DOUBLE POSTER A3 LORENZO / CRUTCHLOW
INTERVIEW Alex Rins voit bleu
KTM, ZARCO, TECH 3 Où en sommes-nous ?
BILLETS Marini, Di Giannantonio...
WORLDSSP300 La catégorie qui monte
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Sommaire
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Octobre - Novembre 2018
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42 ❱❱ PROCHAIN NUMÉRO
En vente à partir du 29 novembre
LES RUBRIQUES
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Arrêt sur images Les news 100 % racing En piste : Matthieu Lagrive /// Sortie de piste : Bradley Smith La revue de presse Lu et entendu Point de vue : Christophe Guyot Un visage, un métier : Franck Vayssié / Safety Officer WSBK Jeu concours : Gagnez 2 places VIP pour le Superprestigio ! Le shopping 100 % racing La chronique de Lilian : La fracture de Tito Rabat expliquée Chronique : C’est Jakuto qui le dit La boutique Sport-Bikes Abonnez-vous au mag racing #1 !
DOUBLE POSTER
JORGE LORENZO CAL CRUTCHLOW
DOSSIER L'art du pilotage. Partie 2 : Avec Dovi, Zarco & Co ! ANALYSE KTM, Zarco, Tech 3... Où en sommes-nous ? ESSAI Proto Triumph Moto2 2019 : Le son du changement ANALYSE & ITV WorldSSP300 : La catégorie qui monte COULISSES Les 8H de Suzuka avec les champions EWC ! RÉTRO Kevin Schwantz : L'incroyable récit de son titre 1993
SYNTHÈSES & INTERVIEWS 32 48 56 60 70 80
MOTOGP Ducati en mission /// INTERVIEW Alex Rins MOTO2 Duel annoncé /// BILLET Luca Marini MOTO3 Question d'expérience /// BILLET F. Di Giannantonio WSBK Rea ne lâche rien /// WSSP Le calvaire français ENDURANCE 8H de Suzuka 2017/18 et Bol d'Or 2018/19 FSBK Le rouleau compresseur /// INTERVIEW Sébastien Suchet /// BILLET Guillaume Raymond
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SPORT-BIKES N°114 Octobre - Novembre 2018 - Bimestriel ADRESSE DDS Presse - 253, avenue d'Aix 13610 Le Puy Ste Réparade - FRANCE E-MAIL redac@ sport-bikes-mag.fr TEL 06 64 91 13 94 DIRECTRICE DE PUBLICATION Diane de Salve RÉDACTEUR EN CHEF Tommy Marin JOURNALISTES Maxime Pontreau - Mat Oxley CHRONIQUEURS Jacques Hutteau - Lilian Guignard PHOTOS PSP Lukasz Swiderek et Mateusz Jagielski CRÉATION GRAPHIQUE Laurent Alberola MAQUETTE Mélanie Ambert - www.commeunjeudi.fr PUBLICITÉ Thierry Capela - 06 20 61 96 19 - kapmedia@orange.fr IMPRIMERIE Corelio Printing 30, allée de la Recherche 1070 Bruxelles - BELGIQUE ABONNEMENTS Abomarque - Tel : 05 34 56 35 60 (10h-12h/14h-17h) - Tarif : 6 numéros (1 an) = 30 € Prix au numéro = 5,90 € DISTRIBUTION Presstalis SERVICE DIFFUSEURS : Tél. 06 43 73 16 37 ou contact@cadpresse.fr Sport-Bikes est une publication bimestrielle éditée par la société DDS Presse, EURL au capital de 10 000 euros. Gérante : Diane de Salve RCS : Aix 503 730 566 - N° de commission paritaire : 1120 K 80228 - N°ISSN : 1620-3151 - Dépôt légal : à parution. Droits de reproduction réservés pour tous pays. La rédaction n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes ou photos qui lui sont adressés.
