RĂ©ensauvagement COMMENT LâHOMME LE PLUS RICHE DU DANEMARK A RENDU LES HIGHLANDS AUX ĂCOSSAIS âNOUS POUVONS MENER LES RECHERCHES DONT NOUS RĂVIONS SUR ALZHEIMERâ Lâentrepreneur Urbain Vandeurzen et le biologiste Bart De Strooper âPARTAGER UN PEU DE CE QUâON A EST ENRICHISSANT POUR TOUT LE MONDEâ Le couple dâentrepreneurs Dominiek Dumoulin et Griet Meganck (United Petfood) FONDATION BRUSSELS PHILHARMONIC Quand des investisseurs prĂȘtent des instruments dâexception aux musiciens
vie des grandes fortunes
La
Certains voient une experte bancaire.
Nous, nous voyons la partenaire pour votre patrimoine. Quelquâun qui vous connaĂźt personnellement et qui sâappuie sur lâexpertise de lâun des plus grands groupes quâelle peut vous conseiller investissements en fonction de vos objectifs et de votre situation personnelle.
Deutsche Bank. La banque de vos investissements.
deutschebank.be/conseil
Deutsche Bank AG, 12, Taunusanlage, 60325 Francfort-sur-le-Main, Allemagne, RC Francfort-sur-le-Main n° HRB 30000. Deutsche Bank AG Succursale de Bruxelles, 13-15 avenue Marnix, 1000 Bruxelles, Belgique, RPM Bruxelles, TVA BE 0418.371.094, IBAN BE03 6102 0085 7284, IHK D-H0AV-L0HOD-14. E.R. : Olivier Delfosse
Private Banker
DONNER PLUS QUE DE LâARGENT
Une randonnĂ©e de 154 km le long de la West Highland Way, en Ăcosse: câest le dĂ©ïŹ que se sont rĂ©cemment lancĂ© notre collĂšgue Jan et son amie Sara. Non sans raison. Leur objectif? RĂ©colter des fonds pour les recherches menĂ©es par lâUniversitĂ© de Gand sur la maladie de Parkinson, la patholo gie neurodĂ©gĂ©nĂ©rative qui connaĂźt la croissance la plus rapide au monde et qui touche Ă©galement leur famille. Quelques jours plus tard, un appel Ă©tait lancĂ© Ă la rĂ©daction pour parrainer des collĂšgues qui sâapprĂȘtent Ă courir et Ă pĂ©daler au bĂ©nĂ©ïŹce de la lu e contre le cancer, une maladie qui frappe douloureusement de nom breuses personnes autour de nous.
Jour aprĂšs jour, les scientiïŹques essaient de comprendre comment la maladie de Parkinson, le cancer et dâautres maladies apparaissent et â surtout â comment les traiter et les comba re. Mais pour cela, il faut de lâargent. Beaucoup dâargent. Des pouvoirs publics et des universitĂ©s, mais aussi de gĂ©nĂ©reux donateurs. Petits et grands. De tous ceux qui le peuvent. MĂȘme en ce e pĂ©riode de turbulences Ă©conomiques.
Câest le sujet de ce e Ă©dition de Wealth, qui met les donateurs Ă lâhonneur.
bain Vandeurzen, mĂšne des recherches dont lui et ses collĂšgues ne pouvaient que rĂȘver. Ou comme la chercheuse Damya Laoui, spĂ©ciali sĂ©e dans lâĂ©tude du cancer et qui, grĂące aux collectes de fonds dâune ancienne malade du cancer, Yamina Krossa, travaille au dĂ©veloppement dâun vaccin des tinĂ© Ă prĂ©venir toute rechute. «Câest le bon moment pour faire un don. Trop de malades a eints du cancer en dĂ©cĂšdent en core.»
Comme le chirurgien RĂ©ginald Moreels, dont vous dĂ©couvrirez quâil est Ă nouveau «en mission» au Nord-Kivu, au Congo. LĂ oĂč personne dâautre ne veut ou ne peut aller. Ce qui reste, Ă 72 ans, sa principale motivation.
SOMMAIRE
4
Griet Meganck et Dominiek Dumoulin: «Beaucoup de gens sou rent énormément. Nous ne pouvons pas les ignorer»
12
RĂ©ginald Moreels: «Nous allons lĂ oĂč personne ne va»
14
Lâurgence, moteur du philanthrope moderne
16
«Ce numĂ©ro met Ă lâhonneur les donateurs et ceux Ă qui les dons apportent courage et espoir.»
Katrien Verstraete Coordinatrice Wealth
Mais pas nâimporte comment, comme le souligne le couple dâentrepreneurs Dominiek Dumoulin et Griet Meganck: «La philanthropie ne se limite pas Ă donner de lâargent. Partager une partie de ce quâon a est enrichissant pour tout le monde», expliquent-ils. Ils nâont acceptĂ© notre proposition dâinterview quâaprĂšs que nous ayons insistĂ©. Dans lâespoir dâ«ainsi inspirer les autres Ă se montrer un peu plus gĂ©nĂ©reux.»
Jan Van Geet a, lui aussi, hĂ©sitĂ©. Le patron du groupe immobilier VGP a dĂ©cidĂ© il y a trois ans de verser chaque annĂ©e 2% des bĂ©nĂ©ïŹces de son entre prise Ă une fondation qui investit dans des projets liĂ©s Ă la biodiversitĂ©, au patrimoine culturel et Ă la justice sociale, en Belgique et Ă lâĂ©tranger. «En rĂ©alitĂ©, je prĂ©fĂšre travailler dans lâombre. La fondation ne peut ĂȘtre une forme de lobby dĂ©guisĂ©. Si vous en tendiez les rĂ©cits des personnes qui viennent nous demander de lâaide, vous comprendriez que ce sont eux, les hĂ©ros.»
Ce numéro de Wealth parle aussi de ceux à qui les dons apportent courage et espoir.
Comme lâautoritĂ© mondiale de la maladie dâAl zheimer, Bart De Strooper, qui, grĂące aux campagnes de levĂ©es de fonds de lâentrepreneur-investisseur Ur
Les musiciens du Brussels Phil harmonic tĂ©moignent eux aussi de leur reconnaissance. Ils jouent sur 18 instruments Ă cordes de quali tĂ© exceptionnelle, dont la valeur totale se monte Ă deux millions dâeuros, et qui sont la propriĂ©tĂ© de collectionneurs privĂ©s. De ce e fa çon, tout le monde peut bĂ©nĂ©ïŹcier de ces sons magniïŹques.
GrĂące Ă des bourses et des en couragements, de jeunes viticul teurs et sommeliers prome eurs rĂ©alisent leurs ambitions: produire du vin et en faire proïŹter les autres.
Nous sommes aussi allĂ©s Ă la rencontre de Tho mas MacDonell, en charge du «rĂ©ensauvagement» de 29.000 hectares de Highlands Ă©cossais Ă la de mande du milliardaire et magnat de la mode Anders Povlsen, lâhomme le plus riche du Danemark et plus grand propriĂ©taire foncier privĂ© au Royaume-Uni. Sa mission: restaurer la nature et la biodiversitĂ© originelles.
Les autres rĂ©cits du prĂ©sent numĂ©ro illustrent Ă quel point les dons peuvent rĂ©ellement faire la diïŹĂ© rence. Peut-ĂȘtre vous inciteront-ils Ă franchir le pas? Vous trouverez sans aucun doute (peut-ĂȘtre mĂȘme dans votre environnement immĂ©diat) un projet cor respondant Ă vos intĂ©rĂȘts, Ă vos moyens et qui vous convaincra. «Il ne sâagit pas uniquement de donner de lâargent, mais aussi de donner conïŹance», conclut Urbain Vandeurzen.
VGP: «Nous ne voulons pas transformer nos activités de philanthropie en lobbying caché»
22
«Le pire qui puisse arriver à un instrument est de se retrouver derriÚre une vitrine»
30
Urbain Vandeurzen et Bart De Strooper: «Nous pouvons mener des recherches dont nous nâaurions pas osĂ© rĂȘver»
36
Charles Lachaux, meilleur jeune vigneron au monde: «Je ne fais pas du vin pour les spéculateurs mais pour les amateurs»
40
Damya Laoui et Yamina Krossa: «Nous aimerions aussi avoir un Marc Coucke comme mécÚne»
44
Comment lâhomme le plus riche du Danemark a rendu les Highlands aux Ăcossais
«Wealth» est une publication de MediaïŹn. SupplĂ©ment de LâEcho du 17 novembre 2022.
Ădition: Florence PetrantĂČ, Lay-out: Ilse Janssens, Photo: Tim Ricour, Couverture:
Directeur de rĂ©daction: Isabel Albers, Ăditeur responsable: Peter Quaghebeur,
Coordination: Muriel Michel, Katrien Verstraete,
Peter Cairns/Northshots, Rédacteur en chef: Paul Gérard,
avenue du Port 86c, boĂźte 309, 1000 Bruxelles.
wealth novembre 2022
POUR PLUS DâINFORMATIONS, SCANNEZ CE QR CODE
«BEAUCOUP DE GENS SOUFFRENT ĂNORMĂMENT. NOUS NE POUVONS PAS LES IGNORER»
4 wealth novembre 2022
Pour Dominiek Dumoulin et Griet Meganck, gĂ©rants de United Petfood, une entreprise dâaliments pour chiens et chats de 800 millions dâeuros, la philanthropie est une seconde nature. «Cet Ă©tĂ©, nous avons fait un barbecue avec 27 Ukrainiens. Cela doit leur faire du bien de se changer les idĂ©es de temps en temps.»
TEXTE: SOFIE VANLOMMEL PHOTOS: JONAS LAMPENS
Pendant que Dominiek Dumoulin (51 ans) et sa femme, Griet Meganck (52 ans), posent un peu gauchement pour le photographe â«Vous voyez comme on se dĂ©brouille bien!» â, trois chiens suivent a entivement la scĂšne du regard: deux robustes golden retrievers Ă poils clairs, Jara et Elvis, et un jeune et fou gueux labrador noir de quatre mois, Jack. Un concentrĂ© dâĂ©nergie, lance Griet Meganck. «Nous ne chĂŽmons pas.» «Jara, la plus ĂągĂ©e, a dĂ©jĂ 13 ans et nous devons nous faire Ă lâidĂ©e quâelle nous qui era bientĂŽt», explique Do miniek Dumoulin. «Regardez comme elle se traĂźne. Et elle ne veut plus jouer.» Câest ce qui explique la nouvelle recrue. «Les chiens sont de vrais animaux de compagnie. Je dis toujours Ă ceux qui en adoptent un: si vous le pou vez, prenez-en deux.»
Les discrets copropriĂ©taires de United Petfood, de venu le leader europĂ©en de lâalimentation pour chiens et chats, font tout pour Ă©viter de se retrouver sous les
5
projecteurs. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, ils refusent poliment toute interview. Notre premiĂšre demande de rencontre pour discuter de leurs nombreux projets philanthropiques a Ă©galement essuyĂ© un refus. Ils ont toutefois ïŹni par changer dâavis, aprĂšs quelques hĂ©sitations. «La raison pour laquelle nous avons acceptĂ© de vous rencontrer est que nous espĂ©rons pouvoir inspirer dâautres personnes et les encourager Ă se montrer plus gĂ©nĂ©reuses.»
Ils montrent une photo du groupe de rĂ©fugiĂ©s ukrai niens dont ils sâoccupent, principalement des femmes et des enfants et un homme, tous assis Ă une longue table au soleil. «Cet Ă©tĂ©, nous avons fait un barbecue avec 27 Ukrainiens. Cela doit leur faire du bien de se changer les idĂ©es de temps en temps.»
«Pendant la PremiĂšre Guerre mondiale, ma grandmĂšre sâest rĂ©fugiĂ©e en France, raconte Dominiek. Dans de telles circonstances, il est normal de donner un coup de main. Peu aprĂšs lâinvasion de lâUkraine par la Rus sie, nous avons eu des contacts avec un client de United Petfood qui vit Ă 30 km de Kharkiv, Ă proximitĂ© de la frontiĂšre russe. Nous avons immĂ©diatement fait appel Ă notre rĂ©seau pour trouver des logements. Un de nos amis, promoteur immobilier, a mis deux logements-tĂ© moins Ă disposition. Une connaissance qui se prĂ©parait Ă louer une habitation lâa gardĂ©e libre. Nous avons pu ainsi accueillir 27 personnes. Le CPAS de Courtrai nous a aussi beaucoup aidĂ©s».
«Je suis restĂ©e en contact via Whatsapp avec Paulina, une personne que je nâavais jamais rencontrĂ©e, enchaĂźne Griet. Elle mâenvoyait des messages comme âUne famille va bientĂŽt arriverâ. La premiĂšre fois que je suis allĂ©e Ă la gare de Bruxelles-Midi, jâavais vidĂ© mon coïŹre pour y caser toutes les valises. Un jeune couple mâa endait
avec un sac Ă dos, un PC portable et un sac en plastique avec de la nourriture. Ils nâavaient rien dâautre! GrĂące Ă un ami entrepreneur, propriĂ©taire de Brooklyn, ils ont tout de suite pu aller choisir de nouveaux vĂȘtements.»
«Le deuxiÚme groupe est arrivé en Sko da, continue Dominiek. Six Ukrainiens, un chien et un chat. Ils ont qui é Khar kiv li éralement sous les bombes. Les hommes et les grands-pÚres sont restés en Ukraine».
Pour Griet, «lâaide humanitaire est ïŹnalement une question dâempathie: nous pourrions ĂȘtre Ă leur place. Si une telle chose vous arrivait, ne seriez-vous pas content que quelquâun vous aide et vous reme e sur les rails? Ces personnes avaient une trĂšs belle vie, ils faisaient de la voile en Ă©tĂ© sur leur bateau et du VTT le week-end. Aujourdâhui, ils transportent et empilent des boĂźtes dans des usines et des entrepĂŽts des alentours. Leurs maisons ont Ă©tĂ© dĂ©truites. MalgrĂ© tout ce stress et ces incertitudes, ils sont trĂšs courageux. Ils se sont trĂšs vite mis au travail et ont immĂ©diatement commencĂ© Ă apprendre le nĂ©erlandais.»
Le couple parraine aussi le projet du docteur RĂ©ginald Moreels dans lâest du Congo (cf. encadrĂ©) et participe au ïŹ nancement de See and Smile, une orga nisation qui opĂšre les yeux, les dents et
Dominiek Dumoulin est entrepreneur et fonda teur de United Petfood, créée en 1994 et devenue le leader europĂ©en du secteur de lâalimentation pour chiens et chats. Lâen treprise emploie 1.700 personnes et compte 20 Ă©tablissements dans huit pays. Griet Meganck est indĂ©pendante. Le couple a sept enfants et vit Ă Courtrai. Il soutient les projets du docteur RĂ©ginald Moreels (Uni chir) et est partenaire de lâentreprise sociale Close the Gap au Kenya. Il soutient See and Smile depuis Courtrai, le Fonds Marleen Temmerman, le travail de sĆur Jeanne Devos en Inde, de Jennie Vanlerberghe en faveur des droits des femmes en Afghanistan et Warriors Against Cancer Ă Cour trai. Le couple est actif dans le cadre des Lions de Buda et de Lys et par raine des participants au Lions Fonds Lisa, qui aide des jeunes souhaitant poursuivre des Ă©tudes supĂ©rieures et qui nâen ont pas la possibilitĂ©.
6 wealth novembre 2022
Dominiek Dumoulin et Griet Meganck
«Nous ne voulons pas nous contenter de donner de lâargent. Parfois, le recours Ă notre rĂ©seau joue un rĂŽle beaucoup plus important.»
Griet Meganck Copropriétaire de United Petfood
Lâanalyse des experts
Publireportage
De plus en plus dâentrepreneurs sâadressent Ă une banque privĂ©e pour la gestion de leur patrimoine professionnel et privĂ©. Câest un choix judicieux. Aujourdâhui, le banquier privĂ© est un interlocuteur clĂ©. Un expert pluridisciplinaire. Un bĂątisseur de ponts qui, tel un «compagnon de route», aiguillera utilement lâentrepreneur dans son parcours patrimonial.
Entretien avec Nicolas Chauvin, Head of Estate Planning Brussels and Wallonia.
Quâapporte Degroof Petercam Ă un entrepreneur ?
« Une approche patrimoniale holistique. Chez nous, un banquier privĂ© fait Ă la fois o ïŹ ce de conïŹdent et de compagnon de route pour lâentrepreneur », explique Nicolas Chauvin. « Avec lui sont abordĂ©s tous les aspects de son patrimoine privĂ© et professionnel, tout au long de sa vie, y compris pour sa famille. Il peut bĂątir des ponts Ă di ïŹĂ©rents stades de la vie de lâentrepreneur entre son patrimoine privĂ© et son entreprise. Lâon peut dĂšs lors le qualiïŹer de « compagnon de route » en ce sens quâil accompagne lâentrepreneur dans la gestion de son patrimoine tout au long de son parcours. »
Lâentrepreneur nâest-il pas dĂ©jĂ suïŹsamment entourĂ© de conseillers en tous genres ?
Le banquier peut en outre jouer un rÎle de « traducteur » en expliquant la portée de conseils techniquement avisés et parfois complexes dans un langage compréhensible ! »
Comment faites-vous la diïŹĂ©rence ?
« Au sein de la banque, nous disposons dâun large Ă©ventail dâexpertises pointues. Nos juristes spĂ©cialisĂ©s en droit civil et en droit ïŹscal sont Ă mĂȘme dâĂ©laborer des planiïŹcations patrimoniales sur mesure, souvent en collaboration avec le(s) conseiller(s) du client. Dans ce cadre, le banquier privĂ© fera le pont en aval entre le client et nos di ïŹĂ©rents spĂ©cialistes. Nos banquiers privĂ©s, aidĂ©s le cas Ă©chĂ©ant par nos di ïŹĂ©rents experts, maĂźtrisent parfaitement le volet ïŹscal dâinstruments ïŹnanciers classiques comme les actions, les obligations mais aussi plus spĂ©ciïŹques tels que les fonds de Private Equity. Dâautres aspects comme, par exemple, les sicav RDT, les fusions et acquisitions, les plans de stock-options ou la pension peuvent Ă©galement ĂȘtre examinĂ©s. »
Vous avez mentionnĂ© le rĂŽle de conïŹdent du banquier privĂ© ?
avocats sont dans leur mettre en Ćuvre⊠au niveau de bancaire.
« En e ïŹet, un entrepreneur est gĂ©nĂ©ralement bien entourĂ©. Mais si, par exemple, les comptables ou les avocats sont techniquement compĂ©tents dans leur domaine, leurs solutions ne sont pas toujours aisĂ©es Ă mettre en Ćuvre⊠au niveau de la pratique bancaire.
« ConïŹdent ou personne de conïŹance parce que si le banquier privĂ© doit naturellement pouvoir oïŹrir une large expertise technique, il doit Ă©galement faire preuve dâune grande maturitĂ©. Son empathie, son recul et son expĂ©rience lui permettront notamment dâaborder certaines questions dĂ©licates lors de la transmission dâune entreprise. Mes enfants sont-ils en mesure de gĂ©rer conjointement lâentreprise ? Lequel de mes enfants est rĂ©ellement en mesure dâassurer la pĂ©rennitĂ© de lâentreprise ? Des questions parfois sensibles mais incontournables et qui requiĂšrent dâavoir Ă©tabli un degrĂ© de conïŹance elevĂ© avec nos clients. »
Vous cherchez un « compagnon de route » ? Prenez alors un rendez-vous sans engagement avec un banquier privĂ© chez Degroof Petercam. Il sera heureux dâexaminer avec vous les possibilitĂ©s envisageables pour vos actifs et votre entreprise. GrĂące au code QR, il est facile de ïŹxer un rendez-vous. A bientĂŽt !
