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Quand votre banquier a quelque chose Ă vous dire
SupplĂ©ment de LâEcho l jeudi 20 octobre 2022
banking
«Ce quâil se passe sur les marchĂ©s ne ralentit pas nos plans de croissance»
Les questions sur la durabilité, de simples formalités
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Les banquiers privĂ©s ne raïŹolent pas des cryptos
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SABINE CAUDRON
DEGROOF PETERCAM PAGE 8
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Les turbulences boursiÚres érodent les actifs des banques privées
LâĂ©norme incertitude sur les marchĂ©s ïŹnanciers pĂšse aussi sur les patrimoines conïŹĂ©s par les riches Belges Ă leurs banquiers privĂ©s et gestionnaires patrimoniaux. Toutefois, la plupart des acteurs du secteur nâont pas modiïŹĂ© leurs plans de croissance.
PIETER SUY, DAVID ADRIAEN
Les nombreux gestionnaires patrimoniaux, banques privĂ©es et autres acteurs de niche dont le cĆur de mĂ©tier consiste Ă oïŹrir des services ïŹnanciers Ă de riches clients, ont connu plusieurs annĂ©es de forte croissance. La hausse des marchĂ©s dâactions et la stabilitĂ© des ïŹux dâactifs entrants provenant de nouveaux et anciens clients cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment des moyens dâobtenir du rendement de leurs liquiditĂ©s, ont permis aux banques privĂ©es belges dâaugmenter rĂ©guliĂšrement leurs actifs sous gestion.
Mais ce e tendance semble sâinverser. Pour la premiĂšre fois depuis de nombreuses annĂ©es, les avoirs conïŹĂ©s aux banques privĂ©es et aux gestionnaires patrimoniaux par les Belges sont en baisse.
Grandes banques*
BNP Paribas Fortis Private Banking & Wealth Management
KBC & CBC Private Banking & Wealth
BelïŹus Private Banking & Wealth Management
ING Belgique Private Banking
Grandes banques privées
Degroof Petercam
Delen Private Bank Belgique Deutsche Bank
«Tous les gestionnaires patrimoniaux qui investissent en bourse pour leurs clients sont impactés.»
MAARTEN ROOIJAKKERS CAPITALATWORK FOYER
Selon une enquĂȘte de la rĂ©daction, les banques privĂ©es, sociĂ©tĂ©s de bourse, gestionnaires patrimoniaux et autres spĂ©cialistes belges aïŹchaient, ïŹn juin, environ 454 milliards dâeuros dâactifs sous gestion, contre 483 milliards un an plus tĂŽt. La rĂ©daction a interrogĂ© tant les ïŹliales de grandes banques belges et Ă©trangĂšres que des acteurs de taille moyenne et banques de niche actifs dans notre pays.
La raison de ce recul? Ă cause de la guerre en Ukraine, de la hausse des taux dâintĂ©rĂȘt et de lâexplosion de lâinïŹation, les marchĂ©s ïŹnanciers ont pris dâĂ©normes giïŹes au cours des derniers mois. Le Bel 20, lâindice phare de la Bourse de Bruxelles, lâEuro Stoxx 500 et lâindice amĂ©ricain S&P 500 ont perdu ce e annĂ©e plus de 20% de leur valeur. Le marchĂ© obligataire nâest pas mieux loti. Par consĂ©quent, les patrimoines gĂ©rĂ©s par les banquiers privĂ©s pour le compte de leurs clients se sont retrouvĂ©s sous forte pression.
«Tous les gestionnaires patrimoniaux qui investissent en bourse pour leurs clients sont impactĂ©s», rĂ©agit Maarten Rooijakkers de CapitalatWork Foyer, un acteur de taille moyenne actif dans notre pays. «Ătant donnĂ© les circonstances, nous nous en tirons encore relativement bien, car nous ne suivons pas les indices et nous gĂ©rons les portefeuilles de façon dynamique. En outre, il est plus que jamais important de communiquer en toute transparence avec les clients et de leur expliquer comment nous sommes positionnĂ©s en tant quâinvestisseurs. Car vous ne pouvez pas vous cacher. Que vous ayez investi en actions, en obligations, voire en cryptodevises, aujourdâhui, tout baisse.»
Clients en a ente MalgrĂ© les turbulences boursiĂšres, les clients ne semblent pas vouloir qui er la bourse. LâĂ©tĂ© dernier, la Banque Delen a indiquĂ© que lâimpact nĂ©gatif des Ă©vĂ©nements sur les marchĂ©s ïŹnanciers Ă©tait en grande partie compensĂ© par lâaïŹux de nouveaux actifs. La majeure partie de ces «inïŹows» provient mĂȘme de nouveaux clients.
ABN AMRO Private Banking Belgium Puilaetco
Van Lanschot Belgique & Mercier Vanderlinden
Banques de taille moyenne et acteurs de niche
Banque de Luxembourg Belgium
Rothschild & Co Wealth Management Belgium
Edmond de Rothschild
CapitalatWork Foyer Group
Econopolis / Twain
Indosuez Wealth Management en Belgique
Banque Transatlantique Belgium
Leleux Associated Brokers
Quaestor Vermogensbeheer
Banque Nagelmackers
Dierickx Leys Private Bank
Leo Stevens & Cie CBP Quilvest Belgium
Accuro Wealtheon Value Square FinFactor
DDEL Portfolio Solution
Pire Asset Management Merit Capital
«Des personnes qui ont des projets dans lâimmobilier veulent lever le pied au cours des deux ou trois prochaines annĂ©es.»
STEVEN MAERTENS BANQUE DE LUXEMBOURG
Cela ne signiïŹe pas pour autant que les clients ne se soucient pas de ce qui se passe en bourse, souligne RenĂ© Havaux, administrateur dĂ©lĂ©guĂ© de la Banque Delen. «Les ïŹux, les dĂ©pĂŽts de clients restent bons, mais sont lĂ©gĂšrement infĂ©rieurs Ă ceux de 2021, qui Ă©tait une annĂ©e record. Nous remarquons Ă©galement que les clients a endent un peu plus longtemps avant de placer leur argent en bourse. Si la situation perdure, nous ne pourrons plus les convaincre avec lâargument quâil nây a plus dâalternative aux investissements en actions. Si les taux continuent Ă augmenter, certains se satisferont des rendements obligataires de 3,4 ou 5%.»
«Aujourdâhui, certains clients prĂ©fĂšrent en eïŹet accumuler des liquiditĂ©s», reconnaĂźt Maarten Rooijakkers de CapitalatWork. «Auparavant, ils auraient peut-ĂȘtre plus rapidement investi dans lâimmobilier. Mais depuis que les taux ont recommencĂ© Ă augmenter, ces investissements sont pratiquement au point mort.»
«Aujourdâhui, jâentends en eïŹet des personnes ayant lancĂ© des projets dans lâimmobilier dire quâelles comptent lever le pied au cours des deux ou trois prochaines annĂ©es», explique Steven Maertens, responsable du marchĂ© ïŹamand pour la Banque de Luxembourg. «Le private equity a Ă©galement perdu en popularitĂ©. JusquâĂ tout rĂ©cemment, ces investissements cartonnaient auprĂšs des clients fortunĂ©s. Ceux-ci ne sont pas encore prĂšs de liquider leurs portefeuilles, mais prĂ©fĂšrent a endre avant de rĂ©aliser de nouveaux investissements, en espĂ©rant que les valorisations
454,1
Les banques privĂ©es, sociĂ©tĂ©s de bourse, gestionnaires patrimoniaux et autres spĂ©cialistes belges a ichaient, ïŹn juin, environ 454 milliards dâeuros dâactifs sous gestion, contre 483 milliards dâeuros un an plus tĂŽt.
du marché du private equity continueront à baisser.»
Acteurs dominants OĂč en est aujourdâhui le marchĂ© belge de la banque privĂ©e? Comme toujours, les quatre grandes banques belges dominent le secteur. Fin juin, les Belges fortunĂ©s dĂ©tenaient au total 297,5 milliards dâeuros chez BNP Paribas Fortis, KBC, BelïŹus et ING Belgique. Ce chiïŹre comprend les services de banque privĂ©e traditionnels ainsi que les services «wealth», rĂ©servĂ©s aux clients les plus fortunĂ©s. Chaque institution a sa propre dĂ©ïŹnition dâun client «banque privĂ©e». Chez lâune, le seuil dâaccĂšs a Ă©tĂ© ïŹxĂ© Ă un million dâeuros, tandis que chez dâautres, il suïŹt de possĂ©der 250.000 euros. Les clients disposant dâau moins 250.000 euros et nâappartenant pas au segment de la banque privĂ©e dâautres grandes banques ont Ă©galement Ă©tĂ© inclus, aïŹn dâĂ©tablir une comparaison aussi prĂ©cise que possible. Les grandes banques privĂ©es, qui reprĂ©sentent un peu moins de 116 milliards dâeuros dâactifs sous gestion, accueillent un nouvel acteur. GrĂące Ă lâacquisition de Mercier Vanderlinden, la
10,0
5,8 4,6 4,0 3,5 3,0 3,0 2,9 2,6 1,9 1,9 1,8 1,3 1,0 0,7 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,3
sociĂ©tĂ© nĂ©erlandaise Van Lanschot Kempen dispose dĂ©sormais dâun total de 10 milliards dâeuros dâactifs sous gestion.
Degroof Petercam et la Banque Delen restent les principaux acteurs de ce segment avec respectivement 35 et 32 milliards dâeuros sous gestion. Au cours des deux derniĂšres annĂ©es, Deutsche Bank sâest Ă©galement imposĂ©e sur le marchĂ© comme un spĂ©cialiste du conseil en investissement et dâautres services destinĂ©s aux clients fortunĂ©s. La ïŹliale belge du gĂ©ant bancaire allemand a terminĂ© le premier semestre de lâannĂ©e avec 16 milliards dâeuros dâactifs sous gestion.
De leur cĂŽtĂ©, les banques privĂ©es de taille moyenne et les acteurs de niche reprĂ©sentent 40,7 milliards dâeuros. Le plus grand nom de ce segment est la Banque de Luxembourg Belgique (6 milliards dâeuros). Le plus petit nom â Merit Capital â pourrait apparaĂźtre dans ce tableau pour la derniĂšre fois. La maison anversoise a dĂ©posĂ© le bilan au dĂ©but de lâautomne aprĂšs une longue agonie.
Davantage dâambition et de collaborateurs
Les marchĂ©s ïŹnanciers semblent aller dans toutes les directions et les clients se montrent plus prudents. Mais pour lâinstant, ce e situation ne semble pas pousser la plupart des banques privĂ©es Ă modiïŹer leurs plans de croissance. Au contraire: certaines institutions ont encore relevĂ© leurs ambitions. Ainsi, KBC a annoncĂ© son intention dâouvrir plusieurs agences de banque privĂ©e dans notre pays pour, Ă terme, doubler leur nombre, qui passera de 14 Ă 29. Au mĂȘme moment, KBC facilite lâaccĂšs des candidatsclients Ă ses services de banque privĂ©e. JusquâĂ rĂ©cemment, il fallait disposer dâau moins un million dâeuros Ă investir pour faire partie de ce club. DĂ©sormais, le seuil a Ă©tĂ© abaissĂ© Ă 250.000 euros.
