

PEUT-ON À NOUVEAU SE POSITIONNER SUR LE SECTEUR DU LUXE APRÈS LA CHUTE
DES COURS ?
Une analyse de LVMH, Hermès, Kering, Richemont et Ferrari
Analyses de


Marchés frontières
Quels marchés émergents digèrent mieux la crise pétrolière ? 13
L’Investisseur
Rédaction
Éditeur et rédacteur en chef : Filip Salmon
Responsable de la stratégie actions : Gert Bakelants
Analystes : Marc Brems, Frank De Mol, Adrien Figliola, Youry Huygen, Simon Renty, Geert Smet
Marketing: David Kronfeld, Chantal Janssens
Éditeur responsable : Peter Quaghebeur, Avenue du Port 86 C, B 309, 1000 Bruxelles
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43e année, paraît chaque semaine - ISSN 0771-9582 - Bureau de dépôt : Gent X - N° d’agrément : P002350 © L’Investisseur - adresse de correspondance : Avenue du Port 86 C, B 309, 1000 Bruxelles Cover © Shutterstock
3
DE LA SEMAINE 4
Unilever
8 LVMH, Hermès, Kering, Richemont et Ferrari. A nouveau de bonnes affaires ?
TRACKER DE LA SEMAINE 12 Investir dans la cybersécurité
L’IMPACT DE LA CRISE PÉTROLIÈRE SUR LES ‘FRONTIER MARKETS’ 13
Comment investir notamment au Kazakhstan, au Vietnam et au Maroc ?
LA QUESTION LECTEUR 16 Un livret d’épargne ou des actions : comment investir pour ses enfants ?
LE NOUVEAU VISAGE DE L’INVESTISSEUR

Vous aurez sans doute été surpris en découvrant votre nouveau magazine. Il se présente dans une forme entièrement repensée. Bienvenue dans cette nouvelle formule.
Nous espérons que vous avez reçu cet exemplaire vendredi, comme ce sera désormais notre objectif. Cette semaine, la perspective de mouvements sociaux chez Bpost est toutefois venue perturber ce dispositif. Si votre magazine vous est parvenu plus tard que prévu, nous vous prions de nous en excuser pour ce désagrément.
Mais revenons-en au magazine lui-même. Vous avez peut-être déjà pris connaissance, sur notre site, des articles et de la vidéo consacrés à cette évolution. Vous le savez donc : la présentation du magazine a été revue. Une véritable couverture, une iconographie plus présente, une maquette plus aérée, sans rien céder, pour autant, à l’exigence éditoriale. Bien au contraire : le magazine passe de 20 à 24 pages. Et il est agrafé, ce qui n’est pas un détail.
MÊME FOND, LECTURE PLUS FLUIDE
Cette évolution vise à améliorer votre confort de lecture et rendre notre magazine plus accessible. Plus clair, plus actuel, plus agréable à parcourir. Nous avons souhaité agir sur la forme, non sur le fond. Celui-ci demeure, pour l’essentiel, inchangé. Nous avons toutefois repensé l’agencement de certaines rubriques afin de rendre l’ensemble plus cohérent.
Vous remarquerez également la disparition du cahier séparé de quatre pages consacré aux actions individuelles. Ces informations sont à présent intégrées au magazine lui-même, sur deux pages publiées chaque semaine en fin de numéro. La seconde mettra régulièrement différents secteurs en lumière. Quant à vos propres sélections, vous pouvez toujours les com-
Désormais, nous voulons être non seulement rigoureux et solidement argumentés, mais aussi attrayants et accessibles Filip Salmon Editeur et rédacteur en chef de L’Investisseur
poser aisément à l’aide du screener actions disponible sur notre site.
Plusieurs nouvelles rubriques font également leur apparition, parmi lesquelles le tracker de la semaine et la page de perspective. Nous savons que ces rendez-vous comptent parmi les plus appréciés de nos lecteurs. Vous les retrouverez désormais chaque vendredi. Ce choix n’a rien d’anodin. Nous souhaitons faire de ce magazine un moment à part dans la semaine: un temps de recul et de mise en perspective. Il rassemblera les articles majeurs publiés en ligne, afin de vous permettre, à l’approche du week-end, de retrouver l’essentiel, d’approfondir certains sujets et d’enrichir votre réflexion d’investisseur.
EXIGENCE DU FOND, SOIN DE LA FORME
Ce n’est qu’un début. Nous voulons désormais affirmer plus clairement une conviction : une information financière peut être à la fois rigoureuse, documentée et indépendante, tout en étant attrayante et accessible. L’exigence n’interdit pas l’élégance. Cette ambition s’exprime dans ce magazine. Elle se prolongera, dès le milieu de la semaine prochaine, sur notre site, qui bénéficiera lui aussi d’une refonte complète.
L’investissement conserve parfois, auprès de ceux qui ne s’y sont pas encore véritablement intéressés, une image austère. Il ne correspond pourtant en rien à la réalité. Les dernières semaines, comme les derniers mois, l’ont une nouvelle fois montré: les marchés n’ont rien d’immobile et réagissent très vite à toute adaptation contextuelle. Espérons à présent un retour à des eaux plus calmes. Mais c’est, quoi qu’il en soit, avec un magazine profondément renouvelé que nous abordons cette nouvelle étape à vos côtés. Nous vous en souhaitons une excellente lecture.
La valorisation plus faible de Microsoft est-elle une opportunité d’achat?
L’action Microsoft se situe à peu près au même niveau qu’il y a un an. Entretemps, il y a bien eu un rally de plus de 50%, qui a ensuite été effacé. L’entreprise profite de la demande croissante en puissance de calcul via la mise à disposition de services cloud. À l’heure actuelle, la plateforme cloud Azure ne parvient pas à suivre la demande. Microsoft doit louer de la capacité auprès de parties externes et, parallèlement, investit massivement dans l’extension de ses propres capacités.
Ce sont précisément ces dépenses d’investissement qui inquiètent les investisseurs. Au dernier trimestre, elles ont augmenté des deux tiers par rapport à un an plus tôt. Cette année, elles devraient doubler. Azure continue toutefois de croître fortement. Pour le dernier trimestre, on visait une croissance de 37 à 38%. Nous pensons qu’Azure dépassera Amazon Web Services en tant que leader d’ici quelques années.
Microsoft s’est bâti une position forte dans l’IA grâce à sa collaboration avec OpenAI (ChatGPT). OpenAI est un client important et ses fonctionnalités d’IA sont déployées dans les propres services de Microsoft, notamment via Copilot. Microsoft collabore toutefois aussi de plus en plus avec des acteurs technologiques alternatifs, tels qu’Anthropic, et développe également ses propres modèles d’IA.
Microsoft est le plus grand actionnaire d’OpenAI, avec une participation d’environ 27%. Lors du dernier tour de table, cette participation aurait valu près de 230 milliards de dollars. C’est presque un dixième de la valeur boursière de Microsoft. Par rapport à l’investissement moyen, la valeur de cette participation a déjà été multipliée par près de dix-huit. Pas un mauvais rendement… En outre, cette valeur pourrait encore grimper sensiblement si OpenAI devait entrer en Bourse. Une «IPO» est incertaine, mais pourrait

