Le magazine de l’Association suisse des paraplégiques I Été 2022
Move on
Vive les nouvelles disciplines sportives
En toute franchise: Je craignais un impact sur ma vie sociale. EVA, pratique l’ASI
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ÉDITORIAL
Chères lectrices, chers lecteurs, Le rapport de la commission des Nations Unies sur la mise en œuvre de la Conven tion sur les droits des personnes handi capées (CDPH) en Suisse ne laisse aucun doute possible: la Suisse enfreint à maints égards les droits des 1,8 million de personnes en situation de handicap et n’applique pas assez le principe de l’inclu sion, tant au niveau de l’État que de la société. Cessons d’agir de manière hésitante et timorée: il est grand temps de prendre le problème à bras le corps. Menée par la Recherche suisse pour paraplégiques, l’étude à long terme SwiSCI sur la situation des paralysé·e·s médullaires livre de précieuses informa tions qui peuvent également influencer la politique. Aidez-nous à collecter ces données et participez à l’étude.
«Se réveiller!» À l’ASP, nous avons démarré le printemps 2022 avec beaucoup d’enthousiasme. En ces temps d’incertitude mondiale, nous choisissons d’aborder l’avenir avec confiance. Le nouveau département Sport et loisirs en fauteuil roulant propose des offres passionnantes à tous nos membres. Les voyages et les événements sportifs ont repris. Des rencontres personnelles sans Paracontact I Été 2022
masques ni règles de distance remplacent les séances virtuelles. Rejoignez vous aussi la vie active de l’ASP: vous êtes les bienvenu·e·s. Après avoir tenu notre assemblée des délégué·e·s, nous avons publié notre rapport annuel de 2021. L’an passé, l’ASP a atteint le nombre incroyable de 21 000 heures de conseils dispensés à ses membres, soit une augmentation de près de 10% par rapport à 2020. L’équipe du département Conseils vie a soutenu plus de 990 personnes, l’Institut de conseils juridiques a traité plus de 500 dossiers et le Centre construire sans obstacles a fourni près de 300 conseils en construc tion. Cela montre clairement que nos services sont plus sollicités que jamais. Le fait que notre offre apporte une valeur ajoutée et améliore le quotidien de nos membres nous remplit de fierté. Je vous souhaite beaucoup de plaisir en lisant ce numéro de Paracontact et me réjouis de poursuivre avec vous la construction de notre avenir commun. Cordialement,
Laurent Prince, Directeur 3
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Paracontact I Été 2022
IMPRESSUM
SOMMAIRE
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Édition Association suisse des paraplégiques Kantonsstrasse 40, CH-6207 Nottwil Tél. 041 939 54 00, e-mail spv@spv.ch www.spv.ch Rédactrice en cheffe Evelyn Schmid Rédaction Laurent Prince, Gabi Bucher, Nadja Venetz, Felix Schärer, Roger Getzmann, Daniela Vozza, Michael Bütikofer, Tina Achermann Traduction Sonia Bretteville, Elvire De Tomi Coordination, graphisme, annonces Andrea Di Bilio-Waldispühl, Tina Achermann Photos ASP, FSP, couverture Tobias Lackner, Adobe Stock, Marcus Hartmann, Inclusion Handicap, EPFL/Alain Herzog, SwiSCI, sge-ssn.ch, bls.ch, Corinne Oehen, wingsforpeople.ch, Hightide Kayak School, B.A.A. Media Relations, Swiss Sport Integrity, SPC Goran Basic, SBB, ParaHelp
AVANCER ACTUALITÉS 6 CDPH La Suisse, mauvaise élève 8 FÊTE CENTRALE Vive les retrouvailles! 10 ÉCLAIRAGE Marcher grâce à l’électrostimulation 11 CONSEILS VIE MAISON DE SOINS Un retour avec bien des détours 12 PARTICIPATION G L’inclusion, de quoi s’agit-il au juste? 15 CONSEILS JURIDIQUES JURISPRUDENCE Financement des soins par l’assurance-accidents DEUXIÈME PILIER Prévoyance
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MÉDECINE ET SCIENCES SANTÉ La malnutrition
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Impression Brunner Medien AG, www.bag.ch Dernier délai de rédaction du prochain numéro: Édition automne 2022: close Édition hiver 2022: 7.9.2022 Tirage 8100 exemplaires en allemand 4250 exemplaires en français Nous utilisons une écriture inclusive, mais devons parfois adopter la forme féminine ou masculine sans discrimination de genre, afin d’alléger le texte. Les articles publiés sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction nécessite l’accord explicite de la rédaction. L’opinion des auteurs externes ne reflète pas toujours celle de la rédaction. La rédaction n’est pas tenue de publier les articles non sollicités.
Paracontact I Été 2022
CONSTRUIRE SANS OBSTACLES TRANSFORMATION Bienvenue dans l’oasis 22 LOISIRS IDÉES D’EXCURSION Esprit médiéval et vie de château 24 LOISIRS EN BREF 27
EN VOYAGE Un paradis semé d’embûches OFFRES DE VOL Au-dessus des nuages COURS Bien manger et pagayer
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT COURS DE NATATION Expériences inédites dans l’eau 32 LE SPORT EN BREF 34 SWISS SPORT INTEGRIT Y Pour un sport plus propre 36 «MOVE ON» Séduite par le ballon orange 37 KIDS DAY BULLE Une journée sportive pour les enfants 38 PARALYMPICS BEIJING Des Jeux compliqués 39 GIRO SUISSE 2022 Parlez-vous handbike? 40 POWERCHAIR HOCKEY Des objectifs ambitieux 41 GROS PLAN DIVERS 42 L’ENTRETIEN Agnès von Beust et Michael Bütikofer 44 NOS ALLIÉS·E·S Renate Kurmann 47 PARACOLOC Nouvelles offres 49 À VOS CÔTÉS Linda Wiprächtiger 50 5
RUBRIK ACTUALITÉS
CHEMIN DE ST-JACQUES
SWISCI
Pèlerinage
Étude
Les personnes en fauteuil roulant doivent avoir la possibilité de faire le pèlerinage de Constance à Einsiedeln, seules ou accompagnées, sans obstacles. L’association jakobsweg.ch y veille.
Avec l’étude SwiSCI, la Recherche suisse pour paraplégiques a déjà beaucoup appris ces dernières années sur la situation de vie et la santé des personnes concernées en Suisse. Ces connais sances peuvent constituer une base importante au niveau poli tique et législatif, mais aussi au sein du Groupe suisse pour para plégiques, afin de mieux adapter les prestations offertes.
Le premier tronçon Constance – Schaffhouse sera inauguré le 23 juillet 2022. Les organisateurs sou haitent qu’à cette date, le plus grand nombre possible de personnes en fauteuil roulant empruntent le che min ou une partie de celui-ci. Plusieurs points de dé part sont prévus. L’inscription est requise. Après l’ar rivée des pèlerins, une fête aura lieu au Mosergarten de Schaffhouse.
Vous avez été invité·e à prendre part à l’étude? Alors soutenez la SwiSCI et participez. Vous trouverez toutes les informations dans le courrier postal que vous avez reçu. Contact et renseignements contact@swisci.ch, www.swisci.ch
Informations et inscriptions www.jakobsweg.ch
NOUVEAU PERSONNEL
UKRAINE
L’aide du GSP Face à la guerre en Ukraine, le Groupe suisse pour paraplégiques (GSP) apporte une aide rapide, non bureaucratique et ciblée. L’ASP y joue un rôle majeur. En collaboration avec l’Association allemande des pa ralysés médullaires, des «safe houses» ont été identi fiées dans la zone frontalière où les paralysé·e·s mé dullaires victimes de la guerre et les réfugié·e·s sont accueilli·e·s et reçoivent les premiers soins. Le GSP fi nance les «safe houses», pour une première période de cinq mois et fournit une aide sur place. En ce qui concerne Nottwil, les organisations coordi natrices de l’aide aux réfugié·e·s (Secrétariat d’État aux migrations, Organisation suisse d’aide aux réfu giés, Organisation mondiale de la santé et canton de Lucerne) ont été informées que le GSP était prêt à ac cueillir des réfugié·e·s paralysé·e·s médullaires. L’ASP ainsi que l’Orthotec apportent leur aide sur place, mais aussi à Nottwil en fournissant des res sources en personnel et en matériel. 6
Monika Reisinger Ngi
Sebastian von Graffenried
Monika Reisinger Ngi a fait son apprentissage de commerce dans le tourisme où elle a vécu sa passion pour les voyages et les langues pendant plus de 25 ans. Son intérêt pour les droits humains et la justice sociale l’a poussée à faire des études en travail social. Le poste administratif qu’elle occupe à temps partiel à Conseils vie est donc idéal.
Après l’obtention de son brevet d’avocat, Sebastian von Graffenried revient à l’ICJ à Bienne car l’engagement juridique en faveur des membres de l’ASP lui plaît beaucoup. Il connaît déjà bien l’équipe, le travail et la ville grâce à son stage d’un an et à l’emploi de six mois qu’il a ensuite occupé comme consultant juridique.
Conseils vie
Quatre pattes La Zougoise aime la nage et le jogging. Sa chienne Jessy l’accompagne toujours lors de ses randonnées ou sorties dans la nature.
Avocat
Badminton et Biryani Jogging, squash ou paddletennis; le Bernois pratique de nombreux sports. Il aime goûter à la cuisine asiatique et orientale et se met régulièrement aux fourneaux. Paracontact I Été 2022
L’ÉCHO DES CLUBS
COOPÉRATION
Handbike Le Club en fauteuil roulant Valais romand organise des sorties en handbike. Que l’on préfère rouler tranquillement ou plus sportivement; tout le monde peut participer. 1.8.2022 Cyclosportive des Vins du Valais, Sion 6.8.2022 Le tour des stations, Le Châble-Verbier Informations/Inscription manuelgoncalves28@ hotmail.com
Spinal Cord injury Artificial Intelligence-Lab
RETRAITE
Murat Pelit Le skieur (uniski) Murat Pelit a mis un terme à sa carrière de sportif de haut niveau après les Jeux Paralympiques de Pékin. Le Tessinois a par ticipé aux Jeux Paralympiques «PyeongChang 2018» et «Beijing 2022» ainsi qu’aux champion nats du monde 2019 et 2022. Sur les pistes, son style atypique lui a valu d’être comparé au skieur américain Bode Miller.
L’EPFZ et la Fondation suisse pour paraplégiques coopèrent désormais dans le domaine de la médecine personnalisée. Un laboratoire spécial a été aménagé au Centre suisse des paraplégiques. Des techniques innovantes de collecte et de traitement des données y sont développées à l’aide de l’intelligence artificielle afin d’améliorer les soins ambulatoires des personnes ayant une lésion de la moelle épinière.
Mirjam Schneider
Judith Nkoumou
Virginia Fernández
Doris Rickenbacher
Mirjam Schneider a étudié le droit à l’Université de Berne. En 2019, elle a obtenu son brevet d’avocate dans le canton de Berne et a ensuite travaillé pour l’Administration fédérale des contributions. Depuis mars, elle défend les intérêts des membres de l’Association suisse des paraplégiques en tant qu’avocate.
En avril, Judith Nkoumou a rejoint l’équipe de Conseils vie et s’engage pour les membres de l’ASP en Romandie. Après des études univer sitaires au Cameroun, elle a déménagé en Suisse pour étudier. Elle voulait devenir enseignante, mais a ensuite découvert le travail social. Son diplôme en poche, elle a travaillé comme assistante sociale chez Pro Infirmis.
Initialement dessinatrice en bâtiment, elle a étudié l’architecture à la HES de Muttenz. Depuis plus de dix ans, Virginia Fernández travaille comme architecte, cheffe de projet et de chantier. Elle a rejoint le Centre construire sans obstacles en février.
Doris Rickenbacher soutient à temps partiel l’équipe de Sport pour tous pour coordonner les cours d’hiver. Auparavant, elle a travaillé comme responsable marketing dans le secteur pharmaceutique. À l’ASP, ses horaires flexibles et sa tâche assez saisonnière lui permettent d’exercer son second métier de monitrice de bateauécole sur le lac de Hallwil.
Avocate
Randonnée La Bernoise passe beaucoup de temps dans les montagnes, de préférence de l’autre côté du Lötschberg, en Valais. Pendant ses vacances, elle sillonne l’Europe en camping-car. Paracontact I Été 2022 2022
Travailleuse sociale
Rythme Mélomane, Judith Nkoumou est aussi une danseuse passionnée. Elle aime faire des découvertes en voyageant.
Architecte
Bol d’air frais Surfer, escalader des falaises abruptes, nager dans la mer ou parcourir la région en vélo de course: Virginia Fernández adore être dehors. Elle nourrit sa fibre créative en cuisinant, en jardinant ou en concevant et en construisant des meubles.
Sport pour tous
Sirène aquatique Elle adore plonger, que ce soit avec des piétons ou des personnes en fauteuil roulant. La peinture créative, le jardinage ou la cuisine sont ses moyens de détente favoris. 7
AVANCER
CONVENTION DES NATIONS UNIES RELATIVE AUX DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES
La Suisse, mauvaise élève
En mars, un Comité des Nations Unies a examiné comment la Suisse mettait en œuvre la Convention sur les droits des personnes handicapées. Il reste encore beaucoup à faire. Nadja Venetz
Manifestation à Berne libre choix, participation, codécision
Les pancartes bricolées par les manifes tant·e·s réclament la liberté de choix, l’éga lité des chances en termes de formation et d’emploi, ou la reconnaissance officielle de la langue des signes. Les revendications sont aussi variées que les ballons qui s’en volent dans le ciel bleu azur ou que les per sonnes rassemblées en ce mercredi aprèsmidi sur la Waisenhausplatz à Berne. Malgré cette belle diversité, tous et toutes veulent la même chose: être des membres à part entière de notre société. Inclusion Handicap, l’association faîtière des organisations de personnes handica pées, avait appelé à manifester dans la ca pitale fédérale le 9 mars 2022. De nom breuses personnes, dont des membres et du personnel de l’ASP, y étaient. Le fait 8
que, quelques jours plus tard, la Suisse de vait exposer à Genève sa mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées (CDPH) devant un Comité des Nations Unies, a servi de prétexte à l’événement. L’ensemble des intervenant·e·s ont dénoncé ce que les manifestant·e·s savaient déjà pour le vivre au quotidien: la Suisse est encore très loin d’une société inclusive.
rapport, auquel l’ASP a également parti cipé, nous voulons inciter le Comité à y re garder de plus près. J’aime comparer la CDPH à un puzzle. La Suisse a commencé à assembler le puzzle, mais il y a encore des grandes lacunes. Il est de notre devoir d’attirer l’attention sur les pièces qui ne doivent en aucun cas manquer», explique Olga Manfredi, présidente de l’ASP, à la manifestation.
Encore des lacunes La Suisse, qui a ratifié la CDPH de l’ONU en 2014, estime huit ans plus tard respec ter en grande partie la convention. Selon Inclusion Handicap, il n’en est rien. Dé monstration en est faite dans le rapport al ternatif que l’association a rédigé à l’inten tion du Comité des Nations Unies. «Par ce
Le rapport alternatif montre de manière implacable qu’en 2022, dans la Suisse mo derne, les personnes handicapées sont en core exposées à de nombreuses discrimi nations. Elles sont en partie exclues du droit de vote, n’ont pas accès aux bâtiments et infrastructures publics, au marché du travail ou à la formation. C’est ce qui est Paracontact I Été 2022
clairement ressorti des auditions qui se sont déroulées à Genève du 14 au 16 mars 2022. Une délégation d’organisations de personnes handicapées a fait un rapport sur la situation. Des représentant·e·s de la Confédération et des cantons ont répondu aux questions. En écoutant leurs explica tions, force était de constater que pratique ment personne ne se souciait de la CDPH ni de l’approche des droits humains qui en découle. Les réponses fournies étaient bien trop souvent en décalage avec les ques tions posées par le Comité de l’ONU et les obligations inscrites dans la convention. La réplique donnée par une représentante suisse sur l’assurance-invalidité a même poussé un membre du Comité, lui-même handicapé, à faire acidement remarquer: «Do not try to fix us, just accept us!» («N’es sayez pas de nous réparer, acceptez-nous!»). Aucun plan établi Dans son argumentation, la Suisse offi cielle s’est principalement référée aux bases juridiques existantes. Une partie de la délégation suisse ne semblait pas se rendre compte que celles-ci n’avaient pas été adaptées depuis la ratification de la CDPH et qu’elles étaient parfois incompa tibles avec la convention. L’absence d’une vision globale de la mise en œuvre de la CDPH, sans parler d’un plan de mise en œuvre concerté et de mesures concrètes, était frappant. Au lieu de mesures claires, il a été fait référence à des mandats d’exa men, des états des lieux et des visions. L’audition a révélé le gouffre qui existait entre les directives des Nations Unies et la perception de l’administration helvétique. Note insuffisante Le bilan du Comité des Nations Unies est par conséquent décevant. Les conclusions et recommandations qui y sont formulées à l’attention de la Suisse coïncident avec les critiques pointées dans le rapport alter natif d’Inclusion Handicap.
Dans le fond, la Suisse manque de straté gie. La mise en œuvre de la convention n’est pas résolument suivie, il n’y a pas de plan d’action national, pas plus qu’un exa men systématique des bases juridiques. En Suisse, la notion juridique s’oriente encore sur une conception médicale du handicap, Paracontact I Été 2022
axée sur les déficits. En termes de lois et de stratégies politiques, les personnes handi capées ne sont pas impliquées dans le pro cessus de développement; leurs besoins et leurs demandes ne sont pas pris en compte. Le concept d’inclusion, tel qu’il est prévu par la CDPH, n’a pas été intégré systéma tiquement au niveau de la Confédération, des cantons, des communes, ni des orga nisations et institutions de personnes han dicapées. Il est aussi reproché à la Suisse de ne pas protéger suffisamment les personnes han dicapées contre les discriminations. Le Comité estime que notre pays doit prendre des mesures immédiates à ce sujet. Les tri bunaux ainsi que le législateur au niveau fédéral et cantonal sont donc tenus d’agir. Par ailleurs, le Comité critique les désigna tions usuelles. «L’invalidité» ou «l’alloca tion pour impotents» dévalorisent les per sonnes atteintes d’un handicap. L’exclusion au lieu de l’inclusion Jusqu’à présent, la Suisse mise surtout sur les formes de logement institutionnelles. Mais celles et ceux qui veulent vivre de manière autonome se heurtent à de nom breux obstacles. Le Comité demande à la Suisse d’élaborer un modèle d’assistance cohérent, flexible et simple pour rempla cer les contributions de soutien actuelles et pour garantir à toutes les personnes han dicapées l’accès nécessaire à l’assistance.