Un banquier privé comme « compagnon de route » : un gage de réussite pour les entrepreneurs.
Nicolas Chauvin Head of Estate Planning Brussels and Wallonia chez Degroof Petercam
les enfants souïŹrant dâun bec-de-liĂšvre dans plusieurs pays africains. Au Kenya, ils sont partenaires commer ciaux de lâentrepreneur social Olivier Vanden Eynde qui, avec Close the Gap, dirige un centre de recyclage et de rĂ©cupĂ©ration de matĂ©riel informatique dans la ville portuaire de Mombasa et gĂšre un centre de formation et un incubateur dâentreprises. Toujours Ă Mombasa, ils soutiennent la gynĂ©cologue Marleen Temmerman et son travail sur la santĂ© sexuelle.
Ces activités sont trÚs di érentes, comment les sélectionnez-vous?
Dominiek Dumoulin: Nous soutenons surtout les pro jets oĂč les frais gĂ©nĂ©raux et administratifs ne sont pas trop Ă©levĂ©s et oĂč les gens font rĂ©ellement la diïŹĂ©rence. Ils sont le moteur, nous donnons simplement un peu de carburant. Nous suivons notre instinct. Si nous ne sentons pas bien les choses, nous nous abstenons. Il nous arrive aussi de nous tromper. Mais câest bien pire dâĂȘtre indiïŹĂ©rent. Cela fait chaud au cĆur de voir que ce que nous donnons est utilisĂ© Ă bon escient et directement pour ceux qui en ont besoin. Et que ce ne soit pas noyĂ© dans la masse.
Griet Meganck: Nous nous rendons aussi rĂ©guliĂšre ment sur place et nous emmenons parfois nos enfants. Ici, nous vivons tous trĂšs bien. Nos enfants doivent Ă©ga lement apprendre Ă penser aux autres. Il faut se rendre dans ces missions pour constater lâimpact potentielle ment important de petits gestes, comme les lune es que nous aidons Ă collecter pour See and Smile ou les mĂ©dicaments qui sont achetĂ©s pour les missions. LĂ -bas, les mĂ©decins opĂšrent des malades souïŹrant de cataracte avancĂ©e. Ils perme ent li Ă©ralement Ă des aveugles de recouvrer la vue; câest presque comme dans la Bible (elle rit). Non pas que nous soyons tellement croyants. Nos connaissances mĂ©dicales sont minimes mais, malgrĂ© tout, nous pouvons aider. Je mâoccupais de lâadminis tration tandis que Dominiek se chargeait des panneaux avec les petites le res pour les premiers tests oculaires.
DD: Marnix Claeys, le prĂ©sident et moteur de lâassocia tion, est notre ophtalmologue. Chaque annĂ©e, il se rend en Afrique avec plusieurs dentistes et ophtalmologues pour opĂ©rer gratuitement pendant quelques semaines, de huit heures du matin Ă huit heures du soir. Lorsque nous arrivons le matin, deux Ă trois cents personnes sont dĂ©jĂ lĂ Ă les a endre. Il faut un peu de temps pour que les mĂ©decins sâhabituent Ă ces conditions. Lâun dâeux sâest un jour rendu directement dâAfrique en NorvĂšge. Lorsquâil a ouvert sa valise, des cafards en sont sortis, ramenĂ©s du Burundi. Ici aussi, nous avons de la pauvretĂ©, câest sĂ»r, mais lĂ -bas, elle est trĂšs rĂ©pandue et extrĂȘme. Câest bien simple: ces gens nâont rien.
Ă quel point vous impliquez-vous personnellement dans ces projets?
GM: Nous ne voulons pas nous contenter de donner de lâargent. Parfois, le recours Ă notre rĂ©seau joue un rĂŽle beaucoup plus important. Lorsque RĂ©ginald a besoin de certains Ă©quipements, nous cherchons des fournisseurs susceptibles de nous accorder une belle ristourne ou dâaider dâune autre façon. Souvent, il sâagit de trouver la bonne personne. Les gestionnaires de la marque de vĂȘtements Filou & Friends sont des amis. Pendant lâĂ©tĂ©, ils ont distribuĂ© des colis aux familles ukrainiennes
8 wealth novembre 2022
«En rĂ©alitĂ©, nous faisons nous-mĂȘmes peu de choses. Nous apportons un soutien ïŹnancier et moral. Nous essayons de trouver de lâaide supplĂ©mentaire.»
Dominiek Dumoulin Copropriétaire de United Petfood
Vivez votre plus belle vie
Câest le moment de faire conïŹance Ă ING Private Banking. DĂ©couvrez notre large gamme de solutions dâinvestissement. Nos experts sont lĂ pour vous aider Ă optimaliser votre capital, et vous pouvez ainsi vous concentrer sur ce qui compte vraiment.
Contactez-nous via ing.be/privatebanking
tarifs,
Offre de placements, dâinvestissements et/ou dâassurances sous rĂ©serve dâacceptation dâING Belgique (ou, le cas Ă©chĂ©ant, de la compagnie dâassurance concernĂ©e) et dâaccord mutuel. Conditions et modalitĂ©s (rĂšglements,
documents dâinformations clĂ©s pour lâinvestisseur ou pour lâĂ©pargnant et autres informations complĂ©mentaires) disponibles dans toutes les agences ING ou sur www.ing.be. ING Belgique S.A. âą Banque/PrĂȘteur âą Avenue Marnix 24, B-1000 Bruxelles âą RPM Bruxelles âą TVA : BE 0403.200.393 âą BIC : BBRUBEBB âą IBAN : BE45 3109 1560 2789. â www.ing.be â Contactez-nous via ing.be/contact â Courtier en assurances, inscrit Ă la FSMA sous le numĂ©ro 0403.200.393. Ăditeur responsable : Sali Salieski âą Cours Saint-Michel 60, B-1040 Bruxelles âą 11/2022
avec enfants. Ils vont recommencer cet hiver. Ce sont des vĂȘtements dâanciennes collections, mais cela nâa pas dâimportance.
DD: En rĂ©alitĂ©, nous faisons nous-mĂȘmes peu de choses. Nous ap portons un soutien ïŹnancier et moral. Nous essayons de trouver de lâaide supplĂ©mentaire. Nous rĂ©ïŹĂ©chissons avec eux Ă la mise en Ćuvre dâidĂ©es dâactivitĂ©s commerciales.
GM: Prenez le centre chirurgical du docteur Moreels. Nous rĂ©ïŹĂ© chissons Ă la maniĂšre dont le centre peut gĂ©nĂ©rer des revenus et nous Ă©tudions sâil est possible de lâexploiter commercialement.
DD: Ă terme, lâobjectif est de rendre le projet autosuïŹsant. Nous prĂ©fĂ©rons soutenir les associations qui apprennent Ă pĂȘcher au lieu de distribuer du poisson. Raison de plus pour investir dans une entreprise comme Close the Gap au Kenya (qui soutient lâentrepreneuriat local, NDLR). Lorsque vous Ă©changez avec eux, vous discutez dâĂ©gal Ă Ă©gal. Si vous donnez de lâargent, la relation est totalement di ïŹĂ©rente. Ăa ne peut pas durer comme cela trĂšs longtemps car vous ne pouvez pas Ă©ternellement faire des dons. Finalement, ce sont les entreprises qui crĂ©ent du progrĂšs et de la richesse pour tout le monde. Câest, selon moi, la seule façon dâavancer collectivement, y compris dans des zones qui connaissent aujourdâhui de grandes diïŹcultĂ©s.
Que trouvez-vous le plus gratiïŹant?
DD: Nous trouvons trĂšs enrichissant de nous asseoir autour de la table avec les forces motrices des projets et dâapprendre dâelles, ou de les me re en contact les unes avec les autres aïŹn de faire naĂźtre de nouvelles
idĂ©es. Il en sort dâincroyables rencontres. Nous avons aussi rencontrĂ© Desmond Tutu, lâancien archevĂȘque sud-africain. Ce fut une expĂ©rience inoubliable.
Bon nombre des projets que vous soutenez se situent en Afrique. Y a-t-il une raison particu liĂšre Ă cela?
GM: Nous y avons beaucoup voyagĂ© et nous nous y sen tons bien. Les gens, les parfums. Câest un continent trĂšs spĂ©cial. Nous sommes trĂšs engagĂ©s en Belgique.
DD: Mais oĂč que vous alliez, les besoins sont Ă©normes. Via le Lions Club â dont nous sommes tous deux membres â, nous avons dĂ©jĂ fait plusieurs fois du bĂ©nĂ©volat au refuge pour sans-abri de Courtrai.
GM: Une fois, mĂȘme, le soir de la Saint-Valentin (elle rit).
DD (imperturbable): Entre le 1er novembre et dĂ©but mars, il y a chaque soir un volontaire prĂ©sent pour aider. Nous y avons vu toutes sortes de choses. Un homme ivre sur le point de se jeter dans la Lys, un jeune de 15 ans venu sâinscrire dans un froid glacial et que les parents refusaient de venir chercher. Vous pouvez vous retrouver dans ce genre de situation plus vite que vous ne le pensez.
GM: Jây ai rencontrĂ© un monsieur trĂšs distinguĂ©, avec deux luxueuses valises. CâĂ©tait un ancien dentiste qui sâest retrouvĂ© dans une situation trĂšs diïŹcile aprĂšs une sĂ©paration.
DD: Ou bien des gens qui ont tout perdu Ă cause de leur toxicomanie. De nombreuses personnes souïŹrent beaucoup. Nous nâavons pas le droit de dĂ©tourner le regard.
Je suis en colĂšre quand je lis que des enfants meurent de faim en Somalie, en proie Ă une guerre civile. Et que nous ne rĂ©ussissons pas Ă acheminer de la nourriture, alors que des convois pourraient ĂȘtre organisĂ©s par lâEurope et les Ătats-Unis. Si le monde dĂ©pense 2.000 milliards de dollars en armement et si lâArabie saou dite organise les Jeux dâhiver asiatiques, il devrait ĂȘtre possible de faire en sorte que chaque personne ait suf ïŹsamment Ă manger, non?
Comment décidez-vous du montant de vos dons?
DD: Câest trĂšs personnel. Aujourdâhui, 300 milliards dâeuros dorment sur des comptes dâĂ©pargne qui ne rapportent rien. Les gens font de beaux voyages, du ski, des city-trips. Il faut continuer, certes, mais partager une petite partie de ce quâon a est enrichissant pour tout le monde. Imaginez que chaque personne qui en a la possibilitĂ© me e de cĂŽtĂ© 1 ou 2% de ses revenus: vous seriez surpris de voir le montant qui pourrait se libĂ©rer.
Est-ce que cela vaut aussi pour vous?
DD: Nous ne pensons pas en termes de pourcentage mais nous analysons les besoins et la façon dont nous pouvons les satisfaire. Lorsque nous nous sommes mariĂ©s, nous nâavons pas demandĂ© de cadeaux, mais des dons pour
and Smile.
Combien avez-vous reçu?
DD: Beaucoup!
GM (elle rit): Oui, câĂ©tait pas mal.
10 wealth novembre 2022
See
â
«Lâaide humanitaire est ïŹnalement une question dâempathie: nous pourrions ĂȘtre Ă leur place. Si une telle chose vous arrivait, ne seriez-vous pas content que quelquâun vous aide et vous reme e sur les rails?»
Griet Meganck Copropriétaire de United Petfood
LE PRIVATE EQUITY INTERNATIONAL
www.integra.fund
Le private equity, qui consiste Ă investir dans des entreprises non cotĂ©es en Bourse, ne cesse de gagner en popularitĂ©. Principal acteur belge du secteur, Integra facilite lâaccĂšs au capital-investissement international: âNous construisons un portefeuille diversiïŹĂ© de fonds et de co-investissements actifs en AmĂ©rique du Nord, en Europe, en Asie et en OcĂ©anie.â
Toutes les entreprises prospĂšres ne procĂšdent pas Ă une introduction en Bourse, car â et ces derniers mois lâont Ă nouveau dĂ©montrĂ© â les marchĂ©s sont volatils et rĂ©agissent souvent de maniĂšre Ă©motionnelle. âPar consĂ©quent, un nombre croissant dâentreprises matures et rentables quittent la Bourse ou nây entrent jamais â pensez Ă Resilux et Sioen, notammentâ, note Ralf De Clercq, cofondateur du fonds dâinvestissement Integra. âQui restera? Des start-up technologiques qui ont besoin dâargent. Ce nâest certes pas un problĂšme en soi mais, pour les investisseurs qui veulent que leur portefeuille reïŹĂšte lâensemble de lâĂ©conomie, la Bourse ne suïŹt pas.â
Ces entreprises de premier plan sont de plus en plus dĂ©tenues par des fonds dâinvestissement privĂ©s internationaux, accessibles uniquement aux investisseurs professionnels. Pour lâinvestisseur individuel, mĂȘme celui
qui dispose dâun patrimoine confortable, lâaccĂšs et plus encore la sĂ©lection demeurent un exercice complexe.
Les investissements minimums sâĂ©lĂšvent frĂ©quemment Ă plusieurs millions, ce qui rend la diversiïŹcation gourmande en capital, mais il est aussi beaucoup plus diïŹcile dâobtenir de bonnes informations sur ces fonds et donc dâopĂ©rer la sĂ©lection nĂ©cessaire.
Sélection, sélection, sélection
Câest pourquoi Ralf De Clercq, Johan Heirbrandt et Bernard Hendrikx ont lancĂ© Integra en 2018. Forts dâune vaste expĂ©rience du capital-investissement acquise dans le secteur bancaire, ils souhaitaient Ă©largir les possibilitĂ©s oïŹertes aux clients belges fortunĂ©s par le biais dâun fonds propre. âLe private equity ne se limite pas Ă lâaccĂšs Ă quelques fonds, il exige une sĂ©lection approfondieâ, prĂ©vient Ralf De Clercq. âLa localisation est Ă lâimmobilier ce quâest la
sĂ©lection au capital-investissement. Pour rĂ©aliser cette sĂ©lection, il faut avoir accĂšs Ă de trĂšs nombreux fonds. Nous utilisons un rĂ©seau construit durant plus de 15 ans ainsi que lâanalyse de centaines de fonds de private equity dans le monde. Parmi ceux-ci, Integra eïŹectue un tri rigoureux aïŹn de constituer un portefeuille de fonds et de co-investissements de premier ordre.â
Pour Integra, il faut que les fonds choisis aient une vision des entreprises sous-jacentes. âIls doivent apporter une vĂ©ritable valeur ajoutĂ©e sur le plan opĂ©rationnel, par exemple en favorisant lâinternationalisation ou la numĂ©risation.â
Une telle sĂ©lection implique le dĂ©ploiement dâune Ă©quipe dâenvergure. Celle dâIntegra, composĂ©e de huit personnes â la plus importante de Belgique pour les investissements en fonds et co-investissements â, voyage Ă©normĂ©ment pour visiter les fonds
et les sociĂ©tĂ©s sous-jacentes dans lesquels elle investit. âLa semaine prochaine, je serai aux Ătats-Unis pour rencontrer une sĂ©rie de fonds sur le terrain et eïŹectuer une due diligence approfondie. Cette façon de procĂ©der est essentielle, selon nous. Nous nâemployons pas de vendeurs, uniquement des professionnels de lâinvestissement.â
Les investisseurs dâIntegra bĂ©nĂ©ïŹcient ainsi dâune diversiïŹcation quâil leur serait difïŹcile dâobtenir sans le fonds, et, partant, de rendements un peu plus Ă©levĂ©s que ce quâoïŹre habituellement le private equity. âEn gĂ©nĂ©ral, un portefeuille diversiïŹĂ© de capital-investissement rapporte environ 15% net par anâ, chiïŹre Ralf De Clercq. Lâapproche dâIntegra porte ses fruits, puisque le rendement de son premier fonds est bien supĂ©rieur Ă cette moyenne. Lâentreprise est par ailleurs en train de lancer son deuxiĂšme fonds, baptisĂ© Integra Global Fund.
Ă PROPOS DâINTEGRA
- Fondé en 2018
- Partenaires: Ralf De Clercq, Johan Heirbrandt et Bernard Hendrikx
- GĂšre plus de 330 millions dâeuros conïŹĂ©s par 260 investisseurs
- Répartition sur deux fonds, dont le second, Integra Global Fund, est actuellement en phase de levée de fonds
- Plus de 200 sociĂ©tĂ©s dâAmĂ©rique du Nord et dâAsie en portefeuille
www.integra.fund
âPour les investisseurs qui veulent que leur portefeuille reflĂšte l'ensemble de l'Ă©conomie, la Bourse ne suffit pas.â
offre aux entreprises, organisations et organismes publics lâaccĂšs au rĂ©seau de LâEcho, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de LâEcho. Integra est responsable du contenu.
est incontournable pour un portefeuille dâinvestissements diversifiĂ©
RALF DE CLERCQ COFONDATEUR DU FONDS DE PRIVATE EQUITY INTEGRA
Ceci est une publicitĂ©. Les investisseurs intĂ©ressĂ©s par le Fonds Integ ra Global sont sur le point dâacheter un produit qui nâest pas facile et peut-ĂȘ tre difïŹ cile Ă comprendre. Cet article concerne une offre non publique de parts dâun organisme de placement collectif alternatif en Belgique, conformĂ©ment aux exemptions applicables conc ernant les offres publiques prĂ©vues par la lĂ©gislation relative Ă la publication dâun prospectus et la loi OPCA. Un investisse ment dans un tel produit implique un risque Ă©levĂ© et ne convient quâaux inves tisseurs professionnels et sophistiquĂ©s qui comprennent et acceptent les diffĂ©rents risques. Un tel investissem ent ne peut ĂȘtre effectuĂ© que sur la base de la documentation ïŹ nale du fonds qu i peut ĂȘtre obtenue comme suit : par e-mail envoyĂ© Ă GP@integra.fund. Les performances passĂ©es auxquelles il es t fait rĂ©fĂ©rence dans le prĂ©sent document ne sont pas des indicateurs des per formances futures.
RĂGINALD MOREELS: «NOUS ALLONS LĂ OĂ PERSONNE NE VA»
Dans une des rĂ©gions les plus dĂ©chirĂ©es du globe, Ă Beni, dans lâest du Congo, lâinfatigable chirurgien RĂ©ginald Moreels construit un poste mĂ©dical et un centre de formation. «Ici, il nây a personne, Ă part une mission aussi onĂ©reuse quâinutile des Nations unies.»
TEXTE: SOFIE VANLOMMEL PHOTO: JONAS LAMPENS
Nous lâappelons quelques jours avant son dĂ©part pour un nouveau sĂ©jour dâun mois au Congo. Câest la 25e fois que RĂ©ginald Mo reels part Ă lâĂ©tranger pour apporter une aide mĂ©dicale dans des zones oubliĂ©es et dĂ©pourvues de tout. «En mission», dit-il luimĂȘme Ă juste titre. Il sâenvolera bientĂŽt vers lâOuganda, en compagnie de deux inïŹrmiers et dâun anesthĂ©siste stagiaire qui se sont portĂ©s volontaires pour prodiguer des soins mĂ©dicaux en tant que bĂ©nĂ©voles pendant un mois. Il leur faudra sept heures de route pour traverser lâOuganda, passer la frontiĂšre Ă Kasindi, et en suite encore une heure et demie Ă travers la puissante et gigantesque forĂȘt congolaise des Virunga, oĂč vivent Ă©galement les gorilles. Dâici lĂ , Radio Tam Tam aura fait son travail. LâarrivĂ©e du mĂ©decin aura Ă©tĂ© annoncĂ©e sur les radios locales et dans les prĂȘches du dimanche. «âLe Blanc est arrivĂ©, le docteur, le vieux est lĂ .â Depuis des annĂ©es, je suis le seul mĂ©decin blanc qui se rend dans la rĂ©gion. Ils me connaissent.»