KBC est loin dâĂȘtre la seule banque Ă vouloir davantage imprimer sa marque sur le marchĂ© de la banque privĂ©e. La banque dâĂtat BelïŹus souhaite notamment Ă©tendre son rĂ©seau Ă une soixantaine de «private houses» dâici 2025, contre cinq aujourdâhui. Dâautres petites banques continuent Ă chercher des possibilitĂ©s de se dĂ©velopper. «Nous sommes par exemple Ă la recherche de banquiers privĂ©s dans les provinces dâAnvers et du Limbourg», explique Steven Maertens de la Banque de Luxembourg. «à terme, nous espĂ©rons ouvrir une agence dans ces deux rĂ©gions. Mais si des opportunitĂ©s se prĂ©sentent de recruter des personnes compĂ©tentes ailleurs, nous les saisirons.»
Ces ambitions se traduisent aussi par lâaugmentation du nombre dâemployĂ©s. Fin juin, les banques privĂ©es et gestionnaires patrimoniaux ayant participĂ© Ă notre enquĂȘte comptaient 5.810 collaborateurs, soit une hausse de 3% en un an. En dehors des proïŹls commerciaux, les banques continuent Ă recruter des informaticiens et des spĂ©cialistes en conformitĂ© («compliance») pour sâaligner sur les rĂ©glementations â de plus en plus strictes â au sein du secteur. Avec la «guerre des talents» et la ïŹambĂ©e inïŹationniste, les banques privĂ©es doivent Ă©galement ouvrir plus grand leur portefeuille. Si lâon y ajoute la baisse des actifs sous gestion due aux circonstances du marchĂ©, les marges bĂ©nĂ©ïŹciaires pourraient se retrouver davantage sous pression.
Formidable 2021
Dans le secteur, on ne semble toutefois pas dramatiser. «Ces derniĂšres annĂ©es, nous avons beaucoup misĂ© sur la gestion discrĂ©tionnaire, en dâautres termes, les clients nous mandatent pour gĂ©rer leur portefeuille», explique Steven Maertens (Banque de Luxembourg). «Par consĂ©quent, nous avons enregistrĂ© un ïŹux plus important de revenus rĂ©currents quâauparavant. Dans le passĂ©, les clients conservaient davantage de cash, ce qui nous coĂ»tait de lâargent. Aujourdâhui, il est plus rentable de me re son argent au travail.»
Le patron de Delen, RenĂ© Havaux, ne sâinquiĂšte pas outre mesure. «2021 fut une annĂ©e formidable. Il nâest donc pas anormal que le ratio entre les coĂ»ts et les revenus aïŹche une lĂ©gĂšre baisse et revienne Ă des niveaux âhabituelsâ. Bien entendu, nous continuons Ă surveiller les coĂ»ts par rapport aux revenus que nous gĂ©nĂ©rons de notre gestion dâactifs. Ce nâest pas un exercice diïŹcile. La question qui se pose cependant est de savoir combien de temps ce e situation durera et quel sera son impact sur nos actifs sous gestion.»
2.889 931 970 368 620 2.230 1.002 479** 84 323 175 167 691 30 48 43 65 30 41 50 133 27 26 23 37 14 11 17 16 15 7 18 40 297,5 113,3 72,0 69,0 43,2 115,9 35,4 31,6 16,0 11,9 11,0
40,7
Patrimoine gĂ©rĂ© en milliards âŹ
Nombre de salariés
454,1 milliards ⏠patrimoine géré nombre de salariés
5.810
APERĂU DU MARCHĂ BELGE DU PRIVATE BANKING ET DE LA GESTION DE FORTUNE
Les actifs sous gestion ont Ă©tĂ© communiquĂ©s par la sociĂ©tĂ© au 30/6/2022, sauf pour Edmond de Rothschild et Pire Asset Management (chi res 2021) et Merit Capital (estimation). Les acteurs du marchĂ© non mentionnĂ©s n'ont fourni aucune information ou des informations insu isantes. Dans les grandes banques, le seuil d'entrĂ©e di Ăšre et les clients ayant des actifs de plus de 250.000 euros et un service personnalisĂ© ont Ă©galement Ă©tĂ© inclus. Ce chi re comprend tous les employĂ©s du groupe en Belgique (y compris Private Banking, Investment Bank, Asset Management et Asset Services). Source: MediaïŹn
LâECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 3
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Quand votre banquier a quelque chose Ă vous dire
© PIETER VAN EENOGE
EVERT NERINCKX
LâannĂ©e boursiĂšre 2022 est en bonne voie de devenir une annus horribilis. La guerre en Ukraine, la crise Ă©nergĂ©tique et lâinïŹation galopante me ent Ă lâĂ©preuve la rĂ©sistance au stress des investisseurs. Les marchĂ©s dâactions internationales se nĂ©gocient en moyenne 20% en dessous de leur niveau de la ïŹn de lâan dernier. Un retour Ă la rĂ©alitĂ© pour de nombreux investisseurs â dĂ©butants ou aguerris â dont les actions nâavaient fait que grimper ces derniĂšres annĂ©es.
Traditionnellement, les obligations â une classe dâactifs plus dĂ©fensive â se comportent bien en pĂ©riode dâincertitudes macroĂ©conomiques et jouent le rĂŽle dâamortisseur dans les moments diïŹciles. Mais ce ne fut pas le cas ce e annĂ©e. Pour contenir lâinïŹation galopante, les banques centrales relĂšvent leurs taux Ă grande vitesse. AprĂšs des annĂ©es de taux trĂšs bas, voire nĂ©gatifs, lâenvironnement des taux a radicalement changĂ©. Câest une mauvaise nouvelle pour les obligations car elles perdent de la valeur lorsque les taux montent. Par consĂ©quent, les marchĂ©s obligataires aïŹchent, eux aussi, des rĂ©sultats particuliĂšrement mauvais ce e annĂ©e.
Communiquer en toute transparence
Les banquiers privĂ©s sont donc confrontĂ©s Ă la tĂąche peu enviable dâexpliquer Ă leurs clients pourquoi la plupart des lignes de leurs portefeuilles sont dans le rouge. Une bonne discussion autour dâun cafĂ© suïŹra-elle?
«Nous oïŹrons systĂ©matiquement une tasse de cafĂ© Ă nos clients, mais Ă lâheure
actuelle, un sucre en plus ne ferait pas de mal», lance avec un clin dâĆil Benoit Leloup, conseiller et responsable des contacts avec la clientĂšle auprĂšs de la banque privĂ©e Puilaetco. «Nous essayons de toute façon dâinformer nos clients de façon proactive, que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, entre autres via nos le res dâinformation et les relevĂ©s de portefeuilles. Ce qui caractĂ©rise lâan dernier, câest que les investisseurs dĂ©fensifs ont, eux aussi, vu la valeur de leur portefeuille fortement baisser. Aujourdâhui, il est particuliĂšrement important de communiquer avec eux en toute transparence», explique Benoit Leloup.
MĂȘme son de cloche chez les autres banquiers. «Nous essayons dâaccorder plus dâa ention aux investisseurs dĂ©fensifs», explique Ive Mertens, CEO de la banque privĂ©e Leo Stevens. «Ceux qui investissent en actions sont en eïŹet plus habituĂ©s aux soubresauts de la bourse. Nâoubliez pas non plus que, ces derniĂšres annĂ©es, ils ont pu proïŹter des importantes hausses de cours», poursuit-il. «Et ils nâont pas perdu la totalitĂ© de ces plus-values. Pour les proïŹls dĂ©fensifs, qui dĂ©tiennent davantage dâobligations, ce e pĂ©riode est encore plus diïŹcile. La rapide hausse des taux a fortement touchĂ© les portefeuilles obligataires, ce qui nĂ©cessite parfois des explications supplĂ©mentaires.»
Sous le matelas
Sur ce plan, la digitalisation nâa pas facilitĂ©
TOM HOLLANTS BANQUIER PRIVĂ CHEZ VAN LANSCHOT
le mĂ©tier de banquier privĂ©. «Auparavant, les obligations Ă©taient placĂ©es en sĂ©curitĂ© dans un coïŹre-fort ou sous le matelas. Chaque annĂ©e, les dĂ©tenteurs percevaient le coupon et ce, jusquâĂ lâĂ©chĂ©ance, oĂč lâobligation Ă©tait remboursĂ©e.» En dâautres termes, les clients nâĂ©taient pas en train de vĂ©riïŹer Ă tout moment la valeur de leurs obligations. La situation a complĂštement changĂ©: «Aujourdâhui, les investisseurs voient quasiment tous les jours le cours de leur obligation changer, ce qui les rend parfois nerveux», continue Ive Mertens.
Tom Hollants, banquier privĂ© chez Van Lanschot, conïŹrme ce e tendance: «Vu quâĂ lâheure actuelle les clients reçoivent tous les trois mois un relevĂ© de leur portefeuille, ils sont obligĂ©s de voir la rĂ©alitĂ© en face. Et cela suscite parfois des questions. Câest pourquoi il est nĂ©cessaire â surtout pour les clients au proïŹl dĂ©fensif â de faire le point sur leur situation de maniĂšre plus dĂ©taillĂ©e. En particulier parce que les proïŹls dĂ©fensifs sont gĂ©nĂ©ralement ceux qui ne suivent pas de prĂšs la situation des marchĂ©s».
Il faut donc accorder plus dâa ention aux investisseurs dĂ©fensifs. Mais aucun client nâa (encore) dĂ©cidĂ© de sortir du marchĂ©, ce qui contraste grandement avec la crise ïŹnanciĂšre de 2008-2009. Par dĂ©pit, de nombreux particuliers avaient dĂ©ïŹnitivement tournĂ© le dos Ă la bourse.
Tom Hollants poursuit: «Ces derniers mois, nous avons remarquĂ© quâil Ă©tait de plus en plus diïŹcile de convaincre les clients dâinvestir leurs liquiditĂ©s, alors que
les valorisations commencent à redevenir intéressantes. Mais bien entendu, les clients lisent et entendent les mauvaises nouvelles dans la presse et à la télévision, ce qui les rend réticents. Ce e dimension psychologique joue également au niveau des gestionnaires de fonds, qui sont tentés de garder des liquidités en réserve».
Un avenir imprĂ©visible «Nous expliquons clairement aux clients que le malaise boursier actuel pourrait durer plus longtemps que lors de la derniĂšre crise oĂč, aprĂšs le krach liĂ© au coronavirus, les bourses sâĂ©taient reprises presque plus rapidement quâelles nâavaient chuté», explique Stefan De Beukelaer, gestionnaire patrimonial chez Accuro. «Ce nâest pas le cas actuellement, mĂȘme si nous remarquons que certains clients lâespĂšrent. Mais les banquiers ne peuvent pas se cacher sous leur bureau pour Ă©viter de dĂ©livrer un message dĂ©sagrĂ©able.»
EnïŹn, il nâest pas toujours simple, mĂȘme pour les professionnels, de prĂ©voir les Ă©volutions macro-Ă©conomiques. Le monde Ă©volue rapidement et certains Ă©vĂ©nements se produisent de maniĂšre ina endue. Il suïŹt de penser Ă lâinvasion militaire de lâUkraine par la Russie, un conïŹit qui a totalement bouleversĂ© la rĂ©alitĂ© Ă©conomique. «Nous continuons Ă insister sur lâimportance dâavoir une vision Ă long terme», ajoute Benoit Leloup de Puilaetco. «Et il est impossible de prĂ©dire lâĂ©volution des prix Ă court terme sur les marchĂ©s boursiers», prĂ©cise Stefan De Beukelaer. «Mais nous savons que lâinïŹation ïŹnira par ralentir et que le ciel Ă©conomique sâĂ©claircira. Ce message suïŹt pour rassurer de nombreux clients.»
4 LâECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022
Pour les investisseurs, lâannĂ©e boursiĂšre 2022 est un vrai casse-tĂȘte. Les banquiers privĂ©s ont constatĂ© que les clients devenaient de plus en plus nerveux. «Mais nous ne pouvons pas nous cacher sous notre bureau pour Ă©viter de dĂ©livrer un message dĂ©sagrĂ©able.»
