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L'Echo - WEALTH

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RĂ©ensauvagement COMMENT L’HOMME LE PLUS RICHE DU DANEMARK A RENDU LES HIGHLANDS AUX ÉCOSSAIS “NOUS POUVONS MENER LES RECHERCHES DONT NOUS RÊVIONS SUR ALZHEIMER” L’entrepreneur Urbain Vandeurzen et le biologiste Bart De Strooper “PARTAGER UN PEU DE CE QU’ON A EST ENRICHISSANT POUR TOUT LE MONDE” Le couple d’entrepreneurs Dominiek Dumoulin et Griet Meganck (United Petfood) FONDATION BRUSSELS PHILHARMONIC Quand des investisseurs prĂȘtent des instruments d’exception aux musiciens
vie des grandes fortunes
La

Certains voient une experte bancaire.

Nous, nous voyons la partenaire pour votre patrimoine. Quelqu’un qui vous connaüt personnellement et qui s’appuie sur l’expertise de l’un des plus grands groupes qu’elle peut vous conseiller investissements en fonction de vos objectifs et de votre situation personnelle.

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DONNER PLUS QUE DE L’ARGENT

Une randonnĂ©e de 154 km le long de la West Highland Way, en Écosse: c’est le dĂ©ïŹ que se sont rĂ©cemment lancĂ© notre collĂšgue Jan et son amie Sara. Non sans raison. Leur objectif? RĂ©colter des fonds pour les recherches menĂ©es par l’UniversitĂ© de Gand sur la maladie de Parkinson, la patholo gie neurodĂ©gĂ©nĂ©rative qui connaĂźt la croissance la plus rapide au monde et qui touche Ă©galement leur famille. Quelques jours plus tard, un appel Ă©tait lancĂ© Ă  la rĂ©daction pour parrainer des collĂšgues qui s’apprĂȘtent Ă  courir et Ă  pĂ©daler au bĂ©nĂ©ïŹce de la lu e contre le cancer, une maladie qui frappe douloureusement de nom breuses personnes autour de nous.

Jour aprĂšs jour, les scientiïŹques essaient de comprendre comment la maladie de Parkinson, le cancer et d’autres maladies apparaissent et – surtout – comment les traiter et les comba re. Mais pour cela, il faut de l’argent. Beaucoup d’argent. Des pouvoirs publics et des universitĂ©s, mais aussi de gĂ©nĂ©reux donateurs. Petits et grands. De tous ceux qui le peuvent. MĂȘme en ce e pĂ©riode de turbulences Ă©conomiques.

C’est le sujet de ce e Ă©dition de Wealth, qui met les donateurs Ă  l’honneur.

bain Vandeurzen, mĂšne des recherches dont lui et ses collĂšgues ne pouvaient que rĂȘver. Ou comme la chercheuse Damya Laoui, spĂ©ciali sĂ©e dans l’étude du cancer et qui, grĂące aux collectes de fonds d’une ancienne malade du cancer, Yamina Krossa, travaille au dĂ©veloppement d’un vaccin des tinĂ© Ă  prĂ©venir toute rechute. «C’est le bon moment pour faire un don. Trop de malades a eints du cancer en dĂ©cĂšdent en core.»

Comme le chirurgien RĂ©ginald Moreels, dont vous dĂ©couvrirez qu’il est Ă  nouveau «en mission» au Nord-Kivu, au Congo. LĂ  oĂč personne d’autre ne veut ou ne peut aller. Ce qui reste, Ă  72 ans, sa principale motivation.

SOMMAIRE

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Griet Meganck et Dominiek Dumoulin: «Beaucoup de gens sou rent énormément. Nous ne pouvons pas les ignorer»

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RĂ©ginald Moreels: «Nous allons lĂ  oĂč personne ne va»

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L’urgence, moteur du philanthrope moderne

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«Ce numĂ©ro met Ă  l’honneur les donateurs et ceux Ă  qui les dons apportent courage et espoir.»

Mais pas n’importe comment, comme le souligne le couple d’entrepreneurs Dominiek Dumoulin et Griet Meganck: «La philanthropie ne se limite pas Ă  donner de l’argent. Partager une partie de ce qu’on a est enrichissant pour tout le monde», expliquent-ils. Ils n’ont acceptĂ© notre proposition d’interview qu’aprĂšs que nous ayons insistĂ©. Dans l’espoir d’«ainsi inspirer les autres Ă  se montrer un peu plus gĂ©nĂ©reux.»

Jan Van Geet a, lui aussi, hĂ©sitĂ©. Le patron du groupe immobilier VGP a dĂ©cidĂ© il y a trois ans de verser chaque annĂ©e 2% des bĂ©nĂ©ïŹces de son entre prise Ă  une fondation qui investit dans des projets liĂ©s Ă  la biodiversitĂ©, au patrimoine culturel et Ă  la justice sociale, en Belgique et Ă  l’étranger. «En rĂ©alitĂ©, je prĂ©fĂšre travailler dans l’ombre. La fondation ne peut ĂȘtre une forme de lobby dĂ©guisĂ©. Si vous en tendiez les rĂ©cits des personnes qui viennent nous demander de l’aide, vous comprendriez que ce sont eux, les hĂ©ros.»

Ce numéro de Wealth parle aussi de ceux à qui les dons apportent courage et espoir.

Comme l’autoritĂ© mondiale de la maladie d’Al zheimer, Bart De Strooper, qui, grĂące aux campagnes de levĂ©es de fonds de l’entrepreneur-investisseur Ur

Les musiciens du Brussels Phil harmonic tĂ©moignent eux aussi de leur reconnaissance. Ils jouent sur 18 instruments Ă  cordes de quali tĂ© exceptionnelle, dont la valeur totale se monte Ă  deux millions d’euros, et qui sont la propriĂ©tĂ© de collectionneurs privĂ©s. De ce e fa çon, tout le monde peut bĂ©nĂ©ïŹcier de ces sons magniïŹques.

GrĂące Ă  des bourses et des en couragements, de jeunes viticul teurs et sommeliers prome eurs rĂ©alisent leurs ambitions: produire du vin et en faire proïŹter les autres.

Nous sommes aussi allĂ©s Ă  la rencontre de Tho mas MacDonell, en charge du «rĂ©ensauvagement» de 29.000 hectares de Highlands Ă©cossais Ă  la de mande du milliardaire et magnat de la mode Anders Povlsen, l’homme le plus riche du Danemark et plus grand propriĂ©taire foncier privĂ© au Royaume-Uni. Sa mission: restaurer la nature et la biodiversitĂ© originelles.

Les autres rĂ©cits du prĂ©sent numĂ©ro illustrent Ă  quel point les dons peuvent rĂ©ellement faire la diïŹ€Ă© rence. Peut-ĂȘtre vous inciteront-ils Ă  franchir le pas? Vous trouverez sans aucun doute (peut-ĂȘtre mĂȘme dans votre environnement immĂ©diat) un projet cor respondant Ă  vos intĂ©rĂȘts, Ă  vos moyens et qui vous convaincra. «Il ne s’agit pas uniquement de donner de l’argent, mais aussi de donner conïŹance», conclut Urbain Vandeurzen.

VGP: «Nous ne voulons pas transformer nos activités de philanthropie en lobbying caché»

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«Le pire qui puisse arriver à un instrument est de se retrouver derriÚre une vitrine»

30

Urbain Vandeurzen et Bart De Strooper: «Nous pouvons mener des recherches dont nous n’aurions pas osĂ© rĂȘver»

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Charles Lachaux, meilleur jeune vigneron au monde: «Je ne fais pas du vin pour les spéculateurs mais pour les amateurs»

40

Damya Laoui et Yamina Krossa: «Nous aimerions aussi avoir un Marc Coucke comme mécÚne»

44

Comment l’homme le plus riche du Danemark a rendu les Highlands aux Écossais

«Wealth» est une publication de MediaïŹn. SupplĂ©ment de L’Echo du 17 novembre 2022.

Édition: Florence PetrantĂČ, Lay-out: Ilse Janssens, Photo: Tim Ricour, Couverture:

Directeur de rĂ©daction: Isabel Albers, Éditeur responsable: Peter Quaghebeur,

Coordination: Muriel Michel, Katrien Verstraete, Peter Cairns/Northshots, Rédacteur en chef: Paul Gérard, avenue du Port 86c, boßte 309, 1000 Bruxelles.
wealth novembre 2022
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«BEAUCOUP DE GENS SOUFFRENT ÉNORMÉMENT. NOUS NE POUVONS PAS LES IGNORER»

4 wealth novembre 2022

Pour Dominiek Dumoulin et Griet Meganck, gĂ©rants de United Petfood, une entreprise d’aliments pour chiens et chats de 800 millions d’euros, la philanthropie est une seconde nature. «Cet Ă©tĂ©, nous avons fait un barbecue avec 27 Ukrainiens. Cela doit leur faire du bien de se changer les idĂ©es de temps en temps.»

Pendant que Dominiek Dumoulin (51 ans) et sa femme, Griet Meganck (52 ans), posent un peu gauchement pour le photographe –«Vous voyez comme on se dĂ©brouille bien!» –, trois chiens suivent a entivement la scĂšne du regard: deux robustes golden retrievers Ă  poils clairs, Jara et Elvis, et un jeune et fou gueux labrador noir de quatre mois, Jack. Un concentrĂ© d’énergie, lance Griet Meganck. «Nous ne chĂŽmons pas.» «Jara, la plus ĂągĂ©e, a dĂ©jĂ  13 ans et nous devons nous faire Ă  l’idĂ©e qu’elle nous qui era bientĂŽt», explique Do miniek Dumoulin. «Regardez comme elle se traĂźne. Et elle ne veut plus jouer.» C’est ce qui explique la nouvelle recrue. «Les chiens sont de vrais animaux de compagnie. Je dis toujours Ă  ceux qui en adoptent un: si vous le pou vez, prenez-en deux.»

Les discrets copropriĂ©taires de United Petfood, de venu le leader europĂ©en de l’alimentation pour chiens et chats, font tout pour Ă©viter de se retrouver sous les

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projecteurs. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, ils refusent poliment toute interview. Notre premiĂšre demande de rencontre pour discuter de leurs nombreux projets philanthropiques a Ă©galement essuyĂ© un refus. Ils ont toutefois ïŹni par changer d’avis, aprĂšs quelques hĂ©sitations. «La raison pour laquelle nous avons acceptĂ© de vous rencontrer est que nous espĂ©rons pouvoir inspirer d’autres personnes et les encourager Ă  se montrer plus gĂ©nĂ©reuses.»

Ils montrent une photo du groupe de rĂ©fugiĂ©s ukrai niens dont ils s’occupent, principalement des femmes et des enfants et un homme, tous assis Ă  une longue table au soleil. «Cet Ă©tĂ©, nous avons fait un barbecue avec 27 Ukrainiens. Cela doit leur faire du bien de se changer les idĂ©es de temps en temps.»

«Pendant la PremiĂšre Guerre mondiale, ma grandmĂšre s’est rĂ©fugiĂ©e en France, raconte Dominiek. Dans de telles circonstances, il est normal de donner un coup de main. Peu aprĂšs l’invasion de l’Ukraine par la Rus sie, nous avons eu des contacts avec un client de United Petfood qui vit Ă  30 km de Kharkiv, Ă  proximitĂ© de la frontiĂšre russe. Nous avons immĂ©diatement fait appel Ă  notre rĂ©seau pour trouver des logements. Un de nos amis, promoteur immobilier, a mis deux logements-tĂ© moins Ă  disposition. Une connaissance qui se prĂ©parait Ă  louer une habitation l’a gardĂ©e libre. Nous avons pu ainsi accueillir 27 personnes. Le CPAS de Courtrai nous a aussi beaucoup aidĂ©s».

«Je suis restĂ©e en contact via Whatsapp avec Paulina, une personne que je n’avais jamais rencontrĂ©e, enchaĂźne Griet. Elle m’envoyait des messages comme ‘Une famille va bientĂŽt arriver’. La premiĂšre fois que je suis allĂ©e Ă  la gare de Bruxelles-Midi, j’avais vidĂ© mon coïŹ€re pour y caser toutes les valises. Un jeune couple m’a endait

avec un sac Ă  dos, un PC portable et un sac en plastique avec de la nourriture. Ils n’avaient rien d’autre! GrĂące Ă  un ami entrepreneur, propriĂ©taire de Brooklyn, ils ont tout de suite pu aller choisir de nouveaux vĂȘtements.»

«Le deuxiÚme groupe est arrivé en Sko da, continue Dominiek. Six Ukrainiens, un chien et un chat. Ils ont qui é Khar kiv li éralement sous les bombes. Les hommes et les grands-pÚres sont restés en Ukraine».

Pour Griet, «l’aide humanitaire est ïŹnalement une question d’empathie: nous pourrions ĂȘtre Ă  leur place. Si une telle chose vous arrivait, ne seriez-vous pas content que quelqu’un vous aide et vous reme e sur les rails? Ces personnes avaient une trĂšs belle vie, ils faisaient de la voile en Ă©tĂ© sur leur bateau et du VTT le week-end. Aujourd’hui, ils transportent et empilent des boĂźtes dans des usines et des entrepĂŽts des alentours. Leurs maisons ont Ă©tĂ© dĂ©truites. MalgrĂ© tout ce stress et ces incertitudes, ils sont trĂšs courageux. Ils se sont trĂšs vite mis au travail et ont immĂ©diatement commencĂ© Ă  apprendre le nĂ©erlandais.»

Le couple parraine aussi le projet du docteur RĂ©ginald Moreels dans l’est du Congo (cf. encadrĂ©) et participe au ïŹ nancement de See and Smile, une orga nisation qui opĂšre les yeux, les dents et

Dominiek Dumoulin est entrepreneur et fonda teur de United Petfood, créée en 1994 et devenue le leader europĂ©en du secteur de l’alimentation pour chiens et chats. L’en treprise emploie 1.700 personnes et compte 20 Ă©tablissements dans huit pays. Griet Meganck est indĂ©pendante. Le couple a sept enfants et vit Ă  Courtrai. Il soutient les projets du docteur RĂ©ginald Moreels (Uni chir) et est partenaire de l’entreprise sociale Close the Gap au Kenya. Il soutient See and Smile depuis Courtrai, le Fonds Marleen Temmerman, le travail de sƓur Jeanne Devos en Inde, de Jennie Vanlerberghe en faveur des droits des femmes en Afghanistan et Warriors Against Cancer Ă  Cour trai. Le couple est actif dans le cadre des Lions de Buda et de Lys et par raine des participants au Lions Fonds Lisa, qui aide des jeunes souhaitant poursuivre des Ă©tudes supĂ©rieures et qui n’en ont pas la possibilitĂ©.

6 wealth novembre 2022
Dominiek Dumoulin et Griet Meganck
«Nous ne voulons pas nous contenter de donner de l’argent. Parfois, le recours Ă  notre rĂ©seau joue un rĂŽle beaucoup plus important.»
Griet Meganck Copropriétaire de United Petfood

L’analyse des experts

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De plus en plus d’entrepreneurs s’adressent Ă  une banque privĂ©e pour la gestion de leur patrimoine professionnel et privĂ©. C’est un choix judicieux. Aujourd’hui, le banquier privĂ© est un interlocuteur clĂ©. Un expert pluridisciplinaire. Un bĂątisseur de ponts qui, tel un «compagnon de route», aiguillera utilement l’entrepreneur dans son parcours patrimonial.

Entretien avec Nicolas Chauvin, Head of Estate Planning Brussels and Wallonia.

Qu’apporte Degroof Petercam à un entrepreneur ?

« Une approche patrimoniale holistique. Chez nous, un banquier privĂ© fait Ă  la fois o ïŹƒ ce de conïŹdent et de compagnon de route pour l’entrepreneur », explique Nicolas Chauvin. « Avec lui sont abordĂ©s tous les aspects de son patrimoine privĂ© et professionnel, tout au long de sa vie, y compris pour sa famille. Il peut bĂątir des ponts Ă  di ïŹ€Ă©rents stades de la vie de l’entrepreneur entre son patrimoine privĂ© et son entreprise. L’on peut dĂšs lors le qualiïŹer de « compagnon de route » en ce sens qu’il accompagne l’entrepreneur dans la gestion de son patrimoine tout au long de son parcours. »

L’entrepreneur n’est-il pas dĂ©jĂ  suïŹƒsamment entourĂ© de conseillers en tous genres ?

Le banquier peut en outre jouer un rÎle de « traducteur » en expliquant la portée de conseils techniquement avisés et parfois complexes dans un langage compréhensible ! »

Comment faites-vous la diïŹ€Ă©rence ?

« Au sein de la banque, nous disposons d’un large Ă©ventail d’expertises pointues. Nos juristes spĂ©cialisĂ©s en droit civil et en droit ïŹscal sont Ă  mĂȘme d’élaborer des planiïŹcations patrimoniales sur mesure, souvent en collaboration avec le(s) conseiller(s) du client. Dans ce cadre, le banquier privĂ© fera le pont en aval entre le client et nos di ïŹ€Ă©rents spĂ©cialistes. Nos banquiers privĂ©s, aidĂ©s le cas Ă©chĂ©ant par nos di ïŹ€Ă©rents experts, maĂźtrisent parfaitement le volet ïŹscal d’instruments ïŹnanciers classiques comme les actions, les obligations mais aussi plus spĂ©ciïŹques tels que les fonds de Private Equity. D’autres aspects comme, par exemple, les sicav RDT, les fusions et acquisitions, les plans de stock-options ou la pension peuvent Ă©galement ĂȘtre examinĂ©s. »

Vous avez mentionnĂ© le rĂŽle de conïŹdent du banquier privĂ© ?

avocats sont dans leur mettre en Ɠuvre
 au niveau de bancaire.

« En e ïŹ€et, un entrepreneur est gĂ©nĂ©ralement bien entourĂ©. Mais si, par exemple, les comptables ou les avocats sont techniquement compĂ©tents dans leur domaine, leurs solutions ne sont pas toujours aisĂ©es Ă  mettre en Ɠuvre
 au niveau de la pratique bancaire.

« ConïŹdent ou personne de conïŹance parce que si le banquier privĂ© doit naturellement pouvoir oïŹ€rir une large expertise technique, il doit Ă©galement faire preuve d’une grande maturitĂ©. Son empathie, son recul et son expĂ©rience lui permettront notamment d’aborder certaines questions dĂ©licates lors de la transmission d’une entreprise. Mes enfants sont-ils en mesure de gĂ©rer conjointement l’entreprise ? Lequel de mes enfants est rĂ©ellement en mesure d’assurer la pĂ©rennitĂ© de l’entreprise ? Des questions parfois sensibles mais incontournables et qui requiĂšrent d’avoir Ă©tabli un degrĂ© de conïŹance elevĂ© avec nos clients. »

Vous cherchez un « compagnon de route » ? Prenez alors un rendez-vous sans engagement avec un banquier privĂ© chez Degroof Petercam. Il sera heureux d’examiner avec vous les possibilitĂ©s envisageables pour vos actifs et votre entreprise. GrĂące au code QR, il est facile de ïŹxer un rendez-vous. A bientĂŽt !

