Le magazine de lĘźAssociation suisse des paraplĂŠgiques I Automne 2020
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* Source : Enquête de l’institut d’autosondage, menée auprès des utilisateurs ( Pays : US, UK, DE, NL, FR, IT ), Janvier 2016 ( n = 2942 )
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ÉDITORIAL
Chères lectrices, chers lecteurs, Au moment où vous lirez ces lignes, la passation de pouvoir aura déjà eu lieu à l’ASP. Un tel changement de direction n’est ni un nouveau départ radical ni la simple poursuite d’un chemin tout tracé. Au cours des premiers mois, notre principale tâche consistera à effectuer ensemble un état des lieux, à continuer à développer l’organisation, à remettre en question les processus éprouvés et à identifier aussi bien les atouts dont nous disposons que les défis à relever.
avec l’équipe. Chacun et chacune contribue au succès de l’ASP de par son travail, ses valeurs et son engagement. Nous nous réjouissons tous deux de cette période de transition, même si pour l’un d’entre nous, cela signifie se préparer à tirer sa révérence.
Le troisième aspect, et probablement le plus important, de ce changement de direction est la perspective client. Nous voulons tous deux profiter de ces premiers mois pour rendre visite au plus grand nombre possible de clubs en fauteuil roulant, pour dialoguer avec nos membres, et pour adapter encore mieux Nous avons commencé cette analyse nos prestations à leurs besoins. Actuelleen juin, lors de l’atelier stratégique. ment, beaucoup de nos offres sont affecIl était primordial que le directeur sortant tées par le coronavirus, mais cela finira et son successeur puissent, pendant trois par passer et alors, nous serons prêts. jours, se pencher intensément sur les questions stratégiques avec la direction. Ainsi se termine ce petit mot de bien Nous avons ainsi fixé le cap pour l’avenir venue et d’adieu, de l’ASP. Pour en savoir plus, reportez- vous à la page 10 de ce numéro.
«Bâtir la confiance»
Le passage du flambeau est également un moment fort en émotions pour tous les collaborateurs. À nous de bâtir la confiance nécessaire à ce tournant, de renforcer encore la bonne culture d’entreprise et d’exploiter les potentiels
Paracontact I Automne 2020
Laurent Prince, Directeur
Urs Styger
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Michel, 49 ans, tétraplégique depuis 25 ans.
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IMPRESSUM
SOMMAIRE
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Édition Association suisse des paraplégiques Kantonsstrasse 40, CH-6207 Nottwil Tél. 041 939 54 00, e-mail spv@spv.ch www.spv.ch Rédactrice en cheffe Evelyn Schmid Rédaction Urs Styger, Gabi Bucher, Nadja Venetz, Felix Schärer, Roger Getzmann, Tanja Müller, Harald Suter, Michael Bütikofer, Daniela Vozza, Tina Achermann Traduction Sonia Bretteville, Elvire De Tomi Coordination, graphisme, annonces Andrea Di Bilio-Waldispühl, Tina Achermann Photos ASP, Couverture Wisu Bucher, AdobeStock, Daniel Streit/Swiss Paralympic, Rémi Pradier, Ruth Freimüller, Roger Meyer, Judith Bachmann, Naturama, swissultra, BWF Basel 2019, FSP Impression Brunner Medien AG, www.bag.ch Dernier délai de rédaction du prochain numéro: Édition hiver 2020: close Édition printemps 2021: 23.11.2020 Tirage 8100 exemplaires en allemand 4250 exemplaires en français Dans cette publication, le genre masculin est utilisé sans discrimination, dans le seul but d’alléger le texte. Les articles publiés dans la revue sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction nécessite l’accord explicite de la rédaction. Les contributions rédigées par des auteurs externes ne reflètent pas toujours l’opinion de la rédaction. La rédaction n’est pas tenue de publier les articles non sollicités.
Paracontact I Automne 2020
AVANCER ACTUALITÉS 6 ÉLECTIONS Du nouveau au comité central 9 DÉVELOPPEMENT DE LA STRATÉGIE Plus globale, plus personnelle, plus ciblée 10 ÉCLAIRAGE Nouveau jardin thérapeutique au CSP 11 CONSEILS VIE LE QUOTIDIEN AU TRAVAIL Chaque jour est différent UNE NOUVELLE VIE D’un lac à l’autre
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CONSEILS JURIDIQUES RÉVISION DES RENTES Où sont les limites?
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MÉDECINE ET SCIENCES SANTÉ Des nuits sans sommeil
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CONSTRUIRE SANS OBSTACLES CONSERVATION DES MONUMENTS Transformation sous conditions 20 CULTURE ET LOISIRS ASSISTANCE SHOPPING La fièvre acheteuse 22 LES BRÈVES DE CL 25 PARAVACANCES Enfin les vacances! 26
AGENCE DE VOYAGES Voyager à l’ère du virus LE PASSE-TEMPS IDÉAL Teckel et Cie EXCURSION POUR LA FAMILLE Pour petits et grands – naturellement – Naturama UNE EXCURSION PARFAITE À la découverte de Schaffhouse
29 30 31 33
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT UNE CURIOSITÉ SANS LIMITES La soif de performance 34 LES BRÈVES DE SSFR 36 NUTRITION SPORTIVE Disposer de l’énergie au bon moment 39 GIRO SUISSE C’est parti, on mouline! 40 ÉCHIQUIER INTERNATIONAL 3 Intégration: souhaitée ou subie? 42 LOISIRS Offres sportives pour les enfants 43 GROS PLAN DIVERS 44 L’ENTRETIEN Guido A. Zäch, Edith Zäch, Silvia Buscher 46 NOS ALLIÉS Un polyglotte à l’aéroport 49 À VOS CÔTÉS Andreas Heiniger 50
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ACTUALITÉS
POLITIQUE
CLUBS EN FR
Les moyens auxiliaires Au 1er juillet 2020, la nouvelle Ordonnance sur la remise des moyens auxiliaires par l’AI est entrée en vigueur et avec elle, un autre financement des portes automatiques et des monte-escaliers. Jusqu’ici l’AI ne prenait en charge les monteescaliers que jusqu’à 8000 francs, pour autant que ces moyens auxiliaires ne servaient pas à des fins de formation, d’activité lucrative ou d’accomplissement des travaux
ménagers habituels. Désormais, toute personne, indépendamment de sa capacité de travail, peut faire valoir les droits de l’article 13.05 et bénéficier du financement d’un monte-escaliers, sous réserve de remplir les conditions de remise. De même, le paradoxe consistant à ne prendre en charge un seul dispositif d’ouverture de porte dans un immeuble locatif appartient désormais au passé.
CSO
35e anniversaire Le club en fauteuil roulant Oberwallis souffle ses 35 bougies. Le club, qui a toujours été très actif, co-organise la 6e étape du Giro Suisse. À mi-parcours, il célèbrera son anniversaire par une fête d’été – avec bien sûr un super programme-cadre et de délicieuses spécialités culinaires. Nous lui adressons nos sincères félicitations et lui souhaitons de belles festivités.
NOUVEAUX COLLABORATEURS
Visio-évaluation Pendant le confinement lié à l’épidémie du coronavirus, le Centre construire sans obstacles (CSO) a effectué des évaluations de domiciles en mode virtuel ou semi-virtuel. La première étape consistait toujours en un échange intense avec les thérapeutes du patient, afin d’obtenir un maximum d’informations sur sa situation et ses restrictions. À chaque fois que cela était possible, les architectes du CSO évaluaient la situation seuls sur place, et consultaient patient et thérapeute par conférence téléphonique pendant ou après la visite. Si aucune inspection n’était possible, le CSO rédigeait son rapport sur la base de photos et de vidéos des lieux. Dans le cas où une véritable visite ne serait pas faisable, par exemple pour des raisons de distance, le CSO envisage de continuer à utiliser cette méthode à l’avenir.
Nicole Rösch
Collaboratrice spécialisée Comptabilité En mai, Nicole Rösch est venue renforcer l’Administration centrale (AC). Après son apprentissage commercial aux CFF, Nicole Rösch a travaillé pendant 21 ans pour Perlen Papier AG dans le département Comptabilité et controlling. Aujourd’hui, elle se réjouit de rejoindre un monde où l’humain est au cœur des préoccupations. Sur terre et dans l’eau Si la Lucernoise fait partie de l’équipe de natation de sa ville, elle aime aussi passer son temps libre sur terre: en VTT, en randonnée ou en ski.
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Karin Paganini
Collaboratrice spécialisée AC Depuis août, Karin Paganini répond aux questions générales de nos membres en tant que collaboratrice de l’Administration centrale. Employée de commerce, en 2006, elle est partie au Tessin avec sa famille. Il y a trois ans, elle est revenue vivre à Sursee et travaillait jusqu’ici au service client d’une entreprise de construction métallique. Sur la piste du meurtrier Karin Paganini adore les polars, que ce soit sous forme de livres ou de films. Elle aime être au grand air, faire de la randonnée ou de la marche nordique. Paracontact I Automne 2020
LOISIRS
Chocolaterie suisse
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
Manuela Schär Sportive lucernoise 2019 Manuela Schär remporte le Prix du sport lucernois. Notre athlète de Kriens décroche ce titre largement mérité devant le lutteur Stefan Reichmuth de Willisau et le rameur de compétition Roman Röösli de Sempach.
titre, détentrice de plusieurs records du monde et double gagnante de la World Marathon Majors Serie, a clairement mérité le titre décerné chaque année par le canton de Lucerne.
La cérémonie de remise du prix, qui n’a Après le triomphe de Manuela Schär aux malheureusement pas pu avoir lieu en raiSwiss Sports Awards en décembre dernier, son des mesures de protection contre le le jury de l’IG Sport Luzern n’a pas hésité: coronavirus, doit se dérouler ultérieurela championne du monde de marathon en ment.
PARTENARIAT
Mémoires de master Dans leurs mémoires de fin d’études, deux étudiantes en master ont traité de sujets qui profiteront directement à l’ASP et à ses membres.
«What is a good framework for volunteering», Marlis Gander examine quelles formes de bénévolat peuvent être utilisées à l’ASP.
Sous le titre «An app to change your life style. How does it work. A systematic review», Julia Leggio fait des recherches sur l’autogestion dans la paralysie médullaire, en mettant l’accent sur les escarres. Avec
Les deux élèves du programme d’études Health Sciences mettront leurs résultats à la disposition de l’ASP. Il s’agit d’une collaboration entre l’Université de Lucerne et l’ASP.
Paracontact I Automne 2020
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CORONAVIRUS
Masques hygiéniques L’ESCIF (European Spinal Cord Injury Federation) a fait don de 80 paquets de masques hygiéniques à l’ASP pour qu’elle puisse les distribuer à ses membres particulièrement vulnérables face au coronavirus. Le CFR de la Côte a lui aussi reçu des masques. La société MCA Concept en a offert 200 au club. Un grand merci pour cette générosité. 7
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AVANCER
ÉLECTIONS
Du nouveau au comité central
Les délégués des clubs en fauteuil roulant ont élu Fabien Bertschy et Cornel Villiger au comité central lors de l’assemblée des délégués du 2 mai 2020. Nadja Venetz
Cette année, un point important figurait à l’ordre du jour de l’assemblée des délégués: l’élection pour le renouvellement du comité central, au sein duquel deux sièges étaient à pourvoir. Nous avons le plaisir de vous en présenter les nouveaux élus. Fabien Bertschy L’inclusion, la participation et la mobilité sont les trois chevaux de bataille de ce Neuchâtelois. En sa qualité de responsable de projet chez Pro Infirmis Neuchâtel, Fabien Bertschy, 43 ans, s’engage en faveur d’une mobilité et d’une accessibilité sans obstacles. Cette activité lui permet d’identifier les défis que rencontre une personne en fauteuil roulant, et ce, sous un autre an gle que sa perspective personnelle. Fabien Bertschy met ses connaissances et son expérience au service de nombreuses instances cantonales. Il fait notamment par
tie d’un groupe cantonal chargé d’élaborer une loi sur la participation et l’inclusion, et est membre de plusieurs conférences dé diées à l’égalité des droits des personnes en situation de handicap. Il dispose ainsi d’un vaste réseau relationnel dont l’ASP pourra profiter. Grâce à son savoir-faire étendu, ce Paracontact I Automne 2020
Romand originaire de Fribourg, mais habi tant Colombier NE souhaite contribuer au développement stratégique de l’ASP. Fabien Bertschy est marié et dirige le CFR de Neuchâtel depuis plus de deux ans. Cornel Villiger Cornel Villiger est devenu paraplégique en 2004 suite à un accident de moto. Bien avant ce coup du sort, le sport revêtait déjà une grande importance dans la vie de cet homme de 44 ans, et cette passion lui est
restée. Diplômé en économie d’entreprise, c’est un athlète, un coureur de handbike et un skieur de fond accompli. Il est aussi membre du cadre de Sport suisse en fauteuil roulant et joue un rôle actif dans le comité de Para Racing Team qui propose un suivi professionnel à une dizaine d’athlètes de handbike. Membre actif du Club en fauteuil roulant Zentralschweiz, il est marié et père de trois garçons. S’il trouve quelques instants de liberté entre son entraînement et son travail à la police cantonale d’Argovie, il aime les passer avec sa famille et ses amis ou jouer au jass. Cornel Villiger a une grande expérience des associations et des fédérations qu’il mettra à
COMITÉ CENTRAL 2020 Annik Meystre a été élue vice-présidente lors de la séance constitutive. En tant que représentante de la Suisse romande, elle en défendra les préoccupations. Elle agira également au nom de l’ASP au sein du conseil de fondation de Swiss Paralympic. Après l’élection d’Olga Manfredi à la présidence (cf. notre précédent article), le comité central est au com plet et se consacrera à d’importants projets, tels que le processus de stratégie en collaboration avec la direction. Composition actuelle – Olga Manfredi, présidente – Annick Meystre, vice-présidente – Stephan Bachmann – Fabien Bertschy – Claudia Hüttenmoser-Pfister – Walter Lisetto – Thomas Schneider (jusqu’au 31.12.2020) – Cornel Villiger
profit afin de contribuer à l’orientation stratégique de l’ASP, tout en se concentrant clairement sur les besoins du club et de ses membres. La transparence totale, la confiance et le franc-jeu, ainsi que l’utilisation modérée des ressources financières, sont les valeurs qu’il défend. 9
AVANCER
DÉVELOPPEMENT DE LA STRATÉGIE
Plus ciblée De nombreux paralysés médullaires ne sont toujours pas membres de l’ASP et ne peuvent donc pas bénéficier de nos offres. Nous allons donc intensifier l’acquisition de nouveaux membres dans les années à venir. Le groupes cibles sont clairement définis, de sorte que nous pouvons contacter ces personnes. Ce ne sera pas uniquement un défi pour nos collaborateurs du service extérieur, mais pour toute l’organisation. L’ASP prévoit – surtout en Suisse romande – de renforcer les effectifs du personnel qui travaille en étroite collaboration avec les clubs sur des sujets spécifiques.
Plus globale, plus personnelle, plus ciblée L’ASP ouvre la voie de l’avenir. La stratégie 2021–2024 met les clubs en fauteuil roulant et leurs besoins au cœur des préoccupations. Evelyn Schmid
Pendant trois jours en juin 2020, la direction de l’ASP s’est retirée à Herisau pour un examen de la stratégie afin de définir les lignes directrices de l’orientation future. Le directeur désigné Laurent Prince, qui a pris ses fonctions en août, était aussi présent. Avant toute chose, il s’agissait d’intégrer la stratégie du Groupe suisse pour paraplégiques (GSP), qui a été révisée et concrétisée l’an dernier. Comme stipulé dans les statuts, l’ASP soutient les efforts du GSP et met en œuvre ses activités dans toute la Suisse. Les trois adjectifs «plus globale, plus personnelle, plus ciblée» résument les grandes lignes de la nouvelle stratégie de l’ASP. Dans les années à venir, les départements de l’ASP s’occuperont de ces questions avec leurs collaborateurs et prendront les mesures adéquates. Plus globale L’ASP souhaite fournir encore plus de prestations afin de promouvoir l’inclusion globale. Le renforcement des partenariats stratégiques, ainsi que le développement du réseau relationnel et de la représentation des intérêts dans tous les domaines devraient permettre de faire avancer les choses. Bien entendu, les compétences-clés resteront en interne. La direction veut ainsi garantir qu’une influence soit exercée sur les groupes des parties prenantes concernées, dans l’intérêt de nos membres. C’est pourquoi les offres de sensibilisation de l’ASP seront aussi davantage professionnalisées. 10
Plus personnelle La collaboration avec les clubs en fauteuil roulant (CFR) devra s’intensifier dans les années à venir. Les clubs sont souvent beaucoup plus proches de nos membres paraplégiques, ils connaissent leurs besoins en détail et ont un échange étroit avec eux. L’offre des cours et des manifestations sera remaniée et devra à l’avenir être mise en œuvre en coopérant le plus étroitement possible avec les CFR. Le département du sport souhaite également renforcer la collaboration dans les régions, notamment dans le secteur du sport pour tous. À l’avenir, les athlètes de haut niveau seront accompagnés de manière encore plus intense tout au long de leur carrière. Par conséquent, le domaine spécialisé des services de l’association se verra attribuer une importante fonction de plaque tournante. L’offre de conseils architecturaux, juridiques et sociaux continuera à être axée sur les besoins personnels et individuels.
Afin de mettre en œuvre de manière efficace et efficiente les mesures qui se cachent derrière ces trois adjectifs, nombre de nos processus d’entreprise devront passer au numérique. L’ASP en a déjà posé les jalons il y a près de deux ans. Les opportunités offertes par ce projet de numérisation mettent à l’épreuve nos processus opérationnels tout comme nos structures de communication. Nous allons donc non seulement adapter notre stratégie de communication aux nouvelles orientations, mais aussi et surtout repenser notre stratégie web pour mettre en place des mesures appropriées. La stratégie 2021–2024 apportera des changements tangibles, tant sur le plan interne qu’externe. Dans les mois à venir, la direction, en collaboration avec les clubs en fauteuil roulant et le nouveau directeur Laurent Prince, fixera le cap opérationnel. Tout cela, dans l’intérêt de nos membres. Nous sommes et serons là pour vous.
