux aux peintures
chambre.
sur une espèce de siège qu'une base circulaire Apollon avec les quatre Eléments devant lui dans des vases : supporte, il est en train d'ouvrir ceux du feu et de l'air, il en a un autre sous le pied, à sa gauche est celui de la terre, à travers lequel on peut voir, par Augustin Carrache. Figure d'un jeune guerrier casqué, un arc et des flèches dans la main, du Spagnuolo. Une figure avec une torche à la main, peut-être l'Étoile du matin ; en pendant Bacchus endormi, d'Augustin. Une figure de jeune femme levant les yeux au ciel, représentant la vie humaine ; elle tient dans sa main droite ce que nous dans le Devonshire 1 jellalochs, au-dessus de sa tête appelons le serpent qui mord sa queue ; sur un banc une tète de mort; attribué à Louis Cagnacci. Amour luttant contre un Satyre, La tête de d'Augustin. l'Amour paraît beaucoup trop petite. PALAIS TANARI En face de l'une des portes sur la rue, est un Hercule l'Hydre peint en camaïeu, par le Guerchin. Première
chambre.
les deux copies d'après à Saint-Grégoire-le-Grand Dominiquin Bonnes
Deuxième
tuant
du Guide fresques de Rome 2.
et du
chambre.
morceau L'Assomption:i, capital du Guerchin. est assise sur les nuages au lieu de s'envoler vers du même. Saint Augustin,
La Vierge le ciel.
1. L'auteur, né à Plympton, était de ce pays. Jellylock ou jellalocl; s'emploie encore dans le Lançashire pour nommer la moutarde des champs. 2. Fameux chefs-d'oeuvre de ces maîtres, représentant l'un Saint André conduit au supplice, l'autre son martyre. 3. Transporté à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, n0 23g du catalogue.
BOLOGNE
323
Le Reniement, de Louis Carrache. La Vierge, le Christ et Saint Jean, double du naturel, par le Guide. Une bonne copie de la Vierge aux Roses, du Parmesan. L'original, qui était au palais Zani, a été porté en Pologne. Vénus habillé par les Grâces ; un Amour dans le fond regarde des perles dans une cassette, Annibal. L'Atelier du peintre. Plusieurs femmes nues autour de lui; une vieille indique à un jeune modèle qui paraît honteuse la manière de se tenir, et montre du pouce Annibal en train de et qui se retourne vers elle. peindre Bain de Diane avec Actéon, par Annibal. Le Christ livré, de Louis Carrache. La Cène, d'Augustin, où se trouve le chien et le chat. La Naissance de la Vierge, de Louis Carrache. Il y a daus le tableau une statue de Jupiter Ammon étendu, la foudre à la main, un aigle, une tête de bélier. LA MADONE DE GALIÉRA L'Enfant Jésus représenté seul et debout entre Saint Joseph et la Vierge, levant les yeux vers les instruments de sa passion des anges, Dieu le père, etc., par l'Albane ; que lui présentent son meilleur ouvrage. Adam et Eve, chacun d'un côté de la fenêtre, du même. Saint Philippe de Néri entre deux Anges, par le Guerchin. Dans l'oratoire, le Christ montré au peuple et Pilate qui se lave les mains, peint à fresque sur une muraille et transporté à grands frais. Dans la sacristie, quelques bons tableaux : une Annonciation en deux pièces 1, d'Annibal ; et Saint Thomas de Villeneuve, du Guide, non terminé. du Guide, la même que celle du palais Corsini à Hérodiade 2 ou moins encore. Rome; mais celle-ci n'est qu'un kitkat i. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n°s 3g et 40 du catalogue. 2. V. p. 3o4, note 2.
VOYAGE EN ITALIE
324 Une tête de Vierge,
du Guide. S AINTE-MARGUERITE
à l'Enfant avec Sainte Catherine, etc., par le ParmeVierge san, la même que celle de la galerie Golonna 1. Celle-ci paraît de la et n'a pas dans les chairs ce ton grisâtre meilleure, Vierge
Colonna. INSTITUT
PUBLIC
collection d'animaux, oiseaux, Abondante insectes, poissons, le plafond peint d'un grand goût etc., etc. Au rez-de-chaussée un PolyTibaldi. Ce sont des figures isolées, par Pellegrin de sa et les deux autres fresques etc. Cet ouvrage phème, donnent de lui main dans l'église de Saint-Jacques-le-Majeur, une haute opinion (c'est dans la chapelle Poggi). SAINT-JACQUES-LE-MAJEUR Saint Roch et un Ange, de Louis Carrache. sur un trône. La Vierge et l'Enfant aux pieds le diable et tenant foulant Saint Michel de droite 2, gravé balance avec des âmes dans le bassin
une par
Aug'tistin. à fresque dans une chapelle du côté Deux grandes histoires juste quand on a passé la grille, par gauche du maître-autel, d'un dessin admirable ; Tibaldi. Plusieurs figures Pellegrin ont étudié d'après ces fresques. on dit que les Carraches Samniachini ; peu conau Temple, d'Horace La Présentation l'a rendue telle en lui faisant l'honmais Augustin sidérable, neur de la graver. LES CAPUCIN S-DANS-LES-MURS IN BOSCO) (AUDELAUE SAINT-MIGUEL Au maître-autel
un Crucifix
i. A Rome. 2. Par Denis Calvaerl.
du Guide,
prodigieusement
beau.
BOLOGNE La Vierge d'un côté, Saint Jean de l'autre, les pieds du Christ 1. embrassant
325 et Marie-Madeleine
SAINT-ANTOINE au palais voisin pour visiter cette église). (S'adresser Louis CARRACHE. — Le tableau du maître-autel, qui repréà ses disciples, est la plus sente Saint François prêchant Le que j'aie vue encore de Louis Carrache. superbe peinture des têtes, des mains, des jambes et des pieds, la caractère des draperies, en un mot tout est à la perfection. noblesse le Christ mort; saint Jean au premier La Vierge supportant la et étend la main en avant pour toucher plan se penche, Nicodème couronne d'épines. regarde la Vierge et montre du doigt
le sépulcre.
Tiarini.
SAINT-THOMAS DI STRADA MAGGIORE du avec le Christ au-dessus, Saint André et Saint François Guide; sombre. sur saint Joseph La Fuite en Egypte. La Vierge s'appuyant d'un air doux pour monter sur l'âne ; saint Joseph contemple l'enfant Jésus, qu'il a dans les bras ; celui-ci paraît impatient de passer aux bras de sa mère. De Tiarini, qui a toujours quelque chose de neuf dans ses peintures. PALAIS ZAMBECCARIdes Carraches : les Trois Anges à table Quatre tableaux une tente ; l'Echelle avec Abraham 3, dont la femme est derrière de Jacob; Gaza, pris de la Bible de Raphaël 4; et le Veau d'or. La Mise au tombeau, de Paul Véronèse; belle conservation. i. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° 156 du catalogue. 2. Il ne reste que quelques tableaux de sa riche galerie. 3. L'auteur écrit Jacob par erreur. 4. Les sujets peints aux Loges du Aratican.
326
VOYAGE EN ITALIE LA MADONE DI STRADA MAGGIORE
Louis CARRACHE. — La Vierge sur le croissant, au-dessous Saint François et Saint Jérôme ; divine peinture de Louis Carrache. Quand on considère la grande simplicité qu'il y a dans l'air de cette figure en comparaison de celles de Carie Maratte ou de Lanfranc, on ne s'étonne plus du grand renom de son auteur et de ce tableau en particulier. SAINT-GRÉGOIRE Baptême du Christ, d'Annibal ; un de ses premiers ouvrages. Saint Georges aArec le dragon à ses pieds 1 ; délicate expression de la jeune fille, qui s'enfuit comme frappée d'un léger un certain plaisir à contempler le effroi, mais témoignant monstre mort. Au-dessous est Saint Michel chassant du ciel les Anges rebelles. Au-dessus encore, dans la marge de l'encadrement, Dieu le père avec les anges, belle figure. Saint Guillaume 2 du Guerchin, tout à fait de son meilleur style. La Vierge avec l'Enfant Jésus dans le haut du tableau, est la même que celle du palais Pitti à Florence ''. SAINT-LÉONARD de Sainte Ursule, Le Martyre dans le style vénitien, de Louis Carrache. La Vierge apparaît à Sainte Catherine en prison avant son martyre, de Louis Carrache ; un peu dur. SAINT-BENOIT du diable et réconforté par Saint Antoine abbé tourmenté de Cavedone, ainsi que les tableaux de côté. Jésus-Christ, i. Par Louis Carrache. 2. Maintenant à la Pinacothèque de la ville, n° 12 du catalogue. Il y a de ce tableau une belle esquisse au musée de Naplcs. 3. Dite Vierge à l'hirondelle. u° i56du catalogue.
BOLOGNE
327 la Charité est une suave figure. Dieu le Celui qui représente est aussi de ce peintre, qui fut un élève des père, au-dessus, Carraches et leur imitateur fidèle. de la tristesse, la couLa Vierge assise dans l'expression avec Marie-Maderonne d'épines dans les mains, s'entretenant leine de la mort de son fils, de Tiarini. Les Prophètes 1 et les anges sont beaux et aussi de sa main. PALAIS RANUZZI Saint François, un ange dans les airs fait de la musique, du dans son meilleur style. Guerchin, En face, Saint Jean-Baptiste enfant, du même. Saint Jérôme, de Louis Carrache. La Chasteté de Joseph, du Guide, la même que celle de Rome, au palais où se trouve Dédale et Icare. PALAIS ZANCINI du Guide, Saint Roch faisant l'aumône, Louis Carrache de Dresde 2. Le beau carton des Vivants et des
en petit d'après Morts 8 par
un
Carlo
Cignani. MAISON CONTI Bien peint. Les GUIDO CAGNACCI. — Tarquin et Lucrèce. chairs et le linge de Tarquin font une belle masse ; toute la femme et la tête de Tarquin sont d'une peinture admirable. LE GUIDE. — Jupiter vainqueur des Géants, bien dessiné et bien peint ; il a souffert. La Vierge et l'Enfant, esquisse du même. Dieu le père, du même. Figure superbe ; peu de couleur ; peint sur un fond sombre, largement, puis touché d'ombre et de lumières vivement. 1. Quelques-uns les donnent à Cavedone. 2. Le tableau de Dresde est d'Annibal Carrache. 3. Je ne donne cette leçon que faute de mieux, d'après Leslie et Tom Taylor.
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VOYAGE EN ITALIE
La Vierge baisant l'enfant Jésus au front, il a son doigt dans sa bouche. Tableau bien peint, avec une belle masse de lumière. La Fortune volant au-dessus d'un globe, un Amour paraît la retenir. SAINT-BERNARD Saint
adorant Charles l'enfant Jésus, la Vierge et saint Joseph, de Louis Carrache. Sainte Françoise Romaine ressuscite un enfant, de Tiarini. SAINT-MARTIN-MAJEUR Louis CARRACHE.— Saint Jérôme. La main gauche étendue vers un livre, de la droite il lient une plume ; tableau tout à fait dans le plus grand style grec, si vous considérez merveilleux, ; car je regarde cette figure aussi bien que quell'expression des meilleures de Louis Carrache, comme étant en ques-unes peinture ce que le Laocoon est en sculpture. SAINT-JEAN-BAPTISTE Louis CARRACHE.— Un fort beau tableau de la Naissance de Saint Jean. Le clair-obscur d'un grand effet ; une lumière étendue et large au milieu du tableau, mais qui ne dépasse pas en force la draperie gorge de pigeon de la mère de saint Jean. La draperie rouge de la jeune femme assise à la droite de saint Jean est d'une noblesse parfaite ; de larges plis, point de lumières deux couleurs une pour les seulement, voyantes, l'autre pour les ombres. lumières, LES CAPUCINES les L'Enfant Jésus quitte le sein de sa mère pour considérer de sa passion, que des Anges pleurants portent en instruments l'air; de l'Albane '. i. Recueilli parle musée de Dijon, n° i du catalogue.
BOLOGNE
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COVERT1TI Un beau tableau de Louis avec la Madeleine et d'autres
La Vierge et l'Enfant Carrache, Saints, des Anges, etc. 1.
MADONE DEL PIOMBO Dans l'oratoire, la Nativité de la Vierge, par l'Albane. Le Christ en croix, la Vierge et Saint Jean : la Vierge tretient avec saint Jean des moyens de déposer Jésus croix.
s'ende la
PALAIS MONTI Une
belle
figure en pied de saint Jérôme, plus grande et de son plus grand Carrache, par Louis
que nature, slyle. Cérès, Vénus et Bacchus, de l'Albane. Vénus au milieu avec des amours, un arc en ses mains ; du côté où paraît Cérès, etc. ; du côté de Bacchus ils vendes amours moissonnent, dangent. Apollon et Daphné avec un Dieu fleuve dans un paysage, du même. Bain des Nymphes, Diane au-dessus avec un large croissant de lumière au-dessus de la tête, du même. sont de sa Vénus et Adonis du même. Tous ces morceaux pire manière. Richesse et Pauvreté, du Guide ou de son école. de Saint Etienne et le Massacre des Innocents, Lapidation donnés à Salvator Rosa, mais ne ressemblant nullement à la manière que je lui connais. Saint Sébastien, dans la couleur des par Lucas Giordano, Vénitiens. Judith qui va prendre la tête d'Olopherne pour la faire voir à l'armée, elle se tient en avant sur un écliafaud ; par Elisabeth Sirani. 1. Maintenant à la Pinacothèque de la viile, n° 42 du catalogue.
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VOYAGE EN ITALIE PALAIS RATTA
Une Sagesse, du Calabrèse. Repos en Egypte, de Lionel Spada ; il a l'air d'un tableau de qui je crois ce peintre fut élève. de Louis Carrache, Enée et Anchise, fresque de Louis Carrache. Le Retour du Prodigue, du Guerchin. Saint La Vierge, l'Enfant Jésus et Saint Jean, de l'Albane. Jean monte sur une chaise pour atteindre l'Enfant Jésus ; Saint rabote. Joseph, à l'ouvrage, Saint Joseph avec l'Enfant Jésus dans les bras, du Guide. Trois figures nues, deux hommes et une femme, enchaînés à des rochers, du Guide. Une Sibylle du Dominiquin, la même figure exactement que la Sainte Cécile 1 du palais Borghèse à Rome ; seulement au lieu de musique, celle-ci a des tablettes. PALAIS CAPRARA Quelques bons morceaux du Bourguignon. Un groupe d'enfants. Les mêmes qu'au palais Sampieri 2; Vénus et l'Amour en l'air : les trois Grâces, tenant au-dessus d'eux une draperie en guise de tente. Albane. comme en Minerve et une autre figure qui s'envole colère. Un Saint qui recommande une personne à la Vierge ; petit et beau ; d'Annibal Carrache. L'Enfant Jésus mangeant la bouillie des mains de sa mère; beau également. petit tableau du Guerchin, Amours endormis, du Guide. à l'Enfant,. la même que la copie d'Hudson 3, par Vierge Vouet. de Vandyck. Le Mariage de sainte Catherine, i. Dénommée Sibylle. 2. A Bologne. 3. Peintre anglais, mort en 177g, qui fut le maître de Reynolds.
PI. 13.
L'A.MUt At. IvEl'JâJf.gin RlîYNOLD», île Londres.) nalion&lo (Galorio
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PALAIS FAVI Les Exploits de Jason, dans une frise, par les trois Carraches. Dans la petite salle, le Voyage d'Enée en douze tableaux J. et les Harpies jetant la flotte d'Enée, Polyphème attaquant l'alarme sont peints d'après des dessins parmi les Troyens, qu'on a de la main d'Annibal. La chambre suivante, par Annibal : Histoire d'Enée.
VENISE LES CARMES DÉCHAUSSÉS Belle église. Des l'ayons de verre de couleur ; tubes jaunes. de l'autel. L'effet Une lumière artificielle ménagée au-dessus 2. de ces deux choses est extraordinaire SA1NTS-JEAN-ET-PAUL TITIEN. — Saint Pierre Martyr, par le Titien 3. Les arbres s'harmonisent avec le ciel, c'est-à-dire s'y perdent en plusieurs en d'autres par le tandis qu'ils s'enlèvent fortement endroits, et les ailes des anges, moyen de nuages blancs. La chevelure ainsi que les parties sombres de leurs ombres, ont la même couleur que les arbres, qui sont d'un ton brun. Les ombres de la draperie blanche, de la même couleur que la partie claire du de la couleur du visage du saint. Des arbres sol; la lumière, opposés aux masses de lumière ; derrière, des arbres sombres ; derrière d'un bleu rompu. Le dessin encore, des montagnes noble en général, surtout la jambe droite de celui qui tourne i. Par l'Albane, Massari et Cesi. 2. Je crois ceux dont il parle détruits. 3. Brûlé dans l'incendie de 1867,qui consuma une partie de celte église. Plusieurs copies subsistent, une à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. Gravé par AralentinLelevrc. Autres réflexionssur ce tableau, p. ig7.
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VOYAGE EN ITALIE
la tête. Les ombres de ses yeux et de ses narines bien arrêtées et d'une belle forme. le célèbre Banquet VÉRONÈSE. — Dans le vieux Réfectoire, de Paul Véronèse 1. Le maître du festin en rouge sous l'arcade du milieu, tourné vers le spectateur ; la figure tirée de Vécellio 2. L'homme sur la gauche 3 maniant la fourchette et le couteau est le Père qui fit travailler Véronèse. La niasse de lumière est sur la nappe dans le milieu ; le Christ et les figures de chaque côté, tendres. Tout le bâtiment et le ciel, légers, comme à son habitude ; le bâtiment du premier plan dans la Deux piédestaux de chaque côté ; la nappe un peu pénombre. en arrière claire. Dans pas une seule figure, la chair plus claire que son fond : tout au plus la même valeur seulement. Point de lumière large, sinon ce milieu de la nappe, si l'on Une gravure. excepte les susdits piédestaux. SAINT-G BORGES-MAJEUR De chaque côté clu maître-autel, deux tableaux du Tintoret, une Cène v et la Manne \ BASSAN.— A l'entrée à droite, la Nativité, du Bassan. L'enfant peint dans le plus grand style. Il semble qu'on l'ait peint d'abord sans ombres, puis que les ombres aient été mises après coup par un glacis de laque très étendu d'huile. La couleur de l'enfant est tout laque et huile. du VÉRONÈSE. — Dans le réfectoire est le célèbre Banquet Les Noces de Cana 0. Parmi les musiVéronèse, représentant ciens le principal est Véronèse lui-même avec une viole, le second avec une basse est le Titien, le troisième avec un i. Maintenant à l'Académie de A'enise, salle VIIT, n° 42. Du recueil de César Arecellio : Ilabiti antichi, paru en i5go, copié par l'imprimerie de Firmin-Didot en i8i>g. 3. Droite du spectateur. 4. A droite. 6. A gauche. 6. Aujourd'hui au Louvre. D'autres réflexions, p. 160.
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instrument semblable est Tintoret 1 ; l'homme à la flûte est le vieux Bassan. Il est au La figure de A^éronèse fait la lumière principale. milieu du tableau, et est vêtu de blanc avec des bas jaune clair. La seconde lumière est son frère, qui s'apprête à goûter le vin, vêtu de blanc à ramages de diverses couleurs. La nappe au bout de l'autre côté avec la dame fait une large masse de lumière. toutes les autres figures paraissent être en Presque demi-teintes ; çà et là quelques petites places claires pour éviter la pesanteur; tous les balustres en demi-teinte. Entre quelclair s'aperçoit, ques figures sur la droite le bâtiment pour l'ombre de faire une ligne, et que le tableau ne empêcher d'ombre et de lumière. Le ciel, bleu avec paraisse mi-parti des nuages blancs. La tour au milieu, du blanc des nuages, et de même toute l'architecture du fond, laquelle devient de plus en plus sombre à mesure qu'elle des figures du approche devant. Entre sombre du premier l'architecture plan et la claire par derrière, sont placées des figures qui joignent l'une à l'autre. NOTRE-DAME DIÎLLA SALUTE TITIEN. — La Descente du Saint Esprit, du Titien 2. Une figure habillée de blanc à ramage d'or léger, bel effet. Toutes les couleurs rompues ; aucune forte. Les trois Maries font la lumière. principale A la voûte du maître-autel, dans le choeur, trois belles peintures du Salviati. Celle du milieu, la Manne au Désert; une autre représente Ilahacuc au secours de l'Ange qui conduit Daniel dans la fosse ; la troisième, l'Ange au secours d'Elie. Les deux dernières gravées par Louisa. Autour 3 sont les Évangélistes dans des ronds, par le Titien. Trois peintures de Lucas Giordano : la Nativité de la Vierge, la Présentation et l'Assomption. i. Ces ressemblances et plusieurs autres sont rapportées par Zanetti, Piilure di Venezia, sur la foi d'un manuscrit autrefois gardé dans le couvent. 2. Dans ia dernière chapelle à gauche. 3. Dans les chapelles.
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VOYAGE EN ITALIE
TINTORET. — Dans la sacristie les Noces de Cana du Tintoret. Une gravure par Odoard Fialetti, peintre et disciple du Tintoret. On voit par ce tableau fit de le grand usage que Tintoret ses maisons de carton et de ses figures de cire *, pour la distribution de ses masses. On y trouve le clair-obscur le plus naturellement Toute la lumière représenté qui se puisse imaginer. de la table. La femme vient de plusieurs fenêtres au-dessus debout qui se penche en avant, tendant son verre, est de grand une partie de la nappe, elle empêche service : en couvrant qu'il n'y ait trop de blanc dans le tableau, et par le moyen de et rend la ses ombres fortes elle rejette la table en arrière perspective plus agréable. Mais pour empêcher cette figure de faire l'effet d'une pièce de rapport noir sur clair, son visage est clair, ses cheveux font masse avec le fond, et la lumière de son fichu est plus blanche que la nappe. Les ombres bleu d'outremer ; les ombres fortes de la masse bleuâtres ; toutes les autres des draperies couleurs pareilles à celle du linge lavé. Çà et là une petite draperie de laque, avec un jaune vif : cependant l'homme qui reçoit le vin. Point d'obscurité dans cette peind'un gris huileux (la nappe est bleue ture : le sol est lumineux, en comparaison), et les figures s'en détachent fortement par leur ton sombre, mais sans couleur presque. Dans la figure de femme qui verse, quoique ses ombres soient fort obscures, les sur le genou, sont plus claires que le en particulier lumières, les femmes à table ne font qu'une masse de fond. Toutes à Saint-Georges, a reçu la lumière. La Cène du même peintre, même disposition, sauf que tous les apôtres sont d'un même et projette leurs ombres sur la côté. La lumière est derrière table. La Cène 2. Samson et Jonas 3, par Palme. i. Ridolli (Vie des illustres Peintres Vénitiens, éd. de 1648, t. II, p. 6) dit que le Tintoret s'exerçait au moyen de petites figures de cire et d'argile, qu'il habillait, et qu'il disposait dans de petites maisons ou perspectives de bois ou de carton, plaçant aux fenêtres de petites lumières pour en régler les ombres. 2. Absente de cette église. 3. Deux tableaux.
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Aaron et Josué 1, par Salviati. Saint Marc, et au-dessous, Saint Sébastien; Saint Roch, Saints Côme et Damien, par le Titien. Au plafond trois peintures du Titien, tout à fait admirables : la Mort d'Abel, le Sacrifice d'Abraham et David coupant la tête de Goliath : toutes trois gravées par Lefèvre. CONFRÉRIE DE SAINT-JÉRÔME (PKÈSSAINT-FAUSTIK) L'autel en haut des degrés, une Vierge avec un Ange et Saint Jérôme : la Vierge en haut, l'ange en bas, saint Jérôme levant les yeux, par le Tintoret. Une gravure, par Augustin Carrache. CONFRÉRIE DE SAINT-MARC TINTORET. — Saint Marc arrachant au martyre un homme qui l'avait invoqué 2. Les mains de plusieurs figures belles. Les bâtiments entièrement clairs ; les ombres, gladerrière, cées de jaune par-dessus. La partie haute du ciel, sombre : la Des arbres de basse, blanche, pour s'unir avec le bâtiment. côté assez sombres pour s'unir aux figures, qui sont sombres, Le mort, principale lumière au milieu de cette masse sombre. des draperies en grisaille, et ensuite Quelques-unes peintes glacées à l'huile, font un riche effet. Des haches et d'autres et objets qui gisent à terre, sont comme glacées seulement, n'ont que les contours. Un piédestal et une colonne plusieurs les clairs, mais rompus par une figure à gauche; derrière, colonnes plus sombres, et ensuite les claires à distance. Par tout le tableau, la masse de demi-teinte pénètre le fond clair blancs rayés, de chairs, de rouges par le moyen de turbans Les bâtiments clairs à distance légers, etc. Point d'obscurité. ont de même quelques portes sombres, de manière à s'unir avec sombre à gauche a sa partie les premiers plans. Le bâtiment i. Même remarque. 2. Connu sous le nom de Miracle de l'Esclave. Maintenant à l'Académie, salle XX, n° 4.
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haute perdue dans un ciel aussi sombre. La draperie du tyran de l'autre côté de même. sur une couleur neutre, Règle. — Quelquefois sombre, du blanc en glacis; et le sol rompu de place en place par des intervalles entre les pierres, briques, etc. La chair, l'ensemble étendu large et doux dans le ton neutre, puis ajouter les ombres en glacis. PALAIS ROYAL. BIBLIOTHÈQUE TINTORET. — Translation fond plutôt clair, un groupe
du corps de Saint Marc. Un de figures en demi-teinte, chameau, etc., qui pourtant reçoit la lumière par un côté. Au milieu seulement est le corps qui est clair, et tout en douceur sur le sol. Le chameau dans l'huile. Le corps de la figure qui revient à soi, beau. Le corps clair sort d'une masse de demiteinte qui s'unit au sol. Dans le fond, qui est sombre, le sol, de la figure, est clair. jusqu'à la partie supérieure Règle. — En peignant de l'architecture, et, après l'avoir peinte en camaïeu bleu, si vous voulez la faire briller, glacer blanc et d'huile. beaucoup SAINT-ZACCHARIE (l'ItÈSDE SAIKÏ-MAUC) VÉRONÈSE. — Dans la sacristie un admirable tableau de Paul A^êronèse : La Vierge et l'Enfant sur un piédestal avec et au-dessous Saint Jean-Baptiste, Saint Jérôme, Saint François et Sainte Catherine 1. Une estampe d'Antoine Luciani, dessinée par Tiépolo. La -'Vierge et l'Enfant font une masse. Saint Jean une autre. est clair, ainsi que la colonne Le piédestal cannelée. Le tableau est peint dans une manière très large, dessin large et bien colorié. Il paraît bien avoir hardi, et merveilleusement été exécuté sur une impression de plâtre 2, et avec le doigt. i. Maintenant à l'Académie, salle XV,n° g. Unebelle copie est au Capitole à Rome. 2. Couche de plâtre ou de craie délayée à la colle que les peintres étendaient sur le panneau ou sur la toile. Reynolds l'a pratiquée à l'imitation de A'eniseet feu M. Galand s'en servait encore.
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C'est le mieux conservé de tous les tableaux que je connais ce peintre. La chair d'un rouge indien pourpré. Une gravure de Wagner. Une belle peinture de Salviati, représentant un Miracle des Saints Côme et Damien 1. SAINTE-MARIE ZOBENIGO
Le Sauveur en l'air, au-dessous Sainte Justine et Saint François de Paule, par le Tintoret 2. Au-dessus de la porte, Conversion de Saint Paul, Tintoret 3. Le plafond et beaucoup d'autres tableaux, par Palme. LE RÉDEMPTEUR du Tintoret 4, et une autre du Bassan' 1. Le L'Ascension, Christ, dans la seconde, s'enlève d'un beau mouvement. Jésus mis au tombeau, beau tableau de Palme. La Flagellation du Tintoret. Le Baptême de Jésus-Christ, commencé par Paul Véronèse, terminé par un autre. RELIGIEUSES
DE SAINTE-ANNE 0
Un Saint François du Guide. Le même que celui Colonna et à Bologne dans le Palais Public.
du palais
CONFRÉRIE DE SAINT-ROCH Au rez-de-chaussée, l'Annonciation du Tintoret. Une gravure par Sadeler. L'Ange est en train de passer la fenêtre; toute une bande de petits anges s'y précipite avec lui. Bel effet. 1. Aujourd'hui retirée. 2. Troisième autel à gauche. 3. Il n'y est plus. 4. Première chapelle à gauche. 5. C'est une Résurrection. Deuxième chapelle. 6. Maintenant hôpital de la Marine.
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VOYAGE EN ITALIE
Les Mages. La Fuite en Egypte. Près de quarante peintures
du Tintoret.
LA MADONE DELL' ORTO TINTORET. — Sainte Agnès priant pour la guérison du fils d'un Prophète. On dit que Piètre de Cortone admirait beaucoup ce tableau, et qu'il l'a étudié et copié. C'est une belle peinture. La sainte au milieu, en blanc. La tête de l'agneau dans le de couleur blanc. Cette masse est environnée de figures mais de chaque côté, vers les bords, est une petite sombre, lumière. Une coiffure blanche, un bout de linge sur une épaule ; dans le bas du tableau, les jambes et, pour éviter la pesanteur de la figure couchée sont assez claires. Les têtes elles poitrines de deux femmes au-dessus de sainte Agnès sont claires, pour s'unir à l'architecture de derrière, qui est claire sur un ciel clair. D'un côté une niasse d'architecture et sombre. rapprochée Les anges au-dessus sont tout vêtus de bleu de ciel avec des lumières blanches, pareils au ciel qui est blanc et bleu. Un tombeau avec Saint Laurent Justiniani, Saint Jean-Bapet Saint Augustin 1, par Pordénone. Le tiste, Saint François saint Laurent est une belle figure. Gravure par Louisa. TINTORET. — Dans le choeur deux grandes peintures du Tintoret. Une le Jugement dernier 2. Les masses ne sont pas très fidèlement observées ; les masses de lumière ni les masses d'ombre n'y sont d'une belle forme. Quantité de figures. La rivière est bien peinte et d'une belle invention ; c'est une se voient des figures marespèce de cascade dans laquelle quant leur effroi par diverses attitudes. du Veau d'or. Au haut de la peinture L'autre 3 est l'Érection est Moïse, mais le peuple en bas ne le voit pas, à cause des nuages volant sous la montagne. i. Maintenant à l'Académie, salle VII, n° 25. 2. A droite. 3. A gauche.
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Autour de l'autel, sous la coupole, sont cinq figures représentant des Vertus. La draperie de quelques-unes très belle, celle de la Religion. particulièrement 1 : d'un côté Saint Pierre Les portes de l'orgue à l'intérieur la croix tenue en l'air par un Ange, de l'autre la contemplant Décollation de Saint Christophe. A l'extérieur, la Présentation de la Vierge au Temple 2. La Vierge est vêtue de couleur sombre sur un fond clair ; mais la chair et quelques lumières sur la draperie s'harmonisent avec le fond derrière : d'une part avec la draperie sombre en avec le clair du fond. Le haut, d'autre part, étant claires, a supposé une longue suite de degrés, au haut despeintre quels à distance est le prêtre avec une autre figure. La petite sainte Vierge presque arrivée. Le temple jette une ombre sur une partie de cet escalier, une autre figure debout dans le milieu. Tous ces tableaux du Tintoret. Gravures par Louisa. Règle générale. Vénitiens. — Une ou plusieurs figures sur un en clarté fond clair ; il faut que le haut égale sinon surpasse le fond, le bas sombre avec des lumières çà et là. Le terrain sombre. Si la seconde masse de lumière est trop grande, interposer une figure sombre qui la divise. Une draperie blanche bordée et rayée ou à ramages bleus, comme la fiancée des Noces de Cana, ou la Vénus du palais Colonna, sur un fond chaud dans l'huile. Zuccharelli 3 dit que le Véronèse et le Tintoret ont peint sur un fond de plâtre. Il ne croit pas que le Titien ait fait cela. Je suis absolument d'avis qu'ils l'ont tous fait. Un portrait, qui met une robe de chambre, ou une manche à la Bibliothèque de seulement. La figure de Paul Véronèse Venise. La figure détachée sur un côté seulement. Règle. — En cas de figures sombres sur fond clair, ne pas les détacher tout autour. i. Maintenant exposées de chaque côté du maitre-autel. 2. Maintenant dans une chapelle à gauche. 3. Le peintre de paysages, qui vécut une partie de sa vie en Angleterre.
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VOYAGE
EN ITALIE
PALAIS DUCAL. SALLE DU COLLÈGE' \rÉRONÈsE. — Venise sur le trône, etc. Le visage, etc., dans la avec des reflets. La jupe blanche à fleurs d'or et un demi-teinte morceau d'hermine blanche fait la masse blanche contre un ciel bleu clair avec des nuages couleur chair. La figure au-dessous, la Paix, le haut de son vêtement très sombre, le bas clair, couleur de chair rehaussé de jaune. Le rideau en douceur contre le fond. La Justice plutôt sombre, les mains, le linge, touches dans la drala tête, plus clairs que le fond. Quelques claire de Venise perie, de même. Le lion sombre. La draperie plus sombre sur les bords que le fond. — Un ciel clair. La lumière par le Règle générale. d'anges D'un côté seulemoyen des nuages, etc., s'éteint par degrés. ment une figure sombre doit s'opposer vivement à la lumière, du Titien. pour donner de l'esprit à la peinture. L'Annonciation S'il y a deux figures dont l'une soit dans l'ombre sur un fond clair, il faut que l'autre soit claire sur un fond sombre. de laque, la laque en glacis sur le fond de plâtre, Vêtement ensuite les lumières, et, s'il le faut, glacer par dessus. SAINTE-CATHERINE Peinture VÉRONÈSE. — Le Mariage de Sainte Catherine. des figures, claire claire et lumineuse. La partie supérieure sur un fond clair. Une colonne claire, sainte Catherine plutôt claire, l'ange clair sous les colonnes claires. Ce n'est pas tout à fait son meilleur goût de couleur. SAINT-SÉBASTIEN de Paul Véronèse dans l'église. Le monument VÉRONÈSE. — Le plafond est peint par lui en trois compartiments, avec des espaces longs qui offrent des enfants et des est Esther préfruits en guirlande. Le premier compartiment celui du milieu, la sentée à Assuérus en présence deMardochée; i. Cotton dit aniicollège par erreur.
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le troisième de Mardochée. même reine; est le Triomphe Au maître-autel, la Vierge et l'Enfant en haut, au-dessous Saint Sébastien, Sainte Catherine, Saint Jean-Baptiste, Saint et un Père compatriote du peintre, qui Pierre, Saint François commanda cet ouvrage. Une gravure par Alexandre délia Via. De Paul Véronèse. De chaque côté, dans le choeur sont deux belles peintures de lui. A gauche, Saint Marc et Saint Marcelin condamnés et allant au martyre. Ils sont abordés par leur père, soutenu de serviteurs, qui les supplie de vivre, la mère en larmes suit, du saint lui amène ses enfants. A leurs côtés saint l'épouse Sébastien les encourage en leur montrant un ange avec le livre de vie. Un des meilleurs du Véronèse. La ouvrages lumière du tableau est de la même couleur principale que dans une femme agenouillée. Ceci est une très bonne manière : elle fait de la chair la lumière principale. Si la draperie était couleur de chair, comme celle de la Transfiguration 1, cela serait peut-être mieux encore. Les bâtiments dans ce tableau sont tous blancs. De l'autre côté, à fresque, Saint Sébastien, que l'on attache à une pièce de bois pour souffrir le supplice des massues. Plusieurs prêtres païens, qui s'efforcent de le convertir à l'idolâtrie. Pas de chiens. Une gravure par Mételli. Toutes les figures sur un fond clair (un bel édifice), à l'exception de sombres, l'homme qui tient un cheval, et qui a des manches de couleur rose du même ton que le fond. Le ciel primitivement était bleu, avec des nuages blancs : ce bleu a tourné au noir. Le saint derrière ne sont que de Sébastien, belle figure. Les bâtiments deux tons, un plutôt clair, l'autre un peu au-dessous du plus fort De beaux ornements, des colonnes, etc., autour degré d'ombre. de ces tableaux. La Purification, du même, sur l'orgue à l'extérieur. La princouleur de cipale lumière est une pièce de soie changeante, chair rehaussée de jaune. Un jeune garçon avec une draperie jaune sur la poitrine vient par dessus. Pas d'autre lumière que 1. De Raphaël au Vatican.
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celles que fait la chair, et aussi un chien qui tire sur la couleur de chair. Un pilier carré clair. Une gravure de Lefèvre. du Paralytique, A l'intérieur de l'orgue, la Guérison par le même. Sur le corps de l'orgue la'"-Nativité, du même. (pergolato), Sur la chaire une petite Sainte Famille 1, du même. de ses plus beaux ouvrages. Dans la sacristie quelques-uns Le plafond n'est il représente le Serpent qu'indifférent, d'airain. Dans le réfectoire de Saint-Sébastien, le Repas chez Simon le lépreux. C'est ici la seconde peinture que Paul Véronèse avait faite de ce sujet à Venise. Là-femme qui lave les pieds du côté droit. La nappe, principale Christ, au bout du tableau, divisée en plusieurs lumière, parties par le moyen de figures sombres. Aux premières colonnes tant d'huile qu'elles en sont jaunes. Les chiens peints sur fond de plâtre. Très endommagé. Une estampe en deux feuilles par Mételli. ÉGLISE DE FRARI A droite, en entrant par la grande porte, après qu'on a 2 avec l'autel du est Présentation la Crucifix, passé plusieurs saints au-dessous : tableau admirable de Salviati, aussi beau et dans leur style. qu'un Titien ou un Véronèse, Le Martyre de Sainte Catherine, de Palme. de la Vierge, du Titien 3, au grand autel. TerL'Assomption riblement obscure ; je l'ai vue de près ; c'est une belle peinture. TITIEN.— La Vierge avec l'Enfant Jésus sur un piédestal, Saint Pierre et Saint François immédiatement et au-dessous, d'eux plusieurs de profil, dans une maau-dessous portraits nière incomparable, sans ombre. Du côté où se trouve saint avec une bannière, Pierre, plus bas est un guerrier peut-être i. Maintenant sur un petit autel à droite. 2. Une note de ma traduction de la Gazelle des Jieaux-Avls substitue à tort à ce mot celui d'Ascension. 3. Maintenant à l'Académie, salle XV, u° i.
PI. 14.
TITIEN.— L\ FA.MII.LK I>IEDS DELA VIEIIOE. PES/SÇÇ^JRJX ili'-'it'rai'iîi Venise) (Kgliso
Saint têtes
Ce tableau Georges. des portraits, qui pots de fleurs artificielles Lefèvre.
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est très sombre à l'exception sont presque couvertes par et les chandelles. Une gravure
des les de
SAINT NICOLAS DE' FRART 1 TITIEN. — Maître-autel, La Vierge avec les anges au-dessus, au-dessous Saint Nicolas, Sainte Catherine, Saint Antoine de Saint François et Saint Sébastien 2. Ce dernier, si Padoue, sombre qu'on ne voit rien que son corps, et qu'il a l'air de n'avoir pas de tète, tant elle est sombre, il n'y a pas de doute afin de qu'on l'a peint en effet sans tête pour commencer, conserver dans une belle forme la masse de son corps. On dit que le saint Nicolas est pris de la tête du Laocoon, que le Titien admirait beaucoup. Une estampe de Lefèvre, et une autre de Titien en bois, un peu différente du lui-même, tableau. A droite de cette chapelle est la Cène, de Benoît Caliari, si l'on en croit Boschini ; Ridolfi dit qu'elle est de Paul luimême. le Baptême de Notre-Seigneur, et à distance la Au-dessous, du Véronèse. Tentation, 3 Ridolfi dit De l'autre côté, la Résurrection, ; par Carletto Paul. Au-dessous, le Christ aux Limbes, de Palme. Deux ProLa Résurrection et phètes et deux Sibylles de Paul Véronèse. le Sauveur devant Pilate, par Benoît; Ridolfi dit Paul. Christ en croix, de Paul. Le plafond, tout du Véronèse. Au milieu, l'Adoration des Mages, Saint Nicolas, Saint François recevant les stigmates, gravure de Louisa. Aux quatre coins, les Évangélistes 4. De deux d'entre eux, Saint Mathieu et Saint Luc, gravures par Lefèvre, 1. Elle loge à présent les Archives. 2. Maintenant à la Pinacothèque du Vatican. On l'appelle le Saint Sébastien du Titien. Autres réflexions sur ce tableau, p. 194 et 388. 3. Caliari, second fils de Véronèse. Benoît était son frère. 4. Maintenant à l'Académie, salle VII, nos 3i et 37.
