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balades dans les réserves naturelles

DE WALLONIE

MICHAËL CASSAERT


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Découvrez la Belgique sauvage De l’autre côté du globe, l’herbe semble toujours plus verte et surtout plus mystérieuse et plus impressionnante. Nous regardons les yeux écarquillés des images d’animaux exotiques et de leurs biotopes luxuriants mais oublions d’observer le monde extérieur sur lequel donnent nos propres fenêtres. Pourtant, ce faisant, vous pourriez constater que ce qui se passe dans votre jardin est tout aussi fascinant ! Et une fois que vous aurez découvert ce monde si proche et si riche en surprises, vous aurez compris pour toujours que notre nature est, elle aussi, incroyablement sauvage. Nous, les Belges, sommes globalement plutôt modestes. Mais nous pouvons être fiers de notre nature. Ainsi, par exemple, notre souris des moissons construit dans les roseaux des nids tout aussi ingénieux que ceux des oiseaux tisserands africains, alors qu’elle ne sait même pas voler. Quant à notre martin-pêcheur, il est aussi coloré que n’importe lequel des colibris scintillants, qui, soit dit en passant, s’évanouissent à une température de zéro degré. L’animal le plus rapide au monde n’est pas le léopard mais notre faucon pèlerin ! Et si vous pensez que notre « Kalmthoutse Heide » est moins belle que la savane africaine, visitez-la quand la bruyère transforme la plaine sèche en une mer de fleurs violettes. Pour vous en convaincre, il suffit de regarder autour de vous : nous sommes tout simplement entourés d’une nature sensationnelle et sauvage. Et la mission de « Notre nature » est de faire découvrir toute la splendeur de cette Belgique sauvage et faire en sorte que chaque

Belge réalise qu’il peut être extrêmement fier de ce que notre pays a à offrir. La relation unique entre les Belges et leur nature est à l’origine d’histoires aussi « surréalistes » que notre pays lui-même. Comme ces corbeaux qui savent lire les feux de circulation : ils placent habilement leurs noix au milieu d’une intersection puis attendent patiemment que les feux passent au vert et que les voitures les écrasent. De telles histoires sont la preuve que notre nature fait son travail en étant dotée d’un bon sens de l’humour. Tout comme nous ! Nous avons en effet pour ambition de vous faire découvrir notre nature en la dépeignant de manière inédite mais aussi si passionnante que vous aurez envie d’enfiler vos chaussures de marche et de sortir, quel que soit le temps. Pour ce faire, nous avons décidé de prendre la route jour et nuit, pendant deux années, avec deux équipes de tournage, dans le but de montrer la Belgique sauvage comme vous ne l’avez jamais vue. Avec plus de 900 jours de tournage nous avons réalisé un extraordinaire documentaire sur la nature qui sera diffusé en sept parties sur Canvas et RTL-TVI en 2022. Mais ce reportage ne signifie en aucune manière que notre mission s’arrête là. Chaque jour en effet, l’équipe éditoriale bilingue de notre plateforme de contenu onzenatuur.be vous propose des faits et informations importants sur notre nature. C’est en quelque sorte notre cœur de métier. Les personnes intéressées peuvent regarder les vlogs des cameramen – qui n’hésitent pas à s’aventurer dehors quelles que soient les conditions météo-