Le système éducatif et le marché du travail sont également loin d’être inclusifs. Le Co mité des Nations Unies déplore que les en fants soient trop souvent scolarisés dans des écoles spécialisées et que les adultes ne trouvent un emploi que sur le «marché du travail protégé». Tant que les employeurs et employeuses créeront des postes de tra vail à peine adaptés et que les offres de soutien feront défaut, il ne sera pas pos sible de créer un marché du travail inclu sif. Le Comité demande à la Suisse de prendre des mesures pour augmenter l’emploi des personnes handicapées sur le marché du travail primaire. Des manquements ont également été mis en évidence en termes d’accessibilité. Le Comité de l’ONU exige une stratégie qui
PROTOCOLE ADDITIONNEL Outre la mise en œuvre jusqu’ici déficiente de la CDPH, la Suisse n’a pas encore ratifié le protocole facultatif de la CDPH. Malgré la convention, les personnes handicapées en Suisse n’ont donc pas la possibilité de s’adresser au Comité des Nations Unies en cas de violation de leurs droits. Alors signez maintenant la pétition et demandez au Conseil fédéral de ratifier le protocole additionnel! Signer maintenant www.zurecht.ch/fr/petition
poursuive, à tous les niveaux de l’adminis tration, l’accès sans obstacles aux bâti ments et installations, aux transports pu blics, aux services et informations. Prochaines étapes La Confédération et les cantons ont promis un rapport sur la politique en matière de handicap pour la fin 2022. En concertation avec les organisations de personnes handi capées, cela doit déboucher sur un plan d’action fixant les priorités, les compé tences, un calendrier ainsi que le budget né cessaire. Les recommandations du Comité de l’ONU et le rapport alternatif d’Inclusion Handicap serviront de moyen de pression pour que la CDPH soit enfin mise en œuvre. «L’examen par les Nations Unies a mis beau coup de choses en lumière qui font pression sur le gouvernement. J’espère que ces points seront à présent résolument abordés», dé clare Laurent Prince, directeur de l’ASP. Informations complémentaires www.zurecht.ch/fr/home 9
AVANCER
FÊTE CENTRALE
Vive les retrouvailles! Le 27 août, nous célébrerons notre chère Fête centrale à Neuchâtel et espérons bien que vous en serez. Nadja Venetz
Nous nous réjouissons de vous revoir le 27 août. Deux années durant, nous avons dû renoncer à nos festivités en raison de la pandémie. Nous sommes d’autant plus impatient·e·s de renouer avec la tradition. Le décor est remarquable: une ville millé naire, un château majestueux, un lac scin tillant avec une vue qui porte jusqu’aux crêtes des Alpes. Nous vous donnons ren dez-vous à Neuchâtel. Notre hôte est le club en fauteuil roulant (CFR) de Neuchâtel qui célébrera par la même occasion ses trente ans d’existence. Le président du club et du CO, Fabien Bertschy, nous invite à partager un mo ment convivial à la petite patinoire du Lit toral: «venez fêter notre anniversaire avec nous et découvrir notre magnifique ré gion!» Un programme varié vous attend, avec de la musique, des spectacles et pas mal de surprises. Dans l’intervalle, vous aurez tout le loisir d’échanger avec vos proches et vos connaissances au cours de l’apéritif ou du repas. De délicieuses spé cialités de la région seront servies. Distinctions C’est déjà la seconde fois que l’ASP dé cerne les Benevol Awards. La Fête centrale mettra à l’honneur celles et ceux qui s’en 10
gagent depuis des années dans un club en fauteuil roulant. Les 27 CFR ont pu propo ser à cet effet une personne de leurs rangs. En décernant ce prix, l’ASP souhaite ren forcer le bénévolat et braquer les projec teurs sur les bonnes âmes qui mettent leur énergie, leur temps et leurs connaissances au service des clubs en fauteuil roulant.
dans une ambiance décontractée. Vous suivrez en direct la progression du peloton sur écran géant. Avec la population neu châteloise, nous leur réserverons un ac cueil digne de ce nom, sous un tonnerre d’applaudissement, avant de recueillir leurs impressions sur le trajet de Neuchâtel.
Double chance de gagner Cette année, vous aurez deux chances de gagner quelque chose à la Fête centrale. Notre sponsor Hollister met à nouveau en place son fameux concours. Des prix at trayants vous attendent. Si vous repartez les mains vides, tentez votre chance à la tombola organisée par le CFR Neuchâtel. Les lots seront remis sur place. Giro Suisse et Fête centrale réunis
Bêtes de sport Dans l’après-midi, le Giro Suisse (voir page 40) arrivera à la Fête centrale. Les hand bikeurs et handbikeuses auront pris le dé part le matin même à Yverdon-les-Bains et se réjouiront sûrement, après 43 kilo mètres, de terminer leur journée sportive
Inscription Vous recevrez l’invitation à la Fête centrale fin juin. Merci de nous envoyer votre ins cription au plus tard le 6 août 2022. Nous serions très heureux de vous compter parmi nous. Informations et inscription www.spv.ch/fete_centrale Paracontact I Été 2022
AVANCER
ÉCLAIRAGE
Marcher grâce à l’électrostimulation Des paraplégiques remarchent. Une équipe de l’EPFL et de la clinique universitaire de Lausanne est parvenue à cette prouesse grâce à des impulsions électriques ciblées. Anke Scheel-Sailer, médecin-cheffe du service de paraplégiologie du CSP, fait le point. Nadja Venetz
Annoncer que des personnes atteintes de paralysie médullaire peuvent à nouveau marcher grâce à l’électrostimulation semble miraculeux. De quoi s’agit-il? Des électrodes spécialement conçues sont positionnées par une opération chirurgicale sur les racines ner veuses, éventuellement sur la moelle épi nière, afin qu’elles y délivrent des impul sions différenciées. En développant cette technique, une équipe de Lausanne a réussi à faire faire quelques pas à trois pa tients après plusieurs mois d’entraînement et avec des moyens auxiliaires comme un déambulateur. Mais ce succès est aussi dû aux trois sujets ultra motivés, qui ont col laboré de manière intensive et disposent d’une stabilité suffisante du tronc. Sans leur persévérance et leurs efforts, cela n’aurait pas été possible. Comment situez-vous cette avancée? Un projet pilote est là pour démontrer la faisabilité au sein d’un groupe défini; pour montrer que c’est possible. Et c’est ce que les chercheurs et chercheuses ont réussi à faire. C’est génial. Permettre à une per sonne moyennement paralysée de retrou ver la capacité de marcher grâce à l’élec trostimulation est faisable. Mais pour le grand public, cela n’a pas encore de consé quences directes à ce stade.
encore loin d’une utilisation routinière. L’équipe d’étude de Lausanne est bien sûr toujours à la recherche de volontaires pour le déve loppement du prochain pro totype. Les sujets ne doivent pas avoir de maladies impor tantes, ils ou elles ne doivent pas être trop âgé·e·s pour que leurs os soient assez robustes, ni ne doivent avoir trop d’es carres ou de spasticité, car cela pourrait poser problème. En fait, il est fondamen tal que ces personnes atteintes de paraly sie médullaire soient en très bonne santé. Et elles il faut qu’elles aient envie de se consacrer à cette rééducation pendant des heures, sur des semaines et des mois, et de continuer à l’expérimenter. Quelles pourraient être les prochaines étapes du développement? Plusieurs directions sont envisageables. Les efforts peuvent tendre vers une amé lioration du contrôle des mouvements afin de corriger la démarche. Une prochaine
étape pourrait aussi consister à essayer de stimuler de manière différenciée par la peau. Cela permettrait d’utiliser la tech nique pour la rééducation. Actuellement, une intervention chirurgicale est néces saire, ce qui comporte toujours des risques. On verra alors dans quelle mesure on pourra l’utiliser, par exemple en combi naison avec un exosquelette adapté et d’autres soutiens extérieurs. Quels sont les espoirs suscités par un projet de recherche de ce type? Il est encourageant de voir que des gens font de la recherche dans le but de développer un jour un soutien adapté à la vie quoti dienne des personnes atteintes d’une para lysie médullaire complète, afin qu’elles puissent à nouveau marcher. Il y a beau coup de travail derrière tout cela, qui mé rite un grand respect. Mais n’allez pas ima giner que la totalité des paraplégiques pourra remarcher l’an prochain. Néan moins, un tel projet nourrit l’espoir et montre qu’un jour, peut-être, cela sera possible. Et c’est formidable!
Faire quelques pas avec un déambulateur
Quelles sont les personnes qui bénéficient d’un tel projet? Comme je l’ai dit, la technique est encore en phase de développement. Nous sommes Paracontact I Été 2022
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CONSEILS VIE
MAISON DE SOINS
Un retour avec des détours Lorsque la recherche d’un logement adapté ne donne rien et que les travaux dans l’appartement ne peuvent être terminés à temps, il faut parfois recourir à une solution transitoire. Ce n’est pas un cas isolé après un séjour de plusieurs mois en clinique. Kathrin Huber Näf
Rupert Buschneg a derrière lui une longue carrière dans le bâtiment et le génie civil. Il se réjouissait de profiter d’une retraite bien méritée, mais celle-ci fut hélas boule versée après trois ans à peine. Un matin de novembre 2020, il s’aperçut qu’il ne sentait plus ses jambes et fit un malaise, suivi d’une chute dans la salle de bain. Il fut admis en urgence à l’hôpital local. Après des exa mens approfondis dans différents hôpi taux, une tétraplégie due à une inflamma tion de la moelle épinière fut diagnostiquée.
S’ensuivirent pour lui et sa famille des mois d’incertitude. Au début, il ne pouvait bou ger ni les jambes, ni les bras, ni les mains. Après un séjour à la clinique de soins aigus, il fut transféré en décembre 2020 au Centre suisse des paraplégiques (CSP). Le séjour à Nottwil coïncida avec la pre mière vague de la pandémie de corona virus, ce qui entraîna un stress supplémen taire. Sa capacité à prendre la vie du bon côté et à envisager l’avenir avec optimisme
joua toutefois beaucoup en sa faveur à cette époque. Aujourd’hui encore, de pe tits progrès sont visibles grâce à son opti misme, son autodiscipline et le soutien de la physiothérapie. Planifier l’avenir En rééducation, on aborde rapidement le sujet de la planification de la sortie avec les patient·e·s. La plupart trouve qu’il est en core trop tôt pour l’envisager, ils ou elles sont à un moment où moult questions ne
Escale Rupert Buschneg a vécu temporairement en EMS
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Paracontact I Été 2022
paraissent encore ni réglées ni clarifiées. L’espoir d’une guérison complète est leur priorité. Il faut alors beaucoup de doigté de la part des spécialistes pour laisser de la place à l’espoir tout en planifiant l’avenir de manière réaliste. Il est souvent difficile d’évaluer si l’on peut prévoir un retour à la maison au vu de la hauteur de la lésion et des soins néces saires. L’entourage atteint rapidement ses limites, surtout lorsque la personne a be soin d’une aide intermittente la nuit. Or ganiser et financer des soins à domicile la nuit avec des interventions irrégulières est compliqué. Dans le cas de Rupert Busch neg, la situation évolua favorablement après quelques mois et le retour à la maison avec un soutien approprié put être planifié. Le Centre construire sans obstacles effec tua une visite de l’appartement locatif où vivaient Rita et Rupert Buschneg depuis 34 ans. L’évaluation révéla qu’une transfor mation était possible, mais qu’elle entraî nerait des efforts et des coûts importants. Forte de cette analyse, Rita Buschneg se mit en quête d’un nouveau logement, mais elle connut de nombreuses déconvenues: soit les logements annoncés comme acces sibles en fauteuil roulant devaient eux aussi être adaptés, soit les loyers explo saient son budget. À la déception de de voir quitter leur environnement familier s’ajoutèrent la peur de l’avenir et la tris tesse. En discutant avec le propriétaire et les voi sins, la possibilité d’occuper l’appartement au rez-de-chaussée du même immeuble locatif s’offrit à eux. L’adaptation de ce lui-ci aux besoins des personnes handica pées était plus facile, moins chère et plus durable à réaliser que pour l’appartement du 3ème étage. Pouvoir rester dans un mi lieu familier était très important pour tous les deux. Leurs fils vivaient à proximité et le couple profiterait de l’entourage social qu’il s’est construit pendant 40 ans. Cet environnement leur faciliterait la vie à la maison. Malheureusement, l’appartement ne put être achevé avant la fin de la rééducation. On se mit alors à la recherche d’un établis Paracontact I Été 2022
sement médico-social avec une offre de soins appropriée en solution provisoire. Le passage de l’hôpital à l’ambulatoire est gé néralement très éprouvant pour celles et ceux qui le vivent; encore plus lorsqu’il ne s’agit pas du milieu familier. Rupert Buschneg décrit avec éloquence le fait que le séjour de neuf mois au CSP soude les pa tient·e·s, qui sont toutes et tous confron té·e·s à des problèmes et des destins simi laires. Il se sentait choyé, entre de bonnes mains, bien à l’abri à la clinique, il connais sait son équipe de soignant·e·s et pouvait compter sur leurs compétences. En recou rant à la solution transitoire, il avait l’im pression, comme il le dit lui-même, d’avoir perdu le contrôle de ses actes, d’être para chuté dans un endroit où il n’était pas à sa place, sans savoir ce qui l’attendait. En EMS, il vivait parmi des personnes très âgées. Les échanges étaient difficiles, voire impossibles. Il se sentait seul et souffrait encore plus qu’en rééducation de la sépa ration d’avec son épouse. Il avait du mal à s’en remettre à un nouveau personnel soi gnant peu habitué à s’occuper de tétraplé giques, sachant qu’il faudrait encore for mer une nouvelle équipe de soins à la maison, et aussi à supporter de ne pas sa voir combien de temps durerait la solution provisoire. Intervention du travail social La perception des choses et l’état d’esprit décrits par Rupert Buschneg sont très compréhensibles et rejoignent les expé riences d’autres client·e·s. Toute personne devant tirer un trait sur sa vie familière, abandonner ses rêves et envisager de nou velles perspectives, a besoin d’un accom pagnement et d’un soutien professionnels. En tant que travailleuse sociale, je connais l’interaction des tensions émotionnelles et des contraintes physiques avec les condi tions sociales. Le conseil et l’accompagne ment doivent fournir une aide à l’informa tion, à la planification, à la décision et à la maîtrise en tenant compte des ressources existantes.
L’admission en EMS, même si elle n’est que provisoire, est un défi émotionnel pour les personnes touchées et est liée à de nom breuses démarches administratives et à des coûts élevés. Il faut clarifier si la taxe
journalière peut être assumée par leurs propres moyens ou si une déclaration aux prestations complémentaires est néces saire. Les autres droits en matière d’assu rance sociale sont-ils déclarés et réclamés, tous les moyens auxiliaires sont-ils dispo nibles et financés? Comment surmonter les difficultés financières jusqu’à ce que les prestations soient effectivement versées? Les calculs auprès des offices peuvent prendre jusqu’à cinq mois. Lors du retour définitif à la maison, des questions se posent à nouveau sur le financement des soins à domicile, des prestations ména gères et des moyens de subsistance. Sou vent, ces personnes se sentent délaissées et ne connaissent pas les prestations qui leur sont dues ou n’osent pas demander les prestations auxquelles elles ont légalement droit. Outre l’inquiétude de ne pas pou voir rentrer chez elles, elles sont en proie à des peurs existentielles et à des incerti tudes. Comme le soulignent Rita et Rupert Buschneg, le travail social de la clinique et, après la sortie, le travail social de l’ASP ont été d’une grande utilité et d’un grand sou lagement pour venir à bout de ces ques tions et problèmes. L’offre d’accompagne ment professionnel à vie leur apporte une sécurité, car ils savent où s’adresser en cas de besoin.
Retrouver enfin son cadre familier
Au début du mois d’avril 2022, Rupert Buschneg est retourné dans l’appartement commun. Son épouse et lui s’habituent maintenant à leur nouvelle vie et en sont très heureux. 13
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CONSEILS VIE
PARTICIPATION
L’inclusion, de quoi s’agit-il au juste?
L’Association suisse des paraplégiques s’engage dans le domaine de l’intégration et de l’inclusion sociales des paralysé·e·s médullaires. Mais que signifient ces termes? Jacqueline Calame
Il s’agit ici non pas de renvoyer dos à dos les deux principes que sont l’intégration et l’inclusion sociales, mais de se demander comment trouver, pour et avec les per sonnes atteintes d’une lésion de la moelle épinière, la meilleure voie possible afin de répondre à leurs besoins. Cependant, il convient dans un premier temps de défi nir ces notions. Les différentes explications que l’on trouve dans les dictionnaires ou sur Internet sont nombreuses et variées. Au département Conseils vie de l’Association suisse des pa raplégiques nous préférons les définitions qui considèrent l’inclusion comme la vo lonté de faire évoluer la société en utilisant des approches participatives. Chaque in dividu, en situation de handicap ou non, doit ainsi être reconnu pour ce qu’il est et selon le principe d’égalité de droit. De même, le principe de la construction so ciale doit être appliqué, quel que soit le do maine.
En première acception, le dictionnaire La rousse donne la définition suivante de l’in clusion: «Action d’inclure quelque chose dans un tout, un ensemble», et en deu xième acception: «État de quelque chose qui est inclus dans autre chose.» Pour rait-on en déduire qu’il y a une volonté de mouvement? Que quelque chose de l’exté rieur est mis à l’intérieur? Pourrait-on également comprendre l’inclusion comme le fait qu’une fois qu’une chose est dedans, elle est enfermée ou contenue?
ter et non à l’individu. Les principes et ob jectifs de la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées (voir pages 8–9) reposent sur ce concept. Ils exigent un droit à l’éducation et un accès à l’information, aux soins de santé, au marché du travail et à un logement adapté aux personnes handicapées. Celles et ceux qui sont en situation de handicap doivent pouvoir participer activement et sur le même pied d’égalité à la société, et contribuer à la façonner.
Deux approches, deux objectifs Passer du concept d’intégration à celui d’inclusion est un changement de para digme. L’intégration sociale exige d’une personne qu’elle s’adapte à la société et qu’elle s’intègre à ce qui existe déjà. L’in clusion, en revanche, prend en compte les capacités et les besoins de l’individu afin que la société adapte l’environnement de manière à ce que chacun et chacune y trouve sa place. C’est à la société de s’adap
Notre engagement L’ASP tient compte des problématiques susmentionnées. Avec ses différentes offres, elle met à la disposition des personnes concernées, de manière professionnelle et intègre, les meilleurs instruments pos sibles pour établir une plus grande justice sociale. Nous réfléchissons constamment à de nouvelles voies permettant de ré pondre encore mieux aux besoins de nos membres. En effet, la question se pose tou jours de savoir comment nos assurances sociales suisses prennent en considération les capacités et les besoins des personnes lésées médullaires, pour lesquelles les em plois actuellement proposés posent par fois des problèmes insurmontables, qu’il s’agisse par exemple des heures de travail exigées ou de l’impossibilité de rester dans une position statique en continu.
Intégration et inclusion, illustration de la différence
Intégration
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Inclusion
Le département Conseils vie de l’ASP éla bore actuellement un projet d’inclusion sociale axé sur ce thème. Nous nous ferons un plaisir de vous informer ultérieure ment avec des données concrètes. 15
CONSEILS JURIDIQUES
JURISPRUDENCE
Financement des soins par l’assurance-accidents
Explication du financement de l’aide et des soins à domicile par les assurances-accidents, à la lumière de la dernière jurisprudence du Tribunal fédéral. Sandra Rodriguez, MLaw, avocate / Michael Bütikofer, MLaw, avocat et notaire
Depuis quelque temps, la question du fi nancement par les assurances-accidents des coûts des soins de base dispensés au domicile de nos membres fait l’objet d’une controverse qui mobilise l’Institut de conseils juridiques de l’ASP (ICJ) depuis plusieurs années déjà. Le 27 octobre 2021, le Tribunal fédéral a enfin précisé l’obliga tion de prise en charge des compagnies d’assurance-accidents. Origine et évolution de la controverse Le litige au sujet du financement des soins de base par les assurances-accidents trouve son origine dans la révision de l’ordon nance sur l’assurance-accidents (OLAA), entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Celle-ci prévoit pour l’essentiel que les as surances-accidents participent désormais aux coûts liés aux soins de base, dans le cas où ils ne sont pas couverts par l’allocation pour impotent (API).