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VOYAGE EN ITALIE GRANDE CONFRÉRIE DE SAINT-JEAN
Dans l'hôtellerie, un plafond du Titien, Saint Jean les yeux tournés Arers le ciel 1, une gravure de Louisa. Les emblèmes des et les têtes d'anges 2 sont aussi de lui. Evangélistes SAINT GEMIGNANO 3 TINTORET. — Un Ange prédisant à Sainte Catherine son martyre, la roue tenue en l'air par d'autres Anges- Les vieillards derrière sont suavement dans une manière peints large, de Louisa. quoique de très petite dimension. Estampe Sainte Mena et Saint Jean-Baptiste, de chaque côté de l'orgue, et deux Évoques de au-dessus, par le Véronèse. Estampe Louisa. SAINT-JULIEN VÉRONÈSE. — A droite du maître-autel'', une Cène du Véronèse, et d'autres peintures. La Piscine probatique. Entre le Christ et la figure sur laquelle il a les yeux, une masse d'ombre. Partie de cette figure et une femme la principale lumière. Au-dessus de leurs reçoivent à un bout, claire. têtes, une autre tête. La figure couchée D'autres petites lumières et de vigoureux reflets obtenus à la lentille. On ne voit presque pas de couleur. Le Christ est rouge et reçoit une lumière douce. SAINT-ROCH TINTORET. — Dans le choeur deux tableaux de chaque côté, du Tintoret. D'un côté (à gauches), en haut, Saint Roch soignant un Saint soignant les animaux ; au-dessous, les malades dans i. Enlevée à cause de son mauvais étal, cette peinture a disparu sans doute. 2. Pareillement disparus. 3. Église supprimée. 4. A gauche du spectateur. 5. Broile du spectateur.
VENISE
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un hôpital, belle peinture. Le sol, la principale lumière, à quoi s'ajoute un groupe de figures, les unes sortant du lit, les autres couchées. Une femme qui entre. De l'autre côté, les figures douces çà et là. ombrées vers le sol, avec des lumières A droite en haut le Saint fait prisonnier en pri1; au-dessous son avec plusieurs autres consolés par un ange. Une figure son genou sombre vient sur son corps clair ; son couchée, pied et un peu de sa jambe, clairs; sa tête dans la demi-teinte, tournant les yeux en haut. Il parle à une femme qui est en blanc, un mouchoir inclinant au jaune. Pas de couleur légèrement dans le tableau, que la draperie bleue de l'ange. Les lumières blanches ; ici et là un peu de laque. Sur la chapelle à gauche du maître-autel est un petit tableau de trente-neuf figures : le Christ et les changeurs 2, du Titien. A gauche 3, dans le milieu de l'église, est la Piscine probaUne tique, du Tintoret, peinte dans une manière très brillante. estampe par Lefèvre. De l'autre côté, Saint Martin qui donne la moitié de son manteau au diable '* avec plusieurs autres figures : beau tableau du Pordénone. De chaque côté de la porte, un tableau du Tintoret, anciennement volets de l'orgue : une Annonciation, et un Pape sous un dais au haut d'un escalier qui reçoit quelqu'un 6. 6, par Lucas Giordano. Le groupe des apôtres L'Assomption clair dans le haut sur un fond très clair, le bas sombre, la Vierge de même. ÉGLISE DE L'HUMILITÉ' Une Pitié avec les trois Maries et des Anges du Tintoret. Large manière Carrachienne. Estampe par Sadeler. 1. Ce tableau et le suivant n'y sont plus. 2. Je ne suis pas sûr de bien lire ce mot. 3. Droite du spectateur. 4. Au pauvre. 5. Ces deux tableaux n'y sont plus. 6. Même remarque. 7. Eglise supprimée.
VOYAGE EN ITALIE
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BASSAN. — Saint Pierre et Saint Paul, par le Bassan ; au-dessus de tout ce que j'ai jamais vu de lui : plus de grâce. Le fond et le tout éclairé. Les pieds des figures aperçus. Le plafond tout peint par Paul Véronèse. de la L'Assomption L'Adoration des Bergers. L'AnnonVierge avec des escaliers. ciation. Les ornements de lui pareillement. SAINT-AUGUSTIN' Ecce
Homo avec Pilate et les autres, dans le style du Titien. Bordone,
bon
tableau
de Paris
SAINTE-MARIE FORMOSA Le portail de l'église, belle architecture. Un tableau d'autel 2 par le vieux Palme, en beaucoup Au milieu Sainte Barbe, très belle figure. compartiments.
de
SAINTE-JUSTINE" Un Crucifiement, par clair-obscur. Les larrons
Palme. Le Christ, beaux aussi.
belle
figure,
beau
ÉGLISE DE' MENDICANTl Sainte
Hélène
et Saint
Lazare,
rien
d'extraordinaire.
SAINT-FR ANCOIS-DE-LA-VIGNE La Vierge
: Saint et l'Enfant avec plusieurs saints au-dessous Sainte Catherine, Saint Jean, et Saint Antoine abbé, Joseph, Une estampe d'Augustin Carrache. par Paul Véronèse'. Dans la sacristie, la couleur peinte à l'huile sur la muraille, en maint endroit et fort endommagée de toute maécaillée nière \ La Vierge et l'Enfant avec deux Anges jouant des insi. Eglise supprimée. 2. Première chapelle à gauche. 3. Eglise supprimée. 4. Quatrième chapelle à gauche. 5. Cette peinture a péri tout à fait. Gravée par Antoine Baratli.
VENISE
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et Saint Jérôme, du Saint Jean-Baptiste de musique, truments Véronèse. une copie en petit du Banquet de VÉRONÈSE. — A l'opposé, Paul Véronèse, avec la femme qui lave les pieds du Sauveur, est en une serviette. et un homme L'original qui présente blanc sur un ciel bleu avec à distance, France l. Le bâtiment même valeur blancs. Les ombres des bâtiments, des nuages blancs. Les que les nuages que le ciel bleu; leurs lumières, les deux nappes. Celle de couleurs fortes, entourent figures, en et élargie droite 2, principale lumière, par les figures arrière à table, qui sont habillées de blanc et une autre en jaune clair. Un homme avec une serviette ; ce linge blanc empêche que les deux nappes ne fassent l'effet de taches. L'autre table Une est rompue par un enfant qui s'en détache doucement. autre figure claire contre la nappe, afin de dégrader la lumière. La colonne auprès claire ; la tête et le dos d'une femme claire par dessus, le bas rouge moyen sombre. de Projet 3. — Le Christ dans le linceul blanc à la confrérie fera très bien l'affaire Saint-Marc qui se pour l'apparition comme montre à Brutus. Le haut peut être tenu dans l'ombre, l'homme à l'église ces moines Brutus, qui Saint-Grégoire. retient le possédé dans le tableau de La Transfiguration''. CONFRÉRIE DE CHARITÉ 5 une masse TINTORET. — Adam et Eve. Le dos de l'homme, de lumière, la cuisse perdue dans le fond. Les ombres de toute la peinture en général sont de la couleur du terrain, quelqueLe paysage fois un peu plus grises, quelquefois plus chaudes. tout entier chaud, sauf une petite colline éloignée qui est bleue, et le ciel; des arbres noirs sur d'autres plus jaunes. Les collines plus proches sont peintes au premier coup, de blanc, i. En ce temps-là à Versailles, maintenant au Louvre, dans le Salon Cai'ré, n° ug3 du catalogue. La copie mentionnée n'est plus en place. •>,.Gauche du spectateur. 3. J'ai hasardé cette indication qui semble d'accord avec le texte. 4. De Raphaël. 5. Aujourd'hui l'Académie.
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VOYAGE EN ITALIE
de gris et de couleur de chair. Les feuilles des arbres de même, puis glacées par dessus d'une couleur chaude. L'ombre d'Eve grise, un ton chaud ou de l'huile en glacis par-dessus. Caïn et Abel. Les ombres d'Abel, couleur grise, sans glacis de blanc. Les ombres peintes en dernier. Portrait d'un vieillard. Toutes les ombres, du l'indication nez, les yeux et la bouche, sont entièrement peints après que la chair était sèche. Tous ces tableaux paraissent peints sur une impression de plâtre, une blanche tout au moins. TITIEN. — La Présentation de la Vierge au Temple. Lumière la femme de profil au milieu. La vieille au-dessous principale, n'a de lumière que le linge de sa tête et la poitrine. La femme claire. qui tient l'enfant, Règle. — Une figure très claire sur un fond clair, avec la chevelure, etc., sombre et d'autres petites vigueurs, font nécessairement un bel effet. SAINTE-MARIE MATER DOMINI LTnvention de la Croix, du Tintoret. Mona Metello, communément trouvée
Une estampe de Joseph sur papier rouge.
SAINT-SAUVEUR du Titien. Le TITIEN. -— Au maître-autel, la Transfiguration, Christ en blanc dans l'huile sur un fond de même couleur s'enlevant par les cheveux qui sont noirs, et par une ombre sur la cuisse, qui va diminuant par degrés. Les figures de chaque côté, éclairées. du même 1. Elle porte inscrits les mots : L'Annonciation, Tilianus pinxit. L'ange, une masse de lumière ; la gloire, la Le blanc de l'ange semble colombe et les anges, la principale. ensuite avec du jaune très avoir été peint gris, et repassé blanc dans les lumières. La Vierge, franc dans l'huile; de clair qu'à la tête, à la poitrine et aux mains. i. Dans la deuxième chapelle à droite.
point
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SAINT-SÉVÈRE Un grand
du Tintoret.
Crucifiement,
TOUS LES SAINTS 1 du chevalier du Véronèse. La Visitation, Ridolfi, imitation Crucifiement. Admirable PIERRE VECCHIA. — Un grand bien composé et les détails bien peints ; ouvrage ; l'ensemble une manière grande et large. Il y a dans ce tableau des têtes du Christ quel maître. Au-dessous égales à celles de n'importe en croix est le Père Eternel. Un ange montre le Christ au bon sont après l'autre. Une figure larron tandis que les dénions sur le devant qui monte un cheval blanc, se penche en avant et regarde en l'air avec beaucoup La tête du ched'expression. vers le poitrail. Ses jambes val, claire, va en s'assombrissant cachées par une figure d'enfant sombre. Une figure entière Des figures sombres autour forme une autre masse de lumière. la culotte et les bas ne font qu'un ; des d'eux. Quelques-unes, manches rayées de crevés rouges. du Christ, par Palme. Résurrection En dehors, l'AdoraLes volets de l'orgue, de Paul Véronèse. tion des Mages; en dedans, les quatre Docteurs de l'Église, avec Sous l'orgue, le Père des anges sonnant de divers instruments. Eternel porté en l'air par des Anges, beau tableau de Véronèse. Au maître-autel, l'Assemblée de tous les Saints, du Véronèse. des Noces du Véronèse Une imitation qui sont à SaintIl y a de ce tableau une par André Vicentin. Georges-Majeur, 110Patina 2. et une dans le de M livre petite grande estampe, SAINT-GERVAIS 3 TINTORET. — La Sadeler et Louisa.
Cène.
Beau
tableau
; des gravures
par
1. Aujourd'hui désaffectée et transformée. •1. Catherine, petite-fille du médecin Guy Patin, auteur d'un recueil d'estampes : Piituve scelle, à Padoue, 1691. Il y a de ce recueil une édition latine. 3. Saints-Gervais-et-Protais, dit San Trovaso.
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VOYAGE EN ITALIE
En face, Notre-Seigneur lavant les pieds de ses Disciples 1. Manière sombre, Gravure par Louisa. Saint Antoine tenté par le diable et par plusieurs belles femdescendant mes, Notre-Seigneur pour lui porter secours : beau tableau du Tintoret 2. Le haut du saint, même couleur que le en sombre sur un fond s'enlève fond. Le Christ descendant dans le ciel sombre. clair ; ses jambes, etc., se perdent Massacre des Innocents 8. AbonAu maître-autel, magnifique dance de mérite, mais le sujet ne demande pas tant de magnificence. Dans la sacristie, salba.
une
Madone.
Portrait
au pastel
parla
Ro-
LA MAISON TOFFETTI 4 Est près de cette église. Peinte à fresque par le Tintoret avec dessides frises d'enfant et des figures nues, admirablement et Tithon ; de l'autre Au-dessous l'Aurore nées et coloriées. de l'un et de l'autre par côté, Cybèle dans un char ; estampes de Venise". Louisa. Cette fresque est estimée la meilleure Très endommagée. SAINTE-MARIE-MAJEURE 0 : L'Assomption'. La lumière prinVÉRONÈSE. — Maître-autel au milieu du cipale est très forte. Une figure agenouillée flottableau et qui se présente de dos ; sur elle une draperie tante de couleur blanche. Sur le côté, l'Adoration des Mages, du Tintoret. Tintoret. Les deux en face l'un deFautre, par Dominique le beau Saint Jeanà gauche TITIEN. — Dans la chapelle i. Ces deux tableaux, dans la chapelle du transept à gauche. 2. Dans une chapelle à gauche. 3. 11n'y est plus. 4. Ou jjalais Donalo . 5. Parmi celles des façades, sans doute. 6. Aujourd'hui démolie. 7. Maintenant à l'Académie, salle IX, n° 1.
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Baptiste du Titien i. Dans un état parfait; admirable de couleur et de dessin. Il est sur un ciel bleu avec des nuages blancs ; la poitrine fait la lumière La masse du visage principale. divisée par une barbe noire, la cuisse par la peau qu'il tient dans sa main; les jambes d'une teinte sourde, la cuisse droite entièrement L'ombre de la draperie de même. Les perdue. veines marquées, mais non pas bleues : même effet que celles du Laocoon. Tout entier très bien dessiné, carrément et par une autre masse ; les nuages plans et surfaces larges. L'agneau, blancs, une autre ; une autre, la chute d'eau, dont on n'aperçoit presque que le blanc. Trois ou quatre arbres ; ceux de de l'huile sur le dessous de plâtre, avec des touches derrière, d'ombre ; ceux de devant pointillés de sombre. Pour fond le le linge, ton sourd, même couleur plâtre clair. Le corps, le fond de plâtre : glacis de gris pour les que l'agneau, lumières. dans l'église, un tableau de l'Arche de Noé, les Suspendus etd'autresdu Bassan. quatre Saisons, Le Christ au Jardin, beau clairpetit tableau de Véronèse, obscur. Un Ecce Homo, de Paris Bordone. Une Madone sur bois, avec des chérubins et des anges, tableau de grand mérite, par Jean Bellin. SAINT-PANTALÉON Saint Pantaléon qui guérit un Enfant porté par un Prêtre, et un portrait 2 par Paul Véronèse. Le plafond de l'église est de Fumiani. Saint Bernardin les Malades dans un hôpital 3, par soignant Paul Véronèse. Saint Bernardin et Saint Paul % du même. i. Maintenant à l'Académie, salle IX, n° i5. 2. Chapelle à droite, derrière l'autel. 3. Dernière chapelle à droite, au mur de gauche. 4- Même chapelle, à l'autel.
35a
VOYAGE
EN ITALIE
CONFRÉRIE DE LA SAINTE-TRINITÉ 1 (PEKSDELa,Saluie) Trente tableaux du Tintoret. Le Père éternel créant le monde. La Création d'Eve, très beau tableau. Très beaux aussi : Eve tentant Adam 2 et Caïn et Abel s. Tous d'un beau dessin, d'une belle couleur et bien composés. Gravures de Louisa. Le Couronnement de la Vierge et la Trinité ne sont pas de lui. Deux beaux portraits de Tintoret. SAINT- JE AN-L'AUMONIER-DE-RI ALTO TITIEN. — Au maître-autel, Saint Jean l'Aumônier faisant aux Pauvres, l'aumône beau tableau du Titien. Les ombres du rochet blanc sombres, pour s'unir avec le fond. Le manteau court étant sombre, le haut du rochet est sombre aussi pour s'unir avec ce manteau. Le bras gauche dans l'ombre. La coupole, par le Pordénone, mais si endommagée qu'on n'y voit presque plus rien 4. SAINT-PAUL VÉRONÈSE. — Le Mariage de la Vierge 6 à gauche par le Véronèse. La partie inférieure de saint Joseph reçoit un peu de lumière : tout le reste des deux personnages, en demi-teinte sur un ciel blanc. la Conversion de Saint Paul, mais à moitié Maître-autel, couvert par des choses placées devant, par Palme. aux côtés du maître-autel, de Palme. Quatre peintures La chapelle à gauche, quatre peintures de Salviati, l'histoire du Christ. i. Maintenant séminaire. 2. Maintenant à l'Académie, salle XV, n° 2. 3. Même lieu, salle XV, n° 2. 4. Un badigeon blanc en recouvre maintenant les restes. 5. Il n'y est plus.
VENISE
353
du Tintoret 1, couverte artiL'Assomption par une poupée culée. est la Cène du Tintoret, A gauche 2 de la porte principale, où il y a une figure qui se penche en arrière et donne du pain à un mendiant couché. Le Christ donne des deux mains le pain à ses apôtres. du milieu en Dans la nef du milieu, les deux tableaux haut 3 sont de très bons morceaux du cavalier Bambini : d'un côté la Conversion de Saint Paul ; de l'autre, la Prédication à Athènes. Il y a çà et là beaucoup d'autres bons tableaux. ILE DE MURANO. SAINT-PIERRE-MARTYR SALVIATI.— Au maître-autel, un tableau capital de Salviati : la Descente de Croix. Autant que je me souviens, le Christ est en grande partie le même que celui de Florence (à SainteCroix, je crois). Le Christ coupe en deux le tableau. La Vierge dans une attitude la plus belle qu'on ait jamais s'évanouit inventée ; les figures autour sont toutes belles. BURANO. RELIGIEUSES Au maître-autel,
le Martyre
DE SAINT-MAUR
du Saint,
du Véronèse.
TORCELLO. SAINT-ANTOINE en regardant le maître-autel, est Le côté droit de l'église Au maître-autel trois Saints tout peint par Paul A^éronèse. assis, du même. partie. Par dedans une belle AnnonL'orgue est la meilleure des Mages 6. Tous les petits ciation ; par dehors l'Adoration en camaïeu sont aussi de sa main. ornements i. Dans une chapelle à droite, je crois. 2. Droite en entrant. 3. Ils n'y sont plus. 4. Eglise supprimée. 5. L'un et l'autre maintenant au musée Impérial de Vienne, n°s 674 et 575. 23
VOYAGE EN ITALIE
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SAINT-ANGE 1 A droite
du maître-autel une Notre-Dame de Pitié avec Saint Jean l'Évangéliste, Saint Jérôme, deux statues et un sépulcre dans le milieu 2. Il a été commencé par le Titien et achevé tout entières de la main du Titien, par Palme. Les statues, sont très belles et chaudes. La partie la plus claire ne consiste presque que dans le plâtre du fond. SAINT-ÉTIBNNE Les cloîtres
parle
Pordénone,
très
dégradés
3.
SAINT-CASSANO Saint Jean-Baptiste, Saint Marc, Saint Pierre Saint Jérôme, et Saint Paul, le meilleur tableau que j'aie jamais vu du vieux Palme 4. du Tintoret 6. L'orgue, Le choeur, tout du Tintoret. A l'autel la Résurrection ; d'un côté le Crucifiement,de l'autre les Limbes. PÈRES JÉSUITES TITIEN. — Le Martyre de Saint Laurent la nuit 6. Ce tableau est si obscur qu'en y jetant d'abord les yeux, je crus qu'il y avait un rideau noir. Le même sujet pour II, roi Philippe mais différent : celui-ci ayant dans le fond de l'ard'Espagne, et des figures, en particulier une avec une torche chitecture sortant d'entre les colonnes. L'autre a des nuages de fumée et deux enfants au-dessus. Une gravure de ce dernier par Corneille Cort. i. Eglise supprimée. 2. Maintenant à l'Académie, salle XVI, n° 3. 3. On n'en voit presque plus rien. 4. Il n'y est plus. 5. Maintenant couvert ou enlevé. 6. Première chapelle à gauche.
VENISE
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du Tintoret 1. Gravure par Louisa. TINTORET. — L'Assomption, mais Le marbre blanc du sépulcre entouré de figures sombres, La Vierge au dessus, çà et là la chair et de petites lumières. masse sombre sur un fond clair ; sa tète, ses mains et quelquesuns des anges clairs pour l'union avec le fond. SAINT-HERMAGORE, DIT SAN MARCUOLA TINTORET. — Au maître-autel, d'un côté la Gène du Tintoret; de l'autre le Lavement des pieds, du même. Dans la Cène, la nappe principale lumière comme d'habitude, mais divisée par une figure sombre, de manière à former une lumière secondaire sombre ; puis vient une figure qui couvre entièrement le bout de la table ; ensuite une figure en satin blanc. A l'autre bout de la table, il y a aussi une autre lumière sur une des figures en cette sorte3... et une figure claire à chaque bout du tableau. Sur les degrés un chien assis sur sa queue et demandant. Dans le Lavement des pieds, le sol et le fond blancs. Une colonnade sombre avec desbalustres traverse le tableau. CORPUS DOMINI 3 Saint Dominique beau tableau.
jetant
le livre au feu, par Sébastien
Ricci :
SAINTE-LUCIE- 1 Architecte,
Palladio. SAINT-MARCILIEN
Dans
la sacristie
servé, seulementtrop beauté remarquable.
6 tableau
admirable du Titien, bien conjaune, de Tobie et l'Ange. Les tètes d'une de Louisa. Estampe
i. Chapelle du transept à gauche. 2. Ici dans le manuscrit prend place un croquis. 3. Eglise supprimée. 4. Aujourd'hui détruite pour l'emplacement de la gare. Ce qu'elle contenait est retiré en partie dans l'église Saints-Jérome-et-Lucie. 5. Aujourd'hui dans la première chapelle à gauche.
VOYAGE EN ITALIE SAINT-EUSTACHE du Giorgione La Flagellation, \ Une autre peinture qu'on y a jointe,
d'une
autre
main.
des CarRéflexion. — Toutes les ombres dans les ouvrages du Guerchin, aussi bien que de l'école Vénitienne raches, sont faites de peu de couleur mais de beaucoup d'huile : les vénitiens semblent faits seulement d'une huile siccative, composée de plomb rouge et d'huile. En comparaison de Titien et du Véronèse, tous les autres semblent durs. Ils ont dans un certain degré la maVénitiens : tout dans la demi-teinte, vient nière de Rembrandt laquelle huile d'un glacis passé sur la peinture au moyen de quelque ou couleur sombre. i. Elle n'y est plus.
VOYAGE
EN
FLANDRE
EN
ET
HOLLANDE
En 1781
le 27 juillet 1781, il n'y a A Ostende, où nous débarquâmes point de tableaux. Même Bruges n'offre que fort peu de chose à il y a quelques morceaux d'un peintre. la curiosité Cependant d'un voyaqui, sans être du premier rang, méritent l'attention geur pourvu qu'on ne soit pas trop pressé.
BRUGES LA CATHÉDRALE l'Adoration des Mages, de SÈGERS. — Au grand autel, On regarde avec raison ce tableau comme un des Sègers. de ce peintre, La partie qui fixe d'abord meilleurs ouvrages est un des rois, placé au premier plan. Cette figure, l'attention et. sa beauté reconnue à plusieurs malgré sa grande réputation égards, a un grand défaut : elle semble n'avoir point affaire et a trop l'air d'un portrait en pied. au reste de la composition, ce sont ses yeux fixés Ce qui lui donne si fort cette apparence, Cet arrangement hors du tableau vers le spectateur. produit dans mauvais effet et ne devrait jamais se rencontrer toujours une composition sérieuse ; quelque heureux emploi historique qu'on en puisse faire dans des sujets de genre, où il ne se passe rien qui demande une sérieuse autel OTHO VÉNIUS. — Au second
attention. à droite de la porte,
est
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VOYAGE AUX PAYS-BAS
d'Otho Vénius. Plusieurs de ce tableau parties la manière de Rubens, surtout le coloris du bras rappellent mais en comparaison de Rubens, d'un des bergers; ce n'est infime et qui ne mériterait môme pas d'être qu'un ouvrage d'être cité, s'il n'était l'oeuvre d'un homme qui a eu l'honneur le maître de Rubens. Otho Vénius a publié deux livres d'emblèmes expliqués par des images d'enfants. C'est de lui que Rubens a pris ce goût des figures allégoriques, qui a fourni tant de matière à la cridans la galerie du Luxembourg. tique, particulièrement JEAN VAN EYCIC. — Dans la sacristie est un tableau de Jean Van Eyck, La Vierge avec l'Enfant Jésus, avec saint Georges et d'autres saints 1. Une de ces figures, qui est vêtue de blanc a été peinte d'après nature, comme c'était et qui certainement la coutume des peintres de ce temps-là, a un grand caractère le peintre eût de nature et est d'un fini singulier, quoique soixante-six ans quand il la fit, car la date est de i436. Cet pour être l'ouvrage ouvrage mérite peut-être plus d'attention de l'inventeur de la peinture à l'huile, que pour présumé cette invenaucun mérite de l'oeuvre elle-même. Cependant à lui attribuer l'honneur, tion, dont Vasari a été le premier et dont à cause de cet auteur il a bénéficié dans le monde, lui a été justement contestée par M. Raspe 2, savant antiquaire qui a mis hors de doute que cet art fût inventé et pratiqué pluune Nativité
sieurs siècles avant que Van Eyck fût né. L'art est ici dans son enfance, mais l'apparence qu'on y ne trouve d'une représentation fidèle de la nature individuelle, laisse pas de le rendre agréable. Jusqu'à un certain point le peintre a atteint son but, ce qui est plus qu'on ne peut dire de deux têtes de Saint Pierre et de Saint Paul peintes par Rubens, visibles dans la même sacristie 3, et qui ne sont une bonne i. La Vierge du Chanoine Pala, maintenant au musée, n° i du catalogue. 2. Essai critique sur la Peinture à l'huile. 1780. La discussion de ce point a été souvent reprise. Quoiqu'il en soit de l'huile prise en soi, il est certain que la manière dont les Van Eyck s'en sont servis était nouvelle, cl que c'est cette manière qu'on a suivie depuis. 3. Elles n'y sont plus.
G AND
35g ni de la nature ni de la nature individuelle, représentation dans chacune de ces têtes est encastrée Cependant générale. un riche tabernacle qu'on tient sous clef, et qu'on d'argent, dont fêtes. La grande réputation n'expose qu'aux grandes jouit à si juste titre, s'étend ici à des tableaux médiohonte de reconnaître sans doute; cres, qu'il aurait lui-même ceux-ci n'ont d'autre mérite qu'un ton de couleur et la légèreté Rubens ; ils du pinceau, qualités qui ne quittent que rarement et sans caractère sont insipides, sans grâces, sans dignité d'aucune sorte.
Rubens
NOTRE-DAME et l'Enfant Jésus, en marbre, MICHEL-ANGE. — La Vierge Cet ouvrage a certainement qu'on dit être de Michel-Ange. C'est une capl'air de son école, et un mérite considérable. et entre Civita-Vecchia ture faite par un corsaire hollandais, Gênes.
GAND LA CATHÉDRALE RURENS. — On voit dans cette grande église le Saint Bavon au grand d'ornement de Rubens. servait autrefois Ce tableau ouvrage de autel, il en fut ôté pour faire place à un médiocre Au temps où Rubens fut relégué ainsi, il faut croire sculpture. n'était pas encore établie. Il n'était pas mort que sa renommée comme on peut depuis assez longtemps pour être canonisé, dire qu'il l'est à présent. Le tableau est maintenant placé dans Le saint est représenté une chapelle derrière le maître-autel. et armé, reçu par un dans le haut de la peinture à genoux est un homme, son prêtre à la porte d'une église ; au-dessous trésorier aux pauvres. Deux sans cloute, qui donne de l'argent femmes à la mode du temps de sont debout auprès, vêtues Rubens ; l'une d'elles paraît se dépouiller d'une chaîne qui lui sans doute de suivre l'exemple pend au cou, dans l'intention d'effet et du saint. Pour la composition, le coloris, la richesse
36o
VOYAGE AUX PAYS-BAS
toutes ces qualités dans lesquelles Rubens a excellé, ce tableau au nombre de ses plus grands et de ses a droit de compter Il est gravé par Pilsen. meilleurs ouvrages. HUBERT ET JEAN VAN EYCK. — Dans une chapelle est un tableau des frères Hubert et Jean Van Eyck, représentant l'Adoration de l'Agneau, histoire tirée de l'Apocalypse. Il contient un grand nombre de figures dans un genre d'exécution dur, mais il y a un grand caractère de vérité et de nature dans les têtes ; le paysage est bien colorié. GÉRARD HONTHORST. — Dans la troisième chapelle à droite est un tableau de Saint Sébastien, par Gérard Honthorst (i633). Je ne mentionne pas ce tableau pour sa grande beauté, mais voir parce qu'il en est parlé beaucoup ici, les gens s'imaginant une grande d'attendrissement dans la femme qui expression tire les flèches du corps du saint; je l'ai trouvée quant à moj de quelque expression parfaitement insipide et dépourvue que ce fût. La tête de saint Sébastien est dure et désagréable; le colorié, c'est corps il est vrai est bien dessiné et passablement la seule partie du tableau qui ait quelque mérite. SAINT-MICHEL VANDYCK. •— Dans cette église est ou plutôt a été le fameux de Vandyck; Crucifiement le nettoyage ayant pour ainsi dire totalement détruit ce tableau. 11 est célèbre par la belle gravure de Bolswert, et on peut croire par ce qui en reste, que c'a été un des ouvrages capitaux du maître. ici un fort beau cheval, dans une attiVandyck a introduit tude de la grâce et de la dignité la plus parfaite. C'est le même cheval sur lequel il a représenté dans la Charles-Quint de Florence ; il avait copié la tête de cet empereur galerie d'après le Titien. Dans ce tableau la main de saint Jean tourne autour du cou de la Vierge et tombe sur l'autre épaule. Cette attitude est rendue dans les premières épreuves de la gravure de Bolswert ; mais elle a été changée ensuite, parce qu'on l'a trouvée trop familière.
GAND du Christ, par Sèghers. SÈGHERS. —La Flagellation bien dessiné et le corps bien colorié, mais trop grand. tableau bien composé LANG JAN. — Saint Hubert, peint, par Lang Jan.
36i; Le bras et bien
LES RÉCOLLETS RUBENS. — Le grand autel : un tableau profanement allégorique, par Rubens \ Le Christ tenant à la main les foudres de de sa vengeance et menaçant le monde pécheur, Jupiter par un globe posé à terre et avec le serpent roulé représenté alentour ; Saint François paraît en train de couvrir ce globe et de le protéger de son manteau ; la Vierge retient la main du Christ et lui montre son sein, pour signifier je crois le droit a d'intercéder qu'elle auprès de celui qu'elle a nourri. Le et dans une attitude affectant le Christ, qui est mal dessiné est la figure la plus mauvaise qu'on puisse imaginer. contraste, La meilleure partie du tableau est la tête de saint François. et soutenue par des anges mal desLa Madeleine expirante, 2. sinés : la sainte elle-même vieille et désagréable Saint François recevant les stigmates 3, également peint par Rubens : figure sans dignité qui ressemble plutôt à un menson habit soit pauvre, il n'en devrait diant. Quoique pas moins faire voir la dignité et la simplicité d'un saint. En avec peu d'avantage à Gand, si ce général Rubens paraîtrait n'était le tableau de Saint Bavon. SAINT-NICOLAS un N. ROOSE. — Le tableau du maître-autel, représentant sujet de la vie de saint Nicolas, est peint par N. Roose, artiste de peu de mérite ; mais ce tableau est bien supérieur à tous ses autres ouvrages, en grand nombre par la qui sont répandus Flandre. Le coloris en est moelleux, et brillant. II. vigoureux i. Maintenant au musée de Bruxelles, n° 406 du catalogue, 2. Maintenant au musée de Lille, n° 461 du catalogue. 3. Maintenant au musée de la ville, n° g du catalogue.
VOYAGE
362
AUX PAYS-BAS
mais assez bien des flambeaux, par la lumière réglée pour n'avoir rien de l'effet désagréable que Honthorst, Schalken et d'autres, ont donné à leurs tableaux, quand ils ont représenté des nuits. PIOMROUTS.— Saint Joseph averti par l'Ange, de Rombouts. de L'ange est tout droit et marche en l'air avec beaucoup est également belle, ainsi que celle de grâce. Sa physionomie la Vierge. est
éclairé
ALOST SAINT-MARTIN RURENS. — Saint Roch intercédant auprès du Christ pour les est réglée comme celle Pestiférés, par Rubens. La composition de Saint Bavon à Gand. Le tableau est divisé en deux parties; le saint et le Christ ; et les effets de dans le haut paraissent la peste sont représentés dans la partie inférieure. Le gris domine presque trop dans ce tableau, et les figures n'ont pas cette union avec le fond qui est en général si admirable dans de Rubens. Je soupçonne les oeuvres qu'il a passé par les mains de quelque de tableaux. J'ai souvent vu ces nettoyeur gens-là noircir toutes les parties du fond autour de la figure, afin de rendre les chairs plus claires et plus brillantes: ce qui détruit l'effet général. Il y a une gravure de ce tableau par Pontius. BRUXELLES SAINTE-GUDULE RUBENS. B. VAN ORLEY. — La Vocation de Saint Pierre avec deux Apôtres, Les caractères par Rubens. pesants, sans grâce ni dignité. à l'examiner de près, est timide au L'exécution, une copie ; le coloris est remarpoint de faire soupçonner frais. Le renom de Rubens ne serait pas grand quablement dans le monde, s'il n'avait jamais fait de meilleurs ouvrages. Au même pilier est une Notre-Dame de Pitié de B. Van Orley,
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de la famille qui a offert le tableau à l'église. avec six portraits Le vieillard, qui sans doute est le père, d'une grande vérité, du tableau d'un style sec et gothique 1. mais dur; l'ensemble CARMES DÉCHAUSSÉS RUBENS. — Au maître-autel, 2, par Rubens. La l'Assomption la Vierge, est la plus mauvaise de toute principale figure, tant pour le caractère la composition, que pour la physionomie, pour le dessin de tout le corps et même pour le coloris; car elle n'est pas vêtue dans le genre ordinairement observé de bleu et de rouge, c'est-à-dire mais tout pour la Vierge, entière d'un bleu gris avec des rehauts de blanc, qui, venant rend sourde cette partie de la peincontre une gloire blanche, et les deux femmes sont dans la meilleure ture. Les apôtres manière de Rubens ; le coloris des anges est beau et en parfaite harmonie avec le ciel; les masses de lumière et d'ombre sont parfait ; et si l'on en excepte le haut réglées avec un jugement où est la Vierge, c'est une des plus riches peintures de Rubens. COPIES D'APRÈS RUBENS. — Ilya par l'église d'assez bonnes d'après le grand ouvrage copies qui font en tout dix peintures, de Rubens, le Triomphe de l'Eglise. Les originaux ont péri 3 fut brûlé en par le feu, quand le palais du prince 1731. et Sainte le Christ RUBENS. — A gauche du maître-autel, Thérèse avec deux anges ; un la soutient, et l'autre présente une flèche ardente à son sein ; ni l'un ni l'autre ne sont très ; la tête de la sainte est bien dessinée et bien peinte ; angéliques le Christ est également d'un bon dessin pour Rubens ; mais l'effet en est un peu dur, ce qui vient d'un trop grand fini ; ce tableau est poli comme l'émail, ce qui en ôte la légèreté sensible dans ses autres ouvrages : celui-ci n'est certainement semble lui avoir coûté pas de sa bonne manière, quoiqu'il beaucoup de travail. Dans la sacristie est un beau portrait par Rubens. 1. Autres réflexions sur ce tableau, p. 253. 2. Maintenant au musée de la ville, u° 407 du catalogue. 3. La Cour, à présent remplacée par la Bibliothèque et le musée de peinture moderne.
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VOYAGE AUX PAYS-BAS LES CAPUCINS
RUBENS. — Le maître-autel par Rubens : le Christ mort sur les genoux de la Vierge 1 ; deux anges tenant la lance ; auprès Saint François et Sainte Elisabeth sur qui tient un mouchoir ses yeux. C'a été sans doute un des meilleurs de ouvrages Rubens ; mais il paraît avoir souffert beaucoup du nettoyage : les demi-teintes dans la chair du Christ sont toutes bleues, ainsi que le linge, l'ensemble en coua l'aspect des gravures leur de Leblond. La draperie de la Madeleine aux pieds du Christ est exécrable; Il les anges ont été totalement repeints. de ce tableau, une de Pontius et l'autre de y a des gravures Bolswert. VANDYCK. — Au pilier à droite près du choeur est Saint Antoine de Padoue tenant le Christ dans ses bras, par Van2 : et à dyck gauche son pendant Saint François 3. L'un et l'autre ont une grande expression, mais ils sont médiocrement peints, et certainement n'étaient à figurer en public. pas destinés Gravures de ces tableaux par Krafft. SAINT-GÉRY KOEBERGER. — Ensevelissement du Christ, par Koeberdans le style de l'école Rotableau ger' 1, 1660 : admirable La et colorié. maine. Les caractères bien dessiné élégants, ; draperie bleue de la Vierge est la seule partie à reprendre avec le elle est mal drapée et la couleur est sans harmonie Je fus reste. Ce tableau égale les meilleurs du Dominiquin. fort étonné de trouver tant de beauté dans un peintre que je dans ne connaissais presque que pour avoir vu son portrait les têtes gravées de Vandyck. J'ai vu depuis d'autres ouvrages de lui; mais aucun qui égale celui-ci, que je mettrais au premier rang des tableaux qui sont à Bruxelles. j. Maintenant au musée de la ville,.n° 408 du catalogue. 2. Même lieu, n° 264. 3. Même lieu, n° 265. 4. Même lieu, n° 3iS.
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exercée par Rubens a empêché ce tableau de La fascination la réputation est un qu'il mérite : la simplicité conquérir de Rubens, du moins à contre la splendeur faible avantage s'en tiennent à cela ! première vue ; et combien de personnes des maîtres si elles Les meilleures italiens, productions seraient éclipsées par l'éclat de ornaient les églises d'Anvers, Rubens ; certainement elles ne devraient pas l'être ; mais il en est ici comme de l'éloquence, qui jette tout à ses pieds, et qui triomphe souvent de la sagesse même et du savoir. BERNARDVAN ORLEY. — Dans la première chapelle à droite est la Nativité, par Bernard Van Orley ; cette chapelle appartient à la famille de ce peintre et ils y sont tous enterrés. Sous ce tableau il y en a un autre où sont les portraits de Van Orley et de sa famille : neuf figures à genoux et en prière ; mais elles ne peuvent être l'oeuvre que de ses descendants, qui étaient aussi peintres, la date inscrite sur le tableau étant à la mort de Bernard. Ces deux IDQO, de trente ans postérieure tableaux sont peints dans l'ancienne manière sèche; mais il y a beaucoup de vérité dans les visages de ces portraits, et la Nativité nous montre une bonne école, celle de Raphaël; il y a dans un berger une simplicité et une gravité admirable. M. COXIE. — Dans la seconde chapelle un bon tableau de la Dérision du Christ, par Michel Coxie 1. CABINET DE M. DANOOT Parmi
les galeries de Bruxelles à des particuappartenant celle de M. Danoot, le banquier, réclame surtout liers, à la l'attention. N'ayant guère réservé plus d'une chambre peinture, cet amateur a pris grand soin de n'y recevoir que de bons ouvrages. Je nommerai seulement des plus quelques-uns beaux. RUBENS. — Deux esquisses de Rubens : l'Enlèvement des Sabines et les Femmes qui cherchent à empêcher les Romains et les Sabins de se battre : ce dernier offre le plus de nouveauté i. Maintenant au musée de la ville, n° a33 du catalogue.
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et est le plus intéressant des deux. Les femmes sont placées entre les deux armées, quelques-unes sont pendues aux bras des les chevaux, et d'autres, tenant en soldats, d'autres repoussant l'air leurs enfants à bout de bras, et les montrant aux soldats est pleine d'anipour exciter leur pitié. Toute la composition donnée aux mation, à laquelle ne contribuent pas peu l'attitude à reculer. Ces deux eschevaux, que les femmes obligent et à tous égards excelquisses sont admirablement composées il y a peu de tableaux de Rubens, même de ses plus lentes; terminés, qui nous donnent une plus haute idée de son génie. Toutes les parties sont plus déterminées qu'il n'est d'usage dans des esquisses. C'est je pense ce genre d'esquisses qu'il à ses élèves, et d'après lesquelles remettait ils mettaient en train et poussaient le grand tableau, qu'il retouchait et terminait ensuite. de RomuUne autre esquisse du même maître, la Découverte lu's et de Rémus. Un Enfant dans son berceau avec trois Femmes, par Rubens; le site, un paysage; les figures sont un peu plus petites que nature. Ce tableau n'a pas autant de force que ses ouvrages en général, et semble n'avoir pas recules dernières touches. REMBRANDT.— Le portrait de Rembrandt peint par lui-même, à mi-corps, déjà âgé, dans une manière très peu achevée, mais admirable pour la couleur et l'effet; sa palette, ses pinceaux et son appuie-main sont dans sa main (si l'on peut dire, car elle est si faiblement une main). touchée qu'à peine y reconnaît-on LÉONARD DE VINCI, TÉNIERS LE JEUNE. — Une femme tenant de Vinci \ Il une branche de jasmin à la main, par Léonard y a de la beauté dans le visage ; mais la manière est dure. Un des Paysans le jeune, représentant petit tableau de Téniers manière. Son nom et la qui tirent à la cible, dans sa meilleure date sont dessus; je l'ai notée comme le meilleur temps de sa vie, qu'il était à son apogée. C'est en i645, il avait trente-cinq ans,
étant né en 1610.
