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Fokus IT

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C E D OSS I E R E ST P U B L I É PA R S M A RT M E D I A E T N ’ E N GAG E PAS L A R E S P O N SA B I L I T É D E S É D I T E U RS N I D E L A R É DACT I O N D U V I F/ L’ E X P R E SS

FEV ‘21

IT

Bart Steukers Écrire notre histoire numérique

Infobésité Gare à la surcharge d’info en entreprise

Dewi Van De Vyver Recruter, former, conserver ses talents

EMNA EVERARD

En plus sur Fokus-online.be

« Le taux de pénétration de l’e-commerce est encore faible par rapport aux pays comme les États-Unis ou l’Angleterre. »

Global opportunities for European SMEs with the Alibaba ecosystem 24 Feb 17 Mar

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2 ÉDITO

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Bart Steukers

Le coronavirus accélère-t-il la transformation numérique ?

N

On a souvent entendu dire que le coronavirus avait accéléré la transformation numérique de notre société et de nos entreprises. Vraiment ? Agoria a cherché à le vérifier. Aujourd’hui, plus de 600 PME industrielles ont déjà réalisé le DigiScan, un outil lancé par Agoria pour leur permettre d’évaluer leur propre transformation numérique. De nombreux enseignements en ressortent.

PME ne disposent toujours pas d’une stratégie en matière de digitalisation.

Il s’avère que les entreprises technologiques ont opéré un virage numérique spectaculaire l’année dernière. Ainsi, lors du 1er confinement, 53 % d’entre elles ont investi dans le télétravail, 26 % dans l’organisation de webinaires et 20 % dans un élargissement de l’utilisation du cloud. 3 thèmes se distinguent clairement lorsque nous les interrogeons sur leurs intentions pour

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CONTENU.

l’année à venir : l’innovation orientée client, le recyclage numérique des travailleurs et l’utilisation des données.

La moitié des

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04 La cybersécurité à l’agenda

Voilà près d’un an que le coronavirus sévit dans notre pays. Des centaines de milliers de nos concitoyens l’ont déjà contracté. Des milliers de personnes y ont succombé. Pourra-t-on bientôt tourner la page ?

otre industrie est plus que jamais confrontée à des évolutions majeures. La crise de la COVID-19 l’a gravement mise à mal, mais elle a également permis une certaine prise de conscience et les industries se sont réinventées. À l’échelle mondiale comme locale, on observe un sentiment de solidarité, un désir d’une économie plus circulaire et verte. Et cela va de pair avec l’innovation. Au cours des derniers mois, le monde entier a été ébloui par les magnifiques initiatives et développements technologiques émanant de divers secteurs. L’industrie, malmenée, a su riposter. Nous avons su riposter !

04

Au total, 42 % prévoient d’innover davantage dans leurs interactions avec les clients ou les consommateurs. En 2019, seulement 4 % des entreprises considéraient les nouvelles sources de revenus comme un moteur de la digitalisation, contre 38 % aujourd’hui. En outre, une attention particulière est également accordée aux travailleurs. Environ 45 % des PME industrielles de notre pays vont aider leurs travailleurs à se recycler ou se reconvertir dans les douze prochains mois. Toutefois, il est frappant de constater que la moitié des PME ne disposent toujours pas d’une stratégie responsable en matière de digitalisation. C’est pourtant en brisant les silos, en alignant les processus des différentes unités opérationnelles et en partageant les données que l’on crée la plus grande valeur ajoutée. En outre, la transformation numérique représente un processus d’apprentissage et de changement pour toute entreprise. Et sans personne pour maintenir une vue d’ensemble, de nombreuses opportunités risquent de rester inexploitées.

Par Bart Steukers, Prochain CEO d’Agoria (1er avril 2021)

06 Votre expert-comptable, cet ami 08

Smart List : Tech au Bureau

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Interview : Emna Everard (Kazidomi)

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Êtes-vous assez visible en ligne ?

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Panel d’experts : L’expérience digitale

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Trop d’info ? Entreprise sous tension

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Une accélération digitale dans le public

19 Chronique : Dewi Van De Vyver (FlowPilot)

ÉQUIPE. COUNTRY MANAGER

CHRISTIAN NIKUNA PEMBA RÉDACTRICES EN CHEF

ELLEN VAN HOEGAERDEN JULIE GARRIGUE CREATIVE DIRECTOR

BAÏDY LY ÉQUIPE ÉDITORIALE

CHARLOTTE RABATEL BASTIEN CRANINX FRÉDÉRIC VANDECASSERIE PHOTO EN COUVERTURE

HADRIEN HANSE IMPRESSION

ROULARTA

SMART MEDIA AGENCY.

LEYSSTRAAT 27 2000 ANVERS +32 (0)3 289 19 40 REDACTIE@SMARTMEDIAAGENCY.BE FOKUS-ONLINE.BE/FR

Bonne Lecture!

Pierre Simon

Project Manager


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4 RÉSEAUX

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Protéger ses datas à l’aire du télétravail L’hameçonnage, ou phishing en anglais, est assez bien connu du grand public. Les entreprises doivent elles aussi faire face à des attaques en ligne. Mais la cybersécurité recouvre des risques plus larges lorsqu’elle concerne une organisation.

U

n salarié expert en cybersécurité se spécialisait « par son expérience professionnelle » il y a quelques années encore explique Yves Roggeman. Il est à l’initiative du master en cybersécurité et professeur en sécurité informatique à l’ULB. Ce master permet aujourd’hui de former ces experts de la sécurité en ligne qui doivent être multidisciplinaires, « dans le sens où il y a une dimension technologique, des aspects très mathématiques et puis une dimension évidemment très informatique », souligne-t-il. Si la Belgique est « une terre de recherche en cybersécurité et cryptographie en général » selon lui, les entreprises belges font face comme les autres aux risques comme le déni de service ou encore la fuite de données. Le déni de service est le résultat d’une attaque par bombardement d’un site qui le rend défectueux. Kris Verheye est le directeur général de Infradata BeLux, une entreprise qui vend notamment des solutions de cybersécurité : « j’ai vu certains cas où les services n’étaient plus du tout accessibles. C’est la première peur de mes clients ! Parce que dans ce cas-là, les gens qui travaillent dans une société n’ont plus accès à certaines données et ne sont plus productifs. » Quant à la fuite

et au vol de données, « cela peut être un employé indélicat qui est par exemple renvoyé et qui met tout le système informatique par terre », explique Yves Roggeman. « Beaucoup de sociétés ne sont pas encore suffisamment conscientes qu’il y a de l’espionnage industriel », confirme Kris Verheye. « Ni que des gens quittant une société peuvent

En période de crise sanitaire, le télétravail ajoute un double risque. Il n’y a aucune sécurité sur une connexion privée, ce qui représente un « vrai danger par rapport à la confidentialité » selon Yves Roggeman. Par ailleurs, les appareils peuvent être partagés avec d’autres membres du foyer. « Le télétravail est une porte supplémentaire par laquelle on pourrait

Les attaques ont quand même fait augmenter le niveau de priorité dans les agendas ainsi que le niveau d’investissement. — Kris Verheye

voler des données ». Mais le thème de la cybersécurité prend de l’ampleur. Kris Verheye continue. « Les attaques ont quand même fait augmenter le niveau de priorité dans les agendas ainsi que le niveau d’investissement. » Il souligne pourtant ce paradoxe : si les sociétés sont conscientes des risques, elles ne s’équipent pas nécessairement, y compris après avoir subi une attaque.

rentrer dans un réseau », souligne Kris Verheye. Fort heureusement, il constate une réaction de la part de ses clients. « J’ai vu pas mal d’investissements pour faire en sorte que tous ces télétravailleurs aient une bonne connexion et qu’elle soit bien protégée. » « La majorité des risques se trouve quand même encore en interne », relativise le

directeur d’Infradata BeLux. Raison pour laquelle il recommande notamment un effort de communication auprès des employés. « D’abord une communication sur les risques et puis un plan d’implémentation de cybersécurité. Parce que la communication ne suffit pas. Il faut en même temps augmenter progressivement le niveau des outils utilisés ou des protections : pare-feu, antivirus pour commencer, et pour plus de sécurité, on peut prévoir par exemple la segmentation du réseau. » De son côté, Yves Roggeman insiste sur les systèmes d’identification qui doivent être démultipliés, comme lorsqu’un particulier se connecte sur un site et qu’il reçoit un code par SMS. « Maintenant ça commence à se répandre, mais il y a encore un moment, il n’y avait qu’un seul mot de passe », rappelle le professeur. Kris Verheye souligne tout de même que ce type de plan de cybersécurité « doit être en équilibre, entre l’investissement et l’efficacité, parce que souvent il s’agit d’un budget considérable ». Par Charlotte Rabatel

BRAND REPORT • EXCELLIUM

La cybersécurité, une responsabilité partagée Geoffrey Lucas, Belgium leader chez Excellium Services évoque l’importance de la cybersécurité de nos jours. Face à une cyberattaque, les maîtres-mots sont la prévention et la réaction. Avoir une approche pragmatique est plus qu’essentiel.