Alors que la prise en charge de l’intégra lité des coûts des soins médicaux par les assurances-accidents n’a jamais été contes tée, ni par ces dernières, ni par l’ICJ, les avis étaient radicalement opposés concer nant les soins de base. Depuis la révision de l’ordonnance sus mentionnée, l’ICJ a toujours considéré que les assurances-accidents étaient te nues, en vertu de l’art. 18 de l’OLAA, de prendre en charge l’ensemble des coûts des soins de base et que les personnes assurées 16
ne devaient participer à ces frais que si elles étaient surindemnisées en raison du versement simultané d’une allocation pour impotent. Pour leur part, les assurances-accidents estimaient qu’elles n’étaient pas obligées – à quelques exceptions près – de participer aux coûts des soins de base, si elles ver saient déjà une API. Les assurances-acci dents justifiaient leur point de vue par le fait que les soins de base coïncideraient avec les actes ordinaires de la vie¹ qui fondent le versement d’une allocation pour im potent. Par conséquent, leur obligation de prise en charge concernant les soins de base se limite au versement d’une API. En avançant cette argumentation, les assu rances-accidents ont notamment occulté le fait que l’allocation pour impotent ne servait pas uniquement à financer les pres tations des soins de base, mais qu’elle était aussi destinée à couvrir d’autres dépenses liées au handicap, telles que les frais de transport par exemple. La position juridique des assurances a par fois conduit à des situations probléma tiques. En effet, si les coûts des soins de base d’une personne tétraplégique s’élèvent par exemple à 3500 francs par mois et que l’assurance-accidents ne participe à ces frais qu’avec une API de degré grave de 2436 francs, il reste, à la charge de l’assuré·e, des coûts de soins de base de plus de 1000
francs par mois. La question urgente était donc de savoir qui devait s’acquitter de ces coûts non couverts. Depuis l’entrée en vigueur de l’ordon nance révisée sur l’assurance-accidents le 1er janvier 2017, le Tribunal fédéral a déjà rendu trois jugements sur la question du financement des soins à domicile: en sep tembre 2020, en février et en mars 2021. Toutefois, dans ces trois cas, il ne s’est ja mais prononcé sur la question de savoir à quelle hauteur les assurances-accidents devaient participer aux coûts des soins de base, ni sur l’éventuelle obligation des per sonnes assurées de mettre à contribution tout ou partie de leur API pour subvenir aux coûts des soins de base. Ce n’est qu’en octobre 2021, soit plus de quatre ans après la modification de l’ordonnance, que le Tribunal fédéral a précisé l’obligation de prise en charge des assurances-accidents. Ce faisant, il a suivi pour l’essentiel la po sition juridique défendue par l’ICJ. La jurisprudence du Tribunal fédéral Dans son arrêt du 27 octobre 2021, le Tri bunal fédéral a tout d’abord souligné que les assurances-accidents étaient tenues, dans un premier temps, d’évaluer le besoin en soins de base dans le cadre d’un «exa men minutieux et complet». Aussi, selon le Tribunal fédéral, l’hypothèse selon la quelle les coûts des soins de base seraient «intégralement couverts par l’allocation pour impotent et ne devraient donc pas Paracontact I Été 2022
être pris en compte, n’est pas pertinente»². Le Tribunal fédéral a ainsi rejeté le point de vue des assurances-accidents selon lequel elles n’avaient pas à participer aux coûts de soins de base si elles versaient déjà une API. Le Tribunal fédéral s’est ensuite prononcé sur la question de savoir dans quelle me sure les personnes assurées devaient mettre à contribution leur API pour subvenir aux coûts des soins de base. À cet égard, il a tout d’abord constaté que «la totalité de l’allo cation pour impotent ne doit pas être dé duite»². Il s’agirait au contraire de prélever une quote-part sur l’API «correspondant à l’acte ordinaire de la vie se déplacer»². Le Tribunal fédéral a ainsi souligné, à juste titre, que même si une allocation pour im potent était versée pour les déplacements, cette partie de l’API n’avait aucun lien avec les soins de base. Le Tribunal fédéral a fixé – pour une allo cation pour impotent de degré grave – à 85% la quote-part de l’allocation pour im potent devant être défalquée des coûts des soins de base. En d’autres termes, la per sonne assurée doit utiliser 85% de son API de degré grave, soit environ 2070 francs, pour couvrir ses coûts de soins de base. Concernant cette quote-part, le Tribunal fédéral parle d’un certain «schématisme»². En supposant qu’une personne assurée soit considérée comme impotente pour se déplacer – ce qui est toujours le cas pour les personnes en fauteuil roulant –, elle ne doit pas faire défalquer des coûts de soins de base la part de son API correspondant à cet acte. En résumé, le Tribunal fédéral conclut dans son arrêt du 27 octobre 2021 que la contribution des assurances-accidents aux coûts des soins de base se calcule sur la base de l’ensemble du besoin en soins de base, déduction faite d’une quote-part de l’allocation pour impotent. Selon la posi tion défendue ici, il est donc clair que les coûts des soins de base restants après la déduction autorisée de l’API sont entière ment à la charge des assurances-accidents. Conclusion L’arrêt du Tribunal fédéral du 27 octobre 2021 est positif à trois égards: première Paracontact I Été 2022
ment, il établit clairement que les assu rances-accidents ne peuvent pas affirmer que les coûts des soins de base sont inté gralement couverts par le versement d’une allocation pour impotent. Deuxièmement, la décision stipule que les personnes assu rées ne doivent pas faire entièrement dé falquer l’API des coûts des soins de base. Et troisièmement, la décision oblige les as
Dans l’intérêt des personnes concernées, il reste donc à souhaiter que les assu rances-accidents se conforment rapide ment aux directives de l’arrêt du Tribunal fédéral du 27 octobre 2021. Cela leur don nerait la sécurité juridique dont elles ont besoin pour être en mesure de planifier le financement de leurs soins à domicile. Inutile de souligner que le financement de
surances-accidents à prendre en charge l’intégralité des coûts des soins de base restants après la déduction autorisée de l’allocation pour impotent.
ces soins revêt un aspect existentiel pour nos membres. Nous considérons que les assurances-accidents ont le devoir de se conformer enfin aux directives du Tribu nal fédéral et de fixer leurs prestations de soins en tenant compte de cette jurispru dence émanant de la plus haute instance.
Malheureusement, la plupart des assu rances-accidents s’abstiennent toujours d’appliquer la décision du Tribunal fédé ral. La Commission ad hoc Sinistres LAA émet des recommandations sur des ques tions qui ne sont pas réglées, ou alors pas de manière définitive, par la loi ou la juris prudence. Les plus grandes compagnies d’assurance-accidents de Suisse sont re présentées dans cette commission. Après l’arrêt du Tribunal fédéral du 27 octobre 2021, la commission s’est réunie pour dis cuter de la mise en œuvre de la décision, mais elle n’est vraisemblablement encore parvenue à aucun résultat. Par conséquent, elle n’a pas encore émis de recommanda tions à l’attention des assurances-acci dents. Cette situation, associée au fait que l’arrêt du Tribunal fédéral précité a été rendu il y a plus de sept mois, est incom préhensible.
¹ Les six actes ordinaires de la vie consistent à faire sa toilette, se vêtir/se dévêtir, manger, se lever/s’asseoir/se coucher, aller aux toilettes, se déplacer/entretenir des contacts sociaux; ces actes sont liés aux soins de base au sens de l’art. 7 al. 2. ² ATF 148 V 28
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CONSEILS JURIDIQUES
DEUXIÈME PILIER
Prévoyance
La prévoyance professionnelle est un sujet peu connu des assuré·e·s. Quelques exemples concrets.
Agnès von Beust, avocate
Le service juridique de l’ASP vous présente trois exemples de situations juridiques qui concernent le domaine de la prévoyance professionnelle. Des conditions d’affiliation, en passant par la coordination entre les prestations d’assurance, nous terminerons ce bref aperçu par la question souvent posée de la forme des prestations en âge AVS. Affiliation et rente d’invalidité Monsieur X travaille comme caissier pen dant la saison d’hiver d’une entreprise de remontées mécaniques. Son contrat de du rée déterminée prévoit un salaire horaire et une indemnité pour les repas. Son salaire varie selon le nombre d’heures travaillées; certaines fiches de salaire comportent une déduction pour la prévoyance profession nelle.
Huit jours après la fin de son contrat, M. X devient invalide. La caisse de pension com mence par refuser ses prestations en raison
de la survenance de l’invalidité après la fin des rapports de travail. Première erreur: les assuré·e·s sont couvert·e·s jusqu’à 30 jours après la fin des rapports de travail. Après ce premier obstacle, la caisse de pen sion refuse d’allouer des prestations, car elle estime que le salaire de M. X n’atteint pas le salaire minimal ouvrant le droit à des prestations du 2e pilier (en 2022, ce seuil se situe à CHF 21 510.–). Il faut savoir que le salaire de M. X pour la saison d’hiver doit être annualisé pour déterminer s’il atteint ou non ce seuil. Dans le cas de M. X, le sa laire gagné pendant les mois d’hiver et an nualisé sur douze mois ne suffit juste pas pour atteindre le salaire minimal. Heureu sement, grâce aux indemnités reçues de son employeur pour les repas, qui consti tuent un élément du salaire (en nature), le salaire annualisé dépasse enfin le seuil mi nimal. Selon le service juridique, M. X a donc bel et bien droit à une rente d’inva lidité de sa caisse de pension.
Coordination des prestations d’assurances et surindemnisation En cas de survenance d’une invalidité, il est possible que M. X, qui était salarié d’une entreprise et donc affilié à la prévoyance professionnelle, ait droit non seulement à des prestations de l’assurance-accidents et de l’AI, mais également de la caisse de pen sion. Il se peut, dans le cas où l’assurance- invalidité et l’assurance-accidents versent déjà des prestations sous la forme d’une rente d’invalidité, que le versement d’une rente par la caisse de pension entraîne ce que l’on appelle un cas de surindemnisation.
La surindemnisation veut éviter que les assuré·e·s soient mieux doté·e·s financière ment après la survenance d’un cas d’inva lidité qu’avant. Lorsque les rentes d’inva lidité de l’AI, de l’assurance-accident et de la caisse de pension sont cumulées, la somme des rentes versées à la personne as surée dépasse souvent le montant du sa laire qu’elle réalisait avant la survenance de son invalidité. C’est la raison pour la quelle la rente d’invalidité issue de la pré voyance professionnelle qui pourrait être due à M. X pourrait ne pas lui être versée. Arrivée à la retraite: rente ou capital? M. X., au bénéfice d’une rente entière d’in validité, arrive en âge AVS. Aura-t-il la pos sibilité de retirer le capital vieillesse ou de vra-t-il se satisfaire d’une rente mensuelle de sa caisse de pension?
La question n’est pas aisée. En effet, la lé gislation (LPP) prévoit que l’avoir de vieil lesse est versé en règle générale sous forme de rente, à moins que le règlement de la caisse de pension ne permette un retrait en capital. Qu’est-ce qu’un règlement? Les cais ses de pension doivent se conformer à la législation fédérale sur la prévoyance pro fessionnelle, mais édictent également un règlement. Ce règlement permet à chaque caisse de pension de concrétiser la marge de manœuvre laissée par la législation, et ainsi de détailler les conditions du droit aux prestations d’assurance. M. X devra donc étudier le règlement de sa caisse de pension, afin de déterminer si le retrait en capital en cas d’invalidité entière y est prévu ou si tel n’est pas le cas.
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MÉDECINE ET SCIENCES
SANTÉ
La malnutrition – un problème fréquent
Manger et boire en alliant équilibre et plaisir fait partie d’un mode de vie sain. À quoi les personnes paralysées médullaires doivent-elles faire attention dans leur alimentation?
Teresa Brinkel, responsable de la communication chez SwiSCI
Les données de l’étude à long terme SwiSCI montrent que les paralysé·e·s médullaires se nourrissent souvent mal: 40% des per sonnes concernées quittent la rééducation primaire avec un risque accru de malnu trition. Une autre étude partielle SwiSCI a en outre constaté que presque tous les son dé·e·s avaient une carence en vitamine D lors de leur rééducation primaire. Or à cause des carences, non seulement le risque de maladies augmente, mais les traitements intensifs s’allongent, de même que les jours sous respiration artificielle et les sé jours à l’hôpital. Qui est particulièrement touché? Les auteurs et autrices de l’étude ont iden tifié les groupes de personnes qui déve loppent un risque particulièrement élevé de malnutrition pendant la rééducation primaire: les patient·e·s sous respiration artificielle, celles et ceux qui souffrent de pneumonie, d’escarres ou sont incapables de se nourrir seul·e·s. En général, les tétra plégiques présentent un risque plus élevé de malnutrition que les paraplégiques en raison de la hauteur de la lésion de la moelle épinière.
Cette situation est problématique, car les personnes atteintes de paralysie médul laire sont plus susceptibles de contracter différentes maladies. En moyenne, chaque paralysé·e médullaire souffre de six à sept comorbidités, telles que des troubles de la fonction intestinale, des infections des voies urinaires et des escarres. Ces mala dies apparaissent encore plus fréquem ment chez les gens qui se nourrissent mal. Toutefois, la malnutrition peut aussi être la conséquence d’une maladie – par exemple d’une escarre. Cela est dû d’une part, à un besoin élevé en protéines et d’autre part, à un apport moindre en nutriments, car les patient·e·s alité·e·s ont souvent peu d’ap pétit. La malnutrition peut donc être la cause comme la conséquence d’un problème mé dical, et elle survient aussi bien chez les per
sonnes en sous-poids qu’en surpoids. «Sou vent, une perte de poids est le signe d’une nutrition inadaptée. Mais l’obésité, très ré pandue parmi les personnes concernées, peut aussi être associée à une carence en nutriments essentiels. Malheureusement, cela n’est souvent pas reconnu», explique Irène Flury, diététicienne au Centre suisse des paraplégiques et autrice de l’étude. Comment reconnaître une malnutrition? – Se peser régulièrement permet de détecter une perte de poids soudaine. – Contacter un médecin en cas de manque d’appétit persistant, de perte de poids involontaire et/ou d’habitudes alimentaires très déséquilibrées. – Contrôler régulièrement les nutriments critiques tels que la vitamine D ou B12. – Prendre régulièrement les complé ments qui ont été prescrits.
Alimentation équilibrée et saine
La malnutrition est souvent liée à la lésion elle-même, car celle-ci entraîne un besoin accru de certains nutriments par l’orga nisme. Les personnes concernées n’en consomment souvent pas suffisamment, par manque d’appétit, en raison de troubles de la déglutition ou car elles ont besoin d’aide pour s’alimenter, par exemple. 20
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– Avoir conscience du lien entre l’alimentation et la santé – surtout avec l’âge. – Les régimes mono-alimentaires, les cures de jus ou les jeûnes prolongés peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Consulter plutôt un·e nutri tionniste professionnel·le.
L’assiette optimale – composition des repas pour les personnes atteintes de paralysie médullaire
Il existe d’autres raisons qui justifient et rendent nécessaire un changement des ha bitudes alimentaires en cas de paralysie médullaire: – La composition corporelle spécifique aux tissus se transforme: moins de muscle, mais plus de graisse. Cela entraîne un métabolisme plus faible, conduit plus rapidement à des pro blèmes d’obésité et accroît le risque de maladies cardio-vasculaires et de diabète. – Dysfonctionnement intestinal avec un risque aigu de constipation et d’incon tinence, mais aussi de ballonnements et de lourdeurs d’estomac – Tendance accrue aux infections urinaires – Risque élevé d’escarres et de troubles de la cicatrisation Les personnes qui souffrent souvent de ces problèmes ou qui ont une alimentation très déséquilibrée, qui sont en surpoids ou en sous-poids, devraient envisager de consulter un·e nutritionniste. Paracontact I Été 2022
Légumes et fruits: en abondance, variés et diversifiés, par exemple crus, cuits, en salade, à grignoter ou en soupe Féculents (glucides): en proportion réduite mais variée, par exemple pommes de terre, pâtes, riz, polenta, pain, légumes secs, quinoa, amarante
Conseils sur l’alimentation L’alimentation joue non seulement un rôle crucial sur notre santé générale, mais elle influe aussi sur la gestion intestinale, la ci catrisation des plaies et l’apparition des in fections.
La plupart des personnes touchées sont moins actives physiquement qu’avant la paralysie médullaire. Elles consomment donc moins d’énergie – ce qui devrait s’ac compagner d’une réduction équivalente de l’apport calorique. Parallèlement, un apport élevé en micronutriments, vitamines et minéraux est important. L’idéal est donc d’avoir une alimentation à la fois réduite en énergie et riche en nutriments – qui soit adaptée aux besoins individuels de la per sonne.
Boissons: de l’eau plate ou du thé non sucré
© Société Suisse de Nutrition SSN savoir quoi manger. sge-ssn.ch
Les proportions idéales «L’assiette optimale» montre d’une part les aliments qui composent un repas complet, et représente d’autre part les proportions dans lesquelles chacun de ces aliments de vrait figurer dans l’assiette pour constituer un repas équilibré. L’assiette tient compte des besoins énergétiques réduits de la plu part des personnes en fauteuil roulant en raison d’une activité physique moindre (< 1800 kcal/jour).
Les ratios se basent sur les recommanda tions de la Société Suisse de Nutrition (SSN) élaborées pour les personnes ayant des besoins énergétiques réduits. La diffé rence par rapport à «l’assiette standard» réside dans la réduction des féculents (glu cides), car ceux-ci servent en priorité de fournisseurs d’énergie. L’augmentation de la part de légumes permet de compenser la diminution de la part des glucides. La part de protéines reste toutefois la même. En juin et juillet, c’est justement la saison pour de nombreuses variétés de légumes et fruits qui pourront nous fournir en abondance tous les nutriments essentiels. Que diriez-vous par exemple d’une bonne poêlée d’asperges et de poulet, d’une frit tata de blettes et de poivrons grillés, ou d’une délicieuse mousse de fraises sur un yaourt? Savourez la diversité de la cuisine estivale et vous rendrez un grand service à votre corps.
Protéines: une portion une fois par jour, par exemple, viande, volaille, poisson, œufs, fromage, tofu. Aux autres repas principaux, un produit laitier comme un yaourt, du fromage, du fromage blanc, du fromage cottage
OFFRE Vous cherchez un conseil en nutrition? Auprès de l’Association suisse des diététicien·ne·s (ASDD), vous trouverez un conseil de proximité sur des sujets qui ne sont pas spécifiques à la paralysie médullaire, comme par exemple l’obésité, les intolérances ou les allergies alimentaires. Le Centre suisse des paraplégiques (CSP), le REHAB Bâle ainsi que la clinique de rééducation de Sion proposent des conseils ambulatoires spécialement destinés aux paralysé·e·s médullaires. Depuis février 2022, vous pouvez également vous inscrire au CSP pour une consultation intestinale. Parlez-en d’abord à votre médecin de famille ou votre paraplégiologue (pour une prescription) et vérifiez la prise en charge des coûts avec votre caisse maladie.
Informations sur l’étude SwiSCI www.swisci.ch 21
CONSTRUIRE SANS OBSTACLES
TRANSFORMATION
Bienvenue dans l’oasis Le Zurichois Christian Roth, 61 ans, vit de manière autonome dans son loft de Wald ZH et ce, notamment grâce aux adaptations réalisées par le Centre construire sans obstacles. Peter Birrer
La porte est ouverte et mon hôte trône au milieu de son royaume. Il ne vit pas dans un appartement classique de trois ou quatre pièces. Sa demeure est une pièce unique de 160 m², haute de près de quatre mètres, qui recèle de nombreuses his toires. Christian Roth est visiblement sa tisfait: «Lorsqu’on a vécu ici, on ne veut plus en partir.» Zurichois d’origine, Christian Roth a quitté il y a dix ans une commune lacustre pour l’Oberland du canton. Lorsqu’il ap prend que des lofts sont mis en vente dans 22
l’ancienne usine de textile Bleiche à Wald, il s’y intéresse immédiatement car il avait toujours rêvé de vivre dans de tels espaces originaux. Avec sa famille, il s’installe sur un site qui ne cesse de gagner en attractivité et qui, grâce à son hôtel, son bar et son fitness, de vient un centre très populaire dans le vil lage. Architecte d’intérieur de formation, il s’adapte vite à la vie à la campagne et ne s’ennuie pas à la maison. L’agencement de son nouveau chez-soi l’occupe suffisam ment.
