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T hi sdi gi t a l v er s i onof L ' ar t dul i v r ewa spr epa r ed byi Book Bi ndi ngi n2020
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L’ART DU LIVRE
LA RT DU L IV R E ÉTUD E SUR QUELQUES-UNS DES DERNIÈRES CRÉATIONS EN TYPO GRAPHIE, ORNA MENT ATION DE TEXTES, ET RELIURE, EXÉCUTÉES EN EURO PE ET EN AMÉR IQUE RÉDACTE UR : CHARLES HOLME
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MCMX1V ..LE STUD IO” LTD. LONDRES, PARIS, NEW YORK
NOTE PRÉLIMINAIRE Y? E R E D A C T E U R tient à exprimer ses remerciements aux per sonnes ci-dessous désignées, qui lui ont prêté leur obligeant con cours pour la préparation de ce volume : M M . les Administra it teurs d e la “ Kelmscott Press”, qui l’ont autorisé à reproduire les pages composées avec les trois sortes de caractèresdessiné espar W illiam Morris, et M . Emery W alker, qui lui a offert sa précieuse collaboration pour la reproduction des caractères grecs Proctor ; M . Lucien Pissarro, qui lui a permis de reproduiretroisp agescomposéesà la “ Eragny Press” ; M . C. H . S tjohn H o rn b y ,grâceauquelune pageaétécom posée spéciale ment à la “ Ashendene Press ” pour ce volume ; M . Philip Lee W arner, pour l’autorisation de reproduire deux pagesde la “ Riccardi Press” ; M M . Chatto et W indus, pour la page de la “ Florence Press” ; M M . M ethuen et Cie, pour la page imprimée en caractères “ E w ell” ; M M . H . W . Caslon et Cie, pour la page composée avec leur nouveau caractère “ Kennerley ” ; M M . P. M . Shanks et fils, pour la page en caractères “ D o lp h in ” ; M . F. V. Burridge, pour les deux pages composées spécialement à l’Ecole centrale des Arts et Métiers de Londres ; M M . George Allen et Cie, pour la reproduction de deux pages dessinées par M . W al ter Crane ; M . Percy J. Smith, pour l’en-tête composépar lui ; la “ Cuala Press”, la “ Vincent Press”,la“ Reigate Press”, M . B. T. Batsford,M M . J. M . Dent et fils, M M . George Routledge et fils, M M . Siegle, H ill et Ci e, pour l’autorisation de reproduire diverses pages de leurspublications ; et M . J. W alter W est, pour la reproduction de deux pages dessinées par lui. Le rédacteur doit également des remerciements aux divers relieurs qui lui ont prêté des volumes pour ses illustrations, et à M. Emile Lévy, qui lui a prêté des photographies de reliures de M . Douglas Cockerell ; à M . John Lane, qui l’a autorisé à reproduire des dessins de couvertures par Aubrey Beardsley ; et à M M . George Newnes, pour les pages de gardedessinées par M . Granville Fell. Le rédacteur exprime également sa reconnaissance envers les éditeurs, im prim eurs,fondeurs de caractères, relieurs et décorateurs de livres, d’Amérique et d’Europe, qui ont obligeamment mis à sa disposition les documents reproduits dans les divers chapitres, et notamment à M M . Klingspor frères, la Fonderie Bauer, M M . Em il Gursch, D. Stempel, Genzsch et Heyse, G. Peignot et fils, L. Pichon, et Jules M eynial, qui ont fait composer des pages de typographie spécialement pour ce volume.
