Skip to main content

Private Banking (octobre 2022)

Page 1

Private

Quand votre banquier a quelque chose Ă  vous dire

SupplĂ©ment de L’Echo l jeudi 20 octobre 2022
banking
«Ce qu’il se passe sur les marchĂ©s ne ralentit pas nos plans de croissance»
Les questions sur la durabilité, de simples formalités
PAGE 6
Les banquiers privĂ©s ne raïŹ€olent pas des cryptos
PAGE 10
PAGE 4
SABINE CAUDRON
DEGROOF PETERCAM PAGE 8

Entre nous, c’est du sĂ©rieux

StĂ©phane compte sur son agent bancaire, qui le comprend et connaĂźt ses dĂ©ïŹs. GrĂące Ă  une solution simple, globale et sur mesure, StĂ©phane permet Ă  son patrimoine de croĂźtre ou il en tire un revenu. Il peut aussi compter sur les conseils personnalisĂ©s d’experts pour prĂ©parer sa succession.

StĂ©phane est rassurĂ© : il reçoit tous les trois mois un rapport dĂ©taillĂ© et un entretien de suivi lui est proposĂ©. Bref, il a du temps pour faire ce qu’il aime vraiment.

DELEGIO PRIVILEGE

DE 100.000

Découvrez la solution exclusive pour votre patrimoine.

AXA Bank Belgium sa fait partie du Groupe Crelan - Boulevard Sylvain Dupuis 251, 1070 Anderlecht ‱ TÉL. 03 286 66 00 ‱ www.axabank.be/contact BIC: AXABBE22 ‱ IBAN BE67 7000 9909 9587 ‱ N° BCE : TVA BE 0404 476 835 RPM Bruxelles ‱ FSMA 036705 A axabank.be/service-privilege
SERVICE DÉJÀ À PARTIR
EUROS
2022_04 adv Invest 440x290.indd 2 25/04/2022 11:58

Private

Les turbulences boursiÚres érodent les actifs des banques privées

L’énorme incertitude sur les marchĂ©s ïŹnanciers pĂšse aussi sur les patrimoines conïŹĂ©s par les riches Belges Ă  leurs banquiers privĂ©s et gestionnaires patrimoniaux. Toutefois, la plupart des acteurs du secteur n’ont pas modiïŹĂ© leurs plans de croissance.

Les nombreux gestionnaires patrimoniaux, banques privĂ©es et autres acteurs de niche dont le cƓur de mĂ©tier consiste Ă  oïŹ€rir des services ïŹnanciers Ă  de riches clients, ont connu plusieurs annĂ©es de forte croissance. La hausse des marchĂ©s d’actions et la stabilitĂ© des ïŹ‚ux d’actifs entrants provenant de nouveaux et anciens clients cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment des moyens d’obtenir du rendement de leurs liquiditĂ©s, ont permis aux banques privĂ©es belges d’augmenter rĂ©guliĂšrement leurs actifs sous gestion.

Mais ce e tendance semble s’inverser. Pour la premiĂšre fois depuis de nombreuses annĂ©es, les avoirs conïŹĂ©s aux banques privĂ©es et aux gestionnaires patrimoniaux par les Belges sont en baisse.

Grandes banques*

BNP Paribas Fortis Private Banking & Wealth Management

KBC & CBC Private Banking & Wealth

BelïŹus Private Banking & Wealth Management

ING Belgique Private Banking

Grandes banques privées

Degroof Petercam

Delen Private Bank Belgique Deutsche Bank

«Tous les gestionnaires patrimoniaux qui investissent en bourse pour leurs clients sont impactés.»

Selon une enquĂȘte de la rĂ©daction, les banques privĂ©es, sociĂ©tĂ©s de bourse, gestionnaires patrimoniaux et autres spĂ©cialistes belges aïŹƒchaient, ïŹn juin, environ 454 milliards d’euros d’actifs sous gestion, contre 483 milliards un an plus tĂŽt. La rĂ©daction a interrogĂ© tant les ïŹliales de grandes banques belges et Ă©trangĂšres que des acteurs de taille moyenne et banques de niche actifs dans notre pays.

La raison de ce recul? À cause de la guerre en Ukraine, de la hausse des taux d’intĂ©rĂȘt et de l’explosion de l’inïŹ‚ation, les marchĂ©s ïŹnanciers ont pris d’énormes giïŹ‚es au cours des derniers mois. Le Bel 20, l’indice phare de la Bourse de Bruxelles, l’Euro Stoxx 500 et l’indice amĂ©ricain S&P 500 ont perdu ce e annĂ©e plus de 20% de leur valeur. Le marchĂ© obligataire n’est pas mieux loti. Par consĂ©quent, les patrimoines gĂ©rĂ©s par les banquiers privĂ©s pour le compte de leurs clients se sont retrouvĂ©s sous forte pression.

«Tous les gestionnaires patrimoniaux qui investissent en bourse pour leurs clients sont impactĂ©s», rĂ©agit Maarten Rooijakkers de CapitalatWork Foyer, un acteur de taille moyenne actif dans notre pays. «Étant donnĂ© les circonstances, nous nous en tirons encore relativement bien, car nous ne suivons pas les indices et nous gĂ©rons les portefeuilles de façon dynamique. En outre, il est plus que jamais important de communiquer en toute transparence avec les clients et de leur expliquer comment nous sommes positionnĂ©s en tant qu’investisseurs. Car vous ne pouvez pas vous cacher. Que vous ayez investi en actions, en obligations, voire en cryptodevises, aujourd’hui, tout baisse.»

Clients en a ente MalgrĂ© les turbulences boursiĂšres, les clients ne semblent pas vouloir qui er la bourse. L’étĂ© dernier, la Banque Delen a indiquĂ© que l’impact nĂ©gatif des Ă©vĂ©nements sur les marchĂ©s ïŹnanciers Ă©tait en grande partie compensĂ© par l’aïŹ„ux de nouveaux actifs. La majeure partie de ces «inïŹ‚ows» provient mĂȘme de nouveaux clients.

ABN AMRO Private Banking Belgium Puilaetco

Van Lanschot Belgique & Mercier Vanderlinden

Banques de taille moyenne et acteurs de niche

Banque de Luxembourg Belgium

Rothschild & Co Wealth Management Belgium

Edmond de Rothschild

CapitalatWork Foyer Group

Econopolis / Twain

Indosuez Wealth Management en Belgique

Banque Transatlantique Belgium

Leleux Associated Brokers

Quaestor Vermogensbeheer

Banque Nagelmackers

Dierickx Leys Private Bank

Leo Stevens & Cie CBP Quilvest Belgium

Accuro Wealtheon Value Square FinFactor

DDEL Portfolio Solution

Pire Asset Management Merit Capital

«Des personnes qui ont des projets dans l’immobilier veulent lever le pied au cours des deux ou trois prochaines annĂ©es.»

Cela ne signiïŹe pas pour autant que les clients ne se soucient pas de ce qui se passe en bourse, souligne RenĂ© Havaux, administrateur dĂ©lĂ©guĂ© de la Banque Delen. «Les ïŹ‚ux, les dĂ©pĂŽts de clients restent bons, mais sont lĂ©gĂšrement infĂ©rieurs Ă  ceux de 2021, qui Ă©tait une annĂ©e record. Nous remarquons Ă©galement que les clients a endent un peu plus longtemps avant de placer leur argent en bourse. Si la situation perdure, nous ne pourrons plus les convaincre avec l’argument qu’il n’y a plus d’alternative aux investissements en actions. Si les taux continuent Ă  augmenter, certains se satisferont des rendements obligataires de 3,4 ou 5%.»

«Aujourd’hui, certains clients prĂ©fĂšrent en eïŹ€et accumuler des liquiditĂ©s», reconnaĂźt Maarten Rooijakkers de CapitalatWork. «Auparavant, ils auraient peut-ĂȘtre plus rapidement investi dans l’immobilier. Mais depuis que les taux ont recommencĂ© Ă  augmenter, ces investissements sont pratiquement au point mort.»

«Aujourd’hui, j’entends en eïŹ€et des personnes ayant lancĂ© des projets dans l’immobilier dire qu’elles comptent lever le pied au cours des deux ou trois prochaines annĂ©es», explique Steven Maertens, responsable du marchĂ© ïŹ‚amand pour la Banque de Luxembourg. «Le private equity a Ă©galement perdu en popularitĂ©. Jusqu’à tout rĂ©cemment, ces investissements cartonnaient auprĂšs des clients fortunĂ©s. Ceux-ci ne sont pas encore prĂšs de liquider leurs portefeuilles, mais prĂ©fĂšrent a endre avant de rĂ©aliser de nouveaux investissements, en espĂ©rant que les valorisations

454,1

Les banques privĂ©es, sociĂ©tĂ©s de bourse, gestionnaires patrimoniaux et autres spĂ©cialistes belges a ichaient, ïŹn juin, environ 454 milliards d’euros d’actifs sous gestion, contre 483 milliards d’euros un an plus tĂŽt.

du marché du private equity continueront à baisser.»

Acteurs dominants OĂč en est aujourd’hui le marchĂ© belge de la banque privĂ©e? Comme toujours, les quatre grandes banques belges dominent le secteur. Fin juin, les Belges fortunĂ©s dĂ©tenaient au total 297,5 milliards d’euros chez BNP Paribas Fortis, KBC, BelïŹus et ING Belgique. Ce chiïŹ€re comprend les services de banque privĂ©e traditionnels ainsi que les services «wealth», rĂ©servĂ©s aux clients les plus fortunĂ©s. Chaque institution a sa propre dĂ©ïŹnition d’un client «banque privĂ©e». Chez l’une, le seuil d’accĂšs a Ă©tĂ© ïŹxĂ© Ă  un million d’euros, tandis que chez d’autres, il suïŹƒt de possĂ©der 250.000 euros. Les clients disposant d’au moins 250.000 euros et n’appartenant pas au segment de la banque privĂ©e d’autres grandes banques ont Ă©galement Ă©tĂ© inclus, aïŹn d’établir une comparaison aussi prĂ©cise que possible. Les grandes banques privĂ©es, qui reprĂ©sentent un peu moins de 116 milliards d’euros d’actifs sous gestion, accueillent un nouvel acteur. GrĂące Ă  l’acquisition de Mercier Vanderlinden, la

10,0

5,8 4,6 4,0 3,5 3,0 3,0 2,9 2,6 1,9 1,9 1,8 1,3 1,0 0,7 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,3

sociĂ©tĂ© nĂ©erlandaise Van Lanschot Kempen dispose dĂ©sormais d’un total de 10 milliards d’euros d’actifs sous gestion.

Degroof Petercam et la Banque Delen restent les principaux acteurs de ce segment avec respectivement 35 et 32 milliards d’euros sous gestion. Au cours des deux derniĂšres annĂ©es, Deutsche Bank s’est Ă©galement imposĂ©e sur le marchĂ© comme un spĂ©cialiste du conseil en investissement et d’autres services destinĂ©s aux clients fortunĂ©s. La ïŹliale belge du gĂ©ant bancaire allemand a terminĂ© le premier semestre de l’annĂ©e avec 16 milliards d’euros d’actifs sous gestion.

De leur cĂŽtĂ©, les banques privĂ©es de taille moyenne et les acteurs de niche reprĂ©sentent 40,7 milliards d’euros. Le plus grand nom de ce segment est la Banque de Luxembourg Belgique (6 milliards d’euros). Le plus petit nom – Merit Capital – pourrait apparaĂźtre dans ce tableau pour la derniĂšre fois. La maison anversoise a dĂ©posĂ© le bilan au dĂ©but de l’automne aprĂšs une longue agonie.

Davantage d’ambition et de collaborateurs

Les marchĂ©s ïŹnanciers semblent aller dans toutes les directions et les clients se montrent plus prudents. Mais pour l’instant, ce e situation ne semble pas pousser la plupart des banques privĂ©es Ă  modiïŹer leurs plans de croissance. Au contraire: certaines institutions ont encore relevĂ© leurs ambitions. Ainsi, KBC a annoncĂ© son intention d’ouvrir plusieurs agences de banque privĂ©e dans notre pays pour, Ă  terme, doubler leur nombre, qui passera de 14 Ă  29. Au mĂȘme moment, KBC facilite l’accĂšs des candidatsclients Ă  ses services de banque privĂ©e. Jusqu’à rĂ©cemment, il fallait disposer d’au moins un million d’euros Ă  investir pour faire partie de ce club. DĂ©sormais, le seuil a Ă©tĂ© abaissĂ© Ă  250.000 euros.

