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L’art des 20e & 21e siècles


MUSÉES ROYAUX DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE


[7]

Avant-propos [9]

L’art après 1900 aux MRBAB [19]

Œuvres choisies [73]

Des legs retentissants [139]

Art sur papier, art du papier [211]

L’art vidéo

[233]

Les Amis du Musée [235]

Bibliographie [238]

Index des artistes


de l’art, mais également des œuvres qui té-

Avant-propos

moignent toujours d’une identité culturelle De quelle modernité parte-t-on lorsque le

plus forte que les débats visant à sa néga-

débat se déplace sur un musée fondé par

tion. De Pieter Bruegel l’Ancien à Marcel

Bonaparte en 1802 ? Il y a là quelque anachro-

Broodthaers, en passant par Pierre Paul

nisme. Tantôt rétrograde si on se fixe sur la

Rubens, Antoine Wiertz, Constantin Meunier,

querelle des Anciens et des Modernes ; tantôt

James Ensor, Fernand Khnopff, Léon Spilliaert,

par anticipation si on s’attache à l’acception

Rik Wouters, Paul Delvaux et évidemment

née sous la plume de Baudelaire. Ici comme

René Magritte. Sans oublier les contempo-

là, il est question de beauté ou de Beauté ;

rains dont les œuvres se révèlent aussi de

d’éphémère et d’éternel. À chaque fois, ce qui

plus en plus difficiles à acquérir. Et ce d’au-

s’y joue renvoie à un texte central par lequel

tant que la Belgique, carrefour de cultures et

le temps s’organise en récit. Celui-ci a son

terre de collectionneurs, foisonne d’artistes

cadre. Érigé en 1880, le bâtiment d’Alphonse

à la créativité incessante. C’est donc avec

Balat – baptisé alors « Palais des Beaux-Arts »

une réelle fierté que les MRBAB défendent

– était destiné à présenter des expositions

le travail de Pierre Alechinsky, Jan Fabre, Luc

temporaires et des salons artistiques avant de

Tuymans, Thierry De Cordier, Wim Delvoye

devenir, sept ans plus tard, l’écrin du Musée

ou, plus récemment, de Rinus Van de Velde

d’Art ancien. Depuis, le récit central qui se

ou de David Claerbout. Avec des moyens insuffisants et grâce à

voulait universel a volé en éclats, nous menaçant d’une profusion de microrécits centrés

une politique d’acquisition modeste, la col-

sur les particularismes de communautés de

lection parvient aussi à donner un panorama

plus en plus fermées sur elles-mêmes. Plus

de l’art international. Au premier élan insufflé

que jamais par l’unité du lieu, le musée se

par l’Expo 58 ont notamment succédé de

veut le garant d’une ouverture du regard à

prestigieux legs et donations dans les années

l’autre dans la diversité de ses expressions.

1980-1990, permettant d’intégrer dans notre ensemble déjà significatif d’autres figures

Avec son regard tourné à la fois vers le passé, le présent et l’avenir, la modernité d’un

internationales : d’Anselm Kiefer à Christian

musée réside non seulement dans ses activi-

Boltanski, de Thomas Struth à David Altmejd. Plus de vingt mille œuvres sont abritées

tés (expositions, visites, partenariats) mais

aux MRBAB, brassant les médiums contem-

également dans sa politique d’acquisition. Un musée qui n’étend pas ses collections est

porains dans leur diversité : de la peinture à

amené à mourir rapidement. L’ambition de

l’huile à la vidéo, en passant par la sculpture,

réunir ce qui imprime « l’air du temps » et

le dessin, la photographie ou l’installation. Le

marquera l’histoire de l’art n’est pas neuve.

présent ouvrage en offre un aperçu significatif

Élaborée dans les années 1920 comme une

à travers plus d’une centaine d’œuvres. Fai-

collection d’art « vivant » sous l’impulsion

sant pendant au volume consacré aux fleurons

du conservateur Hippolyte Fierens-Gevaert,

de notre collection d’art ancien, cet ouvrage

la collection d’art moderne et contemporain

dédié à nos collections d’art des 20e et 21e

fut d’abord pensée de manière à refléter les

siècles inaugure à son tour une nouvelle série

principaux mouvements et développements

de livres présentant nos richesses culturelles.

artistiques nés au 20e siècle. Et ce, d’abord

Des musées qui plus que jamais contribuent

à travers les créations des artistes belges,

à la construction de la société de demain,

avant de s’élargir, principalement après guerre

plurielle, curieuse et tolérante. Une société

et sous l’égide de Philippe Roberts-Jones,

à l’image d’une collection (et vice-versa) :

aux grands artistes internationaux.

à la fois moderne et contemporaine.

Pays de peintres et de peintures, la Belgique a elle-même produit au fil du temps des

Michel Draguet

figures majeures qui ont influencé l’histoire

Directeur général

7


Les salles du Musée d’Art moderne érigé par Roger Bastin. Vue au début des années 1990.


L’art après 1900 aux MRBAB HISTOIRE DES COLLECTIONS

Peinture et sculpture modernes

la base d’une politique d’acquisition parfaitement étudiée. Vers le milieu des années 1960,

La collection de peinture et de sculpture

la collection connaît un grand essor avec

modernes de la période 1900-1968 est au

l’acquisition d’œuvres de grands noms inter-

moins aussi riche et variée que la vie artis-

nationaux comme Max Ernst, Salvador Dalí,

tique en Belgique à cette époque. Elle reflète

Henry Moore, Josef Albers, Francis Bacon,

la grande aventure émancipatrice de l’art

Hans Hartung ou Otto Dix, des œuvres de

moderne dans notre pays et ailleurs, non

qualité sur le plan de la pureté du style et de

sans accorder une place aux tendances plus

l’esthétique, mais sans ancrage direct dans

conservatrices. Elle comprend des œuvres

la scène artistique locale. Le musée mani-

d’artistes mondialement connus comme

feste ainsi clairement son ambition de déve-

René Magritte, Francis Bacon et Alexander

lopper une collection internationale de haut

Calder, mais aussi de figures locales parfois

niveau et agit en conséquence. L’ouverture en 1984, sous l’impulsion du

tombées dans l’oubli comme Micheline Boya-

conservateur en chef Philippe Roberts-Jones,

djian, Paul Maas ou Antoni Zydrón.

