Le fléau des abus des sœurs
LA VOIX DES FEMMES DANS LE PARCOURS SYNODAL
BULLETIN UISG
NUMÉRO 176, 2021
PRESÉNTATION
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LES FEMMES DANS UNE ÉGLISE SYNODALE. LA SYNODALITÉ ET L’INSERTION DES FEMMES DANS LA DÉLIBÉRATION ECCLÉSIALE ET LA PRISE DE DÉCISION
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Sr. Nathalie Becquart, XMCJ LA VOIX DES FEMMES CONSACRÉES SUR LE CHEMIN DE LA SYNODALITÉ
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Sr. Liliana Franco Echeverri, ODN 50 ANS DE «JUSTICE DANS LE MONDE» : LE « SYNODE CATALYSEUR » DE LA VIE CONSACRÉE
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LA FORMATION HOLISTIQUE DES LEADERS DE CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES POUR LA MISSION DANS UN MONDE EN RAPIDE TRANSFORMATION
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Sr. Chinyeaka C. Ezeani, MSHR PACTE MONDIAL POUR L’ÉDUCATION: ASPIRATIONS ET PLANS D’ACTION
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Commission de l’Éducation UISG-USG LA VIE À L’UISG
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STAFF UISG
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UISG - Bulletin Numéro 176, 2021
Sr. Anne Béatrice Faye, CIC
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Le fléau des abus des sœurs
PRESÉNTATION
La voix des femmes dans le parcours synodal Le prochain Synode des Évêques, intitulé « Pour une Église synodale : communion, participation et mission » convoque l’Église pour un parcours comprenant plusieurs étapes, qui prévoit la participation de l’ensemble du Peuple de Dieu à travers un long processus de consultation. La synodalité, dimension constitutive de l’Église, est donc la voie royale du déroulement de ce parcours, dans la recherche, de la part de toute l’Église, de davantage de relations, de dialogue, d’inclusion.
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Quelle sera la voix des femmes et des femmes consacrées lors de ce long chemin de préparation et de recherche ? Quelle sera leur contribution ?
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Sr. Nathalie Becquart, XMCJ Les femmes dans une Église synodale. La synodalité et l’insertion des femmes dans la délibération ecclésiale et la prise de décision Pour exercer la synodalité au quotidien, il faut intégrer et vivre une spiritualité particulière qui requiert des attitudes de foi et de confiance (en Dieu, dans les autres), d’écoute et d’humilité, de dialogue, et de liberté dans la recherché de la vérité. Une telle spiritualité nourrit une réelle culture de la rencontre au service du bien commun, dans l’acceptation et le respect des différences, avec la conviction que l’Esprit parle dans chaque personne et que nous ne pouvons discerner les appels de l’Esprit qu’ensemble, dans cette écoute mutuelle. La synodalité signifie passer du « je » au « nous » en redécouvrant la primauté du « nous » ecclésial d’une communauté ouverte et inclusive qui chemine ensemble, avec le Christ en son centre. En mettant au centre le Christ et les autres, la synodalité nous construit Peuple de Dieu. Sr. Liliana Franco Echeverri, ODN La voix des femmes consacrées sur le chemin de la synodalité C’est une autre logique, celle de l’Esprit, qui nous emporte toujours au-delà de ce que nous sommes capables de calculer ou de supposer. Celle qui nous situe à la place du petit et qui nous fait valoriser la gratuité, célébrer l’amitié et protéger ce qui est communautaire. Celle qui nous lance sur des sentiers inconnus et qui nous pousse à oser l’insoupçonné du Royaume, de la main de Dieu. C’est la logique de ceux qui font confiance.
Le fléau des abus des sœurs
Le style synodal est, en cette période historique, la nouvelle manière d’être et de faire de l’Église. Marcher ensemble est la condition pour répondre de manière évangélique, en écoutant la réalité, aux défis notre époque. Sr. Anne Béatrice Faye, CIC 50 ans de « Justice dans le monde » : le « Synode catalyseur » de la Vie Consacrée Quelle justice pour plus de dignité humaine et de promotion du développement intégral en Afrique ? En parlant de dignité humaine, nous nous référons à toutes les expressions des droits fondamentaux, des libertés individuelles, des relations et du bien-être à tous les niveaux. Plus concrètement, quel est le bilan de ces cinq décennies de «Justice dans le monde» au sein de l’Eglise et nos Instituts religieux particulièrement en Afrique ?
Commission de l’Éducation UISG-USG Pacte Mondial pour l’Éducation: aspirations et plans d’action Continuez a être synodal! En tant qu’éducateurs, nous voulons continuer à apprendre à marcher ou, mieux encore, à naviguer (en haute mer!) ensemble. À l’instar de Jésus, marchant sur l’eau, guidés par l’Ésprit et soignés par notre Père miséricordieux, nous voulons continuer à naviguer, en ce temps de marées hautes; nous nous dirigeons maintenant vers l’autre rive, où le Pacte mondial pour l’education est déjà suivi. Nous savons que, si nous voulons aller jusqu’au bout, nous devons continuer à naviguer lentement; nous sommes convaincus que la seule façon de comprendre si nous allons vraiment de l’avant est de savoir si ceux que notre societé rejette, les plus «marginalisés», vont eux aussi de l’avant avec et parmi nous.
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Sr. Chinyeaka C. Ezeani, MSHR La formation holistique des leaders de congrégations religieuses pour la mission dans un monde en rapide transformation Indiscutablement, le service de gouvernement est exigeant. Néanmoins, Dieu est fidèle. À chaque fois qu’une personne est appelée à gouverner, Dieu lui donne les grâces dont elle a besoin. Dans la vie religieuse, le ministère de gouvernement offre une occasion unique de servir ses frères et sœurs – en les aidant à porter leurs fardeaux, en les stimulant et en les encourageant à vivre pleinement leur appel. Exposé aux combats humains, le leader grandit en gérant ses propres combats personnels. C’est un don inouï pour les leaders religieux que d’avoir accès au travail intérieur d’autres personnes et à la manière dont Dieu chemine avec elles. C’est un privilège, et cela implique que le leader doive aborder avec respect et dignité la vie de ceux qui lui sont confiés, et tenir leurs histoires pour sacrées.
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Sr. Nathalie Becquart, XMCJ
Les femmes dans une Église synodale
LES FEMMES DANS UNE ÉGLISE SYNODALE. LA SYNODALITÉ ET L’INSERTION DES FEMMES DANS LA DÉLIBÉRATION ECCLÉSIALE ET LA PRISE DE DÉCISION Sr. Nathalie Becquart, XMCJ
Nathalie Becquart, Sous-secrétaire du Secrétariat Général du Synode des Évêques, est une religieuse française catholique membre de la Congrégation des Xavières. Titulaire d’un Master en Management à HEC Paris, elle a étudié la philosophie et la théologie au Centre Sèvres de Paris, et la sociologie à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Sœur Nathalie s’est spécialisé en ecclésiologie au Boston College, avec une recherche sur la synodalité. Elle a été nommée consulteur au Synode des Évêques de l’Église Catholique en 2019 et sous-secrétaire de ce même Synode en 2021. De 2008 à 2018 elle a dirigé le Service National pour l’Évangélisation des Jeunes et pour les Vocations (SNEJV) au sein de la Conférence des Évêques de France.
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Original en anglais
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Pour beaucoup, synodalité est devenu un mot à la mode ! Dans différents pays, par exemple, de nombreuses initiatives et publications plaident maintenant en faveur d’une Église plus synodale, à tous les niveaux. C’est une bonne nouvelle, puisque le Pape François a fait de la synodalité l’un des axes majeurs de son pontificat – une nouvelle manière d’être pour l’Église du 21ème siècle. Comme cela a été annoncé le 7 mars 2020, le Pape François a choisi « Pour une Église Synodale : communion, participation et mission » comme thème de la prochaine Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques. 1 Ceci signifie que tous les baptisés sont appelés à être promoteurs et acteurs de la synodalité, surtout les femmes, qui, avec les jeunes, sont souvent les premières à demander une Église plus synodale. La synodalité vient donc responsabiliser l’ensemble du Peuple de Dieu, sous l’impulsion du Saint Esprit, afin que tous discernent ensemble comment répondre aux défis missionnaires du monde d’aujourd’hui. C’est une vie chrétienne et une pratique caractérisées par l’écoute et le discernement. C’est une spiritualité qui requiert des attitudes de foi et de confiance (en Dieu, dans les autres), d’écoute réciproque et d’humilité, de dialogue et de liberté dans la recherche de la vérité.
Il s’agit de développer une vraie culture de la rencontre au service du bien commun, d’accueillir et de respecter les différences avec la conviction que l’Esprit parle en chaque personne et que nous ne pouvons discerner les appels de l’Esprit qu’ensemble, dans cette écoute mutuelle. De fait, les deux derniers synodes des évêques ont insisté sur la question des femmes dans une Église synodale. Une Église synodale est par définition une Église tant féminine que masculine. Une Église synodale est une Église inclusive qui transcende les limites de la hiérarchie, de la culture, du sexe, et les limites d’une vision purement humaine de la réalité, parce que la synodalité est le défi de Dieu selon lequel tous les membres de l’Église sont appelés à être protagonistes et à discerner ensemble la voix du Saint Esprit.
Sr. Nathalie Becquart, XMCJ
Les femmes dans une Église synodale
En bref, la synodalité signifie passer du « je » au « nous », redécouvrir la primauté du « nous » ecclésial de la communauté, une communauté ouverte, inclusive, qui permette aux hommes et aux femmes de marcher ensemble, le Christ étant au centre. La synodalité. Cet article décrira ce qu’est une Église synodale et expliquera comment les femmes en font partie, puisque le processus de synodalité développe la vision d’une Église relationnelle, inclusive, dialogique, éclairée, génératrice et pluriculturelle. Une Église synodale est par conséquent une Église missionnaire renouvelée et une Église de participation et de coresponsabilité qui essaie de vivre la délibération et la prise de décision au-delà des rôles sacramentels traditionnels, puisque sa vie n’est pas prédéterminée mais vécue et expérimentée dans tous les espaces ecclésiaux ouverts au monde.
Qu’est-ce exactement que la synodalité ? Quelle vision de l’Église exprimet-elle ? Quelles pratiques implique-t-elle ? Souvent, pour dire les choses simplement, la synodalité est présentée à partir de l’étymologie du mot synode, qui dérive du grec sun-odos, c’est-à-dire « marcher ensemble », plus spécifiquement « marcher ensemble » en écoutant l’Esprit. Mais la synodalité, une notion ancienne dont l’équivalent latin concilium (en français concile) désigne une assemblée d’évêques, est une notion riche et polyforme qui n’a pas de définition complètement arrêtée, parce que la synodalité est un modus vivendi et operandi:
Ce modus vivendi et operandi fonctionne à travers la communauté qui écoute la Parole et célèbre l’Eucharistie, la fraternité de la communion et la coresponsabilité et la participation de l’ensemble du Peuple de Dieu à sa vie et à sa mission, à tous les niveaux et en distinguant les différents rôles et ministères. 2 La synodalité est pour ainsi dire un style, une pratique, une manière d’être Église dans l’histoire “à l’image de la communion trinitaire” comme nous le dit le Pape François : … la pratique de la synodalité, traditionnelle mais toujours à rénover, est la
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Comprendre ce que signifie la “synodalité”
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Sr. Nathalie Becquart, XMCJ
Les femmes dans une Église synodale
mise en œuvre, dans l’histoire du Peuple de Dieu en chemin, de l’Église comme mystère et communion, à l’image de la communion trinitaire. Comme vous le savez, ce thème est très cher à mon cœur : la synodalité est un style, c’est marcher ensemble, c’est ce que le Seigneur attend de l’Église du troisième millénaire. 3 Cette notion ancienne était en fait caractéristique de l’Église primitive parce que de nombreux synodes et conciles furent organisés au cours des premières siècles, pour permettre aux évêques réunis en assemblée de discuter et discerner les décisions à prendre dans un contexte marqué par les controverses et les hérésies sur lesquelles il fallait exprimer une position. Avec l’historien John O’Malley, on peut reconnaitre que « d’un point de vue historique, le gouvernement traditionnel de l’Église était synodal » plus précisément, « tant au niveau local qu’au niveau de l’Église dans son ensemble, le gouvernement traditionnel de l’Église était synodal, c’est-à-dire collégial ». 4 Si la synodalité a ses racines dans la Bible, et en particulier dans la source de référence souvent citée qu’est le « Concile » de Jérusalem dans Actes 15, considéré le « modèle paradigmatique » 5 de tous les conciles postérieurs, dans sa vision et réappropriation moderne elle est considérée et développée aujourd’hui comme un fruit du Concile Vatican II. En effet, l’institution du Synode des Évêques par le Pape Paul VI en septembre 1965, et l’ouverture de la quatrième et dernière session du Concile, voulaient être une expression de la synodalité et un moyen de donner suite à l’expérience de collégialité vécue et désirée par les Pères du Concile. 6
Exercer la synodalité
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Aujourd’hui, au stade où nous en sommes de la réception de Vatican II, dans le contexte historique qui est le nôtre, nous sommes appelés à renforcer et déployer la synodalité à tous les niveaux de l’Église. Comme l’affirme le Pape François, il est clair que :
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… nous devons avancer sur ce chemin. Le monde dans lequel nous vivons, et que nous sommes appelés à aimer et à servir même dans ses contradictions, exige de l’Église le renforcement des synergies dans tous les domaines de sa mission. Le chemin de la synodalité est justement celui que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire. 7 À la lumière de ce qui précède, nous sommes tous invités à vivre notre foi chrétienne dans ce style synodal, qui est un style missionnaire, pour proclamer l’Évangile aux hommes et aux femmes de notre temps. Il s’agit tout d’abord de donner vie à des institutions synodales qui ne soient pas seulement le Synode des Évêques ou le Synode diocésain, mais aussi un conseil pastoral paroissial ou diocésain, un conseil presbytéral, un chapitre général, provincial ou local pour les communautés religieuses, des assemblées générales et les conseils des mouvements ecclésiaux… Comme nous le dit le Pape François : Être Église, c’est être une communauté qui marche ensemble. Il ne suffit pas
d’avoir un synode, il faut être un synode. L’Église a besoin d’un intense partage intérieur : un dialogue vivant entre les pasteurs et entre les pasteurs et les fidèles. 8 La synodalité est donc un style missionnaire qui consiste à la fois en une manière de vivre et en une pratique marquée par l’écoute et le discernement. Pour exercer la synodalité au quotidien, il faut intégrer et vivre une spiritualité particulière qui requiert des attitudes de foi et de confiance (en Dieu, dans les autres), d’écoute et d’humilité, de dialogue, et de liberté dans la recherché de la vérité. Une telle spiritualité nourrit une réelle culture de la rencontre au service du bien commun, dans l’acceptation et le respect des différences, avec la conviction que l’Esprit parle dans chaque personne et que nous ne pouvons discerner les appels de l’Esprit qu’ensemble, dans cette écoute mutuelle. La synodalité signifie passer du « je » au « nous » en redécouvrant la primauté du « nous » ecclésial d’une communauté ouverte et inclusive qui chemine ensemble, avec le Christ en son centre. En mettant au centre le Christ et les autres, la synodalité nous construit Peuple de Dieu.
