Preséntation
TÉMOIGNAGES DE VIE CONSACRÉE À LA LUMIÈRE DE “FRATELLI TUTTI”
BULLETIN UISG
NUMÉRO 175, 2021
PRESÉNTATION
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FORMATION À LA VIE RELIGIEUSE. CONSTRUIRE SUR L’ESSENTIEL
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Sr. Michelle de Silva, SMSM LES DÉFIS ACTUELS DE LA COMMUNAUTÉ ECCLÉSIALE À LA LUMIÈRE DE “FRATELLI TUTTI”
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P. Fabio Baggio, C.S. NOUS SOMMES “FRATELLI TUTTI”. LETTRE DE LA COMMUNAUTÉ UISG DE LAMPEDUSA
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Sr. Maria Ausilia, Sr. Franca, Sr. Paola LE DIALOGUE EN TEMPS DE VIOLENCE: UNE LECTURE DE LA FRATERNITÉ HUMAINE PARMI LES GENS
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TÉMOIGNAGE DE VIE À LA LUMIÈRE DE LA VISITE DU PAPE FRANÇOIS EN IRAK
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Sr. Hayat elkass Mussa L’INSPIRATION DE SAINT FRANÇOIS DANS L’ENCYCLIQUE “FRATELLI TUTTI”
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Sr. Sheila Kinsey, FCJM PACTE MONDIAL POUR L’ÉDUCATION: ASPIRATIONS ET PLANS D’ACTION
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Commission de l’Éducation UISG-USG LA VIE À L’UISG
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STAFF UISG
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UISG - Bulletin Numéro 175, 2021
P. Christophe Roucou
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Preséntation
PRESÉNTATION
Témoignages de Vie Consacrée à la lumière de “Fratelli Tutti” Le contenu de ce numéro du Bulletin est déjà bien décrit dans le titre. Nous vous proposons des témoignages de vie consacrée, à la lumière de l’Encyclique “Fratelli Tutti”. Ce sont des exemples lumineux de fraternité et de sororité vécus sous des formes et dans des lieux différents selon les contextes et les situations, mais qui ont en commun l’unique désir de construire un monde plus juste, plus respectueux de la dignité de chacun, où il soit possible de vivre comme frères et sœurs.
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Sr. Michelle de Silva, SMSM Formation à la vie religieuse – Construire sur l’Essentiel Le temps n’est plus où nous pensions être nécessairement responsables des groupes et initiateurs des projets : notre tâche aujourd’hui est d’être comme Jésus sur le chemin d’Emmaüs. Nous devons être formés à accompagner les questions complexes de la vie, partager nos expériences de vie, rester et rompre le pain avec les gens et disparaitre afin que ce soit Jésus qui reste.
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P. Fabio Baggio C.S. Les défis actuels de la communauté ecclésiale à la lumière de “Fratelli tutti“ La rencontre avec l’autre constitue une dimension essentielle de l’existence humaine; la qualité des relations humaines détermine le processus de croissance et la possibilité pour toute personne de parvenir au bonheur. « Les autres sont constitutivement nécessaires pour la construction d’une vie épanouie » (FT, 150). Un être humain – ajoute le Saint-Père - « ne peut parvenir à reconnaître à fond sa propre vérité si ce n’est dans la rencontre avec les autres » (FT, 87). Sr. Maria Ausilia, Sr. Franca, Sr. Paola Nous sommes “fratelli tutti”. Lettre de la Communauté UISG de Lampedusa «Nous sommes ici à la place de la famille et des amis de ces personnes qui ont péri en mer, nous sommes ici à la place de tous ceux qui ont le droit de demander justice pour une mort absurde, nous sommes ici pour dénoncer le manque d’humanité des lois et de la politique qui condamnent à mort des êtres humains…» Ainsi s’exprimait un membre du Forum lors des funérailles de Yussuf, qui n’avait que six mois lorsque l’embarcation s’est renversée, et que sa jeune maman n’a pas réussi à retenir dans ses bras.
Preséntation
P. Christophe Roucou Le dialogue en temps de violence : une lecture de la Fraternité Humaine parmi les gens Parmi les obstacles au dialogue chez les musulmans comme chez les chrétiens, il peut y avoir le regard sur l’autre proposé ou, parfois, imposé sur l’autre différent de moi par la culture, les origines ou la religion. L’adage « hors de l’Eglise point de salut » a conduit à ignorer l’autre voire à le convertir à tout prix pour qu’il puisse être sauvé. Quelles théologies du salut et de l’Eglise sont aujourd’hui proposées, enseignées, diffusées ? Chez les chrétiens et chez les musulmans. Sr. Hayat elkass Mussa Témoignage de vie à la lumière de la visite du Pape François en Irak, en particulier à Qaraqosh J’ai senti que l’Esprit du Seigneur soufflait une fois de plus sur mon people souffrant et déchiré pour l’emplir d’un nouvel esprit, l’Esprit de Paix, de solidarité et de vraie citoyenneté. Et j’ai vu son écharpe blanche comme une colombe enveloppant l’Irak de la plénitude de sa présence pacifiante et rassurante; et la bénédiction paternelle qu’il a donnée à notre peuple fut comme une onction avec laquelle il guérit nos douleurs et nos blessures.
Commission de l’Éducation UISG-USG Pacte Mondial pour l’Éducation: aspirations et plans d’action Nous avons vécu la grande prophétie du Pacte mondial pour l’éducation, inspiré par l’amour et la fraternité universels, qui place l’homme au centre de son action. Nous collaborons au sein d’un RÉSEAU, avec des compétences de délibération et des dons qui nous mènent sur notre chemin commun. Nous visons à donner du pouvoir aux gens, en reconnaissant et en valorisant “leur voix”; cette voix est unique et plurielle, toujours ouverte à la diversité qui enrichit l’expérience spirituelle et humaine.
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Sr. Sheila Kinsey, FCJM L’inspiration de Saint François dans l’Encyclique “Fratelli Tutti” Nous sommes invités à tendre la main avec passion, dans la rencontre et le dialogue. Nous devons ouvrir nos cœurs aux isolés et les accueillir comme appartenant à notre maison commune, tout comme saint François embrassa le lépreux (2 Cel 9) et se rendit compte après coup qu’il avait embrassé le visage du Christ. Ce ne fut pas juste un évènement, mais un processus qui lui apprit comment accompagner, assister et soutenir les membres les plus fragiles et les plus faibles (FT 64).
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Sr. Michelle de Silva, SMSM
Formation à la vie religieuse
FORMATION À LA VIE RELIGIEUSE. CONSTRUIRE SUR L’ESSENTIEL
Sr. Michelle de Silva, SMSM Sr Michelle de Silva est Sœur Marianiste de la Société de Marie. Originaire de Tobago, elle a été Formatrice au Pérou et en Colombie à partir de 2007 et a été nommée maitresse des novices de sa congrégation à Boston.
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Original en anglais
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On remarque depuis Vatican II beaucoup de consternation et de conjectures autour de la vie religieuse. Les discussions tournent autour de son identité dans l’Église et dans le monde ; et les opinions avancées pour refonder, réformer et renouveler sont aussi nombreuses que les familles charismatiques qui présentent cette forme de vie. Mais si, comme l’a dit un sage, la seule constante de la vie est le changement, pourquoi avoir peur ? Nous nous trouvons actuellement dans un contexte de pandémie qui a créé un bouleversement sismique dans notre quotidien, et la vie religieuse est à nouveau appelée à se situer dans ce nouveau paysage. Je suis convaincue que la formation – initiale et permanente – à la vie religieuse doit se concentrer sur les fondamentaux immuables de cette forme de vie. La formation doit porter sur l’ordinaire de cette forme de vie en cela même qu’elle a d’extraordinaire : le fondement de la vie religieuse est de grandir dans l’intimité avec Dieu à travers l’approfondissement de notre engagement baptismal ; la profession publique des vœux témoigne de cette relation ; et cette intimité avec Dieu nous fait voir le monde différemment et nous pousse à une participation active à la mission salvifique de Jésus, afin que personne ne se perde. 1
Une vie ordinaire qui est extraordinaire On trouve souvent dans les ouvrages traitant de la vie religieuse les mots « prophétique » et « radicale » pour décrire cette forme de vie, et le Pape JeanPaul II l’a qualifiée de « don pour l’Église et pour le monde ». On a beaucoup discuté pour déterminer ce qui rend extraordinaire cette forme de vie: dans les années précédant Vatican II elle était vue comme un chemin supérieur vers la
sainteté, une classe subordonnée au clergé mais supérieure à l’état laïc, mais cette distinction a été éliminée par la déclaration des Pères du Concile selon laquelle tous les êtres humains sont appelés à la sainteté. Les conséquences ont été l’abandon de certains apostolats traditionnels et du port de l’habit religieux distinctif, mais la plus évidente a été le grand nombre de sorties et le petit nombre d’entrées. Aujourd’hui, alors que certains essaient de récupérer l’« extraordinaire » de la vie religieuse, le véritable défi est peut-être de nous réapproprier l’ordinaire de cette vie qui est née au sein des communautés chrétiennes primitives en la personne des vierges consacrées. Ces femmes vivaient des vies très ordinaires dans leurs quartiers et leurs villes mais elles étaient vues comme extraordinaires parce qu’elles témoignaient d’une réponse inconditionnelle à l’appel de Dieu à la sainteté et d’une relation qui transformait leur manière de vivre et ce qu’elles faisaient.
Sr. Michelle de Silva, SMSM
Formation à la vie religieuse
Pour examiner nos programmes de formation à tous les niveaux, nous pouvons nous laisser guider par la suggestion du P. John Markey selon laquelle notre christologie se reflète dans ce que nous croyons et dans ce que nous faisons au nom de Jésus. À partir de personnages fictifs nommés Superman et Belle 5, il nous invite à considérer que nous nous créons fort souvent notre propre image du Christ pour l’adapter à notre ressemblance. Il y a pour les fidèles de nombreuses manières différentes de réagir à cette pandémie, mais deux d’entre elles peuvent en particulier éclairer le point ci-dessus. Pour certains, Jésus est « Superman » considéré comme force, thaumaturge, et comme celui qui fait disparaitre tous nos problèmes sans que nous ayons à lever le petit doigt. Quand les décrets de distanciation sociale ont commencé à être émis par les gouverneurs pour freiner la diffusion de la covid-19, le pasteur chrétien Tony Spell – pour ne citer que lui – a continué à défier les instructions sanitaires en Louisiane. Il était convaincu que
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Les récits des appels dans les Écritures donnent les grandes lignes du discernement vocationnel. Les patriarches, les prophètes, et même les disciples – hommes et femmes – choisis par Jésus entendent cet appel, qui vient de Dieu. Ils y répondent en entrant en relation avec Dieu ; mais à la différence de ce qui se passe pour d’autres adeptes, cette relation s’empare de toute la vie de la personne, la déracinant de son statut quo dans la société, la faisant apparaitre étrangère à ses pairs. Les mots du Prophète Jérémie, “Seigneur tu m’a séduit et je me suis laissé séduire” 2 sont le cœur de la vocation à la vie religieuse. Il s’agit d’une indéniable séduction spirituelle par laquelle Dieu invite certains d’entre nous à vivre à la suite du Christ comme des « eunuques pour le Royaume » 3. Alors que nous savons peu de choses sur les vierges de l’Église primitive, excepté les vies de martyrs comme sainte Cécile et sainte Lucie, la radicalité de leur choix a été de faire le sacrifice des protections assurées par le mariage et les enfants dans leurs sociétés patriarcales. Des femmes comme elles ont donné un témoignage prophétique car elles croyaient en la résurrection des morts, où le mariage n’aurait plus lieu d’être car tous seraient comme des anges 4, et cela leur donnait le courage d’embrasser la mort pour leur foi. Le fondement de la formation à la vie religieuse doit donc commencer par : Qui est Jésus Christ pour nous ? Est-ce Lui que nous suivons, ou bien une caricature que nous nous sommes créée ?
