C E D OSS I E R E ST P U B L I É PA R S M A RT M E D I A E T N ’ E N GAG E PAS L A R E S P O N SA B I L I T É D E S É D I T E U RS N I D E L A R É DACT I O N D U V I F/ L’ E X P R E SS
DÉC ‘22
ÉNERGIE & ENVIRONNEMENT Aurélie Laurent Vers une société plus juste et plus écologique
Décarbonisation Où en sont nos entreprises ?
Stéphanie Fellen Le bon sens de la circularité
Valerie Trouet
« Nous avons entre les mains tous les outils pour maîtriser le réchauffement climatique. »
En plus sur Fokus-online.be
2 ÉDITO
FOKUS-ONLINE.BE
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CONTENU.
Aurélie Laurent
Les ODD, une boussole utile pour de plus en plus d’entreprises Dans la lignée des précédents résultats des ‘‘Baromètres SDG’’ (Sustainable Development Goals) en Belgique, 30 % des organisations considèrent aujourd’hui les Objectifs de Développement Durable (ODD) comme une source d’information pour leur stratégie de durabilité, avec le climat et le bien être en tête de leurs préoccupations.
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C’est tout l’écosystème économique qui évolue en ce sens. Mais les accusations de ‘‘green ou social washing’’ peuvent nuire à la réputation des entreprises. Il s’agit donc non seulement de s’engager mais aussi d’avoir un impact positif… et d’être en mesure de le prouver ! Les jeunes en particulier demandent des engagements forts, ainsi que de pouvoir s’investir dans des filières porteuses de sens et d’épanouissement personnel. L’économie circulaire prend de l’ampleur : éco-conception, optimisation, réduction de la consommation d’énergie et de matériaux,
Des entreprises plus durables
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Gestion des côuts de l’énergie
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Interview: Valerie Trouet
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Comprendre et mesurer l’ESG
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Des solutions vertes pour des locaux durables
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Les nouveaux modèles énergétiques
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La mobilité douce est-elle une solution ?
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Panel d’experts : Objectif 2035 - 2050
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Smartlist : 4 pistes pour le développement durable
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Chronique : Stéphanie Fellen
ÉQUIPE. COUNTRY MANAGER
CHRISTIAN NIKUNA PEMBA CONTENT DIRECTOR
recyclage, réparation, allongement de la durée de vie des produits, deviennent de plus en plus des réflexes pour les acteurs économiques, et cela d’autant plus dans le contexte géopolitique actuel. Les enjeux environnementaux et sociaux créent donc de nouveaux métiers ou réorientent les métiers existants.
ême si les organisations accordent de plus en plus d’attention à la durabilité, le baromètre indique qu’elles doivent mieux intégrer les ODDs dans les activités de sensibilisation et de formation des collaborateurs, les évaluations de performance et les systèmes de rémunération. Les organisations peuvent en effet accélérer la transition en s’appuyant davantage sur des bonnes pratiques partagées et en coordonnant leurs efforts. Pour utiliser les ODDs en entreprise, il est important de définir sur quels impacts et leviers se concentrer parmi les 17 objectifs définis par les Nations Unies. Ils constituent ainsi une boussole qui permet de vérifier que l’on est sur la bonne trajectoire pour parvenir à la création d’une société plus juste et plus écologique. Les ODDs permettent, en particulier, d’élaborer une stratégie qui allie innovation, agilité et résilience, des atouts essentiels pour garantir la création de valeur et la pérennité de ses activités en ces temps troublés.
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30 % des organisations considèrent les ODD comme une source d’information pour leur stratégie de durabilité.
La crise sanitaire et la crise énergétique ont aussi accéléré l’intégration des enjeux ESG (les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans la stratégie des entreprises. l’examen des critères ESG est de plus en plus minutieux et de nouvelles normes émergent : depuis mai 2021, les entreprises européennes sont dans l’obligation de fournir un rapport sur leurs données extrafinancières. Les critères ESG et les SDGs se rejoignent et se complètent. Chaque entreprise, de là où elle est aujourd’hui, peut contribuer aux SDGs, à son échelle, à partir de son territoire, avec l’ensemble de ses collaborateurs et partenaires.
BRYONY ULYETT ÉQUIPE ÉDITORIALE
CÉLIA BERLEMONT SÉBASTIEN PORCU MARLEEN WALRAVENS BASTIEN CRANINX PHOTO EN COUVERTURE
SANDRA MERMANS IMPRESSION
ROULARTA
SMART MEDIA AGENCY. LEYSSTRAAT 27 2000 ANVERS +32 (0)3 289 19 40 REDACTIE@SMARTMEDIAAGENCY.BE FOKUS-ONLINE.BE/FR
N’oublions pas que les entreprises sont constituées d’êtres qui ont des passions, des valeurs, des perspectives à partager. Participons toutes et tous à une économie humaine, prospère, équitable, respectueuse du monde vivant et des limites de la planète ! Pour vous inspirer, l’UWE recueille régulièrement des témoignages sur le site internet www.sdgs-entreprise.be. Par Aurélie Laurent Experte RSE et Affaires Générales Union Wallonne des Entreprises
Bonne Lecture!
Corentin Borguet Project Manager
Vous comptez faire appel à un intérimaire sur votre lieu de travail ? En tant qu’employeur, vous vous trouvez parfois confronté à des situations inattendues. Votre client vient de commander une grosse livraison et votre travailleur le plus expérimenté se trouve subitement hors circuit pour plusieurs mois pour cause de maladie. La question qui se pose ici est de savoir comment mener cette livraison à bon terme. De plus, vous êtes préoccupé par le fait que plusieurs de vos travailleurs sont employés dans le département concerné et que vous voulez éviter de les mettre au chômage.
Marijke Bruyninckx, directeur P&I
Louer les services d’intérimaires constitue une solution. À cet effet, vous vous adressez à une agence d’intérim.
Le travail intérimaire a connu ces dernières 25 années un énorme essor et est, par conséquent, devenu un acteur important sur le marché de l’emploi. Le Service Central de Prévention pour le Secteur du Travail intérimaire, autrement dit « Prévention et Intérim », questionne chaque année ses membres, à savoir les agences d’intérim, sur les données les plus significatives relatives au travail intérimaire. L’année dernière, les intérimaires ont presté 224,5 millions d’heures dont 61% de travail « manuel » et 39% de travail « intellectuel ». Il s’agit d’un doublement des heures prestées en comparaison de 1998, l’année de création du service central de prévention. En 2021, le secteur de la construction représente 2,96 % de l’emploi du secteur intérimaire en Belgique, soit 6,4 millions d’heures « intérimaires » prestées. En 2021, 115.153 équivalents temps plein (ETP) de travailleurs intérimaires ont été occupés, ce qui correspond à 2,37% de la population active. Un employeur attend d’un intérimaire qu’il soit immédiatement opérationnel en apportant l’expérience nécessaire. En d’autres termes,
vous attendez, en tant qu’employeur, qu’un intérimaire soit « prêt à l’emploi ». Afin qu’une agence d’intérim puisse trouver le candidat idéal, vous serez tenu, en tant qu’employeur, d’assumer votre part de responsabilités. Lors de l’échange d’informations avec l’agence d’intérim, vous devrez, en effet, savoir quelles formation et expérience sont requises pour que l’intérimaire puisse travailler en sécurité, quelles instructions doivent lui être communiquées, quels équipements de protection doivent être portés, etc. Tout ceci dans le but de prévenir des dommages à la santé ou un accident du travail de l’intérimaire lors de sa mission au poste de travail. Cette obligation de l’employeur est clairement reprise dans la réglementation relative au travail intérimaire et son application stricte sera vérifiée lors de l’enquête à la suite d’un accident du travail ou d’un dommage à la santé de l’intérimaire. Au poste de travail, toute une série de risques peuvent être détectés à l’aide d’analyses des risques. Les risques peuvent être de plusieurs natures : purement techniques, liés à la santé ou encore d’ordre psychosocial. Dans le cas où le
poste de travail présente des risques pour la santé, l’employeur mentionne ceux-ci sur la fiche de poste de travail avant de la transmette à l’agence d’intérim. Un médecin du travail procédera à l’examen de la santé préalable des travailleurs intérimaires. Ces derniers pourront être affectés au poste de travail dès qu’ils auront reçu une attestation d’aptitude en rapport avec les risques pour la santé mentionnés sur la fiche de poste de travail. Vous trouverez, en tant qu’employeur, les outils et les informations nécessaires pour utiliser les fiches de poste de travail des intérimaires, sur le site https://www.fichepostedetravail.be/ de « Prévention et Intérim ». Les risques psychosociaux au travail influencent également la sécurité et la santé des intérimaires lors de leur mission au poste de travail. Un intérimaire peut ,dans certains cas, se sentir en danger au poste de travail pour diverses raisons telles que de ne pas se sentir accepté par les travailleurs permanents, des cadences de travail trop élevées, des tâches peu claires, etc. Quelques-uns de ces risques psychosociaux étaient sans doute déjà présents à ce poste de travail et avaient déjà vraisemblablement un impact sur les travailleurs permanents. L’employeur doit également prévenir ces risques avec l’assistance de ses services de prévention. Les employeurs qui garantissent un lieu de travail sûr et sain pour leurs travailleurs en font aussi bénéficier l’intérimaire dont ils louent temporairement les services.
4 DES ENTREPRISES PLUS DURABLES
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La transition énergétique : le remède miracle face aux crises ? S’adapter pour survivre, repenser sa manière de fonctionner, envisager son avenir de façon pérenne : les enjeux auxquels font face les entreprises sont nombreux face aux défis climatiques et à la crise énergétique.
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sur 6m de hauteur, et quand elles restent ouvertes, elles provoquent d’importantes pertes de chaleur », détaille Bastien Wauters, Responsable Commercial.
l est grand temps pour les entreprises de se tourner vers un “business model” durable et de concevoir des stratégies sur le long terme combinant à la fois écologie, équité, transparence et gain d’énergie. Les crises que nous traversons, qu’elles soient sanitaires, écologiques ou encore socio-économiques, sont autant de rappels de la nécessité de la transition énergétique. Pour Fawaz Al Bitar, Directeur Général d’EDORA (fédération des énergies renouvelables), il faut l’envisager de manière réfléchie. « Nous devons booster le développement des énergies renouvelables et penser au bouquet énergétique de demain. Il faut développer ces filières de manière concomitante car elles sont complémentaires. Vous n’allez pas réussir à garantir notre approvisionnement grâce à une seule technologie. L’éolien et le photovoltaïque sont météorologiquement complémentaires, tandis que la biomasse et l’hydroélectricité sont, par essence, contrôlables car elles ne dépendent pas de la météo. » En outre, nous devons développer notre capacité de stockage et de gestion de la demande. Al Bitar recommande la création d’un réel “marché de la flexibilité” incitatif. Couplé à une approche tarifaire encourageant la flexibilité, il récompenserait les entreprises vertueuses qui ne font pas fonctionner leurs machines aux heures de pointe de la consommation. Chez Plastics Wauters, entreprise spécialisée dans la vente de matériaux de construction et de rénovation à base de matières plastiques, on a pour ambition d’atteindre zéro émission de carbone grâce à un nouveau siège social qui sera inauguré en 2025 à Gosselies. « Notre bâtiment sera équipé d’environ 1.500m² de panneaux photovoltaïques. Les bureaux et une partie des pièces réservées au stockage vont être chauffés grâce à des pompes à chaleur. Nous souhaitons également trouver des solutions logistiques pour permettre l’automatisation de nos portes. En effet, elles font 4m de large
Recourir aux innovations est indispensable. Le BIPV, à savoir les modules photovoltaïques intégrés aux bâtiments (fenêtres, façades, tuiles), constitue un pas supplémentaire dans la bonne direction. La Tour des finances de Liège ou encore le site de Tour & Taxis à Bruxelles, en sont des exemples concrets. La domotique peut également nous aider à atteindre des objectifs qui ne reposeraient pas uniquement sur la sobriété énergétique. Le DG d’Edora prône “un décloisonnement des secteurs et une interconnectivité des différentes sources d’énergie permettant aux entreprises de devenir énergétiquement plus indépendantes.” Combiner des panneaux solaires avec une pompe à chaleur s’avèrerait donc plus intéressant et performant.
