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insights N°5

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Le magazine de l’IdEx d’Université Côte d’Azur • N°5 - Avril 2026

DOSSIER

L’avenir du partenariat privilégié

PORTRAIT PROFESSEurE

ans du partenariat

Université Côte d’Azur & Université Laval

SOMMAIRE

PITCH CHALLENGE

PROJETS A LA UNE

LUMIèRE Sur LES PROJETS DE COMPOSANTES P.37

Professeure Barbara Papadopoulou PORTRAIT

Editeur : Université Côte d’Azur – 28 av. de Valrose 06000 Nice

Représentant Légal : Jeanick BRISSWALTER, Président d’Université Côte d’Azur

DOSSIER

L’avenir du partenariat privilégié

L’avenir du partenariat privilégié

échange de bonnes pratiques

P.58

Directeur de la publication : Sylvain ANTONIOTTI, Vice-Président d’Université Côte d’Azur en charge de l’Initiative d’Excellence (IdEx)

Comité de Rédaction :

François GÉLINEAU, Vice-recteur aux affaires internationales et au développement durable, responsable de l’EDI et de la philanthropie, Université Laval

Jacques SIMARD, Adjoint au Vice-Recteur aux affaires internationales et au développement durable -Partenariats internationaux, Université Laval

Saranne COMEL, Directrice opérationnelle Programme International et Europe, IdEx - Chargée de mission Projets Stratégiques, Université Côte d’Azur

Leila JABER, Chargée de communication, IdEx, Université Côte d’Azur

Pearl KLING, Chargée de projets, Programme International et Europe, IdEx, Université Côte d’Azur

Contributeurs : Geneviève BÉDARD, Adjointe exécutive au vice-recteur, Cheffe de cabinet, Vice-rectorat aux affaires internationales et au développement durable, Université Laval

François ARNALDEZ, Chargé de projets, Programme International et Europe, IdEx, Université Côte d’Azur

Coordination : Céline PACCOUD, Responsable Communication Grands Projets, Direction Communication et Marque

Maquette : Jeremiah TURRINI, Graphiste, Direction Communication et Marque

Initiative d'Excellence

Impression : Centre de Production Numérique Universitaire

Date de parution : Avril 2026

ISSN 3040-1992

Université Côte d’Azur

Initiative d' Excellence

Une partie des projets présentés dans ce magazine ont bénéficié d’une aide du gouvernement français, gérée par l’Agence Nationale de la Recherche, au titre du Plan d’Investissement France 2030, dans le cadre de l’Initiative d’Excellence d’Université Côte d’Azur portant la référence ANR-15-IDEX-01

éDITO

Au cours des dix dernières années, l’Université Laval et Université Côte d’Azur ont uni leurs forces autour d’un partenariat unique, fondé sur une vision partagée du rôle des universités dans un monde en transformation. Cette décennie de collaboration a permis de faire émerger une communauté scientifique franco-québécoise d’une vitalité remarquable, animée par l’audace, la rigueur et un engagement commun envers l’avancement de la science et l’impact sociétal.

Nos équipes respectives ont su tisser des liens de confiance qui dépassent largement le cadre institutionnel. Elles ont porté des projets ambitieux dans des domaines où la complémentarité de nos expertises crée un véritable effet multiplicateur, comme en santé, en intelligence artificielle ou en environnement. Après 10 ans, le partenariat privilégié entre Université Côte d’Azur et l’Université Laval en recherche, c’est plus de 170 publications. Sur la période 2022-2024 (années pleines depuis la mise en place des indicateurs IdEx pérennisés), c’est 49 publications, dans les domaines de la médecine, l’informatique, l’astrophysique et la biochimie, dont près de 60% en open access. Près de 40% de ces publications sont dans le top 10% des journaux, et plus de 20% sont dans le top 10% des articles les plus cités (CiteScore). Une quarantaine de copubliants ont 3 articles collaboratifs ou plus. Du coté des échanges, sur la même période, c’est 159 mobilités qui ont eu lieu dans les deux sens avec 30% de mobilités étudiantes (LMD), 13% de mobilités dédiées au renforcement de capacité de nos institutions, 37% de mobilités académiques et 20% de mobilités dédiées aux missions de suivi du partenariat. Ces réalisations témoignent de la capacité de nos chercheurs et chercheuses, de nos doctorants et doctorantes, du corps enseignant et de nos partenaires à se mobiliser pour répondre à des défis sociétaux et à des enjeux scientifiques qui dépassent nos frontières et exigent une coopération internationale structurée.

Ce numéro spécial d’Insights met en lumière cette dynamique collective, les réussites qu’elle a rendues possibles et toutes les occasions que laisse entrevoir l’avenir. La planification stratégique conjointe engagée par nos deux institutions propose une nouvelle phase de développement du partenariat : plus intégrée, plus interdisciplinaire et davantage tournée vers l’innovation responsable. Les axes thématiques identifiés en concertation avec les parties prenantes du partenariat offrent un cadre clair pour amplifier nos actions et soutenir de nouvelles synergies, notamment en matière de recherche collaborative, de formation internationale et de mobilité étudiante et professorale.

Retrouvez au fil des pages les personnes et les projets qui ont donné vie à ce partenariat, bien au-delà de nos attentes respectives, dans tous les aspects de nos activités et missions : formation, recherche, innovation, internationalisation, entrepreneuriat, mais aussi échanges de capacités dans le pilotage de programmes ou les sujets de gouvernance et d’administration.

À l’heure où nos sociétés sont confrontées à des défis complexes, nous sommes convaincus que les universités doivent agir ensemble, avec ambition et responsabilité. C’est l’esprit qui anime le partenariat Université Laval-Université Côte d’Azur depuis dix ans, et qui constituera le socle de nos collaborations à venir.

Ensemble, poursuivons cet élan!

Sylvain ANTONIOTTI, Vice-président Initiative d’Excellence, Université Côte d’Azur et François GÉLINEAU Vice-recteur aux affaires internationales et au développement durable, responsable de l’EDI et de la philanthropie, Université Laval

LE MOT DU PRéSIDENT

L’année 2026 revêt une portée profondément symbolique pour Université Côte d’Azur. Elle marque non seulement les dix ans de l’IdEx, mais aussi une décennie d’engagement résolu en faveur d’un modèle universitaire profondément transformé : celui d’une université d’impact durable, ancrée dans son territoire et ouverte sur le monde.

L’IdEx a été bien plus qu’un levier de structuration institutionnelle. Il a permis l’émergence d’une université qui place au cœur de son action, l’excellence de ses formations, de sa recherche mais aussi la responsabilité sociétale, la transition écologique, l’innovation au service du bien commun et la production de connaissances utiles aux grands enjeux contemporains. Grâce à cet élan, le territoire azuréen s’est doté d’une offre d’enseignement supérieur et de recherche alignée sur les standards internationaux du XXIe siècle, tout en restant fidèle aux valeurs du service public français : exigence académique, égalité des chances, inclusion et solidarité.

Cette année est également l’occasion de célébrer dix années d’un partenariat privilégié avec l’Université Laval, partenaire fondateur de cette dynamique. Dès l’origine, nos deux institutions se sont reconnues dans une même ambition : former des universités engagées, capables de produire un impact mesurable et durable sur leurs territoires et leurs sociétés.

Ce qui unit Université Côte d’Azur et l’Université Laval dépasse les coopérations académiques classiques. Il s’agit d’une véritable communauté de vision, fondée sur un socle de valeurs partagées — excellence, ouverture, responsabilité, inclusion et solidarité — mais surtout sur une conception exigeante du rôle des universités : être des actrices de transformation, au croisement des savoirs, des disciplines et des acteurs. Au fil des années, au-delà des changements de gouvernance, cette relation s’est consolidée de manière organique, portée par une conviction commune : les défis contemporains — climatiques, sociaux, technologiques — appellent des réponses interdisciplinaires, collaboratives et profondément ancrées dans les écosystèmes locaux tout en étant connectées à des réseaux internationaux.

Dans cette perspective, l’IdEx joue un rôle déterminant. Il constitue un catalyseur d’innovation et un accélérateur de cette philosophie d’impact durable, en soutenant des initiatives structurantes, en favorisant les collaborations internationales stratégiques et en permettant l’expérimentation de nouveaux modèles académiques et sociétaux.

Fidèles à cette ambition, et désireux d’amplifier encore cette dynamique pour la décennie à venir, la rectrice Sophie D’Amours et moi-même avons souhaité inscrire notre partenariat dans une programmation stratégique renouvelée. Celle-ci visera à renforcer notre capacité collective à agir, à innover et à contribuer, ensemble, à un avenir plus durable et plus équitable.

LE MOT DE LA RECTRICE

Il y a 10 ans, l’Université Laval s’est engagée à créer des liens étroits avec Université Côte d’Azur. Depuis, notre partenariat privilégié a grandi et s’est approfondi, car nous avons rencontré une université sœur sur le plan des valeurs.

Nos deux universités sont audacieuses et innovantes, et elles se soucient d’agir avec bienveillance et respect. Le lien de confiance qui s’est établi entre nos équipes respectives, qui se complètent bien, nous a permis de repousser les limites du savoir et de faire naître plusieurs projets de recherche conjoints, ententes de mobilité et initiatives innovantes.

Le leadership visionnaire dont a fait preuve le président d’Université Côte d’Azur, monsieur Jeanick Brisswalter, a été déterminant pour notre relation, mais ce sont nos communautés – étudiantes, professorales, scientifiques et professionnelles – qui, par leur énergie et leur créativité, ont donné vie à cette vision partagée.

Tant l’Université Laval qu’Université Côte d’Azur ont la conviction profonde que la collaboration est un puissant moteur d’impact pour nos sociétés. Bien ancrées dans nos villes respectives, nous croyons que l’ouverture à l’autre est essentielle pour comprendre la complexité du monde et y répondre de manière éclairée. C’est pourquoi notre partenariat se distingue par son interdisciplinarité et par ses liens avec des acteurs de la société autant locaux qu’internationaux.

En célébrant ces dix années, nous reconnaissons non seulement le chemin parcouru, mais aussi le potentiel immense qui s’offre à nous. Nos institutions sont prêtes à relever les défis qui émergent, à explorer de nouveaux territoires de connaissance et à renforcer encore davantage les ponts qui nous unissent.

Je remercie chaleureusement toutes celles et tous ceux qui, des deux côtés de l’Atlantique, nourrissent cette collaboration exceptionnelle. Ensemble, continuons d’innover, de rêver et d’agir.

Pre. Sophie D ’AMOURS

Rectrice de l’Université Laval

PITCH CHALLENGE

Le Pitch Challenge est une rubrique dynamique qui met en avant plusieurs opportunités originales offertes à nos étudiants dans le cadre du partenariat privilégié.

SENSIBILISER NOS ÉTUDIANTS À L’IMPORTANCE

DE LA DIPLOMATIE SCIENTIFIQUE PAR LA SIMULATION

Soucieuses de contribuer à résoudre les défis de notre époque, Université Côte d’Azur et l’Université Laval sont engagées dans la lutte contre les changements climatiques. Partenaires aux COP Climat depuis plusieurs années, elles organisent aussi des évènements de renforcement des capacités pour leurs étudiants et ceux de leurs partenaires sur les enjeux environnementaux.

Dans ce contexte, et plus particulièrement dans le cadre du projet MOODS soutenu par la Direction Europe Occidentale de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), une simulation de négociations du Traité des Nations Unies sur la Haute Mer (communément appelé « BBNJ » pour Biodiversity Beyond National Jurisdiction treaty) a été organisée à Bruxelles en mars 2025 par Université Côte d’Azur. Treize étudiants de 7 universités francophones partenaires ont ainsi été invités à simuler les positions nationales et

les négociations de certains Etats clés, parmi lesquels deux étudiants de l’Université Laval, Lou Emmanuella Houla et Donovan Cantin.

Quelques mois plus tard, en octobre 2025, c’est à l’Université Laval que se déroule une simulation internationale portant cette fois-ci sur les négociations climatiques (COP30) et organisée par l’École supérieure d’études internationales. Première simulation de ce genre à l’Université Laval, cette semaine intensive a permis aux étudiantes et étudiants d’aborder les causes et conséquences du phénomène des changements climatiques, de l’histoire de ce type de négociation, des positions des pays clés, de l’Accord de Paris et de la transition vers une économie propre. Cette fois-ci ce sont deux étudiants d’Université Côte d’Azur : Clémence Berthon Jager et Thierry Marcotte qui rejoignent la ville de Québec pour participer.

TÉMOIGNAGES

Donovan Cantin, É tudiant à la maîtrise en biologie à l’Université Laval :

« Étant étudiant en biologie marine, participer à une simulation de négociation d’entrée en vigueur d’un traité international m’a été très pertinent afin de me former en politique internationale et ajouter des cordes à mon arc. En plus d’ouvrir mes horizons sur de nouvelles connaissances et de nouveaux domaines, l’activité m’a permis d’échanger avec des étudiants d’origines diversifiées, ayant chacune et chacun des parcours uniques et le pouvoir de mettre sur la table des connaissances exclusives lors des négociations. J’ai fort apprécié apprendre

à appliquer mon bagage scientifique dans un contexte politique et échanger avec des étudiants provenant d’autres disciplines.

Pour la simulation, j’avais été mis en charge de représenter le Bélize, ce qui m’a porté à rechercher et apprendre grandement sur la région des Caraïbes et l’importance de ce traité pour les pays en faisant partie. Je suis ressorti globalement grandi de cette expérience, que ce soit au niveau scientifique, professionnel, ou personnel. »

Lou Emmanuella Houla, Étudiante à la maîtrise en études internationales - relations internationales à l’Université Laval :

« Participer à la simulation de négociation sur le BBNJ a été une expérience particulièrement marquante dans mon parcours universitaire. Cela m’a permis de mieux comprendre les enjeux liés à la gouvernance des océans et à la protection de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales, tout en expérimentant le fonctionnement des négociations internationales. L’un des aspects les plus enrichissants de cette expérience a été la possibilité de travailler avec des étudiants issus de différents programmes d’études et de plusieurs espaces de la francophonie. Ce fut un réel plaisir d’échanger et de collaborer

avec des personnes aux parcours académiques et culturels variés, ce qui a enrichi les discussions et permis d’aborder les enjeux du BBNJ sous plusieurs perspectives.

Au-delà de l’apprentissage académique, cette simulation m’a aussi permis de développer des compétences en analyse, en négociation et en travail d’équipe. Elle a également renforcé mon intérêt pour la coopération internationale et pour les solutions collectives nécessaires à la protection des biens communs mondiaux. Je remercie sincèrement Université Côte d’Azur pour cette initiative stimulante et formatrice. »

Thierry MARCOTTE

,

Doctorant en droit de l’environnement à Université Côte d’Azur :

« Les négociations internationales sur le climat sont devenues un incontournable pour toute personne qui s’intéresse aux questions environnementales, en particulier les chercheurs en droit de l’environnement. C’est pourquoi je n’ai pas hésité un seul instant lorsque l’on m’a proposé de participer à une telle simulation à l’Université Laval. Après deux jours de rappels sur les enjeux de la question climatique, nous voici, vingt étudiants et doctorants, dans un amphithéâtre, incarnant les grandes puissances et lobbys de ce monde, à devoir négocier le prochain accord climatique. Seronsnous plus ambitieux que nos propres dirigeants ?