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AVANCER
ÉCLAIRAGE
Nouveau jardin thérapeutique au CSP Kathrin Kriesche, instructrice de thérapie, Gabi Bucher, ergothérapeute et Carsten Gugel, thérapeute du sport, expliquent en quoi consiste le nouveau jardin thérapeutique du CSP. Gabi Bucher
C’est ici que sera créé le nouveau jardin thérapeutique
Comment est née l’idée du jardin thérapeutique? Gabi Bucher: Nous en avons lancé l’idée il y a des années pour compléter l’offre globale, lorsque nous discutions de notre offre thérapeutique et de l’évolution de la clientèle. Y a-t-il aussi un parcours en fauteuil roulant dans ce «jardin»? Kathrin Kriesche: Nous disposions déjà d’un petit terrain d’entraînement à l’extérieur. En 2014, un groupe d’ergothérapeutes, de physiothérapeutes et de thérapeutes du sport s’est associé à des personnes en fauteuil roulant afin d’élaborer des propositions pour un nouveau jardin thérapeutique. Une enquête avait montré qu’il manquait aux patients atteints de paraplégie incomplète une offre spécifique pour pouvoir s’exercer. Pour permettre à tous nos patients d’exploiter pleinement leurs possibilités, il existe désormais différentes zones présentant diverses conditions de sol, d’obstacles et de pentes, et donc diverses exigences en termes d’habilité, d’enduParacontact I Automne 2020
rance et de force, tant pour les personnes en fauteuil roulant que pour les personnes souffrant de restrictions à la marche. Quel avantage les personnes en fauteuil roulant peuvent-elles en tirer? Carsten Gugel: L’idée principale est de préparer au mieux nos patients à la période suivant leur rééducation et de leur faciliter la transition vers la vie quotidienne. Les différents niveaux de difficulté sur le parcours reflètent mieux les éventuels obstacles qu’ils rencontreront dans leur environnement futur. Le fait que les possibilités d’entraînement à l’extérieur aient été nettement élargies a aussi une influence positive sur le moral. On dirait presque que le parcours est plus important que le jardin? Gabi Bucher: Non, le jardin est tout aussi important, ce sont deux offres différentes et complémentaires. Dans la maison, nous ferons pousser des plantes, et à l’extérieur, il y aura des bacs de jardinage surélevés
afin que le fauteuil roulant se loge dessous. Nous verrons avec les patients ce qu’il faut, ce qu’ils peuvent faire eux-mêmes, suivant leurs objectifs. Ils s’entraîneront à transporter, soulever ou changer quelque chose en fauteuil roulant. Il y aura aussi des expériences sensorielles, avec le toucher, le goût, l’odorat et la vue. Ensemble nous planterons des arbustes avec des baies, que nous accommoderons ensuite en cuisine dans le cadre de la thérapie. Cela leur permettra d’accomplir tout un processus qui apporte joie et sens à la vie. Carsten Gugel: Le jardin est très positif. L’accent n’est pas seulement mis sur l’entraînement ou l’apprentissage: les patients se rendront également compte qu’ils peuvent élargir leurs capacités et faire ainsi plus d’activités ou s’adonner à leurs passe-temps. Qui peut utiliser ce jardin thérapeutique? Kathrin Kriesche: Le jardin thérapeutique est destiné à tous les patients hospitalisés au CSP lors de leur rééducation primaire ou de leur suivi. En fonction de leur objectif, ils s’exerceront en suivant un traitement individuel et en groupe, accompagnés par les thérapeutes. D’autres groupes professionnels, comme le personnel soignant ou les psychologues, pourront aussi utiliser cet endroit avec des patients. Si l’un de nos pensionnaires souhaite s’entraîner en dehors de la thérapie, ce sera possible après accord du médecin. Le jardin n’est donc pas public? Kathrin Kriesche: Non, mais le jardin n’est pas fermé. Nous faisons simplement appel à la responsabilité des visiteurs afin que cet espace protégé soit respecté pour les patients. 11
CONSEILS VIE
LE QUOTIDIEN AU TRAVAIL
Chaque jour est différent
La diversité est la grande constante de mon activité de travailleur social au sein de l’ASP. Le contraire serait étonnant. Bienvenue dans mon quotidien. Alexander Post
Port du masque obligatoire Je pars à Bâle, monte dans le tramway et me rends à l’appartement de mon client. Je me perds, bien que j’y sois déjà allé une fois. Mais j’arrive quand même à l’heure – ouf! J’ai de la chance, mais quel stress! Je salue le client à distance et nous mettons nos masques. Cela fait un peu bizarre, car le masque dissimule une très grande partie des expressions du visage. Or la communication non-verbale est un élément crucial dans mon activité.
Nous sommes jeudi matin. Avant de quitter la maison, je vérifie comme d’habitude que j’ai bien emporté tous mes dossiers de travail. Aujourd’hui, c’est ma première visite à domicile depuis la mi-mars 2020. Les mesures prises pour endiguer la propagation du coronavirus ont aussi affecté l’activité du conseil social de l’ASP. Les visites à domicile n’étaient plus possibles – nous gardions le contact avec nos clients par courriel, téléphone ou chat vidéo. Si utiliser 12
ces nouveaux médias m’a semblé facile, il y a quand même eu un ou deux couacs informatiques. En réfléchissant à tout cela, je réalise que je n’ai pas encore vérifié mon sac. Pourquoi dois-je toujours attendre la dernière minute? Je dois prendre mon ordinateur portable, de quoi écrire, mon téléphone, des cartes de visite, mon chargeur; pour ne citer que l’essentiel. Pour le rendezvous d’aujourd’hui, j’utiliserai des feuilles de couleur pour structurer l’entretien.
Comme convenu à l’avance, nous discutons de son avenir professionnel et de son éventuelle inscription à l’AI. Un sujet qui n’est pas sans conséquences sur les finances, le logement, la famille, les questions juridiques et le bien-être personnel. Nous en venons rapidement aux feuilles de couleur. Nous écrivons tout un tas de choses, faisons un tri, puis étalons les notes sur le sol. Nous passons par des registres très différents, il y a des rires, de la grogne, mais aussi des moments forts en émotion. À cause du masque, je fais davantage attention à m’exprimer de manière verbale. Nous sortons tous deux de cette «expérience» épuisés mais satisfaits. Mon client et moi sommes parvenus à mieux clarifier les objectifs et les défis. Je garde toutefois à l’esprit que c’est souvent entre les entretiens et non pendant ceux-ci que surgissent de nombreuses réflexions et constatations.
Paracontact I Automne 2020
Un bureau roulant Après avoir convenu d’un rendez-vous par appel vidéo pour faire le point, je prends congé de mon client. Une fois dehors, je retire enfin mon masque. Mon téléphone m’indique que j’ai reçu quatre appels, un message sur ma boîte vocale et sept e-mails. En triant les demandes par ordre d’importance, je m’aperçois que j’ai laissé mon câble de recharge chez mon client. Vite, demi-tour! Je profite du trajet en train pour avaler mon repas de midi, tout en réfléchissant à ce que j’aurais pu mieux faire aujourd’hui. Ai-je posé trop de doubles questions, me suis-je parfois senti obligé de «meubler» la conversation, ai-je forcé la main de mon client? Était-ce vraiment le cas ou suis-je trop dur envers moimême? Le téléphone sonne alors que je n’ai pas fini de manger. Une cliente me raconte la passe difficile qu’elle a vécue pendant le confinement. Je lui promets de la rappeler en fin d’après-midi. Je passe le reste du trajet à rédiger mes notes sur l’entretien d’aujourd’hui et à répondre à mes courriels.
De retour chez moi, je veux coucher sur papier les principaux enseignements que j’ai tirés de l’entretien. Mais j’ai d’abord une conférence téléphonique. Je me prépare, la connexion s’interrompt, je me fais un café et suis tout ouïe.
Entretien-conseil avec un client
Rester flexible La conférence dure plus longtemps que prévu et l’on m’attribue diverses missions. J’appelle à présent la personne qui m’a contacté pendant le trajet en train. Elle me raconte qu’elle n’allait pas bien. Elle était assaillie d’idées noires. Je lui demande si je dois m’inquiéter. «Non, le pire est passé», m’assure-t-elle. Nous creusons le sujet pour que je puisse évaluer si je dois agir en urgence. En même temps, je veux lui laisser un peu d’air pour qu’elle puisse se remettre de cette expérience. Nous nous mettons d’accord pour qu’elle me rappelle si nécessaire. Lorsque je raccroche, je me rends compte que je n’ai pas encore entré mes notes sur le dossier d’aujourd’hui. Je me rattraperai demain. Pour finir, je vérifie les
rendez-vous prévus pour le lendemain et j’éteins mon ordinateur. Ensuite, je réponds à quelques messages (vocaux) sur Whatsapp et je range également mon téléphone professionnel. Aujourd’hui, ce fut une journée passionnante, complexe et variée. J’aime rendre visite à nos clients dans leur environnement personnel – contrairement aux entretiens au bureau de l’ASP, ces visites me donnent un aperçu plus approfondi de leur vie. Contact Nous sommes à vos côtés: Tél. 041 939 54 00 ou lb@spv.ch
CONSEILS VIE Coincées entre quatre murs, les paralysés médullaires sont confrontés à divers problèmes et sont livrés à eux-mêmes. C’est là qu’intervient le département Conseils vie qui se compose de l’équipe du conseil du service extérieur prodigué par des paires, ainsi que de l’équipe du conseil social. Les clients nous sont adressés par les quatre centres pour paraplégiques ou nous contactent via les clubs, d’autres organisations sociales, voire appellent directement l’ASP. Au besoin, un rendez-vous est pris. Les entretiens ont lieu dans les bureaux de Nottwil, au domicile de ces personnes, auprès des autorités ou dans un restaurant. La mission de nos conseillers et de nos travailleurs sociaux est d’aller là où il y a des problèmes et/ou là où il faut en parler. Les gens prennent souvent contact avec Conseils vie quand ils ont des questions sur leurs assurances (sociales).
Paracontact I Automne 2020
Nos connaissances spécifiques leur sont utiles pour les calculs des retraites, les questions sur l’allocation pour impotent ou les contributions d’assistance, les décomptes avec les caisses-maladie, les droits aux prestations en cas de chômage, les calculs des prestations complémentaires, les frais de soins non couverts, les demandes de prise en charge des frais pour moyens auxiliaires (fauteuils roulants de douche, équipements de sport ou matelas anti-escarres …). Nous les conseillons sur tout ce qui a trait à la prise en charge des coûts pour les aménagements structurels au domicile ou au travail, à la reconversion professionnelle, à l’emploi et aux loisirs, aux soucis financiers et à la situation de logement. Outre le savoir technique, nous proposons aussi un conseil psychosocial qui aborde des sujets tels que la dépression ou le changement de la situation de vie. Si cela est nécessaire, nous faisons aussi appel à des experts.
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Paracontact I Automne 2020
CONSEILS VIE
UNE NOUVELLE VIE
D’un lac à l’autre Antoine Barizzi de Neuchâtel va tenter sa chance en terre alémanique à la para-colocation de Schenkon. Gabi Bucher
Antoine Barizzi, 27 ans, tétraplégique depuis un accident de gymnastique en 2010, vivait jusqu’ici dans un foyer tout proche de l’université de Neuchâtel. Pour l’étudiant, ce logement était idéal pour deux raisons: la courte distance et l’assistance 24 heures sur 24 qu’il offrait. «Je pouvais aller et venir à ma guise, il y avait toujours quel qu’un», raconte Antoine qui explique en riant que c’était surtout très pratique quand il voulait partir en virée. Mais il lui manquait un peu d’intimité et surtout, «cela ne m’encourageait pas vraiment à devenir autonome.»
colocation à Schenkon.» Ce n’était pas un prospectus publicitaire ordinaire. «C’était plutôt comme un de ces avis que l’on accroche sur des tableaux d’affichage avec des petits bouts de papier portant un numéro de téléphone.» Or il manquait deux bouts de papier. «Quelqu’un a dû les voir et penser à moi, mais je ne sais pas qui.» Ce «quelqu’un» n’était autre que les res ponsables de projet de la para-colocation: ParaHelp et ParaWork. Ils avaient écrit à Antoine qu’ils voyaient comme un candidat potentiel.
Apprivoiser la Suisse alémanique Une mystérieuse lettre Comme ils l’espéraient, cette publicité non Au printemps, il s’est mis à réfléchir à son conventionnelle a attiré l’attention d’Aninsertion dans la vie professionnelle. «J’ai toine et est arrivée à point nommé pour lui. un master en sociologie et en gestion gé Le jeune homme s’est renseigné pour sanérale d’entreprise, et il est temps d’en faire voir s’il pouvait quand même être accepté quelque chose», confie-t-il. Un truc étrange à 27 ans et sans aucune perspective d’emse produisit alors. «J’ai reçu une lettre, sans ploi. On lui a certifié que dans son cas, cela message, juste une publicité pour la para- ne serait pas un obstacle, et Antoine s’ap-
Antoine Barizzi est prêt à emménager dans la para-colocation
prête donc à passer du lac de Neuchâtel au lac de Sempach. Il ignore ce qui l’attend dans la colocation. «Je ne connais pas mes colocataires», mais c’est toujours comme cela lorsqu’on emménage dans un logement partagé. Et son allemand n’est pas parfait non plus, «mais c’est en se jetant à l’eau que l’on apprend le mieux». En Suisse romande, les opportunités professionnel les sont plus nombreuses si l’on parle allemand, et s’il restait en Suisse alémanique, l’allemand lui serait indispensable. Des objectifs ambitieux En termes d’insertion professionnelle, il sait où il va. «Je vais d’abord faire un stage de trois mois à ParaWork. J’y serai préparé au marché conventionnel du travail en fonction de ma profession.» Lors de son stage, on évaluera sa capacité de travail, puis on l’aidera à chercher un emploi fixe sur le marché du travail. «Cette situation de logement me posera aussi de nouveaux défis», reconnaît-il, «je devrai faire la lessive et les commissions moi-même, et les soins ne seront plus disponibles 24 h sur 24.» C’est un grand pas hors de sa zone de confort, mais Antoine est ouvert à tout et a envie d’apprendre. «Si je veux devenir autonome, il est essentiel que j’assume davantage de responsabilités dans la vie quotidienne.» Il a aussi un autre projet en vue: apprendre à conduire. «La proximité de Nottwil est aussi idéale pour passer son permis.»
Pour l’instant, il est prévu qu’il reste un an dans la colocation. «J’aurai besoin de temps pour m’habituer à tout, pour prendre mes marques dans l’appartement et dans mon métier.» Il ne sait pas encore s’il restera en Suisse alémanique ou s’il retournera en Suisse romande. «Cela dépendra de mes perspectives professionnelles après cette première année.» Antoine a quelques défis à relever, mais il est prêt à commencer sa nouvelle vie dans la para-colocation!
Para-colocation Schenkon Reportage de SRF Schweiz aktuell les 28/29/30.12.2020 et 4.1.2021 (sous réserve de modifications) Paracontact I Automne 2020 15
CONSEILS JURIDIQUES
RÉVISION DES RENTES
Où sont les limites?
Toute personne bénéficiant d’une rente versée par l’assurance-invalidité et/ou l’assurance-accidents sait que ces prestations sont périodiquement examinées et, le cas échéant, redéfinies. Mais où se situent réellement les limites à une révision de rente? Cet article tente d’y répondre. Michael Bütikofer, avocat et notaire
Comme chaque matin, Jan W. (nom fictif) se rend en moto à son bureau en cette journée fatidique de 2009. Il aime la route sinueuse qui relie son domicile à son lieu de travail. Mais en chemin, il est obligé de ralentir à cause d’un semi-remorque. Dans un léger virage à droite, alors qu’il commence à le dépasser, il ne voit pas la voiture qui arrive en sens inverse, et c’est l’accident. Jan W. est grièvement blessé. Les médecins lui diagnostiquent une paraplégie incomplète. Réduction de l’indemnité journalière LAA Jan W. suit une rééducation primaire de plusieurs mois au Centre suisse des paraplégiques de Nottwil (CSP). Outre le fait que l’accident de moto a complètement bouleversé la vie de Jan W., cet événement entraîne de nombreuses questions juridiques. Comme Jan W. a été gravement blessé dans l’accident et qu’il n’est pas exclu qu’il ait enfreint le code de la route lors de la tragique manœuvre de dépassement, une instruction pénale est ouverte à son encontre.
L’instruction pénale est menée par le ministère public compétent. Après de longues vérifications, ce dernier en arrive à la conclusion qu’une condamnation serait déraisonnable, étant donné que Jan W. est déjà lourdement affecté par les conséquences directes de l’accident de la circulation qu’il a provoqué. Le ministère public abandonne par conséquent les poursuites contre Jan W. 16
En sa qualité d’employé au moment de l’accident, Jan W. est assuré conformément à la loi fédérale sur l’assurance-accidents (LAA). Sa compagnie d’assurance procède aux clarifications nécessaires après réception de la déclaration de sinistre. La question centrale est de savoir si, et à quelle hauteur, Jan W. a droit à une indemnité journalière en cas d’accident. Informée de l’instruction pénale menée à l’encontre de Jan W., l’assurance-accidents ne lui verse dans un premier temps aucune indemnité journalière complète. S’il peut être démontré que Jan W. est seul responsable de l’accident, elle se réserve le droit de réduire l’indemnité journalière.
quart de rente avec un degré AI de 41%, à compter de 2013. L’assurance-accidents s’aligne et, en 2013, octroie également à Jan W. une rente selon la LAA, avec un degré AI de 41%. Les deux rentes sont versées à Jan W. dans leur intégralité.
Afin d’examiner une éventuelle réduction des prestations, l’assurance-accidents réclame le dossier de l’instruction pénale. Après en avoir pris connaissance, elle rend en 2010 une décision judiciaire, réduisant de 20% le droit à l’indemnité journalière de Jan W. pendant les deux premières années (voir l’article 37, § 2, LAA). L’assurance accidents justifie la réduction de l’indemnité journalière au motif que Jan W. a agi par négligence grave le jour de l’accident. Jan W. accepte cette réduction, à la suite de quoi son droit à l’indemnité journalière réduite entre en force.