Sr. Nathalie Becquart, XMCJ
Les femmes dans une Église synodale
Les femmes et une Église synodale
Une Église qui cherche à vivre un style synodal ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion sur la condition et sur le rôle des femmes en son sein et, par conséquent, dans la société aussi. Les jeunes femmes et les jeunes hommes le demandent avec force. Les réflexions développées exigent d’être mises en pratique par une œuvre de conversion culturelle courageuse et de changement dans la pratique pastorale quotidienne. Un domaine d’une importance particulière à cet égard est celui de la présence féminine dans les organes ecclésiaux à tous les niveaux, notamment dans des fonctions de responsabilité, et de la participation féminine aux processus décisionnels ecclésiaux, dans le respect du rôle du ministère ordonné. Il s’agit d’un devoir de justice, qui s’inspire à la fois de la façon dont Jésus s’est rapporté aux hommes et aux femmes de son temps, et de l’importance du rôle de certaines figures féminines dans la Bible, dans l’histoire du salut et dans la vie de l’Église. 9 Dans la même veine, le synode sur l’Amazonie a appelé l’Église à consulter les femmes, et à reconnaitre et renforcer leur participation dans les processus de
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De quelles manières la synodalité concerne-t-elle les femmes ? Comme nous l’avons mentionné dans notre introduction, les deux derniers synodes ont beaucoup parlé de la question des femmes. Les Documents finaux du Synode sur les Jeunes et du Synode sur l’Amazonie contiennent des paroles fortes appelant d’une part à combattre toute discrimination envers les femmes dans la société, et d’autre part à donner davantage de responsabilités aux femmes dans l’Église. Ainsi, dans le paragraphe 13 du Synode sur les Jeunes : « La Bible présente l’homme et la femme comme des partenaires égaux devant Dieu (cf. Gn 5, 2) : toute domination et discrimination basée sur le sexe offense la dignité humaine » ; ou encore au paragraphe 148 :
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Sr. Nathalie Becquart, XMCJ
Les femmes dans une Église synodale
prises de décision. 10 Le Document Final de ce Synode sur l’Amazonie appelle même à un ministère institué de « femme leader de communauté » dans un paragraphe important intitulé c. La présence et l’heure de la femme : §102. Face à la réalité vécue par les femmes victimes de violences physiques, morales et religieuses, y compris des féminicides, l’Église se positionne pour la défense des droits des femmes et les reconnaît comme protagonistes et gardiennes de la création et de la “maison commune”. Nous reconnaissons le ministère que Jésus a réservé aux femmes. Il est nécessaire de promouvoir la formation des femmes en théologie biblique, en théologie systématique, en droit canon, en valorisant leur présence dans les organisations et les espaces de leadership à l’intérieur et à l’extérieur du milieu ecclésial. Nous voulons renforcer les liens familiaux, en particulier pour les femmes migrantes. Nous assurons leur place dans les espaces de leadership et de formation. Nous demandons la révision du Motu Proprio de Saint Paul VI, Ministeria quedam, afin que les femmes formées adéquatement et préparées pour cela puissent recevoir les ministères du Lectorat et de l’Acolytat, parmi d’autres ministères à développer. Dans les nouveaux contextes d’évangélisation et de pastorale en Amazonie, où la majorité des communautés catholiques sont dirigées par des femmes, nous demandons que le ministère institué de “ la femme leader de communauté “ soit créé et reconnu au service des exigences changeantes de l’évangélisation et du service aux communautés. 11
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Ce chemin synodal de l’Église se fonde sur une plus grande réciprocité au sein d’une approche relationnelle qui ne peut pas séparer les responsables et les communauté qu’ils desservent. Le prochain Synode des Évêques – Pour une Église Synodale : communion, participation, mission – sera construit sur deux années de préparation, avec la participation des fidèles sur le terrain, dans un long processus de consultation dans tous les pays pour discerner nos priorités. Ce processus se terminera par un mois de réunion des délégués des Évêques du monde entier avec le Pape. Rares sont les responsables mondiaux qui consacrent tout un mois à un échange de ce type, et j’espère que ceci pourra inspirer d’autres instances.
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En mettant au centre le Christ et les autres, la synodalité nous constitue Peuple de Dieu. Nous pouvons donc comprendre et rappeler comment le fait de « cheminer » ensemble, hommes et femmes, est une question-clé pour la synodalité. La différence entre les hommes et les femmes est un mystère, c’est une différence « insaisissable », une sorte de matrice de toutes les différences. La manière de considérer et d’aborder cette différence met en évidence l’égalité de tous les baptisés qui se trouve au cœur de la synodalité. Ainsi, dans une Église synodale les hommes et les femmes doivent trouver des manières de mettre en œuvre et d’articuler à la fois l’égalité baptismale et la différence des sexes. Le Document final du Synode sur les Jeunes donne des indications sur ce sujet : §13, Hommes et femmes : Il ne faut pas oublier la différence entre les hommes et les femmes, avec leurs dons particuliers, leurs sensibilités spécifiques et leur expériences du monde. Dans
le cadre de cette différence peuvent naître des formes de domination, d’exclusion et de discrimination dont les sociétés et l’Église ont besoin de se libérer. La Bible présente l’homme et la femme comme des partenaires égaux devant Dieu (cf. Gn 5, 2) : toute domination et discrimination basée sur le sexe offense la dignité humaine. Elle présente aussi la différence entre les sexes comme un mystère constitutif de l’être humain qu’il est impossible à réduire à des stéréotypes. La relation entre homme et femme est comprise également dans les termes d’une vocation à vivre ensemble dans la réciprocité et le dialogue, dans la communion et la fécondité (cf. Gn 1, 27-29 ; 2, 21-25), et cela dans tous les aspects de l’expérience humaine : vie de couple, travail, éducation et autres. C’est à leur alliance que Dieu a confié la terre.
Sr. Nathalie Becquart, XMCJ
Les femmes dans une Église synodale
Les femmes ont sans aucun doute un rôle à jouer, dans un contexte où de nombreux laïcs aspirent à tenir pleinement leur place dans cette Église synodale. Les mots-clés de ces pratiques ecclésiales sont l’écoute, le service de tous, l’humilité et la conversion, la participation et la coresponsabilité. Les femmes apportent immédiatement une « altérité » dans le système ecclésial e nourrissent le désir de collaborer avec les hommes dans la réciprocité pour une plus grande fécondité pastorale. Parmi elles se trouvent les religieuses, riches de leur expérience de la vie fraternelle communautaire, du discernement communautaire, de l’obéissance vécue comme « une écoute commune de l’Esprit ». Elles aideront ainsi à promouvoir une compréhension de l’Église comme une Église génératrice, comme une ecclésio-genèse ; il s’agit de nous réunir et d’être constitué comme peuple, le Peuple de Dieu. C’est-à-dire une Église relationnelle et créative toujours en mouvement, une Église sur un chemin pascal.
Pour conclure En conclusion, cette brève réflexion sur le rôle des femmes dans une Église synodale n’a pas cherché à présenter des modèles rigides d’une Église synodale,
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L’idée selon laquelle la synodalité est nécessaire pour “réparer l’Église” devient aussi plus préoccupante. Il faut pour cela d’autres pratiques ecclésiales qui soient plus collégiales, plus dialogiques, plus participatives, plus inclusives, permettant à tous – hommes et femmes, jeunes et moins jeunes – d’être acteurs, et aux laïcs d’être associés aux processus de prise de décision. Reconstruire l’Église dans ce style synodal afin qu’elle soit plus évangélique, plus missionnaire, et plus synodale signifie que les plus petits, les plus faibles, et les plus blessés doivent être associés à cette recherche. Pour « réparer » l’Église, mais encore plus pour témoigner le Christ dans les cultures et les langues du 21 ème siècle, les baptisés, tous les disciples missionnaires, quelle que soit leur vocation, sont appelés à discerner et tracer ensemble les chemins de la mission. Il s’agit donc de trouver des manières d’agir qui traduisent concrètement dans chaque contexte cette identité profonde de l’Église qui est une « communion missionnaire » enracinée dans le mystère trinitaire.
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Sr. Nathalie Becquart, XMCJ
Les femmes dans une Église synodale
ni à donner des réponses toutes faites sur ce qu’est une Église synodale. En revanche, en comprenant le rôle des femmes comme central dans une Église relationnelle, inclusive, dialogique, éclairée, génératrice, et pluriculturelle, nous pouvons commencer à vivre comme une Église qui « avance » dans un processus où les hommes et les femmes marchent ensemble sur le chemin d’Emmaüs dans l’espoir de reconnaitre Jésus le Ressuscité sur un chemin de guérison et de réconciliation. Pour « respirer ensemble », hommes et femmes, pasteurs et laïcs dans un esprit de partenariat et de coresponsabilité pour la mission de l’Église, nous devons vivre la confiance et la conversion. Nous pourrons ensuite passer du schéma de domination et de concurrence qui caractérise la mentalité patriarcale, à un schéma de réciprocité et de coopération entre tous les disciples missionnaires animés du désir de partager la joie de l’Évangile, une joie à partager avec le monde entier.
1
Comme cela a été annoncé le 7 mars 2020, le Pape François a choisi « Pour une Église Synodale : communion, participation et mission » comme thème de la prochaine Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques.
2
Ibid
3
François, Message aux Membres de la Commisson Théologique Internationale, 29 novembre 2019.
4
O’Malley, John, When Bishops Meet: an essay comparing Trent, Vatican I, and Vatican II, Cambridge, Massachusetts 2019, 58.
5
Meloni Alberto and Scatena Silvia (eds.), Synod and Synodality. Theology, History, Canon Law and Ecumenism, LIT Verlag, Münster 2005, 113.
6
Si la synodalité et la collégialité participent au même « dynamisme de communion » qui constitue l’Église, au sens technique on distingue aujourd’hui la collégialité – dans le sens de collégialité épiscopale telle qu’elle a été réintroduite par Vatican II – et la synodalité, qui n’est plus l’expression de la seule collégialité épiscopale mais qui implique tous les fidèles.
7
François, Discours conclusif du Pape François à l’occasion de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du Synode des Évêques, 17 octobre 2015.
8
François, Discours aux membres de l’Église gréco-catholique ukrainienne, 5 janvier 2019
9
Document Final du Synode sur les Jeunes, § 148
10
Document final du Synode pour l’Amazonie §101
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Document final du Synode pour l’Amazonie §102
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https://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2020/03/07/0145/00318.html
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Sr. Liliana Franco Echeverri, ODN Liliana Franco Echeverri, religieuse de l’Ordre de la Compagnie de Marie. Assistante Sociale de l’Université de Antioquia, Magister en Théologie Biblique, actuellement Doctorante en théologie dans la même Université. Provinciale de la Compagnie de Marie, dans la Province du Pacifique. Présidente de la CLAR.
Sr. Liliana Franco Echeverri, ODN
La voix des femmes consacrées sur le chemin de la synodalité
LA VOIX DES FEMMES CONSACRÉES SUR LE CHEMIN DE LA SYNODALITÉ
Prendre soin de la vie : voilà quel doit être l’horizon qui inspire, anime et oriente notre congrégation. La vie est un don, riche de possibilités, mais aussi habité par la fragilité et la vulnérabilité ; il faut donc le protéger avec le plus grand soin. Nous prenons soin de quelqu’un quand son existence a de l’importance pour nous. Alors nous lui donnons ce que nous sommes, nous participons à son destin, à ses recherches, à ses souffrances et à ses succès, à sa vie en somme. Il s’agit là de compassion. Et la compassion entraine une manière d’entrer en relation, elle consiste fondamentalement dans le fait de ressentir comme nôtre la souffrance de l’autre, c’est-à-dire dans la capacité d’intérioriser la détresse d’un autre être humain et de la vivre comme s’il s’agissait de notre propre expérience. Avoir compassion des autres est un habitus du cœur. La compassion suppose un engagement solidaire. La compassion nous conduit à embrasser la vulnérabilité, la nôtre et celle des autres. Elle nous porte à ouvrir les yeux pour percevoir la situation de souffrance que vivent d’autres êtres humains. Avoir compassion de quelqu’un ne signifie pas se substituer à lui ni décider pour lui. C’est se mettre dans sa peau, sans lui voler son identité, sans envahir son territoire. À chaque fois que nous prenons soin de quelqu’un, la confiance est fondamentale. Avoir confiance en quelqu’un c’est croire en lui, c’est se mettre entre ses mains, c’est se mettre à sa disposition. À partir de la logique du soin, le plus important sera de veiller au DON et à la RELATION : il y a un conte d’Eduardo Galeano, l’écrivain uruguayen, que j’aime beaucoup et dont il me semble qu’il exprime avec beauté ce qui s’anime quand nous parlons de synodalité :
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Original en espagnol
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Sr. Liliana Franco Echeverri, ODN
La voix des femmes consacrées sur le chemin de la synodalité
Un homme du village de Negua, sur la côte colombienne, put monter jusqu’au ciel. Quand il en revint, il raconta. Il dit qu’il avait contemplé, de là-haut, la vie humaine. Et il dit que nous étions une mer de petits feux. Voilà ce qu’est le monde – révéla-t-il. Un tas de gens, une mer de petits feux. Chaque personne brille avec sa propre lumière au milieu de tous les autres. Il n’y a pas deux feux identiques. Il y a de grands feux, et de petits feux, et des feux de toutes les couleurs. Il y a les gens au feu serein, que même le vent n’attise pas, et les gens au feu pétulant, qui remplissent l’air d’étincelles. Certains feux, des feux stupides, n’éclairent ni ne brûlent ; mais d’autres embrasent la vie avec tant d’enthousiasme que l’on ne peut les regarder sans cligner des yeux, et ceux qui s’en approchent s’enflamment.
