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FILM GUIDE #2026-4 – Mai 2026

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La Vénus électrique

Histoires parallèles

L’Objet du délit

La Bataille de Gaulle – L’Âge de fer

Amarga Navidad (Autofiction)

THE MANDALORIAN AND GROGU

Un « Star Wars » d’anthologie

Gagnez des Grogus à câliner et du Popcorn

THE FESTIVAL FOR MOVIE, GAME, COSPLAY AND COMIC FANS.

Messe Basel | MAY 14 – 16, 2026

CHERS PASSIONNÉS DE CINÉMA,

Le mois de mai est arrivé, et avec lui une nouvelle aventure issue de l’univers STAR WARS : THE MANDALORIAN passe de la série au grand écran. Nous lui consacrons, ainsi qu’à son compagnon Grogu, notre dossier de couverture.

Et comme chaque année en mai, le plus grand festival de cinéma du monde se tient à Cannes. Vous découvrirez déjà dans ce numéro quelques-uns des films les plus passionnants qui y seront présentés et que vous pourrez découvrir dans la foulée.

Bien à vous,

IMPRESSUM

Éditeur

Philipp Portmann Éditeur

4 — EN COUVERTURE THE MANDALORIAN AND GROGU

7 — PORTRAIT

Pierre Salvadori LA VÉNUS ÉLECTRIQUE

9 — DRAME AMARGA NAVIDAD (AUTOFICTION)

11 — COMÉDIE FAMILIALE BÊÊÊÊTECTIVE PRIVÉ

12 — FILM GUIDE LES SORTIES DU MOIS

15 — INTERVIEW

Laure Calamy C'EST QUOI L'AMOUR ?

Directeur de publication

Philipp Portmann

Rédacteur en chef Bernard Achour

Rédacteur

Carmine Carpenito, Emma Portmann

Design & Layout

Romano Bassi Huit Onze, Genève

Couverture : © & TM Lucasfilm Ltd

PORTMANN GROUP

Etzelmatt 5 5430 Wettingen +41 56 426 88 55 info@portmann-group.com www.portmann-group.com

Vente d’annonces

Patrick Knecht p.knecht@portmann-group.com

ISSN 2813-7353

Les éditeurs n’assument aucune responsabilité pour le matériel envoyé. Le contenu éditorial est exempt de publicité sauf mention contraire.

© PORTMANN GROUP 2026

Tous droits réservés. Toute réutilisation du contenu de ce magazine sans autorisation écrite est interdit.

17 — COMEDIE Agnès Jaoui L’OBJET DU DÉLIT

18 — DRAME HISTOIRES PARALLÈLES

21 — À VENIR LA BATAILLE DE GAULLE –L’ÂGE DE FER

23 — À REVOIR TOP GUN/TOP GUN – MAVERICK

23 — À SUIVRE LES SORTIES DU MOIS PROCHAIN

FILM GUIDE est disponible gratuitement dans tous les bons cinémas ou sous forme d’abonnement pour le recevoir directement chez soi :

L’EMPIRE CONTREATTAQUE

THE MANDALORIAN AND GROGU

En 2019, le dernier film "Star Wars" sortait sur les écrans du monde entier. THE MANDALORIAN AND GROGU met fin à cette pause de sept ans, alors qu’une tout autre forme de diffusion était initialement prévue.

Avec « Star Wars – L’Ascension de Skywalker », la saga quittait provisoirement les salles de cinéma. Disney et Lucasfilm ont alors recentré leur stratégie sur des séries comme « Andor », « Obi-Wan Kenobi » ou « The Mandalorian », laquelle compte déjà trois saisons et franchit aujourd’hui le pas vers le grand écran. Mais pourquoi ce changement ?

DE LA SÉRIE AU FILM

Le réalisateur Jon Favreau et Dave Filoni, président de Lucasfilm et successeur de Kathleen Kennedy, avaient d’abord imaginé « The Mandalorian and Grogu » comme une quatrième saison. Un changement de cap interne transforme finalement le projet en long métrage, qui marque le retour de Pedro Pascal dans le rôle du chasseur de primes Din Djarin aux côtés de Grogu.