avoir lieu à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine.
La crise iranienne ne semble pas vraiment l’affecter. Des prix de l’énergie plus élevés peuvent certes peser sur les marges. Une attaque de drone sur un centre de données au Moyen-Orient ne semble, pour l’instant, pas vraiment peser sur la prestation de services. De plus, les activités de Microsoft ne sont pas très cycliques. L’entreprise tire toujours plus de 40% de ses revenus des «logiciels de productivité», tels qu’Office 365 et Teams. Il s’agit d’un segment avec des marges élevées et une forte prévisibilité.
Dans le pôle PC (le système d’exploitation Windows entre autres), la pénurie de puces mémoire pourrait peser sur la croissance.
CONCLUSION
Microsoft dispose d’une position de marché extrêmement solide et de flux de revenus relativement prévisibles et diversifiés, sur des marchés en croissance. Malgré les investissements, le bilan reste sain. La valorisation a reculé et l’action se négocie à moins de 20 fois le bénéfice attendu pour le prochain exercice. L’action mérite d’être achetée.
Éditeur de logiciels, connu pour la plateforme cloud Azure, le système d’exploitation Windows, la suite bureautique Office, la console de jeux Xbox, entre autres.
CONSEIL
Acheter Vendre Accumuler Conserver Alléger
RISQUE
Faible Moyen Élevé Très élevé
Données diverses
Code ISIN US5949181045
Ticker MSFT (Nasdaq)
Cours 372,27 $
Ratios pertinents
Cours/bénéfice 25/26e 22,1
Cours/bénéfice 26/27e 19,6
Rendement dividendaire brut 1,0%
Argenx: une biotech riche en cash avec un solide pipeline
Pour la biotech Argenx, spécialisée dans les maladies auto-immunes rares, 2026 s’annonce comme une année charnière. Au second semestre, l’entreprise attend les résultats de trois programmes arrivés en dernière phase clinique. En cas de données favorables, la voie serait ouverte à des lancements supplémentaires en 2027. Il s’agit d’indications additionnelles pour Vyvgart — un médicament déjà approuvé aux États-Unis — dans la myasthénie grave (MG) et dans la CIDP, une affection neurologique.
Sur ces deux terrains, le marché voit encore un important potentiel de croissance. Pour la MG, le chiffre d’affaires est attendu à 10 milliards de dollars d’ici 2035, contre une estimation de 4,5 milliards de dollars cette année. Les résultats récents, positifs, dans la MG oculaire (une forme qui touche les muscles des yeux) et dans la MG séronégative (une variante liée au sang) doivent, eux aussi, alimenter cette trajectoire. Au total, Argenx explore une quinzaine d’indications pour Vyvgart. Les données sont prévues au troisième trimestre pour la myosite (maladie musculaire) et au quatrième trimestre pour l’ITP (maladie du sang).
Le pipeline ne se limite pas à Vyvgart. Dès 2027, Argenx pourrait aussi disposer d’un deuxième produit: l’empasiprubart. Le verdict tombera au quatrième trimestre, lorsque l’on saura si le
CONCLUSION
programme aboutit, avec une première indication ciblée: la MMN, une maladie musculaire. Un jalon de plus, potentiellement, pour l’entreprise.
Dans la biotechnologie, tout ne se déroule pas toujours comme espéré. En décembre, Argenx a ainsi interrompu l’étude d’un traitement contre la TED, une inflammation des tissus autour des yeux. Les déconvenues font partie du secteur; un pipeline étoffé permet d’en amortir l’impact.
La faiblesse récente du cours d’Argenx s’explique par une progression plus lente, depuis le début de l’année, du nombre de prescriptions de Vyvgart. Un phénomène souvent saisonnier et récurrent: en début d’année, les décisions de remboursement chez les assureurs doivent fréquemment être renouvelées.

Depuis le pic de fin 2025, l’action a perdu plus de 20%. De quoi nous pousser, la semaine passée, à initier une première position pour le portefeuille de L’Investisseur et à ajouter Argenx à la Sélection d’achat. Après cette correction, le ratio cours/bénéfice est d’environ 30, pour une entreprise qui devrait pouvoir faire croître son bénéfice de 30%/an en moyenne sur les trois prochaines années. Par ailleurs, sa trésorerie nette — 4,4 milliards de dollars fin 2025 — devrait continuer à se renforcer nettement. Avec l’augmentation du nombre de candidats produits, les risques ont diminué ces dernières années, mais nous maintenons, à ce stade, le niveau de risque à ‘élevé’.
Groupe biotech avec programmes de recherche dans les maladies auto-immunes rares. Un seul produit (Vyvgart), mais a aussi portefeuille de produits en développement.
Faible Moyen Élevé Très élevé
Données diverses
Code ISIN
NL0010832176
Ticker ARGX (Bruxelles)
Cours 670,60 €
Ratio’s pertinents
Cours/bénéfice 26e 30,5
Cours/bénéfice 28e 17,5
Trésorerie: 4,4 milliards $
Siemens s’affirme comme une entreprise technologique pour l’industrie
À l’origine, Siemens est un conglomérat allemand. Depuis plusieurs années, le groupe se repositionne toutefois avec une trajectoire claire: devenir une entreprise technologique dédiée à l’industrie. Il domine le marché de l’automatisation des usines et des logiciels industriels, tout en restant un acteur mondial des infrastructures énergétiques et des solutions destinées aux systèmes de trains et de trams.
L’ALLÈGEMENT DU GROUPE
Siemens continue d’alléger sa structure. Sa participation dans Siemens Energy est récemment passée de 15% il y a un peu plus d’un an à 5,5%. Siemens Energy fournit des installations et des réseaux pour la production et le transport d’électricité. Cette participation vaut encore 7 milliards d’euros, soit 4% de la capitalisation boursière.
Siemens veut également réduire fortement sa participation dans Siemens Healthineers la filiale de technologie médicale: de 67% à environ 37%, via une distribution d’actions aux actionnaires. Cette filiale représente 26% de la capitalisation boursière.
En outre, des rumeurs circulent selon lesquelles Smart Infrastructure et Digital Industries pourraient, à terme, être séparées. Comme le calendrier d’une éventuelle distribution d’actions Healthineers et les contours précis d’une possible scission ne sont pas encore fixés, une partie des investisseurs reste pour l’instant en retrait.
OBJECTIFS RELEVÉS
Au 1er trimestre, les commandes ont augmenté de 10%, ce qui a porté le carnet de commandes à un record de 120 milliards d’euros. Smart Infrastructure s’est particulièrement distinguée, aidée par des commandes en provenance de centres de données aux États-Unis. Ce pôle se concentre sur l’électrification, le refroidissement et la numérisation. Digital Industries a également connu un

