C E D O SS I E R E ST P U B L I É PA R S M A R T M E D I A E T N ' E N G AG E PA S L A R E S P O N S A B I L I T É D E S É D I T E U R S N I D E L A R É D AC T I O N D U V I F / L ' E X P R E SS
JAN ‘20
RESEARCH & DEVELOPMENT
Laurent Letellier L’innovation est l’affaire de tous
Succes story de Wallonie L’aéronautique en plein vol
Katrien Mondt Une collaboration indispensable
SYLVIE PONCHAUT « La compétition internationale de biotech est rude, il ne faut pas le nier, mais notre pays a de nombreux atouts. » DÉCOUVREZ-EN PLUS SUR FR.FOKUS-ONLINE.BE. #FOKUSRESEARCH
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ÉDITO LAURENT LETELLIER
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L’innovation est l’affaire de tous
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CONTENU...
Il n’est plus à démontrer que l’innovation est considérée aujourd’hui par nos entreprises wallonnes comme un facteur clé de succès pour accélérer leur croissance. Après avoir travaillé à la maîtrise de ses processus de production, puis de ses processus qualité, l’entreprise s’est aujourd’hui engagée vers la maîtrise de son processus d’innovation, l’amenant par ce biais à se différencier de ses concurrents.
04 Biotechs : la Wallonie dans la cour des grands 06 Aéro: À la conquête du 7e ciel 10
Sylvie Ponchaut : Une recherche belge de tout premier plan
14 Panel d’experts: Quand l’économie wallonne se met au vert
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Seul on va peut-être plus vite mais ensemble on va certainement plus loin. La politique des pôles de compétitivité et des clusters tente de répondre à ce défi de l’innovation partenariale et cela concerne aussi bien les secteurs industriels traditionnels wallons que les nouveaux secteurs de pointe comme les biotechnologies.
ais l’innovation n’est pas que technologique, elle concerne aussi bien le design de ses produits que son organisation interne, la vente, le marketing, la communication, etc. Face à ses nombreux défis et profondes mutations, la Wallonie a répondu présente par la mise en place et le développement de tout un écosystème dédié à la recherche de pointe, aux financements spécifiques et à l’accompagnement spécialisé capables de répondre efficacement aux besoins des entreprises quels que soient le secteur, le niveau et la taille de l’entreprise, depuis l’idée jusqu’à l’internationalisation de ses produits et services. La Belgique et la Wallonie n’ont pas à rougir face aux autres régions et pays d’Europe en termes de dispositifs d’aides et d’accompagnement, et Innovatech fait partie intégrante de ce dispositif. Nous veillons à activer au bon moment, tout au long du processus d’innovation, un réseau d’experts technologiques issus des centres de R&D, des universités, mais aussi d’experts juridiques, financiers, économiques qui renforceront les chances de succès du projet.
Seul on va peutêtre plus vite mais ensemble on va certainement plus loin.
Tout n’est bien sûr pas parfait et il reste beaucoup à accomplir mais il ne sert à rien de mettre à disposition des technologies, des outils et des services à haute valeur ajoutée dédiés au tissu industriel si ceux-ci ne sont pas rendus captifs pour l’entreprise, et nous devons tous travailler en ce sens. L’innovation est l’affaire de tous: des scientifiques, des équipes de développement, des designers, des techniciens, de l’ensemble du personnel. Elle est même de plus en plus l’affaire des clients. Aujourd’hui, utilisateurs potentiels d’abord, puis clients à divers niveaux de maturité aident par itérations successives les promoteurs de ces innovations à mieux piloter leurs déploiements. Le réseau d’opérateurs wallons de l’innovation doit aider le porteur d’idée à faire mûrir celle-ci en interne dans l’entreprise ou via la création d’une nouvelle entité, mais quelle que soit l’orientation, les risques pris devront à terme être gagnants pour la PME, pour les employés et pour la société en général.
La PME wallonne ne peut et ne doit innover isolément car elle ne dispose pas à elle seule de toutes les ressources spécialisées. Elle doit en plus répondre à de nombreux défis sociétaux tels que l’environnement, la mobilité, la mondialisation.
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Allez de l’avant : assurez vos arrières!
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Étudier, chercher, développer, innover
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Katrien Mondt: La collaboration économique internationale est indispensable
ÉQUIPE. COUNTRY MANAGER: Christian Nikuna Pemba RÉDACTEUR EN CHEF: Ellen Van Hoegaerden ÉQUIPE ÉDITORIALE: Louis Matagne Angelika Zapszalka Julie Garrigue PHOTO EN COUVERTURE: BioWin LAYOUT: Anouk Brusselaers IMPRESSION: Roularta
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TEXTE LAURENT LETELLIER, DIRECTEUR INNOVATECH
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La Wallonie, des ambitions en Recherche & Développement
« L
a Wallonie est une terre d’exception à plus d’un titre, je ne l’aborderai toutefois ici que sous l’angle de la recherche. » Notre pays regorge de petites et moyennes entreprises qui font sa force: 99,3 % des entreprises sont des PME, dont près de 30 % sont situées en Wallonie. 300.000 sociétés sont actives dans différents domaines dont les secteurs de pointe tels que les biotechnologies, la pharmaceutique, l’aéronautique et le spatial. « Je note aussi que c’est en Wallonie qu’il y a le plus de PME avec un potentiel de croissance élevé (78 %), devant la Flandre (75 %) et Bruxelles (62 %). »
La mission de l’administration à l’égard de ces PME est double: d’une part, leur fournir un soutien financier à l’innovation, à l’investissement et au développement en vue de créer des emplois et de leur ouvrir des marchés tant en Belgique qu’à l’international et, d’autre part, financer les infrastructures collectives, concevoir des politiques d’innovation et développer un cadre favorable à l’innovation. On peut parler d’un succès de la Wallonie sur la carte européenne de la R&D, « la fameuse nomenclature d’unités territoriales statistiques créée par la Commission place, par exemple, le Brabant wallon comme ayant une intensité de recherche six fois supérieure à la moyenne
européenne. Cela s’explique aussi par ce qu’il est convenu d’appeler « l’écosystème de la R&D en Wallonie. » La Wallonie dispose, au cœur de l’Europe d’un environnement favorable à l’éclosion de ces PME – « nous avons 7 parcs scientifiques qui accueillent pas loin de 700 entreprises – le premier a été créé en 1971 », d’une concentration exceptionnelle d’acteurs naturellement tournés vers l’extérieur, compte tenu de la taille du territoire – « les synergies entre universités, hautes écoles, entreprises regroupées au sein des pôles et des clusters sont remarquables et encouragées », et de politiques orientées vers la recherche
– « le Gouvernement wallon prévoit une augmentation substantielle des moyens accordés à la R&D, au numérique, aux PME… de l’ordre de 100 millions en 2020. » Précisément, en termes de budget, ce sont environ 275 millions d’euros qui sont alloués à la recherche en Wallonie au profit de 400 bénéficiaires différents. « Chaque année, j’en note de nouveaux, ce qui me ravit, et prouve l’intérêt porté à ces mécanismes et leur pertinence sur le court ou moyen terme. »
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SUCCES STORY BIOTECH
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Biotechs : la Wallonie dans la cour des grands La Wallonie peut se targuer de figurer parmi les leaders mondiaux en biotechnologies. Le secteur connaît un essor considérable depuis une dizaine d’années, une tendance qui n’est pas près de décliner, à condition toutefois, pour la Région, de relever une série de défis.
L
ointaine est l’époque où l’on associait la Wallonie aux seules industries du charbon, du fer et des verreries. Le territoire est désormais reconnu pour ses performances en matière de biotechnologies. « Nous sommes particulièrement actifs en matière de biotechs de la santé », déclare Tineke Van hooland, secrétaire générale adjointe de bio.be/essenscia, la fédération belge des entreprises des sciences de la vie et des biotechnologies. « 80 % de l’activité y est consacrée. L’agrobiotech représente 15 %, et les derniers 5 % relèvent de la chimie biobasée. Ces chiffres sont valables pour la Wallonie mais aussi pour la Belgique dans son ensemble. » La success story wallonne résulte de ses nombreuses connaissances acquises depuis un siècle dans le domaine de la chimie, de la qualité de recherche et de développement de son industrie pharmaceutique, mais aussi de la force de l’écosystème qui ne cesse de s’étendre autour du réseau des biotechs: universités, spinoff universitaires, spin-out d’entreprise, et autres sociétés de conseil et de services. « J’observe à travers l’histoire une accélération des processus », note Frédéric Druck, secrétaire général de bio.be/essenscia. Les premières sociétés biotechs qui ont rencontré du succès ont démarré leurs activités fin des années 80, début des années 90, et ont mis une trentaine d’années pour développer leurs produits et connaître leurs premiers succès. « Grâce à leurs connaissances, grâce à leur collaboration dans l’open innovation, à savoir l’innovation ouverte avec les acteurs de recherche à la fois académiques et privés, grâce au soutien fort de la Région wallonne, son administration de la recherche, et grâce aussi à la constitution d’un écosystème grandissant qui offre une complémentarité importante au secteur, les
sociétés de biotechs parviennent maintenant à obtenir des développements et résultats probants en une vingtaine d’années. » L’efficacité de la Wallonie se vérifie dans l’innovation, la recherche et le développement, mais aussi dans les champs de la production et de la logistique. « Le marché belge est
petit, la majeure partie de la production de nos entreprises est destinée à l’étranger », note F. Druck. « Ces dernières exportent 95 % de leur travail, ce qui représente aujourd’hui 40 % de l’exportation wallonne totale. » Pour la Région, l’industrie biotechnologique à elle seule représente 30.000 emplois. Environ
Nous sommes particulièrement actifs en matière de biotechs de la santé. — TINEKE VAN HOOLAND, BIO.BE/ ESSENSCIA
200 entreprises œuvrent dans le domaine de l’innovation. Et si l’on comptabilise aussi toutes les sociétés impliquées indirectement – les sous-traitants et prestataires de services externes – ce sont plus de 350 entreprises qui sont actives dans le secteur. « Il y a une dizaine d’années, les grands besoins du secteur se situaient au niveau du financement. On cherchait des fonds et il y en avait peu. Aujourd’hui, publics ou privés, ils sont nombreux, disponibles et structurés. Mais là où le bât blesse, c’est que face à la croissance de notre industrie, nous risquons bientôt de faire face à une pénurie de talents. » Pour l’année 2019 uniquement, le secteur des biotechs et de la chimie recrutait quelque 1.400 candidats. 80 % des offres d’emploi concernaient le biopharma. « La demande du secteur est importante, mais le marché n’y répond plus », constate F. Druck. « La disponibilité des talents, demain, ne sera possible qu’en éveillant l’intérêt des jeunes pour les STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, NDLR) et ce, via les études, secondaires et supérieures, mais aussi des stages en entreprise et de la formation en alternance. » L’autre défi auquel devront faire face les entreprises de biotechs est la digitalisation. « Cette dernière permet d’optimiser les processus de développement et de production. La numérisation de nos outils de formation, avec la réalité virtuelle ou augmentée, aidera aussi les entreprises à assurer le développement personnel de leurs ressources. La digitalisation représente un enjeu majeur pour le maintien de la compétitivité du secteur. » TEXTE ANGELIKA ZAPSZALKA
PolyPeptide, une société innovante à taille humaine. Le groupe PolyPeptide est un leader dans le développement et la production de peptides à finalité thérapeutique et cosmétique depuis la phase d’études précliniques jusqu’à la commercialisation.
