Retrouvez l’ensembles des chercheuses et chercheurs ainsi que leurs projets sur le site du projet
« SAPS Côte d’Azur »
Dans le cadre de son engagement en faveur d’une « science avec et pour la société », l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) a lancé, le 21 décembre 2021, un appel s’adressant spécifiquement à des projets de recherche qu’elle a déjà financés en 2018 et 2019. L’objectif : inviter les lauréats à mettre en œuvre « des actions de médiation, de communication et de valorisation scientifiques » afin de partager les enjeux et les résultats de leur recherche avec un public non-spécialiste.
Les établissements de recherche de la Côte d’Azur, à travers leurs services de médiation scientifique, ont travaillé collectivement pour répondre à cet appel. Ensemble, ils ont imaginé des actions pour mettre en valeur les projets menés sur le territoire azuréen.
À travers ce livret, vous découvrirez les chercheuses, chercheurs et leur domaine de recherche varié : physique, sciences du vivant, astronomie, géosciences, histoire, psychologie, santé et numérique. Vous pourrez aussi explorer la richesse des dispositifs proposés : différents formats de vidéos, podcasts, interviews, balade en réalité augmentée, expositions photos et bien d’autres encore.
Le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS),
l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (INRAE), l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm),
l’Institut de Recherche pour le Développement -IRD,
l’Observatoire de la Côte d’Azur (OCA) et Université Côte d’Azur
vous souhaitent une agréable lecture guidée par votre goût pour la science et votre curiosité !
ÉDITO
La science, un bien commun à cultiver ensemble À Université Côte d’Azur, nous portons une conviction forte : la science ne doit pas rester confinée dans les laboratoires ou les amphithéâtres. Elle doit irriguer la société, éclairer les débats et inspirer chaque citoyenne et chaque citoyen. C’est pourquoi, aux côtés de la recherche, de la formation et de l’innovation, nous plaçons le dialogue entre science et société au cœur de nos missions. Notre ambition ? Répondre aux grands défis contemporains en partageant toutes les formes de savoir, en rendant la science accessible, vivante et engagée. Ce livret illustre la richesse de la recherche azuréenne à travers 46 projets de recherche soutenus par l’Agence Nationale de la Recherche en 2018 et 2019. Ces projets sont accessibles au public grâce à des dispositifs variés et innovants, profitez-en !
Jeanick Brisswalter, Président d’Université Côte d’Azur
La diffusion des connaissances constitue l’une des quatre missions de l’Observatoire de la Côte d’Azur. À ce titre, nous nous engageons activement auprès de la société avec l’objectif de rapprocher la science du grand public. Nous avons saisi avec enthousiasme l’opportunité de restituer à la société la science produite dans les projets de recherche financés par l’ANR, qui occupent une place essentielle au sein de notre établissement.
Stéphane Mazevet, Directeur de l’Observatoire de la Côte d’Azur
Les lauréats ANR portent une science d’excellence, ouverte et engagée. Leur mission est aussi de faire vivre la recherche au-delà des laboratoires, de la partager avec toutes et tous. Ce lien vivant entre science et société, au cœur de notre responsabilité collective, est porté avec fierté par le CNRS Côte d’Azur.
Silvain Di Giorgio, Délégué régional Côte d’Azur CNRS
À travers la collaboration entre INRAE, Université Côte d’Azur, Inserm, CNRS, IRD et OCA, nous démontrons la force d’un travail collectif au service du progrès des connaissances scientifiques. Nos recherches azuréennes éclairent les enjeux mondiaux d’alimentation, d’environnement et de santé. Nos découvertes apportent des solutions concrètes pour améliorer chaque jour la vie de nos concitoyens.
Frédéric Carlin, Président du centre INRAE Provence-Alpes-Côte d’Azur
Grâce à l’appel à projets SAPS de l’ANR, l’Inserm s’est associé à l’Université Côte d’Azur et à ses partenaires pour rapprocher la science de tous. À Nice, nos chercheurs ont partagé leur passion à travers vidéos, expositions, balades interactives et rencontres. Curiosité, enthousiasme et découvertes étaient au rendez-vous : la recherche est devenue vivante, accessible et inspirante pour chacun !
Françoise Simon-Plas, Déléguée régionale de l’Inserm
Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse
L’appel à projets SAPS de l’ANR 2018-2019 a permis de renforcer les liens entre science et société. L’IRD s’y engage pleinement avec les établissements azuréens, en valorisant ses recherches menées avec ses partenaires du Sud pour le développement durable, et en partageant leurs résultats auprès de tous les publics.
Christophe Chambon, Délégué régionale Sud-Est IRD
Pierre ABAD
Chercheur à l’Institut Sophia Agrobiotech (ISA)
Université Côte d’Azur, INRAE, CNRS
« La médiation scientifique ouvre des portes pour partager sa passion avec le public, démystifier la recherche et inspirer la curiosité. C’est une opportunité de construire des ponts entre la science et la société, en renforçant l’impact de ses travaux et contribuant à une meilleure compréhension de son domaine. Cela façonne une science plus accessible et significative pour tous.»
ADMIRE L’ADAPTATION D’UN NÉMATODE RAVAGEUR DE CULTURES À UN HÔTE RÉSISTANT
Pierre Abad étudie Meloidogyne incognita, un nématode parasite parmi les plus redoutés qui cause des pertes économiques majeures en attaquant les racines des plantes. Bien que certaines plantes possèdent des résistances naturelles, celles-ci sont souvent contournées par le parasite, malgré sa reproduction clonale. Le projet de recherche ADMIRE vise à comprendre les mécanismes d’adaptation rapide de ce nématode à des plantes résistantes. Les analyses ont révélé que son génome est constitué de plusieurs copies divergentes, offrant une diversité fonctionnelle inattendue. En outre, des modifications épigénétiques – régulant l’expression des gènes sans modifier leur séquence – permettent à des clones génétiquement identiques de développer des comportements différents selon l’environnement. L’étude conjointe de ces mécanismes génétiques et épigénétiques éclaire la formidable capacité d’adaptation de cette espèce, défiant les modèles classiques de l’évolution. Elle ouvre la voie à de nouvelles stratégies durables de lutte contre ces ravageurs.
Retrouvez le projet ADMIRE dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Guillaume ALLIBERT
Enseignant-chercheur au laboratoire d’Informatique, Signaux et Systèmes de Sophia Antipolis (I3S)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Je trouve que c’est très intéressant de diffuser et de communiquer autour de nos recherches. Ce sont souvent des choses qui semblent être inaccessibles aux yeux du public et pourtant ce n’est pas le cas. »
COUPLAGE, APPRENTISSAGE ET VISION POUR CONTRÔLE DE ROBOTS AÉRIENS
Les recherches de Guillaume Allibert visent à renforcer l’autonomie des robots mobiles – aériens, terrestres ou sous-marins – en combinant contrôle et perception. En contrôle, il exploite principalement l’asservissement visuel : les caméras embarquées fournissent les informations nécessaires pour guider les robots dans des tâches complexes comme la navigation autonome en forêt, l’arrimage sous-marin ou le suivi de trajectoires. Plus récemment, ces travaux se sont élargis à la perception, essentielle pour permettre aux robots de comprendre et interagir avec leur environnement. Le projet utilise des capteurs de vision sphériques à 360°, couplés à des techniques de vision par ordinateur et d’intelligence artificielle, pour développer des algorithmes adaptés à des environnements dynamiques et non structurés. Ces approches sont particulièrement appliquées à la robotique terrestre et aérienne.
CLARA
Retrouvez Guillaume Allibert dans une vidéo Fast and Curious sur le défi des drones autonomes :
Bruno ANTONNY
Enseignant-chercheur à l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (IPMC)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
« Pour convaincre un collègue de faire de la médiation scientifique, je lui dirai de regarder « C’est toujours pas sorcier » avec un enfant pour voir que la médiation scientifique est un art difficile mais intelligent et intéressant.»
VESICLEFILTERING
CONTRÔLE
PAR
DES FLUX VÉSICULAIRES
LES GOLGINES
Bruno Antonny étudie les protéines cellulaires et leur rôle dans le transport intracellulaire. Il a été montré que GMAP-210, une protéine très flexible, agit comme une corde moléculaire_: longue de plusieurs centaines de nanomètres, elle s’attache à des membranes de géométrie spécifique – plates d’un côté, très courbes de l’autre – et sert ainsi à arrimer des vésicules de transport à proximité des compartiments cellulaires. Ce mécanisme précis est crucial car les vésicules doivent atteindre leur bonne destination dans la cellule. Le projet a permis de découvrir que TPD54, protéine encore mal connue mais surexprimée dans certains cancers, capture des vésicules deux fois plus petites que celles ciblées par GMAP-210. Cette avancée permet de mieux comprendre les fonctions de TPD54 dans le tri de vésicules spécifiques tant en conditions normales que pathologiques et ouvre des pistes sur son implication dans les mécanismes du cancer.
Retrouvez Bruno Antonny dans une vidéo Fast and Curious pour un voyage au cœur des cellules :
Ramón APARICIOPARDO
Chercheur au laboratoire d’Informatique, Signaux et Systèmes de Sophia Antipolis (I3S)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Il y a quelques années, j’ai participé à la Fête de la science à Antibes Juan-les-Pins. Ce fut une expérience complémentaire à mes cours universitaires de trouver un public distinct, principalement des familles, qui posaient des questions différentes de celles des étudiants de l’université.»
ARTIC
CONTRÔLE BASÉ SUR L’INTELLIGENCE
ARTIFICIELLE DE RÉSEAU EN NUAGE
Ramón Aparicio-Pardo s’intéresse à l’optimisation des réseaux face à l’explosion du trafic Internet, en particulier depuis 2021 avec la montée en puissance du streaming vidéo et l’augmentation massive du nombre d’utilisateurs. Cette croissance a complexifié l’infrastructure réseau, rendant les méthodes de routage traditionnelles de moins en moins efficaces pour garantir une qualité de service stable. Le projet ARTIC propose d’utiliser l’intelligence artificielle (IA) pour adapter en temps réel le routage des paquets de données. L’IA est ici comme un agent de circulation posté à chaque carrefour du réseau, guidant les paquets tels des voitures sur une autoroute saturée. Chaque agent n’a qu’une vision locale : il ne connaît ni la carte globale ni l’état du trafic lointain, mais il peut échanger avec ses voisins et apprendre au fil du temps. Grâce à cette approche distribuée, les agents coopèrent pour fluidifier le trafic et acheminer les données plus rapidement et plus efficacement. L’IA s’adapte ainsi dynamiquement aux conditions changeantes du réseau, assurant une performance optimale quels que soient les usages. Ce projet ouvre la voie à une nouvelle génération de réseaux intelligents, plus résilients et mieux adaptés aux besoins du monde numérique actuel.