Une chambre dans les arbres L’appartement regorge de souvenirs de voyages lointains comme un didgeridoo, instrument de musique traditionnel des aborigènes australiens. Il y a des tambours et des plumes, des figurines et des pierres, de nombreux objets qui témoignent de l’attachement de Christian Roth à la culture indienne. Comble de l’originalité, il y a même une petite cabane dans les arbres, accessible par un escalier en bois, où dorment encore occasionnellement ses deux fils aujourd’hui adultes. Ou encore cet imposant cacaoyer qui est magnifique Paracontact I Été 2022
ment mis en valeur. «J’ai un lien fort et émotionnel avec tous ces objets», confie Christian Roth. Il a planifié et réalisé beaucoup de choses lui-même. Il aime avant tout travailler le bois et le cuir, il fait attention aux détails pour que le visiteur ait le sentiment que la vie est présente dans chaque coin de la pièce. Et que l’aménagement n’en finisse jamais. Christian Roth ne veut pas simple ment vivre «entre quatre murs», car «l’en vironnement est très important pour moi», dit-il, «ici, c’est mon oasis». En décembre 2020, Christian Roth est vic time d’une subite déchirure aortique. Opéré en urgence à l’hôpital universitaire de Zurich, on lui annonce ensuite qu’il est atteint d’une tétraplégie. S’ensuivent de longs mois de rééducation au Centre suisse des paraplégiques à Nottwil. «On envisage toutes sortes de choses pour la suite de l’existence», se souvient-il, «et même s’il doit y avoir une suite.» Il a la chance d’être bien en touré. Sa famille et ses amis lui remontent toujours le moral. Christian Roth progresse Il est en fauteuil roulant, mais dans sa moelle épinière les nerfs ne sont pas sec tionnés. Cela le fait espérer: «Je ne perds pas espoir de pouvoir un jour marcher à nouveau tout seul.» En 15 mois, il a fait des progrès, certes minimes la plupart du temps, mais il en a fait et ce sont pour lui des signes encourageants.
Pendant son séjour à Nottwil, Christian Roth réfléchit bien sûr à son futur loge ment. Il veut évidemment retourner à Wald, dans son oasis. Mais il est aussi conscient que cela sera impossible sans adaptations de son appartement. Vivant seul, il ne peut se heurter constamment à des obstacles insurmontables ou seule ment au prix de gros efforts. Même si ses connaissances profession nelles lui permettent d’imaginer ce à quoi pourrait et devrait ressembler une trans formation, il sait dès le départ qu’il préfère Paracontact I Été 2022
Chambre et cuisine créatives et non conventionnelles
confier cette tâche à un architecte. Le Centre construire sans obstacles (CSO) de l’Association suisse des paraplégiques entre alors en scène. Felix Schärer, archi tecte et chef du CSO, s’occupe du loft. Un lit derrière deux portes Pendant que Christian Roth est à Nottwil, Felix Schärer, accompagné de l’ergothéra peute Natalie Lammers, se rend à Wald le 11 juin 2021 pour visiter les lieux – à l’inté rieur comme à l’extérieur – afin, éventuel lement, d’en faciliter l’accès. «Une am biance spéciale», pense l’architecte qui trouve «très cool tout ce qui a été réalisé dans cette propriété». L’avantage ma jeur de l’appartement-loft est qu’il se trouve au rezde-chaussée. Et en plus, il dispose d’une vaste surface exempte de seuil. Lorsque Christian Roth va se coucher, il n’a qu’à fermer deux portes coulis santes derrière lui.
Au cours de la visite, il devient vite évident que la salle de bains, «l’espace dans l’es pace», comme la qualifie Felix Schärer, devra être transformée. La baignoire doit être remplacée par une douche de plainpied et de nouvelles toilettes doivent être prévues. Comme une porte plus large est nécessaire, une adaptation de la construc tion verre-métal de la salle d’eau s’impose; tout comme un nouveau sol carrelé. D’un point de vue technique, Felix Schärer n’est pas face à une tâche compliquée, ce type de transformation est pour lui une routine. En revanche, le syndic du bâti ment doit l’aider à résoudre certaines dif ficultés. Son objectif: automatiser la porte de l’entrée principale, éliminer les seuils sur le chemin menant à l’appartement-loft de Christian Roth, installer des rampes. Les parties trouvent un accord et Felix Schärer commence à planifier les transfor
mations. Les artisans de huit entreprises de la région sont à pied d’œuvre pendant deux semaines à partir de la fin septembre 2021. Le logement est encore plus important Le résultat final plaît à Felix Schärer et cor respond tout à fait au goût de Christian Roth. «La solution parfaite. C’est exacte ment ce que j’avais imaginé», assure-t-il. À l’automne 2021, le moment est venu: Christian Roth quitte le lac de Sempach pour retrouver Wald où il se sent d’emblée à l’aise. Comme il passe désormais plus de temps chez lui qu’auparavant, l’apparte ment est «devenu encore un peu plus im portant», constate-t-il.
Avant sa déchirure de l’aorte, il travaillait à l’extérieur. Maintenant on le voit souvent dans son atelier sur le site de Bleiche. La fonction de sa main droite est certes limi tée, mais cela ne l’empêche pas de confec tionner des articles en cuir: sacs à main, étuis ou housses de portable, qu’il propose également à la vente. Impossible de ne pas voir le sac de boxe qu’il a fabriqué luimême et monté dans son loft. Globalement, Christian Roth est très satis fait de sa situation. Seule la cuisine pour rait être plus pratique s’il était possible de glisser le fauteuil roulant sous le plan de travail. Mais vus les coûts, on y a renoncé pour l’instant. La tablette escamotable sous le four lui facilite tout de même les choses. «J’ai besoin de deux fois plus de temps qu’avant pour cuisiner», affirme-t-il, «tout est plus compliqué en fauteuil rou lant. Mais je m’estime heureux de pouvoir vivre à nouveau ici et de manière large ment autonome.» Vidéo Felix Schärer et Christian Roth racontent la transformation 23
LOISIRS
IDÉES D’EXCURSION
Esprit médiéval et vie de château Partez au Moyen-Âge à la découverte des châteaux de la Suisse. Nous vous révélons ceux qui se prêtent le mieux à une visite en fauteuil roulant.
Yvonne Rölli
Le château de Berthoud www.schloss-burgdorf.ch
Construit il y a 800 ans, le château de Ber thoud est à la fois un château pour s’émer veiller, dîner, dormir et faire la fête, et le symbole de la ville et de la région. Le puis sant complexe des Zähringen est un té moin de l’époque unique en son genre et fait partie des monuments architecturaux d’importance nationale. L’étage principal abrite un musée desservi par un ascenseur accessible en fauteuil roulant et un monte-escaliers. C’est là que se situe la plupart des salles d’exposition, consacrées à une grande variété de théma
tiques liées à l’histoire de la région. On y trouve aussi plusieurs cabinets de curiosi tés et la salle historique des chevaliers. Vous avez toujours rêvé de passer une nuit dans un château? Le château de Berthoud n’est pas seulement un musée, mais aussi une auberge de jeunesse. Une chambre à deux lits dispose d’une salle d’eau entière ment sans obstacles. «À la table des ducs»: le restaurant Châ teau de Berthoud régale ses client·e·s de spécialités régionales dans une salle spa cieuse ainsi que dans la cour du château avec une vue magnifique sur Berthoud et la belle région de l’Emmental.
La montée vers le château est pavée et l’in clinaison y est de 16%: il est donc recom mandé de venir en voiture. L’accès n’est possible que sur autorisation et vous devez annoncer votre venue au préalable à l’au berge de jeunesse. Le château de Prangins www.chateaudeprangins.ch
Ce somptueux château, qui surplombe le lac Léman, date du XVIIIe siècle et est au jourd’hui le siège romand du Musée natio nal suisse. Le bâtiment abrite cinq expo sitions permanentes et présente chaque année trois expositions temporaires. La nouvelle exposition permanente «No blesse oblige! La vie de château au XVIIIe siècle» vous invite à pénétrer dans le quo tidien d’une famille noble du Pays de Vaud. Vous découvrirez ainsi comment la vie au château devait se dérouler il y a trois cents ans. La carte du Café du Château dans l’aile ouest s’inspire du jardin potager histo rique. C’est l’endroit idéal pour reprendre des forces entre deux visites d’exposition et pour déguster un petit en-cas en salle ou sur la terrasse couverte.
Le Château de Prangins possède égale ment un splendide parc romantique ainsi que le plus grand potager historique de Suisse, avec plus d’une centaine d’anciennes variétés de fruits et de légumes oubliés. Un plan détaillé des plantations et un autoguide divertissant permettent une décou verte autonome des particularités de ce jardin. 24
Paracontact I Été 2022
Une vingtaine de silhouettes grandeur na ture de personnalités célèbres telles que Voltaire, Joseph Bonaparte ou Madame de Staël invitent les visiteurs et les visiteuses à la flânerie dans le parc. Grâce à ce mer veilleux sentier-découverte, qui transforme le paysage en exposition, c’est non seule ment le patrimoine culturel, mais aussi na turel qui est donné à voir au Château de Prangins. Le château d’Oberhofen www.schlossoberhofen.ch
Le château romantique avec son donjon construit vers 1200 à Oberhofen, au bord du lac de Thoune, a connu maints change ments de propriétaires. La famille du comte neuchâtelois et prussien de Pourtalès en fit
finalement l’acquisition en 1844 et le trans forma en résidence d’été, lui conférant ainsi son aspect actuel. Il est possible de visiter en fauteuil roulant le rez-de-chaus sée où se trouvent le salon de jardin et la salle à manger et où l’on peut accéder à la terrasse du château. Le restaurant du châ teau d’Oberhofen est lui aussi sans obsta cles. Parfait pour une sortie en famille, le châ teau d’Oberhofen est un moment fort pour petits et grands. Diverses offres s’adressent aux enfants, comme l’atelier déguisement, le sentier des souris, la borne d’écoute de contes de fée et la piste des chevaliers. Le parc du château fait partie des jardins les plus somptueux de la région alpine. Avec ses groupes d’arbres remarquables, Paracontact I Été 2022
ses bosquets exotiques, sa pergola ombra gée et ses parterres de fleurs multicolores, ce jardin paysager historique est une oasis idéale qui appelle à la flânerie. Si le parc est sans obstacles, les chemins qui y mènent sont recouverts soit de pavés soit de gra vier. Pour y accéder, on peut utiliser l’en trée principale mais ce passage comporte une montée. On rejoint le parc de plainpied en passant par Wichterheer, situé sur le côté opposé de l’entrée principale.
Profitez de votre visite pour effectuer le Foxtrail «Castello court» de la région de Thoune. Ce parcours plat, au bord du lac et accessible en fauteuil roulant, commence à la sortie de la ville en direction de Gwatt. Le château Stockalper www.brig-simplon.ch www.stockalperstiftung.ch
Le château de Schadau www.schloss-schadau.ch www.foxtrail.ch
Un autre château situé sur les rives du lac de Thoune est celui de Schadau. Ce fabu leux édifice et ses environs ont une histoire qui remonte à 1348, année où la maison Schadau fut mentionnée pour la première fois par écrit. En juin 2019, le château a rouvert ses portes en tant qu’hôtel et res taurant après des travaux de rénovation. L’an dernier, il a été élu «Hôtel historique de l’année 2021». Le parc de Schadau, d’une superficie de 3,6 hectares, est ouvert au public depuis 1860 et reproduit le style d’un jardin anglais. Le parc de Schadau, le restaurant ainsi que l’ensemble du rez-de-chaussée du château sont entièrement accessibles sans obsta cles et l’une des chambres de l’hôtel au premier étage est adaptée aux fauteuils roulants. L’offre culinaire est très vaste et va du petitdéjeuner du château au pique-nique dans le parc, en passant par un authentique af ternoon tea.
Le Château Stockalper, avec ses trois tours inimitables, se trouve à Brigue et a été construit à partir du milieu du XVIIe siècle par Kaspar Stockalper de la Tour (1609– 1691) en tant que résidence du marchand. Ce monument baroque est aujourd’hui considéré comme l’emblème de la région briguoise. Ses murs abritent l’administra tion municipale, un musée et différentes salles de réception. Le château n’est ouvert au public que dans le cadre d’une visite guidée. Signalez vos besoins à l’avance pour que l’itinéraire puisse être adapté en conséquence. Au cours de la visite, vous ferez la connais sance du maître des lieux qui lui a donné son nom, Kaspar Stockalper. En 1679, les Valaisans envoyèrent le riche commerçant en exil à Domodossola, en Italie voisine. Le château dispose d’un ascenseur qui per met d’accéder à la salle des chevaliers, à la salle des bourgeois et à la salle du tribunal. Cela vous intéresse? Le site Web ci-dessous vous fournira des informations sur tous les châteaux www.dieschweizerschloesser.ch/ fr/nos-chateaux 25
L’ A U T O C O L L A N T D Y N A M I Q U E ! Le logo du fauteuil roulant dessiné par Rolland Bregy est différent des autres pictogrammes. Plus moderne et énergique, sa forme elliptique et la position inclinée de la personne en fauteuil roulant soulignent le caractère actif des personnes en mouvement.
,,Je me suis senti tellement soulagé quand j’ai trouvé ma thérapie pour la vessie et l’intestin. Maintenant, je peux quitter la maison et commencer à vivre ma vie de nouveau.“
LES DYSFONCTIONNEMENTS DE LA VESSIE ET DE L’INTESTIN SE MANIFESTENT SOUVENT ENSEMBLE...
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LOISIRS
ACTIVITÉ
Tour en Swincar Aimez-vous les montagnes et l’action? Alors le Tour en Swincar est parfait pour vous. Le véhicule électrique peut rouler par monts et par vaux et est disponible en mono-place ou en tandem. Profitez de la magnifique vue et restaurez-vous au restaurant de montagne. Date 18 juin 2022 Heure 10 h 00 ou 13 h 00 Lieu Les Crosets, Val d’Illiez
MOBILITÉ
Cours de mobilité Grâce à un mélange de théorie et de pratique, vous améliorerez votre mobilité en fauteuil roulant et apprendrez de nouvelles techniques de maniement qui ménagent les épaules. Date 25/26 juin 2022 Heure 13 h 00 –17 h 00/ 9 h 00 –16 h 00 Lieu Yverdon
AVIS AUX AMATEURS
Week-end à Bettmeralp Nous organisons tous les ans une sortie Alois Schmid, membre du RC Oberwallis, à Bettmeralp avec un programme tou- y a monté des installations électriques jours différent. pendant la construction. C’est grâce à ses relations que nous pourrons faire cette vi Cette année, nous visiterons le tunnel de site qui durera environ trois heures. Nous base du Lötschberg à Goppenstein. Tun descendrons jusqu’au fond de la vallée où nel ferroviaire de 34,6 km de long, il tra circulent les trains de marchandises et de verse le nord de la chaîne des Alpes, entre voyageurs. Une découverte fascinante. Frutigen dans l’Oberland bernois et Ra rogne dans le Haut-Valais. Cela vous intéresse? Le week-end de Bettmeralp aura Ce tunnel de base fait partie de l’axe lieu les 10 et 11 septembre 2022. Lötschberg-Simplon, celui de la Nouvelle La date limite d’inscription est le ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA), 20 août 2022. qui relie Bâle à Milan et Gênes via Berne Toutes les informations sont sur en passant par le Lötschberg. www.spv.ch/manifestations
VOYAGE/PLACES DISPONIBLES
La Thaïlande
BIEN ÊTRE
Cours de yoga Le yoga crée une connexion entre le corps et l’esprit et touche tous les domaines de l’être. Il aide à prendre conscience de soi, à prendre soin de soi, à accepter ses limites et à trouver son équilibre. Date 24/26 juin 2022 Heure 14 h 00–15 h 00 Lieu Yverdon Paracontact I Été 2022
Envolez-vous avec nous vers le pays du sourire et découvrez la Thaïlande à travers tous vos sens. Notre circuit commence à Bangkok où de somptueux temples cô toient des gratte-ciel modernes. Dans cette métropole de plusieurs millions d’habitants, la vie bat son plein jour et nuit.
Un curry épicé ou plutôt le plat de nouilles Pad Thai? Les mets thaïlandais sont uniques. Et étonnamment simples, comme vous l’apprendra un grand chef. Grâce au cours de cuisine, vous pourrez retrouver ces saveurs chez vous.
Toutes les informations sur le circuit fi À Chiang Mai, dans le nord du pays, l’am gurent dans notre catalogue de voyages biance est plus calme et les températures «ParaVacances» et sur notre site Internet moins étouffantes. Mais le célèbre bazar de spv.ch. Il y a encore des places disponibles. nuit est très animé. Vous succomberez cer tainement aux odeurs alléchantes des di Dates de voyage du 13 au 26 novembre 2022 verses cuisines ambulantes. 27
LOISIRS
EN VOYAGE
Un paradis semé d’embûches L’île grecque de Santorin est-elle une destination de vacances pour les personnes en fauteuil roulant? C’est ce qu’a voulu savoir Corinne Oehen. Gabi Bucher
Corinne Oehen a la passion des voyages. Une carte du monde parsemée d’innom brables petits drapeaux colorés qui repré sentent tous les endroits qu’elle a déjà visités trône dans son appartement. L’été dernier, elle a réussi à convaincre son amie de l’accompa gner à Santorin. «J’avais vu de magnifiques photos de cette île qui m’avaient donné envie d’y aller.» Et son amie, qui a travaillé à Santorin, connaissait très bien l’île où elle avait gardé des contacts: une raison de plus pour s’y rendre avec elle. Un long chemin Elle s’attendait à ce que l’île ne soit pas vraiment adaptée aux fauteuils roulants. Son hôtel à Kamari promettait certes une chambre accessible, «mais le trajet de la ré ception au bungalow n’en finissait pas», raconte-t-elle. Heureusement, elle avait emporté son Swiss-Trac. Mais tout n’a pas été simple non plus: Corinne, qui n’a pas beaucoup de force dans les bras, avait du mal à gravir la rampe qui menait à la rési dence. La chambre étant petite, elle pou vait à peine contourner la table fixe et a dû bouger les meubles. «La salle de bain était spacieuse, mais il manquait une barre d’appui près des WC.» Le lendemain, l’hô tel s’est empressé de lui envoyer un ouvrier pour y installer une poignée. «Ils étaient très prévenants, toujours à me demander si tout allait bien, si j’avais besoin de quelque chose.» Et ils étaient aussi contents de recevoir les remarques et suggestions de Corinne. Santorin a néanmoins encore un long chemin à faire en termes d’acces sibilité. 28
La piscine de l’hôtel, où elle passait beau coup de temps, ne disposait ni de lève-per sonne ni de rampe. «C’est mon amie et des client·e·s de l’hôtel qui m’ont à chaque fois aidée à entrer dans l’eau.» À la plage, il y avait bien un Seatrac, ce siège sur rails qui permet aux personnes à mobilité réduite d’aller se baigner. «Mais celui de Kamari était momentanément hors ser vice.» Pour voir quand même comment cet engin fonctionnait, Corinne s’est procuré la clé de celui de Perissa. «Une chouette invention», dit-elle, bien que les plages de sable de lave ne soient pas vraiment son truc. «Je préfère le sable blanc, je dois être un peu gâtée par d’autres destinations», reconnaît-elle. Envie de boire un verre? Flâner sur l’esplanade près de l’hôtel était très agréable. «Il y a plein de boutiques de souvenirs et de tavernes.» Elle a même trouvé par hasard un restaurant doté de WC adaptés. «Le truc, c’est que j’ai dû les partager avec tout un stock de caisses de boissons», dit-elle en riant. Corinne a fait une «Romantic Sunset Cruise», une croi sière avec un coucher de soleil spectacu laire, et a participé à une dégustation de vin. Et bien sûr, elle a visité les villes de Fira et d’Oia. «Nous avions réservé une Ford Escort, mais quand nous nous sommes présentées, il n’y avait qu’une Fiat Panda.» Un sacré défi avec un fauteuil roulant et un Swiss-Trac. «Fira était vraiment magni fique, or elle était toute en escaliers et pe tites rues pavées. Je l’ai descendue cahincaha avec le Swiss-Trac, mais les chocs que j’ai encaissés n’avaient rien d’enviable.» Ce
qui lui a vraiment plu, c’est le musée «Lost Atlantis Experience» à Megalochori, le musée interactif sur la mythique cité en gloutie d’Atlantis avec un film en 9D, un diorama et des hologrammes. «Il y avait de la place pour un fauteuil roulant, mais je voulais m’asseoir dans l’un des sièges spé ciaux. Dans le fauteuil, on ne ressent pas les secousses ni les oscillations.» Dehors, une place de parc pour handicapé·e·s avait bien été prévue, mais il fallait franchir une marche à l’entrée du musée. «Et dans les WC adaptés, la cuvette était de guingois.»