Quelles solutions existent en termes de cybersécurité ?

« Il n’y a pas de solution miracle à décliner d’une entreprise à l’autre. Tout réside dans l’addition de différentes initiatives partant de la conscientisation de chacun. Cela ne concerne pas seulement le responsable informatique. Deux questions sont primordiales : comment se protéger et comment réagir au moment où la menace sera

bien là ? Une cyberattaque peut faire peu de dégâts et avoir peu d’impact sur les activités avec les réactions adéquates. Par contre si celle-ci n’est pas prise en considération, certaines décisions peu opportunes pourraient favoriser la propagation de l’attaque. » La course à la technologie n’est peut-être pas la meilleure des tactiques du coup…

« De grands analystes ont montré que plus

de 80 % des investissements étaient faits en termes de technologie et de protection. Mais de nos jours, il est important de considérer la capacité de résilience de l’entreprise. De fait, investir dans la détection et la réaction devient plus qu’une priorité pour les organisations. » À quoi reconnaît-on un bon partenaire en cybersécurité ?

Excellium Services est un leader dans le domaine du conseil et de l’intégration technologique en cybersécurité depuis près de 7 ans. Excellium offre une large gamme de solutions pragmatiques et sur mesure. Du conseil aux services de surveillance 24h/24 et 7j/7 via sa plateforme de Managed Detection & Response C-SOC et ses équipes de réponses aux incidents, Excellium fournit une «sécurité en tant que service» pour aider ses clients à résoudre des problèmes tels que les intrusions dans les réseaux et la sécurité des applications.

« Le partenaire que vous choisissez doit comprendre les risques et avoir une approche pragmatique ainsi qu’une compréhension globale de toutes les problématiques de la cybersécurité. Investir dans la cybersécurité, c’est bien, mais même avec un petit budget utilisé à bon escient, on peut fortement diminuer le risque global. Il faut aussi un regard indépendant face aux producteurs de technologies. »


Cybersécurité: Testez votre cyber-résilience La cybersécurité est un sujet d’attention croissante ces dernières années, notamment car elle facilite la transformation digitale et l’adoption des technologies émergentes. Quel est le contexte actuel et de quelles manières pouvons-nous améliorer notre cybersécurité ? Thibaut Roisin Security Practice Lead chez Accenture BeLux Le contexte actuel tendu de cybersécurité est alimenté par trois tendances fondamentales. Cette tension a encore été accentuée ces derniers mois par les conséquences de la crise de la Covid-19. La première est la transformation digitale et l’apparition de nouveaux business modèles qui modifient le niveau d’exposition des entreprises. Les entreprises utilisent de nouveaux services de cloud, d’intelligence artificielle, d’identités numériques, de données, de réalités virtuelles, d’objets connectés, d’interconnexions de leurs outils de production, qui leur permettent d’innover et de rester compétitifs. « La collecte, l’accès et l’analyse des données sont devenus des enjeux essentiels, une mine d’or à exploiter, mais qui se doivent d’être sécurisés à tous les niveaux » explique Thibaut Roisin Security Practice Lead chez Accenture BeLux. « Il s’agit de se protéger du vol ou de l’utilisation abusive, mais aussi de la falsification des données qui peut également être extrêmement dommageable. Il suffit d’imaginer par exemple les conséquences de l’usurpation d’identité digitale, la falsification des données de guidage d’un véhicule autonome, la manipulation de l’information sur les réseaux sociaux lors d’élections, ou encore très récemment la falsification de résultats de tests de vaccins par des hackers ». La deuxième tendance est l’évolution permanente des menaces

cyber1. Les cibles sont multiples, du simple particulier aux services de l’Etat, en passant par les entreprises ou les hôpitaux. Les hackers, qu’ils soient criminels, liés à des états, ou activistes, se sont spécialisés et organisés en un écosystème de services à part entière. Leurs objectifs varient, de l’extorsion simple de fonds jusqu’à la mise hors service d’une cible particulière. De manière générale le nombre et le coût économique de ces attaques ne cessent d’augmenter2. La Belgique n’y fait pas exception et un nombre important d’organisations belges ont été forcées de communiquer publiquement sur le sujet suite aux conséquences de cyber-attaques. « La sophistication et les moyens mis en œuvre pour ces attaques ciblées peuvent être importants comme en témoigne la récente attaque SolarWinds. Certaines de ces attaques réussiront malgré les mesures avancées de protections mises en œuvre. Il est donc essentiel de planifier et de tester la résilience de ses activités avec des scénarios de cyber-attaques réussies ». Les autorités publiques européennes ont renforcé les obligations de sécurité des fournisseurs de services. Le Règlement Général pour la Protection des Données (RGPD) prévoit des pénalités dissuasives pour les entreprises qui ne protégeraient pas suffisamment les données personnelles des Européens. Quant à la directive européenne NIS, elle vise à renforcer la sécurité des opé-

rateurs essentiels de services tels que les fournisseurs d’eau, d’énergie et transports. L’objectif poursuivi est de minimiser les conséquences des cyber-attaques sur des services qui sont essentiels pour la société. Ces trois tendances imposent aux organisations de porter une attention toute particulière à la sécurité; elle est devenue un accélérateur nécessaire pour la réussite de leur transformation digitale, mais aussi un élément indispensable pour faire face à leurs obligations. Mais quelles sont les mesures concrètes à mettre en œuvre ? Accenture aide les entreprises à évaluer leur situation de cybersécurité, à définir et à exécuter leur programme d’amélioration de la sécurité. Voici cinq manières d’améliorer la cyber-résilience de son organisation. • Excellez dans l’exécution des mesures de sécurité de base pour protéger vos actifs de valeurs. Cela consiste notamment à faire les mises à jour sans délai des systèmes, cartographier les actifs et leurs situations, automatiser la gestion des identités digitales, porter attention aux applications « historiques », tester les processus de réponse aux incidents cyber. • Utilisez les sources de renseignements sur les menaces cyber et les données pour détecter pro activement les menaces dans votre environnement. Il s’agit d’identifier

les types d’attaquants potentiels mais aussi d’identifier les actifs et les méthodes d’attaques à considérer prioritairement. Les nouvelles technologies peuvent faciliter la détection d’anomalies ou l’automatisation des activités de sécurité. • Testez votre cyber-résilience et vos défenses comme un assaillant externe le ferait. Il s’agit d’identifier les failles de sécurité de la même façon qu’un hacker le ferait, mais aussi de coacher les équipes de cyberdéfenses lors de la simulation. • Investissez dans la construction d’un écosystème avec des fournisseurs innovants de services de cyber sécurité. Ils vous apporteront le know-how et l’innovation que vous ne pouvez pas développer en interne. • Adaptez l’organisation pour mieux prendre en compte le risque cyber. Il s’agit de gérer les risques et non pas uniquement la conformité, de tenir compte de son écosystème et des partenaires industriels, de récompenser le management sur base d’objectifs à atteindre en cybersécurité, de changer la culture pour avoir un focus sur la sécurité à tous les niveaux de l’organisation, et d’appliquer les mêmes principes à la maison. 1. 2020 Cyber Threatscape Report - Accenture 2. The Cost of Cybercrime - Accenture


6 FINANCE

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Votre expert-comptable, cet ami Les entreprises sont plus exigeantes : c’est le constat de 8 experts-comptables interrogés sur 10. Plus que cela, elles attendent davantage de conseils et de services de consulting. Aussi, le rôle des experts-comptables évolue, leur place auprès des entrepreneurs et des indépendants aussi.

«M

oins de tâches répétitives, plus d’intelligence et de spécialisation dans les travaux », voilà comment Gérard Delvaux, Président de l’Ordre des Experts-comptables (OECCBB) et administrateur du cabinet Delvaux-associés, résume l’avenir de sa profession. « La digitalisation va sensiblement modifier les tâches de l’expert-comptable, qui devra se concentrer sur leur valeur ajoutée et faire face à une demande de spécialisation accrue. Nous devons conseiller l’entreprise : interpréter ses comptes, lui proposer des tableaux de bord et des visualisations claires, établir une comptabilité analytique d’exploitation, pour voir s’il est besoin de restructurer ses départements, abandonner certains produits ou services, etc. Notre but est de guider l’entreprise dans sa gestion et dans la prise de décision. » 87 % des 3 298 experts-comptables de l’étude « Practice of Now 2020 » (Sage) disent également constater une attente croissante en flexibilité et en services. Alors pour suivre cette évolution du marché, la profession se digitalise à grands pas. Parmi les technologies qui changent ou changeront ce métier, il y a bien sûr le cloud, qui assure la centralisation et l’accessibilité des informations. L’intelligence artificielle et le machine learning (apprentissage intelligent) ouvrent de vastes champs d’application. Du conseil élémentaire via des chatbots (programmes de conversation informatisée) aux actions automatiques (technologies de RPA - Robotic Process Automation) en réponse aux situations proposées. La technologie offre surtout la possibilité d’affiner et sourcer les analyses prévisionnelles, transformant le quotidien de la profession.