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rologiques à la recherche de l’image parfaite – et des gardes forestiers qui expliquent en direct ce qui se passe dans leurs régions. Elles trouveront des conseils sur la manière de découvrir et de vivre notre nature, pourront regarder les images de webcams pour tout suivre en direct, ainsi que des extraits de séries documentaires, et bien plus encore. Nous voulons informer et enthousiasmer d’une manière accessible. Tant l’amoureux chevronné de la nature que l’explorateur profane y trouveront leur compte. En collaboration avec les éditions Lannoo, nous publions également une série de livres sous le label « Notre Nature ». Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, car « Notre Nature » est, pour ainsi dire, co-créée par tous les Belges. Nous faisons appel à notre communauté pour qu’elle propose son propre contenu, qu’elle participe aux mesures, partage ses propres observations, etc. Le contenu généré par les utilisateurs occupe une place importante sur notre plateforme en ligne. Sur les médias sociaux, sont postés quotidiennement des messages inspirants qui rendent « Notre Nature » encore plus spéciale et qui font découvrir à chaque Belge, où qu’il se trouve, la nature sauvage qui l’entoure. Dans le groupe communautaire de Facebook, les Belges peuvent échanger des conseils sur des promenades en forêt ou des sites de photos uniques. Les photographes et vidéastes amateurs y partagent leurs plus belles images. « Notre Nature » braque les projecteurs sur les plus belles images d’amateurs. « Notre Nature » se concentre sur six biotopes : la côte, les bois, les landes, les eaux douces, les espaces ouverts et la nature urbaine (pour ce guide sur le sud de la Belgique, les biotopes ont été légèrement adaptés : zones rocheuses, forêt, eaux douces, nature urbaine et industrielle, et tourbières). Avec ces différents biotopes comme toile de fond, nous racontons les histoires de personnages aimés, craints ou inconnus. Du cormoran à la cigogne noire, aucun d’entre eux n’est oublié.

Notre nature est à la fois vaste et très proche de nous. C’est pourquoi nous travaillons sur trois niveaux de découverte et d’expérience. Tout d’abord, nous « commençons petit » et travaillons au niveau de votre propre jardin. Si chacun d’entre nous transforme son jardin en un petit morceau de nature, nous ferons déjà un grand pas dans la bonne direction. Notre approche est ludique et informative : fabriquer ensemble des nichoirs pour les chauves-souris, stimuler la biodiversité, etc. Notre nature transforme chaque jardin en un monde débordant de vie. Le deuxième niveau de travail est notre propre quartier. En effet, la nature belge ce n’est pas que nos jardins et nos réserves naturelles. C’est pourquoi « Notre Nature » veut contribuer à l’union des forces au niveau local, car notre nature est partout. Dans chaque rue, dans chaque coin et recoin et dans notre environnement immédiat. Nous faisons partie de la nature. Ensemble, nous devons découvrir, ressentir et protéger cette nature locale. Le troisième et dernier niveau est national. La nature appartient à chacun d’entre nous. Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous pourrons réellement aider notre nature. Parce que pour protéger la nature de notre beau pays, nous avons besoin de toutes les informations que nous pouvons trouver. Nous ferons donc régulièrement appel à notre communauté pour aider les scientifiques. Observer, collecter des données : chaque petit geste compte. En unissant nos forces, toutes ces petites choses nous permettent, ensemble, d’avoir un grand impact. En faisant découvrir à nos compatriotes notre belle nature, nous voulons renforcer leur lien avec elle. Car être fier et respectueux de notre nature est la garantie que nous la protègerons mieux. Hotel Hungaria


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La nature en Wallonie La nature en Wallonie est grandiose, dans tous les sens du terme. Par rapport à la Flandre, les réserves naturelles wallonnes sont beaucoup plus étendues et plus riches en termes de biodiversité. La faible densité de population, le caractère vallonné et le sol souvent rocailleux confèrent à la nature wallonne un aspect totalement différent de celui de la nature du nord de la Belgique. Par ailleurs, les différences d’altitude offrent souvent de merveilleux panoramas, et les espaces non urbanisés donnent le sentiment d’une nature encore sauvage. La grande diversité de types de nature et de paysages offre également une variété colorée d’espèces. Les vallées sont le cadre de vie d’habitants uniques des rivières, tels que le castor, la loutre, le balbuzard pêcheur, le cincle plongeur, la bergeronnette printanière, la truite de rivière et la cigogne noire. Les hauts plateaux de tourbière, sans âme qui vive, où de nombreux ruisseaux prennent leur source pour s’écouler ensuite en dessinant d’imposants méandres, constituent le biotope idéal pour les grues, les vipères et – dans les Hautes Fagnes – le tétras lyre. Les grands mammifères tels que le cerf élaphe, le chevreuil, le sanglier, le chat sauvage et même le lynx, jouissent dans les vastes forêts des Ardennes de l’espace dont ils ont besoins. Enfin, sur les