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HOMMAGE
FABRICE MIGUET
À tantôt le Mig Fabrice Miguet était le Monsieur Road Race français. Ce Normand bon teint était surtout un sacré bonhomme. Aussi humble que fascinant. es débuts en championnat de France de la montagne, avec son inséparable bande de potes et son tout aussi indissociable chapeau, figurent parmi ce genre de choses que l'on n'oublie pas. Je ne suis encore qu'un grand ado. La désorganisation dans toute sa splendeur, une moto pas bien jolie et du gros gaz qui met pas mal de monde à l'amende : j'adore. Plus tard, en tant que journaliste, je vais évidemment croiser la route du Mig à plusieurs reprises. Parmi mes souvenirs les plus mémorables, il y a d'abord le TT de l'Ile de Man 2005. Sur place, Fabrice me donne tous les bons trucs pour ne pas me rater lors de mon premier Tourist Trophy, une épreuve franchement pas simple à (dé)couvrir, tant sur le plan organisationnel qu'émotionnel. D'autant plus que le journaliste anglais qui m'a aidé à préparer ce voyage va trouver la mort en course cette semaine-là. Les mots de Mig après ce drame, à son campement, en toute simplicité, en toute humanité, vont me faire du bien. Beaucoup. Il y a aussi le GP de Macao 2009, cette course si étrange où il ne roule pas (en raison d'une blessure si je me souviens bien), mais où il a fait le déplacement pour soutenir les copains. Notre longue conversation dans le hall d'un hôtel sordide accolé à l'un de ces monstrueux casinos, autour d'une bière, me fait définitivement comprendre que le Mig, sous ses airs débonnaires, n'a rien d'un ingénu. Cette lueur dans le regard, cette lucidité que l'on retrouve chez les meilleurs pilotes de road-race, absolument tout sauf frapadingues, Mig l'a.
S
Au TT 2011, j'accompagne le pilote de vitesse Guillaume Dietrich (dont je m'occupe à l'époque de la communication) pour sa première participation à la grande classique manx. Je n'en ai évidemment pas parlé à celui qui, plus qu'un client, est un ami, mais je suis inquiet pour lui, hanté par le souvenir évoqué en amont. Mig va lui décrire le TT, avec ses mots. Une sorte de mise en garde. Guillaume se montre d'abord moyennement réceptif. Puis, au fil des séances d'essais, il cumule les frayeurs et décide finalement de rentrer chez lui avant la semaine de courses. Fabrice avait décelé l'excitation de Guillaume, peu compatible avec ce type d'épreuve. Et il loue, sans équivoque, sans arrière-pensée, la courageuse et sage décision de "démission" de ce pilote si rapide sur les vrais circuits. Le Mig va ensuite continuer à débouler, sans forcer, entre les murs ; à faire le plein d'adrénaline au TT pour l'année ; à conseiller les p'tits nouveaux, tels Xavier Denis ou Julien Toniutti. Une chute lors de l'Ulster GP, la course la plus rapide du monde (encore plus que le TT), ce samedi 11 août, lui a permis de partir en faisant ce qu'il aimait par-dessus tout : piloter sur la route, en toute légalité. Il avait 49 ans. ■
A tantôt Fabrice, et merci. Tommy, au nom de l'équipe SB
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MOTOGP I dOssiER
PAR Mat Oxley & TM III PHOTOS PsP swiderek/Jagielski, Red Bull & Monster Energy
À FoND De 6 ! Avec
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Après notre interview exclusive avec le cas Marc Marquez (lire SB113), nous continuons notre dossier thématique sur l'art du pilotage au plus haut niveau avec l'intervention de six des meilleurs pilotes au monde, toujours enclins à partager leur passion en allant au fond des choses.
est inévitable : à mesure que le MotoGP se complexifie, les techniques de pilotage deviennent de plus en plus alambiquées. Pour la plupart des as de la catégorie reine, faire évoluer son style de pilotage afin de tirer le maximum de sa moto représente désormais un travail à plein temps. Ces hommes ne se contentent plus de sortir de leur box et de cravacher leur monture : en piste, ils étudient leurs rivaux, dont ils essayent d'apprendre de nouveaux trucs ; dans leur garage, ils débriefent et analysent leurs datas avec leurs techniciens ; au calme dans leur motor-home ou
C'
chez eux, ils passent des heures à visionner les courses, à analyser leur propre technique et celles de leurs adversaires. Nous l'avons déjà expliqué : les modifications les plus importantes dans la réglementation – et donc dans les techniques de pilotage – du MotoGP sont intervenues en 2016, lorsque les machines ont troqué leur électronique sur mesure contre celle imposée par la Dorna, et les Bridgestone contre les Michelin. Ces changements radicaux ont obligé les ingénieurs à bouleverser la géométrie des châssis pour en déplacer l'équilibre de l'arrière vers l'avant. Les pilotes ont
eux aussi dû déplacer leur attention de l'entrée du virage – là où tenaient leurs chronos avec les incroyables enveloppes avant Bridgestone – vers la sortie du virage – là où tiennent désormais leurs chronos avec les tout aussi incroyables enveloppes arrière Michelin ! Discuter "technique de pilotage" avec les plus grands spécialistes du monde s'avère un privilège fascinant. Quand ces pilotes de haute volée décrivent leurs actes, vous réalisez que le fait de mener une MotoGP au rythme d'un record de piste n’a rien à voir avec la façon dont vous et moi faisons de la moto... OCTOBRE - NOVEMBRE 2018 I 25
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Par Tommy Marin III Photos PSP Swiderek/Jagielski & DR
interview I MOTOGP
Alex Rins
"Quatre ans pour viser le titre..." Ses débuts chez Suzuki l'an passé, entre blessures et courses manquées, furent pour le moins tourmentés. Pourtant, Alex Rins a trouvé dans le giron du constructeur japonais un environnement stable, idéal pour affiner sa trajectoire vers sa cible : le sacre ! Entretien avec un pilote discret mais à prendre au sérieux.