Changer, c’est faire preuve de bon sens, car l’écologie est un enjeu important en soi, mais également primordial économiquement parlant pour les entreprises. — Bastien Wauters, responsable commercial chez Plastics Wauters
Plastics Wauters n’a pas hésité à prendre des initiatives. Par exemple, avec l’installation de capteurs pour ses lumières intelligentes sur le site de Marcinelle. « Elles ne s’allument que lorsque quelqu’un travaille dans le magasin. Cela nous permet de ne pas éclairer les 8.000m² de notre site toute la journée », explique Bastien Wauters. Un changement évident pour l’entreprise qui estime « avoir fait preuve de bon sens car l’écologie est un enjeu important en soi, mais également primordial économiquement parlant pour les entreprises. » Il ne fait aucun doute que la transition énergétique est une réponse concrète aux enjeux actuels. « C’est un secteur à très haute valeur ajoutée qui participe à l’enrichissement du pays. Il tire véritablement le PIB vers le haut », conclut Al Bitar.
Par Sébastien Porcu
#FOKUSENERGIE
SERVICE PUBLIC DE WALLONIE • BRAND REPORT 5
Les entreprises au cœur de la crise énergétique En Belgique, les entreprises sont responsables d’un tiers des émissions de CO2. Face à la crise climatique et énergétique actuelle, il devient crucial qu’elles revoient leur mode de fonctionnement et agissent simultanément sur le court et le long terme. Qu’est-ce qui est mis en place en Wallonie ?
À
l’horizon 2030, la Belgique se classe en 5ème position des pays les plus performants en matière de développement durable. Mais cela ne signifie pas pour autant que nos efforts en matière d’énergie et climat suffisent. Atteindre nos engagements 2020 pour la contribution aux objectifs 3*20% européens a d’ailleurs relevé du challenge ! Pour rappel, cet objectif européen se décline différemment par état membre. Ainsi, pour la Belgique, il consistait à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, à améliorer de 18% l’efficacité énergétique et de porter à 13% la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique. « Ces objectifs n’ont pas été accomplis facilement. La part de renouvelable a été atteinte grâce à l’achat de quotas à l’étranger, et malgré la forte baisse de consommation liée à l’arrêt d’activités en 2020, nous n’avons pas atteint la cible en consommation d’énergie finale » précise Valérie Pevenage, attachée, experte en efficacité énergétique au SPW. Avec l’arrivée de la législation européenne “Fit for 55” visant 55% de réduction des émissions à l’horizon 2030, 40% de réduction de la consommation et une part de renouvelable de 40% également, les contributions devront être d’une ampleur bien plus importante pour 2030… Comment atteindre ces objectifs ? « Pour le court terme, le comportemental est la seule solution. À moyen et plus long terme, investir dans des équipements et des bâtiments performants pour réduire nos besoins ainsi que dans le renouvelable est indispensable. Les pouvoirs publics se sont d’ailleurs dernièrement engagés en mettant en place diverses actions. Par exemple, en éteignant les éclairages la nuit sur les autoroutes, en investissant dans le photovoltaïque sur les bâtiments publics et dans certaines villes, en diminuant la température moyenne dans les bureaux. » explique Valérie Pevenage.
Pour le court terme, le comportemental est la seule solution. À moyen et plus long terme, investir dans des équipements et des bâtiments performants pour réduire nos besoins ainsi que dans le renouvelable est indispensable. Les entreprises sont inévitablement également concernées, puisqu’elles sont responsables d’un tiers des émissions de CO2. Et l’augmentation des factures d’énergie les pousse à davantage s’impliquer. Dès lors, comment peuvent-elles agir pour réduire leur facture et contribuer aux objectifs ? « La première étape est de réfléchir à leurs besoins en énergie en faisant le point sur quand et comment elles consomment. L’objectif est de réduire la consommation énergétique là où elle n’est pas toujours nécessaire et d’apprendre à consommer mieux. » détaille Valérie Pevenage. Pour ce faire, des gestes quotidiens peuvent être adoptés, comme éteindre les lumières des vitrines durant la nuit, diminuer la température des locaux ou fermer les portes des commerces. Pour aller plus loin, les entreprises peuvent également obtenir des aides telles que la venue d’un facilitateur pour les accompagner dans les solutions et financements à leur portée. En Wallonie, les PME bénéficient de subvention de 75% pour réaliser un audit. Les grandes entreprises, elles, ont l’obligation légale d’en effectuer un tous les 4 ans. « Il permet de les informer sur
les sources potentielles d’amélioration et de réduction de la facture et sur les investissements à prioriser », précise Valérie Pevenage. Il s’agit donc d’un outil réellement utile pour les entreprises désireuses d’améliorer leur consommation et d’augmenter leur rendement. Elles peuvent aussi bénéficier de subventions et d’aides au financement, pour autant qu’elles présentent un plan d’action sur le long terme. En conclusion, malgré les efforts déjà opérés par certaines entreprises et leur motivation à lutter contre la crise énergétique grâce aux aides octroyées, elles doivent prendre des mesures plus structurelles et agir sur le long terme.
Chacun peut contribuer à faire diminuer la consommation d’énergie fossile de la Wallonie grâce à une utilisation rationnelle de l’énergie et au recours aux sources d’énergie renouvelables. Le SPW Énergie participe à la définition et au développement des politiques dans ces matières et coordonne les actions menées pour encourager les bonnes pratiques, aussi bien dans le secteur résidentiel que dans l’industrie et le tertiaire. Le soutien à la recherche et à l’innovation vise aussi à réduire la consommation d’énergie et à développer à moindre coût le recours aux sources d’énergie alternatives. Le SPW Énergie veille par ailleurs à la bonne organisation des marchés régionaux de l’énergie. Pour plus d’info sur les aides disponibles : jediminuemafacture.be, section « je suis une entreprise ».
Valérie Pevenage Attachée, experte en efficacité énergétique
6 GESTION DES COÛTS
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Hold-up énergétique : comment limiter la casse ? Face à la crise, réduire sa consommation, et par conséquent sa facture, est devenu une priorité. En attente de mesures à la hauteur de l’ampleur du problème, comment faire face à cette hausse des prix sans précédent ? Consommation personnelle Vous êtes en télétravail plusieurs jours par semaine et souhaitez agir pour ne pas alourdir votre facture énergétique ? Envisagez de réaménager votre espace de travail dans une pièce exposée au sud et bénéficiant ainsi de la chaleur naturelle du soleil. Pour vos multiples appareils électroniques, optez pour l’acquisition d’une prise de courant ou bloc multiprise avec bouton on/off afin de les éteindre tous ensemblet et d’éviter ainsi toute perte énergétique.
Électrification Dans les foyers comme dans les entreprises, anticiper une future crise énergétique passera par un shift important, celui de l’électrification. Dans le bâti, ce shift se traduira par l’installation de systèmes de chauffage électrifiés (pompes à chaleur) à très haut niveau d’efficacité énergétique. En matière de mobilité, l’électrification des véhicules est en marche et sera d’application pour tous les véhicules d’entreprise dès 2026.
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our comprendre l’ impact de la crise énérgétique et les solutions à y apporter, il est essentiel de reprendre le problème à la racine et d’apporter des éléments de contexte susceptibles de comprendre la variation des prix que nous connaissons aujourd’hui. « Historiquement, les prix de l’énergie ont toujours été plus bas en Belgique que chez nos voisins néerlandais et allemands. De ce fait, ceux-ci ont dû s’adapter, baisser leur consommation et anticiper la rénovation du bâti afin d’améliorer leurs performances énergétiques. Chez nous, l’impact de ces prix extrêmement volatiles et élevés est une nouveauté qui met tous les usagers en grandes difficultés. Cette crise est une crise de l’offre sur le marché du gaz. Nous devons donc impérativement maîtriser la demande d’électricité et de gaz pour faire pression sur les prix », explique Stéphane Bocqué, porte-parole de la fédération belge des entreprises électriques et gazières (FEBEG). Pour ce faire, la première mesure à prendre consiste à définir son profil de consommation et à adopter la sobriété énergétique solidaire, un effort d’économie collectif visant à réduire la consommation là où cela peut être envisagé. De cette manière, citoyens et entreprises participent ensemble à la
La sobriété énergétique solidaire, c’est lorsque les plus forts font la plus grande partie de l’effort, pas les plus faibles. — Stéphane Bocqué, porte-parole de la FEBEG
préservation des stocks et à la diminution de la demande, faisant ainsi pression sur les prix de gros. Après tout, l’énergie la plus durable - et la moins chère - est celle que vous ne consommez pas. Jusqu’à il y a peu, ménages et entreprises belges bénéficiaient de tarifs énergétiques attractifs avec un prix de gros à un niveau aussi bas que 25 euros/MWh pour le gaz. Désormais, celui-ci s’élève à 150 euros/MWh. L’heure est donc au bilan énergétique global. Et si pour Damien Ernst, professeur à l’Université de Liège, « planifier sa
consommation et agir pour limiter l’étranglement passera par la préparation de l’après-crise », envisager des mesures de rénovation visant à agir sur l’efficience énergétique des bâtiments sera une seconde action incontournable. Cette hausse des prix lance un signal d’action et d’investissement très fort pour des mesures plus structurelles en vue de consommer moins d’énergie, et éventuellement de l’auto produire. Jamais les investissements en autoproduction d’énergie renouvelable et en mesure d’efficacité énergétique n’ont été aussi rentables qu’aujourd’hui, tant pour les ménages que pour les entreprises. En vue de sortir de la crise énergétique, agir sans délai, investir et réduire notre consommation dès maintenant seront donc les maîtres-mots. Existe-t-il une solution à l’échelle nationale ? Pour Damien Ernst, elle rejoint la même problématique, « le meilleur moyen d’être préparé est de mettre en place une stratégie où le prix du gaz est réduit, mais n’atteint plus les seuils très bas d’avant-crise. Avec un prix “moyen” du gaz, de 75 euros/MWh par exemple, un schéma de taxation (tax shift) pourrait voir le jour et promouvoir des incitants et aides mettant en avant l’investissement énergétique. Pour limiter la casse, il faut réduire sa consommation et penser à demain. » Par Célia Berlemont
#FOKUSENERGIE
TECHLINK • BRAND REPORT 7
Rénovation du bâtiment : 2030, c’est maintenant Face au réchauffement climatique et à la crise des ressources énergétiques, changer nos modes de production d’énergie et améliorer les performances de nos foyers devient de plus en plus indispensable.
À
l’heure où « la facture énergétique belge est l’une des plus élevées d’Europe », comme l’affirme la Ministre fédérale de l’Énergie Tinne Van der Straeten, tirer la sonnette d’alarme n’est pas suffisant. Et si l’accord européen bien connu sous le nom de “Green Deal” officialise bien l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 (-55 %), le caractère urgent de cette transition écologique, cumulé à l’inflation des prix énergétiques, a de quoi effrayer. Cette transition est-elle réaliste et peut-elle être implémentée au niveau du parc immobilier belge ? Oui et non, en fait. On vous explique. Oui, la transition énergétique du bâtiment peut être envisagée de manière abordable, sans devoir casser la tirelire de plusieurs générations. D’abord parce que 2030 c’est quasi aujourd’hui et qu’il est donc impératif de s’y mettre. Ensuite, parce qu’il n’est pas obligatoire de réaliser toutes ces améliorations en une seule opération. Pour autant, non, cette transition ne sera ni gratuite ni simple. Car l’investissement dans les énergies renouvelables et dans des technologies performantes a un coût. Cependant, sans cet investissement, il sera impossible de garantir l’autonomie énergétique du bâti. Est-ce inaccessible ? Non plus. Sur base des prix de l’énergie actuelle, c’est même plutôt le contraire, les investissements énergétiques seront rentabilisés sur une plus courte durée. Pour Eric Piers, CEO de Techlink, il est évident que la vague de rénovations à grande échelle et durables du parc immobilier belge ne sera pas une mince affaire. Elle n’en reste pas moins obligatoire. « L’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas. Dans la région de Bruxelles-Capitale, le constat est sans appel : 85% du parc immobilier date d’avant 1960 et 30% de ces bâtiments ne sont pas correctement isolés. Il est donc clair que le défi à relever est considérable. »
Aujourd’hui, 40 % de la consommation d’énergie et 36 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent du bâtiment. Dans ce contexte écologique et économique du Green Deal, les systèmes énergétiques et les installations innovantes seront déterminants. « Aujourd’hui, 40 % de la consommation d’énergie et 36% des émissions de gaz à effet de serre proviennent du bâtiment », préciset-il. À la maison ou au bureau, la technologie se met au service d’un bâti intelligent dont les performances sont grandement améliorées. Pour contribuer à bâtir le futur de la transition énergétique et à l’installer durablement, il est alors crucial de miser sur l’information et la sensibilisation à la rénovation de nos habitations. « Nous formons un écosystème regroupant les acteurs du secteur des installations multifonctionnelles. À savoir, les importateurs, distributeurs, fabricants, revendeurs, installateurs et entreprises actives dans la maintenance technique et la gestion de l’énergie. Ensemble, nous devons être à la base du progrès, sans nous limiter à sa simple exécution. Nous devons regarder au-delà et jouer un rôle actif pour stimuler la demande dans cette nouvelle réalité énergétique et assurer que les clients soient conseillés par leurs installateurs. »
Techlink « Linking Techniques » est la fédération professionnelle belge des fabricants, distributeurs, installateurs et entreprises actives dans le domaine de la maintenance technique et de la gestion de l’énergie au sein de l’écosystème des installations multifonctionnelles. Association unique en Europe, Techlink traduit les politiques européennes, nationales et locales en directives pratiques pour tous les acteurs de l’écosystème afin d’assurer une collaboration essentielle face aux défis qui attendent le secteur.