1. La Colombine, maintenant à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, n° 74, où on a cessé de l'attribuer ù Léonard.
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DAA'ID TÉNIERS LE VIEUX. — Un tableau de David Téniers mais il n'a pas la touche spirivieux, avec un bon paysage; tuelle du jeune David ; il fait l'effet de venir d'un pinceau plus lourd. CABINET DU PRINCE DE LIGNE
VANDYCK. — Il n'y a rien ici qui soit digne d'attention, si ce n'est un portrait en pied de Jean comte de Nassau, par Vandyck. La tête est gravée dans la suite des portraits de Vandyck. Le caractère et le dessin sont admirables; le visage semble avoir perdu un peu de son brillant. Il est beaucoup dans la manière du portrait de lord Strafford, chez le duc de Grafton. VANDYCKOU COPIE. — Minerve et Mercure domptent le cheval Il semble être de Vandyck ou copié d'après lui ; Pégase. comme il est placé entre deux fenêtres, il ne m'a pas été possible de décider. de Pitié, de Vandyck, VANDYCK. — Une Notre-Dame dans la manière de Rubens ; la même, en moins bon, qu'une qui se trouve à Dusseldorf, où l'on dispute s'il est de Rubens ou de Vandyck. Les yeux de la Vierge sont d'un rouge désagréable ; et le tout sans aucune espèce de beauté, si ce n'est le coloris. LUCAS GIORDANO. — Environ une demi-douzaine de Lucas Giordano. CABINET DE M. ORION D. RYCKAERT. — Une Bourgade de pillée par des Soldats, D. Ryckaert. Il est peint dans une manière plus froide que je coloriée que j'en possède. ne m'y attendais d'après l'esquisse RURENS. — Esquisse de Rubens, de trois Saints à genoux ; du deux autres esquisses admirables des deux.bouts également plafond de la Salle des Banquetsi ; la partie du milieu était dans en Rusla collection de lord Orford 2, laquelle est maintenant sie . 1. Au palais de Whitehall à Londres. Une note de Malone assure que l'auteur acheta ces deux esquisses. 2. V. p. 3i3, note.
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Un peintre dessinant d'après un plâtre d'enfant, parfait dans son genre. JORDAENS. —- Une Nativité de Jordaens, composition capricieuse, dans la manière du Tintoret. Plusieurs excellents de Téniers, de Van petits tableaux et d'autres maîtres. Uden, d'Asselyn dit Crabetje, : le Combat de Joseph REMBRANDT.— Il a deux Piembrandts avec l'Ange, et un portrait ; mais ni l'un ni l'autre excellents. Mon ami a remarqué que M. Orion avait été presque le seul lui-môme ses tableaux sans amateur qui nous eût montré du récit de leur mérite. Il en a Cependant qui nous étourdir valent la peine d'être loués ; mais c'est à nous qu'il en a laissé le soin.
MALINES LA CATHÉDRALE Les têtes des apôtres et RUBENS. — La Cène 1, par Rubens. du sont dans la meilleure manière le style des draperies maître ; mais ce tableau est en mauvais état, comme livré à la moisissure. La plus mauvaise des têtes est celle du Christ. La principale figure est ici la moins bonne, comme il arrive soucomme en cela est-il inévitable ; en peinture vent. Peut-être : le une figure insipide parfait produit poésie un caractère et gêné, ne peut se livrer à ces libertés génie s'y sent restreint qui donnent de l'esprit à une figure, qui la rendent intéressante On a remarqué pour le spectateur. que Milton n'a pas aussi bien réussi dans les discours qu'il prête à Dieu le Père ou au Sous la Christ, que dans ceux que tiennent les anges rebelles. basse en table est un chien qui ronge un os, circonstance et certainement elle-même, indigne d'un pareil sujet, quelque propre qu'il soit à remplir un coin d'un tableau comme celui des Noces de Gana de Paul Véronèse. Outre cette impropriété, i. Maintenant au Musée Bréra de Milan, nû 447- fne esquisse est à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg.
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on ne voit pas comment le chien a pu avoir cet os, car il n'y a point de viande sur la table, mais le nom de cène ou de repas aimé à introduire les animaux a suffi à Rubens, qui a toujours Il y a une estampe de ce tableau par Bolsdans ses ouvrages. wert. D'un côté est un petit tableau du Christ lavant les pieds des et de l'autre un tableau de même taille de l'Entrée Disciples, aussi de Rubens. Tous les deux sont bien comà Jérusalem, posés, il m'a semblé que c'était tout leur mérite. de l'histoire de ce tableau qui mérite Il y a une circonstance d'être rapportée, pour l'ouverture qu'elle donne sur la manière dont Rubens procédait dans ses grands ouvrages. Celui qui avait commandé ce tableau et qui était de Malines, voulut, pour éviter les accidents de transport, qu'il fût peint dans cette ville : à quoi Rubens consentit aisément, Steen, sa maison de étant tout proche de Malines. Piubens ayant terminé campagne, à un de son esquisse en couleur, la donna selon sa coutume, ses élèves (Van Egmont), qu'il envoya à Malines, pour faire le couler du grand tableau. cette esquisse d'après L'acquéun tableau reur voyant cela, se plaignit commandé qu'ayant de la main du maître, on le fit faire par l'élève. Il arrêta celuici dans son travail. Mais Rubens lui protiva bientôt que telle et que ce tableau était sa méthode serait aussi ordinaire, son ouvrage que s'il l'avait fait à lui tout seul. complètement L'autre se rendit à ses raisons et Rubens termina le tableau, dans aucune où je n'ai pas vu la moindre trace de négligence de ses parties. Au contraire je suis persuadé que dans son neuf c'a été un de ses meilleurs ceux qui ouvrages, quoique connaissent l'anecdote de Van prétendent que l'infériorité Egmont percent à travers les touches de Rubens. LES RÉCOLLETS VANDYCK. — Le maître-autel de l'église des Récollets a le Christ en croix entre les deux Larrons, de Vandyck 1. Ceci est i. Maintenant à la Cathédrale. 24
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le plus considérable de tous les ouvrages du maître, peut-être pour la variété et la science du dessin, et pour la judicieuse ordonnance du tout. Dans les efforts que font les larrons pour se dégager de la croix, il a surmonté avec bonheur la difficulté de l'art, et l'expression de douleur et de résignation est admirable dans la Vierge. Ce morceau peut en somme être considéré comme un des premiers tableaux du monde, et donne la plus haute idée des talents de Vandyck ; il prouve que ce maître avait vraiment le génie de la peinture d'histoire, si le portrait ne l'avait pas accaparé. Il est vrai que le coloris n'appartient pas au genre le plus brillant ; mais son accord avec le de sujet le rend aussi agréable que s'il avait la fraîcheur Rubens. Un autre petit détail, c'est que l'air de saint Jean est commun; c'est la seule faute du tableau, si l'on excepte les cheveux de la Madeleine aux pieds du Christ, trop soyeux et qui ressemblent Il plus à un morceau de soie qu'à une chevelure. de la tête, à laquelle on a ajouté une tête de y a une gravure mort. : Saint Bonaventure L'autel à droite, de Vandyck soutenu par un Ange, pendant qu'un autre Ange lui donne la communion '. Le prêtre à l'autel est sans majesté : il regarde parcomme par un mouvement dessus son épaule, de curiosité est d'une pauvre pour voir ce qu'ils font. Le saint lui-même et ne fait qu'une médiocre figure au prix de la façon invention dont ce même sujet a été traité par le Dominiquin et par Augustin Carrache dans leurs Communions de saint Jérôme. Le coloris n'est pas brillant ; un ton rougeâtre domine trop dans les chairs, en particulier dans les ombres. C'est, comme je l'ai observé, le défaut de passablement de tableaux de Vandyck. Une gravure par François Vanden Wyngaerde. SAINT-JEAN RUBENS.—Le maître-autel, grande et riche composition
Adoration des Mages, par Rubens : ; mais la Vierge et l'Enfant man-
i. Maintenant au musée de Caen, n° no du catalogue.
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ils paraissent d'une substance plus aérienne quent de vigueur; ordiqui a la solidité et la richesse que le reste du tableau, : je mentionne le fait naires. Un des mages tient un encensoir ce tableau du grand nombre d'autres que pour distinguer Rubens a peints de ce sujet. Il est gravé par Vorsterman. A l'intérieur d'un des volets est la Décollation de Saint Jeanet sur l'autre Saint Jean l'évangéliste dans la chauBaptiste, dière d'huile bouillante. Les figures qui le mettent dans cette de vigueur, ce qui n'est pas le défaut chaudière manquent de Rubens ; la tête du saint est vulgaire, ordinaire ce qui au contraire n'est pas rare chez lui. L'ensemble est riche et moelleux de couleur. A l'extérieur des volets est le Baptême de et Saint Jean à Pathmos : l'un et l'autre sont de sa Jésus-Christ, meilleure manière ; l'aigle de saint Jean est supérieurement Dessous il y a trois peinte, le Baptême a souffert beaucoup. le Crucifiement et la où sont peints la Nativité, panneaux, soient de Rubens tous trois, ils n'ont Résurrection, Quoiqu'ils que très peu de mérite en dehors de la facilité du faire. De la Nativité il y a une gravure par Vorsterman, qui semble gravée le dessin tiré de la peind'après un tableau fini. Probablement ture par le graveur aura été corrigé par Rubens. Ce qui paraît le confirmer, c'est la dédicace de cette estampe, adressée par Rubens lui-même à son ami Pierre Vénius, Testem hanc exa1 800 florins nimo, etc. Rubens a reçu pour ces huit peintures comme il paraît de Brabant, soit environ 180 livres sterlings, qu'on garde dans la sacristie ; et le tout fut par une quittance commencé et fini en dix-huit jours. LES AUGUSTINS était le fameux RUBENS. — Dans l'église des Augustins tableau de Rubens, de la Vierge avec le Christ, Sainte CatheSainte Marguerite Sainte Agnès, Sainte et Christine, rine, de Bruxelles d'autres au Saintes, qui fut vendu par Verhalst Une gravure de ce duc de Rutland, chez qui il est à présent. tableau par Jode.
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ANVERS LA CATHÉDRALE B. VAN ORLEY. — En entrant par la grande porte à droite est le Jugement dernier attribué à Bernard Van Orley ; mais je le crois plutôt de quelques-uns de ses descendants; il est bien inférieur à celui que nous avons vu de lui à Bruxelles. Sur les volets sont i-eprésentées les Sept OEuvres de Miséricorde. Il n'a de beauté d'aucun racheter l'extrême genre qui puisse dureté de la manière. KOEBERGER. — L'autel des Archers; Saint Sébastien, de Koedans ce tableau; mais il berger 1. Il y a de bonnes parties n'est pas égal à la Notre-Dame de Pitié de Bruxelles. Le jeune garçon dans la demi-teinte qui porte un arc et les flèches, et le prêtre qui tient une image à la main, le visage éclairé par le Le corps du reflet, sont les meilleures parties de la peinture. saint est d'une bonne couleur et d'une manière large. Les têtes de femmes au bas du tableau, viennent là fort maladroitement. Chapelle
Saint-Michel.
FRANK-FLORE. — La Chute des anges, par Frank-Flore, i 554 2; qui a de bonnes parties, mais sans masses et sèche. Sur la cuisse d'une figure le peintre a peint une mouche pour la récréation du vulgaire ; il y a une absurde histoire de cette mouche Frankpeinte par Jean Matsys, qui aurait trompé Flore lui-même. Chapelle
de la confrérie
d'Arquebuse.
RUBENS. —La fameuse Descente de croix 3. C'est de tous les de ce maître celui qui a le plus de réputation. En ouvrages conséquence j'avais conçu la plus haute idée de son mérite; et, 1. Maintenant au musée de Nancy, n° 204 du catalogue. 2. Maintenant au musée de la ville, n° 112. 3. Portée dans le bras droit du transept.
ANVERS
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la gravure, je m'étais formé une idée de comme je connaissais devait produire entre les mains ce qu'une pareille composition J'avoue d'un tel peintre. Mais il ne que je fus désappointé. faut pas attribuer cela à aucune infériorité du tableau même ; l'état dans lequel il dut sortir des mains de Rubens était sans doute très différent, c'est une désolation de voir à quel point il a souffert de nettoyage et de réparation- 1. Le brillant effet de vernis eu, est perdu dans un brouillard qu'il a certainement qui semble passé et moisi. Sur le corps du Christ des retouches la tète de saint Jean repeinte ; qu'on aperçoit même à distance; et d'autres en train de parties quand on les regarde paraissent se soulever et prêtes à tomber de la toile. Cependant il en reste la réputation assez, si l'on est connaisseur, pour comprendre que ce tableau s'est acquise quand il était en bon état. On dit que la composition est empruntée d'une gravure italienne. Je n'ai jamais vu cette estampe; mais ceux qui l'ont vue disent que Rubens n'y a rien changé, excepté l'attitude de la Madeleine. On lit sur cette estampe : Peter Passer invenit ; Wievix sculpsit. Hieronymus de cette composition Le trait le plus remarquable est l'emblanc, sur lequel porte le corps du Christ ; ploi du linceul cette circonstance a probablement Rubens à choisir engagé cette composition. Il savait bien l'effet qu'un linge blanc opposé à la couleur de chair pouvait avoir avec un coloris tel que le sien ; effet dont un peintre italien n'aurait eu pas aisément l'idée ; au contraire, la rencontre du linceul il aurait redouté blanc avec la chair, et le ton sourd qui en serait résulté pour celle-ci. La vérité est qu'il n'y a que les grands coloristes qui hasarder d'un linge blanc pur à côté de puissent l'emploi la chair ; mais ceux-là en connaissent de sorte que l'avantage; ce que Piubens a dérobé fût demeuré stérile aux mains de l'inventeur, en tirer en soit
et certainement parti comme de ce plagiat
il n'y avait personne au monde qui pût Rubens. Après cela il se peut bien qu'il comme de celui de Lauder 2. Je serais
1. Je l'ai vu moi-même repeindre à neuf en igoo. Ce tableau est entretenu avec beaucoup de soin : on ne le laisse pas vieillir. 2. Lequel avait accusé Milton d'avoir pillé les poètes latins modernes. Ses
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si elle existe, pour savoir à de voir cette estampe, comme quel point Rubens lui doit son Christ, que je considère une des plus belles figures qui aient jamais été inventées ; il de dessin et dans une attiest de la plus parfaite correction difficile à rendre. tude que je regarde comme extrêmement dont le Le penchement de la tête sur l'épaule et la manière corps tombe d'un côté, donnent une telle idée de la pesanteur de la mort, que rien ne saurait aller au delà. Des trois Maries deux ont plus de beauté que Rubens n'en donnait généralement à ses figures de femmes, mais nulle Saint Joseph d'Arimathie est la dans le caractère. élégance même physionomie si souvent dans ses oeuvres : qu'il introduit celle d'un gros visage plein, excessivement à peu convenable l'histoire. La principale lumière est produite par le corps du Christ et par le linceul blanc ; il n'y a pas de seconde lumière qui soit en avec cette principale ; à cet égard le tableau a plus proportion de la manière de Rembrandt qu'aucun autre ouvrage de Rubens. Il y a cependant distribuées à quelplusieurs petites lumières que distance de la grande masse, comme la tête et les épaules de la Madeleine, la tête des deux Maries, la tête de saint et le dos et le bas de la figure qui se penche par desJoseph, sus la croix ; le tout environné d'un ciel obscur, sauf une petite lumière à l'horizon et une au-dessus de la croix. L'histoire dit que Rubens le de ce tableau anecdotique un terrain sur lequel il bâtit sa donna en échange contre maison, et qu'il n'était convenu de fournir qu'un Saint Chrisavec l'Enfant Jésus sur son tophe, patron des Arquebusiers, voulant les surprendre Rubens, par sa générosité, épaule. au lieu d'un : gracieuseté de la part du envoya cinq tableaux bien reçue de la part des peintre qui dut être extrêmement était si fort à leur profit, comme Arquebusiers, puisqu'elle fort au dommage du peintre. au nom Tous ces tableaux sont entendus pour se rapporter curieux
preuves, publiées dans le Genlleman's Magazine en 1767, n'étaient qu'une mystification. Johnson lui-même y fut d'abord trompé.
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En premier lieu le corps du Christ au de saint Christophe. milieu porté par saint Jean, par saint Joseph d'Arimathie, paretc. D'un côté du volet de gauche est la Visitala Madeleine, tion : la Vierge porte ici le Christ avant qu'il ne soit né. Au revers du même volet est Saint Christophe lui-même avec l'Enfant Jésus sur ses épaules. Le tableau en pendant de l'autre côté, est le seul qui n'ait point de rapport avec le nom de Chrisun Ermite avec une lanterne, tophe. Il représente qui attend de recevoir le Christ de l'autre côté de la rivière. Cet ermite regarde le bord opposé ; d'une main il tient la lanterne tandis que de l'autre il se protège de la lumière dans un geste fort naturel. Mais sur le revers de ce volet nous avons un autre : le prêtre Siméon portant le Christ dans ses bras, Christophe les yeux tournés au ciel. Ce tableau, qui n'a pas souffert, est véritablement surtout la tête de Siméon, que rien admirable, ne peut surpasser. le dessin, le coloris, sont auL'expression, dessus de tout éloge, et le tableau est aussi frais que s'il venait d'être peint. Le coloris du Saint Christophe est trop rouge et couleur de brique, et le contour n'est pas coulant. C'était la seule figure s'attendissent à recevoir ; mais Rubens que les arquebusiers avec raison telle figure n'aurait fait qu'un qu'une jugea médiocre tableau d'autel. Il y a une estampe de la Descente de Croix par Lucas Vorsde la terman ; une de Saint Christophe, par Rémi Eynhoudts, Présentation par Pontius (les épreuves avec dédicace à Gaset mauvaises). La Visitation est pard Hubert sont retouchées n'a pas été gravé. gravée par P. De Jode ; l'Ermite RUBENS. — Du côté du choeur sont les monuments des deux des Pays-Bas, célèbres Moretus et imprimeurs Jean-Baptiste Martin Plantin. Celui du premier est orné d'un tableau admirable de Rubens, dont les figures sont demi-nature : le Christ sortant du sépulcre dans la gloire, tandis que les gardes tombent effrayés les uns sur les autres : le Christ est bien dessiné et d'un beau coloris. Le Saint Jean-Baptiste, sur un volet, est de sa meilleure manière ; seule la jambe gauche du pareillement saint est un peu trop grande. Sur l'autre volet est Sainte Barbe,
376 la figure
VOYAGE AUX PAYS-BAS
sans caractère et d'un coloris sans éclat. La couleur dominante du vêtement est le pourpre, qui n'obtient qu'un effet pesant. BACKER. •— Le monument de Plantin est orné du Jugement dernier, entente
par Backer, correctement du clair-obscur.
dessiné,
des Maîtres
Chapelle
mais sans la moindre
d'École.
FRANÇOIS FRANCK. — Le Christ au milieu des docteurs, par Franck le jeune. Il y a quelques François Franck, appelé belles têtes dans ce tableau, en particulier les trois hommes dans un livre, sont d'admirables les qui regardent caractères; et bien groupées, figures toutes bien dessinées excepté le Christ, qui est médiocre. B. VAN ORLEY. RUBENS. — Contre un pilier en face et à peu de distance de la Descente de croix est l'Adoration des Je la crois l'ouMages. La Vierge et l'Enfant sont admirables. vrage de Van Orley. Sur les volets de chaque côté sont des bien peints, celui de la femme surtout. Contre un portraits autre pilier est un tableau de Rubens qui sert de monument à la famille Goubau *. Le mari et la femme y sont représentés à mi-corps, en prière devant l'a Vierge et l'Enfant Jésus. Le vieillard est bien peint, la Vierge est indifférente. Chapelle
des Cordonniers.
AMBROISE FRANCK.— Le Martyre de Saint Crépin et de Saint Franck 2. Il y a quelques bonnes Crépinien, par Ambroise têtes, mais dans une manière sèche. La confrérie SCHUT. — Le Martyre bien composé et bien
de VArbalète.
de saint dessiné,
Georges, c'est un
par Schut \ Il est de ses meilleurs
1. Porté au Musée de Tours, n° 223 du catalogue. x. Maintenant au musée de la ville, n° i45 du catalogue. 3. Môme lieu, n° 327.
ANVERS
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tableaux ; mais le saint a trop du caractère que les peintres dans ce tableau au Christ. Le trop d'harmonie ont consacré et un ton vigoureux nuit au brillant du coloris ; pour produire de couleurs. chaud, il faut une plus forte opposition On passe devant des chapelles où sont des tableaux d'autel de Martin et de Simon De Vos et d'autres maîtres, qui n'ont rien de particulièrement remarquable. Chapelle
de la Circoncision.
QUENTIN MASSYS. — Ici est le fameux tableau de Quentin La partie du milieu est ce que les Italiens Massys le forgeron. une Pietà 1 ; un Christ mort sur les genoux de la appellent Sur l'un des volets des figures ordinaires. Vierge accompagné la tête de Saint Jean au festin, et sur est Hérodiade apportant Le Christ du milieu a l'autre volet le Saint dans la chaudière. l'air d'un homme qui serait mort de faim ; comme c'était la coualors ; mais il y a dans ce de le représenter tume des peintres et qui tableau des têtes que Raphaël même n'a pas surpassées, de fait ne sont pas loin de la manière dans laquelle ce peintre a peint ses portraits : dures et d'un grand fini. La tête d'Hérode et celle d'un gros homme à côté du Christ sont excellentes. Le portrait du peintre s'y trouve. Dans le festin la jeune et trop fille d'Hérode est assez belle, mais trop décharnée mince. Elle présente la tête à sa mère qui parait la couper avec un couteau. L'autel
des Jardiniers.
F'RANK-FLORE.— Une Nativité, grande composition par Frankson meilleur ouvrage. Ce tableau est bien Flore 2, et peut-être composé, bien dessiné et bien colorié ; les têtes sont en génésaint Joseph et une femme ral bien peintes, particulièrement sur le premier plan. 1. Jansen a traduit partout ce mot par « tableau votif», qui n'est pas le sens, mais bien celui de Dieu ou de Notre-Dame de Pitié. Ce tableau est maintenant au musée, n° 244 au catalogue. 2. Maintenant au musée de la ville, n° n3 du catalogue.
AUX PAYS-BAS de Pitié 1 par Rubens, qui sert de RUBENS. — Une Notre-Dame monument à la famille des Michielssens, et est pendue contre un pilier. C'est un de ses tableaux les plus soignés ; les caracsurtout celle tères y sont d'un plus grand style que d'habitude, de la Madeleine pleurant avec son poing fermé. Le coloris du Christ et de la Vierge est d'un ton de perle très beau et très avec le coloris monté de saint Joseph 2. délicat, en opposition ne paraît avec avantage J'ai dit ailleurs que que Rubens ce tableau comme dans de grands ouvrages ; il faut regarder une exception. avec l'Enfant Jésus sur un des volets est le La Vierge La Vierge tient le même qu'un tableau à l'hôtel Marlborough. Christ qui est debout sur une table ; l'enfant semble attentif à quelque chose hors du tableau ; le regard vague de l'enfant y est bien représenté ; mais la figure est médiocre et commune, le Fils de Dieu. La seule image nullement propre à représenter est quand il le représente mort. du Christ où Rubens réussisse, Enfant ou homme occupé à quelque action, il le peint sans divinité, comme sans grâce et sans majesté. Sur l'autre volet est Saint Jean, d'une belle couleur, mais le caractère est également vulgaire. A l'extérieur de ces volets sont deux tableaux en camaïeu : l'un d'un Christ, l'autre de la Vierge et de l'Enfant, peints par Rubens comme les deux autres.
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Le maitre-autel. RUBENS. — L'Assomption de la Vierge. Elle est entourée d'un choeur d'anges ; en bas sont les Apôtres avec un grand nombre de figures. Ce tableau n'est pas d'un aussi riche aspect d'autres ouvrages du maître, quant à la couleur que beaucoup de ce qu'il y a trop de bleu dans le ce qui provient j'imagine ciel ; aussi bien ce défaut n'existe pas dans la partie inférieure du tableau. On dit que Rubens n'a mis que seize jours à le peindre. La gravure par Bolswert. 1. Le Clirisl à la paille, maintenant au musée de la ville, u° 3oo du catalogue. 2. D'Arhnathie.
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SAINTE-WALBURGE RUBENS. — Le grand autel du choeur est le premier grand ouvrage public que Rubens exécuta après son retour d'Italie 1. de cloué à la croix avec quantité Au milieu est le Christ Une de diverses manières à la dresser. figures qui s'efforcent à tout son sang refluant de ces figures paraît fort échauffée, dans des son visage sous l'action d'un violent effort ; d'autres avec laquelle on attitudes forcées, qui, en montrant l'énergie l'occasion désirée par les à cette tâche, fournissent s'applique de l'art dans les raccourcis, d'affronter les difficultés peintres Ce sujet, des actions momentanées. et dans la représentation était l'occasion choisi lui-même, que Rubens a probablement et admirable de montrer ses talents variés à ses compatriotes, et les plus un de ses tableaux les meilleurs c'est certainement animés. Le tumulte qui règne dans toutes les parties de cette peindu Sauavec l'air de résignation ture forme un beau contraste veur crucifié. La ligne que décrit le corps du Christ est extrêmement bien imaginée. Il faut avouer que la forme du Christ tire un peu sur le pesant ; mais ainsi que des autres figures le contour est noble, libre, coulant. L'idée de jeter obliquement la croix d'un coin du tableau à l'autre est heureusement Elle donne et tient un peu delà manière du Tintoret. imaginée au sujet un air nouveau et rare ; et il faut dire qu'il n'est pas du corps avec les Le contraste moins rare par la beauté. et point exagéré. jambes est admirable du sujet. Celui de droite a Les volets sont la continuation être saisis de un groupe de femmes et d'enfants qui paraissent horreur à cette et de la plus grande la plus grande émotion sont repréet saint Jean, qui sont derrière, vue. La Vierge Sur de jugement, comme plus résignés. sentés, avec beaucoup eux les deux l'autre volet sont les officiers à cheval, et derrière larrons
que les bourreaux
clouent
sur la croix.
1. Retiré dans la Cathédrale, où il occupe, en pendant de la Desconte de Croix, le bras gauche du transept.
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Il est difficile d'imaginer un sujet mieux fait pour montrer le talent d'un peintre dans la composition ; au moins Rubens a eu l'art de le faire servir dans un haut degré à cet effet. Les lui ont fourni un figures nues du Christ et des bourreaux de l'anatomie du ample moyen de prouver ses connaissances caractères. Il y a aussi des corps humain dans les différents femmes de différents âges, qu'on regarde toujours comme une de la nécessité dans toutes les compositions afin de produire variété ; de plus il y a des enfants et des cavaliers, et, pour avoir toute l'échelle des variétés, il y a même ajouté un chien, dans une attitude animée, la gueule ouverte, comme s'il halebien peint. Ses animaux sont toujours tait, admirablement des morceaux de prix ; les chevaux ici sont parfaits dans leur espèce, d'un beau caractère, animés au plus haut point. Rubens, des chevaux, en mettait le qui savait son talent à représenter La partie de plus souvent qu'il pouvait dans ses tableaux. celui-ci où se trouvent les chevaux, est certainement la meilleure pour le coloris, et elle a une fraîcheur qui manque aux deux autres tableaux, mais je crois qu'ils ont souffert du soleil. La partie occupée par les cavaliers est placée au sud-ouest, tandis que les autres, qui sont à l'est et au sud-est, se trouvent plus exposées. J'ajoute que ce danger n'existe plus maintenant, les Pères ayant pris soin de mettre à la fenêtre un volet qui garde la peinture du soleil. Pour une raison ou pour une autre, le tableau du milieu, de même que le groupe des femmes, n'a pas un coloris qui réponde à son mérite à d'autres égards. Il y a une sécheresse de ton, il y domine un jaune d'ocre qui le fait ressembler à un dessin au crayon jaune. Je compare ici Paibens avec luimême ; il n'y a presque pas de peintre sous le nom duquel ils ne pussent passer pour excellents même à cet égard. On dirait que les chairs comme tout le reste manquent de gris, ce qui n'est pas le défaut général de Rubens ; au contraire ses demiteintes sont souvent trop grises. La draperie bleue qui couvre le milieu de la figure au pied de la croix, et le ton gris de quelques armures, sont presque tout ce qu'il y a de couleurs froides dans ce tableau ; ce qui
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de n'est certainement pas assez pour une si grande quantité couleurs chaudes. La principale lumière tombe sur le corps du Christ ; mais pour l'étendre davantage et rendre sa forme plus belle, une forte lumière vient sur l'épaule de la figure à la tête elle chauve. La forme de cette épaule est un peu défectueuse: paraît trop ronde. Au total il faut regarder ce tableau comme un des principaux de pesanteur qu'il a quand ouvrages de Rubens, et l'apparence on le voit de près, disparaît entièrement quand la peinture est Arue de la nef de l'église, à laquelle on descend du choeur par vingt marches. Sur le revers des deux volets, qui tournent sur eux-mêmes, sont deux autres tableaux de Rubens : Sainte Catherine tenant un glaive, et Saint Eloi avec une Sainte et des Anges, bien peints comme à l'ordinaire ; mais la figure de saint Eloi est trop gigantesque. de la croix et de ses accompagnements 11 y a de l'Elévation Saint Eloi a été une gravure en trois feuilles, par Withous. et Sainte Catherine par Bolswert. gravé par Eynhoudts, Dans la même église à gauche du choeur, est un autre tableau le Christ après sa résurrection, assis sur son de Rubens, et foulant aux pieds le symbole de la mort. C'est sépulcre, un tableau sans force de coloris ; ce qui provient peut-être de ce qu'il est très endommagé. Une gravure par Remold Eynhoudts. L'ÉGLISE DES JACOBINES VANDYCK.—Au grand autel, un Crucifiement, par Vandyck '. Sainte Rosalie aux pieds du Christ, et saint Dominique. Une et un flambeau renversé lampe sépulcrale indiquent que le Christ est mort ; deux petits anges se tiennent d'un côté de la croix, et un plus grand ange dans le bas. Les deux petits à des embryons, et font mauvais effet, et le anges ressemblent autres grand ange n'est pas aussi bien peint que plusieurs parties du tableau. Les ombres sont trop rouges et les mèches i. Maintenantau musée de la ville, n° 401 du catalogue.
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de cheveux sont toutes peintes dans une manière dure et Mais tous ces défauts sont amplement rachetés par le pesante. dessiné et colorié, et par la larChrist, qui est admirablement geur de lumière ménagée sur tout le corps avec la plus grande adresse, en même temps que toutes les parties en sont distinctement marquées. La forme et le caractère sont d'une espèce chez Rubens. plus élégante que ceux qu'on voit communément L'idée de faire fermer les yeux à sainte Rosalie est bien imaaussi rare que délicate à cette ginée, et donne une expression figure. L'économie du clair-obscur de ce tableau mérite également l'attention d'un peintre. Pour conserver une belle forme à la masse de lumière constituée principale par le corps du Christ, la tête est maintenue dans la demi-teinte. La robe de saint et l'ange forment la seconde masse, et la tête de Dominique sainte Rosalie, sa guimpe et son bras la troisième. On dit que l'esquisse de ce tableau se conserve dans le coude le voir. Une gravure vent, mais il ne m'a pas été possible par Bolswert. LES CARMES DÉCHAUSSÉS dans RUBENS. — Dans une niche à main droite en entrant l'église, est une Sainte Anne avec la Vierge, tenant un livre à Derrière la main 1, par Rubens. sainte Anne est une tête de Le coloris saint Joachim, deux anges en l'air avec une couronne. est supérieurement les anges. de ce tableau beau, surtout L'union de leurs couleurs avec le ciel est ménagée merveilleusement. Il est remarquable qu'un des anges a reçu les ailes de C'est improprePsyché, qui sont pareilles à celles du papillon. ment qu'on appelle ce tableau Sainte Anne qui montre à lire à ou quinze ans, et est la Vierge, laquelle paraît avoir quatorze à lire. La par conséquent trop avancée en âge pour apprendre draperie de soie blanche de la Vierge est bien peinte, mais ne convient point à l'histoire ; on y reconnaît trop l'étoffe de soie : défaut dont Rubens se rend souvent coupable dans ses drapei. Maintenant au musée de la ville, n° 3o6 du catalogue.
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ries de femme ; mais comme celle-ci est du même ton que le effet. Le reste du tableau est ciel, elle a un doux et harmonieux Une gravure par Bolswert. d'une teinte moelleuse. Sur un autel sur la petite niche d'en face à gauche, le Christ à la prière de Sainte Thérèse 1. relevant les âmes du Purgatoire et a plus de grâce et de caractère Le Christ est un meilleur à Rubens. Le contour souple, liant beauté qu'il n'est ordinaire est La tête d'une des femmes dans le purgatoire et coulant. belle, dans le goût de Rubens ; le tout a une grande harmonie de pinceau ; et est dans la de couleur et une grande franchise manière du maître. meilleure Une gravure par Bolswert. du choeur par Sègers. Le sujet est le SÈGERS. — L'autel plus grand que nature 2. C'est un de Mariage de la Vierge, dans la manière de Rubens. ses meilleurs beaucoup ouvrages, de RUBENS. — Sur la gauche du choeur est une Notre-Dame Le corps du Christ est ici supporté Pitié par Rubens. par saint Jean au lieu de la Vierge, qui se baisse en avant pour embrasbaise sa main. ser la joue du Christ pendant que la Madeleine de ce tableau, quoiqu'il méritât d'être Il n'y a pas d'estampes le sujet est traité trop pareil à celui de l'église gravé. Peut-être de Bruxelles. des Capucines LES GRANDS CARMES OU CARMES CHAUSSÉS RUBENS. — Sur la droite en entrant dans le choeur, le Christ mort sur les genoux du Père Eternel, par Rubens 3, de chaque de la passion. Le Christ est côté un ange, avec les instruments d'adresse. Gravé par et dessiné avec beaucoup vu en raccourci Bolswert. ÉGLISES DE CACONS (RELIGIEUSES) La Vierge avec l'EnVANDYCK. — Dans une petite chapelle, un ange derun prêtre à genoux; fant Jésus, de Vandyck; i. Maintenant au musée de la ville, n° 29g du catalogue. 2. Même lieu, n° 5o8. 3. Même lieu, n° 3i4-
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rière dirige son attention sur la Vierge. La draperie paraît d'une autre main. Il n'y a rien dans ce tableau qui mérite beaucoup d'être admiré. SAINT-MICHEL RUBENS. — Le maître-autel,
l'Adoration des Mages 1, grande et magnifique de près de vingt figures, dans la composition meilleure manière de Rubens. Ces sortes de sujets paraissent faits pour la. manière et pour le style de plus particulièrement ses talents, sa supériorité ne sont pas sentis dans de Rubens; petits sujets. Un des rois qui tient une coupe à la main, est surchargé de une draperie ; sa tête paraît trop grande et c'est en général La tête du boeuf est remarquablement figure peu gracieuse. bien peinte. Gravé par Lommeli. A gauche du maître-autel est un autre tableau de Rubens 2, dont le sujet est Saint Grégoire avec la colombe dans ses habits derrière lui saint Georges en armure : nobles figures pontificaux; l'un et l'autre ; et la sainte également placée au premier plan est pour Rubens d'une rare beauté. Derrière est saint Sébastien et d'autres saints; au-dessus, des anges qui tiennent un tableau dans un cadre représentant la Vierge et l'Enfant. L'estampe, de Remold Eynhoudts. Auprès est le tombeau de Philippe Rubens, frère du maître, avec une épitaphe et un portrait ovale par ce dernier. Il y a dans cette église plusieurs beaux portraits encadrés dans des monuments. SIMON DE VOS. — Saint Norbert qui reçoit le Saint Sacrement, par Simon De Vos 3; dans lequel il y a quantité de porbien peints. De Vos excellait particulièretraits extrêmement ment dans le portrait. On voit dans l'hospice de cette ville le i. Maintenant au musée de la ville, n° 298 du catalogue. 2. Peint d'abord pour l'église de la Vallicella à Rome, puis détourné de cet objet, repeint plus tard pour servir au tombeau de son frère, aujourd'hui au musée de Grenoble, n° 124 du catalogue. 3. Maintenant au musée de la ville, n° 107 du catalogue.
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de De Vos par lui-même *, en noir, et appuyé sur portrait le dossier d'une chaise, avec un rouleau de papier bleu à la fini dans la manière large du Corrège, main, si parfaitement qu'il n'y a rien au delà. ÉRASME QUELLIN. — Dans le bras droit de la croix est un fort 2 contenant bonnes Quellin quelques grand tableau d'Erasme têtes et des figures assez bien dessinées ; mais le tout est mal conçu et en mauvais état. LES MINIMES Il n'y a rien de curieux dans l'église, mais en poussant jussur verre repréqu'aux cloîtres, on trouve quarante peintures et dans une sentant la Vie de Saint François par Diepembeck; admirable par son chambre attenante un Crucifix de Jordaens, meilleure coloris et pour l'expression, que d'habitude ; mais les membres du Christ sont mal dessinés. L'ÉGLISE DES JACOBINS RUBENS.— L'autel du choeur est peint par Rubens. Le sujet est le même que celui que j'ai décrit dans l'église des Récôllets à Gand 3 : le Christ lançant la foudre sur le monde, la saints et saintes, des ; au-dessous plusieurs Vierge intercédant Rubens prit le goût des allégories évoques et des cardinaux. si de de son maître Otho Vénius ; mais on peut demander dans une église ne sont pas déplacées fantaisies pareilles Saint François est ici comme à Gand la meilleure chrétienne. tête. Ce tableau a beaucoup souffert, et saint Sébastien en particulier a été repeint par quelque ignorant ; le ciel de même a été mal réparé. Dieu le Père, qui s'appuie sur un globe, a dans l'attitude. quelque chose de majestueux i. Non pas, mais par Abraham De Vries, dont on vient de découvrir le monogramme sur le panneau (avec la date de i635). Ce tableau est au musée d'Anvers, et le musée de Lyon en possède une réplique. 2. Maintenant au musée delà ville, n° 282, 283 du catalogue. 3. Il en diffère beaucoup parla composition. Conservé au Musée de Lyon, n° 36i du catalogue. 25
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de saints, de papes, de cardinaux et composé par Rubens ; le même sujet que celui de Raphaël au d'évêques, Vatican, connu sous le nom de Dispute du Saint-Sacrement. Dieu, le Père est représenté seul dans le ciel, à distance,, de Gravé par Snyers. Le ciel petits anges tenant des écriteaux. et n'est ; pas en harmonie a été mal repeint avec le reste de le tableau du reste paraît: avoir, souffert, car il l'ouvrage.,Tout n'a pas ce brillant ni aucun s'attendre, auquel.on pourrait caractère de tête extraordinaire. est celle qui La meilleure les éyêques vient immédiatement sur le .'.'devant du derrière tableau. VANDYCK.-T- Sur un autel à l'entrée du choeur, un Portement de Croix, qu'on dit être un des premiers tableaux de Vandans beaucoup de parties à un Rubens, dyck 1. Il ressemble la figure qui tourne le dos au: spectateur, en particulier et qui est bien dessinée. La draperie du Christ, qui est sombre, sans doute par l'effet du temps, ne se voit presque pas du tout ; de sorte que la-tête a l'air du voile de sainte Véronique. La peinture est beaucoup surtout:dans la draperie bleue de la Vierge, et dans craquée, le dos nu de la susdite figure. Une gravure par Alexandre Voet. 2 une CARAVAGE.— L'autel de la chapelle Saint-Dominique ; noire par le Caravage : la Vierge et l'Enfant Jésus peinture et d'autres Saints. avec Saint Dominique les Mystères de Sainte Rosalie Dans l'église sont représentés maîtres. Les meilleurs et autres sujets, peints par différents Celui de la Flagellation sont ceux de Rubens et de Jordaens. est de Rubens. La vue de ce tableau est désagréable, quoiqu'il bien peint : les balafres noires et san.soit admirablement sont rendues avec, trop de vérité ; et quelques-unes glantes de la main gauche. Une grabizarrement des figures frappent vure par Pontius. est le Ci'uciflement avec JORDAENS.—-Le tableau de Jordaens Un
Concile
i. Transporté maintenant dans le bas-côte de gauche, au-dessus des confessionnaux. 2. Maintenant au musée Impérial de Vienne, n° 4g6. Une copie en tient ici la place.
PI. 15.
RUBENS.—ViEnSfjjptouBKR DE SAINTS, égliseSaint-Augustin d'Anvers.)