Malheureusement, l’état de santé de Jan W. se détériore considérablement par la suite. L’assurance- invalidité procède donc à une révision et accorde en 2006 à Jan W. une rente complète avec un nouveau degré AI de 100%. Suite à cela, l’assurance-accidents examine de son côté le droit à la rente de Jan W. En 2017, elle l’informe qu’elle reconnaît la détérioration de son état de santé et qu’elle lui versera à compter du 1er mars 2017 une pension LAA avec un degré d’invalidité de 55% au lieu de 41% comme précédemment. Jan W. n’est pas d’accord avec la révision de la prestation de rente effectuée par l’assurance-accidents et s’adresse alors à l’Institut de conseils juridiques de l’ASP (ICJ). Se basant sur le fait que l’assurance-invalidité reconnaît désormais un degré AI de 100%, l’ICJ oppose à l’assurance-accidents que le degré AI de Jan W. est supérieur à 55% et qu’il a donc droit à une rente LAA plus élevée. Ce qui va suivre alors est à peine croyable.
Menace de réduction de la rente LAA des années plus tard Après avoir terminé sa rééducation primaire au CSP, Jan W. entreprend une reconversion. À la fin de celle-ci, l’assuranceinvalidité lui accorde tout d’abord un
En février 2018, l’assurance-accidents annonce qu’elle maintiendra le degré AI précédemment défini de 55% et qu’elle réduira en outre de 20% la rente à laquelle Jan W. a droit à compter du 1er juin 2016. Motif: l’accident survenu en 2009 était dû Paracontact I Automne 2020
à une infraction au code de la route, raison pour laquelle la rente peut être réduite conformément à l’article 37, § 3 de la LAA. Au nom de Jan W., l’ICJ fait alors opposition à cette réduction de rente, décidée pour la première fois par la compagnie d’assurance neuf ans (!) après l’accident. L’assurance-accidents met ensuite pas moins de 20 mois pour annoncer, au 1er novembre 2019, qu’elle ne réduira pas la rente LAA de Jan W. de 20% comme laissé entendre au départ, mais carrément de 50%. Motif: l’accident survenu en 2009 était dû à un risque extraordinaire, c’est pourquoi la rente peut être réduite de moitié, conformément à l’article 39 de la LAA. Pour Jan W., cela signifierait que seule la moitié de la rente LAA lui serait versée à l’avenir. En raison de la portée existentielle que cette réduction aurait pour lui, Jan W. dépose un recours contre la décision de l’assurance-accidents. La procédure portée devant le Tribunal cantonal compétent est toujours en cours. Objection à la menace de réduction de la rente LAA des années plus tard Nul besoin de longues explications pour comprendre que du point de vue de Jan W., il est particulièrement choquant que la compagnie d’assurance veuille réduire pour la première fois sa rente LAA, plus de dix ans après l’accident. Cette situation est d’autant plus révoltante qu’après l’accident de moto survenu en 2009, l’assurance-
accidents avait demandé à voir le dossier pénal, l’avait examiné et, sur cette base, avait certes réduit de 20% l’indemnité journalière de Jan W. pendant les deux premières années, mais avait versé sans aucune réduction la rente LAA accordée après l’indemnité journalière. La compagnie d’assurance disposait ainsi de toutes les informations nécessaires pour réduire la rente de Jan W. lors de son premier versement. Mais elle n’en fit rien. Le fait que, au vu de cette situation initiale, l’assurance-accidents puisse ou non réduire pour la première fois la rente de Jan W. de manière rétroactive (plus de dix ans après l’accident à l’origine de la prestation) dans le cadre d’une révision de la rente LAA, est donc contestable. Pour se justifier, la compagnie d’assurance s’appuie sur le fait que l’état de santé de Jan W. s’est considérablement détérioré à partir de la mi-2016. Par conséquent, il existe un motif de révision au sens de l’article 17 de la LPGA qui lui permet de procéder à un examen complet, en fait et en droit, du droit à la rente. L’assurance-accidents se réfère ainsi à la jurisprudence du Tribunal fédéral qui stipule que s’il existe un motif de révision, «le droit à la rente doit être fixé à nouveau sur la base d’un état de fait établi de manière correcte et complète, sans référence à des évaluations antérieures» (cf. ATF 141 V 9 E. 2.3).
Jan W. a d’abord contesté la position juridique de l’assurance-accidents dans un recours selon lequel, conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral, «l’évaluation purement différente de faits essentiellement identiques n’est pas pertinente dans le cadre du droit de la révision» (cf. ATF 9C_699/2016 du 13 mars 2017, E. 4.1). Cela signifie que l’assurance-accidents, après avoir examiné les circonstances de l’accident en se basant sur le dossier pénal et après avoir renoncé à une réduction de la rente lors de son premier octroi, ne peut pas évaluer différemment les circonstances de l’accident des années plus tard. Ce que fait la compagnie d’assurance n’est rien d’autre que d’évaluer soudain de manière complètement différente un fait qu’elle avait depuis longtemps évalué et qui n’a aucunement changé. En outre, Jan W. oppose à la menace de réduction de la rente des années plus tard, que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, «l’autorité de la chose jugée et entrée en force portant sur les conditions du droit à la prestation et sur la définition des facteurs d’évaluation de la prestation qui se rapportent à des états de fait limités dans le temps, (…) ne peut pas faire l’objet d’un réexamen» (cf. ATF 136 V 369 E. 3.1.1). La jurisprudence du Tribunal fédéral permet également de conclure que seuls les facteurs susceptibles d’évoluer dans le temps peuvent être examinés dans le cadre d’une procédure de révision, tels que l’état de santé ou le revenu par exemple, mais pas les éléments immuables, dont font partie les circonstances de l’accident, selon l’opinion défendue ici. Ces dernières ne peuvent pas varier avec le temps, comme l’état de santé ou le revenu, mais restent toujours les mêmes. Les circonstances de l’accident, dont la compagnie d’assurance a eu connaissance dès le début, sont des facteurs statiques qui ne peuvent pas changer au fil du temps et ne sont donc pas soumis à un réexamen dans le cadre d’une révision de la rente. Il ne reste donc plus qu’à attendre la décision que rendra le Tribunal cantonal chargé d’évaluer le recours de Jan W. Nous vous informerons bien évidemment de l’issue de cette procédure dans ces pages.
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MÉDECINE ET SCIENCES
SANTÉ
Des nuits sans sommeil
À quelle fréquence les troubles du sommeil surviennent-ils chez les paralysés médullaires? Que peut-on faire pour y remédier? Teresa Brinkel
Le sommeil est vital pour l’organisme, mais plus d’un paraplégique sur deux se plaint de ne pas passer de bonnes nuits. Difficultés d’endormissement, réveils fréquents, longues phases d’éveil et sensation d’épuisement – les troubles persistants du sommeil influencent notre santé. Conséquences des troubles du sommeil Un sommeil réparateur est primordial pour notre bien-être physique et mental. Dormir suffisamment renforce le système immunitaire, équilibre les tensions psychologiques, aide à traiter les expériences de la journée et permet aux fonctions organiques et métaboliques de se reposer.
Les troubles du sommeil de longue durée, tels que les problèmes d’endormissement ou de la continuité du sommeil, l’insomnie ou le sommeil agité, réduisent la fonction régénératrice du sommeil nocturne. Cela peut avoir des conséquences négatives sur la santé¹, par exemple: – une somnolence diurne accrue – une irritabilité exacerbée – une tolérance moindre à la douleur – une attention réduite – une prise de poids – des troubles de la mémoire – une perte de jugement 18
– un risque accru d’accident – un risque accru de diabète – des troubles cardiovasculaires – des défenses immunitaires affaiblies – un risque accru de dépression Les personnes atteintes de paralysie médullaire souffrent souvent de diverses maladies concomitantes. Si des troubles du sommeil viennent s’y ajouter, cela peut nuire encore plus fortement à leur santé. Fréquence et groupes à risque L’étude de cohorte suisse sur les lésions de la moelle épinière SwiSCI a permis d’interroger 1549 personnes atteintes de lésions médullaires sur leur sommeil. D’après les données recueillies, les paraplégiques présentent beaucoup plus de troubles du sommeil que la population globale: 59 % des participants à l’étude souffrent de problèmes de sommeil2, alors que ce pourcentage est de 41 % dans la population globale 3. 25% des personnes concernées par l’étude SwiSCI font état de troubles du sommeil graves ou chroniques. Il s’agit notamment de personnes: – âgées de 46 à 60 ans – souffrant de maladies en sus, de douleurs chroniques et de dépression – ayant des problèmes financiers
Quelles sont les causes des troubles du sommeil? Les blessés récents en rééducation primaire souffrent très souvent de troubles du sommeil, explique le docteur Anke Scheel-Sailer, médecin adjointe en Paraplégiologie au Centre suisse des paraplégiques (CSP). Ces déséquilibres font d’ailleurs partie intégrante des traitements aigus et de la rééducation depuis de nombreuses années.
«Lorsque l’on a commencé à traiter la paralysie médullaire dans les années soixante, on se contentait de laisser subir. Mais nous savons désormais que nous pouvons bien mieux détecter et soigner les troubles du sommeil et les problèmes psychologiques s’ils sont déjà abordés en milieu hospitalier.» Or ce disfonctionnement peut s’aggraver et devenir chronique au fil du temps. «Dans ce cas, nous travaillons avec le patient pour en trouver les causes», précise le docteur Inge Eriks-Hoogland, médecin-adjointe au service ambulatoire du CSP. Les troubles du sommeil peuvent revêtir de nombreux aspects. «Par conséquent, il n’y a pas de solution unique pour résoudre ces problèmes, nous devons au contraire toujours les traiter au cas par cas.» Paracontact I Automne 2020
Pour les personnes atteintes d’une lésion de la moelle épinière, les maux liés à la paraplégiologie doivent systématiquement être pris en compte. Ainsi, si le patient souffre de douleurs ou de spasticité, certains médicaments peuvent le soulager. Toutefois, il faudra parallèlement examiner la position de nuit ou la gestion de la vessie. Dans certains cas, des séances de physiothérapie pourront aussi s’avérer utiles. Si d’incessants micro-éveils dus à de brèves interruptions de la respiration altèrent le sommeil (syndrome d’apnée du sommeil), la ventilation nocturne peut être une possibilité. Si des problèmes psychologiques ou des facteurs de stress jouent un rôle, on peut envisager une thérapie chez un psychologue. «Une fois que nous avons identifié les causes, nous pouvons les aborder ensemble avec un traitement approprié ou une combinaison de différentes mesures», déclare le Dr Eriks-Hoogland. Mais souvent, le comportement du patient est déterminant. Une bonne «hygiène du sommeil» consiste par exemple à renoncer
Les appareils électroniques doivent être bannis du lit! Car ils envoient au corps le signal d’être en éveil.
au café à partir de 16 heures et à s’exposer le moins possible à la lumière des écrans avant de s’endormir, recommande le scientifique Matthew Walker dans son guide «Pourquoi nous dormons»4 . Traitement médicamenteux Par somnifères, la plupart des gens entendent principalement les benzodiazépines, également appelées «pilules du sommeil». Toutefois, ces dernières ont un certain nombre d’effets secondaires et peuvent créer une dépendance. Par conséquent, ces médicaments ne doivent être pris que dans les situations aigues et pour une durée limitée.
«Mais il existe maintenant d’autres méthodes et des prescriptions médicales mieux tolérées pouvant être administrées sur une plus longue période», affirme le Dr Scheel-Sailer. Il s’agit de divers principes actifs à base de plantes, tels que la valériane, la fleur d’oranger et la lavande, ou d’antidépresseurs favorisant le sommeil. Certains patients dorment mieux grâce à la mélatonine. Consulter et se faire soigner Bien qu’une grande partie des paraplégiques (59%) souffrent de troubles du sommeil, seul près d’un tiers d’entre eux se soignent, d’après l’étude SwiSCI. Les docteurs Eriks-Hoogland et Scheel-Sailer préconisent de ne plus se contenter de subir. Cela vaut la peine d’en discuter avec le médecin de famille ou lors de la visite annuelle de paraplégiologie et de se faire soigner. Le sommeil étant influencé par de nombreux facteurs, il faudra toutefois faire preuve de patience. C’est pourquoi les deux médecins insistent: n’abandonnez pas, même si la situation ne s’améliore pas instantanément!
Néanmoins, d’un point de vue clinique, les problèmes de sommeil devraient figurer à part entière dans le dossier médical des examens de routine. L’auteur Teresa Brinkel est responsable de la communication pour l’étude SwiSCI de la Recherche suisse pour paraplégiques Paracontact I Automne 2020
CONSEILS POUR BIEN DORMIR ⁵ – Rythme: se coucher et se lever à des heures régulières – Rituel: aller au lit en reproduisant la même routine – Lieu de couchage: dormir dans un endroit sombre, frais, calme, bien aéré – Matelas: il doit être approprié, adapté aux besoins individuels – Le lit est fait pour dormir: pas pour regarder la télévision, surfer sur Internet, travailler ou téléphoner – Pas de sieste: quand on dort pendant la journée, on n’a plus sommeil le soir – Stimulants: éviter la caféine et le thé à partir de 16 heures, renoncer à l’alcool et à la nicotine le soir ou en général – Nutrition: pas de repas lourds trois heures avant d’aller au lit, mais ne pas se coucher le ventre vide – Sport et exercice physique: ils doivent être pratiqués suffisamment en journée, et pas après 20 heures – Stress: le réduire autant que possible, utiliser des méthodes de relaxation – En cas de réveil nocturne: ne pas allumer la lumière, ne pas fixer le réveil, ne pas s’angoisser, car cela ne fait que renforcer le problème
Références
¹ Fogelberg D, Burns S: Sleep problems and sleep apnea in persons with sci. 2012. ² Buzzell A, Chamberlain JD, Schubert M, Mueller G, Berlowitz DJ, Brinkhof MWG, for the SwiSCI study group: Perceived sleep problems after spinal cord injury: Results from a community-based survey in Switzer land. J Spinal Cord Med. 2020 Jan 24. ³ Tillmann R, Voorpostel M, Kuhn U, Lebert F, Ryser VA, Lipps O: The Swiss Household Panel Study: Observing social change since 1999. 2016. ⁴ Walker, Matthew: Pourquoi nous dormons. L’importance cruciale du sommeil – la meilleure prévention contre la maladie d’Alz heimer, le cancer, les crises cardiaques et bien plus encore. 2018. ⁵ Weess HG: Guide du patient de la Société allemande pour la recherche et la médecine du sommeil. 2018.
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CONSTRUIRE SANS OBSTACLES
CONSERVATION DES MONUMENTS
Transformer, oui mais …
Roger Maillard vit avec sa femme dans une ferme classée monument historique. En 2018, il est devenu paraplégique suite à un accident. Le CSO a coordonné les travaux d’aménagement. Dominik Widmer
Roger Maillard a passé toute sa vie dans cette ferme à Surpierre FR. Depuis qu’il est né, il habite dans la maison datant de 1789 et, jeune homme, il put entreprendre d’importantes rénovations en 1990. À cette époque, la propriété appartenait encore à sa mère. Trois appartements distincts furent ainsi créés. L’appartement de notre client fut aménagé au premier et au deuxième étage lors de ces travaux de transformation. Au rez-dechaussée, deux appartements, l’un pour sa mère et l’autre à louer, furent également réalisés. Les jeunes époux Maillard, qui rachetèrent la propriété en 1992, soutinrent et accompagnèrent la mère de M. Maillard jusqu’à sa mort en 2012.
pour trois raisons: d’abord, les époux Maillard et leurs trois enfants avaient déjà beaucoup réfléchi à la question et avaient des idées bien arrêtées sur le résultat final des aménagements, mais sans en connaître la faisabilité structurelle. Ensuite, le plus jeune fils de la famille prévoyait d’emménager avec sa compagne dans l’un des appartements de la maison parentale. Enfin, aux dires du client, notre architecte était très ouvert d’esprit et se livrait à des jeux de réflexion qui, à première vue, semblaient irréalistes et excessifs. Un bâtiment classé La situation était encore corsée par le fait que la ferme était classée bâtiment historique et qu’il n’était donc pas possible d’en
modifier l’aspect extérieur. Seuls des aménagements architecturaux à l’intérieur étaient autorisés. Indépendamment de cette restriction officielle, il était essentiel pour le client que le caractère de la maison soit préservé et que l’édifice ne subisse aucune altération majeure. Habiter de plain-pied Le client avait très tôt saisi qu’il ne serait pas judicieux de rendre les deux étages supérieurs accessibles en fauteuil roulant. L’escalier était beaucoup trop étroit pour y installer un monte-escalier. Nous cherchions donc une solution pour aménager un appartement de plain-pied au rez-dechaussée pour Roger Maillard qui, dans le cas contraire, aurait dû se reloger ailleurs, ce qui aurait été un déchirement pour le
Un logement plus spacieux Monsieur et Madame Maillard disposaient de suffisamment d’espace pour élever leurs trois enfants. Quant aux deux petits appartements, ils les louaient. Les trois enfants avaient déjà quitté la maison fa miliale lorsque leur père eut son accident provoquant sa paraplégie. Repenser la forme de logement Toute la famille était présente pour le diagnostic de la situation de logement. Dès la première visite, l’architecte du CSO comprit très vite qu’il ne serait pas aisé de trouver une bonne solution d’aménagement et de transformation. Or, comme pour parer à cette première impression, une solution constructive fut rapidement trouvée. Et ce, 20
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couple. Cette idée d’un appartement au rez-de-chaussée, les membres de la famille l’avaient aussi déjà envisagée, même si la faisabilité structurelle et la mise en œuvre exacte n’étaient pas encore totalement au point. Le fait que les rares plans de construction existants ne soient pas très informatifs, voire imprécis, compliquaient encore ce premier diagnostic. Le mandat de planification fut passé au centre construire sans obstacles qui, sur la base de ce qui s’était dit lors de l’évaluation du logement, élabora un premier projet de transformation spécifique qu’il présenta à la famille Maillard. Un large soutien Roger Maillard s’était toujours occupé luimême des divers aménagements et rénovations dans et autour de la maison, effectuant lui-même une grande partie des travaux. Ce ne fut donc pas facile pour lui d’être coincé en rééducation à Nottwil pendant cette période et de ne pas pouvoir apporter sa contribution. Le fait que toute sa famille soit très engagée dans ce projet et lui fasse des rapports quotidiens sur l’avancée des travaux l’aida beaucoup. Il pouvait ainsi participer indirectement au projet de construction et avoir son mot à dire.