Dans le rôle d’un représentant du lobby pétrolier, j’ai discuté, dialogué, comploté, me faisant passer pour l’acteur incontournable de la transition écologique. Au-delà du cadre exceptionnel qui nous a été offert sur le campus et à l’extérieur, j’ai pu découvrir en situation quasi-réelle, auprès de camarades brillants, les enjeux des négociations internationales. Cette expérience, riche, m’a permis d’affiner ma compréhension des obstacles concernant la protection du climat, mais surtout des pistes de progrès, en droit, que je peux mobiliser dans ma propre recherche. »

ETUDIANTS DOUBLE DIPLÔME MIAGE IA2

En 2021, Université Côte d’Azur et l’Université Laval ont signé une convention d’échanges d’étudiants entre le Master 2 MIAGE IA2 (Master Méthodes Informatiques Appliquées à la Gestion des Entreprises, Parcours Intelligence Artificielle Appliquée) d’Université Côte d’Azur, le MSc Data Sciences & Artificial Intelligence d’Université Côte d’Azur et la Maîtrise en Intelligence Artificielle de l’Université Laval, avec pour objectif de faciliter les échanges d’étudiants entre les deux universités.

Cet accord offre ainsi aux étudiants une opportunité unique de mobilité leur permettant d’enrichir leur parcours académique, soit sur un simple semestre sans possibilité de diplomation, soit sur 18 mois avec possibilité d’une double diplomation.

Deux étudiants en Master 2 MIAGE IA2 témoignent de leur expérience.

étudiant en Master 2 MIAGE IA2 :

« Cette mobilité d’études au Canada a été une première pour moi, non seulement sur le plan académique mais également personnel. J’ai gouté pour la première fois à l’indépendance, découvert une toute nouvelle culture et de nombreux lieux à visiter ; ma curiosité était gonflée à bloc.

Québec est un lieu unique avec son centre-ville mélangeant ville nord-américaine et ville plus européenne (si on se penche vers le Vieux Québec), avec en plus ses parcs naturels grandioses à moins de 30 minutes du centre-ville et l’accueil chaleureux des locaux. La saison d’automne fut pour moi un coup de cœur, surtout quand on se balade dans le campus ou dans le Parc national de la JacquesCartier, offrant aux feuilles des couleurs chaleureuses et très agréables à l’œil.

L’Université Laval m’a fait plonger dans un monde

THÉO LAHMAR,

étudiant en Master 2 MIAGE IA2 :

« Mon échange de quatre mois à l’Université Laval a été une immersion aussi dépaysante qu’enrichissante. Ce séjour m’a d’abord marqué par la métamorphose spectaculaire des paysages : j’ai eu la chance de voir l’embrasement des couleurs d’automne s’effacer brusquement sous les premières tempêtes de neige. Apprivoiser ce froid vif, c’est découvrir une énergie nouvelle et un art de vivre unique. Sur le plan académique, cette expérience a été une belle opportunité de découvrir une autre manière d’apprendre. Mon cursus MIAGE s’inscrit dans une logique de professionnalisation, avec un cadre structurant et un accompagnement régulier, favorisant une approche concrète et appliquée des enseignements. À l’Université Laval, j’ai été confronté à une approche différente, davantage centrée sur les fondements théoriques et la logique mathématique. Cette complémentarité m’a permis de prendre du

où la grandeur n’est qu’euphémisme, avec ses nombreux pavillons, la panoplie de cours disponibles et les nombreuses activités extrascolaires présentes dans le complexe sportif. J’ai pu prendre des cours d’escalade et avoir accès à la salle de sport pendant 4 mois pour le prix d’un mois à une salle de sport en France, c’est pour dire.

J’ai vraiment apprécié le temps qui nous a été donné hors des cours. Cela a été pour moi une opportunité de me développer et de réfléchir aux objectifs que je voulais atteindre et, pour cela, je remercie l’Université Laval de nous avoir accueillis, Théo, Lauris et moi-même, ainsi que l’Ecole Universitaire de Recherche Systèmes Numériques pour l’Humain (EUR DS4H) de nous avoir permis de vivre une expérience inoubliable. »

recul sur mes méthodes de travail et d’enrichir mes compétences.

En parallèle, j’ai poursuivi mon engagement au sein de Junior MIAGE Concept à distance, malgré six heures de décalage horaire, ce qui m’a demandé organisation et adaptabilité.

Le point d’orgue de mon séjour reste la semaine de relâche autour d’Halloween. Entre les maisons décorées avec passion et l’arrivée de la neige, l’ambiance était féerique. Nous avons loué une voiture avec des amis québécois pour un road trip mémorable jusqu’aux chutes du Niagara, une expérience authentique du Québec.

Ce que je retiens de cette aventure ? Une adaptabilité renforcée et un esprit plus ouvert, convaincu que la diversité des approches est une richesse pour mon parcours. »

PROJETS A LA UNE

Au fil des années, de nombreuses collaborations académiques sont venues enrichir ce partenariat privilégié ; certaines l’ont d’ailleurs précédé. Nous avons souhaité en mettre quelques-unes à la une pour montrer leur diversité et leur richesse.

COLLABORATION NICE-QUÉBEC : À LA DÉCOUVERTE D’UN CHAINON MANQUANT ENTRE MICROBIOTE INTESTINAL ET MALADIES INFLAMMATOIRES

Certaines collaborations naissent d’une rencontre, traversent les années pour in fine mener à des découvertes majeures qui n’auraient certainement pas été possibles sans une trajectoire partenariale. Celle entre Éric Boilard et Gérard Lambeau en est un exemple saillant puisqu’ils explorent ensemble, depuis plus de 25 ans, le rôle des phospholipases A2 (PLA2) dans l’inflammation et les maladies chroniques.

De la Côte d’Azur au Québec, en passant par les Etats-Unis et même le Japon, leur collaboration a progressivement révélé des mécanismes jusqu’alors inconnus reliant microbiote intestinal, système immunitaire et maladies inflammatoires.

LA GENÈSE D’UNE COLLABORATION MAJEURE

L’histoire commence en 1999, lorsque le laboratoire de Gérard Lambeau décrit la diversité d’une famille d’enzymes impliquées dans l’inflammation : les phospholipases A2 sécrétées (sPLA2). À cette époque, Eric Boilard, alors étudiant à l’Université Laval, le contacte avec le désir de rejoindre son laboratoire afin de mieux comprendre le rôle de ces enzymes dans la polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune pour laquelle les options thérapeutiques étaient très limitées.

En 2003, grâce à l’obtention d’une bourse postdoctorale, Eric Boilard rejoint finalement l’équipe de Gérard Lambeau à l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (IPMC), référence mondiale dans l’étude des sPLA2. La renommée de ce laboratoire repose notamment sur la découverte et le clonage de sept des douze sPLA2 humaines, ainsi que sur l’identification de leur récepteur, PLA2R1. Ces travaux ont permis de mieux comprendre plusieurs mécanismes impliqués dans l’inflammation et certaines maladies humaines, ouvrant la voie à de nouvelles recherches biomédicales et thérapeutiques.

Entre 2003 et 2006, les Principaux Investigateurs (PI) travaillent ensemble pour mieux comprendre les rôles des différentes sPLA2 dans l’inflammation. Cette première phase de la collaboration aboutit à la publication de huit articles mais surtout, elle pose les bases d’une collaboration qui se poursuivra pendant des années.

En 2007, la collaboration prend une trajectoire internationale supplémentaire puisqu’Eric Boilard rejoint l’Université d’Harvard pour un deuxième postdoctorat. Cette deuxième phase de la collaboration, renforcée par Michael Gelb de l’Université de Washington (Seattle), aboutit en 2010 à une publication majeure sur le lien entre arthrite et sPLA2. Ici, les PI étudient l’expression des enzymes dans le

liquide synovial de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde et utilisent des souris génétiquement modifiées pour comprendre leur rôle dans un modèle d’arthrite auto-immune. L’étude montre clairement la fonction pro-inflammatoire de la sPLA2-IIA mais révèle une fonction inattendue, anti-inflammatoire de la sPLA2-V. Plus précisément, les chercheurs montrent que l’injection de la sPLA2-V recombinante soigne les souris en diminuant la formation de complexes immuns. Pour cette dernière sPLA2 qui représente une nouvelle piste thérapeutique pour traiter la polyarthrite rhumatoïde, il ne faut donc pas l’inhiber, mais la stimuler ou l’injecter aux patients. Ce travail avait fait l’objet d’un dépôt de brevet.

Et voici que près de 20 ans après le début de leur collaboration, celle-ci mène à une nouvelle découverte majeure avec la publication, en 2022, d’une étude qui montre que la sPLA2-IIA est produite et agit dans l’intestin pour influencer l’inflammation dans tout l’organisme. Pour cela, les PI se sont intéressés à un modèle de souris transgéniques qui expriment le gène humain de la sPLA2-IIA. Ils ont observé que ces souris, en vieillissant, développaient spontanément des manifestations inflammatoires, systémiques et chroniques. Ils ont relié cette observation au fait que la sPLA2-IIA, produite en abondance dans l’intestin des souris, comme chez l’humain, modifie le profil des lipides issus des bactéries du microbiote intestinal. En libérant les acides gras des membranes bactériennes, la sPLA2 produit des lipides pro-inflammatoires. Ceux-ci vont amplifier l’inflammation chronique et augmenter la sévérité des symptômes d’une arthrite déclenchée chez ces souris.

En parallèle, les travaux de Makoto Murakami de l’Université de Tokyo, collaborateur des deux PI, montrent que la même sPLA2-IIA, en agissant à nouveau sur le microbiote intestinal, contrôle cette fois un cancer de la peau induit chez les souris.

Cette découverte ouvre une perspective thérapeutique originale : agir localement dans l’intestin pour réduire l’inflammation dans des tissus éloignés chez les patients atteints d’arthrite ou d’autres maladies inflammatoires.

Une fois de plus, cette troisième phase de la collaboration repose sur les deux PI et leur équipe, mais elle marque néanmoins un tournant, puisqu’elle contribue désormais à former la relève scientifique. L’étude implique ainsi Étienne Doré, alors doctorant à l’Université Laval et premier auteur de l’article, accueilli par Gérard Lambeau pour réaliser certaines expériences reposant sur l’expertise technique développée à l’IPMC. Outre l’implication d’Etienne Doré, cette étude a également pu compter sur la contribution de deux autres chercheuses, produits de la circulation des talents entre nos deux établissements : Isabelle Allaeys, ancienne doctorante de l’IPMC, ensuite recrutée comme professionnelle de recherche dans le laboratoire d’Eric Boilard ; et Laetitia Davidovic, qui a fait sa thèse à l’Université Laval et est aujourd’hui cheffe d’équipe à l’IPMC.

Les recherches les plus récentes, qui marquent la quatrième phase de la collaboration, approfondissent les pistes identifiées en 2022. Dans une étude publiée en 2025, les PI ont ainsi montré que la sPLA2-IIA module le système immunitaire en agissant sur les bactéries intestinales.

Ainsi, comme le retrace la BD en illustration de cet article, les travaux collaboratifs entre Eric Boilard et Gérard Lambeau contribuent à mieux comprendre les mécanismes complexes qui lient intestin, système immunitaire et maladies inflammatoires chroniques. D’une part, ces travaux ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour traiter des maladies comme l’arthrite et, d’autre part, ils sont un symbole de la longévité du partenariat qui lie Université Côte d’Azur et l’Université Laval.

GÉRARD LAMBEAU,

Directeur de recherche CNRS - Chef d’équipe à l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (IPMC), Université Côte d’Azur, CNRS et Inserm

ERIC BOILARD, Professeur titulaire, chercheur universitaire, Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie, Faculté de médecine - Codirecteur du centre Arthrite, Université Laval

ACCEPTABILITÉ SOCIALE, ENJEU DE GOUVERNANCE, ENJEU DE SOCIÉTÉ ?

La collaboration entre Laurence Saglietto et l’Université Laval commence dans les années 90 dans le cadre du projet ACTIM initié par les Professeurs Diane Poulin (Université Laval) et Michel Rainelli (Université Côte d’Azur) portant sur la mondialisation des économies et les relations entre l’ALENA et l’Union européenne. Quelques années plus tard, les investigatrices principales, Francine Charest et Laurence Saglietto, se rencontrent autour des « Big Data et la visibilité en ligne » qui fera l’objet d’un ouvrage cosigné par les professeurs Francine Charest, Christophe Alcantara et Serge Agostinelli. Les deux investigatrices poursuivront leur collaboration pour travailler sur l’acceptabilité sociale de la reconnaissance faciale et sa communication auprès du grand public.

Aujourd’hui, cet engouement pour l’acceptabilité sociale, qui nous vient du Canada (Stéphanie Yates et Corinne Gendron), prend de l’ampleur suite aux crises récentes au niveau international, aux débats publics et aux défis environnementaux dans les entreprises. De l’échelle macrosociale à la focale microsociale, la notion d’acceptabilité sociale est de plus en plus présente. L’acceptabilité sociale est une question d’appréciation. C’est « l’assentiment

de la population à un projet ou à une décision résultant du jugement collectif que ce projet, ou cette décision, est supérieur aux alternatives connues, incluant le statu quo » (Corinne Gendron).

En ce sens, l’acceptabilité sociale peut s’apparenter à une stratégie de relations publiques pour éventuellement anticiper des conflits et elle peut simultanément être comparée à un dialogue entre la société civile et les décideurs.

L’acceptabilité sociale interroge le politique ou les prises de décision avec un mode participatif de gouvernance. Ainsi, le thème de la démocratie participative qui conteste de plus en plus la représentativité et la légitimité des élus est un levier important des mouvements sociaux et politiques à l’œuvre. Enfin, l’acceptabilité sociale est aussi présente dans la sphère de l’entreprise, puisque les enjeux de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) sont pour certains « les fondements de l’acceptabilité sociale » (Stéphanie Yates).

Enfin, un financement IdEx a permis de poursuivre la recherche sur l’acceptabilité sociale entre les universités. Cette collaboration s’est articulée en deux temps : l’organisation d’un colloque, puis la publication d’un ouvrage collectif afin de consolider le concept d’acceptabilité sociale. In fine le projet d’ouvrage a mobilisé 47 académiques provenant de 18 universités et représentant 10 champs disciplinaires. Au Canada, outre l’Université Laval, le projet a bénéficié de la contribution des deux chercheuses pionnières de la question : Stéphanie Yates et Corinne Gendron.

FRANCINE CHAREST,

Professeure titulaire au Département d’information et de communication, Université Laval.

LAURENCE SAGLIETTO,

Professeure des universités à l’IAE Nice, GREDEG, Université Côte d’Azur - CNRS.

Autres contributeurs principaux :

Christophe ALCANTARA, Professeur des universités, IDETCOM, Université Toulouse 1 Capitole (coinvestigateur principal dans l’organisation du colloque et cosignataire de l’ouvrage).

Alain LAVIGNE, Professeur titulaire, l’Université Laval (cosignataire de l’ouvrage).

Contributeurs de l’ouvrage :

Pour Université Côte d’Azur : Jean-Sylvestre BERGÉ, Vincent MEYER, Marie GUITTARD, Jacques ARASZKIEWIEZ, Pierre-Sylvain MIRADE, Valérie SIRANYAN, Mai Anh NGO, Manuela BARDET, Mantiaba COULIBALY, Dayle DAVID, Isabelle MILHABET, Pierre THÉROUANNE, Laurence SAGLIETTO.

Pour l’Université Laval : Alain LAVIGNE, Francine CHAREST et Ema ZAJMOVIC.

DÉVELOPPEMENT DE CAPTEURS OPTIQUES ROBUSTES

AFIN DE DÉTECTER À DISTANCE DES GAZ CLIMATIQUEMENT

ACTIFS DANS L’ENVIRONNEMENT EXTRÊME QU’EST L’ARCTIQUE

Le projet a commencé en 2019, dans le cadre du programme Sentinelle Nord, dédié à l’étude du Grand Nord et à la surveillance de son environnement face au réchauffement climatique. L’objectif : développer des capteurs optiques capables de détecter à distance les émissions de gaz à effet de serre.