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La clé pour marcher ensemble dans la synodalité est de réunir les petits feux, jusqu’à ce que brûle quelque chose de nouveau, et que ce qu’il y a de plus authentique soit protégé et renforcé. La synodalité suppose que nous nous exercions à la pédagogie du soin. Les certitude qui nous accompagne à la CLAR est que toute relation trouve son fondement dans l’amour et s’enrichit dans les liens ; c’est là que grandit la joie et que s’ouvrent des voies pertinentes pour la communication, l’échange et la construction collective. José Cristo rey García Paredes, dans sa relecture de Vita Consecrata, affirme:
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La vie consacrée n’a pas pour objectif de s’isoler des autres formes de vie chrétienne : elle est appelée à entrer en relation avec elles et à faire partie du “nous ecclésial”, du corps du Christ qu’est l’Église. De façon à ce que le bien d’un membre contribue à la richesse et au bien-être du corps tout entier. Dans l’Église, tous participent à une dignité commune, tous sont appelés à vivre dans la sainteté et à coopérer à l’édification du corps du Christ ; mais l’Esprit concède des dons différents. Ainsi l’Église est communion organique de vocations, de charismes, de ministères différents. Il est évident qu’aujourd’hui la Vie Consacrée se présente comme plus fragile, plus petite, plus blessée et limitée, avec moins de retranchements et de sécurités ; de ce fait, elle est plus encline à déposer son cœur dans l’essentiel pour se laisser recréer, avec une humble audace, par l’Esprit de Dieu qui peut faire toutes choses nouvelles. Le Pape François, consacré par vocation et par conviction, sait bien que notre époque est féconde et que, dans cette nuit prolongée, seule la centralité en Jésus-Christ rendra à la Vie Religieuse son identité mystique, prophétique et missionnaire. Nous perdons en vitalité quand nous nous fondons tranquillement dans l’institutionnel et que nous oublions l’essentiel, quand nous nous uniformisons dans des moules et des formes qui nous limitent. L’Église retrouve sa fécondité
lorsqu’elle se dispose à la rencontre, lorsqu’elle accueille la différence et qu’elle rend possible le développement de dons et de charismes dans la diversité et la complémentarité. Nous gagnons en vitalité quand nous transcendons l’idolâtrie de l’individualisme et que nous nous disposons à l’art de l’être ensemble, en favorisant l’écoute qui convertit, la parole qui dynamise, l’engagement qui ouvre de nouveaux chemins. Un trait spécifique de l’existence humaine et aussi de notre congrégation est la vie communautaire. Dans le charisme que nous avons reçu, il y a une inclination vers ce qui se construit avec les autres, dans la complémentarité et la coresponsabilité ; et ceci exige une ouverture à la diversité, une capacité à conjuguer les rythmes, à combiner les langues, les cultures, les sensibilités et les visions. Cela suppose un nouveau regard contemplatif qui nous permet de découvrir le bien, la vérité et la beauté qui habitent chaque être humain.
Sr. Liliana Franco Echeverri, ODN
La voix des femmes consacrées sur le chemin de la synodalité
Dans un monde de polarisations et d’individualismes, le communion est le plus grand témoignage que nous puissions donner à nos concitoyens. L’utopie de la fraternité doit être pour nous un horizon de sentiment, et ceci requiert une dose illimitée de tendresse. Seul l’exercice quotidien de la tendresse nous rendra plus humains et reflètera avec davantage de clarté le visage de Dieu parmi nous. Rien de ce qui nous enferme et nous protège est évangélique. Le propre du chrétien est le cheminement, l’ouverture, le don de l’autre, du radicalement Autre. Nous sommes appelés à l’unité : Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Elle se construit, et elle abrite un espace pour la vulnérabilité, la fragilité et la limite ; elle suppose l’exercice permanent de la réconciliation et du pardon et elle exige de se désinstaller et d’apprendre. Elle ne peut exister là où l’on trouve de l’orgueil, des spirales de pouvoir ankylosées, et encore moins là où sont absents la souplesse et l’ouverture à l’Esprit. Ce cheminement, avec d’autres, en Église, nous sommes appelés à le faire aussi entre congrégations. Dans un dialogue charismatique où, à la richesse de l’intuition de chaque fondateur, puissent s’ajouter d’autres sensibilités, en sachant que chaque charisme est don pour l’Église et don de l’Église pour tous. Le témoignage de l’amitié entre religieux de différentes congrégations, les efforts partagés pour mener à bien des projets communs, la recherche infatigable de réponses aux défis de notre temps, sont déjà la preuve que Dieu est parmi nous pour nous faire un. L’horizon est de marcher comme des frères, dans la gratuité,
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L’unité est un attribut qui configure l’identité, qui conserve l’essentiel, qui assure l’harmonie, qui aide à traverser l’épreuve du temps. Là où il y a unité, on constate une syntonie, une communion dans les valeurs et dans les critères. L’unité n’exclut pas la différence, et elle est inéluctablement liée à l’harmonie qui résulte de la rencontre, de la communication et de la relation. Elle exige la relation et le face-à-face de la gratitude.
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en accueillant nos différences, en développant le meilleur de chacun, en construisant un projet commun, en entonnant la mélodie de la fraternité et de la sororité. L’une des tâches de la Théologie de la Vie Consacrée est de scruter à la source, à l’origine des charismes fondateurs, pour découvrir le potentiel d’originalité et de vitalité qui les habite et qui les rend pertinents et nécessaires à chaque époque de l’histoire. Le charisme, qui nous a été donné gratuitement et en abondance, nous engage à marcher avec cohérence et authenticité, à vivre dans la vérité qui libère, à prononcer des paroles qui stimulent et encouragent, à nous tenir aux côtés de ceux qui cherchent la justice et la paix, à être en communion avec ceux qui croient et à partager avec ceux qui ont du mal à croire. Le charisme qui nous donne notre identité atteint sa plénitude quand il rencontre d’autres charismes et qu’ensemble ils mettent en évidence ce qu’il y a de plus caractéristique et de plus original dans le Royaume : la table commune, à laquelle il y a de la place pour tous, qui nous fait Église, peuple de Dieu. C’est ce que propose le Pape François, en nous invitant à élargir l’espace de notre tente, à aller plus loin :
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Personne ne construit l’avenir en s’isolant, ni seulement avec ses propres forces, mais en se reconnaissant dans la vérité d’une communion qui s’ouvre toujours à la rencontre, au dialogue, à l’écoute, à l’aide réciproque, et nous préserve de la maladie de l’autoréférentialité. La vie consacrée est appelée à poursuivre une sincère synergie entre toutes vocations dans l’Église, en partant des prêtres et des laïcs, en sorte de « développer la spiritualité de la communion, d’abord à l’intérieur d’elles-mêmes, puis dans la communauté ecclésiale et au-delà de ses limites ». Le Pape invite aussi les Évêques à reconnaitre dans les différents charismes des dons qui enrichissent l’Église et à poser sur les consacrés un regard capable de valoriser et d’accueillir avec reconnaissance le don que chaque personne apporte, avec son charisme, à l’ensemble de l’Église et des processus d’évangélisation :
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Nous, les évêques, nous devons comprendre que les personnes consacrées, ce n’est pas du matériel auxiliaire, ce sont des charismes qui enrichissent les diocèses. Les diocèses ont besoin de ces charismes. L’insertion diocésaine des communautés religieuses est importante, de même qu’il est important que l’évêque reconnaisse et respecte leurs charismes. Généralement, les conflits surgissent quand il n’y a pas de dialogue. (82° Assemblée Genérale USG, 2013) La certitude que, comme Peuple de Dieu, nous sommes appelés à parcourir d’autres chemins, nous placera, nous qui croyons, sur le terrain de l’écoute, le seul qui nous permettra d’examiner, de comprendre et d’assumer les défis sociaux, culturels, écologiques que notre époque soumet à l’Église ; défis qui la pousseront à développer une attitude de dialogue, à miser sur de nouvelles manières d’entrer en relation, et à se mettre en chemin avec d’autres, à partir de l’expérience que seul le dialogue nous fait grandir. Par notre identité de membres de l’Église et conscients que, par le baptême et le sacerdoce commun, nous avons une même
dignité, nous nous sentons appelés à contribuer à la configuration d’une Église plus synodale. En nous mettant en marche avec d’autres dans cet aujourd’hui de l’Église et de la Vie Consacrée, nous pourrons construire ensemble, à partir des trois composantes de la communion : Appartenance: Nous savoir liés à quelque chose ou quelqu’un qui nous transcende. L’expérience de l’appartenance nous confère une identité, c’est une question d’amour, d’un lien autour duquel se construit le projet de vie. La conscience d’appartenir nous rend fondamentalement responsables, nous nous transformons par amour en gardiens du don, en dépositaires du trésor, en infatigables semeurs de tout grain qui anticipe l’abondance pour ce ou celui en qui nous nous enracinons de façon vitale. C’est une question de racines.
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Participation : Le vivre ensemble nous place dans le lieu de la participation, de la construction collective. C’est la dynamique selon laquelle la voix de chacun résonne de façon différente et donc complémentaire. La passivité du spectateur n’a pas de place dans cette logique, pas plus que le jugement mesquin de celui qui ne fait que critiquer. Participer signifie se donner, se savoir artisan et constructeur, se rendre disponible aux processus qui requièrent engagement et constance, pour la gratuité et le désintéressement du Royaume. Patience : Sans ce don, rien ne peut durer. Tout ce qui est vraiment important requiert du temps. Travailler à parvenir à quelque chose de commun suppose croire en la valeur des processus, et ceux-ci impliquent temps et accompagnement. La patience est la disposition pour que surgisse la mise en commun et pour que nous sortions des schémas qui, déguisés sous des dehors d’efficacité, limitent la sagesse, bloquent la beauté, excluent et ne laissent aucune place à la saine et nécessaire différence.
Nous ne devons pas avoir peur d’abandonner les « vieilles outres » : c’està-dire de renouveler les habitudes et les structures dont nous reconnaissons, dans la vie de l’Église, et donc aussi dans la vie consacrée, qu’elles ne correspondent plus à ce que Dieu nous demande pour faire avancer son royaume dans le monde : les structures qui nous donnent une fausse protection, et qui conditionnent le dynamisme de la charité ; les habitudes qui nous éloignent du troupeau auquel nous sommes envoyés, et qui nous empêchent d’entendre le cri de ceux qui attendent la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. L’espérance doit renaitre, et avec elle apparaitront des réponses nouvelles, qui nous permettront de nous repenser au rythme de l’Esprit et de la grâce. Et selon le Pape : L’espérance dont nous parlons ne se fonde pas sur des chiffres ni sur des œuvres, mais sur Celui en qui nous avons mis notre confiance (cf. 2 Tm 1, 12), et
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Dieu ne cesse de créer et recréer, il le fait aussi dans la nuit et c’est dans cette conviction que se creusera notre espérance, comme nous le dit avec insistance le Pape François :
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pour lequel « rien n’est impossible » (Lc 1, 37). Là est l’espérance qui ne déçoit pas et qui permettra à la vie consacrée de continuer à écrire une grande histoire dans l’avenir, vers lequel nous devons tenir notre regard tourné, conscients que c’est vers lui que nous pousse l’Esprit Saint pour continuer à faire avec nous de grandes choses. (Témoins de la Joie L.A. 2014) C’est une autre logique, celle de l’Esprit, qui nous emporte toujours au-delà de ce que nous sommes capables de calculer ou de supposer. Celle qui nous situe à la place du petit et qui nous fait valoriser la gratuité, célébrer l’amitié et protéger ce qui est communautaire. Celle qui nous lance sur des sentiers inconnus et qui nous pousse à oser l’insoupçonné du Royaume, de la main de Dieu. C’est la logique de ceux qui font confiance. Le style synodal est, en cette période historique, la nouvelle manière d’être et de faire de l’Église. Marcher ensemble est la condition pour répondre de manière évangélique, en écoutant la réalité, aux défis notre époque. Comme le signale Carlos Martínez Oliveiras dans son livre Synodus,
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ce style naît de la certitude que l’Église doit s’articuler intérieurement de façon à promouvoir la responsabilité de tous, afin de se rendre présente de manière nouvelle à l’histoire, au monde, à la société. La synodalité sera précisément un chemin nécessaire, ou, au moins, possible pour conjuguer la diversité, harmoniser les différences et équilibrer les contraires. Ancrés dans la certitude que l’ecclésiologie de communion se présente à nous comme élément constitutif et nécessaire dans l’Église.