Les entreprises locales, personnellement proches de la famille Maillard, redoublèrent d’efforts et apportèrent leur sou-
Buanderie Cave
tien dans l’exécution des travaux, de sorte que ce réaménagement complexe et peu conventionnel devint une vraie réussite. Pour Madame Maillard, qui vécut dans la maison pendant toute la durée des travaux, ce fut une période difficile et épuisante. Toutefois, le magnifique résultat final compense largement le stress enduré.
Se sentir bien dans la maison …
Préfinancement par la FSP Pour qu’un tel projet puisse être mis en œuvre et surtout être fourni à temps, un financement rapide est indispensable. La Fondation suisse pour paraplégiques (FSP) apporta sa contribution et prit d’emblée en charge une partie des coûts prévus par le CSO. Le client avait garanti lui-même le financement d’une grande partie des coûts de construction. La planification put ainsi être poursuivie et le projet de construction être mis à exécution.
… dans la grande salle de bain …
Collaboration avec le CSO En 2019, Roger Maillard put emménager dans son appartement reconverti après environ huit mois de rééducation au Centre suisse des paraplégiques.
Un an plus tard, il dresse un bilan très positif et reste convaincu du bien-fondé des décisions et des mesures d’aménagement prises avec nos architectes. Roger Maillard estime que la bonne collaboration avec le CSO a facilité la mise en œuvre du projet et il souligne au passage les compétences spécifiques dans la clarification des be-
Chambre
Salle à manger
… comme dans le jardin
soins individuels et la recherche de solutions. Un architecte externe n’aurait guère pu offrir aussi rapidement cet accompagnement spécialisé dans la construction sans obstacles.
Douche/ WC buanderie
Séjour
Chambre
Salle de bain
Salle de bain
WC
Véranda
WC
Cuisine
Couloir
Cuisine
Séjour
Entrée
Séjour
Véranda
Cuisine
Séjour
Couloir
Entrée
Cuisine
Séjour
Appartement 1 Appartement 2
Rez-de-chaussée avant travaux
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Rez-de-chaussée après travaux
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CULTURE ET LOISIRS
ASSISTANCE SHOPPING
La fièvre acheteuse
Fabienne Thali, conseillère en image, en couleurs et en style, aide ses clients à créer leur propre look. Mirjam Gasser, «shoppeuse» en fauteuil roulant, la consulte régulièrement. Gabi Bucher
Fabienne, véritable reine du shopping, était très sollicitée par ses amis qui adoraient faire les magasins avec elle, car elle avait l’œil pour dénicher tout ce qui leur allait. «Tu as le chic pour ça, tu devrais en tirer profit», lui disaient-ils. Or comment 22
faire pour «en tirer profit»? «Une formation pour le shopping? Je n’imaginais pas qu’une telle chose puisse exister», dit-elle en riant. Elle s’est renseignée et a découvert qu’il existait effectivement une formation pour le conseil en couleurs et en style. Son
poste d’alors, à mi-temps chez Sport suisse en fauteuil roulant à l’ASP, lui permettait de suivre ses études en parallèle. Après avoir d’abord proposé ses conseils à domicile, elle a trouvé un local dans la petite ville de Sursee, où elle a poursuivi ses activités. Paracontact I Automne 2020
Le shopping en fauteuil roulant Mirjam aussi aime s’acheter des vêtements, mais ce n’est pas si facile pour une personne en fauteuil roulant. «J’ai beaucoup de mal toute seule. Même si je suis assez autonome, certaines choses restent difficiles.» Comme essayer un pantalon, parfois dans une cabine trop étroite. Elle n’ose pas demander de l’aide aux vendeuses, préférant emporter les habits pour les essayer chez elle, quitte à les ramener au magasin. «J’ai bien essayé de commander en ligne, mais malheureusement cela ne m’allait pas.» Dans ces conditions, le shopping n’est vraiment pas une détente. Le centre commercial d’Emmen Dès le départ, Fabienne voulait que ses clients puissent essayer les vêtements directement dans les magasins. «Il n’y a que comme cela qu’on peut se rendre compte des couleurs, dans le catalogue cela n’est souvent pas le cas, tout est complètement différent à la lumière du jour.»
Après avoir quitté son travail à l’ASP, Fabienne a été approchée par le centre commercial d’Emmen qui lui a demandé si elle voulait dispenser ses conseils sur place. Elle a sauté sur l’occasion: «C’était exactement ce que je voulais faire.» Depuis six ans, elle conseille ses clients sur les couleurs et le style, et les accompagne, s’ils le désirent, lorsqu’ils font leurs emplettes. «Mes clients ont la possibilité d’essayer et de comparer leurs vêtements dans plusieurs enseignes différentes.» Faire des achats ensemble Mirjam connaissait Fabienne pour avoir fait du monoski-bob avec l’ASP, et les retrouvailles ont été un pur bonheur. Avec Fabienne à ses côtés, elle a pu allier «l’utile» à «l’agréable». Les deux femmes se sont retrouvées une première fois pour faire du shopping ensemble, et il était clair que ce ne serait sûrement pas la dernière. «Avec Fabienne, je me sens parfaitement à l’aise. Elle se met à mon niveau, connaît son affaire et sait à quoi je dois faire attention quand j’achète des fringues. Car outre les couleurs et le style, elle a aussi une grande expérience des tenues pratiques et confortables pour les personnes en fauteuil roulant.» Paracontact I Automne 2020
Conseil personnel pour que le shopping soit un plaisir
Conseil pour les personnes en fauteuil roulant Indépendamment de cette première expérience avec Mirjam, Fabienne avait rapidement compris qu’elle voulait également offrir ses services aux personnes en fauteuil roulant. Elle tient à leur faire prendre conscience de la manière dont on peut mettre en valeur sa propre personnalité par des choix vestimentaires et jouir d’une bonne estime de soi. «C’est merveilleux quand ils se voient dans le miroir et se disent, waouh, qu’est-ce que j’ai fière allure!». Le style doit être authentique et adapté à la personnalité, et surtout, il doit faire en sorte qu’on regarde la personne en face sans être distrait par ses vêtements. Il y a ainsi quelques conseils simples à suivre, par exemple que les habits portés en bas soient dans des teintes plutôt sombres, les nuances devant s’éclaircir en allant vers le haut. «Cela allonge la silhouette, ce qui est important quand on est assis.» Les gros motifs sont à éviter car ils ont tendance à tasser. Entre de bonnes mains Mirjam adore le shopping avec Fabienne. «Elle sait mieux que quiconque ce qui me va en termes de couleur, de style et de coupe.» Fabienne réfléchit à l’avance à leur sortie et cible ensuite sans hésiter les magasins où elle trouvera des vêtements appropriés. «Mais cela ne veut pas dire qu’elle me traite avec condescendance. Elle prend mon avis et mes goûts très au sérieux.» Mirjam a toutefois déjà acheté des vêtements qu’elle n’aurait jamais essayés d’ellemême, «et je les porte!», précise-t-elle. En outre, Fabienne est habituée à offrir certaines formes d’assistance. «Elle sait comment apporter son aide quand on en a besoin et on le désire, et elle sent aussi quand on ne le souhaite pas.»
Une équipe bien rodée Aujourd’hui, elles sont à nouveau de sortie. Fabienne se dirige droit vers une table avec des tee-shirts de couleur. «Non, laisse tomber, je sais ce que tu veux m’apporter, ça ne va pas me plaire!», lui crie Mirjam. Fabienne revient en riant. «Je sais que tu n’aimes pas ce jaune, mais il t’irait super bien, alors je retente le coup de temps en temps.» Mais il est clair que cela ne suffit pas si la couleur est parfaite mais qu’elle ne plaît pas à la cliente, reconnaît Fabienne.
Elles forment une bonne équipe et sont devenues si complices qu’elles peuvent rire aux éclats quand enfiler un vêtement dans une cabine exiguë devient mission impossible. «Avec elle, le shopping est une vraie détente», déclare Mirjam, ravie, en se dirigeant vers la caisse pour payer les articles choisis.
NOUVELLE OFFRE DE COURS Atelier «Couleurs et style» Mettez votre personnalité en valeur. Fabienne Thali vous donne des conseils pour jouer avec les couleurs, les motifs et les coupes, et vous explique comment bien assortir vêtements et accessoires. Piochez des idées pour avoir la garde-robe idéale. Date 24.3.2021 Heure 19 h 00 –21 h 00 Lieu du cours Hôtel Sempachersee, Nottwil Responsable www.fabiennethali.ch Coûts CHF 60.– Inscription www.spv.ch
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Sondage intermittent.
1. Hakansson et al. Urol Nurs 2015;35:239-47. 2. Koeter et al. Abstract 806, ICS 2016. WELLSPECT ne renonce à aucun de ses droits en n’utilisant pas les symboles ® ou ™.
#LibertéDeMouvement
#LibertéDeMouvement et ses anecdotes sur : paraplegie.ch/stories
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Paracontact I Automne 2020
CULTURE ET LOISIRS
LE MARCHÉ DES ARTISANS
Tradition oblige! TUYAU CULTUREL D’ALEX
LOOK & ROLL La Suisse possède un petit festival de courts métrages de qualité, unique au monde: le LOOK & ROLL. Fondé en 2006 à l’initiative de Gerhard Protschka et de Procap, il a lieu tous les deux ans à Bâle et présente des films sur la vie avec des restrictions, des déficiences, des handicaps. Depuis 14 ans, LOOK & ROLL dresse un état des lieux: avec parfois un réalisme impitoyable, parfois une outrance satirique ou un embellissement romantique, mais toujours dans le but de prendre les personnes handicapées au sérieux et de révéler leur situation dans la société. Tous les films sont remaniés pour être adaptés aux personnes handicapées. Des sous-titrages spéciaux sont ajoutés pour les sourds et les malentendants et, en plus des dialogues, ils contiennent des explications importantes pour suivre l’histoire. Une description audio est fournie aux aveugles et aux malvoyants afin de dépeindre l’action et d’expliquer ce qui se passe entre les dialogues. Je vous donne donc rendez-vous au prochain festival, du 17 au 20 septembre 2020, à la Kaserne Basel. www.lookandroll.ch
Cette année, le marché des artisans se déroulera pour la première fois sous une nouvelle forme et remplacera le marché traditionnel de Noël. Mais seul le nom change, car l’offre comprendra comme toujours divers articles d’artisanat et des délices culinaires. Le marché aura lieu les 7 et 8 novembre 2020 dans le hall d’accueil du CSP à Nottwil. Venez y faire un tour et en prendre plein la vue!
GROUPE DE DANSE ROCSO
RENCONTRE PHOTOS
Photos du balcon Eh oui, elle aura bien lieu! Le 8 novembre 2020, nous vous accueillerons à notre fameuse «rencontre photos» en vue de l’année de voyage 2021. Avec au programme, un brunch au restaurant Vivace à Nottwil. Cette année, comme chacun sait, tout est un peu différent: nous ne pourrons ni nous remémorer les vacances ASP 2020, ni admirer les photos qui les accompagnent. Néanmoins, nous aimerions faire une rétrospective de «l’année confinée».
Let’s dance Le groupe de danse du Rollstuhlclub Solothurn se réunira pour danser dès le 27 octobre 2020. Nous nous réjouissons d’accueillir de nouveaux danseurs en fauteuil. Les piétons qui aiment danser sont aussi toujours les bienvenus. Les 27 octobre, 3 novembre, 10 novembre, 24 novembre, 1er décembre 2020, tous les mardis de 11 h 00 à 13 h 00 dans la salle de sport 2 du Centre suisse des paraplégiques à Nottwil. Contact Fritz Lüthi, Tél. 062 216 05 65 portable 079 618 30 31 fritz.luethi@gmx.ch, www.rocso.ch
Veuillez nous envoyer un cliché de votre séjour à la maison au temps du coronavirus. Nous en ferons une présentation et notre événement retrouvera toutes ses lettres de noblesse. Conseil Après la rencontre photos, allez faire un tour sur le marché des artisans au CSP.
Inscription/adresse Envoyez les «photos de votre chez-vous» à kf@spv.ch. Vous souhaitez exposer au marché des artisans ou vous inscrire pour la rencontre photos? www.spv.ch
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CULTURE ET LOISIRS
DESTINATIONS 2021 Vacances actives pour tous les membres Semaine de ski à Arosa 14–19.3.2021 Semaine de ski à Zinal 29.3–2.4.2021 Interlaken Bon plan estival 17–24.7.2021 Voyages urbains pour tous les membres Valence Göteborg Madrid
PARAVACANCES
Enfin les vacances! Ensemble, faisons de 2021 une année inoubliable. Car quoi de mieux que de partir en vacances tous ensemble après une longue période de restrictions? Antonia Tanner La joie de faire ses valises, la nervosité avant le grand départ et la sensation de bien-être qui vous envahit dès le premier cocktail – nous voulons revivre tout cela! Après une année comme celle-ci, l’envie de voyager est plus forte que jamais. Découvrez nos destinations pour 2021: longtemps absentes, les vacances balnéaires pour tous les membres sur la très prisée Costa del Sol sont à nouveau au programme. Et si vous avez
toujours eu envie d’aller en Sardaigne ou de visiter le Grand Nord en plein été, vous pourrez réaliser votre rêve avec nous! Tous les voyages peuvent être réservés en ligne dès le 9 novembre 2020 après la «rencontre photos». Vous trouverez des informations sur cette rencontre, un peu particulière cette année, en page 25 de ce numéro. Inscription «Rencontre photos» spv.ch/manifestations
10–17.4.2021 19–26.6.2021 25.9–2.10.2021
Voyages urbains pour les membres tétraplégiques Francfort Milan
21–28.8.2021 2–9.10.2021
Vacances balnéaires pour tous les membres Costa del Sol
16–23.10.2021
Vacances balnéaires pour les membres tétraplégiques Ténériffe (dép. Genève) 24.4–1.5.2021 Grado 4–11.9.2021 Lanzarote 17–24.10.2021 Voyages régionaux pour tous les membres Sardaigne
4–11.9.2021
Voyages régionaux pour les membres tétraplégiques La Toscane Le Tyrol du Sud L’Algarve La Carinthie Semaine spéciale L’Allgäu*
15–22.5.2021 29.5–5.6.2021 12–19.6.2021 18–25.9.2021 26.6–3.7.2021
Voyages pour tous les membres sur liste d’attente Circuit en Thaïlande 14–27.11.2021 Voyages régionaux Voyage en Écosse 1 7–14.8.2021 Voyage en Écosse 2 14–21.8.2021 * Inscription avec une personne soignante fixe
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Paracontact I Automne 2020
CULTURE ET LOISIRS
Le bon air des vacances VACANCES ACTIVES
VOYAGE EN ALGARVE
VACANCES BALNÉAIRES À TÉNÉRIFFE
Pour tous les membres
Pour les membres tétraplégiques
Pour les membres tétraplégiques
Le plaisir et la sécurité sont les deux grandes priorités pendant les semaines de ski de l’ASP. Des moniteurs de ski professionnels vous accompagnent et vous aident à améliorer vos virages – sans leçons, mais avec des conseils et des astuces.
Vous aimez la mer? Elle est omniprésente dans le sud du Portugal: dans l’identité de ses habitants, dans la cuisine locale et dans l’histoire de la région.
Profitez de vos vacances sans long trajet jusqu’à l’aéroport et avec une responsable des soins francophone. Nous prendrons l’avion directement à Genève pour l’île du printemps éternel. Cette semaine a été spécialement conçue pour nos membres Romands, mais elle est bien sûr ouverte aux francophones de toute la Suisse.
Arosa Avec plus de 225 kilomètres de pistes, le domaine skiable d’Arosa-Lenzerheide est un vrai paradis hivernal.
Profitez de la mer non seulement sur le plan culinaire, mais aussi pour vous détendre sur l’une des plages de sable paradisiaques et découvrir les fascinantes grottes marines de Benagil lors d’un tour en bateau.
Date 14–19.3.2021 Coûts à partir de CHF 1340.– Voyage individuel Inclus 5 nuits en CD avec demi pension et forfait de ski Inscription dès le 9 novembre 2020
Dès le mois de février, la température de l’eau est un délice sur la côte sud. Les amateurs de baignade apprécient le climat doux et ensoleillé qui y règne toute l’année. Pour profiter des flots en toute tranquillité, une digue protège des impétuosités de l’Atlantique. Vous passerez la semaine à la «Playa de las Américas». Après des journées de farniente sur la plage, vous ne vous ennuierez pas non plus le soir. Avec ses jolis bars et restaurants, la Playa vous offrira le top du top en termes de divertissement et de gastronomie.
Zinal La station de sports d’hiver de Zinal se trouve tout au fond du Val d’Anniviers et vous promet à la fois les joies de la neige et les plaisirs de la glisse. Date 29.3–2.4.2021 Coûts à partir de CHF 1140.– Voyage individuel Inclus 4 nuits en CD avec demipension et forfait de ski Inscription dès le 9 novembre 2020 Paracontact I Automne 2020
À Portimão et Loulé, le rythme est plus trépidant, mais l’ambiance y est quand même très détendue. Dans les vieilles villes pittoresques, la magie orientale se mêle à l’héritage traditionnel portugais. Ce qui ressemble à un palais des 1001 nuits n’est autre que le marché couvert de Loulé. Si vous êtes en quête d’un souvenir, vous trouverez votre bonheur sur les stands qui regorgent d’objets artisanaux et de spécialités locales. Date 12–19.6.2021 Coûts fixés après la rencontre photos 2020 Inclus vol direct depuis Zurich, 7 nuits en chambre à deux lits avec demi-pension, excursions et transferts Inscription dès le 9 novembre 2020
Vol depuis Genève
Date 24.4–1.5.2021 Coûts fixés après la rencontre photos 2020 Inclus vol direct depuis Genève, 7 nuits en chambre double avec demi-pension Inscription dès le 9 novembre 2020 27
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CULTURE ET LOISIRS
AGENCE DE VOYAGES
Voyager à l’ère du virus Si les choses étaient difficiles à évaluer au début, il est vite devenu évident que la situation était grave. L’ASP a donc logiquement annulé tous ses voyages pour 2020. Or il est toujours impossible de prévoir avec certitude ce qui nous attend en 2021. Tanja Müller et Antonia Tanner
L’année 2020 a déçu de nombreux amateurs de voyages et l’ASP n’a pas été en mesure d’offrir aux proches le soulagement dont ils avaient tant besoin. Néanmoins, nos clients se sont montrés très compréhensifs, car le coronavirus a régi la vie de tout un chacun ces derniers mois. Qu’est-ce qui nous attend? La pandémie a durement frappé l’industrie du voyage: presque tous les jours, il est question de suppressions d’emplois et de fermetures de filiales; les mesures de sécurité sont accrues, les vols reportés et les réservations compliquées. Nous aimerions vraiment pouvoir vous garantir que nos voyages pourront se dérouler sans problèmes et sans restrictions en 2021. Mais la réponse à la question posée ci-dessus est simple: nous ignorons ce que l’avenir nous réserve.