des connaissances et de l’expérience approfondies au Groupe. Sa concentration exclusive sur les peptides et sa base financière solide offre une sécurité d’approvisionnement presque unique à ses clients.
Fort de plus de 50 ans d’expérience, PolyPeptide est résolument tourné vers l’innovation technologique et l’excellence opérationnelle afin de délivrer des services avec les plus hauts standards de sécurité et qualité. Cette approche permet d’établir des relations de confiance et des partenariats forts avec ses clients ainsi que les autorités réglementaires.
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Depuis sa création, le groupe PolyPeptide a grandi grâce à l’acquisition sélective de l’expertise mondiale existante. Ceci lui a permis de se positionner, aujourd’hui, comme l’une des principales organisations de fabrication de peptides au monde. Ses capacités étendues de développement et de production GMP permettent au Groupe PolyPeptide de répondre aux plus hautes exigences de ses clients. Le Groupe possède des sites de production en Belgique, en Suède, en France, en Inde et aux États-Unis. En tant que multinationale comptant environ 800 employés, sa diversité permet l’apport des compétences,
PolyPeptide S.A. situé à Braine-L’Alleud est un site de développement et de fabrication de peptides GMP pour des projets de petite à grande échelle ce qui offre au Groupe des capacités et des technologies supplémentaires. La synthèse des peptides est réalisée soit en phase liquide soit en phase solide tandis que la purification et l’isolement reposent sur la chromatographie, la cristallisation et la distillation suivis de lyophilisation ou de pulvérisation. Le site de Braine, dynamique et à taille humaine, emploie actuellement 250 collaborateurs. Les débouchés restent concentrés sur les domaines où son savoir-faire est celui des principes actifs pharmaceutiques, c’est-à-dire les molécules au cœur de nouveaux médicaments sur le marché ou en cours de développement clinique.
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Pompage correct, insuffisance cardiaque quand même L’insuffisance cardiaque n’est pas due qu’à une capacité défaillante du cœur à pomper le sang vers les artères. Aujourd’hui, un insuffisant cardiaque sur deux conserve une capacité de pompage correcte. Quelle est alors la cause de cette insuffisance ? Comment la traiter ? Un chercheur anversois, couronné par le prix Bernheim, explore deux pistes : l’endothélium et l’exercice physique. TEXTE: JEAN-PAUL VANKEERBERGHEN
A
ssistant en cardiologie et doctorant de l’Université d’Anvers, le Dr Andreas Gevaert vient de se voir décerner, par le Fonds pour la Chirurgie Cardiaque, le Prix scientifique Jacqueline Bernheim pour sa thèse de doctorat consacrée à l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (ICFEP). Cette recherche avait un double but : comprendre le rôle des cellules endothéliales des artères et évaluer le rôle de l’exercice physique, qui aide les patients à améliorer leurs symptômes.
L’ICFEP est une forme d’insuffisance cardiaque (incapacité du cœur à alimenter suffisamment l’organisme) qui se manifeste alors que le cœur conserve une capacité suffisante d’éjection du sang vers les artères. Faute de compréhension suffisante de ce syndrome complexe, un traitement dont on a prouvé l’efficacité n’est pas encore disponible. Sa complexité tient à l’âge plus élevé de ces patients, souvent atteints d’autres maladies qui contribuent à une inflammation chronique de l’endothélium, la couche cellulaire interne des vaisseaux sanguins.
“ ANDREAS GEVAERT ET SA PROMOTRICE DE THÈSE, EMELINE VAN CRAENENBROECK (UNIVERSITÉ D'ANVERS)
« Nous avons donc commencé par vérifier si le fonctionnement de l’endothélium est perturbé chez les patients atteints d’ICFEP, explique le Dr Gevaert. Les tests effectués ont confirmé cette perturbation. » Par ailleurs, l’endothélium possède son propre mécanisme de réparation : des cellules souches. Andreas Gevaert a constaté que celles-ci ne sont pas activées chez les patients ICFEP : leur nombre restait significativement plus faible chez ces patients que chez les volontaires sains, même après douze semaines d’entraînement physique. Pourtant, cet entraînement apporte une nette mélioration de la
Cerner les causes des effets bénéfiques de l'exercice sur la qualité de vie des patients ICFEP pourrait mener à de nouvelles cibles thérapeutiques.
capacité d’exercice de ces patients, mais leur fonction endothéliale n’est pas améliorée par rapport aux patients n’ayant pas suivi d’entraînement. « Donc, conclut Andreas Gevaert, nous pouvons confirmer que la fonction endothéliale est perturbée chez les patients ICFEP et que moins de cellules souches réparatrices y circulent. Malheureusement, ni la fonction endothéliale, ni le nombre de cellules souches ne sont améliorés par l’exercice physique. Les effets bénéfiques de cet entraînement ont d’autres causes, qu’il serait utile
de déterminer. Décrire les mécanismes cellulaires influençant la réponse à l’entraînement pourrait mener à de nouvelles cibles thérapeutiques. » Au cours de son travail, Andreas Gevaert a pu faire d’autres constats. Par exemple que les comorbidités exercent une forte influence, de même que le vieillissement. Dans le futur, notamment grâce au Prix Bernheim, le Dr Gevaert développera ses recherches dans deux directions. D’abord rechercher des causes de l’effet bénéfique de l’entraînement physique. D’autre part développer la caractérisation des patients ICFEP : avec des centres belges et néerlandais, il a entrepris de construire une base de données et une biobanque reprenant les caractéristiques de ces patients, pour mieux en identifier les sous-groupes et donc préciser les cibles thérapeutiques.
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INDUSTRIE AÉRO
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À la conquête du 7e ciel L’odyssée de l’espace Si l’aviation civile est la filière la plus importante du pôle Skywin, on s’active également au niveau spatial, où acteurs et chiffre d’affaires ont triplé ces 20 dernières années. Regroupés principalement le long de l’E411 dans la région de Libin (Province du Luxembourg), les entreprises, incubateurs et centres spatiaux développent des activités d’importance européenne, liées aux applications satellitaires, aux télécommunications ou encore aux lanceurs et véhicules spatiaux.
Le rôle des aéroports Les services aéroportuaires font partie intégrante de la stratégie de développement wallonne. Selon une étude inédite réalisée par l’ULiège/ Segefa, via un appel d’offres publié par l’AWEX et en collaboration avec Liège Airport, l’activité de l’aéroport liégeois brasserait par exemple 8.210 emplois, dont 4.110 emplois directs. Et une thèse en préparation à l’UMons avance le chiffre de 5000 emplois, dont 2000 directs, pour l’aéroport de Charleroi BSCA.
L’aéronautique wallonne est un succès économique sans pareil dans le sud du pays. Bâti sur la clairvoyance et le dynamisme d’un écosystème très dense, il n’en est pas pour autant acquis... Car les défis à venir doivent être pris en main dès aujourd’hui.