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Sr. Michelle de Silva, SMSM
Formation à la vie religieuse
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si un membre de son église contractait le virus, Jésus le guérirait 6. Le Superman Jésus est surnaturel, non sujet aux éléments ou aux limites de la condition humaine, c’est le Jésus qui est assis à la droite de Dieu dans la puissance et il nous sauvera même de nous-mêmes. Cette manière de penser est endémique non seulement parmi les Protestants mais aussi chez les Catholiques romains. Ce Jésus tout-puissant était manifeste dans la manière dont notre Église menait la mission ad gentes. Dans le passé, les missionnaires, provenant pour la plupart du premier-monde, allaient vers les nations du Sud du monde, souvent dans le sillage des colons. Jouissant d’un statut privilégié en vertu de leur nationalité et de leur race, ils donnaient l’image d’un Jésus qui résolvait les problèmes de développement des nations, montrant peu d’intérêt envers les traditions et les cultures des peuples. Le « Superman » Jésus n’avait besoin de personne, et les Missionnaires du premier-monde, ayant accès à un soutien financier et politique apparemment « inépuisable », étaient en mesure de dicter aux peuples et aux gouvernants locaux non seulement ce qui devait être fait, mais comment le faire. Les indigènes qui rejoignaient leurs rangs devaient adopter leur style de vie, même avec les plus simples des maisons, construites selon les goûts du premier-monde. Le Christ que l’on rencontrait était donc un Christ de puissance, une puissance exprimée en termes d’accès à l’éducation supérieure, de ressources financières et de mobilité sociale vers le haut de l’échelle – un Christ très différent du pauvre homme-Dieu de Nazareth. Le P. Markey oppose l’extraterrestre tout-puissant à une paysanne, la Belle du film « la Belle et la Bête », peut-être la figure du Christ la plus proche des fondateurs et fondatrices de la plupart des congrégations religieuses. Belle vit une vie ordinaire dans son village mais elle est extraordinaire par sa manière de vivre cette vie. Elle a des goûts simples et se préoccupe du bien-être des autres, mais elle est manifestement incomprise de ses voisins, parce qu’elle ne fait pas comme tout le monde. À cause de l’imprudence de son père, elle se trouve entourée de malveillance, mais elle transforme la situation en opposant l’amour à la haine et à l’hostilité. N’illustre-t-elle pas pour nous les sentiments du Christ auxquels sont appelés les disciples – s’engager dans le monde en se vidant de soi-même 7 ? Jésus Christ entre pleinement dans la réalité humaine non pas comme un passant qui résout les problèmes, mais comme un compagnon de route. En dressant sa tente parmi les habitants de Nazareth 8 , il a partagé le lot des anawim d’Israël non pas à une distance respectueuse mais au cœur même de leurs vies. Contrairement au Pasteur Spell, le Pape François a non seulement adopté les mesures sanitaires mais il l’a fait parce que Jésus nous accompagne dans la tempête. En choisissant lors de sa bénédiction Ubi et Orbi la péricope de l’Évangile de Marc décrivant les disciples sur la mer déchainée tandis que Jésus dort à la poupe, le Pape nous a apporté du réconfort tout en nous appelant à la conversion, en nous exhortant à abandonner les choix socio-politiques qui détruisent l’environnement naturel et l’humanité. 9 Provenant pour la plupart du Tiers Monde qui a peu de pouvoir économique
Dans les Constitutions SMSM, la formation est décrite comme un cheminement de foi où nous confrontons nos vies avec l’Évangile, un appel à la conversion continuelle qui nous aide à être « joyeusement données à Dieu pour le Royaume dans l’esprit de Marie » 11 . Les formatrices et nos communautés locales sont chargées d’encadrer les sœurs en formation et nous ne pouvons leur offrir que ce que nous vivons, pas ce que nous disons. Une certaine discipline et certains sacrifices sont nécessaires pour croitre dans une relation d’amour intime avec Dieu, ce qui implique de trouver un équilibre approprié entre la prière et le travail. Nous ne pouvons devenir semblables au Christ qu’en prenant du temps pour entrer en dialogue avec le Maitre, nous asseoir à ses pieds comme Marie en silence et dans la solitude afin que ses valeurs deviennent les nôtres. Jose Rodriguez Carballo va dans le même sens lorsqu’il appelle les communautés à devenir des écoles de prière et de partage de foi, pour nous permettre de rester vulnérables devant Dieu et entre nous dans notre cheminement ensemble vers la plénitude du Royaume 12 . De plus, il faut être très attentifs à la manière dont les médias, électroniques et sur papier, influencent nos choix. Un activisme exagéré conduit certains à se « détendre » devant la télévision, internet et maintenant avec les réseaux sociaux. Ceci nous amène de façon subtile au consumérisme, à l’individualisme et peut nous rendre sourds aux vérités qui nous dérangent. 13
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et politique à l’échelle mondiale, les personnes qui entrent aujourd’hui dans la vie religieuse nous permettent de retrouver l’homme-Dieu de Galilée exalté par le Père pour son humilité. Cela signifie-t-il quelque chose pour une personne dont l’expérience de la vie religieuse est une expérience de racisme et de discrimination de classes? Comment ajuster la perception et dans certains cas l’attente de mobilité sociale vers le haut de l’échelle par certains aspirants et leurs familles ? Dès le premier contact, il faut faire preuve de transparence avec les candidats, sur les systèmes de valeurs dans lesquels cette vie est enracinée : celle de la kénose et non de l’acquisition – et cela nous interpelle, nous qui vivons déjà cette vie, à nous examiner nous-mêmes. Sur quels systèmes de valeurs avons-nous construit nos propres vies ? Dans sa conférence à la CONFER à l’occasion de son 50ème anniversaire, Simon Pedro Arnold OSB comparait nos styles de vie avec ceux de nos ancêtres spirituels. En évoquant les Pères et les Mères du Désert, Arnold fit remarquer que leur choix du désert était une séparation prophétique, une rupture par rapport à la chrétienté et à ses systèmes sociaux injustes, et une protestation contre la complicité de l’Église du temps. Il ajouta que dans la période post Vatican II nous nous sommes attachés au monde, ce qui était juste parce que nous sommes appelés à être dans le monde, mais non du monde, mais que par là-même ce fut le monde qui devint notre point de référence, et non plus le Christ. Bien que nos activités apostoliques extérieures et notre option pour les pauvres soient dignes d’éloges, nous avons absorbé en interne beaucoup des valeurs culturelles du monde. Il nous a demandé : « Quelle différence y a-t-il entre les valeurs que nous vivons et celles du monde ? » 10
Sr. Michelle de Silva, SMSM
Formation à la vie religieuse
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Sr. Michelle de Silva, SMSM
Formation à la vie religieuse
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Afin qu’aucun ne se perde14 Par sa profession publique des vœux religieux, la personne répond concrètement à Dieu qui l’invite à entrer en relation avec Lui et à participer à la mission salvifique de Jésus ; cette profession, déjà extraordinaire en elle-même, implique des devoirs dont l’Église et la société nous considèrent responsables. Les vœux doivent être assimilés par ceux qui les professent ; et puisque la foi est vécue et comprise dans le contexte d’une culture, il faut être attentif à l’influence de cette culture sur la manière de comprendre et de vivre la chasteté, l’obéissance et la pauvreté, parce qu’on ne peut pas transiger avec la nature sacrificielle de la vie religieuse. La pandémie actuelle a révélé les inégalités sociales cachées surtout dans le Premier Monde, ce qui remet en question la position sociale des religieux. Au cours de cette pandémie j’ai éprouvé « l’inconsolabilité consciente » 15 en apprenant les nouvelles de licenciements, de faim et de maladie depuis ma confortable maison de banlieue avec son garde-manger bien garni et assez d’espace pour rendre possible la distanciation sociale, et j’ai compris comme jamais auparavant que ma congrégation et moi sommes sans le vouloir complices de ce cycle d’injustice. La vie commune nous permet certains conforts mais est-il normal que les religieux appartiennent à la classe moyenne de la société ? Qu’attendent de nous l’Église et la société ? Dans sa présentation aux religieux de la CONFER, Arnold a comparé notre approche du service apostolique à celle de « pompiers » courant dans tous les sens pour éteindre les incendies des maux de la société. Sa critique cependant était que nous ne cherchons guère à identifier ceux qui allument ces incendies et à nous y opposer. Il ajouta qu’il est impossible de résoudre tous les problèmes, qui se révèlent toujours plus complexes ; notre découragement et notre frustration croissants se manifestent alors par des comportements dysfonctionnels dans nos vies personnelles et nos communautés. Comme le P. Markey pour qui Jésus entre dans la réalité brisée et catalyse la transformation, Arnold a invité son public à prendre part au drame de la vie en entrant dans le feu. Il utilisa l’analogie du balcon pour décrire une manière « autoréférentielle » de servir ; et l’invitation d’Arnold aux religieux aujourd’hui est d’embrasser l’ambiguïté du monde en ne répondant pas aux questions, mais en les accompagnant. Comme nous le savons, notre activité apostolique est une réponse qui nait du temps que nous donnons à la contemplation et à la prière pour que les manières de faire de Jésus deviennent les nôtres. Dans les Évangiles, Jésus ne se présente pas comme n’ayant besoin de personne : soit il utilise ce que les gens ont déjà (cinq pains et deux poissons), soit il les appelle à être protagonistes de leur propre transformation (« prend ton grabat, et marche »). La diminution continue du nombre de leurs membres actifs et des ressources financières pour leurs projets feront que les religieux s’appuieront toujours davantage sur leurs partenaires laïcs et sur les personnes qu’ils servent. Le rôle des religieuses, depuis le temps des vierges consacrées, est de construire un monde différent, animées par l’exemple du Christ Ressuscité qui se rend présent dans l’ordinaire de la vie. Selon Arnold, les religieux sont invités aujourd’hui
à être des écoles de discipulat en devenant, comme les Pères et les Mères du Désert, des guides qui partagent leur expérience. Il a appelé de ses vœux un « retour en Galilée » – à la spontanéité et à la vulnérabilité de nos débuts, « à se mettre en route vers Jérusalem » – exposer la blessure du monde pour qu’elle soit guérie par l’espérance et l’amour chrétiens, et à « aller à Rome » – en entrant en relation avec le monde non chrétien, en embrassant l’interculturalité et en présentant la vérité de la foi à ceux qui l’entendent pour la première fois, certains d’entre eux pouvant être déjà baptisés. Tout comme pour nos membres fondateurs, notre vie religieuse consiste en une présence, plutôt que dans des projets. Le fait d’être classés parmi les travailleurs non-essentiels a donné à ma communauté du temps pour la prière et l’étude des Écritures. Avec la multiplication des activités religieuses télévisées et en streaming, nous nous sommes interrogées sur notre dépendance et notre complaisance par rapport aux médias électroniques. Mais, ce qui est plus important, nous avons commencé à avoir des discussions animées sur notre manière de vivre ensemble et sur notre influence dans la société : où sommes-nous appelées aujourd’hui ? La mission donnée par le Père à Jésus est qu’« aucun ne se perde » et nous devons discerner comment nous mettre au service de ceux qui se trouvent dans les incendies ainsi que de ceux qui allument les feux. Dans nos programmes de formation nous devons prêter une attention particulière à l’enseignement social de l’Église et à « créer des liens » 16 en collaborant avec des organisations sociales et culturelles qui travaillent pour le bien commun, au-delà du cadre de nos paroisses de banlieue. Le temps n’est plus où nous pensions être nécessairement responsables des groupes et initiateurs des projets : notre tâche aujourd’hui est d’être comme Jésus sur le chemin d’Emmaüs. Nous devons être formés à accompagner les questions complexes de la vie, partager nos expériences de vie, rester et rompre le pain avec les gens et disparaitre afin que ce soit Jésus qui reste.
Sr. Michelle de Silva, SMSM
Formation à la vie religieuse
La rencontre, rapportée par Luc, entre Philippe et l’eunuque éthiopien sur la route déserte 17, nous aide à saisir le rôle des formateurs pour que soit mieux comprise la vie dite religieuse. Tout d’abord, Dieu appelle et envoie Philippe dans le désert, par l’intermédiaire de son ange. Il est important pour ceux qui sont appelés à être formateurs de reconnaitre qu’ils sont appelés et envoyés par Dieu. Parce que la vie religieuse vise à une relation avec Dieu, sur laquelle repose ensuite l’appartenance à une congrégation, les formateurs doivent cultiver en eux-mêmes une vie de prière et d’étude. La question « Qui dites-vous que je suis ?» reste nécessaire pour guider leurs propres vies, parce que c’est Jésus et non eux-mêmes qu’ils doivent proclamer. Deuxièmement, ils sont appelés à “entrer dans le désert”, ce territoire inexploré qui malgré les dangers est une terre sacrée parce que l’on y peut rencontrer Dieu. Dans l’accompagnement, les formateurs doivent entrer avec précaution dans la terre sacrée que sont la vie et le cœur des personnes en formation. Où est Dieu ? L’accompagnement est un espace sacré et le formateur
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Le rôle des Formateurs - Philippe
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Sr. Michelle de Silva, SMSM
Formation à la vie religieuse
doit créer un climat de confiance afin d’être accueilli dans le mystère d’une autre personne. Ce n’est pas un droit mais un privilège dans le processus de formation. Troisièmement, le formateur doit être ouvert à la personne là où elle se situe sur son chemin de foi et non pas là où il croit qu’elle devrait être arrivée. Plutôt que des professeurs, les formateurs sont appelés à être des guides qui aident les membres en formation à prendre conscience de la présence et de l’action de Jésus dans leur vie. Les encourager à utiliser les Écritures et les Constitutions de leur Institut comme règle de vie plutôt que les personnes, qui décevront toujours. Enfin, les formateurs doivent savoir quand « disparaitre » : il y a un moment où leur rôle prend fin, mais ils doivent alors être heureux d’avoir aidé leurs frères ou leurs sœurs à développer un mode de vie qui les rendra attentifs à la voix de Dieu pour devenir eux-mêmes des guides pour les autres.
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Cf. Jn 6, 39 Jr 20, 7 Mt 19, 12 Mt 22, 30 Protagonistes de La Belle et la Bête https://www.nbcnews.com/news/us-news/louisiana-pastor-charged-defying-coronavirus-orderagainst-large-gatherings-n1173246 Accès le 27 avril 2020 c f. Ph 2, 5ss. cf. Jn 1, 14 https://www.vaticannews.va/en/pope/news/2020-03/urbi-et-orbi-pope-coronavirus-prayerblessing.html Accès le 27 avril 2020 Conferencia de Religiosas y Religiosos del Peru- CONFER https://www.youtube.com/ watch?v=cOKflbkGmHY Accès le 27 avril 2020 Constitutions SMSM Articles 192-194 Rodriguez Carballo, Jose, “Formation for Consecrated Life in a Period of Change.” Forming for a Prophetic Way of life in an In-between time, 2007 Jn 6, 39 Expression créée par Dorothee Soelle citée dans “Forming for a Prophetic Way of life in an Inbetween time,” 2007. 15th National Congress 2007, “Forming for a Prophetic Way of Life in an In-Between Time. cf. Ac 8, 26-39
LA LA
P. Fabio Baggio, C.S.
P. Fabio Baggio, C.S.
Les défis actuels de la communauté ecclésiale
LES DÉFIS ACTUELS DE COMMUNAUTÉ ECCLÉSIALE À LUMIÈRE DE “FRATELLI TUTTI”
Le p. Fabio Baggio est un prêtre missionnaire de la Congrégation des scalabriniens. Il a obtenu un Baccalauréat en Théologie et une Licence en Histoire de l’Église à l’Université Pontificale Grégorienne. Au cours de ses premières années de mission, le p. Baggio a été conseiller pour les migrations de la Conférence épiscopale chilienne et Directeur du Département des Migrations de l’archidiocèse de Buenos Aires. Il a enseigné dans plusieurs universités en Europe, en Amérique latine et en Asie. De 2002 à 2010, il a été Directeur du Scalabrini Migration Center (SMC) à Quezon City (Philippines) et responsable du « Asian and Pacific Migration Journal ». En 2010, il a été nommé Directeur du Scalabrini International Migration Institute (SIMI), incorporé à l’Université Pontifical Urbanienne de Rome. Depuis le 1er janvier 2017, il est Sous-Secrétaire de la Section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour la Promotion du Développement Humain Intégral. (www.migrants-refugees.va).
Original en Italien
Le Saint-Père se réfère aux rêves d’unité qui se sont dramatiquement brisés, à l’absence coupable d’un projet pour tous les êtres humains, à l’absence évidente d’une voie commune dans les processus de mondialisation et de développement, à la violation systématique des droits de l’homme aux frontières et aux nouvelles formes de soumission des pauvres et de ceux qui sont vulnérables. Malgré cela, le Pape François voit aussi dans la réalité actuelle des semences de bien et des parcours d’espérance, qui peuvent refaire briller de grands idéaux (cf. FT, 10-55). Considérant la mission confiée par le Saint-Père à la Section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, j’ai choisi d’approfondir les défis mentionnés plus haut à partir d’une perspective particulière : celle de la pastorale de la mobilité humaine. L’arrivée et la présence de nombreux migrants et réfugiés et les diverses réactions des communautés qui
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Comme l’exprime le titre même de l’Encyclique, “Fratelli tutti” est un document sur la fraternité et l’amitié sociale, un binôme inédit, oserais-je dire, dans le panorama du Magistère universel. Le Saint-Père, à partir de son observatoire privilégié, lit la réalité du monde contemporain en mettant en évidence une série de tendances qui « entravent la promotion de la fraternité universelle » (FT, 9). Elles se présentent comme des défis communs, qui interpellent les communautés ecclésiales.
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P. Fabio Baggio, C.S.
Les défis actuels de la communauté ecclésiale
les accueillent nous permettent de démontrer le danger de la culture du déchet, à laquelle le Saint-Père oppose de façon péremptoire, comme antidote, la culture de la rencontre. La culture du déchet, à laquelle le Saint-Père avait déjà fait référence dans sa Lettre Encyclique “Laudato si’”(cf. LS, 16, 22 et 43), est spécifiée de façon différente dans “ Fratelli tutti “, qui souligne ses effets néfastes sur les relations humaines. Certaines parties de l’humanité semblent mériter d’être sacrifiées par une sélection qui favorise une catégorie d’hommes jugés dignes de vivre sans restrictions. Au fond, « les personnes ne sont plus perçues comme une valeur fondamentale à respecter et à protéger, surtout celles qui sont pauvres ou avec un handicap, si elles “ne servent pas encore” – comme les enfants à naître –, ou “ne servent plus” – comme les personnes âgées. Nous sommes devenus insensibles à toute forme de gaspillage, à commencer par le gaspillage alimentaire, qui est parmi les plus déplorables (FT, 18). La culture du déchet trouve une application facile dans les processus migratoires, là où, à cause des diversités indéniables, il devient plus simple de distinguer entre “nous” et les “autres”, justifiant ainsi l’exclusion.
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Les migrants ne sont pas jugés assez dignes pour participer à la vie sociale comme toute autre personne et l’on oublie qu’ils ont la même dignité intrinsèque que quiconque. [...] On ne dira jamais qu’ils ne sont pas des êtres humains, mais dans la pratique, par les décisions et la manière de les traiter, on montre qu’ils sont considérés comme des personnes ayant moins de valeur, moins d’importance, dotées de moins d’humanité. Il est inacceptable que les chrétiens partagent cette mentalité et ces attitudes, faisant parfois prévaloir certaines préférences politiques sur les convictions profondes de leur foi : la dignité inaliénable de chaque personne humaine indépendamment de son origine, de sa couleur ou de sa religion, et la loi suprême de l’amour fraternel (FT, 39).
