Montréal 2026
Préface Il y a 40 ans, j’ai fondé le Studio Artéfact avec mon ami François Thibaudeau. J’ai eu le privilège, au cours de cette période, de croiser plusieurs créatrices et créateurs de grand talent. Yves Demers est résolument l’un de ceux-ci. Je suis vraiment heureux de collaborer à cette initiative de Robert Lafontaine de publier un recueil, afin de mettre en lumière la brillante carrière d’Yves Demers. En plus d’être une personne infiniment sympathique, il est d’une humilité désarmante vu son immense talent. C’est la marque des grands.
Alain Lauzon Fondateur du Studio Artéfact 4
Il est l’un des très rares créateurs à être en mesure de développer une idée sur papier et de la mener à sa complète réalisation en trois dimensions, seul, sans aide d’aucune sorte et au besoin d’inventer une nouvelle méthode de fabrication pour en arriver au parfait résultat souhaité ! En feuilletant ce trop bref résumé de sa créativité, vous pourrez tout de même en prendre toute la mesure. Exceptionnel est vraiment le maître-mot ! Bravo Yves !
Mot de l’auteur Les artistes nourrissent nos existences. Ils nous épatent et nous font vivre des moments euphorisants. Yves, c’est « monsieur Wow ! ». Ce n’est pas moi qui le dis, car j’ai emprunté l’expression à un bambin qui, dans un centre commercial, regardant un château de 3 étages créé par l’artiste, a lâché ce simple mot...Wow ! Dans le même esprit, la fillette d’une amie, croisant Yves pour la première fois et le pointant du doigt, dit à sa mère : « Regarde maman, il y a un druide là-bas ». Cette remarque-là, je l’ai toujours retenue, car c’est ce qu’Yves est véritablement, un druide. Et comme de tels personnages ne courent pas les rues, ils méritent qu’on parle d’eux. J’ai décidé d’écrire un livre pour le présenter.
volumineuse ébauche du bouquin. Il m’a instantanément offert son aide. La première chose qu’Alain a su déceler, c’était que devant l’énormité des réalisations de notre sujet, il fallait couper dans mes textes. Sage décision. Le reste, lui est en grande partie redevable, car il conceptualisa l’aspect du livre et mit ses ressources matérielles et humaines à notre disposition pour que ce livre voie le jour. Merci Alain d’être embarqué dans le projet et d’y avoir investi les efforts nécessaires. Quant à Yves, je lui souhaite de pouvoir nous inspirer encore longtemps.
Dans le but d’avoir l’avis d’Alain Lauzon, l’ex-employeur de Yves, je lui ai montré ma
Robert Lafontaine Bédéiste / caricaturiste 5
Introduction Yves Demers est un caricaturiste québécois et un créateur multidisciplinaire reconnu et estimé par ses pairs ! D’abord illustrateur autonome, il participa par la suite à plusieurs projets innovateurs : affiches et dépliants, scénarimages ( storyboards ) de nouveaux concepts, dessins pour des animations publicitaires, modélisation 3D pour des maquettes et production de différents décors. Parallèlement, il développe ses talents artistiques en caricaturant les touristes visitant Montréal. Dès l’été 1981, il se joindra donc aux nombreux artistes installés sur la place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal.
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Après une période artistique prometteuse et trois enfants plus tard, c’est en 1992 qu’il deviendra directeur artistique chez Studio Artéfact inc. Celui-ci est renommé, entre autres, pour sa création de décors de Noël de grande envergure pour les centres commerciaux du Canada, des États-Unis, du Mexique et même en Europe.
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Enfance Issu d’une famille de 5 enfants, Yves Demers naquit à Montréal le 6 septembre 1958. Dès son plus jeune âge, il dessine beaucoup, inspiré par son frère aîné, Gilles. Il se faisait ainsi de nombreux amis en les impressionnant. Dans les diverses écoles qu’il a fréquentées, grâce à son talent, il pouvait s’intégrer dans des projets de journaux étudiants, de créations de décors, de théâtre, de murales et autres activités artistiques. Dès l’âge de 11 ans, ce jeune élève surdoué travaillait avec des imprimeurs sur divers projets scolaires et parascolaires.