I
l y a d’abord une situation géographique : ce triangle au cœur de l’Europe, idéalement calé entre la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Il y a ensuite deux grands bassins d’emploi, Liège et Charleroi, aujourd’hui dotés d’aéroports, et autour desquels le secteur aéronautique s’est construit. « Historiquement, ces deux bassins ont des compétences fortes en mécanique de précision depuis des dizaines d’années», raconte Etienne Pourbaix, directeur du pôle de compétitivité aérospatial Skywin, créé en 2006 dans le cadre du Plan Marshall. L’élément déclencheur de l’envol de l’industrie aéronautique fut toutefois l’acquisition des F16 de Lockheed Martin au milieu des années 70. « Des compensations furent octroyées aux industriels belges, qui purent se développer en se tournant vers la construction de mécaniques pour ces F16. Ensuite, dans les années 80, les entreprises wallonnes eurent du flair en acquérant les compétences nécessaires pour entrer dans la ‘supply chain’ du français Airbus. » Instinct et diversification entrepreneuriaux donc, sur fond d’aides publiques. « L’opportunité
de surfer sur de grands programmes européens et américains a été déterminante », confirme de son côté Ashley Lyon, expert aéronautique et spatial pour la Wallonie. Aujourd’hui, l’aéronautique civile, ce sont plus de 6.000 emplois directs en Wallonie. Skywin ne compte pas moins de 90 industriels actifs dans cette filière, qui brassaient en 2018
directeur de Skywin. Dans les sud du pays, on pose donc la main (et même les deux) sur la conception de moteurs, d’éléments de fuselage, de logiciels ou encore de systèmes embarqués. Et les PME s’activent dans le sillage de gros poissons comme la Sonaca, Safran et la SABCA, qui sont des leaders mondiaux. L’écosystème wallon propose donc des compétences
L’opportunité de surfer sur de grands programmes européens et américains a été déterminante. — ASHLEY LYON, EXPERT AÉRONAUTIQUE ET SPATIAL
un chiffre d’affaires de 1.6 milliard d’euros. « Et la Wallonie représente 65 à 70% de l’activité aéronautique belge. » s’enthousiasme Etienne Pourbaix. Mais concrètement, comment entretient-on ce succès sans « grands noms », comme Boeing ou Airbus ? « Nous possédons tout un écosystème de PME actives en aval et en amont de la chaîne de production, au niveau de la mécanique de précision et de la simulation », avance le
pointues et incontournables pour les gros constructeurs – près de 5% d’un Airbus est aujourd’hui développé en Wallonie – ce qui justifie la rémunération d’une main d’œuvre relativement coûteuse et à l’abri des délocalisations. Et puis la Wallonie jouit d’une aura qui attire les capitaux étrangers : « aujourd’hui, deux tiers des emplois des entreprises du pôle Skywin proviennent de capitaux étrangers, c’est-à-dire des entreprises dont plus
de 10% du capital n’est pas belge, d’après la définition européenne » précise Ashley Lyon. « Je pense que pour rester compétitif, nous avons besoin également de ces capitaux et de ces idées qui viennent de l’extérieur. Par contre, il faut évidemment s’assurer qu’ils restent dans notre écosystème. » En moins d’un demi-siècle, la Wallonie a écrit une véritable « success story » dans son ciel. « Mais tout le challenge est de maintenir cette position », prévient Etienne Pourbaix. Et c’est bien là une des missions de Skywin, organisme qui regroupe les industriels du secteur, mais aussi l’incontournable tissu académique (universités, hautes écoles) et les centres de recherches. Ensemble, ces acteurs doivent déjà se projeter en 2030 et maintenir une intense activité de recherche et développement pour ne pas passer à côté des défis qui redessineront le ciel de demain. Défis qui s’appellent « intelligence artificielle », « internet des objets » et surtout, dans un contexte de baisse des émissions de carbone : « électrification ». TEXTE LOUIS MATAGNE
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TELENET BRAND REPORT
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Un partenariat digital robuste au service d’une relation client renforcée ! Le 18 octobre 2018, Telenet et Brussels South Charleroi Airport ont signé un partenariat « innovation » en matière d’internet des objets. Depuis lors, ils n’ont cessé de chercher des solutions pour améliorer l’expérience des passagers. Pari réussi et en constante évolution. En témoignent les deux cas d’utilisation déjà en place : le Smart Parking et le Crowd Monitoring.
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n est loin de jeter un pavé dans la marre en disant que notre monde est aujourd’hui en plein dans l’ère digitale : applications smartphone, internet des objets, Big Data… Et les premiers acteurs de ce momentum sont sans aucun doute les entreprises qui, pour rester compétitives et innovantes, se doivent d’être à la pointe dans ce domaine. Mais il faut bien avouer que certaines d’entre elles ont pris une longueur d’avance sur les autres. C’est certainement le cas de Brussels South Charleroi Airport et de Telenet qui ont signé un partenariat « innovation » en matière d’internet des objets il y a un peu plus d’un an. Ensemble, ces deux entreprises belges ont en effet eu à cœur de révolutionner la relation qui se tisse entre un aéroport et ses passagers. L’objectif est d’envergure : créer un service personnalisé, rapide et facile guidant les passagers de leur domicile à l’avion en passant par les parkings et les autres services qu’offre l’aéroport.
Un défi de taille donc qui a déjà pourtant dépassé le simple stade du concept avec deux cas d’utilisation que sont le Smart Parking et Crowd Monitoring. Grâce au premier, les passagers peuvent ainsi introduire leur plaque d’immatriculation lors de la réservation en ligne de leur vol. Arrivée à l’aéroport leur voiture est reconnue, guidée vers une place de parking libre et, même, retrouvée plus facilement lors du retour de voyage. Tout ceci grâce à des capteurs intelligents installés par Telenet, couplés à une caméra et connectés à son réseau fibre, sur un premier lot de 500 places situées dans le parking P1. Fini les tracas des files à la sortie du parking ou ceux du ticket oublié à la borne de paiement. Le passager n’a même plus besoin d’ouvrir sa vitre. Tout se fait en ligne et se suit via l’application sur smartphone. Du stress en moins, c’est aussi ce qu’offre le Crowd Monitoring qui permet d’accompagner et de guider le passager
au sein même du terminal. Via l’application de l’aéroport, le passager reçoit ainsi sur son téléphone des messages pour faciliter son trajet, des solutions en cas de retard ou même des réductions dans certains shops avoisinant sa position. Un service à la carte donc, selon les envies et les humeurs de chaque passager est rendu possible grâce aux données WIFI et bluetooth récoltées de manière sécurisée par le réseau de Telenet. À l’image de ces cas d’utilisation, les deux partenaires sont clairs : « Nous ne souhaitons pas simplement développer l’IT de l’aéroport », explique Christophe Lemaitre, directeur des partenariats IoT chez Telenet. « Notre idée est de considérer l’aéroport comme une Smart City et d’y développer un véritable écosystème. » Or qui dit écosystème, dit également possibilités d’intégrer de nouveaux acteurs qui nourriront le projet
de base. Car le challenge du projet est aussi là. « L’aéroport doit être vu comme un laboratoire afin d’améliorer l’expérience de notre passager », poursuit Laurent Blanchart, directeur marketing de BSCA. « Un laboratoire où l’on teste de nouveaux projets et innovations, en personnalisant la relation avec les passagers. » Qu’on se le dise, si les deux acteurs envisagent un partenariat sur le long terme, il ne se base pas uniquement sur la durée. « Le partnership n’est en aucun cas fermé. Il est totalement ouvert aux idées venant aussi bien de l’intérieur du BSCA que de l’extérieur », insiste Christophe Lemaitre. « Nous souhaiterions intégrer de nouvelles sociétés ou startups qui deviendraient dès lors co-créatrices du projet. » Un positionnement serein brandissant des objectifs forts et tournés vers le client. Que demander de plus à des acteurs économiques tournés vers le futur ? À bon entendeur…
En collaboration avec... L’aéroport de Charleroi, primé à de multiples reprises pour ses services et ses infrastructures, se concentre notamment sur l’amélioration de l’expérience du passager. Quelques chiffres clés : 8 millions de passagers, plus de 190 destinations et 9 compagnies aériennes.
Telenet est un opérateur belge de télécommunications qui offre des services de TV, d’Internet à haut débit et de téléphonies fixe et mobile (également sous la marque BASE), ainsi que des solutions adaptées aux entreprises.
www.brussels-charleroi-airport.com
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BRAND REPORT EUROPEAN GREEN DEAL
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Le Pacte vert est notre ambition Le changement climatique et la dégradation de notre environnement constituent une menace existentielle pour l’Europe et le monde. Les citoyens l’ont bien compris: 93 % d’entre eux considèrent le changement climatique comme inquiétant, et 79 % pensent que l’action pour le climat conduira à l’innovation. L’Union européenne est prête à agir: avec le Pacte vert pour l’Europe, elle invite chacun à y prendre part.
L
e Pacte vert doit permettre à l’Europe, d’ici 2050, de devenir le premier continent avec un bilan carbone neutre. Une ambition qui ne peut laisser rien ni personne derrière: il faudra tout à la fois stimuler l’économie, améliorer la santé et la qualité de vie des citoyens et protéger la nature. Cet accord contient les mesures les plus ambitieuses, qui ouvriront la voie à une transition durable, verte et surtout juste. Une transition qui supportera aussi bien les citoyens que les entreprises européennes.
catastrophiques. On compte aujourd’hui déjà 400.000 décès prématurés dus à la pollution atmosphérique. À l’avenir, les vagues de chaleur pourraient causer 90.000 décès supplémentaires par an. 500.000 personnes seront concernées chaque année par les inondations, alors que la pénurie d’eau deviendra un vrai problème pour les régions méridionales.
neutralité carbone d’ici 2050, nous devons réduire nos émissions de gaz à effet de serre 6 fois plus vite que nous ne l’avons fait jusqu’à présent à l’échelle mondiale. Il est donc clair que l’approche traditionnelle n’est plus suffisante. Nous devons miser sur de nouvelles technologies, sur des solutions durables et sur l’innovation créative dans tous les secteurs.
La recherche et l’innovation ont un rôle crucial à jouer dans le Pacte vert. Pour atteindre la
La politique collaborative et systémique menée par l’Union européenne permettra
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a décrit cet accord comme étant la “feuille de route de notre nouvelle stratégie de croissance - une croissance qui redistribue plus qu’elle ne prend.” Inscrites en lettres capitales s’y trouvent des mesures allant de la réduction des émissions et de la mise en place d’une législation environnementale, sans oublier l’investissement dans la recherche et l’innovation et la préservation de la nature européenne. Le Pacte vert vise l’amélioration du bien-être de tous ainsi que la pérennité de notre planète pour les générations à venir. La réalisation de ces objectifs représente un immense défi. Mais c’est aussi une réelle opportunité pour l’Europe de prendre la direction d’une société plus verte, plus propre et plus juste. De toute évidence, le coût de cette transition environnementale, sociétale et économique majeure est élevé. Mais le coût de notre inaction le sera bien plus. Si nous n’agissons pas maintenant pour lutter contre les changements climatiques, chaque effort se paiera au prix fort. Si rien ne change dans l’Union européenne, les conséquences sur la vie de nos enfants seront
En collaboration avec... La direction générale de la recherche et de l’innovation définit et met en œuvre la politique européenne de recherche et d’innovation (R&I) en vue de renforcer la base scientifique et technologique, stimuler l’innovation et transformer les défis sociétaux en opportunités d’innovation qui contribueront à la réalisation des priorités de la Commission européenne.
de résoudre durablement de nombreux problèmes, dans des domaines tels que l’industrie, les transports, l’énergie, la construction, l’alimentation, la biodiversité et la pollution. Le programme de recherche Horizon Europe consacrera au moins 35% de ses financements (sur un total de 100 milliards d’euros entre 2021 et 2027) aux efforts de lutte contre le changement climatique. Ces fonds serviront aussi à mobiliser des investissements privés. À travers Horizon Europe, la Commission européenne souhaite axer son travail sur cinq missions d’ampleur mondiale. Quatre d’entre elles viendront soutenir les objectifs du Pacte vert: l’adaptation au changement climatique, la santé des océans, les villes climatiquement neutres et la santé des sols. Ces missions réuniront des partenaires de toute l’UE, y compris les régions et citoyens. Elles seront à l’Europe ce que le premier pas sur la Lune fut pour l’humanité : une incroyable impulsion pour le progrès. Les citoyens européens, menés par la jeunesse, ont appelé l’Union européenne à prendre la direction de l’action de lutte. Le Pacte vert est notre réponse. Il s’agit d’une entreprise de transformation ambitieuse de la société et de l’économie pour que la planète, l’environnement et nos citoyens en sortent tous vainqueurs. Les politiques prospectives en matière de recherche, développement et innovation, qui englobent les domaines social, législatif, institutionnel, commercial et technologique, seront le fer de lance de cette transformation. Il faudra bien sûr plus d’une génération pour que le Pacte vert pour l’Europe porte ses fruits. Et le voyage commence maintenant.