FONDRY DES CHIENS

falaises abruptes, vous pourrez apercevoir des faucons pèlerins et des hiboux grands-ducs. Certaines régions de Wallonie ont un micro­ climat prononcé. Cela est dû à l’altitude (la température baisse d’environ 0,6° C par mètre), au réchauffement rapide du sous-sol pierreux et calcaire du sud de la Belgique et à la situation plus continentale de l’extrême est. Grâce à leur microclimat, des régions telles que la Calestienne, les Cantons de l’Est et les hauts plateaux de tourbières possèdent une flore et une faune uniques, avec des espèces telles que l’arnica des montagnes, le casse-noix moucheté, la grue, le fenouil de montagne, le thym sauvage, le milan royal, le lézard des murailles, la petite airelle, la camarine noire, le poivrier … Sans oublier les innombrables et splendides papillons et les espèces particulières de libellules et de demoiselles ! En raison de ces conditions climatologiques et pédologiques particulières, on trouve en Wallonie des types naturels que la Flandre ne connaît pas ou peu. On peut songer ici aux forêts de ravins, aux tourbières, aux grandes étendues d’eau, aux rivières à fort courant et aux fonds caillouteux, aux forêts étendues, aux falaises calcaires …


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SANGLIERS

La grande diversité de la nature de valeur en Wallonie se traduit également par le grand nombre de sites NATURA 2000. Il s’agit de réserves naturelles reconnues et protégées en Europe dans lesquelles on s’efforce de restaurer et maintenir la biodiversité. La Wallonie peut s’enorgueillir de plus de 240 sites NATURA 2000, tandis qu’en Flandre, on n’en compte que 62. Dans le présent guide, nous vous emmènerons à travers de vastes forêts telles que celles d’Anlier, de Saint-Hubert et l’Hertogenwald. Les amateurs d’eau trouveront leur bonheur dans les vallées fluviales accidentées de la Lesse et de l’Hermeton. La nature sur et autour des terrains pierreux occupe une place de choix, notamment dans la vallée de Viroin, à Furfooz et près des rochers le long de l’Ourthe. Une nature unique de tourbières de hauts plateaux peut être admirée sur le Plateau des Tailles, dans les belles vallées de l’Olef et du Jansbach, dans les Hautes Fagnes et sur le plateau de la Croix Scaille. Les marais d’Harchies et l’étang de Virelles vous font découvrir la spécificité de la nature des grands étangs. Les itinéraires-découverte à travers Liège et Charleroi vous surprendront et vous permettront de découvrir une nature urbaine unique en son genre. Pour préserver l’extraordinaire variété historique des sites naturels, la gestion et la conservation de la nature sont plus que nécessaires. La nature particulière du sud de la Belgique est gérée et sauvegardée par Natagora, Ardenne et Gaume Asbl et DNF (Département de la Nature et des Forêts). Les opérations de gestion des réserves naturelles peuvent prendre diverses

formes : ne rien faire (laisser la nature se propager), le pâturage, les feux de gestion et la récolte du bois, le fauchage et les inondations contrôlées. Un suivi approprié des zones naturelles est important non seulement pour la biodiversité, mais aussi pour le stockage du carbone (contre le réchauffement climatique), le captage des eaux en cas d’inondation, la production de bois et les loisirs. Ce livre vous invite à explorer la nature en Wallonie et dans les Ardennes. Les itinéraires décrits vous mènent aux plus beaux endroits, mais toujours dans le respect de la nature. C’est pourquoi il est primordial de respecter quelques règles de conduite : ne quittez pas les sentiers balisés afin de ne pas perturber la nature. Si vous voulez voir de belles espèces, restez calme et tranquille. Prenez soin de rem-

