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Sport-Bikes n°103

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EN CADEAU DANS CE NUMÉRO

LA PLANCHE DE STICKERS 100% FRENCHIES !

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LE MAG RACING #1

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GRAND PRIX WSBK / FSBK ENDURANCE

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DEC.2016 - JAN.2017 - N°103

À DÉCOUVRIR ÉGALEMENT DANS CE NUMÉRO : /// INTERVIEWS / PORTRAITS : LES CHAMPIONS 2016 À L’HONNEUR /// MOTOGP : À LA DÉCOUVERTE DE LA RED BULL ROOKIES CUP /// ENDURANCE : DÉJÀ EN 2017 AVEC UN BOL D’OR MÉMORABLE /// ESSAI FSBK : LE GMT94 NOUS A PRÊTÉ SA YAMAHA YZF-R1 !

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SOMMAIRE

SPORT-BIKES #103

RUBRIQUES 10 16 20 22 24 69 85 112 113 114

✪ ARRÊT SUR IMAGE ✪ LES NEWS DE LA PLANÈTE RACING ✪ LA REVUE DE PRESSE ✪ LU ET ENTENDU ✪ CHRONIQUE : DANS LE VISEUR D'ARNO21 ✪ LA CHRONIQUE MÉDICALE DE LILIAN ✪ CHRONIQUE : C’EST JAKUTO QUI LE DIT ✪ LA BOUTIQUE SPORT-BIKES ✪ ABONNEZ-VOUS AU MAG RACING N°1

SPÉCIAL CHAMPIONS 2016 26 50 58 70 80 86 91 98

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DANS LA COURSE

✪ LE SHOPPING 100 % RACING

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✪ MOTO3 : BRAD BINDER, ALIAS BRADICAL ✪ WSBK : JONATHAN REA ET SON ENTOURAGE ✪ WSSP : KENAN SOFUOGLU, LE ROI DE LA 600

✪ MOTO2 : LA VICTOIRE JUSQU'AU BOUT... ✪ MOTO3 : LA MÉTHODE AJO PAIE À NOUVEAU ✪ WSBK : CHAZ DAVIES FAIT TREMBLER KAWA ✪ ENDURANCE : UN BOL TRÈS CHAUD ✪ FSBK : KENNY FORAY TERMINE EN APOTHÉOSE

MAGAZINE

✪ MOTOGP : MARC MARQUEZ SE (DÉ)LIVRE ✪ MOTO2 : JOHANN ZARCO, HOMME DE DÉFI

✪ MOTOGP : ON EN REDEMANDE !

38 44 62 102

✪ MOTOGP : 2017 EST LANCÉ ! ✪ MOTOGP : QUI A L'ESPRIT DE COMBAT ? ✪ MOTOGP : LA RED BULL ROOKIES CUP ✪ ESSAI RACING : LA YAM R1 DU GMT94

✪ ENDURANCE : LE SERT AU TRAVERS DES ÂGES ✪ ENDURANCE : LE BILLET DE LUCAS MAHIAS ✪ FSBK : CHECA, LAGRIVE ET CLERE

❱❱ ET NOTRE PLANCHE DE STICKERS 100% FRENCHIES !

DÉCEMBRE 2016 - JANVIER 2017

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DÉCEMBRE 2016-JANVIER 2017

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Par Mat Oxley /// Photos PSP Swiderek / Jagielski & REd bull CONTENT POOL

CONFIDENCE

MOTOGP

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MARC MARQUEZ

“J'AI PAYÉ LE PRIX FORT” Marc Marquez a remporté son troisième titre en quatre saisons en MotoGP avec un mélange parfait de vitesse et de régularité. Mais il insiste sur le fait que rien n'a été aussi facile que les apparences pouvaient le laisser penser…

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ENCOOORE ! MOTOGP

L'issue de la saison 2015 tapissait nos papilles d'amertume. Celle de 2016 nous laisse en appétit ! Quel championnat ! 18 courses, un mercato lancé très tôt, neuf vainqueurs, un indiscutable chef (étoilé pour la cinquième fois de sa jeune carrière malgré une entrée en matière délicate), un plateau de machines de plus en plus riche et homogène, des dépassements parfois si goûteux qu'il y avait de quoi s'en étrangler… Tous ces ingrédients ont fait du MotoGP un véritable festin. On en veut encore ! Et ça tombe bien : 2017 s'annonce très gourmand.

