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Bienvenue dans votre quartier

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Bienvenue dans votre quartier Initiatives de quartier Sources de bonne humeur et d’idÊes nouvelles


Bienvenue dans votre quartier


Bienvenue dans votre quartier Initiatives de quartier Sources de bonne humeur et d’idÊes nouvelles


L’éditeur s’est efforcé de régler les droits d’auteurs sur les photos et images selon les prescriptions légales en la matière. Toutefois, quiconque estime néanmoins avoir des droits à faire valoir, est prié de s’adresser à l’éditeur.

Couverture et mise en page : Studio Lannoo et Keppie & Keppie Textes : Tim Van der Mensbrugghe Traduction : Kalamos Communications © Matexi et Uitgeverij Lannoo Tielt, 2020 D/2020/45/496 – ISBN 978 94 014 7077 3 – NUR 800 Aucun élément de cette publication ne peut être reproduit ni rendu public de quelque façon que ce soit (impression, photocopie, microfilm, etc.) sans l’autorisation écrite préalable de l’éditeur.


Sommaire Préface – Herman Van Rompuy

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Avant-propos – Gaëtan Hannecart

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Initiatives de quartier, 2016-2020 Sport & Détente

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Drelin drelin ! Voilà la Pretcamionette (la camionnette marrante)

Et si on sifflait… un moineau ?

19 21

Danser et faire du sport sans obstacles culturels

23

Vive la rue comme terrain de sport

25

L’important pour les enfants n’est pas d’avoir un vélo mais de l’utiliser

27

Partir à bicyclette… sans pédaler

28

Des promenades qui mettent en branle tout un quartier

29

Goal ! C’est tout le quartier qui marque !

31

Porter le mouton ou le sport « national » de Tirlemont

33

Coopérer est aussi de l’acrobatie

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Un avant-goût de sport et de détente pour les enfants défavorisés

37

Ramassage scolaire à vélo

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Tours d’adresse sur un ancien site

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Plus de verdure, moins d’ordures

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Les riverains créent la place

Un enclos à volailles ludique pour Krottegem

45 47

Les meilleurs légumes sont les légumes sociaux

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Vivre le paradis… dans la rue

51

Du jardinage à tout âge

53

Le compost qui égaie la grisaille d’immeubles d’habitation

55

D’un simple passage à un jardin débordant de vie

57

Que les rues refleurissent !

58

5


Le cœur du quartier bat sur un terrain de pétanque

Le charme de la rhubarbe

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Un terrain vague aride se transforme en un vert pâturage

62

Un paradis estival en plein centre-ville

63

Un jardin collectif comme point de ralliement

65

Une maison pour tout le quartier

59

67

Le contenu chaleureux d’un ancien site industriel

Rien n’arrête un village uni

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Comment deux problèmes peuvent se résoudre l’un l’autre

73

Agir soi-même, c’est agir avec d’autant plus de conviction

75

Même assis, on peut bouger beaucoup

77

69

La vie d’une maison de quartier dépend des habitants, non du bâtiment

79

Une histoire de vignoble et de voisinage

81

Le village qui s’en est sorti tout seul

82

Un ancien cloître devient une nouvelle maison de quartier

83

Un petit bonjour qui donne chaud au cœur

Des accroche-portes avec compliments

Les parents aussi apprennent des choses d’une bonne école de quartier

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Parfois, les petites choses font le plus de bien

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Un plan d’urgence à l’échelle du quartier

93

Le frigidaire peut sauver une vie

94

Un banc pour tout le quartier

95

La vie de quartier pétille aussi en ligne

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À votre service

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Un(e) ami(e) pour la rue entière

99

Eh ! Oh ! Et si on l’organisait ensemble, cette fête ?

101

Des esprits sains dans un village sain

102

Handicap mental ne doit pas être égal à handicap social

103

Les plaisirs d’une petite corvée et d’un entretien bienfaisant

105

La route des bancs : un sentier pédestre d’un banc à l’autre

107

De solides conversations pour un quartier plus fort

109

Les gens réapprennent à se soucier les uns des autres

111

6


Bon pied, bon œil pour un quartier et ses habitants

112

En manque d’idées ? Demandez-en à vos habitants !

113

Manger et boire ensemble

115

Une ambiance estivale parfaite sur un ancien site industriel

117

La ville appartient aux fermiers innovateurs

119

Un achat groupé pour une nourriture locale saine

121

La soupe sur le trottoir, un brin de chaleur dans le quartier

123

La diversité culturelle devient un paradis culinaire

125

Du café et des éclairs : du ciment pour un quartier

127

D’excellents repas avec des surplus alimentaires

128

Une salle de séjour dans l’espace public

129

L’impact de l’art et de la télévision locaux

131

Hollywood dans son quartier

133

Une tour de bureaux suspecte devient une attraction à la mode

135

Un village découvre sa diversité

137

Le quartier comme décor animé et vivant

139

Un sombre tunnel devient une voie d’accès flamboyante

141

Des salles de séjour pour accueillir un festival… ou une tournée artistique très locale

143

Un sitcom mensuel sur le quartier

145

Le premier centre culturel de proximité de Flandre

147

La culture vient sur place

148

À Louvain, des habitants font littéralement étinceler leur ville

149

Une lessiveuse pleine de peccadilles

151

Un panorama de rencontres et de curiosité

153

Des stars de la télévision locale envahissent Kortenaken

154

Un nouveau journal pour un nouveau quartier

155

Morceaux choisis de l’histoire de Matexi 157 Épilogue 175

7


Préface J’ai constaté que lorsqu'un mot revient à tout propos, cela signifie souvent que son sens nous fait cruellement défaut. De nos jours, nous entendons et lisons souvent les termes « lien » et « relier » car nous manquons en effet de capital social et de contacts humains. Parce qu’il y a trop de solitude et d’isolement. Certains développements, qui en sont la cause, sont irréversibles. Ils ne sont d’ailleurs pas nécessairement défavorables en soi. Une mobilité accrue, par exemple, permet de vivre et de travailler en des endroits séparés. Des mamans aussi participent actuellement à la vie professionnelle hors de chez elles, alors qu’à l’époque, elles animaient davantage le quartier, ne fût-ce que par leur simple présence physique. La télévision, les smartphones et autres tablettes nous écartent aujourd’hui de la vie associative locale et l’un de l’autre – même au sein des familles. C’est surtout ce dernier aspect qui conduit à moins d’humanité. Nous vivons et mourons trop souvent les uns à côté des autres. Dans la conquête de toujours plus de confort et de plaisirs – chacun pour soi –, nous devenons tous un peu plus rudes et plus agressifs. D’autre part, la réalité économique exige beaucoup de nous, suscitant des doses considérables de tension et d’incertitude. Heureusement, il existe aussi beaucoup d’engagement, de travail bénévole et d’enthousiasme. Mais il n’y en a jamais assez. Il est possible et nécessaire de faire davantage. C’est pourquoi il faut participer à l’élaboration d’initiatives solidaires qui existent déjà au niveau local. Il faut les encourager et les renforcer, en transcendant la nostalgie d’un monde qui n’existe plus et ne reviendra pas, en nous engageant corps et âme dans le contemporain. L’objectif de Matexi est de récompenser les personnes qui œuvrent, un tant soit peu à contre-courant, à réunir les gens. La remise annuelle des Matexi Awards se déroule dans un débordement d’enthousiasme pour ce qui en constitue le cœur : le travail de proximité dans les quartiers. Les contacts physiques directs sont extrêmement importants parce que c’est ainsi que se crée la chaleur humaine. Il est important de s’entendre réciproque-

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ment, de se voir, se toucher, de travailler et de rire ensemble ! C’est tellement plus riche que les relations par texto. Le travail de proximité peut aussi créer des occasions pour réunir des gens de toutes les conditions, de toutes les confessions et de tous les âges. C’est possible puisque cela arrive. Seulement : ça n’arrive pas tout seul. Organiser quelque chose exige pas mal d’efforts et d’engagement, mais la récompense vaut tellement plus qu’une valeur en argent. C’est un antidote involontaire contre la commercialisation de tant de belles choses dans la vie. Plus de simplicité. Plus de simple allégresse par le « être ensemble » et le « faire ensemble ». Le résultat ne doit pas nécessairement être une fête où tout le monde est supposé déborder de joie. Il peut être tout simple. Travailler ensemble aussi peut devenir quelque chose de plus simple. Quelque chose de normal. Quelque chose qu’on fait plus souvent. Pourquoi ? Parce que ce qui importe, ce sont les gens. Parce que l’être humain est la mesure de toute chose. Il ne faut pas seulement sauver la planète, mais aussi l’humanité, plus que jamais. Les Matexi Awards sont un événement festif parce qu’ils nous donnent le sentiment que nous sommes engagés dans ce qui en vaut vraiment la peine. Herman Van Rompuy

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Avant-propos Matexi est un développeur de quartiers. Cela signifie que nous faisons bien davantage que construire des maisons. Dans tous nos projets, nous nous efforçons de contribuer de manière positive à développer des quartiers plus beaux et plus vivants. Matexi existe depuis trois quarts de siècle et elle s’est déjà réinventée quatre fois. À l’origine, les fondateurs de Matexi, les frères Gérard, Robert et Herman Vande Vyvere, revendaient de vastes étendues de terres à destination agricole en parcelles plus petites, permettant ainsi aux fermiers d’acquérir leur propre exploitation. Dans les années 1950, les frères se lancèrent dans les premiers lotissements : ils aménagèrent sur leurs parcelles des rues et un système d’égouts ainsi que des connexions aux réseaux d’eau potable et d’électricité. Entreprise familiale dynamique, Matexi décela dans les années 1960 la demande croissante de maisons standardisées et à prix abordables. Elle se lança donc dans la construction de logements clés en mains. Lorsque je pris en 1995 mes fonctions de directeur général chez Matexi, la société se reconvertit de constructeur immobilier en développeur de quartiers. Pour se sentir chez soi dans sa propre habitation, il est tout aussi nécessaire de se sentir chez soi dans le quartier où se situe le logement que nous occupons. Nous passons beaucoup de temps dans le quartier. Nos enfants y grandissent et nous y vivons de bons moments, parfois organisés à l’une ou l’autre occasion, parfois tout à fait spontanés. Chez Matexi, nous avons la conviction que le quartier est le lieu privilégié pour développer des relations humaines, pour entamer des interactions qui se déroulent dans le monde réel. Dans un monde où le contact social semble se dérouler de plus en plus au niveau virtuel, les rencontres physiques ne peuvent que gagner en importance. Dans notre rôle de développeur, nous cherchons à contribuer à l’aménagement de quartiers inclusifs favorisant l’interaction sociale et invitant les habitants à s’ouvrir aux gens autour d’eux. C’est en fait notre raison d’être depuis la fondation de Matexi : contribuer au bonheur des personnes et des familles en leur procurant une habitation décente. Cette conception nous a exhortés à devenir, ces dernières années, le développeur de quartiers par excellence. Nous avons réalisé des centaines de projets pour plus de 42 500 clients satisfaits.

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Avant le premier coup de pioche dans un quartier, nous examinons attentivement le caractère de l’endroit en question. Qu’en est-il de la mobilité et quelle est son identité ? L’identité et la qualité d’un quartier sont à nos yeux au moins aussi importantes que la qualité des logements individuels. Nous réfléchissons sur les futurs habitants tout en nous concertant avec les habitants déjà présents, car ils connaissent leur environnement mieux que quiconque. Comme le développement d’un quartier est une entreprise de longue haleine – nos projets connaissent en général un délai d’exécution de huit à dix ans –, nous investissons beaucoup dans l’occupation temporaire de bâtiments et de sites abandonnés. En les mettant à la disposition de projets temporaires (ou popups) et d’initiatives de quartier, on y voit naître des lieux de rencontre créatifs et très attrayants. Un immeuble d’appartements vide peut héberger un bar estival temporaire et une usine abandonnée des activités culturelles en tous genres. Donc, avant même le début du chantier, une nouvelle dynamique se crée dans le quartier. Les habitants actuels et ceux qui viendront s’y installer y trouvent ainsi un avant-goût de ce que pourrait être la vie dans le nouveau quartier. Notre choix en faveur de quartiers solidaires et durables n’est d’ailleurs pas un luxe mais une nécessité. Si nous nous soucions d’un avenir durable, il est essentiel de nous préoccuper aussi de notre contexte social ainsi que de notre planète. À moins que nous n’acceptions de vivre dans un monde dont nous épuisons les ressources naturelles et détruisons la biodiversité ? Chez Matexi, nous contribuons de toute façon à une utilisation plus réfléchie des richesses de notre planète. Dans l’élaboration de nos projets, nous faisons preuve de respect pour l’environnement naturel. Nous parions sur un usage plus économique de l’espace disponible et des sources d’énergie. Le développement durable signifie aussi que nous parions sur la densification dans les centres de villes et de communes. Mais sans la moindre concession quant à la qualité du logement. Comme nos petits-enfants et arrière-petits-enfants méritent aussi de pouvoir vivre en un endroit agréable, il nous faut habiter de manière plus compacte. C’est ce que nous faisons en ranimant des sites délabrés et en les transformant en lieux agréables qui rehaussent la qualité de tout le quartier. C’est ce qu’il faut pour l’avenir, surtout dans un pays à population dense comme la Belgique. Un quartier peut vraiment renaître quand on démolit d’anciens bâtiments industriels abandonnés, qu’on assainit le sol pollué pour y construire du neuf qui permet des économies d’énergie. Nous ne manquons jamais d’aménager aussi des espaces verts ni de prévoir des espaces pour des commerces de proximité et des professionnels des soins de santé, créant ainsi un tissu dans lequel on peut habiter, travailler, faire ses courses, se détendre et se (faire) soigner.

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Chez Matexi, nous disposons nous-mêmes des connaissances, des moyens et de la volonté d’apporter des réponses à la question de savoir comment créer des quartiers où il fasse bon vivre ensemble et où les gens vivent heureux. Mais nous disposons tout aussi bien des connaissances, des moyens et de la volonté pour développer des projets qui respectent notre planète. C’est précisément parce que nous attachons tant d’importance à des quartiers inclusifs et écologiques que nous avons créé il y a cinq ans le prix Matexi. Par le biais de ce Matexi Award, nous espérons inspirer des quartiers dans toute la Belgique à rehausser leur qualité de vie. Et comment ne pas le faire avec les voisins, les gens qui habitent le plus près de chez nous ? Aujourd’hui encore, l’ancienne maxime garde une grande part de vérité : mieux vaut un bon voisin qu’un ami lointain. Quand nous observons que des autorités locales et des voisins s’engagent en faveur d’un environnement plus chaleureux et plus durable, nous savons que le quartier même n’en cueillera pas seul les fruits car, à terme, les quartiers environnants voire l’ensemble de la commune ou de la ville en profiteront. Quand des voisins se tendent la main pour réaliser ensemble un objectif, ils suscitent des moments exceptionnels avec une plus-value pour tout le quartier. Ne fût-ce qu’en commençant modestement par un BBQ ou un verre de l’amitié au nouvel an. Les nombreuses initiatives en lice pour un Matexi Award dépassent cependant ce stade. Il s’agit à chaque fois de projets d’entraide entre voisin(e)s par lesquels ils s’attaquent à un problème ou coopèrent pour rendre leur quartier plus agréable. Nous souhaitons stimuler la cohésion sociale par un coup de projecteur sur de pareilles initiatives de quartier visant à réunir et par un soutien financier. De telles initiatives sont nécessaires et il y a heureusement de plus en plus de voisin(e)s qui s’engagent à mettre sur pied l’un ou l’autre projet. Les chiffres prouvent qu’il existe une conscience grandissante de l’importance d’une vie de quartier agréable : presque 500 initiatives se sont présentées ces dernières années pour un Matexi Award. Cette année-ci, la remise des prix Matexi n’a malheureusement pas pu avoir lieu à cause de la pandémie du Covid-19. Certaines initiatives naissent du fait que des voisin(e)s s’engagent spontanément ensemble ; dans d’autres cas, ce sont les autorités locales qui donnent un coup de pouce à des quartiers. Pour les membres de notre jury, ce n’est jamais facile de choisir dix lauréats parmi tous les candidats. Il faut encore désigner ensuite un vainqueur dans chacune des catégories, autorités locales ou particuliers. En fait, Matexi préférerait récompenser tout un chacun qui s’est engagé corps et âme pour une initiative dans son quartier.

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En tant que président du jury, je suis à chaque fois surpris par l’immense inventivité des initiatives : souvent, les idées grandioses se cachent où l’on ne s’y attend pas. C’est pourquoi ce livre se propose de pousser vers l’avant de la scène septante-cinq superbes initiatives de quartier visant à réunir. Chez Matexi, nous espérons vivement que ces projets inspireront d’autres personnes et d’autres quartiers et qu’ils s’y mettront à leur tour. Afin de renforcer pour chacun le plaisir de vivre ensemble dans son quartier. Puisse ce livre servir de source d’inspiration de sorte que chaque lecteur se sente encouragé à monter à son tour une belle initiative dans son quartier. Gaëtan Hannecart CEO de Matexi

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Initiatives de quartier 75 projets de quartier qui donnent des idĂŠes, de 2016 Ă 2020


Sport & DĂŠtente


Gemeente — Provincie

Qu’est-ce que la Pretcamionette ? > Une fourgonnette de

chantier tout en couleurs pleine de matériel de jeux d’extérieur durable

> Elle fait des passages

dans les quartiers défavorisés de Herenthout

> Destinée aux enfants

de 3 à 12 ans, elle offre aussi thé ou café pour les parents

> PROJECT 18


Herenthout — Anvers

PRIX

DU PUBLIC

Drelin, drelin ! Voilà la Pretcamionette (la camionnette marrante)

2016

Que faire quand les enfants n’arrivent pas à avoir accès aux loisirs organisés ? Il suffit en fait d’amener les jeux jusque chez eux. Avec cette camionnette, la commune de Herenthout a franchi elle-même le pas vers les enfants défavorisés. Le mercredi après-midi, la voiture chargée de jeux faisait son apparition dans un des cinq quartiers défavorisés de la commune. La Pretcamionette n’était pas une véritable camionnette, mais une ancienne fourgonnette de chantier chargée de matériel de jeux. Impossible de la rater : avec ses couleurs jaune éclatant et rouge vif, la Pretcamionette était une apparition toute joyeuse. Il y avait même des nichoirs accrochés à l’avant. Des moniteurs invitaient les enfants à goûter aux activités de loisirs, leur offrant du coup une opportunité de rencontrer de nouveaux copains. Mais ils pouvaient aussi emprunter des jeux pour jouer sans accompagnement. L’objectif était que les enfants poursuivent aussi les jeux après le départ de la camionette. La Pretcamionette ne se désintéressait d’ailleurs pas des parents : elle leur proposait gratuitement thé ou café sur la terrasse mobile. S’il faisait plus frisquet, il y avait de la soupe et un braséro. Les travailleurs sociaux créaient ainsi un espace de rencontre informelle, leur permettant aussi de découvrir les besoins de familles parfois isolées. Les parents aussi apprenaient à se connaître mutuellement, suscitant ainsi un peu de cohésion sociale. La Pretcamionette est sortie dix fois, atteignant à chaque fois quelque quatrevingts enfants et une quarantaine de parents. Elle sort encore toujours à Herenthout. De nombreuses autres villes et communes ont entre-temps reproduit cette idée.

> LA PRETCAMIONETTE 19


Siffler se fait dans toutes les langues et à tous les âges


Schaerbeek — Bruxelles

PRIX

DU PUBLIC

Et si on sifflait… un moineau ?

2017

Schaerbeek est une commune de Bruxelles aux allures de métropole – elle compte plus d’habitants que Bruges, capitale de la Flandre occidentale. Comme beaucoup d’autres villes, Schaerbeek a aussi une population très diversifiée. De très nombreuses nationalités y coexistent. Tous ces gens essaient de se comprendre par la parole et, s’il le faut, par des gestes. Mais que faire si même le geste ne suffit pas ? Dans ce cas, ils… sifflent ! Au cours de l’automne 2015, les moineaux de façade José, Germaine, Tjilp de Hamoir et Gaucheret ont fait leur apparition dans quatre quartiers de Schaerbeek. Il s’agissait d’oiseaux électroniques réagissant à un sifflement en s’éclairant. Et en plus, ils enregistraient le nombre de sifflements au moyen d’un compteur. Pendant un mois, les quatre moineaux devaient enregistrer le plus possible de sifflements et le quartier qui en comptabilisait le plus, remportait une fête pour son quartier autour d'un « diner frites ». Entre-temps, d’autres prix étaient décernés pour les actions de quartier les plus chouettes. Ce jeu de ville remporta un franc succès. Au total, les moineaux récoltèrent 194 000 sifflements. Des riverains organisèrent des dizaines d’actions planifiées ou spontanées, telles qu’un café sur le trottoir ou des sessions de sifflements en fin de journée, à la tombée du jour. Les oiseaux numériques ont suscité une vague d’enthousiasme. Tandis que des passants sifflaient un moineau, ils entamaient en même temps une conversation avec des inconnus. Les habitants se sont senti davantage impliqués dans leur quartier. Car siffler, ça marche dans toutes les langues, indépendamment de l’âge ou des origines culturelles. Même après le départ des moineaux, les liens créés se sont maintenus dans les quartiers de Schaerbeek.

> QUAND LES ZOZIAUX / PARMI LES MOINEAUX

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Gemeente — Provincie

L’importance de s’activer ensemble > On se concentre sur le plaisir de danser et de faire du sport > Cela augmente le bien-être et diminue l’isolement > Les barrières linguistiques et culturelles s’effondrent

> PROJECT 22


Eupen — Liège

PRIX

DU PUBLIC

Danser et faire du sport sans obstacles culturels

2018

À Eupen, la maison de quartier Cardijn avait constaté que de nombreux riverains avaient très envie de danser ou de faire du sport. Mais surtout pour les gens issus de l’immigration, deux obstacles majeurs s’y opposaient : beaucoup ne disposaient pas des moyens financiers pour s’inscrire dans un club de sport ou ils ne trouvaient pas d’activité compatible avec leur culture. C’est pourquoi la maison de quartier décida de prendre des initiatives. Parce que bouger n’est pas seulement bon pour la santé, mais cela ouvre aussi des contacts avec autrui. En guise de test, elle invita un prof de sport iranien à donner un cours de zumba. Un enseignant africain donna des cours de danse et un prof de gym venu d’Irak des cours de fitness et de basket. Conclusion ? Ça marchait. Le fait que les instructeurs partageaient leurs origines culturelles contribua grandement à convaincre des gens à franchir le pas. Au début de 2018, la « Viertelhaus Cardijn » engagea de nombreux volontaires pour amener les habitants du quartier à bouger. Des cours avaient lieu une ou deux fois par semaine moyennant une cotisation de 2 euros. Pour les organisateurs, le point de départ était constamment le respect des traditions et des préférences culturelles. Un nombre significatif de femmes, par exemple, préférait une activité non-mixte, de préférence dirigée par une femme. Grâce à ces cours de danse et de sport, l’endroit devint un lieu de rencontre pour une population très diversifiée. Des gens étaient sortis de leur isolement. En s’activant ensemble, ils surmontaient les barrières linguistiques, créant ainsi la base d’une meilleur intégration. En même temps, les participants profitèrent évidemment du grand plaisir que procure la pratique de la danse et du sport.