«Nous essayons dâaccorder plus dâattention aux investisseurs dĂ©fensifs.»
IVE MERTENS CEO DE LEO STEVENS
«Il est de plus en plus di icile de convaincre les clients dâinvestir leurs liquiditĂ©s, alors que les valorisations commencent Ă redevenir intĂ©ressantes.»
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Les questions «durabilité» du banquier: une simple formalité
Depuis le 2 aoĂ»t, les banquiers (privĂ©s) sont tenus dâinterroger leurs clients sur leurs prĂ©fĂ©rences en matiĂšre dâinvestissements durables. Mais en lâabsence de normes claires et de donnĂ©es concernant le caractĂšre durable des investissements, ces questions sont un coup dans lâeau. Leur impact sur la composition des portefeuilles est limitĂ©.
PETER VAN MALDEGEM
LâEurope joue depuis longtemps un rĂŽle de pionnier dans le «verdissement» des portefeuilles dâinvestissement. Les autoritĂ©s travaillent depuis des annĂ©es Ă la dĂ©ïŹnition de ce quâest une activitĂ© «durable» â la taxonomie â et, depuis lâan dernier, les gestionnaires de produits dâinvestissement doivent indiquer dans quelle mesure ceux-ci intĂšgrent des caractĂ©ristiques de «durabilité». Le dĂ©veloppement durable sâest aussi rĂ©cemment invitĂ© au sein des rĂšglementations europĂ©ennes MiïŹd, qui imposent des rĂšgles de conduite aux banques et aux fournisseurs de produits ïŹnanciers.
Depuis le 2 aoĂ»t, ces prestataires sont obligĂ©s dâinterroger leurs clients sur leurs prĂ©fĂ©rences en matiĂšre de durabilitĂ© et dâajuster leurs portefeuilles en consĂ©quence. Ce e obligation
ne vaut que pour les clients ayant signĂ© un contrat de gestion discrĂ©tionnaire ou un contrat de conseil en investissement avec leur banque (privĂ©e). Les clients qui gĂšrent eux-mĂȘmes leurs avoirs («execution only») ne sont logiquement pas concernĂ©s par ce e rĂšgle.
Trois questions
Tout dâabord, il sera demandĂ© au client sâil souhaite que sa banque ou sa compagnie dâassurances tienne compte de critĂšres de dĂ©veloppement durable au moment de composer son portefeuille ou de prodiguer des conseils. Si la rĂ©ponse est positive, le client devra rĂ©pondre Ă trois questions. Il devra notamment
indiquer quel pourcentage de son portefeuille devra ĂȘtre investi de façon durable et ensuite quel pourcentage devra ĂȘtre Ă©cologiquement durable. Ici, il est uniquement (et provisoirement) question dâenvironnement. EnïŹn, le client devra indiquer Ă quels impacts nĂ©gatifs sur lâhomme et lâenvironnement il ne souhaite pas ĂȘtre exposĂ© via ses investissements. Il pourra par exemple indiquer quâil prĂ©fĂšre exclure les entreprises qui ne sâintĂ©ressent pas (encore) Ă lâĂ©galitĂ© des genres au niveau du management. Ces questions viendront sâajouter aux questionnaires de connaissances posĂ©s par la banque pour dĂ©ïŹnir les proïŹls de risque de leurs clients. Elles devront ĂȘtre posĂ©es tant
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6 LâECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022
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© PIETER VAN EENOGE
aux nouveaux clients quâaux clients existants. Si vous avez rencontrĂ© votre banquier ou sâil vous a prodiguĂ© des conseils en investissement aprĂšs le 2 aoĂ»t, vous avez peut-ĂȘtre dĂ©jĂ rĂ©pondu Ă ces questions. Si vous nâavez pas rencontrĂ© votre banquier depuis ce e date, ces questions vous seront posĂ©es lors de votre prochain rendez-vous.
Un impact trĂšs limitĂ© MĂȘme si de nombreux clients nây ont pas encore rĂ©pondu, il est dĂ©jĂ possible de tirer certaines conclusions de ces questionnaires.
Chez BNP Paribas Fortis Private Banking qui, selon ses propres dires, aurait déjà interrogé une «proportion importante» de sa clientÚle, 80% auraient indiqué que leur portefeuille devait tenir compte de critÚres de durabilité.
Mais lorsquâil leur a Ă©tĂ© demandĂ© dâindiquer leurs prĂ©fĂ©rences spĂ©ciïŹques, comme le pourcentage minimum devant ĂȘtre investi dans des produits durables, la toute grande majoritĂ© ne semble pas avoir voulu entrer dans le dĂ©tail.
«Seuls 2% des clients ont indiquĂ© vouloir intĂ©grer des critĂšres ESG spĂ©ciïŹques», nous indique-t-on Ă la banque.
Chez Degroof Petercam, oĂč
plusieurs centaines de clients ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© interrogĂ©s, ces derniers semblent Ă©galement sâintĂ©resser Ă la durabilitĂ© mais, ici aussi, sans prĂ©ciser leurs prĂ©fĂ©rences. «Il existe encore Ă ce jour de nombreuses incertitudes. Par exemple, les rĂšgles de lâautoritĂ© de contrĂŽle europĂ©enne, lâESMA, nâĂ©taient pas encore dĂ©ïŹnitivement ïŹxĂ©es lors de lâenvoi du questionnaire. Nous avons constatĂ© que les clients souhaitaient reporter leurs choix prĂ©cisĂ©ment Ă cause de ces incertitudes et de lâinstabilitĂ© des marchĂ©s», explique-t-on chez Degroof Petercam.
Aujourdâhui, une chose est cependant claire: ces questionnaires nâont jusquâici eu quâun impact limitĂ© sur les portefeuilles. «Ces derniĂšres annĂ©es, nous avons dĂ©jĂ consenti des eïŹorts importants pour amĂ©liorer notre oïŹre sur le plan de la durabilité», explique-t-on chez BelïŹus. «Ceux qui sont satisfaits de lâoïŹre actuelle ne ressentent pas immĂ©diatement le besoin de modiïŹer leur portefeuille sur la base de leurs prĂ©fĂ©rences en matiĂšre de durabilitĂ©. Nos clients sâintĂ©ressent beaucoup Ă la durabilitĂ©, certes, mais ne sont
Chez BNP Paribas
Fortis Private Banking, 80% de la clientÚle déjà interrogée auraient indiqué que leur portefeuille devait tenir compte de critÚres de durabilité.
Private banking
Si un client souhaite que son portefeuille comprenne au minimum 50% de produits durables sur le plan environnemental, il risque de se retrouver bredouille.
pas trĂšs motivĂ©s Ă ïŹxer des pourcentages spĂ©ciïŹques pour leur portefeuille.»
Absence de données
Pour les banques, câest plutĂŽt une bonne nouvelle. En eïŹet, le taux de «durabilité» de la plupart des produits ïŹnanciers nâest pas encore connu. Cela sâexplique non seulement par le cadre rĂšglementaire â toujours en Ă©volution â mais aussi par le manque de donnĂ©es sur les entreprises. Celles-ci ne devront communiquer leur taux de durabilitĂ© de maniĂšre standardisĂ©e quâĂ partir de lâan prochain. Et il ne sâagira que de 11.000 sociĂ©tĂ©s europĂ©ennes. Il faudra a endre 2025 pour que le champ dâapplication soit Ă©tendu aux plus petites entreprises, ce qui portera Ă 50.000 le nombre de sociĂ©tĂ©s concernĂ©es par les rĂšgles de reporting. Mais mĂȘme avec cet Ă©largissement, le reporting restera strictement europĂ©en. Une normalisation internationale est en cours, mais ces rĂšgles ne sont pas a endues dans lâimmĂ©diat. Ce e situation nâest bien entendu pas idĂ©ale dans le contexte dâinvestissements mondiaux.
ConsĂ©quence: les banques se retrouveraient face Ă de vraies diïŹcultĂ©s si les clients dĂ©cidaient
dâun pourcentage minimum de durabilitĂ© pour leurs portefeuilles. «Les pourcentages que nous appliquons aujourdâhui dĂ©pendent de la disponibilitĂ© des donnĂ©es sur les activitĂ©s des entreprises dans lesquelles nous investissons», explique-t-on chez BelïŹus. «Il nâexiste par exemple aujourdâhui aucun fonds prĂȘt Ă sâengager Ă comprendre un minimum dâinvestissements durables sur le plan environnemental. La rĂšglementation europĂ©enne en prĂ©paration devrait amĂ©liorer la situation, mais nous nous a endons Ă ce que ces donnĂ©es ne soient disponibles quâau cours des annĂ©es Ă venir», ajoute-t-on chez BelïŹus.
En dâautres termes, si un client indique quâil souhaite que son portefeuille comprenne au minimum 50% de produits durables sur le plan environnemental, il risque de se retrouver bredouille car sa banque ne pourra lui proposer aucun produit dâinvestissement rĂ©pondant Ă ce critĂšre. Ce questionnaire sur les souhaits des investisseurs en matiĂšre de durabilitĂ© nâest donc aujourdâhui rien de plus quâune formalitĂ© lĂ©gale. Il faudra plus de temps pour quâil soit rĂ©ellement pertinent.
Nous vous accompagnons dans la rĂ©alisation de vos rĂȘves et de vos ambitions avec des conseils personnalisĂ©s pour gĂ©rer au mieux vos projets et votre patrimoine.
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Private banking
Sabine Caudron
La barreuse de Degroof Petercam
Cinq mois aprĂšs avoir pris ses nouvelles fonctions, Sabine Caudron doit piloter la division private banking de Degroof Petercam dans une pĂ©riode particuliĂšrement agitĂ©e sur les marchĂ©s ïŹnanciers. «MalgrĂ© tout, la plupart de nos clients gardent leur calme. Nos gestionnaires patrimoniaux semblent parfois plus inquiets.»
INTERVIEW
La carriĂšre de Sabine Caudron aurait pu prendre une autre tournure si on lui avait enseignĂ© une autre technique dâaviron. La patronne belge de la branche banque privĂ©e de Degroof Petercam travaille depuis une trentaine dâannĂ©es dans le monde ïŹnancier. Mais au dĂ©but des annĂ©es 1990, lorsque Sabine Caudron est rentrĂ©e en Belgique aprĂšs avoir Ă©tudiĂ© aux Ătats-Unis, elle avait dâautres ambitions.
Pendant son sĂ©jour aux USA â «mon pĂšre voulait que nous puissions vivre le rĂȘve amĂ©ricain» â, Sabine Caudron sâest inscrite au club dâaviron de son universitĂ©. Avec succĂšs car, Ă son retour en Belgique, elle sâest rapidement retrouvĂ©e sur le radar de lâĂ©quipe olympique belge dâaviron, qui a vu en elle une parfaite candidate pour les Jeux olympiques de 1992 Ă Barcelone.
«Mais, hĂ©las, je nâai pas Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e», se souvient-elle. «Non pas parce que je ne ramais pas suïŹsamment fort, mais parce que la technique que jâavais acquise aux Ătats-Unis Ă©tait diïŹĂ©rente de la technique utilisĂ©e en Europe. Lâaviron a forgĂ© mon caractĂšre: pour moi, la combinaison entre persĂ©vĂ©rance et esprit dâĂ©quipe est essentielle. Et je continue Ă faire de lâaviron. Le week-end dernier, jâai encore participĂ© Ă une compĂ©tition de vĂ©tĂ©rans.»