MARQUEZ NEUF SUR DIX

Il n'est pas passé loin du sans-faute. Jusqu'au Grand Prix du Japon, théâtre surprise du sacre qui lui semblait toutefois promis, Marc Marquez s'est montré irréprochable. Prudent quand il le fallait, incisif quand il le sentait, l'Espagnol a tracé sa route vers le titre à grands coups de gaz ravageurs, en terminant toutes les courses dans les points. Mais à partir de Motegi, le bilan s'est légèrement gâté… "C'est sûr que ces deux chutes en Australie et à Sepang n'étaient pas la meilleure façon de célébrer mon titre", lançait Marc dans un sourire pincé avant le GP de Valence. Derrière la plaisanterie, le champion 2016 savait que sa mission n'était pas tout à fait terminée. Outre ramener le titre pilote, MM93 est (bien) payé pour contribuer aux titres constructeur et team qui, s'ils ont un très faible retentissement auprès du grand public, comptent beaucoup pour… les constructeurs et les teams. Avant le round final, Honda comptait 21 points d'avance sur Yamaha. Si Jorge Lorenzo, en état de grâce sur le tourniquet valencien, offrait aux hommes en bleu les 25 points de sa victoire, Marc, après un départ raté à cause d'un wheeling incontrôlé, remontait superbement à la 2e place et assurait le 22e titre constructeur de Honda en catégorie reine (contre 14 pour Yamaha). Du côté des teams, en revanche, le duo Lorenzo (1er) / Rossi (4e) prenait sur le circuit Ricardo Tormo l'ascendant sur Marquez (2e) / Pedrosa (chute) et cimentait ainsi pour Movistar Yamaha MotoGP le statut d'équipe la plus forte en 2016. Avec les deux titres les plus importants à la clef, Marc Marquez a de quoi se montrer largement satisfait. Mais pas pleinement. "Même si le bilan de la saison est très positif, je me donne 9/10 : mes erreurs lors de la tournée outre-mer m'empêchent de m'attribuer la note maximale", souriait-il à nouveau, cette fois au soir du GP de Valence, bien conscient toutefois qu'un seul titre 2016 restera dans les annales : le sien ! 32

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SYNTHÈSE MOTOGP ARAGON / JAPON / AUSTRALIE / MALAISIE / VALENCE

PAR TOMMY MARIN /// PHOTOS PSP SWIDEREK / JAGIELSKI

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Le plus grand nombre de victoires d'un même pilote cette année, à mettre au crédit de Marc Marquez.