RĂ©ginald Moreels (72 ans) a Ă©tĂ© secrĂ©taire dâĂtat et sĂ©nateur. Mais il est et reste avant tout mĂ©decin. Fonda teur de MĂ©decins sans frontiĂšres en Belgique, il en fut pendant des annĂ©es le prĂ©sident. Il a travaillĂ© comme chirurgien dans les rĂ©gions les plus dangereuses, de la Somalie Ă la Syrie.
Depuis 2014, il travaille au Nord-Kivu, au Congo, à partir de la ville de Beni. «Une ville sûre», souligne-t-il,
mais elle se situe Ă lâĂ©picentre dâune des rĂ©gions les plus dangereuses au monde. Le sol regorge de trĂ©sors comme lâor, les diamants, le coltan et le cobalt. Ses champs et ses forĂȘts sont le terrain de jeu dâun enchevĂȘtrement de milices, souvent soutenues par les pays voisins qui lorgnent sur ces richesses minĂ©rales. Les Nations Unies en ont dĂ©nombrĂ© 50, explique-t-il, des rebelles tutsis congolais M23, associĂ©s aux enfants soldats et aux viols, Ă lâADF, rĂ©cemment aïŹliĂ© Ă Al-QaĂŻda. «Il y a Ă©galement des dĂ©capitations dans la rĂ©gion...»
Le conïŹit est qualiïŹĂ© «de silencieux» mais il a fait des millions de morts au cours des derniĂšres dĂ©cennies. Des centaines de milliers de personnes se sont enfuies ou vivent dans des camps. Chaque jour compte son lot de victimes suite aux aïŹrontements entre lâarmĂ©e et les rebelles ainsi quâentre citoyens. «Les gens sont massacrĂ©s dans les champs.» Les organisations internationales qualiïŹent la rĂ©gion de «zone rouge» et pratiquement aucune aide nâest fournie. Aucune nĂ©gociation de paix signiïŹcative nâest en cours. «Câest le blabla internatio nal classique», estime RĂ©ginald Moreels, qui sâest rendu auprĂšs du pape François et du roi Philippe pour plai der pour une solution. PrĂšs de 1,5 million de personnes doivent se dĂ©brouiller sans soins mĂ©dicaux dignes de ce nom. Les cĂ©sariennes et les opĂ©rations dâurgence sont pratiquĂ©es par des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes. «Ici, il nây a personne, Ă part une mission aussi onĂ©reuse quâinutile de lâONU. Nous allons lĂ oĂč les autres ne vont pas: câest ce qui me motive.»
En rangs serrĂ©s, les habitants font la queue lorsquâil commence ses consultations Ă lâhĂŽpital local, qui compte deux salles dâopĂ©ration et 20 lits. Tumeurs, accouche ments, ïŹstules, complications, hernies inguinales, ex croissances dues au manque dâiode dans lâalimentation. «Nous allons ĂȘtre submergĂ©s. Les gens reportent leurs soins aussi longtemps que possible en a endant notre arrivĂ©e.»
Il a fondĂ© lâUnichir (Surgical Project Beni), avec le soutien dâArchitectes sans frontiĂšres, dâOndernemers voor Ondernemers, dâIngĂ©nieurs sans frontiĂšres et de lâhĂŽpital Saint-Jean Ă Bruges. Outre lâenvoi dâĂ©quipes de professionnels de la santĂ© â qui se dĂ©placent bĂ©nĂ©vole ment et temporairement pour intervenir â et de matĂ©riel mĂ©dical, un centre permanent de soins et de formation pour les travailleurs de la santĂ© est en cours de construc tion. «Nous eïŹectuons une sĂ©lection rigoureuse et nous exigeons la meilleure qualitĂ©. Ensuite, cela deviendra un projet des Congolais. Le centre est lĂ pour durer.»
Il a besoin dâun million dâeuros pour commencer et de 1,5 million dâeuros pour le budget de fonctionnement. Le nouveau centre devrait ouvrir ses portes au cours de lâĂ©tĂ© 2023, mais la collecte de fonds reste un vrai cassetĂȘte. MĂȘme si le projet peut compter sur le soutien im portant de Dominiek Dumoulin et de sa femme, Griet Meganck. «Le meilleur soutien imaginable.» Câest ainsi
12 wealth novembre 2022
POUR PLUS DâINFORMATIONS, SCANNEZ CE QR CODE
quâil qualiïŹe le couple dâentrepreneurs. «Sur les plans logistique, ïŹnancier et humain.»
RĂ©ginald Moreels travaille Ă©galement Ă un modĂšle dâexploitation pour le centre de soins. «Je suis contre la gratuitĂ© des soins, sauf aprĂšs un tremblement de terre ou une autre catastrophe de ce type. Ici, il nây a pas dâas surance maladie, câest pourquoi nous souhaitons âmu tualiserâ une partie des frais en faisant payer les patients selon leurs possibilitĂ©s. Les Congolais pauvres paieraient moins et les riches â il existe des Congolais millionnaires â paieraient beaucoup plus, en Ă©change par exemple dâune chambre particuliĂšre. Si nous pouvons dĂ©montrer que cela fonctionne, dâautres se diront peut-ĂȘtre: âSapristi, câest intĂ©ressantâ. Câest aussi un de nos objectifs.»
«Ici, il nây a pas dâassurance maladie, câest pourquoi nous souhaitons âmutualiserâ une partie des frais en faisant payer les patients selon leurs possibilitĂ©s.»
Réginald Moreels Chirurgien
â
13
RĂPONDRE Ă LâURGENCE, LE MOTEUR DU PHILANTHROPE MODERNE
La philanthropie, autrefois lâapanage des Ă©lites, a gagnĂ© toutes les composantes de la sociĂ©tĂ©. Quels que soient votre motivation et vos moyens, di ïŹĂ©rentes pistes sâoïŹ rent Ă vous.
Câest au plus fort des crises que la philanthropie donne le meilleur dâelle-mĂȘme.
On est donc servis⊠«Il y a eu la crise du covid â qui a suscitĂ© une mobilisation exceptionnelle â, les inonda tions, la crise Ă©nergĂ©tique et le climat qui sâimpose durablement en toile de fond. Et Ă lâavenir, les crises ne vont sans doute faire que sâenchaĂźner et se superposer Ă un rythme toujours plus soutenu», expose JĂ©rĂ©mie Leroy, directeur Ă la Fondation Roi Baudouin (FRB). LâaccĂ©lĂ©ration des dĂ©ïŹs renforce la prise de conscience, et la motivation des philanthropes a chan gĂ©. «Aujourdâhui, on nâagit plus par idĂ©al, mais pour rĂ©pondre Ă lâurgence», constate Silvia Steisel, administratrice dĂ©lĂ©guĂ©e de la Fondation Degroof Petercam.
Par consĂ©quent, les bienfaiteurs nâaf ïŹchent plus le mĂȘme visage non plus. La philanthropie, autrefois lâapanage des Ă©lites, a gagnĂ© toutes les composantes de la sociĂ©tĂ©. La vieille tante Yvonne sans hĂ© ritiers et des lignĂ©es de philanthropes qui perpĂ©tuent spontanĂ©ment la tradition
sont rejoints par des jeunes, des familles et des entrepreneurs de 40-50 ans ayant ont fait fortune. Des gens de tous horizons qui veulent faire quelque chose mainte nant, de leur vivant, sans a endre quâil ne soit, peut-ĂȘtre, trop tard! Chacun avec ses moyens â fussent-ils modestes â et ses caractĂ©ristiques. En quĂȘte de sens.
Les modĂšles inspirants des Ă©lites restent certes un socle essentiel. Bill Gates, MacKenzie Sco (lâactionnaire dâAma zon), et plus rĂ©cemment Yvon Chouinard, le fondateur de Patagonia, ont marquĂ© les esprits. Un formidable coup de projec teur, une force de frappe ïŹnanciĂšre hors norme, et un bon baromĂštre des causes prioritaires. Mais lâĂ©volution des techno logies, les nouveaux outils et les nouvelles façon de communiquer ont rĂ©volutionnĂ© les modes de rĂ©colte et de redistribution des dons et permis de rallier ces autres pu blics, dĂ©sireux que les choses aillent vite.
Un glissement sâopĂšre de ce fait Ă©ga lement au niveau des thĂ©matiques. «Le traditionnel trio de prĂ©dilection que sont la santĂ©, la lu e contre la pauvretĂ©, la culture et le patrimoine cĂšdent du ter rain au rĂ©chauïŹement climatique et Ă la biodiversité», constate JĂ©rĂ©mie Leroy.
14 wealth novembre 2022
TEXTE: MURIEL MICHEL
«La philanthropie ne se limite pas Ă alimenter une fondation. Pour Ćuvrer Ă lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, les gens peuvent donner du temps, des moyens, du mobilier, de lâargent et des compĂ©tences.»
Ludwig Forrest Conseiller en philanthropie Ă la Fondation
Roi Baudouin
1QUELLE THĂMATIQUE PRIVILĂGIER?
La philanthropie naĂźt toujours dâune mo tivation personnelle et Ă©motionnelle. «Un voyage qui doit se rĂ©ïŹĂ©chir, se discuter et mĂ»rir», explique JĂ©rĂ©mie Leroy. La FRB fait dâailleurs du conseil sur mesure, et propose divers outils pour toutes les thĂ© matiques et Ă toute les Ă©chelles. De la plus locale Ă la planĂšte entiĂšre. «Parfois, les gens arrivent avec une idĂ©e bien prĂ©cise. En lâexplorant, on les amĂšne Ă dĂ©couvrir dâautres champs dâaction et outils qui se raient susceptibles dâaccroĂźtre lâenvergure et le pouvoir de leur action philanthro pique», poursuit-il.
Pour identiïŹer son moteur, le phi lanthrope doit se poser un question essentielle: que veut-il changer dans ce monde? «Les causes urgentes Ă©tant aussi les plus complexes, elles sont diïŹciles Ă apprĂ©hender. Les (nĂ©o)philanthropes ne savent souvent pas par quoi commencer et ni comment faire. Ils ont donc ten dance Ă faire conïŹance aux associations qui Ćuvrent dĂ©jĂ sur le terrain. Cet aveu de faiblesse est une a itude assez neuve», constate Silva Steisel.
«La philanthropie ne se limite Ă©vi demment pas Ă alimenter une fondation. Pour Ćuvrer Ă lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, les gens peuvent donner du temps, des moyens, du mobilier, de lâargent et des compĂ©tences», ajoute Ludwig Forrest, conseiller en phi lanthropie Ă la FRB.
Faire un don, investir dans une sociĂ© tĂ© non cotĂ©e, se lancer dans la venture philanthropie (accompagner des asso ciations et leur oïŹrir une expertise pour les aider Ă se professionnaliser, Ă amĂ©lio rer leur organisation et leur gestion)⊠La ïŹnance fait Ă©galement partie des so lutions.
les jeunes qui mordent Ă Be er sont sur tout dĂ©sireux de faire leur chemin, leurs propres choix, de trouver une cause de prĂ©dilection et dâĂȘtre partie prenante aux solutions. Ils veulent crĂ©er du lien avec une association, intĂ©grer une communau tĂ© rassemblĂ©e autour de mĂȘmes valeurs», ajoute-t-elle.
2LES OUTILS
«à la FRB, il est possible de crĂ©er un fonds avec un capital Ă votre nom, Ă partir de 75.000 euros. Un exemple? Vous ĂȘtes cĂ©libataire sans enfants et propriĂ©taire dâun appartement. Ă votre dĂ©cĂšs, vous transme ez ce bien immobilier Ă la Fon dation qui lance un fonds, Ă votre souve nir et Ă votre nom, selon vos vĆux, avec une garantie de pĂ©rennitĂ© sur le trĂšs long terme», dĂ©taille JĂ©rĂ©mie Leroy. «Une autre personne lĂšguera un capital dont on ne prĂ©lĂšve quâune partie chaque annĂ©e, ce qui garantit une pĂ©rennitĂ© Ă long terme. Certains versent une somme chaque an nĂ©e et souhaitent quâelle soit dĂ©pensĂ©e dans les 18 mois. Tout est possibleâŠÂ»
3BETTER: PREMIER PAS DU PARCOURS DâUN FUTUR PHILANTHROPE
Be er est la porte dâentrĂ©e idĂ©ale pour les nĂ©ophilanthropes. «Une plateforme digitale destinĂ©e aux âmillennialsâ (30-45 ans) pressĂ©s dâembarquer dans la philan thropie, et qui ne savent ni que faire ni par oĂč commencer», rĂ©sume Marie LogĂ©, cofondatrice de Be er. Et ce, alors que la Belgique compte chaque annĂ©e davan tage de donateurs, mais qui eïŹectuent des dons plus modestes.
Via un abonnement solidaire digital (à partir de 5 euros par mois), Be er permet à ses utilisateurs de découvrir, chaque mois, une association rigoureusement sélectionnée. «à ce jour, le montant men suel moyen est de 17 euros. Il faut le voir comme un abonnement découverte de 12 causes dans la thématique choisie par la personne», assure Marie Logé.
Il est dâailleurs intĂ©ressant de noter que les thĂ©matiques de prĂ©dilection changent de façon radicale au grĂ© de lâactualitĂ©. «En dĂ©but dâannĂ©e, la thĂ©matique des rĂ©fugiĂ©s Ă©tait choisie par 10% des visiteurs du site. Câest montĂ© Ă 50 ou 60% avec le dĂ©clen chement de la guerre en Ukraine. Mais ïŹn septembre/dĂ©but octobre, tous les visiteurs ont choisi la pauvretĂ© comme priorité», prĂ©cise-t-elle. Des options di rectement dictĂ©es par lâurgence, la volontĂ© dâĂȘtre utile directement et dâavoir un im pact trĂšs rapide sur le terrain.
«Alors que leurs aßnés donnaient avant tout par tradition, habitude ou amitié,
4DONS, LEGS (EN DUO)âŠ
Les dons Ă la FRB, comme Ă toutes les ASBL disposant de lâagrĂ©ment fĂ©dĂ©ral, ouvrent le droit Ă une a estation ïŹscale qui per met de rĂ©cupĂ©rer 45% du montant (min. 40 euros) via votre dĂ©claration ïŹscale. Si lâargent est lĂ©guĂ© par testament, au dĂ©cĂšs du lĂ©gataire des droits de succession rĂ©duits (7% en Wallonie et Ă Bruxelles, voire de 0% en Flandre depuis juillet 2021) sont prĂ©levĂ©s.
Lorsquâune personne nâa que de la famille Ă©loignĂ©e â qui sera donc forte ment taxĂ©e â dont elle souhaite faire son hĂ©ritier, le legs en duo est une solution avantageuse. Ce e technique consiste Ă lĂ©guer une partie de son patrimoine Ă ce e personne et lâautre partie Ă une association ou une fondation, faible ment taxĂ©e en droits de succession, qui se chargera de payer la totalitĂ© des droits de succession. Comme cela reprĂ©sente une charge administrative et ïŹnanciĂšre, le montant lĂ©guĂ© Ă la bonne Ćuvre doit ĂȘtre assez important pour que lâopĂ©ration soit suïŹsamment «rentable» pour elle. Câest dâailleurs la raison pour laquelle la RĂ©gion ïŹamande a mis ïŹn au legs en duo et instaurĂ© des droits Ă taux zĂ©ro pour les legs aux associations et fondations. â
15
POUR PLUS DâINFORMATIONS, SCANNEZ CES QR CODES
VGP: «NOUS NE VOULONS PAS TRANSFORMER NOS ACTIVITĂS DE PHILANTHROPIE EN LOBBYING CACHĂ»
16 wealth novembre 2022
Au Tadjikistan, la Fondation VGP soutient des projets visant Ă protĂ©ger lâhabitat des yacks (ci-dessous) et des lĂ©opards des neiges (Ă droite).
Des lĂ©opards des neiges au Kirghizistan aux danses bourguignonnes Ă Anvers: ces derniĂšres annĂ©es, le groupe dâimmobilier logistique VGP a investi, via sa propre fondation, dans une grande variĂ©tĂ© de projets caritatifs. MalgrĂ© le changement de conjoncture, il est important de continuer Ă faire tourner ce moteur philanthropique.
TEXTE: PIETER SUY PHOTOS: NABU
Les «Basses Danses», un manuscrit aussi rare que luxueux rassemblant la musique et la chorĂ©graphie de 58 danses populaires il y a 500 ans Ă la cour de Marguerite dâAutriche, a jusquâĂ prĂ©sent vĂ©cu cachĂ© dans les coïŹresforts de la BibliothĂšque royale, Ă Bruxelles.
Mais avec le soutien de la Fondation VGP, qui investit dans la philanthropie une partie des bĂ©nĂ© ïŹces du groupe immobilier VGP, les chercheurs espĂšrent augmenter la notoriĂ©tĂ© de ce document enluminĂ© dâor et dâargent auprĂšs dâun large public. Plus tĂŽt cet automne, dĂ©jĂ , les majestueuses «Basses Danses» dont raïŹolaient les Bourguignons ont Ă©tĂ© Ă nouveau jouĂ©es sur scĂšne, Ă Anvers.
Selon Jan Van Geet, moteur de VGP, ce projet est lâexemple parfait de ce que reprĂ©sente sa fondation. «Il est possible dâavoir un impact important, mĂȘme avec
17
des moyens limitĂ©s. Dans ce cas, nous voulions promouvoir un volet de la culture ïŹamande qui avait presque disparu dans les limbes. Mais outre le patrimoine culturel, notre fondation est Ă©galement active dans des projets de lu e contre les inĂ©galitĂ©s sociales et la promotion de la biodiversitĂ©.»
Sols tourbeux ukrainiens
Trois ans aprĂšs sa crĂ©ation, la fondation est prĂ©sente un peu partout dans le monde. Lâan dernier, des collaborateurs de la Fondation VGP se sont rendus dans les montagnes enneigĂ©es du Kirghizistan pour protĂ©ger des lĂ©opards des neiges et apprendre aux populations locales Ă dĂ©fendre leurs troupeaux sans me re en danger ce e espĂšce menacĂ©e.
La fondation est aussi prĂ©sente en Ukraine, oĂč elle participe Ă une initiative visant Ă restaurer les sols tourbeux, qui captent dâĂ©normes quantitĂ©s de CO2. «Ce projet se poursuit malgrĂ© la guerre», prĂ©cise Jan Van Geet. «Nous restons bien entendu a entifs Ă lâĂ©volution de la situation.»
Les projets soutenus par la Fondation VGP sont Ă des annĂ©es-lu miĂšre des activitĂ©s quotidiennes du groupe immobilier, qui traverse aujourdâhui dâĂ©normes turbulences boursiĂšres. Mais ces derniĂšres an nĂ©es, au moment oĂč VGP connaissait une croissance fulgurante sur le marchĂ© immobilier, Jan Van Geet a compris quâil avait lâobligation morale de compenser lâimpact des activitĂ©s de son entreprise.
Il applique cependant le principe «on nâest jamais si bien servi que par soi-mĂȘme». «Chez VGP, nous construisons de nombreux entrepĂŽts et nous avons donc un impact important sur les communautĂ©s lo cales», explique-t-il. «Je nĂ©gocie souvent moi-mĂȘme avec les communes
dans lesquelles nous sommes actifs. On me demande frĂ©quemment comment nous comptons compenser lâaugmenta tion du traïŹc ou des nuisances sonores provoquĂ©es par nos projets. Les lobbies locaux nous demandent de participer Ă des projets nâayant souvent quâun impact limitĂ© ou pour lesquels lâintĂ©rĂȘt personnel prĂ©vaut. LâidĂ©e premiĂšre de la fondation est que nous pouvons obtenir de meil leurs rĂ©sultats en dĂ©cidant nous-mĂȘmes de ce que nous faisons de notre argent.»