> ATELIERS DE SPORT ET DE DANSE

23


Des sportifs urbains ont rĂŠinventĂŠ la ville


Verviers — Liège

Vive la rue comme terrain de sport Jusqu’il y a peu, le sport et la ville avaient l’air de concepts contradictoires. Le sport était associé à des stades, des salles de gym ou des vélodromes. Pourtant, le sport en ville dépasse largement le cadre de quelques endroits spécifiques. Il n’y a d’aileurs pas que le sport de compétition. Pour une grande partie de la population, la ville même peut servir de terrain de sport et même le mobilier urbain peut se voir intégré dans une activité sportive. Avec ces idées en tête, Verviers s’est mise à reconsidérer et à questionner l’espace public. La ville a, par exemple, organisé en 2018 un Urban Sports Day pour attirer l’attention sur les sports urbains tout en ne se cachant pas de vouloir créer aussi des liens de solidarité et de promouvoir un meilleur style de vie. Certains sportifs urbains – joggeurs, patineurs, skateboarders ou adeptes du BMX – s’étaient déjà approprié des places et des rues et/ou des parkings, utilisant l’espace physique d’une autre manière, indépendamment de sa fonction de voie de transport ou de lieu de consommation. Des sportifs urbains réinventaient ainsi la ville, créant des rapports interactifs avec l’environnement urbain. Il s’agit souvent d’activités spectaculaires que les passants observent avec étonnement. Pourtant, les spectateurs n’ont pas à payer de billet d’entrée et ils peuvent simplement voir les spectacles se développer spontanément. Le 5 mai 2018, la ville de Verviers a dédié toute la journée à ce genre de sports urbains lors d’un Urban Sports Day qui programmait non seulement des sports spectaculaires comme le kick-boxing ou le Parkour, mais aussi la pétanque qui convient parfaitement à l’espace public. Le mouvement fait toujours du bien et, quand on peut s’y adonner ensemble avec ses voisins, de manière décontractée et en plein air, cela fait aussi du bien à l’âme.

> URBAN SPORTS DAY 25


Des bicyclettes d’occasion pour enfant sont remises à neuf et mises à disposition à un prix dérisoire


Bruges — Flandre occidentale

L’important pour les enfants n’est pas d’avoir un vélo mais de l’utiliser La plupart des enfants adorent faire du vélo mais, malheureusement, entre deux et douze ans, nos chers petits dépassent plusieurs fois la taille de leur vélo. Avant d’entrer dans le secondaire, ils ont souvent déjà laissé derrière eux trois ou quatre de ces engins. Ce n’est pas une mince affaire pour le budget familial : pour certaines familles, la dépense pèse vraiment très lourd. C’est pourquoi la section Flandre occidentale du centre et du sud du mouvement Beweging.net, l’ancien ACW (= MOC), a lancé le projet Fietsbib (= Vélothèque). Bien qu’il s’adresse aux différentes couches de la population, il propose spécifiquement aux familles (presque) pauvres d’économiser sur un poste de leur budget tout en augmentant leur mobilité. Pour permettre aux enfants de se mettre en selle sans grever le budget de leurs parents, la Fietsbib remet des bicyclettes d’occasion pour enfant en parfait état avant de les mettre à disposition pour un petit prix. Moyennant 20 euros et une garantie de 20 euros aussi, un enfant dispose toute une année d’un vélo à sa taille. En plus, ce vélo peut être échangé tout au long de l’année de location pour un autre exemplaire. Les généreux donateurs d’une bicyclette d’enfant en bon état à la Fietsbib sont récompensés d’une année de cotisation vélo. La première Fietsbib a ouvert ses portes à Bruges en 2015. Depuis, le nombre de Fietsbib n’a cessé de croître en Flandre occidentale. En 2018, presque 800 bicyclettes d’enfant étaient disponibles et, entre-temps, les provinces d’Anvers et du Limbourg s’y sont mises aussi.

> DE FIETSBIEB 27


Turnhout — Anvers

Partir à bicyclette… sans pédaler Le vélo est un plaisir qui n’a pas d’âge. Il nous assure de chouettes balades et de merveilleux souvenirs, allant de la première sensation de liberté sur deux roues à des excursions dans de superbes paysages en passant par les trajets à l’école. Faire du vélo génère partout et toujours des effets positifs, même si on se limite à faire une course dans une rue avoisinante. Hélas ! Il arrive que des personnes ressentent progressivement que de petits ou grands inconvénients dus à l’âge les empêchent d’enfourcher leur bicyclette. Soit parce que leur condition physique laisse trop à désirer, soit parce qu’elles ne se sentent plus en sécurité. L’initiative Fietsen zonder Leeftijd (Le vélo à tout âge) à Turnhout a trouvé une

Un cyclopousse rend le plaisir du vélo à des gens à mobilité réduite

solution. Un cyclopousse rend le plaisir du vélo à des gens à mobilité réduite. En même temps, il élargit de nouveau un peu leur univers. Le premier cyclopousse est sorti

en 2017. L’engin conduit par un(e) bénévole peut accueillir deux passagers. Les réservations sont assurées par l’Office du Tourisme de Turnhout. Le cyclopousse est assurément aussi un instrument de socialisation puisque les passagers et le conducteur entament presque automatiquement une conversation. Donc, même si on n’a plus la force de pédaler, le cyclopousse permet de ressentir encore une fois le vent dans ses cheveux.

> LE VÉLO À TOUT ÂGE

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Herselt — Anvers

Des promenades qui mettent tout un quartier en branle À chacun sa croix dans ce monde et, pourtant, les gens semblent de moins en moins pouvoir compter sur autrui. Quelques membres de la gent féminine de Ramsel, une ancienne entité de Herselt (Anvers), ont voulu y remédier. Plutôt que de s’espionner entre voisin(e)s, elles ont préféré passer réellement du temps ensemble. Il était grand temps de réhabiliter des liens de solidarité. Le moyen d’y arriver ? Se promener

En peu de temps,

ensemble.

les « demoiselles de Ramsel »

Depuis le mois d’octobre 2017, les femmes

ou les Ramsellen ont mobilisé de nombreux concitoyen(ne)s pour marcher avec elles

se mettent tous les mardis et jeudis en marche pour une promenade de 5 kilomètres dans le village. Elles ont réussi en peu de temps à mobiliser des concitoyen(ne)s de tous âges et de tous genres pour

marcher avec elles. Même le bourgmestre et les échevins de Herselt y ont déjà participé à l'une ou l'autre reprise. Une fois par mois, la balade les emmène aussi dans une des communes ou entités voisines.

> MARCHER EN COMPAGNIE DES RAMSELLEN 29


Gemeente — Provincie

Les matches passionnants ont servi de pôle d’attraction permettant de diffuser un tas d’informations parmi les habitants


Ham — Limbourg

PRIX

DU PUBLIC

Goal ! C’est le quartier entier qui marque

2019

Étant d’avis qu’il était nécessaire d’activer les quartiers, le Service Jeunesse de cette commune limbourgeoise se tourna vers une compétition de « panna ». Non, le « panna » n’est pas un fromage italien, mais bien un mouvement footballistique tant soit peu provocateur qui consiste à passer le ballon entre les jambes de l’adversaire, ce que l’on appelle communément « petit pont » en français. Dans une cage spéciale, les joueurs disputent de petits matches très courts jusqu’à ce que l’un d’eux réussisse un petit pont ou « panna ». Ce jeu qui demande beaucoup de technique et d’endurance fait rage parmi les jeunes joueurs et joueuses. Le Service Jeunesse de Ham a donc organisé une Panna Cup, une compétition pour jeunes dont les matches passionnants devaient aussi attirer les habitants des quartiers. Ce dernier aspect constituait en fait le véritable objectif de l’opération : mobiliser le plus possible d’habitants du quartier et leur fournir sur place diverses sortes de renseignements. Autour de l’arène, les services communaux présentaient le large éventail de leurs services, allant des loisirs à toutes sortes d’infos sur des formations, en passant par le fonctionnement de l’agent de quartier et des services de bien-être et d’intégration. Tout cela dans une ambiance décontractée, avec de quoi boire et manger sur un fond de musique. Avec cette Panna Cup, la commune de Ham a trouvé une bonne formule pour enthousiasmer d’un seul coup les jeunes et leurs parents et atteindre ainsi un public très diversifié. Derrière la simplicité se cachait tout un éventail de possibilités.

> PANNA CUP

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Gemeente — Provincie

Une compétition peut susciter de vives rivalités mais l’approche ludique de ce Lazuur relativise les sentiments belliqueux


Tirlemont — Brabant flamand

1ER PRIX 2019

PRIX

DU PUBLIC

Porter le mouton, le sport « national » de Tirlemont

2019

Question : quel point commun peuvent avoir la course de chevaux Palio à Sienne et le carnaval d’Alost ? Réponse : ce sont tous deux des concours entre différents quartiers d’une ville ou cité, qui remontent à l’époque médiévale. Ce concept séculaire d’une compétition urbaine a inspiré le mouvement citoyen « Opgewekt Tienen » pour l’organisation de Lazuur, un nom qui se réfère au bleu caractéristique des armoiries de Tirlemont. La date du concours n’a d’ailleurs pas été choisie au hasard : le mercredi 10 octobre 2018, Kweikersdag (jour des éleveurs) est un jour de fête à Tirlemont, qui renvoie à l’élevage de moutons. Ce jour-là, les différents quartiers et villages – les « contrées » comme on dit là-bas – participent à une course de relais particulière. En guise de témoin, les coureurs ne se transmettent pas un bâtonnet mais un mouton fabriqué maison. Ce mouton doit peser au moins quatre kilos et avoir un volume suffisamment important, entre un demi-mètre et un mètre cube. La contrée ayant réussi le plus beau mouton bénéficie d’une avance au départ et l’équipe qui met le moins de temps pour accomplir le parcours remporte le Fanion d’Or. L’édition suivante du concours est organisée dans le quartier vainqueur de l’épreuve précédente de sorte que la fête populaire rattachée au Lazuur déménage chaque année dans un autre quartier sur le territoire de Tirlemont. En 2020 se tiendra, en principe, la troisième édition de l’événement. Le concours ne suscite pas seulement un sentiment de fierté auprès des habitants d’un quartier, mais il invite aussi à mieux connaître les autres « contrées » de Tirlemont, renforçant ainsi le sentiment citoyen. L’approche ludique du Lazuur relativise les sentiments belliqueux que peut susciter une compétition. Il ne reste qu’à espérer que cette combinaison de créativité et de sport pourra aussi inspirer d’autres villes.

> DE LAZUUR

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Gemeente — Provincie

© La Bonneterie ASBL

La persévérance et la coopération semblent des atouts très forts


Leuze — Hainaut

Coopérer c'est aussi de l’acrobatie

2E PRIX 2019

En 2017, un petit groupe de jeunes de Tourpes, une entité de Leuze-en-Hainaut, s’était mis en tête de faire des acrobaties en trottinette. Les copains trouvèrent un endroit pour s’entraîner, provoquant cependant l’inquiétude chez les riverains qui se faisaient du soucis pour la sécurité des jeunes casse-cou, surtout, à cause de la circulation dangereuse longeant le terrain. Mais au lieu d’interdire aux jeunes de se défouler avec leurs trottinettes, le voisinage se serra les coudes pour trouver une solution. Plus de cent cinquante partisans s’adressèrent au conseil communal de Leuze. Reconnaissant la légitimité de la demande des jeunes copains, l’échevin chargé de la Jeunesse dut cependant leur annoncer que les moyens financiers n’étaient pas disponibles. Loin de se laisser décourager par cette mauvaise nouvelle, les initiateurs se dirent qu’ils pourraient peut-être développer eux-mêmes une zone de détente à la mesure du quartier, proposant davantage qu’un terrain pour trottinettes. Un terrain de pétanque, par exemple ? Un coin jeu pour les petits et une zone verte ? Le quartier organisa durant l’été 2018 un joyeux festival de construction invitant toutes les bonnes volontés à venir donner un coup de main. Tout était prévu pour l’approvisionnement en boisson et nourriture, il y avait de la musique et, le soir après le travail, une séance de cinéma en plein air ouverte à tous. Les jeunes pouvaient faire de la trottinette à mieux se connaître tandis que les plus âgés s’adonnaient à la passion de la pétanque. Mais, par-dessus tout, le projet fournit la preuve qu’à force d’énergie et de créativité, un quartier est capable de réaliser lui-même des plans. La persévérance et l’entraide se sont révélés des atouts très puissants. En plus, coopérer permet aussi aux gens d’apprendre à mieux se connaître. Ainsi, la nouvelle aire de jeu de Tourpes représente tellement plus qu’un terrain d’entraînement pour les virtuoses de la trottinette.

> LA BONNETERIE – TROTILUXE DE TOURPES

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À Beringen-Mijn, il y avait très peu d’initiatives qui correspondaient aux besoins et aux centres d’intérêt des enfants


Beringen — Limbourg

Un avant-goût de sport et de détente pour les enfants défavorisés À Beringen-Mijn (ancienne cité minière), il règne encore une grande pauvreté, même si elle demeure parfois bien cachée. Bien que cette zone d’habitation, qui ne constitue même pas une entité de la ville de Beringen, compte de très nombreux enfants, l’offre ou l’infrastructure en matière de détente est réduite au minimum. Il y a très peu d’initiatives qui correspondent aux besoins et aux centres d’intérêt des enfants. C’est pour créer davantage d’opportunités pour les enfants que « Brede School Terrilling » a vu le jour. Il s’agit d’une collaboration entre trois écoles et l’organisme de services sociaux Samenlevingsopbouw RIMO Limburg, le service « Samenleven » de Beringen et des parents engagés. L’objectif est d’augmenter les chances d’enseignement pour les élèves et de renforcer en même temps l’unité des enfants, des parents et du quartier dans son ensemble. C’est pourquoi il fallait organiser outre une égalité des chances dans l’enseignement une offre de détente très accessible et abordable dans le quartier. En plus, De Terrilling a cherché à faciliter l’accès aux clubs existants. Une des manières d’attirer les enfants vers cette offre en matière de loisirs a été le camp d’été organisé fin août 2018 par De Terrilling qui avait pour objectif de plonger les enfants de Beringen-Mijn pendant une semaine entière dans un éventail d’activités. Le camp d’été était destiné aux enfants de 3 à 12 ans, répartis évidemment en groupes d’âge. Les matinées étaient plutôt consacrées à des jeux centrés sur la langue, les après-midis à d’autres activités, soit dans le domaine du sport comme le rugby ou la natation, soit dans le domaine de la culture, comme faire de la musique ensemble. Les familles ne contribuaient que pour 10 euros par enfant, et même 5 euros si elles avaient droit à une compensation plus élevée. La semaine d’amusement collectif fut clôturée par une grande fête de quartier, car la Brede School a en effet l’ensemble du quartier dans son point de mire.

> CAMP D’ÉTÉ DE TERRILLING 37


Lors de la première sortie du VéloBus, il y avait trois enfants. Un bon mois plus tard, ils étaient déjà douze


Nivelles — Brabant wallon

Ramassage scolaire à vélo

PROJET MATEXI

Si le car de ramassage scolaire est un transport sûr pour les enfants, ce n’est pas l’option la plus saine ni la plus écologique. Le vélo est par contre bon pour la santé et l’environnement, mais les parents s’inquiètent souvent de la sécurité de leurs enfants dans le trafic. C’est ainsi que l’asbl GRACQ de Nivelles a eu l’idée du VéloBus. Tout comme pour le ramassage scolaire, les enfants se rendent tous les mercredis en groupe à l’école, mais ils le font à vélo au lieu du car. Faire du vélo en groupe est en effet plus sûr que de rouler tout seul et, en plus, on respecte les conditions en matière de santé et de climat. Le groupe est encadré par des accompagnateurs adultes sur un trajet qui a été fixé à l’avance par tous les intéressés. Le premier projet du VéloBus reliait le quartier de campagne du Petit-Baulers, lui aussi un projet Matexi, avec l’institut Sainte-Thérèse à un peu plus de deux kilomètres. Tous les mercredis, le ramassage à vélo démarrait à 7h45 en direction de l’école, avec un retour prévu vers 13h. Lors de la première sortie du VéloBus fin février 2019, il y avait trois enfants. Début avril, ils étaient déjà douze. Ce qui était chouette, c’est que des voisins ont fait connaissance grâce au VéloBus et qu’ils ont cherché ensemble des solutions pour se déplacer. Comme les enfants désireux de participer n’avaient pas tous leur propre vélo, le GRACQ a collaboré avec la Coopération Ateliers Vélo, permettant ainsi à des enfants d’emprunter un vélo. Un autre besoin qui s’est fait ressentir, c’est la nécessité d’améliorer ses aptitudes à vélo et de mieux connaître le code de la route. D’ailleurs pas seulement pour les enfants, car beaucoup de parents n’étaient plus montés en selle depuis de longues années.

> VÉLOBUS

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Les skateurs d’Ottignies peuvent occuper l’ancien site d’une entreprise de bâtiment pendant au moins trois ans


Ottignies — Brabant wallon

Tours d’adresse sur un ancien site

PROJET MATEXI

En septembre 2017, deux recherches distinctes se sont harmonieusement rejointes pour une solution commune à Ottignies. D’un côté, Matexi cherchait une destination temporaire pour l’ancien site des Bétons Lemaire, site d’un nouveau quartier à venir. Entre-temps, les jeunes skateurs du coin cherchaient depuis de nombreuses années leur propre skatepark. La réponse se situait dans un skatepark temporaire dans un des bâtiments abandonnés qui pouvait, en plus, accueillir un laser game. L’idée avait en fait surgi lors d’une session de remue-méninges organisée avec la commune d’Ottignies. Matexi souhaitait en effet que les habitants du quartier aient leur mot à dire dans le processus. Il apparut lors de cette réunion que les skateurs d’Ottignies étaient très désireux de trouver enfin un endroit pour s’entraîner car l’élaboration d’un skatepark prévu depuis belle lurette ne se faisait que trop attendre. Les anciens terrains de Bétons Lemaire leur offraient un endroit idéal pour pratiquer leur sport sans déranger personne. Ce sont aussi les skateurs eux-mêmes qui ont construit et installés les modules du skatepark. Aussi bien le skatepark que le laser game pouvaient en effet demeurer pendant trois ans sur place. Le démarrage du chantier pour ce nouveau quartier comprend d'espaces commerciaux et de sept cents habitants est prévu au plus tôt pour 2020.

> SKATEPARK BÉTONS LEMAIRE

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Plus de verdure, moins d’ordures


Enfin, cet espace commença à jouer un rôle dans la vie des riverains


Tournai — Hainaut

Les riverains créent la place

3E PRIX 2016

Si le nom est idyllique, la place Verte a été longtemps un espace de passage vide bien que bordé de quelques arbres. La place servait surtout de passage entre la gare et le centre historique de Tournai. Il ne s’y passait presque jamais rien ; les riverains se connaissaient à peine. En 2011, la ville prit la décision de ne pas laisser les choses en l’état et de transformer cette place en un urban lifestyle point (ULP). Grâce à une combinaison intelligente de réaménagement minimal et d’organisation d’activités maximale, la place devait devenir un espace public vivant. Des jardinières furent installées, ainsi qu’une bibliothèque et du mobilier amovible. Tous ces éléments devaient contribuer à ce que les riverains se rencontrent plus souvent et fassent davantage usage de cet espace. La ville de Tournai ne souhaitait pas seulement aménager une jolie place, mais surtout que les riverains s’engagent en nombre et activement pour donner plus de couleurs à cet endroit. Ce n’était pas évident, car le quartier autour de cette place n’avait pas la meilleure des réputations. La transformation de la place ne requérait pas d’interventions architecturales importantes ; il fallait surtout que les habitants acceptent le sentiment d’être responsables de leur place. En leur conférant un rôle de premier rang, ils apprirent automatiquement à prendre mieux soin de l’espace public. Résultat ? La place a enfin pris de la signification dans la vie des riverains, elle n’est plus un espace urbain vide : la place Verte représente désormais un lien physique et émotionnel entre les riverains.

> LA PLACE VERTE

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Un coin perdu est devenu un lieu de rendezvous plein de vie


Roulers — Flandre occidentale

Un enclos à volailles ludique pour Krottegem

1ER PRIX 2016

Krottegem est un ancien quartier ouvrier à l’arrière de la gare de Roulers. Entre les petites maisons ouvrières et les halls d’usines, il ne restait que très peu de place pour un peu de verdure. L’aménagement de l’espace public y était surtout fonctionnel, c’est-à-dire qu’il facilitait la circulation mais était peu propice aux promenades. La place centrale du quartier, le marché Notre-Dame, était avant tout un parking. On y laissait sa voiture mais on n’avait aucune raison de s’y attarder. Les habitants du quartier décidèrent d’intervenir. Comment donner plus de vie à leur quartier ? Comment transformer leur place en un endroit où les gens auraient envie de s'y rendre ? Un jour, l’idée surgit d’y construire un enclos à volailles public. Et de prévoir un endroit pour planter des bulbes. Des carrés potagers urbains ? Et peut-être des aires de jeux pour enfants et des bancs pour leurs parents ? Une dizaine de volontaires se mirent au travail avec du matériel fourni par un entrepreneur local. C’est ainsi que Kippegem vit le jour en l’été 2015. Krottegem avait désormais un enclos à volailles avec un coin de jeux et un coin de repos. De jeunes ménages avaient vite fait de découvrir le chemin vers ce nouveau lieu de rencontre. Des gens qui travaillaient dans le quartier venaient y prendre leur pause-déjeuner, tandis que des personnes âgées ou à mobilité réduite y trouvaient un lieu de repos très agréable. La place, jadis marginalisée, devint un lieu de rendez-vous local. Ce qui était resté longtemps un coin perdu et vide devint soudain un lieu plein de vie. Et à l’instar des poules qui pondaient tous les jours leurs œufs, de nouvelles idées jaillirent aussi presque tous les jours à Kippegem.