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L’aujourd’hui de l’Église et de la société exige de nous que nous nous exercions dans la prophétie du communautaire, que nous marchions avec la conscience d’être peuple de Dieu et que nous nous situions humblement avec audace, en démasquant les enchevêtrements du pouvoir qui déshumanisent. Il s’agit de revenir à l’original de l’Évangile et de choisir l’amour qui rend la dignité. Notre engagement dans l’utopie du fraternel est le témoignage le plus authentique que nous puissions donner dans cet aujourd’hui de l’humanité. Dans cette conjoncture, la mission des femmes dans l’Église devient plus claire. Appelées à être, à l’intérieur du tissu ecclésial, sacrement de communion, pont qui favorise la rencontre, entrailles dans lesquelles est fécondée une nouvelle manière d’entrer en relation et prime l’art de l’accompagnement. L’esprit synodal vers lequel nous tendons suppose la participation des femmes dans les espaces et les structures de l’Église, dans le discernement et la prise de décision. Il nous revient à nous, dans la Vie Religieuse, d’être gardiens de la vie, et cela supposera que nous devenions experts dans l’art du soin. Artisans du soin. Que chacune, que chacun de nous, puisse apporter son feu, pour rendre possible la flamme de la communion, qui illuminera les autres et leur transmettra des raisons de croire et d’espérer.
Sr. Anne Béatrice Faye, CIC Sr. Anne Béatrice Faye, CIC, est une religieuse de la Congrégation de l’Immaculée Conception de Castres. Diplômée en Philosophie à l’Université “Cheik Anta Diop” de Dakar (Sénégal), elle s’intéresse aux questions relatives à la promotion de la femme dans le contexte africain. Elle est Maître de conférences en Philosophie et membre de l’Association des Théologiens Africains (ATA).
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50 ans de «Justice dans le monde» 50 ANS DE « JUSTICE DANS LE MONDE » : LE « SYNODE CATALYSEUR » DE LA VIE CONSACRÉE
La conférence a été présentée le 21 juin 2021 lors d’un Webinaire organisé par le “Groupe de travail Afrique” de la Commission JPIC des deux Unions UISGUSG.
Original en français
Le contexte du covid 19 nous convie aujourd’hui, autour d’une table virtuelle pour célébrer un Jubilé : les 50 ans du deuxième document post synodal «Justice dans le monde» dont l’actualité nous interpelle tous (es). Au cœur de cette crise sanitaire et tous les drames socioéconomiques que nous connaissons toutes et tous, l’occasion m’est encore offerte de revenir sur l’actualité de ce document comme un événement qui continue de nous inspirer et de nous pousser à l’action. En effet, «nous percevons encore dans le monde un ensemble d’injustices qui constituent l’essentiel des problèmes de notre temps et dont la disparition exige des efforts et des responsabilités à tous les échelons de la société… Notre action doit se porter en premier lieu vers ces hommes et ces femmes qui, à cause de diverses formes d’oppression et à cause du caractère actuel de notre société, sont victimes d’injustice silencieuse et sont même privés de la possibilité de se faire entendre» 1 . Voilà pourquoi, le traitement de la question de la Justice mérite, un regard «concret, franc et généreux» 2 comme l’avait déjà fait le synode de 1971. Pour ma part, j’ai choisi de repenser la justice en Afrique, avec lucidité. La question de fond est toujours la même : quelle justice pour plus de dignité humaine et de promotion du développement intégral en Afrique ? En parlant de dignité humaine, nous nous
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Introduction
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50 ans de «Justice dans le monde»
référons à toutes les expressions des droits fondamentaux, des libertés individuelles, des relations et du bien-être à tous les niveaux. Plus concrètement, quel est le bilan de ces cinq décennies de «Justice dans le monde» au sein de l’Eglise et nos Instituts religieux particulièrement en Afrique ? Globalement le document Justice dans le monde a eu une influence immédiate, claire et un impact puissant sur les congrégations. Ce qui a conduit à de nouvelles orientations et des déplacements de lieu de mission. En effet, ce Synode a été un «catalyseur» en déplaçant la vie consacrée des structures monastiques vers un mode de vie et des ministères de proximité avec les populations défavorisées du monde. Est-ce cela qui explique le double jubilé 40 ans en 2011 et aujourd’hui 50 ans en 2021 ? Mon intervention n’est pas le résultat d’un sondage qui pourrait refléter toutes les réalités de l’Afrique. Il s’agit juste d’une réflexion à partager, fruit de ma petite expérience de mission du Sénégal au Burkina Faso en passant par la RDC et d’autres expériences acquises dans les différents groupes de recherches interculturels où je m’investis depuis quelques années.
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1. Cadre référentiel et méthodologique de notre échange.
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Pour répondre à ces interrogations, nous ferons d’abord un survol du contexte historique du synode. Je vous inviterais ensuite à un voyage dans nos différents instituts, pour un relever de terrain, non pas dans le jardin secret de nos maisons généralices ou de nos grandes institutions, mais à ciel ouvert, côté frontières, dans le désert malien ou libyen, dans «le ventre de l’Atlantique» 3 avec les migrants, en brousse, au marché, auprès des jeunes, des femmes, des mégapoles, bref, au cœur du quotidien du plus grand nombre d’africains (es). C’est dire que, ce cinquantième anniversaire est fondamentalement, l’heure de l’introspection pour interroger la vraie réalité des pratiques de justice sur le continent et plus particulièrement dans nos églises locales et nos Instituts religieux. Comment expliquer l’accroissement du nombre d’hommes et de femmes traqués par la misère et l’aggravation de leur condition de vie, alors que ne cessent de se multiplier dans le monde, l’Eglise et en particulier nos Instituts, de grands projets d’aide aux pauvres, des commissions Justice et Paix, des publications, des bulletins et revues, des réseaux et sites, des ONG… ? Face aux situations d’urgences qui exigent souvent des actions rapides, ne faudrait-il pas revoir nos œuvres d’assistance en faveur d’initiatives visant à la promotion humaine, pour éviter la dépendance permanente? Enfin, nous savons ce qui caractérise la cinquantaine. A cinquante ans, on gagne en profondeur, en sagesse et en expérience. Cinquante ans, c’est la convergence de la maturité et du temps disponible. Certes, ce Jubilé est l’occasion pour nos Instituts en Eglise de revisiter nos missions les plus significatives, parfois dispersées et d’en faire un récit afin de retrouver la cohérence. En nous inspirent de «Justice dans le Monde», nous allons partager ensemble ce que nous pouvons organiser au niveau Afrique, dans chaque pays, diocèse et Institut non pas forcément pour apporter une ou des réponses, mais proposer quelques orientations.
Vous avez certainement lu le document et vous le connaissez sans doute mieux que moi. Mais, Permettez-moi d’en faire un bref survol pour le situer dans son contexte mondial et ecclésial. Nous verrons aussi sa réception et son impact sur le continent, notamment en partant du premier jubilé des 40 ans célébré aussi autour d’une table lors d’une conférence tenue à Rome en novembre 2011.
2.1
«Justice dans le monde», questions qui fâchent
Outre la clarté du document en ce qui concerne les injustices sur le plan international, notons quelques difficultés lorsqu’il s’agissait de dénoncer des injustices visant tel ou tel pays donné. Par exemple, l’Afrique du Sud pour le racisme, Israël pour la mainmise sur les Lieux saints, l’Union soviétique pour sa manière de traiter les catholiques d’Ukraine, la dictature, etc. Pour les Pères synodaux, la dénonciation des injustices particulières doit être l’affaire surtout des Églises locales, directement au courant des situations. En fait, pour les Evêques, «L’Eglise, en tant que communauté religieuse et hiérarchique, n’a pas de solutions concrètes d’ordre social, politique ou économique pour la justice dans le monde. Mais sa mission comporte la défense et la promotion de la dignité et des droits fondamentaux de la personne humaine» 4. Il serait bon de prolonger la réflexion pour voir les autres questions restées en suspens. Mais qu’en est-il de sa réception? On remarque qu’il n’a pas eu au début, une influence très profonde dans les Églises des pays occidentaux. La raison est sans doute liée à la vigueur du langage employé à l’adresse des pays riches. Certaines phrases ne passent pas. Par exemple : « Nous déplorons tout reniement, de la part des pays riches, de l’idéal de partage et de responsabilité planétaire. La recherche de capital et d’énergie, faite par les nations les plus riches - capitalistes ou socialistes - (et il faut en dire autant de l’effet de pollution causé par la consommation du même capital et de la même énergie dans l’atmosphère et dans la mer) - est telle que les éléments essentiels à la vie terrestre, tels que l’air et l’eau, seraient irrémédiablement détruits si le niveau élevé de consommation et de contamination, sans cesse croissant, s’étendait à l’ensemble de l’humanité. C’est tout le contraire en Amérique latine, en Afrique et en Asie On éprouva beaucoup plus de satisfaction dans les milieux ecclésiaux directement sensibilisés aux problèmes de l’injustice économique internationale. Il convient aussi de signaler une particulière influence de Justice dans le monde dans beaucoup d’Instituts religieux. Il a été un facteur d’inspiration très important sur le comportement et le mode de vie, les documents des chapitres, les structures et la spiritualité. C’est l’occasion de rappeler ici la conférence organisée par USG/UISG le 19 novembre 2011 à l’occasion du jubilé des 40 ans de «Justice dans le monde». En prélude à cette rencontre, le 15 août 2011, Sœur Teresa Dagdag, membre de la
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2. Survol du contexte historique du synode et réception de «Justice dans le monde»
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Congrégation des sœurs Maryknoll, des Philippines, à l’époque, Co-Secrétaire JPIC USG/UISG avait lancé un important questionnaire aux Congrégations religieuses au nom de la Commission JPIC. Plus de 40 réponses aux 17 questions ont été analysées. Elles portaient sur la pertinence, l’impact et l’influence du Synode sur la Vie Consacrée, mais aussi les limites, les questions émergentes et les préoccupations. L’objectif était de recueillir les réflexions concernant la réception et l’impact «de Justice dans le Monde» sur la Vie Consacrée. En d’autres termes, si le Synode des Evêques sur «La justice dans la Monde » ne s’était pas produit, la Vie consacrée serait-elle la même aujourd’hui ? Il revenait au Père Dorr Donal 5 et à moi-même de répondre à cette interrogation pour célébrer ce jubilé. 40 ans c’est environ 3 générations. Nous avions répondu à partir de nos expériences personnelles et de la connaissance de la réalité de la société. Pour ma part, mon intervention était orientée sur les grandes espérances portées par le continent africain. Je l’avais intitulé, «Justice dans le monde» : Continuité et Discontinuité dans la Vie Consacrée en Afrique. Ce fut un moment d’échanges très riche autour de la réception de ce document par l’Eglise et les congrégations religieuses au cours de quatre décennies.
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Notre conclusion était que ce document «Justice dans le monde”, fait partie du patrimoine de l’Eglise. Il renforce notre ministère JPIC et offre une continuité avec les Écritures. Il clarifie également ce changement de paradigme. Désormais, l’Église n’est pas une fin en soi mais elle est en mission pour faire advenir le Règne de Dieu, le Royaume de justice et de paix. C’est en étant solidaires avec les pauvres que nous connaîtrons Dieu. Enfin, la caractéristique du règne de Dieu c’est la justice, la paix et l’amour. Autrement dit, l’Église a une responsabilité spécifique et propre, qui s’identifie avec sa mission de rendre témoignage devant le monde de l’exigence d’amour et de justice contenue dans le message chrétien, témoignage qu’elle devra réaliser dans ses propres institutions ecclésiales et dans la vie des chrétiens 6 .
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Ainsi, la promotion de la justice est une exigence absolue du service de la foi, tout comme le Synode avait qualifié «le combat pour la justice et la participation à la transformation du monde» de «dimension constitutive de la prédication de l’évangile».
3. Relever de terrain dans la nouvelle Afrique : côté gouvernance et hommes politiques -
Les défis économiques et politiques Les défis de la femme dans la société Les défis écologiques Les défis éducatifs – la jeunesse Le défi de la mobilité à l’intérieur et à l’extérieur du continent. Les défis socioculturels et interreligieux Le défi de la violence sous toutes ses formes
-
3.1
Les défis éthiques Les défis de la modernisation
Côté Gouvernance politique
Est-il logique qu’un Président se paie un bateau et un nouvel avion à coup de milliards, alors qu’une bonne partie de son pays est encore complètement enclavée ? Est-il logique qu’un président organise des soirées mondaines sur la Côte d’Azur pour distribuer des enveloppes bourrées de billets de banque à ses hôtes au moment où les hôpitaux de so n pays n’ont même pas de coton ? Est-il logique que des villages entiers cèdent leur lopins de terres, contre des sommes modiques, à des multinationales, des fonctionnaires et à des commerçants pour répondre à des besoins du moment. Leurs terres ont été vendues à leur insu.
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Est-il logique qu’un président malade au bord de la mort, vote dans sa voiture en faisant fi de toutes les règles élémentaires de démocratie ? Malheureusement, la liste de ces incohérences peut encore être prolongée. Poursuivons notre relever de terrain et voyons ce qui se passe du côté de l’éducation de la jeunesse, les femmes et l’environnement.