Depuis le lancement de la fondation, VGP a investi environ 19 millions dâeuros dans 29 projets. «Pour sĂ©lectionner ces projets, je me suis entourĂ© de spĂ©cialistes dans ce domaine. Nous comptons notam ment parmi nos administrateurs Olaf Tschimpke, qui fut pendant des annĂ©es le prĂ©sident de Nabu, le deuxiĂšme plus grand fonds de protection de la nature au monde.»
Anne De Paepe, ancienne rectrice de lâUniversitĂ© de Gand, et la styliste Ann Demeulemeester siĂšgent Ă©galement au conseil dâadministration. «DĂšs le dĂ©but, nous nous sommes mis dâaccord sur un
18 wealth novembre 2022
«Outre le patrimoine culturel, notre fondation est active dans des projets de lu e contre les inégalités sociales et la promotion de la biodiversité.»
Jan Van Geet Patron de VGP
Des cavaliers partent Ă la recherche de braconniers de panthĂšres des neiges au Kirghizistan.
GĂ©rer votre patrimoine en toute conïŹance. MĂȘme par temps incertain.
Lâenvironnement Ă©conomique et ïŹnancier actuel est particuliĂšrement complexe. Prendre les bonnes dĂ©cisions pour la gestion de votre patrimoine ne sâimprovise pas . Depuis 100 ans au Luxembourg et 10 ans en Belgique, nos experts vous accompagnent dans la prĂ©servation, la valorisation et la transmission de votre patrimoine.
Pour plus dâinformations, veuillez contacter la Banque de Luxembourg au 02 663 45 68 ou via banquedeluxembourg.be/monpatrimoine BRUXELLES GAND PARTOUT OĂ VOUS ĂTES Votre patrimoine mĂ©rite plus.
Banque
â
Chaussée de La Hulpe 120,
BE
â RPM
de Luxembourg, société anonyme
Succursale de Belgique.
B-1000 Bruxelles. RCS Luxembourg B5310. TVA
0830.227.057
Bruxelles.
certain nombre de principes Ă respecter: la fondation ne peut pas servir dâoutil de promotion pour VGP et elle ne peut ĂȘtre un lobby dĂ©guisĂ©, comme je le vois sou vent autour de moi.»
EïŹet secondaire positif, les activitĂ©s de la fondation poussent les collaborateurs de VGP Ă se lancer dans le volontariat. «Notre Ă©quipe portugaise organise par exemple des journĂ©es de bĂ©nĂ©volat oĂč nos collaborateurs vont repeindre des Ă©coles pour enfants handicapĂ©s», raconte Jan Van Geet. «Et en RĂ©publique tchĂšque, nous plantons des arbres dans des forĂȘts dĂ©cimĂ©es par les scolytes (insectes colĂ©op tĂšres, NDLR). Je fais dâailleurs partie de lâĂ©quipe qui replante les arbres.»
Turbulences boursiĂšres
Mais le trĂšs discret patron de VGP ne veut pas en faire un plat. «Je ne veux pas me servir de ces projets pour me retrouver Ă la une des journaux. En rĂ©alitĂ©, je prĂ©fĂšre travailler dans lâombre. Peut-ĂȘtre que les choses Ă©volueront mais, aujourdâhui, je prĂ©fĂšre me concentrer sur lâentreprise. Si vous entendiez lâhistoire de ceux qui in troduisent un dossier auprĂšs de notre fon dation⊠Câest trĂšs Ă©mouvant. Ce sont eux, les hĂ©ros. Prenez lâexemple de notre projet en Slovaquie, baptisĂ© âMy Buddyâ (mon co pain, NDLR). LĂ -bas, de nombreux enfants sont retirĂ©s de la garde de leurs parents en raison de problĂšmes dâalcoolisme ou de drogue. Ces enfants se retrouvent alors dans une institution publique oĂč ils ne sont guĂšre traitĂ©s comme des individus. âMy Buddyâ forme des volontaires qui sont prĂȘts Ă devenir des âbuddiesâ â des espĂšces de parents de substitution â pour ces en fants, ce qui augmente leurs chances de rĂ©ussir dans la vie.»
Actuellement, lâentreprise de Jan Van Geet nâa pas la vie facile en bourse. Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, lâaction du groupe â
Le «Manuscrit des basses danses», composĂ© de 25 feuilles de parchemin noir contenant de la musique et du texte, est considĂ©rĂ© comme lâun des points forts de la culture bourguignonne et habsbourgeoise. Avec le soutien de la Fondation VGP, il a fait lâobjet de recherches approfondies.
jusquâĂ tout rĂ©cemment encore la coqueluche des inves tisseurs â a perdu prĂšs de 68% (dĂ©but novembre 2022) en raison de la hausse des taux et du report de la crĂ©ation dâune nouvelle coentreprise avec son partenaire Allianz. Ce e situation ne menace-t-elle pas le fonctionnement de la Fondation VGP? Chaque annĂ©e, lâentreprise lui verse 2% de ses bĂ©nĂ©ïŹces annuels.
«Si nous ne faisons pas de bĂ©nĂ©ïŹces, ce nâest bien entendu pas possible», rĂ©agit Jan Van Geet. «Toutes les ONG sont confrontĂ©es au mĂȘme problĂšme: elles ont Ă©tĂ© créées durant des pĂ©riodes oĂč tout allait bien et sont dĂ©pendantes de la conjoncture. Lorsque les choses vont moins bien, leurs sources de revenus se tarissent. Câest ce que jâessaie dâĂ©viter avec notre fondation. Non seulement en continuant Ă investir directement dans des projets caritatifs, mais aussi en faisant en sorte que certaines initiatives gĂ©nĂšrent elles-mĂȘmes un rendement. Ainsi, les spectacles organisĂ©s par notre volet patrimoine culturel gĂ©nĂšrent un revenu qui est intĂ©gralement reversĂ© Ă la fondation.»
La Fondation VGP
> Le groupe immobilier VGP dispose de sa propre fondation phi lanthropique depuis 2019. La Fondation VGP soutient des projets au tour de la biodiversité, du patrimoine culturel et de la justice sociale.
> Chaque annĂ©e, VGP verse 2% de ses bĂ©nĂ© fices annuels Ă la fonda tion. Depuis sa crĂ©a tion, la Fondation a dĂ© jĂ investi 19 millions dâeuros dans 29 projets.
> Il sâagit notamment dâinitiatives de conser vation de la nature au Kirghizistan et au Ta djikistan, ainsi que de projets locaux tels que la Capelderij Ă Buggen hout, un centre de conseil pour les jeunes ayant des problĂšmes comportementaux et Ă©motionnels.
> Les projets sont sĂ©lec tionnĂ©s par un conseil dâadministration au sein duquel lequel siĂšgent, outre Jan Van Geet, lâhomme fort de VGP, Anne De Paepe, lâancienne rectrice de lâUGent, et la crĂ©atrice de mode Ann Demeule meester, entre autres.
Il poursuit avec un autre exemple: «à Rumst, nous avons rachetĂ© le Tibur Hof, un lieu historique que nous comptons transformer pour y organiser des Ă©vĂ©nements. Nous y louerons Ă©galement des bureaux et les revenus locatifs reviendront Ă la fondation. Si nous voulons rĂ©el lement avoir un impact, nous devons faire en sorte que nos eïŹorts sâinscrivent dans la durĂ©e et Ă©viter que ce que nous avons rĂ©alisĂ© dans le passĂ© se perde dĂšs que le vent conjoncturel tourne.»
â
20 wealth novembre 2022
«Nous faisons en sorte que certaines initiatives caritatives gĂ©nĂšrent elles-mĂȘmes un rendement. Ainsi, les spectacles organisĂ©s par notre volet patrimoine culturel gĂ©nĂšrent un revenu qui est intĂ©gralement reversĂ© Ă la fondation.»
Jan Van Geet Patron de VGP
PLUS DâINFORMATIONS, SCANNEZ CE QR CODE
POUR
Les curieux lisent. Les futés investissent.
En savour plus? Visitez www.saxobank.be
22
«LE PIRE QUI PUISSE ARRIVER Ă UN INSTRUMENT EST DE SE RETROUVER DERRIĂRE UNE VITRINE»
Pour un musicien professionnel, disposer dâun instrument de premier ordre est essentiel. AïŹn dâadoucir les prix astronomiques des violons, altos et autres violoncelles, la sociĂ©tĂ© Brussels Philharmonic Orchestra a créé une fondation. Trois musiciens nous parlent des instruments quâils ont reçus en prĂȘt de la part dâinvestisseurs et dont tout le monde peut aujourdâhui proïŹter.
23 wealth novembre 2022
TEXTE: PIETERJAN NEIRYNCK / PHOTOS: KATRIJN VAN GIEL
EMMANUEL TONDUS
«Je ne supporte pas que des collectionneurs me ent leurs instruments de musique derriĂšre une vitrine et nâen jouent jamais», explique Emmanuel Tondus (41 ans), qui joue de puis des annĂ©es sur un violoncelle de 1865 fabriquĂ© par Ludovico Rastelli, un des rares luthiers professionnels de GĂȘnes. «Plus lâinstrument est ancien, plus il a de la valeur. Aujourdâhui, celle-ci peut a eindre le prix dâun petit studio. Il nâest pas rare de voir un violoncelle changer de propriĂ© taire pour 165.000 euros.»
Comme prĂšs de 20 autres collĂšgues de lâorchestre bruxel lois, Emmanuel Tondus joue sur un instrument appartenant Ă un cercle dâinvestisseurs privĂ©s. Ces derniers collaborent au sein de la Fondation Brussels Philharmonic, qui a vu le jour en 2013 avec lâaide de la banque privĂ©e Puilaetco Dewaay et du cabinet dâavocats Delboo Deknudt. La fondation compte aujourdâhui 18 instruments â violons, violoncelles et contre basses â dâune valeur totale de plus de deux millions dâeuros.
«Il y a deux ans, jâai rencontrĂ© la propriĂ©taire de mon violoncelle. Elle est passionnĂ©e de musique ainsi que sa ïŹlle, qui joue Ă©galement du violoncelle pendant son temps libre», raconte Emmanuel Tondus. Ce nâest bien sĂ»r pas une obligation. Des ïŹnanciers purs et durs participent aussi au projet. Participatiemaatschappij Vlaanderen (PMV) â le bras ïŹnancier du gouvernement ïŹamand â fait par exemple partie des investisseurs. En Ă©change de leur contribution, ils sont Ă©troitement impliquĂ©s dans le fonctionnement de lâorchestre.
En dehors du Rastelli, Emmanuel Tondus possĂšde un autre violoncelle, quâil a acquis pour 45.000 euros. «Je comprends quâun tel achat ne soit pas Ă la portĂ©e de tout le monde. Lâorchestre compte 19 nationalitĂ©s diïŹĂ©rentes et certains musiciens viennent de pays moins favorisĂ©s. La fondation a donc une grande valeur ajoutĂ©e. Elle oïŹre aux musiciens de talent lâopportunitĂ© de jouer sur des instru ments de qualité», poursuit le violoncelliste, qui joue depuis 14 ans dans lâorchestre Brussels Philharmonic. «Nous avons de bons musiciens, une excellente âvibeâ et, grĂące Ă la fonda tion, nous jouons sur dâexcellents instruments.»
24 wealth novembre 2022
«Il nâest pas rare de voir un violoncelle changer de propriĂ©taire pour 165.000 euros.»
Emmanuel Tondus Violoncelliste
: AARSCHOT Beets Pa eet ANVERS Chark BRUXELLES Univers du Sommeil EDEGEM Bedtime ESSEN Bedtime HASSELT Reyskens Slaapcomfort HEERS 2-Sleep Luxury Bedding HOESELT Crommen Slaapcomfort IZEGEM Top Interieur KNOKKE Chark COURTRAI De Nachtwacht LINKEBEEK Univers du Sommeil MASSENHOVEN Top Interieur OVERIJSE Univers du Sommeil RHODE-SAINT-GENESE Sleeping House SAINT-DENIS-WESTREM Twaalf Twaalf SAINT-NICOLAS Middernacht TERNAT Univers du Sommeil LUXEMBOURG : STRASSEN Maison du Lit WEISWAMPACH Thommessen Intérieurs HANDCRAFTED FOR A LIFETIME OF THE FINEST SLEEP VISPRING.COM
BELGIQUE
CRISTINA CONSTANTINESCU
«On arrive toujours Ă destination, que lâon roule en Toyota ou en Ferrari, mais lâexpĂ©rience nâest pas la mĂȘme.» Câest avec ce e mĂ©taphore que Cristina Constantinescu souligne lâimportance de la fondation. «Il est beaucoup plus diïŹcile dâobtenir une belle sonoritĂ© ou de produire un son portant trĂšs loin avec un instrument de moins bonne qualitĂ©. Câest trĂšs important car, avec le Brussels Philharmonic, nous voulons faire partie du top mondial. Les chefs dâorchestre invitĂ©s nous disent souvent: âWaouw, quelle qualitĂ© avec les cordes!â Nâest-ce pas un beau compliment?»
Cristina Constantinescu, qui est roumaine, vit depuis 22 ans en Belgique et parle couramment le nĂ©erlandais, joue depuis six ans sur un violon de la famille de luthiers anversois Hofmans. «Mon violon date de 1650 et jâen prends grand soin. Ma maison doit ĂȘtre chauïŹĂ©e jour et nuit, car il doit ĂȘtre conservĂ© Ă une tempĂ©rature constante. En fait, câest Ă©tonnant que ce bout de bois ait rĂ©sistĂ© aussi longtemps âpour le dire de façon quelque peu irrĂ©vĂ©rencieuse.»
Elle travaille rĂ©guliĂšrement jusquâĂ cinq heures par jour sur sa «vieille dame», conïŹe-t-elle. «En plus des rĂ©pĂ© titions Ă Bruxelles, il est important de jouer tous les jours. Câest comme le sport de haut niveau: vous devez garder la forme ainsi que celle de votre instrument. Je dois maintenir mon niveau technique aussi constant que possible aïŹn de contrĂŽler parfaitement mon instrument. Il faut Ă©galement prendre le temps de lâaccorder, car il est essentiel que le âlaâ soit toujours jouĂ© Ă une certaine frĂ©quence.»
Pour la violoniste, la fondation doit se dĂ©velopper et acquĂ©rir une plus grande notoriĂ©tĂ©. «Si un investisseur place de lâargent dans un instrument de musique, cela peut rĂ©ellement faire la diïŹĂ©rence, non seulement pour le musicien, mais aussi pour lâart et la culture en gĂ©nĂ©ral. Je trouve important que le grand public puisse voir et entendre ces instruments», conclut-elle.
26 wealth novembre 2022
violon date de 1650 et jâen prends grand soin. Ma maison doit ĂȘtre chauïŹĂ©e jour et nuit, car il doit ĂȘtre conservĂ© Ă une tempĂ©rature constante.»
«Mon
Cristina Constantinescu Violoniste
Aux cÎtés des entrepreneurs
à chacune des étapes de votre parcours entrepreneurial nos équipes vous accompagnent.
Notre expertise en matiĂšre dâaccompagnement des entreprises et dâingĂ©nierie patrimoniale nous permet dâapprĂ©hender globalement le patrimoine professionnel et le patrimoine privĂ© du dirigeant, pour ĂȘtre Ă la fois le conseil de lâentrepreneur, de la famille et de lâentreprise.
www.rothschildandco.com
«Jâappelle cela un mariage de sons: lâinstrument apporte une certaine pale e de sonoritĂ©s et moi une certaine façon de jouer.
Les deux doivent se rencontrer», explique lâAllemand Stephan Uelpenich qui, aprĂšs des Ă©tudes en sciences musicales Ă Bonn, sâest retrouvĂ© chez nous via diïŹĂ©rents orchestres. «Au dĂ©but, je trouvais la vie ici diïŹcile, mais je voulais absolument parler une langue du pays. Jâai donc achetĂ© un livre, âNederlands voor begin nersâ (le nĂ©erlandais pour dĂ©butants). Lorsque je suis arrivĂ© dans lâorchestre, je lâai mis de cĂŽtĂ©. Mes collĂšgues mâont aidĂ© Ă parler le nĂ©erlandais et mĂȘme les dialectes.» (il rit)
Au sein du Brussels Philharmonic, il joue sur un alto italien dont il prĂ©fĂšre ne pas dĂ©voiler la valeur exacte. «Il est possible dâacheter un nouvel instrument de qualitĂ© Ă partir de 30.000 euros. Mais mon violon alto a Ă©tĂ© fabriquĂ© en 1900 et est un des rares Ă ĂȘtre encore en excellent Ă©tat. Câest un instrument de grande valeur», ajoute-t-il. «Les anciens instruments ont leur propre ca ractĂšre: le son nâĂ©volue plus.»
MalgrĂ© tout, la magie nâa pas opĂ©rĂ© tout de suite avec «son» violon alto. «Ce fut diïŹcile au dĂ©but. Jâai dĂ» mâhabituer au son, qui Ă©tait complĂštement di ïŹĂ©rent de celui de mon propre alto. Mais on ïŹnit par sâadapter. Jâai jouĂ© de longues notes pendant des jours, dans des dynamiques diïŹĂ©rentes. Et câest dâailleurs une bonne chose pour lâinvestisseur. Plus vous jouez, plus la qualitĂ© de lâinstrument sâamĂ©liore, ce qui augmente sa valeur. Le pire que lâon puisse faire Ă un instrument de musique est de le me re sous verre.»
Ă 60 ans, Stephan Uelpenich est un des musiciens les plus ex pĂ©rimentĂ©s de lâorchestre bruxellois. «Lorsque je devrai rendre lâinstrument, je serai certainement trĂšs triste. Mais cela fait partie du jeu. En tant que musicien, vous jouez un certain temps avec lâinstrument, qui est ensuite transmis Ă un successeur. Câest ainsi que je vois les choses: nous ne faisons que passer dans la longue histoire de ce violon alto.» â
La Fondation Brussels Philharmonic
> Lâorchestre sympho nique Brussels Phil harmonic compte au total 82 musiciens. Il est nĂ© en 1935, dans le giron de lâInstitut national de radio diffusion, lâancien nom de la chaĂźne de radio publique belge.
> La fondation a vu le jour en 2013, Ă lâini tiative de Gunther Broucke, lâintendant du Brussels Philhar monic. Elle est le fruit dâune collabo ration entre la banque privĂ©e Pui laetco Dewaay et le cabinet dâavocats Delboo Deknudt.
> Via la fondation, 2,7 millions dâeuros ont pu ĂȘtre collectĂ©s, essentiellement au prĂšs de particuliers. La fondation compte aujourdâhui 18 ins truments: 9 violons, 3 altos, 4 violon celles et 2 contre basses.
28 wealth novembre 2022
STEPHAN UELPENICH
«Plus vous jouez, plus la qualitĂ© de lâinstrument sâamĂ©liore, ce qui augmente sa valeur.»
POUR PLUS DâINFORMATIONS, SCANNEZ CE QR CODE
Stephan Uelpenich Violoniste
VOTRE INVESTISSEMENT SĂCURISĂ AVEC DES REVENUS GARANTIS*
6 RAISONS POUR INVESTIR DANS TRINITI :
Localisation triple A : entre lâOTAN & Brussels Airport
Gestion sans soucis par un gestionnaire expérimenté Revenus garantis & rendement net élevé*
Pas de prĂ©compte immobilier ou dâautres impĂŽts*
Récupération de la TVA*
All-in : Ă partir de ⏠143.850 (excl. frais dâacte et de dossier)
*Cfr. les dispositions contractuelles, le ruling fiscal et la législa tion fiscale en vigueur.
DĂCOUVREZ PLUS DâAVANTAGES SUR WWW.TRINITI-HOTEL.BE/FR-BE
Le biologiste Bart De Strooper (Ă droite) aux cĂŽtĂ©s de lâentrepre neur Urbain Vandeurzen.