Vous vous posez des questions sur les prix, mais aussi sur quel type de pompe à chaleur choisir ? Comment évaluer le nombre idéal de panneaux photovoltaïques ou encore savoir si la géothermie est envisageable ? Vous n’êtes pas seul.e dans le cas. Contribuer à la diminution des émissions polluantes, c’est-à-dire à la décarbonisation, et comprendre les mesures à mettre en place chez soi pour une consommation plus économique n’est pas de tout repos. « Le prix de l’énergie est tel que l’époque où les particuliers et entreprises abordaient les installations sous un seul angle, en n’installant qu’un appareil à la fois, est révolue », assure Eric Piers. En véritable moteur de la société, ces systèmes et installations innovantes permettent non seulement l’approvisionnement en énergie et en eau de l’immobilier résidentiel, tertiaire, industriel et mixte, mais surtout la gestion écologique et économique de nos ressources. Dès lors, si l’on ne devait retenir qu’un seul fait, ce serait celui-ci : le défi climatique, économique et social auquel nous faisons face impose le coup d’envoi d’une rénovation impérative du parc immobilier belge. Et cette révolution laisse augurer un énorme impact sur les systèmes énergétiques et le secteur des installations multifonctionnelles. D’ailleurs, n’oublions pas de le signaler, qui dit croissance de la demande, certes durable, dit également pléthore de postes à pourvoir… et ça, c’est aussi une excellente nouvelle ! Eric Piers CEO
8 BRAND REPORT • SPRIMOGLASS
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L’influence du vitrage sur l’énergie et l’isolation du bâtiment À l’heure d’une transition écologique indispensable et d’une course globale vers la neutralité carbone, la recherche d’économie énergétique bat son plein. Et pour y parvenir, il convient de ne pas lésiner sur les efforts en envisageant tous les angles possibles.
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n Belgique, la rénovation énergétique du parc immobilier existant, soit toutes les transformations visant à réduire la consommation d’énergie d’un bâtiment, s’inscrit dans les priorités et principaux défis de cette transition durable et est au cœur d’une stratégie à long terme. Et en matière d’efficacité énergétique des bâtiments, entreprendre des travaux afin d’améliorer les performances de son habitation s’articule autour de 3 grands axes : le système de chauffage, l’isolation et la ventilation. De manière générale, l’isolation et le chauffage vont de pair. Car rien ne sert d’équiper votre habitation d’une chaudière dernier cri si ses prestations isolantes sont insatisfaisantes. Logique, nous direz-vous ! Si l’isolation du toit, qui permet de réduire les déperditions thermiques jusqu’à 30%, est une initiative répandue afin de réduire sa consommation d’énergie, l’isolation des murs, du plancher, mais aussi du vitrage doivent également faire l’objet d’une attention particulière. Oui, vous l’avez bien lu, le vitrage a une réelle influence sur l’économie énergétique, l’isolation du bâtiment et le bien-être à la maison. Car en cas de mauvaise isolation, les fenêtres peuvent laisser s’échapper entre 10 et 15% de la chaleur présente au sein du logement, soit des déperditions thermiques conséquentes. Votre habitation est principalement équipée de doubles vitrages, et ce, depuis 15 ans ? Ce point n’est pas pour autant à rayer de votre checklist énergétique ! En effet, comme de nombreux matériaux de construction, les performances des vitrages bénéficient régulièrement de nouvelles évolutions. Pour Laure Gardier, chief commercial officer chez Sprimoglass, il est primordial de souligner que « la qualité isolante du double vitrage placé en 2007 n’est pas la même
La qualité isolante du double vitrage placé en 2007 n’est pas la même que celui installé en 2021. Au même titre qu’elle ne sera pas aussi performante que ce qui pourra être proposé en 2030 ! que celui installé en 2021. Au même titre qu’elle ne sera pas aussi performante que ce qui pourra être proposé en 2030 ! Sans évaluation des performances de son vitrage, on passe à côté d’un élément permettant de faire baisser sa facture énergétique, mais aussi d’offrir un bien-être et un confort optimal tant thermiquement qu’acoustiquement. » Vous souhaitez connaître les performances de vos fenêtres ? Il existe un coefficient thermique pour mesurer la quantité d’énergie perdue entre le vitrage intérieur et le vitrage extérieur (sans le cadre de la fenêtre) : le coefficient Ug exprimé en W/m²K (watt par mètre carré-kelvin). « Plus cet indicateur de performance est faible, plus la vitre offrira une meilleure isolation thermique. En moyenne, un double vitrage, soit un vitrage composé de deux feuilles de verre séparées par un espace rempli de gaz, présente un coefficient Ug de 1.0 W/m²K, alors qu’un triple vitrage peut atteindre
Sprimoglass une entreprise 100% belge active dans la transformation du verre plat depuis plus de 125 ans. Une valeur sûre dans l’industrie, l‘entreprise a pour mission de répondre aux besoins de ses clients professionnels en leur proposant des services de qualité et des solutions techniques adaptées. En cherchant constamment à innover, Sprimoglass s’est établi en tant que leader du marché et a connu une forte croissance ces dernières années.
un coefficient entre 0.8 et 0.5 W/m²K. » Et si ces indicateurs peuvent vous sembler abstraits, Laure Gardier décrit la chose de manière simple : « mesurer les performances de son vitrage, c’est connaître le niveau de conservation de sa chaleur intérieure en hiver, et de fraîcheur, en été. Ce qui engendre de gros coûts énergétiques et peut être résolu soit par une simple rénovation du vitrage, soit par un remplacement complet du vitrage et de son châssis. » Parallèlement, évaluer la qualité isolante de ses fenêtres, c’est aussi prendre le temps de réfléchir à l’orientation de cellesci dans la maison (ou l’appartement). « Le vitrage a une réelle incidence sur la diffusion de la lumière naturelle et la conservation de la chaleur. Votre façade avant, composée de vos pièces de vie principales, est orientée sud alors que vos chambres situées à l’arrière sont orientées nord ? Il existe des solutions adaptées à l’exposition de chaque pièce. Dès lors, pensez à répondre aux différents besoins de lumière naturelle de ces espaces en optant pour un vitrage distinct à l’avant et à l’arrière. Une personnalisation du vitrage qui reste esthétiquement cohérente et plus économique sur le long terme. » Grâce à son rôle énergétique, acoustique et essentiel au confort visuel (lumière naturelle) et thermique (courants d’air devant les fenêtres), l’enjeu du vitrage est multiple. Pour éviter les déperditions thermiques et optimiser votre bienêtre à la maison, une bonne pratique consiste donc à auditer les performances de vos fenêtres tous les 10-15 ans.
Laure Gardier Chief commercial officer chez Sprimoglass
#FOKUSENERGIE
RENOWATT • BRAND REPORT 9
La grande rénovation des bâtiments publics est lancée Rénover mieux, plus vite et plus de bâtiments publics pour les rendre plus énergétiquement efficaces, voici le chantier monumental auquel doit s’atteler la Belgique face à la crise énergétique, écologique et l’augmentation des prix.
E
t si la majorité du parc immobilier public belge a été érigé avant 1945, le constat est fondamentalement identique du nord au sud du pays, leur vétusté a un coût élevé. Pour autant, ce bilan ne s’applique pas qu’à nos bâtiments publics, il s’étend au secteur résidentiel ainsi qu’à l’ensemble du parc immobilier européen. C’est pourquoi, pour Salma Lasri, directrice de la centrale d’achats RenoWatt, l’enjeu que représentent la rénovation énergétique et l’importance d’inciter les acteurs publics à rénover leurs bâtiments est de taille. Des villes aux communes en passant par les provinces, sociétés de logements sociaux, CPAS, hôpitaux, zones de police, et j’en passe, cette mission s’inscrit tant dans le cadre des objectifs de décarbonisation fixés par l’Union européenne que dans un souhait de réduction des factures énergétiques. « Au travers d’un accompagnement neutre, gratuit et personnalisé, nous coordonnons les étapes indispensables de la rénovation pour réduire l’impact environnemental des bâtiments publics et ainsi contribuer à construire un monde durable. » Pour ce faire, la première démarche consiste à diagnostiquer l’état général de chaque bâtiment, ses usages, pathologies et consommations énergétiques. « Nous traitons tous les composants des bâtiments ayant un impact sur leur consommation énergétique, à savoir, l’enveloppe et les systèmes. De même, le recours aux énergies renouvelables s’impose comme solution naturelle de réduction de la facture énergétique » souligne Salma Lasri. Rien que pour sa phase actuelle (entre 2018 et 2022), le projet a permis la rénovation de 454 000 m2 pour un montant total d’investissement s’élevant à plus de 214 millions d’euros. Une performance dont la portée sera amplifiée au-delà de la phase actuelle puisque la Wallonie a récemment opté pour une prolongation de 4 ans de la mission menée par RenoWatt, soit jusqu’en 2026.
Le recours aux énergies renouvelables s’impose comme solution naturelle de réduction de la facture énergétique. En route vers une transition énergétique accélérée, le succès de cette mission repose sur deux formules innovantes : le contrat de performance énergétique (CPE), et le pooling, c’est-à-dire la technique de l’allotissement. « En réunissant les entités publiques, nous sommes en mesure de créer des parts de marché plus intéressantes qui leur permettent de bénéficier d’économies d’échelle. Grâce au CPE, un accord contractuel entre le bénéficiaire et le maître d’œuvre visant à améliorer l’efficacité énergétique, vérifiée et surveillée pendant toute la durée du contrat, les entités publiques parviennent à diminuer leur consommation d’énergie à long terme. » Par exemple, la rénovation énergétique d’une maison de repos, pour un montant investi de 1,1 millions euros de travaux, permettrait de diminuer son impact CO2 de 61 % et de réaliser 218 000 euros d’économies annuelles sur base des prix actuels de l’énergie, soit un investissement rendu rentable en moins de 20 ans. Là où cet effet wagon offre les mêmes avantages à tous les acteurs publics impliqués, et ce, peu importe leur taille, la rénovation permet également d’améliorer le confort des utilisateurs, de renforcer le tissu économique en sollicitant des intervenants locaux.
De la sélection des bâtiments à la mise en œuvre du chantier et au lancement des procédures de marché public, RenoWatt est une centrale d’achat, une mission déléguée soutenue par la Région wallonne pour accompagner gratuitement l’ensemble des entités publiques dans leurs projets de rénovation. À leurs côtés, RenoWatt coordonne les différentes étapes en apportant une solution clé sur porte et en rendant l’ouverture des adhésions accessibles à tous les pouvoirs publics.
« Depuis son extension à l’ensemble du territoire wallon en 2018, RenoWatt s’est révélé être un véritable facilitateur régional pour atteindre la neutralité carbone et a connu un franc succès par l’adhésion d’une centaine de pouvoirs publics. C’est pourquoi le Gouvernement nous a renouvelé sa confiance en juin 2022 afin de l’aider à accélérer la rénovation énergétique des bâtiments publics. En effet, la Région, qui finance maintenant la mission à 100%, souhaite atteindre un taux de rénovation annuel de 3% et compte sur l’expertise de RenoWatt renforcée par les enseignements tirés du terrain pour réaliser la moitié de ce chiffre. Concrètement, cela représente une surface chauffée totale de plus de 500.000 m², et surtout, une économie de 13.350 t eq CO2 par an ! » clôture Olivier Bouchat, Vice-président de la Société Régionale d’Investissement de Wallonie qui chapeaute la mission déléguée menée par RenoWatt. Offerte gratuitement à tous les pouvoirs publics belges, le succès rencontré par la grande rénovation est à la hauteur des besoins du parc immobilier belge. Et une chose est sûre, pour un avenir meilleur et plus durable, tous les efforts seront nécessaires.