Justice dans le monde nous renvoie à cette richesse que sont les jeunes en Afrique. On parle aujourd’hui de dividende démographique pour qualifier cette richesse. Quels sont les efforts faits pour réduire ce paradoxe, à travers les politiques publiques ? Qu’elle est la boussole que l’Église peut offrir aux jeunes pour ne pas se perdre ? En d’autres termes, Qu’est-ce qu’elle a à leur proposer ? Comment leur annoncer le Christ de manière crédible ? Conscient de l’importance de la connaissance mutuelle pour une paix durable entre tous les enfants de la terre, Amadou Hampâté Bâ a ainsi jugé nécessaire de s’adresser à la jeunesse africaine en ces termes : « Jeunes gens d’Afrique et du monde, le destin a voulu qu’en cette fin du vingtième siècle, à l’aube d’une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n’aspirent qu’à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l’avenir, plein d’incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d’aventures nouvelles et d’expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu’il y ait, non-rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d’une époque par l’autre. Si des conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre! » L’un des paradoxes le plus frappant dans n’importe quel pays d’Afrique est le suivant : l’Afrique, continent de l’avenir avec une jeunesse qui représente un atout incontournable pour son développement durable, sa paix et sa prospérité. Pourtant cette jeunesse est la plus délaissée. Allons à la rencontre de quelques-uns d’entre eux.
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3.2 A la rencontre d’un jeune diplômé : symbole de vulnérabilité et de courage.
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D’innombrables jeunes de notre continent passent par des situations qui les affectent gravement. Ce sont entre autres, les séquelles de la pauvreté qui limitent la croissance harmonique de leurs vies et créent de l’exclusion. Le cas que nous allons présenter est le reflet de ce qu’ils vivent un peu partout sur le continent. Peut-être en connaissez-vous d’autres ? Nous pourrons les partager au du 3ème temps d’échange. ADOUMARINE 7, chômeur, diplômé de l’université de Lagos (Nigéria), explique qu’on rencontre souvent de jeunes Nigérians diplômés, qui font de petits boulots. « Ils nettoient les sols dans des hôtels, vendent des cartes de recharge téléphoniques aux abords des stations d’essence, ou sont ouvriers dans des usines ou simplement des marchands ambulants ». L’un d’entre eux est vendeur de viande grillée dans la rue. Ecoutez bien ce qu’il a fait. Après avoir photocopié son diplôme d’ingénieur, il utilise les photocopies comme emballage pour ses clients. Le sous-emploi constitue un grave problème, qui masque la réalité de tant de jeunes. Des millions d’entre eux sont livrés au chômage, à la précarité, au désenchantement, certains versent dans la radicalisation ou bien prennent chaque jour la route de l’exode au péril de leur vie, de leur liberté, de leur dignité jusqu’à l’ultime humiliation d’être vendu et réduit en esclavage comme nous l’avons vu tout récemment en Lybie. Ces expériences et tant d’autres que vous connaissez ou vivez, me pousse à me poser ave vous cette question : chers participants à cet échange, comment les universités en Afrique s’adaptent-elles aux différentes contraintes sociopolitiques et professionnelles? Quel avenir réservent-t-elles à l’Afrique ? Comment peuventelles contribuer à une croissance inclusive ? Comment participer à l’économie de la connaissance, à la justice pour tous ? 8 Pour Justice dans le monde, la transformation radicale du monde, à la Pâque du Seigneur, donne tout son sens aux efforts humains, et en particulier des jeunes, pour atténuer l’injustice, la violence et la haine, et pour vérifier un progrès de tous et simultanément, dans la justice, la liberté, la fraternité et l’amour.
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3.3
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La dignité des femmes en Afrique : un appel à la justice.
René Laurentin note dans son livre sur le Synode «Justice dans le monde», que « Mme Barbara Ward rédigea la partie la plus importante de la synthèse des débats… C’est la première fois ajoute-t- il qu’une femme a joué ce rôle de cheville ouvrière dans l’élaboration d’un document relevant de l’instance suprême de l’Eglise » 9. Rien d’étonnant que « Justice dans le monde » souhaite « que les femmes reçoivent leur propre part de responsabilité et de participation dans la vie communautaire de la société et même de l’Eglise et qu’une étude approfondie se fasse à ce sujet par des moyens appropriés, par exemple une commission mixte d’hommes et de femmes, de religieux et de laïcs de différentes situations et disciplines» 10. L’Église reconnaît à chacun le droit à une liberté d’expression et de pensée suffisante, ce qui présuppose également le droit à chacun d’être entendu, dans un esprit de dialogue, qui garantit la diversité légitime dans l’Église. Pourtant force est de reconnaître que dans notre situation quotidienne, la
plupart des femmes africaines se débattent contre toutes sortes de forces qui les dépouillent de leur personnalité et les empêchent de prendre en main leur destinée. Elles produisent et vendent par exemple 80% de la nourriture mais, devant la loi, elles ne sont pas jugées capables de posséder le champ qu’elles cultivent. Rappelons que la plupart d’entre elles accomplissent ce travail sans outils modernes, sans formation et sans commodités essentielles. On constate des expériences qui sont contraires à la justice : dans la collaboration avec les femmes, celles-ci sont souvent réduites à un rang inférieur. C’est pourquoi, le rôle des femmes serait plus efficace si l’Église famille leur confiait une mission plus visible ou les impliquait de manière plus franche, car elles humaniseraient bien davantage les sociétés africaines. C’est connu de tous, en Afrique, les femmes constituent une part active dans l’Eglise. Elles sont les premières collaboratrices de la mission évangélisatrice. Elles peuvent être considérées comme la colonne vertébrale des communautés chrétiennes si l’on sait qu’elles réalisent l’essentiel du travail d’organisation. À travers le continent, des milliers de femmes religieuses, proclament le Royaume de Dieu par des actes concrets de compassion. Malgré cela, la question demeure : jusqu’où la dignité de ces femmes est honorée, reconnue et célébrée dans l’Église et la société ? La question de la dignité de la femme est parfois liée à celle de l’écologie. En effet, les femmes en milieu rural dépendent lourdement de leur environnement naturel. Gardiennes de la vie, elles sont les premières à être affectées par les dommages liés au climat ou la rareté des ressources naturelles. C’est notre dernier point.
La question de l’éco-justice
La question de l’intégrité de la création avait déjà été perçue par « Justice dans le monde » de manière incisive en visant les pays les plus riches comme responsables de la pollution de l’environnement. « La demande de ressources et d’énergie des pays les plus riches est telle que les éléments essentiels de la vie terrestre que sont l’air et l’eau seraient irréparablement dévastés si les norme de haute consommation et de haute pollution en croissance constante devaient s’étendre à toute l’humanité» 11 . « Le sérieux de la crise écologique et le cri des pauvres qui souffrent des conséquences de la dégradation environnementale nous appellent à nous arrêter et à réfléchir sérieusement sur la manière dont nos valeurs de fonctionnement alimentant nos décisions et actions quotidiennes demeurent fondamentalement consumériste» 12 . En Afrique, les questions environnementales sont intrinsèquement liées aux ressources naturelles et à la pauvreté. Riche en ressources minières, elle est pourtant, le continent qui possède le pourcentage le plus élevé de personnes pauvres 13 . L’éthique environnementale doit donc aller de pair avec la justice environnementale, afin de favoriser une répartition équitable des richesses de la nature et de lutter ainsi contre les inégalités et la pauvreté. L’Afrique se présente souvent comme le lieu d’expression de ces inégalités et de cette pauvreté. En effet, certains « hommes et femmes d’affaire, des
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gouvernants et des groupes économiques qui, sous prétexte de réduire la pauvreté et de travailler au développement des populations pauvres, s’engagent dans des programmes d’exploitation, spolient les paysans de leurs terres, détruisent les forêts, polluent l’environnement et causent une désertification sans précédent ». Face à ces graves atteintes portées contre la personne humaine et la nature, « l’Église doit […] interpeller les gouvernants, afin de créer une conscience écologique nouvelle qui s’exprime dans des actions concrètes » 14 . Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent changer. Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés. L’humanité possède encore la capacité de collaborer pour construire notre maison commune. Lorsque le Pape François parle de protection de la maison commune qu’est la planète, il se réfère à ce minimum de conscience universelle et de sens de sollicitude mutuelle qui peuvent encore subsister chez les personnes.
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Voici quelques interpellations à titre indicatif sachant qu’une large sensibilisation se fait déjà dans les différents Instituts religieux. - Faire de la question de l’éco-Justice un axe transversal de notre mission. - Le caractère durable devrait être un objectif de nos activités individuelles et collectives, - Dans toutes nos communautés et lieux de travail, particulièrement dans nos maisons de formation, il devrait y avoir une pratique simple et constante du recyclage des matières périssables et non périssables en suivant les trois R : réduire, recycler et réutiliser. - Il serait souhaitable de prioriser les achats de produits locaux et participer aux mouvements sociaux qui suscitent une conscience environnementale pour influencer les politiques publiques.
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Pour sa part, le pape François indique le type de changement dont l’humanité a besoin pour faire face au défi de l’heure. Il invite d’abord à « miser sur un autre style de vie » dans un monde où « le marché tend à créer un mécanisme consumériste compulsif pour placer ses produits » 15 . Il souligne aussi l’importance du défi éducatif qui ne doit pas seulement créer une « citoyenneté écologique », mais doit aussi cultiver « de solides vertus », condition du « don de soi dans un engagement écologique » 16 .
Conclusion Aucun document de l’Église n’a été aussi fortement axé sur les troublantes injustices internationales, dont le monde n’est pas encore sorti. On a le sentiment que c’est la problématique de la justice internationale comme la perçoivent les hommes du tiers monde, qui domine le débat synodal. En effet, nous pouvons lire: «L’espoir qui s’est répandu parmi l’humanité au cours des 25 dernières années, à
savoir que la croissance économique aurait apporté avec elle une telle abondance de biens qu’elle permettrait aux pauvres de se nourrir des miettes tombées de la table, s’est avéré vain dans les régions peu développées et parmi ceux qui se retrouvent réduits à la pauvreté dans les régions les plus riches; et ce, à cause de l’augmentation rapide des populations et de l’augmentation de la main-d’œuvre; à cause de la stagnation rurale et du manque de réformes agraires ; aussi à cause du mouvement migratoire généralisé vers les centres urbains, dans lesquels les industries, bien que dotées de forts capitaux, offrent des emplois en nombre réduit, de sorte qu’un quart des travailleurs, souvent, restent inactifs» 17 . Cette situation a amené l’Eglise à se mettre, avec un cœur humble et sincère, à l’écoute de la Parole de Dieu, qui montre de nouvelles voies d’action pour la justice dans le monde. Le message biblique et la mission de l’Église avec une réflexion théologique sur le lien entre l’espérance et la libération temporelle de l’humanité. «Le combat pour la justice et la participation à la transformation du monde nous apparaissent pleinement comme une dimension constitutive de la prédication de l’Évangile qui est la mission de l’Église pour la rédemption de l’humanité et sa libération de toute situation oppressive. En entendant le cri de ceux qui subissent la violence et se retrouvent opprimés par des systèmes et mécanismes injustes, ainsi que la remise en cause d’un monde qui, avec sa perversité, contredit les plans du Créateur, nous avons atteint une conscience unanime sur la vocation de l’Église à être présente au cœur du monde, prêchant la Bonne Nouvelle aux pauvres, la libération aux opprimés et la joie aux affligés» 18 .
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Notons que les premières séances du débat (20-22 octobre) furent ouvertes chacune, non par des évêques, mais par des experts laïcs appartenant à la Commission pontificale «Justice et Paix». Il s’agit de Barbara Ward (Lady Jackson), économiste anglaise de grande renommée, enseignante aux États- Unis après avoir travaillé au Ghana jusqu’en 1961 ; ensuite Candido Mendes de Almeida, recteur d’un institut universitaire de Rio de Janeiro et enfin Kinhide Mushakoji, professeur à l’Université Sofia à Tokyo. De «Justice dans le monde», nous retenons trois attitudes : écouter, raisonner et dialoguer. L’écoute nous permet d’entendre raisonner ces grandes interrogations du monde, de notre continent, de chaque région et de chaque pays qui le compose. Nous savons tous qu’en Afrique, la meilleure position pour écouter c’est la
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Face aux injustices actuelles, le document se termine avec la pratique de la justice en donnant quelques pistes pour un témoignage et une action effective, notamment par l’éducation. Pour certains par exemple, cette action s’inscrit dans le cadre de luttes sociales et politiques, dans lesquelles les chrétiens témoignent de l’Évangile, démontrant qu’il existe dans l’histoire des sources de progrès distinctes de la lutte, comme l’amour et la loi. Cette priorité de l’amour dans l’histoire conduit d’autres chrétiens à préférer la voie de l’action non-violente.
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position-assise. «S’asseoir pour écouter une autre personne, nous dit le Pape, geste caractéristique d’une rencontre humaine, est un paradigme d’une attitude réceptive de la part de celui qui reçoit l’autre, lui accorde de l’attention, l’accueille dans son propre cercle». 19 La seconde attitude, nous aide à mieux comprendre les changements survenus dans notre monde et l’Afrique en particulier. Ce qui nous mène vers la troisième attitude et proposer un itinéraire de transformations et quelques orientations pour l’action 2020 Cf. Vatican II, G.S, 1 «Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres En relisant Justice dans le monde, «nous avons pu mesurer, les graves injustices qui tissent autour de la terre des hommes un réseau de dominations, d’oppressions, d’exploitations qui étouffent les libertés et empêchent une grande partie de l’humanité de participer à la construction et à la jouissance d’un monde plus juste et fraternel» 21. Nous nous sommes rendu compte aussi qu’il y a eu beaucoup d’initiatives aux côtés des plus démunis pour plus de Justice.
1
« Justice dans le monde » n° 21.
2
Le discours social de l’Eglise catholique de Léon XIII à Benoît XVI. Synode des Evêques. Deuxième Assemblée Générale. Justitia in Mundo. La promotion de la Justice dans le monde, 30 novembre 1971. Présentation de Jean - Yves Calvez. p. 609
3
Fatou Dioum, le ventre de l’Atlantique. Ed. Anne Carrière. 2003. pp.256
4
Justice dans le Monde n° 15
5
Dorr Donal, Spirituality and Justice Broché. 1986.
6
Justice dans le Monde. n° 39, 79.