TIMi: La solution belge leader mondiale dans les domaines Analytique, IA, ML et Big Data.
Le thème de ce Fokus est la "R&D". Donc, cela m’a paru la bonne occasion de parler de quelques-unes des nombreuses innovations technologiques inclues dans notre solution, TIMi. Pourquoi TIMi ? Bien que j’apprécie les outils "open source" (car ils ont ouJe me présente : Frank Vanden Berghen : Data verts les portes de l’analytique à de nombreux passcientiste et CEO de la société TIMi. Chez TIMi, sionnés), je me sens aussi fortement limité par ces notre objectif est de permettre à n’importe quelle mêmes outils. C'est pourquoi, nous avons inventé société ou personne d’extraire de la connaissance TIMi, pour aller au-delà de ces limitations et pour et de la valeur hors de ses données. Pour ça, on a offrir, au final, une meilleure analytique (et qui reste développé une plateforme d’analyse de données, accessible à tout le monde!). pour faire du machine learning, du big data, du AI Par exemple, un serveur TIMi transformera vos donqui est totalement révolutionnaire : 1000 fois plus nées plus rapidement qu'un cluster Spark de n'imrapide, 1000 fois plus scalable, pratiquement auporte quelle taille ! Vous trouverez plus de détails cune infrastructure hardware nécessaire et le sur ce sujet dans cette petite vidéo YouTube : tout facilement accessible, tout en self-service, https://timi.eu/blog/cloud (sous-titre en français, entièrement à la souris. voix en anglais). De plus, cette unique machine manipule facilement, en quelques minutes, des bases de données avec des dizaines de milliards de lignes, en utilisant seulement 16 Go de RAM. En fait, la puissance de calcul délivrée par un serveur TIMi est tellement énorme qu’il est presque impensable de devoir en utiliser plusieurs (bien que cela soit toujours possible). Avec TIMi, les lourdes et très couteuses infrastructures "Cloud" sont maintenant obsolètes ! Par exemple, chaque jour, une seule machine TIMi manipule toutes les données brutes (CDR) de tous les telecoms du Vietnam (plus de 100 millions de numéros de téléphones) en quelques heures, pour re-calculer les revenus du jour (3 milliards de records en plus chaque jour).
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INTERVIEW SYLVIE PONCHAUT
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ioWin est le pôle de compétitivité santé de la Wallonie. Il couvre les domaines de la pharmacie, des biotechs et de la medtech (contraction de Medical Technology, en français: technologies médicales, NDLR). Sa mission est de fédérer tous les acteurs wallons engagés dans le secteur des biotechnologies et de la santé en vue de favoriser le développement de projets de recherche et d’innovation qui auront un impact sur l’économie du pays, la compétitivité et l’emploi. Comment peut-on expliquer la croissance fulgurante que connaît notre pays dans le secteur des biotechnologies? « En Belgique d’une manière générale, et en Wallonie en particulier, tous les ingrédients nécessaires à l’éclosion d’un secteur industriel de pointe dans le domaine des biotechnologies sont réunis: des universités de tout premier plan, des hôpitaux universitaires où l’on peut faire de la recherche clinique de haut niveau, de gros acteurs comme GSK, UCB, ou encore Eurogentec/Kaneka qui possèdent des centres de recherche ou de production sur le territoire, ainsi qu’une centaine de PME vraiment très innovantes dans le secteur. En soi, c’est la concentration d’acteurs dotés d’une expertise tout à fait particulière, couplée aux mesures de soutien à la recherche et aux investissements publics et privés importants, qui permettent ces bons résultats. »
Une recherche belge de tout premier plan La Belgique est désormais connue et reconnue sur la scène internationale pour ses bons résultats en matière de biotechnologies. Sylvie Ponchaut, Managing Director chez BioWin, nous brosse le portrait de ce secteur en pleine croissance. TEXTE ANGELIKA ZAPSZALKA
PHOTO BIOWIN
Quel rôle joue BioWin dans le secteur? « Nous menons différentes activités au sein du pôle, mais la plus importante, et historique, consiste à sélectionner pour le compte du gouvernement des projets de recherche collaborative qui impliquent des industriels et des universités. Nous sélectionnons les meilleurs projets, grâce à la collaboration d’experts internationaux, pour maximiser l’impact de l’investissement public. La recherche est donc l’un des piliers principaux du pôle. Notre deuxième pilier est celui du développement des talents. Il est important de sensibiliser les établissements d’enseignement aux besoins du tissu industriel. La disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée est la clé pour assurer la croissance des entreprises innovantes. Le secteur a récemment connu un très gros essor et à l’heure actuelle, nous manquons de cerveaux et de bras. Ce deuxième pilier
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SYLVIE PONCHAUT INTERVIEW
#FOKUSRESEARCH devient donc très important pour le pôle et critique pour la Région. Le troisième pilier est le pilier international. Nous travaillons en étroite collaboration avec l’AWEX (Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers, NDLR) pour attirer les investissements étrangers et faire la promotion de nos technologies wallonnes à l’international. En dernier lieu, nous aidons les entreprises à trouver les meilleures sources de financement pour concrétiser leurs projets. » Vous avez évoqué la pénurie de talents. Estce un défi que doit relever la Belgique pour pouvoir aller plus loin? « Oui, la plupart des biorégions qui performent ont ce problème. Aussi bien en Flandre qu’en Wallonie, on a récemment connu un développement important de sociétés biotechnologiques et une très forte croissance de l’emploi, si bien qu’à l’heure actuelle, on peine à recruter les profils dont on a besoin. On pense spontanément à des pharmaciens, des médecins, des biologistes ou bioingénieurs mais, de plus en plus, nos sociétés pharmaceutiques ont aussi besoin de gens qui ont des doubles compétences, notamment des experts des sciences du vivant avec des compétences en ingénierie mécanique, en biostatistique ou en science des données. Il y a malheureusement eu, ces dernières années, une désaffection des jeunes pour les carrières scientifiques. Il faut sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge pour leur montrer à quel point les carrières scientifiques peuvent être attractives. Après tout, il est essentiellement question d’innover et de trouver de nouveaux traitements pour soigner les maladies qui, aujourd’hui, ne sont pas encore curables. Au niveau des perspectives d’emploi et des valeurs, ce sont de beaux métiers. » Depuis quand est-on confronté à cette pénurie? « À mon sens depuis deux bonnes années, voire trois. Mais ce qui est surtout préoccupant, c’est le futur. Notre pôle est une ASBL qui compte aujourd’hui plus de 230 membres et, quand on les interroge sur leurs perspectives de croissance, on sait déjà que, mathématiquement, par rapport aux profils qui sortent chaque année des hautes écoles et universités, on ne couvrira pas les besoins des entreprises. Donc,
Le secteur a récemment connu un très gros essor et, à l’heure actuelle, nous manquons de cerveaux et de bras. en plus de travailler sur la formation de base en vue de convaincre les jeunes de se lancer dans ces filières, on va aussi devoir être attractif vis-à-vis de profils étrangers et aider certaines personnes en Belgique à se reconvertir. On a besoin de différents types de profils: des docteurs avec thèse ainsi que des masters et des bacheliers. L’idée des reconversions est aussi un domaine qu’il faut absolument creuser dans les années à venir, les carrières étant de plus en plus longues. » Quels sont les autres défis à relever? « Les thérapies actuellement en développement dans les boîtes pharma sont, pour la plupart, des thérapies qui coûtent très très cher. Il est important que ces thérapies soient abordables pour les patients et la sécurité sociale. La recherche aboutit à des traitements innovants qui repoussent sans cesse des maladies jusqu’ici incurables, ce sont de très bonnes nouvelles, mais il faut travailler à optimiser des systèmes de production de ces produits afin qu’ils coûtent moins cher. Et être innovant sur plusieurs fronts pour rendre ces traitements accessibles à tous. Le défi est de taille mais c’est extrêmement important. »
Jobs Days sectoriels En partenariat avec le Forem, JobTeaser et Pôle Emploi, bio.be/essenscia – la fédération belge des entreprises des biotechnologies et des sciences du vivant – organisera en mars 2020 la première édition des Jobs Days sectoriels Chimie Pharma Biotech. Du 2 au 17 mars, employeurs et candidats pourront se rencontrer virtuellement via une plateforme en ligne. Un présentiel se tiendra aussi le 10 mars au Cercle du Lac, à Louvain-la-Neuve.