Retrouvez le projet ARTIC dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Robert ARKOWITZ
Enseignant-chercheur à l’institut de Biologie Valrose (iBV)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
« Parler de mes recherches permet de partager ma passion et de décrire le quotidien du chercheur. Il faut savoir qu’en amont des percées scientifiques en biologie, il y a un travail de longue haleine, incluant la recherche de financements, le travail expérimental nécessairement répétitif pour tester des hypothèses et vérifier des résultats qui seront in fine publiés et partagés. »
DYNCELLPOL DYNAMIQUE D’ÉTABLISSEMENT DE LA POLARITÉ CELLULAIRE
Robert Arkowitz explore les mécanismes de la polarité cellulaire, essentielle à l’organisation asymétrique des cellules, à leur morphogenèse et au bon fonctionnement des tissus, qu’elles composent ou qu’elles forment. Sa perturbation est liée à de nombreuses maladies, dont le cancer et à la virulence de champignons pathogènes. Le projet vise à comprendre comment un site de polarité est initié, maintenu ou réorganisé dans des cellules déjà asymétriques, en utilisant deux modèles évolutivement éloignés : la levure Saccharomyces cerevisiae et le champignon pathogène Candida albicans. À l’aide d’outils optogénétiques, une forme active de la GTPase Cdc42, protéine impliquée dans l’organisation du cytosquelette et le maintien de la polarité de la cellule, est recréée localement à sa membrane. Cela permet un contrôle précis de son expression, dans l’espace et dans le temps. L’effet de cette perturbation est étudié à différents stades : désorganisation, phase dynamique sans polarité et formation d’un nouveau site de croissance. En combinant imagerie en temps réel, biologie cellulaire et modélisation mathématique, ce projet identifie les protéines, lipides et compartiments impliqués dans la stabilisation ou le repositionnement de la polarité. En comparant des cellules de formes et tailles variées, le projet vise à révéler des principes généraux de morphogenèse et à proposer de nouvelles cibles pour le traitement des infections fongiques et certains cancers.
Marie-Christine CHABOISSIER
Chercheuse à l’institut de Biologie Valrose (iBV)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
« On ne fait pas de la recherche uniquement pour nous mais pour tout le monde. »
SEXDIFF DÉTERMINATION DU SEXE ET ANOMALIES DU DÉVELOPPEMENT
Marie-Christine Chaboissier coordonne le projet SEXDIFF, qui vise à lever le voile sur les mécanismes encore mal compris de la détermination du sexe. Malgré des décennies de recherche, plus de la moitié des différences du développement sexuel restent inexpliquées au niveau moléculaire. Chez l’embryon, le sexe est défini par la différenciation de la gonade bipotentielle en testicule (XY) ou en ovaire (XX). Si le gène « SRY » déclenche la voie testiculaire via le facteur de transcription « SOX9 », la voie ovarienne repose sur des facteurs comme « RSPO1 » ou « FOXL2 ». Le projet a mis en lumière un acteur clé jusque-là méconnu : l’isoforme « WT1-KTS ». Son absence bloque la formation de l’ovaire, tandis que son activation précoce peut même empêcher l’expression de « SRY », inversant le sexe chez des embryons XY. « WT1KTS » se place ainsi au sommet de la cascade de différenciation ovarienne. SEXDIFF a également permis de mieux comprendre le rôle des gènes « RSPO1 » et « RSPO2 » dans l’ovaire. Grâce à des modèles murins et cellulaires innovants, ce projet ouvre de nouvelles perspectives pour diagnostiquer et traiter les différences du développement sexuel, tout en améliorant notre compréhension du développement reproductif humain.
Thomas BERTERO
Enseignant-chercheur à l’institut de Biologie Valrose (iBV)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
MATRIPHATE
LA REPROGRAMMATION MATRICIELLE FORCE L’HYPERTENSION PULMONAIRE
Thomas Bertero cherche à comprendre comment la matrice extracellulaire (MEC) influence l’évolution de l’hypertension pulmonaire (HTP), une maladie vasculaire chronique grave, marquée par une pression artérielle pulmonaire élevée, une défaillance cardiaque du ventricule droit et frequemment la mort. Les traitements actuels ciblent les symptômes tardifs, sans s’attaquer aux causes profondes. Le projet MatriPHat explore comment la reprogrammation biochimique et mécanique de la MEC agit comme déclencheur de la maladie. En combinant imagerie, biophysique et biologie des systèmes, ce projet permettra de révéler les rôles pathogènes de la MEC dans l’HTP et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et diagnostiques, ouvrant la voie à des stratégies innovantes pour prévenir ou traiter cette maladie.
Philippe BOUCAUD
Chercheur au Centre de Recherche sur l’Hétéro-Épitaxie et ses Applications (CRHEA)
Université Côte d’Azur, CNRS
OPOINT
VERS UN OSCILLATEUR PARAMÉTRIQUE OPTIQUE INTÉGRÉ EN NITRURES
Philippe Boucaud développe des Oscillateurs Paramétriques Optiques (OPO) intégrés, une nouvelle génération de sources de lumière compactes et accordables. Les OPO permettent de générer des longueurs d’onde difficiles à obtenir avec les lasers traditionnels, mais leurs formes actuelles sont encombrantes et instables, limitant leur usage en dehors des laboratoires. Le projet OPOINT vise à concevoir le premier OPO intégré capable, à partir d’une lumière à 800 nm, de couvrir la bande des télécommunications (1,2–1,7 µm). Pour cela, le projet exploite les propriétés uniques des nitrures d’éléments III, matériaux semiconducteurs offrant un fort confinement optique (pour garder le signal lumineux comme dans une fibre optique) et une ingénierie de dispersion optimale (pour séparer et sélectionner les différentes longueurs d’ondes). Cette avancée constituerait une première mondiale, ouvrant la voie à des applications concrètes en spectroscopie, pour les LIDARs miniaturés et les télécoms optiques. Cela pourrait transformer durablement la photonique intégrée.
Dmitry BULAVIN
Chercheur à l’Institut de Recherche sur le Cancer et le vieillissement de Nice (IRCAN)
Université Côte d’Azur, INSERM, CNRS
SENAGE
LA SÉNESCENCE: UNE CLEF POUR VIEILLIR EN BONNE SANTÉ
Dmitry Bulavin explore la sénescence cellulaire, un processus où les cellules cessent de se diviser et s’accumulent avec l’âge. Si cette accumulation est bien connue, son rôle exact dans le vieillissement reste flou. Pour mieux comprendre cela, deux nouveaux modèles murins innovants permettent de localiser précisément ces cellules, de suivre leur évolution et d’étudier les effets de leur accumulation. Grâce à des techniques d’ablation sélective, il est possible de supprimer certaines cellules sénescentes et d’observer les conséquences sur la santé des tissus. Ces recherches montrent que la sénescence n’est pas uniquement néfaste : elle peut aussi avoir un rôle protecteur selon le contexte. Le projet établit également des profils d’expression génétique pour mieux comprendre les mécanismes moléculaires impliqués ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Jacques BARIK
Enseignant-chercheur à l’ Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (IPMC)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
« L’anecdote qui me vient à l’esprit est la vidéo que je suis en train de tourner avec le YouTubeur ‘Dans Ton Corps’. C’est vraiment génial de pouvoir discuter de mes recherches avec un public plus large et d’interagir avec les gens sur les réseaux sociaux et YouTube. C’est une expérience enrichissante et motivante de voir l’intérêt et la curiosité des gens pour la science.»
DROPSTRESS
CIBLER LES RÉCEPTEURS DE LA DOPAMINE ET DU GLUTAMATE POUR ATTÉNUER LE STRESS
Jacques Barik s’intéresse aux liens entre stress, consommation de psychostimulants et troubles mentaux. Face à l’augmentation préoccupante de l’usage de drogues comme la cocaïne — multiplié par plus de 3 entre 2010 et 2022 selon l’Observatoire Français des Drogues et Tendances addictives — le projet
DROPSTRESS étudie les mécanismes neurobiologiques sous-jacents. Souvent perçus à tort comme un moyen de soulager le stress, les psychostimulants aggravent en réalité les réponses aux stress, qui lui-même favorise la consommation et accroît le risque de troubles anxieux ou dépressifs. Le projet explore comment les neurotransmetteurs, notamment la dopamine, altèrent le système de récompense en agissant sur les complexes formés entre les récepteurs de dopamine et de glutamate, un neurotransmetteur contribuant à la libération de la dopamine. Contrairement aux approches classiques ciblant les récepteurs seuls, ce projet mise sur le ciblage de ces complexes, qui possèdent des propriétés fonctionnelles distinctes. Cette approche innovante pourrait ouvrir la voie à des traitements plus sélectifs et efficaces contre la dépression et les effets délétères du stress liés à la consommation de drogues.
Retrouvez Jacques Barik dans une vidéo échoscientifique avec le youtubeur de la chaîne « Dans Ton Corps » :
Alain BURGER
Enseignant-chercheur à l’Institut de Chimie de Nice (ICN)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Les deux missions principales du chercheur sont de créer du savoir et de le faire savoir. Le faire savoir comprend également communiquer avec le public car, étant agent de la fonction publique, il est normal qu’il y ait un retour sur nos activités. »
PFPIMAGING
ONDES FLUOROGÉNIQUES ET IMAGERIE SUPER-RÉSOLUTIVE
Dans le projet PFPIMAGING, Alain Burger développe une nouvelle approche d’imagerie cellulaire à haute résolution, qui améliore la microscopie de fluorescence super-résolue. Cette technologie permet d’observer les structures biologiques à l’échelle nanométrique, mais les méthodes par molécule unique sont lentes et peuvent détériorer les échantillons vivants. Pour surmonter ces limites, PFPIMAGING conçoit des sondes fluorescentes programmables exploitant les fluctuations de luminosité, compatibles avec des microscopes standards. Ce principe consiste à utiliser une paire de molécules fluorescentes : donneur et accepteur. Le rapport d’intensité entre l’émission de fluorescence du donneur et celle de l’accepteur étant directement corrélé à leur séparation spatiale, cette technique est une véritable règle moléculaire. Le projet cible en particulier la détection et la localisation précise des acides nucléiques dans la cellule, dont la position influence fortement leur rôle biologique. En se basant sur le transfert d’énergie à résonance noire, une nouvelle paire de sondes a été développée atteignant une résolution les 20 nm, soit 10 fois plus fine que les techniques classiques. Cette méthode ouvre la voie à de futures applications en biologie et en médecine, avec la possibilité d’étendre cette technologie à d’autres cibles cellulaires comme les protéines ou les ARN cytoplasmiques.