Au cœur de la problématique : la fonte du pergélisol, ce sol gelé en permanence qui, en se réchauffant, libère du méthane (CH₄) et du dioxyde de carbone (CO₂), deux puissants gaz à effet de serre. Les méthodes de mesure actuelles restent imparfaites. L’ambition du projet est d’exploiter la photonique pour concevoir un système utilisant un laser infrarouge capable de détecter de très faibles concentrations de gaz sur de larges zones.

À l’Institut de Physique de Nice (INPHYNI), l’équipe Fibres Optiques et Applications apporte une expertise unique : la conception et la fabrication de fibres optiques de spécialité au sein

de la plateforme « Optique et Photonique » 1. Leur contribution ? Concevoir une fibre « absorbant saturable » intégrée au laser développé par les partenaires canadiens, permettant l’émission d’impulsions brèves dans l’infrarouge, essentielles pour une détection fine des gaz.

Le partenariat s’appuie sur la complémentarité des savoir-faire : à Québec, le Centre d’Optique, Photonique et Laser (COPL) développe les sources laser ; à Nice, les chercheurs conçoivent des composants sur mesure, à base de fibres optiques uniques et innovantes. Cette collaboration a donné lieu à une publication dans Optics Express, à plusieurs conférences internationales et à la mobilité d’un doctorant canadien, Pascal Paradis, à Nice.

Au-delà des résultats scientifiques, le projet illustre la force d’un partenariat structurant : il a ouvert de nouvelles perspectives d’applications, permis de bénéficier de cofinancements par effet levier et favorisé l’émergence de nouvelles collaborations. Une expérience qui a également été l’occasion de redonner vie à des idées innovantes, encore pertinentes aujourd’hui.

(1) Au sein de la plateforme POP, le centre de Fabrication de Fibres Optiques de Spécialité est soutenu par le Plan d’Investissement d’Avenir (PIA3, Equipex+), la Région SUD, le CNRS et Université Côte d’Azur

BERNARD DUSSARDIER, Directeur de recherche CNRS à l’Institut de Physique de Nice (INPHYNI), Université Côte d’AzurCNRS.

MARTIN BERNIER, Professeur titulaire au Département de physique, de génie physique et d’optique, Faculté des sciences et de génie, Université Laval.

AMÉLIORER LE TRAITEMENT DE LA STÉNOSE VALVULAIRE AORTIQUE EN UTILISANT DES APPROCHES D’IA

CONTEXTE

La sténose valvulaire aortique est une des maladies cardiovasculaires les plus fréquentes avec la maladie coronarienne et l’hypertension. Environ 9,5 millions de personnes souffrent de sténose valvulaire aortique à travers le monde et ce nombre devrait tripler d’ici 2050.

Les valves sont des membranes qui se ferment de façon étanche et qui s’ouvrent pour permettre la circulation sanguine à l’intérieur des différentes cavités du cœur. La sténose valvulaire aortique est liée au vieillissement et au développement de calcifications (dépôts de sels de calcium) sur la valve. Au fil du temps, la valve se durcit et ne s’ouvre pas suffisamment pour permettre le passage du sang, pouvant entraîner un essoufflement, des douleurs thoraciques, une sensation de faiblesse ou de fatigue voire des malaises ou des syncopes chez les patients. Il n’existe à ce jour aucun traitement pharmacologique et le seul traitement est le remplacement valvulaire aortique par une prothèse. La sténose valvulaire aortique est directement responsable d’environ 125 000 décès et 350 000 remplacements de valve par an.

On ne trouve pas dans la littérature scientifique de biomarqueurs ni de stratégies permettant d’identifier le moment optimal pour intervenir dans le traitement de la maladie. Il existe donc un besoin urgent d’optimiser et d’individualiser la décision concernant le moment et le type d’intervention, par chirurgie ou transcathéter. Cette opération n’est envisagée que lorsqu’une dégradation rapide de l’état de santé du patient est constatée ou suspectée de survenir à court terme.

Cependant, il a été démontré que certaines interventions chirurgicales peuvent être retardées, la qualité de vie n’étant pas améliorée, tandis que d’autres peuvent au contraire être effectuées plus tôt. En effet, pour l’instant, il n’y a aucun moyen de détecter précocement la maladie, de déterminer comment la maladie va évoluer à court ou moyen terme, de savoir quels traitements médicaux suggérer, ou encore de définir le meilleur moment pour intervenir. Des avancées sont donc nécessaires afin d’améliorer les méthodes de dépistage, de diagnostic, d’identification des risques et de prédiction du traitement optimal, personnalisées pour chaque patiente ou patient.

Ce projet propose ainsi de développer des approches de pointe en intelligence artificielle (IA) pour permettre une médecine personnalisée dans la maladie de la valve aortique.

De même, il n’existe pas de méthodologie pour déterminer les phénogroupes de patientes et patients souffrant de sténose aortique. Afin de développer des pharmacothérapies individualisées, il est

crucial de pouvoir d’abord déterminer les différents phénogroupes qui existent dans la population de malades.

Nous avons donc pour objectif le clustering en phénogroupes en utilisant des approches d’IA.

Le projet vise donc le développement de méthodes : faciles à utiliser, puisqu’elles sont basées sur des

Schéma de la sténose aortique, de sa prise en charge par TAVR et d’un modèle longitudinal de deep learning utilisé dans la cohorte PROGRESSA pour prédire son évolution clinique.

données habituellement récupérées lors d’un examen cardiologique du patient, et faciles à interpréter, puisque nous souhaitons offrir à terme un outil de visualisation/interprétation des résultats. Ainsi, son adoption par les professionnels de santé sera grandement facilitée.

OBJECTIFS DU PROJET

Le projet Sténose valvulaire aortique, porté par l’Université Laval et Université Côte d’Azur, vise à améliorer le traitement de la sténose valvulaire aortique en utilisant des approches d’IA.

Plus particulièrement, le projet cherche à répondre à deux axes de recherche :

- déterminer des «sous-groupes de patientes et de patients (phénogroupes) partageant un type de sténose aortique similaire afin d’en améliorer la prise en charge» ;

- définir le moment optimal d’intervention dans le traitement de la maladie ; en particulier identifier de possibles stratégies d’interventions spécifiques à chaque phénogroupe.

MÉTHODOLOGIE ET CARACTÈRE INNOVANT

Le projet mobilise des données recueillies sur une période de 15 ans. Pour chaque patient, plusieurs types de données ont été collectées : des échocardiographies, des images de scanner, des résultats d’analyse d’échantillons sanguins et diverses informations cliniques. De plus, ces données ont été récupérées au cours de plusieurs visites, car certains patients ont été suivis pendant des périodes allant jusqu’à 10 ans.

Le projet vise ensuite à construire des modèles prédictifs d’apprentissage qui exploitent l’ensemble des données disponibles, en tenant compte de toutes les consultations de chaque patient.

Le projet Sténose valvulaire aortique est lauréat de la première vague de l’appel à projets porté conjointement par le Health Data Hub et le Fonds de Recherche du Québec en Santé. Dans ce cadre, il bénéficie d’un accompagnement financier de la part du Health Data Hub.

RÉSULTATS/LIVRABLES

Les modèles développés permettent de déterminer le risque de progression de la maladie et les phénogroupes avec une grande précision. Ces deux informations sont des éléments clés pour individualiser et optimiser la prise en charge thérapeutique ainsi que le moment idéal de l’intervention chirurgicale. Les modèles développés sont en libre accès et mis en place dans un pipeline pour une réutilisation aisée, facilitant ainsi le transfert de connaissances à la communauté clinique. A terme, ces modèles vont constituer un nouvel outil pour guider le médecin traitant dans le choix du meilleur type et du meilleur moment de traitement pour un patient donné, bâtissant ainsi une médecine personnalisée.

Le projet a donné lieu à plusieurs publications scientifiques portant sur l’évaluation des méthodes de prédiction de l’évolution de la sténose aortique et sur la détermination des phénogroupes parmi les patientes et patients malades.

FRÉDÉRIC PRECIOSO, Professeur à Université Côte d’Azur - Laboratoire d’Informatique, Signaux et Systèmes de Sophia Antipolis (I3S - CNRS/Université Côte d’Azur)

ARNAUD DROIT, Professeur titulaire au Département de médecine moléculaire, Faculté de médecine, Université Laval - Directeur de la plateforme de bioinformatique et de protéomique du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval (CRCHU)

PHILIPPE PIBAROT, Professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval - Responsable de la cardiologie à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) - Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les cardiopathies valvulaires

DOSSIER L’avenir du partenariat

privilégié

ans du partenariat

Université Côte d’Azur & Université Laval

ans du partenariat

Université Côte d’Azur & Université Laval

L’avenir partenariat

Après 10 ans d’existence du partenariat, nos institutions confirment la volonté que ce partenariat stratégique institutionnel puisse incarner une alliance académique exemplaire, fondée sur la confiance, la complémentarité et l’ambition partagée de transformer les savoirs en leviers d’impact sociétal. Ainsi, à l’aube de sa deuxième décennie, ce partenariat vise à :

1. Accompagner la transformation des collaborations de recherche vers des partenariats d’envergure, notamment via de grandes initiatives conjointes comme Horizon Europe.

2. Renforcer l’intégration institutionnelle au sein de l’Alliance européenne Ulysseus, en contribuant activement à ses missions de transformation universitaire.

3. Développer de nouvelles collaborations à très fort potentiel d’impact en lien avec les axes stratégiques du partenariat.

4. Positionner les universités comme actrices du changement sociétal, engagées dans le dialogue multilatéral et la prise de décision basée sur la science.

5. Accroître le rayonnement international des deux universités par des actions structurantes, des projets à fort impact et une gouvernance collaborative.

Ce partenariat se veut un laboratoire d’innovation universitaire, un catalyseur de transformation et un modèle de coopération internationale au service des générations futures.

Université Côte d’Azur & Université Laval

du partenariat privilégié

Pour cela, un processus de planification stratégique a été mis en place mandatant un noyau de gouvernance ayant pour mission de travailler au renouvellement du partenariat, à la fois pour soutenir l’identification des axes thématiques du partenariat mais aussi pour travailler sur des modalités concrètes d’accompagnement et de mise en œuvre (financements, dispositifs, ressources humaines, etc.) adaptées aux spécificités de chaque axe.

AXES THÉMATIQUES DU PARTENARIAT

Notre vision du partenariat repose sur cinq principes directeurs :

 Excellence scientifique dans des domaines porteurs d’impact sociétal :

1) Intelligence artificielle et robotique

2) Santé et vieillissement

3) Art et Industries culturelles et créatives

4) Environnement et territoire

 Un souci de soutenir l’interdisciplinarité et la recherche d’avant-garde; puis d’encourager la mobilisation des communautés universitaires, en favorisant l’initiative, la co-construction et la reconnaissance des expertises.

 Engagement envers une vision durable et inclusive, en cohérence avec les valeurs de responsabilité sociale, d’équité et de développement territorial.

 Simplification des dispositifs de soutien, pour lever les barrières à la collaboration et faciliter l’accès aux ressources.

 Développement mutuel des capacités institutionnelles, par l’échange de pratiques exemplaires en matière d’internationalisation, de mesure d’impact, d’innovation pédagogique (notamment via l’intelligence artificielle) et de gouvernance.

Conscients de la diversité des dynamiques de coopération déjà engagées, nous adoptons une approche modulée qui tient compte du niveau de maturité des collaborations entre les équipes des deux établissements. Cette posture permet d’ajuster les ambitions, de prioriser les actions à court, moyen et long terme, et de soutenir l’émergence de nouvelles synergies tout en consolidant les acquis.

APERÇU DES TRAVAUX ET ÉCHÉANCIERS

La période de novembre 2025 à avril 2026 a permis de préparer le lancement de la feuille de route, structurée autour des axes retenus et des priorités identifiées. Il conviendra ensuite de travailler sur les modalités d’accompagnement et de mise en œuvre proposées, ainsi que les indicateurs de suivi et d’évaluation à mettre en place pour s’inscrire en cohérence avec la volonté d’impact du partenariat.

Pour chaque axe scientifique, une équipe pilote dédiée a été constituée afin de piloter sa structuration

et de décliner le programme correspondant. Ce dossier présente donc la restitution de leurs travaux.

Axe Intelligence Artificielle et robotique

Contributeurs :

Philippe Després, Professeur titulaire au Département de physique, de génie physique et d’optique, Faculté des sciences et de génie - Directeur du Centre de recherche en données massives (CRDM), Université Laval

Arnaud Droit, Professeur titulaire au Département de médecine moléculaire, Faculté de médecine, Université Laval - Directeur de la plateforme de bioinformatique et de protéomique du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval (CRCHU) - Titulaire de la chaire internationale

Inria en collaboration avec Université Côte d’Azur (Maasai Team)

Serena Villata, Directrice de recherche CNRS au laboratoire Informatique, Signaux et Systèmes de Sophia-Antipolis (I3S - CNRS/Université Côte d’Azur) - Directrice scientifique de l’IA Cluster 3IA Côte d’Azur (Interdisciplinary Institute for Artificial Intelligence), Université Côte d’Azur

Diana Sebbar, Ingénieure de recherche - Directrice de l’IA Cluster 3IA Côte d’Azur (Interdisciplinary Institute for Artificial Intelligence), Université Côte d’Azur

CONTEXTE ET ENJEUX

L’intelligence artificielle et la robotique occupent une place croissante dans nos sociétés, soulevant à la fois des défis technologiques et sociétaux, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour la recherche. L’Université Laval et Université Côte d’Azur ont su très tôt se structurer afin de devenir des acteurs moteurs et des forces de proposition dans ce domaine.

L’IA à titre d’objet de recherche, du fondamental à l’appliqué, profite à l’Université Laval de regroupements tels l’Institut intelligence et données

(IID) et le Centre de recherche en données massives (CRDM), de financements d’envergure (ex. IVADO) et de programmes de formation dédiés (ex. maîtrise professionnelle en IA, programme FONCER en science des données responsable dans le domaine de la santé - sdrds.org). Les activités de recherche au sein de ces regroupements sont en grande partie interdisciplinaires et portent sur les développements méthodologiques en IA, sur des thématiques connexes comme les infrastructures numériques et la cybersécurité, et sur les applications rendues possibles par cette technologie, notamment en santé et sciences du vivant et dans la sphère de l’environnement physique à différentes échelles (de l’individu aux territoires). L’Université Laval peut aussi compter sur une masse critique de chercheurs et de chercheuses qui s’intéressent aux impacts sociétaux de l’IA et du numérique, rassemblés au sein d’un observatoire (OBVIA).