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: beauet sainte Elisabeth la Vierge, saint Jean, la Madeleine coup dans la manière de Rubens. L'Adoration des Bergers, avec la lumière venant du Christ. On dit ce tableau de Rubens ; mais il n'y a rien qui puisse faire Certainement il y a des reconnaître sa manière avec certitude. parties que Rubens n'a jamais peintes, par exemple les draperies de la Vierge. SAINT-AUGUSTIN La granRUBENS. — L'autel dans le choeur est de Rubens. le grand nombre des figures et l'art avec deur du tableau, ce tableau comme lequel tout est conduit, obligent de regarder entre les productions du maître. une des plus considérables La Vierge et l'Enfant Jésus sont représentés à distance, assis en haut sur une espèce de piédestal, avec des marches pour y monter; derrière la Vierge est Saint Joseph ; à droite est Sainte du Christ; Saint Pierre et Saint Catherine qui reçoit l'anneau Paul sont dans le fond, et à gauche sur les marches Saint JeanBaptiste, avec son agneau et des anges ; en bas sont Saint SébasSaint Laurent, Saint Paul ermite et Saint tien, Saint Augustin, en armure; en manière d'anneau Georges pour unir la partie avec la partie inférieure du tableau, sont quatre supérieure Saintes en train de gravir les degrés. Le sujet de cette compoaucune sition, si on peut appeler un sujet ce qui ne représente de tout moyen d'intéresser est dépourvu le spectahistoire, ailleurs le mérite, dans l'excelteur ; il faut donc en chercher lence de l'art, dans l'éloquence, si l'on peut dire, de l'artiste. Et en cela le peintre a montré les plus grands talents, trouvant moyen de placer plus de vingt figures qu'aucun sujet ne rasautant semble, sans cohue. Le tout montre autant d'animation, de mouvement qu'il est possible dans un tableau où il n'y a rien des masses de clair et d'ombre égale à faire ; et la distribution dont la disposition des figures fait preuve. le discernement Le Titien a peint un semblable dans sujet, qui se trouvait cW Frari 1 à Venise, où il a représenté l'église des Saint-Nicolas 1. V. p. 343. Autres réflexions sur le tableau de Rubens, p. igg.
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les mêmes saints, tous placés sur une même ligne, sans aucune liaison entre eux, et au-dessus la Vierge avec l'Enfant Jésus, qui n'avait également rien de commun avec le reste du tableau. Les deux parties étaient si bien séparées qn'on en a fait depuis deux tableaux différents : la partie inférieure formant. celui dans la collection du pape au Capitole. qui est aujourd'hui Par cette disposition, le Titien s'est certainement épargné de la peine et de la recherche beaucoup que la composition exige. Plusieurs appellent simplicité ce défaut d'art; mais une simplicité qu'on ne peut attribuer qu'à la paresse ou à l'ignoComme on rance, ne mérite pas beaucoup de recommandation. ne peut accuser le Titien d'ignorance, il faut conclure que ce fut inattention ; et de fait il a prouvé assez qu'il n'y avait pas faute de savoir, par un autre tableau du même genrei dans l'église des Frari à Venise, où le sujet est traité d'une manière Ici la Vierge et l'Enfant sont placés sur tout à fait différente. un autel, au lieu d'un piédestal ; Saint Pierre appuyé sur l'autel un livre ouvert à la main, et regardant Saint Georges et une autre figure à genoux. De l'autre côté est Saint François, les à sa protection un yeux levés vers le Christ, et recommandant noble Vénitien et quatre autres figures, qui sont à genoux. Rien ne peut égaler la simplicité et la majesté de ces figures. Elles se présentent de profil, regardant droit devant elles, de la manière la plus naturelle ; sans aucun contraste ni affectation de dans leur attitude. La figure de l'autre côté est également profil et à genoux ; ce qui, en donnant un air de symétrie à ce et à sa simplicité. Il faut tableau, ajoute aussi à sa grandeur avouer qu'un tel effet était au-dessus de Rubens ; je veux dire que s'il en eût eu l'idée, il ne s'y serait pas arrêté. La manière de Rubens est souvent trop artificielle et trop pittoresque pour le grand style. Le Titien savait très bien qu'une symétrie et une d'être au-dessus des recettes simplicité qui donnent l'impression réalisent en soi la grandeur. de l'art qu'on appelle pittoresques, Il y a une dignité tranquille dans la composition du Titien, et une agitation et un fracas dans celle de Rubens : l'une est spleni. V. p. 3/j2.
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l'autre grande et majestueuse. Ces deux dide et brillante, tableaux peuvent être mis au nombre des meilleurs ouvrages de ces grands peintres, et chacun de son côté caractérise son auteur. Rien n'est donc si avantageux que de les opposer l'un à l'autre et de les comparer ensemble. J'avoue que je subis à tel point l'ascendant de ce tableau de Rubens pendant tout le et que je fus sous son influence, temps que je le contemplai que je crus n'avoir jamais vu s'exercer un tel pouvoir de l'art. Ce ne fut qu'après que je m'en fus éloigné, que je pus convenir d'une infériorité de Rubens à l'égard de quelque autre peintre. La composition du Titien est de l'espèce qui laisse un vide au milieu du tableau, autour duquel les figures sont rangées. Dans cet espace est le linge blanc qui couvre l'autel, et c'est pour se donner ce linge blanc, j'imagine, qu'il a mis un autel au lieu d'un piédestal, afin que par l'effet du linge la principale lumière fût mise vers le milieu du tableau. La seconde lumière est la Vierge et le Christ, et les têtes des autres figures. La principale lumière dans la partie inférieure du tableau de Rubens est le corps de saint Sébastien ; celle de la partie supérieure est le clair du ciel : il n'y a pas à cet égard d'apparence d'une prédominance d'une partie sur l'autre. Il y a des gravures de ces tableaux : dé celui du Titien par Valentin et de celui de Rubens par Snyers et par Lefèvre, Remold Eynhoudts. Dans les premières de Snyers épreuves il y a des parties de la Vierge, de sainte Catherine et de l'habit de saint Augustin par devant, qui ne sont pas terminées. Les anachronismes sont si communs dans les tableaux d'église qu'on ne s'arrête plus à en faire la critique. En voyant si souvent mis dans les mêmes tableaux des hommes qui ont vécu dans des siècles différents, on a cessé de s'en choquer. Cependant quand saint Jean prend place sous la figure d'un homme avancé en âge dans le même tableau où le Christ est encore enfant, quoique la faute contre la chronoreprésenté logie soit moindre, cependant l'impropriété paraît plus impardonnable au spectateur ; peut-être parce qu'on est habitué à les ensemble dans l'âge de l'enfance. voir si souvent représentés
VOYAGE AUX PAYS-BAS 3go en extase, par VANDYCK.— L'autel à gauche, Saint Augustin cependant Vandyck. Ce tableau jouit d'une grande réputation; un certain point il a trompé mon attente ; au moins, jusqu'à venant après les Rubens, la manière m'a paru sèche et dure. dans Le coloris est dans le genre rougeâtre, particulièrement Il faut que les couleurs les ombres, qui sont sans transparence. et ne soient plus aujouraient souffert quelque changement, J'ai d'ailleurs d'hui telles les avait laissées. que Vandyck de ses peintures ce même défaut des observé dans beaucoup ombres rouges. La tête d'une femme âgée, qu'on dit être la mère du saint, est bien peinte et la meilleure partie du tableau; et l'ange assis sur un nuage est le meilleur de ce groupe. L'enfant qui tient le sceptre est dur et n'a pas d'union avec le ciel bleu. masse de Ce tableau d'effet, faute d'une grande manque lumière ; les deux anges forment deux petites masses d'une égale grandeur. Le saint Augustin est vêtu de noir, quoique dans la gravure de P. de Jode (suivant la liberté ordinaire prise par ces gralumière ; veurs de Rubens et Vandyck), elle fasse la principale une lumière est jetée sur les autres de plus, dans l'estampe, sombres dans la peinture. figures, qui sont entièrement JORDAENS. — Un autel dans le bas-côté droit : le Martyre Il n'a rien qui mérite l'adde saint Apollonius, par Jordaens. si ce n'est le cheval gris qu'on voit en raccourci, miration, Les chevaux admirable. mordant son genou, qui est vraiment à ceux de Rubens. de Jordaens sont peu inférieurs JORDAENS. BACKEREEL. — Aux murs de côté de l'église sont de l'école accrochés plusieurs tableaux des maîtres inférieurs : la Cène 1, où sont deux de Jordaens flamande ; les meilleurs il y a d'excellentes têtes dans le genre de Rubens, et le Christ au jardin des Olives; mais les anges ici sont purs flamands. Il par Backereel, qui a quelque mérite. y a aussi un Crucifiement 2 de VANDYCK.— Dans la sacristie est un petit Crucifiement i. Maintenant au musée, n° 215 du catalogue. 2. Même lieu, n° 406.
ANVERS Vandyck, tère.
bien dessiné,
surtout
3gi la tête qui est d'un beau carac-
LES RÉCOLLETS RUBENS. — L'autel dans le choeur est le fameux Christ entre de Rubens 1. Pour donner du mouvement à ce les Larrons, tableau, il a choisi le moment où un bourreau perce le côté du Christ, tandis qu'un autre, avec une barre de fer brise les jambes de l'un des larrons, lequel, dans une agonie convula arraché l'un de ses sive, que son corps exprime parfaitement, dans pieds de la croix à laquelle il était cloué. L'expression de l'autre l'action de cette figure est merveilleuse ; l'attitude est plus tranquille, et son regard tourné vers le Christ mourant exprime parfaitement son repentir. Cette figure est également admirable. La Vierge, saint Jean et Marie Cléophas se tiennent debout dans une grande expression de douleur et de tandis que la Madeleine, résignation; qui est aux pieds du Christ, qu'on peut supposer qu'elle vient d'embrasser, regarde avec beaucoup d'horreur le cavalier armé d'une lance. Gomme son expression ni grimace ni contorsion, la beauté n'emporte de ses traits n'est point altérée. C'est de beaucoup le plus beau profil que j'aie jamais vu de Rubens et je crois d'aucun autre du coloris y est au delà de toute exprespeintre; et l'excellence sion. On trouvera peut-être du raffinement dans ce que je dis, qu'on peut supposer que la Madeleine vient de baiser les pieds du Christ ; cependant Rubens a certainement voulu que nous eussions cette idée, comme on peut voir par la disposition des mains qui sont étendues du côté du bourreau, l'une par devant et l'autre par derrière la croix ; ce qui fait croire qu'elles l'ont entourée ; et il faut se rappeler qu'en général on représente la Madeleine baisant les pieds du Christ : c'est sa place et son mérite emploi dans ces sortes de sujets. Le bon Centurion qu'on ne l'oublie pas; il se penche en avant, une main posée sur l'autre, appuyé sur la crinière de son cheval, levant les yeux vers le Christ avec beaucoup d'expression. i. Quelquefois nommé le Coup de lance, maintenant au musée de la ville, n° 297 du catalogue.
VOYAGE AUX PAYS-BAS 3ga Le génie de Rubens ne s'est jamais montré avec plus d'éclat celui qu'il a que dans ce tableau ; c'est de tous ses ouvrages terminé avec le plus de soin. Le tout est conduit avec un art consommé ; la composition est hardie et extraordinaire, avec des circonstances dont personne ne s'était avisé avant lui, telle de la Madeque celle de faire briser les jambes, et l'expression leine, auxquelles on peut ajouter la disposition des trois croix, d'une manière rare et pittoresque : la placées en perspective plus proche porte le larron dont on brise les jambes, ensuite vient celle du Christ, dont la figure est plus droite qu'à l'ordinaire afin qu'elle contraste mieux avec celle des deux larrons ; enfin la dernière est celle du bon larron. Cet arrangement est très intéressant, mais il est de ceux que peu osent aborder, et auxquels il fallait le hardi génie de Rubens. C'est ici et dans de semblables compositions ce maître, qu'on trouve proprement et non dans de petits tableaux de madones. On s'aperçoit que Rubens a fait quelques changements dans ce tableau, après que Bolswert eut fait son estampe. Le cavalier en train de percer le côté du Christ, tient sa lance d'une manière fort gauche dans le dos de la main par-dessus, et ne la saisit qu'avec l'estampe, trois doigts, l'index posant tout de son long; tandis que dans le tableau le dos de la main est dessous et que les doigts serrent la lance de toute leur force. L'autre défaut auquel on a remédié dans le tableau est l'action du bourreau qui casse les jambes du larron : dans l'esla barre de fer, ce qui tampe ses deux mains sont par-dessus faux; dans le tableau toute la disposiproduit un mouvement tion est changée, et ramenée à la manière naturelle dont chacun s'y prend pour tenir une arme : la main droite posée par-dessus et la main gauche par-dessous la barre. Il n'y a pas de doute que l'estampe a été gravée sous la surveillance de Rubens. Il sera bon de remarquer que la disposition des masses de lumière dans l'estampe diffère beaucoup de celle du tableau ; ce changement ne vient pas d'inattention, mais d'un dessein formé : une composition en couleur exigeant une méthode différente de celle qu'on doit observer dans le noir et blanc. Nous avons ici l'autorité de ce grand maître du
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clair-obscur de lumière
3g3 pour assurer qu'une gravure demande des masses et d'ombres plus larges et en plus grand nombre
qu'une peinture. Dans le tableau, la principale et la plus forte lumière est le claire corps du Christ, peint d'une couleur remarquablement et brillante. Elle est fortement contrastée par la carnation brune des larrons (peut-être le contraste est-il trop grand), qui ne produit pas un grand effet comme lumière. La draperie de dessus de la Vierge est sombre, et celle de dessous pourpre sombre ; celle de saint Jean est gros rouge sombre ; aucune partie de ces deux figures n'est éclairée dans le tableau, sinon la tête et les mains de la Vierge; au contraire elles forment dans la gravure la principale masse de lumière de toute la Le graveur a certainement composition. produit un bel effet; et je suis comme assuré que s'il n'avait pas fait ce changement, il n'aurait obtenu qu'une lourde et noire gravure. défaire dans la Lorsque Riibens jugea qu'il était nécessaire gravure une masse de lumière de la draperie de la Vierge et de saint Jean, il fallut également que cette lumière se présentât dans un aspect compact et d'une belle forme. Il fut dont nécessaire d'ombrer toute la figure de là Madeleine, laquelle dans ce tableau est au moins aussi claire que le corps du Christ ; sa tête, son linge, ses bras, ses cheveux et les pieds du Christ forment une masse aussi claire que celle du corps du Christ. On voit par là que certaines parties exigent d'être assombries il y a donc à cet comme d'autres exigent d'être éclairées; égard une science qu'il faut qu'un graveur entende bien, avant d'oser risquer aucun changement dans le tableau qu'il prétend graver. La même chose se remarque dans beaucoup d'autres estampes : ils de Rubens et de Vandyck conduites par les graveurs y. ont toujours introduit plus de lumière que ne leur en fourmérite de fixer l'attenr nissait le tableau ; et cette circonstance tion des graveurs. à cet ouvrage qu'à tout Je me suis arrêté plus longtemps autre, parce qu'il m'a paru mériter plus qu'une attention ordiun des premiers tableaux du monde, naire ; c'est certainement
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VOYAGE AUX PAYS-BAS
le coloris, et ce qu'on n'eût pas attendu pour la composition, de Rubens, pour la correction du dessin. Du côté du grand autel il y a un petit Crucifiement, également i Rubens Une estampe , qui est admirable. peint par par H. Snyers. FRANK-FLORE. — Dans le même choeur il y a un autre Crucifiement, par F. Flore, avec un nombre de figures; plusieurs, des portraits où il y a beaucoup de vérité, principalement dans les femmes. RUBENS. — L'autel de Saint-François, peint par Rubens 2. Le saint reçoit la communion de plusieurs reliaccompagné nu, sans dignité, et resgieux de son ordre. Il est presque semble plus à un lépreux qu'à un saint. Quoiqu'il y ait de bonnes têtes dans ce tableau, il mérite peu d'être recommandé à cause de la répugnance la principale figure. Une qu'inspire gravure par Henri Snyers. La Vierge à genoux sur un croissant et couronnée renversé, d'elle est la par Dieu le Père et par le Christ ; au-dessus et à ses pieds est un groupe Colombe, d'anges 3. Rien ne mérite qu'on l'admire, si ce n'est le coloris ; il faut convenir ces trois figures que l'éclat de la lumière qui part de derrière est frappant. Une gravure par Paul Pontius. VANDYCK. — Une Notre-Dame de Pitié * par Vandyck, avec Saint Jean et deux Anges. C'a été un des tableaux les plus touchants de ce maître; mais le coloris en est passé. L'expression de la Vierge est admirable, et égale au moins à celle du tableau d'Annibal Carrache du cabinet du duc d'Orléans : on croit la voir intercéder avec le sentiment de la plus profonde douleur. Saint Jean désigne le Christ à un des anges ; l'autre ange se cache le A'isage. Comme la draperie de la Vierge et le ciel sont exactement de la même couleur, il en résulte un mauvais effet ; le linge est d râpé. remarq uablement i. Maintenant au musée de la ville, n° 3i3 du catalogue. 2. Même lieu, u° 3o5. 3. Transporté au musée de Bruxelles, n° 409 du catalogue. 4. Maintenant au musée de la ville, n° 404 du catalogue.
ANVERS
3g5 est la chapelle du bourRUBENS. — Derrière le maître-autel l'Incrédulité de Rockox, dont le tableau représente guemestre Saint Thomas, par Rubens 1. La tête du Christ est un assez bon caractère, mais le corps et les bras sont lourds. Il est fort A l'intérieur des deux volets sont les portraits endommagé. du bourguemestre et de sa femme à mi-corps. L'homme est un beau portrait ; l'oreille surtout est supérieurement peinte, l'anatomie du front est bien comprise. Sa femme n'a d'autre mérite que le coloris. Vandyck a peint aussi un portrait de Rockox, dont une gravure se trouve dans son livre de portraits. Il faut croire que ce magistrat était un protecteur des arts : il a donné à cette église le tableau du maître-autel, mentionné dans ce qui précède. VANDYCK. — Portrait en pied d'Alexandre Scaglia 2, qui semble être de Vandyck. Mais on le voit de trop loin pour pouvoir assurer que ce n'est pas une copie. J'ai vu une gravure de ce tableau. LES CAPUCINS 3 W. KOEBERGER. — A droite en entrant est un tableau d'autel de Koeberger un Christ mort. Il a ; des Anges qui supportent du mérite, mais il n'est pas égal au tableau de Bruxelles. Le contour n'est pas assez souple et coulant. de la Vierge à Saint F'rançois, L'Apparition par Rubens. Saint François est à genoux et reçoit l'Enfant de sa mère : des La Vierge et le et une autre figure derrière. Anges au-dessus dure et mauvaise ; et les caracChrist sont dans une manière tères sont vulgaires. Il n'y a rien de vraiment beau dans ce Le tableau que la tête de saint François, qui est parfaite. tableau tout entier est gravé par Soutman ; il y a une gravure de la tête de saint François seule, par Corn. Vischer. BACKEREEL.— Dans la chapelle suivante est un tableau d'autel de Backereel : l'Apparition de la Vierge à Saint Félix et à un i. Maintenant au musée de la ville, n° 3o8 du catalogue. 2. Même lieu, n° 4o5. On le croit une copie. L'original serait le tableau du capitaine Holford, exposé en 189g à Anvers sous le n° 73. 3. Aujourd'hui Saint-Antoine-de-Padoue.
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VOYAGE AUX PAYS-BAS
autre moine 1. C'est une adroite imitation de Vandyck; la tête du moine est excellente. RUBENS. — Le maître-autel a le même sujet que celui des Récollets : le Christ entre les deux Larrons ; il est aussi de Rubens. De chaque côté sont deux tableaux de Saint Pierre et de Saint Paul en pied, de peu de mérite à tous égards ; il n'y a pas même d'harmonie dans le coloris. La draperie jaune de saint Pierre n'a pas assez d'union avec le fond, qui est d'une couleur froide ; et celle de saint Paul, qui est pourpre, en a trop avec le sien qui est un ciel bleu. Cela fait un effet de pesanteur. voit un ouvrage de Rubens où cette union manque, Lorsqu'on on peut supposer avec raison qu'il a passé par les mains de de tableaux, Ces deux quelque nettoyeur qui l'a retouché. figures sont gravées en une seule planche par Rem. Eynhoudts. LES RELIGIEUSES DE L'ANNONCIATION RUBENS. — Saint Just avec deux autres figures, qui montrent leur étonnement de lui voir tenir sa tête entre ses mains 2. De ce sujet ingrat Rubens a fait un chef-d'oeuvre, d'un dessin correct et colorié d'une manière plus discrète qu'à l'ordinaire. La surprise des deux figures est admirablement et exprimée, l'union entre elles et le fond est de la plus grande perfection. On voit à distance des cavaliers dans des attitudes fort animées. les parties sont touchées Toutes clans un style qu'on peut comme un modèle. Gravé par Jean Witdouk. regarder SÈGERS. — Un tableau d'autel : Saint François en extase, de Il du saint sont bien imaginées. Sègers, la tête et l'attitude le ciel ; mais ses yeux sont tourne la tête comme s'il regardait fermés. LANG JAN. — Un autre tableau d'autel : deux Anges portant bonne la face du Christ sur un linge blanc appelé la Véronique, imitation de Vandyck. i. Maintenant au musée de Bruxelles, n° 164 du catalogue. 2. Porté au musée de Bordeaux, n° 33 du catalogue.
ANVERS
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LE BÉGUINAGE : une Notre-Dame de Pitié par VANDYCK.— Le maître-autel porté sur Vandyck 1. Le Christ n'est pas, comme d'habitude, baise sa main ; saint les genoux de la Vierge. La Madeleine comme s'il apportait un vêtement. La tête de la Jean derrière, La figure du Vierge est admirable pour le dessin et l'expression. bien dessinée, toutes les parties en sont Christ est également arrêtées avec soin ; mais le coloris de cette figure et du tableau en général est un peu trop froid. Il y a aussi quelque chose de dans une des mains de la Vierge. J'ai l'étude que défectueux une de. Vandyck a faite pour le Christ. 11 y a deux gravures, Pontius et l'autre de Snyers. : un de ses JORDAENS. — Un Crucifiement par J. Jordaens tableaux les mieux coloriés. La tête du Christ est perdue dans ce qui n'était peut-être l'ombre, pas mal imaginé ; s'il avait mieux réussi dans les figures de saint Jean et de. la Madeleine, qui sont horribles.. BOCKHORSTDIT LANG JAN. — Une Ascension, par Lang Jan, bien coloriée, dans la manière de Vandyck. extrêmement SAINT-JACQUES HENRI VAN BALEN. — Au premier pilier à droite en entrant par Van Balen, dans par le grand portail, est la Résurrection, C'est son meilleur le style de Rubens. Au-dessus ouvrage. de Van Balen et de sa femme. sont les portraits de Pitié de C. Schut, bien dessiSCHUT. — Une Notre-Dame née et bien coloriée, un peu dans la manière de Rubens. RUBENS. — Derrière le choeur est la chapelle de la famille de Rubens. Le sujet d'autel est la Vierge et l'Enfant Jésus avec Saint Jérôme, Saint Georges, la Madeleine, et d'autres Saints et Saintes. On croit que Rubens s'est représenté lui-même sous la figure de saint Georges, et la Madeleine avec la sainte auprès de ses deux femmes. Pour sont à ce qu'on dit les portraits i. Maintenant au musée de la ville, n° 4o3 du catalogue.
VOYAGE
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AUX PAYS-BAS
l'effet
des couleurs, ceci ne le cède à aucun autre ouvrage de et les caractères sont plus beaux que cela n'est ordiRubens, naire chez lui. Un peintre qui veut devenir bon coloriste et apprendre l'art des brillants effets, aura dans ce tableau un aussi digne sujet d'étude que pas un des tableaux qui sont à Anvers. Il est aussi brillant que si le soleil y donnait. Il y a deux gravures de ce l'autre de Rem. Eynhoudts. La tableau, l'une de P. Pontius, seconde a plus de l'effet de la peinture. VAN HEMESSEN. — Le Jugement dernier, par Van Hemessen. Il n'a pas d'effet, cela, vient de ce que les figures ne sont point et de ce que la lumière est répandue groupées, également par tout le tableau. Sur les volets sont des portraits : d'un côté le père avec quatre fils, de l'autre la mère avec dix filles, et une sainte grande figure de femme avec un glaive, probablement Catherine. La mère a un air de satisfaction et beaucoup de naturel d'expression ; toutes les figures sont belles et admirablement dessinées est très sèche comme ; mais la manière d'Holbein. L'ancienne école gothique réussit bien mieux dans le portrait que dans l'histoire. La raison en est évidente : l'imitation fidèle de ce qu'on voit fait un pauvre tableau d'histoire et fait un excellent portrait. ACADÉMIE DE PEINTURE une Sainte Famille de Rubens 1, RUBENS. — Nous trouvâmes C'est celle qui est loin d'être un de ses meilleurs ouvrages. dans laquelle on voit un perroquet et perché sur un piédestal de vigne. Je ne sais par quel événequi mord des bourgeons ment ce tableau est arrivé ici ; car on a" peine à le regarder ne soit pas plus comme un modèle pour des élèves, quoiqu'il autres productions de Rubens mauvais, je l'avoue, que plusieurs Tout son mérite est un bon ton de éparses dans le monde. Ce n'est pas par de pareils tableaux couleur. que Rubens a gagné
sa réputation.
Une gravure
par Bolswert.
i. La Vierge au Perroquet, maintenant au musée de la ville, n° 3ia du catalogue.
ANVERS
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VANDYCK,FRANK-FLORE, QUENTIN MASSYS, OTHO VÉNIUS, JORDAENS, SCHUT. — On trouve ici un bon portrait de prêtre par et les portraits de Frank-Flore et de Quentin MasVandyck, Il y a aussi quelques tableaux ordinaires sys, par eux-mêmes. de Schut et d'autres peintres moins d'Otho Vénius, de Jordaens, mérite peu qu'on y aille pour considérables *. Ainsi l'Académie lés productions de l'art. On montre ici le siège de Rubens 2, avec son nom inscrit. Les cabinets d'Anvers font petite figure auprès de ce qu'on trouve dans les églises. Ceux de MM. Peters et Dasch sont les deux plus considérables. CABINET DE M. PETERS RUBENS. — Une Charité romaine de Rubens, tout à fait dans sa meilleure manière. La fille qui donne le sein à son père, est une de ses plus belles têtes et a delà grandeur dans l'expression. RUBENS. —L'intérieur d'une étable, dans lequel il a placé l'Enfant prodigue mangeant avec les pourceaux 3. L'ensemble a ; il y manque la variété de couleur. trop de monotonie Le Prêtre incrédule et une autre figure qui sert à l'autel, par Rubens, de grandeur naturelle environ ; d'une grande harmonie de couleur. Un Chancelier de Brabant, et un autre portrait à mi-corps, par Rubens. VANDYCK. — Trois portraits en pied par Vandyck. Un portrait à mi-corps par Vandyck, d'une dame qui cueille des fleurs ; elle est vue de dos et regarde son par-dessus épaule d'une manière très agréable. MOLA. — Saint Jean prêchant dans le désert, par Mola. CABINET DE M. DASCH RUBENS. — Chez Rubens : L?Histoire
tableau de M. Dasch il y a un admirable L'air languisde Séleucus et de Stratonice.
1. Quelques-uns au musée, nùs21g, 218, 220 du catalogue. 2. Maintenant au musée de la ville. 3. Même lieu.
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beau ; le saut du fils couché sur un lit est supérieurement tout est bien composé. avec un voile noir et un Gentilhomme, Une Femme par Rubens ; beaux portraits tous les deux, surtout la femme. mais non pas de son meilREMBRANDT.— Deux Rembrandts, leur style. VANDYCK.—Vis-à-vis du Rubens il y a un Jupiter et Antiope, de Vandyck (sa première manière) en parfait état. Je crois qu'il est impossible de surpasser le brillant coloris de ce tableau. CABINET DE M. VAN HAVEREN a un admirable RUBENS. — M. Van Haveren de portrait Rubens, connu sous le nom du Chapeau de paille l, à cause . surmonté d?un chapeau d'une plume qui couvre la femme d'une manière très agréable et légère. Il a qu'il représente de couleurs une transparence comme si on merveilleuse, le voyait en plein air. C'est à tous égards un portrait fort frappant, mais sa gorge est aussi mal dessinée que bien coloriée. VANDYCK. — Le pendant, bien peint, quoique également comme il n'a pas le même avantage de costume, n'est pas regardé. CABINET DE M. STEVENS RUBENS. — Je ne dois pas oublier un beau portrait d'homme peint par Rubens, que j'ai vu à la maison de M. Stevens. CABINET DE M. LE CHANOINE VAN PARIS RUBENS. — Un Portrait d'Hélène Fourment, un kitkat*, par Il est d'une belle couleur, mais un peintre dirait que Rubens. en est timide, à cause des longues lignes prolongées l'exécution des yeux et de la bouche. Cela ne s'aperçoit cependant que il semble parfaiquand on l'examine de fort près; à distance tement bien dessiné, et dans une expression animée. Les mains i. Passé depuis dans la collection Peel et entrée avec celle-ci à la Galerie Nationale de Londres. n° 852. Le chapeau n'est pas de paille, mais de feutre. 2. V. p. 3o4, n. 2.
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sont croisées ou plutôt posées l'une sur l'autre, bien dessinées des doigts un peu trop et bien coloriées ; les extrémités grosses pour une belle main. Elle est vêtue de noir avec des crevés aux manches. CABINET DE M. DIRXENS VANDYCK.— Le Baiser de Judas par Vandyck, dans sa première manière, mais inférieur aux autres que j'ai vus de cette même période du peintre ; le coloris est désagréable à force d'être trop rouge. CHEZ MADAME BOSCHAERTS RUBENS. — L'Enlèvement des Sabines de Rubensl, d'un beau coloris et bien composé. Ce tableau est à vendre, si environ veut le payer 22 000 florins de Brabant, quelqu'un 2 200 livres sterling. En quittant les Flandres, il nous faut dire adieu aux tableaux La peinture ne fait plus l'ornement des églises, et d'histoire. c'est peut-être à cause de cela qu'on n'en trouve plus chez les On prend naturellement du goût pour ce qu'on a particuliers. souvent sous les yeux. Plus de grands tableaux exposés qui excitent la curiosité de la ville, et que les personnes riches soient tentées d'imiter dans la décoration de leurs habitations. Rien de tel ne s'offrant plus aux regards, on cesse de penser à la peinture d'histoire ; elle passe de mode, et le génie de la nation qui, si on lui donnait de l'espace, se s'y répandrait, ramasse dans de petits ouvrages de cabinet, curieusement travaillés et d'un fini précieux. On doit regretter, les peintres du moins, que les États protestants aient cru nécessaire d'exclure les tableaux de leurs églises ; l'effet qui s'en est ensuivi, est que chez aucune nation on n'a Aru fleurir de peintres d'histoire protestante dignes de considération. 1. Maintenant à la Galerie Nationale de Londres, nu 38 du catalogue. 26
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de l'Église de Rome, plusieurs Lorsque nous nous séparâmes indifférents en eux-mêmes furent comme regardés usages mauvais, pour cette seule raison peut-être qu'ils étaient adoptés dont nous venions de nous séparer. Parmi par la communion les excès que ce sentiment il faut compter l'excluproduisit, sion imprudente de tout ornement L'aipour les églises. et la violence se fit cette séparation avec laquelle greur étant maintenant passées, il est grand temps de revenir à cette raison dont il semble que notre zèle nous avait privés. Pourfût agréable dans quoi ne voudrait-on pas que la religion ses accessoires? refuserait-on à la maison de Dieu Pourquoi celles des hommes ? Je l'ornement qu'on recherche pour n'en vois pas de raisons véritables. Cela est accordé quant aux ne repoussent dehors des églises ; les protestants pas plus que les magnificences de l'architecture. les catholiques Chez les uns comme chez les autres, les églises sont toujours les plus beaux l'intérieur ne doit édifices : il serait difficile de dire pourquoi à l'extérieur en Angleterre et dans les autres pas correspondre 1. pays protestants On a allégué plusieurs autres causes du peu de succès que a eu en Angleterre la peinture d'histoire ; mais avec une raison comme celle que je viens de dire, il n'y a pas besoin d'en d'autre. des Mécènes qui encouchercher Qu'il se présente qu'elle trouve des acheteurs, ragent cette branche, qui sont les vrais patrons de l'art, et vous verrez bientôt des artistes de leur pinceau en ce genre, qui prêts à vendre les produits entre eux de mérite et d'invention. rivaliseront Je n'adresse à ceux qui s'imaginent que, quand le génie pas ces réflexions est là, pareil au feu, il faut qu'il sorte ; je m'adresse à ceux qui le non comme un don, mais comme une faculté acquise regardent, Ceux-là n'auront pas de peine à compar de longs travaux. ne se donnera beaucoup de soins pour prendre que personne i. L'auteur avait donné en 1773ses soins au projet d'une décoration de SaintPaul de Londres à laquelle devaient prendre part Cipriani. West, Barry. Dance et Angélique KauH'mann.Le doyen de la cathédrale s'entremit pour le faire accepter de l'évêque, qui refusa celte introduction des pratiques de l'Eglise romaine. On voit par ce passage que Reynolds n'avait pas entièrement renoncé à l'espoir de les faire agréer.
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à la perfection un art auquel on ne fera pas attenporter tion. C'est pour la même raison que la sculpture languit parmi nous, où on ne la fait pas servir à la religion comme chez les Les seuls objets considérables auxquels nous l'emcatholiques. ployions presque, sont les monuments qu'on élève à la mémoire des grands hommes. Il faut regretter seulement que cette circonstance n'ait pas pour l'art tout l'avantage qu'on en pourrait si au lieu de continuer à placer ces monuments dans attendre, on avait commencé à les ériger dans l'abbaye de Westminster, Saint-Paul. est déjà remplie, et, si la L'abbaye de Westminster vient à voter quelque nouveau monuChambre des Communes ment à ériger aux frais du public, il n'y a plus de place, je dis de dans l'abbaye, pour les recevoir. Ceux qu'on place convenable lieu sont tellement renfoncés dans des y a élevés en dernier commence à paraître ridicule. coins, que cet entassement Il y a longtemps places sont occupées, que les principales de nouvelles et la difficulté d'en trouver augmente chaque est encombré et surannée. Tandis que ce bâtiment gothique point avec le style de qui ne s'accordent chargé d'ornements et demeure n'étale que la désolation l'édifice, Saint-Paul privé à la magnificence de son des ornements qui conviendraient elle a des emplacements architecture. Cependant désignés 1 une des monuments, Wren qui feraient par pour recevoir à ces emplacesi on les adaptait noble parure à l'édifice, ments . à des servir à des bustes, d'autres Quelques-uns pourraient à des groupes, à des bas-reliefs, d'autres figures seules, d'autres suivant la dépense à de simples qu'on voudrait inscriptions, de l'Acas'exécuter sous la direction faire. Tout cela pourrait et l'endroit la grandeur des figures, démie, qui déterminerait à la beauté où on devrait les placer pour qu'ils contribuassent de l'église
2.
i. L'architecte de l'édilicc. 2. Ce voeu a été en partie satisfait. Le monument de R.cynolds et quelques autres se voient aujourd'hui à Saint-Paul.
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LA
HAYE
Par Dordrecht, par Rotterdam, par Delft, où nous ne vîmes nous arrivâmes à La Haye. La principale pas de tableaux, collection de cette ville est la galerie du prince d'Orange, où il y a quantité d'excellents de l'école morceaux, principalement Hollandaise. GALERIE DU PRINCE D'ORANGE1 des meilleurs WOUWERMAN. — On trouve ici plusieurs de Wouwerman, dont les tableaux méritent toute ouvrages l'attention d'un peintre. Un des plus remarquables est connu sous le nom du Chariot de foin 2 ; un autre où il v un coche et des chevaux, est également excellent. Trois des tableaux de ce maître, accrochés l'un près de l'autre, offrent ses trois différentes manières. La moyenne est de beaucoup la meilleure ; la première et la troisième n'ont pas cette douceur ses meilleurs Outre son limpide qui caractérise ouvrages. ses chevaux sont d'un dessin correct, grand talent de couleur, avec pleins de feu, d'une belle forme et toujours en harmonie le fond. En résumé, il est du petit nombre des peintres dont la perfection dans son genre ne laisse rien à désirer. REMBRANDT.— Une étude d'une Suzanne au bain s, pour le tableau de Rembrandt Le mouvement est à que je possède. peu près le même, sauf qu'elle est assise ici. C'est la troisième étude que j'ai vue de cette figure. J'en ai une-moi-même, et la troisième était en la possession de feu M. Blackwood. Dans le dessin est également assise ; préparatoire que j'ai, Suzanne dans le tableau elle est sur ses jambes, mais penchée en avant. Il paraît extraordinaire ait pris tant de que Rembrandt peine pour produire à la fin une figure aussi laide et aussi disi. Celle galerie occupe le Palais Maurice et tient lieu de musée à La Haye. Les numéros que les tableaux portent au catalogue moderne seront donnés ciaprès. 2. N° 429. 3. N° 5'20.
LA HAYE
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était principalement dirigée sur graciée ; mais son attention le coloris et sur l'effet, dans lesquels il faut reconnaître qu'il a atteint le plus haut degré d'excellence. i un homme Miéris MIÉRIS. — Une Conversation, ; par qui d'un chien couché sur le giron de sa maîtire l'oreille tresse. Un Enfant qui fait des bulles de savon 2. VANDE VELDE. — Deux Vande Velde 3. ses deux RUBENS. —• Deux portraits kitkat!h, par Rubensb; l'une et l'autre ; mais Éléonore 6 femmes : beaux portraits la plus belle et la mieux coloFourment est de beaucoup riée . de Simonie peintre, par Vandyck 7. VANDYCK. — Un Portrait C'est un du très petit nombre de tableaux de Vandyck qu'on En l'examinant attentitrouve en état de parfaite conservation. dont il vement, il m'a paru un parfait modèle de la manière marfaut peindre le portrait. Chaque partie est distinctement la plus légère et sans détruire la quée, mais de la manière vrai et natulargeur de la lumière ; ce coloris est parfaitement du soleil, qu'on trouve n'ait pas l'effet brillant rel, quoiqu'il des deux femmes de Rubens : c'est la nature dans les portraits vue par un jour ordinaire. de jeune homme, par Rembrandt REMBRANDT.— Portrait 8, le haut du visage dans d'un bonnet noir à plumes, couvert Pour le coloris et la force, il n'y a rien au delà. l'ombre. 9 admirable Holbein HOLBEIN. — Portrait, ; pour la par bien colorié. Le fond et extrêmement vérité et la précision la tête donne un air général de séchebleu uni qui est derrière et plus : donnez à ce fond de la variété resse au tableau aux et ce portrait pourra le disputer d'union avec la figure, On lit sur ce maîtres en ce genre. des meilleurs ouvrages tableau
: Henri
Chessman,
i. N° 216. 2. N° 214. 3. Nos3g4, 395. 4. V. p. 3o4, n. 2. 5. N°" 297, 298.
i533. 6. Erreur pour Hélène. 7. N° 80. 8. Costume d'officier, n° 3i5. 9. N° 122.
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VOYAGE
AUX PAYS-BAS
en pied de Charles Ier *, d'environ HENRI POTT. — Portrait et le globe sur la un pied de haut, vêtu de noir, la couronne table, assez bien peint, par Henri Pott, nom qui m'est inconnu. La date inscrite est i63a. VANDER WERF. — La Fuite en Egypte, jpar Vander Werf 2 ; un de ses meilleurs ouvrages ; le fond est fort craqué, accident assez commun chez ce maître. 3 : une femme TERBURG. — Une Conversation par Terburg assise j)ar terre, accoudée sur le genou d'un homme et la tête dans sa main. TÉNIERS. — Une Cuisine, par Téniers ''. OSTADE. —Deux RUBENS. — Un
Ostades\
Paysage, par Rubens ; léger et aérien. Il est du maître ; c'est celui où gravé dans la suite des paysages deux hommes scient un tronc d'arbre. et l'Enfant de Vandyck, VANDYCK. — La Vierge Jésus, colorié dans le genre de Rubens, au point qu'à première vue on le croirait de ce maître ; mais le caractère de l'enfant montre qu'il est de Vandyck. sur le bord d'un canal, la figure POUSSIN. — Vénus endormie reflétée dans l'eau ; un satyre, tire la draperie; deux amours ; elle est couchée sur le ventre. POTTER. — Du bétail bien peint par Potter 0, signalé par réflexion d'un de ces animaux la forte dans l'eau. Daté 1648. BREUGLE. — Deux tableaux de fleurs et de fruits, avec des à un mauvais poranimaux, par Breugle : l'un sert de bordure à un tableau de Rottenhammer. Ces bordures trait, l'autre valent bien mieux que les tableaux. HOUCKGEEST.— L'Intérieur de l'église de Delft, par Iïouckon voit le tombeau de Guillaume geest 7, dans lequel prince i. Transporté au Louvre, n° 3gS. 2. N° 416. 3. N° 36. 4. N°36o.