Retrouvez le projet PFPIMAGING dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Michela CHESSA
Enseignante-chercheuse au Groupe de Recherche en Droit, Économie et Gestion (GREDEG)
Université Côte d’Azur, CNRS, INRAE
« La recherche est souvent perçue comme quelque chose de réservée à des personnes solitaires et inaccessible à tous. J’aime, au contraire, parler aux gens pour leur faire comprendre que la recherche est quelque chose pour tout le monde et qu’avec les bons moyens de communication, elle peut et doit s’adresser à tous. »
GRICRIS
L’INNOVATION VERTE : CRÉATIVITÉ, RISQUE ET CONTEXTE SOCIAL
Michela Chessa explore le lien entre créativité, comportement humain et innovation verte. Ce projet vise à comprendre comment les capacités cognitives et le contexte social influencent le développement de produits respectueux de l’environnement. L’équipe étudie notamment le rôle de la créativité individuelle et collective dans l’émergence de solutions durables, en intégrant des facteurs intangibles comme la tolérance, la confiance ou le sentiment d’appartenance. GRICRIS développe une approche expérimentale novatrice mêlant économie comportementale, psychologie sociale et géographie économique. Des expériences sont menées en laboratoire et sur le terrain, auprès d’étudiants, de professionnels créatifs et de patients en unité d’addictologie, afin de mesurer l’impact du risque, des incitations ou du contexte social sur la créativité. Les résultats révèlent par exemple que l’aversion aux risques peut favoriser la créativité, ou que des incitations monétaires nuisent parfois à la motivation intrinsèque dans les groupes. Ce travail a permis la création du Creativ’Lab à Strasbourg et alimente des modèles enrichis de l’innovation verte. En comparant les dynamiques créatives en France, en Italie et en Espagne, GRICRIS met en évidence les leviers psychologiques et sociaux de la transition écologique.
Retrouvez Michela Chessa dans une vidéo Fast and Curious sur la créativité au service de l’innovation verte :
Gaël CRISTOFARI
Chercheur à l’Institut de Recherche sur le Cancer et le vieillissement de Nice (IRCAN)
Université Côte d’Azur, INSERM, CNRS
« Parler au public me permet de prendre du recul sur les questions parfois très pointues qui nous occupent et de me rappeler pourquoi elles sont importantes dans un contexte plus large. »
IMPACTE
IMPACT GLOBAL DES ÉLÉMENTS TRANSPOSABLES
RÉCENTS SUR L’ACTIVITÉ GÉNIQUE
CHEZ LES MAMMIFÈRES
Gaël Cristofari explore les « gènes sauteurs », des fragments d’ADN capables de se déplacer dans notre génome, appelé rétrotransposons. Il s’intéresse notamment à ceux capables de produire leur propre machine de transposition et de modifier le fonctionnement de nos cellules en réécrivant le code génétique. Certains sont anciens et inactifs, d’autres, encore mobiles, influencent l’évolution, la diversité humaine… mais aussi l’apparition de maladies. En s’insérant au mauvais endroit, ils peuvent dérégler les processus cellulaires et favoriser certains cancers comme ceux du poumon ou du système digestif. Le projet IMPACTE vise à comprendre comment ces éléments mobiles transforment notre génome, entre modifications ponctuelles et impacts à grande échelle. L’équipe utilise des technologies avancées comme le séquençage par nanopore pour lire de longues portions d’ADN et l’édition par CRISPR pour cibler précisément les insertions. Ils étudient aussi comment les gènes sauteurs influencent à distance l’expression génétique via des marqueurs épigénétiques. Ces recherches révèlent que les gènes sauteurs sont à la fois des menaces et des moteurs d’innovation biologique. L’équipe s’attache désormais à comprendre comment leur activité est régulée et pourquoi elle dysfonctionne dans certaines pathologies ou avec l’âge.
Gaël Cristofari dans une vidéo White Board sur l’histoire des gènes sauteurs :
Retrouvez
Benjamin DAMILANO
Chercheur au Centre de Recherche sur l’Hétéro-Épitaxie et ses Applications (CRHEA)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Les échanges avec le public sont toujours étonnants. Il est possible d’avoir des questions qui forcent à un mode de réflexion différent. Et s’engager sur de tels chemins de traverse est peut-être une voie vers de nouvelles idées. D’autre part, trouver les bonnes façons d’expliquer nos recherches est toujours un exercice enrichissant.»
NAPOLI
SEMICONDUCTEURS III-N NANOPOREUX FABRIQUÉS PAR SUBLIMATION SÉLECTIVE POUR L’OPTOÉLECTRONIQUE
Benjamin Damilano, via le projet NAPOLI, repense la fabrication des LEDs à base de nitrure de gallium (GaN). L’objectif est de remplacer les substrats en saphir par du silicium, moins coûteux et compatible avec les technologies de microélectronique. Le GaN est un matériau semi-conducteur essentiel pour produire des LEDs, notamment dans l’éclairage ou l’automobile. Si l’épitaxie du GaN sur saphir est bien maîtrisée, pour créer des structures épaisses, elle reste coûteuse et limitée en taille. Le silicium permettrait une fabrication sur disques ultra-plats plus grands. Cependant sa mise en œuvre reste complexe, en raison de défauts cristallins qui nuisent aux performances des LEDs. Le projet NAPOLI a proposé une solution innovante : utiliser une structure LED plus fine sur silicium, puis améliorer sa qualité via un procédé original de nanomasquage auto-organisé et de sublimation. Cette technique crée des nanopores qui ciblent les défauts présents dans le matériau, les éliminant tout en préservant les zones de haute qualité. Ce procédé permet non seulement d’améliorer l’efficacité des LEDs sur silicium, mais aussi de réduire la quantité de GaN utilisée, rendant la production plus économique et durable.
Retrouvez Benjamin Damilano dans une vidéo White Board sur la puissance de l’électronique :
Marcel DECKERT
Chercheur au Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire (C3M)
Université Côte d’Azur, INSERM
« Lors d’une présentation dans une école, un élève m’a dit que comprendre la science lui avait donné envie de devenir chercheur, ce qui m’a profondément touché. Ce moment m’a rappelé l’impact important de partager nos connaissances avec le public. »
INFLAMMASYK
ETUDE DE LA SIGNALISATION SYK DANS LES MALADIES INFLAMMATOIRES CHRONIQUES
Marcel Deckert et Philipe Gual explorent le rôle de la kinase SYK dans deux maladies inflammatoires chroniques : le chérubisme, maladie osseuse auto-inflammatoire rare et la NAFLD/NASH, forme grave de la maladie du foie gras liée à l’obésité. Dans ces pathologies, les cellules immunitaires innées sont activées de manière excessive par des signaux de danger issus des tissus endommagés ou du microbiote. SYK (Spleen associated tyrosine kinase) est une molécule clé de cette signalisation. Chez la souris, l’inactivation de SYK dans les cellules myéloïdes (cellules souches devenant des globules rouges, des plaquettes et d’autres types de globules blancs) réduit fortement l’inflammation osseuse et hépatique (NASH). L’invalidation de protéine 3BP2, un effecteur de SYK, protège le foie des lésions inflammatoires et de la fibrose. Chez l’humain, une expression élevée de SYK dans le foie est corrélée à la sévérité de la NASH. Le projet vise à décrypter les voies de signalisation contrôlées par SYK, à comprendre son rôle dans la réponse des macrophages, à tester l’effet de son inhibition dans des modèles précliniques et à évaluer sa pertinence clinique dans une cohorte de plus de 1000 patients atteints de NAFLD. Ces recherches ouvrent des perspectives pour de nouvelles thérapies ciblées contre des maladies inflammatoires sans traitement efficace.
Retrouvez Marcel Deckert et Philippe Gual dans une vidéo Fast and Curious sur les chroniques inflammatoires :
Marco DELBO
Chercheur au laboratoire Joseph-Louis Lagrange (LAGRANGE)
Université Côte d’Azur, CNRS, OCA
« Expliquer des concepts à des non-experts me permet de mieux comprendre les concepts eux-mêmes. C’est très impressionnant de voir des gens prendre plaisir à comprendre ce que nous faisons dans la recherche et nos découvertes sur le fonctionnement de l’Univers. »
ORIGINS
À LA RECHERCHE DES PLANÉTÉSIMAUX DE NOTRE SYSTÈME SOLAIRE
Marco Delbo s’intéresse à la compréhension de la formation des planètes via l’étude des planétésimaux, corps primitifs issus de la coalescence de poussières dans un disque protoplanétaire. Le projet ORIGINS cherche à combler le manque de données sur la taille, la composition et le rôle de ces objets dans notre système solaire, notamment leur influence sur les instabilités orbitales précoces des planètes. Deux laboratoires français, spécialisés respectivement en dynamique des corps célestes (LAGRANGE) et en caractérisation de la composition (LESIA), développent une méthode innovante pour identifier les planétésimaux primitifs. Cette technique consiste à éliminer les familles d’astéroïdes nées de collisions pour révéler les objets originels. Après des résultats prometteurs sur une zone restreinte, elle sera étendue à l’ensemble de la ceinture d’astéroïdes. En s’appuyant sur les données spectroscopiques de plus de 10 000 astéroïdes issues de la mission Gaia de l’ESA et sur la participation d’astronomes amateurs, ORIGINS vise à reconstruire l’histoire dynamique du système solaire. Ce projet multidisciplinaire prépare aussi la voie à de futures missions spatiales dédiées à l’étude des matières primitives, tout en formant une nouvelle génération de chercheurs et en renforçant la position de la planétologie française au niveau international.