Les actions en IA d’Université Côte d’Azur se structurent en particulier au sein de l’IA Cluster 3IA Côte d’Azur, l’un des 9 labellisés en France. Ces travaux s’articulent autour de trois axes scientifiques majeurs : l’intelligence artificielle fondamentale (apprentissage automatique, traitement automatique des langues, vision par ordinateur), l’IA au service de la santé, ainsi que l’IA pour les espaces intelligents et sécurisés. L’axe de recherche en IA et santé est fortement interdisciplinaire et se focalise sur l’imagerie médicale et les modèles biophysiques, avec un intérêt pour la causalité et l’exposome, en lien avec l’IHU RESPIRERA. Cet axe s’intéresse aussi au traitement des données omiques. Le troisième axe intègre des problématiques de jumeaux numériques des villes, prévention de risques naturels et écologiques, ainsi que la cybersécurité. Un axe transversal du 3IA Côte d’Azur s’intéresse aux enjeux d’éthique de l’IA, et en particulier aux enjeux d’équité, de contextes sous-représentés, de projection des qualités humaines, ainsi que de risques de manipulation. Dans l’Institut, les travaux liés à l’IA et robotique occupent une place importante, en particulier sous l’angle des systèmes

Ce schéma illustre la plateforme PARADIM (Plateforme d’annotation, de réutilisation et d’analyse d’images médicales) développée par l’équipe du Pr Després ; ces infrastructures numériques permettent la dépersonnalisation, la gestion, l’annotation et l’analyse de grandes collections d’images médicales, notamment pour évaluer les performances de modèles d’IA entraînés pour différentes tâches (par ex. détection et caractérisation de lésions, prédiction des trajectoires cliniques).

autonomes intelligents et de la perception robotique. Par exemple, l’une des chaires de recherche de l’axe 3 se consacre à l’étude de systèmes robotiques autonomes évoluant dans des environnements complexes, où l’IA est utilisée pour la perception, l’interaction avec l’environnement et l’interaction homme-robot. Une autre chaire de recherche de l’axe 2 porte sur la chirurgie guidée par l’IA et robotique, qui s’appuie sur les données des patients et les données d’imagerie, permettant de créer des modèles géométriques et biomécaniques en 3D/4D afin de simuler et de planifier une intervention chirurgicale avant qu’elle ne soit réalisée. D’autre part, la formation en IA est déjà bien structurée à l’Université Laval et à Université Côte d’Azur. Le partenariat peut assurément servir de catalyseur pour l’internationalisation des programmes existants ou pour la création de formations répondant à des besoins émergents (ex. modèles multimodaux, agentique, GML).

AMBITION

L’axe thématique IA et robotique est porteur d’un grand nombre de collaborations potentielles entre l’Université Laval et Université Côte d’Azur,

notamment parce que ses champs d’application touchent les autres axes que sont Santé et vieillissement, Art et Industries Culturelles et Créatives , et Environnement et territoire. Cet axe thématique se distingue donc par sa dimension transversale mais aussi fortement applicative, rassemblant à la fois des enseignants-chercheurs et ingénieurs concepteurs d’IA, qui développent de nouveaux modèles, algorithmes et architectures, et d’autres qui utilisent les technologies d’IA dans les champs applicatifs précités. Certains, à l’intersection de ces deux rôles, sont à la fois concepteurs et utilisateurs, ce qui leur permet de nourrir une approche itérative et enrichie : ils testent en situation réelle les outils qu’ils créent, tout en identifiant des besoins concrets qui orientent leurs travaux. Cette complémentarité favorise une recherche dynamique, ancrée dans les défis pratiques tout en repoussant les limites théoriques de la recherche en intelligence artificielle.

STRUCTURATION SCIENTIFIQUE DE L’AXE

Un tour d’horizon à l’Université Laval et Université Côte d’Azur a permis d’identifier des créneaux de recherche susceptibles de consolider des

collaborations existantes ou émergentes et d’en favoriser de nouvelles. L’IA dans le domaine de la santé ressort de façon transversale au sein de la thématique IA et robotique. Plus spécifiquement, l’imagerie médicale, la découverte de biomarqueurs omiques et l’utilisation de grands modèles de langage (GML) pour des tâches liées à la santé fédèrent de nombreux acteurs des deux côtés de l’Atlantique.

La recherche à l’interface de l’IA et de l’imagerie médicale profite dans les écosystèmes de l’Université Laval et d’Université Côte d’Azur de plusieurs actifs de grande valeur : vastes ensembles de données richement annotés, notamment issus de programmes nationaux de dépistage en cancer du sein et du poumon, infrastructures numériques de pointe (ex. plateforme PARADIM), entrepôts de données de santé (ex. CIRRUS, SCIENTA, GSC CARES) et approches méthodologiques se conformant aux cadres éthiques et législatifs en vigueur (ex. analyses transnationales fédérées sans échange de données via la plateforme FedBiomed). Un projet d’apprentissage fédéré en imagerie médicale est d’ailleurs en élaboration pour tirer parti des forces de chaque groupe (Pr Després à l’Université Laval, Pr Humbert et Pr Lorenzi à Université Côte d’Azur).

Ce dernier point sur les échanges transnationaux de données mène naturellement aux questions de souveraineté numérique, qui ont fait l’objet de réflexions en France et en Europe, bien avant que de récents bouleversements géopolitiques forcent le Québec et le Canada à se repositionner sur ces enjeux. La souveraineté numérique apparaît donc comme un objet de recherche à fort impact sociétal et aux multiples facettes; au-delà de la dépendance aux infrastructures étrangères, ce concept s’étend entre autres aux industries culturelles (ex. découvrabilité des contenus) et aux spécificités locales (ex. modèles de langage adaptés aux particularités linguistiques du Québec

et de la France). Au Québec, un centre d’expertise sur les GML et un observatoire sur la souveraineté numérique à l’ère de l’IA sont pressentis.

L’IA responsable est un autre sujet central dans ce cadre, avec l’objectif de concevoir, entraîner et déployer des systèmes d’IA de manière éthique, transparente, robuste et conforme aux cadres réglementaires. Sur le plan technique, cela implique l’intégration de pratiques telles que l’audit des biais algorithmiques (issus par exemple de jeux de données déséquilibrés), l’explicabilité des modèles (XAI), la gouvernance des données, ainsi que la traçabilité du cycle de vie des modèles et des données. Ces aspects sont impliqués dans plusieurs projets des chaires du 3IA Côte d’Azur.

Le recours aux grands modèles de langage (GML) a explosé au cours des dernières années et a permis d’ouvrir de nouvelles avenues de recherche. Cette technologie trouve de nombreuses applications en santé (ex. extraction sémantique depuis texte libre) et aussi en communications (ex. analyse de sentiments). Les développements technologiques propulsant les GML commencent aussi à être utilisés pour des tâches non-liées au langage, notamment en santé où émergent des modèles multimodaux (Vision-Language Models) combinant images et autres contenus du dossier médical. Le Pr Leclerc (Université Laval), profitant de l’expertise du Pr Villata (Université Côte d’Azur), propose d’utiliser les GML à des fins de pharmacovigilance, via l’extraction automatisée d’effets indésirables à partir de notes cliniques rédigées en texte libre.

L’essor des données omiques (génomique, transcriptomique, protéomique, métabolomique, épigénomique) offre aussi un terrain très innovant et synergique pour l’axe IA et robotique. En effet, il combine les volumes de données massifs, les enjeux cliniques concrets et un besoin important en automatisation. Ainsi, les collaborations Université Laval - Université Côte d’Azur pourraient se structurer autour :

1) du développement de méthodes d’IA pour

l’intégration multi-omique (apprentissage multimodal, approches causales, modèles de fondation, graphes de connaissances) afin d’identifier des signatures biologiques et des biomarqueurs actionnables; 2) de pipelines reproductibles et conformes aux exigences éthiques (traçabilité, explicabilité, évaluation de biais, apprentissage fédéré lorsque pertinent).

La robotique est un autre secteur où des collaborations entre Université Côte d’Azur et l’Université Laval sont envisagées, notamment en robotique autonome collaborative. Ce champ d’étude requiert une perception de l’environnement en temps réel pour garantir la cohérence des différentes représentations (ex. métriques, topologiques et sémantiques) et ainsi la contrôlabilité, la stabilité et la robustesse des systèmes. L’autonomie est un défi majeur à relever où l’IA jouera un rôle important; les robots doivent être capables d’accomplir des tâches complexes en prenant des décisions cognitives de haut niveau sans intervention humaine. Des approches hybrides d’IA pour la robotique collaborative promettent des avancées majeures dans plusieurs secteurs dont la robotique médicale, sous-marine et spécialisée en foresterie.

Axe Santé et vieillissement

Contributeurs :

Eric Boilard, Professeur titulaire - Chercheur universitaire, Département de microbiologieinfectiologie et d’immunologie, Faculté de médecine - Co-directeur du centre Arthrite, Université Laval

Alexandre Caron, Professeur agrégé, Faculté de Pharmacie, Université Laval - Chercheur, Institut Universitaire de Cardiologie et de Pneumologie de Québec (IUCPQ)

Jean Dellamonica, Professeur des universitésPraticien hospitalier (PU-PH), Doyen de la faculté de médecine d’Université Côte d’Azur

Pascal Barbry, Directeur de recherche, Institut de

Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (IPMC)Directeur scientifique de l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) RespirERA, Université Côte d’Azur

CONTEXTE ET ENJEUX

Les sociétés occidentales font face à une transformation démographique majeure liée au vieillissement rapide des populations. En Europe comme au Canada, l’augmentation du nombre de personnes âgées s’accompagne d’une croissance significative des maladies chroniques, de la multimorbidité et des situations de perte d’autonomie. En France, la population âgée de 75 à 84 ans devrait augmenter de près de 50 % entre 2020 et 2030, tandis que la population des 85 ans et plus connaîtra une croissance marquée à partir de 2030. Au Canada, la tendance est similaire : la population des 65 ans et plus devrait croître d’environ 68 % d’ici 2037, avec une croissance particulièrement rapide du groupe des 75 ans et plus. En 2019, les aînés représentaient déjà 17,5 % de la population canadienne, proportion appelée à atteindre près d’un quart de la population d’ici 2040. Cette évolution démographique s’accompagne d’une pression croissante sur les systèmes de santé.

Les maladies sociétales chroniques, notamment le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète et les maladies respiratoires, représentent plus de 60 % des décès au Canada et une proportion comparable en Europe. À ce fardeau s’ajoutent les maladies auto-immunes ainsi que les maladies neurodégénératives, dont la prévalence augmente aussi avec le vieillissement des populations en France et au Canada. Ensemble, ces pathologies exercent une pression croissante sur les systèmes de santé, tant par l’augmentation de la demande en soins que par leurs coûts économiques et sociétaux. La prise en charge des maladies chroniques et de la perte d’autonomie représente ainsi une part croissante des dépenses de santé dans les deux pays, posant des défis importants pour la soutenabilité des systèmes de soins.

Dans ce contexte, la prévention et l’optimisation des parcours de santé constituent des leviers essentiels pour maintenir l’autonomie des populations et réduire le fardeau sanitaire et économique associé aux maladies chroniques. Une compréhension intégrée des déterminants de la santé tout au long de la vie apparaît essentielle pour identifier les facteurs de risque, les trajectoires de vulnérabilité et les opportunités d’intervention précoce. Face à ces défis, l’Université Laval et Université Côte d’Azur en collaboration étroite avec le CHU de Québec, le CHU de Nice et d’autres établissements de santé, souhaitent développer une approche intégrée de la santé et du vieillissement en santé, combinant recherche biomédicale, prévention personnalisée, sciences des données et transformation des systèmes de santé et continuum clinique.

AMBITION

Afin de répondre aux défis majeurs du vieillissement des populations au XXIᵉ siècle, l’axe Santé et vieillissement vise à positionner l’Université Laval et Université Côte d’Azur comme un pôle international de référence dans la compréhension des mécanismes biologiques et physiopathologiques des maladies chroniques et des trajectoires de santé tout au long de la vie, incluant leurs déterminants précoces et leurs conséquences au cours du vieillissement. En combinant expertises en biologie,

médecine, santé publique et sciences des données, cet axe ambitionne de favoriser le développement de stratégies de prévention personnalisées permettant de maintenir l’autonomie et d’améliorer la qualité de vie des populations vieillissantes. Il vise également à stimuler l’innovation dans les systèmes de santé, notamment par l’optimisation des trajectoires de soins, l’intégration d’outils numériques et d’approches de médecine de précision, ainsi que par le renforcement des collaborations internationales et de la formation de la prochaine génération de chercheurs, et de professionnels de la santé.

STRUCTURATION SCIENTIFIQUE DE L’AXE

Les travaux seront organisés autour de deux sousaxes complémentaires :

•Mécanismes physiopathologiques des maladies sociétales chroniques

•Vieillissement durable, prévention personnalisée, autonomie et parcours de santé

Cette structuration vise à créer un continuum entre :

•La compréhension des mécanismes biologiques des maladies

•Le développement de stratégies de prévention personnalisées

•L’optimisation des trajectoires de soins et des politiques de santé

Une dimension structurante de cet axe sera le développement d’une recherche clinique étroitement articulée aux établissements de santé partenaires et aux équipes médicales. En s’appuyant sur les infrastructures, les cohortes cliniques et l’expertise des centres hospitaliers associés à l’Université Laval, du CHU de Nice et d’autres établissements associés, l’axe favorisera un continuum entre recherche fondamentale, recherche clinique, organisation des soins et pratiques professionnelles. Cette articulation permettra d’accélérer la traduction des découvertes scientifiques en interventions cliniques et organisationnelles concrètes, tout en mobilisant les données issues des pratiques de soins pour faire émerger de nouvelles priorités de recherche.

Sous-axe 1 :

Mécanismes physiopathologiques des maladies sociétales chroniques

Ce sous-axe vise à approfondir la compréhension des mécanismes biologiques impliqués dans les maladies chroniques complexes associées au vieillissement. L’objectif est d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et de contribuer au développement d’approches de médecine de précision. Les recherches porteront notamment sur :

• Inflammation systémique et maladies autoimmunes

• Neuro-immunologie et neuroinflammation

• Neurométabolisme et maladies cardiométaboliques

• Interactions immunité-métabolisme et microbiote

• Infectiologie intégrative et maladies infectieuses émergentes

• Oncologie et médecine personnalisée

• Maladies cardiovasculaires et vasculaires

• Interactions environnement-poumon-santé (exposome respiratoire)

Ces travaux mobiliseront des approches interdisciplinaires intégrant :

• Biologie cellulaire et moléculaire

• Biologie quantitative (multi-omiques et biomarqueurs)

• Physiologie intégrative et physiopathologie

• Neurosciences et neurobiologie

• Infectiologie et immunologie translationnelle

• Cohortes cliniques, biobanques et modèles expérimentaux

Ces recherches s’inscrivent notamment dans les domaines de l’infectiologie intégrative, de la neuro-immunologie, du neurométabolisme et de la santé respiratoire, qui constituent des domaines de collaboration privilégiés entre les deux institutions, comme l’illustrent les exemples de projets suivants :

 Parasitologie et maladies infectieuses émergentes : projet visant à caractériser la diversité génétique de souches parasitaires issues de porteurs asymptomatiques par des approches de séquençage génomique, afin de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation et de transmission.

 Thrombo-inflammation : étude des mécanismes cellulaires et moléculaires responsables de l’hyperactivation immuno-thrombotique lors d’infections et de maladies autoimmunes (infections virales, sepsis, maladies rhumatismales systèmiques).

 Interactions neuro-immunes dans les pathologies du système nerveux : étude des mécanismes par lesquels des immunoglobulines peuvent être internalisées par les neurones et moduler leurs propriétés électrophysiologiques dans différents contextes pathologiques (maladies autoimmunes, lésions du système nerveux central).

 Formes présymptomatiques des maladies démyélinisantes : étude des mécanismes immunitaires et inflammatoires associés au syndrome radiologique isolé (RIS), afin de mieux comprendre les déterminants de la transition vers la sclérose en plaques symptomatique et d’identifier des biomarqueurs précoces de progression.

 Neuroendocrinologie et interactions cerveau-corps dans les maladies métaboliques : projet structurant dans le cadre du Laboratoire International Associé (LIA) SYNAPSE visant à étudier les interactions entre systèmes neuroendocriniens, métabolisme et inflammation, en combinant approches moléculaires, physiologie intégrative et analyses multi-omiques.