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Inspiration Sa passion pour la caricature commence en 1972 lorsqu’il voit les dessins de Serge Chapleau, une sommité dans le domaine, publiés dans le supplément Perspective du journal La Presse. Yves crayonne alors de façon plus intensive. Sa persévérance le propulsera vers un dépassement de soi et fera de lui un artiste d’exception. Au Québec, durant les années ’60 et ‘70, Robert La Palme, qui est un acteur important dans le milieu du dessin de presse, organise le Salon International de l’Humour à Montréal auquel Yves assistera régulièrement. Au cours de sa vie, Demers croise Chapleau à quelques reprises, la plus récente rencontre ayant eu lieu lors de l’exposition consacrée à ce dernier au Musée McCord en 2023.
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Il est également un grand amateur des parcs d’attractions de Walt Disney World en Floride. Il se construit au travers de ses diverses sources d’inspiration et par son regard sur le monde : « Ma source d’inspiration est basée sur mes observations quotidiennes qui me permettent de me forger une opinion. J’essaie par la suite d’être un participant au monde qui m’entoure. Nous sommes avant tout des êtres sensibles et c’est cette sensibilité que j’exprime par l’intermédiaire de mon art ».
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Caricaturiste Public En 1982, à l’âge de 24 ans, dans le but de mieux gagner sa vie, Demers travaille dans le Vieux-Montréal à caricaturer les touristes. Il conservera ce métier tout au long de sa vie, quittant ce poste durant quelques années pour réaliser des décors et des commandes personnelles.
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Dès son arrivée à la place JacquesCartier, il insuffle un vent d’air frais dans ce milieu. Yves, avec ses innovations incessantes, épate les collègues et les artistes qui aiment progresser dans leur métier partagent avec lui des moments inoubliables. Inventeur créatif, il passe plusieurs heures dans son studio à fignoler ses bricolages qui captiveront les visiteurs; crayons sur élastique, autocollants, boîtes à surprise, etc. Il fonde, avec de talentueux amis, le studio des Amuse-Gueules. Sous l’impulsion de Yves, qui est un gars facile d’approche et toujours prêt à collaborer avec ses pairs, les inventions et la créativité sont à l’honneur. À chaque début de saison, Yves se renouvelle : structure innovante, affiches publicitaires, marketing. 13
Une imagination débordante En 1991, Yves a déjà conçu un train avec locomotive et wagons pour promener les enfants sur la grande place du Complexe Desjardins. Une belle réalisation qui allait le mener en 1992 à être engagé par le Studio Artéfact de Montréal, entreprise dirigée par Alain Lauzon. Il en sera le directeur artistique durant plus d’une quinzaine d’années. Les 2 hommes ont des aptitudes différentes, mais partagent une vision commune. Ils se complètent admirablement bien pour mener à terme des projets colossaux.
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De l’idée à la réalité Les années ’90 représentent une période faste en réalisations chez Studio Artéfact. La compagnie montréalaise engage à l’époque jusqu’à 150 personnes. Tous les intervenants du département artistique œuvrent sous la direction de Yves. Studio Artéfact livre un haut niveau de qualité, tant au niveau de la réalisation que du volet artistique et son succès est international. L’innovation et la créativité sans limites de Yves ne sont pas étrangères à cette réussite.
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Un scénographe en liberté Chez Studio Artéfact, Yves avait le mandat de créer des personnages et des éléments de décors, ainsi que des ensembles complets. Il est tout à la fois idéateur, illustrateur et scénographe. Lorsqu’il est à sa table à dessin ou devant sa tablette graphique, il produit à une cadence folle. « J’avais demandé aux menuisiers d’installer 10 panneaux de 4x8 pieds amovibles dans mon bureau, car lorsque je me lançais dans une série d’esquisses, je pouvais en griffonner une centaine par jour. Je dessinais d’une façon frénétique et l’employeur avait un énorme choix pour sélectionner le concept qu’il désirait privilégier » explique-t-il.