> KIPPEGEM 47


Gemeente — Provincie

Objectifs de De Lochting > Faire coopérer divers

services et organisations pour combattre la pauvreté sociale locale

> Augmenter la

participation et l’intégration sociale de groupes défavorisés

> Interpeller et réunir un

public très diversifié en un lieu ouvert à tous


Renaix — Flandre orientale

Les meilleurs légumes sont les légumes sociaux De Lochting est un potager social, ce qui signifie que ce ne sont pas les légumes mais les gens qui occupent le cœur de cette initiative. En 2015, un grand terrain vague dans le quartier difficile de Prinskouter a été transformé en jardin écologique pour tout le quartier. C’était une initiative de la commune de Renaix en coopération avec quelques organisations d’aide sociale. Si les riverains pouvaient y apprendre tous les astuces du jardinage écologique, le potager n’avait pas pour seul objectif de montrer aux gens comment cultiver une nourriture saine. Le but a été, dés le départ, de réunir les gens. En tant que quartier multiculturel, le Prinskouter compte en effet de nombreux habitants socialement défavorisés. L’idée était de faire du Lochting un jardin de quartier chaleureux, mais aussi un lieu de détente. C’est pourquoi les habitants ont été dès le début le plus possible impliqués dans l’élaboration du projet. Il fallait aussi un espace pour faire l’expérience de la nature, car la verdure manquait cruellement dans ce quartier. Grâce à De Lochting, le Prinskouter devint une référence à Renaix. Le quartier a prouvé qu’un environnement traditionnellement populaire pouvait réussir la transition en quartier attrayant et durable et que tous les habitants pouvaient y collaborer aussi bien qu’en tirer des avantages.

> LE POTAGER SOCIAL DE LOCHTING 49


L’administration a accordé sa confiance et son soutien à des expérimentations d’habitants créatifs


Gand — Flandre orientale

Vivre le paradis… dans la rue Tout a commencé en 2013 dans deux rues de Gand. Trois ans plus tard, il existait déjà plus de vingt « rues vivantes ». En collaboration avec la commune et des sponsors privés, l’asbl Lab van Troje a incité des habitants à transformer leur rue en un petit paradis. Ils ont fait disparaître l’asphalte sous des tapis verts comme le gazon et assemblé du mobilier pour s’attabler ou se reposer. Des jardinières sont venues créer une ambiance luxuriante. Surtout dans les rues étroites et grises du quartier populaire Brugse Poort, la transformation a été spectaculaire. La circulation automobile a été bannie et les familles ont pu sortir de chez elles pour vivre dans la rue. C’est grâce à un accompagnement, une évaluation et un suivi permanent que le projet « rues vivantes » fut un si franc succès. Le concept a été adapté et/ou amélioré là où il le fallait. Une dynamique s’est créée entre la Ville – le politique – et la ville – les habitants. L’administration a accordé sa confiance et son soutien à des expérimentations d’habitants créatifs de sorte que des quartiers entiers ont changé d’aspect. Le domaine « public » a retrouvé ainsi tout son sens. Confier à la rue un rôle aussi primordial a été un exemple d’autogestion hyperlocale. Mais il suscita bien vite l’intérêt d’autres villes pour cette forme d’innovation sociale. Depuis, le concept a inspiré des projets à Anvers, Rotterdam, Groningue et Utrecht.

> LEEFSTRAAT (RUE VIVANTE)

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Gemeente — Provincie

En jardinant, les seniors ont le sentiment d’accomplir quelque chose qui a du sens


Laarne — Flandre orientale

Du jardinage à tout âge Quand des personnes âgées se retrouvent dans une maison de repos, elles sont bien soignées, certes, mais elles ont souvent le sentiment de ne plus contribuer à la société. C’est ainsi que le CPAS de Laarne et la maison de repos Hof ten Kouter ont décidé de prendre une initiative. Leur idée ? Transformer une partie du terrain de la maison de repos en un potager écologique également ouvert aux écoliers et aux habitants du quartier. Ce projet de jardinage en commun crée ainsi un contact entre les générations, il fait réfléchir sur la nourriture saine et il donne l’occasion aux enfants comme aux personnes âgées de bouger. Inutile de préciser que les pesticides et les engrais chimiques n’ont pas leur place dans ce potager. La récolte de fruits et légumes peut se faire dans tous les sens : soit par les enfants, les habitants du quartier ou les seniors en les emportent chez eux, soit par la cuisine du centre d’accueil d’enfants parascolaire qui les transforme en repas pleins de bonnes vitamines. Le contact avec des jeunes fait beaucoup de bien aux habitants de la maison de repos. En jardinant, ces derniers ont aussi le sentiment de s’occuper de quelque chose qui a du sens. Ils font activement partie d’un projet et donc de la société. On n’a d’ailleurs pas oublié les seniors qui n’ont plus la forme physique pour mettre eux-mêmes la main à la pâte. S’installant sur des bancs placés çà et là, eux aussi bénéficient de l’animation sympathique et de l’éternelle merveille de voir pousser les légumes et les fruits. Ce projet de jardinage en commun démontre bien que même en tant qu’habitant d’une maison de repos, il est parfaitement possible de contribuer à un projet inspirant qui est, en plus, bénéfique pour l’environnement et la santé.

> JARDINER ENSEMBLE AU HOF TEN KOUTER

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Gemeente — Provincie

Une stratégie très accessible peut avoir des effets drastiques

> PROJECT 54


Grâce-Hollogne — Liège

Le compost qui égaie la grisaille des immeubles

3E PRIX 2017

Chaque année, les déchets semblaient se multiplier entre les seize immeubles de la Cité du Flot, un quartier d’habitations sociales à Grâce-Hollogne. Quelques centaines de locataires y vivaient dans un environnement où la propreté laissait de plus en plus à désirer. En 2010, la commune avait décidé de ramasser dorénavant les ordures ménagères par des conteneurs, mais la mesure eut précisément l’effet contraire dans la Cité du Flot. Les conteneurs débordaient et les ordures se disséminaient partout. L’aspect désolant des terrains vagues entre les parkings n’était pas de nature à susciter un sourire sur les lèvres de qui que ce soit. Il fallait faire quelque chose. Le « Compostage de la Cité du Flot » privilégia une approche éducative impliquant les habitants. Un espace de compostage communautaire leur apprit comment traiter les ordures ménagères de manière durable. En triant mieux et en compostant les restes de nourriture, ils ont pu réduire la quantité des déchets dans les conteneurs. Du coup, on en retrouva beaucoup moins dans les alentours. Les locataires des immeubles avaient trouvé une manière d’assainir leur quartier et de le garder propre. En plus, le compost pouvait servir d’engrais pour les plantes et les fleurs. Le quartier contribua ainsi au développement durable. Il y avait en outre un facteur social. Jeunes et moins jeunes se rencontraient près de l’espace de compostage, les gens échangeaient des astuces ou des bons conseils, établissant ou renforçant ainsi un lien entre les habitants. Ce projet dans son ensemble a prouvé qu’une stratégie simple et très accessible d’actions concrètes peut avoir des effets drastiques. Les riverains ont développé un plus grand respect pour leur environnement, mais aussi pour autrui.

> COMPOSTAGE DE LA CITÉ DU FLOT

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Gemeente — Provincie

Les riverains se sont réapproprié un petit bout de l’espace public


Liège — Liège

D’un simple lieu de passage à un jardin débordant de vie Dans le quartier du Laveu de la ville de Liège se situe un long ruban de verdure à l’ombre de l’autoroute, qui a reçu le nom de Firket, un prêtre fusillé par les nazis en 1942. Pendant longtemps, les riverains n’y ont vu surtout qu’un lieu de passage puisque l’endroit ne disposait d’aucun mobilier urbain invitant à y faire une pause. Et pourtant, ce petit bout de nature était vivant. Des associations locales y organisaient régulièrement des activités, suscitant à la longue l’envie d’en faire davantage, d’utiliser le parc comme un lieu où les riverains puissent se rencontrer, un lieu où il se passe quelque chose, où il soit possible de manger un bout, etc. Les riverains se sont donc mis au travail pour faire du jardin de l’Abbé Firket un vrai jardin pour tous. Au début de 2016, de nouveaux bancs ont été installés et, en 2017, deux grandes tables. Vinrent s’y ajouter des jeux pour les enfants et ensuite des équipements de fitness pour les adultes. Ces aménagements ont pris forme, la vie est revenue dans ce jardin. Bref, les riverains se sont réapproprié un petit bout de l’espace public.

> JARDIN DE L’ABBÉ FIRKET

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Dison — Liège

Que les rues refleurissent !

2E PRIX 2018

Fleurir les rues et les places peut faire des merveilles, mais la commune wallonne de Dison ne s’en est pas contentée. Les habitants de différents quartiers ont en effet eu l’opportunité de fabriquer eux-mêmes des jardinières de fleurs et de plantes, de les placer et de les planter. Cette approche a créé une nouvelle forme d’implication. Végétalis Action est essentiellement un projet de replantation. L’espace public a été reconquis, mais pas seulement par des plantes et des fleurs : les habitants eux-mêmes ont repris le contrôle de l’aspect de leur commune. Les pouvoirs publics et les citoyens ont

La municipalité et les citoyens ont réfléchi ensemble sur ce qui était possible, autorisé et impératif

réfléchi ensemble sur ce qui était possible, autorisé et impératif. Du dialogue est née l’action et ce processus a créé une compréhension mutuelle. Toute une chaîne d’activités a stimulé et canalisé l’enthousiasme, faisant en sorte qu’aussi bien les bricoleurs

que les jardiniers ont pu exercer leurs talents. Végétalis Action rejoint en fait les jardins communautaires et solidaires de Dison. Des habitants gèrent et entretiennent eux-mêmes ces dix parcelles individuelles. Mais comme ces terrains étaient difficilement joignables pour certains habitants, la commune a résolu le problème en aménageant des jardinières dans les rues. De cette manière, les quartiers reprenaient un peu de couleurs et d’ambiance fleurie tout en rendant l’espace public plus attrayant. Il naissait en même temps un sentiment partagé de responsabilité : chacun se sent usager et propriétaire du projet. Dison a prouvé que des autorités locales sont tout à fait en mesure d’améliorer très concrètement les relations de quartier et de faire fonctionner un projet d’une certaine envergure.

> VÉGÉTALIS ACTION

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Denderleeuw — Flandre orientale

Le cœur du village bat sur un terrain de pétanque Welle, une entité de Denderleeuw, possède une place particulière : la place Popol. Il s’agit d’un terrain de pétanque avec quelques bancs, dénommé d’après Paul De Wolf, alias « Popol », un ancien habitant du quartier et animateur du projet qu’il n’a malheureusement pas vu aboutir puisqu’il est décédé à peine quelques mois avant l’inauguration en 2012.

Chaque année les fêtes

Depuis, la place Popol est connue de tous

Popol attirent de très

à Welle. Chaque année, les fêtes Popol

nombreux visiteurs sur le terrain de pétanque.

attirent de très nombreux visiteurs sur le terrain de pétanque. Mais ce n’est pas tout. Trois fois par an, les habitants du quartier parcourent les rues pour ramasser

les ordures, avec à chaque fois un BBQ ou un repas breughélien à la clé. Quant au tournoi de pétanque, il se conclut chaque année par un souper aux moules. Et puis, il y a encore une fête d’Halloween et un marché de Noël. Paul De Wolf n’a plus pu assister à tout cela, mais Popol vit encore dans tous les esprits.

> PLACE POPOL

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Une simple plante est devenue l’élément fédérateur d’un projet aussi joyeux que conquérant


Hérinnes — Brabant flamand

Le charme de la rhubarbe Peut-on combiner la promotion de produits régionaux avec le soutien de bonnes œuvres et s’engager en même temps pour améliorer la solidarité entre des villageois ? La réponse est : oui. Quelques habitants enthousiastes de Hérinnes ont (re)découvert la rhubarbe, un légume qui a parfois tendance à tomber dans l’oubli. Dans le village du Brabant flamand, la plante est devenue l’élément fédérateur d’un projet aussi joyeux que conquérant. La modeste rhubarbe s’est vue remise à l’honneur. Les initiateurs ont encouragé leurs concitoyens à planter et à récolter sans modération ce légume pour l’utiliser ensuite dans toutes sortes de bonnes choses. La confiture était une évidence, mais saviez-vous qu’on en fait aussi du pâté et même du gin ? Ces possibilités culinaires ont mobilisé tout le village d’Hérinnes. Le temps d’un week-end, en avril 2018, la rhubarbe et ses succulents dérivés ont été à l’honneur. Ce fut l’occasion de tout un programme de dégustations, de promenades et d’expositions. Et toutes ces activités rapportèrent de l’argent au profit de diverses bonnes œuvres. Ce projet Herne Rabarber’t illustre bien qu’il suffit souvent d’une idée inédite pour mobiliser tout un village. La commune a pu jouer pleinement l’atout de son caractère rural et les habitants ont participé à une activité aussi agréable qu’utile à la communauté. Et la rhubarbe… a pris un nouveau coup de jeune.

> HERNE RABARBER’T 61


Saint-Nicolas — Flandre orientale

Un terrain vague aride se transforme en un vert pâturage Dans le quartier Dillaart à Saint-Nicolas, la ville possède un terrain vague que les habitants avaient bien envie de ne pas laisser dans cet état. Pourquoi ne pas le nettoyer et transformer la parcelle en pâturage ? L’idée se concrétisa et les gens du quartier réussirent à coopérer pour installer un enclos à volailles, créant du coup une solution pour les restes de nourriture. Ils y plantèrent de petits arbres fruitiers et organisèrent un compostage collectif. Enfin, ils accueillirent aussi deux petits moutons sur « leur » terrain. L’aménagement de cette mini-ferme pédagogique et les soins apportés aux animaux ont rassemblé les gens du quartier. De nouvelles coopérations virent le jour et les habitants apprirent à se concer-

L’installation de l’enclos

ter pour prendre des décisions. Et inutile

à volaille et les soins

d’expliquer que les enfants raffolaient

des animaux ont réussi

des animaux. Un peu de créativité et de

à rassembler le quartier

concertation peuvent suffire pour faire d’un terrain vague tellement plus qu’une parcelle avec une construction quelconque.

> MINI-FERME PÉDAGOGIQUE ET COMPOSTAGE COLLECTIF

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Herstal — Liège

Un paradis estival en plein centre-ville

1ER PRIX 2019

Les étés instables typiquement belges ne posent pas de problème à Herstal où on a eu l’idée d’importer des vacances méditerranéennes sur la place Jean Jaurès, dans le centre-ville. On y a vu soudain apparaître des terrasses de café, des équipements de sport et des jeux, des scènes de concert et de théâtre et surtout beaucoup de place pour faire des rencontres et s’amuser. Ils ont été plus de mille pour y découvrir une combinaison de traditions et d’expérimentation. Tout le monde a pu faire son choix dans un programme pétillant avec de la cuisine, des dégustations et avec le partage au centre du projet. Herstal réussit déjà deux années de suite à chasser l’ambiance un peu indolente et endormie de l’été. Et qu’importe la pluie ou le froid inhabituel même pour un été belge, il y a suffisamment d’espaces couverts pour profiter du programme stimulant.

Les habitants pouvaient

De la mi-juillet à la première semaine du mois d’août comprise, cette vague

prendre des vacances dans

estivale de Herstal a conquis et ça tous les

leur propre environnement

mardis après-midi. C’était une alternative très agréable pour un voyage lointain : ici, les gens pouvaient tout simplement

prendre des vacances dans leur propre environnement. Les happenings d’été ont prouvé que les habitants de Herstal savaient vivre ensemble. Les gens y établissaient activement des contacts, constituant ainsi la base d’une communauté encore plus soudée. La commune avait bien compris que prendre du plaisir ensemble ouvre la porte vers un mieux vivre-ensemble.

> CET ÉTÉ, ON OCCUPE LA PLACE

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L’aménagement favorise la convivialité et invite à organiser des festivités


Fleurus — Hainaut

Un jardin collectif comme point de ralliement Au cœur du quartier d’habitat social Lambusart dans la commune de Fleurus, un projet de jardin collectif a vu le jour en 2016. Ce projet devait créer une nouvelle dynamique entre les citoyens et favoriser les échanges intergénérationnels. Et ces objectifs semblent en effet atteints. L’idée était de proposer un espace de rencontre supplémentaire aux familles par l’aménagement d’un BBQ, d’un kiosque, de bancs et de modules de jeux. L’installation favorise la convivialité et invite à organiser des festivités, ce qui renforce à son tour l’esprit communautaire dans le voisinage. L’idée est que le jardin se développe jusqu’à devenir un bien commun. Les habitants du quartier et l’école locale en assument la gestion. Deux fois par semaine, le service des Affaires sociales de Fleurus y tient une permanence tandis que les enfants peuvent jouer à des jeux ou au foot. En même temps, on leur fait prendre conscience de la propreté d’un lieu. Depuis, on commence à s’intéresser aussi dans d’autres districts de la commune de Fleurus à ce genre de jardin de quartier.

> MON QUARTIER ET NOUS ! J’Y VIS, J’Y RESTE

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Gemeente — Provincie

> PROJECT 66


Gemeente — Provincie

Une maison pour tout le quartier

> PROJECT 67


 Gemeente — Provincie

De Kruitfabriek demeure jusque de nos jours le centre bouillonnant des alentours


Vilvorde — Brabant flamand

Le contenu chaleureux d’un ancien site industriel

PROJET MATEXI

Est-ce que le nom De Kruitfabriek vous évoque quelque chose ? C’était en effet le nom d’un programme d’actualité à la télévision en 2012. Il avait emprunté son nom à l’endroit où il était enregistré : une ancienne fabrique de poudre sur les bords du canal maritime à Vilvorde. Le programme de télévision a disparu des ondes après six mois à peine, mais le nom a survécu puisque le même bâtiment abrite depuis 2016 un programme de rencontres pour le quartier. Ancienne poudrière, De Kruitfabriek est le seul bâtiment industriel survivant au milieu d’un site où Vilvorde change énormément. C’est tout un nouveau quartier qui naît autour, avec presque mille logements. De Kruitfabriek accueille aujourd’hui un bar, un hall pour des événements, un espace culturel, etc. Il s’agit d’une occupation temporaire de l’ancien site mais, jusque de nos jours, De Kruitfabriek demeure le centre bouillonnant des alentours. C’est un lieu créatif de rencontres, qui démontre qu’une rénovation urbaine à grande échelle peut aussi être passionnante et amusante. Un programme d’événements très riche et la présence d’esprits créateurs dans les ateliers font que les riverains et autres visiteurs continuent à fréquenter l’endroit. Outre l’ancien hall d’usine, il y a en plus le jardin Kruittuin qui permet aux riverains de profiter d’un coin de verdure au bord de l’eau. Malgré son passé industriel, l’ancien bâtiment a donc été doté d’un contenu chaleureux et social. Il est devenu une maison de quartier dans cette grande banlieue de Bruxelles. De Kruitfabriek joue le rôle de levier pour une vaste zone alentour.

> DE KRUITFABRIEK

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Gemeente — Provincie

La création du foyer communal a déjà réuni à elle seule tout le hameau


Neerpelt — Limbourg

Rien n’arrête un village uni Le jour où le café De Club a fermé ses portes, ce fut un véritable drame pour Grote Heide, un hameau à l’écart de Neerpelt. La vie associative y était florissante mais De Club était l’unique café du lieu. Soudain, les habitants et les associations de Grote Heide perdaient leur lieu de rendez-vous habituel. Sur quoi, le quartier prit lui-même les choses en mains. Les habitants conclurent un marché avec le propriétaire : en échange de travaux de rénovation, ils pouvaient gratuitement occuper les lieux pendant un an. Les habitants et les associations saisirent cette opportunité pour fonctionner un an à titre d’essai comme foyer communal sous le nom ’t Kruispunt (carrefour). Et… ça marchait ! À la fin de cette première année, le quartier décida d’acquérir le bâtiment, mais où pouvait-il trouver les fonds ? Il réussit à collecter des subventions, la municipalité contribua de son côté et ensuite vint le test ultime : le financement participatif. On saurait vite s’il y avait une base suffisamment solide pour un foyer communal à Grote Heide ou non. La réaction fut impressionnante. Des centaines de personnes et d’entreprises apportèrent leur soutien – leurs noms sont immortalisés dans la finition de l’intérieur en bois d’échafaudage. En réunissant pas moins de 25 000 euros, ’t Kruispunt put aussi conclure un emprunt auprès de la banque. La création à elle seule de ce foyer communal a déjà réuni tout le hameau. Dès que son fonctionnement avait démarré, ’t Kruispunt devint en effet un « carrefour » : les associations y tiennent leurs réunions, des habitants s’y retrouvent et il y a de l’espace pour organiser des services. Un grand groupe de bénévoles assure le fonctionnement du foyer communal et fait en sorte que ce soit un véritable lieu de rencontres et pas un café comme tant d’autres. Grote Heide a pris lui-même l’initiative de réinventer sa vie communautaire. Les habitants ont poursuivi leur objectif avec beaucoup d’engagement et de persévérance. Aujourd’hui, tous en cueillent les fruits.

> FOYER COMMUNAL ’T KRUISPUNT

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Gemeente — Provincie


Alveringem — Flandre occidentale

Comment deux problèmes peuvent se résoudre l’un l’autre

1ER PRIX 2017

Beveren sur l’Yser est un village dans le Westhoek, une région rurale comme on n’en trouve presque plus dans une Flandre hyper urbanisée. Cette section de la commune d’Alveringem compte quelque sept cents habitants et presque 90 % de la superficie est encore de l’espace ouvert. Il y a aussi un revers de la médaille à ce caractère rural : les transports publics sont faiblement présents, les liaisons par autobus desservent uniquement les écoles. En plus, il y a pas mal d’isolement. De nombreux habitants âgés ne sont pas très mobiles, ce qui est problématique dans un village où presque tous les services ont disparu. Mais à Beveren se trouve aussi De Lovie, une institution pour des personnes atteintes d’un handicap mental. Elle s’efforce de faire participer activement ses habitants à la société, mais ils ont souvent du mal à développer des rapports sociaux. Au début de l’année 2017, les pièces du puzzle ont trouvé leur place grâce à l’ouverture du Dorpspunt à Beveren. Les habitants de Beveren peuvent enfin de nouveau faire des courses dans leur propre village : le magasin de quartier propose en effet des produits frais de fournisseurs locaux. Et la clientèle y est servie par les pensionnaires de De Lovie. En fait, c’est même plus qu’un simple magasin : on peut aussi y faire réparer son vélo voire en emprunter un. Et on peut aussi s’y adresser pour toutes sortes de petits travaux. Le Dorpspunt à Beveren est devenue ainsi un lieu de relation, une nouvelle plaque tournante pour le village. Des personnes handicapées y participent à la vie en société tandis que les habitants du village retrouvent des services qui avaient disparu. Les gens se rencontrent devant une tasse de café.