Sous-axe 2 : Vieillissement durable, prévention personnalisée et parcours de santé

Ce sous-axe vise à développer des stratégies innovantes pour favoriser le vieillissement en santé, prévenir la perte d’autonomie et améliorer les parcours de soins. Il repose sur une approche intégrée articulant prévention, recherche clinique, organisation des services et pratiques professionnelles. En mobilisant étroitement les médecins, les professionnels de la santé et de la réadaptation (notamment en physiothérapie, kinésiologie et ergothérapie) ainsi que les établissements partenaires, il permettra d’ancrer les travaux dans les réalités cliniques et populationnelles, tout en facilitant l’évaluation et le déploiement d’interventions adaptées aux besoins des personnes vieillissantes. Il s’appuie sur l’idée que la prévention doit reposer sur une approche intégrée prenant en compte :

• Les déterminants biologiques

• Les comportements de santé

• L’environnement social et territorial

• L’organisation des systèmes de soins

Les travaux s’inspirent de programmes de prévention personnalisée déjà développés à Université Côte d’Azur, reposant sur :

• Une caractérisation multidimensionnelle des individus

• Des interventions personnalisées

• Un suivi longitudinal des trajectoires de santé

Les dimensions étudiées incluent notamment :

• Développement neuropsychologique et santé mentale à différents stades de la vie

• Cognition, sommeil et santé mentale

• Nutrition et métabolisme

• Activité physique, mobilité et capacités fonctionnelles

• Prévention de la fragilité et stratégies de réadaptation

• Environnement social et isolement

• Conditions de vie et accessibilité aux soins

Ces approches permettront d’identifier les facteurs de risque précoces de perte d’autonomie et de développer des interventions adaptées aux besoins spécifiques des individus, comme l’illustrent les exemples de projets pilotes suivants :

 Comparaison internationale des trajectoires de vieillissement en santé : développement d’une cohorte comparative entre deux environnements socio-climatiques distincts afin d’étudier l’influence des facteurs environnementaux, alimentaires et sociaux sur les trajectoires de vieillissement et les maladies chroniques.

 Exposome, adductomique et déterminants biologiques du vieillissement : projet visant à caractériser l’impact des expositions environnementales et métaboliques sur le vieillissement biologique à l’aide d’approches omiques et de biomarqueurs innovants.

 Réadaptation, mobilité et maintien de l’autonomie : développement de collaborations interdisciplinaires visant à étudier les déterminants fonctionnels de la perte d’autonomie, incluant mobilité, participation sociale et accessibilité des environnements, dans le cadre de programmes de vieillissement en santé.

 Formation interprofessionnelle et innovation dans les parcours de soins : développement d’initiatives conjointes de formation et de mobilité étudiante dans les domaines de la réadaptation, de la physiothérapie et de

l’ergothérapie, afin de soutenir l’émergence de nouvelles approches intégrées de soins et de prévention.

 Plateformes de recherche et infrastructures pour le vieillissement en santé : déploiement conjoint d’infrastructures et de programmes structurants dédiés à la recherche sur le vieillissement en santé, incluant plateformes de recherche clinique, cohortes longitudinales et initiatives de prévention personnalisée.

APPROCHES MÉTHODOLOGIQUES TRANSVERSALES

Plusieurs outils méthodologiques structureront les collaborations :

Exposome et environnement

Analyse des expositions environnementales tout au long de la vie et de leurs effets biologiques, incluant :

• Pollution atmosphérique

• Impacts des changements climatiques sur la santé physique et psychologique

• Facteurs socio-économiques

• Microbiote et interactions environnementsanté

Données de santé et médecine de précision

Utilisation d’approches avancées de science des données :

• IA

• Analyses multi-omiques

• Biomarqueurs du vieillissement biologique

• Cohortes populationnelles

Cet item sera développé conjointement avec l’Axe Intelligence Artificielle. Certains projets pilotes sont déjà en cours, à l’image du projet de structuration et partage des données d’imagerie dans le cadre de nos entrepôts de données de santé locaux et de notre recherche en IA.

Innovation dans les parcours de santé

Développement de modèles hybrides combinant :

• Interventions en présentiel

• Plateformes numériques de suivi

• Outils d’aide à la décision clinique

Axe Environnement et territoire

Contributeurs:

Alexis Achim, Professeur titulaire, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatiqueDirecteur scientifique de la Forêt Montmorency, Université Laval

Stéphane Roche, Professeur titulaire, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique

- Directeur de l’Institut en environnement, développement et société (IEDS), Université Laval

Auréade Henry, Chargée de recherches CNRS, Laboratoire CEPAM (Cultures et Environnement, Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge) - Chargée de mission recherche au sein de l’École Universitaire de Recherche EUR ODYSSEE, Université Côte d’Azur Erwin Franquet, Professeur des UniversitésVice-Président Transitions Environnementales et Sociétales d’Université Côte d’Azur

CONTEXTE ET ENJEUX

Depuis les temps anciens, l’environnement et les ressources qu’il abrite ont façonné les sociétés humaines, leurs modes de vie et leur culture, dont l’expression se reflète dans la spécificité des liens au territoire vécu et perçu. Aujourd’hui, les espaces naturels sont au cœur d’enjeux territoriaux extrêmement diversifiés, englobant des enjeux patrimoniaux (préservation du patrimoine naturel et culturel), écologiques et climatiques (régulation et fertilisation, stratégie de compensation carbone et lutte face aux changements climatiques), de santé durable et de bien-être (cadre sain, vertus thérapeutiques, spiritualité), ou encore économiques (tourisme, industrie). Alors que ces espaces dits « naturels » ont en commun une étroite imbrication dans des tissus socio-écologiques complexes, ils s’inscrivent dans un continuum de milieux plus ou moins fortement anthropisés, allant d’écosystèmes forestiers relativement peu perturbés à des

environnements fortement urbanisés.

Ainsi, la vision de ces territoires et les usages qui en découlent semblent divergents et potentiellement irréconciliables : garants d’un patrimoine naturel ou culturel qui se doit d’être protégé, avenir et poumon de la planète, lieux de vie ou de ressourcement, de travail ou de loisirs, sentinelles du changement climatique et victimes de ses effets, panel de ressources exploitables à petite ou grande échelle… la complexité des relations entre les milieux et les sociétés, la diversité des pratiques et leur potentiel télescopage, rendent leur caractérisation d’autant plus complexe.

Ces sujets sont au cœur de la stratégie de la Commission Européenne, notamment par le biais du Programme Nouveau Bauhaus européen.

AMBITION

L’axe « Environnement et territoire » vise à éclaircir cette vaste question des interactions entre humains et milieux naturels, en déployant une approche interinstitutionnelle et interdisciplinaire via des projets de recherche innovants et disruptifs, permettant de réaliser des analyses fines des dynamiques culturelles et environnementales sur le temps long (de l’actuel vers le passé) et à différentes échelles spatiales. Il s’intéresse aux effets des changements

climatiques, de l’exploitation des ressources et de la pollution sur les socio-écosystèmes, ainsi que des différents usages et perceptions des territoires par leurs différents acteurs pour reconstruire leur histoire récente ou plus lointaine, et en s’attachant particulièrement à l’effet des transitions ou des risques contemporains (technologiques et numériques, environnementaux et climatiques, démographiques et migratoires).

Structuration scientifique de l’axe

STRUCTURATION SCIENTIFIQUE DE L’AXE

Sur le plan méthodologique, la communauté mobilisée au sein de cet axe bénéficie d’une expertise interdisciplinaire hybride, nourrie à la fois par les méthodes qualitatives et quantitatives des sciences humaines et sociales et des sciences de l’environnement, et par celles des sciences géomatiques, du génie civil et de l’IA, pensée en des termes sobres et soutenables.

Sur le plan sociétal, des impacts sont anticipés en matière d’action climatique (atténuation et adaptation) et de ses co-bénéfices pour la santé durable, de transition environnementale, de résilience communautaire et de valorisation des patrimoines naturels et culturels. La démarche privilégiée dans ces projets articule recherche fondamentale et appliquée, sciences participatives et co-construction avec des détenteurs et détentrices de savoirs locaux et/ou autochtones.

Différentes fenêtres d’étude impliquant actuellement des chercheurs et chercheuses d’Université Côte d’Azur et de l’Université Laval, favorisant ainsi leur mobilisation dans le cadre d’actions communes, permettront de considérer des territoires et espaces diversifiés - forestiers, urbains, littoraux, méditerranéens comme nordiquesdans le cadre de cette approche holistique et comparative. Par exemple, la forêt représente un fil conducteur hautement fédérateur ayant la capacité d’englober des travaux allant de l’arbre urbain au peuplement forestier et ses évolutions, en

passant par le boisé urbain et, plus généralement, les ressources biogéniques. Par ailleurs, ces territoires représentent également des lieux concrets de rencontre et d’échange entre chercheurs et chercheuses de chacun des axes du partenariat, favorisant ainsi l’émergence de nouvelles initiatives interdisciplinaires.

- Espaces naturels, notamment forestiers : la forêt Montmorency, les espaces naturels du territoire azuréen (parc du Mercantour, frange côtière, vallée de la Roya…),

- Environnements urbains : la ville de Québec et la région métropolitaine niçoise chacune engagées dans une série de réflexions entourant leur plan climat,

- Espaces nordiques : la forêt Montmorency, Saint-Pierre et Miquelon, le Nunavik….

Ces ancrages territoriaux faciliteront la mise en œuvre de travaux de recherche ayant un impact concret pour l’environnement et la société. Des équipes de l’Université Laval et d’Université Côte d’Azur travailleront notamment autour de quatre thèmes fortement interfacés. Les trois premiers visent à la production et l’analyse de données primaires, tandis que le suivant est un thème transversal ayant pour objectif de développer des approches communes permettant in fine de proposer des pratiques innovantes en matière de recherche, de gouvernance et de valorisation et protection de ces espaces et leurs habitant.e.s., notamment via le déploiement de méthodologies et d’une éthique de la recherche commune aux trois thèmes.

1. Héritages culturels et trajectoires environnementales adossés à ces territoires: histoire orale, archéologie, paléoécologie, anthropologie, droit et sciences politiques,

2. Environnement, changement climatique et risques : sociologie, économie, géomatique, géophysique, génie civil, sciences de l’environnement,

3. Usages et bienfaits d’un territoire à travers les dynamiques d’appropriation et d’appréhension globale par les acteurs et actrices, valeurs sanitaires et environnementales des modes d’utilisation et de consommation correspondants : psychologie, sociologie, anthropologie, santé, économie expérimentale, sciences de l’environnement,

4. Thème transversal. Pratiques innovantes en matière de gouvernance, valorisation et protection des espaces et des ressources naturelles, notamment renouvelables (bois, extraits de plantes, fragrances, etc.) comme moteur de la protection environnementale et de l’essor socio-économique des communautés : droit et sciences politiques, biologie, sciences de gestion, génie civil, sciences de l’environnement, patrimoine.

Axe Art et Industries Culturelles et Créatives

Contributeurs:

Jocelyn Robert, Professeur titulaire - Vice-doyen à la recherche de la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design, Université Laval

Jean-François Trubert, Professeur des UniversitésChargé de mission Industries culturelles et créatives (ICC), Université Côte d’Azur

David Darmon, Professeur des Universités, Directeur du DERMG, Faculté de Médecine - Vice-président Politique de santé, Université Côte d’Azur

CONTEXTE ET ENJEUX

L’art et les industries culturelles et créatives (ICC) constituent un champ d’investigation privilégié dans la rencontre de nos deux institutions. La création artistique permet la mise en jeu de concepts, de matériaux et de technologies par lesquels nos cultures respectives trouvent leurs assises et leur développement. Les ICC sont un levier majeur de croissance et d’innovation puisque ces secteurs représentent aujourd’hui près de 3 % du PIB en France, avec plus de 586 000 emplois directs et un chiffre d’affaires de 102 milliards d’euros en 2024, tandis qu’au Canada ils contribuent à hauteur de 57 milliards de dollars canadiens au PIB et près de 670 000 emplois directs. C’est ainsi un champ en pleine expansion, à l’intersection des arts, des sciences humaines et sociales, des technologies et des pratiques professionnelles. Ces deux champs de recherche et d’action couvrent notamment :

Nouveaux médias, documents et supports

Styles, langues et cultures

Recherche-création, arts et arts vivants

Genre, égalité et transformations des sociétés

Épistémologie des activités culturelles et créatives

Leur étude requiert une approche interdisciplinaire capable de faire dialoguer disciplines, pratiques et méthodes diverses, tout en produisant des connaissances nouvelles sur les transformations contemporaines des sociétés et des cultures.

AMBITION

Le travail proposé se donne pour objectif de structurer un espace commun de réflexion, de production et de formation, fondé sur une véritable convergence scientifique plutôt que sur une simple juxtaposition d’intérêts disciplinaires. Cette convergence suppose une clarification des cadres théoriques, une attention particulière aux modalités de

collaboration entre chercheurs, artistes, et praticiens, ainsi qu’une démarche d’inclusivité traversant l’ensemble des activités, tant dans la recherche que dans la pédagogie. L’axe pédagogique est en ce sens transversal : il accompagne la structuration scientifique et contribue à la circulation des savoirs entre formation, création et recherche.

STRUCTURATION SCIENTIFIQUE DE L’AXE

En premier lieu cet axe adoptera deux engagements fondateurs :

- Inclusivité dans les thématiques et les objets de recherche. Une attention particulière portée aux enjeux d’inclusivité, qui traverse l’ensemble des thématiques. Cette inclusivité concerne aussi bien les disciplines, les publics, les pratiques que les territoires, mais également les objets d’étude eux-mêmes. Plusieurs travaux portent ainsi sur des questions telles que l’intelligence artificielle et ses usages sociaux, les représentations et les phénomènes de désinformation liés au genre dans les médias, ou encore les dispositifs de réalité étendue dans des contextes d’accessibilité, de soin ou de médiation. Les recherches peuvent notamment concerner les expériences immersives, les interfaces adaptées aux situations de handicap, les environnements immersifs utilisés dans des démarches de remédiation ou encore les espaces immersifs permettant de travailler la spatialisation à grande échelle.

- Réflexion épistémologique et langage commun. Le développement d’un axe structurant en art et ICC entre nos deux universités repose sur un enjeu central : faire dialoguer des mondes académiques, artistiques et technologiques qui ne partagent pas toujours les mêmes objets, ni les mêmes méthodes ou encore les mêmes finalités. Cette situation constitue à la fois une richesse

et un défi. Elle implique de construire un cadre scientifique explicite permettant d’éviter plusieurs écueils récurrents dans le champ de l’art et des ICC, notamment la confusion entre objet d’étude, méthodologie de recherche et prestation de service, ainsi que l’absence de réflexion épistémologique sur les pratiques de recherche-création. Aussi cette réflexion épistémologique facilitera l’adoption d’un langage commun ou à minima compatible à travers les disciplines.

Au niveau thématique, si nous nous appuyons sur les grands domaines identifiés dans la partie contexte, ils seront davantage traités comme des espaces de croisement plutôt que comme des catégories en silos. Ils se déclinent en sous-

thématiques permettant d’articuler les compétences des deux universités :

Nouvelles images, nouveaux médias à l’ère de l’intelligence artificielle. Il s’agira d’inscrire les transformations contemporaines de l’image et des médias, dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle, de la génération d’images, de l’animation et des environnements immersifs. Ce thème pourra regrouper les travaux en lien avec :

- Les images fixes, cinématographiques et générées,

- L’animation,

- Les représentations du genre dans les médias visuels.

Design, territoires durables et production. Il s’agira d’appréhender les relations entre création, urbanité, design et territoires hypermodernes. Les environnements contemporains se caractérisent par une hyper-connexion des espaces, des pratiques et des récits, mais peuvent aussi paradoxalement mener à des phénomènes de fragmentation sociale. Ce thème pourra regrouper les travaux en lien avec :

- Le design de produit et le design urbain dans une démarche de développement durable ;

- Les territoires hypermodernes et leurs imaginaires.

Art sonore, immersion et réalités étendues. Il s’agira d’explorer des pratiques immersives et les nouvelles formes d’expérience artistique, notamment dans les domaines du son, de la réalité virtuelle, de la réalité augmentée et des environnements interactifs. Ce thème pourra regrouper les travaux en lien avec :

- L’art sonore, l’écologie acoustique et les paysages sonores ;

- Les dispositifs immersifs et réalités étendues appliqués à la création, à la médiation, au soin et à l’accessibilité ;

- Relations entre musique, perception et biomédical.