Une autre technologie semble avoir profondément transformé la vie des experts-comptables l’ayant adoptée : les solutions de capture intelligentes, qui

permettent de sauter l’étape de l’encodage. « Nous devons davantage nous axer sur l’interprétation des comptes pour conseiller dans le cadre de business plan

Il y a autant de formats de factures qu’il n’y a de créanciers et de clients : il faut uniformiser la facture électronique. — Gérard Delvaux, Président de l’OECCBB, Cabinet Delvaux-associés

plutôt que sur les tâches matérielles. » Et pour cause : l’encodage manuel de factures d’achat/vente ou de notes de frais par exemple, est une tâche aussi répétitive que nécessaire, qui rythme le quotidien des experts-comptables. « Ces tâches matérielles sont d’ailleurs assez mal venues », argue Gérard Delvaux. « Le client n’a pas conscience de tout ce qu’il y a à faire, en termes d’encodage ou d’administratif, avant d’en arriver à l’analyse de sa situation comptable. » Mais la Belgique a pris du retard. Et la 1ère étape sera d’uniformiser les factures. « Actuellement, il y a autant de formats de factures qu’il n’y a de créanciers et de clients », explique le président de l’OECCBB. « Il faut uniformiser la facture électronique de manière à pouvoir implémenter l’ensemble des données de cette facturation dans la comptabilité de l’entreprise. » Il y a des pays où les professionnels sont plus avancés. « En France, cela fait déjà 20 ans qu’ils ont des systèmes de matching entre un paiement et l’enregistrement de la facture. Mais les professionnels belges sont de plus en plus sensibles à ces questions. Bien avant la crise déjà, nous transformions nos manières de faire. » Et le résultat de cette digitalisation accélérée ? Un conseil plus abordable pour toutes les entreprises, y compris les plus petites : « il faut savoir que plus de 90 % du tissu économique est composé de petites entreprises ! Donc il est évident que le rôle de l’expert-comptable externe va encore gagner en importance au niveau du conseil qu’il peut apporter au client. » Par Julie Garrigue


9altitudes : l’expert en transformation digitale prend de l’ampleur Filip Bossuyt, CEO

Société experte en solutions de type ERP, CRM, IoT ou encore PLM, 9altitudes vient de faire l’acquisition d’Admiral Dynamics. Une nouvelle opportunité pour l’entreprise d’origine belge de proposer ses solutions sur le marché francophone. Rencontre avec son CEO, Filip Bossuyt Qu’est-ce qui fait, aujourd’hui, de 9altitudes une société qui compte dans le domaine de la transition digitale en Belgique et à l’international ? « 9altitudes est une combinaison de points forts de plusieurs experts métier comme Ad Ultima Group, reconnu dans le monde du manufacturing. La plus-value fondamentale est avant tout le savoir-faire industriel. Nous proposons également des solutions basées sur de plateformes internationalement reconnues comme Microsoft et PTC ainsi que des solutions propres. Nous allons pourtant au-delà d’un simple projet IT car nous offrons des services autour de la transformation digitale et de l’innovation. Nous n’amenons pas seulement la technologie à nos clients. Nous les aidons également dans leur conduite vers le changement. Nous nous position-

nons pour un client sur le long terme. D’un côté, nous partageons notre expertise et de l’autre nous tenons à inspirer nos clients. Avec l’acquisition d’Admiral Dynamics, nous réalisons un chiffre d’affaires consolidé de plus de 65 millions d’euros avec environ 450 collaborateurs à travers 5 pays. Nos clients bénéficient ainsi des meilleures pratiques de toute l’Europe. » En quoi les solutions que vous proposez sont indispensables à vos clients ? « Aujourd’hui, aucune société n’échappe à la transformation digitale, même si cela reste un choix. On vit une période de l’individu. Tout doit être fun, fast and easy. Chaque gérant de société doit délimiter le rôle de la technologie dans son entreprise. L’enjeu pour chacun est de pouvoir répondre aux besoins du marché. » Pour vous, la technologie n’est pas suffisante. Il faut également une stratégie claire où le facteur humain a toute son importance. « Effectivement, la technologie évolue énormé-

ment et c’est la vitesse à laquelle on est capable de s’adapter qui va voir l’entreprise évoluer. Il ne faut pas voir la technologie pour la technologie. C’est l’utilisation qui compte. Il faut réfléchir à comment utiliser cette technologie de manière intelligente afin de lui attribuer une vraie valeur ajoutée. » Pouvez-vous décrire le process que vous utilisez pour accompagner vos clients ? « L’important est avant tout de comprendre quels sont ses besoins, mais aussi de cibler ses opportunités. Nous échangeons dans des ateliers pour souligner ses défis en termes de business. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’on parlera de logiciels adéquats à mettre en place. Nous travaillons étape par étape avec un but final bien clair. Nous sommes convaincus qu’un peu de digital ne suffit pas. Nous travaillons de bout en bout de manière parfaitement intégrée afin de donner vie à de belles synergies. Il faut bien comprendre que l’interaction physique est aujourd’hui presque inexistante. Ce qui renforce l’idée que l’interaction doit être plus fréquente et cohérente. »

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15/02/2021 17:24:40


8 TECHNOLOGIE

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Les bons outils au bureau De la productivité des équipes à leur sécurité, en passant par leur organisation ou leurs objectifs, la technologie a de nombreuses solutions pour soutenir le fonctionnement et le développement des entreprises.

Hygiène et covid

Portes automatiques, badges d’accès et technologie RFID, détection de mouvement pour l’éclairage et les installations sanitaires, paiement sans contact à la machine à café, etc. Si ces technologies ne sont pas nouvelles, elles connaissent un certain essor avec la réouverture, très progressive, des bureaux et lieux de travail. Alors que les embrassades sont proscrites, les contacts restreints et le masque obligatoire, les équipements suivent la tendance et le « sans-contact » s’installe durablement dans nos entreprises. Autant de moyens pour sécuriser les espaces de travail et les équipes (une priorité aujourd’hui) et pour fluidifier de nombreux échanges : fini de chercher les pièces de centimes pour l’appoint du cappuccino.

Gestion de l’entreprise

Même à distance, il faut pouvoir garder un œil sur l’entreprise, son fonctionnement et ses flux, à n’importe quel moment, raison d’être des progiciels de gestion intégrés (PGI) ou ERP. Véritables systèmes nerveux des entreprises, ils gèrent l’ensemble des processus et coordonnent les différents départements et leur fonction : ressources humaines, gestion comptable et financière, vente, distribution, approvisionnement, planification, traçabilité, etc. L’enjeu est de trouver pour chaque entreprise la formule qui répondra le mieux à ses besoins (intégration personnalisable) et à sa structure. Dans le secteur tertiaire aussi, ils tendent à se généraliser, bien qu’ils n’entrent pas toujours dans la catégorie des ERP.

IoT et bien-être au travail

Chauffage, climatisation, éclairage, etc. sont des aspects essentiels du bien-être de chaque personne présente dans les locaux, qui concernent également la gestion des ressources énergétiques et financières. Grâce à l’IoT (Internet of Thing), il est possible de les contrôler à partir d’un smartphone ou d’une tablette, ou même de les automatiser. De plus en plus de paramètres sont en effet accessibles à distance. Avec le développement rapide du télétravail cette dernière année, les entreprises s’intéressent aussi aux applications de e-santé pour leurs collaborateurs : app d’évaluation du bien-être ou de localisation de services de santé lors des déplacements professionnels, bracelet connecté, etc. Le bien-être est aussi une priorité.

Communiquer, collaborer, manager

À l’aire du télétravail imposé, les outils de communication sont devenus les « must have » en entreprise. Les Teams, Zoom, Slack et compagnie ont en partie remplacé les réunions face à face. D’autres outils ont également pris de l’essor : les programmes de gestion de projet, qui permettent d’organiser le travail entre les différents membres d’une équipe et d’en suivre l’évolution. Parmi les plus efficaces, Asana, Monday.com ou encore Todolist. La technologie rend ici possible la collaboration pro, mais quid des échanges informels, qui font tant pour la cohérence d’un groupe ? Ces outils peuvent aider, à condition que les managers, derrière, encouragent les bavardages et les papotages. Bref, qu’ils maintiennent les liens.

IA et optimisation des espaces

L’IA (Intelligence Artificielle) est l’une des technologies phares. De son évolution très rapide naissent de nouvelles compétences : « machine learning », « deep learning », « robotic process automation », bots conversationnels, etc. Les enjeux en matière de productivité sont énormes pour l’entreprise, et les capacités des algorithmes offrent déjà de nombreuses possibilités : prévenir les pannes, automatiser des charges de travail, optimiser les processus d’achat, fluidifier la supply chain etc. L’IA est aussi gestionnaire des flux de personnels, une fonction particulièrement utile durant cette période inédite. De la réservation d’espaces de travail à la planification des équipes, il est possible d’éviter les cohues et les chassés-croisés.