B O I S D E L AU R E N S A R T

porter ce que vous avez emporté avec vous pour votre voyage dans la nature. En effet, la nature ne tire aucun profit du plastique, des déchets d’emballage et du papier toilette que certains promeneurs « oublient » sur place. Les chiens sont les bien­venus dans la plupart des réserves naturelles, mais ceux-ci doivent toujours être tenus en laisse. Les chiens en liberté font peur à une grande partie de la faune, mais ils peuvent aussi effrayer ou gêner les autres visiteurs. Et n’oubliez pas : dans la nature, vous n’êtes qu’un simple invité. Avec un peu de chance, vous pourrez admirer des animaux et des plantes particuliers. Pour cela il vous faudra être prudent(e) mais aussi faire preuve d’un grand respect pour la nature.


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NOTRE NATURE – Découvrez la Belgique sauvage La nature en Wallonie

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ROCHES 1 7,27 ou 2,09 km Furfooz Parc de Furfooz 2 10,65 km Nismes Parc Naturel Viroin-Hermeton

3 11,49 km Ollomont Parc Naturel des deux Ourthes

12 28 44

FORÊT 4 13,79 km Bourseigne-Vieille Bois Fagné et la Vallée de la Hulle 5 18,48 km Eupen Osthertogenwald, Brackvenn et Allgemeines Venn 6 8,41 km Gastuche Bois de Laurensart, Wolfsbos et Rondebos 7 13,88 ou 4,55 km Rulles (Habay-la-Neuve) Forêt d’Anlier 8 9,04 km Saint-Hubert Fourneau Saint-Michel

60 74 88 104 120

E AU DOUCE 9 5,71 km (1) & 5,9 km (2) Chiny La Semois dans le Parc naturel

de l’Ardenne méridionale et la Forêt de la Semois et de la Houille

10 23,15 km Hermeton-sur-Meuse Parc Naturel Viroin-Hermeton 11 14,07 km Krinkelt (Rocherath) Vallée de l’Olef et du Jansbach 12 11,35 km Redu Vallée de la Lesse 13 7,7 km Virelles Étang de Virelles et Bois de Blaimont

136 150 168 184 198

N AT U R E U R B A I N E E T I N D U S T R I E L L E 14 19,67 km Charleroi Des terrils, un parc paysager anglais

et une forêt à flanc de colline

15 6,29 km Harchies Les Marais d’Harchies 16 7,38 km Luik (Liège) Favechamps, Parc de la Citadelle en Côteaux de la Citadelle

216 234 248


9 9

TOURBIÈRES 17 10,28 km Odeigne Plateau des Tailles 18 4,89 km Samrée Les Hauts Marais de Bellemeuse

19 8,68 km Waimes Réserve naturelle des Hautes Fagnes,

270 284

parc naturel germano-­belge des Hautes Fagnes-Eifel

296 310

Remerciements Glossaire

324 325

20 6,38 km Willerzie Massif de la Croix-Scaille


BIOTOPE

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ROCHES

La moitié sud de la Belgique se caractérise par des sols peu profonds et des substrats rocheux. Là où le relief est prononcé, le sol est facilement emporté, révélant ainsi des affleurements rocheux. Au sud de la Sambre et de la Meuse, la variété du relief et la profondeur des sols donne lieu à des régions géographiquement très différentes comme le Condroz, la FagneFamenne, la Calestienne, les Ardennes et la Lorraine belge.

En d’autres termes, c’est le sous-sol pierreux et peu profond qui détermine le type de sol de surface. (Cela explique aussi pourquoi les zones géographiques au nord de la Sambre et de la Meuse, où il n’y a pas de roches dans le sous-sol, ont un sol profond et un aspect nettement différent des zones rocheuses ardennaises « connues ». Nous nous référons ici à : la Hesbaye, le Pays de Herve, le Pays du Hainaut, le Plateau du Brabant et la partie wallonne du Pays des Collines.) Ceux qui souhaitent avoir un échantillon détaillé de la géologie du sud de la Belgique peuvent faire une excursion le long de la Meuse : de Namur à Givet en passant par Dinant. Vous découvrirez le long de cet axe nord-sud comment des sols différents engendrent des paysages de natures extrêmement diverses.