bon départ, avec une croissance à deux chiffres dans les logiciels et l’automatisation. La performance en Chine a été frappante, ce pays représentant 9% du chiffre d’affaires du groupe. Là-bas, Siemens semble défendre sa part de marché, et même en gagner. Mobility, qui fournit des infrastructures et de l’électronique pour les trains et les trams, a aussi enregistré une forte performance.
Siemens a relevé ses prévisions annuelles. Le groupe vise désormais la moitié supérieure de la fourchette de croissance du chiffre d’affaires de 6 à 8% et a augmenté sa prévision de bénéfice.
CONCLUSION
La direction reste prudente face au contexte actuel. Les décisions d’investissement des clients demeurent volatiles, surtout dans l’automobile. En revanche, Siemens ne fait pas partie des entreprises dont le cœur d’activité est menacé par l’IA. Au contraire, le groupe est salué par ses clients pour sa combinaison de logiciels et d’IA appliquée à l’industrie. Avec un ratio cours-bénéfice attendu de 21, nous relevons notre conseil à «accumuler», soit une première position est envisageable.
Grand conglomérat allemand actif dans les biens d’équipement pour l’industrie, les logiciels, la gestion de l’énergie, la mobilité (trains et tramways) et la santé.
CONSEIL
RISQUE
Faible Moyen Élevé Très élevé
Données diverses
Code ISIN DE0007236101
Ticker SIE (Francfort)
Cours 231,50 €
Ratios pertinents
Cours/bénéfice ‘26e: 21,2
Cours/bénéfice ‘27e: 18,7
Dette nette/EBITDA: 0,8
depuis le 7 avril 2026
Acheter
Unilever cède sa division alimentaire à la société américaine McCormick
Unilever et McCormick & Company ont annoncé une transaction de grande ampleur. Le groupe britannique de biens de consommation cède sa division alimentaire Unilever Foods à l’Américain McCormick. Le pôle est valorisé à 44,8 milliards de dollars, soit 3,6 fois le chiffre d’affaires et 13,8 fois l’EBITDA (= cash-flow d’exploitation). La finalisation de la transaction n’est pas attendue avant la moitié 2027, sous réserve de l’accord des actionnaires de McCormick et des autorités à la concurrence.
Pour Unilever, cette vente s’inscrit dans un recentrage clair : le groupe veut désormais se positionner comme un ‘pure player’ des produits d’hygiène, de beauté et d’entretien.
Le groupe issu de la fusion, McCormick & Company, accueillera un nouvel actionnariat. Les actionnaires actuels de McCormick détiendront 35% du groupe fusionné. Unilever transférera, à la clôture de la fusion, 55% du groupe fusionné à ses actionnaires et conservera luimême 9,9% du capital. Parallèlement, Unilever recevra 15,7 milliards de dollars en cash.
Ces liquidités seront déployées sur trois priorités. Un premier volet de ces fonds est prévu pour financer la scission du groupe et la fiscalité qui l’accompagne. Ensuite, Unilever réduira ses dettes à
CONCLUSION
2,0 fois l’EBITDA et le groupe lancera un programme de rachat d’actions propres de 6 milliards d’euros sur la période 2026 à 2029.
Dans un premier temps, les actionnaires ont sanctionné cette nouvelle car la structure de l’accord n’induit pas une vente totale du pôle en cash, ce qui aurait été préférable à l’option de recevoir des participations du groupe fusionné dont l’endettement va significativement grimper après la transaction à plus de 4 fois l’EBITDA. La marge opérationnelle avant amortissement du nouveau groupe est prévue de s’établir autour de 4,7 milliards de dollars en 2027.

Cela dit, avec la vente d’Unilever Foods, le groupe tourne le dos au modèle classique de conglomérat et déplace son cœur de métier vers la Beauté, le Bien-être et les Soins personnels, des activités à plus fort potentiel de croissance mais à plus faible marge. Cette opération devrait déboucher sur une valorisation boursière plus élevée grâce à ce recentrage stratégique. En effet, Unilever deviendrait semblable à Procter & Gamble, mieux valorisé en Bourse. Le ratio cours/bénéfice d’Unilever a reculé actuellement à 16. L’action devient un peu plus attrayante, mais ne prenez une première position que sous la barre de 47euros. A terme, Le programme de rachat d’actions propres de 6 milliards d’euros pourrait apporter un certain soutien au cours.
Unilever est un groupe multinational britannique qui conçoit, et commercialise des produits de consommation dans l’alimentation, les soins personnels et l’entretien.
CONSEIL
RISQUE
Faible Moyen Élevé Très élevé
Données diverses
Ticker: UNA (Amsterdam)
Code ISIN: GB00BVZK7T90
Cours: 49,60 €
Ratios pertinents
Cours/bénéfice 26e: 15,7

LVMH, Hermès, Kering, Richemont et Ferrari sont-elles devenues de bonnes affaires ?
5 valeurs du luxe après la chute des cours
Ces dernières semaines, les grands noms du luxe ont eux aussi subi de lourds replis. Pensons à LVMH et Hermès. Kering, en revanche, a relativement bien résisté. Les résultats trimestriels de la semaine prochaine peuvent-ils faire basculer le sentiment de marché ? L’analyste Simon Renty nous livre son point de vue.
Les produits de luxe ne sont pas des biens de première nécessité et évoluent donc au rythme du cycle économique. Des périodes de vaches grasses et de vaches maigres alternent. Le segment du « super-luxe » est moins cyclique, car sa clientèle est peu sensible aux chocs économiques. Après une période très porteuse, encore accélérée dans le sillage du covid, deux années plus maigres ont suivi. Une normalisation logique ? Ou y a-t-il autre chose en jeu ?
Une critique souvent formulée est que les maisons de luxe ont relevé leurs prix de manière trop agressive, au point de perdre de vue les client dits « aspirationnels » : ces consommateurs qui ne sont pas réellement riches, mais veulent tout de même participer. Dans le même temps, les clients fortunés continuent, eux, à dépenser. La guerre commerciale renchérit les produits. En outre, la vigueur de l’euro pénalise les maisons de luxe européennes. La montée en puissance de
LVMH présente un caractère plus défensif et des marges supérieures à celles des entreprises de luxe comparables.

Simon Renty Analyste financier
la classe moyenne asiatique constitue un moteur de croissance, même si le consommateur chinois se montre plus hésitant.
LVMH : LE ROI DU LUXE
Le groupe français est présenté comme « un ETF sur le secteur du luxe ». Cela s’explique par le fait que ce mastodonte abrite sous son aile un large éventail de marques et de segments. Souvent d’origine française, ces marques ont une portée internationale. L’Europe et les ÉtatsUnis représentent chacun un peu plus d’un quart du chiffre d’affaires. L’Asie en constitue un tiers.
Le pôle mode et maroquinerie représente la moitié du chiffre d’affaires et les trois quarts du bénéfice. Louis Vuitton y occupe une place majeure, mais on y retrouve aussi des marques comme Dior, Celine, Loewe, Kenzo, Givenchy et Fendi. Le chiffre d’affaires et le bénéfice reculent depuis déjà deux ans, en raison de la faiblesse du secteur. Alors qu’au
niveau du groupe, le dernier trimestre a renoué avec une légère croissance, la division a continué de se contracter. Loro Piana a obtenu un score particulièrement élevé, ce qui n’est pas étonnant puisque cette marque appartient au segment du «super-luxe».
Les vins et spiritueux représentent environ 7 % du chiffre d’affaires total de LVMH. La division appartient pour un tiers au groupe britannique de spiritueux Diageo, le reste étant détenu par LVMH. Le champagne et les vins en constituent un peu plus de la moitié, le cognac et les spiritueux un peu moins de la moitié. Dans le champagne, avec des marques telles que Moët & Chandon, Dom Pérignon et Veuve Clicquot, LVMH est leader mondial, avec une part de marché supérieure à 20 %.
Dans le cognac, Hennessy est une marque de tout premier plan. Comme l’ensemble du secteur des spiritueux, cette activité traverse une période diffi-
cile depuis plusieurs années. Le champagne a légèrement reculé. Le cognac, lui, est sous pression depuis un certain temps, notamment en raison d’obstacles commerciaux vers les États-Unis et surtout la Chine.
Le pôle parfums et cosmétiques pèse environ un dixième du chiffre d’affaires total. Les marges y sont un peu plus faibles. Nombre de ces marques se retrouvent également dans la division mode et maroquinerie.
CHIFFRE D’AFFAIRES PAR DIVISION
Mode et maroquinerie
Parfums en cosmetiques
Horlogerie en bijouterie
Retail Boissons
Source: LVMH
Le retail représente un peu plus d’un cinquième des revenus et continue de croître. Là aussi, les marges sont un peu plus faibles. Outre les magasins duty free, c’est surtout la chaîne de cosmétiques Sephora qui fait figure de pilier avec plus de 3000 magasins dans 35 pays. Sephora dispose de sa propre marque, mais commercialise aussi d’autres marques,
Hermès maintient volontairement son offre en dessous de la demande afin de créer l’exclusivité.
Simon Renty Analyste financier
qu’elles appartiennent ou non à LVMH. Les produits relativement abordables constituent un atout, car ils permettent de conserver la clientèle aspirationnelle
Dans les montres et la joaillerie (avec des marques telles que Bulgari, TAG Heuer et Tiffany, la performance est restée stable l’an dernier. Le pôle représente 13 % du chiffre d’affaires de LVMH. L’évolution volatile des prix des métaux précieux reste un point d’attention : elle peut faire grimper les coûts de production, même si l’intérêt pour les métaux précieux semble, pour l’instant, soutenir la demande.
Grâce à sa taille et à son efficacité opérationnelle, LVMH a des marges supérieures à celles des entreprises de luxe comparables. Son portefeuille diversifié lui confère un caractère plus défensif. Il faudra peut-être encore un peu de temps avant que la croissance ne reparte durablement. Même après le récent recul, le groupe cote encore à 20 fois ses bénéfices. Les positions existantes sont à conserver fermement. Une première position est envisageable, mais sans surpondérer dans un premier temps.