Un banquier privé comme « compagnon de route » : un gage de réussite pour les entrepreneurs.
Nicolas Chauvin Head of Estate Planning Brussels and Wallonia chez Degroof Petercam

les enfants souïŹ€rant d’un bec-de-liĂšvre dans plusieurs pays africains. Au Kenya, ils sont partenaires commer ciaux de l’entrepreneur social Olivier Vanden Eynde qui, avec Close the Gap, dirige un centre de recyclage et de rĂ©cupĂ©ration de matĂ©riel informatique dans la ville portuaire de Mombasa et gĂšre un centre de formation et un incubateur d’entreprises. Toujours Ă  Mombasa, ils soutiennent la gynĂ©cologue Marleen Temmerman et son travail sur la santĂ© sexuelle.

Ces activités sont trÚs di érentes, comment les sélectionnez-vous?

Dominiek Dumoulin: Nous soutenons surtout les pro jets oĂč les frais gĂ©nĂ©raux et administratifs ne sont pas trop Ă©levĂ©s et oĂč les gens font rĂ©ellement la diïŹ€Ă©rence. Ils sont le moteur, nous donnons simplement un peu de carburant. Nous suivons notre instinct. Si nous ne sentons pas bien les choses, nous nous abstenons. Il nous arrive aussi de nous tromper. Mais c’est bien pire d’ĂȘtre indiïŹ€Ă©rent. Cela fait chaud au cƓur de voir que ce que nous donnons est utilisĂ© Ă  bon escient et directement pour ceux qui en ont besoin. Et que ce ne soit pas noyĂ© dans la masse.

Griet Meganck: Nous nous rendons aussi rĂ©guliĂšre ment sur place et nous emmenons parfois nos enfants. Ici, nous vivons tous trĂšs bien. Nos enfants doivent Ă©ga lement apprendre Ă  penser aux autres. Il faut se rendre dans ces missions pour constater l’impact potentielle ment important de petits gestes, comme les lune es que nous aidons Ă  collecter pour See and Smile ou les mĂ©dicaments qui sont achetĂ©s pour les missions. LĂ -bas, les mĂ©decins opĂšrent des malades souïŹ€rant de cataracte avancĂ©e. Ils perme ent li Ă©ralement Ă  des aveugles de recouvrer la vue; c’est presque comme dans la Bible (elle rit). Non pas que nous soyons tellement croyants. Nos connaissances mĂ©dicales sont minimes mais, malgrĂ© tout, nous pouvons aider. Je m’occupais de l’adminis tration tandis que Dominiek se chargeait des panneaux avec les petites le res pour les premiers tests oculaires.

DD: Marnix Claeys, le prĂ©sident et moteur de l’associa tion, est notre ophtalmologue. Chaque annĂ©e, il se rend en Afrique avec plusieurs dentistes et ophtalmologues pour opĂ©rer gratuitement pendant quelques semaines, de huit heures du matin Ă  huit heures du soir. Lorsque nous arrivons le matin, deux Ă  trois cents personnes sont dĂ©jĂ  lĂ  Ă  les a endre. Il faut un peu de temps pour que les mĂ©decins s’habituent Ă  ces conditions. L’un d’eux s’est un jour rendu directement d’Afrique en NorvĂšge. Lorsqu’il a ouvert sa valise, des cafards en sont sortis, ramenĂ©s du Burundi. Ici aussi, nous avons de la pauvretĂ©, c’est sĂ»r, mais lĂ -bas, elle est trĂšs rĂ©pandue et extrĂȘme. C’est bien simple: ces gens n’ont rien.

À quel point vous impliquez-vous personnellement dans ces projets?

GM: Nous ne voulons pas nous contenter de donner de l’argent. Parfois, le recours Ă  notre rĂ©seau joue un rĂŽle beaucoup plus important. Lorsque RĂ©ginald a besoin de certains Ă©quipements, nous cherchons des fournisseurs susceptibles de nous accorder une belle ristourne ou d’aider d’une autre façon. Souvent, il s’agit de trouver la bonne personne. Les gestionnaires de la marque de vĂȘtements Filou & Friends sont des amis. Pendant l’étĂ©, ils ont distribuĂ© des colis aux familles ukrainiennes

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«En rĂ©alitĂ©, nous faisons nous-mĂȘmes peu de choses. Nous apportons un soutien ïŹnancier et moral. Nous essayons de trouver de l’aide supplĂ©mentaire.»
Dominiek Dumoulin Copropriétaire de United Petfood

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avec enfants. Ils vont recommencer cet hiver. Ce sont des vĂȘtements d’anciennes collections, mais cela n’a pas d’importance.

DD: En rĂ©alitĂ©, nous faisons nous-mĂȘmes peu de choses. Nous ap portons un soutien ïŹnancier et moral. Nous essayons de trouver de l’aide supplĂ©mentaire. Nous rĂ©ïŹ‚Ă©chissons avec eux Ă  la mise en Ɠuvre d’idĂ©es d’activitĂ©s commerciales.

GM: Prenez le centre chirurgical du docteur Moreels. Nous rĂ©ïŹ‚Ă© chissons Ă  la maniĂšre dont le centre peut gĂ©nĂ©rer des revenus et nous Ă©tudions s’il est possible de l’exploiter commercialement.

DD: À terme, l’objectif est de rendre le projet autosuïŹƒsant. Nous prĂ©fĂ©rons soutenir les associations qui apprennent Ă  pĂȘcher au lieu de distribuer du poisson. Raison de plus pour investir dans une entreprise comme Close the Gap au Kenya (qui soutient l’entrepreneuriat local, NDLR). Lorsque vous Ă©changez avec eux, vous discutez d’égal Ă  Ă©gal. Si vous donnez de l’argent, la relation est totalement di ïŹ€Ă©rente. Ça ne peut pas durer comme cela trĂšs longtemps car vous ne pouvez pas Ă©ternellement faire des dons. Finalement, ce sont les entreprises qui crĂ©ent du progrĂšs et de la richesse pour tout le monde. C’est, selon moi, la seule façon d’avancer collectivement, y compris dans des zones qui connaissent aujourd’hui de grandes diïŹƒcultĂ©s.

Que trouvez-vous le plus gratiïŹant?

DD: Nous trouvons trĂšs enrichissant de nous asseoir autour de la table avec les forces motrices des projets et d’apprendre d’elles, ou de les me re en contact les unes avec les autres aïŹn de faire naĂźtre de nouvelles

idĂ©es. Il en sort d’incroyables rencontres. Nous avons aussi rencontrĂ© Desmond Tutu, l’ancien archevĂȘque sud-africain. Ce fut une expĂ©rience inoubliable.

Bon nombre des projets que vous soutenez se situent en Afrique. Y a-t-il une raison particu liĂšre Ă  cela?

GM: Nous y avons beaucoup voyagĂ© et nous nous y sen tons bien. Les gens, les parfums. C’est un continent trĂšs spĂ©cial. Nous sommes trĂšs engagĂ©s en Belgique.

DD: Mais oĂč que vous alliez, les besoins sont Ă©normes. Via le Lions Club – dont nous sommes tous deux membres –, nous avons dĂ©jĂ  fait plusieurs fois du bĂ©nĂ©volat au refuge pour sans-abri de Courtrai.

GM: Une fois, mĂȘme, le soir de la Saint-Valentin (elle rit).

DD (imperturbable): Entre le 1er novembre et dĂ©but mars, il y a chaque soir un volontaire prĂ©sent pour aider. Nous y avons vu toutes sortes de choses. Un homme ivre sur le point de se jeter dans la Lys, un jeune de 15 ans venu s’inscrire dans un froid glacial et que les parents refusaient de venir chercher. Vous pouvez vous retrouver dans ce genre de situation plus vite que vous ne le pensez.

GM: J’y ai rencontrĂ© un monsieur trĂšs distinguĂ©, avec deux luxueuses valises. C’était un ancien dentiste qui s’est retrouvĂ© dans une situation trĂšs diïŹƒcile aprĂšs une sĂ©paration.

DD: Ou bien des gens qui ont tout perdu Ă  cause de leur toxicomanie. De nombreuses personnes souïŹ€rent beaucoup. Nous n’avons pas le droit de dĂ©tourner le regard.

Je suis en colĂšre quand je lis que des enfants meurent de faim en Somalie, en proie Ă  une guerre civile. Et que nous ne rĂ©ussissons pas Ă  acheminer de la nourriture, alors que des convois pourraient ĂȘtre organisĂ©s par l’Europe et les États-Unis. Si le monde dĂ©pense 2.000 milliards de dollars en armement et si l’Arabie saou dite organise les Jeux d’hiver asiatiques, il devrait ĂȘtre possible de faire en sorte que chaque personne ait suf ïŹsamment Ă  manger, non?

Comment décidez-vous du montant de vos dons?

DD: C’est trĂšs personnel. Aujourd’hui, 300 milliards d’euros dorment sur des comptes d’épargne qui ne rapportent rien. Les gens font de beaux voyages, du ski, des city-trips. Il faut continuer, certes, mais partager une petite partie de ce qu’on a est enrichissant pour tout le monde. Imaginez que chaque personne qui en a la possibilitĂ© me e de cĂŽtĂ© 1 ou 2% de ses revenus: vous seriez surpris de voir le montant qui pourrait se libĂ©rer.

Est-ce que cela vaut aussi pour vous?

DD: Nous ne pensons pas en termes de pourcentage mais nous analysons les besoins et la façon dont nous pouvons les satisfaire. Lorsque nous nous sommes mariĂ©s, nous n’avons pas demandĂ© de cadeaux, mais des dons pour

and Smile.

Combien avez-vous reçu?

DD: Beaucoup!

GM (elle rit): Oui, c’était pas mal.

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«L’aide humanitaire est ïŹnalement une question d’empathie: nous pourrions ĂȘtre Ă  leur place. Si une telle chose vous arrivait, ne seriez-vous pas content que quelqu’un vous aide et vous reme e sur les rails?»
Griet Meganck Copropriétaire de United Petfood

LE PRIVATE EQUITY INTERNATIONAL

www.integra.fund

Le private equity, qui consiste Ă  investir dans des entreprises non cotĂ©es en Bourse, ne cesse de gagner en popularitĂ©. Principal acteur belge du secteur, Integra facilite l’accĂšs au capital-investissement international: “Nous construisons un portefeuille diversiïŹĂ© de fonds et de co-investissements actifs en AmĂ©rique du Nord, en Europe, en Asie et en OcĂ©anie.”

Toutes les entreprises prospĂšres ne procĂšdent pas Ă  une introduction en Bourse, car – et ces derniers mois l’ont Ă  nouveau dĂ©montrĂ© – les marchĂ©s sont volatils et rĂ©agissent souvent de maniĂšre Ă©motionnelle. “Par consĂ©quent, un nombre croissant d’entreprises matures et rentables quittent la Bourse ou n’y entrent jamais – pensez Ă  Resilux et Sioen, notamment”, note Ralf De Clercq, cofondateur du fonds d’investissement Integra. “Qui restera? Des start-up technologiques qui ont besoin d’argent. Ce n’est certes pas un problĂšme en soi mais, pour les investisseurs qui veulent que leur portefeuille reïŹ‚Ăšte l’ensemble de l’économie, la Bourse ne suïŹƒt pas.”

Ces entreprises de premier plan sont de plus en plus dĂ©tenues par des fonds d’investissement privĂ©s internationaux, accessibles uniquement aux investisseurs professionnels. Pour l’investisseur individuel, mĂȘme celui

qui dispose d’un patrimoine confortable, l’accĂšs et plus encore la sĂ©lection demeurent un exercice complexe.

Les investissements minimums s’élĂšvent frĂ©quemment Ă  plusieurs millions, ce qui rend la diversiïŹcation gourmande en capital, mais il est aussi beaucoup plus diïŹƒcile d’obtenir de bonnes informations sur ces fonds et donc d’opĂ©rer la sĂ©lection nĂ©cessaire.

Sélection, sélection, sélection

C’est pourquoi Ralf De Clercq, Johan Heirbrandt et Bernard Hendrikx ont lancĂ© Integra en 2018. Forts d’une vaste expĂ©rience du capital-investissement acquise dans le secteur bancaire, ils souhaitaient Ă©largir les possibilitĂ©s oïŹ€ertes aux clients belges fortunĂ©s par le biais d’un fonds propre. “Le private equity ne se limite pas Ă  l’accĂšs Ă  quelques fonds, il exige une sĂ©lection approfondie”, prĂ©vient Ralf De Clercq. “La localisation est Ă  l’immobilier ce qu’est la

sĂ©lection au capital-investissement. Pour rĂ©aliser cette sĂ©lection, il faut avoir accĂšs Ă  de trĂšs nombreux fonds. Nous utilisons un rĂ©seau construit durant plus de 15 ans ainsi que l’analyse de centaines de fonds de private equity dans le monde. Parmi ceux-ci, Integra eïŹ€ectue un tri rigoureux aïŹn de constituer un portefeuille de fonds et de co-investissements de premier ordre.”

Pour Integra, il faut que les fonds choisis aient une vision des entreprises sous-jacentes. “Ils doivent apporter une vĂ©ritable valeur ajoutĂ©e sur le plan opĂ©rationnel, par exemple en favorisant l’internationalisation ou la numĂ©risation.”

Une telle sĂ©lection implique le dĂ©ploiement d’une Ă©quipe d’envergure. Celle d’Integra, composĂ©e de huit personnes – la plus importante de Belgique pour les investissements en fonds et co-investissements –, voyage Ă©normĂ©ment pour visiter les fonds

et les sociĂ©tĂ©s sous-jacentes dans lesquels elle investit. “La semaine prochaine, je serai aux États-Unis pour rencontrer une sĂ©rie de fonds sur le terrain et eïŹ€ectuer une due diligence approfondie. Cette façon de procĂ©der est essentielle, selon nous. Nous n’employons pas de vendeurs, uniquement des professionnels de l’investissement.”

Les investisseurs d’Integra bĂ©nĂ©ïŹcient ainsi d’une diversiïŹcation qu’il leur serait difïŹcile d’obtenir sans le fonds, et, partant, de rendements un peu plus Ă©levĂ©s que ce qu’oïŹ€re habituellement le private equity. “En gĂ©nĂ©ral, un portefeuille diversiïŹĂ© de capital-investissement rapporte environ 15% net par an”, chiïŹ€re Ralf De Clercq. L’approche d’Integra porte ses fruits, puisque le rendement de son premier fonds est bien supĂ©rieur Ă  cette moyenne. L’entreprise est par ailleurs en train de lancer son deuxiĂšme fonds, baptisĂ© Integra Global Fund.

À PROPOS D’INTEGRA

- Fondé en 2018

- Partenaires: Ralf De Clercq, Johan Heirbrandt et Bernard Hendrikx

- GĂšre plus de 330 millions d’euros conïŹĂ©s par 260 investisseurs

- Répartition sur deux fonds, dont le second, Integra Global Fund, est actuellement en phase de levée de fonds

- Plus de 200 sociĂ©tĂ©s d’AmĂ©rique du Nord et d’Asie en portefeuille

www.integra.fund

“Pour les investisseurs qui veulent que leur portefeuille reflĂšte l'ensemble de l'Ă©conomie, la Bourse ne suffit pas.”

offre aux entreprises, organisations et organismes publics l’accĂšs au rĂ©seau de L’Echo, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de L’Echo. Integra est responsable du contenu.

est incontournable pour un portefeuille d’investissements diversifiĂ©
RALF DE CLERCQ COFONDATEUR DU FONDS DE PRIVATE EQUITY INTEGRA Ceci est une publicitĂ©. Les investisseurs intĂ©ressĂ©s par le Fonds Integ ra Global sont sur le point d’acheter un produit qui n’est pas facile et peut-ĂȘ tre difïŹ cile Ă  comprendre. Cet article concerne une offre non publique de parts d’un organisme de placement collectif alternatif en Belgique, conformĂ©ment aux exemptions applicables conc ernant les offres publiques prĂ©vues par la lĂ©gislation relative Ă  la publication d’un prospectus et la loi OPCA. Un investisse ment dans un tel produit implique un risque Ă©levĂ© et ne convient qu’aux inves tisseurs professionnels et sophistiquĂ©s qui comprennent et acceptent les diffĂ©rents risques. Un tel investissem ent ne peut ĂȘtre effectuĂ© que sur la base de la documentation ïŹ nale du fonds qu i peut ĂȘtre obtenue comme suit : par e-mail envoyĂ© Ă  GP@integra.fund. Les performances passĂ©es auxquelles il es t fait rĂ©fĂ©rence dans le prĂ©sent document ne sont pas des indicateurs des per formances futures.

RÉGINALD MOREELS: «NOUS ALLONS LÀ OÙ PERSONNE NE VA»

Dans une des rĂ©gions les plus dĂ©chirĂ©es du globe, Ă  Beni, dans l’est du Congo, l’infatigable chirurgien RĂ©ginald Moreels construit un poste mĂ©dical et un centre de formation. «Ici, il n’y a personne, Ă  part une mission aussi onĂ©reuse qu’inutile des Nations unies.»

Nous l’appelons quelques jours avant son dĂ©part pour un nouveau sĂ©jour d’un mois au Congo. C’est la 25e fois que RĂ©ginald Mo reels part Ă  l’étranger pour apporter une aide mĂ©dicale dans des zones oubliĂ©es et dĂ©pourvues de tout. «En mission», dit-il luimĂȘme Ă  juste titre. Il s’envolera bientĂŽt vers l’Ouganda, en compagnie de deux inïŹrmiers et d’un anesthĂ©siste stagiaire qui se sont portĂ©s volontaires pour prodiguer des soins mĂ©dicaux en tant que bĂ©nĂ©voles pendant un mois. Il leur faudra sept heures de route pour traverser l’Ouganda, passer la frontiĂšre Ă  Kasindi, et en suite encore une heure et demie Ă  travers la puissante et gigantesque forĂȘt congolaise des Virunga, oĂč vivent Ă©galement les gorilles. D’ici lĂ , Radio Tam Tam aura fait son travail. L’arrivĂ©e du mĂ©decin aura Ă©tĂ© annoncĂ©e sur les radios locales et dans les prĂȘches du dimanche. «‘Le Blanc est arrivĂ©, le docteur, le vieux est lĂ .’ Depuis des annĂ©es, je suis le seul mĂ©decin blanc qui se rend dans la rĂ©gion. Ils me connaissent.»