Dans les Ardennes, les vieilles roches telles que le schiste et le grès produisent des sols acides, pauvres en nutriments et souvent peu perméables. Dans la Calestienne, en revanche, le calcaire est le principal constituant du soussol. Cela donne des sols crayeux et peu profonds où l’eau s’infiltre facilement. Ces différences de sol se traduisent par un développement végétal spectaculaire : alors que sur les plateaux ardennais on trouve des tourbières et des espèces que l’on observe en montagne, sur les flancs sud de la Calestienne, ce sont des orchidées et des espèces méridionales comme le poivrier et le thym qui y poussent … L’absence d’un sol permettant l’enracinement, le drainage rapide et l’exposition extrême au soleil


LÉZARD DES MUR AILLES

et au vent font des rochers et des fonds rocheux des Ardennes des lieux difficiles à coloniser. Les plantes que l’on y trouve, également appelées flore rupestre, sont particulières et souvent rares. Les lichens, avec les mousses, sont les premières « plantes » à apparaître sur une roche nue. Puis, des fougères telles que la capillaire des murailles et la fougère chêne conquièrent les zones rocheuses, tout comme l’orpin blanc et le poivre des murailles. Ces deux dernières espèces sont capables de stocker des réserves d’eau dans leurs tiges ou leurs feuilles. Les surfaces rocheuses plates sont plus faciles pour les plantes : c’est là que se forment des « îlots » de rocaille. Sur les massifs rocheux ardennais, vous trouverez ainsi des touffes de bruyère, de genêt et de canche. La « faune rupestre » typique se compose notamment du lézard des murailles, du martinet noir, du hibou grand-duc et du faucon pèlerin. Contrairement aux Ardennes, les sols peu profonds de la Calestienne sont calcaires. Le calcaire se dissolvant sous l’effet de l’eau, des cavités se forment plus facilement dans les roches calcaires, tant verticalement sous l’effet

de la pluie, qu’horizontalement sous l’effet du débit des rivières. Les grottes ainsi créées sont dépourvues de végétation en raison du manque de lumière. Au bord des grottes poussent des plantes qui ont besoin de peu de lumière. Leurs grandes et larges feuilles sont idéales pour capter la lumière rare. On les trouve souvent comme plantes forestières sous le branchage des arbres. En raison de la température hivernale assez constante et plutôt élevée, les grottes servent souvent de résidence hivernale aux chauves-souris. En Wallonie, environ une espèce de mammifère sur trois est une chauve-souris. Au cours de la promenade dans la nature à Furfooz, vous découvrirez des prairies calcaires, des falaises abruptes et des forêts de ravins. Dans le parc naturel de Viroin-Hermeton, vous vous promenez le long du célèbre Fondry des Chiens, le mini-canyon de Belgique. Sur la route de l’Ourthe, vous vous tenez en équilibre sur des crêtes rocheuses abruptes avec une vue sur les impressionnants méandres de la rivière qui se fraie un chemin entre les massifs de roches dures.


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Parc de Furfooz FURFOOZ

Escalader des rochers sur les traces des Romains Les parois rocheuses verticales le long de la Lesse et le plateau qui domine la rivière sont le décor de l’un des plus beaux sites naturels de Belgique : le Parc de Furfooz. Outre sa beauté naturelle, ce parc jouit d’une grande renommée pour sa riche histoire. Ainsi, vous pourrez découvrir les vestiges de thermes romains et d’une forteresse médiévale. Du fait de leur situation stratégique intéressante au-dessus de la Lesse, les grottes et le plateau ont été habités dès la préhistoire. L’histoire et la nature du site sont tout simplement envoûtantes. L’excursion présentée ci-dessous vous mènera du plateau surplombant la Lesse – d’où vous pourrez admirer les magnifiques falaises rocheuses abruptes – jusqu’à la rivière et vous passerez par des forêts dans lesquelles grottes et ravins abondent.