> DORPSPUNT À BEVEREN

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Gemeente — Provincie

Les jeunes fournirent leur énergie et leur détermination ; les habitants plus âgés firent valoir toute leur expérience


Montignies-sur-Sambre — Hainaut

Agir soi-même, c’est agir avec d’autant plus de conviction Lorsque les habitants du village de Montignies-sur-Sambre, une section de Charleroi, apprirent que leur maison de quartier fermerait ses portes, ils le vécurent comme un véritable choc. Aussi décidèrent-ils de ne pas en rester là. Leur maison de quartier était en effet le seul et unique lieu de rencontre et d’activité entre concitoyens. C’est ainsi que naquit Solidaroctiau. Les habitants voulaient ouvrir leur propre maison de quartier afin de pouvoir organiser de nouveau des activités destinées à tous les gens du quartier. Une manière de donner un nouveau souffle à leur village. Les différentes générations réussirent à coopérer et tout le monde contribua au projet communautaire. Les jeunes fournirent leur énergie et leur détermination ; les habitants plus âgés firent valoir toute leur expérience. En croyant fermement à cette idée, en persévérant et en soutenant ensemble un projet concret, les habitants réussirent à réaliser leur objectif. Un vent nouveau se mit en effet à souffler sur Montignies-sur-Sambre.

> SOLIDAROCTIAU

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Chaque matin, il y a une session de gymnastique assise : des exercices sur une chaise


Deerlijk — Flandre occidentale

Même assis, on peut bouger beaucoup

1ER PRIX 2018

Une caractéristique de Deerlijk est que cette commune de Flandre occidentale compte plusieurs hameaux. Outre Sint-Lodewijk, ce sont Statiewijk, Molenhoek et Belgiek. Pour la municipalité, cela posait un problème dans ce sens qu’elle voulait bien s’occuper de tous ses habitants mais qu’elle pouvait difficilement installer un centre d’aide sociale dans chacun des hameaux. Comment résoudre cela ? En créant un centre d’aide sociale mobile. Six fois par mois, il s’arrête à un endroit fixe dans les cinq zones d’habitation de Deerlijk. C’est ainsi que la municipalité parvient activement à contacter les gens dans leur propre environnement. À chaque fois, jeunes et moins jeunes y sont les bienvenus à partir de 10h30. Juste pour boire une tasse de café ou pour emprunter un livre et lire le journal ou un magazine. Et spécialement pour les seniors de Deerlijk, il y a à chaque fois aussi une session de gymnastique assise. Les personnes âgées apprennent ainsi à bouger tout en restant assises sur une chaise. C’est une manière de rester souple en toute sécurité, sans risquer de tomber et de se casser quelque chose. Comme le mouvement creuse l’appétit, les visiteurs peuvent s’attabler à l’heure du déjeuner pour un excellent repas. Question de recharger les batteries pour l’activité de l’après-midi : une conférence, une séance de cinéma ou un thé dansant. La direction de ce Centre d’aide sociale mobile est aux mains du Service social du CPAS en collaboration étroite avec les services de la culture, du sport et de la jeunesse. Les associations locales sont également impliquées. Mais ce sont en fait les habitants mêmes des quartiers qui participent au choix des activités de l’aprèsmidi. De cette manière, le Centre d’aide sociale mobile est aussi leur affaire à eux.

> LE CENTRE D’AIDE SOCIALE MOBILE

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Gemeente — Provincie

La maison de quartier a inversé les rôles en s’appuyant surtout sur l’engagement et l’envie des habitants du quartier


Namur — Namur

La vie d’une maison de quartier dépend des habitants, non du bâtiment Les sept maisons de quartier à Namur racontent depuis plus de quinze ans déjà de nombreuses histoires à succès. Mais celle du quartier très peuplé de Germinal a trouvé un nouveau souffle en s’injectant une forte dose de créativité. La maison de quartier a inversé les rôles en s’appuyant surtout sur l’engagement et l’envie des habitants du quartier. Le premier pas a été d’attirer l’attention des habitants et de les stimuler. Le programme habituel de la maison de quartier a ensuite été complété par tout un éventail d’activités les plus diverses : un groupe d’écriture, un atelier de rap, du football à cinq, l’aménagement de coins cosy et de points de repos. Une attention particulière a été accordée aux intérêts des jeunes – pendant les vacances scolaires, la maison de quartier attirait quelque trois cents enfants. En même temps, l’objectif demeurait d’impliquer les diverses générations ensemble. Il s’agissait de créer des liens entre le plus grand nombre possible, malgré la diversité de la population. Jeunes et moins jeunes se sont, par exemple, trouvés dans une chorale. Quelques voisins organisaient des excursions ensemble. Il y a eu aussi une chasse aux œufs. Dès que l’intérêt des habitants avait été éveillé, l’idée était de les encourager à s’engager davantage dans leur quartier. La maison de quartier de Germinal a montré comment donner une nouvelle vie à une initiative existante. Au début, cela requiert pas mal d’énergie et un accompagnement qualifié, mais le résultat est que l’enthousiasme se ravive et que les activités sont mieux adaptées aux habitants du quartier.

> MAISON DE QUARTIER DE GERMINAL

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Gemeente — Provincie

Le Vignoble associatif de Genval illustre bien ce qui peut arriver quand les habitants combinent imagination et persévérance

> PROJECT 80


Genval — Brabant wallon

Une histoire de vignoble et de voisinage Pour entreprendre, il faut une bonne dose d’audace et beaucoup de persévérance. Sans quoi, rien ne marche. Mais, parfois, le temps et la patience sont tout aussi indispensables. Les habitants du quartier de l’avenue des Combattants avaient planté un vignoble en 2011. Ils avaient trouvé un bon endroit dans les jardins de l’ancienne villa Beau-Site qui appartenait à la municipalité. Depuis, tous les week-ends, ils entretenaient les pieds de vigne jusqu’à ce qu’ils aient suffisamment poussé pour porter des raisins. C’était un travail très intense, car le vignoble compte quelque huit cents pieds. Il fallait tailler, désherber, redresser les tuteurs, etc. Ce n’est qu’au bout de plusieurs années de patience et de persévérance que les habitants ont pu récolter enfin le raisin et en faire du vin. Le vignoble est devenu un endroit où les gens se rencontrent et échangent du savoir-faire. Un lieu de visite idéal pour les écoles aussi. La bibliothèque locale et le centre culturel y organisent des activités. Chaque année, un écrivain connu y a adopté une vigne, honorant également de son nom la cuvée de cette année-là. Chaque vendange permettait aux vignerons de remplir plus de sept cents bouteilles qui restent ensuite à mûrir trois ans dans les caves de l’ancienne villa. Chaque collaborateur engagé obtient une bouteille cadeau. Le reste de ce liquide spiritueux est servi en apéritif à la fin des heures de dur labeur ou pour des événements festifs locaux. Le Vignoble associatif de Genval illustre bien ce qui peut arriver quand les habitants marient imagination et persévérance. Il peut en résulter un magnifique projet communautaire durable. Le vignoble est devenu une sorte de patrimoine vivant, un endroit où des esprits épicuriens lèvent le verre ensemble avec les hommes et femmes d’action qui ont rendu cela possible.

> VIGNOBLE ASSOCIATIF DE GENVAL

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Geel — Anvers

Le village qui s’en est sorti tout seul Faisant partie de la ville de Geel, le petit village de Stelen dégage un peu un air pitoyable, tant aux yeux des gens extérieurs qu’à ceux des nouveaux habitants. Et même des gens qui y vivent depuis de longues années considèrent parfois leur village avec un soupçon de compassion. Pour beaucoup, Stelen est ce petit village qui étouffe lentement mais sûrement entre le canal Albert, l’E313, l’industrie et les éoliennes. Comme cette image commençait à s’imposer un peu trop explicitement, quel-

Un superbe endroit offrait des chances pour créer un lieu de rencontre convivial

ques habitants enthousiastes ont pris les choses en main. Ils ont cherché à réanimer la vie du village et ils ont vite découvert des possibilités. Sur une place près du centre se trouvait le local d’un mouve-

ment de jeunesse abandonné depuis des années et qui appartenait à la ville. Ne serait-il pas possible d’y installer une terrasse pop-up ? Ce superbe endroit offrait tout de suite des chances de créer un lieu de rencontre convivial. La municipalité commença par faire exécuter quelques travaux de jardinage et les réparations nécessaires. Depuis, quelque chose bouge à Stelen. Des idées fusent pour des activités les plus diverses afin de toucher le plus grand nombre possible de personnes intéressées. C’est aussi une occasion de se montrer et de recruter des membres pour les associations socioculturelles. Maintenant que les habitants de Stelen comment à apprécier davantage leur village, son image commence aussi à évoluer à l’extérieur.

> STELEN RENCONTRE STELEN

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Herselt — Anvers

Un ancien cloître devient une nouvelle maison de quartier À Bergom, un hameau de Herselt, se trouvait un cloître abandonné qui avait bien besoin d’être rafraîchi. L’idée surgit que toutes les associations collaborent pour donner une nouvelle destination à ce bâtiment, d’où le nom du projet Maak dat mee! (= jeu de mot sur « vivez ça ! » et « participez ! »). Après, elles pourraient utiliser l’ancien cloître comme maison de quartier et espace

Quand les associations coopèrent, cela conduit aussi à créer et entretenir des liens entre les gens du quartier

de rencontre central. Après avoir convaincu la municipalité de Herselt de l’intérêt de ce projet pour qu’elle acquière le bâtiment, les plans de réaménagement se sont réalisés durant l’été 2019. Toutes les associations se sont engagées

pour soutenir durablement la maison de quartier. De cette manière, l’ancien cloître s’est transformé en un centre de services local qui abrite et soutient les associations locales. Tout au long de cette réalisation, les différentes associations ont coopéré intensément, ce qui a conduit ensuite à créer et entretenir davantage des liens entre les habitants et un village plus inclusif. La situation du bâtiment au centre du village est idéale. Comme l’église et l’école se trouvent à proximité, les gens du quartier passent souvent par là. La gestion est assumée par des bénévoles locaux, encadrés par le CPAS. Herselt considère cette maison communautaire de Bergom comme un projet pilote. Si l’objectif se réalise, d’autres entités de la ville pourraient obtenir à leur tour une maison de quartier.

> MAAK DAT MEE!

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Gemeente — Provincie

> PROJECT 84


Gemeente — Provincie

Un petit bonjour qui donne chaud au cœur > PROJECT 85


Gemeente — Provincie

Les accroche-portes sont un coup de pub bien connu mais, à Astene, on leur a donné un contenu social original

> PROJECT 86


Astene — Flandre orientale

Des accroche-portes avec compliments Les bons voisins sont ceux qui disent toujours bonjour, qui ralentissent systématiquement en voyant jouer des enfants dans la rue, qui se préoccupent de la propreté de la voie publique. Nous considérons avec sympathie ce type de voisins, mais nous ne leur disons pas assez combien nous apprécions leur contribution à l’ambiance du quartier. C’est pourquoi Beweging.net Astene a distribué, en collaboration avec le KWB et la municipalité de Deinze, deux mille accroche-portes aux habitants d’Astene, un par famille. L’action était baptisée Fantastische buur(t) (= Quartier/voisin fantastique). Le concept était tout simple : l’accroche-porte permettait de cocher ce que l’on appréciait en particulier chez son voisin ou sa voisine. On accrochait ensuite cette petite liste de compliments à sa porte. Les accroche-portes sont un coup de pub bien connu mais, à Astene, on leur a donné un contenu social original. Ils sont devenus une technique pour activer et relier des voisins entre eux. Le fait de se faire de tels compliment entre voisins a créé un effet de levier, car savoir que les voisins apprécient un comportement souvent spontané renforce l’attachement des gens à leur quartier. Cela ne peut que renforcer le tissu social.

> FANTASTISCHE BUUR(T) 87


Gemeente — Provincie

L’école a servi de levier pour une meilleure vie de quartier


Lokeren / Saint-Nicolas / Malines

Les parents aussi apprennent des choses d’une bonne école de quartier Comme la dénomination (en Belgique) l’indique, une école « poubelle » a une mauvaise réputation : le niveau y serait inférieur et elle rassemblerait surtout des enfants de milieux défavorisés, souvent issus de l’immigration. C’est la raison qui a motivé les municipalités de Lokeren, Saint-Nicolas et Malines de revaloriser les soi-disant « écoles poubelles » pour en refaire de véritables écoles de quartier. L’objectif de School in Zicht était de faire en sorte que les écoles redeviendraient un reflet du quartier même, un endroit où des enfants défavorisés et favorisés se rencontrent et se retrouvent ensemble en classe. School in Zicht a cherché à réaliser cet objectif en organisant une série d’activités pour les parents favorisés à la veille d’un choix d’école pour leur(s) enfant(s). Ces parents apprenaient ainsi à connaître les écoles de leur quartier et il se créa des réseaux de parents. De cette manière, des enfants favorisés furent inscrits, souvent en groupe, dans des écoles de quartier. La mixité sociale dans l’école de quartier s’améliora et des enfants d’origines très diverses y apprirent à vivre ensemble. L’approche structurelle par laquelle cette initiative a réhabilité l’école de quartier est franchement impressionnante. Alors que le libre choix de l’école avait été le fossoyeur des écoles de quartier de jadis, School in Zicht s’est servi de ce même libre choix de l’école pour renverser la vapeur à son avantage. L’école a servi de levier pour améliorer la vie dans les quartiers par le biais de l’école maternelle et de l’enseignement primaire. Au fil des ans, ce projet intelligent a été repris dans toujours plus de villes et communes. Il a des effets qui pourraient bien se révéler durables.

> SCHOOL IN ZICHT

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Les Buurtgezellen font attention aux petits besoins parfois cachĂŠs de personnes nĂŠcessiteuses


Neerpelt — Limbourg

Parfois, les petites choses font le plus de bien Le réseau existant d’offre de soins professionnels fournit un excellent travail. Des « aidants proches » s’efforcent au mieux pour assister les personnes en situation de besoin. Mais il manque parfois juste un petit quelque chose. Comme un coup de main pour les tâches les plus banales : sortir la poubelle, accrocher le linge, donner de l’eau aux plantes. Ou juste un peu de compagnie ou un œil attentif. Les Buurtgezellen (compagnons de voisinage) font attention aux petits besoins parfois cachés de personnes nécessiteuses. C’est la raison pour laquelle RIMO Limburg et la municipalité de Neerpelt ont soutenu ce projet, en complément des services de soins existants. Ces « compagnons de voisinage » ne remplaçaient pas du tout les services de soins professionnels, mais ils s’attardaient à des petites choses, des besoins parfois cachés de personnes qui ont besoin d’aide. Un coordinateur des services de soins a pu régler une bonne coordination entre les bénévoles et les personnes qui avaient en effet besoin d’un coup de main. L’approche de Buurtgezellen était par définition inclusive : il s’agissait de voisins qui s’entraident. Le projet a fourni la preuve que les bénévoles aussi peuvent jouer un rôle dans les soins à domicile. Et aussi bien les compagnons de voisinage que les personnes aidées ont ressenti une plus grande implication dans la vie de quartier.

> BUURTGEZELLEN

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Gemeente — Provincie

Lors d’une tempête d’automne, une trentaine d’habitants ont construit une digue de sacs de sable


Roulers — Flandre occidentale

Un plan d’urgence à l’échelle du quartier Le 31 mai 2016, le quartier Groenpark à Roulers fut touché par de graves inondations. Pour les habitants, ce fut le signal de prendre eux-mêmes les choses en mains pour mieux se préparer à des désastres. Il en résulta Solidariteit 31/5 : un scénario ou plan d’action pour des situations d’urgence, adapté à la réalité concrète du quartier. Le but de Solidariteit 31/5 était que les habitants puissent se porter le plus vite possible mutuellement assistance en cas de catastrophe. Sous la devise « réfléchir, donner conseil, prêter ou aider », une liste de presque neuf cents sujets fut transmise aux habitants, qui ont constitué la base du plan de solidarité. Ce plan d’urgence local a été déclenché une première fois lors d’une tempête d’automne en novembre 2016. En un temps record, une trentaine d’habitants ont construit une digue de sacs de sable pour éviter une inondation. Le plan d’urgence a prouvé que la solidarité et l’engagement peuvent effectivement faire la différence. Le plan d’urgence n’était pas uniquement destiné à ce quartier dans son ensemble, mais aussi à chaque individu, de n’importe quel âge. Solidariteit 31/5 a aussi donné lieu à l’initiative « Crise cardiaque ? Le voisin arrive » : des gens ont appris ce qu’il faut faire quand une personne est frappée d’un arrêt cardiaque. C’est d’une importance vitale, car plus vite le cœur se remet à battre, plus la victime a des chances de survie. Depuis, une situation de crise dans le Groenpark n’est pas seulement une crise, mais un moment où les habitants montrent leur solidarité et prouvent qu’ils forment un quartier bien organisé. Ce n’est pas seulement un atout pour l’implication, mais c’est tout simplement très efficace et cela peut même sauver des vies.

> SOLIDARITEIT 31/5

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Beloeil — Hainaut

Le frigidaire peut sauver une vie Josette Gofflot, membre active du Conseil consultatif des Aînés à Beloeil, souffrit en 2016 d’une réaction allergique à un médicament traitant la bronchite. L’incident la fit réfléchir. Inspirée d’un exemple québécois au Canada, elle eut l’idée du Senior Focus : une petite boîte que les personnes âgées de Beloeil peuvent conserver chez elles dans le frigidaire. La boîte contient un formulaire reprenant des données médicales ou autres ainsi que les médicaments utilisés par la personne en question. Elle permet ainsi aux services de secours d’agir en connaissance de cause quand ils sont appelés à intervenir chez quelqu’un. Mais pourquoi conserver cette petite boîte

Le Senior Focus contient un formulaire reprenant les données médicales et autres d’une personne

au frigidaire ? Parce que le frigidaire est un appareil très reconnaissable, présent dans presque toutes les habitations. En plus, il est par définition très facile à ouvrir. Ce qui fait qu’en cas de besoin, les soignants ne doivent jamais chercher

longtemps ce kit d’information. Surtout si une personne vit seule, cela fait gagner un temps très précieux, voire essentiel. Le Senior Focus a été distribué gratuitement par le Conseil consultatif des Aînés de Beloeil, agissant en quelque sorte comme ambassadeur de l’initiative. Le groupe cible était les gens de plus de 60 ans, mais des patients à risque plus jeunes y avaient également droit. Ce projet très accessible permettait en outre d’entretenir un contact avec des personnes isolées. Et précisément à cause de l’isolement de beaucoup de personnes âgées, surtout dans une commune rurale comme Beloeil, il s’agit d’un projet de longue durée.

> SENIOR FOCUS

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Arendonk — Anvers

Un banc pour tout le quartier Parfois, une idée est tellement simple qu’on se demande pourquoi personne d’autre ne l’a eue plus tôt. Depuis 2017, un grand banc circulaire pouvant accueillir simultanément tout un groupe de personnes circule à Arendonk. La forme circulaire est conçue pour faciliter la conversation en groupe. Mais le banc peut aussi faire office de tribune lorsqu’une conférence ou un concert y sont organisés.

Le fait que tout le monde est assis en cercle, facilite la conversation en groupe

Fabriqué en matériaux inaltérables, le BuurtBabbelBank (= banc de quartier pour soit) est installé à l’extérieur, car c’est le meilleur moyen de réunir des gens. Il peut apparaître dans le domaine public,

dans un jardin privé devant une maison ou même au bout d’une impasse. Mais le BuurtBabbelBank n’est pas installé au petit bonheur la chance, ce sont souvent les associations de quartier d’Arendonk qui le réclament. Ce banc mobile voyage donc dans toute la commune et les différents quartiers peuvent ainsi le découvrir. Un point positif très chouette est aussi que ce banc est un produit du cru puisqu’il a été fabriqué par les élèves de Dona (enseignement à temps partiel à Arendonk).

> BUURTBABBELBANK 95


Quand des habitants d’un quartier se rejoignent en ligne, ils peuvent se rencontrer hors ligne


Lokeren — Flandre orientale

La vie de quartier pétille aussi en ligne Combien ne sommes-nous pas à avoir des centaines de soi-disant « ami(e)s » sur Facebook, mais à ignorer en même temps le nom de nos voisins directs ? Un réseau social en ligne est parfait pour véhiculer ses opinions ou rechercher des GIF amusants, mais il ne sert à rien du tout quand on a besoin de quelque chose d’urgence, d’un œuf par exemple. Hoplr a réussi à changer la donne. Deux habitants de Lokeren, Jennick Scheerlinck et Jonas Heirwegh, ont imaginé en 2014 un réseau social axé uniquement sur des quartiers. Leur idée était de limiter les contacts sur Hoplr aux personnes du quartier, limitant ainsi par définition les interactions à un niveau très local. La première ville centrale où Hoplr a réussi à s’implanter a été Gand où il n’a même pas fallu un an pour voir s’inscrire plus de 20 000 habitants. Malines et Saint-Nicolas ont suivi coup sur coup. Aujourd’hui, Hoplr connecte plus de 500 000 foyers répartis dans plus de deux mille quartiers. Des administrations locales et des entreprises reconnues d’utilité publique se servent de Hoplr pour informer ou impliquer directement les citoyen(ne)s. En tant que réseau de proximité numérique pour une participation citoyenne et des soins de proximité, Hoplr s’engage à stimuler l’interaction sociale entre voisins. Quand des habitants se connectent en ligne, ils peuvent se rencontrer hors ligne. Des voisins se servent du site web et de l’appli qui l’accompagne pour apprendre à mieux se connaître, échanger des affaires et organiser des activités. Tout au long des mois de confinement dû à la crise du Covid-19 en 2020, le nombre de messages sur Hoplr a triplé. Des voisins s’en sont servi pour lancer des milliers d’initiatives ou d’actions. Tout en restant sagement chez eux, ils ont maintenu plus que jamais le contact.