RĂ©ginald Moreels (72 ans) a Ă©tĂ© secrĂ©taire d’État et sĂ©nateur. Mais il est et reste avant tout mĂ©decin. Fonda teur de MĂ©decins sans frontiĂšres en Belgique, il en fut pendant des annĂ©es le prĂ©sident. Il a travaillĂ© comme chirurgien dans les rĂ©gions les plus dangereuses, de la Somalie Ă  la Syrie.

Depuis 2014, il travaille au Nord-Kivu, au Congo, à partir de la ville de Beni. «Une ville sûre», souligne-t-il,

mais elle se situe Ă  l’épicentre d’une des rĂ©gions les plus dangereuses au monde. Le sol regorge de trĂ©sors comme l’or, les diamants, le coltan et le cobalt. Ses champs et ses forĂȘts sont le terrain de jeu d’un enchevĂȘtrement de milices, souvent soutenues par les pays voisins qui lorgnent sur ces richesses minĂ©rales. Les Nations Unies en ont dĂ©nombrĂ© 50, explique-t-il, des rebelles tutsis congolais M23, associĂ©s aux enfants soldats et aux viols, Ă  l’ADF, rĂ©cemment aïŹƒliĂ© Ă  Al-QaĂŻda. «Il y a Ă©galement des dĂ©capitations dans la rĂ©gion...»

Le conïŹ‚it est qualiïŹĂ© «de silencieux» mais il a fait des millions de morts au cours des derniĂšres dĂ©cennies. Des centaines de milliers de personnes se sont enfuies ou vivent dans des camps. Chaque jour compte son lot de victimes suite aux aïŹ€rontements entre l’armĂ©e et les rebelles ainsi qu’entre citoyens. «Les gens sont massacrĂ©s dans les champs.» Les organisations internationales qualiïŹent la rĂ©gion de «zone rouge» et pratiquement aucune aide n’est fournie. Aucune nĂ©gociation de paix signiïŹcative n’est en cours. «C’est le blabla internatio nal classique», estime RĂ©ginald Moreels, qui s’est rendu auprĂšs du pape François et du roi Philippe pour plai der pour une solution. PrĂšs de 1,5 million de personnes doivent se dĂ©brouiller sans soins mĂ©dicaux dignes de ce nom. Les cĂ©sariennes et les opĂ©rations d’urgence sont pratiquĂ©es par des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes. «Ici, il n’y a personne, Ă  part une mission aussi onĂ©reuse qu’inutile de l’ONU. Nous allons lĂ  oĂč les autres ne vont pas: c’est ce qui me motive.»

En rangs serrĂ©s, les habitants font la queue lorsqu’il commence ses consultations Ă  l’hĂŽpital local, qui compte deux salles d’opĂ©ration et 20 lits. Tumeurs, accouche ments, ïŹstules, complications, hernies inguinales, ex croissances dues au manque d’iode dans l’alimentation. «Nous allons ĂȘtre submergĂ©s. Les gens reportent leurs soins aussi longtemps que possible en a endant notre arrivĂ©e.»

Il a fondĂ© l’Unichir (Surgical Project Beni), avec le soutien d’Architectes sans frontiĂšres, d’Ondernemers voor Ondernemers, d’IngĂ©nieurs sans frontiĂšres et de l’hĂŽpital Saint-Jean Ă  Bruges. Outre l’envoi d’équipes de professionnels de la santĂ© – qui se dĂ©placent bĂ©nĂ©vole ment et temporairement pour intervenir – et de matĂ©riel mĂ©dical, un centre permanent de soins et de formation pour les travailleurs de la santĂ© est en cours de construc tion. «Nous eïŹ€ectuons une sĂ©lection rigoureuse et nous exigeons la meilleure qualitĂ©. Ensuite, cela deviendra un projet des Congolais. Le centre est lĂ  pour durer.»

Il a besoin d’un million d’euros pour commencer et de 1,5 million d’euros pour le budget de fonctionnement. Le nouveau centre devrait ouvrir ses portes au cours de l’étĂ© 2023, mais la collecte de fonds reste un vrai cassetĂȘte. MĂȘme si le projet peut compter sur le soutien im portant de Dominiek Dumoulin et de sa femme, Griet Meganck. «Le meilleur soutien imaginable.» C’est ainsi

12 wealth novembre 2022
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qu’il qualiïŹe le couple d’entrepreneurs. «Sur les plans logistique, ïŹnancier et humain.»

RĂ©ginald Moreels travaille Ă©galement Ă  un modĂšle d’exploitation pour le centre de soins. «Je suis contre la gratuitĂ© des soins, sauf aprĂšs un tremblement de terre ou une autre catastrophe de ce type. Ici, il n’y a pas d’as surance maladie, c’est pourquoi nous souhaitons ‘mu tualiser’ une partie des frais en faisant payer les patients selon leurs possibilitĂ©s. Les Congolais pauvres paieraient moins et les riches – il existe des Congolais millionnaires – paieraient beaucoup plus, en Ă©change par exemple d’une chambre particuliĂšre. Si nous pouvons dĂ©montrer que cela fonctionne, d’autres se diront peut-ĂȘtre: ‘Sapristi, c’est intĂ©ressant’. C’est aussi un de nos objectifs.»

«Ici, il n’y a pas d’assurance maladie, c’est pourquoi nous souhaitons ‘mutualiser’ une partie des frais en faisant payer les patients selon leurs possibilitĂ©s.»

Réginald Moreels Chirurgien

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RÉPONDRE À L’URGENCE, LE MOTEUR DU PHILANTHROPE MODERNE

La philanthropie, autrefois l’apanage des Ă©lites, a gagnĂ© toutes les composantes de la sociĂ©tĂ©. Quels que soient votre motivation et vos moyens, di ïŹ€Ă©rentes pistes s’oïŹ€ rent Ă  vous.

C’est au plus fort des crises que la philanthropie donne le meilleur d’elle-mĂȘme.

On est donc servis
 «Il y a eu la crise du covid – qui a suscitĂ© une mobilisation exceptionnelle –, les inonda tions, la crise Ă©nergĂ©tique et le climat qui s’impose durablement en toile de fond. Et Ă  l’avenir, les crises ne vont sans doute faire que s’enchaĂźner et se superposer Ă  un rythme toujours plus soutenu», expose JĂ©rĂ©mie Leroy, directeur Ă  la Fondation Roi Baudouin (FRB). L’accĂ©lĂ©ration des dĂ©ïŹs renforce la prise de conscience, et la motivation des philanthropes a chan gĂ©. «Aujourd’hui, on n’agit plus par idĂ©al, mais pour rĂ©pondre Ă  l’urgence», constate Silvia Steisel, administratrice dĂ©lĂ©guĂ©e de la Fondation Degroof Petercam.

Par consĂ©quent, les bienfaiteurs n’af ïŹchent plus le mĂȘme visage non plus. La philanthropie, autrefois l’apanage des Ă©lites, a gagnĂ© toutes les composantes de la sociĂ©tĂ©. La vieille tante Yvonne sans hĂ© ritiers et des lignĂ©es de philanthropes qui perpĂ©tuent spontanĂ©ment la tradition

sont rejoints par des jeunes, des familles et des entrepreneurs de 40-50 ans ayant ont fait fortune. Des gens de tous horizons qui veulent faire quelque chose mainte nant, de leur vivant, sans a endre qu’il ne soit, peut-ĂȘtre, trop tard! Chacun avec ses moyens – fussent-ils modestes – et ses caractĂ©ristiques. En quĂȘte de sens.

Les modĂšles inspirants des Ă©lites restent certes un socle essentiel. Bill Gates, MacKenzie Sco (l’actionnaire d’Ama zon), et plus rĂ©cemment Yvon Chouinard, le fondateur de Patagonia, ont marquĂ© les esprits. Un formidable coup de projec teur, une force de frappe ïŹnanciĂšre hors norme, et un bon baromĂštre des causes prioritaires. Mais l’évolution des techno logies, les nouveaux outils et les nouvelles façon de communiquer ont rĂ©volutionnĂ© les modes de rĂ©colte et de redistribution des dons et permis de rallier ces autres pu blics, dĂ©sireux que les choses aillent vite.

Un glissement s’opĂšre de ce fait Ă©ga lement au niveau des thĂ©matiques. «Le traditionnel trio de prĂ©dilection que sont la santĂ©, la lu e contre la pauvretĂ©, la culture et le patrimoine cĂšdent du ter rain au rĂ©chauïŹ€ement climatique et Ă  la biodiversité», constate JĂ©rĂ©mie Leroy.

14 wealth novembre 2022
TEXTE: MURIEL MICHEL
«La philanthropie ne se limite pas Ă  alimenter une fondation. Pour Ɠuvrer Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, les gens peuvent donner du temps, des moyens, du mobilier, de l’argent et des compĂ©tences.»
Ludwig Forrest Conseiller en philanthropie Ă  la Fondation
Roi Baudouin

1QUELLE THÉMATIQUE PRIVILÉGIER?

La philanthropie naĂźt toujours d’une mo tivation personnelle et Ă©motionnelle. «Un voyage qui doit se rĂ©ïŹ‚Ă©chir, se discuter et mĂ»rir», explique JĂ©rĂ©mie Leroy. La FRB fait d’ailleurs du conseil sur mesure, et propose divers outils pour toutes les thĂ© matiques et Ă  toute les Ă©chelles. De la plus locale Ă  la planĂšte entiĂšre. «Parfois, les gens arrivent avec une idĂ©e bien prĂ©cise. En l’explorant, on les amĂšne Ă  dĂ©couvrir d’autres champs d’action et outils qui se raient susceptibles d’accroĂźtre l’envergure et le pouvoir de leur action philanthro pique», poursuit-il.

Pour identiïŹer son moteur, le phi lanthrope doit se poser un question essentielle: que veut-il changer dans ce monde? «Les causes urgentes Ă©tant aussi les plus complexes, elles sont diïŹƒciles Ă  apprĂ©hender. Les (nĂ©o)philanthropes ne savent souvent pas par quoi commencer et ni comment faire. Ils ont donc ten dance Ă  faire conïŹance aux associations qui Ɠuvrent dĂ©jĂ  sur le terrain. Cet aveu de faiblesse est une a itude assez neuve», constate Silva Steisel.

«La philanthropie ne se limite Ă©vi demment pas Ă  alimenter une fondation. Pour Ɠuvrer Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, les gens peuvent donner du temps, des moyens, du mobilier, de l’argent et des compĂ©tences», ajoute Ludwig Forrest, conseiller en phi lanthropie Ă  la FRB.

Faire un don, investir dans une sociĂ© tĂ© non cotĂ©e, se lancer dans la venture philanthropie (accompagner des asso ciations et leur oïŹ€rir une expertise pour les aider Ă  se professionnaliser, Ă  amĂ©lio rer leur organisation et leur gestion)
 La ïŹnance fait Ă©galement partie des so lutions.

les jeunes qui mordent Ă  Be er sont sur tout dĂ©sireux de faire leur chemin, leurs propres choix, de trouver une cause de prĂ©dilection et d’ĂȘtre partie prenante aux solutions. Ils veulent crĂ©er du lien avec une association, intĂ©grer une communau tĂ© rassemblĂ©e autour de mĂȘmes valeurs», ajoute-t-elle.

2LES OUTILS

«À la FRB, il est possible de crĂ©er un fonds avec un capital Ă  votre nom, Ă  partir de 75.000 euros. Un exemple? Vous ĂȘtes cĂ©libataire sans enfants et propriĂ©taire d’un appartement. À votre dĂ©cĂšs, vous transme ez ce bien immobilier Ă  la Fon dation qui lance un fonds, Ă  votre souve nir et Ă  votre nom, selon vos vƓux, avec une garantie de pĂ©rennitĂ© sur le trĂšs long terme», dĂ©taille JĂ©rĂ©mie Leroy. «Une autre personne lĂšguera un capital dont on ne prĂ©lĂšve qu’une partie chaque annĂ©e, ce qui garantit une pĂ©rennitĂ© Ă  long terme. Certains versent une somme chaque an nĂ©e et souhaitent qu’elle soit dĂ©pensĂ©e dans les 18 mois. Tout est possible »

3BETTER: PREMIER PAS DU PARCOURS D’UN FUTUR PHILANTHROPE

Be er est la porte d’entrĂ©e idĂ©ale pour les nĂ©ophilanthropes. «Une plateforme digitale destinĂ©e aux ‘millennials’ (30-45 ans) pressĂ©s d’embarquer dans la philan thropie, et qui ne savent ni que faire ni par oĂč commencer», rĂ©sume Marie LogĂ©, cofondatrice de Be er. Et ce, alors que la Belgique compte chaque annĂ©e davan tage de donateurs, mais qui eïŹ€ectuent des dons plus modestes.

Via un abonnement solidaire digital (Ă  partir de 5 euros par mois), Be er permet Ă  ses utilisateurs de dĂ©couvrir, chaque mois, une association rigoureusement sĂ©lectionnĂ©e. «À ce jour, le montant men suel moyen est de 17 euros. Il faut le voir comme un abonnement dĂ©couverte de 12 causes dans la thĂ©matique choisie par la personne», assure Marie LogĂ©.

Il est d’ailleurs intĂ©ressant de noter que les thĂ©matiques de prĂ©dilection changent de façon radicale au grĂ© de l’actualitĂ©. «En dĂ©but d’annĂ©e, la thĂ©matique des rĂ©fugiĂ©s Ă©tait choisie par 10% des visiteurs du site. C’est montĂ© Ă  50 ou 60% avec le dĂ©clen chement de la guerre en Ukraine. Mais ïŹn septembre/dĂ©but octobre, tous les visiteurs ont choisi la pauvretĂ© comme priorité», prĂ©cise-t-elle. Des options di rectement dictĂ©es par l’urgence, la volontĂ© d’ĂȘtre utile directement et d’avoir un im pact trĂšs rapide sur le terrain.

«Alors que leurs aßnés donnaient avant tout par tradition, habitude ou amitié,

4DONS, LEGS (EN DUO)


Les dons Ă  la FRB, comme Ă  toutes les ASBL disposant de l’agrĂ©ment fĂ©dĂ©ral, ouvrent le droit Ă  une a estation ïŹscale qui per met de rĂ©cupĂ©rer 45% du montant (min. 40 euros) via votre dĂ©claration ïŹscale. Si l’argent est lĂ©guĂ© par testament, au dĂ©cĂšs du lĂ©gataire des droits de succession rĂ©duits (7% en Wallonie et Ă  Bruxelles, voire de 0% en Flandre depuis juillet 2021) sont prĂ©levĂ©s.

Lorsqu’une personne n’a que de la famille Ă©loignĂ©e – qui sera donc forte ment taxĂ©e – dont elle souhaite faire son hĂ©ritier, le legs en duo est une solution avantageuse. Ce e technique consiste Ă  lĂ©guer une partie de son patrimoine Ă  ce e personne et l’autre partie Ă  une association ou une fondation, faible ment taxĂ©e en droits de succession, qui se chargera de payer la totalitĂ© des droits de succession. Comme cela reprĂ©sente une charge administrative et ïŹnanciĂšre, le montant lĂ©guĂ© Ă  la bonne Ɠuvre doit ĂȘtre assez important pour que l’opĂ©ration soit suïŹƒsamment «rentable» pour elle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la RĂ©gion ïŹ‚amande a mis ïŹn au legs en duo et instaurĂ© des droits Ă  taux zĂ©ro pour les legs aux associations et fondations. ■

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VGP: «NOUS NE VOULONS PAS TRANSFORMER NOS ACTIVITÉS DE PHILANTHROPIE EN LOBBYING CACHÉ»

16 wealth novembre 2022

Au Tadjikistan, la Fondation VGP soutient des projets visant Ă  protĂ©ger l’habitat des yacks (ci-dessous) et des lĂ©opards des neiges (Ă  droite).

Des lĂ©opards des neiges au Kirghizistan aux danses bourguignonnes Ă  Anvers: ces derniĂšres annĂ©es, le groupe d’immobilier logistique VGP a investi, via sa propre fondation, dans une grande variĂ©tĂ© de projets caritatifs. MalgrĂ© le changement de conjoncture, il est important de continuer Ă  faire tourner ce moteur philanthropique.

Les «Basses Danses», un manuscrit aussi rare que luxueux rassemblant la musique et la chorĂ©graphie de 58 danses populaires il y a 500 ans Ă  la cour de Marguerite d’Autriche, a jusqu’à prĂ©sent vĂ©cu cachĂ© dans les coïŹ€resforts de la BibliothĂšque royale, Ă  Bruxelles.

Mais avec le soutien de la Fondation VGP, qui investit dans la philanthropie une partie des bĂ©nĂ© ïŹces du groupe immobilier VGP, les chercheurs espĂšrent augmenter la notoriĂ©tĂ© de ce document enluminĂ© d’or et d’argent auprĂšs d’un large public. Plus tĂŽt cet automne, dĂ©jĂ , les majestueuses «Basses Danses» dont raïŹ€olaient les Bourguignons ont Ă©tĂ© Ă  nouveau jouĂ©es sur scĂšne, Ă  Anvers.

Selon Jan Van Geet, moteur de VGP, ce projet est l’exemple parfait de ce que reprĂ©sente sa fondation. «Il est possible d’avoir un impact important, mĂȘme avec

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des moyens limitĂ©s. Dans ce cas, nous voulions promouvoir un volet de la culture ïŹ‚amande qui avait presque disparu dans les limbes. Mais outre le patrimoine culturel, notre fondation est Ă©galement active dans des projets de lu e contre les inĂ©galitĂ©s sociales et la promotion de la biodiversitĂ©.»

Sols tourbeux ukrainiens

Trois ans aprĂšs sa crĂ©ation, la fondation est prĂ©sente un peu partout dans le monde. L’an dernier, des collaborateurs de la Fondation VGP se sont rendus dans les montagnes enneigĂ©es du Kirghizistan pour protĂ©ger des lĂ©opards des neiges et apprendre aux populations locales Ă  dĂ©fendre leurs troupeaux sans me re en danger ce e espĂšce menacĂ©e.

La fondation est aussi prĂ©sente en Ukraine, oĂč elle participe Ă  une initiative visant Ă  restaurer les sols tourbeux, qui captent d’énormes quantitĂ©s de CO2. «Ce projet se poursuit malgrĂ© la guerre», prĂ©cise Jan Van Geet. «Nous restons bien entendu a entifs Ă  l’évolution de la situation.»

Les projets soutenus par la Fondation VGP sont Ă  des annĂ©es-lu miĂšre des activitĂ©s quotidiennes du groupe immobilier, qui traverse aujourd’hui d’énormes turbulences boursiĂšres. Mais ces derniĂšres an nĂ©es, au moment oĂč VGP connaissait une croissance fulgurante sur le marchĂ© immobilier, Jan Van Geet a compris qu’il avait l’obligation morale de compenser l’impact des activitĂ©s de son entreprise.