du Musée d’Art moderne tant attendu, conçu

Un coup d’œil sur la genèse de la collection nous apprend qu’elle se construit à partir des années 1920, sous l’impulsion du conservateur en chef Hippolyte Fierens-Gevaert, comme une collection d’art « vivant », dans le sillage des développements artistiques de l’époque (ill. 1). Des artistes comme Oscar Jespers et plus tard Paul Delvaux conseillent l’administration dans sa politique d’achat. Après 1945 et plus tard sous l’influence de l’Exposition universelle de 1958, une prise de conscience historique orientée vers l’international se développe chez les décideurs politiques. Le conservateur en chef Paul Fierens s’efforce d’élever rétrospectivement la collec-

[Ill. 1] Vue de la salle Fierens-Gevaert consacrée à l’art moderne en 1927.

tion à un niveau européen et international sur

9


par l’architecte Roger Bastin, marque une

avec des œuvres d’artistes belges comme

étape importante dans l’histoire de la collec-

Gaston Bertrand, Pol Bury, Eugène Dodeigne

tion et éveille l’intérêt du grand public comme

(ill. 2), Vic Gentils, Pol Mara ou Roel d’Haese,

des collectionneurs. Ce n’est pas un hasard

mais aussi d’artistes étrangers aussi célèbres

si, dans les années qui suivent, la collection

que Georges Braque, Marc Chagall, Giorgio

s’enrichit de deux legs spectaculaires. En

de Chirico, Joan Miró, Asger Jorn ou Claes

1996, Irène Scutenaire-Hamoir fait don d’une

Oldenburg. La collection acquiert ainsi défi-

impressionnante collection d’art surréaliste,

nitivement une place sur la carte internatio-

composée de 254 tableaux, sculptures, objets

nale de l’art.

et œuvres sur papier, dont 101 pièces signées

Sous l’influence du climat économique

ou attribuées à René Magritte. La générosité

changeant, elle continue aussi d’être déve-

d’Alla Goldschmidt-Safieva est tout aussi im-

loppée ponctuellement dans les décennies

pressionnante. En 1990, elle lègue l’intégralité

suivantes en fonction des avancées de la

de la collection que son époux a constituée,

recherche scientifique. Voilà comment, au-

surtout après la Seconde Guerre mondiale,

jourd’hui, la collection présente un panorama unique de l’histoire de l’art moderne en Belgique, riche dans sa diversité, avec autant d’attention pour sa particularité que pour le contexte de son apparition. De nos jours, ce pan important de la collection des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique comprend 1123 tableaux et 300 sculptures de la période s’étendant de 1900 et 1968. Depuis le redéploiement des collections en 2018, la périodisation a été délimitée sur la base d’un cadre de référence historicoculturel, stylistique et artistique du modernisme, avec comme principe directeur l’évolution vers l’abstraction et l’art conceptuel. Aux environs de 1968 – moment-charnière par excellence dans l’histoire culturelle du 20e siècle –, cette évolution a été dépassée par un art actuel d’un nouveau genre, axé sur les processus, les systèmes et la relation entre sujet et œuvre d’art. À ce moment-là, l’art moderne est en effet devenu histoire. Une observation peut toutefois être formulée à propos du point de départ, l’année 1900. Il est un fait que les moments de basculement qui définissent la tournure que prend l’art au 20e siècle ne coïncident pas toujours exactement avec l’année de commencement indiquée. Depuis les dernières décennies du 19e siècle, un glissement s’accomplit en effet sur le plan de l’autonomie des moyens plastiques (couleur, ligne, plan), et ce n’est que peu après le tournant du

[Ill. 2] Eugène Dodeigne (Rouvreux [BEL] 1923 – Bondues [FRA] 2015), Femme, [1952], bois, 145 × 22 × 23 cm. Legs Alla GoldschmidtSafieva, 1990, inv. 11238.

siècle que nous observons un nouveau rapport, libre, avec les matériaux extra-artistiques (textures, collage, assemblage, ready-made).

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Un profil individuel Dans les premières années du 20e siècle, la scène artistique belge a encore le regard tourné vers ce qui se passe à Paris et évolue plus que jamais au point d’intersection entre tradition et avant-garde. L’œuvre du peintre et sculpteur Rik Wouters témoigne mieux que toute autre de la quête fébrile d’une jeune génération au seuil de l’ère nouvelle. Ce n’est que pendant et peu après la Première Guerre mondiale qu’une dynamique artistique débridée se met en marche ici aussi : elle change, à un rythme jamais vu, l’aspect de l’art de l’époque, dans toute l’Europe et au-delà. Les principales lignes de force et de rupture de cette évolution se reflètent sous un éclairage unique dans cette collection. Celle-ci offre simultanément un aperçu des différentes manières dont les artistes belges ont chacun interprété et assimilé les tendances novatrices. Relevons ainsi, par exemple, l’enthousiasme de Jules Schmalzigaug, qui dès 1912

[Ill. 3] Gustave De Smet (Gand [BEL] 1877 – Deurle [BEL] 1943), Béatrice, [1923], huile sur toile, 140 × 100 cm. Don du Comité Fierens-Gevaert, 1927, inv. 4678.