KPI, big data et analyse

Nous passons progressivement d’entreprises de la sémantique, où la reconnaissance et la mesure de performance passaient souvent par l’intuition et les mots, à des entreprises monitorées grâce à la data. Les KPI, ou indicateurs de performances, en sont de parfaits exemples pour le management, le marketing, le développement web, etc. La data (et son analyse) permet de définir le persona, de suivre l’efficacité des actions entreprises par les équipes et d’évaluer les retours sur investissement des efforts et budgets investis. L’enjeu est de déterminer les activités qui génèrent ou non des profits, celles qu’il faut renforcer ou encore les nouvelles directions à explorer. Bref, la stratégie de l’entreprise.


ISACA sur tous les terrains ! Pour acquérir les bonnes connaissances, les meilleurs contacts et les certificats les plus pertinents dans le cadre de la gouvernance numérique et de la cybersécurité, ISACA se pose comme un partenaire incontournable. Grâce à une connaissance du terrain local couplée à un réseau international très étendu.

la sécurité des systèmes d’information, ensuite en favorisant l’utilisation en Belgique des référentiels et certifications de l’ISACA. Et enfin en préparant les professionnels aux certifications professionnelles internationales délivrées par l’ISACA autour de six secteurs en particulier : la gouvernance des technologies de l'information, la gestion des risques, la gestion de la sécurité de l’information, la cybersécurité, l’audit des technologies de l’information, sans oublier la protection des données personnelles et le respect de la vie privée. »

Plus de 140 000 membres dans 180 pays, dont un bon millier en Belgique ! Qui dit mieux ? « Ce réseau, à la fois très large et très spécialisé, fait effectivement la force d’ISACA », confirme Giselle Vercauteren, Présidente pour Belgique des activités de l’association. « Concrètement, nous aidons les organisations à travers trois axes : tout d’abord en contribuant à la réflexion sur les sujets clés de la gouvernance du numérique et de

Ces certificats sont bien entendu d’une importance fondamentale ! Car, outre les compétences pures dont ils attestent, ils sont aussi garants du suivi scrupuleux d’un code d’éthique professionnelle, d’un parcours rythmé par l’éducation continue, et d’une ambition professionnelle qui ne sera alors plus à prouver. Giselle Vercauteren poursuit : « en résumé, ISACA propose des certifications professionnelles à chaque étape de votre évolution professionnelle. Pour vous aider

à avancer et à réussir dans votre cheminement de carrière, et vous donner toutes les chances d’atteindre au mieux votre réussite professionnelle et vos objectifs ! » Et les compétences qu’ISACA peut transmettre à ses membres sont alimentées par un réseau international d’experts amenés à échanger de bonnes pratiques au-delà des frontières. Ce maillage à l’échelle du globe constituant bien entendu un avantage capital. « ISACA peut discuter au niveau mondial des problématiques ou améliorations à apporter dans tel ou tel secteur où nous sommes investis. C’est d’une richesse indéniable ! », souligne Egide Nzabonimana, fraichement nommé Vice-président d’ISACA Belgique, où il est membre du conseil d’administration et formateur depuis 5 ans ; et titulaire d’une maîtrise en risque d’informations et cybersécurité de la Solvay Brussels School. « Nous sommes locaux et internationaux à la fois. De là notre force de frappe, notre souplesse et notre pertinence. »

Plus d’infos: www.isaca.be

LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE COMME VECTEUR CLEF DE COMPÉTITIVITÉ POUR LES ENTREPRISES MANUFACTURIÈRES. Interview d’Anthony Van Putte, DG du Pôle MecaTech Le Pôle MecaTech est actif dans le secteur des sciences de l’ingénierie, c’est un secteur en plein boom numérique ? Tout à fait, la productivité et la capacité d’innovation des entreprises sont boostées par les technologies numériques. C’est devenu une condition incontournable pour rester compétitif et gagner en performance. Aujourd’hui le numérique c’est 60% de nos membres industriels et 70% des projets labellisés qui mettent en œuvre ou développent des technologies numériques : IoT, Intelligence Artificielle, Big Data, Simulation, Jumeau Numérique, AR/VR, robotique et automation, système embarqué… L’industrie 4.0 est une étape clé dans l’évolution dont la Wallonie doit se saisir comme une opportunité pour redéployer son tissu industriel. Quelle est la stratégie numérique du Pôle MecaTech ? Le Pôle MecaTech est au croisement de l’Industrie et du Numérique. Notre stratégie est de favoriser les collaborations entre les entreprises de l’offre et les entreprises « en demande » dans trois dimensions : innovation,

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industrialisation et formation. L’objectif est de faire d’une pierre deux coups : booster la croissance des entreprises numériques en leur donnant accès à des champs applicatifs et booster la compétitivité des entreprises manufacturières en améliorant leur produit ou procédé de fabrication. Concrètement, comment cela se passe-t-il ? L’innovation reste le cœur de métier du Pôle MecaTech mais pour atteindre nos objectifs le Pôle a développé d’autres services comme l’accompagnement Factory 4.0. Il s’inscrit pleinement dans le cadre du programme-cadre régional « Industrie du Futur », porté par l’Agence du Numérique dont le Pôle est partenaire. Ce partenariat fort nous a permis de développer nos compétences en accompagnement des entreprises sur la route de la transformation numérique vers l’industrie du futur. Ensemble avec les 37 partenaires de ce programme, nous sommes aujourd’hui en mesure d’accompagner les entreprises wallonnes afin qu’elles aient une idée claire et concrète des évolutions prioritaires à engager avec à la clef des possibilités de financement.

FOCUS SUR : Le Pôle MecaTech est le pôle de compétitivité wallon actif dans le secteur des sciences de l’ingénierie. Avec plus de 300 membres et 127 projets labellisés (des projets d’innovation collaboratifs à vocation internationale), le rôle du Pôle est de créer un environnement propice à la collaboration et à l’innovation entre les acteurs (grandes entreprises, PME, universités, centres de recherche et de compétences.) www.polemecatech.be

L’Agence du Numérique est un organisme dédié à la mise en œuvre de la stratégie numérique de la Wallonie. Le programme « Industrie du Futur », avec ses 37 partenaires, a pour objectif d’aider les entreprises manufacturières à devenir plus compétitives sur les processus métiers, la production, la logistique, etc. grâce aux technologies numériques. Plus de 200 PME ont déjà été accompagnées dans le cadre de ce programme. www.digitalwallonia.be

29/01/21 14:59


10 INTERVIEW

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Emna Everard

« Être entrepreneur, c’était un rêve d’enfant pour moi »

Emna Everard a lancé Kazidomi durant ses études. Il s’agit d’un e-shop, spécialisé dans les produits sains. Résolument tournée vers le digital, l’entrepreneuse belge a vu le domaine du numérique comme une possibilité d’expansion et de croissance rapide.

Par Charlotte Rabatel Photo Hadrien Hanse


#FOKUSIT

P

ourquoi avez-vous choisi de lancer Kazidomi en ligne ? Est-ce que vous avez considéré le digital comme un moteur dès le début ?

« Il y avait plusieurs raisons. La première, c’était que j’étais passionnée par tout ce qui tourne autour du code. Et je n’avais pas beaucoup de fonds parce que j’étais encore étudiante. Un e-commerce est, à la base, moins coûteux que le lancement d’un magasin. Je n’avais pas besoin d’avoir un employé directement, ou de trouver un lieu. Ce qui me permettait d’avoir des ambitions plus grandes. Il y a aussi l’idée d’internationalisation. Nous pouvons avoir plus facilement et plus rapidement des ambitions internationales. Parce qu’il n’y a pas de frontières, il suffit d’avoir des contrats avec des transporteurs. Le web nous permet de livrer dans quasiment

Nous pouvons avoir plus facilement et plus rapidement des ambitions internationales. toute l’Europe. Avec forcément une majeure partie des ventes qui est concentrée sur les pays francophones. Notamment parce qu’aujourd’hui, nous ne communiquons qu’en français. Mais à terme, l’idée serait de conquérir l’Europe. » Comment devient-on entrepreneur durant ses études ?

« J’ai un parcours un peu spécial, parce qu’être entrepreneur, c’était un rêve d’enfant pour moi. Mon père est spécialisé en nutrition. Beaucoup de personnes n’ont pas accès à cette information. J’ai commencé des études de commerce quand j’avais 18 ans, en me disant que je voulais avoir le bagage nécessaire pour construire mon magasin. C’est justement pendant mes études que je me suis passionnée pour la partie digitale. L’e-commerce a commencé à plaire à beaucoup de gens. C’est de cette manière que j’ai fait un switch à l’époque : du magasin traditionnel vers l’idée d’un e-commerce. »

INTERVIEW 11 Est-ce que vous vous êtes inspiré d’autres e-commerces ou leaders d’e-shop ?