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La culture du déchet, qui procure l’illusion de pouvoir être tout-puissants et membres d’une élite mondiale, conduit inexorablement au repli sur ses propres intérêts, à l’isolement et à la mort de la fraternité. Pour sauver l’humanité et ses idéaux, afin que celle-ci puisse réaliser le projet créatif de Dieu, le Pape François invite tous les hommes et les femmes à promouvoir la culture de la rencontre. La vie, c’est l’art de la rencontre, même s’il y a tant de désaccords dans la vie ». À plusieurs reprises, j’ai invité à développer une culture de la rencontre qui aille au-delà des dialectiques qui s’affrontent. C’est un style de vie visant à façonner ce polyèdre aux multiples facettes, aux très nombreux côtés, mais formant ensemble une unité pleine de nuances, puisque le tout est supérieur à la partie (FT, 215). La rencontre avec l’autre constitue une dimension essentielle de l’existence humaine; la qualité des relations humaines détermine le processus de croissance et la possibilité pour toute personne de parvenir au bonheur. « Les autres sont
constitutivement nécessaires pour la construction d’une vie épanouie » (FT, 150). Un être humain – ajoute le Saint-Père - « ne peut parvenir à reconnaître à fond sa propre vérité si ce n’est dans la rencontre avec les autres » (FT, 87). Toutes les rencontres avec les autres sont potentiellement enrichissantes et cette potentialité est directement proportionnelle à l’altérité de la personne rencontrée. Plus elle est différente, “autre”, plus elle permet à ceux qui la rencontrent de s’enrichir en connaissance et en humanité.
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C’est dans cette optique qu’il faut comprendre l’invitation du Pape François de privilégier la rencontre avec celui qui habite les périphéries existentielles, qui « a un autre point de vue, il voit des aspects de la réalité qui ne sont pas reconnus des centres du pouvoir où se prennent les décisions les plus déterminantes » (FT, 215). Les périphéries existentielles - expliquait le Saint-Père en juillet 2019 - « sont peuplées de personnes exclues, marginalisées, opprimées, discriminées, abusées, exploitées, abandonnées, pauvres et souffrantes » (Homélie, 8 juillet 2019).
La rencontre à laquelle se réfère le Saint-Père n’est pas casuelle ou improvisée, mais constitue un style de vie, fortement voulu car il passionne, c’est un engagement constant à « rechercher des points de contact, construire des ponts, envisager quelque chose qui inclut tout le monde » (FT, 216). Il s’agit d’une rencontre qui fait grandir en humanité toutes les personnes concernées, comme l’explique bien le Pape François dans un discours de 2016 : « S’ouvrir aux autres n’appauvrit pas mais enrichit, car cela aide à être plus humain; à se reconnaître partie active d’un ensemble plus grand et à interpréter la vie comme un don pour les autres ; à voir comme but, non pas ses propres intérêts mais le bien de l’humanité » (Discours dans la mosquée “ Heydar Aliyev “de Bakou, Azerbaïdjan, 2 octobre 2016). Dans ce contexte, il est intéressant de relever que le Saint-Père choisit la parabole du bon Samaritain (Lc 10, 25-37) pour illustrer les dynamiques de la rencontre qui enrichit en humanité. De fait, il s’agit d’une rencontre très particulière qui, dans le contexte évangélique, est utilisée pour expliquer la signification de qui est le “prochain”, en tant que destinataire d’un amour qui est la mesure qui sera utilisée lors du jugement pour obtenir la vie éternelle. Le Pape François lit dans cette parabole une autre signification : « La parabole nous montre par quelles initiatives une communauté peut être reconstruite grâce à des hommes et des femmes qui s’approprient la fragilité des autres, qui ne permettent pas qu’émerge
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Parmi les habitants des périphéries existentielles, nous trouvons de nombreux migrants, réfugiés, des personnes déplacées et des personnes victimes de la traite, qui sont devenus « l’emblème de l’exclusion car, au-delà des malaises que comporte en soi leur condition, on fait peser sur eux un jugement négatif qui les considère comme cause des maux de la société » (Message pour la 105ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié). Renoncer à la rencontre avec eux signifie se priver du « don qu’est la rencontre avec l’humanité, indépendamment du groupe d’appartenance » (FT, 90); cela signifie perdre « une opportunité d’enrichissement et de développement humain intégral de tous » (FT, 133).
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une société d’exclusion mais qui se font proches et relèvent puis réhabilitent celui qui est à terre, pour que le bien soit commun » (FT, 67). La rencontre décrite dans la Parabole peut être résumée en quatre verbes, étroitement liés entre eux : reconnaître, avoir compassion, se faire le prochain, prendre soin. Le premier pas consiste à “reconnaître” un frère ou une sœur en difficulté. Mais, pour les reconnaître, il faut avant tout s’ “apercevoir” de leur présence. Celui qui est replié sur lui-même, qui se désintéresse des autres, qui est indifférent, ne parvient pas à se rendre compte que son prochain est malmené et abandonné sur la route (cf. FT, 73). Reconnaître un frère ou une sœur dans son prochain exige un effort supplémentaire, spécialement s’il ne « fait pas partie du même cercle d’appartenance » (FT, 81). En plus de cette dimension immanente de fraternité, il existe aussi une dimension transcendante, qui est fondée sur une révélation sans équivoque de Jésus-Christ : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Le chrétien est donc appelé à « reconnaître le Christ lui-même dans chaque frère abandonné ou exclu » (FT, 85). Dans cette optique, la culture de la rencontre se transforme en “théologie” de la rencontre et, de même, en “théophanie” de la rencontre.
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Le second pas consiste à “éprouver de la compassion”. Ici encore, nous pouvons considérer une dimension immanente, qui considère la capacité du Samaritain à comprendre la souffrance du pauvre voyageur, de s’émouvoir et d’éprouver de l’empathie. « Vivre dans l’indifférence face à la douleur n’est pas une option possible ; nous ne pouvons laisser personne rester “en marge de la vie”. Cela devrait nous indigner au point de nous faire perdre la sérénité, parce que nous aurions été perturbés par la souffrance humaine » (FT, 68). Mais il existe aussi une dimension transcendante, qui élève la compassion divine au rang de modèle. Comme l’expliquait le Pape François en 2015, « la compassion de Dieu c’est de se placer dans le problème, de se mettre dans la situation de l’autre, avec son cœur de Père » (Méditation du matin, 30 octobre 2015).
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Le troisième pas, c’est de “se faire les prochains”. Le Saint-Père souligne que le Samaritain a été celui qui « s’est fait proche du Juif blessé. Pour se faire proche et présent, il a franchi toutes les barrières culturelles et historiques » (FT, 81). Dans son Message pour la 106ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, le Pape François explique que ces barrières sont généralement engendrées par des peurs et des préjugés qui « nous font garder nos distances d’avec les autres et nous empêchent souvent de “nous rendre leurs prochains” pour les servir avec amour». Se faire les prochains signifie s’impliquer personnellement, en offrant à l’autre ce que nous avons de plus précieux : le temps ! À coup sûr, le Samaritain « avait sûrement ses plans pour meubler cette journée selon ses besoins, ses engagements ou ses souhaits. Mais il a pu tout mettre de côté à la vue du blessé et, sans le connaître, il a trouvé qu’il méritait qu’il lui consacre son temps » (FT, 63). Se faire les prochains signifie être disposés à “se salir les mains”. Et Jésus nous a donné
« l’exemple le plus grand quand il a lavé les pieds de ses disciples : il s’est dévêtu, s’est agenouillé et s’est sali les mains » (Message pour la 106ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié). Le quatrième pas consiste à prendre soin. À l’exemple du Samaritain, le SaintPère nous invite à « panser les blessures » de tout « étranger existentiel » (97) et « exilé occulte » (98), en versant « de l’huile et du vin ». L’huile, le vin et les bandes représentent idéalement tous ces instruments que nous sommes appelés à utiliser pour soulager et soigner, de l’écoute attentive à la parole opportune, de l’assistance médicale à l’aide psychologique, de la restitution de la confiance à la restauration de la dignité personnelle. Prendre soin signifie se charger de la souffrance de l’autre. Il s’agit d’un engagement à long terme qui nous transforme en “compagnons de voyage”, en amis qui partagent le chemin vers une destination commune. Et quand nous nous apercevons que nous ne pouvons pas tout faire, tout seuls, alors nous devons faire comme le Samaritain, qui conduit le malheureux dans une auberge. « Le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un “nous” qui soit plus fort que la somme de petites individualités » (FT, 78).
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Il faut toutefois reconnaître que s’engager dans ce type de rencontre, en diffusant cette culture, n’est pas quelque chose de simple. Dans “Fratelli tutti”, le Pape François signale deux actions propédeutiques, qui impliquent deux différents types de mouvement : surmonter les peurs et dépasser les frontières. L’instinct naturel d’autodéfense conduit souvent à nourrir des doutes et des craintes à l’égard des autres et, en particulier, des étrangers, des migrants. Mais nous sommes appelés à surmonter « ces réactions primaires, car « le problème, c’est quand [les doutes et les craintes] conditionnent notre façon de penser et d’agir au point de nous rendre intolérants, fermés, et peut-être même – sans nous en rendre compte – racistes. Ainsi, la peur nous prive du désir et de la capacité de rencontrer l’autre » (FT, 41). Il faut constamment rappeler aux communautés ecclésiales que c’est Jésus-Christ qui demande à être rencontré dans le frère et dans la sœur qui frappent à notre porte. Comme le soulignait le Saint-Père en
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Le défi de la rencontre qui fait grandir en humanité nous concerne tous, et personne ne peut s’esquiver. « Nous sommes tous responsables du blessé qui est le peuple lui- même et tous les peuples de la terre. Prenons soin de la fragilité de chaque homme, de chaque femme, de chaque enfant et de chaque personne âgée, par cette attitude solidaire et attentive, l’attitude de proximité du bon Samaritain » (FT, 79). Lors de sa visite à Lampedusa, en 2013, le Pape François avait rappelé cette responsabilité commune : « “Où est ton frère?”, la voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Ce n’est pas une question adressée aux autres, c’est une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous » (Homélie, 8 juillet 2013). La question est claire et exige de chacun de nous une réponse, car, comme l’affirme le SaintPère, « dans une telle situation, toute personne qui n’est pas un brigand ou qui ne passe pas outre, ou bien elle est blessée ou bien elle charge un blessé sur ses épaules » (FT, 70).
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février 2019 : « C’est vraiment Lui, même si nos yeux peinent à le reconnaître: avec les vêtements déchirés, les pieds sales, le visage déformé, le corps blessé, incapable de parler notre langue » (Homélie, 15 février 2019). Dans la Lettre Encyclique “Fratelli Tutti”, le Pape François insiste à plusieurs reprises sur la nécessité de dépasser les frontières pour se préparer à la rencontre avec l’autre. Le Saint-Père se réfère en premier lieu aux frontières géographiques et politiques qui, dans le monde contemporain, finissent par caractériser les déséquilibres entre ceux qui jouissent de la plupart des ressources et ceux auxquels il ne reste que les miettes. « Si toute personne a une dignité inaliénable, si chaque être humain est mon frère ou ma sœur et si le monde appartient vraiment à tous, peu importe que quelqu’un soit né ici ou vive hors de son propre pays » (FT, 125). Mais le Pape François désigne également les barrières sociales, culturelles, économiques et religieuses qui sont érigées pour “nous” distinguer des “autres“. Au nom de la sécurité « de nouvelles barrières sont créées pour l’auto-préservation, de sorte que le monde cesse d’exister et que seul existe “mon” monde, au point que beaucoup de personnes cessent d’être considérées comme des êtres humains ayant une dignité inaliénable et deviennent seulement “eux”» (FT, 27).
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Même si le défi de la rencontre qui fait grandir en humanité s’adresse à toute l’humanité, les communautés ecclésiales doivent se sentir directement interpellées. Citant saint Jean Chrysostome, le Saint-Père adresse un appel à tous les chrétiens:
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« Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici [à l’église] avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Le paradoxe, c’est que parfois ceux qui affirment ne pas croire peuvent accomplir la volonté de Dieu mieux que les croyants » (FT, 74). Il revient donc aux communautés ecclésiales, appelées à être le témoignage vivant de l’avènement du Royaume de Dieu, le devoir de décliner les verbes de la rencontre à la première personne du singulier et à la première personne du pluriel. Cette déclinaison commence nécessairement par l’écoute. «Il ne faut pas perdre la capacité d’écoute » (FT, 48). L’écoute du territoire et des habitants des périphéries existentielles est une conditio sine qua non pour discerner les espaces d’exclusion et prédisposer à la rencontre. Les communautés ecclésiales sont appelées à écouter aujourd’hui la lamentation du Peuple de Dieu, un “cri” souvent “silencieux”, car étouffé par les larmes de la souffrance, et “ rendu silencieux “, car incommode et déstabilisateur. Mais le Seigneur nous a donné l’Esprit Saint pour pouvoir discerner Sa volonté, sans nous laisser distraire par les illusions de ce monde. Et je conclus en faisant mienne la prière du Saint-Père: « Seigneur, [...] insuffle en nos cœurs un esprit fraternel. Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix. Aide-nous à créer des sociétés plus saines et un monde plus digne, sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerres » (FT, Prière au Créateur).
Sr. Maria Ausilia, Sr. Franca, Sr. Paola Sr Florence de la Villéon, RSCJ, responsable du Projet Migrants de l’UISG se joint à Sr Maria Ausilia, Sr Franca et Sr Paola pour nous offrir cette très belle lettre de Lampesusa. Il s’agit d’un témoignage vivant de service, d’accueil et d’amour qui nous a fait du bien et dont nous sommes certaines qu’il fera du bien à nos lecteurs et lectrices. Nous remercions de tout cœur la communauté de Lampedusa, grand petit avant-poste de fraternité à la « porte de l’Europe » !