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TABLE DES MATIERES PAGE
La Typographie Anglaise La Reliure de luxe en Angleterre L ’art du livre en Allemagne L ’art du livre en France L ’art du livre en Autriche L ’art du livre en Hongrie L ’art du livre en Suède L ’art du livre en Amérique
par par par par par
Bernard H. Newdigate 3 69 Douglas Cockerell 127 L. Deubner !79 E. A. Taylor A. S. Levetus 203 231 par August Brunius 243 par William Dana Orcutt 259
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GRANDE-BRETAGNE
LA TY PO G R A PH IE A NG LAISE. BERNARD H. N E W D IG A T E
PAR
O U R bien juger en matière de typographie, il faut avoir au moins quelques notions sur les premières formes qui ont pré cédé nos caractères modernes. Jetons donc un coup d’œil sur Les premiers livres l’histoire de l’imprimerie anglaise. imprimés, tels que la Bible de Mayence et les Psautiers, étaient en caractères gothiques, lesquels, d’une manière générale, reproduisaient l’écriture des copistes allemands. Mais, en Italie, le gothique ne satis faisait pas aux exigences des humanistes ; et ceux-ci firent adopter une écriture où les majuscules étaient imitées ou tout au moins inspirées des lettres romaines anciennes, dont les antiques inscriptions des monu ments offraient encore tant d’admirables exemples. Pour les minuscules, ils revinrent au bel alphabet qui, aux X I e et X II e siècles, avait été petit à petit tiré des minuscules Carolines du IX e, et était devenu l’alphabettype de la plus grande partie de l’Europe latine. Lorsque les Allemands Sweynheim et Pannartz introduisirent l’imprimerie en Italie, ils em ployèrent d’abord des caractères romains, fort beaux, mais un peu lourds, qui avaient un aspect gothique très apparent. Il semble, de fait, que cet aspect gothique était un peu trop marqué pour le goût raffiné des humanistes de cette époque ; et, lorsque ces deux imprimeurs passèrent à Rome, on adopta des lettres plus conformes à l’écriture des hommes de la Renaissance. D ’autres imprimeurs italiens avaient des fontes composées à la fois de caractères gothiques et de caractères ro mains. Le grand im prim eur vénitien Jenson, par exemple, employait parallèlement les uns et les autres, ainsi que beaucoup de ses confrères ; mais le romain finit par être seul adopté, en Italie d’abord, puis en Espagne et en France, et plus tard en Angleterre. D ’autre part, en Allemagne, berceau de cet art, un gothique dégénéré s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui. Cependant, dans ce pays l’usage des caractères ro mains s’est de plus en plus répandu depuis un certain nombre d’années, Le romain qu’employaient les en dépit des tendances nationalistes. premiers imprimeurs italiens est donc le prototype d’où procèdent tous les autres caractères romains. On peut suivre les étapes de son développe ment, représentées par les fontes qu’employèrent Aldus à Venise, Froben à Bâle, les Estienne à Paris, Berthelet et Day à Londres, Plantin à Anvers, les Elzévir à Leyde et Amsterdam, et, en général, tous les imprim eursduX V II e siècle et de la plus grande partie du X V III e . Pendant toute cette époque les caractères conservèrent cet aspect que les im primeurs modernes qualifient d’ancien,* et qu’ils tenaient de l’écriture
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♦ Dans tout cet article nous avons employé, à propos des caractères typographiques, le qualifîcatif “ ancien ” par opposition à “ moderne” : ce choix estj’ustifié par l’ordre historique de leur
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(Reproduced by permission o f the Trustees o f the Keim scott Press)
KELM3COTT PRESS : PAGE FROM “ THE WORKS OF GEOFFREY CHAUCER” PRINTED IN THE “ CHAUCER” TYPE DE8IGNED BY WILLIAM MORRI8. ILLUSTRATION BY 8IR EDWARD BURNE-JONE8, BART., BORDER AND INITIAL LETTER BY WILLIAM MORRI3
Rath m the Ram bîs halte cours yronne, Hnd smale foweles maken melodye, C bat slepen al tbe n yg b t w ith open eye, So priketb bem nature in b ir corages ; Cbanne longen folk to goon on pilgrimages, Hnd palmeresfortose ken straungestronde s Co feme balwes, kowtbe in sondry londes ; Hnd specially, from every sbires ende O f Cngelond, to Caunterbury they wende, Cbe booly b lis f ul m artir fo r to seke, C bat bem batb bolpen wban that they were seeke. I f l L that in th a t seson on a day, in Soutbwerk at tbeCabard as X lay, Redy to wenden on my p ilg rym age Co Caunterbury w ith fu l devout C fjH C H prille w ith bis sboures soote corage, C bedrogbteof JVïarcb batb percedtotberoote, H t nygbt were come in to th a t bostelrye Hnd batbed every veyne in swicb licour, d e l nyne and twenty in a compaignye, O f wbicb vertu en gen dr ed is tbe flour; O f sondry folk, by aventure yfalle d b a n Zepbirus eek w ith bis swete breetb In felawesbipe,and pilgrim es were they alle( Inspired batb in every b o lt and beetb Chat toward Caunterbury wolden ryde.