Pour quelquâun qui, selon ses propres dires, sâest retrouvĂ© «par hasard» dans le monde bancaire, Sabine Caudron peut se targuer de sâĂȘtre construit une solide carriĂšre en tant que banquiĂšre privĂ©e. AprĂšs avoir occupĂ© des fonctions de direction au sein de la banque privĂ©e de BNP Paribas Fortis (anciennement Fortis Banque) et de concurrents comme Puilaetco, elle a rejoint il y a quatre ans Degroof Petercam, le plus important prestataire de services ïŹnanciers pour les clients fortunĂ©s en dehors des quatre grandes banques.
Depuis lâannonce inopinĂ©e du dĂ©part de lâancien patron, Bruno Colmant, en mai dernier, Sabine Caudron dirige le
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PIETER SUY
©
JONAS
LAMPENS
«Lâaviron a forgĂ© mon caractĂšre: pour moi, la combinaison entre persĂ©vĂ©rance et esprit dâĂ©quipe est essentielle.»
SABINE CAUDRON HEAD OF PRIVATE BANKING DE DEGROOF PETERCAM
Sabine Caudron: Jâai commencĂ© ma carriĂšre ïŹnanciĂšre dans les annĂ©es 1990. Je nâai jamais vĂ©cu une situation comme celle que nous connaissons aujourdâhui, Ă savoir une hausse des taux soudaine provoquant une baisse des marchĂ©s. Mais heureusement, nous nous sommes armĂ©s pour y faire face. Nous investissons diïŹĂ©remment et nous optons plus souvent pour des obligations Ă court terme, plus de liquiditĂ©s et plus dâactions de valeur. Nous ne considĂ©rons pas la situation des marchĂ©s ïŹnanciers comme catastrophique, mais nous restons vigilants.
Entre-temps, vous continuez Ă dĂ©velopper la branche de banque privĂ©e de Degroof Petercam. Non seulement vous souhaitez vous dĂ©velopper en Flandre, mais aussi dans le reste du pays, au Luxembourg et en France. SC: Nous nous dĂ©veloppons dĂ©jĂ dans toutes ces rĂ©gions. Dans le secteur, la Flandre est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme une rĂ©gion Ă fort potentiel et nous comptons ouvrir une nouvelle agence au nord dâAnvers. Mais en Wallonie Ă©galement, certaines agences sont trĂšs actives. En France, notre prĂ©sence est encore modeste, mais nous comptons aussi nous y dĂ©velopper.
«Je souhaite que notre banque soit proche de ses clients et jâai aussi Ă cĆur de satisfaire notre personnel.»
SABINE CAUDRON HEAD OF PRIVATE BANKING DE DEGROOF PETERCAM
Private banking
dĂ©partement de banque privĂ©e du groupe bruxellois. Ce e parfaite trilingue nâa pas pu sâinstaller tranquillement dans sa nouvelle fonction: ces derniers mois, les marchĂ©s ïŹnanciers ont subi de lourdes pertes Ă cause de lâincertitude croissante provoquĂ©e par la guerre en Ukraine et la hausse des taux.
«Bien entendu, jâaurais prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©marrer avec des bourses basses qui nâauraient fait que monter», rĂ©agit-elle. «Mais nous avons dans le passĂ© connu dâautres pĂ©riodes diïŹciles sur les marchĂ©s. Aujourdâhui, nos clients nous posent beaucoup de questions et nous essayons de les aider autant que possible. Mais je dois dire que la plupart gardent leur calme. Bon nombre dâentre eux sont clients chez nous depuis longtemps, souvent mĂȘme depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations. Et ils ont compris que ce qui descendait ïŹnissait par remonter. Parfois, jâai lâimpression que nos gestionnaires sont plus inquiets que nos clients, car ils sont responsables de la gestion de leurs avoirs.»
«Certains clients nous demandent si le moment est venu dâacheter», poursuit Sabine Caudron. «Nous insistons toujours sur le fait que nous ne possĂ©dons pas de boule de cristal. Ce qui se passe en bourse ne suit pas toujours lâĂ©conomie rĂ©elle. Ce nâest pas parce quâil y a de mauvaises nouvelles que les bourses baisseront automatiquement. Nous disons toujours quâil est dangereux de sortir totalement du marchĂ©: si vous manquez les meilleures journĂ©es de bourse, lâannĂ©e entiĂšre peut ĂȘtre compromise.»
Comment comparez-vous ce qui se passe aujourdâhui avec les prĂ©cĂ©dentes crises boursiĂšres?
Qui est Sabine Caudron?
> Sabine Caudron a succĂ©dĂ© Ă Bruno Colmant en mai 2022 Ă la tĂȘte de la branche banque privĂ©e de Degroof Petercam.
> Elle connaĂźt Ă fond ce e banque bruxelloise: en 2018, elle a rejoint le groupe en tant que responsable de la division banque privĂ©e Ă Bruxelles, pour ensuite se hisser Ă la tĂȘte de la division banque privĂ©e en Flandre.
> Avant de rejoindre Degroof Petercam, elle aïŹchait dĂ©jĂ un solide palmarĂšs dans le secteur, avec des fonctions de top management chez BNP Paribas Fortis ainsi que chez Puilaetco Dewaay.
> Parfaite trilingue, elle a Ă©tudiĂ© lâĂ©conomie Ă lâUniversitĂ© de Californie Ă San Diego, oĂč elle faisait partie de lâĂ©quipe dâaviron. De retour en Belgique au dĂ©but des annĂ©es 1990, elle a Ă©tĂ© repĂ©rĂ©e par lâĂ©quipe olympique belge dâaviron.
Au vu de la situation actuelle, nous ne nous lancerons pas immĂ©diatement dans de nouveaux projets. Nous allons dâabord nous rĂ©organiser pour fournir le service le mieux adaptĂ© Ă chaque client. Alors que nous proposions plus ou moins le mĂȘme service Ă tous nos clients, nous allons dĂ©sormais travailler par segments. Cela ne signiïŹe pas que nous rĂ©partirons nos clients selon lâimportance de leurs avoirs, mais selon leurs besoins. Par exemple, ceux qui possĂšdent une entreprise familiale ont des besoins diïŹĂ©rents des indĂ©pendants ou des dirigeants de grandes sociĂ©tĂ©s internationales.
Ce e approche est-elle diïŹĂ©rente de celle de votre prĂ©dĂ©cesseur, Bruno Colmant? SC: De nombreuses idĂ©es Ă©taient dĂ©jĂ prĂ©sentes. Vous ne mâentendrez jamais dire que je suis la grande stratĂšge derriĂšre ce e approche. Mais je ferai en sorte que ces projets soient mis en Ćuvre. Pour cela, je souhaite que notre banque soit proche de ses clients et jâai aussi Ă cĆur de satisfaire notre personnel. Il faut leur perme re de dĂ©velopper leur crĂ©ativitĂ© et leur esprit dâentreprise. Bon nombre de nos clients sont par ailleurs des entrepreneurs. Dans ce sens, le «droit Ă lâerreur» pour nos collaborateurs est trĂšs important. Il faut leur perme re de se tromper quand ils prennent des initiatives.
NâĂ©tait-ce pas suïŹsamment le cas auparavant?
SC: CâĂ©tait diïŹĂ©rent. Mon prĂ©dĂ©cesseur Ă©tait intellectuellement trĂšs fort et me ait lâaccent sur dâautres aspects. Comme moi, Bruno Colmant insistait beaucoup sur lâimportance des formations. Nous a endons de nos banquiers privĂ©s, planiïŹcateurs patrimoniaux et gestionnaires de portefeuilles quâils maintiennent leurs connaissances Ă jour et disposent du niveau de formation adĂ©quat.
Trouvez-vous facilement les bonnes personnes pour réaliser ces plans de croissance?
SC: Nous avons eu quelques annĂ©es diïŹciles, mais câest du passĂ©. Depuis quelques mois, nous constatons dâailleurs une nouvelle dynamique au sein de la banque. Cela facilite grandement la mise en Ćuvre de nos plans, quel que soit le
sentiment du marchĂ©. Nous sentons que les candidats banquiers privĂ©s et planiïŹcateurs patrimoniaux lâont bien compris. Degroof Petercam est devenu un employeur plus a irant. On entend souvent dire que tout le monde dans le secteur pĂȘche dans le mĂȘme Ă©tang. Mais nous essayons de trouver dâautres solutions. Nous ne devons pas toujours aller chercher nos planiïŹcateurs patrimoniaux dans les autres banques. Nous pouvons par exemple trouver de bons juristes dans une Ă©tude notariale ou dans un cabinet dâavocats. Cela vaut aussi pour nos banquiers privĂ©s: certains de nos employĂ©s sont dâanciens patrons dâentreprise qui se sont reconvertis.
Pendant que vous dĂ©ployez votre stratĂ©gie de croissance, la concurrence ne reste pas inactive. Les grandes banques comme BelïŹus et KBC en particulier se sont rĂ©cemment lancĂ©es sur le marchĂ© de la banque privĂ©e. SC: Il est toujours sain dâavoir des concurrents. Mais je ne suis pas convaincue que les grandes banques aient la mĂȘme image que Degroof Petercam. Nos actionnaires sont des familles belges, qui sont lĂ depuis longtemps, qui connaissent Ă fond le marchĂ© et comprennent que notre mĂ©tier est axĂ© sur le long terme. Ce e annĂ©e est diïŹcile et les rĂ©sultats pourraient ĂȘtre lĂ©gĂšrement en baisse, comme partout. Mais nos actionnaires savent que câest le cycle normal des choses et ne nous pousseront pas Ă faire tout et nâimporte quoi pour rĂ©aliser Ă tout prix des bĂ©nĂ©ïŹces Ă court terme. Nous voulons bien entendu dĂ©ployer notre rĂ©seau aussi eïŹcacement que possible, mais il ne sâagit pas uniquement dâobtenir le meilleur ratio coĂ»ts/ bĂ©nĂ©ïŹces. Notre modĂšle consiste Ă oïŹrir le meilleur service et Ă disposer des meilleurs experts, et nous voulons que cela se sache. Chez certains acteurs, il peut ĂȘtre plus diïŹcile de voir les choses comme ça et il est possible quâils subissent plus de pression de leurs actionnaires. Nous ne connaissons pas ce dĂ©calage.
«Ce qui se passe en bourse ne suit pas toujours lâĂ©conomie rĂ©elle. Ce nâest pas parce quâil y a de mauvaises nouvelles que les bourses baisseront automatiquement.»
SABINE CAUDRON HEAD OF PRIVATE BANKING DE DEGROOF PETERCAM
Avant de rejoindre Degroof Petercam en 2020, votre carriĂšre a pris un tournant important lorsque vous avez dĂ©cidĂ© de devenir professeure de mathĂ©matiques dans un collĂšge Ă Bruxelles. Quây avez-vous appris qui vous aide aujourdâhui Ă votre poste de patronne dâune banque?
SC: AprĂšs 30 ans dans le secteur de la banque privĂ©e, jâai eu envie de faire autre chose et donner des cours ïŹgurait sur ma bucket list. Jâai donnĂ© des cours de mathĂ©matiques pendant une annĂ©e dans un collĂšge jĂ©suite. Jâai trouvĂ© ce e expĂ©rience fantastique. Mais lorsque Bruno Colmant mâa demandĂ© de revenir, jâai compris que mon vrai mĂ©tier Ă©tait la banque et que je pouvais encore y apporter une contribution.