Sr. Maria Ausilia, Sr. Franca et Sr. Paola
Lettre de la Communauté UISG de Lampedusa
NOUS SOMMES “FRATELLI TUTTI”. LETTRE DE LA COMMUNAUTÉ UISG DE LAMPEDUSA
Le 30 novembre 2020 nous avons fêté l’anniversaire de la fondation de la communauté UISG de Lampedusa, communauté composée de Sr Maria Ausilia, Salésienne, de Sr Franca, Petite Sœur de Jésus, de Sr Paola, Sœur de la Charité de Sainte Jeanne Antide. Nous avons été envoyées par l’UISG, qui favorise la collaboration et le dialogue entre les congrégations religieuses dans l’Église et dans la société. Envoyées pour tisser, par notre présence, des liens d’amitié avec les habitants de l’île, animées du désir de leur rendre service, selon nos possibilités, et du désir de collaborer avec eux à l’accueil des nombreuses personnes qui arrivent de l’autre rivage de la Méditerranée. Cette toute petite île est en effet comme un écueil lancé vers l’Afrique, beaucoup plus proche de l’Afrique que de la péninsule italienne, à l’extrême pointe de l’Europe : la porte de l’Europe ! Pendant des siècles, les voyageurs ont trouvé dans cette île un port de salut. Ces dernières décennies, c’est une foule qui cherche à en atteindre les rives. Il s’agit de personnes qui veulent fuir les guerres, les dictatures, les persécutions, la faim et la soif ; des hommes, des femmes, des enfants qui se lancent dans cet exode, sans connaitre les pièges et les souffrances du voyage, à la recherche d’un avenir meilleur. Avant de monter sur les embarcations, les canots pneumatiques ou les bateaux, qui risquent le naufrage, ces caravanes humaines traversent des déserts où des milliers de personnes ont été enterrées. Le Pape François a choisi Lampedusa comme lieu de sa première visite en tant que Pape : il est venu prier pour les habitants de l’île et avec les migrants, pour rendre hommage à leur
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Original en Italien
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courage et à leurs indicibles souffrances, pour faire mémoire de ceux que la mer a engloutis. Le pape, avec tendresse, a lancé une couronne de fleurs dans la mer, en criant avec force : « Jamais, jamais plus ! … Caïn, où est ton frère ? » À peine arrivées sur l’île, nous avons trouvé les migrants sur la place de l’église. Cette place est un lieu de rencontre : la paroisse leur offre la possibilité de se connecter au Wi-Fi, ainsi que d’autres types d’aide, comme des vêtements et de la nourriture. Les migrants sont accueillis dans le centre qui a été mis en place pour eux, où la qualité de l’accueil laisse beaucoup à désirer, ils sont là de passage et ils sont destinés à être transférés vers la Sicile. Nous avons commencé par les aborder sur cette place, pour faire connaissance, leur offrir un sourire, et, si la relation allait plus loin, nous les rencontrions ensuite au bar, et nous écoutions leurs histoire en buvant un thé ou un café. Après à peine trois mois de parcours avec eux, la pandémie est apparue et tout a changé, il n’y avait plus personne sur la place. Que faire ? Comme les personnes continuaient tout de même à débarquer, nous avons trouvé une autre manière de les rencontrer : aller les accueillir à leur arrivée. Au moment du débarquement, les migrants doivent se soumettre à une série de contrôles médicaux, militaires, et subir des interrogatoires variés. Ils arrivent épuisés, mais conscients d’avoir la chance d’être là, sains et saufs. Certains d’entre eux, surtout ceux de foi musulmane, qui constituent la grande majorité, se prosternent dès qu’ils posent le pied à terre, et ils touchent le sol avec leur front en murmurant « El hamdu l-illah”ì » (Louange à Dieu !). L’accès au Quai Favaloro, l’espace militaire réservé aux débarquements, n’est pas autorisé à tous. Dès les premiers jours de notre arrivée, nous avons fait la connaissance des membres de “Mediterranean Hope” (MH), le programme pour les réfugiés et les migrants de la Fédération des Églises Évangéliques d’Italie (FCEI), né au lendemain de la tragédie du 3 octobre 2013, lorsqu’à quelques miles seulement de Lampedusa 368 personnes périrent dans un terrible naufrage. Ils ont choisi de s’établir à Lampedusa à cause de sa centralité géopolitique et de la forte charge symbolique de l’île pour ce phénomène de portée mondiale qu’est celui des migrations. Avec eux, nous faisons partie du « Forum Lampedusa Solidaire » né en 2015 de la rencontre d’associations, mouvements ecclésiaux, organisations de bénévoles, paroisses, hommes et femmes de la société civile disposés à s’engager dans la réalisation d’un modèle différent d’accueil et de solidarité. L’activité exercée par le Forum ne se limite pas à la distribution de biens aux migrants, mais elle vise à mettre en réseau les idées et les compétences en mesure de donner des réponses concrètes aux nécessités de la communauté locale et des étrangers qui y transitent. Parmi les activités proposées par le Forum, il y a des rencontres de discussion, l’organisation d’évènements de solidarité et des interventions de lutte contre la marginalisation sociale et la pauvreté. La présence du projet “Mediterranean Hope” à Lampedusa a donné lieu à une étroite collaboration œcuménique que ses membres ont développée avec la communauté catholique locale. La dimension œcuménique et le dialogue avec des personnes de croyances et de confessions religieuses
différentes est évidente, chaque année, lors de l’organisation de la commémoration des victimes du 3 octobre 2013. Notre petite communauté s’est insérée dans ce tissu qui œuvre pour les migrants et les habitants de l’île et nous collaborons en grandissant ensemble dans la confiance et dans l’amitié, avec un objectif commun : accueillir les personnes avec davantage de justice et de respect pour la dignité de chacune, dans la conviction que le monde est pour tous et en disant, avec le Pape François, que nous sommes « fratelli tutti ». Notre activité avec les membres de MH consiste à nous retrouver au port et, au milieu de nombreux militaires de tous ordres et tous grades, à offrir un timide « bienvenu, bienvenue », proposer un verre d’eau ou un thé chaud, donner un jouet à un enfant, jouer avec un autre, prendre dans nos bras le nouveau-né d’une maman exténuée, être en fin de compte une présence d’humanité, de respect, de compassion, d’amour !
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Les reconnaitre dignes d’être accueillis nous fait du bien, nous donne une dignité, tout comme le fait de cultiver la mémoire de ceux qui ont péri en mer. Beaucoup ont la Méditerranée comme cimetière, d’autres sont enterrés dans le petit cimetière de Lampedusa, avec les habitants de l’île. Quand il y a un naufrage, un groupe organise une petite cérémonie laïque, et ceux qui y participent (qu’ils soient catholiques, protestants, musulmans, ou non croyants) le font pour les motivations profondes qui leur sont propres – ce qui nous unit étant notre foi dans la valeur de ce que nous faisons.
Toute la communauté a donné à Yussuf un enterrement digne, sa maman a pu y participer et crier sa douleur, et nous avons promis de ne pas l’oublier. Francesco Piobbichi, dessinateur, travailleur social de MH, a fait un très beau dessin pour la tombe de Yussuf : une plume s’envolant de la mer barbelée qui lui prend la vie. Il y a dans les dessins de Francesco un infini respect pour la mer, et il y a aussi une dénonciation de ceux qui lui mettent des barbelés, qui la transforment en frontière qui tue, il y a un cri d’indignation pour chacun des morts, il y a un engagement à ne pas les oublier. Le petit Yussuf est devenu un symbole, une mémoire qui ne doit pas nous abandonner, et nous nous sommes demandé : comment impliquer d’autres personnes ? C’est alors qu’est née au sein du Forum l’initiative « Une Couverture pour Yussuf ». Une couverture composée de petits carrés tricotés ou crochetés, qui nous sont arrivés de tous les coins d’Italie et aussi de l’étranger, et que les femmes de Lampedusa ont cousus
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“ Nous sommes ici à la place de la famille et des amis de ces personnes qui ont péri en mer, nous sommes ici à la place de tous ceux qui ont le droit de demander justice pour une mort absurde, nous sommes ici pour dénoncer le manque d’humanité des lois et de la politique qui condamnent à mort des êtres humains… » Ainsi s’exprimait un membre du Forum lors des funérailles de Yussuf, qui n’avait que six mois lorsque l’embarcation s’est renversée, et que sa jeune maman n’a pas réussi à retenir dans ses bras.
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ensemble. Cette couverture est un symbole de protection pour tant d’hommes, de femmes et d’enfants qui risquent encore de mourir, et l’engagement de nous souvenir des nombreuses personnes englouties par la mer. Parce que les ignorer, les oublier, serait comme dire qu’ils n’ont jamais existé. Les habitants de l’île nous accueillent à bras ouverts et ce sont eux qui occupent une grande partie de nos journées. Malgré la pandémie, nous avons fait la connaissance de personnes âgées et nous leur rendons visite. La plupart d’entre elles sont bien entourées par leurs familles, mais beaucoup sont seules et chaque visite est pour elles comme un rayon de soleil. De nombreuses femmes, surtout roumaines, travaillent comme aides à domicile, et avec elles aussi nous tissons des liens d’amitié. En écoutant les plus âgés, nous découvrons que sur cette île, vraiment isolée, où l’on vivait surtout de la pêche, les habitants ont dû supporter pendant des années la solitude, l’angoisse, la pauvreté, les deuils de personnes disparues en mer. Les conséquences en sont visibles dans leurs conditions de santé et, de fait, les malades psychiques sont nombreux. L’île a subi une transformation avec l’arrivée du tourisme, surtout à partir des années 80. Tous se sont mis à travailler, et , au prix de grands sacrifices, ils ont eu accès à un certain bien-être, qui a cependant produit de nombreux déséquilibres : le monde des jeunes et des moins jeunes tentés par la drogue, l’alcool, la vie facile, etc. … L’île est belle et la population se multiplie en été, le nombre des touristes dépasse celui des résidents et des migrants. Les touristes comme les migrants débarquent sans cesse sur l’île, ils vivent côte à côte sans se rencontrer.
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Dans notre communauté les portes sont ouvertes et les appels que nous recevons sont nombreux, chacune de nous y répond selon ses possibilités, nous nous complétons dans nos différences. Nos fondateurs restent les inspirateurs pour chacune de nous et maintenant pour toutes les trois ; ils ont une place dans notre oratoire et surtout dans notre être et notre agir… du moins c’est ce que nous souhaitons !
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Sans programmes pensés à l’avance, notre vie essaie de répondre au quotidien aux appels des personnes. Voici un petit aperçu de la journée d’hier : à 8h30 nous avons reçu sur le forum du Quai de Favarolo la nouvelle de l’arrivée de 93 personnes et nous sommes allées les accueillir. À 14h il en est arrivé 200 autres, et nous sommes retournées au Quai. Nous avons eu à déjeuner les deux curés de l’île, avec lesquels la collaboration s’accroit dans la confiance. Sœur Ausilia, comme chaque samedi et chaque dimanche, apporte la communion à de nombreuses personnes. Ensemble, nous avons rendu visite à A. et à son auxiliaire de vie roumaine. Ce matin nous sommes allées au quai commercial et derrière le grillage nous avons parlé avec les migrants arrivés hier et qui ont été embarqués vers la Sicile. Nous essayons de suivre une famille en grande difficulté, une maman avec quatre enfants, sans père. Sr Ausilia collabore avec l’assistante sociale pour leur venir en aide. Il y aurait tant à dire sur ce que nous partageons avec les
habitants de Lampedusa, nous ne pouvons pas tout raconter, mais nous ne pouvons pas ne pas mentionner le centre de jour qui accueille les handicapés mentaux, avec lequel nous essayons de collaborer. Nous participons à de petits moments de fête, à des promenades ensemble, nous sommes plus proches de certains d’entre eux, par exemple de C., une femme que nous accueillons tous les samedis pour déjeuner. Ces relations personnelles, qui se sont créées pendant les mois de pandémie et d’isolement forcé – qui ont conduit à des régressions à cause de la solitude et de la peur – sont une manière d’aider de nombreuses personnes en difficulté en ce temps de crise. Nous sommes reconnaissantes à l’UISG de nous avoir amenées ici. Lampedusa est l’une des périphéries vers lesquelles le Pape nous envoie … c’est un poste de frontière, un de ces « lieux de fracture » entre le nord et le sud du monde, entre les personnes qui cherchent les loisirs et les vacances les plus sophistiqués et les désespérés des pays les pauvres de la planète…
Sr. Maria Ausilia, Sr. Franca et Sr. Paola
Lettre de la Communauté UISG de Lampedusa
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Pouvons-nous rêver que cette présence promue par l’UISG puisse continuer à être un signe d’espérance, pour contribuer à la naissance d’une HUMANITE PLURIELLE ? D’une humanité où chacun soit reconnu dans sa dignité ? Dans laquelle nous puissions marcher ensemble comme frères et sœurs ? Nous croyons que c’est possible, nous le demandons au Seigneur et nous vous le confions.
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P. Christophe Roucou
Le dialogue en temps de violence
LE DIALOGUE EN TEMPS DE VIOLENCE: UNE LECTURE DE LA FRATERNITÉ HUMAINE PARMI LES GENS P. Christophe Roucou
P. Christophe Roucou, est professeur à l’Institut Catholique de la Méditerranée (ICM), Marseille, responsable du Pôle d’études et de Recherche IslamoChrétiennes (PERIC) et du programme “Maison de la Sagesse”. Le texte suivant a été présenté le 1er mars 2021 lors d’un webinaire intitulé « Le dialogue en temps de violence : une lecture de la Fraternité Humaine parmi les gens », organisé par la Commission pour le Dialogue Interreligieux de l’Union Internationale des Supérieures Générales (UISG) et l’Union des Supérieurs Généraux (USG).
Original en Français
Introduction
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La demande qui m’est faite : « Pouvez-vous centrer votre présentation sur les relations avec les Musulmans à l’époque du terrorisme global ? Quelle est la situation actuelle en France et quel peut être le rôle des responsables religieux pour faire face à ces défis ?
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Il m’est demandé de parler du contexte français, d’où les remarques que je souhaite faire en introduction : - Des actes de violence, des meurtres ont été perpétrés ces derniers mois ou années : une attaque à Nice le 14 juillet 2016, 87 morts et 434 blessés, l’assassinat du Père Jacques Hamel, prêtre en train de célébrer la messe, le 26 juillet 2016 ; l’assassinat d’un professeur à la sortie de son collège, le 16 octobre 2020, puis celui de deux femmes dans une église à Nice, le 29 octobre 2020. Ils ont été commis par des individus qui se réclament de l’islam. - Mais si le terrorisme et la violence se manifestent en France régulièrement, nous ne pouvons pas dire que nous vivons au quotidien dans un contexte de violence ou de peur du terrorisme.
Je souhaite inscrire dès cette introduction, le témoignage d’un ami, né en France de parents nés en Algérie, marié à une catholique pratiquante, 3 enfants, j’ai célébré leur mariage. Ils appartiennent au Groupe des Foyers IslamoChrétiens (le GEFIC). Il occupe des responsabilités importantes dans une structure publique, le Musée du Louvre à Paris et est 1 er adjoint au maire d’une commune de la banlieue nord de Paris. Dans les années 80, à l’école et au collège, en banlieue nord de Paris, nous étions dans des classes avec des élèves, et pour certains des amis, venant de partout : Pologne, Sénégal, France depuis plusieurs générations, moi né ici de parents nés en Algérie. Les différences n’étaient pas du tout mises en avant ; cela relevait de l’appartenance familiale. C’était de l’ordre de la découverte et c’était plutôt pour nous une richesse. Il n’y avait rien de problématique. La perspective était celle de l’intégration dans la société française. L’événement de l’équipe de France remportant la Coupe du Monde de football en 1998 a été un symbole très fort du modèle français d’intégration : la France « Black, Blanc, Beur ». Cela disait un fonctionnement et un idéal.
P. Christophe Roucou
Le dialogue en temps de violence
Et puis deux événements ont bousculé et mis en question tout cela : d’abord les attentats du 11 septembre 2001 à New-York, puis en France les émeutes de Clichy-sous-Bois. Ces événements ont été révélateurs d’un malaise profond dans la société française. J’aborderai donc le contexte spécifique français du point de vue de la situation des musulmans dans notre société, puis j’évoquerai des lieux de rencontres, d’échanges et de dialogue pour évoquer ensuite ce qui fait obstacle au dialogue et conclure sur notre rôle comme responsables religieux dans ce contexte. 1. Dans quel contexte sommes-nous appelés, en France, à vivre la fraternité ?
