Le magazine de l’Association suisse des paraplégiques I Automne 2021
Focus
sur les Jeux Paralympiques à Tokyo
En toute franchise: Je craignais un impact sur ma vie sociale. EVA, pratique l’ASI
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ÉDITORIAL
Chères lectrices, chers lecteurs, Si nous avons désormais repris l’habitude mie. L’équipe de l’ASP mettra tout en de suivre à la télévision les grands événe- œuvre pour que les participants puissent ments aux tribunes bien remplies, il nous vivre à nouveau une semaine fabuleuse. faudra peut-être un peu plus de temps Nous sommes ravis que certains clubs en pour revenir nous-mêmes au cœur de fauteuil roulant prennent activement part l’action. Nous accompagnerons la déléga- à l’événement et favorisent les rencontres tion suisse au Japon, où les Jeux Paralym- et les échanges. piques «Tokyo 2020» auront finalement lieu. Et bientôt, nous donnerons le coup À Tokyo, tout n’est pas autant entre nos d’envoi à la seconde édition du Giro mains, mais nous sommes persuadés Suisse qui se déroulera cette année en que là-bas aussi, nous serons en mesure Suisse orientale. de garantir la sécurité des membres de notre délégation. D’ailleurs, cela ne se cantonne pas à la menace que représente le virus. Une longue phase de préparation touche désormais à sa fin, tant pour les soignantes et soignants que pour les athlètes. Nous espérons que notre «Avancer», telle est la devise de l’ASP. délégation suscitera l’engouement des Nous estimons qu’il est de notre devoir supporteurs suisses par son enthoude permettre à nos membres de pratiquer siasme et ses belles performances! des activités tout en leur assurant un environnement sûr et en prenant les Je souhaite à toutes et tous autant de joie mesures de protection nécessaires. que de plaisir et aux athlètes la chance Par les temps qui courent, il nous semble nécessaire à la compétition! particulièrement important de ne pas se cacher derrière des excuses, mais de Cordialement, se retrousser les manches et de faire bouger les choses.
«Créer et exploiter les possibilités»
En 2020, lors de sa première édition, le Giro Suisse a déjà prouvé qu’il était apte à se dérouler en période de pandéParacontact I Automne 2021
Roger Getzmann, chef du département Sport suisse en fauteuil roulant 3
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Nous vous facilitons la vie. En toute sécurité. Le traitement de l’incontinence est une question de confiance. Forts d’une expérience de plus de 19 ans dans ce domaine, nous vous proposons des produits de haute qualité et un service personnalisé. Pour que vous puissiez profiter de la vie en toute sécurité et avec aisance. Nous sommes là pour vous aider.
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IMPRESSUM
SOMMAIRE
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Édition Association suisse des paraplégiques Kantonsstrasse 40, CH-6207 Nottwil Tél. 041 939 54 00, e-mail spv@spv.ch www.spv.ch Rédactrice en cheffe Evelyn Schmid Rédaction Laurent Prince, Gabi Bucher, Nadja Venetz, Felix Schärer, Roger Getzmann, Daniela Vozza, Michael Bütikofer, Tina Achermann Traduction Sonia Bretteville, Elvire De Tomi Coordination, graphisme, annonces Andrea Di Bilio-Waldispühl, Tina Achermann Photos Couverture Tobias Lackner, ASP, FSP, Adobe Stock, famille Waldispühl, Kathleen Brosy, www.bger.ch, Stephan Bachmann, ARDE Architektur AG, Nicole Kunz, Marcus Hartmann, Swiss Paralympic, SRF/Oscar Alessio, Pascal Christen, alaiabay.ch, Eva Stutzki, Mirjam Gasser, Luca Pillonel & Christian Glaus, Beweggrund, CBM Impression Brunner Medien AG, www.bag.ch Dernier délai de rédaction du prochain numéro: Édition hiver 2021: close Édition printemps 2022: 10.11.2021 Tirage 8100 exemplaires en allemand 4250 exemplaires en français Dans cette publication, le genre masculin est utilisé sans discrimination, dans le seul but d’alléger le texte. Les articles publiés dans la revue sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction nécessite l’accord explicite de la rédaction. Les contributions rédigées par des auteurs externes ne reflètent pas toujours l’opinion de la rédaction. La rédaction n’est pas tenue de publier les articles non sollicités.
Paracontact I Automne 2021
AVANCER ACTUALITÉS 6 EN MÉMOIRE DE Werner Waldispühl 8 ÉCLAIRAGE Sources d’espoir 11 CONSEILS VIE TÉMOIGNAGE Une vie pleine de rebonds PARALYSIE MÉDULLAIRE INCOMPLÈTEG Entre deux chaises
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CONSEILS JURIDIQUES RÉDUCTION DES PRESTATIONS DE RENTE Même rétroactivement?
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MÉDECINE ET SCIENCES MÉDECINE GLOBALE Le facteur humain plutôt que commercial
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CONSTRUIRE SANS OBSTACLES UNE PLANIFICATION CONFORME AUX BESOINS Conseil en construction sans obstacles 20
CULTURE ET LOISIRS PARAVACANCES On peut enfin refaire ses valises! 22 LES BRÈVES DE CL 24 TROISIÈME PHASE DE VIE Retour aux sources 25 PROPOSTA PER IL TEMPO LIBERO Via col vento 27 ACTIVITÉ Gros chiens et petits trains 28 PROJET PILOTE Changer d’air 29 SPORT EN FAUTEUIL ROULANT SÉRIE 3/4: TOKYO 2020 Dernière ligne droite 30 LES BRÈVES DE SSFR 34 SÉRIE 3/4: ARMÉE SUISSE Croire au grand rêve 36 LES FEMMES AU CŒUR DU SPORT Une femme forte entourée d’hommes 37 TENNIS EN FAUTEUIL ROULANT Un double coup de chance 39 L’ÉCHO DES CLUBS Ensemble et individuellement 40 CAMPO SPORTIVO I nomi del mini «move on» 43 GROS PLAN DIVERS 44 L’ENTRETIEN Mirjam Gasser 46 NOS ALLIÉS Sur les chapeaux de roues 49 À VOS CÔTÉS Sophie Gnaegi 50 5
RUBRIK ACTUALITÉS
FÊTE CENTRALE
LOISIRS
Inscrivez-vous!
Chemin de Fer du Kaeserberg (CFK)
Le 9 octobre 2021, nous célébrerons enfin notre Fête centrale à Nottwil. Un programme varié, que vous pourrez retrouver sur notre site Web, vous attend. Toutefois, l’échange personnel des uns avec les autres, auquel nous avons si longtemps dû renoncer, sera au cœur de la fête. Alors, inscrivez-vous dès aujourd’hui. Nous nous réjouissons de vous accueillir à Nottwil! www.spv.ch/fete_centrale
COLLABORATRICE
L’ÉCHO DES CLUBS
L’escrime en Romandie Le 12 juin 2021, une douzaine de participants se sont initiés à l’escrime à la Vaudoise Arena de Prilly. Le «Cercle des armes» de Lausanne a organisé cette journée en collaboration avec Swiss Fencing et sous la houlette de plusieurs escrimeurs de Lugano Scherma. Il est désormais possible d’assister aux entraînements d’escrime en fauteuil roulant à Prilly en collaboration avec le CFR de Lausanne. Contact Sophie Gnaegi: sophie.gnaegi@spv.ch Tél. 076 310 36 58
Venez visiter le monde merveilleux des CFK à GrangesPaccot (Fribourg), une vraie prouesse technique pour un grand voyage en miniature. En mode jour ou nuit, découvrez un monde magique à l’échelle 1:87. Le réseau et le paysage imaginaire reflètent au plus près la réalité. La maquette représente la Suisse alémanique et les Grisons. Le paysage est animé par diverses activités quotidiennes. Les CFK sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Des places de parking dédiées ont été prévues dans le parking couvert; de là un ascenseur les amènera jusqu’à l’entrée des CFK. Les toilettes pour personnes avec handicap sont à disposition. www.kaeserberg.ch
Rebecca Steiner Responsable de projet Marketing
Depuis mai, Rebecca Steiner est responsable de la présence en ligne de l’ASP. Dotée d’un bon flair conceptuel, cette économiste d’entreprise diplômée entend bien sortir de sa torpeur notre site. Avant, elle a travaillé 13 ans pour l’installateur de salle de bains Talsee. À plein régime Côté privé, deux petites tornades blondes rythment sa vie et pimentent son quotidien. Cette Sempachoise fait le plein d’énergie en assistant à des concerts classiques, en se promenant au bord du lac et en retrouvant des amis. 6
OFFRES
Événements des clubs Nous publions désormais les manifestations sportives des clubs sur notre site Web. Les offres sont ouvertes à toutes les personnes intéressées.
Votre club envisage d’organiser une manifestation à laquelle des personnes externes sont aussi invitées à participer? Faites-nous part des détails correspondants.
Vous avez toujours voulu vous initier à l’escrime ou au tir à l’arc? De nombreux CFR organisent des cours et des activités auxquels les membres d’autres clubs sont aussi les bienvenus. Vous trouverez dorénavant ces offres sur notre site Internet.
Nous nous réjouissons de proposer à nos membres un éventail d’événements aussi large que possible et de promouvoir les échanges entre les clubs. À l’avenir, nous mettrons à chaque fois une offre intéressante en avant.
Par ailleurs, nous avons mis à jour les activités sportives proposées régulièrement par les 27 clubs en fauteuil roulant.
Contact sophie.gnaegi@spv.ch www.spv.ch/evenements_de_clubs Paracontact I Automne 2021
L’ÉCHO DES CLUBS
ASP
Assemblée des délégués L’Assemblée des délégués de l’ASP s’est tenue le 8 mai 2021. Selon les statuts, le comité central doit être élu tous les deux ans par l’assemblée des délégués. Cette année, la réélection pour la période de 2021 à 2023 était à l’ordre du jour. Tous les membres qui se présentaient aux élections ont été confirmés. Par ailleurs, l’AD a approuvé plusieurs modifications des statuts. À l’avenir, les demandes d’amendement, de moindre importance,
RC Zürich
des statuts des sections ne seront plus examinées et approuvées par l’assemblée des délégués, mais par le comité central. Les autres changements concernaient le déroulement de l’AD en ligne, l’élection des délégués et la composition de la direction. En outre, les comptes annuels 2020 et le rapport annuel ont été approuvés par les délégués.
UNE NOUVELLE À LA PRÉSIDENCE DU CLUB
Jeannette Schühle est désormais l’unique présidente du Club en fauteuil roulant de Zurich. Auparavant, elle a dirigé le club pendant dix ans en tant que co-présidente avec Beat Scheiwiller. Elle est un membre actif du club depuis sa création. Informations www.rc-zuerich.ch
ESCIF
Congrès 2021
CFR Genève
RC St. Gallen
Corinne Bonnet
Thomas Köppel
Née le: 15.8.1967 Profession: Conseillère municipale de la ville de Genève Loisirs: Littérature, diverses recherches sur l’accessibilité Au club depuis: 2016, au comité depuis 2018 Projets actuels: Promouvoir l’accessibilité, notamment dans le groupe de travail sur l’accessibilité de la ville de Genève; impliquer les mem bres en tant qu’experts dans les projets municipaux, régionaux et cantonaux; coopérer avec d’autres institutions. Offres du club: Sorties en Suisse et à l’étranger, divers sports, artisanat, art-thérapie et atelier de musique
Né le: 12.9.1981 Profession: Employé de commerce Loisirs: Basket-ball en fauteuil roulant, handbike, sorties entre amis, cuisine Au club depuis: 2000, au comité depuis 2018 Projets actuels: Maintien des activités du club en temps de pandémie, planification des étapes pour le Giro Suisse Offres du club: Basket-ball en fauteuil roulant, curling en fauteuil roulant, Powerchair Hockey, groupe Juniors, sport en salle, athlétisme, tetra rugby, culture et loisirs, conseils juridiques, sorties du club
Paracontact I Automne 2021 2021
Le 15e congrès de l’ESCIF se tiendra à Nottwil du 25 au 27 août 2021. Les participants aborderont la Convention de l’ONU sur les droits des personnes handi capées, débattront de la contribution d’institutions comme l’ESCIF à sa mise en œuvre, et découvriront des exemples issus de la rééducation et des transports publics.
FOURNITURE DE MOYENS AUXILIAIRES
FSCMA La FSCMA envisage de transformer l’association FSCMA en fondation. La demande de l’ASP de reporter cette démarche d’un an, à 2022, a été acceptée par l’assemblée générale de 2021. Il ne s’agit pas seulement de se doter d’une réglementation formelle, mais bien plus de trouver une nouvelle forme d’organisation judicieuse pour représenter efficacement les intérêts des personnes handicapées sur le marché des moyens auxiliaires et aussi vis-à-vis des autorités de financement. Cette représentation directe des intérêts est obligatoire selon la Convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées. 7
AVANCER
EN MÉMOIRE DE
Werner Waldispühl
Werner Waldispühl, qui fut le premier secrétaire central de l’ASP et le resta pendant de longues années, a marqué l’association faîtière et la situation des paralysés médullaires en Suisse comme personne. Le 4 juin 2021, il s’est éteint à l’âge de 84 ans. Nécrologie de Guido A. Zäch
Werner Waldispühl est né à Kriens le 20 octobre 1936 et y grandit avec quatre frères et sœurs. Après l’école obligatoire, il perfectionna son français en Suisse romande. Il acheva avec succès ses études d’employé de commerce et séjourna ensuite à Chiasso et à Londres pour parfaire sa formation. Alors premier lieutenant âgé de 26 ans, il fut victime d’un fatidique accident du travail quelques jours avant d’intégrer l’École militaire centrale pour devenir capitaine. La compression de sa colonne vertébrale qui s’ensuivit fut diagnostiquée à l’hôpital
universitaire de Zurich. Werner Waldispühl s’en souvenait parfaitement: En changeant de position dans son lit, il sentit une douleur fulgurante partir du point de lésion sur sa colonne vertébrale et traverser ses jambes en un éclair – puis il y eut un silence de mort, il n’avait plus aucune sensation. Intuitivement et brutalement, il prit conscience que la paraplégie jusque-là incomplète était désormais complète, définitive, irréversible. Nous étions le 4 août 1965. Il déclara alors lui-même: «Une fraction de seconde suffit pour bouleverser une vie, abandonner les objectifs fixés et
voir ses projets s’effondrer.» Sa première pensée fut pour sa jeune épouse Monika, sa fille Andrea de 13 mois et son fils Philipp, né quatre semaines plus tôt. Sa famille avait besoin de lui. Il voulait être là pour elle et c’est ce qu’il fit, avec confiance et persévérance. Après de longs mois à Balgrist, il quitta la clinique sans fauteuil roulant malgré sa paralysie médullaire. Pour accéder à son appartement, il devait monter deux escaliers en utilisant des glissières et des cannes, ou en glissant sur une serviette pour avancer. C’était l’usage à l’époque car, selon la loi, l’AI ne pouvait financer des moyens auxiliaires que si une personne était considérée comme invalide depuis plus d’un an. Il dut faire construire un fauteuil roulant chez un mécanicien en vélo à ses propres frais. En attendant, son ami Toni Lustenberger lui prêta l’un des siens. De même, pour pouvoir se rendre à son travail, il fit installer une commande manuelle sur sa voiture dans un atelier spécial. Comme il ne pouvait plus exercer son ancienne activité d’agent d’exploitation logistique, il poursuivit sa carrière professionnelle à la Banque cantonale de Lucerne à Kriens. Pères fondateurs Avec ses amis en fauteuil, Toni Lustenberger et Ernst Michel, le trio forma rapidement le noyau dur du club en fauteuil roulant de Kriens (aujourd’hui RC Zentralschweiz), fondé en 1966. Au même moment, son beau-frère, André Deville, obtint son brevet de professeur de sport pour handica-
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Paracontact I Automne 2021
pés à Macolin et encadra le petit groupe de sportifs en fauteuil roulant dans leurs activités. La commune de Kriens mit spontanément à leur disposition une salle de sport adaptée. La camaraderie franche et cordiale, ainsi que l’aspiration sincère de réaliser des performances sportives reconnues, donnèrent à ces pionniers l’idée d’organiser une compétition pour les athlètes en fauteuil roulant. Suivant l’exemple de Kriens, d’autres clubs en fauteuil roulant (CFR) furent fondés à plusieurs endroits. En été 1973, le premier championnat de Suisse en fauteuil roulant eut lieu à Kriens. Werner Waldispühl m’y avait convié en tant que président du club en fauteuil roulant. Quelques semaines plus tôt, j’avais été nommé médecin-chef du Centre des paraplégiques de Bâle et j’encourageais le sport en fauteuil roulant, convaincu que «Une personne en bonne santé devrait faire du sport – une personne handicapée doit faire du sport», comme le disait la devise de l’époque. Peu après son accident, Werner Waldispühl rejoignit le club de tir à l’arc de Lucerne. Il était l’un des meilleurs archers parmi les athlètes en fauteuil roulant et remporta de nombreux tournois et plusieurs médailles aux championnats de Suisse. Il se qualifia à trois reprises pour les Jeux Paralympiques: en 1968 à Tel Aviv, en 1972 à Heidelberg et en 1976 à Toronto. En 1980, Werner Waldispühl fut chef de la délégation de l’équipe suisse aux Jeux Paralympiques d’Arnhem. Malgré la détermination et l’engagement sportif, la camaraderie tenait une place importante dans ce contexte. Après chaque entraînement, les amis se retrouvaient pour passer un moment ensemble, lors duquel de nouvelles idées voyaient le jour, des projets prenaient forme, soucis et expériences s’échangeaient, ou d’autres possibilités de développement étaient débattues. Werner Waldispühl s’efforçait toujours de combiner harmonieusement sport et convivialité, travail et loisirs, sérieux et plaisir. Lorsque j’invitai les clubs en fauteuil roulant existants à l’assemblée constitutive de Paracontact I Automne 2021
Werner Waldispühl à la pose de la première pierre du CSP (en h. à g.), avec son épouse Monika (en b. à g.), posant devant un car de voyage de l’ASP et en sportif accompli
l’Association suisse des paraplégiques le 27 avril 1980 à Bâle, Werner Waldispühl et André Deville défendirent et soutinrent ardemment le regroupement à l’échelon national. Par la suite, André Deville prit la direction du département «Sport en fauteuil roulant» et fit entrer nos athlètes dans l’élite mondiale tout en intensifiant le sport pour tous. Premier directeur Lors de l’AD de 1983 à Saint-Gall, Werner Waldispühl fut élu secrétaire central de l’ASP et prit en même temps la tête du département «Culture et société». Il remplit sa mission avec créativité, compétence et une énergie et une joie jamais démenties. Il rassemblait les gens et les idées en y mettant tout son cœur et son esprit. Il prit la décision courageuse de quitter son poste à responsabilité à la Banque cantonale de Lucerne, où il pouvait espérer d’autres promotions en sa qualité de fondé de pouvoir. Quoi qu’il en soit, en tant que président central, j’ai été heureux de l’avoir à mes côtés comme secrétaire central et ami pendant les 15 années suivantes. Son ac-
tion bienfaisante a considérablement amélioré l’existence de nombreux para et tétraplégiques. D’autres CFR furent successivement fondés pour atteindre un total de 27, répartis dans toutes les régions de Suisse. Le conseil social et juridique ainsi que la construction sans obstacles s’ajoutèrent aux domaines d’activité. Le bureau initial de Kriens fut transféré à Nottwil en 1991, car le Centre suisse des paraplégiques y avait été ouvert une année auparavant. Werner Waldispühl fut présent à tous les moments-clés: en tant que membre du groupe d’utilisateurs pendant la phase de planification et de construction, à la pose de la première pierre, à la cérémonie d’inau guration, à l’ouverture. Avec son esprit éclairé, sa réflexion engagée et son soutien loyal, il accompagna l’œuvre de la fondation et perçut les opportunités qui furent créées pour les personnes en fauteuil roulant. En 1995, Werner Waldispühl fut élu «Paraplégique de l’année» par la FondaSuite en page 11
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Paracontact I Herbst 2021
AVANCER
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ÉCLAIRAGE
tion suisse pour paraplégiques pour les services exceptionnels qu’il avait rendus aux paralysés médullaires.