Talent d’improvisation, un plus
Corinne a découvert des paysages de carte postale, mais a aussi rencontré des pro blèmes auxquels elle s’attendait un peu. «Je voulais voir Santorin, c’est fait, c’était une belle expérience, une île magnifique, mais je ne la recommanderais pas vraiment aux personnes en fauteuil roulant.» Les conseils de voyage de Corinne sur Instagram Coriii.aroundtheworld Paracontact I Été 2022
LOISIRS
l’hélicoptère. Sur place, les pilotes et les as sistant·e·s de vol l’aident volontiers. Il n’y a pas de dispositif de levage pour le trans fert. Dans l’appareil, le système de ceinture de sécurité varie selon le type d’hélicoptère. Renseignez-vous à ce sujet auprès des en treprises prestataires, il en existe de nom breuses en Suisse.
OFFRES DE VOL
Au-dessus des nuages … la liberté est totale. C’est pourquoi nous avons rassemblé quelques idées et adresses qui vous donneront des ailes. Prenons de l’altitude! Yvonne Rölli
Parapente www.wingsforpeople.ch
Même en fauteuil roulant, on peut planer tranquillement dans les airs. Cela demande de la discipline, mais rien n’empêche les paralysé·e·s médullaires d’apprendre à voler en parapente et sans aucune restric tion dans les airs. Seuls le décollage et l’at terrissage nécessitent un terrain facile ment accessible et au moins une personne pour aider lors du décollage. L’association Wings for People dispose d’un réseau de pilotes tandem spécialement formés et or ganise des vols en tandem dans les régions du Jura, de l’Oberland bernois, de Zoug et de la Suisse romande. Malgré le surcroît de travail, les vols sont au même prix que pour les piétons. Saut en parachute www.psctriengen.ch
À Triengen, dans le canton de Lucerne, les sauts en tandem s’effectuent à 4000 m d’al titude. Vous ferez l’expérience de la chute
libre avec votre pilote tandem pendant 50 secondes au maximum, avant qu’il n’ouvre le grand parachute pour vous ramener en toute sécurité à l’aérodrome. Auparavant, le pilote tandem vous aura expliqué le dé roulement du saut, l’équipement et le com portement à adopter sous le parachute. Vous ferez aussi quelques exercices en semble. Deux pilotes tandem ont l’expérience des sauts avec des paraplégiques. Les sauts ne sont envisageables que si la personne a assez de force dans les bras pour soulever ses jambes à l’atterrissage. Le pilote tan dem décide sur place s’il est possible d’ef fectuer le saut. Hélicoptère www.helikopterflug.ch www.swisshelicopter.ch
Un vol en hélicoptère est une expérience extraordinaire. Elle est possible si la per sonne en fauteuil roulant peut être trans férée de son fauteuil roulant au siège dans
Soufflerie de Winterthour www.windwerk.ch
Réaliser un rêve, frémir d’excitation avant le saut et éprouver l’indescriptible sensa tion de la chute libre: vous vivrez tout cela dans l’Indoor Skydiving à Winterthour. À l’intérieur de la soufflerie, le vent est si fort que vous flottez dans l’air. Un vol dure à chaque fois une minute et peut être réservé avec des forfaits de deux à six vols. Il est conseillé de faire la réser vation par téléphone afin que l’équipe de Windwerk puisse répondre à vos ques tions et besoins. Pour pouvoir voler, il faut disposer d’une certaine stabilité corpo relle. Le chrono n’est lancé que lorsque le vol débute réellement. N’hésitez pas à venir accompagné·e d’une personne qui pourra par exemple vous aider à vous changer. Vols ultra-légers www.merlin-adventures.ch
Un ULM est un petit aéronef motorisé très léger pouvant accueillir deux personnes au maximum. Lorsqu’on est dedans, les nuages semblent à portée de main. Vous choisissez à l’avance la destination et la durée de votre vol. Tout est possible, d’un vol de 30 minutes à un voyage d’une jour née. Pour les vols longs, des pauses café et des repas sont prévus. Montgolfière www.gruppoaerostatico.ch
Grâce au club en fauteuil roulant GC In SuperAbili, il existe depuis mai 2021 une montgolfière accessible en fauteuil rou lant. Les personnes intéressées s’adresse ront au GAT Gruppo Aerostatico Ticino.
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Paracontact I Sommer 2022
LOISIRS
ATELIER
L’art de bien manger L’alimentation joue un rôle important dans notre vie quotidienne. En mars, Bettina Senft a animé le cours «Manger et boire intelligemment en fauteuil roulant». Yvonne Rölli
Elle-même paraplégique suite à un acci dent de moto il y a plus de 20 ans, la res ponsable de cours Bettina Senft connaît bien son sujet. Elle est diététicienne diplô mée et travaille comme conseillère par les pairs, spécialisée dans l’alimentation et la gestion des intestins au REHAB de Bâle. Cet après-midi-là, les attentes des partici pant·e·s étaient très variées. Certain·e·s souhaitaient maintenir leur poids en man geant de manière saine et équilibrée, alors que d’autres étaient préoccupé·e·s par des problèmes de digestion et de douleurs ab dominales. L’assistance espérait aussi en apprendre plus sur la manière de réduire la sensation de faim.
sonnes en fauteuil roulant. Il s’est aussi penché sur la notion d’alimentation di geste et le rôle joué par la relaxation. Comme l’a démontré Bettina Senft, il faut absorber moins de calories, mais consom mer autant de vitamines et de minéraux. Toutes les personnes présentes s’intéres saient déjà de près à l’alimentation. Le cours est venu à la fois confirmer leurs connaissances et leur rappeler certains as pects. Il y a quand même eu quelques sur prises. Bettina Senft a expliqué que les ali ments et les boissons ne devraient pas être consommés trop froids. Quelqu’un s’est alors souvenu que son estomac faisait des siennes quand il mangeait des plats froids. Il veillera dorénavant à consommer da vantage de denrées et de boissons chaudes.
Un menu sur mesure Outre les recommandations alimentaires générales, le cours a spécifiquement abordé Le piège du sucre les différences entre piéton·ne·s et per L’animatrice a montré, à l’aide d’une image représentant des morceaux de sucre empi lés, la proportion de sucre qui se cachait dans certains aliments. Une participante en a été effrayée. Par ailleurs, Bettina Senft a conseillé d’intégrer davantage de proté ines dans le régime alimentaire en cas de fringales, car les protéines rassasient plus longtemps. L’assemblée a non seulement pu profiter des connaissances de Bettina Senft, mais a aussi beaucoup apprécié l’échange mutuel. L’idée a jailli de complé ter le cours par une partie pratique en cui sine. Ce serait une bonne occasion d’ap pliquer les acquis, d’expérimenter et de concocter ensemble un bon petit plat.
Le prochain cours «Manger et boire intel ligemment en fauteuil roulant» aura lieu le 30 septembre 2022. Paracontact I Été 2022
LE KAYAK
Pause sur le lac Une sortie en kayak le long des côtes rocheuses, un cours sur le lac de Brienz ou une journée-détente au bord de l’eau avec un plongeon dans la piscine, une part de gâteau au Beach Café ou un verre au lounge sur le toit. Voici le programme proposé par la Hightide Kayak School GmbH à Böningen près d’Interlaken. L’école de kayak s’engage à rendre le sport de pagaie accessible aux personnes handicapées. Un large éventail de matériel d’adaptation rend l’expérience du kayak possible pour tous. Par exemple, de hauts soutiens dorsaux et latéraux assurent une meilleure stabilité. Un support de pagaie permet aux personnes ayant peu de force dans les bras ou étant paralysées d’un côté de pagayer de manière autonome, et une flèche empêche le kayak de basculer. Le kayak peut se pratiquer seul·e ou en groupe. La première fois, l’école recommande de prendre une leçon particulière qui sera entièrement dédiée à la personne en fauteuil roulant et permettra d’adapter parfaitement le matériel. Ensuite, plus rien ne s’opposera à l’aventure sur l’eau. Le paddle est un sport très amusant pour tout le monde, avec ou sans handicap, quel que soit le niveau sportif. Plus d’informations www.hightide.ch oli@hightide.ch
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
COURS DE NATATION
Expériences inédites
Comment les enfants et les jeunes apprennent à nager – et pourquoi cela vaut bien un long trajet: coup d’œil à la piscine couverte du Centre suisse des paraplégiques.
Peter Birrer
Lena s’accroche. La fillette de huit ans au bonnet de bain bleu vient de s’entraîner pour la première fois à entrer toute seule dans l’eau depuis le bord du bassin, cela devrait encore mieux se passer au second essai. Et pourquoi ne pas répéter l’exercice une troisième fois?
Zünd organise le cours, proposé par l’As sociation suisse des paraplégiques (ASP). Elle est épaulée par une demi-douzaine de monitrices qui lui sont indispensables.
Entre chaque tentative, l’élève de 2e année de Malters écoute attentivement les expli cations d’Esther Zünd, s’appliquant à re garder les mouvements que la monitrice de natation lui montre. Hochement de tête. Elle y va.
Cette fois, ce sont Franziska Döhler, Selina Weisshaupt et Sina Lang qui transmettent leur savoir, offrant ainsi à chaque élève une prise en charge individuelle. «C’est grâce à elles que nous sommes en mesure d’or ganiser de telles leçons», reconnaît Esther Zünd qui souligne la flexibilité de son équipe ainsi que l’échange constructif qu’elles ont entre elles.
C’est un samedi après-midi de mars à la piscine du Centre suisse des paraplégiques de Nottwil. Trois enfants souffrant d’un handicap physique s’efforcent d’améliorer leurs compétences en natation. Esther
Avec routine et dévouement Cela fait des années que la quinquagé naire, domiciliée à Ebmatingen (ZH), est responsable de ces cours qu’elle gère certes avec une routine bien rodée, mais sans se
départir de son dévouement. Pour cette monitrice de natation titulaire d’un brevet fédéral, les cours de son sport favori pré sentent de nombreux avantages pour celles et ceux qui les suivent. Il y a d’abord l’aspect sécurité: les élèves se familiarisent avec des techniques qui les aident à se mouvoir de manière correcte et – dans l’idéal – autonome dans l’eau. En suite, il y a l’approche thérapeutique qui consiste à faire l’expérience de l’apesanteur et à accroître l’estime de soi. Enfin, il y a le facteur sport, qui permet de découvrir et de repousser ses propres limites. «Parfois, les enfants sont complètement lessivé·e·s après un entraînement», explique Esther Zünd, «l’heure intensive leur demande beaucoup d’énergie, ce qui est bien com préhensible.»
La pratique avant tout Esther Zünd et Lena
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Paracontact I Été 2022
Elle et son équipe s’occupent avec affec tion de jeunes de tous âges; les petit·e·s du jardin d’enfants sont tout aussi bienve nu·e·s que les ados jusqu’à 18 ans. Entre fé vrier et novembre, ils et elles se retrouvent tous les derniers samedis du mois à midi à Nottwil. Il y a habituellement huit élèves réparti·e·s en deux groupes. Les moni trices tiennent compte des capacités et des besoins individuels. Elles essaient beau coup de choses et cherchent toujours de nouvelles solutions. Les cours permettent aussi d’obtenir des insignes, mais Esther Zünd insiste sur un point: «On ne distri bue pas de cadeaux. Chacun et chacune doit mériter son insigne.» Les remarques des monitrices Après chaque journée de cours, on note par écrit ce que chaque nageur ou nageuse en herbe a appris, ce qui a bien et moins bien marché. Les remarques sont envoyées à toutes les monitrices et les acquis sont in tégrés dans les leçons suivantes. Lors de la préparation du cours de natation, on défi nit le domaine d’entraînement pour chaque élève.
Les plus avancé·e·s s’exercent par exemple à bien respirer ou à garder les yeux ou verts. Mais il y a aussi les débutant·e·s qui doivent commencer par s’habituer à l’eau dans le petit bassin, et donc surmonter leur timidité et apprendre en jouant à res sentir les mouvements dans l’eau. Rien n’est plus beau ni plus émouvant qu’une expérience inédite dans l’eau: par courir deux mètres de plus que lors du dernier entraînement, entrer dans l’eau sans aide extérieure, plonger pour la pre mière fois – chaque progrès, aussi minime soit-il, est une victoire qui réjouit non seu lement l’élève mais aussi les monitrices, et qui incite les autres participant·e·s à ne ja mais rien lâcher. Nager «comme les autres» Ce n’est pas le courage qui lui manque. Noemi Studer est une jeune nageuse qui ne manquerait pour rien au monde son heure de cours à Nottwil. À 14 ans, cette écolière de Kriens aime passer beaucoup de temps à la piscine en été avec ses co pains et copines. Noemi, qui est née avec Paracontact I Été 2022
une paralysie cérébrale, aimerait pouvoir se mouvoir dans l’eau «comme les autres». Les autres, ce sont les enfants sans handi cap physique. La brasse est la discipline préférée de Noemi, c’est sur elle que l’élève de 7e année se concentre ce samedi-là. Elle aime aussi plonger. «J’adore le sport», dit-elle en ajou tant qu’elle s’intéresse aussi à l’uniski. Elle a pu voir comment cela fonctionnait à haut niveau en suivant les Jeux Paralym piques en Chine. Pour Lena aussi, ce sport est un plaisir. Plus elle se déplace avec aisance dans l’eau, plus elle gagne en confiance en elle. «C’est une battante», dit Christian Iten, son papa, «elle adore nager. Cela lui donne un senti ment de liberté.» Lena est la persévérance incarnée, elle fait preuve d’une volonté de fer et d’une grande envie de s’améliorer sans cesse à force de travail. Bien sûr, elle est fatiguée après une journée de cours, «mais c’est une fatigue saine», précise Christian Iten: «au cours de natation, elle est comme un poisson dans l’eau.» Nathanael collectionne les insignes Il en va de même pour Nathanael Stutz, qui vit dans la commune bernoise de Boll. Le trajet jusqu’à Nottwil prend certes plus d’une heure en voiture, mais comme le souligne sa maman Barbara: «Il n’existe pas d’offre comparable à celle de l’ASP près de chez nous. Ici, nous avons la certitude qu’il apprendra à bien nager, car on s’oc cupe de lui de manière ciblée.»
Le fait que Nathanael se sente de plus en plus à l’aise et sûr de lui dans l’eau est d’au tant plus important pour sa maman que partir en excursion sur l’Aar en été est une tradition: «Il est essentiel que Nathanael se débrouille de manière aussi autonome que possible.» Pour l’instant, la famille fait sur tout des sorties en bateau gonflable, mais un jour, Nathanael pourra lui-même pro fiter des joies de l’Aar avec ses camarades. Il est intrépide et cela se voit à la piscine quand il saute énergiquement dans l’eau. Il montre ensuite comme il sait bien nager. Il a déjà obtenu quatre insignes, pour les quels il a à chaque fois dû passer un exa
De grandes ambitions Noemi (en haut à gauche) et Nathanael (en bas) ont des objectifs clairs
men. Mais sa collection n’est pas encore complète, il lui en manque encore trois. Est-ce qu’il est nerveux avant un test? Il secoue la tête. Esther Zünd est contente du déroulement de la journée. Cela fait plus de 30 ans qu’elle s’investit dans la formation, la na tation l’accompagnera encore longtemps. Cette experte confirmée, qui a jadis parti cipé aux championnats du monde en tant qu’athlète de la Société Suisse de Sauvetage (SSS), met la main à la pâte là où c’est né cessaire. L’une de ses tâches consiste aussi à apaiser les craintes, comme ce samedi-là. Une maman accompagne son fils au cours. Le petit garçon a les larmes aux yeux, il ne sait pas ce qui l’attend. «Ne t’inquiète pas», lui dit Esther, «tu n’es pas obligé de faire ce que tu ne veux pas. Tu peux décider tout seul.» Elle le regarde, lui tape dans la main. Peu après, le petit est dans l’eau. Et il rayonne de joie.
Cours de natation 2023 Inscriptions possibles à partir de décembre 2022 sur www.spv.ch 33
RUBRIK SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
PARA TOP POTENTIAL
Luca Olgiati, badminton 33 ans, domicilié à Hausen en Argovie. Luca fait partie du nouveau vivier de promotion des athlètes «Para Top Potential» de Sport suisse en fauteuil roulant.
Quel est ton plat préféré? Les lasagnes. De préférence la recette classique avec de la viande et des tomates. Ta bande-son pendant l’entraînement? En salle, écouter de la musique est un peu difficile. On n’a jamais de musique pendant l’entraînement. Tes hobbies en-dehors du badminton? Je n’ai pas le temps de faire autre chose. Mais si j’en trouve, j’aime l’impression 3D ou les Lego Technic. Ce que les gens doivent absolument savoir sur toi. Si je suis de mauvaise humeur, c’est souvent parce que j’ai faim. Le ventre vide, rien ne va plus pour moi. Netflix ou SRF? Ni l’un ni l’autre. Je regarde très rarement la télé et je n’ai pas Netflix. Insta ou Whatsapp? Whatsapp évidemment. 34
CURLING ET RUGBY
Deux premières L’équipe de rugby aux Mondiaux Depuis plusieurs années, le tournoi inter national Lowpoint de Nottwil figure en bonne place dans l’agenda des équipes de rugby européennes. Pour la première fois, Lowpoint est aussi au programme des CM Curling Mixed Doubles World Games. Du 13 au 17 juillet 2022, huit Tout comme le curling pour piétons, le équipes, dont celle de Suisse, s’affronteront curling en fauteuil roulant en double aux États-Unis. Toujours en tête à Nottwil, mixte doit trouver une place fixe dans le les Confédérés visent également une mé programme paralympique à partir de 2026, daille aux World Games. Il est néanmoins raison pour laquelle le premier champion difficile de se prononcer à l’heure actuelle nat du monde de cette discipline a eu lieu. car la Suisse n’a encore jamais joué contre Au total, 18 équipes, dont la Suisse avec le Japon ou les États-Unis. Croisons les Beatrix Blauel et Marcel Bodenmann, ont doigts! participé du 30 avril au 5 mai 2022 à cet événement historique. «En terminant on Plus d’informations zième sur 18 équipes, nous n’avons pas www.worldcurling.org/events tout à fait atteint notre objectif», estime Rugby: www.theworldgames.org l’entraîneur national Stephan Pfister. Mais l’an prochain, un autre championnat du Suivez nos équipes sur: facebook.com/RollstuhlsportEvents monde aura lieu dans cette discipline.