Peut-être faut-il commencer par vous rappeler la devise de la République française à laquelle tiennent tous les citoyens français quelles que soient leur religion, leurs origines, leur milieu social : Liberté, égalité, fraternité. Et nous le savons pour instaurer et faire respecter la liberté et l’égalité, on rédige et vote des lois mais la fraternité ne se décrète pas. C’est un idéal qui dépend de la responsabilité de chaque citoyen. J’aime à dire que cela relève de notre double responsabilité de citoyen et de chrétien puisque nous croyons que tous les êtres humains sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu et que Jésus le Christ nous a révélés. Il est bon de citer dès maintenant la première phrase de la Déclaration signée par le Pape François et le cheikh Ahmed el-Tayyeb à Abou Dhabi, le 4 février 2019 : « La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer. » 1
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Liberté, égalité, fraternité
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Une longue et complexe histoire de la France avec ses musulmans La France a eu un empire colonial dans des pays où la quasi-totalité de la population était musulmane, les pays du Maghreb ont été colonisés par elle, sous la forme d’un protectorat en Tunisie et au Maroc, d’une assimilation en Algérie qui était territoire français où les habitants de confession musulmane n’étaient pas considérés comme des citoyens sauf pour servir dans l’armée. La guerre d’indépendance de l’Algérie de 1954 à 1962 a laissé des blessures de part et d’autre jusqu’à aujourd’hui. Les mémoires restent vives et blessées, près de 60 ans après l’indépendance. Aujourd’hui, dans un pays de 68 millions d’habitants les personnes de tradition musulmane représentent environ 5 millions de personnes, soit près de 8% de la population, (en notant que les statistiques religieuses sont interdites en France). Plus des 2/3 d’entre elles ont la nationalité française alors que pour beaucoup de nos compatriotes encore, musulman = immigré= arabe, parfois = extrémiste voire terroriste. Un certain racisme vis-à-vis des arabes et des personnes noires de peau existe en France. Des personnes de tradition musulmane sont présentes dans toutes les catégories socio-professionnelles mais en proportion beaucoup plus fortes parmi les ouvriers ou les métiers peu qualifiés. A cause de cette situation « au bas de l’échelle sociale », beaucoup de familles musulmanes habitent dans des quartiers populaires aux périphéries de nos villes, lieux de beaucoup de difficultés et de problèmes d’abord pour des raisons sociales et politiques.
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Religions et laïcité dans la France du XXI° siècle La laïcité est une spécificité française difficile à expliquer à l’extérieur de nos frontières, le mot lui-même étant souvent intraduisible en anglais, en allemand ou en arabe ! Il faut distinguer la sécularisation qui touche beaucoup de sociétés contemporaines, souvent liée à la modernité. La sécularisation désigne un processus où des pans entiers de la vie sociale ne dépendent plus de l’Eglise, (écoles, hôpitaux…), où également des dimensions très importantes de la vie des individus ne sont plus rapportées à la religion. Dans ce processus, la religion risque de perdre toute place dans la vie sociale et être cantonnée à la sphère privée La laïcité est un cadre juridique qui définit la non-ingérence réciproque de l’Etat et des religions : l’Etat n’intervient pas dans les affaires de l’Eglise (en 1905) ou des autres religions et réciproquement. Mais de nombreux musulmans, y compris des imams, confondent sécularisation et laïcité et attribuent à la laïcité la chute de la pratique religieuse en France. De plus, à côté du cadre juridique de la laïcité s’est développée en France,
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durant un siècle, une « mentalité laïque » et une idéologie « laïciste » qui se veut en opposition avec la dimension visible et sociale des religions, à commencer par l’islam. L’islam et les musulmans en France : une mosaïque La communauté musulmane en France n’est pas unifiée mais traversée par de multiples courants, certains sont liés aux pays d’origine et aux pouvoirs en place : l’Algérie (qui nomme le recteur de la Mosquée de Paris), le Maroc, la Turquie ; ces pays essaient de contrôler les populations et les mosquées.
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Les pouvoirs publics cherchent depuis 35 ans à avoir un organe représentatif des musulmans avec qui discuter des questions liées au culte. Mais ils n’y parviennent pas. Le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) n’est pas légitime aux yeux de 80 %, au moins, des musulmans vivant en France ! D’où vient la violence ? En France, la violence, en particulier dans les quartiers populaires n’est pas d’abord religieuse ou commise au nom de la religion. La violence la plus visible est celle qui est liée aux trafics en particulier au commerce de la drogue qui rapporte des sommes considérables et est considérée par certains responsables politiques comme ce qui assure « la paix sociale » dans des quartiers où le chômage et la précarité conduiraient à des explosions sociales. Elle est aussi une sorte de cri ou de réponse de personnes qui sont déstabilisées par la mondialisation et ne voient pas d’avenir pour eux dans ce nouvel univers.
Les actes de violence à motivation religieuse sont très peu nombreux comparés à cette violence quotidienne subie par des populations pauvres qui se trouvent être, pour des raisons sociales, souvent de tradition musulmane. 2. Quels sont les lieux ou les moments où se rencontrent spécifiquement chrétiens et musulmans, en France, et particulièrement à Marseille ? Marseille : 2° ville de France par le nombre d’habitants, près de 850 000 dont près de 300 000 personnes de traditions musulmane, 80 000 arméniens, 60 000 juifs. Où chrétiens et musulmans se rencontrent-ils ? Dans la vie des quartiers populaires de Marseille : mais la mixité sociale, culturelle et religieuse tend à disparaître. Certains de ces quartiers sont devenus
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En France, la violence surgit ainsi de la part de personnes qui se sentent oubliées par la République, mises hors des circuits de réussite scolaire et sociale. La violence surgit dans des quartiers qui deviennent des zones de « nondroit » dont se sont progressivement retirés les services publics. De ce fait, ce sont des « mafias » qui y font la loi et, par exemple, contrôlent les entrées et sorties du quartier, à tel point que la police ne s’y rend plus.
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quasiment musulmans, sauf quelques familles chrétiennes ou l’une ou l’autre communauté de religieuses ou de religieux, souvent âgées. Dans les établissements catholiques d’enseignement : à Marseille l’Eglise fait le choix de soutenir des écoles dans ces quartiers populaires. En conséquence certaines écoles catholiques, primaires ou collèges, accueillent de 60 à 90 % d’enfants ou d’élèves de confession musulmane. Maintenir ces écoles et les faire vivre, dans la perspective de servir la vie ensemble, la connaissance réciproque, le dialogue interculturel et interreligieux en actes. Dans le service des aumôneries de prisons et d’hôpitaux : pour garantir la liberté de conscience et de culte, la loi de 1905 a prévu des aumôneries dans tous les lieux fermés qui empêchent donc un croyant de sortir pour pratiquer son culte. Les aumôniers catholiques et protestants étaient les premiers dans ces lieux, rendant souvent visite à des malades ou des détenus musulmans, dans le respect de leur foi. Souvent, ce sont eux qui ont fait découvrir à leurs collègues musulmans l’importance d’être à l’écoute des malades ou des détenus, et l’importance d’être auprès d’eux porteurs de la Miséricorde de Dieu. A l’occasion de mariages islamo-chrétiens : ce sont souvent des situations délicates mais, en France, de plus en plus de couples se forment avec cette différence d’appartenances religieuses et, souvent, culturelles. Cela pose moins de question quand il s’agit d’un homme musulman qui épouse une femme catholique ; mais cela devient parfois très tendu voire impossible quand il s’agit d’un homme chrétien qui désire se marier avec une femme musulmane. Les pressions familiales sont parfois très fortes pour contraindre l’homme chrétien à devenir musulman. Pourtant, de tels couples existent.
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Sans attendre, l’Eglise mais avec son soutien, existe depuis plus de 30 ans en France le GFIC, Groupe de Foyers islamo-chrétiens, lieu de partage d’expériences, d’accompagnement de jeunes couples, de réflexions par rapport à l’éducation religieuse des enfants.
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Un groupe imams/prêtres auquel participent une femme musulmane et une femme chrétienne se réunit depuis 10 ans à Marseille. La raison de ce groupe ? apprendre à se connaître, à échanger. Ainsi, au fur et à mesure des rencontres (5 fois /an) des liens de confiance se sont établis. Ce groupe aborde des réflexions communes, à chaque fois introduites par un imam et par un prêtre. Ces rencontres tissent de la confiance, font bouger les positions intellectuelles voire théologiques des uns et des autres. A cause de la confiance et de l’amitié qui est née entre les membres, il est possible d’aborder des « sujets qui fâchent », sans esprit de polémique ou de concurrence. Des « rassemblements » communs et fraternels entre chrétiens et musulmans : Au plan national, je peux citer deux initiatives qui existent depuis des années : la SERIC, Semaine islamo-chrétienne, portée par une association
d’amitié islamo-chrétienne (le GAIC, groupe d’amitié islamo-chrétienne) organisant des événements dans de nombreuses villes en France et dans d’autres villes européennes. « Ensemble avec Marie », proposant depuis 7 ans, des échanges, rencontres, moments de célébration grâce à la figure de Marie, initiative partie du Liban et relayée en France par l’association Efesia. A Marseille, un groupe d’échanges entre femmes chrétiennes et femmes musulmanes a lancé une initiative de journée conviviale et spirituelle, ouverte à tous les chrétiens et musulmans qui le souhaitent. Depuis quatre cette journée, au printemps, rassemble des familles, avec enfants et adolescents pour un temps de partage autour du repas, des moments de prière et des échanges sur une thématique d’actualité. Relayé par le bouche à oreille, cette initiative rassemble plus de 300 personnes. Elle est préparée bien des semaines avant par un groupe qui rassemble des chrétiens et des musulmans.
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Dans des actions de solidarité menées ensemble : Depuis plusieurs années des organisations caritatives musulmanes et chrétiennes se sont associées pour des opérations communes en direction de personnes en situation de précarité, localement, par exemple en banlieue sud-est de Paris à Créteil, paroisse catholique et mosquée font des distributions alimentaires alors que les autres organismes sont en congé. La Crise du Covid avec les mesures de confinement ont conduit beaucoup de familles dans des situations de précarité voire de pauvreté. A Marseille, dans un quartier, organisme social, chrétiens et collectif des musulmans ont mis ensemble leurs forces pour venir en aide chaque semaine à plus de 300 familles qui n’avaient plus de quoi nourrir leurs enfants, après le 15 du mois. Ce sont les instituteurs de l’école publique qui avaient alerté les uns et les autres.
Visites réciproques des lieux de cultes : C’est ce qui conduit dans de nombreux lieux à des visites réciproques dans les différents lieux de culte où les rites sont expliqués. Intervenants musulmans dans le cadre de formations dans des lieux universitaires catholiques. Ainsi à l’Institut Catholique de la Méditerranée, nous proposons une formation spécifique pour la rencontre islamo-chrétienne sur une année, des intervenants musulmans sont invités, des cours à deux voix chrétienne et musulmane, sont proposés sur un même thème. 3. Quels sont aujourd’hui les obstacles au dialogue ? Le choc des ignorances Ce n’est pas le choc des civilisations auquel nous faisons face mais le choc
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Lors d’initiatives d’hospitalité réciproque : comment dépasser la peur de l’autre, sinon en se rencontrant ?
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des ignorances. Nous constatons en France, que, particulièrement dans les jeunes générations, les uns et les autres sont ignorants de la religion des autres et de leur propre religion. Au nom de la laïcité, il n’y a pas de place pour les religions dans les matières enseignées, si ce n’est à travers les cours d’histoire ou de littérature française. La peur du prosélytisme à l’école conduit à ignorer la dimension religieuse. Et les enseignants, dans l’enseignement public, ne savent pas comment réagir visà-vis d’élèves musulmans qui interviennent en cours. Ils sont tenus à la neutralité qui glisse vers le silence. L’absence de savants musulmans On parle souvent des imams, mais, en fait ce qui fait cruellement défaut aux communautés musulmanes en France c’est le manque de formation de leurs cadres religieux. La laïcité ne permet pas des formations de type théologique dans le cadre de l’université comme en Allemagne. Chaque courant développe son lieu de formation, mais le plus souvent, ce sont des imams ayant étudié à l’étranger voire venant pour quelques années officier en France depuis l’Algérie, le Maroc ou la Turquie. L’influence des courants extrémistes
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Il faut appeler les choses par leur nom. Il existe une très petite minorité tentée par ce que les Médias appellent le « djihadisme », ce sont quelques centaines d’individus sur les 5 millions de personnes musulmanes. Avec eux, pas de dialogue possible puisqu’il traite tous les autres de « Kouffars », c’est-à-dire mécréants, non seulement les juifs ou les chrétiens mais les autres musulmans !
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Au-delà d’eux, ce qui est plus inquiétant c’est le développement de courants inspirés par le wahhabisme saoudien, c’est-à-dire une conception très rigoriste de l’islam, une lecture littéraliste di Coran, un rejet de toute lecture critique et de l’usage de la raison en matière religieuse. Ce wahhabisme s’est répandu en Afrique sub-saharienne et au Maghreb et de ce fait aussi en Europe. Cette idéologie religieuse passe par les réseaux Internet, par les vidéos venant de religieux vivant dans les Pays du Golfe, ignorant tout du contexte de vie en Europe. Dans les quartiers populaires, les mêmes jeunes peuvent être tentés de suivre cette idéologie rigoriste tout en participant aux nombreux trafics, dont celui de la drogue, qui font vivre une économie parallèle, et n’hésitent pas à utiliser la violence. Les théologies et/ou philosophies disponibles Parmi les obstacles au dialogue chez les musulmans comme chez les chrétiens, il peut y avoir le regard sur l’autre proposé ou, parfois, imposé sur l’autre différent de moi par la culture, les origines ou la religion. L’adage « hors de l’Eglise point de salut » a conduit à ignorer l’autre voire à le convertir à tout
prix pour qu’il puisse être sauvé. Quelles théologies du salut et de l’Eglise sont aujourd’hui proposées, enseignées, diffusées ? chez les chrétiens et chez les musulmans. Quelle conception de la mission aussi ? ce n’est pas un hasard si le Pape François répète à longueur de discours (à Rabat par deux fois par exemple) : « Non au prosélytisme ». Théologie et philosophie : ce qui est en jeu c’est la conception de la vérité. Trop de gens fonctionnent en disant « j’ai la vérité », la conséquence en est que l’autre est dans l’erreur, oubliant la conception chrétienne de la vérité, rappelée par Benoît XVI : « Certes, ce n’est pas nous qui possédons la vérité, mais c’est elle qui nous possède : le Christ qui est la Vérité nous a pris par la main, et sur le chemin de notre recherche passionnée de connaissance, nous savons que sa main nous tient fermement. Le fait d’être intérieurement soutenus par la main du Christ nous rend libres et en même temps assurés. » 2
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Il est clair que, actuellement, pour une grande majorité de musulmans seule la foi en Dieu pratiquée sur le chemin de l’islam conduit au salut. D’où leur désir que nous devenions tous musulmans, pour, dans le meilleur des cas, être sauvé. 4. Quel rôle pour les responsables religieux, dans ce contexte ? Au sein des communautés chrétiennes - Pour sensibiliser la communauté chrétienne : Travailler à une théologie du dialogue et ses fondements dans la révélation biblique ; - Faire connaître aux chrétiens l’enseignement du magistère sur le dialogue et la rencontre ; - S’engager eux-mêmes, sur le terrain, dans la rencontre et le dialogue ; il n’y a pas de dialogue sans rencontre préalable ; Les deux sont à conjuguer ensemble ; - Mettre en priorité le domaine de l’éducation sous toute ses formes et développer initiatives et pédagogies dans ce domaine (depuis l’école jusqu’à la faculté et la formation des ministres du culte et des agents pastoraux) ; - Chacun dans sa communauté, dans sa tradition, mettre en œuvre cette affirmation signée par le pape François et le cheikh Al-Tayyeb : « La foi amène le croyant à voir en l’autre un frère à soutenir et à aimer. » Ensemble - Mener ensemble, par ex. des imams et des prêtres, un travail de relecture de nos Ecritures et de nos Traditions.
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Pour tous les responsables religieux
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Pour conclure Une attitude spirituelle indiquée par Christian de Chergé, prieur du monastère Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine, pris dans la violence terroriste, après le face à face avec le chef terroriste, la veille de Noël 1995 : - « Je ne peux demander au Bon Dieu : tue-le. Mais je peux demander : désarme-le. Après je me suis dit : ai-je le droit de demander : désarme-le, si je ne commence pas par demander : désarme-moi et désarme-nous en communauté. C’est ma prière quotidienne, je vous la confie tout simplement. » 3
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- « Le Verbe s’est fait FRÈRE, frère d’Abel et aussi de Caïn, frère d’Isaac et d’Ismaël à la fois, frère de Joseph et des onze autres qui le vendirent, frère de la plaine et frère de la montagne, frère de Pierre, de Judas et de l’un et l’autre en moi ». 4
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1
Document sur La fraternité humaine, pour la paix mondiale et la coexistence commune, Pape François et Cheikh Ahmed al-Tayyeb, Abou Dhabi, 4 février 2019
2
Benoît XVI, Discours à la curie romaine, 21 décembre 2012
3
Christian de Chergé, Invincible Espérance, Paris, Bayard, 1997, p .
