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22/08/17 16:01

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TABLE DES MATIÈRES Introduction : Les footballeuses sont plus passionnantes

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Prologue : Un cap franchi à Zaventem et un autre à Louvain

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1. Des passagers de Belgrade exultent

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2. Tessa Wullaert : vedette aux Souliers d’Or

Première partie : Le football, un roi sans reine

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3. Parmi les meilleures du monde… mais pas en équipe nationale

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4. Aline Zeler : une battante pas comme les autres

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5. La physiothérapeute qui a vu l'équipe progresser

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Deuxième partie : Les Red Flames s‘enflamment

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6. Ives Serneels, le sélectionneur national du revirement

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7. Tamara Cassimon, beaucoup plus que son bras droit

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8. Des femmes lancent des femmes

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9. Le staff se transforme en équipe professionnelle

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10. Les joueuses deviennent des athlètes

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11. Grandir dans plusieurs compétitions

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12. Les jeunes Flames font déjà des étincelles

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13. La dure école des éliminatoires du championnat d’Europe

et de la Coupe du Monde

Troisième partie : Un tournant… qui ravit les coeurs

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14. Une déconvenue en pleine euphorie

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15. Les Belges interrompent la série victorieuse des Anglaises

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16. Un déplacement à haut risque et un smartphone

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17. On a perdu… mais le stade est ravi

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18. 50 000 ‘j’aime’, ça se mérite

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19. Avis de recherche : 13 000 jeunes footballeuses

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Quatrième partie : La ruée vers le but

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20. Pas de Club Med en Algarve ou à Chypre

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21. Un cours d’espagnol : ¿Tu hablas tikitaka ?

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22. Tubize, le camp de base

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23. L’ardeur se transmet

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24. L’adversaire prend une douche écossaise

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25. Chez elles, c’est près de ‘leur’ stade

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Cinquième partie : Des "Flames" qui attisent le feu 26. Janice Cayman, une battante aux multiples talents 27. Yana Daniëls, une revenante aux gènes positifs

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28. Imke Courtois, l'analyste qui se donne à fond !

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29. Devenir Red Flame, ça se mérite !

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30. Pour les jeunes Flames non plus, le chemin n’est pas tout tracé

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Sixième partie : Le grand rendez-vous est imminent

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31. The Belgian Red Flames

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32. Observation et suivi permanents

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33. Ce sont les matchs difficiles qui nous apprennent le plus

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34. Les médias, Jan Mulder et... une occasion manquée

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35. La préparation physique jusque dans les détails

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Septième partie : Europe, here come the Red Flames

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36. De quoi se casser les dents sur des Danoises trop coriaces

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37. Sous le feu des projecteurs

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38. Tant d’ardeur fait perdre le nord à la Norvège

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39. Un esprit d’équipe au zénith

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40. Les Pays-Bas poussés dans leurs retranchements

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41. Battues de justesse par les deux finalistes du Women's EURO 2017

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42. Keep the fire burning

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Les footballeuses sont plus passionnantes INTRODUCTION

Je n’ai pas la moindre idée du nombre de buts que j’ai vu marquer dans ma vie. Il y en a eu de très beaux, à encadrer. Leur seul ‘défaut’ : jusque-là, ils avaient tous été inscrits par des hommes ! Comme je me targue d’avoir l’esprit large, je n’ai pas de mal à admettre que les femmes aussi sont capables de taper dans un ballon, mais l’idée qu’il devait néanmoins exister une différence de niveau considérable continuait à trotter quelque part dans ma tête. Auprès de beaucoup d’hommes et sans doute auprès de bien des femmes et d’enfants, le football féminin doit encore acquérir ses lettres de noblesse. Attention, par la façon de jouer, le football féminin n’est pas vraiment comparable au foot pratiqué par les hommes. Ne fût-ce que par leurs caractéristiques physiques propres, il est impossible aux femmes d’atteindre le même niveau de vitesse, de puissance et d’explosivité que peuvent produire les muscles masculins. Mais les soi-disant ‘désavantages’ s’arrêtent là. Ils ne rendent certainement pas ce sport moins passionnant et ne contrebalancent pas du tout les avantages. Et qu’en est-il de la cerise sur le gâteau, des buts ? Ces dames et demoiselles marquent indiscutablement aussi de véritables bijoux. Dans le football féminin, les cerises sont au moins aussi nombreuses et souvent aussi belles voire plus belles encore que chez les hommes. Du point de vue technique, on observe d’aussi beaux mouvements et des centres aussi formidables que chez leurs collègues masculins. Les 'sceptiques' n’ont encore jamais vu un bon match de foot féminin. « Du point de vue tactique, le jeu chez les femmes a beaucoup évolué aussi dans le sens des systèmes et modèles en vigueur chez les hommes », prétendent Tessa Wullaert et Janice Cayman, deux figures de proue des Red Flames. « Notre sport est encore jeune, mais en vingt ans à peine, il a évolué du simple kick-and-rush de jadis vers un jeu avec les systèmes les plus sophistiqués, comme dans le football masculin », analyse la Red Flame et commentatrice du football masculin, Imke Courtois. Au lieu d’être inférieures au niveau tactique, les femmes