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« J’ai conservé une multitude de boîtes de ces esquisses. J’en aurais assez pour remplir le stade olympique » révèle l’artiste.
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Il voulait tout autant être à la table à dessin que dans l’atelier pour participer à la fabrication. « Pourquoi dessiner quelque chose qui n’est pas possible à construire ou comment construire quelque chose qui est mal dessiné ? J’apprenais des choses dans l’atelier autant que sur la table à dessin et j’ai pu acquérir l’expérience qui fait en sorte que mes accomplissements en 3D ressemblent à mes illustrations » précise Yves.
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Une myriade de personnages Sa formation de caricaturiste n’est sûrement pas étrangère à son incroyable capacité de créer des personnages vraiment de tous genres. On parle non seulement des figures classiques et d’attachants animaux, mais aussi des variantes plus jazzées, plus funky, plus déjantées. Yves est un virtuose de la création de personnages. À tel point qu’il réussit à donner un visage et une personnalité à des objets et des bâtiments. Il n’y a aucune limite à son imagination.
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Ici encore c’est le grand défi : réussir à transposer en trois dimensions toutes les nuances évoquées par le sketch ou l’illustration du concepteur. En participant lui-même à la réalisation, Yves pouvait s’assurer de la qualité du rendu, quitte à ajuster le concept initial, revoir les matériaux ou inventer un nouveau procédé de réalisation. Il forme également les artisans et supervise le travail des départements complémentaires comme la couture par exemple.
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Créer avec de l’air... Une application commerciale intensive, souvent dépourvue d’originalité, ainsi que l’usage de matériaux bon marché, ont fini par donner une connotation péjorative au mot « gonflable ». Cependant, le gonfable peut être magnifique et spectaculaire. C’est ce que démontre sans équivoque le grand défilé new-yorkais de la Thanksgiving. Conscient de son potentiel et faisant abstraction des préjugés, Yves a contribué, par son inventivité et sa détermination, à anoblir le gonflable comme outil de réalisation.
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« Je ne fais pas des gonflables, je crée des scènes de Noël avec une centaine de matériaux différents, dont des toiles de parachutes cousues et gonflées. Le mot gonflable, dans mon cas, n’a rien à voir avec les structures bon marché que l’on voit dans les grandes surfaces. Ce que je fabrique en posant mes tissus, en appliquant mes peintures uniques et mes recettes développées au fil des ans, ce sont des décors. Si ces derniers étaient uniquement réalisés en polyuréthane, les gens ne diraient pas : “ Regarde le beau polyuréthane ! ” ils diraient “ Regarde le beau décor ! ”. Bref, le mot gonflable est trompeur dans mon métier » exprime Yves.
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Yves a développé des scénographies remarquables dont une grande portion est réalisée en gonflable. Beaucoup de ces réalisations sont bluffantes. Il n’est pas possible de dire que c’est un gonflable sans y avoir d’abord touché. « Je tentais de faire valoir mon point de vue à nos clients, à savoir qu’ils économiseraient beaucoup d’argent avec mes structures qui seraient gonflées sur place, ce qui éviterait les coûts importants liés à l’installation sur les lieux. L’autre avantage de ma suggestion est relié au poids des matériaux. Des éléments lourds en bois, fibre de verre, etc., se détériorent lors de l’entreposage. Les chocs et les déplacements les abîment, tandis que mes œuvres m’apparaissent plus adéquates, car elles sont légères et se manipulent aisément. » renchérit-il.
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Faire jaillir la lumière Il est fascinant de voir qu’un même personnage peut être interprété en différents matériaux. C’est particulièrement le cas avec le musicien créé d’abord en matériaux gonflables pour un centre commercial américain et réinventé en lumière pour le Complexe Desjardins à Montréal.