tombe sous le charme des rythmes urbains dynamiques du futurisme italien et développe son propre langage plastique tempéré. Ou le cas d’E.L.T. Mesens, qui découvre Dada à Zurich, une rencontre avec la subversion qui n’est pas sans conséquence pour l’évolution

l’entre-deux-guerres et des contacts que les

du surréalisme. S’appuyant sur leur expé-

artistes entretenaient entre eux. Dans le même

rience du purisme français et de l’expression-

temps, ils jouent un rôle manifeste dans le

nisme allemand acquise pendant leur exil,

monde des marchands d’art, galeristes et col-

Gustave De Smet (ill. 3) et Frits Van den

lectionneurs ou ils sont d’une grande impor-

Berghe réussissent eux aussi à développer

tance pour les critiques et les publicistes.

leur propre idiome, dans lequel aspects inter-

La remarque s’applique également dans une

nationaux et régionaux se fondent d’une

moindre mesure aux œuvres relevant de

manière inédite.

la plastique pure, ce courant qui, dans les

Si l’expressionnisme et plus encore

Roaring Twenties, est le premier à propager

le surréalisme sont considérés aujourd’hui

l’abstraction, avec Victor Servranckx comme

comme les ensembles les plus riches de cette

porte-parole. À ce moment-là, Georges Van-

collection, c’est parce qu’ils témoignent, en

tongerloo a déjà emprunté la voie de De Stijl

tant qu’entité, du réseau artistique, culturel

aux Pays-Bas. Dans tous ces ensembles, les

et social qui a promu le développement de ces

œuvres des pionniers ainsi que les interpré-

courants artistiques. Ces ensembles sont à la

tations ultérieures des épigones sont repré-

fois cohérents et protéiformes, et les œuvres

sentées. Leur plus-value ne réside donc pas

d’art qui les composent ont souvent en com-

seulement dans les qualités esthétiques de

mun un parcours d’exposition parallèle ou

chaque objet précieux pris séparément, mais

ont fait l’objet de publications d’époque. Ils

aussi dans le rapport documenté qui existe

témoignent de l’état d’esprit qui régnait dans

entre ces objets.

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Au cours des années 1930 ainsi que pendant la Seconde Guerre mondiale, les collections se sont enrichies d’œuvres figuratives de l’époque, dans lesquelles se manifeste une tendance socio-culturelle à un retour à un ordre existant. Les œuvres de Louis Buisseret ou d’Albert Van Dyck, par exemple, témoignent d’une remise à l’honneur de l’art classique et d’un intérêt pour les maîtres italiens anciens et leurs suiveurs du 19e siècle, certes adaptés au 20e siècle. Il en résulte une production artistique plutôt conventionnelle, avec de nombreux noms peu connus qui jouissaient d’une grande popularité à leur époque mais sont aujourd’hui souvent tombés dans l’oubli. Si l’on trouve actuellement dans la collection des œuvres d’art dont la valeur muséale n’est pas toujours pleinement convaincante, c’est

[Ill. 5] Jean Arp (Strasbourg [FRA] 1886 – Locarno [ITA] 1966), Mirr, [1936], bronze doré, 38,5 × 32 × 34 cm. Acquis de l’artiste à l’exposition 50 ans d’art moderne, 1958, inv. 6815.

non seulement parce que notre goût a évolué, mais c’est aussi parce que les objectifs des commissions d’acquisition ont changé. Cette particularité s’explique par les choix stratégiques d’administrations qui se sont succédé en défendant une politique au moins autant

mouvement artistique avant-gardiste euro-

axée sur le soutien de l’artiste local que sur

péen d’après-guerre n’occupent qu’une place

l’excellence de sa production. Avec plus ou

modeste dans la collection. Les ensembles

moins de réussite.

de dessins, gouaches et autres œuvres sur

À partir de 1948, une aile dynamique du

papier CoBrA et post-CoBrA, en revanche,

groupe CoBrA se développe à Bruxelles sous

sont riches et diversifiés, avec en vedette

l’impulsion du poète Christian Dotremont.

les calligraphies d’inspiration orientale de

Pourtant, la peinture et la sculpture du premier

Pierre Alechinsky. Dans ces mêmes années d’après-guerre, le modernisme abstrait s’insinue aussi peu à peu dans la collection à travers la génération de la Jeune Peinture belge. L’œuvre de jeunes artistes comme Antoine Mortier, Louis Van Lint et Jo Delahaut a beau être difficile à grouper sous un même dénominateur, il n’en reste pas moins que ces abstraits lyriques ont en commun une recherche effrénée de la libre expression. Une des premières rétrospectives d’après-guerre de l’avant-garde internationale a lieu dans le cadre de l’Expo 58 à Bruxelles. En marge de cet événement intitulé 50 ans d’art moderne (ill. 4), des tableaux de Karel Appel, Jean Dubuffet et Hans Hartung sont

[Ill. 4] Vue de l’exposition 50 ans d’art moderne, à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958. Les oeuvres visibles de Kenneth Armitage, Victor Vasarely et Serge Poliakoff ont été acquises par les MRBAB.

notamment acquis pour la collection, mais aussi des sculptures au moins aussi intéressantes de Jean Arp (ill. 5), Germaine Richier

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et Ossip Zadkine. L’avenir s’annonce très pro-

fonde donc sur des éléments historiques, mais

metteur et des choix sûrs sont faits.

répond également à des impératifs de conser-

Même si l’option prise est clairement de

vation. Les œuvres reposant sur la techno-

donner un visage international à la collection,

logie, conçues avec des matériaux industriels,

il faudra attendre 1967 pour que le pop art

ou encore les installations de très grand for-

et le Nouveau Réalisme fassent leur entrée

mat nécessitent une approche particulière et

dans celle-ci, avec des œuvres d’Allen Jones,

requièrent pour leur exposition ou leur trans-

d’Arman et de la Belge Evelyne Axell. Des col-

port une logistique qui peut s’avérer complexe.

lectionneurs enthousiastes d’art contempo-

Les questions liées à leur restauration sont

rain jouent un rôle stimulant dans ce contexte,

tout aussi spécifiques, compte tenu de la

rôle qui s’est avéré d’une importance capitale

grande variété des médiums concernés. Pour

également pour le développement ultérieur

autant, il ne s’agit pas d’une scission nette,

des collections. [FV]

la collection contemporaine prolongeant naturellement celle dédiée à l’art moderne, tant d’un point de vue chronologique – la date