« Il y avait pas mal de sites d’e-commerce qui m’inspiraient, mais assez peu en Europe. Il y en avait beaucoup aux États-Unis notamment. Il y en avait quelques-uns en Angleterre également. Sur le thème de la santé, ils sont plutôt en avance par rapport à nous. Et il y a des e-commerces qui ont des histoires fascinantes, des entreprises comme Amazon par exemple. C’était des histoires que je suivais forcément de près. Je cite Amazon, mais il y en a beaucoup d’autres. J’étais une grande fan de Tony Hsieh, le fondateur de Zappos, qui est un peu l’équivalent de Zalando aux USA. Zalando qui s’est d’ailleurs inspiré de Zappos pour se développer. » Où en est la Belgique dans le domaine de l’e-commerce ?

« De manière générale, il y a encore beaucoup de progrès à faire. Des événements comme la crise de la COVID accélèrent clairement la transition vers l’e-commerce. Mais je pense que globalement, le taux de pénétration de l’ecommerce est encore faible, encore très bas, par rapport à des pays comme les États-Unis ou l’Angleterre. Ce sont des pays où les gens sont beaucoup plus habitués à acheter en ligne. Il y a encore une grosse marge de progression ici. » Est-ce que la crise sanitaire vous a mis en difficulté ?

« Pas du tout ! Au contraire, le moment de la crise sanitaire a plutôt été porteur pour notre projet. Pour deux raisons. Parce que non seulement nous sommes dans l’e-commerce, mais qu’en plus de cela nous sommes spécialisés dans les produits de bien-être ou de santé. Énormément de personnes se sont recentrées sur elles-mêmes, avec l’objectif de faire plus attention à elles, etc. Nous étions donc dans un secteur doublement porteur. » Dans le cas de Kazidomi, après cette année spéciale, quels sont les enjeux pour 2021 ?

« Nous avons beaucoup de choses à faire du côté de l’internationalisation, c’est-à-dire le fait de nous développer en dehors de la Belgique et de la France. Pour réussir à faire ce que nous faisons sur le marché francophone, mais à l’étranger. L’idée est de toucher le marché hollandais, puis le marché allemand.

retrouvez Emna Everard en podcast

Il y a également la personnalisation. Aujourd’hui, l’e-commerce est souvent très transactionnel. Si je prends l’exemple d’Amazon: il y a une transaction, mais il n’y a pas de lien avec l’entreprise. Il n’y a pas forcément de recommandations ou de communication entre le moment de la dernière commande et celui de la commande suivante. Nous voulons pousser l’expérience d’achat en ligne sur Kazidomi. En personnalisant davantage l’expérience. Notamment sur tous les aspects santé. Nous pourrions par exemple permettre aux gens qui ont des régimes spécifiques, des carences ou des intolérances, d’avoir accès aux produits qui correspondent à leur profil de santé. Nous avons un gros projet pour faire en sorte que le site puisse vraiment s’adapter à chaque consommateur. L’idéal serait qu’il y ait un site e-commerce pour chaque utilisateur avec ses spécificités, etc. » Est-ce que faire de la concurrence aux e-shops américains par exemple fait partie du projet Kazidomi ?

« Le marché aux Etats-Unis est différent, mais également très éloigné. Il faudrait dupliquer le modèle Kazidomi, avec une offre adaptée au marché américain. Nous ne pourrions par exemple pas bénéficier de toute la chaine logistique que nous avons construite en Europe pour livrer aux États-Unis. Ni du catalogue que nous avons créé en Europe. Non seulement parce que les habitudes de consommation ne sont pas les mêmes, mais

Emna Everard est une entrepreneuse pleine de surprises et d’ambitions ! Si son interview vous a intéressé, elle prend aussi la parole au micro de notre podcast, Ô Summum !

La fondatrice de Kazidomi y raconte son histoire : d’un projet étudiant à une start up innovante de e-commerce.

mener à bien pareil projet : « l’entrepreneuriat est un parcours du combattant. Il faut s’y attendre et être armé pour y répondre. »

Pendant 45 minutes, cette entrepreneuse optimiste, inspirée et audacieuse décrypte son aventure : ses premières stratégies marketing, ses premiers clients, l’évolution de son business model, les différents moyens de financement, etc. Plus important encore, elle rappelle l’importance du réseau et du mental pour

Retrouvez Emna Everard, son expérience et ses conseils, dans le 3e épisode de Ô Summum, le podcast de Fokus sur les entrepreneurs inspirants ! À écouter sur Spotify, Apple Podcast, Google podcast ou encore Soundcloud ; Et à commenter sur notre page Facebook @Fokus FR et sur notre Instagram @o.summum.

parce qu’en plus, d’un point de vue écologique, cela ne correspondrait pas à nos valeurs. Faire transporter des produits aux États-Unis depuis l’Europe, cela n’a pas de sens. » Vous avez été élu meilleur workshop de l’année en décembre dernier (par BeCommerce Awards). Vous vous attendiez à recevoir ce prix ?

« Nous savions que nous avions nos chances, parce que nous avions une forte croissance. Mais nous étions face à de très gros players, ce n’était pas gagné d’avance. Au final, je pense que le jury a été séduit par les projets de Kazidomi. Par l’aspect respectueux de l’environnement, l’aspect éthique. L’aspect jeune aussi ! Kazidomi reste une startup. Je pense qu’ils ont voulu mettre en avant et récompenser de jeunes entrepreneurs bruxellois. »

Smart Fact. Plutôt bio ou plutôt local ? « Je place l’aspect santé avant le côté local. Parce qu’un produit local peut être ultra transformé. Un produit bio n’est pas nécessairement bon pour la santé non plus. Mais a priori, il sera exempt de conservateur. Je préfère consommer un produit qui est bio, plutôt que de consommer un produit local ultra transformé. Évidemment si c’est un produit bio et local, c’est un plus. »


12 SEO

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Êtes-vous assez visible en ligne ? On ne répètera jamais assez à quel point il est important pour une entreprise d’assurer sa visibilité en ligne. Cela passe bien sûr par un site internet bien pensé, bien réalisé. Mais plus important encore, un site bien référencé.

À

quoi servirait le mieux conçu et le plus abouti des sites internet, parfaite vitrine de votre business, s’il n’apparaît qu’à la 4e, 5e ou 6e page lors d’une recherche en ligne ? Réponse simple : à rien, parce que personne ne tombera dessus au hasard de mots-clés ou au détour d’un clic. En cela, le SEO (Search Engine Optimization), ou référencement organique, est une nécessité. « Une bonne visibilité sur Google compte, parce qu’on sait que 90 % des internautes qui recherchent un produit ou un service s’arrêtent à la 1ère page SERP [page des résultats, NDLR] », explique Stéphane Collard, teamleader SEO chez Eteamsys. Dean Mitchell, CTO de la même agence, complète : « on considère que le référencement d’une page est bon quand elle fait partie des 3 premiers résultats. Et mieux vaut faire partie des 3 premiers de la 2e page plutôt qu’être en bas de la 1ère. » Le référencement organique (SEO) regroupe de nombreuses techniques pour vous rendre « Googlefriendly » et plaire aux algorithmes Google. « Ils ont été créés pour trier les réponses et proposer les plus pertinentes aux internautes » décrypte le spécialiste SEO. « Un bon référencement repose sur le code de votre site web et sur l’optimisation de son contenu, des mots-clés aux titres, en passant par le contenu multimédia. La notoriété est aussi importante et se mesure par la manière dont des sites extérieurs parlent de votre site internet. Dernier point, l’expérience utilisateur que Google analyse par la vitesse de téléchargement, l’adaptation aux recherches mobiles ou encore par le taux de retour. » Les algorithmes partant en effet du principe que si l’utilisateur doit recommencer sa recherche, les résultats consultés n’étaient pas suffisamment pertinents.