TH E LOVER TELLS OF TH E ROSE IN HIS HEART LL thin gs- unc onu lx| and, broken, a ll tkin ge worn. and, olct ? | ke crt| oj" a. chxlcL bi| th e roacb* tuax| th e creak, cPa, lum beri ng cart, ^JT c keawj steps oj-t ke pLc x^h nwv , spla shin g t h e ww trvj mouJLdL?
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PAGE D E S IG N ED BY CHARLES B R A IT H W A IT E
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LA RELIURE DE LUXE EN ANGLE TERRE. PAR DOUGLAS COCKERELL XPRESSION “ reliure de luxe” ou “ reliure fine” que l’on emploie dans le commerce, signifie que l’artisan a opéré de son mieux avec les meilleurs matériaux. Elle peut être simple ou décorée ; mais, quel qu’en soit le genre, il faut qu’elle soit ce que l’artisan sait donner de mieux. Les livres imprimés sont générale ment des ouvrages faits à la machine, et il semblerait rationnel qu’il en fût de même pour leurs couvertures ; c’est effectivement le cas
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On a une tendance à croire que le prix de la reliure doit être en rapport avec le prix du livre ; mais comme les volumes sont imprimés par milliers, et que les belles reliures ne peuvent être exécutées que séparé ment, à la main, et au prix de beaucoup de soin, il est inévitable qu’en général une pareille reliure soit beaucoup plus coûteuse que le livre qu’elle recouvre. Cet état de choses existe probablement depuis qu’on a pu imprimer à bon marché et cependant il y a toujours eu des gens qui attribuaient à certains livres une valeur assez haute pour qu’ils méri tassent d’être décorés et reliés richement. Car un véritable bibliophile estime un volume autrement qu’à son prix de librairie, et il peut tenir à ce qu’une œuvre d’un de ses auteurs favoris soit précieusement recou verte. Certains livres demandent à être richement garnis en raison de leur nature et de leur emploi. Les livres liturgiques, par exemple, se prêtent très bien à l’ornementation, pourvu qu’elle soit de bon goût. Ils donnent simplement une note somptueuse, dans une grande église ou dans une cathédrale ; il faut les apprécier en fonction du milieu, et non isolément. On a à présent une tendance à estimer la décoration en raison inverse de son abondance, à demander qu’elle soit concentrée en certains endroits, laissant vide la plus grande partie de la surface de l’objet. C’est une manière fort raisonnable de comprendre la reliure, mais ce n’est pas la seule. On peut donner une reliure satisfaisante avec peu ou pas d’ornementation, on ne risque guère, dans ce cas, d’aboutir à un désastre complet. Couvrir toute la surface d’une reliure avec des ornements et des dorures, c’est beaucoup plus difficile, si l’on veut un résultat satisfaisant, mais c’est possible, et cela vaut la peine qu’on le fasse si on le réussit. Actuellement, il y a en Angleterre beaucoup de relieurs qui sont capables d’exécuter des ouvrages tout à fait supérieurs ; et, heureusement, il y a chez nous et en Amérique des amateurs de livres qui ont assez de goût et assez de moyens pour leur donner des com mandes. Il est probable que si quelqu’un avait la hardiesse de consacrer cent ou deux cent mille francs à la reliure des plus beaux livres que l’on fabrique actuellement, il trouverait, s’il répartissait judicieusement les 69