Il applique cependant le principe «on n’est jamais si bien servi que par soi-mĂȘme». «Chez VGP, nous construisons de nombreux entrepĂŽts et nous avons donc un impact important sur les communautĂ©s lo cales», explique-t-il. «Je nĂ©gocie souvent moi-mĂȘme avec les communes

dans lesquelles nous sommes actifs. On me demande frĂ©quemment comment nous comptons compenser l’augmenta tion du traïŹc ou des nuisances sonores provoquĂ©es par nos projets. Les lobbies locaux nous demandent de participer Ă  des projets n’ayant souvent qu’un impact limitĂ© ou pour lesquels l’intĂ©rĂȘt personnel prĂ©vaut. L’idĂ©e premiĂšre de la fondation est que nous pouvons obtenir de meil leurs rĂ©sultats en dĂ©cidant nous-mĂȘmes de ce que nous faisons de notre argent.»

Depuis le lancement de la fondation, VGP a investi environ 19 millions d’euros dans 29 projets. «Pour sĂ©lectionner ces projets, je me suis entourĂ© de spĂ©cialistes dans ce domaine. Nous comptons notam ment parmi nos administrateurs Olaf Tschimpke, qui fut pendant des annĂ©es le prĂ©sident de Nabu, le deuxiĂšme plus grand fonds de protection de la nature au monde.»

Anne De Paepe, ancienne rectrice de l’UniversitĂ© de Gand, et la styliste Ann Demeulemeester siĂšgent Ă©galement au conseil d’administration. «DĂšs le dĂ©but, nous nous sommes mis d’accord sur un

18 wealth novembre 2022
«Outre le patrimoine culturel, notre fondation est active dans des projets de lu e contre les inégalités sociales et la promotion de la biodiversité.»
Jan Van Geet Patron de VGP
Des cavaliers partent Ă  la recherche de braconniers de panthĂšres des neiges au Kirghizistan.

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certain nombre de principes Ă  respecter: la fondation ne peut pas servir d’outil de promotion pour VGP et elle ne peut ĂȘtre un lobby dĂ©guisĂ©, comme je le vois sou vent autour de moi.»

EïŹ€et secondaire positif, les activitĂ©s de la fondation poussent les collaborateurs de VGP Ă  se lancer dans le volontariat. «Notre Ă©quipe portugaise organise par exemple des journĂ©es de bĂ©nĂ©volat oĂč nos collaborateurs vont repeindre des Ă©coles pour enfants handicapĂ©s», raconte Jan Van Geet. «Et en RĂ©publique tchĂšque, nous plantons des arbres dans des forĂȘts dĂ©cimĂ©es par les scolytes (insectes colĂ©op tĂšres, NDLR). Je fais d’ailleurs partie de l’équipe qui replante les arbres.»

Turbulences boursiĂšres

Mais le trĂšs discret patron de VGP ne veut pas en faire un plat. «Je ne veux pas me servir de ces projets pour me retrouver Ă  la une des journaux. En rĂ©alitĂ©, je prĂ©fĂšre travailler dans l’ombre. Peut-ĂȘtre que les choses Ă©volueront mais, aujourd’hui, je prĂ©fĂšre me concentrer sur l’entreprise. Si vous entendiez l’histoire de ceux qui in troduisent un dossier auprĂšs de notre fon dation
 C’est trĂšs Ă©mouvant. Ce sont eux, les hĂ©ros. Prenez l’exemple de notre projet en Slovaquie, baptisĂ© ‘My Buddy’ (mon co pain, NDLR). LĂ -bas, de nombreux enfants sont retirĂ©s de la garde de leurs parents en raison de problĂšmes d’alcoolisme ou de drogue. Ces enfants se retrouvent alors dans une institution publique oĂč ils ne sont guĂšre traitĂ©s comme des individus. ‘My Buddy’ forme des volontaires qui sont prĂȘts Ă  devenir des ‘buddies’ – des espĂšces de parents de substitution – pour ces en fants, ce qui augmente leurs chances de rĂ©ussir dans la vie.»

Actuellement, l’entreprise de Jan Van Geet n’a pas la vie facile en bourse. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, l’action du groupe –

Le «Manuscrit des basses danses», composĂ© de 25 feuilles de parchemin noir contenant de la musique et du texte, est considĂ©rĂ© comme l’un des points forts de la culture bourguignonne et habsbourgeoise. Avec le soutien de la Fondation VGP, il a fait l’objet de recherches approfondies.

jusqu’à tout rĂ©cemment encore la coqueluche des inves tisseurs – a perdu prĂšs de 68% (dĂ©but novembre 2022) en raison de la hausse des taux et du report de la crĂ©ation d’une nouvelle coentreprise avec son partenaire Allianz. Ce e situation ne menace-t-elle pas le fonctionnement de la Fondation VGP? Chaque annĂ©e, l’entreprise lui verse 2% de ses bĂ©nĂ©ïŹces annuels.

«Si nous ne faisons pas de bĂ©nĂ©ïŹces, ce n’est bien entendu pas possible», rĂ©agit Jan Van Geet. «Toutes les ONG sont confrontĂ©es au mĂȘme problĂšme: elles ont Ă©tĂ© créées durant des pĂ©riodes oĂč tout allait bien et sont dĂ©pendantes de la conjoncture. Lorsque les choses vont moins bien, leurs sources de revenus se tarissent. C’est ce que j’essaie d’éviter avec notre fondation. Non seulement en continuant Ă  investir directement dans des projets caritatifs, mais aussi en faisant en sorte que certaines initiatives gĂ©nĂšrent elles-mĂȘmes un rendement. Ainsi, les spectacles organisĂ©s par notre volet patrimoine culturel gĂ©nĂšrent un revenu qui est intĂ©gralement reversĂ© Ă  la fondation.»

La Fondation VGP

> Le groupe immobilier VGP dispose de sa propre fondation phi lanthropique depuis 2019. La Fondation VGP soutient des projets au tour de la biodiversité, du patrimoine culturel et de la justice sociale.

> Chaque annĂ©e, VGP verse 2% de ses bĂ©nĂ© fices annuels Ă  la fonda tion. Depuis sa crĂ©a tion, la Fondation a dĂ© jĂ  investi 19 millions d’euros dans 29 projets.

> Il s’agit notamment d’initiatives de conser vation de la nature au Kirghizistan et au Ta djikistan, ainsi que de projets locaux tels que la Capelderij Ă  Buggen hout, un centre de conseil pour les jeunes ayant des problĂšmes comportementaux et Ă©motionnels.

> Les projets sont sĂ©lec tionnĂ©s par un conseil d’administration au sein duquel lequel siĂšgent, outre Jan Van Geet, l’homme fort de VGP, Anne De Paepe, l’ancienne rectrice de l’UGent, et la crĂ©atrice de mode Ann Demeule meester, entre autres.

Il poursuit avec un autre exemple: «À Rumst, nous avons rachetĂ© le Tibur Hof, un lieu historique que nous comptons transformer pour y organiser des Ă©vĂ©nements. Nous y louerons Ă©galement des bureaux et les revenus locatifs reviendront Ă  la fondation. Si nous voulons rĂ©el lement avoir un impact, nous devons faire en sorte que nos eïŹ€orts s’inscrivent dans la durĂ©e et Ă©viter que ce que nous avons rĂ©alisĂ© dans le passĂ© se perde dĂšs que le vent conjoncturel tourne.»

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20 wealth novembre 2022
«Nous faisons en sorte que certaines initiatives caritatives gĂ©nĂšrent elles-mĂȘmes un rendement. Ainsi, les spectacles organisĂ©s par notre volet patrimoine culturel gĂ©nĂšrent un revenu qui est intĂ©gralement reversĂ© Ă  la fondation.»
Jan Van Geet Patron de VGP
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«LE PIRE QUI PUISSE ARRIVER À UN INSTRUMENT EST DE SE RETROUVER DERRIÈRE UNE VITRINE»

Pour un musicien professionnel, disposer d’un instrument de premier ordre est essentiel. AïŹn d’adoucir les prix astronomiques des violons, altos et autres violoncelles, la sociĂ©tĂ© Brussels Philharmonic Orchestra a créé une fondation. Trois musiciens nous parlent des instruments qu’ils ont reçus en prĂȘt de la part d’investisseurs et dont tout le monde peut aujourd’hui proïŹter.

23 wealth novembre 2022
TEXTE: PIETERJAN NEIRYNCK / PHOTOS: KATRIJN VAN GIEL

EMMANUEL TONDUS

«Je ne supporte pas que des collectionneurs me ent leurs instruments de musique derriĂšre une vitrine et n’en jouent jamais», explique Emmanuel Tondus (41 ans), qui joue de puis des annĂ©es sur un violoncelle de 1865 fabriquĂ© par Ludovico Rastelli, un des rares luthiers professionnels de GĂȘnes. «Plus l’instrument est ancien, plus il a de la valeur. Aujourd’hui, celle-ci peut a eindre le prix d’un petit studio. Il n’est pas rare de voir un violoncelle changer de propriĂ© taire pour 165.000 euros.»

Comme prĂšs de 20 autres collĂšgues de l’orchestre bruxel lois, Emmanuel Tondus joue sur un instrument appartenant Ă  un cercle d’investisseurs privĂ©s. Ces derniers collaborent au sein de la Fondation Brussels Philharmonic, qui a vu le jour en 2013 avec l’aide de la banque privĂ©e Puilaetco Dewaay et du cabinet d’avocats Delboo Deknudt. La fondation compte aujourd’hui 18 instruments – violons, violoncelles et contre basses – d’une valeur totale de plus de deux millions d’euros.

«Il y a deux ans, j’ai rencontrĂ© la propriĂ©taire de mon violoncelle. Elle est passionnĂ©e de musique ainsi que sa ïŹlle, qui joue Ă©galement du violoncelle pendant son temps libre», raconte Emmanuel Tondus. Ce n’est bien sĂ»r pas une obligation. Des ïŹnanciers purs et durs participent aussi au projet. Participatiemaatschappij Vlaanderen (PMV) – le bras ïŹnancier du gouvernement ïŹ‚amand – fait par exemple partie des investisseurs. En Ă©change de leur contribution, ils sont Ă©troitement impliquĂ©s dans le fonctionnement de l’orchestre.

En dehors du Rastelli, Emmanuel Tondus possĂšde un autre violoncelle, qu’il a acquis pour 45.000 euros. «Je comprends qu’un tel achat ne soit pas Ă  la portĂ©e de tout le monde. L’orchestre compte 19 nationalitĂ©s diïŹ€Ă©rentes et certains musiciens viennent de pays moins favorisĂ©s. La fondation a donc une grande valeur ajoutĂ©e. Elle oïŹ€re aux musiciens de talent l’opportunitĂ© de jouer sur des instru ments de qualité», poursuit le violoncelliste, qui joue depuis 14 ans dans l’orchestre Brussels Philharmonic. «Nous avons de bons musiciens, une excellente ‘vibe’ et, grĂące Ă  la fonda tion, nous jouons sur d’excellents instruments.»

24 wealth novembre 2022
«Il n’est pas rare de voir un violoncelle changer de propriĂ©taire pour 165.000 euros.»
Emmanuel Tondus Violoncelliste
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BELGIQUE

CRISTINA CONSTANTINESCU

«On arrive toujours Ă  destination, que l’on roule en Toyota ou en Ferrari, mais l’expĂ©rience n’est pas la mĂȘme.» C’est avec ce e mĂ©taphore que Cristina Constantinescu souligne l’importance de la fondation. «Il est beaucoup plus diïŹƒcile d’obtenir une belle sonoritĂ© ou de produire un son portant trĂšs loin avec un instrument de moins bonne qualitĂ©. C’est trĂšs important car, avec le Brussels Philharmonic, nous voulons faire partie du top mondial. Les chefs d’orchestre invitĂ©s nous disent souvent: ‘Waouw, quelle qualitĂ© avec les cordes!’ N’est-ce pas un beau compliment?»

Cristina Constantinescu, qui est roumaine, vit depuis 22 ans en Belgique et parle couramment le nĂ©erlandais, joue depuis six ans sur un violon de la famille de luthiers anversois Hofmans. «Mon violon date de 1650 et j’en prends grand soin. Ma maison doit ĂȘtre chauïŹ€Ă©e jour et nuit, car il doit ĂȘtre conservĂ© Ă  une tempĂ©rature constante. En fait, c’est Ă©tonnant que ce bout de bois ait rĂ©sistĂ© aussi longtemps –pour le dire de façon quelque peu irrĂ©vĂ©rencieuse.»

Elle travaille rĂ©guliĂšrement jusqu’à cinq heures par jour sur sa «vieille dame», conïŹe-t-elle. «En plus des rĂ©pĂ© titions Ă  Bruxelles, il est important de jouer tous les jours. C’est comme le sport de haut niveau: vous devez garder la forme ainsi que celle de votre instrument. Je dois maintenir mon niveau technique aussi constant que possible aïŹn de contrĂŽler parfaitement mon instrument. Il faut Ă©galement prendre le temps de l’accorder, car il est essentiel que le ‘la’ soit toujours jouĂ© Ă  une certaine frĂ©quence.»

Pour la violoniste, la fondation doit se dĂ©velopper et acquĂ©rir une plus grande notoriĂ©tĂ©. «Si un investisseur place de l’argent dans un instrument de musique, cela peut rĂ©ellement faire la diïŹ€Ă©rence, non seulement pour le musicien, mais aussi pour l’art et la culture en gĂ©nĂ©ral. Je trouve important que le grand public puisse voir et entendre ces instruments», conclut-elle.

26 wealth novembre 2022
violon date de 1650 et j’en prends grand soin. Ma maison doit ĂȘtre chauïŹ€Ă©e jour et nuit, car il doit ĂȘtre conservĂ© Ă  une tempĂ©rature constante.»
«Mon
Cristina Constantinescu Violoniste

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«J’appelle cela un mariage de sons: l’instrument apporte une certaine pale e de sonoritĂ©s et moi une certaine façon de jouer.

Les deux doivent se rencontrer», explique l’Allemand Stephan Uelpenich qui, aprĂšs des Ă©tudes en sciences musicales Ă  Bonn, s’est retrouvĂ© chez nous via diïŹ€Ă©rents orchestres. «Au dĂ©but, je trouvais la vie ici diïŹƒcile, mais je voulais absolument parler une langue du pays. J’ai donc achetĂ© un livre, ‘Nederlands voor begin ners’ (le nĂ©erlandais pour dĂ©butants). Lorsque je suis arrivĂ© dans l’orchestre, je l’ai mis de cĂŽtĂ©. Mes collĂšgues m’ont aidĂ© Ă  parler le nĂ©erlandais et mĂȘme les dialectes.» (il rit)

Au sein du Brussels Philharmonic, il joue sur un alto italien dont il prĂ©fĂšre ne pas dĂ©voiler la valeur exacte. «Il est possible d’acheter un nouvel instrument de qualitĂ© Ă  partir de 30.000 euros. Mais mon violon alto a Ă©tĂ© fabriquĂ© en 1900 et est un des rares Ă  ĂȘtre encore en excellent Ă©tat. C’est un instrument de grande valeur», ajoute-t-il. «Les anciens instruments ont leur propre ca ractĂšre: le son n’évolue plus.»

MalgrĂ© tout, la magie n’a pas opĂ©rĂ© tout de suite avec «son» violon alto. «Ce fut diïŹƒcile au dĂ©but. J’ai dĂ» m’habituer au son, qui Ă©tait complĂštement di ïŹ€Ă©rent de celui de mon propre alto. Mais on ïŹnit par s’adapter. J’ai jouĂ© de longues notes pendant des jours, dans des dynamiques diïŹ€Ă©rentes. Et c’est d’ailleurs une bonne chose pour l’investisseur. Plus vous jouez, plus la qualitĂ© de l’instrument s’amĂ©liore, ce qui augmente sa valeur. Le pire que l’on puisse faire Ă  un instrument de musique est de le me re sous verre.»

À 60 ans, Stephan Uelpenich est un des musiciens les plus ex pĂ©rimentĂ©s de l’orchestre bruxellois. «Lorsque je devrai rendre l’instrument, je serai certainement trĂšs triste. Mais cela fait partie du jeu. En tant que musicien, vous jouez un certain temps avec l’instrument, qui est ensuite transmis Ă  un successeur. C’est ainsi que je vois les choses: nous ne faisons que passer dans la longue histoire de ce violon alto.» ■

La Fondation Brussels Philharmonic

> L’orchestre sympho nique Brussels Phil harmonic compte au total 82 musiciens. Il est nĂ© en 1935, dans le giron de l’Institut national de radio diffusion, l’ancien nom de la chaĂźne de radio publique belge.

> La fondation a vu le jour en 2013, Ă  l’ini tiative de Gunther Broucke, l’intendant du Brussels Philhar monic. Elle est le fruit d’une collabo ration entre la banque privĂ©e Pui laetco Dewaay et le cabinet d’avocats Delboo Deknudt.

> Via la fondation, 2,7 millions d’euros ont pu ĂȘtre collectĂ©s, essentiellement au prĂšs de particuliers. La fondation compte aujourd’hui 18 ins truments: 9 violons, 3 altos, 4 violon celles et 2 contre basses.

28 wealth novembre 2022
STEPHAN UELPENICH
«Plus vous jouez, plus la qualitĂ© de l’instrument s’amĂ©liore, ce qui augmente sa valeur.»
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Stephan Uelpenich Violoniste

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Le biologiste Bart De Strooper (Ă  droite) aux cĂŽtĂ©s de l’entrepre neur Urbain Vandeurzen.

30 wealth novembre 2022

«NOUS POUVONS MENER DES RECHERCHES DONT NOUS N’AURIONS PAS OSÉ RÊVER»

Avec l’aide d’une soixantaine de familles d’entrepreneurs, dont Mark Zuckerberg, l’entrepreneur Urbain Vandeurzen a dĂ©jĂ  collectĂ© plus de 40 millions d’euros pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer. Mais cela ne se fait pas en un claquement de doigts. «Les entrepreneurs veulent des rĂ©sultats et c’est aux chercheurs de les convaincre», estime le biologiste de renommĂ©e mondiale Bart De Strooper. «Nous devons dĂ©fendre nos recherches comme de vrais vendeurs, y compris auprĂšs de la Fondation Bill et Melinda Gates.»