Sâil ne mâavait pas appelĂ©e, je serais peut-ĂȘtre encore enseignante aujourdâhui. Câest trĂšs diïŹĂ©rent, câest un autre monde, surtout avec des enfants. Me trouver en face dâune classe me donnait Ă©normĂ©ment dâĂ©nergie. Je continue Ă mâappuyer sur ce e expĂ©rience. Nous devons avoir plus de respect pour les enseignants: ces personnes travaillent tellement dur pour si peu dâargent! MĂȘme si nous comptons des enseignants parmi nos clients (elle rit). Donner cours mâa permis de relativiser les choses au sein de la banque. Cela a toujours Ă©tĂ© un de mes points forts, mais mon passage dans lâenseignement lâa encore renforcĂ©.
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Les banques privĂ©es ne plĂ©biscitent pas les cryptomonnaies et les NFT. Mais elles gardent un Ćil a entif sur ces actifs ultra-volatils.
Les banquiers privés jouent la prudence sur la crypto
GILLES QUOISTIAUX
B itcoin, Ethereum, Ripple, Cardano, Dogecoin⊠Tous ces actifs sont bien connus des cryptoinvestisseurs. Mais ils ne font pas encore partie du langage familier des gestionnaires de fortune. Nous avons interrogé un échantillon de banques privées représentatives du marché. Toutes jouent la prudence⊠avec quelques nuances.
Premier constat: ces derniers temps, les banquiers privĂ©s ne sont pas noyĂ©s de demandes relatives aux rendements escomptĂ©s sur les placements en cryptomonnaie. «La crypto gĂ©nĂšre un nombre trĂšs limitĂ© de questions», indique Wim DâHaese, head investment strategist chez Deutsche Bank. «Le nombre dâinterrogations a baissĂ© ces derniers mois», explique-t-on chez KBC. «Depuis le crash du Terra-Luna, nous sommes beaucoup moins sollicitĂ©s sur les cryptos et les NFT(*)», pointet-on chez BelïŹus Private Banking.
Il faut dire que lâheure nâest pas Ă lâeuphorie du cĂŽtĂ© du bitcoin et de ses acolytes. Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, le marchĂ© traverse une phase de glaciation. AprĂšs avoir a eint des sommets ïŹn 2021 (jusquâĂ 68.000 dollars pour un bitcoin!), la star des cryptomonnaies a plongĂ© dans les abĂźmes, entraĂźnant dans son sillage les quelque 21.000 monnaies virtuelles alternatives en circulation. Le bitcoin vĂ©gĂšte aujourdâhui aux alentours de 20.000 dollars. Câest lâhiver crypto.
Une pĂ©riode austĂšre Ce e pĂ©riode austĂšre refroidit les ardeurs des investisseurs. Quelques audacieux se demandent quand mĂȘme sâil nây a pas de bonnes aïŹaires Ă rĂ©aliser Ă la faveur de ce «bear market». «Les questions viennent surtout de jeunes clients qui cherchent des Ă©claircissements sur la sĂ©curitĂ©, la technologie et les risques. Ils sont a irĂ©s par la nouveautĂ©, par la technologie ou par lâidĂ©e dâessayer ce e nouvelle forme dâinvestissement avec un petit montant de dĂ©part», dĂ©taille-t-on chez KBC.
Quelle que soit la banque privĂ©e, ces clients aventureux ne seront pas encouragĂ©s Ă sauter dans le bain bouillonnant de la crypto. Pour lâinstant, les gestionnaires de fortune tournent clairement le dos Ă ces actifs alternatifs largement dĂ©rĂ©gulĂ©s. «Actuellement, les cryptos sont trĂšs volatiles, illiquides et ne perme ent pas de rĂ©duire le risque par la diversiïŹcation. Au contraire, elles ajoutent du risque dans les portefeuilles. Nous ne voyons pas de valeur ajoutĂ©e Ă les intĂ©grer dans notre allocation dâactifs», tranche Wim DâHaese (Deutsche Bank). «Ce nâest pas un placement que lâon recommande», avance Nicolas Sopel, senior macro strategist chez Quintet Private Bank, le groupe de banques privĂ©es dont fait partie Puilaetco.
Les gestionnaires de fortune conseillent Ă leurs clients de passer leur chemin. Ce discours sâinscrit logiquement dans la ligne adoptĂ©e par les grandes banques belges au sujet des cryptomonnaies, quâils considĂšrent comme des actifs marginaux, dangereux et peu dignes dâintĂ©rĂȘt. «BNP Paribas Fortis ne donne aucun conseil en rapport avec les cryptomonnaies et dĂ©conseille fortement lâachat de cryptomonnaies en invitant ses clients Ă ne pas eïŹectuer dâachat de cryptomonnaies par le biais de comptes dĂ©tenus par la banque», rappelle BNPPF.
Les gestionnaires de fortune me ent les clients en garde sur lâextrĂȘme volatilitĂ© des cryptomonnaies. Ces placements sont eïŹectivement ultra-risquĂ©s. Mais des actifs plus «agressifs», aux rendements potentiellement plus Ă©levĂ©s que la moyenne, nâont-ils pas leur place dans un portefeuille dâinvestissement, qui se doit dâĂȘtre diversiïŹĂ©? «DâaprĂšs certains analystes, les cryptos Ă©taient censĂ©es ĂȘtre des actif dĂ©corrĂ©lĂ©s des actifs traditionnels. Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, on voit bien que ce nâest pas du tout le cas. Le S&P 500 a perdu 23% de sa valeur. Dans le mĂȘme temps, le bitcoin perdait 60% de sa valeur! Câest un actif spĂ©culatif», tranche Nicolas Sopel (Puilaetco). Certains dĂ©fenseurs du bitcoin le voient comme une
rĂ©serve de valeur. Une option lĂ aussi balayĂ©e par un de nos interlocuteurs: «Parmi les hypothĂšses avancĂ©es par les promoteurs de ces produits, nous avons dĂ©jĂ entendu parler dâun âor numĂ©riqueâ. Force est de constater quâils sont beaucoup moins protecteurs et que le rĂŽle de valeur refuge ne peut pas ĂȘtre retenu», soulignet-on chez Nagelmackers.
Un marchĂ© encore balbutiant Si les banquiers privĂ©s ne proposent pas de crypto-placements, ils ne sâinterdisent pas dâobserver ce marchĂ© encore balbutiant. «Les cryptos et les NFT ne sont pas des thĂ©matiques dâinvestissement que nous proposons ni que nous conseillons Ă nos clients. Ce qui ne nous empĂȘche pas pour autant de nous y intĂ©resser et de suivre lâĂ©volution du marché», indique-t-on chez Degroof Petercam. Il faut dire que le taux dâadoption de la crypto est en pleine ascension. Plus de 500.000 Belges dĂ©tiennent aujourdâhui de la cryptomonnaie. Si la crypto sĂ©duit surtout les jeunes gĂ©nĂ©rations, elle nâest plus rĂ©servĂ©e Ă un public de geeks. Pour les banques, il est important de sâinformer sur ce marchĂ© en construction. «Un certain nombre de nos analystes suivent lâĂ©volution du marchĂ©. Mais tant que le rĂ©gulateur ne nous y autorise pas, nous ne nous positionnerons pas sur ce marchĂ©.
Donc pour le moment, proposer des investissements dans la crypto nâest pas Ă lâordre du jour», Ă©voque Wim DâHaese (Deutsche Bank).
Chez Nagelmackers non plus, on ne proposera pas de placement de la crypto. Mais la banque privĂ©e, qui a rĂ©guliĂšrement Ă©tĂ© sollicitĂ©e sur le sujet en 2021, laisse une porte entrouverte: «On peut comprendre que certains clients veulent faire un pari important sur lâavenir, et dĂ©roger Ă notre a itude prudente. Dans ce cas, nous suggĂ©rons dâisoler une petite somme qui nâest alors plus considĂ©rĂ©e dans le contexte de gestion de patrimoine et avec laquelle on peut âjouerâ sur les nombreuses plateformes. Nous me ons en garde sur la nĂ©cessitĂ© de sâadresser Ă un acteur de conïŹance et de vĂ©riïŹer les frais qui
Sâils nâintĂšgrent pas de produits cryptos dans leurs portefeuilles, les gestionnaires de fortune ne sâinterdisent pas de proposer des investissements dans des sociĂ©tĂ©s liĂ©es Ă lâunivers crypto.
sâappliquent aux nombreux produits proposĂ©s», explique Dirk Huybrecht, responsable marketing et communication chez Nagelmackers.
Sâils nâintĂšgrent pas de produits cryptos dans leurs portefeuilles, les gestionnaires de fortune ne sâinterdisent pas de proposer des investissements dans des sociĂ©tĂ©s liĂ©es Ă lâunivers crypto. Chez Puilaetco, on sâintĂ©resse notamment aux entreprises travaillant sur la technologie de la blockchain, qui sous-tend le fonctionnement de la cryptomonnaie. MĂȘme chose chez Pire Asset Management: «Au niveau de la clientĂšle en gestion de portefeuille, il nây a, Ă ce jour, pas de position directe, ni indirecte. Par contre, de nombreux clients dĂ©tiennent des actions cotĂ©es qui sont liĂ©es au fonctionnement du systĂšme, telles que Nvidia, TSMC, Mastercard, Visa, etc.
Quelques clients qui dĂ©cident eux-mĂȘmes de leur investissement dĂ©tiennent des sicav qui investissent dans des sociĂ©tĂ©s opĂ©rant au sein du mĂ©tavers ou de la blockchain», dĂ©taille Arnaud Jamar, administrateur dĂ©lĂ©guĂ© de Pire Asset Management. La banque privĂ©e ira mĂȘme prochainement un peu plus loin: «Dâici peu, nous lancerons une oïŹre de gestion thĂ©matique qui sera composĂ©e essentiellement dâETF sur des thĂšmes prome eurs. Elle intĂšgrera un ETF sur la blockchain», ajoute Arnaud Jamar.
Mais pour investir directement dans la crypto, il faudra trouver un autre point de chute que la banque privĂ©e. Du moins pour le moment. Chez Nagelmackers, on Ă©voque un horizon de temps ïŹnalement pas si lointain: «Proposer des produits cryptos nâest pas Ă lâordre du jour et ne le sera vraisemblablement pas pour plusieurs mois encore».
(*) Non fongible token ou jeton non fongible, NDLR.
«DâaprĂšs certains analystes, les cryptos Ă©taient censĂ©es ĂȘtre des actif dĂ©corrĂ©lĂ©s des actifs traditionnels. Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, on voit bien que ce nâest pas du tout le cas.»
NICOLAS SOPEL PUILAETCO
© ANP XTRA
10 LâECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 Private banking
âUn guichet unique pour la gestion dâactifs et la constitution de pensionâ
Soutenue par Allianz Global Investors (Allianz GI), Allianz Belgium offre Ă ses clients un guichet unique pour tous leurs besoins en matiĂšre dâinvestissements, de gestion dâactifs et de constitution de pension. Et ces solutions gĂ©rĂ©es activement sont accessibles Ă un public-cible des plus larges. âFondamentalement, nous proposons des services de personal/private banking Ă taille humaineâ, prĂ©cisent trois spĂ©cialistes dâAllianz.
En tant quâassureur, Allianz gĂ©rait en 2021 un total de plus de 1.966 milliards dâeuros dâactifs pour ses clients du monde entier. Et au sein de ce groupe, Allianz Global Investors (Allianz GI) dĂ©tenait 673 milliards dâeuros dâactifs en portefeuille Ă la ïŹn de lâannĂ©e derniĂšre.
Quels sont les instruments de placement utilisĂ©s par Allianz GI aujourdâhui?