“ CO ÛTE Q U IIL C O U T E ’ ’ — DEC O R ATIV E DRAW ING BY R. JAM ES W IL L IA M S T24
ALLEMAGNE
L’A RT DU LIVRE EN ALLEM AGNE PAR L. DEUBNER “ W A TY PO G RA PH IE,m êm e dans les éditionsde luxe, n’est pas un art, et le compositeur n’est pas un artiste, non plus que l’im prime ur.” Voilà ce qu’écrivait en 1887 Ludw ig Nieper, ■ directeur de l’établissement qui s’appelle aujourd’hui l’Académie Royale des Arts graphiques et de l’indu strie du livre à Leipz ig; et c’est dans cette ville que se tient actuellement une Expo sition internationale du Livre, où tous les aspects possibles de cette in dustrie sont représentés, ainsi que tous les arts qui s’y rattac hent : témoignage frappant et éloquent, comme on n’en a peut-ê tre jamais eu jusqu ’ici, de la civilisation qui unit les nations. Les lignes que nous venons de citer, et où l’on nie l’influence de l’art sur le travail industriel, datent d’une époque où le véritable sentiment artistique manq uait com plètem ent, et où l’on se contentait d’imiter et de reprendre les styles historiques, en se dispensant d’envisager les exigences d’ordre pratiq ue de 1’industrie. Aujou rd’hui, l’on sait combien l’influence réciproque de l’art et de l’industrie, dans tous les domaines, a été bienfaisante et féconde pour l’un et pour l’autre ; l’on sait aussi que c’est là le seul moyen qui a permis de passer d’un simple embellissement extérieur à la forme artistique, de l’ornementation à la véritable esthétique du livre. Ainsi, dans l’espace de vingt-cinq ans à peine, nous avons com plètem ent changé notre conception de l’art, et de sa fonction ; il faut laisser à ceux qui viendront après nous le soin d’estim er plus justem ent que nous ne le pourrions aujourd’hui l’œuvre considérable qui a été accomplie au cours d’une génération. Les premières phases de ce mouvement de rénovation en Allemagne remon tent à une vingtaine d’années. A cette époque, nous regardions avec envie les publications qui sortaient des imprimeries d’Angleterre, et nous ne pouvions rien montrer qui soutint la comparaison avec le célèbre “ Faust ” de la “ Doves Press ” ; et si aujourd’hui enfin nous pouvons voler de nos propres ailes, il serait inexact d’affirmer que l’art du livre moderne en Allemagne a une origine absolument nationale, et de désavouer le précieux encouragement et les enseignements que nous devons partic ulière ment à l’Angleterre. Et, bien que nous com prenions parfaitement que le livre dans son ensemble, avec des carac tères, une décoration, un papier et une reliure constituant un tout bien coordonné, doit être une œuvre d’art, ce n’est qu’après une série d’erreurs et de faux départs que nous sommes parvenus au but. Ainsi personne aujourd’hui ne cherch erait sérieusement à défendre un ouvrage comme le catalogue officiel de la nation allemande à l’Expo sition de Paris en 1900; de même le caractère “ Eckm ann”, qui fut à un 127
E N D -P A P E R D E S IG N E D BY PROF. PA U L L A N G -K U R Z
E N D -P A P E R D ESIG NED BY PROF.