Dior, l’une des marques les plus connues du groupe de luxe LVMH ©Shutterstock

HERMÈS : SEUL AU SOMMET
Hermès évolue dans le segment « super-luxe » et se compare davantage à Ferrari ou Rolex qu’à une maison de mode classique. Son modèle de réussite repose sur la rareté : l’offre est volontairement maintenue en dessous de la demande afin de créer l’exclusivité
Hermès a commencé comme sellier et est aujourd’hui surtout un grand nom de la maroquinerie. Des sacs iconiques comme le Birkin et le Kelly en sont les emblèmes. Parallèlement, la maison a développé un portefeuille comprenant vêtements, accessoires et autres catégories. L’Asie génère plus de la moitié du C.A., l’Europe environ un quart et les Amériques un cinquième.
Pour les sacs Hermès les plus convoités, comme le Birkin, il existe de longues listes d’attente. Seuls les clients existants peuvent les acheter, en général dans la limite de deux achats par an. Sur le marché de la seconde main, ces sacs se vendent régulièrement à plusieurs fois leur prix boutique, ce qui leur confère un statut de « bien d’investissement ».
Le groupe est fortement intégré verticalement et exerce un contrôle étroit sur l’ensemble de la chaîne de valeur. La production s’effectue en très grande majorité en France. Hermès possède ses propres tanneries et détient des participations dans des fournisseurs de soie et de cachemire. Les ventes passent presque exclusivement par ses propres canaux.
Il existe néanmoins des risques: l’entreprise dépend fortement de l’avenir du sac à main comme symbole de statut social. On observe ici et là des signes montrant que les jeunes femmes sont moins attachées aux sacs à main.
Le principal risque réside dans la valorisation. L’action ressemble à ses produits : une qualité chère. Le ratio cours/ bénéfice est passé de plus de 50 à un peu moins de 40. Mais cela signifie-t-il que le point bas a été atteint ? Le parcours boursier d’Hermès est impressionnant, mais lorsqu’on zoome, on constate que l’action a déjà perdu par le passé la moitié de sa capitalisation à plusieurs reprises. Nous ne sommes donc pas pressés d’acheter. À conserver.
Kering et consorts: profils variés, et risques différents
Les autres noms sont de taille plus modeste et affichent des performances boursières contrastées. Kering est très présent dans la mode et la maroquinerie (Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga,...). Il est aussi actif dans les montres et la joaillerie, ainsi que dans la beauté et l’optique. Gucci, la marque phare, représente la moitié du C.A. et une part encore plus importante du bénéfice, mais elle a souffert ces dernières années d’une certaine fatigue de marque. La nomination d’un nouveau directeur de la création et du nouveau CEO de Meo (ex-Renault) insuffle un vent nouveau chez Kering. Conservez
Richemont a bien résisté en Bourse ces dernières années. C’est un spécialiste du « hard luxury » (= joaillerie et horlogerie). Le groupe est donc moins sensible aux effets de mode et à la saisonnalité. Il est connu pour des marques comme Cartier, Montblanc et Van Cleef & Arpels. La phase d’hypercroissance est certes passée, mais Richemont a tout de même enregistré de la croissance ces deux dernières années. À 25 fois les bénéfices, l’action ne nous enthousiasme pas encore
Nous avons déjà évoqué Ferrari, qui se compare davantage à Hermès qu’à un constructeur automobile classique. Là aussi, on retrouve une économie de la rareté et un accent mis sur la personnalisation. Le cours de Ferrari a lui aussi reculé, mais à 30 fois les bénéfices, le titre n’est pas bon marché. Sur repli, pensez à entrer via le holding mère Exor.
Hermès évolue dans le segment clairement affirmé du « super-luxe » et peut plutôt être comparé à Ferrari ou à Rolex ©Shutterstock
Chaque semaine, nous présentons un tracker qui mérite une attention particulière. Cette fois, l’analyste Frank De Mol a jeté son dévolu sur un tracker axé sur la cybersécurité.
Tracker de la semaine : investir dans la cybersécurité
La cybersécurité consiste à protéger ordinateurs, smartphones, serveurs, réseaux, logiciels et données contre les attaques numériques, les dommages ou les accès non autorisés. Ce n’est plus un sujet réservé aux entreprises et aux particuliers : dans la défense comme en géopolitique, le poids de la sécurité informatique ne cesse de croître.
L’IA EST-ELLE DISRUPTIVE POUR LA CYBERSÉCURITÉ?
L’IA peut renforcer les défenses, mais aussi offrir de nouvelles armes aux attaquants. Les modèles d’IA sont redoutables pour automatiser et industrialiser les cyberattaques
Ainsi, Anthropic, l’entreprise à l’origine de l’assistant conversationnel Claude, a exposé par accident, la semaine dernière, des informations sensibles: des détails sur un modèle d’IA potentiellement utile pour mener des cyberattaques.
La crainte n’est donc pas que l’IA remplace les outils de cybersécurité actuels, mais que des acteurs malveillants l’utilisent pour pénétrer
plus vite et plus intelligemment les systèmes de protection. Cette course à l’armement technologique place l’IA au cœur d’un enjeu stratégique désormais mondial, où la frontière entre protection et vulnérabilité devient chaque jour plus floue et plus difficile à tenir.
« La crainte de l’impact de l’IA sur la cybersécurité semble exagérée »