Paul Bonroy, Head of Technical Life Individual Belgium & Netherlands chez Allianz: âUn tiers de ce quâAllianz GI investit et gĂšre dans le monde est constituĂ© de fonds dâactions, un tiers de fonds dâobligations et un tiers de fonds mixtes et de stratĂ©gies hors Bourse. Une sĂ©lection de ces produits est proposĂ©e en Belgique par le biais du vaste rĂ©seau de courtage dâAllianz Benelux.â
Per-Johann Reichert, Head of Allianz New Networks: âAvec Allianz Belgium, nous garantissons aux clients un guichet unique pour tous leurs investissements. Notre gestion active est assurĂ©e par une Ă©quipe de plus de 640 professionnels, avec nos partenaires prĂ©sents dans le monde entier au cĆur des marchĂ©s sur lesquels les investissements sont rĂ©alisĂ©s.â
Pourquoi optez-vous résolument pour la gestion active?
Fabrice Heuts, Commercial Director Life & Health chez Allianz: âGrĂące Ă une surveillance continue et Ă une gestion active, nous pouvons prendre des mesures immĂ©diates et ciblĂ©es si nĂ©cessaire. Par exemple, si les fonds ne rĂ©pondent pas aux attentes ou sont dĂ©passĂ©s, nous les retirons du mix et nous les remplaçons. Nos solutions ne sont pas statiques: elles vivent et respirent!â
Paul Bonroy: âLa gestion active fait partie intĂ©grante de notre ADN. Nous offrons aux clients la possibilitĂ© dâinvestir dans des classes dâactifs spĂ©ciïŹques, nous ne nous limitons pas Ă suivre simplement un indice de rĂ©fĂ©rence. GrĂące Ă notre gestion active, nous voulons battre lâindice de rĂ©fĂ©rence Ă long terme.â
Quelles solutions dâinvestissement Allianz Benelux propose-t-elle et en quoi sont-elles innovantes?
Paul Bonroy: âLâune de nos principales formules dâinvestissement est construite selon une architecture ouverte. Il sâagit essentiellement dâune solution dâinvestissement, dĂ©ïŹnie par Allianz GI et complĂ©tĂ©e par des propositions dâautres gestionnaires dâactifs Ă condition quâils rĂ©pondent Ă nos critĂšres dâĂ©ligibilitĂ© stricts. Notre solution Ă architecture ouverte assure une bonne diversiïŹcation et fait ses preuves depuis de nombreuses annĂ©es. Nous ne sautons pas dâune tendance Ă lâautre: nous visons des rendements durables.â
Per-Johann Reichert: âLe cĆur de cette solution Ă architecture ouverte est constituĂ© de trois fonds Ă stratĂ©gie mixte. Il sâagit en fait de fonds destinĂ©s Ă des proïŹls dâinvestissement diffĂ©rents. Nous modiïŹons leur composition en fonction, entre autres, de la situation et des perspectives du marchĂ©. La gestion active, par exemple, nous permet dâinvestir plus ou moins fortement dans les actions, et ce, dans les limites ïŹxĂ©es par le rĂšglement de gestion.â
Comment la durabilitĂ© est-elle intĂ©grĂ©e dans votre processus dâinvestissement?
Per-Johann Reichert: âNous sommes pionniers dans ce domaine depuis 1999. Le dĂ©veloppement durable est fermement ancrĂ© dans nos valeurs dâentreprise. Nous avons notamment une solution dâinvestissement durable avec un impact mesurable pour un monde meilleur. Bien entendu, nous recherchons Ă©galement des rendements durables Ă long terme. Nous visons une qualitĂ© Ă©levĂ©e, avec des solutions de long terme.â
Paul Bonroy: âConcrĂštement, notre solution dâinvestissement cible la durabilitĂ© et un impact positif dans au moins un des 17 Objectifs de dĂ©veloppement durable (ODD) des Nations unies, sans avoir dâimpact nĂ©gatif sur les autres ODD. Forts de plus de deux dĂ©cennies dâexpĂ©rience dans le domaine de lâISR, nous sommes lâun des
rares opĂ©rateurs du marchĂ© Ă offrir cette expertise complĂšte, avec des produits spĂ©cialisĂ©s que nous suivons grĂące Ă nos propres recherches.â
Per-Johann Reichert: âNous investissons entre autres dans des entreprises engagĂ©es dans la lutte contre la crise climatique, une plus grande Ă©quitĂ© dans la sociĂ©tĂ©, une exploitation Ă©quilibrĂ©e des ressources et les technologies de puriïŹcation de lâeau.
Nous sommes trĂšs transparents sur les ODD que nous ciblons lorsque nous investissons dans telle ou telle entreprise, et sur lâĂ©volution des objectifs en question. Les investisseurs peuvent par ailleurs choisir parmi de nombreux fonds dâimpact et concentrer leur investissement sur un ou plusieurs ODD auxquels ils souhaitent contribuer activement.â
Allianz a dĂ©veloppĂ© une solution dâinvestissement personnel. Pouvez-vous nous en dire un peu plus Ă ce sujet?
Paul Bonroy: âLes clients y sont activement investis en fonction de leur proïŹl dâinvestisseur, au sein dâun vaste univers de fonds dâactions et dâobligations dans des segments bien dĂ©ïŹnis. Lâajout de thĂšmes spĂ©ciïŹques dans ces portefeuilles de fonds fournit une orientation dâinvestissement intĂ©ressante, par exemple au travers dâobligations convertibles et Ă haut rendement, ou de stratĂ©gies dâactions spĂ©ciïŹques.â
Fabrice Heuts: âCâest aussi une solution trĂšs orientĂ©e clients. Et trĂšs transparente, car les clients peuvent suivre leurs investissements via un site Web: la façon dont nous gĂ©rons et allouons leurs actifs, lâĂ©volution de leur valeur, etc.â
Est-il vrai que les clients peuvent choisir sĂ©parĂ©ment les trois solutions dâinvestissement mentionnĂ©es, mais aussi les combiner?
Fabrice Heuts: âCâest exact. Cette diversiïŹcation et ces choix rendent notre approche unique dans le monde de lâinvestissement. En outre, ces solutions sont accessibles Ă un large public-cible.â
Per-Johann Reichert: âAlors que les services de personal/private banking de certains fournisseurs ne sont accessibles quâĂ partir dâun capital trĂšs Ă©levĂ©, les clients peuvent proïŹter des solutions dâinvestissement dâAllianz Ă partir de 6.200 euros. On peut y voir une forme de personal/private banking Ă taille humaine.â
Forts
de plus de deux dĂ©cennies dâexpĂ©rience dans le domaine de lâISR, nous sommes lâun des rares opĂ©rateurs du marchĂ© Ă offrir cette expertise complĂšte. Paul Bonroy, Head of Technical Life Individual Belgium & Netherlands chez Allianz â
Cette
diversiïŹcation et ces choix rendent notre approche unique dans le monde de lâinvestissement. Fabrice Heuts, Commercial Director Life & Health chez Allianz â Nos clients peuvent accĂ©der aux solutions dâinvestissement dâAllianz Ă partir de 6.200 euros. Per-Johann Reichert, Head of Allianz New Networks â © STUDIO DANN © STUD O D A NN Vous dĂ©sirez en savoir plus sur lâoffre dâinvestissement dâAllianz? scannez le code QR Partner Content offre aux entreprises, organisations et organismes publics lâaccĂšs au rĂ©seau de LâEcho, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de LâEcho. Allianz est responsable du contenu. PA RTNER CONTENT Une initiative dâ
«Pour investir, les femmes veulent davantage ĂȘtre informĂ©es»
PHILIPPE GALLOY
Les femmes et la ïŹnance, câest tendance. GĂ©raldine Biebuyck et Donatienne van Houtryve, banquiĂšres privĂ©es chez Lombard Odier, tĂ©moignent de lâintĂ©rĂȘt de plus en plus prononcĂ© des femmes pour lâinvestissement, la gestion de patrimoine et le monde de la banque en gĂ©nĂ©ral, avec comme point dâaccroche lâinvestissement durable. «La banque reste un secteur oĂč les hommes sont majoritaires mais le dĂ©veloppement de lâinvestissement durable va a irer de plus en plus de femmes», assurent-elles.
En tant que femmes, quelle plus-value apportez-vous Ă vos clients par rapport Ă des confrĂšres?
GĂ©raldine Biebuyck: Nous avons les mĂȘmes expertises que nos collĂšgues masculins. Câest plutĂŽt dans les «soft skills» (compĂ©tences liĂ©es aux qualitĂ©s humaines, NDLR) que nous pouvons nous diïŹĂ©rencier. En tant que femmes banquiĂšres, je dirais que nous avons tendance Ă parler de maniĂšre plus didactique aux clients. Quand nous avons des femmes en face de nous, nous pouvons nous identiïŹer Ă elles, Ă leur maniĂšre de vivre et Ă leur cadre de vie. Et la rĂ©ciproque est vraie.
Donatienne van Houtryve: Ce e approche plus didactique du mĂ©tier rĂ©pond Ă une demande de notre clientĂšle fĂ©minine. Les clientes a endent de recevoir plus dâexplications et dâinformations sur les diïŹĂ©rents investissements que nous leur proposons. Elles souhaitent bien comprendre ce dans quoi elles vont investir.
Ce e approche plus didactique, est-ce une compétence acquise ou est-ce lié à votre personnalité?
GB: On développe ces compétences naturellement. Avoir assuré des formations dans le passé y contribue mais on en apprend davantage au fur et à mesure et on
a envie de le transme re.
DâaprĂšs certaines Ă©tudes, les femmes qui investissent prendraient moins de risques et obtiendraient ainsi de meilleurs rendements que les hommes.
DVH: Une Ă©tude de Fidelity de 2017 conclut que les investisseuses gagneraient 1% de plus mais grĂące Ă la diversiïŹcation: ce nâest pas tellement en rapport avec la prise de risque. Les femmes ont gĂ©nĂ©ralement tendance Ă Ă©pargner davantage quâĂ investir. Elles
«Quand elles investissent, les femmes ne prennent pas plus ou moins de risques quâun homme.»
DONATIENNE VAN HOUTRYVE BANQUIĂRE PRIVĂE CHEZ LOMBARD ODIER
Les curieux lisent. Les futés investissent.
Les investisseuses ont besoin de bien connaßtre le placement envisagé pour se lancer, constatent Géraldine Biebuyck et Donatienne van Houtryve (Lombard Odier).
12 LâECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 Private banking
INTERVIEW
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Investir comporte des risques. Votre investissement peut perdre de la valeur.
Private banking
identiïŹent leurs besoins Ă court terme, avec comme prioritĂ© leur famille, la transmission du patrimoine, la succession. Elles veulent donc garder une ïŹexibilitĂ©. Mais quand elles investissent, elles ne prennent pas plus ou moins de risques quâun homme. Les proïŹls MiïŹd (proïŹls de risque des investisseurs dressĂ©s en application dâune directive europĂ©enne, NDLR) le dĂ©montrent.
Les femmes hésitent-elles plus que les hommes à investir?
DVH: En tout cas, elles ont besoin de bien comprendre lâinvestissement avant de franchir le pas. Une Ă©tude de JPMorgan montre que 46% des femmes ont besoin dâĂȘtre rassurĂ©es; un banquier ou une banquiĂšre augmentera leur sentiment de sĂ©curitĂ©.
GB: LâĂ©pargne rĂ©pond Ă leur souhait de simplicitĂ©, dâaccessibilitĂ© et de ïŹexibilitĂ©. Elles vont moins facilement investir parce quâelles ne se sentent pas suïŹsamment aptes Ă comprendre
la complexitĂ© des investissements. Elles veulent dâabord en apprendre davantage sur le fonctionnement de ces mĂ©canismes ïŹnanciers. Nous pouvons les accompagner Ă investir une fois ce e Ă©tape franchie.