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FRANCE
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L’ART DU LIVRE EN FRANCE. E. A. TAYLOR
PAR
~ " S Q U ’ON se reporte par la pensée au temps jadis où l’édition et l’imprimerie florissaient en France, on trouve que tous les changements qui ont affecté ces arts depuis quelques années reviennent à peu de chose. Parmi les vieilles rues comme il en reste encore en France, il y en a bien peu où l’on puisse passer sans remarquer une enseigne de relieur-doreur. Pour donner un exem ple frappant de ce curieux état de choses, qu’il suffise de rappeler la vente de la collection du vicomte de la Croix-Laval, en 1902, où les livres étaient catalogués, non pas d’après les noms des auteurs, mais d’après ceux des relieurs. Mais cela n’a rien de surprenant, si l’on considère la qualité du travail d’hommes tels que M. G. Canape, Chambolle-Duru, S. David, Charles Lanoë, Marius Michel, G. Mercier, René Kieffer, et les ravissantes décorations sur vélin d’André Mare. Cependant il n’est pas rare d’entendre des voyageurs dire qu’il n’y a pas, à Paris, de livres présentant un aspect attrayant. A l’opposé des Anglais, les Français se préoccupent peu des qualités de durée dont les reliures à plats recouverts en toile ou en papier sont susceptibles, et se contentent de leur demander un certain cachet extérieur ; et les papiers de garde, tels qu’on les con naît à l’étranger, y sont jusqu’à présent peu appréciés. JS' On dépense beaucoup de soins pour les éditions de luxe qui montrent l’œuvre d’ar tistes devenus populaires, et sont très belles comme papier et comme typographie ; mais elles consistent en volumes brochés, tirés à petit nombre, d’une excellente exécution, et causent souvent une déception, à cause de la disposition et de la forme des pages et du peu d’harmonie entre le texte et le caractère, entre le caractère et l’illustration. JS Mais ceci m’amène à un commentaire sur l’indépendance dont l’imprimeur d’autrefois jouissait vis-à-vis des autres artisans, dont les métiers sont actuellement séparés en classes distinctes. Et il est curieux que cet état de choses soit aussi général, car peu de villes sont attachées autant que Paris àleurs artistes. Peut-être la faute en est-elle à l’artiste,plus enfermé dans s on métier que ne le voudrait le développement de l’art. JS Mais en ces dernières années l’imprimerie a réalisé de grands progrès, qui sont dûs pour une bonne part aux efforts de MM. G. Peignot et fils. Dès 1900 leur fonderie a produit des caractères nouveaux,d’un style franche ment moderne ; les meilleurs exemples, comme lettres et comme vi gnettes, en sont le “ Grasset”, que suivirent 1’ “ Auriol”,puisle “ BelleryDesfontaines ” . En même temps, comme ils désiraient ne pas perdre ce qui dans l’héritage du passé convenait parfaitement à notre temps, les frères Peignot publièrent un petit livre intitulé “ Les Cochins ”, qui montre clairement les résultats obtenus par eux. Cet ouvrage n’est pas 179
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B IN D IN G -C A S E D E S IG N E D BY G. A U R IO L FOR MAISON LARO USSE
B IN D IN G -C A S E D E S IG N E D BY L U C IE N LAFO RG E FOR M AISO N LAR O U S SE
Poésie
XVe ET XVIe SIÈCLES
ÉCRI VAIN S FRANÇAIS
anth olog ie des
AUTRICHE
L’ART DU LIVRE EN AUTRICHE. PAR A. S. LEVETUS O M M E les autres pays, l’Autriche a passé, pour tout ce qui concerne le livre, par des phases brillantes, suivies d’une période d’inactivité qui risquait d’aboutir à la décadence. Au trefois, diverses imprimeries ont publié nombre d’ouvrages de haute valeur artistique au point de vue de la typographie, de l’illus tration et de la reliure ; il existe encore bien des exemplaires qui en donnent la preuve. D ’une manière générale, les imprimeurs autri chiens n’ont jamais été très nombreux, et ce pays n’a jamais été très producteur en matière de livres; Vienne même, à cet égard, ne peut être comparée