4
Christian de Chergé, Homélie du Jeudi Saint, 1995
Sr. Hayat elkass Mussa Sr. Hayat elkass Mussa appartient à la Congrégation des Sœurs Dominicaines de sainte Catherine de Sienne en Irak. Elle vit au couvent de Umm Al-Tahera (Maria tutta santa) – Qaraqosh et enseigne actuellement à l’Université AlHamdaniya, avec un Master en Anthropologie Sociale. Elle travaille comme coordinatrice et responsable de l’organisation de camps et festivals pour les jeunes, et prépare les étudiants à la Première Communion. Elle aide aussi la responsable du Jardin d’enfants et donne des cours aux enfants de la « maison de l’enfant Jésus » à Qaraqosh. Sr Hayat donne de nombreuses conférences à des groupes d’âges différents sur des sujets spirituels, sociaux, psychologiques et d’éducation. Elle travaille avec le Père Wissam (un moine) dans le Youth Book Forum, qui vise à encourager les jeunes à lire et à développer leurs talents et capacités. Elle est l’une des responsables des groupes de jeunes dans les Plaines de Ninive pour acclamer le Pape François.
Sr. Hayat elkass Mussa
Les Psaumes, chemin vers la plénitude de notre humanité
TÉMOIGNAGE DE VIE À LA LUMIÈRE DE LA VISITE DU PAPE FRANÇOIS EN IRAK, EN PARTICULIER À QARAQOSH
Original en anglais
Nous avons pour cela institué une commission spéciale appelée « La Jeunesse de la Plaine de Ninive acclame le Pape François », les membres de cette commission étant le Moine Wissam, le Père Ronnie, Sœur Hayat, et plusieurs autres religieux et religieuses (Frères de Jésus Rédempteur, Franciscains, Sœurs Ephrémistes) ainsi que des jeunes bénévoles, pour servir et travailler ensemble. Je dois dire en vérité que j’ai touché du doigt la présence de l’Esprit Saint qui nous habitait pendant que nous travaillions aux préparatifs. Les activités des soirées étaient variées – spirituelles, sportives, culturelles, prières mimées, différents témoignages de vie, de famille, de vie monastique (présentés par des prêtres, des sœurs, et des laïcs), scènes théâtrales à partir de l’enseignement du pape François, une opérette sur le thème de l’enracinement
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Quelque temps avant l’arrivée du Pape, la Commission de l’Archidiocèse Syriaque Catholique responsable de l’organisation de sa visite nous a chargés, le Moine Wissam et moi, de mettre en place des programmes spéciaux pour les jeunes afin de les préparer, ainsi que leurs familles, à cette visite.
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dans la terre, des vidéos interviewant des jeunes… etc., en plus de la préparation de deux chansons pour la visite du Pape (Santo Padre & La Gioia del Signore). Comme Sœurs dominicaines à Qaraqosh, nous avons préparé nos élèves et les personnes travaillant dans nos écoles (maternelle, primaire et secondaire) en leur apprenant l’hymne de la visite du Pape et la chorégraphie pour qu’ils puissent danser. Nous leur avons aussi proposé un certain nombre de présentations sur le Saint Père, la signification de sa visite en Irak, son message pour nous, et comment nous étions appelés à vivre cette expérience afin que sa visite soit source de bénédiction pour nos familles et nos communautés. Le 5 mars 2021, lorsque la porte de l’avion s’est ouverte et que le Pape François est apparu, mon cœur a été rempli d’une joie indescriptible. Mon corps a commencé à trembler sous l’effet de l’intense émotion qui s’est emparée de moi à la vue du Pape François saluant sous le ciel d’Irak, et je suis restée en silence pendant un moment. Mes joues se sont couvertes de larmes de joie et d’émerveillement, et de nombreuses questions ont surgi en moi : Comment cet homme pouvait-il tout dépasser – la maladie, la fatigue, la pandémie, les circonstances de sécurité instables, comment pouvait-il tout oser afin de dire au peuple iraquien : « Je suis là avec vous. Je suis venu essuyer toute larme de vos yeux, porter votre douleur avec vous et vous donner l’espérance. Je viens vers vous comme un pèlerin repenti » ? Mais cela n’a duré qu’un instant, et les réponses à ces questions m’ont été données une à la fois.
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J’ai vécu des journées que je ne peux décrire que par un mot : le paradis sur terre. Je voyais le Pape François comme un père plein de tendresse, un frère patient, un homme jeune qui nous interpellait, un homme de Dieu, et non seulement un ami proche, mais je sentais qu’un lien très fort m’unissait à lui.
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J’ai senti que l’Esprit du Seigneur soufflait une fois de plus sur mon people souffrant et déchiré pour l’emplir d’un nouvel esprit, l’Esprit de Paix, de solidarité et de vraie citoyenneté. Et j’ai vu son écharpe blanche comme une colombe enveloppant l’Irak de la plénitude de sa présence pacifiante et rassurante ; et la bénédiction paternelle qu’il a donnée à notre peuple fut comme une onction avec laquelle il guérit nos douleurs et nos blessures. Dès que vos yeux voient le Pape François, ils se remplissent involontairement de bonheur ; son visage brille de la lumière du Seigneur et répand la joie dont nous avons besoin, surtout moi, afin de remplir mes profondeurs obscures et douloureuses de la lumière et de la joie du Seigneur Ressuscité. Le pèlerinage du Pape m’a beaucoup appris sur l’humilité et l’amour envers les vulnérables ; et j’ai vu que ma vie devait être un pèlerinage permanent vers Dieu et vers l’autre, vers le pardon, la compassion et la solidarité, vers de
nouvelles initiatives pour trouver la paix intérieure et pour que guérissent les blessures. Le Pape François est maitre en initiatives audacieuses. Sa visite à Son Éminence Al-Sistani a gravé en moi une profonde leçon qui me permet d’apprendre comment accepter l’autre, transcender toutes les différences, et respecter la religion, les croyances et la foi de l’autre, afin de pouvoir construire la nation avec notre humanité. La visite du Pape avait pour but de déclarer la paix sur une terre qui manquait de paix, et ses rencontres avec les représentants des autorités civiles et religieuses ont eu un impact historique et global à l’échelle mondiale, et un impact spirituel et humanitaire à l’échelle personnelle. Cette visite a invité le monde à se réveiller et à tourner les yeux vers cette terre gorgée de sang, de destruction, de marginalisation, de sectarisme et de corruption.
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La rencontre interreligieuse du Pape et sa prière avec les différents responsables religieux sous la tente de notre père Abraham est un message fort et profond pour dire que nous avons un Père qui aime nous voir unis et joyeux, et que nous pouvons construire un Irak prospère, un Irak vivant, à partir de nos différences. Et dans sa prière à Hawsh el bayaa’ à Mosul, j’ai appris de sa Sainteté que ni la brutalité de la destruction, ni l’injustice de l’homme, ni l’horreur des armes ne pourront tenir face aux personnes qui prient ; le Seigneur nous entend dans la profondeur de notre désespoir et de nos cœurs brisés, donc même les ténèbres sont lumière devant Lui. La mission de notre congrégation en Irak est l’éducation: accompagner les gens dans leur formation, qu’ils soient chrétiens ou non, et c’est clair dans nos institutions, dans différents domaines, indépendamment de la présence ou de l’absence de chrétiens. Même dans mon travail de professeur universitaire, ma présence est un témoignage du Christ et des valeurs chrétiennes. Mes étudiants et mes collègues à l’université appartiennent à des religions différentes, et étant religieuse, je traite tout le monde comme mes frères et sœurs, malgré l’immigration et la souffrance que nous avons endurées en raison de notre religion chrétienne, et qui ont été causées par d’autres Irakiens. Avec le Pape, nous avons prié pour une fraternité sincère et respectueuse entre tous.
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En nous rendant visite, il a affirmé à tout notre peuple, aux Chrétiens en particulier, et à moi personnellement que Dieu vit avec son peuple, qu’Il se penche sur nous depuis le Paradis et qu’Il nous assure de sa présence parmi nous, que nous sommes son peuple et que nous avons droit à une vie décente – d’où ce souffle de vie nouvelle que nous a apporté le Pape François, qui a fait de nous des personnes renouvelées, pleines de vie, d’énergie, de foi et de solidarité sur notre terre, malgré toutes les persécutions, les guerres et la souffrance.
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Le départ du Pape n’a pas été pour moi, ni pour le people irakien, la fin des jours de paradis mais plutôt un nouveau commencement pour une vie avec les autres, avec ceux qui sont différents de moi, dans le royaume terrestre. Nous sentons encore sa sainteté se déployer sur notre terre et dans nos profondeurs, et ses mots résonnent encore dans mon esprit et dans mon cœur. Le troisième jour, le Christ est ressuscité des morts, et nous, le peuple d’Irak, et moi spécialement nous avons vécu l’expérience de la résurrection pendant ces trois jours de visite du Pape, spécialement sa visite à ma ville natale de Qarakosh, trois jours de joie, de guérison, d’émerveillement, et de présence de l’Esprit Saint. Mon peuple et moi avons oublié toutes les blessures, la fatigue, la douleur, l’injustice d’ISIS, et la souffrance de la destruction, et la présence du Pape a été un miracle accompli pour nous. Un de nos frères musulmans de Babylone m’a confirmé, alors que nous parlions de la visite du Pape François, que c’est un véritable miracle pour nous et pour toute l’humanité. Il est vrai que je n’ai pas rencontré le Pape face à face et que je n’ai pas reçu la grâce de sa bénédiction, mais j’étais devant l’église de l’Immaculée Conception à Qaraqosh avec mon peuple, nous étions dans la joie et nous annoncions au monde entier que nous sommes un peuple vivant, un peuple qui aime la vie, un peuple qui aime la paix. Nous avons exprimé notre joie, notre exultation, nous avons dansé, tout comme le prophète David devant l’Arche de l’Alliance, pour célébrer la présence du Seigneur. Mon seul désir est de le rencontrer face à face et de lui dire un mot, « merci », et de lui exprimer l’amour et la gratitude de mon peuple. Enfin, je joins ma voix à celle du Pape François et je dis en toute foi et confiance : “Si Dieu est le Dieu de la paix – et il l’est – il ne nous est pas permis de faire la guerre en son nom. Si Dieu est le Dieu de l’amour – et il l’est – il ne nous est pas permis de haïr nos frères et sœurs”.
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Paix… Paix … Paix… Merci… Merci… Merci… Pape François !
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L’inspiration de saint François dans l’Encyclique “Fratelli Tutti”
Sr. Sheila Kinsey, FCJM Sr. Sheila Kinsey, Sœurs Franciscaines FCJM, Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie.
Sr. Sheila Kinsey, FCJM
L’INSPIRATION DE SAINT FRANÇOIS DANS L’ENCYCLIQUE “FRATELLI TUTTI”
Co-Secrétaire exécutive de la Commission JPIC UISG-USG.
Original en anglais
Introduction Ce que je vous propose ici est la réflexion d’une Sœur franciscaine sur Fratelli Tutti. J’ai essayé de lire l’esprit du message encyclique sur la fraternité et l’amitié sociale d’un point de vue franciscain. Vous pourrez, de la même manière, considérer ce message à partie de l’esprit du charisme de votre congrégation.
Pour sa dernière encyclique, Fratelli Tutti, le Pape François a de nouveau cherché l’inspiration de saint François. C’est une nouvelle occasion pour les religieux d’aider à semer ce message de fraternité et d’amitié sociale dans une église et un monde qui doivent répondre à cet appel urgent, face aux défis que nous rencontrons aujourd’hui. Pour nous aider à creuser notre réponse, le Pape François nous demande de considérer la fécondité personnelle de nos semences de bonté en nous posant les trois questions suivantes : 1) Quelles forces positives ai-je libérées ? 2) Quelle paix sociale ai-je semée ? Qu’ai-je réalisé au poste qui m’a été confié ? (FT 197) Essayons de répondre ensemble. Saint François parlait avec l’intégrité d’un cœur unifié. Il était cohérent dans sa réflexion sur lui-même et recherchait
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Réflexion sur Fratelli Tutti
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Sr. Sheila Kinsey, FCJM
L’inspiration de saint François dans l’Encyclique “Fratelli Tutti”
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les conseils de compagnons de confiance. Sa compréhension de sa vocation s’approfondit : s’il se voyait au début appelé à reconstruire matériellement l’église de Saint Damien (1 Celano 18), il se rendit compte qu’il s’agissait en fait de réédifier l’Église de Dieu. Si nous voulons être des messagers enthousiastes, nos vies doivent intégrer le message de l’Évangile – la bonne nouvelle. C’est pour nous un cheminement permanent, jour après jour. Nous sommes appelés à tendre la main vers les exclus et à trouver des manières de leur permettre d’acquérir un sens d’appartenance. En réfléchissant sur la parabole du Bon Samaritain, nous voyons que le temps est un cadeau précieux que nous pouvons donner aux autres. Nous pouvons aussi chercher des manières de défendre le bien-être des personnes en respectant leur dignité, en considérant leur besoin d’inclusion. Nous sommes invités à tendre la main avec passion, dans la rencontre et le dialogue. Nous devons ouvrir nos cœurs aux isolés et les accueillir comme appartenant à notre maison commune, tout comme saint François embrassa le lépreux (2 Cel 9) et se rendit compte après coup qu’il avait embrassé le visage du Christ. Ce ne fut pas juste un évènement, mais un processus qui lui apprit comment accompagner, assister et soutenir les membres les plus fragiles et les plus faibles (FT 64). Il y a dans l’ADN de l’être franciscain une révolution de tendresse. François est le paradigme d’une personne de paix. C’était un homme qui cherchait la paix en lui-même et qui invitait les autres à faire de même. Ses mots « paix et bien » étaient un appel pressant à créer sur la Terre un lieu de paix pour tous. Cette paix s’étendait à toute la création et comportait des aspects écologiques, tant sociaux qu’environnementaux. Nous devons chercher des chemins pour que l’unité soit plus forte que les conflits. François dissipa les querelles entre le maire et l’évêque d’Assise par le chant d’un couplet du « Cantique de la Création », avec les citoyens d’Assise en présence des deux opposants (MP 101). Le Pape François nous invite à considérer nos préoccupations politiques de la même manière que nous entrons en relation avec nos familles. Il nous demande de voir les opposants politiques comme nous voyons les disputes dans la famille, où les joies et les peines de chacun sont assumés par tous (FT 230). Nos différences d’opinion doivent être vues dans le contexte de l’amour et de l’intégrité de nos positions. Nous sommes encouragés à créer des lieux où le dialogue devient possible parce qu’il découle du respect de l’inhérente dignité de la personne et du désir de construire une maison commune. Aujourd’hui il nous « faut des artisans de paix disposés à élaborer, avec intelligence et audace, des processus pour guérir et pour se retrouver » (FT 225). Le bien que nous accomplissons dans la position qui nous est confiée appelle une réponse personnelle fondée sur nos compétences, capacités et opportunités à un niveau, et une réponse collective à un autre niveau. On ne peut pas y
Le temps est venu pour notre esprit franciscain de contribuer à la vitalité de notre église. Nous, les disciples de saint François, nous contribuons avec lui à actualiser la réalité du lien qui relie toute la création. Il chantait son admiration pour toute la création et même lorsqu’il marchait, il ôtait les vers de terre qui se trouvaient sur son chemin pour qu’ils ne soit pas écrasés. Telle était sa capacité de vivre ce qu’il disait. François entra en dialogue, avec l’aide d’un traducteur, avec Al Kamil, un Musulman, alors même que se livrait la bataille de la Croisade (1 Cel 422). Les deux hommes se montrèrent ouverts l’un à l’autre et la place spéciale que tiennent les Franciscains en Terre Sainte est due à cette rencontre. Aujourd’hui aussi, nous avons beaucoup d’occasions d’engager un tel dialogue. De même, « parler de “culture de la rencontre” signifie que, en tant que peuple, chercher à nous rencontrer, rechercher des points de contact, construire des ponts, envisager quelque chose qui inclut tout le monde, nous passionne » (FT 216). Nous devons être réactifs face à tout ce qui nous est demandé aujourd’hui. Il est important de de croire au pouvoir dynamique de l’ensemble de notre famille franciscaine, qui est meilleure que la somme de nos parties. Lorsque chacun d’entre nous apporte son humble contribution, nous nous rendons compte qu’« il y a une grande noblesse dans le fait d’être capable d’initier des processus dont les fruits seront recueillis par d’autres, en mettant son espérance dans les forces secrètes du bien qui est semé » (FT 196), en sachant que « la teneur spirituelle d’une vie humaine est caractérisée par l’amour » (FT 92).