Mais attention à ne pas confondre les résultats dits « organiques » et les résultats publicitaires, issus du SEA (Search engine advertising). Dean Mitchell :

« le SEO est une stratégie sur le long terme, contrairement aux annonces sponsorisées, qui permettent d’acquérir des clics sur un court laps de temps. Les

Le SEO est une stratégie sur le long terme, contrairement aux annonces sponsorisées, qui permettent d’acquérir des clics sur un court laps de temps. — Dean Mitchell, CTO, Eteamsys

résultats et le retour sur investissement du SEO mettent plus de temps pour arriver, mais ils seront aussi beaucoup plus durables. » Si vous misez davantage sur du long terme, voici quelques bonnes pratiques pour commencer. « La première chose à faire pour augmenter votre visibilité est de créer une fiche sur Google My business », conseille Stéphane Collard. « Vous pouvez y renseigner votre nom, votre activité, vos coordonnées, y ajouter votre logo ou des photos. La 2e étape passe évidemment par le choix des bons mots-clés. » L’algorithme se base sur les recherches des internautes. Autant en tenir compte dès la création du contenu. Vous pouvez par exemple écrire des pages FAQ (Frequently asked questions), qui reprennent les questions telles que se les posent vos lecteurs, pour drainer les recherches de type « longue traîne ». Vous pouvez également organiser et découper votre contenu grâce à des titres et sous-titres. L’écriture doit être à son tour optimisée : claire, lisible, évitant les phrases à rallonge et les tournures passives. Le maillage interne (c’est-à-dire les passerelles que vous créez entre les différentes pages de votre site) améliorera également le SEO. « Un dernier point important, c’est l’acquisition de liens », termine Dean Mitchell. « L’algorithme part du principe qu’une page de qualité est davantage citée qu’une page sans intérêt. » Mais gare au piège ! « Tous les liens ne se valent pas. Et surtout, si Google détecte l’arrivée massive d’une même référence en un court laps de temps, il considère que c’est du spam et pénalise ensuite le site. » Par Julie Garrigue


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14 PANEL D’EXPERTS • WEBMASTER

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Un business site sous les meilleurs auspices Un site internet pour votre business ? C’est déjà recommandé depuis des années, c’est devenu un indispensable après 2020. Mais avant de vous lancer, voici les conseils de 3 experts : méthodes, pièges et évolutions à venir.

Alexandre Plennevaux

Web designer et expert en ergonomie Becode.org

Cédric Faltin Creative director Alpaga

Thanh-Diane Nguyen

Professeur en ICT l’ICHEC, Brussels Management School

Comment offrir une expérience digitale unique à ses clients/consommateurs via son site internet ? « Il faut partir de l’utilisateur-cible. La meilleure stratégie consiste à lui donner exactement ce dont il a besoin sous une forme claire, accessible et efficace, dans un langage adapté à sa réalité et notamment à son agilité digitale. Pour cela, les 1ères questions à se poser sont les suivantes : qui est votre utilisateur ? D’où vient-il ? De quelle agilité dispose-t-il avec internet ? Que veut-il (sa motivation) ? Dans quel contexte se trouve-t-il quand il se connecte au site ? Quand les gens vont sur un site web, ce n’est pas pour s’extasier devant sa beauté, c’est pour répondre à un besoin personnel. C’est ce que l’on appelle l’UX design, ou l’approche centrée sur l’utilisateur. »

« Offrir une expérience digitale n’est pas plus difficile que d’offrir une expérience en magasin physique. C’est différent. On dispose simplement de plus d’outils (personnalisation du contenu, informations plus complètes, marketing automation, plus de contenu média, outils d’interaction entre le client et la marque, etc.). C’est pourquoi il est important de partir de la marque, de son audience et de développer une expérience pertinente et cohérente avec sa propre image. En partant de cette base, la créativité de l’agence permettra d’imaginer une expérience digitale unique pour le visiteur et cohérente avec ses habitudes de consommateur, ce qui devrait favoriser l’adhésion de la cible. »

« Pour surpasser les attentes des clients, les efforts doivent se concentrer sur l’expérience utilisateur (UX). Une expérience client positive apporte une plus-value : un client satisfait, c’est une certaine fidélité. Il devient ambassadeur et recommandera le site web. Les mots d’ordre en termes d’UX sont la simplicité, le service et l’accompagnement de l’utilisateur. Il faut donc de la fiabilité, de la précision et un support renforcé et efficace dans cet accompagnement. Pour cela, il est essentiel d’identifier ses besoins et ses objectifs. Par exemple en demandant un retour d’expérience et un taux de satisfaction à la fin de la visite pour toujours viser l’amélioration du site. »

Quels sont les pièges à éviter lorsque l’on crée ou refonde son site internet ? « Plus il y a d’informations, plus l’expérience-utilisateur sera complexe. Il vaut mieux dire peu mais dire bien et mettre alors au point une vraie stratégie du contenu adaptée. Trop de PME ont un site générique, dont le contenu ne vit pas. Il répond au besoin d’exister en ligne à moindre coût. La phase d’étude est primordiale pour définir les objectifs business auxquels devra répondre le site internet : c’est un moyen, pas une fin. Ensuite, il faut monitorer le succès du site afin de pouvoir ajuster son design et son contenu en permanence ou résoudre les problèmes qui affleurent par la suite. Se doter d’un site taillé sur mesure est bien sûr plus cher. Mais est-ce un coût ou un investissement ? »

« Sous-estimer le budget ou les délais et choisir une agence qui ne correspond pas à ses besoins. Si l’expérience virtuelle doit reproduire celle d’une expérience-client en boutique, il est donc faux de penser qu’un site ne ‘‘coûte rien’’. En engageant une agence rodée à ce genre d’expérience, vous aurez en face de vous une véritable équipe pour accompagner votre projet avant de l’exécuter. Installer dès le départ un outil bien pensé, pour tester et améliorer un projet en continu, évitera de perdre des ventes. Tout doit aussi être pensé dans un écosystème. Si une agence s’occupe des réseaux sociaux, une autre du CM et une autre du site web, il est important de les faire travailler ensemble. »

« Le contenu d’un site web est souvent traité de manière rapide et de façon non exhaustive. Plus il y a de l’information superflue, plus elle parasite la visibilité du site web et plus cela demande un effort cognitif important à l’utilisateur, en ajoutant de la frustration et des risques d’erreurs. Il faut de l’épuration. Un équilibre entre l’esthétique et le fonctionnel est nécessaire. Dans les opérations d’un site de e-commerce, le service de paiement sécurisé est indispensable pour optimiser son taux de conversion digital. L’évaluation de l’expérience utilisateur est importante. Elle permet de comprendre la motivation des acheteurs et d’identifier les facteurs d’abandon on-line et off-line. »

À quelles évolutions faut-il s’attendre dans les années à venir dans ce domaine ? « Trois choses : l’IA, l’interaction avec la voix et la réalité augmentée. Il faut d’ores et déjà réfléchir aux potentiels qu’offrent ces nouveaux types d’interactions à l’entreprise, envisager ce qu’ils vont apporter au client et comment ils vont l’aider. À côté de ces innovations, il faut aussi noter l’éducation digitale du public : son agilité digitale augmente, notamment du côté de ses compétences en codage via des structures d’enseignement. Une stratégie intéressante pour les entreprises est donc de publier une partie de ses données afin que l’utilisateur puisse connecter ses propres données d’un service à l’autre et créer ses propres applications à l’aide d’outils simples comme Zapier. »

« Une personnalisation du contenu, un ciblage plus précis pour la publicité (mais qui peut être remis en cause par la réglementation européenne sur la vie privée), des outils de plus en plus puissants pour créer des projets interactifs plus graphiques, plus animés. Des outils qui permettront également d’offrir une meilleure visualisation des projets (possibilité de voir un article en 360° ou même le personnaliser avant de l’acheter) et une intégration plus importante entre le monde physique et digital. L’intelligence artificielle va aussi permettre d’assister les visiteurs dans leurs démarches sur le site. Et enfin, on peut dire que le métier va également continuer à se professionnaliser. »

« Avec l’ère des Big Data, l’analyse des données vit aussi à travers l’expérience-utilisateur. L’évolution des capacités technologiques mène à des algorithmes de plus en plus précis permettant de mesurer l’activité de l’utilisateur sur le site web. La gestion des données et les connectivités de plus en plus rapides des plateformes mobiles favorisent aussi la création d’applications de réalité augmentée. Cette réalité augmentée améliore la perception que l’utilisateur a du produit. Des informations sur le comportement des clients pourraient être recueillies pour augmenter ainsi l’utilisabilité et l’utilité de l’application, améliorer la stratégie de vente et in fine, l’expérience-utilisateur. » Par Bastien Craninx


#FOKUSIT

DATA 15

L’infobésité guette nos entreprises Les datas ne cessent de prendre de l’importance au sein de l’activité des entreprises. La surcharge d’informations peut pourtant mettre les collaborateurs et les entreprises sous tension. La data : l’enjeu de cette décennie.

V

ous êtes-vous déjà senti débordé au travail ? Au point de ne plus parvenir à traiter l’ensemble des informations transmises ? Vous êtes peut-être confronté à ce que l’on appelle « l’infobésité », une surcharge d’informations nocive pour votre activité professionnelle. « Plusieurs chercheurs ont en effet démontré que la qualité de la prise de décision est positivement corrélée au volume d’informations reçu jusqu’à un certain point », explique François Lambotte, professeur de communication à l’UCLouvain. « Au-delà de ce point, l’information supplémentaire ne sera plus intégrée dans la prise de décision. » Et il ne faut pas être devin pour imaginer les conséquences néfastes d’un tel phénomène

au sein même d’une entreprise et parmi les collaborateurs. « Au-delà de l’influence sur la productivité et l’innovation (la perte de temps de travail est estimée à 30 % en raison des interruptions liées en partie au traitement des emails), il y a également des risques psychosociaux, d’augmentation de la charge mentale, de désinformation ou même de burnout », avance Caroline Sauvajol-Rialland, professeur à Sciences Po Paris et dirigeante de So Comment, cabinet de conseil en gestion de l’information. Ainsi, déjà au début des années 2000, plus de 74 % des managers français déclaraient souffrir de surinformation et d’un sentiment d’urgence généralisé. Et 94 % d’entre eux pensaient également que la situation ne pouvait que se détériorer. Force est de constater qu’ils avaient visé juste.