L’art après 1968

pivot de 1968 n’étant pas un point fixe – que Tandis que la collection s’ouvrait progressive-

typologique – beaucoup d’artistes représen-

ment à l’art actuel, un mouvement internatio-

tés dans la collection contemporaine (Raoul

nal se dessinait qui allait poser de nouveaux

De Keyser, Walter Swennen, Léon Wuidar,

défis aux institutions muséales. Si le pop art

Roman Opalka, On Kawara, Marthe Wéry,

et le Nouveau Réalisme interrogent, chacun

Philippe Vandenberg…) utilisant des médiums

à leur manière, la nature de l’œuvre d’art et

similaires, tels que la peinture sur toile ou sur

son rapport à la société, le minimalisme, l’art

panneau, à ceux de la collection moderne. Dans les années qui suivent la création

conceptuel, le land art ou l’art vidéo en proposent une totale remise en question. Entre

du Musée d’Art moderne, de nombreux événe-

1968 et 1969 paraissaient Art after Philosophy

ments ont lieu en Belgique, propices à la dif-

de Joseph Kosuth, Statements de Lawrence

fusion de l’art contemporain auprès d’un grand

Weiner et Sentences on Conceptual Art de

public : les expositions Place Saint-Lambert

Sol LeWitt, des écrits développant une nou-

Investigations à Liège (1985) et Chambres

velle théorie de l’art, axée notamment sur la

d’amis à Gand (1986), suivies par l’ouverture du

dématérialisation de l’œuvre.

musée d’art contemporain d’Anvers (MuHKA) en 1987. En 1992, c’est un Belge, Jan Hoet,

Symboliquement, l’année 1968 (qui est

qui est choisi pour diriger la documenta IX à

aussi celle du décès de Marcel Duchamp) marque donc un point de rupture, ou plutôt un point de départ, même si une œuvre telle que One and Three Chairs de Joseph Kosuth – installation composée d’une chaise, de sa reproduction photographique et de l’impression de sa définition dans un dictionnaire – annonçait dès 1965 l’émergence d’un nouveau courant, où le langage prenait le pas sur la forme. En 1969, l’exposition Live in Your Head : When Attitudes Become Form, organisée par Harald Szeeman à la Kunsthalle de Berne, allait permettre à ces nouvelles tendances artistiques d’être connues d’un large public. Le partage de la collection d’art moderne

[Ill. 6] Raoul De Keyser (Astene [BEL] 1930-2012), N.O.B., 1987, huile sur toile, 190 × 251,5 cm. Acquis en 1989, inv. 10952.

des MRBAB en deux entités chronologiques, de 1914 à 1968, puis de 1968 à aujourd’hui, se

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minimal, qui va s’affirmer avec l’acquisition, quelques années plus tard, d’œuvres de Donald Judd, de Dan Flavin, de Joseph Kosuth, d’On Kawara, de Carl Andre et, plus tardivement, de Lawrence Weiner. C’est également à cette époque que des pièces monumentales de Richard Long et de Giovanni Anselmo font leur entrée dans la collection. Les acquisitions se poursuivent au tournant du nouveau millénaire, mais sur un mode bien moins soutenu, compte tenu notamment de l’inflation des prix sur le marché de l’art contemporain. La collection s’enrichit néanmoins d’œuvres importantes de Panamarenko, de Jan Fabre et de Luc Tuymans. Parmi les artistes étrangers, Daniel Buren et Niele Toroni apportent un écho européen aux conceptuels

[Ill. 7] Sol LeWitt (Hartford [USA] 1928 – New York [USA] 2007), Wall Drawing no 426, [1985], lavis sur mur, 385 × 618,5 cm. Acquis et réalisé in situ en 1986, inv. 10537.

et minimalistes américains. Cet équilibre entre une approche nationale et internationale continue de se maintenir, comme en témoigne l’entrée dans la collection ces dernières

Kassel, une édition très remarquée. L’année

années d’artistes aussi variés que Thierry

suivante, les MRBAB présentent L’Art en Bel-

De Cordier, Georges Meurant (ill. 8), Chéri

gique depuis 1980, qui rassemble près d’une

Samba (ill. 9), Roger Ballen, Gao Xingjian,

trentaine d’artistes, tandis que de l’autre côté

Jeff Kowatch, Debbie Brown Napaltjarri,

du Mont des Arts, dans les anciens magasins

Mary Brown Napangardi ou Tjawina Porter

Old England, trois expositions d’art contempo-

Nampitjinpa. Une attention particulière a été

rain (Le Jardin de la Vierge, Toscani Al Muro,

portée aux travaux in situ, dans la lignée de

Les Fragments du désir) se succèdent entre

ceux de Sol LeWitt et de Lawrence Weiner,

1993 et 1995. Cette période culmine avec l’ouverture de deux nouvelles institutions dédiées à la création contemporaine, le S.M.A.K. de Gand en 1999 et le Mac’s au Grand-Hornu en 2002. C’est à ce moment que l’art contemporain entre véritablement aux MRBAB, avec une attention portée tant aux artistes belges qu’étrangers. Le début des années 1990 en particulier, est marqué par l’acquisition d’œuvres très peu de temps après leur création, témoignant d’une volonté de s’inscrire au plus près de l’actualité artistique. C’est par exemple le cas pour les pièces de Didier Vermeiren, de Christian Boltanski, de Marthe Wéry, de Tony Cragg, de Lili Dujourie, de Wim Delvoye, d’Anselm Kiefer… Le Wall Drawing nº 426 de Sol LeWitt (1985 ; ill. 7) avait été mis en place

[Ill. 8] Georges Meurant (Etterbeek [BEL] 1948), sans titre, [2019], huile sur toile, 120 × 120 × 4 cm. Acquis en 2020, inv. 12590.