ROSSI / LORENZO LA FIN D'UNE ÈRE

Pour la troisième saison consécutive, Valentino Rossi termine vice-champion du monde. Et pour le coup, aucune controverse ne peut le dédouaner : l'Italien était tout simplement moins fort que son ennemi préféré. Enfin, que l'un de ses deux ennemis préférés… Car Jorge Lorenzo, champion 2015 dans un contexte digne des plus grands chefs-d'œuvre de la dramaturgie grecque, doit cette fois s'incliner face à celui qui, sept saisons durant, se sera avéré un coéquipier aussi difficile à vaincre qu'envahissant. Après Rossi fin 2010, c'est au tour de Lorenzo de quitter l'équipe officielle Yamaha pour celle de Ducati. Au total, l'Espagnol aura piloté la M1 Factory pendant neuf ans et remporté trois titres à son guidon. L'Italien en est, de son côté, à onze années de collaboration avec le constructeur japonais (interrompues par deux saisons peu fructueuses chez Ducati), avec quatre couronnes à la clef. Et il espère toujours ne pas s'arrêter là… Dans cette dernière cohabitation, démarrée sous haute tension, le tandem infernal s'est cassé les dents sur le diable Marquez. Alors qu'il leur restait un mince espoir de titre, les deux hommes ont chuté en course à Motegi en essayant de suivre le rythme imposé par le pilote Honda. Et Rossi doit se contenter d'un maigre butin de deux victoires. "La saison 2016 a apporté beaucoup de choses positives, estime-t-il. Une deuxième place au championnat, beaucoup de podiums et des départs en première ligne. L'année prochaine, je veux essayer de gagner plus de courses, plus de deux. Nous sommes toujours compétitifs. Malheureusement, j'ai commis quelques erreurs et j'ai été un peu malchanceux avec le moteur au Mugello, mais c'était une bonne saison." Jorge Lorenzo, vainqueur à quatre reprises cette année, a quant à lui terminé son histoire avec la firme aux diapasons de la plus belle manière qui soit, en mettant fin à une série de dix courses sans victoires pour la M1, dans l'un de ces week-ends où il est totalement intouchable. "Je suis vraiment heureux de terminer cette longue aventure ainsi, se réjouissait Jorge au soir de Valence. Nous avons passé beaucoup de grands moments ensemble, des difficiles aussi, et je serai toujours reconnaissant envers Yamaha de m'avoir donné ma chance en 2008. On va faire une belle fête ce soir !" Ironie du sort : au soir du dernier GP, les adieux de Lorenzo dans le box Yam, en présence de Rossi, étaient célébrés dans une atmosphère bien plus sereine que les titres pilote/constructeur/team l'an passé. Preuve que les résultats ne font pas tout.

Lauda / Hunt, Senna / Prost, Rainey / Schwantz : des plus grandes rivalités naissent le respect...

Lorenzo n'a pas été en mesure, cette année, de profiter des erreurs de Marquez .

CÔTÉ PADDOCK... SPANISH POWER

Malgré la volonté des constructeurs de voir des GP naître en Asie, le calendrier n'a pas bougé (hormis une inversion entre l'Autriche et la République Tchèque) pour 2017. Pire : les circuits de Catalogne, Aragon et Valence ont signé pour héberger une manche du Continental Circus jusqu'en 2021. Reste à voir ce qu'il adviendra de Jerez d'ici-là…

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MOTOGP

portfolio Par TOMMY MARIN /// Photos PSP SWIDEREK / JAGIELSKI

TESTS 2017

Au guidon d'une M1 relookée, Vinales a dominé les deux journées de tests.

BRANLE-BAS DE COMBAT ! Si, en 2015, le round final du championnat concentrait l'attention générale par ses enjeux, les regards se braquaient cette année sur les premiers tests 2017 de Valence, les mardi et mercredi suivants le GP. Pour la première fois depuis l'arrivée de Marc Marquez chez Honda et le retour de Valentino Rossi chez Yamaha fin 2012, le plateau subissait en quelques heures un véritable chambardement. Retour en images sur ce premier aperçu de la grande bataille qui se dessine !

VINALES

DÉJÀ L'ÉPOUVANTAIL ?

A peine présenté à la Yamaha M1 2016 (démunie de ses ailerons !), Maverick Vinales dominait ces deux journées de tests. Certes, Valence, circuit le plus lent au calendrier du MotoGP, n'est pas un tracé très représentatif. N'empêche : le transfuge de l'équipe Suzuki a subjugué l'ensemble du paddock, à commencer par son équipe – son chef mécanicien Ramon Forcada en tête –, ses adversaires et son nouveau coéquipier : "Vinales était déjà impressionnant hier, mais il l'était encore davantage aujourd’hui", soufflait Valentino Rossi au terme de ces deux premières journées de cohabitation. En mode "time attack", le meilleur chrono de Vinales le laissait à une demi-seconde du record absolu de la piste, établi le samedi précédant par Jorge Lorenzo sur la même moto. Surtout, ses runs révélaient une belle et prometteuse régularité. Et si Maverick – comme Jorge Lorenzo chez Ducati – n'a pas eu le droit de communiquer ses sensations à la presse (son contrat avec Suzuki expirant fin décembre), son sourire en disait long. Comme nous l'imaginions il y a quelques mois (lire SB101), le futur du MotoGP pourrait bien passer par lui ! 38