Salma Lasri Directrice Renowatt
Olivier Bouchat Vice-président de la Société Régionale d’Investissement de Wallonie
10 INTERVIEW
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Valerie Trouet
« La Belgique dispose de climatologues de classe mondiale »
Le Centre belge d’expertise sur le climat sera lancé en 2023 et aura pour objectif de coordonner la recherche scientifique et l’expertise sur le climat. Valerie Trouet, mondialement connue pour ses recherches en qualité de dendroclimatologue, en assurera la direction scientifique.
Par Marleen Walravens Photo Sandra Mermans
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INTERVIEW 11
P
rofesseur de dendrochronologie à l’Université d’Arizona (Tucson), Valerie Trouet a fait œuvre de pionnier en étudiant le climat du passé au départ des cernes annuels des arbres. En Flandre, elle est connue pour son livre Wat bomen ons vertellen (Tree Story), qui raconte ce que les arbres et leurs cernes peuvent nous dire sur le climat. Valerie Trouet y retrace l’histoire climatique de la Terre, explique les liens entre climat, écosystèmes et sociétés, et nous donne un aperçu de la problématique climatique actuelle. Après 18 ans passés en Amérique, vous rentrez en Belgique pour diriger le centre fédéral Climat. Quelles sont vos attentes ? « Le centre fédéral Climat est appelé à être une institution scientifique. La Belgique dispose de climatologues de classe mondiale, mais le domaine est relativement fragmenté. La mission première du Centre est de mettre en place un processus de coopération et de coordination et d’élaborer une stratégie grâce à laquelle nous pourrons offrir des services en matière de climat aux gouvernements et aux entreprises. L’objectif est de présenter les dernières informations scientifiques aux différents gouvernements, entreprises et ONG afin que toutes les parties concernées coopèrent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et prévenir ainsi le renforcement du réchauffement climatique. Un autre aspect nécessite un travail d’urgence en Belgique : l’adaptation de la société à ce climat évolutif. » De quelles adaptations est-il question ? « La situation climatique est grave. La planète va connaître de plus en plus de catastrophes naturelles et de phénomènes météorologiques extrêmes. La situation est irréversible et affectera tout le monde. Nous pouvons par contre empêcher que la situation ne s’aggrave plus encore, mais cela nécessitera des mesures radicales. L’énergie verte va devoir remplacer les combustibles fossiles. Cette transition est en marche, mais elle prendra du temps. Installer des panneaux solaires et des pompes à chaleur, remplacer les voitures à essence... une fois que le mouvement sera initié, les entreprises et les gouvernements suivront avec les investissements et tout deviendra plus accessible pour les citoyens. Mais cela va bien plus loin que cela. Nous devons réfléchir à la manière dont nous allons nous préparer à la nouvelle donne climatique et dont nous nous armerons contre le changement climatique. Comment allons-nous adapter notre agriculture ? Quid de notre approvisionnement en eau ? Comment ferons-nous face à l’élévation du niveau de la mer ? Ce sont là de grandes questions et des changements d’importance que nous ne pouvons pas implémenter en tant qu’individus. » De votre point de vue, quel sera votre principal défi à la tête du Centre ? « Je veux contribuer à trouver des solutions concrètes et efficaces aux problèmes climatiques. Il existe une grande différence entre les préoccupations climatiques des citoyens et la bonne volonté des communautés d’une part, et ce que les gouvernements entreprennent pour y
Nous devons réfléchir à la manière dont nous allons nous armer contre le changement climatique.
répondre, d’autre part. Les initiatives prises par les autorités pour lutter contre le réchauffement climatique ne sont pas à la hauteur des aspirations de la population. Mon ambition est d’y remédier, de réduire ce fossé entre les préoccupations des citoyens et la manière dont elles se reflètent dans la politique. Je veux aussi donner la parole à nos climatologues belges et j’espère pour cela pouvoir compter sur une bonne coopération avec les médias. » Pour vous, à quelles conditions votre mission sera-t-elle réussie à la tête du centre fédéral Climat ? « Eh bien, aux États-Unis, il y a la NOAA, la ‘‘National Oceanic and Atmospheric Administration’’. Il s’agit d’un institut similaire où sont menées des recherches de pointe et qui, au niveau national, est une voix très écoutée dans le débat sur le climat. Faire du Centre Climat le NOAA de la Belgique et de l’UE, apporter à cet institut scientifique une image positive et une bonne réputation et ainsi gagner en crédibilité et en confiance auprès des citoyens contribuera certainement à la réussite de ma mission. » Sur la base de vos découvertes dendrochronologiques, pouvez-vous déterminer à quoi ressemblera le climat dans vingt ou cinquante ans ? « Le réchauffement global de 1,1 °C que connaît actuellement la planète et que nous avons enregistré depuis le début des mesures est un phénomène sans précédent. Au cours des 2 000 dernières années, nous n’avons rien vu de semblable à ce qui se passe actuellement en termes de climat. Les niveaux de dioxyde de carbone n’ont jamais été aussi élevés depuis 800 000 ans. Nous sommes sûrs que le réchauffement va se poursuivre, mais son ampleur dépend de ce que nous allons entreprendre en tant que société humaine. Nous avons tous les outils en mains et ça, c’est un point positif. Si nous devions nous contenter de regarder et subir, ce serait vraiment terrifiant. En ce qui concerne le réchauffement climatique de 2 °C, il s’agit de la moyenne annuelle pour la planète tout entière - océans, terres, tropiques et pôles compris. Cette moyenne ne masquera pas les extrêmes. Les vagues
de chaleur, les inondations, les sécheresses et les ouragans gagneront en fréquence et le ralentissement du jet-stream nous maintiendra aussi plus longtemps dans le même type de temps. » Vous ne rêviez certainement pas de devenir dendrochronologue quand vous étiez petite fille... « Non, pas du tout. Quand j’avais douze ans, j’ai demandé à mon père quelles étaient les études les plus difficiles. Il m’a répondu que c’était ingénieur civil, mais cette voie ne m’intéressait pas vraiment. Par la suite, j’ai voulu devenir journaliste ou actrice. Lorsque j’ai entendu parler pour la première fois du réchauffement climatique au cours de géographie, en quatrième ou cinquième secondaire, cela m’a fait l’effet d’une bombe. À partir de là, mon intérêt pour le climat n’a fait que s’amplifier et j’ai entamé des études de bioingénieur. Pour mon mémoire de master, j’ai voulu choisir un thème qui traitait du climat et voyager à l’étranger. Un seul sujet répondait à ces conditions : la dendroclimatologie en Tanzanie. Je n’avais jamais entendu parler de cette discipline professionnelle, mais je me suis lancée. C’est ainsi qu’est née ma passion pour les cernes annuels des arbres. »
Qu’est-ce que la dendrochronologie ? La dendrochronologie est la discipline scientifique qui étudie les cernes annuels des arbres. Cette technique de datation en sciences naturelles se base sur la variation annuelle des anneaux de croissance pour dater les objets historiques en bois. La dendroclimatologie fait partie de cette discipline. En fonction de la largeur et de la densité des cernes annuels, les scientifiques peuvent reconstituer le climat du passé et analyser les changements climatiques en cours.
Smart Fact. Si la situation climatique n’était pas alarmante, en faveur de quelle autre cause pourriez-vous aussi vous engager ? « Je n’ai pas besoin d’y réfléchir très longtemps. J’œuvrerais pour l’égalité des genres dans la société en général et plus particulièrement pour un plus grand respect des femmes dans le monde universitaire, car l’écart entre les sexes y est encore très important. Il existe tellement de preuves scientifiques sur les préjugés à l’encontre des femmes et des autres minorités dans le milieu universitaire, souvent inconscients, tant chez les hommes que chez les femmes. Cela ne devrait plus exister. »
Que fait la NOAA ? La « National Oceanic and Atmospheric Administration » est une agence scientifique des États-Unis, créée en 1970 sous la présidence de Richard Nixon. La NOAA fait autorité dans le débat sur le climat mondial, tant au niveau national qu’au plan international. Des scientifiques y mènent des études de haute technologie sur la situation climatologique et fournissent aux décideurs des informations fiables pour implémenter les adaptations nécessaires aux nouvelles conditions climatiques.
12 BRAND REPORT • AQUACULTURE STEWARDSHIP COUNCIL
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L’urgence de l’aquaculture responsable En 2022, manger des poissons et des fruits de mer ‘‘responsables’’ peut s’apparenter à un parcours du combattant. Reconnaître les labels et certifications sérieuses comme celle de l’ASC est en effet devenu une obligation pour notre santé comme pour notre environnement.
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’ici 2050, la planète comptera plus de 9 milliards d’individus. Si le poisson apparaît comme une solution et une source de nutriments privilégiée (selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), son exploitation sauvage ne suffira pas à nourrir autant de personnes. Beaucoup de stocks de poissons sont déjà épuisées et 33% d’entre eux subissent une exploitation massive, voire une surexploitation. D’où la nécessité de créer des fermes aquacoles pour élever des poissons, des coquillages ou des crustacés en mer ou sur terre. Mais encore fautil que cette aquaculture soit responsable. Malheureusement, suite à sa croissance fulgurante, l’aquaculture a connu un certain nombre de dérives. « Une gestion médiocre des exploitations peut notamment entraîner
Une gestion médiocre des exploitations peut notamment entraîner la pollution de l’eau ainsi que la perturbation des écosystèmes environnants. la pollution de l’eau ainsi que la perturbation des écosystèmes environnants », indique Sarah Hennin, Market Development Manager Belgium chez ASC. Sans parler du travail des enfants, de la protection inexistante des salariés ou encore du manque de respect des communautés vivant aux alentours de la ferme. « Rappelons que si certains principes sociaux semblent acquis
en Europe, ils ne le sont parfois pas encore dans d’autres pays du Sud qui abritent de nombreuses fermes ». La liste des points d’attention est donc très longue. Et, selon les ONG, elle ne peut pas être passée sous silence au profit de l’alimentation de tous. C’est pour cette raison que certaines organisations ont décidé d’agir en
L’Aquaculture Stewardship Council est une ONG indépendante internationale à but non lucratif dont l’objectif est de transformer l’aquaculture (l’élevage de poissons, coquillages et crustacés) pour la rendre plus respectueuse de l’environnement et plus responsable socialement. Elle accompagne les acteurs de la filière – fermes, fournisseurs, distributeurs et restaurateurs – qui souhaitent s’engager pour une aquaculture responsable afin de pouvoir nourrir la planète en préservant les ressources marines et l’environnement.
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développant des certifications à l’instar de Fairtrade pour l’agriculture. « L’ASC a ainsi instauré depuis 2010 un programme de certifications pour les élevages responsables de poissons, de crustacés et de coquillages ». Si la ferme aquacole se soumet aux critères édictés, elle est en mesure d’obtenir une certification. Une série d’audits par des organismes accrédités et indépendants sont réalisés régulièrement pour éviter les manquements. Le label ASC permettra ensuite la promotion et la reconnaissance de pratiques aquacoles responsables vérifiées. En choisissant ce label, le consommateur encourage les fermes à poursuivre leurs bonnes pratiques et à mettre en place les procédures nécessaires. » C’est la création du marché qui soutient l’effort des producteurs », conclut Sarah Hennin.