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ESPÈCE À L’HONNEUR

Le faucon pèlerin Dans les années 60, le nombre de faucons pèlerins en Europe a chuté en raison de l’utilisation extensive du DDT et d’autres pesticides. En Belgique, l’espèce a même disparu des radars. C’est en 1972, près de Furfooz, à Waulsort, que les derniers petits du faucon pèlerin ont été observés. La consommation de proies empoisonnées a en effet engendré des coquilles d’œufs fragiles qui ne pouvaient pas supporter le poids du parent qui les couvait. Heureusement, depuis la fin du XXe siècle, l’espèce connaît un renouveau. Le faucon pèlerin vit naturellement à proximité de falaises abruptes, telles que celles que l’on trouve en abondance le long de la Meuse et de la Lesse. Là, il s’abrite dans des cavités et des niches peu profondes. En Flandre, le faucon pèlerin aime vivre dans des nichoirs accrochés à de hauts bâtiments et chasse les oiseaux des villes, comme les mouettes et les pigeons. Les faucons pèlerins se nourrissent principalement d’oiseaux, mais ne rechignent pas à se sustenter d’une chauve-souris. Il attrape ses proies en effectuant un vol plongeant ultrarapide ou en prenant son envol depuis un poste d’observation. La vitesse la plus élevée constatée d’un faucon pèlerin est de 389 km/h ! Il ne peut atteindre cette vitesse qu’en se laissant « tomber » d’une grande hauteur. Lorsqu’il vole « normalement », sa vitesse maximale n’est « que » de 100 km/h.


BIO T OP E R O CHE S | Pa r c de F ur f o oz

DES PELOUSES CALCAIRES OÙ POUSSENT ORCHIDÉES ET POIVRIERS

Un impressionnant plateau calcaire s’étend sur les bords de la Lesse. Le calcaire se trouve à faible profondeur et façonne ce sol particulier. Ces clairières dites calcicoles (contenant du calcaire) accueillent une grande diversité botanique. Outre la présence de calcaire, ces pelouses calcaires se caractérisent par un sol sec et très pauvre en éléments nutritifs. En raison de la présence en superficie de calcaire, la température du sol s’élève rapidement et seules les espèces de plantes adaptées à ce genre d’environnement survivent. L’une d’entre elles, qui prospère donc dans les clairières calcaires, est l’orchidée. Grâce au microclimat qui y règne, vous trouverez également de nombreuses espèces méridionales. Les graines de ces plantes sont transportées par la Meuse. Un exemple type de ces espèces méridionales est le poivrier. LES ÉR ABLES DANS L A FORÊT DE R AVINS

Dans les forêts de ravins, avec une pente d’au moins 40 %, les pierres ou les gravas roulent souvent vers le bas. Dans leur chute, ils emportent avec eux des arbres et des branches, si bien que le sol est souvent recouvert de bois mort. Dès lors, seules les espèces d’arbres repoussant facilement peuvent survivre ici. L’érable sycomore, l’érable de Norvège et l’érable champêtre ont cet avantage par rapport au hêtre. Mais l’orme, le frêne et le tilleul à petites feuilles parviennent ici à tirer leur épingle du jeu. Avec le climat plus frais et la forte humidité des forêts de ravins, les fougères prospèrent, en particulier la fougère langue. Au printemps, vous pourrez sentir l’agréable parfum de la fougère de Judée sauvage et en hiver, vous verrez les gousses transparentes de la plante. Les forêts de ravins sont rares et, pour cette raison, celles-ci sont protégées – en tant que type d’habitat – dans le cadre d’habitat NATURA 2000.