5. Nos230, 251. G. N» 261. 7. N° i55.
LA HAYE
407 mais meil-
Il est peint dans le genre de De Witte, d'Orange. leur selon moi. Daté de 1601. DE HEEM. — Fruits, par De Heem 1, exécuté avec la plus grande perfection. VANDYCK.— Portrait d'une dame tenant une plume dans la main, par Vandyck. Il y en a une gravure 2. GÉRARDDou. — Une Femme avec une chandelle, par Gérard
Dou 3, gravée par le capitaine Baillie. METZU. — Une Femme qui écrit les yeux tournés vers une autre personne à qui elle parle, par Metzu *. de Jean morceaux JEAN STEEN. — On voit ici plusieurs Steen 5, excellents et bien peints, mais je leur trouve moins dans ses et de l'expression du caractère qui sont habituels tableaux. Il y a quelques grands tableaux qui occupent trop de place dans cette petite galerie, et plus que ne vaut leur mérite. Du nombre est un très grand tableau d'Adam et Eve qu'on dit d'André Sacchi et qui a été tellement restauré qu'il est imposl'auteur. sible d'en reconnaître SNYDERS. — Une grande Chasse de Snyders, bien peinte 6, de ce maître, mais elle prend trop de place. Les ouvrages et l'on peut ajouter par par leurs sujets, par leurs dimensions, leur nombre, semblent plus faits pour la salle ou l'antichambre que pour tout autre endroit. LA MAISON DU BOIS — JORDAENS,VAN THULDEN,LIBYENS, HONTHORST. A la Maison du Bois, à une lieue environ de La Haye, nous ne vîmes pas de tableaux, si ce n'est ceux de la grande salle, peinte de tous les côtés et dont chaque coin et recoin a quelque sujet allégoLes rique, par Jordaens, Van Thulden, Lievens ou Honthorst. à cet ouvrage font de la variété il différentes mains employées 1. N° 112. 2. Par B. Clouet, n° 79. 3. N°70.
4. N° uo3. 5. N» 346, 348, 349, 35o. 6. N° 411 sous le nom de Paul de Vos.
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est vrai, mais c'est une variété de misère. Un Triomphe 1 par Jordaens est ce qu'il y a de mieux, et celui-là même n'est qu'une machine où seuls sont dignes les quatre confuse, d'éloges chevaux du char qui sont bien peints. Il est remarquable une jambe de que ces quatre chevaux lèvent tous ensemble de soldats qui manoeudevant, ce qui leur donne la symétrie vrent. LE GREFFIER FAGEL H. POTT. — Charles Ier, le même que celui de la galerie du prince ; à celui-ci est joint la reine et un enfant assis sur la table. L'enfant est admirable. BERGHEM. — Un Homme conduisant du bétail. TERBURG. — Jeune fille à qui une vieille femme remet une lettre. GÉRAnD Dou. — Une Femme endormie, pendant qu'un homme lui ôte son fichu ; un autre homme riant. BROUWER. — Une Famille. TÉNIERS. — Un Chimiste. VANDYCK.— Portrait d'une dame. Le greffier Fagel a une collection de dessins, et abondante ont été achetés en Angleterre, comme choisie, dont plusieurs il se voit aux marques de Lely et de Richardson, et ces dessins sont en général fort supérieurs à ceux que M. Fagel a achetés au baron de Stosch. CABINET DE M. VAN HECKEREN OSTADE. — Deux tableaux. Un Berghem. Deux J. Steen. Un Vander Heyden. Un Wouwerman. HONDEKOETER.— De petits
oiseaux,
des champignons
et des
plantes. i. Celui de Guillaume le Taciturne. L'esquisse est au musée de Bruxelles.
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Fleurs, par Van Huysum, par Mignon et par De Heem. Le dernier est le meilleur. WOUWERMAN.-— Une Escarmouche, où il y a un moulin en feu, admirable. Un Vander Werf. Un Metzu. RUBENS. — Une esquisse de un Portement représentant Croix *. Un Bega et un Poelembourg. Une figure en satin blanc, par Terburg. PAUL POTTER. — Un Paysage : les animaux sont admirablement peints ; les arbres trop pareils à du fil de fer. Un Dujardin.
AMSTERDAM L'HOTEL DE VILLE VANDER HELST. REMBRANDT.— Le meilleur tableau qu'il y ait une compagnie ici de Vander Helst 2. Il représente d'environ est reçu trente bourgeois armés, en pied, au milieu desquels serrant la main à l'une des prinl'ambassadeur d'Espagne, le plus beau tableau du monde cipales figures. C'est peut-être dans le genre du portrait, offrant plus qu'aucun autre que j'aie vu, des qualités qui font un portrait parfait. Les têtes et les figures sont d'un dessin correct et d'un bon coloris et ont une de caractère et de physionomie ; le grande variété d'action, si bien ce qu'ils tout rendu avec tant de vivacité et exprimant ne laissent rien à désirer au sont en train de faire, qu'elles spectateur. J'avais entendu parler avec beaucoup d'éloge de ce tableau ; il a surpassé autant mon attente que celui de Remcependant En vérité, je suis si loin de croire que ce brandt 3 l'a trompé. 1. Maintenant au musée d'Amsterdam, n° 483 du catalogue. 2. Le fameux Banquet de la Garde civique, maintenant au musée de la ville, n° 118 du catalogue. 3. La Ronde de nuit, au même lieu, n° 012.
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dernier
mérite sa grande réputation, que c'est avec difficulté : il m'a paru que je pus me persuader qu'il était de Rembrandt avoir plus du ton jaune de Bol. Pourtant il est certain que le nom de Rembrandt esl dessus, avec la date de 1642. On voit bien qu'il a souffert, mais ce qui en reste semble peint dans une manière médiocre. Il y a plusieurs autres grands tableaux du même genre, de trente à quarante têtes chacun ; ils ne sont pas moins anciens et dans sa manière ; quelques-uns que ceux d'Holbein, presque aussi bien peints. Je demandai à savoir les noms des peintres, de l'art, mais on ne qui doivent être connus dans l'histoire put m'en informer. DE WITT, REMBRANDT,VANDER HELST. — La frise au-dessus d'une des portes en camaïeu, par De Witte, n'est pas seulement un des meilleurs trompe-l'oeil que j'ai vus : mais les enfants sont bien dessinés ; le plafond J et les murs de la salle en couleur sont peints aussi par ce maître, mais ce sont de de Peinture médiocres L'Académie une ouvrages. occupe tableaux, partie de cet immense édifice. Elle a deux admirables : l'un est de Rembrandt tout composés de portraits et l'autre 2 contient six hommes de Vander Helst. Celui de Rembrandt vêtus de noir, l'un a un livre devant lui et paraît avoir été occupé à lire : le dessus de la table ne se voit pas. Les têtes sont bien peintes, mais non pas mieux que celles de l'autre Helst est la compagnie des tableau 3. Le sujet de Vander en train de décoarchers qui distribue des prix; ils semblent rer quelqu'un d'un ordre. La date inscrite est 1657. Sur le 1661. Rembrandt, BUREAU DE L'AMIRAUTÉ VANDE VELDE. — Au Commissariat tableaux de Vande Velde, principaux
de l'Amirauté est un des d'environ douze pieds de
1. Par Holslein. 2. Le Syndic des Drapiers, maintenant au mnsée de la ville, n° 3i3. 3. Le Prix de l'arc, au même lieu, n° 119. Une esquisse terminée au Louvre.
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avec une quantité de long : une vue du port d'Amsterdam, bateaux 1. REMBRANDT.—Le professeur un cadavre Tulpius disséquant couché sur la table, par Rembrandt 2. Pour éviter une vue désane va que jusqu'au gréable, la dissection poignet. Il y a, outre le portrait de Tulpius, sept autres portraits coloriés comme la nature même, d'une grande fraîcheur et extrêmement finis. Une des figures par derrière tient à la main un papier où sont écrits les noms des autres personnages. Rembrandt y a mis aussi le bien sien, avec la date de 1672. Le cadavre est parfaitement et paraît comme si on venait de dessiné, un peu en raccourci, le laver. Il n'est pas possible de mieux rendre la couleur de la chair morte. Les jambes et les pieds, qui sont le plus près de l'oeil, sont dans l'ombre ; la principale lumière, qui tombe sur le cadavre, conserve par ce moyen une forme compacte. Toutes ces figures sont vêtues de noir. Au premier étage il y un autre Rembrandt, un représentant sujet du même genre : le professeur Deyman debout près d'un cadavre 3, qui est vu si fort en raccourci que les pieds et les mains se touchent presque : ce corps est couché sur le dos, les pieds tournés vers le spectateur. Il y a quelque chose de sublime dans le caractère de la tête, qui en rappelle une de Le tout est bien peint, le coloris très semblable Michel-Ange. au Titien. LE CABINET DE M. HOPE HONDEKOETER.— Deux cygnes, des canards et des paons. Admirable. J. STEEN. — Réunion joyeuse, deux des figures dansent. WEENIX. -— Un cygne mort, un lièvre pareillement, parfaits à tous égards ; meilleurs qu'Hondekoeter. Un excellent Vander Heyden. 1. Maintenant au musée de la ville, n° 363 du catalogue. 2. La Leçon d'anatomie, maintenant au Palais Maurice à La Haye, n° 317 du catalogue. 3. Aux trois quarts brûlé; ce qui reste de ce tableau est retiré au musée d'Amsterdam, 1103i4 du catalogue.
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Un Dujardin. Comme Potter, mais meilleur que celui qui est au-dessous. Deux beaux petits Vande Velde. Un Rottenhammer. OSTADE. — Trois figures très naturelles. GÉRARDDou. — Une Femme endormie et une figure qui lui chatouille le nez, un homme allumant sa pipe, une lanterne, et une femme avec une chandelle derrière. VANDYCK. — La Vierge dans les nuages, entourée d'anges, par Vandyck. ALBERT CUYP. — Du bétail et un berger, par Albert Cuyp ; le vu de lui, et la figure plus beau tableau que j'aie jamais aussi est meilleure ; mais l'occupation que d'habitude qu'il a donnée à ce berger dans sa solitude n'est pas fort poétique, soit naturelle : il attrape des puces ou quelque quoiqu'elle chose de pire. Un Vande Velde. TERBURG. — Une Femme pinçant de la guitare, vêtue comme d'un jupon de satin blanc et d'une robe rouge d'habitude, bordée d'hermine. Un Wouwerman. Un Gabriel Metzu. Un Berghem. Un Metzu. GHYZEN. —-Gibiermort, petit, par Pierre Ghysen, d'un grand fini et bien colorié. et WOUWERMAN. — Le meilleur que j'ai vu. Un Gentilhomme une dame à cheval. L'homme a un parasol à la main et il parle à un autre cavalier qui lui tire son chapeau; un homme devant eux qui joue de la cornemuse suivi d'un homme et d'une femme qui dansent. A distance derrière, d'autres figures dansantes au son d'un second musicien, juché contre un grand arbre. d'Adrien Vande Velde, A. VANDE VELDE. — Un Paysage très beau. VANDER HEYDEN. — Arue d'une église, par Vander Heyden, les degrés. montant son meilleur style : deux dominicains terminé comme d'habiQuoique ce tableau soit minutieusement une grande tude, il n'a pas oublié en même temps de conserver
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de l'effet de la Ses tableaux ont beaucoup masse de lumière. obscure. nature vue dans la chambre L'intérieur de la grande par Pierre Neefs. église d'Anvers, A. VANDE VELDE. — Un Paysage, par Adrien Vande Velde : l'extérieur d'un jardin; le tableau du plus grand et du plus Le fini peut-être précieux qu'il y ait au monde de ce peintre. coloris est beau et d'une grande force. Le bétail est bien dessiné très difficiles. et dans des attitudes . LINGELBACK.— Une Vue du Campo Vaccino, par Lingelback. LAIRESSE. — La mort de Cléopâtre, par Lairesse. La figure est et dans une attitude fort gracieuse bien dessinée ; mais le du satin blanc dans la draperie style est dégradé par l'imitation Une femme morte est couchée à ses jetée sur cette reine. pieds. Ce tableau est aussi fini qu'un Vander Werf, mais d'un qui n'égale pas celles style bien meilleur excepté la draperie, de Vander Werf. Vander Werf peignait ce qu'on peut véritan'est pas de la blement draperie ; celle de Lairesse appeler c'est du satin blanc. draperie, WEEN1X- — Un Cerf mort, par Weenix. J. STEEN. — Un Repas d'huîtres, par J. Steen, dans lequel il a une excellente introduit figure du vieux Miéris, debout les le dos. mains derrière METZU. — Une Femme qui lit une lettre, pendant que la laisoulève un rideau pour voir le tableau tière qui l'a apportée, un peu sur le côté, et qui semble être une qu'il recouvre, marine. BACKHUYSEN.—Un grand et important tableau deBackhuysen. de Vander tableaux Werf : une VANDER WERF. — Trois Loth et ses filles, et le Christ avec Saint Thomas. Madeleine, ses longs plis proLa draperie de saint Thomas est excellente, les uns aux autres, et sont variés avec beaulongés s'unissent coup d'art. G. Dou. — Une Femme à une fenêtre tenant un lièvre à la un coq mort, des choux main, coloris brillant et bien dessiné; et des carottes devant elle. Le nom de Gérard Dou se lit sur la au-dessous à côté de la fenêtre ; l'espace lanterne approchée d'enfants jouant avec de la fenêtre est occupé par le bas-relief
VOYAGE AUX PAYS-BAS 4i4 une chèvre, qu'il a si souvent reproduit d'après Flamand. Cette partie est au moins aussi bien peinte que la figure. MIÉRIS. — Un Vieillard par Miéris, avec un verre de vin et des crevettes sur la table, une femme derrière qui fait le compte de sa dépense, un violon sur la fenêtre. REMBRANDT.— Le Christ endormi pendant la tempête, par Il y a un grand effet de lumière dans ce tableau Rembrandt. mais cet effet ne va pas sans affectation. de la Vierge, VANDYCK. — L'Assomption par Vandyck : des faible tableau, du moins on le trouve tel en comparaison tableaux voisins; et par malheur il est à côté d'un Rembrandt. La Vierge est entourée de petits anges; un regarde malicieudont il sement le spectateur par dessous un tas de draperie est un peu hors de Cette espièglerie s'est couvert lui-même. sa place. Il y a une estampe par Vorstermann. LE CABINET DE M. GART du salon à l'étage supéLa maison est pleine de tableaux, rieur. Nous commençons par en haut. de Terburg, le satin blanc TERBURG.— Deux belles peintures bien peint. Il manquait rarement d'introduire remarquablement du satin blanc dans ses tableaux. Comme j'ai réprouvé le satin blanc dans la Mort de Cléopâtre de Lairesse, et que j'en fais ici il faut qu'on se rappelle que le sujet du tableau de l'éloge, Lairesse et qu'il l'a traité dans le vrai style est héroïque, à tous égards excepté le satin blanc; au contraire historique l'individualité dans des tableaux comme ceux de Terburg, du font une part considérable et la fidélité de l'imitation mérite. aussi beaux que morts de Weenix, WEENIX. — Cygnes possible. J'imagine que nous n'avons pas vu moins de vingt tableaux de cygnes de ce peintre. WOUWERMAN.— Une Moisson par Wouwerman. VANDERHEYDEN.— Un Canal par Vander Heyden, très fini et bien colorié. J. STEEN. — Combat à coups de couteau.
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REMBRANDT.— La boutique d'un boucher, un boeuf pendu si richement coloriée ouvert, une femme regardant par-dessus, qu'elle fait paraître tout le reste de la peinture sèche. WEENIX. — Le pillage d'un village par des Turcs, un soldat emmenant le bétail; bien composé et d'un beau coloris. G. Dou. — Un Trompette à une fenêtre par G. Dou : son lumière : visage dans l'ombre ; sa main reçoit la principale admirablement dessiné et colorié. ECKHOUT. — Saint Pierre et Saint Paul guérissant le Paralytique, par Eckhout. Quelques parties de cette peinture sont si semblables à Rembrandt, qu'un connaisseur pourrait sans honte le prendre pour son ouvrage. METZU. — Une Vieille femme, avec un grand livre devant elle, et levant ses yeux vers un oiseau dans une cage, par Metzu ; une de ses meilleures productions. sur une route, WOUWERMAN. — Une Halte de voyageurs tandis que leurs chevaux paissent auprès d'eux après l'étrillage, par Wouwerman. HONDEKOETER.— Deux tableaux. VANDERHELST. — Portraits assemblés. VANDEVELDE. — Du bétail. JORDAENS.— Une Bacchanale. J. STEEN. — Des Buveurs et des joueurs, grande composition d'une vingtaine de figures, bien dessinées et bien coloriées. Une des femmes, qui tient sa jambe posée sur les genoux d'un a un grand degré de beauté. joueur de cornemuse, TÉNIERS. — Deux corps de garde. Un Paul Potter. Un autre J. Steen. étonnant de paVANDE HENDE. — Nature Morte. Exemple tience pour le fini ; surtout un globe, sur lequel on voit la carte d'Europe. Des fleurs, par Van Huysum. Un Bamboche. Un admirable portrait, par Rubens. Un portrait, par Frans Hais. Un portrait, par Rembrandt.
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Lièvre mort, par Weenix. VICTOR. — Tobie faisant ses adieux à son père; sa mère est assise près d'un rouet, par Victor, de l'école de Rubens. EVERDINGEN.— Un Vent frais ; comme de Baekhuisen, mais les lumières sont plus moelleuses. VANDERMEER. — Une Femme versant du lait d'un vase dans l'autre 1. VANDERDOES. — Du Bétail; admirable .et d'une grande facilité. POELENBOURG.— Une Nativité. un A^ander Heyden et un Crabbetje. Un Lingelback, un calme. AdmiVANDEVELDE. — Un groupe de vaisseaux, rable. RACHELRUYSCII. — Un tableau de fleurs. BERCKHEYDEN.—Vue d'une maison de campagne. Un peu plus dur que Vander Heyden. CARLE MARATTE. — Saint Jean écrivant deux l'Apocalypse, petits anges, la Vierge dans les nuages. Il est rare de trouver un tableau italien dans ce pays. du peintre et de sa femme, TERBURG. — Portraits petites figures en pied. J. STEEN. — Une Femme qui donne le sein à son enfant, un battant du tambour, derrière des figures qui petit garçon d'une porte est écrit : Salus Palrioe, avec au-dessus boivent, de force le nom de Jean Steen en lettres d'or. Il y a beaucoup dans ce tableau. WOUWERMAN. •—Le pillage d'un village. d'une chambre, P. DE HOOGH. —L'intérieur avec une femme et un enfant. Pour pendant une Femme endormie. i. La Laitière, longtemps admirée dans la collection Six à Amsterdam, récemment acquise pour le Musée d'Amsterdam au prix de 5oo.ooo florins de Hollande, plus d'un million de francs.
NOTE SUR L'ÉCOLE
NOTE
SUR
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Le compte que je viens de rendre des tableaux hollandais a été je l'avoue plus stérile que je ne m'y étais attendu. On aimeau lecteur une idée de cette excellence rait à donner qui vous a causé tant de plaisir, mais comme leur mérite ne consiste souvent que dans la vérité de la représentation, il s'ensuit que, malgré l'éloge qu'ils méritent, malgré le plaisir qu'ils donnent leur description offre peu d'intérêt. quand on les regarde, Ce n'est qu'aux yeux que s'adressent les oeuvres de cette école : il ne faut donc pas s'étonner si ce qui n'est fait que pour un sens, ne dise rien à l'autre. Une femme qui tient un lièvre à la main, un homme qui un enfant qui fait des bulles de souffle dans une trompette, sont les sujets de savon, une vue ou un intérieur d'église, des pkis précieux tableaux de ces maîtres ; cepenquelques-uns on trouve dant même dans de pareilles peintures, beaucoup on : quelque peu d'intérêt que leur sujet présente, d'agrément la vérité de l'imitation. Au peintre ils a plaisir à y contempler dans son art. C'est là qu'il peut offrent aussi de l'instruction un ménagement le coloris et la composition, habile apprendre en un mot toutes les parties mécaniques de du clair-obscur, Fart, aussi bien que dans quelque autre école que ce soit. Le et le Titien ont pratiqué dans de même talent que Rubens se montre ici, quoique sur une plus compositions, grandes devraient aller à l'école hollanLes peintres petite échelle. dans l'art de peindre, comme on prend daise pour s'instruire à la connaissance des des leçons de grammaire pour parvenir les branches langues. Ils doivent aller en Italie pour apprendre de l'art. supérieures à se satisfaire des Notre idée de la perfection est condamnée écoles nous présentent. beautés dispersées que les différentes le caractère, et même Une imagination poétique, l'expression, la correction du dessin, se trouvent rarement unis au pouvoir du coloris, qui mettrait ces grandes parties dans leur plus grand
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l'école Hollanavantage. A cet égard aucune école n'a surpassé daise. Quelques heures d'examen données aux ouvrages de cette école peuvent rendre un artiste maître des principes sur ont travaillé et qui ont demandé des vies lesquels ces peintres entières et peut-être d'une succession de vies pour l'expérience être fixés. Les plus considérables de ces peintres sont : • Rembrandt* Téniers, J. Steen, Ostade, Brouwer, Gérard Dou, Miéris, Metzu et Terburg, ceux-ci ont excellé dans les conversations ; pour le paysage et les animaux, Wouwermann, P. Potter, Berghem et Ruysdael; Vander pour l'architecture, Heyden; pour les Vande Velde et Backhuysen marines, Guillaume ; pour le gibier mort, Weenix et Hondekoeter; pour les fleurs, De Heem, Van et Brougle. Rachel Voilà l'ensemble de Huysum, Ruysch l'école Hollandaise. à cette école les peintres Je regarde comme appartenant qui n'ont peint que de petites conversations, paysages, etc. Quoique soient nés en Flandre, c'est surtout en Hollande quelques-uns et pour les séparer de l'école qu'on trouve leurs ouvrages, comme flamande qui en général a peint des figures grandes de les classer avec les nature, il me paraît plus raisonnable et de distinguer ces deux écoles plutôt par peintres hollandais, de leur style et leur manière, que par le lieu de naissance de ces peintres. quelques-uns comme appartenant Rembrandt à l'une et peut être regardé à l'autre école, ayant peint de grands et petits tableaux. de David Téniers le jeune méritent la plus Les ouvrages grande attention d'un peintre qui voudra exceller dans la mécanique de son art; sa touche ou ce qu'on appelle le faire n'a ce été égalé; on trouve dans ses tableaux jamais peut-être qu'il est si difficile mélange exact de moelleux et de tranchant, d'observer. et pourrait conLe style de J. Steen est mâle et vigoureux de venir même au dessin de Raphaël, et il a montré beaucoup et dans l'économie du clair-obscur, talent dans la composition et dans en même temps qu'une grande vérité dans l'expression le caractère
de ses figures.
EX DELOXDHES DEPEIANTURE^-DE L'ACADÉMIE L'EXPOSITION Gravure d'Earlom.
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n'ont pas seulement une grande Les paysages de Ruysdael à peine force, ils ont aussi une fraîcheur qu'on rencontre de faire et de chez aucun autre peintre. Quelle perfection coloris ne trouve-t-on point dans le gibier mort de Weenix ! et un brillant de couleur peuvent s'apprendre Une limpidité par l'étude des tableaux de fleurs de De Heem, de Van Huysum des fleurs et de Mignon; et quelque temps employé à peindre d'un peintre. Les ne serait pas déplacé dans le cours d'études de fleurs, tableaux de Rubens rappellent très fort un bouquet seraient brillantes, claires et transpadont toutes les couleurs rentes. Je n'ai à ajouter qu'un point, c'est que dans le compte que je viens de rendre des tableaux hollandais, qui n'est guère plus qu'un simple catalogue, je n'ai parlé que de ceux qui m'ont Il ne faudrait pas croire que les cabinets paru mériteiT'attention. dont j'ai parlé n'en contenaient Dans une collection pas d'autres. de près de cent tableaux peut-être n'en ai-je pas noté dix ; mais cette mention toute seule, même quand aucun éloge n'est joint, est un témoin de leur excellence. Je suis entré dans plus de détails sur le cabinet de M. Hope, non seulement parce qu'il est reconnu pour le plus riche cabinet d'Amsterdam, mais aussi parce que l'honnêteté et les du maître m'ont permis de le voir plus attentions particulières souvent et de l'étudier plus à loisir qu'aucun autre.
GALERIE
DE
DUSSELDORF
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Cette galerie est confiée aux soins de M. Lambert Kraye, de l'Académie. qui est en même temps directeur L'accès facile qu'on à dans cette galerie de tableaux, où l'on entre aussi souvent et où l'on demeure aussi longtemps qu'on 1. Celte galerie, portée à Munich en 1806, a fait depuis l'ornement incomparable de celte ville. Les numéros que les tableaux portent au catalogue de Munich sont donnés dans les notes qui suivent. Quelques-uns sont au château de Schlcissheim : la note en fait mention en son lieu.
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veut
sans paraître incommoder ne peut qu'être fort personne, aux étrangers, et très avantageux aux élèves en peinagréable car nous en ture, qui paraissent jouir de la même permission, trouvâmes plusieurs occupés à faire des copies et d'autres dans une grande pièce au-dessus, qui est destinée à ce travail. Je ne pus m'empêcher à M. Kraye le plaisir que me d'exprimer causait non seulement la grande commodité avec laquelle je pouvais voir la galerie, mais encore la grande facilité qu'on y accordait aux jeunes artistes. Il me répondit que telle était la volonté de l'Électeur cette collection 1, que ceux qui visitaient la plus grande commodité; mais qu'en ce qui cony trouvassent cernait les élèves, il prenait quelque chose sur lui en leur procurant cet avantage. La première fois qu'il demanda à l'Électeur la permission de copier les tableaux de la pour les étudiants le prince refusa ; et la raison qu'il en donna était que galerie, ces copies ensuite seraient vendues pour les originaux, et que ces répétitions des tableaux qu'elle contenait ne manqueraient la galerie. M. Kraye répondit pas de déprécier que ceux qui seraient capables de faire des copies de ce mérite n'étaient pas gens à perdre leur temps à copier, vu qu'ils n'en avaient pas trop leurs propres inventions ; qu'il n'y avait pas à pour exécuter craindre que les élèves fassent des copies capables de tromper d'autres et que l'erreur de ces personnes que les ignorants, derniers était peu à considérer. Il ajouta que puisque Son Altesse souhaitait de voir produire des peintres à ses États, il serait mal entendu de refuser aux étudiants cet avantage, autant qu'à un patron de la science qui voudrait des produire de fermer l'usage de sa gens de lettres, il serait mal entendu L'Électeur et commanda à M. Kraye consentit, bibliothèque. de faire en cela tout ce qu'il croirait utile à l'avancement de l'art. PREMIÈRE SALLE JORDAENS. — Le premier tableau qui frappe la vue en entrant dans la galerie est un Festin de Jordaens 2, lequel est de i. Palatin et de Bavière, Charles-Théodore, mort en 1799. 2. Le Roi boit, n° 814.
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le meilleur tableau que j'aie vu de sa main. Il y a un beaucoup éclat de chaleur partout et beaucoup de force; toutes les têtes et toutes les parties parfaitement bien dessinées. La réjouissance vulgaire et bruyante n'a jamais été mieux exprimée; et pour le coloris et la vigueur, peu de tableaux de Rubens sont Il y a un peu de gris dans les draperies des femmes; supérieurs. le reste est tout couleurs chaudes, et fortes ombres. en pied par Vandyck 1, vêtus de noir; VANDYCK.— Portraits dans trois hommes et une fenïme. Ce sont de beaux portraits, sa grande manière la plus finie. la Le Christ tenant sa croix et recevant les Quatre Pénitents, Saint Pierre, David et le Bon Larron. Ce tableau Madeleine, ne fait pas grand honneur à Vandyck : la tête de la Madeil a leine est mal dessinée et David est un pauvre caractère; autant de l'air d'un voleur que le bon larron représenté. Le le contour bras nu du Christ est mal dessiné; en est hâté et court et point coulant. Le seul mérite qu'il y ait dans ce tableau est l'effet général, du coloris. qui vient de l'harmonie GASPARDDE CRAYER. -— On trouve ici un immense tableau de de Crayer 2 : je le note non pour aucune excellence Gaspard dont que je lui trouve, mais à cause de la grande réputation il jouit dans ce pays ; et pour les dimensions j'avoue que c'est un de ses premiers ne puisse ouvrages. Quoiqu'on pas dire qu'il pèche parle dessin ou parle coloris, il est loin de se faire Il n'y a pas d'union entre les figures et le fond; le remarquer. contour s'aperçoit partout, ce qui ôte le moelleux et la richesse des hommes est insipide d'effet ; le caractère et les femmes est un peu dans le genre du sont sans beauté. La composition d'Anvers : je veux grand tableau de Rubens à Saint-Augustin dire le sujet, car pour la manière dont il est traité, il y a une entre les deux tableaux. L'effet froid et inagrande différence nimé de celui-ci, ainsi que ceux de plusieurs maîtres modernes qui sont dans cette galerie, met ceux de Rubens dans un grand avantage. 11 serait bon qu'un jeune peintre portât son attention de ces tableaux à ceux de Rubens, et les comparât plusieurs 1. N°! 837, 83g, 840, 843.
2. N° 869.
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et arrêté dans son esprit la fois, jusqu'à ce qu'il ait découvert cause et les principes de ces brillants effets dans les uns, et du défaut (là où il y a défaut) dans les autres. SNYDERS, DE Vos, FYT, WEENIX. — Gibier mort, Chasse au et au cerf, par Snyders, de Vos, Fyt et Weenix. Weesanglier nix est le meilleur 1. infiniment VANDYCK. — La guérison du paralytique, par Vandyck 2, dans la manière de Rubens. avoir été Ce tableau paraît : Pénitents peint vers le même temps que celui des Quatre il a les mêmes défauts et les mêmes beautés. Gravé par Pontius. VALENTIN. —Des soldats jouant à la Moure 3. Une réplique dans la galerie du duc de Rutland. VANDYCK.— Une Notre-Dame de Pitié'' par Vandyck, dans la manière de Rubens ; M. Kraye est d'avis qu'il est de ce dernier maître. Cette différence d'opinion parmi les connaisseurs montre à quel point la première manière de Vandyck à celle de Rubens. ressemblait est presque le seul Vandyck ait d'une heureuse imitation : il n'en a pas exemple qu'on moins eu une manière propre ensuite. Saint Jean sanglote d'une fort vilaine manière. L'altitude du serait admirable, Christ si sa tête n'avait pas un si sordide aspect. Toute la figure du Christ reçoit une lumière égale, ce forme une qui, joint au linge blanc sur le genou de la Vierge, masse de lumière. La tête de la Vierge et celle de la grande Madeleine font les lumières secondaires. de saint La draperie Jean, qui est d'un rouge clair, fait que la lumière se perd par degrés dans le fond. SECONDE SALLE VANDYCK. — Dans la salle suivante il y a trois tableaux de Vandyck, : Saint Sébastien, savoir i. Nosg55, g56, 960, gC3, gC4. g65, 966. 2. Attribué maintenant à un imitateur du maître, n° 867. 3. N" i3i8. 4. N» 828.
admirables la chaste
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423 Suzanne et une Notre-Dame de Pitié. Les deux premiers 1 sont l'ouvrage de sa jeunesse ; montés de ton, dans la manière de son Jupiter et Antiope du cabinet de M. Dasch à Anvers, d'un tableau de même sujet à Lord Coventry, de son portrait chez le duc de Grafton, et du portrait de Rubens qui est chez moi. Jamais il n'eut dans la suite une manière aussi brillante de colorier ; elle éclipse tout ce qui les environne. Derrière sont des touchés avec beaucoup C'est la première cavaliers, d'esprit. manière de Vandyck, quand il imitait Rubens et le Titien, et qui suppose le soleil dans la chambre. Dans les tableaux qu'il fit ensuite il a représenté les effets d'un jour ordinaire : l'une et l'autre manière étaient également dans la nature ; mais sa première manière emporte un avantage et s'empare de l'attention, tandis que les ouvrages de sa dernière manière courent risque de n'être pas aperçus. La Notre-Dame de Pitié 2 est aussi fort bien coloriée (quoique non pas de cette brillante espèce), bien dessinée et finie avec le plus grand soin et la plus grande précision. Il y a encore trois autres tableaux de Vandyck dans cette chambre ; l'un est la Vierge avec l'Enfant Jésus avec Saint Jean 3 : la Vierge baisse ses regards vers saint Jean, qui présente son écriteau à l'Enfant Jésus. Les deux autres sont de petits tableaux : Sainte Rosalie portée au ciel, et la Vierge Sainte Rosalie à la Trinité : l'un et l'autre fort indifprésentant férents. Deux portraits de femme en pied. Dans le portrait en noir, le coloris est passé; son visage est plus blanc que son linge. AMOROSO. — Une petite fille endormie à terre, par Amoroso ', simple et naturelle. GÉRARDDOU. — Le tableau le plus estimé ici et dont cette sur salle a pris son nom, est le Gérard Dous : un Charlatan des tréteaux, qui harangue des figures de différents âges, mais car il n'y a réelleje ne puis ajouter de différents caractères; ment point de caractères dans ce tableau. Le fini en est pré1. NÛS 823, 822. 2. N° 83o. 3. Nu 826.
4. Château de Schleissheim, n° n36. 5. N° 394.
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Gérard Dou s'y est reprécieux, mais il n'a rien d'intéressant. senté lui-même regardant par une fenêtre, sa palette et ses à la main. Les têtes n'ont pas de caractère, et le pinceaux divertissantes. peintre n'a peint aucune sorte de circonstances La seule qui s'y trouve, d'une femme qui essuie un enfant, est de celles qu'on eût mieux aimé ne point voir ; les autres figures sont debout tout autour, sans invention ni variété. On croit du maître, dont les autres que c'est la plus grande composition tableaux ne contiennent guère plus d'une seule figure ; et on voit bien que celle-ci était trop pour lui, et plus que ses talents n'en savaient mettre ensemble. Les accessoires mêmes et disproportionnés : un qui sont au fond, sont mal distribués tronc d'arbre est trop petit, et les herbes sont trop grandes; l'un et l'autre sont traités avec la même attention que si ces En résumé, la seule ligure qui objets étaient les principaux. tient un livre du cabinet de M. Hope, vaut mieux que cette grande peinture, qui peut-être a demandé dix fois plus de travail. TROISIÈME SALLE BAROCHE. — Noli me tangere'. Les figures manquent de grâce, la Madeleine a l'air de se gratter la tête ; mais le coloris est beau. II y a une gravure de ce tableau. RAPHAËL. — Une Sainte Famille, de Raphaël 2. L'Enfant Jésus et saint Jean se regardent l'un l'autre; la Vierge assise à terre considère sainte Elisabeth; saint Joseph derrière, les deux mains sur son bâton : ce qui tout ensemble forme une fort régulière. La Vierge est belle et les enfants pyramide Le tout mérite d'être admiré ; mais le coloris a un pareillement. ton jaune désagréable. Il est de la première manière. CHARLESCIGNANI. — Un immense tableau de l'Assomption 3, : par Charles Cignani ; pesant et sans aucun trait d'excellence tout ce qu'il faut pour servir de pendant au grand tableau de Gaspard de Crayer. i. N° 1104. 2. N° 1049.
3. N° 1259.
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du Dominiquin 1. DOMINIQUIN.— Suzanne et les vieillards, Elle_est assise près d'un jet d'eau etles deux vieillards sont der: sa tête est belle ainsi que celles des rière une balustrade deux hommes ; mais la composition dans son ensemble est dans la Suzanne autant d'expauvre et aride. Il y a peut-être en même pression qu'on pouvait lui en donner en conservant temps sa beauté ; mais le coloris tombe dans le noir : du moins les couleurs brillantes cela paraît ainsi après qu'on a regardé et chaudes de Rubens ; sa composition riche et pleine fait Suzanne est placée gautrouver celle-ci froide et mesquine. toute seule dans un coin du tableau, chement qui semble trop grand pour le sujet, la toile n'étant pas suffisamment remplie. LUCAS GIORDANO, PAUL VÉRONÈSE.— On trouve ici plusieurs de pittoresque Lucas Giordano 2, composés et quelmanière, de Paul Véronèse 3. ques tableaux fort ordinaires Au bout de la salle sont deux compositions pittoresques de Lucas Giordano 4, le Miracle des pains et des poissons, et une Élévation de la Croix, où il a disposé une immense quantité de figures avec beaucoup d'intelligence dans la manière du Tintoret. Si ces tableaux avaient le coloris de ce maître ou on pourrait les regarder comme plutôt celui de Paul Véronèse, des tableaux tout à fait extraordinaires; mais il y a ici un manque de brillant et de vigueur, un ton terreux domine dans ses Quand on regarde un tableau de Lucas Giordano et peintures. qu'on voit un ouvrage bien composé, bien dessiné et en bonne on se demande comment il se fait qu'il ait manconservation, qué la grande renommée. TINTORET. — Un Crucifiement, du Tintoret 5, avec un grand nombre de figures, mais mal composé et tout plein de petites taches de lumière. Il y a cependant dans ce tableau des parties qui ne sont pas mal peintes. i. N° 1179. 2. N« 1252. 3. Données maintenant à ses élèves, nos 1138, 1139, 1145. 4. Château de Schleissheim, nos 1089 et 1088. 5. Château de Schleissheim, n° 997.
VOYAGE AUX PAYS-BAS Un beau portrait de Vésale i l'anatomiste, jeune, par le Tintoret. Il tient un os squirreux de la main gauche, de l'autre un C'est compas; il tourne un regard perçant sur le spectateur. bien la même physionomie qui se trouve à la tête de ses oeuvres, mais beaucoup plus jeune. ANNIRALCARRACHE.—La Mise au tombeau. Elle paraît avoir été un des meilleurs de ce maître ; bien composé, ouvrages bien dessiné, et l'attitude du Christ est gracieuse. DOMINIQUE FÉTI. — Sous ce tableau est un Ecce Homo-, la tête seule, qu'on dit du Corrège, mais qui est évidemment du Féti. On pourrait croire à cause de cela qu'il y a de la ressemTout blance entre la manière du Féti et celle du Corrège. ce qu'il y a et qui est peu de chose, n'est que dans le coloris, et dans un peu de couleur transparente et pei'lée dans la tète, mais le caractère est beaucoup inférieur au Corrège. C'est dans les têtes ou dans les petites parties des tableaux qu'on peut trouver de ce genre ; en grand perressemblance quelque sonne ne saurait s'y tromper. CARLE DOLCI. — Une Vierge à l'Enfant avec un lis 3. C'est de la Vierge est un de ses meilleurs ouvrages. L'expression ne très belle; l'Enfant Jésus, petite figure en pied, quoiqu'il soit pas excellent, est pourtant meilleur que les enfants ne sont généralement chez lui. en haillons, comme des LUCAS GIORDANO. — Deux portraits et mendiants, par Lucas Giordano '', pour imiter l'Espagnole!, bien peints. On dit que ce sont les portraits de son père et de lui-même. J'ai vu un portrait du Caravage peint par lui-même dans le même système. On se demande ce qu'il peut y avoir de en mendiant. plaisant à se peindre soi-même CAMILLE PROCACCINI. — Une Sainte Famille de Camille Procaccini : de sa meilleure bien colorié et la tête du manière, 4Ï6
Christ
est admirable. JACQUES BASSAN. — Saint Jérôme dans Paul Véronèse; mais qui est certainement i. N° 1127. 2. N° I23S.
le désert, attribué à de Jacques Bassan.
3. N° 1224. 4 Noa1253et ia54.
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QUATRIEME SALLE de cette VANDERWERF. —Les tableauxles plus remarquables 1. Trois salle sont les Vander Werf, au nombre de vingt-quatre en pied et deux sont grands comme nature : une Madeleine La Madeleine était destinée à servir de pendant au portraits. Saint Jean de Raphaël ; mais les amis de Vander Werf euxmêmes n'ont pas trouvé qu'il ait réussi. Cependant il n'y a pas épargné sa peine : ce grand tableau est aussi fondu, aussi fini que ses petites peintures ; mais ses défauts précieusement sont ici grandis, par conséquent plus visibles. 'Les tableaux de ce maître, petits ou grands, donnent certainement peu de plaisir. Il est digne de l'attention la d'un peintre de rechercher cause de ce manque d'effet. Il me semble qu'une des principales est l'idée qu'il avait que la lumière d'un tableau ne devait tomber que sur les figures, et qu'il faut n'en donner que peu ou point du tout au fond et aux ciels. Ce système rend l'effet très froid, et est si contraire à la nature, autant qu'à la pratique des peintres dont il avait les ouvrages sous les yeux, qu'on ne peut assez s'étonner qu'il soit tombé dans cette erreur. Ses figures nues semblent être d'une substance beaucoup son contour soit loin d'être plus dure que la chair, quoique sec et que ses chairs soient loin de ne pas s'unir aux ombres, d'un effet dur; mais je qui sont les causes les plus communes crois que chez Vander Werf la dureté de style vient de ce : la lumière se que le moelleux et l'union sont trop universels soit dans le fond, soit dans l'omperdant également partout, bre, ce qui n'est pas le vrai effet de la chair; au contraire, quelelle s'en déquefois elle se perd dans le fond, et quelquefois tache, suivant que les muscles sont ou gonflés ou contractés. Le soin d'observer ces variations, est ce qui produit la souplesse dont un bon coloris ne saurait se passer. Il y a dans la nature une certaine proportion de rondeur et de tranchant; c'est à mi-chemin de ces deux extrêmes que 1. Vingt-trois seulement sont à Munich, nos 439 à 465. La Madeleine porte le n° 451.
