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FRERE K FRERE K-17 mars 2012 Je suis FRĂRE K. FrĂšres et SĆurs, permettez moi de vous transmettre mes hommages pour votre PrĂ©sence. Il m'est demandĂ©, aujourd'hui, par l'AssemblĂ©e des Anciens, avec mes mots, de vous donner un certain nombre d'Ă©lĂ©ments qui peuvent vous permettre, en les suivant, peut-ĂȘtre, de vous suivre vous-mĂȘme, afin de dĂ©couvrir ce que vous Ătes. J'ai eu l'occasion de m'exprimer sur la LibertĂ©, sur l'Autonomie, sur le connu et l'Inconnu. Dans ma prĂ©cĂ©dente vie incarnĂ©e, sur cette Terre, j'ai vĂ©cu, trĂšs jeune, un choc. Le choc qui vient Ă©branler les structures mĂȘmes de la vie au sein de la personne et (le plus souvent quand il s'agit d'une perte) une perte vĂ©cue, bien sĂ»r, comme un drame. C'est souvent dans ces conditions-lĂ qu'il y a comme une sidĂ©ration de la vie elle-mĂȘme : un arrĂȘt, un saisissement. Une douleur indicible qui, d'un coup et d'un coup, d'un seul, va changer ce que j'appellerais votre rapport au monde, votre rapport Ă la vie et, en quelque sorte, votre relation Ă la vie. Dans les jours, les semaines et les mois qui ont suivi le choc que j'ai vĂ©cu (et qui m'est personnel), en mĂ©ditant sur le sens mĂȘme de ce choc, de sa signification et de sa relation Ă ma propre vie, d'un coup, d'un seul, l'endroit oĂč j'Ă©tais (que je regardais comme une forme de rĂȘverie), ce paysage, cette nature merveilleuse que j'observais s'est tout Ă coup transformĂ©e. Elle est devenue Vivante, comme animĂ©e d'un souffle autre que ce qu'il m'Ă©tait donnĂ© de voir par mes yeux. Tout s'est animĂ©, tout est devenu (et je n'ai pas de meilleur mot) Vivant. L'instant d'avant, ce que je trouvais simplement beau et majestueux fut alors considĂ©rĂ© comme mort. Et pourtant, je dus me rendre Ă l'Ă©vidence : ce que j'observais Ă©tait toujours lĂ mais Ă©tait porteur de qualitĂ©s diffĂ©rentes. Mon introspection, ma mĂ©ditation d'alors, m'a fait porter, en prioritĂ©, non pas tant sur le sens de l'expĂ©rience, qui est incommunicable, ni mĂȘme exprimable en mots ou par quelque art que ce soit. Cette expĂ©rience, que je qualifiais ensuite d'indicible, ne pouvait ĂȘtre communiquĂ©e en aucune façon. Parce que ce qui est connu, dans toute vie (par exemple, la façon dont vous mangez), vous pouvez l'exprimer, mais personne ne peut manger Ă votre place, personne ne peut voir Ă travers vos yeux. Pourtant tout le monde voit et tout le monde mange. Et mĂȘme si les circonstances de ces actes peuvent prendre une couleur diffĂ©rente pour chaque ĂȘtre, il s'agit fondamentalement des mĂȘmes actes, des mĂȘmes fonctions, pour tout humain. Or lĂ , dans ce qui se passait, dans ce qui se dĂ©roulait, existait un Ă©lĂ©ment strictement inconnu, qui m'a fait sortir, en quelque sorte, du connu. Et pourtant, tout en vivant cela, de par ma qualitĂ© d'introspection qui Ă©tait la mienne, je saisis tout de suite que, jamais, je ne pourrai faire partager cette expĂ©rience transcendante. Que, jamais, je ne pourrai, avec des mots, faire partager ce que j'avais vĂ©cu. Alors, je rĂ©alisais que la seule chose qui Ă©tait possible, Ă ce moment-lĂ (grĂące Ă cette facultĂ© d'introspection), Ă©tait de dĂ©crire, en quelque sorte, les moyens qui allaient permettre de voir au-delĂ de ce qui Ă©tait vu, au-delĂ du Voile, d'aller de ce qui est connu Ă cet Inconnu. Et puisque cela Ă©tait la consĂ©quence (pour moi, comme pour tout ĂȘtre qui vit cela), de vivre la LibertĂ©, l'Autonomie et ce que j'ai appelĂ©, rĂ©cemment, la ResponsabilitĂ©. D'abord, ce que j'ai vĂ©cu Ă©tait complĂštement indĂ©pendant de toute rĂ©fĂ©rence Ă un passĂ©, de toute rĂ©fĂ©rence Ă mon propre vĂ©cu antĂ©rieur, de toute rĂ©fĂ©rence Ă une moindre projection, quelle qu'elle soit, Ă un moindre dĂ©sir. L'instant d'avant, ce n'Ă©tait pas lĂ . L'instant d'aprĂšs, c'Ă©tait lĂ . Et cet instant d'aprĂšs a radicalement transformĂ© ce que j'Ă©tais. Il y a eu, effectivement, un avant et un aprĂšs. De la mĂȘme façon que le traumatisme de perte Ă©norme que j'avais vĂ©cu s'Ă©tait inscrit comme un avant et un aprĂšs. Un avant oĂč je n'avais rien perdu. Et un aprĂšs oĂč j'avais le sentiment profond de perte, de souffrance, de deuil. LĂ , de la mĂȘme façon, en sortant de ce