> HOPLR

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Anvers & Gand — Anvers & Flandre orientale

À votre service Pas mal de gens ont besoin d’une aide qui ne relève pas du système des titres-services. Il peut s’agir de faire des courses ou la cuisine, de tâches administratives ou d’aller chercher les enfants à l’école. Même un peu de compagnie ou la possibilité de faire une petite balade avec quelqu’un font partie de ces besoins. C’est la raison pour laquelle a été créé Helpper (aide) à Anvers et Gand. Le site web Helpper.be sert de point de rencontre. Il connecte les gens en quête d’une aide à domicile pour des tâches quotidiennes avec des personnes serviables dans le quartier qui apprécient de gagner quelques sous. Il s’agit donc d’aide à domicile à des voisin(e)s par des voisin(e)s. L’objectif est que le service soit payable, de qualité et flexible. C’est précisément pour cela qu’il est si important que ce soient des gens du quartier qui viennent en aide à d’autres. Ils proposent leurs services parce qu’ils ont en premier lieu la volonté d’aider des voisins et non parce

Helpper.be connecte les

que c’est leur métier.

gens en quête d’une aide à

Sur Helpper.be, chacun(e) peut indiquer

domicile avec des personnes serviables dans le quartier qui apprécient de gagner quelques sous

quelle assistance non-médicale il ou elle cherche pour soi ou pour un proche, en précisant quelles tâches devraient être exécutées à quel moment. De cette manière, les demandeurs d’aide (helppies) entrent en contact avec les fournisseurs d’aide

(helppers). Ces derniers deviennent en quelque sorte les personnes de confiance permanentes des premiers. Et la plateforme numérique connaît un beau succès : pas moins de quelque quatre cents citoyens se sont inscrits jusqu’ici.

> HELPPER 98


Bruges — Flandre occidentale

Un(e) ami(e) pour la rue entière Jadis, quand le monde était encore plus petit et que les gens quittaient plus rarement l’ombre du clocher, il existait dans les villages un réseau de relations assez dense. Aujourd’hui, ce n’est plus évident : si beaucoup de gens font partie de l’un ou l’autre réseau, il y en a certes autant qui restent en rade. À Sainte-Croix, une entité de Bruges, les gens du quartier et le service de proximité Het Schuurke ressentaient le besoin d’un tissu social plus intense. C’est de cette constatation que sont nés les Stroatmoaten (copains de la rue). Comment ça fonctionne ? Il y a pour chaque rue un stroatmoat qui veille aux petits ou grands besoins des voisins. S’il découvre quelque chose, les personnes sont contactées discrètement, sans la moindre insistance. Il peut s’agir d’un truc tout simple comme de passer chez le pharmacien ou de sortir la poubelle. Le stroatmoat souhaite aussi la bienvenue à

Un stroatmoat veille aux

de nouveaux voisins. En cas de naissance,

petits ou grands besoins

de maladie ou de décès, il rend une petite

des voisins ; il va rendre visite lors d’une naissance ou d’un décès

visite en remettant une carte au nom de tout le quartier. Le concept est que le stroatmoat soit la personne de référence en cas d’urgence. Il peut être l’intermédiaire entre deman-

deur et fournisseur et orienter des gens vers un service ou un autre projet. Il peut aussi prêter assistance lors d’initiatives spontanées comme l’organisation d’un apéro ou d’un goûter pour toute la rue. Cela fait presque quatre ans que les stroatmoaten ont vu le jour et ils construisent jour après jour un solide réseau social dans un quartier chaleureux et attentionné.

> STROATMOATEN 99


Les familles qui accrochaient le dessin colorié à la fenêtre signalaient ainsi qu’elles avaient envie d’un brin de causette


Willebroek — Anvers

Eh ! Oh ! Et si on l’organisait ensemble, cette fête ? En 1980, deux couples vinrent s’installer dans le quartier Cardijn, un quartier de Tisselt qui est à son tour une entité de Willebroek. Eux-mêmes nouveaux venus, ils organisèrent néanmoins pendant sept ans avec d’autres habitants la fête du quartier Cardijn. Pourtant, ils durent constater un jour qu’ils ne connaissaient en fait pas les nouveaux habitants du quartier. De nombreux habitants d’origine avaient déménagé et le quartier s’était diversifié : une famille sur sept était issue de l’immigration. Comment faire en sorte que les voisins réapprennent à se connaître ? Une idée jaillit… En 2016, la nouvelle équipe du quartier distribua dans chaque boîte aux lettres un rouleau de papier enrubanné dans lequel elle se présentait. Il contenait aussi un dessin d’un artiste local. Les enfants pouvaient le colorier et accrocher ensuite le dessin à la fenêtre : une façon de signaler que la famille avait bien envie d’un brin de causette. Finalement, presque la moitié des familles profita de cette proposition. Une première conséquence fut une fête de quartier où chacun(e) pouvait contribuer à un festin avec des plats du monde entier. En 2017, la fête de quartier vécut une deuxième édition, mais on s’activa aussi pour la réhabilitation de l’aire de jeux. Un terrain de pétanque et des tables de pique-nique furent aménagés avec le soutien de la commune. On inaugura aussi un panneau multilingue avec le nom « Place Bonjour Voisin ». Alors que les fêtes de quartier prenaient de l’ampleur, d’autres plans virent le jour pour l’extension de l’aire de jeux, un terrain de volley-ball et des bancs supplémentaires. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les voisins du quartier Cardijn se connaissent de nouveau.

> DAG GEBUUR 101


Louvain — Brabant flamand

Des esprits sains dans un village sain Wilsele-dorp est un village au nord de Louvain, situé entre l’E314 et le canal Louvain-Dyle. Bien qu’il s’agisse d’une entité assez compacte, un besoin de plus de cohésion sociale s’est néanmoins fait sentir. Un petit remontant pour le bien-être des villageois. C’est ainsi qu’est née en 2017 l’initiative Zorgzaam Wilsele Dorp (= village attentionné). Ce projet a pour objectif d’inviter les habitants et les soignants à chercher ensemble les approches pour améliorer la santé et le bien-être de tous les habitants. L’initiative cartographie les possibilités de soutenir les personnes vulnérables sans empiéter sur leur vie privée. Au cœur du dispositif se trouve la connexion

La recherche se concentre sur la santé positive, car la

des habitants du quartier avec les soignants, de sorte que les gens sachent l’un de l’autre qui peut avoir besoin d’aide

santé n’est pas seulement

et de laquelle.

une question de maladie

Cette coopération se concentre sur la

ou non

santé positive, car la santé n’est pas seulement une question de maladie ou

non. Dans la santé positive, il s’agit en premier lieu de la manière dont les gens abordent les défis de l’existence et dont ils peuvent continuer à prendre euxmêmes les décisions. Zorgzaam Wilsele Dorp s’efforce à ce que les gens aiment tout simplement habiter leur village et à ce qu’ils puissent rester le plus longtemps possible dans leur maison.

> ZORGZAAM WILSELE DORP 102


Zingem — Flandre orientale

Handicap mental ne doit pas être égal à handicap social De Bolster est un dispositif pour des personnes en situation de handicap mental ou atteintes d’une lésion cérébrale non-héréditaire. L’asbl a décidé il y a vingt-cinq ans déjà de miser sur un habitat extérieur, c’est-àdire sur des habitations normales décentralisées où les clients peuvent habiter loin

Les gens atteints d’une déficience intellectuelle prennent

de l’institution centrale à Zwalm, et donc au sein de la société. L’objectif était d’offrir au client une vie aussi normale que possible,

grand plaisir à pouvoir

moyennant un soutien parfois inévitable.

remplir un rôle dans la société

Cet objectif s’est fort bien exprimé à Zingem où l’asbl a pu acquérir en 2004 une

habitation pouvant accueillir neuf clients. Ensemble avec leurs accompagnateurs, ils se sont engagés au fil des ans pour pouvoir vivre de manière inclusive à Zingem. La voie de l’inclusion est une quête permanente, qui donne cependant satisfaction. Faire partie de et jouer un rôle dans la société sont des choses très précieuses pour les personnes en situation de handicap mental. En 2016, un comité de quartier a été créé à partir de la maison à Zingem : quelques voisins constituent une équipe avec les clients et leurs accompagnateurs. Une fête et d’autres occasions de rencontre ont renforcé les contacts dans le quartier et ils se poursuivent aujourd’hui. On se salue quotidiennement, une dame du quartier fait régulièrement une balade avec des clients, un voisin répare les vélos. Et ça marche dans l’autre sens aussi : un des clients travaille au comptoir de la cantine du club de football local et la commune fait parfois appel à eux pour donner un coup de main à une réception. Les personnes en situation de handicap mental peuvent bel et bien faire partie de la vie de quartier. Ils en profitent eux-mêmes, mais ils rendent aussi quelque chose.

> INTÉGRATION LOCALE ET INCLUSION

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Dans un endroit comme la Doe-plek, les gens ont le sentiment de faire quelque chose d’utile ; ils ne laissent pas simplement passer le temps


Zedelgem — Flandre occidentale

Les plaisirs d’une petite corvée et d’un entretien bienfaisant Parfois, des entrepreneurs ou des associations cherchent à faire exécuter une tâche en soi toute simple, mais qui prend beaucoup de temps. Plier des cartes, par exemple. D’autre part, il existe des citoyens peu occupés mais qui ont bien envie de s’allier à d’autres pour exécuter un travail pas trop compliqué. C’est ainsi qu’une Doe-plek (= lieu d’action) a vu le jour à Zedelgem. L’initiative, née d’une coopération entre le centre socioéducatif Orthoagogisch Centrum Cirkant, le restaurant à étoiles Hertog Jan, l’asbl Oranje et le CPAS Zedelgem, a essayé de créer un déclic entre les affaires privées et le secteur non-marchand. Un endroit public pouvait servir de plateforme où les gens du quartier pouvaient exécuter des tâches simples pour des entreprises, des services ou des associations locales. Et l’idée a fonctionné. Parce que travailler ensemble rend le travail léger. Et plier des cartes n’empêche pas de bavarder à bâtons rompus. Créer des contacts entre les gens a bel et bien un impact social. Cela permet de combattre la solitude et les gens trouvent des solutions pour leur problèmes de mobilité. Lancée en 2016, l’initiative se poursuit grâce à l’enthousiasme des participants et à l’attention portée à l’interaction entre les gens. Les cafétérias de deux centres de services sociaux sont devenues des lieux de rencontre facilement accessibles pour divers groupes cibles. Les gens y acquièrent le sentiment de faire quelque chose d’utile, de ne pas simplement laisser passer le temps. L’appréciation dont témoigne l’entrepreneur local compte aussi beaucoup. Le restaurant à étoiles Hertog Jan, puisque c’est lui qui commande ce travail, invite chaque année les participants de la Doe-plek à prendre le café chez lui.

> DOE-PLEK ZEDELGEM

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Des bénévoles invitent des personnes à mobilité réduite à aller littéralement prendre l’air


Coxyde — Flandre occidentale

La route des bancs : un circuit pédestre d’un banc à l’autre La promenade fait du bien au moral et à la santé, mais une longue promenade n’est pas donnée à tout le monde. Si les tout jeunes enfants se laissent volontiers conduire dans leur poussette, certaines personnes sont malheureusement contraintes de sortir en fauteuil roulant et d’autres parmi les plus âgées ne peuvent se passer de leur déambulateur. À Coxyde, la Maison sociale s’est préoccupée tout spécifiquement de toute personne à mobilité réduite. Elle a fait aménager un circuit pédestre de cinq kilomètres en plaçant tous les trois cents mètres un banc pour permettre au promeneur moins en forme de reprendre haleine. Le revêtement du sentier a aussi fait l’objet d’une attention particulière, pour qu’il soit le plus plat possible et praticable pour les petites roues. Ce serait une erreur de considérer ce circuit pédestre avec ses bancs comme une simple question d’infrastructure, car Coxyde a fait davantage. La municipalité a mené une campagne de promotion active pour le circuit et des bénévoles invitaient des personnes à mobilité réduite à aller effectivement prendre l’air. Pour les personnes âgées en particulier, ce furent bientôt des moments qu’ils attendaient avec impatience. Cette combinaison d’une infrastructure spécifique avec un accompagnement systématique a fait de ce circuit pédestre et de ses bancs l’histoire d’une belle réussite. Le circuit a d’abord embelli l’environnement mais il a aussi relié physiquement divers quartiers. L’accompagnement a stimulé les seniors à ne pas se résigner trop vite à leur mobilité en déclin. Comme, en plus, de tout jeunes cyclistes et des parents avec de petits enfants ont à leur tour découvert cette promenade, le circuit répond tout à fait à un besoin social et récréatif de tout un quartier.

> ZET JE MO NÉRE (« ASSIEDS-TOI DONC » DANS LE DIALECTE LOCAL)

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Gemeente — Provincie

Quand des habitants de quartier se parlent, les besoins communs se révèlent


Molenbeek-Saint-Jean — Bruxelles

De solides conversations pour un quartier plus fort Molenbeek-Saint-Jean se débat contre des histoires difficiles de son passé récent. Cette commune bruxelloise est stigmatisée comme étant un foyer de nombreux problèmes et cette réputation pèse pour beaucoup d’habitants. C’est ce qui sautait aux yeux dès le premier petit-déjeuner commun organisé par l’Académie de quartier Molenbeek. À la table, les cicatrices des dernières années furent souvent le sujet des conversations. L’Académie de quartier naquit à l’initiative de quelques habitants qui voulaient rassembler les gens. Ils partaient de l’idée que si des habitants d’un quartier se parlent, il devait en ressortir un aperçu des besoins communs. L’Académie de quartier se proposait donc de réunir littéralement autour de la table des jeunes, des moins jeunes et des familles. Des passants s’impliquaient spontanément dans les conversations et c’est ce qui a fait naître l’idée des tables de dialogue. Appelées « café du monde », elles avaient l’objectif explicite de faire démarrer des conversations entre des gens et des groupes qui ne se disaient d’habitude même pas bonjour. Chaque « café du monde » a atteint une centaine de personnes, un beau mélange de jeunes et de moins jeunes, tous des gens de milieux culturellement très différents. Ces entretiens ont donné lieu à des actions spécifiques auxquelles les habitants tenaient, comme un événement pour collecter des fonds pour Médecins sans frontière. Un autre thème abordé a été les violences intrafamiliales, un sujet extrêmement sensible qui a cependant été abordé avec succès. En fait, la simplicité rafraîchissante du projet était aussi la force des « cafés du monde ». En faisant parler les habitants du quartier entre eux, il commença à s’établir une compréhension mutuelle et de la solidarité. Et il ne s’agissait pas seulement de nuisances ou de contrariétés de la vie quotidienne, mais aussi de thèmes plus difficiles et profonds.

> ACADÉMIE DE QUARTIER DE MOLENBEEK

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Gemeente — Provincie

Un simple petit bonjour pouvait déjà faire une grande différence

> PROJECT 110


Vorselaar — Anvers

Les gens réapprennent à se soucier les uns des autres Même Vorselaar, une petite commune chaleureuse en Campine, n’échappe pas à des questions sociales. Une enquête révéla en effet que la solitude et l’isolement social constituaient un réel problème pour beaucoup de personnes âgées. Le nombre de seniors avait fortement augmenté dans la commune et, en milieu rural, vieillir signifie souvent voir diminuer ses contacts. Il existait, certes, plusieurs dispositions cherchant à remédier à la solitude, mais elles ne suffisaient pas. Il fallait de nouvelles solutions, et des solutions aussi effectives que possible. C’est ainsi que fut créé le modèle ZIN, un réseau d’information d’aide (Zorg Informatie Netwerk), inspiré des réseaux d’information de proximité (Buurtinformatienetwerk ou BIN) mais avec un objectif social et solidaire. Le premier ZIN a vu le jour dans la Veldstraat, au centre de Vorselaar. Des moments de rencontre – un petit-déjeuner, une fête de rue ou une visite de voisins – incitèrent les habitants du quartier à faire la connaissance des autres. Et l’on commença spontanément à se soucier des autres, sans qu’il fût nécessaire de prononcer de grands engagements. Un simple petit bonjour faisait déjà souvent une grande différence. Le fait de se saluer suscita une attention active et même de l’aide s’il le fallait. Les habitants se sentirent de plus en plus impliqués et engagèrent volontiers leurs talents au service d’autrui. Des assistants sociaux soutenaient et stimulaient le réseau, mais l’auto-organisation des habitants parut bien vite assez solide par elle-même. Le ZIN de la Veldstraat remporta de très beaux succès. Le réseau était un excellent remède pour rompre l’isolement et il insuffla en plus un vent d’optimisme et d’implication auprès de presque tous les habitants du quartier. Ce modèle ZIN se répand maintenant dans toute la commune de Vorselaar, dans les secteurs et quartiers, mais adapté à ce que chaque communauté souhaite et veut pour elle.

> ZORG INFORMATIE NETWERK 111


Opwijk — Brabant flamand

Bon pied, bon œil pour un quartier et ses habitants En novembre 2018, les habitants d’Opwijk se virent confrontés pour la deuxième fois à un défi intéressant : rencontrer un senior de son voisinage pour un brin de causette, un jeu ou une petite réalisation commune. Un hommage a été rendu à tous les participants à l’action Ontmoet een krasse buur (= rencontrez un voisin âgé mais alerte). Un prix fut même décerné à Dolf Van den Broeck de la rue Kadee pour

Cent soixante-dix volontaires

son engagement remarquable en faveur

se sont fait enregistrer,

de ses voisins.

ce qui a résulté en

Le centre de repos et de soins « De Oase »

quatre-vingt-dix rencontres

a lancé l’initiative Krasse Buurt en 2017 afin d’inciter les gens à rendre une visite à un(e) voisin(e) âgé(e) et souvent solitaire. Cent

soixante-dix volontaires se sont fait enregistrer, ce qui a résulté en quatre-vingtdix rencontres. Le quartier ayant obtenu le meilleur score a été proclamé Krasse Buurt 2018, ce qui a été affiché sur la voie publique. Un autre quartier remporta le prix en 2018 tandis que Dolf Van den Broeck devait sa récompense aux voisin(e)s qui l’avaient nominé par une carte-surprise. Ils témoignaient ainsi de leur appréciation parce que Dolf nettoie et entretient si bien le jardin fleuri et l’immeuble.

> KRASSE BUURT 112


Londerzeel — Brabant flamand

En manque d’idées ? Demandez-en à vos habitants Par un beau dimanche matin de septembre 2017 ensoleillé, la municipalité de Londerzeel organisa pour la première fois une séance participative en toute décontraction pour les habitants du quartier Meulekensbaas. Ce Buurtbabbel (= conversation de quartier) devait donner l’occasion aux habitants de proposer leurs propres idées mais aussi de se faire de nouvelles idées pour rendre leur quartier plus agréable.

Des idées naissent plus

En plus, les habitants eurent l’occasion de

spontanément autour

s’inscrire pour participer eux-mêmes à la

d’un bon café que lors

réalisation de ces idées. Parmi celles qui

d’une réunion officielle

surgirent, on retint un potager collectif et la création d’un comité de quartier. Ces Buurtbabbels ont vu le jour à partir de

la constatation que les idées naissent plus spontanément autour d’un bon café que lors d’une réunion officielle. Des collaborateurs de la municipalité et du CPAS interrogent spécifiquement les habitants parce qu’ils sont les mieux placés pour savoir comment réanimer leur quartier. Mais même sans des idées à soi, on est le bienvenu pour boire un café et converser à bâtons rompus. Les Buurtbabbels s’inscrivent dans le projet Londerzeel aan zet! (= À Londerzeel de jouer) qui veut s’engager pour le bien-être de tout un chacun dans la société. Le but est que tous, jusqu’aux plus vulnérables, aient la possibilité d’aller à l’école, d’entreprendre, de se déplacer et d’habiter un endroit où ils se sentent chez eux. Cette façon intégrée de procéder requiert une approche orientée par quartier, car tous les quartiers sont différents. C’est pourquoi le Buurtbabbel se tient à chaque fois dans un autre quartier ou entité, de sorte que personne ne puisse avoir le sentiment d’avoir été oublié.

> BUURTBABBELS 113


Manger et boire ensemble


Une ancienne fabrique de Tupperware a abritĂŠ des activitĂŠs sportives et culturelles sous le nom de Fabriek Plastiek


Alost — Flandre orientale

Une ambiance d’été parfaite sur un ancien site d’usine

PROJET MATEXI

À Alost, Matexi s’est attaqué en association avec Re-Vive à l’ancienne fabrique Tupperware située sur le quai Pierre Cornelis. L’objectif de ce projet de réhabilitation était d’y développer un quartier d’habitation moderne, appelé Pier Kornel. Durant la phase de préparation du projet, on donna une nouvelle destination aux anciens bâtiments que l’on baptisa Plastiek Fabriek. L’idée était d’y organiser des activités estivales pour les jeunes des quartiers défavorisés longeant la Dendre. Plusieurs organisations d’Alost ont uni leurs forces pour réanimer la vie de quartier. Dans la salle polyvalente de Fabriek Plastiek ont eu lieu toutes sortes d’activités sportives et culturelles. Et le fameux groupe de rock alostois Intergalactic Lovers y a enregistré le clip vidéo du single Delay. Plus tard, lorsqu’une partie des appartements et des habitations étaient déjà réalisés et que Matexi préparait la suite du développement du site, la pelouse devant l’endroit renouvelé accueillit un autre genre d’initiative temporaire : le bar éphémère De Zomerkaai (= Quai d’été). Ce fut l’endroit parfait pour se détendre en famille ou entre ami(e)s. Boire, manger et écouter de la musique au soleil, que faut-il de plus pour une belle journée estivale ?