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ROSSI

DÉÇU

Plutôt que de chasser le chrono sur une moto 2016 qu'il connaît par cœur, Valentino Rossi a préféré concentrer son travail sur les évolutions 2017, touchant au châssis mais surtout au 4-cylindres en ligne Crossplane. Après moult comparaisons (et une petite chute le premier jour aux commandes du châssis 2017), l'Italien se disait plutôt satisfait du nouveau cadre, beaucoup moins du moteur : "Je suis déçu, je m'attendais à mieux, lançait-il. Il dispose de plus de chevaux, mais j'en attendais bien plus." Yamaha a donc encore du pain sur la planche pour satisfaire son pilote star, qui a de quoi s'inquiéter de voir Vinales si à l'aise dans son box…

HONDA

BYE BYE SCREAMER !

Chez Honda, on a misé sur la stabilité côté pilotes, puisque tout le monde conserve son guidon, dans le team officiel comme dans les équipes satellites. En revanche, côté technique, un gros changement est en cours. Le V4 Honda, dernier "screamer" (quatre explosions également réparties sur le cycle de rotation complet du vilebrequin) du plateau, était réputé pour être puissant mais "pointu". Déjà difficile à juguler avec l'électronique de pointe made in HRC, il devenait carrément sauvage à l'orée 2016, quand les hommes de Shuhei Nakamoto devaient s'accommoder du "full kit" Magneti Marelli imposé par la Dorna pour contrôler son vilebrequin ultra-light, dénué de toute inertie. A force de travail, la situation a progressé. Mais la RCV est restée, jusqu'au bout de la saison, à la peine en termes de traction face aux machines adverses. Lors de tests privés à Misano, la Honda s'offrait une toute nouvelle sonorité, extrêmement proche de celle du V4 Ducati, lui aussi ouvert à 90°, et à 99,9 % sûr celle d'un moteur à calage irrégulier de type "big bang" (quatre explosions rapprochées, suivies d'un long moment "à vide" sur la fin de rotation du vilebrequin). Ce nouveau bloc résonnait à nouveau dans le stadium de Valence. Malgré une électronique encore réglée en mode "screamer", il permettait à Marc Marquez de réaliser le deuxième meilleur chrono des tests. “Nous ne pouvons pas vous parler de ce moteur, souriait le champion du monde. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il semble plus simple à gérer à la remise des gaz et offre un meilleur contrôle." Dani Pedrosa corroborait ces propos, en ajoutant que "ses points forts sont l'endurance et la fiabilité." Cal Crutchlow, double vainqueur en 2016 avec LCR, a lui aussi participé au développement de la RCV 2017 : "Nous sommes parvenus en grande partie à couvrir le programme que nous nous étions fixé, expliquait l'Anglais. Nous avons testé la nouvelle motorisation dans différentes spécifications et il en résulte des aspects positifs comme négatifs. Je pense que Honda réalise un travail productif, car j'imagine aisément qu'il s'avère délicat de comprendre la meilleure direction à suivre."

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Cal Crutchlow (ci-dessus) comme Marc Marquez ont testé le nouveau V4 "big bang" de Honda.

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MotoGP

fighting

spiRit

EN tANt QUE SPECtAtEURS, NoUS AVoNS toUS LES YEUX QUI PÉtILLENt DEVANt UNE BoNNE GRoSSE BAStoN. mAIS DEPUIS LE PoStE DE PILotAGE, LA VUE N'ESt PAS toUt À FAIt LA mÊmE. ALoRS, QU'EN PENSENt LES mEILLEURS PILotES DU momENt ? NoUS AVoNS DEmANDÉ À mARC, VALENtINo, JoRGE Et LES AUtRES S'ILS APPRÉCIENt DE CRoISER LE FER… oU S'ILS PRÉFÈRENt LA JoUER EN SoLItAIRE.