ADOUMARINE est un acronyme formé d’initiales des noms de tant de jeunes, d’hommes et de femmes qui sont au chômage ou qui quittent l’Afrique pour d’autres lieux. Tous ceux qui voyagent dans des conditions inimaginables pour se retrouver à vivre dans des situations pires que celles qu’ils laissent derrière eux, si entre temps, ils ne sont pas morts dans le désert du Sahara ou la Méditerranée.
8
Abdou Salam Sall, La gouvernance universitaire : une expérience africaine. CODESRIA, Dakar, 2016, 216 p.
9
René Laurentin, Réorientation de l’Eglise après le troisième synode, Ed. Seuil, Paris, 1972, p. 152. In Assemblée Générale. Justitia in Mundo. La promotion de la Justice dans le monde, 30 novembre 1971. Présentation de Jean -Yves Calvez. p. 609.
10
« Justice dans le monde » n° 45-46.
11
« Justice dans le monde » n° 12.
12
Comme vient de le rappeler un Groupe de Travail en Écologie de la Compagnie de Jésus. « RAPPORT SPECIAL SUR L’ÉCOLOGIE. GUÉRIR UN MONDE BRISÉ » (Promotio Iustitiae. Nº 106, 2011/2). p. 44.
13
Cf. PNUE (2006), Perspective environnementale pour l’Afrique 2, Programme des Nations Unies pour l‘environnement, Nairobi.
14
SCEAM, L’avenir de la famille, notre mission, Contribution à la 14ème Assemblée Générale du Synode des évêques, SECAM-SCEAM PUBLICATIONS, Accra, 2015, n° 23.
15
Laudato Si , n° 203.
16
Laudato Si, n° 211
17
Justice dans le monde, ch. 1
18
Justice dans le Monde. n° 2 et 7.
19
Pape François, Lettre Encyclique Fratelli Tutti sur la fraternité et l’amitié sociale. Libreria Editrice Vaticana. 2000, n° 48.
20
Cf. Vatican II, G.S, 1 «Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. (…) La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire».
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Justice dans le monde. n°3.
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Sr. Chinyeaka C. Ezeani, MSHR
La formation holistique des leaders
LA FORMATION HOLISTIQUE DES LEADERS DE CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES POUR LA MISSION DANS UN MONDE EN RAPIDE TRANSFORMATION Sr. Chinyeaka C. Ezeani, MSHR Sœur Missionnaire du Saint Rosaire, Chinyeaka C. Ezeani a exercé un service dans le gouvernement de sa congrégation. Elle est actuellement vice-postulatrice de la cause de canonisation de leur fondateur, l’évêque Joseph Shanahan CSSp.
Elle a publié “Rooted in Christ - Insights into Contemporary Religious and Priestly Formation”(Enracinés en Christ – Éclairages en vue de la formation des religieux et des prêtres aujourd’hui) et “Interculturality in Religious Life - A Blessing in Different Colours” (L’interculturalité dans la vie religieuse – une bénédiction aux couleurs variées).
Original en anglais
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Introduction
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Deux images tirées des Évangiles me viennent immédiatement à l’esprit chaque fois que je réfléchis au sujet du gouvernement. Dans la première, Jésus se baisse pour laver les pieds de ses disciples, en les invitant à faire de même (cf. Jn 13, 3-17) « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (vv.14-15). Dans la deuxième, Jésus s’éloigne dans des endroits solitaires pour prier (Mt 14,23 ; Mc 1,35 ; Lc 3, 21 ; 6,12 ; 9,28). Il ne perd pas une occasion de présenter à ses disciples une relation personnelle avec le Père. Il leur enseigne que l’autorité est service, et que l’humilité est le trait caractéristique du vrai disciple. Dieu choisit et appelle selon la sagesse et le dessein divins. Saint Paul rappelait aux membres de la communauté chrétienne de Corinthe que leur vocation ne venait pas de leurs mérites, mais du dessein de Dieu sur le monde (cf. 1Cor 1, 26-31). Ceci vaut aussi pour l’appel au gouvernement dans les congrégations religieuses – une cloche de rappel importante, faute de quoi l’orgueil pourrait s’emparer du cœur du leader et diriger ses pensées et ses actions. Pour être d’authentiques disciples de Jésus et intendants du corps du Christ, les leaders des congrégations religieuses doivent être enracinés dans les valeurs de Jésus Christ.
Le monde change rapidement. Les expériences de ceux qui sont entrés dans la vie religieuse il y a environ vingt à quarante ans diffèrent notablement de celles des personnes qui y entrent aujourd’hui. Les leaders d’aujourd’hui se trouvent confrontés à un monde plus complexe que celui de nos prédécesseurs. Par exemple, les nouveaux membres des congrégations religieuses sont pour la plupart des enfants de l’ère cybernétique. C’est la génération qui a grandi avec des téléphones portables, avec l’accès à internet et aux réseaux sociaux. Les leaders ont également à faire face à de nouveaux défis comme ceux que pose la pandémie actuelle de la covid-19, et luttent pour trouver des manières efficaces d’y répondre. D’où le besoin toujours croissant d’une formation permanente holistique des leaders, qui puisse les préparer à la mission de façon adéquate en ces temps compliqués.
Sr. Chinyeaka C. Ezeani, MSHR
La formation holistique des leaders
Pour traiter ce sujet, je m’arrêterai sur les éléments suivants : (1) une brève réflexion sur l’importance du gouvernement dans la communauté chrétienne et la vie religieuse (2) les grâces et les défis du gouvernement dans la vie religieuse, dans le contexte d’aujourd’hui (3) les différentes dimensions de la formation holistique des leaders afin d’être efficaces dans leur double vocation de vie consacrée et de service de gouvernement (4) l’exercice du gouvernement en relation avec les Conseils Évangéliques en tant que partie tout aussi essentielle de la formation holistique des leaders. Cet article sera divisé en deux parties et publié dans deux numéros du Bulletin. PREMIÈRE PARTIE
Le gouvernement a toujours été un service essentiel dans la communauté chrétienne. Parmi ses nombreux disciples, Jésus a choisi douze apôtres avec lesquels il a partagé de façon plus intime, et il les a chargés d’aller annoncer son message d’amour. Parmi les Douze, il a fait de Pierre le leader et la pierre sur laquelle il bâtirait son Église, Église sur laquelle aucune puissance de la Mort ne pourrait l’emporter (cf. Mt 16, 18). Jésus a choisi ces gens simples, ordinaires ; certains étaient des pêcheurs, non pas des scribes ni des docteurs de la Loi, et ces personnes simples ont finalement transmis le message de vie du Christ et témoigné de sa résurrection. C’est un exemple de comment Dieu peut choisir ce qui semble « fou, faible, modeste et méprisé dans le monde » pour confondre les sages de ce monde (cf. 1 Co 1, 27-28), afin que personne ne puisse se vanter ou s’enorgueillir devant Dieu (v. 29). Tout comme l’appel à suivre le Christ dans la vie chrétienne, de même le gouvernement est une invitation, un appel au sein de l’appel à la vie consacrée. La
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LE GOUVERNEMENT: UN SERVICE ESSENTIEL DANS L’ÉGLISE ET DANS LA VIE RELIGIEUSE
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communauté religieuse de personnes consacrées vit ensemble en cherchant à être fidèle à la volonté de Dieu au quotidien, chacune contribuant à l’ensemble par le rôle qui lui est assigné dans la communauté. « … Alors que toute la communauté est appelée à chercher ce qui plait à Dieu et à lui obéir, certains sont appelés, habituellement pour un temps limité, à exercer la tâche particulière d’être signe d’unité et guide dans la recherche, tant personnelle que communautaire, de comment accomplir la volonté de Dieu. C’est le service d’autorité » (CICLSAL, 2008, p. 3). Le but est de se mettre au service du corps du Christ en suivant l’exemple du Christ afin que tous les membres accomplissent leur rôle sans crouler sous le poids des besoins de la communauté. Dans la communauté chrétienne primitive, devant la difficulté de prendre soin de façon adéquate des besoins temporels des fidèles et surtout des veuves, les Apôtres choisirent sept hommes de bonne réputation pour servir comme diacres. Ceci leur a permis se donner davantage à la prédication de la Parole. (cf. Ac 6, 1-7)
Les grâces du service de gouvernement
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Indiscutablement, le service de gouvernement est exigeant. Néanmoins, Dieu est fidèle. À chaque fois qu’une personne est appelée à gouverner, Dieu lui donne les grâces dont elle a besoin. Dans la vie religieuse, le ministère de gouvernement offre une occasion unique de servir ses frères et sœurs – en les aidant à porter leurs fardeaux, en les stimulant et en les encourageant à vivre pleinement leur appel. Exposé aux combats humains, le leader grandit en gérant ses propres combats personnels. C’est un don inouï pour les leaders religieux que d’avoir accès au travail intérieur d’autres personnes et à la manière dont Dieu chemine avec elles. C’est un privilège, et cela implique que le leader doive aborder avec respect et dignité la vie de ceux qui lui sont confiés, et tenir leurs histoires pour sacrées.
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En affrontant les nombreuses difficultés du gouvernement, les leaders voient s’étendre et s’élargir leurs horizons, ce qui contribue à les faire grandir. De telles expériences peuvent pousser le leader à s’émerveiller toujours davantage devant l’action de Dieu chez ses frères et sœurs. Le gouvernement donne aussi des occasions d’être agents de réconciliation et de lien entre les membres de la congrégation. Comme leader, il n’est pas rare de porter le poids des conséquences d’échecs de projets ou de décisions considérées impopulaires parmi les membres. Par conséquent, le leader est souvent confronté à la nécessité de toujours pardonner et de passer sur les blessures qu’il a reçues, conséquences de ces éléments de la condition humaine. Le dépassement de soi est une valeur chrétienne importante. À cause des exigences du service de gouvernement, le leader peut souvent avoir à s’élever au-dessus de son moi, surtout lorsqu’il traite de questions liées au gouvernement. La conversion et la transformation personnelle sont des constantes dans le service du gouvernement religieux. Vivre des expériences exigeantes et chercher à nous mettre constamment au diapason du Dieu qui nous a appelés au gouvernement nous portera probablement à entendre et à discerner l’appel toujours présent à la
conversion. Lorsque nous abordons nos frères et sœurs en écoutant la voix intérieure de l’Esprit, nous entendons cet appel à la conversion. Il arrive aussi que des erreurs personnelles ou le mécontentement des membres envers le leader agissent comme catalyseurs pour sa conversion. Il apparaitrait que les expériences de gouvernement aident les leaders à mûrir et à grandir en sainteté. Le gouvernement religieux peut et ouvre effectivement les portes du cœur pour embrasser et témoigner de l’amour universel de Dieu. Dans le gouvernement, il y a aussi des occasions de voyager : elles peuvent également être source de grâce, qui élargit encore la vision et l’horizon du leader.
Les défis rencontrés par les leaders religieux contemporains
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Dans tous les domaines, il peut se révéler assez compliqué de gouverner. Nous allons examiner deux sources majeures de défis dans le gouvernement religieux. Il y a celles qui viennent du leader lui-même (sources internes) et d’autres qui proviennent de l’extérieur (sources externes).
Sources internes Parmi les défis que doit affronter un leader, tous ne proviennent pas de l’extérieur, il est important de le reconnaitre. Le fait de prendre conscience de ses combats humains personnels peut aider le responsable à s’engager dans une introspection nécessaire pour progresser. S’il blâme les autres – surtout ses confrères et les membres de sa congrégation – pour toutes les difficultés qu’il rencontre ou pour la plupart d’entre elles, le leader ne connaitra en réalité aucun progrès intérieur ni aucun développement personnel. Il vaut mieux reconnaitre ses faiblesses personnelles que les nier. Ce peut être libérateur, et en effet cela fait disparaitre l’influence que ces faiblesses peuvent avoir sur le leader.
En tant que religieux et surtout en tant que « bonnes » personnes, qui ont très probablement embrassé la vie religieuse pour vivre plus résolument l’Évangile, nous avons d’habitude le désir de vivre nos idéaux. Par conséquent, le leader peut rencontrer des conflits entre la personne qu’il ou elle est en réalité, et le moi idéal auquel il ou elle aspire.
Dilemme de choix Il y a toujours aussi le dilemme de devoir choisir entre les actes de bonté et la malveillance. Il est vrai que parfois, cela peut être devoir choisir entre deux « biens », ce qui nécessite du discernement de la part du leader. Étant donné les complexités de la condition humaine, la capacité d’une personne à exercer des choix peut être limitée par différents facteurs ; dans ce cas, la culpabilité peut être nulle et non avenue. L’Église dans sa sagesse reconnait cette réalité, et elle affirme dans son Catéchisme : « L’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées par l’ignorance, l’inadvertance, la violence, la
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Combat entre le “moi idéal” et le “moi réel”
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crainte, les habitudes, les affections immodérées et d’autres facteurs psychiques ou sociaux » (Catéchisme de l’Église Catholique, 1735). Les facteurs mentionnés ci-dessus peuvent parfois limiter chez le leader la liberté de prendre des décisions et de poser des actes centrés sur le Christ.
Soif excessive de pouvoir et d’influence C’est un autre gros problème aux prises duquel un leader peut se trouver. Alors que dans certaines communautés aujourd’hui, il est presque impossible de trouver des membres disposés à accepter de gouverner, certains religieux entrent en concurrence et mettent en œuvre des stratagèmes pour être élus à une position de gouvernement. Les leaders peuvent être trop préoccupés de « laisser une trace » afin d’impressionner les membres de la congrégation, ou de se faire un nom. Il peut être désastreux de trop exiger de soi-même. Les membres tendent déjà à beaucoup attendre de leurs leaders, quelquefois trop. Lorsque le leader y ajoute ce type de pression sur lui-même, c’est comme une double agonie. Il y a danger quand les pressions intérieures qu’il s’impose à lui-même déterminent les décisions et les actions d’un leader. Cela peut le conduire à se rechercher soi-même, et à poursuivre ainsi des projets et des ambitions qui l’empêchent de cultiver sa vie intérieure. Comme la vie intérieure est invisible pour les yeux, il est probable que le leader qui accorde une valeur excessive à ce qui peut être vu et admiré y consacrera peu d’énergie et d’attention.