KBC est loin d’ĂȘtre la seule banque Ă  vouloir davantage imprimer sa marque sur le marchĂ© de la banque privĂ©e. La banque d’État BelïŹus souhaite notamment Ă©tendre son rĂ©seau Ă  une soixantaine de «private houses» d’ici 2025, contre cinq aujourd’hui. D’autres petites banques continuent Ă  chercher des possibilitĂ©s de se dĂ©velopper. «Nous sommes par exemple Ă  la recherche de banquiers privĂ©s dans les provinces d’Anvers et du Limbourg», explique Steven Maertens de la Banque de Luxembourg. «À terme, nous espĂ©rons ouvrir une agence dans ces deux rĂ©gions. Mais si des opportunitĂ©s se prĂ©sentent de recruter des personnes compĂ©tentes ailleurs, nous les saisirons.»

Ces ambitions se traduisent aussi par l’augmentation du nombre d’employĂ©s. Fin juin, les banques privĂ©es et gestionnaires patrimoniaux ayant participĂ© Ă  notre enquĂȘte comptaient 5.810 collaborateurs, soit une hausse de 3% en un an. En dehors des proïŹls commerciaux, les banques continuent Ă  recruter des informaticiens et des spĂ©cialistes en conformitĂ© («compliance») pour s’aligner sur les rĂ©glementations – de plus en plus strictes – au sein du secteur. Avec la «guerre des talents» et la ïŹ‚ambĂ©e inïŹ‚ationniste, les banques privĂ©es doivent Ă©galement ouvrir plus grand leur portefeuille. Si l’on y ajoute la baisse des actifs sous gestion due aux circonstances du marchĂ©, les marges bĂ©nĂ©ïŹciaires pourraient se retrouver davantage sous pression.

Formidable 2021

Dans le secteur, on ne semble toutefois pas dramatiser. «Ces derniĂšres annĂ©es, nous avons beaucoup misĂ© sur la gestion discrĂ©tionnaire, en d’autres termes, les clients nous mandatent pour gĂ©rer leur portefeuille», explique Steven Maertens (Banque de Luxembourg). «Par consĂ©quent, nous avons enregistrĂ© un ïŹ‚ux plus important de revenus rĂ©currents qu’auparavant. Dans le passĂ©, les clients conservaient davantage de cash, ce qui nous coĂ»tait de l’argent. Aujourd’hui, il est plus rentable de me re son argent au travail.»

Le patron de Delen, RenĂ© Havaux, ne s’inquiĂšte pas outre mesure. «2021 fut une annĂ©e formidable. Il n’est donc pas anormal que le ratio entre les coĂ»ts et les revenus aïŹƒche une lĂ©gĂšre baisse et revienne Ă  des niveaux ‘habituels’. Bien entendu, nous continuons Ă  surveiller les coĂ»ts par rapport aux revenus que nous gĂ©nĂ©rons de notre gestion d’actifs. Ce n’est pas un exercice diïŹƒcile. La question qui se pose cependant est de savoir combien de temps ce e situation durera et quel sera son impact sur nos actifs sous gestion.»

2.889 931 970 368 620 2.230 1.002 479** 84 323 175 167 691 30 48 43 65 30 41 50 133 27 26 23 37 14 11 17 16 15 7 18 40 297,5 113,3 72,0 69,0 43,2 115,9 35,4 31,6 16,0 11,9 11,0
40,7
Patrimoine gĂ©rĂ© en milliards €
Nombre de salariés
454,1 milliards € patrimoine gĂ©rĂ© nombre de salariĂ©s
5.810
APERÇU DU MARCHÉ BELGE DU PRIVATE BANKING ET DE LA GESTION DE FORTUNE
Les actifs sous gestion ont Ă©tĂ© communiquĂ©s par la sociĂ©tĂ© au 30/6/2022, sauf pour Edmond de Rothschild et Pire Asset Management (chi res 2021) et Merit Capital (estimation). Les acteurs du marchĂ© non mentionnĂ©s n'ont fourni aucune information ou des informations insu isantes. Dans les grandes banques, le seuil d'entrĂ©e di Ăšre et les clients ayant des actifs de plus de 250.000 euros et un service personnalisĂ© ont Ă©galement Ă©tĂ© inclus. Ce chi re comprend tous les employĂ©s du groupe en Belgique (y compris Private Banking, Investment Bank, Asset Management et Asset Services). Source: MediaïŹn
L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 3
banking

Private banking

Quand votre banquier a quelque chose Ă  vous dire

L’annĂ©e boursiĂšre 2022 est en bonne voie de devenir une annus horribilis. La guerre en Ukraine, la crise Ă©nergĂ©tique et l’inïŹ‚ation galopante me ent Ă  l’épreuve la rĂ©sistance au stress des investisseurs. Les marchĂ©s d’actions internationales se nĂ©gocient en moyenne 20% en dessous de leur niveau de la ïŹn de l’an dernier. Un retour Ă  la rĂ©alitĂ© pour de nombreux investisseurs – dĂ©butants ou aguerris – dont les actions n’avaient fait que grimper ces derniĂšres annĂ©es.

Traditionnellement, les obligations – une classe d’actifs plus dĂ©fensive – se comportent bien en pĂ©riode d’incertitudes macroĂ©conomiques et jouent le rĂŽle d’amortisseur dans les moments diïŹƒciles. Mais ce ne fut pas le cas ce e annĂ©e. Pour contenir l’inïŹ‚ation galopante, les banques centrales relĂšvent leurs taux Ă  grande vitesse. AprĂšs des annĂ©es de taux trĂšs bas, voire nĂ©gatifs, l’environnement des taux a radicalement changĂ©. C’est une mauvaise nouvelle pour les obligations car elles perdent de la valeur lorsque les taux montent. Par consĂ©quent, les marchĂ©s obligataires aïŹƒchent, eux aussi, des rĂ©sultats particuliĂšrement mauvais ce e annĂ©e.

Communiquer en toute transparence

Les banquiers privĂ©s sont donc confrontĂ©s Ă  la tĂąche peu enviable d’expliquer Ă  leurs clients pourquoi la plupart des lignes de leurs portefeuilles sont dans le rouge. Une bonne discussion autour d’un cafĂ© suïŹƒra-elle?

«Nous oïŹ€rons systĂ©matiquement une tasse de cafĂ© Ă  nos clients, mais Ă  l’heure

actuelle, un sucre en plus ne ferait pas de mal», lance avec un clin d’Ɠil Benoit Leloup, conseiller et responsable des contacts avec la clientĂšle auprĂšs de la banque privĂ©e Puilaetco. «Nous essayons de toute façon d’informer nos clients de façon proactive, que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, entre autres via nos le res d’information et les relevĂ©s de portefeuilles. Ce qui caractĂ©rise l’an dernier, c’est que les investisseurs dĂ©fensifs ont, eux aussi, vu la valeur de leur portefeuille fortement baisser. Aujourd’hui, il est particuliĂšrement important de communiquer avec eux en toute transparence», explique Benoit Leloup.

MĂȘme son de cloche chez les autres banquiers. «Nous essayons d’accorder plus d’a ention aux investisseurs dĂ©fensifs», explique Ive Mertens, CEO de la banque privĂ©e Leo Stevens. «Ceux qui investissent en actions sont en eïŹ€et plus habituĂ©s aux soubresauts de la bourse. N’oubliez pas non plus que, ces derniĂšres annĂ©es, ils ont pu proïŹter des importantes hausses de cours», poursuit-il. «Et ils n’ont pas perdu la totalitĂ© de ces plus-values. Pour les proïŹls dĂ©fensifs, qui dĂ©tiennent davantage d’obligations, ce e pĂ©riode est encore plus diïŹƒcile. La rapide hausse des taux a fortement touchĂ© les portefeuilles obligataires, ce qui nĂ©cessite parfois des explications supplĂ©mentaires.»

Sous le matelas

Sur ce plan, la digitalisation n’a pas facilitĂ©

le mĂ©tier de banquier privĂ©. «Auparavant, les obligations Ă©taient placĂ©es en sĂ©curitĂ© dans un coïŹ€re-fort ou sous le matelas. Chaque annĂ©e, les dĂ©tenteurs percevaient le coupon et ce, jusqu’à l’échĂ©ance, oĂč l’obligation Ă©tait remboursĂ©e.» En d’autres termes, les clients n’étaient pas en train de vĂ©riïŹer Ă  tout moment la valeur de leurs obligations. La situation a complĂštement changĂ©: «Aujourd’hui, les investisseurs voient quasiment tous les jours le cours de leur obligation changer, ce qui les rend parfois nerveux», continue Ive Mertens.

Tom Hollants, banquier privĂ© chez Van Lanschot, conïŹrme ce e tendance: «Vu qu’à l’heure actuelle les clients reçoivent tous les trois mois un relevĂ© de leur portefeuille, ils sont obligĂ©s de voir la rĂ©alitĂ© en face. Et cela suscite parfois des questions. C’est pourquoi il est nĂ©cessaire – surtout pour les clients au proïŹl dĂ©fensif – de faire le point sur leur situation de maniĂšre plus dĂ©taillĂ©e. En particulier parce que les proïŹls dĂ©fensifs sont gĂ©nĂ©ralement ceux qui ne suivent pas de prĂšs la situation des marchĂ©s».

Il faut donc accorder plus d’a ention aux investisseurs dĂ©fensifs. Mais aucun client n’a (encore) dĂ©cidĂ© de sortir du marchĂ©, ce qui contraste grandement avec la crise ïŹnanciĂšre de 2008-2009. Par dĂ©pit, de nombreux particuliers avaient dĂ©ïŹnitivement tournĂ© le dos Ă  la bourse.

Tom Hollants poursuit: «Ces derniers mois, nous avons remarquĂ© qu’il Ă©tait de plus en plus diïŹƒcile de convaincre les clients d’investir leurs liquiditĂ©s, alors que

les valorisations commencent à redevenir intéressantes. Mais bien entendu, les clients lisent et entendent les mauvaises nouvelles dans la presse et à la télévision, ce qui les rend réticents. Ce e dimension psychologique joue également au niveau des gestionnaires de fonds, qui sont tentés de garder des liquidités en réserve».

Un avenir imprĂ©visible «Nous expliquons clairement aux clients que le malaise boursier actuel pourrait durer plus longtemps que lors de la derniĂšre crise oĂč, aprĂšs le krach liĂ© au coronavirus, les bourses s’étaient reprises presque plus rapidement qu’elles n’avaient chuté», explique Stefan De Beukelaer, gestionnaire patrimonial chez Accuro. «Ce n’est pas le cas actuellement, mĂȘme si nous remarquons que certains clients l’espĂšrent. Mais les banquiers ne peuvent pas se cacher sous leur bureau pour Ă©viter de dĂ©livrer un message dĂ©sagrĂ©able.»

EnïŹn, il n’est pas toujours simple, mĂȘme pour les professionnels, de prĂ©voir les Ă©volutions macro-Ă©conomiques. Le monde Ă©volue rapidement et certains Ă©vĂ©nements se produisent de maniĂšre ina endue. Il suïŹƒt de penser Ă  l’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie, un conïŹ‚it qui a totalement bouleversĂ© la rĂ©alitĂ© Ă©conomique. «Nous continuons Ă  insister sur l’importance d’avoir une vision Ă  long terme», ajoute Benoit Leloup de Puilaetco. «Et il est impossible de prĂ©dire l’évolution des prix Ă  court terme sur les marchĂ©s boursiers», prĂ©cise Stefan De Beukelaer. «Mais nous savons que l’inïŹ‚ation ïŹnira par ralentir et que le ciel Ă©conomique s’éclaircira. Ce message suïŹƒt pour rassurer de nombreux clients.»

4 L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022
Pour les investisseurs, l’annĂ©e boursiĂšre 2022 est un vrai casse-tĂȘte. Les banquiers privĂ©s ont constatĂ© que les clients devenaient de plus en plus nerveux. «Mais nous ne pouvons pas nous cacher sous notre bureau pour Ă©viter de dĂ©livrer un message dĂ©sagrĂ©able.»
«Nous essayons d’accorder plus d’attention aux investisseurs dĂ©fensifs.»
IVE MERTENS CEO DE LEO STEVENS
«Il est de plus en plus di icile de convaincre les clients d’investir leurs liquiditĂ©s, alors que les valorisations commencent Ă  redevenir intĂ©ressantes.»