Sources d’espoir
Après 15 ans de travail sans relâche à l’ASP, Werner Waldispühl prit sa retraite et en profita dès lors pour voyager avec sa femme Monika, s’adonner à ses nombreux loisirs et passer du temps avec sa famille et ses amis. Au cours des deux dernières années, alors que de nouvelles souffrances épuisaient ses forces, il trouva une aide professionnelle au CSP de Nott wil. Heureusement, c’est entouré de sa famille qu’il put finalement faire ses adieux à son épouse bien-aimée Monika, à ses enfants Andrea et Philipp, à ses petits-enfants et à tous ses proches et amis. Werner Waldispühl fut un exemple pour nous tous. Il nous a prouvé qu’un dur coup du sort pouvait libérer des énergies insoupçonnées pour créer une vie riche de sens. Il fut un entrepreneur responsable dans sa profession et un pionnier, conseiller et ami empathique pour de nombreuses personnes en fauteuil roulant et compagnons. Il fut un père dévoué pour ses enfants et petits-enfants, un joyeux conjoint pour son épouse Monika. Derrière chaque grand homme, il y a une femme forte. C’est une condition essentielle pour réussir durablement sa vie privée et professionnelle, surtout lorsqu’il s’agit de surmonter des crises graves. Monika Waldispühl-Deville a toujours cru en cette union. Qu’elle reçoive aujourd’hui toute notre estime et nos plus sincères condoléances. Cher Werni, tu as fait de l’ASP ce qu’elle est aujourd’hui. Nous t’en serons toujours profondément reconnaissants et t’assurons de notre éternelle amitié. Paracontact I Automne 2021
Romina Miracco a coordonné le Forum d’éthique du CSP. C’est de là qu’est née l’idée des «Sources d’espoir». La res ponsable du développement des soins présente ce projet. Gabi Bucher
Le Forum d’éthique a publié un manifeste sur l’espoir. Pour quelle raison? Une année sur deux, nous invitons les patients et leurs proches à l’événement «Un an après la rééducation primaire». Or il arrive que des patients qui avaient quitté la clinique en fauteuil roulant reviennent sur leurs deux jambes, ce qui nous réjouit bien sûr énormément. Mais cela soulève aussi des questions pour les patients. Se fiant à l’avis des médecins, ils ont supposé qu’ils ne remarcheraient plus jamais. Nous avons abordé ces questions dans le cadre du Forum d’éthique et avons réalisé que nous ne laissions pas assez de place à l’espoir lors de la rééducation. Dans ce manifeste, nous expliquons à notre personnel comment faire face aux espoirs et aux souhaits de nos patients. Nous ne pouvons ni leur donner de l’espoir, ni leur en ôter, mais nous pouvons les soutenir. C’est de là qu’est né le projet «Sources d’espoir»? À l’origine, il s’agissait de rédiger un manifeste et de sensibiliser le personnel. Mais nous nous sommes rendu compte que ce serait bien d’avoir des lieux où l’on pourrait puiser de l’espoir. L’espoir donne de la force. Dire aux patients que ce qu’ils souhaitent ne se produira jamais est contre-productif. Nous voulons prendre leurs désirs et leurs
Informations Sources d’espoir www.paraplegie.ch/espoir
espoirs au sérieux, mais aussi leur faire comprendre que pour l’instant, nous travaillons avec la réalité et voyons ce que nous pouvons en tirer. Ainsi, toutes les perspectives restent ouvertes. Les «Sources d’espoir» doivent aider à montrer diverses voies pour affronter les situations difficiles avec une force nouvelle. Comment se présentent ces lieux? Dix colonnes d’information sont réparties sur tout le campus de Nottwil, de l’hôtel Sempachersee jusqu’au lac. Chaque colonne traite d’un sujet différent; de la prise de conscience au nouveau départ, en passant par le potentiel, la force vitale et la motivation. Le désespoir a aussi sa place. Sur chaque inscription, on peut lire un court texte de référence écrit en allemand, français, italien et anglais. Par un code QR, on obtient des informations plus détaillées et des vidéos de personnes touchées et d’experts. Qui est censé visiter les Sources d’espoir? D’une part, nos patients et leurs proches, et d’autre part, notre personnel. C’est lui qui est souvent confronté à des situations difficiles. J’ai eu une conversation marquante avec l’ancien chef de l’unité des soins intensifs. Il m’a confié que son travail était éprouvant parce que les destins de ses patients lui pesaient également. Je l’ai invité à passer dans les différents services pour voir les progrès effectués par les patients. C’est une très bonne chose que soient désormais nés des lieux où l’on peut puiser de l’espoir! 11
CONSEILS VIE
TÉMOIGNAGE
Une vie pleine de rebonds
Les creux de l’existence nous enseignent la résilience et nous forcent à rebondir à chaque nouvelle épreuve. La tétraplégie aussi teste régulièrement nos capacités d’adaptation. Mickaël Luternauer, membre de l’ASP
Je m’appelle Mickaël, j’ai 47 ans et le samedi 11 juillet 1992, ma vie a basculé. En week-end au Tessin, je ressens l’envie de me rafraîchir et je plonge dans la Maggia. Le niveau de l’eau est trop bas. Ma tête touche le fond de la rivière, ma nuque se brise. Impossible pour moi de bouger mon corps, ni de respirer. Heureusement, mes amis réussissent à me sortir de l’eau. Je suis
mence alors une longue, difficile et doulou reuse rééducation. Chaque nouveau mou vement, même infime soit-il, est une victoire. Les thérapeutes repoussent les limites. Aller toujours plus loin. Petit à petit, les muscles reprennent vie. D’abord les bras, puis les jambes et après cinq mois, je sors du CSP, debout sur mes deux pieds. C’est inespéré … Quelques mois plus tard, j’ai l’immense bonheur de rencontrer Crystel, la femme qui partage ma vie depuis maintenant 28 ans. Sans elle, je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui. Le 20 novembre 2004, nous nous marions sous les flocons de neige, entourés de nos familles et de nos amis. C’est une journée magnifique.
rapidement pris en charge par la Rega et les médecins m’opèrent à Lugano. Le diagnostic est clair et sans appel: fracture de la 4e vertèbre cervicale. J’ai 18 ans, je suis tétraplégique et je ne pourrai plus jamais marcher.
Nous adoptons notre premier enfant au Rwanda, en 2011. En 2017, nous accueillons notre deuxième fils de Haïti. Et en 2019, notre fille agrandit notre joyeuse tribu. Je mesure chaque jour la chance et l’énorme bonheur d’avoir pu construire une si belle famille.
Après quatre jours de soins intensifs, je suis transféré dans un autre monde: le Centre suisse des paraplégiques à Nottwil. Com-
Repousser les limites Malgré les difficultés pour me déplacer ou pour réaliser certaines activités, il est évi
En famille, on se serre les coudes
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Paracontact I Automne 2021
dent que je travaillerai à 100% sans me mettre de restriction. Même lorsque mon corps m’envoie des signaux d’alarme et d’épuisement. L’équilibre est précaire, la coordination difficile, la force déficiente. Tout le côté gauche de mon corps me pose des problèmes. Sans parler des multiples désagréments liés à ma paralysie incomplète. La marche étant la partie visible de l’iceberg. Je rêve de vivre un jour sans douleur. Je continue à repousser les limites, je refuse de voir la réalité en face. Je tente de vivre pleinement sans tenir compte de mon han dicap. Je déambule sur une corde étroite, en équilibre précaire perpétuel. Je ne compte pas le nombre de fois où mon épouse me retrouve blessé dans les services d’urgen ces. Je suis très régulièrement en situations d’échec car les objectifs que je me fixe sont tout simplement trop hauts et souvent impossibles à atteindre avec mon corps. Toutefois, il faut avouer que grâce à cette mentalité de battant, je peux réaliser de nombreuses choses. Je fais du vélo et je comptabilise quelques milliers de kilomè tres. Je descends à vélo du Jura en Bourgogne. Je monte également en peau de phoque au Saint-Bernard. Deux expérien ces extraordinaires que je suis vraiment très fier d’avoir vécues. Un corps qui s’use Malgré certains signes précurseurs, mon corps commence à ne plus répondre à toutes les sollicitations. En 2015, je ressens de fortes douleurs dans la hanche et je suis alité durant plusieurs mois en raison d’une nécrose. Je boite de plus en plus, ma démarche est chancelante. Je m’épuise physi quement et psychologiquement. En 2019, tout s’effondre comme un château de car tes. Il faut se rendre à l’évidence: à force de tirer sur la corde, elle a fini par céder …
Durant ma convalescence, les médecins découvrent que mes vertèbres cervicales s’effritent et se déplacent, empêchant la moëlle épinière de circuler normalement: une explication à ma perte de mobilité, à mes douleurs récurrentes et à ma fatigue. Une opération conséquente est réalisée afin d’éviter une nouvelle paralysie complète. Paracontact I Automne 2021
Crystel et Mickaël, une équipe solide
Il me faut plusieurs mois pour entrevoir la lumière au bout du tunnel. Sans Crystel et mes trois enfants, jamais je n’aurais pu m’en sortir. Je me sens entouré, soutenu et aimé. J’ai la chance d’avoir une famille incro yable et merveilleuse. Ils me donnent la force au quotidien de poursuivre mon chemin malgré les difficultés et les douleurs que mon corps m’inflige jour après jour. Je peux aussi compter sur l’accompagnement précieux du service social de l’ASP, par l’entremise d’Alexander Post. Grâce au soutien généreux de la Fondation suisse pour paraplégiques, pour laquelle j’éprouve la plus profonde gratitude, nous avons pu réaliser des travaux dans notre maison qui me permettent de pouvoir me déplacer facilement et d’être autonome dans les gestes de la vie quotidienne. Je suis reconnaissant envers l’entreprise qui me donne une chance de me réinsérer dans le monde du travail et qui a installé une rampe afin d’ac céder à mon bureau. Je remercie également Parawork qui me suit dans les différentes démarches administratives. Le fauteuil roulant: un ami À présent, j’avance sur le chemin de l’acceptation. Le fauteuil roulant qui était un ennemi, est devenu un ami, un compagnon
de route. Grâce à lui, je revis, mais différemment. Il m’aide et m’accompagne cha que jour. Il me facilite grandement le quotidien et me permet de vivre de belles choses. Je peux profiter d’une sortie avec mes enfants. Je participe aux entraînements de handibasket. Je peux me balader fièrement avec mon épouse. Maintenant, je me sens plus fort et plus solide. J’ai retrouvé mon sourire et ma joie de vivre, je me suis rarement senti si heureux. J’ai une épouse exceptionnelle, qui illumine mon existence et qui prend soin de moi. J’ai des enfants merveilleux, qui rendent ma vie pétillante. J’ai des proches présents, sur qui je peux compter. Je fais un job très intéressant dont l’environnement est adapté. Je vis dans une maison sans contrainte. J’ai une voiture adaptée à mon handicap. Je fais un sport qui me plaît, adapté lui aussi. Je suis épanoui, j’ai confiance en ma petite étoile, j’ai des projets et des rêves! Je m’appelle Mickaël, j’ai 47 ans, j’ai une tétraplégie incomplète et ma vie est belle! 13
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Paracontact I Automne 2021
CONSEILS VIE
PARALYSIE MÉDULLAIRE INCOMPLÈTE
Entre deux chaises Les personnes atteintes de paralysie médullaire incomplète qui se déplacent (aussi) sur leurs jambes sont confrontées à des situations complexes. Alexander Post, travailleur social
Les paralysés médullaires incomplets – paraplégiques ou tétraplégiques – qui peuvent un peu marcher ou n’ont que partiellement besoin d’un fauteuil roulant, confient aux travailleurs sociaux du département Conseils vie qu’ils ont souvent l’impression de n’appartenir ni au monde des piétons, ni à celui des personnes en fauteuil roulant. Ce sentiment de non-appartenance se manifeste dans leur vie quotidienne quand ils sont obligés de s’asseoir dans les transports publics pour soulager leurs jambes ou leur corps, par exemple. Ils vivent la même expérience lorsqu’il est question des prestations des assurances sociales. Ces personnes constatent que leur handicap n’est pas évalué à sa juste valeur. Les personnes de ce groupe sont perçues par leur entourage, d’un côté comme étant «en forme» et peu limitées physiquement, et de l’autre comme n’étant pas assez mobiles pour suivre le rythme des personnes sans handicap physique. De ce fait, on surestime souvent leur capacité de performance. Par conséquent, il n’existe que peu ou pas d’offres adaptées aux personnes atteintes de paralysie médullaire incomplète. Par ailleurs, il est plutôt rare que la publicité dresse leur portrait ou prenne en compte et représente leurs intérêts. Souvent, les demandes de soutien ne nous parviennent que lorsque la souffrance pèse trop lourd sur ces personnes et qu’elles ne voient plus d’issue. Dans l’article précédent, Mickaël Luternauer raconte son expérience. D’après ses dires, il Paracontact I Automne 2021
occultait fréquemment la réalité de son handicap physique, travaillant à cent pour cent et faisant du sport comme si de rien n’était. Malheureusement, il n’est pas rare que ce comportement à outrance entraîne un surmenage physique et affecte également la santé mentale, ce qui peut avoir des conséquences sur le travail, la vie sociale et les finances. S’il est vrai que les travailleuses et travailleurs sociaux du département Conseils vie sont formés pour intervenir dans de telles situations, des destins comme celui de Mickaël Luternauer nous affectent beaucoup. Il a cherché du soutien par ses propres moyens et nous a notamment contactés. Après avoir effectué tout un processus interne d’acceptation et accompli le travail nécessaire, seul et avec nous, il a pu tourner la page près de deux ans plus tard et a fait bien du chemin. Cela n’a pas dû être facile pour lui d’admettre que sa situation était devenue intenable. En relatant l’histoire de Mickaël Luternauer aux pages 12 et 13, nous souhaitons contribuer à faire progresser les connaissances des problématiques spécifiques à ce groupe et inciter ces personnes à se manifester suffisamment tôt. Vous vous sentez interpellé par cet article et êtes vous-même dans une situation similaire? Le département Conseils vie de l’ASP est là pour vous aider.
CONTEXTE
Paralysie médullaire complète et incomplète Paralysie médullaire complète Les fonctions motrices et sensorielles n’existent plus. La moelle épinière est complètement sectionnée. Paralysie médullaire incomplète Certaines fonctions motrices et sensorielles existent encore sous le niveau de la lésion. La blessure n’en est toutefois pas moins grave. Elle peut également entraîner des dommages importants. (Source: paraplegie.ch)
Connaissances générales supplémentaires sur la paralysie médullaire incomplète (www.spv.ch/inkomplett_f)
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CONSEILS JURIDIQUES
RÉDUCTION DES PRESTATIONS DE RENTE
Même rétroactivement?
Dans notre numéro d’automne 2020, je vous relatais le cas de Jan W., dont la rente avait été réduite pour la première fois par l’assurance-accidents neuf ans après son grave accident de moto. Depuis, le Tribunal cantonal a rendu son jugement. Il est donc temps de revenir sur l’affaire Jan W.
Michael Bütikofer, avocat et notaire
Rappel: Sur le chemin du travail, Jan W. avait eu un tragique accident de moto. Le ministère public compétent avait abandonné les poursuites à son encontre, en raison des graves séquelles qu’il avait subies. L’assurance invalidité avait accordé à Jan W. un quart de rente avec un degré AI de 41%. Son assurance-accidents avait consulté le dossier de l’instruction pénale et décidé, en se basant sur l’art. 37, al. 2, de l’OLAA, de réduire de 20% l’indemnité journalière versée après l’accident. L’état de santé de Jan W. s’étant détérioré, l’assurance invalidité lui avait ensuite octroyé une rente complète dès 2016 avec un degré AI de 100%. L’assurance-accidents avait elle aussi refait ses comptes et relevé la
rente accident de 41% à 55% dès février 2018, mais en la réduisant en même temps de 20%. L’assurance-accidents avait ordonné pour la première fois cette réduction de rente neuf ans après le grave accident de moto. Jan W. avait contesté cette 16
décision inattendue, d’autant qu’elle le pénalisait durement sur le plan financier. Il avait donc fait appel à l’Institut de conseils juridiques de l’ASP (ICJ). Recours auprès du Tribunal cantonal Les échanges de lettres avec la compagnie d’assurance et la procédure d’appel qui suivit n’aboutirent à rien pour Jan W.: son assurance-accidents n’en démordait pas et maintenait la réduction de la rente ordonnée des années plus tard. Jan W. n’eut donc d’autre choix que de contester cette décision sur opposition par un recours auprès du Tribunal cantonal compétent. Dans la procédure portée devant le Tribunal cantonal, il fut démontré pourquoi l’assurance-accidents n’avait pas le droit de réduire la rente de Jan W., que ce soit sur la base de l’art. 17 de la LPGA ou en application de l’art. 53, al. 2, de la LPGA.