Sources externes
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Sécularisation croissante dans la société et hostilité envers les religieux
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Ce que l’on entend dire de la sécularisation et de l’hostilité croissantes envers les prêtres et les religieux dans certaines parties du globe pourrait procurer un sens de sécurité dans d’autres parties du monde. Personne n’est réellement à l’abri de cette tendance. Par exemple récemment, dans certains pays d’Afrique, des prêtres et des séminaristes ont été attaqués et enlevés. Il semble aussi y avoir une tendance chez les jeunes à retourner à la Religion Traditionnelle Africaine, souvent par colère et méfiance des autorités ecclésiales face à l’abus de pouvoir et d’autoritarisme qu’ils perçoivent. Ces faits sont inquiétants. Les leaders doivent mener une réflexion honnête pour analyser ces réalités, leur part de responsabilité, et de quelles manières ils peuvent aborder ce problème.
Opposition de la part des membres L’interférence et la critique non constructive de frères et de sœurs, et parfois l’opposition active au leader, est une réalité. Il peut arriver aussi que se forment des factions et des groupes dans les communautés religieuses. Non seulement des factions apparaissent, mais certaines minent activement le travail du gouvernement. Ceci provient d’habitude de membres profès perpétuels qui ont un sens erroné de l’indemnisation et de l’immunité. Ils pensent qu’une fois profès perpétuels ou ordonnés, « personne ne peut les renvoyer de cette congrégation ». De telles
attitudes représentent d’énormes problèmes pour les responsables et peuvent saper l’énergie qui pourrait être investie dans d’autres dimension vitales de la vie consacrée. Pour les leaders, il y aura toujours des défis. Il est crucial de savoir les aborder. Apprendre à gérer les problèmes sans les laisser nous dépasser est une grâce qu’il faut demander dans la prière. Certains membres peuvent réellement éprouver la patience de leurs leaders ; il est utile de s’en rendre compte, afin de pas se sentir personnellement visé à chaque opposition.
Attitude de toute-puissance et obsession de devoir aider
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La formation holistique des leaders
Le service de gouvernement peut être en lui-même assez éprouvant. Les frères et les sœurs attendent toujours beaucoup de leur leader, qui peut se sentir fortement sous pression, tout en ayant peur ou en étant gêné de montrer sa vulnérabilité. Les leaders pensent donc devoir constamment s’occuper des autres, mais pas d’eux-mêmes. Ceci peut résulter en une « indépendance compulsive » qui les conduit également à « un empressement constant à aider les autres tout en refusant l’aide dont ils pourraient avoir besoin » (Steindl-Rast, 1984, p. 24). La vulnérabilité du leader peut être un encouragement pour les frères et les sœurs en difficulté, sachant que nous sommes tous dans le même bateau et que nous avons tous besoin d’aide au niveau humain, ainsi que de miséricorde divine.
Ces derniers temps, on a vu un grand nombre de consacrés, hommes et femmes, partir ou demander une dispense de vœux. Ceci a poussé le Saint Siège à lancer une réflexion sur notre vocation et notre engagement. Chaque fois qu’un membre en arrive à la décision de quitter sa communauté religieuse, c’est un moment difficile pour tous. La personne en transition et le gouvernement sont les protagonistes du processus. La démarche se fait parfois dans l’harmonie et dans un sage discernement : le poids de cet évènement si important est alors moins lourd à porter pour toutes les personnes concernées. À l’inverse, il peut y avoir de l’animosité et de la tension lorsque la décision provient du gouvernement. Le leader porte alors lourdement le blâme d’être responsable de la décision. C’est l’une des grandes épreuves des leaders, en partie parce que dans certaines sociétés, quitter la vie religieuse est encore vu comme un échec et quelque chose dont on doit avoir honte. Les leaders des religieux doivent être bien informés des démarches canoniques à effectuer dans de tels cas. Ceci peut grandement faciliter le difficile processus des dispositions à prendre pour l’individu, de la demande de dispense etc. Un bon discernement vocationnel et une solide formation peuvent aider à limiter ces situations difficiles.
La réalité de la pandémie actuelle La covid-19 mérite bien son nom de pandémie. Tous les habitants de la planète ont été touchés, d’une manière ou d’une autre, par le coronavirus. Tout comme les pays et les familles, les congrégations religieuses doivent affronter le défi que
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Lorsque des membres sortent de la Congrégation
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cela représente. Cela a été lourd de conséquences pour les leaders et les communautés religieuses. Certaines ont perdu un nombre considérable de membres. Ces décès et ces funérailles multiples, surtout pendant la première vague de la pandémie, et encore maintenant, n’ont été faciles pour personne. Cette pandémie et ses conséquences ont traumatisé de nombreux responsables de congrégations. Il ne s’agit pas seulement d’enterrer les morts, mais aussi de comprendre comment rester au mieux fidèles à leur service de gouvernement, comment traiter les questions sensibles et assurer la sécurité des membres, surtout des plus âgés et vulnérables. La question demeure : comment soigner les personnes et les mémoires, comment élaborer les séquelles de la covid-19 chez les uns et les autres ? Les religieux et religieuses doivent tout d’abord guérir, avant d’être des instruments de guérison et de réconciliation pour les autres. Les leaders ont en cela un grand rôle à jouer.
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Pacte Mondial pour l’Éducation
Commission de l’Éducation UISG-USG
La Commission de l’Éducation des deux Unions des Supérieures Générales et des Supérieurs Généraux (UISG-USG), a repris les travaux réalisés lors du Séminaire 2020 “Reconstruire le Pacte Mondial pour l’Éducation “, qui s’est tenu les 12, 13 et 14 novembre, et qui était dirigé par Miriam Subirana et Pep Buetas sur la base d’une enquête appréciative. Le document qui en résulte est le résultat d’un travail de synthèse de toutes les contributions parvenues sur les déclarations d’aspirations et les plans d’action et qui a été élaboré ultérieurement.
Commission de l’Éducation UISG-USG
PACTE MONDIAL POUR L’ÉDUCATION: ASPIRATIONS ET PLANS D’ACTION
Dans ce numéro du Bulletin nous vous proposons quelques extraits de ce document. Nous espérons que le lancement du Pacte mondial pour l’Éducation sera une impulsion qui favorisera le changement dans notre façon d’éduquer, dans notre façon de voir la personne, d’être présent dans le monde dans lequel nous vivons. Nos rêves pour l’avenir et pour une école différente dans un monde que nous voulons changer, coïncident. Rêvons ensemble en construisant ce monde plus humain pour tous!
Cheminons ensemble Nous cheminons ensemble dans la synodalité qui nous fascine et nous interpelle. Nous sommes un orchestre, dans lequel chacun de nous joue son propre instrument, personne ne se sent marginalisé et, en regardant toujours notre chef d’orchestre, nous gardons tous le meme rythme et le meme temps, en jouant les notes qui nous ont été assignées dans notre partition et en prenant soin de chaque être humain qui participe a cette mélodie. Chacun de nous fait de son mieux, se sent responsable de l’épanouissement de ses propres compétences, sachant que la contribution de chaque instrument est unique et cruciale, si nous voulons atteindre l’objectif d’une mélodie harmonieuse. Même dans notre fragilité, nous ressentons tous un sentiment d’appartenance, eprouvant ainsi un bonheur, une complétude, une force et une solidité qui nous permettent de contraster les tempêtes du temps et d’offrir aux autres la beauté de cette harmonie 2 . Continuez a être synodal ! En tant qu’éducateurs, nous voulons continuer à apprendre à marcher ou, mieux encore, à naviguer (en haute mer!) ensemble. À l’instar de Jésus, marchant sur l’eau, guidés par l’Ésprit et
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soignés par notre Père miséricordieux, nous voulons continuer à naviguer, en ce temps de marées hautes; nous nous dirigeons maintenant vers l’autre rive, où le Pacte mondial pour l’education est déjà suivi. Nous savons que, si nous voulons aller jusqu’au bout, nous devons continuer à naviguer lentement; nous sommes convaincus que la seule façon de comprendre si nous allons vraiment de l’avant est de savoir si ceux que notre societé rejette, les plus «marginalisés», vont eux aussi de l’avant avec et parmi nous. En Cheminant ensemble, nous avons vécu notre rêve : renouveler notre societé à partir de la fleur même de l’humanité, à savoir l’enfant, grâce à des outils fraternels qui mettent en jeu et transforment ce qui est vieux, en faisant fleurir un nouvel engagement éducatif. Au-delà des frontieres, nous ressentons profondément la necessité de donner et de recevoir mutuellement. Nous faisons en sorte que tout le monde s’épanouisse, en s’éduquant à la vie, en prenant soin de l’avenir de nos enfants et de nos jeunes, en formant leurs competénces, leurs éthiques et leurs esprits pour un avenir inconnu. Les générations à venir peuvent voir la bonté de Dieu à travers notre prise de responsabilité personnelle. Nous voulons montrer notre compréhension collective de ce que signifie cheminer avec les autres. Grâce a notre transparence, les autres peuvent être profondément et passionnément motivés a assumer la responsabilité de ce que chacun de nous dit et fait. Personne n’est laissé de côté, et tous sont impliqués et engagés. Nous sommes heureux parce que nous avons pu unir les nombreux et différents charismes; ainsi, nous adhérons a la communion de l’ Église, en consacrant le temps nécessaire à la création d’un dialogue partagé entre les différents agents pastoraux. À travers des alliances multiculturelles et interculturelles, nous avons construit le Royaume, en étant généreux et en recherchant toujours le bien commun. Avec joie et espoir, nous avons construit une école catholique, qui reflète son essence, sa mission et sa vision, et qui s’engage toujours en faveur d’une éducation de haute qualité qui évangélise en enseignant et enseigne en évangélisant. Et c’est par le biais de cette éducation que la communauté éducative qui se distingue par le charisme de l’école, témoigne des valeurs de Jésus à travers sa mission partagée. Nos racines sont aussi nos réseaux, qui nous soutiennent et nous poussent à aller de l’avant dans le soin de la vie.
Plans d’action -
Raviver le pacte entre l’école et les familles, les congrégations, les églises et la societe elle-même, par le biais de réseaux coopératifs et fraternels Travailler en synodalité. Encourager les alliances entre les congrégations.
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Travailler ensemble pour un projet commun. S’unir, afin de répondre de manière innovante aux besoins concrets de notre réalité. Rédiger une declaration claire de notre mission et de notre vision (en étant pleinement conscients de nos éngagements). Promouvoir de nouvelles méthodes participatives, par exemple des enquêtes d’appreciation et d’autres formes d’engagement social, qui soutiennent le lancement et l’activation du Pacte mondial pour l’éducation. Promouvoir les relations humaines auxquelles nous pouvons ajouter le préfixe “inter” par exemple, les relations interpersonnelles, intercommunautaires, interinstitutionnelles et interculturelles, afin d’unir nos forces et de nous enrichir mutuellement. Stimuler la capacité créative de la communauté éducative, à partir de ce que nous sommes (Evangile, charismes). Imbiber le projet éducatif institutionnel des idees et des inspirations du Pacte mondial pour l’éducation. Créer des espaces communs, pour partager nos rêves et nos forces et marcher ensemble. Entamer des processus d’analyse, d’écoute et de dialogue pour aider à assumer des responsabilités, enrichir nos connaissances personnelles, interagir avec les autres, en faisant preuve d’empathie et d’attention envers les autres. Développer une équipe internationale qui promeut et gère nos projets educatifs communs.
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1 . Notre objectif principal est de pouvoir interagir pacifiquement avec notre environnement, qu’il s’agisse d’animaux ou de plantes, afin de vivre dans la paix et la sérénite. Notre objectif principal est de construire des ponts avec les plus jeunes generations, car il n’y a qu’une seule Terre pour nous accueillir tous. En nouant des relations avec les autres, nous cherchons à développer notre sens de la communication, symbolisé par la nécessité d’apprendre aux enfants à aimer le chant des oiseaux. 2 . Comme le monde dans lequel nous vivons est beau! Notre communauté est convaincue de l’importance de prendre soin et de restaurer notre maison commune, où nous sommes tous aimés. Nous traitons et intégrons des processus d’écologie intégrale: nous vivons en contact avec la nature, nous pouvons nous baigner dans chaque riviére, boire l’eau de sources claires; nous pouvons manger chaque fruit, car nos maisons sont toujours ouvertes; nous sommes tous frères et soeurs; les
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En harmonie avec la nature
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voisins s’entraident et les villes sont toujours agréables, propres et au climat tempéré. Le rêve de Dieu peut se réaliser! 3 . Nous vivons dans un espace de silence partagé, ou nous nous rencontrons avec les autres, avec nous-mêmes et avec la transcendance, qui nous permet de percevoir profondément la realité par la conscience de soi et l’autorégulation émotionnelle, et de devenir des personnes sensibles qui construisent des relations saines et sont interconnectées avec notre Maison commune.