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4^8
Là où le tranchant le parfait et véritable art d'imitation. il en résulte une manière sèche ; si c'est la ronprédomine, deur, on tombe dans ce que les peintres appellent cotonneux et pesant, ou dans cette espèce de dureté qu'ont les ouvrages de Vander Werf. Si je disais que dans la manière de Vander Werf toutes les parties se fondent les unes dans les autres, on pourrait supmoelleux ; or point du poser que l'effet en est excessivement est palpable, tout, et le contraire pour la raison je crois que de l'ivoire ou du plâtre, j'en ai donnée. Sa chair a l'apparence ou de quelque autre substance dure. Ce qui contribue également à donner cette dureté, est un défaut de transparence dans le coloris, où le peintre n'a employé que peu ou point : de reflets. Il a aussi le défaut qu'on trouve chez Rembrandt celui de ne faire de sa lumière quelquefois une simple petite tache. Aussi bien rendons-lui justice : ses figures et ses têtes sont en général bien dessinées, et sa draperie est excellente ; peut-être y a-t-il dans ses tableaux d'aussi parfaits exemples de draperies chez n'importe quel qu'on en pourra trouver
réside
peintre. REMRRANDT.— Il y a encore dans cette salle huit Rembrandts 1. Leur principal mérite consiste dans la singularité de la manière, qui est de n'admettre que peu de lumière, et de donner à ce peu un brillant merveilleux. Le coloris du Christ dans l'Élévation de la croix ne saurait être surpassé : c'est exactement le ton de la Suzanne de Vandyck dans l'autre salle; mais, soit que le fond de ce tableau ait été repeint, soit mis là pour rendre que le cheval blanc qu'il a certainement la masse de lumière plus large, ait perdu de son éclat, le Christ fait maintenant un boyau de lumière désagréable. mis ensemble. Sa En réalité il y a ici trop de Rembrandts ne déplaît pas, quand elle se mêle aux ouvrages singularité la variété maîtres dont le style est plus régulier; d'autres qu'elle apporte sert alors à soulager l'esprit fatigué de trop de régularité. i. N°s 3a6 à 331, 333, 334. L'Elévation de la Croix porte le n° 327.
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On peut dire la même chose des Vander Werf, qui sont Mais l'un et l'autre fatiguent le aussi en trop grand nombre. Ceux de Rembrandt ont spectateur par des raisons contraires. trop de sel ; et ceux de Vander Werf ont trop d'eau; on ne se sont en train nourrit ni de l'un ni de l'autre. Ces Rembrandts d'être gravés par Hess 1. La Tempête, que possède M. Hope, à cette suite. semble appartenir TITIEN. — Portrait d'un gentilhomme, par le Titien 2, kitkat 3, la main sur la hanche, et dont on ne voit qu'un bout de la manchette, l'autre main, la gauche, repose sur ce qu'on suppose au loin. La physionomie est très être son épée. Il regarde de facilité dans le faire ; agréable, mais il n'y a pas beaucoup aussi n'est-il n'ont pas de pas maniéré du tout. Les ombres la draperie étant noire et le fond presque aussi noir couleur; qu'elle, empêche que le bras sur la hanche ne fasse mauvais effet. Ce n'est pas une petite partie de notre art que de savoir et ce qu'il faut ce qu'il faut mettre en avant dans la lumière, rejeter dans l'ombre. de Flinck et de sa femme, FLINCK 4. — Les portraits mais le mauvais ton jaune du coloris attribués à Rembrandt; me porte à croire qu'ils sont plutôt de Flinck. de cette salle sont ordiJORDAENS. — Les autres tableaux d'un Jordaens le Satyre et naires, à l'exception représentant le Paysan 8; lequel est aussi bien peint que le Festin de tout à l'heure. Il n'aurait jamais dû prendre de sujets plus relevés que des satyres, des animaux ou des hommes peu au-dessus des bêtes; car il n'avait aucune idée de la de la condition aussi fait-il une misérable grâce et de la majesté du caractère; entendu la sujets. Il a certainement figure dans les grands mécanique de l'art en perfection, et ses ouvrages sont en général bien coloriés et exécutés avec une grande liberté de main. de la porte est le Denier de LE PRÊTRE DE GÊNES.—Au-dessus 1. L'auteur a laissé ce mot en blanc. 2. N° mi. 3. V. p. 3o4 n. 2. 4. On a découvert la signature de Bol sur ces tableaux. N03338 et 33g. 5. N68i3.
43o
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mauvais comme César, par le Prêtre de Gênes. Les caractères surtout saint Pierre. On se demande d'habitude, par quelle fatalité ce peintre a trouvé une place dans les grandes collections ; il n'a ni mérite de dessin, ni mérite de coloris, c'est-àdire aucune compensation de ses conceppour la médiocrité tions. VANDYCK.— Une Suzanne et les deux Vieillards : la même Tous deux, je crois, sont que celle du duc de Devonshire. originaux. PIÈTRE DE CORTONE. — Une Vierge avec l'Enfant et Saint Joseph, par Piètre de Cortone, peinte à la gouache. L'enfant est d'un rouge de brique et le tout manque d'harmonie. de la Vierge, GUIDE. —L'Assomption attribuée au Guide 1, une copie. Elle a cette régularité mais c'est certainement de chez le Guide ; deux grands anges et composition fréquente deux petits de chaque côté, et deux chérubins placés exactement au milieu, sous les pieds de la Vierge. Cette symétrie un défaut chez le Guide, quoiqu'elle est certainement pût à d'autres convenir peintres qui auraient adopté plus de majesté de style. POLYDORE. — Dans les frises est un long tableau qui fait le tour de la chambre, en camaïeu et de grandeur naturelle, qu'on mais il est dans le mauvais goût dit de Polydore de Caravage; de Goltzius. CINQUIÈME SALLE RURENS. — La
salle est presque entièrement cinquième de Rubens. A droite, Silène avec des remplie d'ouvrages les plus montés du maître; mais Satyres 2, un des tableaux à celui du même sujet qui est à Blenheim. non pas supérieur de celui-ci diffère en plusieurs La composition La points. et il y a en plus une Satyresse ivre Bacchante nue manque, couchée par terre avec ses enfants. :i cherche un Le pendant est Diogène qui avec sa lanterne j. N° 1170. 2. N° 754.
3. Château de Schleissheim, n° 3o4.
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43i et à
de figures insipides sage, parmi une multitude : ce n'est pas sa meilleure manière de peinmi-corps dre. La Nativité avec beaucoup comd'Anges 1; admirablement des bergers en particulier est bien posé ; le plus rapproché Un des anges, qui tient ses mains dessiné et bien colorié. croisées sur sa poitrine, avec des cheveux frisés dans le genre de l'Antinous, semble copié d'après le Parmesan, il diffère de la manière ordinaire de Rubens. beaucoup RURENS ET SNYDERS. — Des Enfants, par Rubens, portant une guirlande de fruits peinte par Snyders 2. Quelques-uns de ces enfants sont les mêmes qu'on voit dans la Salle des tant Banquets 3. C'est un des meilleurs ouvrages de Rubens, on y trouve la pour le coloris que pour le dessin ; vraiment richesse et la mollesse de la chair. Quoique les fleurs soient peintes avec toute la beauté de couleur de la nature, Rubens a su cependant conserver tant de brillant et de fraîcheur à ses chairs, en dépit de la concurrence des fleurs, qu'aucun peintre ne l'aurait égalé. M. Schmidz, excellent artiste, est en train de le graver, et je suis sûr que sera belle; mais la moitié du mérite de l'ouvrage l'estampe en même temps que la couleur, disparaîtra quoique quelquesuns des enfants soient extrêmement bien dessinés, surtout celui qui est couché à terre. Nous voici arrivés aux quatre derniers tableaux de Rubens qui sont dans cette galerie et qui en font une partie considérable. Deux de ces tableaux représentent le Jugement dernier et les deux autres la Chute des Anges rebelles. RUBENS. — Le plus grand des quatre est le Jugement dernier', qui remplit pour ainsi dire tout le bout de la galerie. Ce tableau n'offre rien de fort intéressant, et peut-être y a-t-il une trop grande quantité de chair pour faire un effet agréable. forment la Trois femmes nues et un homme joints ensemble masse de lumière Une des femmes, qui regarde principale.
homme
i. N° 740. 2. N° 728.
3. A Whilehall. 4. N° 735.
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hors du tableau, semble à cause de cela être un portrait, et on dit que c'est une des femmes de Rubens ; une figure qui sort d'un tombeau placé au premier plan passe également pour le ni l'un ni l'autre n'est portrait du maître, mais certainement vrai. Le grand tableau qu'on voit ensuite est Saint Michel qui combat les Anges rebelles 1. La figure de l'archange n'est que ; son manteau rouge est d'une apparence lourde ; désagréable on croirait qu'il n'a été mis qu'en à-plat pour être terminé plus tard. Ce tableau a certainement souffert du nettoyage. Il y une fermeté d'effet. manque dans l'ensemble Le suivant est appelé le Petit Jugement dernier 2. Dans le grand tableau ce sont les élus qui sont le plus en évidence ; ici ce sont les réprouvés qui font en quelque sorte le sujet du tableau. Les bienheureux sont représentés vaguement et à disdu tableau, près du Christ et tance dans la partie supérieure de la Vierge Marie. Ce tableau esta tous égards bien supérieur au grand du même sujet. Mais il y a encore un autre tableau des Anges rebelles 3 de la même grandeur que les précédents, qui le dépasse encore. idée des talents Il est impossible de se former une complète de Rubens quand, on n'a pas vu ce tableau. Rubens y semble à tous les caprices de son imagination dans les abandonné et l'invention des anges déchus, qui culbutent les attitudes « dans une horrible uns sur les autres confusion, jusqu'à l'abîme de perdition ». Si l'on considère la fertilité d'invention qui se découvre ou le talent dont fait preuve l'agencement dans cet ouvrage, ou l'art avec lequel infini de figures, les de ce nombre si l'on ajoute la franlumières et les ombres sont distribuées, le tableau semble chise de la main, la facilité avec laquelle encore, la correction et exécuté, et, chose plus extraordinaire des figures vues en raccourci le goût de dessin admirable dans les attitudes les plus difficiles, il faudra convenir que cet i. N» 736. 2. N°738.
3. N° 737.
DUSSELDORF ouvrage est l'un des plus grands jamais enfanté.
efforts
433 du génie
que l'art ait
SALLE DE RUBENS 11 y a ici trois grands tableaux : Laban réconcilié avec son de la Vierge 2 et la Pentecôte 3 (l'une et frère 1: l'Assomption l'autre belles compositions), et Saint Laurent 4, le même que la gravure. Le coloris de ce dernier paraît cru. La Bataille des Amazones 5 (guère plus grand que l'estampe), peinte dans le vernis. L'amazone couchée morte à terre avec la tète penchée en bas, est d'un beau coloris, dans la même manière que les femmes de la Chute des Anges, et, quoielle a un contour que les formes n'en soient pas correctes, large et coulant. Ce tableau paraît peint dans le même temps de ses Chutes des Anges ; il est qu'il peignait la meilleure fâcheux qu'on n'en sache pas la date. Le pendant est Samson et Dalila 6. Un petit tableau de la Conversion de Saint Paul' 1, beaucoup dans le style de son portrait. L'attitude du cheval de saint Paul est remarquablement belle, et il y a beaucoup d'esprit et de fracas dans toute la composition. La timidité et l'insipidité étaient les moindres défauts de Rubens ; quel que soit l'emploi de ses figures, elles s'y comportent toujours avec beaucoup d'énergie. RUBENS ET BREUGLE.— Une Madone et l'Enfant, par Rubens, avec des fleurs de Breugle 8, et onze anges entourant la guirlande, qui sont d'un beau coloris, aussi brillant que celui des fleurs. Un Paysage avec un double le arc-en-ciel qui traverse tableau % fort léger. Il semble aussi que le vernis en est ôté. i. N° 751. 2. Château de Schleissheim, n° 3o3. 3. N° 741- Quatrième tableau. 4. N° 726. 5. N° 742.
6. N» 744. 7. N» 733. 8. N» 729. 9. N° 761. 28
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Un petit tableau fini de Saint Christophe 1, le même que celui des volets de la Descente de Croix d'Anvers. Rubens et sa Femme quand il était jeune 2, car il ne paraît avoir ici que vingt-deux ou vingt-trois ans. Sa femme est fort Elle est de beaucoup ce qu'il y jolie et d'une figure agréable. a de mieux dans ce tableau, dont la manière est un peu dure. Le linge est gris ; à cette époque il craignait le blanc. Sur la porte le portrait 3 en pied d'une femme qui pose sa main sur la tête d'un chien ; un homme derrière elle ; à ses côtés un jeune garçon (son fils) avec un faucon, et un nain derrière le chien. On appelle ce tableau Lord et Lady Arundel, mais ce n'est certainement Les armes pas là leurs portraits. sur le rideau ont pour suppôts un lion et une licorne, avec l'ordre de la Jarretière au-dessous. A droite sont Castor et Pollux * avec deux chevaux enlevant deux femmes. C'est un beau morceau de couleur; mais la composition est trop maniérée. Pour pendant la Renommée couronnant le dieu Mars 6. La Renommée est trop rouge, ainsi que le reste du tableau. Sénèque mourant 6, copié sur la statue ; il y a bien à parier Le pendant que ce tableau n'est pas de Rubens. représente les Quatre Pénitents devant le Christ 7. 8 fait le La Bataille de Sennachérib de la Converpendant sion de Saint Paul. Dans ce tableau il y a un grand repos d'ombres en grandes masses ; les figures et les chevaux sont pleins d'animation. Environ dix portraits de Rubens. Les meilleurs sont De Ney, un prêtre 9, avec une tête de mort à la main, et le médecin Van Thulden, en noir et tenant un livre fermé 10. Une tête de la femme de Rubens n, la même que celle de l'hôtel de Marlborough. i. N° 762. 2. N° 782. 3. N° 784. 4. N° 727. 5. N» 725. 6. N° 724.
7. N= 746. 8. N» 732. 9. N° 791. 10. N» 800. 11. N° 796.
COLOGNE
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et la Reine sa femme *. Philippe IV roi d'Espagne, VANDYCK. — Sur un des volets de fenêtres (si on peut y donner ce nom) qui s'ouvrent intérieurement pour recevoir de et qui tournent, pour qu'on puisse les voir petits tableaux, dans le jour le plus favorable, il y a un portrait (de trois une partie de quarts) par Vandyck s, vêtu de noir, regardant, sa main droite visible avec laquelle il retient son manteau. Il est aussi bien dessiné que celui que nous avons vu dans la et galerie du prince d'Orange, d'une aussi belle conservation, d'un ton plus brillant, plus dans le coloris de Rubens ; il est fini comme un émail. Les yeux et le nez sont remarquablement bien dessinés et délicatement M. Kraye me dit indiqués. a gravé ce portrait, un que Sandrart qui doit représenter orfèvre. JEAN DE HEMESSEN.— Un Ecce Homo sur un autre volet de fenêtre par Jean de Hemessen 3, daté 1544- Je ne le cite pas pour sa beauté, mais parce qu'il y a dans toutes les collections des enfants, beaucoup de tableaux de ce maître, en particulier qu'on attribue à Léonard de Vinci.
COLOGNE RUBENS. — Saint Pierre crucifié la tête en bas, peint par Rubens peu de temps avant sa mort. Le corps et la tête du saint sont les seules bonnes parties de la peinture, qui est bien coloriée (de larges masses de lumière et d'ombre) et bien dessinée ; mais la figure se courbe à partir des trop rapidement ou plutôt d'un mauvais goût de cuisses, qui sont mal dessinées, dessin, ainsi que le bras, dont le contour est court et interrompu. des bourreaux n'a pas cette énergie qu'il donnait L'expression ordinairement à ses figures. Dans une de ses lettres à Geldorp, Rubens exprime le cas qu'il faisait de ce tableau, qui était, à ce qu'il dit, le meilleur de ses ouvrages. Il y témoigne aussi i. N" 787, 788. 2. N° 834.
3. Château de Schleissheim, 41.
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sa satisfaction du sujet, qu'il regarde comme pittoresque. Cela était naturel à un esprit tel que Rubens, dont le défaut fut d'être trop occupé peut-être de rechercher le pittoresque et l'extraordinaire. Un homme pendu la tête en bas est certainement un objet plus extraordinaire que s'il était dans sa position naturelle. Plusieurs de ce tableau sont si faibleparties ment dessinées et d'un pinceau si timide que je ne puis m'emde croire que Rubens était mort avant que de l'avoir pêcher de ses élèves y a mis la dernière achevé, et que quelqu'un main. Ce tableau jouit d'une grande réputation, à cause j'imaoù il dit que c'est son meilleur gine de la lettre de Rubens Nous allâmes exprès de Dusseldorf à Cologne ouvrage. poulie voir; mais il s'en faut qu'il nous ait dédommagé du voyage. WEENIX. — De Cologne nous fîmes une course à Bernsboiu'g, maison de chasse de l'Électeur Palatin, que nous trouvâmes bien différente de ce qu'on nous avait fait attendre. Les trois salles peintes par Weenix, belles qu'elles soient dans quelque leur genre, ne sont pas meilleures ni même aussi bonnes que ce que nous avions déjà vu de ce maître dans la galerie de Dusseldorf. Ses figures comme nature, grandes qu'il aimait à introduire, sont fort indifférentes, beaucoup pour ne pas dire mauvaises. Son gibier mort ne peut être trop admiré; mais un sont de ceux que exemple suffit ; il y en a trop. Ses portraits ne voudrait accompersonne exposer chez soi, s'ils n'étaient pagnés de ses oiseaux et de ses animaux. Les fresques du mur et du plafond sont de Bellucci Pellegrino, et autres maîtres des derniers temps, et ne méritent pas une minute d'attention. Nous vîmes un tableau du Massacre des Innocents le même que j'avais vu , du vieux Breugle, un autre. Ce quelque part en Hollande ; et j'en ai moi-même toute la partie mécanique de l'art peintre ignorait absolument de faire un tableau; mais il y a beaucoup une repréd'idées, sentation d'accidents variés, propres à remplir vingt tableaux A cet égard il en diffère autant que Donne 1 des vermodernes. i. Poète mort en I63I, de l'espèce que Johnson appelait métaphysiques, et dont Dryden disait : « Nous avons moins d'esprit que Donne, mais plus de poésie. »
AIX-LA-CHAPELLE
437 s'adonnent aiséqui, légers de pensée, de vers que Shakespeare a ridiculisées
sificateurs modernes ment à ces galopades dans Comme il vous plaira. Il y a la même différence entre les anciens portraits d'Albert Durer et de Holbein, et ceux des peintres modernes. Les modernes l'emportent par la facilité ; mais il y a dans les anciens une vérité qui, quoique rendue d'une manière dure, leur est un avantage. cependant de la famille de Jabach LEBRUN. —A Cologne, une personne Jabach, sa possède le fameux tableau de Lebrun représentant à ce femme et leurs quatre enfants 1. Il est bien supérieur dont j'aurais cru Lebrun capable en fait de portrait. La femme entourée de ses quatre de Jabach est assise à sa gauche, enfants, et d'un lévrier égal du reste pour le dessin et la peinture. Jabach est beaucoup dans l'ombre, excepté de son visage. Lebrun s'est représenté comme peint sur une toile lui-même, posée sur un chevalet ; devant lui sont des gravures, des dessins, des porte-crayons et un grand buste doré d'Alexandre. Les de Vandyck, mais il y a sont égaux aux meilleurs portraits une lourdeur n'a dans l'effet de la peinture, que Vandyck jamais eue ; et. c'est le seul défaut de ce tableau.
AIX-LA-CHAPELLE RUBENS. — Dans l'église des Capucins il y a une Adoration des bergers, mais par Rubens. Elle parait fort endommagée, je ne crois pas qu'elle ait jamais été bien remarquable. Il y a une gravure de Worstennan 2. Une bergère d'un style peu poétique fait l'offrande d'un oeuf à la Vierge, trois autres qu'elle a déjà offerts sont posés près de l'Enfant Jésus, à qui la dans le tableau ne fait attenVierge donne le sein. Personne tion à cette bergère, et si la Vierge regarde quelque chose, 1. Une noie de Malone dit qu'il était passé dans la collection Hope d'Amsterdam. Un tableau semblable, peut-être le même, est au musée de Berlin. 2. L'auteur a laissé le nom en blanc. Le tableau est au musée de Piouen, n° 278 du catalogue.
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ce n est que l'oeuf qu'elle tient à la main. Un berger qui porte la main à son chapeau comme pour l'ôter, est bien peint, et le boeuf est d'une exécution admirable. Saint François recevant les stigmates 1, paraît être également de Rubens ; mais il n'est pas fort admirable.
LIÈGE de la LAIRESSE. — Dans la grande église est l'Assomption Vierge, par Lairesse. Il y a des parties bien peintes ; mais le tout ne produit point d'effet, faute de grandes masses. Sa manière n'est pas large et paraît trop petite pour de grandes machines. On peut constater le même défaut dans les ouvrages du Poussin où les figures sont grandes comme nature, et dans ceux de Vander Werf. Nous sommes des êtres d'habitude, et un peintre ne peut se défaire des siennes en un moment. Il ne saurait, comme les anges de Milton, grandir et diminuer à volonté.
LOUVAIN LES DAMES BLANCHES RUBENS. —-L'Adoration des Mages : ouvrage de peu de prix. La Vierge tient l'Enfant Jésus gauchement ; on dirait qu'elle lui pince la cuisse. On dit que ce tableau fut peint en huit jours, et que Rubens en reçut 800 florins, 80 livres soit environ Une gravure par Lauwers. La Vierge avec l'enfant et sterling. le premier mage sont à peu près les mêmes que dans l'esquisse que j'ai, excepté que le Mage est à genoux au lieu d'être debout. SAINT-PIERRE tableaux d'anciens maîtres ; dont un, dit-on, de Quelques Quentin Massys. Un autre à peu près du même temps repré1. Maintenant au musée de Cologne, n° 52 du catalogue.
NOTE SUR RUBENS
43g
sente
un saint qui parait refuser une mitre placée devant lui, de près de cent figures, plusieurs dans de bonnes composition attitudes naturelles et bien inventées. On prend plus d'intérêt à ces anciennes peintures qu'à tant de de plusieurs de nos peintableaux bourrés de lieux communs, tres modernes.
NOTE
SUR
RUBENS
du génie, où de grands défauts sont unis à de une matière digne grandes beautés, offrent seuls à la critique d'elle. Le génie et extraorest toujours hardi, impétueux dinaire ; par là, en même temps qu'il commande il l'attention, Au contraire est assuré de provoquer la critique. l'artiste et ne mérite timide, froid et monotone, échappe à la censure Le degré élevé où Rubens est monté dans point d'éloge. l'estime du monde, fait une raison suffisante de nous engager dans l'examen de ses mérites. Sa gloire est répandue sur une grande partie du continent, sans qu'on lui connaisse même de rival ; et l'on peut dire avec vérité qu'il a enrichi son pays, non au sens figuré du mot par les grands exemples qu'il laisse à l'art, mais par ce que plusieurs comme un avantage plus solide, je veux regarderont dire le profit tiré des étrangers attirent conque ses ouvrages tinuellement à Anvers. Il est sûr qu'on n'y va que pour les tableaux de Rubens. A cet égard il n'a pas moins été le bienfaiteur de Dusseldorf. On regarde la galerie de tableaux qui du monde ; mais s'y trouve comme une des plus considérables si les ouvrages de Rubens en étaient enlevés, j'ose dire que cette grande collection serait au moins réduite à la moitié de Les oeuvres
sa valeur. Pour étendre encore plus sa gloire, Rubens donne à Paris un de ses ornements les plus remarquables, dans la galerie du
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; et, si à tout cela on joint le grand nombre de Luxembourg et de collections villes, d'églises privées dont un tableau de Rubens fait toute la richesse, on ne peut hésiter à le placer au premier rang des peintres les plus illustres. Quoique je n'aie pas changé d'avis au sujet de ses qualités et de ses défauts, cependant après avoir vu ses plus grandes où il a eu plus de moyens de développer ses compositions, plus excellentes qualités, mon admiration pour son génie s'est naturellement C'est seulement dans de grandes augmentée. machines un champ à leur mesure. que ses talents trouvent Ils montent et grandissent au pied de la lettre en proportion de la toile qu'on offre à leur développement. Dans ses tableaux de chevalet, on ne voit pas sa supériorité, ni même dans les rarement dans parties prises à part de ses grands ouvrages; ces proportions on lui trouve d'éminentes beautés. Ces beautés ne consistent ni dans des attitudes, ni dans des expressions mais dans l'effet général, dans le génie qui particulières, domine et illumine l'ensemble. Je me rappelle avoir remarqué l'effet contraire dans un tableau de Diétreci, que je vis dans une collection particulière à Bruxelles. Ce génie dominant brillait dans ce tableau et par son absence ; quoique chaque figure fût bien dessinée, que le peintre eût donné la plus grande attention à leur attitude particulière, comme il eût fait si c'avait été une suite de Rien n'y semblait laissé au hasard ; toutes figures académiques. les Nymphes (le tableau représente un Bain de Diane) étaient ce que les dames appellent en attitude ; et cependant, sans les ni pour l'incorrection du dessin, ni pour aucun reprendre autre défaut, je trouvai ce tableau aussi froid et aussi insipide qu'il y en ait dans le monde. de Rubens ont cette qualité qui ne manque Les tableaux et de commander l'admirajamais au génie, de fixer l'attention tion, en dépit de tous leurs défauts. C'est à cause de ce pouvoir de fascination des peintres dont il est que les productions dans moins de parties que entouré, quoique péchant peut-être les siennes, paraissent cependant timides, dépourvues esprit et insipides : comme par exemple les tableaux d'autel de Crayer,
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de Schut, de Sègers, ceux de Van Huysum, de Tyssens 1, de Van Balen et d'autres. Il semble que les mains de ces peintres contraintes et aussi bien que leurs facultés soient également ; tout ce qu'ils font semble le fruit d'une peine infiparalysées nie. Au contraire les oeuvres de Rubens semblent couler d'une et facile, dont la richesse ne lui coûte rien. source abondante autant de feu dans A l'esprit de la composition correspond Le frappant éclat de ses couleurs, le coulant son exécution. et la franchise de ses contours, les touches fières et spirituelles à réveiller et à tenir en haleine de son pinceau, tout contribue du spectateur, à faire lever en lui clans une certaine l'attention mesure des sensations et à lui inspirer quelcorrespondantes, dont le peintre lui-même est que degré de l'enthousiasme A tout cela on peut joindre le parfait accord de transporté. toutes les parties de l'art entre elles ; de sorte que le tout d'une même pensée. Tout est d'une paraît conduit et engendré Même son goût de pièce, tout est à la place qui convient. dessin et ses formes semblent avoir plus de correspondance avec son coloris et sa composition que s'il avait adopté quelque autre manière que ce soit, quand même cette manière serait en soi. Il en est ici comme dans les sympathies meilleure percausées souvent convenance et sonnelles, par une certaine un accord d'ensemble, qui captive plus qu'une beauté plus régulière. Rubens paraît avoir eu en lui-même cette confiance dont il est nécessaire que tout artiste soit assuré après qu'il a fini ses études, et qu'il lui est permis de rejeter, si je puis parler ainsi, les lisières de l'autorité, de soumettre les règles à son contrôle, au lieu de se regarder seulement comme leur sujet, de risquer sans maître des entreprises s'abandonnant à ses difficiles, propres idées et ne connaissant qu'elles de guide. On peut regarder cette confiance comme la source de cette originalité par étendu les limites de l'art. Après que laquelle il a réellement Rubens eût formé sa manière, il ne chercha jamais hors de lui ses ressources ; c'est ce qui fait que fort peu de choses chez 1. Nommé Thys su catalogue d'Anvers.
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lui paraissent empruntées à d'autres maîtres. S'il a pris quelque chose des autres, il a eu l'adresse de le changer et de l'adapter si bien au reste de son ouvrage, que le larcin ne peut être découvert. de Rubens quant aux qualités générales, Outre l'excellence il a eu le vrai art d'imiter. Il voyait la nature avec l'oeil du le trait dominant par lequel peintre ; il saisissait sur-le-champ et il ne l'avait pas plutôt vu qu'il chaque objet se distingue, le rendait avec une facilité admirable. Et je puis ajouter que pour le peintre, quand il examine un tableau, cette facilité est cause d'un grand plaisir. J'ignore jusqu'à quel point cette qualité peut être sentie par ceux qui ne sont pas peintres ; mais à ceux-là non plus il ne saurait suffire que les objets soient fidèlement rendus : il faut encore qu'ils aient de la grâce, et cette grâce ne saurait venir que d'une tâche accomété le plus grand maître plie sans effort. Rubens a peut-être dans la partie mécanique de l'art, le meilleur ouvrier ou manieur d'outil qui ait jamais tenu un pinceau. Il ne faut pas comparer cette partie aux facultés d'invention, ni à celles qui donnent à un ouvrage l'expression et le caractère ; cependant elle est en soi matière à l'exercice du génie. On ne saurait enseigner cela par des paroles, mais chacun pourra s'en convaincre par un examen assidu des tableaux où cette se trouve. Elle est sentie de peu de peintres et elle perfection n'est pas moins rare de nos jours parmi les artistes vivants plus relevées de l'art. qLi'aucune des excellences Cette qualité, que Rubens a eue au plus haut degré, lui a permis de représenter mieux que n'importe qui tout ce qu'il lui a plu de mettre sur sa toile. Ses animaux, ses lions surtout et ses chevaux, sont si beaux, que le propre caractère n'en a été saisi que chez lui. Ses portraits le disputent aux meilleures de l'art oeuvres des peintres qui ont fait de cette branche affaire de toute leur vie, et il en a laissé un grand l'unique nombre On peut dire la même chose de ses d'exemples. comme paysages, et, quoique Claude Lorrain ait fini davantage, dans quelque branche que ce soit, il convient à un spécialiste il y a cependant tant de vague et tant de facilité dans les
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paysages de Rubens, qu'un peintre aimerait autant être l'auteur des siens, que de ceux de Claude ou de tout autre maître. Les tableaux de Rubens ont cet effet, qu'ils ôtent au spectateur toute disposition à y découvrir des défauts et à s'arrêter sur la critique. Plusieurs reproches qu'on lui a faits, sont certainement déraisonnables. On ne peut pas plus blâmer son style de ce qu'il n'offre pas le sublime de Michel-Ange, qu'on ne saurait blâmer Ovide parce qu'il ne ressemble pas à Virgile. Mais de plusieurs enfin il faut avouer qu'il a manqué qualités qui se seraient parfaitement accordées avec son style. Au nombre des de ces qualités, on peut compter la beauté de caractère ce sont des femmes. Les siennes en approchent quelquefois, figures fraîches et avenantes ; mais elles n'ont que rarement, La même chose peut se dire de ses jeunes si jamais, l'élégance. ont l'espèce de majesté que gens et ses enfants. Ses vieillards confère une barbe touffue ; mais jamais il n'a eu une idée des poétique du caractère de cet âge. Dans ses représentations sainte et de la fable, au lieu plus hautes figures de l'histoire l'idée qu'on se de quelque chose de surhumain qui remplisse ne trouve g-uère plus fait d'êtres de cette nature, le spectateur que les simples mortels qu'il rencontre tous les jours. L'incorrection dans ses contours est plus souvent l'effet de et de la négligence la précipitation que d'un défaut de talent; on trouve dans ceux de ses grands ouvrages auxquels il paraît avoir donné plus de soin, des figures nues aussi distinguées par le dessin que par le coloris. On croit voir qu'il avait une grande aversion pour la manière maigre et sèche de ses préles anciens maîtres allemands et flamands; afin décesseurs, ce de l'éviter mieux il a tenu son contour ample et coulant: a produit cette pesanteur qu'on qui, poussé jusqu'à l'extrême, souvent dans ses figures. Un autre défaut de ce remarque grand peintre est son peu d'attention pour le jet des draperies, surtout des draperies de femmes ; car il n'arrive presque jamais que les plis en soient choisis avec intelligence. Carie Maratte et Rubens sont à cet égard à des extrêmes trop d'art dans la disposition opposés : l'un laisse apercevoir de ses draperies, et l'autre y en a mis trop peu. En outre, la
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la qualité historique, draperie de Rubens n'est pas proprement se remarque trop distinctede l'étoffe dont elle est composée ment ; et par là sa manière ressemble à celle de Paul Véronèse. Cette espèce de draperie choque moins dans Rubens qu'elle ne le ferait dans plusieurs autres peintres, parce qu'elle contribue en partie à la richesse qui fait le caractère de son style, caractère qu'aussi bien je ne prétends pas donner pour le plus simple et le plus sublime. La différence qu'il y a entre la manière de Rubens et celle de tous les autres maîtres qui avaient paru avant lui, ne se dans aucune partie autant que dans son coloris, qui remarque de celui du Titien, du Corrège, et de tous diffère totalement L'effet de ses tableaux peut être assez les grands coloristes. bien comparé à celui d'un amas de fleurs ; toutes ses couleurs en ont la beauté et la vivacité, en même temps qu'il a su de éviter le papillotage auquel expose un rapprochement et à cet égard il a plus de ressemteintes aussi brillantes; blance avec le Baroche qu'avec aucun autre peintre. Ce quia été dit d'un peintre ancien peut être appliqué à ces deux maîtres : « que leurs figures paraissent être nourries de roses ». Ce serait une étude curieuse et utile pour un peintre, que d'examiner la différence d'effet et la cause de cette différence dans les ouvrages du Corrège et de Rubens, l'un et l'autre La préférence parfaits à sa manière. qu'on ferait de l'un à de celui qui l'autre, serait sans doute réglée sur les habitudes en jugerait. Ceux qui auraient reçu leurs premières impressions des ouvrages de Rubens accuseraient le Corrège de lourdeur : et les admirateurs du Corrège diraient que Rubens manque de un vague et solidité d'effet. Il y a chez Rubens une légèreté, une facilité, diraient ses défenseurs, et en comparaison une laborieuse chez le Corrège : dont les admirateurs, pesanteur à leur tour se plaindraient que le genre de Rubens est négligé et peu fini, tandis que les tableaux du Corrège sont terminés dans le plus haut degré de finesse. Et ce qui pourrait être dit en faveur de la largeur des lumières du Corrège, serait taxé chez ses censeurs de pédanterie et d'affectation. Il faut observer que je ne parle ici que de la manière, de l'effet du
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selon la méthode en ; et je crois pouvoir conclure, en décernant une couronne usage dans les poésies pastorales, de l'un ou de l'autre. à chacun, sans décider de la supériorité Pour finir, j'oserai reprendre en faveur de Rubens ce que j'ai dit plus haut de l'école Hollandaise, que ceux qui n'aperçoivent point le mérite de ce grand maître, ou bien sont prisonniers d'une conception étroite de la variété de l'art, ou bien sont égarés par cette affectation de ne vouloir rien approuver que ce qui vient des écoles d'Italie. /'TTP-^ tableau
FIN
INDEX
DES CONTENUS
NOMS
PROPRES
DANS CE VOLUME
ALBAN'E (François Albani ou 1'). Imitateur intelligent des Carraches, p. 109 ; ouvrage faussement décrit sous son nom, p. 3i8; ouvrages décrits, p. 296, 3ig, 320, 323, 328, 329, 33o, 33i et n. 1. ALGARDE (Alexandre Algardi ou 1'). Ouvrages décrits, p. 292, 3oi. ALGAROTTI. LU par Reynolds, p. 11; auteur cité, p. 178 n. 2, 198 et n. AMMAN (Josse). Biographie, p. 112 n. 1 ; idées à tirer de ses ouvrages, p. 112. AMOROSO (Antoine Amorosi ou). Ouvrage décrit, p. 4^3. ANNE, reine d'Angleterre. Kneller en vogue sous son règne, p. 17. APELLE.Le cordonnier critique de ce peintre, p. 227 et n. ; défendu contre la critique de Bacon, p. 52. Auteur cité, p. 19. AQUILAROMANUS. ARISTOTK. Exemple d'écrivain el critique à la fois, p. 146. ARUNDEL (Lord et Lady). Leur portrait controuvé, p. 434. ASSELYN (Jean), dit Crabbetje. Ouvrages décrits, p. 367, 4J6. AUURAN(Gérard). Graveur de Lebrun, p. 162n. AZARA(Le chevalier d'). Auteur cité, p. 2 n. BABUREN (Théodore). Ouvrage de lui cru du Caravage, p. 294 n. 4BACKER'. Ouvrage décrit, p. 876. BACKEREEL (Gilles). Imitateur de Vandyck, p. 396; ouvrages décrits, p. 3go, 3g5, 396. Cité en exemple, p. 418 ; BACKHUYZEN. ouvrage décrit, p. 4J3.
BACON (Le chancelier). Sa prétention de se passer de lecture, p. 211 ; son jugement sur les règles de l'art critiqué, p. 52; auteur cité, p. 211. BACON,sculpteur. Inférieur à Rysbrack et à Roubiliac, p. 14. BAGLIONI. Auteur cité, p. 292 n. 5. BAILLIE.Graveur, p. 407. BAMEINI. Ouvrage décrit, p. 353. BANDINELLI. Copiste de l'antique, p. 217 ; imité peut-être par le Tintoret, p. 270 ; ouvrages décrits, p. 3o6. BANKS.Inférieur à Rysbrack et à Roubiliac, p. 14. BAKATTI (Antoine). Graveur, p. 346. BAROCIIE (Frédéric Barocci ou le). Copiste du Corrège, p. 3n ; son coloris ressemble à celui de Rubens, p. 444 ; caractère de ses dessins, p. 43 ; cité en exemple, p. 29g, 3oa ; ouvrages décrits, p. 295, 3II, 424BARTHÉLÉMY (Fra Bartolommeo délia Porta ou Frère). Imitateur de Masaccio, p. 2i5 ; son influence sur Raphaël, p. 107; ses ouvrages comparables à ceux de MichelAnge, p. 267 ; ouvrages décrits, p. 3o3, 3o5, 3og. BARRY (Jacques). Sa part dans un projet de décoration de Saint-Paul, p.402 n. BASSANS (les). Caractères de leurs dessins, p. 43. BASSAN(Jacques Da Ponte, dit). Exemple de style inférieur, p. i33 ; loué pour ses animaux, p. i33; son exécution, p. 3oo ; comparé à Véronèse, p. 73, à Poussin, p. 297;
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INDEX
DES NOMS PROPRES
servilement imité, p. 108 ; son portrait chez Véronèse, p. 333 ; ouvrages décrits, p. 3io, 332, 337, 346, 35i. BASSAN (Jean Da Ponte, dit). Exemple d'imitation servile, p. 108. BASSAN (Jérôme Da Ponte, dit). Exemple d'imitation servile ; p. 108. BASSAN (Léandre Da Ponte, dit). Exempie d'imitation servile, p. 108. BATONI (Pompée). Elève d'Impériale, p. 241 n. Sa méthode vicieuse d'exécution, p. 244 ; son mérite inférieur à son renom, p. 241. BEECIIEY. Editeur de Reynolds, p. i3. BEGA(Corneille). Ouvrages décrits, p. 409. BELLet fils. Imprimeurs des écrits de R_eynolds,p. 13. BJSLLIN(Jean Bellini ou). Ouvrage décrit, p. 351. BELLORI.LU par Reynolds, p. 11; auteur cité, p. 2i3 et n. BELLUCCI PELLEGRINO. Ouvrages décrits, p. 436. BEMISE (Le cardinal Bembo ou). Son éloge de Raphaël, p. 225, 226 et n. BERCKHEYDEN. Comparé à Vander Heyden, p. 4rG; ouvrage décrit, p. 416. Cité en exemple, p. 418; BEKGIIEM. ouvrages décrits, p. 408, 4i2BEIINARB (Emile). Citateur de Reynolds, p. i3. BEUNIN(Laurent Bernini ou). Loué de ses premiers ouvrages, p. 182 ; critiqué pour son expression, p. 65, pour ses draperies, p. 182, pour une chevelure, p. i83 ; sa mailresse, p. 3o4 ; ouvrages décrits, p. 297, 2g8, 3oi. BIBIENA (Jean-Marie). Ouvrage décrit souslenomdel'Albane,p.3i8 etn.4. Bisciiop. Auteur d'un recueil cité, p. 264. BLOEMAERÏ. Graveur, p. 310. BOILEAU.Exemple du poète et critique à la fois, p. 146. BOL (Ferdinand). Son Ion jaune, p. 4!0 ; ouvrages décrits sous le nom de Piembrandt et de Flinck, p. 429 Gl-n- 4BOLOGNE (Jean de). Exemple d'indifférence aux sujets, p. 181 ; comparé à Michel-Ange, p. 3o6, 307 ; sa supériorité, p.3o6; plâtres d'après ses ouvrages, p. 3o5 ; ouvrages décrits, p. 3o6. BOLSWERT. Graveur, p. 310, 36o, 3G4,
36g, 378, 38i, 382, 383, 3g2, 3g8. BONOMI.Cause des différends de Reynolds avec l'Académie, p. 255. BORDONE (Paris). Ouvrages décrits, p. 346, 35i. BORGUINI. Donne à un ouvrage de Jean de Bologne son nom, p. 181 n. 1 ; auteur cité, p. 181 n. 1. BORGO SANSEroLcuo(Jean de' Veechi dal). Ouvrage décrit, p. -292. Boscn (Balthazar Vanden). Fausse lecture, p. 112 11. BOSCHAERTS (Madame). Son cabinet de peinture, p. 401. Bosciu (François). Ouvrages décrits, p. 3o4BosciiiM. Auteur cité, p. 343. BOUCHARDON. Sou mot sur Homère, p. 86 et u. 2. BOUCHER. Aroisin du Corrège et du Parmesan, p. n3 ; mérites de sa première manière, p. 220 ; exemple d'affectation agréable, p. 112 ; sa négligence du modèle, p. 220 ; ses imitateurs abominables, p. 221 ; visité par Reynolds, p. 220. BOURBON (Sébastien). Mérite poétique de ses peintures, p. a3i, 25o ; consulté sur un tableau de Véronèse. p. 68. BOURGUIGNON (Jacques Courtois, dit le). Exemple de style inférieur, p. 58 ; ouvrages décrits, p. 294, 307, 33o. BOZE.Auteur cité, p. 86 n. 2. BRAMANTE. Introducteur de Raphaël près du pape, p. 208 ; ouvrage décrit, p. 294. BRAMER (Léonard). Exemple d'imitation servile, p. 108 et n. BREUGLE(Pierre Breughel ou) le Vieux. Son abondance d'idées, p. 436 ; ouvrage décrit, p. 436. BREUGLE (Jean Breughel ou) de Velours. Cité en exemple, p. 4J8 > ouvrages décrits, p. 406, 433. BRONZIN (Ange di Cosimo, dit). Ouvrage vendu, p. 3o4, 3o5. BHOUWER. Exemple de style inférieur, p. 58, 114; cité en exemple, p. 418 ; Ouvrage décrit, p. 408. RURKE (Edmond). Amitié de Reynolds pour lui, p. 11; il l'accompagne en France, p. 220 n. : son influence sur Reynolds, p. 11 ; cité par Reynolds, p. 166, n. 1. CACCINI(Jean). Ouvrages décrits, p. 3o6, 3oy.