Néanmoins, la prochaine année de voyage est imminente et nos spécialistes des voyages sont en train de planifier les destinations, même s’il subsiste encore des inParacontact I Automne 2020
certitudes en raison de la crise: l’hôtel qui nous intéressait existera-t-il encore dans un an? Pouvons-nous réserver tous les vols nécessaires? Quelles seront les dispositions d’entrée à l’étranger l’an prochain? Une chose est sûre, il nous faudra une bonne dose de confiance et de flexibilité pour aborder l’année 2021. Voyager dans les environs Pour pouvoir organiser un voyage en groupe, il faut clarifier de nombreux points à l’avance. Par conséquent, l’agence de l’ASP est tenue de planifier ses voyages relativement à long terme. Il est impossible de partir à l’étranger à la dernière minute.
Comme le Covid-19 nous oblige à nous adapter sans cesse, la direction de l’ASP a décidé de miser sur une variante que nous espérons plus sûre: aucun voyage hors de l’Europe ne sera proposé au premier semestre 2021. Des destinations telles que Tel Aviv, qui étaient déjà à l’étude, ont été
écartées. Nous avons en outre décidé d’inclure à nouveau dans notre programme certains voyages proposés en 2020, comme Madrid, Milan ou le Tyrol du Sud. Listes d’attente pour 2021 Les deux voyages régionaux en Écosse et le circuit en Thaïlande constituent des cas particuliers. Complets en 2020, puis annulés en raison des circonstances exceptionnelles, nous organiserons ces voyages en 2021. Comme nous avons donné la priorité aux participants qui s’étaient inscrits pour 2020, les trois voyages sont déjà complets. Nous tenons des listes d’attente pour les personnes intéressées – peut-être y aura-t-il une chance à saisir? L’espoir fait vivre Même si la réalisation de nos voyages dépend de nombreux facteurs non influençables, nous sommes néanmoins optimistes quant à la possibilité de passer des vacances reposantes et riches en événements en 2021 avec vous, chers clients.
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CULTURE ET LOISIRS
leau de massage. «Et cette vache-là …», dit-il en montrant une figurine superbement exécutée, «je l’ai fabriquée après être allé au Säntis. J’y ai vu des petites vaches en bois reliées par un bout de ficelle.» Cela l’a fasciné et, une fois chez lui, il s’est mis à bricoler et à expérimenter, «et c’est de là qu’est née cette vache.» Au fil du temps, un taureau et un veau sont venus s’y ajouter. Il modifie, teste, améliore sans cesse. «Cela produit des déchets, mais dans la mesure du possible, j’essaie de ne rien jeter. Avec les restes, je fabrique des petits animaux, des articles décoratifs, des petites crèches ou des porte-clés.» Et il les distribue aux enfants sur le marché.
LE PASSE-TEMPS IDÉAL
Teckel et Cie La retraite a enfin donné à Sepp Pörnbacher le temps nécessaire pour se consacrer à son dada: fabriquer des jouets en bois. Gabi Bucher
Ses animaux de bois, ses tracteurs et ses puzzles sont devenus légendaires sur le marché de Noël de l’ASP. Sepp Pörnbacher, qui dès le départ n’a manqué aucune édition, a toujours rencontré un vif succès avec ses créations en bois. «Tout gamin déjà, j’aimais travailler le bois», raconte-t-il, «et j’ai toujours été bricoleur. Dans mon quartier, je réparais tout ce qu’il y avait à réparer.» Il a désormais le temps de faire ce dont il a toujours rêvé. Inspiré par le Säntis «Autrefois, je passais beaucoup de mon temps libre à faire du deltaplane. C’était ma grande passion», confie Sepp. Et puis, l’accident est survenu il y a 37 ans. «Si je ne m’étais pas retrouvé en fauteuil, je n’aurais 30
jamais pris le temps de me mettre à travailler le bois.» Maintenant, avec son atelier de bricolage, sa scie à ruban, sa perceuse et la scie à chantourner qu’on lui a offerte pour ses 50 ans, il est parfaitement équipé. «La pièce est petite, mais si elle était plus grande, il y aurait encore plus de place pour la poussière», dit-il en riant. C’est ainsi qu’il passe de nombreuses heures en hiver et par temps de pluie à confectionner ses mag nifiques jouets à tirer, ses tracteurs, ses décorations de Noël et ses puzzles. «Les idées? Elles me viennent souvent la nuit quand je ne peux pas dormir», explique-t-il. «Ou les clients me font des suggestions. L’an dernier au marché de Noël, on m’a demandé un gratte-dos: cette année, il y en aura un.» Il a aussi repris l’idée d’un rou-
La passion du bois Sepp travaille avec toutes sortes de bois. «Jadis, c’était plus facile de s’approvisionner en bois. Je connaissais un menuisier qui me donnait toujours ses ‹déchets›.» Malheureusement, il est décédé. De temps à autre, des amis qui taillent des arbres dans leur jardin pensent à lui. Cèdre, érable, frêne clair, hêtre, orme, cerisier: tout bois est bon à prendre. «C’est fascinant quand je découpe un rondin et qu’un beau veinage apparaît», s’extasie Sepp en caressant avec amour les roues de son canard. Teckel, sauterelle et canard S’il vend une partie de ses articles en ligne, à des connaissances et à des amis, il écoule la plupart de sa marchandise sur le marché de Noël du CSP, désormais remplacé par le marché des artisans les 7 et 8 novembre 2020. Sepp a une clientèle fidèle. «J’apprécie énormément de pouvoir exercer cette activité comme passe-temps. Je n’ai pratiquement aucun frais.» Les te ckels, «j’en ai probablement fabriqués entre 30 et 40», les sauterelles et les canards sont ses best-sellers. Et si un enfant passe devant son stand, il lui propose de piocher un ou deux petits animaux en bois dans une boîte. Les yeux des petits s’illuminent, tout comme ceux des grands. «Cela me rend heureux de voir que mes créations plaisent à d’autres», déclare Sepp avec satis faction. Informations et offre www.holz-kreationen.ch Paracontact I Automne 2020
CULTURE ET LOISIRS
UNE EXCURSION POUR TOUTE LA FAMILLE
Pour petits et grands – naturellement – Naturama Faites un voyage dans le temps tout en découvrant la nature: au Naturama d’Aarau, vous pourrez remonter à l’ère des dinosaures, caresser les poils hirsutes d’un bébé mammouth et vous prendre pour un scarabée. Ce musée divertira toute la famille. Antonia Tanner
Saviez-vous que les dinosaures vivaient en Argovie, qu’il y avait une mer tropicale avec un récif corallien et que de nos jours, les forêts les plus productives d’Europe sont argoviennes? Eh bien vous l’apprendrez, ainsi que bien d’autres choses encore, de manière interactive et ludique, tout en pratiquant l’allemand dans l’un des musées les plus modernes de Suisse.
turel, les enfants peuvent jouer aux petits scientifiques. Après avoir examiné les araignées et les coléoptères au microscope, immergez-vous dans le monde olfactif. Envie de jeter un coup d’œil sur l’avenir? À l’étage supérieur de l’exposition, des films interactifs, des jeux et des stations audio expliquent des choses intéressantes sur notre environnement en constante évolution.
Animaux (préhistoriques) à toucher L’exposition «Lebensraum Aargau» retrace de manière impressionnante comment la nature et ses écosystèmes ont évolué en Argovie. Au sous-sol, plongez dans le passé et revivez les époques, des dinosaures aux mammouths. Le bébé mammouth fera à coup sûr le bonheur de vos enfants, qui pourront même en caresser l’épaisse fourrure. Outre cet éléphant de la période glaciaire, de nombreux autres animaux ont été reconstitués et n’attendent que vos chatouilles. Le musée abrite aussi l’un des rares spécimens existants d’un Grand Pingouin. Cet oiseau de mer incapable de voler fut exterminé en 1844 et représente un témoignage impressionnant de l’influence majeure de l’homme sur les écosystèmes.
De l’art et des délices L’exposition spéciale «Heisse Zeiten – Kli maportraits» est ouverte jusqu’en mars 2021. Deux photographes ont créé 22 portraits grand format de personnes et ont documenté la manière dont elles sont affectées par le changement climatique.
Tout est également prévu pour votre bienêtre. Au très convivial «Café Friedrich», des boissons chaudes et froides, ainsi que des pâtisseries et des snacks sont proposés aux heures d’ouverture du musée.
NATURAMA À AARAU Le musée est accessible en fauteuil roulant. Deux places de parking et des toilettes réservées aux handicapés sont disponibles. www.naturama.ch Entrée gratuite avec la «Carte Étoile filante» Naturama est une institution partenaire de la Fondation Étoile filante et de ses «Loisirs Étoile filante». Cette offre permet aux familles qui ont des enfants et des adolescents vivant avec une maladie, un handicap ou les séquelles graves d’un accident d’entrer gratuitement dans diverses installations de loisirs. Pour savoir où demander une carte et en connaître les conditions détaillées, rendez-vous sur: www.etoilefilante.ch
Aujourd’hui et demain Explorez les habitats actuels. Au rez-dechaussée, place aux animaux: partez sur les traces des castors et observez les souris naines, les grenouilles et les poissons vivants. Si vous voulez savoir ce que cela fait de vivre comme un scarabée dans un pré, tentez l’expérience! Dans le laboratoire naParacontact I Automne 2020
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Unité d'articulation C-Brace®
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Application Cockpit
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De nouvelles voies en matière d'orthèses Marche recalculée Comment est-il possible que des personnes présentant des symptômes de paralysie des jambes jusqu'à une paraplégie incomplète puissent à nouveau marcher en effectuant des mouvements fluides ? La phase de balancement et de posture contrôlée par ordinateur est la réponse – la marche est contrôlée par l'orthèse. Le système de capteurs dans l'articulation du genou de l'orthèse enregistre 100 fois par seconde les mouvements que vous effectuez actuellement. Le C-Brace® réagit à chaque situation à la vitesse de l'éclair, en temps réel. En savoir plus : www.ottobock.ch/fr/cbrace
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CULTURE ET LOISIRS
UNE EXCURSION PARFAITE
À la découverte de Schaffhouse En évoquant Schaffhouse, la plupart des gens pensent d’abord aux chutes du Rhin. Ce petit canton situé à la frontière avec l’Allemagne a pourtant bien plus à offrir. Heidi Surbeck et Beat Kistler du CFR Winterthur/Schaffhausen nous dévoilent leurs attractions phares. Nadja Venetz
Les chutes du Rhin restent un incontournable. Plusieurs places de stationnement pour handicapés se trouvent à proximité du bassin des chutes du Rhin. «Nous n’utilisons jamais ces places», explique Beat Kistler. «S’il y a beaucoup de visiteurs, il faut se frayer un chemin à travers la foule. Nous préférons nous garer sur le site SIG à Neuhausen. Il y a toujours de la place.» Avant de visiter l’attraction touristique n° 1 de Schaffhouse, nous faisons un détour par le monde miniature de Smilestone. La Suisse en miniature Sur 250 m2, les visiteurs découvrent les curiosités de la Suisse en format de poche. On peut d’ailleurs déjà y contempler la ville de Schaffhouse. L’exposition se situe dans la gare même de «Neuhausen Rheinfall». De là, deux ascenseurs nous emmènent au bassin des chutes du Rhin. Nous admirons les masses d’eau rugissantes tout en flânant le long de la rive. Si l’on veut voir les chutes d’eau d’encore plus près, il faut prendre un bateau. Le débarcadère est équipé d’un élévateur de fauteuil roulant. Toutefois, seuls les bateaux de la ligne bleue sont accessibles en fauteuil roulant. «Les chutes du Rhin sont particulièrement belles lorsqu’elles sont éclairées», confient nos deux experts. Le 31 juillet, les feux d’artifice pour la fête nationale sont aussi très impressionnants. Mais ils ont été annulés en 2020 à cause du coronavirus. Une magnifique vieille ville On peut aussi longer le Rhin jusqu’à Schaffhouse en fauteuil roulant sur la promenade. «C’est vraiment une belle balade Paracontact I Automne 2020
au bord de l’eau et, en 30 à 45 minutes environ, on rejoint la ville», précise Heidi Surbeck. Schaffhouse séduit par son joli centre historique. Par égard pour les personnes en fauteuil roulant, la ville a remplacé les pavés des rues piétonnes par de larges dalles sur une bande d’environ 1,5 m de large. Dommage que certains com merçants en profitent pour y installer leurs écriteaux. Dans la zone sans voiture, nous flânons dans les ruelles et nous émerveillons devant les maisons de la vieille ville aux peintures artistiques et devant les 171 encorbellements. Beat Kistler fait un saut à la confiserie Reber et revient avec des langues de Schaffhouse: «Notre spécialité locale.» Ce biscuit aux noisettes fond dans la bouche et colle aux dents. Au café «El Bertin», on trouve les meilleures glaces de la ville. «Le soir, nous aimons aller au ‹Kammgarn›. L’ambiance y est très décontractée; tout le monde se tutoie», raconte Beat Kistler. L’établissement est aussi un lieu de concert et propose un large éventail d’événements. Historique L’art et la culture sont à l’honneur au Musée Allerheiligen, situé dans l’ancien monastère bénédictin. L’entrée, qui se fait par le cloître, est déjà toute une expérience. Ce centre d’exposition, qui est l’un des musées les plus diversifiés de Suisse, réunit sous un même toit l’art, l’archéologie, l’histoire et la nature. Le Munot, la forteresse du XVIe siècle, est l’emblème de la ville. Le chemin zigzague jusqu’en haut de la colline. «Il faut beaucoup de force dans
Chutes du Rhin à Neuhausen
les bras ou un bon appareil de traction pour y monter en fauteuil roulant», prévient Heidi Surbeck. Sport ou confort De nombreuses pistes cyclables traversent le canton. Selon ses ambitions sportives, on peut partir en handbike jusqu’au lac de Constance et en faire le tour. Si on préfère y aller en douceur, il est préférable de choisir le bateau. Le trajet de Schaffhouse à Stein am Rhein est particulièrement beau. Cette charmante bourgade vaut largement le détour, affirment Heidi Surbeck et Beat Kistler. Le château de Hohenklingen, qui surplombe le village, abrite un excellent restaurant avec une vue splendide. «C’est plutôt du haut de gamme, mais il faut bien se faire plaisir de temps en temps», déclare Beat Kistler. L’auberge de jeunesse à Stein am Rhein est moins chère. Toutes les catégories de chambres existent aussi en version sans obstacles. Informations Nous avons rassemblé pour vous tous les conseils, les liens et une proposition de programme: spv.ch/parasuisse 33
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
UNE CURIOSITÉ SANS LIMITES
La soif de performance
Walter Eberle explore ses limites sportives depuis des années et s’étonne toujours des résultats et des performances qu’il parvient à atteindre. Gabi Bucher
Né en 1962, Walter Eberle a grandi dans une ferme. Incapable de tenir en place, il partait souvent en VTT ou en randonnée. Lorsqu’il vit son premier parapente, il se dit que ce serait la solution idéale pour éviter de se coltiner les descentes. Le parapente devint sa passion – et la main du destin. Lors d’un vol, il se trouva pris dans un courant descendant. L’atterrissage d’urgence à flanc de coteau fut trop brutal. Il se fractura une vertèbre et un fragment d’os endommagea sa moelle épinière. «J’ai tout de suite su ce qu’il en était.» Un couple de promeneurs passait en amont au
même moment. Il gesticula, appela et ils lui firent signe en retour. «J’ai dû hurler pour leur expliquer que je ne voulais pas juste les saluer.» Quand toute la volonté du monde ne suffit pas S’ensuivirent une opération d’urgence à l’hôpital de Coire et quatre mois de rééducation à Balgrist. Comme il s’agissait d’une paraplégie incomplète, Walter espérait rentrer chez lui sur ses jambes grâce à une pensée positive et à une volonté de fer. «Il m’a fallu un certain temps pour saisir que
Inséparables: Une équipe qui gagne – Walti et son handbike
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cela ne se ferait pas», raconte-t-il. Heureusement, son employeur au Liechtenstein lui proposa un poste de bureau, «ce qui réglait déjà la question de mon emploi. Le retour à la vie ‹normale› fut plus difficile que je ne l’imaginais. J’ai eu besoin de temps pour retrouver mes repères.» Un «triathlon» pas tout à fait ordinaire Homme d’action, Walter avait besoin de relever des défis même en fauteuil roulant. «J’ai testé presque tous les sports», confiet-il. Dont le handbike, mais après dix minutes, il décréta que ce n’était pas pour lui. «Mes bras ont bien failli se détacher», se souvient-il. Le handbike est toutefois devenu un engin de sport avec lequel il est pratiquement entré en symbiose. «Après dix ans de sport de compétition dans l’équipe nationale, j’ai eu envie de quelque chose de nouveau.» Les longues distances l’attiraient, comme les gigathlons et les marathons à vélo, où un premier travail d’intégration était souvent indispensable. Il rêvait de triathlon. Puis certains cyclistes de sa région se mirent à s’entraîner pour le «Swissultra», une compétition d’ultra- triathlon. Intéressé, il se renseigna sur les conditions: un quintuple Ironman avec 3,8 km de natation, 180 km de cyclisme, 42,3 km de course à pied pendant cinq jours d’affilée. «Ce n’était pas forcément une longue distance», dit-il en souriant, «mais pourquoi ne pas essayer? Tout se passait pratiquement devant chez moi. L’organisateur a adapté l’itinéraire pour que je puisse l’effectuer en fauteuil roulant de course, alors je me suis inscrit.» Toutefois, au cours de l’entraînement de natation, il se rendit compte qu’il avait un peu présumé de ses forces. Lors de sa première Paracontact I Automne 2020
sortie en combinaison néoprène, il fut totalement épuisé au bout de 50 mètres. «La position dans l’eau était complètement différente, mes jambes étaient bien trop hautes, j’ai paniqué.» Or grâce à un coach en natation, des poids et des coussins d’air fixés à sa combinaison, il réussit finalement à parcourir la distance de 3,8 km dans la limite des deux heures imparties. En handbike, il savait de quoi il était capable car il avait déjà participé à des courses longue distance en Scandinavie. Le fauteuil roulant de course, en revanche, était un mal nécessaire. «Une position inconfortable, je m’y sentais comme dans une coquille de noix.» Une histoire de ouf Walter s’était fixé comme objectif de tenir au moins une journée, le reste ne serait que du bonus. Il avait engagé ses soignants pour trois jours. Il prit donc le départ, comme seul et unique sportif en fauteuil roulant. Il ignorait comment son corps allait réagir, comment cela aller se passer, notamment pour le cathétérisme. Mais cela fonctionna. Même s’il fermait à peine l’œil de la nuit, les journées s’enchaînaient. Il dut prendre de nouveaux soignants pour les deux derniers jours. «Le quatrième jour, j’étais tellement épuisé que je faillis m’endormir en nageant.» Le cinquième jour, après une bonne nuit de sommeil, tout allait mieux. «Aujourd’hui encore, je n’arrive pas à croire comment j’ai fait», dit-il, «une histoire de ouf!»