Les données sont le nerf de la guerre et s’avèrent vitales pour toute société ou indépendant. — Brice Goutier

Et l’infobésité n’est pas qu’un défi pour les travailleurs, c’en est aussi un pour les entreprises. Elles aussi croulent sous les données, issues des IOT, de leur site internet, de leurs employés etc. Les stocker est le 1er défi qu’elles doivent relever. « Les données sont le nerf de la guerre et s’avèrent vitales pour toute société ou indépendant », témoigne Brice Goutier, consultant indépendant, expert dans la gestion des données. Il a été plusieurs années à la tête d’une société informatique qui vendait, notamment, des solutions de sauvegarde Cloud. « Imaginez les conséquences si vous perdez toute votre comptabilité ? Une fausse manipulation et on a vite fait d’effacer un fichier par mégarde. Sans parler des différents cryptovirus et autres ‘‘malwares’’ qui trainent sur le net. La majorité des documents produits doivent donc être en sécurité. Et les bonnes pratiques de base sont les mêmes, peu importe, de fait, la taille de l’entreprise. » Mais stocker pour stocker n’a aucun sens, encore faut-il savoir s’en servir. C’est là qu’intervient le concept de « business intelligence », ou l’utilisation des data dans la prise de décision. Et de nouveau, trop d’informations peut brouiller les décisions. Pour cette raison, les entreprises doivent de plus en plus se doter de nouveaux outils de gestion des données : collecter, trier, nettoyer puis exploiter les données. L’afflux de données requiert de l’espace, ce qui a un coût. Logique, donc, que le « data management » aborde aussi l’aspect de conservation des données, comme celui de leur… suppression. D’après le consultant Brice Goutier, « du point de vue juridique, une entreprise est censée conserver ses données vitales pendant sept ans. Je conseillerais d’adopter une politique d’archivage pour ces données critiques, comme la comptabilité, les rapports, les contrats, ou encore les commandes. On appelle ces données des ‘‘cold data’’. Car elles ne sont plus modifiées et ne doivent normalement plus être traitées ou consultées. Acquérir, traiter et conserver les données représente un défi. Mais s’en séparer aussi ! » Par Bastien Craninx et Frédéric Vandecasserie

Pas tous égaux devant l’infobésité Le seuil de déclenchement de l’infobésité est différent d’une personne à une autre (certains après 10 emails, d’autres après 100). Plusieurs facteurs influeraient sur ce déclenchement : le secteur de l’entreprise et sa taille, la personne, et notamment son sexe (les hommes étant plus sujets à l’infobésité que les femmes), son âge et le poste occupé dans l’entreprise (l’activité internationale et le nombre de collaborateurs étant des facteurs aggravants).

Savoir, c’est pouvoir L’analyse de données peut les aider à comprendre les grandes tendances commerciales ou l’évolution du contexte sectoriel par exemple, c’est la « Business intelligence ». Également connue sous le nom d’« informatique décisionnelle », cette pratique regroupe l’ensemble des outils et méthodes visant à transformer des données éparses en informations pertinentes pour les chefs d’entreprise dans leurs prises de décisions stratégiques.


16 NUMÉRISATION

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Une accélération digitale dans le public Si la crise du coronavirus a porté un coup dur à de nombreux secteurs d’activité du pays, elle a aussi permis d’améliorer ou d’accélérer certains processus qui, par le passé, tardaient à s’implanter. Comme la transformation numérique des services publics.

«L

a crise sanitaire actuelle est triste à de nombreux égards, mais elle a offert un boost au niveau de la technologie et de l’informatisation des pouvoirs publics », explique Nicolas Dupuis, responsable du service informatique chez Innoviris. « Là où l’on disait souvent que le public était un peu à la traîne par rapport au privé, cela a changé la donne. » Institut d’encouragement de la recherche scientifique et de l’innovation de la Région de Bruxelles-Capitale, Innoviris collabore principalement avec les universités, les centres de recherche, les entreprises, les ASBL et tout chercheur ou expert actif dans le domaine de la recherche. « En 2019, j’ai proposé un plan sur quatre ans, destiné à rendre notre institution totalement digitale, à tous points de vue : infrastructures, processus, applications, etc. Nous avions donc déjà commencé à travailler sur tous ces aspects, mais en amenant les choses petit à petit afin de laisser aux gens le temps d’absorber les changements. » Face à la crise, la voie express a subitement supplanté le rythme de croisière. « Nous avons accéléré le processus en mettant beaucoup d’outils en place. Tout s’est très bien passé, mais nous avons un peu péché au niveau de la gestion du changement et de l’appréhension des outils par les agents d’Innoviris », reconnaît l’IT Manager. « D’un côté, c’est favorable d’avoir eu la possibilité de tout mettre en place, d’autant que tous les changements numériques

La période du Covid a favorisé une certaine communauté entre les équipes informatiques et, notamment, entre les IT Managers.

étaient connus et attendus, mais, d’un autre côté, la communication et les formations insuffisantes autour des nouveaux outils ont un peu fatigué les gens qui ont dû les appréhender par eux-mêmes pendant la période du Covid. » Selon Nicolas Dupuis, le contexte sanitaire a permis de nouer des partenariats qui, en d’autres circonstances, n’auraient peut-être pas été possibles ou, du moins, si effectifs. « Il existe beaucoup d’institutions publiques à Bruxelles, grandes et petites. La période du Covid a favorisé une certaine communauté entre les équipes informatiques et, notamment, entre les IT Managers. Nous avons travaillé ensemble sur différentes problématiques, observé comment réagissaient les gens et, en fonction, proposé des solutions. Là où, d’ordinaire, chacun aimait travailler un peu à sa manière de son côté, ici, nous avons vu naître un grand élan d’entraide, tel que je n’en avais jamais perçu auparavant. » À l’heure où l’on prépare l’après-crise sanitaire, les premières interrogations se posent : reviendra-t-on aux fonctionnements antérieurs, conserverat-on les nouveautés en l’état, optera-t-on pour des solutions hybrides ? « Il est difficile de prédire l’avenir, nos décisions découleront notamment des résultats des questionnaires de satisfaction. Les défis, au-delà du retour au bureau, seront les outils que l’on mettra en place pour communiquer encore plus efficacement, en interne, avec nos bénéficiaires, et entre les différentes administrations publiques. »


Accélérer la digitalisation pour une stratégie de sortie COVID-19 La pandémie COVID-19 a vraiment accéléré la digitalisation au sein de notre société. Cette transformation accélérée a toutefois posé de sérieux défis. À l’ère du COVID, nous n’avons pas seulement appris à vivre, à apprendre et à jouer de manière digitale ; la digitalisation s’est imposée également dans l’environnement professionnel. Par nécessité, le télétravail est devenu la norme dans de nombreuses organisations. Ou, comme l’exprime le cabinet de conseil PwC dans ses conclusions d’une enquête mondiale réalisée auprès des directeurs financiers, “La digitalisation est essentielle pour permettre le télétravail, qui deviendra la nouvelle norme, et pour accroître l’efficacité”.

Au-delà de la gestion de crise COVID-19 L’une des principales préoccupations des directeurs financiers interrogés durant la première phase de la crise sanitaire a été d’assurer la continuité opérationnelle. Ils y sont parvenus notamment accélérant la digitalisation d’un certain nombre de processus commerciaux. Et si les directeurs financiers s’occupent aujourd’hui à temps plein d’assurer la survie de l’organisation, leur attention se porte déjà clairement vers la “nouvelle normalité”. Après la gestion immédiate de la crise causée par la première vague, il s’agit d’envisager à présent la stabilisation et la gestion durable de l’entreprise. Ce faisant, ces directeurs financiers ont à nouveau besoin d’une vision de long terme plutôt qu’une approche purement réactive. Lentement mais sûrement, les directeurs financiers osent à nouveau regarder l’avenir, et se tournent vers l’ère post-COVID. En attendant l’arrivée de cette nouvelle ère moins mouvementée, PwC conseille de se concentrer sur la définition d’une stratégie de sortie capable de résister à l’incertitude constante. “En raison de l’évolution incertaine de la pandémie, les entreprises et les économies sont encore à la recherche d’un nouvel équilibre”, note le cabinet de conseil. Les directeurs financiers devront naviguer sur cet océan d’incertitude pour renforcer leur résilience et assurer le succès de leur organisation dans la “nouvelle normalité”. Comment les entreprises peuvent-elles garder une longueur d’avance en ces temps incertains ? La réponse de PwC est claire: une stratégie de sortie cohérente incluant une concentration sur l’accélération de la transformation numérique.