Narration, simulation et médiation artistique. Il s’agira d’étudier et de créer de nouvelles formes de narration et de médiation, dans des contextes artistiques, pédagogiques ou thérapeutiques. Ce thème pourra regrouper les travaux en lien avec :

- L’écriture narrative, la création littéraire, l’adaptation et la scénarisation, ainsi que les formes de récits immersifs et interactifs ;

- Les dispositifs de simulation et les nouvelles formes de médiation artistique ;

- Les relations entre art, soin et geste, incluant la médiation dans le cadre du care.

ans du partenariat

Université Côte d’Azur & Université Laval

LUMIèRE Sur LES PROJETS DE COMPOSANTES

La richesse de ce partenariat tient à son déploiement au sein de nombreuses composantes de nos établissements. Dans cette rubrique, nous en mettons en lumière quelques exemples.

Afin de mettre à l’honneur nos partenaires de l’Université Laval, nous avons fait le choix d’une présentation structurée à partir de leurs facultés.

FACULTÉ DES SCIENCES DE L’ÉDUCATION

SYNTHÈSE DES ACTIVITÉS

DE LA CHAIRE DE LEADERSHIP EN ENSEIGNEMENT

EN DESIGN PÉDAGOGIQUE ET TECHNOLOGIE ÉDUCATIVE

POUR LA RÉUSSITE ÉTUDIANTE (CLE-DPTE)

Voici une synthèse des réalisations de la Chaire de leadership en enseignement en design pédagogique et technologie éducative pour la réussite étudiante (CLEDPTE) établie dans le cadre du partenariat privilégié entre l’Université Laval et Université Côte d’Azur. La Chaire, dirigée par la professeure Audrey Raynault, a mené onze missions entre 2022 et 2025 donnant lieu à trois grands projets centrés sur des designs pédagogiques capacitants pour soutenir la réussite étudiante. Le premier projet s’ancre dans le contexte de la réforme de l’éducation en France. En effet, la professeure Raynault accompagne depuis 2023 les équipes de l’INSPE de Nice pour transformer leurs programmes de masters en une approche par compétences, en collaboration avec le pôle d’innovation pédagogique, l’Académie de Nice et la CLEDPTE. Le deuxième projet, en collaboration avec Laurent Heiser, se résume en la cocréation d’une situation d’apprentissage et d’évaluation permettant aux étudiants et étudiantes de l’INSPE et de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval d’échanger sur une approche

durable d’intégration du numérique en milieu scolaire. Le troisième projet concerne le collectif iES-Collab et le Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public d’Université Côte d’Azur (Ci3P), qui ont approché la professeure Audrey Raynault pour les accompagner dans leur codesign de formations interprofessionnelles (FIP) visant à renforcer la collaboration interprofessionnelle en partenariat avec la personne (CIP-PP). Le projet s’est appuyé sur le Living Lab Ulysseus à Nice et

sur un guide de la CLEDPTE concernant les espaces et laboratoires d’apprentissage. Parallèlement, un travail de recherche sur l’engagement étudiant à l’Université Laval a conduit à valider un questionnaire utilisable par les pôles d’Université Côte d’Azur pour analyser l’engagement multidimensionnel dans leurs cours. Ces initiatives ont permis des collaborations importantes dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, au service de la réussite étudiante.

LES COLLABORATEURS

PRINCIPAUX DE LA CLE-DPTE :

Projet de refonte des programmes de l’Institut National Supérieur de Professorat et de l’Éducation de l’académie de Nice (INSPE) : Franck Brillet, Christian Fameli, Laurent Heiser, Mélanie Ciussi, Annick Martin, Céline Balaguer, Cécile Redondo.

Processus de validation de questionnaires : Romain Raymondie (LAPCOS)

Coautrice et cocréatrice de la proposition d’un design pédagogique capacitant : Solange Cartaut (LAPCOS)

Projet de design pédagogique FIP-PP (Université Côte d’Azur) et membres du collectif iES-Collab : Tiphanie Bouchez responsable du projet FIP-PP et des coresponsables Laurence Castello, Stéphane Munck, David Darmon, Guillaume Hache d’AMU ainsi que Frédérique Haas et Sébastien Audibert en qualité de patients partenaires et Luigi Flora du Ci3P et Louise Patenaude, patiente partenaire à l’Université Laval et Université de Montréal.

Projet de cocréation d’un cours intégrant l’approche durable d’intégration durable du numérique : Laurent Heiser (LINE)

Audrey RAYNAULT, Professeure adjointe, Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage - Titulaire de la Chaire de leadership en design pédagogique et technologie éducative (CLE-DPTE), Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval

FACULTÉ DES SCIENCES DE L’ÉDUCATION

UN ESPACE TRANSATLANTIQUE DE RECHERCHE ET DE FORMATION, FONDÉ SUR LA CO-CONSTRUCTION

DES SAVOIRS ET LE

DÉVELOPPEMENT

CONJOINT DE PROJETS INNOVANTS EN ÉDUCATION

Le programme de recherche CreaComp se consacre à l’étude des compétences créatives dans des environnements d’apprentissage instrumentés, notamment à l’ère de l’intelligence artificielle. Plus spécifiquement, il vise à comprendre comment les dispositifs numériques transforment l’activité d’apprentissage, les dynamiques collaboratives et les processus de conceptualisation. Pour cela, il s’articule autour de projets structurants et de collaborations soutenues, notamment entre les deux Investigatrices Principales (PI).

Dans ce cadre, le projet ANR CreaMaker, mené en collaboration avec la professeure Sylvie Barma (Faculté des Sciences de l’Education de l’Université Laval), a permis d’étudier la résolution créative de problèmes à partir de la tâche #CreaCube, dans un cadre épistémologique pluriel. Dans la continuité, le GTnum #Scol_IA (« Créativité, IA et Éducation »), développé en partenariat avec le soutien de la Direction du Numérique Éducatif (Ministère

de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports), a permis d’intégrer le stage MITACS du chercheur Alexandre Lepage, en collaboration avec l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA à Québec). Ce projet a permis d’approfondir les enjeux liés à l’intelligence artificielle en contexte scolaire et universitaire. Ces collaborations se sont également traduites par des codirections doctorales. La thèse de Guillaume Isaac, co-dirigée par les deux PI, s’inscrit pleinement dans les axes de CreaComp, tout comme celle d’Abderrazzak El-Meziane, menée cette fois-ci en codirection entre Margarida Romero (Université Côte d’Azur) et le professeur Matthias Pepin (Université Laval) depuis 2022. Ces travaux contribuent à l’élaboration de cadres d’analyse pour la co-créativité en éducation supérieure et dans l’élaboration de jeux pour l’apprentissage. Le rayonnement scientifique du programme s’est concrétisé par plusieurs publications et initiatives éditoriales :

- Un numéro spécial du CRIRES (Université Laval) intitulé « Créativité, activités et éducation » en 2022, dans la continuité des travaux inspirés par la tradition vygotskienne.

- L’Article scientifique « Analyzing an interactive problem-solving task through the lens of double stimulation » qui a reçu en 2023 le prix du Réseau Canadien pour l’Innovation en Éducation (RCIE), soulignant la portée internationale de ces recherches.

- Un livre blanc « Enseigner et apprendre à l’ère de l’Intelligence Artificielle », co-édité avec Alexandre Lepage (chargé de cours à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval)

et publié en mars 2023, qui propose des repères scientifiques et pédagogiques pour accompagner les transformations actuelles des pratiques d’enseignement.

MARGARIDA ROMERO

Professeure des universités, Laboratoire d’Innovation et Numérique pour l’Éducation (LINE), Université Côte d’Azur.

SYLVIE BARMA,

Professeure associée, Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage, Faculté des sciences de l’éducation (FSE), Université Laval.

FACULTÉ DE MÉDECINE

RENFORCER LA FORMATION MÉDICALE PAR LA LECTURE CRITIQUE DES DONNÉES SCIENTIFIQUES

La collaboration visant à favoriser la massification de l’accès à l’enseignement InfoCritique est née d’une conviction partagée entre David Darmon et Michel Cauchon : les connaissances et les habiletés de lecture critique des publications scientifiques, ainsi que la gestion active de l’information scientifique, sont indispensables à la pratique clinique.

Pour cela, les principaux investigateurs (PI) se sont appuyés sur l’enseignement InfoCritique développé par Michel Cauchon afin de proposer, dans un premier temps, à l’ensemble des étudiants en médecine générale d’Université Côte d’Azur, un enseignement obligatoire leur permettant de rester à jour et d’intégrer de manière critique les données issues des publications scientifiques dans leurs pratiques de futurs professionnels de santé.

InfoCritique repose ainsi sur des modules d’autoapprentissage consacrés aux compétences de lecture critique et de gestion de l’information scientifique. Cet apprentissage permet d’interpréter, d’évaluer et d’appliquer les résultats de la recherche clinique, tout en sachant les communiquer et les

intégrer dans une perspective de prise de décision partagée avec les patients.

Pour cela, les modules s’appuient sur le concept de pratique clinique fondée sur les données probantes (« evidence-based medicine » ou « médecine factuelle »), qui consiste à exercer son travail de professionnel de la santé en intégrant les meilleures preuves scientifiques disponibles à l’expertise clinique et aux valeurs et préférences du patient.

Plus spécifiquement, le cœur de chacun des modules repose sur des situations cliniques à partir desquelles sont menées des analyses d’articles scientifiques afin de déterminer si l’information qu’ils contiennent est pertinente et valide pour les soins aux patients. Les situations cliniques retenues favorisent non seulement l’utilisation des données de la recherche et l’analyse de leur pertinence, mais également leur intégration opportune dans la prise de décision clinique.

Grâce à InfoCritique, les apprenants peuvent développer une nouvelle compétence, celle d’« érudition », qui consiste à faciliter l’accès à une

information scientifique valide, à adopter une pratique réflexive et critique à son égard, et à savoir la communiquer afin de l’intégrer dans la pratique clinique courante. Elle permet ainsi d’améliorer l’accompagnement des patients dans le cadre de la décision médicale partagée.

Depuis son déploiement, plus de 350 étudiants d’Université Côte d’Azur ont pu bénéficier de cette formation. Par ailleurs, au-delà des étudiants, les enseignants du département de médecine générale ont également été formés afin de maîtriser la méthode et ont même développé de nouveaux modules pour faire évoluer les contenus. Des cercles de lecture hybride (en ligne et présentiel) ont permis d’associer des étudiants et enseignants français, belges et québécois. Ainsi, en 2025, Université Côte d’Azur a développé son premier module sur la Santé planétaire.

En parallèle, afin de soutenir la massification de l’accès à InfoCritique, la formation a été transformée avec succès en diplôme universitaire. Elle peut désormais être proposée à d’autres facultés de médecine en France, en Belgique et en Espagne, mais également aux praticiens, grâce notamment à son éligibilité à la prise en charge par la formation continue des médecins.

Dr. Matthieu AGHNATIOS, Chef de clinique universitaire (CCU), DERMG (Département d’Enseignement et de Recherche en Médecine Générale), Université Côte d’Azur

Prof. David DARMON, Professeur des Universités - Directeur du DERMG, Faculté de Médecine - Vice-président Politique de santé, Université Côte d’Azur

Prof. Michel CAUCHON, Responsable du didacticiel Infocritique - Médecin clinicien - Professeur titulaire du département de médecine familiale et d’urgence, Université Laval

Dr. Johanna MADAR, Chef de clinique universitaire (CCU), DERMG, Université Côte d’Azur

Dr. Hugo CANDAU, Chef de clinique universitaire (CCU), DERMG, Université Côte d’Azur

Dr. Fabien GHEZZI, Chef de clinique universitaire (CCU), DERMG, Université Côte d’Azur

Dr. Franck WILMART, Chargé d’enseignement, DERMG, Université Côte d’Azur

Dr. Leah VAN OBBERGHEN, Chargé d’enseignement, DERMG, Université Côte d’Azur

Dr. Jerome BERNARD, ancien Chef de clinique universitaire (CCU), DERMG, Université Côte d’Azur

Dr. Stephane MUNCK, ancien Chef de clinique universitaire (CCU), DERMG, Université Côte d’Azur

Sylvain OUELLET, Technopédagogue - Chargé d’enseignement - Webmestre Infocritique, Université Laval

FACULTÉ DE MÉDECINE

VIVRE LE JOUR, LA NUIT : AUX ORIGINES DU LIA-SYNAPSE

En 2018, dans le cadre du programme Sentinelle Nord, un projet ambitieux voyait le jour entre l’Université Laval et Université Côte d’Azur : Vivre le jour, la nuit. Dirigé par Denis Richard (Université Laval) et Carole Rovère (Université Côte d’Azur), il visait à comprendre comment les variations extrêmes de photopériode caractéristiques des environnements nordiques influencent les rythmes biologiques et la santé métabolique.

Au cœur du projet se trouvait la mélatonine, hormone produite la nuit par la glande pinéale. Véritable signal biologique de l’obscurité, elle synchronise les rythmes circadiens et module de nombreuses fonctions physiologiques, dont l’homéostasie énergétique. Les perturbations de sa production rythmique sont associées à l’obésité, au diabète de type 2 et aux maladies cardiométaboliques, des enjeux particulièrement pertinents dans les contextes nordiques.

L’objectif scientifique était audacieux : manipuler de manière ciblée la production de mélatonine afin d’en comprendre les effets causaux sur le métabolisme. Pour cela, les équipes ont développé une approche pharmacogénétique utilisant la chémogénétique, permettant de moduler spécifiquement l’activité des pinéalocytes via la signalisation adrénergique.

Les premières étapes ont nécessité des développements méthodologiques complexes, notamment la mise au point d’injections stéréotaxiques dans la glande pinéale, une structure petite et anatomiquement délicate. Les travaux préliminaires ont permis de démontrer la faisabilité de cette approche et d’identifier les outils viraux les plus adaptés.

Au-delà des avancées techniques, Vivre le Jour, la nuit a joué un rôle structurant. Il a initié un dialogue scientifique régulier entre Québec et Nice, favorisant les échanges de personnel hautement qualifié, la co-supervision étudiante et la mise en place de réunions bilatérales.

Pour Alexandre Caron, alors stagiaire postdoctoral à l’University of Texas Southwestern Medical Center et ancien doctorant de Denis Richard, ce projet représentait également un moment charnière. Formé dans le laboratoire de Denis Richard à l’Université Laval, il a contribué aux discussions scientifiques initiales entourant la conception du projet, témoignant de la continuité intellectuelle entre les générations de chercheurs.

Le décès du professeur Denis Richard a profondément marqué la trajectoire du projet. Scientifique visionnaire et mentor de nombreux

chercheurs, il avait perçu très tôt l’importance des rythmes biologiques dans la régulation du métabolisme énergétique. Si le projet initial n’a pas pu être mené dans son intégralité, les fondations scientifiques et humaines qu’il a posées ont perduré.

En 2020, dans la continuité directe de ces échanges, est né le projet Sentinelle Nord IBNEC (Interactions between Nordic Environment and Chronobiotics: impact on cardiometabolic and neurometabolic health), dirigé par Alexandre Caron et Andréanne Michaud, avec Carole Rovère comme collaboratrice. IBNEC a élargi la réflexion aux interactions entre environnement nordique, rythmes biologiques, inflammation cérébrale et santé cardiométabolique. Plusieurs manuscrits collaboratifs issus de ce programme sont actuellement en révision.