L’année suivante, Walter fit le Tortour avec Bert Marti, le tour de Suisse sans s’arrêter, 1000 kilomètres, 13000 mètres d’altitude, 55 heures de route. «Une sorte de relais, 50 kilomètres moi, 50 kilomètres Bert, deux heures de repos dans le «car-dortoir», le véhicule d’accompagnement, pendant que l’autre roulait et ce, deux jours et demi non-stop.» La vitesse avec laquelle le corps se régénère ne finit pas de l’étonner. Repousser les limites, expérimenter les possibilités de son corps, de son endurance, c’est une idée fixe chez Walter. Il n’arrête pas de se demander s’il peut aller encore plus loin. «C’était aussi impressionnant de voir comme mon corps réagissait bien. J’avais pris un rendez-vous préventif avec Paracontact I Automne 2020
Walti adore tester ses limites
ma kinésithérapeute après le Tortour, mais elle m’a dit que mes muscles étaient mous comme du beurre.» Effectuer de longues distances et des mouvements harmonieux à une fréquence cardiaque moyenne a permis de détendre les muscles et de lubrifier les articulations. «Ce corps bien entraîné est une expérience géniale.» Au printemps, un court programme de remise en forme suffit pour le préparer à relever de nouveaux défis. «D’autant que je n’ai plus de problèmes d’épaule depuis», assure-t-il. De cinq à dix L’année dernière, l’organisateur de «Swiss ultra» lui a demandé s’il reviendrait. Mais cette fois-ci, l’épreuve durerait dix jours. «J’en avais en fait terminé avec le triathlon et j’espérais secrètement que mon employeur et mes soignants ne donneraient pas leur accord. Mais ils l’ont fait, et j’étais curieux de voir si je pouvais y arriver.» Il s’était promis de tenir au moins six jours et il s’est accroché. «À partir du septième jour, la pression avait disparu, je pouvais rouler en toute liberté et j’ai senti monter l’euphorie. J’ai atteint un bon rythme de croisière, j’aurais pu mettre un régulateur de vitesse.» Ses supporters l’accompagnaient sur de courtes distances, il appréciait l’atmosphère du matin et du soir, sentait les changements de vent, affrontait les éclairs et le tonnerre. «Et plus ça durait longtemps, plus j’allais vite. Le dixième tour a même été mon plus rapide!» Bien sûr, il y eut aussi les émotions, incroyables, inimaginables. Huit semaines après, il était encore sur un petit nuage. Vraiment impressionnant.
Et c’est ainsi que Walter teste ses limites et élabore des projets. Certains voient le jour, d’autres non. Un projet d’envergure est la conquête des plus hauts cols alpins d’Europe à vélo. «À plus de 2800 m, le défi de l’oxygène vient encore ajouter à la difficulté.» En attendant, il profite des belles journées, fait des excursions à vélo d’une semaine avec son filleul, lors desquelles il transporte fauteuil roulant, tente et bagages sur son handbike. «La Suisse et l’Europe sont tellement belles», s’enthou-
siasme-t-il, «et camper quelque part en été, se rafraîchir dans un lac le soir, c’est merveilleux.» Mais parfois, il est ravi quand il pleut deux ou trois jours. «Car quand il fait beau, il faut que je sorte.» Quand Walter raconte ses performances, ses yeux s’illuminent. Il est fasciné par les «incroyables pouvoirs du corps humain». Mais il garde toujours sa santé à l’esprit. On sent que tout cela lui apporte une profonde satisfaction et on n’a jamais l’impression qu’il veut prouver quelque chose. C’est juste cette curiosité sans limites pour ses capacités presque aussi illimitées. Giro Suisse Le prochain défi de Walter Eberle: www.girosuisse.ch 35
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
KIDS DAY
Un événement familial Vivre une journée de sport en fauteuil roulant avec ses frères et sœurs et ses parents. Rencontrer d’anciens et de nouveaux amis.
GROS PLAN
Quoi de neuf à la CT Handbike? Avec 60 athlètes licenciés, le handbike est l’un des principaux sports en fauteuil roulant de Suisse. En 2004 déjà, les coureurs ont participé pour la première fois aux Jeux Paralympiques d’Athènes. La CT Handbike, qui existe depuis de longues années, contribue de manière importante à la promotion de cette discipline sportive. Actuellement, la CT est composée de Dany Hirs, entraîneur national, et de Barbara Zihlmann, manager du sport. Dany, ancien cycliste professionnel et entraîneur de l’Équipe Continentale de l’UCI, soutient désormais les athlètes pour la quatrième année. Depuis 2020, Barbara endosse provisoirement la fonction de cheffe de la CT. On recherche à présent des renforts: afin de promouvoir durablement la discipline, il nous faut un chef de CT et un représentant des athlètes, qui puissent faire progresser l’orientation stratégique avec l’équipe existante. Gageons que les nouveaux membres ne s’ennuieront pas, car outre les Jeux Paralympiques de 2021, le CM de para-cyclisme est déjà prévu à Zurich pour 2024. 36
Bouger et s’éclater! Les enfants en fauteuil roulant et leurs familles adorent le Kids Camp. Cette année, nous avons dû annuler le Kids Camp pour les raisons que vous
connaissez. Pour la peine, nous organiserons trois Kids Days: le samedi 3 octobre à Tenero, le samedi 7 novembre à Nottwill et le dimanche 8 novembre à Bulle. Tous les enfants âgés de 6 à 16 ans peuvent y participer – avec toute leur famille. Inscrivez-vous maintenant www.spv.ch/sportpourtous
SÉRIE – PETITS RATÉS
Un voyageur distrait Le 5 février 2020. Manuela Schär et moi, l’entraîneur national Beat Fäh, nous embarquons pour Johannesbourg avec tout le matériel pour le camp d’entraînement. Tout se passe pour le mieux.
cherche sa valise. «Manuela, elle est dans ta chambre», affirmai-je. «Non, elle doit être dans la tienne». Oups! Mes yeux s’écarquillent, mon cœur manque un battement – la valise de physio est restée à l’aéroport! Christian m’y accompagne le La valise de physio, que nous avons la gen- lendemain. La valise jaune nous y attend. tillesse d’emporter pour Christian, le phy- «Cela fait 4000 rands», nous annonce la siothérapeute, voyage avec nous. Il arrivera dame au service de l’aéroport. Je sors ma trois jours plus tard avec le reste de la dé- carte de crédit. Elle éclate de rire: «Mais légation. Nous déchargeons le matériel et non, ce service est gratuit en Afrique du nous répartissons les chambres. Christian Sud.» Chez nous, ce serait inconcevable! Paracontact I Automne 2020
NOUS PARENTS
«Chauffeur et technicien»
REPORT D’UN AN POUR LES PARALYMPIQUES
Dernières nouvelles de Tokyo Le Comité d’organisation (TOGOC) travaille d’arrache-pied pour relever les défis de ce report. Il y a quelques jours, il a annoncé que plus de 80% des sites de compétition seraient disponibles. La situation est plus complexe en ce qui concerne l’hébergement des athlètes: le Village n’est pas encore confirmé, même si le TOGOC est confiant. Les négociations sont toujours en cours avec les nouveaux propriétaires qui auraient dû emménager dans quelques
mois. La situation avec les hôtels déjà réservés par les médias, les spectateurs et les équipes est elle aussi encore incertaine. En sport, nous aurions voulu disposer plus rapidement de nouveaux critères de qualification précis. À cause de la crise du coronavirus, il est impossible de fixer des dates de compétition, de sorte que les fédérations internationales ont du mal à s’engager.
COMPÉTITIONS À TITRE À VENIR
Déroulement incertain Elles sont prévues, mais pourront-elles bel et bien avoir lieu? Trois compétitions à titre sont encore au programme du calendrier des compétitions 2020 de Sport suisse en fauteuil roulant. Cynthia Mathez et Karin Suter ont un objectif clair pour les CE de badminton à Dublin (IRL), du 6 au 11 octobre. Elles entendent bien défendre leur titre obtenu en double lors du dernier CE d’il y a deux ans. Toutes deux ont également un potentiel de médailles en simple. La sélection des athlètes aura lieu après la clôture de rédaction de ce numéro. Si cela est possible, des athlètes seront aussi inscrits en double mixte ainsi qu’en simple masculin. Paracontact I Automne 2020
Le temps qu’elle consacre au sport de Fabian s’est fortement réduit, constate Judith Recher. Le handbikeur est autonome, mais la famille reste un trio sportif très uni. Le père, en tant que technicien et chauffeur, et la mère, pour le mental et le ménage. La charge financière s’est nettement allégée grâce au soutien de l’aide sportive et des sponsors privés.
Les CE sont un bon indicateur pour évaluer la préparation aux Jeux Paralympiques 2020 de l’an prochain. Du 31 octobre au 6 novembre 2020, l’équipe suisse de curling participera au championnat du monde B à Lohja, en Finlande, pour remonter en groupe A. Dans la foulée, du 7 au 13 novembre, la fédération internationale y lancera une première mondiale avec le championnat du monde de doubles mixtes. La Suisse mise beaucoup sur cette nouvelle forme attractive de tournoi, composée d’un homme et d’une femme par équipe. Cette discipline doit être incluse dans le programme des compétitions des Jeux Paralympiques de 2026.
Judith n’a jamais regretté le choix de Fabian de devenir un sportif d’élite, car «c’est un poulain de compétition». Elle est cependant soulagée qu’il n’ait pas jeté son dévolu sur le ski qui, encore plus que le handbike, va au bout des limites, voire les dépasse.
LE CHIFFRE
16 030 kilomètres au total pour les participants du Giro Suisse qui traverse la Suisse en 13 étapes. Cela équivaut à la distance entre le Cap Nord et le Cap de Bonne Espérance. 37
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
NUTRITION SPORTIVE
Disposer de l’énergie au bon moment Tel est le défi que doit relever Joëlle Flück dans son travail quotidien avec les athlètes. La Médecine du sport de Nottwil fait à nouveau figure de pionnière. Nicolas Hausammann
Le Centre suisse des paraplégiques est connu dans le monde entier pour son approche globale de la rééducation. Les athlètes en fauteuil roulant bénéficient d’un suivi tout aussi global au Centre national de performance de la Médecine du sport à Nottwil. C’est l’occasion pour Joëlle Flück, experte en nutrition sportive du Swiss Olympic Medical Center, d’apporter un éclairage sur ce sujet. Joëlle, où en est la science en termes de nutrition sportive pour les athlètes atteints de paralysie médullaire? La nutrition sportive et les compléments alimentaires sont des spécialités encore assez récentes. Le sport en fauteuil roulant est aussi trés jeune. Sur une dizaine d’études dans ce domaine, la Médecine du sport de Nottwil en a initiées et menées six ou sept elle-même. Bien que le nombre de cas composant ces études soit relativement peu élevé, nous avons la chance d’avoir un assez bon accès aux athlètes de par notre position centrale et notre étroite coopération avec Sport suisse en fauteuil roulant. Les sportifs se montrent souvent disposés à y participer, ce qui nous permet de mener des études significatives. Quelles sont les principales différences entre les piétons et les athlètes en fauteuil roulant? Chaque sportif est unique et fait donc toujours l’objet d’une analyse et d’un suivi individuels. Chez les athlètes en fauteuil roulant, il est encore plus difficile de généraliser, vu les changements physiques causés par le handicap respectif. L’appareil Paracontact I Automne 2020
locomoteur, les muscles et le contrôle hormonal sont affectés différemment d’un athlète à l’autre, même avec des lésions comparables. En outre, les médicaments et les diagnostics secondaires sont souvent des facteurs annexes qui peuvent aussi jouer un rôle. Le métabolisme de base d’un athlète en fauteuil roulant est toutefois beaucoup plus faible que celui d’un piéton. Les athlètes de haut niveau ne brûlent parfois que 1000 à 1600 calories par jour au repos, et l’énergie dépensée à l’entraînement est moindre. Il est donc essentiel de disposer de l’énergie au bon moment, selon le principe: des glucides avant les entraînements intensifs et des protéines après, le tout à sa juste mesure. De nos jours, être sportif est très en vogue. Quel danger y vois-tu en termes de nutrition sportive? En fait, la tendance qui consiste à faire plus d’exercice est en soi très positive. Elle ne devient négative que si elle tourne à l’obsession et si les compléments alimentaires prennent soudain le pas sur l’entraînement et sur une alimentation équilibrée, voire se substituent à celle-ci. Dans quelle mesure la nutrition sportive optimale contribue-t-elle à la performance d’un athlète? C’est très difficile à quantifier. En principe, je pense qu’il existe un potentiel de réussite encore plus élevé si l’on professionnalise davantage le sport en fauteuil roulant, en augmentant les temps d’entraînement
Joëlle Flück en consultation
et de repos. Mais la nutrition sportive est une pièce importante du puzzle dans l’équation du succès. Quel conseil donnerais-tu à un sportif amateur qui participe à notre Giro Suisse pour réussir une étape? Lors du Giro, le but n’est pas de se rendre le plus rapidement possible d’un point à l’autre. Il n’est donc pas nécessaire de prendre des compléments alimentaires, mais il faut avoir suffisamment d’énergie et boire régulièrement avant, pendant et après l’étape. On pourrait envisager les compléments (tels que les gels) uniquement si, en raison d’intolérances gastro-intestinales, aucun aliment solide comme un fruit ou une barre énergétique ne pouvait être avalé pendant l’effort. Cela vous intéresse? Souhaitez-vous bénéficier d’un conseil individuel? 041 939 66 00 www.sportmedizin-nottwil.ch 39
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
GIRO SUISSE
C’est parti, on mouline! Le 25 août, le Giro Suisse peut enfin débuter. Organisé en l’honneur de l’ASP pour son 40e anniversaire, le Giro Suisse en handbike fait le tour du pays en 13 étapes sur 700 kilomètres et 6500 mètres de dénivelé. Nadja Venetz
Fatal à de nombreux événements sportifs, le coronavirus a aussi bouleversé la préparation du Giro Suisse durant des mois, car personne ne savait s’il pourrait avoir lieu. Ce n’est qu’à la mi-juin que le CO a pris la décision libératrice: le Giro Suisse se tiendra comme prévu, à moins bien sûr que la situation ne l’interdise. Les responsables ont alors élaboré un concept de protection en collaboration avec la Médecine du sport de Nottwil, partenaire médical de la manifestation. Beau panel de participants Au total, 71 participants se sont inscrits. Beaucoup d’entre eux prendront part à plusieurs étapes et trois coureurs, dont l’ancienne médaillée aux Jeux Paralympiques, Pia Schmid, parcourront l’intégralité du tour. «J’adore rouler avec mon E-VTT trac-
«Je peux explorer des lieux et des chemins où je n’irais pas sans le Giro.» tant. Cette fourche électrique me permet d’élargir considérablement mon rayon de déplacement. Le Giro Suisse me donnera l’occasion d’explorer des lieux et des chemins où je ne m’aventurerais pas autrement, car il me serait impossible d’organiser le transfert d’un endroit à l’autre avec mes bagages. Mais je suis tout aussi impatiente d’être en bonne compagnie. M’amuser et profiter de la vie, voilà mon credo», précise Pia Schmid à propos de sa partici40
pation. Différentes personnes l’accompagneront au long des 13 étapes. «J’ai fait l’éloge du Giro Suisse auprès de mes amis, dont la plupart sont très sportifs. Certains d’entre eux ont immédiatement demandé s’ils pouvaient aussi participer. Partager une telle expérience avec des amis la rend naturellement encore plus belle.» Même la jeune Viola Kuster, 12 ans, voulait mouliner derrière son père Martin pendant toute la durée du Giro Suisse. «Nous adorons le vélo et chaque été nous faisons un grand tour le long d’un cours d’eau avec toute la famille. Mais comme Viola reprend l’école à partir du 17 août, nous ne participons au Giro Suisse que pendant un week-end prolongé», explique Martin Kuster. Ils seront sur un tandem. «Viola peut m’aider de ses mains. Avec de l’endurance, elle peut le faire pendant des heures. Mais si elle est fatiguée, elle peut poser ses mains sur ses genoux et laisser son papa pédaler.» En guise d’entraînement pour le Giro Suisse, en juillet, la famille Kuster est partie de Francfort et a rejoint la Suisse en longeant le Main et le Rhin. Pas de classement Ni chronomètre ni compétition, l’idée maîtresse du Giro Suisse n’est autre que le plaisir de bouger et d’être ensemble. Pourtant, le volet technique de l’événement est tout aussi important que lors des grandes courses cyclistes. Orthotec suivra les participants avec son propre véhicule où un mécanicien disposera de tout le matériel pour assurer l’assistance technique. Les
handbikeurs bénéficieront ainsi des mêmes services techniques que l’équipe nationale de handbike. Contribution des clubs 16 clubs en fauteuil roulant ont défini les itinéraires, organisé le programme des soirées, envoyé les invitations et fait la promotion des étapes traversant leur région. Leur remarquable collaboration a permis de mettre sur pied une manifestation inédite, variée et palpitante. Certains clubs ont réussi à combiner leurs propres activités avec «leurs» étapes. C’est le cas à Lausanne, où Françoise Joggi cèdera symboliquement la présidence du CFR de la Côte en remettant le fanion du club à son successeur, Oliviero Iubatti. Ou encore au milieu de l’étape Naters – Sion, où le club RC Oberwallis célèbrera ses 35 ans avec une fête et un concert. Départ à Kriens Le lieu de départ du Giro Suisse est aussi le lieu de naissance de l’ASP, il y a 40 ans. Le 27 avril 1980, Guido A. Zäch fondait l’AsParacontact I Automne 2020
Pia Schmid se réjouit de ces 13 jours de convivialité et d’aventure
sociation suisse des paraplégiques avec les clubs en fauteuil roulant existants. Quatre décennies plus tard, les précurseurs Werner Waldispühl, longtemps secrétaire central, et André Deville, ancien chef du département Sport suisse en fauteuil roulant, salueront les participants et prononceront un discours sur la place de la ville. Laurent Prince, nouveau directeur de l’ASP, souhaitera également aux handbikeurs de vivre de merveilleux moments, avant que ceuxci s’élancent pour rejoindre Uster. Soutien éminent Au cours de leur voyage à travers la Suisse, les participants recevront régulièrement le soutien de personnalités. La conseillère fédérale et ministre des sports Viola Amherd recevra le groupe à Berne. Le conseiller national Matthias Aebischer enfourchera son vélo et parcourra l’étape suivante. Champion paralympique, Christoph Kunz, qui a récemment arrêté le ski de haut niveau, moulinera aussi pour se rendre dans la capitale. Le skieur freestyle grisonnais, Elias Ambühl, accueillera les handbikeurs Paracontact I Automne 2020
à Coire, et l’ancien cycliste professionnel Oliver Zaugg accompagnera le groupe de Personico à Tenero. Enfin, le célèbre athlète en fauteuil roulant Heinz Frei participera aux deux dernières étapes. Arrivée collective Le Giro Suisse se terminera à Nottwil, au CSP. Les participants de toutes les étapes auront la possibilité de rejoindre le groupe à Sursee, cinq kilomètres avant l’arrivée, afin de boucler ensemble la boucle sur les rives du lac de Sempach. L’athlète de haut niveau Marcel Hug les accompagnera et les motivera sur les derniers kilomètres jusqu’à la Sport Arena Nottwil, où le Giro Suisse s’achèvera par un barbecue convivial. Vivre le Giro en ligne Celles et ceux qui n’ont pas la possibilité de participer activement au tour peuvent le suivre en ligne. Ils pourront se rendre sur #GiroSuisse et #SPV40 pour regarder les posts de l’ASP ou ceux des participants sur notre page Facebook et sur Instagram: @ParaplegikerVereinigung.