Comment voyez l’avenir du secteur? « Si l’on est conscient des risques, à savoir la pénurie de talents et le sous-financement de la recherche universitaire, et si l’on contre ces menaces, c’est un avenir assez radieux qui s’annonce pour notre secteur. La compétition internationale est rude, il ne faut pas le nier, mais notre pays a de nombreux atouts. Si l’on se concentre sur nos forces, on peut garder un certain leadership dans les domaines technologiques où la Belgique excelle. »
SMART FACT. Que représentent pour vous les biotechnologies? « Ce sont des technologies qui, ces dernières années, ont connu des progrès fulgurants. Bien maîtrisées, elles peuvent ouvrir des perspectives dans le domaine de la santé mais aussi dans d’autres secteurs. Ce sont des technologies à développer pour le potentiel qu’elles peuvent avoir en faveur de l’humanité tout entière: santé, bioremédiation… Le potentiel d’exploitation des technologies du vivant est vaste. »
Un secteur de poids L’industrie biopharmaceutique est un secteur de poids pour l’économie wallonne et représente un moteur de croissance pour la Région. Depuis 2005, le taux de croissance annuel moyen de l’emploi enregistré dans les petites, moyennes et grandes entreprises du secteur est de 7,5 %, et de 14,5 % dans les seules PME. Depuis lors et jusqu’en 2018, les entreprises wallonnes de la biotech ont collecté près de 2 milliards d’euros de fonds privés.
Protection des données à caractère personnel & recherche clinique : un mix gagnant ! When Data Protection meets Life Sciences
MyData-TRUST est spécialisée en protection des données personnelles et dédiée exclusivement à l'industrie des sciences de la vie. Entreprise belge basée à Mons, son objectif est de proposer un support à la fois stratégique, operationnel et organisationnel afin de garantir une mise en oeuvre réussie de la protection des données. Une solution clef en main, adaptée aux problématiques du secteur santé et aux pré-requis des différents règlements :
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BRAND REPORT SPAQUE
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Valoriser les déchets, une solution d’avenir Le projet européen « RAWFILL », doté d’un budget de 3,8 millions, est financé à 60 % par les fonds Interreg Europe Nord-Ouest. SPAQUE, en tant que chef de file et partenaire wallon bénéficie d’un cofinancement de la part de la Wallonie. Elle est chargée de coordonner les travaux du consortium constitué de 8 partenaires venus d’Allemagne, Belgique, France et Royaume-Uni. Il s’agit d’une occasion unique de mettre en valeur le savoir-faire wallon dans le domaine de l’assainissement des sols et de l’économie circulaire plus généralement.
«L
’objectif du projet, explique sa coordinatrice Claudia Neculau, responsable R&D chez SPAQUE, est de mettre au point une méthodologie d’évaluation du potentiel économique des décharges. Il y a des milliers de décharges qui peuvent présenter une valeur immobilière en fonction, notamment, de leur localisation. Mais elles peuvent présenter un autre intérêt économique tributaire de la composition des déchets qu’elles renferment. Nous voulons aider leurs propriétaires, publics ou privés, à l’évaluer. On estime, par exemple, à 30 % la quantité d’aluminium présente dans beaucoup de décharges. Il y a aussi du fer, des matériaux ferreux et non-ferreux, du bois, des pneus, du plastique, des matériaux de construction, des hydrocarbures, des matières organiques, etc. Tout n’est pas recyclable mais cela vaut la peine de s’y intéresser pour des raisons à la fois environnementales et industrielles ».
approche innovante, plus efficace et moins coûteuse de caractérisation des décharges, notamment grâce à la prospection géophysique qui sonde le sol, avec des moyens techniques très sophistiqués proches du scanner en imagerie médicale, et dont les images permettent de localiser et d’identifier avec précision les déchets enfouis depuis souvent plusieurs dizaines d’années », précise Claudia Neculau. Contrairement aux méthodes classiques, la méthode RAWFILL
permet d’obtenir une cartographie très précise en 3D des ressources disponibles dans les décharges. Ce qui est innovant, c’est la manière de combiner plusieurs méthodes d’investigation géophysiques en vue d’obtenir la délimitation verticale et latérale des déchets. Les tests réalisés ont permis d’identifier la bonne formule de combinaison de méthodes en fonction du type de déchets potentiels, de la géologie du site, etc.
L’exploitation des décharges et la valorisation des déchets que l’on y trouve, c’est ce qu’on appelle le « landfill mining ». Un des principaux obstacles à sa mise en place, ce sont les risques financiers engendrés par les investigations préalables à l’exploitation. Cela coûte très cher, le contenu des décharges étant très hétérogène et la localisation des déchets valorisables particulièrement compliquée. Or, les industriels ne se lanceront dans l’aventure que s’il existe de réelles perspectives de rentabilité. Le projet RAWFILL, qui s’étend de 2017 à 2020, consiste donc à développer des outils performants et des méthodes d’investigation précises qui pourront être utilisées dans toute l’Europe. « Nous avons conçu une
En collaboration avec... La SPAQUE est le pôle d’excellence de la Wallonie en matière de gestion des sols pollués. Depuis près de trente ans, elle remplit ses objectifs environnementaux et économiques en assainissant friches industrielles et décharges à travers le territoire wallon. Elle maîtrise ainsi l’ensemble des processus de gestion des sols et des eaux pollués et peut, dorénavant, offrir ses services à ses partenaires publics et privés. www.spaque.be
Les informations collectées sur site vont alimenter des outils d’aide à la décision de type multicritère, qui tiennent compte des paramètres techniques, économiques, environnementaux, sociétaux, tout en incluant la pression foncière sur la zone investiguée, les frais de post-gestion de la décharge, la valeur des matériaux qui pourraient être récupérés, etc. Ces outils permettront une prise de décision objective par rapport aux options rentables de reconversion/valorisation des décharges. Pour l’Europe, en cas de remontée du prix des matières premières, la récupération de métaux pourrait s’avérer un enjeu économique primordial ainsi qu’un important gisement d’emplois. Et puis, il y a aussi, évidemment, l’intérêt environnemental et le bien-être des populations situées à proximité des décharges sans oublier une démarche s’inscrivant dans les principes de l’économie circulaire. Les résultats du projet, la structure d’inventaire de décharges qui intègre un volet économique, la méthode de caractérisation, ainsi que les outils d’aide à la décision sont disponibles gratuitement sur le site du projet. Un guide reprenant des recommandations, une E-library et un E-learning tool sont en préparation. Les parties prenantes intéressées (privés, publiques) à participer aux workshops et aux évènements organisés dans le cadre du projet, sont invitées à nous contacter.
CLAUDIA NECULAU RESPONSABLE SERVICE R&D INNOVATION - SPAQUE
Les cleantech flamandes à la conquête du monde Les cleantech permettent d’atteindre la durabilité avec des systèmes économiques. Grâce à l’étroite collaboration entre des centres de recherche, des universités et le monde industriel, la Flandre possède d’ores et déjà de nombreux atouts dans ce domaine. Entretien avec Bruno Reyntjens (Directeur commercial du VITO), Frans Snijkers (Business Developer chez Cleantech Flanders) et Walter Eevers (Directeur R&D du VITO). Quelle est l’importance des cleantech pour obtenir une société durable ? Quels sont les défis majeurs ? Bruno Reyntjens : « Notre mission consiste à accélérer la transition vers une société durable grâce à la recherche technologique appliquée. Les cleantech sont le fruit de cette recherche. » Walter Eevers : « Il va de soi qu’il ne suffit pas de tout miser sur les cleantech. Il s’agit d’un état d’esprit qui doit aussi être communément admis. C’est pourquoi nous apportons des informations et des connaissances objectives sur les avantages, mais aussi sur les conséquences et les coûts de certains choix. Les décideurs politiques peuvent alors se baser sur ces données pour fournir un travail législatif bien étayé. » Bruno Reyntjens : « Le défi majeur consiste à ce que les cleantech aient un impact positif sur la société. Développer des technologies et acquérir une
expertise, c’est une chose, mais il faut aussi les proposer au monde extérieur. Par conséquent, nous entretenons de nombreuses collaborations avec des fédérations d’entreprises, des pôles de pointe, des universités, d’autres centres de connaissances, etc. » Quel est le lien entre le VITO et Cleantech Flanders ? Bruno Reyntjens : « Cleantech Flanders va plus loin que notre travail au VITO. Cette organisation joue un rôle de liaison pour l’ensemble du secteur flamand des cleantech. » Pour quelles raisons les entreprises flamandes peuvent-elles s’adresser à Cleantech Flanders ? Frans Snijkers : « Cleantech Flanders veut devenir une plate-forme de communication et de promotion solide pour tout le secteur – et ce, en étroite collaboration avec FIT Agency. Nous cherchons à développer des partenariats gagnant-gagnant entre des grandes et petites entreprises flamandes. Les grandes entreprises peuvent accompagner les petits partenaires, tandis que les petites entreprises proposent souvent des technologies innovantes aux plus grandes. En nous impliquant dans les organisations internationales de cleantech et en participant à des salons professionnels, nous promouvons et renforçons les cleantech flamandes au-delà des frontières. »
www.cleantechflanders.com – info@cleantechflanders.com
Sumitomo Chemical et les ODD, une union rêvée L’entreprise chimique japonaise Sumitomo Chemical, dont le siège principal européen se trouve en Belgique, joue depuis les origines la carte de l’écologie et du développement durable. « La pensée à long terme des Japonais et la vision internationale de la Belgique, c’est une alliance idéale. Nous nous appuyons sur elle pour créer des substances innovantes respectueuses de l’écologie et du tissu social. » Voici près d’un siècle que l’entreprise japonaise Sumitomo Chemical a lancé sa production d’engrais artificiels à partir de gaz nocifs de dioxyde de soufre, émis lors de la fusion du cuivre. L’entreprise contribuait ce faisant à atténuer un problème environnemental, tout en contribuant également à l’accroissement de la production agricole. Depuis lors, l’esprit Sumitomo est indissociable des valeurs sociales durables que l’entreprise s’efforce d’insuffler dans les communautés locales où elle est implantée. Pour Marc Vermeire, PDG de Sumitomo Chemical Europe : « Notre entreprise fait siens les principes japonais de Ji-Ri et de Ri-Ta. Ji désigne chaque personne individuellement, tandis que Ta se rapporte aux autres et que Ri signifie faire du bien. Donner corps à des valeurs partagées et équilibrées pour soi-même et pour les autres, telle est la philosophie qui préside à notre entreprise. Les avantages que tire Sumitomo doivent aussi profiter à la société. »
Il faut dire que le rôle de l’industrie chimique dans les enjeux de durabilité a acquis une importance croissante ces dernières années. Le groupe Sumitomo Chemical qualifie ses produits et technologies réduisant l’incidence environnementale de solutions durables Sumika. Il s’agit de solutions qui contribuent à une société durable avec pour objectif d’atteindre les ODD (objectifs de développement durable) établis par les Nations unies. Au sein du World Business Council for Sustainable Development (WBCSD), Sumitomo a été amenée à travailler main dans la main avec d’autres entreprises afin d’élaborer la feuille de route ODD pour le secteur chimique.