à l’entrée du Musée d’Art moderne dès 1986, signe d’un intérêt pour l’art conceptuel et

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différence entre une collection contemporaine et une collection d’art contemporain, induit un second curseur, tout aussi mobile que le premier – un artiste naguère considéré comme moderne pouvant, avec le temps, s’attirer les faveurs du monde (et du marché) de l’art contemporain. Selon la position occupée par ces deux curseurs, la collection (peintures, sculptures, installations et art vidéo) post-68 et/ou d’art contemporain comporte entre 300 et 350 œuvres. Un ensemble certes modeste par sa taille, mais riche par bien des aspects et qui, nous l’espérons, continuera de se développer dans le futur. [PYD]

[Ill. 9] Chéri Samba (Kinto M’Vuila [COD] 1956), Je suis un rebelle, 1999, acrylique sur toile, 81 × 100 cm. Acquis en 2020, inv. 12602.

La collection d’œuvres sur papier Du point de vue quantitatif, la collection nom-

avec l’intégration d’œuvres de Nicolas Party

mée « Œuvres sur papier – art moderne » est

et de Joseph Kosuth dans le Musée Magritte.

quant à elle la plus importante aux Musées

Enfin, Angel Vergara, Agnès Guillaume et

royaux des Beaux-Arts de Belgique, mais par

Emmanuel Van der Auwera ont récemment

la nature particulièrement fragile des maté-

rejoint la collection d’art vidéo des MRBAB,

riaux et des techniques, elle est aussi la moins

initiée en 1991 avec Nam June Paik.

visible. Sa dénomination actuelle met déjà en

Concluons cette rapide présentation, qui

avant le fait qu’elle englobe une diversité de

ne se veut en rien un panorama exhaustif, en

créations dont le seul dénominateur commun

mentionnant la place particulière occupée

réside dans leur support ou leur matériau prin-

par Marcel Broodthaers, dont l’esprit tuté-

cipal : le papier. Dans de nombreuses institu-

laire plane sur la collection. Les MRBAB

tions muséales, ce type de collection peut

conservent un ensemble très important de

d’ailleurs adopter une autonomie propre sous

ses œuvres (près de 70), auxquelles il faut

l’appellation de cabinet des estampes.

encore ajouter de nombreux documents d’ar-

La collection moderne des MRBAB s’est

chive, de sa main ou le concernant. Sa consti-

construite tardivement dans le contexte d’un

tution remonte au début des années 1980 et

Musée royal de Peinture et de Sculpture, dont

se poursuit encore aujourd’hui. Comme déjà

la dénomination ne s’élargira aux « Beaux-Arts »

mentionné, l’année 1968 n’est pas un curseur

qu’en 1919. La volonté de créer une collection

fixe : le Portemanteau aux coquilles de moules

de dessins modernes naît également avec le

ou la Casserole rouge avec des moules de

20e siècle. Si les efforts d’acquisition portent

Broodthaers (p. 157) datent de 1965 et parti-

tout d’abord sur des artistes « modernes » du

cipent pourtant pleinement de la mouvance

19e siècle, la collection d’œuvres des siècles

conceptuelle. Citons encore Sans titre, Jan. 22,

suivants ne se développera qu’à partir des

1964 (p. 152-153) de Dan Flavin, une œuvre

années 1960.

emblématique du courant minimal conçue

Ce nouvel essor des collections mo-

en 1964. À l’inverse, des œuvres réalisées et

dernes et contemporaines coïncide notam-

acquises dans les années 1970 ou 1980 s’ins-

ment avec l’instauration, en 1965, d’une nou-

crivent davantage dans le système de l’art

velle structure au sein de notre institution,

moderne que dans celui de l’art contemporain,

inaugurant un département d’art moderne et

au sens où on l’entend aujourd’hui. Cette par-

établissant une subdivision des collections

ticularité, que l’on pourrait résumer comme la

sur base d’une distinction des matériaux et

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sein des musées, comme la photographie ou les arts graphiques – deux pans qui, pourtant, ne verront jamais le jour. Des œuvres d’Horst Antes, Pierre Alechinsky, Karel Appel, Jo Delahaut, Paul Delvaux, Eugène Dodeigne, Christian Dotremont, Paul Klee, Walter Leblanc, Jules Lismonde, Henri Michaux, Jozef Peeters, Victor Servranckx ou encore Frits Van den Berghe entrent ainsi dans la collection. D’autres manquent toujours (c’est le cas de Frans Masereel) ou n’y entrent que tardivement, comme Marcel Duchamp. En 1990, le legs Goldschmidt-Safieva contribue non seulement à enrichir significa-

[Ill. 10] David Hockney (Bradford [GBR] 1937), American Landscape Pie, 1965, pastel gras sur papier, 35,5 × 42,8 cm. Legs de Mme Alla Goldschmidt-Safieva, inv. 11182.

tivement la collection d’œuvres sur papier de noms belges et internationaux, mais il donne également un nouveau souffle à la politique d’acquisition, dont la dynamique avait fortement freiné dans les années 1970. Parmi les

des techniques. La collection des dessins

artistes dont les œuvres sur papier viennent

modernes apparaît enfin dans l’organisation

augmenter nos collections figurent Gaston

des musées, bien que celle-ci soit d’abord,

Bertrand, Marc Chagall, Roel d’Haese, Eugène

pour des raisons pratiques, fusionnée avec

Dodeigne, Hans Hartung, David Hockney

celle des sculptures. Il n’en est cependant pas

(ill. 10), Paul Klee, Louis Van Lint, Pablo

de même pour le système des acquisitions,

Picasso (ill. p. 75), Marc Tobey, Cy Twombly

gérées depuis 1933 par trois commissions distinctes : art ancien, art moderne et sculpture. Au départ associées aux acquisitions de peinture, les œuvres sur papier entrent peu en ligne de compte dans la définition d’une politique d’acquisition. Ce n’est qu’en 1979 qu’elles font l’objet d’une nouvelle commission englobant les acquisitions en matière de sculpture, de dessins et d’affiches modernes, qui traitera également de la photographie. Cette évolution plutôt lente s’explique par le peu d’intérêt des musées et même du public belge à l’égard des techniques sur papier, en dehors des grands noms internationaux. La collection d’œuvres sur papier ne se développe structurellement qu’après la Seconde Guerre mondiale. Elle profite d’une ouverture toute relative à l’art étranger, de la volonté de renforcer la présence de certains