Frank De Mol Analyste financier
Selon le courtier Wedbush, la cybersécurité représente aujourd’hui environ 5% des budgets informatiques. Cette part pourrait grimper à 10% dans les prochaines années.
COMMENT PEUT-ON INVESTIR? Il existe de nombreux trackers, mais

nous préférons légèrement celui de WisdomTree. Le tracker de L&G est le plus important avec 2,5 milliards de dollars sous gestion, mais aussi le plus cher (0,69% de frais courants). Les actifs sous gestion des trackers de Rize (97 millions de dollars) et de Global X (37 millions de dollars) restent relativement faibles. Le tracker de First Trust présente des frais annuels (0,60%) plus élevés. Quant à iShares Digital Security, il accorde une place importante à Ciena (plus de 10%), qui n’est pas un réel acteur pur de la cybersécurité.
Le tracker WisdomTree Cybersecurity (IE00BLPK3577, WCBR à Milan et W1TB à Francfort) a les frais récurrents annuels les plus bas (0,45%). Avec 350 millions de dollars sous gestion, sa taille est suffisante, de sorte que l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente est limité.
Le ratio cours/bénéfice attendu des entreprises du tracker est de 24. Les cinq principaux postes sont SentinelOne (6,2%), Zscaler (6,1%), CrowdStrike (5,8%), Trend Micro (4,9%) et Okta (4,8%). Le tracker est donc bien diversifié.
WisdomTree Cybersecurity cote aussi à Paris (ticker: WCBR), ce qui implique souvent des frais de transaction plus faibles, mais un écart achat-vente généralement plus large. Mieux vaut donc passer par un ordre à cours limité. Ce tracker n’est pas enregistré en Belgique, ce qui limite la taxe boursière à 0,12% à l’achat comme à la vente. WisdomTree Cybersecurity cote environ 30 % en dessous du pic de février de l’année dernière.
L’impact de la crise pétrolière sur les ‘frontier markets’

Comment les bourses et les économies de plus petits pays émergents réagissent-elles au conflit au Moyen-Orient? Certains pays, comme le Vietnam, encaissent durement le choc, tandis que d’autres en profitent justement. Cela rend ces « marchés frontières » à la fois risqués et intéressants comme diversification. Quelles sont les possibilités d’investir notamment au Kazakhstan, au Vietnam et au Maroc ?
Les marchés émergents ne forment pas un bloc uniforme. La crise iranienne a montré ces dernières semaines, une fois encore, à quel point les pays réagissent différemment à un même choc. Dans les «marchés frontières», cette dispersion est souvent encore plus marquée. Le Vietnam a subi de lourdes pertes, tandis que, entre autres, la Roumanie, le Maroc et surtout le Kazakhstan sont restés remarquablement résilients.
QUE SONT LES «MARCHÉS FRONTIÈRES»?
Ces marchés regroupent des pays qui ne répondent pas encore aux critères des marchés émergents, en termes de liqui-
dité, d’accès au marché et de réglementation. L’indice de référence principal est le MSCI Frontier Markets Index. Il comprend 28 pays et 246 actions. Le poids boursier total de l’indice s’élève à 203 milliards de dollars, ce qui est très faible comparé au MSCI Emerging Markets (6.000 à 7.000 milliards de dollars).
Les principaux pays sont le Vietnam, la Roumanie, le Maroc, la Slovénie et le Kazakhstan. Côté secteurs, les banques et l’immobilier dominent. L’indice compte aussi d’importantes positions en énergie et matières premières.
En 6 points, passons en revue l’essentiel à retenir en tant
Marc Brems
Astana, la capitale du Kazakhstan © Shutterstock
qu’investisseur si vous voulez investir dans ces marchés frontières.
1 VIETNAM: SOUS PRESSION
TEMPORAIREMENT
Le Vietnam (28% de l’indice) est l’une des économies à la croissance la plus rapide d’Asie grâce à une forte expansion de l’industrie manufacturière, des exportations et de l’urbanisation. Le Vietnam est depuis des années l’alternative à la Chine pour la production d’électronique. Côté fondamental, le pays reste une machine de croissance grâce à sa population jeune et à ses bas salaires, mais à court terme, les investisseurs doivent serrer les dents.
Dans la crise iranienne, le Vietnam est un perdant: il importe près de 90% de son pétrole. En outre, les réserves stratégiques sont limitées. La hausse des prix des carburants alimente l’inflation, augmente les coûts de transport et de production, et freinera légèrement la croissance économique. Le gouvernement réagit par des baisses de tarifs et des mesures d’économie de carburant, mais si le prix du pétrole reste durablement au-dessus de 100 dollars, le Vietnam demeure vulnérable.
La bourse du Kazakhstan profite de la crise géopolitique actuelle avec la société Kazatomprom, le plus gros producteur mondial d’uranium.
Marc
Brems
Analyste financier
2 ROUMANIE ET SLOVÉNIE: LE NOYAU STABLE
Les fonds de marchés frontières sont aussi largement exposés à l’Europe de l’Est. La Roumanie et la Slovénie y tiennent le rôle d’ancres tranquilles. Leur appartenance à l’UE apporte un soutien institutionnel et les rend moins sensibles aux chocs. En outre, les deux pays profitent du nearshoring, la tendance consistant pour les entreprises à rapprocher les chaînes de production du domicile. Des fonds européens d’infrastructure soutiennent l’économie, qui suit une trajectoire de croissance modérée. Les bourses locales comptent des entreprises relativement matures, notamment des banques et des acteurs pharmas, qui versent généralement des dividendes stables.
3 MAROC: TIRÉ PAR LES PHOSPHATES ET LA COUPE DU MONDE
4 KAZAKHSTAN: MATIÈRES PREMIÈRES ET DIGITALISATION
Le Kazakhstan est la surprise et le meilleur élève. Le pays dispose d’énormes réserves de pétrole, de gaz et surtout d’uranium, une matière première stratégique alors que l’énergie nucléaire regagne de l’importance dans le monde. Le poids lourd de l’indice Kazatomprom est le plus grand producteur d’uranium au monde.
Les prix élevés du pétrole dopent les recettes d’exportation et les revenus publics, et soutiennent la monnaie. Malgré des problèmes d’infrastructure récurrents – comme autour de l’oléoduc de la Caspienne et des incidents sur le champ pétrolier de Tengiz – la production de pétrole reste élevée. Le pays parvient en outre à naviguer habilement sur le plan géopolitique entre l’Occident, la Russie et la Chine, limitant ainsi l’impact des sanctions.