Si le nombre de grues de chantier est rĂ©vĂ©la teur de la croissance et de la santĂ© d’un cam pus scientiïŹque, alors l’UZ Leuven, toujours en pleine expansion, se porte comme un charme. Notre visite au «bĂątiment ON5» du Gasthuisberg – oĂč nous devons rencontrer l’investisseur-philanthrope Urbain Van deurzen et le chercheur de renom Bart De Strooper pour discuter de leur expĂ©rience en matiĂšre de philanthropie et de collecte de fonds – est un vrai parcours d’obstacles entre les diïŹ€Ă©rents chantiers et les routes dĂ©foncĂ©es. D’ail leurs, des Ă©tudes internationales le conïŹrment: dans le classement de l’agence de presse Reuters, la KU Leuven occupe depuis dĂ©jĂ  quatre ans la premiĂšre place en tant qu’universitĂ© la plus innovante d’Europe.

C’est lĂ  que se trouve notamment le campus biomĂ© dical du Gasthuisberg. «Le kilomĂštre carrĂ© le plus intel ligent d’Europe.» C’est par ces mots que le recteur, Luc Sels, qualiïŹe ce e «ville high-tech dans la ville» qu’est

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devenu le Gasthuisberg au ïŹl du temps, non sans une certaine dose d’esprit de compĂ©tition et de chauvinisme. «Je sors tout juste du conseil d’administration de la KU Leuven et les plans d’agrandissement de l’UZ (hĂŽpital universitaire, NDLR) pour les prochaines annĂ©es sont impressionnants», conïŹe Urbain Vandeurzen tandis qu’il nous serre la main. En 1980, ce capitaine d’industrie, ingĂ©nieur et ancien Ă©tudiant de la KU Leuven, fut un des cofondateurs de LMS, une spin-oïŹ€ de haute technologie spĂ©cialisĂ©e dans les systĂšmes de tests et les logiciels de simulation pour l’industrie automobile et aĂ©ronautique, vendue Ă  Siemens en 2012 pour la somme de 700 mil lions d’euros.

Pas une seconde il n’a pensĂ© Ă  empocher le revenu de ce mĂ©ga contrat pour passer le reste de ses jours, les doigts de pieds en Ă©ventail, sur une Ăźle tropicale. Urbain Vandeurzen a rĂ©investi cet argent dans de nombreuses autres entreprises par l’intermĂ©diaire de son family oïŹƒce VMF Invest qui, Ă  son tour, est le principal investisseur de son propre fonds de private equity, Smile Invest. Il a Ă©galement investi dans Droia, le fonds de biotechnologie de l’ancien entrepreneur en construction Luc Verelst, et dans Fund+, créé par le fondateur de Thrombogenics, DĂ©sirĂ© Collen.

En 2013, Ă  la demande de la KU Leuven, il est devenu prĂ©sident d’Opening the Future, une campagne de mĂ© cĂ©nat en faveur de la recherche sur les maladies neuro dĂ©gĂ©nĂ©ratives, dont lui-mĂȘme est le principal bailleur de fonds. Ce n’est donc pas une coĂŻncidence si nous le rencontrons avec, Ă  ses cĂŽtĂ©s, Bart De Strooper, une au toritĂ© mondiale de la maladie d’Alzheimer. Ce dernier dirige Ă  Louvain le laboratoire de recherche sur les ma ladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives, qui fait partie du Vlaams Instituut voor Biotechnologie (VIB ou Institut ïŹ‚amand de biotechnologie). Depuis quelques annĂ©es, il gĂšre aussi le Dementia Research Institute Ă  Londres.

Lors de la premiĂšre campagne d’Opening the Future, entre 2013 et 2018, dix millions d’euros ont Ă©tĂ© rĂ©coltĂ©s. Cet argent a Ă©tĂ© rĂ©parti sur 20 projets de recherche fon damentale sur les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives. Des scientiïŹques de haut vol, comme Bart De Strooper et le chercheur Patrik Verstreken, spĂ©cialisĂ© dans la maladie de Parkinson, ont ainsi eu l’opportunitĂ© de mener des recherches fondamentales qui n’auraient jamais vu le jour sans ce e initiative. «J’ai sautĂ© de joie lorsque j’ai entendu que nous allions enïŹn bĂ©nĂ©ïŹcier des moyens et de l’a ention sur lesquelles les recherches contre le cancer s’appuient depuis de nombreuses annĂ©es», se souvient Bart De Strooper. «Ce fut aussi la premiĂšre fois que j’ai personnellement participĂ© Ă  une campagne de sensibilisation sur la maladie d’Alzheimer et que nous Ă©tions aussi bien encadrĂ©s. C’était vraiment fantastique.»

Levier international

La premiĂšre campagne s’est Ă©largie. AprĂšs quelques annĂ©es, Opening the Future s’est Ă©galement dotĂ©e d’une plateforme internationale, Mission Lucidity, qui

a convaincu la fondation du crĂ©ateur de Facebook, le milliardaire Mark Zucker berg, et de sa femme, Chan. Dix millions d’euros supplĂ©mentaires se sont ainsi retrouvĂ©s dans le projet. «Aujourd’hui, on peut dire que la premiĂšre campagne a gĂ©nĂ©rĂ© un impact de 50 millions d’eu ros, grĂące Ă  l’eïŹ€et de levier international», dĂ©clare ïŹĂšrement Urbain Vandeurzen. «Pour convaincre les grands entrepre neurs internationaux, mais aussi les 30 entrepreneurs belges et riches familles ayant jusqu’ici participĂ© Ă  notre levĂ©e de fonds, il est important d’avoir un dis

cours Ă  100% rationnel. J’ai appris cela des Anglo-Saxons. Vous aurez beau insister sur l’importance de l’innovation, il vaut mieux tenter de toucher les donateurs en leur expliquant qu’ils pourraient, eux aussi, leurs amis ou des membres de leur famille, ĂȘtre un jour a eints par la maladie d’Alzheimer.»

C’est d’ailleurs ce qui est arrivĂ© Ă  Ur bain Vandeurzen et Ă  Bart De Strooper. «J’ai remarquĂ© chez ma mĂšre – elle est dĂ©cĂ©dĂ©e il y a dix ans – Ă  quel point le processus de dĂ©gĂ©nĂ©rescence Ă©tait dou loureux», se souvient le premier. «Les patients perdent non seulement la mĂ© moire, mais aussi leur personnalitĂ© et leur conscience, c’est-Ă -dire tout ce qui fait de nous des humains.»

«Alzheimer tue deux fois», renchĂ©rit le second, dont la mĂšre sou ïŹ€ re Ă©gale ment depuis longtemps de la maladie. «Alzheimer tue d’abord les personnes mentalement, et ensuite physiquement, car de nombreux organes vitaux ne sont plus gĂ©rĂ©s par le cerveau.»

Bart De Strooper Professeur Ă  la KU Leuven et autoritĂ© mondiale de la maladie d’Alzheimer

Pour l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS), les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ra tives constituent le principal dĂ©ïŹ mĂ©dical des prochaines dĂ©cennies. Pires encore que le cancer et les pathologies cardio

32 wealth novembre 2022
«Pour tenter de toucher les donateurs, mieux vaut ĂȘtre Ă  100% rationnel, en leur expliquant qu’ils pourraient, eux aussi, ou leurs proches, ĂȘtre un jour a eints par la maladie d’Alzheimer.»
Urbain Vandeurzen Entrepreneur-investisseur
«Alzheimer tue d’abord mentalement, puis physiquement, de nombreux organes vitaux n’étant plus gĂ©rĂ©s par le cerveau.»

vasculaires rĂ©unis. L’an dernier, on comp tait 55 millions de personnes souïŹ€rant de dĂ©mence (l’exacerbation symptomatique des maladies d’Alzheimer et de Parkin son). D’ici 2050, ces malades devraient ĂȘtre au nombre de 140 millions. En Bel gique, on dĂ©nombre aujourd’hui 140.000 patients et les estimations avancent un chi ïŹ€ re de 250.000 personnes a eintes d’ici 30 ans. Aujourd’hui, les soins aux patients a eints de dĂ©mence sĂ©vĂšre se montent, dans le nord du pays, Ă  prĂšs de quatre milliards d’euros par an et ces coĂ»ts devraient continuer Ă  augmenter.

«Le dĂ©ïŹ consiste Ă  ralentir le long et douloureux processus de dĂ©gĂ©nĂ©rescence qui aboutit au dĂ©cĂšs du patient», explique Bart De Strooper. «Le problĂšme, c’est que la maladie d’Alzheimer est dĂ©jĂ  Ă  l’Ɠuvre dans le cerveau 10 Ă  15 ans avant les pre miers symptĂŽmes de dĂ©mence. Si vous voulez avoir de bonnes chances de pro ïŹter du traitement, vous devez ĂȘtre dia gnostiquĂ© prĂ©cocement. C’est Ă©galement important si nous voulons dĂ©velopper et tester des mĂ©dicaments.»

C’est prĂ©cisĂ©ment ce que visent bon nombre des 20 projets d’Opening the Future. «Le grand avantage de la philan thropie, c’est que nous pouvons allouer les

COMMENT URBAIN VANDEURZEN «MET SON ARGENT AU TRAVAIL»

La part des 700 millions d’euros encaissĂ©e par Urbain Vandeurzen aprĂšs la vente de l’entreprise technologique LMS Ă  Siemens est un secret bien gardĂ©. C’est un fait qu’il a mobilisĂ© une partie importante de ces capitaux au service de la lu e mĂ©dico-scienti ïŹque contre toutes sortes de pathologies. Avec ses 350 millions d’euros, le fonds d’investissement qu’il a créé, Smile Invest, auquel participent une quarantaine de familles d’entrepreneurs, est un des plus grands du Benelux. Il dĂ©tient une participation dans 14 entreprises spĂ©cialisĂ©es en sciences de la vie, comme Rovers Medical

Devices (instruments utilisés pour prélever des cellules) et Hospidex, un distributeur de matériel médical.

En outre, il a investi, par le truchement de son vĂ©hicule d’inves tissement VMF Invest – dans lequel sa femme et ses deux enfants sont impliquĂ©s – dans les fonds Droia et Fund+. Le premier est le fonds de l’ancien entrepreneur de construction Luc Verelst, qui investit dans de jeunes sociĂ©tĂ©s de dĂ©veloppement de mĂ© dicaments prome eurs. Fund+ a lui Ă©tĂ© créé par le fondateur de Throm bogenics et pionnier de la biotechnologie, DĂ©sirĂ© Collen. Au total, Urbain Vandeurzen investit

directement et indirec tement dans environ 75 entreprises, dont la plus importante est miDia gnostics, qui a mis au point un test médical sur puce électronique.

En 2013, soit un an aprĂšs la vente de LMS, il a Ă©tĂ© sollicitĂ© par la KU Leuven – l’universitĂ© oĂč il a fait ses Ă©tudes –pour diriger le projet de mĂ©cĂ©nat Opening the Future, axĂ© sur les mala dies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives (Alzheimer, Parkinson, SLA ou maladie de Charcot, autisme). Ces dix derniĂšres annĂ©es, il a rĂ©ussi Ă  collecter plus de 40 millions d’euros grĂące Ă  deux campagnes de levĂ©es de fonds, dont il est lui-mĂȘme le princi pal donateur.

fonds Ă  de la recherche Ă  haut risque», explique Bart De Strooper. «Nous pouvons prendre des chemins dont les scientiïŹques ne pouvaient que rĂȘver. Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce type de recherche qui permet de faire des percĂ©es.»

Une étude sur la souris

Ses confrĂšres et lui se creusent par exemple la tĂȘte de puis des annĂ©es pour essayer de comprendre pourquoi certains patients Alzheimer, diagnostiquĂ©s grĂące Ă  la prĂ©sence des «plaques amyloĂŻdes» spĂ©ciïŹques (fragments de protĂ©ines) dans le cerveau, dĂ©veloppent des signes

de dĂ©mence et d’autres pas. «Nous avons pu Ă©tudier ce phĂ©nomĂšne dans le cadre d’une Ă©tude sur des souris, qui nous a beaucoup appris sur le mĂ©canisme sous-jacent. Aujourd’hui, nous disposons notamment d’un modĂšle perme ant de tester des thĂ©rapies et nous avons entretemps rĂ©ussi Ă  empĂȘcher les cellules cĂ©rĂ©brales de souris de mourir en leur injectant une certaine substance. Une entreprise amĂ©ricaine est en train de faire des essais cliniques avec ce produit.»

Si l’on vous dit que le cerveau de souris est remplacĂ© par un rĂ©seau neuronal installĂ© sur une puce Ă©lectro nique, vous penserez que c’est de la science-ïŹction. «Mais c’est la rĂ©alitĂ©: vu que les chercheurs ne peuvent prĂ©lever des cellules cĂ©rĂ©brales sur les patients, ils prĂ©lĂšvent les cellules souches de cellules de la peau, qu’ils reprogram ment pour les transformer en cellules cĂ©rĂ©brales. Elles sont ensuite placĂ©es sur une puce Ă©lectronique pour former un rĂ©seau neuronal sur lequel il est possible de diagnostiquer la forme prĂ©cise d’Alzheimer ou de Par kinson dont souïŹ€re le patient.»

«Brain on a Chip» est un des grands projets phares de Mission Lucidity, qui a Ă©galement rĂ©ussi Ă  convaincre l’Initiative Chan Zuckerberg de me re un million d’euros sur la table. Ce qui rend le projet unique est le fait que les Ă©quipes de recherche fondamentale de la KU Leuven et du VIB ont comblĂ© le fossĂ© avec les cliniciens de l’UZ Leuven et des ingĂ©nieurs de l’Imec, le centre de recherche en technologies numĂ©riques et nanotechnologies. «Per sonne dans le monde n’est capable de nous imiter, car nous avons l’Imec.»

Entre-temps, la deuxiĂšme campagne d’Opening the Future est en voie d’a eindre ses objectifs. Elle a Ă  nouveau rĂ©ussi Ă  collecter prĂšs de dix millions d’euros

L’AN PROCHAIN, OPENING THE FUTURE LANCERA SA TROISIÈME CAMPAGNE DE COLLECTE DE FONDS

En 2013, la KU Leuven a créé Opening the Future, un projet philanthro pique visant ce que l’on appelle les «major donations». Ces dix derniĂšres an nĂ©es, la fondation a rĂ©ussi Ă  convaincre une soixantaine de familles fortunĂ©es, qui ont chacune versĂ© un montant moyen de 300.000 euros par donation. Si on ajoute Ă  cela le coïŹnancement, notamment de la KU Leuven elle-mĂȘme, le montant rĂ©coltĂ© en deux campagnes s’élĂšve Ă  plus de 40 millions d’euros. Des fondations Ă©trangĂšres, comme l’Initia tive Chan Zuckerberg, ont Ă©tĂ© sĂ©duites par le projet.

Avec les fonds rĂ©coltĂ©s lors de la pre miĂšre campagne, la fondation a pu me ner des recherches fondamentales sur les pathologies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives comme la maladie d’Alzheimer, de Parkinson, la SLA, l’autisme, etc. Elle s’est lancĂ©e Ă  l’international avec Mission Lucidity et a jetĂ© un pont vers l’institution technolo gique Imec.

La deuxiĂšme campagne a permis de ïŹnancer Core Lab, un super laboratoire issu de la collaboration multidiscipli naire entre la KU Leuven, l’UZ Leuven, le VIB et l’Imec. La technologie de pointe qui permet de cartographier des milliers

de cellules d’un patient malade et d’étu dier les relations sous-jacentes entre ces cellules peut donner un solide coup de pouce aux recherches sur les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives et sur le cancer.

L’an prochain verra le lancement de la troisiĂšme campagne de collecte de fonds d’Opening the Future. «S’il ne tenait qu’à moi, nous poursuivrions nos recherches sur les maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives pour boucler la boucle vers les pa tients», a dĂ©clarĂ© son prĂ©sident, Urbain Vandeurzen. «Mais la dĂ©cision ïŹnale reviendra au conseil d’administration de la KU Leuven.»

34 wealth novembre 2022

auprĂšs de gĂ©nĂ©reux donateurs, auxquels viendront s’ajouter dix millions d’euros de l’universitĂ©. Cet argent est aujourd’hui utilisĂ© pour ïŹnancer la construction d’un super laboratoire qui, selon Bart De Stroo per, «perme ra d’aborder les problĂšmes biologiques et les maladies d’une façon rĂ©volutionnaire. Cela est rendu possible parce que nous sommes en mesure de cartographier, non plus uniquement quelques cellules, mais des centaines de milliers de cellules Ă  la fois ainsi que leurs interactions. Lorsque nous comprendrons mieux ce phĂ©nomĂšne, nous devrions ĂȘtre capables de dĂ©coder le mĂ©canisme bio logique qui se cache derriĂšre la maladie d’Alzheimer».

Ce e technologie – connue sous le nom de «Spatial Multiomics» – a Ă©tĂ© re dĂ©veloppĂ©e au sein d’une Ă©quipe multi disciplinaire composĂ©e de chercheurs, de cliniciens et d’ingĂ©nieurs. «Les bio-infor maticiens jouent aussi un rĂŽle de premier plan en analysant et en interprĂ©tant les milliards de donnĂ©es produites par le laboratoire grĂące au deep learning et Ă  l’intelligence artiïŹcielle. Pour cela, nous aurons besoin de technologies du futur telles que la puissance de calcul de l’infor matique quantique. Je suis convaincu que les grandes percĂ©es de demain auront lieu au point de rencontre entre les techno logies biomĂ©dicales et digitales. Et nous ferons ainsi d’une pierre deux coups car la technologie peut Ă©galement accĂ©lĂ©rer les recherches sur le cancer.»

Urbain Vandeurzen met cependant en garde: «Il s’agit ici de recherche fon damentale approfondie, dont les rĂ©sul tats ne seront pas visibles rapidement par le monde extĂ©rieur. La lu e contre la maladie d’Alzheimer ressemble Ă  un ma rathon, mais nous ne savons pas si nous en sommes au kilomĂštre 10, 20 ou 30. La seule certitude est que nous ne sommes pas encore au kilomĂštre 40».

Des recherches de longue haleine

N’est-ce pas un message di ïŹƒcile Ă  faire passer auprĂšs des donateurs? «Vu qu’il s’agit d’entrepreneurs de haut niveau, ils sont bien entendu orientĂ©s rĂ©sul tats», poursuit-il. «Nous devons donc les convaincre, non seulement de donner de l’argent, mais aussi de faire conïŹance aux chercheurs. À l’inverse, lors des rencontres avec les donateurs, les scientifiques

doivent expliquer clairement que le cerveau humain est l’organe le plus complexe qui existe et pourquoi les recherches sont si longues. Mais cela ne signiïŹe pas pour autant que nous n’ayons aucune obligation de rĂ©sultat. Non seulement dans la recherche, mais aussi au niveau du ïŹnancement futur. Ils s’a endent Ă  ce qu’il y ait un certain eïŹ€et d’entraĂźnement car l’argent a ire l’argent.»