Plans d’action -
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Promouvoir le contact avec la nature, la solidarité, la contemplation et le silence. Lancer des processus d’education concernant les êtres humains et le soin de notre maison commune, en promouvant des cours d’éducation sur la vie intérieure. Lancer des cours d’éducation/formation qui permettent aux participants de decouvrir la vulnerabilité et la richesse de la diversite, au nom de la dignité de chaque être humain et vivant: a.Favoriser la conscience de soi et le sentiment d’appartenance à la Terre b. Sentir notre identité comme faisant partie d’un tout (Fraternité universelle) c. Entamer un processus de conversion dans notre vie quotidienne, au moyen d’exéeriences de Rencontre avec la Terre, la Nature et les autres. Éduquer à la capacité de ressentir de l’ admiration, de s’émerveiller, de contempler les petites chases de notre vie quotidienne et la Nature qui nous entoure. Apprendre aux enfants à aimer le chant des oiseaux. Élaborer des plans d’action inclusifs , qui permettent /’inclusion et la transformation sociales, et qui ne négligent jamais les soins de notre foyer commun. Informer et promouvoir l’étude de la lettre encyclique Laudato Si’. Éduquer les enfants et les jeunes à la gestion correcte des ressources en eau, des déchets et de l’énergie.
LA VIE À L’UISG
La Vie à L’UISG
Du bureau de la Secrétaire Exécutive En regardant au début de l’année 2022, rappelons les différentes étapes du processus de l’Assemblée de l’UISG : 1 ère partie, le 14 mars (en ligne): Approfondissement du Thème “Embrasser la vulnérabilité sur le chemin synodal” ème 2 partie, le 4 avril (en ligne): Que voyons-nous émerger, en ces jours de préparation de l’Assemblée du mois de mai ? ème partie, 2-6 mai (en présentiel/en ligne): ASSEMBLÉE ET AUDIENCE 3 AVEC LE PAPE FRANÇOIS (le 5 mai) 4 ème partie, le 11 juillet (en ligne): Les fruits que nous pouvons en tirer.
Pendant les derniers mois de 2021, les différentes commissions synodales – Spiritualité, Théologie, Méthodologie et Communication – ont été très actives. Elles préparent toutes du matériel pour le site internet du Synode dont le lien est www.synod.va. Vous y trouverez plusieurs sections importantes comme : Outils de Communication, Outils pour faciliter la consultation synodale, Feuille de route pour la phase diocésaine ainsi que le Document préparatoire, le Vademecum, le Logo et la Prière Adsumus disponibles en plusieurs langues. Les religieuses sont invitées à participer à la phase diocésaine à travers leurs paroisses et autres groupes. En outre, la Présidente de l’UISG et celui de l’USG ont lancé un simple processus de réflexion pour les Responsables de Congrégations, qui peuvent impliquer dans le processus les personnes de leur choix. Une équipe de théologiens – Gemma Simmonds CJ, José Christo Rey Garcia Paredes CMF, Orlando Torres SJ et Sr Maria Cimperman RSCJ – recueilleront les réponses et prépareront le résumé final pour les deux unions. Nous espérons que ce résumé sera utile pour la suite de la réflexion. Nous vous avons proposé de nombreux webinaires pendant cette période, sur des aspects de Droit canonique, Semer l’espérance pour la Planète – la biodiversité, le changement climatique et l’exploitation minière, et la nécessité de s’engager dans la plaidoirie. Le Bureau JPIC de USG-UISG a organisé un cours de formation pour promoteurs JPIC intitulé : Vivre Laudato Si’ et la Justice dans le monde – continuer le récit. Plus de 400 participants de tous les continents ont participé à l’atelier, qui s’est tenu en anglais, espagnol et français. Les principaux thèmes
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Nous avons l’intention de maintenir l’Assemblée en présentiel, même si le nombre des participantes est sensiblement plus bas que d’habitude à cause de la covid-19 et du nouveau variant Omicron. Ce sont des temps difficiles pour tous, et surtout pour les parties du monde qui n’ont pas accès au vaccin.
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traités étaient le cadre mondial de Justice et Paix, les bases de JPIC dans la doctrine sociale de l’Église, la spiritualité JPIC, l’action sacrée de JPIC, la présentation de Laudato Si’ et la Justice dans le monde, le cycle pastoral, les Sociétés Religieuses/ Apostoliques aux Nations Unies, les objectifs de développement durable et les objectifs Laudato Si’, la synodalité dans l’Église, la structure du Dicastère pour le service du développement humain intégral, et la rencontre et le dialogue pour construire un monde meilleur. Les nouvelles mensuelles du travail de la Commission et du Bureau JPIC USG-UISG, ainsi qu’une grande variété de matériel JPIC, sont disponibles sur le site https://jpicroma.org/ . Veuillez en informer vos promotrices JPIC. Le lancement de l’Appel à l’Action de Talitha Kum, le 25 novembre 2021, fut un évènement très important pour l’UISG. C’était la première fois que le Bureau Exécutif de l’UISG cautionnait un plan d’action et de plaidoyer aussi vaste dans un domaine d’apostolat significatif. Le plan d’action est disponible en différentes langues sur le site de Talitha Kum– https://www.talithakum.info/en/call-to-action/ . Le Cardinal Parolin, plusieurs ambassadeurs près le Saint Siège, et des représentants de différentes organisations internationales et intergouvernementales ont participé à l’évènement, avec le soutien du Global Solidarity Fund (GSF). Plusieurs intervenants ont donné des présentations et partagé leurs réflexions : · ·
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Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican Maria Grazia Giammarinaro, ex rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la traite des êtres humains, Dr Azza Karam de Religions for Peace International Pietro Sebastiani, Ambassadeur d’Italie près le Saint Siège Laurence Hart de International Organization on Migration (IOM) Sr Angela Reed, Directrice de Mercy International Srs Jolanta Kafka et Patricia Murray de l’UISG
Les membres du comité international de Talitha Kum ont présenté l’Appel à l’Action. Sr Abby Avellino, Sr Carmen Ugarte Garcia, Sr Gabriella Bottani, Sr Maria Luisi Puglisi et Sr Yvonne Bambara ont également partagé leurs expériences en Afrique, Asie, Europe et Amérique Latine, où les crises économiques, les guerres et la migration aggravent l’exploitation des plus vulnérables, surtout des femmes et des jeunes filles. Parmi les participants se trouvaient notamment Paolo Ruffini, Préfet du Dicastère du Vatican pour la Communication ; Francesca di Giovanni, sous-secrétaire de la Section pour les relations avec les États, chargée du secteur multilatéral, pour la Secrétairerie d’État du Vatican ; les ambassadeurs et délégués de 10 ambassades près le Saint-Siège (Australie, Canada, Colombie, République Tchèque, Irlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Royaume-Uni); les représentants de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et de l’Institut interrégional de recherche des Nations unies sur la criminalité et la justice (UNICRI) et Maria Lia Zervino, Présidente de l’Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques (UMOFC).
La Vie à L’UISG
L’expression Talitha Kum définit l’identité et la mission du réseau mondial qui regroupe plus de 3000 religieuses catholiques, partenaires et amis. Établi officiellement en 2009 comme initiative internationale contre la traite et l’exploitation des êtres humains, Talitha Kum est organisée en 60 réseaux locaux dans près de 90 pays, et soutient activement les victimes, les survivants et les personnes à risque. Chaque réseau Talitha Kum garde sa propre identité et œuvre dans le cadre de son propre pays ou dans sa région, et le Comité international de Coordination à l’Union Internationale des Supérieures Générales (UISG) soutient le renforcement des capacités et la formation des réseaux et des membres, et facilite le partage des informations, des ressources et des expériences. Nous invitons les sœurs du monde entier à indiquer leur réseau local et à collaborer ensemble pour faire connaitre et faire vivre le Plan d’Action de Talitha Kum.
Nouvelles XXII ème Plénière de l’UISG 2022 L’Assemblée Plénière de l’UISG est l’un des évènements les plus importants de la vie de l’Union et elle est réservée exclusivement à ses membres, les Supérieures Générales des Congrégations religieuses de Vie Apostolique.
Première phase : 2 rencontres en ligne le 14 mars et le 4 avril 2022 Deuxième phase : en ligne et en présentiel Rencontre à ROME à l’Ergife Palace Hotel : 2-6 mai 2022 Phase finale : Rencontre en ligne le 11 juillet 2022 Voici comment Sr Jolanta Kafka, Présidente de l’UISG, explique le thème choisi pour ce premier parcours d’assemblée de l’UISG : EMBRASSER : tendresse et accueil de notre réalité et du monde tel qu’il est ; être proches des blessures de l’humanité VULNERABILITÉ : comme vie religieuse nous partageons notre vulnérabilité qui nous rend fragiles tout comme nos sœurs et nos frères. CHEMIN : nous sommes toutes et tous impliqués, chacun avec ses possibilités et sa parole.
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Pour la première fois nous avons imaginé un PROCESSUS DE L’ASSEMBLÉE 2022 intitulé EMBRASSER LA VULNÉRABILITÉ SUR LE CHEMIN SYNODAL, qui prévoit trois phases réservées aux Supérieures Générales :
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La Vie à L’UISG
SYNODAL : un style et un horizon qui se fait vision, une pédagogie qui fait de nous une communauté ecclésiale, incluant aussi les personnes les plus lointaines. Nous demandons à toutes les sœurs d’accompagner ce processus de leur prière Informations : www.uisg.org
Plateforme Laudato Si’ Prendre soin de nos frères et sœurs signifie prendre soin de la maison que nous partageons. Cette responsabilité est « une part essentielle d’une existence vertueuse » (LS 217) La Plateforme d’Initiatives Laudato Si’ du Dicastère pour la Promotion du Développement Humain Intégral est un espace permettant aux institutions, aux communautés et aux familles d’apprendre et de grandir ensemble, alors que nous progressons vers une durabilité totale dans l’esprit holistique de l’écologie intégrale. La plateforme propose des initiatives et des ressources pour 7 années de parcours sur les thèmes suivants : Réponse à la clameur de la Terre ; Réponse à la clameur des pauvres ; Économie écologique ; Adoption de modes de vie durables ; Éducation écologique : Spiritualité écologie spirituelle et Engagement communautaire et action participative. Pour davantage d’informations, veuillez visiter https://plate-formedactionlaudatosi.org/ ou contacter Sr Sheila Kinsey, la coordinatrice de la Campagne Semer l’Espoir pour la Planète : info@sowinghopefortheplanet.org
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Pour une Église synodale : communion participation mission
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Le parcours synodal a été officiellement ouvert en octobre 2021 avec le lancement de la première phase : la phase diocésaine. L’UISG aussi s’est engagée dans ce processus. En particulier elle se joindra au Réseau Mondial de Prière du Pape, pour promouvoir une expérience de prière mondiale qui accompagnera tout le cheminement du Synode, intitulée « L’Église en chemin. Priez pour une Église synodale » : elle sera lancée le 13 octobre 2021 avec l’ouverture d’un site internet prayforthesynod.va, où l’on pourra publier des prières sous forme de textes, d’images, de poésies. « Pour ”marcher ensemble” à l’écoute de l’Esprit Saint nous avons besoin de prier. Il n’y a pas de chemin synodal sans prière personnelle et communautaire. La prière dispose notre cœur à écouter les autres et nous aide à discerner l’action de l’Esprit saint dans le monde. » C’est par ces mots que s’ouvre le site de Prière pour le Synode. Pour télécharger le document préparatoire et le vademecum, veuillez visiter le site officiel du Synode 2023 : www.synod.va
La Vie à L’UISG
Chapitres généraux 2022 Votre Chapitre Général sera célébré en 2022 ? Nous vous demandons de nous envoyer vos informations, afin de pouvoir les partager avec nos membres et vous accompagner par la prière. Merci d’utiliser ce lien pour nous envoyer vos informations, qui ne seront acceptées qu’à travers ce moyen : https://bit.ly/3kT7PYT
Webinaires UISG 2020-2021
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Un webinaire vous a échappé ? Vous n’avez pas pu participer ? Vous souhaitez organiser une rencontre de formation avec votre communauté sur la vie religieuse, l’interculturalité, l’écologie intégrale ? Vous pouvez choisir le webinaire qui vous intéresse parmi la liste de thématiques disponibles à partir du lien www.youtube.com/c/UISGRome/playlists
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ST AFF STAFF SECRETARIAT
Sr. Patricia Murray, ibvm Secrétaire Exécutive Rosalia Armillotta Assistante Secrétaire Exécutive
FINANCES
Aileen Montojo Administratrice des Finances Sr. Sunitha Luscious, zsc Assistante Administratrice des Finances Patrizia Balzerani Secrétaire Membership
COMMUNICATION
segretaria.esecutiva@uisg.org 0668.400.236 ufficio.segreteria@uisg.org 0668.400.238
Patrizia Morgante comunicazione@uisg.org Responsable Communication 0668.400.234 Sr. Thérèse Raad, sdc assistente.comunicazione@uisg.org Bureau de Communication (Volontaire) 0668.400.233 bollettino@uisg.org 0668.400.230
Bianca Pandolfi UISG Information Office Svetlana Antonova Assistante Technique des Services Generaux Riccardo Desai Assistant technique pour les ordinateurs et la technologie en ligne
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PROJETS
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economato@uisg.org 0668.400.212
assistente.economato@uisg.org 0668.400.249
Antonietta Rauti Coordinatrice Bulletin UISG SERVICES
UISG
info@uisg.org assis.tec@uisg.org 0668.400.250 tecnico@uisg.org 0668.400.213
Sr. Florence de la Villeon, rscj rete.migranti@uisg.org Coordinatrice Internationale Projet Migrants 0668.400.231 Sr. Gabriella Bottani, smc coordinator@talithakum.info Coordinatrice Talitha Kum 0668.400.235 Sr. Mayra Cuellar, mb Talitha Kum Database Sr. Mary Niluka Perera, sgs ccc@uisg.org Catholic Care for Children International 0668.400.225 Claudia Giampietro safeguarding@uisg.org Office for Care and Protection 0668.400.225 Sr. M. Cynthia Reyes, sra UISG Programme Formation Paula Jordão Formation Coordinator Giulia Oliveri Grant Manager Canon Law Council
formators.programme@uisg.org 0668.400.227 formation@uisg.org 0668.400.245 gm@uisg.org 0668.400.229 canoniste@uisg.org
0668.400.223