> DE ZOMERKAAI / FABRIEK PLASTIEK

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’t Dak van Pakt a démarré comme un jardin sur le toit de pas moins de 1800 m2


Anvers — Anvers

La ville appartient aux fermiers innovateurs

PROJET MATEXI

À côté de l’ancien hôpital militaire de Berchem, on trouve un site industriel abandonné avec d’anciens entrepôts. Mais, depuis 2017, un vent nouveau s’est mis à souffler entre ces murs rongés par le temps. Des entreprises du secteur créatif devaient venir s’y installer, un nouveau hub innovateur sous le nom de PAKT. Même le toit se vit allouer une destination surprenante : un ambitieux projet agricole urbain s’y installa et chercha à coopérer avec les habitants du quartier. ‘t Dak van Pakt (= le toit du Pakt) démarra comme un jardin sur le toit de pas moins de 1800 m2. On y vit apparaître des arbres fruitiers, une serre, un enclos à volaille et un étang avec des poissons. Des poissons rouges et des truites arcen-ciel y nagent dans l’eau de pluie recueillie et l’enrichissent d’engrais pour les légumes et les fruits. Dès le départ, ’t Dak a combiné des techniques de culture séculaires avec les technologies les plus avancées. Deux cents fermiers entreprirent d’y jardiner, travailler, expérimenter et apprendre ensemble. Les cultures suivaient le rythme des saisons, encadrées par deux fermiers expérimentés. En organisant des ateliers et des conférences, ils entraînèrent les tout nouveaux fermiers urbains. Des cuisines populaires créèrent des liens solides entre tous ces fermiers de quartier, car que peut-on déguster de meilleur qu’un repas composé intégralement d’ingrédients qu’on a cultivés soi-même ? Une production alimentaire durable en plein centre d’Anvers doit être accessible à tous.

> ’T DAK VAN PAKT

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Des surplus de fruits et légumes étaient vendus à des prix extrêmement réduits ou même donnés gratuitement


Tournai — Hainaut

Un achat de groupe pour une alimentation locale saine Quand on achète tous ses fruits et légumes au supermarché, on ramène souvent des produits qui ont parcouru de grandes distances et dont l’emballage fera croître encore un peu la montagne de déchets. L’asbl tournaisienne Anama décida de remédier à cela. Pourquoi les citoyen(ne)s n’achèteraient-ils pas collectivement des fruits et légumes voire des produits dérivés auprès d’un maraîcher local ? Des habitants auraient ainsi l’occasion de se rencontrer, d’apprendre à se connaître et le maraîcher y gagnerait aussi. Anama s’est adressé spécifiquement à des personnes isolées dans deux quartiers différents de la ville. L’objectif principal était de réunir des gens afin de trouver ensemble des produits locaux et sains pour des prix abordables. Grâce à la coopération avec un maraîcher, des surplus de fruits et légumes ont pu être vendus à des prix extrêmement réduits ou même donnés gratuitement. Les gens pouvaient récupérer hebdomadairement leurs fruits et légumes en deux endroits où ils avaient aussi la possibilité d’échanger des astuces pour la conservation et la préparation des produits, pour diminuer les déchets et pour encourager le jeune maraîcher. Le contact direct avec le fermier invitait aussi les gens à suggérer eux-mêmes quels produits seraient les bienvenus la saison suivante. Une initiative de ce genre restaure les liens entre le producteur, le produit et le consommateur, sans qu’elle contraigne ce dernier à augmenter la dépense.

> GROUPEMENT D’ACHAT LOCAL

121


Gemeente — Provincie

Pourquoi de la soupe ? > Une distribution de soupe permet des rencontres décontractées

> Des voisins serviables aident des

habitants âgés à sortir de leur isolement

> En plus, tous les trois mois,

des ateliers très divers sont organisés

> PROJECT 122


Gand — Flandre orientale

PRIX

DU PUBLIC

La soupe sur le trottoir, un brin de chaleur dans le quartier

2018

Le quartier Rabot est un des quartiers les plus pauvres de Gand. Dans ce quartier très peuplé cohabitent les cultures les plus diverses, ce qui fait que la langue est souvent une barrière. Il y règne en plus beaucoup de solitude. Et surtout les habitants les plus âgés dans les appartements sociaux connaissent à peine leurs voisins. Le quartier a besoin d’opportunités de rencontre. C’est pourquoi la crèche Tierlantuin organise chaque mois depuis 2015 une soupe sur le trottoir. Mais au lieu de couper les légumes elle-même, elle engage les habitants du quartier. Dans la cuisine de la crèche, ils préparent le matin une soupe succulente qui est ensuite servie sur le trottoir et même distribuée dans le quartier puisque les gens ne sont pas tous suffisamment mobiles. En fait, il ne s’agit pas tellement de soupe, mais surtout d’entrer en contact avec les gens. C’est pourquoi il y a aussi tous les trois mois des ateliers, sur une nourriture saine, par exemple, ou sur des tours de magie amusants, sur l’art de réparer des vêtements ou de fabriquer des jouets avec des matériaux gratuits. La soupe et les enfants apportent un peu de chaleur dans le corps et le cœur de ceux qui risquent parfois de se noyer dans l’isolement social. Des personnes font connaissance au-delà des différences de génération, des voisins s’entraident. Grâce à la périodicité mensuelle, les gens reviennent aussi : ils savent que la soupe est bonne et que les brins de causette font du bien. Certains y passent même tout l’après-midi pour profiter de l’ambiance de cette soupe sur le trottoir. Et pour que les visiteurs âgés puissent s’installer confortablement, Tierlantuin s’est fait un plaisir d’acquérir pour eux des tables et des chaises.

> SOEP OP DE STOEP 123


Gemeente — Provincie

Chiro Lore parvient non seulement à mettre les jeunes en mouvement, mais aussi l’ensemble du quartier


Anvers — Anvers

La diversité culturelle devient un paradis culinaire Les plus ou moins cent mille membres font du Chiro le mouvement de jeunesse le plus nombreux de Flandre. Il lui est cependant régulièrement reproché de ne pas suffisamment prendre en compte la diversité grandissante des enfants et des jeunes, surtout dans les zones urbaines. Pour sa part, Chiro Lore contredit cette assertion avec un large sourire. La section est active dans le Zuid à Anvers, un quartier éminemment animé. Au Chiro Lore, des jeunes aux origines ethniques et culturelles les plus diverses trouvent un chez-soi chaleureux et amusant. Ce qui est le résultat pas toujours évident mais néanmoins réussi de nombreuses années d’efforts. Chiro Lore tente de s’adresser à l’ensemble du quartier et, pour s’attirer aussi la sympathie des habitants adultes, le mouvement de jeunesse a organisé en 2018 sa première Cuisine du monde. Pour cela, le mouvement a demandé aux parents de ses membres de préparer un plat typique de leur culture ou de leur pays d’origine et de le présenter en dégustation. L’on vit donc une combinaison de mets des plus divers en train de cuire ou mijoter fraternellement l’un à côté de l’autre et, pour un euro seulement, le visiteur pouvait goûter voire manger à sa faim. Une foule de gens du quartier s’est rendue vers la grande table où s’est formée presque une véritable communauté. Les gens discutaient, échangeaient leurs impressions gustatives et retournèrent se servir. La Cuisine du monde devint un festin débordant de découvertes culinaires. En plus, on se communiquait aussi les recettes, de sorte que plein de gens sont rentrés chez eux avec un carnet plein de nouvelles recettes et, surtout, de nouveaux contacts. Chiro Lore n’arrive pas seulement à mettre les jeunes en mouvement, mais aussi les gens du quartier.

> CUISINE DU MONDE CHIRO LORE

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Une tasse de café et un éclair au chocolat favorisent le contact entre les gens qui découvrent ainsi comment ils peuvent s’entraider


Roulers — Flandre occidentale

Du café et des éclairs : du ciment pour un quartier Du café et des éclairs. C’est ce que le centre d’aide sociale Ten Elsberge, situé dans la maison de retraite De Zilverberg, avait prévu pour une réunion de quartier en septembre 2018. Ce rassemblement devait se répéter mensuellement, chaque fois un dimanche. De cette manière, le centre d’aide sociale ne cherchait pas seulement à promouvoir son propre fonctionnement, mais aussi à établir le contact entre les habitants des logements assistés de la maison de retraite avec le quartier environnant. L’accompagnement de ces après-midis mensuelles était assuré par deux étudiants en ergothérapie de la Hogeschool West-Vlaanderen (= Institut supérieur de Flandre occidentale) Par le biais de ce goûter, les voisin(e)s eurent l’occasion de mieux se connaître, ce qui permit de lancer le projet Buren Helpen Buren (= des voisins aident des voisins). Pour la maison de retraite, c’était une manière d’encourager l’aide réciproque spontanée. Les gens sont souvent disposés à aider, ne fût-ce qu’en allant acheter un pain, en sortant le chien ou en arrosant les plantes, mais ils ne savent pas toujours qui peut avoir besoin de ce genre d’aide. Grâce à une initiative comme Buren Helpen Buren, les gens peuvent entrer en contact et voir ensemble ce qui peut être fait. Cela contribue aussi beaucoup à créer un quartier chaleureux. Se faire donner un coup de main par un voisin bénévole fait encore juste un peu plus chaud au cœur que d’accepter l’aide d’un soignant professionnel.

> BUREN HELPEN BUREN: KOFFIE IN DE BUURT

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Oostkamp — Flandre occidentale

D’excellents repas avec des surplus alimentaires Des surplus alimentaires ne doivent pas nécessairement constituer un problème, mails ils atterrissent souvent systématiquement et inexorablement dans les poubelles. À Oostkamp, un groupe de travail décida de renverser la vapeur en créant un Kruimelcafé (= auberge aux miettes). Tous les lundis et mardis, les initiateurs font la tournée de différents endroits – commerces, boulangeries et traiteurs – afin de collecter des produits devenus superflus mais encore parfaitement consommables. Les mardis après-midi sont dédiés à la préparation par des bénévoles, de sorte qu’ils sont en mesure de proposer le soir même à leurs hôtes des amuse-gueule, un potage, un plat principal et des desserts. Le menu dépend de la récolte hebdomadaire mais, quoi qu’il en soit, il faut que les plats soient bons, variés et végétariens. Au Kruimelcafé, on était déjà convaincu de toutes les bonnes raisons pour

Le menu varie de semaine en

ne pas manger de viande, mais on veut

semaine, mais il faut avant

aussi ne prendre aucun risque au niveau

tout que les plats soient bons,

de la sécurité sanitaire des aliments.

variés et végétariens

Tout un chacun est le bienvenu à table. Le Kruimelcafé cible surtout un public de personnes qui ont simplement envie d’un

bon repas mais qui n’en ont pas trop les moyens, d’autres personnes désireuses de soutenir le projet dont ils apprécient la valeur et finalement aussi de gens qui viennent pour la qualité des repas et l’ambiance conviviale. Depuis, les initiateurs ont pu établir des rapports de confiance avec des fournisseurs locaux. Le groupe de bénévoles s’est aussi élargi et constitue aujourd’hui une belle équipe de cuisiniers et de commis. Les responsables du Kruimelcafé croient à la valeur de cuisiner ensemble, de travailler avec des surplus et de la durabilité. Et les clients ? Ils adorent.

> KRUIMELCAFÉ

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Neder-Over-Heembeek — Bruxelles

Une salle de séjour dans l’espace public Pour la cinquième fois déjà, la place Peter Benoit à Neder-Over-Heembeek s’est transformée, cet été 2019, en un endroit de rencontre sans entraves où se déroulaient en plus toutes sortes d’activités. Mais le plus important était qu’une nouvelle fois, la place a pu faire office de salle de séjour dans l’espace public, d’où le nom « Living en Ville ». Les habitants du quartier pouvaient venir y lire le journal en profitant en même temps du soleil, organiser un pique-nique avec leur famille

Living en Ville était l’endroit idéal pour profiter ensemble d’un bel été

ou prendre l’apéro au soleil couchant avec des ami(e)s. De mai à septembre, « Living en Ville » était l’endroit idéal pour profiter avec tout le quartier d’un bel été. Un grand nombre

de bénévoles, d’associations et d’organisations enthousiastes assurent la mise en place d’un grand éventail d’activités très variées, allant d’une gymnastique matinale à un cours de réparation de vélos, en passant par le géocaching.

> LIVING EN VILLE

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Gemeente — Provincie

> PROJECT 130


Gemeente — Provincie

L’impact de l’art et de la télévision locaux > PROJECT 131


Gemeente — Provincie

C’est le quartier qui s’est littéralement chargé de la coproduction d’un courtmétrage


Saint-Nicolas — Flandre orientale

Hollywood dans son quartier

2E PRIX 2016

Dans le quartier Élisabeth à Saint-Nicolas, il existait des plans pour transformer un ancien couvent en projet d’habitation. Mais quelques habitants du quartier saisirent leur chance pour se servir du « Paterssite », le site de l’ancien couvent, comme lieu de tournage pour un film de fiction sur le quartier Élisabeth, intitulé Levende Zielen (Les âmes vivantes). Avec l’implication et la coopération de nombreuses associations et d’autres habitants. Leur court-métrage devait attirer l’attention sur la vie associative contemporaine et créer en même temps un lien avec de nouveaux habitants. La première du court-métrage a eu lieu en 2016, mais l’essentiel s’était déroulé avant. Les journées de tournage avaient en effet suscité des tas de rencontres inattendues et quelques événements mémorables. Des habitants apprirent à mieux se connaître eux-mêmes et les autres : des talents insoupçonnés furent révélés. Un projet cinématographique n’offre pas seulement des chances aux gens de s’épanouir dans le domaine socio-culturel, mais aussi de s’investir avec enthousiasme dans l’organisation en coulisse. Le quartier s’est littéralement chargé de la coproduction du film. C’était en même temps la manière idéale pour le quartier de jouer un rôle dans un projet de développement urbain à grande échelle. Grâce à Levende Zielen, le « Paterssite » fait désormais partie de la mémoire collective du quartier Élisabeth.

> LEVENDE ZIELEN

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Laisser une énorme tour vide ? Matexi a préféré mettre le bâtiment à la disposition de toutes sortes de pop-ups


Anvers — Anvers

Une tour de bureaux suspecte devient l’endroit à la mode

PROJET MATEXI

Inaugurée en 1974, l’Antwerp Tower n’a jamais été à la hauteur (c’est le cas de le dire…) des attentes élevées de ses concepteurs. Dans le courant des années 1990, des hommes d’affaires véreux s’y sont installés et, en plus, le gratte-ciel se retrouva en 2012 sur une liste des vingt édifices les plus laids d’Europe. Mais, la même année, une lueur d’espoir se manifesta à l’horizon : s’étant spécialisé dans des projets de reconversion urbaine, Matexi se rendit acquéreur de la tour. Le plan consistait à démanteler entièrement le bâtiment et à y installer un mélange d’appartements, de bureaux et de commerces. Mais ce n’est pas une opération qu’on réalise d’un jour à l’autre. Il faut développer un plan global, obtenir les diverses autorisations et trouver des partenaires adéquats. C’est la raison pour laquelle Matexi a mis cet immense bâtiment à la disposition de divers pop-ups. De la mi-2016 au début de 2017, le Bar Gloed y a accueilli des clients pour une tasse de café, un déjeuner, de la musique et des expositions. D’innombrables Anversois y sont venus profiter de la vue époustouflante qu’on y avait sur la ville. Les week-ends, le Klub Gould au vingt-et-unième étage a été l’endroit à la mode pour les fêtards de tout acabit. Juste avant que Matexi n’entame les immenses travaux de réhabilitation, l’Antwerp Tower a été le décor d’un remarquable projet artistique de Gert Adriaenssens. L’artiste fit retirer en forme d’arc des fenêtres de la façade du bâtiment, créant ainsi une immense demi-lune. Le soir, un éclairage pulsant au rythme d’un cœur insufflait symboliquement la vie dans cet édifice. En quelques années seulement, l’Antwerp Tower a réussi à se défaire de sa réputation fâcheuse et, aujourd’hui, l’avenir semble de plus en plus beau.

> ANTWERP TOWER

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Cinquante portraits grandeur nature illustraient la diversitĂŠ de Paal


Beringen — Limbourg

Un village découvre sa diversité Entité de Beringen, Paal est un village multiculturel où vivent en bonne harmonie des gens et des communautés d’origines très diverses. Paalonline, un site web par et pour les habitants de Paal, a voulu donner un coup de projecteur sur cette diversité par un projet d’interviews et de photos. Au début 2016, des collaborateurs se sont mis en quête de cinquante habitants d’origines diverses, allant des gens du cru aux racines locales jusqu’à des immigrés belges et étrangers. Des femmes aussi bien que des hommes, des jeunes aussi bien que des vieux se sont présentés devant la caméra. L’éventail comprenait aussi des personnes atteintes d’un handicap. Quatre cents habitants de Paal ont visité l’exposition présentant des portraits grandeur nature de leurs concitoyens. Après, une dizaine de portraits ont continué à faire partie du paysage urbain à Paal. Toutes les interviews ont été publiés sur Paalonline : les habitants y évoquaient librement ce qu’ils appréciaient ou pas dans leur village. Le projet fut clôturé en mai 2017 par une fête populaire à laquelle ont coopéré seize associations locales. Le revenu de la fête est allé à l’organisation Open Hart Paal (= Cœur ouvert à Paal) qui s’engage pour les plus défavorisés. Sur le site web, Paalonline continue à illustrer et stimuler la vie locale, mais l’engagement physique aussi a donné envie de ne pas en rester là.

> PAAL, VILLAGE UNI, VISAGES MULTIPLES

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Gemeente — Provincie

La production artistique valait la peine d’être vue et elle a été vue en effet


Gand — Flandre orientale

Le quartier comme décor animé et vivant

2E PRIX 2017

La ceinture du XIXe siècle autour de Gand est connue pour son aspect miséreux. C’est une succession d’anciens quartiers ouvriers habités aujourd’hui par des familles très souvent issues de l’immigration. La cohabitation ne s’y déroule pas toujours harmonieusement. En 2014, trois habitants du quartier Dampoort se concertèrent : comment apporter un peu plus de fantaisie et de liant dans leur quartier ? En créant Echo’s uit de wijk (Échos du quartier), ils lancèrent un projet accessible à tous. Le but était d’essayer de toucher des gens et des communautés qui ne s’engageaient d’habitude pas spontanément. La première approche se fit par la photographie parce que des photos dans la rue attirent forcément l’attention. Au moyen de grandes photos imprimées, les participants attiraient l’attention sur l’inoccupation de maisons dans le quartier. Mais d’autres disciplines, la musique, par exemple, furent également engagées dans le même but. Ce qui avait commencé à petite échelle a grandi au fil des ans. Deux ans après ce début, le quartier de Muide-Meulestede fut également impliqué dans le projet. Les photos furent publiées sur des cartes postales et des sous-bocks. Même les habitants du Reno, un bateau servant de centre d’accueil pour demandeurs d’asile, prirent part au projet puisque « leur » bateau est accosté au Muide. Cette production artistique valait la peine d’être vue et elle a été vue en effet. Mais, surtout, les habitants ont appris à connaître leur propre quartier comme un décor animé et passionnant.

> ECHO’S UIT DE WIJK

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Les habitants avaient toutes les raisons d’être fiers de leur travail et le quartier avait acquis une nouvelle attraction


Courtrai — Flandre occidentale

Un tunnel sombre devient une voie d’accès flamboyante Le quartier Bachten de Route (Derrière la route) se situe en bordure de la Lys, longeant un charmant circuit pédestre et cycliste. Mais il est malheureusement coupé du reste de Marke, une section de la ville de Courtrai, par une voie de chemin de fer. Pour atteindre le village, les habitants ne peuvent éviter un long tunnel étroit qui passe sous la voie ferrée. Quand Nicolas Beugnies vint s’installer en 2014 à Bachten de Route, ce tunnel offrait un aspect d’abandon, voire de désolation. C’était pour lui une cause d’exaspération quotidienne. Nicolas décida d’entreprendre quelque chose, car son quartier chaleureux méritait mieux que cela. Les habitants eurent l’idée de transformer eux-mêmes le tunnel en une voie d’accès agréable à leur quartier. Ils avaient déjà fait l’expérience d’une coopération en installant des bancs et une bibliothèque de plein air près d’une réserve naturelle le long d’un ancien bras de la Lys. Cette fois, ils se mirent à décorer les parois du tunnel par du street art, donnant ainsi un aspect plus rassurant au passage et le transformant en attraction pour les promeneurs et les cyclistes. Comme les anciens lampadaires conféraient une impression lugubre à l’endroit, la ville de Courtrai les remplaça par un éclairage beaucoup plus clair. Ces travaux de réhabilitation du tunnel créèrent ou renforcèrent le lien entre les habitants qui avaient toutes les raisons d’être fiers de leur travail. Ils avaient même créé une attraction pour le quartier. Le tunnel du chemin de fer n’est plus un sombre boyau, mais une attraction flamboyante par laquelle Bachten de Route impressionne tous les passants.

> BACHTEN DE ROUTE

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Gemeente — Provincie

Soudain, un tas de gens avaient une salle de théâtre dans leur propre rue – voire dans leur propre maison


Wijgmaal — Brabant flamand

Des salles de séjour pour accueillir un festival… ou une tournée artistique très locale Des talents artistiques, on en trouve partout. La seule chose à faire : les chercher. À Wijgmaal, petite section de la ville de Louvain, la créativité abonde, même si l’offre culturelle y est plutôt maigre. En créant DoRemy – le nom fait allusion à une grande usine dans les parages –, les habitants de Wijgmaal ont trouvé une manière de proposer une scène dans leur propre entourage aux artistes locaux. Ils ont même mis sur pied une véritable tournée. Comment était-ce possible dans un si petit hameau ? Il suffisait de dix familles qui mirent leur salle de séjour à disposition comme salle de théâtre, l’ouvrant ainsi à la danse, le théâtre ou l’art de la parole. Les habitants flânaient d’un spectacle à l’autre, de salle de séjour en salle de séjour. L’accès était littéralement très aisé ; soudain, tout un tas de gens avaient une salle de théâtre dans leur propre rue – voire dans leur propre maison. Les voisins se rendaient tout naturellement visite, certains se découvraient un talent caché, d’autres prenaient plaisir aux prestations artistiques de leurs voisin(e)s. Le concept était aussi simple que futé. Des artistes locaux se virent (davantage) reconnus, de nouveaux réseaux se créèrent et les habitants purent enfin profiter d’un peu de culture dans leur propre village.