Retrouvez en ligne l’article de vulgarisation scientifique de Marco Delbo dans The Conversation :
Éric GILSON
Chercheur à l’Institut de Recherche sur le Cancer et le vieillissement de Nice (IRCAN)
Université Côte d’Azur, INSERM, CNRS
« Lorsque je présentais nos travaux sur les télomères dans un stand Université Côte d’Azur lors du championnat mondial d’Apnée (AIDA) j’ai rencontré une non-scientifique co-responsable d’une fondation en Indonésie avec qui nous avons tissé un partenariat sur l’état de santé des coraux. »
TELOPOST LES TÉLOMÈRES DANS LE VIEILLISSEMENT DES CELLULES POST-MITOTIQUES
Éric Gilson étudie le vieillissement en se concentrant sur le déclin du maintien tissulaire et la réponse au stress physiologique. Alors que l’espérance de vie atteint 85 ans pour les femmes et 79 ans pour les hommes, l’espérance de vie sans incapacité est d’environ 65 ans, soulignant l’importance de comprendre comment bien vieillir plutôt que simplement vivre plus longtemps. Au cœur du vieillissement, l’accumulation des cellules sénescentes, qui ont cessé de se diviser, joue un rôle majeur. Ces cellules favorisent une inflammation chronique nuisible aux organes et sont présentes dans des maladies liées à l’âge comme l’arthrose, la fibrose pulmonaire ou l’athérosclérose. Cependant, la sénescence protège aussi contre certains cancers en arrêtant la prolifération cellulaire. Le projet TELOPOST explore notamment les cellules post-mitotiques à longue durée de vie, comme celles des fibres musculaires ou des neurones, qui peuvent dysfonctionner sans signe évident de sénescence. TELOPOST développe une nouvelle grille de lecture des biomarqueurs liés au dysfonctionnement cellulaire, en particulier ceux associés aux télomères, structures clés du vieillissement. Cette approche innovante vise à mieux comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires du vieillissement, ouvrant la voie à des stratégies pour améliorer la santé et la longévité fonctionnelle.
Retrouvez le projet TELOPOST dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Massimo GIUDICI
Chercheur à l’Institut de Physique de Nice (INPHYNI)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Il n’est pas évident pour moi de réussir à expliquer mes recherches en termes simples accessibles aux noninitiés. L’effort que je dois produire pour réussir cet exercice m’oblige à regarder mes recherches sous un angle nouveau, ce qui améliore ma compréhension des problèmes. »
BLASON BALLES DE LUMIÈRE DANS LES LASERS À SEMI-CONDUCTEURS
Massimo Giudici étudie la maîtrise de la lumière spatio-temporelle via le projet BLASON, qui vise à créer un laser à semi-conducteurs capable d’émettre des trains d’impulsions indépendants, formant un tampon optique tridimensionnel. Cette source permettrait une lumière reconfigurable avec de nombreux états et peignes de fréquences pour des applications en LIDAR et en informatique photonique. Contrairement aux lasers classiques où la diffraction empêche l’indépendance spatiale et temporelle des impulsions, BLASON utilise des structures localisées ou solitons dissipatifs, entités lumineuses indépendantes pouvant être allumées ou éteintes individuellement. Ces « balles de lumière » permettent de structurer et de traiter l’information lumineuse en 3D. Le projet a développé une plateforme laser innovante intégrant des nanotechnologies pour relever les défis techniques liés à ces émissions complexes. Des avancées majeures incluent la démonstration de motifs que l’on retrouve dans la nature, appelés « patterns de Turing », localisés temporellement et la modulation du gain pour obtenir une lumière spatio-temporellement reconfigurable.
Retrouvez le projet BLASON dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Cécile GUIEU
Chercheuse au Laboratoire d’Océanographie de Villefranche (LOV) de l’IMEV
CNRS, SORBONNE UNIVERSITÉ
« Les sciences portant sur la connaissance et la compréhension de la machine océan sont peu connues du public, seuls quelques sujets sont médiatisés. La médiation permet donc de faire comprendre à quel point la connaissance de cet immense domaine est primordiale pour comprendre la trajectoire du climat.»
TONGA
PRODUCTIVITÉ OCÉANIQUE ET EXPORTATION DU CARBONE
Cécile Guieu étudie le rôle des sources hydrothermales océaniques peu profondes dans la pompe biologique de carbone, notamment dans l’océan Pacifique Sud subtropical occidental, un « hot spot » de fixation du diazote. Ces sources libèrent du fer, élément essentiel pour les diazotrophes, organismes fixateurs d’azote très présents dans cette région. Le projet TONGA, via une expédition en 2019, a localisé ces sources et évalué leur impact sur les cycles biogéochimiques. Les résultats montrent que ces apports hydrothermaux fertilisent en fer le bassin de Lau, entre les Tonga et les Fidji, stimulant fortement la production de chlorophylle, la fixation de diazate et la biomasse diazotrophe. Des expériences à bord ont révélé que les fluides hydrothermaux initient un stress toxique, suivi d’une détoxification par certains phytoplanctons, favorisant ensuite une croissance accrue. La séquestration de carbone liée au fer hydrothermal est plus efficace que celle observée lors d’ajouts artificiels de fer, comparable aux fertilisations naturelles autour des îles Kerguelen et Crozet. Ce projet interdisciplinaire, coordonné par Cécile Guieu et Sophie Bonnet, rassemble une centaine de scientifiques et ouvre la voie à une meilleure quantification globale de ce mécanisme naturel essentiel pour le climat.
La conférence, en partenariat avec le Centre de Découverte Mer et Montagne (CDMM), a été un succès.
Vous pouvez également retrouver Cécile Guieu dans une vidéo Echoscientifique.
Nathanaël GUIGO
Chercheur à l’Institut de Chimie de Nice (ICN)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Parler de mes recherches au public nécessite de clarté et le fait d’aller à l’essentiel. Il faut savoir situer le contexte et les problématiques. Le retour du public permet également de comprendre si les enjeux ont été bien perçus. Il permet de sentir les parties de la recherche qui vont susciter l’engouement. »
FUTURES
RÉSINES FURANIQUES MODULABLES POUR DES MATÉRIAUX DURABLES
Nathanaël Guigo étudie le développement de polymères biosourcés thermodurcissables, une alternative durable aux plastiques pétrochimiques traditionnels. Face à la production mondiale massive de plastique (350 millions de tonnes par an) et ses impacts environnementaux, son équipe cherche à créer des matériaux composites 100% biosourcés, issus de ressources organiques renouvelables non comestibles, pour éviter les polymères synthétiques réglementés par l’Agence européenne (REACH). Contrairement aux plastiques classiques souvent recyclés par décyclage (dowcycling), c’est-à-dire transformé en un produit de moindre qualité ou de moindre valeur, ces polymères thermodurcissables peuvent être dépolymérisés chimiquement par pyrolyse. Ce traitement thermique basé sur l’action de la chaleur en atmosphère inerte (pas d’oxydation ou addition d’autres réactifs) permet un recyclage dit de surcyclage (upcycling), où le matériau récupéré conserve sa valeur et ses propriétés mécaniques. Ce procédé innovant ressemble à un assemblage de briques de Lego®, où les liaisons chimiques peuvent être cassées puis reformées, repensant ainsi le cycle de vie du plastique vers une économie circulaire plus écologique.
Découvrez en ligne l’article de vulgarisation scientifique de Nathanaël Guigo dans le magazine INTERVALLE (page 34) : Raconter la science pour mieux la comprendre d’Université Côte d’Azur :
Hélène GUIZOUARN
Chercheuse à l’institut de Biologie Valrose (iBV)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
« Parler de mes recherches au public, c’est partager une passion, un moment agréable et l’espoir de nourrir l’envie de connaitre. »
ROPKIP
INTERACTION PIEZO1/KCNN4 SUR LES GLOBULES ROUGES
Hélène Guizouarn étudie la stomatocytose héréditaire déshydratée (DHSt), une maladie rare provoquant une anémie par destruction prématurée des globules rouges. Ces cellules doivent être élastiques pour circuler dans les vaisseaux, leur hydratation étant contrôlée par des canaux ioniques membranaires, notamment PIEZO1 (passage d’ions sodium et d’ions calcium) et KCNN4 (passage de potassium suivant la présence de calcium). En conditions normales, PIEZO1 s’active sous pression, permettant l’entrée de calcium, ce qui ouvre KCNN4 et entraîne la sortie de potassium et d’eau, déshydratant ainsi légèrement la cellule. Dans la DHSt, des mutations dans ces canaux les rendent hyperactifs, causant une perte excessive d’eau et de potassium, fragilisant les globules rouges et provoquant l’anémie. Le projet ROPKIP vise à analyser le couplage entre ces canaux et à identifier des cibles moléculaires pour réguler leur activité. Grâce à l’étude de cellules mutées et aux approches bioinformatiques, une protéine régulant KCNN4 a été découverte, offrant une nouvelle cible thérapeutique. Ces travaux approfondissent la compréhension moléculaire des stomatocytoses déshydratées, améliorant ainsi le diagnostic et ouvrant la voie à des traitements ciblés.
Hélène Guizouarn a participé à la première édition de « DM une scientifique ».
Approfondissez le sujet en plongeant dans son « Entretien avec une chercheuse » MÉCANISMES CELLULAIRES RARES ET ALORS ?
Frédéric HAVET
Chercheur au laboratoire d’Informatique, Signaux et Systèmes de Sophia Antipolis (I3S)
Université Côte d’Azur, CNRS
« La transmission est une chose essentielle et la recherche est ma passion. Parler de mes recherches est donc à la fois un devoir et un plaisir pour moi. »
DIGRAPHS DIGRAPHS
Frédéric Havet étudie les digraphes, des graphes orientés essentiels pour modéliser des réseaux numériques comme les réseaux sociaux où les relations ne sont pas toujours réciproques (par exemple. : suivre une personnalité sur Twitter). Contrairement aux graphes classiques non orientés, la théorie des digraphes est moins développée, limitant la compréhension et l’exploitation optimale de ces réseaux. Le projet explore les similitudes et différences entre graphes et digraphes afin d’enrichir cette théorie. Leur approche combine l’adaptation des résultats connus en graphes vers les digraphes et l’exploration de méthodes de preuve spécifiques à ces derniers, souvent sous-utilisées. Il développe ainsi des outils nouveaux et adaptés, tels que l’ordre médian, qui maximise les arcs orientés, des théorèmes de décomposition et des techniques probabilistes. Ces avancées visent à mieux comprendre la structure et le comportement des digraphes, contribuant à optimiser l’analyse et la gestion des réseaux complexes du monde numérique.