«Lorsqu’un donateur hĂ©site, c’est souvent parce qu’il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© approchĂ© pour d’autres projets. Certains versent des fonds notamment au proïŹt de projets Ă©ducatifs pour les enfants, pour la recherche contre le cancer ou s’oc cupent de mĂ©cĂ©nat culturel. La moitiĂ© d’entre eux rĂ©agit cependant positivement.»

Ce qui signifie que l’autre moitiĂ© ne participe pas. N’est-ce pas un avantage qu’Urbain Vandeurzen connaisse pratiquement tout l’entrepreneuriat ïŹ‚amand? «Ce n’est pas parce que je les connais qu’ils feront un don. La plupart d’entre eux ïŹnancent dĂ©jĂ  d’autres ini tiatives. Je peux diïŹƒcilement aller frapper Ă  la porte d’un entrepreneur en lui disant: ‘Tu es plus riche que moi? Ne pourrais-tu pas verser un petit quelque chose?’ Ça ne marche pas comme ça. Je peux uniquement montrer l’exemple et leur demander de rĂ©ïŹ‚Ă©chir Ă  la possibilitĂ© de faire un don.»

«L’objectif ultime consiste Ă  faire en sorte que leur charte familiale prĂ©voie qu’une partie de la fortune fa miliale soit consacrĂ©e au mĂ©cĂ©nat. Plusieurs familles en sont dĂ©jĂ  Ă  leur troisiĂšme don, ce qui crĂ©e une tradition

philanthropique, y compris auprÚs des enfants du pater familias.»

Mark Zuckerberg et Bill Gates

Au niveau international Ă©galement, il faut commencer par entrouvrir la porte. «À l’Initiative Chan Zuckerberg, nous aurons bientĂŽt une chance d’obtenir un ïŹnance ment complĂ©mentaire si nous pouvons montrer que nous avons dĂ©jĂ  obtenu un coïŹnancement. À la Fondation Bill et Me linda Gates, nous n’en sommes qu’au dĂ© but vu que la maladie d’Alzheimer vient tout juste d’apparaĂźtre sur le radar. Par fois, il faut avoir la chance que leurs pro grammes coĂŻncident avec nos recherches. Lorsqu’on est sĂ©lectionnĂ©s, c’est la force de persuasion de nos chercheurs qui entre en jeu. Ils doivent aussi ‘vendre’ leurs projets Ă  l’équipe scientiïŹque de la fondation.»

OĂč en est la motivation de Bart De Strooper et d’Urbain Vandeurzen? Alors qu’il y a des annĂ©es, le scientiïŹque a Ă©tĂ© sĂ©duit par l’idĂ©e de faire Ɠuvre de pion nier sur le terrain inexplorĂ© de la maladie d’Alzheimer – «dans les annĂ©es 1980, ce e maladie occupait tout au plus une page dans mes cours de mĂ©decine» –, l’histoire est diïŹ€Ă©rente pour l’ingĂ©nieur-entrepre neur. «En Europe, la philanthropie Ă©tait encore trĂšs modeste. J’ai trouvĂ© passion nant de tenter de la dĂ©velopper en Bel gique. LMS, la premiĂšre grande spin-oïŹ€ de l’universitĂ©, a Ă©galement jouĂ© un rĂŽle dans ma dĂ©cision. Jusqu’alors, j’avais construit toute ma carriĂšre sur le capital intellectuel de mon alma mater. Lorsque j’ai Ă©tĂ© nommĂ© administrateur, j’ai trouvĂ© important de lui donner quelque chose en retour.» ■

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«La lu e contre la maladie d’Alzheimer ressemble Ă  un marathon, mais nous ne savons pas si nous en sommes au kilomĂštre 10, 20 ou 30.»
Urbain Vandeurzen Entrepreneur-investisseur
«Ce n’est pas parce que je connais de nombreux entrepreneurs qu’ils feront un don. Je ne peux que donner l’exemple.»
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Urbain Vandeurzen Entrepreneur-investisseur

Charles Lachaux: «MĂȘme le prĂ©sident Emmanuel Macron m’a fĂ©licité».

© BÉNÉDICTE MANIÈRE

36 wealth novembre 2022

«JE NE FAIS PAS DU VIN POUR LES SPÉCULATEURS MAIS POUR LES AMATEURS»

Son nom circulait dĂ©jĂ  depuis longtemps dans l’univers du vin mais, depuis que Charles Lachaux a obtenu «l’oscar du vin» en tant que Best Rising Star, la notoriĂ©tĂ© du jeune viticulteur et le prix de ses bouteilles ont li Ă©ralement dĂ©collĂ©. «Mais je ne veux pas que mon vin devienne un trophĂ©e pour les spĂ©culateurs. La place du vin est dans les verres», souligne le reprĂ©sentant de ce e sixiĂšme gĂ©nĂ©ration de viticulteurs bourguignons.

«J

e dois reconnaĂźtre que j’ai cru que c’était une blague lorsque j’ai reçu l’e-mail m’an nonçant que j’avais remportĂ© le prix de meilleur jeune viticulteur au monde. Je ne connaissais ni l’organisation ni le prix. Et lorsque j’ai vu qui Ă©taient les sponsors – Rolls-Royce, Gucci, Virgin Galactic, etc. –, je me suis dit que ce n’était pas normal. J’ai classĂ© l’email sans rĂ©agir», se souvient Charles Lachaux. Ce e mĂ©ïŹance pouvait se comprendre. L’an dernier, c’était en eïŹ€et la premiĂšre fois que les Golden Vines Awards Ă©taient prĂ©sentĂ©s par Liquid Icons, une fondation créée par le regre Ă© GĂ©rard Basset, ancien meilleur sommelier au monde, et dont l’objectif est de promouvoir l’Ɠnolo gie avec les rece es des collectes de fonds et de ventes aux enchĂšres de vins prestigieux (lire encadrĂ© en p.39). «Jusqu’à ce qu’un copain me conseille de prendre cet e-mail au sĂ©rieux.» Ce n’était donc pas une blague. «Vous pouvez ĂȘtre ïŹer, toutes mes fĂ©licitations», a rapidement rĂ©agi le prĂ©sident français Emmanuel Macron dans un message postĂ© sur Instagram.

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TEXTE: STÉPHANE GODFROID

Ce qui n’est pas non plus une blague, c’est que les vins du «jeune dieu» Charles Lachaux sont chĂ©ris, recherchĂ©s partout dans le monde et
 extrĂȘmement chers. Petit exemple: pour sa cuvĂ©e Les Champs d’Argent 2019, Ă©laborĂ©e Ă  base de raisin aligotĂ©, il faut dĂ©bourser aujourd’hui 1.654 euros (TVA comprise, selon Wine-Sear cher, NDLR), soit 33 fois plus que le prix de vente de dĂ©part (environ 50 euros). Mais Charles Lachaux reste modeste: «Je sais d’oĂč je viens. Et oĂč je vais».

Comme de nombreux jeunes, il a mis du temps Ă  savoir ce qu’il voulait faire dans la vie. La reprise du domaine fami lial n’était pas Ă©crite dans les astres. Et pourtant. «Lorsque j’avais 16 ans, j’ai aidĂ© mes parents pendant trois mois durant l’étĂ©. Et ce fut un vĂ©ritable coup de foudre.

Je me suis immĂ©diatement inscrit Ă  l’école du vin au LycĂ©e viticole, Ă  Beaune.»

Depuis 2012, Charles gĂšre le domaine familial Arnoux-Lachaux, avec sa mĂšre Florence et cinq collaborateurs Ă  temps plein. «Je suis responsable de l’ensemble des volets techniques de la production du vin. Mais, en rĂ©alitĂ©, tout le monde fait tout. C’est notre principal atout. C’est tout un art de bien collaborer au sein d’une petite Ă©quipe.» Le frĂšre cadet de Charles, Max, rejoindra bientĂŽt l’équipe Ă  Vosne-RomanĂ©e. Il poursuit actuellement des Ă©tudes de viticulture en Suisse et fera bientĂŽt un stage chez le viticulteur Luca Roagna, dans le PiĂ©mont.

Depuis quelques années, Charles Lachaux développe en outre son propre projet viticole, sous son propre nom. Et

il n’a pas ratĂ© son dĂ©part. L’an dernier, lors de la soirĂ©e de gala londonienne des Golden Vines Awards, il s’est retrouvĂ© – Ă©lĂ©gant en noir et blanc – sous les projecteurs. Mais il ne connaĂźt que trop bien le cĂŽtĂ© diïŹƒcile, peu gla mour de la fabrication du vin. «L’ñme du ‘vigneron’ a ire et fait rĂȘver. Il y a beaucoup d’appelĂ©s, mais peu d’élus. J’ai vu de nombreux hommes d’aïŹ€aires se lancer soudain dans la viticulture. Ils achĂštent un domaine, investissent beaucoup d’argent, mais n’ont pas une formation suïŹƒ sante. J’ai aujourd’hui 33 ans et cela fait presque 17 ans que je suis dans le mĂ©tier, soit la moitiĂ© de ma vie. Je suis donc bien placĂ© pour le dire: c’est du dur labeur.»

Un rĂȘve devenu rĂ©alitĂ©

Avant son couronnement mondial et tout le tintouin in ternational, la qualitĂ© des vins de Bourgogne de Charles Lachaux avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© remarquĂ©e par plusieurs Ɠno logues amateurs et professionnels. «Heureusement!», rĂ©agit-il en riant. «Mais ce e reconnaissance reprĂ©sente malgrĂ© tout un Ă©norme coup de pouce pour la rĂ©putation de nos vins», reconnaĂźt-il. «Vous savez, auparavant, je rĂȘ vais que des convives dans un restaurant regardent avec envie la table d’à cĂŽtĂ© en disant: ‘Tu as vu? Ils boivent un Lachaux‘, comme cela arrive souvent avec des bouteilles de Roumier, RomanĂ©e-Conti, etc. Ce rĂȘve est devenu rĂ©ali té», continue-t-il, avec un mĂ©lange de ïŹertĂ© et d’embarras. «Mais», ajoute-t-il rapidement, les yeux pĂ©tillants, «ce que j’apprĂ©cie encore plus, c’est que les amateurs de vins nous Ă©crivent pour nous parler de leurs Ă©motions au moment oĂč ils dĂ©gustent un de nos vins. Cela m’apporte une satisfaction incroyable. J’ai moi-mĂȘme eu l’occasion de dĂ©guster de nombreux grands vins. Je connais donc ce sentiment».

Suivre sa propre voie «Mes parents m’ont rapidement donnĂ© carte blanche et m’ont permis de suivre ma propre voie. Aujourd’hui, ça marche Ă  merveille», poursuit Charles Lachaux, enthou siaste. «Je dĂ©teste la viniïŹcation telle qu’on l’enseigne Ă  l’école. L’accent mis sur l’Ɠnologie, les enzymes, etc., cela brise la magie. Au moment des vendanges, lorsque je me promĂšne dans les caves et que je sens les arĂŽmes de fermentation, c’est de la magie pure. Et le dĂ©but de l’ensemble du processus. Je travaille de maniĂšre biolo gique et biodynamique. Je laisse pousser les raisins aussi naturellement que possible. Je ne retire pas les herbes entre les ceps, je ne travaille pratiquement plus la terre
 L’agriculture, en gĂ©nĂ©ral, a tendance Ă  faire des choses peu naturelles. Je laisse la nature suivre son rythme.» Au risque de rĂ©colter moins de raisins? «C’est eïŹ€ectivement le cas», explique-t-il. «Pourtant, j’essaie d’intervenir le moins possible. Je n’appelle pas ça de l’agriculture, mais du jardinage. Nous enlevons ici et lĂ  quelques mauvaises

et c’est tout. Mais je tiens Ă  le souligner: je ne pro duis pas des vins naturels. Je trouve d’ailleurs ce terme dangereux.»

Est-ce vrai que qu’il vendange plus tĂŽt que les autres viticulteurs de la rĂ©gion? «En eïŹ€et. Pourquoi? Je laisse en

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herbes
«J’apprĂ©cie que les amateurs de vins nous Ă©crivent pour nous parler de leurs Ă©motions au moment oĂč ils dĂ©gustent un de nos vins. Cela m’apporte une satisfaction incroyable.»
© JENS VAN VLEM

viron cinq fois plus de feuilles sur les vignes, ce qui rĂ©duit de trois quarts la rĂ©colte. GrĂące Ă  la photosynthĂšse, ces raisins arrivent plus rapidement Ă  maturitĂ© phĂ©nolique, mais
 avec un potentiel plus rĂ©duit en termes d’alcool. C’est ce qui apporte ce e Ă©lĂ©gance unique. C’est aussi une façon de s’adapter aux changements climatiques.»

Acheter du vin pour le boire

Ce e Ă©lĂ©gance, combinĂ©e au prestige international des vins Lachaux, sĂ©duit de plus en plus d’acheteurs. La raretĂ© du vin a fait exploser les prix sur les sites de vente. «Quel que soit le vin, il ne devrait pas faire l’objet de spĂ©cula tion», soupire Charles Lachaux. «Cela ne m’intĂ©resse pas du tout de vendre mon vin Ă  l’un ou l’autre spĂ©culateur qui possĂšde dĂ©jĂ  une collection de 20.000 bouteilles et veut absolument y ajouter mes vins
 Cela ne sert Ă  rien. J’achĂšte moi-mĂȘme beaucoup de vin et je le bois. C’est aussi ce que je souhaite pour mes vins. Ils ne doivent pas ĂȘtre conservĂ©s comme des trophĂ©es, ils sont lĂ  pour ĂȘtre bus. «N’est-ce pas agrĂ©able d’avoir achetĂ© un de mes vins Ă  100 euros et de remarquer qu’il vaut aujourd’hui dix fois plus? La simple idĂ©e de boire une bouteille de plus de 1.000 euros n’est-elle pas amusante?»

Charles Lachaux rappelle Ă©galement qu’investir dans le vin est risquĂ©. «Qui vous dit que ce e bouteille que vous avez achetĂ©e Ă  prix d’or ne sera pas bouchonnĂ©e? Qui peut garantir que ce vin pourra se conserver 30 ans? Il s’agit d’un produit pĂ©rissable.»

Vin et NFT

«Vu que les prix ont explosĂ© ces derniers mois, je souhaite protĂ©ger le marchĂ© ainsi que les vĂ©ritables amateurs», poursuit Charles Lachaux, qui vient de dĂ©cider de ne plus proposer ses vins via le circuit habituel, mais via deux autres canaux. Le premier est ses importateurs. «Je leur ai demandĂ© de sĂ©lectionner rigoureusement les restaurants et bars Ă  vins sĂ©rieux, oĂč mes vins peuvent ĂȘtre propo sĂ©s.» En Belgique, ce e tĂąche a Ă©tĂ© conïŹĂ©e Ă  la maison De Windmolen. «J’ai une relation particuliĂšre avec ce e maison. Ils sont crĂ©atifs et, pour eux, le vin passe avant le business. Entre-temps, nous sommes devenus copains et ils ont dĂ©jĂ  participĂ© Ă  deux vendanges. J’ai vĂ©cu avec eux des moments inoubliables qui me donnent encore la chair de poule.»

Le deuxiĂšme canal de vente est la plateforme en ligne Crurated. Ses vins vendus par ce biais reçoivent un NFT, c’est-Ă -dire un non-fungible token (jeton non fongible, NDLR). Il s’agit d’un certiïŹcat de propriĂ©tĂ© enregistrĂ© sur une blockchain et qui garantit l’authenticitĂ© et l’ori gine de la bouteille. «C’est une toute nouvelle approche de vente directe au consommateur», explique Charles Lachaux. Une autre illustration de la façon, pour le viti culteur français, de suivre sa propre voie. ■

LA FONDATION GÉRARD BASSET

Les Golden VinesÂź Awards ont Ă©tĂ© organisĂ©s pour la premiĂšre fois en 2021 par Liquid Icons, fondĂ©e quelques annĂ©es plus tĂŽt par GĂ©rard Basset et son ami Lewis Chester. GĂ©rard Basset est dĂ©cĂ©dĂ© en 2019 et Ă©tait Ă  l’époque le seul Ă  dĂ©tenir Ă  la fois les titres de Master of Wine, Master Sommelier, Wine MBA, World’s Best Sommelier et Wine Management de l’OIV, l’Organisation internationale de la vigne et du vin.

Les organisateurs souhaitent, d’une part, rĂ©compenser les «stars» du monde des vins ïŹns et, d’autre part, rĂ©colter des fonds pour la Fondation GĂ©rard Basset. Celle-ci ïŹnance des programmes d’éducation au vin, avec une a ention particuliĂšre pour la diversitĂ© et l’inclusion. Les publics cibles sont entre autres des Ă©tudiants en Ɠnologie issus de groupes minoritaires, des Ă©tudiants victimes de discrimi nation de genre dans leur pays/rĂ©gion ou issus de milieux dĂ©favorisĂ©s.

L’annĂ©e derniĂšre, la Fondation GĂ©rard Basset a rĂ©coltĂ© 1,2 million d’euros. Cet argent servira notamment Ă  ïŹnancer l’apprentissage du vin et la formation de six jeunes som meliers et vignerons d’Ukraine et d’ArmĂ©nie, qui recevront 20.000 euros chacun.

La fondation tire ses fonds de donations provenant principalement de ventes aux enchĂšres de vins, dont les bouteilles sont oïŹ€ertes par les domaines les plus prestigieux de la planĂšte tels que Krug, Cheval Blanc, AngĂ©lus, Yquem, Clos de Tart, RomanĂ©e-Conti, Luca Roagna, Frescobaldi, Antinori, Pingus, Barca Velha, Egon MĂŒller, Opus One, Do maine de la CĂŽte, Screaming Eagle, Penfolds, etc.

La liste des cinq candidats prĂ©selectionnĂ©s pour les Golden Vines Awards 2021 a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e par pas moins de 442 professionnels de renom originaires de 55 pays. Parmi eux, on dĂ©nombrait 57 Masters of Wine, 31 Master Somme liers, 140 DipWSET et 77 Advanced Sommeliers. L’élection se fait sur la base d’enquĂȘtes dĂ©taillĂ©es pour le GĂ©rard Basset Global Fine Wine Report.

L’an dernier, les candidats sĂ©lectionnĂ©s pour le Golden Vines World’s Best Rising Star Award Ă©taient:

> Charles Lachaux (Bourgogne) – laurĂ©at

> Eva Fricke (Allemagne)

> Chris et Andrea Mullineux (Afrique du Sud)

> Filipa Pato et William Wouters (Portugal)

> David et Nadia Sadie (Afrique du Sud)

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LES VINS DE CHARLES LACHAUX SONT IMPORTÉS EN BELGIQUE PAR LA MAISON DE WINDMOLEN, SLUIS 2E2, À EKE, EN FLANDRE ORIENTALE.
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«NOUS AIMERIONS AUSSI AVOIR UN MARC COUCKE COMME MÉCÈNE»

Alors qu’elle est saluĂ©e par tous comme Ă©tant une scientiïŹque innovante et de talent, la Prof. Dr. Damya Laoui doit sans cesse chercher du ïŹnancement pour son vaccin prome eur contre les rechutes aprĂšs un cancer. Depuis quatre ans, Yamina Krossa l’aide Ă  trouver des fonds. «Nous avons encore besoin de 1,2 million d’euros. Parfois, je rĂȘve qu’un bienfaiteur tombe du ciel.»