L’économie circulaire, un atout pour le développement durable en entreprise Toutes les entreprises ont aujourd’hui un devoir d’exemplarité et des obligations en ce qui concerne le respect de l’environnement. Et pour les remplir, il faut se montrer inventif, mais aussi compter sur des acteurs qui développent de nouvelles activités et qui innovent. Quand on parle d’environnement et de défi écologique, il y a tout un lexique qui se met en place : économie d’énergie, tri des déchets, respect de l’environnement, etc. Et dans ce vocabulaire, l’économie circulaire trouve évidemment sa place. Utiliser, réutiliser, diminuer sa consommation et donc son empreinte carbone, toutes les cases sont cochées. Et si de nombreuses entreprises ont été créées ces dernières années pour participer à ce nouveau business, d’autres font office de pionnières. C’est le cas de Mewa, qui officie dans le domaine du service aux entreprises depuis… 1908. Le directeur administratif de la filiale belge du groupe, Julien Vansantvoort, pointe les grands défis qui feront le futur de l’industrie. D’abord, il évoque le transport et la logistique et toutes les émissions de CO2 qui vont avec. « Jusqu’il y a quelques années, tout le monde transportait des marchandises à travers le monde sans trop réfléchir à l’impact écologique, se rappelle-t-il. Nous observions et mesurions nos consommations mais ce n’est pas comparable avec le suivi et les optimisations que nous connaissons à l’heure actuelle. La clé est maintenant d’étudier tous les moyens de transport alternatifs dont on peut disposer. Je pense, par exemple, aux camions roulant à l’hydrogène (que nous utilisons déjà dans notre filiale en Suisse)
qui peuvent présenter une véritable solution d’avenir. Là encore, c’est très bien de posséder ces camions, mais il faut réfléchir à la provenance de l’hydrogène et la manière dont il arrive dans une station de recharge. Cela fait partie de notre réflexion. Dans les grandes villes, nous lançons aussi des services de livraison en vélo-cargo. Il n’y a pas qu’une seule manière de réduire son empreinte. » Il en vient ensuite à ce qu’il se passe au sein des usines. Si chaque activité est différente, la consommation mais aussi la gestion des déchets sont des clés pour participer à l’effort collectif. « La première chose à laquelle je pense, c’est évidemment de diminuer sa consommation, surtout vu la situation actuelle. La récupération des produits est aussi essentielle. Dans notre cas, nous avons un système de récupération et de traitement des eaux usées. Avant de les rejeter propres et presque potables dans le réseau public, elles sont réutilisées pour plusieurs étapes de notre processus interne. Par ailleurs, nous récupérons aussi les huiles qui se trouvent dans les lavettes pour les utiliser dans notre production. » Enfin, il faut savoir se montrer inventif dans les produits créés dans les ateliers. « Je prends là l’exemple des combinaisons de travail que nous fournissons à nos clients. Elles sont composées principalement de coton et
Mewa a été fondé en Allemagne en 1908. L’entreprise s’est spécialisée dans la livraison et le nettoyage de lavettes d’essuyage industriel dans de nombreuses usines, notamment dans l’industrie automobile. Aujourd’hui, les services sont toujours plus nombreux : tenues business, tapis de sol, tapis de nettoyage ainsi que du matériel de sécurité, avec toujours le même core business, l’économie circulaire et la réutilisation d’objets qui pourraient être jetés.
de polyester, qui demandent beaucoup de ressources pour être produits. Récemment, nous avons créé des vêtements de travail à base de PMC recyclé. Voilà une manière de revaloriser ces ses déchets tout en les réintroduisant dans l’économie circulaire. » Des arguments qui sont somme toute logiques, mais qui répondent en plus à une demande de la part des clients et des entreprises. Car l’écologie au sens large est devenue un business. « On ne va pas aller jusqu’à dire qu’on a inventé l’économie circulaire, mais il est clair qu’avec presque 12 décennies d’expérience, nous avons des opportunités qui s’offrent à nous, relève-t-il. Les entreprises, mais aussi le grand public, sont désormais très sensibles à toutes ces questions. Nos clients veulent aujourd’hui participer à l’effort collectif, que ce soit par conviction ou par obligation. Plus largement, on remarque au niveau du recrutement que les jeunes travailleurs sont beaucoup plus sensibles par rapport à tous ces sujets. Cela devient une force pour nous, finalement. »
Julien Vansantvoort
14 COMPRENDRE L’ESG
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Les efforts de durabilité se mesurent enfin Du ‘‘nice-to-have’’ au ‘‘must have’’, l’intégration de facteurs ESG aux activités des entreprises est devenue un élément essentiel de leur fonctionnement. Entre performances, méthodologies et notations, apprenez à naviguer ce nouveau géant du monde des affaires.
T
ermes autrefois purement liés aux services financiers, les facteurs ESG (Environnement, Social et Gouvernance) transcendent désormais ce secteur. Savant mélange de risques et d’opportunités, ils sont devenus décisifs au soutien de la croissance durable des activités des entreprises. Pour Jan Longeval, fondateur de Kounselor Consulting et président du groupe de travail ESG de PensioPlus, la réussite commerciale à long terme et une attitude positive à l’égard des facteurs de durabilité ne font qu’un. « La transition énergétique et l’implémentation de comportements durables sont devenus une réalité dans le monde du capital privé… mais pas que ! En entreprise, cette adaptation va en quelque sorte garantir la bonne continuité des projets d’investissements. Les critères ESG sont des critères de bon sens qui ne peuvent être contestés. Quelle personne raisonnable ne serait pas d’accord avec le fait qu’une entreprise fasse le maximum pour ne pas polluer l’environnement, promeuvent des relations harmonieuses au travail et mette en place une bonne gouvernance ? C’est juste du bon sens formalisé. »
Par le biais d’outils analytiques de benchmarking transparent, les entreprises peuvent s’améliorer et mettre en place une véritable transition. — Giovanni Litti, ESG-Sustainability Manager BeLux chez CBRE Group
Pour autant, comprendre le champ d’application et les bonnes pratiques autour de ces facteurs ESG n’est pas une tâche facile. Et si notre monde en constante évolution impose de façonner de nouveaux mots pour décrire de nouvelles réalités, nous laissons aux experts, Jan Longeval et Giovanni Litti, le soin de décortiquer jargon, acronymes et terminologies pour mieux distinguer l’impact, les enjeux, les pièges, cadres et outils qui entourent l’ESG en Belgique. « Aujourd’hui, la complexité autour des matières ESG est telle que lorsqu’on parle d’investissements, les analystes sont divisés en deux équipes : celle des analystes financiers et celle des analystes ESG », explique Jan Longeval. Des
systèmes de notation en passant par une matrice, des scores, labels et j’en passe, l’ESG suscite un intérêt grandissant chez les entreprises et investisseurs. Mais comment minimiser les abus d’entreprises qui surfent sur cette vague pour améliorer leur image auprès des clients, investisseurs et employés et évaluer de manière transparente leur durabilité ? « Pour éviter la pratique du ‘greenwashing’, les entreprises sont dans le viseur de la législation européenne qui s’attaque au problème en créant un cadre légal », affirme Jan Longeval. Avec notamment la taxonomie, un système de classification standardisée en cours de réalisation, l’Union européenne veut définir ce qu’est une activité économique durable. « Ce vaste travail
de systématisation effectué par le Groupe Technique de l’UE pour la Finance Durable (TEG) permet, sur base d’indicateurs quantitatifs, de comparer l’engagement en matière de développement durable », souligne Giovanni Litti, ESG-Sustainability Manager BeLux chez CBRE Group. « Avec des mesures et initiatives telles que la taxonomie européenne et la SFRD (Sustainable Finance Disclosure Regulation), qui impose des obligations de déclarations, les tentatives de greenwashing sont effectivement contrecarrées », ajoute-t-il. « Cest un processus qui permet aux investisseurs d’augmenter la robustesse économique de leurs actifs sur le long terme. » Alors que le cadre se met en place, Giovanni Litti tient à rappeler que « pour véritablement intégrer les efforts ESG dans les entreprises, il est important de mesurer ceux-ci et d’établir un plan d’actions à long terme. Par le biais d’outils analytiques de benchmarking transparent, les entreprises peuvent s’améliorer et mettre en place une véritable transition. » Par Célia Berlemont
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FACILITY MANAGEMENT ET DURABILITÉ 15
Des solutions vertes pour des locaux durables De plus en plus d’entreprises recherchent des solutions écologiques et durables pour leur gestion quotidienne. Le Facility Management offre de nombreuses possibilités pour économiser de l’énergie et de l’argent.
L
a recherche de solutions en développement durable et en économie d’énergie est devenue le leitmotiv de nombreuses entreprises. Cette quête de changement, nécessaire et dans l’ère du temps, permet d’ouvrir le champ des possibles. En termes de techniques à adopter, Ashley Wouters, Marketing & Communications Manager chez Facilicom, en connaît un rayon. « Nous nous efforçons de trouver les solutions les plus durables possibles en matière de services «soft» et «hard». Cela va d’une bonne politique de recyclage ou de gestion des déchets et produits de nettoyage écologiques à la recherche de solutions de construction intelligentes, avec la gestion de l’énergie nécessaire pour des opérations neutres en CO2. », explique-t-elle. C’est en partie grâce aux équipes de facility management que ces changements sont possibles. Marcel van Meesche, gérant de 21 Solutions, confirme que celles-ci occupent « une fonction clé pour gérer le bâtiment au quotidien et l’aménager au mieux. » Les techniques sont variées, mais la règle d’or est bien souvent la régulation. Marcel van Meesche la considère cruciale. « Les systèmes de gestion technique du bâtiment se perfectionnent de plus en plus. Ils supervisent et contrôlent les services comme le chauffage, la ventilation et le conditionnement d’air, s’assurant qu’ils fonctionnent de la façon la plus efficace et économique. » Une véritable plus-value, car les pièces inoccupées ne sont ni chauffées, ni éclairées. De plus, le monitoring des consommations d’énergie
assure « une meilleure compréhension des consommations, notamment en dehors des horaires de travail, comme la nuit et le week-end. Cela permet d’agir sur les équipements et les processus qui ont le plus d’impact sur l’environnement » poursuit-il. Au-delà des avantages économiques, Ashley Wouters met en avant d’autres bénéfices liés à ces investissements. « Nous sommes perçus sur le marché comme un acteur solide et durable et qui peut aider à résoudre les problèmes liés aux installations, qu’ils soient simples ou complexes. Enfin, les candidats potentiels sont plus susceptibles de choisir une organisation qui correspond à leurs valeurs et normes personnelles. », se réjouit-elle. Même son de cloche chez 21 Solutions: « Les entreprises réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre. Elles peuvent aussi opter pour un mobilier durable lors de l’aménagement ou du réaménagement du bâtiment, et désigner des prestataires pour lui donner une seconde vie lorsqu’elles s’en séparent. En outre, elles peuvent valoriser leurs efforts par le biais de différentes reconnaissances environnementales, comme le Label Entreprise Ecodynamique de Bruxelles Environnement. Cela améliore leur image de marque. » Investir dans des solutions durables, c’est économique, écologique et cela booste la réputation. Les entreprises auraient donc tort de s’en priver ! Par Sébastien Porcu
16 SE PRÉPARER POUR DEMAIN
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Energie et efficacité : comment préparer la transformation Face aux enjeux grandissants auxquels nous devons faire face, il est impératif de se tourner vers de nouvelles alternatives. Recourir à des énergies renouvelables ou encore refaçonner le modèle urbain sera primordial pour assurer notre avenir.
L
’augmentation exceptionnelle des prix de l’énergie frappe les citoyens de plein fouet. Mais le recours aux énergies fossiles ne peut plus perdurer à cause de la diminution des ressources, de l’impact sur l’environnement et des émissions importantes de gaz à effet de serre. Conscient de ces enjeux, VoltH2 se consacre à la production d’hydrogène vert. Cette alternative est-elle en mesure de remplacer les énergies fossiles ? « En théorie, c’est possible, mais l’Europe n’a pas encore les capacités pour produire toute cette demande d’hydrogène », analyse André Jurrès, Managing Director. L’hydrogène est produit majoritairement à partir de méthane et dégage d’importantes émissions de CO². C’est pourquoi l’entreprise souhaite miser sur une production d’hydrogène vert à grande échelle pour stimuler les forces du marché. L’hydrogène vert est à la fois un carburant, mais il peut également accumuler et stocker de l’énergie. « Nous savons pertinemment que la planète ne peut pas continuer à supporter l’utilisation de carburants fossiles comme le charbon et le gaz naturel, et nous avons besoin d’un autre système basé sur des énergies renouvelables où l’hydrogène va jouer un rôle important. » ajoute-t-il.