En vertu de l’art. 17 de la LPGA, les prestations de rente sont, d’office ou sur demande, augmentées, réduites ou encore supprimées, si les circonstances dont dépendaient leur octroi changent notablement. Ce changement présupposé des circonstances est appelé «motif de révision». S’il existe un motif de révision, le droit à la rente doit être fixé à nouveau sur la base d’un état de fait établi de manière correcte et complète, sans référence à des évaluations antérieures. Toutefois, l’évaluation purement différente de faits essentiellement identiques n’est pas pertinente dans le cadre du droit de la révision.
L’art. 53, al. 2, de la LPGA stipule que l’assureur peut revenir sur les décisions ou les décisions sur opposition formellement passées en force lorsqu’elles sont manifestement erronées et que leur rectification revêt une importance notable. Cette «reconsidération» sert à rectifier par la suite une application du droit ou une fixation des circonstances initialement erronée du fait de l’administration. Or, selon la jurisprudence, la reconsidération des décisions ou des décisions sur opposition passées en force ne peut être envisagée que s’il s’agit de rectifier des erreurs grossières commises par l’administration. L’erreur est donc incontestable s’il n’y a aucun doute raisonnable sur le fait que la décision était erronée. Le jugement du Tribunal cantonal Le 25 mai 2021, le Tribunal cantonal compétent a statué sur le cas de Jan W. Il a rejeté le recours de notre client. Dans son jugement de 37 pages, le Tribunal cantonal a estimé que Jan W. avait provoqué l’accident de moto invalidant de 2009, à la fois par négligence grave et en commettant une infraction à la loi sur la circulation routière (dépassement malgré la circulation en sens inverse, dépassement dans un virage sans visibilité et manque d’attention). Pour cette raison, selon le Tribunal cantonal, l’assurance-accidents de Jan W. aurait dû réduire ses prestations financières (c’est-à-dire son indemnité journalière d’accident et sa rente) conformément à l’art. 37, al. 3, de la LAA. Toutefois, étant Paracontact I Automne 2021
donné que l’assurance-accidents avait réduit l’indemnité journalière de Jan W. «lors de la fixation initiale des prestations» sur la base de l’art. 37, al. 2, de la LAA, elle aurait «appliqué de manière erronée» l’art. 37 de la LAA et il y aurait «une erreur incontestable dans l’application erronée d’une disposition pertinente». De l’avis du Tribunal cantonal, les conditions strictes pour une reconsidération de l’art. 53, al. 2, de la LPGA seraient donc remplies. Ainsi, l’assurance-accidents de Jan W. pourrait revenir sur sa première décision en matière de rente et réduire sa rente de 20%, même neuf ans après le fatal accident de moto. Le Tribunal cantonal a également estimé qu’au vu de ce résultat, il était inutile d’examiner si l’assurance-accidents aurait pu revenir sur sa décision initiale en matière de rente en se basant sur l’art. 17 de la LPGA. Recours auprès du Tribunal fédéral Selon notre point de vue juridique, le Tribunal cantonal a tort dans son jugement, défavorable à l’assuré. C’est pourquoi les dés ne sont pas encore jetés dans le cas de Jan W.: le 29 juin 2021, ce dernier a déposé un recours en matière de droit public contre le jugement cantonal auprès du Tribunal fédéral.
Dans la procédure portée devant la plus haute instance de Suisse, la question suivante est déterminante: est-il vrai, comme l’a considéré le Tribunal cantonal, que la décision initiale de l’assurance-accidents de ne réduire l’indemnité journalière d’accident que pendant deux ans, en vertu de l’art. 53, al. 2, de la LPGA, était incontestablement erronée? Seule une réponse affirmative à cette question permettra de remplir les conditions strictes pour une reconsidération, conformément à l’art. 53, al. 2, de la LPGA. Selon le point de vue défendu ici et devant le Tribunal fédéral, la réduction initiale et temporaire des prestations ne constitue pas une erreur grossière de la part de l’administration devant être rectifiée par une reconsidération conformément à l’art. 53, al. 2, de la LPGA. On ne peut pas non plus affirmer qu’il n’y a aucun doute raisonnable sur le fait que la réduction des indemnités Paracontact I Automne 2021
Les deux cours de droit social du Tribunal fédéral sont à Lucerne
journalières, limitée initialement à deux ans, était erronée. D’une part, il importe en effet d’avoir à l’esprit le fait que l’assurance-accidents de Jan W. a réclamé son dossier au ministère public et l’a analysé avant de décider – en parfaite connaissance des circonstances exactes de l’accident – de réduire ses indemnités journalières uniquement pendant une période de deux ans. En d’autres termes, l’assurance-accidents a bel et bien sanctionné Jan W. pour son comportement le jour de l’accident (dépassement malgré la circulation en sens inverse, dépassement dans un virage sans visibilité et manque d’attention). L’assurance-accidents a donc bien rempli son obligation de réduire les prestations si nécessaire. D’autre part, il faut noter qu’il doit également être possible, dans le cadre de l’art. 37, al. 3, de la LAA, de n’ordonner qu’une réduction temporaire des prestations, voire de s’en abstenir complètement. À cet égard, on peut se référer à l’art. 21, al. 1, de la LPGA qui, par rapport à l’art. 37, al. 3, de la LAA, sanctionne des fautes plus graves (provoquer la réalisation d’un risque assuré en commettant intentionnellement un crime ou un délit) et prévoit explicitement une réduction simplement temporaire des prestations. Pour cette raison, une réduction temporaire des prestations doit également être possible dans le domaine couvert par l’art. 37, al. 3, de la LAA. En résumé, la réduction des indemnités journalières ordonnée uniquement pendant les deux premières années après l’ac-
cident ne constitue pas une «erreur grossière de l’administration» devant être rectifiée en application de l’art. 53, al. 2, de la LPGA. Ainsi, eu égard à l’art. 21, al. 1, de la LPGA, une conclusion unique – à savoir que la décision était erronée – n’est pas seulement concevable en ce qui concerne la réduction initiale des prestations de l’assurance-accidents. Par conséquent, la réduction temporaire de l’indemnité journalière ordonnée immédiatement après l’accident de Jan W. ne s’avère pas «incontestablement erronée». Il manque donc une condition impérative pour que l’assurance-accidents puisse revenir sur sa réduction initiale des prestations. Perspectives Selon notre expérience, la procédure de recours devant le Tribunal fédéral prend six à huit mois. D’ici là, Jan W. devra continuer à se montrer patient et à espérer que la réduction de sa rente décrétée des années plus tard par son assurance-accidents sera rejetée par le Tribunal fédéral. Reste à voir quelle décision prendra ce dernier. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il y aura un troisième article Paracontact consacré au cas de Jan W.
Institut de conseils juridiques Tél. 032 322 12 33 17
MÉDECINE ET SCIENCES
MÉDECINE GLOBALE
Le facteur humain plutôt que commercial
La médecine devrait être moins axée sur l’économie et placer l’être humain et ses souffrances au cœur de ses préoccupations, plaide l’Académie de médecine humaine, basée à Zurich. Nadja Venetz
L’Académie de médecine humaine (amm) est une association à but non lucratif, totalement indépendante sur le plan politique, financier et confessionnel, qui s’engage en faveur d’un système de santé humain et abordable en Suisse. Stephan Bachmann, directeur du REHAB Basel et membre du comité central de l’ASP, œuvre au sein de l’amm en tant que vice-président depuis sa création en 2009. L’Académie de médecine humaine plaide pour un système de santé humain et abordable. Qu’est-ce que cela signifie exactement? À l’amm, nous partons du principe qu’une personne qui nécessite des services de santé est une personne qui souffre et qui a besoin de toute notre attention. L’accent doit impérativement être mis sur l’être humain. Ce que nous critiquons, c’est l’économisation croissante qui me répugne, même en tant qu’économiste. Dans le modèle actuel du système de forfaits par cas, le danger réside dans le fait que l’accent ne soit plus mis sur la personne qui a nécessite un service, mais sur l’entreprise qui le fournit. Le patient devient ainsi un client. Nous condamnons fermement l’utilisation du terme de client dans ce contexte. Le patient souffre d’un mal contre lequel il ne peut pas se défendre et qu’il n’a, en règle générale, pas choisi ni provoqué lui18
même. La régulation de l’offre et de la demande n’existe pas dans le système de santé. Prenons l’exemple d’un patient dans le coma ou atteint d’un cancer. Ce sont des personnes en souffrance qui ont besoin de soins et pour lesquelles les mécanismes régis par le marché ont souvent un effet dissuasif. Ces facteurs sélectifs sont complexes: le système de forfaits par cas rémunère certaines prestations médicales mieux que d’autres. De ce fait, les médecins sont contraints d’adopter un schéma de pensée et de comportement commercial, et d’opter pour les mesures les mieux à même d’indemniser l’hôpital, au lieu de placer le patient et sa souffrance au centre de leurs préoccupations. Par ailleurs, la plupart des cliniques versent des parts variables de salaire, en partie liées aux objectifs de chiffre d’affaires et au nombre d’actes réalisés. Ce sont des mesures dissuasives flagrantes! Nous demandons donc des salaires fixes pour le personnel spécialisé. C’est le cas depuis longtemps au REHAB Basel. Tous nos employés, sans exception, touchent une rémunération fixe. Comment l’association a-t-elle vu le jour? L’Académie de médecine humaine a été fondée en 2009 par Christian Hess et Annina Hess-Cabalzar, qui ont tous deux marqué l’hôpital d’Affoltern pendant de nombreuses années. Lui en tant que direc-
teur médical et elle comme psychothérapeute en chef. J’étais directeur de l’hôpital à l’époque. L’objectif de l’amm était, et est toujours, de promouvoir un système de santé humain et abordable. À Affoltern, nous avons pratiqué la médecine tel que nous le souhaitions pour toute la Suisse: l’être humain dans son individualité était au cœur du système, la volonté de l’individu primant sur ce qui était techniquement faisable. Découvrir en quoi consiste la souffrance a été le garde-fou de notre action. Nous ne nous sommes donc pas contentés de prescrire des médicaments, mais avons aussi mis en place une psychothérapie axée sur l’art. La médecine classique en formait la base solide, complétée par les sciences humaines, soit la psychothérapie, l’art-thérapie, la philosophie et l’éthique. Quel concept de médecine représentez-vous? Les époux Hess en ont formulé les principes de base dans leur livre «Menschenmedizin». Nous défendons un concept large de la médecine. Considérer l’hôpital comme un atelier au service de personnes qui viennent faire réparer un dysfonctionnement physique, est une vision très réductrice. Il ne s’agit pas juste d’une partie du corps blessée, mais d’une personne à part entière avec ses craintes, ses inquiéParacontact I Automne 2021
tudes et ses espoirs. Un être humain ne se limite pas à un corps, c’est aussi un esprit et une âme. Il peut être judicieux d’approfondir les causes d’un accident. Comment en est-on arrivé là? L’art-thérapie et le suivi psychologique sont au programme des centres pour paraplégiques. À Affoltern, nous avons aussi proposé ces méthodes aux patients de l’hôpital de soins aigus qui n’étaient avec nous que pour quelques jours. Ces mesures, facultatives, ont été bien accueillies. S’exprimer par la peinture ou engager une conversation peut être très salutaire. En outre, cette thérapie est peu coûteuse, car elle ne nécessite pas d’équipement onéreux, et le bien-être général s’en trouve souvent renforcé. De plus, nous reconnaissons que la maladie, comme la santé, fait partie de la vie, tout comme la vie commence avec la naissance et se termine avec la mort, du moins au sens terrestre. Lever le tabou de la mort est un autre cheval de bataille de l’Académie. L’hôpital d’Affoltern dispose d’une unité de soins palliatifs phare. Permettre à une personne gravement malade de mourir avec dignité dans un cadre palliatif fait partie d’un système de santé humain. Dans ce domaine, des progrès importants ont toutefois été réalisés dans toute la Suisse ces dernières années. Comment se traduit concrètement votre engagement? Nous sommes une petite équipe solide avec peu de moyens; rien que des spécialistes qui travaillent bénévolement. Faute de ressources, nous ne pouvons prétendre avoir une influence fondamentale sur le système de santé suisse. Le «Café Med» est notre principal fleuron en termes d’impact externe. Dans un café, des médecins à la retraite se mettent gratuitement à la disposition des patients qui souhaitent un second avis. Ils donnent leur appréciation sur le traitement envisagé et indiquent les alternatives possibles. Nous constatons que le besoin est grand. De nombreux profanes sont dépassés par la complexité du système de santé. L’opinion d’un spécialiste peut être très utile. Mais nous nous en tenons à cette consultation unique. Une même personne ne peut pas passer trois ou quatre fois. Le premier «Café Med» a Paracontact I Automne 2021
été fondé à Zurich, à l’initiative de Brida von Castelberg, l’ancien médecin-chef de la clinique gynécologique de l’hôpital Triemli de Zurich. Elle est aussi membre du comité de l’amm. Cette offre est disponible dans plusieurs villes germanophones de Suisse. Par ailleurs, nous avons organisé plusieurs conférences sur des thèmes différents. Nous recevons actuellement une large approbation pour ce que nous faisons, aussi de la part des médias. Quelles sont vos motivations personnelles? Dans mon travail quotidien, les sujets d’éthique médicale sont très présents. Coma éveillé, paralysie médullaire, lésion cérébrale grave ou double traumatisme; ce ne sont pas les destins les plus faciles que vivent nos patients. On évolue toujours dans cette zone de tension entre la médecine et l’éthique. Je m’intéresse également aux questions philosophiques, c’est pourquoi j’ai passé le CAS «Médecine et philo-
Quelle évolution pensez-vous être réaliste pour le système de santé suisse? À l’aune de la maxime d’une médecine abordable et axée sur l’être humain, je souhaite que nous tirions le meilleur parti des moyens dont nous disposons pour notre activité principale envers les patients, tout en ayant un personnel spécialisé satisfait qui saura trouver les conditions dans lesquelles faire du bon travail. Je suis persuadé que nous obtiendrons une meilleure qualité si nous utilisons les ressources actuelles de manière plus ciblée. Tout cela semble très abstrait et reste extrêmement complexe à mettre en œuvre. C’est toujours difficile lorsque le système est dirigé par de puissants acteurs comme les cantons, les prestataires de services (cliniques et hôpitaux) et les assureurs. Les intérêts sont parfois très différents et les changements prennent alors beaucoup de temps. Mais j’ai le sentiment que la majorité des personnes qui travaillent dans ce système de santé sont très engagées et ont une ex-
Le vice-président Stephan Bachmann s’engage pour une médecine globale et abordable.
sophie» à l’Université de Lucerne. Finalement, ce sont les thèmes fondamentaux de la vie qui me motivent. En outre, les échanges interprofessionnels sont très importants pour moi. Je suis membre de plusieurs comités dont la composition est très différente, et je tire un grand profit de ces rencontres. Notre comité compte aussi des médecins, des infirmiers, des thérapeutes, des administrateurs, etc. Il gère l’amm de la même manière que nous aimerions qu’un hôpital soit géré.
cellente attitude. Ce n’est pas comme si nous voulions faire prendre un cap radicalement différent à la plupart d’entre elles. Je crois qu’en Suisse, nous sommes sur la bonne voie. Posez-vous vous-même la question: aimeriez-vous être hospitalisé ailleurs qu’en Suisse? Vous trouverez des informations détaillées sur l’Académie de médecine humaine ainsi que sur les dates du «Café Med» sur le site Web: www.menschenmedizin.com. 19
CONSTRUIRE SANS OBSTACLES
UNE PLANIFICATION CONFORME AUX BESOINS
Conseil en construction sans obstacles
La construction ou la transformation d’immeubles résidentiels ou commerciaux est une entreprise complexe. Au CSO, nous sommes aux côtés des maîtres d’œuvre. Felix Schärer
aimerait faire aménager un appartement adapté à ses besoins. Lors d’une consultation initiale gratuite, le CSO lui a fourni un premier avis d’expert (conseil en construction individuel). Agente fiduciaire exerçant depuis chez elle, Theres a toutefois décidé d’aller plus loin et de confier au CSO un mandat de conseil en construction. Celui-ci comprenait la discussion du projet avec la coopérative immobilière, l’expertise professionnelle lors de la planification des travaux, ainsi que le suivi du chantier et le rôle d’interface avec l’AI.