30 wealth novembre 2022
«NOUS POUVONS MENER DES RECHERCHES DONT NOUS NâAURIONS PAS OSĂ RĂVER»
Avec lâaide dâune soixantaine de familles dâentrepreneurs, dont Mark Zuckerberg, lâentrepreneur Urbain Vandeurzen a dĂ©jĂ collectĂ© plus de 40 millions dâeuros pour la recherche sur la maladie dâAlzheimer. Mais cela ne se fait pas en un claquement de doigts. «Les entrepreneurs veulent des rĂ©sultats et câest aux chercheurs de les convaincre», estime le biologiste de renommĂ©e mondiale Bart De Strooper. «Nous devons dĂ©fendre nos recherches comme de vrais vendeurs, y compris auprĂšs de la Fondation Bill et Melinda Gates.»
TEXTE: TOM MICHIELSEN PHOTOS: KATRIJN VAN GIEL
Si le nombre de grues de chantier est rĂ©vĂ©la teur de la croissance et de la santĂ© dâun cam pus scientiïŹque, alors lâUZ Leuven, toujours en pleine expansion, se porte comme un charme. Notre visite au «bĂątiment ON5» du Gasthuisberg â oĂč nous devons rencontrer lâinvestisseur-philanthrope Urbain Van deurzen et le chercheur de renom Bart De Strooper pour discuter de leur expĂ©rience en matiĂšre de philanthropie et de collecte de fonds â est un vrai parcours dâobstacles entre les diïŹĂ©rents chantiers et les routes dĂ©foncĂ©es. Dâail leurs, des Ă©tudes internationales le conïŹrment: dans le classement de lâagence de presse Reuters, la KU Leuven occupe depuis dĂ©jĂ quatre ans la premiĂšre place en tant quâuniversitĂ© la plus innovante dâEurope.
Câest lĂ que se trouve notamment le campus biomĂ© dical du Gasthuisberg. «Le kilomĂštre carrĂ© le plus intel ligent dâEurope.» Câest par ces mots que le recteur, Luc Sels, qualiïŹe ce e «ville high-tech dans la ville» quâest
31
devenu le Gasthuisberg au ïŹl du temps, non sans une certaine dose dâesprit de compĂ©tition et de chauvinisme. «Je sors tout juste du conseil dâadministration de la KU Leuven et les plans dâagrandissement de lâUZ (hĂŽpital universitaire, NDLR) pour les prochaines annĂ©es sont impressionnants», conïŹe Urbain Vandeurzen tandis quâil nous serre la main. En 1980, ce capitaine dâindustrie, ingĂ©nieur et ancien Ă©tudiant de la KU Leuven, fut un des cofondateurs de LMS, une spin-oïŹ de haute technologie spĂ©cialisĂ©e dans les systĂšmes de tests et les logiciels de simulation pour lâindustrie automobile et aĂ©ronautique, vendue Ă Siemens en 2012 pour la somme de 700 mil lions dâeuros.
Pas une seconde il nâa pensĂ© Ă empocher le revenu de ce mĂ©ga contrat pour passer le reste de ses jours, les doigts de pieds en Ă©ventail, sur une Ăźle tropicale. Urbain Vandeurzen a rĂ©investi cet argent dans de nombreuses autres entreprises par lâintermĂ©diaire de son family oïŹce VMF Invest qui, Ă son tour, est le principal investisseur de son propre fonds de private equity, Smile Invest. Il a Ă©galement investi dans Droia, le fonds de biotechnologie de lâancien entrepreneur en construction Luc Verelst, et dans Fund+, créé par le fondateur de Thrombogenics, DĂ©sirĂ© Collen.
En 2013, Ă la demande de la KU Leuven, il est devenu prĂ©sident dâOpening the Future, une campagne de mĂ© cĂ©nat en faveur de la recherche sur les maladies neuro dĂ©gĂ©nĂ©ratives, dont lui-mĂȘme est le principal bailleur de fonds. Ce nâest donc pas une coĂŻncidence si nous le rencontrons avec, Ă ses cĂŽtĂ©s, Bart De Strooper, une au toritĂ© mondiale de la maladie dâAlzheimer. Ce dernier dirige Ă Louvain le laboratoire de recherche sur les ma ladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives, qui fait partie du Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB ou Institut ïŹamand de biotechnologie). Depuis quelques annĂ©es, il gĂšre aussi le Dementia Research Institute Ă Londres.
Lors de la premiĂšre campagne dâOpening the Future, entre 2013 et 2018, dix millions dâeuros ont Ă©tĂ© rĂ©coltĂ©s. Cet argent a Ă©tĂ© rĂ©parti sur 20 projets de recherche fon damentale sur les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives. Des scientiïŹques de haut vol, comme Bart De Strooper et le chercheur Patrik Verstreken, spĂ©cialisĂ© dans la maladie de Parkinson, ont ainsi eu lâopportunitĂ© de mener des recherches fondamentales qui nâauraient jamais vu le jour sans ce e initiative. «Jâai sautĂ© de joie lorsque jâai entendu que nous allions enïŹn bĂ©nĂ©ïŹcier des moyens et de lâa ention sur lesquelles les recherches contre le cancer sâappuient depuis de nombreuses annĂ©es», se souvient Bart De Strooper. «Ce fut aussi la premiĂšre fois que jâai personnellement participĂ© Ă une campagne de sensibilisation sur la maladie dâAlzheimer et que nous Ă©tions aussi bien encadrĂ©s. CâĂ©tait vraiment fantastique.»
Levier international
La premiĂšre campagne sâest Ă©largie. AprĂšs quelques annĂ©es, Opening the Future sâest Ă©galement dotĂ©e dâune plateforme internationale, Mission Lucidity, qui
a convaincu la fondation du crĂ©ateur de Facebook, le milliardaire Mark Zucker berg, et de sa femme, Chan. Dix millions dâeuros supplĂ©mentaires se sont ainsi retrouvĂ©s dans le projet. «Aujourdâhui, on peut dire que la premiĂšre campagne a gĂ©nĂ©rĂ© un impact de 50 millions dâeu ros, grĂące Ă lâeïŹet de levier international», dĂ©clare ïŹĂšrement Urbain Vandeurzen. «Pour convaincre les grands entrepre neurs internationaux, mais aussi les 30 entrepreneurs belges et riches familles ayant jusquâici participĂ© Ă notre levĂ©e de fonds, il est important dâavoir un dis
cours Ă 100% rationnel. Jâai appris cela des Anglo-Saxons. Vous aurez beau insister sur lâimportance de lâinnovation, il vaut mieux tenter de toucher les donateurs en leur expliquant quâils pourraient, eux aussi, leurs amis ou des membres de leur famille, ĂȘtre un jour a eints par la maladie dâAlzheimer.»
Câest dâailleurs ce qui est arrivĂ© Ă Ur bain Vandeurzen et Ă Bart De Strooper. «Jâai remarquĂ© chez ma mĂšre â elle est dĂ©cĂ©dĂ©e il y a dix ans â Ă quel point le processus de dĂ©gĂ©nĂ©rescence Ă©tait dou loureux», se souvient le premier. «Les patients perdent non seulement la mĂ© moire, mais aussi leur personnalitĂ© et leur conscience, câest-Ă -dire tout ce qui fait de nous des humains.»
«Alzheimer tue deux fois», renchĂ©rit le second, dont la mĂšre sou ïŹ re Ă©gale ment depuis longtemps de la maladie. «Alzheimer tue dâabord les personnes mentalement, et ensuite physiquement, car de nombreux organes vitaux ne sont plus gĂ©rĂ©s par le cerveau.»
Bart De Strooper Professeur Ă la KU Leuven et autoritĂ© mondiale de la maladie dâAlzheimer
Pour lâOrganisation mondiale de la santĂ© (OMS), les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ra tives constituent le principal dĂ©ïŹ mĂ©dical des prochaines dĂ©cennies. Pires encore que le cancer et les pathologies cardio
32 wealth novembre 2022
«Pour tenter de toucher les donateurs, mieux vaut ĂȘtre Ă 100% rationnel, en leur expliquant quâils pourraient, eux aussi, ou leurs proches, ĂȘtre un jour a eints par la maladie dâAlzheimer.»
Urbain Vandeurzen Entrepreneur-investisseur
«Alzheimer tue dâabord mentalement, puis physiquement, de nombreux organes vitaux nâĂ©tant plus gĂ©rĂ©s par le cerveau.»
vasculaires rĂ©unis. Lâan dernier, on comp tait 55 millions de personnes souïŹrant de dĂ©mence (lâexacerbation symptomatique des maladies dâAlzheimer et de Parkin son). Dâici 2050, ces malades devraient ĂȘtre au nombre de 140 millions. En Bel gique, on dĂ©nombre aujourdâhui 140.000 patients et les estimations avancent un chi ïŹ re de 250.000 personnes a eintes dâici 30 ans. Aujourdâhui, les soins aux patients a eints de dĂ©mence sĂ©vĂšre se montent, dans le nord du pays, Ă prĂšs de quatre milliards dâeuros par an et ces coĂ»ts devraient continuer Ă augmenter.
«Le dĂ©ïŹ consiste Ă ralentir le long et douloureux processus de dĂ©gĂ©nĂ©rescence qui aboutit au dĂ©cĂšs du patient», explique Bart De Strooper. «Le problĂšme, câest que la maladie dâAlzheimer est dĂ©jĂ Ă lâĆuvre dans le cerveau 10 Ă 15 ans avant les pre miers symptĂŽmes de dĂ©mence. Si vous voulez avoir de bonnes chances de pro ïŹter du traitement, vous devez ĂȘtre dia gnostiquĂ© prĂ©cocement. Câest Ă©galement important si nous voulons dĂ©velopper et tester des mĂ©dicaments.»
Câest prĂ©cisĂ©ment ce que visent bon nombre des 20 projets dâOpening the Future. «Le grand avantage de la philan thropie, câest que nous pouvons allouer les
COMMENT URBAIN VANDEURZEN «MET SON ARGENT AU TRAVAIL»
La part des 700 millions dâeuros encaissĂ©e par Urbain Vandeurzen aprĂšs la vente de lâentreprise technologique LMS Ă Siemens est un secret bien gardĂ©. Câest un fait quâil a mobilisĂ© une partie importante de ces capitaux au service de la lu e mĂ©dico-scienti ïŹque contre toutes sortes de pathologies. Avec ses 350 millions dâeuros, le fonds dâinvestissement quâil a créé, Smile Invest, auquel participent une quarantaine de familles dâentrepreneurs, est un des plus grands du Benelux. Il dĂ©tient une participation dans 14 entreprises spĂ©cialisĂ©es en sciences de la vie, comme Rovers Medical
Devices (instruments utilisés pour prélever des cellules) et Hospidex, un distributeur de matériel médical.
En outre, il a investi, par le truchement de son vĂ©hicule dâinves tissement VMF Invest â dans lequel sa femme et ses deux enfants sont impliquĂ©s â dans les fonds Droia et Fund+. Le premier est le fonds de lâancien entrepreneur de construction Luc Verelst, qui investit dans de jeunes sociĂ©tĂ©s de dĂ©veloppement de mĂ© dicaments prome eurs. Fund+ a lui Ă©tĂ© créé par le fondateur de Throm bogenics et pionnier de la biotechnologie, DĂ©sirĂ© Collen. Au total, Urbain Vandeurzen investit
directement et indirec tement dans environ 75 entreprises, dont la plus importante est miDia gnostics, qui a mis au point un test médical sur puce électronique.
En 2013, soit un an aprĂšs la vente de LMS, il a Ă©tĂ© sollicitĂ© par la KU Leuven â lâuniversitĂ© oĂč il a fait ses Ă©tudes âpour diriger le projet de mĂ©cĂ©nat Opening the Future, axĂ© sur les mala dies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives (Alzheimer, Parkinson, SLA ou maladie de Charcot, autisme). Ces dix derniĂšres annĂ©es, il a rĂ©ussi Ă collecter plus de 40 millions dâeuros grĂące Ă deux campagnes de levĂ©es de fonds, dont il est lui-mĂȘme le princi pal donateur.
fonds Ă de la recherche Ă haut risque», explique Bart De Strooper. «Nous pouvons prendre des chemins dont les scientiïŹques ne pouvaient que rĂȘver. Et câest prĂ©cisĂ©ment ce type de recherche qui permet de faire des percĂ©es.»
Une étude sur la souris
Ses confrĂšres et lui se creusent par exemple la tĂȘte de puis des annĂ©es pour essayer de comprendre pourquoi certains patients Alzheimer, diagnostiquĂ©s grĂące Ă la prĂ©sence des «plaques amyloĂŻdes» spĂ©ciïŹques (fragments de protĂ©ines) dans le cerveau, dĂ©veloppent des signes
de dĂ©mence et dâautres pas. «Nous avons pu Ă©tudier ce phĂ©nomĂšne dans le cadre dâune Ă©tude sur des souris, qui nous a beaucoup appris sur le mĂ©canisme sous-jacent. Aujourdâhui, nous disposons notamment dâun modĂšle perme ant de tester des thĂ©rapies et nous avons entretemps rĂ©ussi Ă empĂȘcher les cellules cĂ©rĂ©brales de souris de mourir en leur injectant une certaine substance. Une entreprise amĂ©ricaine est en train de faire des essais cliniques avec ce produit.»
Si lâon vous dit que le cerveau de souris est remplacĂ© par un rĂ©seau neuronal installĂ© sur une puce Ă©lectro nique, vous penserez que câest de la science-ïŹction. «Mais câest la rĂ©alitĂ©: vu que les chercheurs ne peuvent prĂ©lever des cellules cĂ©rĂ©brales sur les patients, ils prĂ©lĂšvent les cellules souches de cellules de la peau, quâils reprogram ment pour les transformer en cellules cĂ©rĂ©brales. Elles sont ensuite placĂ©es sur une puce Ă©lectronique pour former un rĂ©seau neuronal sur lequel il est possible de diagnostiquer la forme prĂ©cise dâAlzheimer ou de Par kinson dont souïŹre le patient.»
«Brain on a Chip» est un des grands projets phares de Mission Lucidity, qui a Ă©galement rĂ©ussi Ă convaincre lâInitiative Chan Zuckerberg de me re un million dâeuros sur la table. Ce qui rend le projet unique est le fait que les Ă©quipes de recherche fondamentale de la KU Leuven et du VIB ont comblĂ© le fossĂ© avec les cliniciens de lâUZ Leuven et des ingĂ©nieurs de lâImec, le centre de recherche en technologies numĂ©riques et nanotechnologies. «Per sonne dans le monde nâest capable de nous imiter, car nous avons lâImec.»
Entre-temps, la deuxiĂšme campagne dâOpening the Future est en voie dâa eindre ses objectifs. Elle a Ă nouveau rĂ©ussi Ă collecter prĂšs de dix millions dâeuros
LâAN PROCHAIN, OPENING THE FUTURE LANCERA SA TROISIĂME CAMPAGNE DE COLLECTE DE FONDS
En 2013, la KU Leuven a créé Opening the Future, un projet philanthro pique visant ce que lâon appelle les «major donations». Ces dix derniĂšres an nĂ©es, la fondation a rĂ©ussi Ă convaincre une soixantaine de familles fortunĂ©es, qui ont chacune versĂ© un montant moyen de 300.000 euros par donation. Si on ajoute Ă cela le coïŹnancement, notamment de la KU Leuven elle-mĂȘme, le montant rĂ©coltĂ© en deux campagnes sâĂ©lĂšve Ă plus de 40 millions dâeuros. Des fondations Ă©trangĂšres, comme lâInitia tive Chan Zuckerberg, ont Ă©tĂ© sĂ©duites par le projet.
Avec les fonds rĂ©coltĂ©s lors de la pre miĂšre campagne, la fondation a pu me ner des recherches fondamentales sur les pathologies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives comme la maladie dâAlzheimer, de Parkinson, la SLA, lâautisme, etc. Elle sâest lancĂ©e Ă lâinternational avec Mission Lucidity et a jetĂ© un pont vers lâinstitution technolo gique Imec.
La deuxiĂšme campagne a permis de ïŹnancer Core Lab, un super laboratoire issu de la collaboration multidiscipli naire entre la KU Leuven, lâUZ Leuven, le VIB et lâImec. La technologie de pointe qui permet de cartographier des milliers
de cellules dâun patient malade et dâĂ©tu dier les relations sous-jacentes entre ces cellules peut donner un solide coup de pouce aux recherches sur les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives et sur le cancer.
Lâan prochain verra le lancement de la troisiĂšme campagne de collecte de fonds dâOpening the Future. «Sâil ne tenait quâĂ moi, nous poursuivrions nos recherches sur les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives pour boucler la boucle vers les pa tients», a dĂ©clarĂ© son prĂ©sident, Urbain Vandeurzen. «Mais la dĂ©cision ïŹnale reviendra au conseil dâadministration de la KU Leuven.»
34 wealth novembre 2022
auprĂšs de gĂ©nĂ©reux donateurs, auxquels viendront sâajouter dix millions dâeuros de lâuniversitĂ©. Cet argent est aujourdâhui utilisĂ© pour ïŹnancer la construction dâun super laboratoire qui, selon Bart De Stroo per, «perme ra dâaborder les problĂšmes biologiques et les maladies dâune façon rĂ©volutionnaire. Cela est rendu possible parce que nous sommes en mesure de cartographier, non plus uniquement quelques cellules, mais des centaines de milliers de cellules Ă la fois ainsi que leurs interactions. Lorsque nous comprendrons mieux ce phĂ©nomĂšne, nous devrions ĂȘtre capables de dĂ©coder le mĂ©canisme bio logique qui se cache derriĂšre la maladie dâAlzheimer».
Ce e technologie â connue sous le nom de «Spatial Multiomics» â a Ă©tĂ© re dĂ©veloppĂ©e au sein dâune Ă©quipe multi disciplinaire composĂ©e de chercheurs, de cliniciens et dâingĂ©nieurs. «Les bio-infor maticiens jouent aussi un rĂŽle de premier plan en analysant et en interprĂ©tant les milliards de donnĂ©es produites par le laboratoire grĂące au deep learning et Ă lâintelligence artiïŹcielle. Pour cela, nous aurons besoin de technologies du futur telles que la puissance de calcul de lâinfor matique quantique. Je suis convaincu que les grandes percĂ©es de demain auront lieu au point de rencontre entre les techno logies biomĂ©dicales et digitales. Et nous ferons ainsi dâune pierre deux coups car la technologie peut Ă©galement accĂ©lĂ©rer les recherches sur le cancer.»
Urbain Vandeurzen met cependant en garde: «Il sâagit ici de recherche fon damentale approfondie, dont les rĂ©sul tats ne seront pas visibles rapidement par le monde extĂ©rieur. La lu e contre la maladie dâAlzheimer ressemble Ă un ma rathon, mais nous ne savons pas si nous en sommes au kilomĂštre 10, 20 ou 30. La seule certitude est que nous ne sommes pas encore au kilomĂštre 40».
Des recherches de longue haleine
Nâest-ce pas un message di ïŹcile Ă faire passer auprĂšs des donateurs? «Vu quâil sâagit dâentrepreneurs de haut niveau, ils sont bien entendu orientĂ©s rĂ©sul tats», poursuit-il. «Nous devons donc les convaincre, non seulement de donner de lâargent, mais aussi de faire conïŹance aux chercheurs. Ă lâinverse, lors des rencontres avec les donateurs, les scientifiques
doivent expliquer clairement que le cerveau humain est lâorgane le plus complexe qui existe et pourquoi les recherches sont si longues. Mais cela ne signiïŹe pas pour autant que nous nâayons aucune obligation de rĂ©sultat. Non seulement dans la recherche, mais aussi au niveau du ïŹnancement futur. Ils sâa endent Ă ce quâil y ait un certain eïŹet dâentraĂźnement car lâargent a ire lâargent.»