[Ill. 11] Marcel Duchamp (Blainville [FRA] 1887 – Neuilly-sur-Seine [FRA] 1968), De ou par Marcel Duchamp ou Rrose Sélavy (La boîte en valise), [1958], boîte en carton recouverte de tissu contenant 68 objets, extrait d’une série de 30 exemplaires, 9 × 37,7 × 40 cm. Acquis en 2000, inv. 12082.

groupes tel que les surréalistes, les expressionnistes ou encore le mouvement CoBrA, mais aussi de la vision du nouveau conservateur en chef, Philippe Roberts-Jones, qui cherche à intégrer de nouvelles sections au

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évoqué, citons encore le legs ScutenaireHamoir en 1996, ou encore celui de Germaine Kieckens en 1997 et la donation d’œuvres de Jozef Peeters et de quelques-uns de ses amis par Ronny et Jessy van de Velde en 1985. Cependant, ce sont surtout les artistes ou leurs héritiers qui ont soutenu la collection d’œuvres sur papier. Grâce à leur générosité, les MRBAB possèdent ainsi la plus grande collection d’œuvres de Pierre Alechinsky, données essentiellement entre 1971 et 1980 (comparable à celle du Centre Pompidou de Paris), une collection de référence de dessins de Gaston Bertrand (don de 1980), de Paul Delvaux (dons de 1976 et 1977), de Rik Wouters (don de la Province de Brabant en 1994 et legs Delporte-Livrauw en 1976) ou encore de Felix de Boeck (don de l’artiste en 1971). Aujourd’hui, le contenu et la définition de cette collection reflète encore ces deux phénomènes corollaires déjà évoqués. D’une part, ces œuvres ont été acquises dans le contexte d’un musée dont les deux axes d’origine associaient exclusivement peinture et sculpture.

[Ill. 12] Jan Fabre (Antwerp [BEL] 1958), sans titre, 1989, Bic bleu, phyllie sur papier préparé, 219,5 × 151,5 cm. Acquis en 1991, inv. 11312.

De l’autre, la collection se constitue à une époque où les disciplines artistiques tendent à se confondre et où les MRBAB élargissent progressivement leur champ d’action et ob-

ou Ossip Zadkine. Trois œuvres de Duchamp

tiennent davantage d’autonomie dans leur poli-

entrent alors encore dans la collection entre

tique d’acquisition. Clairement distincte des

1997 et 2000 (ill. 11), tout comme des dessins

cabinets de dessins ou d’estampes rencontrés

de Jan Fabre (ill. 12), David Nash (ill. p. 143),

ailleurs, il s’agit d’une collection muséale, qui

Sol LeWitt, Mimmo Paladino, Christo &

rassemble à la fois des œuvres autonomes

Jeanne-Claude (ill. p. 141), Mario Merz, Blinky

(encadrées et pouvant être exposées de façon

Palermo, Joseph Kosuth, Douglas Huebler,

permanente en salle) et des œuvres prépa-

Victor Brauner et une collection étendue

ratoires ou documentaires en relation avec

d’œuvres de Marcel Broodthaers. À partir des

les autres collections. Elle contient des des-

années 2000, des efforts sont entrepris pour

sins toutes techniques confondues, mais

faire également entrer dans nos collections les

aussi des collages, des photographies, des

œuvres de grands photographes contempo-

gravures et de nombreuses affiches, couvrant

rains tels que Thomas Struth, Thomas Ruff

toutes les époques et tous les courants artis-

et Andreas Gursky (ill. p. 218-219), mais la

tiques, depuis le tournant du 19e siècle jusqu’à

photographie demeurera toutefois en marge

nos jours. [IRS]

par rapport aux autres sections. Parallèlement aux achats que peut réaliser notre musée, d’importants legs et donations ont permis d’étendre la collection de dessins. Aux côtés de la diversité et du caractère international du legs Goldschmidt-Safieva déjà

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INDEX DES ARTISTES Cet index reprend uniquement les noms d’artistes, plasticiens, photographes, architectes et groupes d’artistes modernes et contemporains. Les chiffres en italique se réfèrent aux illustrations ; les chiffres en gras renvoient aux notices dédiées à une œuvre des MRBAB.

Albers, Josef 9, 162-163 Alechinsky, Pierre 7, 12, 16, 17, 74, 124, 128, 139, 142, 142, 146-149 Altmejd, David 7, 228-229, 233 Andre, Carl 14, 164-165 Anselmo, Giovanni 14, 188-189 Antes, Horst 16 Appel, Karel 12, 16, 110, 128, 139, 146 Archipenko, Alexander 48 Arman 10, 130-131 Armitage, Kenneth 12 Arp, Jean 12, 12, 88, 119 Art abstrait 108, 134 Art abstrait-Formes 109 Art construit 109 Arte Povera 136, 184, 188, 191, 196 Axell, Evelyne 13

Cercle d’Art prospectif 211 César 160 Cézanne, Paul 20, 28, 30, 42, 102 Chagall, Marc 10, 16, 26-27, 75, 139 Charlier, Jacques 192-193, 211 Christo & Jeanne-Claude 17, 139, 141, 141 Claerbout, David 7, 216-217 Claus, Emile 28 Claus, Hugo 139 Coleman, James 213 Colinet, Paul 74 CoBrA 12, 16, 110, 124, 128, 134, 146 Corneille 110 Cragg, Tony 14