P uilaetco lance RICHER LIFE PLAN :

L’outil de gestion de votre patrimoine complet, accessible Ă  tout moment sur votre espace digital personnalisĂ© et sĂ©curisĂ©.

‱ Vous avez une vision globale de votre patrimoine, qui inclut Ă©galement vos biens immobiliers, vos assurances, votre patrimoine professionnel, vos outils de transmission et plus encore.

‱ Vous dĂ©cidez quelles informations vous souhaitez partager avec vos proches, votre client advisor ou d’autres conseillers comme votre notaire ou votre avocat.

‱ Vous effectuez des simulations de flux de trĂ©sorerie et de transmission successorale en compagnie de vos conseillers.

‱ Vous conservez vos documents importants dans un coffre-fort numĂ©rique sĂ©curisĂ©.

‱ Vous gĂ©nĂ©rez des rapports personnalisĂ©s.

Nous serions ravis d’en parler avec vous : prenez contact via www.puilaetco.be/contactez-nous Puilaetco. Pour une vie plus enrichissante. www.puilaetco.be

Private banking

Les questions «durabilité» du banquier: une simple formalité

Depuis le 2 aoĂ»t, les banquiers (privĂ©s) sont tenus d’interroger leurs clients sur leurs prĂ©fĂ©rences en matiĂšre d’investissements durables. Mais en l’absence de normes claires et de donnĂ©es concernant le caractĂšre durable des investissements, ces questions sont un coup dans l’eau. Leur impact sur la composition des portefeuilles est limitĂ©.

L’Europe joue depuis longtemps un rĂŽle de pionnier dans le «verdissement» des portefeuilles d’investissement. Les autoritĂ©s travaillent depuis des annĂ©es Ă  la dĂ©ïŹnition de ce qu’est une activitĂ© «durable» – la taxonomie – et, depuis l’an dernier, les gestionnaires de produits d’investissement doivent indiquer dans quelle mesure ceux-ci intĂšgrent des caractĂ©ristiques de «durabilité». Le dĂ©veloppement durable s’est aussi rĂ©cemment invitĂ© au sein des rĂšglementations europĂ©ennes MiïŹd, qui imposent des rĂšgles de conduite aux banques et aux fournisseurs de produits ïŹnanciers.

Depuis le 2 aoĂ»t, ces prestataires sont obligĂ©s d’interroger leurs clients sur leurs prĂ©fĂ©rences en matiĂšre de durabilitĂ© et d’ajuster leurs portefeuilles en consĂ©quence. Ce e obligation

ne vaut que pour les clients ayant signĂ© un contrat de gestion discrĂ©tionnaire ou un contrat de conseil en investissement avec leur banque (privĂ©e). Les clients qui gĂšrent eux-mĂȘmes leurs avoirs («execution only») ne sont logiquement pas concernĂ©s par ce e rĂšgle.

Trois questions

Tout d’abord, il sera demandĂ© au client s’il souhaite que sa banque ou sa compagnie d’assurances tienne compte de critĂšres de dĂ©veloppement durable au moment de composer son portefeuille ou de prodiguer des conseils. Si la rĂ©ponse est positive, le client devra rĂ©pondre Ă  trois questions. Il devra notamment

indiquer quel pourcentage de son portefeuille devra ĂȘtre investi de façon durable et ensuite quel pourcentage devra ĂȘtre Ă©cologiquement durable. Ici, il est uniquement (et provisoirement) question d’environnement. EnïŹn, le client devra indiquer Ă  quels impacts nĂ©gatifs sur l’homme et l’environnement il ne souhaite pas ĂȘtre exposĂ© via ses investissements. Il pourra par exemple indiquer qu’il prĂ©fĂšre exclure les entreprises qui ne s’intĂ©ressent pas (encore) Ă  l’égalitĂ© des genres au niveau du management. Ces questions viendront s’ajouter aux questionnaires de connaissances posĂ©s par la banque pour dĂ©ïŹnir les proïŹls de risque de leurs clients. Elles devront ĂȘtre posĂ©es tant

PUBLICITÉ

6 L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022
ImplantĂ©s Ă  Bruxelles et Ă  Gand depuis 2010, nos banquiers privĂ©s belges sont Ă  l’écoute de vos besoins et de ceux de votre famille. GrĂące Ă  eux, vous bĂ©nĂ©ficiez Ă  la fois de la prise en compte des spĂ©cificitĂ©s belges ainsi que de l’expertise en gestion de patrimoine dĂ©veloppĂ©e au Luxembourg depuis plus de 100 ans. Pour vous aider Ă  accomplir vos projets, Ă  chaque Ă©tape de votre vie. Pour plus d’informations, veuillez contacter la Banque de Luxembourg au 02 663 45 68 ou via banquedeluxembourg.be/votrepatrimoine BRUXELLES GAND PARTOUT OÙ VOUS ÊTES Votre patrimoine mĂ©rite plus. Banque de Luxembourg, sociĂ©tĂ© anonyme –Succursale de Belgique. ChaussĂ©e de La Hulpe 120, B-1000 Bruxelles. RCS Luxembourg B5310. TVA BE 0830.227.057 –RPM Bruxelles. Pour ĂȘtre plus proches de nos clients belges, nous avons choisi d’ĂȘtre en Belgique. BDL28804_ad_R_220x290_FR_echo_20221020_01.indd 1 16/03/2022 16:14

aux nouveaux clients qu’aux clients existants. Si vous avez rencontrĂ© votre banquier ou s’il vous a prodiguĂ© des conseils en investissement aprĂšs le 2 aoĂ»t, vous avez peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  rĂ©pondu Ă  ces questions. Si vous n’avez pas rencontrĂ© votre banquier depuis ce e date, ces questions vous seront posĂ©es lors de votre prochain rendez-vous.

Un impact trĂšs limitĂ© MĂȘme si de nombreux clients n’y ont pas encore rĂ©pondu, il est dĂ©jĂ  possible de tirer certaines conclusions de ces questionnaires.

Chez BNP Paribas Fortis Private Banking qui, selon ses propres dires, aurait déjà interrogé une «proportion importante» de sa clientÚle, 80% auraient indiqué que leur portefeuille devait tenir compte de critÚres de durabilité.

Mais lorsqu’il leur a Ă©tĂ© demandĂ© d’indiquer leurs prĂ©fĂ©rences spĂ©ciïŹques, comme le pourcentage minimum devant ĂȘtre investi dans des produits durables, la toute grande majoritĂ© ne semble pas avoir voulu entrer dans le dĂ©tail.

«Seuls 2% des clients ont indiquĂ© vouloir intĂ©grer des critĂšres ESG spĂ©ciïŹques», nous indique-t-on Ă  la banque.

Chez Degroof Petercam, oĂč

plusieurs centaines de clients ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© interrogĂ©s, ces derniers semblent Ă©galement s’intĂ©resser Ă  la durabilitĂ© mais, ici aussi, sans prĂ©ciser leurs prĂ©fĂ©rences. «Il existe encore Ă  ce jour de nombreuses incertitudes. Par exemple, les rĂšgles de l’autoritĂ© de contrĂŽle europĂ©enne, l’ESMA, n’étaient pas encore dĂ©ïŹnitivement ïŹxĂ©es lors de l’envoi du questionnaire. Nous avons constatĂ© que les clients souhaitaient reporter leurs choix prĂ©cisĂ©ment Ă  cause de ces incertitudes et de l’instabilitĂ© des marchĂ©s», explique-t-on chez Degroof Petercam.

Aujourd’hui, une chose est cependant claire: ces questionnaires n’ont jusqu’ici eu qu’un impact limitĂ© sur les portefeuilles. «Ces derniĂšres annĂ©es, nous avons dĂ©jĂ  consenti des eïŹ€orts importants pour amĂ©liorer notre oïŹ€re sur le plan de la durabilité», explique-t-on chez BelïŹus. «Ceux qui sont satisfaits de l’oïŹ€re actuelle ne ressentent pas immĂ©diatement le besoin de modiïŹer leur portefeuille sur la base de leurs prĂ©fĂ©rences en matiĂšre de durabilitĂ©. Nos clients s’intĂ©ressent beaucoup Ă  la durabilitĂ©, certes, mais ne sont

Chez BNP Paribas

Fortis Private Banking, 80% de la clientÚle déjà interrogée auraient indiqué que leur portefeuille devait tenir compte de critÚres de durabilité.

Private banking

Si un client souhaite que son portefeuille comprenne au minimum 50% de produits durables sur le plan environnemental, il risque de se retrouver bredouille.

pas trĂšs motivĂ©s Ă  ïŹxer des pourcentages spĂ©ciïŹques pour leur portefeuille.»

Absence de données

Pour les banques, c’est plutĂŽt une bonne nouvelle. En eïŹ€et, le taux de «durabilité» de la plupart des produits ïŹnanciers n’est pas encore connu. Cela s’explique non seulement par le cadre rĂšglementaire – toujours en Ă©volution – mais aussi par le manque de donnĂ©es sur les entreprises. Celles-ci ne devront communiquer leur taux de durabilitĂ© de maniĂšre standardisĂ©e qu’à partir de l’an prochain. Et il ne s’agira que de 11.000 sociĂ©tĂ©s europĂ©ennes. Il faudra a endre 2025 pour que le champ d’application soit Ă©tendu aux plus petites entreprises, ce qui portera Ă  50.000 le nombre de sociĂ©tĂ©s concernĂ©es par les rĂšgles de reporting. Mais mĂȘme avec cet Ă©largissement, le reporting restera strictement europĂ©en. Une normalisation internationale est en cours, mais ces rĂšgles ne sont pas a endues dans l’immĂ©diat. Ce e situation n’est bien entendu pas idĂ©ale dans le contexte d’investissements mondiaux.

ConsĂ©quence: les banques se retrouveraient face Ă  de vraies diïŹƒcultĂ©s si les clients dĂ©cidaient

d’un pourcentage minimum de durabilitĂ© pour leurs portefeuilles. «Les pourcentages que nous appliquons aujourd’hui dĂ©pendent de la disponibilitĂ© des donnĂ©es sur les activitĂ©s des entreprises dans lesquelles nous investissons», explique-t-on chez BelïŹus. «Il n’existe par exemple aujourd’hui aucun fonds prĂȘt Ă  s’engager Ă  comprendre un minimum d’investissements durables sur le plan environnemental. La rĂšglementation europĂ©enne en prĂ©paration devrait amĂ©liorer la situation, mais nous nous a endons Ă  ce que ces donnĂ©es ne soient disponibles qu’au cours des annĂ©es Ă  venir», ajoute-t-on chez BelïŹus.

En d’autres termes, si un client indique qu’il souhaite que son portefeuille comprenne au minimum 50% de produits durables sur le plan environnemental, il risque de se retrouver bredouille car sa banque ne pourra lui proposer aucun produit d’investissement rĂ©pondant Ă  ce critĂšre. Ce questionnaire sur les souhaits des investisseurs en matiĂšre de durabilitĂ© n’est donc aujourd’hui rien de plus qu’une formalitĂ© lĂ©gale. Il faudra plus de temps pour qu’il soit rĂ©ellement pertinent.

Nous vous accompagnons dans la rĂ©alisation de vos rĂȘves et de vos ambitions avec des conseils personnalisĂ©s pour gĂ©rer au mieux vos projets et votre patrimoine.

L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 7
PUBLICITÉ
Offre de placements, d’investissements et/ou d’assurances sous rĂ©serve d’acceptation d’ING Belgique (ou, le cas Ă©chĂ©ant, de la compagnie d’assurance concernĂ©e) et d’accord mutuel. Conditions et modalitĂ©s (rĂšglements, tarifs, documents d’informations clĂ©s pour l’investisseur ou pour l’épargnant et autres informations complĂ©mentaires) disponibles dans toutes les agences ING ou sur www.ing.be. ING Belgique S.A. ‱ Banque/PrĂȘteur ‱ Avenue Marnix 24, B-1000 Bruxelles ‱ RPM Bruxelles ‱ TVA BE 0403.200.393 ‱ BIC : BBRUBEBB ‱ IBAN BE45 3109 1560 2789. – www.ing.be – Contactez-nous via ing.be/contact – Courtier en assurances, inscrit Ă  la FSMA sous le numĂ©ro 0403.200.393. Éditeur responsable : Sali Salieski ‱ Cours Saint-Michel 60, B-1040 Bruxelles ‱ 10/2022.
C’est le moment de faire confiance à ING Private Banking.
Vivez votre plus belle vie Contactez-nous via ing.be/privatebanking

Private banking

Sabine Caudron

La barreuse de Degroof Petercam

Cinq mois aprĂšs avoir pris ses nouvelles fonctions, Sabine Caudron doit piloter la division private banking de Degroof Petercam dans une pĂ©riode particuliĂšrement agitĂ©e sur les marchĂ©s ïŹnanciers. «MalgrĂ© tout, la plupart de nos clients gardent leur calme. Nos gestionnaires patrimoniaux semblent parfois plus inquiets.»