«Lorsquâun donateur hĂ©site, câest souvent parce quâil a dĂ©jĂ Ă©tĂ© approchĂ© pour dâautres projets. Certains versent des fonds notamment au proïŹt de projets Ă©ducatifs pour les enfants, pour la recherche contre le cancer ou sâoc cupent de mĂ©cĂ©nat culturel. La moitiĂ© dâentre eux rĂ©agit cependant positivement.»
Ce qui signifie que lâautre moitiĂ© ne participe pas. Nâest-ce pas un avantage quâUrbain Vandeurzen connaisse pratiquement tout lâentrepreneuriat ïŹamand? «Ce nâest pas parce que je les connais quâils feront un don. La plupart dâentre eux ïŹnancent dĂ©jĂ dâautres ini tiatives. Je peux diïŹcilement aller frapper Ă la porte dâun entrepreneur en lui disant: âTu es plus riche que moi? Ne pourrais-tu pas verser un petit quelque chose?â Ăa ne marche pas comme ça. Je peux uniquement montrer lâexemple et leur demander de rĂ©ïŹĂ©chir Ă la possibilitĂ© de faire un don.»
«Lâobjectif ultime consiste Ă faire en sorte que leur charte familiale prĂ©voie quâune partie de la fortune fa miliale soit consacrĂ©e au mĂ©cĂ©nat. Plusieurs familles en sont dĂ©jĂ Ă leur troisiĂšme don, ce qui crĂ©e une tradition
philanthropique, y compris auprÚs des enfants du pater familias.»
Mark Zuckerberg et Bill Gates
Au niveau international Ă©galement, il faut commencer par entrouvrir la porte. «à lâInitiative Chan Zuckerberg, nous aurons bientĂŽt une chance dâobtenir un ïŹnance ment complĂ©mentaire si nous pouvons montrer que nous avons dĂ©jĂ obtenu un coïŹnancement. Ă la Fondation Bill et Me linda Gates, nous nâen sommes quâau dĂ© but vu que la maladie dâAlzheimer vient tout juste dâapparaĂźtre sur le radar. Par fois, il faut avoir la chance que leurs pro grammes coĂŻncident avec nos recherches. Lorsquâon est sĂ©lectionnĂ©s, câest la force de persuasion de nos chercheurs qui entre en jeu. Ils doivent aussi âvendreâ leurs projets Ă lâĂ©quipe scientiïŹque de la fondation.»
OĂč en est la motivation de Bart De Strooper et dâUrbain Vandeurzen? Alors quâil y a des annĂ©es, le scientiïŹque a Ă©tĂ© sĂ©duit par lâidĂ©e de faire Ćuvre de pion nier sur le terrain inexplorĂ© de la maladie dâAlzheimer â «dans les annĂ©es 1980, ce e maladie occupait tout au plus une page dans mes cours de mĂ©decine» â, lâhistoire est diïŹĂ©rente pour lâingĂ©nieur-entrepre neur. «En Europe, la philanthropie Ă©tait encore trĂšs modeste. Jâai trouvĂ© passion nant de tenter de la dĂ©velopper en Bel gique. LMS, la premiĂšre grande spin-oïŹ de lâuniversitĂ©, a Ă©galement jouĂ© un rĂŽle dans ma dĂ©cision. Jusquâalors, jâavais construit toute ma carriĂšre sur le capital intellectuel de mon alma mater. Lorsque jâai Ă©tĂ© nommĂ© administrateur, jâai trouvĂ© important de lui donner quelque chose en retour.» â
35
«La lu e contre la maladie dâAlzheimer ressemble Ă un marathon, mais nous ne savons pas si nous en sommes au kilomĂštre 10, 20 ou 30.»
Urbain Vandeurzen Entrepreneur-investisseur
«Ce nâest pas parce que je connais de nombreux entrepreneurs quâils feront un don. Je ne peux que donner lâexemple.»
POUR PLUS DâINFORMATIONS, SCANNEZ CE QR CODE
Urbain Vandeurzen Entrepreneur-investisseur
Charles Lachaux: «MĂȘme le prĂ©sident Emmanuel Macron mâa fĂ©licité».
© BĂNĂDICTE MANIĂRE
36 wealth novembre 2022
CHARLES LACHAUX , ĂLU MEILLEUR JEUNE VIGNERON AU MONDE EN 2021, SOUHAITE PROTĂGER LES CONSOMMATEURS CONTRE LâEXPLOSION DES PRIX DU VIN.
«JE NE FAIS PAS DU VIN POUR LES SPĂCULATEURS MAIS POUR LES AMATEURS»
Son nom circulait dĂ©jĂ depuis longtemps dans lâunivers du vin mais, depuis que Charles Lachaux a obtenu «lâoscar du vin» en tant que Best Rising Star, la notoriĂ©tĂ© du jeune viticulteur et le prix de ses bouteilles ont li Ă©ralement dĂ©collĂ©. «Mais je ne veux pas que mon vin devienne un trophĂ©e pour les spĂ©culateurs. La place du vin est dans les verres», souligne le reprĂ©sentant de ce e sixiĂšme gĂ©nĂ©ration de viticulteurs bourguignons.
«J
e dois reconnaĂźtre que jâai cru que câĂ©tait une blague lorsque jâai reçu lâe-mail mâan nonçant que jâavais remportĂ© le prix de meilleur jeune viticulteur au monde. Je ne connaissais ni lâorganisation ni le prix. Et lorsque jâai vu qui Ă©taient les sponsors â Rolls-Royce, Gucci, Virgin Galactic, etc. â, je me suis dit que ce nâĂ©tait pas normal. Jâai classĂ© lâemail sans rĂ©agir», se souvient Charles Lachaux. Ce e mĂ©ïŹance pouvait se comprendre. Lâan dernier, câĂ©tait en eïŹet la premiĂšre fois que les Golden Vines Awards Ă©taient prĂ©sentĂ©s par Liquid Icons, une fondation créée par le regre Ă© GĂ©rard Basset, ancien meilleur sommelier au monde, et dont lâobjectif est de promouvoir lâĆnolo gie avec les rece es des collectes de fonds et de ventes aux enchĂšres de vins prestigieux (lire encadrĂ© en p.39). «JusquâĂ ce quâun copain me conseille de prendre cet e-mail au sĂ©rieux.» Ce nâĂ©tait donc pas une blague. «Vous pouvez ĂȘtre ïŹer, toutes mes fĂ©licitations», a rapidement rĂ©agi le prĂ©sident français Emmanuel Macron dans un message postĂ© sur Instagram.
37
TEXTE: STĂPHANE GODFROID
Charles Lachaux Viticulteur
Ce qui nâest pas non plus une blague, câest que les vins du «jeune dieu» Charles Lachaux sont chĂ©ris, recherchĂ©s partout dans le monde et⊠extrĂȘmement chers. Petit exemple: pour sa cuvĂ©e Les Champs dâArgent 2019, Ă©laborĂ©e Ă base de raisin aligotĂ©, il faut dĂ©bourser aujourdâhui 1.654 euros (TVA comprise, selon Wine-Sear cher, NDLR), soit 33 fois plus que le prix de vente de dĂ©part (environ 50 euros). Mais Charles Lachaux reste modeste: «Je sais dâoĂč je viens. Et oĂč je vais».
Comme de nombreux jeunes, il a mis du temps Ă savoir ce quâil voulait faire dans la vie. La reprise du domaine fami lial nâĂ©tait pas Ă©crite dans les astres. Et pourtant. «Lorsque jâavais 16 ans, jâai aidĂ© mes parents pendant trois mois durant lâĂ©tĂ©. Et ce fut un vĂ©ritable coup de foudre.
Je me suis immĂ©diatement inscrit Ă lâĂ©cole du vin au LycĂ©e viticole, Ă Beaune.»
Depuis 2012, Charles gĂšre le domaine familial Arnoux-Lachaux, avec sa mĂšre Florence et cinq collaborateurs Ă temps plein. «Je suis responsable de lâensemble des volets techniques de la production du vin. Mais, en rĂ©alitĂ©, tout le monde fait tout. Câest notre principal atout. Câest tout un art de bien collaborer au sein dâune petite Ă©quipe.» Le frĂšre cadet de Charles, Max, rejoindra bientĂŽt lâĂ©quipe Ă Vosne-RomanĂ©e. Il poursuit actuellement des Ă©tudes de viticulture en Suisse et fera bientĂŽt un stage chez le viticulteur Luca Roagna, dans le PiĂ©mont.
Depuis quelques années, Charles Lachaux développe en outre son propre projet viticole, sous son propre nom. Et
il nâa pas ratĂ© son dĂ©part. Lâan dernier, lors de la soirĂ©e de gala londonienne des Golden Vines Awards, il sâest retrouvĂ© â Ă©lĂ©gant en noir et blanc â sous les projecteurs. Mais il ne connaĂźt que trop bien le cĂŽtĂ© diïŹcile, peu gla mour de la fabrication du vin. «LâĂąme du âvigneronâ a ire et fait rĂȘver. Il y a beaucoup dâappelĂ©s, mais peu dâĂ©lus. Jâai vu de nombreux hommes dâaïŹaires se lancer soudain dans la viticulture. Ils achĂštent un domaine, investissent beaucoup dâargent, mais nâont pas une formation suïŹ sante. Jâai aujourdâhui 33 ans et cela fait presque 17 ans que je suis dans le mĂ©tier, soit la moitiĂ© de ma vie. Je suis donc bien placĂ© pour le dire: câest du dur labeur.»
Un rĂȘve devenu rĂ©alitĂ©
Avant son couronnement mondial et tout le tintouin in ternational, la qualitĂ© des vins de Bourgogne de Charles Lachaux avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© remarquĂ©e par plusieurs Ćno logues amateurs et professionnels. «Heureusement!», rĂ©agit-il en riant. «Mais ce e reconnaissance reprĂ©sente malgrĂ© tout un Ă©norme coup de pouce pour la rĂ©putation de nos vins», reconnaĂźt-il. «Vous savez, auparavant, je rĂȘ vais que des convives dans un restaurant regardent avec envie la table dâĂ cĂŽtĂ© en disant: âTu as vu? Ils boivent un Lachauxâ, comme cela arrive souvent avec des bouteilles de Roumier, RomanĂ©e-Conti, etc. Ce rĂȘve est devenu rĂ©ali té», continue-t-il, avec un mĂ©lange de ïŹertĂ© et dâembarras. «Mais», ajoute-t-il rapidement, les yeux pĂ©tillants, «ce que jâapprĂ©cie encore plus, câest que les amateurs de vins nous Ă©crivent pour nous parler de leurs Ă©motions au moment oĂč ils dĂ©gustent un de nos vins. Cela mâapporte une satisfaction incroyable. Jâai moi-mĂȘme eu lâoccasion de dĂ©guster de nombreux grands vins. Je connais donc ce sentiment».
Suivre sa propre voie «Mes parents mâont rapidement donnĂ© carte blanche et mâont permis de suivre ma propre voie. Aujourdâhui, ça marche Ă merveille», poursuit Charles Lachaux, enthou siaste. «Je dĂ©teste la viniïŹcation telle quâon lâenseigne Ă lâĂ©cole. Lâaccent mis sur lâĆnologie, les enzymes, etc., cela brise la magie. Au moment des vendanges, lorsque je me promĂšne dans les caves et que je sens les arĂŽmes de fermentation, câest de la magie pure. Et le dĂ©but de lâensemble du processus. Je travaille de maniĂšre biolo gique et biodynamique. Je laisse pousser les raisins aussi naturellement que possible. Je ne retire pas les herbes entre les ceps, je ne travaille pratiquement plus la terre⊠Lâagriculture, en gĂ©nĂ©ral, a tendance Ă faire des choses peu naturelles. Je laisse la nature suivre son rythme.» Au risque de rĂ©colter moins de raisins? «Câest eïŹectivement le cas», explique-t-il. «Pourtant, jâessaie dâintervenir le moins possible. Je nâappelle pas ça de lâagriculture, mais du jardinage. Nous enlevons ici et lĂ quelques mauvaises
et câest tout. Mais je tiens Ă le souligner: je ne pro duis pas des vins naturels. Je trouve dâailleurs ce terme dangereux.»
Est-ce vrai que quâil vendange plus tĂŽt que les autres viticulteurs de la rĂ©gion? «En eïŹet. Pourquoi? Je laisse en
38 wealth novembre 2022
herbes
«JâapprĂ©cie que les amateurs de vins nous Ă©crivent pour nous parler de leurs Ă©motions au moment oĂč ils dĂ©gustent un de nos vins. Cela mâapporte une satisfaction incroyable.»
© JENS VAN VLEM
viron cinq fois plus de feuilles sur les vignes, ce qui rĂ©duit de trois quarts la rĂ©colte. GrĂące Ă la photosynthĂšse, ces raisins arrivent plus rapidement Ă maturitĂ© phĂ©nolique, mais⊠avec un potentiel plus rĂ©duit en termes dâalcool. Câest ce qui apporte ce e Ă©lĂ©gance unique. Câest aussi une façon de sâadapter aux changements climatiques.»
Acheter du vin pour le boire
Ce e Ă©lĂ©gance, combinĂ©e au prestige international des vins Lachaux, sĂ©duit de plus en plus dâacheteurs. La raretĂ© du vin a fait exploser les prix sur les sites de vente. «Quel que soit le vin, il ne devrait pas faire lâobjet de spĂ©cula tion», soupire Charles Lachaux. «Cela ne mâintĂ©resse pas du tout de vendre mon vin Ă lâun ou lâautre spĂ©culateur qui possĂšde dĂ©jĂ une collection de 20.000 bouteilles et veut absolument y ajouter mes vins⊠Cela ne sert Ă rien. JâachĂšte moi-mĂȘme beaucoup de vin et je le bois. Câest aussi ce que je souhaite pour mes vins. Ils ne doivent pas ĂȘtre conservĂ©s comme des trophĂ©es, ils sont lĂ pour ĂȘtre bus. «Nâest-ce pas agrĂ©able dâavoir achetĂ© un de mes vins Ă 100 euros et de remarquer quâil vaut aujourdâhui dix fois plus? La simple idĂ©e de boire une bouteille de plus de 1.000 euros nâest-elle pas amusante?»
Charles Lachaux rappelle Ă©galement quâinvestir dans le vin est risquĂ©. «Qui vous dit que ce e bouteille que vous avez achetĂ©e Ă prix dâor ne sera pas bouchonnĂ©e? Qui peut garantir que ce vin pourra se conserver 30 ans? Il sâagit dâun produit pĂ©rissable.»
Vin et NFT
«Vu que les prix ont explosĂ© ces derniers mois, je souhaite protĂ©ger le marchĂ© ainsi que les vĂ©ritables amateurs», poursuit Charles Lachaux, qui vient de dĂ©cider de ne plus proposer ses vins via le circuit habituel, mais via deux autres canaux. Le premier est ses importateurs. «Je leur ai demandĂ© de sĂ©lectionner rigoureusement les restaurants et bars Ă vins sĂ©rieux, oĂč mes vins peuvent ĂȘtre propo sĂ©s.» En Belgique, ce e tĂąche a Ă©tĂ© conïŹĂ©e Ă la maison De Windmolen. «Jâai une relation particuliĂšre avec ce e maison. Ils sont crĂ©atifs et, pour eux, le vin passe avant le business. Entre-temps, nous sommes devenus copains et ils ont dĂ©jĂ participĂ© Ă deux vendanges. Jâai vĂ©cu avec eux des moments inoubliables qui me donnent encore la chair de poule.»
Le deuxiĂšme canal de vente est la plateforme en ligne Crurated. Ses vins vendus par ce biais reçoivent un NFT, câest-Ă -dire un non-fungible token (jeton non fongible, NDLR). Il sâagit dâun certiïŹcat de propriĂ©tĂ© enregistrĂ© sur une blockchain et qui garantit lâauthenticitĂ© et lâori gine de la bouteille. «Câest une toute nouvelle approche de vente directe au consommateur», explique Charles Lachaux. Une autre illustration de la façon, pour le viti culteur français, de suivre sa propre voie. â
LA FONDATION GĂRARD BASSET
Les Golden VinesÂź Awards ont Ă©tĂ© organisĂ©s pour la premiĂšre fois en 2021 par Liquid Icons, fondĂ©e quelques annĂ©es plus tĂŽt par GĂ©rard Basset et son ami Lewis Chester. GĂ©rard Basset est dĂ©cĂ©dĂ© en 2019 et Ă©tait Ă lâĂ©poque le seul Ă dĂ©tenir Ă la fois les titres de Master of Wine, Master Sommelier, Wine MBA, Worldâs Best Sommelier et Wine Management de lâOIV, lâOrganisation internationale de la vigne et du vin.
Les organisateurs souhaitent, dâune part, rĂ©compenser les «stars» du monde des vins ïŹns et, dâautre part, rĂ©colter des fonds pour la Fondation GĂ©rard Basset. Celle-ci ïŹnance des programmes dâĂ©ducation au vin, avec une a ention particuliĂšre pour la diversitĂ© et lâinclusion. Les publics cibles sont entre autres des Ă©tudiants en Ćnologie issus de groupes minoritaires, des Ă©tudiants victimes de discrimi nation de genre dans leur pays/rĂ©gion ou issus de milieux dĂ©favorisĂ©s.
LâannĂ©e derniĂšre, la Fondation GĂ©rard Basset a rĂ©coltĂ© 1,2 million dâeuros. Cet argent servira notamment Ă ïŹnancer lâapprentissage du vin et la formation de six jeunes som meliers et vignerons dâUkraine et dâArmĂ©nie, qui recevront 20.000 euros chacun.
La fondation tire ses fonds de donations provenant principalement de ventes aux enchĂšres de vins, dont les bouteilles sont oïŹertes par les domaines les plus prestigieux de la planĂšte tels que Krug, Cheval Blanc, AngĂ©lus, Yquem, Clos de Tart, RomanĂ©e-Conti, Luca Roagna, Frescobaldi, Antinori, Pingus, Barca Velha, Egon MĂŒller, Opus One, Do maine de la CĂŽte, Screaming Eagle, Penfolds, etc.
La liste des cinq candidats prĂ©selectionnĂ©s pour les Golden Vines Awards 2021 a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e par pas moins de 442 professionnels de renom originaires de 55 pays. Parmi eux, on dĂ©nombrait 57 Masters of Wine, 31 Master Somme liers, 140 DipWSET et 77 Advanced Sommeliers. LâĂ©lection se fait sur la base dâenquĂȘtes dĂ©taillĂ©es pour le GĂ©rard Basset Global Fine Wine Report.
Lâan dernier, les candidats sĂ©lectionnĂ©s pour le Golden Vines Worldâs Best Rising Star Award Ă©taient:
> Charles Lachaux (Bourgogne) â laurĂ©at
> Eva Fricke (Allemagne)
> Chris et Andrea Mullineux (Afrique du Sud)
> Filipa Pato et William Wouters (Portugal)
> David et Nadia Sadie (Afrique du Sud)
39
LES VINS DE CHARLES LACHAUX SONT IMPORTĂS EN BELGIQUE PAR LA MAISON DE WINDMOLEN, SLUIS 2E2, Ă EKE, EN FLANDRE ORIENTALE.
PLUS
SCANNEZ CE QR CODE
POUR
DâINFORMATIONS,
«NOUS AIMERIONS AUSSI AVOIR UN MARC COUCKE COMME MĂCĂNE»
Alors quâelle est saluĂ©e par tous comme Ă©tant une scientiïŹque innovante et de talent, la Prof. Dr. Damya Laoui doit sans cesse chercher du ïŹnancement pour son vaccin prome eur contre les rechutes aprĂšs un cancer. Depuis quatre ans, Yamina Krossa lâaide Ă trouver des fonds. «Nous avons encore besoin de 1,2 million dâeuros. Parfois, je rĂȘve quâun bienfaiteur tombe du ciel.»