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ÉPERVIÈRES DES MURS

A R U M TAC H E T É

CAPILLAIRE DES MUR AILLES

B E R G E R O N N E T T E D E S R U I S S E AU X

BOIS-JOLI


Espèces que l’on peut observer

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DA N S L E S C L A I R I È R E S C A L C A I R E S P R O S P È R E N T É G A L E M E N T L E S E S P È C E S S U I VA N T E S

genêts des teinturiers, pimprenelle, hélianthème jaune, silène penché, anthyllide vulnéraire, cerfeuil tubéreux, dompte-venin, bois-joli. L U N A I R E V I VAC E

DA N S L E S G R O T T E S , S U R L E S R O C H E R S ET LES MURS

épervière des murs, plantain moyen et étroit, crételle des prés, brome mou, trèfle douteux, lotier ordinaire, orpin des rochers, capillaire des murailles, fougère des chênes, polypodium, cétérach officinal, fougère scolopendre, poivre des murailles. DA N S L E S F O R Ê T S D E R AV I N S

ÉPERVIÈRE DES MURS

érable champêtre, érable sycomore, érable de Norvège, fougère scolopendre, lunaire vivace. DA N S L E S B O S Q U E T S D E N O I S E T I E R S

impatientes, arum tacheté, raiponce, anémone des bois, primevère commune. SUR LA LESSE

martin-pêcheur, bergeronnette des ruisseaux.

H É L I A N T H È M E JAU N E

CERFEUIL TUBÉREUX

MARTIN-PÊCHEUR


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Informations pratiques D I S TA N C E

7,27 km/2,09 km (Itinéraire court)

N I V E AU D E D I F F I C U LT É Compte tenu de la courte distance à parcourir et la route plate, cette promenade est facile. D É PA R T Vous commencez au centre d’accueil Ardenne et Gaume ASBL. En partant du centre de Furfooz, suivez les panneaux indiquant le Parc de Furfooz. L’itinéraire commence au bâtiment en bois du centre d’accueil, au bout du parking.

L’ensemble du parcours est constitué de routes non goudronnées, à l’exception de la dernière section qui traverse le centre de Furfooz.

T YPE DE ROUTE ET TERR AIN

S I G N A L I S AT I O N Dans le Parc de Furfooz vous êtes guidé(e) par des flèches bleues, et, en dehors du parc naturel, vous devez suivre les indications données dans le présent guide. En dehors du parc, le parcours suit en partie le sentier GR signalisé par des bandes rouges et blanches. N ’ O U B L I E Z PA S Pour repérer les faucons pèlerins, il est préférable d’avoir des jumelles avec soi. Si vous souhaitez connaître les noms des plantes, emmenez un guide botanique ou téléchargez l’application ObsIdentify sur votre smartphone. Des chaussures avec une bonne adhérence sont particulièrement recommandées lors de la descente raide du plateau vers la Lesse.

P O U R E N S AVO I R P L U S Sur le site du parc https://www.parcdefurfooz.be/index.php/nl/ welkom/, vous trouverez toutes les informations nécessaires pour préparer votre visite. Consultez également le site Internet du gestionnaire du parc Ardenne et Gaume https://www. ardenne-et-gaume.be. Outre le Parc de Furfooz, l’association de défense de la nature gère plus d’une centaine d’autres réserves naturelles en Wallonie. M E I L L E U R E(S) S A I S O N(S) Cette promenade peut être faite tout au long de l’année. Si vous êtes un amateur de la flore poussant sur sol calcaire, il est préférable de venir en mai. C’est pendant leur période de reproduction (mars-avril) que vous aurez les plus grandes chances de voir des faucons pèlerins. Le meilleur endroit est indiqué dans les détails du parcours. Attendez patiemment là où vous avez une vue sur des falaises abruptes. En dehors de la période de reproduction, vous pouvez tenter votre chance près de la Lesse. Conseil : lorsqu’un grand nombre d’oiseaux aquatiques s’envolent simultanément, cela est souvent le signe qu’un faucon pèlerin est dans les parages. Pour voir les anémones de bois et les primevères, il faut venir en avril-mai.