INTERVIEW

La carriĂšre de Sabine Caudron aurait pu prendre une autre tournure si on lui avait enseignĂ© une autre technique d’aviron. La patronne belge de la branche banque privĂ©e de Degroof Petercam travaille depuis une trentaine d’annĂ©es dans le monde ïŹnancier. Mais au dĂ©but des annĂ©es 1990, lorsque Sabine Caudron est rentrĂ©e en Belgique aprĂšs avoir Ă©tudiĂ© aux États-Unis, elle avait d’autres ambitions.

Pendant son sĂ©jour aux USA – «mon pĂšre voulait que nous puissions vivre le rĂȘve amĂ©ricain» –, Sabine Caudron s’est inscrite au club d’aviron de son universitĂ©. Avec succĂšs car, Ă  son retour en Belgique, elle s’est rapidement retrouvĂ©e sur le radar de l’équipe olympique belge d’aviron, qui a vu en elle une parfaite candidate pour les Jeux olympiques de 1992 Ă  Barcelone.

«Mais, hĂ©las, je n’ai pas Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e», se souvient-elle. «Non pas parce que je ne ramais pas suïŹƒsamment fort, mais parce que la technique que j’avais acquise aux États-Unis Ă©tait diïŹ€Ă©rente de la technique utilisĂ©e en Europe. L’aviron a forgĂ© mon caractĂšre: pour moi, la combinaison entre persĂ©vĂ©rance et esprit d’équipe est essentielle. Et je continue Ă  faire de l’aviron. Le week-end dernier, j’ai encore participĂ© Ă  une compĂ©tition de vĂ©tĂ©rans.»

Pour quelqu’un qui, selon ses propres dires, s’est retrouvĂ© «par hasard» dans le monde bancaire, Sabine Caudron peut se targuer de s’ĂȘtre construit une solide carriĂšre en tant que banquiĂšre privĂ©e. AprĂšs avoir occupĂ© des fonctions de direction au sein de la banque privĂ©e de BNP Paribas Fortis (anciennement Fortis Banque) et de concurrents comme Puilaetco, elle a rejoint il y a quatre ans Degroof Petercam, le plus important prestataire de services ïŹnanciers pour les clients fortunĂ©s en dehors des quatre grandes banques.

Depuis l’annonce inopinĂ©e du dĂ©part de l’ancien patron, Bruno Colmant, en mai dernier, Sabine Caudron dirige le

8 L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022
PIETER SUY © JONAS LAMPENS

«L’aviron a forgĂ© mon caractĂšre: pour moi, la combinaison entre persĂ©vĂ©rance et esprit d’équipe est essentielle.»

SABINE CAUDRON HEAD OF PRIVATE BANKING DE DEGROOF PETERCAM

Sabine Caudron: J’ai commencĂ© ma carriĂšre ïŹnanciĂšre dans les annĂ©es 1990. Je n’ai jamais vĂ©cu une situation comme celle que nous connaissons aujourd’hui, Ă  savoir une hausse des taux soudaine provoquant une baisse des marchĂ©s. Mais heureusement, nous nous sommes armĂ©s pour y faire face. Nous investissons diïŹ€Ă©remment et nous optons plus souvent pour des obligations Ă  court terme, plus de liquiditĂ©s et plus d’actions de valeur. Nous ne considĂ©rons pas la situation des marchĂ©s ïŹnanciers comme catastrophique, mais nous restons vigilants.

Entre-temps, vous continuez Ă  dĂ©velopper la branche de banque privĂ©e de Degroof Petercam. Non seulement vous souhaitez vous dĂ©velopper en Flandre, mais aussi dans le reste du pays, au Luxembourg et en France. SC: Nous nous dĂ©veloppons dĂ©jĂ  dans toutes ces rĂ©gions. Dans le secteur, la Flandre est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme une rĂ©gion Ă  fort potentiel et nous comptons ouvrir une nouvelle agence au nord d’Anvers. Mais en Wallonie Ă©galement, certaines agences sont trĂšs actives. En France, notre prĂ©sence est encore modeste, mais nous comptons aussi nous y dĂ©velopper.

«Je souhaite que notre banque soit proche de ses clients et j’ai aussi Ă  cƓur de satisfaire notre personnel.»

SABINE CAUDRON HEAD OF PRIVATE BANKING DE DEGROOF PETERCAM

Private banking

dĂ©partement de banque privĂ©e du groupe bruxellois. Ce e parfaite trilingue n’a pas pu s’installer tranquillement dans sa nouvelle fonction: ces derniers mois, les marchĂ©s ïŹnanciers ont subi de lourdes pertes Ă  cause de l’incertitude croissante provoquĂ©e par la guerre en Ukraine et la hausse des taux.

«Bien entendu, j’aurais prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©marrer avec des bourses basses qui n’auraient fait que monter», rĂ©agit-elle. «Mais nous avons dans le passĂ© connu d’autres pĂ©riodes diïŹƒciles sur les marchĂ©s. Aujourd’hui, nos clients nous posent beaucoup de questions et nous essayons de les aider autant que possible. Mais je dois dire que la plupart gardent leur calme. Bon nombre d’entre eux sont clients chez nous depuis longtemps, souvent mĂȘme depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations. Et ils ont compris que ce qui descendait ïŹnissait par remonter. Parfois, j’ai l’impression que nos gestionnaires sont plus inquiets que nos clients, car ils sont responsables de la gestion de leurs avoirs.»

«Certains clients nous demandent si le moment est venu d’acheter», poursuit Sabine Caudron. «Nous insistons toujours sur le fait que nous ne possĂ©dons pas de boule de cristal. Ce qui se passe en bourse ne suit pas toujours l’économie rĂ©elle. Ce n’est pas parce qu’il y a de mauvaises nouvelles que les bourses baisseront automatiquement. Nous disons toujours qu’il est dangereux de sortir totalement du marchĂ©: si vous manquez les meilleures journĂ©es de bourse, l’annĂ©e entiĂšre peut ĂȘtre compromise.»

Comment comparez-vous ce qui se passe aujourd’hui avec les prĂ©cĂ©dentes crises boursiĂšres?

Qui est Sabine Caudron?

> Sabine Caudron a succĂ©dĂ© Ă  Bruno Colmant en mai 2022 Ă  la tĂȘte de la branche banque privĂ©e de Degroof Petercam.

> Elle connaĂźt Ă  fond ce e banque bruxelloise: en 2018, elle a rejoint le groupe en tant que responsable de la division banque privĂ©e Ă  Bruxelles, pour ensuite se hisser Ă  la tĂȘte de la division banque privĂ©e en Flandre.

> Avant de rejoindre Degroof Petercam, elle aïŹƒchait dĂ©jĂ  un solide palmarĂšs dans le secteur, avec des fonctions de top management chez BNP Paribas Fortis ainsi que chez Puilaetco Dewaay.

> Parfaite trilingue, elle a Ă©tudiĂ© l’économie Ă  l’UniversitĂ© de Californie Ă  San Diego, oĂč elle faisait partie de l’équipe d’aviron. De retour en Belgique au dĂ©but des annĂ©es 1990, elle a Ă©tĂ© repĂ©rĂ©e par l’équipe olympique belge d’aviron.

Au vu de la situation actuelle, nous ne nous lancerons pas immĂ©diatement dans de nouveaux projets. Nous allons d’abord nous rĂ©organiser pour fournir le service le mieux adaptĂ© Ă  chaque client. Alors que nous proposions plus ou moins le mĂȘme service Ă  tous nos clients, nous allons dĂ©sormais travailler par segments. Cela ne signiïŹe pas que nous rĂ©partirons nos clients selon l’importance de leurs avoirs, mais selon leurs besoins. Par exemple, ceux qui possĂšdent une entreprise familiale ont des besoins diïŹ€Ă©rents des indĂ©pendants ou des dirigeants de grandes sociĂ©tĂ©s internationales.

Ce e approche est-elle diïŹ€Ă©rente de celle de votre prĂ©dĂ©cesseur, Bruno Colmant? SC: De nombreuses idĂ©es Ă©taient dĂ©jĂ  prĂ©sentes. Vous ne m’entendrez jamais dire que je suis la grande stratĂšge derriĂšre ce e approche. Mais je ferai en sorte que ces projets soient mis en Ɠuvre. Pour cela, je souhaite que notre banque soit proche de ses clients et j’ai aussi Ă  cƓur de satisfaire notre personnel. Il faut leur perme re de dĂ©velopper leur crĂ©ativitĂ© et leur esprit d’entreprise. Bon nombre de nos clients sont par ailleurs des entrepreneurs. Dans ce sens, le «droit Ă  l’erreur» pour nos collaborateurs est trĂšs important. Il faut leur perme re de se tromper quand ils prennent des initiatives.

N’était-ce pas suïŹƒsamment le cas auparavant?

SC: C’était diïŹ€Ă©rent. Mon prĂ©dĂ©cesseur Ă©tait intellectuellement trĂšs fort et me ait l’accent sur d’autres aspects. Comme moi, Bruno Colmant insistait beaucoup sur l’importance des formations. Nous a endons de nos banquiers privĂ©s, planiïŹcateurs patrimoniaux et gestionnaires de portefeuilles qu’ils maintiennent leurs connaissances Ă  jour et disposent du niveau de formation adĂ©quat.

Trouvez-vous facilement les bonnes personnes pour réaliser ces plans de croissance?

SC: Nous avons eu quelques annĂ©es diïŹƒciles, mais c’est du passĂ©. Depuis quelques mois, nous constatons d’ailleurs une nouvelle dynamique au sein de la banque. Cela facilite grandement la mise en Ɠuvre de nos plans, quel que soit le

sentiment du marchĂ©. Nous sentons que les candidats banquiers privĂ©s et planiïŹcateurs patrimoniaux l’ont bien compris. Degroof Petercam est devenu un employeur plus a irant. On entend souvent dire que tout le monde dans le secteur pĂȘche dans le mĂȘme Ă©tang. Mais nous essayons de trouver d’autres solutions. Nous ne devons pas toujours aller chercher nos planiïŹcateurs patrimoniaux dans les autres banques. Nous pouvons par exemple trouver de bons juristes dans une Ă©tude notariale ou dans un cabinet d’avocats. Cela vaut aussi pour nos banquiers privĂ©s: certains de nos employĂ©s sont d’anciens patrons d’entreprise qui se sont reconvertis.

Pendant que vous dĂ©ployez votre stratĂ©gie de croissance, la concurrence ne reste pas inactive. Les grandes banques comme BelïŹus et KBC en particulier se sont rĂ©cemment lancĂ©es sur le marchĂ© de la banque privĂ©e. SC: Il est toujours sain d’avoir des concurrents. Mais je ne suis pas convaincue que les grandes banques aient la mĂȘme image que Degroof Petercam. Nos actionnaires sont des familles belges, qui sont lĂ  depuis longtemps, qui connaissent Ă  fond le marchĂ© et comprennent que notre mĂ©tier est axĂ© sur le long terme. Ce e annĂ©e est diïŹƒcile et les rĂ©sultats pourraient ĂȘtre lĂ©gĂšrement en baisse, comme partout. Mais nos actionnaires savent que c’est le cycle normal des choses et ne nous pousseront pas Ă  faire tout et n’importe quoi pour rĂ©aliser Ă  tout prix des bĂ©nĂ©ïŹces Ă  court terme. Nous voulons bien entendu dĂ©ployer notre rĂ©seau aussi eïŹƒcacement que possible, mais il ne s’agit pas uniquement d’obtenir le meilleur ratio coĂ»ts/ bĂ©nĂ©ïŹces. Notre modĂšle consiste Ă  oïŹ€rir le meilleur service et Ă  disposer des meilleurs experts, et nous voulons que cela se sache. Chez certains acteurs, il peut ĂȘtre plus diïŹƒcile de voir les choses comme ça et il est possible qu’ils subissent plus de pression de leurs actionnaires. Nous ne connaissons pas ce dĂ©calage.