40 wealth novembre 2022
La chercheuse Damya Laoui (assise) et lâentrepreneuse sociale Yamina Krossa (en rose) lu ent ensemble contre le cancer. La seconde lĂšve des fonds pour la premiĂšre.
TEXTE: FLOOR EELBODE PHOTOS: KATRIJN VAN GIEL
Lorsquâelles sont assises cĂŽtĂ© Ă cĂŽte, les gens pensent quâelles sont de la mĂȘme famille, ex pliquent lâentrepreneuse so ciale Yamina Krossa et la cher cheuse Prof. Dr. Damya Laoui. Il y a cinq ans, leurs chemins se sont croisĂ©s suite Ă un article publiĂ© par nos confrĂšres du Tijd et, depuis lors, elles ont uni leurs forces pour dĂ©velopper, dans les laboratoires de la VUB, un vaccin destinĂ© Ă prĂ©venir les rechutes aprĂšs un cancer: Damya Laoui dans son laboratoire et Yamina Krossa en tant que chargĂ©e de la collecte de fonds.
Le vaccin utilise des cellules immuni taires de la tumeur elle-mĂȘme pour «pa ralyser» le cancer. Les rĂ©sultats obtenus avec des souris font rĂȘver mais le chemin est encore long avant de pouvoir aider les
premiers patients. Car, Ă chaque Ă©tape, il faut trouver du ïŹnancement. «Tout est bienvenu», explique Damya Laoui. «Plus nos moyens sont importants, plus la probabilitĂ© de rĂ©ussir les Ă©tudes cliniques sera grande.»
Comment vous ĂȘtes-vous rencontrĂ©es?
Yamina Krossa: Ă 38 ans, jâai eu un cancer du sein. Comme ma reconstruction mammaire nâĂ©tait pas rem boursĂ©e, jâai organisĂ© une levĂ©e de fonds qui a donnĂ© naissance Ă lâASBL Benetiet, via laquelle nous collections des fonds pour soutenir ïŹnanciĂšrement des femmes dans la mĂȘme situation. Mais, suite Ă notre lobby, la ministre de la SantĂ© de lâĂ©poque, Maggie De Block (Open VLD), a changĂ© les modalitĂ©s de remboursement. De ce fait, Benetiet nâavait plus de raison dâĂȘtre.
Nous disposions encore de 40.000 euros dans notre caisse et nous souhaitions oïŹrir cet argent Ă un projet de recherche contre le cancer. Eh oui, il nây a pas de hasard. Ce week-end-lĂ , jâavais lu dans De Tijd que le Massachu se s Institute of Technology (MIT) saluait lâesprit dâin novation de Damya. Je lui ai immĂ©diatement envoyĂ© un mail: «Pouvez-vous faire quelque chose avec cet argent?» Damya Laoui: Jâai pensĂ© quâun de mes collĂšgues Ă©tait en train de me faire une blague.
YK: Mais ce nâĂ©tait pas une farce. Dans ma naĂŻvetĂ©, je pensais que Damya pouvait travailler un an avec 40.000 euros. Jâai ensuite appris que ses recherches coĂ»taient environ 3.000 euros par semaine.
DL: Et aujourdâhui, câest mĂȘme beaucoup plus. Les produits que nous utilisons coĂ»tent dĂ©jĂ 10.000 euros par semaine, sans compter les Ă©quipements et le salaire de mes collaborateurs.
YK: JâĂ©tais tellement déçue! Jâai demandĂ© Ă Damya ce qui se passerait si elle ne rĂ©ussissait pas Ă collecter cet argent. «Le projet sâarrĂȘtera», a-t-elle rĂ©pondu. Mais ses recherches sont tellement importantes et promet teuses! Câest lĂ que jâai pensĂ© que je pouvais mâoccuper de la collecte de fonds et transformer ces 40.000 euros en 400.000 euros.
Et ensuite?
DL: Beaucoup de gens ne savent pas que nous devons consacrer beaucoup dâĂ©nergie pour trouver des moyens ïŹnanciers. Je passe 25 Ă 50% de mon temps Ă solliciter des bourses auprĂšs du FNRS (Fonds national de la re cherche scientiïŹque), de la Fondation contre le cancer, de Kom op tegen Kanker, dâinstitutions Ă©trangĂšres, etc. Câest frustrant. Je fais de la recherche, je donne cours, jâaccompagne des scientiïŹques et, le soir et pendant le week-end, je rĂ©dige des demandes de bourses de re cherche, dont les chances dâobtention ne sont que de 10 Ă 20%. Donc, lorsque Yamina a proposĂ© de chercher des fonds, ce fut une vĂ©ritable libĂ©ration. Cela mâa permis de respirer un peu.
«Les gens
Damya Laoui Chercheuse
Yamina Krossa Entrepreneuse sociale
41
ne comprennent pas toujours ce que nous faisons en recherche fondamentale et nâen voient pas lâutilitĂ©. Mais câest prĂ©cisĂ©ment grĂące Ă ces recherches que les hĂŽpitaux peuvent avancer.»
«Je rĂȘve quâun jour viendra oĂč, aprĂšs un diagnostic de cancer, les patients recevront un vaccin qui empĂȘchera le cancer de rĂ©cidiver. Je connais ce e angoisse de la rechute.»
Recevez-vous de nombreux dons?
DL: Certaines personnes lĂšguent leur patrimoine Ă la recherche contre le can cer. Dans ce cas, il nous arrive de recevoir une partie de ces fonds. Mais la plupart du temps, lâargent est versĂ© aux mĂ©decins. Les gens ne comprennent pas toujours ce que nous faisons en recherche fondamen tale et nâen voient pas lâutilitĂ©. Mais câest prĂ©cisĂ©ment grĂące Ă ces recherches que les hĂŽpitaux peuvent avancer.
Lâindustrie pharmaceutique ne peut-elle pas vous aider?
DL: De nombreuses sociĂ©tĂ©s pharmaceu tiques sont intĂ©ressĂ©es, mais cela ne fait pas partie de leurs prioritĂ©s. Nous travail lons sur des thĂ©rapies personnalisĂ©es Ă partir des cellules des patients. Ce nâest pas rentable pour lâindustrie pharmaceu tique. En outre, il faudra encore beaucoup de temps avant dâobtenir des rĂ©sultats. Les groupes pharmaceutiques prĂ©fĂšrent investir dans des projets qui leur per me ent dâencaisser des bĂ©nĂ©ïŹces Ă un horizon de deux ans.
OĂč en sont vos recherches actuellement?
DL: Le vaccin fonctionne super bien sur les souris pour le cancer du sein et des poumons. Nous avons aujourdâhui col lectĂ© de lâargent qui nous perme ra dâĂȘtre en ordre de marche au niveau adminis tratif pour mener une Ă©tude clinique au cours des quatre prochaines annĂ©es. Nous comptons commencer par une Ă©tude sur le cancer du poumon, vu que nous pouvons plus facilement recruter des patients. Mais ce type dâĂ©tude prend du temps. Nous saurons assez rapidement si le vaccin est sĂ»r, mais nous avons be soin de cinq Ă dix ans, pour Ă©valuer son eïŹcacitĂ©.
Comment
fonctionne
pour les rĂ©injecter ensuite dans lâorga nisme du patient.
Ces cellules migrent alors vers tous les ganglions lymphatiques et mobilisent les «soldats» (appelĂ©s cellules T) qui peuvent dĂ©truire les cellules cancĂ©reuses. En cas de mĂ©tastases â impossibles Ă dĂ©tecter Ă ce stade par les mĂ©decins â, nous faisons en sorte que celles-ci soient dĂ©truites. Les cellules dendritiques crĂ©ent Ă©galement une rĂ©ponse de mĂ©moire. Si le cancer se dĂ©veloppe Ă nouveau cinq ou dix ans plus tard, une armĂ©e de soldats de mĂ©moire est prĂȘte Ă a aquer immĂ©diatement.
Est-ce concluant?
Ă tout le monde, Ă lâintĂ©rieur et en dehors de mon rĂ©seau. Certains ont vendu des gaufres, dâautres ont couru, roulĂ© Ă vĂ©lo, organisĂ© des concerts, etc. Et nous avons mis sur pied des confĂ©rences payantes.
Ă la ïŹn de lâan dernier, je ne pensais pas que nous rĂ©ussirions. Nous Ă©tions en pleine crise du coronavirus et jâĂ©tais un peu dĂ©couragĂ©e car mon rĂ©seau Ă©tait trĂšs sollicitĂ©. Mais lorsque nous avons Ă©tĂ© invitĂ©es au podcast du comĂ©dien Alex Agnew, cela a ouvert de nouvelles portes. Tout dâun coup, nous avons reçu beaucoup de dons et dâinvitations.
Alex Agnew a Ă©galement promis de nous verser un euro par ticket vendu lors de sa tournĂ©e. En 2018, il a vendu 150.000 billets dâentrĂ©e; mais ça câĂ©tait avant la crise du covid. Il faudra patienter pour connaĂźtre le rĂ© sultat, mais il y a de fortes chances que nous arrivions Ă dĂ©passer les 400.000 euros. Alex Agnew est un vrai hĂ©ros.
Ă quoi serviront ces 400.000 euros?
DL: Nous avons entre autres besoin dâun appareil pour puriïŹer les cellules dendritiques en milieu hospitalier. Lâappareil coĂ»te environ 300.000 euros. Le solde sera utilisĂ© pour faire tourner le labo.
Ces 400.000 euros ne su isent donc pas pour démarrer les études cliniques?
DL: Non. Pour cela, nous avons besoin de plus ou moins 1,2 million dâeuros. Chaque fois que nous faisons les comptes, le chiïŹre augmente. Suite Ă la pandĂ©mie, cer tains produits que nous utilisons dans le laboratoire ont beaucoup augmentĂ©. Par exemple, le prix des gants de protection a Ă©tĂ© multipliĂ© par trois. Ă cause de lâindexa tion, nous devons Ă©galement augmenter les salaires de nos collaborateurs, mais les bourses nâaugmentent pas de la mĂȘme façon. Câest un problĂšme.
Le monde politique et celui des entreprises ne peuvent-ils pas vous aider?
le vaccin?
DL: Dans une tumeur, on ne trouve pas uniquement des cellules cancĂ©reuses, mais aussi des cellules du systĂšme im munitaire, comme les cellules dendri tiques, sur lesquelles nous travaillons. Lorsquâune personne est a einte dâun cancer et que la tumeur est enlevĂ©e, nous isolons les bonnes cellules dendritiques
DL: Chez les souris, oui. Il se peut que le patient dĂ©veloppe un tout autre type de tumeur, mais câest peu probable. De nombreux gĂšnes impliquĂ©s dans le cancer sont les mĂȘmes dans toutes les tumeurs.
Entre-temps, oĂč en est votre collecte de fonds pour vos re cherches?
YK: Nous avons jusquâici rĂ©coltĂ© 380.000 euros. Jâen suis ravie. Jâai demandĂ© de lâaide
DL: La seule chose que nous puissions obtenir du monde politique est quâil investisse davantage dans la recherche. Je ne vois pas pourquoi je devrais demander Ă un homme politique de me donner plus dâargent et pas Ă mes col lĂšgues, qui mĂšnent aussi dâexcellentes recherches. Nous demandons plus dâargent pour la science. Câest tout et ce serait dĂ©jĂ bien.
YK: Nous essayons aussi de trouver de riches entre preneurs. OĂč que jâaille, je remarque Ă quel point le can cer est prĂ©sent dans la sociĂ©tĂ©. Il nâĂ©pargne personne, y compris les riches. Nous avons entre autres contactĂ© Marc Coucke et sa femme, mais entre-temps, ce dernier a investi dans le magniïŹque projet de lâASBL Stop Cancer CĂŽlon de Luc Colemont. Un projet tout aussi important, mais nous aussi aimerions avoir notre Marc Coucke ou notre Madame Coucke. (elle rit)
42 wealth novembre 2022
«Je passe 25 à 50% de mon temps à solliciter des bourses.»
Damya Laoui Chercheuse
«OĂč que jâaille, je remarque Ă quel point le cancer est prĂ©sent dans la sociĂ©tĂ©. Il nâĂ©pargne personne, y compris les riches.»
Yamina Krossa Entrepreneuse sociale
Bio Damya Laoui
La Prof. Dr. Damya Laoui est diplĂŽmĂ©e en bioingĂ©nierie de la VUB Ă Bruxelles et a fait son post-doctorat Ă lâEPFL Ă Lausanne, en Suisse. Elle travaille Ă la VUB et au VIB (Vlaams Instituut voor Biotechnologie) Ă la mise au point dâun vaccin contre le cancer. En 2017, le Massachuse s Institute of Technology (MIT) lâa Ă©lue parmi les «Innovators under 35 Europe». Un an plus tard, elle a Ă©tĂ© couronnĂ©e par le magazine New Scientist comme «Talent scientiïŹque 2018». Elle a obtenu le prix Franc qui-Collen en 2020.
Bio Yamina Krossa
Yamina Krossa est directrice gĂ©nĂ©rale a.i. et partnership manager chez Boost for Talents, une initiative de la Fondation Roi Baudouin, qui sâadresse aux jeunes talentueux et motivĂ©s issus de milieux Ă©conomiquement fragiles aïŹn de les aider Ă obtenir un diplĂŽme de lâenseignement supĂ©rieur. Elle a elle-mĂȘme guĂ©ri dâun cancer du sein et a fondĂ© en 2015 lâASBL Benetiet aïŹn de collecter des fonds pour aider les femmes Ă ïŹ nancer leur chirurgie reconstructrice. GrĂące Ă son lobbying, la ministre de la SantĂ© de lâĂ©poque, Maggie De Block (Open VLD), a modiïŹĂ© les modalitĂ©s de remboursement de la chirurgie de reconstruction. Depuis 2018, Yamina Krossa collabore avec le Fonds Yamina Krossa de la VUB, qui collecte des fonds au bĂ© nĂ©ïŹce des recherches menĂ©es par la Prof. Dr. Damya Laoui. Le Fonds ambitionne de collecter au moins 400.000 euros. Mais en rĂ©alitĂ©, les besoins sont beaucoup plus importants.
DL: Il mâest arrivĂ© Ă deux reprises quâun CEO me dise: «400.000 euros? Mais ce nâest pas grand-chose! Je pourrais les sortir de ma poche». Ils mâont donnĂ© leur carte de visite et je leur ai envoyĂ© un e-mail, mais je nâai plus jamais eu de nouvelles.
YK: Or, câest le moment de faire un don. La mortalitĂ© par le cancer est beaucoup trop Ă©levĂ©e. Je sais quâil faudra encore a endre un peu avant de lancer notre Ă©tude clinique, mais si nous ne collec tons pas suïŹsamment dâargent et que nos recherches sâarrĂȘtent, rien ne se passera, câest certain.
Le temps que vous consacrez Ă des confĂ©rences ne peut ĂȘtre passĂ© dans votre laboratoire. Cette situation ne crĂ©e-t-elle pas des tensions?
DL: Yamina me demande uniquement de participer aux Ă©vĂ©nements les plus im portants dont dĂ©pend une grosse somme dâargent. En mĂȘme temps, ces confĂ©rences me donnent beaucoup dâĂ©nergie. Le pu blic me pose parfois des questions trĂšs naĂŻves, mais trĂšs pertinentes. Je donne en moyenne deux confĂ©rences par mois et jâessaie de mây tenir.
Vous avez presque atteint votre objectif de 400.000 euros. Que se passera-t-il ensuite?
YK: Nous allons fĂȘter cela. Je rĂȘve quâun jour viendra oĂč un patient cancĂ©reux recevra un vaccin qui lui Ă©vitera une re chute. Je connais lâangoisse de la rechute. Jâai souïŹert dâune tumeur trĂšs agressive. Ă lâĂ©poque, les mĂ©decins mâont dit que si je faisais une rechute, câĂ©tait ïŹni. Jâen ai encore parfois des sueurs froides. Le vaccin arrivera trop tard pour moi, car on a besoin de la tumeur primaire pour le dĂ©velopper, mais ce serait fantastique si, Ă lâavenir, dâautres patients pouvaient Ă©chapper Ă ce e angoisse.
DL: Dâici lĂ , il est trĂšs important de se tester soi-mĂȘme. Un cancer du sein pris Ă temps a de fortes chances de guĂ©rir. Si vous arrivez trop tard â et parfois, «trop tard» peut arriver trĂšs vite â, vous nâavez pratiquement aucune chance de vous en sortir.
43
â POUR PLUS DâINFORMATIONS, SCANNEZ CE QR CODE
COMMENT LâHOMME LE PLUS RICHE DU DANEMARK A RENDU LES HIGHLANDS AUX ĂCOSSAIS
Un tiers de la superïŹcie de lâĂcosse est aux mains dâun seul homme: le milliardaire danois Anders Povlsen, actif dans la mode. Il a mobilisĂ© sa fortune pour restaurer les milieux naturels et relancer la biodiversitĂ©. Exploration dans les Highlands. «Il faut laisser la forĂȘt se dĂ©brouiller seule.»
44 wealth novembre 2022
Le parc national de Cairngorms Ă Glenfeshie, en Ăcosse. Ici, il faut planter plus dâarbres.
Le gravier crisse sous les larges pneus de son pick-up bleu foncĂ© lorsque Thomas MacDo nell passe la marche arriĂšre et appuie rĂ©solument sur lâaccĂ© lĂ©rateur. Le vĂ©hicule recule Ă toute vitesse dans la forĂȘt de pins. Avec une seule main, il guide la voi ture sur le sentier, dans la direction dâoĂč nous venons. «Je dois dire Ă Clint de ne pas tout couper», murmure-t-il. Lorsquâil remonte dans la voiture un peu plus tard, il semble content. «Notre petit dĂ©tour fera la diïŹĂ©rence entre la vie et la mort pour les grimpereaux qui vivent ici. Ce ne sont que des oiseaux, mais ils nâont que moi.»
Cinq minutes plus tĂŽt, Thomas Mac Donell Ă©tait en pleine discussion avec son employĂ© Clint, en train dâarracher des pins au moyen dâune grosse machine. «Je lui ai demandĂ© de laisser certains arbres debout, mais de couper leur cime. Cela tue lâarbre qui ïŹnit par pourrir. Ce qui at tire certains insectes dont le grimpereau se nourrit. Il perce un petit trou dans les arbres morts et y construit son nid. Ces
45
TEXTE: MARIE VAN OOST PHOTOS: PETER CAIRNS/NORTHSHOTS
«Auparavant, cet endroit Ă©tait un lieu stĂ©rile. Aujourdâhui, nous voyons revenir des martres communes, des chats sauvages et des balbuzards. Il est important de perme re Ă la terre de rĂ©aliser son potentiel Ă©cologique.»
oiseaux ont besoin de cet habitat, mais il manque clai rement de vieux arbres morts.»
Ces quelques mots rĂ©sument bien lâessence mĂȘme du travail que Thomas MacDonell accomplit avec ses Ă©quipes dans les Highlands Ă©cossais: le rĂ©ensauvage ment. Nous sommes Ă Glenfeshie, un des 13 «estates» Ă©cossais du milliardaire danois de la mode, Anders Povlsen (lire encadrĂ© en p.47). Celui-ci est le propriĂ©taire de Bestseller, le groupe dâhabillement qui chapeaute des marques comme Only, Vero Moda, Jack & Jones, et est actionnaire principal des boutiques en ligne Asos et Zalando. Avec ses 89.000 hectares, il est le plus grand propriĂ©taire foncier privĂ© au Royaume-Uni et sâest donnĂ© pour mission dây restaurer la nature. Le rĂ©ensauvagement (rewilding) est le terme gĂ©nĂ©rique qui dĂ©signe les ini tiatives de restauration de la biodiversitĂ© en rendant la nature plus «sauvage», câest-Ă -dire en essayant de rendre autant que possible Ă un domaine ou Ă une rĂ©gion son habitat naturel dâorigine.