Sumitomo se targue de compter comme produit phare Olyset® Net, une moustiquaire imprégnée d’insecticide et développée en interne pour protéger les gens des moustiques porteurs de la malaria en Afrique et en Asie. Elle utilise un polymère hybride et libère un insecticide contrôlé pour prévenir, repousser et tuer les moustiques pendant une période allant jusqu’à cinq ans. Depuis que l’Organisation mondiale de la santé l’a recommandé en 2001, Olyset® Net protège pratiquement 800 millions de personnes. La production a lieu en Afrique, où pas moins de 8 000 emplois ont vu le jour depuis la mise au point du produit.
« La durabilité est un aspect dont il faut tenir compte dans toutes les activités », poursuit Marc Vermeire. « L’appui de la direction et du personnel est primordial. Au travers de notre projet Sustainable Tree, nous encourageons nos employés à réfléchir aux moyens par lesquels ils peuvent contribuer, tant au travail que dans la vie de tous les jours, à la réalisation des ODD. Les membres de notre personnel exposent sur un site à part entière ce qu’ils entreprennent pour apporter leur pierre à l’édifice. »
Sumitomo travaille par ailleurs en étroite coopération avec des organisations internationales (sans but lucratif). Et M. Vermeire de conclure : « Le juste combat des ONG donne toutefois l’impression que les entreprises chimiques sont de mauvais élèves. Depuis l’introduction des objectifs de développement, ces derniers ont réuni autour d’eux toutes les parties, désireuses de poursuivre des buts communs.
Cela dit, le PDG comprend bien que la durabilité n’a pas qu’un aspect social. « Quand nous lançons un nouveau produit sur le marché, nous nous demandons s’il va dans le sens du progrès sur le plan écologique : est-il plus facilement recyclable, exploite-t-il plus efficacementl’énergie et les ressources et limite-t-il le réchauffement de la planète ? »
En d’autres termes, le groupe Sumitomo Chemical ambitionne une croissance constante et une société durable en créant de nouvelles valeurs grâce au pouvoir de la chimie.
www.sumitomochemicaleurope.eu
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PANEL D’EXPERTS DURABILITÉ
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Quand l’économie wallonne se met au vert Parfois critiqués lorsqu’on aborde la question environnementale, les grands secteurs d’activité économique se mobilisent pourtant afin de trouver des solutions innovantes et durables. Trois représentants du monde industriel témoignent dans ce sens.
GEOFFREY CLOSE. Responsable des productions du groupe Prayon
POL VAN DE VYVERE. Attaché à la direction chez Wanty
PIERRE LEBAS. Expert Énergie et responsable du département achat chez Lampiris
Pouvez-vous nous décrire vos activités, et les enjeux du secteur dans lequel vous travaillez? « En résumé, Prayon est actif dans la chimie des phosphates, de la production d’acide phosphorique de base jusqu’aux sels phosphatés utilisés dans les applications horticoles, industrielles, agro-alimentaires ou énergétiques, en passant par l’acide phosphorique purifié. Souvent, quand on évoque les enjeux environnementaux liés au secteur de la chimie, on pense principalement à l’impact sur la qualité de l’air, des eaux et des sols, ainsi qu’à l’impact des diverses activités de transport et de logistique. Toutefois d’autres défis tout aussi importants se profilent également à l’horizon dans les décennies à venir. »
« On peut regrouper nos activités sous l’appellation assez vaste de “travaux d’infrastructure”. Tant pour des marchés publics que privés, nous réalisons des travaux routiers, de génie civil, de terrassement, d’assainissement ou encore de construction de bâtiments préfabriqués. Il faut savoir que nous sommes dans un secteur qui est quotidiennement très suivi et contrôlé par l’administration. Prenons par exemple le cas, transversal à toutes nos activités, des mouvements de terres. Il y a toute une procédure qui inclut des déclarations trimestrielles auprès de la Wallonie, un travail d’analyse préliminaire et un suivi strict de l’opération. Et bien sûr, nos sites d’exploitation font aussi l’objet de permis et d’autorisations. »
« L’énergie est un enjeu majeur de la problématique environnementale. Le secteur joue un rôle moteur dans la transition vers une société bas-carbone. Le développement des énergies renouvelables est au centre de cette évolution. Notre secteur a progressé dans le bons sens en diminuant significativement ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2005 et ne représente plus aujourd’hui que 18 % des émissions totales en Belgique. Bien sûr, nous devons encore faire mieux. Mais je pense que les énergéticiens que nous sommes, s’ils ont leur part de responsabilité, font surtout partie de la solution. »
Du point de vue de l’environnement et du développement durable, quels sont les grands défis que le secteur rencontre? « À ce jour, nous respectons les normes concernant les impacts sur l’air, l’eau et le sol. Projetons-nous à présent sur le long terme qui comprend deux volets: les matières premières et l’énergie. Tous deux doivent faire l’objet de solutions de ruptures. Nous sommes conscients que les ressources ne sont pas infinies. Par conséquent en termes de gestion des matières premières les priorités sont: l’optimisation du rendement, la valorisation des éléments présents, et le recyclage des sousproduits. Nous devons passer d’un modèle industriel linéaire à un modèle circulaire. Quant au volet énergétique, la solution s’oriente principalement sur l’usage de sources alternatives comme l’électricité et l’hydrogène verts. »
« Il y a d’abord un meilleur suivi des émissions de CO2. Bien sûr, des choses sont déjà en place, mais on peut toujours faire mieux. D’autant que du côté des grands donneurs d’ordres publics, et certainement aussi privés, les demandes vont se multiplier dans ce sens. Je pense par exemple à un de nos très gros chantiers pour la Wallonie. Un expert y est mobilisé pour un suivi CO2 complet du début à la fin. Ensuite, il y a une exigence très claire d’augmenter notre taux de recyclage. Nous devons développer des outils qualitatifs pour diminuer le nombre de déchets allant en décharge. Or il faudra vraiment se concentrer sur la qualité des matériaux recyclés, qui doivent répondre à des critères de réutilisation très élevés. »
« La Belgique a pris la décision de sortir du nucléaire, qui représente aujourd’hui 40 % de son mix énergétique, à l’horizon 2025. Nous allons donc devoir développer de nouvelles sources d’énergie bas-carbone. Les défis sont multiples. D’abord, accélérer le développement des énergies renouvelables, puisqu’on souhaite augmenter la capacité installée de 50 % à l’horizon 2030. Mais ces sources d’énergie sont intermittentes, puisqu’elles dépendent de l’intensité du vent ou du soleil. Dès lors, il faudra compenser cette variabilité en investissant dans des sources de production d’électricité bas-carbone alternatives, comme les centrales à gaz, et dans des unités de stockage, comme des stations de pompage-turbinage ou des batteries. »
Quelles solutions/innovations s’offrent à vous pour remplir ces défis? « Pour réussir la transition, plusieurs facteurs vont entrer en ligne de compte, à commencer par des éléments purement économiques comme le prix des matières premières ou le niveau des éventuels subsides. Surtout, cela va demander beaucoup de travail avec les partenaires traditionnels que sont les centres d’expertise, mais aussi les clients et les fournisseurs. Les entreprises du secteur de la chimie ne sont qu’un maillon du circuit, mais je pense surtout qu’elles doivent être porteuses de solutions en matière de développement durable. »
« En interne, nous menons d’importants projets de recherche et développement. Nous sommes par exemple dans un processus pour faire certifier une de nos filiales “0 carbone”. L’idée étant, dans une dynamique de réflexion intégrée, d’en faire un moteur pour le reste du groupe. Nous avons aussi des programmes visant à une plus grande réintégration de matériaux qui sont actuellement éliminés, pour en faire des matériaux de substitution. Certains de nos projets jouissent par ailleurs de l’impulsion financière des pouvoirs publics, et sont menés avec le concours des centres de recherche extérieurs. »
« Je crois que notre rôle, dans un cadre incitatif mis en place par les pouvoirs publics, est d’accompagner les consommateurs dans leur implication en tant qu’acteurs de cette transition. S’attaquer à la réduction de la consommation de nos clients grâce à l’isolation, la rénovation du parc immobilier ou la modernisation des installations de chauffage constituent des mesures de choix. Le déploiement des compteurs intelligents, que je regrette de voir reporté de manière systématique, permettrait par ailleurs un usage plus optimal de l’énergie par les clients. Il faciliterait aussi l’intégration de solutions innovantes comme la production solaire décentralisée ou l’adoption de véhicules électriques, un élément clé pour une mobilité plus verte. » TEXTE LOUIS MATAGNE
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La recherche agronomique en Wallonie Le Centre wallon de Recherches Agronomiques (CRA-W), une institution publique qui « répond aux questions d’aujourd’hui et relève les défis de demain » pour les agriculteurs et l’industrie agro-alimentaire. Un acteur au service du citoyen, des consommateurs, de l’économie et de la transition vers une agriculture wallonne plus durable. Le CRA-W combine des fonctions de recherche scientifique, de service et de support au bénéfice des agriculteurs/éleveurs/ horticulteurs/sylviculteurs wallons et des opérateurs du secteur agro-alimentaires. La recherche scientifique est structurée en grands domaines : l’agriculture et l’élevage de précision pour produire de manière plus durable, la gestion des risques pour stabiliser les résultats de la production tout en protégeant l’environnement et les consommateurs, et enfin, la connaissance des produits afin de s’assurer de la qualité des processus de production et des produits qui en découlent. Le CRA-W ce sont 440 collaborateurs -dont 120 scientifiques- qui gèrent 230 hectares de culture – dont 73 en agriculture biologique -, des vergers, des élevages bovins et de porcs, 23 laboratoires, 15 collections. Le CRA-W propose 60 types de services aux secteur agricole et agro-alimentaire. Le CRA-W, c’est également 134 projets de recherche scientifique à l’écoute des bénéficiaires pour répondre à leurs attentes, et cela avec des partenaires wallons, belges, européens et internationaux. Des projets de recherche qui visent en priorité à : • Réduire l’usage des intrants de synthèse et maîtriser les effets de l’agriculture sur le changement climatique ; • Produire de manière plus durable des produits de qualité en conservant la qualité de vie des agriculteurs et en veillant au bien-être animal et à la protection de l’environnement et de la biodiversité ; • Renforcer la rentabilité de la production et ainsi assurer un revenu décent aux agriculteurs wallons ; • Aider à la valorisation des productions agricoles dans les filières conventionelles ou locales, biologiques ou non. Des exemples : • Les bovins ruminent et émettent des gaz à effet de serre. Pour réduire cette émission, il faut pourvoir la mesurer facilement. Le CRA-W a participé à la mise au point d’une mesure de la production de méthane d’une vache grâce à des analyses spectrométriques moyen infra rouge de son lait. • Les pesticides sont présents dans notre environnement. Pour les réduire il faut pouvoir mesurer leur présence. Le CRA-W a développé les méthodes analytiques permettant de mesurer la contamination de l’air ambiant par divers pesticides. • Pour réduire l’usage des produits phytosanitaires, il faut sélectionner des variétés de plantes plus résistantes aux maladies. Le CRA-W conduit des programmes de sélection en céréales, pomme de terre et pommes et sélectionne et inscrit des variétés plus résistantes et correspondant mieux aux attentes des consommateurs. • Pour éviter le retour de la maladie de la vache folle, il faut s’assurer qu’il n’y ait pas protéines animales dans les aliments pour bétail. Le CRA-W est le laboratoire européen de référence pour Plus d’informations : www.cra.wallonie.be la détection de protéines animales dans les aliments pour animaux.