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répondre une fois pour toutes, mais au quotidien, un jour à la fois. Les habitants d’Assise disent encore comment, quand François parlait à la foule rassemblée devant l’église Saint Rufin, il restait en prière aussi longtemps que nécessaire avant de partager le message du jour. La foule savait attendre. Il nous est demandé d’être constamment ouverts aux autres, quelle que soit notre tâche dans la vie. Nous sommes là pour répandre l’amour. Notre unique réponse est impérative. Nous répondons à partir de notre espace intérieur, en étant des contemplatifs en action. Ce lien est tellement intégré que c’est une action sacrée qui relie toute la création. Chaque journée présente de nouvelles occasions. « Nous disposons d’un espace de coresponsabilité pour pouvoir commencer et générer de nouveaux processus et transformations » (FT 77).
Sr. Sheila Kinsey, FCJM
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Pacte Mondial pour l’Éducation
PACTE MONDIAL POUR L’ÉDUCATION: ASPIRATIONS ET PLANS D’ACTION Commission de l’Éducation UISG-USG
La Commission de l’Éducation des deux Unions des Supérieures Générales et des Supérieurs Généraux (UISG-USG), a repris les travaux réalisés lors du Séminaire 2020 “Reconstruire le Pacte Mondial pour l’Éducation “, qui s’est tenu les 12, 13 et 14 novembre, et qui était dirigé par Miriam Subirana et Pep Buetas sur la base d’une enquête appréciative. Le document qui en résulte est le résultat d’un travail de synthèse de toutes les contributions parvenues sur les déclarations d’aspirations et les plans d’action et qui a été élaboré ultérieurement. Dans ce numéro du Bulletin (et aussi dans les suivants), nous vous proposons quelques extraits de ce document. Nous espérons que le lancement du Pacte mondial pour l’Éducation sera une impulsion qui favorisera le changement dans notre façon d’éduquer, dans notre façon de voir la personne, d’être présent dans le monde dans lequel nous vivons. Nos rêves pour l’avenir et pour une école différente dans un monde que nous voulons changer, coïncident. Rêvons ensemble en construisant ce monde plus humain pour tous!
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Inspiration Aspirationnelles
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1 . Inspirés par l’Alliance de Dieu avec l’humanité, nous avons uni nos forces à celles de nombreuses personnes du monde entier, en forgeant un pacte qui doit donner une impulsion à un plan d’éducation mondial, avec lequel nous pouvons sympathiser et apprendre à connaître les autres, dans un cercle de danse, de rencontre et de dialogue. C’est un pacte qui ouvre nos cœurs pour donner la vie, pour combler les lacunes et franchir les ponts, pour offrir aux prochaines générations la confiance et l’espoir dans la culture de la rencontre. 2 . Jésus nous inspire à traiter tous les êtres humains comme des frères, afin de créer un monde fraternel et inclusif, au service des plus vulnérables. Nous sommes les gardiens de notre maison commune et, avec les jeunes générations, nous avons élaboré des projets pour rendre ce monde plus humain et rempli d’amour, et notre humanité fraternelle, sympathique et pacifique. 3 . Je suis une créature, je suis la Terre : je suis consciente d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle et d’un avenir partagé par tous (Laudato Si’ 202). Je suis digne, dans tous les coins de notre planète et dans chaque situation personnelle. L’égalité fait de nous des frères et des sœurs, elle nous relie les uns aux autres, et Dieu nous révèle que son univers grandit avec l’humanité et, ce faisant, il nous engage à le protéger. Nous sommes les novices d’une sagesse globale. 4 . Bénis soient ceux qui sont exempts de préjugés et de discrimination ! Nous
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accueillons chaque personne comme un don à déballer, au service de son développement humain et spirituel, afin que le rêve de Dieu se réalise en elle. Nous sommes bénis, car nous sommes interconnéctés et engagés dans le développement d’un plan d’éducation pour la joie et le bonheur de tous. Les actions éducatives révolutionnent le monde et donnent de l’espoir à l’humanité. Notre objectif est de créer un monde qui puise sa richesse dans sa diversité, dans lequel chacun a un visage rayonnant, qui reflète la beauté et la grandeur de Dieu. Nous vivons dans un nouvel humanisme, centré sur l’individu et basé sur l’égalité, l’inclusion et l’amélioration, dans le cadre de relations fraternelles. En tant qu’êtres huma ins, nous sommes naturellement liés à nous -mêmes, aux autres, à Dieu et à l’entretien de notre maison commune, étant engagés dans le processus de changement du monde. Nous avons essayé de construire un monde de fraternité et de communauté avec Dieu ; dans ce monde, il y a la collaboration, la paix intérieure, la confiance en soi et dans les autres, l’aide mutuelle, la communion de pensées et le pardon. Chacun a sa place, chacun est engagé et impliqué, et nous faisons tous l’expérience d’une nouvelle synergie humaine.
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1. Nous sommes des communautés éducatives vivantes, ouvertes et fraternelles, capables de prendre des décisions de manière synodale, avec des priorités bien définies approuvées par l’ensemble de notre communauté. En tant qu’enseignants et membres de familles, nous vivons la révolution systémique du paradigme éducatif avec passion, en mettant toujours les enfants au centre de notre action, en tant que sujets responsables et agents de leur processus d’apprentissage; nous sommes constamment impliques dans des processus d’accompagnement des élèves et nous veillons à leur sécurité. 2 . Nous sommes une communauté éducative engagée et courageuse, toujours orientée vers le bien commun, ou les pratiques éducatives coïncident avec notre volonté de rendre nos étudiants responsables, créatifs et compétents, afin de révolutionner le monde qui nous entoure. 3 . Nous déclarons que, dans notre communauté éducative, la dignité de chacun est respectée, les différences, l’unicité et les droits de chacun sont accueillis et un dialogue égalitaire est encouragé. Nous avons confiance dans le potentiel de chaque étudiant et accordons la liberté à tous. Nous sommes à l’écoute des besoins, des possibilités et des rêves de chaque personne avec laquelle nous vivons; nous guidons leur développement personnel et, ensemble, nous renforçons leur vocation à la transformation de la société. “Nous sommes une communauté de paix et de fraternité, car la dignité humaine est respectée en elle”. 4 . Nous représentons la dignité, parce que nous vivons comme des frères et des sœurs, capables d’aimer et d’être aimes, de dialoguer, de respecter, de collaborer, d’apprécier les autres et de prier ensemble. 5. En tant que communautés éducatives, notre conscience critique découle du
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Communauté éducative
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dialogue et du discernement, qui nous permettent d’analyser nos contextes locaux, de rechercher avec engagement la vérité et les solutions concrètes aux défis de notre temps, favorisant ainsi des sociétés accueillantes, solidaires, justes, inclusives et participatives. 6 . Comme dans un orchestre, distingue par la nature de la rencontre, nous sommes une communauté éducative en réseau, qui écoute les différents sons produits par la pluralité des Visages, Voix et Sons de la Contemporanéité. Pleins de bonheur, nous vivons dans la symphonie de l’engagement, toujours en servant et en prenant soin des autres de manière désintéressée, dans une participation et une coopération créative, pour générer la vie et promouvoir l’éducation. 7 . Les valeurs fondamentales de l’enseignement social catholique sont actives et intégrées à tous les niveaux de notre environnement éducatif. En tant que modèle vivant, la communauté éducative inspire, anime et éduque les enfants et les jeunes pour qu’ils soient des agents de changement, des protagonistes du développement de leur société et des gardiens de notre maison commune. 8 . Nous sommes une école inclusive, qui éduque les jeunes à s’ouvrir au monde; dans nos écoles, tous les membres savent comment vivre comme des frères et sœurs. Pour créer une telle école, nous avions besoin d’un espace pour impliquer tous les protagonistes dans notre discussion et notre dialogue, pour définir nos objectifs et nos plans d’action: nous avons créé des comités, organise plusieurs réunions et des séminaires d’information. Pour prévenir et réparer toute rupture dans notre harmonie, nous avons des espaces dédiés à la rencontre et au dialogue sur tous les thèmes qui nous permettent d’avancer: dans les conseils d’école, dans les réunions d’évaluation, dans la résolution des difficulté. Pour continuer à se développer et à grandir, notre école recherche les bonnes pratiques, en s’ouvrant et en collaborant avec d’autres organismes (au sein de l’école, dans la zone géographique du pays et au niveau national, ainsi qu’au niveau international), au sein des réseaux locaux et internationaux! La devise de notre école, comme le dit le proverbe, est “seul, nous allons plus vite, mais ensemble nous allons plus loin”. 9 . Nous éduquons et nous réalisons notre tâche dans une école où nous vivons notre vocation, entre pairs, dans une communauté et un milieu harmonieux, en prenant constamment conscience de notre tâche à partir de ce que nous pouvons apprendre du passe, du présent et de l’avenir. Nous visons à construire la fraternité en intégrant la diversité, qui détruit les murs avec une conscience sociale, écologique et empathique 10. Notre école est OUVERTE à tous. Inspirée par sa nature même, elle crée des liens, tisse des relations et se connecte à la réalité. Nous y participons TOUS, en faisant ban usage de la diversité, de la richesse, de l’originalité et du changement. Chacun est important et participe au développement du potentiel des autres, ce qui est surtout une chance pour les marginalises de notre société. Notre école est une école “humaine”, qui s’émeut lorsqu’un enfant sourit, qui donne une voix ace qu’il ressent, en acceptant ses inconvénients et en ayant le courage de donner la priorité ace qui compte vraiment.
Networking 1 . Nous sentons avec joie que nous avons visé le bien commun, en élaborant ensemble des pactes éducatifs qui nous permettront de construire, entre autres, des institutions de paix, de justice et de productivité. 2 . Nos institutions coopèrent au sein de réseaux fraternels et de collaboration; le dialogue et la coopération ouverte sont permanents, grâce à la recherche commune de pactes qui peuvent avoir un grand impact sur la société, la
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Plans d’action a . Promouvoir des espaces de rencontre, de dialogue et d’accueil, afin de construire harmonieusement la communauté que nous désirons et de partager ce qui nous plaît et ce qui nous donne de l’énergie. b . Créer des liens a tous les niveaux, y compris au sein des familles. Tous les acteurs de la communauté éducative doivent être également protagonistes de notre action, dans un réseau global impliquant d’autres institutions et organisations, même celles concernant l’économie. c . Développer une école ou les processus d’humanisation sont généralisés dans chacune de nos actions, en créant des liens de communion et en partageant les ressources disponibles. d . Travailler dans la beauté et le modèle organisationnel du milieu scolaire, afin d’accueillir tout le monde, avec une attention particulière pour ceux qui ont des besoins particuliers. e . Impliquer les enseignants, les élèves, les gestionnaires, les familles, les comités exécutifs, etc., dans le projet éducatif et les questions les plus urgentes, concernant : la dignité humaine, les droits et les responsabilités de l’homme (par exemple le soin de la création et l’écologie intégrale, l’autonomisation des personnes vulnérables, la justice économique et la promotion de la paix dans notre monde fragmenté). f . Impliquer la communauté éducative dans son ensemble et en particulier les familles, premiers éducateurs d’un enfant. g . Forger des alliances en formant des groupes hétérogènes, ou tous les participants se sentent représentés et au service de leur communauté. h . Etablir des liens avec les groupes d’intérêt et coopérer avec eux dans le cadre de plans locaux et régionaux. i . Accueillir et impliquer les personnes que nous côtoyons dans notre action éducative. j . Accepter et valoriser la richesse de la diversité multiculturelle. k . Ouvrir la voie à la participation de la communauté a la vie de l’école. l . Sensibiliser toutes les personnes concernées à l’importance de l’éducation, de la participation et de l’ouverture à la créativité. m . Construire des communautés religieuses de référence. n . Consacrer chaque jour du temps a la méditation individuelle et commune avec les personnes de notre communauté éducative. o . Organiser une réunion de célébration pour faire connaissance. p . Etablir une liste de nos groupes d’intérêt actuels et une carte des acteurs externes. q . Encourager la coopération et le dialogue intergénérationnels.
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transformer et générer la vie grâce au sentiment d’appartenance et à l’engagement de tous, dans un excellent travail d’équipe qui crée une synergie et un bonheur généralisés. 3 . Nous avons vécu la grande prophétie du Pacte mondial pour l’éducation, inspiré par l’amour et la fraternité universels, qui place l’homme au centre de son action. Nous collaborons au sein d’un RÉSEAU, avec des compétences de délibération et des dons qui nous mènent sur notre chemin commun. Nous visons à donner du pouvoir aux gens, en reconnaissant et en valorisant “leur voix”; cette voix est unique et plurielle, toujours ouverte à la diversité qui enrichit l’expérience spirituelle et humaine. Nous partageons un rêve commun : Éduquer. Éduquer signifie prendre soin de la personne en elle, vivre et mettre à sa disposition tout un monde d’opportunités, de compétences et de rêves qui constituent le Village humain. 4 . Grâce au travail en réseau, nous pouvons réellement donner vie au Pacte mondial pour l’éducation. Nous sommes une grande équipe internationale qui travaille dans des écoles où tous les garçons et toutes les filles sont scolarisé s. L’école que nous visons est ouverte, inclusive, missionnaire et évangélisatrice: elle n’a pas de barrières, elle offre des solutions, elle va de l’avant, elle travaille avec des enseignants qualifiés et formés au sein de communautés d’apprentissage. Nous nous soutenons les uns les autres et nous nous sentons soutenus par la force et l’énergie du travail en réseau. 5 . Les établissements d’enseignement et les familles coopèrent également en réseaux, en promouvant la dignité humaine et en veillant à ce que tous se sentent impliqués; tant les écoles que les familles sont engagées dans le développement de la personne, visant une éducation universelle de qualité, comprise dans son sens le plus large.
Plans d’Action -
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Approfondir l’analyse et mettre en œuvre les principes fondamentaux du Pacte mondial pour l’éducation et ses implications, pour le transformer en une pratique éducative à suivre en équipe, en tissant des réseaux. Créer à l’UISG et sous la coordination de l’Office international de l’enseignement catholique des ponts entre les pactes et les réseaux existants. Créer un réseau international pour la formation des enseignants dans le cadre des orientations stratégiques du Pacte mondial pour l’éducation. Tisser des réseaux de communication avec d’autres écoles catholiques. Planifier la création de réunions internationales numériques et thématiques. Coopérer avec les réseaux existants, pour travailler pour le bien commun et pour la défense de la vie. Créer une plateforme de communication qui lie notre action à des projets éducatifs partagés. Participer à une école pèlerine de collaboration, pour parcourir ensemble notre chemin commun de fraternité éducative. Partager des ressources - telles que les connaissances et les compétences nécessaires pour rédiger des bourses, des articles, des textes relatifs à l’éducation, etc. - avec les écoles qui n’ont pas un accès égal à une éducation de qualité.