Les choix difficiles et plus contraignants offriront à terme un avantage concurrentiel aux entreprises dans cette crise énergétique. — Isabelle Putseys, Chief Sustainability Officer chez Sweco
Sweco est le plus grand bureau d’ingénieurs conseils en Europe. Refaçonner la ville afin qu’elle soit plus durable fait partie intégrante de ses objectifs. « Nous menons des recherches sur les alternatives pertinentes. Récemment, nos collègues en Suède ont démontré que lors de la conception d’un quartier urbain de 6.000 habitants, 75 % peuvent réduire leur consommation d’énergie et 97 % leurs émissions de gaz à effet de serre en adoptant une approche de planification circulaire.», détaille Isabelle Putseys, Chief Sustainability Officer. Pour parvenir à ce type de résultat, l’entreprise a mis au point un “Carbon Cost Compass”
pour l’aider à décarboniser les projets au niveau des infrastructures, bâtiments ou encore industries. En effet, cet outil permet d’analyser les résultats et de déterminer quel type de design est le plus pertinent, à la fois pour l’environnement et pour réduire les coûts énergétiques. L’hydrogène vert, quant à lui, doit être envisagé comme un soutien dans le futur mix énergétique, lorsque les batteries et l’électricité ne peuvent pas fournir assez de puissance. En outre, ses capacités de stockage permettent d’anticiper les fluctuations météorologiques des énergies voltaïques et
éoliennes. Pour convaincre les entreprises d’investir ou d’utiliser ce type d’énergie, André Jurrès estime qu’il faudrait renforcer les subsides. « La meilleure solution, c’est de trouver un système de marché où le client est prêt à payer pour produire de l’hydrogène. Ce montant doit encore être calculé, mais il serait compris entre 10 et 15 euros par kilogramme. En principe, nous devrions arriver à un tel système de marché dans les prochaines années. » Avant de se lancer dans ce projet de durabilité, Sweco recommande aux entreprises de répertorier “tous les risques possibles” et de rechercher des “mesures d’atténuation”. En effet, « la hausse des coûts énergétiques, la disponibilité incertaine de l’eau ou le flux logistique des matières premières exigent des entreprises qu’elles disposent d’un plan d’action spécifique. » Il revient donc aux entreprises de prendre leur courage à deux mains et d’opter pour ces choix qui peuvent paraître difficiles et plus contraignants, mais qui leur permettront d’obtenir « un avantage concurrentiel dans cette crise énergétique. La circularité et l’efficacité énergétique étant les mots-clés ici », conclut Sweco.
Par Sébastien Porcu
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SE DÉPLACER AUTREMENT 17
La mobilité douce est-elle une solution ? La Belgique possède de nombreux atouts pour développer une mobilité moins énergivore. Avec un véritable soutien du secteur public et une culture des projets et des partenariats, les belges regorgent d’idées pour être moins dépendants de leur voiture. Focus sur ce qui fait notre force.
L
’histoire nous a toujours montré que mobilité et innovation allaient de pair. Mais aujourd’hui, ces innovations doivent impérativement tenir compte de considérations environnementales et écologiques essentielles. On sait que l’Union européenne avance pas à pas avec de nouvelles réglementations en la matière et que certains pays membres se démarquent déjà dans plusieurs domaines. Mais qu’en est-il de la Belgique ? Où se situe-t-elle dans ce microcosme de la mobilité durable ? « Si les chiffres ont tendance à être à la traîne, la dynamique belge dans ce domaine permet d’espérer le meilleur », explique Renaud Sarrazin, cofondateur de la coopérative de cyclo-logistique Urbike et responsable de la consultance. Il ne faut pas oublier que sans un terrain propice, aucun projet ne peut voir le jour. Or, depuis quelques années, la Belgique a mis les bouchées doubles à ce niveau. « Le monde politique est bien plus un soutien qu’un obstacle chez nous. Il existe une vraie cohérence dans l’accompagnement de la mobilité douce ». L’une des spécificités belges en termes d’innovation est que nous voyons généralement au-delà du profit financier. « D’autres éléments sont en effet pris en compte dans l’équation, comme le développement démocratique ou encore l’économie sociale ». Une plus-value que nos voisins ne mettent pas nécessairement en évidence, mais qui permet pourtant aux entreprises de démultiplier leurs impacts et de renforcer leur attractivité, à l’image du succès grandissant rencontré par la coopérative Urbike. Étant au centre de l’Europe, la Belgique est également sur tous les fronts en termes
d’appels à projet et ne reste pas enfermée dans sa seule réalité. Les acteurs créent des partenariats et se développent parfois même à l’international. La mobilité douce est toujours plus efficace lorsqu’on travaille en réseau et que l’on crée des synergies », explique Emmanuel Legrand, Mobility Manager du Groupe santé CHC. « Parfois ce sont des entreprises qui mobilisent des milliers de travailleurs et qui se donnent ainsi plus de poids pour faire avancer les choses ». Enfin, un autre facteur faisant lui aussi indubitablement notre force est notre large éventail de financements pour ces projets. « Qu’il s’agisse des incubateurs, d’Innoviris ou encore du SPW Recherche, tous ces organismes permettent à des entreprises comme la nôtre d’être accompagnées et ainsi, de pouvoir se montrer beaucoup plus ambitieuses ». Et ce n’est pas la multitude de solutions numériques récentes (et locales !) ayant pour objectif de faciliter la multimodalité qui nous feront dire le contraire. On pourrait, par exemple, citer Stoomlink, qui rassemble les quatre opérateurs de transports publics belges et ceux de la micro-mobilité autour des données de la mobilité douce. Citons également Skipr, qui offre une plateforme mobilité pour les plans mobilité des entreprises, ou encore Maestro Mobile, développée par des passionnés avant d’être rachetée par un bureau d’études pour proposer des solutions ludiques de découverte de la mobilité individuelle. Il ne fait donc aucun doute que la voiture de société a d’ores et déjà beaucoup de concurrence en Belgique !
Par Bastien Craninx
18 PANEL D’EXPERTS • OBJECTIF 2035 - 2050
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Comment nos industries se préparent-elles à la décarbonisation ? À l’heure où la responsabilité écologique est au cœur de tous les débats, y compris dans les secteurs de la construction, de l’alimentation et de l’industrie pharmaceutique, la décarbonisation s’accélère grâce à des mesures concrètes. Pour réduire de 35 % ses émissions de CO2 d’ici 2035, nos trois experts détaillent leurs efforts et actions.
Hervé Camerlynck
Directeur FEBELCEM
Tom Quintelier
Environmental Affairs & Energy Advisor FEVIA
Anne-Laure Demarcy
Head of Environmental Sustainability UCB
Quels sont les enjeux liés à la décarbonisation pour votre secteur et que représentent-ils ? « Le secteur cimentier est un pan essentiel du secteur de la construction. En Belgique, les émissions de CO2 liées à la production de ciment représentent un peu moins de 4 % des émissions de gaz à effet de serre. Pour atteindre la neutralité carbone, le secteur doit d’une part diminuer les “émissions de process”, c’est-à-dire générées par des étapes de production qui ne peuvent être évitées (réaction chimique de décarbonatation), mais aussi réduire les émissions dues aux combustibles. D’autre part, le secteur doit aussi développer des solutions pour capter les émissions résiduelles. Le défi consiste donc à produire à grande échelle du ciment neutre en carbone et qui continue à répondre à 100 % aux exigences affichées par la construction. »
« Lors de la production de denrées alimentaires et de boissons, les entreprises émettent directement du CO2 via l’utilisation de gaz pour le chauffage et la cuisson, et indirectement via l’électricité pour le refroidissement et le fonctionnement des machines et de gaz fluorés dans les installations de refroidissement. Nous souhaitons contribuer à la réalisation des objectifs de l’Europe. Depuis 1990, les entreprises alimentaires ont réduit leurs émissions absolues de CO2 de 18,5 %. Nous voulons poursuivre dans cette voie en réalisant une réduction annuelle de 1,5 % par unité produite. En 2019, la réduction relative était de 16 %. Notre secteur ambitionne donc de doubler cet effort d’ici 2025. »
« Un des enjeux et des défis que nous et probablement d’autres acteurs du secteur pharmaceutique rencontrons, est la réconciliation complexe des échéances entre les très longs délais de recherche et développement avant la mise sur marché de nos produits et l’implémentation de technologies de décarbonisation qui progressent très vite. Un autre enjeu de taille est la réflexion en lien direct avec la nature de notre portefeuille de produits actuels, soit des produits biologiques consommant plus d’eau. Outre le CO2, le changement climatique comprend d’autres piliers environnementaux essentiels tels que l’eau, un facteur important pour la Belgique qui est déjà considéré comme un pays à haut stress hydrique. »
Quelles mesures avez-vous déjà mises en place afin de réduire vos émissions de CO2 ? « Entre 1990 et 2022, l’empreinte carbone d’une tonne de ciment a baissé d’environ 30 % en Belgique, soit une des meilleures performances mondiales avec une moyenne de 540 kg de CO2 par tonne de ciment. Cette réduction provient d’amélioration générale de la performance énergétique et d’initiatives d’économie circulaire telles que le recours au coprocessing (valorisation de déchets non-recyclables comme matières premières et combustibles alternatifs) et l’utilisation de déchets issus d’autres industries dans notre production. Pour les 70 % restants, une ‘‘Roadmap 2050’’ soulignant différents leviers a été établie. On y retrouve certains développements déjà mis en œuvre et d’autres beaucoup plus innovants. »
« Depuis 2005, plus de 160 entreprises participent à des accords volontaires en Flandre et enWallonie et réalisent régulièrement des audits énergétiques afin de prendre toutes les mesures rentables qui s’imposent. Souvent, les entreprises alimentaires produisent elles-mêmes de l’énergie renouvelable ou investissent dans des installations. Pour aller plus loin que les mesures classiques d’efficacité énergétique, nous avons créé des réseaux d’apprentissage sur l’énergie. Dans le cadre des plans régionaux de réduction des émissions de CO2, nous nous assurons que les PME investissent effectivement dans des mesures adéquates par le biais d’un accompagnement concret adapté à leurs besoins avec le projet EFES. »
« Chez UCB, nous avons trois objectifs visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre (en valeur absolue à échéance 2030) pour être neutre en carbone en 2030 (soit - 38 %), réduire notre consommation d’eau de 20 % et nos productions de déchets de 25%. Aujourd’hui, le défi est de réduire notre impact tout en faisant croître notre portefeuille de produits et les capacités de production associées. Par conséquent, il est essentiel de rendre nos opérations plus économes, avec de vaste programme d’optimisation énergétique, mais également de mettre en place une transition en matière de mobilité (voitures électriques, transport maritime de nos marchandises) et l’utilisation d’énergies décarbonées. »
Quelles sont les nouvelles techniques qui participent à votre processus de décarbonisation ? « La décarbonisation du ciment nécessite des investissements très importants se chiffrant en centaines de millions d’euros. Des installations de capture de CO2 (nécessitant une consommation électrique substantielle) sont à l’étude un peu partout en Belgique. Certaines verront le jour en Europe avant 2030. Enfin, il est important de rappeler que l’objectif est de limiter l’empreinte environnementale du bâti : c’est-à-dire la consommation énergétique des bâtiments ainsi que l’empreinte des matériaux utilisés. Pour cela, le secteur du ciment et du béton dispose de nombreux atouts, notamment grâce à une collaboration renforcée entre tous les acteurs de la chaîne de valeur de la construction depuis la conception jusqu’à la fin de vie, en passant par la réalisation et l’utilisation. »
« Les émissions de CO2 dans l’industrie alimentaire proviennent principalement de l’utilisation du gaz naturel. Il est donc nécessaire de trouver une alternative telle que l’électrification et l’utilisation de biogaz ou d’hydrogène. Néanmoins, ces alternatives ne sont pas suffisamment disponibles ou ne sont pas encore prêtes à être commercialisées. Par exemple, les pompes à chaleur à haute température constituent une technologie très prometteuse qui n’est pas disponible pour deux raisons : son coût élevé ne permet pas une mise en œuvre immédiate et l’électricité qu’elle consomme doit être renouvelable. C’est donc un défi supplémentaire que l’industrie alimentaire ne peut résoudre seule. »
« Étant donné notre croissance et nos objectifs, nous ne pouvons pas nous contenter d’améliorer l’existant, mais devons aussi faire et implémenter du ‘‘green by design’’, soit l’intégration de l’environnement et des critères environnementaux dès la genèse d’un projet, que ce soit de construction ou de développement de produits. Par exemple, tous nos nouveaux bâtiments sont certifiés BREEAM pour l’Union européenne ou LEED pour les États-Unis. Et en ce qui concerne nos produits, nous avons lancé un programme de notation environnementale interne afin d’évaluer le véritable impact d’un médicament durant l’entièreté de son cycle de vie. Ainsi, il est possible d’intégrer des objectifs de réduction pour chaque produit. » Par Célia Berlemont
#FOKUSENERGIE
NEXTENSA • BRAND REPORT 19
Rénovation du parc immobilier belge : adieu passoire énergétique De la conception d’espaces dédiés au commerce de détail en passant par la création de bureaux, d’espaces événementiels ou encore de quartiers résidentiels, l’immobilier durable, aussi nommé "responsable" ou "vert", s’invite partout dans nos villes.