Retrouvez le projet DIGRAPH dans l’escape game réalisé et installé à Terra Numerica !
Christian DANI
Enseignant-chercheur à l’institut de Biologie Valrose (iBV)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
HIPSC-ADIPOSPHERES UN MODÈLE 3D D’ADIPOCYTES BEIGES POUR LE CRIBLAGE DE MOLÉCULES ET POUR LA THÉRAPIE CELLULAIRE DE L’OBÉSITÉ
Christian Dani étudie l’obésité et les troubles métaboliques associés, en développant de nouveaux modèles précliniques in vitro d’organoïdes. Ce sont de petites structures cellulaires 3D mimant un mini-organe bien plus fidèle à la réalité que les modèles 2D actuels. Les organoïdes de tissu adipeux beige humain sont issus de cellules souches pluripotentes induites et de la fraction stromale vasculaire du tissu adipeux humain. Ceux-ci reproduisent le microenvironnement natif du tissu adipeux et permettent d’étudier plus fidèlement le brunissement du tissu adipeux blanc, un processus clé dans la régulation énergétique. Ce modèle 3D ouvre la voie à une évaluation plus pertinente de l’efficacité et de la sécurité des nouvelles molécules actives, tout en offrant un outil précieux pour explorer de nouvelles cibles thérapeutiques.
Marie-Josèphe GIRAUD-PANIS
Chercheuse à l’Institut de Recherche sur le Cancer et le vieillissement de Nice (IRCAN)
Université Côte d’Azur, INSERM, CNRS
TELOCHROM MÉCANISMES DE RÉPLICATION DE L’HÉTÉROCHROMATINE : LIEN AVEC LES TÉLOMÈRES
Marie-Josèphe Giraud-Panis explore les liens fonctionnels entre deux régions clés du génome : les télomères et l’hétérochromatine péricentromérique. En particulier leurs rôles dans la réplication de l’ADN et le vieillissement. L’hétérochromatine, forme très condensée de la chromatine, est essentielle à la stabilité génomique mais difficile à répliquer. La protéine TRF2, connue pour protéger les télomères, joue un rôle crucial dans la réplication de hétérochromatine, en la protégeant des dommages et en favorisant une réplication efficace. TELOCHROM vise à décrypter comment TRF2 régule la réplication de l’hétérochromatine et ses effets sur la sénescence, processus déclenché notamment par le raccourcissement des télomères et les remaniements d’hétérochromatine. Ce projet innovant enrichira notre compréhension des mécanismes de réplication des régions génomiques complexes et ouvrira la voie à des cibles thérapeutiques pour ralentir le vieillissement et les pathologies associées.
Aurélie JULLIEN
Chercheuse à l’Institut de Physique de Nice (INPHYNI)
Université Côte d’Azur, CNRS
UNLOC
OPTIQUE NON LINÉAIRE ULTRARAPIDE DES CRISTAUX LIQUIDES
Aurélie Jullien s’intéresse à l’optique non linéaire ultrarapide, l’ensemble des phénomènes optiques à l’échelle de la femtoseconde, où la réponse à la lumière intense n’est pas proportionnelle à son énergie. L’objectif est de développer une plateforme expérimentale capable de générer et d’analyser des impulsions laser ultracourtes dans des matériaux complexes, ici dans les cristaux liquides dont les propriétés optiques peuvent être contrôlées par des stimuli externes. Ces cristaux, entre l’état liquide et solide, modifient la forme temporelle des impulsions ouvrant la voie à de nouveaux dispositifs optiques. Également étudiés, des cristaux photoréfractifs sont capables d’altérer durablement leur indice optique sous lumière intense. Le projet UNLOC développe des outils de mesure innovants pour des applications concrètes en télécommunications, imageries et micromachinages.
Christian MORHAIN
Chercheur au Centre de Recherche sur l’Hétéro-Épitaxie et ses Applications (CRHEA)
Université Côte d’Azur, CNRS
SPINOXIDE
INJECTION ET DÉTECTION DE SPIN DANS DES NANOSTRUCTURES TOUT OXYDE
Christian Morhain explore le potentiel de l’oxyde de zinc (ZnO) pour la spintronique, une technologie exploitant le spin des électrons en plus de leur charge. Ce semiconducteur est à large gap, ses propriétés ne se dégradent pas à température ambiante et il se distingue par une durée de cohérence de spin exceptionnellement longue. Le projet vise à tirer parti de ces propriétés, en développant des nanostructures de ZnO permettant de prolonger encore la durée de vie du spin, tout en assurant un transport efficace dans des dispositifs à l’échelle nanométrique. SPINOXIDE ambitionne de combiner le ZnO avec des oxydes ferrimagnétiques qui devraient permettre de construire des démonstrateurs opto-spintroniques innovants et utilisables dans des applications allant du dispositif pour diriger la lumière à la détection chirale pour l’industrie pharmaceutique.
Giorgio KRSTULOVIC
Chercheur au laboratoire Joseph-Louis Lagrange (LAGRANGE)
Université Côte d’Azur, CNRS, OCA
« On doit rester connectés avec le monde car en fin de compte, notre recherche est financée par tous. On doit aussi donner l’opportunité, surtout aux jeunes des milieux défavorisés, de voir l’existence du métier de chercheur. Même si cela n’assure rien pour leur avenir, cela peut augmenter leur motivation pour leurs études.»
GIANTE PROPRIÉTÉS LAGRANGIENNES ET UNIVERSALITÉ DE LA TURBULENCE QUANTIQUE
Giorgio Krstulovic étudie les superfluides, des fluides quantiques capables d’écouler sans friction, tel que l’hélium à très basse température (inférieures à -271 degrés). Ces fluides présentent des vortex quantiques qui ressemblent à de petites tornades, parfois aussi petites que quelques Ångströms (l’échelle de quelques atomes) dans le cas de l’hélium. Bien qu’ils soient des entités purement quantiques, ces vortex interagissent entre eux de manière similaire aux vortex ou tourbillons classiques. Pendant près de deux décennies, des particules d’hydrogène de taille micrométrique ont été utilisées pour étudier leur dynamique. Cependant, en raison de leur grande taille, il était difficile de savoir comment ils interagissaient avec les vortex quantiques et ce qu’ils échantillonnaient lorsqu’ils étaient utilisés à des fins de visualisation. Le projet GIANTE a ainsi d’abord cherché à élucider ce comportement pour mieux interpréter les expériences. Ensuite, le projet a examiné l’universalité de la turbulence, en montrant que la turbulence quantique des vortex dans les superfluides partage des propriétés fondamentales avec la turbulence classique des fluides courants. Ces résultats rapprochent les mondes quantique et classique, enrichissant notre compréhension des phénomènes turbulents à différentes échelles.
Retrouvez le projet GIANTE dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Lucas LECLÈRE
Chercheur au Laboratoire de Biologie du Développement de Villefranche (LBDV) à l’IMEV
CNRS, SORBONNE UNIVERSITÉ
« L’intérêt d’accroître les connaissances scientifiques en biologie est souvent mal compris par le public. Présenter nos travaux peut permettre de susciter l’intérêt pour la recherche, non seulement pour les possibles applications qui peuvent en découler, mais aussi pour l’éclairage qu’elles peuvent apporter sur le monde qui nous entoure. »
MYODEVO
ÉVOLUTION ET DÉVELOPPEMENT MUSCULAIRE DE PELAGIA NOCTILUCA
Lucas Leclère s’intéresse à la méduse Pelagia noctiluca, dont le cycle de vie atypique en fait un modèle unique pour explorer l’évolution des systèmes neuromusculaires. Contrairement aux autres méduses, elle se développe directement depuis une larve sans passer par l’étape de polype, forme ressemblant à une anémone. Cette particularité soulève des questions majeures sur l’origine des muscles et du système nerveux chez les animaux. Le projet MYODEVO compare Pelagia noctiluca à Clytia hemisphaerica, une méduse modèle dont le génome est déjà séquencé. Ces deux cnidaires possèdent des muscles striés permettant la nage ainsi que d’autres types musculaires impliqués dans l’alimentation. L’étude vise à retracer l’évolution des gènes et cellules musculaires, encore peu explorée par rapport à celle du système nerveux. Fait marquant, Pelagia noctiluca semble acquérir de nouveaux gènes par transfert horizontal, c’est-à-dire depuis d’autres espèces de méduses, plutôt que par simple hérédité. Ces transferts, associés à des mutations et recombinaisons, enrichissent sa diversité génétique et pourraient expliquer certaines de ses particularités. En s’appuyant sur des outils de génomique et d’imagerie cellulaire, ce projet éclaire l’évolution des muscles mais aussi l’histoire évolutive des animaux multicellulaires.
Retrouvez le projet MYODEVO dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Élisabeth LEMAIRE
Chercheuse à l’Institut de Physique de Nice (INPHYNI)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Dans les années 90, nous avions monté avec quelques collègues une association de vulgarisation « Touchez la science » et nous nous produisions dans des conditions un peu rock en roll chaque année au moment de la fête de la science qui venait d’être créée et qui n’avait pas encore fait l’objet d’une organisation universitaire. »
AMARHEO APPROCHE MULTIDISCIPLINAIRE POUR LA CONSTRUCTION D’UN OUTIL PRÉDICTIF EN RHÉOLOGIE DES SUSPENSIONS NONBROWNIENNES
Élisabeth Lemaire explore la physique des fluides complexes, comme le miel ou le dentifrice, qui se comportent à la fois comme des solides et des liquides. Contrairement aux fluides simples, dont l’écoulement dépend surtout de la température, ces substances voient leur viscosité varier selon les contraintes mécaniques exercées. Ce phénomène, appelé rhéofluidification, explique pourquoi le dentifrice s’écoule uniquement lorsqu’on presse le tube : la force appliquée rompt temporairement les interactions entre particules, rendant le fluide plus fluide. Depuis Einstein, les chercheurs ont tenté de comprendre ces comportements en étudiant les interactions hydrodynamiques entre particules. Aujourd’hui, l’attention se porte sur les forces de contact induites par le cisaillement. En exerçant une contrainte, les particules entrent davantage en contact, provoquant un épaississement ou, au contraire, une fluidification selon le désordre structurel créé. Les recherches d’Élisabeth Lemaire visent à modéliser ce comportement en combinant expériences, simulations et conception de particules aux propriétés de surface contrôlées. L’objectif : construire un cadre théorique et numérique permettant de prédire précisément les propriétés rhéologiques de ces suspensions particulières (dites non browniennes) pour mieux maîtriser des matériaux utilisés dans des domaines variés, de la cosmétique à l’agroalimentaire.