Finalisation des plans avec Theres Rickenbacher
Le client doit s’occuper d’une multitude de choses. Les points à éclaircir ne sont pas seulement architecturaux, mais aussi juridiques ou économiques. De plus, les impératifs d’accessibilité placent l’architecte-concepteur face à un domaine architectural particulier dans lequel il n’est, en tant que généraliste, habituellement pas un expert. Afin de combler cette lacune, le CSO propose un conseil en construction sans obstacles à la fois aux maîtres d’œuvre privés (logements) et aux entreprises (locaux professionnels). Le conseil à la clientèle englobe des prestations d’intermédiaire associant le maître d’œuvre et les concepteurs. Notre tâche consiste à allier 20
les compétences des deux parties et à les rendre mutuellement exploitables. Je vais illustrer mes propos par deux exemples. Logements Theres Rickenbacher vit en Suisse centrale. Elle aime à dire qu’elle ne se sent pas handicapée, mais que c’est l’environnement bâti qui la handicape. Cela fait déjà cinq ans qu’elle cherche une solution pour se rapprocher du centre urbain. En faisant transformer sa voiture chez Orthotec, elle a entendu parler pour la première fois des services proposés par le CSO. Elle nous a contactés en été 2020. Dans la future résidence d’«Abendruh», cette quinquagénaire
Grâce à de bons arguments, il fut possible de convaincre la commission de construction de faire appel à l’expertise du CSO à un stade précoce du projet. Il fut décidé d’équiper deux appartements locatifs de la résidence selon les exigences accrues de la construction sans obstacles, le reste étant prévu pour être «adaptable sans obstacles», en conformité avec la norme SIA 500 Constructions sans obstacles en vigueur. Par ailleurs, les besoins individuels de Theres Rickenbacher ont été recueillis et pris en compte dans la phase de planification ultérieure. Le projet fut discuté lors d’une séance de la commission de construction en novembre 2020. Ce n’était pas la première fois que notre Suissesse en fauteuil roulant devait se battre. À plusieurs reprises par le passé, elle avait vu ses impératifs personnels toujours hâtivement écartés pour des questions de coût. Enfin, elle avait le sentiment Paracontact I Automne 2021
inédit d’être prise au sérieux. La présidente de la coopérative immobilière, Monika Arnold, s’était dépensée sans compter et, grâce à l’intervention du CSO, elle a pu aider Theres Rickenbacher à se rapprocher de son objectif: un appartement sans obstacles. En toute franchise, elle aussi a hâte de voir le résultat final! Monika Arnold aimerait que la résidence devienne une «maison pour tous». Elle a été ravie d’intégrer des appartements pour personnes handicapées dans la planification du nouveau bâtiment. Comme elle bataillait pour ce projet, elle est entrée au comité. L’objectif est de permettre aux personnes dans différentes situations de vie d’habiter dans un cadre agréable et de vivre de la manière la plus autonome possible dans un bel environnement au sein
d’une communauté. Au CSO, nous sommes aussi persuadés que l’attrait locatif d’un bien immobilier planifié sans obstacles est meilleur. C’est une valeur ajoutée pour tout le monde. Locaux professionnels Nous sommes aussi sollicités par des entreprises. Nous conseillons actuellement une société argovienne axée sur la technologie et l’innovation qui emploie un personnel motivé et souhaite accroître son attractivité d’employeur en garantissant l’égalité des chances pour tous. Le nouveau bâtiment, achevé en 2018, a été planifié conformément à la norme SIA 500 Constructions sans obstacles en vigueur. Or lors de la mise en œuvre opérationnelle, des potentiels d’amélioration en termes d’accessibilité sont apparus après l’embauche de
personnes en fauteuil roulant. Nous avons donc été chargés de procéder à l’examen du siège principal, en contrôlant les points suivants: vérification de l’accessibilité en conformité avec les concepts opérationnels (normes de sécurité), mise en évidence de l’adaptabilité des postes de travail; identification des potentiels d’amélioration. Une construction durable Pour les immeubles résidentiels comme pour les bâtiments commerciaux, industriels et les bureaux, l’accessibilité fait partie de la durabilité. Les entreprises progressistes l’ont compris et font appel au soutien spécialisé nécessaire pour atteindre leurs objectifs. Cela permet de protéger les personnes handicapées contre la discrimination et de favoriser leur inclusion et leur égalité au sein de la société.
Résidence «Abendruh», Ibach SZ, Coopérative immobilière de St-Martin, Schwytz Lors de l’appel d’offres lancé pour réaliser des logements abordables, la coopérative immobilière est parvenue à séduire la commune de Schwytz par son concept de logement. Jouissant d’une situation centrale et entourée d’une maison de retraite, d’un établissement scolaire de pédagogie curative et d’un centre commercial, la propriété fait la transition vers le quartier résidentiel adjacent. Dans cet environnement social, le projet est le trait d’union entre les institutions publiques et les constructions de logements. Outre des appartements locatifs attractifs et abordables, le maître d’œuvre souhaitait intégrer un élément qui manquait encore à la qualité d’habitation: une vie autonome pour les personnes handicapées. Cette tâche a soulevé chez toutes les parties prenantes la question de la portée, voire de l’importance de l’architecture sans obstacles. À quelles déficiences et à quel degré de handicap doit-on et veut-on répondre pour qu’il soit possible de vivre Paracontact I Automne 2021
en toute autonomie? Ces questions et la compréhension ont pu être abordées lors d’un premier entretien-conseil avec Felix Schärer de l’ASP et à l’appui de l’étude du cas de Mme Rickenbacher, et constituent une base solide pour les décisions de construction ultérieures. Les compétences mutuelles de l’ASP et de l’architecte en matière de planification ont été déterminantes pour obtenir ce résultat. En tant qu’architectes, nous avons été sensibilisés à un autre thème de la durabilité et avons pu constater que
l’on pouvait répondre aux besoins des personnes souffrant de différents handicaps sans pour autant restreindre l’architecture, et que ces exigences constituaient aussi un enrichissement pour les personnes valides. Nous sommes toutefois conscients que, vu la diversité des handicaps, il n’existe pas une seule et unique recette miracle. On parle de durabilité lorsque l’on répond aux différents besoins avec une base solide et un surcroît de charges limité. ARDE Architektur AG, Brunnen/Renato Arnold
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CULTURE ET LOISIRS
DESTINATIONS 2022 Vacances actives pour tous les membres Semaine de ski à Arosa 27.3–1.4.2022 Semaine de ski à Zinal 4–8.4.2022 Bon plan estival à Rapperswil 7–14.8.2022 Voyages régionaux pour tous les membres Hollande 30.4–7.5.2022 Styrie 11–18.6.2022
PARAVACANCES
On peut enfin refaire ses valises! Qui aurait cru qu’il faudrait encore attendre aussi longtemps avant de pouvoir voyager de nouveau à l’étranger? Nous sommes d’autant plus ravis de réveiller vos envies de vacances grâce à nos offres. Gabi Bucher
Nous reprenons certains voyages que nous n’avons pas pu organiser ces 18 derniers mois, comme les vacances pour tétraplégiques en Algarve du dernier catalogue, par exemple. Nous nous réjouissons notamment de pouvoir enfin proposer à nouveau des vacances balnéaires aux tétraplégiques
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dans le sud de la Turquie. Et le circuit à travers le Costa Rica constitue à coup sûr une attraction particulière. Tous les voyages peuvent être réservés en ligne dès le 8 novembre 2021, après la «rencontre photos». Les informations sur cet événement Anmeldung «Fototreff» spv.ch/veranstaltungen sont en page 24 de ce numéro.
Circuits pour tous les membres Thaïlande 13–26.11.2022 Costa Rica 2–16.12.2022 Vacances balnéaires pour les membres tétraplégiques La Palma 27.3–3.4.2022 Grado 3–10.9.2022 Sud de la Turquie 15–22.10.2022 Voyages régionaux pour les membres tétraplégiques Hollande 23–30.4.2022 Haut-Adige 11–18.6.2022 Algarve 25.6–2.7.2022 Tyrol 20–27.8.2022 Semaine spéciale en Forêt-Noire* 7–14.5.2022 Croisière pour les membres tétraplégiques Méditerranée MSC Splendida 21–28.5.2022 Voyages pour les membres francophones Madrid 17–24.9.2022 Pays basque 10–17.9.2022 Voyages pour tous les membres sur liste d’attente Voyage régional Écosse 1 7–14.8.2022 Écosse 2 14–21.8.2022 * Inscription avec une personne soignante fixe
Paracontact I Automne 2021
Destinations phares 2022 VOYAGE RÉGIONAL EN HOLLANDE
VOYAGE RÉGIONAL EN ST YRIE
Pour tous les membres et pour les membres tétraplégiques
Pour tous les membres
Pour tous les membres
La visite de la Floriade Expo 2022 constitue le temps fort absolu de ces deux voyages: soixante hectares de terrain, quarante présentations de pays inspirantes, un complexe de serres spectaculaire et un véritable téléphérique à travers le parc. Ce n’est pas pour rien que la Floriade Expo est considérée comme l’une des principales expositions horticoles au monde.
Le Costa Rica est un paradis naturel. Volcans actifs, forêts tropicales denses, cascades rugissantes et plages de sable des Caraïbes ne sont pas juste des paysages de rêve, mais surtout l’habitat d’innombrables espèces animales et végétales.
Bien sûr, la Hollande est aussi réputée pour ses tulipes, ses moulins à vent et ses sabots. Dans certains petits villages, on trouve encore des maisons typiquement hollandaises et des habitants qui se promènent en costume traditionnel.
Le parc national Manuel Antonio, sur la côte Pacifique Sud, est connu pour ses habitants peu farouches. Une paire de jumelles sera très utile pour repérer les animaux sur terre, dans les airs et aussi dans l’eau. Dans le parc national Arenal Volcano, nous découvrirons la faune et la flore vues du ciel. Accrochés à la tyrolienne, nous fendrons les airs à hauteur des cimes des arbres. Par temps dégagé, nous pourrons apercevoir le cône volcanique de l’Arenal, le plus jeune volcan du pays et l’un des plus actifs au monde. De nombreuses autres activités attendent les participants (cours de cuisine, kayak, surf).
En contraste, la capitale branchée d’Amsterdam. Les bars et restaurants tendance ainsi que les boutiques innovantes séduisent les voyageurs de tous âges. Les nombreux canaux et ponts confèrent à la ville un charme romantique que l’on apprécie particulièrement à bord d’une embarcation.
CIRCUIT AU COSTA RICA
Pour goûter à la cuisine costaricaine, allez dans l’un des nombreux sodas, les petits snack-bars familiaux ou achetez des fruits plus ou moins connus au marché. Date 2–16.12.2022 Inclus Vol direct au départ de Zurich, 14 nuits en chambre double, (5 nuits tout compris, 9 nuits avec petit-déjeuner, 5 repas supplémentaires), excursions et transferts Paracontact I Automne 2021
Dates Membres tétraplégiques: 23–30.4.2022 Tous les membres: 30.4–7.5.2022 Inclus Voyage aller et retour en car ASP, 7 nuits en chambre double avec demi-pension, excursions et transferts
Graz, la capitale de la région styrienne, s’affiche sans rougir comme la capitale de la culture et du plaisir. La vieille ville historique est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2010. La pièce maîtresse en est le château de Schlossberg. Un funiculaire, un ascenseur et de nombreux sentiers relient le plateau au cœur de la ville.
La deuxième plus grande ville d’Autriche offre non seulement une histoire passionnante et des expériences culturelles fascinantes, mais elle gâte aussi les épicuriens. Dans de nombreux établissements, on sert du vin et des plats de la région environnante. L’offre régionale variée, l’hospitalité chaleureuse et le charme méridional feront de votre séjour une expérience incomparable – une ville où il fait bon vivre! Découvrez la culture rurale dans le Musée en plein air de Stübing. La vie paysanne de la population des campagnes autrichiennes des six derniers siècles y est représentée. Un voyage dans le temps en accéléré. Date 11–18.6.2022 Inclus Voyage aller et retour en car ASP, 7 nuits en chambre double avec petit-déjeuner, excursions et transferts
Inscription Nous prendrons vos réservations à partir du 8 novembre 2021. 23
RUBRIK ET LOISIRS CULTURE
BIEN-ÊTRE
Atelier «Couleurs et style»
ACTIVITÉ
Retour sur le cours de Swiss-Trac Le 29 mai 2021, le cours de Swiss-Trac a eu lieu à Küssnacht am Rigi. Il était conçu de manière à permettre aux participants de s’exercer à différentes techniques de conduite avec le Swiss-Trac, que ce soit en suivant un parcours ou en franchissant divers obstacles. Après une petite collation le midi, direction la gare de Küssnacht, où un car avec chauffeur attendait déjà le groupe. Les participants ont appris comment monter au mieux dans un bus et comment y arrimer le Swiss-Trac. La gare a ensuite été investie par une horde de fauteuils roulants dont les propriétaires ont emprunté les rampes d’accès, testé les ascenseurs et même, pour certains, pris le train. Le cours a remporté un franc succès et les élèves ont appris beaucoup de nouvelles choses. Le prochain cours est prévu pour 2022. Vous trouverez des informations dès novembre sur www.spv.ch. Inscription www.spv.ch/ manifestations 24
Fabienne Thali, conseillère en couleurs et en style et acheteuse personnelle, vous aide à créer votre propre look grâce à des trucs tout simples. Fabienne Thali vous dévoile toutes les astuces pour mettre en valeur et souligner votre personnalité par des tenues soigneusement sélectionnées. Lors de cet atelier, vous apprendrez à bien assortir vê-
tements et accessoires, à jouer avec les couleurs, les motifs et les coupes, et vous recevrez de précieux conseils pour choisir harmonieusement vos tenues. Date 15 septembre 2021 Heure 14 h 00 – 16 h 00 Lieu Hôtel Sempachersee, Nottwil
COURS POUR LES MEMBRES
Plus de mobilité
Vous souhaitez améliorer votre mobilité en fauteuil roulant ou en apprendre davantage sur les techniques pour se mouvoir en ménageant ses épaules? Alors le cours de mobilité est fait pour vous. Grâce à un mélange de théorie et de pratique, vous améliorerez votre mobilité en fauteuil roulant et apprendrez de nouvelles techniques. Le cours aura lieu le vendredi après-midi au CSP de Nottwil. Le samedi, vous vous lancerez sur un jeu de piste spécialement conçu pour les personnes en fauteuil roulant: le «Zeus barrierfrei» à Lucerne. Suivez ce cours pour encore mieux vous déplacer au quotidien. Date 1er/2 octobre 2021 Heure 13 h 00 – 17 h 00/9 h 00 – 16 h 00 Lieu CSP Nottwil et Lucerne
CULTURE
Marché de Noël Le marché de Noël fait peau neuve. Sur la nouvelle place aménagée devant le CSP, les étals du marché vous invitent à flâner et à fouiller. Il y aura à boire et à manger, et un programme-cadre adapté veillera au divertissement. Le marché aura lieu le 2e dimanche de l’Avent, le 5 décembre 2021. Profitez de votre promenade sur le marché pour aller ensuite écouter le concert de l’Avent et laissez-vous imprégner de l’esprit de Noël.
INFORMATION
Rencontre photos La rencontre photos aura lieu le 7 novembre 2021. Lors de cet événement tant attendu, nous vous présenterons l’année de voyages 2022. Avec cette fois, un brunch au restaurant Vivace à Nottwil. Nous avons hâte de vous dévoiler les nouveaux clichés de nos voyages. Paracontact I Automne 2021
CULTURE ET LOISIRS
TROISIÈME PHASE DE VIE
Retour aux sources Que fait une personne en fauteuil roulant à l’heure de la retraite? Elle réalise son rêve d’une troisième phase de vie autonome. Gabi Bucher
Peter Gilomen revient sur une vie bien remplie. Lorsqu’il s’est retrouvé en fauteuil roulant il y a 57 ans suite à un accident de travail, il n’y avait pas encore de centre pour paraplégiques. À 17 ans, il s’est fait coincer sous une porte de garage. «J’ai perdu connaissance un moment, puis mes collègues m’ont allongé sur une couverture et m’ont donné un cognac», raconte-t-il. Il a passé deux années entières à l’hôpital d’Interlaken, puis quelques mois dans la clinique de rééducation de Tobelbad, en Autriche. Peter Gilomen fait partie des pionniers en fauteuil roulant. Il a vécu énormément de choses, mais en a fait bouger aussi beaucoup. Il se souvient des fauteuils de course et des premières luges de fond qu’il construisait alors. Beaucoup de bons moments, de souvenirs incroyables et une belle vie aux côtés de sa femme Erika qu’il a rencontrée
et dont il s’est épris après sa rééducation lors de son second apprentissage dans un laboratoire dentaire à Thoune. Coup dur Et puis, il y a cinq ans, Erika est décédée. Sa mort a anéanti Peter Gilomen. Il a vendu la maison et a loué un appartement. «Plus rien n’allait. La maison était trop grande, trop de chamboulement et tout …», explique-t-il en battant l’air des mains. Désormais, il n’y a plus personne pour le soutenir moralement, mais aussi pour l’aider de temps en temps à accomplir certains gestes qui deviennent plus difficiles avec l’âge. «Nous étions une bonne équipe», dit-il avec nostalgie.
Peter a mis un certain temps avant de s’en remettre et de se fixer un nouvel objectif. Il voulait faire bouger les choses encore une fois, lancer un nouveau projet. À Innertkirchen im Haslital, le village où il
a passé les 17 premières années de sa vie, il a trouvé un terrain près du centre. Avec son directeur des travaux de Meiringen, il a planifié et réalisé une nouvelle maison qu’il a lui-même imaginée. «Il a répondu à tous mes souhaits et à tous mes besoins, ce qui est loin d’être une évidence», souligne Peter. Son foyer devait être totalement accessible en fauteuil roulant, sans obstacles qui lui compliquent la vie. Technologie moderne Une grande salle de séjour lumineuse, aménagée avec goût, succède à une large entrée. «J’ai besoin de place pour naviguer», explique Peter Gilomen en riant. La cuisine adaptée, équipée des appareils les plus modernes, permet à ce passionné de cuisine de se concocter un menu à trois plats rien que pour lui. Le passage à la terrasse s’effectue sans seuil, grâce à des fenêtres coulissantes qu’il peut facilement actionner. Autour de la maison, des dalles de pierre, un jardin de rocaille, une platebande, une prairie de fleurs, mais pas de pelouse. «Je veux vivre ici le plus longtemps possible de manière autonome et avec le moins de tracas possible», dit-il. La maison comporte un étage supérieur, «mais je ne l’ai vu qu’en photo. Je n’en ai pas besoin et je ne voulais pas avoir à installer un ascenseur. Ceux qui vivront ici après moi pourront l’aménager à leur guise.» Tout y est, même le système photovoltaïque et la pompe à chaleur. Le temps de la convivialité Le Lucernois n’a pas eu à s’adapter à la vie dans la commune, il y connaît encore des gens et maîtrise le patois comme s’il n’en était jamais parti. «Dès que je franchis le Brünig, je passe au dialecte du Haslital», explique-t-il. Les gens ici sont ouverts, «et ils ont le temps. Quand je me balade avec le Swiss-Trac, il arrive qu’un agriculteur interrompe un instant son travail pour discuter avec moi.» Tout est plus tranquille ici, ce qui lui convient parfaitement. «J’ai besoin de plus de temps depuis que je prends de l’âge.»
Peter Gilomen s’est reconstruit une existence et se réjouit de continuer à aménager son nouveau chez-lui. Ce projet lui a redonné goût à la vie. Paracontact I Automne 2021 25
Zenit R
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Stable, flexible, efficace Zenit R De nombreuses possibilités de réglage rendent le Zenit R extrêmement flexible et permettent un réglage individuel. Ses propriétés optimisées du cadre rigide donnent à la mobilité une nouvelle qualité. Zenit R CLT Grâce aux composants soudés, la version CLT convainc par son faible poids et sa grande stabilité, ce qui augmente l'efficacité de la transmission de puissance et optimise la dynamique de conduite. Zenit Le fauteuil roulant pliable sous la forme optique d'un cadre rigide est extrêmement flexible lorsqu'il s'agit de s'adapter à la vie quotidienne active.