«Ce qui se passe en bourse ne suit pas toujours l’économie rĂ©elle. Ce n’est pas parce qu’il y a de mauvaises nouvelles que les bourses baisseront automatiquement.»

SABINE CAUDRON HEAD OF PRIVATE BANKING DE DEGROOF PETERCAM

Avant de rejoindre Degroof Petercam en 2020, votre carriĂšre a pris un tournant important lorsque vous avez dĂ©cidĂ© de devenir professeure de mathĂ©matiques dans un collĂšge Ă  Bruxelles. Qu’y avez-vous appris qui vous aide aujourd’hui Ă  votre poste de patronne d’une banque?

SC: AprĂšs 30 ans dans le secteur de la banque privĂ©e, j’ai eu envie de faire autre chose et donner des cours ïŹgurait sur ma bucket list. J’ai donnĂ© des cours de mathĂ©matiques pendant une annĂ©e dans un collĂšge jĂ©suite. J’ai trouvĂ© ce e expĂ©rience fantastique. Mais lorsque Bruno Colmant m’a demandĂ© de revenir, j’ai compris que mon vrai mĂ©tier Ă©tait la banque et que je pouvais encore y apporter une contribution.

S’il ne m’avait pas appelĂ©e, je serais peut-ĂȘtre encore enseignante aujourd’hui. C’est trĂšs diïŹ€Ă©rent, c’est un autre monde, surtout avec des enfants. Me trouver en face d’une classe me donnait Ă©normĂ©ment d’énergie. Je continue Ă  m’appuyer sur ce e expĂ©rience. Nous devons avoir plus de respect pour les enseignants: ces personnes travaillent tellement dur pour si peu d’argent! MĂȘme si nous comptons des enseignants parmi nos clients (elle rit). Donner cours m’a permis de relativiser les choses au sein de la banque. Cela a toujours Ă©tĂ© un de mes points forts, mais mon passage dans l’enseignement l’a encore renforcĂ©.

L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 9

Les banques privĂ©es ne plĂ©biscitent pas les cryptomonnaies et les NFT. Mais elles gardent un Ɠil a entif sur ces actifs ultra-volatils.

Les banquiers privés jouent la prudence sur la crypto

B itcoin, Ethereum, Ripple, Cardano, Dogecoin
 Tous ces actifs sont bien connus des cryptoinvestisseurs. Mais ils ne font pas encore partie du langage familier des gestionnaires de fortune. Nous avons interrogé un échantillon de banques privées représentatives du marché. Toutes jouent la prudence
 avec quelques nuances.

Premier constat: ces derniers temps, les banquiers privĂ©s ne sont pas noyĂ©s de demandes relatives aux rendements escomptĂ©s sur les placements en cryptomonnaie. «La crypto gĂ©nĂšre un nombre trĂšs limitĂ© de questions», indique Wim D’Haese, head investment strategist chez Deutsche Bank. «Le nombre d’interrogations a baissĂ© ces derniers mois», explique-t-on chez KBC. «Depuis le crash du Terra-Luna, nous sommes beaucoup moins sollicitĂ©s sur les cryptos et les NFT(*)», pointet-on chez BelïŹus Private Banking.

Il faut dire que l’heure n’est pas Ă  l’euphorie du cĂŽtĂ© du bitcoin et de ses acolytes. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, le marchĂ© traverse une phase de glaciation. AprĂšs avoir a eint des sommets ïŹn 2021 (jusqu’à 68.000 dollars pour un bitcoin!), la star des cryptomonnaies a plongĂ© dans les abĂźmes, entraĂźnant dans son sillage les quelque 21.000 monnaies virtuelles alternatives en circulation. Le bitcoin vĂ©gĂšte aujourd’hui aux alentours de 20.000 dollars. C’est l’hiver crypto.

Une pĂ©riode austĂšre Ce e pĂ©riode austĂšre refroidit les ardeurs des investisseurs. Quelques audacieux se demandent quand mĂȘme s’il n’y a pas de bonnes aïŹ€aires Ă  rĂ©aliser Ă  la faveur de ce «bear market». «Les questions viennent surtout de jeunes clients qui cherchent des Ă©claircissements sur la sĂ©curitĂ©, la technologie et les risques. Ils sont a irĂ©s par la nouveautĂ©, par la technologie ou par l’idĂ©e d’essayer ce e nouvelle forme d’investissement avec un petit montant de dĂ©part», dĂ©taille-t-on chez KBC.

Quelle que soit la banque privĂ©e, ces clients aventureux ne seront pas encouragĂ©s Ă  sauter dans le bain bouillonnant de la crypto. Pour l’instant, les gestionnaires de fortune tournent clairement le dos Ă  ces actifs alternatifs largement dĂ©rĂ©gulĂ©s. «Actuellement, les cryptos sont trĂšs volatiles, illiquides et ne perme ent pas de rĂ©duire le risque par la diversiïŹcation. Au contraire, elles ajoutent du risque dans les portefeuilles. Nous ne voyons pas de valeur ajoutĂ©e Ă  les intĂ©grer dans notre allocation d’actifs», tranche Wim D’Haese (Deutsche Bank). «Ce n’est pas un placement que l’on recommande», avance Nicolas Sopel, senior macro strategist chez Quintet Private Bank, le groupe de banques privĂ©es dont fait partie Puilaetco.

Les gestionnaires de fortune conseillent Ă  leurs clients de passer leur chemin. Ce discours s’inscrit logiquement dans la ligne adoptĂ©e par les grandes banques belges au sujet des cryptomonnaies, qu’ils considĂšrent comme des actifs marginaux, dangereux et peu dignes d’intĂ©rĂȘt. «BNP Paribas Fortis ne donne aucun conseil en rapport avec les cryptomonnaies et dĂ©conseille fortement l’achat de cryptomonnaies en invitant ses clients Ă  ne pas eïŹ€ectuer d’achat de cryptomonnaies par le biais de comptes dĂ©tenus par la banque», rappelle BNPPF.

Les gestionnaires de fortune me ent les clients en garde sur l’extrĂȘme volatilitĂ© des cryptomonnaies. Ces placements sont eïŹ€ectivement ultra-risquĂ©s. Mais des actifs plus «agressifs», aux rendements potentiellement plus Ă©levĂ©s que la moyenne, n’ont-ils pas leur place dans un portefeuille d’investissement, qui se doit d’ĂȘtre diversiïŹĂ©? «D’aprĂšs certains analystes, les cryptos Ă©taient censĂ©es ĂȘtre des actif dĂ©corrĂ©lĂ©s des actifs traditionnels. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, on voit bien que ce n’est pas du tout le cas. Le S&P 500 a perdu 23% de sa valeur. Dans le mĂȘme temps, le bitcoin perdait 60% de sa valeur! C’est un actif spĂ©culatif», tranche Nicolas Sopel (Puilaetco). Certains dĂ©fenseurs du bitcoin le voient comme une

rĂ©serve de valeur. Une option lĂ  aussi balayĂ©e par un de nos interlocuteurs: «Parmi les hypothĂšses avancĂ©es par les promoteurs de ces produits, nous avons dĂ©jĂ  entendu parler d’un ‘or numĂ©rique’. Force est de constater qu’ils sont beaucoup moins protecteurs et que le rĂŽle de valeur refuge ne peut pas ĂȘtre retenu», soulignet-on chez Nagelmackers.

Un marchĂ© encore balbutiant Si les banquiers privĂ©s ne proposent pas de crypto-placements, ils ne s’interdisent pas d’observer ce marchĂ© encore balbutiant. «Les cryptos et les NFT ne sont pas des thĂ©matiques d’investissement que nous proposons ni que nous conseillons Ă  nos clients. Ce qui ne nous empĂȘche pas pour autant de nous y intĂ©resser et de suivre l’évolution du marché», indique-t-on chez Degroof Petercam. Il faut dire que le taux d’adoption de la crypto est en pleine ascension. Plus de 500.000 Belges dĂ©tiennent aujourd’hui de la cryptomonnaie. Si la crypto sĂ©duit surtout les jeunes gĂ©nĂ©rations, elle n’est plus rĂ©servĂ©e Ă  un public de geeks. Pour les banques, il est important de s’informer sur ce marchĂ© en construction. «Un certain nombre de nos analystes suivent l’évolution du marchĂ©. Mais tant que le rĂ©gulateur ne nous y autorise pas, nous ne nous positionnerons pas sur ce marchĂ©.

Donc pour le moment, proposer des investissements dans la crypto n’est pas Ă  l’ordre du jour», Ă©voque Wim D’Haese (Deutsche Bank).

Chez Nagelmackers non plus, on ne proposera pas de placement de la crypto. Mais la banque privĂ©e, qui a rĂ©guliĂšrement Ă©tĂ© sollicitĂ©e sur le sujet en 2021, laisse une porte entrouverte: «On peut comprendre que certains clients veulent faire un pari important sur l’avenir, et dĂ©roger Ă  notre a itude prudente. Dans ce cas, nous suggĂ©rons d’isoler une petite somme qui n’est alors plus considĂ©rĂ©e dans le contexte de gestion de patrimoine et avec laquelle on peut ‘jouer’ sur les nombreuses plateformes. Nous me ons en garde sur la nĂ©cessitĂ© de s’adresser Ă  un acteur de conïŹance et de vĂ©riïŹer les frais qui

S’ils n’intĂšgrent pas de produits cryptos dans leurs portefeuilles, les gestionnaires de fortune ne s’interdisent pas de proposer des investissements dans des sociĂ©tĂ©s liĂ©es Ă  l’univers crypto.

s’appliquent aux nombreux produits proposĂ©s», explique Dirk Huybrecht, responsable marketing et communication chez Nagelmackers.

S’ils n’intĂšgrent pas de produits cryptos dans leurs portefeuilles, les gestionnaires de fortune ne s’interdisent pas de proposer des investissements dans des sociĂ©tĂ©s liĂ©es Ă  l’univers crypto. Chez Puilaetco, on s’intĂ©resse notamment aux entreprises travaillant sur la technologie de la blockchain, qui sous-tend le fonctionnement de la cryptomonnaie. MĂȘme chose chez Pire Asset Management: «Au niveau de la clientĂšle en gestion de portefeuille, il n’y a, Ă  ce jour, pas de position directe, ni indirecte. Par contre, de nombreux clients dĂ©tiennent des actions cotĂ©es qui sont liĂ©es au fonctionnement du systĂšme, telles que Nvidia, TSMC, Mastercard, Visa, etc.

Quelques clients qui dĂ©cident eux-mĂȘmes de leur investissement dĂ©tiennent des sicav qui investissent dans des sociĂ©tĂ©s opĂ©rant au sein du mĂ©tavers ou de la blockchain», dĂ©taille Arnaud Jamar, administrateur dĂ©lĂ©guĂ© de Pire Asset Management. La banque privĂ©e ira mĂȘme prochainement un peu plus loin: «D’ici peu, nous lancerons une oïŹ€re de gestion thĂ©matique qui sera composĂ©e essentiellement d’ETF sur des thĂšmes prome eurs. Elle intĂšgrera un ETF sur la blockchain», ajoute Arnaud Jamar.

Mais pour investir directement dans la crypto, il faudra trouver un autre point de chute que la banque privĂ©e. Du moins pour le moment. Chez Nagelmackers, on Ă©voque un horizon de temps ïŹnalement pas si lointain: «Proposer des produits cryptos n’est pas Ă  l’ordre du jour et ne le sera vraisemblablement pas pour plusieurs mois encore».

(*) Non fongible token ou jeton non fongible, NDLR.

«D’aprĂšs certains analystes, les cryptos Ă©taient censĂ©es ĂȘtre des actif dĂ©corrĂ©lĂ©s des actifs traditionnels. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, on voit bien que ce n’est pas du tout le cas.»

© ANP XTRA
10 L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 Private banking

“Un guichet unique pour la gestion d’actifs et la constitution de pension”

Soutenue par Allianz Global Investors (Allianz GI), Allianz Belgium offre Ă  ses clients un guichet unique pour tous leurs besoins en matiĂšre d’investissements, de gestion d’actifs et de constitution de pension. Et ces solutions gĂ©rĂ©es activement sont accessibles Ă  un public-cible des plus larges. “Fondamentalement, nous proposons des services de personal/private banking Ă  taille humaine”, prĂ©cisent trois spĂ©cialistes d’Allianz.

En tant qu’assureur, Allianz gĂ©rait en 2021 un total de plus de 1.966 milliards d’euros d’actifs pour ses clients du monde entier. Et au sein de ce groupe, Allianz Global Investors (Allianz GI) dĂ©tenait 673 milliards d’euros d’actifs en portefeuille Ă  la ïŹn de l’annĂ©e derniĂšre.