Découvrez la rhéologie grâce au kit Rhéo’ Box conçue en partenariat avec les petits débrouillards.
Gianni LITI
Chercheur à l’Institut de Recherche sur le Cancer et le vieillissement de Nice (IRCAN)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
« Ma principale motivation découle de la curiosité et de l’intérêt que de nombreuses personnes portent à la science. Il est toujours intéressant de discuter de science avec les gens et de découvrir comment la société perçoit la science et notre travail. »
GONG INNOVATION ÉVOLUTIVE PAR ACQUISITION DE NOUVEAUX GÈNES
Gianni Liti s’intéresse à l’origine et à l’évolution des gènes dans le génome de la levure Saccharomyces cerevisiae, un modèle essentiel pour explorer la biologie des organismes eucaryotes. Avec ses 6 000 gènes, cette levure offre une plateforme unique pour étudier l’apparition de nouveaux gènes, appelés gènes accessoires, qui varient selon les souches et ne sont pas partagés par l’ensemble de l’espèce. Contrairement aux gènes du « cœur » du génome, ces gènes accessoires sont instables et souvent acquis par transfert horizontal, c’est-à-dire empruntés à l’environnement plutôt qu’hérités. Le projet s’appuie sur l’analyse de 1 011 génomes complets issus de levures sauvages et domestiquées pour retracer les mécanismes d’acquisition, de perte et d’évolution de ces gènes. Ces données ont été enrichies par des expériences sur des levures hybrides créées en laboratoire, permettant de comparer les taux de mutation, la diversité génétique et l’impact des recombinaisons. Par exemple, Saccharomyces cerevisiae montre un taux de mutation quatre fois plus élevé que sa proche cousine Saccharomyces paradoxus, révélant une grande variabilité génétique. Ce travail pionnier vise à mieux comprendre comment apparaissent de nouvelles fonctions génétiques au sein d’une espèce, avec des implications majeures pour la génétique humaine. En identifiant les règles qui régissent l’émergence de ces nouveautés, ce projet ouvre la voie à des applications en santé et en biotechnologie.
Approfondissez le sujet en plongeant dans son « Entretien avec un chercheur » DE LA LEVURE ET DES HOMMES.
Silvia MARZAGALLI
Enseignante-chercheuse au Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine (CMMC)
Université Côte d’Azur
« J’aime beaucoup ce que disait Einstein : si vous ne pouvez pas expliquer un concept à un enfant de 6 ans, c’est que vous ne le comprenez pas. Faire de la médiation, c’est rendre compréhensible des choses complexes sans simplifier à l’excès.»
PORTIC
LES DYNAMIQUES DE LA NAVIGATION ET DU COMMERCE DU XVIIIe SIÈCLE
Silvia Marzagalli s’intéresse aux dynamiques du commerce maritime français au XVIIIe siècle, à une époque où l’Europe connaît une forte croissance. Le projet PORTIC réunit historiens, économistes, informaticiens, géomaticiens et designers pour analyser les flux maritimes, essentiels au commerce, même sur de courtes distances en raison du coût élevé du transport terrestre. PORTIC s’appuie sur deux bases de données : l’une sur les trajets de navigation, l’autre sur les échanges commerciaux. Ces données ont été enrichies, croisées et structurées afin de mieux comprendre les circuits marchands, leurs acteurs et leurs effets sur les territoires. Le projet a développé des outils numériques pour visualiser les trajets, interroger les données, les contextualiser et les interpréter, en tenant compte du degré d’incertitude historique. Trois études de cas croisent données de navigation et valeurs commerciales : La Rochelle, en perte d’influence régionale ; Dunkerque, engagé davantage dans la contrebande vers la France que vers l’Angleterre ; et Marseille, dont la croissance s’appuie sur des échanges méditerranéens, assurant sa résilience.
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Laurent LABONTÉ
Chercheur à l’Institut de Physique de Nice (INPHYNI)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Je recommanderais vivement à mes collègues de se lancer dans la médiation scientifique, car elle offre des moments enrichissants de discussion, un étonnement réciproque et une joie immense qui sont extrêmement gratifiants »
METREOPOLIS MÉTROLOGIE QUANTIQUE POUR LA PHOTONIQUE INFRAROUGE
Laurent Labonté cherche à améliorer les sources de lumière cohérente dans le moyen infrarouge, essentielles pour la spectroscopie, la chimie et la santé. Ces sources reposent sur des fibres microstructurées hautement non linéaires, c’est-à-dire que la réponse du matériau n’est pas proportionnelle au signal reçu. Malheureusement, ces fibres sont sensibles aux défauts de fabrication. Le projet développe une métrologie quantique innovante pour mesurer précisément la dispersion chromatique de ces fibres afin d’optimiser leur fabrication. Par ailleurs, METROPOLIS propose un banc de mesure plug-and-play, systématisant la fabrication de composants photoniques et valorisant les technologies quantiques. Le projet ambitionne également la création d’une interface non linéaire pour des peignes de fréquences, qui seront essentiels pour une résolution ultra-fine des spectres moléculaires dans les domaines de l’environnement et de la santé.
Éric LOMBAERT
Chercheur à l’Institut Sophia Agrobiotech (ISA)
Université Côte d’Azur, CNRS, INRAE
« J’apprécie de contribuer à sensibiliser la société sur des enjeux significatifs, par exemple en mettant en lumière l’impact crucial de l’activité humaine sur notre environnement. Rendre la science accessible est une source de satisfaction, qui transforme la diffusion de savoir en une démarche enrichissante. »
GENLOADICS
ÉVOLUTION DU FARDEAU GÉNÉTIQUE
AU COURS DES INVASIONS BIOLOGIQUES
Éric Lombaert explore les mystères des invasions biologiques où certaines espèces introduites dans un nouvel environnement parviennent à s’y établir et prospérer, parfois au détriment des écosystèmes locaux. Pourtant, une telle réussite est loin d’être systématique. À leur arrivée, les individus ne représentent qu’un faible échantillon de la diversité génétique initiale, ce qui limite leur capacité d’adaptation. Dès lors, pourquoi certaines invasions échouent, tandis que d’autres connaissent un succès fulgurant ? Le projet GENLOADICS propose une hypothèse audacieuse : la purge génétique. Lorsqu’une population est réduite, les croisements entre individus apparentés favorisent l’expression de maladies génétiques cachées. Si ces mutations délétères affaiblissent souvent la population, elles peuvent aussi être éliminées par sélection naturelle, rendant l’espèce plus robuste. Pour tester cette idée, le projet se concentre sur dix espèces d’insectes envahissants, comme la coccinelle asiatique, le moustique tigre ou la chrysomèle des racines du maïs. Grâce au séquençage du génome, l’équipe compare la fréquence des mutations délétères entre populations envahissantes et populations d’origine. Ce travail promet de révéler les mécanismes qui favorisent le succès de certaines espèces envahissantes, tout en éclairant des problématiques cruciales en biologie de la conservation ou en élevage, où la gestion des mutations délétères est essentielle.
Uwe MEIERHENRICH
Enseignant-chercheur à l’Institut de Chimie de Nice (ICN)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Les chercheurs ne doivent jamais perdre le contact avec le système éducatif et avec la société. Une bonne recherche a le potentiel de déclencher le progrès intellectuel ainsi que la croissance économique. »
« Par ailleurs, afin d’attirer en particulier les jeunes vers les sciences naturelles, j’ai fait avec Science Trash une vidéo sur mes activités de recherche en 2022 qui a cumulé depuis plus d’un million de vues »
AAAS ASYMÉTRIE DES ACIDES AMINÉS
Uwe Meierhenrich explore avec le projet AAAS l’origine de l’asymétrie moléculaire des acides aminés, essentielle à la chimie du vivant. Les molécules biologiques comme les acides aminés présentent une forme dite « chirale » : elles existent en version « droite » ou « gauche », mais seule l’une des deux est utilisée par les organismes vivants. Pour comprendre l’émergence de cette homochiralité, le projet étudie les propriétés optiques de paires miroirs de molécules (énantiomères) en phase gazeuse, simulant des conditions proches de l’espace interstellaire. Une cellule spécifique a été conçue pour mesurer les spectres de dichroïsme circulaire (capacité à absorber la lumière polarisée « droite » ou « gauche ») et d’anisotropie optique (la lumière n’est pas réfractée de manière homogène) de sept acides aminés. Ces mesures inédites permettent de caractériser leur réponse à la lumière polarisée circulairement, comme celle émise par certaines étoiles. Les résultats montrent que cette lumière pourrait induire une sélection de chiralité dans presque tous les acides aminés testés, favorisant l’apparition des acides aminés « gauches » présents dans les êtres vivants. En parallèle, le projet simule la formation photochimique d’acides aminés dans les glaces interstellaires à basse température, à partir de précurseurs simples. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre des missions Rosetta-Philae et ExoMars 2028, en combinant analyses spatiales et expérimentations en laboratoire pour éclairer l’origine des briques du vivant sur Terre.
Jean-Mathieu NOCQUET
Chercheur au laboratoire Géoazur (GEOAZUR)
Université Côte d’Azur, IRD, CNRS, OCA
« Faire de la recherche est une forme d’aventure, une exploration du monde. Partager cette exploration est source d’un grand plaisir. »
S_5
MIEUX COMPRENDRE LES SÉISMES GRÂCE AUX GLISSEMENTS LENTS
Jean-Mathieu Nocquet s’intéresse à un phénomène encore peu connu mais essentiel à la compréhension du cycle sismique : les S5 (Synchronous Slow Slip and Seismic Swarm) composés d’un glissement lent des failles et d’un essaim de petits séismes. Contrairement aux séismes classiques, ces glissements se produisent très lentement (quelques millimètres par jour) mais surviennent plus fréquemment, ce qui permet d’étudier plus finement les mécanismes de déformation des zones de subduction. Le projet se concentre sur les régions andines d’Équateur, du Pérou et du Chili, choisies pour leur activité tectonique et leurs infrastructures d’observation. Les stations GNSS mesurent les mouvements du sol à l’échelle millimétrique, tandis que les sismomètres détectent les séismes. En associant ces données à des techniques de machine learning, le projet améliore la détection, la localisation et la classification des séismes de faible magnitude. Un premier S5 a été observé au Chili en septembre 2020 : un glissement lent coïncidant avec deux séismes modérés, sans secousse ressentie, suggérant un comportement hybride. Un second événement a été analysé en Équateur (juin 2021). Le projet a également permis, pour la première fois, d’observer la fusion de deux séismes lents dans la zone des Cascades (Canada), un processus qui pourrait déclencher de grands séismes. L’étude des S5 éclaire les mécanismes de relâchement des contraintes sur les failles et pourrait un jour améliorer l’anticipation des séismes majeurs.