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Paracontact I Herbst 2021
CULTURA E TEMPO LIBERO
NUOVA PROPOSTA PER IL TEMPO LIBERO
V ia col vento
All’inizio di maggio il Gruppo carrozzella ticinese InSuperAbili ha inaugurato all’interno dello Stadio di Cornaredo a Lugano la mongolfiera accessibile in sedia a rotelle acquistata di recente. Gabi Bucher Tutto è pronto per il grande giorno: la ces ta della mongolfiera posizionata al centro del campo, il pallone disteso e pronto ad essere gonfiato, all’ingresso si è pronti ad accogliere gli ospiti, con tanto di termome tro e liste per il tracciamento. In occasione dell’inaugurazione della nuova mongolfiera accessibile alle persone in carrozzella – da poco a disposizione del club «InSuper Abili» – alcuni membri avrebbero presto provato la sensazione di volare in mongolfiera, sebbene ancorata a una corda di 30 metri.
La mongolfiera è rimasta a terra ...
... ma non il buonumore dei partecipanti Paracontact I Automne 2021
to brevemente, ma poi ho accettato.» Perché gli «InSuperAbili» sono sempre aperti a nuove e interessanti attività da proporre alle persone in sedia a rotelle. Il Gruppo carrozzella ticinese ha infine acquistato la mongolfiera, grazie al sostegno della Fondazione svizzera per paraplegici e la con ferma di collaborazione da parte del Gruppo Aerostatico.
Aperitivo e risotto color rosa Il mancato volo della mongolfiera non ha per nulla intaccato la bella atmosfera. Tante le foto scattate davanti e dentro alla cesta, Avrebbero, appunto. Perché giusto al mo- bambini gioiosi che saltellano nei castelli mento della parte ufficiale, si alza un forte ad aria oppure che danno la caccia alle vento: i nastri rossi e bianchi della delimi- bolle di sapone dalle forme incredibili. tazione danzano impazziti, la tenda degli oratori oscilla, il grande poster di «InSuper Abili» – contrariamente al suo nome – non resiste alle raffiche di vento e giace a terra. Tavole di espanso dei castelli gonfiabili che volano per il campo, cani che si rincorrono come spinti da una forza invisibile e il piccolo barboncino nano – probabilmente al guinzaglio per motivi di sicurezza – che li guarda irrequieto. Un’attività affascinante Gli organizzatori consultano i telefonini. I piloti della mongolfiera cercano di tenere a bada il pallone che si solleva da terra con una danza ondeggiante, riuscendo a fatica a recuperarlo e a riavvolgerlo. In queste condizioni, è impensabile farla alzare in volo, neppure se legata. Il discorso ufficiale ha luogo con un po’ di ritardo. Dapprima il sindaco di Lugano Marco Borradori ringrazia «InSuperAbili», esprimendo la sua ammirazione per il grande impegno a favore delle persone con lesione midollare. Prende poi la parola Walter Lisetto, presidente di «InSuperAbili», il quale ringrazia a sua volta per il sostegno da parte della città. Un’équipe televisiva intervista ospiti e organizzatori, facendosi spiegare come questa mongolfiera sia giunta in Ticino: per anni si trovava in un deposito a Friborgo senza essere usata, finché il suo proprietario Pierre Galley la offrì al suo conoscente, Andrea Defanti del Gruppo Aerostatico Ticino, a condizione che venisse usata per le persone paraplegiche. E qui entra in gioco il club «InSuperAbili». Walter Lisetto si ricorda di quella telefonata: «Ho riflettu-
Meraviglie di sapone per i più piccoli
Dopo che gli ospiti si sono recati al primo piano dello stadio, durante l’aperitivo seguito da un buon risotto al taleggio e mirtilli si è gustato e brindato. Palese era il piacere di poter scambiare due chiacchiere e godersi la compagnia. Pur se il vento ha messo in ginocchio la mongolfiera, non ci è riuscito con gli «InSuperAbili», i quali hanno regalato ai loro ospiti un simpatico diversivo e una giornata indimenticabile, benché non secondo i piani. La mongolfiera è stata inaugurata il 13 maggio, alzandosi in volo alla presenza di oltre 100 persone. Altre manifestazioni sono in programma.
Richieste Se siete interessati a un volo in mongolfiera in Ticino, consultare www.insuperabili.ch. Per il resto della Svizzera consultare www.gruppoaerostatico.ch 27
CULTURE ET LOISIRS
ACTIVITÉ
Gros chiens et petits trains La traditionnelle excursion des responsables Culture et loisirs des CFR s’est déroulée le dernier week-end de mai, après une pause d’une année. Ce fut une belle sortie très ensoleillée qui a donné lieu à des discussions animées. Yvonne Rölli
C’est par un temps splendide que les participants ont pris la route pour la Suisse romande. Si certains firent le trajet jusqu’en Valais avec le car de Nottwil à Martigny, beaucoup choisirent de voyager par leurs propres moyens, en voiture privée ou par les transports publics. Après avoir repris des forces autour d’une collation, nous avons visité le Barryland, où nous avons appris moult choses très intéressantes sur les Saint- Bernard. Une promenade en leur compagnie était dès lors incontournable. La visite au musée qui suivit nous a fait découvrir la passionnante histoire de Barry et de ses descendants. Les participants ont été impressionnés par toutes ces informations fort utiles. Un nouveau parc à thème sur les Saint-Bernard doit voir le jour d’ici 2025. Une nuit au «monastère» Nous avons passé la nuit à Saint-Maurice, qui est considéré comme un joyau culturel dans la région des Portes-du-SoleilChablais. L’hôtel «Hôtellerie Franciscaine» 28
est géré par un ordre capucin et se trouve juste à côté du monastère datant du XVIIe siècle. Après le repas du soir, Nico Brina, chanteur et pianiste, a diverti le groupe avec un spectacle de boogie-woogie et de rock’n’roll. Ensuite, certains noctambules ont continué la soirée dans la petite ville. Chemin de fer miniature Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous avons mis le cap sur le Swiss Vapeur Parc au Bouveret, situé au bord du lac Léman. Le parc d’aventure, véritable invitation à s’attarder et à flâner, est l’endroit rêvé pour les familles. De superbes anciennes machines à vapeur et des locomotives d’ici et d’ailleurs y glissent sur les rails. Quatre à huit wagonnets attelés aux locomotrices permettent de tracter les visiteurs sur plus de deux kilomètres à travers le paysage. Le voyage est possible pour les personnes en fauteuil roulant grâce à une plate-forme spéciale. Dans le petit groupe, personne n’a manqué l’occasion d’essayer les trains.
Quatre réunions virtuelles par an Ces deux jours furent entièrement consacrés aux échanges conviviaux. D’ailleurs, quatre séances en ligne seront désormais organisées chaque année. Lors de ces rencontres, l’ASP informera des nouveautés du département et les responsables CL pourront y prendre part.
Ces excursions doivent aussi inciter les responsables CL à trouver de nouvelles idées pour leurs propres sorties avec leur club en fauteuil roulant. Après le Tessin en 2019 et à présent la Suisse romande, nous nous rendrons probablement en Suisse alémanique l’an prochain. Ce week-end fut un franc succès, et nous avons hâte d’en organiser encore beaucoup d’autres et de cultiver les échanges avec les responsables CL.
Paracontact I Automne 2021
CULTURE ET LOISIRS
PROJET PILOTE APRÈS LA PAUSE FORCÉE
Changer d’air Après 18 mois, l’ASP a finalement pu organiser son premier voyage et emmener un groupe de tétraplégiques en vacances à Locarno, le temps d’une semaine. Gabi Bucher
Le car de voyage de l’ASP piaffait d’impatience: pour la première fois depuis plus d’un an et demi, il était enfin prêt à reprendre la route. Une grande joie anticipée, teintée d’un peu de nervosité, flottait dans l’air. Annulations, reports, changements de réservation, mots de consolation … tel était le lot quotidien de nos voyagistes ces 18 derniers mois. Mais désormais, la saison des voyages 2021 allait enfin pouvoir débuter.
c’était un retour aux sources; Sepp se réjouissait d’être en bonne compagnie; Marcello voulait juste changer d’air et Martin pensait que ce n’était pas si mal, car le voyage serait beaucoup plus court! «Et le dépaysement qu’apporte un tel voyage est pour moi inestimable.» Leurs dernières réserves s’envolèrent une fois installés dans les chambres du Tertianum à Locarno. L’une des accompagnatrices, qui voyage avec nous depuis 20 ans, déclara n’avoir Toutes les conditions étaient remplies: les jamais été logée dans un tel luxe: un vrai vacanciers avaient présenté leur test PCR, appartement avec une chambre pour le téils avaient encore été testés avant de partir, traplégique et une pour la personne accomet on avait mesuré et noté leur tempéra- pagnante, «et enfin assez de place pour ture sur la liste des participants. Le départ tout le matériel que nous trimballons», défut donné peu avant 13 heures, non pas couvrit-elle avec ravissement. vers le Tyrol du Sud comme initialement prévu, mais vers Locarno, car au premier Une ambiance de voyage scolaire semestre, le département Culture et loisirs Les voyageurs étaient tous expérimentés, avait planifié une alternative en Suisse pas compliqués, «et à l’enthousiasme facile», pour chaque voyage à l’étranger. constata vite le responsable de groupe Bruno Ehrensperger. La bonne humeur de L’essentiel, c’est de partir la bande rappelait parfois celle d’un groupe Ines était un peu déçue, elle attendait avec de jeunes en course d’école. On rit et on impatience de visiter le Tyrol; pour Paul, plaisanta beaucoup, surtout dans le wagon aucun souci, il adore le Tessin; pour Alex, réservé aux personnes en fauteuil roulant
du Chemin de fer Monte Generoso. Les sangles de fixation laissaient Paul sceptique, Martin se demandait s’il survivrait à la montée, Marcello laissa échapper un «Mamma mia», ce à quoi lui répondit Ines que la pauvre femme ne pouvait plus rien pour lui. Pour sa part, elle espérait que sa dernière heure n’était pas encore arrivée et Alex décréta qu’il avait besoin d’une bière. Or il s’avéra que les employés de la ligne avaient l’habitude des personnes en fauteuil roulant. «Mais je me passerais bien d’en véhiculer six à la fois tous les jours», s’esclaffa l’un d’eux en s’échinant à fixer les fauteuils. Le wagon s’ébranla, les emportant tous les six vers le sommet, avec vue sur les voies escarpées et la vallée, «et tout cela sans glissières de sécurité», grommela Marcello. «Secoués, mais pas remués», comme le fit remarquer Alex, ils furent débarqués une fois en haut. Dans l’imposant restaurant «Fiore di pietra» de Mario Botta, le personnel, qui les attendait déjà, leur attribua leurs tables et les aida à s’enregistrer. Après une descente plus tranquille, Marianne Kenel, chauffeuse appréciée de tous, ramena la petite troupe à bon port. Un bon début Le voyage s’est déroulé comme d’habitude, estime Frédéric Stutz, responsable des soins chez ParaHelp. Les seules différences étaient les masques et le fait que la disposition fixe des places et la règle des tables de quatre lors des repas à l’hôtel limitaient les échanges. Mais il y eut suffisamment d’occasions pendant la semaine de passer d’agréables moments ensemble. Ce fut donc un bon début pour une saison de voyages que nous espérons réussie.
Ambiance course d’école: l’aventure dans les trains très spéciaux du Monte Generoso
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
SÉRIE 3/4: TOKYO 2020
Dernière ligne droite
Le 24 août, les Jeux Paralympiques s’ouvriront à Tokyo avec un an de retard. Catherine Debrunner et Tobias Fankhauser font partie des 14 athlètes en fauteuil roulant de la délégation suisse. Ils espèrent que le Covid ne viendra pas gâcher la fête. Nicolas Hausammann
Catherine Debrunner, qui s’était déjà distinguée par ses belles performances aux ParAthletics de Nottwil, a remporté les 100, 400 et 800 mètres aux championnats d’Europe de Bydgoszcz, en Pologne. Tobias Fankhauser a fait lui aussi forte impression aux championnats du monde Route Paracyclisme UCI à Estoril (POR), sans toutefois réussir à monter sur le podium. Mais ce Bâlois de 31 ans prend ces deux quatrièmes places obtenues dans le relais par équipes et dans la course sur route avec désinvolture et relativise, vu le long chemin qu’il lui reste à parcourir jusqu’à Tokyo. Sur une échelle de un à dix, quelle est votre degré de satisfaction en termes de niveau de forme et de compétition? Catherine: «Huit, sans hésiter. J’ai pu progresser régulièrement entre les ParAthle-
tics de Nottwil, Arbon et les CE en Pologne. J’ai bien organisé mon entraînement à distance avec mon coach néerlandais Arno Mul, même si je regrette de ne pas pouvoir m’entraîner davantage avec lui. Il me pousse à chaque fois à dépasser mes limites et me donne de précieux conseils techniques. C’est en harmonie parfaite avec Fabian Ammann, mon entraîneur d’athlétisme de la Médecine du sport, et cela se reflète sur ma forme.» Tobias: «Quelque chose entre six et sept. J’ai l’impression que, depuis mon opération de la vessie, il me reste de la marge pour améliorer mon niveau de forme. Je sens qu’à présent, j’arrive à mieux supporter les entraînements difficiles et que mes performances augmentent. Et il le faut, car j’ai vu aux CM du Portugal qu’il y avait encore beaucoup d’écart avec les trois premiers.»
À quels derniers ajustements procèderez-vous avant les Jeux? Tobias: «L’acclimatation à la chaleur fait partie de mes priorités. Cela me prendra environ un mois. Et puis, je me préparerai bien sûr physiquement et mentalement à tout donner, pour pouvoir survivre à la folie furieuse du départ. Ensuite, cela se calmera un peu pendant les courses, quand les groupes se seront formés.» Catherine: «Je m’occuperai des dernières finitions. Je vais certainement travailler mes départs avec les roues à disque relativement neuves, il y a encore à faire.» Quels sont vos objectifs personnels pour les Jeux? Catherine: «C’est une question-piège, car je ne veux pas me mettre trop de pression. Je rêve évidemment de remporter une belle médaille.
Focus total: Tobias Fankhauser et Catherine Debrunner sont prêts pour les Jeux Paralympiques 30
Paracontact I Automne 2021
Toutes les conditions doivent être réunies, mais je donnerai le meilleur de moi-même et je suis prête, je le sens.» Tobias: «Je veux juste réaliser ma meilleure performance de l’année à Tokyo. Pour tout le reste, je n’ai aucune influence. Top 5 dans la course sur route est réaliste, un chouïa devant serait mieux.» Qu’est-ce qui ne doit pas manquer dans votre valise pour le Japon? Tobias: «Mon handbike (rires), et j’ai hâte d’enfiler mes super vêtements. Sans oublier non plus les Biberli, les Läckerli et le chocolat. Mais je n’ai pas de porte-bonheur ou autre.»
Catherine: «Un bon livre qui m’aide à me déconnecter avant les courses. Et aussi ma musique préférée sur mon iPod – oui, ça existe encore et j’adore le mien. N’oublions pas ‹l’en-cas-d’avant-la-course› idéal: un biberli appenzellois (rires). Je reste fidèle à la Suisse orientale.» Qu’est-ce qui l’emporte: la joie que les Jeux puissent quand même avoir lieu ou la contrariété qu’il n’y ait peut-être que des cérémonies incomplètes auxquelles tous les athlètes ne pourront pas participer? Catherine: «Bien sûr, c’est dommage que l’on ne puisse pas pleinement profiter de
Un manuel de 70 pages pour des Jeux sans Covid Avant même leur arrivée, les muqueuses de la délégation suisse seront mises à rude épreuve. Le Japon exige deux tests PCR en quatre jours, juste pour pouvoir faire le voyage. À l’aéroport, un autre test sera immédiatement effectué. Anina Basler, de Sport suisse en fauteuil roulant, assurera la toute nouvelle fonction de plaque tournante au sein de la délégation suisse. Elle sera chargée de veiller à ce que tous les membres de la délégation entrent chaque jour leur température dans l’application de l’organisa-
Paracontact I Automne 2021
teur et se présentent aux tests salivaires quotidiens. «Les Jeux auront lieu dans une immense bulle composée du réseau de sites de compétition, du village paralympique, des sites d’entraînement, des hôtels et des moyens de transport officiels. Interdiction d’aller déguster de vrais sushis locaux à Tokyo», explique Anina Basler, qui se base sur les directives strictes de l’organisateur. Par ailleurs, la cérémonie de clôture, d’ordinaire toujours magnifique avec les athlètes paralympiques, sera plus modeste que les années précédentes. En effet, tous les athlètes éliminés ou ayant déjà terminé leurs compétitions, devront entamer leur voyage de retour au plus tard 48 heures après leur dernière prestation. Pour la délégation suisse, cela signifie par exemple que les handbikeuses et handbikeurs ne pourront certainement pas participer à la cérémonie de clôture. En athlétisme aussi, les athlètes de certaines catégories sportives devront rentrer en Suisse avant la cérémonie de clôture, à moins qu’une autorisation exceptionnelle – par exemple pour un porte-drapeau – ne leur soit accordée pour y assister. Cette demande devra toutefois être effectuée au préalable et bien argumentée.
ce moment où toute la tension retombe à la cérémonie de clôture ni, dans l’idéal, célébrer la victoire. Mais pour l’instant, c’est la joie que les Jeux puissent avoir lieu qui prévaut.» Tobias: «Je ne me suis pas encore renseigné en détail, mais je serais surpris qu’il y ait une cérémonie de clôture complète en plus de la cérémonie d’ouverture. Même s’il est évidemment dommage que cet élément fédérateur des Jeux Paralympiques passe à la trappe. Mon état d’esprit est entièrement focalisé sur les courses, et comme nous serons aussi un peu excentrés, nous n’aurons pas beaucoup de contacts avec d’autres disciplines ou athlètes. J’ai
«Jeux Olympiques tests» L’objectif de la délégation paralympique est de créer les conditions optimales pour les athlètes afin qu’ils puissent ensuite atteindre leurs propres objectifs de médailles, déclare Roger Getzmann, chef de mission de Swiss Paralympic et chef du département Sport suisse en fauteuil roulant, à propos de son travail. Or cette mission se heurte à un problème de taille: la richesse de l’expérience des Jeux précédents ne vaut plus rien. La pandémie de Covid-19 a modifié les procédures qui avaient fait leurs preuves par le passé, et il faudra faire preuve de souplesse pour s’adapter à ces nouvelles conditions-cadres, tout en tirant le meilleur parti pour la Suisse. «Heureusement, il y a un événement-test au Japon avant les JP», glisse d’un ton taquin le chef de mission en faisant allusion aux JO. «Nous pourrons tirer un grand bénéfice des expériences faites par Swiss Olympic.» Sport suisse en fauteuil roulant remercie les villes d’Oita et de Fukushima de faire en sorte que les athlètes du badminton et de l’athlétisme puissent profiter d’une bonne période d’acclimatation avant les Jeux. Pour finir, le chef de la délégation a bien voulu nous confier son pronostic: «Nous espérons à peu près six médailles.» 31
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Patrick, paraplégique depuis 2 ans.