APERÇU Dates des étapes: 25.8. Kriens – Uster 26.8. Uster – Neuhausen am Rheinfall 27.8. Schaffhouse – Wil 28.8. Haag – Coire 29.9. Personico – Tenero 30.8. Naters – Sion 31.8. Lausanne – Yverdon-les-Bains 1.9. Yverdon-les-Bains – Givisiez 2.9. Givisiez – Berne 3.9. Berne – Neuchâtel 4.9. Delémont – Bâle 5.9. Bâle – Oensingen 6.9. Oensingen – Nottwil Vous pouvez prendre connaissance du programme détaillé de chaque étape sur girosuisse.ch
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
SÉRIE 3/4: ÉCHIQUIER INTERNATIONAL DES FÉDÉRATIONS
Intégration: souhaitée ou subie? Dans tous les domaines de la vie, l’appel à l’intégration prend de l’ampleur – en va-t-il de même dans le paysage fédératif du sport? Nicolas Hausammann
Mot à la mode, «l’intégration» ne gagne pas toujours autant en substance qu’il n’y paraît à première vue. Voilà une bonne raison de nous intéresser, dans cette troisième partie de notre série, aux fédérations sportives internationales, chez lesquelles le sport handicap figure au programme en tant que discipline à part entière et l’implication du sport en fauteuil roulant est parfois même imposée à leurs membres nationaux. La fédération internationale de curling «World Curling Federation», qui propose depuis des années le curling en fauteuil roulant, en est un exemple type, au même titre que la fédération sportive de cyclisme UCI (Union Cycliste Internationale), et que les sports de raquette (tennis (ITF) et Vidéo de publicité intégrative Badminton sur le Titlis
tennis de table (ITTF)). La BWF, fédération mondiale de badminton, enfonce même le clou avec son slogan «one sport – one team» et entend bien placer la philosophie de commercialisation commune de ce sport au cœur des débats. Partenariat au niveau national Sport suisse en fauteuil roulant (SSFR) entretient un partenariat avec toutes les fédérations suisses qui font la promotion de cette approche intégrative, basée sur des engagements et des contrats. SSFR apporte le savoir-faire technico-sportif, tandis que l’organisation des compétitions et le choix des entraîneurs nationaux incombent aux CT ou au club et à ses managers du sport. En retour, le sport en fauteuil roulant peut souvent bénéficier de partenariats avec des fédérations de piétons qui l’aident à se procurer du matériel ou des vêtements à prix réduits. En termes d’utilisation de l’infra structure, s’intégrer dans les organisations
Bâle 2019, double suisse dans la Halle St-Jacques 42
sportives de piétons présente un autre avantage. Il est souvent possible de louer du matériel pour des événements, comme chez Swiss Cycling pour les courses sur route, ou de partager l’utilisation des centres de performance, à condition qu’ils soient accessibles en fauteuil roulant. Marketing intégré Un autre objectif est la commercialisation intégrée du sport en fauteuil roulant dans le sillage des grandes stars d’une discipline. La Fédération mondiale de badminton a agi de manière exemplaire en amont du CM de para-badminton 2019 à Bâle, qui s’est déroulé en même temps que le CM des badistes valides dans une salle extérieure de la Halle St-Jacques. Or si le para-badminton a été intégré dans diverses activités de marketing avant le tournoi, il n’a pas réussi à attirer davantage l’attention du public local lors du tournoi.
La commercialisation intégrée peut toutefois avoir aussi des effets négatifs, comme dans le tennis par exemple, où l’ITF stipule qu’il n’existe plus de catégories liées au handicap. Cela a bien sûr plus d’impact du point de vue des médias, car il n’y a pas de classifications compliquées ni de problèmes médicaux à expliquer. En revanche, les athlètes souffrant de lésions plus hautes et à la mobilité plus réduite n’ont plus aucune chance de se tailler une place dans l’élite mondiale. En fin de compte, l’intégration n’est qu’un mot que l’on retrouve dans de nombreux concepts – qui partent sûrement d’une bonne intention. Mais ce mot ne prendra tout son sens que s’il est réellement vécu. Paracontact I Automne 2020
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
Tous les enfants âgés de 6 à 12 ans avec ou sans handicap sont les bienvenus dans ces localités. Ces offres inclusives permettent ainsi à nos jeunes membres de pouvoir faire une activité sportive avec des enfants de leur âge. D’autres lieux deviendront progressivement inclusifs et en 2022 tous les OpenSunday le seront.
LOISIRS
Offres sportives pour les enfants
Des journées spéciales en fauteuil roulant L’Association suisse des paraplégiques collabore étroitement avec IdéeSport afin de proposer tant des activités sportives pour leurs membres les plus jeunes que des jour nées spéciales «fauteuil roulant», afin de sensibiliser les autres enfants au handicap physique. Lors de ces journées, les piétons peuvent alors se mettre dans un fauteuil et s’essayer à diverses activités sportives, comme le basket, ou à des jeux ludiques, comme des estafettes, 1-2-3 soleil, etc. Ces journées sont toujours très appréciées et riches en découvertes pour tous.
Les enfants en fauteuil roulant peuvent faire du sport grâce au programme inclusif d’IdéeSport. Sophie Gnaegi
«IdéeSport s’engage depuis 1999 pour la promotion de l’enfance et de la jeunesse en Suisse. Les différentes activités proposées ouvrent des espaces pour le sport et le mouvement afin que les jeunes et les enfants se retrouvent au-delà des frontières culturelles et sociales» (IdéeSport, 2020). Plusieurs programmes selon les âges IdéeSport propose divers programmes se lon les âges: Les MiniMove pour les enfants de 2 à 5 ans (accompagnés d’un adulte), les OpenSunday pour les enfants de l’école primaire et les MidnightSports pour les jeunes de 13 à 17 ans. Grâce à des activités sportives variées les enfants peuvent s’amu ser tout en étant surveillés par des coaches mineurs et des jeunes adultes responsables de l’organisation et de l’encadrement des événements. Paracontact I Automne 2020
L’inclusion des enfants avec un handicap En 2019, IdéeSport a commencé à ouvrir ses portes des OpenSunday également aux enfants avec un handicap. Divers lieux en Suisse sont choisis en fonction de leur accessibilité pour les enfants en fauteuil. De plus, certains coaches sur place ont également suivi une formation supplémentaire afin de pouvoir inclure des enfants ayant un handicap, qu’il soit physi que ou mental. Les offres inclusives en Suisse Pour la future saison 2020/21, douze OpenSunday en Suisse seront inclusifs, dont trois en Suisse romande. Il s’agit des OpenSunday de Pully, Fribourg, Le Locle, Berne «Rossfeld», Zurich, Olten, Bâle, Landquart, Bülach, Riehen, Hinterkappelen et Eglisau.
DATES Les journées spéciales «fauteuil roulant» pour les jeunes de 6 à 12 ans sont planifiées le: – 31 janvier 2021 au Le Locle de 13 h 30 à 16 h 30 dans la salle de sport des Jeanneret, Avenue du Technicum 25, 2400 Le Locle – Printemps 2021 à Bülach, salle de sport Hohfuri, de 13 h 30 à 16 h 30 (la date exacte sera publiée en automne sur www.ideesport.ch)
Offres www.ideesport.ch Fondation IdéeSport romandie@ideesport.ch Tél. 024 425 80 40 43
DIVERS
TOURISME
Initiative OK:GO L’association Suisse sans obstacles (FVBS) lance l’initiative OK:GO: chaque acteur du service touristique suisse doit mettre à disposition du public des informations concernant l’accessibilité de son offre. Offre dont pourront profiter les personnes en situation de handicap, les seniors à mobilité réduite, ainsi que les familles avec de jeunes enfants. L’Association suisse des paraplégiques est membre de la FVBS. Chacun ayant des besoins individuels en ce qui concerne l’accessibilité d’un lieu, il devrait être possible de trouver sur Internet les renseignements nécessaires à la préparation d’un voyage.
THÉRAPIE
DISTINCTION
Swiss Recovery Center
Prix MOVE
Le Swiss Recovery Center est un centre d’entraînement physique global. Le centre, basé à Villeneuve, propose le SPRALT, une méthode qui intervient après la rééducation et qui est conçue pour le long terme.
En savoir plus www.move-stiftung.ch
HÔTEL SEMPACHERSEE
Tour de charité La méthode vise à remettre en activité l’ensemble du corps en incluant les membres paralysés dans le processus de mouvement. Le programme repose sur trois principes: le retour d’appui sur la structure squelettique, l’activation du système nerveux et l’entraînement hors du fauteuil roulant. Vous avez envie de tenter cette expérience? Informations complémentaires www.swissrecoverycenter.ch info@swissrecoverycenter.ch
L’objectif de cette initiative est d’inciter un maximum de prestataires touristiques à répertorier les données d’accessibilité de leurs offres et à les mettre à disposition sur la plateforme ginto. De nombreux prestataires ont confirmé leur participation dans beaucoup de destinations. En savoir plus www.ok-go.org www.ginto.guide 44
La fondation MOVE décerne désormais un prix de reconnaissance annuel. Les communes qui s’engagent de manière exemplaire en faveur de l’égalité des personnes handicapées, qui développent des solutions innovantes et dont les autorités font preuve d’un comportement modèle seront récompensées. Le prix est remis en octobre.
Six collaborateurs de l’Hôtel Sempachersee sont partis du 18 au 23 mai 2020, en vélo ou en handbike de Schaffhouse à Genève. Le petit groupe a parcouru les 383 kilomètres en six étapes. Par cette action, l’hôtel a collecté de l’argent pour un fauteuil roulant de sport destiné aux jeunes paraplégiques.
SPORT
One Million Run Parcourir un million de kilomètres tout en soutenant les jeunes espoirs du sport suisse, tel était l’objectif du challenge One Million Run. Que ce soit en courant, en marchant, en roulant en fauteuil ou en randonnant, il fallait atteindre ensemble un million de kilomètres en 48 heures. Chaque partici-
pant effectuait un parcours librement choisi pendant ces deux jours. Au total, 80 727 personnes ont participé à ce challenge lors du week-end des 30 et 31 mai, parcourant au final 1 124 737 km. Les athlètes en fauteuil roulant Manuela Schär et Marcel Hug ont joué le rôle d’ambassadeurs de ce défi virtuel, dont les bénéfices ont été reversés aux jeunes espoirs du sport suisse. Paracontact I Automne 2020
CSP
Globi visite le CSP Globi, le célèbre héros des livres pour enfants, vit une nouvelle aventure. Dans «Globi et les robots», le nouveau volume de connaissances, Globi va au CSP. Le petit perroquet rend visite à son ami Nik, qui se remet de ses blessures à Nottwil après une chute. Les dernières innovations en matière de robotique entrent alors en jeu.
FSP
Logements sans obstacles Dans le lotissement de Sonnenrain à Nottwil, la Fondation suisse pour paraplégiques, la commune de Nottwil et la coopérative immobilière Orbano ont créé des logements abordables, sans obstacles et adaptés à l’âge. Depuis 2015, les 25 appartements (2,5 et 3,5 pièces) sont désormais à louer.
voit de grands avantages à combiner un logement adapté à l’âge et sans obstacles: «Les paralysés médullaires apprécient la bonne desserte des transports, ainsi que la proximité des services et de l’infrastructure du CSP. Les seniors peuvent vivre de manière autonome, tout en bénéficiant si nécessaire des services du centre pour personnes âgées Eymatt tout proche.» Des Bien que les groupes cibles soient très dif- appartements se libèrent régulièrement à férents les uns des autres, le besoin en lo- Sonnenrain 1. gements abordables, sûrs et accessibles est le même pour tous. Nik Bättig, responInformations et appartements www.paraplegie.ch/awono sable de la gestion immobilière à la FSP,
ÉVÉNEMENT
ParAthletics Après la regrettable annulation des ParAthletics 2020 en raison du coronavirus, les dates de la prochaine édition ont désormais été fixées. La compétition internationale d’athlétisme aura lieu du 14 au 16 mai 2021. Soyez là quand l’élite mondiale d’athlétisme se disputera à Nottwil les places de podium et les précieux points pour la qualification aux Jeux Paralympiques de Tokyo. Paracontact I Automne 2020
En vente (en allemand) dans les librairies et au ParaForum.
INTERNATIONAL
La CDPH en Suisse Le comité des Nations Unies examine l’application en Suisse de la Convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées (CDPH). Une «List of Issues» formule les questions auxquelles la Confédération et les cantons devront répondre d’ici l’automne 2020. Le Comité des droits des personnes handicapées (CRPD) a déjà indiqué les domaines dans lesquels il identifiait des problèmes. La Suisse devra ainsi
présenter les mesures qu’elle entend prendre afin de protéger les personnes handicapées de la discrimination de la part des prestataires de services et des employeurs privés. Sur la base de ces réponses et des consultations avec l’État et les ONG, le CRPD adoptera les recommandations finales, qui indiqueront dans quelle mesure et dans quels domaines la CDPH est appliquée en Suisse, et où des mesures doivent encore être prises. Le CRPD se penchera sur le cas de la Suisse lors de sa 24e session, du 1er mars au 1er avril 2021. 45
GROS PLAN
L’ENTRETIEN
Ensemble, contre vents et marées
Guido A. Zäch contemple avec satisfaction l’œuvre de sa vie qui n’aurait jamais vu le jour sans son épouse, Edith Zäch, ni sa collaboratrice de longue date, Silvia Buscher. Entretien à trois voix. Entretien avec Urs Styger, Evelyn Schmid et Nadja Venetz, retranscrit par Nadja Venetz
Début juin, nous nous sommes entretenus avec les époux Zäch et Silvia Buscher sur le travail accompli par Guido A. Zäch. L’accent n’a pas été mis sur l’histoire du Groupe suisse pour paraplégiques qu’il a fondé et qui a déjà été relatée à maintes reprises, mais sur Guido A. Zäch en tant que personne et sur les gens qui l’ont accompagné tout au long de sa vie.