lex, quel mot choisirais-tu pour définir le MotoGP : Rêve ? Difficile ? Vitesse ? Folie ? Autre chose ? Folie ! Parce que ici, tout le monde – y compris moi – devient fou avec un casque sur la tête. Mais aussi dans le paddock. Les pilotes du MotoGP sont des types étranges... Ce ne sont pas des gens normaux.
A
Si tu te remémores la première fois que tu as piloté une moto, astu ressenti ce même sentiment ? C'est difficile à dire. La toute première fois que j'ai pris un guidon avec un moteur, c'était sur un quad et j'avais trois ans. Autant te dire que je ne m'en souviens pas très bien. Tout ce que je sais, c'est que c'était un moment extraordinaire ; les sensations que j'ai perçues m'ont énormément plu et c'est pourquoi je suis là aujourd'hui : piloter une moto me procure un feeling que je ne retrouve nulle part ailleurs et à chaque fois que j'arrive dans un paddock, que je retrouve mon équipe et ma machine, je retrouve cet état de bien-être, cette excitation inexplicable. Penses-tu que tu es arrivé là où tu es aujourd'hui grâce au hasard, à ton talent ou à ton travail ? Un peu de tout ça, bien sûr. Il faut aussi ajouter la passion, qui te pousse à faire de nombreux sacrifices. Je dois l'avouer : j'ai longtemps été un pilote assez paresseux, je me reposais sur mon talent. À partir de 2013, quand j'ai commencé à rouler avec l'équipe Monlau [EG 0,0] en Grands Prix Moto3, je me suis mis au boulot : j'ai consacré plus de temps à mon entraînement et à la compréhension technique de ce qui se passait sur la moto. Tu as frôlé le titre en Moto3 puis en Moto2, et tu vises maintenant ta première victoire en MotoGP avant, une nouvelle fois, de jouer le titre. Est-ce juste une question de temps ? Ou envisages-tu la possibilité de ne jamais gagner ? Évidemment, ça n'est qu'une question de temps ! Je suis ici pour remporter le championnat. Je reste avec Suzuki car je pense que c'est le meilleur constructeur pour atteindre cet objectif. Le staff
sur les circuits et les ingénieurs à l'usine travaillent main dans la main pour faire progresser la moto, et ça fonctionne. Justement, il y aura beaucoup de mouvements à la fin de l'année, mais tu as décidé de rester avec Suzuki pour deux saisons supplémentaires. Tu n'avais pas envie d'un autre défi ? Je me sens à l'aise chez Suzuki. Nous avons le même objectif : grandir et gagner, et nous avons donc établi cette collaboration sur quatre ans pour viser le titre. Les gens de chez Suzuki sont un peu comme une famille pour moi. Quand j'ai raté cinq courses l'an passé à cause de mes blessures, ils ont pris de mes nouvelles, ils m'ont soutenu, et quand je suis revenu, ils ont fait leur maximum pour que je me sente le plus à l'aise possible, pour me mettre en confiance. Sans même parler de la GSX-RR, qui correspond bien à mon style de pilotage, je n'avais aucune raison de vouloir changer sur le plan humain. Comment as-tu surmonté ces débuts chaotiques ? J'ai énormément travaillé à la maison pour préparer au mieux mon retour. Au guidon de ma moto, j'ai essayé d'oublier, de déconnecter de ces blessures et de la souffrance, pour continuer à progresser. Et il semble que cette attitude porte ses fruits. N'y a-t-il pas un moment, quand tu te blesses, où tu te dis que c'est trop, que tu ne veux plus ressentir ce mal ? Jamais. Je gagne ma vie en faisant ce que j'aime par-dessus tout. Pour ça, je suis prêt à prendre des risques et à souffrir s'il le faut. Les choses vont mieux cette année, avec de belles courses, deux podiums en Argentine et à Assen, une 4e place à Misano... As-tu le sentiment de faire partie des meilleurs pilotes aujourd'hui ? Je me suis beaucoup amélioré depuis ma première course l'année dernière, c'est certain. La première moitié de la saison 2018 était un peu un retour à l'école. Tout d'abord, la plupart des courses se sont déroulées sur des circuits que je découvrais sur la MotoGP – là où je n'avais pas pu rouler l'an passé. Donc, ça a été une sorte OCTOBRE - NOVEMBRE 2018 I 39
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KTM, Zarco, Tech 3...