DIN DJARIN REPREND DU SERVICE

Entièrement tourné en Californie, le film se situe après la chute de l’Empire, tandis que ses anciens chefs de guerre restent dispersés aux quatre coins de la galaxie. La Nouvelle République, en pleine reconstruction, s’efforce de protéger les acquis de la Rébellion et peut compter sur le soutien précieux du Mandalorien Din Djarin et de son jeune apprenti Grogu.

UNE ICÔNE À BORD

L’actrice culte Sigourney Weaver rejoint elle aussi cette production spectaculaire et pleine d’humour dans le rôle d’une rebelle. À 76 ans, elle reste indissociable d’Ellen Ripley dans « Alien » ou du personnage de Grace dans « Avatar ». « The Mandalorian and Grogu » annonce une nouvelle ère pour l’univers « Star Wars », portée par des images fortes et un sens du spectacle taillé pour les plus grandes salles du monde.

THE MANDALORIAN AND GROGU EN SALLE LE 20 MAI

JEU-CONCOURS

De douillettes peluches Grogu accompagnées de deux délicieux Popcorn Maya à gagner ! Il suffit d’envoyer un e-mail avec pour objet « GROGU » à concours@filmguide.ch

Date limite de participation : 31 mai 2026

LA VÉNUS ÉLECTRIQUE PIERRE SALVADORI

Présenté en ouverture du Festival de Cannes, « La Vénus électrique » confirme le style et l’inspiration uniques de son réalisateur.

On pourrait le situer entre Sacha Guitry et Jean-Paul Rappeneau, sans oublier qu’il trace une ligne reconnaissable entre toutes. Depuis « Cible émouvante », Pierre Salvadori n’a cessé de creuser un sillon rare : celui d’une comédie écrite, pensée, mise en scène comme une affaire personnelle, presque vitale, où le rire naît d’une mécanique précise autant que d’une mélancolie diffuse.

NAISSANCE D’UN REGARD

Un choc adolescent, « L’Épouvantail » de Jerry Schatzberg, et déjà une révélation :

« Al Pacino et Gene Hackman m’ont fasciné. » Puis une fracture intime, un père qui s’éloigne, une mère qui demande : « Fais-moi rire. » Tout est là. « L’humour pour survivre », résume-t-il. Cette nécessité irrigue toute son œuvre. Angoissé, fragile, il frôle la chute avant qu’une phrase ne le redresse : « Maintenant, ou bien tu te construis, ou bien tu meurs. » Il écrit, tourne, avance. La découverte de « Tandem » de Patrice Leconte agit comme un second aiguillon. Un regard de Jean Rochefort le traverse. Il envoie son scénario. Le cinéma peut commencer.

MÉCANIQUE SENSIBLE

Dès « Cible émouvante », tout s’organise : personnages en déséquilibre, goût du mensonge, situations intenables à résoudre dans l’urgence, précision du verbe, science du tempo. Chez lui, la comédie n’est jamais un refuge mais un champ de bataille. « Il est très difficile de faire un bon film, et encore plus de fabriquer une bonne comédie », tranche-t-il. Puis précise : « La comédie, ça aide à vivre, mais c’est douloureux à faire. » Film après film, il affine une partition où le burlesque côtoie la détresse, où les corps chutent autant que les cœurs. « Les Apprentis »,… »Comme elle respire », « Hors de prix », « Dans la cour », « En liberté ! » : une galerie d’âmes cabossées, observées avec une tendresse lucide. « En liberté ! » est sans doute le premier film que j’ai conçu avec l’obsession de transmettre un plaisir physique au spectateur. » Tout Pierre Salvadori tient dans cette tension entre rigueur et abandon, écriture et sensation, même si « La Petite bande » a marqué une légère baisse d’inspiration.

CONSÉCRATION CANNOISE

Avec « La Vénus électrique », il a pour la première fois de sa carrière l’occasion

d’être invité au Festival de Cannes afin, honneur suprême, d’en assurer l’ouverture. « Cannes célèbre tout ce que j’aime au cinéma : la mise en scène, l’audace, la liberté et les auteurs » dit-il. À travers cette comédie rétro où il réunit dans le Paris des années 20 Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche, il met son sens inné du romanesque, du dialogue et du gag au service de l’histoire d’un peintre veuf qui recourt aux services d’une voyante pour entrer en contact avec son épouse décédée. « À sa façon, mon film porte

c ’est quoi l’amour ?