Quels sont les instruments de placement utilisĂ©s par Allianz GI aujourd’hui?

Paul Bonroy, Head of Technical Life Individual Belgium & Netherlands chez Allianz: “Un tiers de ce qu’Allianz GI investit et gĂšre dans le monde est constituĂ© de fonds d’actions, un tiers de fonds d’obligations et un tiers de fonds mixtes et de stratĂ©gies hors Bourse. Une sĂ©lection de ces produits est proposĂ©e en Belgique par le biais du vaste rĂ©seau de courtage d’Allianz Benelux.”

Per-Johann Reichert, Head of Allianz New Networks: “Avec Allianz Belgium, nous garantissons aux clients un guichet unique pour tous leurs investissements. Notre gestion active est assurĂ©e par une Ă©quipe de plus de 640 professionnels, avec nos partenaires prĂ©sents dans le monde entier au cƓur des marchĂ©s sur lesquels les investissements sont rĂ©alisĂ©s.”

Pourquoi optez-vous résolument pour la gestion active?

Fabrice Heuts, Commercial Director Life & Health chez Allianz: “GrĂące Ă  une surveillance continue et Ă  une gestion active, nous pouvons prendre des mesures immĂ©diates et ciblĂ©es si nĂ©cessaire. Par exemple, si les fonds ne rĂ©pondent pas aux attentes ou sont dĂ©passĂ©s, nous les retirons du mix et nous les remplaçons. Nos solutions ne sont pas statiques: elles vivent et respirent!”

Paul Bonroy: “La gestion active fait partie intĂ©grante de notre ADN. Nous offrons aux clients la possibilitĂ© d’investir dans des classes d’actifs spĂ©ciïŹques, nous ne nous limitons pas Ă  suivre simplement un indice de rĂ©fĂ©rence. GrĂące Ă  notre gestion active, nous voulons battre l’indice de rĂ©fĂ©rence Ă  long terme.”

Quelles solutions d’investissement Allianz Benelux propose-t-elle et en quoi sont-elles innovantes?

Paul Bonroy: “L’une de nos principales formules d’investissement est construite selon une architecture ouverte. Il s’agit essentiellement d’une solution d’investissement, dĂ©ïŹnie par Allianz GI et complĂ©tĂ©e par des propositions d’autres gestionnaires d’actifs Ă  condition qu’ils rĂ©pondent Ă  nos critĂšres d’éligibilitĂ© stricts. Notre solution Ă  architecture ouverte assure une bonne diversiïŹcation et fait ses preuves depuis de nombreuses annĂ©es. Nous ne sautons pas d’une tendance Ă  l’autre: nous visons des rendements durables.”

Per-Johann Reichert: “Le cƓur de cette solution Ă  architecture ouverte est constituĂ© de trois fonds Ă  stratĂ©gie mixte. Il s’agit en fait de fonds destinĂ©s Ă  des proïŹls d’investissement diffĂ©rents. Nous modiïŹons leur composition en fonction, entre autres, de la situation et des perspectives du marchĂ©. La gestion active, par exemple, nous permet d’investir plus ou moins fortement dans les actions, et ce, dans les limites ïŹxĂ©es par le rĂšglement de gestion.”

Comment la durabilitĂ© est-elle intĂ©grĂ©e dans votre processus d’investissement?

Per-Johann Reichert: “Nous sommes pionniers dans ce domaine depuis 1999. Le dĂ©veloppement durable est fermement ancrĂ© dans nos valeurs d’entreprise. Nous avons notamment une solution d’investissement durable avec un impact mesurable pour un monde meilleur. Bien entendu, nous recherchons Ă©galement des rendements durables Ă  long terme. Nous visons une qualitĂ© Ă©levĂ©e, avec des solutions de long terme.”

Paul Bonroy: “ConcrĂštement, notre solution d’investissement cible la durabilitĂ© et un impact positif dans au moins un des 17 Objectifs de dĂ©veloppement durable (ODD) des Nations unies, sans avoir d’impact nĂ©gatif sur les autres ODD. Forts de plus de deux dĂ©cennies d’expĂ©rience dans le domaine de l’ISR, nous sommes l’un des

rares opĂ©rateurs du marchĂ© Ă  offrir cette expertise complĂšte, avec des produits spĂ©cialisĂ©s que nous suivons grĂące Ă  nos propres recherches.”

Per-Johann Reichert: “Nous investissons entre autres dans des entreprises engagĂ©es dans la lutte contre la crise climatique, une plus grande Ă©quitĂ© dans la sociĂ©tĂ©, une exploitation Ă©quilibrĂ©e des ressources et les technologies de puriïŹcation de l’eau.

Nous sommes trĂšs transparents sur les ODD que nous ciblons lorsque nous investissons dans telle ou telle entreprise, et sur l’évolution des objectifs en question. Les investisseurs peuvent par ailleurs choisir parmi de nombreux fonds d’impact et concentrer leur investissement sur un ou plusieurs ODD auxquels ils souhaitent contribuer activement.”

Allianz a dĂ©veloppĂ© une solution d’investissement personnel. Pouvez-vous nous en dire un peu plus Ă  ce sujet?

Paul Bonroy: “Les clients y sont activement investis en fonction de leur proïŹl d’investisseur, au sein d’un vaste univers de fonds d’actions et d’obligations dans des segments bien dĂ©ïŹnis. L’ajout de thĂšmes spĂ©ciïŹques dans ces portefeuilles de fonds fournit une orientation d’investissement intĂ©ressante, par exemple au travers d’obligations convertibles et Ă  haut rendement, ou de stratĂ©gies d’actions spĂ©ciïŹques.”

Fabrice Heuts: “C’est aussi une solution trĂšs orientĂ©e clients. Et trĂšs transparente, car les clients peuvent suivre leurs investissements via un site Web: la façon dont nous gĂ©rons et allouons leurs actifs, l’évolution de leur valeur, etc.”

Est-il vrai que les clients peuvent choisir sĂ©parĂ©ment les trois solutions d’investissement mentionnĂ©es, mais aussi les combiner?

Fabrice Heuts: “C’est exact. Cette diversiïŹcation et ces choix rendent notre approche unique dans le monde de l’investissement. En outre, ces solutions sont accessibles Ă  un large public-cible.”

Per-Johann Reichert: “Alors que les services de personal/private banking de certains fournisseurs ne sont accessibles qu’à partir d’un capital trĂšs Ă©levĂ©, les clients peuvent proïŹter des solutions d’investissement d’Allianz Ă  partir de 6.200 euros. On peut y voir une forme de personal/private banking Ă  taille humaine.”

Forts
de plus de deux dĂ©cennies d’expĂ©rience dans le domaine de l’ISR, nous sommes l’un des rares opĂ©rateurs du marchĂ© Ă  offrir cette expertise complĂšte. Paul Bonroy, Head of Technical Life Individual Belgium & Netherlands chez Allianz “
Cette
diversiïŹcation et ces choix rendent notre approche unique dans le monde de l’investissement. Fabrice Heuts, Commercial Director Life & Health chez Allianz “ Nos clients peuvent accĂ©der aux solutions d’investissement d’Allianz Ă  partir de 6.200 euros. Per-Johann Reichert, Head of Allianz New Networks “ © STUDIO DANN © STUD O D A NN Vous dĂ©sirez en savoir plus sur l’offre d’investissement d’Allianz? scannez le code QR Partner Content offre aux entreprises, organisations et organismes publics l’accĂšs au rĂ©seau de L’Echo, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de L’Echo. Allianz est responsable du contenu. PA RTNER CONTENT Une initiative d’

«Pour investir, les femmes veulent davantage ĂȘtre informĂ©es»

Les femmes et la ïŹnance, c’est tendance. GĂ©raldine Biebuyck et Donatienne van Houtryve, banquiĂšres privĂ©es chez Lombard Odier, tĂ©moignent de l’intĂ©rĂȘt de plus en plus prononcĂ© des femmes pour l’investissement, la gestion de patrimoine et le monde de la banque en gĂ©nĂ©ral, avec comme point d’accroche l’investissement durable. «La banque reste un secteur oĂč les hommes sont majoritaires mais le dĂ©veloppement de l’investissement durable va a irer de plus en plus de femmes», assurent-elles.

En tant que femmes, quelle plus-value apportez-vous Ă  vos clients par rapport Ă  des confrĂšres?

GĂ©raldine Biebuyck: Nous avons les mĂȘmes expertises que nos collĂšgues masculins. C’est plutĂŽt dans les «soft skills» (compĂ©tences liĂ©es aux qualitĂ©s humaines, NDLR) que nous pouvons nous diïŹ€Ă©rencier. En tant que femmes banquiĂšres, je dirais que nous avons tendance Ă  parler de maniĂšre plus didactique aux clients. Quand nous avons des femmes en face de nous, nous pouvons nous identiïŹer Ă  elles, Ă  leur maniĂšre de vivre et Ă  leur cadre de vie. Et la rĂ©ciproque est vraie.

Donatienne van Houtryve: Ce e approche plus didactique du mĂ©tier rĂ©pond Ă  une demande de notre clientĂšle fĂ©minine. Les clientes a endent de recevoir plus d’explications et d’informations sur les diïŹ€Ă©rents investissements que nous leur proposons. Elles souhaitent bien comprendre ce dans quoi elles vont investir.

Ce e approche plus didactique, est-ce une compétence acquise ou est-ce lié à votre personnalité?

GB: On développe ces compétences naturellement. Avoir assuré des formations dans le passé y contribue mais on en apprend davantage au fur et à mesure et on

a envie de le transme re.

D’aprĂšs certaines Ă©tudes, les femmes qui investissent prendraient moins de risques et obtiendraient ainsi de meilleurs rendements que les hommes.

DVH: Une Ă©tude de Fidelity de 2017 conclut que les investisseuses gagneraient 1% de plus mais grĂące Ă  la diversiïŹcation: ce n’est pas tellement en rapport avec la prise de risque. Les femmes ont gĂ©nĂ©ralement tendance Ă  Ă©pargner davantage qu’à investir. Elles

«Quand elles investissent, les femmes ne prennent pas plus ou moins de risques qu’un homme.»

Les curieux lisent. Les futés investissent.

Les investisseuses ont besoin de bien connaßtre le placement envisagé pour se lancer, constatent Géraldine Biebuyck et Donatienne van Houtryve (Lombard Odier).
12 L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 Private banking
INTERVIEW PUBLICITÉ
Investir comporte des risques. Votre investissement peut perdre de la valeur.

Private banking

identiïŹent leurs besoins Ă  court terme, avec comme prioritĂ© leur famille, la transmission du patrimoine, la succession. Elles veulent donc garder une ïŹ‚exibilitĂ©. Mais quand elles investissent, elles ne prennent pas plus ou moins de risques qu’un homme. Les proïŹls MiïŹd (proïŹls de risque des investisseurs dressĂ©s en application d’une directive europĂ©enne, NDLR) le dĂ©montrent.

Les femmes hésitent-elles plus que les hommes à investir?

DVH: En tout cas, elles ont besoin de bien comprendre l’investissement avant de franchir le pas. Une Ă©tude de JPMorgan montre que 46% des femmes ont besoin d’ĂȘtre rassurĂ©es; un banquier ou une banquiĂšre augmentera leur sentiment de sĂ©curitĂ©.

GB: L’épargne rĂ©pond Ă  leur souhait de simplicitĂ©, d’accessibilitĂ© et de ïŹ‚exibilitĂ©. Elles vont moins facilement investir parce qu’elles ne se sentent pas suïŹƒsamment aptes Ă  comprendre

la complexitĂ© des investissements. Elles veulent d’abord en apprendre davantage sur le fonctionnement de ces mĂ©canismes ïŹnanciers. Nous pouvons les accompagner Ă  investir une fois ce e Ă©tape franchie.

DVH: Une autre Ă©tude, de BCG (Boston Consulting Group, NDLR), dit d’ailleurs que les femmes ont tendance Ă  poser plus de questions, Ă  davantage s’informer avant de prendre une dĂ©cision d’investissement. Une fois ce e Ă©tape passĂ©e, elles prennent les mĂȘmes risques que les hommes.

Quand elles investissent, les femmes sont-elles plus sensibles à la durabilité?