Deux disciplines sportives fêtent une première. Le championnat du monde de curling en double mixte à Lohja, Finlande et la participation de l’équipe de rugby aux World Games à Birmingham, USA.
GROS PLAN
CT Powerchair Hockey Plus de dix ans de Powerchair Hockey à Sport suisse en fauteuil roulant! Depuis sa création en 2011, Frank Habersatter dirige la CT avec beaucoup d’habileté et de clair voyance. En tant que premier entraîneur national, Raphaël Mathis a constitué l’équipe de Suisse. Son successeur, Daniel Pulver, vise maintenant le titre de cham pion du monde. Il dirige également les journées de matches. Michael Rosche est chargé de l’arbitrage et de la classification. Grâce à ses relations internationales, la Suisse est très bien placée dans ces deux domaines. Raphael Bachmann représente le point de vue des joueurs à la CT.
FORMATION
Programme Ne laissez pas passer cette opportunité, inscrivez-vous à une formation continue en 2022! Choisissez parmi de nombreux modules passionnants et de différents niveaux. Que ce soit en français ou en allemand, vous pouvez vous perfectionner en participant à deux jours de cours consécutifs à Nottwil. Vous pouvez séjourner à l’hôtel Sempacher see qui est entièrement sans obstacles. Inscription www.spv.ch/formation Paracontact I Été 2022
RUBRIK
HANDBIKE
CE de paracyclisme Du 25 au 29 mai, les meilleur·e·s athlètes de paracyclisme tenteront de décrocher le titre de champion·ne d’Europe en Haute-Autriche. Intégrées à l’Austria Tour, les compétitions de cyclisme pour piéton·ne·s et celles de handbike (relais, contre-lamontre et course sur route) se dérouleront dans différents lieux. Plus de 200 concurrent·e·s d’une vingtaine de nations se disputeront les médailles tant convoitées et essaieront de récolter les premiers points pour les Jeux Paralympiques de Paris. En outre, les CE constituent une étape clé avant les championnats du monde qui auront lieu à la mi-août au Canada.
TENNIS
World Team Cup Final (WTC) En terminant deuxième lors des qualifications de la WTC, l’équipe féminine s’est qualifiée en mars pour la finale de la WTC. Du 2 au 8 mai 2022, les trois Suissesses Gabriela Bühler, Angela Grosswiler et Annabelle Ribeaud lutteront à Vilamoura POR pour rester dans la ligue. Les Suissesses ayant terminé à la onzième place, elles sortent de la ligue A. L’entraîneuse Eva Stutzki est sûre que le maintien en ligue aurait été possible si Nalani Buob, numéro un de l’équipe, n’avait pas été absente pour des raisons professionnelles. Paracontact I Été 2022
ATHLÉTISME
Déterminée à gagner Manuela Schär a remporté le marathon de Boston pour la deuxième fois consécutive. Marcel Hug, quant à lui, doit pour le moment faire une pause pour des raisons médicales. Avec un temps de 1:41:08, Manuela Schär s’est imposée pour une victoire en solo. Dès le début de la course, elle s’est déta chée du peloton et n’a laissé aucune chance à ses concurrentes.
Susannah Scaroni a déjà perdu plus de cinq minutes sur la gagnante, Manuela Schär. Pour cette dernière, il s’agit déjà de la quatrième victoire sur ce parcours de Boston. Ce succès la positionne à nouveau pour les Elite Series des Abbott World Marathon Majors. Pour la 14e édition de la série, elle a obtenu ses 25 premiers points et rejoint Tsubasa Kina. Mais pour l’instant, les athlètes vont devoir passer aux épreuves sur piste.
BADMINTON
Nouveau duo d’entraîneurs L’ancienne joueuse de haut niveau Karin Suter-Erath et Marc Lutz sont chargés de l’entraînement national et veillent à ce que l’équipe de Suisse soit en tête. Discipline paralympique depuis «Tokyo 2020», le badminton en fauteuil roulant connaît un nouvel essor. Pour que les ath lètes suisses puissent suivre l’évolution des performances au niveau international, un encadrement professionnel est nécessaire. Marc Lutz a pris ses fonctions d’entraîneur
national le 1er janvier 2021. Âgé de 33 ans, il pratique le badminton depuis 20 ans et transmet son savoir-faire en tant qu’entraî neur depuis dix ans. Le 1er janvier 2022, Karin Suter-Erath est devenue co-entraî neuse nationale afin de le seconder. La joueuse de badminton en fauteuil roulant la plus titrée à ce jour s’est retirée des com pétitions après les Jeux Paralympiques. Plus d’informations sur le badminton www.badminton.spv.ch 35
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
SWISS SPORT INTEGRIT Y
Pour un sport plus propre Depuis le début de l’année, Swiss Sport Integrity est le centre d’aide pour les manquements à l’éthique et les abus dans le sport. Mais cette offre est-elle sollicitée? Nous avons posé la question à Markus Pfisterer, responsable des «manquements à l’éthique». Linda Wiprächtiger
La fondation Antidoping Suisse a été rebap tisée au 1er janvier 2022: Swiss Sport Inte grity n’est désormais plus seulement res ponsable du traitement des infractions en matière de dopage, mais élar git son champ d’action et de vient le portail de signalement global des abus dans le sport suisse. Le sport suisse dispose ainsi d’un centre d’aide indé pendant et fiable, chargé de détecter et d’éliminer le plus rapidement possible les manquements à l’éthique et les abus. Le département «Manquements à l’éthique» de Swiss Sport Integrity est dirigé par Markus Pfisterer, ex-directeur de Swiss Cycling et lui-même ancien athlète en fauteuil rou lant du Swiss Paralympic Ski Team.
Mission: rendre le sport plus propre Plus sollicité que prévu L’an passé, une planification des res sources a été établie avec la Confédération et Swiss Olympic, qui tablait sur un à deux signalements par semaine. «Nous avons démarré le 1er janvier de cette année et comptabilisons déjà 105 signalements 36
pour l’année 2022 (état fin avril). Cela re présente un à deux signalements par jour», constate Markus Pfisterer. Bien sûr, il ne s’agit parfois que d’une simple demande. «Néanmoins, nous n’aurions jamais pensé recevoir autant de signalements», confie-t-il très surpris. L’équipe centrale chargée de l’éthique se compose de quatre personnes, un poste supplémentaire sera bientôt créé. En outre, les services juridiques et de mé diation ont chacun été renforcés d’un poste. «Il y a de très nombreuses interfaces procédurales avec l’antidopage. Les pro cessus sont en grande partie similaires», explique le quinquagénaire. Ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas Quels sont les cas qui peuvent être signa lés? Swiss Sport Integrity s’occupe de dé lits tels que la violation de l’intégrité psychique, physique ou sexuelle. Mais les inégalités de traitement ou la discrimination en font également partie. «En prin cipe, toute personne ayant vécu quelque chose dans le contexte du sport peut se manifester. Nous sommes aussi à disposi tion en cas de questions ou de doutes», promet Markus Pfisterer. Est-il urgent d’agir? «Oui! Nous devons sensibiliser les gens», assure Markus Pfisterer. Non seulement les sportifs et les sportives, mais aussi les entraîneurs et entraîneuses, les respon sables de clubs et d’associations doivent savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Ils et elles doivent savoir comment on
peut et on doit se comporter et à qui s’adresser. «Dans notre culture, les situa tions sont souvent minimisées. C’est pour quoi il faut que tout le monde ait bien conscience du point jusqu’où on peut aller et à partir duquel on dépasse les limites», insiste Markus Pfisterer. Lorsqu’un manquement présumé aux dis positions en matière d’éthique est signalé, Swiss Sport Integrity procède à une en quête préliminaire pour déterminer s’il y a effectivement eu manquement à l’éthique. Le cas échéant, une procédure d’examen est ouverte. «Il faut une enquête sérieuse pour savoir de quoi il s’agit réellement. Qui est concerné? Les personnes concer nées s’expriment-elles? Il faut toujours être très prudent et garder à l’esprit le bien-être de la personne incriminée», raconte l’Ar govien. Swiss Sport Integrity rédige un rapport final et le soumet à l’appréciation de la chambre disciplinaire, accompagné des propositions de sanction ou d’une sus pension de la procédure. Le professionnalisme en prévention Le sport en fauteuil roulant se profession nalise de plus en plus. Markus Pfisterer salue cette évolution. Et, il en est persuadé, «c’est un pas important et nécessaire dans la bonne direction. C’est bien d’avoir des entraîneurs et entraîneuses profession nel·le·s. Étant spécialement formé·e·s à ce sujet, ils et elles devraient donc pouvoir déterminer à quel moment les limites sont dépassées.» Plus d’informations Swiss Sport Integrity www.sportintegrity.ch Paracontact I Été 2022
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT ROLLSTUHLSPORT
«MOVE ON»
Séduite par le ballon orange Ni sa tétraplégie ni son handicap visuel ne réussiront à mettre des bâtons dans les roues de Bea Stadler-Birrer. Grâce à «move on», elle s’est découvert une passion. Peter Birrer
Ce n’est qu’un exercice à froid, mais il fait mouche. Bea Stadler-Birrer saisit le ballon de basket qui se trouve dans le salon, le place dans sa main gauche et imite un lan cer. Elle n’est pas d’un tempérament à res ter assise calmement, et pourtant, elle doit rester dans son fauteuil roulant. Pour elle, le sport est primordial. Avoir découvert le basket-ball à une époque où sa vie a radi calement changé est donc un heureux ha sard. Enseignante du primaire et directrice d’école de formation, Bea Stadler-Birrer a deux enfants et fait du sport trois à quatre fois par semaine. En février 2016, elle tombe gravement malade. Des signes de paralysie apparaissent soudainement et la vue de son œil droit se trouble. La progres sion de la maladie ne pouvant être entra vée, à 48 ans, Bea Stadler-Birrer devient té traplégique et perd l’usage de son œil. Elle le vit très mal.
Elle décide alors de se rebeller contre toute résistance et pendant sa rééducation au Centre suisse des paraplégiques (CSP), elle affirme très tôt qu’elle peut se déplacer seule et aller jusqu’à la gare de Notwill en fauteuil roulant. Après un intense entraînement à la mobilité, elle parcourt effectivement le chemin en fauteuil roulant électrique et avec une canne d’aveugle. Aujourd’hui, elle se débrouille de mieux en mieux. Souvenir du camp de sport de l’école Bea Stadler-Birrer est l’optimisme et la dé termination en personne. Dès que sa sta bilité crânienne le lui a permis, elle a ab solument voulu reprendre une activité sportive. Ni le fauteuil roulant, ni sa vue fortement réduite ne l’en empêcheront.
Elle veut découvrir ce qui lui plaît et ce qui est possible pour elle. À l’automne 2021, elle s’inscrit donc à «move on», le camp de sport et de loisirs de l’ASP, qui permet aux
«Move on» 2021 Bea Stadler-Birrer (à dr.) essaie le basket-ball et l’adopte
participant·e·s de tester de nouvelles disci plines sportives pendant une semaine. Bea Stadler-Birrer pense que trois jours suffi ront pour commencer et choisit l’athlé tisme comme sport principal – une vieille passion. Mais elle en profite pour décou vrir aussi l’aviron, le tennis, le kayak, le powerchair hockey et le basket-ball. Les trois jours d’initiation filent à une telle vitesse que Bea Stadler-Birrer décide de rester trois jours de plus. «Cela m’a rappelé les camps de sport de l’école que j’adorais», confie-t-elle. «Pendant le ‹move on› tout était parfait, des entraîneurs et entraî neuses confirmé·e·s, des participant·e·s dé contracté·e·s et un programme organisé au top.» Depuis cette expérience, elle roule régulièrement en fauteuil de course, en plus de jouer au basket-ball avec les Hur ricanes de Nottwil et les Swiss Ladies. Une victoire haut la main Au début, elle se sent un peu dépassée et ne sait comment atteindre le panier perché à 3,05 m de hauteur. D’autant plus qu’elle, la droitière, ne voit plus de l’œil droit. Elle doute. Jusqu’à ce qu’un coach chevronné l’encourage à changer de main de lancer. Elle s’entraîne. S’entraîne encore. Et elle marque! «Ce genre de réussite me réjouit et me motive», dit-elle. Trois mois après son premier entraînement, elle dispute son premier match avec les Swiss Ladies.
«Move on» a été un vrai coup de chance. À toutes celles et ceux qui souhaitent se re mettre au sport, elle conseille simplement: «Do it! Essaie! Crois en tes rêves et ne pense pas que ça ne marchera pas! Des personnes formidables sont là pendant une semaine pour repousser les limites du possible.» Aujourd’hui, Bea Stadler-Birrer peut dire: «Je suis très heureuse et reconnaissante d’avoir découvert mes nouvelles possibili tés. Pour moi, le sport n’est pas seulement une activité physique, c’est un art de vivre qui fédère les gens. Même une fine pincée enrichit ma vie.» Agenda Camp de sport et de loisirs «move on» 2022 10–15 octobre à Nottwil
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
KIDS DAY BULLE
Une journée sportive pour les enfants Après deux éditions annulées, plusieurs familles se sont enfin retrouvées le dimanche 3 avril 2022 afin de participer au «Kids Day» à Bulle. Sophie Gnaegi
Il fallait pour commencer lancer un dé avant de slalomer sur «la piste de ski». Ce jeu de hasard a désigné les parents vain queurs. Ensuite, l’objectif était de rester dans les traces de ski de fond, mais les yeux bandés! Les parents se sont montrés plus rapides que nos jeunes pousses, mais beaucoup moins habiles, cumulant ainsi les pénalités. Au biathlon, notre relève a alors montré qu’elle savait bien viser et qu’elle était en plus beaucoup plus rapide que leurs aîné·e·s. Un match de (uni)hoc key est venu clore cette journée. Le «gol den goal» a été marqué par les enfants, ce qui a suscité une vive émotion au sein de notre troupe. Après la remise des prix, tout le monde est gentiment rentré chez soi avec pleins de beaux souvenirs en tête. Par exemple, Jakob (9 ans), n’a pas de moment d’activité préféré parce que toute la journée était trop bien. Maéva (11 ans), quant à elle, a beaucoup apprécié de pouvoir partager cette journée avec sa sœur et toutes les deux se réjouissent déjà de l’année pro chaine.
En pleine action pour un combat d’escrime adapté
L’hiver a même été de retour à pic pour notre thématique du jour, celle des Jeux Paralympiques d’ hiver, puisque les quelques centimètres de neige alors pré sents ont directement mis les partici pant·e·s dans l’ambiance. Cette journée organisée par l’ASP en col laboration avec le club en fauteuil roulant de la Gruyère a été un franc succès. Six en fants en fauteuil roulant et quatre de leurs sœurs ont pu s’initier à différents jeux et activités sportives et ce, de manière lu dique et dans la bonne humeur. En route pour Pékin Les moniteurs et monitrices avait tout mis en œuvre pour symboliser au mieux ce voyage à Pékin. D’abord, il fallait faire les bagages en rassemblant toutes les balles 38
d’unihockey dispersées dans la salle et les ranger dans la grande valise. Puis il fallait scanner «ces bagages» en les faisant passer à travers un caisson. Ensuite, nos athlètes du jour ont embarqué à bord de l’avion et là, ils et elles ont pu participer à un «escape game escrime». Après avoir réussi toutes les missions avec leurs épées et répondu correctement à diverses questions, tout le monde a été libéré juste à temps pour le dîner. Ouf! Enfants vs parents Lors de cette pause repas, les enfants ont aussi confectionné de belles mascottes et étaient ensuite d’attaque pour une aprèsmidi encore bien chargée. Les parents ont été invités à participer à notre olympiade d’hiver. Les équipes ont rapidement été formées: parents vs enfants!
Entraînements réguliers pour les enfants Une partie des participant·e·s se retrou vera bien avant l’année prochaine, puisqu’ils et elles s’entraînent régulière ment à Pully au sein du groupe d’enfants en fauteuil roulant. Lors de ce cours pro posé par le club en fauteuil roulant du Nord-Vaudois, nos sportifs et sportives en herbe peuvent s’initier à divers jeux et sports, comme le basket-ball. L’objectif étant que certain·e·s de ces jeunes puissent, un jour, intégrer l’équipe adulte de basket en fauteuil roulant (Phoenix de Pully).
OFFRES Activités sportives pour les enfants et adolescent·e·s
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
PARALYMPICS BEIJING
Des Jeux compliqués Pour la Suisse, les Jeux Paralympiques qui ont eu lieu en mars 2022 resteront dans les mémoires comme des Jeux difficiles – aboutissant toutefois à de bons résultats – mais aussi comme les JP marquant la domination chinoise dans les disciplines d’hiver. Roger Getzmann
pour notre délégation dans ce qu’il appelle une «guerre sur deux fronts». Grâce à cette équipe en or, nos athlètes ont été épar gné·e·s de bien des déboires.
L’équipe paralympique suisse de retour de Chine
Il était évident que le Covid et la manière dont il était géré en Chine nous poseraient des défis particuliers. Mais le caractère im prévisible du virus, l’étonnante fluctuation des résultats alors que les tests étaient effec tués une à deux fois par jour et la différence d’interprétation de ces résultats en fonction des instances chinoises ont rendu la tâche de la mission suisse encore plus ardue. Casse-tête chinois à l’hôtel En Suisse, l’assouplissement des mesures une semaine avant le départ de la mission a compliqué la situation. Certains membres du staff n’ont pas pu prendre l’avion en rai son d’un test positif, d’autres ont été testés positifs à leur arrivée. Celles et ceux dont les tests étaient deux fois de suite positifs ont été transféré·e·s dans des hôtels d’iso lement. Ces derniers se sont d’ailleurs ré vélés bien plus agréables qu’on le craignait. Celles et ceux qui alternaient résultats po sitifs et négatifs étaient placé·e·s en chambre individuelle, ce qui était également le cas pour les gens qui revenaient de l’isolement après deux tests négatifs. Chaque jour, les Paracontact I Été 2022
besoins en chambres individuelles aug mentaient et, malgré tous les efforts avec l’organisateur, il n’a guère été possible d’en trouver davantage. La liste des chambres était revue presque quotidiennement. Pendant notre séjour en Chine, certain·e·s d’entre nous ont dormi dans six chambres différentes à quatre endroits différents. Encadrement au top Heureusement, tous les tests effectués sur les athlètes se sont toujours révélés néga tifs. En outre, nos sportifs et sportives ont bien vécu cette situation et sont resté·e·s optimistes, tout comme les équipes de res ponsables et d’encadrement qui ont su gérer les difficultés.
Leur esprit d’initiative et leur énergie ont permis de compenser les absences et de toujours trouver rapidement de bonnes solutions. Le Covid Liaison Officer Jochi Röthlisberger, aidé de la représentante de l’ambassade Karin Hess qui parle chinois, est toujours intervenu avec motivation afin d’obtenir le meilleur résultat possible
Finalement, ni la situation sanitaire, ni la crise en Europe de l’Est, que la Russie a dé clenchée juste avant les Jeux, n’ont eu d’in fluence sur les performances des sportifs et sportives suisses. L’absence de concur rent·e·s russes a été remplacée par la do mination chinoise. Auparavant, la Chine n’avait gagné qu’une seule médaille para lympique d’hiver (en 2018 en curling), elle en a désormais 61 de plus, ce qui la place au premier rang du classement des nations. Sportivement peu enthousiasmant Sur le plan sportif, la mission peut être qualifiée de satisfaisante. Grâce au bronze de Théo Gmür en descente et à quelques beaux diplômes, le pronostic de médailles 1+ a été atteint. La couverture médiatique suisse et l’attention ainsi portée au thème du handicap ont également été très ré jouissantes.