Bacon, Francis 9, 120-121 Baes, Rachel 74 Baj, Enrico 110 Balla, Giacomo 40 Ballen, Roger 14 Barry, Robert 168 Baselitz, Georg 198 Bastin, Roger 8, 10 Baugniet, Marcel-Louis 52 Bazaine, Jean 124 Becher, Bernd et Hilla 219 Bertrand, Gaston 10, 16, 17, 72, 74, 75, 104 Beuys, Joseph 172 Blaue Reiter (Der) 38 BMPT 174, 186 Boccioni, Umberto 40, 166 Boetti, Alighiero 184 Boltanski, Christian 7, 14, 200-201 Bonnet, Anne 104 Bourdelle, Antoine 32 Bourgeois, Victor 52, 90 Boyadjian, Micheline 9 Brancusi, Constantin 42, 92, 164 Braque, Georges 10, 42, 44-45, 66, 75, 78, 90 Brauner, Victor 17 Broodthaers, Marcel 7, 15, 17, 75, 139, 156-159, 172, 192, 203, 214, 233 Brown Napaltjarri, Debbie 14 Brown Napangardi, Mary 14 Brusselmans, Jean 92-93, 231 Buisseret, Louis 12 Buren, Daniel 14, 174, 178, 186-187 Bury, Pol 10, 74, 75, 108, 119, 134-135

Dada 11, 80, 130 Dalí, Salvador 9, 88, 100-101, 115 Darboven, Hanne 139, 168 De Boeck, Felix 17, 139 de Chirico, Giorgio 10, 36-37, 56, 75, 88, 126 De Cordier, Thierry 7, 14, 224-225 De Decker, Anny 172 De Keyser, Raoul 13, 13, 170-171, 220 Delahaut, Jo 12, 16, 108-109 Delaunay, Robert 26, 106, 119 Delaunay, Sonia 106 Delcol, Roland 74 Delvaux, Paul 7, 9, 16, 17, 96-99, 100, 139 Delvoye, Wim 7, 14, 204-205 Denis, Maurice 106 Derain, André 20, 90, 102 De Saedeleer, Valerius 34 De Smet, Gustave 11, 11, 58, 66-67, 140 De Smet, Léon 66 De Stijl 11, 48, 51, 52, 94 De Troyer, Prosper 46-47 De Vlaminck, Maurice 20-21 d’Haese, Roel 10, 16, 75, 160-161 Dibbets, Jan 168 Dine, Jim 156 Dix, Otto 9, 56-57 Dodeigne, Eugène 10, 10, 16, 75, 140 Donas, Marthe 48-49 Dotremont, Christian 12, 16, 110, 128-129, 140, 142, 146 Douglas, Stan 213 Dubuffet, Jean 12, 126 Duchamp, Marcel 13, 16, 16, 17, 42, 70, 119, 130, 168, 182 Dujourie, Lili 14, 206-207, 212

Calder, Alexander 9, 118-119, 134 Campendonck, Heinrich 139 Cantré, Joseph 139

Eemans, Marc 74 Ehrenbourg, Ilya 26 Ensor, James 7, 28, 75, 126, 146

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Ernst, Max 9, 75, 76, 80-81, 100, 110, 120, 126 Espace 124 Evenepoel, Henri 75 Fabre, Jan 7, 14, 17, 17, 140, 226-227, 233 Fabro, Luciano 184 Fautrier, Jean 126 Flavin, Dan 14, 15, 152-153 Flouquet, Pierre-Louis 52-53 Fontana, Lucio 18, 110, 133, 166-167 Frankenthaler, Helen 170 Freundlich, Otto 106 Gailliard, Jean-Jacques 52 Gauguin, Paul 102 Gentils, Vic 10, 75 Geys, Jef 215 Glass, Philip 109 Goldschmidt-Safieva, Alla et Bénédict 10, 16, 17, 26, 36, 38, 44, 72, 74, 74, 75, 76, 106, 110, 112, 123, 134, 154, 156 Gordon, Douglas 212, 213 Graverol, Jane 74 Gris, Juan 66 Grosz, George 56 Guillaume, Agnès 15, 214, 214 Gursky, Andreas 17, 219, 219 Hartung, Hans 9, 12, 16 Hayter, Stanley William 209 Held, Al 170 Helhesten 110 Hepworth, Barbara 116 Heyrman, Hugo 172 Hockney, David 16, 16, 140, 231 Höfer, Candida 219 Huebler, Douglas 17, 168 Itten, Johannes 162 Ives, Charles Edward 170 Jacob, Max 26 Jespers, Floris 46 Jespers, Oscar 9, 46, 90-91 Jeune Peinture belge 12, 104, 108, 124, 134 Jones, Allen 13, 154-155 Joostens, Paul 46, 144, 145 Jorn, Asger 10, 75, 110-111, 146 Judd, Donald 14, 194-195 Kandinsky, Vassily 38, 106 Kaprow, Allan 182 Kawara, On 13, 14, 168, 178, 180-181