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ENTREPRENDRE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
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Allez de l’avant: assurez vos arrières! L’entrepreneur comme l’entreprise ne sont pas à l’abri d’une violation des droits de propriété intellectuelle. En tant que victime ou, parfois inconsciemment, en tant qu’auteur du délit. Voici les précautions à prendre pour éviter les déconvenues.
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a protection de l’innovation représente un enjeu stratégique crucial pour les entreprises et les entrepreneurs innovants. En effet, à partir du moment où l’idée prometteuse est vouée à la commercialisation, il est important, pour le porteur de projet, de sécuriser les informations susceptibles d’être utilisées par la concurrence.
Il est essentiel d’établir des fondations solides dès le début car, quand les problèmes apparaissent, il est déjà trop tard. — Me ARTURO DIAZ, AVOCAT SPÉCIALISÉ
Mais pour s’assurer la paternité de l’œuvre, il faut tout de même établir une preuve d’antériorité, cela peut se faire par plusieurs moyens, notamment via l’envoi d’un recommandé ou d’un email à sa propre adresse. À cet égard, l’Office Benelux de la Propriété intellectuelle offre la possibilité d’obtenir un iDEPOT, un certificat qui date l’existence de la création; une formalité peu coûteuse qui peut éviter bien des ennuis. »
Le recours au droit de propriété intellectuelle (PI) est une solution possible, mais pas obligatoire, renseigne Michel Caldana, directeur de l’asbl Picarré. « Que ce soit pour un porteur de projet, un inventeur isolé, un designer ou une entreprise, la première question à se poser est toujours: qu’est-ce que je veux faire, quel est mon objectif ? Ce n’est qu’après avoir pensé le projet et construit une stratégie que l’on considérera si, dans ce cadre, la propriété intellectuelle est nécessaire, et en quoi elle peut faire avancer le projet ou l’activité. »
L’autre solution, et qui ne constitue pas un titre de PI mais qui permet de protéger le savoir-faire, c’est le secret des affaires. Qu’il s’agisse d’une recette, processus ou d’un fichier clients, « si l’on est certain que personne ne pourra de quelque façon copier l’invention, il est vivement conseillé de ne pas déposer de brevet, déclare M. Caldana. D’autant que si le brevet a une durée limitée, de 20 ans en l’occurrence, le secret dure tant qu’il n’est pas divulgué. »
Les droits de PI ont pour fonction de protéger les créations de l’esprit. Ils peuvent être divisés en deux catégories principales: les droits de propriété industrielle, et les droits de propriété littéraire et artistique. La première inclut le droit des marques, des brevets et des dessins et modèles; la seconde, le droit d’auteur et les droits voisins. Si l’entrepreneur ou l’entreprise souhaite développer un produit ou un service sous une marque particulière, il ou elle devra réaliser un dépôt. « Ce dernier s’accompagne d’une recherche d’antériorité, à savoir une analyse qui permet de vérifier si la marque n’est pas déjà enregistrée sur le territoire concerné, précise Me Arturo Diaz, avocat spécialisé en propriété intellectuelle. Ce qui implique d’avoir déjà déterminé le territoire et les catégories de produits et services visés. »
Si le droit d’auteur est surtout connu pour protéger les œuvres artistiques originales, il s’applique aussi à des créations plus techniques comme les logiciels, les chartes graphiques ou les bases de données… « Le droit d’auteur est le plus simple et le moins cher puisqu’il n’y a pas de dépôt nécessaire, note Me Arturo Diaz.
Retenons enfin que les droits de PI constituent des actifs commerciaux valorisables par le porteur de projet. S’ils ne sont pas obligatoires, ils représentent néanmoins des outils de négociation solides et un bras de levier économique non négligeable.
Dans le cas d’une création remarquable par son apparence extérieure ou son design, le porteur de projet peut faire appel au droit de dessin ou modèle. Et si l’idée est de développer une solution technique pour pallier un problème technique, par exemple, la demande de brevet peut être envisagée.
« Mais il faut garder à l’esprit que cette option est liée à une procédure relativement longue, complexe et onéreuse, remarque M. Caldana. Aussi, si le brevet apparaît comme la solution par excellence pour protéger les procédés, elle n’est pas toujours la plus utile. »
Dans tous les cas, quelle que soit l’option choisie pour l’exploitation d’une invention, l’essentiel reste toujours, comme le souligne Me Arturo Diaz, « d’établir des fondations solides dès le début car, quand les problèmes apparaissent, il est déjà trop tard. » TEXTE ANGELIKA ZAPSZALKA
RECHERCHE COLLABORATION
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Étudier, chercher, développer, innover Où s’arrête la recherche et où commence le développement ? On pourrait répondre que la première se cache dans un labo d’université et que le second prend pied dans l’industrie et l’entreprise. Mais on aurait tort d’y voir deux mondes séparés.
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a R&D et l’innovation nous ont permis de relever jusqu’à présent tous les défis. Et l’innovation dans tout ça ? C’est peut-être l’étincelle qui se produit quand une bonne idée disrupte le marché, quand se rencontrent savoir et savoir-faire. On définit l’innovation d’une entreprise comme la création de nouveaux produits, procédés et services. Alors les partenariats entreprisesuniversité représentent un enjeu majeur pour une économie et pour un territoire. C’est la raison pour laquelle l’Union européenne a fixé un quota d’investissement en R&D en 2010 (« Stratégie 2020 »). Chacun de ses membres devra dès cette nouvelle année investir 3% de son PIB dans la R&D.
résume le fonctionnement de cet espace dédié à la collaboration entre les labos de l’UCL et les entreprises. « Nous les hébergeons, de la plus petite à la plus grande. Nous les mettons en contact avec tout l’écosystème de l’université. Leur métier de base, c’est l’innovation, nous leur
Un lieu d’ébullition d’idées, alors que les scientifiques n’ont jamais été aussi spécialisés dans leurs domaines, et aussi dépendants les uns des autres. « C’est vrai que la recherche interdisciplinaire est importante pour l’innovation, et on le voit chez nous. L’UCLouvain représente 14 facultés, plus
Mais laboratoires et entreprises peuvent aussi mener ensemble des recherches collaboratives à long terme. Elles prennent
La Belgique n’atteint pas encore les bonnes résolutions en matière d’investissement dans la recherche. Elle n’en demeure pas moins une bonne élève. Alors qu’en 2005, elle investissait (secteurs privé et public confondus) 1,79 % de son PIB dans la R&D, elle a atteint les 2,76 % en 2018. Au-delà des subsides dont peuvent profiter certaines collaborations, le climat fiscal en Belgique est plutôt favorable à la R&D. Des mesures incitantes tels que le crédit d’impôt et les déductions pour les revenus de brevets participent au succès de l’innovation belge. Deux de ses provinces se démarquent en la matière. Les statistiques publiées par Eurostat (Office statistiques de l’UE, données de 2015) montrent que le Brabant flamand, est plutôt proactif, avec 4,26 % de son PIB redirigé dans la R&D. Mais c’est le Brabant wallon qui emporte la palme belge de l’innovation avec 6,43% ! Au cœur de ce territoire se trouve l’Université Catholique de Louvain-laNeuve et son Science Park, terre d’accueil d’un tissu d’entreprises innovantes. Magdalini Ioannidis, la responsable Promotion et Relations internationales
regroupements d’expertises, de compétences et d’équipements, pluridisciplinaires, autour d’une thématique donnée. » Pour qu’un projet réussisse, il doit s’adapter aux besoins des différentes parties, raison pour laquelle il existe de nombreuses formes de collaboration. Elles peuvent être courtes : avec des missions de consultance ou « par la vente de l’offre technologique que nous avons déjà en rayon et que nous proposons toute faite » comme l’explique Mme Ioannidis.