GB: L’investissement durable est un point d’accroche pour les femmes. Trois quarts des femmes y sont sensibles, contre deux tiers chez les hommes. Je pense d’ailleurs que ces tendances, qui deviennent davantage rĂ©glementĂ©es, sont susceptibles d’a irer de plus en plus de femmes, tant parmi la clientĂšle que dans le secteur bancaire. La banque reste un secteur oĂč les hommes sont majoritaires mais le dĂ©veloppement de l’investissement durable va a irer de plus en plus de femmes.

DVH: Ce e complexitĂ© de la ïŹnance qui freine les femmes va ĂȘtre compensĂ©e par cet a rait pour les investissements soutenables et qui ont du sens. Ce sont des thĂ©matiques auxquelles elles sont sensibles. J’espĂšre que ça va les pousser Ă  s’intĂ©resser davantage Ă  la ïŹnance.

La structuration patrimoniale parle-t-elle davantage aux femmes?

GB: ComplĂštement. La thĂ©matique de la famille est trĂšs importante pour les femmes. Elles vont donc s’intĂ©resser peut-ĂȘtre plus facilement Ă  la notion de sĂ©curitĂ© dans la planiïŹcation successorale et la protection du patrimoine.

DVH: Pour elles, c’est une prioritĂ© par rapport Ă  la croissance du patrimoine, qui ne s’ajoutera qu’ensuite. Elles veulent vraiment d’abord couvrir les besoins de la famille en matiĂšre de transmission, de succession. Dans un deuxiĂšme temps, pour la gestion du patrimoine, beaucoup d’entre elles aiment travailler avec diïŹ€Ă©rentes poches: le court terme, soit la gestion du cash pour gĂ©rer les besoins quotidiens, le moyen terme oĂč on peut gĂ©nĂ©rer un certain rendement en se focalisant sur la protection du patrimoine, et dans le long terme, on va chercher de la croissance, d’abord dans les actifs liquides comme les actions, puis dans des actifs moins liquides comme le private equity (sociĂ©tĂ©s non cotĂ©es, NDLR).

GB: Ce e maniĂšre de travailler permet de rĂ©pondre aux besoins du client. Ça parle beaucoup aux femmes parce que c’est trĂšs pratique, trĂšs pragmatique. Elles aiment prendre leurs dĂ©cisions sur des faits et ces solutions sont trĂšs factuelles.

La féminisation du monde bancaire est-elle en bonne voie, selon vous?

DVH: Dans le groupe Lombard Odier, il y a 37% de femmes et dans notre bureau de Bruxelles, on est quasiment Ă  50%. Il y a une tendance de fond.

GB: Le monde bancaire en général reste encore plutÎt masculin mais la tendance est là pour augmenter

la part des femmes. L’essor de l’investissement durable conduit Ă  la crĂ©ation de dĂ©partements entiers oĂč la proportion de femmes est plus Ă©levĂ©e.

Dans votre travail, constatez-vous que la diversitĂ© des genres est bĂ©nĂ©ïŹque?

GB: Oui, nous en sommes convaincues. La diversitĂ© apporte un plus. La maniĂšre de penser est diïŹ€Ă©rente. Ces synergies sont un atout dans nos conversations et nos rĂ©unions.

DVH: Toutes les sensibilités sont représentées quand on a des hommes et des femmes autour

d’une table. Je pense que la prĂ©sence des deux genres enrichit le travail de nos Ă©quipes. Et c’est valable dans les deux sens Ă©videmment.

Dans le monde bancaire, y a-t-il encore un plafond de verre, c’est-Ă -dire un obstacle Ă  l’accession des femmes Ă  des fonctions et des salaires plus Ă©levĂ©s?

GB: C’est encore en Ă©volution. On sent qu’il existe une volontĂ© de casser ce plafond de verre.

DVH: La bonne gouvernance peut ĂȘtre le point de dĂ©part de ce e dĂ©marche. On retrouve ce e prĂ©occupation dans les critĂšres d’a ribution du label B-Corp (une des certiïŹcations de durabilitĂ© les plus strictes au monde, NDLR) que Lombard Odier a obtenu en 2019.

Vous ĂȘtes Ă©galement entrepreneuses. Cela vous aide-t-il dans votre mĂ©tier de banquiĂšres privĂ©es?

GB: En 2015, nous avons cofondĂ© Bsit (une application qui permet de trouver des baby-si ers de conïŹance via la gĂ©olocalisation, NDLR) en partant du constat qu’en tant que mamans actives, nous avions souvent la nĂ©cessitĂ© de trouver un(e) baby-si er. L’idĂ©e est donc nĂ©e d’un besoin. Aujourd’hui, aprĂšs une rĂ©duction des coĂ»ts et un recentrage du business model, nous sommes Ă  l’équilibre.

DVH: Ce e expĂ©rience nous permet de mieux comprendre nos clients qui sont entrepreneurs car nous avons nous-mĂȘmes vĂ©cu ce e expĂ©rience avec toutes les diïŹƒcultĂ©s que cela implique. Et, peut-ĂȘtre grĂące Ă  cela, on sent aussi du respect de leur part Ă  notre Ă©gard.

Certains voient une experte bancaire.

Nous, nous voyons la partenaire pour votre patrimoine. Quelqu’un qui vous connaüt personnellement et qui s’appuie sur l’expertise de l’un des plus grands groupes financiers du monde. C’est ainsi qu’elle peut vous conseiller au mieux afin d’optimiser vos investissements en fonction de vos objectifs et de votre situation personnelle.

Deutsche Bank. La banque de vos investissements.

«L’investissement durable est un point d’accroche pour les femmes. Trois quarts des femmes y sont sensibles, contre deux tiers chez les hommes.»
GÉRALDINE BIEBUYCK BANQUIÈRE PRIVÉE CHEZ LOMBARD ODIER
L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 13
Donatienne van Houtryve (à gauche) et Géraldine Biebuyck. © ANTONIN WEBER / HANS LUCAS
PUBLICITÉ Marie-Laurence LabontĂ© Senior Advisor Advisory Center Namur
Deutsche Bank AG, 12, Taunusanlage, 60325 Francfort-sur-le-Main, Allemagne, RC Francfort-sur-le-Main n° HRB 30000. Deutsche Bank AG Succursale de Bruxelles, 13-15 avenue Marnix, 1000 Bruxelles, Belgique, RPM Bruxelles, TVA BE 0418.371.094, IBAN BE03 6102 0085 7284, IHK D-H0AV-L0HOD-14. E.R. : Olivier Delfosse deutschebank.be/conseil

Private banking

En Belgique, la ïŹscalitĂ© est trĂšs complexe en raison de ses nombreuses exceptions, exonĂ©rations et diïŹ€Ă©rences de traitement. En outre, les charges sur le travail sont plus Ă©levĂ©es que dans la plupart des autres pays.

C’est pourquoi le gouvernement fĂ©dĂ©ral souhaite mener Ă  bien une vaste rĂ©forme de notre systĂšme ïŹscal pour le moderniser, le simpliïŹer et le rendre plus Ă©quitable, tout en maintenant une neutralitĂ© budgĂ©taire.

Toute baisse de la pression ïŹscale sur le travail devrait par ailleurs contribuer Ă  augmenter le taux d’emploi.

En juillet, un groupe de ïŹscalistes et d’économistes, sous la direction du professeur Mark Delanote (UniversitĂ© de Gand), a prĂ©sentĂ© une note stratĂ©gique portant sur une profonde rĂ©forme ïŹscale budgĂ©tairement neutre. Peu aprĂšs, le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), a prĂ©sentĂ© son propre projet, trĂšs proche de celui du groupe de travail Delanote.

Actuellement, ces propositions n’ont pas encore Ă©tĂ© approuvĂ©es. Georges-Louis Bouchez, le prĂ©sident du MR, les a descendues en ïŹ‚Ăšche. Au moment oĂč la valeur des portefeuilles d’investissement fond comme neige au soleil Ă  cause du recul des bourses, les clients des banques privĂ©es ne semblent pas s’inquiĂ©ter, du moins si l’on en croit plusieurs banquiers privĂ©s.

Pourtant, les projets de Van Peteghem pourraient avoir un impact non nĂ©gligeable. Nous nous sommes focalisĂ©s sur les changements possibles de ïŹscalitĂ© en matiĂšre de patrimoine et de revenus patrimoniaux.

Le prĂ©compte mobilier sera-t-il modiïŹĂ©?

Le groupe de travail Delanote propose une taxe forfaitaire de maximum 30% sur les revenus ïŹnanciers. Le prĂ©compte sur la plupart des revenus d’intĂ©rĂȘt et des dividendes se monte aujourd’hui Ă  30%.

Van Peteghem souhaite abaisser le prĂ©compte mobilier Ă  25%, avec une exonĂ©ration jusqu’à 6.000 euros pour protĂ©ger les petits Ă©pargnants et les petits investisseurs. Ce e exonĂ©ration remplacerait l’exonĂ©ration – plus limitĂ©e – de 980 euros dĂ©jĂ  en vigueur pour les intĂ©rĂȘts des comptes d’épargne.

Van Peteghem souhaite taxer les plus-values sur actions, obligations et autres produits ïŹnanciers Ă  hauteur de 15%.

Les plus-values sur actions seront-elles taxées?

Oui, mais pour Ă©viter une double imposition, Delanote propose un taux rĂ©duit pour les dividendes et les plus-values sur actions. Les bĂ©nĂ©ïŹces des entreprises, qui sont distribuĂ©s en partie sous la forme de dividendes, sont en eïŹ€et dĂ©jĂ  taxĂ©s via l’impĂŽt des sociĂ©tĂ©s. Le taux rĂ©duit applicable aux plus-values compenserait (en partie) l’inïŹ‚ation.

Van Peteghem souhaite taxer les plus-values sur actions, obligations et autres produits ïŹnanciers Ă  hauteur de 15%. Il souligne que ces plus-values pourront s’accumuler pendant plusieurs annĂ©es et qu’il sera tenu compte des moins-values. Le Conseil supĂ©rieur des ïŹnances a calculĂ© qu’en vitesse de croisiĂšre, une taxe de 15% sur les plus-values rapporterait 1,8 milliard d’euros. Les moins-values sur actions seront compensĂ©es.

La taxe sur les comptes-titres sera-t-elle supprimée?

Oui. La taxe sur les comptes-titres n’apparaĂźt pas dans le projet de Van Peteghem. Aujourd’hui, le ïŹsc perçoit une taxe de 0,15% sur les comptes-titres dont la valeur est supĂ©rieure Ă  un million d’euros.

La taxe boursiĂšre disparaĂźt Ă©galement. Elle se monte Ă  0,35% lors de l’achat et de la vente d’actions, Ă  0,12% lors de l’achat et de la vente d’obligations, et Ă  1,32% lors de l’achat et de la vente de fonds d’investissement de capitalisation. La taxe boursiĂšre sur l’achat et la vente de trackers (fonds indiciels cotĂ©s) dĂ©pend du type de tracker et du pays oĂč ils sont enregistrĂ©s.

L’épargne-pension restera-telle aussi intĂ©ressante?

Delanote remet en question l’avantage ïŹscal liĂ© Ă  l’épargne-pension individuelle via un fonds ou une assurance (troisiĂšme pilier). Les Ă©pargnants bĂ©nĂ©ïŹcient d’un avantage ïŹscal de 30% sur un maximum de 990 euros par an (en 2022) et de 25% pour ceux qui versent plus de 990 euros, avec un maximum de 1.270 euros.

Delanote et Van Peteghem souhaitent imposer les revenus locatifs rĂ©els de la mĂȘme façon que les revenus ïŹnanciers.

Le groupe d’experts et le ministre proposent Ă©galement de modiïŹer la pension complĂ©mentaire via l’employeur (deuxiĂšme pilier). Ils prĂ©conisent d’aligner le traitement ïŹscal des versements sous forme de rente sur celui des versements sous forme de capitaux, plus avantageux. Van Peteghem souhaite aussi plafonner l’avantage ïŹscal sur la base individuelle.

Les revenus locatifs seront-ils davantage taxés?

Oui. Delanote et Van Peteghem souhaitent imposer les revenus locatifs rĂ©els de la mĂȘme façon que les revenus ïŹnanciers. «PlutĂŽt que les taxes sur les transactions, les taxes pĂ©riodiques sur les actifs immobiliers sont plus favorables Ă  la croissance», estiment les experts. Ils se rĂ©fĂšrent ici aux rapports de l’OCDE (Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques) et du FMI (Fonds monĂ©taire international).