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réfléchiraient davantage de manière tactique sur le terrain, estime Janice Cayman et c’est l’avis de plusieurs experts. Les femmes anticipent davantage sur ce que fera l’adversaire. En plus, de nombreux entraîneurs les trouvent plus disciplinées. Elles restent concentrées et elles ont une envie gigantesque de réaliser des exploits.

UN FOOTBALL PLUS HONNÊTE S’ajoute à cela que les femmes cherchent en général à jouer le jeu honnêtement, pas le moins du monde animées par un comportement machiste. Pour la plupart, la seule envie de se faire valoir est celle de joueuses désireuses de transposer leur passion pour ce sport en des exploits toujours plus beaux. Au niveau du caractère, elles sont au moins aussi tenaces. Leur honnêteté se traduit aussi par le nombre très restreint de fautes sifflées dans la plupart des matchs. « Il n’est pas rare que le jeu se poursuive pendant une dizaine de minutes sans la moindre faute », explique Janice. Les matchs sans le moindre carton jaune ne sont pas des exceptions, comme on a pu le voir encore récemment lors d’un match d’entraînement des Red Flames pourtant âprement disputé. Une spectatrice curieuse installée pour la première fois dans les tribunes s’étonnait à la mi-temps qu’il n’y ait eu quasiment aucun arrêt de jeu jusque-là. Une équipe menant au score qui essaie de gagner du temps ? L’exception plutôt que la règle. Chez les femmes, les morts apparentes au moindre contact et autres simulations sont vraiment rares, affirment les connaisseurs. Sans doute ne sont-ils pas tout à fait objectifs. Souvent, spectateurs réservés mais curieux, ils se sont enflammés pour ce sport dès le premier match. Ce qui en dit long.

MOINS DE PRESSION FINANCIÈRE ? Le football féminin est évidemment un sport de contact, mais un peu moins puissant quand même et par conséquent moins agressif. Mais notre Soulier d’Or Tessa Wullaert voit encore une autre explication : « Nous ne gagnons pas autant d’argent dans notre sport. » Ce qui est un euphémisme. En général, les joueuses ne gagnent que des cacahuètes. Les intérêts extra-sportifs sont donc beaucoup moins grands et la pression nettement moins forte. Tout le monde a entendu, vu et lu entre-temps à quels excès conduisent les énormes flux financiers en cours dans le football masculin. L’ambiance dans le football professionnel masculin est si pénétrée de situations financières perverses, que même des observateurs assez fanatiques du ballon rond décrochent et n’ont plus que rarement un regard pour la beauté d’un geste messianique ou la fluidité d’une manœuvre offensive. Dommage. Ils peuvent toujours se tourner vers le football féminin encore en pleine croissance et floraison. Et provisoirement pas trop atteint par la maladie des gros sous. Dans le football féminin actuel, il se joue des matchs qui sont de vrais bijoux.

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L'ASCENSION D'UNE ÉQUIPE Un des superbes résultats dans le football féminin nous vient de l’ascension assez spectaculaire de notre équipe nationale A féminine, les Belgian Red Flames. Leur histoire est variée et pleine de rebondissements, mais tous ces éléments se sont associés comme les doigts de la main dans un gant parfait, permettant au football féminin belge de montrer un poing toujours plus ferme et d’obtenir des résultats retentissants. Pour la toute première fois, l’équipe a décroché une place pour la phase finale d’un grand tournoi, à savoir le championnat européen ou Women’s EURO 2017.

L'ÉTÉ 2017 Ce livre évoque les aventures des Red Flames depuis leur précédente campagne de qualification jusqu’à leurs expériences et leurs prestations au Women’s EURO 2017 en passant par la période de préparation à cette grande fête du football. Il raconte surtout comment le staff et les joueuses se sont eux-mêmes frayé un chemin vers ce championnat, combien ils ont travaillé et se sont battus et comment ils ont progressivement su se faire une renommée par leur envie de se battre, leur talent, leur esprit d’équipe et, denrée pas spécifiquement belge, leur mentalité de vainqueur.

DES FILLES TOUJOURS PLUS NOMBREUSES AUTOUR D'UN BALLON ROND L’aspect peut-être le plus beau, c’est que parallèlement au développement de l’équipe nationale, des filles et des jeunes femmes toujours plus nombreuses se sont affiliées à des clubs de football dans les années et les mois précédant le Women’s EURO 2017. L’intérêt des médias et de l’opinion publique pour les Red Flames pendant le championnat européen a donné un élan formidable à la popularité de cette équipe et de ce sport. Tout le ‘mal’ qu’on leur souhaite, c’est de continuer à faire de nombreuses adeptes. De cette manière, il se crée une base bien plus vaste de jeunes talents et de passion juvénile, source de futures joueuses au sommet. Il faut espérer qu’après être longtemps restés sur la touche, de nombreux clubs professionnels masculins auront enfin compris. Les jeunes filles et les femmes veulent jouer au foot. Et quand elles le font, il n’est pas rare que leur football soit plus passionnant que celui des hommes. À la lecture de l’histoire des Red Flames, on ne peut ressentir qu’une seule chose à propos du football féminin belge de haut niveau et de son évolution : un puissant élan d’enthousiasme. Mais j’avoue… ce sont les paroles d’un fan qui a perdu un peu de son objectivité en écrivant ce livre.

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UN CAP FRANCHI À ZAVENTEM ET UN AUTRE À LOUVAIN PROLOGUE


Des passagers de Belgrade exultent CHAPITRE 1

À Zaventem, l’avion en provenance de Belgrade s’est posé il y a quelques minutes. Les passagers font la queue pour passer le poste de contrôle des passeports. Un groupe composé de nombreuses jeunes femmes et de quelques messieurs un peu plus âgés, mais portant tous une tenue de sport identique, s’écarte de la file d'attente. Les autres passagers observent la tension qui s’empare du groupe tandis qu’un des hommes, manifestement le chef, plonge une main dans un sac plein de smartphones pour en sortir un seul. Il l’allume et lance une recherche. Ensuite, il annonce d’une voix forte et claire à l’ensemble du groupe : « Russie Allemagne, 94e minute, 0-4 ! » Une salve d’applaudissements éclate. Cet homme, c’est Ives Serneels, le sélectionneur des Red Flames, l’équipe nationale féminine belge de football. Son annonce signifiait en effet que l’équipe A du football féminin belge se qualifiait pour la première fois de son histoire pour la phase finale d’une grande compétition. Elle obtenait le ticket tant convoité pour le Championnat d’Europe qui devait avoir lieu en plein été 2017 aux Pays-Bas ! À ce moment-là, les Red Flames supposaient encore que leur qualification dépendait du résultat obtenu par les joueuses russes dans leur dernière rencontre contre l’Allemagne. En cas de défaite des Russes, la deuxième place des Red Flames dans leur propre pool leur assurait la qualification. Or, au moment où le groupe embarquait ce jour-là à Belgrade dans l’avion qui devait le ramener en Belgique après sa très belle victoire contre la Serbie, il ignorait encore le résultat de la rencontre Russie-Allemagne. Mais entre-temps dans une autre pool, le Portugal avait battu la Finlande et ce résultat assurait de toute manière la qualification belge, chose que le groupe ignorait cependant en atterrissant à Zaventem. Par ailleurs, cette drôle de situation avec tous les smartphones dans un sac caractérise fort bien l’ambiance et la mentalité dans ce groupe. Les joueuses désiraient

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en effet éviter que chacune apprenne individuellement le résultat si décisif Ensuite, il annonce d’une pour l’ensemble du groupe. Elles souhaitaient au contraire vivre cet instant voix forte et claire à mémorable en commun, en faire un moment de partage, car un résultat fal’ensemble du groupe : vorable constituerait indéniablement ‘Russie‑Allemagne, un sommet dans le trajet que l’équipe des Red Flames était en train de par94e minute, 0‑4 !’ Une salve courir depuis plusieurs années. C’était l’objectif majeur qu’elle poursuivait d’applaudissements éclate. ces derniers temps. Donc… tous les membres de l’équipe avaient accepté d’abandonner leur GSM dans ce sac et il avait été convenu qu’à l’arrivée à Zaventem, le sélectionneur serait le premier à reprendre son téléphone pour annoncer le résultat des joueuses russes à l’ensemble du groupe. Et c’est ainsi que cette délégation vécut peut-être bien l’instant le plus mémorable jusque-là de l’histoire de l’équipe nationale féminine loin d’un terrain de foot. Sans doute demeure-t-il plus mémorable encore parce que toutes et tous ont ressenti et manifesté ensemble cette explosion de joie. Plusieurs mois après, il suffisait que quelques joueuses regardent ensemble les images de cet événement sur la page Facebook des Red Flames, pour ressentir une nouvelle fois la chair de pool. Prétendre que ce jour-là, une page d’histoire a été écrite dans le football féminin belge a évidemment l’air d’un immense cliché. Mais ce n’est qu’en considérant le parcours qui a conduit l’équipe jusque-là qu’on peut se rendre compte de cet exploit et de l’importance de cette prestation pour toutes les personnes concernées par cette discipline sportive. Le football féminin belge avait des années lumière de retard mais au moins au niveau des sélections nationales, il rejoint aujourd’hui le niveau du peloton des poursuivants en Europe. Il y a vingt ou même dix ans à peine, personne n’osait encore y songer. Il y a cinq ans, l’équipe nationale féminine belge occupait une maigre 34e place au classement mondial. En avril 2017, elle avait remonté jusqu’à la 23e place. Si cela ne paraît pas vraiment spectaculaire, il faut savoir que dans le système de points en vigueur à la FIFA, il n’est pas aisé de gagner des places au classement pour des équipes comme la nôtre. Une équipe n’ayant encore jamais réussi à atteindre la phase finale d’un grand championnat reçoit en effet moins de points que les autres. En d’autres termes, la qualification pour un championnat d’Europe est susceptible de provoquer aussi une accélération du mouvement ascendant au classement, tant il accélère et améliore ces dernières années les prestations, l’encadrement et les qualités de cette équipe.

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Tessa Wullaert : vedette aux Souliers d'Or CHAPITRE 2

Ce soir-là à Leuven, le protocole avant le premier coup de sifflet d’un match d’entraînement a un peu plus d’éclat que d’habitude. Au programme : un match d’entraînement international contre l’Écosse. Mais outre les drapeaux, les hymnes nationaux, les enfants, les deux équipes et le quatuor arbitral, un rôle complémentaire revient à M. François De Keersmaecker, le président tout en sourires de l’Union belge. En plein centre du terrain, il vient en effet remettre le premier Soulier d’Or dans l’histoire du football belge féminin à Tessa Wullaert. Cette première édition du trophée couvre l’année 2016 et contrairement au règlement prévu pour les hommes, la lauréate n’est pas teentrons sur le terrain nue de jouer dans le championnat avec la conviction que belge. Sans ignorer les mérites de Janice Cayman, championne aux nous allons l’emporter. » États-Unis, ou d’Aline Zeler, pilier inébranlable des Red Flames et du standard de Liège, Tessa était bien la favorite que tout le monde attendait. Et même si la plupart des autres joueuses belges, titulaires aussi bien que remplaçantes, ont connu une superbe année 2016, Tessa occupe objectivement une place au-dessus du lot. C’est ainsi qu’à 22 ans, elle a déjà à son actif une passe décisive pour un but marqué dans la finale de la Women’s Champions League. Dans ce match, son équipe allemande du VfL Wolfsburg, le club où Kevin De Bruyne s’est définitivement hissé au niveau international, dut cependant concéder le match nul (1-1) après prolongations et elle s’inclina malheureusement dans la série des tirs au but (3-4). Par contre, l’équipe remporta la Coupe d’Allemagne 2016 .

« Aujourd’hui, nous

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ANDERLECHT, STANDARD ET APRÈS… L’ÉTRANGER Pour notre milieu de terrain offensif, véritable numéro 10, le Soulier d’Or représente la cerise sur le gâteau. Un gâteau qui n’est certes pas achevé, car malgré une importante expérience footballistique, Tessa n’a toujours que 24 ans. Née à Tielt (Flandre occidentale), la petite Tessa avait à peine cinq ans lorsqu’elle se mit à jouer au foot dans sa région. Elle y resta jusqu’à se 14 ans, jouant successivement au FC Wakken, à Ingelmunster et au Sporting West-Harelbeke. En 2007, elle s’affilia à l’équipe de jeunes du club féminin DVC Zuid-West-Vlaanderen et l’année suivante, elle intégra déjà l’équipe première de Dames Zultse VV – en quelque sorte l’équipe féminine du Zulte Waregem, avec laquelle elle remporta un an plus tard le titre en deuxième division. À l’âge de dix-huit ans à peine, Tessa opéra un déménagement sportif pour rejoindre le RSC Anderlecht. Cette année 2012 fut marquée par le début de la BeNe League, une compétition belgo-néerlandaise regroupant les meilleures équipes des deux pays. Auteur de dix buts, elle se fit recruter par le leader incontestable du football féminin belge, le Standard Fémina de Liège. Avec cette équipe, Tessa devint vice-championne de la BeNe League, elle goûta pour la première fois à la Champions League et fut proclamée meilleure joueuse de l’année. La saison suivante, le club et Tessa firent encore mieux et remportèrent le titre de champion de la compétition binationale, notamment avec dix-huit buts de Tessa. C’est-à-dire que cette équipe belge devança tous les plus grands clubs néerlandais parmi lesquels l’Ajax et le PSV, malgré le fait que le niveau du football néerlandais était nettement plus élevé qu’en Belgique.

UNE ABONNÉE À L’ÉQUIPE NATIONALE Avec la disparition de la BeNe League, le niveau du sommet de la compétition belge était immanquablement en danger. Mais ce ne fut pas la raison principale pour laquelle Tessa décida, en mai 2015, de changer d’air en signant un contrat de deux ans avec le VfL Wolfsburg. « Je venais de terminer mes études de bachelière en tourisme en Belgique. Même si la BeNe League avait continué, j’aurais pris le risque de partir en Allemagne », dit-elle. Ce transfert n’était de toute manière pas de nature à freiner sa carrière chez les Red Flames ni sa notoriété de plus en plus grande. Joueuse extrêmement talentueuse, Tessa faisait déjà partie des sélections nationales U13 et U14… avec les garçons. À partir des U15, à cette époque la catégorie des plus jeunes chez les filles, elle parcourut toutes les sélections de jeunes des Red Flames, récoltant 33 sélections et marquant 12 buts en quelques 2 200 minutes de jeu. Après le Women’s Euro 2017 aux Pays-Bas, elle comptera plus de soixante sélections en équipe A. Depuis quelques années déjà, Tessa est un des moteurs sportifs de la progression constante chez les Red Flames. Elle a participé, par exemple, à la qualification de

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l’équipe U19 pour la phase finale du Championnat d’Europe en 2011. En cette même année, elle fit aussi ses débuts en équipe A et put constater les progrès considérables de l’équipe nationale et de son entourage. « Il ne nous a manqué qu’un point ou deux pour le Championnat d’Europe en 2013. Mais nous n’étions pas prêtes. Il fallait augmenter la qualité, tant physique que mentale. Ces dernières années, l’équipe nationale se réunissait plus souvent aussi et c’était une bonne chose d’ajouter les entraînements des Red Flames au programme de nos clubs respectifs. Dans la plupart des clubs en Belgique, on s’entraîne quatre fois par semaine. S'entraîner tous les matins de la semaine, sauf un, permet vraiment de progresser. »

VOYAGER EN AVION PRIVÉ SANS AVOIR LA TÊTE DANS LES NUAGES La vie d’une footballeuse dans le club allemand de Wolfsburg paraît d’un autre ordre. « Toutes les joueuses y sont des professionnelles à plein temps, de sorte que le club a toujours la possibilité d’improviser un entraînement supplémentaire ou une activité quelconque. Quatre entraîneurs et quatre kinésithérapeutes s’occupent de tout. Chacune des joueuses dispose d’une voiture et les déplacements se font avec l’avion privé du club. Nous effectuons à chaque fois le voyage la veille du match. » Un univers bien différent de la situation en Belgique. Cependant, Tessa est très satisfaite de ce que l’équipe nationale a réalisé et réalise encore. « Lorsque nous avons fait match nul en déplacement contre les Néerlandaises lors des éliminatoires de la précédente Coupe du Monde, nous avons toutes pensé : eh bien, avec cette équipe, il doit être possible de forcer quelque chose ! Aujourd’hui, nous entrons sur le terrain avec la conviction que nous allons l’emporter. C’est avec cette mentalité aussi que nous avons battu la Norvège. » Ce n’est pas par hasard qu’elle évoque les remarquables prestations contre les Pays-Bas et la Norvège, deux adversaires que les Red Flames devraient rencontrer dans la phase de groupe de la phase finale de la Women’s Euro 2017. « Nous sommes devenues plus fortes au niveau mental. Nous sommes déjà quelquefois revenues au score contre des adversaires de haut niveau. Les Red Flames, c’est une bande de coriaces, qui s’adaptent sans trop de mal aux adversaires. Et beaucoup de joueuses sont capables d’occuper des postes tactiques différents. »

UN DANGER PERMANENT POUR L’ADVERSAIRE Et voilà que Tessa a remporté le premier Soulier d’Or officiel. Elle a trouvé chaussure à son pied, s’imaginent sans doute toutes les personnes concernées par le football féminin. Sa copine chez les Red Flames, la vice-capitaine Janice Cayman, connaît bien

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les qualités de cette jeune femme originaire de Tielt. « Elle est très rapide et techniquement très forte. Elle dribble facilement une adversaire et n’hésite pas à mettre la pression sur les défenseurs en possession du ballon, observe Janice. Avec Tessa dans l’équipe, même les équipes plus fortes que nous ne sont jamais certaines que la Belgique ne marquera pas. » À la fin du championnat d’Allemagne en mai dernier, Tessa illustra ces propos par la manière dont elle marqua un but contre Potsdam. Ayant récupéré le ballon dans le rond central, elle passa trois joueuses d’une équipe pourtant très solide avant de conclure par un tir fulgurant dans le haut du but. La vidéo de ce but a fait le tour du monde du football féminin. Parfois encore un peu timide, Tessa est la dernière à vouloir être une star. Pourtant, elle assume volontiers le rôle de porte-drapeau ou de modèle s’il s’agit d’aider de nombreuses jeunes filles ou jeunes femmes à trouver leur voie dans le football féminin. Tout comme ses collègues Red Flames, elle est très motivée pour contribuer non seulement au succès de la sélection nationale actuelle mais aussi à la qualité et à la popularité du football féminin belge en général.

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Tessa Wullaert reçoit le premier Soulier d’Or féminin à l’occasion du match amical contre l’Écosse. Score final : 5-0. Qui sait si l’or n’est pas une source d’inspiration ?


Fabienne Van De Steene, la physiothérapeute, prodigue ses conseils aux Flames. Elle présente les plus longs états de service de toute l’équipe.

L’arrivée d’Ives Serneels a contribué au revirement positif au sein des Red Flames.


Pour les Red Flames, la marge entre la victoire et la défaite a été infime et il y avait bien peu de choses entre la joie et les larmes.

Le match est terminé et le verdict est tombé, mais l’équipe continuera à se construire ensemble. Le dernier coup de sifflet de l’arbitre ouvre un nouveau chapitre pour le groupe.


Ready for history!


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