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Jeu de cartes Réunissant un éventail de ses caricatures de vedettes, Yves a créé un magnifique jeu de cartes. La ressemblance de tous ces personnages est fascinante, car certains visages peuvent donner du fil à retordre. En d’autres mots, une tronche rigolote, c’est facile à dessiner pour un caricaturiste, mais les gens qui se situent dans ce que l’on nomme « la courbe de la normalité » ont des traits qui ne sont pas évidents à cerner. Demers, pour sa part, n’en rate pas une et c’est ce qui le fait ressortir du lot. Contrairement à la série « Drôles de moineaux » présentée plus loin dans ce livre, cette série a été réalisée sur une tablette graphique.
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L’aventure des 1001 Visages
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L’année 2006 marque la création du festival 1001 Visages de la caricature qui se tient, pour sa première édition, dans le prestigieux hall d’entrée de la Place des Arts à Montréal. Yves assiste au vernissage et dès l’édition suivante, il devient le directeur artistique du festival. Jean-Guy Moreau, l’imitateur, est l’invité d’honneur en 2007 et sa notoriété offre une belle crédibilité à 1001 Visages. Durant les 15 années qui suivront, l’auteur de ces lignes, Francine Robert, David Chavez, Marc Pageau et Yves seront les piliers de cette organisation. Mentionnons aussi qu’un grand nombre de participants et de bénévoles mettront l’épaule à la roue. Un événement du cœur était né et les caricaturistes, qui sont généralement des ermites, pouvaient se retrouver en famille lors d’une rencontre haute en couleur.
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Durant toutes ces années, la majorité des caricaturistes du Québec vient participer au festival dans les Laurentides. Plusieurs membres de L’Association des caricaturistes canadiens y prennent part ainsi que quelques artistes internationaux. Bref, c’est un succès pour un événement festif unique au pays, mais cette manifestation culturelle prend fin en 2021 par essoufflement et manque de financement.
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Croqueur de têtes Malgré son incursion dans le monde du décor, la principale activité de Yves a toujours résidé dans la caricature. Il a illustré un grand nombre de vedettes, la majorité étant issue du Québec. La série « Drôles de moineaux » a été dessinée avec des crayons de bois et les retouches ont été faites dans Photoshop.
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Tête à tête En 2016, Yves Demers commence à créer des mascottes destinées à un défilé pour un syndicat provincial. Le mandat est de taille, car il faut que la tête soit légère, résistante et qu’elle ait de l’aération adéquate. Le porteur doit impérativement avoir une visibilité suffisante, ce qui est un critère de sécurité incontournable. Divers matériaux sont alors testés pour fabriquer ces visages géants. C’est une recherche perpétuelle pour l’artiste. « C’est l’un des plus grands défis que j’ai eu à surmonter. La complexité de ces projets était très élevée, car le poids est un facteur important et je devais calculer au gramme près », me dira Yves. Jusqu’à aujourd’hui, il a modelé une douzaine de grosses têtes pour divers clients dont Juste pour rire, les défilés de la Saint-Jean et la CSN.
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Caricaturistes en spectacle
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Les équipiers de 1001 Visages créent en 2009 une manifestation culturelle unique en son genre « Caricaturistes en spectacle » qui monte sur la scène du Théâtre Calixa-Lavallée. Une affiche, reprenant une illustration iconique de Normand Rockwell, présente Francine Robert, Yves Demers et Robert Lafontaine. Elle est dessinée par Dominic Philibert, un caricaturiste québécois reconnu internationalement pour sa virtuosité. À la suite de la tenue de cette pièce, le festival déménage de Montréal pour prendre racine à Val-David en 2009. Ce village des Laurentides est peuplé d’artistes issus de tous les domaines imaginables. Sans le savoir, 1001 Visages s’est implanté au sein d’une communauté qui regorge de talents. L’événement devient une véritable kermesse avec les musiciens, comédiens, chorégraphes et conteurs qui s’impliquent à un niveau ou un autre de la fête qui demeure toujours sous la thématique du dessin d’humour. Ceci marque le début d’une magnifique aventure créative. 44
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Maisons de Val-David Un autre projet trotte dans la tête d’Yves Demers et c’est celui d’illustrer les commerces du village de Val-David de façon humoristique. En fait, l’idée est partie du fait que les originaux de caricature de personnages ne se vendent pas facilement. En effet, on affiche rarement la caricature d’un politicien dans son salon. L’artiste s’est donc dit qu’il serait plus facile de vendre des caricatures de bâtiments. Selon lui, les gens aiment l’architecture, le design et le confort des maisons. Il se mit aussitôt à la tâche et dessina plus d’une vingtaine de commerces pour créer le calendrier annuel du festival. La qualité de ses rendus graphiques était épatante et les ventes lui donnèrent raison. Le produit était apprécié par les visiteurs. « Dans ma tête, je vois ces bâtiments plus beaux que ce que je suis capable de rendre graphiquement, mais à un moment donné, je me dis qu’il vaut mieux faire quelque chose que rien du tout » nous confie-t-il.