E
t si cette version plus green et plus design de l’immobilier a de quoi plaire aux citoyens sensibilisés à la cause écologique, ce n’est pas son look qui vient ajouter une ombre au tableau… Au contraire ! Audacieuse et iconique, la Gare Maritime de Bruxelles en est d’ailleurs l’exemple même. Entre conservation du cachet historique d’un bâtiment industriel et intégration de critères sociaux et énergétiques, cette association somptueuse rend à l’immobilier ses lettres de noblesse. Avec pour mission première de réduire l’impact environnemental du bâti, inscrire l’investissement immobilier dans la durabilité n’est donc pas qu’une question de bon sens, c’est un passage à l’action. En chef de file de cette transition du secteur immobilier vers la durabilité, le maître d’ouvrage derrière ce joyau bruxellois n’est autre que Nextensa, un acteur devenu incontournable dans le paysage immobilier belge. Et pour Peter De Durpel, COO de la compagnie, rénover durablement, c’est avant tout adopter des mesures concrètes pour répondre à une prise de conscience d’envergure mondiale. « Aujourd’hui, l’implémentation des trois piliers du développement durable (environnemental, social et économique) au secteur immobilier est un no-brainer. Le coût supérieur de ce type de rénovation ou de construction ne représente pas un frein pour Nextensa, car il nous est impossible d’imaginer l’avenir de l’immobilier autrement. La durabilité de l’immobilier n’est pas un choix, c’est la valeur même de nos projets et la seule catégorie d’immobilier qui restera compétitive et survivra sur le long terme », explique-t-il. Pour autant, la finalité du projet joue, elle aussi, un rôle considérable. « Que ça soit pour y vivre,
La durabilité de l’immobilier n’est pas un choix, c’est la valeur même de nos projets et la seule catégorie d’immobilier qui restera compétitive et survivra sur le long terme. pour y travailler ou expérimenter un loisir, les bâtiments sur lesquels nous travaillons ont pour vocation de répondre aux besoins des habitants/usagers, à leur bien-être, tout en intégrant une série de normes afin d’être le plus respectueux de l’environnement possible. » À la lumière d’une crise énergétique sans précédent qui a balayé les dernières oppositions à l’impératif de rénover les bâtiments, repenser le parc existant va désormais de paire avec innovations et performances améliorées. Alors pourquoi ne pas métamorphoser des sites industriels devenus désuets au profit de pôles vivants, jungles urbaines neutres en énergie ? Pourquoi ne pas promouvoir l’habitat durable comme la seule marche à suivre pour un patrimoine immobilier d’avenir ? Pour Peter De Durpel, ce type de projets vient sans aucun doute cocher toutes les cases. « En zone urbaine, l’opportunité de développement immobilier est plus rare qu’en zone rurale et donc verte, mais permet de réellement faire la différence, tant d’un point de vue environnemental que social. En bref, plus
Nextensa est un investisseur et promoteur immobilier belge de premier plan. Fort de sa capacité à repérer des opportunités immobilières, cet acteur engagé transforme tous ses projets en success story. De l’immobilier commercial au résidentiel, il se spécialise dans la création de quartiers innovants. Pionnier en matière de durabilité, Nextensa contribue à améliorer le bien-être en zone urbaine en anticipant les tendances et en créant des espaces durables et vivants.
le site est grand, plus l’impact est vert et les efforts de durabilité peuvent être conséquents ! C’est pourquoi, lorsqu’on a le choix, on préfère développer des quartiers aux bâtiments isolés. » Avec 99 % des maisons et 95 % des appartements belges ne répondant pas encore aux ambitions énergétiques de 2050, soit un objectif qui vise à atteindre la neutralité carbone, la tâche s’annonce gigantesque. Et pour cause, en Belgique, c’est la quasi-totalité du parc immobilier qui devra être rénové. De l’installation photovoltaïque à l’amélioration du traitement des eaux usées en passant par la géothermie pour produire de la chaleur, mais également du froid et de l’électricité, les innovations sont au cœur même du développement durable… Mais pas que ! D’après Peter De Durpel, là où la rénovation durable permet d’éviter la destruction du patrimoine immobilier au profit d’une réhabilitation qui prône l’indépendance énergétique, il permet également d’améliorer le confort et le bien-être des habitants. À l’image de la Gare Maritime de Bruxelles, la stratégie à long terme de rénovation énergétique des bâtiments est belle et bien en marche. En route vers la révolution durable de 2050, préparons-nous à observer et applaudir une transformation immobilière écoresponsable qui remet l’humain au centre de ses réflexions et anticipe les besoins énergétiques du futur.
Peter De Durpel COO
20 SMARTLIST • 4 PISTES POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE
FOKUS-ONLINE.BE
Peut-on atteindre les recommandations des Nations-Unies ? La Belgique a encore fort à faire pour atteindre les 5 “P” (People, Peace, Prosperity, Planet, Partnership) recommandés par les Nations-Unies. Ces Objectifs de Développement Durable (ODD) font partie d’un ambitieux plan d’action à concrétiser à l’horizon 2030. Quels moyens pouvons-nous mettre en œuvre pour tenir ces engagements ?
Décloisonner les objectifs.
Participer tous ensemble à l’effort.
Expérimenter pour sortir de notre zone de confort.
Récompenser les efforts.
Pour parvenir à la réalisation des ODD, il est nécessaire d’envisager les 5P comme des enjeux interconnectés. En effet, l’effet boule de neige qu’une décision peut entraîner sur un autre secteur n’est pas à prendre à la légère. Privilégier uniquement l’approche analytique pour faire face à un problème n’est plus suffisant. Elle doit être couplée à une analyse systémique. Trouver des solutions en vue d’un monde plus durable, plus transparent, plus équitable ne peut se faire qu’en prenant en compte les aspects économiques, sociaux et écologiques, et en les considérant comme un ensemble à part entière. Il faut revoir les méthodes, comprendre les enjeux et les impacts de celles-ci. L’économie fonctionnelle en est un exemple concret : on partage la ressource sans en transférer la propriété. Il n’est plus question ici de miser sur l’acte d’achat, mais plutôt sur l’usage qui en est fait. On se repose dorénavant sur la qualité plutôt que sur l’extraction compulsive de ressources. Il est nécessaire de faire durer le bien ou le service en question afin de réduire le gaspillage de ressources. Par exemple, en mettant à disposition une batterie ou une chaudière à destination de tout un quartier ou d’une communauté énergétique. De cette manière, il est plus simple d’obtenir un équilibrage entre la production et la consommation, et par conséquent de mieux gérer les ressources.
Pour atteindre les 5 “P”, il n’y a pas d’autre choix que l’union. C’est ensemble que nous réussirons ou nous échouerons. Par conséquent, Il faut cesser les discours polarisants, mettre un terme à la division afin de réunir tous les citoyens en vue d’un même objectif : créer un monde plus juste et plus durable pour un avenir meilleur. Faire un petit geste tous les jours individuellement est une noble intention, mais ce sera malheureusement insuffisant pour nous permettre d’atteindre les objectifs recommandés par la communauté scientifique. La sobriété énergétique peut faire peur, mais elle est indispensable, tant pour les particuliers que pour les entreprises. Une transition socioéconomique-écologique-énergétique réussie passe par plus de dialogue et de cohésion. Blâmer les plus pollueurs, qui n’ont parfois tout simplement pas les moyens de s’offrir un logement équipé de chaudières moins énergivores ou encore une voiture électrique, ne fait que renforcer la division. C’est ensemble qu’il faut trouver des solutions afin d’adopter des alternatives plus vertes et plus durables. Par exemple, avec les Social Impact Bond (Mesures d’Impact Social) qui offrent la possibilité d’investir dans des innovations sociales tout en réduisant le budget opérationnel de l’Etat. Il est primordial de créer des projets fédérateurs.
Pour laisser au placard nos mauvaises habitudes énergivores et polluantes, il faut oser sortir de notre zone de confort. Il est important de se mettre en quête d’alternatives plus vertes, moins lourdes, plus éthiques, plus durables et plus transparentes. De nombreuses initiatives prônent ces valeurs, qu’ils s’agissent de collectifs citoyens, d’ateliers de réparations d’objets électroniques, de mutualisation de véhicules ou encore de partages de ressources. Et elles sont à la portée de tous. Par exemple, “Just Electronics” à Bruxelles contribue à réduire l’empreinte écologique des consommateurs en leur proposant des d’appareils électriques et électroniques 100% reconditionnés. Le “Yuman Village” est également un acteur de choix en termes d’économie circulaire. Il offre une variété de produits issus de matériaux recyclés et éco-conçus pour limiter l’impact sur la planète ainsi que des solutions zéro déchets. Le collectif “Dégage”, quant à lui, est parvenu à mutualiser 370 véhicules entre 3.700 citoyens depuis 20 ans. Toutes ces expérimentations durables doivent être des sources d’inspiration, à la fois pour les particuliers, pour les autorités et les entreprises. Proposer une nouvelle façon d’envisager le partage de ressources, l’optimisation du budget des ménages, ou encore contribuer à la lutte contre l’obsolescence programmée sont les ingrédients qui nous permettront de nous rapprocher des objectifs à atteindre à l’horizon 2030.
Pourquoi nous ruons-nous vers des enseignes polluantes, peu chères, qui produisent des objets dans des conditions de travail déplorables et de moindre qualité ? Tout simplement parce qu’elles sont faciles d’accès et que nous disposons d’un pouvoir d’achat suffisant pour nous les offrir. Cependant, s’en remettre à de telles enseignes revient à annuler tous les efforts déjà réalisés auparavant. Il est donc nécessaire de se tourner vers des alternatives durables et plus vertueuses. Celles-ci émergent un peu partout et partagent un point commun : récompenser le citoyen vertueux. À Bonheiden, par exemple, une commune anversoise, on récompense les enfants qui viennent à l’école en vélo. Ils reçoivent des “Dukats”, une monnaie locale qu’ils peuvent échanger lors des cinq fancy-fairs des établissements scolaires. De plus, les jeunes cyclistes peuvent engranger des “Dukats” supplémentaires lorsqu’ils empruntent les chemins les plus sécurisés. Les avantages sont nombreux : les enfants font du sport, les parents sont rassurés, cela réduit les émissions de gaz à effet de serre et évite aussi de nombreux embouteillages aux abords des écoles. En Suède, la start-up Doconomy entend révolutionner la manière de faire du shopping. Sa carte de banque a pour ambition d’afficher le poids en carbone de nos achats. Dès lors, il sera possible de fixer une limite mensuelle pour en contrôler l’impact. Les consommateurs pourront ainsi se rendre compte des conséquences de leurs comportements d’achats et préserver les ressources de la planète.
Remerciements à Emmanuel Mossay, directeur Recherche &, EcoRes, auteur de ‘Shifting Economy’, et professeur-invité UCLouvain, UNamur, Henallux, EPHEC
Par Sébastien Porcu
#FOKUSENERGIE
SPF • BRAND REPORT 21
Adaptation et coopération : comment viser une sécurité sociale plus durable
L
Éradication de la pauvreté, de la faim, réduction des inégalités, amélioration des conditions de travail… En 2015, l’Organisation des Nations unies définissait dix-sept objectifs de développement durable en vue de garantir à tous un avenir meilleur. Dix-sept objectifs liés par une même volonté : la protection sociale décente des citoyens du monde. Mais comment garantir l’existence et la pérennité d’une sécurité sociale de qualité ?
a sécurité sociale : une appellation aux contours souvent un peu flous pour le citoyen. L’évoquer nous amène évidemment à penser aux cotisations qui nous sont réclamées ponctuellement et qui sont le fondement du système belge reposant sur la solidarité entre les citoyens. Mais il ne faut pas oublier que la sécurité sociale c’est aussi et surtout le remboursement des soins de santé, les allocations de chômage, les allocations familiales, les pensions, les interventions financières en cas d’accidents ou de maladie… Autant de mesures de soutien à la population qui se révèlent cruciales, surtout aujourd’hui, dans un monde confronté à de nombreux défis et crises. Pandémie de covid-19, changement climatique, guerre en Ukraine, problématique de l’énergie… Comme le fait remarquer Peter Samyn, président du Comité de direction du Service public fédéral Sécurité sociale en Belgique, les crises se suivent, se ressemblent parfois, mais surtout s’accélèrent au fil du temps. Des situations complexes et souvent éprouvantes pour les citoyens, qui rappellent aussi l’intérêt d’un système de protection sociale efficace, solide, basé sur la concertation sociale, et réactif. Manuel Paolillo, directeur général Coordination des Politiques et Relations internationales au SPF Sécurité Sociale, souligne l’importance, en temps de crise, de réagir vite et d’apporter aux citoyens des aides concrètes qui répondent aux besoins du terrain. Une capacité d’adaptation qui va être mise à l’épreuve des enjeux futurs, à commencer par celui de la transition écologique, un changement qui pourrait bien être lourd de répercussions d’un point de vue social. Comme l’expliquent les deux spécialistes, si la transition est bien entendu nécessaire, elle pourrait avoir des effets anti-redistributifs, et donc
La sécurité sociale est et doit rester championne de la résilience. Nous avons besoin d’un système capable de très vite s’adapter aux crises et d’apporter des solutions efficaces aux citoyens. — Manuel Paolillo
augmenter les inégalités au sein de la société. Pensons par exemple au passage à la voiture électrique, que toutes les bourses ne pourront pas se permettre, ou encore à la rénovation énergétique des bâtiments, une mesure nécessaire en ces temps de crise énergétique mais qui, malgré les aides, requiert un investissement conséquent à titre personnel. Au même titre que de nombreux autres défis, la question de la transition écologique est un enjeu qui touche tous les pays du globe. Elle doit donc être envisagée à un niveau international, sans adopter une vision tiers-mondiste dans la lignée de l’Organisation internationale du travail. D’où la nécessité de créer des ponts, des structures collaboratives entre les différents systèmes de protection sociale. L’Union européenne s’y attelle également avec le socle des droits sociaux, qui sera
Le Service public fédéral sécurité sociale est en charge des matières liées à la sécurité sociale en Belgique. Son activité s’organise autour de deux pôles : le service aux personnes d’une part, avec des missions très concrètes comme la reconnaissance et l’octroi des droits et facilités pour les personnes souffrant d’un handicap ou encore la gestion du statut d’artiste, et, d’autre part, le soutien à la politique régissant les matières sociales.