40 wealth novembre 2022
La chercheuse Damya Laoui (assise) et l’entrepreneuse sociale Yamina Krossa (en rose) lu ent ensemble contre le cancer. La seconde lùve des fonds pour la premiùre.

Lorsqu’elles sont assises cĂŽtĂ© Ă  cĂŽte, les gens pensent qu’elles sont de la mĂȘme famille, ex pliquent l’entrepreneuse so ciale Yamina Krossa et la cher cheuse Prof. Dr. Damya Laoui. Il y a cinq ans, leurs chemins se sont croisĂ©s suite Ă  un article publiĂ© par nos confrĂšres du Tijd et, depuis lors, elles ont uni leurs forces pour dĂ©velopper, dans les laboratoires de la VUB, un vaccin destinĂ© Ă  prĂ©venir les rechutes aprĂšs un cancer: Damya Laoui dans son laboratoire et Yamina Krossa en tant que chargĂ©e de la collecte de fonds.

Le vaccin utilise des cellules immuni taires de la tumeur elle-mĂȘme pour «pa ralyser» le cancer. Les rĂ©sultats obtenus avec des souris font rĂȘver mais le chemin est encore long avant de pouvoir aider les

premiers patients. Car, Ă  chaque Ă©tape, il faut trouver du ïŹnancement. «Tout est bienvenu», explique Damya Laoui. «Plus nos moyens sont importants, plus la probabilitĂ© de rĂ©ussir les Ă©tudes cliniques sera grande.»

Comment vous ĂȘtes-vous rencontrĂ©es?

Yamina Krossa: À 38 ans, j’ai eu un cancer du sein. Comme ma reconstruction mammaire n’était pas rem boursĂ©e, j’ai organisĂ© une levĂ©e de fonds qui a donnĂ© naissance Ă  l’ASBL Benetiet, via laquelle nous collections des fonds pour soutenir ïŹnanciĂšrement des femmes dans la mĂȘme situation. Mais, suite Ă  notre lobby, la ministre de la SantĂ© de l’époque, Maggie De Block (Open VLD), a changĂ© les modalitĂ©s de remboursement. De ce fait, Benetiet n’avait plus de raison d’ĂȘtre.

Nous disposions encore de 40.000 euros dans notre caisse et nous souhaitions oïŹ€rir cet argent Ă  un projet de recherche contre le cancer. Eh oui, il n’y a pas de hasard. Ce week-end-lĂ , j’avais lu dans De Tijd que le Massachu se s Institute of Technology (MIT) saluait l’esprit d’in novation de Damya. Je lui ai immĂ©diatement envoyĂ© un mail: «Pouvez-vous faire quelque chose avec cet argent?» Damya Laoui: J’ai pensĂ© qu’un de mes collĂšgues Ă©tait en train de me faire une blague.

YK: Mais ce n’était pas une farce. Dans ma naĂŻvetĂ©, je pensais que Damya pouvait travailler un an avec 40.000 euros. J’ai ensuite appris que ses recherches coĂ»taient environ 3.000 euros par semaine.

DL: Et aujourd’hui, c’est mĂȘme beaucoup plus. Les produits que nous utilisons coĂ»tent dĂ©jĂ  10.000 euros par semaine, sans compter les Ă©quipements et le salaire de mes collaborateurs.

YK: J’étais tellement déçue! J’ai demandĂ© Ă  Damya ce qui se passerait si elle ne rĂ©ussissait pas Ă  collecter cet argent. «Le projet s’arrĂȘtera», a-t-elle rĂ©pondu. Mais ses recherches sont tellement importantes et promet teuses! C’est lĂ  que j’ai pensĂ© que je pouvais m’occuper de la collecte de fonds et transformer ces 40.000 euros en 400.000 euros.

Et ensuite?

DL: Beaucoup de gens ne savent pas que nous devons consacrer beaucoup d’énergie pour trouver des moyens ïŹnanciers. Je passe 25 Ă  50% de mon temps Ă  solliciter des bourses auprĂšs du FNRS (Fonds national de la re cherche scientiïŹque), de la Fondation contre le cancer, de Kom op tegen Kanker, d’institutions Ă©trangĂšres, etc. C’est frustrant. Je fais de la recherche, je donne cours, j’accompagne des scientiïŹques et, le soir et pendant le week-end, je rĂ©dige des demandes de bourses de re cherche, dont les chances d’obtention ne sont que de 10 Ă  20%. Donc, lorsque Yamina a proposĂ© de chercher des fonds, ce fut une vĂ©ritable libĂ©ration. Cela m’a permis de respirer un peu.

«Les gens

Damya Laoui Chercheuse

Yamina Krossa Entrepreneuse sociale

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ne comprennent pas toujours ce que nous faisons en recherche fondamentale et n’en voient pas l’utilitĂ©. Mais c’est prĂ©cisĂ©ment grĂące Ă  ces recherches que les hĂŽpitaux peuvent avancer.»
«Je rĂȘve qu’un jour viendra oĂč, aprĂšs un diagnostic de cancer, les patients recevront un vaccin qui empĂȘchera le cancer de rĂ©cidiver. Je connais ce e angoisse de la rechute.»

Recevez-vous de nombreux dons?

DL: Certaines personnes lĂšguent leur patrimoine Ă  la recherche contre le can cer. Dans ce cas, il nous arrive de recevoir une partie de ces fonds. Mais la plupart du temps, l’argent est versĂ© aux mĂ©decins. Les gens ne comprennent pas toujours ce que nous faisons en recherche fondamen tale et n’en voient pas l’utilitĂ©. Mais c’est prĂ©cisĂ©ment grĂące Ă  ces recherches que les hĂŽpitaux peuvent avancer.

L’industrie pharmaceutique ne peut-elle pas vous aider?

DL: De nombreuses sociĂ©tĂ©s pharmaceu tiques sont intĂ©ressĂ©es, mais cela ne fait pas partie de leurs prioritĂ©s. Nous travail lons sur des thĂ©rapies personnalisĂ©es Ă  partir des cellules des patients. Ce n’est pas rentable pour l’industrie pharmaceu tique. En outre, il faudra encore beaucoup de temps avant d’obtenir des rĂ©sultats. Les groupes pharmaceutiques prĂ©fĂšrent investir dans des projets qui leur per me ent d’encaisser des bĂ©nĂ©ïŹces Ă  un horizon de deux ans.

OĂč en sont vos recherches actuellement?

DL: Le vaccin fonctionne super bien sur les souris pour le cancer du sein et des poumons. Nous avons aujourd’hui col lectĂ© de l’argent qui nous perme ra d’ĂȘtre en ordre de marche au niveau adminis tratif pour mener une Ă©tude clinique au cours des quatre prochaines annĂ©es. Nous comptons commencer par une Ă©tude sur le cancer du poumon, vu que nous pouvons plus facilement recruter des patients. Mais ce type d’étude prend du temps. Nous saurons assez rapidement si le vaccin est sĂ»r, mais nous avons be soin de cinq Ă  dix ans, pour Ă©valuer son eïŹƒcacitĂ©.

Comment

fonctionne

pour les rĂ©injecter ensuite dans l’orga nisme du patient.

Ces cellules migrent alors vers tous les ganglions lymphatiques et mobilisent les «soldats» (appelĂ©s cellules T) qui peuvent dĂ©truire les cellules cancĂ©reuses. En cas de mĂ©tastases – impossibles Ă  dĂ©tecter Ă  ce stade par les mĂ©decins –, nous faisons en sorte que celles-ci soient dĂ©truites. Les cellules dendritiques crĂ©ent Ă©galement une rĂ©ponse de mĂ©moire. Si le cancer se dĂ©veloppe Ă  nouveau cinq ou dix ans plus tard, une armĂ©e de soldats de mĂ©moire est prĂȘte Ă  a aquer immĂ©diatement.

Est-ce concluant?

Ă  tout le monde, Ă  l’intĂ©rieur et en dehors de mon rĂ©seau. Certains ont vendu des gaufres, d’autres ont couru, roulĂ© Ă  vĂ©lo, organisĂ© des concerts, etc. Et nous avons mis sur pied des confĂ©rences payantes.

À la ïŹn de l’an dernier, je ne pensais pas que nous rĂ©ussirions. Nous Ă©tions en pleine crise du coronavirus et j’étais un peu dĂ©couragĂ©e car mon rĂ©seau Ă©tait trĂšs sollicitĂ©. Mais lorsque nous avons Ă©tĂ© invitĂ©es au podcast du comĂ©dien Alex Agnew, cela a ouvert de nouvelles portes. Tout d’un coup, nous avons reçu beaucoup de dons et d’invitations.

Alex Agnew a Ă©galement promis de nous verser un euro par ticket vendu lors de sa tournĂ©e. En 2018, il a vendu 150.000 billets d’entrĂ©e; mais ça c’était avant la crise du covid. Il faudra patienter pour connaĂźtre le rĂ© sultat, mais il y a de fortes chances que nous arrivions Ă  dĂ©passer les 400.000 euros. Alex Agnew est un vrai hĂ©ros.

À quoi serviront ces 400.000 euros?

DL: Nous avons entre autres besoin d’un appareil pour puriïŹer les cellules dendritiques en milieu hospitalier. L’appareil coĂ»te environ 300.000 euros. Le solde sera utilisĂ© pour faire tourner le labo.

Ces 400.000 euros ne su isent donc pas pour démarrer les études cliniques?

DL: Non. Pour cela, nous avons besoin de plus ou moins 1,2 million d’euros. Chaque fois que nous faisons les comptes, le chiïŹ€re augmente. Suite Ă  la pandĂ©mie, cer tains produits que nous utilisons dans le laboratoire ont beaucoup augmentĂ©. Par exemple, le prix des gants de protection a Ă©tĂ© multipliĂ© par trois. À cause de l’indexa tion, nous devons Ă©galement augmenter les salaires de nos collaborateurs, mais les bourses n’augmentent pas de la mĂȘme façon. C’est un problĂšme.

Le monde politique et celui des entreprises ne peuvent-ils pas vous aider?

le vaccin?

DL: Dans une tumeur, on ne trouve pas uniquement des cellules cancĂ©reuses, mais aussi des cellules du systĂšme im munitaire, comme les cellules dendri tiques, sur lesquelles nous travaillons. Lorsqu’une personne est a einte d’un cancer et que la tumeur est enlevĂ©e, nous isolons les bonnes cellules dendritiques

DL: Chez les souris, oui. Il se peut que le patient dĂ©veloppe un tout autre type de tumeur, mais c’est peu probable. De nombreux gĂšnes impliquĂ©s dans le cancer sont les mĂȘmes dans toutes les tumeurs.

Entre-temps, oĂč en est votre collecte de fonds pour vos re cherches?

YK: Nous avons jusqu’ici rĂ©coltĂ© 380.000 euros. J’en suis ravie. J’ai demandĂ© de l’aide

DL: La seule chose que nous puissions obtenir du monde politique est qu’il investisse davantage dans la recherche. Je ne vois pas pourquoi je devrais demander Ă  un homme politique de me donner plus d’argent et pas Ă  mes col lĂšgues, qui mĂšnent aussi d’excellentes recherches. Nous demandons plus d’argent pour la science. C’est tout et ce serait dĂ©jĂ  bien.

YK: Nous essayons aussi de trouver de riches entre preneurs. OĂč que j’aille, je remarque Ă  quel point le can cer est prĂ©sent dans la sociĂ©tĂ©. Il n’épargne personne, y compris les riches. Nous avons entre autres contactĂ© Marc Coucke et sa femme, mais entre-temps, ce dernier a investi dans le magniïŹque projet de l’ASBL Stop Cancer CĂŽlon de Luc Colemont. Un projet tout aussi important, mais nous aussi aimerions avoir notre Marc Coucke ou notre Madame Coucke. (elle rit)

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«Je passe 25 à 50% de mon temps à solliciter des bourses.»
Damya Laoui Chercheuse
«OĂč que j’aille, je remarque Ă  quel point le cancer est prĂ©sent dans la sociĂ©tĂ©. Il n’épargne personne, y compris les riches.»
Yamina Krossa Entrepreneuse sociale

Bio Damya Laoui

La Prof. Dr. Damya Laoui est diplĂŽmĂ©e en bioingĂ©nierie de la VUB Ă  Bruxelles et a fait son post-doctorat Ă  l’EPFL Ă  Lausanne, en Suisse. Elle travaille Ă  la VUB et au VIB (Vlaams Instituut voor Biotechnologie) Ă  la mise au point d’un vaccin contre le cancer. En 2017, le Massachuse s Institute of Technology (MIT) l’a Ă©lue parmi les «Innovators under 35 Europe». Un an plus tard, elle a Ă©tĂ© couronnĂ©e par le magazine New Scientist comme «Talent scientiïŹque 2018». Elle a obtenu le prix Franc qui-Collen en 2020.

Bio Yamina Krossa

Yamina Krossa est directrice gĂ©nĂ©rale a.i. et partnership manager chez Boost for Talents, une initiative de la Fondation Roi Baudouin, qui s’adresse aux jeunes talentueux et motivĂ©s issus de milieux Ă©conomiquement fragiles aïŹn de les aider Ă  obtenir un diplĂŽme de l’enseignement supĂ©rieur. Elle a elle-mĂȘme guĂ©ri d’un cancer du sein et a fondĂ© en 2015 l’ASBL Benetiet aïŹn de collecter des fonds pour aider les femmes Ă  ïŹ nancer leur chirurgie reconstructrice. GrĂące Ă  son lobbying, la ministre de la SantĂ© de l’époque, Maggie De Block (Open VLD), a modiïŹĂ© les modalitĂ©s de remboursement de la chirurgie de reconstruction. Depuis 2018, Yamina Krossa collabore avec le Fonds Yamina Krossa de la VUB, qui collecte des fonds au bĂ© nĂ©ïŹce des recherches menĂ©es par la Prof. Dr. Damya Laoui. Le Fonds ambitionne de collecter au moins 400.000 euros. Mais en rĂ©alitĂ©, les besoins sont beaucoup plus importants.

DL: Il m’est arrivĂ© Ă  deux reprises qu’un CEO me dise: «400.000 euros? Mais ce n’est pas grand-chose! Je pourrais les sortir de ma poche». Ils m’ont donnĂ© leur carte de visite et je leur ai envoyĂ© un e-mail, mais je n’ai plus jamais eu de nouvelles.

YK: Or, c’est le moment de faire un don. La mortalitĂ© par le cancer est beaucoup trop Ă©levĂ©e. Je sais qu’il faudra encore a endre un peu avant de lancer notre Ă©tude clinique, mais si nous ne collec tons pas suïŹƒsamment d’argent et que nos recherches s’arrĂȘtent, rien ne se passera, c’est certain.

Le temps que vous consacrez Ă  des confĂ©rences ne peut ĂȘtre passĂ© dans votre laboratoire. Cette situation ne crĂ©e-t-elle pas des tensions?

DL: Yamina me demande uniquement de participer aux Ă©vĂ©nements les plus im portants dont dĂ©pend une grosse somme d’argent. En mĂȘme temps, ces confĂ©rences me donnent beaucoup d’énergie. Le pu blic me pose parfois des questions trĂšs naĂŻves, mais trĂšs pertinentes. Je donne en moyenne deux confĂ©rences par mois et j’essaie de m’y tenir.

Vous avez presque atteint votre objectif de 400.000 euros. Que se passera-t-il ensuite?

YK: Nous allons fĂȘter cela. Je rĂȘve qu’un jour viendra oĂč un patient cancĂ©reux recevra un vaccin qui lui Ă©vitera une re chute. Je connais l’angoisse de la rechute. J’ai souïŹ€ert d’une tumeur trĂšs agressive. À l’époque, les mĂ©decins m’ont dit que si je faisais une rechute, c’était ïŹni. J’en ai encore parfois des sueurs froides. Le vaccin arrivera trop tard pour moi, car on a besoin de la tumeur primaire pour le dĂ©velopper, mais ce serait fantastique si, Ă  l’avenir, d’autres patients pouvaient Ă©chapper Ă  ce e angoisse.

DL: D’ici lĂ , il est trĂšs important de se tester soi-mĂȘme. Un cancer du sein pris Ă  temps a de fortes chances de guĂ©rir. Si vous arrivez trop tard – et parfois, «trop tard» peut arriver trĂšs vite –, vous n’avez pratiquement aucune chance de vous en sortir.

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COMMENT L’HOMME LE PLUS RICHE DU DANEMARK A RENDU LES HIGHLANDS AUX ÉCOSSAIS

Un tiers de la superïŹcie de l’Écosse est aux mains d’un seul homme: le milliardaire danois Anders Povlsen, actif dans la mode. Il a mobilisĂ© sa fortune pour restaurer les milieux naturels et relancer la biodiversitĂ©. Exploration dans les Highlands. «Il faut laisser la forĂȘt se dĂ©brouiller seule.»

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Le parc national de Cairngorms à Glenfeshie, en Écosse. Ici, il faut planter plus d’arbres.

Le gravier crisse sous les larges pneus de son pick-up bleu foncĂ© lorsque Thomas MacDo nell passe la marche arriĂšre et appuie rĂ©solument sur l’accĂ© lĂ©rateur. Le vĂ©hicule recule Ă  toute vitesse dans la forĂȘt de pins. Avec une seule main, il guide la voi ture sur le sentier, dans la direction d’oĂč nous venons. «Je dois dire Ă  Clint de ne pas tout couper», murmure-t-il. Lorsqu’il remonte dans la voiture un peu plus tard, il semble content. «Notre petit dĂ©tour fera la diïŹ€Ă©rence entre la vie et la mort pour les grimpereaux qui vivent ici. Ce ne sont que des oiseaux, mais ils n’ont que moi.»

Cinq minutes plus tĂŽt, Thomas Mac Donell Ă©tait en pleine discussion avec son employĂ© Clint, en train d’arracher des pins au moyen d’une grosse machine. «Je lui ai demandĂ© de laisser certains arbres debout, mais de couper leur cime. Cela tue l’arbre qui ïŹnit par pourrir. Ce qui at tire certains insectes dont le grimpereau se nourrit. Il perce un petit trou dans les arbres morts et y construit son nid. Ces

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TEXTE: MARIE VAN OOST PHOTOS: PETER CAIRNS/NORTHSHOTS

«Auparavant, cet endroit Ă©tait un lieu stĂ©rile. Aujourd’hui, nous voyons revenir des martres communes, des chats sauvages et des balbuzards. Il est important de perme re Ă  la terre de rĂ©aliser son potentiel Ă©cologique.»

oiseaux ont besoin de cet habitat, mais il manque clai rement de vieux arbres morts.»