La visite du Parc de Furfooz est payante et il faut réserver. Les réservations peuvent être effectuées en ligne sur le site Internet du parc. Bien que le nombre de visiteurs soit limité, le parc est très fréquenté au printemps et en été pendant les weekends et les vacances. En semaine, il y a moins d’affluence. Les chiens ne sont pas autorisés dans le parc.

T R È S I M P O R TA N T


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BIO T OP E R O CHE S | Pa r c de F ur f o oz

Parcours 12

DU CENTRE D’ACCUEIL ARDENNES ET GAUME À L A BR ASSERIE L A FLOBETTE

0,9 8 K M

Traversez le chalet d’Ardenne et Gaume 1 . En suivant les flèches bleues, montez jusqu’aux thermes romains reconstitués. Sur le plateau, vous voilà dans un paysage ouvert où s’étendent des clairières de craie. Les flèches bleues vous guident vers un panneau d’information sur le faucon pèlerin. C’est l’endroit idéal pour observer les faucons pèlerins. Marchez à travers de pittoresques clairières crayeuses jusqu’à une forteresse médiévale. Descendez les escaliers jusqu’à la grotte Trou du Grand Duc.

Revenez sur vos pas et continuez votre randonnée. Les flèches bleues vous indiquent le chemin.

Sur les parties plus ouvertes et pierreuses de la clairière, vous reconnaîtrez des espèces typiques comme le genêt des teinturiers, la pimprenelle, et l’hélianthème jaune. On y trouve également le Silène penché et l’anthyllide vulnéraire. La grande ombellifère que vous remarquerez le long du chemin est du cerfeuil tubéreux. Les autres fleurs blanches sont des dompte-venins qui, contrairement au cerfeuil tubéreux, sont très toxiques. Avec des espèces telles que l’épervière des murs, le plantain moyen et le plantain étroit, la crételle des prés, le brome mou, le trèfle douteux, le lotier ordinaire, l’orpin des rochers, les vestiges des murs de la forteresse sont un véritable paradis botanique. À côté des marches, poussent la capillaire des murailles, la fougère des chênes, la cétérach officinal, la fougère scolopendre, le plantain moyen et le plantain étroit. Le poivre des murailles et le thym prospèrent sur la roche nue. La vue sur la Lesse est ravissante. Dans les étroites bandes de clairières, situées sur votre droite et votre gauche, poussent des espèces telles que le gaillet, le dompte-venin et la campanule à feuilles rondes. Vous pouvez même apercevoir quelques spécimens de bois-joli.

FOUGÈRE SCOLOPENDRE


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En descendant du plateau, à la bifurcation de la route, continuez tout droit le long de la paroi rocheuse. Ici, vous verrez comment la nature se développe lorsqu’elle n’est pas « dérangée » par l’homme. Revenez sur vos pas et poursuivez votre route. La fougère scolopendre et la fougère mâle bordent le chemin. Vous descendez plusieurs marches vers la Lesse. À un panneau d’information sur la forêt de ravins d’érables, juste à côté d’un gigantesque frêne, tournez à droite. Jetez un coup d’œil dans l’une des grottes que vous longez, par exemple le Trou des Nutons ou la Grotte des Nains.

Les plantes d’ombre avec des tiges robustes et de grandes feuilles essaient de capter le plus de lumière possible dans la grotte. Vous découvrirez, entre autres, l’herbe à ail, l’ortie dioïque, l’ortie blanche, la grande éclaire, le géranium herbe à Robert et la fougère scolopendre. Les rochers, le bois mort, les fougères et les mousses ont la part belle dans cette zone préservée. De chaque côté du chemin étroit vous faites face à une pente raide. Sous les érables et les tilleuls, le sol de la forêt est recouvert de fougères scolopendre. Quand vous approchez de la Lesse, tournez à droite à une intersection en T. Une nouvelle grotte attend d’être explorée : le Trou du Frontal. Revenez sur vos pas et suivez

à nouveau les flèches bleues. À l’intersection en T de la Lesse, prenez à droite. Passez par l’ancienne porte à battants jusqu’à l’amarrage pour les canoës et la sympathique brasserie La Flobette 2 .


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