> DOREMY

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Gemeente — Provincie

Les habitants ont écrit eux-mêmes les scénarios et fait le montage des épisodes

> PROJECT 144


Molenbeek-Saint-Jean — Bruxelles

Un sitcom mensuel sur le quartier

2E PRIX 2018

Comment établir des contacts entre les habitants d’une maison de repos et la vie dans un quartier de la ville ? Et vice versa : de quelle manière ouvrir la voie pour une action de proximité en faveur des habitants âgés du quartier ? À Molenbeek-Saint-Jean, ils ont trouvé une réponse particulière à ces questions : de petits courts-métrages qui paraissent comme des sitcoms sur le web. Sous le nom de Papy Boom, un nouvel épisode paraissait chaque mois en ligne, toujours du « cinéma vérité ». Les scénarios étaient écrits par les habitants euxmêmes, ils enregistraient aussi les images et faisaient le montage. Les personnes âgées y participaient pleinement. Entre-temps, une douzaine d’épisodes ont été produits. Par cette approche, les initiateurs ont réussi à produire d’un coup plusieurs effets positifs. Il va de soi que les intéressés étaient les premiers à regarder intensément la série – tous ceux qui se sont trouvés devant ou derrière la caméra voulaient évidemment voir le résultat. En même temps, les habitants du quartier, les jeunes et les moins jeunes, ont découvert réciproquement leur existence et leurs histoires parfois plus surprenantes que tout ce qu’on pourrait imaginer. Les différentes générations ont pu se trouver, de nouveaux réseaux de proximité se sont constitués. En même temps, avec leurs épisodes mensuels de Papy Boom, les habitants ont contribué à la mémoire visuelle du quartier.

> PAPY BOOM 145


Gemeente — Provincie

Cinq cents familles se sont engagées et c’est ainsi qu’un ancien garage devint la propriété du quartier


Borgerhout — Anvers

Le premier centre culturel de proximité de Flandre

1ER PRIX 2018

Dans un quartier peuplé d’Anvers sans beaucoup d’infrastructure ni d’offre culturelle, un ancien bâtiment ayant servi de garage était soudain mis en vente. Un tel espace représenta une véritable aubaine. L’ancien garage pouvait se prêter à tout ce dont rêvaient les habitants. Le quartier n’hésita pas. Il y eut très rapidement une grande mobilisation qui aboutit à un plan financier risqué mais faisable : les habitants du quartier se rendraient ensemble acquéreurs de ce bâtiment par le biais d’une action coopérative. Et cela a marché. Cinq cents familles se sont engagées et le garage devint donc la propriété du quartier. Il existait désormais par et pour les habitants. En un minimum de temps, cent cinquante bénévoles se présentèrent. Sans hiérarchie ni structures compliquées, ils créèrent le Theatergarage. Ce n’étaient pas les besoins qui manquaient dans ce quartier, les initiateurs n’avaient donc que l’embarras du choix parmi les objectifs. La priorité est allée à un programme pour les enfants et les jeunes, ce qui a été possible grâce à une coopération intense avec les nombreuses écoles de quartier. En deuxième lieu, une scène ouverte aux artistes (amateurs), et comme troisième objectif : un lieu de rencontre pour les habitants. Le résultat de tout cela ? Pour la première année, en 2017, on comptabilisa déjà plus de cent activités. Le premier centre culturel de proximité autonome de Flandre a donc pris un départ sur les chapeaux de roue. Et tout cela s’était fait à l’initiative de citoyens, sans la moindre intervention des pouvoirs publics. Le quartier n’avait pas seulement fait preuve d’une énergie incroyable, mais aussi d’un sens des affaires. L’éventail d’activités était largement ouvert. Mission plus que réussie !

> DE THEATERGARAGE

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Hasselt — Limbourg

La culture vient sur place Dans la ceinture verte autour de Hasselt a lieu chaque été le grandiose festival de musique Pukkelpop, mais au printemps 2018 apparut soudain aussi un festival dans le centre-ville du chef-lieu limbourgeois : Tournée locale. Tournée locale ne s’adresse pas aux jeunes du pays entier, mais spécifiquement à trois quartiers proches du cœur de Hasselt. Pendant deux semaines, ce festival culturel cherchait à défier les habitants au niveau culturel tout en créant entre eux des contacts de manière créative. Les faire profiter ensemble de représentations culturelles pouvait être un des objectifs, mais c’était surtout un moyen de renforcer la cohésion sociale dans ces quartiers. Le concept était de proposer du culturel

Le concept était de

de manière très accessible afin qu’il touche

proposer du culturel de

aussi des groupes cibles et des com-

manière très accessible afin qu’il touche aussi des communautés moins spontanément intéressées

munautés moins spontanément intéressés. Les habitants de ces quartiers pouvaient aussi participer à des ateliers, des concerts de musique à la maison et des promenades. Il y avait aussi un bar-livres. Au cours des mois précédant le festival, le service

culturel de Hasselt a lancé un appel aux habitants pour qu’ils communiquent leurs idées et participent à la mise en forme de l’événement. Outre quelque vingt-cinq partenaires culturels, diverses organisations, surtout des établissements d’enseignement, ont également coopéré. L’idée est qu’à l’avenir, Tournée Locale soit organisé chaque fois dans un autre quartier de Hasselt. Ce qui devrait rendre possible aussi d’adapter son contenu au caractère propre du quartier, en tenant le plus possible compte de ses habitants.

> TOURNÉE LOCALE

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Louvain — Brabant flamand

À Louvain, des habitants font littéralement étinceler leur ville La plupart du temps, c’est la municipalité qui décide de quoi aura l’air l’espace public. Au mieux, les citoyens peuvent exprimer un avis. Mais Louvain a voulu franchir une autre étape. Ce qui ne fut au début qu’une petite idée s’est développé en un grand projet urbain. La ville a introduit en 2017 un nouveau plan de circulation et, pour accentuer l’événement, elle a mis à disposition trente-cinq jardinières en béton que les habitants pouvaient décorer de mosaïques. Plus de trois cents habitants de tous les coins de la ville ont participé à ce projet et ont égayé l’aspect des rues par leurs créations. Un an plus tard, des éléments

Par ces mosaïques, plus de trois cents habitants de Louvain ont marqué la ville de leur sceau

devant servir de sièges furent également l’objet d’une décoration à l’aide de petites pièces émaillées. Par ces mosaïques, les habitants n’ont pas seulement marqué la ville de leur sceau, ils ont contribué aussi à créer davantage de

solidarité par leur travail en commun. Six artistes ont pris sur eux d’accompagner la pose des tesselles. Les jardinières dans les nouvelles rues à circulation restreinte sont finalement devenues chacune une véritable œuvre d’art. À leur tour, les bancs témoignent encore toujours de créativité et d’inventivité. Ces œuvres expriment l’ambiance et l’animation de la ville. Louvain resplendit comme jamais auparavant.

> MOZAÏEK DE STAD

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Il y a de moins en moins de bouchers et de boulangers, mais le salon-lavoir continue à être fréquenté par beaucoup de gens


Wetteren — Flandre orientale

Une lessiveuse pleine de peccadilles S’inspirant de Wasmasjien (= lessiveuse), un tube de 1985 du groupe Trafassi, un ensemble surinamais-néerlandais de musique de fête, un projet intitulé Kleine verhalen, grote verhalen. Doe ze in ons wasmasjien (Histoires petites ou grandes, mets-les dans notre lessiveuse) a vu le jour à Wetteren. La lessiveuse symbolise ce qui efface les petits péchés, de la simple espièglerie à des mauvais tours un peu plus graves. Par un formulaire en ligne, les habitants pouvaient signaler qu’ils avaient une histoire (à raconter), sur quoi un bénévole d’O Lab passait chez eux pour noter l’histoire (de préférence avec élément épineux). O Lab est un projet patrimonial qui vise à établir des liens entre les habitants de quartiers par le biais d’histoires. L’idée consistait à fabriquer une lessiveuse mobile permettant d’écouter et de regarder les histoires grâce à un projecteur spécial. Il s’agissait d’un projecteur commandé par objet : grâce à la technologie numérique, il projette un petit film lorsqu’un visiteur place un objet sur le projecteur. Grâce à un chip, le projecteur sait quel petit film correspond à quel objet spécifique. Ces objets pouvaient renvoyer à des histoires personnelles d’habitants du quartier. Certaines histoires étaient aussi évoquées sur des pochettes de disques vinyles spécialement adaptées. La collecte d’histoires déboucha à l’été 2019 sur une fête de quartier avec le salon-lavoir dans l’épicentre. Pourquoi le salon-lavoir ? Parce que c’est un des rares endroits où passent encore beaucoup de gens à cette époque qui compte de moins en moins de bouchers, de boulangers ou de commerces de quartier.

> GROTE VERHALEN, KLEINE VERHALEN. DOE ZE IN ONS WASMASJIEN

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Le formidable succès a fait sur-le-champ la rÊputation de 100 % Genks


Genk — Limbourg

Un panorama de rencontres et de curiosité Genk se présente comme une belle mosaïque de quartiers et de communautés. La ville a un peu l’air d’une palette, avec une collection haute en couleurs de diversités et une communauté très répandue. La richesse de cette diversité est une source permanente d’étonnement car, à chaque fois, une inspiration créative réussit à mettre en scène la force et la splendeur de cette société multiculturelle. Le projet 100 % Genks a incité tous les quartiers de Genk à se présenter par de petits courts-métrages d’une bonne qualité. Il n’était pas important d’avoir pour sujet des choses de la vie quotidienne ou des événements passionnants ou particuliers, l’essentiel étant qu’ils racontent quelque chose sur la vie en société, sur la prise de contact et le dialogue, sur ce qui construit une communauté. La première récolte fut impressionnante : deux cents courts-métrages sont parvenus jusqu’à une installation prévue à Waterschei. Ce fut en même temps un fleuron de la technologie contemporaine pour lequel s’était engagée une entreprise spécialisée. Le résultat fut un panorama animé de rencontres et de curiosité. Les gens ressentaient une nouvelle fierté par rapport à leur quartier et leur ville. Ce formidable succès a fait sur-le-champ la réputation de 100 % Genks. Le résultat final a donné aussi un nouvel élan, car le projet suscita plein de matière pour de nouvelles narrations. Les courts-métrages se sont retrouvés dans un catalogue accueillant aussi les nouvelles contributions. L’ensemble pouvait aussi être regardé en ligne. 100% Genks a charmé par son originalité et son énergie positive qui ont réussi à fédérer l’implication d’habitants, de la municipalité, d’associations et d’entreprises.

> 100% GENKS

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Kortenaken — Brabant flamand

2E PRIX 2019

Des stars de la télévision locale envahissent Kortenaken Comment faire pour arracher les gens à leur écran de télé ? Le conseil des seniors de Kortenaken a trouvé la réponse : en réalisant eux-

mêmes une émission télé. En direct sur scène. Avec des seniors jouant le rôle de stars de la télévision. Le plan : « traduire » des programmes télé populaires en des versions « couleur locale » de Kortenaken ; moyennant la coopération de tout un chacun qui avait simplement envie de participer. Le succès fut grandiose. Au fur et à mesure que l’émission se prépa-

On vit apparaître sur scène des versions « kortenakoises » de FC De Kampioenen et De Notenclub

rait, de nouveaux bénévoles enthousiastes ne cessaient de se présenter, avec chacun son originalité. L’idée de départ d’une initiative pour seniors se transforma en une rencontre pétillante de gens les plus divers. Plus de quarante volontaires soutenaient

finalement le projet de TV Kortenaken. Mercredi 14 novembre 2018. Le grand jour était arrivé, l’après-midi de « l’émission ». Un public de pas moins de cent trente seniors se présenta au CC Den Hoek. On vit apparaître sur scène des versions « kortenakoises » de programmes tels que FC De Kampioenen, HT&D et De Notenclub. Dans les sketches, les seniors firent des étincelles et dans De Slimste Mens van Kortenaken, le bourgmestre fut opposé au curé. Non sans un gros clin d’œil, une équipe d’acteurs de Kortenaken interpréta des intrigues de Thuis et Familie. Sur la scène, la fanfare des jeunes Sforzando Hoeleden interpréta en direct les indicatifs de ces feuilletons. Des compagnies théâtrales de Kortenaken avaient enregistré auparavant des spots publicitaires pour les projeter pendant les changements de décor. Les seniors dans la salle gratifièrent leurs comparses sur la scène d’une véritable ovation. Ensuite, ce fut l’occasion pour des connaissances oubliées depuis trop longtemps de fraterniser ou pour d’anciens ou nouveaux amis de célébrer leur rencontre festive. Bref, TV Kortenaken fut un immense succès.

> TV KORTENAKEN

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Anvers — Anvers

Un nouveau journal pour un nouveau quartier

PROJET MATEXI

En juin 2014, parut à Anvers le premier numéro d’un nouveau petit journal qui annonça modestement en première page : « S’il existe un intérêt suffisant, nous continuerons ». ’t Gruun Gazetje (= Le petit journal vert) était une initiative par et pour les habitants du Groen Kwartier ( = Quartier vert), un nouveau quartier d’habitation créé sur le site de l’ancien hôpital militaire de Berchem. Depuis, c’est le numéro 24 qui a été publié en mars 2020. Si le nom avait changé en Het Kwartiertje

Six ans après la création, la rédaction écrivait encore toujours sur la très riche histoire du Groen Kwartier

(= le petit quartier ou le quart d’heure) après seulement trois numéros, pour le reste, les intentions étaient restées les mêmes. En 2014, la rédaction s’exprima encore en ces termes : « Nous sommes quelques habitants du quartier qui

cherchent à s’engager pour ce quartier. Il fait bon vivre dans ce quartier et il fera encore meilleur s’il y a beaucoup de choses à faire comme des fêtes de quartier, un marché d’art ou un tournoi de pétanque. Nous avons envie de faire la connaissance de plein de nouveaux voisins et de donner un coup de pouce à la vie du quartier si c’est possible ». Les sujets d’alors étaient le beach-volley, l’art, l’annonce d’une session d’information et un peu d’histoire. En 2020, la rédaction écrit encore toujours sur la très riche histoire du site, mais aussi sur les hôtels-restaurants-cafés locaux et sur les zones naturelles toutes proches. Entre-temps, la mise en page avait suivi l’évolution. Tout comme le font aussi les habitants du quartier.

> HET KWARTIERTJE

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Au cours des 75 dernières années, Matexi s’est déjà réinventée quatre fois : de revendeur de terres à destination agricole en lotisseur et, ensuite, de constructeur de maisons en développeur de quartiers. Ce n’est pas donné à tout le monde. Souvent, l’échec attend au tournant les entreprises qui n’osent pas se remettre en question.. Jo Van Biesbroeck Président du Conseil d’administration


Morceaux choisis de l’histoire de Matexi Matexi célèbre son 75e anniversaire et, pour une entreprise aussi, il s’agit d’un âge respectable. Pourtant, Matexi demeure jeune et alerte car, au fil de toutes ces années, l’entreprise a continué à se développer, à s’adapter et même à se réinventer. Ce qui rend l’histoire de Matexi si particulière, c’est qu’elle ne traite pas seulement d’une seule entreprise mais aussi de tout un pays, la Belgique. La Flandre aussi a beaucoup changé au cours de ces trois quarts de siècle. Non seulement dans la manière dont les Flamands conçoivent leur habitation, mais aussi dans leur approche de l’espace public, de la nature et des centres-villes. Lorsque les frères Vande Vyvere constituèrent Matexi en 1945, leur fonds de commerce était surtout les terres à destination agricole. Dans les années 1950, l’entreprise se focalisa sur les lotissements, sur lesquels elle se mit aussi à construire à partir des années 1960. Dès les années 1970, la société s’intéressa aussi à la construction d’immeubles, mais ce fut aussi l’époque des premières contestations citoyennes contre certains projets. Ce qui ne manqua pas de susciter une réflexion stratégique au sein de Matexi. À partir des années 1980, Matexi se spécialisa de plus en plus dans les projets urbains. C’est là que se situait l’avenir et non plus dans le lotissement de terres cultivables. Dans les années 1990, Matexi se réinventa même comme développeur de quartiers : elle s’attaqua à des chancres urbains pour les transformer en nouveaux quartiers, tout en écoutant les idées et les observations des habitants déjà présents. Actuellement, Matexi développe surtout des projets de reconversion intraurbaine. Non seulement, la société s’efforce de créer des quartiers vivants dans les villes, mais elle offre aussi des possibilités et l’espace à diverses initiatives temporaires qui créent une activité bouillonnante dans le quartier avant même que ne s’ouvre le chantier de réhabilitation. Pour Matexi, un nouveau projet est à chaque fois un processus d’apprentissage et c’est précisément en n’arrêtant jamais d’apprendre que l’entreprise garde toute sa jeunesse.

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1917 Une famille d’entrepreneurs privée du père Le 17 mars 1917, Victor Vande Vyvere, agriculteur et conseiller municipal à Meulebeke, meurt. Bien qu’il laisse une ferme à sa famille, son décès marque le début d’une période difficile. En pleine guerre, sa veuve, Clémence Roelens, doit éduquer ses neuf enfants et gérer une entreprise agricole. Heureusement, elle peut compter sur l’aide de ses deux frères célibataires. Clémence ne réussit pas seulement à maintenir l’embarcation à flot, mais à part son fils aîné Gérard, tous ses enfants obtinrent leur diplôme d’enseignement secondaire, ce qui était loin d’être gagné à l’époque. La famille Vande Vyvere sait donc se montrer persévérante même quand les temps sont difficiles. C’est une famille entreprenante d’agriculteurs aussi industrieux que commerçants et c’est en son sein que se situent les racines de Matexi.

1935 La future base d’opérations de Matexi Dans la première moitié des années 1930, l’économie essuie mondialement de gros revers et la famille Vande Vyvere n’y échappe pas plus que d’autres. Mais le vent économique tourne dans la seconde moitié de cette décade et les affaires reprennent. En 1935, les deux fils aînés, Gérard et Robert, âgés respectivement de 29 et 28 ans, acquièrent même une grande ferme à Meulebeke. Un an plus tard, Gérard fait construire sur ce domaine une superbe habitation Art déco : la villa Zandvlugge. Cette maison abritera en 1945 le premier siège social de la toute jeune société des frères Vande Vyvere : Matexi.

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1944 Le chaînon entre une noblesse appauvrie et de riches fermiers En septembre 1944, les troupes alliées libèrent la Belgique. La situation d’aprèsguerre offre pas mal d’opportunités pour une famille entreprenante comme les Vande Vyvere. Avant la guerre déjà, ils entretenaient des contacts avec des familles nobles en France et en Belgique, une noblesse qui sort très appauvrie du conflit. Certains de leurs domaines ont subi de lourds dommages et plusieurs familles se voient contraintes de mettre une partie de leurs terres en vente. Gérard, Robert et leur frère cadet Herman achètent de vastes terres et des fermes qu’ils répartissent ensuite en parcelles plus petites pour les revendre à des fermiers. Les temps ont bien changé et, dorénavant, ces derniers disposent en effet d’un peu de capital pour investir. Les fondements de Matexi sont posés.

1945 Matexi prend le départ En 1945, Gérard, Robert et Herman Vande Vyvere regroupent leurs activités immobilières dans une société. Ils s’associent dans ce but avec leur beau-frère André Bostoen et avec Maurice Verstraeten, un instituteur de Bruges qui est aussi arpenteur-géomètre assermenté. Par l’acte de constitution, la toute jeune société se choisit pour objet de « lotir, échanger, enjoliver, louer, vendre, gérer, transformer et construire » des biens immobiliers. C’est Maurice Verstraete qui propose un jour un nom approprié : Maatschappij ter Exploitatie van Immobiliën (= Société d’exploitation immobilière), abrégé en Matexi. Le siège social de la société est d’abord établi dans la villa Zandvlugge, mais il est assez vite transféré dans la maison de maître que Gérard possède dans la Gentstraat (= rue de Gand) à Meulebeke. En 1950, Maurice Verstraete vend ses parts. Par peur du communisme, il s’enfuit au Canada.

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1954 Mariakerke, le premier lotissement L’année 1954 est capitale pour Matexi, c’est celle du premier projet de lotissement qui a lieu à Mariakerke en Flandre orientale, aujourd’hui une section de Gand. À Kolegem, un quartier de Mariakerke, Matexi obtient l’autorisation municipale de lotir un terrain de 15 ha. La société divise le terrain en plusieurs parcelles à bâtir, elle aménage des routes et un éclairage public et elle assure les raccordements aux réseaux d’eau courante, d’électricité et d’égouts. La vente des parcelles démarre en 1956. La toute dernière sera vendue en 1969 alors que les prix ont entre-temps fortement augmenté, passant de 100 à 400 francs le mètre carré.

1955 Matexi a dix ans Matexi fête ses dix ans et se porte bien. La petite société de 1945 a bien grandi et est en passe de devenir une solide entreprise. Durant cette période, elle a vu changer aussi drastiquement la composition de son portefeuille immobilier : dans les années 1940, Matexi achetait et vendait surtout des terres boisées ou cultivables et des fermes en Flandre occidentale. Depuis le début des années 1950, elle s’est tournée presque

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exclusivement vers les terrains à bâtir, souvent à proximité des villes comme, par exemple, Courtrai, Anvers, Bruxelles et Gand. Malheureusement, Robert Vande Vyvere n’est plus là pour célébrer cet anniversaire : il est décédé l’année précédente, âgé à peine de 46 ans.

1962 La deuxième génération monte à bord Pendant presque deux décennies, Gérard et Herman Vande Vyvere ont bien su mener la barque Matexi. En 1962, arrive le premier membre de la deuxième génération dans l’entreprise familiale : Christian, un fils de Gérard. Il est rejoint en 1965 par son cousin Bernard, le fils aîné de feu Robert Vande Vyvere. Plus tard, en 1973, ce sera le tour de Philippe, le fils de Herman, de rejoindre l’entreprise. Christian, Bernard et Philippe misent sur la continuité, tout en s’intéressant plus que leurs pères à la construction même de maisons.

1963 Construire plutôt que lotir Au début des années 1960, Matexi constate que la demande d’habitations toutes faites ou clés en mains augmente. Construire une maison est un processus complexe et de plus en plus de gens le confient volontiers à des professionnels. C’est ainsi que Matexi se met à construire elle-même sur les terrains qu’elle lotit. Les premières habitations construites par Matexi même apparaissent en 1963 à Zulte, une commune de Flandre orientale proche de Waregem. Peu après, Matexi construit plus de cent maisons à Oostkamp, près de Bruges. À Lochristi en Flandre orientale, on créera même un tout nouveau quartier, appelé Lobos. Matexi y assure la construction de quatre cents habitations.

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1965 Le plus grand lotissement de Matexi à Anvers Dans ces mêmes années 1960, Matexi est très active dans la région anversoise. Le 6 mai 1965, l’entreprise présente deux nouvelles maisons-témoins au Nachtegalenhof à Hoboken. C’est le signal de départ d’un projet de plus de six cents logements pour familles. Gérard Vande Vyvere s’y adresse avec fierté aux visiteurs curieux : la réalisation du Nachtegalenhof est à ce moment-là le plus grand projet de Matexi dans la région d’Anvers. Les maisons-témoins à Hoboken symbolisent alors un quartier d’habitation moderne.