L

e MotoGP moderne est tout à propos de bagarre. Jamais la compétition n'avait été aussi serrée. Jamais il n'avait été aussi difficile de doubler. Dans les années 1960 et 1970, le podium d'un Grand Prix se jouait le plus souvent avec plusieurs minutes d'écart : pas spécialement amusant pour les spectateurs (même s'ils étaient parfois amassés par centaines de milliers en bord de piste). 44

Ces dernières années, de nouvelles réglementations techniques de plus en plus strictes ont donné naissance à un plateau de machines très semblables, dans le but de resserrer la bagarre entre les pilotes et de faire de la compétition un véritable show. Même si l'objectif principal de la manœuvre est – légitimement – d'augmenter les bénéfices de la Dorna en encourageant le grand public à regarder les GP à

la télévision (ou à venir sur les courses), le MotoGP offre un divertissement de qualité aux amateurs avertis. Les courses au coude-à-coude conviennent aux pilotes qui aiment batailler avec leurs rivaux, moins à ceux qui préfèrent le frisson d'une piste claire. Alors, bagarre ou pas bagarre ? nous avons posé la question à quelques-uns des meilleurs pilotes au monde.

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PAR MAT OXLEY /// PHOTOS PSP SWIDEREK / JAGIELSKI

❱❱

MARC MARQUEZ TRIPLE CHAMPION MOTOGP EN QUATRE SAISONS DE PARTICIPATION, MARQUEZ EST AUSSI N°1 AU CHAMPIONNAT DES ATTAQUANTS.

ne bonne bataille est quelque chose de très spécial. Si tu roules seul pendant 25 tours, la course te semble très, très longue. Mais si tu te bats tout du long, tu as l'impression qu'elle a duré 10 tours ! Lorsque tes adversaires sont tout près, tu peux les suivre et essayer de comprendre leurs trajectoires pour préparer ton coup. Puis, dans les derniers tours, l'adrénaline monte ! Tu apprends toujours quelque chose parce que tu essaies de battre ton adversaire. Tu dois attaquer encore un peu plus et ça te pousse à améliorer ton pilotage. Quand tu es seul, tu roules à ta limite, c'est tout. Tu as besoin de piloter ainsi pendant les essais libres, afin de comprendre la moto et de travailler sur les réglages, mais je suis toujours impatient d'arriver au jour de la course. Pour moi, les meilleurs dépassements se produisent dans le dernier tour – lorsqu'ils sont serrés, mais sans contact ! Il faut bien comprendre que si tu dépasses un pilote de manière agressive, il peut te répondre de la même façon. Je double comme ça, donc je ne m'attends pas à ce que les autres me fassent des cadeaux. Tu ne peux pas te plaindre ! Si, par exemple, nous pensons au dépas-

U

"

ANALYSE

MOTOGP

sement de Valentino sur Jorge à Misano, c'était limite, mais ça fait partie de la course. Les motos sont maintenant extrêmement proches en termes de performance et, cette année, il était encore plus difficile de faire la différence, car la limite d'adhérence du pneu avant Michelin était très, très ténue. Les freinages tardifs ont toujours fait partie intégrante de mon style, depuis l'époque de la 125. Quand je suis arrivé en MotoGP, j'étais plus ou moins rapide, mais pour franchir la dernière étape, j'ai toujours comparé mes données à celles de Dani, qui était vraiment fort sur les freins. En outre, c'est dans le caractère de la Honda de faire les chronos sur les phases de freinage. Cette année, avec les Michelin, les motos entraient quasiment toutes de la même façon en virage. Mais la Honda me demandait toujours de freiner tard : si je ne le faisais pas, les temps ne venaient jamais. Gagner une course dans le dernier virage procure une sensation incroyable. Mais quand j'ai gagné à Aragon avec 2,7 secondes d'avance, le feeling était à peu près le même parce que cette course était vraiment importante pour le championnat. Peut-être que c'était un peu ennuyeux, mais après les essais, je m'attendais à ce que cette course soit encore plus soporifique… Mon rythme était vraiment bon et mon objectif était de mener la course et de creuser l'écart. Mais ensuite, j'ai commis une erreur et j'ai perdu de nombreuses places. J'ai dû faire beaucoup de dépassements. J'ai doublé tout le monde au même endroit, dans la chicane : c'est toujours quelque chose de très agréable d'être plus fort dans un virage ou un enchaînement donné. L'alliance entre ma moto et mon style de pilotage faisait de cet endroit un point fort. Je pense que les plus beaux dépassements sur moi remontent à l'époque où je suis arrivé en championnat du monde. Je roulais à plein régime et un autre pilote me faisait l'extérieur deux fois plus vite… 'Houlala !' Aussi, Jorge a fait du bon boulot en me doublant dans le dernier virage de Silverstone en 2013."