un thème phare de la présidence belge en 2024. C’est de cette collaboration que pourront naître des solutions innovantes pour répondre aux problèmes qui nous seront posés à l’avenir. Une coopération qui a déjà fait ses preuves au niveau belgo-belge, notamment pendant la pandémie de Covid-19 avec, pour la première fois, la création d’une taskforce interinstitutionnelle capable d’alimenter rapidement en statistiques pertinentes pour apporter des réponses aux problématiques rencontrées par les citoyens. Cette collaboration existe aussi au niveau international par exemple depuis neuf décennies avec l’AISS, une association internationale qui rassemble des organisations de sécurité sociale à travers le globe. Grâce à l’AISS, ces organisations trouvent un espace de parole où elles peuvent échanger sur les problématiques rencontrées, sur les bonnes pratiques à adopter et s’intéresser aux grands dossiers d’aujourd’hui mais aussi de demain… Autant de discussions qui seront peut-être à l’origine des aides implémentées bientôt en Belgique pour répondre aux attentes des citoyens ou pour les anticiper de manière proactive.
Manuel Paolillo Directeur général Coordination des Politiques et Relations internationales
Peter Samyn Président du Comité de direction
22 CHRONIQUE
FOKUS-ONLINE.BE
Stéphanie Fellen
Et si l’économie circulaire réconciliait liberté et écologie ? Qu’on soit une multinationale ou une PME, on peut faire de l’économie circulaire et en tirer profit. À l’appui, nos missions de terrain qui prouvent que "durable" et "circulaire" riment aussi avec "rentable".
A
lpha Innovations commercialise pour les PME wallonnes des solutions d’alimentation électrique et de monitoring, où l’économie circulaire consiste à avoir une politique d’achats durables pour ses composants mais aussi de travailler sur l’éco-conception de ses produits pour qu’ils consomment le moins possible chez leur client. Elneo, spécialiste en air comprimé et fluides industriels compte reconditionner et proposer des compresseurs d’occasion, propose aussi l’air comprimé comme un service et non comme un produit. Au golf et hôtel du Naxhelet, l’économie circulaire permet de tenter la valorisation de 100% des déchets alimentaires, mais aussi d’être le premier golf à ne pas utiliser d’eau de ville pour son green. Même un cabinet d’avocats peut rendre son empreinte numérique circulaire. Si c’est si beau, pourquoi toutes les entreprises ne se lancent-elles pas ? Premier frein : la méconnaissance de l’économie circulaire. Pour pouvoir l’utiliser comme outil et levier, il faut encore et toujours passer par la sensibilisation et la vulgarisation. Former les jeunes, les moins jeunes, les salariés, les dirigeant(e)s, les conseils d’administration, mais aussi nos élus.
Et si on poursuivait des records de circularité plutôt que des records de températures ? Deuxième frein : l’économie circulaire est considérée comme une mode. Presque toujours de la bouche de "boomers" qui ont peur qu’on leur interdise de faire du rallye le week-end, de prendre l’avion ou de manger un bon steak au resto. Pourtant, la question n’est pas là. Tant qu’on pensera qu’agir pour ralentir le réchauffement climatique est source de contrainte et de privation de liberté, le débat sera dans les mains des politiques et non des entreprises. Non, travailler durablement ne privera pas de liberté, ni de croissance de chiffre d’affaires. Au contraire, faire de l’économie circulaire donne justement la liberté de
s’affranchir des hausses de prix et des pénuries de matières premières, de réfléchir intelligemment à la conception des produits, et de maîtriser ses coûts. Et si on gagnait les années à venir, plutôt que de les subir ? Il est temps de former massivement à l’économie circulaire, et de réconcilier les mots “liberté” et “écologie”. Et si on allait chercher des records de circularité plutôt que des records de températures ? Le record de belges formés à l’économie circulaire, le record de matières premières recyclées, le record de chiffre d’affaires issu de sources durables, le record de produits d’occasion reconditionnés par nos PME. Les entreprises doivent prendre conscience de leur rôle et de leur immense pouvoir. Oui il faut du courage pour battre des records, mais les athlètes vous le diront : ce n’est pas tant le fait d’avoir battu le record qui les excite, c’est le chemin pour pouvoir y arriver. Alors là, on tiendra peut être quelque chose de durable, qui fera tourner notre monde plus rond, (ou plus circulaire). Par Stéphanie Fellen, Managing Founder & CEO Smart2Circle
#FOKUSENERGIE
FESTOOL • BRAND REPORT 23
Réparer pour mieux et moins consommer Avec un peu plus de 650 000 tonnes de déchets produits chaque année en Belgique, le secteur de la construction pèse lourd dans la balance écologique. De la production et du transport jusqu’à l’optimisation des déchets, choisir ses outils et matériaux pour la rénovation ou la construction constitue un enjeu essentiel pour réduire l’empreinte environnementale des chantiers.
E
t si on tentait, au maximum, de réparer nos équipements plutôt que de les mettre à la poubelle ou de les emmener à la déchèterie lorsqu’ils peuvent être réparés et obtenir une seconde vie ? Pour Sandy Van Der Vreken, Marketing Manager chez Festool, une société spécialisée dans l’outillage professionnel, proposer des solutions comme la réparation pour donner une seconde vie aux outils est une étape décisive pour sortir du modèle classique de production et de consommation (extraire, produire, consommer, jeter). « Pour nous, le succès durable et l’ancrage régional ont toujours été évident. C’est pourquoi le recours prioritaire à la réparation et au recyclage est crucial. En tant qu’entreprise, le remplacement des équipements serait plus
avantageux d’un point de vue financier. Pour autant, ce mode de fonctionnement nous semble impensable. » À la fois écologique et économique, la réparation est une étape importante de la décarbonisation de l’industrie et participe à l’économie circulaire. En effet, cette solution, qui permet de prolonger la durée de vie des produits et équipements, encourage la réduction des consommations de ressources, production de déchets et émissions de gaz à effet de serre liées aux activités de production, transport et stockage. « Pour nous, la durabilité implique d’offrir aux générations futures les mêmes possibilités que celles dont dispose la génération actuelle. D’ailleurs, dans cette démarche, le respect des dispositions légales ne constitue à nos yeux qu’une mesure minimale. Il faut aller
plus loin et déployer ses efforts au maximum. D’une infrastructure de production verte à un emballage de produit recyclable, une longévité optimisée et la possibilité de réparer son équipement localement, agir n’est pas une option, c’est un choix », rappelle Sandy Van Der Vreken. Réparer, c’est se battre contre la société du “tout jetable” et la manière dont nous consommons. Par le biais de cette simple action qui consiste à modifier ses habitudes en recherchant une aide qualifiée ou l’acquisition de nouvelles compétences au travers de tutoriels, assistance à distance ou repair cafés, chacun peut minimiser son empreinte écologique et préserver les ressources limitées de notre planète. Et sur la route vers la durabilité, les alternatives sont nombreuses !
De la réparation au choix du reconditionné en passant par la location, les alternatives à disposition des citoyens et professionnels existent bel et bien. Vous hésitez encore ? Rappelez-vous le dicton populaire “il faut être riche pour acheter bon marché” et ajoutez-y une nuance durable. En étant conscient du rapport prix/qualité des produits convoités et des services proposés autour de ceux-ci, vous faites le premier pas vers un comportement écoresponsable qui invite à une solution qui coûte peu, mais apporte beaucoup à notre environnement: la réparation.
Sandy Van Der Vreken Marketing Manager
Festool est une entreprise familiale allemande de troisième génération, une marque de référence dans l’outillage électroportatif spécialisé pour la peinture, le travail du bois, la construction ou encore la carrosserie automobile. Fondée en 1925 par Albert Fezer et Gottlieb Stoll, cette entreprise traditionnelle entretient une culture d’entreprise orientée vers l’ancrage régional, l’exigence élevée, le succès durable, l’estime de ses collaborateurs et un sentiment d’appartenance commune.
Pour les médicaments comme pour les piles usagées, la collecte est clé Vous avez des médicaments inutilisés ou périmés? Une seule adresse: la pharmacie de votre quartier. En collaboration avec tous les acteurs de la chaîne, des producteurs aux consommateurs en passant par les grossistes et les pharmaciens, la fédération sectorielle pharma.be entend promouvoir plus activement la collecte des anciens médicaments, au bénéfice de notre santé et de l’environnement.
En 2016, nous avons rapporté 639 tonnes de médicaments périmés ou inutilisés en pharmacie. Ce chiffre est certes en augmentation. L’année dernière, il s’élevait à 658 tonnes, mais trop de médicaments non utilisés finissent encore dans la poubelle, les toilettes ou les égouts. C’est pourquoi la fédération sectorielle pharma.be promeut depuis des années la collecte sélective et la destruction. Car les médicaments ne sauraient être assimilés aux autres déchets : ils peuvent nuire à l’environnement et à la santé publique.
l’armoire à pharmacie. Le dernier maillon et le plus important de cette chaîne est bien sûr le consommateur lui-même : nous souhaitons le sensibiliser davantage. La quantité de médicaments non utilisés ou périmés qui ne sont toujours pas collectés et détruits est très difficile à estimer. De nombreux consommateurs conservent de vieux stocks dans leur armoire à pharmacie et cette dernière mériterait d’être régulièrement triée. » Dangereux
« Tout au long du cycle, de la recherche à la production en passant par l’utilisation et la destruction des médicaments, on s’efforce très consciemment d’éviter toute pollution de l’environnement», avance Ann Adriaensen, directrice Santé publique au sein de la fédération sectorielle pharma.be. « Pour cela, une collaboration harmonieuse avec tous les acteurs de la chaîne est cruciale. L’environnement n’est pas le seul bénéficiaire de ces actions, qui contribuent également à l’efficacité, à la qualité et à la sécurité des médicaments dans
Pour la collecte, le choix s’est logiquement porté sur les pharmacies, des lieux particulièrement accessibles. « Le pharmacien conserve les médicaments retournés dans une boîte spéciale, qui est collectée par les grossistes/distributeurs lors de la tournée de livraison des nouveaux médicaments », détaille Ann Adriaensen. « Ensuite, l’ensemble des médicaments anciens ou périmés est emporté à l’incinérateur. La facture est payée par toutes les entreprises pharmaceutiques de notre pays. »
Les blisters (emballages-coques) qui contiennent encore quelques comprimés, les flacons comprenant des restes de sirops, de sprays ou de pommades en tube sont les bienvenus à la pharmacie. Seules les aiguilles (collectées séparément), les boîtes en carton et les notices ne sont pas couvertes par ce règlement. « Il faut éviter à tout prix de verser les restes de bouteilles ou de flacons dans les toilettes ou dans l’évier. Car ils finissent dans les égouts ou les eaux souterraines, ce qui peut avoir un impact majeur sur l’environnement. En tant qu’industrie et fédération sectorielle, notre mission est de l’éviter à tout prix. Mais jeter les comprimés non utilisés ou les tubes entamés dans les ordures ménagères n’est guère plus judicieux. On ne sait jamais où ils terminent leur course, et ils peuvent même être dangereux. »
Ann Adriaensen Secretary General & public health director
we are
sustainability climate protection circular economy renewable resources
www.epal.eu
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