Xavier NOBLIN
Chercheur à l’Institut de Physique de Nice (INPHYNI)
Université Côte d’Azur, CNRS
« Parler de mes recherches au public m’apporte une forte satisfaction. Leurs questions sont toujours intéressantes et permettent de s’en poser d’autres sur ce que l’on cherche ou pourquoi. Cela permet de parler différemment de son sujet de recherche, de prendre du recul, de donner un sens à ce que l’on fait. »
PHYSAP PHYSIQUE DE L’ASCENSION DE LA SÈVE
Xavier Nolin étudie la physique de l’ascension de la sève dans le cadre du projet PHYSAP, qui vise à mieux comprendre le fonctionnement du xylème — le réseau hydraulique interne des plantes — face aux sécheresses, de plus en plus fréquentes et intenses depuis les années 80. Ce réseau, essentiel à la photosynthèse et à la production d’oxygène, devient vulnérable lors de périodes de stress hydriques prolongés. Lorsque l’eau se raréfie, des bulles d’air peuvent se former dans les vaisseaux, provoquant une embolie gazeuse qui bloque la circulation de la sève. PHYSAP explore comment la structure du xylème — en particulier la taille et la forme de ses conduits — influence cette vulnérabilité. Deux approches complémentaires ont été menées : 1/ l’observation directe et en temps réel des embolies dans des feuilles et du bois grâce à une caméra ultra-rapide et 2/ la création de feuilles artificielles en laboratoire, reproduisant en deux dimensions le fonctionnement du réseau hydraulique. En combinant physique et biologie, le projet a permis d’élucider les mécanismes de propagation de la cavitation, offrant une meilleure compréhension de la résistance des arbres à la sécheresse. Ces résultats ouvrent des perspectives pour l’agriculture et la modélisation des effets du changement climatique sur les écosystèmes forestiers.
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Didier PISANI
Chercheur au Laboratoire de Physiomédecine Moléculaire (LP2M)
Université Côte d’Azur, CNRS
« J’ai peu d’expérience en médiation, parler de mes recherches au public me permet de montrer le côté passionnant et engagé de mon métier. Je pense également que partager notre passion peut vraiment enrichir notre travail.»
KIRI
CIBLAGE DE L’AGRESSION ISCHÉMIQUE ET TRANSPLANTATION D’ORGANES
Didier Pisani s’intéresse à la protection des reins lors des transplantations, une étape où l’organe subit un stress majeur lié à l’arrêt temporaire de l’apport en oxygène, appelé ischémie. Ce stress compromet la qualité du greffon et la récupération du patient. Le projet KIRI a visé à développer de nouveaux composés capables de limiter les effets néfastes de cette ischémie. Les chercheurs ont ciblé une enzyme clé de la traduction des protéines, la seryl-tRNA synthase. Ils ont montré qu’en bloquant son activité, des cellules pouvaient survivre sans oxygène pendant 24 heures. Ce résultat prometteur a ouvert la voie à la synthèse de nouvels inhibiteurs plus adaptés à un usage clinique. Une dizaine de composés ont ainsi été conçus, testés pour leur capacité à inhiber la synthèse protéique et à préserver la survie de cellules rénales privées d’oxygène. Deux molécules se sont révélées efficaces en culture cellulaire. L’une d’elles été produite à plus grande échelle pour des essais in vivo chez la souris. Ces tests n’ont pas confirmé son efficacité, mais ont permis de d’identifier un autre composé agissant sur une autre cible de la même voie biologique avec un effet protecteur. Forts de ces résultats, l’équipe a affiné sa stratégie et l’applique désormais à des essais précliniques chez le porc. Cette approche pourrait à terme améliorer significativement la qualité des greffes rénales et les chances de réussite pour les patients.
Retrouvez le projet KIRI dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Marianne SAILLARD
Chercheuse au laboratoire Géoazur (GEOAZUR)
Université Côte d’Azur, IRD, CNRS, OCA
« Il est important de faire part de ses recherches au public d’une part pour les informer de l’avancée de la science dans un monde où les réseaux sociaux véhiculent pas mal de fake news et d’autre part pour inciter les plus jeunes et surtout les femmes à poursuivre une carrière scientifique dans le domaine de la recherche. »
MARACAS
LES TERRASSES MARINES POUR L’APPRÉHENSION DE L’ALÉA SISMIQUE
Marianne Saillard étudie les grands séismes de subduction, notamment le long de la côte nord de l’Amérique du Sud, entre l’Équateur et le nord du Pérou, où la plaque Nazca plonge sous la plaque sudaméricaine. Ces séismes, très destructeurs, dépendent de la rupture de zones sur la faille, limitée par des « zones barrières » qui stoppent la propagation et contrôlent la magnitude. Le projet MARACAS propose une approche innovante : analyser les reliefs côtiers, notamment les terrasses marines de l’île de La Plata, pour comprendre la déformation permanente non expliquée par les modèles classiques. Ces marqueurs géologiques offrent une fenêtre sur plusieurs cycles sismiques passés, sur une échelle d’un million d’années. La variabilité spatiale et temporelle du soulèvement côtier ainsi observée corrèle fortement avec les zones de rupture des séismes historiques et les régions à forte déformation GPS. La morphologie côtière serait donc l’empreinte de la segmentation sismogénique de la zone de subduction. Cette méthode permet d’identifier les segments susceptibles de rupture répétée et les zones barrières qui limitent les séismes. Ces résultats améliorent la compréhension des risques sismiques et la prédiction des magnitudes potentielles, un enjeu crucial pour la sécurité des populations côtières.
Retrouvez le projet MARACAS dans la balade « rendre visible l’invisible » en réalité augmentée de Street Science :
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Andreas SCHEDL
Chercheur à l’institut de Biologie Valrose (iBV)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
« L’échange avec le public est important pour deux raisons. D’une part, il donne aux scientifiques l’occasion d’expliquer pourquoi la recherche qu’ils mènent est importante. D’autre part, il nous aide à comprendre les préoccupations et les questions du public, qui peuvent également influencer l’orientation de nos recherches. »
SEX-SPECS HOMEOSTASIE TISSULAIRE SELON LE SEXE ET LES MALADIES SURRÉNALIENNES
Andreas Schedl étudie le dimorphisme sexuel dans le cortex surrénalien, une glande clé dans la production d’hormones telles que le cortisol, l’aldostérone et les androgènes. Ce dimorphisme explique en partie pourquoi certaines maladies, comme le syndrome de Cushing, touchent jusqu’à huit fois plus les femmes que les hommes. Le projet SEX-SPECS vise à comprendre les bases moléculaires et cellulaires de ces différences entre sexes. Il s’appuie sur des travaux précédents qui montrent un renouvellement rapide des cellules souches du cortex, plus actif chez les femelles et un rôle des androgènes dans cette régulation. Le projet s’organise en trois axes : d’abord, l’analyse in vivo et ex vivo de la dynamique des cellules souches et de la mort cellulaire dans la zone cortico-médullaire, en lien avec la prolifération et l’apoptose. Ensuite, l’étude des différences génétiques et hormonales entre mâles et femelles, grâce à des analyses en cellule unique, des modèles d’inversion de sexe et des mutants des récepteurs hormonaux. Enfin, la recherche des mécanismes moléculaires expliquant la prévalence féminine du syndrome de Cushing, pour améliorer les traitements adaptés au sexe. Ces travaux pourraient aussi apporter des connaissances sur les différences sexuelles dans d’autres organes à maintenance tissulaire sexuée.
Cédric RICHARD
Enseignant-chercheur au laboratoire Joseph-Louis Lagrange (LAGRANGE)
Université Côte d’Azur, CNRS, OCA
DARLING
ADAPTATION ET APPRENTISSAGE DISTRIBUÉS POUR LES SIGNAUX SUR GRAPHE
Cédric Richard étudie de nouvelles méthodes d’apprentissage adaptatif, distribué et collaboratif pour traiter les signaux temporels circulant sur des graphes dynamiques de grande dimension comme les capteurs, les neurones, les antennes. À l’heure des mégadonnées, ces signaux doivent être analysés en temps réel, de manière distribuée sur les nœuds du graphe, pour répondre à des enjeux critiques : transport, énergie, télécoms ou exploration du ciel. Le projet affronte trois défis méthodologiques majeurs : 1/ modéliser finement les signaux sur graphes en intégrant leur évolution temporelle, 2/ passer à l’échelle supérieure pour des volumes massifs de données et 3/ adapter les algorithmes à des flux dynamiques et dépendants du temps. L’instrument SKA (radiotélescope géant) et la magnéto-encéphalographie (technique d’imagerie cérébrale) servent de bancs d’essai à ces approches innovantes.
Lucie ROLLAND
Enseignante-chercheuse au laboratoire Géoazur (GEOAZUR)
Université Côte d’Azur, IRD, CNRS, OCA
ITEC
TSUNAMIMÈTRE À CONTENU ÉLECTRONIQUE
TOTAL IONOSPHÉRIQUE
Lucie Rolland s’intéresse à l’amélioration des systèmes d’alerte tsunami, aujourd’hui limités par le nombre restreint de capteurs en mer. Le réseau DART se compose de moins de 50 points mondiaux, il est coûteux et peu dense. Cette couverture insuffisante ne permet pas une détection fiable en temps réel, notamment près des côtes où une alerte rapide est cruciale. Le projet ITEC vise à révolutionner cette surveillance en exploitant une nouvelle méthode : détecter les tsunamis via leur empreinte dans l’ionosphère, la couche atmosphérique ionisée sensible aux perturbations générées par ces vagues géantes. Cette détection s’appuie sur les signaux GNSS (GPS, Galileo) reçus au sol. Pour pallier une couverture limitée, le projet ITEC développe un récepteur GNSS abordable et polyvalent, conçu pour être déployé en mer, sur des bouées ou des navires. Trois axes structurent le projet : 1/ améliorer la détection ionosphérique, 2/ intégrer les calculs et transmissions en temps réel dans le prototype et 3/ tester ce dernier en laboratoire et sur le terrain. Ce système novateur promet un déploiement rapide et global, surpassant les limites du réseau DART et offrant une alerte tsunami plus précise, aussi pour des événements moins violents.