Le Maroc est l’un des marchés les plus liquides et traditionnellement les moins volatils. L’économie est étroitement imbriquée avec l’Europe. Dans la crise actuelle, le pays reste relativement résistant: des prix de l’énergie plus élevés pèsent certes sur les importations et le compte courant, mais la diversification des exportations, la hausse des recettes touristiques et des réserves suffisantes amortissent le choc.
Un facteur de soutien supplémentaire est le prix plus élevé des phosphates, un pilier important des exportations. Par ailleurs, de majeurs programmes d’investissement sont en cours à l’approche de la Coupe du monde de 2030, que le Maroc organise avec l’Espagne et le Portugal. Pour cette année, une croissance du PIB de 3,7 à 4,4% est attendue.
La Bourse y est dominée par de grandes banques (Attijariwafa Bank) et des groupes télécoms (Maroc Telecom).
Le Kazakhstan ne se résume toutefois pas au pétrole. Des fintechs comme Kaspi montrent que le pays est aussi à la pointe sur le digital. La Halyk Bank, cotée à Londres, fait partie des poids lourds parmi les actions des marchés frontières.
5 LES PLUS PETITS: FORT POTENTIEL, MAIS RISQUE ÉLEVÉ
Dans la queue des portefeuilles de marchés frontières, on trouve des pays plus petits comme le Kenya, le Pakistan, le Bangladesh, la Côte d’Ivoire, le Sénégal,… De véritables dossiers de «turnaround», mais également des pays pouvant sombrer dans une crise sévère en cas de revers.
Ce sont des pays où la démographie, et le plus souvent aussi la richesse en matières premières, assurent un fort potentiel de croissance, mais où les risques politiques sont élevés. Dans les pays où des réformes économiques sont menées, géné-

ralement sous l’impulsion du Fonds Monétaire International (FMI), les Bourses peuvent rebondir de manière explosive. On l’a vu l’an dernier au Kenya et au Ghana. Le Pakistan avait aussi progressé ces dernières années grâce à un accord avec le FMI, mais actuellement ce pays figure parmi les grands perdants de la crise pétrolière.
6 L’ARGENTINE:
L’EXCLUE
Il est frappant de constater que l’Argentine figure dans de nombreux trackers et fonds exposés aux marchés frontières, alors qu’elle en est officiellement absente des indices de référence. MSCI a en effet rétrogradé le pays en 2021 au statut de « standalone market », suite aux strictes restrictions de capitaux instaurées en 2019 qui l’ont rendu inéligible à cette classification, creusant ainsi un écart notable entre la réalité des portefeuilles et la nomenclature officielle.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Javier Milei, un nouveau vent souffle en Argentine. Le régime ouvre l’économie et démantèle progressivement les restrictions de capitaux. Il est très probable que l’Argentine revienne l’an prochain, en une seule fois, comme l’un des prin-
L’Argentine pourra, grâce aux réformes de son président Javier Milei, réintégrer les marchés frontières avec un poids prononcé.

Marc Brems Analyste financier
cipaux marchés de l’indice.
COMMENT INVESTIR DANS LES «FRONTIER MARKETS»?
Pour les investisseurs belges, il n’existe qu’un seul tracker disponible qui investit dans ces pays, à savoir le Xtrackers S&P Select Frontier Swap UCITS (ISIN LU0328476410).
Cet ETF investit dans 40 actions de l’indice S&P Select Frontier. Contrairement à l’indice MSCI, l’Argentine y est fortement représentée (18% du portefeuille), avec notamment le groupe pétrolier YPF et la banque Grupo Financiero Galicia. Les pondérations en Europe de l’Est y sont, en revanche, faibles. Le Vietnam a la pondération la plus élevée, avec 30% du portefeuille, tandis que le Maroc
et le Kazakhstan représentent chacun environ 10%. Les frais courants de ce tracker s’élèvent à 0,95%.
Via des fonds d’investissement de HSBC, Schroders et Templeton, vous pouvez aussi investir dans les marchés frontières. Ici, notre préférence va à Schroders International Selection Fund Frontier Markets Equity (LU0562314715).
Ce fonds suit l’indice MSCI, excluant defacto l’Argentine. Il existe toutefois un écart par rapport à l’indice de référence, puisque, dans ce portefeuille, près de 10% vont aux Émirats arabes unis, au détriment du poids du Maroc. Les frais d’entrée de ce fonds s’élèvent à 1% et les frais courants à 1,38%.
Les marchés frontières en retard
Les marchés frontières sont à la fois risqués mais offrent également une bonne diversification.
Un port au Vietnam : l’économie y connaît une croissance rapide © Shutterstock
La rédaction de L’Investisseur reçoit régulièrement des questions de ses lecteurs. Chaque semaine, nous en sélectionnons une qui aborde une thématique ou une problématique d’ordre plus général. Cette semaine, l’analyste Geert Smet nous explique comment investir pour ses enfants.
Un compte d’épargne ou des actions : comment investir pour vos (petits-)enfants ?
VOTRE QUESTION
Je veux investir le compte d’épargne de mes trois enfants. Nous avons un horizon d’investissement de 20 ans. Quelle approche conseillez-vous ?
NOTRE RÉPONSE
Beaucoup de parents aimeraient, pour les 18 ans de leur enfant, avoir constitué une jolie épargne. Avec une durée de 15 à 20 ans, il est pertinent d’envisager des alternatives au compte d’épargne. Vous pouvez investir la somme en une fois ou entrer progressivement. Cette seconde option est souvent plus judicieuse. Vous évitez ainsi d’investir tout le montant à un seul moment et vous pouvez réduire le coût d’acquisition.
PRÉFÉREZ LES ACTIONS
Sur une période aussi longue, les comptes d’épargne ou les obligations (des prêts aux États ou aux entreprises) sont moins adaptés. Les intérêts compensent rarement l’inflation. Or l’inflation ronge votre épargne qui perd donc en pouvoir d’achat.
Etant donné l’horizon d’investissement long, les actions sont plus indiquées. Plus vous laissez du temps à votre investissement, plus la probabilité de perte diminue et la performance s’accroît en gommant l’effet des fluctuations.
COMMENT S’Y PRENDRE?
Il y a différentes façons d’aborder la question. Auprès des banques, il existe des plans d’épargne liés à des fonds. Pour un horizon de long terme, mieux vaut alors ne pas choisir le profil de risque le plus faible. Un fonds investi exclusivement en actions est souvent l’option la plus logique, même s’il se voit généralement attribuer le niveau de risque le plus élevé. Les frais de gestion y sont toutefois souvent assez élevés.
Une autre possibilité consiste à investir via un compte-titres ouvert à votre nom. Cela vous donne davantage de contrôle, mais en cas de décès, des droits de succession peuvent être dus et, à un certain moment, vous devrez faire donation du portefeuille d’actions si le but est que l’argent revienne effectivement à votre enfant.
Seuls Keytrade Bank et Leleux permettent aussi d’ouvrir un comptetitres au nom d’un mineur. Vous pouvez le gérer vous-même, avec votre propre sélection d’actions ou d’ETF.
Lorsque l’enfant grandit un peu, il peut en outre être intéressant d’élaborer ensemble une stratégie d’investissement. Il apprend ainsi progressivement comment fonctionne l’investissement. Un avantage supplémentaire: si l’enfant a perçu des revenus substantiels, par exemple via un job d’étudiant ou une pension alimentaire, il peut faire valoir dans sa déclaration fiscale jusqu’à 249,90 euros (= 30% de précompte mobilier sur 833 euros de dividendes) au titre des dividendes reçus l’année précédente.
Si vous choisissez vous-même des actions, privilégiez des actions dites «buy and hold»: des entreprises solides, au bilan sain et dotées d’un bon historique. Les holdings et sociétés d’investissement offrent l’avantage de la diversification. Si vous privilégiez la simplicité et la diversification, un ETF sur le S&P 500 ou sur l’indice mondial reste le choix le plus évident. En Europe, nous préférons l’indice des small caps européennes. Vous répartissez ainsi vos investissements sur un grand nombre d’entreprises.