Dommage que les performances des spor tifs et sportives en fauteuil roulant n’aient pas vraiment suivi. L’absence du skip et les turbulences qui ont précédé les JP ont alourdi la tâche de l’équipe de curling. Et contre toute espérance, le déclic ne s’est pas produit une fois sur le terrain. En uniski, Murat Pelit n’a pas non plus réussi à s’imposer. Mais les performances auda cieuses et intéressantes de Pascal Christen, paralympien pour la première fois, ouvrent de belles perspectives.
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
GIRO SUISSE 2022
Parlez-vous handbike? Du 23 au 28 août, la troisième édition du Giro Suisse partira de Macolin et traversera la Suisse romande en six étapes très variées. Nicolas Hausammann
«C’est à cause du Giro Suisse que je me suis acheté un handbike et que j’ai décou vert le plaisir de bouger en plein air», a ex pliqué Daniela Moor en riant à la caméra lors de la dernière édition du tour cycliste. Quel beau compliment pour un événe ment qui s’est justement fixé pour objectif d’inciter les membres de l’ASP à pratiquer une activité physique – de manière régu lière et tout au long de leur vie!
Le choix de Macolin comme point de dé part du Giro Suisse 2022 n’est donc pas un hasard. Le tour inclusif prendra la route depuis les hauteurs de Bienne, au cœur du sport suisse, là où se rejoignent la Suisse romande et alémanique, et là où s’est ache vée ce printemps la première école de re crues pour sportifs et sportives d’élite avec un participant en fauteuil roulant, le hand bikeur Fabian Recher. Un jalon pour l’in clusion sportive en Suisse. Outre les temps forts sportifs sur des étapes triées sur le volet, le Giro Suisse proposera aussi divers événements mar quants dans son programme-cadre. À Fri bourg, par exemple, le cortège du Giro dé couvrira la patinoire de Fribourg-Gottéron et à Lausanne, il visitera l’Athletissima. À Neuchâtel, le tour et la Fête centrale s’uni ront pour mettre en avant le leitmotiv de l’ASP: «Avancer. Ensemble.» 40
Le Giro en chiffres Le Giro Suisse est certes une «course plai sir», mais les sportifs et sportives tirent avant tout leur satisfaction du dépasse ment des défis. Cette fois-ci, il s’agira de surmonter environ 3500 m de dénivelé sur le trajet entre l’Office fédéral du sport (OFSPO) et Lausanne, puis de revenir à Delémont via Neuchâtel. Chaque étape pourra accueillir environ 24 partici pant·e·s. Au total, les sportifs et sportives parcourront près de 300 km. Que ce soit avec ou sans assistance électrique, sur une seule étape, sur plusieurs, voire sur leur to talité, les handbikeurs et handbikeuses du Giro vivront une expérience unique sur des parcours variés. Des partenaires fiables Pour que les participant·e·s au tour soient, cette année encore, parfaitement équipé·e·s et encadré·e·s, le Giro pourra compter sur
des partenariats éprouvés. Avant le Giro Suisse, les handbikes pourront être ame nés chez Orthotec pour une révision gra tuite, tout comme les Go-Trykes chez GBY. Si une panne survenait en cours de route, Orthotec et GBY assurent une assis tance technique sur le tour. Les maillots seront fournis par Hollister et notre parte naire Europcar relèvera les défis logis tiques. Fizzy fournira de l’eau pour étan cher toutes les soifs dans les étapes. Mais les grands partenaires ne seront pas les seuls à nous aider. Pour nos fournis seurs aussi, le Giro Suisse est devenu un événement auquel ils tiennent: la méde cine du sport de Nottwil et les marques Errea par Teamsportstore, Bell Helme, Scatta, GBY et Caffè Chicco d’Oro nous soutiennent depuis la première heure. Un grand merci pour cet engagement à long terme qui a déjà fait battre le cœur de plus d’un·e handbikeur et handbikeuse. Grâce à ce soutien, à un staff exceptionnel et aux clubs en fauteuil roulant engagés, le Giro Suisse est très vite devenu un élément incontournable du programme de sport pour tous de «Sport et loisirs en fauteuil roulant». INFORMATIONS Vous trouverez plus d’infos sur les étapes et l’inscription ainsi que la bande-annonce du Giro Suisse sur: www.GiroSuisse.ch
Des tours passionnants pour les handbikeurs et handbikeuses avides de découvertes Paracontact I Été 2022
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
POWERCHAIR HOCKEY
Des objectifs ambitieux L’équipe de l’entraîneur en chef Daniel Pulver a bien l’intention d’enthousiasmer le public local lors du CM qui se déroulera dans la salle municipale de Sursee du 9 au 14 août 2022. Nicolas Hausammann
Les annulations de ces dernières années dues à la pandémie ont eu des répercus sions sur les modalités de «l’IWAS Power chair Hockey World Cup», nom officiel du championnat du monde à Sursee. Cette fois-ci, dix équipes – au lieu des huit habi tuelles – s’affronteront, ce qui tient ainsi compte du fait qu’aucune qualification continentale n’a pu avoir lieu. Pendant six jours, la salle municipale de Sursee sera le temple événementiel des fauteuils roulants électriques aux qualités de sprinteurs. Afin de mettre encore mieux en scène les ta lents des athlètes en termes de conduite et de jeu, un revêtement de sol pour événe ments a été spécialement acheté en vue du tournoi. Une levée de fonds en a permis le financement.
L’équipe de Suisse fera vibrer son public
Des Suisses sûrs d’eux Les joueurs et leur staff au complet séjour neront tous à l’hôtel Sempachersee, et la double salle de sport du Centre suisse des paraplégiques offrira d’excellentes condi tions pour se préparer à chaque match à venir. L’équipe nationale suisse a déjà eu l’occasion de s’y entraîner lors de la prépa ration de la campagne. «Tous nos athlètes ont effectué près de 55 jours d’entraînement par an en plus de leurs entraînements de club et de leurs entraînements de compé tences hebdomadaires à Zurich. Même si être convoqué pour la Nati est déjà extrê mement motivant, le facteur «CM à domi cile» nous donne des ailes», explique Daniel Pulver, entraîneur en chef, en parlant du niveau de motivation de ses troupes.
donc d’envie de franchir ce dernier pas vers l’élite mondiale. «Notre objectif est d’arriver en finale pour les places de mé dailles», explique Pulver avec assurance. L’élan donné par le public local doit main tenant se transformer en quelque chose de concret. Mais la concurrence est rude et, dans la première compétition à titre de puis le début de la pandémie, aucune na tion ne sait exactement à quoi s’attendre de la part des autres.
Lors des dernières compétitions à titre, l’accès aux grandes finales s’est à chaque fois joué à peu de choses. L’équipe brûle Paracontact I Été 2022
Engins sportifs de location Ce sont les Européens qui dominent claire ment la discipline. Le Canada et l’Australie, en tant qu’outsiders, consentent à un im mense effort logistique pour participer au tournoi. Imaginez que vous vous rendiez à un CM en avion, mais que vous deviez jouer dans un fauteuil électrique de loca tion. Certes, la marque suisse «Degonda» fournit des fauteuils électriques de pointe,
mais ce sera un défi pour les joueurs de s’adapter en si peu de temps à ces engins d’une puissance incroyable, tant à l’accé lération qu’au freinage. Les Suisses jouent en «prime time» Le powerchair hockey n’est pas encore une discipline paralympique et l’on ne peut guère prédire lequel des deux sports, du football ou du hockey, remportera le bras de fer. Le CM à domicile devra donc suf fire pour le moment à inspirer la pro chaine génération de hockeyeurs suisses en powerchair. La Suisse lancera véritable ment le tournoi le soir de la première jour née de match, le mardi 9 août à 20 heures.
Informations supplémentaires Calendrier des matches, galerie photos, bande-annonce officielle des CM: pchworldcup.com 41
DIVERS
TOURISME
RECHERCHE
Participez à l’étude
Téléphérique accessible Sörenberg est une destination très appréciée des adeptes de l’uniski. Les remontées mécaniques de Sörenberg ouvrent maintenant la voie au tourisme d’été sans obstacles. Lors de la rénovation du téléphérique menant au Brienzer Rothorn, l’entreprise a investi dans l’accessibilité pour accueillir tant les fauteuils roulants électriques que les dispositifs de traction. La Fondation suisse pour paraplégiques soutient le projet.
Êtes-vous assez souvent au soleil? Une majorité de paralysé·e·s médullaires souffrent d’une carence en vitamine D. Répondez vous aussi aux questions de l’étude. Nous souhaitons analyser l’influence d’une supplémentation en vitamine D de douze mois sur des personnes atteintes d’une pa raplégie chronique (> 3 ans) sub-C4. Pendant l’étude, vous recevrez deux fois par mois un supplément de vitamine D ou un placebo. Vous aurez trois à quatre consultations de 30 à 90 minutes au Centre
suisse des paraplégiques à Nottwil. Les examens comprennent une prise de sang, une évaluation de la densité osseuse ainsi que des questionnaires. Pour chaque visite, vous percevrez une indemnité de CHF 50.– Si vous le souhaitez, vos résultats feront l’objet d’un entretien à la fin de l’étude.
Cela vous intéresse? Anneke Hertig-Godeschalk Coordinatrice de l’étude Téléphone 041 939 66 03 anneke.hertig@sportmedizinnottwil.ch
NOUVEAUTÉS À LA PRÉSIDENCE DES CLUBS
CFR Gruyère
CSFR Carouge Florent Nendaz
Annabelle Ribeaud
CFR Fribourg
RC Thurgau
Date de naissance: 13.3.1952 Profession: CEO Consultant RH Loisirs: Sport et trekking en montagne, musique, moto Au club depuis: 2021 Projets actuels: Dynamiser le club avec de nouvelles approches et un nouveau comité, écouter et repondre aux souhaits des membres, favoriser les échanges avec d’autres CFR pour créer de nouvelles rencontres et possibilités sportives Offres du club: Tennis, badminton, tennis de table, visites de musées et excursions
Date de naissance: 13.7.1996 Profession: Professeur de sport et coach Loisirs: Sport et montagne Au club depuis: 2020 comme entraîneur Projets actuels: Création d’une communauté sportive, développement du club et recrutement de membres avec de nouvelles activités sportives et culturelles Offres du club: Deux heures d’entraînement par semaine, surtout du badminton, avec un entraînement physique, de la mobilité et des activités ludiques
Date de naissance: 10.9.1975 Profession: Médiatrice et personne de confiance RH Loisirs: Tennis, ski, culture et art culinaire Au club depuis: 2008 Projets actuels: Dynamiser les activités du club, donner une nouvelle impulsion avec l’aide du nouveau comité, en s’appuyant sur l’expérience de l’ancien comité Offres du club: Basket-ball, tennis, polysport, handbike, ski, activités en plein air, excursions d’une journée sur l’eau, excursions culturelles, soirées conviviales
Date de naissance: 4.11.1966 Profession: Spécialiste (ES) en RH Loisirs: Handbike, voyages, unihockey, lecture Au club depuis: 2004, responsable Culture et loisirs pendant dix ans Projets actuels: Projet public TKB, Swiss Wheely Open, tournoi de Noël, soirée cinéma, soirée raclette, sorties, etc. Offres du club: En plus de celles mentionnées ci-dessus, des activités sportives comme l’entraînement polysportif et celui d’unihockey au sein du club et de l’équipe Suisse
Philippe Martinet
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Urs Kläger
Paracontact I Été 2022
INTERVIEW PARAWATCH
Les clubs et leurs responsabilités Parawatch a grandement contribué à faire cesser les excès au sein de l’ASP et à amorcer un changement de cap. Parawatch ne représente pas la majorité silencieuse des membres lorsqu’il prétend que la FSP n’utilise pas les dons conformément à la volonté des donateurs et donatrices. Les réalisations effectuées depuis des décennies avec cet argent sont tout simplement phénoménales. Il est vrai que de nombreux membres de club ne s’identifient pas à la communauté et n’y participent pas. Ce problème ne sera pas résolu par la réintroduction demandée de l’adhésion individuelle. Les membres individuels sont encore plus difficiles à toucher. C’est aux clubs d’aller chercher leurs membres. L’ASP ne peut que les soutenir dans cette démarche. Il appartient aussi aux clubs de pré parer leurs délégué·e·s à l’AD. Accorder le droit de vote à chaque membre à l’AD est une proposition démocratique de base qui, en définitive, permettrait uniquement à certain·e·s de se mettre en avant. La voix des clubs et de leurs membres n’en sera pas renforcée. Comme Parawatch, je considère le comité central comme un conseil d’administration. Une professionnalisation est nécessaire. De nombreux membres et responsables de clubs, sans oublier le CC, le savent depuis longtemps. Lettre de lecteur de Daniel Stirnimann, membre de CFR Paracontact I Été 2022
TRANSPORTS PUBLICS
Trains duplex des CFF
Inclusion Handicap a porté le recours contre les CFF et le fabricant Bombardier devant le Tribunal fédéral (TF) car les nouveaux trains grandes lignes enfreignent la loi. Faisant valoir neuf griefs au total, Inclu sion Handicap avait partiellement obtenu gain de cause. La question était de savoir si les personnes handicapées pouvaient utiliser les trans ports publics de manière autonome. En ce
qui concerne la zone d’embarquement et de débarquement des trains dits Dosto, le TF a conclu qu’en l’état actuel des choses, une rampe de 15% maximum était admis sible. Or, les CFF doivent garantir cette in clinaison maximale pour toutes les portes? et pas seulement pour une par train. Le TF estime qu’il n’est pas suffisamment garanti que les usagers et usagères à mobilité ré duite puissent effectivement monter et descendre de manière autonome. L’Office fédéral des transports et les CFF doivent à présent réexaminer cette question.
ENTRAIDE
Création de l’association HSP À l’automne 2021, une soixantaine de personnes touchées et intéressées par la maladie de Strümpell-Lorrain se sont réunies au CSP pour fonder HSP-Schweiz, une association d’entraide. L’HSP (paraparésie spastique héréditaire ou paralysie spinale) est une maladie dé générative héréditaire de la moelle épi
nière qui entraîne un trouble progressif de la marche dû à la spasticité et à la faiblesse des muscles des jambes. Depuis 2007 déjà, les personnes concernées s’organisent en Suisse au sein d’un groupe d’entraide.
Informations complémentaires www.hsp-schweiz.ch 43
GROS PLAN
L’ENTRETIEN
Ténacité et compétence, la clé du succès
Les juristes de l’ASP se battent souvent pendant des années pour défendre les droits de nos membres. Agnès von Beust et Michael Bütikofer parlent de leur quotidien professionnel et de leur victoire devant le Tribunal fédéral. Gabi Bucher et Nadja Venetz
Le 27 octobre 2021, le Tribunal fédéral a rendu un arrêt essentiel pour nos membres. De quoi s’agissait-il? Michael Bütikofer: Depuis 2017, c’est-à-dire depuis l’entrée en vigueur de la loi et de l’ordonnance révisées sur l’assurance-acci dents, nous sommes régulièrement en conflit avec les assurances-accidents. Et ce, parce qu’elles sont parties du principe que verser une allocation pour impotents aux paralysé·e·s médullaires était une participa tion suffisante aux coûts de leurs soins de base ambulatoires. Or dès le début, nous n’étions pas d’accord et nous nous sommes par conséquent opposés au point de vue des assurances-accidents, allant jusqu’au Tri bunal fédéral. Dans son jugement du 27 oc tobre 2021, le Tribunal fédéral, c’est-à-dire la plus haute juridiction de Suisse, a ap prouvé notre recours contre la Suva, décré tant qu’à l’avenir, les assurances-accidents devront, en plus de l’allocation pour im potents et selon la configuration des cas, participer aussi de manière significative aux coûts des soins de base ambulatoires. Un beau succès, vous devez être contents? Agnès von Beust: Nous accueillons certes cette décision avec reconnaissance, mais elle laisse un goût doux-amer. Notre ap proche visait à démontrer que les assu rances-accidents étaient redevables des mêmes prestations que les caisses maladie. Cela aurait été encore plus bénéfique pour nos assuré·e·s que la solution adoptée par le Tribunal fédéral. 44
Michael Bütikofer: Sur les 100% que nous visions, nous avons obtenu 75%. Vu la ma nière dont nous avons argumenté, nous aurions pu obtenir davantage. Mais nous avons désormais au moins une décision claire à partir de laquelle nous pouvons travailler. Comment en est-on arrivé à cette grande divergence d’opinion entre les assurances-accidents et vous? Michael Bütikofer: J’en vois l’origine dans une formulation imprécise de l’article 18 de l’ordonnance sur les accidents. Le légis lateur a omis de formuler avec clarté cette disposition essentielle dans la pratique. Il aurait dû fixer plus précisément de quelle manière et à quelle hauteur concrète les assurances-accidents devaient participer aux coûts des soins ambulatoires. Tel qu’il est formulé aujourd’hui, l’article 18 de l’or donnance sur les accidents laisse manifes tement place à diverses interprétations, ce qui conduit évidemment à des divergences d’opinion. Agnès von Beust: Dans ce cas concret, cette divergence d’opinion était difficile à accep ter pour moi. J’ai vu comment ce litige ve nait parfois fragiliser la situation financière au domicile des personnes concernées: Qui paie les coûts des soins restants? Comment puis-je me permettre de payer ces coûts de soins sans une aide suffisante de l’assurance? En outre, j’étais persuadée que notre point de vue juridique était le bon. Et quand j’en suis convaincue à ce
point, je défends cette opinion jusqu’au bout. Ma motivation est très grande dans ce cas-là. Allez-vous continuer à faire appel de ce jugement? Michael Bütikofer: Non, nous ne le pou vons pas. Nous devrions le porter à Stras bourg devant la Cour européenne des droits humains. Mais cela supposerait que nous puissions prouver que les normes et les dispositions de la Convention euro péenne des droits humains ont été violées par ce jugement. Cette affaire vous occupe depuis très longtemps. Est-ce toujours le cas dans votre travail? Agnès von Beust: Oui, cela arrive très sou vent. Notre plus grand ennemi est le temps. Les personnes concernées veulent avoir une décision tout de suite, or nous ne pouvons pas la leur donner. Les rouages de la justice sont terriblement lents! Nousmêmes devons réagir dans les 30 jours, mais l’administration ne s’impose pas de délais. Elle peut mettre beaucoup plus de temps à prendre ses décisions. Cela se ré percute sur nous. Le ou la mandant·e veut savoir ce qui se passe, mais nous avons les mains liées. Michael Bütikofer: Il y a un autre problème avec ces retards: nous faisons un recours, nous le portons au tribunal, ce dernier de mande une avance de frais dont nous nous acquittons. Le recours est ensuite envoyé Paracontact I Été 2022
Un travail de longue haleine pour Agnès von Beust et Michael Bütikofer
à la partie adverse pour qu’elle puisse y ré pondre. Cela prend environ 30 jours, mais cela peut aussi tripler avec les demandes de prolongation de délai, ce qui nous amène vite à trois mois. Puis la réponse ar rive et mijote peut-être encore un peu au tribunal avant de nous parvenir enfin, après trois à quatre mois. Je ressors donc l’affaire pour la première fois quatre mois après et je dois à nouveau me pencher des sus. Le temps qu’un dossier passe par toutes les instances, on en oublie les détails et il faut toujours s’y replonger. Cela peut être très fastidieux et parfois pénible. Comment faites-vous pour rester motivé·e·s? Michael Bütikofer: C’est là que l’ambition entre en jeu. Si je sais que mes arguments sont convaincants, cela me donne suffi samment de motivation pour persévérer. En outre, je vois toujours la personne concernée derrière tout cela. Je veux amé
liorer sa situation. Nous ne nous battons pas pour des bagatelles, il s’agit presque toujours de litiges justifiés. C’est motivant de savoir que l’on peut faire quelque chose de bien. Agnès von Beust: Nous acceptons les règles du jeu et savons qu’en tant que juristes, nous ne pouvons rien faire contre ces re tards. Il faudrait changer cela par la voie politique. Chacun et chacune a sa mission sur terre et la nôtre est de défendre au mieux les intérêts de nos membres par la voie juridique. Nous devons simplement bien l’expliquer à nos mandant·e·s. Nous faisons ce que nous pouvons dans le cadre imparti. Cela génère certainement de la frustration chez les client·e·s, comment l’atténuez-vous? Michael Bütikofer: Au début, nos man dant·e·s sont souvent incrédules quand nous leur disons que nous devons laisser
aux assurances le temps qui leur est dû, mais la plupart du temps, ils et elles com prennent lorsque nous le leur expliquons clairement. Le fait que nous n’ayons pas à nous sentir responsables des retards de l’administration nous apporte en tout cas un certain soulagement. Agnès von Beust: Les mandant·e·s sont souvent stressé·e·s par leur problème juri dique, ils et elles ont peur de cette situa tion incertaine (si la rente d’invalidité n’est pas claire, par exemple), nous le compre nons. Nous les écoutons parce que nous comprenons leur problème. Nous regret tons à chaque fois que les procédures durent si longtemps et que leur incertitude se prolonge. Michael Bütikofer: Je suis heureux à chaque fois que je peux dire que la balle n’est plus dans mon camp. Agnès von Beust: Moi aussi. Mais dans l’en semble, nos membres sont très patients et nous font confiance.