Kelly, Ellsworth 109, 170 Kiefer, Anselm 7, 14, 198-199 Klee, Paul 16, 38-39, 126, 142, 143 Klein, Yves 133, 166 Kokoschka, Oskar 22-23, 68 Kosuth, Joseph 13, 14, 15, 17, 168-169, 203 Kounellis, Jannis 184-185 Kowatch, Jef 14 Lam, Wifredo 115, 150-151 Le Corbusier 110, 115, 216 Léger, Fernand 26, 42-43, 52, 62, 66, 110, 119 Leisgen, Barbara & Michael 142 Lennep, Jacques 211 Levi, Primo 200 LeWitt, Sol 13, 14, 14, 17, 140, 168, 174 Lhote, André 48 Lichtenstein, Roy 156 Lismonde, Jules 16, 142, 143 Lizène, Jacques 211 Lohaus, Bernd 172 Long, Richard 14, 196-197 Maas, Paul 9 Mack, Heinz 133, 133 Macke, August 38 Maes, Karel 52, 140 Magnelli, Alberto 124 Magritte, René 7, 9, 10, 73, 73, 74, 74, 82-87, 88, 98, 134, 140, 156, 168, 192, 233 Malevitch, Kazimir 162, 209 Man Ray 76, 88 Manzoni, Piero 133, 166 Mara, Pol 10, 75 Marc, Franz 38 Mariën, Marcel 74, 145 Masereel, Frans 16 Masson, André 76, 78-79 Matisse, Henri 20, 90, 102-103 Mathieu, Georges 112-113 Matta Echaurren, Roberto 114-115 Mendelson, Marc 104, 142, 143 Merz, Mario 17 Mesens, E.L.T. 11, 74, 140, 144, 145 Meurant, Georges 14, 14 Michaux, Henri 16, 126-127 Minne, Joris 34 Miró, Joan 10, 75, 76-77, 110, 119 Moderne Kunst 46 Modigliani, Amedeo 26 Mondrian, Piet 52, 94, 119, 182, 209 Monier, Georges 52 Moore, Henry 9, 116-117, 140, 140 Moreau, Gustave 102 Mortier, Antoine 12, 104-105 Mosset, Olivier 174, 186 Munch, Edvard 120 Muybridge, Eadweard 120 Nakajima, Yoshio 172 Nash, David 17, 140, 142, 143 Neuen Wilden 198

Newman, Barnett 170 Nicholson, Ben 109, 116 Nolde, Emil 22, 68-69, 146, 231 Nyst, Jacques-Louis 211 Oldenburg, Claes 10, 75, 156 Opalka, Roman 13, 178-179 Op de Beeck, Hans 215, 215 Paik, Nam June 15, 210, 211, 211, 212, 213, 214-215 Paladino, Mimmo 17 Palermo, Blinky 17, 140 Panamarenko 14, 138, 140, 172-173 Paolini, Giulio 184 Parmentier, Michel 174, 186 Party, Nicolas 15 Pascali, Pino 184 Peeters, Jozef 16, 17, 46, 52, 133, 140 Penck, A.R. 198 Penone, Giuseppe 140, 141 Permeke, Constant 58-61, 62, 104, 140 Pevsner, Anton 119 Picabia, Francis 70-71, 76 Picasso, Pablo 16, 42, 44, 66, 68, 75, 75, 76, 78, 90, 120, 124, 150, 164, 231 Piene, Otto 132-133 Pistoletto, Michelangelo 136-137 Poirier, Anne & Patrick 190-191 Poliakoff, Serge 12, 106-107 Pollock, Jackson 112 Pope, Nicholas 140 Porter Nampitjinpa, Tjawina 14 Prini, Emilio 184 Provost, Nicolas 213, 213 Raveel, Roger 170 Reich, Steve 109 Renoir, Pierre Auguste 28, 74, 231 Richier, Germaine 12 Richter, Gerhard 219 Rivera, Diego 115 Rodin, Auguste 164 Rodtchenko, Aleksandr 164 Rothko, Mark 170, 231 Route libre, La 124 Ruff, Thomas 17, 219 Russolo, Luigi 40 Ryman, Robert 140 Samba, Chéri 14, 15 Sant’Elia, Antonio 216 Schirren, Ferdinand 46, 54-55 Schlichter, Rudolf 56 Schmalzigaug, Jules 11, 40-41, 140, 144, 145 Schoonhoven, Jan 133 Schwitters, Kurt 130 Section d’or (La) 48 Segal, George 156, 182-183 Servaes, Albert 34 Servais, Max 74 Servranckx, Victor 11, 16, 50-51, 52, 140, 140

239

Simon, Armand 74 Spilliaert, Léon 7, 24-25, 75 Stella, Frank 109, 170 Struth, Thomas 7, 17, 218-219 Strzeminski, Wladyslaw 209 Swennen, Walter 13 Tanguy, Yves 88-89, 115, 134 Terragni, Giuseppe 216 Theys, Koen 213, 213 Ting, Walasse 146, 148 Tinguely, Jean 160 Tobey, Marc 16 Toroni, Niele 14, 174-175, 178, 186 Torres-Garcia, Joaquín 115 Tuymans, Luc 7, 14, 220-221 Twombly, Cy 16, 122-123, 140, 142 Uecker, Günther 133, 133 Van den Abeele, Albijn 34 Vandenberg, Philippe 13 Van den Berghe, Frits 11, 16, 58, 62-65, 66, 140 Vandenhove, Charles 174 Van der Auwera, Emmanuel 15, 214, 214 Vandercam, Serge 140, 145, 145 Van de Velde, Rinus 7, 140, 142, 230-231 Van de Woestyne, Gustave 34-35 Van Doesburg, Theo 52, 94 van Dooren, Edmond 140 Van Dyck, Albert 12 Van Eetvelde, Catharina 140, 222-223 Van Gogh, Vincent 102 Van Kerckhoven, Anne-Mie 140 Van Lint, Louis 12, 16, 104, 124-125 Van Ostaijen, Paul 46, 90 Vantongerloo, Georges 11, 94-95 van Warmerdam, Marijke 214 Vasarely, Victor 12 Vedova, Emilio 166 Vercammen, Wout 172 Vercruysse, Jan 202-203 Vergara, Angel 15, 214, 232, 233 Vermeiren, Didier 14 Viallat, Claude 174 Viola, Bill 212 Vostel, Wolf 212 Weiner, Lawrence 13, 14, 168, 176-177 Wéry, Marthe 13, 14, 208-209 Willems, Robert 74 Wouters, Rik 7, 11, 17, 28-33, 46, 54 Wuidar, Léon 13 Xingjian, Gao 14 Zadkine, Ossip 13, 17, 90 Zéro (groupe) 133, 166 Zydrón, Antoni 9


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