Les 3 graphiques de la semaine
Chaque semaine, notre expert en analyse technique, Marc Brems, présente trois valeurs accompagnées de leurs graphiques, qu’il juge prometteuses d’un point de vue technique. Soucieux de s’adapter au profil de chaque investisseur, il distingue systématiquement une valeur refuge, une valeur de croissance et une valeur spéculative.
1 VALEUR REFUGE: LOTUS BAKERIES
POURRAIT BOUCLER SA PHASE CORRECTIVE
Après une longue formation de plancher au second semestre 2025, Lotus Bakeries a entamé 2026 par une nette percée au-dessus de la moyenne à 200 jours. Après le pic du 10 février (10.820 euros), une phase de consolidation s’est mise en place. Si le cours corrige encore quelque peu, une opportunité d’achat pourrait se présenter aux alentours de 9.000 euros. Il est toutefois frappant de constater que l’OBV est restée solide, signe que la pression acheteuse domine. Il est donc possible que la tendance haussière reprenne déjà dès un signal au-dessus de 10.000 euros. Le titre peut être conservé fermement.
2 ACTION CYCLIQUE: APERAM SE PRÉPARE À UN NOUVEL ÉLAN
La cyclique Aperam figurait parmi les plus fortes baisses depuis le début de la guerre Iran, mais, après le creux du 23 mars, le cours a commencé à se stabiliser. Le titre s’est maintenu au-dessus de la moyenne à 200 jours, orientée à la hausse (32,1 euros). Le niveau de cassure de décembre joue également un rôle de support. Le repli apparaît donc, pour l’instant, comme une simple phase corrective au sein d’une longue tendance haussière. Une percée au-dessus de 36 euros pourrait donner le coup d’envoi d’un nouvel élan. Le MACD remonte au-dessus de la ligne de signal, ce qui indique une amélioration de la tendance. Digne d’achat
3 SPÉCULATIF: ADOBE PEUT-ELLE ENFIN FORMER UN PLANCHER?
Adobe a déjà fortement reculé cette année. Le cours a enfoncé des zones de support, qui sont ensuite devenues des résistances. Le départ du CEO d’Adobe a provoqué, en mars, une nouvelle baisse sous un précédent creux. Cette fois, le MACD affiche toutefois une nette divergence positive, ce qui peut indiquer un possible retournement de tendance. On observe aussi une légère divergence sur l’OBV. Une cassure au-dessus de la moyenne à 50 jours, orientée à la baisse (actuellement autour de 260 dollars), améliorerait la configuration graphique. Les investisseurs conscients des risques peuvent prendre une position limitée
Le cash entre en action
Le Portefeuille de L’Investisseur est un portefeuille réel, investi en argent réel et soumis à des frais réels. Dès que nous passons un ordre d’achat ou de vente, nous vous en informons immédiatement par un e-mail alerte et une notification sur votre smartphone. Vous pouvez ainsi acheter et vendre en même temps que nous, et obtenir le même rendement. Ce portefeuille vise une diversification suffisante, dans une optique long terme. Si vous souhaitez investir de manière plus défensive ou, au contraire, plus dynamique, consultez nos conseils d’achat à la page 18. Vous pouvez également retrouver ce portefeuille sur investisseur.be, où vous pouvez à tout moment consulter le cours actuel de chaque action.
portefeuille investisseur l’
LE
5 ACTIONS ARGENX À 622 EUROS ET 10 ACTIONS

Nous avons mis notre trésorerie au travail une première fois. À un certain moment, le sentiment de marché est devenu particulièrement sombre, ce qui nous a justement donné une raison d’être plus optimistes. Depuis un certain temps, nous indiquions vouloir cibler, pour de nouveaux achats, des valeurs de qualité. En même temps, nous voulons conserver suffisamment de liquidités au cas où le sentiment de marché se détériorerait à nouveau.
MICROSOFT:UN
ÉCOSYSTÈME ROBUSTE
Concrètement, après un INV Alertmail, nous avons acheté 10 titres Microsoft à 365 dollars pièce. Microsoft occupe une position solide sur des marchés en croissance, avec un écosystème robuste et des avantages d’échelle. L’entreprise a de sources de revenus diversifiées et assez prévisibles. La valorisation a nettement baissé, de sorte qu’on ne paie plus que 22 fois le bénéfice prévu pour 2025/26. Microsoft présente un bilan sain, avec une trésorerie nette. Les investissements élevés dans l’IA ont pesé sur le titre ces derniers mois, mais ce repli offre un bon point d’entrée. Si l’action devait encore corriger, nous procéderions à un achat complémentaire.
Microsoft veut, d’ici 2027, figurer parmi les leaders de l’IA, avec ses propres modèles avancés capables de rivaliser avec
ceux d’OpenAI et d’Anthropic. Microsoft n’a longtemps pas pu le faire en raison d’accords conclus avec OpenAI, dans laquelle Microsoft détient une participation importante. Mais après renégociation du partenariat l’an dernier, cela est désormais possible.
ARGENX: UN PIPELINE
FOURNI
A Bruxelles, nous avons acheté 5 titres Argenx. La société biotech est rentable et autofinancée. Fin 2025, elle disposait de 3,7 milliards d’euros de trésorerie, un montant qui devrait augmenter dans les années à venir. Récemment, de bons résultats ont encore été annoncés, pour la maladie musculaire myasthénie grave, dans deux indications supplémentaires, ce qui accroît sensiblement le potentiel de chiffre d’affaires de son produit phare Vyvgart.
Argenx dispose d’un large portefeuille de produits. Pas moins de 17 programmes de recherche sont en phase 2 et 3.
Au cours du second semestre, les résultats de trois programmes en dernière phase clinique sont attendus. Il est certain qu’ils n’auront pas tous une issue positive, mais quelques résultats favorables suffiront à assurer la poursuite de la croissance. Goldman Sachs a d’ailleurs ajouté Argenx à sa liste de favoris la semaine dernière.
Avec nos récents achats de Microsoft et d’Argenx, nous mettons l’accent sur des valeurs de croissance au bilan sain.

Gert Bakelants Responsable Stratégie actions
L’AVIS SUR SUEDZUCKER ABAISSÉ D’UN CRA
La guerre en Iran a récemment aussi fait fortement grimper les prix du sucre. Südzucker n’est pas seulement le principal producteur de sucre en Europe, mais aussi, via sa filiale CropEnergies, le plus grand producteur de (bio)éthanol, dont le prix s’est lui aussi envolé. En raison de la hausse du prix du pétrole, la demande d’éthanol augmente au Brésil, le plus grand producteur mondial de sucre. Les usines de canne à sucre y réorientent davantage leur production du sucre vers l’éthanol, ce qui réduit l’offre mondiale de sucre. Avant la guerre, la direction prévoyait encore une baisse du C.A. et des marges, et il a été décidé de suspendre le dividende au titre de l’exercice 2025/26.L’action cote un tiers plus haut qu’en début d’année, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis près de deux ans. Nous considérons le bond du cours de ces dernières semaines comme une occasion d’abaisser notre recommandation d’un cran à « conserver ».
FAGRON: CONFIRME SES PRÉVISIONS
Fagron a enregistré une croissance organique de 3,2 % au premier trimestre. Cette croissance s’accélérera à partir du deuxième trimestre. L’acquisition de Pharmavit pèsera cette année sur la marge de cash-flow opérationnel, mais cela était attendu.
OPA sur UMG: que fait Vivendi?
Cette page recense les valeurs que nous privilégions actuellement, sur la base de l'évolution du cours, de la valorisation, de la solidité bilancielle, des perspectives et des catalyseurs potentiels. La liste ci-dessous est donc amenée à évoluer.
NOUVELLES
ENTRÉES
Conformément à nos achats pour le Portefeuille, il était logique d’inclure Microsoft et Argenx dans les sélections, respectivement dans les listes « croissance durable » et « promesses & turnarounds ». Trouvez nos arguments en page 19.
VIVENDI: OPA SUR SA FILIALE UMG
Une énorme surprise : Bill Ackman lance, via son véhicule Pershing Square, une offre publique d’achat sur Universal Music Group (UMG). Les actionnaires d’UMG recevraient, par action, 5,05 euros en cash et 0,77 action de «New UMG». New UMG — un nom provisoire — naîtrait de la fusion d’UMG avec la coquille bour-
Bill Ackman est clairement frustré par la faiblesse du cours de Universal Music Group.