à Nuremberg, Augsbourg et Leipzig. Sous l’impératrice Marie-Thérèse, l’art du livre fut florissant, car cette souveraine, qui avait des goûts très artistiques, accorda beaucoup de privilèges à l’in dustrie du livre, et elle appréciait beaucoup les volumes de valeur. Son fils, l’empereur Joseph II, suivit, dans sa jeunesse, une mode de l’époque qui voulait qu’on pratiquât un métier : il choisit celui d’imprimeur, et s’en rendit parfaitement rr ître. Il accorda également certains pnvilèges aux imprimeurs et donna à leur art toute sorte d’encouragements. Pen dant la seconde moitié du MILOS JIRÂNEK X V III e siècle, l ’art du livre prit un développement con sidérable. On inventa de nouveaux caractères, la gra vure sur bois céda la place à la gravure sur cuivre, la qualité du papier s’améliora, la reliure devint magni fique comme cuir etcomme dessin, et tout, jusqu’aux pages de garde, atteignit la plus haute perfection. Mais une réaction devait se pro •MANES VPRAZE IQO8duire inévitablement, en Autriche comme dans les autres pays, car l’époque du modernisme était arrivée. Le papier à la main, qui avait son principal entrepôt T IT L E -P A G E D E S IG N E D BY R. R Ô Z IC K A . P U B L IS H E D BY T H E en Moravie depuis 1520, M ANES S O C IE TY . PRAGUE
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DOJM YA POTULKY
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O R N A M E N T BY FRANZ VON BAYROS, FOR “ DIE S E C H Z E H N T E E H E F R E U D E .” P U B LIS H E D BY ARTUR WOLF, VIENNA
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L’ART DU LIVRE EN SUÈDE. AUGUST BRUNIUS
PAR
N SUÈDE, comme ailleurs, la seconde moitié du XIX e siècle a ramené une période d’éclat pour l’art du livre, au point de vue de la typographie, du papier et de la reliure. Néanmoins, ’ la décadence avait été plutôt moins grave que dans les autres parties de l’art appliqué. Deux maisons d’édition, P. A. Norstedt à Stockholm et Berling à Lund, ont maintenu l’art du livre à sa hauteur. D ’autre part, on avait adopté un style plus artistique, entre 1870 et 1880, en appliquant les procédés traditionnels, en imitant les manuscrits gothiques, ou en s’inspirant, d’une façon sans doute un peu arbitraire, de l’art décoratif de la Scandinavie antique. La renaissance qui se mani festa chez nous au commencement de ce siècle amena d’abord une re crudescence d’intérêt pour les arts décoratifs, et surtout pour l’art des tissus de l’époque des Vikings et des Sagas. L ’esprit de la vieille Scan dinavie nous anima de nouveau,et l’apogée de ce mouvement fut marqué par un véritable événement, la fondation du Musée du Nord à Skansen, par Artur Hazelius. Précisément à ce moment l’industrie du livre se régénérait en Europe. Les idées nouvelles que William Morris avait mises en avant avec tant d’énergie subjuguaient toute une génération. M Pour créer un mouve- ;----------------------------------------------ment dans lequel l’art et sa | \ pratique ont également leur j part, il faut un idéaliste pas sionné. Cet idéaliste, ce fut Waldemar Zachrisson, im primeur à Gôteborg (né en 1861). Il travailla en Suède ©H'ûfcn fjârtiU (fa ll Ça ua rit ndgra anflàtliaa ffrifte r rittabe mot Sutfjcr o<Ç reformationen, foin biftop $8ra(¥ et dans les meilleures im Id tit trpcfa ocÇ utfpriba i lanbet. <£tt papperdbruf, upprdttabt f î t trpcteriets ràfning dr 1523, bief pdfamma gang neblagbt. 