Ces quelques mots rĂ©sument bien l’essence mĂȘme du travail que Thomas MacDonell accomplit avec ses Ă©quipes dans les Highlands Ă©cossais: le rĂ©ensauvage ment. Nous sommes Ă  Glenfeshie, un des 13 «estates» Ă©cossais du milliardaire danois de la mode, Anders Povlsen (lire encadrĂ© en p.47). Celui-ci est le propriĂ©taire de Bestseller, le groupe d’habillement qui chapeaute des marques comme Only, Vero Moda, Jack & Jones, et est actionnaire principal des boutiques en ligne Asos et Zalando. Avec ses 89.000 hectares, il est le plus grand propriĂ©taire foncier privĂ© au Royaume-Uni et s’est donnĂ© pour mission d’y restaurer la nature. Le rĂ©ensauvagement (rewilding) est le terme gĂ©nĂ©rique qui dĂ©signe les ini tiatives de restauration de la biodiversitĂ© en rendant la nature plus «sauvage», c’est-Ă -dire en essayant de rendre autant que possible Ă  un domaine ou Ă  une rĂ©gion son habitat naturel d’origine.

Incontournable dans l’univers de la mode, Anders Povlsen prĂ©fĂšre nĂ©anmoins se tenir en retrait dans la vie de tous les jours. Il ne parle que rarement aux mĂ©dias, et uniquement pour des interviews sur les ambitions de Wildland. «Les Highlands ne sont plus un environ nement naturel», a-t-il expliquĂ© au quotidien britan nique The Times en 2020. «À certains endroits, il n’y a

plus aucun arbre Ă  des kilomĂštres Ă  la ronde, uniquement des bruyĂšres mauves. Lorsque nous creusons dans la tourbe, nous dĂ©couvrons qu’il y avait une forĂȘt Ă  cet endroit. Nous voulons restaurer cet Ă©tat originel.»

Restaurer les processus naturels

«Nous avons besoin de ces processus naturels comme la dĂ©composition, mais ils ont disparu dans presque toute l’Écosse, Ă  cause de dĂ©cisions humaines motivĂ©es par des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques», explique Thomas MacDonell. «Ils ont commencĂ© par aba re les arbres pour construire des navires. Ensuite, les moutons – pour l’industrie lainiĂšre – et les cerfs – pour la chasse – ont dominĂ© dans les Highlands. Par consĂ©quent, les terres ont Ă©tĂ© surpĂąturĂ©es pendant des annĂ©es, ce qui est dĂ©sastreux pour la biodiversitĂ©. C’est ce qui explique les paysages que nous voyons aujourd’hui. Il ne reste que 6% de la forĂȘt d’origine.»

L’assĂšchement des zones humides est un autre problĂšme auquel les Highlands sont confrontĂ©s. Thomas MacDonell montre une colline recouverte d’une couche dorĂ©e de mousse de tourbe. «Auparavant, les fermiers pompaient l’eau du sol pour y Ă©lever des moutons, mais le changement climatique et le rĂ©chauïŹ€ement de la planĂšte jouent aussi un rĂŽle dans l’assĂšchement des zones humides. Les zones assĂ©chĂ©es me ent souvent la tourbe Ă  nu, et la tourbe dĂ©gage du CO2.»

En 2006, lorsqu’il a achetĂ© le domaine de Glenfeshie, Anders Povlsen (qui vient tout juste de fĂȘter ses 50 ans) a créé avec sa femme, Anne (44 ans), la sociĂ©tĂ© Wildland, dans une tentative de restaurer ces processus naturels. Thomas MacDonell y travaille en tant que directeur de la conservation et est responsable de la protection et de la rĂ©gĂ©nĂ©ration

46 wealth novembre 2022
Thomas MacDonell, directeur de la conservation auprĂšs de Wildland

Le grimpereau, me nacĂ© d’extinction, vit dans les forĂȘts Ă©cossaises d’Anders Povlsen.

Anders Povlsen (50 ans)

> L’homme le plus riche du Danemark. Sa fortune est estimĂ©e Ă  11,5 milliards d’euros.

> PropriĂ©taire de Bestseller, l’entreprise de mode fondĂ©e par ses parents en 1975. Maison mĂšre de marques comme Only, Vero Moda et Jack & Jones.

> Actionnaire principal du magasin en ligne britannique Asos (participation de 27%) et plus grand actionnaire individuel de son équivalent allemand Zalando (participation de 10%).

> Plus grand propriétaire foncier au Royaume-Uni, avec 29.000 hectares de terrains dans les Highlands écossais.

> Fondateur et propriĂ©taire de Wildland, une entreprise qui s’est donnĂ© pour mission la restauration et la protection de la nature en Écosse.

> Il possĂšde Ă©galement des terres dans les Carpates, en Roumanie, oĂč il construit une rĂ©serve naturelle dĂ©diĂ©e Ă  la protection des loups, des ours et des lynx.

> MariĂ© Ă  Anne Povlsen, avec qui il a eu sept enfants. En 2019, trois d’entre eux ont perdu la vie dans un a entat Ă  la bombe dans un hĂŽtel au Sri Lanka.

de la nature. Aba re des arbres pour a eindre cet ob jectif semble contradictoire. Mais il le faut, explique-t-il. Pour illustrer ses propos, il s’arrĂȘte au bord de la route et baisse la vitre. «Un bois ne pousse pas comme ça na turellement», dit-il en montrant une parcelle de terrain oĂč de nombreux conifĂšres apparemment identiques sont serrĂ©s les uns contre les autres. Il fait sombre entre les troncs.

«Il est Ă©vident que ces arbres ont Ă©tĂ© plantĂ©s, mais trop densĂ©ment, ce qui empĂȘche le passage de la lumiĂšre. Normalement, des buissons de genĂ©vrier poussent sur le sol. Ils constituent une source de nourriture essentielle pour certains oiseaux. En rĂ©duisant le nombre d’arbres, nous perme ons Ă  nouveau Ă  la lumiĂšre de pĂ©nĂ©trer dans le sous-bois et Ă  d’autres essences de se dĂ©velopper. En outre, la plupart des arbres qui ont Ă©tĂ© plantĂ©s ici dans les annĂ©es 1970 sont des pins d’AmĂ©rique du Nord. Ce sont les mauvais arbres au mauvais endroit. Si on veut restau rer le paysage, on n’a d’autre choix que de les aba re.»

Une autre mesure controversĂ©e porte sur le contrĂŽle de la population de cervidĂ©s. Lisez: supprimer les ani maux «excĂ©dentaires». «Nous avons rĂ©duit le nombre de cerfs de 45 Ă  1 par kilomĂštre carré», continue Thomas MacDonell. «C’est une rĂ©duction drastique qui a choquĂ© de nombreuses personnes. Mais c’est le niveau naturel. Vu que la chasse Ă©tait trĂšs populaire et rapportait beau

coup d’argent, on a laissĂ© se dĂ©velopper beaucoup plus de cerfs que ce que les terres pouvaient supporter et les forĂȘts n’ont cessĂ© de dĂ©croĂźtre pendant des annĂ©es.»

Premiers résultats visibles

Les premiers rĂ©sultats de ces mesures commencent Ă  ĂȘtre visibles. Tho mas MacDonell manƓuvre prudemment Ă  travers les nombreux nidsde-poule et bosses qui ponctuent la route. À notre gauche, le paysage se dĂ©roule tel un tapis persan: jaune or, brun rougeĂątre et vert foncĂ© se chevauchent Ă  l’inïŹni dans une vaste vallĂ©e. À droite, au-dessus de la colline, la vue est moins spectaculaire, presque innocente: de jeunes pins et bouleaux sortent maladroitement du sol. Certains ne mesurent pas plus d’un mĂštre de haut.

«Ils ont tous poussĂ© naturellement ces derniĂšres annĂ©es», poursuit Thomas MacDonell. «Nous n’allons rien planter. Nous laissons simple ment pousser les arbres qui peuvent grandir ici. C’est important, Ă©tant donnĂ© que les diïŹ€Ă©rentes espĂšces d’arbres a irent diïŹ€Ă©rentes plantes et animaux, car ils leur apportent de la nourriture et un abri. C’est cela, le rĂ©ensauvagement. Auparavant, cet endroit Ă©tait un lieu stĂ©rile, sans aucun animal appartenant Ă  cet habitat. Aujourd’hui, nous voyons reve nir des martres communes, des chats sauvages et des balbuzards. Il est important de perme re Ă  la terre de rĂ©aliser son potentiel Ă©cologique.»

Il semble satisfait. SoulagĂ©, mĂȘme. Ce fut un saut dans l’inconnu, reconnaĂźt-il. «AprĂšs l’élimination de tant de cerfs, il a fallu trois ans pour constater les premiers rĂ©sultats et voir pousser les premiĂšres plantes. Ce fut une pĂ©riode diïŹƒcile.» IngĂ©nieur en mĂ©canique de formation,

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il s’est retrouvĂ© presque par hasard Ă  ce poste. Il a dirigĂ© son propre garage pendant 20 ans. Sa femme travaillait comme chef coq dans une des maisons de campagne de Glenfeshie lorsqu’Anders Povlsen a achetĂ© le domaine. «La responsabilitĂ© de l’aba age des cerfs Ă©tait un rĂ©el problĂšme. À chaque fois, les managers dĂ©missionnaient ou Ă©taient licenciĂ©s. J’ai toujours Ă©tĂ© intĂ©ressĂ© par la nature et je me suis donc prĂ©sentĂ©. C’était une dĂ©cision controversĂ©e, mais j’étais prĂȘt Ă  relever le dĂ©ïŹ parce que j’étais convaincu par l’idĂ©e du rĂ©ensauvagement.»

Thomas MacDonell est aussi celui qui a convaincu Anders Povlsen de me re en place un plan global de rĂ©ensauvagement, peu aprĂšs leur premiĂšre rencontre en 2005. «70% des terrains que nous possĂ©dons en Écosse tombent sous les lois de conservation du projet Natura 2000, un rĂ©seau europĂ©en de rĂ©serves naturelles protĂ©gĂ©es. Cela a forcĂ© les propriĂ©taires Ă  regarder leurs terres diïŹ€Ă©remment.» D’aprĂšs lui, Anders Povlsen – qui Ă©tait tombĂ© amoureux des Highlands lorsqu’il y venait en vacances pendant son enfance – avait d’abord vu des opportunitĂ©s dans la chasse. «Mais il m’a suivi dans l’idĂ©e d’un rĂ©ensauvagement du domaine.»

Un des secteurs les plus polluants de la planĂšte Thomas MacDonell dĂ©crit le milliardaire comme un homme «trĂšs ordinaire». «Dans un pub, vous ne pourriez pas le distinguer des autres Écossais. Il est trĂšs a achĂ© Ă  ce pays.» Il n’en reste pas moins qu’il est surprenant qu’un magnat de la mode comme lui – la fast fashion est un des secteurs les plus polluants de la planĂšte – s’exprime ainsi sur le climat. «Il y a certainement du vrai dans ce e question», a rĂ©pondu Anders Povlsen au Times. «Mais je ne peux pas avoir l’ambition de res taurer la nature sans avoir les moyens pour la ïŹnancer. Je suis actif dans

le secteur de la mode et je ne peux pas me perme re de me lever un beau matin et de dĂ©cider de tout vendre et de lĂącher mon entreprise et le secteur.» Selon l’homme d’aïŹ€aires, la pandĂ©mie a marquĂ© un tournant: «Je pense que nous ïŹnirons par trouver des mĂ©thodes de travail plus intelligentes, plus eïŹƒcaces, plus rapides et plus du rables. Cela signiïŹe-t-il que nous polluerons moins et que nous ferons du meilleur travail? Nous l’espĂ©rons tous».

Les Povlsen sont les seuls bailleurs de fonds du projet Wildland. Ils ïŹnancent la totalitĂ© des frais de fonction nement de l’organisation, ce qui reprĂ©sente 25 millions de livres sterling par an. «Pour assurer la durabilitĂ© envi ronnementale, vous devez d’abord assurer la durabilitĂ© ïŹnanciĂšre», ajoute Thomas MacDonell. «Combien vaut le panorama? Cela a toujours reprĂ©sentĂ© une diïŹƒcultĂ© pour les terres en Écosse, en particulier s’il ne s’agit pas de terrains agricoles, si elles ne ‘produisent rien’ et donc ne rapportent rien.»

Aujourd’hui, Wildland emploie 80 personnes et en registre chaque annĂ©e une perte de trois millions de livres sterling. «C’est lĂ , Ă  mon avis, que rĂ©side la phi lanthropie», poursuit-il. «Anders et Anne ont achetĂ© des terres d’une beautĂ© folle, oĂč il est en rĂ©alitĂ© trĂšs diïŹƒ

de gagner de l’argent, et encore moins de faire des bĂ©nĂ©ïŹces. Vous ne pouvez pas y construire de maisons

l’agriculture dĂ©truirait les terres
 Sans leurs dons, nous ne pourrions jamais y arriver.» Mais pour Thomas MacDonell, la voie Ă  suivre est de crĂ©er une entreprise

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cile
et
«Je pense que nous ïŹnirons par trouver des mĂ©thodes de travail plus intelligentes, plus eïŹƒcaces, plus rapides et plus durables. Cela signiïŹe-t-il que nous polluerons moins et que nous ferons du meilleur travail? Nous l’espĂ©rons tous.»
Anders Povlsen, milliardaire danois et PDG Glenfeshie, en Écosse. Laisser les arbres pourrir est important pour la bio diversitĂ©.

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dans laquelle «la terre peut subvenir Ă  ses besoins». C’est l’objectif de l’entreprise en louant quelques co ages et lodges sur le domaine.

Miser sur l’authenticitĂ©

Thomas MacDonell m’emmĂšne Ă  l’impressionnante maison de cam pagne: Glenfeshie Lodge, un mini-chĂąteau pouvant accueillir 14 per sonnes. AmĂ©nagĂ©e dans le style Ralph Lauren – «comme les AmĂ©ricains imaginent une maison Ă©cossaise traditionnelle» –, elle oïŹ€re aux invitĂ©s une expĂ©rience totale. Chaque chambre est ornĂ©e de bois de cerfs, de fusils de chasse et de peintures animaliĂšres. La totalitĂ© du sol est recou verte d’un Ă©pais tapis, les lits sont dĂ©corĂ©s de coussins en velours aux glands dorĂ©s, et la vaisselle de la cuisine traditionnelle est Ă  carreaux vert foncĂ©. «Nous recherchons le luxe ultime», poursuit Thomas Mac Donell. «En accord avec l’environnement phĂ©nomĂ©nal, nous essayons d’ĂȘtre aussi authentiques que possible: lorsque les invitĂ©s arrivent, le feu brĂ»le dans la cheminĂ©e et l’odeur des scones fraĂźchement cuits s’échappe du four.»

Prix pour une semaine: 37.000 livres sterling. En s’adressant prin cipalement Ă  un public riche, Wildland espĂšre rĂ©ussir en dix ans Ă  ïŹnancer tous les coĂ»ts de la gestion du domaine grĂące aux revenus du tourisme. À l’heure actuelle, l’entreprise compte 13 rĂ©sidences: en plus de Glenfeshie Lodge, elle propose des chambres luxueuses dans une formule bed & breakfast et la location de co ages.

Entre-temps, l’homme d’aïŹ€aires consacre des moyens Ă©normes Ă  l’agrandissement des terrains situĂ©s plus au nord. «Nous avons dĂ©jĂ  investi environ 50 millions de livres dans de nouvelles instal lations hĂŽteliĂšres qui devraient ouvrir leurs portes au cours des deux pro chaines annĂ©es.» Le projet le plus prestigieux porte sur la rĂ©novation de l’Aldourie Castle, sur les rives du cĂ©lĂšbre Loch Ness, achetĂ© en 2014 par Anders Povlsen pour 15 millions de livres. «Avec ce chĂąteau, nous misons vĂ©ritablement sur le segment supĂ©rieur du marché», explique Thomas MacDonell. «Je pense Ă  10.000 livres par nuit. Cela peut sembler beaucoup, mais certaines personnes sont prĂȘtes Ă  payer ce prix pour une expĂ©rience unique. Et surtout: une nature magniïŹque pour de nombreuses annĂ©es encore.»

Dans le bureau, au Glenfeshie Lodge, on dĂ©couvre sur le lourd meuble de bureau laquĂ© des photos encadrĂ©es d’enfants souriants. Ce sont les

enfants du milliardaire. Il les a perdus en 2019 dans un a entat tragique au Sri Lanka. Sa femme et lui s’étaient rendus en avril de ce e annĂ©e-lĂ  au Sri Lanka avec leurs quatre enfants, en partie pour des vacances, en partie pour visiter d’éven tuels autres projets de protection de la nature. Ils rĂ©sidaient Ă  l’hĂŽtel Shangri-La Ă  Colombo, la capitale Ă©conomique du pays. Le dimanche de PĂąques, le 21 avril, la ville a Ă©tĂ© bombardĂ©e Ă  plusieurs endroits et 270 personnes ont perdu la vie. Parmi elles, trois des quatre enfants de la famille Povlsen, en train de prendre leur petit-dĂ© jeuner: Alfred (5 ans), AgnĂšs (12 ans) et Alma (15 ans). Seule Astrid, la cade e, a survĂ©cu Ă  l’a entat.

AprĂšs le drame, Anders Povlsen a reçu, selon ses propres dires, une quantitĂ© Ă©norme de le res de soutien et de sym pathie de la part des Highlanders. Cela lui a donnĂ© un Ă©lan supplĂ©mentaire pour persĂ©vĂ©rer dans son projet Wildland. «Cela me touche et me motive», a-t-il dĂ© clarĂ© lors de l’interview au Times. «Ici, en Écosse, nous avons l’impression d’ĂȘtre des pionniers.» ■

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«Certaines personnes sont prĂȘtes Ă  payer 10.000 livres par nuit pour un hĂ©bergĂ©ment si vous y associez une expĂ©rience unique et, surtout, une nature magniïŹque.»
Thomas MacDonell, directeur de la conservation auprĂšs de Wildland À gauche, Glenfeshie Lodge, un mini-chĂąteau luxueux pouvant accueillir 14 personnes. Ci-dessous, le Kennels Co age peut ĂȘtre rĂ©servĂ© pour six personnes. © GLENFESHIE POUR PLUS D’INFORMATIONS, SCANNEZ CE QR CODE

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