Une bonne bataille est toujours plus réjouissante pour Marquez, surtout dans les derniers tours !

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Par TOMMY MARIN /// Photos PSP SWIDEREK / JAGIELSKI & TM INTERVIEW

MOTO2

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LE NEZ DANS LA BULLE L'hiver dernier, Johann Zarco et son manager Laurent Fellon s'étaient fixés un objectif : décrocher un deuxième titre en Moto2. Un défi inédit relevé avec la manière et dont la réussite fait de Johann le Français le plus titré de l'histoire des Grands Prix. Mais à peine cette mission accomplie, une nouvelle la remplace : jouer parmi l'élite en MotoGP, avant, à terme, de viser le sacre suprême. Plus que jamais, Johann a le nez dans la bulle. INTERVIEW. ohann, tu as remporté ton défi : devenir champion du monde Moto2 pour la deuxième fois consécutive. Quel sentiment ce succès inédit t'inspire-t-il ? Un sentiment d'accomplissement. L'objectif de renouveler le titre était parfaitement clair en début d'année. Ça m'a mis beaucoup de pression, je n'avais pas trop de place pour l'erreur. Finalement, j'en ai fait. Il y a eu des moments difficiles, mais j'ai appris de tout ça. En remportant ce deuxième titre et la dernière course, je peux tourner la page en me disant que je sais gérer une Moto2. Je suis heureux de ça.

J

Lundi 14 novembre. Entre son dernier GP Moto2 la veille et ses premiers tours de roue sur la M1 le lendemain, Johann joue le jeu des photos.

Penses-tu être allé au bout de ce que tu pouvais faire avec ces machines ? Il y aurait toujours des détails à optimiser. On peut toujours faire mieux. Mais pour progresser, je pense qu'il est bien de changer de catégorie. C'est le bon moment pour le faire. Même si je suis double champion du monde, je suis en position de réapprentissage. Cette saison a-t-elle été plus difficile que la saison 2015 ? Si on ne regarde que les résultats, oui, car le championnat était plus serré jusqu'à l'avant-dernier GP. Il y avait donc plus de tension. Mais dès le début d'année, j'ai vu que je faisais moins la différence vis-à-vis des autres pilotes en termes de chronos, que j'étais moins dominateur. Le niveau des dix premiers était plus homogène. Si je ralentissais un peu, au lieu de perdre trois ou quatre places, j'en perdais huit ou neuf. Ça augmente le stress, la difficulté. Après l'Autriche, tu as eu une période difficile. Es-tu entré dans la fameuse spirale du doute ? Non. Le fait d'avoir été champion du monde te permet de te rassurer sur tes capacités. Surtout quand tu restes sur la même moto, dans le même team, avec les mêmes pneus que les autres. Tu as tout en main, tu te dis que tu vas y arriver. Aussi, mes séances d'essais étaient toujours concluantes, je faisais constamment partie des premiers. Mais ça se compliquait parfois le dimanche. Si je n'avais pas réussi à rester dans les dix premiers aux essais, un peu comme a fait Rins, là, j'aurais commencé à me poser des questions. La performance était bien là. J'avais juste parfois un léger blocage en course qui me faisait perdre des points. décembre 2016 - janvier 2017

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