DVH: Une autre Ă©tude, de BCG (Boston Consulting Group, NDLR), dit dâailleurs que les femmes ont tendance Ă poser plus de questions, Ă davantage sâinformer avant de prendre une dĂ©cision dâinvestissement. Une fois ce e Ă©tape passĂ©e, elles prennent les mĂȘmes risques que les hommes.
Quand elles investissent, les femmes sont-elles plus sensibles à la durabilité?
GB: Lâinvestissement durable est un point dâaccroche pour les femmes. Trois quarts des femmes y sont sensibles, contre deux tiers chez les hommes. Je pense dâailleurs que ces tendances, qui deviennent davantage rĂ©glementĂ©es, sont susceptibles dâa irer de plus en plus de femmes, tant parmi la clientĂšle que dans le secteur bancaire. La banque reste un secteur oĂč les hommes sont majoritaires mais le dĂ©veloppement de lâinvestissement durable va a irer de plus en plus de femmes.
DVH: Ce e complexitĂ© de la ïŹnance qui freine les femmes va ĂȘtre compensĂ©e par cet a rait pour les investissements soutenables et qui ont du sens. Ce sont des thĂ©matiques auxquelles elles sont sensibles. JâespĂšre que ça va les pousser Ă sâintĂ©resser davantage Ă la ïŹnance.
La structuration patrimoniale parle-t-elle davantage aux femmes?
GB: ComplĂštement. La thĂ©matique de la famille est trĂšs importante pour les femmes. Elles vont donc sâintĂ©resser peut-ĂȘtre plus facilement Ă la notion de sĂ©curitĂ© dans la planiïŹcation successorale et la protection du patrimoine.
DVH: Pour elles, câest une prioritĂ© par rapport Ă la croissance du patrimoine, qui ne sâajoutera quâensuite. Elles veulent vraiment dâabord couvrir les besoins de la famille en matiĂšre de transmission, de succession. Dans un deuxiĂšme temps, pour la gestion du patrimoine, beaucoup dâentre elles aiment travailler avec diïŹĂ©rentes poches: le court terme, soit la gestion du cash pour gĂ©rer les besoins quotidiens, le moyen terme oĂč on peut gĂ©nĂ©rer un certain rendement en se focalisant sur la protection du patrimoine, et dans le long terme, on va chercher de la croissance, dâabord dans les actifs liquides comme les actions, puis dans des actifs moins liquides comme le private equity (sociĂ©tĂ©s non cotĂ©es, NDLR).
GB: Ce e maniĂšre de travailler permet de rĂ©pondre aux besoins du client. Ăa parle beaucoup aux femmes parce que câest trĂšs pratique, trĂšs pragmatique. Elles aiment prendre leurs dĂ©cisions sur des faits et ces solutions sont trĂšs factuelles.
La féminisation du monde bancaire est-elle en bonne voie, selon vous?
DVH: Dans le groupe Lombard Odier, il y a 37% de femmes et dans notre bureau de Bruxelles, on est quasiment Ă 50%. Il y a une tendance de fond.
GB: Le monde bancaire en général reste encore plutÎt masculin mais la tendance est là pour augmenter
la part des femmes. Lâessor de lâinvestissement durable conduit Ă la crĂ©ation de dĂ©partements entiers oĂč la proportion de femmes est plus Ă©levĂ©e.
Dans votre travail, constatez-vous que la diversitĂ© des genres est bĂ©nĂ©ïŹque?
GB: Oui, nous en sommes convaincues. La diversitĂ© apporte un plus. La maniĂšre de penser est diïŹĂ©rente. Ces synergies sont un atout dans nos conversations et nos rĂ©unions.
DVH: Toutes les sensibilités sont représentées quand on a des hommes et des femmes autour
dâune table. Je pense que la prĂ©sence des deux genres enrichit le travail de nos Ă©quipes. Et câest valable dans les deux sens Ă©videmment.
Dans le monde bancaire, y a-t-il encore un plafond de verre, câest-Ă -dire un obstacle Ă lâaccession des femmes Ă des fonctions et des salaires plus Ă©levĂ©s?
GB: Câest encore en Ă©volution. On sent quâil existe une volontĂ© de casser ce plafond de verre.
DVH: La bonne gouvernance peut ĂȘtre le point de dĂ©part de ce e dĂ©marche. On retrouve ce e prĂ©occupation dans les critĂšres dâa ribution du label B-Corp (une des certiïŹcations de durabilitĂ© les plus strictes au monde, NDLR) que Lombard Odier a obtenu en 2019.
Vous ĂȘtes Ă©galement entrepreneuses. Cela vous aide-t-il dans votre mĂ©tier de banquiĂšres privĂ©es?
GB: En 2015, nous avons cofondĂ© Bsit (une application qui permet de trouver des baby-si ers de conïŹance via la gĂ©olocalisation, NDLR) en partant du constat quâen tant que mamans actives, nous avions souvent la nĂ©cessitĂ© de trouver un(e) baby-si er. LâidĂ©e est donc nĂ©e dâun besoin. Aujourdâhui, aprĂšs une rĂ©duction des coĂ»ts et un recentrage du business model, nous sommes Ă lâĂ©quilibre.
DVH: Ce e expĂ©rience nous permet de mieux comprendre nos clients qui sont entrepreneurs car nous avons nous-mĂȘmes vĂ©cu ce e expĂ©rience avec toutes les diïŹcultĂ©s que cela implique. Et, peut-ĂȘtre grĂące Ă cela, on sent aussi du respect de leur part Ă notre Ă©gard.
Certains voient une experte bancaire.
Nous, nous voyons la partenaire pour votre patrimoine. Quelquâun qui vous connaĂźt personnellement et qui sâappuie sur lâexpertise de lâun des plus grands groupes financiers du monde. Câest ainsi quâelle peut vous conseiller au mieux afin dâoptimiser vos investissements en fonction de vos objectifs et de votre situation personnelle.
Deutsche Bank. La banque de vos investissements.
«Lâinvestissement durable est un point dâaccroche pour les femmes. Trois quarts des femmes y sont sensibles, contre deux tiers chez les hommes.»
GĂRALDINE BIEBUYCK BANQUIĂRE PRIVĂE CHEZ LOMBARD ODIER
LâECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 13
Donatienne van Houtryve (à gauche) et Géraldine Biebuyck. © ANTONIN WEBER / HANS LUCAS
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Deutsche Bank AG, 12, Taunusanlage, 60325 Francfort-sur-le-Main, Allemagne, RC Francfort-sur-le-Main n° HRB 30000. Deutsche Bank AG Succursale de Bruxelles, 13-15 avenue Marnix, 1000 Bruxelles, Belgique, RPM Bruxelles, TVA BE 0418.371.094, IBAN BE03 6102 0085 7284, IHK D-H0AV-L0HOD-14. E.R. : Olivier Delfosse deutschebank.be/conseil
Private banking
WOUTER VERVENNE
En Belgique, la ïŹscalitĂ© est trĂšs complexe en raison de ses nombreuses exceptions, exonĂ©rations et diïŹĂ©rences de traitement. En outre, les charges sur le travail sont plus Ă©levĂ©es que dans la plupart des autres pays.
Câest pourquoi le gouvernement fĂ©dĂ©ral souhaite mener Ă bien une vaste rĂ©forme de notre systĂšme ïŹscal pour le moderniser, le simpliïŹer et le rendre plus Ă©quitable, tout en maintenant une neutralitĂ© budgĂ©taire.
Toute baisse de la pression ïŹscale sur le travail devrait par ailleurs contribuer Ă augmenter le taux dâemploi.
En juillet, un groupe de ïŹscalistes et dâĂ©conomistes, sous la direction du professeur Mark Delanote (UniversitĂ© de Gand), a prĂ©sentĂ© une note stratĂ©gique portant sur une profonde rĂ©forme ïŹscale budgĂ©tairement neutre. Peu aprĂšs, le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), a prĂ©sentĂ© son propre projet, trĂšs proche de celui du groupe de travail Delanote.
Actuellement, ces propositions nâont pas encore Ă©tĂ© approuvĂ©es. Georges-Louis Bouchez, le prĂ©sident du MR, les a descendues en ïŹĂšche. Au moment oĂč la valeur des portefeuilles dâinvestissement fond comme neige au soleil Ă cause du recul des bourses, les clients des banques privĂ©es ne semblent pas sâinquiĂ©ter, du moins si lâon en croit plusieurs banquiers privĂ©s.
Pourtant, les projets de Van Peteghem pourraient avoir un impact non nĂ©gligeable. Nous nous sommes focalisĂ©s sur les changements possibles de ïŹscalitĂ© en matiĂšre de patrimoine et de revenus patrimoniaux.
Le prĂ©compte mobilier sera-t-il modiïŹĂ©?
Le groupe de travail Delanote propose une taxe forfaitaire de maximum 30% sur les revenus ïŹnanciers. Le prĂ©compte sur la plupart des revenus dâintĂ©rĂȘt et des dividendes se monte aujourdâhui Ă 30%.
Van Peteghem souhaite abaisser le prĂ©compte mobilier Ă 25%, avec une exonĂ©ration jusquâĂ 6.000 euros pour protĂ©ger les petits Ă©pargnants et les petits investisseurs. Ce e exonĂ©ration remplacerait lâexonĂ©ration â plus limitĂ©e â de 980 euros dĂ©jĂ en vigueur pour les intĂ©rĂȘts des comptes dâĂ©pargne.
Van Peteghem souhaite taxer les plus-values sur actions, obligations et autres produits ïŹnanciers Ă hauteur de 15%.
Les plus-values sur actions seront-elles taxées?
Oui, mais pour Ă©viter une double imposition, Delanote propose un taux rĂ©duit pour les dividendes et les plus-values sur actions. Les bĂ©nĂ©ïŹces des entreprises, qui sont distribuĂ©s en partie sous la forme de dividendes, sont en eïŹet dĂ©jĂ taxĂ©s via lâimpĂŽt des sociĂ©tĂ©s. Le taux rĂ©duit applicable aux plus-values compenserait (en partie) lâinïŹation.
Van Peteghem souhaite taxer les plus-values sur actions, obligations et autres produits ïŹnanciers Ă hauteur de 15%. Il souligne que ces plus-values pourront sâaccumuler pendant plusieurs annĂ©es et quâil sera tenu compte des moins-values. Le Conseil supĂ©rieur des ïŹnances a calculĂ© quâen vitesse de croisiĂšre, une taxe de 15% sur les plus-values rapporterait 1,8 milliard dâeuros. Les moins-values sur actions seront compensĂ©es.
La taxe sur les comptes-titres sera-t-elle supprimée?
Oui. La taxe sur les comptes-titres nâapparaĂźt pas dans le projet de Van Peteghem. Aujourdâhui, le ïŹsc perçoit une taxe de 0,15% sur les comptes-titres dont la valeur est supĂ©rieure Ă un million dâeuros.
La taxe boursiĂšre disparaĂźt Ă©galement. Elle se monte Ă 0,35% lors de lâachat et de la vente dâactions, Ă 0,12% lors de lâachat et de la vente dâobligations, et Ă 1,32% lors de lâachat et de la vente de fonds dâinvestissement de capitalisation. La taxe boursiĂšre sur lâachat et la vente de trackers (fonds indiciels cotĂ©s) dĂ©pend du type de tracker et du pays oĂč ils sont enregistrĂ©s.
LâĂ©pargne-pension restera-telle aussi intĂ©ressante?
Delanote remet en question lâavantage ïŹscal liĂ© Ă lâĂ©pargne-pension individuelle via un fonds ou une assurance (troisiĂšme pilier). Les Ă©pargnants bĂ©nĂ©ïŹcient dâun avantage ïŹscal de 30% sur un maximum de 990 euros par an (en 2022) et de 25% pour ceux qui versent plus de 990 euros, avec un maximum de 1.270 euros.