Simon Renty Analyste financier
sière Pershing Square SPARC Holdings, créée par Ackman à cet effet. Dans la mesure du possible, les actionnaires pourraient aussi opter pour une autre combinaison de liquidités et d’actions, un paiement intégral en cash représentant alors 22 euros par action. Cela ne correspond qu’à une prime d’à peine 29 % par rapport au dernier cours de clôture.
Par cette opération, Ackman veut imposer une restructuration chez UMG, qui, selon lui, affiche de faibles performances sur le plan organisationnel. Il plaide depuis longtemps pour une cotation à Wall Street afin de relever la valorisation d’UMG. L’opération semble difficilement réali-
sable sans le soutien de Vincent Bolloré, principal actionnaire d’UMG via Bolloré et Vivendi
Ces derniers mois, le cours de UMG a fortement reculé. Vivendi s’en est aussi retrouvé sous pression. Fin 2025, UMG représentait en effet 73% du portefeuille d’investissement de Vivendi. Nous maintenons notre conseil d’achat.
KINEPOLIS A CONFIANCE
Le CEO de Kinepolis a souligné, lors d’un salon organisé par la Fédération flamande des clubs d’investissement, que le désintérêt pour le secteur crée de belles opportunités d’acquisition. Entre-temps, l’abondance de l’offre cinématographique soutient de beaux chiffres de croissance. Le marché a progressé de 25% en Amérique du Nord au 1er trimestre. Rendez-vous pour les résultats trimestriels le 23 avril.
GEN DIGITAL: PAS DE CRAINTES DE L’IA
CD = croissance durable; PT = promesses & turnarounds
Les nouvelles applications d’IA pèsent sur le sentiment boursier de diverses entreprises de logiciels, dont le spécialiste de la cybersécurité Gen Digital Pourtant, le tableau n’est pas uniformément négatif. Gen Digital, qui se concentre exclusivement sur les particuliers avec des marques comme Norton et Avast, constate que le besoin de « tranquillité d’esprit » augmente à mesure que le consommateur est davantage confronté à l’IA. Selon le CEO, l’essor des soi-disant agents d’IA, capables d’exécuter des tâches de manière autonome, ouvre même un nouveau marché beaucoup plus vaste.
Le prix du pétrole retombe
Chaque semaine, cette page consacrée à l’évolution des principaux indices boursiers, des matières premières et des devises, agrémenté d’un graphique instructif. La page suivante est quant à elle dédiée à l’analyse d’un ou plusieurs secteurs. Les valeurs mentionnées sont bien entendu également disponibles sur investisseur.be, accompagnées de conseils détaillés.
Portef. L'Investisseur
DEVISE COURS VARIATION 31.12.’25 VARIATION 5 ANS TAUX 10 ANS CONSEIL
EUR - - - 3,48% portefeuille de base: env. 60%
USD 1,170 +0,3% +1,5% 4,26% réinvestir
AUD 1,658 +6,1% -6,0% 4,85% première position
CAD 1,620 -0,6% -7,6% 3,43% position limitée
NZD 2,005 +1,7% -15,6% 4,62% conserver
GBP 0,870 +0,2% -0,8% 4,71% une alternative intéressante
TRY 52,094 -0,8% -81,4% 28,97% spéculative, risque elevé
SEK 10,838 -0,4% -5,7% 2,78% réinvestir NOK 11,162 +5,7% -9,9% 4,29% réinvestir
19,168
position limitée
0,923 +0,9% +19,5% 0,34% devise
TRÊVE: BAISSE DU PRIX DU PÉTROLE
USD/baril
Pétrole de Brent J F M A
IMMOBILIÈRES
La semaine à venir
Cette semaine, quelques poids lourds publieront leurs résultats. Dans le secteur du luxe, l’attention se portera sur LVMH, Kering et Hermès. Du côté des semi-conducteurs, nous suivrons de près ASML et TSMC. Simon Renty fait le point sur les perspectives.
LVMH: BAROMÈTRE DU SECTEUR DU LUXE
La semaine commence sur les chapeaux de roue : les résultats du groupe de luxe
LVMH sont toujours considérés comme un baromètre pour le reste du secteur. LVMH chapeaute notamment Louis Vuitton, Dior et Moët & Chandon. Pour le 1er trimestre, nous nous attendons de nouveau à un léger recul du C.A., notamment parce que les taux de change restent probablement défavorables. Nous sommes curieux de voir si la direction osera faire des commentaires sur le reste de l’année.
KERING ORGANISE UNE JOURNÉE INVESTISSEURS

Mardi, Kering publiera un bref rapport sur le 1er trimestre. Kering est le groupe qui chapeaute notamment Gucci, Yves Saint Laurent et Balenciaga. Même si 2026 doit à nouveau être une année de croissance, cela ne devrait pas encore se refléter sur cette première période. Le marché anticipe un recul à ‘un chiffre élevé’. Deux jours plus tard, lors de sa journée investisseurs, Kering dévoilera son plan stratégique. Le nouveau CEO, Luca de Meo, avait été accueilli avec enthousiasme l’an dernier.

3
HERMÈS CONTINUE-T-ELLE DE CROÎTRE?
Mercredi, ce sera au tour d’Hermès de publier ses résultats. Le consensus table sur une croissance à peine perceptible au 1er trimestre, bien loin de ce à quoi nous étions habitués ces dernières années. Ici aussi, les taux de change devraient peser. Lors de la publication des résultats annuels, le fabricant de produits de très grand luxe avait encore indiqué viser une croissance organique ambitieuse du chiffre d’affaires en 2026.

4 5
QU’EN EST-IL DU CARNET DE COMMANDES CHEZ ASML?
Mercredi, ASML publiera ses résultats trimestriels. La croissance du C.A. devrait s’être accélérée, tout comme la croissance du bénéfice. Nous suivrons l’évolution du carnet d’ordres et les commentaires sur les prochains trimestres. ASML est aux premières loges pour profiter du boom des semi-conducteurs, mais le groupe est freiné par les restrictions américaines. Les É.-U. ne veulent pas que la Chine comble trop rapidement son retard technologique dans la production de puces.
CROISSANCE FORTE ATTENDUE CHEZ TSMC
TSMC, le fabricant taïwanais de semi-conducteurs et un client important d’ASML, se trouve exactement là où ce boom des semi-conducteurs est en train de se produire. TSMC aurait enregistré une croissance d’un tiers au cours du trimestre écoulé par rapport à une période déjà solide un an plus tôt. Le bénéfice devrait avoir progressé encore davantage. Ici aussi, le carnet de commandes et les commentaires de la direction seront cruciaux.

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Investir comporte des risques. Votre investissement peut perdre de la valeur. Éditeur responsable: Saxo Belgique, Italiëlei