Guido, tu as dit que tu n’avais jamais autant été à la maison? Guido A. Zäch: Tout au long de ma vie, le travail a joué un rôle essentiel. Silvia Buscher et moi faisions régulièrement des
semaines de 80 heures à la clinique. À cela s’ajoutait aussi tout le travail de relations publiques. Je donnais des conférences hebdomadaires dans toute la Suisse afin de présenter notre travail et d’acquérir des
Bienvenue à l’ASP! À quoi vous font spontanément penser ces locaux? Guido A. Zäch: J’ai acheté ce bâtiment en 1991 entre une visite à la clinique et mon repas de midi. À cette époque, l’ASP était encore à Kriens et je voulais absolument la rapatrier à Nottwil, au plus près du CSP qui s’était ouvert en 1990. Vous nous avez dit au téléphone que vous n’aviez guère quitté la maison pendant le confinement. Comment avez-vous vécu cette période particulière? Guido A. Zäch: J’étais emballé par cette retraite forcée. Je n’avais jamais été aussi longtemps à la maison. Edith Zäch: Nous avons eu de la chance. Nous avions emménagé dans notre nouvel appartement deux semaines avant le confinement et nous avons pu en profiter pleinement. Nos enfants faisaient nos courses, mais nous n’avions aucun contact personnel avec eux. C’était très bizarre. 46
Une équipe de choc Silvia Buscher, Guido A. Zäch, Edith Zäch Paracontact I Automne 2020
bienfaiteurs pour la fondation. Silvia Buscher m’a trimballé à travers le pays avec le projecteur de diapos dans les bagages. Cela représente un total de plus de 2 millions de kilomètres. Silvia Buscher: En général, les conférences commençaient à 20 h 00 et duraient jusqu’à 22 h 00. Ensuite, Guido répondait aux questions jusqu’à minuit. Et après, il voulait rentrer à la clinique pour voir si tout allait bien. On n’avait pas encore de téléphones portables. S’il voulait appeler la clinique, je devais savoir à quelle station-service de l’autoroute m’arrêter pour trouver une cabine téléphonique encore ouverte à minuit. Edith Zäch: Je peux vous confirmer qu’ils sont très souvent rentrés à la maison après minuit. Puis à 7 h 00 du matin, Silvia se tenait à nouveau devant la porte avec la voiture pour venir chercher Guido. Je suis admirative. Silvia Buscher: Dans la voiture, Guido ne pouvait pas m’échapper (rires). Ce n’est pas une critique, Guido s’investissait toute la journée dans la clinique, mais le bureau, ce n’était pas son truc. Pendant ces trajets, nous discutions des points à l’ordre du jour, tenions des réunions de rédaction et traitions les affaires en cours. N’était-ce pas un peu au détriment de la vie privée? Guido A. Zäch: Absolument. C’est d’ailleurs la raison de mon divorce. En 1962, j’ai épousé ma première femme Claire, avec laquelle j’ai eu trois enfants. À la longue, je n’étais pas assez à la maison pour elle. Mais c’est elle qui a largement contribué à ma réussite professionnelle ultérieure et à la prospérité de la famille. Edith Zäch: Sans vouloir faire de comparaison, je pense que cela a été plus facile pour moi. Guido était déjà médecin-chef quand nous nous sommes rencontrés. Je savais dès le départ que le travail était sa priorité absolue. Et j’étais convaincue à 100 % qu’il s’engageait pour une cause juste et importante. Ce n’était pas un boulot quelconque qui me privait de mon conjoint. Silvia Buscher: Bien sûr, nous travaillions énormément, mais je n’ai jamais considéré cela comme un sacrifice. Je trouvais que chaque heure était essentielle. C’était et c’est toujours une chance extraordinaire de se charger d’une tâche aussi exigeante.
Les débuts Silvia Buscher et Guido A. Zäch dans les années 70
Guido et Edith, vous avez eu deux enfants ensemble. Comment ont-ils vécu cela? Guido A. Zäch: Nous nous sommes mariés en 1989, Myriam est née en 1990, et Yasmin deux ans plus tard. Depuis leur naissance, elles allaient et venaient au Centre des paraplégiques. Je tenais à ce que les enfants sachent où je travaillais, où j’étais quand je ne pouvais pas être à la maison. Edith Zäch: Non seulement elles savaient où il était, mais elles y avaient leur place. Cela fait une différence. Nous allions à la piscine et avions des contacts avec les collaborateurs. Nous n’étions pas juste en visite. Des amitiés durables se sont forgées. Nos filles ont grandi à Nottwil. Le CSP était comme un second foyer où elles étaient chaleureusement accueillies. Elles ressentaient l’estime du personnel et des patients. Être les enfants du patron, ce n’est pas si mal (rires). Si Guido était invité à un événement, nous en faisions une sortie familiale et nous joignions l’utile à l’agréable. Nottwil a toujours été notre sujet de conversation numéro 1, même à table chez nous, à Zofingen. Guido, par ton engagement, tu as radicalement changé la vie des paraplégiques en Suisse. Quelle a été la part de ces deux femmes dans l’œuvre de ta vie? Guido A. Zäch: À la clinique, il me fallait un «Cerbère» pour garder ma porte, sinon j’aurais été submergé. J’en suis très reconnaissant à Silvia. Elle s’est occupée de la planification et de la coordination, et gère toujours mes rendez-vous. Je pouvais, et c’est encore le cas, totalement compter sur elle. Silvia a débuté chez moi à Bâle le 2 août 1970 comme cheffe du laboratoire de développement au service d’hématologie, car elle était spécialiste d’une nouvelle méthode de mesure d’acide folique. Cela fait donc
50 ans que nous travaillons ensemble. Par ailleurs, je n’aurais jamais pu accomplir tout cela sans savoir que ma famille allait bien. Ma femme s’occupait du ménage et des enfants. La famille m’apportait le soutien dont j’avais besoin. Ces deux femmes ont donc chacune une grande importance. Silvia Buscher: C’est aussi grâce aux qualités humaines de Guido que notre relation de travail a duré si longtemps. Guido a, et tous ceux qui le connaissent en font l’expérience, une présence incroyable lors des contacts personnels. Lorsqu’il vous parle, vous avez toute son attention. Il était comme cela avec les patients, mais aussi avec les collaborateurs. Il respectait tout le monde, exigeait beaucoup mais savait aussi encourager. Guido vivait sa relation en famille avec la même intensité. J’en ai souvent été témoin. Si l’un de ses enfants avait un problème, de santé, à l’école ou autre, Guido rentrait chez lui. Edith Zäch: Par une froide nuit d’hiver, notre chat a été renversé par une voiture. Nous savions qu’il était gravement blessé, mais nous n’arrivions pas à le trouver. Guido assistait à la session d’hiver à Berne comme membre du Conseil national. Je l’ai appelé vers 20 h 00 pour lui expliquer la situation. Une heure plus tard, Guido était devant la porte. Ce genre de moments est une belle compensation. Quand il s’agissait d’une urgence, tu étais là. Toujours. Vous avez aussi vécu de nombreux moments difficiles. Toi, Guido, tu as été la cible d’hostilités. Comment avez-vous vécu cela? Silvia Buscher: J’en ai beaucoup souffert, mais il était hors de question de ne pas affronter cela ensemble. Edith Zäch: Je me souviens d’un certain journaliste qui vous critiquait constamment et faisait des allégations insidieuses.
Paracontact I Automne 2020 47
Il est évident que ces flèches empoisonnées nous touchent personnellement. Cela n’a pas été facile. Aujourd’hui, quand j’apprends que quelqu’un se fait descendre dans la presse, tous mes voyants passent au rouge. La plupart de ces histoires devraient être considérées avec plus de différenciation que ne le font les médias. C’est ce que j’ai retenu et j’en suis heureuse. Guido A. Zäch: Nous avions une tâche commune, un objectif et nous nous engagions pour une cause juste. Tout le monde savait que cela ne marcherait que si nous unissions nos forces. Nous nous sommes concentrés sur l’objectif de l’égalité des chances pour les personnes handicapées. Cela a permis de beaucoup relativiser. Malgré toute cette tourmente, nous savions qu’il ne fallait pas perdre de vue cet
Silvia Buscher: Cette épreuve et ces temps difficiles ont contribué à nous rapprocher encore plus. Guido, tu vas avoir 85 ans le 1er octobre. Tu es officiellement à la retraite depuis 12 ans. Ton travail, c’était toute ta vie. En quoi ton quotidien a-t-il changé? Guido A. Zäch: La réponse est simple. Au cours de ma vie professionnelle, je n’ai jamais dormi plus de quatre heures, à présent je dors cinq à six heures. Je dormais déjà peu pendant mes études. Mais je n’ai aucun mérite particulier, je n’ai simplement pas besoin de plus (rires). À part cela, je suis toujours très occupé. Je continue à entretenir de nombreux contacts, à donner des conférences pour la fondation et à prodiguer des conseils. Et j’ai beau-
Ses enfants Yasmin, Flavia, Silvia, Stéphanie, Riccardo, Isabelle, Myriam (d. g. à d.)
objectif. Restait à savoir si l’on pouvait opposer suffisamment de résistance pour en venir à bout. Avec les membres directs de ma famille et mes collaborateurs les plus proches, dont Silvia Buscher, nous avons fait front. C’est incroyable ce que l’homme peut supporter et endurer. Je suis convaincu que dans la vie, il faut aller jusqu’au bout de ses limites, d’un point de vue physique, mental et psychologique. Ce n’est qu’en accomplissant de grandes choses dans les circonstances les plus difficiles qu’on peut savoir ce qu’on a dans le ventre. 48
coup de passe-temps. Ce sont toujours les mêmes: timbres, pièces de monnaie, cartes postales, cartes de la Fête nationale et art. Nous avons désormais une belle collection d’art tunisien. Ma femme s’y intéresse aussi beaucoup. En outre, je me suis mis à classer les archives. C’est un travail de titan que de trier par ordre chronologique tout ce qui est important. Agnes Jenowein de la FSP nous aide à conserver l’essentiel pour l’avenir. Une grande part de ce qui se passait à l’époque est à peine imaginable aujourd’hui.
Quel effet cela fait-il de te replonger dans tous ces souvenirs? Guido A. Zäch: J’ai redécouvert beaucoup de choses, et même saisi de nouvelles corrélations. J’ai une bonne mémoire et je peux garder des dizaines de chiffres et de dates en tête, mais j’ai lu des déclarations de personnes dans un certain contexte chronologique qui m’ont époustouflé. Pour certaines d’entre elles, il n’est pas étonnant de voir comment les projets ont fini. Ces corrélations apparaissent avec un recul de plusieurs décennies. Il s’en est passé des choses ces 50 dernières années. Je ne peux qu’être satisfait d’avoir pour l’essentiel réalisé ma vision de la rééducation globale des paralysés médullaires en termes d’égalité des chances. Mais nous ne devons rien lâcher, sinon nous risquons de rater le coche. Edith Zäch: Lorsque j’avais en main les albums photos des événements communs ou d’anciens numéros de «Paraplégie», de nombreux souvenirs surgissaient. C’était bien d’avoir pu construire une relation avec tous ces gens. Tout cela montre à quel point ce travail a été précieux. Que souhaitez-vous pour l’avenir? Guido A. Zäch: Je souhaite que ma famille, mes enfants et petits-enfants, et tous ceux qui m’ont aidé à accomplir tout cela se portent bien. Et pour moi, je souhaite garder toute ma tête et pouvoir ensuite quitter ce monde en un claquement de doigts (rires). Servir et disparaître. Edith Zäch: Mais pas tout de suite! Pour moi, la santé de tous nos proches est ce qui m’importe le plus. Nous allons devenir grands-parents. Ce sera la première fois pour moi. Guido a déjà huit petits-enfants. Je souhaite donc que nous puissions en profiter le plus longtemps possible. Et que l’œuvre de la vie de Guido se poursuive dans son esprit. Silvia Buscher: Je me joins à toi, que mes proches soient en bonne santé et que la vision de l’égalité des chances pour les personnes atteintes de paralysie médullaire continue à se réaliser dans l’esprit de Guido A. Zäch.
Paracontact I Automne 2020
GROS PLAN
NOS ALLIÉS
Un polyglotte à l’aéroport Depuis cinq ans, Markus Schürmann accueille les athlètes du monde entier à l’aéroport de Zurich et les amène au car qui les conduit à Nottwil. Gabi Bucher
Les grands événements sportifs à Nottwil représentent un défi, notamment en ce qui concerne le transport des athlètes de différentes nations, en provenance et à destination de l’aéroport. Pendant des jours, on peaufine des listes: qui arrive où et quand, combien de place faut-il prévoir dans le car pour les fauteuils roulants de sport et les bagages? Ces listes sont indispensables à la bonne organisation, mais si un avion a du retard, si un athlète s’égare ou si un car est coincé dans un bouchon, elles ne sont d’aucun secours. C’est là qu’intervient Markus Schürmann depuis 2015. L’ex-banquier remplit à merveille le rôle «d’intermédiaire» à l’aéroport: il adore l’agitation multiculturelle qui y règne, dispose du temps nécessaire car il est retraité, et parle plusieurs langues. «J’ai grandi à Beyrouth, j’y ai fréquenté l’école française et allemande et j’ai appris l’anglais et l’arabe.» C’est ainsi que l’un de ses clients, collaborateur de l’ASP – dont il taira l’identité en invoquant le «secret bancaire» – est venu lui demander s’il serait d’accord d’accueillir des athlètes à l’aéroport une ou deux fois par an et les amener aux cars de l’ASP. Une belle surprise Markus a accepté et a accompli sa première mission en 2015. «À l’époque, j’étais assez nerveux, je faisais des allers-retours entre les terminaux, je regroupais les personnes en fauteuil roulant et je cherchais des fonctionnaires», se rappelle-t-il. Mais cela lui plaisait déjà énormément. Et c’est toujours le cas, cinq ans après. Se voir souParacontact I Automne 2020
haiter personnellement la bienvenue après un long voyage en avion est une belle surprise pour de nombreux athlètes. «Et quand je salue ensuite les arabophones dans leur propre langue, ils en restent en général bouche bée: j’avoue que je biche.» Un invité mystère Markus connaît désormais l’aéroport comme sa poche et de nombreux athlètes l’apprécient. De temps en temps, c’est lui qui reçoit un accueil chaleureux: «Oh, hi Markus, how nice to see you!» Les situations particulières ne lui font plus peur. «L’année dernière, un voyageur est arrivé sans s’être annoncé. Il voulait néanmoins participer aux compétitions.» En pareil cas, Markus consulte Rita Häfliger, responsable des transports à l’ASP. L’athlète a eu de la chance, il restait de la place dans la navette suivante. Si un car est pris dans un bouchon et a du retard, il en informe les athlètes, leur indique où ils peuvent boire un café, où se trouvent les toilettes, où se procurer des câbles pour téléphone portable, etc. «Pour ces derniers, j’ai envoyé une fois cinq personnes coup sur coup dans le même magasin. Le vendeur a dit que si cela continuait, je toucherais une commission.» Les jours de pointe, Markus est à l’aéroport de 7 h 00 à 22 h 00 et parcourt jusqu’à 25 kilomètres. Il travaille en étroite collaboration
avec les chauffeurs qu’il soulage d’une grande partie de leur travail et, en cas de doute, Rita Häfliger est à ses côtés. Un «trio magique» parfait, tout le monde est gagnant et les athlètes se sentent entre de bonnes mains. «Cela me plaît réellement, toutes ces nationalités, ces langues, mais aussi la gratitude des athlètes.» Une inaction forcée Cette année, pas d’aéroport pour lui, et il a dû aussi raccrocher provisoirement son emploi à l’office du tourisme des CFF. Mais pas question de s’ennuyer pour autant: notre fringant Markus a entrepris de transformer l’ancienne écurie à côté de chez lui en atelier, s’adonne à la photographie et à la peinture ou passe du temps dans son petit refuge derrière sa maison en attendant de pouvoir à nouveau se rendre utile d’une manière ou d’une autre, car «le farniente, ce n’est décidément pas mon truc».
Pendant son temps libre Markus aime être créatif 49
GROS PLAN
À VOS CÔTÉS
L’enthousiasme incarné Andreas Heiniger dirige depuis quatre ans le ressort Sport de compétition avec beaucoup de passion et d’enthousiasme. Gabi Bucher
Andreas Heiniger, surnommé Andy, a d’abord été un footballeur accompli (dans l’équipe nationale A du FC Thoune), avant de travailler comme banquier puis comme professeur d’EPS à l’école professionnelle de Soleure, après des études de sport à Macolin. Cet emploi lui permettait même de jouer l’homme au foyer deux jours par semaine. Or il lui fallait un nouveau défi qu’il a finalement trouvé en 2016 à l’ASP, en tant que Chef Sport de compétition. Un feu d’artifice de tâches L’ampleur du challenge s’est révélée à lui dès le début. Ce n’était pas tant le fait que les athlètes soient en fauteuil roulant qui le mettait à l’épreuve, car Andy est d’avis «qu’en sport, c’est du pareil au même». Seule diffère la «perspective» du sportif en fauteuil, mais cela, il l’a rapidement intégré. Non, la difficulté résidait dans la multiplicité des tâches. Un aide-mémoire multicolore digne d’un feu d’artifice et une 50
monstrueuse pile de notes, voilà ce qu’il retient des journées d’initiation passées avec son prédécesseur, Roger Getzmann. «Je tentais de tout retenir: disciplines sportives, collaborateurs, commissions techniques (CT), événements. Après deux mois, j’ai dit à ma femme: tu sais, je vais laisser tomber, je ne suis pas à la hauteur!» Au service des athlètes Heureusement, Andy s’est accroché et est devenu un collaborateur très apprécié, à la grande polyvalence et à l’esprit d’équipe, passé maître dans l’art de motiver, doté d’un solide sens de l’humour et d’un grand cœur. Manager du sport pour le badminton, le curling, l’athlétisme et le ski nautique, il conseille et soutient les CT et représente les intérêts du sport dans les comités nationaux et internationaux. Il élabore les limites des cadres, les règlements de compétition, décide de l’envoi des équi pes aux CM et CE, est responsable de la
lutte anti-dopage, entretient une relation étroite avec les offices fédéraux et Swiss Olympic, et accompagne les athlètes aux compétitions. Bref, il tire les ficelles pour que les athlètes bénéficient des meilleures conditions afin de réaliser des performances du plus haut niveau. «Nous sommes en fait des prestataires de services», déclare Andy avec modestie. «Lorsque l’athlète est au départ, nous voulons pouvoir dire que nous avons tout fait pour qu’il atteigne sa meilleure performance.» Or cela requiert parfois des décisions difficiles. «Il m’arrive assez souvent de mener des débats.» Mais il sait prendre de la distance. «Il s’agit avant tout de décisions sportives, les discussions n’empiètent pas sur le niveau personnel.» Le voilà, le nouveau défi qu’il cherchait! Les événements sportifs de Nottwil, où il siège au CO, exigent beaucoup de travail mais sont autant de temps forts pour Andy. D’après ceux qui le côtoient, il y apparaît au sommet de sa forme. Andy fait sentir aux membres de son équipe que chacun est important, il les écoute et les encourage. Il est dans son élément. «Lorsque tous les athlètes de classe mondiale sont là, que tu leur as créé les meilleures conditions de compétition et qu’alors les échos positifs te reviennent, c’est une merveilleuse récompense. Et il n’y a rien de mieux que de se retrouver le soir autour d’une bonne bière avec la super équipe du CO», affirme-t-il en éclatant d’un rire franc et chaleureux au charme irrésistible. Paracontact I Automne 2020
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DCN
DESCRIPTION
DATE
DESIGNER
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Initial Release
April 2019
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PRODUCTION NOTES 1. COLORS: BLACK WHITE PANTONE 172 (ORANGE) PANTONE 185 (RED) PANTONE 647 (BLUE) 2. INSPECTION: MARKETING VID
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