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32 HANDBIKE «BRAS-JAMBES» DÉVELOPPÉ EN SUISSE PAR ET POUR UNE PERSONNE A Paracontact I Herbst 2021 LE MOBILITÉ RÉDUITE
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
hâte de voir si je ressentirai cette décharge d’adrénaline propre aux Jeux Paralympiques avant les courses.» Dévoilez-nous votre rituel personnel pour vous préparer à la course. Êtes-vous un maniaque du contrôle, méticuleux et superstitieux, ou bien du type décontracté, écouteurs vissés aux oreilles? Tobias: «Un bon petit-déjeuner avant une course, ce n’est pas mon truc. Je suis plutôt du genre nerveux. Et après, je suis tout content quand ma collègue Sandra Graf sort son jeu du Brändi Dog pour passer le temps avant les compétitions. Me plonger dans les lectures conseillées par ma chère libraire m’aide aussi. Elle me recommande toujours quelques titres que je lis lors de ces voyages. Une heure avant la compétition, je suis toujours la même procédure: je contrôle mon handbike, j’entre et je prends le départ.» Catherine: «Je suis un mélange des deux. Quelque chose entre m’isoler au calme et jouer à un jeu avec les autres, histoire de me déconnecter pour être suffisamment détendue et ne pas arriver crispée. Mais j’essaie de ritualiser beaucoup, ainsi le corps perd très peu d’énergie et on a l’assurance nécessaire.»
14 athlètes de Sport suisse en fauteuil roulant sélectionnés! La Suisse se rendra aux Jeux Paralympiques avec 20 athlètes, dont 14 participeront en position assise. Tout d’abord, bien sûr, les fleurons de l’athlétisme, Manuela Schär et Catherine Debrunner, ainsi que Marcel Hug et Beat Bösch. Patricia Eachus s’est également qualifiée grâce à ses
performances. Sandra Graf, Sandra Stöckli, Tobias Fankhauser, Heinz Frei et Fabian Recher ont été sélectionnés en handbike. Le badminton, avec Cynthia Mathez et Karin Suter-Erath, sera une première aux Jeux Paralympiques. Nicole Häusler et Nalani Buob feront cavalières seules en participant respectivement au tir sportif et au tennis.
@debrunnercatherine @tobicfankhauser
AU CŒUR DU SPORT Pour la première fois dans l’histoire, SRF fera un reportage quotidien sur les Jeux Paralympiques. Le magazine avec Jahn Graf, YouTubeur en fauteuil roulant, sera diffusé dès le 24 août, chaque jour à 19 h sur SRF 2.
Informations complémentaires Toutes les informations complémentaires sur les athlètes de la délégation paralympique et les compétitions sont sur: SwissParalympic.ch/Tokyo
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
PARA TOP POTENTIAL
Nalani Buob, Tennis Âgée de 20 ans, elle vit à Baar et fait partie du nouveau vivier de promotion des athlètes «Para Top Potential» de Sport suisse en fauteuil roulant. Quel est ton plat préféré? Tous les plats indiens. Ta bande-son pendant l’entraînement? Pas de musique. Je dois me concentrer sur la balle. Tes hobbies en-dehors du tennis? Je joue du violon, fais de l’équitation ou je me détends avec un bon livre. Hélas, mon emploi du temps ne me permet de m’adonner à ces loisirs que de façon sporadique.
GIRO SUISSE
… et c’est reparti! Le Giro Suisse sera sur la route pour la seconde fois du 24 au 29 août.
site Web www.girosuisse.ch et peuvent être parcourues individuellement à tout moment. Le Giro Suisse 2021 sera accompagné par la même équipe d’assistants qu’en 2020.
Le tour inclusif en handbike mènera les 37 participants (dont 7 accompagnateurs) de la Suisse centrale (Nottwil) à Schaffhouse et au lac de Constance (Berlingen et Arbon), Nous pourrons aussi compter à nouveau en passant par l’Argovie (Aarau, Bellikon), sur le soutien de divers sponsors: Orthotec avant de fêter son arrivée à Wil. Ceux qui (service technique), Hollister (équipement), resteront à la maison pourront suivre le Fizzy Gazzosa ticinese, Chicco d’Oro (boiscortège par le tracker en direct. En outre, sons), Europcar (transport) et la Médecine toutes les étapes sont répertoriées sur le du sport de Nottwil (soutien médical).
NOUVELLE OFFRE
Surfer en Valais
Ce que nos lecteurs doivent absolument savoir sur toi. Je peux être passablement «hangry». Je suis comme ça. Netflix ou SRF? Netflix – mais SRF pendant les Paralympiques, bien sûr. Insta ou Whatsapp? Clairement Instagram! Pour les photos: smartphone ou appareil photo reflex? Des photos sur mon portable parce que je l’ai toujours sur moi. 34
Depuis mai 2021, les surfeurs de Sion peuvent s’essayer à la glisse sur une vague artificielle plus vraie que nature.
cifique, comme le fauteuil roulant flottant pour le transfert du fauteuil à la planche de surf. Des moniteurs de surf spécialement formés apportent leur expérience issue de diverses écoles de surf adapté du monde entier. Leur objectif est de rendre le surf adapté accessible aux élèves débutants et avancés dès septembre 2021.
Avant que le centre de surf «Alaïa Bay» n’ouvre ses portes au grand public, quatre novices en fauteuil roulant ont pu tester la nouvelle offre, car les responsables d’«Alaïa Bay» souhaitent proposer le surf adapté. À cet effet, ils ont acheté un équipement spé- www.alaiabay.ch
Paracontact I Automne 2021
KIDS CAMP
Jeux, amusement et émotions Carmen Lopes Sway, alias Tante Carmen, Les impatients pourront toujours venir qui a répété la chorégraphie de la chanson faire un tour au Kids Day au Tessin le sadu Kids Camp avec les enfants, partage medi 2 octobre 2021. son enthousiasme. «En musique et en sport, nous parlons tous la même langue – on y libère les émotions.» Le défi Lego a également été très animé. Parents et enfants se sont attelés avec zèle à la construction de leurs wagons de train, sous la direction des membres du SwissLUG. Le résultat était impressionnant: un petit train Éclater de rire en dévalant les rampes à créatif et coloré a clos le Kids Camp 2021 toute allure. Danser, attraper des bal- en faisant un tour à travers la salle de sport. lons en l’air, parcourir la région à cheval. Participer au défi Lego, à une course Le Kids Camp de Nottwil est depuis toud’orientation autour du CSP et, pour jours un temps fort pour toute la famille. couronner le tout, aux Paralympics Kids Manuela Schär et Marcel Hug partici- Vous trouverez ici la vidéo des meilleurs Lego Games. C’est ce qu’ont vécu 13 fa- paient déjà à ce week-end traditionnel de moments du Kids Camp 2021 ainsi que milles de toute la Suisse à Nottwil à la Sport suisse en fauteuil roulant. Le pro- l’annonce pour le Kids Day au Tessin: mi-juin. «Extra!», s’écrie Adrian quand chain Kids Camp aura lieu le week-end du www.spv.ch (à la rubrique Sport pour tous/ Enfants et adolescents) on lui demande si le Kids Camps lui a plu. 18 au 19 juin 2022.
TENNIS DE TABLE
La CT sous la loupe ACTIVE MOTION DAYS Voile sur le lac Léman, ski nautique sur le lac de Walenstadt et VTT à Conthey. Cette année encore, nos Active Motion Days ont incité les gens à faire du sport dehors. 27 personnes se sont inscrites à ces cours pour partager une expérience très prisée en pleine nature. Paracontact I Automne 2021
Le tennis de table est l’un des sports les plus rapides des Jeux Paralympiques, où il est représenté depuis 1960. Les athlètes atteints d’un handicap physique peuvent se renvoyer la balle debout ou assis dans un fauteuil roulant. La CT Tennis de table a fortement contribué à promouvoir le para-tennis de table en Suisse. Chaque année, elle organise des cours pour les athlètes du cadre et les nouveaux amateurs de ping-pong. Markus Jutzi est à la tête de la CT depuis huit ans. Son principal objectif du moment est d’établir un championnat de Suisse commun avec l’élite du tennis de table suisse.
C’est à l’entraîneur national Philipp Zeugin que l’on doit la belle réussite des athlètes du cadre, qu’il forme et entraîne avec succès depuis 15 ans. Silvio Keller fait entendre la voix des pongistes à la CT. Sportif d’élite lui-même, Silvio maîtrise parfaitement le langage des athlètes et conseille la CT sur les questions techniques. Fabrice Descloux a rejoint la commission il y a un an. L’an dernier, il a repris la fonction d’entraîneur de la relève et supervise régulièrement les athlètes du cadre lors de séances d’entraînement individuelles. Dominik Furler, qui est responsable de la présence de la CT sur le web, vient compléter l’équipe. 35
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
SÉRIE 3/4: PROMOTION DU SPORT D’ÉLITE DANS L’ARMÉE SUISSE
Croire au grand rêve Pascal Christen aspire à participer aux Jeux Paralympiques de 2022 à Pékin. Grâce à la promotion du sport d’élite dans l’armée suisse, il poursuit son rêve. Nicolas Hausammann
Ce jeune homme de 28 ans, originaire de Kriens, a démarré sa carrière de sportif en fauteuil roulant au camp de sport «move on» au CSP de Nottwil. À l’époque, il faisait du handbike, de la course en fauteuil, s’essayait au basketball et à diverses autres disciplines. Dans l’interview du camp, il a déclaré avoir d’abord choisi délibérément de ne pas faire beaucoup de sport. Mais c’était compter sans sa passion pour ce dernier. Trois ans après ses premiers essais en monoski-bob à Sörenberg, Pascal Christen fait partie du Swiss Paralympic Ski Team. Le parcours pour Pékin est tout tracé – il suffit d’y aller à fond! Professionnalisation et soutien financier La sélection pour le programme de promotion du sport d’élite dans l’armée suisse encourage Pascal à croire à ses rêves de Jeux Paralympiques. Il lui faut encore gagner en professionnalisme pour atteindre ce niveau et c’est désormais possible grâce aux 100 jours de CR. Ces journées d’entraînement rémunérées constituent d’ailleurs un soutien financier. Concrètement, cela se traduit par une augmentation significative du régime d’entraînement et par davantage d’entraînement ciblé. Sous la houlette de l’entraîneur national Grégory
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Chambaz, le soldat sport s’entraînera à Macolin du lundi au vendredi pendant les semaines entre les entraînements sur les glaciers en été et en automne. Grâce à cette préparation optimale de la saison, les visées de Pascal deviennent des objectifs tangibles. Au même niveau à Macolin Au quartier général du Sport suisse qui surplombe le lac de Bienne, le coureur de monoskibob entend aussi défendre le sport en fauteuil roulant: «Il est grand temps que celui-ci soit inclus dans le programme de promotion du sport d’élite de l’armée suisse. Je suis extrêmement heureux et fier d’être l’un des trois premiers athlètes en fauteuil roulant à pouvoir bénéficier de ce soutien. Cela montre la volonté des politiques d’être à l’écoute de nos besoins et de pro-
mouvoir notre sport. Dans le sport en fauteuil roulant en particulier, l’aide financière des fondations, associations et institutions est encore plus cruciale, car il n’est pas facile de financer une carrière sportive professionnelle par le sponsorat.» Mais l’inclusion sportive est tout aussi importante aux yeux de notre athlète: «Car au final, les athlètes de Macolin ont tous leurs objectifs sportifs. J’ai les mêmes exigences et la même façon de penser qu’un sportif piéton et je me vois un peu comme un médiateur.» Ses collègues se frottent ainsi directement au sport en fauteuil roulant, les inhibitions se dissipent et on se place rapidement au même niveau. En fin de compte, tout le monde en retire un bénéfice. Plannings d’entraînement individuels Au Swiss Paralympic Ski Team, on est habitué aux conditions différentes. Des athlètes debout, malvoyants et assis s’entraînent dans la même équipe. Néanmoins, leur forme de handicap requiert des méthodes et des plannings d’entraînement variés. Bien sûr, cela présente des avantages et des inconvénients, car l’entraînement de plus en plus individualisé doit être au top niveau. Toutefois, on peut souvent profiter les uns des autres, explique Pascal Christen, dont l’objectif est aussi d’exploiter ces synergies et cette motivation mutuelle avec des sportifs valides, afin d’évoluer en tant qu’athlète et individu.
RÉSEAUX SOCIAUX Youtube: Le parcours de Pascal, du débutant au coureur, en vidéo. Instagram: @pascalchristen.ski Site Internet: www.pascalchristen.ski
Paracontact I Automne 2021
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
LES FEMMES AU CŒUR DU SPORT
Une femme forte entourée d’hommes Jasmin Lustenberger, elle-même ancienne athlète de haut niveau, salue la campagne de Swiss Olympic «fastHER, smartHER, strongHER». Gabi Bucher
C’est d’une humeur enjouée et à vive allure que Jasmin Lustenberger fait son entrée. En tant qu’assistante dans les domaines Sport de haut niveau et Promotion de la relève chez Swissshooting (Fédération sportive suisse de tir) et à la CT d’athlétisme chez Sport suisse en fauteuil roulant, elle évolue dans un milieu typiquement masculin. Mais on voit vite qu’elle sait exactement ce qu’elle veut et qu’on ne lui la fait pas. Des blagues sur les blondes Bien sûr, elle doit faire davantage ses preuves que les hommes, autant dans son travail que dans le sport. «Je suis une jeune femme blonde en fauteuil roulant», dit-elle en riant, «je cumule à peu près tout ce qu’il faut pour m’attirer des préjugés.» Mais elle arrive à gérer. «J’ai grandi dans une ferme de l’Entlebuch», explique-t-elle, «j’ai appris très tôt ce que signifiait travailler, fauteuil roulant ou pas.» Elle s’est installée à Nottwil à 17 ans car elle voulait s’inscrire à l’école de sport. Elle y a rapidement appris à devenir autonome, ce qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. «Je connais mes limites, je sais ce que je vaux et comment je dois aborder les gens.» Et il n’y a pas si longtemps, elle est aussi redevenue blonde, «ma couleur naturelle, en fait», ajoute-t-elle avec un clin d’œil. «Il y aura toujours quelqu’un pour raconter une blague sur les blondes, mais j’ai du répondant.» Elle-même très directe, cela ne la gêne pas si les autres le sont aussi, et elle ne sent pas personnellement visée par ce genre de remarques. Des capacités mentales sollicitées Elle connaît la campagne de Swiss Olympic et trouve très bien que les questions relatives aux femmes soient enfin abordées Paracontact I Automne 2021
Jasmin, une femme forte dans un milieu masculin
dans le sport de haut niveau. «Mais je ne veux pas que cela se réduise à une sorte d’alibi, comme les quotas de femmes dans les entreprises ou en politique.» Elle veut être reconnue pour ses performances et non pour ce qu’elle accomplit en tant que femme. «Dans les sports de tir, nous essayons de loger tout le monde à la même enseigne.» Bien que les conditions soient tout de même un peu différentes. «Dans le tir, il s’agit moins de capacités anatomiques que mentales, ce qui explique que l’écart entre les hommes et les femmes soit moins marqué que dans d’autres sports.» Il est intéressant de noter que, notamment dans les sports de tir, les filles, à l’adolescence, ont souvent un mental supérieur aux garçons, mais cela s’équilibre par la suite. Une appli pour le cycle menstruel La Fédération sportive suisse de tir est très progressiste. «On nous traite souvent de ‹ploucs›, mais l’an dernier, nous avons été l’une des premières fédérations à dévelop-
per une appli pour le cycle menstruel», dit-elle fièrement. «Les athlètes indiquent le moment où elles ont leurs règles, leur intensité et si elles ont des douleurs.» L’application est bien sûr facultative, et seuls le médecin de la fédération et une ou deux personnes ont accès aux données. L’idée est de découvrir dans quelle mesure le cycle de la femme influence ses performances et d’utiliser ces connaissances pour les séances d’entraînement. «Je pense qu’il est vraiment important que les règles ne soient plus un sujet tabou et qu’elles soient prises au sérieux.» C’est son chef, Daniel Burger, qui a lancé l’application. «En tant que père de quatre filles, il sait de quoi il parle», dit-elle en riant. Jasmin Lustenberger aime et apprécie son travail et sa vie; elle s’y sent très bien, qu’elle travaille avec des hommes ou des femmes. «On est soi-même responsable de son bonheur», elle en est persuadée, «si tu es positif, en général quelque chose de positif t’arrivera.» 37
L’ A U T O C O L L A N T D Y N A M I Q U E ! Le logo du fauteuil roulant dessiné par Rolland Bregy est différent des autres pictogrammes. Plus moderne et énergique, sa forme elliptique et la position inclinée de la personne en fauteuil roulant soulignent le caractère actif des personnes en mouvement.
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Paracontact I Automne 2021
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
TENNIS EN FAUTEUIL ROULANT
Un double coup de chance Une riche expérience et sa passion pour cette discipline: voilà ce qu’apporte la nouvelle entraîneuse nationale de tennis en fauteuil roulant. Barbara Zihlmann
En septembre 2020, Eva Stutzki a repris le poste d’entraîneur national de tennis en fauteuil roulant, succédant ainsi à René Bolliger. Nous sommes très heureux qu’Eva, ancienne joueuse professionnelle dotée d’une longue expérience du sport de haut niveau et de la fonction d’entraîneur, ait accepté de reprendre le flambeau. Dans cet entretien, Eva Stutzki évoque sa nouvelle tâche. Eva, comment es-tu passée du tennis pour piétons au tennis en fauteuil roulant? Après mon travail chez Swiss Tennis comme cheffe de la relève, j’ai eu le temps d’élargir mon horizon. Je voulais faire davantage pour cette discipline que juste former des pros. Le sport handicap est un sujet qui m’a toujours tenu à cœur. J’ai donc suivi diverses formations organisées
par Plu Sport. C’est aussi à cette époque que j’ai commencé à travailler comme entraîneuse dans divers domaines du handisport. Avoir obtenu le poste d’entraîneur national de tennis en fauteuil roulant est pour moi un vrai coup de chance. Cette tâche me procure énormément de plaisir et j’espère que cela apportera un plus à tout le monde. Comment gères-tu le passage du tennis pour piétons au tennis en fauteuil roulant? Je peux bien sûr m’appuyer sur ma grande expérience de joueuse professionnelle et d’entraîneuse de tennis, ce qui constitue une bonne base pour mon travail actuel. En plus, j’ai beaucoup appris des meilleures joueuses en fauteuil roulant du monde lors de divers camps de l’ITF, surtout en termes de zone de déplacement. Eva et l’équipe des dames à la Coupe du monde par équipes en Israël.
Quels sont tes objectifs en tant qu’entraîneuse nationale de tennis? Il est essentiel d’encourager les talents actuels. Je voudrais contribuer à réorganiser de manière conceptuelle l’ensemble de notre promotion de la relève. Mais avec tout cela, il ne faut pas oublier l’importance de transmettre aux autres l’enthousiasme et le plaisir du tennis en fauteuil roulant. Quel a été ton meilleur moment jusqu’ici avec nos athlètes de tennis en fauteuil roulant? Certainement la participation aux championnats du monde par équipes de 2019 en Israël avec les dames. Outre les succès sportifs, l’esprit d’équipe et le plaisir partagé ont été une très belle expérience. As-tu déjà trouvé ta place au sein de la «famille SSFR»? Et comment! On se sent tout de suite à l’aise parmi les passionnés de sport. On ressent leur engagement envers le sport et les athlètes. La CT Tennis m’apporte aussi un super soutien pour les questions techniques sur le sport. Que fais-tu quand tu ne joues pas au tennis? Ma famille me prend tout mon temps – et quand je m’en suis occupée, c’est au tour de mon chat «Pinsel». Eva, nous te souhaitons tout de bon dans ta nouvelle fonction. Sites d’entraînement et informations supplémentaires www.tennis.spv.ch
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
L’ÉCHO DES CLUBS
Ensemble, individuelle ment et vice-versa
Daniela Moor et Damiano Zemp nous donnent un petit aperçu de la vie de leur club pendant le semi-confinement. Un dialogue entre passé, présent et avenir. Davide Bogiani
Depuis le 19 avril, les clubs en fauteuil roulant (CFR) ont repris leurs activités sportives. Après une longue pause, nous avons pu à nouveau visiter certains clubs et échanger avec eux. Les deux responsables sportifs, Daniela Moor (RC Winterthur/Schaffhausen) et Damiano Zemp (Gruppo Paraplegici Ticino GPT), nous ont détaillé leur offre d’entraînement. Chère Daniela et cher Damiano, l’année dernière, la pandémie a obligé le Conseil fédéral à fermer les installations sportives, ce qui a rendu les activités sportives impossibles. Comment avez-vous vécu cette période et comment vous êtes-vous organisés au sein du club? Daniela Moor: Après la pause forcée de nos activités de natation en 2019 en raison de la rénovation de la piscine, nous avions tous hâte de renager en 2020. L’annonce du semi-confinement en mars 2020 nous a donc frappés de manière inattendue, pendant les préparatifs de l’AG. Les questions se bousculaient: Et maintenant? Où 40
se rabattre? Pourquoi pas? Pendant combien de temps? Quelles alternatives? Toutes les activités sportives ont été immédiatement suspendues, la piscine et la salle de badminton ont été fermées. Damiano Zemp: Ce ne fut pas une période facile. Ce qui nous a le plus perturbé, c’était l’incertitude quant à la durée de cette interruption des activités sportives. Mais les personnes chargées des entraînements étaient en contact permanent avec les sportives et sportifs. Nous avons mis ce temps à profit pour élaborer de nouveaux projets. À partir du 1er mars 2021, les enfants et les jeunes ont pu reprendre l’entraînement, pour le plus grand plaisir de notre équipe de basket-ball des moins de 21 ans. Et fin mars, nous avons suscité l’enthousiasme général en proposant un entraînement polysportif aux enfants. Une fois par mois, un groupe de huit enfants se sont retrouvés avec leurs entraîneurs le samedi matin à Camignolo pour découvrir de nouvelles disciplines.
Quelles difficultés la pandémie a-t-elle entraînées pour votre club, et quels ont été vos atouts? Daniela Moor: Nous avons informé tous nos membres par courriel, messages Whats app et téléphone. Ils ont réagi de manière compréhensive et positive. Comme nous avions depuis un certain temps une pénurie de responsables, nous nous sommes concentrés sur ce problème et avons mobilisé de nouveaux entraîneurs dans notre entourage privé ainsi que par une lettre ouverte à nos membres. Nous avons ainsi eu la joie de pouvoir recruter une nouvelle monitrice de natation, mais aussi un nouveau vice-président et un nouvel assesseur. Damiano Zemp: J’ai la chance de pouvoir compter sur une équipe mixte d’en traîneurs expérimentés, enthousiastes et consciencieux qui ont maîtrisé la situation avec brio. Nous n’avons pas proposé nousmêmes d’alternatives en ligne, mais avons attiré l’attention de nos membres sur le programme «stayactive@home» de l’ASP. Paracontact I Automne 2021
Je craignais que cette pause ne soit un frein à la motivation de certains membres. Cependant, grâce à leur grande passion et au contact permanent avec les sportifs, nos entraîneurs ont su maintenir l’intérêt. Qu’avez-vous appris pendant cette période? Daniela Moor: La communication est le B.A. BA, et pas juste dans le domaine privé, mais particulièrement au sein du club, où beaucoup de membres ne pouvaient entretenir que de rares contacts avec le monde extérieur. Par courriel, messages Whats app et téléphone, nous avons informé les gens de nos activités sporadiques, nous leur avons apporté en personne des biscuits de Noël, nous avons veillé à ce que tout le monde aille bien et ait suffisamment de soutien dans la vie quotidienne. Damiano Zemp: L’ensemble du comité et l’équipe des responsables n’avaient qu’une seule idée en tête: être prêt pour un nouveau départ fort le jour de la réouverture. Notre jeune comité a mis le temps à profit pour travailler sur de nouveaux projets (pas seulement sportifs). Le GPT est composé d’êtres humains. Si tout le monde avance dans la même direction, les succès se verront rapidement. Je tiens à remercier tous mes collègues du comité et nos entraîneurs pour le travail incroyable qu’ils ont accompli dans l’ombre. Et ce, sans compensation et en sus de leurs activités professionnelles. Chapeau! Le 19 avril 2021, les CFR ont pu reprendre leurs activités sportives. Avec quels sentiments avez-vous repris les entraînements? Daniela Moor: Tous les membres du comité et de l’équipe des responsables étaient Paracontact I Automne 2021
prêts et motivés, bien que nos membres n’affichaient qu’un enthousiasme modéré. Début juin, nous avons décidé de redémarrer les activités sportives et d’assurer chaque entraînement, même si une seule personne y participait. En ce moment, nos cours de natation se déroulent avec trois élèves et deux moniteurs. L’équipe de badminton s’est doucement remise en route avec deux joueurs. Damiano Zemp: C’était incroyable de voir toute cette motivation! Dès que le Conseil fédéral nous a autorisés à reprendre nos entraînements, j’ai contacté notre équipe d’entraîneurs. Elle avait déjà préparé le concept de protection requis, contacté le propriétaire de l’installation, informé tous les athlètes et le 19 avril, c’était comme s’il n’y avait jamais eu de pause. Quels sont les futurs projets de vos CFR? Daniela Moor: En tant que responsable sportive et coach d’entrée, je ne suis qu’un petit rouage dans la structure du club. Notre CFR séduit depuis longtemps par de nombreux événements culturels très fréquentés. Le sport est considéré comme une offre supplémentaire à laquelle je consacre beaucoup de temps et d’énergie, que ce soit en participant et en aidant au Giro Suisse, à la Zürcher Sport fest à Winterthour ou à des cours d’une journée, comme les sorties en handbike. Nous allons devoir repenser notre offre hebdomadaire de natation et de badminton dès que les incertitudes liées à la pandémie seront levées. Les membres fidèles qui ne manquent jamais un événement du club sont ma source de motivation. Damiano Zemp: Nous voulons plus que jamais devenir un club pour tous. Notre offre ne doit pas être uniquement conçue
RC CHUR Ian Galliver, responsable sportif L’an dernier, chacun a dû s’occuper soi-même de sa forme physique. Ce n’est qu’à la rentrée scolaire que le club a pu reprendre ses activités sportives – jusqu’au semi-confinement suivant de la mi-octobre. Mais la nécessité est la mère de l’invention, comme dit Platon. L’entraînement ayant été annulé, chacun a pu trouver des exercices adaptés à ses besoins. Je suis beaucoup allé me promener en fauteuil. Depuis le 19 avril, nous pouvons nous retrouver et faire du sport ensemble. J’en suis très heureux!
pour les personnes jeunes, en forme et autonomes. Des activités pour les enfants et les seniors (avec Pro Senectute) sont déjà prévues. Le Powerchair Hockey est dans notre programme depuis avril. Nous sommes en train d’élargir notre offre. Dès septembre, nous proposerons du yoga, et le fitness et le tennis de table devraient faire leur retour après quelques années d’arrêt. Pour l’escrime, nous sommes en discussion avec le club local. Avec le tennis, le basket-ball, la natation et le bienêtre, nous souhaitons toucher le plus grand nombre de personnes possible. Les offres sportives de tous les CFR sont sur www.spv.ch/ evenements_de_clubs 41
SPORT SVIZZERO IN CARROZZELLA
(che ringraziamo per aver messo a disposizione gratuitamente i campi). A gestire l’attività Massimo Bramati, istruttore molto noto nell’ambiente. Il sabato è stata data la possibilità agli interessati di prendere parte alla Tappa di Handbike che da Personico (fabbrica Fizzy) ha portato al Centro Sportivo di Tenero. Oltre 50 i chi lometri percorsi ed una velocità di crociera di 18 km/h.
CAMPO SPORTIVO
I nomi del mini «move on»
Sempre sulle tre ruote, ma questa volta lungo in sentieri. Ci riferiamo alla giornata di domenica che si è svolta a Serpiano. Presente sul posto l’Associazione Ti-Rex Sport di Murat Pelit, che ha messo a dispo sizione le speciali mountain bike «Explorer» per andare alla scoperta del sentiero dedicato, appunto, al paralimpico Murat.
Grande successo alla tre giorni a Tenero, dove si sono incontrati numerosi sportivi da tutta la Svizzera. Davide Bogiani
Più di una ventina di partecipanti da tutta la Svizzera si sono dati appuntamento al Centro sportivo di Tenero per il campo sportivo mini «move on». Si è trattato di un nuovo progetto, in collaborazione con il Gruppo Paraplegici Ticino (GPT) e il Gruppo InSuperAbili, che ha coinvolto sportivi di età diverse provenienti dalle tre regioni linguistiche e uniti da un unico filo comune, scoprire nuovi sport: subacquea, basket, scherma, tiro con la pistola, handbike, mountain bike, vela, pilates, tennis e boccia. Ricordiamo che il progetto «move on» fon da le sue origini a Nottwil. Durante il mese di ottobre viene infatti organizzata una sei giorni di sport, suddiviso in due blocchi di tre giorni ognuno. Sport svizzero in carroz zella, lo scorso anno, ha deciso di ampliare l’offerta proponendo una tre giorni, ap punto, a Tenero. Lavoro di squadra Oltre alla fattiva collaborazione con i locali Club in carrozzella, il mini «move on» ha potuto contare sul contributo di istruttori e associazioni esterne. A condurre gli allenamenti di basket era presente Remo Semmler, giocatore storico del GPT, ora con la casacca dei Ticino Bulls. Lugano Paracontact I Autunno 2021
Scherma ha invece presentato la scherma paralimpica attraverso due validi istruttori: Anna Ferni e Federico Bortolini, coordinati dalla responsabile per il Ticino della scherma paralimpica Michela Merlo. È invece al poligono di tiro a Locarno, che si è svolta l’attività del tiro ad aria compressa, in collaborazione con la Federazione ticinese di tiro, e sotto l’egida dell’istruttore
L’importante contributo di ciascuno In un appuntamento come questo, citare i nomi è importante. Un grazie agli autisti Damiano Zemp, Luca Vidotto e Leo Toschini, alla traduttrice Margerit Frei e ai grigliatori Rita Guadelupi e Gian Paolo Donghi.
E come in tutti i campi sportivi, il viaggio continua anche una volta giunti al termine. Sono i ricordi e i legami che alimentano le giornate successive. Quello scambio di foto nelle chat, le battute comuni che
Assieme nello sport e nei momenti conviviali
Peter Käser. Dislocata a Lugano lo sport della barca a vela. Ad occuparsene, l’Associazione Velabili, capitanata dal suo fondatore Boris Keller. A dare man forte per quanto riguarda la subacquea, è stato il Club in carrozzella di Sub di Zurigo (RollstuhlTaucher Zürich), che ha proposto la sua attività nella piscina olimpionica. Il tennis ha trovato i suoi spazi sia al Centro di Tenero, sia presso il Tennis Club di Ascona
accompagnano tra il serio e il faceto le partite degli Europei di calcio. Sì, perché a Tenero si è creata quella rete fra i partecipanti, importante come mezzo di scambio di idee, opinioni e consigli. Perché lo sport è anche questo. Arrivederci al prossimo anno, dunque. Dal 13 al 15 maggio 2022.
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DIVERS
WBZ REINACH
Offre de logement Depuis juin 2021, le centre logements et bureaux pour personnes handicapées physiques (WBZ) à Reinach BL propose douze appartements modernes et accessibles de 2,5 et 3,5 pièces avec des services. Situés aux derniers étages ils sont tous équipés d’une cuisine, d’une salle de bains, d’un salon, d’une à deux chambres et d’un balcon – entièrement sans obstacles.
S’ils le souhaitent, les locataires de ces logements peuvent bénéficier des services de WBZ. Voir l’offre: www.wbz.ch
VOL DANS L’ESPACE
«Parastronaut» Pour la première fois, l’Agence spatiale européenne recherche une ou un astronaute ayant un handicap. Nommé «Parastronaut», le programme vise à étudier les conditions dans lesquelles une personne handicapée peut voler vers la station spatiale SSI. Ce premier recrutement n’est pas (encore) destiné aux candidats en fauteuil roulant, mais le projet est un important signe d’inclusion. 44
GBY
Prix à l’innovation GBY, la start-up de Sebastian Tobler, a remporté le prix à l’innovation de Fribourg qui récompense les start-up les plus innovantes. Toutes nos félicitations!
du corps. Le Go-Tryke est le seul tricycle qui permet ce mouvement. Nous avions publié un article sur Sebastian Tobler et son invention dans Paracontact 4/2020.
Le Prix Start-up, doté de 30 000 francs a GBY a développé le Go-Tryke qui est un été remis par le Conseiller d’État Olivier tricycle muni de deux pédaliers liés: un Curty, Président du jury du Prix à l’innopour les mains et l’autre pour les pieds. vation du canton de Fribourg. Lorsque le pédalier des mains est actionné, celui des pieds tourne également, respecPlus d’informations de.gby.swiss tant le mouvement naturel physiologique
HANDBIKE
Coupe nationale La première édition de la Handbikecup (NHC) s’est déroulée cet été. La série de courses avec des compétitions en Suisse a pour but de promouvoir le sport et d’en améliorer la visibilité, tout en facilitant les débuts des sportives et sportifs dans cette discipline. Cette série d’épreuves est intéressante pour les cyclistes amateurs et sert de préparation à l’élite pour les compétitions internationales. Informations complémentaires www.handbike.spv.ch
COLLOQUE
Repenser les structures Le projet de mise en réseau IntegrART invite à son colloque des 21/22.9.2021. Des exposés et des ateliers permettront d’envisager la manière dont les scènes artistiques et culturelles peuvent être repensées afin que les artistes handicapés y trouvent leur place. Le colloque aura lieu dans la Gessnerallee à Zurich, mais aussi en ligne et il se tiendra en trois langues: allemand, anglais et français. La parti cipation est gratuite. Toutes les informations figurent sur integrart.ch. Paracontact I Automne 2021
RÖV
Arrêts de bus En collaboration avec des experts de la Commission des usagers en fauteuil roulant des transports publics (RöV), Architecture sans obstacles a rédigé une prise de position présentant en toute transparence pour quels projets d’arrêt de bus des bordures d’accostage hautes doivent être exigées, le cas échéant par voie juridique.
IDÉE D’EXCURSION
Arboretum
Lire la prise de position: architecturesansobstacles.ch
CDPH
Égalité dans le canton du Valais Le Valais a créé une base juridique complète pour l’application de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handi capées. La modification de la loi, adoptée à l’unanimité par le Grand Conseil, oblige le canton, les communes, les organes chargés de tâches publiques et les prestataires privés de services accessibles au public à prendre des dis positions raisonnables pour prévenir ou éliminer les discriminations. Toute personne subissant une inégalité peut demander au tribunal de la supprimer. Un droit de recours pour les organisations suisses de personnes handicapées est également prévu. Un nouveau Centre pour les droits des personnes en situation de handicap a aussi été créé pour promouvoir et coordonner la mise en œuvre de la loi. Paracontact I Automne 2021
Il est désormais possible de sillonner le parc paysager vaudois en fauteuil roulant tout-terrain. Ce fauteuil peut être loué sur place.
de pique-nique isolées invitent à profiter de la beauté des lieux. Les personnes à mobilité réduite peuvent désormais utiliser un fauteuil roulant électrique tout-terrain.
L’Arboretum d’Aubonne s’étend sur 200 hectares et rassemble 4000 espèces et variétés d’arbres issues de toutes les zones tempérées du globe (Europa, Japon, USA, etc.). Ce site unique en Suisse poursuit un objectif à la fois scientifique, éducatif et récréatif. Des panneaux d’information permettent d’améliorer ses connaissances et des aires
Deux sentiers, sur les quatre que compte le parc, peuvent être découverts grâce à ce fauteuil roulant, moyennant 40 francs pour la journée. Une réservation préalable est obligatoire. Voir l’offre www.arboretum.ch/jst
PSYCHOTHÉRAPIE
Accès facilité Le Conseil fédéral a décidé que les psychothérapeutes pourront facturer leurs prestations, fournies sur prescription médicale, à la charge de l’assurance obligatoire des soins à titre indépendant. Cette décision permet aux personnes souffrant de troubles de santé mentale d’accéder plus facilement et plus rapidement à la psychothérapie. Les troubles psychiques comptent parmi les maladies les plus fré-
quentes et les plus handicapantes. Le nouveau modèle de prescription permet de réduire les goulets d’étranglement dans les situations de crise et d’urgence. Toutefois, il est regrettable qu’une prescription médicale ne donne droit qu’à 15 séances maximum et qu’elle doive être reconduite pour 15 séances supplémentaires. Le changement entrera en vigueur le 1er juillet 2022. 45
GROS PLAN
L’ENTRETIEN
Militante pour un monde inclusif Mirjam Gasser se bat pour les droits des personnes handicapées dans les régions pauvres. Gabi Bucher
Mirjam Gasser est diplômée d’un bachelor en traduction et d’un master en sciences politiques. Depuis quatre ans, elle travaille comme responsable Advocacy (Plaidoyer) chez CBM Mission chrétienne pour les aveugles, une organisation à but non lucratif. Cette jeune femme de 34 ans est chargée du travail politique dans le domaine de la coopération internationale. Tu t’engages en faveur des droits des personnes handicapées dans les régions pauvres. Qu’est-ce que cela signifie exactement? En avril 2014, la Suisse a ratifié la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), qui englobe également la coopération au développement (art. 32) et l’action humanitaire (art. 11). Elle est donc tenue de prendre en compte les droits des personnes handicapées dans la coopération au développement et l’action humanitaire. Par mon travail, je l’incite à le faire. Le lobbying auprès de la Direction du développement et de la coopération (DDC) et du Parlement en tant 46
que décideurs suisses, ainsi que la coopération avec les ONG suisses actives dans ce domaine en sont les éléments centraux. Toutefois, contrairement à d’autres militants, nous ne représentons pas nos propres intérêts; nous défendons des préoccupations qui concernent toute la société. Comment procèdes-tu? Je suis en contact direct avec les parlementaires pour attirer leur attention, au nom de CBM, sur la situation des personnes handicapées dans les régions pauvres. Nous pointons du doigt les agissements de la DDC, les bons comme les moins bons, et ce qu’il reste à faire. Nous menons des discussions, nouons des contacts, encourageons les propositions politiques et faisons un travail de persuasion. Il s’agit donc très souvent de contacts rapprochés, de documents de réflexion, de recherches de fond et de requêtes. Parallèlement, nous travaillons dans différents réseaux thématiques et avec de nombreux partenaires pour exploiter les synergies et donner du poids à nos préoccupations. La coopération avec
les organisations de personnes handicapées en particulier est un principe clé de notre travail. Je rédige également les réponses aux procédures de consultation dans lesquelles nous prenons position en tant que CBM sur certaines stratégies adoptées par la Confédération dans le domaine de la coopération internationale ou de l’Agenda 2030 du développement durable. Tu influences donc principalement la politique suisse? Oui, mais les agissements de la Suisse à l’étranger, dans sa coopération internationale, pour qu’elle devienne plus inclusive. Je ne fais pas de politique nationale, mais nous travaillons en étroite collaboration avec les organisations de personnes handicapées en Suisse et avec d’autres partenaires pour atteindre nos objectifs. Dans quels pays la Suisse est-elle active? Avec sa nouvelle stratégie, la Suisse con centre sa coopération au développement sur quatre régions prioritaires: l’Europe de l’Est, l’Afrique du Nord et le MoyenParacontact I Automne 2021
Orient, l’Afrique subsaharienne et l’Asie. Le Népal, par exemple, est un pays prioritaire. L’égalité des sexes et les droits des femmes y sont des questions importantes. Or, dans tout le domaine de l’égalité des genres, les femmes handicapées sont encore trop peu considérées, alors que c’est précisément ce qui serait pertinent, car elles sont souvent victimes de discriminations multiples. Une femme souffrant d’un handicap et appartenant peut-être à une certaine caste ou à un certain milieu ethni que a souvent moins accès à l’éducation, au travail, à la santé et à d’autres domaines de la vie. La DDC n’en tient toujours pas suffisamment compte. N’est-il pas délicat de s’impliquer en tant que Suisse? Le Népal a également ratifié la CDPH de l’ONU. L’art. 11 prévoit que toutes mesures nécessaires pour assurer la protection et la sûreté des personnes handicapées dans les situations de risque doivent être prises. L’article 32 oblige les pays comme la Suisse à ce que toutes les mesures prises ou mises en œuvre dans le cadre de la coopération au développement tiennent compte de manière équitable des personnes handicapées. Si la Suisse n’encourage pas l’inclusion ou travaille même contre la CDPH de l’ONU, elle ne remplit pas ses obligations et empêche en même temps le Népal de se conformer à la CDPH de l’ONU. L’un des principes de la coopération internationale s’intitule «do no harm», donc ne nuire à
personne. Et si nous érigeons des barrières au lieu d’encourager l’inclusion, c’est ce que nous faisons. À quel point la coopération suisse au développement est-elle inclusive en 2021? La Suisse a fait des progrès au cours des quatre dernières années. À la DDC, il y a désormais une personne chargée de l’inclusion des personnes handicapées dans la coopération internationale. La Suisse a rejoint le réseau Global Action on Disability (GLAD) et a signé la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’action humanitaire. Mais encore faudrait-il la mettre en œuvre, car sinon cela ne sert pas à grand-chose. Il y a donc eu quelques évolutions positives, mais quand on regarde la situation dans son ensemble, on constate que la Suisse n’a aucune stratégie claire, aucune vision, pour l’inclusion des personnes handicapées. En outre, il manque un budget, et sans budget, pas de mise en œuvre. Il en va de même pour la collecte de données, l’une des principales exigences de CBM. Sans données (complètes), les personnes handicapées restent invisibles. La Suisse a au moins commencé à enregistrer le nombre de projets incluant des personnes handicapées avec le marqueur du handicap du CAD de l’OCDE, même si cela ne se fait pas encore de manière systématique. Dans la nouvelle stratégie pour la coopération internationale que la Suisse adopte tous les quatre ans et qui fixe les lignes directrices de la coopé-
ration internationale de la Confédération, les droits des personnes handicapées ne sont toujours pas ancrés comme ils devraient l’être. Il y a donc encore beaucoup de retard à rattraper. De petits pas ont été accomplis, les personnes handicapées sont devenues un sujet d’actualité, mais nous attendons encore les grands pas. Où se situe la Suisse par rapport au reste du monde? D’autres pays, comme l’Australie, la Finlande et le Royaume-Uni, sont nettement plus avancés en termes d’inclusion des personnes handicapées dans la coopération internationale. Malheureusement, il n’existe actuellement en Suisse aucune organisation d’auto-représentants qui s’engage en faveur de l’inclusion des personnes handicapées dans la coopération internationale. Il est inconcevable que nous érigions des barrières et que nous tolérions des discriminations à l’étranger dont nous ne voudrions pas chez nous. Il faut éveiller la compréhension et la CDPH de l’ONU doit être mise en œuvre dans son intégralité. Quel rôle joue dans ton travail le fait que tu sois toi-même en fauteuil roulant? Il est important que nous, personnes handicapées, effectuions un travail politique et défendions nos droits. L’expérience vécue apporte de la crédibilité et, en même temps, nous sensibilisons aux difficultés qui se présentent. Quand, en tant que
De nombreuses apparitions Mirjam Gasser intervient régulièrement lors de conférences internationales et sur le terrain avec les personnes touchées
Paracontact I Automne 2021 47
membre d’une délégation suisse à l’étranger, je ne peux pas accéder à une salle de réunion parce qu’il y a des escaliers, c’est là qu’on se rend compte de ce que signifie concrètement l’inclusion. Or dans le domaine de la coopération internationale, il est également essentiel que les auto-représentantes et les auto-représentants de l’hémisphère Sud fassent entendre leur point de vue. C’est pourquoi nous travaillons tous en étroite collaboration. Tu sillonnes le monde entier. Pour quelle raison? Pour le travail politique de première ligne, il est important de connaître les conditions de vie des personnes dont on parle. C’est pourquoi l’échange est essentiel pour moi. C’est passionnant de collaborer avec les gens sur une longue période et d’assister à l’éveil de leur compréhension pour les droits qui leur reviennent. Souvent, leurs histoires personnelles sont très impressionnantes et émouvantes et j’apprécie les autres perspectives. Bien sûr, il y a toujours des situations désagréables pour moi quand je voyage, comme l’année dernière au Népal, lorsqu’il a été très difficile de trouver des toilettes à peu près accessibles sur le terrain. Comment fais-tu face aux destins que tu croises? C’est évidemment dur de voir comme les gens sont marginalisés et n’ont accès ni à
La passion de la danse
l’éducation, ni au travail. Mais notre engagement nous permet d’agir. L’échange au sein de l’équipe est crucial et aide à relativiser ce que l’on a vécu. Qu’est-ce qui apporte un équilibre à ta vie professionnelle? La danse est ma grande passion. J’ai toujours dansé et j’ai découvert «BewegGrund» (une association pour la danse inclusive) par Andrea Emmenegger, du club en fauteuil roulant de Suisse centrale. Après un atelier, les responsables m’ont dit qu’ils aimeraient travailler avec moi. C’est ainsi que je suis entrée dans la danse professionnelle et que j’ai participé à la pièce «on beauty», qui a été jouée pour la première fois en 2010 avant de faire l’objet d’une tournée mondiale de deux ans. À l’époque, je pouvais aisément allier cela à mes études et un stage. Mais quand je suis entrée dans la vie professionnelle en 2012, ce n’était plus possible. J’ai continué à enseigner un petit moment, je participe en-
core à des ateliers et à des formations. Il y a deux ans, j’ai par ailleurs repris la présidence de BewegGrund, ce qui me permet de rendre un peu de ce que j’ai reçu à l’époque. La danse est-elle pour toi une déclaration politique? Tous les chemins mènent à Rome (rires), mais pour moi, la danse est plus une expression de liberté. Il y a bien sûr aussi des aspects politiques et participer à la vie culturelle est un droit fondamental. Les spectatrices et spectateurs handicapés ont aujourd’hui un assez bon accès à la culture, mais il est encore souvent très difficile pour un artiste handicapé d’accéder aux loges ou à la scène, sans parler de se faire engager. Mais pour moi, la danse ellemême est réellement au premier plan, c’est une forme d’expression bienvenue, qui contrebalance mon travail très cérébral. À quel point l’inclusion te préoccupe-t-elle dans ta vie quotidienne? Je suis confrontée à des obstacles tous les jours. Parfois je les aborde, parfois je n’en ai pas l’énergie. Nous, les personnes handicapées, sommes souvent réduites à notre handicap. On oublie le fait que je suis aussi une femme, par exemple. Le handicap n’est pas la seule caractéristique qui me définit. Il ne faut pas mettre tous les handicapés dans le même sac! Que souhaites-tu? Je rêve d’un monde inclusif dans lequel toutes les personnes, quelles que soient leurs caractéristiques, handicapées ou non, pourraient vivre pleinement leur vie et jouir de leurs droits de manière équitable.
Inde: un traducteur permet l’échange 48
Paracontact I Automne 2021
GROS PLAN
NOS ALLIÉS
Un démarrage sur les chapeaux de roues Le Club Kiwanis du lac de Sempach reprend les rênes du CO des ParAthletics avec Erwin Grossenbacher à sa tête, suite au retrait de la «Huttwiler Bande» après de nombreuses années d’engagement. Gabi Bucher
Cela fait un bail que les membres du Club Kiwanis du lac de Sempach prêtent main forte lors des ParAthletics en tant que bénévoles. «J’ai toujours ramené les javelots, fixé les chaises, conduit les athlètes jusqu’au départ, aidé au kiosque», se souvient Erwin Grossenbacher. Quand Roger Getzmann, chef du département Sport suisse en fauteuil roulant, luimême Kiwanien, a demandé il y a deux ans aux membres de son club s’ils seraient prêts à reprendre les rênes du CO pour les ParAthletics, il n’a pas mis longtemps à les convaincre. «L’aspect social correspond bien à notre club», explique Erwin Grossenbacher. «Nous sommes vite tombés d’accord et nous nous sommes réparti les tâches.» Fort de son expérience d’ancien président central de la Fédération suisse de gymnastique, il a été élu à la présidence. Tester, contrôler, délimiter Bien que le CO ait disposé de deux ans pour les préparatifs en raison de l’annulation de l’événement en 2020, ceux-ci se sont avérés plus fastidieux que prévu. Le Covid a énormément compliqué l’orga nisation. Pour réaliser la compétition, il a d’abord fallu réunir toutes les personnes impliquées. «Imaginez un peu: 300 athlètes, 500 soignants et 300 aidants dans l’enceinte du CSP en ces temps de Covid!» Mais toutes les organisations du GSP (Groupe suisse pour paraplégiques) ont
accepté d’organiser les épreuves malgré les difficultés. Le CO n’a définitivement tranché que le 22 mars, ce qui ne laissait plus beaucoup de temps. Il a fallu élaborer un concept de protection complexe. «Heureusement, il y avait déjà un centre de dépistage du coronavirus sur place, alors nous l’avons agrandi.» Quiconque voulait pénétrer sur le site de la compétition (athlète, soignant, aidant) devait s’y faire tester. Pour éloigner les visiteurs, l’ensemble de la zone a été bouclée. Toutes les personnes impliquées devaient présenter leur badge pour qu’on sache qui se trouvait où et à quel moment. «La planification du personnel a été un vrai challenge. Il y avait sans cesse des annulations et des change-
ments dans l’affectation des bénévoles, une coordination ardue.» Le mauvais temps est venu s’ajouter à tous ces tracas, en particulier le dimanche. «Heureusement, ce n’étaient pas nous les responsables!», dit Erwin Grossenbacher en riant. Un toast virtuel La recherche de sponsors a aussi été plus compliquée que d’habitude. «Trouver des sponsors n’est déjà pas facile, ils veulent une contrepartie, et sans visiteurs, impossible de leur en donner.» Afin de les brosser dans le sens du poil, le CO a organisé un apéritif virtuel. «Nous leur avons fait livrer un plateau de fromage et du vin, et nous avons trinqué avec eux par écran interposé le samedi, ce qui a été très apprécié.» Par ailleurs, la transmission en direct a suscité de nombreuses connexions et a beaucoup aidé. Quand être négatif, c’est positif! Néanmoins, Erwin Grossenbacher est d’avis que l’événement a été un moment fort de bout en bout et que les efforts déployés en valaient largement la peine. «Rien que le fait que nous ayons eu le courage d’organiser les ParAthletics! Nous avons donné aux athlètes l’occasion de se mesurer enfin aux autres et de voir où ils se situaient au niveau international.» C’est important pour tout le monde, mais surtout pour nos athlètes suisses, sourit Erwin Grossenbacher. Et ce qui le réjouit particulièrement: tous les tests Covid étaient négatifs, ce qui n’est positif qu’en période de pandémie.
Des athlètes heureux malgré la pluie
Paracontact I Automne 2021 49
GROS PLAN
À VOS CÔTÉS
Le langage universel du sport Coordinatrice des sports pour la Romandie, Sophie Gnaegi a intégré l’équipe de Sport suisse en fauteuil roulant en 2019. Gabi Bucher
Sophie adore le sport, ce qui est naturel pour une coordinatrice des sports, mais elle aime aussi la langue allemande, ce qui l’est un peu moins pour une Romande. Elle a obtenu son bachelor en Sport et Allemand langue étrangère à l’Université de Fribourg, puis a passé un master en «Activités physiques adaptées» (Adapted Physical Activity) à Lausanne. C’est là qu’elle a rencontré Tamara Strasser, alors Coordinatrice des sports pour la Romandie, qui lui a présenté l’ASP. Plus tard, elles se sont retrouvées à l’occasion d’un entraînement de l’équipe de Powerchair-Hockey de Lausanne dont Sophie s’occupe depuis 2017. Vive l’allemand! Lors de cette rencontre, Tamara a annoncé à Sophie qu’elle avait quitté son emploi à l’ASP pour se consacrer à une mission sociale en Amérique du Sud. «J’étais très in50
téressée par ce travail», explique Sophie «cela me donnerait l’occasion d’utiliser mon allemand, ce qui serait parfait.» Elle n’était toutefois pas prête à chambouler sa vie pour aller travailler à Nottwil. Mais lorsqu’elle a su que sa présence à Nottwil n’était requise que périodiquement, elle n’a pas mis longtemps à se décider. En tant que Coordinatrice des sports, Sophie s’occupe des clubs de Suisse romande. «Cela consiste à mieux faire connaître l’offre de Sport pour tous en Suisse romande et à soutenir les clubs dans leurs activités sportives.» L’objectif étant notamment de proposer de plus en plus d’offres émanant de Romandie dans le programme d’été et d’hiver de Sport suisse en fauteuil roulant. En collaboration avec les clubs, elle élabore des idées en fonction de leurs besoins et de leurs souhaits.
L’importance d’un bon entraîneur «Si un club veut créer une équipe de basket, je veille à ce que l’entraîneur possède ou reçoive une bonne formation. C’est essentiel pour l’équipe et, par effet secondaire, cela influe aussi sur les subventions de l’OFAS (Office fédéral des assurances sociales)», explique-t-elle. Elle participe elle-même à la formation des entraîneurs de SSFR. Si le polysport est demandé, elle voit ce qu’on peut mettre en place avec les clubs piétons. Elle organise des «journées portes ouvertes», aide lors d’événements sportifs, se rend à des entraînements. «C’est important que je passe de temps en temps, que je m’implique, que je regarde comment ça se passe. Il peut ressortir énormément d’un contact direct et je peux mieux communiquer.» Elle est souvent sur la route, mais «prendre le train est un plaisir, pas une contrainte pour moi». Des visages rayonnants Oui, elle aime beaucoup son travail, notamment de par les nombreux contacts. «On correspond avec une adresse e-mail pendant des semaines, et soudain il y a un visage derrière», dit-elle. Et lors des événements, on parle toutes les langues, on se fait comprendre, tant bien que mal. En revanche, lorsqu’on fait du sport ensemble, la langue n’a plus d’importance. «Si les participants ont la banane à la fin de la journée (dixit Sophie), c’est le plus beau des cadeaux. Et s’ils reviennent, cela confirme qu’on a fait tout comme il fallait.» Paracontact I Automne 2021
Care at home
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