LA VIE À L’UISG
La Vie à L’UISG
Du Bureau de la Secrétaire Exécutive En septembre 2021 l’équipe de l’UISG s’est à nouveau rassemblée, après de nombreux mois de télétravail. Comme pour beaucoup d’entre vous, nos vies ont changé après ces mois de confinement. Je tiens à remercier de votre part l’équipe de l’UISG pour son travail, qui sous différentes formes a assuré la continuité du service de l’UISG aux responsables et aux membres des congrégations pendant cette période difficile. Nous vous savons gré des nombreux messages de remerciement que nous avons reçus, et nous avons rendu grâce d’avoir les moyens technologiques qui nous ont permis de travailler en ligne dès le début du confinement – ce qui a été rendu possible en grande partie grâce à la générosité de deux congrégations des États-Unis, et au soutien de Fondations. Cela a énormément aidé l’UISG dans son effort pour rejoindre ses membres du monde entier et pour permettre leur participation dans plusieurs langues.
Les mois qui viennent sont importants pour l’UISG, car nous commençons à préparer l’Assemblée 2022. Elle aura lieu sur plusieurs mois afin d’encourager un maximum de participation. Tout en espérant que de nombreuses supérieures de congrégations seront en mesure de voyager en mai 2022, nous avons élaboré un processus en quatre parties afin de ne pas exclure celles qui ne pourront pas voyager. Voici les étapes que nous avons prévues : 1 ère partie, le14 mars : 2 ème partie, le 4 avril : 3 ème partie, 2-6 mai : 4 ème partie, le 11 juillet :
Approfondissement du Thème “Embrasser la vulnérabilité sur le chemin synodal” Que voyons nous émerger, alors que nous préparons l’Assemblée du mois de mai ? Assemblée et audience avec le Pape François (5 mai) Les fruits que nous pouvons en tirer
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Comme nous le savons, alors que certaines parties du monde ont déjà reçu les vaccins nécessaires, d’autres en sont encore dépourvues. Nous continuons à demander que tous les habitants du monde aient accès aux vaccins, surtout ceux des régions les plus pauvres. Nous travaillons avec de nombreuses entités différentes à travers le Sisters Advocating Project et en collaboration avec le Covid Health Task Force mis en place par le Dicastère pour le Développement Humain Intégral. Nous demandons aux Sœurs du monde entier de faire connaitre aux habitants locaux les bénéfices du vaccin, pour contrecarrer la désinformation si largement répandue. Il existe dans de nombreux pays des réseaux de Sœurs Ambassadeurs travaillant activement dans les écoles, les paroisses, les cliniques et les hôpitaux afin de fournir l’information appropriée. Vous trouverez des informations utiles en anglais, italien et espagnol sur le site du Dicastère : https:/ /www.humandevelopment.va/it/vatican-covid-19.html . Faisons ce que nous pouvons pour apporter notre pierre partout où nous vivons et où nous exerçons nos apostolats.
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Nous encourageons nos membres à noter ces dates dans leurs agendas et à participer comme vous le pourrez – en présentiel ou en ligne. C’est un moment important de réunion pour les responsables des congrégations religieuses, en ce temps où nous nous joignons à l’Église du monde entier pour le processus synodal.
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Les différents projets UISG n’ont cessé d’avancer pendant ces temps difficiles. Le Bureau UISG pour les Soins et la Protection soutient la nouvelle Commission mixte UISG-USG pour les Soins et la Protection. De nombreux webinaires ont été proposés aux Supérieures Générales et à leur Déléguées sur différents aspects de la protection des mineurs et des adultes vulnérables. Nous continuons à encourager les Supérieures Générales à nommer une Déléguée pour la Protection qui puisse participer à ces importantes réunions en ligne. La Déléguée pour la Protection est la personne nommée au niveau de la Congrégation pour aider la Supérieure Générale et son Conseil à instruire et former les membres dans le domaine des soins et de la protection, à assurer la mise en place des politiques et procédures, et à mener des évaluations périodiques. Cette personne peut également être entourée d’une équipe afin que les soins et la protection soient au cœur de ce que nous sommes et de ce que nous faisons en tant que religieuses. Veuillez contacter Mme Claudia Giampietro au Bureau UISG pour les Soins et la Protection (safeguarding@uisg.org) pour inscrire la Déléguée Protection de votre congrégation, ou bien si vous avez besoin d’aide ou d’informations. Début 2022, UISG-USG et la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs publieront conjointement les présentations des webinaires passés, qui seront disponibles en trois langues (italien, espagnol, anglais).
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La Commission mixte pour les Soins et la Protection travaille en étroite collaboration avec la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs et le nouvel Institut d’Anthropologie et d’Études Interdisciplinaires sur la Dignité humaine et le Soin (IADC) de l’Université Grégorienne. Ce nouvel Institut propose plusieurs cours à différents niveaux, et un nombre croissant de sœurs s’y inscrivent pour recevoir une formation spécialisée dans le domaine des soins et de la protection. Les cours sont dispensés en anglais et en espagnol. Vous trouverez davantage d’information aux liens suivants : https://www.unigre.it/en/events-and-communication/communication/newsand-press-releases/creation-of-the-institute-of-anthropology-iadc/ https://www.tutelaminorum.org Enfin nous voulons vous encourager à engager votre congrégation dans le développement d’une plateforme d’action Laudato Si’, pour répondre avec la communauté catholique du monde entier à l’appel du Pape François à participer aux sept années de parcours vers la durabilité et l’écologie intégrale. Cet engagement marque notre volonté en tant que religieuses d’assumer l’appel urgent de Laudato Si’ à écouter la clameur de la terre et la clameur des pauvres et à y répondre, en en faisant une priorité de congrégation. Vous trouverez davantage d’informations sur le site Semer l’Espoir pour la Planète - https://www.sowinghopefortheplanet.org/ Nous découvrons les avantages de la collaboration et du travail en réseau dans le monde entier afin de répondre à l’appel du Pape François à une conversion écologique personnelle et communautaire.
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Nouvelles
Sisters Empowering Women: une série de webinaires avec et sur les religieuses L’UISG a promu une série de 6 webinaires sur 7 mots-clés du Magistère du Pape François : la synodalité, l’éducation, l’économie, la santé, la paix, les soins et le plaidoyer (advocacy). L’encyclique Fratelli Tutti nous a accompagnés tout au long de ce parcours, qui s’est déroulé en ligne de mars à juillet 2021. L’objectif de cette série était de montrer comment les religieuses du monde entier, quelle que soit la mission qu’elles exercent, réussissent à tisser cette fraternité et cette sororité humaine à travers l’autonomisation (empowerment) des femmes en particulier et du peuple en général. Toutes les intervenantes étaient des religieuses exerçant des charges dans les Universités pontificales, dans les Dicastères du Vatican, ou engagées dans la mission sur le terrain, sur les thèmes choisis. Presque 2 000 personnes ont participé à ces webinaires. Pour la première fois ces évènements se sont déroulés en 8 langues : aux langues internationales nous avons ajouté le polonais, l’arabe et l’allemand. Un défi et un investissement afin que les sœurs se connaissent entre elles. Pour revoir les enregistrements dans les 8 langues, veuillez utiliser le lien http:// bit.ly/Empowering2021
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Devenir des frères, devenir des sœurs La Vie Consacrée au Service de la Fraternité dans un Monde Blessé Une rencontre UISG-USG sur Fratelli Tutti - 26-27-28 mai 2021 Cette réunion conjointe des membres de l’USG et de l’UISG est née d’un désir croissant, au niveau des exécutifs de l’USG et de l’UISG, de donner l’occasion aux responsables des congrégations féminines et masculines de se rencontrer et de réfléchir ensemble à des sujets importants en cette période de défis pour l’Eglise et le monde. La structure et le mode de fonctionnement des deux Unions sont très différents. L’USG tient deux Assemblées par an, en mai et en novembre, tandis que l’UISG se réunit en Assemblée une fois tous les trois ans. Habituellement, environ 125 membres de l’USG assistent à leurs Assemblées et il a donc été décidé qu’un nombre similaire de Supérieures Générales de l’UISG serait invité à se joindre à l’Assemblée de mai. Le thème choisi était La Vie Consacrée au Service de la Fraternité dans un Monde Blessé. Les participants de l’UISG comprenaient d’abord les membres du Conseil Exécutif de l’UISG et les délégués des Constellations de l’UISG dans le monde entier. Ensuite, les autres participants ont été sélectionnés pour représenter d’autres parties du monde et des participants supplémentaires ont été ajoutés à partir des grandes constellations. Il s’agissait d’une première réunion historique qui a été amplement appréciée par tous les participants. Il est prévu d’organiser d’autres réunions au fur et à mesure que nous entreprenons un voyage synodal ensemble, au cours duquel d’autres membres de l’UISG seront invités à participer.
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Une Plateforme Laudato Si’ Le mois de mai 2021 a vu la conclusion de l’Année spéciale dédiée à Laudati Si’ et la présentation de la Plateforme Laudato Si’ avec des initiatives et des ressources pour les congrégations pour les sept années à venir : un thème par an. L’UISG collabore avec le Dicastère pour le Développement Humain Intégral à travers la campagne « Semer l’espérance pour la planète », en la personne de Sr Sheila Kinsey, coordinatrice de l’initiative. Sr Sheila a réussi à créer une bonne base de données des Sœurs chargées de la mission « Écologie intégrale » pour leurs Congrégations. Le mouvement « Religieuses Laudato Si’ » est un véritable mouvement (critical mass) spirituel et concret qui nous exhorte à prendre soin de notre maison commune. Un site entièrement dédié à Laudato Si’ a été ouvert : http://bit.ly/Empowering2021 Pour suivre les nouvelles de la Campagne, veuillez visiter www.sowinghopefortheplanet.org
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Communication digitale et pandémie « Les congrégations qui avaient déjà une série d’espaces virtuels mis à jour, ont pu vivre l’isolement de façon plus relationnelle et aussi répondre, d’un point de vue missionnaire et pastoral, avec davantage de promptitude et de créativité aux besoins de leurs contextes.” Plusieurs congrégations ont sollicité une réflexion sur ce qui a changé dans notre relation aux technologies de l’information et de la communication pendant la pandémie : ce que nous avons appris et comment tirer profit de ce capital. Que puis-je faire dans ma réalité pour utiliser au mieux ce que nous avons appris ? De quoi ai-je besoin pour apprendre à vivre les deux dimensions, virtuelle et matérielle, de façon à ce qu’elles se complètent mutuellement ? La réalité d’aujourd’hui est à la fois virtuelle et matérielle : nous vivons tout naturellement dans le virtuel depuis un an et demi ; le défi est de ne pas perdre ce potentiel et de nous former à vivre ces deux dimensions du réel, comme consacrées, avec responsabilité et dans un continuel discernement digital. Le Bureau Communication de l’UISG, en collaboration avec les bureaux de communication de quelques congrégations, a rédigé un document comportant des réflexions et des questions pour le dialogue et le discernement – au niveau personnel et à celui de l’institut – intitulé « Communication et Pandémie ». Ce document est disponible sur le site de l’UISG www.uisg.org en 3 langues. Collaboration entre Supérieures (Leaders) et communicatrices Au mois de mai s’est déroulé un dialogue entre Supérieures et communicatrices de différents instituts avec l’objectif de chercher quelles peuvent être les bonnes pratiques pour faciliter la collaboration entre ces deux réalités de la même congrégation pour le bien de la mission. La communication digitale joue aujourd’hui un rôle essentiel : nous ne pouvons éviter de communiquer, parce que d’autres le feront à notre place. Ceci pose à la vie religieuse féminine des questions et des défis nouveaux : investir dans la communication e dans la formation des sœurs. Pour soigner la communication il
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faut une collaboration efficace entre les supérieures et les sœurs (ou les laïcs/ laïques ) chargé(e)s de la mission de communiquer. Pour télécharger le document en espagnol, anglais ou français, veuillez utiliser le lien : https://bit.ly/3gyqKVK
UISG - Bulletin Numéro 175, 2021
Les Sœurs et le Plaidoyer Mondial : Projet UISG sur le Plaidoyer (Advocacy) “Les Sœurs sont impliquées dans tant d’aspects de la vie d’aujourd’hui, en particulier aux côtés de ceux qui sont en marge de la société. Nous sommes impliqués dans l’éducation et les soins de santé, ainsi que dans le développement communautaire, et également dans les questions émergentes telles que la traite des personnes, la migration et les soins de la Terre.En tant que Sœurs, nous voulons voir comment nous pouvons marcher aux côtés des gens, être leurs compagnons, les aider à se faire entendre et élever nos voix pour eux aussi. Nous sommes particulièrement préoccupés par la protection de l’environnement, que nous voyons être dévasté et détruit quotidiennement, et par les effets du changement climatique, qui affectent notre vie commune sur Terre. C’est notre maison commune et nous voulons travailler ensemble avec toutes les personnes de bonne volonté pour créer le changement.” (Sœur Patricia Murray, Secrétaire Exécutive de l’UISG) Il s’agit du dernier-né des projets de l’UISG : il promeut des initiatives pour aider les sœurs à organiser des campagnes de sensibilisation et de communication afin de faire connaitre la mission des Sœurs dans le domaine de la santé, de l’écologie et de la traite des personnes. Pour en savoir plus, veuillez contacter advocacy.coordinator@uisg.org ou visiter le site www.uisg.org
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ST AFF STAFF SECRETARIAT
Sr. Patricia Murray, ibvm Secrétaire Exécutive Rosalia Armillotta Assistante Secrétaire Exécutive
FINANCES
Aileen Montojo Administratrice des Finances Sr. Sunitha Luscious, zsc Assistante Administratrice des Finances Patrizia Balzerani Secrétaire Membership
COMMUNICATION
segretaria.esecutiva@uisg.org 0668.400.236 ufficio.segreteria@uisg.org 0668.400.238 economato@uisg.org 0668.400.212
assistente.economato@uisg.org 0668.400.249
Patrizia Morgante Responsable Communication Sr. Thérèse Raad, sdc Bureau de Communication (Volontaire)
comunicazione@uisg.org 0668.400.234 comunicazione@uisg.org 0668.400.233
Antonietta Rauti Coordinatrice Bulletin UISG SERVICES
PROJETS
UISG - Bulletin Numéro 163, 2017
bollettino@uisg.org 0668.400.230
Bianca Pandolfi UISG Information Office Svetlana Antonova Assistante Technique des Services Generaux
info@uisg.org assis.tec@uisg.org 0668.400.250
Sr. Florence de la Villeon, rscj rete.migranti@uisg.org Coordinatrice Internationale Projet Migrants 0668.400.231 Sr. Gabriella Bottani, smc Coordinatrice Talitha Kum Sr. Mayra Cuellar, mb Talitha Kum Database
coordinator@talithakum.info 0668.400.235
Sr. Mary Niluka Perera, sgs ccc@uisg.org Catholic Care for Children International 0668.400.225 Claudia Giampietro safeguarding@uisg.org Office for Care and Protection 0668.400.225 Sr. M. Cynthia Reyes, sra UISG Programme Formation Paula Jordão Formation Coordinator Giulia Oliveri Grant Manager Canon Law Council
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UISG
formators.programme@uisg.org 0668.400.227 formation@uisg.org 0668.400.245 gm@uisg.org 0668.400.229 canoniste@uisg.org
0668.400.223