1966 Habiter du côté d’Anvers, c’est habiter Matexi Carlos Vanderheeren, le représentant de Matexi pour la province d’Anvers, réussit au début des années 1960, à se rendre acquéreur d’un pâturage juste au-dessus du centre de Kontich. Cela lui a coûté toute une année de négociations avec la congrégation des Zusters Dienstmaagden van de Heilige Harten van Jezus en Maria (= Sœurs servantes des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie). Matexi voulait y construire quelque trois cents habitations. Le chantier commença en 1963 et aussi bien les travaux que la vente des maisons se déroulèrent sans heurts. Il s’agit de maisons mitoyennes relativement simples mais pourvues du confort de l’époque. Elles sont, par exemple, alimentées en gaz natu-

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rel. L’ensemble du quartier Altena a été terminé en 1966. Il est encore toujours bien connu dans la région.

1971 Séparation des biens entre Bostoen et Vande Vyvere André Bostoen se contentait d’être commanditaire chez Matexi : s’il représentait effectivement sa famille, il était peu concerné par la gestion quotidienne de l’entreprise. Son fils Paul Bostoen reprend le flambeau en 1966 et il manifeste de son côté un réel intérêt dans le secteur du bâtiment. Mais, bien vite, des visions différentes se font ressentir et les deux familles, les Bostoen et les Vande Vyvere, décident en 1971 de poursuivre chacune leur chemin. La famille Vande Vyvere assurera la continuité de Matexi tandis que les Bostoen créeront leur propre entreprise de bâtiment qui est d’ailleurs encore toujours en pleine activité aujourd’hui.

1974 Le quartier Matexi à Reet À Reet, une section de la commune de Rumst, Matexi envisage de grandes choses. La société y lotit des terrains en vue d’établir un quartier de plus de cent maisons isolées ou jumelées. Un plan de lotissement détaillé est présenté en 1974, mais les travaux ne commencent que quelques années plus tard. D’autres entreprises de bâtiment y construisent et vendent des maisons, mais le nouveau quartier porte surtout la marque de Matexi et on le désigne d’ailleurs encore toujours comme le quartier Matexi.

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1975 De « vrais bureaux » pour Matexi Des trois frères Vande Vyvere, il ne restait plus que Herman, Gérard étant décédé en 1971. Mais, après trente ans d’existence, le siège social de Matexi se trouvait encore toujours dans l’ancienne maison de Gérard. Pourtant, l’espace y était devenu si exigu que deux employés travaillaient par la force des choses dans un pavillon de jardin. Christian, Bernard et Philippe décidèrent donc de faire construire à quatre pas de là un lieu de travail plus spacieux de deux étages. Le 6 juin 1975, Matexi prit officiellement possession des bureaux dans la rue Zuid-Australië.

1977 Manifestations de quartier contre la construction d’immeubles à Alost En 1977 à Alost, Matexi se voit confrontée à des protestations organisées contre le projet d’un grand immeuble. Sur le terrain de construction prévu, les habitants du quartier avaient en effet aménagé un parc. La municipalité d’Alost résolut le problème en rachetant le parc, tout en proposant à Matexi d’autres terrains à bâtir en échange. À partir de là, Matexi s’efforcera d’impliquer plus rapidement les habitants de quartier. Dans ces années 1970, la peur d’un manque de logement de l’époque d’après-guerre avait en effet disparu et les citoyen(ne)s se montraient beaucoup plus enclins à se faire entendre ou à se défendre.

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1989 Matexi se risque à ses premiers projets urbains En 1989, Matexi prend part à la création de la société de services immobiliers « Stad & Renovatie » (= ville & réhabilitation), qui investit dans le redéveloppement de la digue à Blankenberge. La société rachète entre autres le Grand Hôtel en piteux état et transforme l’immeuble en résidence abritant aussi des commerces. Quelques années plus tard vient le tour de l’hôtel voisin Majestic qui est remplacé par des dizaines d’appartements. « Stad & Renovatie » construit aussi à proximité une tour de stationnement pour les nouveaux résidents. La réhabilitation des deux immeubles prend beaucoup de temps et se révèle parfois très frustrante parce que la municipalité impose plusieurs fois des modifications aux plans. Mais l’expérience est enrichissante pour Matexi qui sait désormais beaucoup mieux à quoi s’attendre dans de tels projets urbains d’une certaine complexité.

1994 La troisième génération prend le relais En 1992 est célébré le mariage de Gaëtan Hannecart avec Bénédicte Vande Vyvere, la fille de Christian. Après son mariage, cet ingénieur civil passe encore deux ans à la prestigieuse Harvard Business School et, à son retour, il souhaite se spécialiser dans le marché du private equity. Mais c’est alors que survient Matexi. Herman Vande Vyvere, le dernier survivant de la première génération, a quitté l’entreprise en 1991 et Christian et Philippe sont à la recherche d’un nouvel associé. Ils songent à Hannecart. En septembre 1994, ce dernier monte à bord comme administrateur délégué.

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1995 Matexi célèbre son 50e anniversaire En 1995, Matexi a cinquante ans. Les chiffres après cinquante ans de travail de lotissements et de construction sont impressionnants. Matexi a réalisé quelque 16 000 habitations réparties dans 146 communes belges. Et l’entreprise poursuit sa croissance.

Maciej Mycielski, Miami et Matexi Alors qu’il traverse l’Argentine à cheval, Gaëtan Hannecart rencontre Christian Lamot, un descendant de la famille de brasseurs de Malines. Lamot parle à Gaëtan du courant architectural New Urbanism et de Maciej Mycielski, un architecte-urbaniste d’origine polonaise qui a grandi en Belgique. Les New Urbanists tels que Mycielski favorisent la qualité de la vie et l’esprit de communauté dans les quartiers et les villes. Il faut de préférence prévoir les commerces et les écoles à distance à pied et le plus d’espaces verts possibles. En rentrant, Hannecart prend contact avec Mycielski. Il se rend même à Miami où ce dernier travaille à l’université. La rencontre entre Hannecart et Mycielski marque le début d’une reconversion fondamentale chez Matexi, où l’on abandonne le modèle classique des lotissements pour une nouvelle vision qui tient compte de la qualité de la vie, des espaces verts et de l’interaction sociale.

1997 Matexi se réinvente comme développeur de quartier Deux ans après la rencontre de Gaëtan Hannecart avec Maciej Mycielski, Matexi fait du développement de quartiers son activité principale. Mycielski dirige le

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groupe de travail Stedebouw (= urbanisme), une cellule interne constituée d’architectes, d’urbanistes et d’experts en aménagement du territoire. Mycielski tient à l’ancienne orthographe néerlandaise stedebouw (sans n au milieu) pour accentuer l’ancienne signification « lieu d’habitation » du terme stede. Le groupe de travail a pour mission d’examiner pour chaque nouveau projet comment le nouveau quartier peut s’intégrer le mieux possible dans l’environnement existant. De cette manière, Matexi est parfaitement préparé au Ruimtelijk Structuurplan Vlaanderen (plan d’aménagement du territoire en Flandre). La région flamande rompt en effet avec le modèle traditionnel du lotissement en imposant une densité de construction plus élevée et une plus grande concentration de nouvelles constructions dans le territoire urbain.

1998 La charrette : une participation de tout le quartier Au XIXe siècle à Paris, les étudiants en architecture déposaient leurs dessins sur une charrette. Il arrivait régulièrement que l’un ou l’autre repêche ses documents sur la charrette pour y apporter quelque modification. Pour les New Urbanists, qui se sont inspirés de cet usage de jadis, la « charrette » est la période de concertation intense avec tous les intéressés, qui suscite aussi des adaptations ou modifications au projet d’origine. En 1998, Matexi participa à une « charrette » à Knokke et, l’année suivante, l’entreprise en organisa une elle-même à Zottegem. Le groupe de travail Stedebouw se concerte alors amplement avec toutes les personnes concernées des environs afin qu’il en résulte un plan global qui tienne compte des besoins et des souhaits du plus grand nombre possible.

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1999 D’une friche industrielle à une zone réactivée Les anciens bâtiments industriels de la brasserie Lamot au cœur de Malines sont abandonnés. La municipalité et le gouvernement flamand souhaitent revaloriser le site et lancent une coopération public-privé afin d’attirer le secteur privé à bord du projet. La société Wilma Project Development remporte en 1999 le contrat pour le site, juste avant que Matexi n’acquière une participation de 50 % dans la promotion immobilière. Lamot est un projet pionnier : une friche industrielle est recréée en un quartier d’habitation animé. Il y aura des appartements et des maisons, mais aussi un hôtel, un supermarché et un centre de congrès. Bien que ce redéveloppement ne soit pas très rentable, l’expérience acquise par Matexi sera d’une valeur inestimable.

Une approche innovante pour des quartiers d’habitation surprenants Avec Habitus, Matexi franchit une nouvelle étape dans son évolution en tant que développeur de quartier. Au vu de l’intensification prévue dans le plan d’aménagement du territoire en Flandre et de son propre engagement dans le New Urbanism, on est de plus en plus convaincu chez Matexi que la construction collective innovatrice est la formule d’avenir. En lançant Habitus, Matexi souscrit pleinement à cette vision. Les projets qu’Habitus réalise dans ses premières années d’existence illustrent combien Matexi favorise la densification, le renforcement de communautés et la qualité de vie. À Grembergen, une section de Termonde, Habitus réhabilite une zone très éparpillée en un quartier d’habitation inspiré par les anciens villages flamands. À Grimbergen (Brabant flamand), Habitus développe des clos d’habitation, regroupant plusieurs maisons autour d’une cour centrale.

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Le redéveloppement d’un chancre urbain Au centre de Bruxelles, Matexi est impliqué dans le redéveloppement de quelques propriétés décrépites dans la rue de l’Écuyer. Les immeubles délabrés sont transformés en espaces commerciaux et appartements. Le joyau de cette réhabilitation est l’hôtel de luxe The Dominican, baptisé ainsi d’après l’ancien cloître de dominicains installé sur le site au XVe siècle. Le bâtiment actuel, datant du XIXe siècle, est rénové de fond en comble pour bien faire réapparaître l’architecture historique.

2002 De nouveaux lofts dans une tour de minoterie à Bruges Après de longues années d’inoccupation, il y a enfin un projet d’avenir pour l’ancienne minoterie De Nieuwe Molens (= Les nouveaux moulins), tout près du centre de Bruges. Dans l’ancien immeuble de la minoterie seront aménagés des lofts, dans le reste du site des maisons de ville et des appartements. Matexi y est impliqué par le biais du promoteur immobilier Wilma, dont elle possède une participation de 50 %. Après le site Lamot à Malines, le projet Nieuwe Molens constitue de nouveau une étape dans l’évolution de Matexi : du lotisseur-constructeur de maisons en développeur de projets de reconversion intra-urbaine.

Christian Vande Vyvere prend sa retraite Le 29 décembre 2002, Christian Vande Vyvere prend sa retraite. Fils de Gérard, il a en quelque sorte grandi avec Matexi. Sa retraite signifie qu’un membre important de la deuxième génération Vande Vyvere disparaît de l’entreprise. L’année d’avant était survenu le décès de Herman Vande Vyvere, le dernier des trois founding fathers de Matexi.

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2005 Waregem comme nouvelle base opérationnelle Le processus constant de professionnalisation de Matexi dans les années 2000 entraîne aussi une augmentation des effectifs. Comme les bureaux à Meulebeke deviennent vraiment trop exigus, Matexi quitte après soixante ans sa terre natale. La société établit son siège social dans une zone industrielle à Waregem.

2007 Feu vert pour ’t Groen Kwartier L’hôpital militaire d’Anvers avait été construit au début du XXe siècle pour y accueillir les soldats blessés ou malades. En 2007, le ministère de la Défense vend cet immense terrain à la ville, ouvrant ainsi les portes à un redéveloppement en quartier urbain vert. Une coopération public-privé s’établit entre Matexi, Vanhaerents et AG Vespa. Les plans de construction prévoient pas moins de quatre cents logements, un mélange d’appartements avec vue sur le parc, de lofts, de maisons de ville et de logements sociaux. Les bâtiments d’une certaine valeur historique seront réhabilités et il y a en outre suffisamment d’espace pour de nouvelles constructions et des espaces publics verts. Afin d’accentuer ce dernier aspect, l’hôpital militaire se voit officiellement rebaptisé en 2008 en ’t Groen Kwartier (= le quartier vert). L’ensemble du site est interdit à la circulation automobile, ce qui représente une petite révolution dans le développement de quartier. Les premiers habitants s’y installent en 2010. Quatre ans plus tard, The Jane y ouvre à son tour ses portes, le fameux restaurant à étoiles de Sergio Herman et Nick Bril.

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2013 Bienvenue dans le quartier Matexi lance un nouveau slogan : « Bienvenue dans le quartier ». La société veut souligner ainsi son engagement résolu dans la création de quartiers inspirants. Afin d’accorder le mieux possible de nouveaux quartiers avec leur environnement, Matexi réalise une étude approfondie en matière de mobilité, de soins, d’approvisionnement, d’emploi, de loisirs, d’enseignement et de commodités pour les enfants. Question que les nouveaux habitants se sentent le plus vite possible chez eux dans leur quartier.

Un tout nouveau quartier à Hasselt : les débuts Entre le périphérique intérieur et les eaux intérieures du Kanaalkom doit se développer un tout nouveau quartier urbain : le Quartier bleu. Le développement a démarré en 2014 et la partie résidentielle aussi bien que la partie commerciale ont été achevées depuis. L’objectif est de créer un environnement durable et agréable, mais Matexi surveille aussi la qualité de vie pendant les travaux. Au début du chantier en 2016, toute la terre déblayée est évacuée par bateau ; une économie de 40 000 trajets en camion ! En plus, le béton est fabriqué sur place, en veillant à un minimum de nuisance sonore.

2015 L’eau, source de vie: 4 Fonteinen à Vilvorde Vilvorde veut rénover l’ancienne zone industrielle longeant la Zenne et Matexi y joue un rôle prépondérant. En collaboration avec PSR Brownfield Developers, un spécialiste de la reconversion industrielle, elle projette un tout nouveau quartier : 4 Fonteinen (= 4 Fontaines). Un projet comprenant plus de 1 000 logements, une école, un supermarché, etc.

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Les plans se montrent très ambitieux et la réalisation prendra bien une vingtaine d’années, laissant donc la place à tout un tas d’initiatives temporaires. Matexi y prouve sa fidélité à sa vision sur le développement de quartiers : 4 Fonteinen sera un quartier socialement divers et animé, à la mesure des cyclistes et des piétons, avec beaucoup de verdure. Un centre culturel, de Kruitfabriek, y anime la vie créative et culturelle. Les commerces et les hôtels-restaurants-cafés sont tout proches, de même qu’une nouvelle école primaire et une garderie. La construction du ’t Sas (= l’écluse), la première résidence du site, a commencé en mars 2015. Deux ans plus tard, les premiers habitants s’y sont installés.

2016 Faire la fête dans Antwerp Tower En 2016, Matexi a ouvert les portes d’un immeuble à bureaux décrépit qui a souvent été baptisé l’édifice le plus laid d’Anvers. Pendant neuf mois, Antwerp Tower a hébergé toutes sortes d’initiatives temporaires : séances de yoga, expositions, déjeuners avec vue imprenable sur la ville, etc. Matexi tente ainsi d’impliquer les Anversois dans la reconversion de ce gratte-ciel de 1974. L’extérieur du bâtiment subira un relooking complet, l’intérieur prévoit l’aménagement de commerces, d’appartements, de penthouses et de bureaux. Du point de vue technique, le chantier représente un énorme défi. La grue à tour, par exemple, sera plus haute que la cathédrale d’Anvers. Les travaux devraient être achevés en 2021.

2017 Matexi remporte des concours PPP1 à Gand et Malines La caserne Léopold à Gand est un ancien complexe militaire proche du parc de la Citadelle. Le projet gagnant proposé par Matexi et ses partenaires a pour objectif

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de faire de ce site clos un quartier durable et ouvert. Il y aura des aménagements publics comme des garderies, des salles de classe, la nouvelle maison provinciale et un espace vert. Les anciens cachots seront transformés en maisons de ville. Matexi a également remporté un projet PPP – Partenariat Public-Privé passionnant à Machelen. L’ensemble de ce projet comprend une centaine d’appartements, vingt-six maisons, une garderie, une salle de sports et un foyer socioéducatif.

2020 D’une famille d’agriculteurs entreprenants à un développeur de quartiers : Matexi a 75 ans Gérard Vande Vyvere ouvrirait de très grands yeux en pénétrant aujourd’hui dans le siège de Matexi. Lorsque lui et ses frères ont fondé la société, il n’était pas question de personnel. Aujourd’hui, elle compte plus de trois cents collaborateurs. Elle est solidement ancrée dans trois pays et gère simultanément des centaines de projets immobiliers. Pourtant, un petit sourire de reconnaissance apparaîtrait probablement sur les lèvres de Gérard. Si le Conseil d’administration s’est très diversifié, sa famille en assume encore et toujours la présidence. La prudence et le sérieux, qui ont caractérisé la méthode de travail de la famille pendant plusieurs décennies, font toujours partie de l’ADN de Matexi. Ce qui le frapperait le plus, c’est comment Matexi a réussi à se maintenir à la pointe des évolutions sociétales. Dans les années 1940, les fondateurs avaient compris les opportunités de la vente de terres à vocation agricole. Dans les décennies suivantes, Matexi a répondu à la demande pressante de logements par des lotissements et des maisons clés en mains. À partir des années 1990, l’entreprise s’est réinventé un rôle en tant que constructeur de quartiers et développeur urbain. Matexi n’attend pas l’avenir, il participe à le construire… depuis trois quarts de siècle.

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Épilogue Le vainqueur est le peloton Les scientifiques sont rarement d’accord entre eux et on les voit parfaitement capables de se contredire avec passion et conviction. Pourtant, il leur arrive parfois d’être unanimes, par exemple sur l’importance décisive de l’habitat sur le bien-être des habitants – pour le bien et pour le pire. Pas besoin d’avoir fait des études avancées pour connaître ce principe. Ou plutôt, nous sommes tous des spécialistes quand il s’agit d’habitat. Personne ne connaît mieux son entourage que les habitants mêmes. On a parfois tendance à l’oublier. Dans ce rôle d’experts en habitat, notre verdict n’est pas toujours positif. Cela commence par les qualités de la maison en soi. Est-elle suffisamment grande, pratique, belle et agréable ? Il y a, hélas, encore beaucoup trop d’habitations en Belgique dont l’état est inacceptable, il reste du pain sur la planche pour de nombreuses années dans ce domaine. Vient ensuite la question de l’environnement direct. Il s’agit alors des voisins et du quartier. Les gens, les rues, les places et les équipements urbains dans notre entourage immédiat. On les choisit rarement, la plupart du temps, ils se trouvent là par hasard. Notre entourage se compose d’au moins deux aspects. D’une part, il y a l’environnement physique, l’architecture et l’aménagement (ou non) du territoire. D’autre part, il y a l’ambiance, les rapports mutuels et la communication avec les voisins. Chacun des deux aspects peut se révéler agréable ou désagréable. Ils s’influencent aussi réciproquement, car un quartier grisâtre ou terne dévoile un peu la nature de ses habitants, non ? L’inverse est-il aussi vrai ? Quoi qu’il en soit, chaque aspect peut faire l’objet d’améliorations. C’est précisément de cela qu’il s’agit dans le Matexi Award. D’engagement en faveur de la faisabilité de notre environnement. Le Matexi Award est une recherche des différentes manières dont les habitants d’un quartier prennent eux-mêmes les choses en mains et dont les municipalités créent des opportunités dans ce sens. Cette quête a conduit à des résultats : une véritable corne d’abondance. Il est apparu que dans plusieurs centaines de voisinages sont nées des initiatives des plus créatives. Et on se laisse surprendre et réjouir par l’imagination, l’énergie et la capacité de travailler ensemble qui s’y manifestent.

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Au fil des ans, le Matexi Award a récolté une série de projets extrêmement inspirants. En tant que secrétaire et président faisant fonction, j’ai pu diriger le jury dans sa tâche fascinante mais difficile de réduire cette multiplicité à quelques lauréats seulement. Sélectionner est une opération douloureuse : l’embarras du choix. Dans chacun des dossiers vivent l’espoir et le dévouement de tant de personnes engagées. À chaque fois, des habitants de quartier étonnent par leur audace, leur côté ludique et leur persévérance. Des municipalités assument de plus en plus souvent un rôle d’allié. Dès qu’elles le peuvent, elles viennent en aide, facilitent les choses et tentent de contaminer d’autres quartiers par ces expériences positives. Miser sur un quartier chaleureux, attentionné et surtout agréable : ce qui devrait être normal, se révèle souvent inhabituel. Dans ce sens, Matexi se distingue des autres entreprises de bâtiment. Matexi veille en effet à ce que l’architecture offre toutes les possibilités pour créer une ambiance agréable. Cette approche constitue un grand pas en avant, mais elle n’offre aucune garantie. Ce sont surtout les gens mêmes qui créent une ambiance. Ont-ils vraiment envie et la volonté d’en faire un ‘habiter-ensemble’ ? Créent-ils eux-mêmes des opportunités pour se rencontrer, jouer et s’intéresser aux autres ? La réponse est indiscutablement oui. Les dossiers débordent d’enthousiasme et respirent l’envie et le plaisir. Ils dévoilent souvent une originalité inattendue dans l’approche et la réalisation. Souvent, des titres dans les médias nous rabâchent les oreilles avec des histoires d’isolement, d’égoïsme et d’intolérance. Les réactions aux Matexi Award nous montrent une tout autre réalité. Une réalité dans laquelle les gens et les municipalités se rejoignent, où de nombreuses mains s’activent et contribuent, toutes du mieux qu’elles peuvent. Avec à la clé souvent une fête, pleine de joie et de satisfaction. Qu’on se le dise par monts et par vaux : le Matexi Award fonctionne. À chaque édition, les gens bien intentionnés réagissent par dizaines. La formule correspond à la vie florissante et passionnante dans tant de quartiers. Les vainqueurs montent un instant sur le podium pour arborer leur trophée. Mais en fait, ils ont tous mérité une couronne de lauriers dans le peloton. Tous les projets participants tant qu’ils sont. Guy Redig Secrétaire et président faisant fonction du jury Matexi Award. Conseiller et professeur en animation socioculturelle à la VUB.

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Bienvenue dans votre quartier by Uitgeverij Lannoo - Issuu