Où en
sommes
nous ? Des changements dans la relation entre Johann Zarco et son mentor Laurent Fellon, une KTM RC16 dont la progression n'apparaît pas évidente, une baisse de régime chez Tech 3... Il nous semblait opportun de faire le point en donnant la parole aux principaux intéressés, à savoir Johann, Laurent, Pit Beirer et Hervé Poncharal, mais aussi Bradley Smith et Loris Baz.
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Par Tommy Marin III Photos PSP Swiderek/Jagielski, Philip Platzer, Photos-AD.com, Gold and Goose, Andrew Northcott & DR
Analyse I MOTOGP
❱❱ Zarco - Fellon
La fin d'une histoire ? e n'est pas un secret : la collaboration entre Johann Zarco et Laurent Fellon va changer de teneur pour 2019 – et cette transition se ressent déjà, Laurent étant de moins en moins présent aux côtés du pilote français sur les circuits. Nous avons joint le coach entre Silverstone et Misano afin de lui demander de nous éclairer sur la situation et comprendre si, oui ou non, il existe des tensions entre les deux hommes : "Non, nous ne sommes pas fâchés, lance Laurent. Simplement, Johann va créer sa propre société et ma fonction de manager prendra fin le 31 décembre 2018. À partir de là, je serai uniquement son coach sportif." Alors, quid du contrat avec KTM, qui lie non pas Johann Zarco, mais la société Z&F Grand Prix au constructeur autrichien pour 2019/20 ? "Nous avons eu une réunion avec KTM à Brno, poursuit Laurent, et nous sommes tous d'accord pour conserver notre accord de base. C'est-à-dire, 50/50 % entre Johann et moi, comme ça a toujours été le cas chez Z&F." Johann confirme que cette situation lui convient et met un terme aux bruits selon
C
lesquels il en voulait à Laurent de ne pas lui avoir laissé la possibilité d'examiner la piste du HRC. "Tu peux dire que cette rumeur est infondée, tranche Johann, avant d'ajouter sur un ton malicieux : De toute façon, le buffet est meilleur chez KTM !" Le pilote Tech 3 veut désormais maîtriser son image. "C'est mon problème, admet Laurent. Je suis trop terre-à-terre ; avec moi, c'est moto, moto, moto. Je me moque des froufrous et Johann ressent le besoin de se prendre en mains. Je crois qu'il a eu le déclic au GP de France, quand il a vu à quel point sa popularité avait explosé." Johann confirme : "On va continuer l'entraînement avec Laurent, car lui seul sait m'aider à progresser. Mais pour le reste, je pense que j'ai besoin d'autre chose aujourd'hui. Laurent et moi ne sommes pas fâchés, nous souhaitons juste modifier notre manière de travailler, la limiter à tout ce qui touche de près à la piste. Et je suis heureux que ce changement se fasse à mon initiative." Yvon Zarco, le papa de Johann, était présent pour la deuxième fois de sa vie sur un GP où courait son fils, à Misano (après le Mugello, cette année également). Vous pourrez lire
On va continuer l'entraînement avec Laurent, mais pour le reste, j'ai besoin d'autre chose... johann zarco
Le tandem Zarco/Fellon n'est pas cassé, mais doit évoluer avec les besoins du MotoGP...
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