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Architecture Caricaturale Aux alentours de 2022 et pour continuer dans cette même lancée de bâtiments, Yves Demers entreprend une série d’illustrations de gratte-ciel ainsi que des édifices patrimoniaux de Montréal et de Québec. Il mentionne qu’à son point de vue, la décision la plus difficile dans ce type d’ouvrage est de savoir jusqu’à quel point caricaturer, car il pourrait continuer à peaufiner sans relâche. « Est-ce que j’ôte ou non des fenêtres ? Est-ce que je mets tel ou tel détail ? Est-ce que j’ajoute des figurants ? » se questionne l’artiste. Comme le dit si bien la formule, il faut un peintre et une autre personne pour arrêter le peintre.
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Esprit de bottine Toujours dans ce même esprit architectural, Yves développe depuis quelques années une série de maisons bottines en toute liberté créative et fait la démonstration de son incroyable maîtrise du calembour et des jeux de mots. Sa technique consiste à sauter d’un canevas à l’autre pour ne pas se lasser. Expert en démesure, il a réalisé à ce jour plus de cent quarante illustrations de ses maisons bottines.
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ISCA
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Durant plusieurs années, il est membre de l’ISCA ( International Society of Caricature Artists ) qui est une association dont le conseil d’administration est basé aux États-Unis. Chaque année, ce regroupement crée un événement qui attire entre 100 et 300 caricaturistes venus de toutes les régions du globe. On y retrouve les meilleurs, ceux et celles qui nous époustouflent par l’exceptionnelle qualité de leur production. La crème de la crème réunie dans un environnement convivial pour célébrer leurs pairs. De nombreux prix y sont décernés et ils sont évidemment raflés par ceux et celles qui figurent parmi les meilleurs au monde. Yves Demers est le gagnant de 7 prix internationaux de caricatures, à Las Vegas ( Nevada ), St-Pete ( Floride ) et Sandusky ( Ohio).
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Toute une réussite, quand on sait que les Japonais ne dorment pas de la semaine pour tenter de gagner les trophées et qu’ils sont très forts en caricature. C’est sans compter les Belges avec leurs mains de magiciens, les Italiens dont le talent est tout simplement renversant, les Américains qui dessinent sous tous les angles et toutes les coutures, les Espagnols qui ne sont pas nés d’hier niveau dessin et les autres sortis dont on ne sait où et qui ont des coups de patte à faire rougir les aspirants au titre. Un accomplissement tout simplement remarquable !