Les consĂ©quences Ă©ventuelles d’une rĂ©forme ïŹscale pour votre patrimoine

Les grandes lignes de la rĂ©forme ïŹscale en prĂ©paration au niveau fĂ©dĂ©ral sont en train de prendre forme. Quelles seront les consĂ©quences possibles de ce e rĂ©forme sur les revenus de votre patrimoine?

Le ministre souhaite utiliser le «rendement thĂ©orique» annuel comme base minimale pour la taxe sur les revenus locatifs. Il souligne qu’il tiendra compte des frais Ă©levĂ©s d’entretien des bĂątiments et prĂ©voit une dĂ©duction forfaitaire de 30%. Pour ne pas pĂ©naliser les petits investisseurs, il prĂ©voit une exonĂ©ration de 6.000 euros qui s’appliquerait Ă  la somme de tous les revenus ïŹnanciers et immobiliers. Selon les donnĂ©es de la Banque Nationale, les revenus locatifs se montaient en 2020 Ă  environ 12 milliards

Delanote souhaite Ă©galement inclure un rendement ïŹctif de l’habitation propre. Mais pour Ă©viter tout eïŹ€et indĂ©sirable, l’exonĂ©ration gĂ©nĂ©rale devra ĂȘtre suïŹƒsamment Ă©levĂ©e aïŹn que les mĂ©nages moyens ne soient pas davantage taxĂ©s. Van Peteghem souhaitait aussi supprimer l’avantage ïŹscal pour l’achat d’un deuxiĂšme ou d’un troisiĂšme bien immobilier, ce qui a Ă©tĂ© actĂ© dans l’accord budgĂ©taire.

Aujourd’hui, les revenus de biens louĂ©s Ă  des ïŹns privĂ©es sont taxĂ©s sur la base du revenu cadastral indexĂ©, plus 40%. Ce qui reste aprĂšs dĂ©duction des intĂ©rĂȘts payĂ©s est taxĂ© au taux le plus Ă©levĂ© Ă  l’impĂŽt des personnes physiques. Le revenu cadastral indexĂ© est gĂ©nĂ©ralement trĂšs infĂ©rieur aux revenus locatifs rĂ©els.

Les plus-values sur l’immobilier seront-elles Ă©galement taxĂ©es?

Van Peteghem propose de taxer Ă  hauteur de 15% la plus-value rĂ©alisĂ©e lors de la vente d’un bien immobilier, Ă  l’exception de l’habitation familiale. Aujourd’hui, une taxe de 16,5% s’applique sur la plus-value rĂ©alisĂ©e lors de la vente d’un immeuble de rapport dans les cinq ans suivant son acquisition.

14 L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022

La planiïŹcation patrimoniale internationale, un puzzle complexe

rĂ©sidence. Le gouvernement belge tient compte des droits de succession payĂ©s Ă  l’étranger, mais pas des droits de donation.

En matiĂšre de droits de donation et de succession, l’Europe est encore un patchwork oĂč chaque pays applique ses propres rĂšgles ïŹscales, sans grande harmonisation. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, la succession est rĂ©gie par le droit applicable sur le territoire oĂč est situĂ© le dernier lieu de rĂ©sidence du dĂ©funt. Chaque pays applique ses propres rĂšgles en matiĂšre de droits de succession, ce qui conduit parfois Ă  des situations de double imposition. «Dans certains cas impliquant plusieurs pays, la succession est taxĂ©e Ă  la fois dans le pays de rĂ©sidence du dĂ©funt et dans le pays de rĂ©sidence des hĂ©ritiers», explique Niko Hostyn, head of estate planning Flandre chez Degroof Petercam. Parfois, il est possible d’éviter la double imposition en appliquant une mesure nationale unilatĂ©rale ou un traitĂ© de prĂ©vention de double imposition. «À l’heure actuelle, nous ne disposons que de deux traitĂ©s de prĂ©vention de double imposition, signĂ©s avec la SuĂšde et la France, contrairement Ă  l’impĂŽt sur le revenu pour lequel la Belgique a signĂ© un traitĂ© avec la majoritĂ© des pays.» Les droits de donation ne sont pas davantage harmonisĂ©s au niveau europĂ©en. «Alors que le monde s’internationalise de plus en plus, les

lĂ©gislateurs ne suivent pas toujours», souligne Niko Hostyn. Il est dĂšs lors recommandĂ© de se faire accompagner par des ïŹscalistes ou des conseillers qui pourront jouer le rĂŽle d’intermĂ©diaires et assurer le lien avec les pays Ă©trangers. Car la lĂ©gislation Ă©volue, ce qui peut avoir un impact sur la planiïŹcation patrimoniale.

Les enfants des rĂ©sidents belges devront pratiquement toujours payer des droits de donation ou de succession en Belgique. «MĂȘme s’ils vivent Ă  l’étranger depuis des annĂ©es», prĂ©cise Evelyne Van der Elst, avocate au cabinet Cazimir et spĂ©cialisĂ©e en planiïŹcation patrimoniale internationale, en droit de la migration et en droit social international. Par l’intermĂ©diaire des RĂ©gions, la Belgique prĂ©lĂšve des droits de succession sur l’ensemble du patrimoine – en Belgique et Ă  l’étranger – d’un rĂ©sident dĂ©cĂ©dĂ©.

Selon le pays oĂč les enfants rĂ©sident, il est possible qu’ils doivent Ă©galement s’acqui er de droits de succession sur leur lieu de

Taxe sur les plus-values Prenons les principaux pays oĂč ce e rĂšgle s’applique. La France est un lieu de prĂ©dilection pour les Belges dĂ©sireux d’acquĂ©rir une seconde rĂ©sidence. GrĂące au traitĂ© de prĂ©vention de double imposition en matiĂšre de droits de succession, le risque de double imposition en Belgique et en France est relativement limitĂ©. Selon ce traitĂ©, l’immobilier est taxĂ© dans le pays oĂč il se trouve et pratiquement tout le reste est taxĂ© dans le pays de rĂ©sidence du dĂ©funt. «Mais ce e protection ne s’applique pas aux droits de donation. Si vous faites un don Ă  un enfant qui vit en France, il est plus que probable qu’il devra payer des droits de donation Ă  la fois en Belgique et en France», met en garde Evelyne Van der Elst. Et, si l’on en croit Niko Hostyn, il y a aussi anguille sous roche en matiĂšre d’impĂŽt sur le revenu. «De nombreux Belges utilisent une SCI (SociĂ©tĂ© civile immobiliĂšre) pour se constituer un patrimoine immobilier en France. Toutefois, en cas de vente des actions de la SCI, des discussions peuvent surgir sur la qualiïŹcation des plus-values, malgrĂ© le fait qu’il existe un traitĂ© de prĂ©vention de double

imposition en matiĂšre d’impĂŽt sur le revenu. En eïŹ€et, la Belgique considĂšre ces plus-values comme des plus-values sur actions (exonĂ©rĂ©es d’impĂŽt en Belgique), tandis que l’administration ïŹscale française les voit comme une plus-value sur l’immobilier, qui est taxable en France. Cela peut se rĂ©vĂ©ler problĂ©matique. Le nouveau traitĂ© de prĂ©vention de double imposition entre la France et la Belgique – qui n’est pas encore entrĂ© en vigueur – devrait rĂ©soudre ce problĂšme.»

Une question de timing

Si l’enfant habite en Espagne, il faut savoir que les rĂ©sidents espagnols sont taxĂ©s sur la totalitĂ© des donations reçues, quels que soient le lieu de rĂ©sidence du donateur et la situation des biens concernĂ©s. Le taux de taxation espagnol dĂ©pendra de la rĂ©gion de rĂ©sidence du bĂ©nĂ©ïŹciaire du don. «L’Espagne permet aussi de dĂ©duire des droits de donation le montant payĂ© en Belgique, pour autant que le don ne porte pas sur des biens espagnols», poursuit Evelyne Van der Elst. Lors de la donation de biens (immobiliers) espagnols ou si le donateur rĂ©side en Espagne, une taxe sur la plus-value viendra s’ajouter aux droits de donation.

Si le donateur dĂ©mĂ©nage Ă  l’étranger, cela aura Ă©galement des implications. Par exemple, le

fonctionnement du traitĂ© de prĂ©vention de double imposition signĂ© entre l’Espagne et la Belgique prĂ©voit que les plus-values rĂ©alisĂ©es sur la vente d’un bien immobilier ou d’un portefeuille d’investissement aprĂšs un dĂ©mĂ©nagement en Espagne y seront taxĂ©es au taux de 19%. Si vous pensez bĂ©nĂ©ïŹcier de l’exonĂ©ration des plus-values en Belgique, ce e taxe espagnole sera certainement une mauvaise surprise. Le timing est donc important. Le dĂ©mĂ©nagement des parents en Espagne aura aussi des implications pour les enfants et petits-enfants vivant en Belgique. Lors du dĂ©cĂšs d’un des parents, l’Espagne ne percevra des droits de succession que si le bĂ©nĂ©ïŹciaire vit en Espagne ou si la succession comprend des biens espagnols. La Belgique ne taxe que l’immobilier belge faisant partie de la succession. Autrement dit, les biens mobiliers dĂ©tenus dans une banque non espagnole seront exonĂ©rĂ©s des droits de succession si les enfants vivent en Belgique. «Un conseil en or: si vous envisagez de dĂ©mĂ©nager Ă  l’étranger, faites en sorte d’assurer le suivi et la mise en Ɠuvre de votre planiïŹcation successorale avant votre dĂ©part», conclut Evelyne Van der Elst. Cela vous Ă©vitera, Ă  vous et Ă  vos hĂ©ritiers, des maux de tĂȘte et des pertes ïŹnanciĂšres.

Protégez ce qui importe pour vous.

L’ECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 15 Private banking
«Si vous envisagez de dĂ©mĂ©nager Ă  l’étranger, faites en sorte d’assurer le suivi et la mise en Ɠuvre de votre planiïŹcation successorale avant votre dĂ©part.»
Un donateur de nationalitĂ© Ă©trangĂšre, des enfants qui vivent Ă  l’étranger... Autant d’élĂ©ments internationaux qui ajoutent Ă  la complexitĂ© de votre planiïŹcation patrimoniale.
Family
Wealth Management
De votre famille Ă  votre patrimoine ou votre entreprise, vous prenez le plus grand soin de ce qui importe pour vous. Et vous pouvez compter sur le soutien de la Banque Nagelmackers. Avec plus de 275 ans d’expĂ©rience dans la gestion, la constitution et la protection du patrimoine familial, nous sommes Ă  vos cĂŽtĂ©s Ă  chaque Ă©tape de votre vie. Votre totale sĂ©rĂ©nitĂ© est au cƓur de nos prĂ©occupations, aujourd’hui et demain ! Qu’est-ce qui importe pour vous ? Parlez-en avec nos experts. Ensemble, nous Ă©laborerons une stratĂ©gie qui vous mĂšnera Ă  bon port. DĂ©couvrez la plus-value que nous pouvons vous apporter, Ă  vous et aux gĂ©nĂ©rations futures. www.nagelmackers.be
Le partenaire qui gÚre, constitue et protÚge votre patrimoine familial depuis 275 ans. De génération en génération.
20220428_NAGELMACKERS_DETIJD_dossier private banking_290x220__Ku.indd 2 14/04/2022 10:51

Parlez-nous d’abord de vous. Nous parlerons ensuite de votre patrimoine.

Découvrez une banque privée qui vous comprend pour prendre les bonnes décisions.

Chez Degroof Petercam, nous connaissons toutes les subtilitĂ©s des marchĂ©s ïŹnanciers. Quoi de plus normal avec plus de 150 ans d’expĂ©rience et des spĂ©cialistes dans chaque domaine. Ce que nous ne connaissons pas encore, c’est vous. Vos centres d’intĂ©rĂȘt, vos rĂȘves, vos objectifs. Et ça, c’est essentiel. Plus nous vous connaissons, mieux nos spĂ©cialistes peuvent vous proposer des solutions adaptĂ©es Ă  votre patrimoine. Rencontrons-nous. Venez nous parler de vos projets et de votre patrimoine. Venez nous parler de vous.

Plus d’infos ? Consultez degroofpetercam.com

Banque privée. Des spécialistes à vos cÎtés.

Éditeur responsable : Sabine Caudron. Octobre 2022 I Adresse lĂ©gale : Banque Degroof Petercam SA, rue de l’Industrie 44, 1040 Bruxelles I TVA : BE 0403.212.172 (RPM Bruxelles) - FSMA 040460 A.

Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook