Photoreportage
Eva Gomes Regal
“Marqué à Vie” est un projet photographique qui porte sur l'impact des blessures dans le sport.
À travers ce projet j’explore visuellement le parcour de reconstruction des sportifs suite à leurs blessures, en montrant aussi bien leur combat physique que psychologique.
La série s'intéresse sur ce moment de rupture où la carrière d’un sportif s’arrête brutalement. Le projet documente ce passage de l'ombre à la lumière, capturant les doutes et la force nécessaire pour retrouver le chemin de la performance.
Pour réaliser ce travail, l'immersion s'est faite entre la France et l'Allemagne auprès de trois athlètes : un combattant de MMA, un joueur de handball et un footballeur. Le choix de disciplines si différentes permet de souligner l'universalité de l'épreuve : peu importe le sport, le processus de guérison et la volonté de revenir sont les mêmes.
Le récit visuel se divise en trois étapes clés : le portrait du sportif, le suivi de sa rééducation, et enfin son retour progressif sur le terrain. Pour compléter cette approche, chaque série de photos est accompagnée d’un texte personnel rédigé par l’athlète, offrant un témoignage direct sur la manière dont il a traversé cette étape.
À travers « Marqué à Vie », je propose une immersion dans une réalité souvent cachée du sport, pour montrer que la blessure n'est pas seulement un arrêt, mais une transformation profonde de l'athlète.
Loïc Bade
Joueur professionnel de foot
“Comment j’'ai vécu ma blessure ? C’est toujours compliqué d’être écarté des terrains puisque c’est vraiment notre quotidien et notre passion. Toute notre vie tourne autour du foot et lors d’une blessure on a pas le choix que de stopper notre pratique.”
“C'est
un processus qui peut parfois être long et mentalement dur a accepter, on veut revenir le plus vite possible mais en meme temps notre corps a besoin de temps pour que la lésion cicatrise complètement.”
“Moi
après toute mes blessures et celle-ci en l'occurrence j'ai eu besoin de temps pour bien réutiliser mon muscle pendant la course , dans les phases d'étirements etc... “
“j'ai eu tendance du coup a beaucoup compenser avec l'autre jambe ce qui m'a créer des surcharges musculaire sur d'autres muscles. Mais petit a petit on y pense moins avec du travail et du temps tout redevient naturel.”
“En tant que sportif de haut niveau on à aussi conscience que les blessures font partie du métier c'est pour ca qu'on est
préparer à ce que cela arrive et très bien entouré pour revenir le plus rapidement possible au top.”
Quentin Desmeliers
Combattant de MMA
“En compétition, tu te sens invincible. Tu es un guerrier, une machine réglée pour l'impact. Et puis, en une fraction de seconde, tu te retrouves au sol, non pas parce qu'on t'a mis KO, mais parce que ton propre corps t'a trahi. Passer de l’adrénaline de la réussîte au silence blanc d’une chambre d’hôpital, c’est une chute plutôt violente.”
“Le plus dur, ce n'était pas la douleur physique, c'était ce sentiment d'impuissance quand on a dû m'aider pour les gestes les plus simples.”
“J'ai
passé des mois à m'entraîner avec des élastiques et des ballons, loin des gants et du sac de frappe, en apprenant une patience que je n'avais jamais eu.”
“Aujourd'hui, je suis enfin de retour sur le tapis, mais la douleur, elle, ne m'a jamais vraiment quitté.”
“On ne guérit pas vraiment d'une blessure comme ça, on apprend à cohabiter avec elle. J'ai dû adapter mon style, devenir plus technique, plus précis.”
“J’ai encore des douleurs parfois en sortant de la salle, mais entre la douleur de l'effort et celle de rester assis avec mes regrets, j'ai fait mon choix.”
“Je préfère souffrir debout, au milieu du combat, parce qu'on s’y habitue tant qu'on continue d'avancer.”
de handball
“Je m’appelle Yaniss, j’ai 19 ans et je suis joueur au centre de formation du Tremblay Handball. J’ai commencé le handball très tôt dès l’âge de 3/4 ans et comme j’aime bien dire, j’ai appris à jouer au hand avant d’apprendre à marcher. Je suis issus d’une famille qui a grandement côtoyé ce sport, je pense donc que j’ai un petit peu la passion qui coule naturellement dans mes veines.”
“Malheureusement, mon chemin est depuis les dernières années parsemées d’embûches. En effet, je suis un joueur qui a été grandement exposé aux blessures.”
“Cette année après avoir effectué une bonne préparation physique pendant l’été, je me suis blessé d’abord à l’épaule, puis quelques semaines après, je me suis rompu le ligament croisé antérieur, une nouvelle fois en contact du groupe professionnel.”
“La blessure, c’est ce que tout sportif redoute, elle marque l’arrêt de l’activité, on regarde les autre jouer en étant sur le côté. On se sent inutile, délaissé, on se sent vidé car on ne peut plus exercer notre passion, ce qui nous rend heureux au quotidien.”
“On se sent faible, impuissant face à un corps qu’on entraine sans relâche et qui ,d’un coup, s’arrête de fonctionner. On voit les autres progresser depuis le bord du terrain et sans pouvoir nourrir notre esprit compétiteur. Au delà du simple aspect physique, la blessure a pour les sportifs un fort impact psychologique. quand je me suis rompu le ligament croisé le 4 février 2026, j’ai compris que c’était un autre niveau, un autre monde. Il fallait m’opérer et un retour était estimé pour janvier 2027 si tout se passait bien. Voici le diagnostic du chirurgien. Sur le, moment, j’étais frustré, j’ai pleuré, je voulais arrêté.”
“Je me rappelle avoir appelé mon kinésithérapeute dont je suis très proche pour lui dire que je voulais tout arrêté. J’ai compris que ce n’était pas une question de revenir au meilleur niveau, c’était simplement savoir si j’allais pouvoir un jour simplement remettre les pieds sur les terrains.”
“Ça a été dur d’accepter le verdict du médecin, ça l’est toujours aujourd’hui et tant que je ne suis pas de retour sur le terrain, je sais qu’il y aura encore des moments de doute , de tristesse, de colère. Je me sens parfois impuissant. Je dois réapprendre à marcher, puis à courir. C’est long et dur.
Des fois je pleure, je me dis que ça ne va jamais finir, que c’est un tunnel sans fin. 2027 parait si loin. Mais il y a aussi des moments de joie. Mes premiers pas depuis l’opération. Chaque petite victoire te donne espoirs et te rappelle que tu es capable de venir au bout de cette épreuve.
Si je dois retenir une chose que cet épisode de ma vie m’a appris, c’est d’être humble et reconnaissant. La blessure me rappelle que chaque action du quotidien a son importance. Et d’un point de vue sportif, le simple fait d’être sur le terrain est une victoire, peu importe l’issu du match, peu importe la performance individuelle.
Je sais aujourd’hui que je travaillerai assez dur pour revenir et que j’y arriverai. Plus le combat est dur, plus la victoire est belle.”
Eva Gomes Regal, photographe basée en France spécialisée dans l'univers du sport. Mon objectif est de capturer l'émotion en partageant l'atmosphère unique de chaque discipline. Je diversifie ma pratique à travers de nouveaux sports, cherchant à me perfectionner chaque jour.
gomesregaleva@gmail.com
@eva.gomesregal
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