Jean-François TANTI
Chercheur au Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire (C3M)
Université Côte d’Azur, INSERM
« Cela permet de rendre plus concrètes des problématiques souvent complexes et d’expliquer en quoi des recherches même assez fondamentales peuvent avoir un impact pour la société in fine. »
ADIPOPIEZO
PIEZO1, EXPANSION ADIPEUSE ET COMPLICATIONS DE L’OBÉSITÉ
Jean-François Tanti étudie l’obésité en ciblant ses mécanismes cellulaires à la source. Cette maladie, dont les cas ont presque triplé dans le monde depuis 1975 selon l’OMS, résulte d’un excès de tissu adipeux lié à un dysfonctionnement des adipocytes (les cellules graisseuses). Les adipocytes blancs stockent l’énergie sous forme de lipides, tandis que les adipocytes bruns et beiges dissipent cette énergie. En cas d’obésité, les adipocytes blancs prolifèrent et s’hypertrophient, tandis que les adipocytes bruns et beiges ne fonctionnent plus correctement, aggravant le déséquilibre. Le projet ADIPOPIEZO se concentre sur le rôle du canal ionique mécanosensible Piezo. Celui-ci régule le passage des ions en réponse à des contraintes mécaniques dans les adipocytes. Il stoppe l’expansion des adipocytes blancs lorsqu’ils gonflent, mais sa fonction dans les adipocytes bruns reste inconnue. L’objectif est de comprendre comment Piezo contrôle la taille et le nombre des adipocytes blancs et la fonction des adipocytes bruns et beiges. Cette approche vise à révéler de nouvelles cibles thérapeutiques pour réguler l’équilibre énergétique et développer des traitements médicamenteux efficaces contre l’obésité.
Écoutez le podcast INTERVALLE d’Université Côte d’Azur avec Jean-François Tanti, Eric Honore et Ez-Zoubir Amri pour comprendre l’obésité.
Pascal THÉROND
Enseignant-chercheur à l’institut de Biologie Valrose (iBV)
Université Côte d’Azur, CNRS, INSERM
« Mes expériences ont lieu principalement dans les lycées, où les échanges avec les jeunes élèves m’alertent sur les questions qui les préoccupent. »
ART-EVS
IDENTIFICATION D’UNE NOUVELLE SIGNATURE PROTÉIQUE DE VÉSICULES EXTRACELLULAIRES
IMPLIQUÉES DANS LE DÉVELOPPEMENT
EMBRYONNAIRE ET PATHOLOGIQUE
Pascal Thérond étudie la manière dont les cellules communiquent avec leur environnement pour contrôler leur renouvellement, l’équilibre des tissus et le développement embryonnaire. Parmi les molécules de signalisation, la protéine Hedgehog joue un rôle central. Son importance est connue depuis longtemps, mais son mode de sécrétion restait peu compris. Le projet ART-EVS a montré que ce processus dépend d’un complexe protéique appelé ESCRT, présent chez de nombreux organismes, de la levure à l’homme. Quand ce complexe est bloqué, la sécrétion de Hedgehog s’arrête et son action à distance diminue. Le projet a aussi mis en lumière que Hedgehog est libérée dans de petites vésicules extracellulaires, formées grâce au complexe protéique ESCRT, qui atteignent les cellules voisines. Déjà connues pour aider certains virus à sortir des cellules infectées, ces protéines jouent ici un rôle essentiel dans un organisme sain. Ces résultats sont importants car Hedgehog est liée à plusieurs cancers (digestif, prostate, cerveau, poumon). Son étude a déjà permis de développer des médicaments anticancéreux. On sait désormais que, dans les tumeurs, Hedgehog peut stimuler la croissance et le maintien de cellules souches cancéreuses en modifiant leur micro-environnement. Les vésicules qui transportent Hedgehog semblent aussi impliquées dans la progression et les métastases. Comprendre leur fonctionnement est donc essentiel pour mieux lutter contre la formation et l’évolution des cancers.
Pascal Thérond a rencontré des lycéens et leur a présenté son projet de recherche et son métier de chercheur.
Élodie VERCKEN
Chercheuse à l’Institut Sophia Agrobiotech (ISA)
Université Côte d’Azur, INRAE, CNRS
« Dans le cas particulier des grands enjeux écologiques se rajoute une responsabilité des scientifiques d’alerter le public des menaces imminentes, de déconstruire les discours de greenwashing portés par un petit nombre d’acteurs très médiatisés et de mobiliser les citoyennes et citoyens vers l’action. »
PUSHTOIDELA DE LA DYNAMIQUE D’INVASION POUSSÉE À TIRÉE
Élodie Vercken étudie les expansions de populations animales et végétales, c’est-à-dire le processus par lequel une espèce élargit progressivement son aire de répartition géographique. En particulier celles favorisées par les activités humaines et le changement climatique. Certaines espèces, comme le moustique-tigre ou la drosophile asiatique, peuvent devenir envahissantes et menacer la biodiversité, la santé et l’économie. Le projet PUSHTOIDELA cherche à comprendre ces dynamiques afin de mieux prédire les foyers d’invasion et d’orienter les stratégies de gestion. L’expansion d’une espèce peut être décrite comme une « vague » composée d’un cœur déjà colonisé et d’un front en cours de colonisation. Selon les capacités de reproduction et de dispersion, deux types de vagues existent : les vagues « tirées », contrôlées par les individus du front, et les vagues « poussées », où l’ensemble de la population contribue à l’avancée. Les premières sont rapides, peu sensibles aux ressources mais entraînent une forte perte de diversité génétique. Les secondes sont plus dépendantes de l’environnement, pouvant ralentir ou s’arrêter si les conditions sont défavorables, mais elles préservent mieux la diversité. Ces recherches montrent que les expansions biologiques sont des processus complexes, difficiles à généraliser, car elles dépendent de l’interaction entre les mécanismes internes des espèces et les caractéristiques des milieux colonisés.
Élodie Vercken a participé à la première édition de « DM une scientifique ».
Abdelilah WAKKACH
Chercheur au Laboratoire de Physiomédecine Moléculaire (LP2M)
Université Côte d’Azur, CNRS
«Pour inciter un collègue à faire de la médiation scientifique, je lui dirai qu’expliquer son domaine de recherche avec des mots simples, lui permettra de valoriser son travail et de se poser de nouvelles questions de recherche à partir des questions du public généralement intéressantes et pertinentes. »
ANTIPODE
MALADIES INFLAMMATOIRES DE L’INTESTIN
Abdelilah Wakkach étudie les maladies inflammatoires chroniques, comme la maladie de Crohn, qui provoquent une inflammation intestinale persistante mais affectent aussi d’autres organes dont les os. Les traitements actuels, notamment les biothérapies anti-TNF-_, contrôlent l’inflammation et la perte osseuse mais peuvent engendrer des effets secondaires, tels que des lésions cutanées psoriasiques. Ces traitements modifient aussi la composition du microbiote intestinal, un écosystème bactérien essentiel à la régulation de l’inflammation. Le microbiote influence les interactions entre bactéries, lymphocytes T et cytokines inflammatoires, notamment l’IL-17, pouvant entraîner une réponse immunitaire excessive et réduire l’efficacité du traitement. Le projet ANTIPODE vise à comprendre comment les anti-TNF- _ agissent sur l’intestin, les os et la peau. En combinant études in vitro et in vivo chez des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques. L’objectif est d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour améliorer la prise en charge des patients résistants ou souffrant d’effets indésirables et ainsi développer des traitements plus efficaces et personnalisés contre les inflammations chroniques.
Approfondissez le sujet en plongeant dans son « Entretien avec un chercheur » dans son article EFFETS PARADOXAUX DE LA MALADIE DE CROHN
Laure-Emmanuelle ZARAGOSI
Chercheuse à l’Institut de Pharmacologie
Moléculaire et Cellulaire (IPMC)
Université Côte d’Azur, INSERM, CNRS
« J’ai montré au maire d’Antibes comment extraire de l’ADN sous les caméras lors de la fête de la science il y a quelques années. J’ai trouvé ce moment de partage très fun malgré la pression et la foule. »
SAHARRA
RÉGÉNÉRATION DES VOIES RESPIRATOIRES
CHEZ LES PATIENTS ASTHMATIQUES
Laure-Emmanuelle Zaragosi étudie les mécanismes de régénération de l’épithélium des voies respiratoires. Ce tissu essentiel protège les poumons en piégeant puis évacuant les particules et les microbes grâce aux cellules à mucus et aux cellules possédant de multiples cils, dites « multiciliées ». Cet équilibre cellulaire est souvent perturbé dans des maladies respiratoires avec un excès de cellules à mucus et un déficit de cellules multiciliées. Son équipe a créé un atlas cellulaire détaillé des voies respiratoires saines grâce à la transcriptomique sur cellule unique, permettant de caractériser chaque cellule. Un atlas similaire est réalisé sur des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive pour identifier les déséquilibres liés à la maladie. L’équipe étudie aussi l’épithélium des patients asthmatiques sévères à partir de cultures in vitro issues de leurs cellules souches bronchiques, qui conservent une « mémoire » de la maladie même sans stimulus inflammatoire. Cette mémoire, peu explorée dans les voies respiratoires, joue probablement un rôle clé dans la persistance de l’asthme. L’objectif est de mieux comprendre ce mécanisme pour développer à terme des stratégies capables de le traiter.
Laure-Emmanuelle Zaragosi a participé à la première édition de « DM une scientifique ».
Jardin Alsace Lorraine
Jardin Notre-Dame
Parc Jean Moréno Square Alziari
Jardin Wilson
REMERCIEMENTS
Nous remercions chaleureusement les enseignantes-chercheuses et les enseignants-chercheurs, les chercheuses et les chercheurs pour leur participation et leur investissement à la diffusion des connaissances et au dialogue avec la société.
Nous remercions l’Agence Nationale de la Recherche pour leur soutien à la valorisation des résultats de la recherche et à la diffusion de la culture scientifique.
Nous remercions Bérénice Guérin pour la création de Judith et Abel et la réalisation des illustrations de ce livret.