INDEX
DES NOMS PROPRES
CAFEIÉRI.Supérieur à Chaudet et à Roman, p. 14. CAGNACCI (Guido). Ouvrages décrits, p. 3i6, 322, 327. CALABRÈSE (Mathias Preti, dit le). Ouvrages décrits, p. 33o. CALIARI(Benoît). Exemple d'imitation servile, p. 108; ouvrage décrit, p. 343. CALIARI (Charles ou Carletto). Exemple d'imitation servile, p. 108 ; ouvrage décrit, p. 343. CALVAERT (Denis). Ouvrage décrit, et p. 324 n. 2. CARAVAGE (Michel-Ange Amerighi dit le). Même invention que Lucas Giordano, p. 426 ; ouvrages faussement décrits sous son nom, p. 294 et n. 4 ', ouvrages décrits, p. 298, 29g, 3i5, 386. CARRACHES (Les). Eloge de leur école, p. a65; loués par un faux connaisseur, p. 278; comparés aux peintres de Venise, p. 356; imitateurs intelligents de Tibaldi, p. 109, 824 ; copistes de Raphaël, p. 325 ; reçoivent l'influence de MichelAnge, p. 264; inférieurs dans cette imitation, p. 265; leurs imitateurs intelligents, p. 10g, 327; imités par Carlo Maratte, p. 89, 109; leur manière chez le Tintoret, p. 345 ;' ouvrages décrits, p. 3ai, 325, 33i. CARRACHE (Louis Carracci ou). Son rang de chef d'école, p. 41 n. ; le style décoratif et le grand style mêlés chez lui, p. 83 ; comparé au Titien, p. 41, à Lanfrauc et à Carie Maratte, p. 326, au Laocoon, p. 32S; cité en exemple, p. 41, 84, 85 ; maître de Lionel Spada, p. 33o; auteur de la manière du Guerchiu, p. 3ig; ses principaux ouvrages, p. 4i>4a> ouvrages faussement décrits sous son nom, p. 327 et n. 2; ouvrages décrits, p. 3i5, 317, 3ig, 320, 323, 32a, 326, 327, 328, 3ag, 33o. CARRACHE (Annibal Carracci ou). Sa composition, p. 70; son exactitude en dessinant, p. 3i ; trop hardi, p. 3oo; élève de Louis Carrache, p. 41 n. ; imité, p. 3o5 ; copié par le Guide, p. 327 et n. 2 ; Massari et Cesi peignent d'après ses dessins, p. 331 ; graveur du Corrège, p. 3i4; cité en exemple, p. 3g4 ; ouvrages faussement décrits sous son nom, p. 320; ouvrages décrits,
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p. 293, 296, 3io, 3n, 3i5, 317, 320, 323, 326, 33o, 33i, 426. CARRACHE (Augustin Carracci ou). Son exécution, p. 3oo ; comparé au Dominiquin, p. 319 ; élève de Louis Carrache, p. 41 n.; graveur de Calvaert, p. 324; de Sammacchini, p. 324; du Tintoret, p. 335; de Véronèse, p. 346 ; cité en exemple, p. 371 ; ouvrages cités, p. 3i4, 317, 319, 32i, 322, 323. CASTICLIONE (Benoît). Ouvrages décrits, p. 3og. CATHERINE II. Tableau et discours de Reynolds à elle envoyés, p. 3. CAVEDONE(Jacques). Biographie, p. 10g, n. 2; imitateur intelligent des Carraches, p. 10g, 327; ouvrages décrits, p. 326, 327 et n. 2. CAYLUS. Graveur de Raphaël, p. 3i et n. 2. Auteur cité p. 86, n. 2. CESI(Barthélémy). Ouvrages décrits, p. 33i et n. 1. CHAMBEKS. Architecte des bâtiments de l'Académie de peinture de Londres, p. 170. CHAMPAIGKE (Philippe de). Auteur cité, p. 73 n. CHARLES Ier. Protecteur de Corneille Jansen, p. ig6 n. Son portrait, p. 4°6, 4°8. Son portrait par CHARLES-QUINT. Vandyck, p. 36o. électeur de BaCHARLES-THÉODORE, vière. Ses règlements sur la galerie de Dusseldorf, p. 420. CHAUDET. Inférieur à l'alconet et à Calhéri,p. 14. 0 CHÉRON (M110)ou Mm Lehay. Exemple d'imitation servile, p. 108. CHESSMANN. Nom inscrit sur un tableau d'Holbein, p. 4°5. CIIEW.Sculpteur ridicule du costume moderne, p. 187. CHIARI(Joseph). Exemple d'imitation servile, p. 108. CICÉRON.Ses provisions d'idées, p. 211; exemple d'orateur et critique à la fois, p. 146; son buste, p. 3o4; auteur cité, p. 4g, io3, i36 n., 166. CIGNANI(Carie). Ouvrages décrits, p. 3i4, 3i8, 327, 424. CIGOLI(Louis Cardi de). Ouvrages décrits, p. 3io, 3n. CIMABUE. Ouvrages décrits, p. 3o3. CII'RIANI.Sa part dans un projet de doralion de Saint-Paul,p. 402 n. 29
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INDEX
DES NOMS PROPRES
CLAUDIEN. Exemple à ne pas suivre, p. I5I. COCK(Jérôme). Biographie, p. 266n.; imitateur de Michel-Ange, p. 266. CÔMEI01',grand-duc de Florence. Sa statue, p. 3o6 et n. 1. CONCA (Sébastien). Biographie, p. 241 n. 2; exemple de faiblesse, p. 241. CONDIYI. Auteur cité, p. 272. CONGRÈVE. Ami de Vanbrugh, p. 236n. CONTAHINI (Simon). Exemple d'imitation servile, p. 108. COOPER.Présumé l'objet de la critique de Reynolds, p. 76 n. CORNEILLE. Exemple mal choisi de poète et critique à la fois, p. 146 et n. CORRÈGE (Antoine Allégri, dit le), .cloge et critique de son style, p. 77, 78; son union des couleurs avec ie fond, p. i63 : sécheresse de ses débuts, p. 164; caractère de ses dessins, p. 43 ; leur beauté, p. ig6 ; soupçonné de peindre à la chandelle, p. 243 ; préféré à Raphaël pour l'huile, p. 84; le cède à Michel-Ange, p. 267; en parallèle avec Rubens pour la couleur, p. 4445 mauvaise excuse à tirer de ses défauts, p. 106, 178; sa grâce empruntée par Walteau et Boucher, p. n3; imité par Abraham de Vries, p. 385 ; texte qui le concerne expliqué, p. 8, 9; cité en exemple, p. 296, 2g9 ; copies d'après ce maître, p. 3n, 3i4 ; ouvrage faussement décrit sous son nom, p. 4a6; ouvrages décrits, p. 294, 2gg, 309, 3i2. CORT(Corneille). Graveur, p. 354. CORTONE(Piètre Berctlini, dit de). Copiste du Tintoret, p. 338 ; servilement imité, p. 108; ouvrages décrits, p. 3u. COSTANZA(Placide). Biographie, p. 241, n. 3; exemple de faiblesse, p. 241. COTTON.Editeur de Reynolds, p. 3, 4; auteur cité, p. 3oa n., 3o5 et n. 1, 34o n. Son cabinet de peinCovENTUY-(Lord). ture, p. 428. Auteur cité, p. 201. COWLEV. COYPEL(Antoine). Loué et critiqué. p. 112. Son défaut de naturel, p. i53. COXIE(Michel). Imitateur de MichelAnge, p. 266 ; ouvrage décrit, p. 365.
CUMBERLAND (Guillaume-Auguste, duc de), fils de Georges II. Sa statue, p. 187. CUMBERLAND. Vengeur de Pieynolds, p. 2 n. CUYP (Albert). Ouvrage décrit, p. 412, DANOOT.Son cabinet de peinture, p. 365. DANCE.Sa part dans un projet de décoration de Saint-Paul, p. 402 n. DANDRÉ-BAUDON. Son accord avec Pieynolds, p. 17, 18. DASCH.Sou cabinet de peinture, p. 399, 4a3. DAVID(Louis). Sa réforme jugée, p. i3, 14; prôneur inconsidéré de l'antique, p. 14, i5. DE CRAYER(Gaspard). Exemple de médiocrité, p. 424,° imitateur de Rubens, p. 431 ; éclipsé par lui, p. 44° j ouvrage décrit, p. 421. DEHEEM(Jean). Son coloris brillant, p. 4J9> cil.ô en exemple, p. 4'S; ouvrages décrits, p. 407..409. DE HOOGII(Pierre). Ouvrage décrit, p. 416. DE JODE(Pierre). Graveur, p. 371, 375, 3go. DELABORDE (Vicomte Henri). Admirateur de Reynolds, p. i3. DEMER. Marchand de tableaux, p. 3o5. Ses provisions d'idées, DÉMOSTIIÈNE. p. 211. DE NEY. Son portrait par Rubeus, p. 434. DENNER (Balthazar). Biographie, p. 231 n. 1 ; exemple de grand finisseur, p. 201. DEVONSIIIKE (DUCde). Son cabinet de peinture, p. 43o. DK Vos (Martin). Ouvrage décrit, p. 377. DE Vos (Paul). Ouvrages décrits, p. 407 et n. 6, /j-i-i. DEVOS(Simon). Son portrait, p. 385; ouvrages décrits, p. 377, 384. DEVIIIES(Abraham). Ouvrage décrit, p. 385 et n. 1. DE V/ITTE (Emmanuel). Inférieur à Houckgeest, p. 407. DE WITTE(Jacques De Wil ou). Ouvrage cité, p. 410. médecin. Peint par RemDEYMAN, brandt, p. 4n. DiEPEMisiiCK. Exemple d'imitation servile, p. 108; ouvrage décrit, p. 385. DIÉTUECI (Dielrich ou). Son défaut de génie, p. 440>
INDEX
DES NOMS PROPRES
DIKXENS.Son cabinet de peinture, p. 401. DOLCI(Carie). Ses ligures d'enfants médiocres, p. 426; ouvrages décrits, p. 3i2, 426DOMINIQUIN (Dominique Zampieri dit le). Imitateur intelligent des Car. radies, p. 109; trop timide, p. 3oo ; comparé au Titien et au Corrège, p. 296; éclipsé par Rubens, p. 4^5 ; loué par un faux connaisseur, p. 278 ; Koeberger lui ressemble, p. 364 ; cité en exemple, p. 371; ouvrages décrits, p. 292, 2g3 et n. 1, 295, 296, 817, 3i8, 322 et n. 2. 33o, 42g. DONNE,poète. Jugé par Drydcn et Johnson, p. 436 n., 437; exemple d'abondances d'idées, p. 436. Dosso (Baptiste ou Jean Luteri dit). Ouvrages décrits, p. 3i5, 3i6. Dou (Gérard). Son insuffisance à peindre de nombreuses figures, p. 424; cité en exemple, p. 418; son portrait, p. 424 ', ouvrages décrits, p. 407, 408, 413, 4J3, 4*4, 4i5, 4^3. DRYDEN. Exemple de poète et critique à la fois, p. 146; auteur cité, p. 346 11. LU par Reynolds, p. 11; DUI'RESNOY. annoté par le même, p. 2, 4 ; règle de cet auteur interprétée, p. i58, 159 ; auteur cité, p. i3g. DU.TARDIN (Carie). Comparé à Potter, p. 4' 2 j ouvrages décrits, p. 4c-9> 412, DUKKK(Albert). Exemple de vérité, p. 437 ; sécheresse de ses oppositions, p. 164 ; idées à tirer de ses ouvrages, p. 112 ; jugé par Vasari, p. 58 ; défendu contre le jugement de Bacon, p. 52. EUI'HEANOR. Son tableau de Paris, p. 81. EEKII'JDE.Inspirateur de Timanlhe, p. 16S ; sa réponse aux Athéniens, p. 93. EVANS. Ci-ilique de Vanbrugh, p. 236, n. 1. EÏNIIOUDTS. Graveur, p. 878, 3Si, 0S4, 389, 3g6, 3gS. FAGEL(Le Greffier). Son cabinet de peinture, p. 408 ; provenance de ses dessins, p. 408. FALCONET. Supérieur à Chaudet et à Roman, p. 14; d'accord avec Reynolds, p. 18, 81 n. 2; en contradiction avec le même, p. 18 ; juge de
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l'invention de Timanlhe, p. 168, 169 ; auteur cité, p. 86, n. 2. FÉLIBIEN. Conseiller de qualités qui s'excluent, p. 260; loue à contresens Lebrun, p. i5g ; lu par Reynolds, p. 11. duc de Parme. Efface les FERDINAND, peintures deTiarini, p. 3i4 n. 3. FERRY(Cyr). Exemple d'imitation servile, p. 108. FETI (Dominique). Ouvrage faussement décrit sous le nom du Corrège, p. 426. F'IALETTI (Odoard). Graveur, p. 334. FIELDING. Auteur cité, p. 232. FIORENTINO (peut-être Michel Alberli, dit). Ouvrage décrit, p. 2g4 et n. 3. FIRMIN-DIDOT. Copiste de Vécellio, p. 332, n. 2. FLAMAND (Duquesnoy, dit). Bas-relief de cet artiste reproduit par Gérard Dou, p. 414. Ouvrage décrit, p. 29a, FLAXMAN. Inspiré par Michel-Ange, p. i5. Son influence jugée, p. 14. FLINCK (Goard). Exemple d'imitation servile, p. 108 ; son ton jaune, p. 429; son portrait, p. 429; ouvrages faussement décrits sous son nom, p. 429 et n. 4FONTAINE (André). Auteur cité, p. 73 n. FOURMENT (Hélène), femme de Rubens. Son portrait, p. 400, 4o5, F'OY'SMONTOJA. Son buste, p. 297, 298. FRANCK (Ambroise). Ouvrage décrit, p. 3;6. FRANCK (François). Ouvrage décrit, , P- 376. FRANCO (Baptiste). Biographie, p. i44 n. ; employé à Venise, p. i44FRANK-FLORE (François De Vricndt, dit). Imitateur de Michel-Ange, p. 266 ; son portrait, p. 399; ouvra3g4, 399. , ges cités, p. 372, 377, électeur de FRÉDKRIC-GUILLAUME, Brandebourg. Peintre employé par lui, p. 108n. 16. FIIEY.Graveur, p. 3oo. FRY (Roger). Éditeur de Reynolds, p. i3; ses critiques, p. 16, 17; auteur cité, p. 76 n., n5 n., 194 n., 198 n. ^ FUMIA.NI (Antoine). Ouvrage décrit, p. 351. FURINO(Philippe ou François). Ouvrage décrit, p. 3u.
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INDEX DES NOMS PROPRES
FUSELI.Cause du différend soulevé entre Pieynolds et l'Académie, p. 255 n. FYT.Ouvrage décrit, p. 422GABIANI.Biographie, p. 3o5 n. 3; son avis cité, p. 3o5 ; ouvrage décrit, p. 3o3. GALAND. Impressions de plâtre pratiquées par lui, p. 336, n. 3. GAINSBOROUGH. Ses sujets et son style, p. 245, 246 ; sa manière, p. a5i, 252, 254 ; qu'il a trop sacrifié à la légèreté, p. 254 ', sa négligence de ce qui n'est pas couleur, p. 253 ; sa pratique de peindre à la chandelle, p. 243 ; sa méthode d'exécution, p. 244 ; les traits de ses portraits indécis, p. 252 ; comparé pour le paysage à Rubens et à Ruysdaël,p. 246; préféré aux peintres Romains du temps, p. 241; qu'il n'a pas essayé l'histoire, p, 247, ni les mylhologies dans ses paysages, p. 248; ses tableaux de fantaisie, p. 246, 247 ; qu'il a manqué d'une éducation académique, p. 243, a5i, a52 ; son amour pour son art, p. 242, 244, 245; son observation continuelle, p. 242; son élude de l'école Flamande, p. 246; ses copies d'après cette école, p. 246 ; ses modèles choisis dans la rue, p. 242 j débris rapportés de ses promenades dont il compose ses paysages, p. 242, 243 ; son désir d'être vu de près, p. 251 ; son importance dans l'école Anglaise, p. 240 ; les principes de l'Académie différents des siens, p. 245 ; qu'il n'en faut rien conclure contre l'Académie, p. 245 ; n'est pas caution des défauts qu'il présente, p. 245; brouillé avec Reynolds, p. 245 ; réconcilié avec le même, p. 244, a45 n.; démenti prétendu de Gainsborough à Pieynolds, p. 161 n.; sa mort, p. 240 et n. GAROFALO (Benvenulo Tisio, dit le). Ouvrage décrit, p. 3i5. Ami de Reynolds, p. 12 ; GARIUCK. loué à contre-temps par Fielding, p. a32 ; cité en exemple, p. 233. GART.Son cabinet de peinture, p. 4MGARZI (Louis). Ouvrage décrit, p. 2g3. Lettre de Piubens à lui, GELDORP. p. 435. GF.NI.IS(Madame de). Dédicace de Reynolds à elle, p. >..
GENNARI (Benoit).Exemple d'imitation servile, p. 108. GEORGES III, roi d'Angleterre. Son règne comparé au siècle de Léon X, p. 32 ; fondateur de l'Académie de peinture, p. 21, 23, 24 et n.; protecteur de cette compagnie, p. 170; son intervention dans le différend de Reynolds avecl'Académie, p. 255 n.; ses sentiments à la mort de Pieynolds, p. 12; les Discours de Pieynolds à lui dédiés, p. 21. GEHINI(le marquis). Son cabinet de peinture, p. 3o4GHERARDINI (Thomas).Ouvrage décrit, p. 3o3. GHIBERTI. Défaut de ses bas-reliefs, p. i85. GHYZEN(Pierre). Ouvrage décrit, p. 412. GIAQUINTO (Conrad), Ouvrage décrit, P- 293GIORDANO (Lucas). Exemple de style inférieur, p. i32 ; son originalité, p. 211, 212; parties de grand peintre en lui, p. 425 ; introducteur du style décoratif à Naples et en Espagne, p. 72 ; imitateur du Tintoret, p. 425 ; de Ribéra, p. 426; même invention chez lui que chez le Caravage, p. 426 ; son portrait présumé, p. 426 ; ouvrages décrits, p. 329, 333, 345, 367, 425, 426. GIORGIONE (Georges Barbarelli dit le). Sécheresse de ses débuts, p. 164 ; ouvrage décrit, p. 356. GOLDSMITH. Ami de Reynolds, p. 12 ; auteur cité, p. i32 et n. GOLTZIUS (Henri). Ouvrages dans sa manière décrits, p. 43o. GOSSE.Editeur de Reynolds, p. i3; auteur cité, p. n5 11. GOUBAU (La famille). Peinte par Rubens. p. 376. GRAFTON (Duc de). Son cabinet de peinture, p. 367, 423. GRAY. Inspiré par le Parmesan, p. 262. GUERCHIN (Jean-François Barbieri, dit le). Imitateur intelligent des Carraches, p. 10g; a pris sa manière d'un tableau de Louis Carrache, p. 319, 3ai ; soupçonné de peindre à la chandelle, p. 244 ; comparé à Augustin Carrache, p. 3ig ; aux Vénitiens, p. 356 : servilement imité, p. 108 ; ouvrages à Bologne, p. 42 n. ; ouvrages décrits,
INDEX DES NOMS PROPRES p. 295, 2g8,3oo, 3io, 3i3, 3i5,3i6, 3i8, 3ig, 322, 323, 826 et n. 2, 327, 33o. GUIDE(Guido Reni, dit le). Imitateur intelligent des Carraches, p. 10g; ses expressions critiquées, p. 80; que la symétrie chez lui est un défaut, p. 43o; trop efféminé,p. 3oo; copiste d'Annibal Carrache, p. 327 et n. 2; servilement imité, p. 108 ; imité par Carie Maratte, p. 8g, 109; loué par un faux connaisseur, p. 378 ; son tombeau, p. 32i ; copie d'après lui décrite sous son nom, p. 43o ; ouvrages décrits, p. 2g4, 298 et n. 2, 3o4, 309, 3io, 3i2, 3i5, 3i7, 3ao, 32i, 322 et n. 2, 323,324, 325, 327, 328, 329, 33o, 337. GUILLAUME III, roi d'Angleterre. Vogue de Kneller sous son règne, p. 17. LETACITURNE. Son triomGUILLAUME phe, p. 408 ; son tombeau représenté, p. 4°6, 407HALS(Frans). Comparé à Vandyck, p. n3 ; ouvrage décrit, p. 4i5. HARRIS(Jean). Auteur cité, p. 268 et n. HASE.Son tombeau, p. 292. HEMSKERKE. Biographie, p. 266 n. ; imitateur de Michel-Ange, p. 266. HENRIIV. Son histoire par Rubens, p. 3og et n. 6. HESS.Graveur, p. 42g. HOBBES.Sa traduction d'Homère, p. 23o. Graveur des palais d'Asie, HODGF.S. p. 236 et n. 2. BOGARTH. Exemple de genre secondaire, p. 58 ; son mérite dans la satire, p. 247; inventeur d'un genre de peinture dramatique, p. 247;médiocrité de sa peinture, p. 17; auteur malencontreuxde quelques tableaux d'histoire, p. 247 et n., 248. HOLBBIN. Exemple de manière sèche, p. 3g8, 4o5; modèle de vérité, p. 437 ; comparé au Titien,p. 2g5 ; portraits hollandais dans son genre, p. 410 ; ouvrages décrits, p. 295, 4o5. HOLFOBD (Le capitaine). Sa collection, p. 3g5, n. 2. HOLSTEIN. Ouvrages décrits, p. 410 et n. 1. HOMÈRE.Inspirateur de Phidias, p. 49 ; comparé à Michel-Ange, p. 263, 265, 266, 282; traduit par Hobbes, p. 23o ; par Pope, p. 265.
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HONDEKOETER . Cité en exemple, p. 4J8; ouvrages décrits, p. 408, 411, 4X5. HONTHORST. Roose préféré à lui, p.[362; ouvrages décrits, p. 36o, 407. HOPE.Son cabinet de peinture, p. 411, 4i9> 424, 429, 437HORACE. Auteur cité, p. 22g n. Préféré à De Witle, HOUCKGEEST. p. 4°7 ! ouvrages décrits, p. 406, 407. HUBERT(Gaspard). Estampe à lui dédiée, p. 375. HUDSON.Biographie, p. 3go, n. 3 ; copiste de Vouet, p. 33o. HUGFOKD. Sesrelations avecReynolds, p. 3o4, 3o5. HUME.Son analyse comparée à celle de Reynolds, p. 10. HUNTER. Maître d'anatomie àl'Académie, p. 55 et n. 1, 141. IMPÉRIALE (François Fernandi, dit). Exemple de faiblesse, p. 241', maître de Pompée Batoni, p. 241, n. 1. Prôneur inconsidéré de RaINGRES. phaël, p. i5 ; contempteur de Rubens et de Vandyck, p. i5 ; citateur de Beynolds, p. i3. JABACH.Son portrait par Lebrun, JANSEN (Corneille). Biographie,p. 190 u. ; exemple de sécheresse, p. 195. JANSEN.Biographie, p. 2 ; traducteur de Reynolds, p. 2, 3 ; sa traduction critiquée, p. 4, 5, 6, 7, 8, g, 68, n. 2 ; ses corrections adoptées, p. 178 n. 3; auteur cité,p. 142 n., a58 n., 377 n. 1. JEAN-MAURICE DE NASSAU.Peintre employé par lui, p. 108 n. 16. Ami de Reynolds, p. 10; JOHNSON. son parrain littéraire, p. 10 ; son maître à penser, p. 10, 11 ; trompé par Lauder, p. 374 n. ; auteur cité, p. 436. JORDAENS. Mal jugé par Reynolds, p. 108; loué par lui, p. 429 ; imitateur du Tintoret, p. 368; de Rubens, p. 387; comparé au même, p. 421; ses chevaux, p. 3go ; ouvrages décrits, p. 368.385, 386, 387, 3go,397, 399J 407, 408, 4i5_,420, 421, 429. JOSEPIN (Joseph Cesariditle). Ouvrage décrit, p. Soi. JULESII. Protecteur de Raphaël, p. 208.
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INDEX
DES NOMS PROPRES
JUNIUS.Lu par Reynolds, p. n, 48 n. 1 ; auteur cité, p. 48 n. 1, i36n. KAUEEMANN (Angélique). Sa part dans un projet de décoration de SaintPaul, p. 402 n. KEPPEL(L'amiral), En voyage avec Reynolds, p. 9. KNELLER. Peintre de portraits sous Guillaume III et Anne, p. 17 ; ridiculement comparé à Shakespeare, p. 17 ; son épitaphe par Pope, p. 226. ICOEBEKGEE (Wenceslas). Eloge de ce peintre, p. 364 > comparé à l'école Romaine et au Dominiquin, p. 364.• ouvrages décrits, p. 364, 372, 3g5. KRAFFT. Graveur, p. 314.. KRAYE(Lambert). Conservateur du cabinet de Dusseldorf, p. 419; conversation de lui avec Reynolds, p. 420. 435 ; son opinion citée, p. 422LAFAGE. Biographie, p. 211 n. ; son originalité, p. 211, 212. LAIRESSE (Gérard de). Impropre à de grandes machines, p. 438; comparé à Terburg, p. 414 ; à Vander Werf, p. 4I3, 438 ; à Poussin, p. 438 ; ouvrages décrits, p. 4i3, 438. LANDINI(Thadée). Ouvrage cité, p. 307. LANFRANC (Jean Lanfranco ou). Imitateur intelligent des Carraches, p. 109; comparé à Louis Carrache, p. 326 ; ouvrage décrit, p. 292. LANGJAN (Bockhorst dit). Imitateur de Vandyck, p. 3g6, 397; ouvrages décrits, p. 36i, 3g6, 397. LANZI.Citaleur de Reynolds, p. 12. LAUDER.Son histoire de plagiat. p. 373 et n. 2. LAUWERS. Graveur, p. 438. Tableau gâté de Rubens à LEULOND. lui comparé, p. 364LEBRUN (Charles). Disciple de l'école Romaine, p. 67 ; son coloris critiqué, p. 161, 162; portraits de sa main égaux à ceux de Vandyck, p. 437 ; confronté avec un principe de Dufresnoy, p. i5g; consulté sur un tableau de Véronèse, p. 68; son portrait par lui-même, p. 437 ; ouvrage décrit, p. 437. LEBRUN.Son cabinet de peinture, p. 416. LEFÈVRE (Valentin). Graveur, p. 333 n. 3, 335, 342, 343, 345, 38g.
LEGROS.Loué sur un bas-relief, p. i85 ; critiqué sur ses draperies, p. i85. LELY(Pierre Vander F'aes, dit). Sa marque sur des dessins, p. 408. LÉONX, Son siècle en exemple, P' 3'2' LESLIEET JL'OM IAYLOR.Eaiteurs de Reynolds, p. 3 ; auteurs cités, p. 327 n. 3. LESUEUR. Disciple de l'école Romaine, p. 67 ; imitateur intelligent de Vouel, p. 109; sa simplicité, p. i53. LIÉVENS. Ouvrage décrit, p. 4°7LIGNE(Prince de). Son cabinet de peinture, p. 367. LINGELBACK. Ouvrages décrils, p. 4i3, 4i6. Lippi (Filippino). Modèle de Raphaël, sous le nom de Masaccio, p. 212, 214, 2i5, 216, 217, 307 ; loué et critiqué sous ce nom, p. 214. LOMMELI. Graveur, p. 384. Auteur cité, p. 87. LONGIN. LORENZI(Asloldo). Ouvrage décrit, p. 3o6. LORRAIN (Claude Gellée dit). Exemple de genre secondaire, p. 58 ; air antique dansses peintures, p. a3i; leur style gracieux, p. a3i; leur simplicité, p. 74, 75 : comparé à Rubens, p. 442, 443 ; im'té par Bamboche, p. II3 n. 1 ; cité en exemple, p. i32 ; ouvrage décrit, P- a9?LOUISA.Graveur, p. 333, 338, 33g, 343, 344i 34g, 35o, 35a, 355. Louis XIV. Les manières de sa cour aux héros de l'antiquité, p. 55. LUCAIN. Exemple à éviter, p. I5I. LUCASDELEYDE.Idées à tirer de ses ouvrages, p. 112. LUCÏANI (Antoine). Graveur, p. 336. MACHIAVEL. Auteur cité, p. 44 n. MALOKE. Editeur de Reynolds, p. 3 ; auteur cité, p. 367 n. 1, 437 n. 1. Sécheresse de ses oppoMANTÈGNE. sitions, p. 164. MARATTE (Carie). Imitateur intelligent de Raphaël, du Guide, et des Carraches, p. 89, 109; faiblesse de sou génie, p. 109; exemple de style insipide, p. 89 ; son coloris critiqué, p. 161, 162 ; importance de la draperie à ses yeux, p. 67 ; loué et. critiqué sur cette partie, p. 67 ; compare in Rubeus, p. 443, 444 ; ' Louis Carrache, p. 326 ; défaut de
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DES NOMS PROPRES
ses dessins de sculpture, p. 184; élève d'André Sacchi, p. 109 : ce dernier et lui nommés les derniers des Romains, p. 241, 282 ; servilement imité, p. 108; ouvrages décrits, p. 292, ag3, 416. Graveur de Raphaël, MARC-ANTOINE. p. 3ai n. 5. MAIIC-AUHÈLE. Sa statue, p. 297. . Rétablit MARIE-LOUISE D'AUTRICHE les peintures de Tiarini, p. 3i4 n. 3. MASACCIO. Son application, p. 214 ; origine de son nom, p. ai4 et n. ; modèle supposé de Raphaël, p. 212, 214, 21g, 307 : ses imitateurs, p. ai5 ; ouvrages décrits, p. 307. MASSARI (Lucio). Ouvrages décrits, p. 33i et n. 1. MASSYS (Quentin). Comparé pour le caractère à Raphaël, p. 377 ; son portrait, p. 3g9 ; ouvrages décrits, p. 377, 39g, 438, 43g. MASSYS(Jean). Mouche supposée peinte par lui pour tromper FrankFlore, p. 372. MASUCCIO (Augustin). Biographie, p. 241n. 4 ; exemple de faiblesse, p. 241. MAZZUOLI (Jérôme). Exemple d'imitation servile, p. 108. MEIIUS(Livio) . Ouvrages décrits, p. 3o8, 3og. MENGS(Raphaël). Sa gloire au-dessus de son mérite, p. a4 ; prôneur inconsidéré de Raphaël, p. 14 : sa réforme jugée, p. i3, 14 ; présuinément critiqué par Reynolds, p. II5 n. ; sa critique de Reynolds, p. 2 n. : les idées de Reynolds proches de lui sur un point, p. 18. MÉTASTASE. Biographie, p. 209 n. a ; exemple des dangers de l'improvisation, p. 209, 210. MÉTEI.LI. Graveur, p. 34i, 842. MF.T/.U.Cité en exemple, p. 4J8 ; ouvrages décrits, p. 407, 4°9, 412, 413, 4i5. Son éloge, p. 85,86; MICHEL-ANGE. le plus élevé des styles caractéristiques, p. 92; la plus sublime des imaginations, p. 2Ô3 ; supérieur dans le poétique de l'art, p. 263 ; son dédain des petits ornements, p. 85 ; incompatible avec des mérites inférieurs, p. 281 ; loué de la seule perfection des formes, p. 176, 177; sa science dans la mécanique de l'art, p. a63 ; trop capricieux et
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trop hardi, p. 267, 282, 3oo ; son style effet de l'artifice, p. 268, 269 ; ne peut être compris sans une préparation, p. 268 ; son application, p. 272 ; sans modèle dans l'antiquité, p. a63, auteur d'un changement général dans l'art, p. a63, 264, 266, et d'une dignité supérieure, p. 266 ; comparé de ce fait à Shakespeare, p. 263, et à Homère, p. 266, 282 ; effet produit par lui sur le jeune peintre, p. 267, 268 ; ses imitateurs intelligents, p. 10g ; son influence sur Raphaël, p. 26 et n., 86, 214 ; sur le Corrège et sur le Parmesan, p. 77, 262 ; sur le Tintoret et sur Véronèse, p. a65 ; sur le Frère Barthélémy, p. 267; sur Baptiste Franco, p. 144 D- ; sur Pellegrin Tibaldi, p. 264 ', sur les Carraches, p. 264, qui l'approprient au goût général, p. 260; sur les Flamands, p. 266 ; qu'elle a peut-être préparé Rubens, p. 266 ; ses ouvrages confondus avec ceux de Raphaël, p. 264, a65, de Bandinelli, p. 270 n. 2, de Tibaldi. p. 264, 265 ; une de ses figures dérobée par le Titien, p. 270 ; une idée delui chez Rembrandt, p. 411 ; dessine un ouvrage du Piombo, p. 3g4 ; comparé au Titien; p. 265 ; en parallèle avec Raphaël, p. 86, 87, 291 ; loué par Reynolds, p. 12, i5, par le Tintoret, p. 41, P!u' Raphaël, p. 272, par un faux connaisseur, p. 278 ; admiré par Flaxman, p. i5 ; mauvaise excuse à tirer de ses défauts, p. 108 ; son imitation délaissée, p. 264, 26g, d'où le déclin de l'art s'ensuit, p. 271, 282 ; manière d'y revenir, p. 26g, 270 ; son jugement sur Raphaël, p. 272, sur les Vénitiens, p. 71 ; légende réfutée à son sujet, p. 2g5 et n. 5 ; son nom dernier prononcé par Reynolds à l'Académie, p. 273 ; cité en exemple, p. 3g, 6g, 83, 114, 283, 443 ; ses ouvrages, p. 266, 267 ; ouvrage faussement décrit sous son nom, p. 311 ; ouvrages décrits, p. 295, 297, 3o4, 3o6,307, 359. MiciiiEi.ssENS(Famille). Son monument, p. 378. MIEL(Jean). Biographie, p. n3 n. 2 ; exemple de belle exécution, p. n3. MIÉIUS (François). Son portrait,
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INDEX
DES NOMS PROPRES
p. 4l3; cité en exemple, p. 418 ; ouvrages décrits ; p. 404, 4!4MIGNON. Sa couleur brillante, p. 419 ; ouvrages décrits, p. 409. MILTON.Exemple du jeu donné à l'imagination, p. 167, de faiblesse dans le caractère du héros, p. 368; comparé aux peintres de paysage, p. 232 ; accusé de plagiat, p. 373 n. 2 ; auteur cité, p. 221 et n., 43S. MOLA.Ouvrage décrit, p. 399. MOLTÈRE. Jugé par sa servante, p. 227. MONAMÉTELLO. Graveur, p. 348. MONNOT. Critiqué sur les draperies, p. 184. MOKETUSl'imprimeur. Son monument, p. 378. MUZIANO (Jérôme). Ouvrage décrit, p. 2g2. NALDINI(Baptiste). Ouvrage décrit, p. 3o3. NASSAU (Jean, comte de). Son portrait, p. 367. NEEFS (Pierre). Ouvrage décrit, p. 4i3. NEWTON. Secrétaire de l'Académie, de peinture, p. 3i. NIBBY.Auteur cité, p. 292 n. 5. NORTHCOTE. Auteur cité, p. 10. ORFORD (Lord). Son cabinet de peinture, p. 367 ; tableau offert à lui, p. 3i3, 3i4ORION. Son cabinet de peinture, p. 367 ; modèle des amateurs, p. 368. OVIDE.Exemple de l'appropriation des styles, p. 443. PALLADIO. Ouvrage décrit, p. 355. PALME (Le vieux). Ouvrages décrits, p. 3IO, 334. 337, 342,346, 34g, 352, 354. PARMESAN (François Mazzuoli dit le). Eloge et critique de son style, p. 77, 78 ; beauté de ses dessins, p. 196 ; comparé à Michel-Ange, p. 267 ; sa grâce empruntée par Watteau et Boucher, p. n3 ; figure de lui peut-être copiée par Rubens, p. 43i ; servilement imité, p. 108 ; ne doit pas être caution d'un dessin incorrect, p. 178; exemple d'un progrès irrégulier, p. 261, 262 ; texte de Reynolds à son sujet expliqué, p. 8, 9 ; inspirateur de Gray, p. 202 et n. ; ouvrages décrits, p, 3o8,3i4, 3i5, 3i8,323,324.
PARROCEL (Joseph). Imitateur du Bourguignon, p. 58 n. 2. PASSARI (Jean-Baptisle). Ouvrage décrit, p. 293. PASSER.Auteur d'une gravure supposée copiée par Rubens, p. 373. PATIN(Guy). Sa petite-fille graveur, p. 34g n. 2. PATINA(Catherine) . Biographiée, p. 349 n. 2 ; graveur, p. 34g. PEEL.Sa collection, p. 400 n. 1. PENNY . Professeur de peinture à l'Académie, p. 60 etn. PERCY.Ami de Reynolds, p. 12. PERRAULT (Claude). Comparé à Vanbrugh, p. 238. PÉRUGIN(Pierre Vannucci, dit le). Imitateur de Masaccio, p. 2i5 ; sécheresse de sa manière, p. 107,184; ouvrage cité, p. 3o2. PÉTEKS.Son cabinet de peinture, P- 399. Auteur cité, p. 271. PÉTRONE. PHIDIAS.Son inspiration, p. 48, 49 ; cité en exemple, p. i3o. PHILIPPE II, roi d'Espagne. Le Titien à son service, p. 354. PHILIPPE IV, roi d'Espagne. Son portrait, p. 435. PHILOPOEMEN. Proposé en exemple aux peintres, p. 44, 45. PIE IX. Auteur d'un monument au Tasse, p. a.g3n. 2. A méconnu les moeurs de PIGALLE. son temps, p. i43, i44PILES (De). Ami de M"0 Chéron, p. 108 n. 4 ; conseiller de qualités qui s'excluent, p. 200; conseiller d'ostentation, p. i52, i53; lu par Reynolds, p. 11; auteur cité, p. 109. PiÉTiu (Pietro). Exemple d'imitation servile, p. 108. PILSEN.Graveur, p. 36o. PINTURICCHIO (Bernard). Ouvrage décrit, p. 2g3. PIOMBO (Sébastien del). Ouvrage décrit, p. 294. PLANTINl'imprimeur. Son monument, p. 375, 376. PLATON.Exemple d'écrivain et critique à la fois, p. 146; réfuté sur l'art, p. 225. PLINE.Auteur cité, p. 3a, 81, 166, 167, 227 n. 1, 3oi etn. 3. PLINELE JEUNE. Cité à faux, p. 102,io3. Auteur cité, p. 44J 55 n. PLUTARQUE. POCCETTI(Bernardin). Ouvrage décrit, p. 3o5.