23oftrpcteriet fèrfattabetf febermera t i l l primeries de Hambourg, de ©fane. <L?8ib ndmnba trpcferi Çabe emellertib en màngb Leipzig, de Vienne, de Ber ffriftc r b lifb it utgifha, t i l l Ijbilfatf utftprfel M f n i t t anbdnbttf. ©dlunba bar »Hi?toria S. Nicolai», utgif* lin et de St. Pétersbourg, et ven t i l l minne a f bifïop îhcolautf (£>elge Sftilé tal(ab), fôrfebb meb ett titelblab i trd fn itt f&reftàllanbe en biffop meb ÉrâHa, SJetta* fn itt bar entelt ocÇ affina son goût en étudiant bacfcrt (furet. € t t par anbra trd fn itt, fom anbdnbts bib betta trpcferi, boro Sungfru SKaria meb 3efu$« sans cesse les chefs-d’œuvre barnet fam t ett minbre ©vea bapen. (L£>et dr fannolift, a ttU lr ic i fjà lf fpfilat meb trAfnttttfdu passé et les belles im tonftcn ocÇ utfôrt trdfnitten bib betta trp<terl. (£fter dr 1527 dterfinna bi Çonom fom boftrpcfare i «Dlalmô. (L O u fta f ® a fa , fom bar mpctet intreflerab a f bot* pressions anglaises et améri trprterifonflen, upprdttabe f jd lf dr 1525 „unber fW r beloftnab' ett trp a e ri i StoctÇolm, bet febermera f. t. caines de Morris et de De Vinne. Dès qu’il put s’éta blir, il s’efforça de relever le niveau de tout le métier. Il fonda un groupement PAGE FROM ** A H IS T O R Y OF S W E D IS H W O O D C U T S .” O R N A M EN TS d’hommes compétents, la BY ARTUR S A H LÉN . P R IN T E D BY N O R S T E D T UND SÔNER 243
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H E A D P IE C E S BY E IN A R N E R M A N FOR H A N S A N D E R S E N ’ S “ PER SVI N AH E R D E .” P U B L IS H E D BY P. A. N O R S T E D T U N D S O N E R
L’ART DU LIVRE EN AMERIQUE. PAR WILLIAM DANA ORCUTT A R T du livre en Amérique a reçu une impulsion considérable à la suite du mouvement produit en Angleterre par l’œuvre de W illiam M orris. Auparavant, la typographie américaine — ne présentait aucune originalité ; les plus beaux ouvrages étaient tout à fait inspirés des meilleures productions anglaises de l’époque. L ’apogée fut atteint entre i860 et 1870 ; et l’on ne saurait citer de meilleurs exemples de ce genre orthodoxe que la “ Vie de Prescott ” , tiré par l’im prim erie de l’Université en 1864. Après 1870, et jusqu’à la renaissance amenée par Morris, de bons volumes sor tirent des im primeries de l’Université, Riverside et De Vinne, mais la qualité générale baissa. La transformation de l’industrie du livre en art du livre date de l’apparition des volumes Kelmscott. Chose assez naturelle, l’enthousiasme que provoqua l’œuvre de M orris eut d’abord pour effet la création d’une série de monstruosités ; mais les erreurs même que commirent ses zélés disciples furent un enseignement, et am enèrent un état de choses qui finit par avoir d’excellents résultats. Ceux qui copiaient M orris échouèrent ; ceux que son aversion pour les chemins rebattus encourageaient aux idées personnelles surent, tout en m aintenant les principes essentiels qui ont toujours été la solide base des œuvres des maîtres-imprimeurs, les adapter aux conditions d’aujour d’hui, et tirer de leurs expériences personnelles l’originalité. L ’œuvre de M orris apprit aux hommes à penser, à abandonner la recherche du pim pant et perm it à l’im primerie de devenir un art. L ’œuvre de CobdenSanderson contribua beaucoup à ramener la typographie américaine à un état plus calme, après l’enthousiasme fébrile qu’avait amené l’époque de M orris. Ceux qui étudiaient la typographie com prirent enfin que W illiam M orris était un grand décorateur plutôt qu’un m aître-im prim eur ; que c’étaient ses magnifiques tirages, et l’har monie générale de tous les éléments constitutifs des volumes, plutôt que ses caractères trop ornementés, qui représentaient son apport à l’œuvre d’embellissement du livre. Lorsque la Doves Press, continuant l’œuvre de M orris, adopta un caractère plus classique, inspiré d’un modèle italien du XV e siècle, l’Amérique s’empressa de suivre ce mouve m ent en abandonnant sa tendance au gothique qui avait eu son point de départ dans les fontes de la Kelmscott Press. Pendant les dix années qui suivirent, on fondit des caractères plus originaux et meilleurs, et l’on publia des volumes où l’art de la typographie était porté à un point qu’elle n’avait jamais encore atteint. Parmi les caractères correspon dant à l’époque dite de l’influence gothique, les “ R enner”, employés à l ’imprimerie De Vinne, sont des meilleurs. Théodore L. DeVinne,décédé 259
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