Comment cela se traduit-il dans la pratique ? 1. GESTION PROACTIVE DE LA TRÉSORERIE En temps de crise, il est essentiel de disposer d’informations correctes et rapidement accessibles pour prendre les bonnes décisions en temps voulu. En tant que directeur financier, vous voulez être en mesure d’anticiper une éventuelle pénurie de liquidités. Vous voulez prendre les mesures nécessaires pour assurer un flux de trésorerie stable.

Avec la plate-forme de paiement multibancaire Isabel 6 ou la solution Ponto API, qui vous permet de continuer à travailler avec votre logiciel actuel, vous obtenez un aperçu clair et centralisé de tous vos comptes auprès de toutes vos banques nationales ou internationales. Ainsi, vous pouvez mieux gérer et contrôler vos liquidités et optimiser votre fonds de roulement. Et PwC confirme que cela est essentiel si vous voulez passer à l’étape suivante et mettre en œuvre une stratégie de sortie réussie. Vous serez alors en mesure de “prendre des décisions stratégiques pour augmenter la productivité, réduire les coûts d’exploitation et transformer cette crise en une opportunité”, explique le cabinet de conseil.

2. UNE ADMINISTRATION NUMÉRIQUE Pensez aussi à votre administration. Quels sont les processus qui peuvent être (mieux) numérisés ? La rédaction et la signature des contrats peuvent aujourd’hui se faire de manière entièrement numérique, par exemple avec SignHere. Vous téléchargez le contrat avec un partenaire ou un nouvel employé et permettez à toutes les parties concernées de signer avec itsme®, l’eID belge ou avec un mot de passe à usage unique (OTP). Dans un monde (des affaires) de plus en plus numérique, nous ne pouvons pas nous passer d’une identité numérique sûre et d’une protection optimale contre la fraude numérique. C’est pourquoi nous avons lancé en 2020 la plateforme TruliUs, un passeport numérique sécurisé pour les entreprises. En tant que directeur financier, vous pouvez voir en ligne les mesures prises par votre équipe et confier les mandats appropriés aux bonnes personnes. Enfin, vous pouvez également numériser complètement la chaîne papier de votre facturation. Avec VOILA, nous prenons la tête de la facturation électronique en Belgique.

Principale fintech de Belgique En éliminant les tracas et les frictions des processus financiers, nos clients peuvent effectuer des transactions et collaborer plus efficacement, dans un environnement plus numérique, intégré et de confiance. Ainsi, les organisations peuvent se concentrer sur leur client et leur entreprise. Nos solutions leaders sur le marché - y compris des marques telles qu’Isabel 6, Ibanity, CodaBox, ClearFacts, Ponto, TruliUs, SignHere et Zoomit – tous se concentrer sur la création de valeur commerciale en regroupant, en facilitant et en automatisant l’accès aux paiements, aux documents et aux identités dans l’ensemble de l’offre financière pour les entreprises de toute taille, les cabinets comptables et les institutions financières.

isabelgroup.eu


18 BRAND REPORT • EFP

FOKUS-ONLINE.BE

L’alternance comme début de carrière et d’embauche Trouver le bon profil pour son entreprise peut relever du parcours du combattant, en particulier dans les secteurs où la pratique requiert, plus qu’un diplôme, de l’expérience. Yung-Do Voglaire est coach manager chez Mister Genius, un magasin d’informatique. La solution pour lui ? Engager un collaborateur en alternance.

P

ourquoi vous êtes-vous tourné vers l’alternance ?

« Nous nous sommes rendu compte que lorsqu’on engageait des gens, c’était très difficile. Nous engagions des personnes dont nous nous séparions très rapidement, cela ne fonctionnait pas du tout. En tant que techniciens informatiques, nous avons à faire à deux mondes très différents : la théorie et la pratique. Nous nous sommes dirigés vers le système de formation en alternance proposé par l’efp-sfpme parce que nous voulions une occasion d’avoir un jeune, de pouvoir le former réellement sans avoir à se fier à un diplôme qui souvent ne signifie pas grand-chose dans notre domaine. »

L’alternance est souvent qualifiée comme une situation gagnant-gagnant, qu’en pensez-vous ?

« C’est ce que je dis aux personnes que j’engage sous ce type de contrat, c’est du win-win. Cela veut dire que l’apprenti apprend un métier sur le terrain et découvre le monde du travail. Mais nous aussi nous sommes gagnants, parce que notre but est de former quelqu’un pour le garder à la suite de sa formation. Après le temps de formation, nous avons quelqu’un qui connait nos procédures, nos produits, notre façon de travailler, nos valeurs d’entreprise, etc. Les employeurs

peuvent former un collaborateur avec leur mentalité d’entreprise, et c’est vraiment intéressant pour nous. Nous pouvons aussi évaluer sa motivation : après plusieurs années chez nous, nous savons qu’il est motivé pour rester. » Quelle différence pouvez-vous faire avec une embauche dite « classique » ?

« Il n’y a pas la même pression qu’avec un salarié classique. Lorsque nous engageons quelqu’un qui n’est pas dans le cadre de l’alternance, il y a une sorte de pression parce qu’il doit être très vite rentable. Après un mois dans l’entreprise, ou un

L’efp, centre de formation en alternance à Bruxelles, propose en partenariat avec le sfpme des formations qui combinent la pratique d’un métier en entreprise et évidemment des cours théoriques associés. L’organisme accueille des jeunes apprentis dès l’âge de 15 ans et des adultes pour les former à plus de 80 métiers. Des formations continues sont également proposées pour des personnes ayant déjà un pied dans la vie active.

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mois et demi, si un salarié ne connait pas nos procédures, ou les aspects techniques de notre travail, la situation devient très compliquée. Tandis que lorsqu’on engage un collaborateur en alternance (apprenti), il n’y a plus cette pression, je sais dès le départ à quoi m’attendre, je sais qu’il a trois ans pour apprendre et pas un mois, c’est plus facile. À partir du moment où il passe par ce type de contrat d’apprentissage, il a le temps pour apprendre un métier, et les bonnes personnes pour le lui montrer. L’avantage avec ce type de contrat c’est qu’ils rentrent dans le monde professionnel de façon plus douce. »


#FOKUSIT

CHRONIQUE 19

Dewi Van De Vyver

Talents : trouvez-les et gardez-les ! Alors que nos entreprises se numérisent à toute vitesse, poussées encore un peu plus par cette période de COVID, nous faisons face à un défi de taille : la pénurie de main-d’œuvre des métiers de l’informatique.

L

e nombre de candidats est insuffisant pour répondre aux besoins des entreprises. On peut sans surprise parler de guerre des talents TIC. Et s’engager dans cette guerre implique, pour une compagnie comme Flow Pilots, un investissement de temps et d’efforts considérable. Il est possible bien sûr d’externaliser le recrutement, amenant des profils extrêmement compétents et irréprochables techniquement. Mais dont le mindset ne correspond pas toujours à notre culture d’entreprise, très forte. C’est pourquoi nous considérons que la personnalité est également importante lors de nos sessions de recrutement. Motivation, envie d’apprendre, capacités relationnelles ou encore résilience, autant de soft skills qui feront d’un profil un véritable atout pour l’entreprise. Chez Flow Pilots, se montrer créatif dans la recherche de candidats signifie aussi jouer sur plusieurs tableaux et afficher notre présence dès les bancs de l’école : cours, interventions et stage. Nous souhaitons montrer aux étudiants que nous sommes un acteur du paysage tech aujourd’hui, pour que demain, ils se souviennent de nous. Et pour aller plus loin, nous pensons qu’il est essentiel également d’inspirer cette partie de la population encore trop peu présente dans les domaines technologiques : les femmes. Alors que les métiers se transforment et

Se montrer créatif dans la recherche de candidats signifie jouer sur plusieurs tableaux.

intègrent de plus en plus technologie et informatique au quotidien, elles doivent prendre conscience du rôle qu’elles peuvent jouer. Outre sur les bancs de l’école, il est possible d’encourager les femmes (et les hommes) dans nos propres rangs : en favorisant la mobilité interne. Les avantages sont considérables. Cela permet aux collaborateurs d’exprimer pleinement leur potentiel et d’ajuster leurs compétences et souhaits avec les objectifs de l’entreprise. Partant de là, celle-ci conserve ses talents et s’épargne la charge d’un nouveau processus de recrutement. Mais pour que cette politique fonctionne, encore faut-il former et pousser les équipes : nous encourageons vivement les nôtres à suivre des formations qui les intéressent et débloquons les budgets nécessaires. Nous ne leur demandons d’ailleurs pas un retour sur investissement immédiat, pariant sur le fait qu’ils trouveront comment utiliser leurs nouvelles connaissances quand l’occasion se présentera. Le bien-être des employés de Flow Pilots, qui se sentent soutenus, encouragés et challengés, doit faire partie des priorités. Parce que cela signifie aussi que nos clients seront bien accompagnés. Par Dewi Van De Vyver, CEO de Flow pilot et ICT Woman of the Year 2020


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