INDEX DES NOMS PROPRES POELEMBOURG. Ouvrages décrits, p. 409, 416. POLYDORE DE CARAVAGE. Ouvrages crus de lui, p. 43o. POMERANCIO (Christophe Roncalli, dit le). Ouvrage décrit, p. 292. PONTIUS. Graveur, p. 36a, 364, 375, 386, 3g4, 3g7, 3g8, 422i son portrait, p. 2g4. POPE.Exemple de poète et crilique à la fois, p. 146; traducteur d'Homère, p. a65 ; auteur cité, p. 27, 78, 226. PORDENONE (Antoine Licinio dit le). Ouvrages décrits, p. 338, 345, 352, 354. POTT (Henri). Ouvrages décrits, p. 406, 408. POTTER (Paul). Comparé à Carie Dujardin, p. 412, 4*5 ; cité en exemple, p. 4J8 ; ouvrages décrits, p. 406, 4og. POUSSIN. Disciple de l'école Romaine, p. 67 ; copiste des anciens tableaux, p. go et n. ; air antique de ses peintures, p. 91, 92, a3i, 249; affectation dans sa simplicité, p. i53 ; ne cherche pas l'illusion, p. 282; désordre de sa composition, p. 127, 328; son coloris critiqué, p. 162 ; son exécution, p. 3oo ; exemple de manière impropre aux grands tableaux, p. 438 ; ses petites figures s'accommoderaient de la précision des petits maîtres, p. n3; sa dernière manière, p. 91, comparé à Rubens, p. 89, 90, 91 ; à Rembrandt, p. i5o, au Bassan, p. 297 ; imitateur de Raphaël, p. 2g5 ; servilement imité, p. 108 ; mauvaise excuse tirée de ses défauts, p. 106; loué par un faux connaisseur, p. 278 ; son opinion sur le coloris, p. 73 et n. ; son apologie de Jules Romain, p. 127 ; cité en exemple, p. a53 ; ouvrages décrits, p. 295, 297, 406. PRÊTREDE GÈNES(Bernard Strozzi, dit le). Sa médiocrité, p. 43o ; ouvrage décrit, p. 429, 43o. PRIMATICE (François). Imitateur intelligent de Michel-Ange, p. io9. PROCACCINI (Camille). Ouvrage décrit, p. 426. PIIOCLUS. Auteur cilé, p. 48. QUELLIN(Erasme). Ouvrage décrit, p. 385. Auteur cité,p. 10711.,166. QUINTILIEN.
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RAPHAËL. Son style incompatible avec le vénitien,p. 70; sécheresse de son exécution, p. 196, 197;ses principes de composition, p. 212; infractions au contrasteetàlapyramide, p. i58, 27g; observateur de la couleur locale, p. 2i5; ne cherche pas l'illusion, p. 282 ; son exactitude en dessinant, p. 3o, 3i etn. ; comparé au Titien, p. 192, à Carie Maratte, p. 67, à Quentin Massys, p. 377, à Rubens, p. 386; en parallèle avec Michel-Ange, p. 86, 87, 267, agi ; leurs ouvrages confondus, p. 265; ses fresques préférées à ses tableaux à l'huile, p. 84 ; éloge et analyse de ses carions, p. 64, i58, i5g, 212, 2i5, 278; comment il s'est passé d'Académie, p. 25, 26 ; imitaleur du Pérugin, p. 26, 107, 264 ; de Masaccio, p. ai5 ; de Léonard et de Frère Barthélémy, p. 107; de Michel-Ange,p. a6 et n., 86, 107, 214, 264; sa recherche des modèles antiques, p. 107, ni; ses principes dans l'imitation, p. 216, 217; modèle d'études éclectiques, p. 107; copiste de Filippino Lippi, p. 212, 214, 2i5, 216, 217, 307 ; imité par Poussin, p. 2g3, par Van Orley, p, 365, par Reynolds, p. 346; copié par les Carraches, p. 3a5; négligé par un peintre moderne, p. n5, 116 ; inconsidérément vanté par Mengs, p. 14, par Ingres, p. i5 ; justementloué par Reynolds, p. i5, 27g, agi, 2ga ; loué par un faux connaisseur, p. 278; son éloge par le Bembe, p. 225 et n. ; mot de Michel-Ange sur lui, p. 27a ; modèle de fermeté, p. 208 ; son éloge de Michel-Ange,p. 372; cité en exemple, p. 3g, 6g, 83, 114, 126, 253, 283, 3oo, 34i n., 418 ; ouvrage faussementdécrit sous son nom, p. 2g6 ; ouvrages décrits, p. 2g4, 295, Soi, 3o4, 3o8, 3og. 3io, 3n, 3ia, 3i8, 424RASPE.Auteur cité, p. 358 et n. 2. REMBRANDT. S'il a représenté la nature, p. 126; paradoxe de son clair-obscur, p. i65, 428 ; singularité de son exécution, p. 219; union de ses couleurs avec le fond, p. i63 ; trop de ses ouvrages fatiguent, p. 428, 43-9; appartient aux écoles Flamande et Hollandaise, p. 418 ; comparé au Titien, p. 411, à Vandyck, p. 294, 414,
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INDEX
DES NOMS PROPRES
428, à Rubens, p. 374, à Bol, p. 4IO><lEckhout, p. 410, à Vander Werf, p. 4a8, à Michel-Ange, p. 411, à Poussin, p. i5o, à Raphaël, p. 279; servilement imité, p. 108; mauvaise excuse tirée de ses défauts, p. 106; cité en exemple, p. 4I8; ouvrages faussement décrits sous son nom, p. 429 et n. 4 ; ouvrages décrits, p. 3o4, 366, 368, 400, 404, 4°5, 4°9, 4io, 434, 4x5, 428, 42g. REYNOLDS. Son lieu de naissance, p. 322 n. 1 ; sa langue natale, p. 322 ; son voyage en Italie, p. g, en France, p. 220 ; ses relations à Londres, p. 10, 12, 220, à Rome, p. 209, ig7, 260, à Floi'ence, p. 3o4, 3o5, à Dusseldorf, p. 420 ; son entrée à l'Académie, p. 24 n. 2; sa présidence, p. 12; ses différends avec cette compagnie, p. a55 et n. ; comment il la quitta, p. a56 ; son rôle dans l'enseignement qu'elle donne, p. 36, 95, 161, 257 ; ses débuts aux lettres, p. 10 ; instruit par Johnson, p. 10, 11 ; formation de sa doctrine, p. 9, 258, 25g ; ses lectures, p. 11 ; son érudition, p. 11, 25S; son expérience de la peinture, p. 33, 44 ', originalité de ses enseignements, p. 2, 44 ; son style, p. 16 n. ; sa difficulté d'écrire, p. 258 ; sa doctrine commentée, p. i3, 14, i5, 16, 17, 18 ; sou traditionalisme, p. 25g, 260 ; reproches aux académies, p. 17, 3o ; sa doctrine différente de ses pratiques, p. i5, 273 ; sa réforme comparée à celles de Meugs et de David, p. i3, 14 ; d'accord avec Dandré-Bardon, p. 18 ; avec Falconet, p. 18; avec Mengs et SVinckelmann, p. 18 ; traducteur de Poussin, p. 73 n. ; ses erreurs, p. 18; la paternité de ses discours contestés, p. 16 ; crédit de ses jugements, p. ia ; consulté par les étudiants, p. 202 ; brouillé avec Gainsborough, p. 245 ; présuméincnt contredit par lui, p. 161 n. ; leur réconciliation, p. 244, 245 n. ; sa visite à Boucher, p. 221 ; son admiration pour Michel-Ange, p. 273 ; copiste du Titien, p. 29g ; son portrait dans le genre de Poussin, p. 92 11.; sa pratique des impressions de plâtre, p. 336 n. a ; projet présumé de tableau,
p. 347 et n. 3 ; projet formé par lui de décorer Saint-Paul, p. 402 n. ; ses infirmités, p. 12, a56; son. tombeau, p. 4o3, n. 2 ; ses Discours, p. 1, 12, imprimés, p. 2, 3, i3, extraits, p. i3 ; manière de les traduire, p. 4, 5, 6, 7, 8, 9 ; ses voyages, p. 1, 2, 3 ; ses notes sur Dufresnoy, p. 2, 4 ', ses Lettres au Flâneur, p. 3 ; manuscrits et brouillons de Reynolds, p. 3, 4, 7 ; critiqué par Mengs, p. an. ; par M. Fry, p. 16 ; par M. Armstrong, p. 16 n. ; son cabinet de peinture, p. 25o et n. a, 397, 4o4, 423, 436. DITL ESPAGNOLET. Imité par PIIBÉRA, Lucas Giordano, p. 426. RICCI (Sébastien). Ouvrage décrit, p. 355. RIOHAKDSON. Sa marque sur des dessins, p. 408 ; auteur cité, p. 17, 90 n., ag5 u. 5, ag7 n. 2, ag8 n. 1. RIDOLFI.LU par Reynolds, p. 11; auteur cité, p. 334 u. x, 343 ; imitateur de Véronèse, p. 349 > ouvrage décrit, p. 34g. PiiGAuD.Défaut de ses portraits, p. I5T, I53. ROCKOX (Le bourguemestre). Sa chapelle p. 3g5 ; son portrait gravé, p. 3g5. ROMAIN (Jules Pippi dit). Excusé à tort par Poussin, p. 127 ; cité en exemple, p. 83 ; ouvrages décrits, p. 2g6, 3n, 3i5, 3i6. ROMAN.Inférieur à Falconet et à. Calfiéri, p. 14. ROMANELLI. Ouvrage décrit, p, 292. ROMBOUTS. Ouvrage décrit, p. 362. ROOSE(Nicolas). Préféré à Honthorst et à Schalken, p. 362 ; ouvrage décrit, p. 36i. ROSA (Saîvator). Exemple de style caractéristique, p. SS, 8g ; de paysage poétique, p. a5o ; le style terrible dans ses paysages, p. 23i ; imitateur du Bourguignon, p. 58 n. 2; ouvrage faussement décrit sous son nom, p. 3ia; ouvrage décrit, p. 3ag. ROSALBA(La) CARRIERA.Ouvrage décrit, p. 35o. ROSSELLI (Mathieu). Maître de Jean de San Giovanni, p. 3o5 ; ouvrage décrit, p. 3o5. Rosso (Le). Imitateur intelligent de Michel-Ange, p. 109; de Masaccio, ]). 2i5 ; ouvrage décrit sous le
INDEX
DES NOMS PROPRES
nom de Michel-Ange, p. 3n ; autre ouvrage décrit, p. 3o8. RoTTENiiAM.wER. Ouvrage cité, p. 412PIOUBILIAC. Supérieur à Bacon et à Banks, p. i4RUBENS. Son génie, p. igg ; sa méthode, p. 36g ; hardiesse de sa composition, p. 3g2, 441 ; sa facilité d'invention, p. 432, 441 ; ses allégories, p. i3o, i3i, 385 ; énergie de ses altitudes, p. 433, 435 ; ses caractères, p. 374, 3gi, 3g8 ; son coloris original, p. 444, pareil à celui d'un bouquet, p. 4J9, 494) dont il soutient la concurrence, p. 43l i union de ses figures avec le fond, p. 362; ses libertés dans le clair-obscur, p. 164; coi-reclion de son dessin, p. 3g4; sa science en analomie, p. 3So ; sa belle exécution, p. 432, 441 ; sa facilité d'imitation, p. 442 ; sa vigueur ordinaire, p. 371; trop ami de l'extraordinaire, p. 436; sa trivialité, p. 371, 874, 383 ; sa pesanteur, p. 253 ; sa précipitation, p. 443 ; son coloris cru, p. 433 ; défaut de ses demi-teintes, p. 380 ; de ses draperies, p. 38a, 3S3, 443 ; de ses visages, p. 443 ; n'a bien représenté le Christ que mort, p. 378; correspondance chez lui de toutes les parties de l'art, p. 44*, 444 ', à sou avantage dans le grand, p 378, 0S4, 44o ; ses défauts oubliés, p. 440, 443; inspire l'enthousiasme, p. 443; éclipse tout autour de lui, p. 365, 425, 44o, 441 ',ses animaux, p. 36o, 38o, 3go, 442 ; ses paysages, p. 74, a3i, 246, 249, 442 ; ses portraits, p. 44'2 ; caractère de ses dessins, p. 43 ; comparé à Vandyck, p. 38a 386, 4o5, au Titien, p. 387, 3S8, 38g, 444> ;i Véronèse, p. 444, au Baroche, p. 444- ù Rembrandt, p. 374, à Van Eyck, p. 358, 35g, à Carie Maratte, p. 443, 444. à Raphaël, p. 279, 386, à Poussin, p. 89, 90, 91, à Claude Lorrain, p. 4'ï'2; on parallèle avec le Corrège, p. 444; élève d'Olho Venins, p. 358 ; inspiré par Michel-Ange, p. a66, par le Tintoret, p. 879, par le Parmesan, p. 43i ; en opposition avec les vieux Flamands, p. 443 ; introducteur du style décoratif eu Flandre, p. 7a; servilement imité, p. 108; imité par Vandyck, p. 067, 42-1',435, par Sègers,
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p. 383, par Van Balen, p. 397, par Schut, p. 397, par Jordaens, p. 421; copié par Gainsborough, p. 246 ; équivoque de sa manière et de celle de Vandyck, p, 367, 422 ; méprisé par Ingres, p. i5 ; par les seclateurs étroits de l'Italie, p. 445 ; plagiaire supposé, p. 373; bien jugé par Pieynolds, p. i5 ; sa gloire au temps de ce dernier, p. 439 ; effet de celte gloire, p. 35g ; mauvaise excuse à tirer de ses défauts, p. 106 ; la comparaison de Rubens et de ses imitateurs conseillée, p. 421, 422 ; ouvrages peints à son retour d'Italie, p. 37g ; direction exercée par lui sur ia gravure, p. 371, 3g2 ; effets de cette direction, p. 3go, 3g2, 3g3; lettre de Rubens, p. 435; son portrait, p. 4o5, 434 ',son portrait supposé, p. 3g7 ; sou siège à l'Académie, p. 3gg ; sa chapelle de famille, p. 3g7 ; copies d'après Rubens, p. 363 ; tableaux de sa main brûlés, p. 363, 364 ', gâtés, p. 362, 364, 373 et n. 1, 38o, 385, 895, 3g6, 432; texte de Reynolds à son sujet expliqué, p. 8 ; cité en exemple, p. 161, 370, 3go, 437; ouvrage faussement décrit sous son nom, p. 387, 434; ouvrages dé crils, p. 3o4, 3o8, 3io, 35g, 36i, 36a, 363, 365, 366, 867, 368, 36g, 370, 371, 372, 373, 374, 375, 376, 378, 37g, 38o, 38i, 38a, 383, 3gi, 3ga, 3g3, 3g4, 3g5, 3g6, 3g8, 3gg, 400, 401, 4o5, 406, 4°9, 435, 423, 43o, 43i, 432, 433, 434, 435, 436, 437, 438. RUBENS(Philippe). Son tombeau, p. 384. PIUSCONI. Ses di-aperies critiquées, p. 184. RUTLAND (Duc de). Son cabinet de peinture, p. 371, 422RUYSCU (Rachel). Citée en exemple, p. 4I8; ouvrages décrils, p. 416. Fi'aîcheur de ses paysages, RUYSDAEL. p. 4I9j C1I^c'u exemple, p. 246, 418. RYCKAERT (David). Ouvrage décrit, p. 367. RYSBRACK. Supérieur à Bacon el à Banks, p. 14. SACCUI (André). Son exécution, p. 3oo; lui et Carie Maratte les derniers des Romains, p. 241; maître de ce
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DES NOMS PROPRES
dernier, p. iog ; ouvrage décrit, p. 407. SADELER. Graveur, p. 337, 345, 349. SAINTE-MARIE IN PORTICO(Cardinal de). Eloge de Raphaël à lui adressé, p. aaS n. SALIMBEN3 (Ventura). Ouvrage décrit, p. 3o5. SALVSATS (François Rossi, dit). Ouvrage décrit, p. 3o3. SALVSATI (Joseph Porta dit). Comparé au Titien et à Véronèse, p. 84a; ouvrages déci-its, p. 333, 335, 337, 342, 35a, 353. SAMMACCHINI (Horace). Ouvrage décrit, p. 324. SANDRART. Ami de Bamboche et de Claude Lorrain, p. n3 n. 1 ; graveur, p. 435. SAN-GIOVANNI (Jean de). -Ouvrages décrits, p. 3o3, 3o5, 307, 312. SAN-SEVILLO. Ouvrage décrit, p. 3o3. SANTIBAETOLI (Pierre). Recueil de sa main, p. 2i3 et n. SARTE(André Vannucchi, dit Del). Imitateur de Masaccio, p. aïs; ouvrages décrits, p. 3o5, 3og, 3io, 3n, 3ia. SCAGLIA(Alexandre). Son portrait, p. 3g5 et n. 2. SCHALKEN. Inférieur à N. Roose, p. 362. SCHIAVONE (André). Ouvrage décrit, p. 3i5. SCHIDONE (Barthélémy). Biographie, p. 10g n. 3 ; imitateur intelligent des Carraches, p. 109. SCHMIDZ. Graveur, p. 43i. SCHUT.Imitateur de Rubens, p. 3g7; éclipsé par lui, p. 441 ; ouvrages décrits, p. 376, 3g7, 3gg. SÈGHERS (Gérard). Imitateur de Rubens, p. 383, 3g6 ; éclipsé par lui, p. 441 ! ouvrages décrits, p. 357, 36i, 383. SHAKESPEARE. Comparé à MichelAnge, p. 263; à Kneller, p. 17; projjosé en exemple, p. i5o, i5i, 233 ; auteur cité, p. 70, g3, 128, 32g, aag, 437. SIMONLE PEINTRE.Son portrait, p. 4o5. SIRANI(Elisabeth). Exemple d'imitation servile, p. 108; ouvrage décrit, p. 3ag. Six. Sa collection, p. 436 n. SMITH.Auteur cité, p. 127, a3o n. SNYDEUS. Ouvrages décrits, p. 4°7; 422, 43i.
SNYERS.Graveur, p. 316, 38g, 3g4, 397SOUTMAN. Graveur, p. 29a. SPADA(Lionel). Imitateur de Louis Carrache, p. 33o ; ouvrage décrit, p. 33o. SPAGNUOLO (Joseph Crespi, dit le). Ouvrage décrit, p. 822. STAGE.Exemple à éviter, p. 353. STEEN(Jean). Son éloge, p. 113, 114; vigueur de son pinceau, p. 418; son génie forcé, p. 23o ; ses ouvi-ages, p. 23o ; cité en exemple, p. 4!S; ouvrages décrits, p. 407, 408, 411, 433, 414, 435, 416. STEVEHS.Son cabinet de peinture, p. 410.^ STIMMER (Tobie). Biographie, p. 312 n. 1 ; idées à tirer de ses ouvrages, p. 112. STOSCH(Baron de). Dessins de sa collection mauvais, p. 408. STUDIO. Peintre de paysage à Rome, P- 197; . . SWIFT.Critique de Vanbrugh, p. 236 n. 1. TASSE(Le). Son monument, p. 2g3 etn. 2. TAYLOR (Tom) et LESLIE.Editeurs de Reynolds, p. 3 ; auteurs cités, p. 327 n, 3. TEBALDEO. SOUportrait par Raphaël, p. 225 n. TÉNIERSLE VIEUX.Ouvrage décrit, p. 367. TÉNIERS.Exemple de genre secondaire, p. 58 ; modèle d'exécution, p. 196, 4J8; précision de son pinceau, p. n3; comparé au vieux Téniers, p. 867 ; copié par Gainsborough, p. 246; sa meilleure période, p. 366 ; cité en exemple, p. 438 ; ouvrages décrits, p. 366, 368, 406, 4°8, 435. TENNARO (Alphonse). Ouvrage décrit, p. 3i8. TERBURG. Ses draperies différenciées, p. 434; comparé à Lairesse, p. 434 ; son portrait, p. 436 ; cité en exemple, p. 438 ; ouvrages décrits, p. 406,408, 409. 412, 434, 4J6TERTULLIEN. Auteur cité, p. 136. TIARINI(Alexandre), dit Véronèse. Imitateur intelligent des Carraches, p. 10g; singulai'ilé de sa composition, p. 325, 327, 328; biographie, p. 10g n. 4 ; ouvrages décrits, p. 3i4, 3i7, 3i8, 325.
INDEX
DES NOMS PROPRES
TIHALDI (Pellogrin). Imitateur intelligent de Michel-Ange, p. 109, 264; introducteur de son influence à Bologne, p. 264 ; leurs ouvrages confondus, p. 264; nommé MichelAnge réformé, p. 264 ; imité par les Carraches, p. 109; ouvrages décrits, p. 324. TIÉPOLO.Dessinateur d'estampes, p. _336. TIMANTIIE. Son invention jugée par Reynolds, p. 167, 168, 169; par Falconet, p. 168, 169; louée par les gens de lettres, p. 166, 167; imitée par les étudiants de l'Académie, p. 166. TIKTOUET (Le). Son éloge limité au genre décoratif, p. 68, i33 ; incompatible avec les talents de Raphaël, p. 70 ; ses artifices, p. 334 n- x . ses impressions de plâtre, p. 33g ; caractère de ses dessins, p. 43 ; idées à tirer de ses ouvrages, p. 112 ; comparé au Titien, p. 71 ; imitateur de Michel-Ange, p. 26b ; présumé de Bandiuelli, p. 27011.2; imité par Jordaens, p. 368, par Rubens, p. 379, par Lucas Giordano, p. 425, par Piètre de Cortonc, p. 338 ; ses ouvrages, p. 144; jugé par Yasari, p. 72 ; son portrait chez Véroiièse, p. 333 ; Michel-Ange et le Titien unis dans sa devise, p. 41 ', texte de Reynolds expliqué à son sujet, p. 8 ; ouvrages décrits, p. 3i5, 332. 334,335, 336, 337, 338, 339,344,345, 347, 348, 349, 35o, 352, 353, 354, 355, 423, 426. TINTOKET (Dominique). Ouvrage décrit, p. 35o. TiTii-LivE.Faussement cité, p. 11, 44TITIEN(Le). Son dessin, p. 193, 194; son exécution, p. ig6, 3oo ; qu'il n'a pas essayé de détacher les objets, p. l63 ; critique de sa simplicité, p. 388; soupçonné de peindre à la chandelle ; p. 243 ; s'il a peint sur impression de plâtre, p. 339 ; ses paysages, p. 197, 198, 23i ; caractère de ses dessins, p. 43 ; comparé à Rubens, p. 387, 388, 38g, 444) « Rembrandt, p. 356, 4n, aux autres Vénitiens, p. 71, 72, 356, à Louis Carrache, p. 4>> à Raphaël, p. 192, 193, à MichelAnge, p. 265, à l'antique, p. 35i, à llolbein, p. 290, à Virgile, p. 294 ; copiste du Laocoon, p. 343 ;
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de Michel-Ange, p. 270 ; jugé par le Tinloret, p. 41» Par MichelAnge, p. 71, par Algarotti, p. 198; texte de Reynolds expliqué à sou sujet, p. 8 ; imité par Yandyck, p. 423; copié par le même, p. 36o ; ses ouvrages, p. 144, 162, i63 ; son portrait chez Ànnibal Carrache, p. 320, chez Aréronèse, p. 332 ; graveur, p. 343; cité en exemple, p. 161, 23i, 296, 340, 342, 417 ; ouvrage brûlé, p. 331 11.3 ; copie d'après lui, p. 33i n. 3 ; ouvrages décrits, p. 2g5, 296, 2g8, 29g, 309, 3io, 3n, 3i2, 3i6, 331, 333, 335, 342, 343, 344, 345, 348, 35o, 35i, 352, 354, 355, ^429. TULPIUS. Son portrait par Rembrandt, p. 411. TUKIKI (Balthazar). Tableau peint pour lui, p. 2g3_. TYSSENSOU TIIYS.Eclipsé par Rubens, p. 44i• VAGA (Perrin del). Imitateur de Masaccio, p. 2i5. ArALENTiN. Ouvrage cité, p. 422. Auteur cité, p. g3 YALÈRE-MAXIME. n., 167. VANBALEN.Imitateur de Rubens, p. 397 ; éclipsé par lui, p. 441 ; sou portrait, p. 397; ouvrage décrit, p. 3g7. YANBKUGIJ. Biographie, p. 236 n. 1 ; loué et critiqué, p. 236, 237, 238; a bâti d'après les principes de la peinture, p. 238. VAKDE HENDE.Ouvrage décrit, p. 4i5. YAKDEN WÏNGAEKDE. Graveur, p. 370. DOES.Ouvrage décrit, p. 416. YANDER. YANDER ECKUOUT. Exemple d'imitation servile, p. 108 ; semblable à Rembrandt, p. 415 ; ouvrage décrit, p. 4i5. YANDERIÏELST. Ouvrages décrits, p. 40g, 4io. 4i5 • VANDEU IIEÏDEN. Exemple de style mesquin, p. 231 ; comparé aux images de la chambre obscure, p. 4*3; à Berckheydeu, p. 4J6 ; cité en exemple, p. 418; ouvrages décrits, p. 408, 4n> 4I2>4*3, 4M* 416. VANDEUMEEH de Delft. Ouvrage décrit, p. 416. YANDER WKRF. Sa sécheresse d'exécution, p. 196; sa dureté de style, p. 427; cause de son manque d'effet, p. 427; son mérite, p. 428 ; trop
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DES NOMS PROPRES
de ses ouvrages fatiguent, p. 429 ; sa manière trop petite pour de grands tableaux, p. 438; comparé à Rembrandt, p. 428, à Lairesse, p. 4i3, 438, à Raphaël, p. 427; ouvrages décrits, p. 406, 4°9> 4*3, 427, 428. YELDE YANDE (Adrien). Ouvrages décrits, p. 412, 4i3, 4i5. YANDEYELDE(Guillaume). Exemple de genre secondaire, p. 58 ; cité en ... ' exemple, p. 418 ; ouvrages décrits, p. 4o5, 4IOJ 4II. 4I2> 4'6. Modèle d'exécution, p. ig5, YANDYCK. ig6; défaut de son coloris, p. 371; ses ombres rouges, p. 3go; son génie pour l'histoire, p. 3yo ; sa première manière, p. 4°°; 423 ; caractère de ses dessins, p. 43 ; comparé à Frans Hais, p. n3, à Rembrandt, p. 2g3, 428, à Lebrun, p. 437, aux Carraches, p. 371, 3g4, au Dominiquin, p. 371, à Rubens, p. 370, 38a, 386, 3go, 4o5; équivoque de l'un en l'autre, p. 367, 422, 435: méprisé par Ingres, p. i5; bien jugé par Reynolds, p. i5; critiqué par un faux connaisseur, p. 278; ses costumes nommés gothiques, p. 142 n. ; imitateur de Rubens, p. 367 ; exemple unique en cela d'heureuse imitation, p. 422; imitateur du Titien, p. 423 ; copiste du même, p. 36o ; imité par Lang Jan, p. 396, 397; copié par Gainsborough. p. 246; ses costumes copiés dans les portraits anglais, p. 142 : liberté de ses graveurs, p. 3go, 3g3, 3g4 ; son livre de portraits, p. 294, 3g5 ; cité en exemple, p. a3i, 4o5; mis au ciel des peintres, p. 24.5n.; ouvrages gâtés, p. 3g4; copies d'après ce maître, p. 367, 3g5 et n. 2; ouvrages décrits, p. 2g4, 3o8, 33o, 36o. 364, 367, 36g, 38i, 382, 383, 3S4^386, 3go, 3gi, 3g5 n. 2, 397, 3gg, 400, 401, 4o5, 4°6, 4°7; 4o8, 412, 414, 421, 422, 4a3, 43o. 435. YANEGMONT. Auxiliaire de Rubens, p. 36g. VAN EVEUDINGEN. Ouvrage décrit, p. 416. YANEYCK(Hubert). Ouvrage décrit, p. 36o. YANEYCK(Jean). Bonne représentaLion de la nature individuelle, p. 358; comparé à Rubens, p. 358 ; s'il a inventé la peinture à l'huile,
p. 358 et n. 2; ouvrages décrits, p. 358, 36o. YANGOYEN. Exemple de style secondaire, p. 114. VANHAVEREN. Son cabinet de peinture, p. 400. YANHISMESSIÏN. Sécheresse de sa manière, p. 3gg; ses ouvrages pris pour ceux de Léonard de Vinci, p. 435; ouvrages décrits, p. 399, 435. VANHUYSUM.Sa couleur brillante, p. 4*9! éclipsé par Rubens, p. 441 ; cité en exemple, p. 418; ouvrages décrits, p. 4°9, 415VANLAAitditBamboche. Biographie, p. u3, n. 1; exemple de belle exécution, p. n3; imité par Miel, p. n3 n. 2; ouvrage décrit, p. 4i5. YANLINT.Un de ses descendants vu peut-être par Reynolds à Rome, P- !97VANNI(François). Ouvrage décrit, p. 293. VANOIU.EY(Bernard). Imitateur de Raphaël, p. 365; ouvrages décrits, p. 362, 363, 365, 372, 376. VANOSTADE(Adrien). Exemple de genre secondaire, p. 58 ; cité en exemple, p. 418; ouvrages décrits, p. 406, 408, 4 12. VANPARIS(Chanoine). Son cabinet de peinture, p. 400. VANTIIUI.DEN. Ouvrage décrit, p. 407. Y"AN médecin. Son portrait, THUJ.DJÏN, p. 434. YANUDEN.Ouvrage décrit, p. 368. YASAKI.LU par Reynolds, p. n ; auteur cité, p. 58, 71, 85, 144, ig3, 2r5, 270 et n. 1 ; ouvrages décrits, p. 3o2, 3o3. YECJÏI.LIO (César). Copié par Véronèse, p. 332. YECCIIIA(Pierre). Ouvrage décrit, p. 349. YÉNIUS(Olho). Comparé à Rubens, p. 358; ses allégories chez le même, p. 385 ; auteur d'un livre d'emblèmes, p. 358 ; ouvrages décrits, p. 337, 358, 3gg. VÉNIUS (Pierre). Estampe à lui dédiée, YERDIEU. Exemple d'imitation servile, p. 108. Marchand de Bruxelles. YERUAI.ST. p. 37i. YÉRONÈSE (Paul). Son génie, p. 199 , sa composition, p. 68, 69, 70, 160; son éloge limité au genre décoratif;
INDEX DES NOMS PROPRES p. 68, i33 ; ses libertés dans le clair-obscur, p. 164; mérites incompatibles avec ceux de Raphaël, p. 70; s'il a peint sur impression de plâtre, p. 33g ; idées à tirer de ses ouvrages, p. 112 ; caractère de ses dessins, p. 43 ; comparé aux autres Vénitiens, p. 356, au Titien, p. 356, au Bassan, p. 73, à Rembrandt, p. 356, à Rubens, p. 368, 444, » Bibiena, p. 3i8, 3ig ; imitateur de Michel-Ange, p. 265 ; copiste de Yécellio, p. 33a ; servilement imité, p. 108 ; imité par Reynolds, p. 347; autres imitations, p. 34g; bien classé par Reynolds, p. i5 ; texte du même à son sujet expliqué, p. 8 ; ses ouvrages, p. 144! son tombeau, p. 34o ; ouvrages décrits, p. 29b, 3o4, 3og, 3io, 3n, 3i5, 3i6, 325, 332, 336, 337, 34o, 34i, 342, 343, 344. 346, 347, 34g, 35o, 35i, 35a, 353, 425. YÉSALE (André). Son portrait, p. 426. VIA (Alexandre délia). Graveur, p. 34i. YIOENTIN (André). Imitateur de Véronèse, p. 34g ; ouvrage décrit, p. 34g. VICTOR OUFIGTOOR. Ouvrage décrit, p. 416. VINCI(Léonard de). Sécheresse de ses débuts, p. 164jimitateurde Masaccio, p. 215 ; son influence sur Raphaël, p. 107; Vierge crue de lui, p. 2g3 et n. 3 ; autre attribution fausse, p. 366 et n. ; ouvrages de Hemessen pris pour les siens, p. 435 ; son conseil sur le clairobscur,' p. 157, pour inventer, p. 45. VIRGILE. Modèle d'expression noble, p. ig4 ; cité en exemple, p. 443. VISCUEU (Corneille). Graveur, p. 3g5. YITRUVE. Critiqué, p. 118. VO:ÏT(Alexandre). Graveur, p. 386. VOLTAIRE. Sa statue par Pigalle, p. i43 ; auteur cité, p. 86 n. 2. VOLTERRANO (Ballhazar Franceschini, dit). Ouvrages décrits, p. 3o4, 3o5, 307, 312.
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VOLTERRE (Daniel de). Ouvrages décrits, p. 292, 294 et n. 3. YoRSTERitiANN. Graveur, p. 871, 375, 4i4, 437. YOUET.Introducteur du style décoratif en France, p. 72 ; imité par Lesueur, p. 109; ouvrage décrit, p. 33o. WAGNER.Graveur, p. 337. WALPOLE (Horace). Critique de Yanbrugh, p. a36 n. 1 ; auteur cité, p. 7611. VVATTEAU. Exemple de genre secondaire, p. 58 ; de style caractéristique, p. g2 ; d'affectation agréable, p. 112 ; voisin du Corrège et du Parmesan, p. n3. WEENIX.Sa perfection d'exécution, p. 419; médiocrité de ses figures, p. 436 ; préféré à Snyders, à Paul de Vos,' à Fyt, p. 422 ; cité en exemple, p. 418 ; ouvrages décrits, p. 411, 4i3. 4i4, 4i5, 522, 436. WEST. Sa part dans un projet de décoration de Saint-Paul, p. 402 n. WIERIX( Jérôme). Graveur, p. 373. le paysagiste. Ses mytholoWILSON gies critiquées, p. 248, 249. WILTON, sculpteur. Interlocuteur supposé de Reynolds, p. 209 n. 1. Idées de Reynolds voiWINGKEI.HAÏÏN. sines des siennes, p. 18. WITDOUCK. Graveur, p. 3g6. WITIIOUS.Graveur, p. 381. WOUWERMANN. Ses trois manières, p. 404 ; cité en exemple, p. 4i8 ; ouvrages décrits, p. 4o4, 4o8, 409, 412, 414, 4!5, 4J6. WRICN. Architecte de Saint-Paul,p. 337 n. ; désigne des places pour des tombeaux, p. zpo3; son plan de reconstruction de Londres, p. 237. Auteur cité, p. 202. YOUNG. ZANETTI. Auteur cité, p. 333n. 1. ZETJXIS. Son appel à la postérité, p. 55. ZUCCIIARELLI. .Son opinion citée, p. 33g.
FIN n E L'INDEX
ERRATA
Page 12, au lieu de prince Régent, lire prince régnant. Page 297, ligne 10, au lieu de : un homme qui sourit, lire : un homme qui siffle.
TABLE
DES
PLANCHES
PL. I . Reynolds par lui-même dans l'attitude de Poussin ; gravure de Watson PL. a. Georges III, roi d'Angleterre, Watson
par Ramsay;
TITRE
gravure de
PL. 3. Bernin. David combattant Goliath (VillaBorghèse à Rome). PL. 4. L'atelier de l'Académie de Peinture de Londres; gravure d'Earlom d'après Zoffany PL. 5. Titien. Ariane (Galerie Nationale de Londres) PL. 6. Rembrandt. Achille (Galerie de Glasgow) PL. 7. L'architecte Chambers et le palaisSomersetparReynolds; gravure de Green (Académie de Londres) PL. 8. Raphaël. Saint Paul prêchant à Athènes (Cartons d'Hamptoneourt). Filippino Lippi. Saint Paul (Église du Garmel à Florence) Pi,. 9. Brevet de membre de l'Académie de Peinture de Londres; Dessin de Cipriani, gravure de Bartolozzi Pi.. 10. Burke par Reynolds (Gravure d'Arnelt). Johnson par Reynolds (Gravure de T. Cook) PL. n. Reynolds par lui-même (Château d'Althorp) PL. 12. La place de la Seigneurie à Florence en 1780. Dessin de Zocchi, gravure de Grégoire Keppel par Reynolds (Galerie Nationale de Londres) PL. 14. Titien. La famille Pesaro aux pieds de la Vierge (Église de'i Frari à Venise) 3o
ai 65 g5 i63 i65 171
•i.i'i 2.55 277 291 307
PL. I3. L'amiral
33i 3/tH
466
TABLE DES PLANCHES
PL. I5. Rubens. Vierge entourée de Saints (Église Saint-Augustin d'Anvers) PL. 16. L'exposition de peinture de l'Académie de Londres en 1771. Gravure de Earlom
387 4!9
TABLE
DES
MATIÈRES
:
INTRODUCTION DISCOURS
SUR LA PEINTURE
PRÉFACEAUROI PREMIERDISCOURS, prononcé dans l'assemblée d'ouverture le 2.janvier 1769. —Des premiers devoirs d'un Commençant. ... DEUXIÈME DISCOURS, prononcé à la distribution des récompenses le 11 décembre 1769. — D'une imitation profitable des Maîtres . TROISIÈME DISCOURS,prononcéà la distribution des récompenses le 14 décembre 1770. — De l'imitation du modèle. Théorie delà Nature générale à la distribution des récompenses le QUATRIÈME DISCOURS,prononcé 11 décembre 1771. — Du grand Style et d'un Style décoratif fondé sur une idée moins générale de la Nature CINQUIÈME DISCOURS,prononcéà la distribution des récompenses le 10 décembre 1772. — Même sujet. Du Caractère dans le Style. SIXIÈMEDISCOURS, prononcé à la distribution des récompenses le 10 décembre 1774- — Derechef de l'imitation des Maîtres et du Génie SEPTIÈMEDISCOURS, prononcé à la distribution des récompenses le 10 décembre 1776. — D'une règle universelle du Goût. ... HUITIÈMEDISCOURS, prononcé à la distribution des récompenses le 10 décembre 1778. — De l'effet de nos convenances dans l'Art. NEUVIÈME DISCOURS, prononcé à l'inauguration du siège nouveau de l'Académie le 16 octobre 1780 DIXIÈMEDISCOURS, prononcé à la distribution des récompenses le 11 décembre 1780.'— De la Sculpture ONZIÈMEDISCOURS, prononcé à la distribution des récompenses le 10 décembre 1782. — De la nature du Génie en peinture. . .
21 23 33
/J7 61 79
g5 118 14? 170 17/, 188
TABLE
468
DES MATIERES
DOUZIÈMEDISCOURS,prononcé à la. distribution des récompenses 10 décembre 178/1. — Si l'art s'apprend par Méthode, et laquelle TREIZIÈMEDISCOURS, prononcé a la distribution des récompenses le. 11 décembre 1786. — D'une raison infuse, opposée à l'esprit de système dans les Arts QUATORZIÈME DISCOURS, prononcé à la distribution des récompenses le 10 décembre 1788.— Du mérite de Gainsborough .... QUINZIÈME DISCOURS, prononcé à la distribution des récompenses le 10 décembre 1790. Excellence de Michel-Ange
2o3
'222 a3g a55
AU FLANEUR
LETTRES Première lettre Deuxième lettre Troisième lettre
277 280 283 VOYAGES
PITTORESQUES
VOYAGEEN ITALIE Rome Marino Velletri Foligno Assise Pérouse Arezzo Florence Modène Parme Ferrare Mantoue Vérone Bologne, Venise
VOYAGEAUX PAYS-BAS, 291 3oo 3oi 3oi 3oi 3o2 3oa 3o3 3ra 3i3 3i5 316 316 317 331
Bruges Gand Alost Bruxelles Malines Anvers La Haye Amsterdam Note sur l'Ecole Hollandaise Dusseldorf Cologne Aix-la-Chapelle Liège Louvain Note sur Rubens
357 359 36a 362 368 372 /|0/, 409 417 419 435 437 438 438 439
INDEXDESNOMSPROPRES
• • •
TAULEDES PLANCHES
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CM. Ill'tttISSEY ET l'ILS ÉVRKUX,I Ml>HIMl!ltIK
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