Ces collaborations ont progressivement pris une ampleur structurante, donnant lieu à des échanges scientifiques réguliers, à des mobilités étudiantes et à l’organisation d’événements majeurs. En 2024, une première édition France-Canada du colloque de la Société de Neuroendocrinologie s’est tenue à Nice, co-présidée par les équipes des deux pays. En 2025, Alexandre Caron et Carole

Rovère ont co-présidé le symposium « Brain-Body Regulation of Energy and Glucose Homeostasis » au congrès NeuroFrance. Des séminaires bilatéraux thématiques ont également été organisés, et des lettres d’intention conjointes ont été soumises à Horizon Europe.

C’est dans ce contexte qu’a émergé le LIASYNAPSE (SYstèmes Neuroendocriniens : Adaptation, Plasticité, Signalisation et Environnement), co-dirigé par Alexandre Caron (Université Laval) et Carole Rovère (Université Côte d’Azur). Le LIA formalise aujourd’hui une collaboration transdisciplinaire durable centrée sur les interactions cerveau-environnement, les mécanismes neuroendocriniens d’adaptation et les perturbations métaboliques et inflammatoires associées.

Ainsi, Vivre le Jour, la nuit apparaît rétrospectivement comme la première pierre d’un édifice scientifique plus large. Il a initié un dialogue transatlantique qui s’est transformé, au fil des années, en un partenariat structuré et stratégique entre l’Université Laval et Université Côte d’Azur.

En science, certains projets produisent des résultats immédiats alors que d’autres fondent des trajectoires.

Vivre le Jour, la nuit appartient à cette seconde catégorie : celle des projets qui, au-delà de leurs objectifs initiaux, catalysent des collaborations durables et structurantes.

Carole ROVERE, Chargée de Recherche Inserm, IPMC (Université Côte d’Azur – CNRS -INSERM)

Alexandre CARON, Professeur agrégé, Faculté de Pharmacie, Université Laval - Chercheur, Institut Universitaire de Cardiologie et de Pneumologie de Québec (IUCPQ)

Frédéric PICARD, Professeur titulaire, Faculté de Pharmacie - Vice-recteur adjoint aux services à la recherche, à la création et à l’innovation, Université Laval

LUMIÈRE SUR LES PROJETS DES COMPOSANTES

FACULTÉ DES SCIENCES ET GÉNIE

CARACTÉRISATION DES HUILES ESSENTIELLES ISSUES DE LA NORDICITÉ

La collaboration entre Normand Voyer et Xavier Fernandez est un véritable fruit du partenariat privilégié déjà existant entre l’Université Laval et Université Côte d’Azur. Grâce à l’intérêt porté par Normand Voyer à la biodiversité nordique et la spécialisation de Xavier Fernandez en chimie des produits naturels, les deux chimistes sont naturellement mis en relation par les équipes en charge du partenariat privilégié. Rapidement, la « chimie » opère et un réel transfert de savoir-faire entre leurs laboratoires respectifs a lieu.

Les deux chercheurs commencent ainsi par travailler ensemble sur la valorisation de la biodiversité nordique, en étudiant des plantes nordiques jusqu’à présent peu connues et en observant les conséquences du réchauffement climatique sur l’évolution de cette biodiversité. Soucieux de faire le lien avec les peuples autochtones, les deux chercheurs souhaitent valoriser leurs savoirs traditionnels et véritablement développer des projets avec eux.

Soutenue par le programme Sentinelle Nord et l’IdEx, la collaboration prend forme avec l’accueil de professionnels de recherche au sein du laboratoire de Xavier Fernandez, la publication d’articles scientifiques, la co-organisation d’une école d’été interdisciplinaire à Whapmagoostui-Kuujjuarapik

(Nunavik, Canada) en 2022, la mobilité d’étudiants grâce aux bourses de recherche Mitacs ainsi qu’un séjour de recherche de Normand Voyer à Nice en 2025.

Toujours dans une volonté de transfert de compétences, plusieurs projets sont aujourd’hui en cours. A titre d’exemple, une doctorante d’Université Côte d’Azur réalisera prochainement son post-doctorat à l’Université Laval pour juxtaposer ses travaux réalisés sur la lavande à l’érable. Normand Voyer et Xavier Fernandez ont également pour projet de créer un parfum 100% nordique, issu de la recherche, pour valoriser une des matières premières sur lesquelles ils travaillent ensemble, et ce, en co-construction avec les peuples autochtones du Québec.

Normand VOYER,

Professeur titulaire, Département de chimie, Faculté des sciences et de génie - Directeur scientifique du Centre d’études nordiques, Université Laval

Xavier FERNANDEZ,

Professeur, Institut de Chimie de Nice - Vice-Président Innovation et Valorisation de la Recherche, Université Côte d’Azur

Autres contributeurs principaux :

Stéphane Boudreau, Doyen de la Faculté des sciences et de génie, Université Laval

Daniel Grenier, Professeur titulaire, Faculté de médecine dentaire, Université Laval

Caroline Hervé, Professeure agrégée, Département d’anthropologie, Faculté des sciences sociales, Université Laval

Dave Richard, Professeur titulaire, Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie, Faculté de médecine, Université Laval

DES COMPOSANTES

FACULTÉ DES SCIENCES ET GÉNIE

IMPACT ENVIRONNEMENTAL DE L’ACTIVITÉ MINIÈRE DES TERRES RARES AU NORD QUÉBEC

Il existe un enjeu stratégique majeur pour l’Europe et l’Amérique du Nord visant à sécuriser et développer l’extraction des lanthanides, des métaux dits critiques qui, à date, sont détenus en quasi-monopole par la Chine. L’exploitation de ces métaux, indispensables au développement de technologies de pointe, est donc intrinsèquement liée à un sujet d’autonomie et de souveraineté technologique.

Plusieurs gisements de terres rares de classe mondiale sont connus au Nord Canada et pourraient répondre à la majorité des besoins du monde occidental. Or, l’extraction de ces ressources s’accompagne souvent de la coextraction d’uranium ou de thorium, ainsi que des radionucléides de leur chaîne de décroissance respective. Dans ce contexte, le projet porté par les deux Investigateurs Principaux (PI) vise à s’appuyer sur des modèles existants pour approfondir la compréhension de la migration de certains radionucléides (uranium et radium) et de leur devenir dans l’environnement en se rapprochant le plus possible du sol naturel.

L’étude s’inscrit dans une approche de chimie

de l’environnement fondamentale, fondée sur l’application de modèles existants et sur la reproduction, en laboratoire, des conditions observées sur le terrain. Elle a ainsi été l’occasion de conceptualiser des petites colonnes de sol mimétiques des conditions Nord canadiennes, d’y positionner des sources d’uranium, et d’utiliser des techniques de chimie analytique et d’imagerie électronique et par fluorescence X au Synchrotron SOLEIL.

Le projet a déjà permis d’apporter des précisions sur les mécanismes de spéciation (la répartition de la forme chimique) et de migration de l’uranium et du radium avec une mise en exergue du rôle des matières organiques dans les sols. Ces résultats sont en cours de publication dans la revue ACS Earth and Space Chemistry.

Outre son impact scientifique, le projet permet d’alimenter une démarche partenariale qui le dépasse à deux niveaux : i) la collaboration entretenue par l’Université Laval avec plusieurs entreprises minières, ii) des développements méthodologiques par Université Côte d’Azur et le Synchrotron SOLEIL.

Aussi, avec le soutien du partenariat privilégié, le recrutement d’un post-doctorant pour une durée d’un an a permis de porter le projet entre Nice et Québec. Par ailleurs, le post-doctorant a pu intervenir dans plusieurs colloques et symposiums, notamment aux journées annuelles du Groupement de recherche SciNEE (Sciences Nucléaires pour l’Énergie et l’Environnement), et a finalement obtenu un poste au sein du Centre de recherche du CHU de Montréal, au sein de la plateforme radiochimie et cyclotron.

Il est envisagé de poursuivre le projet, notamment par la mise en place d’une cotutelle de thèse, afin de passer de l’étude menée sur un terrain modèle à des investigations conduites sur des terrains naturels. Cette évolution vise à se rapprocher de données directement exploitables par les entreprises locales. Dans ce cadre, un rapprochement avec le Laboratoire International Takuvik semble aussi opportun. Un autre développement possible est d’intégrer une dimension anthropologique au projet.

En conclusion, si les perspectives sont prometteuses, leur concrétisation est envisageable avant tout grâce à l’excellente collaboration entre les deux PI et leurs équipes ; une entente solide et durable, qui dépasse largement le cadre du projet lui-même.

Christophe DEN AUWER, Professeur, Institut de Chimie de Nice (ICN), Université Côte d’Azur, CNRS.

Dominic LARIVIÈRE, Professeur titulaire, Département de chimie de la Faculté des sciences et de génie, Université Laval.

La mobilité de l’uranium et du radium dans des sols typiques du nord du Québec a été étudiée à l’aide de modèles de colonnes en laboratoire. Les résultats ont montré une distribution relativement homogène du radium dans la colonne ; alors que l’uranium reste piégé dans la matière organique, ce qui limite sa mobilité.

FACULTÉ DE DROIT

UNE COOPÉRATION ACADÉMIQUE AU SERVICE DE LA PENSÉE JURIDIQUE

INTERNATIONALISTE FRANCOPHONE

Depuis 2020, le Laboratoire de droit international et européen d’Université Côte d’Azur a développé un partenariat particulièrement dynamique avec les enseignants-chercheurs de ces disciplines de l’Université Laval, fondé notamment sur des échanges scientifiques réguliers entre chaires.

Cette coopération s’est amorcée avec l’invitation, en 2020, du professeur Olivier Delas, titulaire d’une chaire Jean Monnet, pour une série de conférences consacrées aux crises du multilatéralisme et à l’Accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le Canada. Dans le cadre d’un échange avec la chaire Jean Monnet de la professeure Anne Millet-Devalle, cette rencontre a conduit à la mise en place d’une cotutelle de thèse pour un doctorant bénéficiaire d’un contrat doctoral d’Université Côte d’Azur. La même année, deux doctorants d’Université Laval ont participé à la Summer School en droit international et européen organisée à Nice, et leurs contributions ont été publiées dans notre revue Paix et sécurité internationale. Le professeur Delas a également pris part au colloque « L’Union européenne et la gestion des crises » organisé à Nice en décembre 2021.

Les échanges se sont ensuite intensifiés grâce aux invitations de plusieurs professeurs de l’Université Laval : Julia Grignon, en 2022, sur le droit international humanitaire et la justice pénale internationale ; Véronique Guèvremont (chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles), en 2023, dans le cadre d’un échange avec la chaire UNESCO du professeur Jean-Christophe Martin « Paix et développement par le droit », sur la protection des identités culturelles à l’ère numérique ; Fannie Lafontaine (chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux), en 2024, autour de l’écocide, de la décolonisation du droit international et des contentieux sur le génocide devant la CIJ ; et Géraud de Lassus St-Geniès, en 2025, sur le droit du changement climatique et les marchés du carbone. La coopération est également réciproque : en octobrenovembre 2024, la professeure Millet-Devalle a été invitée à l’Université Laval pour participer à la 13e École d’automne en droit de l’Union européenne consacrée à « L’Union européenne, puissance numérique globale », ainsi qu’au colloque international des Ateliers Schuman sur « L’espace transatlantique à l’épreuve du numérique global ».

Ces collaborations ont également favorisé la participation croisée à des écoles thématiques et colloques, ainsi que la mise en place de nouvelles codirections de thèse et de publications communes. Elles permettent aujourd’hui d’offrir aux enseignantschercheurs, étudiants et doctorants un accès privilégié à des thématiques émergentes — justice pénale internationale, souveraineté culturelle, enjeux numériques, contentieux climatiques, autonomie stratégique ou encore utilisation des sources ouvertes dans l’établissement des faits devant les juridictions pénales internationales.

Par la densité et la continuité de ces échanges, ce partenariat contribue ainsi à renforcer les mobilités scientifiques et la production académique entre les deux institutions, tout en participant activement au dynamisme de la pensée juridique internationaliste francophone.

Enseignants-chercheurs :

Jean-Christophe MARTIN, Professeur de droit public, directeur de l’Institut de la Paix et du Développement (IdPD), Université Côte d’Azur - Chaire UNESCO Paix et développement par le droit.

Anne MILLET-DEVALLE, Professeure de droit public, directrice honoraire du Laboratoire de droit international et européen (LADIE), Université Côte d’Azur - Chaire Jean Monnet UE et gestion des crises.

Olivier DELAS, Professeur de droit public, titulaire de la chaire Jean Monnet en intégration européenne, directeur du Cercle Europe (École supérieure d’études internationales), Université Laval.

Véronique GUÈVREMONT, Professeure titulaire, Faculté de droit, Université Laval – Titulaire de la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles.

Fannie LAFONTAINE, Professeure titulaire, Faculté de droit, Université Laval - Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux.

Géraud DE LASSUS ST-GENIÈS, Professeur agrégé, Faculté de droit, Université Laval.

Doctorants :

Nathan LILLE, Doctorant contractuel puis ATER en cotutelle (O. Delas/A. Millet-Devalle), thèse portant sur « L’autonomie stratégique de l’Union européenne ».

Philippine SOTTAS, Doctorante contractuelle en codirection (A. Millet-Devalle/Fannie Lafontaine), thèse portant sur « L’établissement des faits par les informations issues de sources ouvertes dans le cadre de la justice pénale internationale ».

LUMIÈRE SUR LES PROJETS DES COMPOSANTES

FACULTÉ DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES

LE LABORATOIRE ARTS, SOCIÉTÉ, MIEUX-ÊTRE : RECHERCHE, CRÉATION

En 2020, le Laboratoire Arts, société, mieux-être (LIA-Asme) est créé sous l’impulsion de l’Université Laval, la Villa Arson et Université Côte d’Azur. Centré sur la recherche artistique et son articulation avec les sciences humaines et sociales, le LIA-Asme a pour mission principale de faire de la création artistique un outil d’investigation sociale et sociétale.

Le LIA a ancré son développement dans la notion de Care (soin), envisagée comme une contribution active au bien-être individuel et collectif. Après une année consacrée à l’exploration du geste, notamment à travers l’organisation de plusieurs rencontres et webinaires, y compris deux semaines d’études inédites articulées autour d’une dizaine d’événements, le collectif a prolongé sa réflexion en l’élargissant à la notion d’« Habiter », comprise à la fois comme expérience, pratique sociale et inclusion dans un environnement. De cette dynamique sont nées plusieurs actions pensées dans une logique interdisciplinaire :

- Cycle de cinq webinaires visant à s’éloigner de l’étymon strict du verbe habiter pour penser «  l’habiter » dans une perspective de soin, d’accueil, de préservation, d’inclusion et d’échange.

ET SOCIÉTÉ

- Une journée d’étude sur la thématique « Habiter : enjeux et formes contemporaines de la cohabitation ».

- Six ciné-débats autour des thématiques « Habiter » et « Filmer la Nature », organisés dans le cadre de l’initiative «En route vers la COP ».

- Un séminaire d’hiver portant sur le thème « Écofictions à l’œuvre : écrire le vivant au Québec au XXIe siècle ».

- Une publication-synthèse, au titre de « Habiter : enjeux et formes contemporaines de la cohabitation »

Outre les actions communes engagées dans le cadre du LIA, celui-ci a également produit un effet levier sur des initiatives propres à chacune des universités partenaires. À titre d’exemple, l’EUR Arts et Humanités et la Villa Arson ont décidé d’orienter leur programme doctoral conjoint autour de la thématique « Habiter ».

Par ailleurs, à l’Université Laval, sous la direction de Thierry Belleguic, une nouvelle équipe de recherche a été créée : « Atlas géopoét(h)ique de l’Isle-auxGrues : pour une écologie des pratiques ». Celle-ci a déjà obtenu plusieurs financements et rassemble une vingtaine de chercheurs et chercheuses du Québec issus des sciences de la nature, des sciences de la santé, des sciences humaines et sociales ainsi que des arts.