Incontournable dans lâunivers de la mode, Anders Povlsen prĂ©fĂšre nĂ©anmoins se tenir en retrait dans la vie de tous les jours. Il ne parle que rarement aux mĂ©dias, et uniquement pour des interviews sur les ambitions de Wildland. «Les Highlands ne sont plus un environ nement naturel», a-t-il expliquĂ© au quotidien britan nique The Times en 2020. «à certains endroits, il nây a
plus aucun arbre Ă des kilomĂštres Ă la ronde, uniquement des bruyĂšres mauves. Lorsque nous creusons dans la tourbe, nous dĂ©couvrons quâil y avait une forĂȘt Ă cet endroit. Nous voulons restaurer cet Ă©tat originel.»
Restaurer les processus naturels
«Nous avons besoin de ces processus naturels comme la dĂ©composition, mais ils ont disparu dans presque toute lâĂcosse, Ă cause de dĂ©cisions humaines motivĂ©es par des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques», explique Thomas MacDonell. «Ils ont commencĂ© par aba re les arbres pour construire des navires. Ensuite, les moutons â pour lâindustrie lainiĂšre â et les cerfs â pour la chasse â ont dominĂ© dans les Highlands. Par consĂ©quent, les terres ont Ă©tĂ© surpĂąturĂ©es pendant des annĂ©es, ce qui est dĂ©sastreux pour la biodiversitĂ©. Câest ce qui explique les paysages que nous voyons aujourdâhui. Il ne reste que 6% de la forĂȘt dâorigine.»
LâassĂšchement des zones humides est un autre problĂšme auquel les Highlands sont confrontĂ©s. Thomas MacDonell montre une colline recouverte dâune couche dorĂ©e de mousse de tourbe. «Auparavant, les fermiers pompaient lâeau du sol pour y Ă©lever des moutons, mais le changement climatique et le rĂ©chauïŹement de la planĂšte jouent aussi un rĂŽle dans lâassĂšchement des zones humides. Les zones assĂ©chĂ©es me ent souvent la tourbe Ă nu, et la tourbe dĂ©gage du CO2.»
En 2006, lorsquâil a achetĂ© le domaine de Glenfeshie, Anders Povlsen (qui vient tout juste de fĂȘter ses 50 ans) a créé avec sa femme, Anne (44 ans), la sociĂ©tĂ© Wildland, dans une tentative de restaurer ces processus naturels. Thomas MacDonell y travaille en tant que directeur de la conservation et est responsable de la protection et de la rĂ©gĂ©nĂ©ration
46 wealth novembre 2022
Thomas MacDonell, directeur de la conservation auprĂšs de Wildland
Le grimpereau, me nacĂ© dâextinction, vit dans les forĂȘts Ă©cossaises dâAnders Povlsen.
Anders Povlsen (50 ans)
> Lâhomme le plus riche du Danemark. Sa fortune est estimĂ©e Ă 11,5 milliards dâeuros.
> PropriĂ©taire de Bestseller, lâentreprise de mode fondĂ©e par ses parents en 1975. Maison mĂšre de marques comme Only, Vero Moda et Jack & Jones.
> Actionnaire principal du magasin en ligne britannique Asos (participation de 27%) et plus grand actionnaire individuel de son équivalent allemand Zalando (participation de 10%).
> Plus grand propriétaire foncier au Royaume-Uni, avec 29.000 hectares de terrains dans les Highlands écossais.
> Fondateur et propriĂ©taire de Wildland, une entreprise qui sâest donnĂ© pour mission la restauration et la protection de la nature en Ăcosse.
> Il possĂšde Ă©galement des terres dans les Carpates, en Roumanie, oĂč il construit une rĂ©serve naturelle dĂ©diĂ©e Ă la protection des loups, des ours et des lynx.
> MariĂ© Ă Anne Povlsen, avec qui il a eu sept enfants. En 2019, trois dâentre eux ont perdu la vie dans un a entat Ă la bombe dans un hĂŽtel au Sri Lanka.
de la nature. Aba re des arbres pour a eindre cet ob jectif semble contradictoire. Mais il le faut, explique-t-il. Pour illustrer ses propos, il sâarrĂȘte au bord de la route et baisse la vitre. «Un bois ne pousse pas comme ça na turellement», dit-il en montrant une parcelle de terrain oĂč de nombreux conifĂšres apparemment identiques sont serrĂ©s les uns contre les autres. Il fait sombre entre les troncs.
«Il est Ă©vident que ces arbres ont Ă©tĂ© plantĂ©s, mais trop densĂ©ment, ce qui empĂȘche le passage de la lumiĂšre. Normalement, des buissons de genĂ©vrier poussent sur le sol. Ils constituent une source de nourriture essentielle pour certains oiseaux. En rĂ©duisant le nombre dâarbres, nous perme ons Ă nouveau Ă la lumiĂšre de pĂ©nĂ©trer dans le sous-bois et Ă dâautres essences de se dĂ©velopper. En outre, la plupart des arbres qui ont Ă©tĂ© plantĂ©s ici dans les annĂ©es 1970 sont des pins dâAmĂ©rique du Nord. Ce sont les mauvais arbres au mauvais endroit. Si on veut restau rer le paysage, on nâa dâautre choix que de les aba re.»
Une autre mesure controversĂ©e porte sur le contrĂŽle de la population de cervidĂ©s. Lisez: supprimer les ani maux «excĂ©dentaires». «Nous avons rĂ©duit le nombre de cerfs de 45 Ă 1 par kilomĂštre carré», continue Thomas MacDonell. «Câest une rĂ©duction drastique qui a choquĂ© de nombreuses personnes. Mais câest le niveau naturel. Vu que la chasse Ă©tait trĂšs populaire et rapportait beau
coup dâargent, on a laissĂ© se dĂ©velopper beaucoup plus de cerfs que ce que les terres pouvaient supporter et les forĂȘts nâont cessĂ© de dĂ©croĂźtre pendant des annĂ©es.»
Premiers résultats visibles
Les premiers rĂ©sultats de ces mesures commencent Ă ĂȘtre visibles. Tho mas MacDonell manĆuvre prudemment Ă travers les nombreux nidsde-poule et bosses qui ponctuent la route. Ă notre gauche, le paysage se dĂ©roule tel un tapis persan: jaune or, brun rougeĂątre et vert foncĂ© se chevauchent Ă lâinïŹni dans une vaste vallĂ©e. Ă droite, au-dessus de la colline, la vue est moins spectaculaire, presque innocente: de jeunes pins et bouleaux sortent maladroitement du sol. Certains ne mesurent pas plus dâun mĂštre de haut.
«Ils ont tous poussĂ© naturellement ces derniĂšres annĂ©es», poursuit Thomas MacDonell. «Nous nâallons rien planter. Nous laissons simple ment pousser les arbres qui peuvent grandir ici. Câest important, Ă©tant donnĂ© que les diïŹĂ©rentes espĂšces dâarbres a irent diïŹĂ©rentes plantes et animaux, car ils leur apportent de la nourriture et un abri. Câest cela, le rĂ©ensauvagement. Auparavant, cet endroit Ă©tait un lieu stĂ©rile, sans aucun animal appartenant Ă cet habitat. Aujourdâhui, nous voyons reve nir des martres communes, des chats sauvages et des balbuzards. Il est important de perme re Ă la terre de rĂ©aliser son potentiel Ă©cologique.»
Il semble satisfait. SoulagĂ©, mĂȘme. Ce fut un saut dans lâinconnu, reconnaĂźt-il. «AprĂšs lâĂ©limination de tant de cerfs, il a fallu trois ans pour constater les premiers rĂ©sultats et voir pousser les premiĂšres plantes. Ce fut une pĂ©riode diïŹcile.» IngĂ©nieur en mĂ©canique de formation,
47
il sâest retrouvĂ© presque par hasard Ă ce poste. Il a dirigĂ© son propre garage pendant 20 ans. Sa femme travaillait comme chef coq dans une des maisons de campagne de Glenfeshie lorsquâAnders Povlsen a achetĂ© le domaine. «La responsabilitĂ© de lâaba age des cerfs Ă©tait un rĂ©el problĂšme. Ă chaque fois, les managers dĂ©missionnaient ou Ă©taient licenciĂ©s. Jâai toujours Ă©tĂ© intĂ©ressĂ© par la nature et je me suis donc prĂ©sentĂ©. CâĂ©tait une dĂ©cision controversĂ©e, mais jâĂ©tais prĂȘt Ă relever le dĂ©ïŹ parce que jâĂ©tais convaincu par lâidĂ©e du rĂ©ensauvagement.»
Thomas MacDonell est aussi celui qui a convaincu Anders Povlsen de me re en place un plan global de rĂ©ensauvagement, peu aprĂšs leur premiĂšre rencontre en 2005. «70% des terrains que nous possĂ©dons en Ăcosse tombent sous les lois de conservation du projet Natura 2000, un rĂ©seau europĂ©en de rĂ©serves naturelles protĂ©gĂ©es. Cela a forcĂ© les propriĂ©taires Ă regarder leurs terres diïŹĂ©remment.» DâaprĂšs lui, Anders Povlsen â qui Ă©tait tombĂ© amoureux des Highlands lorsquâil y venait en vacances pendant son enfance â avait dâabord vu des opportunitĂ©s dans la chasse. «Mais il mâa suivi dans lâidĂ©e dâun rĂ©ensauvagement du domaine.»
Un des secteurs les plus polluants de la planĂšte Thomas MacDonell dĂ©crit le milliardaire comme un homme «trĂšs ordinaire». «Dans un pub, vous ne pourriez pas le distinguer des autres Ăcossais. Il est trĂšs a achĂ© Ă ce pays.» Il nâen reste pas moins quâil est surprenant quâun magnat de la mode comme lui â la fast fashion est un des secteurs les plus polluants de la planĂšte â sâexprime ainsi sur le climat. «Il y a certainement du vrai dans ce e question», a rĂ©pondu Anders Povlsen au Times. «Mais je ne peux pas avoir lâambition de res taurer la nature sans avoir les moyens pour la ïŹnancer. Je suis actif dans
le secteur de la mode et je ne peux pas me perme re de me lever un beau matin et de dĂ©cider de tout vendre et de lĂącher mon entreprise et le secteur.» Selon lâhomme dâaïŹaires, la pandĂ©mie a marquĂ© un tournant: «Je pense que nous ïŹnirons par trouver des mĂ©thodes de travail plus intelligentes, plus eïŹcaces, plus rapides et plus du rables. Cela signiïŹe-t-il que nous polluerons moins et que nous ferons du meilleur travail? Nous lâespĂ©rons tous».
Les Povlsen sont les seuls bailleurs de fonds du projet Wildland. Ils ïŹnancent la totalitĂ© des frais de fonction nement de lâorganisation, ce qui reprĂ©sente 25 millions de livres sterling par an. «Pour assurer la durabilitĂ© envi ronnementale, vous devez dâabord assurer la durabilitĂ© ïŹnanciĂšre», ajoute Thomas MacDonell. «Combien vaut le panorama? Cela a toujours reprĂ©sentĂ© une diïŹcultĂ© pour les terres en Ăcosse, en particulier sâil ne sâagit pas de terrains agricoles, si elles ne âproduisent rienâ et donc ne rapportent rien.»
Aujourdâhui, Wildland emploie 80 personnes et en registre chaque annĂ©e une perte de trois millions de livres sterling. «Câest lĂ , Ă mon avis, que rĂ©side la phi lanthropie», poursuit-il. «Anders et Anne ont achetĂ© des terres dâune beautĂ© folle, oĂč il est en rĂ©alitĂ© trĂšs diïŹ
de gagner de lâargent, et encore moins de faire des bĂ©nĂ©ïŹces. Vous ne pouvez pas y construire de maisons
lâagriculture dĂ©truirait les terres⊠Sans leurs dons, nous ne pourrions jamais y arriver.» Mais pour Thomas MacDonell, la voie Ă suivre est de crĂ©er une entreprise
48 wealth novembre 2022
cile
et
«Je pense que nous ïŹnirons par trouver des mĂ©thodes de travail plus intelligentes, plus eïŹcaces, plus rapides et plus durables. Cela signiïŹe-t-il que nous polluerons moins et que nous ferons du meilleur travail? Nous lâespĂ©rons tous.»
Anders Povlsen, milliardaire danois et PDG
Glenfeshie, en Ăcosse. Laisser les arbres pourrir est important pour la bio diversitĂ©.
Sans risque, la bourse est plus fun.
Apprendre Ă investir de façon ludique et sans risque? Câest possible avec le Rallye Boursier, le grand concours investisseurs de LâEcho. Vous placez 50.000 euros virtuels pour avoir la chance de gagner 10.000 euros rĂ©els. Vous pouvez participer seul ou entre amis, collĂšgues ou camarades de classe. Ă vous de jouer sur rallyeboursier.be
Inscrivez-vous sur rallyeboursier.be ou scannez le code QR.
Alibaba 65% Google 25% eBay 10%
Avec le soutien de
dans laquelle «la terre peut subvenir Ă ses besoins». Câest lâobjectif de lâentreprise en louant quelques co ages et lodges sur le domaine.
Miser sur lâauthenticitĂ©
Thomas MacDonell mâemmĂšne Ă lâimpressionnante maison de cam pagne: Glenfeshie Lodge, un mini-chĂąteau pouvant accueillir 14 per sonnes. AmĂ©nagĂ©e dans le style Ralph Lauren â «comme les AmĂ©ricains imaginent une maison Ă©cossaise traditionnelle» â, elle oïŹre aux invitĂ©s une expĂ©rience totale. Chaque chambre est ornĂ©e de bois de cerfs, de fusils de chasse et de peintures animaliĂšres. La totalitĂ© du sol est recou verte dâun Ă©pais tapis, les lits sont dĂ©corĂ©s de coussins en velours aux glands dorĂ©s, et la vaisselle de la cuisine traditionnelle est Ă carreaux vert foncĂ©. «Nous recherchons le luxe ultime», poursuit Thomas Mac Donell. «En accord avec lâenvironnement phĂ©nomĂ©nal, nous essayons dâĂȘtre aussi authentiques que possible: lorsque les invitĂ©s arrivent, le feu brĂ»le dans la cheminĂ©e et lâodeur des scones fraĂźchement cuits sâĂ©chappe du four.»
Prix pour une semaine: 37.000 livres sterling. En sâadressant prin cipalement Ă un public riche, Wildland espĂšre rĂ©ussir en dix ans Ă ïŹnancer tous les coĂ»ts de la gestion du domaine grĂące aux revenus du tourisme. Ă lâheure actuelle, lâentreprise compte 13 rĂ©sidences: en plus de Glenfeshie Lodge, elle propose des chambres luxueuses dans une formule bed & breakfast et la location de co ages.
Entre-temps, lâhomme dâaïŹaires consacre des moyens Ă©normes Ă lâagrandissement des terrains situĂ©s plus au nord. «Nous avons dĂ©jĂ investi environ 50 millions de livres dans de nouvelles instal lations hĂŽteliĂšres qui devraient ouvrir leurs portes au cours des deux pro chaines annĂ©es.» Le projet le plus prestigieux porte sur la rĂ©novation de lâAldourie Castle, sur les rives du cĂ©lĂšbre Loch Ness, achetĂ© en 2014 par Anders Povlsen pour 15 millions de livres. «Avec ce chĂąteau, nous misons vĂ©ritablement sur le segment supĂ©rieur du marché», explique Thomas MacDonell. «Je pense Ă 10.000 livres par nuit. Cela peut sembler beaucoup, mais certaines personnes sont prĂȘtes Ă payer ce prix pour une expĂ©rience unique. Et surtout: une nature magniïŹque pour de nombreuses annĂ©es encore.»
Dans le bureau, au Glenfeshie Lodge, on dĂ©couvre sur le lourd meuble de bureau laquĂ© des photos encadrĂ©es dâenfants souriants. Ce sont les
enfants du milliardaire. Il les a perdus en 2019 dans un a entat tragique au Sri Lanka. Sa femme et lui sâĂ©taient rendus en avril de ce e annĂ©e-lĂ au Sri Lanka avec leurs quatre enfants, en partie pour des vacances, en partie pour visiter dâĂ©ven tuels autres projets de protection de la nature. Ils rĂ©sidaient Ă lâhĂŽtel Shangri-La Ă Colombo, la capitale Ă©conomique du pays. Le dimanche de PĂąques, le 21 avril, la ville a Ă©tĂ© bombardĂ©e Ă plusieurs endroits et 270 personnes ont perdu la vie. Parmi elles, trois des quatre enfants de la famille Povlsen, en train de prendre leur petit-dĂ© jeuner: Alfred (5 ans), AgnĂšs (12 ans) et Alma (15 ans). Seule Astrid, la cade e, a survĂ©cu Ă lâa entat.
AprĂšs le drame, Anders Povlsen a reçu, selon ses propres dires, une quantitĂ© Ă©norme de le res de soutien et de sym pathie de la part des Highlanders. Cela lui a donnĂ© un Ă©lan supplĂ©mentaire pour persĂ©vĂ©rer dans son projet Wildland. «Cela me touche et me motive», a-t-il dĂ© clarĂ© lors de lâinterview au Times. «Ici, en Ăcosse, nous avons lâimpression dâĂȘtre des pionniers.» â
50 wealth novembre 2022
«Certaines personnes sont prĂȘtes Ă payer 10.000 livres par nuit pour un hĂ©bergĂ©ment si vous y associez une expĂ©rience unique et, surtout, une nature magniïŹque.»
Thomas MacDonell, directeur de la conservation auprĂšs de Wildland
Ă gauche, Glenfeshie Lodge, un mini-chĂąteau luxueux pouvant accueillir 14 personnes. Ci-dessous, le Kennels Co age peut ĂȘtre rĂ©servĂ© pour six personnes.
© GLENFESHIE POUR PLUS DâINFORMATIONS, SCANNEZ CE QR CODE
Ne laissez pas le ïŹsc prendre une trop grande part de votre hĂ©ritage. Rendez-vous Ă Finance Avenue pour sĂ©curiser votre patrimoine.
Vous souhaitez transme re un maximum Ă vos proches et un minimum Ă lâEtat? Rendez-vous Ă Finance Avenue, le plus grand salon de lâargent du pays. Vous y recevrez les conseils les plus pointus pour gĂ©rer votre patrimoine et planiïŹer votre succession. Ainsi que pour invest ir et dĂ©celer des opportunitĂ©s immobiliĂšres. Vous pourrez Ă©galement participer Ă des workshops enr ichissants et poser toutes vos questions dâargent aux experts de LâEcho et de LâInvestisseur.
Finance Avenue â 3 dĂ©cembre â Tour & Taxis Bruxelles
Inscrivez-vous gratuitement sur ïŹ nanceavenue.be ou scannez le QR-code
De votre famille Ă votre patrimoine ou votre entreprise, vous prenez le plus g rand soin de ce qui importe pour vous. Et vous pouvez compter sur le soutien de la Banque Nagelmackers. Avec plus de 275 ans dâexpĂ©rience dans la gestion, la constitution et la protection du patrimoine familial, nous sommes Ă vos cĂŽtĂ©s Ă chaque Ă©tape de votre vie. Votre totale sĂ©rĂ©nitĂ© est au cĆur de nos prĂ©occupations, aujourdâhui et demain !
Quâest-ce qui importe pour vous ? Parlez-en avec nos experts. En semble, nous Ă©laborerons une stratĂ©gie qui vous mĂšnera Ă bon port. DĂ©couvrez la plus-value que nous pouvons vous appor ter, Ă vous et aux gĂ©nĂ©rations futures.
www.nagelmackers.be
Family Wealth OfïŹce
Protégez ce qui importe pour vous.
De génération en génération.