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L’importance des maquettes Les maquettes sont, selon Yves, essentielles pour réussir un assemblage complexe. C’est en effet à ce stade que les problèmes sont résolus. Il lui est arrivé à quelques reprises de se faire dire par des professionnels que ses projets illustrés étaient inexécutables en 3D. Ce fut le cas avec des experts du gonflable qui insistaient pour stipuler qu’une de ses formes dessinées sur papier ne pouvait pas se matérialiser. Ce n’est qu’en montrant le modèle miniature que le créatif gagnait l’approbation des spécialistes. Le cas s’est répété avec des menuisiers qui affirmaient que la coque du bateau qu’Yves imaginait était irréalisable. De nouveau, la maquette en fit la démonstration inverse. Comme mentionné précédemment, Yves dut aussi expliquer à des couturières son concept de spirales imaginées avec du tissu Spandex. Elles ne croyaient pas que ce soit exécutable jusqu’à ce qu’un modèle réduit leur soit présenté. Ce type de dénouement s’est reproduit à quelques autres occasions durant sa carrière. 56
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Conclusion D’une très grande humilité, Yves Demers est un oiseau rare dans le zoo des caricaturistes. Il se distingue des autres artistes par sa versatilité, son incroyable souci du détail ainsi que sa production démesurée. Il est unique par sa capacité de travailler avec tout un chacun dans un monde où les égos sont puissants. Je me souviens lui avoir déjà dit « Tu es le seul qui est capable d’endurer tous les artistes avec lesquels tu collabores ». Cette phrase l’a bien fait rire, mais elle est véridique, car Yves place les relations humaines en priorité dans sa liste d’accomplissements. Penché sur sa tablette graphique ou en train de dessiner lors de soirées corporatives, Yves ne lâche pas. Il patente encore toutes sortes de trucs, comme sa pelle à neige munie d’un ressort pour éviter de forcer. À l’inverse de Gaston Lagaffe, ses inventions fonctionnent. Bref, c’est plus fort que lui, son cerveau fonctionne toujours à plein régime et les mains suivent.
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Les esprits inventifs tels que lui sont des denrées rares. Comme me le dira un ami, médusé devant ces réalisations « Ce gars-là n’a pas le cerveau branché comme les autres ». Éblouir les gens par la qualité de son travail, c’est le cadeau qu’Yves Demers nous aura offert tout au long de son parcours de vie et ce n’est pas terminé.
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Identification des photos
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Yves à sa table de travail
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Un joli bébé
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Yves en compagnie de Serge Chapleau
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Caricature de l’éditeur Alain Stanké
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Remise d’une caricature à Jean-Guy Moreau
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Remise d’une caricature à Stéphane Rousseau
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Caricatures en direct
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Concept de kiosque pour les lieux publics
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Yves transporte son kiosque
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Décors pour Studio Artéfact inc.
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Illustrations et personnages 3D pour Studio Artéfact inc.
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Illustrations et décors gonflables pour Studio Artéfact inc.
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Maquettes et personnages pour Studio Artéfact inc.
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Jeu de cartes
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Porte d’entrée créée par Yves pour le festival 1001 Visages
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L’artiste à l’oeuvre
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Chapleau, Ygreck, Bado, André-Philippe Côté et Garnotte au festival 1001 Visages
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Yves en Yvon Ferr Fureur à « Caricaturistes en spectacle »
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La salle du festival 1001 Visages
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Tête de l’ex-ministre de l’éducation François Blais portée par Yves Demers
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Grosse tête de Sugar Sammy ( Collaboration avec Patrick Dea)
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Grosse tête de Michel Tremblay
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Grosse tête de Roberto Benigni ( Collaboration avec Patrick Dea)
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Quatre grosses têtes d’acteurs et actrices ( Collaboration avec Patrick Dea)
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Affiche créée par Dominic Philibert
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Dessin de chapiteau
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Caricatures avec des jeux de mouvements mécaniques réalisés en direct à l’ISCA
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Caricature de Mr. Bean sur carton. Mouvements faciaux avec une commande à distance
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Caricature d’un membre de l’ISCA
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Yves, récipiendaire de nombreux prix à Las Vegas, Sandusky et Ste-Pete ( USA )
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Maquette et illustration pour un projet de porte au Bain Mathieu (Montréal)
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Maquette et gonflable servant d’entrée pour la salle du festival 1001 Visages
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Illustration et maquette pour un projet de train Toutes les illustrations du livre, dont celle de la couverture, sont signées par Yves Demers, sauf exception de la vignette 25. 61
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