AMARGA NAVIDAD (AUTOFICTION) LA RUÉE VERS L’OR

Le grand retour de Pedro Almodóvar à Cannes avec « Amarga Navidad (Autofiction) » pourrait bien lui valoir sa première Palme d’Or.

Entre Pedro Almodóvar et Cannes, c’est une histoire mouvementée qui remonte à voilà bientôt quarante ans, lorsque le film qui allait le faire connaître du monde entier « Femmes au bord de la crise de nerfs », fut… unanimement refusé par toutes les sections du Festival.

À TOUS PRIX

Depuis, « Tout sur ma mère », « Volver », « Étreintes brisées », « La Piel que habito » (à nos yeux, son chef-d’œuvre), « Julieta » et « Douleur et gloire » ont été présentés en Compétition, tandis que le court métrage « Strange way of Life » a provoqué en 2003 de véritables émeutes sur la Croisette. Malgré un accueil parfois dithyrambique, la Palme d’Or lui a pourtant toujours été refusée. Un Prix de la mise en scène par-ci, un Prix du scénario par-là, un Prix d’interprétation pour faire bonne mesure, mais la récompense suprême, jamais. « Ça fait parfois de la peine, mais c’est la règle du jeu », répond sagement le cinéaste. On imagine volontiers que le Lion d’Or décroché voilà

deux ans à Venise pour sa première réalisation en anglais « La Chambre d’à côté » a dû lui faire pousser un « Ouf » de soulagement.

JAMAIS 6 SANS 7 ?

Président du jury en 2018 (où son favori « 120 battements par minutes » dut se contenter d’un Grand prix), il retrouve aujourd’hui sa langue natale pour tenter une nouvelle fois sa chance avec « Amarga Navidad (Autofiction) », où il sera question d’un deuil difficile après la mort d’une mère, d’amitié féminine, d’un réalisateur en pleine écriture, du brouillage des frontières réalité/fiction et de nombreuses autres choses encore. « Je suis parti d’un constat simple : nous normalisons énormément les violences, explique Pedro Almodóvar. Cette banalisation, je la vois partout, dans les images qui circulent, dans ce qu’on accepte sans même y prêter attention, et c’est de là là qu’est venu le film. » Désireux de « ne pas donner de réponses mais susciter des questions, instaurer un dialogue avec le spectateur et le plonger dans une zone d’incertitude ». Avec ce film (son titre reprend celui une

chanson de Chavela Vargas qu’il adore et qui signifie « Noël amer ») dont le but est de chercher à comprendre sans pour autant jamais excuser, l’idée d’un appel au collectif, à la solidarité et à l’espoir d’éclairer les recoins les plus sombre de notre monde, Pedro Almodóvar décrochera-t-il enfin l’or ? Réponse au soir du 23 mai.

AMARGA NAVIDAD (AUTOFICTION) EN SALLE LE 20 MAI

Gagnez des billets pour AMARGA NAVIDAD

Il suffit d’envoyer un e-mail avec pour objet « AMARGA NAVIDAD » à concours@filmguide.ch

Date limite de participation : 31 mai 2026

LE 13 MAI AU CINÉMA

BÊÊÊÊ TECTIVE PRIVÉ À PERDRE LA LAINE

Un meurtre, un coupable à démasquer… Au détail près que dans « Bêêêêtective privé », ce sont des moutons qui mènent l’enquête !

Tout commence comme une énigme familière : un mort, des suspects, un mystère à démêler. Puis « Bêêêêtective Privé » dévie brusquement, et c’est là que tout s’embrase. Un berger est retrouvé sans vie, et ce sont ses propres moutons qui décident de mener l’enquête ! Non pas une fantaisie gratuite, mais un dispositif narratif d’une redoutable intelligence, qui détourne les codes du « whodunnit » pour mieux les relancer. On pense immédiatement à l’élan ludique et sophistiqué de la saga « À couteaux tirés », à cette capacité à faire du genre un terrain de jeu cérébral et jubilatoire – sauf qu’ici, l’étrangeté devient le moteur même du suspense.