Paracontact I Été 2022 45
Faut-il certaines qualités pour travailler à l’ICJ? Agnès von Beust: En tant qu’avocate, il faut être résistante au stress, nous avons telle ment d’échéances. Il faut savoir bien jon gler avec les différents domaines juri diques et maîtriser divers sujets. Souvent, on est aussi psychologue – nous avons affaire à des destins humains, même si ce n’est évidemment pas notre rôle principal. La responsabilité est grande, les enjeux sont importants, cela peut peser lourd sur les épaules. Il faut pouvoir le supporter. Michael Bütikofer: En ce qui concerne la formation, il faut avoir terminé ses études de droit. Le brevet d’avocat n’est pas abso lument nécessaire, mais c’est une qualifi cation supplémentaire bienvenue et utile. Un intérêt explicite pour le droit des assu rances sociales est une condition préa lable. Et à la différence des assurances ou des tribunaux, nous sommes des presta taires de services. Nous devons rendre des comptes aux mandant·e·s, qui sont en droit d’attendre quelque chose de nous. Ce n’est pas toujours facile, nos membres se trouvent dans des situations difficiles, il faut de l’empathie. Et il faut être prêt à se déplacer dans toute la Suisse, physique ment et en termes de procédure. Même si tous les cantons ont de fait le même droit procédural, les habitudes des tribunaux sont partout un peu différentes. Comment se déroule la recherche de nouveaux collaborateurs et nouvelles collaboratrices? Agnès von Beust: Quand nous avons cher ché quelqu’un pour me remplacer pen dant mon congé maternité, personne n’a postulé. Ce n’est que par le bouche-àoreille que cela a fonctionné. La plupart des gens se disent sûrement, pourquoi tra vailler ici alors que ça pourrait être plus fa cile ailleurs? C’est un boulot difficile, mais comme Michael, je vois un sens profond derrière mon travail. Michael Bütikofer: C’est un travail très varié. D’une part, nous représentons les membres, d’autre part, nous proposons des formations à tous les services sociaux des quatre centres de rééducation en Suisse et nous apportons notre soutien au département Conseils vie de l’ASP. Il faut donc aussi savoir occuper le devant de la 46
scène et transmettre ses connaissances, un exercice que tout le monde n’aime pas faire. Agnès von Beust: Nous ne sommes pas seulement des avocats, mais aussi des conseillers pour les consultations sociales et le département Conseils vie de l’ASP. Quel est le niveau de connaissances médicales nécessaire? Michael Bütikofer: Il n’est pas nécessaire d’avoir fait des études de médecine, mais une certaine connaissance de la paraplégie est très utile. Bien sûr, l’apprentissage sur le tas marche aussi, mais il est important de comprendre ce qu’implique une para lysie médullaire. Nous avons la chance de travailler avec un médecin-conseil. Il nous aide dans les cas médicaux, car nous nous occupons aussi des questions de responsa bilité civile des médecins. Les représen tant·e·s des assurances ne comprennent généralement pas grand-chose à la para plégie. Je copie souvent des articles clairs de magazines et les joins à la requête afin de les y sensibiliser.
«Notre plus grand ennemi est le temps.» Quel a été votre plus grand succès? Michael Bütikofer: Je me réjouis de chaque décision positive, mais celle du Tribunal fédéral en octobre 2021 se démarque des autres. Il s’agit d’un arrêt de principe qui doit être publié, ce qui souligne l’impor tance de sa portée. C’était vraiment un beau succès auquel nous avons trinqué dans notre salle de pause. Agnès von Beust: Je suis heureuse à chaque victoire. Mais un succès au Tribunal fédé ral est vraiment réjouissant, car c’est par ticulièrement difficile à obtenir. J’avais re présenté un client auquel l’AI refusait de prendre en charge les coûts de transforma tion de son logement. L’AI considérait que les frais liés au handicap auraient dû être prévus dès le départ lors de la construction de la maison. J’ai toutefois pu démontrer de manière crédible que tous les coûts liés au handicap ne pouvaient pas être évités malgré une bonne planification. Le Tribu nal fédéral a suivi mon point de vue, ce qui m’a fait très plaisir.
Le nombre de dossiers augmente d’année en année. À quoi cela est-il dû? Michael Bütikofer: Les longs délais de trai tement jouent sûrement un rôle. Chaque personne touchée par la paralysie médul laire aura affaire aux assurances toute sa vie. Les prestations durables sont révisées périodiquement, l’état de santé peut se dé tériorer, un besoin pour d’autres moyens auxiliaires apparaître avec le temps. C’est ainsi qu’un cas se multiplie au fil des an nées. Et puis l’espérance de vie des paraly sé·e·s médullaires a augmenté, les centres pour paraplégiques ont plus de lits et nous avons intensifié notre collaboration avec eux. Cela signifie davantage de mandants et de mandantes. Nous nous sommes aussi beaucoup rapprochés du département Conseils vie de l’ASP. L’équipe est très en gagée et professionnelle, elle va à la ren contre des gens et dirige vers nous celles et ceux qui en ont besoin. Tout cela génère en fin de compte plus de travail. Qu’est-ce qui fait l’attrait de votre travail? Michael Bütikofer: Cela fait maintenant onze ans que je suis ici et je m’y plais tou jours autant. Ce qui m’attire, c’est l’hori zon que nous avons ici, l’étendue des pos sibilités. Nous rencontrons des gens dans toute la Suisse, nous discutons avec des personnes récemment blessées et nous pouvons mettre en place quelque chose avec elles qui perdurera ensuite pendant des années. C’est varié, intense, diversifié et passionnant. Agnès von Beust: Et nous nous sentons bien ici, dans la ville bilingue de Bienne, avec une équipe multilingue parfaitement rodée. Il n’y a vraiment aucune trace du «Röstigraben»!
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GROS PLAN
NOS ALLIÉ·E·S
Toujours la première debout Renate Kurmann est physiothérapeute. Depuis six ans, elle accompagne l’équipe nationale de rugby et est l’interlocutrice privilégiée pour de nombreux aspects sportifs. Gabi Bucher
Renate Kurmann travaille depuis 14 ans comme physiothérapeute au CSP. Adepte de sport équestre, elle a deux chevaux et son temps libre est bien rempli. C’est pourquoi elle n’avait jamais songé à s’engager dans le sport en fauteuil roulant, bien qu’elle ait suivi une formation de physio du sport. Mais sa collègue Sybille Bühlmann, qui a quitté le CSP pour aller en Haïti, a vu en Renate la relève idéale pour encourager et stimuler les «gars» de l’équipe de rugby. Et elle a eu du nez, car, comme Renate l’avoue
Renate, de la physio au CSP …
presque un peu gênée, elle s’est lancée tête baissée dans l’aventure. «J’adore les com pétitions et j’aime participer à leur organi sation. Le rugby, c’est de l’action à l’état pur et les joueurs sont devenus bien plus que de simples camarades.» Un engagement total Cela fait maintenant six ans que Renate se consacre au rugby et s’y investit passion nément. On sent son enthousiasme pour ce sport et pour l’équipe. Elle et sa collègue planifient et encadrent le renforcement
musculaire et l’entraînement d’endurance des athlètes, s’engagent dans la CT, ap portent leur soutien lors des classifica tions, aident à adapter les moyens auxi liaires pour l’entraînement ou à installer des dispositifs sur les fauteuils de rugby. En tant que physiothérapeutes, elles sont aussi l’interface avec la médecine du sport. «Si un athlète a un problème, nous pou vons échanger nos points de vue réci proques.» Lors des manifestations, Renate participe aux CO, mais peut aussi appor ter son soutien médical pendant une com pétition en cas de petites blessures. Elle aide partout où il le faut. «Je suis une femme à tout faire», dit-elle, en ajoutant avec un petit rire: «et lors des tournois, je suis aussi un peu la maman.» Une situation gagnante En tant que physiothérapeute, ne remet-elle pas parfois en cause ce que les athlètes s’in fligent sur le terrain? Bien sûr, il lui arrive de souffrir avec eux. «Quand ils se foncent dedans avec leurs colonnes vertébrales sta bilisées, ce n’est pas facile à regarder.» D’un autre côté, elle les admire d’être si coura geux et de ne pas avoir peur de se donner à fond. «Cela les aide, ils sont en meilleure forme et gagnent en autonomie.» Grâce aux tournois à l’extérieur, elle a aussi beaucoup appris pour son métier. «Je vis le quotidien des personnes en fauteuil roulant complè tement autrement. C’est d’ailleurs dom mage qu’il n’y ait pas plus de jeunes recrues du CSP pour vivre ces expériences, cela leur ferait du bien, on en retire tellement de choses positives!» Cela l’aide aussi dans la rééducation des personnes récemment blessées. «J’ai une autre perspective, je peux leur ouvrir des possibilités et montrer qu’on peut avoir des objectifs.»
Une année bien remplie Quand Renate voyage avec l’équipe, elle ne voit pas grand-chose des endroits où les matches se jouent. «La physiothérapeute est la première debout le matin et la der nière au lit», explique-t-elle. «Mais c’est
… directement au terrain de rugby
quand même différent et dépaysant car on sort de la routine quotidienne.» En tant que cadre, elle peut consacrer cinq jours de travail à son engagement, tout le reste est pris sur son temps libre. «Cette année sera encore plus intensive en termes de temps, du fait du congé maternité de ma collègue.» Et elle se rendra aussi aux ÉtatsUnis pour les Rugby World Games. «On me reproche parfois de passer aussi mon temps libre avec les personnes en fauteuil roulant.» Mais cela lui convient, et tant que ce sera le cas, elle continuera! «Cela m’apporte tellement, c’est un enrichisse ment total, à tous points de vue.» Et réci proquement, Renate enrichit totalement l’équipe. Pourvu que cela puisse durer en core longtemps.
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Klaxon Zuggerät. Klaxon appareil de traction
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Cockpit App Klaxon avec Avantgarde
Un Klick pour plus d'indépendance Les appareils de traction Klaxon Klick • Connexion et déconnexion faciles grâce à un système de connexion innovant • Le régulateur de vitesse et la dynamique de conduite réglable assurent une meilleure efficacité de conduite • Le système de freinage électronique augmente la sécurité • Écran LCD en couleur bien visible • Batteries lithium-ion longue durée de 48 V / 5,8 Ah (utilisables en vol selon IATA) ou 11 Ah • Béquille pratique avec articulation • Guidon Tetra, sélectionnable en option • Peut être combiné avec de nombreux fauteuils roulants
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Paracontact I Sommer 2022
GROS PLAN
PARACOLOC
Nouvelles offres ParaHelp élargit les offres de la ParaColoc. Les paralysé·e·s médullaires peuvent ainsi bénéficier d’un soutien encore plus personnalisé et ciblé. Antoine Barizzi, ParaHelp
La ParaColoc a ouvert ses portes en sep tembre 2020. Depuis lors, pas moins de 21 jeunes paralysé·e·s médullaires âgé·e·s de 15 à 28 ans ont vécu dans un appartement de Schenkon (LU); certain·e·s y ont habité quelques mois, d’autres plus d’un an. Dès le début, il était crucial de répondre aux be soins personnels et aux objectifs individuels des résident·e·s. C’est la raison pour laquelle ParaHelp a complété l’offre de logement par trois niveaux d’accompagnement sup plémentaires à partir de juillet 2021. Un soutien adapté aux besoins ParaHelp coordonne et organise la vie dans les ParaColocs. L’offre comprend trois ni veaux différents d’accompagnement: Para Coloc Intense, Medium et Basic. L’objectif de ces trois niveaux est de permettre aux personnes atteintes d’une paralysie mé dullaire de développer leur compétence personnelle et leur autonomie. L’offre «In tense» s’adresse à un public plus jeune et comprend 70 heures d’encadrement par se maine, réparties entre des entraînements individuels et en groupe. Cela englobe un soutien dans le domaine des soins et de l’organisation des activités quotidiennes ainsi qu’un conseil psychologique. Ce ni veau correspond à l’offre initiale de la Para Coloc. La ParaColoc a été complétée par un niveau «Medium» et un niveau «Basic I & II», qui sont réduits à dix heures et trois heures d’accompagnement. Cette offre est destinée aux personnes atteintes de para lysie médullaire en âge de travailler et qui tenaient leur propre ménage avant leur ac cident. Des studios et des appartements sont disponibles à Nottwil. Beaucoup de client·e·s suivent une mesure à ParaWork au CSP dans le but de se réintégrer profes Paracontact I Été 2022
tion l’a également beaucoup aidé à sur monter son destin sur le plan psychique. Actuellement, il profite de l’offre nationale «Basic II» et vit avec sa mère dans son propre appartement. L’équipe ParaColoc se rend sur place une fois par semaine pour soutenir Mirco Kempf et l’aider à continuer à exercer son autonomie. Il ne peut que recommander l’entraînement à l’habitat autonome de ParaColoc. Pascal Moser Chef d’équipe
sionnellement et ont ainsi la possibilité d’habiter à proximité de Nottwil. Avec l’offre «Basic II», il est même possible de vivre dans son propre appartement. Une équipe de ParaHelp encadre et soutient les résident·e·s. L’offre est valable dans toute la Suisse, en étroite collaboration avec les centres pour paraplégiques suisses. Retour progressif à l’autonomie Mirco Kempf, 24 ans, est le premier à avoir vécu les trois niveaux d’accompagnement. Après sa rééducation primaire au CSP, il a emménagé dans la ParaColoc de Schen kon. Après un an et avec l’appui de sa per sonne de référence de la ParaColoc, il a planifié son retour dans son canton d’ori gine. Pour ce faire, il est passé à l’offre dite «Medium». Il voulait voir comment il s’en sortirait avec moins d’encadrement et quelles compétences devaient encore être acquises pour le déménagement à venir. Le jeune homme s’est ainsi consciemment confronté aux défis qu’impliquerait à l’ave nir le fait de vivre de manière autonome. Durant son séjour dans la ParaColoc, il a surtout pu améliorer sa mobilité au quoti dien, explique-t-il. Le cadre de la coloca
Nouveau chef d’équipe Depuis octobre 2021, Pascal Moser dirige l’équipe de ParaColoc. En tant que colla borateur de longue date de ParaHelp, il a une grande expérience dans le conseil per sonnel aux personnes atteintes de paraly sie médullaire, dont profitent tous les jours les résident·e·s de la ParaColoc.
Le département Conseils vie de l’ASP échange lui aussi activement avec les colo cataires et leur apporte son soutien dans les questions d’assurances sociales ou de mobilité par exemple.
Informations parahelp.ch/paracoloc
Mirco Kempf en pleine tâche ménagère
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GROS PLAN
À VOS CÔTÉS
De la sueur et du sang Depuis sept ans, Linda Wiprächtiger complète l’équipe de Sport et loisirs en fauteuil roulant en tant que coordinatrice Sport de compétition. Gabi Bucher
Comme l’histoire de l’embauche de Linda à l’Association suisse des paraplégiques dépasserait le cadre de cette rubrique, voici la version courte: il y a sept, ses études d’économie achevées, elle cherchait du tra vail et s’est retrouvée un peu par hasard au département Sport et loisirs en fauteuil roulant grâce à un petit boulot temporaire. Et par un heureux concours de circons tances, on lui a proposé un poste vacant à peine deux mois plus tard. Le sport, un thème récurrent L’économie n’a pas grand-chose à voir avec le sport, mais Linda a toujours été spor tive: elle a pratiqué les arts martiaux, joué au basket-ball, et fait toujours partie du club de gymnastique de Willisau où elle entraîne les juniors. «Le sport est un thème récurrent dans notre département, à la pause-café, le midi, on s’y intéresse auto matiquement avec le temps.» Elle a toute fois dû se familiariser avec la paralysie mé 50
dullaire. «Au début, j’étais assez gênée et j’avais peur de faire ou de dire quelque chose de mal.» Mais cela s’est vite dissipé. L’émotion à l’état pur Linda explique qu’elle est en fait l’assis tante du chef Sport de compétition, Andreas Heiniger. Elle s’occupe de l’admi nistration du sport de haut niveau, de tout ce qui concerne les athlètes du cadre et des licences pour la Suisse. Andy et elle sont responsables de l’organisation des grands événements sportifs en Suisse, comme les ParAthletics, les CM de curling ou les CM juniors d’athlétisme. Ces rencontres sont «méga cool», selon l’expression fétiche de Linda. «La plupart du temps, on a travaillé d’arrache-pied en amont, on a peu dormi, on est à fleur de peau. Mais quand tout est fini et que tout s’est déroulé à merveille, on éprouve un sentiment indescriptible!» Et quand les athlètes vous remercient après la manifestation en disant que «vous orga
nisez juste les meilleures compétitions du monde à Nottwil», c’est une récompense et une reconnaissance incroyables. Linda aime le contact avec les athlètes et peut ainsi mettre en pratique ses connais sances linguistiques. «Le français, l’an glais, un peu d’espagnol et le russe et le chinois avec Google», plaisante-t-elle. Et puis, il y a les cadeaux! De plus en plus d’athlètes apportent quelque chose, c’est touchant. De fait, une assiette en céra mique du Maroc peinte à la main trône sur sa table, à côté d’une girafe en perles de verre d’Afrique du Sud, «souvent, ce sont juste des articles pour touristes, des des sous de verre, du sirop d’érable, des tasses ou ces innommables sucreries japonaises qui ont un goût de poisson.» L’esprit d’équipe: une tuerie! Dans son bureau, divers diplômes at testent du fait que son travail est aussi ap précié par ses supérieurs. On loue ses pres tations exceptionnelles, sa rapidité de compréhension, sa gentillesse, son esprit d’équipe. Mais Linda a aussi un côté plus sombre, comme le révèle son collègue Nico Hausammann. Ensemble, ils vont de temps en temps au cinéma voir des films d’ac tion, «avec le moins de réflexion possible, mais d’autant plus d’hémoglobine et de macchabées», explique Nico, et pourtant, cela fait du bien à l’esprit d’équipe! «Cela nous aide à rester soudé·e·s, même dans les situations stressantes», affirme-t-il avec un clin d’œil. Dans ce cas, il n’y a rien à redire! Paracontact I Été 2022
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