Delanote et Van Peteghem souhaitent imposer les revenus locatifs rĂ©els de la mĂȘme façon que les revenus ïŹnanciers.
Le groupe dâexperts et le ministre proposent Ă©galement de modiïŹer la pension complĂ©mentaire via lâemployeur (deuxiĂšme pilier). Ils prĂ©conisent dâaligner le traitement ïŹscal des versements sous forme de rente sur celui des versements sous forme de capitaux, plus avantageux. Van Peteghem souhaite aussi plafonner lâavantage ïŹscal sur la base individuelle.
Les revenus locatifs seront-ils davantage taxés?
Oui. Delanote et Van Peteghem souhaitent imposer les revenus locatifs rĂ©els de la mĂȘme façon que les revenus ïŹnanciers. «PlutĂŽt que les taxes sur les transactions, les taxes pĂ©riodiques sur les actifs immobiliers sont plus favorables Ă la croissance», estiment les experts. Ils se rĂ©fĂšrent ici aux rapports de lâOCDE (Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques) et du FMI (Fonds monĂ©taire international).
© PIETER VAN EENOGE
Les consĂ©quences Ă©ventuelles dâune rĂ©forme ïŹscale pour votre patrimoine
Les grandes lignes de la rĂ©forme ïŹscale en prĂ©paration au niveau fĂ©dĂ©ral sont en train de prendre forme. Quelles seront les consĂ©quences possibles de ce e rĂ©forme sur les revenus de votre patrimoine?
Le ministre souhaite utiliser le «rendement thĂ©orique» annuel comme base minimale pour la taxe sur les revenus locatifs. Il souligne quâil tiendra compte des frais Ă©levĂ©s dâentretien des bĂątiments et prĂ©voit une dĂ©duction forfaitaire de 30%. Pour ne pas pĂ©naliser les petits investisseurs, il prĂ©voit une exonĂ©ration de 6.000 euros qui sâappliquerait Ă la somme de tous les revenus ïŹnanciers et immobiliers. Selon les donnĂ©es de la Banque Nationale, les revenus locatifs se montaient en 2020 Ă environ 12 milliards
Delanote souhaite Ă©galement inclure un rendement ïŹctif de lâhabitation propre. Mais pour Ă©viter tout eïŹet indĂ©sirable, lâexonĂ©ration gĂ©nĂ©rale devra ĂȘtre suïŹsamment Ă©levĂ©e aïŹn que les mĂ©nages moyens ne soient pas davantage taxĂ©s. Van Peteghem souhaitait aussi supprimer lâavantage ïŹscal pour lâachat dâun deuxiĂšme ou dâun troisiĂšme bien immobilier, ce qui a Ă©tĂ© actĂ© dans lâaccord budgĂ©taire.
Aujourdâhui, les revenus de biens louĂ©s Ă des ïŹns privĂ©es sont taxĂ©s sur la base du revenu cadastral indexĂ©, plus 40%. Ce qui reste aprĂšs dĂ©duction des intĂ©rĂȘts payĂ©s est taxĂ© au taux le plus Ă©levĂ© Ă lâimpĂŽt des personnes physiques. Le revenu cadastral indexĂ© est gĂ©nĂ©ralement trĂšs infĂ©rieur aux revenus locatifs rĂ©els.
Les plus-values sur lâimmobilier seront-elles Ă©galement taxĂ©es?
Van Peteghem propose de taxer Ă hauteur de 15% la plus-value rĂ©alisĂ©e lors de la vente dâun bien immobilier, Ă lâexception de lâhabitation familiale. Aujourdâhui, une taxe de 16,5% sâapplique sur la plus-value rĂ©alisĂ©e lors de la vente dâun immeuble de rapport dans les cinq ans suivant son acquisition.
14 LâECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022
La planiïŹcation patrimoniale internationale, un puzzle complexe
rĂ©sidence. Le gouvernement belge tient compte des droits de succession payĂ©s Ă lâĂ©tranger, mais pas des droits de donation.
LIEVEN DESMET
En matiĂšre de droits de donation et de succession, lâEurope est encore un patchwork oĂč chaque pays applique ses propres rĂšgles ïŹscales, sans grande harmonisation. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, la succession est rĂ©gie par le droit applicable sur le territoire oĂč est situĂ© le dernier lieu de rĂ©sidence du dĂ©funt. Chaque pays applique ses propres rĂšgles en matiĂšre de droits de succession, ce qui conduit parfois Ă des situations de double imposition. «Dans certains cas impliquant plusieurs pays, la succession est taxĂ©e Ă la fois dans le pays de rĂ©sidence du dĂ©funt et dans le pays de rĂ©sidence des hĂ©ritiers», explique Niko Hostyn, head of estate planning Flandre chez Degroof Petercam. Parfois, il est possible dâĂ©viter la double imposition en appliquant une mesure nationale unilatĂ©rale ou un traitĂ© de prĂ©vention de double imposition. «à lâheure actuelle, nous ne disposons que de deux traitĂ©s de prĂ©vention de double imposition, signĂ©s avec la SuĂšde et la France, contrairement Ă lâimpĂŽt sur le revenu pour lequel la Belgique a signĂ© un traitĂ© avec la majoritĂ© des pays.» Les droits de donation ne sont pas davantage harmonisĂ©s au niveau europĂ©en. «Alors que le monde sâinternationalise de plus en plus, les
lĂ©gislateurs ne suivent pas toujours», souligne Niko Hostyn. Il est dĂšs lors recommandĂ© de se faire accompagner par des ïŹscalistes ou des conseillers qui pourront jouer le rĂŽle dâintermĂ©diaires et assurer le lien avec les pays Ă©trangers. Car la lĂ©gislation Ă©volue, ce qui peut avoir un impact sur la planiïŹcation patrimoniale.
Les enfants des rĂ©sidents belges devront pratiquement toujours payer des droits de donation ou de succession en Belgique. «MĂȘme sâils vivent Ă lâĂ©tranger depuis des annĂ©es», prĂ©cise Evelyne Van der Elst, avocate au cabinet Cazimir et spĂ©cialisĂ©e en planiïŹcation patrimoniale internationale, en droit de la migration et en droit social international. Par lâintermĂ©diaire des RĂ©gions, la Belgique prĂ©lĂšve des droits de succession sur lâensemble du patrimoine â en Belgique et Ă lâĂ©tranger â dâun rĂ©sident dĂ©cĂ©dĂ©.
Selon le pays oĂč les enfants rĂ©sident, il est possible quâils doivent Ă©galement sâacqui er de droits de succession sur leur lieu de
Taxe sur les plus-values Prenons les principaux pays oĂč ce e rĂšgle sâapplique. La France est un lieu de prĂ©dilection pour les Belges dĂ©sireux dâacquĂ©rir une seconde rĂ©sidence. GrĂące au traitĂ© de prĂ©vention de double imposition en matiĂšre de droits de succession, le risque de double imposition en Belgique et en France est relativement limitĂ©. Selon ce traitĂ©, lâimmobilier est taxĂ© dans le pays oĂč il se trouve et pratiquement tout le reste est taxĂ© dans le pays de rĂ©sidence du dĂ©funt. «Mais ce e protection ne sâapplique pas aux droits de donation. Si vous faites un don Ă un enfant qui vit en France, il est plus que probable quâil devra payer des droits de donation Ă la fois en Belgique et en France», met en garde Evelyne Van der Elst. Et, si lâon en croit Niko Hostyn, il y a aussi anguille sous roche en matiĂšre dâimpĂŽt sur le revenu. «De nombreux Belges utilisent une SCI (SociĂ©tĂ© civile immobiliĂšre) pour se constituer un patrimoine immobilier en France. Toutefois, en cas de vente des actions de la SCI, des discussions peuvent surgir sur la qualiïŹcation des plus-values, malgrĂ© le fait quâil existe un traitĂ© de prĂ©vention de double
imposition en matiĂšre dâimpĂŽt sur le revenu. En eïŹet, la Belgique considĂšre ces plus-values comme des plus-values sur actions (exonĂ©rĂ©es dâimpĂŽt en Belgique), tandis que lâadministration ïŹscale française les voit comme une plus-value sur lâimmobilier, qui est taxable en France. Cela peut se rĂ©vĂ©ler problĂ©matique. Le nouveau traitĂ© de prĂ©vention de double imposition entre la France et la Belgique â qui nâest pas encore entrĂ© en vigueur â devrait rĂ©soudre ce problĂšme.»
Une question de timing
Si lâenfant habite en Espagne, il faut savoir que les rĂ©sidents espagnols sont taxĂ©s sur la totalitĂ© des donations reçues, quels que soient le lieu de rĂ©sidence du donateur et la situation des biens concernĂ©s. Le taux de taxation espagnol dĂ©pendra de la rĂ©gion de rĂ©sidence du bĂ©nĂ©ïŹciaire du don. «LâEspagne permet aussi de dĂ©duire des droits de donation le montant payĂ© en Belgique, pour autant que le don ne porte pas sur des biens espagnols», poursuit Evelyne Van der Elst. Lors de la donation de biens (immobiliers) espagnols ou si le donateur rĂ©side en Espagne, une taxe sur la plus-value viendra sâajouter aux droits de donation.
Si le donateur dĂ©mĂ©nage Ă lâĂ©tranger, cela aura Ă©galement des implications. Par exemple, le
EVELYNE VAN DER ELST AVOCATE AU CABINET CAZIMIR
fonctionnement du traitĂ© de prĂ©vention de double imposition signĂ© entre lâEspagne et la Belgique prĂ©voit que les plus-values rĂ©alisĂ©es sur la vente dâun bien immobilier ou dâun portefeuille dâinvestissement aprĂšs un dĂ©mĂ©nagement en Espagne y seront taxĂ©es au taux de 19%. Si vous pensez bĂ©nĂ©ïŹcier de lâexonĂ©ration des plus-values en Belgique, ce e taxe espagnole sera certainement une mauvaise surprise. Le timing est donc important. Le dĂ©mĂ©nagement des parents en Espagne aura aussi des implications pour les enfants et petits-enfants vivant en Belgique. Lors du dĂ©cĂšs dâun des parents, lâEspagne ne percevra des droits de succession que si le bĂ©nĂ©ïŹciaire vit en Espagne ou si la succession comprend des biens espagnols. La Belgique ne taxe que lâimmobilier belge faisant partie de la succession. Autrement dit, les biens mobiliers dĂ©tenus dans une banque non espagnole seront exonĂ©rĂ©s des droits de succession si les enfants vivent en Belgique. «Un conseil en or: si vous envisagez de dĂ©mĂ©nager Ă lâĂ©tranger, faites en sorte dâassurer le suivi et la mise en Ćuvre de votre planiïŹcation successorale avant votre dĂ©part», conclut Evelyne Van der Elst. Cela vous Ă©vitera, Ă vous et Ă vos hĂ©ritiers, des maux de tĂȘte et des pertes ïŹnanciĂšres.
Protégez ce qui importe pour vous.
LâECHO JEUDI 20 OCTOBRE 2022 15 Private banking
«Si vous envisagez de dĂ©mĂ©nager Ă lâĂ©tranger, faites en sorte dâassurer le suivi et la mise en Ćuvre de votre planiïŹcation successorale avant votre dĂ©part.»
Un donateur de nationalitĂ© Ă©trangĂšre, des enfants qui vivent Ă lâĂ©tranger... Autant dâĂ©lĂ©ments internationaux qui ajoutent Ă la complexitĂ© de votre planiïŹcation patrimoniale.
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Wealth Management
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