CRIME LAINEUX

Adapté d’un best-seller international traduit dans plus de trente langues, le film repose sur une idée simple et vertigineuse : des animaux qui comprennent tout, mémorisent les récits policiers qu’on leur raconte, puis appliquent ces schémas au réel. Chaque soir en effet, leur maître leur lisait des intrigues criminelles sans imaginer qu’elles en disséquaient les rouages pendant des heures. Sa mort déclenche alors une enquête menée

avec une logique implacable mais confrontée à un monde humain bien plus opaque que les livres. Entre humour, tension et décalage constant, le récit promet une expérience de cinéma singulière, où le moindre indice prend une dimension inattendue. La fabrication elle-même intrigue : tournage mêlant véritables animaux et marionnettes sophistiquées, interactions concrètes, autant d’indices d’effets visuels à la fois discrets et bluffants.

UN CASTING EN OR

Au centre, Hugh Jackman. C’est lui qui incarne le berger et donne au projet sa colonne vertébrale émotionnelle. « Ça m’a vraiment accroché parce que je me suis dit : “Ça a l’air complètement fou”, et parce que je pense qu’on cherche tous des choses vraiment inventives et nouvelles. » Sur le plateau, il découvre un dispositif inédit : « Il y avait quelques moutons, mais surtout des marionnettes avec lesquelles je travaillais, et elles étaient incroyables. » Et d’insister : « J’avais quelque chose de vraiment réel avec quoi interagir, quelque

chose de beau et de magique. Ce n’était pas juste une balle de tennis. » Autour de lui, Emma Thompson apporte sa présence élégante, tandis que Patrick Stewart et Bryan Cranston prêtent leurs voix à cet improbable troupeau détective. Hugh Jackman en résume l’élan : « Ça parle de ce que nous pouvons accomplir quand nous nous réunissons et quand nous croyons en nous, pas seulement individuellement mais en tant que groupe. Et ça demande beaucoup de courage. »

Si le pari est tenu, difficile d’imaginer que cette enquête reste sans suite. Dans un paysage saturé de formules, « Bêêêêtective privé » pourrait bien ouvrir une nouvelle lignée : une saga où l’intelligence collective mène l’enquête et où chaque mystère appelle le suivant.

BÊÊÊÊTECTIVE PRIVÉ EN SALLE LE 6 MAI

MAI 2026

IN 3D DE James Cameron, Billie Eilish GENRE Concert fi lmé (durée non précisée)

DISTRIBUTEUR Warner

LE CHANTIER DE Jean-Stéphane Bron GENRE Documentaire (1 h 34)

DISTRIBUTEUR Pathé Films

LE PLAISIR DE Reem Kerici AVEC Alexandra Lamy, François Cluzet, Mitty Hazanavicius GENRE Comédie (1 h 30)

BÊÊÊÊTECTIVE PRIVÉ DE Kyle Balda AVEC Hugh Jackman, Nichols Braun, Nicholas Galitzine GENRE Comédie familiale (1 h 49)

DISTRIBUTEUR Sony Pictures IRON MAIDEN –BURNING

DISTRIBUTEUR Frenetic C’EST QUOI L’AMOUR ? DE Fabien Gorgeart AVEC Laure Calamy, Vincent Macaigne, Lyes Salem GENRE Comédie (1 h 45) DISTRIBUTEUR Agora

DE Simon McQuoid AVEC Karl Urban, Lewis Tan, Joe Taslim GENRE Aventures (1 h 56)

DISTRIBUTEUR Pathé Films IN THE GREY DE Guy Ritchie AVEC Jake Gyllenhaal, Henry Cavill, Eiza Gonzalez GENRE Thriller (1 h 38) DISTRIBUTEUR Ascot Elite TOP GUN (RESSORTIE 40 e  ANNIVERSAIRE) DE Tony Scott AVEC Tom Cruise, Kelly McGillis, Val Kilmer GENRE Aventures (1 h 50) DISTRIBUTEUR Warner

DISTRIBUTEUR Warner BARBARA BUSER –PIONNIÈRE DU DÉVELOPPEMENT

DE Gabriele Schärer GENRE Documentaire (2 h)

DISTRIBUTEUR First Hand Films LA VÉNUS ÉLECTRIQUE

DE Pierre Salvadori AVEC Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche GENRE Comédie dramatique (2 h 2)

DE Jon Favreau AVEC Pedro Pascal, Sigourney Weaver, Steve Blum GENRE Science-fi ction (2 h 20)

DISTRIBUTEUR Disney

LOST LAND

DE Akio Fujimoto AVEC Muhammad Shofi k Rias Uddin, Shomira Rias Uddin GENRE Drame (1 h 39)

DISTRIBUTEUR Trigon

PLÜSS

DE Martin Albisetti AVEC Max Rüdlinger, Yves Progin, Nina Iseli GENRE Drame (1 h 17)

DISTRIBUTEUR Royal Film

POLVO SERAN

DE Carlos Marques-Marcet AVEC Angela Molina, Alfredo Castro, Monica Almirall GENRE Drame (1 h 46)

DISTRIBUTEUR Outside the Box

AIMÉ

L’ÊTRE

DE Rodrigo Sorogoyen AVEC Javier Bardem, Victoria Luengo, Raul Arevalo GENRE rame (2 h 15)

DISTRIBUTEUR Cineworx

PASSENGER

DE André Ovredal AVEC Melissa Leo, Jacob Scipio, Lou Lbobell GENRE Horreur (1 h 34) DISTRIBUTEUR Warner

LE VIRTUOSE –TUNER

DE Daniel Roher AVEC Leo Woodall, Dustin Hoff man, Havana Rose Liu GENRE Thriller (1 h 49)

DISTRIBUTEUR Ascot Elite

OLIVIA DE Irene Iborra GENRE Animation (1 h 10) DISTRIBUTEUR Outside the Box

DISTRIBUTEUR Frenetic THE MANDALORIAN AND GROGU

NAVIDAD (AUTOFICTION)

DE Pedro Almodóvar AVEC Barbara Lennie, Leonardo Sbaraglia, Aitana Sanchez-Gijon GENRE Drame (1 h 51)

DISTRIBUTEUR Pathé Films

MEMORY OF PRINCESS MUMBI

DE Damien Hauser AVEC Shandra Apondi, Abraham Joseph, Ibrahim Joseph GENRE Drame (1 h 19)

DISTRIBUTEUR Dschoint V.

L’OBJET DU DÉLIT

DE Agnès Jaoui AVEC Agnès Jaoui, Daniel Auteuil, Eye Haïdara GENRE Comédie (2 h 13)

Co andez vos bons de cinémamaintenant
Marre du pollen ? Alors allons au cinéma !

LAURE CALAMY

«

LORSQU’ON A VÉCU UNE HISTOIRE

FORTE AVEC QUELQU’UN, IL EN

RESTE TOUJOURS QUELQUE CHOSE »

Grand prix au Festival de comédie de l’Alpe d’Huez, « C’est quoi l’amour ? » offre à Laure Calamy un de ces rôles pétillants dont elle a le secret.

Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario de « C’est quoi l’amour ? » ?

Laure Calamy : J’ai été captivée par l’histoire de cette famille embarquée dans une demande en nullité de mariage religieux. De cette situation singulière, le réalisateur Fabien Gorgeart fait naître la comédie et exister des personnages riches et complexes. J’ai aimé ses dialogues, très proches de sa manière de parler et de son humour, et les situations qu’il nous proposait. Je trouve très réussie la manière dont ses personnages s’empêtrent dans leurs sentiments, dans le resurgissement du passé, auquel ils ne s’attendaient pas. À devoir prouver que leur mariage n’avait pas de raison d’être, ils réalisent qu’avoir refait leur vie n’a pas éteint leur amour, au contraire, cette situation vient le réactiver. Renouer avec leurs souvenirs, leur insouciance, leur jeunesse, le couple qu’ils formaient autrefois, c’est vertigineux.

Qui est votre personnage ? Comment l’avez-vous abordé ?

Lorsque son ex-mari Fred vient motiver sa demande dans le centre commercial où elle travaille, Marguerite que j’interprète la prend à la légère, pensant que tout cela sera vite réglé. Comme lui, elle ne peut anticiper ce dans quoi ce processus va les replonger. C’est une femme dynamique, qui avance dans la vie. Cette demande la reconnecte à une époque où elle n’entrevoyait pas la vie et sa finitude de la même manière. Un peu comme un ancien fumeur qui, s’il reprend une cigarette, se retrouve envahi de sensations d’éternité. Marguerite est amenée à revisiter son histoire, à se remémorer l’état d’esprit dans lequel ils étaient lorsqu’ils ont eu leur fille. Ils étaient jeunes et spontanés, et les revoilà conduits à parler de leur intimité d’autrefois. Cela fait émerger des scènes où le trouble s’invite, et qu’il nous faut exprimer dans les échanges comme dans l’écoute.

Le film donne une image pour le moins inhabituelle de la famille…

Je partage avec Fabien cette idée que lorsqu’on a vécu une histoire forte avec quelqu’un, il en reste toujours quelque chose, l’amour se transforme et continue d’exister à sa manière. Je trouve belle la place des enfants dans ce film. Le discours de l’un d’eux à la fin est magnifique. Ce qui est intéressant aussi, c’est que le couple que forment Marguerite et Sofiane n’est pas un couple fatigué ; ils sont heureux, complices, ont toujours du désir. Cela met encore plus en relief ce qui se joue. Le film éclaire les névroses du couple, mais il montre qu’on peut continuer à se parler simplement et à faire famille.

C’EST QUOI L’AMOUR ?

EN SALLE LE 6 MAI

© Keystone AFP Loic Venance

JAVIER BARDEM VICTORIA LUENGO

SOROGOYEN

AU CINÉMA DÈS LE 20 MAI

L’OBJET DU DÉLIT AGNÈS JAOUI

Plus acéré que jamais, le regard d’Agnès Jaoui se pose dans « L’Objet du délit » sur les répercussions du scandale #MeToo au sein d’une troupe de théâtre. Le Festival de Cannes s’en réjouit d’avance.

Figure majeure du cinéma français, Agnès Jaoui revient à Cannes vingt-deux ans après le Prix du scénario remporté par « Comme une image » pour y révéler son nouveau film « L’Objet du délit » où son sens inné de l’observation de la société et des rapports humains promet encore une fois de faire merveille.

REGARDS CROISÉS

Depuis ses débuts au théâtre jusqu’à son installation durable derrière la caméra, Agnès Jaoui a construit une œuvre fondée sur l’analyse fine des comportements et des rapports de pouvoir. Formée à l’école exigeante de Patrice Chéreau, elle trouve très tôt un partenaire de pensée en JeanPierre Bacri, avec qui elle façonne une écriture à deux voix, acide et lucide, attentive aux angles morts de la vie sociale. Ensemble, ils auscultent les frustrations, les illusions et les maladresses affectives

sans jamais céder à la condescendance. Du « Goût des autres » à « Place publique », ses mises en scène prolongent cette attention aux failles humaines, nourrie par une conviction simple : chacun agit en croyant bien faire, quitte à blesser. Sept Césars plus tard, dont un d’honneur en 2024, elle s’est imposée comme une artiste quasi totémique, capable de faire surgir des conflits moraux à partir de situations familières, tout en laissant filtrer un humour qui désamorce sans jamais atténuer.

SOUS TENSION

Avec « L’Objet du délit », premier scénario écrit seule depuis la disparition de Jean-Pierre Bacri, elle déplace son terrain d’observation vers les coulisses de l’opéra. Au cœur d’une production des « Noces de Figaro », une accusation d’agression sexuelle vient fissurer un collectif en apparence soudé, révélant lignes de fracture, conflits de générations et divergences irréconciliables. Le tournage, mené

entre Paris et le Luberon, s’ancre dans un contexte artistique précis, où la scène devient un espace de confrontation autant que de représentation. « Des personnes sont venues sur le plateau pour nous sensibiliser pendant des heures », précise-t-elle Cette immersion éclaire un projet qui ne se contente pas de capter un climat, mais interroge frontalement les mécanismes d’écoute, de doute et de responsabilité. Autour d’elle, Daniel Auteuil, Eye Haïdara et d’autres moins connus mais tout aussi talentueux composent un ensemble où chaque trajectoire participe à la mise à nu d’un système.

Présenté hors compétition sur la Croisette, donc sans la redoutable pression qui peut décider de la carrière d’un film, « L’Objet du délit » a visiblement des choses à dire sur notre époque. Et on a hâte de les entendre.

L’OBJET DU DÉLIT

EN SALLE LE 27 MAI

Cinq ans après le Grand prix décroché en 2001 pour « Un Héros », le plus grand public des cinéastes iraniens Ashgar Fahradi revient à Cannes avec le très intrigant « Histoires parallèles ».

Figure majeure du cinéma mondial, couronné de récompenses internationales et familier des grandes scènes festivalières, Asghar Farhadi poursuit ici une trajectoire singulière, entre reconnaissance officielle et position d’équilibriste. Contraint de tourner hors d’Iran, il retrouve la France treize ans après « Le Passé », prolongeant un dialogue entamé avec le public européen tout en affinant une méthode d’observation des comportements humains d’une précision chirurgicale. « Je suis un dissident discret, je fonds mes idées dans des scénarios objectivement inattaquables, dit-il. Si on parvient à les décoder, on s’apercevra que je suis tout le contraire d’un artiste obéissant. » Cette déclaration

éclaire un projet où chaque geste, chaque regard, chaque silence apparent devient porteur d’enjeux moraux.

MIROIRS BRISÉS

Construit autour d’un dispositif vertigineux, le film suit une écrivaine en panne d’inspiration qui observe ses voisins pour nourrir son roman, avant que l’irruption d’un jeune homme ne vienne brouiller les frontières entre invention et réalité. En arrière-plan, divers conflits entre les personnages irriguent le récit, non comme un simple prétexte mais comme une onde de choc intime qui contamine les trajectoires et reconfigure les rapports entre les êtres.

Fidèle à ses obsessions, Ashgar Farhadi explore la perception, le mensonge et la responsabilité individuelle dans un monde où regarder l’autre revient déjà à agir sur lui. « Sa méthode est très particulière et extrêmement précise, c’est tout à fait inédit et passionnant pour nous tous, s’émerveille Pierre Niney, membre émérite d’un

générique sur lequel nous reviendrons. Il travaille presque comme un peintre, et son film raconte comment la fiction peut embellir ou empoisonner totalement le réel. »,

Porté par un casting d’une densité exceptionnelle – Isabelle Huppert en pivot du récit, Virginie Efira, Vincent Cassel et Pierre Niney en frères opposés, Adam Bessa en élément perturbateur, et une apparition de Catherine Deneuve –, « Histoires parallèles » s’annonce comme une mécanique humaine d’une redoutable complexité.

Soit le retour très attendu d’un cinéaste important qui entend confirmer sa capacité à faire naître des drames vertigineux à partir de situations en apparence ordinaires.

HISTOIRES PARALLÈLES EN SALLE LE 14 MAI

un film réalisé par AGNÈS JAOUI

EYE HAÏDARA CLAIRE CHUST LUCIE GALLO OUSSAMA KHEDDAM

LA BATAILLE DE GAULLE – L’ÂGE DE FER

L’ETOFFE D’UN HEROS

Il nous semble impossible de ne pas vous donner envie de découvrir à partir du 3 juin la première partie d’une gigantesque fresque historique accueillie en fanfare par le Festival de Cannes.

Un million et demi d’entrées, cin: après son formiLe Chant du loup », Baudry s’attaque à un monument réputé insaisissable et le dit sans détour : La figure de De Gaulle me fascinait », tout en lui semabsolument impossible de faire un

L’HISTOIRE

EN MARCHE

C’est la lecture de la biographie de Julian T. Jackson qui fait basculer le projet, révélant un personnage très vivant, beaucoup plus intéressant que ce que j’en avais perçu ». De cette étincelle naît, un diptyque d’enver-

Bataille De Gaulle – L’Âge de fer » constitue le premier mouvement, conçu comme une épopée d’action où « l’aventure, emportée par son personnage » prime sur tout regard académique. Pensé dès l’origine comme un grand spectacle populaire, le projet s’inscrit dans la stratégie de la maison Pathé visant à renouer avec des superproductions historiques après les succès retentissants du diptyque « Les Trois mousquetaires » et du « Comte de Monte-Cristo ».

CE N’EST QU’UN DÉBUT

Chaque volet dépasse les 30 millions d’euros, déployant un récit choral de plus de cent cinquante personnages. Dans la peau du personnage principal, Simon Abkarian, choisi pour « une palette de jeu extraordinaire, une

profondeur et une présence exceptionnelles », y trouve à n’en pas douter le rôle de sa vie. Ancien diplomate, Antonin Baudry revendique une approche organique du récit : « ll faut deux films » pour saisir ce moment où un militaire inconnu « crée son monde » et entraîne derrière lui une poignée d’hommes décidés à refuser l’évidence. Présenté hors compétition au Festival de Cannes, ce premier chapitre, où un De Gaulle alors peu connu, organise depuis Londres la résistance à l’envahisseur nazi, ouvre ainsi une fresque dont la suite annoncée donne toutes les raisons de se réjouir.

LA BATAILLE DE GAULLE – L’ÂGE DE FER EN SALLE LE 3 JUIN

Gagnez des billets pour LA BATAILLE DE GAULLE – L’ÂGE DE FER Il suffit d’envoyer un e-mail avec pour objet « DE GAULLE » à concours@filmguide.ch

Date limite de participation : 31 mai 2026

TOP GUN/TOP GUN – MAVERICK BON ANNIVERSAIRE !

À l’occasion de ses 40 ans, « Top Gun » s’offre un retour fracassant au cinéma. Et il est venu accompagné.

Le 16 mai 1986, un film traverse à Mach 3 le ciel du cinéma américain. Son titre : « Top Gun ». Son héros : Tom Cruise. Presque jour pour jour, ce grand spectacle devenu culte célèbre aujourd’hui en fanfare son quarantième anniversaire grâce à un retour exclusif sur les plus grands écrans du monde, accompagné pour l’occasion de sa suite encore plus triomphale « Top Gun – Maverick ».

LES AILES DU DÉLIRE

Pourquoi un tel impact immédiat ? Parce que le film de Tony Scott a su capter une époque et la transformer en mythe. Avec 357 millions de dollars récoltés dès sa sortie, « Top Gun » a dominé le box-office mondial et imposé une grammaire visuelle neuve, héritée du clip et de la publicité. Lumières rasantes, silhouettes en sueur, machines sublimées : la guerre y est quasiment devenue une image désirable. Loin de ses seuls avions, le film a aussi fabriqué des

icônes immédiatement reproductibles, du blouson G-1 aux Ray-Ban en passant par la moto lancée en bord de piste. Ce mélange de simplicité narrative et de séduction visuelle déclenche un phénomène inédit, jusqu’à multiplier par cinq les candidatures dans les écoles de pilotage. Porté par la présence électrique de Tom Cruise, sourire insolent et énergie intacte, le film s’est inscrit durablement dans l’imaginaire collectif.

DU NEUF AVEC DU MIEUX

Trente six ans plus tard, le pari d’une suite relevait de l’impossible. Et pourtant, « Top Gun : Maverick » a surgi comme un triomphe inattendu. Présenté avec éclat au Festival de Cannes, il s’impose à la fois comme un spectacle physique et une méditation sur le temps. Refusant toute sortie en

meilleur film. Face à son propre statut de superstar, Tom Cruise incarne un héros qui refuse de disparaître en perpétuant sa légende sans pour autant la figer.

Dans ce double retour en fanfare, Paramount mesure aujourd’hui l’ampleur d’un phénomène qui n’a rien perdu de sa force. Un troisième volet est désormais sérieusement envisagé, preuve que l’appel de la vitesse continue de porter Tom Cruise vers de nouveaux sommets et d’embraser encore les foules.

Dans le prochain numéro de FILM GUIDE

LES MAÎTRES DE L’UNIVERS : Une nouvelle génération de super héros

DISCLOSURE DAY : Un Spielberg à perdre alien

TOY STORY 5 : Destins animés

Disponible dès le 3 dans votre cinéma ou sur abonnement pour le recevoir chez vous.

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FILM GUIDE #2026-4 – Mai 2026 by Ultralounge - Issuu