Une technologie qui reste dans un laboratoire n’a pas vraiment d’intérêt pour la société. — MAGDALINI IOANNIDIS
proposons de les accompagner dans ce développement-là. (…) Notre avantage, c’est que nous ne sommes pas qu’un campus universitaire. Nous avons installé toutes les facilités possibles, pour que ce soit un lieu où l’on puisse étudier, mais aussi habiter et travailler, un lieu très dense de deux kilomètres carrés. »
de 20 instituts de recherche, plus de 20 plateformes technologiques, et les entreprises qui s’installent à proximité savent qu’elles pourront se tourner vers l’université pour quelque question que ce soit, de la plus spécifique à la plus large, se réjouit la voix du Science Park de l’UCLouvain. La proximité ouvre le champ des possibles. On voit des
différentes formes : du parrainage d’une recherche par une entreprise, à un partenariat en bonne et due forme. Et pour Magdalini Ioannidis, de l’UCLouvain, toutes les parties ont à y gagner. « Pour les entreprises, c’est un moyen pour elles d’accéder à la recherche, en étant parfois subsidiées par la région, voire par l’Europe. Concernant les chercheurs, c’est important parce que ça leur permet d’approcher le monde de l’entreprise, de valoriser leur travail mais aussi de le monétariser. Une technologie qui reste dans un laboratoire n’a pas vraiment d’intérêt pour la société. » TEXTE JULIE GARRIGUE
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BRAND REPORT INVEST HONG KONG
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Hong Kong 4.0 H
ong Kong, un paradis du shopping. C’est peut-être la première chose qui nous vient à l’esprit quand on prononce son nom. Pourtant Hong Kong ne se limite pas à cela. Depuis qu’elle est une Région Administrative Spéciale de la Chine (1997), Hong Kong est non seulement devenue le centre financier de l’Asie mais également un pôle technologique majeur de la région Asie-Pacifique. Le principe « un pays, deux systèmes » permet à Hong Kong de proposer un environnement commercial très avantageux, avec l’application de normes internationales favorables aux entreprises innovantes, ainsi qu’une législation très aboutie en matière de protection de la propriété intellectuelle. Elle concentre, enfin, un grand nombre de sociétés de capital à risque.
Hong Kong dispose d’infrastructures de pointe pour attirer les talents en IT. Le HKSTP (Hong Kong Science and Technology Parks Corporation) en est le fleuron. Ce parc scientifique, fondé en 2001, abrite plus de 750 entreprises, issues de 22 pays différents et réparties en cinq pôles: technologies biomédicales, électronique, technologies vertes, TIC et ingénierie. Le Cyberport, autre parc d’affaires, est opérationnel depuis 2005. Focalisé sur les technologies numériques, il accueille six clusters, dont ceux axés sur la cybersécurité et la fintech. Près de 1400 sociétés de toutes tailles s’y sont établies. Une troisième initiative est le Hong Kong Design Center. Cet organisme sans but lucratif organise des évènements pour promouvoir l’excellence du design dans les trois secteurs de la mode, du design et des médias créatives. Hong Kong dispose en plus d’un écosystème de start-up
florissant, avec ses espaces de coworking, ses incubateurs et ses accélérateurs. Dans sa volonté de soutenir l’industrie technologique, le gouvernement a lancé un nouveau et ambitieux projet: le Lok Ma Chau Loop Innovation and Technology Park, qui reliera Hong Kong et Shenzhen en un seul parc technologique de 87 ha. Plus de 2 millions d’euros ont été investis pour la première phase de construction de cette nouvelle Silicon Valley. La R&D est à la base du développement de l’innovation et des nouvelles technologies. Pour cette raison, le gouvernement de Hong Kong finance chaque année divers fonds pour la Recherche et le Développement. Par exemple, les deux derniers clusters du HKSTP vont être mis en place: “Health@ innoHK”, axé sur les technologies de la santé, et “AIR@innoHK”, axé sur
l’intelligence artificielle et la robotique. Les universités et centres de recherche peuvent également compter sur un soutien financier. Le gouvernement souhaite encourager les entreprises à investir aussi dans la R&D, pour renforcer encore le pôle technologique de Hong Kong. Alors depuis le 1er avril 2018, un régime fiscal favorable est entré en vigueur: pour les premiers 2 millions de HKD (+/- 220 000 euros) investis en R&D, une réduction d’impôt de 300 % est appliquée; au-delà, les sociétés bénéficient d’une réduction de 200 %. Deux entreprises belges de premier plan mènent déjà des activités de R&D à Hong Kong : Revatis, une spin-off de l’Université de Liège, active dans la biotechnologie et la médecine régénérative, et Odoo, active dans le secteur des TIC et le développement de logiciels d’entreprise complexes.
En collaboration avec... InvestHK Brussels, un département de l’administration de Hong Kong, vous aide à démarrer, développer, lancer et étendre vos activités à Hong Kong. Outre des conseils gratuits et personnalisés, nous vous mettons en contact avec des partenaires commerciaux et des organismes officiels et vous fournissons des informations sur le marché propre de votre secteur d’activité, les réglementations fiscales, la location de locaux et le recrutement. Pour plus d’informations : www.investhk.gov.hk
MARACA International, établie à Rotselaar en Belgique, le cœur de l’Europe, offre une liste exhaustive des services destinés à aider le fabricant à obtenir le marquage CE et/ou l’approbation de la FDA pour ses produits. MARACA propose des services réglementaires, médicaux et cliniques aux sociétés pharmaceutiques, de dispositifs médicaux et de dispositifs médicaux de diagnostic in vitro ainsi qu’aux laboratoires cliniques et aux organismes notifiés. Contactez-nous sur www.maracainternational.com ou appelez le Dr Luc Van Hove au +32(4)76960153. Nous vous proposons une gestion de vos services de réglementation pour le marquage CE et la soumission à la FDA ; des conseils généraux et des formations relatives aux réglementations sur les dispositifs médicaux (RDM) et les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (RDMDI), et à leur impact sur votre entreprise ; une élaboration ou examen de votre dossier de conception pour évaluation d’un ON ou examen par un tiers (de l’FDA) ; un examen de vos notices d’utilisation et des étiquettes des produits ; des conseils pour la conception de l’étiquetage et de l’identificateur de dispositif unique (IDU) ; une analyse des lacunes de votre système de qualité par rapport aux réglementations DDM/ RDM ou DDMDI/RDMDI, ou le 21CFR 820 et ISO13485 ; des conseils en matière de classification des dispositifs médicaux, des dispositifs de diagnostic in vitro, des logiciels et des applications de santé ; une élaboration des plans et des rapports d’évaluation de performance ; ainsi qu’une organisation des études d’évaluation de la performance clinique. Nous sommes votre ambassadeur auprès des ON, des AC, de la FDA et de la CFDA pour les interactions et les soumissions. Nous offrons un service unique en tant que professionnels de la santé.
KATRIEN MONDT CHRONIQUE
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La collaboration économique internationale est indispensable Faut-il être fier de la Belgique et de sa place à l’échelle économique mondiale? Oui bien sûr! Mais nous ne devons pas l’être trop non plus. Dans une économie globalisée, la collaboration internationale a plus d’importance que la compétition entre pays.
C
’est en cela que le ranking économique de notre pays dans son individualité ne doit pas focaliser nos attentes. Il est certain que nous avons du potentiel. Nous serions d’ailleurs un laboratoire idéal pour de nombreux projets. Mais si nous voulons avancer, c’est tous ensemble que nous devons le faire. Si nous n’avons pas la maturité de savoir que nous nous inscrivons dans ce contexte de décisions plus large, nous n’y arriverons pas. En évoquant les problèmes climatiques, des pensions ou encore des conditions de travail, les politiques belges doivent se rendre compte que la solution ne se trouve ni au niveau communal, ni régional ou fédéral.
Elles doivent émaner d’une collaboration à tous les niveaux et surtout au niveau international. C’est pour cette raison notamment que le Brexit doit être vu comme une erreur d’ampleur gigantesque. C’est jouer sur l’incertitude et la peur des gens en vue de faire passer une solution rapide et soi-disant sexy qui n’a pourtant aucun sens. Il n’y a aujourd’hui aucune réalité économique qui se base sur la frontière d’un état. Cela n’existe plus que dans les livres d’histoire. Nous avons des outils pour répondre à nos problèmes et ces outils sont puissants. C’est la collaboration multilatérale et la fédération
effective des pays, régions et communautés.
Nous avons des outils pour répondre à nos problèmes et ces outils sont puissants. Comme par exemple l’Union européenne. Le problème est que ces outils ne sont pas utilisés de façon optimale. En plus, afin de développer une politique
économique efficace, il faudrait arrêter de se baser sur des opinions subjectives et volatiles et s’orienter vers des solutions qui nous touchent tous avec des méthodes objectives et validées par la science. En terme économique, il est aussi primordial d’attirer des investissements étrangers et des collaborateurs venant du monde entier. Mais comment faire? Avant tout, une stabilité et une continuité constitutionnelles et juridiques sont des prérequis pour créer un environnement favorable aux investisseurs. Deuxièmement, notre plus beau potentiel en Belgique, ce sont nos cerveaux. Nos universités
et les savoirs qu’elles font naître sont parmi les meilleurs du monde. De plus, il ne faut pas oublier que nous sommes nous-mêmes de très bons collaborateurs pragmatiques. Ne vit-on pas dans un petit pays aux nombreuses problématiques sans jamais se taper dessus? C’est un atout indispensable dans notre monde complexe. Le tout est donc de savoir comment mettre ces trois compétences clés en valeur. Je n’ai pas la solution, mais si j’étais Premier Ministre, c’est le premier challenge que je tenterais de relever. TEXTE KATRIEN MONDT,
DR. DIRECTRICE GÉNÉRALE INNOVIRIS
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