LUMIÈRE SUR LES PROJETS DES COMPOSANTES

Cette équipe, associée au LIA dans la mesure où ses travaux s’inscrivent pleinement dans sa problématique de recherche, contribue ainsi à renforcer le rayonnement du laboratoire.

Crédit aux membres du LIA :

Université Laval : Lucie Rochefort, Faculté de médecine, codirectrice scientifique du LIA-ASME, Johanne Brochu, codirectrice scientifique du LIAASME, École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional (ÉSAD), Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design (FAAAD), Alexandre David, École des arts, Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design (FAAAD), Jocelyne Kiss, Département de design, Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design (FAAAD), Liviu Dospinescu, Département de littérature, théâtre et cinéma, Faculté des lettres et sciences humaines

Université Côte d’Azur : David Darmon, UFR de médecine, directeur du Département d’Enseignement et de Recherche de Médecine Générale, co-directeur du Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public, Vice-Président Politique de santé, Laboratoire RETINES , Luigi Flora, UFR de médecine, co-directeur du Centre d’Innovation du

Partenariat avec les Patients et le Public, laboratoire RETINES, Jean-Michel Benattar, UFR de médecine, Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public, Sandrine Montin, EUR Arts et Humanités, Département de Lettres, laboratoire CTELA, Barbara Meazzi, EUR Arts et Humanités, Département de Lettres, laboratoire, CMMC

Villa Arson : Sylvain Lizon, codirecteur scientifique du LIA-ASME, Directeur sortant de la Villa Arson, Jérôme Mauche, coordinateur LIA-ASME pour la Villa Arson

Thierry BELLEGUIC, Directeur du LIA-ASME, Département de littérature, théâtre et cinéma, Faculté des lettres et sciences humaines, Université Laval

Jean-Paul AUBERT, Directeur de l’EUR Arts et humanités, Laboratoire LIRCES, Université Côte d’Azur

Maël TISSEUR, Enseignantchercheur, Faculté de médecine, Centre d’Innovation du Partenariat avec les Patients et le Public, Laboratoires RETINES et LIRCES, Université Côte d’Azur

PORTRAIT

Professeure Barbara Papadopoulou

Professeure titulaire au Département de microbiologie-infectiologie et immunologie, Faculté de médecine, Université Laval

La Professeure Papadopoulou travaille depuis plus de trente ans sur la leishmaniose. Après une formation internationale en Grèce, en France, et aux Pays-Bas dans les domaines de la microbiologie et de la biologie moléculaire, elle a poursuivi toute sa carrière à l’Université Laval à Québec, où elle s’est imposée comme une spécialiste reconnue en parasitologie moléculaire et plus spécifiquement par ses travaux sur Leishmania et la leishmaniose. Au fil des années, son laboratoire a étudié différents aspects de la biologie du parasite du genre Leishmania, surtout en lien avec sa pathogenèse et les mécanismes employés pour réguler l’expression de ses gènes et protéines selon les stades de son développement, de la forme insecte à la forme présente dans les cellules de mammifères, capable de causer la maladie. La capacité du parasite à s’adapter dans sa cellule hôte en modulant l’expression de certains de ses gènes est un sujet qui la fascine !

À la suite d’une mission organisée en décembre

2024 à Nice à l’initiative des doyens et vicedoyens de nos facultés de médecine respectives, la Professeure Papadopoulou a pu rencontrer la Professeure Pomares. Cette rencontre a rapidement donné lieu à la mise en place d’une collaboration scientifique, fondée sur une complémentarité évidente entre les deux équipes, l’une spécialisée en biologie moléculaire et génomique des parasites, l’autre en clinique et en épidémiologie de la leishmaniose.

Professeure Papadopoulou, qu’est-ce qui vous fascine tant dans l’étude des parasites ?

Le parasite Leishmania présente des formes très différentes selon qu’il se trouve dans l’insecte vecteur ou dans les cellules de mammifères. Le processus de différenciation est particulièrement spectaculaire. Le changement d’environnement entraîne une modification profonde de l’expression des gènes, permettant au parasite de s’adapter, de s’installer dans l’hôte et, dans certains cas, de provoquer des dommages pouvant conduire à des pathologies graves. Ce sont donc bien ces changements d’expression qui permettent au parasite de survivre dans les macrophages de l’hôte mammifère et causer des pathologies. La compréhension de ces changements constitue un enjeu majeur, car le processus de différenciation du parasite peut révéler de nouvelles cibles thérapeutiques. Dans ce cadre, les approches génomiques sont aujourd’hui devenues essentielles. Elles permettent d’étudier de manière globale les modifications génomiques ou d’expression génique, et d’établir des corrélations entre les conditions environnementales et les réponses du parasite.

Dès lors, l’objectif de mon travail, et ce qui m’anime, est de mieux comprendre les mécanismes moléculaires qui gouvernent l’adaptation et la différenciation du parasite chez l’hôte mammifère, afin d’identifier les facteurs responsables de la virulence et du développement des pathologies.

Pouvez-vous nous présenter le projet développé conjointement avec la Professeure Pomares ?

Nous travaillons actuellement sur la caractérisation de souches asymptomatiques de Leishmania infantum, une espèce endémique dans le bassin méditerranéen et en particulier dans les AlpesMaritimes au Sud de la France, qui cause la leishmaniose viscérale, une forme sévère de la maladie si elle n’est pas traitée. Dans cette région, on observe beaucoup de cas asymptomatiques, soit des individus qui ne présentent aucun signe clinique de la maladie, mais chez lesquels la présence du parasite peut être détectée dans des prélèvements sanguins. Cela étant dit, ils sont malgré tout porteurs du parasite et peuvent le transmettre à d’autres individus qui, eux, selon leur état de santé, l’âge ou d’autres comorbidités, peuvent ou non développer des symptômes de la maladie.

Une étude récente menée par la Professeure Pomares a échantillonné 343 personnes et 607 chiens dans la région des Alpes-Maritimes, en utilisant la sérologie et le test PCR pour détecter le parasite responsable de la forme viscérale. Ce qui est surprenant, c’est que le parasite était

La leishmaniose est une maladie chronique due à l’infection par un protozoaire du genre Leishmania pouvant prendre trois formes : cutanée, viscérale ou mucocutanée. La leishmaniose peut affecter de nombreux mammifères, dont l’humain et le chien qui servent également de réservoirs. En 2023, l’OMS estime que le nombre de nouveaux cas humains est compris entre 700 000 et 1 million par an dans le monde. En France métropolitaine, les leishmanioses (principalement la viscérale) sont présentes dans les Cévennes, la Corse, la Provence, les Pyrénées Orientales et surtout la Côte d’Azur qui est en zone rouge.

presque trois fois plus présent chez l’homme que chez le chien. Cette observation soulève une question importante, puisque le chien est en principe considéré comme le principal vecteur du parasite. Une hypothèse est que l’homme pourrait être également un vecteur de transmission, ce qui est inhabituel pour cette espèce parasitaire et cette région géographique, et soulève évidement des inquiétudes.

Ce qui nous intéresse, c’est de comprendre pourquoi cer taines personnes développent la maladie et d’autres non. Les cas asymptomatiques de la leishmaniose viscérale sont relativement fréquents, mais à ce jour notre compréhension sur le sujet reste limitée. On pense que c’est multifactoriel : il y a probablement des facteurs génétiques de susceptibilité, des différences dans la réponse immunitaire, et aussi des différences entre les souches du parasite lui-même.

Comment comptez-vous vous y prendre ?

Pour répondre à cette question, nous allons effectuer dans un premier temps des analyses génomiques et transcriptomiques entre des souches asymptomatiques et symptomatiques de Leishmania infantum isolées dans la région des Alpes-Maritimes pendant la même période chronologique. Ces souches sont collectées et caractérisées au niveau clinique par le laboratoire de la Professeure Pomares. Les souches envoyées dans notre laboratoire à Québec sont mises en culture, et des extractions d’ADN et d’ARN ont été déjà effectués pour le séquençage à haut débit. Nous allons en premier lieu investiguer la présence des mutations ou des réarrangements génomiques (délétions ou amplifications) chez les souches asymptomatiques qui ne sont pas retrouvés dans les souches symptomatiques. Nous allons, dans un deuxième temps, analyser

les profils transcriptomiques entre les souches asymptomatiques et symptomatiques pour détecter des différences dans l’expression des gènes (plus ou moins exprimés). Ces différences d’expression au niveau de l’ARN peuvent modifier la production de protéines correspondantes et, par conséquent, le comportement du parasite lui-même et sa survie dans la cellule hôte, ces protéines étant impliquées dans la pathogenèse et le développement de la maladie.

Combiner des approches de génomique et de transcriptomique nous permettra d’identifier les différences potentielles au niveau de l’ADN et l’ARN, respectivement entre les souches provenant des individus asymptomatiques et des patients symptomatiques. Les différences identifiées pourraient en partie expliquer le phénotype symptomatique vs. asymptomatique, une fois validées par des expérimentations supplémentaires au laboratoire. Nous allons établir des critères de sélection pour les différences observées basés aussi sur d’autres observations et le contexte clinique et épidémiologique. L’enjeu sera ensuite de vérifier si ces différences jouent réellement un rôle dans la pathogénèse, grâce à des expériences in vitro et in vivo, et en collaboration avec des immunologistes qui étudient les interactions entre l’hôte et le parasite et la réponse immunitaire qui suit l’infection. Comme évoqué plus tôt, notre hypothèse est que le phénomène est multifactoriel, avec des différences à la fois dans le génome du parasite, dans son expression génique, et dans la réponse de l’hôte.

Si des corrélations claires sont identifiées, cela pourrait permettre de définir des marqueurs spécifiques pour les cas asymptomatiques vs. symptomatiques et ainsi améliorer et faciliter le diagnostic – notamment asymptomatique, de mieux comprendre la pathologie, et peut-être aussi de développer de nouvelles cibles thérapeutiques.

Et que vous apporte aujourd’hui ce partenariat privilégié ?

Les partenariats internationaux représentent un avantage considérable. Ils donnent de la visibilité, et la visibilité est essentielle en recherche. Il est important que nos travaux dépassent les frontières. Il est vrai que nos publications contribuent déjà à cela, mais un partenariat privilégié permet d’aller plus loin, notamment en apportant des expertises complémentaires et en créant des liens de collaboration durables avec des meilleures perspectives pour l’avancement de la science.

De mon côté, je travaille surtout sur le parasite luimême, au niveau moléculaire, et je connais moins le contexte clinique. En réalité, je connais surtout le parasite, pas tant la maladie, contrairement à la Professeure Pomares. Le fait de collaborer avec une équipe qui a cette expérience du terrain est un avantage immense. Cela va bien au-delà de la collection de souches : le dialogue avec des cliniciens comme la Professeure Pomares me permet de construire des hypothèses et des objectifs de recherche beaucoup plus pertinents.

Bien que j’ai eu la chance de collaborer de nombreuses fois à l’international, c’est la première fois que j’ai l’occasion de travailler dans un contexte aussi ancré dans la réalité clinique, me permettant ainsi de mieux comprendre le terrain et la maladie, et d’une certaine façon d’appréhender plus frontalement le monde réel de l’infection, audelà de mon laboratoire.

Aujourd’hui, l’enjeu est de pouvoir poursuivre cette collaboration et de la développer. Nous sommes encore dans une phase de projet pilote et le principal besoin reste le financement, afin de consolider ce partenariat et de mener les études jusqu’au bout.

échange de bonnes pratiques

Un partenariat au service du renforcement des capacités de nos établissements

Un caractère différenciant du Partenariat Privilégié Université Côte d’Azur – Université Laval réside dans son engagement en matière de renforcement de capacités de nos établissements respectifs.

Au-delà des nombreux projets de recherche et de formation développés par nos communautés, la relation de confiance tissée entre nos deux établissements et ses gouvernances successives constitue aujourd’hui un véritable levier de progression mutuelle. Cette proximité, tant stratégique qu’humaine, nous permet non seulement de partager nos expériences, mais aussi de nous accompagner dans nos trajectoires respectives de transformation et d’amélioration continue.

Ainsi, quand Université Côte d’Azur décide de candidater pour la première fois au classement Times Higher Education Impact, l’Université Laval a su l’alerter sur les écueils méthodologiques et stratégiques à anticiper. Inversement, lorsque le Canada est devenu partenaire associé d’Horizon Europe de la Commission européenne, les équipes d’Université Côte d’Azur ont partagé leurs expertises afin d’accompagner l’Université Laval dans la compréhension et la mobilisation de ces nouvelles opportunités. Ainsi, en seulement quelques mois, Université Côte d’Azur implique l’Université Laval dans le dépôt de trois projets Horizon Europe et l’Université Laval devient le premier partenaire international de l’Alliance Européenne Ulysseus.

Un autre exemple particulièrement pertinent est celui de l’accompagnement au développement de l’esprit d’entreprendre de nos étudiants. Depuis 2024, nos directions à l’entrepreneuriat œuvrent ensemble afin de s’appuyer sur la complémentarité de leur offre pour proposer de nouvelles opportunités aux étudiants, qu’ils soient inscrits à l’Université Laval ou à Université Côte d’Azur.

Ces exemples illustrent une dynamique constructive et réciproque, fondée sur la confiance, l’entraide et le partage d’expertise. Ils ne sont toutefois qu’un aperçu d’une collaboration plus large, qui s’étend également à nos ambitions communes en matière de santé et de bien-être de nos communautés, de diplomatie scientifique et d’innovation pédagogique ou encore d’engagement en matière de développement durable.

Diplomatie Scientifique pour le climat

Université Côte d’Azur et l’Université Laval collaborent étroitement dans le cadre de leurs activités de diplomatie scientifique. Cette collaboration, d’abord incarnée au niveau de la gouvernance, débute en 2023 par une première participation conjointe à la COP Climat organisée à Dubaï en présence du Vice-Recteur aux affaires internationales et au développement durable d’Université Laval, François Gélineau, et du VicePrésident en charge de l’Initiative d’Excellence d’Université Côte d’Azur, Sylvain Antoniotti.

Lors de cette COP, plusieurs panels conjoints sont organisés afin de mieux positionner le rôle des Universités dans la lutte contre le changement climatique ainsi que la contribution aux efforts d’adaptation et d’atténuation. Ainsi, un panel organisé sous le pilotage de l’Université Laval a eu lieu sur le Pavillon du Canada tandis qu’Université Côte d’Azur a invité l’Université Laval à intervenir à plusieurs panels au Pavillon Science for Climate Action. Cette initiative est reconduite chaque année depuis et des événements communs ont eu lieu lors de la COP29 à Bakou et plus récemment lors de la COP30 à Belém. Toujours dans le contexte de la diplomatique climatique, les deux Universités contribuent au réseau des réseaux d’Universités impliqués dans la lutte contre le changement climatique piloté par l’Université de Cambridge et l’Université de Toronto.

Adossé à ce premier niveau d’implication, un volet formation à la diplomatie scientifique se construit, y compris à travers le réseau UniC. Ainsi, une première initiative cofinancée par l’Agence Universitaire pour la Francophonie a été déployée

dès 2024 avec l’organisation d’un exercice de simulation relatif à l’entrée en vigueur de l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (« traité sur la haute mer » ou « BBNJ »). Cette simulation, organisée à Bruxelles par Université Côte d’Azur, a permis d’inviter plusieurs participants du réseau UniC, dont l’Université Laval, mais aussi l’Université d’Etat d’Haïti, Université de Lausanne (Suisse) et l’Université de Sherbrooke (Canada). Une deuxième simulation a été organisée en 2025 par l’Université Laval sur le thème de la COP30, à laquelle Université Côte d’Azur a contribué (voir par ailleurs).

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